PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mar 23 Mai - 11:25


post-introduction

à l'origine, ce sujet ne portait que sur les élections, d'abord les régionales de l'automne 2015, puis les présidentielles, la campagne, les résultats, et la suite... Je ne songeais pas alors à en faire un sujet central, ni de l'idéologie française (dont je l'ai sorti), ni du forum, considérant que le niveau politique, et a fortiori le niveau électoral, ne permettait pas de descendre en profondeur dans ce qui l'explique

chemin faisant, et compte tenu du bouleversement historique produit par l'élection d'Emmanuel Macron, ce lien à l'économie politique m'apparaîtra comme l'évidence d'une nécessité historique au plan français et mondial. Il me semble qu'il faut lire ce sujet en son entier pour saisir concrètement sous ses divers aspects et dans son cheminement la raison de ce renversement, une restructuration dans la restructuration modifiant dans l'État transnational la fonction des États-nations

il est clair que ma méthode de théorisation à chaud, au fil des événements, ne peut produire des textes aboutis comme ceux écrits après-coup, et cela rend la lecture moins facile. Livrés en feuilleton, il faut suivre ou être largué. Je ne partage pas l'avis de Bruno Astarian pour qui « Presque par essence, la théorie communiste se développe post festum. » (Solitude de la théorie communiste, Hic Salta, août 2016). Si le risque est fort de se planter, l'avantage est de théoriser au présent, et donc j'espère de proposer une réflexion un peu moins inutile...


Dernière édition par Admin le Jeu 25 Mai - 16:20, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mar 23 Mai - 12:25


Citation :
On ne supprime pas des fonctionnaires, on supprime des postes de fonctionnaires, il faut voir avec eux comment moderniser la fonction publique et c'est avec eux qu'on le fera.

il faut savoir que dans la réalité, la suppression des postes fait que les tâches confiées à tel.le fonctionnaire dans tel bureau sont ou non assurées. En effet, chaque fois que l'un demande et obtient sa mutation, il ne peut être remplacé, si bien qu'on assiste à un turnover des postes vacants, parfois pendant des mois, jusqu'à la réorganisation suivante, qui les supprime en concentrant les bureaux


du respect dans le débat d'idées

je saisis l'occasion pour une remarque. Le site Meeting, revue internationale pour la communisation - 2004-2008 - a disparu et la plupart des textes ont été transférés chez Libcom.org. Bien

parmi ces textes, un que j'avais proposé en 2005 pour le numéro 3, le premier et dernier que j'aies écrit pour cette revue : Fonctionnaires, encore un effort pour devenir communisateurs : Prolétariat de l’Etat du capital, le petit fonctionnariat sera doublement aboli dans la communisation

c'est à ma demande qu'il n'a pas été publié, considérant après discussion qu'il n'était pas bon, en retenant l'argument de Bernard Lyon, selon lequel les fonctionnaires, s'il en restait encore à ce moment-là, seraient des salariés comme les autres

dans la mesure où c'est mon unique texte retenu par Libcom, il me semble qu'il est à la limite de l'honnêteté de publier un papier de 12 ans dont j'avais d'emblée reconnu les défauts. Tant que j'en étais, j'existais, depuis, chacun chez soi, et surtout eux entre eux... À la décharge de Libcom, ils ne sont pas censés le savoir, les sbires de Théorie communiste, oui


« Ce qui est méprisable mérite le mépris. »

Guy Debord


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mar 23 Mai - 13:47


la politique c'est bien, les luttes c'est mieux

blocages annoncés ?

si l'on en croit les syndicats reçus ce matin par Macron, « le calendrier de la réforme du travail a l'air d'avoir bougé.» Quoi qu'il en soit, ceux-ci n'ont pas attendu Martinez...


La grève, en plein week-end de l’Ascension, touchera notamment les dépôts pétroliers et donc, in fine, les stations-service, qui ont une autonomie de trois jours, selon la CGT.

Citation :
Les salariés du transport routier de matières dangereuses (carburant, gaz, produits chimiques…) sont appelés à cesser le travail vendredi 25 mai, a-t-on appris mardi auprès de la Confédération générale du travail (CGT) qui lance un mouvement « reconductible » pour une meilleure reconnaissance de la profession.

La grève, en plein week-end de l’Ascension, touchera notamment les dépôts pétroliers et donc, in fine, les stations-service, qui ont une autonomie de trois jours, selon la CGT. Le syndicat s’attend à un mouvement particulièrement suivi en Ile-de-France et dans l’Ouest.

Meilleure prise en compte des spécificités

La CGT exige une meilleure prise en compte, au sein de la convention collective du transport routier, des « spécificités » propres aux matières dangereuses. Parmi ses revendications : une durée journalière de travail maximale de dix heures, un suivi médical semestriel spécifique, un taux horaire minimal de quatorze euros de l’heure et un treizième mois.
« Certains conducteurs font cinquante-six heures par semaine », ce qui pose la question de « la sécurité des biens et des personnes », développe Fabrice Michaud, secrétaire fédéral à la CGT-Transports. Un conducteur « transportant 38 000 litres de carburant ou 24 tonnes d’acide est payé 9,73 euros de l’heure », alors qu’il doit obligatoirement « être titulaire de certificats spécifiques obtenus après des examens » devant être renouvelés « tous les cinq ans »

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mar 23 Mai - 19:24


enrichissez-vous !



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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mer 24 Mai - 16:45


ils font ou feront tous du Macron

un bon indice de la nécessité politique de la recomposition politique en cours, c'est qu'elle semble inéluctable à tous les acteurs de haut en bas, comme si, disais-je, ils ne pouvaient que jouer à leur pupitre une partition, écrite par d'autres, et dirigée de main de maître par Emmanuel Macron

les plus malheureux, Hamon à gauche pour le PS, Fillon à droite pour Les Républicains, ont eu le tort d'arriver trop tôt, idiots utiles d'une histoire qui allait plus vite qu'eux

plus chanceux, mais voué à surjouer un rôle qui lui échappera de plus en plus, Mélenchon fait du Macron dans la mesure où sa stratégie - siphonner le PS et marginaliser le PCF - s'inscrit dans la visée de Macron à gauche, faire exploser la vieille social-démocratie et la gauche toute entière

les Verts, pas nombreux mais à l'esprit large, feront du Hulot (Macron)-Hamon- PS-PCF-Insoumis...

Alain Juppé joue sur les deux tableaux, avec l'avantage d'avoir compris avant les autres ce qui se passait (sans quoi il aurait relevé Fillon à l'heure où on l'attendait)


Alain Juppé a écrit:
Notre groupe à l'Assemblée nationale devra s'engager, non pas – c'est mon point de vue –  dans une opposition partisane et une obstruction de tous les instants, mais dans un travail constructif. Si des textes vont dans le bon sens, je pense qu'il faut les voter

Législatives : Alain Juppé refuse de construire "une opposition partisane" Europe1 hier

Marine Le Pen, pas si malheureuse on le verra, prépare l'élargissement, si ce n'est du FN (rebaptisé ?), son alliance à droite avec les Républicains les plus à droite des partisans de Sarkozy-Fillon. Elle s'inscrit ainsi dans la stratégie de Macron de faire exploser la droite Républicains-UDI

Dupont-Aignan, poisson pilote de l'opération, pourrait en faire les frais, avec le tort d'avoir eu trop tôt raison, mais ce n'est là qu'épiphénomène, d'autres viendront :



de haut en bas, disais-je, car on ne voit pas trop comment les électeurs pourraient ne pas entériner ce choix aux législatives, ceci pour qui qu'ils votent...


j'ai plus haut donné mon point de vue sur cette nécessité politique, pour la bourgeoisie, d'en finir avec le clivage droite-gauche. Il est recoupé sous une autre forme par l'analyse de Jérôme Sainte-Marie, pour qui « Emmanuel Macron rassemble libéralisme économique et libéralisme culturel, satisfaisant un bloc élitaire qui se sent menacé.»


Citation :
Vous affirmiez quelques jours avant le second tour que la bourgeoisie avait trouvé son candidat en Emmanuel Macron. Dans le même temps, celui-ci a été considéré comme le rempart de la République face à l’extrême droite. Qui a gagné dimanche dernier ? La bourgeoisie ou la République ?

Jérôme Sainte-Marie : C’est en effet ce que j’ai dit même si je suis un peu sorti de mon rôle ! (Rires.) Commençons par le contenu idéologique de l’offre d’Emmanuel Macron, qui est très clair : il s’agit de la réunification de tous les libéralismes, le libéralisme économique et le libéralisme culturel. L’illusion que la gauche pouvait promouvoir le libéralisme culturel sans en tirer de conséquences quant au libéralisme économique – et inversement pour la droite – vole en éclats. Hamon et Mélenchon figurent le renouvellement du libéralisme culturel sans le libéralisme économique. Fillon, c’est le contraire. Cette réconciliation des deux libéralismes est également inscrite dans les traités commerciaux internationaux, comme le Tafta. Elle est portée sur le plan international par des chefs d’État comme Justin Trudeau.

Les élites des deux bords se retrouvent idéologiquement. Cela correspondant aussi à une pratique politique des gouvernements de droite ou de gauche, dont la convergence, quinquennat après quinquennat, était toujours plus éclatante. Mais les alternances divisaient de plus en plus artificiellement le bloc élitaire, que l’on peut appeler plus clairement la bourgeoisie. Cette dernière s’est rendu compte que ses divisions historiques étaient fatales à la mise en œuvre de son projet commun de réformes. Elle s’est donc réunifiée sous la forme du bloc élitaire. Cette réunification aurait pu se produire entre les deux tours. Cela s’est fait de manière plus brutale et plus rapide, avant même le premier tour, avec la création du mouvement En marche ! d’Emmanuel Macron. Ce dernier incarne parfaitement cette réunification idéologique et sociale de la bourgeoisie française pour donner aux réformes la plus grande force propulsive possible.

Ce projet est-il majoritaire dans la société française ?


