PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...

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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Ven 18 Déc - 11:45



Meyer Habib évoque une « gangrène islamique »… à l’Assemblée nationale Al-Kanz

Mercredi 16 décembre, un député controversé a évoqué à l’Assemblée nationale une « gangrène islamique » sans susciter la moindre réaction. Manuel Valls approuva son propos



La « gangrène islamique » devient « islamiste » sur le site de l’Assemblée nationale

Citation :
Islamophobie. Intervenant à l’Assemblée nationale contre la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanction), le député controversé Meyer Habib, porte-parole officieux en France du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de l’extrême droite israélienne, s’en est pris au boycott légitime de l’Etat voyou d’Israël.

Aucun député n’a réagi


Egal à lui-même, jamais décevant, Meyer Habib a multiplié les amalgames aussi fallacieux qu’outranciers. Souillant la mémoire des victimes de Merah (Montauban et Toulouse) ou de Nemouche (musée juif de Bruxelles), le député qui s’exprimait pour le groupe de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) a osé l’infâme.

« L’Europe n’a-t-elle rien de mieux à faire quand la gangrène islamique se propage, qu’on a massacré à Toulouse, à Bruxelles et en plein Paris ? »
, a-t-il demandé à Manuel Valls à qui il s’adressait.

« La gangrène islamique »
, non pas la gangrène de l’Etat islamique, non pas la gangrène Daesh, la gangrène islamique. Le propos, qui ne souffre aucune ambiguïté, n’a suscité aucun réprobation. Pire, plusieurs députés de l’UDI et des Républicains ont applaudi à la fin de l’intervention de l’obligé de Netanyahu.

« Gangrène juive », « gangrène catholique » ?

Prenant à son tour la parole, le Premier ministre Manuel Valls n’a rien trouvé à redire. Il a plutôt renchéri, n’hésitant pas à criminaliser celles et ceux qui s’opposent au sionisme, doctrine politique.

Imaginerait-on un député français fustigeant la politique criminelle d’Israël évoquer en plein débat parlementaire la « gangrène juive » ? un autre scandalisé par les choix sociétaux du pape évoquer la « gangrène catholique » ? cela sans provoquer un tollé dans les rangs de l’Assemblée nationale ? Assurément non.

En revanche, évoquer la « gangrène islamique » est bien naturel. Les mots sont importants. Meyer Habib a osé l’infamie. Manuel Valls l’a validée.


« je suis un ami proche de Benjamin Netanyahu »



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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Sam 19 Déc - 5:23



Après les déclarations de Messieurs Meyer Habib et Manuel Valls à l’Assemblée Nationale le 16 décembre 2015
18 décembre 2015 par le Bureau national de l’UJFP

La crise du régime politique français révélée par les réactions aux attentats du 13 novembre et soulignée par les résultats des élections régionales, n’a fait que découvrir un peu plus le visage ultralibéral de notre actuel gouvernement.

On n’hésite plus à parler de suppression des notions gauche/droite et pour cause... [noter ici que j'avais ouvert en mai un sujet "implosion du clivage droite-gauche" que recouvre d'ailleurs entre le concept d'idéologie française, entre autre par qu'elle ne se situe pas au seul niveau politique, mais comme structure of feeling, imprégnation profonde de tous les rapports sociaux dans la crise]

Or aujourd’hui, qui dit ultralibéral dit sioniste radical, et la parole sioniste, devenue parole occidentale, se retrouve jusqu’au plus haut niveau de l’Etat.


Citation :
La partition jouée le 16 décembre par Mrs Meyer Habib et M Manuel Valls à l’Assemblée Nationale à propos de la campagne internationale BDS – Boycott, Désinvestissement et Sanctions - initiée par la société civile palestinienne tout entière en 2005, leur appréciation commune sur la nature démocratique du régime israélien, les propos racistes et islamophobes tenus par Meyer Habib évoquant « la gangrène islamique » [1] et non condamnés par le premier ministre, nous éclairent, mieux que tout, sur la concordance politique et les objectifs communs que partagent les partis de ces deux personnages et, plus généralement, l’essentiel de la classe politique française.

Les attentats du 13 novembre dernier à Paris, ont marqué une offensive ultra - sécuritaire en France qui cherche au passage à identifier la résistance palestinienne au terrorisme de Daech, et fait d’Israël une victime en miroir avec la France du 13 novembre. C’est ainsi que nous avons vu des députés comme Julien Dray expliquer que les méthodes israéliennes antiterroristes devaient être adoptées par la France [2], tout comme nous avons vu Valérie Pécresse adresser par courrier à ses « compatriotes juifs » des serments d’allégeance à la cause sioniste.

Cette résurgence des pires amalgames dans le discours de la classe politique française, hier pour rallier l’électorat juif, aujourd’hui à l’Assemblée Nationale pour attaquer la campagne BDS, stigmatiser nos concitoyens musulmans, tend à replacer Israël au cœur du débat politique national où dominent des discours racistes et islamophobes.

En réintroduisant la question du BDS dans le débat français, celle de son prétendu antisémitisme, en qualifiant d’antisémite le combat contre le sionisme [3] et en stigmatisant des pans entiers de la société civile française - principalement les jeunes des quartiers populaires - le gouvernement et ses alliés nous confirment l’inscription totale de leur vision politique dans celle de la politique du choc des civilisations, dans celle du combat de l’Occident (devenu judéo-chrétien) contre le monde musulman dans son ensemble.

Dans leur volonté – ici, en France – de continuer à nous diviser et à nous dresser les uns contre les autres pour mieux nous réprimer, et retarder au maximum la nécessaire unité que nous devons réaliser pour résister efficacement aux menaces qu’ils font peser sur la démocratie et nos libertés à toutes et tous.

Le soutien raisonné par un nombre de plus en plus important de nos concitoyens au combat légitime du peuple palestinien, la condamnation par les mêmes de la politique d’apartheid israélienne, de sa politique de conquêtes et de colonisation ; les crimes de toute nature commis à Gaza, dans les Territoires Palestiniens Occupés, en Israël même, sont au cœur de leur adhésion à la campagne BDS.

Nul ne peut en inverser la dynamique !

Ce soutien traduit, en ce début du XXIe siècle, la réflexion de chacun sur cette dernière expression du colonialisme européen des XIXe et XXe siècles qu’est le sionisme, son ultime visage tel que nous l’observons à travers les discours et les pratiques du gouvernement israélien actuel d’extrême droite conduit par Benjamin Netanyahou : apartheid, épuration ethnique, colonisation, occupation, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Ce soutien traduit également la réflexion de chacun sur les dangers qui pèsent sur le droit international en général, sur le droit humanitaire international, sur le droit des peuples à disposer d’eux mêmes, à être secourus, à être protégés, sur le peu de cas qu’en font les pays occidentaux, à l’image de leur protégé israélien.

La dénonciation du sionisme est aujourd’hui tout cela : une expression contemporaine de la condamnation du colonialisme, une expression contemporaine de la solidarité internationale, une expression contemporaine de cette exigence de justice pour tous les peuples opprimés à travers le monde, pour le peuple palestinien en particulier, symbole absolu de tous les renoncements et de toutes les trahisons de la communauté internationale.

Messieurs Meyer Habib, Manuel Valls [4] et consorts n’y feront rien !

La politique coloniale de la France, son soutien indécent à Israël et à sa politique criminelle, les menaces que le gouvernement fait peser sur la société civile française aujourd’hui en particulier par l’état d’urgence, ses pratiques et sa prolongation, ne peuvent être masquées par leurs incantations sur l’antisémitisme, sur l’antisionisme, et leur haine vis-à-vis de la campagne BDS, son prétendu racisme.

En ce qui nous concerne, nous membres de l’UJFP, nous mobiliserons tous nos efforts dans la nécessaire lutte contre l’islamophobie, la nécessaire mobilisation pour la défense de nos libertés, dans l’affirmation de notre solidarité sans réserve avec toutes les victimes des guerres impériales qui ravagent le Moyen-Orient, dans notre solidarité absolue avec la lutte du peuple palestinien.

Tous nos efforts dans le renforcement de la campagne française BDS.

Le Bureau national de l’UJFP, le 18 décembre 2015.

[1] La vidéo en témoigne, c’est bien la « gangrène islamique » que Meyer Habib a pourfendue dans son intervention. Et personne dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale n’a trouvé à y redire. Mais il a quand même fait rectifier le compte rendu officiel, et la gangrène est devenue islamiste. C’est un peu comme si après la déclaration du Grand Rabbin Mordechaï Eliyahu proposant que pour chaque israélien tué, une nouvelle colonie soit créée en « Judée Samarie » et rappelant ce que veut la loi divine en terme de représailles justes : « mille arabes doivent mourir pour chaque étudiant talmudique tué », nous avions parlé de « gangrène judaïque », avant de rectifier prudemment en « gangrène sioniste »

[2] Mensonge ou ignorance crasse, Julien Dray ose affirmer qu’il faut s’inspirer du modèle israélien qui n’aurait jamais eu recours à des lois d’exception ! Or chaque année le parlement israélien renouvelle les lois d’exception instaurées par la puissance britannique mandataire en 1945 ! A moins de considérer que puisque l’exception étant permanente, elle n’a plus en effet rien d’exceptionnel, comme la constitutionnalisation de l’état d’urgence en France.

[3] Manuel Valls ne prononce pas l’égalité antisionisme = antisémitisme, il est trop prudent pour cela. Mais en disant que « trop souvent » il y a confusion entre critique de la politique israélienne et antisionisme qui « bascule » dans l’antisémitisme, que l’on « passe allègrement de l’antisionisme à l’antisémitisme », sans jamais en apporter la moindre preuve ni le moindre exemple, et en justifiant la réaction de Meyer Habib sans dénoncer ses amalgames, Manuel Valls valide le discours de Meyer Habib.

[4] Manuel Valls a présenté l’honorable parlementaire Meyer Habib comme représentant notamment les français résidant en Israël, il n’a pas rappelé que Meyer Habib est citoyen et résidant israélien. Meyer Habib, binational, pouvant être poursuivi pour apologie de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en tant qu’il défend inconditionnellement la politique du gouvernement Netanyahou, pourra -t-il demain être privé de sa nationalité française ?


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Mer 23 Déc - 22:53

pas un exploit, mais le dit d'un honnête homme, dans le paysage français...

Quand des intellectuels dits de gauche revendiquent un droit au racisme ethnique et social Pascal.Boniface 22 déc. 2015

Le 10 octobre 2015, dans l’émission « Répliques » d’Alain Finkielkraut sur France Culture, Georges Bensoussan déclarait : « Il n’y aura pas d’intégration tant qu’on ne sera pas débarrassé de cet antisémitisme atavique qui est tu comme un secret. C’est une honte que de maintenir ce tabou, à savoir que dans les familles arabes en France, l’antisémitisme on le tète avec le lait de sa mère ».

Pascal Boniface a écrit:
Le CSA, qui a été saisi, a considéré que les propos de M. Bensoussan « étaient susceptibles d’encourager des propos discriminatoires », et a relevé que, si le contradicteur de M. Bensoussan, M. Patrick Weil, s’était opposé, « parfois de façon véhémente à ce type de discours », l’animateur (Alain Finkielkraut) « compte tenu des amalgames et du caractère discriminatoire des propos qui ont été tenus dans cette émission » « n’a, à aucun moment, contribué à la maîtrise de l’antenne. »

Mais dans Le Figaro du 4 décembre 2015, un collectif de signataires[1] sont venus le soutenir, dénonçant une « véritable chasse à l'homme » et « une stratégie d'intimidation qui vise à l'interdiction ». Selon eux « aujourd'hui, l'activité professionnelle de Georges Bensoussan serait visée et le faire taire et interdire toute parole lucide semble être l'objectif de cette nouvelle police de la pensée. »

Plutôt que dire que leur ami a commis un impair, que cela peut arriver et qu’il faut vite passer à autre chose, les signataires des textes revendiquent tout simplement un droit au racisme, sans que cela ne suscite par ailleurs beaucoup de remous. Car dire que toutes les familles arabes en France « tètent l'antisémitisme avec le lait de leur mère » est un amalgame scandaleux et raciste, qui serait certainement jugé sévèrement par les tribunaux, si ces derniers avaient été saisis. Quel est le message envoyé par les signataires ? Il s’agit tout simplement d’établir une hiérarchie dans la lutte contre le racisme, d’affirmer que le racisme anti-arabe est acceptable, alors que l'antisémitisme ne l’est pas. Admettre une hiérarchie dans la lutte contre les différentes formes de racisme est aussi inadmissible qu’admettre une hiérarchie des races.

Beaucoup de ces signataires souhaitent par ailleurs bannir de l’espace public ceux qui, pour eux, critiquent l’action politique du gouvernement israélien - aussitôt requalifiés d’antisémites - sans faire le tri entre les propos qui le sont vraiment, et sont donc condamnables, et ceux qui participent au libre débat public sur la politique des États. Ils plaident la libre parole pour ceux qui sont d’accord avec eux et la censure pour ceux qui ont des vues opposées aux leurs. C’est de plus en plus intolérable.

Cette revendication au droit à un droit au racisme ethnique, cache en réalité un racisme social. Comment demander la condamnation pénale et civile d'un jeune de quartier qui aurait tenu des propos antisémites et l’impunité d’un intellectuel en vue qui aurait tenu des propos anti-arabes ? L’élite médiatique a-t-elle des droits qui ne sauraient être attribués à la plèbe, comme développer un discours islamophobe ? Et ne serait-il pas possible d’être critiqué pour cela ? Le fait que M. Bensoussan soit responsable éditorial du Mémorial de la Shoah devrait lui donner plus de responsabilités, pas plus de droits, avant de s’exprimer sur un sujet aussi sensible.

Il y a un développement de l'antisémitisme dans certains quartiers. Ceux qui se battent au quotidien (professeurs, animateurs sociaux, éducateurs sportifs, etc.) pour dénoncer les amalgames entre juifs et Israéliens, expliquer qu'il n'y a pas un complot juif pour dominer le monde et la France, etc., sont pris à contre-pied par ces personnalités qui ne mettent jamais les pieds dans les quartiers et qui nourrissent par leur « deux poids, deux mesures » un phénomène qu’ils disent officiellement vouloir combattre. De surcroît, ces intellectuels méprisent bien souvent souverainement les acteurs de terrain, dont ils confisquent la parole pour parler des banlieues qu’ils ne connaissent pas.

Pense-t-on sérieusement qu’on luttera réellement contre l’antisémitisme en faisant la promotion de l’islamophobie ? Qu’on fera réfléchir sur ces sujets des jeunes des quartiers en leur disant qu’il y a un racisme acceptable – celui dont ils sont victimes – et un autre inacceptable ? On ne combattra l’antisémitisme que si on combat le racisme anti-arabe (ou l'islamophobie, n’ayons pas peur du mot) avec la même vigueur.


[1] Bernard-Henry Lévy, Pascal Bruckner, Elisabeth Badinter, Jean-Paul Einthoven, Haïm Korsia, Pierre-André Taguieff, Jacques Tarnero, Michel Tribalat, Michel Zaoui, Yves-Charles Zarka.


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Jeu 24 Déc - 4:04



Ces Juifs qui refusent de détourner leur regard de la souffrance syrienne Shachar Peled 23/12/2015


Des réfugiés syriens le 14 juin 2015 à Akcakale à la frontière turque
crédits/photos : BULENT KILIC (AFP)

La HIAS, créée pour accueillir les réfugiés juifs, aide les Syriens, malgré les réticences de donateurs


Citation :
En 1881, dans un petit local du Lower East Side à Manhattan, un groupe de Juifs américains du Comité de secours des immigrants russes formait la HIAS, la “Hebrew Immigrant Aid Society”. L’association avait pour principal but de venir en aide aux Juifs qui fuyaient la Russie tsariste. Ils leur fournissaient des repas, des moyens de transport et des conseils pour trouver du travail.

La HIAS a, depuis ces premières années, aidé les immigrants juifs pendant et après la Shoah et poursuivi ses efforts en faveur des réfugiés juifs lors des vagues d'immigration arrivant d'Union soviétique dans les années 1970, 80 et 90.

Lorsque cette immigration prit fin, il se trouva que seulement peu de Juifs eurent encore besoin de l'aide de l'organisation. Mais au lieu de disparaître, la HIAS se reforma. Elle se fait appeler par son acronyme “HIAS” et non plus “Hebrew Immigrant Aid Society” et élargit sa mission afin de venir en aide aux immigrants et aux réfugiés du monde entier

L’organisation travaille ainsi depuis les années 2000 avec des réfugiés venant d'Afghanistan, de Bosnie, de Bulgarie, de Tchécoslovaquie, d'Ethiopie, du Kenya, d’Haïti, de Hongrie, d’Iran, du Maroc, de Pologne, de Roumanie, de Tunisie, du Vietnam et de nombreux pays d'Amérique latine.

"Notre plus grand défi a été la transformation de l'agence, d'une organisation qui aide les réfugiés juifs à un organisme juif qui aide les réfugiés, peu importe qui ils sont", explique le PDG de la HIAS, Mark Hetfield. "C'était une question liée à l’identité et à la mission de l'organisation et nous avons effectué cette transformation au cours des 15 dernières années".

"Photo a prise dans un abri de la HIAS pour les réfugiés à New York, qui a été un centre d'accueil à partir de la Première Guerre mondiale jusqu'en 1965. Durant cette période, le centre a accueilli 250.000 immigrants."


Les derniers bénéficiaires de son assistance sont 108 Syriens que l’organisation a aidé à s'installer aux États-Unis au cours des 18 derniers mois, ce qui représente environ 10% de l'ensemble des réfugiés syriens qui ont gagné le pays jusqu'à présent.

Les représentants et bénévoles de la HIAS rencontrent les réfugiés à l'aéroport, leur montrent leurs nouvelles maisons, les aident à remplir les formulaires pour recevoir une carte de sécurité sociale et leur montrent comment obtenir un permis de conduire. Ils les aident également à trouver un emploi et à apprendre l'anglais.

Le changement de mission de l’association a toutefois provoqué une certaine controverse, en particulier auprès des anciens donateurs et clients de l’organisation. "Ils ont tendance à être xénophobes et ne font pas toujours preuve d'empathie à l'égard du sort des réfugiés actuels”, explique Bill Swersey, directeur de la Communications et des médias numériques au sein de la HIAS, et dont les grands-parents se sont installés aux Etats-Unis grâce à l'organisation.

"On aurait pu penser que ce serait différent, mais ce n’est pas le cas. Ils peuvent être étonnamment insensibles, ajoute-t-il

Hetfield soupire. "L'hostilité et l'islamophobie se sont répandues dans le pays. C’est maintenant pour nous un défi de fonctionner dans cet environnement, alors que 40% des réfugiés que nous aidons aujourd’hui sont musulmans."

Les choses se compliquent encore plus lorsque HIAS doit réinstaller des réfugiés dans des Etats où les gouverneurs déclarent ne pas vouloir d'immigrés musulmans, syriens ou irakiens.

Lev Golinkin et ses parents ont fui l'Union soviétique sans presque rien. "Nous n’avions ni argent, ni autre projet que de nous rendre à la gare de Vienne. Nous avions placé tous nous espoirs en la HIAS, un acronyme dans une langue que nous ne parlions pas, sans rien savoir à son sujet."

Golinkin est donc devenu un ardent défenseur du travail actuel de l'organisation, ce qui n’est pas le cas de tous les Juifs soviétiques, dont ses propres parents. "La très grande majorité [de la génération] de nos parents ne veut pas se mêler à cela (accueillir plus d'immigrants, ndlr). Mes parents ne sont pas en faveur de l’accueil des réfugiés syriens. Ils disent 'nous avons dénoncé le communisme et ils ne dénoncent pas l'islam’. ‘Nous ne faisions pas sauter des bâtiments et ils le font’. Et essayer de leur expliquer que la plupart de ces personnes fuient la terreur ne change rien. "


"Un programme de théâtre de la HIAS pour les enfants de réfugiés au Kenya"


Ilya Lozovsky du magazine Foreign Policy, immigrant russe lui-même, a ouvert un débat sur la question sur Facebook, alarmé par ce rejet des nouveaux immigrants. Dans la discussion, un participant nommé Yuri Kruman a écrit: "Leur culture est-elle de contribuer à la société ou d’en profiter ... Pouvons-nous vraiment comparer les contributions des musulmans en Amérique aux contributions des Juifs?" Dans un autre commentaire, Vladimir Makhnovskiy conteste les allégations d’Ilya selon lesquelles ses propos sont racistes: "Il n'y a rien de raciste à ne pas vouloir de réfugiés syriens ici ... c’est la même chose qu'être 'raciste' parce qu'on a peur de se balader la nuit dans une zone à majorité noire où il y a un taux élevé de criminalité ... c’est motivé par une peur raisonnable et le bon sens".

Golinkin est en total désaccord. “Je ne peux me détourner des gens et dire 'ces gens ne sont pas nous'", dit-il, "et si je faisais cela, je rejoindrais une longue lignée de gens qui sont restés insensibles devant des Juifs qui souffraient. Je rejoindrais une longue lignée honteuse de personnes qui ont renvoyés les navires en provenance de l'Allemagne nazie et dit: “il ne font pas partie de mon peuple”.

Hetfield reste toutefois optimiste. “Nous recevons plus de soutien que jamais. Plus l'islamophobie augmente, plus le soutien de la communauté juive augmente." Pourtant, certains donateurs de longue date ont mis fin à leur contribution, par colère.

“Au début du siècle, des gens ont utilisé les préjugés à l’égard des Juifs pour les garder à l’extérieur et nous trouvons cela absolument odieux”, conclut Hetfield. "Il est de notre devoir, en tant que, Juifs d'accueillir, l'étranger et de ne pas nous soucier de sa religion. À la HIAS, nous venions jadis en aide aux gens parce qu'ils étaient Juifs. Maintenant, nous aidons les gens parce que nous sommes Juifs."

Shachar Peled est journaliste chez i24news


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Sam 9 Jan - 9:59


Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale



Pour avoir dénoncé un chantage à l’antisémitisme, notre journaliste Nadir Dendoune a vu son compte Facebook bloqué pour 30 jours 8 janvier 2016


Citation :
Parce qu’il a raconté sur sa page Facebook ce que lui était arrivé fin novembre 2009, notre confrère Nadir Dendoune a été bloqué du réseau social pour une durée (très surprenante) de 30 jours. Dans son message qu'il a publié le 31 décembre dernier, Nadir Dendoune dénonçait juste le chantage à l’antisémitisme dont il avait été victime. En ce dernier jour de l'année, il venait de croiser dans le RER parisien « une vieille connaissance »: Benjamin Lancar. Celui qui était patron des jeunes de l'UMP au moment des faits avait menti en accusant Nadir Dendoune de l'avoir traité de "Sale Juif". M. Lancar avait fini par avouer quelques jours plus tard qu'il s'agissait d'une "boutade"...

Rappel des faits. Nous sommes en novembre 2009. A l’époque, notre confrère Nadir Dendoune, qui collabore désormais au Courrier de l’Atlas, travaille pour M6. Il est envoyé par sa rédaction couvrir une manifestation organisée par les jeunes de l’UMP.

« Ils s’étaient baignés dans la Seine pour sensibiliser la population au réchauffement climatique, quelques jours avant le sommet de Copenhague », se souvient Nadir Dendoune. Problème : il est interdit de se baigner dans la Seine. La police arrive très vite sur place et commence à verbaliser les jeunes pop.

« Lancar et sa bande ont commencé à appeler leurs contacts pour faire sauter les amendes », explique le journaliste. « Et ça a marché. Les policiers ont déchiré leurs prunes », souffle dépité notre confrère.

