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 MONDIALISME : un DEVENIR-NÈGRE DU MONDE ?

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MessageSujet: MONDIALISME : un DEVENIR-NÈGRE DU MONDE ?   Mar 8 Déc - 17:09



« Est nègre une large catégorie de l’humanité qu’on pourrait qualifier de subalterne »

Achille Mbembe

Entretien à Libération 1er novembre 2013

Achille Mbembe a écrit:
Une humanité pour laquelle la grande tragédie, c’est de ne même plus pouvoir être exploitée. Alors qu’au XIXe siècle, la pensée de l’émancipation reposait sur l’idée de la sortie de l’aliénation, la réalité qui s’impose aujourd’hui est celle de la quête de l’auto-aliénation. Les pauvres cherchent à se vendre là où, autrefois, ils étaient vendus.

Et c’est ce retournement du mécanisme d’exploitation qui conduit à considérer que la condition nègre ne renvoie plus nécessairement à une affaire de couleur. Le nègre est devenu post-racial, il s’identifie à une nouvelle catégorie de gens qui ne sont même plus exploitables et qui sont, par conséquent, laissés à l’abandon.

Le nègre est une création du capitalisme : au départ, il définit cet «homme-objet», «homme-marchandise», qui apparaît avec la traite des esclaves. Il a permis l’essor du premier capitalisme. Mais à l’âge du néolibéralisme, le nègre s’affranchit du concept de race. Et l’abandon, l’indifférence vis-à-vis de pans entiers de l’humanité deviennent les formes paroxystiques de l’exploitation capitaliste. Tout simplement parce que la production de richesses s’est détachée des besoins réels. Elle ne sert plus à offrir du travail et à réduire le chômage, elle ne permet plus depuis longtemps d’aboutir à de nouvelles procédures de redistribution. La richesse, du fait de la financiarisation de l’économie, est devenue abstraite, elle n’a plus autant besoin des travailleurs ou des esclaves.


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MessageSujet: Achille Mbembe   Mar 8 Déc - 17:24



Le devenir-nègre du monde Justine Canonne 10.03.2014


Black men listening to a speaker at an outdoor STFU meeting / Kheel Center via FlickrCC License by

L’historien et politiste Achille Mbembe invite à penser le monde contemporain à l’aune de ce que fut la «condition nègre» depuis la traite atlantique, tout en dessinant une réflexion critique sur les potentielles dérives du capitalisme néolibéral.

Serons-nous tous «nègres» demain? C’est sur cette question que s’ouvre l’ouvrage Critique de la raison nègre. Son auteur, l’historien camerounais Achille Mbembe, le présente comme «un style de réflexion critique sur le monde de notre temps». Que faut-il entendre par ce postulat d’un «devenir-nègre du monde» ? Dans l’imaginaire des sociétés européennes, la race et le «Nègre» n’ont toujours fait qu’un, avance Achille Mbembe, reprenant ici des conceptions fanoniennes.


Citation :
Achille Mbembe cite notamment ces propos de Frantz Fanon:

«En réduisant le corps et l’être vivant à une affaire d’apparence, de peau et de couleur, en octroyant à la peau et à la couleur le statut d’une fiction d’assise biologique, les mondes euro-américains en particulier auront fait du Nègre et de la race deux versants d’une seule et même figure, celle de la folie codifiée.»

Cette confusion entre «race» et «Nègre» ancrée dans la pensée européenne constitue d’ailleurs le socle inavoué sur lequel s’est bâti la modernité, à la fois en tant que projet de connaissance et de gouvernement. La critique de la modernité et du capitalisme n’a pas suffisamment mis en relief l’impact de cet assemblage nègre-race dans la constitution du monde contemporain.

L’historien distingue trois «moments» qui conduisent au «devenir-nègre du monde». Ce processus est entamé au XVe siècle avec le début de la traite atlantique (le premier capitalisme), pilier de la modernité. Le «nègre» est alors considéré comme «homme-objet», «homme-marchandise». Le phénomène se poursuit jusqu’à l’ère du capitalisme néolibéral: Achille Mbembe voit en effet dans le néolibéralisme une pulsion consistant à transformer l’Homme en objet et à assurer une maîtrise illimitée sur l’ensemble du vivant. Se dessine alors le devenir d’un homme-machine, d’un homme-chose (comme pouvait l’être l’esclave), qui doit répondre «au double souci de se reproduire et de jouir des biens de ce monde», tout en s’adaptant sans cesse, dans une logique de court-terme, aux injonctions de la société. Achille Mbembe voit ainsi dans ce devenir de l’individu à l’ère néolibérale «une universalisation tendancielle de la condition nègre». Une telle société conduit finalement à une relégation des individus à une humanité superflue, livrée à l’abandon, dont le capital n’a guère besoin pour son fonctionnement. Ces deux moments –la traite atlantique et l’ère du néolibéralisme– sont entrecoupés par celui de la lutte pour l’émancipation –marqué par exemple par le mouvement pour les droits civiques, ou plus récemment la fin de l’apartheid.

L’invention du «nègre»

Pour comprendre les représentations implicites relatives au terme «Nègre» dans l’inconscient collectif européen, Achille Mbembe consacre une partie de son essai au processus de transformation des gens d’origine africaine en «Nègres». C’est Frantz Fanon, dit-il, qui exprime le mieux, dans Peau noire, masques blancs, le sens sous-jacent du mot «Nègre» dans l’imaginaire occidental: «Le nègre est une bête, le nègre est mauvais, le nègre est méchant, le nègre est laid.»