Jérôme Sainte-Marie : Soulignons d’abord que le premier tour a révélé un vote de classe d’une puissance inédite, du moins depuis les années 1970. C’est aujourd’hui une réalité aveuglante. On n’avait pas vu cela depuis le référendum de 2005.

On a, d’un côté, les catégories populaires, qui représentent la majorité du salariat, dont le vote s’est divisé entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen. De l’autre, François Fillon et Emmanuel Macron ont rassemblé le bloc élitaire – les chefs d’entreprise, les cadres en général, les détenteurs de patrimoine, donc beaucoup de retraités, et aussi, parmi les jeunes, certaines catégories d’étudiants. Ces deux blocs rassemblent chacun entre 40 et 45 % des suffrages exprimés. Le voile d’illusion idéologique que représentait le clivage gauche-droite est en train de se déchirer.

À cette occasion, la réunification de la bourgeoisie est éclatante. Globalement, le bloc élitaire, c’est la France qui a voté oui en 2005. Cela lui donne un avantage pour gouverner puisqu’il domine sans partage l’appareil de l’État et la direction des grandes entreprises. Plus durablement, toutes les structures institutionnelles convergent, y compris les instances de contrôle. La division partisane de la bourgeoisie, notamment dans la haute fonction publique et dans la direction des médias, constituait un garde-fou que ce processus d’unification idéologique pourrait supprimer.

Ce qui est plus embêtant pour elle, d’un point de vue politique, c’est que cela devient visible. Une domination s’affaiblit quand elle avance sans masque. Par exemple, l’alternance sans véritable alternative est la solution optimale pour maintenir l’ordre social. La clarification actuelle, pour reprendre le mot de Manuel Valls, pourrait s’avérer une mauvaise idée. La disparition de médiation entre le monde des affaires et le milieu politique, avec un président de la République directement issu du premier, constitue une transparence redoutable pour un système en crise.

[...]

Karl Marx a écrit:
Les pensées de la classe dominante sont aussi, à toutes les époques, les pensées dominantes, autrement dit la classe qui est la puissance matérielle dominante de la société est aussi la puissance dominante spirituelle. Les pensées dominantes ne sont pas autre chose que l’expression idéale des rapports matériels dominants, elles sont ces rapports matériels dominants saisis sous forme d’idées, donc l’expression des rapports qui font d’une classe la classe dominante; autrement dit, ce sont les idées de sa domination.

K. Marx et F. Engels, L'idéologie allemande, 1845

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 25 Mai - 10:23


des échos déformants

Le candidat d'En Marche, plus proche du patron de TPE que du CAC 40

Gabriel Nedelec, Raphael Bloch, Hélène Gully Les Échos 24 mai

Le parti d'Emmanuel Macron a investi aux législatives une quarantaine de chefs d'entreprise. Seuls trois d'entre eux dirigent une société de plus de 50 salariés. Photographie des candidats LREM issus de l’entreprise. Et si Emmanuel Macron n'était pas le candidat des grands patrons ?

Citation :
Alors que ses détracteurs accusent régulièrement l'ancien banquier d'être le défenseur des intérêts du CAC 40, la liste des chefs d'entreprise investis par La République en Marche (LREM) pour les législatives laisse apparaître une réalité différente. La plupart des "candidats patrons" du mouvement sont en réalité à la tête de TPE et PME.

Une majorité de petits patrons

Sur les 42 chefs d'entreprises LREM identifiés par Les Echos, plus de 75 % d'entre eux, soit 31 patrons, dirigent une TPE, c'est-à-dire une société de moins de 10 salariés. La plus grosse entreprise de la liste, une agence immobilière située dans le Rhône, a réalisé 538.000 euros de chiffre d'affaires en 2016.

Parmi ces petits "candidats patrons", on retrouve aussi sept dirigeants de PME, c'est-à-dire des sociétés qui comptent entre 11 et 250 salariés. La plus imposante ? Une agence de publicité d'Ile-de-France qui employait en 2016 49 salariés, pour 17 millions d'euros de chiffre d'affaires. Son patron, Adrien Taquet, n'est autre que l'inventeur du slogan d'Emmanuel Macron, En Marche.

La République en Marche n'a toutefois pas fermé totalement la porte aux gros patrons. Trois des candidats LREM dirigent des ETI, comme David Simonet, investi dans la 5e circonscription du Loiret, qui est à la tête d'Axyntis. Une société qui a réalisé en 2016 un chiffre d'affaires de 80 millions d'euros et compte 400 salariés.

La liste LREM comprend un autre "gros patron" en la personne de Bruno Bonnell, candidat face à Najat Vallaud Belkacem, dans la 6e circonscription du Rhône. Ce pionnier de la robotique dirige Robopolis, une entreprise de 90 salariés qui comptait 73 millions de chiffre d'affaires l'année dernière. Cet homme d'affaires, figure du secteur français de la tech des années 1990, a entres autres fondé les sociétés Atari et Infogram, pépites du jeu vidéo.

Le conseil et l'économie numérique en force

Si les patrons investis par LREM ne correspondent pas à l'image véhiculée par le parti, leurs secteurs d'activités, eux, sont fidèles à l'esprit "jeune et moderne" du nouveau président. La majorité d'entre eux travaillent dans le monde du conseil, de la publicité ou bien a fondé des startups.

Dans le détail, sept des patrons investis ont une activité de conseil, comme Charlotte Lecocq, choisie pour représenter LREM dans la 6e circonscription du Nord. Ces consultants, qui ont monté leur société, travaillent dans des secteurs aussi divers que la stratégie d'entreprise, les relations humaines, l'énergie ou l'informatique.

Le monde de la publicité et de la communication est également présent, avec pas de moins de cinq représentants. Le secteur des startups n'est pas en reste. Plusieurs candidats, au premier rang desquels le nouveau secrétaire d'Etat au numérique Mounir Mahjoubi et le fondateur de Lingora (logiciels libres) Alexandre Zapolvsky, sont les ambassadeurs de ce monde des jeunes entreprises innovantes.

Des cadres dirigeants

S'ils ne sont pas directement à la tête de leur entreprise, plusieurs candidats LREM occupent des postes de responsabilité. A côté de la quarantaine de patrons que nous avons identifiés, on retrouve ainsi une quinzaine de cadres dirigeants ou de numéro 2 ou numéro 3 de leur société, comme Cathy Racon-Bouzon, directrice de la communication de la marque Kaporal ou Bérangère Couillard, directrice régionale d'IKKS. Autant de personnes dont l'expérience pourrait être utile lors des débats sur la future réforme du code du travail.

les chiffres sont intéressants, mais la démonstration inepte. Ce qui détermine l'idéologie d'En marche ! serait à trouver dans sa représentation à l'Assemblée nationale, haut lieu du mariage politique entre État et société civile. En 1981 avec Mitterrand, a-t-on déduit de la proportion d'instituteurs à barbes députés PS qu'ils représentaient leurs stricts intérêts ?

l'idéologie entrée au pouvoir ne se lit pas seulement dans la sociologie d'En Marche ! mais dans l'adéquation de la nébuleuse Macron aux besoins actuels de la grande bourgeoisie française, par toutes les dimensions vues précédemment : le lien avec "le CAC40" se fait dans l'appareil d'État et notamment la haute fonction publique, ainsi que par la maîtrise des médias. Évidemment aussi dans le programme de Macron et les mesures annoncées, mais encore dans le discours de la méthode



le populisme entrepreneur

ils n'en vivraient pas tous, mais tous étaient appelés


la sociologie d'En marche ! et de sa représentation politique nous dit autre chose, le populisme entrepreneur

j'écrivais le 27 mars


Patlotch a écrit:
à propos de "populisme", Hollande se donne pour dernière mission d'éviter la victoire du populisme : « éviter que le populisme, le nationalisme, l'extrémisme ne puissent l'emporter ». Suivez son regard, Le Pen, Mélenchon... mais pas Macron. Or celui-ci ne peut exister que sur le fond de la vague populiste

si l'on se réfère au texte de TC/RS M. LE PEN ET LA DISPARITION DE L’IDENTITÉ OUVRIÈRE, 2002, un long passage est consacré au populisme dans lequel on peut lire :


Citation :
Le petit patronat représente idéalement cette réconciliation du travail respectable et du capital mérité, s’épanouissant dans le cadre de la nation, sociale et familiale. Malheureusement, si c’est un idéal c’est que c’est aussi une réalité.
[...]
Le petit patron est tout à fait moderne...

on pourrait dire qu'aujourd'hui, l'électeur idéal de Macron, économiquement, socialement et idéologiquement, c'est (l'auto)entrepreneur plutôt que le petit patron. On a un peu le même rapport au travail, mais pas du tout avec les mêmes couches sociales. Le populisme de Macron ne s'adresse pas au prolétariat, mais aux couches moyennes et supérieures

l'idéologie dominante se donne(ra) à lire, du point de vue culturel et sociétal, comme structure of feeling (Raymond Williams), sous le mot d'ordre : « Devenir entrepreneur de sa vie »


recherche Google "entrepreneur de sa vie"

c'est pourquoi mon invitation plus haut à lire "Révolution", le best-seller de Macron, est tout sauf une boutade, c'est la nouvelle bible idéologique. S'il y a une petite révolution, c'est l'alliance (objective...) entre cette nouvelle petite bourgeoisie et la grande

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 25 Mai - 11:16


récréation studieuse

des macrons partout !


study

Wikipédia a écrit:
Le mot Macron (nom propre) ou macron (nom commun) a plusieurs acceptions.

Antiquité

Macro ou Macron est un surnom porté par plusieurs personnes dans l'Antiquité, notamment :

- Macron, un peintre de vases grec du début du Ve siècle av. J.-C. ;
- Naevius Sutorius Macro, dit Macron, un haut fonctionnaire impérial romain du ier siècle, qui selon Tacite ordonne l'assassinat de Tibère ;



- Ptolémée Macron, un gouverneur de Chypre du IIe siècle av. J.-C..

