PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

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 un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 13 Déc - 11:23

plus bas, sur la présidentielle de 2017...



Les élections régionales en France révèlent la collaboration de classe des partis de gouvernement Guillaume Borel Mondialisation.ca, 13 décembre 2015


Le score du Front National à l’occasion du premier tour des élections régionales qui est arrivé en tête avec 28% des voix met en lumière la dérive vichyste des partis de gouvernement, Les Républicains et le Partis « socialiste ».

Citation :
La campagne pour le second tour, outre le parti-pris de classe de la presse subventionnée inféodée aux deux partis de gouvernement, a révélé la véritable nature du républicanisme français, un système politique qui n’offre aucune perspective positive aux électeurs français mais joue uniquement sur la construction du danger diabolisé constitué par le Front National.

Le ton a été donné par les principaux organes de presse à l’issue du premier tour, analysé dans un précédent articleet qui soulignait le « choc » que constituait le score du Front National pour les élites intellectuelles relayées par le  patronat représenté par Pierre Gattaz. Le succès du parti frontiste était décrit par le journal Libération comme le symptôme d’une France « malade », renvoyant ainsi son électorat majoritairement issu des classes populaires à la débilité mentale.

La stratégie adoptée par le parti « socialiste » a l’issue du premier tour et qui a consisté à retirer ses listes arrivées en troisième position au profit des Républicains pour « faire barrage » au Front National présenté comme un « danger » pour la démocratie, a souligné une fois de plus la collaboration de classe existant entre les deux grands partis de gouvernements auto-consacrés comme les seuls représentants du champ politique légitime. Cette vision du champ politique qui sacralise les seuls représentants des partis dominants comme légitimes, sous ses apparentes justifications morales, revient dans les faits à dénier aux classes populaires toute représentation légitime et consacre le coup d’état permanent des élites dominantes, seules autorisées à accéder à la représentation politique.

L’alibi moral du parti « socialiste », qui masque en réalité son positionnement de classe, réside dans la dénonciation de la xénophobie et de l’islamophobie historique du parti frontiste, comme l’a encore souligné le premier ministre Manuel Valls entre les deux tours, estimant même que ce dernier pouvait mener la France à la « guerre civile ».

S’il est moralement légitime de condamner la stigmatisation historique des musulmans et des populations immigrées par le parti frontiste, le silence de ce même parti « socialiste » concernant les dérives ouvertement islamophobes des Républicains trahit la manipulation de classe des arguments moraux au profit des partis représentants les classes dominantes. Ainsi, le député Les Républicains Christian Estrosi, en concurrence avec la candidate Front National Marion Maréchal Le Pen en région PACA, s’est livré au cours de sa campagne à une surenchère raciste qui aurait dû logiquement entraîner les mêmes condamnations morales mais qui a été largement passée sous silence par la majorité au pouvoir et qui a de plus bénéficié d’un blanc seing de la part de son parti. Christian Estrosi a notamment évoqué l’existence d’une « cinquième colonne islamo-fasciste » en France faisant peser une « réelle menace sur notre civilisation » réactivant ainsi la théorie de la conspiration inspirée du « choc des civilisations » et originellement déployée en France par les réseaux du Front National. Le député maire de Nice a en outre bénéficié du soutien de Nicolas Sarkozy face à la polémique médiatique qui a vu le jour à cette occasion.

La dérive islamophobe d’Eric Ciotti ne constitue pourtant pas un cas isolé au sein du parti Les Républicains. Son secrétaire national Eric Ciotti s’est également illustré au cours de l’année 2015 par tout une série de propositions et de déclarations ouvertement islamophobes, il a notamment twitté le 22 avril : « Nous ne voulons pas que notre civilisation qui, osons le dire, est une civilisation chrétienne, soit diluée. » reprenant en cela la thématique identitaire chère au Front National. Le 26 septembre, c’est la député Les Républicains Nadine Morano qui affirmait lors d’une émission sur la deuxième chaîne que la France est un pays « de race blanche » et ajoutait : « J’ai envie que la France reste la France et je n’ai pas envie que la France devienne musulmane. »

Ces quelques exemples ne constituent qu’un aperçu de la dérive raciste et islamophobe a l’œuvre au sein du parti Les Républicains et  profondément enracinée au sein des élites politiques de la droite française. On peut notamment rappeler ici les propos racistes du ministre de l’intérieur de Nicolas Sarkozy, Brice Hortefeux, qui avait déclaré en 2009 au sujet d’un militant d’origine maghrébine : « Quand il y en a un ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes. »

On retrouve la même dérive raciste et islamophobe au sein de la presse française, déjà analysée dans cet article.

On constate donc que le fond « anthropologique » islamophobe n’est pas l’exclusivité du Front National mais est au contraire largement partagé par la droite politique française aussi bien que par ces organes de presse. Dans ces conditions, la stigmatisation du seul Front National au principe des valeurs « morales » ne constitue donc qu’un cache sexe destiné à masquer une guerre de classe de la part des élites politico-médiatiques.

Le véritable danger représenté par le Front National et identifié par les élites politiques réside dans le programme économique porté par le parti frontiste, aujourd’hui largement inspiré de l’extrême gauche historique et qui répond aux préoccupations des classes populaires.

Ainsi, le parti Frontiste entend rompre avec la politique des partis dominants de délégation de souveraineté et de démission au profit des structures mondialisées ayant organisé la mondialisation économique néolibérale. Le parti se positionne pour une renégociation de l’ensemble des traités européens au service du recouvrement de la souveraineté économique et de la ré industrialisation de la France et pour une sortie de l’euro afin de renouer avec une politique budgétaire autonome. Sur l’ensemble des problématiques économiques le parti rompt ainsi avec l’idéologie européiste dominante des partis au pouvoir qui a conduit à l’abandon de la souveraineté nationale et à leur mutation de force de gouvernement autonome en organes d’administration et de gestion par délégation au service de structures supranationales. Le Front National version Marine Le Pen a également opéré un virage surprenant, passant d’un programme économique d’inspiration reaganienne, à un programme largement inspiré des propositions historiques du parti communiste. Le financement des retraites prévoit ainsi d’élargir l’effort financier « aux revenus du capital pour financer notamment l’ensemble des prestations qui relèvent du principe de solidarité nationale et non du principe d’assurance : minimum vieillesse, bonifications pour enfants, cotisations du salaire parental. »

Le représentant du patronat Pierre Gattaz a ainsi comparé le programme économique du Front National a celui du Parti Communiste français, affirmant : « Extrême droite, extrême gauche, c’est la même chose: Mélenchon-Le Pen, même combat. » Il a été relayé sur ce sujet par la presse subventionnée. Le journal Les Echos titrait ainsi un éditorial du 13 novembre : « Les aberrantes propositions économiques du FN » estimant que le programme du parti frontiste était un « copié-collé de la gauche ». Horreur suprême, le parti de Mme Le Pen est qualifié par le journal économique « d’anti-libéral », ce qui permet de conclure à son essence proprement « national-populiste ou national-socialiste ».

Le magazine économique Challenges renchérit le 10 décembre en affirmant que « le programme économique du Front national est archinul ». Là aussi, l’organe de presse dénonce le projet horrible de Marine Le Pen qui « a pris des allures de programme commun de la gauche : hausse des dépenses sociales, des budgets des ministères régaliens, des impôts sur les ménages aisés et les grandes entreprises… », soit une catastrophe absolue pour les élites libérales en charge d’administrer l’entreprise France au profit du capital mondialisé.

Le véritable crime du Front National, à la lecture de la mobilisation de classe des élites politico-médiatiques ne semble donc pas être son islamophobie traditionnelle largement partagée par le parti de gouvernement Les Républicains et une certaine partie des médias, mais de vouloir remettre en cause la soumission du pays et de ses élites politiques à la mondialisation néo-libérale.

Ainsi, si le Front National est un parti différent selon l’hebdomadaire Challenges, c’est avant tout parce qu’il « remet en cause nombre de fondamentaux, sur l’Europe, l’économie libérale, l’ouverture des marchés… »

Le succès du parti frontiste sert ainsi de révélateur de la collaboration de classe de la presse et des  partis au pouvoir au service de la mondialisation du capital…

Guillaume Borel

L’essayiste Guillaume Borel est l’auteur de l’ouvrage Le travail, histoire d’une idéologie, qui vient de paraître aux Éditions Utopia.




La source originale de cet article est Arrêt sur Info

Copyright © Guillaume Borel, Arrêt sur Info, 2015




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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 13 Déc - 16:35


nous voilà rassurés, « à midi participation en forte hausse » : comme on dit des "gens" d'arme mobiles, le "parti de la trouille" s'est "mobilisé",...


