PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 ÉTATS-UNIS, CANADA, QUÉBEC LIBRE

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MessageSujet: Re: ÉTATS-UNIS, CANADA, QUÉBEC LIBRE   Ven 11 Nov - 13:52


pas encore visionné


"Crise de la société américaine, crise de la globalisation ?"
Emmanuel Todd Isagora 8 novembre




Emmanuel Todd est l’auteur d’ouvrages analysant la société, en 2002 il publie "Après l’empire – Essai sur la décomposition du système américain" et travaille actuellement sur les tensions au sein de la société américaine, et leurs liens avec la globalisation

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MessageSujet: Re: ÉTATS-UNIS, CANADA, QUÉBEC LIBRE   Ven 11 Nov - 15:27

suite de mes commentaires page précédente :

massivement la critique de Trump a pour résultat voire pour but de dédouaner les démocrates et dirigeants économiques et capitalistes mondiaux. Les démocrates de gauche radicale qui l'entérinent, en rejoignant souvent la presse bourgeoise internationale, ne font que révéler les limites politiques de leurs critiques du capitalisme. Comme si, pour certains, l'élection de Clinton eût été préférable...

on assiste à une drôle de méli-mélo entre démocrates radicaux, populistes de gauche (pro Sanders, ro-Mélenchon...), et même des radicaux style Occupy (cf les manifs anti-Trump après sa victoire...)
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MessageSujet: Re: ÉTATS-UNIS, CANADA, QUÉBEC LIBRE   Sam 12 Nov - 10:07


en avant l'anti-establishment



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MessageSujet: Re: ÉTATS-UNIS, CANADA, QUÉBEC LIBRE   Dim 13 Nov - 14:50


Todd :

un phénomène de classes moyennes...
un déclin à l'américaine devant nous...
une accélération du recentrement d'Obama à Trump...

Emmanuel Todd, dans la vidéo réalisée avant le résultat des élections

~ 51:20 « ce qui rend la poussée électorale dangereuse pour les démocrates, c'est qu'elle n'est pas simplement une révolte populiste de gens comme on le suggère qui sont à un niveau éducatif très bas, il y a une majorité, dans le groupe blanc, chez les gens qui ont une éducation supérieure incomplète, donc au sens culturel c'est un phénomène de classes moyennes, et les bouleversements historiques, dans les sociétés, interviennent quand les classes moyennes, quelle que soit leur définition, interviennent. »

55:35 « En France [...] un déclin à l'américaine est devant nous »

59:25  « L'Amérique est en train de perdre, l'un après l'autre, le contrôle de tous ses alliés... Elle a perdu le contrôle de l'Europe, maintenant contrôlée par l'Allemagne... l'Arabie saoudite dans un jeu extrêmement trouble n'obéit plus aux Américains, la Turquie n'obéit plus aux Américains... On a vue les Philippines et la Malaisie faire des coquetteries avec la Chine... le système impérial américain... »

1.00.48 « Vis-à-vis des deux candidats, il y a une solidarité des establishment, des éduqués supérieurs,... qui veulent manger bio, se préoccupent du réchauffement climatique, qui veulent le désarmement quand il y a des armes à feu... très souvent des gens de gauche, pour présenter Trump comme un type dangereux sur le plan international, et Hillary Clinton comme quelqu'un de compétent et sûr. Mais là, pour moi, on atteint le sommet du délire. Si on se place par rapport à cette notion de déclin de l'empire, Trump, dans son livre L'Amérique estropiée, admet la vérité. C'est ça qu'il y a dans son message.

Tout le monde ment dans cette campagne américaine... et si on passe du niveau des conflits inter-individuels entre les candidats et des lancés de tomates... au plan infrastructurel, la réalité des évolutions sociologiques, des évolutions internationales, c'est Trump qui dit la vérité. C'est lui qui est en phase sur la remontée de la mortalité [Todd dit plus haut davantage chez les Blancs de 40-50 ans]. En face ils parlent de leurs valeurs. Méfiez-vous, quand un type vous parle de ses "valeurs"... c'est un début de déni de la réalité. Clinton se présente comme quelqu'un qui veut conserver quelque chose de merveilleux, et Trump dit mais c'est affreux, le niveau de vie baisse, détruit par le libre-échange..., la vérité sociologique est de son côté, et à l'international, c'est pareil...