La scène « du passe-droit », entièrement filmée par Nadir Dendoune et diffusée sur M6, fera le buzz quelques heures plus tard. « Du coup, Lancar l’a eu mauvaise. Et il a décidé de se venger », détaille notre journaliste.

Effectivement, deux semaines plus tard, Benjamin Lancar croise deux autres journalistes de M6. « C’est à ce moment qu’il leur a dit que je l’avais traité de "Sale Juif" », explique toujours en colère Nadir Dendoune.

« Bien entendu : c'était un mensonge, mais en agissant de la sorte, il voulait me discréditer », continue - t-il. « Le pire c'est qu'il a fallu que je prouve que j’étais innocent », peste Nadir Dendoune. « Mon chef à M6 était persuadé que c’était vrai. Pour lui, un "Bougnoule du 93" est forcément antisémite », raille notre confrère.

Acculé de toutes parts, (notamment un journaliste de Libération contactera Benjamin Lancar pour obtenir des explications), l'ancien chef des jeunes de l'UMP finira par appeler la direction de M6 pour admettre qu’il s’agissait ici « d’une boutade ». Une boutade que Nadir Dendoune a toujours du mal à digérer et ce, 6 ans après les faits.

Depuis cette malheureuse et injuste expérience, notre confrère n’a plus jamais travaillé pour la chaîne privée. Benjamin Lancar n’a pas donné suite à nos demandes d’interview. Nous avons également tenté de joindre Facebook pour connaître les raisons de ce blocage, mais autant essayer de joindre le Pape François.

Nadir Dendoune a été ainsi bloqué pour 30 jours, suite à son post du 31 décembre 2015. « Cette lourde sanction a peut-être quelque chose à voir avec le fait que Laurent Solly soit à la tête de Facebook France », dénonce notre collègue.

Laurent Solly a été le directeur adjoint de la campagne de Nicolas Sarkozy, en 2007, avant d'être nommé à la tête de Facebook France le 25 avril 2013 ...

Le chantage à l’antisémitisme est régulièrement utilisé pour discréditer celles et ceux qui affichent publiquement leur soutien à la cause palestinienne. « Ça ne m’empêchera jamais de faire mon travail », conclut Nadir Dendoune.

La rédaction

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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Jeu 14 Jan - 10:07



Le Premier ministre Manuel Valls se radicalise 13 janvier 2016 par le Bureau national de l’UJFP
 
La déclaration de Manuel Valls du 9 janvier 2016 devant l’Hyper Cacher, (dans un rassemblement sous l’égide du Conseil soi-disant Représentatif des Institutions Juives de France), est particulièrement choquante et constitue ainsi, plutôt qu’un hommage de la France aux victimes, un alignement sur le discours sioniste.


« la flamme du judaïsme est l'âme de la République... »

Citation :
Alors que le gouvernement israélien et le mouvement des colons sont à l’offensive pour développer la colonisation de la Cisjordanie et multiplient les lois discriminatoires contre les Palestiniens d’Israël, alors que depuis trois mois plus de 170 Palestiniens ont été tués et plus de 14.000 blessés par les forces de sécurité israéliennes ou les colons armés, le Premier Ministre choisit ce moment pour renouveler sa défense inconditionnelle d’Israël et pour transformer les militants de défense des droits des Palestiniens en antisémites. Valls veut punir le peuple palestinien pour les crimes de Daesh.

L’Union Juive Française pour la Paix considère que cette attitude provocatrice est une utilisation dangereuse du contexte créé par les attentats terroristes pour s’installer dans une posture politicienne, renouvelée à l’Assemblée nationale dans sa défense d’un État sécuritaire et des guerres portées à l’extérieur. L’antisémitisme comme toutes les formes de racisme est une question trop grave pour faire l’objet ainsi de ce genre de récupération.

La France ne serait pas la France sans les Juifs de France, le Premier Ministre aime à le répéter. Certes. Mais pourquoi ne dit-il jamais qu’elle ne serait pas non plus la France sans ses Italiens, ses Polonais, ses Arméniens, ses Arabes, ses Kabyles, ses Kurdes,... et même sans (la plupart de) ses Catalans ?

L’amalgame entre résistance palestinienne et terrorisme, ça suffit.

L’amalgame entre défense des droits du peuple palestinien et antisémitisme, ça suffit.

La stigmatisation de la « jeunesse de nos quartiers » (tout le monde entend bien en fait les jeunes d’origine maghrébine) accusée sans preuve d’antisémitisme, ça suffit.

La stigmatisation de la population maghrébine en France par les projets de déchéance nationale faisant des bi-nationaux des Français moins français, ça suffit.

Nous ne céderons pas. Toutes celles et tous ceux qui dans ce pays sont attachés aux droits humains ici et dans le monde doivent décréter l’urgence de faire échec à la politique et aux projets liberticides de ce gouvernement.

Le Bureau national de l’UJFP, 13 janvier 2016


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Jeu 14 Jan - 14:40



« Etat Commun », sionisme et privilège racial : entretien avec Eyal Sivan [vidéo] Eyal Sivan, 21 novembre 2013

« Quand je dis que la France est gagnée par le sionisme, cela signifie qu’aujourd’hui la pensée française refuse de renoncer à certains privilèges, qui sont les privilèges coloniaux. […] Le sionisme est une idée qui est issue du terroir européen de pureté. Quand je viens et que je dis « vous n’êtes plus arabes, vous n’êtes plus musulmans, vous n’êtes plus juifs. Finies ces divisions. Oublions le passé et la colonisation. Egalité, réconciliation. » En réalité, c’est une position sioniste. »


Eyal Sivan est un réalisateur israélien, installé depuis 25 ans en France. Auteur de 15 longs métrages documentaires, son dernier film, Etat commun, conversation potentielle [1] est sorti le 9 octobre 2013, sur quelques rares écrans en France.

Citation :
Depuis une dizaine d’années, Eyal Sivan est l’objet d’une campagne de dénigrement et d’intimidation. A l’origine de cette campagne, outre le contenu résolument antisioniste de ses films, un article paru en 2002 dans le journal Le Monde. Intitulé « La dangereuse confusion des juifs de France », Eyal Sivan y dénonce l’amalgame systématique entre antisémitisme et antisionisme, qu’opèrent les « amis d’Israël » pour délégitimer toute critique du régime d’apartheid israélien :

« En qualifiant d’antisémites les positions non-sionistes et critiques portées à l’égard de la politique israélienne et, délégitimant un point de vue politique en le confondant avec un propos raciste, les institutions juives communautaires françaises jouent aux apprentis sorciers et deviennent elles-mêmes vecteurs de violence. »

Pour les juifs pratiquants, le judaïsme n’est pas une question. Pour des juifs laïques, en revanche, tiraillés entre universalisme et crispation identitaire, le sionisme est devenu une religion de substitution. »

La parution de cette tribune a valu à Eyal Sivan la réception à son domicile d’une enveloppe contenant une balle de revolver, avec la mention « classique » : la prochaine n’arrivera pas par la poste.

Son film Route 181, coréalisé avec Michel Khleifi et tourné en 2002 en Palestine, a lui aussi fait l’objet d’une campagne ciblée de dénigrement lors de sa sortie en France, de la part des défenseurs zélés d’Israël, Claude Lanzmannn et Alain Finkielkraut en tête.

En cause cette fois-ci, la scène du coiffeur dans le film de Sivan et Khleifi, qui est un détournement d’une grande scène de Shoah de Lanzmann.Cette scène provoquait, par le biais de l’analogie, un montage que le spectateur se refuse habituellement de faire. Elle a soulevé de virulentes critiques, d’autant plus infondées que de telles analogies sont fréquentes dans le conflit qui se joue en Palestine : par exemple, les soldats israéliens qui ont combattu en 1948 utilisent eux-mêmes dans leurs témoignages cette comparaison entre réfugiés juifs et réfugiés palestiniens.

Une lettre adressée au ministère de la culture et signée notamment par des personnalités telles que Bernard-Henry Lévy et Philippe Sollers, exigeait que le film soit déprogrammé (ce qui fut fait au Centre Pompidou à Paris, notamment). Le film fut aussi interdit d’antenne sur Arte.

Accusé d’être un « antisémite juif » ,Eyal Sivan réagit de la pire des manières en attaquant l’auteur de ces propos, A. Finkielkraut, en justice. Au cours des deux procès qui suivirent, Finkielkraut fit appel devant la cour à des soutiens tels que Bernard Henri Lévy, C. Lanzmann ou encore l’ancien d’ambassadeur d’Israël en France, Elie Barnavi. E. Sivan a été débouté à deux reprises, même si la deuxième fois c’était pour un défaut de qualification des faits reprochés à son adversaire.

Après des années passées à l’étranger, où il enseigna le cinéma, Eyal Sivan a signé son retour en France en réalisant Jaffa, la mécanique de l’orange, et Etat commun, autour duquel tourne le présent entretien.

La rédaction.


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Mar 19 Jan - 17:18



Boycott : Valls défenseur inconditionnel de l’apartheid israélien (AFPS) 19 Janvier 2016, Repères anti-racistes Publié dans #Palestine BDS

AFPS a écrit:
Toujours plus, tel est le principe qui guide désormais le Premier ministre dès lors qu’il s’agit de répondre à une demande des soutiens inconditionnels de la politique israélienne.

Devant « Les amis du CRIF », il vient ainsi de déclarer à propos des appels au boycott :

Citation :
« Je pense que les pouvoirs publics doivent changer d’attitude vis-à-vis de ce type de manifestations », et ajouté «  Je pense que nous allons prendre des dispositifs – mais toujours dans l’Etat de droit – qui doivent montrer que ça suffit, et qu’on ne peut pas tout se permettre dans notre pays. » !!!

Propos nauséabonds et dangereux.

Ce faisant, il a délibérément décidé d’instrumentaliser l’antisémitisme, bien réel mais que nous combattons sans faiblesse, et de reprendre à son compte les thèses odieuses assimilant toute mise en cause de la politique d’Israël à de l’antisémitisme.

Ce qui serait consternant chez un commentateur est une faute gravissime pour un Premier ministre qui accepte, pour des raisons politiciennes à courte vue, de se transformer en porte-parole des officines vouées à la défense et à la promotion de la politique la plus extrémiste et raciste jamais mise en œuvre en Israël.

Non, ces déclarations, ces effets de tribune et coups de mentons bravaches ne nous feront pas taire. La campagne pour le Boycott, le Désinvestissement, les Sanctions (BDS) n’est pas une campagne française. C’est une campagne internationale lancée depuis 10 ans à l’appel de la société civile palestinienne et ce sont les succès qu’elle remporte, en France notamment avec les exemples de Veolia, Orange, Safège ou Poma, qui la rendent insupportable aux supporters inconditionnels d’Israël.

N’en déplaise à Manuel Valls, nous la poursuivrons et la développons en France en toute clarté avec comme seul objectif celui de contraindre Israël à se conformer au droit international.

Le Bureau national

deux poids, deux mesures de l'histoire

je me souviens des années Boycott de l'Apartheid d'Afrique du Sud, soutenu jusqu'au bout par les puissances occidentales et particulièrement par Israël qui fournissait l'Afrique du Sud "nazie" en armes, tout cela pour se précipiter (sauf Netanyahu qui a annulé...) aux obsèques de Mandela qui était encore en prison sans que ça ne les chagrine. Comme on le voit, "la question juive" n'en finit pas de tout relativiser, et les temps changent puisqu'à l'époque, boycotter les produits d'Afrique du Sud était soutenu... par l'ONU depuis 1968 !

Citation :
2 décembre 1968 –  L'Assemblée générale a prié tous les États et les organisations de suspendre les échanges culturels, éducatifs, sportifs et autres avec ce régime raciste et avec les organisations ou institutions d’Afrique du Sud qui appliquent la politique de l'apartheid.
source Les Nations Unies : Partenaire dans la lutte contre l'apartheid

il est vrai que le "communiste" Mandela aura ensuite été le dirigeant du plus grand Etat capitaliste d'Afrique, et c'est sans doute cela qu'ils n'ont pas voulu boycotter

aujourd'hui, c'est Robert Hue qui est chargé par le gouvernement français d'une mission pour un "Plan Marshall" en Afrique du Sud, le même terme utilisé par Jean-Louis Borloo pour l'électrification de l'Afrique et BHL pour soutenir l'Ukraine !



montage photo Patlotch


BHL : Borloo, Hue, Levy et leurs plans Marshall :

- Borloo, un plan Marshall pour l'électrification du continent africain
« Seulement 25 % de la population africaine bénéficie d’un accès à l’électricité. Il est temps de lancer le plan Marshall de l’électrification du continent [...] C’est vital pour notre croissance, pour notre stabilité, et c’est un supplément d’âme pour l’Europe ». Hollande salue « un projet à la fois pour les Africains et pour le monde »

- Hue : un plan Marshall pour le Sud L'Humanité 12 février 2012
Laurent Fabius recase l'ancien patron du PCF Robert Hue pour une mission sur l'Afrique du Sud Europe1 26 février 2015
« M. Robert Hue, qui connaît bien l’Afrique du Sud, aura pour mission de renforcer notre partenariat bilatéral stratégique, en favorisant notamment les échanges entre nos deux pays dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’agro-alimentaire. »

- BHL : Mon "plan Marshall pour l'Ukraine"

à lire dans Faut rigoler... 4 mars 2015

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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Lun 25 Jan - 13:50


Déconstruction et peuple juif. Malgré les difficultés, morales et politiques, Shlomo Sand, historien israélien, n’a cessé de poursuivre ses recherches basées sur la déconstruction des mythes historiques. Ses récents ouvrages ont ainsi été retentissants. Une sorte d’iconoclaste qui ne se plierait pas au grand mensonge national. Pas plus en Israël qu’en France où il a étudié. Avec Crépuscule de l’Histoire, il termine une trilogie commencée par Comment le peuple juif fut inventé (Fayard, 2008 ), suivi de Comment la terre d’Israël fut inventée : De la Terre sainte à la mère patrie (Flammarion, 2012).

Shlomo Sand : « Quand je lis Finkielkraut ou Zemmour, leur lecture de l’Histoire, je suis effrayé »Entretien réalisé par Pierre Barbancey Tel-Aviv (Israël), envoyé spécial L'Humanité 22 Janvier 2016


Photo : Philippe Matsas/Opale/Flammarion

Professeur honoraire d’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv, Shlomo Sand ne cesse d’interroger l’Histoire. C’est la fonction même de cette discipline, qu’il dénonce. Pour lui, l’Histoire a servi à la création d’un récit national, utile aux élites. Un mythe chaud qui n’aurait plus lieu d’être et qui empêche toute avancée ; comme en Israël où il fait croire que Hébron ou Jérusalem sont la patrie des juifs.


Citation :
Votre dernier ouvrage s’intitule Crépuscule de l’Histoire. Un titre qui fait peur. Il s’apparente à la fin de l’Histoire ?

SHLOMO SAND Je parle du métier. Il y a quelque chose, concernant le métier d’historien, qui est en train de changer. La discipline est en train de changer. Pendant des siècles, dans toutes les civilisations, l’Histoire avait pour tâche de fournir des modèles pour les élites politiques. L’Histoire était toujours écrite à côté de la force. Parce que ce ne sont pas les masses qui ont pu lire l’Histoire à travers les siècles. C’était une sorte de genre littéraire qui a fourni une certaine vision du monde pour les élites. Avec la naissance des États-nations au XIXe siècle, ce métier devient principal dans la pédagogie de l’État. Des écoles à l’université, on commence à apprendre l’Histoire. D’Augustin Thierry à travers Michelet jusqu’aux historiens du XXe siècle, Ernest Lavisse en tête, on a formé l’Histoire comme métier principal parallèlement aux métiers scientifiques. Ma question de départ est : pourquoi apprendre l’Histoire ? Pourquoi pense-t-on que c’est naturel ? J’ai donc analysé les développements de ce métier. L’ossature, les vibrations les plus importantes dans le métier étaient l’histoire nationale. C’est pour cela qu’elle est devenue non seulement une discipline universitaire comme la sociologie mais aussi un métier principal dans l’éducation.

L’État-nation a construit des nations. Pour construire des nations, il faut plusieurs paramètres : une langue commune, un ennemi commun, mais aussi il faut une mémoire collective. C’est-à-dire ne pas penser que nous sommes un collectif seulement aujourd’hui, mais que cela a toujours existé. Pour le prouver, l’Histoire a été mise à contribution. On savait que le principe de base de ce métier était de former des nations. Il faut cela pour un passé commun, pour partir en guerre ensemble. Donner l’impression qu’on a toujours eu cette identité collective.

Cela diffère-t-il selon les nations ?

SHLOMO SAND Le mythe national, tel qu’il existe en France avec par exemple « nos ancêtres les Gaulois », n’est pas un mythe chaud. Il s’est refroidi. S’il ne faut pas tant étudier l’histoire nationale, qu’est-ce qu’il reste ? Faut-il étudier le colonialisme, le siècle des Lumières ? Enseigner plutôt l’histoire culturelle que politique ? Personne n’a la réponse. Le métier d’historien recule.

Même Régis Debray a récemment écrit un livre de deuil en ce sens. Moi, je ne suis pas en deuil. Je ne suis pas contre l’Histoire. Je crois que l’Histoire peut jouer un rôle important dans la formation de l’esprit, mais peut-être une autre Histoire. Faut-il continuer à enseigner l’Histoire au lycée ? Oui, mais pas comme aujourd’hui. Il faut armer les élèves avec des métiers qui ne sont pas moins importants que la fonction de l’Histoire dans leur imaginaire et dans leur éducation. Par exemple, est-ce qu’apprendre la communication pour s’armer contre les médias dominants ce n’est pas une tâche principale de l’école et du lycée ? Est-ce qu’apprendre l’économie politique pour créer des salariés qui ont conscience de leurs intérêts n’est pas important ? On apprend le droit seulement à l’université, pourquoi pas à l’école et devenir un citoyen d’un autre type qui sait lutter pour les droits civiques ? Pourquoi l’Histoire est-elle obligatoire et pas l’économie politique ou la communication ? En France, on apprend un peu la philosophie. Mais c’est rare dans le monde. En Israël, par exemple, elle ne fait pas partie d’un corpus d’éducation des élèves. Mais si la philosophie apprend aux gens comment penser, l’Histoire leur enseigne quoi penser. Il faut donc commencer par « comment penser » dans toutes les écoles du monde. Mais je n’ai pas d’illusions. L’école moderne ne peut pas être son propre fossoyeur ! L’Histoire ne doit pas être plus importante. C’était un métier majeur pour la création des nations. Ce n’est plus le cas. Malheureusement la plupart des historiens ne sont pas de mon avis. Il faut enseigner l’Histoire avec le même état d’esprit que le tableau de Magritte où était inscrit « Ceci n’est pas une pipe ». On n’admet pas que la plupart des histoires de l’Histoire sont des mythes. Et pourtant… Ça va continuer.

Il y a des mythes nouveaux sur le capitalisme. Quand je lis Finkielkraut ou Zemmour, leur lecture de l’Histoire, je suis effrayé. Avec l’Histoire on peut faire n’importe quoi. Or l’Histoire n’est pas la vérité. Ce ne sera jamais une pipe mais toujours le dessin d’une pipe. Et l’Histoire devrait être enseignée comme ça, de façon critique, en dévoilant le bagage idéologique que chacun possède. Moi, je ne l’ai jamais caché. C’est une partie de mon livre.

Dans vos travaux, vous vous êtes attaqué à la théologie, puis au mythe chaud sioniste. Et cette fois ?

SHLOMO SAND Je commence à décomposer le mythe d’une Europe qui commencerait avec Athènes et se termine avec Nadine Morano. Je ne rigole pas. Cette vision est fausse. J’ai une méthode qui s’apparente au matérialisme historique. Je montre que les bases du travail en Méditerranée étaient complètement différentes de celles de l’Europe. Le bagage scientifique gréco-romain, par exemple, est passé par les Arabes. Il y a mille ans d’écart entre la fin de la gloire gréco-romaine au Ve siècle et la naissance au XVe siècle de ce qu’on appelle la Renaissance ! Ce n’est qu’avec la conquête de Tolède et de Cordoue qu’on commence à injecter une partie de cette culture gréco-romaine en Europe. Donc il n’y a pas de continuité. Dans le deuxième chapitre, pour la première fois, je développe une critique très sévère en face de mes maîtres de l’École des Annales, qui m’ont permis d’avoir un autre rapport avec l’idéologie, la culture… Avec ce livre, je fais une sorte de bilan, plutôt négatif. Parce que je suis arrivé à la conclusion qu’une partie de la découverte de cette histoire culturelle était basée sur une fuite de la politique.

Si presque toute l’Histoire, jusqu’à Voltaire, était histoire politique, de même qu’au XIXe siècle ce n’était pas le cas de l’École des Annales, née dans les années 1920 pour ne pas se confronter à l’histoire politique qui devenait une histoire de masse. Ce périodique qui s’appelait Annales, base de toutes les études historiographies dans les années 1950, 1960, 1970, ne proposait pas une page sur la Première Guerre mondiale. Vous imaginez un tel périodique qui ne se confronte pas avec la Grande Guerre, ni avec le taylorisme, ni avec les grèves de 1936, ni avec la guerre d’Espagne, ni avec l’antisémitisme, ni avec les massacres staliniens ? Je suis arrivé à Paris en 1975, comme étudiant. Quelques mois auparavant étaient publiés les trois grands livres de Jacques Le Goff et Pierre Nora, Faire de l’histoire. C’était le sommet de l’historiographie française. Aucun article sur Vichy, aucun article sur la guerre d’Algérie. Pourtant, pratiquement la même année, Joseph Losey réalise Monsieur Klein, sur la rafle du Vél’d’Hiv. Mais les historiens, eux, ne touchent pas à ça !

Est-ce que cette problématique que vous soulevez touche les milieux des historiens partout dans le monde ? Est-ce qu’un débat existe auquel vous participez avec ce livre ou, au contraire, lancez-vous un débat ?

SHLOMO SAND Je dis dans mon livre que je suis privilégié. Comme j’ai grandi ici, en Israël, où le mythe est chaud, j’ai eu l’avantage de pouvoir regarder de l’extérieur le mythe qui s’est refroidi en France. Les mythes nationaux ne se sont pas refroidis seulement en France, mais aussi aux États-Unis, en Angleterre, en Allemagne. Il y avait un groupe à la Sorbonne après 1945, composé de personnalités comme Albert Soboul, Georges Lefebvre, occupant une place hégémonique et proche des marxistes, qui se cristallise à cause des conditions de la Libération. À ce moment-là, Lucien Febvre, de l’École des Annales et fondateur de l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), a reçu une forte somme de la Fondation Rockefeller. Dans le cadre de la guerre froide, il fallait arrêter le marxisme en Europe. Si les marxistes ou les ex-marxistes en Grande-Bretagne gardent une hégémonie dans l’Histoire, en France, Soboul et ses amis reculent devant la puissance de l’EHESS. Le phénomène des Annales, qui réunit beaucoup de gens intelligents comme Furet, Le Goff… fait l’histoire moins conflictuelle même si très matérialiste. Il y aura ainsi beaucoup de thèses sur la vie des paysans d’autrefois, beaucoup moins sur les luttes sociales. Si les historiens britanniques, à la même époque, publient de plus en plus de livres sur l’apparition de la classe ouvrière au XIXe siècle, il n’y a pas d’équivalent en France de cet élan d’analyses socio-économiques de formation des luttes sociales. Les historiens des Annales, qui deviennent hégémoniques, préfèrent le Moyen Âge et les luttes sociales deviennent mineures. Il n’y a pas non plus, en France, de livre comme celui de Howard Zinn aux États-Unis.