élections :

France - Arabie Saoudite

match nul !


le parti de la peur va gagner



arbitre : Patlotch

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 13 Déc - 23:37

sentiment d'un soir d'élection : on prend les mêmes, on accélère


un coup d'État démocratique



ceux d'en-bas, aux abris !

un grand classique des contre-révolutions, à froid dans les urnes, l'alliance des couches moyennes et de la grande bourgeoisie, pour continuer la même chose en plus dur

globalement, le prolétariat est complètement floué, y compris d'une "victoire" pour la partie qui attendait quelque chose de Marine, et la démonstration de l'impossibilité de son arrivée au pouvoir présidentiel

au-delà de l'apparence de ne rien changer et de maintenir une stabilité républicaine, ceux d'en-bas, dans la fracture sociale aggravée, se voient objectivement privés de toute représentation politique même illusoire (un Syrisa sans Syrisa)

conséquence : une violence sociale annoncée, puisque sous la guerre, il y a la crise et une situation sociale qui plonge pour des millions de Français



L'élection présidentielle de décembre 1848 passionne les foules (caricature de 1848)

Élection présidentielle française de 1848



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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 14 Déc - 11:01


collaboration de classe


une remarque : aussi significative, peut-être plus profondément, que l'« union sacrée politique » contre le FN, de la droite à l'extrême-gauche, celle, économique et sociale, du patronat et des syndicats


voir actualités Front National patronat et Front national syndicats





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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 14 Déc - 12:22


il est très difficile de trouver les chiffres de la population française de plus de 18 ans, donc en âge de voter. L'Insee donne des chiffres en-dessous et au-dessous de 20 ans


dans cet article Ne pas voter : un acte ignoré mais majoritaire / Réflexions sur l’invisibilité de l’abstention, le chiffre avancé est de 52 millions

résultats définitifs



le FN comptabilise 6,8 millions de voix soit 13 % de la population en âge de voter, soit un peu plus que la gauche... et 18,4% pour la droite

56 % n'ont pas voté


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mer 16 Déc - 14:15


tellement gros que ça se voit même du Québec (libre)

Le machiavélisme d’ordonnance – Les élections régionales en France
Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com 16 décembre 2015  

Élections régionales en France les 6 et 13 décembre 2015. Comme prévu,  le Front national (FN) a  rempli la mission qui lui a été dévolue par le grand capital « français », si cette dénomination nationale a encore une signification sous le capital mondialisé (1)

Citation :
En cette affaire, la tactique du grand capital français était évidente. Il suffisait de laisser la droite traditionnelle s’entredéchirer après s’être généreusement empiffrée avec les deniers de l’Élysée, et voici une alliance d’estafettes discréditée. Ensuite, la loi de l’alternance a imposé le parti de la « gauche », caviar-aristocratique-socialiste, comme alternative obligée de la dualité politique au sein de la «démocratie» bourgeoise.

Cette fois, le jeu machiavélique était encore plus aisé. Il suffisait de laisser la «gauche» s’exhiber, comme il lui sied, avec sa politique de faussaire de la charité compassée (sic), et ce qui ne pouvait manquer d’arriver survint…  Les thuriféraires et leurs compères se disqualifièrent  aux yeux de leurs  partisans désabusés. Pour les médias à la solde, inutile d’en remettre pour les compromettre, Hollande et Sarkozy, du pareil au même, s’enfoncèrent par eux-mêmes sous la Seine.

Pendant ce temps, patiemment, à l’ombre du drapeau Bleu-Blanc-Rouge, que se disputent toutes les péripatéticiennes politiques françaises, le Front national, la menace d’alternance que manigance le capital,  fourbissait ses armes généreusement affrétées par les grands boursiers et  les rentiers de l’Hexagone aux épais comptes de banque à l’étranger. Même le CRIF et le MEDEF crurent nécessaire d’entonner le rosaire du «barrage aux fascistes» afin d’accréditer le mythe Lepéniste.

En quoi consiste le mythe Lepéniste-Front national ?  Il consiste à répandre la rumeur que tous les partis politiques de gauche comme de droite sont corrompus et vendus aux puissances d’argent et que seul le Front national est intègre, droit, franc et honnête, car il dit tout haut ce que le bon peuple penserait tout bas (sic). Que le Front national et ses épigones l’attestent ne leur apporte aucune crédibilité, mais que la droite « modérée » et la gauche endimanchée, et le CRIF, et le MEDEF, le proclament à l’unisson et se liguent contre Marion, voilà qui est de nature à convaincre les derniers sceptiques.

Le troupeau des électeurs, que l’on avait précédemment effrayés via les médias enragés, présentant la famille Le Pen comme le Satan des temps modernes  – un remake d’un petit moustachu du siècle déchu –; les électeurs devaient normalement s’engouffrer dans le vacuum politique électoraliste. L’important, pour les mascottes du Front national était de bien se démarquer des discrédités. Ici, la go-gauche frustrée d’être écartée du jeu électoral avait un rôle crucial à jouer. C’est elle, qui était chargée de déchirer sa chemise sur le parvis afin de bien accréditer la mystique que Le Front national est véritablement différent de tous les précédents, étant donné que les électeurs outrés étaient prêts à donner leur vote à quiconque se montrait étranger aux malversations avérées.

Cette fois, cependant, un hiatus embrouilla le mouvement. La fois d’avant, au cours des  années trente du siècle précédent,  les masses populaires s’étaient mobilisées électoralement – apportant leur adhésion et leur foi crédule dans la vénalité des urnes truquées. Cette fois, le prolétariat reconnut que seuls les riches dominants détiennent le droit de diffusion politique. Cette fois, les prolétaires sont restés de marbre et ont  méprisé ces élucubrations électoralistes d’un côté comme de l’autre de l’échiquier politique. Cette fois, le prolétariat – le véritable ennemi du patronat dissimulé derrière l’épaisse couche des petits-bourgeois entretenus, militants gauchistes et courroies de transmission – n’a pas voté.  Cette fois, plutôt que de crier haro sur le baudet et de voter inutilement «utile» ou pour faire «barrage» le prolétariat s’est abstenu, à l’exemple de ses camarades des États-Unis, du Canada et de bien d’autres pays capitalistes en crise économique systémique.

Cependant, dans cette gamique machiavélique, il n’était pas requis que le Front national s’empare de la gouvernance de l’État des riches. La menace qu’il faisait planer au-dessus de la tête des cliques politiques accréditées était suffisante pour générer chez eux un sursaut de zèle au service de leurs maitres de gamelle.

Comme le deuxième tour des régionales Françaises l’a démontré la droite traditionnelle; la «gauche» institutionnelle; la go-gauche conventionnelle ont su sauvegardés leur place au soleil, en ralliant le camp de machiavel et en jurant de faire eux-mêmes la politique du Front national, mais sans Marine Le Pen. C’est ce que souhaitait le grand capital international, qui depuis l’oxymoron du National-Socialisme, hésite à confier sa destinée à un tribun charismatique, dont il est difficile de se débarrasser par la suite.

La bourgeoisie américaine mène le même stratagème de l’autre côté de l’Atlantique avec le même succès électoral. Pour l’instant, le capital fait monter aux créneaux tout ce que l’Amérique compte de politiciens véreux, mafieux, hystériques, de façon à bien crédibiliser l’alternative Donald Trump – le chef charismatique «indépendant» et tonitruant, qui gueule tout haut ce que le bon peuple penserait tout bas (3).  Rien n’est plus faux en France, en Amérique comme au Canada. Dans tous ces pays la vraie pensée du prolétariat c’est «qu’ils sont tous pareils et que ce ne sera pas par les urnes qu’on les mettra bas». Cela se fera dans la rue, sur les barricades, dans les quartiers et sur les lieux de travail directement face à face contre le capital.


(1)   https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89lections_r%C3%A9gionales_fran%C3%A7aises_de_2015

(2)   http://crif.org/fr/communiquedepresse/le-crif-appelle-à-faire-barrage-au-front-national/58224

http://www.tvanouvelles.ca/2015/12/13/donald-trump-met-en-danger-la-securite-nationale




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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 19 Déc - 11:12



Versailles : le quartier militaire de Satory vote FN Laurent Mauron 13 Déc. 2015


Versailles, dimanche 13 décembre. A Satory, le plus grand quartier militaire de France,
le FN a confirmé ses scores très forts ce dimanche, qui traduisent
le mécontentement des militaires et gendarmes. (LP/L.M.)

Citation :
Le verdict est sans appel. Les deux bureaux de vote de Satory, situés dans le plus grand quartier militaire de France, à Versailles, votent à l’extrême droite. Certes, Valérie Pécresse a fait un bond spectaculaire, au second tour, en progressant de 99 voix dans le bureau 10 de l’école Clément Ader et de 69 dans le 11 de l’école des Alizées, quand Wallerand de Saint-Just stagnait dans ce dernier et perdait même 36 voix dans le premier.

