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 ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...

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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Mar 22 Sep - 23:39



« L’État d’Israël est largement responsable de l’antisémitisme qu’il dénonce » : Entretien avec l’UJFP 18 septembre 2015 

Jean-Guy Greilsamer est co-président de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), une association qui combat vigoureusement la politique « raciste, d’apartheid et d’épuration ethnique » de l’Etat d’Israël, tout en proposant des solutions concrètes pour avancer vers la paix au Proche-Orient. L’UJFP est notamment engagé aux côtés d’autres associations dans la campagne planétaire « Boycott, Désinvestissement, Sanctions » (BDS), qui porte ses fruits à mesure qu’elle s’intensifie.



Par Benoit Delrue. Lien court : http://wp.me/p6haRE-sl

Citation :
LE BILAN : Pouvez-vous présenter votre association, son historique et son périmètre d’action ?

L’Union Juive Française pour la Paix (UJFP), née en 1994 de la volonté d’une expression juive sur les conditions d’une paix juste au Proche-Orient, est une association juive laïque rassemblant des adhérents juifs ou non aux histoires et aux parcours divers. Nous nous réclamons d’une histoire plurielle qui a produit aussi bien des résistants antinazis, des combattants anticolonialistes que d’autres figures universalistes dont les expériences marquent nos mémoires. Nous nous impliquons principalement dans deux champs d’interventions complémentaires : celui relatif à la situation au Proche-Orient et ses répercussions en France, et celui qui concerne les luttes antiracistes.

Nous nous dissocions des conceptions qui assimilent l’identité juive au sionisme et à l’Etat d’Israël.
Nous nous sommes développés surtout depuis la seconde intifada et ce développement nous a permis de participer à divers collectifs de solidarité avec le peuple palestinien, des collectifs antiracistes, et d’amplifier notre capacité de réaction aux situations que nous dénonçons. Nous publions des articles (notre site est www.ujfp.org), avons mis au point une exposition itinérante sur la situation des Bédouins du Néguev, effectuons des voyages militants en Palestine et Israël, organisons ou co-organisons des réunions publiques, et participons à de nombreuses mobilisations. Notre antiracisme ne se cantonne pas à la lutte contre l’antisémitisme, mais porte aussi contre l’islamophobie, le racisme anti-rroms, la négrophobie et tout autre racisme, et pour le droit d’asile des migrants.


LE BILAN : Que pensez-vous d’Israël, de sa politique colonialiste dans les territoires occupés et de sa politique discriminatoire vis-à-vis, notamment, des Arabes dans ses frontières ?

Jean-Guy Greilsamer : L’Etat d’Israël a été créé par l’ONU au lendemain de la seconde guerre mondiale et en contradiction avec ses propres principes d’auto-détermination des peuples. 55% de la Palestine historique, dont l’empire britannique était mandataire, ont été dévolus à Israël, et le droit au retour des 700 000 réfugiés palestiniens expulsés par Israël a été adopté par la résolution 194.

Mais Israël a lancé une guerre de conquête pour étendre son territoire et a strictement interdit tout droit au retour. A l’issue de périodes politiques successives où la complicité de la communauté internationale a largement prédominé, nous en sommes arrivés à la situation d’aujourd’hui, que l’Etat d’Israël a imposée au nom des Juifs du monde entier et sous prétexte d’assurer sa sécurité.


Cette situation, révoltante, est l’expression de la volonté de déposséder le peuple autochtone palestinien et d’imposer une suprématie juive dans un territoire s’étendant de la Méditerranée au Jourdain. Cette volonté se manifeste par des pratiques condamnées par de nombreuses résolutions internationales, visant notamment l’occupation et la colonisation de la Cisjordanie, la judaïsation de Jérusalem déclarée capitale éternelle et indivisible du peuple juif, le blocus de Gaza, qui est une prison à ciel ouvert. Les Palestiniens d’Israël, qui représentent 20% de la population de ce pays, soit 1,5 millions d’habitants, sont eux-mêmes gravement discriminés. Cela concerne aussi bien leurs droits nationaux (interdiction de célébrer la Naqba ou de contester l’identité juive d’Israël), juridiques (obstacles au droit à la construction et interdiction du regroupement familial des couples dont un conjoint est un-e palestinien-ne non originaire d’Israël), municipaux (crédits très inférieurs pour les communes palestiniennes), et sociaux. De nombreux villages palestiniens ne sont pas reconnus et les Bédouins du Néguev sont expulsés de leurs terres ancestrales.


LE BILAN : Vous participez à la campagne « Boycott Désinvestissement Sanction », pouvez-vous nous la présenter et nous préciser la façon dont vous la déclinez avec l’UJFP ?

Jean-Guy Greilsamer : La Campagne BDS a été lancé en 2005 par plus de 170 associations de la société civile palestinienne, un an après que l’Avis de la Cour Internationale de Justice condamnant le « mur  de séparation » soit resté sans effet.
Elle vise à mettre fin à l’impunité d’Israël et à développer de larges compagnes de Boycott, Désinvestissement et Sanctions jusqu’à ce que cet Etat se conforme au droit international.
Son objectif est triple : mettre fin à l’occupation et à la colonisation, obtenir l’égalité complète des droits des Palestiniens d’Israël, et garantir le droit au retour des réfugiés.
Elle fédère donc les trois composantes du peuple palestinien : ceux des territoires occupés, ceux qui constituent la minorité palestinienne d’Israël, et ceux de la diaspora palestinienne qui vit en exil. ​


S’inspirant du boycott qui avait contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud, elle se développe selon plusieurs axes ; boycotts économique, sportif, syndical, culturel, universitaire.

Cette campagne internationale remporte de nombreux succès.

Par exemple la société Véolia, qui a participé à la construction d’un tramway colonial reliant Jérusalem aux colonies et a géré deux lignes de bus et une déchetterie en Cisjordanie au service exclusif de la population israélienne dont les colons, a subi de grosses pertes financières et se retire d’Israël.

Les investissements de pays étrangers en Israël en 2014 ont diminué de moitié par rapport à l’année précédente.

De nombreux artistes ont annulé leurs tournées en Israël.
L’UJFP participe pleinement à la Campagne BDS France (site : www.bdsfrance.org) et interpelle les autorités sur leurs manquements au respect du droit international et des droits humains en général.
Nous expliquons que la politique d’Israël est contraire aux valeurs de justice et d’égalité qui nous mobilisent en tant qu’association juive héritière d’un passé de résistance antiraciste et antifasciste, nous témoignons lors de procès intentés à des militants de BDS


LE BILAN : Les défenseurs du peuple palestinien sont régulièrement accusés d’antisémitisme par les défenseurs d’Israël. Que répondez-vous à cela ?

Jean-Guy Greilsamer : La solidarité avec le peuple palestinien pour ses droits, et notamment la Campagne BDS, sont foncièrement antiracistes, parce qu’elles appellent à l’égalité des droits, au refus des discriminations.
La manipulation par les défenseurs d’Israël de la mémoire de la Shoah est ignoble, elle vise à couvrir une politique raciste, une politique d’apartheid et d’épuration ethnique.

L’Etat d’Israël est largement responsable de l’antisémitisme qu’il dénonce, parce que l’image qu’il présente des Juifs du monde entier est celle d’une population entièrement dévouée à la cause du sionisme et des gouvernements israéliens quoiqu’ils fassent, au soutien d’un régime  ​ qui se​ place ​ au-dessus des lois, qui ​se considère dispensé de respecter le droit international.​ Il crée ainsi la confusion entre juif et militant sioniste. ​


Les défenseurs d’Israël reprochent à BDS de s’attaquer aux Juifs en tant que Juifs. C’est complètement faux, ce que nous boycottons ce ne sont pas des individus mais une politique aux conséquences désastreuses. Par exemple le BDS culturel n’appelle pas à boycotter les artistes en tant qu’individus, mais les initiatives culturelles sponsorisées par l’Etat d’Israël, qui se sert des artistes pour se blanchir de ses crimes et pour se présenter comme un Etat « normal », ouvert à tous les courants d’opinion.

Je tiens à signaler que la plupart des procès contre des militants BDS se sont soldés par des relaxes, et que le motif de provocation à la discrimination raciale a été écarté, de sorte que les amis de la politique israélienne essaient maintenant de se centrer sur la notion d’entrave à la liberté du commerce quand des actions de sensibilisation visent les clients de grandes surfaces commercialisant des produits israéliens – et cela en l’absence de plaintes des enseignes concernées.


LE BILAN : Avec l’opération « Bordure protectrice » à l’été 2014 et la réélection récente de Benjamin Netanyahu, la perspective d’une paix fondé sur le respect mutuel entre Israéliens et Palestiniens semblent plus éloignée que jamais. Comment imaginez-vous une issue à cette situation critique ?

Jean-Guy Greilsamer : Je tiens à formuler une première observation. Les intentions criminelles du gouvernement Netanyahu sont clairement affichées, mais il ne faut pas s’imaginer que si la principale liste adverse concurrente, « L’Union sioniste » (au nom significatif …) avait triomphé, de réelles perspectives de paix seraient advenues. Il y aurait eu une tentative de relance d’un nouveau « processus de paix » reposant sur des bases excluant les droits fondamentaux du peuple palestinien et permettant de gagner du temps pour poursuivre la politique de dépossession qui lui est imposée. C’est pourquoi beaucoup de commentateurs avaient dit au lendemain de la réélection de Netanyahu : « Avec lui au moins c’est clair ».


Mon second sentiment résulte d’un séjour que j’ai récemment effectué en Cisjordanie. Suite à mes observations et à de nombreuses discussions avec les personnes rencontrées là-bas, je suis arrivé aux conclusions suivantes.
J’ai constaté que le peuple palestinien continue de résister dans sa vie quotidienne malgré la politique du gouvernement Netanyahu. Il ne subit pas jusqu’à présent d’émigrations massives.

Comme l’isolement d’Israël dans l’opinion publique internationale et la solidarité internationale se poursuivent, il est tout à fait pertinent d’estimer que la bataille pour les droits du peuple palestinien n’est pas perdue.

Je ne cherche pas à cacher que l’avenir est incertain. La situation du Moyen-Orient s’embrase, et il n’est pas possible de prévoir à quoi conduira le chaos actuel. Certains interlocuteurs ont évoqué une troisième guerre mondiale. D’autre disent que de telles situations peuvent aboutir aussi bien à de mauvaises qu’à de bonnes surprises (l’exemple de la chute du mur de Berlin a souvent été évoqué). La population palestinienne vit cette incertitude, mais elle ne capitule pas. Ses réalisations et ses projets destinés à survivre dignement continuent de se développer.

Alors ne passons pas un temps démesuré à envisager différents scénarios du futur. Vivons le présent !
Et n’oublions pas que quel que soit l’avenir, la solidarité avec le peuple palestinien est porteuse de valeurs pour un monde meilleur et qui concernent également notre situation ici-même : l’antiracisme, le vivre ensemble dans l’égalité et la justice, l’engagement pour la paix dans le monde. La solidarité avec le peuple palestinien dans notre contexte en France est un devoir moral et politique.


LE BILAN : Quelles sont les prochaines échéances pour la mobilisation BDS et pour votre association ?

Jean-Guy Greilsamer : Les prochaines échéances pour la mobilisation BDS sont de poursuivre les engagements en cours et de persévérer pour que notre voix soit reconnue dans les médias.

Les batailles en cours sont notamment contre la société Sodastream et contre la société Mehadrin.
Nous avons déjà remporté une première victoire contre Sodastream, dont le nom est la marque d’un gazéificateur et des recharges associées. Suite à une mobilisation internationale, son usine principale implantée dans la colonie de Ma’ale Adumim est en cours de fermeture.

Mais ce n’est qu’une demi-victoire, parce cette usine déménage sur des terres volées aux Bédouins du Néguev qu’Israël veut expulser massivement de leurs villages, en violation des dispositions internationales protégeant les peuples autochtones.


Une autre mobilisation est dirigée contre la société Mehadrin. Après la faillite  en 2011 de la société Agrexco suite à la mobilisation de la Campagne BDS, Mehadrin est devenue la principale société israélienne d’exportation de fruits et légumes, dont la majorité provient des colonies, en particulier la Vallée du Jourdain. Cette politique est officiellement dénoncée par l’Union Européenne, qui depuis 2014 proscrit tout financement profitant aux colonies. Nous intervenons en direction des décideurs et des clients des grandes surfaces pour que ces produits soient retirés des étalages, ainsi que l’ont effectué certaines chaînes dans d’autres pays européens.

Nous poursuivons les autres formes de boycott en répondant à l’actualité qui les concerne, qu’il s’agisse des boycotts sportif ou culturel, ainsi que la campagne pour un embargo sur le commerce d’armes avec Israël.
Un autre axe important de mobilisation concerne les médias. Nous sommes l’objet à la fois d’une écoute accrue des médias et de campagnes de diffamation, voire de procès, impulsés par des milieux sionistes qui cherchent à tout prix à nous faire passer pour des antisémites. Notre gouvernement est lui-même souvent lié à ces accusations.

L’UJFP est également très attentive à ces campagnes diffamatoires, que nous dénonçons par des communiqués.
Je tiens à répéter que nous sommes très liés non seulement aux réponses que nécessitent l’évolution de la situation au Proche-Orient mais aussi aux mobilisations de solidarité contre l’islamophobie, le racisme anti-rrom, la négrophobie et la solidarité avec les migrants.