Trump prend acte du déclin international des États-Unis »
1:03:23

1:06:25 « en fait, en se plaçant au-delà des systèmes partisans, la présidence Obama était peut-être un premier pas vers le genre de recentrage national qui est derrière la candidature Trump »* Todd donne des exemples, puis compare au Brexit...

* Thierry Meyssan, dans Deux mondes distincts , Réseau Voltaire, 8 novembre, fait une analyse comparable du « Conseil de sécurité —passée sous silence par la presse occidentale—, le 28 octobre : les États-Unis ont refusé que l’Onu coopère avec les organisations régionales comprenant la Russie, et de facto la Chine. En refusant de travailler avec d’autres, et donc d’admettre que ces autres soient ses égaux, Washington a pris la voie d’une division du monde en deux sphères distinctes et de la fin de la globalisation économique. »

1:10:45 « L'histoire se fait, les États-Unis sont en tête, donc on n'a pas de précédents, on peut comparer à rien, on n'a pas de référent pour les États-Unis, c'est eux qui inventent l'histoire pour l'humanité, d'une certaine manière. Si les choses se passent raisonnablement, on verra, quand on écrira l'histoire, on dira que le retour à une conception nationale de la vie sociale, politique et économique américaine, ça a un peu commencé avec Obama... ce sera peut-être accéléré avec Trump... »


races et classes...

Todd parle ensuite des minorités noires, hispaniques... 1:14:30 « Le problème noir a très peu avancé aux États-Unis, parce que la communauté noire a été elle-même stratifiée par l'éducation... est au cœur du fonctionnement démocratique des États-Unis, les Latinos-Américains c'est autre-chose...

Les Républicains ne représentent qu'une Amérique blanche, qui rétrécit et qui est condamnée par l'histoire. C'est peut-être mais le problème est que les Blancs aux États-Unis, c'est encore presque 75% de l'électorat. Le pari des Démocrates, le pari des minorités,( le pari démographique lui assurant à l'avenir une majorité) servant de masse de manœuvre aux catégories supérieures, et à Wall-Street maintenant... la volatilité politique du Capital, le fric est passé des Républicains aux Démocrates. Comme le Parti Républicain a été foutu en l'air par Trump sur une base de classe, réellement, en prenant au sérieux les conflits de classe, le Capital fout le camp du côté du Parti Démocrate.

La rhétorique des minorités, de leur soutien aux Démocrates, produit des effets de surmobilisation blanche. Il y a des inquiétudes, côté démocrate, sur la mobilisation des minorités elles-mêmes, même pour les Noirs, les Jeunes Noirs... ils vont voter contre leurs intérêts économiques, parce que les gens qui seraient les plus favorisés par une politique protectionniste, du genre que suggère Trump, seraient de la minorité Noire, donc de même qu'ils ont foutu en l'air Sanders (Clinton a battu Sanders grâce aux électorats noirs), ils vont contribuer, sans doute [contre leurs intérêts économiques.;.]. Petite inquiétude parce que Clinton, c'est pas exactement Obama... Son mari avait continué la politique très dure de Reagan, d'enfermement des jeunes Noirs dans les prisons américaines...

Le plus fascinant sera le comportement de l'électorat islamique. Dans les derniers sondages, c'était 60% pour Clinton, 30% pour Trump... ce qui est tout-à-fait extraordinaire quand on pense aux déclarations de Trump sur les Hispaniques, sur les Mexicains, etc. Les Hispaniques ne sont pas extrêmement orientés à gauche...

La démocratie américaine est fondamentalement, depuis le début, une démocratie raciale... On est là sur les infrastructures non dites et permanentes de la sociologie politique américaine. Les Américains, au départ des Anglais, n'étaient pas hyper intéressés par la notion d'égalité. Il y a donc un petit paradoxe dans le fait que l'Amérique ait été si importante dans la définition de l'égalité politique, que c'ait été la première démocratie politique, la première à fonctionner à peu près sans élites stable, et fait quand on étudie l'émergence de la démocratie américaine, parce que l'idée de différences, d'inégalités, a été sortie du groupe blanc et fixée sur les Indiens et les Noirs. Ce qui définissait les citoyens blancs comme égaux, c'est qu'ils n'étaient pas Indiens ou Noirs. Il n'y a plus de problème indien, mais être un citoyen aux États-Unis, et un citoyen égal aux autres, c'était 'ne pas être noir'. C'est fondamental.