L’Histoire s’écrit en permanence au Proche-Orient peut-être plus qu’ailleurs ? Comment les peuples écrivent cette histoire ici où se trouvent des Israéliens et des Palestiniens ?

SHLOMO SAND Celui qui a traduit le livre Une histoire populaire américaine, de Howard Zinn, en hébreu l’a fait en prison parce qu’il avait refusé de partir à l’armée. Il a rencontré Zinn et lui a demandé s’il pensait qu’un tel livre pourrait être écrit en Israël. Zinn, juif américain, a répondu qu’il ne le pensait pas, parce qu’il n’y a pas de tradition universaliste en Israël. En France cela existe, c’est pour cela que je n’ai pas perdu espoir. L’affrontement entre de Gaulle le conservateur et Sartre l’universaliste a, par exemple, créé une possibilité de se détacher de cette guerre atroce en Algérie. Ici, il n’y a presque pas de tradition universaliste. Ceux qui s’en réclamaient sont partis. Il faut analyser la situation actuelle à partir de la colonisation sioniste qui a commencé au XIXe siècle. La colonisation ne s’est jamais arrêtée. Même entre 1949 et 1967. C’était une colonisation interne. Droite et gauche, sauf les communistes, ont accepté le slogan « Judaïser la Galilée ». C’est pour cela qu’aucun homme politique israélien ne fait une démarche sérieuse pour un compromis avec les Palestiniens.

Je ne juge pas chaque phase de la colonisation moralement et politiquement au même niveau. Je reconnais les acquis du sionisme avec la création de l’État d’Israël (et non pas d’un État juif). Mais je reconnais les frontières de 1967. D’un côté il y a cette continuité, de l’autre, il y a mon jugement politique différent. Parce que je suis politiquement modéré. J’ai fait une erreur en soutenant les accords d’Oslo, pensant que c’était une ouverture. Tous mes amis gauchistes m’ont dit que c’était encore un leurre. Je me suis trompé. Parce qu’Oslo n’a pas amené la gauche à décoloniser. Parce que le mythe chaud en Israël fait croire que Hébron, Jérusalem, Jéricho sont la vraie patrie des juifs. Chaque élève en Israël, à partir de 7 ans jusqu’à 18 ans (il y a une matière au bac), apprend la Bible comme on apprend un livre d’Histoire. Pour créer un attachement à la terre mythique d’autrefois. Personne ne peut s’en libérer. Heureusement que j’ai été viré de l’école lorsque j’avais 16 ans. Peut-être que cela a contribué au fait que je puisse penser, parler. Et aussi parce que j’avais un père communiste. Mais aucun facteur n’est, en soi, suffisant. Pendant des années j’ai refusé la campagne Boycott-désinvestissement-sanctions (BDS). Mais aujourd’hui je pense qu’il n’y a aucune force politique capable de changer le cap, de changer cette radicalisation droitière et pseudo-religieuse de la société. J’accepte maintenant chaque pression sur l’État d’Israël, qu’elle soit diplomatique, politique, économique. Sauf la terreur. Si quelqu’un ne soutient pas le BDS aujourd’hui, il doit savoir qu’il aide à la continuation de ce désespoir tragique des Palestiniens qui, sans arme, résistent à ce statu quo.


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Sam 30 Jan - 23:19



Le plan nazi de relocalisation des Juifs à Madagascar, un “Et si…?” oublié de la 2ème guerre mondiale Traduction publiée le 29 Janvier 2016


Débarquement de soldats à Madagascar
via Blog My asa avec autorisation

L'Histoire regorge de ‘et si…?’. Ecrivains comme historiens se plaisent à imaginer ce qui se serait passé si un unique événement avait pris une autre tournure. Exemples : et si les puissances de l'Axe avaient gagné la 2ème guerre mondiale (comme l'a imaginé le romancier américain Philip K. Dick) ? Et si Napoléon avait réussi à envahir la Russie en 1811 ? Et si le Président des Etats-Unis John F. Kennedy avait survécu à son assassinat en 1963 ?

Citation :
On connaît le moins un de ces “et si”, le Plan Madagascar qui a failli se concrétiser pendant la 2ème guerre mondiale. Le Plan Madagascar a été un dispositif envisagé par le gouvernement nazi de l'Allemagne en pleine guerre, consistant à relocaliser la population juive d'Europe dans l'île de Madagascar. L'idée, avancée par Franz Rademacher, chef du Département Juif du Ministère des affaires étrangères, était la cession de Madagascar, alors colonie française, à l'Allemagne dans le cadre de la capitulation de la France. Le projet fut approuvé par Hitler qui ordonna, le 15 August 1940, à Adolf Eichmann de lancer le déplacement d'un million de Juifs par an pendant quatre ans à Madagascar devenant un Etat policier relevant de la SS. Le projet fut finalement remisé quand les Nazis optèrent pour le génocide systématique de la population juive.

L'Allemand Magnus Brechtken, professeur associé à l'Université de Nottingham spécialiste de cet aspect de la 2ème guerre mondiale, détaille dans cette vidéo (en anglais) les éléments du Plan Madagascar :


Une des raisons de l'abandon du Plan Madagascar a été l'échec de l'Allemagne à vaincre la Grande-Bretagne et à prendre le contrôle de sa marine, condition nécessaire pour mettre en œuvre la logistique de la déportation. Hitler a continué à considérer le projet jusqu'en 1942, quand les forces britanniques ont fini par arracher le contrôle de Madagascar à la France de Vichy, ce qui a définitivement enterré le plan.

Le blog malgache My Asa Mada a récupéré une collection d'archives historiques racontant les batailles entre forces britanniques et du régime de Vichy à Madagascar en 1942. Voici qulques-unes des photos et vidéos de cette époque publiées sur le billet de blog :


La RAF à Madagascar via My asa blog avec autorisation

La vidéo ci-après montre l'arrivée à Madagascar de l'escadre britannique accompagnée des Forces Françaises Libres :


Au lendemain du Jour de Mémoire de l'Holocauste au Royaume-Uni (le 27 janvier), les Malgaches sont allés méditer sur le Web sur les implications de la question, “Et si le Plan Madagascar avait été adopté ?”

Tomavana, un blogueur installé à Genève, en Suisse, a écrit que cette histoire alternative comporte de trop nombreuses variables pour faire une projection pertinente :

Citation :
Bien que l'idée 1) d'épargner plusieurs milliers de vies me soit séduisante, j'avoue manquer d'imagination pour imaginer un monde meilleur avec seulement des “si”.  Jour après jour, mon action est plutôt dictée par le désir de léguer à nos descendants un monde moins pire que celui que nous avons reçu de nos parents … et inutile de dire que ce n'est pas aussi aisé

Randiana, Un citoyen malgache vivant en France, se demande si Madagascar connaîtrait une situation similaire à celle de la Palestine aujourd'hui si le Plan Madagascar avait été appliqué :

Citation :
Au vu du conflit dans les territoires occupés en Palestine aujourd'hui, les voix les plus pessimistes lors de l'application du Plan Balfour (l'établissement en Palestine d'un foyer national pour les Juifs) sont maintenant dépassées par la dure réalité. Les imaginations, à l'époque, n'étaient pas assez sombres pour prédire la tragédie humaine du Moyen-Orient contemporain. (Quant à Madagascar), la période coloniale avait laissé trop de plaies, dont certaines restaient béantes encore longtemps après la libération. Un pays réagit, après tout, à la différence de la même manière qu'un individu. On ne peut accepter l'autre que si on est en paix avec soi-même.

Quoi qu'il en soit, le Plan Madagascar avait les mêmes racines néfastes que les ghettos et la Solution Finale : une pyramide raciale glorifiant la race aryenne, dans laquelle les Africains, dont les Malgaches, et les Tziganes n'étaient même pas considérés comme des humains.

On ne saura jamais ce qui serait arrivé si l'Allemagne avait appliqué le Plan Madagascar. Ce que l'on peut dire, c'est que Madagascar fut au centre de nombreuses décisions pendant la 2ème guerre mondiale, sans que le sort de sa population y ait été généralement pris en compte.


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Photo de Lova Rakotomalala
Ecrit par Lova Rakotomalala
Traduit par Suzanne Lehn

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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Dim 31 Jan - 1:04

Découvrez la vidéo que Manuel Valls tente de faire disparaître  Hicham Hamza Oumma 12 décembre 2012

Censure. Depuis son accession au pouvoir, le ministre de l’Intérieur Manuel Valls essaye d’étouffer le scoop d’Oumma dévoilant sa propre confession de son « lien éternel » avec « la communauté juive et Israël ». Retour sur les dessous d’une information embarrassante pour celui qui vise désormais Matignon et l’Elysée

Citation :
Depuis quelques semaines, la rumeur parcourt les réseaux sociaux et les sites alternatifs : selon certains, Manuel Valls aurait lui-même demandé à Youtube et Dailymotion de retirer une vidéo, révélée en 2011 par Oumma, dans laquelle il affirma, entre autres paroles stupéfiantes, être « par sa femme, lié, de manière éternelle, à la communauté juive et à Israël ». Voici la vidéo en question, désormais remise en ligne.


A l’origine de sa diffusion, Oumma apporte aujourd’hui des éléments inédits d’information au sujet du retrait attesté de cette vidéo.

Un rappel chronologique s’avère nécessaire :

* 17/06/11 : candidat aux primaires socialistes, Manuel Valls est invité par Radio Judaïca Strasbourg dans le cadre d’une conférence-débat.


* 20/06/11 : le site de la radio communautaire met en ligne un extrait de 4’41 intitulé « Coup de gueule de Manuel Valls à Radio Judaïca » et publié via son  compte Dailymotion.

* 29/09/11 : Oumma repère la vidéo et fait le buzz en publiant le premier article consacré à l’information principale contenue dans cette confession choc de Manuel Valls- son « lien éternel » avec « la communauté juive et Israël ». Nous avions alors souligné l’incongruité de la scène : un élu républicain -censé servir la France et le principe de laïcité- en train de déclamer, en raison de son lien conjugal, une préférence communautaire spécifique et une allégeance, formulée en des termes religieux, envers une nation étrangère pratiquant, de surcroît, une politique colonialiste. Le scoop devient rapidement viral : près de 100.000 visionnages cumulés sur le Net et plus de 3400 partages de l’article sur Facebook (un chiffre rivalisant aisément avec les articles les plus partagés du site Lemonde.fr).

* Automne 2011/Hiver 2012 : l’information continue d’être abondamment relayée et commentée sur le web, notamment via les forums communautaires. Une curieuse exception est à signaler : le célèbre blog ultra-nationaliste Fdesouche -qui se targue de lutter contre le communautarisme, surtout quand celui-ci est musulman-  a d’abord publié la vidéo avant de la retirer subitement et sans explication. Une capture d’écran du cache de Google fut réalisée pour attester de cette délicatesse inattendue de la part de la blogosphère identitaire envers Manuel Valls.



En dépit du buzz, le plafond de verre médiatique n’est pas percé pour autant : l’ensemble des médias généralistes continuent d’ignorer le sujet.

* 10/05/12 :l’auteur de ces lignes reçoit le message, envoyé depuis une adresse Hotmail, d’un certain Olivier Jelinek lui demandant de retirer la vidéo, pourtant contextualisée, de son propre compte Youtube. L’homme se présente comme le responsable du site web de Radio Judaïca Strasbourg. Bizarrement, le nom figurant dans la « partie expéditeur » du mail fait référence à Olivier Singer, et non Olivier Jelinek. Le mail est envoyé sept mois après la mise en ligne de notre vidéo -siglée Oumma.com- et quatre jours seulement après l’élection de François Hollande à la présidence de la République. C’est durant ces jours-ci qu’une rumeur prend de l’ampleur : le prochain ministre de l’Intérieur pourrait être Manuel Valls.


* 17/05/12 :le journaliste Alain Gresh du Monde Diplomatique fait une brève allusion aux propos de Manuel Valls à la fin de d’un billet publié sur son blog.

* 30/05/12 : l’auteur de ces lignes reçoit un mail de Youtube lui indiquant que ses 2 vidéos (extrait court d’1’/intégral de 4’41) ont été supprimées de son propre compte à la suite d’une demande formulée par Patrick Cohen, président de Radio Judaïca, pour « atteinte aux  droits d’auteur ». Si d’autres comptes Youtube ont connu le même sort à propos de cette vidéo, force est de constater que les représailles de la radio communautaire se sont exercées, non pas dans l’immédiat mais huit mois après notre mise en ligne et de manière particulièrement sélective : l’extrait d’une minute continue ainsi d’être disponible sur plusieurs autres comptes vidéo. Entre la date du mail de réclamation et celle du retrait opéré, Manuel Valls est devenu « le premier flic de France ». Faut-il y voir une corrélation ? Toujours est-il que la vidéo de Radio Judaïca est depuis passée, sur le compte Dailymotion du média strasbourgeois, en « mode privé », rendant également impossible son visionnage.

* 08/11/12 : l’émission Envoyé Spécial de France 2 consacre un sujet à l’encyclopédie en ligne Wikipédia. Les journalistes du service public y font état d’une information troublante : la mention relative à « son lien éternel » avec « la communauté juive et Israël »a disparu de la page consacrée à Manuel Valls. Prétexte invoqué selon Pierre-Carl Langlais, co-administrateur du site : cette information serait « totalement anecdotique ».La question fait pourtant débat comme le révèlent les échanges entre les contributeurs du site.


* 09/11/12 :le journaliste Daniel Schneidermann publie sur son site Arrêt sur images et sur Rue89 un billet à propos de l’émission de France 2. Il s’interroge notamment sur le motif invoqué pour supprimer la déclaration de Valls : « En quoi la citation de Valls, ministre en exercice, sur Israël, est-elle plus « anecdotique » que celle de Georges Frêche sur Jean-Paul II ? »

* 14/11/12 :la journaliste Aurore Gorius du site Arrêt sur images publie son enquête , très débattue parmi les internautes, à propos de la double suppression-sur Wikipedia et Youtube- des propos de Manuels Valls. Interrogé sur le motif de son intervention, Patrick Cohen accuse Oumma.com d’avoir « détourné notre vidéo » en y « apposant son nom et un commentaire prétendant que Manuel Valls faisait allégeance à une communauté étrangère ». Curieuse allégation : nul « détournement » ni prise d’otage ne s’est produit à propos de cette vidéo. A l’instar de nos confrères de la presse généraliste ou alternative, nous avons simplement relayé ce document, avant qu’il ne disparaisse -comme ce sera finalement le cas- et en prenant le soin d’en indiquer la provenance. Quant au fait « d’apposer son nom », c’est la pratique élémentaire quand un média, quel qu’il soit, est à l’origine d’une information exclusive ou passée inaperçue. Partisans du devoir d’informer l’opinion publique sur les dérives de nos élus, nous avons, en conséquence, apposé notre signature, contextualisé les faits et formulé en complément notre propre commentaire éditorial.

Patrick Cohen affirma également à la journaliste qu’il n’a pas subi de pression pour faire retirer la vidéo tout en précisant être « en contact » avec le cabinet de Manuel Valls. Quant au motif du retrait de la vidéo de son propre site, il est savoureux : « Manuel Valls avait changé de statut entre-temps. Et cela me gênait car il répondait à une question du public qui accusait le PS d'être anti-juif. Il s'emporte un peu dans sa réponse. Mais dans la vidéo, on ne voit pas le contexte ». Avant de conclure : « Et ce n'était plus d'actualité depuis des mois. Un site doit être mis à jour ».

Le même jour, sur son blog, Alain Gresh s’étonne du prétexte invoqué par Patrick Cohen au sujet des « droits d’auteur », ajoutant que « la censure est difficile sur Internet ».  Une réalité numérique déjà conceptualisée dans ce que l’on nomme « l’Effet Streisand » : en tentant de faire disparaitre du Net la photo de sa maison, Barbra Streisand avait décuplé sa diffusion. En outre, le recours à des sites étrangers de partage vidéo comme Rutube ou Metacafe permet d’ores et déjà de contourner toute tentative de censure hexagonale.


* 27/11/12 :le journaliste du Monde Diplomatique revient à nouveau sur les déclarations passées sous silence de l’homme de la place Beauvau. Dans un nouveau billet, il affirme : Lorsque l’on a un ministre de l’intérieur, Manuel Valls, qui peut proclamer que, par sa femme, « il est lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël », nous pouvons nous inquiéter. Valls a tenté d’obtenir la suppression de cette citation, notamment dans sa biographie sur Wikipedia et en demandant à la radio de Strasbourg, sur laquelle il a proféré ces insanités, de les retirer au nom du droit d’auteur. Mais la censure ne peut rien contre Internet.

Quand Valls reprend le mensonge des « jumelles de Giscard »

En ce 12 décembre 2012,la vidéo de Manuel Valls continue de susciter l’étonnement des nombreux internautes, jour après jour, qui la découvrent. Sur la forme, l’image contraste de celle affichée dans la récente émission Des paroles et des actes de France 2.  On y découvre un homme coléreux, vindicatif et un brin méprisant, notamment à l’encontre de Roland Dumas et de Valéry Giscard d’Estaing. Sur le fond, son dédain manifesté à propos de ces deux anciens responsables politiques est tout aussi révélateur que sa phrase, désormais célèbre, au sujet de la communauté juive et d’Israël. Sur la question israélo-palestinienne, Valls et Dumas - qualifié de « sale bonhomme » - représentent deux écoles de pensée radicalement opposées. Il en va de même sur la controverse du 11-Septembre : si Roland Dumas ne croit pas à la version officielle - comme il nous l’avait expliqué en 2010 - Manuel Valls, lui, considère que tout sceptique sur le sujet est comparable à ceux qui « nient la Shoah ». Une attitude saluée par les membres de l’association « Europe-Israël » comme l’illustre leur montage vidéo.


Quant à l’ancien président de la République, il permet à l’ex-candidat aux primaires socialistes de se joindre aux artisans d’une désinformation politico-communautaire qui perdure: selon Manuel Valls, Valéry Giscard d’Estaing se serait rendu coupable d’avoir « regardé Israël depuis la Jordanie avec des jumelles ». L’élu fait ici allusion à une photo de VGE, capturée par l’agence Gamma lors d’un périple moyen-oriental en mars 1980 et diffusée par Henri Hadjenberg, alors responsable du mouvement « Renouveau juif » et futur dirigeant du CRIF. Comme le démontra en 1992 la journaliste Josette Alia,  il s’agissait d’une opération mensongère de propagande visant, en période pré-électorale, à diaboliser VGE, jugé trop pro-palestinien, au profit de son rival François Mitterrand.

La chose est troublante : en juin 2011, soit trente ans plus tard, le futur responsable de la police nationale et du Renseignement intérieur faisait mine, pour séduire les électeurs strasbourgeois pro-israéliens, de croire qu’il s’agissait d’une authentique photo afin de pouvoir s’en indigner avec emphase.


Oumma reviendra prochainement sur Manuel Valls en publiant un portrait spécial consacré à l’homme qui se rêve déjà président de la République. Nous reviendrons en détail sur ses connexions politiques, sécuritaires et communautaires, notamment à travers sa relation avec des personnages essentiels de « l’Etat profond » français tel Alain Bauer. Enfin, nous tenterons d’expliquer pourquoi le ministre, loin d’être simplement un social-libéral clintonien, est davantage un néoconservateur à la française, de plus en plus dévoué à l’axe atlanto-sioniste et potentiellement menaçant pour la liberté d’information des citoyens.



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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Mar 2 Fév - 14:05



Citation :
A l'heure où l'on débat du contenu des programmes d'histoire à l'école, où l'on voit fixé par la loi ce qui doit être commémoré, Shlomo Sand s'interroge : tout récit historique n'est-il pas idéologiquement marqué ? Les sensibilités politiques et la puissance des Etats ne pèsent-elles pas démesurément sur la recherche en histoire et sur son enseignement ? Et, dans ces conditions, peut-il exister une vérité historique moralement neutre et "scientifique" ?

Tout en brossant le tableau d'une vaste histoire de l'Histoire, de la Mésopotamie à nos jours, il dénonce les méthodes avec lesquelles les historiens européens ont construit les mythologies nationales modernes, ou encore la tendance actuelle à faire de l'historien le prêtre de la mémoire officielle ou le forgeron des identités nationales.

Ce faisant, Shlomo Sand livre aussi un ouvrage personnel, où la polémique laisse place à la confession, au bilan désillusionné de ses rapports plus que quarantenaires avec la discipline, et à une question provocante : "Pourquoi encore étudier l'histoire aujourd'hui ?" Certainement pas par pure dévotion pour la mémoire collective, suggère-t-il, mais pour mieux se libérer d'un passé fabriqué, et se tourner résolument vers l'avenir.

extraits
Shlomo Sand a écrit:
« En vérité les deux termes ont une connotation horrible : en hébreu « shoah » signifie catastrophe naturelle, tandis qu' « holocauste » évoque un sacrifice par le feu. Le meurtre de millions de juifs n'était aucunement une phénomène naturel, ni de constituait un acte de sacrifice ».

« La déshumanisation des ennemis de la nation est présente dans tout nationalisme ; le national-socialisme en représente un cas paroxystique. Il faut, toutefois, se garder de voir dans cette conception ethnocentrique de l'autre la cause exclusive de l'extermination de masse. Plusieurs circonstances, dont la guerre totale, engagée et conduite par l'Allemagne, sont aussi à mettre au compte des facteurs déclenchant de la radicalisation croissante des appareils bureaucratiques du crime ».

« la fonction idéologique de la Shoah … a légitimé une forme d'isolationnisme ethnocentrique … et a fourni une justification hideuse à la politique hideuse pratiqués à l'égard des palestiniens et a empêché de comprendre que l'histoire est une arène dans laquelle s'échangent fréquemment les rôles de victimes et de bourreaux ».

« Le mythe de la terre avec sa colonisation, s'est avéré plus fort que toute rationalité politique, et que les principes moraux universels. L'historiographie sioniste, qui a inventé rétrospectivement une ethnie nationale juive, dont on a dit qu'elle a été « exilée » de son antique patrie, et où elle est « revenue » après deux mille ans... »

« … il y a une chose, dit-il, qu'il ne savait pas faire : comment enseigner la Torah et le Talmud sans éclater de rire en permanence ».


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Jeu 4 Fév - 23:08



Imen Habib : « Un harcèlement juridique contre BDS » 4 février 2016

Imen Habib, animatrice de la Campagne BDS France, interviewée par Denis Sieffert, dresse un bilan de l’action internationale contre la colonisation des Territoires palestiniens. Si elle connaît des victoires, elle rencontre aussi la répression, notamment en France.

Au moment où la droite israélienne lance une offensive en France contre le boycott des produits israéliens, et tente de faire interdire toute réunion publique sur ce thème, deux pétitions circulent en défense de cette campagne pacifique. L’une initiée par BDS France, dont nous avons ren-contré la coordinatrice, l’autre, d’une sensibi-lité différente, est à l’initiative de l’Association France Palestine solidarité (voir encadré)



Citation :
Pouvez-vous nous rappeler l’historique de la campagne Boycott, désinvestissement, sanctions (BDS) ?

Imen Habib : La campagne BDS a été lancée en 2005 par plus de 170 associations et organisations de la société civile palestinienne. C’est une campagne non-violente qui s’inspire de la lutte contre l’apartheid en Afrique du Sud.

Dans quel contexte est née cette initiative ?
Cet appel a été lancé un an après l’avis de la Cour internationale de justice recommandant sans succès le démantèlement du mur dont le tracé annexait de nouveaux territoires palestiniens, isolait des villages et détruisait des terres agricoles.