Achille Mbembe analyse ici la façon dont le «nègre» a fini par devenir le signe d’une altérité impossible à assimiler, d’une joyeuse hystérie, dans l’imaginaire occidental. La «race nègre» y est assimilée à l’instinct, aux pulsions irrationnelles, à la sensualité primaire; le «Nègre» n’est pas assez entré dans l’Histoire, il serait encore englué dans un monde magico-religieux ; la mentalité dite sauvage serait «prélogique». La «race blanche» serait la seule à posséder la volonté et la capacité à construire une vie historique. Telle est la «raison nègre». Par cette expression, Achille Mbembe désigne «une somme de voix, d’énoncés et de discours, de savoirs, de commentaires et de sottises dont l’objet est la chose ou les gens d’origine africaine, et ce que l’on affirme être leur nom ou leur vérité (leurs attributs et qualités, leur destin)». Dès ses origines -les écrits antiques portent déjà la trace de cette invention de la figure du «nègre», selon Achille Mbembe, et la philosophie européenne n’est pas en reste, en témoignent les textes hégéliens décrivant le «nègre» comme n’étant pas sorti de l’animalité- la «raison nègre» consiste en «une activité primale de fabulation», dans laquelle la «domination de race» puise ses justifications, souligne l’historien.

Une modernité marquée par le principe de race

L’idéologie des «races dominantes» prend son essor dans un contexte de colonisation. Pour Achille Mbembe, la «modernité» est l’autre nom du projet expansionniste européen dans les empires coloniaux mis en œuvre à partir du XVIIIe siècle, tandis que le XIXe siècle est le siècle triomphant de l’impérialisme. L’historien fait d’ailleurs apparaître à quel point la notion de «race» n’est pas extérieure au projet moderne européen:

«La critique de la modernité demeure inachevée tant que nous n’aurons pas compris que son avènement coïncide avec l’apparition du principe de race et la lente transformation de ce principe en matrice privilégiée des techniques de domination, hier comme aujourd’hui.»

La thématique de la différence raciale (au sens d’une différence de qualité entre les races) fait ainsi l’objet d’une normalisation au sein de la culture de masse (via les musées, les zoos humains, la presse, les arts et la littérature) à l’époque coloniale, observe Achille Mbembe, qui explique que «des générations de Français ont été exposées à cette pédagogie de l’accoutumance au racisme». Finalement, les raisons économiques, idéologiques ou politiques de la colonisation mobilisent le signifiant racial: il s’agissait de civiliser des «races inférieures.» On se souviendra ici du discours de défense d’une politique coloniale de Jules Ferry en 1885, fondée sur la thèse de la «mission civilisatrice de l’Homme blanc»:

«Il faut dire ouvertement en effet que les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures (…) Je répète qu’il y a pour les races supérieures un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures.»

Un «racisme sans races»

La «raison nègre» et le projet moderne européen ont donc été fondés sur le principe d’une «hiérarchie des races» et d’une différence biologique, irréductible, entre la «race blanche» et la «race nègre». Qu’en est-il aujourd’hui ? La réflexion critique que l’auteur pose sur notre époque s’ouvre sur le constat du déclassement de l’Europe à l’époque contemporaine : le Vieux continent ne constitue plus le centre de gravité du monde. Cette «provincialisation» de l’Europe (Achille Mbembe convoque pour preuve le titre de l’ouvrage phare de Dipesh Chakrabarty, Provincializing Europe, livre emblématique des Postcolonial studies, porteur d’une vision renouvelée de l’histoire, moins européo-centrée) ouvre de nouvelles perspectives à la pensée critique. Dans la mesure où le «Nègre» et la «race» ont contribué à forger le discours européen sur l’Humain, la provincialisation actuelle de l’Europe signifiera-t-il l’extinction du racisme? Ou bien le racisme prendra-t-il de nouvelles formes? Achille Mbembe semble envisager la seconde option, pointant qu’en Europe et aux États-Unis sévit déjà désormais un «racisme sans races», où la «culture» et la «religion» sont mobilisées en lieu et place de la «biologie.»

Cette thèse selon laquelle le racisme s’est déplacé du plan biologique vers le plan culturel est commune à plusieurs penseurs contemporains. Elle est développée par l’anthropologue Régis Meyran et le sociologue Valéry Rasplus dans Les pièges de l’identité culturelle, Berg International, 2014, ou par le sociologue Raphaël Liogier, dans Ce populisme qui vient, Textuel, 2013. Le thème de l’islamophobie, de la peur de l’islam est une illustration récurrente et actuelle du racisme «culturel».

Vers un monde commun

Il serait vain de vouloir dévoiler ici toute la finesse de la réflexion proposée par Achille Mbembe dans cet essai aussi dense qu’érudit, où la richesse des références historiques le dispute à la subtilité de l’analyse critique sur notre temps. Retenons cependant que l’essai s’achève sur l’idée de la nécessité de créer un monde commun.

Partager le monde exige de donner réparation à ceux qui ont été privés de leur part irréductible d’humanité dans les tourments de l’histoire. Un processus de réparation qui doit s’inscrire dans une double démarche: tout à la fois sortir du statut victimaire pour les uns, et rompre avec la «bonne conscience» et le déni de responsabilité pour les autres.

Etre Africain, c’est «être un homme parmi d’autres hommes», proclamait Frantz Fanon dans Peau noire, masques blancs. «Il n’y a guère de relation à soi qui ne passe par la relation à Autrui», poursuit Achille Mbembe, qui veut imaginer une politique de l’humain qui soit «une politique du semblable», où il invite à «mettre en commun les différences». Cette politique du semblable passe par «un élargissement de notre conception de la justice et de la responsabilité» pour une «montée collective en humanité». Ainsi, la proclamation de la différence, dans un objectif de réparation et de restitution de ses droits humains, ne doit être que le moment d’un projet plus large, le projet d’un monde «débarrassé du fardeau de la race, et du ressentiment et du désir de vengeance qu’appelle toute situation de racisme».

