PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mer 10 Mai - 22:08


France insoumise... et compromise ?

plus dure sera la chute

dans la cuisine électorale, j'ai déjà dit ne pas saisir la tambouille de Mélenchon, face à l'opportunisme indécrottable du PCF. S'il a raison formellement, s'il est logique idéologiquement, il va (se) planter politiquement, sinon lui, son mouvement d'insoumis. Il a donc choisi, comme sous-entendu par cet article, son point de chute, à Marseille, étonnamment dans une circonscription où Le Pen a fait moins de 15% : quel courage ! Mais vrai qu'après Hénin-Beaumont...

Mélenchon trouve un point de chute

Rachid Laïreche Libération 10 mai 2017

wait and see, mais selon le poids de La France insoumise à l'Assemblé nationale, il est clair que le paysage politique ne sera pas le même, ni donc l'articulation entre les luttes sociales et le niveau politique

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 11 Mai - 18:47


allez, en marche la 'société civile', tous députés !




source

observons que dans cette publicité, on ne trouve pas la répartition sociale, ce qui est cohérent avec l'idéologie citoyenniste et transclassiste que recouvre toujours l'appel à la 'société civile'. Dans une certaine mesure, cela recouvre aussi le populisme explicite de Le Pen et Mélenchon

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Ven 12 Mai - 12:24


décomposition/recomposition, vers un compromis historique

tout ce qu'on peut voir de la décomposition/recomposition idéologique apparaît comme un bras de fer généralisé entre ceux qui s'accrochent au passé (du clivage droite-gauche, de la démocratie politique des partis...) et ceux qui veulent s'en débarrasser, répondant à la nécessité d'unir les forces politiques du capitalisme français

toutefois, cela se soldera, du moins transitoirement, par un compromis, dont la cuisine des tractations et les affrontements des ténors donne une idée, comme les exemples Bayrou/Macron, Macron/Valls, l'élimination de la ligne Fillon au profit de Républicains plus juppéistes et bientôt macronistes, etc.

en ceci, la grande bourgeoisie tient toujours, dans son camp traditionnel, deux fers aux feux. Les populismes sont un ultime recours, et en France, ils n'apparaissent pas en mesure de prendre encore le pouvoir

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 13 Mai - 18:14


pour le côté farce de l'histoire, cette information par La Tribune



histoire qui se répète en farce (Marx 18 Brumaire...), si l'on songe que Juppé fut le premier ministre de Chirac (1997-1997) et celui-ci le vainqueur de Le Pen en 2002

sa nomination me paraît improbable tant elle serait un aveu autant qu'une maladresse politique, mais elle donne à pense que plus cocus que les électeurs de gauche de Macron, tu meurs !

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 13 Mai - 19:40


Citation :
"Cette fois-ci, vous pouvez voter librement! Vous pouvez voter pour changer le pouvoir!"

Constant dans sa stratégie de marginalisation du Parti socialiste, Jean-Luc Mélenchon se pose comme le plus cohérent opposant d'Emmanuel Macron. Arguant du fort soutien pour son programme parmi ses électeurs, il se fait même fort de rafler la majorité à l'Assemblée nationale et d'imposer une cohabitation: "Ce que nous voulons, nous, c'est une assemblée insoumise.

consolation, à défaut d'être le premier Président insoumis de la République française

Les communistes théorisent leur incompatibilité politique avec Mélenchon

Le Figaro

Citation :
« La France Insoumise se revendique ostensiblement de l'essentialisme du peuple en omettant les rapports de classe. »

Pascal Savoldelli, responsable des élections du PCF

il serait temps de s'en apercevoir, comme concernant le PCF... depuis Thorez et le Front Populaire

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 14 Mai - 13:14


on attend les "hommages" musclés aux prolos connus pour participer aux prochaines luttes sociales. Notre Président, ce Machiavel de salons, brille par sa maîtrise de l'économie politique, et son flair politique conceptuel. En pratique, rien n'est écrit...

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 14 Mai - 16:42


dndf a tout-à-fait raison d'épingler Charlie Hebdo et son Dessinateur/Directeur, l'ignoble RISS


dndf a écrit:
On peut se prétendre le maitre étalon de l’insolence post soixante-huitarde et rejoindre la horde franchouillarde et sexiste de la beaufosphère qui se déchaine depuis quelques temps….




« Mais, pour les prolétaires qui se laissent amuser par des promenades ridicules dans les rues, par des plantations d’arbres de la liberté, par des phrases sonores d’avocat, il y aura de l’eau bénite d’abord, des injures ensuite, enfin de la mitraille, de la misère toujours.

Quel écueil menace la révolution de demain ?

L’écueil où s’est brisée celle d’hier : la déplorable popularité de bourgeois déguisés en tribuns. Ledru-Rollin, Louis Blanc, Crémieux, Lamartine, Garnier-Pagès, Dupont de l’Eure, Flocon, Albert, Arago, Marrast ! Liste funèbre!  Noms sinistres, écrits en caractères sanglants sur tous les pavés de l’Europe démocratique. C’est le gouvernement provisoire qui a tué la Révolution. C’est sur sa tête que doit retomber la responsabilité de tous les désastres, le sang de tant de milliers de victimes. »


(Le toast de Londres, Auguste Blanqui – 1851)

rappelons que ce même triste Riss est l'auteur de ceci :


lui qui n'en a pas avec son amie Élisabeth Badinter, aurait-il un problème avec les femmes enceintes ?

PS : il y a une chose qu'il n'a peut-être pas voulue, mais réussie : faire que Macron ressemble à Sarkozy...

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mar 16 Mai - 11:22


hier 19:32, quelques ajouts


politique et théorie

la "gauche" + la "droite" + la "société civile"
en marche pour l'État de la bourgeoisie française

avec le choix du premier ministre, c'est parti comme attendu, la composition du gouvernement devrait confirmer ce fait historique : la grande bourgeoisie française ne peut plus diriger le pays qu'en associant (parties de) la droite et la gauche politiques. Pour les autres nommés, question : quand on devient ministre, on est de la "société civile" combien de temps ? 5 mn

il n'y a plus de marges pour des politiques économiques néo-keynésiennes, que ce soit en France ou ailleurs dans le monde. Il y a belle lurette que gauche et droite ont la même politique économique libérale, l'alternance gauche-droite n'était plus que formalisme et formalité en son sein pour contenir la société civile dans son transclassisme adéquat à l'État du capital. En ce sens il y a continuité sur le fond, et adaptation de la forme, justement parce que ladite société civile ne suivait plus, et qu'il fallait la réconcilier avec l'État, c'est-à-dire la réunir dans la représentation du personnel étatique tombant ses masques partisans *

* le fond théorique se trouve dans les écrits de jeunesse de Marx contre Hegel, ou ceux sur Les luttes de classes en France (18 Brumaire...), à adapter aux circonstances du capitalisme actuel, transnationalisme des capitaux et des États, etc.

c'est la dynamique en cours de cette recomposition, qui n'est donc pas le "virage à droite" dont elle a l'apparence, mais la poursuite de l'adaptation de la politique aux nécessités de l'économie en crise (austérité, autoritarisme, ubérisation, etc.)

quand la gauche radicale considère que la nomination de Philippe prouve que Macron est "de droite", elle ne fait que vendre son alternative de "vrai gauche" impossible pour le capital, les programmes de Mélenchon, du PCF ou de Hamon, qui pour autant ne remettent pas en cause le capital : le populisme de gauche gouvernemental est donc moins probable car moins réaliste que le néo-fascisme, dont l'heure n'est cependant pas venue, si l'on en croit les résultats du FN. On peut cependant relever que Mélenchon et Le Pen ont su anticiper et chevaucher aussi cette explosion du clivage droite-gauche : leurs stratégies sont en phase avec celle de Macron

à l'inverse, Hamon et Fillon ont été les idiots utiles de l'explosion du PS et de LR/UDI : cette étape ne pouvait pas être sautée, que Macron et son équipe ont su habilement 'gérer'

ainsi, dans l'histoire en direct, chacun aura joué sa partition au sein d'un ensemble parfaitement orchestré et conduit de main de maître par la bourgeoisie française et son avant-garde politique, avec les citoyens électeurs en tuttistes aux pupitres conduits pas les différents candidats. Édouard Philippe disait qu'il aurait aimé devenir chef d'orchestre, mais qu'il n'en avait pas le talent, voire...

on retrouve des éléments de cette analyse, avec la fausse solution démocratiste, exprimée par le directeur de la rédaction de L'Humanité :




Patrick Apel-Muller : "Macron lance une véritable OPA sur la droite"


ce qui se passe relève à la fois de la nécessité historique - ce qui ne peut pas ne pas advenir -, et de la seule solution au présent, celle qui fait davantage compromis de classe dans le rapport de forces entre classes : ce qui est réel est rationnel, un équilibre instable va se créer, jusqu'à la prochaine fois : le feu ?