Mais le candidat FN, qui avait recueilli respectivement 61,85 et 46,78 % des suffrages dans ces bureaux au 1er tour, conserve la tête, surtout dans le bureau 10 où ne votent pratiquement que des gendarmes.

Difficile de connaître les opinions dans ce quartier où les langues ont du mal à se délier. David, membre du personnel civil de la Défense, dit « comprendre » ce vote. « Peut-être que les partis traditionnels, de droite comme de gauche, ne répondent pas aux besoins des gens », lance-t-il. « Le mécontentement est très marqué parce que les militaires et les gendarmes ont le sentiment de ne pas être bien compris », acquiesce Emmanuelle, militaire de 43 ans.

Seules Bouchra et ses jumelles, qui votent pour la première fois, confient « pencher pour les partis républicains ». « Nous sommes d’origine étrangère et on n’a pas envie d’être montrées du doigt. Il faut que l’on défende nos droits », avoue le trio à la sortie du bureau de vote.


c'est dans ce camp que j'ai fait mon service militaire... en 1974. Cette année-là, aux élections présidentielles,Mitterrand n'obtint que 43,5%, mais le vote de l'armée lui fut favorable, sans doute en raison de la réputation "atlantiste" de Giscard d'Estaing



que ma lectorate soit rassurée : aucune nostalgie
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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 11 Mar - 13:44


à partir de ce commentaire, sur la présidentielle de 2017



quelques chiffres avant les élections présidentielles, obtenus en recoupant diverses données (INSEE...) et arrondis

1) population française : 67 millions

2) en âge de voter ("adultes") : 52 millions soit 77% (15 millions de moins de 18 ans, ~ un quart de la population)

3) inscrits sur les listes : 47 millions soit 90% (10% de non inscrits)

pour une compréhension des élections, il faudra donc rapporter le nombre de voix de chaque candidat.e à ces proportions réelles

4) exemple : pour un taux de votants attendu de 75 % soit ~ 35 millions, soit 67 % rapporté aux "adultes"

pour ce taux, 25% de voix exprimées au 1er tour (score des sondages pour Le Pen et Macron), c'est donc 18,5% des inscrits et 17% de l'électorat potentiel (comptant les non inscrits)

50% au second tour, 17,5 millions, c'est ~ un tiers de l'électorat potentiel pour devenir président de la république



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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 23 Mar - 16:54


importé du 18 février, puisque la locomotive Macron semble en capacité d'accrocher durablement les wagons perdus de la politique française et de stabiliser la donne actuelle des intentions de vote à la présidentielle, tout en préparant les regroupements indispensables pour les législatives afin d'aboutir à une majorité assurant un minimum de stabilité politique en France


l'union sacrée à froid


le phénomène est en soi plus intéressant que la campagne elle-même à l'échéance de l'élection présidentielle, puisqu'avec les législatives, elle devrait aboutir à une recomposition quasi-partisane du champ politique et à résoudre provisoirement la crise ouverte par le populisme de droite et de gauche dans l'effacement du clivage droite-gauche

en témoigne l'accélération des ralliements autour de Macron de ténors de droite, du centre et de gauche, ministres ou anciens ministres, qu'il aurait été impossible d'imaginer il y a seulement quelques mois, une sorte d'union sacrée à froid

il est remarquable que cela se passe sur fond de piétinements impuissant tendant au recul des candidats officiels des partis qui ont mené le jeu politique depuis des décennies, la droite (Fillon) et le PS (Hamon)

à partir de là, rien ne changera vraiment sur le fond quant à la crise économique et sociale, mais le pouvoir d'État du capital se sera tiré une épine du pied en se mettant à l'heure des enjeux actuels pour la bourgeoisie française

le comportement prolétarien devrait se répartir massivement entre "extrêmes" populistes (Le Pen - Mélenchon) et abstention


*


18 février

toujours à propos de la campagne électorale et du contexte qui la détermine, je trouve Macron d'une redoutable intelligence historique de la situation, bien évidemment du point de vue du capital, pour faire simple

sa sortie sur la colonisation est un pavé dans la mare idéologique française, un signe d'étang qui fait sa crue

à suivre donc : Macron colonisation

et cet article avec mes commentaires ci-dessous la diagonale du flou


Macron à la basilique Notre-Dame d'Afrique.
Anis Belghoul/AP/SIPA

Patlotch a écrit:
ce que ne dit pas Macron, ni les pour ou contre sa sortie, "colonisation a été un crime contre l’humanité", c'est d'abord qu'elle fut le premier pas de la mondialisation capitaliste, occidentale de fait

à partir de là, toutes les polémiques sont possibles sur le terrain politique, 'spectaculaire' pour le coup

ce que ne dit pas Macron, ensuite, c'est que son vrai programme, qu'il non-présente avec un talent indéniable, poursuivra la nouvelle "colonisation", qui n'est plus (seulement) géographique et pas seulement à base raciale. Il est donc vrai qu'il sent le vent du monde tourner, mieux qu'un Fillon, mieux qu'un Hamon, et mieux qu'un Mélenchon

cet article est aussi une prouesse idéologique : vive le capitalisme décolonial !

la question nationale, derrière ou devant celle de l'immigration et du terrorisme, a été globalement tenue par Macron tout en mettant en avant les thèmes actuels de la mondialisation capitaliste. Il se peut qu'économiquement ce soit la quadrature du cercle, une bulle idéologique fantasmatique, mais pour l'heure c'est en marche !

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Ven 24 Mar - 17:33


le peuple citoyen, bras désarmé de l'État du capital

on pourrait, bien sûr, ranger ce qui précède dans une généralité : le candidat choisi par le peuple à la tête de l'État devient nécessairement le candidat du capital, dont l'État est le versant politique du pouvoir

ainsi, rétrospectivement, on ne trouvera aucun président de la République qui aurait représenté une politique contre le capital, et ce n'est pas affaire de gauche ou de droite*, ni de respect de ses engagements devant le peuple

* pas davantage dans le keynésianisme, qui fut un compromis historique satisfaisant prolétariat et capital, donc en dernière analyse celui-ci

le peuple, en tant qu'assemblage de citoyens, est l'autre du pouvoir d'État, qui n'est pas en contradiction avec lui, mais au contraire on pourrait dire son bras désarmé par lui-même, société civile nationalisée

Macron devient le candidat du Capital parce qu'il est choisi par le peuple national, un peuple qui ne fera jamais classe d'une activité révolutionnaire mondiale

une certain Rocé‏ @RoceMusic écrit le 22 mars sur tweeter


Citation :
Le peuple aime se plier à un chef qui lui dit que le peuple n'a pas besoin de chef.


c'est une définition du populisme, dans laquelle on reconnaît l'idéologie de Nuit debout comme les discours antisystèmes de Le Pen à Mélenchon, en passant par Macron et même Fillon. C'est l'intuition de Macron qui a gagné

le tout s'éclaire par une critique radicale non de la démocratie comme concept, cette facilité ultragauchiste, mais de la démocratie politique, de la représentation politique, de la politique en tant qu'elle est l'État

on pourrait donc voir cette généralité à l'œuvre, mais on passerait alors à côté du comment elle se produit particulièrement dans la période présente, et c'est en cela, disais-je, que cette campagne est intéressante au-delà de ses péripéties spectaculaires



Dernière édition par Admin le Ven 24 Mar - 22:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Ven 24 Mar - 20:44


quand une idée s'empare des masses...

un autre aspect intéressant de la montée de Macron, c'est qu'il est un homme sans passé politique et surtout sans parti. De mémoire de Patlotch sauf erreur d'icelui, c'est une première en France. Aussi paradoxal que cela paraisse, il a capitalisé l'esprit de Nuit Debout dans les couches moyennes... qui les ont suivi sur Internet. Cette atmosphère populiste est une forme idéologique de structure of feeling théorisée par Raymond Williams

à ce titre, c'est encore une preuve de la montée du populisme à toutes les sauces, tendance que l'on a déjà constaté à l'étranger depuis près de 20 ans même dans de grands pays capitalistes (Japon, Italie... USA)

avec un peu d'ironie, on pourrait paraphraser Marx et dire que c'est une idé(ologi)e qui devient force matérielle, du moins électorale, parce qu'elle s'empare des masses

avec beaucoup d'optimisme, on dira que c'est la preuve que l'on peut se passer d'un parti pour organiser un mouvement de masse

de là à parler d'auto-organisation, hein, on ne demandera pas aux révolutionnaires d'applaudir sur ordre par tel portable, encore que, dans certains cortèges sans têtes...


quand une connerie s'empare des masses...