«Il n’y a qu’un seul monde», réaffirme l’auteur en guise d’épilogue:


«L’on aura beau ériger des frontières, construire des murs et des enclos, diviser, classifier, hiérarchiser, chercher à retrancher de l’humanité ceux et celles que l’on aura rabaissés, que l’on méprise ou encore qui ne nous ressemblent pas, ou avec lesquels nous pensons que nous ne nous entendrons jamais. Il n’y a qu’un seul monde et nous en sommes tous des ayants droit.»




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MessageSujet: Re: MONDIALISME : un DEVENIR-NÈGRE DU MONDE ?   Mer 9 Déc - 0:55

un devenir anti-communiste au nom du marxisme


le terme de "mondialisme" est ici revendiqué dans un sens simple : rendre compte de ce qui se passe dans le monde entier, dans le moment présent de la double crise de l'Occident et du capital, en termes d'exploitation et de dominations comme de lutte contre elles, sans prétendre qu'elles seraient toutes "révolutionnaires"


on peut juger du contraste avec ce qu'est devenue la vitrine ultragauchiste de Mondialisme.org en version Yves Coleman only, Ni patrie ni frontières : sic !

Yves Coleman a écrit:
Martin Thomas : Sur le manifeste classique de l’islam politique (2011) 8 décembre, par Yves

Une critique de "Jalons sur la route de l’Islam", ce manifeste de l’islam politique écrit par le dirigeant des Frères musulmans Sayyed Qutb (ou Said Kotb).

Comment lutter contre Daech (AWL) 8 décembre, par Yves

Un éditorial de Solidarity publié en juillet 2015 par l’Alliance for Workers Liberty dans son hebdomadaire.

Stephen Wood : Les origines de l’Etat islamique (2014) 6 décembre, par Yves

Un article paru dans Solidarity, l’hebdomadaire de l’AWL et qui essaie de démonter certains mythes gauchistes à propos de Daech.

A propos de l’islam britannique : Medina in Birmingham, Najaf in Brent : Inside British Islam d’Innes Bowen 6 décembre, par Yves

Une critique d’un livre sur l’islam britannique, écrite par Matt Cooper et parue dans Solidarity en août 2014

Vernissage d’une antiquité : le « défaitisme révolutionnaire » 5 décembre, par Temps critiques
À propos des atta­ques isla­mis­tes de Paris

État islamique ou communauté despotique ? 5 décembre, par Jacques Guigou

L’islam politique, le fondamentalisme chrétien, le marxisme et la gauche aujourd’hui (extraits)
5 décembre, par Yves

Du « Black-Blanc-Beur » à la « race sociale » : la confusion s’épaissit chez les gauchistes gaulois 4 décembre, par Yves


Yves Coleman a écrit:
La Marche pour la dignité et contre le racisme du 31 octobre 2015, l’utilisation croissante de concepts comme « racisés », « race sociale » et « racialisation » dans toutes sortes de milieux, le lobbying du PIR et d’un certain nombre d’intellectuels semi-médiatiques ont poussé certains marxistes ou anarchistes à traiter de « racistes » ceux qui ne partageaient pas leurs analyses fondées sur « la classe »...

supercherie et imposture : Yves Coleman n'a aucune « analyse fondée sur la classe » ni critique de l'économie politique


Mansoor Helmart : Le monde après le 11 septembre (extraits) 3 décembre, par Yves Rédigé moins de deux mois après le 11 septembre 2001, ce texte expose la vision des communistes-ouvriers iraniens, sur ce qu’ils appellent les "deux pôles du terrorisme"

Ardeshir Mehrdad et Yasmine Mather : Les rapports de classe de l’islam politique avec le Capital et avec les classes sociales 2 décembre, par Yves



une obsession pathologique

14 textes, 14 portant sur l'islam, au nom d'un "marxisme" qui a autant de rapport avec Marx qu'Obama ou Netanyahu

zéro texte critiquant le capitalisme en quoi que ce soit

zéro texte de critique communiste de l'exploitation capitaliste

zéro texte féministe mettant en cause la domination masculine en France ou ailleurs

uniquement des textes de source occidentale, aucun sur l'Asie, l'Afrique, les Amériques, ni même sur ce qui se passe en Europe

zéro texte de théorie communiste

Islam, Islam, Islam... ad nauseam

tout ça au nom du "Mondialisme", du vrai marxisme et de la lutte de classe...


Yves Coleman, et tout le milieu post-ultragauche y compris Théorie Communiste, font une fixette maladive sur le PIR et environ, dans l'ignorance totale du marxisme extra-européen sauf dénommé "anglo-saxon" excluant ses théoriciens "non blancs" (désolé, c'est comme ça), aucune connaissance théories décoloniales, ni compte-rendu ni analyse concrète de ces luttes

le nez sur leur nombril français, ce qu'ils produisent, même certains à grands renforts de citations de Marx, n'a plus rien à voir avec sa pratique théorique, sa méthodologie critique de l'histoire, de l'économie politique du capital de son temps, plus rien à voir avec l'engagement de Marx dans les luttes communistes de son temps

le sens général s'en inscrit davantage dans l'idéologie française, et concernant Yves Coleman avec un déni de toutes réalités socio-raciales, une haine systématique pour tout ce qui se bouge contre le capitalisme français, les autres se contentant d'expliquer que ce n'est pas comme ça, avec une morgue qui n'a plus d'égale que le vide morbide de leur prétentions théoriques

ce milieu post-ultragauche est marqué par de profonds problèmes pathologiques internes et relationnels de plus en plus étalés sur les écrans sans la moindre pudeur : au nom du communisme ?
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MessageSujet: Re: MONDIALISME : un DEVENIR-NÈGRE DU MONDE ?   Mer 9 Déc - 1:56



Discussing African Futures With Achille Mbembe


Achille Mbembe speaks at the African Futures festival in Johannesburg
(Photo: Lerato Maduna. Courtesy of Goethe-Institut South Africa)

Achille Mbembe says that the future of our planet is being shaped by movements taking place on the African continent right now. We should listen. The Cameroonian intellectual is the leading voice in discussions around “African Futures.” His work as a professor at Johannesburg’s Wits University, his publications and even his Facebook statuses have helped spark meaningful conversations regarding the future of the continent and, ultimately, the world.