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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mar 16 Mai - 13:13


un coup d'État pacifique

j'ai le 9 mai attiré l'attention sur ce texte qui détaille sous toutes ses coutures la percée, la montée, et les conditions de la victoire de Macron et de sa stratégie au service de la bourgeoisie française : 2017, LE COUP D’ÉTAT

un des aspects essentiels de la réussite, par la suite, de cette stratégie, est la main-mise sur la haute-administration d'État. Je peux, par mon activité professionnelle durant 40 ans dans une administration centrale, témoigner de l'importance de ce point, mais il y a ici des particularités qui le mettent en avant


Citation :
Le président élu pourrait remanier en profondeur l'administration en nommant aux postes clefs des hauts fonctionnaires en phase avec son programme.

Il ne faut jamais oublier que le premier pouvoir d'un chef d’Etat, c’est de procéder aux nominations aux grands emplois de l’Etat. Notre président de la République, ainsi que le Premier ministre, ont la possibilité d'attribuer de très nombreux postes, ce qu’ils font tout au long de leur mandat et jusqu’à la dernière minute –François Hollande l’a bien illustré. A fortiori est-ce le cas en début de mandat présidentiel. Tout au long de la Ve République, les avènements de nouveaux présidents se sont accompagnés de mouvements de personnels significatifs dans tous ces emplois d’encadrement dirigeant dits "à la discrétion du gouvernement" – préfets, ambassadeurs, directeurs d’administrations centrales, recteurs d’académie prévus à l’article 13 de la Constitution, auxquels se sont ajoutés, par un décret mitterrandien pris peu avant la défaite annoncée de la gauche en 1986, des emplois directoriaux à la tête de divers organismes et établissements publics qui s’élèvent à plusieurs centaines.

Toutefois, dans les deux dernières décennies, les nouveaux maîtres politiques du pays ont été assez prudents à cet égard. En 1997, quand Lionel Jospin arrive à Matignon dans le cadre d’une cohabitation surprise, il se refuse à toute "chasse aux sorcières". En 2002, le gouvernement Raffarin n’écarte que progressivement les hommes de Jospin. 2007 est une rupture entre chiraquiens et sarkozystes, mais pas une alternance si bien que beaucoup de hiérarques se survivent. Quant à 2012, François Hollande a repris la ligne de Lionel Jospin, si bien qu’il a maintenu en poste maints directeurs de Sarkozy, à commencer par le directeur du Trésor bien qu'il s'agisse d'un poste crucial pour la conduite de la politique économique du pays. Emmanuel Macron ayant été conseiller élyséen en charge de l’économie, il a pu observer les effets de ce choix. Il est donc sensibilisé à l’enjeu.

Qui sont les hommes du président Macron à l'Elysée ?

En annonçant sa volonté d'utiliser à plein son pouvoir de nomination, le président Macron se distingue et manifeste l’intention de rompre avec les pratiques habituelles. Sa démarche s’inscrit à certains égards dans la filiation de celle de François Mitterrand lors de la première alternance de 1981. Après 23 années de droite au pouvoir, la gauche craignait les résistances à ses reformes des hauts fonctionnaires en place. La valse des directeurs, des préfets, des ambassadeurs fut alors considérable, et provoqua un vrai changement générationnel dans l'administration, au profit de jeunes énarques de gauche.

Comment expliquez-vous cette volonté d'Emmanuel Macron de remodeler la haute administration dès son arrivée à l'Elysée ?

La nouveauté de son entreprise politique singulière – la "République en marche" n'est pas un parti traditionnel – fait que le président Macron n'est pas assuré de pouvoir compter sur une majorité large et stable à l’Assemblée à partir de juin. En plaçant très vite, ou en confirmant dans les emplois dirigeants des hommes et des femmes dont il peut espérer la loyauté en retour, il veut s'assurer un certain contrôle sur la haute administration qui, rappelons-le, a un rôle co-gouvernant majeur dans ce pays, puisqu’elle prépare les projets de reformes puis en organise et contrôle la mise en œuvre. Emmanuel Macron fait donc en sorte de renforcer sa mainmise sur la branche exécutive et l’Etat administratif, dans la perspective où les législatives lui renverraient un Parlement multipartisan et indocile.

Sa riche expérience personnelle de conseiller du Prince sortant influe beaucoup sur ce choix tactique. Remarquez bien qu’Emmanuel Macron a qualifie dans plusieurs interviews son prédécesseur de "président empêché". Empêché par quoi, par qui ? Par les circonstances funestes, certes. Mais peut-être aussi par une haute administration qui avait tardé à répondre, au début du quinquennat, à certaines injonctions et instructions de l’Elysée, ce dont Emmanuel Macron garde la mémoire.

En affirmant qu’il écartera les hiérarques des années Hollande, en nommant des hauts fonctionnaires qu'il espère reconnaissants donc loyaux, Emmanuel Macron entend instaurer dès le départ un rapport de forces afin que les principaux chantiers qu'il porte soient engagés avec la célérité et toute l’énergie requises. Le président indique en cela qu'il attend de son administration un engagement total dans le succès des reformes, et se montre cohérent avec son entreprise politique, centrée sur l'idée qu’un changement des pratiques de gouvernement va de pair avec l’arrivée d’hommes nouveaux aux responsabilités, politiques autant qu’administratives.

Faut-il y voir une tentative de sa part d'importer en France le "spoil system" à l’américaine ?

Je ne le crois pas. Aux Etats-Unis, l’avènement de chaque nouveau président se traduit par de nombreux changements où des milliers d'emplois administratifs dirigeants changent alors de titulaires. L'idée est de permettre au nouveau chef de l'Etat de pouvoir compter sur une haute fonction publique dévouée et totalement loyale, qui soit "représentative" des orientations politiques exprimées par le pays : c’est le "spoil system" au sens strict. Si Emmanuel Macron a manifesté une réelle volonté de mettre l'administration sous pression pour qu'elle lui soit aussi loyale que possible, l’on restera toutefois encore très en-deça du système américain, ne fut-ce que par l'ampleur chiffrée du phénomène. Dans les différents entretiens qu'il a donnés, le nouveau président français évoque en effet environ 250 postes concernés, ce qui est bien moins que le total des emplois à la discrétion du gouvernement, et sans commune mesure avec les milliers d’emplois concernés aux Etats-Unis.

L’autre différence notable est que ce turn over, aux Etats-Unis, s'opère entre l’administration et les entreprises du privé, les organisations non-gouvernementales, les "think-tanks", les universités ou les professions libérales. Ce n’est pas ou peu le cas en France, où la quasi-totalité des cadres dirigeants administratifs sont recrutés parmi les hauts fonctionnaires : notre "système de dépouilles" hautement civilisé à la française – où personne n’est à proprement parler "dépouillé" – est endogène à la haute administration.

L’on y voit une "garde montante" d’énarques et autres ingénieurs d’Etat accéder aux emplois les plus sensibles et saluer une "garde descendante" composée d’autant d’énarques et d’ingénieurs d’Etat qui regagnent des emplois rémunérateurs et honorables, mais moins exposés, dans leurs corps d’origine ou dans des corps dits "de débouché".

Peut-on imaginer Emmanuel Macron remettre en cause ce fonctionnement, et nommer à des postes clefs de l'administration d'autres profils ?

A cela, je ne crois pas que le président Macron dérogera. Il y aura sans nul doute un renouvellement générationnel dans l'administration, mais je n’y crois pas un instant à un abandon de nos traditions nationales au profit du modèle américain, tant les rapports Etat-société sont bien différents en France et aux Etats-Unis. D'autant qu'Emmanuel Macron, de par son parcours – il a lui-même étudié à l'ENA – dispose d'un solide réseau de hauts fonctionnaires au sein des grands corps d'Etat.

Propos recueillis par Sébastien Billard

certes, c'est un peu de la cuisine interne au pouvoir d'État, mais il n'est jamais vain de la connaître pour qui ne veut pas s'en laisser abuser, comme de ce qui se passe dans les Conseils d'administration des grandes entreprises

d'une façon générale, les Directeurs d'administrations ont le "sens de l'État" et sont loyaux envers les ministres de tous bords qui défilent, aux ordres des cabinets ministériels dont le personnel change à chaque nouveau ministre, parfois jusqu'aux secrétariats, des employé.e.s de catégorie C. Je l'ai constaté dans le même ministère avec à sa tête du RPR à l'UDF en passant par le PS, le PCF, les Centristes... Hormis en 1981 comme dit l'article, ont suffi quelques ajustements à la marge, à la faveur de mutations souhaitées ou provoquées. La masse des fonctionnaires, dans toute la pyramide hiérarchique de haut en bas, suit sans broncher ou avec quelques risques (Patlotch au placard pendant cinq ans...). Cela n'a pas changé depuis Pétain

comme le dit cet article, Macron doit résoudre un problème : « Il n'est pas assuré de pouvoir compter sur une majorité large et stable à l’Assemblée à partir de juin. En plaçant très vite, ou en confirmant dans les emplois dirigeants des hommes et des femmes dont il peut espérer la loyauté en retour, il veut s'assurer un certain contrôle sur la haute administration qui, rappelons-le, a un rôle co-gouvernant majeur dans ce pays, puisqu’elle prépare les projets de réformes puis en organise et contrôle la mise en œuvre »

il faut s'attendre à bien plus que les chaises musicales habituelles, ce qui ne manquera pas de provoquer quelques remous, et de mettre en évidence le caractère bonapartiste assumé du nouveau Président (revoilà le 18 Brumaire de Louis Bonaparte, selon Marx 1852...)