Quels sont les pays qui ont repris immédiatement cet appel ?

La campagne BDS est très vite devenue internationale, aux États-Unis, au Canada, en Grande-Bretagne, en Afrique du Sud, puis en Espagne, au Maroc, et même au Japon, où j’ai eu le plaisir de rencontrer des camarades de BDS Osaka ! En France, il y a eu des actions BDS ici et là, mais c’est en 2009 que s’est créée la campagne BDS France, après l’attaque israélienne sur Gaza « Plomb durci », qui a fait 1 400 morts côté palestinien. Nous nous sommes dit qu’il était temps de créer une campagne unitaire ayant vocation à ne travailler spécifiquement que sur BDS. Aujourd’hui, la campagne BDS France [1] regroupe plus d’une cinquantaine d’organisations nationales, d’associations et de comités locaux. Nous travaillons étroitement avec le BNC (comité palestinien pour le BDS), ainsi qu’avec nos amis anticolonialistes israéliens de « Boycott from within » (Boycott de l’intérieur).


La France a une position particulièrement répressive…

La France est en effet le seul pays démocratique à criminaliser BDS. Tout commence par une circulaire de l’ancienne ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, demandant aux procureurs de poursuivre les militants BDS. Cette circulaire est tellement « politique » qu’elle ne fait même pas semblant de viser le boycott en général. Il y est précisé que la répression doit concerner les boycotteurs d’Israël. Pas de problème pour ceux qui appellent par exemple au boycott de la Chine par rapport à la situation au Tibet…

Les militants BDS ont fait l’objet d’un harcèlement­ juridique de la part d’organisations ultra-sionistes portant systématiquement plainte lors d’actions anodines de distribution de tracts. Certains tribunaux ont obtempéré, alors que sans la circulaire ils auraient classé l’affaire. Pire encore, lorsque des militants étaient relaxés, le parquet faisait systématiquement appel. La plupart des responsables politiques, de François Fillon à Manuel Valls, n’ont comme seuls arguments à nous opposer que des mensonges éhontés pour tenter d’arrêter la progression de la campagne en France.


Quelle est l’attitude des tribunaux ?

Il y a eu des jugements contradictoires concernant les procès BDS. Certains procureurs, refusant d’obéir à leur hiérarchie et faisant preuve d’indépendance, ont notamment demandé la relaxe de militants ou de militantes inculpés. Un juge de la cour d’appel de Paris avait précisé que cette campagne BDS relevait de la liberté d’expression. Mais les lourdes pressions politiques ont fait que des militants ont été condamnés, comme c’est le cas pour le procès des « douze » de Mulhouse, condamnés à de lourdes amendes, jugement confirmé par la Cour de cassation. C’est un véritable scandale, qui ne nous arrêtera pas.


Il y a des débats au sein du mouvement français de défense des droits des Palestiniens, pouvez-vous nous en donner les enjeux ?

Oui, comme dans tout mouvement, il y a des débats et des stratégies différentes quant au champ d’application de cette campagne de boycott. Certaines associations veulent limiter le boycott surtout aux produits des colonies et ne participent pas ou peu au boycott culturel, universitaire et sportif de l’État d’Israël et de ses institutions.

Ce n’est pas le cas de la campagne BDS France, car nous considérons que le problème ne se limite pas seulement aux colonies. Il y a de très nombreuses discriminations à l’encontre des Palestiniens d’Israël, et il y a le droit au retour des réfugiés qui est reconnu par les Nations-Unies. Lors de la campagne contre l’apartheid en Afrique du Sud, il ne s’est pas élevé une seule voix, et à juste titre, pour dire qu’il fallait limiter ce boycott aux bantoustans. C’est le régime d’apartheid israélien qui est visé par BDS, et je crois que c’est très important de le rappeler.

De plus, nous répondons à un appel palestinien avec lequel nous sommes solidaires. Ce sont les Palestiniens qui nous demandent, par exemple, de ne pas boycotter les individus, mais en revanche de boycotter et d’appeler au désinvestissement d’entreprises complices de violations du droit international et/ou des institutions israéliennes. Nous respectons ces demandes.


Quel bilan tirez-vous de cette campagne, en France et dans le monde ?

Malgré les nombreuses attaques auquel elle doit faire face, la campagne BDS continue et progresse en France. Elle obtient ses premiers grands succès avec les campagnes en direction de Veolia ou d’Orange. Elle progresse aussi à travers le monde : des victoires sont remportées chaque jour et, selon un rapport des Nations-Unies, les investissements étrangers en Israël ont chuté de 46 % en 2014. Les auteurs du rapport attribuent cela aux attaques contre Gaza, mais aussi à la campagne BDS. Israël considère les actions de BDS comme une « menace stratégique » et un département spécial doté de plusieurs millions de dollars a été créé pour lutter contre BDS à travers le monde.

Comment percevez-vous l’attitude du gouvernement actuel, et notamment les récentes interventions de Manuel Valls ?
Ces dernières semaines, Manuel Valls est intervenu quatre fois contre la campagne BDS, qui est devenue le nouveau chiffon rouge qu’il agite pour détourner l’opinion de ses errances politiques et sociales. Cette focalisation contre des militants antiracistes en dit long. Ce qui est certain, c’est que nous n’avons pas l’intention de nous laisser intimider : la censure, l’arbitraire et la répression ne nous démobiliseront pas. Nous continuerons à lutter pour la justice, l’égalité et la liberté en Palestine-Israël, et aussi en France, tant qu’il le faudra.

Une pétition pour lutter contre cette répression, « Nous appelons au boycott des produits israéliens », a été lancée et nous avons eu l’agréable surprise de la voir signée par de nombreuses personnalités, et aussi par des milliers de personnes souvent éloignées de BDS mais qui n’en peuvent plus de ces atteintes aux libertés fondamentales. Elle compte aujourd’hui plus de 12 000 signataires [2].


« Une atteinte aux libertés publiques »
Citation :
Dans un texte initié par France Palestine solidarité (voir Politis.fr), de nombreuses personnalités expriment leur « indignation face à une atteinte aux libertés publiques », à la suite de la condamnation de « citoyens ayant appelé au boycott de produits israéliens ». Les signataires, qui avouent avoir des « positions diverses » sur ce boycott, soulignent que ces actions « ont toujours été considérées par les pays démocratiques comme des formes protégées de liberté d’expression ». « Au nom de quoi, s’interrogent-ils, en vient-on, en France, à considérer qu’un appel au boycott est une incitation à la discrimination quand il concerne Israël alors qu’il ne poserait aucun problème quand il s’agit d’un autre pays ? » Ils rappellent que « cela fait des dizaines d’années que l’État d’Israël viole les conventions internationales et bafoue les droits du peuple palestinien reconnus par l’ONU, […] sans provoquer de réaction autre que de condamnation verbale de la part de nos gouvernements ».


[1] www.bdsfrance.org

[2] http://www.bdsfrance.org/petition-nous-appelons-au-boycott-des-produits-israeliens/

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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Sam 6 Fév - 19:30



15 mars 2016

Citation :
Ce livre est un cri – pas un cri de guerre, plutôt un cri de paix. Plus exactement, c’est une série de claques alternant avec des caresses. Appliquées à qui ?

Aux Blancs « de gauche » munis d’une bonne conscience anticolonialiste mais qui restent dans le grand camp blanc : Sartre, sioniste jusqu’au bout, par opposition à Genet qui se fout d’Hitler et pour qui Dien Bien Phu n’est pas une défaite.

Aux Juifs, « qui me rappellent tellement les Arabes ». Explication : « Ce qui fait de vous de véritables cousins, c’est votre rapport aux Blancs... On ne reconnaît pas un Juif parce qu’il se déclare Juif mais à sa soif de vouloir se fondre dans la blanchité, de plébisciter son oppresseur et de vouloir incarner les canons de la modernité. Comme nous. »

Et Houria Bouteldja propose aux Juifs de sortir ensemble du ghetto.

À nous les Indigènes : « Indigènes de la république, nous le sommes en France, en Europe, en Occident. Pour le Tiers-Monde, nous sommes blancs. La blanchité n’est pas une question génétique. Elle est rapport au pouvoir. Déjà les frères que nous avons abandonnés là-bas nous regardent d’un oeil oblique. Nous devons assumer notre part du crime. Dit de manière euphémisée, notre intégration. »

L'auteure exhorte à refuser le rapport de domination de type colonial qui valorise l'homme blanc au détriment des minorités religieuses ou ethniques. Elle incite la gauche, les Juifs et les descendants d'immigrés à refuser l'intégration d'une relation inégale qui légitime la honte de soi.

Houria Bouteldja est issue d’une famille d’immigrés algériens arrivés en France dans les années 1960. Elle milite au Parti des Indigènes de la République (PIR). Elle a co-écrit, avec Sadri Khiari, Nous sommes les Indigènes de la République aux éditions Amsterdam (2012).

rencontre le samedi 2 avril à 15 heures, à la librairie Terre des livres, 86 rue de Marseille à Lyon, à l’occasion de la parution de son livre le 15 mars prochain



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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Mer 10 Fév - 21:06

Peut-on être antisioniste sans être antisémite ? Bernard Ravenel, Mediapart, lundi 8 février 2016

Ce n’est plus seulement le CRIF c’est désormais le Premier ministre du gouvernement français qui amalgame l’antisionisme à l’antisémitisme. Cette étonnante position de Manuel Valls nécessite un retour en arrière pour comprendre l’origine de cet alignement idéologique sur l’évolution du mouvement sioniste mondial

Citation :
Il faut partir des résolutions du congrès sioniste mondial tenu à Jérusalem en 2002 qui confondent, dans une même condamnation, antisionisme et antisémitisme. Une résolution de ce congrès demande de "créer dans tous les pays où ce sera nécessaire, des groupes de travail qui travailleront avec des législateurs pour faire adopter une législation qui mettra hors-la-loi l’antisémitisme, l’antisionisme et le déni de l’Holocauste"... Voilà qui est clair ! Il est demandé aux organisations et aux personnalités françaises d’entériner cette confusion.

Cet amalgame doit non seulement être dénoncé mais aussi déconstruit.

Il s’agit d’abord de refuser d’identifier judaïsme et Etat d’Israël, identification voulue à la fois par les ennemis réels des juifs ( les antisémites de tous bords) et aussi par l’actuel establishment israélien et ses antennes dans la diaspora, en particulier le CRIF. Israël constitue certes une partie importante du judaïsme, un symbole, une référence, mais ne représente pas la totalité des juifs, loin s’en faut : un juif sur quatre environ vit en Israël. Si on ne fait pas cette distinction et si, de plus, on ne différencie pas Etat d’Israël et gouvernement israélien, on est alors l’objet d’un chantage qui s’adresse à tous et qui atteint les juifs de gauche, les partisans de la paix et tous ceux qui soutiennent les droits du peuple palestinien.

Un chantage qui tend à présenter toute critique de la politique israélienne – c’est-à-dire d’un pouvoir élu par une partie de la population juive d’Israël – comme une opération potentielle ou réelle d’antisémitisme (c’est-à-dire comme attaque contre tous les juifs en tant que tels, c’est-à-dire comme propos raciste). On assiste à la tentative continue de constitution d’un bloc monolithique juif et international pour soutenir la politique d’un groupe de juifs (de droite et d’extrême droite). Il s’agit d’imposer l’image d’un bloc représentant tous les juifs d’Israël et de la diaspora. Ceux qui ne sont pas d’accord doivent être délégitimés et bientôt amalgamés avec l’antisionisme et avec l’antisémitisme. On le voit aujourd’hui avec la façon dont la droite nationaliste mène une campagne d’incitation à la haine contre l’association d’anciens conscrits de l’armée israélienne, Rompre le silence – qui dénonce les pratiques de l’armée en Palestine – ou contre B’Tselem, tous accusés d’être des agents stipendiés par l’étranger.

L’enjeu relève de cette même logique totalisante qui vise à faire taire toute critique, à commencer par celle des antisionistes amalgamée d’office à celle des antisémites.

L’antisionisme est une critique politique et idéologique d’un projet politique et idéologique, le sionisme politique, qui, comme tout nationalisme de type ethnique, ignore "l’autre", à savoir qu’il nie l’existence des Palestiniens comme peuple, et ce dans le sillage de l’expansion coloniale européenne. Cette "erreur fatale" (Maxime Rodinson) fait que le projet sioniste de regroupement des Juifs dans un Etat purement juif où l’antisémitisme serait, par définition, inexistant, se réalise dans un contexte de violence quasi permanente, créant pour les Juifs israéliens un sentiment permanent d’insécurité. D’où la conviction qu’ont toujours eue les antisionistes que le sionisme tel qu’il s’est réalisé historiquement n’apporte pas une solution satisfaisante au "problème juif", en particulier à l’antisémitisme. L’antisionisme ne nie pas l’existence de la question juive et sa gravité, ni la nécessité d’y trouver des réponses justes, il conteste la validité de la solution sioniste telle qu’elle est a été mise en œuvre.

Comme l’a déclaré Göran Rosenberg, juif, citoyen suédois qui a vécu en Israël comme jeune pionnier pendant six ans (1962-1967) et qui a réfléchi dans un livre remarquable sur l’expérience israélienne ( "L’utopie perdue : Israël : une histoire personnelle" Denoël) : "Pour moi, Israël n’est pas la solution au problème juif, c’est seulement une étape, une partie de l’histoire du judaïsme. La civilisation juive s’est toujours développée dans la diaspora, à l’exception d’une courte période historique. Il faut que les Israéliens cessent de considérer les juifs de la diaspora comme ceux qui n’ont pas encore immigré..."

Au cours de la première moitié du XXe siècle – jusqu’à la seconde guerre mondiale – les Juifs de la diaspora furent en grande majorité non sionistes et même antisionistes. Ce fut le cas en particlier du Bund dans le mouvement ouvrier russe et polonais et des bolcheviks d’ascendance juive. Il est vrai que c’est l’échec de ces forces politiques à résoudre la "question juive" qui a finalement donné au sionisme un soutien majoritaire après le judéocide hitlérien.

On veut désormais amalgamer antisionisme et destruction de l’État d’Israël, État sioniste. Or la condamnation idéologique de l’option sioniste n’entraîne pas nécessairement une prise de position politique contre la continuation de l’existence de l’État ainsi créé et voulu par la communauté juive de Palestine. Aujourd’hui le mouvement de libération national palestinien a accepté, par une concession majeure, l’existence de l’État d’Israël : il ne propose ni la destruction physique des Israéliens, ni la privation des Juifs de Palestine de leurs droits nationaux. Il demande que les droits légitimes du peuple palestinien tels qu’ils sont reconnus par le droit international soient respectés.

Ni plus ni moins. Ce qui est désormais le cas non seulement de nombreux antisionistes mais aussi de sionistes de gauche. Cependant si, pour la majorité des antisionistes, la critique de l’État israélien ne signifie pas sa destruction militaire, elle signifie toujours une remise en cause de ses pratiques discriminatoires. En particulier une coexistence pacifique et égalitaire entre un État palestinien et un État Israélien suppose un processus de "désionisation" de l’État israélien. Ce processus doit passer par la transformation de cet "État juif" en "État de tous ses citoyens" comme le demandent les Palestiniens d’Israël et des Juifs israéliens comme Uri Avnery, et aussi par la révision profonde de la fameuse Loi du Retour, articulée sur un règlement de la question des réfugiés. Certes, l’idéal serait un État bi-national mais pour le moment il reste encore une utopie. Par conséquent, la critique du projet sioniste que maintiennent les antisionistes est à la fois une position politique légitime qui se justifie et qui reconnaît les droits des deux peuples à l’autodétermination.

Même si des antisémites authentiques se cachent derrière un discours présenté comme antisioniste – et il faut les démasquer sans indulgence – il n’en reste pas moins qu’aujourd’hui superposer antisionisme et antisémitisme revient à vouloir confondre un point de vue légitime avec un délit.

C’est tout simplement du maccarthysme. Ce n’est pas acceptable.

là-dessus, surtout, motus des ultragauchistes est particulièrement des Juifs parmi eux, infoutus d'analyser d'où ils parlent, bien souvent d'une identité qu'ils protègent en déniant le racisme dans le monde (Temps Critiques, Clément Homs*, Bernard Lyon/Dreyfus qui se revendique non antisioniste, Roland Simon, Yves Coleman... l'ultragauche de l'idéologie française anarchisante qui surfe sur la même rhétorique depuis des décennies. Voir leurs textes bourrés de tricheries intellectuelles, leur révisionnisme historique, leur ignorance crasse et leur mépris de l'Occident non blanc, leurs silences, leurs cibles privilégiées, qui sont aujourd'hui, en plein état d'urgence, les mêmes que l'État français : des négationnistes, des racistes. Point barre.

* à Clément Homs de la Wertkrtik le pompon pour sa valeur critique du racisme : cf rubrique #Racisme - homophobie - antisémitisme. Cherchez pas la "race", ça n'existe pas, seuls les Juifs blancs méritent considération : une théorie comme ça, contre le capital ? Mon œil et poubelle !

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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Mer 17 Fév - 12:27



8 février 2016

Traduction d’un texte de J-Big = Jews for Boycotting Israeli Goods, association de Juifs britanniques soutenant l’appel palestinien à BDS

Le mouvement pour la liberté, la justice et l’égalité des Palestiniens lutte contre l’occupation israélienne, la colonisation des territoires arabes par Israël et son système d’apartheid. La campagne Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS) vise l’état d’Israël, les institutions et les entreprises israéliennes complices des crimes d’Israël. BDS est devenu, pour des gens de divers horizons, un moyen efficace d’exprimer leur mobilisation humanitaire et antiraciste en solidarité avec la Palestine.

Constatant la force de BDS, les défenseurs d’Israël accusent régulièrement le mouvement d’antisémitisme. Ils utilisent leur arme favorite pour intimider et faire taire les détracteurs d’Israël, y compris des antisionistes juifs, qui sont considérés comme des « Juifs atteints de haine de soi. »

Cet exposé a été écrit par et pour des militants de BDS, pour expliquer comment l’accusation d’antisémitisme s’applique au sionisme lui-même. En effet, ils sont des jumeaux politiques racistes. Comprendre leur interdépendance aidera à renforcer le mouvement BDS et à élaborer une stratégie.


Citation :
L’antisémitisme présenté comme éternel

Le sionisme a toujours fait valoir que l’antisémitisme était inné chez les non-Juifs et qu’il persisterait donc toujours. Selon Leo Pinsker, le fondateur du mouvement Hovevei Zion (les Amants de Sion) au 19ème siècle, « la judéophobie est une maladie mentale. En tant que maladie mentale, elle est héréditaire, et en tant que maladie transmise depuis deux mille ans, elle est incurable. » Sur cette base, l’antisémitisme ne pouvait pas être éliminé, donc le combattre était inutile.

Le fondateur du sionisme politique, Theodor Herzl, a écrit dans son journal de 1895 : « A Paris … j’ai constaté qu’il était inutile et vain d’essayer de « combattre » l’antisémitisme ». Il a aussi écrit que « les antisémites seront nos amis les plus fiables, les pays antisémites nos alliés » , c’est-à-dire en encourageant l’immigration juive en Palestine. Selon Jacob Klatzkin, rédacteur en chef entre 1909 et 1911 de Die Welt, le journal sioniste officiel : « Nous sommes … naturellement des étrangers. Nous sommes une nation étrangère parmi vous, et nous voulons le rester. »

Les sionistes de la première heure ont accepté les stéréotypes qui étaient répandus à l’époque : que les Juifs, en particulier les Juifs d’Europe de l’Est, étaient rétrogrades. On considérait qu’ils étaient devenus arriérés parce qu’ils n’avaient pas de patrie, donc leur installation en Palestine les élèveraient et les purifierait. Par exemple, Pinhas Rosenbluth, devenu plus tard Ministre de la justice d’Israël, a écrit que la Palestine était « un établissement de fumigation de la vermine juive. » Considérant les Juifs comme de la « poussière humaine », les sionistes ont voulu les sauver par la aliyah (« ascension », c’est-à-dire l’immigration sur l’ancienne terre d’Israël (Eretz Yisrael).

Les sionistes, tout comme les antisémites européens, étaient d’avis que les Juifs n’étaient pas à leur place et qu’on devait les aider ou même faire pression sur eux pour qu’ils quittent l’Europe. Mais la plupart des Juifs rejetaient cette idée. En 1897, le premier Congrès sioniste a dû partir de Munich et s’installer à Bâle, en Suisse, parce que les Juifs, à Munich, considéraient le sionisme comme antisémite et craignaient qu’il ne porte atteinte à leurs droits civiques en Allemagne.


Le soutien antisémite à la création d’un Etat Juif

Le sionisme a toujours dépendu du soutien des élites antisémites. Avant même que des organisations sionistes juives se soient développées, le sionisme politique a été encouragé par des impérialistes européens du 19ème siècle comme Lord Palmerston, Lord Shaftesbury, Benjamin Disraeli et Ernest Laharanne, secrétaire de Napoléon III. Beaucoup de chrétiens croyaient que l’immigration juive en Palestine entraînerait la Seconde Venue du Christ, indiquée dans la prophétie biblique. De manière plus pragmatique, une future patrie juive représentait pour eux un avant-poste impérial britannique : « un “ petit Ulster juif loyal ” dans une mer d’arabisme potentiellement hostile », selon le premier gouverneur militaire de Jérusalem.

De tels motifs politiques justifient la fameuse « Déclaration de Balfour » de 1917, le Ministre des Affaires étrangères britannique, Arthur James Balfour (un sioniste chrétien), se disant favorable à « la création en Palestine d’un foyer national pour le peuple Juif. » Tous les autres peuples ont été considérés comme appartenant aux « communautés non-juives. »

La seule opposition au sein de son cabinet est venue de son unique membre juif, Edwin Montagu, qui a averti que le plan mènerait à une discrimination envers les non-Juifs en Palestine et envers les Juifs ailleurs.

Dix ans plus tôt, en tant que Premier ministre, Balfour avait promu la Loi sur les étrangers de 1905, dont le but était d’empêcher l’immigration de réfugiés juifs qui fuyaient les pogroms tsaristes en Russie. Il voulait plutôt qu’ils aillent en Palestine. Il a mis en garde contre « les maux indéniables qui se sont abattus sur le pays [la Grande-Bretagne] à cause d’une immigration qui a été en grande partie juive. »


Affaiblir un boycott anti-Nazi

Les sionistes ont souvent fait valoir que seul leur propre état peut protéger les Juifs des agressions antisémites. D’ailleurs, au début du Troisième Reich, les Nazis et les organisations sionistes partageaient la même vision sur la séparation juive.

En essayant de séparer les Juifs du reste de l’humanité, les sionistes ont fait des choix destructeurs.

Quand l’Allemagne nazie a promulgué des lois antisémites et encouragé les agressions physiques sur les Juifs, la diaspora juive, dans d’autres pays, a organisé une campagne efficace pour un boycott international. De grands rassemblements ont eu lieu dans de nombreuses villes du monde. Aux Etats-Unis et dans plusieurs pays européens, des grands magasins ont annulé des commandes de produits allemands et trouvé d’autres fournisseurs.

Pour vaincre le boycott, le régime nazi avait pour complice l’Organisation Sioniste Mondiale (OSM). Dans l’Accord de transfert (Haavara) de mars 1933, l’OSM s’est activement opposée au boycott ; en contrepartie, les Nazis ont laissé certains Juifs riches et leurs biens partir en Palestine. La valeur du transfert s’est élevée à l’équivalent d’au moins 30 millions de dollars de biens allemands, faisant ainsi d’Hitler un important soutien économique du projet sioniste. L’accord devait « porter un coup au cœur du boycott anti-Nazi mené par des Juifs », d’après l’historien Edwin Black. 13 Des membres du Congrès juif mondial ont voulu continuer le boycott, mais la direction du Congrès n’a pas tardé à se joindre à l’effort de l’OSM pour l’affaiblir.