La consolidation de notre voie juive pour la justice et l’égalité, pour la dignité des peuples, nécessite un suivi attentif d’une actualité souvent tendue.

Nous répondons à de nombreuses sollicitations ; notre site présente l’agenda de nos activités.

Comme nous avons été au cours du premier semestre l’objet de plusieurs attaques du militant sioniste franco-israélien Gregory Chelli (dit Ulcan) ou de ses proches, qui nous traitent publiquement de « Juifs Kapos », nous avons intenté plusieurs procès qui vont requérir une mobilisation militante. L’autre coprésident de l’UJFP, Pierre Stambul, a même été victime à Marseille de violences du RAID, ce qui engage aussi la responsabilité des services de police.

Par ailleurs, l’une des initiatives que nous préparons est l’organisation le 7 novembre au soir d’une rencontre/débat avec des associations et des personnalités juives qui développent dans d’autres pays une politique très proche de la nôtre.

Entretien réalisé par Benoit Delrue


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Lun 5 Oct - 14:45

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Israël : carte blanche aux colons violents 01 octobre 2015 | Par Les invités de Mediapart

Selon Olivia Elias, économiste et auteure d’études sur la colonisation de la Palestine (1) l'explosion de la violence des colons à l'égard des Palestiniens n'est pas accidentelle mais structurelle. « Les colons violents peuvent agir d’autant plus aisément qu’Israël a laissé s’instaurer une culture d’irrespect à l’égard de la loi et d’irresponsabilité à tous les échelons du dispositif militaire/policier/judiciaire en place en Palestine occupée. »

Citation :
Fin juillet, une bombe incendiaire lancée à l’intérieur d’une maison palestinienne provoquait le décès d’un bébé, suivi de celui du père et tout récemment de la mère. Le slogan « Prix à payer » signait le crime. Le 26 août, un acte similaire visait d’autres membres de la famille Dawabcheh. L’onde de choc forçait le Premier ministre et le Président israéliens à sortir de leur silence habituel.

Que ne l’ont-ils fait plutôt ? Loin d’être isolée, cette agression s’ajoute à la longue liste des violences commises quotidiennement par des colons. Le Palestine Center a publié, jour par jour et mois par mois, la liste des incidents les plus importants survenus en 2011 (2). Y figurent des attaques à l’arme blanche, des bastonnades, des destructions de maisons et bâtiments, voitures et matériel, l’arrachage/incendie de milliers d’arbres, l’abattage de bétail. A cela s’ajoutent des kidnappings, des incursions et des rodéos dans les villages avec les colons roulant sur les piétons, l’aspersion de gaz et de produits toxiques... Les enfants ne sont pas épargnés, bien au contraire.

Durant la seule année 2011, on recense plusieurs décès et de nombreux blessés, dont certains laissés dans un état critique. Violant leurs engagements internationaux (notamment, la 4ème convention de Genève), les autorités israéliennes ont, par leur inaction et leur silence, encouragé de facto de tels actes qui rappellent le temps où le Ku Klux Klan sévissait dans le sud des Etats-Unis.

Entre 2006 et 2011, leurs agressions commises généralement en bandes organisées ont augmenté de 315 % alors que celles exercées par les Palestiniens de Cisjordanie baissaient de 95 %, rapporte le Palestine Center. Le total atteignait 1 000 incidents en 2011, et autant en 2014 selon les experts palestiniens, soit presque 3 actes par jour. Les rapports publiés par l’ONG israélienne Yesh Din montrent la banalisation du phénomène tout en soulignant les causes. En plus d’être enracinée dans la réalité de l’occupation-colonisation, la violence des colons est encouragée par les dysfonctionnements en cascade de l’appareil militaro/policier/judiciaire en place en Palestine occupée.

En témoigne le taux extrêmement faible de poursuites judiciaires : environ 7 % des 1 067 dossiers, ouverts par la police israélienne en Cisjordanie entre 2005 et la fin de 2014 et constituant l’échantillon Yesh Din, ont entrainé une assignation à comparaître devant un tribunal (3). Fin 2014, 57 affaires avaient abouti sur les 70 concernées avec les résultats suivants : verdict de culpabilité dans 33 cas, assortie d’une condamnation dans 20 uniquement.


La violence des colons, un phénomène non pas accidentel mais structurel

Toute entreprise d’occupation-colonisation qui fait cohabiter deux populations au statut inégal porte en elle les germes du racisme. Dans le cas israélien, ceux-ci sont d’autant plus vivaces que le dispositif de surveillance et de contrôle de la population occupée assigne une place essentielle aux colons. On lira avec profit, à ce sujet, l’ouvrage collectif « Une occupation civile. La politique de l’architecture israélienne » (4). Dans un chapitre consacré à l’urbanisme d’Etat, Zvi Efrat montre comment ce système est « placé pour l’essentiel entre les mains de la population civile », qualifiée de « forces de sécurité sans uniforme », qui œuvre des collines où elle réside.

De nombreux colons remplissent ce rôle de manière passive, se contentant de profiter de leur niveau de vie supérieur en Palestine occupée. D’autres l’assument très activement dans le but avoué de rendre la vie impossible aux Palestiniens et de les pousser à partir. Ceux-là obéissent aux injonctions de leaders bien connus des services de sécurité israéliens et de rabbins extrémistes appartenant au courant national-religieux. Autrefois minoritaire, ce dernier a vu son influence grandir au fil des années. En témoignent la banalisation des discours racistes et la montée des partis d’extrême droite dont certains détiennent des postes clés au sein du gouvernement.

Les colons violents peuvent agir d’autant plus aisément qu’Israël a laissé s’instaurer une culture d’irrespect à l’égard de la loi et d’irresponsabilité à tous les échelons du dispositif militaire/policier/judiciaire en place en Palestine occupée. Saisies du problème, les autorités ont, à leur habitude, commandité quelques rapports (le premier, en 1981, confié au Général Karp) qui sont restés sans effet. Les rapports de 1994 et 2005 notent ainsi « l’échec continu à reformer le système israélien d’application de la loi » en Cisjordanie (5).


Un régime défaillant de délégation de responsabilité

La responsabilité d’assurer la protection de la population occupée incombe en Cisjordanie à l’armée, laquelle peut déléguer une partie de ses pouvoirs à la police. En raison de leurs ressources et de leurs effectifs très limités, les policiers dépendent, toutefois, des soldats sur le plan opérationnel, notamment pour se rendre sur les lieux d’un incident.

Il est vrai que, selon les ordres donnés par le pouvoir politique, la protection des Palestiniens constitue, pour les uns et les autres, une mission secondaire. Résultat : alors qu’en l’absence de la police, l’armée israélienne est autorisée à détenir et même à arrêter les présumés coupable d’agression contre des Palestiniens, les soldats se contentent le plus souvent de détourner les yeux, lorsqu’ils ne prêtent pas main forte aux agresseurs et détruisent les preuves. « Dans de nombreux cas, les forces armées et la police ont failli à leur devoir de protéger les Palestiniens », affirme Ban Ki Moon (6).


L’impossible parcours des Palestiniens pour obtenir justice


De multiples obstacles pour loger une plainte. Pour accéder aux postes de police situés en zone C, les victimes doivent solliciter et obtenir un permis spécial. Une fois sur place, il leur arrive d’attendre des heures l’arrivée d’un policier ne parlant pas l’arabe, ou même de devoir revenir. Il se peut aussi qu’on leur demande de fournir des titres de propriété ou une carte délivrée par un expert agréé (exigence qui a un coût élevé et que le régime foncier palestinien rend impossible à satisfaire). Enfin, si elles ont porté plainte par le passé pour d’autres incidents, elles risquent de faire l’objet de représailles de la part des policiers. Dans ces conditions, on comprend qu’elles renoncent d’autant que leur confiance en la justice israélienne est très fragile. Le traitement réservé à leur plainte n’est pas pour leur faire changer d’avis.

Entre 2005 et 2014, 8 dossiers sur dix clos pour des motifs laissant penser à des défaillances de l’enquête,telle est la conclusion de l’enquête publiée en mai dernier par Yesh Din (7). De nombreux cas factuels illustrent l’application illusoire de la loi israélienne en Palestine occupée. Pas de protection de la scène du crime (relevé d’empreintes, vérification de la présence de caméras, archivage des images...). Impasse ou négligence aux étapes suivantes : identification des témoins et des suspects, interrogatoire, confrontation. Pas de vérification non plus de l’historique criminel des suspects ainsi que de leur alibi, etc., etc.

La comparaison avec le traitement réservé aux Palestiniens suspects d’agressions et la diligence déployée pour identifier/arrêter ces derniers est dévastatrice pour l’image « d’Israël, Etat démocratique ». Les suites données à l’attentat contre la famille Dawabcheh n’est pas pour arranger les choses, bien au contraire. Jusqu’à présent, aucun progrès de l’enquête, aucune mesure, aucune sanction.

En définitive, ces observations permettent d’appliquer aux colons violents le jugement lapidaire émis par Ban Ki Moon à propos des exactions des Casques bleus : « L’absence de poursuite légales… signale le règne de l’impunité (Cool ». Elles relativisent aussi la réaction des autorités israéliennes qui, pour une rare fois, se sont émues des conséquences d’une situation qu’elles contribuent à banaliser et à renforcer. Une situation intenable et encore nous n’avons pas évoqué les violences de l’armée.

La question de la responsabilité de la communauté internationale se pose également. Il est temps de prendre des mesures à l’encontre des colons violents, comme le recommandent les Consuls européens en poste à Jérusalem-Est. Il est temps d’assurer une protection internationale à la population palestinienne. La France et l’Europe disposent de moyens de pressions ; quand se décideront-elles à les utiliser ?


(1) La « Palestine occupée, la colonisation à marche forcée », cahiers de l'AFPS, février 2013. Et aussi « Le dé-développement économique de la Palestine », AFPS, octobre 2013.

(2) « When Setters Attack », Palestine Center 2012. Voir aussi : Olivia Elias, Palestine occupée, la colonisation à marche forcée, dossier « Carte blanche à la violence des colons », AFPS, février 2013, pp. 53 à 77.

(3) « Datasheet, May 2015. Prosecution of Israëli Civilians Suspected of Harming Palestinians in the West Bank », Yesh Din Monitoring figures (les statistiques n’incluent pas Jérusalem-Est).

(4) Publié sous la direction d’Eyal Weizman et Rafi Segall, Editions de l’imprimeur, 2004.

(5) « Israeli settlements in the Occupied Palestinian Territory, including East Jerusalem, and the occupied Syrian Golan », rapport du Secrétaire général à l’AG de l’ONU, A/66/364, 16 September 2011, § 22.

(6) ibidem, § 30.

(7) Mock Enforcement, The Failure to Enforce the Law on Israeli Civilians in the West Bank », Yesh Din, May 2015, p. 34.

(Cool Ban Ki Moon, « Tolérance zéro pour les casques bleus auteurs de viols », Le Monde, 23 et 24 août 2015, p.13.


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Mer 7 Oct - 11:45

LA VIOLENCE ANTICOLONIALE PALESTINIENNE N’EST QUE LA CONSÉQUENCE DE LA VIOLENCE COLONIALE ISRAÉLIENNE

mardi 6 octobre 2015 par le Bureau national de l’UJFP


UJFP a écrit:
Depuis plusieurs semaines, les violences entre l’État d’Israël et les résistants palestiniens s’intensifient à Jérusalem et dans toute la Cisjordanie.
La politique israélienne visant à détruire la résistance palestinienne est bien calculée, rien n’est laissé au hasard. Le partage criminel des rôles entre les colons, en particulier religieux, et d’autres représentants du gouvernement israélien, est bien huilé.


Dans un premier temps il s’agit de tester jusqu’où la conquête de l’Esplanade des Mosquées peut être poussée. Des colons l’envahissent, essaient d’imposer un partage de ce lieu saint, puis quand les manifestations palestiniennes contre cette situation s’amplifient, l’armée israélienne intervient brutalement.
De même en Cisjordanie des colons commettent des crimes atroces, ainsi contre la famille Dawabsha dont le bébé et les parents ont été brûlés vifs près d’Hébron. Le gouvernement israélien fait mine de protester, les Palestiniens se révoltent, et l’armée intervient « en représailles » tout en cherchant à convaincre que la résistance palestinienne n’est qu’une branche d’un "terrorisme islamique" contre lequel il ferait rempart.

L’État d’Israël calcule que face à la poursuite concomitante de la colonisation , les États-Unis, occupés par l’approche des prochaines élections et par Daesh, se contenteront de quelques protestations et les pays européens, occupés par l’afflux de centaines de milliers de réfugiés cherchant à échapper au chaos que ces mêmes pays ont contribué à créer par leur pillage et leur soutien aux pires dictatures et également par Daesh, persisteront à ne pas le sanctionner.

Une nouvelle génération de résistants, des jeunes qui n’ont connu d’Israël que les forces militaires et les colons, se lève, mains nues et avec pour seules armes des pierres ou des cocktails Molotov. Constamment humiliée, sans espoir à l’égard d’une « autorité » palestinienne muselée par l’occupant, elle n’a plus rien à perdre. Sa résistance est un droit, un droit inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’Homme de décembre 1948.