Ce qui est vraiment cruel, quand on regarde l'évolution des États-Unis depuis la déségrégation c'est les effets politiques paradoxaux de cette déségrégation, à partir des années 60, lutte pour les Droits civiques, les Noirs ont effectivement acquis un droit de vote, une représentation, les efforts conscients de l'Amérique pour ça sont tout à fait extraordinaires - ils y étaient un peu contraints à cause de l'affrontement avec le communisme et ils avaient une sorte d'obligation d'universalité... mais comme la notion de race semble indépassable, c'est comme si l'introduction des noirs dans le corps électoral avait contribué, ou accéléré, la désintégration démocratique

Au départ, Républicains et Démocrates étaient également pour la déségrégation, et très vite une sorte de spécialisation, et les Républicains ont utilisé le malaise des populations blanches confrontées aux applications pratiques de la déségrégation (écoles mixtes, cohabitation...) et, "stratégie sudiste des Républicains", le Parti Républicain a fini par se redéfinir comme un parti blanc, ils ont quelques élus noirs comme ça, mais les Républicains sont un parti blanc, et ils ont commencé à manipuler leur électorat avec cette histoire du racisme.

Quand on regarde en détail la montée en puissance du néolibéralisme aux États-Unis... la façon dont on a lancé les électorats blancs contre le Welfare State, contre l'intervention de l'État, contre la dépense publique, c'est en suggérant que cette dépense publique allait vers les Noirs, et on a eu cette longue phase dans laquelle on avait des Républicains qui agitaient des valeurs religieuses, des valeurs anti-avortement, mais qui en fait souterrainement agitaient les sentiments anti-Noirs de leur électorat, qui arrivaient au pouvoir et une fois au pouvoir, ne faisaient rien de décisif contre l'avortement, pour la religion - on ne peut rien faire de décisif pour la religion dans le contexte de la séparation du politique de la religion aux États-Unis -, mais qui par contre supprimaient les impôts des riches, aggravaient toutes les politiques libérale d'un type ou d'un autre...

Ce qui s'est passé, peut-être plus important que ce qui pourrait se passer... Trump a d'une certaine manière foutu en l'air cette logique... Parti en guerre contre les puissants, il a déplacé la problématique des Républicains, sur les valeurs... pour la recentrer sur des problèmes de classes
-je ne suis pas en train de soutenir que Trump est une sorte de Lénine ou de marxiste introduit dans le champ politique américain -,  mais il a fait sortir le Parti Républicain de cette problématique raciale... et on a eu ce paradoxe, quelque chose de pathétique, au moment où les problématiques économiques devenaient centrales au Parti Républicain, et où les problématiques religieuses... il rentre dans un affrontement direct avec l'establishment, culturel éducatif, économique,

et à ce moment-là, on s'aperçoit que la stratégie démocrate est complètement raciale, et on voit les Noirs qui, d'une autre manière, commencent à jouer un rôle anti-démocratique, au sens au service des élites économiques : les électorats noirs qui fichent en l'air Sanders, le véritable candidat de gauche démocrate, et là vont ou ne vont pas faire triompher Hillary Clinton.


la démocratie a un fondement ethnique


Il y a quelque chose de cruel dans la démocratie américaine, qui depuis le départ n'a jamais réussi à être autre chose qu'une démocratie blanche.

Il faut se débarrasser du mot démocratie tel qu'on l'utilise actuellement. Les gens qui l'utilisent sont plutôt les représentants d'oligarchies en gestation. Les gens qui se disent en général défenseurs de la démocratie, ici, là-bas, ailleurs, ne sont pas ça. Mais la démocratie en tant que pratique, concept, ça existe. Ça a été inventé d'abord dans trois pays, d'abord aux États-Unis, en Angleterre et en France, les trois véritables démocraties occidentales. On est dans une phase de déclin. On ne peut plus considérer la France comme une démocratie, actuellement : Traité de 2005, les Français contre, les députés se sont arrangés pour le faire passer autrement, et l'Europe est un système radicalement non démocratique, le vote est là pour illustrer...