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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mar 16 Mai - 15:30


aux petits oignons de l'État et du Capital


une "moralisation" qui ne mange pas de pain, puisque le "conflit d'intérêt" est permanent, par définition de l'État au service du Capital. Le reste n'est que littérature pour gogos qui confondent morale et intérêts

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mer 17 Mai - 13:39


capitulation permanente : récapitulons

en juin 2015, j'ouvrais ce sujet : DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE, sans trop de certitudes que mes hypothèses se confirmeraient, du moins sous la forme où nous le constatons aujourd'hui ('En marche', créé en 2016 avec les initiales d'Emmanuel Macron, n'existait pas. La renommination du mouvement en La République en marche, la semaine dernière, est l'étape d'"OPA" sur Les Républicains - ajout 15:10, dans le gouvernement, de LR : le Premier ministre, l'Économie et les finances, le budget et la Fonction publique)

dans le premier post, j'écrivais le 16 juin 2015


Citation :
il se passe quelque chose d'énorme, là, et c'est de l'ordre d'un tournant historique

tout remonte, et d'un point de vue théorique, historique et communiste, au-delà du caractère extrêmement grave de cette situation et de l'interrogation sur la suite, c'est une jubilation pour qui est attentif à ce qui se passe depuis le début du siècle, ou à quelque échéance qu'on remonte :

2005 (émeutes en banlieue...)

2004 (loi sur "le voile"),

2002 (Le Pen-Chirac),

1995 (mouvement social, "Juppé le meilleur d'entre nous", dixit Chirac),

1981-1984 (~~programme commun au pouvoir puis sortie du PCF),

1974 ( ? crise "pétrolière"),

1968 (1968),

1958 De Gaulle je vous ai compris

1945 (Libération, tous les Français ont résisté, le crime est antisémite et fasciste, Nüremberg l'a fait, on peut continuer à esclavagiser 2/3 de l'humanité)

1939 (tous les Français entrent en résistance),

1936 (Thorez marie un Marx timide avec le drapeau national, bonjour l'Internationalisme prolétarien traversant les frontières),

1914 (si Jaurès su, j'aurais pas venu),

1894-1906 (Affaire Dreyfus, sale juif traitre à La France...),

1871 (sales Communard traites à la Patrie),

1851 (18 brumaire Napoléon Bonaparte...),

1848 (la classe ouvrière entre en scène, c'est l'année du Manifeste et des règlements de compte de Marx avec Proudhon, qui continuent...),

1843-45 (Marx règle le compte de l'idéologie de la politique, de la démocratie, de l'Etat, bref, du citoyennisme : qu'a retenu la gauche française, pour ne pas dire les "marxistes" français ?),

1793 (fin de partie, la bourgeoisie française a gagné),

1789 (une page est tournée, alliance de la bourgeoisie révolutionnaire avec ceux d'en-bas), etc.

"crise de la politique institutionnelle" était peu pertinent, puisqu'à aucun moment, dans ce qui s'est passé depuis janvier 2015, accélération du tournant historique (attentats, manif consensuelle droite-gauche du 11 janvier...), les institutions n'ont été le moins du monde menacées. Elles montrent au contraire leur capacité à s'auto-dépasser dans la crise de la démocratie politique et de la représentation dans l'État de la société civile : l'implosion/explosion du clivage droite-gauche en était la condition

j'invite néanmoins à relire ce sujet, qui montre abondamment que ce qui se passe ne pouvait pas ne pas se passer, c'est le sens même d'une nécessité historique produisant des dépassements... du même

il va sans dire que ce que je nomme "moment historique" n'a pas le même sens, le même contenu, que cette expression dans les analyses qui pullulent aujourd'hui, au ras des pâquerettes de la "recomposition politique" dans la Vè République. Aucune de ces "analyses" ne descend au niveau de la politique comme dimension de l'économie politique, et donc de sa critique, sous-titre du Capital de Marx. Seules de très rares en font une analyse des contradictions entre classes sociales

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Patlotch



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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mer 17 Mai - 17:46


lecture théorique



Marx et la Société civile

plus un seul commentaire sans ce terme de "société civile", quel succès ! En fait, à y regarder de plus près, comme un involontaire hommage à Hegel et, concernant, la compréhension de ce qui se passe, à Marx. J'y reviens plus bas en présentant le pedigree social des 11 ministres de Macron/Philippe dits "issus de la société civile" dans un gouvernement de 22  dont 4 secrétaires d'État

mais puisque j'ai utilisé la critique marxienne du concept, voici quelques citations réunies, extraites par facilité du texte Hegel, Marx et la "société civile" André-Louis Juste, Alterpresse, 2005. Je coupe ce qui concerne Hegel mais garde les considérations de Gramsci, en bas. L'intérêt de ce court texte est de replacer cette critique dans celle de la philosophie


Citation :
Chez Marx, la « société civile » rencontre son sens antagoniste. La suspension rationaliste des antagonismes sociaux, observée dans les vues hégéliennes, peut être considérée comme un point de départ de la conceptualisation marxienne en la matière. Déjà , dans La Question Juive, Marx alertait sur la scission que le droit bourgeois a introduite dans les dimensions individuelles et collective de la vie humaine. D’un côté, l’individu est pris pour un citoyen par rapport à l’Etat, et, de l’autre, dans la vie privée, il devient bourgeois. Cette séparation entre la sphère privée et la sphère publique de l’individu, légitime, selon l’auteur, l’exploitation, la domination et la discrimination qui caractérisent la société bourgeoise.

Selon Marx, il est indispensable d’inverser la relation dialectique que Hegel établit entre la société bourgeoise et l’Etat. La clé de compréhension de l’hégélianisme, a-t-il averti à la « Critique de la philosophie du droit de Hegel », est sous l’inversion réciproque du sujet hégélien en prédicat. Cette profonde compréhension théorique porte l’auteur de « Le Capital » à prendre une position radicalement opposée par rapport à son maître :

« Ma méthode dialectique, est non seulement fondamentalement distincte de la méthode de Hegel, mais aussi elle est, en tout et partout, l’antithèse de celle-ci. Pour Hegel, le processus de la pensée, ce qu’il convertit, même sous le nom d’idée, en sujet autonome, est le démiurge du réel, et ce dernier, la simple forme externe où il prend corps. Pour moi, l’idéel n’est, au contraire, plus que le matériel traduit et transposé au cerveau de l’homme [6] »
( :XXIII).

Cependant, tout de suite, il critiqua les « médiocres épigones » allemands qui traitaient Hegel comme un « chien crevé », en explicitant la grandeur de la pensée hégélienne :

« Ceci fut la raison qui expliqua ma décision à me déclarer ouvertement un disciple de ce grand penseur, et je parvins même à courtiser de temps en temps, par exemple dans le chapitre consacré à la théorie de la valeur, son langage péculier. Le fait que la dialectique souffre dans les mains de Hegel, une mystification, n’empêche pas que ce philosophe soit le premier à en exposer, d’une manière ample et consciente, les formes générales de mouvement. Ce qui arrive, c’est que, chez lui, la dialectique apparaît renversée, mise sous la tête. Il n’y a qu’à lui rendre la pareille, en disant mieux, qu’à la remettre sur les pieds, et ensuite se découvre sous l’écorce mystique, la semence rationnelle »
( :XXII-XXIV).

Cette distance critique, Marx s’y référa dans l’« Idéologie Allemande », en passant en dérision les prétentieux plagiaires de Hegel :

« Rebellons contre la dominance des idées, éduquons l’humanité pour substituer ses fantaisies par des pensées qui conduisent à l’essence de l’homme, a dit quelqu’un ; pour se comporter devant elles, de manière critique, a dit un autre, pour les expulser du cerveau, a dit un troisième - et la réalité existente se déconstruira [7] » ( :35).

Pour rétablir la réalité, Marx, dans les « thèses sur Feuerbach », conçoit l’essence humaine « dans sa réalité » comme l’« ensemble des relations sociales » ( :thèse VI, 119). Ce travail de désaliénation part du fait que l’Etat représente « une forme indépendante, distincte des réels intérêts particuliers et généraux et, en même temps, en qualité d’une collectivité illusoire, mais toujours sur la base réelle des connexions existantes dans chaque conglomérat familial et tribal - (...) - et principalement, (...), - fondée sur les classes, déjà conditionnées par la division du travail (...). Il s’ensuit que toutes les luttes au sein de l’Etat, c’est-à -dire la lutte entre démocratie, aristocratie et monarchie, la lutte pour le droit de vote, etc., etc., ne sont que des manières illusoires dans lesquelles se développent les luttes réelles entre différentes classes (...) » ( :60).