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 25 Mar - 11:05


suite du 11 mars, sur l'abstention



Selon un sondage Opinionway pour LCI, les 18-34 ans sont 33% à ne pas avoir l'intention d'aller voter le 23 avril prochain. Une proportion plus importante que celle qui s'est effectivement abstenue en 2012.


Citation :
À un mois jour pour jour du premier tour de l’élection présidentielle, les intentions de vote commencent à se dessiner plus clairement. Selon un sondage OpinionWay pour Tilder et LCI, 60% des Français ont l’intention d’aller aux urnes le 23 avril prochain. Sur les 961 personnes interrogées, 17% hésitent à aller voter et 22% affirment qu'elles préfèrent s’abstenir.

Les 18-34 ans ont moins l’intention d’aller aux urnes

La jeunesse française est-elle désabusée face aux affaires qui rythment la campagne, et face à la politique en général ? Les chiffres semblent malheureusement aller dans ce sens. Les 18-24 ans sont 50% à déclarer vouloir aller voter, mais 32% disent avoir déjà fait le choix de l’abstention.

Chez les 25-34 ans, la proportion est quasiment similaire, avec 34% de sondés qui déclarent ne pas vouloir se rendre aux urnes. Des chiffres qui, s'ils se vérifiaient le 23 avril prochain, donneraient une abstention en hausse chez les jeunes. En 2012, selon un rapport de l’INSEE,  elle était autour de 27% chez les 18-24 ans et autour de 24% chez les 25-34 ans.

A partir de 35 ans, les intentions de vote des sondés évoluent fortement. Ils sont entre 62% pour les 35-49 ans et 72% pour les plus de 65 ans à vouloir faire leur devoir démocratique le 23 avril prochain.

cette évolution générationnelle semble traduire un mouvement historique de rejet de la politique. Il serait intéressant de le recouper avec des données sur les catégories sociales

j'avais fait ailleurs la remarque que l'antipolitique de certains groupes n'étaient que l'expression militante, disons gauchiste, d'un rejet plus profond. Ces groupes recrutent dans la même génération. Autrement dit, leur influence serait quasi nulle, puisque le phénomène s'explique assez à l'inverse

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 27 Mar - 12:05


mensonges et idéologie dans le spectacle électoral

à nouveau sur le populisme

une campagne électorale, ce sont des couches sédimentées d'idéologie et de mensonges, en tant que la première n'est pas faite que des seconds. Y voir clair supposerait de tout relever, comme on dit lever un lièvre. On n'en finirait pas, et l'on y noierait l'essentiel

exemple : Hamon se plaint des "trahisons", ces ténors du PS ou membres du gouvernement qui soutiennent Macron. Pourtant, en tant que "frondeur", il a fait peu de cas de cette solidarité

en surface, c'est un appel à l'esprit de parti, au nom du respect de "valeurs de gauche", in fine au nom du "peuple de gauche"

en profondeur, c'est un symptôme de la déliquescence des partis de gouvernement. On constate en effet la même chose à droite autour de Fillon (exemple, de Villepin, ex premier ministre de Sarkozy, soutiendrait Macron)

au total, c'est la quadrature du cercle pour ces candidats des deux grands partis institutionnels, qui explosent dans la recomposition en cours évoquée, sur fond de populismes

Macron et Mélenchon ont bien compris cette évolution antipartis et c'est pourquoi ils montent dans l'opinion publique, alors que l'idéologie n'est plus essentiellement portée par les partis politiques et leurs adhérents

la figure du militant a changé, à tel point que son rejet critique par l'ultragauche peut apparaître comme un aspect d'un mouvement plus profond - remarque déjà faite plus haut (24 mars) à propos du rejet de la politique et des élections. En aucun cas ce ne sont ces critiques anarcho-gauchistes qui génèrent cette évolution, mais l'inverse

à propos de "populisme", Hollande se donne pour dernière mission d'éviter la victoire du populisme : « éviter que le populisme, le nationalisme, l'extrémisme ne puissent l'emporter ». Suivez son regard, Le Pen, Mélenchon... mais pas Macron. Or celui-ci ne peut exister que sur le fond de la vague populiste

si l'on se réfère au texte de TC/RS M. LE PEN ET LA DISPARITION DE L’IDENTITÉ OUVRIÈRE, 2002, un long passage est consacré au populisme dans lequel on peut lire


Citation :
Le petit patronat représente idéalement cette réconciliation du travail respectable et du capital mérité, s’épanouissant dans le cadre de la nation, sociale et familiale. Malheureusement, si c’est un idéal c’est que c’est aussi une réalité.
[...]
Le petit patron est tout à fait moderne....

on pourrait dire qu'aujourd'hui, l'électeur idéal de Macron, économiquement, socialement et idéologiquement, c'est l'autoentrepreneur plutôt que le petit patron. On a un peu le même rapport au travail, mais pas du tout avec les mêmes couches sociales. Le populisme de Macron ne s'adresse pas au prolétariat, mais aux couches moyennes et supérieures

mais on ne va pas demander à François Hollande de reconnaître ce populisme-là chez Macron...

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 27 Mar - 12:54


on trouve quelques analyses concernant le populisme de Macron, sans grande valeur théorique certes, mais intéressantes sur le plan phénoménal

voir la recherche Macron populisme


Macron ou le stade suprême du populisme

Par Guillaume Bigot Le Figaro 24/03/2017
Guillaume Bigot est directeur général de l'IPAG

Emmanuel Macron s'est prononcé en faveur d'un «service national obligatoire». Pour Guillaume Bigot, sa stratégie vise à dire à chacun ce qu'il veut entendre, ce qui est la preuve d'un populisme caricatural.


Citation :
Emmanuel Macron sait capter l'air du temps, saisir au vol les mots clés que l'électeur a envie d'entendre et les transformer en «projets», impeccablement marketés, avec force chiffrages, éléments de langage et plans médias.

Et de fait, cela marche. Le thème est repris, l'os sera rongé jusqu'à la moelle par les rédactions qui mobiliseront force experts et solliciteront les réactions des autres candidats. Partisans et adversaires, éditorialistes, experts, reportages sur le terrain pour sonder la ménagère de moins de 50 ans, le jeune de banlieue ou le cadre sup, tout le dispositif sera mobilisé et la «séquence réussie».

La déclaration du candidat d'En Marche! en faveur d'un service national obligatoire illustre cette habileté qui est la sienne.


Le patriotisme est tendance, le service à la mode Macron sera national.

Le paradigme du bon plaisir individuel comme horizon indépassable a du plomb dans l'aile, le service à la mode d'En Marche! sera obligatoire.

On imagine sans peine Emmanuel Macron devant un paperboard, entouré de sondeurs et de communicants, «valider» la séquence «service national obligatoire».

Cette stratégie «Tupperware», initiée par Ségolène Royal et reprise par Emmanuel Macron consiste à demander aux gens ce qu'ils veulent entendre afin de le leur répéter.

Une stratégie aux petits pieds. Le pionnier de l'industrie automobile, Henry Ford disait d'ailleurs: «si j'avais demandé aux gens ce qu'ils voulaient, ils m'auraient répondu des chevaux plus rapides!»

Ce qui est vrai dans le business l'est encore plus en politique, art destiné à rendre possible ce qui est nécessaire (Richelieu). Le fondement de tout leadership réside dans la capacité du leader à apercevoir un chemin là où l'horizon paraît bouché et à y entraîner les autres.

Demander aux dirigés d'identifier eux-mêmes les réponses à leurs difficultés et s'engager à les appliquer, cela revient, pour un dirigeant, à scier consciencieusement la branche sur laquelle il va s'asseoir. Sauf si le dirigeant n'a aucune intention de suivre ses recommandations et ne cherche qu'à conquérir le pouvoir. C'est assurément le cas d'Emmanuel Macron.


Le peuple aspire à renouer avec la notion de « service » et avec celle de nation.

Le peuple aspire à renouer avec la notion de «service» et avec celle de nation. Servir cela prend du temps, requiert des convictions et entraîne de l'abnégation. Cette idée de service renvoie en creux au primat de l'intérêt général sur l'intérêt individuel.

Réhabiliter la nation, c'est proclamer son attachement à une «culture française» unissant les citoyens et surplombant leurs «différences».

Le fait que le candidat d'En Marche n'ait, jusqu'ici, jamais parlé d'instaurer un service national et que cette mesure apparaisse, du jour au lendemain, prouve assez qu'elle résulte d'un coup de com. Et si l'on avait encore un doute quant à l'impossible sincérité de cette conversion soudaine au service national, sa durée d'un mois achèverait de nous en persuader.