Époque moderne

Macron est un nom de famille notamment porté par :

- Brigitte Macron (1953-), enseignante française, épouse d'Emmanuel Macron ;



- Emmanuel Macron (1977-), homme d'État français, président de la République française depuis le 14 mai 2017 ;
- Jean-Michel Macron (1950-), médecin et neurologue français, père d'Emmanuel Macron.

Culture et société

Linguistique
- Le macron est un diacritique en forme de barre horizontale, que l’on place le plus souvent au-dessus d’une voyelle. Il modifie la valeur du son représenté par la lettre, indiquant le plus souvent que le signe qui le porte reçoit une quantité vocalique longue ou un ton particulier ;
- Le macron souscrit, aussi appelé ligne souscrite, est un diacritique en forme de barre horizontale, que l’on place le plus souvent au-dessous d’un lettre. Il modifie la valeur du son représenté par la lettre ;


- Le macron-grave est un diacritique composée d'un macron et d'un accent grave.

Sports
- Macron est une marque italienne d'équipement sportif ;
- Le Macron Stadium (auparavant Reebok Stadium) est un stade de football en Angleterre, du nom de l'équipementier officiel.

Sciences et techniques

Astronomie
Le terme macron est un nom proposé en 1906 pour l'unité de longueur appelée aujourd'hui parsec.



Biologie
Macron est un genre d'escargots de mer, de la famille des Pseudolividae.



Physique
Le terme macron désigne une particule microscopique (d'une taille de l'ordre de celle d'un grain de poussière). Il a été forgé et utilisé à la fin des années 1960, lorsqu'on a pensé que les macrons pourraient être utilisés dans de petits accélérateurs de particules pour réaliser une fusion nucléaire contrôlée à moindre coût.
images ajoutées

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 25 Mai - 12:29


elles font toutes du Macron, suite

Aubry, vieux débris, est brisée...

Citation :
J’ai 66 ans et j’ai l’impression que tout ce que j’ai fait dans ma vie est abîmé, cassé

Slate.fr 25 mai

mais...

Martine Aubry a écrit:
je ne souhaite pas l'échec du président de la République

Aubry veut être dans une “opposition constructive” face à Macron FR3



parité


NKM a écrit:
Je préfère que Macron réussisse

NKM accuse une partie de la droite parisienne de "maladie sénile" Europe1
hier

ajoutez-y Ségolène Royal, Emmanuelle Cosse, Cécile Duflot... qu'on ne m'accuse pas de machisme !

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 25 Mai - 13:33


alternative 2022 ?

dans la recomposition politique en cours, qui n'est qu'à ses débuts, se dégage la perspective d'un nouveau bloc de droite-extrême droite, tel qu'a su le promouvoir Trump aux États-Unis, et dont on a vu les prémisses avec l'alliance FN-Dupont-Aignan au second tour des présidentielles

je n'ai à ce stade aucune idée de ce qu'il peut devenir, et de l'intérêt un jour pour le capitalisme français de recourir à cette forme de néo-fascisme, mais disons que c'est ce qui se profile dans certains esprits. Après la fille Le Pen, la nièce serait alors au cœur de ce dispositif politique



Dans un long entretien à Valeurs actuelles qui intervient après l'annonce de son retrait temporaire de la vie politique, Marion Maréchal-Le Pen livre sa profession de foi politique et rend hommage aux représentants de la droite hors les murs.


Citation :
Marion Maréchal-Le Pen s'est récemment retirée de la vie politique et laisse derrière elle de nombreux orphelins de la ligne politique qu'elle incarnait au Front national. Une ligne identitaire conservatrice teintée de catholicisme. Mais son départ n'aurait sans doute pas été le même sans l'héritage qu'elle laisse au travers d'un long entretien à Valeurs actuelles, à paraître jeudi. Elle y livre sa vision de sa propre identité politique et rend hommage à plusieurs représentants de la droite dans laquelle elle dit se reconnaître : Philippe de Villiers, Eric Zemmour et Patrick Buisson.

"J'écoute ce qu'ils disent, je les lis", confie-t-elle. "Ils sont assez complémentaires. Philippe de Villiers mène un combat culturel, Éric Zemmour un combat journalistique et Patrick Buisson un combat idéologique. [...] Ils incarnent cette droite intellectuelle à qui la gauche au pouvoir a permis de réémerger, mais c'est trop peu, ils sont trop peu nombreux, et il reste encore beaucoup à faire", estime-t-elle, citée par Le Point.

Elle se reconnaît dans une "droite nationale, identitaire, sociale"

La future ex-députée du Vaucluse évoque aussi Laurent Wauquiez, dont le profil l'intéresse.

"Ce qui est sûr, c'est que dans le paysage politique actuel à droite, il fait partie de ceux dont les déclarations laissent penser qu'on aurait des choses à se dire et à faire ensemble, je ne vais pas dire le contraire", explique-t-elle.

Se définissant de droite, alors que le FN dit ne plus croire au clivage droite-gauche, elle précise appartenir à la "droite Buisson", une "droite nationale, identitaire, sociale".

"Un profil comme Laurent Wauquiez change la donne. Mais il faut voir ce qu’il fera de ce pouvoir! Si c’est pour avoir un nouveau Sarkozy, ce n’est pas utile", ajoute-t-elle dans l'entretien, cité par Le Monde.

"Ma position n'a jamais varié", répond Wauquiez

"Laurent Wauquiez est-il sincère? Je ne sonde pas les cœurs et les reins. Est-il capable de mettre en place des alliances intéressantes? Seul l'avenir le dira. Pour être honnête, je ne suis pas certaine que Laurent Wauquiez mènerait spontanément cette politique dans son conseil régional s'il n'y avait pas un groupe FN aussi fort, devenu incontournable électoralement", poursuit la nièce de la présidente du Front national.

Sur Twitter, Laurent Wauquiez a répondu à cet ultime appel du pied ce mercredi. "Ma position n'a jamais varié: pas d'alliance avec la gauche et le FN. Une seule boussole : les valeurs de la droite et du centre", rappelle-t-il.

"Les cartes seront totalement rebattues"

Une semaine après l'annonce de son retrait de la politique, Marion Maréchal-Le Pen ne semble pas envisager un désinvestissement définitif. Elle "n'exclut pas" de mener un combat "parallèle, culturel par exemple", à la politique. Mais intervenir dans le débat public "a priori, n'est pas prévu". Elle livre tout de même sa vision de l'avenir. Un futur dont elle laisse penser qu'il sera favorable à la ligne qu'elle incarne.

"La génération qui vient a déjà mis un bulletin FN dans l’urne, elle est complètement décomplexée, plus du tout sensible à la diabolisation, n’a pas baigné dans le rêve européen et n’a rien à perdre. Dans les dix ans qui viennent, les cartes seront totalement rebattues."

... et le château de cartes Macron se sera peut-être effondré

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 25 Mai - 14:40


« l’apparition d’un homme exceptionnel »

il n'y a guère plus réac que le site Causeur.fr, et qu'une de ses meilleures plumes, le romancier agrégé de lettre Alain Nueil, édité chez Gallimard et Grasset. Cf ci-dessous sur le "Grand remplacement"...

moi aussi je pense qu'Emmanuel Macron est un homme exceptionnel. J'ai dit en quoi : « the right man on the right job at the right time in the right place »

Nueil n'est pas sur ma longueur d'onde, mais il souligne quelques qualités de Macron qui sont pour beaucoup dans son succès, dont une essentielle : s'il ne manque pas de faire des erreurs, il les corrige très vite. Toute sa campagne témoigne d'une incroyable réactivité, dans sa capacité à piloter tactiquement sa stratégie par étapes dont il n'a jusqu'ici raté aucune

les imbéciles sont ceux qui pointent chez Macron des contradictions entre ses discours d'hier et d'aujourd'hui, petits bras sous-critiques qui n'ont tout simplement rien compris au film, ni à l'art politique d'un homme qui réunit en lui Le Prince et Machiavel



Je me suis trompé sur Emmanuel Macron

Avec lui, le pragmatisme l’emporte sur l’idéologie


Alain Nueil Causeur.fr 25 mai 2017

Alain Nueil a écrit:
Il n’y a aucune honte à reconnaître qu’on s’est trompé. C’est au contraire une preuve de noblesse morale et intellectuelle. Pourquoi les exemples d’un tel aveu sont-ils si rares ? Pourquoi Lionel Jospin et tous les perroquets bien-pensants qui ont caqueté pendant des années que les musulmans s’intégreraient à la France aussi facilement que les Polonais-Italiens-Portugais-Espagnols n’ont-ils jamais reconnu leur erreur ? En fouillant ma mémoire, je ne trouve que de bien pauvres exemples. Les soldats anglais se seraient exclamé : « nous avons brûlé une sainte ! » en voyant Jeanne d’Arc partir en fumée. C’était des soldats, non des juges ou des chefs. L’Eglise catholique a réhabilité Galilée, a demandé pardon d’avoir accusé les Juifs de déicide. C’était des siècles plus tard. Louis XIV a reconnu devant son arrière-petit-fils le futur Louis XV qu’il avait trop aimé la guerre, ce qui nous a valu un XVIIIe siècle prospère et paisible. C’était un roi mourant, qui s’apprêtait à passer un sale quart d’heure au tribunal divin et s’exerçait à la confession.

Dès qu’on possède un magistère, qu’il soit intellectuel, moral ou politique, avouer une erreur de jugement est difficile, voire impossible. Le public va dire : puisque Lionel Jospin reconnaît qu’il s’est trompé lourdement sur l’immigration musulmane, il peut se tromper dans tout autre jugement ou décision politique. Ne votons plus jamais pour lui. Avouer son erreur, c’est beau, mais cela vous décrédibilise. Moi qui n’ai aucun magistère d’aucune sorte, je peux donc le dire d’un cœur léger : je me suis trompé sur Emmanuel Macron.