Okayafrica had the opportunity to speak with Mbembe ahead of his appearance at the Goethe-Institut’s African Futures festival last month in Johannesburg. During our conversation, the political philosopher spoke of the monumental social and economic transformations occurring in Africa and highlighted the central role that young people play in fostering these shifts. Mbembe makes it clear that Africa is indeed the future, and its prodigious and charismatic youth are its trailblazers.


Citation :
Damola Durosomo for Okayafrica: What excites you about the future of the continent?

Achille Mbembe: Okay, first of all, one thing that excites me about the state of the continent today is the extent to which it has leapfrogged a series of steps other societies have had to follow in terms of their technological development. Most regions of the continent today—with the rapid expansion of mobile telephony—are moving free from the age of iron to the digital age.

This goes hand in hand with an explosion of forms of knowledge, some of which borrow from traditional knowledges, and others, from high-end technologies found in the rest of the world. That acceleration seems to me to be the main philosophical and political question, as well as economic question, that we have to put at the center of any discussion on knowledge production today.

How do you think this acceleration will affect development? What does it mean to skip these steps?

Such a rapid acceleration, if not carefully managed, will result in a number of dislocations in various areas. The striking thing with Africa, from a historical perspective, is the extent to which it has always embraced novelty and the extent to which African societies have been able to embed the novelty within some rather old cultural patterns.

I have no doubt that the digital revolution is being understood or domesticated from within the same pattern, and I can only see benefits. Especially with young people on the continent, opening themselves up to these new human-made inventions.


Virtual reality (VR) spotlighted in the ‘New Dimensions’ exhibition at African Futures in Johannesburg
(Photo: Lerato Maduna. Courtesy of Goethe-Institut South Africa)

Speaking of young people, they seem to be the focus right now of a lot of the conversation regarding Africa’s future. What role do students play in all of this?

Students in particular, are at the avant-garde of this new development. It’s important for us to remind ourselves of the fact that the continent’s demographics are expanding. We’re in the midst of a demographic revolution. The continent is composed of a majority of young people and we’re simultaneously in the midst of an urban revolution. We are witnessing from Lagos to Kinshasa, to Nairobi, Rwanda, Johannesburg to Douala and Abidjan the emergence of forms of urban civilization which we haven’t seen in the recent history of humankind.

This combination of a demographic revolution and an urban revolution is opening up Africa to a whole set of new dilemmas we have to confront. One such dilemma is the dilemma of stipulation. We need to turn the continent into a vast space of stipulation which implies the abolition of our internal boundaries, and so, young people are at the forefront of those efforts at reopening the continent to itself and technologies play a critical role in that reopening of Africa to itself.

You’ve written extensively about this idea of decolonizing knowledge. Do you think that the student movement that’s occurring right now in South Africa is one of the necessary steps to decolonizing knowledge in the country?

Let me say that the South African situation is somewhat typical of conditions of a society trying to emerge from long histories of racial domination. The main future of South Africa is being ruled by a black majority politically while still being dominated, both culturally and even more importantly, economically, by a sizable and powerful white minority.

This bifurcation between the political on the one hand, and on the other hand the economic and the cultural, manifests itself very dramatically in the institution of the university. In the sense that most universities in South Africa are still emulating the colonial morals of Oxford, Cambridge and the rest at a time when there’s a huge demand coming from the South African society, especially the black part of the society, to align the objectives of higher education with the requirements of alleviating mass poverty and upliftment. That has created a whole set of contradictions and has opened up a space for new forms of struggles which here take the name of the decolonizing movement.

The decolonizing movement is aiming at transforming the curriculum, to bring to an end what it perceives as institutional racism in the universities, recruiting more Black staff, linking up more forcefully student struggles and social struggles. It is a movement that is in its infancy; it is now trying to link up those intellectual questions with questions of democratization of access, free education for the poor and so forth and so on, which explains the recent or ongoing uprising in South African universities.


Achille Mbembe shares a joke with Nigerian singer-songwriter Keziah Jones at the African Futures festival in Johannesburg(Photo: Lerato Maduna. Courtesy of Goethe-Institut South Africa)

Why is it important to discuss African futures?

For a very long time, the question of the future was not on the agenda when we were dealing with the questions of Africa. It was understood that Africa didn’t have a future. You might remember that in the mid-90s, the main magazine, The Economist, ran a headline with the title: “The Hopeless Continent.”

Now, as we enter the twenty-first century, it appears to many, including those in the international financial sector, that Africa is in fact the last frontier of capitalism. It’s becoming more and more evident that the very future of our planet is being played out in Africa, whether one is dealing with questions of ecological crises, climate change, refugees, renewal of energies and so forth and so on, Africa is back on the agenda. The belief is that the twenty-first century will be an African century.

That’s the horizon, and now we have to make it happen. The arts are playing a powerful role in translating this horizon into fact, and the festival in Johannesburg is part of that consciousness-raising exercise.

In one of your recent Facebook status updates you explored the idea of the student movement in South Africa being a pre-revolutionary moment in South Africa’s history, and you concluded by saying that with South Africa, the rule of thumb should be openness to the unexpected. Should that be a rule used to approach the rest of the continent, or is that something that is specific to South Africa?