Est-ce le commencement d’une troisième intifada : c’est la question que posent les médias, espérant parfois qu’aborder ainsi ces événements leur permettra de faire du buzz. Mais est-il besoin de nommer cette révolte, ou insurrection ? Nous savons que l’avenir du Proche et du Moyen Orient, voire du monde entier, sont indécis. Nous savons aussi que le peuple palestinien continue de résister dans sa vie quotidienne et qu’un grand élan de solidarité internationale continue à se développer, qu’il s’agisse du soutien à de multiple projets permettant au peuple palestinien de survivre dignement ou qu’il s’agisse de la Campagne BDS (Boycott - Désinvestissement - Sanctions) pour mettre fin à l’impunité d’Israël.

Notre responsabilité est de poursuivre dans cette voie et d’appeler à une mobilisation d’ampleur pour imposer à nos gouvernants de cesser de soutenir le gouvernement israélien. Il ne s’agit pas seulement de reconnaître l’État de Palestine - toutes les reconnaissances antérieures n’ont pas fait bouger Israël d’un iota. Il s’agit de passer aux sanctions concrètes, la suspension de l’accord d’association de l’Union européenne avec Israël, la mise en œuvre des « lignes directrices » proscrivant tout financement qui profite aux colonies, l’expulsion d’Israël hors des fédérations sportives européennes, la traduction des dirigeants politiques et militaires israéliens devant la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Israël et ses amis essaieront toujours de faire passer leurs opposants pour des antisémites. Mais ils n’arrivent plus à imposer cet ignoble leitmotiv.

L’opposition juive à la politique israélienne grandit, et contribue à mettre en échec la prétention d’Israël à représenter les Juifs du monde entier.

Cette opposition souligne qu’en définitive la poursuite de cette politique est aussi criminelle envers les Palestiniens que suicidaire envers les Juifs qu’elle assimile à des colons racistes.

Mobilisons-nous pour que cesse l’impunité d’Israël !

Soutenons la résistance du peuple palestinien !

Le Bureau national de l’UJFP, le 6 octobre 2015


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Sam 10 Oct - 16:52

Lettre ouverte à un ex-ami 29 septembre 2015 | Shlomo Sand Par Les invités de Mediapart


L'historien israélien Shlomo Sand répond à la tribune de Pierre-André Taguieff publiée dans Le Monde, à propos de l'antisémitisme en France. « De mon point de vue, la principale caractéristique de la judéophobie parmi les groupes marginaux de banlieues est l’identification dangereusement erronée entre : sionisme, Israël et juifs. Or, c’est précisément ce que font, sans relâche et sans distinction, les dirigeants d’Israël, le CRIF…. et toi. »



Shlomo Sand a écrit:
Je viens de lire ton article publié dans Le Monde, en date du 23 septembre: Pierre-André Taguieff, « L’intelligentsia française sous-estime l’antisémitisme », et, une fois de plus, je suis stupéfait ! Lorsque nous nous sommes connus, dans les années 80 au siècle dernier, j’avais la plus grande estime pour tes travaux investiguant les fondements du racisme théorique, dans la France de la deuxième partie du 19 ème siècle.


J’avais beaucoup apprécié tes apports dans l’analyse et la déconstruction de la judéophobie qui a, effectivement, joué un rôle de tout premier ordre, dans la constitution d’une partie des identités de l’Hexagone, et ce jusque vers le milieu du 20ème siècle. Toutefois, depuis quelques années, à la lecture de tes publications, j’ai de plus en plus de mal à comprendre la logique qui t’anime : affirmer que la judéophobie demeure hégémonique en Occident, considérer l’islamophobie comme un phénomène plutôt marginal, dont les intellectuels exagèrent l’importance, et se faire, en en même temps, le défenseur inconditionnel du sionisme et d’Israël me laisse très perplexe !


En vérité, tu as notablement baissé dans mon estime lorsque tu as soutenu, avec enthousiasme, la guerre de George Bush contre l’Irak, et lorsque tu as exprimé une sympathie manifeste pour « La rage et l’orgueil », le livre islamophobe d’Oriana Fallaci (dans lequel, il est écrit, notamment, que les musulmans « se multiplient comme des rats »). Tes prises de positions passées me paraissent, cependant, moins préoccupantes que celles que tu développes, ces temps-ci, alors que se profile, dans la société française, un dangereux terrain miné, lourd de menaces pour « l’autre ».


Tu sais bien que la haine envers celui qui est un peu différent, et que l’imaginaire apeuré face à celui qui affiche une singularité, ne se limitent pas aux émotions stupides de gens incultes, situés au bas de l’échelle sociale. Tu sais bien que cela n’épargne pas les classes sociales bien éduquées. Durant la période tragique pour les juifs et leurs descendants (1850-1950), le langage judéophobe ne se donnait pas uniquement libre cours dans les faubourgs populaires, mais il s’exprimait aussi dans la haute littérature, dans la philosophie raffinée, et dans la grande presse. La haine et la peur des juifs faisaient partie intégrale des codes culturels, dans toutes les couches de la société européenne. Cet état de fait s’est, fort heureusement, modifié dans les années qui ont suivi la fin de la seconde guerre mondiale. Et si, bien sûr, il subsiste encore des préjugés à l’encontre des descendants imaginaires des meurtriers de Jésus Christ, il n’en demeure pas moins que, dans le monde occidental : de Los Angeles à Berlin, de Naples à Stockholm, de Buenos-Aires à Toronto, quelqu’un d’ouvertement judéophobe ne peut plus être journaliste ou présentateur à la télévision, ni occuper une place dirigeante dans la grande presse, ou encore détenir une chaire de professeur à l’université. En bref, la judéophobie a perdu toute légitimité dans l’espace public. L’antisémitisme de Barrès, de Huysmans ou de Céline n’est plus admis dans les cénacles littéraires, ni dans les maisons d’éditions respectables du Paris d’aujourd’hui. Le prix à payer pour la disparition de cette « belle haine », ( pour user d’un qualificatif de l’antisémitisme en vogue , il y a un siècle), fut, comme l’on sait, très élevé. De nos jours, la « belle haine » est effectivement tournée vers d’autres gens, et nous ne savons pas encore quel en sera le prix.


Cela ne veut pas dire qu’une hostilité à l’encontre des juifs n’existe pas aux confins de la société, parmi des marginaux issus de l’immigration venant du monde musulman. Dans des cités-ghettos, certains jeunes, qui n’ont pas ingurgité la judéophobie chrétienne multiséculaire, sont, malheureusement, à l’écoute de quelques imams délirants ou de gens comme Alain Soral ou Dieudonné. Comment combattre cet inquiétant phénomène marginal ? Faut-il, comme tu ne cesses de le faire, justifier la politique menée par Israël ? Faut-il, comme tu t’y emploies également, nier que l’islamophobie a, effectivement, remplacé la judéophobie, et jouit d’une légitimité croissante dans tous les secteurs culturels français ?


T’es-tu demandé quels livres ont été des « best sellers », ces derniers temps : des pamphlets ou des romans contre les juifs, comme à la fin du 19ème siècle, ou bien des écrits qui ciblent les immigrés musulmans, (et cela ne se limite pas à Houellebecq, Finkielkraut et Zemmour ) ? Quels partis politiques ont le vent en poupe : ceux qui s’en prennent aux anciens « sémites » d’hier, ou ceux qui affichent leur rejet des nouveaux « sémites » d’aujourd’hui, et au passage, ne tarissent pas d’éloges sur la façon dont Israël traite les arabes (Marine Le Pen n’est pas la seule concernée!).


Et cela m’amène au dernier point, qui m’a le plus indisposé, dans ton article. De mon point de vue, la principale caractéristique de la judéophobie parmi les groupes marginaux de banlieues est l’identification dangereusement erronée entre : sionisme, Israël et juifs. Or, c’est précisément ce que font, sans relâche et sans distinction, les dirigeants d’Israël, le CRIF…. et toi. Les voyous de quartier ne sont pas devenus judéophobes uniquement sous l’effet de prêches venimeux prononcés par des démagogues. Il y a à cela bien d’autres causes : et notamment, l’identification constante des institutions juives officielles avec la politique israélienne. Pas une seule fois, le CRIF n’a émis la moindre protestation face à l’oppression subie par la population palestinienne. Et qu’on ne vienne pas nous parler de « diabolisation d’Israël » ; Israël se diabolise lui-même chaque jour !


Comment un Etat considéré comme une démocratie occidentale peut-il, depuis bientôt cinquante ans, dominer un autre peuple, et lui dénier tout droit politique, civique, syndical , et autres ? Comment dans une ville–capitale démocratique, où des intellectuels français ont fondé un institut Emmanuel Levinas, de philosophie et d’éthique juives, un tiers de la population, qui y a été annexée de force en 1967, se trouve t’elle encore privée de tout droit politique, et exclue de toute participation à la souveraineté ?


Et par delà tout ceci : que signifie être sioniste, aujourd’hui ? Simple est la réponse : soutenir Israël comme Etat des juifs. Comment un Etat à prétention démocratique, peut-il se définir, non pas comme la République légitime de tous ses citoyens israéliens, mais comme un Etat juif, alors même qu’un quart de ses citoyens ne sont pas juifs ? Es-tu capable de comprendre que l’Etat « juif », qui t’est si cher, appartient plus, en principe à ceux qui en France se disent juifs, qu’aux étudiants palestino-israéliens à qui j’enseigne l’Histoire à l’université de Tel-Aviv ?


Est-ce la raison pour laquelle tu te considères comme sioniste et fervent sympathisant d’Israël ? Si l’on suivait ton raisonnement sur cette question, la France ne devrait-elle pas cesser de se définir comme la République de tous ses citoyens, pour devenir « l’Etat gallo-catholique » ? Non ! Bien évidemment non, après Vichy et le génocide nazi. Peut-être serait-il plus facile de définir une Etat français ressemblant à Israël, en recourant à un terme qui fait aujourd’hui florès parmi l’intelligentsia parisienne : « République judéo-chrétienne » ?


(Traduit de l’hébreu par Michel Bilis)


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Jeu 22 Oct - 20:23


L'Allemagne réfute les déclarations de Netanyahu sur la Shoah  Luke Baker La Tribune reuters.com  21/10/2015
 

Berlin refute les propos de netanyahu sur la shoah[reuters.com]

Luke Baker a écrit:
BERLIN (Reuters) - Le gouvernement allemand a réfuté mercredi les déclarations formulées la veille par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu qui a provoqué une vive controverse en affirmant que la "solution finale" avait été inspirée aux dirigeants nazis par le grand mufti de Jérusalem.

"Tous les Allemands connaissent l'histoire de folie raciale meurtrière des nazis qui a conduit à la rupture avec la civilisation que fut l'Holocauste", a commenté Steffen Seibert, le porte-parole d'Angela Merkel.

"Cela est enseigné dans les écoles allemandes pour une bonne raison, cela ne doit jamais être oublié", a poursuivi le porte-parole. "Je ne vois aucune raison de modifier notre vision de l'histoire d'une quelconque manière".

"Nous savons que la responsabilité pour ce crime contre l'humanité est allemande et qu'elle est vraiment la nôtre", a-t-il ajouté.

Quelques heures avant de s'envoler pour une visite en Allemagne, Benjamin Netanyahu a affirmé mardi soir devant le Congrès sioniste mondial à Jérusalem que le mufti Hadj Amin al Husseini avait inspiré à Adolf Hilter l'idée de l'extermination des juifs.

"Hitler ne voulait pas exterminer les juifs à l'époque, il voulait expulser les juifs", a déclaré Benjamin Netanyahu dans son discours. "Et Hadj Amin al Husseini est allé voir Hitler et lui a dit 'si vous les expulsez, ils vont tous venir ici'."

Selon le Premier ministre israélien évoquant cette conversation qui aurait eu lieu en 1941, Hitler aurait alors demandé: "que dois-je faire avec eux ?" et le mufti lui aurait répondu: "brûlez-les".

Plusieurs responsables de l'opposition israélienne ainsi que des spécialistes de l'Holocauste sont intervenus pour contester le récit fait par Benjamin Netanyahu, accusé de déformer la réalité historique.

"Dire que le mufti fut le premier à mentionner à Hitler l'idée de tuer ou de brûler les juifs n'est pas correct", a commenté Dina Porat, professeure à l'université de Tel Aviv et historienne en chef au mémorial de Yad Vashem. "L'idée de débarrasser le monde des juifs est un thème central dans l'idéologie d'Hitler, bien longtemps avant qu'il ne rencontre le mufti", a-t-elle ajouté.


INDIGNATIONS DES PALESTINIENS

La raison pour laquelle Netanyahu a fait ces déclarations demeure peu claire à un moment de tensions accrues entre Palestiniens et Israéliens.

Des dirigeants palestiniens ont toutefois accusé le dirigeant israélien de chercher à absoudre Adolf Hitler du meurtre de six millions de juifs afin d'en faire porter la responsabilité aux musulmans.

"Il est triste de voir le chef du gouvernement israélien détester à ce point ses voisins qu'il cherche à absoudre le plus grand criminel de guerre de l'Histoire, Adolf Hitler, du meurtre de six millions de juifs", a déclaré Saeb Erekat, secrétaire général de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP).

"M. Netanyahu devrait cesser d'exploiter cette tragédie humaine pour marquer des points à des fins politiques", a poursuivi Erekat.

Le ministre israélien de la Défense, Moshe Yaalon, proche de Netanyahu, a lui-même admis que ce dernier s'était trompé.

"Ce n'est certainement pas (Husseini) qui a inventé la solution finale", a dit Yaalon sur la radio de l'armée israélienne. "C'était l'esprit maléfique d'Hitler lui-même".