Cette élucidation théorique sur la nature sociale du pouvoir politique lui permet de trouver l’origine de l’aliénation dans la propriété privée des moyens de production. En ce sens, la société civile se révèle comme la forme d’échange par rapport au développement des forces de production existentes :

« La forme d’échange, conditionnée par les forces de production existantes dans toutes les phases historiques antérieures et qui, à son tour, les conditionne, est la société civile ; celle-ci, comme il découle de ce qui est dit auparavant, a comme présupposé et base fondamentale, la famille simple et la famille composée, à laquelle se donne le nom de clan, dont les déterminations les plus précises ont été antérieurement données. On voit, ici déjà , que cette société civile est la véritable source, le vrai lieu central de l’histoire antérieure qui occultait les relations réelles, en les limitant aux actions grandioses des princes et des Etats. La société civile embrasse tout échange matériel des individus dans une phase déterminée de développement des forces productives. Elle embrasse tout le commerce et toute l’industrie d’une phase déterminée et, pour cela, elle est plus large que l’Etat et la nation, (...) » ( :63).

Cette représentation théorique de la société civile chez Marx et Engels, s’appuie sur un fait historique :

« Le terme la 'société civile’ apparut durant le 18ème siècle, quand les relations de propriété ne correspondaient plus à la communauté antique et moyennâgeuse. La société civile, en tant que telle, ne peut se développer qu’avec la bourgeoisie ; donc, l’organisation sociale qui se développe immédiatement à partir de la production et de l’échange et qui forme en tout temps la base de l’Etat et du reste de la superstructure idéaliste, a toujours été désignée par ce nom » ( :64).

Dans les Grundrisse, Marx signalera le caractère historique de la société civile :

« (...) le contrat social de Rousseau qui naturellement met en relation et connexion des sujets indépendants et autonomes, est fondé sur un tel naturalisme. (...). il est, avant tout, l’anticipation de la ‘société civile’, en gestation depuis le XVIème siècle et ensuite marque des pas gigantesques à la maturité au XVIIIe siècle. Dans cette société de libre concurrence, l’individu apparaît délié des réseaux naturels, etc., qui, dans les périodes historiques antérieures, font de lui l’accessoire d’un conglomérat humain défini et limité (...). Ainsi, comme les Individus Naturels s’approprient de leur notion de nature humaine, ils ne surgissent pas dans l’histoire, mais se mettent par la nature [8] »
( :83).

La critique à la thèse naturaliste de l’homme et à la position volontariste de la société civile, découle donc du point de départ historico-matérialiste qu’il a synthétisé de concert avec Engels, dans l’Idéologie Allemande. Cette synthèse critique lui a permis de découvrir la source réelle de l’aliénation dans la propriété privée capitaliste qui métabolise l’ensemble des relations sociales :

« Plus profondément nous remontons à l’histoire, plus dépendant apparaît l’individu, et donc aussi plus sociétaire d’un tout plus vaste apparaît l’individu producteur : (...). Seulement au XVIIIème siècle, dans une ‘société civile’, diverses formes de connexions sociales envisagent l’individu comme un simple moyen pour atteindre leurs objectifs privés, comme nécessité externe. Mais, l’époque qui produit ce point de vue, celui de l’individu isolé, est aussi précisément celle où les relations sociales sont les plus développées jusqu’à aujourd’hui (...) » ( :84).

D’où sa dialectique bien connue entre l’individualité et la socialité, dans la tentative de comprendre l’individu :

« L’être humain est, dans le sens le plus littéral, un (animal politique), non seulement un simple animal grégaire, mais aussi un animal qui s’individualise au sein de la société ». (Ibidem).

Donc, la société civile, sphère de conflits sociaux, est aussi concrète et historique que la société globale où elle se meut comme une partie de la totalité. D’ailleurs, Hegel avait déjà mis l’emphase sur le fait que la « société civile » (société bourgeoise) s’est constituée des intérêts particuliers :

« La société bourgeoise contient les trois moments suivants :

A - la médiation de la carence et la satisfaction des individus par leur travail et par le travail et la satisfaction de tous les autres : c’est le système des carences ;

B - la réalité de l’élément universel est la défense de la propriété par la justice ;

C - la précaution contre le résidu de contingence de ces systèmes et la défense des intérêts particuliers comme quelque chose d’administratif et par la corporation [9] »
( :173).

Cependant, en la matière, la différence fondamentale entre Hegel et Marx, réside dans le fait que la propriété privée, au lieu de réaliser l’humanité de l’homme par l’Etat éthique, institue, au contraire, ce dernier pour maintenir l’aliénation du premier. C’est ainsi que Marx récuse la téléologie historique hégélienne qui entend le développement final comme le résultat de ce qui pré-existe, sous la roulette de l’Esprit. Par exemple, en définissant le communisme, il martèle :

« Pour nous, le communisme n’est pas un état qui doit être créé, ou un idéal auquel la réalité devra être conduite. Nous considérons le communisme comme le mouvement réel qui dépasse l’actuel status quo. Les conditions de ce mouvement sont des conséquences des présupposés actuellement existants [10] » ( :62-63).

Donc, ce n’est pas l’Histoire et les carences sociales, mais bien la « praxis humaine » et la « compréhension de cette praxis » (Thèse VIII) qui font l’essence de l’homme, car « le point de vue du nouveau matérialisme est la société humaine ou l’humanité sociale » et non « la société civile » (Thèse X).

En conséquence, ce n’est pas la « ruse de la raison » qui fait l’histoire. Au contraire, ce sont des hommes concrets qui agissent dans des circunstances déterminées pour faire leur propre histoire (cf. Manifeste du Parti Communiste ; le 18 Brumaire de Napoléon Bonaparte).

Ainsi donc :

« De la même façon dont les individus manifestent leur vie, ainsi sont-ils. Ce qu’ils sont, coïncide, donc, avec leur production, également avec ce qu’ils produisent. Ce que les individus sont, par conséquent, dépend des conditions matérielles de leur production » (:44-45).

Ainsi est dépassée la dialectique hégélienne de la conscience dépourvue de sa base matérielle. L’est aussi la société civile conçue comme protoforme de la liberté universelle [11]. Marx a reconnu que la « force spirituelle dominante » est en même temps « celle de la classe qui est la force matérielle dominante de la société » ( :78). Sauf que cette domination se concentre, chez Marx, dans l’Etat considéré comme un vulgaire administrateur des intérêts particuliers des classes dominantes (cf. Manifeste du Parti Communiste).

Jusqu’à présent, pour résumer, nous pouvons dire que la société civile est contemporaine du capital qui est sorti victorieux dans la lutte contre l’Ancien Régime. Elle a tour à tour épousé la forme de gouvernement ou état civil dans les mains de Locke et Rousseau, s’est muée en Etat éthique dans la dialectique hégélienne et renversée dans la lutte des classes chez Marx. Toute cette transsubstantiation théorique est de l’ordre idéologique, parce que correspondant à l’esprit d’une lutte politique. Ainsi comprend-on que l’idée d’une société civile traduit l’état de choses existant ; elle exprime la situation des luttes sociales dans une conjoncture bien déterminée.

C’est ainsi que Gramsci, vivotant dans les prisons du capitalisme faschiste, a entrepris l’étude analytique de l’Etat en le divisant en société civile et société politique :

« La division des pouvoirs et toute la discussion qui découle de leur réalisation, et la dogmatique juridique née de cette conséquence, sont le résultat de la lutte d’une période historique déterminée, avec un certain équilibre instable des classes déterminé par le fait que quelques catégories d’intellectuels (au service de l’Etat, spécialement de la bureaucratie civile et militaire) sont encore assez liées aux vieilles classes dominantes [12] » ( :106).

Ainsi distingue-t-il la société civile de la société politique :

« (...) : s’il est posé un nouveau problème d’hégémonie, donc la base historique de l’Etat s’est déplacée, s’il existe une forme extrême de société politique, ou bien l’on lutte contre le nouveau, ou bien l’on conserve le vacillant, en le renforçant de manière coercitive, ou bien comme expression du nouveau, l’on rompt les résistances qui se rencontrent dans celui qui se développe, etc. » (:201).

La société civile à la gramscienne constitue la sphère de l’hégémonie, et l’Etat ou société politique devient le domaine de la coercition. Ainsi, la société régulée est une société où s’éliminent les inégalités économiques et politiques, où s’instaure la démocratie réelle ( :157-158).

Alors, dans « Passato e Presente », il revient à discuter la société civile en ces termes :

« Il arrive de distinguer la société civile, comme l’entend Hegel, et dans le sens qu’elle est même utilisée dans cette note (c’est-à -dire dans le sens de l’hégémonie politique et culturelle d’un groupe social sur la société globale, comme contenu éthique de l’Etat), du sens que lui donnent les catholiques, pour qui la société civile est au contraire la société politique ou l’Etat, en lutte contre la société familiale et contre l’Eglise
[13] ( :214-215).

En somme, la lutte de classe représente le moment fondamental dans la distinction gramscienne. D’ailleurs, chez Marx, Gramsci a trouvé les bases matérielles précises de cette lutte politico-idéologique. Dans « Il Materialismo historico », il a posé l’équation suivante : « la structure et les superstructures forment um ‘bloc historique’, c’est-à -dire qu’à tout moment, la relation est susceptible d’être modifiée, en même temps qu’elle est réciproque : « Le raisonnement est fondé sur la réciprocité nécessaire entre structure et superstructure (réciprocité qui est justement le processus de la dialectique réelle [14] » ( : 47-48).

.............................................

[6] Karl Marx. Le Capital, Critique de l'économie politique. Editions Fundo de Cultura Económica, México, 1999.