Peut-être qu'on est en train de revivre quelque chose d'assez habituel dans la démocratie occidentale... il se passe quelque chose dans le monde anglo-saxon, d'assez soudain, d'assez étrange... Premier phénomène en Angleterre, le Brexit,... mais pour des raisons mystérieuses le peuple anglais a trouvé des représentants à l'intérieur de la droite anglaise, chez les Conservateurs, il faudra analyser tout ça. Aux États-Unis, très peu de temps après, on a le phénomène Trump, et à nouveau, on trouve à l'intérieur de la droite un personnage assez improbable, qui se met à la tête de revendications populaires, etc.


Pour moi c'est clair que tous les gens qui vous disent "c'est du populisme",- traiter de populiste des gens qui votent dans un pays où la mortalité augmente, et qu'on vous décrit comme des élites compétentes les gens qui vous disent que tout va très bien, moi je préfère parler de révolte populaire, de révolte démocratique. Mais il y a une limitation, peut-être que ça va échouer, que l'oligarchie est là "for ever", peut-être qu'on est en train d'assister à un regain démocratique absolument normal dans les pays qui ont inventé le gouvernement représentatif... mais ce regain, s'il a lieu, nous confronte à l'une des vérités fondamentales de la démocratie et de ses origines, c'est que la démocratie, comme la démocratie athénienne d'ailleurs, a un fondement ethnique. Il n'y a pas de démocratie qui fonctionne, c'est-à-dire de peuple qui délibère, à l'intérieur de lui-même en se divisant en factions qui s'affrontent, et qui assure de la liberté dans l'ensemble du corps social, sans l'existence de ce peuple, qui existe à travers une langue, des habitudes culturelles, un peuple qui est une ethnie à un certain niveau. Je ne pense pas que les Anglais seraient très choqués d'être définis comme ayant une dimension ethnique. Et il faut admettre que la motivation première du Brexit, ça a été que les anglis ont trouvé qu'il y avait trop de Polonais en Angleterre, c'est pas la peine de le nier.

Peut-être que l'on est en train de découvrir que les frontières, cette définition d'un corps "national", pour des sociétés maintenant si colorées et si variées que les États-Unis ou l'Angleterre, le mot ethnie c'est peut-être pas bien, mais la redéfinition nationale est le phénomène primordial. Le fait de tracer une imite autour d'un groupe humain, ça précède l'émergence de la démocratie... Aux États-Unis s'ajoute cet élément beaucoup plus dur et en un sens tragique, c'est que la démocratie ne s'est pas construite dans un conflit avec d'autres pays voisins menaçant... ça pose un problème au deuxième degré, c'est comme si le corps des citoyens avait besoin d'une limite externe, le besoin de se définir "contre". Il n'y a pas d'existence absolue d'une groupe ethnique, un groupe existe par rapport à un autre groupe, et dans le cas des États-Unis, la démocratie américaine, cet autre groupe ça a été les Indiens puis les Noirs...

Même si on admettait que le phénomène Trump est en fait un regain démocratique, on doit admettre qu'il se passe à l'intérieur du groupe blanc, au stade actuel, et qu'il se définit encore contre les Mexicains, etc. C'est comme si on était confronté à un non-dit, une sorte d'infrastructure inavouée, ethnique, de la démocratie, ce qui est très troublant et très inquiétant. »

Il faudrait être complètement mégalomane pour dire ce qui se passerait en cas de victoire de Trump. On est confronté à des situations historiques qui n'ont jamais existé. Le problème n'est pas ce que pourrait faire Trump en tant qu'individu, le problème c'est la façon dont les couches moyennes et supérieures les plus éduquées évolueraient... leur ralliement à une politique de recentrage national. Si ça se fait ce sera un succès, si ça ne se fait pas on entre dans des phases qu'il faut bien appeler luttes de classes, même si les classes sont définies sur le plan éducatif, avec toutes les possibilités de désintégration nationale, ou de remise au pas de la population... L'oligarchie ça peut marcher...

Actuellement, on est très sensible à l'insignifiance du personnel politique... En France tout le monde se concentre sur la nullité de Holland, et pas de problème, il est nul, mais ce qui permet à Hollande d'exister, c'est des forces sociales beaucoup plus profondes , un attitude d'irresponsabilité des classes éduquées supérieures, d'irresponsabilité des vieux, etc.