Le sionisme tire avantage de l’antisémitisme en Pologne

Au milieu des années 30, le gouvernement polonais a aussi pris des mesures contre les Juifs du pays en promulguant des lois inspirées des Lois raciales de Nuremberg de l’Allemagne nazie. Par exemple, de nouvelles lois ont posé des restrictions à l’abattage kascher du bétail et exclu les Juifs de certaines professions. Le régime polonais a aussi négocié avec la France pour fonder une « colonie juive » à Madagascar et pouvoir y envoyer des Juifs polonais. 14 Ces mesures ainsi que l’antisémitisme de l’Eglise catholique ont renforcé le mouvement sioniste polonais.


Affiche pour un film au sujet de règlement juif en Palestine,
les années 30 :Vers une nouvelle vie, La Terre Promise

Betar, un mouvement sioniste révisionniste de droite qui s’opposait aux syndicats, a travaillé avec des antisémites dans l’armée polonaise à partir de 1930. Des officiers haut-gradés ont entraîné en secret les recrues de Betar, dont la plupart a immigré en Palestine avant la fin de la décennie pour y rejoindre les forces armées sionistes. Néanmoins, le sionisme polonais a rencontré une forte opposition de la part du Bund, parti socialiste juif laïc, qui avait beaucoup plus d’influence que les autres partis juifs de Pologne.


De l’Holocauste au « Nouveau Juif »


Le sionisme était une force politique minoritaire chez les Juifs européens jusqu’à ce que six millions d’entre eux soient tués par les Nazis. Avec l’Holocauste, les initiatives des sionistes en vue d’obtenir un soutien international pour la création d’un état juif en Palestine se sont intensifiées. La plupart des réfugiés juifs voulaient fuir en Europe de l’Ouest ou aux Etats-Unis mais les contrôles aux frontières (avec le soutien des organisations sionistes) les en empêchaient, et ils ont donc migré en Palestine.

La colonisation sioniste a dépendu d’institutions racistes qui existent toujours aujourd’hui. L’Agence juive promeut l’immigration des Juifs en Israël. Le Fonds national juif attribue toujours les terres israéliennes exclusivement à des Juifs.La Histadrout (souvent définie à tort comme un « syndicat ») est en réalité une entreprise qui promeut « la main-d’œuvre exclusivement hébraïque ». La « Loi du retour » israélienne offre la citoyenneté à tous les Juifs, d’où qu’ils viennent.

Les milices sionistes ont attaqué les civils palestiniens dans les années 40 jusqu’à la déclaration d’indépendance d’Israël en 1948. En 1947 et 1948, cette campagne de terreur a expulsé plus de 700 000 Palestiniens de leurs foyers. Plusieurs massacres ont fait fuir des Palestiniens paniqués de leurs terres.

Un « état d’urgence » officiel a empêché des réfugiés d’exercer leur droit de retour, violant ainsi jusqu’à ce jour le droit international. La colonisation sioniste ne s’est pas arrêtée à l’occupation des terres du peuple indigène. Plutôt que d’exploiter leur main-d’œuvre, le sionisme a tout fait pour les expulser ou les éliminer, comme les colons européens l’avaient fait avant en Amérique, en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Le sionisme a fait en sorte de remplacer la population indigène par des colons, « les Nouveaux Juifs ». Ce projet doublement raciste a discrédité la solidarité ouvrière considérée arriérée, et a voulu remplacer la culture yiddish des immigrés par une culture complètement inventée. L’écrivain israélien Amos Oz explique : « Il y a même des nouvelles berceuses et des nouvelles « légendes anciennes » qui ont été faites par des écrivains enthousiastes », et qui glorifient par exemple l’appropriation des terres par les colons par le biais du travail agricole (comparer les deux affiches).

En tant qu’idéologie fondatrice du colonialisme juif en Palestine, le sionisme a été adopté par de nombreux Juifs, perçu comme une voie vers l’utopie socialiste basée sur le travail collectif et les communautés idéalistes des kibboutz. En réalité, ils ont du faire un choix : soit rompre avec le sionisme, soit accepter son caractère colonial et raciste.


Juif socialiste du Bund
Varsovie 1936

Politiques racistes de droite

Comme dans les années 30, le sionisme et les politiques racistes de droite continuent de converger. Sur la scène politique américaine, il y a une alliance entre les sionistes juifs et les sionistes chrétiens fondamentalistes, bien plus nombreux. Aujourd’hui, aux Etats-Unis, une grande partie des 40 millions d’évangélistes chrétiens croient qu’un « retour » des Juifs en Palestine annonce la Seconde Venue du Christ, l’Armageddon, puis l’Enlèvement de l’Eglise, quand les croyants seront sauvés. Celui qui ne croit pas en cette prophétie, même parmi les Juifs, seront envoyés en enfer. Depuis le 11 Septembre, les sionistes chrétiens considèrent aussi Israël comme une première ligne de défense contre la soi-disant « menace islamiste ».

Les sionistes juifs exploitent cet appui, même quand il est associé à un antisémitisme flagrant. Selon le pasteur John Hagee, président de la Convention baptiste du Sud, « Adolf Hitler était un « chasseur » envoyé par Dieu, chargé d’accélérer la volonté de Dieu de faire recréer par les Juifs un état d’Israël. »

Néanmoins, le soutien de Hagee à Israël a été salué par la Ligue anti-diffamation, dont le but est de combattre l’antisémitisme. De même, le Premier ministre Benyamin Netanyahu a déclaré, s’exprimant lors d’un rassemblement des Chrétiens unis pour Israël, le lobby de Hagee fort d’un million de membres : « La bonne nouvelle, c’est qu’Israël n’est pas seul ; il a votre soutien ».

Comme aux Etats-Unis, des groupes racistes européens associent l’antisémitisme et le soutien au sionisme.Dans toute l’Europe, la plupart des grands partis racistes sont antisémites, islamophobes et pro-sionistes. Les membres de la Ligue de défense anglaise expriment des opinions antisémites tout en agitant le drapeau d’Israël. Israël a aussi le soutien de Robert Zines, député européen letton du Parti pour la patrie et la liberté, qui a l’habitude de participer à la marche annuelle en mémoire des vétérans SS qui gardaient des camps d’extermination. De même, en Pologne, le parti Droit et justice compte des antisémites pro-israéliens. Michal Kaminski, député européen, soutient pleinement Israël tout en défendant « la bonne réputation de Jedwabne », une ville où des centaines de Juifs ont été brûlés vifs dans une synagogue en 1941.


Equation raciste : sioniste = juif

Le soutien occidental à Israël repose sur bien plus qu’une connivence avec l’antisémitisme. Israël a prouvé son utilité pour étouffer les aspirations nationalistes arabes au contrôle démocratique du Moyen-Orient et de ses ressources naturelles, surtout depuis la guerre de 1967. Les méthodes anti-insurrectionnelles israéliennes ont été largement utilisées par les armées occidentales, par exemple en Irak et en Afghanistan. L’armée israélienne a transformé le Moyen-Orient en un laboratoire pour étendre au niveau mondial des systèmes de surveillance, de contrôle et d’armement. La domination impérialiste associe de près les puissances occidentales à l’état colonial israélien. Régulièrement, l’Occident demande aux Palestiniens « de reconnaître Israël comme un état Juif », assimilant ainsi un peuple à un état. Le Comité américain pour les affaires publiques israéliennes (AIPAC), appelé « le lobby juif » par ses sympathisants, a encouragé cet amalgame.

L’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes (EUMC) a aussi encouragé un amalgame semblable. D’après ce qu’on appelle sa « définition opérationnelle de l’antisémitisme », on pourrait qualifier d’antisémitisme le fait de dénier « au peuple juif son droit à l’autodétermination, notamment en affirmant que l’existence d’un Etat d’Israël est le résultat d’une action raciste ». Depuis que cette définition a été rejetée par le Syndicat britannique des universités et des collèges (UCU), les sionistes font campagne pour que les universités désapprouvent le syndicat. Cela prouve une fois de plus que ce sont les sionistes, et non leurs détracteurs, qui continuent à assimiler leur projet colonial à tous les Juifs. En revendiquant être l’« état des Juifs », Israël implique tous les Juifs dans ses guerres, son occupation, son vol des terres, ses expulsions et ses autres crimes.

A l’image de cette équation, des défenseurs malavisés des Palestiniens ont attribué leur oppression à une conspiration juive internationale, à la « puissance juive », à « un esprit juif », etc. Le journaliste d’extrême-droite Israël Shamir véhicule ces éléments de l’antisémitisme européen traditionnel, soi-disant pour soutenir les Palestiniens. Ces explications occultent l’origine de l’oppression des Palestiniens. Paradoxalement, elles font admettre la revendication sioniste de représenter tous les Juifs et « les valeurs juives ».

Des commentateurs et des militants palestiniens de premier plan rejettent ces soutiens qui nuisent à la cause palestinienne. Des dizaines d’entre eux, dont Ali Abunimah, Joseph Massad, Omar Barghouti et Rafeef Ziadeh, ont dénoncé ceux qui rendent les caractéristiques « juives » responsables de l’oppression des Palestiniens. Comme l’a fait remarquer le Comité national palestinien de BDS, « assimiler Israël au judaïsme mondial … est en soi antisémite ».

C’est une équation qui stéréotype les Juifs, menace leurs droits civiques et met en danger leur identité nationale dans les pays où ils vivent. Elle vient des antisémites qui considéraient les Juifs comme un peuple étranger qui n’avait pas sa place en Europe et avait besoin d’avoir sa propre patrie. Cette équation est contredite par les nombreuses personnes d’origine juive qui soutiennent activement les droits civiques des Palestiniens et jouent un rôle central dans la campagne BDS.


BDS : contre le sionisme et l’antisémitisme

Comprendre que le sionisme et l’antisémitisme sont des jumeaux politiques racistes (parfois même des partenaires dans le crime) conforte l’appel palestinien à BDS. Ses objectifs antiracistes (la libération de l’occupation, la justice pour les réfugiés à qui on refuse le droit de retour et l’égalité pour les citoyens palestiniens d’Israël) sont mieux servis en ciblant Israël en tant qu’état raciste aligné sur les intérêts politico-économiques des puissances occidentales.

Publié en Janvier 2013. La version diffusée sur le site jews4big.wordpress.com contient les notes avec les références.

Autres lectures sur le sionisme et l’antisémitisme

Gilbert Achcar, Les Arabes et la Shoah. La guerre israélo-arabe des récits, Sinbad, Actes Sud, 2007

Edwin Black, The Transfer Agreement : The Dramatic Story of the Pact between the Third Reich and Jewish Palestine, Macmillan, 1984

Lenni Brenner, Le sionisme à l’ère des dictateurs, 1983

Norman Finkelstein, L’Industrie de l’Holocauste, La Fabrique, 2001

David Landy, Jewish Identity and Palestinian Rights, Zed, 2011

Antony Lerman, The Making and Unmaking of a Zionist, Pluto, 2011

Francis Nicosia, The Third Reich and the Palestine Question, Taurus, 1985

Aki Orr, The unJewish State : The Politics of Jewish Identity in Israel. London, Ithaca, 1983

Yakov Rabkin Au nom de la Torah : Une histoire de l’opposition juive au sionisme, Presses de l’Université Laval,‎ 2004
John Rose, The Myths of Zionism, Pluto, 2005

Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut inventé, Fayard,‎ 2008

Nathan Weinstock, Le Sionisme, faux messie, Paris, 1969

JEWS FOR BOYCOTTING ISRAELI GOODS (J-BIG)
Nous sommes des Juifs résidant au Royaume-Uni qui soutenons l’appel palestinien à la campagne boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) pour qu’Israël rende compte des décennies de violation du droit international. J-BIG fait partie de Boycott Israel Network (www.boycottisraelnetwork.net).


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Dim 21 Fév - 23:54


Pour une lecture décoloniale de la Shoah

Enzo Traverso

2 mars 2012




désolé, vidéo traversée de publicités...



autres vidéos


Citation :
 La modernité juive s’est déployée entre les Lumières et la Seconde Guerre mondiale, entre les débats qui ont préparé l’Émancipation et le génocide nazi. Pendant ces deux siècles, l’Europe en a été le cœur ; sa richesse intellectuelle, littéraire, scientifique et artistique s’est révélée exceptionnelle. Mais la modernité juive a épuisé sa trajectoire. Après avoir été un foyer de la pensée critique du monde occidental, les juifs se sont retrouvés, par une sorte de renversement paradoxal, du côté de la domination.

Les intellectuels ont été rappelés à l’ordre et les subversifs se sont assagis, en devenant souvent des conservateurs. L’antisémitisme a cessé de modeler les cultures occidentales, en laissant la place à l’islamophobie, la forme dominante du racisme en ce début du XXIe siècle. Transformée en « religion civile » de nos démocraties libérales, la mémoire de l’Holocauste a fait de l’ancien « peuple paria » une minorité respectable, distinguée, héritière d’une histoire à l’aune de laquelle l’Occident démocratique mesure ses vertus morales.

Dans cet essai novateur, Enzo Traverso analyse cette métamorphose historique. Son bilan ne vise pas à condamner ou à absoudre mais à réfléchir sur une expérience achevée, afin d’en sauver le legs, menacé tant par sa canonisation stérile que par sa confiscation conservatrice.



Citation :
POUR QUI SONNE LE GLAS ? Depuis la création de l’État d’Israël, c’en serait fini de la longue tradition progressiste juive. Dans un essai érudit et polémique, Enzo Traverso analyse ce tournant conservateur des intellectuels et ranime le souffle révolutionnaire d’une pensée à contre-courant.

Historien et essayiste subtilement engagé, Enzo Traverso est l’un des intellectuels italiens les plus remarquables de notre temps. Spécialiste « gentil » de l’histoire du judaïsme, il fait paraître un livre qui devrait, au moins par son titre, faire parler de lui : La Fin de la modernité juive. Si la teneur en est aussi complexe que le destin du judaïsme lui-même, le propos peut en être résumé simplement : il y a encore peu, les créateurs juifs étaient synonymes de dissidence et de progressisme radical ; depuis la création de l’État d’Israël et, surtout, depuis son devenir-central dans les querelles géopolitiques planétaires, le signifiant « juif », indépendamment des engagements propres à chaque Juif concret, est devenu le cheval de Troie « Plexiglas » du néoconservatisme contemporain. Traverso résume lui-même à gros traits : « Si la première moitié du XXe siècle a été l’âge de Franz Kafka, Sigmund Freud, Walter Benjamin, Rosa Luxembourg et Léon Trotski, la seconde a plutôt été celle de Raymond Aron, Leo Strauss, Henry Kissinger et Ariel Sharon. »

Voilà pour le diagnostic, à la fois plutôt flagrant et propre à faire se lever tous les boucliers de la bien-pensance en qualifiant son auteur d’« antisémite ». On aimerait que ses ennemis tout désignés y regardent à deux fois : si Traverso peut être soupçonné d’une chose, ce serait plutôt de philosémitisme aggravé, étayé par une connaissance impressionnante de la culture et de l’histoire juives. Il est donc fondé à remarquer que là où le créateur juif, philosophe, écrivain ou artiste, fut depuis Spinoza le paradigme souvent indépassable de l’homme du « contrepoint et de la dissonance », il semble aujourd’hui volontiers se faire le porte-parole avant-gardiste des ordres les plus dominants, conformistes et brutaux. Non seulement les droites européennes classiques brandissent leur philosémitisme et leur prosionisme comme un pavillon de complaisance, mais même les extrêmes droites ont, depuis une décennie, fait la paix – singulièrement en France – avec leur vieille obsession négative. Israël, comme avant-poste de la lutte de la civilisation contre la barbarie : le refrain est désormais si connu que nous bâillons en l’entendant.

« Le devoir de l’intellectuel juif de talent est, toujours et encore, d’être en dissonance »

D’aucuns (et on entend déjà Alain Finkielkraut) rétorqueront à Traverso que c’est précisément en ce point que les intellectuels juifs ne laissent pas d’être à contre-courant. Là où le culte de la tolérance, de l’Autre, du Progrès, du cosmopolitisme, du bonheur et de la liberté obligatoires, triomphe depuis, disons, Mai 68, le devoir de l’intellectuel juif de talent est, toujours et encore, d’être en dissonance : et donc de défendre ce qui risque d’être enseveli, à savoir la tradition, l’éducation (voire le dressage), l’identité atavique, la radicalité généalogique inextirpable, etc. Discours tentant, auquel on pourrait à son tour objecter que, d’un autre côté, ce sont à nouveau les identitarismes qui triomphent partout, les replis sur soi, les traditionalismes littéraux, etc. Et donc que l’intellectuel juif, bien malgré lui, risque de se faire le complice des pires crimes de demain, si ce n’est d’aujourd’hui. Et ainsi de suite, dans un débat en forme de quadrature du cercle vicieux…

Or c’est là où l’essai de Traverso se révèle passionnant. Il ne prend pas le « Juif » comme une entité fixée une fois pour toutes, fût-ce dans la figure héroïque moderne – Marx ou Freud – du prophète laïc révélant à son époque de révolutionnaires vérités ; mais bien comme un lieu, un foyer de contradictions qui reflètent celles du monde lui-même. Quand la confusion, la perte de tout principe assuré, est devenue la règle, alors ce « miroir », historiquement envisagé, nous en dit long sur nous-mêmes. Les Juifs, « au fond, […] ont incarné la modernité dans ses diverses dimensions, puisqu’ils en ont été à la fois les précurseurs, les acteurs, les critiques et les victimes ». De Spinoza à Freud, de Marx à Einstein, de Heine à Benjamin, le Juif est à la fois le persécuté et le prophète, l’homme du Livre ancestral de l’Occident et de la Révolution radicale. Ceci parce que cela, depuis toujours. Il apporte les tables des Lois nouvelles et les brise à la fois.

L’intérêt de l’essai de Traverso est de nous livrer, en moins de deux cents pages, toute cette complexité archéologique. Une figure intellectuelle majeure du XXe siècle retient alors son attention : Hannah Arendt. Parce qu’elle n’était ni réactionnaire, ni simplement « progressiste de gauche », ni tout à fait libérale, ni uniquement anticommuniste, comprenant la cause sioniste et émettant pourtant les plus sérieuses, et prophétiques, réserves sur l’idée même d’un « État juif », elle préfigure ce qui devrait être, au cas où les choses ne tourneraient pas trop mal, le profil de l’intellectuel qui vient. Les pages que Traverso lui consacrent sont à la fois admiratives et critiques.

Le principal apport d’un tel livre tient au fond à la complexité qu’il réintroduit dans un débat impossible sans elle. Cette complexité est celle de notre époque qui a perdu un saint principiel simple auquel se vouer. Rien ne nous garantit désormais que l’universalisme soit davantage positif ou souhaitable que le particularisme, pas plus du reste que le contraire. Autrement dit : toute forme de confort intellectuel nous est désormais interdite. C’est à cela que Traverso nous oblige.

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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Lun 22 Fév - 22:54




certes un peu court, qui paraîtra blasphématoire, mais in fine : quel bel hommage !

je n'ai lu qu'un essai d'Eco, L'œuvre ouverte, érudit et brillant, dont j'ai beaucoup appris mais pas du tout partagé les thèses sur l'œuvre d'art, ni les oppositions qu'il fait entre l'art classique et l'art moderne ou contemporain. À mon avis il passe à côté de l'œuvre comme rapport (œuvre-sujet de Meschonnic), et ne fait qu'imposer sa manière de lecture, tendance qu'on retrouve à propos de tout dès qu'il ouvrait la bouche. Un premier de la classe, un qui-sait-tout, qui étalait un nombre incroyable de platitudes et de bêtises (voir les choix de citations en ligne...)

quant à ses romans, on m'avait offert Au nom de la rose, qui m'est tombé des mains (j'ai vu le film comme un film d'aventures et j'insupporte Jean-Jacques Annaud : la totale)... quelqu'un m'a refilé Le cimetière de Prague, itou, boursoufflé pas possible, pire que Malraux. Non lus mais à l'œil : je n'ai pas payé mon écot...

pour tout dire, je trouve qu'Eco écrivait mal. Aussi mauvais qu'Attali romancier et BHL cinéaste. Ça prouve que ce n'est pas parce qu'ils sont juifs...

Eco est mort
ça me fait rien
répondit l'écho


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Sam 27 Fév - 3:19


à propos d'antisémitisme

à vouloir trop prouver tout et son contraire...



Yves Coleman nous gratifie d'un texte intéressant : Stan Crooke : Les racines staliniennes de l’antisémitisme de gauche (1988), dont je ne discuterai pas la thèse, bien des points en étant connus et avérés. Poil adhéré

par contre, ce n'est pas sans amusement que je pense au PCF qu'on disait, qu'on dit encore, "stalinien", à une époque où franchement, il ne l'était plus que peu, porté par « Défi démocratique » (1973) à faire entendre sa « voie démocratique au socialisme à la française », jusqu'à abandonner le concept de « dictature du prolétariat » (1976) et pas plus au sens utilisé de stalinien = apparatchiks bureaucrates anti-démocratiques que les trostkistes, ces anti-staliniens par vocation. Poil à bastion

quant aux aléas des anarchistes avec le sionisme ou l'antisémitisme selon, qui remontent au 19ème siècle, je me demande un peu ce qu'ils doivent à Staline. Poil à Céline

comprenne qui pourra, mais je n'imputerai pas à Yves Coleman de penser que les racines de l'antisémitisme de gauche seraient seulement staliniennes, il a abondamment "prouvé" le contraire, au point qu'on se demande un peu, avec lui comme avec Valls, qui n'est pas antisémite comme Jourdain fait de la prose, sans le savoir. Poil à Beauvoir

quant à mon expérience, certes malheureuse, au PCF, je dois dire que je n'y ai pas rencontré d'antisémites, mais par contre beaucoup de "Juifs", la plupart athées, de vieux résistants anciens de la FTP-MOI malgré tous leurs griefs justifiés, des descendants de membres du BUND ou d'espions de l'Orchestre rouge qui se sont retrouvés en prisons chez Staline, etc. foncièrement internationalistes évidemment, mais sans besoin d'être sionistes, et engagés par solidarité avec les Palestiniens comme l'est aujourd'hui entre autres l'UJFP, Union Juive Française pour la Paix... J'ai raconté tout ça au fil de ce sujet, un sujet avec lequel je suis parfaitement bien dans mes pompes et dans ma tête, pour qui voudrait comme Roland Simon y trouver des poux : antisémites. Poil à ses mythes


à propos de
« pire un "juif" (t'excites pas sur les guillemets) »

Roland Simon, novembre 2015


contrairement à l'interprétation qu'en a faite Roland Simon: « on est semblable à toi ou on est un pourriture ou même pire un "juif" (t'excites pas sur les guillemets) », - pourriture je maintiens le sens métaphorique de l'insulte, expliqué ailleurs -, je mets des guillemets à "Juif" pour évoquer une origine, chez des personnes selon toute vraisemblance athées, dont on peut bien se demander ce qu'elles revendiquent de juif, puisqu'il s'agit d'une religion. D'ailleurs j'écris « un Juif » avec une majuscule, comme pour « un "Blanc" », réservant la minuscule à l'adjectif, « un homme "blanc" », et là les guillemets parce qu'un homme blanc, ça n'existe pas. Barbe à papa

mettre des guillemets à "Juif", c'est un peu comme en mettre à "Musulman", pour pointer qu'on nomme ainsi sans considération de religion des Arabes ou des Orientaux musulmans ou pas voire athées. Essentialiser, c'est nommer le tout d'une personne par une partie de son être ou paraître, parfois à tort, comme la définissant ontologiquement : en essence. C'est ce que fait Roland Simon quand il veut prouver contre toute évidence que le PIR, Parti des Indigènes de la République, serait antisémite car motivé par une identité communautariste d'essence religieuse, inutile de la préciser, islamique : le discours de l'État français dont on sait bien qu'il n'est pas "philosioniste". Poil jésuitiste

sur la critique d'essentialisme faite aux luttes "indigènes", voir voir IDENTITAIRE et COMMUNAUTARISTE : çui qui dit qui l'est ?

mais ce qui est certain, c'est que chez beaucoup de "Juifs" de ma connaissance, leur judéité comme une de leurs identités ne semble pas avoir été interrogée, et leur attraction communautariste faire peu de doute, comme leur grande sensibilité à l'antisémitisme en comparaison de leur désintérêt pour le racisme anti-Arabe ou la négrophobie, quand ce n'est pas un mépris raciste pour tout combat des « non-blancs » en tant qu'ils sont « racialisés ». C'est comme ça, et venant de prétendus anarchistes ou communistes, juif ou pas juif, c'est dégueulasse. Poil aux races




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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Dim 6 Mar - 9:50


« Non, nous ne sommes pas un peuple élu ! »
Sionisme et antisémitisme dans les années trente
La doctrine du Bund polonais dans les textes

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Citation :
Le livre

De la fin du XIXe siècle au génocide, les bourgades juives d’Europe orientale sont frappées de plein fouet par la modernisation industrielle, l’explosion de l’antisémitisme et l’émigration (4 millions de Juifs fuient vers l’Europe de l’Ouest et l’Amérique). C’est dans ce contexte qu’est fondé à Vilnius, en 1897, le Bund, Union générale juive des travailleurs de Lituanie, de Pologne et de Russie. Social-démocrate, le Bund est combattu par les communistes bolcheviques et ses cadres seront éliminés sous Staline. Partisan de la doïkeyt (en yiddish l’“icitude”, c’est-à-dire le refus de fuir) et d’une autonomie culturelle en Russie et en Pologne, le Bund s’oppose à l’émigration et à l’implantation juives en Palestine prônées par les militants sionistes. Ce puissant mouvement politique n’a pas survécu à l’extermination de sa base sociale par l’Allemagne nazie et ses alliés.