[7] Marx et Engels. L'idéologie allemande. Editions Martin Claret, Sà£o Paulo, 2004.

[8] Karl Marx. Grundrisse. Fondements de la critique de l'économie politique. Edition Penguin Books Londres, 1993.

[9] Hegel. Principes de la philosophie du droit, op. cit.

[10] Marx et Engels. Idéologie allemande, op. cit.

[11] Cette ontologie matérialiste est le point de départ de l’historicité qui caractérise la vie dans les sociétés humaines. Or, quand on constate les contradictions qui sont inhérentes à la production économique et à sa reproduction sociale, deviendra incohérent le point de vue idéaliste de la société civile spirituellement universalisante.

[12] Antônio Gramsci. Note sul Machiavelli, sulla Politica e sullo Estado Moderno. Editions Riuniti, Turin, 1975.

[13] Antônio Gramsci. Passato e Presente. Editions Riuniti, Turin, 1975.

[14] Antônio Gramsci - Il materialismo storico. Editions Riuniti, Turin, 1975.

les ministres 'issus de la société civile'

Citation :
- Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire : on ne le présente plus...

- Françoise Nyssen, une figure de l'édition au ministère de la Culture : éditrice française, co-directrice d'Actes Sud

- Muriel Penicaud, ministre du Travail : dirigeante d’entreprises (DGA Dassault, DGRH Danone, SNCF, Orange, Aéroports de Paris...)

- Frédérique Vidal, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation : biochimiste, carrière de recherche dans le privé, présidente de l'université Nice-Sophia-Antipolis

- Elisabeth Borne, ministre de la Transition écologique, chargée des Transports : haute fonctionnaire, Préfet de Région, Dir Cab Ségolène Royal, Présidente de la RATP 2015-2017

- Agnès Buzyn, ministre des Solidarités et de la Santé : médecin et professeur de médecine,  fonctions au sein de société savantes et de conseils d’administrations

- Jean-Michel Blanquer, une «tête chercheuse» à l'Education nationale : juriste, directeur général de l'enseignement scolaire au ministère de l'Éducation nationale 2009-2012 sous Sarkozy, directeur général du Groupe ESSEC

- Laura Flessel, ministre des Sports : escrimeuse, quintuple médaillée olympique

- Sophie Cluzel, Secrétaire d'Etat chargée des personnes handicapée : personnalité associative du domaine du handicap et femme politique

- Marlène Schiappa, Secrétaire d'Etat chargée de l'Egalité entre les femmes et les hommes : PS, cabinet de Laurence Rossignol au ministère de la Famille, écrivaine, chroniqueuse, entrepreneuse, conférencière française, fondatrice et présidente du réseau Maman travaille [sic]

- Mounir Mahjoubi : Secrétaire d'Etat chargé du numérique :  président du Conseil national du numérique nommé par Hollande, président de la société French Bureau

le moins qu'on puisse dire : civil peut-être mais pas très 'gens d'en-bas', tout ça, et bien sûr tout sauf apolitique



Dernière édition par Patlotch le Mer 17 Mai - 20:35, édité 1 fois
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Patlotch



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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mer 17 Mai - 19:03


seulement trois Républicains ?

Challenges : "un 18 brumaire en juin"

comme Marx, en matière d'économie politique, je fais davantage confiance aux milieux patronaux qu'aux professeurs d'économie, et donc, Challenges partage mon avis, avec les mêmes références historiques...


Avec l'entrée de personnalités LR au sein du gouvernement Philippe, le président Macron acte sa politique de renouveau, de refondation et de dépassement. Les Républicains apparaissent comme divisés et cassés, peu susceptibles de remporter les législatives de juin.

Citation :
Bonaparte ou Edgar Faure ? Le 18 Brumaire ou le gouvernement des 40 jours de 1951 ? Dépassement ou ouverture ? S'agissant de la composition du premier gouvernement d'Edouard Philippe, l'alternative peut être suggérée de diverse manière, mais au final c'est la même question qui est posée. Sommes-nous en présence de la recomposition politique annoncée par le président Macron, ou pas ?

La droite Les Républicains est bien là. Premier ministre, Economie, Budget… Philippe, Le Maire, Darmanin… Ce n'est pas rien. Mais est-ce suffisant ? Tous éléments de langage déployés, Les Républicains répètent en boucle " débauchages individuels ".

Sauf qu'Edouard Philippe a été un protégé d'Alain Juppé.

Sauf que Bruno Le Maire a été proche de Dominique de Villepin.

Sauf que Gérald Darmanin a été couvé par Nicolas Sarkozy.  

Juppé, Villepin, Sarkozy… Les trois noms dominant à droite, des quinquennats Chirac et Sarkozy. Ce n'est pas rien, oui
. Et il n'est pas insultant pour l'analyse politique d'estimer que cela peut être jugé suffisant par un grand nombre d'électeurs du centre, du centre droit et de la droite modérée pour avoir envie d'accorder leurs suffrages à des candidats République en marche en juin prochain, quand sera venu le temps des élections législatives.

Un ancien monde meurt


La transgression de ces trois-là, qui représentent deux générations de la droite, vaut recomposition, car les voilà siégeant dans le même gouvernement que des socialistes plus que chevronnés, pour la plupart issus de la gauche réformatrice, Gérard Collomb et Jean-Yves Le Drian en étant les deux représentants les plus emblématiques. L'enjeu est désormais de juger si cela vaut refondation, puisque telle est l'ambition du président Macron.

Répétons-le. Un ancien monde meurt. Un nouveau monde est en passe d'émerger. S'il est de bonne guerre, de la part des membres de Les Républicains ou des grognards du dernier carré du Parti socialiste, de décréter que le gouvernement Philippe n'est ni nouveau, ni renouveau, il est possible que les électeurs en proie à insurrection électorale en tirent d'autres conclusions.

Il ne faut pas se tromper. Le renouveau n'est pas le retour de François Bayrou dans un gouvernement. Ou le passage, d'un président à l'autre, de Jean-Yves Le Drian de la Défense au Quai d'Orsay. Ou le retour aux affaires de Bruno Le Maire. Non. Il ne faut pas commettre l'erreur que commettent déjà les commentateurs de l'ancien monde, en retard d'un train sur l'histoire qui s'écrit depuis le mois de septembre dernier.

Le renouveau n'est pas une affaire de personnes considérées en leur singularité. Le renouveau réside dans le fait que ces personnalités, que tout opposaient il y a encore dix jours, siègent désormais toutes ensembles dans le même gouvernement. Le tout sous l'autorité d'un président de 39 ans et d'un Premier ministre de 47 ans.

Le renouveau acte la recomposition. Et la recomposition acte la refondation. Et la refondation acte le dépassement.

" Gouvernement provisoire et de confusion "
disent Les Républicains qui proclament déjà que les trois impétrants en Macronie ne font plus partie de leur mouvement. L'imprécation est toujours la mesure de l'impuissance.

Une belle opération politique

Au bilan, le président Macron a réussi son opération politique. Il installe dans un même gouvernement une stricte parité, équilibre les responsabilités entre expérimentés et novices, regroupe des visages issus de la droite, de la gauche et de la société civile, avec en prime l'un des Français les plus populaires depuis trente ans, Nicolas Hulot.

Face à ce gouvernement, des électeurs. Et des forces politiques.

Au centre et centre gauche, la République en marche et quelques alliés opportunistes, à l'exemple de ces socialistes ou Les Républicains contre lesquels le mouvement du président ne présente pas de candidat, histoire de se ménager les éventuels compléments qui transforment une possible majorité relative en majorité absolue.

A l'extrême gauche, Mélenchon et ses Insoumis. Dans une situation miroir à celle du Front national, c'est-à-dire sans alliés potentiels pour former une majorité, donc soumis à la dure loi du plafond de verre. Et confrontés à une possible fuite des électeurs socialistes venus à lui pour la présidentielle mais refroidis par l'entre-deux tours sectaire du candidat. Mélenchon, combien de députés en juin prochain ?

A l'extrême droite, Marine Le Pen et son Front national. Sortis abîmés du second tour de l'élection présidentielle. Sans possibilité de tendre la main à ce qui demeure de la droite LR menacée d'éclatement pour cause de déficit de crédibilité. Marine Le Pen n'a pas fini de payer son débat calamiteux face à Emmanuel Macron.

Enfin la droite, François Baroin (leader pour un mois) et Les Républicains. Soumise à la refondation Macron. En passe de se replier sur une logique identitaire et souverainiste flirtant avec le nationalisme mortifère. Et finalement elle aussi privée de possibilité d'alliance. Le centre est parti chez Macron. Et se tourner vers le FN encore aux mains de Marine Le Pen et Florian Philippot, les naufrageurs incompétents, est devenu impossible.

Si l'on veut bien considérer le paysage politique avec une froide lucidité, il serait insensé de déduire que le gouvernement Philippe se voit privé de majorité en juin prochain à l'Assemblée nationale. A ce moment-là, il sera bel et bien dit que le renouveau acte la recomposition qui acte la refondation qui acte le dépassement. Et le processus sera irréversible. Un 18 Brumaire en juin.

processus irréversible, le coup d'État continue... Macron est un peu plus qu'un Machiavel de salon

1851-1871, 20 ans entre le 18 Brumaire et La Commune : la révolution en 2037 ?


scratch



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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mer 17 Mai - 20:10


intermezzo


Élections, piège à Macron !