I think this applies to the entire continent, not simply South Africa. We are clearly at a moment when, at least those of us who live here, and who work here, who travel throughout the continent, can begin to see major political, economic and cultural shifts.

For instance, over the last 15 years, the continent has been experimenting with rates of economic growth among the highest in the world. Of course, this huge amount of wealth that’s being produced is not equally redistributed. It is not yet leading to high levels of employment, but something is going on and that requires our attention. We cannot say that nothing is happening.

I think the best way to read the continent is not to do it in an apocalyptic way nor should we read the continent within a romantic framework that doesn’t correspond to the real. The best way to read it is by opening ourselves up to that which is not expected. That’s the best way in which we will be able to understand the nature of current dynamics in this massive and colossal part of the world.


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MessageSujet: Re: MONDIALISME : un DEVENIR-NÈGRE DU MONDE ?   Mer 9 Déc - 2:06



"O mundo vai ser negro", diz filósofo camaronês

Teórico camaronês do pós-colonialismo Achille Mbembe é o homenageado deste ano com o Prêmio Irmãos Scholl, na Alemanha, por seu incômodo livro "Crítica da Razão Negra"


Achille Mbembe: "Crítica da Razão Negra"

"As lógicas de distribuição da violência em escala planetária não poupam nenhuma região do mundo, não mais que a vasta operação em curso de depreciação das forças produtivas", constata o filósofo e historiador Achille Mbembe no epílogo de seu livro "Crítica da Razão Negra". Trata-se de um pontapé inicial rumo a uma nova visão de mundo, o que comprova a atualidade da obra do teórico camaronês, sobretudo quando se pensa nas muitas guerras e conflitos ou nos incontáveis jovens desempregados, principalmente na África.

E foi por esse olhar afiado "sobre a sociedade mundial globalizada, que não remove apenas mercadorias e capital, mas também pessoas e força de trabalho", que Achille Mbembe recebeu em Munique, na segunda-feira (30/11), o Prêmio Irmãos Scholl. A premiação acontece anualmente em homenagem a uma obra "que dê provas de independência intelectual, seja capaz de incentivar a liberdade civil, bem como a coragem moral, intelectual e estética".


Rebelião de estudantes na África do Sul: Soweto dos anos 1970

Citation :
Justiça universal no mundo

A questão simples, porém tocante, abordada por este filósofo político, acaba sendo "a questão do mundo": O que é o mundo? Como são "as relações entre suas diversas partes?". Como viver neste mundo? A quem pertencem os recursos? O que move ou ameaça este mundo? Todas essas são questões mais atuais que nunca. A resposta de Mbembe é a visão de uma comunidade universal: "Só há um mundo e todos temos direito a ele". No entanto, segundo a tese do teórico, antes que possamos criar um lar como seres humanos neste mundo comum, precisamos tratar da história dos traumas e das feridas. "Restituição e reparação estão, portanto, no centro da própria possibilidade de construção de uma consciência comum do mundo, ou seja, do cumprimento de uma justiça universal", escreve o filósofo.

O devir-negro do mundo

É assim, portanto, que este pensador do pós-colonialismo imprime sua explicação de mundo. Mbembe estudou na Sorbonne, em Paris, depois de passar por Berkeley, Yale e outras instituições acadêmicas conceituadas dos EUA. Hoje, leciona na Universidade de Witwatersrand em Johanesburgo, África do Sul. Seu livro "Crítica da Razão Negra", publicado em 2013 originalmente em francês (e traduzido para o português em 2014), embora seja considerado pelo próprio autor como "um ensaio", é um tratado cheio de meandros sobre racismo e capitalismo, cujas teses são construídas acadêmica e também poeticamente.

"Razão negra" – quem por ventura pensar em qualquer tipo de conceito que possa remeter a "black is beautiful", estará totalmente equivocado. O que Mbembe reconhece é um "enegrecimento do mundo" em uma época de "crespúsculo europeu". E o substantivo "negro", para ele, é compreendido como "toda a humanidade subalterna", incluindo as hordas de operários mal remunerados da indústria chinesa, bem como os milhões de refugiados, que perderam tudo, ou os migrantes europeus em busca de emprego, submetidos a condições precárias de trabalho. Mbembe analisa o desenvolvimento desta "cisão" e "codificação da vida social em normas, categorias e números". Para isso, ele volta mais de 500 anos na história. No centro de seu tratado recheado de teses, está o conceito do nègre – palavra usada em determinados idiomas hoje somente entre aspas, conotada negativamente e associada ao conceito de racismo.


Escravos na plantação de cana de açúcar em Cuba: pintura de Patricio de Landaluze (1874)

Os Condenados da Terra

Segundo Mbembe, o "Negro" é uma construção material e fantástica, que passou por três fases. A primeira delas, que foi do século 15 ao 19, se deu com a espoliação organizada através do tráfico transatlântico de escravos. Na segunda fase, os "seres cujos direitos foram usurpados" lutaram, a partir do fim do século 18 até o fim do apartheid há aproximadamente 20 anos, pela libertação e emancipação como "sujeitos completos do mundo vivo". A terceira fase é esta na qual vivemos, a "da globalização dos mercados, da privatização do mundo sob a égide do neoliberalismo" – uma fase que começou no início do século 21 e que "é dominada pelas indústrias do silício e pelas tecnologias digitais".

Em mais de 300 páginas, Mbembe comprova que, sem o "Negro", o capitalismo não teria podido se desenvolver desta forma como se desenvolveu e ainda se desenvolve, transformando continuamente as pessoas em mercadorias. Para isso, o teórico faz uso de citações que vão do viajante Alexis de Toqueville a Frantz Fanon, o mentor francês do pensamento descolonizador. "Poder predador, poder autoritário e poder polarizador, o capitalismo precisou sempre de subsídios raciais para explorar os recursos do planeta. Assim o foi e assim o é, ontem e hoje, ainda que atualmente ele esteja colonizando o seu próprio centro e que as perspectivas de um devir-negro do mundo nunca tenham sido tão evidentes".