Les points forts

Les articles, publiés dans les années trente en polonais ou en Yiddish et traduits ici pour la première fois, nous montrent à quel point le débat sur le sionisme et l’antisémitisme qui secouait alors le mouvement juif est d’une actualité encore brûlante. Parti révolutionnaire marxiste dans le fond et de culture juive dans la forme, le Bund a écrit une des pages les plus originales de l’histoire des mouvements d’émancipation contre le cpitalisme et de lutte contre l’antisémitisme.

Les auteurs

Militants du Bund, Journalistes ou chroniqueurs, quelques-uns parvinrent à échapper au régime nazi, les autres furent liquidés par Staline.

150 pages (18,5 X 25) - ISBN : 978-2-909899-52-7 En librairie à partir du 15 mars - Diffusion Pollen



dans un camp organisé par le Bund. Bruxelles, 1948. source

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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Mar 8 Mar - 8:26


Valls le petit de tous les appartheid

Au dîner du CRIF, M. Valls assimile antisionisme et antisémitisme Cécile Chambraud 08.03.2016


Manuel Valls au diner du CRIF à Paris le 7 mars 2016

Citation :
Pour son dernier dîner annuel à la tête du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Roger Cukierman aurait pu rêver d’un contexte moins sombre. Devant les quelque 800 personnes qui se pressaient lundi 7 mars dans un grand hôtel parisien, devant une dizaine de ministres et devant presque autant de candidats à la primaire de l’opposition, le président du CRIF, qui achèvera son troisième mandat en mai, a décrit la situation actuelle des juifs en France : « Nous vivons une vie retranchée. Nous avons le sentiment angoissant d’être devenus des citoyens de deuxième zone. Cet ostracisme isole et traumatise. Mais est-ce la faute des Français juifs si ce communautarisme progresse ? » Ainsi, selon Roger Cukierman, seuls un tiers des enfants juifs seraient aujourd’hui scolarisés dans le secteur public, de nombreux établissements n’étant plus sûrs pour eux : « Nos enfants y sont insultés ou battus. » Leurs familles préfèrent les mettre dans le privé, juif ou catholique.

Le président du CRIF a rappelé les chiffres : les actes antisémites représentent la moitié des actes xénophobes commis chaque année en France pour « moins de 1 % de la population ». Ces dernières années ont été ponctuées par les assassinats commis à l’école juive de Toulouse par Mohamed Merah, en 2012, et ceux de quatre clients de l’Hyper Cacher, tués à Paris par Amedy Coulibaly en janvier 2015.

C’est Manuel Valls qui lui a répondu, au nom de l’exécutif. François Hollande, qui devait initialement être présent, a finalement été retenu à Bruxelles par le sommet entre l’Union européenne et la Turquie sur la crise des réfugiés. « Oui, les juifs de France, trop souvent, ont peur, a convenu le premier ministre. C’est une réalité et cette réalité, nous ne l’acceptons pas. »


« Un antisémitisme nouveau »

Sortant de son texte, qui était aussi celui du président de la République, le chef du gouvernement a répondu à une autre préoccupation développée par Roger Cukierman, à savoir « la grille de lecture déformante et injuste » appliquée selon lui à Israël, pour faire de ce pays « le juif des nations, l’unique cible au monde d’un processus de délégitimation ». Manuel Valls a critiqué à son tour « la haine d’Israël ». « Nous savons qu’il y a un antisémitisme ancien et un antisémitisme nouveau, a affirmé le premier ministre. Un antisémitisme d’extrême droite mais aussi un antisémitisme d’extrême gauche. Il y a l’antisémitisme des beaux quartiers, il y a aussi l’antisémitisme dans les quartiers populaires d’une jeunesse radicalisée. Et puis (…) il y a l’antisionisme, c’est-à-dire tout simplement le synonyme de l’antisémitisme et de la haine d’Israël. »

Le chef du gouvernement a, au passage, tressé des lauriers à Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman (CFCM) depuis juin 2015 et présent lundi soir. L’an passé, les représentants du CFCM, alors présidé par Dalil Boubakeur, avaient renoncé à se rendre au dîner du CRIF après que Roger Cukierman eut attribué « toutes les violences » antisémites aux « jeunes musulmans ». « Petit à petit, pas à pas, la République et l’islam construisent un chemin fidèle aux valeurs [de] laïcité, tolérance et liberté », a assuré Manuel Valls. Dalil Boubakeur, le recteur de la Grande Mosquée de Paris, avait, cette fois aussi, décidé de ne pas participer au dîner du CRIF.


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Sam 12 Mar - 2:31


Lundi 7 mars, le Conseil représentatif des institutions juives de France, présidé par l'islamophobe ultra-sioniste Roger Cukierman, organisait son 31ème dîner annuel. Parmi les invités, une surprise : Laurent Sourisseau, alias Riss, dessinateur, directeur de publication et actionnaire (à 70%) du journal Charlie Hebdo.


Citation :
Lundi 7 mars, le Conseil représentatif des institutions juives de France, présidé par l'islamophobe ultra-sioniste Roger Cukierman, organisait son 31ème dîner annuel.

Parmi les invités, une surprise : Laurent Sourisseau, alias Riss, dessinateur, directeur de publication et actionnaire (à 70%) du journal Charlie Hebdo.

Rappel : l'hebdomadaire se présente systématiquement comme un journal anticlérical et hostile à toutes les religions, sans distinction.

Le 7 janvier 2016, sur France Info, Riss affirmait que Charlie Hebdo "défend une conception athée de la société" et qu'il fallait "discuter du fait religieux"

Le 22 février 2016, dans Le Parisien, Riss prétendait encore que son hebdomadaire est "un journal athée qui espère vivre dans une société avec le moins de Dieu possible".


11 janvier 2015



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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Mar 3 Mai - 6:13


"Les Blancs, les Juifs et nous" : rencontres avec Houria Bouteldja

Débat UJFP-Alsace/Houria Bouteldja [vidéos]



autres vidéos dans l'original

en présence de son éditeur Eric Hazan, La fabrique éditions



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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Lun 9 Mai - 18:09


réponse du PIR à une critique par Ivan Segré, du livre d'Houria Bouteldja, Les Blancs, les juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire


Ivan Segré : quand un Camus israélien critique Houria Bouteldja

le 9 mai 2016 par Malik Tahar-Chaouch & Youssef Boussoumah, membres du PIR


Ivan Segré a lu Houria Bouteldja, et nous avons lu Ivan Segré.

L’une des non-moindres vertus du livre d’HB, Les Blancs, les juifs et nous. Vers une politique de l’amour révolutionnaire[1], c’est qu’il fait tomber certains masques. Ivan Segré avait fait preuve d’une incontestable acuité, en dénonçant la trahison de l’histoire juive, dissoute dans la défense de l’Occident, au sein du philosémitisme et, finalement, les relents réactionnaires et xénophobes de ce dernier. Mais il reste pris dans la trame occidentaliste qu’il dénonce lui-même. La lecture Segré, qui se présente comme un exercice de déconstruction du contenu du livre de Houria Bouteldja, détourne systématiquement son propos[2]. Il n’en ressort qu’une défense obstinée du sionisme, justement parce qu’il est radicalement mis à nu par la militante
.

Citation :
Segré est sioniste. Il l’a dit et répété. Néanmoins, contrairement à ce qu’il a aussi dit, ce n’est pas un mot qui, en dépit de ses concrétisations historiques, contiendrait un éventail de possibilités au-delà des formes politiques qu’il a prises. Quoiqu’on « veuille » y projeter et les distinctions qu’on prétende faire, Israël est l’expression d’un projet colonial en terre palestinienne et ceci engage toutes les tendances politiques reliées à lui. Le « retour » a été conquête, acte continu depuis 1881 de destruction organisée de la Palestine et des Palestiniens. L’« existence politique juive » sensée s’y affirmer a été reniement par la blanchité fondamentale du projet et l’identité « juive » qui en a résulté.

Si le mot « sionisme » recouvre d’autres potentialités, qui ne sont pas propres aux Juifs, elles ne pouvaient se concrétiser autrement dans les conditions historiques, sociales et idéologiques qui y ont présidé. Dès lors, sa justification politique a des implications qui vont au-delà du positionnement sur la seule question palestinienne. Elle engage un rapport plus général à sa propre identité juive, et au pouvoir blanc en ce sens, en tant qu’elle l’incorpore. On le voit reflété dans l’approche uniquement réactive de Segré sur toutes les autres questions soulevées par HB, bien entendu jamais dissociable de sa défense farouche du sionisme.

Une fausse bienveillance

Segré s’attaque à la position politique (décoloniale, donc antisioniste) d’HB qu’il travestit, afin de mieux pousser la sienne (sioniste, donc coloniale) qui avance à demi-masquée, sous l’apparence de l’objectivité. A cette fin, il opère un retournement très peu original qui consiste à déceler dans l’antisionisme de l’auteure un prétendu antisémitisme.

Néanmoins, il ne l’affirme pas clairement et utilise la suggestion. Contrairement à d’autres commentateurs qui se discréditent d’emblée par des attaques grossières, il a la finesse de faire des concessions apparentes, afin de mieux glisser ses petits coups de griffe et créer l’illusion de la pertinence. Il commence notamment par rejeter les contresens sur la signification du terme « races ». Aussitôt, par glissements successifs, il fait dire au texte ce qu’il ne dit pas, afin d’y déceler des prétendues ambiguïtés pour finalement relativiser les hiérarchies raciales et appeler abstraitement à un monde qui serait celui de toutes les races. Il aurait pu aussi bien dire un « monde sans races ». Bref, les méthodes sont les mêmes ; mais plus affinées dans son cas.

Pourtant, malgré la fausse bienveillance et la hauteur méprisante avec laquelle il traite le livre, on saisit vite son hostilité viscérale, ainsi que la misère de son mobile. Les piques rageuses, les ironies forcées, les fausses questions, auquel le livre répond pourtant clairement, les détournements, inflations et réductions de sens, les rapprochements vils, les attaques retenues qu’il se garde de développer complètement et bien d’autres procédés ne trompent pas. On repère les manipulations insidieuses et les effets de diversion. Ici et là, se glissent des agressions de bas étage qui témoignent de sa décontenance.

L’opération culmine par un grand signalement réprobateur qui a trouvé dans une anecdote du livre (le regard de l’auteure sur un enfant porteur de Kippa), le prétexte tant convoité. Tandis que ce passage du livre dénonce le cercle vicieux du sionisme et de l’antisémitisme et, avec lui, la bonne conscience blanche, Segré se vautre dans cette dernière, en croyant deviner la confession ébauchée d’un regard « raciste ». Il joue sans vergogne sur le pathos et termine par un trait de violence inouï : « lorsqu’un adulte porte un sale regard sur un gosse, pour la seule raison que ce gosse est juif, noir, arabe, indien, jaune ou que sais-je, on n’est pas « juste avant la haine », on est « juste après ». » (p. 17)

Il en conclut qu’HB n’est pas une « amie » : entendons des juifs, comme il l’insinue tout au long de son propos, et, par conséquent, de l’humanité entière. Grand prince, il tend tout de même une main rédemptrice, pour peu que HB accepte d’abandonner ses revendications antisionistes: « Il ne tient cependant qu’à elle d’en conjurer le cours (de sa déchéance), et de nous rejoindre, nous qui sommes issus de toutes les races ». (p.17) En convoquant Éluard, il parle même de cette belle « orange bleue », la Terre, offerte à tous selon lui.

Segré, très satisfait de lui-même, se déclare donc membre du club de l’humanisme, de l’universalisme et des amis de la bonne conscience blanche, dans la trame de laquelle il est pris par et pour son sionisme. Il en a incorporé les réflexes typiques d’inversion politique et de compensation morale. Il est bien entendu que nous ne rejoindrons pas son club. Une proposition lui a été faite dans le livre : l’amour révolutionnaire ; mais le progressiste ne fait pas le révolutionnaire décolonial.

Nous sommes là devant l’éternel récit du colonialiste « progressiste », confronté à sa mauvaise conscience. En effet, il nous faut comprendre d’où parle Segré. Élève du regretté Daniel Bensaïd, il a décidé, à la différence d’une grande partie des juifs, d’aller vivre en Israël pour raisons d’études. D’emblée se pose à lui un problème : comment concilier son nouveau statut de résident privilégié néo-colon avec ses prétentions à lutter pour l’émancipation et contre la servitude ? C’est cette tension qui structure toute sa réponse à HB et génère la violence qui en émane.

Avocat de Sartre, il évoque, pour nous, bien davantage la figure de Camus. A l’instar de ce dernier, refusant de reconnaître sa situation objective de colon pour ne se situer que dans un rapport de (fausse) fraternité qui légitimerait sa présence en Algérie, Segré se sert d’un humanisme suranné (une terre pour tous) pour estomper les rapports de domination coloniaux d’un coup de baguette magique. Il feint de croire comme l’auteur de La peste qu’il lui suffit d’évoquer une vague « égalité des droits pour les Arabes » comme il le fait de temps à autres pour sauver sa conscience malheureuse. Mais de quels Arabes, parle t-il ? Ceux à l’intérieur des frontières de 1948, de Cisjordanie, de Gaza, des camps de réfugiés ? Il ne se prononce pas. Il ne se prononce pas non plus sur le droit au retour et se contente de déplorer l’échec d’Oslo. Cependant qu’il préfère le mot d’Arabe à celui de Palestinien, comme le Meursault de Camus ignorait le nom de l’Arabe[3].

Mais contrairement à un Camus qui lui était né en Algérie et pensait y défendre sa mère en défendant l’occupation française, Segré ne peut exciper d’aucun droit autre que les prétentions sionistes pour justifier le privilège colonial qu’il détient de s’installer en Palestine à la place d’un des six millions de Palestiniens de l’exil qui eux y sont interdits de retour. D’où son trouble supplémentaire. Comme chez Camus, cette conscience malheureuse d’« humaniste » français confrontée à la réalité de la colonisation de la Palestine que lui rappelle HB par son évocation de la Palestine arabe, créée chez lui une colère palpable.

Segré a beau se démener comme un diable, il peine à nous convaincre de sa sincérité à propos de cette belle « orange bleue » offerte à tous. Un propos aussi convainquant qu’une homélie papale le dimanche à St Pierre de Rome.

Au chevet de Sartre

Sur le fond, son contentieux fondamental avec le livre est donc axé sur la « légitimé d’Israël », assimilé dans le livre au pouvoir blanc et à la trahison de l’histoire juive. Or, il renverse la chose : HB en ferait la question centrale, même par-dessus la question blanche, parce que son antisionisme dissimulerait un antisémitisme.

Dans le livre, HB aborde le sionisme comme une expression coloniale de la domination blanche qui prend paradoxalement sa source dans l’antisémitisme européen[4]. En somme, par son nationalisme colonial et le blanchiment qu’il opère, le sionisme est une copie du racisme blanc qui instrumentalise le référent « juif » et la « Shoah » en faveur de son projet colonial. C’est pour cela qu’elle l’envisage comme une capitulation (p. 53), dont les deux principales victimes sont les palestiniens et… les juifs eux-mêmes ; et le principal bénéficiaire : l’Occident (p. 66). Le sionisme, en tant qu’émissaire du pouvoir blanc en terre palestinienne et au Moyen-Orient, a créé des « juifs » à l’image de leurs propres bourreaux. Elle y dénonce l’universalisation de l’antisémitisme, circonscrit dans l’espace et dans le temps, au bénéfice de la légitimation du projet sioniste (p. 57). La mémoire du génocide nazi, isolé des autres génocides et crimes occidentaux (p. 21), y est devenue le temple du sacré de la bonne conscience blanche (p. 67), qui a expié sa faute en sacrifiant les Palestiniens et en enfermant les juifs dans une prison à ciel ouvert : Israël (p. 66). C’est en ce sens qu’elle définit Sartre, anticolonialiste et sioniste, comme un blanc : « Pressé d’enterrer Auschwitz et de sauver l’âme de l’homme blanc, il creuse le tombeau du Juif. » (p. 17)

Segré part précisément du propos d’HB sur Sartre pour opérer le renversement de sens qui structure tout son commentaire. Pour lui, le prologue « Fusillez Sartre ! » aurait précisément pour enjeu de poser la centralité de la question de l’existence d’Israël, quand en fait elle ne fait que définir la blanchité de Sartre : « Lisons encore : « Sartre mourra anticolonialiste et sioniste. Il mourra blanc ». Etre « anticolonialiste » ne suffit pas à faire de vous autre chose qu’un « Blanc », si vous n’êtes pas antisioniste. Est-ce qu’en revanche un « Blanc » qui, par ailleurs, serait antisioniste se verrait acquitté ? » (p. 3) Il réitère, plus loin : « Mais Sartre était un « Blanc » puisque « sioniste », et « sioniste » puisque « Blanc » » (p. 10) ; pour conclure qu’aux yeux d’HB, le sionisme et l’antisionisme serait la contradiction principale, en établissant lui-même un renversement au sein du propos de la militante : « Le « gigantesque hold-up » dont il est ici question, c’est celui de l’impérialisme occidental depuis 1492 jusqu’à nos jours. Mais il y a aussi l’autre « hold-up », qui en est le condensé et comme le noyau irradiant, d’où la centralité de la question de la « légitimité de l’existence d’Israël » : c’est le « hold-up » qui condense, qui ramasse, qui symbolise toutes les oppressions, toutes les dominations, toutes les injustices engendrées par le monde « blanc » depuis 1492. » (p. 5)

Selon Segré, c’est le sionisme de Sartre, en tant que tel, qui ferait dire à HB qu’il est resté blanc et qu’il est à fusiller. Il se demande si, en revanche, l’antisionisme pourrait être envisagé comme une chance d’acquittement pour l’homme blanc. Puis, elle établirait un rapport de causalité mécanique entre « être blanc » et « être sioniste ». Enfin, elle définirait le sionisme comme le condensé de toute l’histoire de la domination blanche. Segré convertit ainsi le sionisme en problème central du propos du livre, comme débordant de l’histoire de la domination blanche jusqu’à la supplanter. Il vise ainsi à suggérer qu’une si suspecte « obsession » nierait le droit à l’existence politique des juifs, c’est-à-dire les juifs en tant que tels.

C’est un contresens clairement volontaire. HB soulève, au contraire, le paradoxe de l’identité construite entre le droit des juifs à l’existence politique et le sionisme, qui constitue leur propre négation politique et celle des Palestiniens dans la trajectoire du pouvoir blanc. Elle n’analyse jamais le sionisme autrement que comme subordonné au pouvoir blanc, où il dépend de ses alliances stratégiques, bien qu’il y ait ses propres profondeur, devenir et force d’action, à contrecourant de ceux qui imaginent un « complot sioniste » qui dominerait solitairement le monde, imposerait ses vues aux « innocentes » nations occidentales et serait la cause unique de tous les maux de l’humanité. Dès lors, il n’existe pas de causalité mécanique entre « être blanc » et être sioniste », mais plutôt un rapport d’affinité élective et d’intérêts raisonnés, autant stratégique que « civilisationnel » et lié à l’expansionnisme occidental, où bien entendu les tensions, les divergences et les concurrences existent.

Le pouvoir blanc précède et transcende le sionisme et toutes ses expressions ne lui sont pas alliées. Comme HB le souligne, un Juif, même blanchi par le sionisme, reste un juif en sursis, indissoluble dans l’antisémitisme blanc. Un « antisioniste », issu de l’antisémitisme blanc, comme Soral, n’a pas été épargné par le PIR[5]. Antisémitisme et philosémitisme sont autant dirigés contre les Juifs que contre nous. C’est le pouvoir blanc dans toute son étendue et le sionisme, indissociable de sa colonialité qu’elle combat. Ainsi, Sartre n’est pas « sioniste, donc blanc » ; c’est très strictement, comme elle le dit, parce qu’il se porte au chevet de la bonne conscience blanche qu’il est sioniste et reste blanc : en se défaisant du fardeau du génocide nazi, en se faisant l’avocat de l’oppression sioniste qu’il met sur le même plan que la cause palestinienne et en creusant le tombeau du Juif.

Bref, à aucun moment, elle ne fait du sionisme le condensé de l’histoire de la domination blanche, ni ne renverse l’ordre des choses entre la domination blanche et le sionisme. Ce dernier a dirigé directement sa violence coloniale contre les Palestiniens et d’autres peuples Arabes, notamment en occupant une partie de l’Egypte, du Liban et de la Syrie. Par ailleurs, il constitue une pièce capitale des dispositifs militaires, politiques et idéologiques de domination impérialiste au Moyen-Orient, dont les effets engagent l’étendue des rapports sociaux – pas seulement symboliques – entre Juifs, Arabes et Blancs ; ce qui est l’objet du livre. Il faut réellement être de mauvaise foi pour ne pas le voir. A ce moment-là du livre, elle ne se situe pas dans l’absolu de l’histoire de la domination blanche ; elle s’adresse spécifiquement aux Juifs, donc pose le problème spécifique qui nous divise dans l’espace national et global, où tout est relié.