Les Américains sortant du racisme, je n'arrive même pas à l'imaginer, mais ils sont très créatifs... capables de trucs dont on n'est pas capables. [du point de vue de l'histoire] La prospective est beaucoup plus difficile si vous travaillez sur un pays qui fait la course en tête, qui fait des choses qui n'ont jamais existé dans l'histoire humaine... Je serais un électeur typique de Sanders aux États-Unis, mais là je serais vraiment embêté... J'ai été membre du Parti Communiste Français...


France, classe supérieure éduquée...

1:50: « Le mécanisme éducatif est devenu une machine à fabriquer les classes sociales du futur. C'est une machine à fabriquer l'inégalité, et de ce fait c'est devenu aussi un système qui justifie l'inégalité... Le mécanisme de tri par l'éducation et la machine sociale qui fabrique ce tri aboutit à exagérer énormément, dans l'inconscient collectif, les différences supposées d'intelligence. [je me lâche, je suis à la retraite dans six mois...] Ça aboutit aussi, au final, le tri éducatif, particulièrement à partir de l'université, ne se fait pas uniquement sur le critère de l'intelligence, il se fait aussi beaucoup sur le critère de l'obéissance... un monde de concours où il faut être le plus parfait possible. Pour être parfait il faut être lisse, en vérité il faut ne pas penser

donc tout le système de définition des élites et des éduqués supérieurs contient de l'intelligence, mais aussi de la soumission, comme critère de tri, et au final, qu'est-ce qu'on obtient comme classe supérieure ? Est-ce qu'on obtient une classe supérieure tellement remarquable par son intelligence ? Ça me paraît pas tellement évident. Qui oserait décrire la classe supérieure française comme intelligente ?

[je suis un darwinien convaincu mais...] Quand vous avez des centaines d'économistes qui s'auto-hallucinent collectivement et qui vous disent « le monde sensible est parfait, le libre-échange est indépassable, au moment même où il fait vivre toute la population dans la terreur et la régression, c'est beaucoup plus grave que le créationnisme, ou plutôt, c'est pas plus grave, c'est la même chose. Le libre-échangisme de ces économistes, c'est l'équivalent 'classes supérieures' du créationnisme des humbles... Un phénomène rappelant les élites soviétiques, de "stupidité structurellement induite"... Ça renvoie à l'idéologie de Marx, à la fausse-conscience...

Pour moi, les éduqués supérieurs ne sont pas supérieurs. »

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MessageSujet: Re: ÉTATS-UNIS, CANADA, QUÉBEC LIBRE   Dim 13 Nov - 15:23



TODD TRUMP/USA :
sa critique du néolibéralisme n'atteint pas celle du Capital, mais il soulève des points importants


l'analyse d'Emmanuel Todd est bien évidemment bloquée par son présupposé, « s'il y a recentrage national protectionniste, cette expérience sera un succès » Toute sa critique du néolibéralisme n'atteint pas à celle du Capital

mais cela ne l'empêche pas, en plus d'un certain feeling avant les élections fondé sur une analyse sérieuse des rapports de force et de la complexité des choix "électoraux", de mettre le doigt sur des questions intéressantes, notamment l'importance des couches moyennes, le déclin des démocraties occidentales, le rôle et les mécanismes du racisme, jusqu'à s'interroger sur le fait que la démocratie, en fait les États-Nations, se constituent sur la notion de peuple comme ethnie... et cerise sur le gâteau, les différences d'intelligences qui ne sont pas celles qu'on dit socialement réparties entre ceux d'en-haut et ceux d'en-bas

il sent comme peut-être plus important ce qui s'est passé (pendant la campagne électorale) que ce qui peut se passer avec Trump président, parce que relevant de mouvements en profondeurs, qu'il recoupe avec le Brexit sans tomber dans les analyses convenues, donc cherchant ce qu'il y a de nouveau

loin d'ébranler mes analyses, et bien que ses repères théoriques ne soient pas les miens, cela les confirme sur certains points : double crise de l'Occident et du Capital, évolution des États, rôle structurel du racisme (Todd dit "superstructurel" dans la genèse de la démocratie)... cela pourrait, comme avec la lecture de Saskia Sassen, me permettre de préciser quelques points, dont le rapport entre populisme et démocratie libérale/démocratisme libéral

à mon avis, il sous-estime le poids de l'économie dans l'économie politique, ce qui est commun à tous les démocrates de gauche critiquant le néo-libéralisme. Le fait que le moment présent passe visiblement par le politique semble décidément la source de bien des illusions...