Edouard Philippe : doux flip hardi

Nicolas Hulot : ni culot là-haut

Sylvie Goulard : la vie s'y goule


Goule : Sorte de vampire femelle, qui séduit les mâles vivants et qui hante les cimetières

Gérard Collomb : plus haut que son cul

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 18 Mai - 9:19


hola, Hulot, holà ?


Citation :
L’Observatoire du nucléaire dénonce la nomination au poste de premier ministre de M. Edouard Philippe qui n’est en rien le personnage "modéré" que la communication macronienne tente de mettre en scène. Bien au contraire, M. Philippe a les mains très sales, ou plutôt… radioactives. En effet, lorsqu’il travaillait pour la multinationale atomique Areva, il a participé à de sombres manœuvres dans les coulisses uranifères de la Françafrique.
.
En octobre 2007, Edouard Philippe est nommé directeur de la communication et directeur des affaires publiques d’Areva. Son activité principale est alors de s’assurer de la collaboration de parlementaires acquis au lobby de l’atome. Il est ainsi en contact rapprochés avec Marc Vampa, député de l’Eure et président du groupe d’amitié France-Niger à l’Assemblée Nationale (*).
.
C’est précisément pendant cette période, le 13 janvier 2008, qu’un accord est signé entre Areva et le pouvoir du Niger concernant l’exploitation de l’uranium, accord immédiatement contesté par le Mouvement des Nigériens pour la justice, mouvement touareg en rébellion contre le pouvoir central de Niamey (**).
.
En effet, les maigres revenus de l’uranium, largement sous payé depuis des décennies par Areva, ne bénéficient en rien à la population, et encore moins aux Touaregs, alors que les mines d’uranium sont situées dans leurs zones traditionnelles de vie.
.
Il est donc logique de considérer que les manoeuvres en coulisse de M Philippe ne sont pas étrangères aux graves troubles qui ont eu lieu par la suite dans la zone sahélienne (Niger/Mali) et dans le fait que, poussés par la misère, des groupes Touaregs aient fini par s’allier à des mouvements djihadistes.
.
Mais, surtout, il est légitime de se demander pour qui agit M Philippe lorsqu’il est en charge des affaires publiques, que ce soit auparavant comme maire du Havre et désormais comme premier ministre.
.
Une première réponse est apportée par le fait que, à peine assis dans le fauteuil de maire du Havre (aimablement offert par son prédécesseur qui a démissionné en cours de mandat !), Edouard Philippe a offert un pont d’or… à son ancien employeur Areva, pour qu’il installe deux usines d’éoliennes off-shore, projet finalement abandonné piteusement en septembre 2016 : il serait intéressant d’enquêter pour voir ce que la sympathie d’Edouard Philippe pour Areva a finalement coûté aux citoyens-contribuables…
.
On notera d’ailleurs que, de 2007 à 2010, M. Philippe a cumulé sans état d’âme son poste chez Areva et son mandat d’adjoint au maire du Havre mais, aussi, que la Haute autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) lui a infligé un blâme pour avoir refusé de fournir des informations sur sa déclaration de patrimoine de 2014, pourtant exigées par la loi.
.
(*) cf Charlie Hebdo, 29 avril 2009
(**) cf AFP, 17 janvier 2008

il aura échappé à la nouvelle déontologie macroniennne... Voir 16 mai aux petits oignons de l'État et du Capital, une "moralisation" qui ne mange pas de pain, puisque le "conflit d'intérêt" est permanent, par définition de l'État au service du Capital. Le reste n'est que littérature pour gogos qui confondent morale et intérêts

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 18 Mai - 11:45


de ce matin 8:42, avec une précision sur la baisse tendancielle du taux de profit...


économie, quand tu les tiens

et si Macron réussissait ? Quoi ?

jusque-là, j'ai surtout observé le niveau politique des choses. Macron n'a qu'à moitié gagné, même s'il fait peu de doute qu'il obtiendra une majorité à l'assemblée nationale, soit avec En marche, soit avec des alliances de circonstance texte par texte

mais si l'économie détermine la politique, c'est sur ce terrain que Macron réussira, ou non. Alors, quoi ? Dans la restructuration permanente du capitalisme en crise, le moteur des évolutions est la concurrence inter-capitaliste au niveau mondial, dans le transnationalisme des capitaux, avec les États nationaux en gendarmes de la mondialisation. Le CAC40 n'est constitué que d'entreprises française à surface mondiale, et la concurrence pour le taux de profit n'est pas d'abord entre États-nations

les luttes syndicales et politiques du prolétariat ne font qu'accompagner cette concurrence, elles embarquent les salariés sur la base des intérêts de leur usine à trouver la bonne gouvernance patronale *. D'une certaine façon, la lutte de classe, tant qu'elle n'est pas révolutionnaire, est seconde dans cette évolution. Il me semble donc que Théorie communiste va vite en besogne en affirmant que « la baisse du taux de profit est une contradiction entre les classes » TC Qui sommes-nous ? et nombreux textes : pour moi, et je pense pour Marx, elle est surtout une contradiction au sein du Capital entre capitalistes, ensuite tout dépend de l'activité de lutte du prolétariat, mais dans la période actuelle... Il y a comme ça des glissements chez TC, sur la base du capitalisme en subsomption réelle dans le "dernier cycle de luttes avant la révolution", qui sont tout sauf rigoureux, alors qu'ils fondent son déterminisme communisateur)

* voir le cas de l'équipementier automobile GM&S Industry, menacé de liquidation : Mélenchon et Poutou manifestent avec les salariés de l'usine «piégée». Philippe Poutou : « Avec cette manifestation aujourd'hui, on souhaite pouvoir amplifier la démarche des salariés de GM&S et enclencher un réel processus de recherche de solution. Il faut espérer que toute cette mobilisation fasse avancer les choses dans le bon sens afin que cette usine soit sauvée. » Pierre Gattaz, patron des patrons : « Il faut faire tout pour que ce ne soit pas un drame total et qu'il n'y ait pas cette fermeture d'usine (...) C'est le projet d'Emmanuel Macron tel que je l'ai compris (...) La clé pour garder nos usines en France c'est de s'adapter en permanence, former en permanence nos salariés (...) Il faut essayer de trouver un repreneur... »

c'est dans ce cadre qu'on peut apprécier le choix de telle personnalité à tel ministère, et notamment le poids des ministres liés aux milieux patronaux, dont plusieurs dirigeants d'entreprises. C'est le cas dans tous les ministères décisifs du point de vue économique à court ou moyen terme : l'Économie et le Budget (cf Le Monde La politique économique du gouvernement confiée à la droite), l'Éducation nationale (Jean-Michel Blanquer, un spécialiste marqué à droite à l’éducation nationale). Du point de vue de la réussite économique du capitalisme français, il faudra suivre les mesures pour la Recherche. Une éditrice à la Culture, propriétaire de dizaines de librairies, c'est encore le commerce qui décide... Au Numérique, un ubérisateur en marche...

quant au pompon, c'est le Ministère du Travail, avec une patronne de choc, spécialiste des ressources humaines : Muriel Pénicaud, une ministre du Travail au "profil exemplaire" selon les patrons, et selon elle aussi : « Je parle le même langage que les patrons » avec en écho la Voix de son maître : Berger (CFDT) a une "appréciation très positive" de la ministre du Travail

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 18 Mai - 14:08


la fonction fait l'homme, et la femme



au jeu de massacre qui vient, le buzz tient ses têtes
mais le ridicule ne tue pas, surtout au pouvoir

(petite revanche pour le FN : ils sont tous en bleu marine)


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 18 Mai - 16:19


la transition capitaliste verte est mûre

Nicolas Hulot Ministre d'État, pourquoi ?