Le sionisme, « détail de l’histoire » pour Segré

Au-delà de ces trois considérations, le sionisme est uni à l’instrumentalisation de la mémoire du génocide nazi et à ses usages paradoxaux par la bonne conscience blanche, au détriment de toutes ses autres victimes, ce qui n’est pas le « moindre détail » de l’affaire. Pour cela, HB dénonce, sans réduire sa singularité, l’absolutisation mémorielle du génocide nazi qui, en plus d’être instrumentalisée par le nationalisme israélien, autorise le négationnisme occidental de tous ses autres génocides et crimes, minimisés et repoussés dans l’ombre. Elle rappelle que, du point de vue des « damnés de la terre » le génocide nazi est « moins qu’un détail ». Afin d’illustrer sa relativité dans le temps et l’espace, elle évoque les Inuits, les Dogons et les Tibétains – ni antisémites, ni philosémites – qui s’en foutent.

A ceci, Segré répond de la façon suivante : « Ce qu’en revanche on sait d’ores et déjà, c’est que si l’antisémitisme n’est pas « universel », s’il est « circonscrit dans l’espace et le temps », la question de « l’existence d’Israël » est, elle, d’un universalisme symbolique sans commune mesure avec la réalité empirique, du moins s’il est clair pour tous que, dans l’histoire de l’impérialisme « blanc » de 1492 à nos jours, le sionisme, quoi qu’on en pense par ailleurs, est objectivement un détail. Mais le symbolique, lui, n’est pas un détail, nous sommes d’accord. » (p. 3) Il ajoute plus tard, en rebondissant sur les Inuits, les Dogons et les Tibétains que ceux-ci ont donc aussi probablement d’autres problèmes à régler que celui de la « légitimité d’Israël ».

Il retourne ainsi le « moins qu’un détail » d’HB, à propos du génocide nazi, en ce « détail » que serait le sionisme dans l’histoire de l’impérialisme « blanc » (entre guillemets), parce qu’il ne croit pas du tout en ce lien. Il ironise sur la proportionnalité de l’universalisme « symbolique » qu’elle / qu’on lui attribue avec celle du génocide nazi, ainsi que sur l’ambition supposée d’HB d’incarner tous les opprimés de l’histoire de la domination blanche, depuis 1492. Il conclut qu’elle ne saurait parler au nom des Inuits, des Dogons et des Tibétains, pas davantage d’ailleurs que des Arabes, des Musulmans et des Palestiniens.

Quand HB affirme que les Inuits, les Dogons et les Tibétains se foutent de l’antisémitisme, elle ne prétend pas parler en leur nom, elle illustre la relativité d’un sacré, quand on le confronte à l’étendue du temps et de l’espace. En revanche, ce sacré prend un sens funeste dans le contexte arabo-musulman, puisqu’il constitue l’axe de la légitimation idéologique du sionisme en terre palestinienne et arabe. Que les Inuits, les Dogons et les Tibétains aient d’autres problèmes à régler que le sionisme n’est aucunement le sujet, puisque justement elle n’universalise rien de spécifique au sein de cette histoire, ni n’aspire à incarner tous les opprimés. Elle n’aspire pas davantage à parler au nom de la Palestine ou à avoir un quelconque monopole sur la « représentation » des arabo-berbéro-musulmans.

Toutefois, la valeur politique de sa parole prend racine dans cette histoire, où elle s’incarne. Ce qui est véritablement insupportable à Segré et lui fait multiplier les ironies déplacées, c’est comme il le dit lui-même parce qu’elle érige la question de l’existence d’Israël au cœur du problème indigène et que cela, très actuellement, en France et de la part d’une indigène, quoiqu’il en dise, est bien plus embêtant pour lui que toutes les prétentions imaginaires dont il l’affuble.

Segré retourne superficiellement le propos d’HB, comme si quelques opérations rhétoriques suffisaient à interchanger les termes concrets du problème politique. Or, la Palestine n’est pas qu’un énoncé ! De la sorte, il illustre précisément ce qu’elle dénonce : il minimise les crimes et conséquences du sionisme au cœur de la relation triangulaire, où il est lui-même impliqué ; il défend la primauté ou du moins l’unicité de l’histoire juive, en refusant de la situer, avec toutes les suites que cela comporte, dans l’histoire commune de la domination blanche, dont – pas plus ni moins singulière que la tragédie palestinienne (nous sommes d’accord) – elle est inséparable. C’est la raison pour laquelle il insiste sur les persécutions des juifs antérieures à 1492 : « Mais les expulsions de « Juifs », en Occident, ne datent pas de 1492, non plus que les massacres occasionnels. Les « Juifs » ont été expulsés de France au XIVe siècle et massacrés ici et là durant les Croisades. C’est une piste de réflexion qui n’est pas inintéressante : la séparation entre « Blancs » et « non Blancs » s’est d’abord élaborée, construite dans le traitement des « Juifs » avant d’être opérante, à une tout autre échelle, et avec une tout autre violence, dans le traitement des « indigènes », pour enfin revenir, ultimement, aux « Juifs » et à l’invention des chambres à gaz. » (p. 10)

On voit bien que, pour lui, l’histoire de la domination blanche commence avec les Juifs et aboutit à eux. Par ailleurs, il semble croire qu’il existe une continuité au sein de l’antisémitisme européen qui serait seulement « passé » par l’étape coloniale. Il ne cherche pas beaucoup à situer le rapport au monde musulman dans la genèse de l’expansionnisme occidental (alors chrétien), même s’il évoque les croisades du bout des lèvres, alors que l’on sait comment l’alliance entre le sionisme et le monde blanc – devenu « judéo-chrétien » – engage l’islamophobie et l’idéologie du « choc de civilisations ». Il ne conçoit pas que 1492 ait introduit des discontinuités importantes avec les persécutions religieuses du passé, en déplaçant progressivement les choses dans le domaine racial, à partir de quand on peut véritablement commencer à parler de domination blanche, et où la « question religieuse » conserve une profondeur propre mais dans cette perspective. Il finit sur les chambres à gaz, comme s’il n’y avait plus rien après et qu’elles venaient naturellement boucler la boucle.

Son rapide coup d’œil historique est de toute façon prédestiné à soutenir son propos politique. Il lui faut soustraire l’unicité de l’histoire juive au contexte politique de l’histoire commune et séparer la relation triangulaire entre juifs, blancs et arabo-musulmans du contexte politique du sionisme, afin de convaincre ou de se convaincre que, décidément, il est suspect de lui accorder une importance aussi « disproportionnée ».

De la sorte, Segré cherche surtout à sauver le noyau idéologique de la légitimation du sionisme comme projet politique « juif ». L’assimilation par HB du génocide nazi à « moins qu’un détail » ne constitue pas un manque d’empathie pour ses victimes juives, ni une indifférence au sort politique des Juifs, comme il l’insinue à divers moments de son commentaire. Elle démonte l’usurpation de ces droits au sein de l’histoire commune de la domination blanche, où le génocide nazi n’est pas une exception, en même temps que du point de vue de ses victimes ; parmi lesquelles il faut chercher la singularité de la « mémoire juive » qui, en même temps qu’elle est absolutisée, est absolument piétinée, avec ses morts, dans la trame du pouvoir blanc.

Ainsi, le génocide nazi est « moins qu’un détail », non dans l’absolu, mais du point de vue des victimes de tous les autres crimes occidentaux, par les positions subalternes qu’elles occupent dans la hiérarchie mémorielle et raciale et aussi par la façon dont on en fait usage contre elles ; que ce soit en terre palestinienne ou quand on stigmatise les banlieues « antisémites » de la République française. Dès lors qu’on le sépare de l’histoire concrète et ample de la domination blanche, en ne considérant pas les rapports spécifiques qu’elle a tissés et son étendue, on est forcément conduit à l’universaliser, en dépit des Dogons, des Inuits, des Tibétains et de tous les autres, mais surtout en dépit des Palestiniens sacrifiés sur l’autel de la mémoire d’un crime blanc, dont ils sont innocents.

Bref, HB ne qualifie rien en soi, aucun des crimes blancs n’étant en soi un « détail ». Chacun engage tout entière l’histoire de la domination blanche et ses victimes, avec les Dogons, les Inuits et les Tibétains et tous les autres. Néanmoins, les rapports entre les victimes sont aussi hiérarchisés par cette histoire. Elle ne peut jamais être abordée comme une histoire uniforme, où on ne distinguerait pas concrètement les positions et les passages, ni abolie au nom d’une singularité – par ailleurs, irréductible – qui s’en affranchirait.

Pour cela, parce que sa responsabilité est directement impliquée là-dedans, quand Segré qualifie le sionisme de « détail de l’histoire », il dit une horreur. En utilisant le mot « détail », HB fait porter le scandale sur l’amnésie collective camouflée dans les justes dénonciations que le fameux mot de Le Pen sur les camps de concentration avait suscitées. Segré, en croyant retourner la chose, parce qu’elle pique au vif la justification idéologique de sa bonne conscience sioniste, tombe dans le piège de la répétition. C’est la fatalité intérieure du sionisme. C’est aussi, au fond, le destin du « club des amis » – des humanistes – qui, à force de se vautrer dans la bonne conscience blanche, finit toujours par se retrouver aux côtés de ses ennemis déclarés contre ceux-là qu’il est, par définition, incapable de voir comme des amis.

HB, antisémite ?

Cela nous amène à l’examen du sens que Segré donne à l’anecdote montée en épingle par lui, ainsi que de son sens réel qui anticipe les objections de sa gesticulation morale. Il cite HB : « (…) Le pire, c’est mon regard, lorsque dans la rue je croise un enfant portant une kippa. Cet instant furtif où je m‘arrête pour le regarder. Le pire c’est la disparition de mon indifférence vis-à-vis de vous, le possible prélude de ma ruine intérieure. » (HB, p. 54) Il rebondit dessus : « Ce que je sais en revanche, c’est qu’il suffirait que l’enfant ne porte pas de kippa pour que l’auteure ne s’arrête pas pour le regarder. Sans kippa, en effet, il ne serait pas « Juif », il serait… « blanc ». » (Segré, p. 16)

C’est toujours le même argument qui tourne sur lui-même, mais qui cette fois parvient au but : tandis qu’HB prétendrait dénoncer la blanchité du sionisme derrière son masque juif, son « obsession » pour le sionisme viserait, au contraire, le juif en tant que tel derrière sa blanchité supposée. La preuve en est qu’elle regarde de travers un enfant juif qui, sans kippa, ne serait qu’un blanc qu’elle ne regarderait même pas.

Il se garde bien d’éclairer le fait qu’à ce moment-là du texte, HB dénonce les effets pervers de l’identification entre la judaïté et le sionisme. Elle évoque son trouble et s’implique dans la distance creusée par le pouvoir blanc entre les deux communautés, parce qu’elle n’appartient justement pas au « club des amis » de la bonne conscience blanche. Elle met aussi à distance l’injonction antisémite, en la déplorant. Ceux qui alimentent cette identification et en usent ont beau jeu, après, d’agiter les bras en l’air du haut de leur promontoire moral. De fait, quand ils se scandalisent de l’« essentialisation » des Juifs, c’est pour mieux reproduire l’identification qui y contribue. En effet, si l’antisionisme et l’antisémitisme sont définis comme synonymes, on lie plus que jamais le destin de la judaïté au sionisme comme projet colonial et raciste. C’est le cercle infernal du sionisme, dont, après les Palestiniens et les Arabes, les Juifs sont aussi les victimes.

Ce qu’elle voit derrière le masque juif du sionisme, c’est donc le pouvoir blanc qui, en même temps, jette le « Juif » en pâture : « Vous qui rêviez de vous fondre dans l’«universel », vous voilà redevenus Juifs au sens sartrien du terme. » (p. 54) En somme, le sionisme reproduit l’altérisation et l’assimilation situées au cœur de l’antisémitisme. L’« identité juive », calquée sur les termes du nationalisme blanc, est associée à la défense des valeurs universelles de progrès et de civilisation. C’est le nationalisme juif, entendu en ce sens, qui est visé par l’antisionisme.

Pour cela, HB dit avec les Palestiniens : « Nous antisémites ? Vous nous blâmez de vous maudire en tant que Juifs mais n’est-ce pas à ce titre que vous nous avez colonisés ? Vous nous reprochez de céder à l’essentialisation des Juifs, mais vos oppresseurs allemands, vous les insultiez en prose ou en rimes ? Regardez-vous dans votre miroir et vous nous verrez. » (p. 62)

Le sionisme fondamental de Segré

Segré est certes opposé au caractère réactionnaire de la défense d’Israël et à sa dissolution dans la modernité occidentale. Mais son sionisme fondamental lui fait nier ou du moins relativiser la nature coloniale d’Israël, ce qui l’empêche de le voir comme un poste avancé de l’impérialisme occidental, condamné à se retrancher derrière des murs. De ce point de vue, le sionisme détermine sa pensée, ne lui étant aucunement extérieur, ni n’étant accidentel en elle, tant sur le plan de l’entendement réactif de son identité juive que des catégories typiquement modernes (réactionnaire / progressiste) qu’il fonde en elle et qui l’incorporent à la colonialité du monde blanc, d’où elle émane. En tant que « Juif progressiste » pris dans une identité paradoxale et les contradictions de son discours « émancipateur », Segré ne fait donc que déplacer ce qu’il critique lui-même[6]. Et il s’y perd…

Cela aboutit à la « magnifique » opération de mystification négationniste que constitue sa critique de Badiou, à propos d’Israël comme Etat colonial[7]. Le problème du colonialisme israélien en terre palestinienne, indissociable de l’impérialisme occidental dans le monde arabe, y glisse vers celui d’une terre pour les Juifs face aux Arabes, projet prétendument irréductible à l’impérialisme occidental. Or, le sionisme n’a pas défini un projet politique juif de rupture avec l’Occident, en Europe et parmi les Palestiniens, mais une colonisation de peuplement dans la continuité de l’Europe et en lien avec elle et l’Occident, contre les Palestiniens et les Arabes. S’il a en effet ses particularités et s’est imposé à contre-courant des processus de décolonisation de l’Après-guerre, empêchant l’autodétermination des Palestiniens, il conserve des rapports historiques non moins certains avec le colonialisme européen dans le monde arabe et en Afrique. Contre les perspectives que cela ouvre et face aux solidarités que cela engendre, Segré refuse donc farouchement la comparaison avec l’Algérie. Surtout l’idée que le sionisme voulait une terre – pas n’importe laquelle ! – pour les « Juifs » n’est aucunement en contradiction avec sa nature coloniale et sa matrice européenne ; ou pour le dire autrement : le projet sioniste d’une terre pour les « Juifs » était d’emblée colonial. Ce n’est pas la première fois que l’Europe expulse des indésirables pour occuper et peupler d’autres régions du monde. C’est précisément une voie centrale de l’expansionnisme occidental. D’autant que, malgré certaines réticences, dans ce cas on se déchargeait d’un problème et d’une dette non négligeables, en les renversant en sa faveur.

De ce point de vue, le rapprochement avec les Etats-Unis d’Amérique est tout-à-fait pertinent, mais plutôt que de s’en servir pour éloigner le spectre de l’Algérie, il devrait considérer que les Etats-Unis sont précisément l’expression la plus aboutie de l’expansionnisme européen. De fait, comme dans sa réponse à HB, il cherche aussitôt à repousser la terrible vision que suppose ce rapprochement avec une terre « blanche » émergée d’une extermination massive, en affirmant ceci : les Wasp ont exterminé les Indiens ; au contraire, depuis la création de l’Etat d’Israël, les « Arabes » ont connu une croissance démographique. Ce fut aussi le cas dans l’Algérie coloniale, malgré son peuplement européen ; et cela n’a jamais permis d’y relativiser la violence colonialiste comme entreprise de domination et de spoliation à propension génocidaire. Mais il faudrait, selon lui, remercier Israël de ne pas avoir (encore) pu assassiner et expulser tous les Palestiniens, grâce à leur résistance et aussi aux limites imposées par les conditions régionales et internationales. Avec l’argument de la natalité, on en vient en somme aux « effets positifs » du colonialisme.

Finalement, pour ne pas avoir à reconnaître la colonialité d’Israël et son lien structurel avec l’impérialisme occidental, il multiplie les relativisations. Il rappelle d’abord que c’est une terre « sans pétrole », comme si on pouvait réduire la domination impérialiste et ses agents stratégiques à la seule possession directe de cette ressource ; et comme si l’entreprise coloniale n’engageait pas d’abord la possession territoriale. En outre, la colonialité des pétromonarchies lui semble pouvoir atténuer celle d’Israël, comme si une colonie de peuplement « anachronique » était la même chose que des Etats postcoloniaux inféodés à l’impérialisme où, par ailleurs, ils sont reliés.

En synthèse, les droits « absolus » des Juifs, à la suite de l’antisémitisme européen universalisé à l’antisémitisme supposé des Arabes qui n’ont fait que répondre à une intrusion coloniale et à ses implications dans la région, doivent dédramatiser les crimes du sionisme et même rendre tolérable son mimétisme avec les bourreaux des Juifs d’Europe ; tout au moins, il faut accepter le fait accompli et la relativisation de la justice, « tous ceux qui sont ici » étant « d’ici » et devant regarder « ensemble » vers l’avenir. Il faut ainsi souligner son absence totale d’affect par rapport à la tragédie palestinienne. Au mieux, il veut bien concéder que la création d’Israël a signifié un « problème » pour les « Palestiniens » (qu’il aime mettre en guillemets), sans en tirer toutes les conséquences politiques pour la Palestine et le monde arabe ; et en noyant cela dans un soi-disant « conflit arabo-juif » dans la région et en Palestine. Ce n’est pour lui qu’un fait d’histoire, auquel on ne peut rien et qu’il faudrait même envisager positivement ; désinvolture morale qu’on considérerait tout-à-fait inacceptable à propos de la tragédie des Juifs d’Europe. Face à la domination colonialiste, dont le fait sécuritaire n’est qu’une conséquence, contempler une spirale de la violence, où toutes les parties engagées seraient également responsables et victimes, voire pire, est une justification typiquement colonialiste, symptomatique de son insensibilité politique et éthique face au fait colonial. Pourtant, contre le mirage de son « offre de paix », qui est la continuité de cette violence, l’histoire nous enseigne que ce qui a été fait peut être défait. L’Algérie en est un symbole ; et la résistance palestinienne, pour laquelle il dissimule mal son mépris, est plus que jamais à l’ordre du jour.

Si dans ce cas il lui est difficile d’accuser Badiou d’antisémitisme, la diversion négationniste utilise le même stratagème que quand il dirige cette accusation contre HB : s’en prendre à l’Etat colonial d’Israël serait « plus bandant », dit-il, suivant là son goût pour la métaphore sexuelle dans son usage douteux de la psychanalyse qui devrait davantage le conduire à l’examen de ses propres obsessions. Segré veut être anticolonialiste, tout en pouvant demeurer sioniste ; il lui faut donc distinguer ces deux choses, tout en soutenant la judaïté fondamentale du sionisme.

Par conséquent, le passage le plus significatif de son commentaire sur HB est le moment où il travestit le propos de la militante, en postulant et défendant l’identité entre l’émancipation juive et l’allégeance au sionisme : « Et ce qui permet de clarifier l’ambivalence, de trancher le nœud gordien que représente le nom « Juif », c’est le principe suivant : les « Juifs » sont étrangers à la « blanchité » et rejoignent la catégorie « indigène » s’ils sont « antisionistes » ; ils sont en revanche les valets criminels de la « blanchité » s’ils sont « sionistes ». (…) De prime abord, l’invite est paradoxale sachant que l’auteure fait acte « d’allégeance communautaire » arabo-musulmane tandis qu’elle exige précisément des « Juifs » qu’ils s’affranchissent de leur « allégeance communautaire ». C’est pourtant le juste partage qu’induit le rapport de dominant (sioniste) à dominé (indigène) : les uns doivent s’affranchir de leur communauté, les autres doivent lui prêter allégeance. La raison de cette contradiction est simple : la communauté des uns (sionistes) empêche un processus d’émancipation, la communauté des autres (indigènes) en est le moteur. » (p. 9)

Nous ne nous appesantirons par sur le fait que l’« allégeance » communautaire arabo-musulmane, à laquelle se réfère HB, définit avant tout une communauté de destin. Ce qui nous intéresse, c’est que Segré prétend, contre ce que dit le texte, qu’HB refuserait aux juifs le droit à l’allégeance communautaire. Dès lors, insinue-t-il, son invite ne consisterait-elle pas à faire des juifs les faire-valoir de sa position politique, puisqu’elle accorde aux uns ce qu’elle refuse aux autres ? En effet, selon lui, HB soutiendrait que l’allégeance communautaire arabo-musulmane serait libératrice et que son pendant « juif » serait un obstacle à la propre émancipation des juifs, celle-ci ne pouvant se faire que dans la dissolution de leur allégeance communautaire.

Il suffirait de lire sa lettre à Eric Zemmour pour comprendre que là n’est pas du tout sa position[8]. Le livre suffit aussi à établir le contraire. HB ne définit pas le sionisme comme une allégeance communautaire juive, mais bien comme une allégeance paradoxale au pouvoir blanc (p. 52). Pour elle, la rupture avec le sionisme et l’émancipation des Juifs sont deux choses interdépendantes. Mais, tandis qu’il craint de se « dissoudre » dans l’indigénat, de redevenir simplement un indigène parmi les indigènes, soit un Juif, Segré ne craint pas de valider la dissolution de l’appartenance juive dans le sionisme, ce qui lui permet de bénéficier de privilèges. En effet, il confond l’allégeance communautaire juive – qu’il réduit au « sionisme » – avec l’allégeance au sionisme qu’il s’obstine à définir comme « juif ». Il entend bien entendu par « sionisme » toutes les formes politiques que peut prendre l’allégeance communautaire juive, tentant d’oublier qu’il l’assimile ainsi à un projet irréductiblement colonial et indissociable de l’impérialisme occidental qui est sa négation ultime.

Il devrait méditer les paroles d’Abraham Serfaty : « Je considère avoir été fidèle à l’enseignement de mon père qui m’avait dit : le sionisme est contraire à notre religion. » [9]

Un sionisme pas si light…

De là découlent une série de questions et d’objections, dont il y aurait beaucoup à dire « en détail », mais sur lesquels nous tâcherons d’être le plus bref possible, d’autant que nous avons déjà répondu à certaines.

Deux de ces objections sont intéressantes, parce qu’elles reproduisent les deux faces principales de l’argument central du commentaire, à relier à sa critique de Badiou. Il demande d’une part : « Si Israël est « le bras armé de l’impérialisme occidental dans le monde arabe », s’ensuit donc, à rigoureusement parler, que pour le reste du « monde arabe » le rapace occidental ne dispose que d’un bras désarmé, autrement dit d’une patte de velours. » (pp. 10-11) Et d’autre part : « Si les « Juifs » sont « le bras armé de l’Occident », ce sont par ailleurs les occidentaux, les « Blancs », qui auraient réalisé l’idée sioniste. Est-ce à dire que ce sont les « Blancs » qui ont immigré en Palestine, qui y ont construit des villes, y ont combattu les armées arabes ? » (p. 11)

Il faut traduire : le sionisme est un fait irréductiblement juif ; et il est d’une importance dérisoire, seulement un petit bout de terre, tout petit et sans pétrole, un détail survalorisé dans le contexte régional, parce qu’au fond le vrai problème (rhétorique), c’est que les arabes ne nous aiment pas.

Sur la seconde objection, nous voulons bien que les « juifs » sionistes aient entrepris et réalisé la conquête de la terre palestinienne pour en bénéficier, et il fait bien de le rappeler plutôt que de s’offusquer des ressentiments que cela occasionne, mais nous avons aussi déjà dit ce qu’il en était de la « judaïté » de ces émissaires passés par le filtre blanc. Par ailleurs, on se demande bien comment ils auraient pu accomplir et conserver leurs conquêtes dans d’autres conditions que celles du colonialisme britannique, des soutiens internationaux, du surarmement, de la complicité de l’ONU et même de la lâcheté de nombreux États arabes. Relié à l’impérialisme blanc, dont il constitue une expression centrale dans le monde arabe et évidemment un lieu de dénouement des luttes arabes, le sionisme est bien plus qu’un « détail » et bien moins que le problème ultime (situé).