Un mois, c'est trop court pour apprendre à manier les armes ou à se former utilement au service de la collectivité. C'est trop court pour servir à quoi que ce soit. Mais un mois, c'est très long pour se farcir des prêchi-prêcha sur les «valeurs», le «vivre ensemble» et la célébration de la «marque France». Utilité civique? Nulle. Utilité sécuritaire? Archi nulle. Cela ne sert à rien? Aucune importance.

De la com, encore de la com et toujours de la com, voilà bien la seule ligne droite suivie par le Rastignac de Bercy.


Les médias qui traquent sans relâche la démagogie de tous les autres candidats,
ne semblent nullement choqués par un macronisme, stade suprême du populisme.

La superbe leçon de démagogie administrée par Monsieur Macron révèle qu'il est prêt à réduire le service de la nation à un gadget électoraliste et cela n'a finalement rien de surprenant. Plus inquiétant pour la suite des événements (en cas de victoire), le candidat d'En Marche! mobilise des valeurs, des symboles et un imaginaire politique qui sont en totale contradiction avec sa vision de la société, manifestement dominée par le virtuel, la com, le story telling et le no limit de l'ambition individuelle au service d'elle-même.

En assurant la promotion d'une mesure incompatible avec sa propre philosophie politique qui doute de l'existence d'une culture française, célèbre l'Europe, la mondialisation et la réalisation de soi, Emmanuel Macron prend des risques considérables en flattant l'opinion publique.

Le jeune quadra utilise cette démagogie attrape-tout pour arriver aux affaires et faire avaler aux Français la bonne cuillérée d'huile de foie de morue concoctée par Bruxelles et par les milieux d'affaires (approfondissement de la construction européenne, libéralisation de l'économie, consécration des droits des minorités et plus généralement primat absolu de l'intérêt individuel sur toute autre considération).

L'effet de déception risque d'être d'autant plus dévastateur que le candidat centriste réussit à séduire car il est parvenu à incarner le puissant désir de renouvellement de la classe dirigeante et de changement radical de cap politique. Le secret du fondateur d'En Marche! c'est d'être parvenu à faire croire aux Français que parce qu'il était un homme jeune et nouveau, il était un homme libre, prêt à heurter les intérêts des puissants au nom de l'intérêt général.

Une politique d'image peut arranger la réalité mais elle ne doit jamais entrer en contradiction avec le produit qu'elle vend.

Même dans le «business», ces techniques bien éprouvées de la communication et du marketing sont utilisées avec circonspection. Une politique d'image peut grossir le trait, arranger la réalité mais elle ne doit jamais entrer en contradiction avec le produit qu'elle vend. En 1958, De Gaulle, dans son célèbre exorde «je vous ai compris» était volontairement resté ambigu.

En surfant sur l'aspiration au changement et sur le dégoût qu'inspire aux Français leur classe dirigeante, Emmanuel Macron prend des risques considérables.

En cas de victoire, le réveil risque d'être également douloureux et la colère populaire d'atteindre un seuil paroxystique dont notre histoire est pleine.

assez superficiel et rhétorique... à retrouver un article plus sérieux de Gabriel Brustier analysant le phénomène Macron comme une sorte de Nuit Debout électoral

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 30 Mar - 8:21


implosion d'une configuration politique historique

il n'y a pas grand-chose à dire de plus à propos des derniers soubresauts de la campagne, la "trahison" de Valls selon Hamon, l'appel de celui-ci, au PCF et à Mélenchon, à reconstituer l'Union de la gauche, spectre qui ne hante que quelques nostalgiques...

le ralliement de Valls à Macron n'est que de la real politique de la part du premier, prenant acte de sa défaite dans leur bras de fer depuis le passage de Macron au Ministère de l'économie, conseillée par Valls à Hollande... C'est d'une logique politique correspondant à ses ambitions personnelles (ne pas sortir du jeu et prendre date) comme à la situation générale

le PS au bord de l'implosion ? oui, comme l'alliance de droite, mais c'est désormais le pari des plus jeunes vers une recomposition qui est désormais l'objectif stratégique des gagnants comme des perdants dans cette campagne présidentielle-législative. C'est toute la configuration partisane française, droite-gauche, depuis le 19ème siècle, qui implose

une petite inconnue : quid d'une recomposition autour de nouveaux partis sur les ruines des anciens ? Un peu tôt pour le dire. Ce qui est acté, c'est la fin de la "forme-parti", si chère aux démocrates radicaux, entre citoyennisme de base et populisme de gauche

voilà pour des remarques de surface sur fond de mes analyses précédentes

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 30 Mar - 9:35


le gauchisme en miroir des élections

circulant sur les blogs "radicaux" (Indymédia, etc.), un texte qui est à la campagne électorale ce qu'étaient les cortèges de tête aux manifs. Il ne peut pas exister sans, et se pose donc contre avec pas mal de contradictions concernant la positivité révolutionnaire des mouvement sur lesquels il s'appuie tout en s'en présentant comme une avant-garde éclairée

la critique colle à l'événementiel dans le miroir médiatique dominant, bref, ils n'ont pas compris la situation, et se trompent d'époque

au revival anarchiste correspond le folklore théorique


Ici et maintenant : Appel à rouvrir la question révolutionnaire en période électorale

expansive.info. 22 mars 2017
Texte issu de la dernière réunion contre la mascarade électorale.

Il y aurait des élections présidentielles…

Citation :
On nous dit que notre sort pour les 5 prochaines années va se régler sur deux week-end de la fin avril et du début mai 2017. Depuis la rentrée de septembre 2016, l’échéance prochaine des élections accapare à peu près toutes les énergies sur la scène politique française, asphyxiant presque toute autre forme d’organisation et de lutte. On nous refait le coup : « une chance de rebattre les cartes », « de changer la donne ». Mais cette fois, le FN a réussi à s’imposer comme l’acteur principal, et c’est un spectacle particulièrement pitoyable et ridicule que nous infligent tous ces candidats qui miment le sérieux et s’agitent d’autant plus vigoureusement que leur crédibilité est sur le point de s’effondrer. Il est plus que jamais visible que les légères nuances entre leurs différentes idéologies sont au fond bien dérisoires et qu’aucun de leurs programmes ne peut plus prétendre changer en mieux quoi que ce soit, même de minime, au cours infernal des choses.

Après 5 ans de gouvernement, les tentatives d’expulsion ratées de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, les meurtres d’Amine Bentounsi, de Rémi Fraisse, d’Adama Traoré et d’autres, le viol dit « accidentel » de Théo ; après l’état d’urgence éternel, les perquisitions et les assignations à résidence, après l’imposition forcée de la loi “Travaille !”, le PS a montré une fois de plus que la social-démocratie jouera toujours la carte de la répression face à tout ce qui remet en cause l’ordre actuel des choses. Et ce n’est pas une remise à jour de la technocratie « ni gauche ni droite » à la Macron qui bouleversera cette vérité historique.

De son côté, la “vraie gauche” s’obstine à ne pas voir que l’exemple de Syriza en Grèce démontre que toute tentative d’application d’un programme de lutte contre l’austérité généralisée est condamnée à l’échec lorsqu’elle se ne s’appuie pas sur des mouvements sociaux forts. De plus, en se fourvoyant dans d’obscures alliances avec la Russie de Poutine, il semble que celui qui a voulu récupérer le mouvement « dégagiste » ait simplement oublié de dégager lui-même.

Le Front National offre quant à lui son éternelle réponse autoritaire à l’angoisse largement partagée que suscite la crise économique et politique. C’est le parti de l’ordre brutal de l’État, de la toute-puissance de la police, du racisme et de la xénophobie, de la défense des valeurs traditionnelles d’une France réactionnaire et de la sauvegarde de la patrie en danger. Mais si le FN s’est tant renforcé ces dernières années, c’est d’abord parce que tout le champ politique s’est déplacé vers ses thématiques, jouant la carte de la sécurité avant tout, sans plus chercher à construire de perspectives d’émancipation et de solidarité. Ceux qui appellent maintenant avec impuissance à s’opposer à lui dans une sorte de front républicain et démocratique sont ceux-là même qui ont préparé le terrain pour sa venue au pouvoir. Ce sont les mêmes qui sont plus prompts à accuser les émeutier-e-s révolté-e-s après le viol de Théo de “faire monter le FN” qu’à combattre le FN là où il est déjà : dans les rangs d’une police raciste qui tue et viole en toute impunité.