Il n’y a aucune honte à reconnaître l’apparition d’un homme exceptionnel

Celui-ci savait très bien que les qualités à mettre en œuvre pour être élu président de la République ne sont pas les mêmes que celles qu’il faut montrer une fois au pouvoir. J’ai raillé le Macron télévangéliste et le fameux « je vous aime farouchement », et j’avais tort. Il fallait du fusionnel et de l’affectif à un peuple brisé par le chômage de masse (angoisse avouée et clamée) et par la perspective de plus en plus évidente de son remplacement ethnique (angoisse tue, refoulée, et d’autant plus cruelle qu’il est interdit de la dire). Le ni droite ni gauche me laissait sceptique. Droite ou gauche, c’est une réalité politique aussi inchangeable que chaud ou froid sur le thermomètre et qui apparaît à propos de n’importe quel sujet. Surpopulation des prisons : la droite conseille de construire de nouveaux établissements pénitentiaires, la gauche préfère lâcher les détenus dans la nature, avec aux poignets de beaux bracelets qu’on pourrait faire dessiner par Rolex.

J’avais tort : laisser cette réalité au second plan est une excellente idée. J’ai horreur de l’appellation journalistique de « peuple  de gauche », bêtement imitée par « peuple de droite ». Ces expressions devraient être criminalisées, puisque selon la Constitution, il n’y a qu’un peuple français. Les partisans de Marine Le Pen ont répété qu’on avait essayé la droite sans succès, qu’on avait essayé la gauche encore plus piteusement, et qu’il ne restait donc qu’à essayer le Front national. Le génie macronien a consisté à remplacer le « ni droite ni gauche » par le « et droite et gauche », ce que démontre très bien la constitution du nouveau gouvernement.

Il n’y a aucune honte à reconnaître l’apparition d’un homme exceptionnel. Mais comme c’est douloureux, encore plus douloureux que reconnaître qu’on s’est trompé… Là encore, peu d’exemples. Antoine conscient qu’Octave est plus fort que lui et se faisant tuer par un soldat dans le désert égyptien, Salieri conscient que Mozart est un génie musical d’une toute autre envergure que lui-même et favorisant sa réussite, malgré la légende répandue par Pouchkine. Talleyrand conscient de la grandeur de Bonaparte et se ralliant à lui. Voler au secours du succès, ce n’est pas forcément de l’opportunisme, c’est aussi de la lucidité. L’esprit français est volontiers mordant et moqueur, il a du mal à reconnaître les personnalités supérieures. Les humoristes vont avoir du mal à se moquer d’Emmanuel Macron : il est beau, il est intelligent, il est énergique. Heureusement qu’il y a Brigitte, sinon ils ne tarderaient pas à mourir de faim. De plus, Macron a eu la chance d’avoir un mentor tout-à-fait exceptionnel : François Hollande. Sur tous sujets, il suffit de prendre le contre-pied total de ce que faisait l’ex-président pour trouver la bonne décision. Les ministres de l’un se répandaient en bavardages sur le dernier Conseil, les ministres de l’autre se taisent. Quand je veux rire, je me repasse dans la tête la désopilante phrase qu’on trouve dans Davet et Lhomme : « Emmanuel Macron, c’est moi ». La fée Carabosse se regarde au miroir et elle y voit la Joconde.

Il apprend vite

Mais il y a encore plus intéressant : l’oiseau Macron paré de son plumage éclatant annonce la fin du politiquement correct aussi sûrement que la colombe et son brin d’olivier au bec annonçaient la fin du Déluge. Le pragmatisme est le plus sûr meurtrier de l’idéologie. L’idéologie nous ordonne d’accueillir les migrants et de les répartir dans toute la France pour que les villages les plus reculés jouissent enfin des joies du vivre-ensemble. Le pragmatisme nous dit que ça coûtera cher, que ça créera des tensions avec les derniers carrés d’indigènes. Il est plus pragmatique d’arrêter les bateaux dans le détroit de Sicile et de les ramener à bon port en Libye, comme font les Australiens pour les migrants venus d’Indonésie.

Le premier travail du gouvernement Philippe sera de dégonfler les très laides baudruches que la CGT promène dans toutes ses manifs, ces gros ballons gonflables qui exhibent l’immobilisme encombrant de cette organisation vouée à la continuation du chômage de masse. Mais la question identitaire se posera un jour ou l’autre à la brillante équipe du président Macron. Alors le pragmatisme soufflera à l’oreille de nos nouveaux dirigeants des paroles que l’idéologie interdisait totalement, des mots frappés de malédiction lorsque régnait la gauche ou la droite sous influence, des paroles secrètes et tabou comme « fin du regroupement familial » ou « fin du droit du sol » (il serait fort pragmatique de le supprimer d’abord à Mayotte et en Guyane, les juristes trouveraient bien un moyen), ou même qui sait « suspension provisoire des accords de Schengen », ces mots terribles qu’on ne chuchote que sur l’oreiller.

Il y a parmi les critiques les plus virulents d’Emmanuel Macron des hommes que j’admire, comme Ivan Rioufol ou Alain Finkielkraut. Mais je crois qu’ils se trompent en imaginant l’homme d’Etat figé dans les postures qu’a prises pour être élu le petit arriviste rusé. La colonisation française a, paraît-il, été un « crime contre l’humanité », mais les descendants des victimes venues en France ne sont guère représentées au nouveau gouvernement. C’est qu’il apprend vite, le petit Emmanuel, il ira loin si les cochons ne le mangent pas. Le 7 mai au soir dans la cour du Louvre, il a chanté la Marseillaise en posant la main droite sur le cœur, un ami charitable a dû lui souffler que c’était là un geste purement américain et il n’a plus jamais refait cette erreur.

Le rideau tombe sur la tragi-comédie de cette élection présidentielle de 2017 qui nous aura fait passer par toute la gamme des émotions les plus fortes. Applaudissons sans rancœur et sans rancune le jeune premier, il s’en est bien tiré.

notons à propos de « la colonisation crime contre l'humanité » que Macron n'aura pas mis longtemps à rentrer dans le rang de l'idéologie française, dont Nueil est à l'extrême

sans être un homme exceptionnel, je n'aurai pas commis son erreur, ni de ne pas reconnaître les miennes, mais celle d'avoir trouvé exceptionnels des hommes qui ne reconnaissent jamais leurs erreurs. Aujourd'hui, ils se taisent...

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 25 Mai - 15:48


la classe de l'encadrement en marche

on a vu (plus haut 10:23) qu'ils étaient bien représentés par les candidats macronistes aux législatives. Là, il s'agit du moral des troupeaux de cadres de la société civile. « Le cadre, écrit Debord en 1972, arrive en retard, et en masse, à tout, voulant être unique et le premier. Bref, selon la révélatrice acception nouvelle d’un vieux mot argotique, le cadre est en même temps le plouc »


En mai, la confiance des cadres a bondi, selon le dernier baromètre Viavoice. Un niveau jamais atteint depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. L'arrivée de la crise financière avait rapidement stoppé cette embellie...


Crédit photo © Reuters

Citation :
Depuis l'élection présidentielle, la confiance des cadres est revenue à un niveau qu'elle n'avait plus connu depuis l'avant-crise ! Une progression qui s'explique par plusieurs facteurs d'après Viavoice, qui a publié son baromètre économique mensuel...

L'indice de confiance des cadres bondit

Arrivé à -9, l'indice a bondi de 12 points en ce mois de mai... Un niveau atteint pour la dernière fois juste après l'élection de Nicolas Sarkozy en 2007. Cette confiance est largement imputable au "profil du nouveau Président de la République, Emmanuel Macron, qui séduit les cadres, convaincus que son élection créera un cercle vertueux de confiance et d'investissements dans les mois à venir".

"L'amélioration de l'activité économique dans les entreprises, perceptible depuis plusieurs mois et amenée à se concrétiser au cours de l'année", est également mise en avant par Viavoice. L'institut souligne, malgré tout, comme principale raison, "la levée d'une incertitude majeure, après la lourde défaite de Marine Le Pen". Une élection qui aurait, selon eux, porté atteinte aux entreprises françaises et aux investisseurs étrangers...

L'élection d'Emmanuel Macron comme catalyseur

Dans le détail, les Français sont "57 % à penser que l'élection d'Emmanuel Macron peut créer un "choc de confiance" encourageant les investissements, l'emploi ou la consommation". Ainsi, 37% des personnes interrogées pensent que le niveau de vie va s'améliorer en France en un an, soit quasiment le double du mois d'avril.

Il n'est pas rare que la confiance des cadres soit positive au lendemain d'une élection présidentielle comme ce fut le cas après Nicolas Sarkozy et François Hollande.

Néanmoins, la tendance reste à confirmer. Viavoice est optimiste sur ce sujet pour deux raisons : les indicateurs économiques, qui sont repartis dans le vert d'une part, et les réformes économiques majeures, qui ont déjà été réalisées (les retraites, la Sécurité sociale, la baisse des dépenses publiques...), d'autre part...

mais vous avez bien lu, après la confiance en Sarkozy, « L'arrivée de la crise financière avait rapidement stoppé cette embellie... »

Baro-Eco a écrit:
Emmanuel Macron, un Président « pro-business » ?

Les cadres sont ainsi 57 % à penser que l’élection d’Emmanuel Macron peut créer un « choc de confiance » encourageant les investissements, l’emploi ou la consommation. Ils sont également 61 % à penser que le profil du nouveau Président est « un atout pour l’activité économique et l’attractivité de la France », à travers trois qualités perçues :

- Son expérience économique, soulignée comme un atout par 67 % des cadres. Une qualité liée à son passage au Ministère de l’Economie et dans la haute fonction publique, mais surtout à son expérience dans le secteur privé (pour 66 % des cadres).

- Sa capacité à renouveler la vie politique, que ce soit à travers son âge (un atout pour 64 % des cadres), le fait qu’il soit nouveau dans le paysage politique (64 %) ou encore qu’il n’appartienne pas aux partis ayant gouverné ces dernières années (57 %).