A d’autres occasions, il pose des questions qui ont tout l’air d’une diversion, comme par exemple : « si le « racisme républicain » est un racisme d’Etat, comme le soutien l’auteure, en quoi les « Juifs » le sous-traitent-ils ? Sont-ils les donneurs d’ordre, l’Etat républicain étant le sous-traitant ? Ou bien sont-ils les sous-traitants, aux ordres du « racisme républicain » ? Le propos est énigmatique. » (p. 10) Outre que la relation hiérarchique est clairement établie par HB, la première question répond aux deux suivantes. C’est son incompréhension qui est énigmatique, à moins qu’elle ne soit feinte. En effet, l’intérêt de l’interrogation repose encore exclusivement sur le doute qu’il cherche à faire porter sur le rapport entre les « Juifs » ainsi interpellés et le pouvoir blanc, en laissant entrevoir qu’HB pourrait envisager quelque chose de l’ordre d’un « pouvoir juif ». « Une France juive », semble-t-il murmurer, en reprenant à son compte les calomnies professées contre HB, quand elle dénonce le philosémitisme d’Etat.

Finalement, tout cela aboutit à sa réflexion suivante : il y a des gens qui jugent qu’il y a une terre arabe, une terre blanche, etc., et une « majorité » (pas blanche, précisons) juge qu’il n’y a pas de terre juive. Ce à quoi HB avait répondu par avance, avec les Palestiniens : « Ne sommes-nous pas, nous, Musulmans, Chrétiens et Juifs de Palestine, les véritables descendants des Hébreux, ceux que vous prétendez être vos ancêtres ? Êtes-vous comme ces Français qui mythifient une prétendue souche gauloise ? » (pp. 61-62)

Il omet que la terre arabe était précisément la terre des Juifs et de tous ceux qui y vivaient, auxquels on refuse la continuité de leur histoire. La situation passée des Juifs en terre arabe n’avait bien entendu aucun rapport avec leur situation dans le contexte religieux, puis racial de l’antisémitisme européen et avec la situation actuelle des Palestiniens face à Israël. Segré exige de la rigueur historique[10], tandis que sa « vision de l’histoire » tend au révisionnisme, en multipliant les symétries aberrantes et en les soustrayant à leur contexte social et politique. Il veut surtout faire oublier que ce sont les Palestiniens qui ont été spoliés de leur terre et de leur liberté, tandis que les sionistes, venus d’Europe, en ont pris possession, sur la base – rappelons-le – d’une justification biblique qui tient lieu d’argument historique et de cadastre. Outre la façon très évasive dont il envisage cela, ses diversions multiples le vident de toute portée.

A l’antipode de ce qu’il soutient, l’intrusion raciste et colonialiste du sionisme, avant-même la création de l’Etat d’Israël et dans la continuité du colonialisme européen, a précisément arraché les juifs d’« Orient » à la terre commune d’avant la colonisation. Ceux-ci, poussés par les effets du colonialisme européen et du projet sioniste à migrer de leurs pays d’origine vers l’Europe et la Palestine, sont aussi devenus étrangers sur la terre palestinienne et arabe. A la suite du décret de Crémieux [11], la transfiguration sioniste des juifs « orientaux » a contribué à la division entre Juifs et Arabes et à la signification ethnique qu’elle a prise. Elle les a aussi subordonnés aux Juifs européens, pourtant engagés dans les mêmes contradictions que les précédents face au pouvoir blanc. C’est donc bien la terre « juive » qui est à l’image de la terre supposée « blanche », en tant qu’elle impose la domination raciale et coloniale, avec ses mythes identitaires et universalistes fixés dans le marbre ; tandis que le combat pour la libération de la terre arabe et celui des indigènes en terre « blanche » sont anticoloniaux/décoloniaux, impliquant – non l’intangibilité d’une « essence » – mais un sens social vivant.

En ce sens, la lutte palestinienne de libération nationale et ses revendications concrètes contiennent la possibilité de l’égalité et d’une terre partagée ; tandis que le sionisme, quelle que soit la façon dont on s’y situe, est forcément la négation de l’égalité et de l’universalité des droits, abstraitement proclamés en tant que masque et arme idéologique de la domination coloniale. Dès lors, toutes les possibilités politiques envisagées comme une défense de la continuité coloniale d’Israël sont des leurres.

De fait, comme Segré le confesse lui-même, la défense de la légitimité d’Israël conduit irrémédiable à suivre la courbe de sa logique criminelle et suicidaire : « C’est pourquoi les « Juifs », du moins beaucoup de « Juifs », et de plus en plus, se sont ralliés subjectivement à une certaine idée du sionisme, qui consiste à dire, en gros, ceci : on a été pendant des siècles les indigènes des blancs en Occident, et des arabes en « Orient », mais maintenant on a mis la main sur un petit coin de terre, sans pétrole, certes, mais où on entend bien faire régner notre loi, et si vous n’êtes pas contents, c’est pareil. Je ne partage pas cette conception du sionisme, mais j’avoue que parfois, je dois me mordre le poing à pleines dents pour ne pas m’y rallier. » (p. 14) Est-ce le « possible prélude de sa ruine intérieure » ?

Dans un autre article, il va au bout de son raisonnement. Il dit, en substance : « Israël est un corps étranger sur une terre arabe. C’est ce même mécanisme qui conduit, dans nos démocraties, à désigner l’étranger comme le responsable de tous les maux. » [12] Il est méprisable de comparer le traitement raciste des « étrangers immigrés » et de leurs descendants en terre « blanche », qui renvoie à un continuum colonial, avec la perception d’Israël dans le monde arabe, non en tant que « corps étranger », sur lequel on projetterait tous les maux, comme il veut le croire ou le faire croire, mais dans le même continuum colonial, en tant qu’Israël définit une colonie de peuplement structurellement articulée aux dispositifs postcoloniaux de domination de la région et des arabo-berbéro-musulmans en terre « blanche ». Drôles d’immigrés qui n’ont pas les chars, les avions et la bombe !

Bref, pendant qu’il disserte à vide sur la similitude imaginaire entre la position exogène d’Israël, dans le monde arabe, et celle des « étrangers immigrés » en France, il existe bien un rapport fondamental entre la lutte sociale des « étrangers immigrés » (des indigènes !) contre l’Etat-nation raciste, en France, et la lutte palestinienne de libération nationale contre l’Etat raciste d’Israël[13]. Les perspectives postnationales des combats décoloniaux ne sauraient réduire les enjeux concrets de la lutte palestinienne de libération nationale, parce que tous les nationalismes ne se valent pas et parce que les dépassements ne se produisent jamais dans l’horizon de l’universalisme abstrait. Les combats décoloniaux ont une composante nationale ; les luttes de libération nationale contiennent un au-delà de la Nation. Il n’y a là rien d’autre à y voir, comme il s’y obstine vicieusement. Mais cela rend justement impossible la défense du sionisme, sous quelque forme que ce soit, le « Es Muss Sein » de Segré, d’où qu’il lui faille inverser, minimiser, omettre, accuser, moquer, monter en épingle n’importe quel élément soustrait à son contexte, bref faire diversion, tout en ignorant soigneusement les arguments qui le confrontent, afin d’enrober sa justification de l’injustifiable.

En effet, la nature coloniale du sionisme, quoiqu’on prétende y trouver, renvoie à l’Europe avant qu’à une quelconque judaïté. Là réside son caractère exogène. Elle est semblable à la terre supposée « blanche », où juifs et arabes n’ont très souvent pas été les « bienvenus », parce que le principe de majorité qui la gouverne met moins en jeu l’autochtonie ou le nombre que la domination. Qu’est-ce d’ailleurs une terre « blanche » (et « juive » en ce sens), sinon une terre conquise qui engage la modernité coloniale et sa violence raciale dans les périphéries, en même temps que la défense de son intégrité au centre ? Cela ne se relativise pas en remontant à la Préhistoire et à Eve, dont nous serions tous « venus ». En terre palestinienne, on trouve ceux qui y sont « venus » (comment ?) et ceux qui y vivaient avant ; on trouve surtout des colons et des colonisés, avec tous les passages et les zones grises que cela comporte. Ce qui rend « étrangers » les descendants de l’immigration postcoloniale, en France, c’est la relation coloniale, avant le fait d’être « venus », tout-à-fait relatif. C’est ce qui explique la différence entre eux et l’immigration européenne, même si elle est passée par une phase de xénophobie, aucunement équivalente à la fracture coloniale. C’est la même relation coloniale qui rend les Palestiniens « étrangers » sur leur propre terre, confrontés à une violence coloniale, celle de l’Etat d’Israël, dont les dispositifs extrêmes de sécurité et militarisation ont des similitudes avec le traitement des populations postcoloniales en Europe et aux Etats-Unis.

C’est pourquoi Segré cherche à transformer la revendication patriotique arabe qui l’empêcherait de s’installer à Jérusalem en une expression nationaliste raciste à laquelle il oppose un vibrant appel à la fraternité universelle. Et ce, il ne peut l’ignorer, alors que Palestine arabe est depuis toujours le mot d’ordre de la révolution palestinienne face aux tentatives sionistes d’effacer ou de gommer son passé, son présent et son identité. Que ce soit dans la rue, à l’ONU ou à l’Unesco, tous les mouvements de libération dans les colonies ont insisté sur la tentative d’usurpation identitaire de leur terre. Les mouvements colonialistes ne se contentant pas d’occuper, de spolier la terre et le travail des indigènes mais cherchant à en modifier le caractère et à en effacer l’histoire. Les Algériens insistaient sur le caractère musulman de l’Algérie. Les Kanaks eux reprennent le terme de Kanakie au lieu du très colonial Calédonie, des nationalistes d’Afrique du Sud la rebaptisèrent Azania. Les Palestiniens insistent sur l’arabité de leur terre en tant que réalité historique niée de façon éhontée par la mythologie coloniale sioniste. De plus, Segré le sait bien, comment HB, fille d’un travailleur immigré maghrébin, héritière d’une histoire de lutte anticoloniale algérienne, stigmatisée ici en tant qu’Arabe pourrait-elle ignorer cette revendication de Palestine arabe ?

La terre d’HB est une terre réciproque, où les Juifs sont pleinement et concrètement présents, en France comme ici au Maghreb, même encore dans l’absence et l’altérité imposées : « Vous qui êtes Sépharades, vous ne pouvez pas faire comme si le décret Crémieux n’avait pas existé. Vous ne pouvez pas ignorer que la France vous a faits Français pour vous arracher à nous, à votre terre, à votre arabo-berbérité. Si j’osais, je dirais à votre islamité. Comme nous-mêmes avons été dépossédés de vous. Si j’osais, je dirais de notre judéité. D’ailleurs, je n’arrive pas à penser au Maghreb sans vous regretter. Vous avez laissé un vide que nous ne pourrons plus combler et dont je suis inconsolable. Votre altérité se radicalise et votre souvenir s’estompe. » (p. 56) La division ethnique entre Juifs et « Musulmans » (Arabo-Berbères !), telle qu’elle a été introduite par le colonialisme européen, est d’emblée remise dans son contexte historique et déplacée dans la perspective de la lutte des races sociales et des rapports respectifs au pouvoir blanc, engageant ensemble l’islamité et la judaïté. Tout le contraire de l’universalisme dominateur et arrogant de Segré qui ne fait que reproduire la trame du pouvoir blanc.

Osez, Ivan, osez donc


Cela étant dit, revenons à l’essentiel qui réside dans la question de la modernité coloniale et de la lutte des races sociales. Segré, après avoir reconnu le sens exact et la pertinence de l’usage du terme « races » dans le propos d’HB, veut de nouveau y voir un glissement de sens vers la métaphore biologique (p. 6), celle de l’incarnation essentialiste d’une « race » qui se défendrait d’un « corps étranger » à elle. On voit bien le rapport que cette lecture réactive de la lutte des races sociales entretient avec ses arguments en faveur de la défense du sionisme.

Or, encore une fois, cette lecture est malhonnête. Quelle que soit la façon dont elle l’illustre, HB envisage des rapports sociaux de pouvoir et de luttes, où rien n’existe en soi. Néanmoins, les luttes engagent du sens social, dans la mesure précisément où elles sont concrètes et incarnées, c’est-à-dire libérées de l’universalisme abstrait entièrement destiné à leur neutralisation. Le discours anti-essentialiste de la bonne conscience blanche (qui, par ailleurs, essentialise) est, en premier lieu, une négation de ces rapports, où elle a beau jeu de détecter le spectre de la « race ». Elle veut aussi priver le combat décolonial de toute consistance sociale et symbolique qu’il faut absolument censurer et dissoudre[14].

Dans le cas de Segré, il faut bien entendu censurer le sens social de solidarités et de résistances qui hantent son beau rêve sioniste. Pour cela, il descend à maintes reprises dans les catacombes de la calomnie et de l’insulte. Le rapprochement entre HB et Milner se passe de commentaires (p. 9). Affirmer que sa critique de l’anthropocentrisme de Descartes réjouirait « certains dignitaires de l’Eglise, et autres doctes de l’époque » (p. 4), en la décontextualisant, est ridicule. En dépit de ses ricanements, l’animal-machine de Descartes n’est pas universalisable au Coran et à la pensée musulmane ; et, au-delà de cela, il s’agit surtout pour HB d’opposer l’impératif d’autres voies sociales à la modernité occidentale, saisie dans sa singularité historique et idéologique. Il se peut que Segré n’y tienne pas. Mais le « meilleur » moment de son commentaire, où il s’achève lui-même, est encore ceci : « Si j’osais, je lui conseillerais la lecture de La sexualité féminine de Mustapha Safouan, l’un des plus grands psychanalystes après Lacan, sinon le plus grand. Mais comment oser ? » (p. 12) C’est comme cela que les hommes « blancs » (ou blanchis), s’ils osaient, parlent aux femmes indigènes, pas encore bien « émancipées ». F. Fanon a bien rendu compte de cette psychopathologie.

Or, s’en remettre à un psychanalyste arabe, n’est-ce pas le plus sûr des alibis ? D’autant que nous n’avions pas les clés pour comprendre la « remarque orpheline » dans le cours de son analyse critique, dit-il. Il en avait volontairement différé l’explication pour qu’on morde à l’hameçon. Le bon clerc « ironique » est donc venu apaiser les « interrogations inquiètes » qui ont glissé sur sa peau de banane, en instruisant HB sur sa sexualité, avec l’espoir de l’émanciper du pôle blanc de la réaction et de lui ouvrir la voie vers le pôle « noir » de l’anarchisme et de la politique de l’amour (tout court) au-delà des sexes, des races et des cultures[15]. Tandis que Segré reprend les attaques ordinaires du champ politique blanc contre le caractère supposé « réactif » des luttes indigènes, sa leçon d’universalisme nous semble mieux correspondre au pôle blanc de la réaction ; et, malgré la peine qu’il s’est donné, son explication sciemment embrouillée accroît l’odeur nauséabonde qui planait déjà sur sa remarque.

Ayant, par ailleurs, suivi son conseil de lecture, nous sommes allés jeter un rapide coup d’œil et, à première vue, nous avons trouvé, psychanalyse mise à part, une synthèse exaspérante de poncifs modernistes et culturalistes, assez bien résumés dans cet entretien[16]. Voilà donc que l’« Orient », tel que l’a construit l’imaginaire occidental et qu’il a été déconstruit par Edward Saïd, n’est plus une invention coloniale mais une réalité intangible : « Oui en effet, et je peux dire que la thèse du livre est de montrer la continuité dans l’histoire politique du Moyen-Orient. Je veux dire que l’apparition de l’Etat, dans le Moyen-Orient était d’un Etat religieux, pharaonique, despotique… Le despotisme oriental, ce n’est pas une invention de Marx, c’est un fait qui existe depuis toujours. » Il n’y aurait donc qu’à suivre la route de la liberté, du progrès et du développement, tracée par l’Occident, par sa science, par ses Lumières, par son esprit critique, par sa démocratie, par sa notion de souveraineté, par la séparation du religieux et du politique. Il y a là mille autres leçons à tirer pour HB.

Il faut aussi dire, à ce propos, que la non-moindre des vertus de Safouan, c’est qu’il valide le fait colonial en Palestine : « Le constat aujourd’hui à mes yeux, c’est qu’il n’y a plus de problème palestinien car il n’y a plus de Palestine ! (…) Maintenant le problème est qu’ils n’ont plus d’endroit où aller, personne ne veut plus d’eux, aucun pays ne veut d’eux, surtout les pays arabes. Ils sont indésirables partout. Ce qui fait que la solution qui pourrait constituer la porte de sortie de ce problème – l’émigration, la fuite – leur est interdite. C’est maintenant le problème d’Israël, avec les Palestiniens qui restent. » Segré retombe toujours bien droit sur ses jambes ou, pour le dire autrement, il n’en perd pas une.

Quant à nous, nous lui conseillons plutôt la lecture de « Thèses sur le sionisme » de Joseph Massad[17].

Pâle ? Vous avez dit pâle ?

Ce n’est pas le moindre des « détails » de la perversité du compte-rendu de lecture de Segré qu’il se permette, dès son titre, de définir HB comme une « visage pâle » : par leur position respective dans la hiérarchie raciale, en premier lieu ; et plus encore par l’assimilation de l’auteure aux Wasp, quand précisément elle dénonce un projet colonial, où nous savons tous très bien qui sont les « Wasp » et qui sont les « Sioux ». Ne détourne-t-il pas ainsi le regard de son propre visage pâle dans le miroir tendu par le livre ? C’est sans doute parce qu’il erre encore et qu’il n’a pas reconnu sa terre juive et bleue comme une orange dans la terre arabe et la terre des indigènes, leur préférant le mirage de la terre « juive » contenu dans la funeste promesse sioniste.

En tout état de cause, nous ne saurions trop lui recommander d’accepter l’invitation d’HB à sortir de la trame du pouvoir blanc, de suivre la voie de l’amour révolutionnaire et de cesser de traiter par le mépris les militants de la Palestine libre. Il aurait tort de se croire immunisé contre la trajectoire d’un Benny Lévy qui, de renoncement en renoncement, du secrétariat de J-P Sartre et de la direction de la Gauche prolétarienne finit comme rabbin de choc dans une colonie de Cisjordanie occupée… pour qui la Palestine n’est qu’un détail, tel un Juif au visage pâle.


Malik Tahar-Chaouch & Youssef Boussoumah, membres du PIR



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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Lun 9 Mai - 18:09

notes du texte précédents

Citation :
Notes

[1] Bouteldja Houria, « Les Blancs, les Juifs et nous », La Fabrique, 2016.

[2] Segré Ivan, « Une indigène au visage pâle ».

[3] “Pour les sionistes, le nom de « Palestinien » agit comme une incantation magique qui pourrait les rayer sur le plan existentiel. Ils n’ont pas forcément tort en ayant cette impression, car le nom Palestinien est en lui-même la forme la plus forte de la résistance contre leur mémoire officielle. Le nom « Palestine » a été aussi générateur de continuité dans la culture et la vie palestiniennes, dans l’identité et la nationalité palestiniennes, ce qu’espérait totalement effacer Israël, et dont l’existence pérenne reste une menace pour son opération mnémonique visant à inventer une mémoire fictive de non-Palestine, de non-Palestiniens.” Joseph Massad, « Résister à la Nakba« .

[4] Voir Massad Joseph , « Les derniers des Sémites ».

[5] Ouassak Fatouche, « Pourquoi je soutiens Alain Soral »

Tahar-Chaouch Malik , « Soral, le petit soldat de l’« empire » »

Tahar-Chaouch Malik, « Soral, l’« Algérie poubelle » et les poubelles du (néo)colonialisme ».

[6] Nous ne pouvons pas ici en développer toutes les implications dans sa pensée, ni approfondir tous les points qui suivent pour la pensée décoloniale.

[7] Segré Ivan, « Discussion argumentée avec Alain Badiou« .

[8] Bouteldja Houria, « Lettre à Eric Zemmour, l’« israélite »».

[9] https://histoireetsociete.wordpress.com/2013/11/18/abraham-serfaty-retrospective-dun-combat/

[10] “C’est donc sur la base matérielle des aveux d’un homme torturé par la police irakienne, puis exécuté, que Badiou et Hazan, apparemment, tirent leurs conclusions : les services secrets israéliens ont fait sauter des synagogues pour pousser les juifs d’Irak à émigrer, nous assurent-ils. Il est vrai que si Israël existe, tout est permis, même l’absence de note de bas de page.” (p. 16)

[11] A ce propos, on peut lire cet article http://labyrinthe.revues.org/2893 ; d’où ressort une citation significative d’un médecin “israélite” de l’armée d’Afrique, à propos des Juifs indigènes: « C’est une race exécrable, fourbe, avide. Ils joignent toute la bassesse de l’esclavage aux vices les plus dépravés […]. Ils sont d’un fanatisme outré et persécuteur […]. Ils parlent l’arabe mais paraît-il qu’ils le prononcent autrement que les Maures, et ils écrivent l’arabe avec des lettres hébraïques qui [ne] sont pas les mêmes que chez nous. Je suis allé aussi dans plusieurs synagogues qui sont très nombreuses ; les écuries en France sont plus propres que leurs temples […]. Aussitôt que paraît le sefer [le rouleau de la Torah], ils se jettent dessus et font mille simagrées.”

[12] Segré Ivan, « Le cul, le voile et la kippa ou l’avenir politique de la pornographie ».

[13] A ce propos, le rappel de Khiari Sadri: « Le soutien aux peuples palestinien, libanais, irakien, etc., n’est pas une simple « solidarité internationaliste » comme la pratiquent certains courants de la gauche blanche radicale. Elle n’est pas, non plus, pure identification « ethnique », comme on peut le lire ici ou là. Elle est la conscience, souvent informulée, que le combat anticolonialiste des Arabes palestiniens et le combat antiraciste des Arabes en France ont un même adversaire, la domination occidentale. La Palestine n’est pas pour nous, comme l’affirme Esther Benbassa qui rejette dos-à-dos activistes sionistes et militants pro-palestiniens, le substitut illusoire d’une « patrie perdue ou imaginée ». Soutenir les Palestiniens, c’est se soutenir soi-même, en tant qu’Arabes indigénisés. Proclamer, à la face du Blanc, « Je suis Arabe ! », « Je suis musulman ! », « Je soutiens les Arabes parce qu’ils sont Arabes et les musulmans parce qu’ils sont musulmans ! », ce n’est pas essentiellement défendre une « ethnie »; c’est dire : « Nous, les peuples victimes du racisme et du colonialisme, nous sommes unis par un destin commun. » C’est une proclamation éminemment politique. Manifester sa solidarité avec le peuple palestinien, affirmer son arabité et son islamité, s’accrocher à une culture que la République raciste veut éradiquer procèdent d’une seule et même volonté. »

[14] Voir à ce propos le texte de Ajari Norman publié par le PIR: « Vacarme critique les indigènes : la faillite du matérialisme abstrait ».

[15] Segré Ivan, « Vers une politique de l’amour… – Note sur la sexualité féminine ».

[16] Safouan Moustapha, Khoury Gérard D., « Pourquoi le monde arabe n’est pas libre ?. », La pensée de midi 4/2008 (N° 26) , p. 36-53.

[17] Massad Joseph, « Theses on Zionism ».



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