Benjamin Netanyahu a répondu aux critiques en affirmant mercredi qu'il existait de "nombreuses preuves" à l'appui de ses accusations contre Husseini, sans toutefois préciser les sources auxquelles il se référait.

Un ouvrage de 1947 intitulé "Le Mufti de Jérusalem" ainsi qu'un article de journal de l'époque affirment qu'un ancien conseiller d'Hitler a témoigné lors du procès de Nuremberg qu'Husseini avait comploté avec le dictateur allemand pour débarrasser l'Europe des juifs.

Husseini qui fut pourchassé pour être traduit devant la justice ne fut jamais appréhendé. Il est mort au Caire.

La rencontre entre Hitler et Husseini s'est déroulée à Berlin le 28 novembre 1941. Or, plus de deux ans auparavant, en janvier 1939, le chancelier avait clairement exprimé lors d'un discours au Reichstag sa détermination à exterminer les juifs.

(Pierre Sérisier pour le service français)


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Dim 25 Oct - 22:37



Juives et Juifs progressistes, antiracistes et révolutionnaires... Pourquoi nous irons à la Marche de la Dignité, le 31 octobre 25 octobre 2015 | Par Ivan Villa blog Médiapart

Pour info, via le mur fb d'un copain écolo :

Juives et Juifs progressistes, antiracistes et révolutionnaires... Pourquoi nous irons à la Marche de la Dignité

Citation :
Nous avons été contacté-e-s par le MAFED, collectif organisateur de la marche, qui nous a proposé de nous joindre à l’appel unitaire et d’aller marcher le 31 octobre pour la dignité et contre le racisme d’État.

L’objectif affiché de cette marche est la dénonciation du racisme d’État, et particulièrement des crimes policiers, avec la poursuite du combat engagé notamment lors de la Marche pour l’Égalité de 1983. Nous partageons l’ensemble des constats formulés dans cet appel concernant le caractère structurel du racisme en France et son aspect institutionnel à travers notamment les crimes policiers et l’impunité dont bénéficient leurs auteurs. C’est ce qui nous pousse à nous joindre à cette marche, parce que nous partageons la révolte de ses organisatrices contre le racisme. Nous partageons également l’idée qu’il est nécessaire de construire un front commun antiraciste. C’est pourquoi nous irons marcher le 31 octobre, sans pour autant être signataires de l’appel unitaire.

Concernant l’appel, nous avons constaté avec regret l’absence de la lutte contre l’antisémitisme de l’appel initial. Nous l’avons fait remarquer et avons conditionné notre signature à l’ajout de la mention de cette lutte. On nous a répondu que le texte était issu surtout des luttes contre les violences policières, qui, c’est la vérité, ne touchent pas spécifiquement les Juives et les Juifs. On nous a aussi répondu qu’il était difficile de modifier un texte déjà signé par autant d’organisations, à si peu de temps de l’échéance.

Nous entendons ces arguments, mais nous maintenons notre non-signature.

En effet, nous pensons également que l’État n’est pas le seul producteur du racisme : la bourgeoisie dispose d’autre moyens pour produire l’idéologie dominante, notamment médiatiques. L’idéologie nationaliste est produite par les classes dominantes et définit les contours d’une « majorité nationale » afin de défendre ses intérêts de classe. En ce sens, si, sous l’effet des luttes antiracistes, il n’existe plus aujourd’hui d’antisémitisme d’État, au sens d’une politique institutionnelle (même si les propos de Raymond Barre sur les « français innocents » ou l’affaire Goldman ne sont pas si lointaines), l’antisémitisme reste aujourd’hui promu et diffusé par une fraction de la bourgeoisie dans une période de crise, et reste structurant dans la société française. C’est un élément du « roman national. » L’antisémitisme est aussi un outil de maintien de l’ordre néocolonial, qui n’a pas nécessairement besoin d’être endossé officiellement par l’État pour jouer son rôle : en Algérie coloniale, il était promu par le Parti Colonial Français pour désigner les Juifs et Juives comme boucs émissaires aux Musulmans et Musulmanes en lieu et place du pouvoir colonial, afin de se préserver de leur révolte. En témoignent les conférences antisémites de Drumont et consorts. Après les émeutes de 2005, de manière similaire, le pouvoir néocolonial a eu recours aux mêmes méthodes, en assurant la promotion de masse de l’antisémitisme à travers notamment Soral, Dieudonné… Hier comme aujourd’hui, les condamnations « officielles » de l’antisémitisme ne doivent pas nous tromper sur le rôle bien réel que joue cet antisémitisme dans le dispositif de maintien de l’ordre colonial.

Ce constat nous amène à affirmer qu’il ne sera pas possible de mettre en échec l’ordre néocolonial sans combattre aussi l’antisémitisme. Car ce dernier est utilisé comme hier pour préserver l’ordre raciste, bourgeois, et colonial. Il a des conséquences concrètes dramatiques pour la minorité nationale juive, qui subit de ce fait violences, agressions et isolement en étant désignée comme bouc émissaire de cet ordre inégalitaire. Nous sommes conscient-e-s que parmi les organisations qui soutiennent cet appel, certaines sont tombées à pieds joints dans le piège tendu. Mais nous pensons que cela ne doit pas nous amener à déserter un combat légitime, sans pour autant taire nos critiques à l’égard de certaines organisations qui y participent, comme lors de tout mouvement social. Nous invitons toutes les organisations qui se fixent pour objectif la défaite de l’ordre colonial et raciste à identifier ce dispositif pour ce qu’il est, et à le combattre avec détermination. Quant à nous, nous participerons à la Marche de la Dignité : pour signifier notre refus de tous les racismes et de toutes les oppressions, qui se soutiennent entre elles. Parce que nous pensons que la lutte contre l’antisémitisme est indissociable de la lutte contre le racisme.

Nous pensons que l’État ne nous défend pas et ne nous défendra jamais. En conséquence, nous voulons construire l’autodéfense juive antiraciste et révolutionnaire. Si nous y allons, ce ne sera pas pour être des « Juives et des Juifs de service » et nous irons donc en portant notre discours : l’antisémitisme est une forme de racisme brutale et centrale dans notre société et qu’il est impossible de le dissocier des autres formes de racisme et des autres oppressions. Nous disons aussi que ceux et celles qui considèrent cette oppression comme marginale ou secondaire se trompent. Nous irons en disant qu’il est impossible de détruire le racisme sans détruire toutes les oppressions, chose impossible sans combat pour l’unité de classe et la révolution sociale.

A l’heure où la parole raciste n’en finit plus de se banaliser, à l’heure où la police assassine en toute impunité quasi-systématiquement des prolétaires racisés, quelques mois après les attentats antisémites de la Porte de Vincennes et après les vagues islamophobes et antisémites qui les ont suivis, il nous semble nécessaire de créer les conditions d’un front uni antiraciste, sur une base de classe et révolutionnaire. Nous espérons que cette marche en sera l’un des jalons, comme le sont les luttes matérielles concrètes que mène notre classe, et en son sein l’ensemble des minorités racisées, contre l’ordre capitaliste, raciste, colonial et patriarcal. Nous entendons y contribuer par notre présence.

Nous voulons faire savoir que nous sommes des Juives et des Juifs progressistes, antiracistes et révolutionnaires. Nous voulons contribuer à construire un front commun antiraciste, dans lequel ni l’antisémitisme, ni la rromophobie, ni l’islamophobie, ni la négrophobie, ni le racisme anti-asiatique ne soient relégués au second plan. Nous voulons que cessent les crimes policiers racistes et nous pensons qu’un rapport de force doit être construit dans ce sens. Nous voulons donner à ce front commun un caractère de classe, parce que nous identifions la bourgeoisie, au côté de l’État, comme promoteur de l’antisémitisme et de toutes les autres formes que prend le système raciste.

Nous invitons tou.te.s celles et ceux qui se reconnaissent dans nos valeurs et dans nos combats à rejoindre le cortège des Juives et Juives Révolutionnaires à la Marche de la Dignité le 31 octobre, à Barbès.

Si vous souhaitez nous rencontrer : nous organisons une réunion publique de présentation du groupe le 2 novembre au CICP, 21 ter rue Voltaire à 19h.

https://juivesetjuifsrevolutionnaires.wordpress.com/

--------------------------------------------------------

Et, en complément ;-)


Marche de la Dignité : les femmes de la Mafed (collectif des femmes qui organisent la ‪#‎MarcheDeLaDignite‬) se préparent à tracter sur la ligne 13, métro Porte de Saint-Ouen:

VIDEO : https://www.facebook.com/470323263129837/videos/506941236134706/


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Jeu 29 Oct - 0:56

À Montpellier : Meeting de soutien au BDS avec Alain Gresh (Le Monde Diplomatique) et Pierre Stambul (UJFP)

mardi 27 octobre 2015 par Comité BDS France 34

 

Citation :
Le mouvement BDS sous direction palestinienne contre Israël connaît un succès sans précédent en Europe et aux Etats-Unis, principal allié et bailleur de fonds d’Israël. Ce mouvement citoyen, non-violent et antiraciste qui s’inspire du boycott qui avait contribué à mettre fin à l’apartheid en Afrique du Sud a pris une ampleur planétaire au point de semer la panique en Israël.

Le BDS est l’arme - non violente - la plus efficace pour obliger Israël à appliquer le droit et satisfaire aux revendications de l’appel Palestinien : Fin de la colonisation, retour des Réfugiés et égalité pour les Palestiniens de 48. Aujourd’hui la solidarité avec peuple palestinien passe par le BDS, c’est pourquoi sa défense et son développement sont impératifs surtout dans cette période de révolte palestinienne férocement réprimée.

MEETING LUNDI 9 NOVEMBRE 2015 19H30 Salle Guillaume de Nogaret (entrée libre) avec Alain Gresh (Le Monde diplomatique) Pierre Stambul (UJFP)

Organisé par : le Comité BDS France 34 Avec le soutien de :

Association des Palestiniens du Languedoc-Roussillon (APLR), ATTAC Montpellier, Alternative Libertaire (A.L)., Campagne Civile Internationale pour la Protection du Peuple Palestinien 34 (CCIPPP34), CIMADE LR, CGT Educ’action Montpellier, Comité BDS France 30 (BDSF30), Comité BDS France 34 Hauts-Cantons (BDSF34-HC), Comité BDS Sud-Aveyron (BDS S-A), Comité BDS France Perpignan (BDSF66), Collectif des Musulmans de France (CMF), Cercle PODEMOS Montpellier, Ensemble !34 (FdG), Les Tricoteuses en furie, Maison de la Paix - Amis de l’Arche de Montpellier, Mouvement pour une Alternative Non-violente 34 (MAN 34), Nouveau Parti Anticapitaliste 34 (NPA34), Parti de Gauche 34 (PG34), Solidaires 34 , Groupe Un Autre Futur (CGA), Union Juive Française pour la Paix 34 (UJFP34)...


Rendez-vous

◾À Montpellier : Meeting de soutien au BDS avec Alain Gresh ( Le Monde (...)
Le lundi 9 novembre 2015 à 19h30
Salle Guillaume de Nogaret

34000 MONTPELLIER


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Jeu 29 Oct - 14:59

à deux jours de la marche de la dignité, la grande presse en parle :

- Le Figaro : Paris: une marche contre le racisme samedi

- Europe 1 : "Marche de la Dignité et contre la racisme" samedi à Paris

- L'Obs : Négrophobie, impunité policière... Contre le racisme, nous marchons pour la dignité

- Libération : Mobilisation. Une marche contre le racisme, samedi à Paris

- Politis : Féminisme : « On parle à notre place, il faut que cela cesse ! »

etc.

mais aussi The Times of Israël : Racisme et racialisme: de la droite de la droite à la gauche de la gauche

la rhétorique "anti-communautariste" est ici la même que chez les identitaires de souche, le blogueur German Pinalie,  l'ultragauchiste Yves Coleman et certains anarchistes, et chez nombre de féministes antiracistes universalistes, avec ces arguments :


Bernard Maro a écrit:
« On retrouve les mêmes obsessions identitaires qu’à l’extrême droite (seul, bien entendu, le groupe concerné change):

– Pureté de la race avec une opposition aux mariages mixtes et au métissage « La perspective décoloniale, c’est d’abord de nous aimer nous-même, de nous accepter, de nous marier avec une musulmane ou un musulman »

– Anti-universalisme avec un refus de la convergence des luttes (féminisme, anti-capitalisme, LGBT) « parce que derrière la convergence, il y a un présupposé universaliste, lui-même fondé sur l’idée qu’il y aurait des oppressions universelles et qu’il faut donc s’en émanciper. » ;

– Soutien au machisme et sexisme religieux « Cela fait partie des pressions que les hommes indigènes font peser sur les femmes. C’est normal, puisque l’idéologie coloniale les fait passer pour des sauvages. Mais cela offre une perspective décoloniale pleine d’ambivalences. Ce que je veux dire c’est que les femmes répondent aussi à ce malaise lorsqu’elles se « réislamisent »: « Pas la peine d’aller chercher les femmes au bled puisqu’on est là. Vous dites qu’on est occidentalisées mais pas du tout ».