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MessageSujet: Re: ÉTATS-UNIS, CANADA, QUÉBEC LIBRE   Lun 14 Nov - 7:18


l'ambiguïté libérale inhérente aux protestations anti-Trump


Les signataires estiment que Donald Trump représente « un danger pour la République »…

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MessageSujet: Re: ÉTATS-UNIS, CANADA, QUÉBEC LIBRE   Lun 14 Nov - 16:59


un très bon article... Un traducteur ? Une...?


Hidden Injuries of Class, Race, and Culture

The decline of the white working class and the rise of the Tea Party and Donald Trump

Robert Kuttner October 3, 2016

conclusion
Citation :
Today, the clash of deeply felt racial and class grievances, compounded by cultural wounds on both sides of the identity divide, is crowding out the progressive brand of populism that America once had and so sorely needs. It will take uncommon leadership and rare social empathy to redirect the crosscurrents of rage and hurt into a broad popular coalition of uplift against the one group that floats above it all—today’s economic super-elite.



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MessageSujet: Re: ÉTATS-UNIS, CANADA, QUÉBEC LIBRE   Mar 15 Nov - 17:03

un texte plutôt bon...


Crisis, Fascism, Nationalism, White Populism

Morbid Symptoms: The Rise of Trump

Unity and Struggle, November 15, 2016

The following series attempts to understand the rise of Donald Trump, particularly in the context of capitalist crisis and the emerging power of the populist and far right. Part one is below. Part two and three will follow over the next couple of weeks.

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MessageSujet: Re: ÉTATS-UNIS, CANADA, QUÉBEC LIBRE   Mer 16 Nov - 8:23


Notes sur Trump (2)

14 Novembre 2016



Citation :
Dans le délitement actuel du compromis néo-libéral, il semblerait donc que les comptes non soldés de l’échec du cycle de lutte des années 60 et 70 continuent à projeter leur ombre portée sur l’époque, le « whitelash » électoral n’étant qu’un épisode de plus d’une contre-révolution qui n’en finit plus. Et si la rétro-utopie du « great again » keynésiano-raciste d’un Trump et de ses électeurs risque fort de se faner bien vite, le message envoyé aux minorités remuantes de toutes sortes est quant à lui bien concret : ils seront plus que jamais la variable d’ajustement.

"contre-révolution"
face à quelle révolution ?... Mais je partage "délitement du compromis néo-libéral", formule heureuse comme en miroir de compromis keynésien

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MessageSujet: Re: ÉTATS-UNIS, CANADA, QUÉBEC LIBRE   Jeu 17 Aoû - 8:56


un document intéressant et utile...


Carte des divisions ethniques aux Etats-Unis

David Teuscher, Diploweb, revue géopolitique, 15 août 2017

La carte ci-jointe de David Teuscher met en perspective géopolitique les divisions ethniques aux Etats-Unis. Sa légende présente un pays multi-ethnique et ses ancrages régionaux, le développement de menaces pour une stabilité interne, et des dynamiques de mouvement et de blocage.

dans l'original : Cliquer sur la vignette pour voir cette carte qui présente une approche territoriale des divisions ethniques aux Etats-Unis.


Citation :
Cette carte présente un état des lieux des aires d’établissement privilégiées des populations et des mouvements radicaux établis sur une idéologie ethnique. Des enjeux communautaires s’observent avec la radicalité des hate groups, ou groupes de haine, révélateurs d’idéologies suprémacistes et séparatistes. Ces différences et idéologies ethniques traduisent de véritables lignes de fracture dans la société américaine du melting pot. Fait intéressant : il n’y a pas un État sans groupe de haine.

La géographie de la population et l’ethnologie mettent au jour des ancrages territoriaux visibles. Les concentrations de populations sont l’héritage du passé et des peuplements coloniaux du territoire américain. Cette présence de différentes ethnies ne se limitent pas aux frontières des États fédérés, mais les traversent pour devenir transnationale. Dans l’actualité, la frontière Sud cristallise les enjeux migratoires aux Etats-Unis sous l’administration Trump avec le projet de mur pour endiguer et contrôler les flux clandestins et trafics. Son renforcement l’atteste avec les milices, patrouilles, murs, etc.

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