Nicolas Hulot, après avoir refusé des postes ministériels offerts par Chirac, Sarkozy et Hollande, a donc accepté de la part de Macron/Philippe le poste de ministre d'État en charge de la Transition écologique et solidaire


pour le titre de ministre d'État, il n'a valeur qu'honorifique, protocolaire, à visée politique, électorale. Un tel ministre, relativement aux autres, n'a en plus que le pouvoir d'organiser des réunions interministérielles en dehors de la présence du Premier ministre et du Président

le sens de cette nomination est à mon avis fondamentalement ailleurs, assurer la transition écologique dans le capitalisme, c'est-à-dire faciliter, dans la production d'énergie, la victoire du capitalisme vert, peu ou prou la "croissance verte", au détriment de l'exploitation des énergies fossiles et du nucléaire. La transition écologique est d'abord énergétique, dans la continuité de la loi de transition énergétique de 2015 (nucléaire dans la production d'électricité de 75% à 50% à l'horizon 2025)

c'est à mettre au compte de la concurrence évoquée plus haut dans la course au taux de profit au sein de la branche de l'énergie notamment, et c'est pourquoi Hulot couvre aussi le champ des transports, gros consommateurs

si cette transition écologique est dite "solidaire", c'est parce qu'il faudra la payer. Question : qui ? Tout sauf une énigme...

les contradictions qui peuvent apparaître dans la composition même du gouvernement, sur la ligne écologique (exemple Édouard Philippe et Areva...) sont normales à ce stade de cette transition. Dans la mesure où Hulot est un opportuniste prêt à manger à tous les râteliers*, et qu'il n'a rien d'un écologiste radicalement anticapitaliste, sa durée au gouvernement dépendra de ce bras de fer qui s'inscrit dans une nécessité historique

* voici la liste des mécènes de sa Fondation Hulot : Partenaire Fondateur TF1, ADEME, AFD, Akuo Foundation, Api Restauration, Avril, Caisse des Dépôts, Carrefour, EDF, Fondation Bouygues Telecom, Fondation Daniel et Nina Carasso, Kering, L'Oréal, La Poste, Lesieur, RTE, SNCF, Triballat Noyal, Veolia. Source : Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l'homme

et s'il y a de fait "conflit d'intérêts", ce sera pour la bonne cause écologique...

dans la mise à jour de la gouvernance politique pour s'adapter aux nécessités du capitalisme en crise et de sa quête des moyens de la réguler, le choix de Hulot par Macron n'a rien que de logique. En ceci, c'est bien une "prise de guerre", mais au-delà du politique et même de l'écologie, économique et idéologique

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Ven 19 Mai - 14:36


le FN inscrit sa stratégie à moyen terme
dans la recomposition politique imposée par Macron

non, le FN n'est pas dans la mauvaise passe que l'on croit discerner dans le retrait relatif de Marine Le Pen, passée de 6,42 millions de suffrages au premier tour de 2012 à plus de 10 millions de voix face à Macron

avec le tournant prévisible sur la sortie de l'euro, engagé par l'alliance avec Dupont-Aignan, il prépare ses futures alliances à droite, sur une stratégie plus proche de celle de Marion Maréchal, sortie "transitoirement" sur cette petite victoire


Citation :
« Pour faire de la place à Nicolas Dupont-Aignan dans une cinquantaine de circonscriptions, il n'y aura pas de candidats FN face à eux », explique Jean-Baptise Marteau en direct du QG de Marine Le Pen

FranceInfo 9 mai

cette stratégie est complémentaire de celle de Macron - dans 51 circonscriptions, pas de candidats La République en Marche face à des Républicains et UDI, ou PS - dans la volonté de faire exploser la droite traditionnelle, et de se partager les morceaux

cela posé, je ne hasarderais aucun pronostic quant à ses résultats en sièges aux législatives

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 20 Mai - 10:47


Duflot nec mergitur ?

elle est battue, et elle sombre

Citation :
[Cécile Duflot] n'a pas exclu, si elle siégeait de nouveau à l'Assemblée, de voter la confiance au gouvernement du Premier ministre Édouard Philippe, si les choses vont "dans le bon sens".

Écologie : Cécile Duflot espère que Nicolas Hulot parviendra à "faire changer les choix" du président Europe1 17 mai

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 20 Mai - 12:15


parmi plusieurs articles sur ce thème, je retiens celui-ci, un des moins mauvais...


La fin du clivage gauche-droite en Europe ?

Christian Rioux Le Devoir (Québec) 6 mai 2017  

La France est loin d’être le seul pays à vivre une crise des grands partis traditionnels


Photo: Emmanuel Dunand Agence France-Presse

Si les récentes élections néerlandaises n’ont pas porté au pouvoir le populiste Geert Wilders, elles ont consacré la marginalisation des travaillistes du PvdA, qui sont passés de 38 à 9 sièges à la seconde chambre du Parlement.

Citation :
Depuis trois mois, les yeux de l’Europe sont tournés vers la France. Une France projetée dans l’inconnu depuis que les deux grands partis de la droite et de la gauche, qui arbitrent habituellement le débat politique, ne sont pas parvenus à se qualifier au second tour de l’élection présidentielle. Ce résultat est pourtant le fruit d’une tendance ancienne.

Depuis les années 1980, on a vu de manière constante la part de ces blocs socialiste et républicain (autrefois UMP et RPR) diminuer dans l’électorat. Alors qu’en 1980, seulement 30 % de l’électorat français considérait le clivage droite-gauche comme dépassé, cette proportion atteint aujourd’hui 73 %. Un sommet !

Or, la France est loin d’être la seule à affronter une crise des droites et des gauches traditionnelles.

Le « modèle » italien

Ceux qui estiment que la France est l’enfant malade de l’Europe feraient bien de se tourner vers l’Italie, un pays aujourd’hui presque totalement paralysé à cause du chambardement de son paysage politique. En Italie, cela fait des années que les partis traditionnels ont été remplacés par de nouvelles formations politiques.

Il n’y a pas si longtemps, les socialistes français, qui avaient déjà importé les primaires italiennes, n’hésitaient pas à donner en exemple le Parti démocrate de Matteo Renzi, fondé en octobre 2007 sur la base de courants issus de la gauche anciennement communiste et de la démocratie chrétienne.

Le premier ministre Manuel Valls n’a jamais caché son admiration pour l’ancien maire de Florence et son parti « ni de droite ni de gauche ».

L’ironie de l’histoire, c’est que c’est Emmanuel Macron qui est sur le point de réaliser ce rêve et de se faire élire à la tête d’une nouvelle coalition gauche-droite.



Photo: Giuseppe Cacace Agence France-Presse
Le leader du mouvement italien 5 Étoiles, Beppe Grillo (à gauche)

Renzi et Macron veulent tous deux fluidifier le marché du travail, réduire les dépenses publiques et simplifier l’administration. « Si j’étais Français, je voterais Macron », a d’ailleurs déclaré celui qui, après son échec référendaire, vient de reprendre la tête du Parti démocrate italien.

Un pas que n’a pas franchi le leader populiste Beppe Grillo, qui, comme Marine Le Pen en France, est devenu la principale force d’opposition du pays. Cette dernière n’avait pourtant pas caché qu’elle attendrait les prochaines élections italiennes pour négocier avec Bruxelles.

Des élections que Beppe Grillo a de bonnes chances de gagner. Les points communs sont aussi nombreux entre le Mouvement 5 Étoiles (M5S) et le Front national. Tous deux réclament la restauration de la souveraineté nationale, le contrôle de l’immigration, le protectionnisme et une sortie de la zone euro.

Comme Marine Le Pen, qui s’est montrée prête à reculer sur la sortie de l’euro en s’alliant à Nicolas Dupont-Aignan, Beppe Grillo a récemment voulu s’allier aux libéraux au Parlement européen.

Le match qui devrait se dérouler dans quelques mois entre Matteo Renzi et Beppe Grillo pourrait donc ressembler à celui qui se termine en France entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen.

73% : C’est la proportion de l’électorat français qui considère comme dépassé le clivage droite-gauche, contre seulement 30% en 1980.

Ailleurs en Europe


À l’exemple italien, qui a le plus de points communs avec celui de la France, il faudrait ajouter celui de la Grèce, où Syriza a pratiquement fait disparaître le Pasok, qui avait fondé la Grèce moderne. En Grande-Bretagne, l’effondrement du Parti travailliste de Jeremy Corbyn n’est pas loin de ressembler à ce qui arrive au Parti socialiste français de Benoît Hamon. Sa marginalisation presque complète dans le référendum du Brexit a montré qu’il avait perdu tout contact avec ses anciens bastions ouvriers.

L’autre pays qui illustre le mieux cet effondrement des droites et des gauches est l’Autriche. La dernière élection présidentielle a vu triompher un écologiste de 73 ans, Alexander Van der Bellen, issu à l’origine du Parti socialiste, mais qui se présente comme un « indépendant ». Il l’a emporté sur les populistes du Parti de la liberté (FPÖ).

Comme aux Pays-Bas, ce sont les écologistes qui mènent l’opposition aux partis populistes, et non la gauche traditionnelle. Van der Bellen est un économiste libéral chaud partisan de Bruxelles, alors que le FPÖ a surtout fait campagne sur la protection sociale, la défense de l’emploi et contre l’Europe. Comme Marine Le Pen.

Notons au passage que, si les récentes élections néerlandaises n’ont pas porté au pouvoir le populiste Geert Wilders, elles ont consacré la marginalisation des travaillistes du PvdA, qui sont passés de 38 à 9 sièges à la seconde chambre du Parlement.

La lutte des classes

Derrière ce brouillage droite-gauche, dans tous ces cas, on assiste à un certain retour de la lutte des classes. Partout, les mouvements dits populistes recrutent particulièrement dans les classes populaires et paupérisées par la mondialisation, alors que ceux qui succèdent aux sociaux-démocrates traditionnels s’appuient largement sur la nouvelle bourgeoisie mondialisée des grandes métropoles.

Où vont s’asseoir les députés centristes d’En marche ! ? a demandé la journaliste Florence Aubenas.

À droite, à gauche, ou vont-ils rester debout dans le couloir de l’Assemblée ? Et si le clivage gauche-droite était simplement en train de changer de signification ?

Après tout, à la fin du XIXe siècle, la gauche française était colonialiste. La droite, elle, s’opposait à la séparation de l’Église et de l’État.