– Homophobie. L’homosexualité serait une invention occidentale imposée à l’Afrique et au Maghreb, via un « impérialisme des modes de vie » de plus « le mode de vie homosexuel n’existe pas dans les quartiers populaires. Ce qui n’est pas une tare. »

– Religion « d’origine » en tant que ciment commun au groupe, l’islam étant une libération (sic) « La race est un rapport social comme le genre, comme la classe…/… Pour autant, la racialisation ne concerne pas seulement les populations issues de la colonisation. Les Turcs sont musulmans et n’ont pas été colonisés. »

– Seule alternative possible être musulman ou être français (les Français de culture musulmane sont des traîtres comme Sophia Aram à qui le PIR consacre un texte « Politiser la trahison: le cas Sophia Aram »), « le rapport de domination traverse ces couples mixtes et leurs enfants. Est-ce qu’il sera plutôt musulman ou plutôt français ? »

– Antisémitisme au nom d’un anti-sionisme radical « Nous refusons d’inscrire les sentiments anti-juifs des indigènes dans la filiation de l’antisémitisme européen. » et « Il devient urgent pour les juifs de brandir leurs identités ethnico-religieuses associées à des identités politiques radicalement anti-sionistes et antiracistes: « non, les juifs ne sont pas tous sionistes ». Bien sûr sans contrepartie, parce que c’est une question de justice. »

Face à de telles positions, comment peut-on expliquer qu’une partie de la gauche de la gauche s’allie avec le PIR ? Deux raisons doivent être mises en avant. La première, définie clairement par le PIR c’est « Comment choisissons-nous nos alliés ? En fait, c’est eux qui nous choisissent: nous attendons qu’ils se positionnent sur nos combats: islamophobie, Palestine, racisme d’État, crimes policiers, etc., et nous observons leurs prises de position. Sans surprise, c’est la gauche radicale qui vient à nous. »



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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Ven 30 Oct - 1:07



l’émergence des voix juives non sionistes dans le monde occidental

soirée de rencontres et débats le 7 novembre 2015, à l’occasion de l'Assemblée générale annuelle de l’UJFP

Citation :
thème : Comment ces voix juives analysent-elles la situation en Palestine et Israël aujourd’hui et les politiques et courants racistes en Europe et en Amérique du Nord ? Quels sont leurs engagements ? Quel est leur poids parmi les populations juives ?


Participeront à cette soirée notamment :

- Fabienne Presentey, d’Independant Jewish Voices (IJV, Canada)
- Henri Wajnblum, de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB, Belgique)
- Martine Kleinberg, du Comité pour une Paix Juste au Proche-Orient (CPJPO, Luxembourg)

L’UJFP interviendra et animera les débats

Cette réunion publique aura lieu : le samedi 7 novembre 2015 à 20h au CICP 21 ter rue Voltaire à Paris 11ème


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Lun 2 Nov - 17:51

Légère baisse des actes antisémites sur les neuf premiers mois de 2015 02 novembre 2015 |  Par La rédaction de Mediapart

Les actes et menaces antisémites ont reculé de 1,5 % sur les neuf premiers mois de 2015 par rapport à la même période de 2014, a annoncé dimanche Bernard Cazeneuve


Citation :
Le nombre des actes et menaces antisémites a légèrement reculé, de 1,5 %, sur les neuf premiers mois de l'année, par rapport à la période identique de 2014, s'est félicité Bernard Cazeneuve dimanche soir lors d'un discours prononcé en clôture d'une convention nationale du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF) à Paris.

En creux, cette tendance laisse entendre que l'été fut plus calme, puisque les actes et menaces antisémites ont grimpé de 84 % en début d'année, de janvier à mai. Selon Bernard Cazeneuve, cette évolution doit « encore être considérée avec prudence et c'est pourquoi l'État ne doit en aucun cas relâcher son effort ».

L'an dernier, le nombre d'actes antisémites avait doublé d'une année sur l'autre, avec 851 actions et menaces recensées, contre 423 en 2013, un plus haut depuis 2004 (974 actes), selon le service de protection de la communauté juive (SPCJ).


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Dim 8 Nov - 17:42

la propagande sioniste pro-Israël doit être connue, pour mesurer à cette aulne l'idéologie française, y compris chez les "anarchistes" et autres ultragauchistes à la Yves Coleman



La marche de l’indignité Aaron Weisz 05/11/2015

Lorgnant plus vers la « lutte des races » que l’antiracisme, et déployant un net antisionisme, « la marche de la dignité et contre le racisme » du 31 octobre aura été une démonstration de communautarisme.


Citation :
Le samedi 31 octobre, entre 3.000 et 10.000 personnes avaient répondu à l’appel lancé en mai dernier par Amine Bentounsi, dont le frère avait été tué par un policier en 2012. Violences policières, discriminations et reconnaissance de leur singularité, leurs motifs légitimes pour marcher ne manquaient pas. Mais un slogan largement partagé a rapidement éclipsé ces bons sentiments : « protester contre le moule républicain qui nous écrase » (sic). Comme pour rappeler que le Parti des Indigènes de la République connu pour son antisémitisme était dans l’organisation de cette marche aux côtés de Tariq Ramadan.

A lire les pancartes des marcheurs affirmant que « l’assimilation est un colonialisme », on pouvait se douter que leur conception des rapports de force entre dominants et dominés mettaient en scène les blancs dominants, et que les dominés seraient, selon leurs termes, « les Noirs, les Arabes, les Roms ». L’esprit du 31 octobre : quand la lutte des classes devient « la lutte des races ».

En filigrane, c’est le principe d’égalité devant la loi républicaine qui se voyait récusé pour être remplacé par l’affirmation des identités contre la République. Changement de paradigme ne pouvant qu’aboutir à l’exaltation des communautarismes. Ou le racisme inversé des antiracistes.

Cette épiphanie du multiculturalisme a séduit Edwy Plenel et les militants d’Europe Ecologie Les Verts et du Nouveau Parti Anticapitaliste. Ces deniers scandaient des slogans appelant à la « résistance », soutenant en particulier « la résistance palestinienne sous toutes ses formes » (sic). Les autres causes internationales étaient laissées sous silence. En effet, si les organisateurs ont exhorté la foule à hurler « Je ne suis pas Charlie » et à huer les noms de certaines personnalités – en vrac : François Hollande, Nicolas Sarkozy, Manuel Valls, Nadine Morano, Bernard-Henri Lévy, Michel Onfray, Eric Zemmour – Benjamin Netanyahou a été le seul homme politique étranger qui a eu l’honneur d’entendre son nom insulté. Le BDS pouvait tenir le haut du pavé au cours de cette marche. L’antisionisme était la valeur la mieux partagée par l’islamo-gauchisme en mouvement.

Un panneau avec l’inscription « Je suis Ilan Halimi »

Peu gêné d’entendre les chef de l’Etat et du Gouvernement insultés, le député PS de la 9e circonscription des Français de l’Etranger, Pouria Amirshahi, n’avait pas hésité à placer ses pas dans ceux d’Houria Boudjelta – pour ne pas lui laisser tout le bénéfice médiatique, sans doute... Pourtant, la porte-parole du Parti des Indigènes de la République a rarement été avare en discours du pire. Entre autres dérapages contrôlés, elle a récemment accusé le gouvernement de « philosémitisme d’Etat ».

Pour amplifier la confusion idéologique ambiante, un panneau avec l’inscription « Je suis Ilan Halimi » voisinait avec un groupe se faisant appeler « Autodéfense : juives et juifs révolutionnaires ». Leurs visages dissimulés témoignaient de leur audace.

A la tribune, un orateur avait beau dire que « les quartiers avaient brûlé il y a dix ans pour mettre de la lumière », ce dimanche 31 octobre 2015, de cet incendie prétendument lumineux, il ne restait que les cendres.


dans la manifestation






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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Dim 22 Nov - 14:17

De l’état d’urgence à l’état d’exception constitutionnalisé Jean-Claude Meyer UJFP, Union Juive Française pour la Paix, des 20 novembre 2015

Le président de la République l’a déclaré devant le Congrès à Versailles : « La France est en guerre »

Citation :
Conséquence, après l’annonce que « l’état d’urgence » est prorogé de 12 jours à 3 mois, il demande aux élus, députés et sénateurs, de voter au pas de charge l’état d’urgence pour 3 mois et d’inscrire au plus vite, ce mercredi 18 novembre 2015, l’état d’exception dans la Constitution de la Ve République. Seuls six députés s’y sont opposés !

Un coup d’État « légal ».

Sans remonter au 18 Brumaire, en 1940, c’est la défaite militaire qui a permis à Pétain d’installer le régime de Vichy. En 1958, c’est sous la pression de l’armée et des putschistes en Algérie que le général de Gaulle a pris le pouvoir.

Libertés ou sécurité ?

En 2015, ce sont les attentats de Paris, qui, au nom de la sûreté des citoyens tétanisés, servent de prétexte à l’instauration d’un État sécuritaire où les libertés démocratiques sont annihilées.

On en a déjà un avant-goût : police et armée omniprésentes, interdiction des rassemblements, rétention administrative, perquisitions nocturnes sans autorisation d’un juge, contrôle renforcé des frontières, surveillance des médias, etc. Nous ne sommes déjà plus en démocratie même si, pour la forme, les élections sont pour le moment maintenues.

Des pans entiers du programme de la droite dure et du Front national sont repris par François Hollande, assignation à résidence, perquisitions administratives, déchéance de la nationalité française de binationaux, mêmes nés en France, bracelets électroniques pour des suspects, mobilisation des réservistes, extension de la « légitime défense » des policiers. Marine Le Pen n’a pas besoin de venir au pouvoir, avec Hollande, Valls, Cazeneuve, elle y est déjà. Elle s’est d’ailleurs portée candidate au poste de premier ministre de Hollande.

A une autre époque, des centaines de milliers de manifestants seraient déjà dans la rue à l’appel des organisations démocratiques. Or, chacun peut constater qu’à l’exception de communiqués de presse, il ne se passe presque rien à la hauteur du danger imminent. Et dans les villes et les campagnes, en apparence, un mois avant Noël, la vie d’avant continue, comme si les gens se mettaient la tête dans le sable en poursuivant le culte de la marchandise.

Pourtant, il n’y a pas de temps à perdre ! Des manifestations sont annoncées à l’appel de ceux qui n’ont pas capitulé, comme à Toulouse le 21 novembre. Des organisations de la vraie gauche préparent un début de riposte.

Le danger est grand. Déjà on voit que sous le prétexte d’assurer la sécurité des citoyens, se met en place un régime militaro-policier, un nouveau totalitarisme qui prend appui sur la sidération, la peur et la servitude volontaire.

Il est encore temps de se lever, de dire non, de sortir de nos logements pour affirmer dans l’espace public notre attachement aux libertés démocratiques et notre volonté de conserver les acquis sociaux d’un siècle de combats.


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Jeu 26 Nov - 23:58



La riposte de Paris au choc des civilisations

25 novembre 2015 par Michel Warschawski Journaliste israélien

Citation :
Les attaques des commandos de Daech à Paris et à Saint-Denis provoquent chezLa riposte de Paris au choc des civilisationsLa riposte de Paris au choc des civilisations toute personne sensée l’indignation et la colère : des centaines de civils innocents ont été massacrés par des tueurs armés de kalachnikovs et d’une idéologie mortifère. Mais on ne peut se limiter à l’indignation, et même devant les images d’horreur que les chaînes de télévision nous servent en boucle, il nous faut faire l’effort de comprendre, ne serait-ce que pour mettre en garde contre ce qui risque de provoquer de nouveaux attentats de ce genre.


Le langage utilisé par les tueurs de Daech est celui du choc des civilisations. Mais d’où vient cette idéologie ? Certainement pas des quartiers populaires de Bruxelles ou de Paris, pas plus que des banlieues de Damas ou des universités de Tunis. L’idéologie du choc des civilisations est née au milieu des années 1980 dans les think-tanks néoconservateurs américano-israéliens. C’est Samuel Huntington qui, sous forme d’anticipation, l’a théorisé de fait. Les politiques néoconservateurs, en particulier George W. Bush et Benyamin Netanyahou, vont alors en faire une stratégie, simpliste mais sanglante.

Selon la pensée néoconservatrice, le monde est divisé en deux (« l’axe du bien » et « l’axe du mal », chers à l’ancien locataire de la Maison-Blanche et à ses conseillers) : d’un côté le monde civilisé, démocratique et assoiffé de liberté, de l’autre les barbares qui menacent cette civilisation. Si, au début, ils dénommaient l’axe du mal « le terrorisme international », il a rapidement été ré-identifié comme le « terrorisme islamiste » pour devenir finalement, dans la logique du choc des civilisations, l’islam lui-même comme menace civilisationnelle. Pour les néoconservateurs le choc est bel est bien entre ce qu’ils appellent la « civilisation judéo-chrétienne » et le monde musulman.

Le corollaire de cette division civilisationnelle du monde est la guerre globale, permanente et préventive, dans laquelle se lancent les États-Unis et leurs alliés, en Afghanistan, en Iraq, au Liban et en Palestine. Des millions de morts, des destructions sans nom, des sommes colossales gaspillées dans la guerre et l’armement pour finalement déboucher sur un échec cinglant : la résistance des peuples a tenu tête au terrorisme d’État global et a réussi à faire reculer l’Empire. Bush a dû faire place à Barack Obama et la stratégie de la guerre globale à une politique plus subtile faite, entre autres, de sous-traitance à des régimes locaux, des groupes paramilitaires et d’autres États.