La rue, seule réponse au FN et au chantage républicain


Pourtant, si le constat de la montée en puissance du FN et la perspective de son accès au pouvoir nous révulsent, nous refusons le chantage qui consiste à voir dans les autres candidats un quelconque espoir : le champ de la politique classique est en crise, et rien de ce qui pourra en sortir n’aura jamais plus le goût de la victoire. Dans un contexte d’état d’urgence où la police tend à devenir une force autonome, une milice dont les crimes racistes se multiplient, où les manifestations sont interdites et les mouvements sociaux réprimés comme jamais, la mascarade des élections présidentielles est une étape importante dans la tentative de refermer la possibilité révolutionnaire que la situation appelle de toutes parts. En nous donnant l’illusion de pouvoir décider, il s’agit finalement de circonscrire toute action politique dans l’impuissance d’un geste individuel et sporadique, incapable de remettre en cause un système morbide à la reproduction duquel il participe.

Qu’il soit bien clair que la question des « consignes de vote » n’est pas la nôtre, pas plus que celle d’un appel à l’abstention. Nous préférons nous appuyer sur les mouvements de lutte et de résistance qui se sont construits ces dernières années.

Nous pensons plutôt qu’il est grand temps de reprendre l’offensive, et de nous organiser pour devenir réellement ingouvernables. Nous considérons l’acte du vote comme individuel, et individualisant : nous le dénonçons lorsqu’il vient concurrencer et refermer cette réinvention de la politique au quotidien et les perspectives qu’elle porte en germe. Loin de nous en contenter, nous préférons prolonger ces expériences, en ce qu’elles nous permettent d’entrevoir ce qui seul pourrait venir mettre un terme à la domination capitaliste, au racisme et au patriarcat : une révolution sociale, populaire, portée par la base et où chacun-e serait amené-e à reprendre en main sa vie et la politique.

Mouvements de masse et aspirations révolutionnaires


À Rennes, une force politique nouvelle et autonome s’est affirmée au travers d’assemblées ouvertes et populaires, où l’auto-organisation comme perspective et comme moyen a permis de s’opposer vigoureusement à la loi “Travaille !” et aux menaces d’expulsion de la ZAD, aussi bien que de manifester en soutien aux migrant-e-s ou contre les violences policières à l’encontre des quartiers populaires et des mouvements sociaux.

Son atout réside d’abord dans son fourmillement et sa diversité : en associant syndicalistes, chômeur-euse-s, précaires, ou étudiant-e-s, elle multiplie les moyens d’actions comme les possibilités d’être rejointe. Que ce soit par les occupations de l’université, de places ou à la Maison du Peuple, la création d’une radio pirate capable de diffuser les énoncés du mouvement sur toute la ville, les cantines populaires qui viennent nourrir les grévistes et les manifestant-e-s, les médic-teams et les groupes anti-répression qui, avec le cortège de tête, ont rendu possible de tenir la rue face à la police et de multiplier les blocages, ou encore les assemblées massives et ouvertes qui ont permis au plus grand nombre de se réapproprier la pensée stratégique de la situation en portant des discours politiques forts contre la dissociation, la récupération politique et sur la nécessité d’une auto-défense populaire.

La reprise en main de la politique par la base, ici et maintenant, a réussi à construire des mouvements puissants et créatifs tout en réinventant de nouvelles façons d’habiter la ville, de décider ensemble, de transformer le quotidien et de prendre soin les un-e-s des autres.

Nous avons encore en mémoire la transformation de la ville par le mouvement. Sur la place Sainte-Anne, à proximité de la Maison du Peuple, tags et banderoles ont fleuri, tandis que les rues étaient remplies de camarades. La ville avait cessé de fonctionner uniquement comme espace sécuritaire et marchand : les patrouilles de police se sont faites pour un temps plus discrètes, les commerçants réactionnaires tremblaient, les banques étaient fermées et les caméras de vidéo-surveillance hors-service. Et malgré la répression féroce à laquelle nous avons dû faire face, à ce moment-là, la perspective concrète d’un autre usage du monde [sic] et de la ville nous est apparue.

Comme partout en France, nous appelons à ce que se retrouvent et s’organisent sur Rennes toutes celles et ceux qui ne se satisfont plus de ce système et voient dans la séquence à venir une opportunité d’affirmation/construction révolutionnaire. Organisons-nous dès à présent pour réaffirmer la possibilité d’une pratique politique autre, et nous préparer à faire exister, dès le soir du premier tour des élections présidentielles, des espaces de construction politique larges et offensifs. Nous appelons à la multiplication de l’agitation et des initiatives rebelles dans tous les secteurs de la société, à la composition et à la réflexion. De nombreuses luttes et grèves ont lieu en ce moment : nous appelons leurs acteurs et actrices à se retrouver et à se coordonner pour les faire entrer en résonance. Au pouvoir centralisé d’un État fondamentalement anti-social, autoritaire et raciste, nous opposons la brûlante actualité d’une histoire oubliée, celle qui parle d’autogestion, de révolution, de conseils ouvriers et de communes, et que l’on a vu se réactiver lors des révolutions arabes et des occupations de place en Grèce, en Espagne ou en Ukraine. Nous devinons là les processus seuls à même de destituer le pouvoir en lui ôtant toute prise sur nos vies.

Se retrouver, s’organiser

Nous relayons ici quelques dates qui ont déjà été proposées par divers collectifs. À toutes celles et tous ceux qui croient qu’il est encore possible de changer les choses par l’auto-organisation de se les réapproprier et d’en proposer de nouvelles. Nous pensons que chacune de ces journées ne sera pas séparée des autres, et qu’elles doivent être reprises comme la construction progressive et intelligente d’une nouvelle séquence de lutte à même d’opposer à la catastrophe des présidentielles un nouvel horizon révolutionnaire.

- 28,29,30 mars, conférences à l’université sur les expériences de vacance du pouvoir
- 1er avril, 13h aux prairies St-Martin : banquet des ingouvernables, suivi d’une Assemblée des luttes rennaises et d’une déambulation en ville
- 22 avril, 1er tour social dans la rue, à l’appel de syndicalistes
- 23 avril, RDV dans la rue pour les résultats
- 1er mai, manifestation suivie d’un grand banquet révolutionnaire
- 7 mai, RDV dans la rue pour les résultats

Plus d’informations sur ces événements seront disponibles sur les réseaux sociaux et sur le site expansive.info.

Préparons-nous à faire de leurs déroutes nos victoires. Soyons ingouvernables !

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 1 Avr - 5:02


à titre d'exemple d'une interrogation sur ce qui se passe en France, un article qui ne porte pas directement sur les élections, mais sur l'enjeu de la recomposition en cours en tant qu'elle traduit au niveau politique des tendances plus profondes. Le problème est de savoir lesquelles. Dans un « capitalisme qui fonctionne "à la crise" » (Jacques Wajnsztejn) celle-ci se ferait presque oublier dans certaines visions de la situation. Autant dire que « l'opportunité unique [de la France] pour devenir le ground zero de la réinvention occidentale », je n'y crois pas vraiment. Mais considérer que la France éclairera toujours le monde est une tradition française par excellence

Macron a flairé un mouvement historique et saisi une opportunité politique, de là à considérer qu'elle ait un avenir économique...


La France, nouveau leader occidental

L'Opinion, Le Club Prospective HEC-Viavoice 14 mars 2017


Par Jérémy Ghez, Professeur affilié d’Economie et d’Affaires internationales à HEC Paris,
co-Directeur du Centre de Géopolitique

   
Citation :
La sagesse populaire voudrait que les angoisses et les frustrations de l’opinion publique favorisent les partis extrêmes et populistes. La France n’échappe pas à la règle, comme la percée durable du Front national dans le paysage politique du pays le démontre. Mais, fait inédit, que l’on aurait pu croire impossible il y a tout juste cinq ans : son principal rival ne se situe ni à droite, ni à gauche, mais au centre – un centre en recomposition perpétuelle, qui accepte de devoir constamment identifier une nouvelle coalition politique pour un combat donné.

Cette nouvelle position de poids qu’occupe le centre est encore moins anodine que ne le croient les observateurs de la politique française. Elle n’est pas seulement le signe de la possible fin de la fracture historique entre droite et gauche et annonciatrice d’une recomposition politique profonde. Elle est aussi la preuve que même en temps de crise, la France dispose encore de la force intellectuelle nécessaire à sa réinvention qu’aucun parti extrême, otage des conservatismes protectionnistes et populistes, ne pourrait tolérer. En dépassant les clivages politiques traditionnels, ce centre pourrait permettre à la France de devenir un véritable laboratoire politique pour le reste de l’Occident, capable de générer des solutions innovantes pour reconquérir une opinion publique lassée, persuadée qu’elle n’a plus rien à perdre en tentant le diable – option politique qu’elle s’était pourtant autrefois interdite de considérer. Les extrêmes n’ont plus le monopole des solutions radicales, désormais générées par ce centre qui s’avère, d’ailleurs, autrement plus constructif.