Um livro para a sociedade mundial globalizada

Immanuel Kant estabeleceu em 1781, com sua obra principal de teoria do reconhecimento intitulada "Crítica da Razão Pura", os conceitos decisivos para o Iluminismo. A partir desta herança, Achilles Mbembe criou, com seu trabalho sobre o afropolitanismo, nada menos que os princípios teóricos de um "projeto de um mundo por vir", um mundo "liberto do peso da raça e dos ressentimentos".

O Prêmio Irmãos Scholl é concedido pela Federação Estadual da Baviera da Associação do Comércio Livreiro Alemão, junto com a prefeitura de Munique, dentro do Festival de Literatura que acontece na cidade. A premiação, no valor de 10 mil euros, leva o nome de Hans e Sophie Scholl, dois combatentes da resistência, mortos pelos nazistas. Em 2014, o prêmio foi entregue a Glenn Greenwald, parceiro de Snowden, por seu livro No Place To Hide, lançado no Brasil sob o título Sem lugar para se esconder: Edward Snowden, a NSA e a espionagem do governo americano.

Leia mais


Citation :
Glenn Greennwald recebe renomado prêmio alemão de literatura

Revelações sobre a Agência Nacional de Segurança dos EUA, contadas no livro "Sem lugar para se esconder: Edward Snowden, a NSA e a espionagem do governo americanoio", levaram o prêmio Geschwister-Scholl 2014. (02.12.2014)


Há 70 anos irmãos Scholl eram executados pelo regime nazista

Ativistas da resistência contra Hitler, os membros do movimento Rosa Branca foram presos e executados em fevereiro de 1943. Hoje são exemplos de coragem civil. (22.02.2013)

Data 02.12.2015
Autoria Sabine Peschel (sv)
Palavras-chave Achille Mbembe, filósofo, África, pós-colonialismo, Fanon
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MessageSujet: Re: MONDIALISME : un DEVENIR-NÈGRE DU MONDE ?   Mer 9 Déc - 3:36

quelques cartes continentales






















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MessageSujet: Re: MONDIALISME : un DEVENIR-NÈGRE DU MONDE ?   Mer 9 Déc - 16:25


encore un effort, Alain Badiou

pour sortir du nombril de la philosophie européiste


ça vaut ce que ça veau... Vrai que le racisme n'est pas le privilèges des prolos, nous l'avons vu dans et les PROLOS dans tout ça ? Quelle idéologie ? Quel "écart" ? , avec le fait que nombre d'électeurs du Front National appartiennent maintenant aux couches d'un "haut niveau socio-culturel" (cf enquête de France Culture dans le Nord Pas-de-Calais et la création d'associations, patronales, culturelles, en milieu enseignant...), mais il n'en demeure pas moins le pont aveugle de l'intellectuel Alain Badiou est l'eurocentrisme de sa philosophie

autrement dit comme dit ailleurs, le point central de la critique n'est pas la "race", ni le couple racisme-antiracisme, mais avec Achille Mbembe "l'avenir-nègre du monde" , autrement dit la dynamique contradictoire des rapports de classes et de "races" dans le moment décolonial d'affrontement mondial au sein de la double crise de l'Occident et du capital





Le racisme des intellectuels Alain Badiou, philosophe, dramaturge et écrivain Le Monde 05.05.2012

L'importance du vote pour Marine Le Pen accable et surprend. On cherche des explications. Le personnel politique y va de sa sociologie portative : la France des gens d'en bas, des provinciaux égarés, des ouvriers, des sous-éduqués, effrayée par la mondialisation, le recul du pouvoir d'achat, la déstructuration des territoires, la présence à leurs portes d'étranges étrangers, veut se replier sur le nationalisme et la xénophobie.

Citation :
C'est déjà du reste cette France "retardataire" qu'on accusait d'avoir voté non au référendum sur le projet de Constitution européenne. On l'opposait aux classes moyennes urbaines éduquées et modernes, qui font tout le sel social de notre démocratie bien tempérée.

Disons que cette France d'en bas est quand même, en la circonstance, le baudet de la fable, le pelé et le galeux "populiste" d'où nous vient tout le mal lepéniste. Etrange, au demeurant, cette hargne politico-médiatique contre le "populisme". Le pouvoir démocratique, dont nous sommes si fiers, serait-il allergique à ce qu'on se soucie du peuple ? C'est l'avis dudit peuple, en tout cas, et de plus en plus. A la question "les responsables politiques se préoccupent-ils de ce que pensent les gens comme vous ?", la réponse entièrement négative "pas du tout" est passée de 15 % de l'ensemble en 1978 à 42 % en 2010 ! Quant au total des réponses positives ("beaucoup" ou "assez"), il est passé de 35 % à 17 % (on se reportera, pour cette indication statistique et d'autres d'un très grand intérêt, au numéro hors série de la revue La Pensée titré "Le peuple, la crise et la politique" et réalisé par Guy Michelat et Michel Simon). La relation entre le peuple et l'Etat n'est pas faite de confiance, c'est le moins qu'on puisse dire.

Faut-il conclure que notre Etat n'a pas le peuple qu'il mérite, et que le sombre vote lepéniste atteste cette insuffisance populaire ? Il faudrait alors, pour renforcer la démocratie, changer le peuple, comme le proposait ironiquement Brecht...

Ma thèse est plutôt que deux autres grands coupables doivent être mis en avant : les responsables successifs du pouvoir d'Etat, de gauche comme de droite, et un ensemble non négligeable d'intellectuels.