La France s’est chargée de ce qu’elle considère comme sa chasse gardée, l’Afrique subsaharienne francophone où elle fomente des coups d’État, arme des milices, et n’hésite pas non plus à bombarder (Libye), voire à envoyer des troupes au sol, comme c’est le cas au Mali. Et l’appétit vient en bombardant : face à la prétendue mollesse de Barack Obama, Napoléon-Hollande décide d’intervenir en Syrie, et d’y semer la mort et la destruction. Comme les États-Unis en ont fait l’expérience dans des aventures militaires précédentes, les frappes dites chirurgicales sont grosses de bavures et les « victimes collatérales » se multiplient. S’il y avait des guerres unilatérales, on le saurait. Toute agression provoque tôt ou tard une réaction, que ce soit sous forme de résistance sur le terrain ou d’actes de représailles dans la métropole impérialiste. La tuerie des commandos de Daech à Paris et Saint-Denis est d’abord une action de représailles aux aventures militaires sanglantes de la France en Syrie. François Hollande aurait dû apprendre du cas israélien que toute agression provoque une réaction, quel que soit le rapport de forces d’ailleurs : quarante-cinq ans après le début de l’occupation coloniale israélienne de la Cisjordanie et de Gaza, une nouvelle génération se soulève, avec des couteaux de cuisine et des tournevis et réduit à néant l’illusion d’une normalité et la propagande sur la sécurité des Israéliens.

Et pourtant, le gouvernement israélien, une partie des médias locaux et de l’opinion publique, ont le culot de se moquer ces derniers jours de la France, de sa mollesse et de son échec dans la lutte contre le terrorisme ; Netanyahou s’est même porté volontaire pour enseigner aux autorités françaises comment on fait front au terrorisme. S’il n’était pas enivré par l’ubris et par ses propres discours, le premier ministre israélien dirait au président français que de nouvelles lois liberticides, l’amendement de la Constitution et la criminalisation de tout ce qui est basané, ne produisent ni l’écrasement du terrorisme ni plus de sécurité aux citoyens, bien au contraire. Netanyahou est le dernier à pouvoir se moquer de l’« impuissance française », lui qui n’arrive pas à juguler les attaques au couteau de cuisine de jeunes adolescents palestiniens. Mais il faut bien qu’il dise quelque chose, alors que les terroristes de Paris et de Saint-Denis ne lui ont pas servi cette fois son plat préféré : l’attaque d’une synagogue ou un attentat dans un Hyper Cacher aux cris de « mort aux juifs ».


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Ven 27 Nov - 10:04

Ha’Aretz - Tel-Aviv

Vu d'Israël. La France vaincra le terrorisme sans perdre son âme Nitzan Horowitz Ha’Aretz - Tel-Aviv 22/11/2015

Hommage du quotidien de la gauche israélienne à la France, pays qui saura surmonter la terreur sans renoncer à ses libertés ni mettre au ban ses citoyens musulmans.

A Paris, le 18 novembre 2015. PHOTO JOEL SAGET/AFP

Ceux qui entendent piétiner les valeurs démocratiques de la France au nom de la lutte contre le terrorisme obéissent à un scénario cher à Daech. L’immense majorité des musulmans français, qui représentent 10 % de la population du pays, sont révoltés par le terrorisme. Ils sont en très grande majorité français de naissance et souhaitent ardemment s’intégrer, étudier et faire une carrière. Une petite minorité extrémiste vise la destruction de la France et la ruine de la culture occidentale. Cette minorité joue sur la pauvreté, le racisme et la frustration qui règnent dans les banlieues pour recruter des jeunes sans espoir

Nitzan Horowitz a écrit:
Les Israéliens font souvent preuve d’arrogance quand ce genre d’incident se produit à l’étranger : “Ils sont naïfs, ils ne comprennent pas vraiment à qui ils ont affaire.” Or les Français comprennent très bien. Il y a longtemps que la France est confrontée au terrorisme islamiste. Ses services de sécurité, qui sont les meilleurs d’Europe et qui ont les meilleurs réseaux, en ont fait leur cible principale. La dernière chose qu’on puisse dire, c’est que la France se repose sur ses lauriers en la matière. Elle est parfaitement consciente de la gravité de la menace.

La survie de la démocratie se joue maintenant

Le véritable danger, en revanche, concerne son caractère et son esprit. D’un côté, les terroristes cherchent à entraîner le pays dans une guerre contre ses citoyens musulmans. De l’autre, les forces ténébreuses de l’extrême droite sont en embuscade dans les zones grises de la république et attendent dans l’ombre que l’état d’urgence mine le régime, comme la peste de Camus. Le gouvernement français navigue entre ces deux écueils et sa mission devient de plus en plus difficile. Comment éliminer les terroristes français sans que la France soit touchée au cœur ? La survie de la démocratie française est en jeu. Ce n’est pas un hasard si l’EI a attaqué Paris, selon lui la capitale de la prostitution et du vice. Et que considère-t-il comme le vice ? La laïcité, la culture, la liberté, l’égalité, la fraternité, le fait que la France se revendique comme le berceau des droits de l’homme. C’est ce que Thomas Jefferson voulait dire quand il a déclaré : “Tout homme a deux pays : le sien et la France.” C’est ce pays-là que Daech cherche à mettre à terre.

Le président François Hollande est désormais confronté à sa plus grande épreuve, l’une des plus difficiles de l’histoire de la France moderne. Certains dans son entourage le pressent d’adopter la politique de l’extrême droite et de cibler tous les musulmans. D’autres comprennent le danger que présente cette idée. Anne Hidalgo, maire de Paris et fille d’immigrés espagnols, sait que pour lutter contre le terrorisme il faut impliquer les communautés [musulmanes] locales, recruter des chefs musulmans. Elle est consciente que la plus grande catastrophe serait de déstabiliser des communautés entières, qui n’auraient alors pas d’autre choix que d’aller vers Daech.

L’Europe et l’ensemble du monde libre vont connaître des jours sombres. Les cris des victimes suscitent des appels à la guerre. Dans ce genre de situation, en France comme en Israël, certains commentateurs considèrent les droits de l’homme comme un obstacle à la lutte contre le terrorisme et font pression pour supprimer toutes les barrières légales. Ce serait la plus grande des erreurs. Un Etat démocratique peut lutter contre ses ennemis sans perdre son âme et la France le sait. Elle a payé un prix élevé par le passé pour s’être écartée de la voie démocratique. Non seulement il n’y a pas de contradiction entre les valeurs démocratiques et la lutte contre la violence, mais c’est justement pour ces valeurs qu’on se bat. Si l’on réduit la démocratie au nom de cette lutte, le terrorisme aura gagné parce que c’est là son objectif : tuer l’esprit de liberté.


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Mar 1 Déc - 0:23

k
à propos d'André Glucksmann, d'un échange sur Médiapart

Marc Tertre a écrit:
27 nov. 2015

Glucksmann a toujours été une crapule, quand il était encore marxiste léniniste (un de mes premiers souvenirs politique était une de ses diatribes pronant la violence politique alors qu'il ne risquait rien LUI)  
 
et plus encore quand il s'est aperçu avec 50 années de retard que l'urss n'était pas le "paradis des travailleurs" promis, et que la "grande révolution culturelle prolétarienne" avait été un bain de sang. Il a vanté les mérite d'un vieux crétin rochon antisémite (Soljenitsine) et complétement réactionnaire,  avant de tomber sous le charme de Sarkozy.

 Et vous voudriez en plus que Médiapart consacre un article à sa gloire ? Le masochisme a des limites, il me semble...


Patlotch a écrit:

la rage de la vérité

toutefois, j'ai ANdré Glucksmann écouté il y a quelques jours à la radio, il évoquait sa jeunesse, expliquant qu'il ne ressentait pas alors de haine, mais une colère froide, et rentrée, quand sa famille lui expliquait qu'il fallait « oublier tout ça », et que lui, en pension, voyait de bien plus malheureux enfants juifs, qui avaient "là-bas" perdu toute leur famille, qui ne pouvaient, eux, rien oublier, marqués qu'ils étaient à jamais

Glucksmann expliquait alors que ce n'est pas la colère qui l'avait porté à devenir écrivain, mais la rage : la rage de la vérité

et là, Patlotch en avocat du diable se revendique "glucksmannien"

après, on me dira, la vérité selon Glucksman est à géométrie variable, comme sa rage à la dévoiler, mais seulement en partie, comme certain.e.s ici


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Mar 1 Déc - 12:20



Nouvelle édition de "Cinq années de ma vie" d’Alfred Dreyfus 1 Décembre 2015, Repères anti-racistes

Cette nouvelle édition des mémoires du Capitaine Dreyfus est agrémentée d’une préface d’Emmeline Fagot, membre de l’UJFP, dans laquelle elle compare le racisme d’État tel qu’il s’incarne au moment de l’Affaire Dreyfus et dans les formes qu’il revêt actuellement


Le livre est disponible aux Éditions Laborintus.

Extrait de la préface :

Citation :
"Si l’on veut lutter efficacement contre le racisme, quelle que soit la forme qu’il revêt, il est fondamental de l’envisager comme un tout indissociable. Depuis de nombreuses années, il est courant d’entendre parler de lutte contre « le racisme et l’antisémitisme » or il s’agit ici d’une aberration dans la mesure où la distinction que l’expression opère semble différencier et finalement hiérarchiser le racisme antijuif et toutes les autres formes de racisme. Pourquoi ? Au nom de quoi ? On retrouve ici le même mécanisme à l’œuvre dans le philosémitisme précédemment abordé. Par conséquent, l’exaspération née d’un sentiment d’injustice, d’un « deux poids, deux mesures », peut alimenter l’antisémitisme. Ce mécanisme exacerbe la concurrence des mémoires et peut faire perdre de vue le vrai combat qui est à mener : celui de la lutte contre le racisme d’État sous toutes ses formes. Rappelons ici que le terme « racisme d’État » ne renvoie pas seulement à des lois qui seraient ouvertement discriminatoires, mais, entre autres, à un ensemble de déclarations de responsables politiques de tous bords identifiant des catégories de la population comme ayant des caractéristiques intrinsèquement négatives et dangereuses pour la nation ou encore à la violence policière qui frappe certaines minorités et demeure dans la quasi-totalité des cas impunie par la justice de ce pays [1]. Ce racisme est d’autant plus dangereux qu’il vise des minorités particulièrement touchées par la précarité socio-économique.

Par ailleurs, le rôle de relais que jouent la plupart des organes de presse, en reprenant allégrement des stéréotypes islamophobes ou rromophobes, est fondamental et participe de la banalisation d’un climat raciste. Et nous ne pensons même pas, ici, à la presse traditionnellement identifiée comme d’extrême droite. Ces dernières années, Le Point et L’Express, par exemple, ont multiplié les Unes présentant l’islam comme dangereux avec des titres aussi inspirés que « Cet islam sans gêne », « Islam - les vérités qui dérangent » ou encore « L’Occident face à l’islam ». Cette obsession islamophobe s’illustre aussi par des émissions télévisées comme celle intitulée « L’islam est-il soluble dans la République ? [2] », formulation dont le style n’est pas sans rappeler les théories raciales prétendument scientifiques du 19e siècle…

Les sorties de certains responsables politiques de premier plan viennent cautionner des stéréotypes haineux en évoquant la présumée incapacité de certaines minorités à vivre en France. Nous n’évoquerons pas ici le cas de l’extrême droite à laquelle le racisme est consubstantiel. Des partis de droite ont quant à eux, depuis un certain nombre d’années, suivi le chemin du Front national en incluant dans leurs analyses et programmes des repères et des prises de position de même ordre. Ainsi, début juin 2015, à peine formés, les Républicains consacraient leur première journée de travail à la question « l’islam en France ou l’islam de France », en présence d’élus de terrain et de spécialistes de la laïcité. Il est intéressant de voir que, si le concept de laïcité, dont l’essence n’est pas le rejet des croyances ni des pratiques, est invoqué à un rythme sans précédent depuis plusieurs années, il l’est de façon quasi systématique en opposition à l’islam. Par exemple, le 17 juin 2015, une conférence était organisée à Sciences Po sur le thème « Université : la laïcité en péril ? » et le dessin qui illustrait l’événement représentait une femme voilée entachant le mot « laïcité », un stylo bleu-blanc-rouge à la main. En somme, on donne à penser que la laïcité n’est menacée que par un seul culte, celui des musulmans ; du moins lorsqu’ils sont issus des classes populaires françaises, car la pratique rigoriste des dirigeants saoudiens ne semble pas déranger. En effet, l’Arabie Saoudite est le premier partenaire commercial de la France dans le Golfe [3].

Même certaines formations politiques dites de gauche se laissent aller à des prises de position racistes. Ainsi, en septembre 2013, alors ministre de l’Intérieur, Manuel Valls déclare, au sujet des Rroms : « ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation » puis « les Rroms ont vocation à revenir en Roumanie ou en Bulgarie. » Si nous comparons ces propos à ceux qu’il a tenus, comme Premier ministre en janvier 2015, au sujet des Juifs cette fois « La France sans les Juifs de France n’est plus la France », nous comprenons que les autorités françaises choisissent, parmi les minorités du pays, celles qu’elles acceptent et celles qu’elles rejettent.

Cent vingt et un ans après la première condamnation du capitaine Dreyfus, la France n’en a toujours pas fini avec le racisme d’État. Qu’il s’agisse des musulmans désignés comme ennemis des Juifs ou l’inverse, des Rroms désignés comme inassimilables ou des Noirs ou Arabes dont la mort, lorsque ceux-ci viennent de quartiers populaires, ne méritent pas une condamnation en justice. Les solutions ne seront pas faciles à trouver, mais aucune ne passera par l’affrontement des minorités entre elles. Le racisme est un et indivisible et, en tant que tel, c’est ensemble que nous le combattrons."