On distingue déjà quelques grandes idées en rupture totale avec le discours traditionnel habituel, et qu’un logiciel intellectuel autant de droite que de gauche aurait pu produire. Ainsi, une nouvelle expression des priorités en matière de lutte contre le chômage fait jour : selon cette logique, ce ne serait pas les emplois d’hier qu’il faudrait sauver mais les ressources humaines d’aujourd’hui et de demain qu’il faudrait entretenir. La formation continue deviendrait ainsi centrale dans notre vie professionnelle en nous permettant de nous réadapter, jusqu’à la fin, aux nouvelles réalités du marché du travail. De la même manière, la révolution technologique ne serait plus l’objet d’une régulation pavlovienne de la part des pouvoirs publics, mais un outil supplémentaire au service de l’action de l’Etat. L’opinion publique française est mûre pour accepter ces principes et en influencer et contrôler la mise en œuvre. La fenêtre de tir est particulièrement étroite et politiquement dangereuse, mais en cas de succès, les dividendes des réformes seraient incommensurables.

Cette réalité française est d’autant plus remarquable que, découlant de configurations politiques similaires, un mécontentement tout aussi significatif dans d’autres pays occidentaux, comme aux Etats-Unis, au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas, n’a pas généré une offre politique autre que des alternatives populistes aux effets douteux. Et contrairement à ce que l’ère du temps pourrait nous laisser croire, ce n’est pas une unique figure politique qui incarne aujourd’hui ce centre : c’est la convergence d’une série de bonnes volontés, prêtes à reconnaitre l’ampleur de l’effort politique et intellectuel à mener pour que cette réinvention soit effective.

Le 8 novembre dernier, les Etats-Unis ont officiellement signifié au reste du monde qu’ils ne souhaitaient plus jouer le rôle de capitaine du monde occidental. S’est ouvert alors un véritable boulevard devant tout leader qui aurait souhaité redéfinir et réinventer les valeurs économiques et politiques occidentales. La France aurait été, dans d’autres circonstances, une candidate incontestable pour mener à bien cette redéfinition, face à une Allemagne dont l’ADN historique et culturel interdit, dans l’immédiat, toute velléité de leadership autre qu’économique, et face à un Royaume Uni durablement préoccupé par sa scène intérieure. A l’heure actuelle, malgré un climat politique délétère et compte tenu d’une configuration politique internationale sans précédent, la France dispose d’une opportunité unique pour devenir le ground zero de la réinvention occidentale.

Avis aux amateurs…

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 1 Avr - 11:16


Nuit Debout, longtemps s'est couché de bonne heure...

anniversaire de Nuit Debout. Je le place ici, parce que c'est dans le contexte de la représentation politique et de ses contradictions internes que ce mouvement prend son sens. En témoigne cette interview de son théoricien leader, le fumeux Frédéric Lordon


une resucée de platitudes égrenées de mots savants et de dénonciation morale, indigné-ation (1), pour aboutir à une nième version du citoyennisme, mâtinée de populisme qui ne dit pas son nom, comme en témoigne le titre en théorie, et la chute en pratique (2)

(1)

Citation :
le salariat comme un rapport social essentiellement odieux, que la loi El Khomri, précisément se proposait de porter à un plus haut point d’ignominie

sous « l'essence de la politique, retour qui n’a pu sembler inouï que du fait que cette essence est obscurcie par les captures de la représentation étatique-parlementaire », l'essence odieuse du salariat...

sur l'essence de la politique sous le capital, je renvoie à Marx le jeune, le reste est littérature réformiste, comme on disait jadis

(2)

Citation :
Pour ma part, je ne pense pas qu’il y ait de politique possible dans les grands nombres hors d’une forme ou une autre de représentation et de délégation. Mais précisément, toutes les formes ne se valent pas. Aspirer à l’affranchissement d’avec toute représentation me semble une impasse, mais poser avec vigueur la question de la forme, une impérieuse nécessité. La subsidiarité poussée aussi loin que possible, le mandat impératif, la révocabilité, la rotation, etc. : voilà par exemple des formes qui réalisent des différences significatives dans la « représentation ».


autres articles anniversaire de Nuit Debout, entre positions abstentionnistes et vote Mélenchon

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 2 Avr - 21:22


la recette Macron à la sauce Mélenchon

Présidentielle : assagi, Jean-Luc Mélenchon abandonne le "bruit et la fureur"

L'Express
2 avril 2017

Haut dans les sondages, le leader de la France insoumise veut apaiser son image et entend dépasser le clivage droite-gauche qu'il estime désormais réducteur.


extrait
Citation :
"Pas besoin d'être de gauche pour être d'accord avec moi"

Interrogé sur l'appel de Benoît Hamon à se rallier à sa candidature, qu'il a refusé cette semaine, Jean-Luc Mélenchon explique clairement qu'il ne joue plus au même niveau que le candidat socialiste, en difficultés dans les sondages: "Je ne m'occupe pas de lui. Je ne veux pas être dans une bataille de bac à sable entre deux personnes qui se disputent le même seau!"

A plus de 15% dans les sondages, Jean-Luc Mélenchon ne se présente même plus comme le candidat de la gauche, un mot qui a été "dénaturé". "Vous n'avez pas besoin d'être de gauche depuis un siècle pour être d'accord avec moi. Personne ne se renie en votant avec moi" assure celui qui pense même que des électeurs de droite, "dégoûtés par Fillon", préfèreront voter pour lui.

Jean-Luc Mélenchon pense qu'Emmanuel Macron et lui "ont réussi à incarner les deux termes de l'alternative, le règne du marché ou celui de la solidarité". Toute ressemblance avec Marine Le Pen, qui se félicite de la recomposition du paysage politique avec, d'un côté les "mondialistes" qu'incarnerait Emmanuel Macron, et de l'autre les "patriotes", serait purement fortuite.

néanmoins, le clivage droite-gauche fait encore référence... au passé ?


Selon un sondage Ifop publié dans le JDD, les Français sont 44% à penser que Jean-Luc Mélenchon incarne le mieux "les idées et les valeurs de la gauche", devant Benoît Hamon (31%) et Emmanuel Macron (21%).


Hamon peut gigoter, ce qu'il dit en ce sens ne fait qu'abonder le discours de Macron qui ne cesse de répéter qu'il n'est « ni de droite, ni de gauche »

moralité, pour ratisser large, il faut en être radicalement sans en être trop. Chercher l'erreur, elle s'appelle populisme. Mélenchon : « Mon défi n’est pas de rassembler la gauche, étiquette devenue bien confuse ; il est de fédérer le peuple. » (JDD). Double tour de passe-passe : après avoir assimilé le clivage droite-gauche à la contradiction bourgeoisie-prolétariat qu'il a pu traduire dans l'histoire de la représentation ouvrière, la "confusion" est utilisée pour rempacer le prolétariat par le peuple. CQFD

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mer 5 Avr - 18:08


ma lectorate s'ennuie, elle veut plus de commentaires sur la campagne électorale...

hé bien, disons, à croire que la fonction est mâle par essence, que chaque jour, c'est


la journée sans jupe



allez les bleus !

(Poutou est en touche, il se sentait de trop, mais hein, l'était pas obligé de faire le onzième...)

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 6 Avr - 11:35


je cède au désir secret de ma lectorate par ce badin commentaire. Le titre de cet article établit une comparaison qui n'est pas absurde



La comparaison avec la campagne référendaire s'impose.

extrait
Citation :
La vive remontée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages d'intentions de vote a comme point de départ deux événements complémentaires : le débat télévisé du 20 mars, certes, mais aussi la mobilisation de milliers de manifestants dans les rue de Paris, deux jours plus tôt, lors de la «marche de la France insoumise». La rencontre de ces deux éléments a provoqué une déflagration dans l'opinion publique, donnant au candidat une force propulsive suffisante pour mettre à distance Benoît Hamon. Cet événement souligne le caractère hybride de la campagne de Jean-Luc Mélenchon, qui utilise les moyens les plus archaïques et les plus modernes, rassemble des publics souvent mobilisés et d'autres recrutés aux frontières de l'abstention, et chemine sur une ligne de crête entre hégémonie idéologique et risque de dissolution électorale. Tout l'enjeu est de savoir si l'aventure de la France insoumise ressemblera au triomphe du «non» au Traité constitutionnel européen le 29 mai 2005, ou bien au résultat en demi-teinte du premier tour de l'élection présidentielle de 2012.