En définitive, ce ne sont pas les pauvres de nos provinces qui ont décidé de limiter autant que faire se peut le droit élémentaire d'un ouvrier de ce pays, quelle que soit sa nationalité d'origine, de vivre ici avec sa femme et ses enfants. C'est une ministre socialiste, et tous ceux de droite ensuite qui se sont engouffrés dans la brèche. Ce n'est pas une campagnarde sous-éduquée qui a proclamé en 1983, que les grévistes de Renault - en effet majoritairement algériens ou marocains - étaient des "travailleurs immigrés (...)agités par des groupes religieux et politiques qui se déterminent en fonction de critères ayant peu à voir avec les réalités sociales françaises".

C'est un premier ministre socialiste, bien entendu à la grande joie de ses "ennemis" de la droite. Qui a eu la bonne idée de déclarer que Le Pen posait les vrais problèmes ? Un militant alsacien du Front national ? Non, c'est un premier ministre de François Mitterrand. Ce ne sont pas des sous-développés de l'intérieur qui ont créé les centres de rétention pour y emprisonner, hors de tout droit réel, ceux qu'on privait par ailleurs de la possibilité d'acquérir les papiers légaux de leur présence.

Ce ne sont pas non plus des banlieusards excédés qui ont ordonné, partout dans le monde, qu'on ne délivre aux gens des visas pour la France qu'au compte-gouttes, pendant qu'on fixait ici même des quotas d'expulsions que devait à tout prix réaliser la police. La succession des lois restrictives, attaquant, sous prétexte d'étrangeté, la liberté et l'égalité de millions de gens qui vivent et travaillent ici, n'est pas l'oeuvre de "populistes" déchaînés.

A la manoeuvre de ces forfaits légaux, on trouve l'Etat, tout simplement. On trouve tous les gouvernements successifs, dès François Mitterrand, et sans répit par la suite. En la matière, et ce ne sont que deux exemples, le socialiste Lionel Jospin a fait savoir dès son arrivée au pouvoir qu'il n'était pas question d'abolir les lois xénophobes de Charles Pasqua ; le socialiste François Hollande fait savoir qu'on ne décidera pas les régularisations de sans-papiers autrement sous sa présidence que sous celle de Nicolas Sarkozy. La continuité dans cette direction ne fait aucun doute. C'est cet encouragement obstiné de l'Etat dans la vilenie qui façonne l'opinion réactive et racialiste, et non l'inverse.

Je ne crois pas être suspect d'ignorer que Nicolas Sarkozy et sa clique ont été constamment sur la brèche du racisme culturel, levant haut le drapeau de la "supériorité" de notre chère civilisation occidentale et faisant voter une interminable succession de lois discriminatoires dont la scélératesse nous consterne.

Mais enfin, nous ne voyons pas que la gauche se soit levée pour s'y opposer avec la force que demandait un pareil acharnement réactionnaire. Elle a même bien souvent fait savoir qu'elle "comprenait" cette demande de "sécurité", et a voté sans état d'âme des décisions persécutoires flagrantes, comme celles qui visent à expulser de l'espace public telle ou telle femme sous le prétexte qu'elle se couvre les cheveux ou enveloppe son corps.

Ses candidats annoncent partout qu'ils mèneront une lutte sans merci, non tant contre les prévarications capitalistes et la dictature des budgets ascétiques que contre les ouvriers sans papiers et les mineurs récidivistes, surtout s'ils sont noirs ou arabes. Dans ce domaine, droite et gauche confondues ont piétiné tout principe. Ce fut et c'est, pour ceux qu'on prive de papiers, non l'Etat de droit, mais l'Etat d'exception, l'Etat de non-droit. Ce sont eux qui sont en état d'insécurité, et non les nationaux nantis. S'il fallait, ce qu'à Dieu ne plaise, se résigner à expulser des gens, il serait préférable qu'on choisisse nos gouvernants plutôt que les très respectables ouvriers marocains ou maliens.

Et derrière tout cela, de longue date, depuis plus de vingt ans, qui trouve-t-on ? Qui sont les glorieux inventeurs du "péril islamique", en passe selon eux de désintégrer notre belle société occidentale et française ? Sinon des intellectuels, qui consacrent à cette tâche infâme des éditoriaux enflammés, des livres retors, des "enquêtes sociologiques" truquées ? Est-ce un groupe de retraités provinciaux et d'ouvriers des petites villes désindustrialisées qui a monté patiemment toute cette affaire du "conflit des civilisations", de la défense du "pacte républicain", des menaces sur notre magnifique "laïcité", du "féminisme" outragé par la vie quotidienne des dames arabes ?

N'est-il pas fâcheux qu'on cherche des responsables uniquement du côté de la droite extrême - qui en effet tire les marrons du feu - sans jamais mettre à nu la responsabilité écrasante de ceux, bien souvent - disaient-ils - "de gauche", et plus souvent professeurs de "philosophie" que caissières de supermarché, qui ont passionnément soutenu que les Arabes et les Noirs, notamment les jeunes, corrompaient notre système éducatif, pervertissaient nos banlieues, offensaient nos libertés et outrageaient nos femmes ? Ou qu'ils étaient "trop nombreux" dans nos équipes de foot ? Exactement comme on disait naguère des juifs et des "métèques" que par eux la France éternelle était menacée de mort.

Il y a eu, certes, l'apparition de groupuscules fascistes se réclamant de l'islam. Mais il y a tout aussi bien eu des mouvements fascistes se réclamant de l'Occident et du Christ-roi. Cela n'empêche aucun intellectuel islamophobe de vanter à tout bout de champ notre supérieure identité "occidentale" et de parvenir à loger nos admirables "racines chrétiennes" dans le culte d'une laïcité dont Marine Le Pen, devenue une des plus acharnées pratiquantes de ce culte, révèle enfin de quel bois politique il se chauffe.