Alfred Dreyfus (Mulhouse 1859 - Paris 1935) : à cause d’une erreur judiciaire, il est arrêté et condamné au bagne à perpétuité pour espionnage. En 1898 Émile Zola publie dans L’Aurore une lettre adressée au Président Faure : « J’accuse ! ». L’Affaire Dreyfus éclate.

[1] [Dans l’actualité récente, cette impunité s’est à nouveau illustrée par la relaxe des deux policiers poursuivis pour non-assistance à personne en danger, après la mort de Zyed et Bouna, deux jeunes de Clichy-sous-Bois qui s’étaient réfugiés dans un poste électrique pour échapper à une course-poursuite avec la police en 2005.

[2] [Émission « Hondelatte Dimanche » du 17 février 2013

[3] [http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/dossiers-pays/arabie-saoudite/la-france-et-l-arabie-saoudite/


Emmeline Fagot est enseignante en Île-de-France et membre de l’Union juive française pour la paix depuis 2008. Le 11 janvier 2015, encore sous le choc de la tuerie de l’Hypercacher elle écrit un court texte de colère sur le modèle du « J’accuse » d’Émile Zola et renvoie ceux qu’elle juge être des pompiers pyromanes à leurs responsabilités. a écrit:

Alfred Dreyfus Cinq années de ma vie - Prix : 10 euros
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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Sam 5 Déc - 23:30



Une hausse des départs de juifs français vers Israël moins forte qu’annoncée Le Monde 03.12.2015 Piotr Smolar (Jérusalem, correspondant)  


Cours d'hébreu pour de nouveaux arrivants français en Israël,
fin janvier 2015 à Jérusalem

Citation :
Une hausse continue, mais moins spectaculaire que prévu. C’est ainsi que se présentent les statistiques de l’alya pour l’année 2015 chez les juifs français. Après le record de l’année précédente, au cours de laquelle 7 200 personnes avaient sauté le pas et étaient « montés » en Israël, selon l’expression consacrée, l’Agence juive prévoit une nouvelle augmentation d’environ 10 %. Sur l’année, le chiffre devrait s’élever à 8 000. Ils n’étaient que 3 300 en 2013. Mais ce résultat est en dessous des prévisions euphoriques faites par l’Agence juive et d’autres responsables israéliens.

« Si des individus ont décidé d’émigrer à la suite des attentats, on ne les verra apparaître dans les statistiques que l’an prochain »

Avant même les attentats de janvier à Paris contre la rédaction de Charlie Hebdo et le supermarché Hyper Cacher, il était question de plus de 10 000 arrivants en 2015. Puis Natan Sharansky, le directeur de l’Agence juive, a évoqué le chiffre de 15 000. D’autres projections faites sur plusieurs années annonçaient un exode massif d’environ 50 000 juifs français. Pour l’heure, on n’en est pas là. Mais ce décalage peut s’expliquer par le temps nécessaire pour organiser un départ.

Les attentats de janvier, puis...



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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Sam 5 Déc - 23:40



Juifs dans l’Algérie coloniale 25 novembre 2015


Résumé : Une histoire politique et sociale des attitudes juives face à la colonisation et dans la constitution d’un « devenir algérien »

Hugo Dufils a écrit:
L’indépendance algérienne s’est accompagnée d’exils importants et chargés en symbole. Ils sont 130 000 Juifs citoyens français en 1962 à quitter l’Algérie après la signature des Accords d’Evian. Cet événement marque un moment fondateur et traumatique dans la construction de leur mémoire collective. L’historiographie des Juifs du Maghreb a souvent proposé une lecture linéaire de ces différents épisodes et de la trajectoire de ces populations au sortir de la décolonisation. C’est à cette lecture téléologique que Pierre Jean Le Foll-Luciani, au cœur de son ouvrage Les juifs Algériens dans la lutte anticoloniale, oppose une histoire plurielle et complexe des Juifs d’Algérie, dans laquelle s’incarnent des « trajectoires dissidentes » irréductibles à l’acculturation française.

L’auteur s’appuie sur des fonds d’archives profus, inexplorés et variés : archives policières et administratives, entretiens, et mémoires d’anciens militants. L’usage d’entretiens et de sources biographiques comme outil d’analyse du parcours de quelques centaines de juifs anticolonialistes permet une histoire par le bas au plus près des réalités quotidiennes et vécues par cette communauté. Dès lors, ces trajectoires dissidentes ne sont plus analysées sous l’angle d’exemples purement singuliers non reliés au sens global de leur action et de leur engagement. Le militantisme politique des juifs algériens, au sein du parti communiste algérien (PCA) notamment, illustre des stratégies d’engagement intentionnées et volontaires qui en font un fait social dont l’examen permet d’éclairer l’histoire des Juifs d’Algérie. L’originalité de l’approche tient à la mise en exergue de la diversité de la communauté juive d’Algérie avant l’indépendance.

Dans cet ouvrage, Pierre-Jean Le Foll Luciani examine trois grandes thématiques : les Juifs d’Algérie face à la question coloniale, le « devenir algérien » – de l’entre-deux-guerres à 1954 – et les ressorts de la construction d’une identité nationale algérienne.

L’apport de ce travail est double. Il illustre avec précision les conditions d’émergence d’une socialisation politique des Juifs d’Algérie. Et, ce faisant, l’on comprend que la constitution d’un modèle politique singulier aurait pu émerger dans ce contexte colonial et faire naître une autre définition du « devenir algérien ».

L’identité juive face à la question coloniale

L’auteur étudie les différentes formes d’appréhension de la réalité coloniale des Juifs d’Algérie. Du rejet à l’approbation, leur attitude révèle une pluralité de réactions qui bousculent l’historiographie traditionnelle. L’idée que les Juifs sont fondamentalement assimilables aux principes de la civilisation occidentale est questionnée afin de montrer la diversité de leurs trajectoires politiques. Le thème de la « fraternité judéo-musulmane » se développe ainsi dans les années 1935-1937 en réaction à la flambée de propagande antisémite européenne. Moment épisodique et fragile, il n’en reste pas moins un exemple frappant de dépassement de la logique « raciale » ou « ethnique » au profit d’une stratégie principalement politique. L’engagement de ces militants anticolonialistes allait à rebours de leur condition d’origine et de la situation coloniale. Cette logique s’inscrivait en faux contre les principes raciaux de la société coloniale et illustrait l’existence d’autres formes d’engagement qui ont pu exister avant le renforcement de la conception arabo-musulmane de l’identité algérienne.

La question identitaire algérienne

Point charnière de l’engagement politique des Juifs d’Algérie, l’instauration du régime de Vichy et l’abrogation du décret Crémieux , caractérisant leur retour au statut d’ « indigène » constituent un socle à partir duquel les identités politiques vont se forger et se développer. Adeptes du sionisme ou du communisme, leur combat se cristallise principalement autour de la remise en cause de leur identification à la France. Le PCA trouvera un écho favorable à ce rejet de la situation coloniale pour fédérer des militants antiracistes, antifascistes et luttant contre l’antisémitisme.

Le PCA, les Jeunesses communistes ou l’union de la jeunesse démocratique algérienne constituaient des lieux de socialisation politique à part entière, où cohabitaient musulmans et non-musulmans. Le début de la guerre en 1954 modifie le paysage politique de ces « contre sociétés » politiques et elles doivent alors se redéfinir à l’aune de ce nouveau contexte. Des dissensions internes apparaissent dans les mouvements anticoloniaux et les militants juifs – principalement communistes – pour certains d’entre eux, rejoignent les rangs du FLN. Ces mutations entraînent également l’émergence de groupes politiques concurrents au sein du mouvement anticolonial. Peu à peu s’affirme le recours à lutte armée comme moyen d’expression de l’anticolonialisme, avec le rôle joué par l’Armée de libération nationale (ALN). Les Juifs d’Algérie continuent de suivre un modèle d’engagement fondé sur la participation à des réseaux politisés, leur implication dans la lutte armée restant très marginale.

Par ailleurs, leur engagement va aboutir à une forme de rejet du corps national. En effet, l’apparition de qualificatifs discriminants comme « traître » représente le durcissement « identitaire » des hommes d’Etat français mais aussi de la presse et des populations civiles après 1954.

La question « nationale » algérienne

L’identité multiculturelle défendue et promue par les militants juifs anticolonialistes ne prendra pas forme à l’indépendance de l’Algérie. Ce constat ne les empêche pas de partager la victoire avec les Musulmans. Après la signature des Accords d’Evian le 18 mars 1962, certains juifs ont encore des responsabilités politiques significatives. Mais leur parcours politique va se heurter aux nouvelles logiques administratives de l’Etat algérien. Le code de la nationalité du 12 mars 1963 et plus particulièrement son article 34 consacre une nation algérienne définie sur la base d’un critère ethno-religieux. Ce critère, jusqu’ici absent, oblige les autres membres de la société algérienne – Européens et Juifs d’Algérie – à demander l’acquisition de la nationalité. Découragés par la vision exclusive du code de la nationalité, les anticolonialistes européens et juifs se sentent de moins en moins légitimes à porter un discours engagé dans la sphère politique.

Une historiographie en reconstruction

Par son approche « micro-historique », Pierre Jean Le Foll Luciani nous permet d’examiner en profondeur les trajectoires plurielles des Juifs d’Algérie des années 30 à 1965 . Ces parcours donnent à voir les différents vecteurs d’identification privilégiés par ces populations, face à la question coloniale, face au régime de Vichy, et devant à la construction de l’identité nationale algérienne. Plus largement, c’est aussi une histoire sociale et politique des Juifs d’Algérie qui est entreprise dans cet ouvrage. L’œuvre apporte une contribution décisive à l’historiographie des Juifs du Maghreb et ouvre sans conteste la voie à l’exploration de nouveaux champs de recherche. Souvent mis à l’écart, l’histoire des Juifs du Maghreb est généralement conditionnée à leur entrée dans la modernité occidentale . Pierre-Jean Le Foll Luciani, dans le sillage d’autres historiennes et historiens désireux de réinterroger cette histoire silencieuse, participe à la restructuration progressive de l’historiographie des Juifs du Maghreb, qui ne cesse de se renouveler.


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Sam 5 Déc - 23:47



Israël réautorise l'immigration des Ethiopiens d'origine juive RFI 17-11-2015


Le 28 août 2013, le gouvernement israélien indiquait alors avoir terminé
le transfert des Ethiopiens d'origine juive, ici attendus par leurs familles en Israël.
© Michel Paul/RFI


Citation :
Le gouvernement israélien a annoncé dimanche 15 novembre autoriser l'immigration des Éthiopiens juifs, les Falashmoras, au cours des cinq prochaines années. En 2013, pourtant, Tel Aviv avait annoncé avoir rapatrié les derniers juifs d'Éthiopie et, depuis, fermé ses portes.

C'est autour de la ville de Gondar, au nord de l'Éthiopie, que vivent la majorité des Falashmoras, ces juifs éthiopiens imprégnés de culture chrétienne orthodoxe. Les Falashas sont arrivés en Israël lors de deux ponts aériens organisés secrètement en 1984 et 1991. Les fameuses opérations baptisées Moïse et Salomon.

En 2013, Israël annonçaît la dernière aliyah, le retour des juifs sur la Terre sainte. Le 28 août, le dernier avion décollait vers Tel-Aviv. Officiellement, les 6 700 derniers juifs éthiopiens étaient rapatriés. Du moins ceux qui avaient pu prouver leur judéité.

Bon nombre de candidats aux départs étaient alors laissés sur le carreau. Impossible d'avoir un chiffre précis. L'école Beta Israël a depuis fermé ses portes. Parmi les 2 500 élèves, tous n'ont pas pu rejoindre la Terre promise malgré leurs fortes convictions religieuses et identitaires. L'annonce du gouvernement israélien est pour eux un nouvel espoir. Même si aucune date précise de l'organisation de ce retour n'est encore connue.


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Dim 6 Déc - 0:03



Commémoration annuelle de l'expulsion des 850 000 Juifs des pays du monde arabo-islamique

Georges Bensoussan: « L'exode des Juifs des pays arabes, un véritable nettoyage ethnique par la peur » Steve Nadjar 30/11/2015


Crédit photo : DR
C'est ce lundi 30 novembre qu'a lieu en Israël la commémoration annuelle de l'expulsion des 850 000 Juifs des pays du monde arabo-islamique à partir de la fin de la Seconde guerre mondiale. Auteur d’une somme sur le sujet, "Juifs en pays arabes, le grand déracinement.1850-1975 (Tallandier, 2012)", l'historien Georges Bensoussan analyse les ressorts d’un épisode majeur de l’histoire juive contemporaine [MISE A JOUR, décembre 2014]

Citation :
Actualité Juive : Quelles sont les principaux facteurs du « grand déracinement » des Juifs en pays arabes ?

Georges Bensoussan : Le facteur numéro un est l’émancipation des Juifs, réalisée tout au long du XXe siècle d’abord dans les têtes, en particulier par l’école, mais pas dans la loi. Elle s’est doublée souvent d’une occidentalisation liée au processus colonial. Les colonisateurs ont été perçus comme des libérateurs par les minorités juives en pays arabes, les libérateurs d’un statut d’oppression. Cette émancipation et cette libération progressives des Juifs, au moins psychiquement, sont apparues insupportables à l’économie psychique du monde arabo-musulman, en particulier au droit musulman qui fonde l’infériorité du Juif – considéré comme un « dhimmi » – comme une condition permanente et non négociable.