- Enfin, Emmanuel Macron est perçu comme un excellent « VRP » pouvant faire profiter l’économie française de son réseau ou de son image au sein des milieux dirigeants : ainsi sont salués sa proximité avec des chefs d’Etat et de gouvernement (56 %) comme avec des dirigeants de grands groupes (56 %).

On comprend dès lors pourquoi 69 % des cadres anticipent un impact positif.

Les cadres anticipent une vraie sortie de crise à court terme


Parallèlement à ces nouvelles perspectives liées à l’élection présidentielle, on observe plus largement une forte amélioration des anticipations des cadres, tant sur le plan macro-économique que personnel :

- Ils sont ainsi 37 % à penser que le niveau de vie en France s’améliorera d’ici un an, en très forte hausse depuis avril (+18 points).

- Même « inversion de la courbe » en matière l’emploi, avec 31 % des cadres qui pensent que le nombre de chômeurs diminuera dans les mois à venir (+9).

- Enfin, sur un plan plus personnel, 26 % d’entre eux pensent que leur situation financière va s’améliorer (+4).

[...]

pour la "sortie de crise", hmm, on verra...

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 25 Mai - 18:13


grands horizons vs marécages ?

« Il n’y a plus la gauche et la droite.
Il y a les gens qui sont en haut et qui veulent voir les grands horizons
parce qu’ils ont une très lourde, difficile et lointaine tâche à accomplir.
Il y a des gens qui sont en bas et qui s’agitent dans les marécages.»


Charles de Gaulle, conférence de presse du 17 novembre 1948




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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 25 Mai - 21:49


mais pourquoi tant de haine ?

Tristan Vacances : - Pourquoi tant de haine, mon cher Patlotch, envers les couches moyennes ? Vous en êtes, après tout...

Patlotch : - c'est vrai, j'en suis. Écoutez donc ce qu'en dit Nathalie Quintane parlant de son livre "Que faire des classes moyennes ?" dans le sujet voisin "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie. On est des couches moyennes plus ou moins 'sup' ou 'inf', on aspire plus ou moins à monter... Moi, je n'ai jamais voulu décoller d'où l'on m'a accouché, et puis bref, je m'en fous

Tristan Vacances : - Certes, mais vous ne répondez pas à ma quest...

Patlotch : - si ! Un, vous n'avez écouté ni Nathalie Quintane, ni ce que j'ai dit. Deux, la question ne se pose pas. Trois, le problème est dans la question. Quatre, pas ma faute si, depuis la Révolution française, la petite bourgeoisie s'allie au capitalisme qui vient... pour faire des révolutions à l'intérieur du capitalisme

Tristan Vacances : - Mais, alors, on ne pense donc pas nécessairement selon son appartenance de classe ?

Patlotch : - vous, pour enfoncer des portes ouvertes, je me demande comment vous n'êtes pas anarcho-marxiste post-ultragauche

Tristan Vacances : - Vous notiez à raison que ce milieu en est sociologiquement constitué

Patlotch : - Oui, et il faut croire que ça le plombe; il n'y a qu'à voir comme ils n'ont strictement rien à dire depuis six mois sur ce qui se passe en France, à part reprendre quelques critiques dignes de Médiapart ou du Canard Enchaîné, Édouard Philippe/Areva, Colomb superflic de Lyon, Richard Ferrand ferré... et pour le reste parler d'autre chose, de dndf à Temps critiques en passant par Mondialisme.org, Indymédia, Paris-Luttes Infos... ou refourguer en boucle les vieilleries des "camarades", en se donnant, on imagine, les grands airs d'une élite incomprise, un plaisir d'avant-garde : nous avons compris ce qui n'est pas à la portée de votre entendement

Tristan Vacances : - Macron leur aurait à eux aussi donné un coup de vieux ?

Patlotch : - non, eux sont spéciaux, conceptuellement inspirés, compénétrés et impénétrables (sauf par la police), ils n'ont pas eu besoin de lui

Tristan Vacances : - Il vous faut toujours exagérer, insinuer perfidement...

Patlotch : - quoi ? Que dndf pourrait tout aussi bien être rédigé par un sous-marin du Ministère de l'Intérieur ? Je vous laisse la responsabilité de vos basses pensées et votre haute opinion de Pepe, le pauvre, car qui aurait pu le recruter, sinon Simon Roland, le professant d'histoires, dans son besoin de laquais pour sa revue intimiste, intimante et intimidante, Théorie communiste ?


Rolling Eyes

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Ven 26 Mai - 10:26


errata

genre et classe


Macron : « Mon conseil aux jeunes : lire Karl Marx »



j'avais cru à un canular, un montage photo, mais non...
et dans ce magazine, on suppose que c'est un conseil aux jeunes femmes




- Et c'te soupe ?... - Fiche-moi la paix, je lis Karl Marx

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Ven 26 Mai - 16:31


« L'État, c'est moi »
Louis XIV, de Gaulle, ou Macron ?

déjà vu*, mais on ne s'en lasse pas. La grande valse des directeurs d'administrations centrales (DAC) devrait intervenir après les législatives et les ajustements dans la composition du gouvernement

* 16 mai page 6 : un des aspects essentiels de la réussite, par la suite, de cette stratégie, est la main-mise sur la haute-administration d'État. Je peux, par mon activité professionnelle durant 40 ans dans une administration centrale, témoigner de l'importance de ce point, mais il y a ici des particularités qui le mettent en avant : Emmanuel Macron veut mettre la haute administration sous pression


Grande réorganisation au sommet de l’État

Bernard Gorce La Croix  26/05/2017

Le président de la République impose des cabinets ministériels restreints et une évaluation des directeurs d’administration appelés à mettre en œuvre la politique du gouvernement. Cette réforme consisterait à remettre de la confiance entre politiques et hauts fonctionnaires dont les relations se sont dégradées.


Bercy, siège du ministère de l’économie et des finances (Paris) / Sébastien Calvet/Divergence

Bernard Gorce a écrit:
Les dix-huit ministres et quatre secrétaires du gouvernement Philippe s’activent ces jours-ci pour constituer leurs équipes. Mais ils doivent contenir leur gourmandise. Selon un décret publié il y a une semaine, le nombre de conseillers est limité à dix pour un ministre, huit pour un ministre délégué et cinq pour un secrétaire d’État. Un rapide calcul permet d’évaluer le plafond du nombre de collaborateurs du gouvernement à 200 personnes, soit nettement moins que les précédents gouvernements qui dépassaient régulièrement la barre des 500.

Au-delà du symbole de sobriété qu’elle affiche, cette diète s’inscrit dans un ambitieux projet du nouveau président de mettre fin à des dysfonctionnements au sommet de l’État. Depuis des décennies, les relations entre la haute administration et les gouvernants se sont détériorées, une défiance s’installant entre les ministres et les directeurs d’administration centrale (DAC), pièces maîtresses du fonctionnement de l’État.

Un phénomène de politisation non assumée de la haute fonction publique

Nommé en 2014 secrétaire d’État à la réforme de l’état et à la simplification administrative dans le gouvernement de Manuel Valls, Thierry Mandon se souvient avoir dressé un rapide état des lieux. « Parmi les ministres du gouvernement, les trois quarts ne rencontraient jamais les DAC avec lesquels ils sont pourtant censés travailler. »

En 1995, déjà, le rapport Picq dénonçait cette situation, qui s’explique par les habitudes prises par les gouvernements d’aller débaucher des hauts fonctionnaires pour constituer des équipes de travail à leur main. L’alternance droite-gauche au pouvoir a eu pour conséquence de renforcer un phénomène de politisation non assumée de la haute fonction publique.

En 2012, l’ancien ministre du redressement productif Arnaud Montebourg fulminait ouvertement contre les toutes puissantes administrations de Bercy, visant en particulier le directeur du Trésor, nommé sous Sarkozy. À l’intérieur même d’une mandature, les relations peuvent être difficiles. Arrivant au ministère de l’éducation nationale en 2014, Benoît Hamon, chargé de calmer le jeu sur les rythmes scolaires, fut contraint de croiser le fer avec le directeur de l’enseignement scolaire – le poste le plus puissant de la Rue de Grenelle – Jean-Paul Delahaye. Celui-là même qui était le conseiller spécial de son prédécesseur, Vincent Peillon, promoteur de la réforme…

De nombreux « dysfonctionnements »

Des tensions comme cela, la République les collectionne. « Personnellement, j’ai assez souffert des difficultés avec les DAC, avoue Thierry Mandon, de l’énergie dépensée à leur faire entendre raison sur mes réformes. Je me suis souvent posé la question de savoir si ce n’était pas un blocage politique de personnes nommées avant mon arrivée. »

À l’inverse, les hommes et femmes politiques sont fréquemment critiqués au sein de la haute administration. On y récrimine contre les ministres faisant surtout « de la com’», des conseillers serviles et carriéristes, des cabinets qui constituent autant de contre-administrations. Un haut fonctionnaire mentionne le cas récent d’un secrétaire d’État de l’outre-mer qui avait autant de collaborateurs qu’un grand ministre. Résultat, « les conseillers court-circuitaient les DAC, s’adressaient directement aux échelons d’en dessous. L’administration y perd toute motivation ».

En 2013, le conseiller d’État Alain Christnacht dressait un sévère état des lieux dans un rapport confidentiel. « Le prélèvement de cadres sur la substance des administrations centrales pour fournir les cabinets affaiblit tellement celles-ci qu’il leur devient difficile de répondre aux sollicitations des cabinets », soulignait l’auteur pour désigner l’un de ces nombreux « dysfonctionnements », qu’il qualifiait de « préoccupants ».

Petit séisme au sein de la haute fonction publique

Conseiller de François Hollande avant de devenir ministre, Emmanuel Macron a constaté de l’intérieur les dégâts. Alors qu’il prétend faire de l’efficacité la marque de son quinquennat, le président veut une rupture. D’autant qu’il n’est pas certain de disposer d’une majorité absolue au Parlement. Pas question, dans un contexte d’instabilité politique, de se passer d’un « État fort », selon ses mots.