En vérité, ce sont des intellectuels qui ont inventé la violence antipopulaire, singulièrement dirigée contre les jeunes des grandes villes, qui est le vrai secret de l'islamophobie. Et ce sont les gouvernements, incapables de bâtir une société de paix civile et de justice, qui ont livré les étrangers, et d'abord les ouvriers arabes et leurs familles, en pâture à des clientèles électorales désorientées et craintives. Comme toujours, l'idée, fût-elle criminelle, précède le pouvoir, qui à son tour façonne l'opinion dont il a besoin. L'intellectuel, fût-il déplorable, précède le ministre, qui construit ses suiveurs.

Le livre, fût-il à jeter, vient avant l'image propagandiste, laquelle égare au lieu d'instruire. Et trente ans de patients efforts dans l'écriture, l'invective et la compétition électorale sans idée trouvent leur sinistre récompense dans les consciences fatiguées comme dans le vote moutonnier.

Honte aux gouvernements successifs, qui ont tous rivalisé sur les thèmes conjoints de la sécurité et du "problème immigré", pour que ne soit pas trop visible qu'ils servaient avant tout les intérêts de l'oligarchie économique ! Honte aux intellectuels du néo-racialisme et du nationalisme bouché, qui ont patiemment recouvert le vide laissé dans le peuple par la provisoire éclipse de l'hypothèse communiste d'un manteau d'inepties sur le péril islamique et la ruine de nos "valeurs" !

Ce sont eux qui doivent aujourd'hui rendre des comptes sur l'ascension d'un fascisme rampant dont ils ont encouragé sans relâche le développement mental.


Né en 1937, professeur de philosophie à l'Ecole normale supérieure, Alain Badiou articule pensée formelle et récit littéraire, argumentation conceptuelle et intervention politique. Il est notamment l'auteur d'Entretiens I (Nous, 2011), de La République de Platon (Fayard, 596 p., 24,50 €) et, dans la série "Circonstances", aux Nouvelles Editions Lignes, de Sarkozy : pire que prévu, les autres : prévoir le pire (94 p., 9,50 €).


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MessageSujet: Re: MONDIALISME : un DEVENIR-NÈGRE DU MONDE ?   Ven 11 Déc - 7:59



https://materialmattersconference.wordpress.com/

les programmes détaillés sont à trouver sur le site





International Conference 13th - 14th November 2014 Justus-Liebig University Giessen



Gayatri Chakravorty Spivak





Migration Regimes and Gender
Gülay Toksöz
Beatriz Padilla




Barbara Holland-Cunz
María Virginia González
Selçuk Yurtsever-Kneer





CALL FOR ABSTRACTS:

Citation :
Session in RC 32: III ISA Forum of Sociology Vienna 2016 (http://www.isa-sociology.org/forum-2016/)

Global Sociology and Feminist Perspectives on Care, Care Work and the Struggle for a Careful World

In times of contemporary economic, political and social change we are witnessing a fundamental restructuring of care and care work coming along with social inequalities. Different parallel, intersecting and/or interdependent processes can be observed:

– the commodification und rationalization of social reproduction, care and care work by care industries and entrepreneurship, scientific and technological innovations (like care robots, social freezing)

– the commodification, de-commodification, and re-location of care between market, state, third sector, households, and networks

– trans- and international migration and migrants‘ work in global care chains and the care gaps in and between the societies of the Global North and South, East and West

– feminist/social protest and movements for a careful society acting between criticism of capitalism and struggling for a better life in social and ecological perspective


The session aims to bring together research from around the world. Questions are: How are care and care work reorganized and reshaped? What are its preconditions and effects in terms of social inequalities? What are the main theoretical and empirical perspectives, approaches and results of research in different parts of the world? How are sociological and feminist approaches on care and care work challenged to bring the local and the global together? What can and shall a global sociology and feminist perspectives on care and care work afford in the context of civil society’s protest and social movements?

Deadline of abstract submission: September, 30th, online submission RC 32:

http://www.isa-sociology.org/forum-2016/

Organizers:

Prof Dr. Brigitte Aulenbacher, Section Feminist Theory and Gender Studies in the Austrian Sociological Association and Johannes Kepler University Linz, brigitte.aulenbacher@jku.at

Prof Dr. Brigitte Liebig, Committee Gender Studies in the Swiss Sociological Association and University of Applied Sciences Northwestern Switzerland, brigitte.liebig@fhnw.ch

Prof Dr. Encarnación Gutiérrez Rodríguez, Section Women’s and Gender Studies in the German Sociological Association and Justus-Liebig University of Gießen, e.gutierrez-rodriguez@sowi.uni-giessen.de


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MessageSujet: Re: MONDIALISME : un DEVENIR-NÈGRE DU MONDE ?   Jeu 17 Déc - 15:20


hé bien, maintenant, la Critique de la raison nègre, d'Achille Mbembe, c'est comme le Port-Salut, écrit dessus : une critique du capitalisme


Capitalism critic: Prize for Achille Mbembe

vidéo dans l'original



Achille Mbembe wants to rethink the world. The philosopher from Cameroon has taught at Yale, Boston, and Berkeley. Now he has received the Geschwister-Scholl-Preis for his book "Critique de la raison nègre".

source DW for Mind
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MessageSujet: Re: MONDIALISME : un DEVENIR-NÈGRE DU MONDE ?   Sam 19 Déc - 14:32


très nombreuses cartes dont certaines intéressantes, mais cela ne fait pas en soi un usage pertinent du concept...



The Decolonial Atlas

Re-imagining the world


Decolonial Atlas Featured in Langscape Magazine! December 16, 2015



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MONDIALISME : un DEVENIR-NÈGRE DU MONDE ?
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