Du fait de la colonisation et de l’éducation, les Juifs se libèrent de cette violence arabe, et en particulier de cette violence codifiée par l’islam. C’est à partir de ce moment que la libération du juif apparaît intolérable. Les Juifs vont être qualifiés dans les années 1920 d’« arrogants », traduire se prenant pour l’égal des musulmans, alors que le droit musulman tout entier stipule que le Juif est un inférieur.

Le facteur numéro un du divorce n’est pas par conséquent la création de l’Etat d’Israël. Cette idée est une vision de myope. On peut l’assimiler à l’affirmation selon laquelle l’Etat d’Israël a été créé suite à la Shoah. Israël n’a rien à voir avec la Shoah, mais est un enfant du sionisme.

  Il faut d’ailleurs rappeler que le mouvement sioniste n’a pas été très puissant chez les Juifs du monde arabe. Il était par exemple très faible en Irak. Or tous les Juifs de ce pays ont quitté l’Irak en 1950-1952, poussés au départ par l’atmosphère de terreur et de peur. La minorité juive en Irak était riche, diplômée, instruite, souvent très cultivée. En tant qu’élite, elle a fait l’objet d’une forme de jalousie sociale, de ressentiment des populations arabes. Surtout quand l’instruction a donné naissance à une bourgeoisie arabe diplômée : se développe alors une concurrence pour les places de médecins, d’avocats, d’ingénieurs, d’architectes, des fonctions où les juifs étaient surreprésentés. La création de l’Etat d’Israël n’est qu’un accélérateur de l’histoire. Quasiment partout, les sociétés arabes ont créé un climat de peur autour des communautés juives, sauf au Liban.

Le second facteur, c’est la perspective des indépendances arabes. Avec la fin du colonialisme et l’indépendance arabe programmée, les Juifs ont eu peur de retrouver l’oppression d’autrefois, en Irak, en Syrie, au Maghreb, en Libye. La lune de miel entre Juifs et musulmans en pays arabes est un mythe inventé au XIXe siècle.


A.J.: Quelles sont les conséquences matérielles de ces départs ?


G.B. : C’est une catastrophe. On assiste au départ de la quasi-totalité des Juifs du monde arabe. Sur les 900 000 ou 1 million de Juifs qui y vivaient, il en reste 4000 aujourd’hui. On peut parler d’un véritable nettoyage ethnique par la peur. Il n’y a pas eu d’expulsion sauf en Egypte, mais une incitation au départ par la peur, par le chantage et les pressions. On a rendu la vie difficile aux artisans et aux commerçants. On a tout fait pour les faire partir.

  Dans la majorité des cas, les Juifs ont vu leurs biens saisis par l’Etat. C’est une spoliation difficile à calculer mais immense, probablement équivalente à plusieurs milliards de dollars. Les spoliations ont été très importantes en Libye, en Syrie et en Egypte. Mais c’est surtout en Irak que la spoliation a été la plus importante, ce fut le vol de la communauté juive la plus riche du monde arabe. Les Juifs irakiens ont vu leurs biens bloqués, y compris leurs comptes bancaires ; ils n’ont pu souvent partir qu’avec 50 dollars en poche. Des pillages ont été menés, des Juifs ont été enlevés par la police et libérés en échange d’une rançon. On a vu des femmes se faire dévaliser leurs bijoux à l’aéroport. Même si vous parveniez à liquider votre usine ou votre logement, vous le faisiez à perte. Il suffisait pour les Arabes d’attendre que les prix chutent. Le temps jouait toujours contre les Juifs.


"De manière très étonnante, les Israéliens ont fait profil bas sur la question"

A.J.: Quelles sont les destinations vers lesquelles vont se tourner les Juifs quittant les terres arabes ?


G.B. : Les trois quarts vont s’installer en Israël, avec des diversités en fonction des pays. En Tunisie, la population se répartit de manière égale entre Israël et la France. En Algérie, 90% choisissent la France et 10% Israël. Au Maroc, le rapport est de 75% pour Israël et 25% pour la France et le Canada. Les Juifs irakiens rejoignent Israël, même si certains partiront ensuite vers l’Angleterre. Un pourcentage important de Juifs égyptiens a choisi Israël, mais d’autres ont rejoint la France, l’Italie ou l’Angleterre. De manière générale, les plus pauvres allaient en Israël et ont connu de graves problèmes d’intégration, en particulier les Juifs marocains.


A.J.: Quelle a été la position israélienne sur cette question dans les années 1950 et 1960 ?

G.B. : De manière très étonnante, les Israéliens ont fait profil bas sur la question, même s’ils ne l’ont pas totalement négligée. Ils ne l’ont pas utilisée dans les négociations pour réclamer des réparations pour les réfugiés juifs spoliés. Cela change aujourd’hui. Je pense que c’est probablement dû notamment au manque de sensibilité des instances dirigeantes israéliennes d’origine ashkénaze à ce déracinement, bien que quelqu’un comme David Ben Gourion ait été très conscient de cette tragédie. Peut-être également n’a-t-on pas voulu, en évoquant le départ forcé des Juifs du monde arabe, voir soulever dans la communauté internationale la question des réfugiés palestiniens.


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Mer 9 Déc - 15:57

un peu plus ancien,  2 mars 2012 par Indigène TV



Intervention de Enzo Traverso lors de la Conférence "Pour une lecture décoloniale de la Shoah"


Citation :
La modernité juive s’est déployée entre les Lumières et la Seconde Guerre mondiale, entre les débats qui ont préparé l’Émancipation et le génocide nazi. Pendant ces deux siècles, l’Europe en a été le cœur ; sa richesse intellectuelle, littéraire, scientifique et artistique s’est révélée exceptionnelle. Mais la modernité juive a épuisé sa trajectoire. Après avoir été un foyer de la pensée critique du monde occidental, les juifs se sont retrouvés, par une sorte de renversement paradoxal, du côté de la domination.

Les intellectuels ont été rappelés à l’ordre et les subversifs se sont assagis, en devenant souvent des conservateurs. L’antisémitisme a cessé de modeler les cultures occidentales, en laissant la place à l’islamophobie, la forme dominante du racisme en ce début du XXIe siècle. Transformée en « religion civile » de nos démocraties libérales, la mémoire de l’Holocauste a fait de l’ancien « peuple paria » une minorité respectable, distinguée, héritière d’une histoire à l’aune de laquelle l’Occident démocratique mesure ses vertus morales.

Dans cet essai novateur, Enzo Traverso analyse cette métamorphose historique. Son bilan ne vise pas à condamner ou à absoudre mais à réfléchir sur une expérience achevée, afin d’en sauver le legs, menacé tant par sa canonisation stérile que par sa confiscation conservatrice.


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Ven 11 Déc - 9:42



chers amis juifs, tout vient à point à qui sait attendre...

L’Eglise catholique ne cherchera plus à convertir les juifs Le Monde.fr avec AFP 10.12.2015


Le cardinal Koch (à droite), président du Conseil pontifical pour la promotion de l'unité des chrétiens,
et le rabbin Rosen, de l'American Jewish Committee, le 10 décembre 2015, au Vatican

Cinquante ans après la déclaration Nostra Ætate (« A notre époque ») ayant mis fin à des siècles de mépris et ouvert le dialogue, le Vatican, par la voix de la commission pour les rapports religieux avec le judaïsme affirme que les juifs peuvent obtenir le salut éternel sans devenir chrétiens, et invite les catholiques à ne pas chercher à les convertir.

Citation :
Cette commission théologique va un peu plus loin que Benoît XVI, qui s’était prononcé dans un livre en 2011 contre tout effort pour convertir les juifs.

« Bien que les juifs ne puissent pas croire en Jésus-Christ comme rédempteur universel, ils ont une part dans le salut », assure cette commission menée par le cardinal suisse Kurt Koch, président du conseil pontifical pour la promotion de l’unité des chrétiens dans un document présenté, jeudi 10 décembre, sans s’avancer sur le comment.

L’Eglise considère en effet que le salut ne peut venir que par la foi en Jésus, fils de Dieu, mort et ressuscité, et que les chrétiens sont appelés à répandre cette foi dans le monde entier.

Responsabilité catholique dans l’antisémitisme en Europe

Mais les catholiques doivent comprendre cet appel « d’une manière différente » pour les juifs et témoigner envers eux de leur foi « avec humilité et sensibilité, reconnaissant que les juifs sont porteurs de la parole de Dieu et gardant à l’esprit la grande tragédie de la Shoah », a expliqué la commission, dans une allusion à la responsabilité de l’enseignement de l’Eglise catholique dans le développement de l’antisémitisme en Europe. « Cela signifie concrètement que l’Eglise catholique ne mène ni n’encourage aucune mission institutionnelle tournée spécifiquement vers les juifs », insiste la commission.


comme quoi, rien n'est jamais tout noir ou tout blanc



Le pape François avec le Rabbin Samuel Rabinovitch (responsable du Mur des lamentations),
en Terre Sainte en 2014. Andrew Medichini/AP



PS : ne faites pas comme Patlotch, méfiez-vous quand même de ce pape, et lisez Yves Coleman, un vrai mondialiste
Pourquoi « Appelez-moi François » est une mystification cinématographique et historique

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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Ven 11 Déc - 11:00



Union des progressistes juifs de Belgique / Union Juive Française pour la Paix

Dans le cadre de la Journée internationale contre l’islamophobie - 12 décembre 2015 Amsterdam, Barcelone, Bruxelles, Londres, Madrid, Paris

Des Juifs contre l’islamophobie

Communiqué commun de l’Union des Progressistes Juifs de Belgique (UPJB) et de l’UJFP

Citation :
Comme tous les citoyens épris de justice et d’humanité, nous avons été sidérés et indignés par les massacres de masse commis à Paris le 13 novembre, dont l’onde de choc a traversé les frontières.

L’émotion ne doit pas encourager des mesures discriminatoires à l’encontre d’un « ennemi » qui a été désigné depuis 2001 avec la théorie du « choc des civilisations ».

Parce que nous avons été autrefois les parias de l’Europe jugés inassimilables et accusés de tous les maux et que l’antisémitisme est toujours à l’oeuvre et assassin, nous disons avec force à nos sœurs et à nos frères arabes, turcs, musulmans, « d’apparence musulmane », nés et éduqués ici ou venus d’ailleurs :

— > Nous sommes tous ici chez nous. L’égalité en droit, en respect et en dignité est due à tous.

— > Personne n’a le droit de multiplier des lois et des règlements discriminatoires dont vous êtes aujourd’hui les premières cibles.

— > Personne n’a le droit d’établir entre nous des distinctions en fonction d’une nationalité d’origine qui feraient de beaucoup d’entre vous des citoyens de seconde zone.

— > Personne n’a le droit de vous suspecter à cause de votre religion, de votre apparence ou de votre origine présumée.

— > Personne n’a le droit de vous sommer de vous justifier.

— > Personne n’a le droit de mélanger à l’envi islam, islamisme et terrorisme, pas plus que d’assimiler Juifs et sionistes.

— > Personne n’a le droit de proclamer un Etat d’urgence qui vous transformerait en coupables potentiels.

— > Personne n’a le droit de vous discriminer au travail, au logement, à l’éducation ou à la citoyenneté.

— > Personne n’a le droit de multiplier les guerres et d’ériger des murs ou des camps à l’entrée de l’Europe ou sur son territoire.

Il n’y a pas d’alternative au "vivre ensemble" dans l’égalité des droits en Europe comme en Palestine/Israël. Juifs et musulmans, cette société est la nôtre. À nous de la rendre plus belle et plus juste, à l’unisson avec toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté.


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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Ven 11 Déc - 11:04


une longue série


Comment lutter contre l'antisémitisme sur Internet ?

Repères contre le racisme, pour la diversité et la solidarité internationale
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MessageSujet: Re: ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...   Jeu 17 Déc - 13:19



Etats-Unis : la communauté juive de Durham se mobilise contre l’islamophobie 15 décembre 2015


Citation :
La communauté juive de Durham, en Caroline du Nord, a tenu à réagir dans la nuit de vendredi aux récentes dérives des "débats" sur l’Islam.

Le groupe qui s’est rassemblé aux côtés des musulmans dans la rue, le soir de la fête de la Hannukah, a déclaré que le peuple juif a le souvenir de ces oppressions. Ce qui les obligeait à prendre la défense des musulmans. Beth Bruch, une des participantes, a témoigné en déclarant : « J’ai le même sentiment devant toutes les victimes d’injustice et d’oppression ».

Le mouvement s’inscrit dans une démarche globale de certaines communautés juives à travers le pays qui ont réagi à cette montée de l’islamophobie.

Manzoor Cheema, membre des musulmans pour la Justice Sociale (Muslims for Social Justice), n’a pas hésité à relier cette islamophobie aux dérives de la société et aux combats pour les droits des noirs et contre le sexisme et l’homophobie.

Reprenant les propos polémiques de Donald Trump il a ajouté : « Le véritable danger dans ses propos, c’est la banalisation d’un discours. Ces paroles feront que des personnes trouveront normal de diaboliser et d’attaquer les musulmans en toute impunité. » (Traduction oumma). La manifestation de Durham était initiée par l’association des Juifs contre l’islamophobie à New-York.


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