En limitant la taille des cabinets, il s’agit de recréer les conditions d’une relation de travail normale avec les hauts fonctionnaires. Lors du premier conseil des ministres, le 18 mai, Emmanuel Macron a insisté : « Il n’appartient pas aux conseillers des cabinets de se substituer aux directeurs d’administration centrale. »

Mais ce n’est que le premier étage de la fusée. Le deuxième s’annonce plus révolutionnaire. En contrepartie de ce rôle rendu aux grands commis de l’État, l’exécutif va exiger d’eux une totale loyauté. Le président a annoncé que les DAC feront l’objet d’« un examen » dans les semaines qui viennent en vue de leur renouvellement… ou de leur remplacement ! Le premier ministre a indiqué mercredi qu’une « feuille de route » sera adressée à chaque responsable retenu, qui les engagera sur des objectifs. « Un point semestriel sera fait sur l’avancée des chantiers », a précisé Édouard Philippe.

Cette nouvelle approche a créé un petit séisme au sein de la haute fonction publique. Cent quatre-vingts postes, qui relèvent d’une nomination en conseil des ministres, pourraient être concernés. « C’est inédit et à mon avis très contestable, réagit un haut gradé. Que veut dire l’évaluation de la “loyauté” ? Cette qualité est consubstantielle à la fonction publique. »

« On a aussi besoin de ministres stables »

Cette vaste réforme n’est pas sans évoquer le fameux « spoil system » américain qui voit, après l’élection du président, tous les chefs de l’administration quitter leur poste pour repartir, le plus souvent, dans le privé. Mais la logique française ne serait « pas celui du remplacement mais du rétablissement de la confiance », explique Alain Christnacht. « Il est logique que l’administration soit en phase avec le pouvoir politique. Il s’agit aujourd’hui de rendre le système plus franc, que ce qui était implicite devienne explicite. Il faut des hommes et des femmes loyaux, avec qui les ministres aient envie de travailler. »

Pour Thierry Mandon, l’accélération du rythme électoral n’autorise plus de « perdre du temps. Il faut améliorer l’efficacité de l’État ». L’ancien ministre, qui a pour sa part choisi de continuer sa vie professionnelle dans le privé, a toutefois une source d’inquiétude. Le président veut évaluer tous les ans ses ministres sur les bases de leur lettre de mission. « On a aussi besoin de ministres stables pour qu’ils gagnent la confiance de leur administration. Dire qu’ils sont révocables ne me semble pas de nature à renforcer leur autorité. »

La réforme Macron est de fait à double tranchant. Car si elle est vraiment mise en œuvre, les politiques ne pourront plus brandir l’excuse des résistances administratives pour justifier leurs échecs. « Quand la volonté politique est ferme et le projet cohérent, je n’ai jamais vu l’administration faire de l’obstruction », remarque Alain Christnacht qui fut conseiller de Lionel Jospin à Matignon.

Citation :
Voyez-vous l’ambition de l’Élysée d’avoir entièrement la main sur ces nominations ?

Il est certain qu’Emmanuel Macron lui-même, haut fonctionnaire issu du “sérail” des cabinets et de Bercy, a de longues listes de “directorables” en tête, dont les noms s’imposeront “tout naturellement” faute de contre-propositions. C’est bien de façon “descendante”, depuis l’Élysée, et Matignon dans une mesure encore incertaine, que seront confirmés ou remplacés les directeurs appelés à serrer de si près les ministres pour copiloter les grandes réformes du début du quinquennat. Or, en cas de tiraillements et de tensions entre le “Château” et les ministres divers et variés de ce gouvernement bigarré, à qui ira la loyauté des directeurs ? Au Président qui les a (re-)nommés ou à des ministres à qui ils ne doivent pas grand-chose ? La réponse est dans la question…

J.-M. Eymeri-Douzans : “La politisation fonctionnelle de la haute administration française tendra à s’accroître” acteurspublics 23 mai



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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Ven 26 Mai - 23:46


super-héros, c'est une belle mort, non ?

pareille démagogie, pareil mépris : dégage !

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 27 Mai - 13:20


HORIZON EN MARCHE - Une étude menée par OpinionWay pour "Les Echos", publiée vendredi 26 mai, donne au parti présidentiel une très large majorité absolue, à l'occasion des élections législatives des 11 et 18 juin.

Citation :
Près d'un siècle après "La Chambre bleu horizon" (plus de 400 députés de la droite et du centre sur 616), plus de vingt ans après la déroute du Parti socialiste et quinze ans après la "vague bleue" de l'UMP (près de 400 UMP/UDF sur 577), la République en Marche s'apprête-t-elle à déferler sur l'Assemblée nationale, les 11 et 18 juin prochains ? C'est ce que laisse entendre le sondage réalisé par OpinionWay pour Les Echos, vendredi 26 mai.

Horizon (au moins) 300 sièges

Si l'on en croit l'enquête, réalisée sur un échantillon de 2103 personnes sélectionnées selon la méthode des quotas, le mouvement pro-Macron, crédité de 28% dans les sondages (en hausse d'un point par rapport à la semaine passée), bénéficierait de 310 à 330 députés au Palais Bourbon. Derrière, l'alliance Les Républicains/UDI, stable à 20%, occuperait 140 à 160 sièges. Bien loin des espoirs de cohabitation martelés à longueur de meetings par les ténors de la droite et du centre. Une bonne nouvelle pour le Président, qui aura bien besoin d'une Assemblée à sa cause pour lui voter l'habilitation à faire usage des ordonnances, dans le cadre du projet de réforme du Code du travail.



Le Président et ses affidés bénéficient ainsi du "fait majoritaire", une situation bien connue des observateurs de la vie politique. Caractéristique de la Ve République, ce terme de droit constitutionnel définit une situation politique où le chef de l'Etat est soutenu par une majorité parlementaire qui lui est favorable. Et ce, quelle que soit la façon dont le Président a été élu. Dans cette optique, Emmanuel Macron bénéficie également d'une dynamique indéniable, qui voit son mouvement crédité de plus de voix que lui n'en avait obtenu au premier tour de l'élection présidentielle (24%).

La gauche éparpillée, essai non transformé pour le FN

A gauche, "la volonté des électeurs de donner une majorité au gouvernement", ainsi exprimée par Bruno Jeambart (OpinionWay) a des effets dévastateurs. Malgré ses 15% (en hausse d'un point par rapport à la semaine précédente), la France insoumise ne parvient pas à concrétiser son fort potentiel, et n'obtiendrait que 25 à 30 sièges. Bien loin des envies de majorité de Jean-Luc Mélenchon... Seule consolation, ce score les mettrait à hauteur du Parti socialiste (11%, en baisse d'un point), qui verrait alors son nombre d'élus divisé... par 10 ! Dans la suite du score catastrophique de Benoît Hamon à l'élection présidentielle et du déchirement observé par le PS sur sa droite, on atteint donc là un score inférieur à la composition du groupe socialiste en 1993, après la débandade des législatives de la même année. A l'époque, le PS avait obtenu son plus bas niveau historique, avec... 53 députés.

Patlotch : il ne faut pas vendre la peau de l'ours avant de l'avoir tué... mais laissons faire notre documentaliste

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 27 Mai - 13:27


l'opposition se ramasse à la pelle

Le Pen veut «organiser des assises de l'opposition» après les législatives

Libération 25 mai

Citation :
Tous bienvenus. Marine Le Pen, candidate aux législatives dans le Pas-de-Calais, a affirmé qu'elle «organisera(it) des assises de l'opposition» où elle «invitera tous ceux qui se considèrent» opposés à Emmanuel Macron, «probablement à la rentrée».

Selon elle, ces assises sont «une façon d'accompagner, de structurer cette recomposition de la vie politique française» qu'elle voit dans le second tour de la présidentielle. «Il y aura peut être quelques Républicains, on sait pas pour l'instant ils sont plutôt en complicité» avec Emmanuel Macron, a-t-elle ironisé.

Les Insoumis de Jean-Luc Mélenchon sont aussi les bienvenus «s'ils se considèrent comme étant dans l'opposition, malgré le fait qu'ils ont appelé à voter pour le président de la République», a-t-elle dit.

Le Pen à l'iniative dans sa recherche d'un recadrage stratégique d'alliance à droite, mais lorgnant aussi sur les "anti-système" du populisme ramasse-tout de Mélenchon, c'est de bonne guerre, et surtout ça ne peut marcher qu'en ce sens...

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 27 Mai - 14:48


le grand sommeil
ou
Macron l'hypnotiseur

Tristan Vacances : - vous affirmiez en 'post-introduction' que « le niveau politique, et a fortiori le niveau électoral, ne permettait pas de descendre en profondeur dans ce qui l'explique... », or force est de constater que ce sujet est surtout fait de ça

Patlotch : - vous ne l'aurez peut-être pas bien lu, et puis on ne peut aller plus vite que la musique, mes commentaires sont serrés, quasi quotidiens, alors que les rythmes d'apparition des contradictions peuvent être plus lents

Tristan Vacances : - alors pourquoi ne pas attendre qu'elles ressortent plus clairement ?

Patlotch : - je pose les bases d'une compréhension de ce qui se passe et de ce qui vient. Ce qui frappe c'est une population française sous hypnose, littéralement suspendue à la suite, comme déjà écrite et convoquée à le prouver, par ses actes ou sa léthargie, au comble de la contemplation spectaculaire : cette apathie, cette atonie, font aussi partie de la réalité présente

Tristan Vacances : - Que faire ? Que proposez-vous ?

Patlotch : - rien, de comprendre d'abord. Il existe des oppositions, des luttes, une expression de la jeunesse rebelle, qui n'accepte pas, ne se livre pas pieds et poings liés. C'est une forme active de compréhension - on ne comprend que ce qu'on transforme (Marx ad Feuerbach) * -, bien qu'à mon sens elle ne théorise que fort peu ce qui se passe et même sa propre intervention. Au fond je pense qu'elle sent les choses plus qu'elle les comprend vraiment, mais c'est déjà beaucoup

Tristan Vacances : - Mais qu'est-ce qui vous différencie ?