La comparaison avec la campagne référendaire s'impose. Tout d'abord parce que le vote «non» fut déjà une forme d'insoumission électorale, tant les partis de gouvernement et certains médias dominants s'étaient engagés en faveur du «oui». Ensuite, par les moyens d'action utilisés prioritairement par les «nonistes». On se souvient que les sondages ont alors longtemps enregistré, jusqu'en mars précisément, une forte majorité en faveur de la ratification du traité. Le retournement de l'opinion fit brutalement apparaître l'avance prise par les «nonistes» sur en deux domaines décisifs. Tout d'abord sur le terrain, avec la multiplication des collectifs locaux hostiles au traité, qui passent de 200 en décembre 2004 à 900 au mois de mai suivant. La mobilisation particulièrement nette dans les villes moyennes - la manifestation à Guéret, 15 000 habitants, contre François Hollande premier secrétaire du Parti socialiste, le 5 mars 2005, étant emblématique de ce déplacement du conflit. Ensuite, chacun s'accorda à considérer que l'activité des «nonistes» sur internet avait été décisive, et en tout cas bien plus grande que celle des partisans du traité.

[...]


une présidentielle n'est certes pas un référendum, car ses résultats engagent un peu plus la politique mise en œuvre. Mais on l'a vu, les dirigeants européens se sont assis sur le non au traité européen, comme ils se sont assis sur la victoire de Syrisa en Grèce, avec l'aide son leader Tsipras. Bien que la France ait un peu plus de poids en Europe, c'est néanmoins le sort qui attend peu ou prou Mélenchon au cas improbable où il serait élu, car l'issue se détermine au niveau mondial, et les pays européens n'ont pas la main de l'histoire au présent

le peuple français peut donc se faire plaisir, ça ne mange pas de pain. Quel que soit le gagnant, ses électeurs seront les plus déçus, jusqu'à se sentir "trahis". Mais bon, être cocu et en redemander, c'est son problème, au "peuple" français...

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 6 Avr - 15:00


la maladie sénile du gauchisme électoral

Poutou, candidat du NPA, a fait, lors du grand débat, un petit tabac. Il est, avec Nathalie Artaud, candidate de LO, le représentant de l'extrême-gauche "radicalement anticapitaliste", autrement dit du gauchisme électoral par excellence, en quelque sorte le contraire de la "maladie infantile", puisque Lénine y visait les anti-parlementaires

comme tous les petits candidats, on peut dire qu'ils détournent le principe de l'élection présidentielle pour faire connaître leurs positions politiques, et sont convoqués à être aussi personnalistes que tous les autres, tout en soulignant l'incompatibilité de leurs idées avec un régime présidentiel

on pourrait dire que c'est de bonne guerre, comme le fut la décision du PCF, prise après 68, de présenter un candidat à cette élection, "pour ne plus être tributaire du PS", sic, vu ce qui s'en suit (Programme commun, Mitterrand... Jospin...) jusqu'à plus soif

le corollaire de cette décision, pour le NPA et LO, c'est de s'interdire de faire une critique radicale de la politique, de la démocratie politique, et c'est bien ce qui ressort, à entendre les propositions de Poutou et Artaud, qui ont alors beau jeu de considérer Mélenchon comme un "sous-révolutionnaire", lui qui, au demeurant, se défend d'appartenir à la "gauche radicale"

alors, Poutou aurait fait entendre la voix des ouvriers, la belle affaire, les ouvriers ont entendu un clown de plus, avec un nez rouge

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Ven 7 Avr - 22:28


ouais, bon, faire des commentaires de fond pendant la présidentielle, c'est un peu comme critiquer le foot-ball pendant la Coupe du Monde ou le Sport de compétition pendant les JO

mais le faire en dehors, ça n'intéresse personne

chercher l'erreur

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 8 Avr - 11:34


Victor Hugo Chavez...

ayant parlé de Mélenchon comme le Chavez français, je ne résiste pas au plaisir, certes un peu pervers, de citer Catherine Nay, connue pour sa dent dure... Les loups sont entrés dans Paris ?

L'image adoucie de Jean-Luc Mélenchon

Catherine Nay Europe1 8 avril 2017

A 19% d'intention de vote selon un dernier sondage, Jean-Luc Mélenchon talonne le trio de tête au premier tour de la présidentielle. Entre 2012 il avait terminé finalement à 11%, mais cette année ce n'est plus tout à fait le même homme.

A deux semaines du 1er tour de la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon talonne les candidats en tête et fait jeu égal avec François Fillon, à 19%. Ses meetings connaissent une affluence record. Il est un peu la révélation de cette campagne. Décryptage avec vous Catherine.


Citation :
En 2012, candidat du Front de gauche, soutenu par le parti communiste, Jean-Luc Mélenchon, c'était une sorte de Georges Marchais réincarné. Il se montrait en imprécateur agressif, plaidait qu'il faut du bruit et de la fureur. On voyait un homme qui avait mal au caractère, toujours de mauvais poil, râleur. La barbe !

L'interroger devenait un supplice pour les journalistes puisqu'il prenait chaque question pour une agression. Dans ses meetings, qui attiraient du monde parce qu'il a du souffle et le verbe haut, on chantait l'internationale, on levait le poing. Il parlait aux camarades, et à la gauche.

Ses références ? Hugo Chavez, le Président du Vénézuela, décédé en 2013, un ami dont il admirait la révolution citoyenne qui, disait-il, ouvrait un nouveau cycle qui fait progresser la condition humaine des citoyens (sic). Aujourd'hui, le pays est plongé dans un chaos économique. Tous les indicateurs sont au rouge. L'appareil productif a été détruit. Merci Chavez.

Mais en 2017, c'est la métamorphose...

Oui, il est le candidat de la "France insoumise". Et il a lissé son image. Fini l'agressivité, "Je deviens une figure rassurante", dit-il. Il a modernisé sa communication, se laisse filmer par Gala, confie ses recettes minceur, se confesse auprès de Karine Lemarchand en ronronnant comme un gros chat, réussit des prouesses technologiques avec l'hologramme, qui lui permet d'être sur scène à Aubervilliers en image 3D, et en chair et en os à Lyon.

Mais surtout, il a réussi à convaincre les gens qu'il était proche de leurs soucis, de leurs espoirs. Il drague un ensemble bien plus vaste que la gauche. "Vous, les gens", comme il les appelle dans ses discours. Il leur parle d'eux, se met en empathie, crée avec eux une intimité, évoque sa fatigue ou ses rhumes attrapés dans le TGV. Il passe du bavardage au souffle épique. Du Victor Hugo, mâtiné de Zola. Il a des lettres : "On est dans un pays où on aime les intellectuels en politique", dit son porte-parole, Alexis Corbière. Et l'on voit bien qu'être en scène, Mélenchon aime ça, se grise de son propre verbe, parfois jusqu'à l'incontinence. Mais la foule est au rendez-vous et absorbe son discours avec gourmandise. Maintenant, on chante la Marseillaise. Et sa référence est, devinez qui : le Général de Gaulle.

Et il se dit prêt à gouverner ! Ce qu'il ne disait pas en 2012 !

Où pourtant, il avait connu une belle dynamique, jusqu'à 17% d'intentions de vote, pour finir à 11% au premier tour. Grosse déception, mais son dernier discours à Marseille, où il ouvrait les bras au Maghreb, avait été très mal reçu par la gauche, ce qui veut dire que tout peut s'effondrer au moindre faux pas.

On parle beaucoup des transformations de l'homme, des talents de l'acteur, mais assez peu de son programme.

Oui, il cite De Gaulle mais son imaginaire intellectuel et son programme restent très imprégnés de son idole Hugo Chavez [sic : Victor Hugo Chavez...], parce que c'est bien une révolution qu'il promet avec sa 6ème république, où devraient être inscrits comme droits inaliénables le droit au travail, au logement. Avec lui, tout sera gratuit : la santé, les cantines à l'école. Il veut augmenter les impôts de 100 milliards d'euros. Au-dessus de 400.000 euros par an, il prendra tout. Il est possible que les écarts de richesses se réduisent, mais à terme, tout le monde sera appauvri.



Mélenchon : "Chavez, c'est l'idéal inépuisable de l'espérance humaniste, de la révolution"
L'Humanité 6 mars 2013

article à lire avec des lunettes, nécessairement vu sa provenance, mais qui dira qu'elle se trompe ?

le plus surprenant, c'est le charisme de Mélenchon qui fait oublier à ses partisans son autoritarisme impénitent, dont je n'ai jamais douté depuis que je l'ai croisé... en 1973 !

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 8 Avr - 11:56


Mélenchon, la veste et l'homme providentiel

il n'a pas échappé à un certain JF Couvrat, journaliste économique, que « Quand on porte ce costume pour un "grand meeting", on se voit en chef révolutionnaire, pas en candidat à l'Elysée. »

en effet, il y a quelques semaines encore (le jour de l'hologramme), Mélenchon portait une veste de style militaire, genre à la Mao-Castro-Chavez... Staline





depuis qu'il entrevoit une possible victoire, il n'a pas retourné, mais changé sa veste



un rêve d'adieux sans regrets ?



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