Patlotch : - je suis un détective privé... de bras, le Philip Marlowe de l'antiroman



* à relever, cette remarque de Jacques Wajnsztejn sur le blog de Temps Critiques, dans Logique et dialectique, Marx, le marxisme et la question de la méthode : « De fait, chez le Marx de la XIème thèse sur Feuerbach, il y a l’idée qu’il faut passer de l’interprétation (philosophique) à l’explication scientifique avant de transformer le monde. C’est un peu là-dessus qu’il va participer, quoiqu’il en ait, à la création d’une science économique.» Je crois n'avoir rien lu d'aussi inepte sur le sens de la 11 thèse, et pour le reste de cet échange, d'aussi bavard et creux sur la méthode dialectique de Marx, avec des références complètement dépassées (Naville, Sève, Quiniou...), rien des apports de Bertell Ollman, et même d'Henri Lefebvre**, si bien que je partage la charge de Benoit Bohy-Bunel dans Contre la bêtise savante de "Temps critiques". A propos des frères Jacques, etc. : «  Difficile de communiquer avec une telle bêtise « savante » (d'autant plus bête qu'elle se dit savante, d'ailleurs). » La méthode dialectique de Marx « leur échappe complètement... ils prétendent régler avec suffisance des problèmes trop compliqués pour eux.»

** cf DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 27 Mai - 23:22


liquidités...

la sociologie, quand elle ne néglige pas les rapports entre classes antagonistes, est un outil puissant d'analyse des mutations historiques


Par Jean-Claude Paye Sociologue et auteur de L’Emprise de l’image (Yves Michel)


je souligne en gras, avec mes commentaires entre []
Citation :
Étant donné ses antécédents, l’autodésignation du candidat Macron comme candidat « antisystème » nous a surpris. Elle nous dit cependant quelque chose d’important sur l’évolution de la structure politique de la France.

Qu’Emmanuel Macron se sépare du régime des partis politiques comme mode de gouvernance du pays est une évidence. Pourtant, cette prise de distance ne fait pas de lui un candidat antisystème, car le « système » qui se met en place n’est plus celui des partis nationaux, mais bien celui d’une gouvernance politique directe des États nationaux par les acteurs économiques dominants et les structures politiques internationales. [c'est en substance l'analyse que j'ai faite]

Ce positionnement s’inscrit dans une tendance forte, particulièrement visible au sein du Parti socialiste, celle de l’auto-implosion. Elle se vérifie aussi au niveau du parti « les Républicains », même si le processus de décomposition est moins avancé. [ce que semble aussi indiquer les sondages quant à leurs scores respectifs aux législatives] Il est pourtant bien engagé, comme nous le montre le système des « primaires ». Le candidat d’un parti n’est plus désigné par ses militants, mais peut être élu par tout un chacun, et ainsi par les membres d’un parti concurrent. Ce ne sont plus les organisations politiques qui s’affrontent, mais de simples personnalités, non plus porteuses d’un programme, mais d’une image façonnée par les médias. [c'est le caractère populiste qui traverse de fait tout le paysage politique]

Le phénomène de la candidature Macron révèle une mutation dans l’exercice du pouvoir d’État, à savoir la fin de toute médiation avec la société civile. Les groupes de pression et les différents lobbies se substituent aux partis dans le procès de décision politique. Autrement dit, la classe économiquement et politiquement dominante devient également la classe régnante, celle qui occupe les devants de la « scène politique », l’espace de la légitimation. La classe dominante gère directement ses intérêts et promotionne ouvertement ses candidats. Le processus de légitimation de cette procédure ne relève plus de la représentation, mais du marketing. [oui, remarque déjà faite, le niveau idéologique est directement pris en main par l'État, dans une relative pureté des rapports capital-État]

La candidature Macron est ainsi le symptôme d’une société capitaliste avancée, dans laquelle les différents rapports sociaux sont bien transformés en rapports entre choses, entre marchandises. Les divergences exprimées par les différents candidats se réduisent à la concurrence des images. Ainsi, Macron se place hors langage. Il ne nous demande pas d’adhérer à un discours, mais de regarder son image et d’être en fusion avec elle [c'est le côté hypnotique, voir plus haut]. Il n’y a plus de place pour la politique et la confrontation de points de vue divergents. Macron n’a pas de programme, ce qui signifie que tous les espoirs sont permis pour ses commanditaires, aucune limite n’étant fixée a priori sur leurs futures exigences. [je ne partage pas cette litanie sur "l'absence de programme de Macron"...]

Il s’inscrit dans une idéologie de la « société moderne-liquide », telle qu’elle a été saisie par le sociologue Zygmunt Bauman, celle du changement permanent en vue de s’adapter à la fluidité des événements. L’absence de cohérence interne se présente alors positivement comme une possibilité d’adaptabilité constante, une fluidité a priori, préexistante à la conscience des choses, permettant d’intégrer tout changement. [oui, mais bien sur la base, sinon d'un programme, d'une stratégie capitaliste d'adaptation à la crise, autrement dit de restructuration permanente] Ici, point de résistance ou de préparation d’une alternative, mais une capacité revendiquée d’adaptabilité à toute mutation sociale, quelle qu’elle soit. La fluidité exprimée se reflète dans le nom même de son mouvement, En marche !, une injonction qui ne précise aucunement vers quoi elle se dirige.

remise en analyse historique du rapport Capital-État-politique en France,
depuis la Révolution française et le premier Empire

je pense que c'est une erreur de voir "la fin du politique" dans une métamorphose de la démocratie politique pour sortir de la crise de la représentation, sans toucher, loin de là, aux fondements du rapport État-société civile, mais en l'intégrant tout en en dévoilant l'idéologie à la surface de la gestion politico-médiatique. C'est peut-être une autre façon de dire la même chose, mais qui me semble plus essentielle, plus radicale, puisque saisissant l'événement non comme un choix conscient, mais comme répondant à une nécessité historiquement produite :

Macron a effectivement une intuition capitaliste « préexistante à la conscience des choses », à leur conscience vraiment théorisée, mais il fait tout sauf piloter à l'aveugle, il est et sera dans la réactivité permanente, mieux, dans l'anticipation : de ce point de vue, ce n'est ni à Mitterrand ni à de Gaulle qu'il faut remonter, mais à Napoléon Bonaparte renversant la Révolution française en Empire, et transformant en profondeur l'État français pour l'adapter à l'hégémonie de la bourgeoisie capitaliste*

* exemple, dans la rupture la continuité : Macron ne fait que systématiser la logique de management de l'État, avec la loi LOLF qui en 2001 gère le budget comme celui d'une entreprise. Elle est signée droite et gauche : Jacques Chirac Président de la République, Lionel Jospin Premier ministre, Laurent Fabius ministre de l'économie, des finances et de l'industrie, Florence Parly secrétaire d'État au budget. Elle remet précisément en cause des principes établis depuis Napoléon et revus par de Gaulle (ordonnances de 1959), vers une logique de performance et de résultats de la gestion publique

la suite s'ensuivra au 19è siècle comme constitution de la gauche et de la droite politiques recouvrant et masquant le clivage de classe, tous déjà, avant la lettre macronienne, républicains en marche...


Shocked

dans la crise de restructuration, on s'intéressera particulièrement au passage du liquide au solide...

scratch

remarque 1 : à l'inverse, la critique forcenée de la "démocratie", par des communisateurs tels que Léon de Mattis ou Gilles Dauvé, est ici impuissante à saisir ce qui se passe, prisonnière de présupposés et de généralités grossièrement anarchistes, finissant par enfiler des perles hors du temps et de l'espace : s'ils ne disent rien, c'est qu'ils ne peuvent rien dire qui prenne en compte et intéresse concrètement le présent

remarque 2 : comment L'Humanité fait-elle pour publier parfois des textes d'une telle tenue théorique, et n'en tirer aucune conclusion politique, quand ce n'est la pirouette intégrant ces analyses à la ligne du PCF ? Mystère, que j'ai pu constater durant 20 ans de lecture de ce canard schizophrénétique

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 28 Mai - 0:25


capitalisme vert vs Trump énormément

Climat : L'avertissement de Nicolas Hulot à Donald Trump

20 Minutes avec AFP 27.05.2017

rien que ça ! En marche, le petit soldat de l'écologie capitaliste à la française a les chevilles qui gonflent


Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique,
assiste à son premier Conseil des ministres le 18 mai 2017 -
AFP

ENVIRONNEMENT Pour la première fois de son histoire, l'unité du G7 s'est brisée samedi sur la question cruciale du climat, face à un Donald Trump plus résolu que jamais à jouer sa partition....

Citation :
«Je ne veux pas croire que Donald Trump veuille engager son pays dans une telle impasse» en retirant les Etats-Unis de l'accord de Paris, a affirmé le ministre de la transition écologique Nicolas Hulot dans un entretien à paraître dimanche dans Le Parisien.

Pour la première fois de son histoire, l'unité du G7 s'est brisée samedi à Taormina (Sicile) sur la question cruciale du climat, face à un Donald Trump plus résolu que jamais à jouer sa partition.

«Un contre-sens tragique de l'histoire»

«Si Donald Trump décide de retirer son pays des accords de Paris sur le climat, cela provoquera une forte réaction de nombreux Etats américains, de villes et d'acteurs économiques qui sont engagés dans le développement des énergies renouvelables», a estimé Nicolas Hulot. «Je ne veux pas crier avant d'avoir mal mais si le président américain décidait de sortir de l'accord de Paris, ce serait un contre-sens tragique de l'histoire», a-t-il ajouté.

En dépit des pressions répétées des Européens (Allemagne, France, Italie, Grande-Bretagne et Union européenne), du Canada et du Japon, Donald Trump est resté de marbre.

Décision la semaine prochaine

«Je prendrai ma décision finale sur l'accord de Paris la semaine prochaine !», a-t-il tweeté, peu avant de quitter la Sicile.

Donald Trump est un homme «pragmatique, et je suis sûr qu'il confirmera son engagement» dans l'accord de Paris, a estimé le président français Emmanuel Macron, plutôt satisfait après des «progrès» à Taormina dans les discussions sur le climat. Ce n'est guère l'avis de la chancelière allemande Angela Merkel, pour qui au contraire «toute la discussion sur le sujet du climat a été très difficile, pour ne pas dire pas du tout satisfaisante».

L'accord de Paris, conclu en novembre 2015, vise à contenir la hausse de la température mondiale sous la barre des 2°C par rapport aux niveaux préindustriels. Les Etats-Unis pourraient sortir purement et simplement de cet accord âprement négocié ou rester mais annoncer une révision à la baisse de leurs objectifs de réduction d'émissions de gaz à effet de serre.

L'administration Trump estime que les niveaux sur lesquels l'administration de Barack Obama s'est engagée constitueraient un frein à la croissance économique américaine, une analyse qui ne fait pas, loin s'en faut, l'unanimité parmi les économistes.

je vois dans ce "bras de fer" Trump-Europe/Macon au G7 confirmation de mon analyse plus haut, d'un contradiction interne au capital sur fond de concurrence transnationale entre intérêts des vieux fossiles du capitalisme industriel et tenants du capitalisme vert, naturellement paré de toutes les vertus de l'écologie politique, puisque ses leaders nous serinent depuis des lustres qu'elle n'est ni de gauche ni de droite...

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 28 Mai - 11:30


Ushuaïa aïe aïe

« Nous allons remettre les choses à plat [...]
il y a de possibles alternatives à Notre-Dame-des-Landes qui peuvent nous permettre, à tous,
de sortir par le haut


Nicolas Hulot JDD 25 mai

pour un aéroport c'est la moindre des choses



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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 29 Mai - 12:31


quand bat délice, combat des listes, Cambadélis

amnésies mutuelles ?

tout ce barouf autour de "l'affaire Ferrand" est certes dérisoire, mais le patron du PS a fort peu de mémoire

il demande à Ferrand de démissionner pour conflit d'intérêt concernant la propriété de sa compagne (PACS...), les locaux qu'elle loue aux Mutuelles de Bretagne (voir Cambadélis : Ferrand devrait démissionner Le Figaro 28 mai)


Citation :
Tous les partis politiques ont été confrontés à ça, on sait très bien qu'il y a une révélation, une négation, je l'ai fait moi-même ! On apporte la confiance à un camarade de combat et puis, la semaine suivante, boum, il y a une deuxième partie...

humm... Qu'a-t-il "fait lui-même" ? « Il a été reconnu coupable en 2006 dans l'affaire des emplois fictifs de la Mutuelle nationale des étudiants de France[...] Condamné à six mois d'emprisonnement avec sursis et 20 000 euros d'amende pour avoir touché, de 1991 à 1995, 620 000 francs (94 500 euros) d'une filiale de la Mnef. » sources

Cambadélis n'a jamais été ministre, mais il est encore député, et patron du PS : combien de temps ?



Dernière édition par Patlotch le Mar 30 Mai - 15:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 29 Mai - 14:51


France-demi-Culture

une analyse devenue classique pour ma lectorate attentive (pléonasme), mais celle-là est tronquée (l'analyse, pas ma lectorate), à la différence d'autres signalées, de la connexion de plus en plus interne entre rouages de l'État-administration des choses et de la gouvernance capitaliste

en effet, le pouvoir d'État, aussi centralisé et personnalisé serait-il, ne fonctionne pas pour lui-même... et donc non, on ne comprend rien au "macronisme" tant que l'on ne met pas en évidence ce qu'il poursuit et change dans cette connexion État-Capital



Ce rouage discret mais essentiel en dit beaucoup plus sur la méthode Macron que la composition du gouvernement.


Au sein des ministères, les cabinets seront désormais limités à dix membres
Crédits : Joël Saget - AFP

Frédéric Says a écrit:
Si l'on veut s'abstraire de l'anecdote et du buzz, si l'on veut examiner l'efficacité de l'action publique, alors il convient de s'intéresser (aussi) à ceux dont vous ne verrez pas les visages à la télévision. Ceux dont les photos de vacances ne seront pas publiées sur papier glacé. Ceux dont personne ne commentera la poignée de main qui s'éternise ou la cravate qui penche : je veux parler des membres des cabinets ministériels.

Au-delà de la vingtaine de ministres, ils sont un rouage essentiel et peu visible de la République - avec les directeurs d'administration : si l’État est une machine, alors ce sont eux qui la font tourner. [en vérité ce sont les directions, donc leurs personnels à tous les niveaux, plus que les directeurs, qui en dépendent aussi]

En la matière, Emmanuel Macron a déjà impulsé plusieurs changements, qui sont intéressants à examiner pour comprendre le macronisme, au moins en tant que méthode de gouvernement.

Il y a d'abord, et ce n'est pas étonnant, le subtil alliage droite-gauche-société civile.

Ainsi chez Gérard Collomb, au ministère de l'Intérieur, le directeur de cabinet est étiqueté à droite ; il est même l'ancien secrétaire général du ministère de l'immigration et de l'identité nationale sous Nicolas Sarkozy, comme nous l'apprend un article minutieux du Monde (abonnés). De même le directeur de cabinet du ministère de l'Education nationale a-t-il fait ses classes dans l'équipe du ministre Luc Chatel, là aussi sous Nicolas Sarkozy.

En revanche, au ministère des Armées, le directeur de cabinet lui est plutôt enrégimenté à gauche : il fut l'un des conseiller de Ségolène Royal en 2007.

D'autres, enfin, ne sont pas marqués politiquement, mais sont considérés comme de "purs spécialistes", c'est le cas de Marc Papinutti, directeur de cabinet de la ministre des Transports, ou d’Étienne Geffray au ministère de la Justice.

Mais ce n'est pas là le changement le plus important...

Non, le vrai changement réside dans une décision qui peut paraître purement comptable à première vue. Emmanuel Macron réduit considérablement les effectifs des cabinets ministériels. Désormais : chaque ministre n'aura droit qu'à dix collaborateurs.

Dix collaborateurs, cela fait peu, une fois qu'on a enlevé les postes indispensables : conseiller(e) parlementaire, conseiller(e) presse, chef(fe) de cabinet, directeur ou directrice de cabinet...

Concrètement, cela signifie que le ministre ne pourra plus s'entourer d'un conseiller pour chaque spécialité de son ministère (par exemple à Bercy : un conseiller fiscalité, un conseiller affaires européennes, un conseiller emploi, etc.)

Alors me direz-vous, comment vont-ils travailler ? Eh bien c'est là où l'on change de logique. Désormais, ce sont les directeurs des grandes administrations qui seront en prise directe avec les ministres.

Emmanuel Macron compte politiser la haute-fonction publique. La mesure est passée relativement inaperçue dans son programme, mais il va remettre en jeu les 250 postes administratifs les plus importants. Une sorte de "spoil system", comme on dit aux Etats-Unis, où les têtes de l'administration valsent avec les alternances.

C'est un changement de paradigme : jusqu'ici l'administration était censée être neutre politiquement, et présumée loyale au pouvoir politique ; les conseillers ministériels donnant l'impulsion et surveillant les dossiers. C'est désormais l'administration qui est responsabilisée. Dans les pays anglo-saxons, on appelle cela le "Strong committment", comme le rappelle un article de la revue Acteurs publics.

Qu'est-ce que cela veut dire en pratique ? Que les intermédiaires sont éliminés ou drastiquement réduits : le ministre se trouve désormais directement placé entre le couple exécutif d'un côté et l'administration de l'autre (dont les hauts cadres sont nommés par... l'exécutif).

Quelle marge de manœuvre reste-t-il aux ministres ?

Question essentielle, d'autant qu'il reste un point que nous n'avons pas évoqué (ce n'est pas l'absence de féminisation des cabinets, un grand classique).

Il s'agit d'une autre constante : le placement des fidèles au sein des cabinets. Jacques Chirac était le spécialiste incontesté de la discipline. Nommer des proches de l’Élysée dans tous les ministères... Parfois pour leurs qualités, parfois pour servir de relais aux ordres de la présidence, parfois pour lui rendre compte. Et souvent un mélange des trois.

Dans ce nouveaux gouvernement, deux anciennes cheffes de cabinet d'Emmanuel Macron sont nommées au même poste dans des ministères, à la Santé et à la Transition écologique. Selon Le Point, Emmanuel Macron a aussi tenté d'imposer un de ses proches pour diriger le cabinet du premier ministre ; Édouard Philippe a resisté.

Le nouveau chef de l’État ne peut guère le lui reprocher ; lui-même avait refusé toute emprise élyséenne quand il avait été nommé ministre de l’Économie en 2014.

Dans une scène captée dans un documentaire signé Yves Jeuland, on voit Jean-Pierre Jouyet (alors secrétaire général de l’Élysée) au téléphone avec Emmanuel Macron, juste après sa nomination. Il échoue à lui imposer un directeur de cabinet :



Un bon ministre est-il un ministre qui désobéit à l’Élysée pour la composition de son équipe ? A cette question, la réponse d'Emmanuel Macron aujourd'hui n'est sans doute pas la même qu'il y a trois ans.

pour approfondir cette connexion Capital-État, il vaut mieux éviter de surfer sur ce qu'on apprend d'en-haut, il faut encore plonger au sein même des ministères, voire de certains bureaux. Exemple, à la Direction économique et internationale du Ministère de l'Équipement (actuellement Écologie etc. avec Hulot), une sous-direction et un bureau s'occupent directement des relations avec les Fédérations patronales du BTP, en lien avec la Direction du Trésor à Bercy, et la Coface. En dépendent l'intervention des grands groupes à l'étranger (Bouygues...) et la réglementation du travail dans le secteur...

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 29 Mai - 17:53




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