Aujourd’hui, la première est tiers-mondiste et la seconde défend la laïcité

ma lectorate peut se poser légitimement une question : si le phénomène est européen, en quoi cet effacement du clivage droite-gauche en France relève-t-il de l'idéologie française ?

j'ai déjà apporté des éléments de réponse plus haut ou dans d'autres sujets, mais il n'a échappé à personne que ce qui se passe s'appuie sur de fortes particularités françaises. Macron lui-même se voyait l'an dernier en Jeanne d'Arc, et nombre d'observateur soulignent son 'bonapartisme". Il sera certainement un des Présidents de la Vè République, depuis sa fondation par de Gaulle en 1958, à user le plus de pouvoirs quasi monarchiques qui sont une exception en Europe

d'une façon générale, c'est sur la base des spécificités française qu'il a entrepris de les dépasser, notamment cette singularité, en Europe et relativement aux anglo-saxons, des "services publics à la française", et on le verra de plus en plus, par sa main-mise sur la haute administration (la diminution du nombre de conseillers dans les cabinets ministériels va dans le sens de la loyauté exigée des directeurs d'administrations centrales - et des ministres eux-mêmes -, ou à défaut de leur remplacement, ceci après les législatives. Chaque chose en son temps...)

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 20 Mai - 14:19


démocratie : l'impuissance critique d'un "théoricien de la communisation"

démocratie directe

Léon de Mattis 26 avril 2017


texte remplaçant les pages 59 à 85

souventes fois j'ai fait remarqué que le milieu communisateur et ultragauche en général confond démocratie dans son concept le plus général et démocratie politique (cf l'ÉTAT : critique de l'État, de la DÉMOCRATIE POLITIQUE, des PARTIS, de la RÉPUBLIQUE...). Léon de Mattis, auteur de Mort à la démocratie et ex participant aux revues pour la communisation Meeting et SIC, est un des plus bornés sur la question, comme s'il ne cessait depuis 20 ans de vouloir faire oublier son passé traumatisé de candidat du PS à des élections

ce texte pourrait être une bonne critique de la démocratie politique sous toutes ses formes, représentative, participative, directe, mais en raison de la confusion dite ci-dessus, il affirme des choses qu'il ne démontre pas


de Mattis a écrit:
La question à laquelle la démocratie est, dans son principe, une réponse, pourrait se formuler ainsi : comment un grand nombre de volontés individuelles peuvent-elles se mettre d’accord sur les sujets qui les concernent collectivement ?

à quoi nous pourrions répondre : comment un monde débarrassé du capitalisme, et de l'État, peut-il être concevable sans qu'« un grand nombre de volontés individuelles [se mettent] d’accord sur les sujets qui les concernent collectivement ? »

plus loin, de Mattis précise


Citation :
Cette conception qui voit la société comme une collection d’individus et, partant, les décisions collectives comme une somme de décisions individuelles additionnées les unes aux autres, bien qu’adéquate aux apparences de la vie sous le capitalisme, est une vision quelque peu déformée. Les décisions collectives ne sont jamais une somme de décisions individuelles, de même que la vie en société n’est pas la reproduction, sur une échelle élargie, de la vie individuelle.

nous pourrions être d'accord, sauf que nulle part de Mattis n'a une vision du dépassement de l'individu, qui est d'ailleurs une aporie générale dans le milieu de la communisation, et même une forte partie du mouvement anarchiste

pour ceci, il faudrait presque reprendre ce que Marx entendait par l'« homme nouveau » dépassant l'individualisme de la modernité capitaliste, et tout en évitant le communautarisme sortir de ce vide conceptuel. J'ai fait ce travail dans les sujets de INDIVIDUS, Capital, État = ALIÉNATION => COMMUNAUTÉ HUMAINE !

il serait alors possible de penser ensemble et à nouveaux frais démocratie et communisme


Marx a écrit:
À la place de l'ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes, surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous.

Le Manifeste 1847

quand Marx parle de "libre développement de chacun" il faut l'entendre dialectiquement, comme un dépassement à produire, et non comme les mêmes individus isolés réalisant on ne sait quels désirs égoïstes dans la communauté. Tous ces "rapports sociaux", même s'ils ne deviennent pas "immédiats" comme dans l'utopie communisatrice, sont alors bouleversés, en mouvement sortant d'anciennes contradictions prises dans les rapports de classes et de dominations

cela nous éloigne un peu du moment électoral de la démocratie politique française, mais il s'agit aussi de discerner entre critique vraiment radicale et critique (ultra)gauchiste, qui croit être plus profonde mais reste superficielle et a-dialectique, car elle ne prend pas, ici, l'individu et la démocratie à la racine, or la racine de la démocratie entre individus, c'est le rapport qui les relie entre eux et les unit à la communauté, qu'on le prenne au passé, au présent, ou à l'avenir

quoi qu'il en soit, on n'a, depuis six mois de cette campagne passionnante sur le plan historique, aucun texte de ce milieu analysant concrètement ce qui se passe, au-delà du sempiternel slogan "élections piège à cons" et de ses avatars ultragauchistes. Prétendre critiquer ne serait-ce que Nuit Debout sans un mot sur le populisme de gauche, il faut le faire ! Au moins 'Théorie Communiste' a-t-il envoyé Bernard Lyon mettre les choses au point à Radio-Libertaire : Analyse critique du populisme. Le lien théorique, je l'ai fait en montrant que le 'populisme radical de gauche' s'inscrivait en continuité et rupture du 'démocratisme radical' après son effondrement dans la crise de 2008

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 20 Mai - 15:25


Tout va très bien, Madame la Marquise

un sommet d'idéologie

pour le LEAB ce think tank qui avait prévu la crise de 2008 et théorisé la "crise systémique du capitalisme"
à grand renforts d'alertes dramatisantes à destination de ses abonnés (payants) pour éviter les mauvais coups, le macronisme annonce une sortie optimiste de la crise...



COMMUNIQUE PUBLIC de notre bulletin mensuel GEAB (Mai 2017) 17 mai 2017

La voix de la France dans le monde semblait avoir disparu depuis 2007 au moins, bien loin de l’éclat de la diplomatie française en 2003 quand le pays s’opposait à la guerre en Irak. Et pourtant, au moment où l’on pensait l’influence de ce pays définitivement enterrée, l’élection présidentielle française de 2017 provoque une attention internationale rarement égalée, signe que l’insignifiante France n’est peut-être finalement pas si insignifiante que cela quand elle risque d’élire une présidente d’extrême droite au cœur de l’Europe.


Citation :
Mais le verdict est tombé et le monde respire[1] : bien que la France soit le pays occidental à avoir le plus souffert du terrorisme ces dernières années, les Français ont résisté aux sirènes de la xénophobie et du repli, rejetant à plus de 65% la candidate d’extrême-droite, Marine Le Pen. C’est ainsi qu’un pur technocrate, Emmanuel Macron, se retrouve président.

Comment en est-il arrivé là ? Quelle est la signification de ce résultat ? Quelles seront les conséquences pour l’Europe ?

Dans cet article, notre équipe établit un constat très amer sur les rouages qui ont porté au pouvoir Emmanuel Macron, mais s’autorise un optimisme (prudent) sur le potentiel de sortie de crise qu’il est permis d’entrevoir compte tenu précisément des forces qui ont concouru à cette élection.

Pour ce communiqué public, nous avons choisi de partager la partie optimiste de cet article.

L’homme compatible

La campagne présidentielle française 2017 a connu un moment véritablement historique : le débat télévisé qui a opposé Marine Le Pen à Emmanuel Macron, un débat qui a révélé deux choses : la vacuité du programme de l’une et la très inattendue densité du personnage (et du programme) de l’autre. Notre équipe anticipe que Marine Le Pen ne se remettra pas de ce débat, ni probablement son parti, le Front National. Le départ de la nièce de la famille Le Pen est d’ailleurs une première confirmation de cette anticipation. Ceci n’est d’ailleurs pas forcément une bonne nouvelle car la voie va se libérer pour la création d’un nouveau parti d’extrême-droite, plus moderne et efficace…

Mais dans ce débat, il n’y a pas que Marine Le Pen qui a été mauvaise, il y a Emmanuel Macron qui a été excellent et à qui l’on doit directement l’éviction de la candidate au deuxième tour, réussissant à convaincre tout un tas d’abstentionnistes d’aller finalement voter pour lui… pour une bonne raison cette fois et non dans le cadre d’une manipulation de communication.

L’immense soulagement des Français d’avoir évité Le Pen, combiné à une bonne dose de morale médiatique et à l’effet nouveauté, permet au nouveau président d’espérer un début de mandat « relativement » tranquille (contrairement à ce que nous écrivions il y a un mois – avec assez peu de conviction il faut bien dire). En tous cas, il ne devrait pas faire l’objet du lynchage médiatique qu’a subi Hollande dès les premiers jours de son quinquennat… et les bonnes nouvelles économiques qui continueront de pleuvoir devraient calmer les plus récalcitrants.

Le fait que son programme s’inscrive dans la continuité permet d’éviter à M. Macron la défiance des marchés, généralement accompagnée d’une fuite des capitaux, d’une chute des bourses, d’une hausse des taux d’intérêt, etc. Bien au contraire, son passé de banquier (qui par ailleurs en exaspère plus d’un) et son côté pro-business assumé lui assurent une bienveillance utile.



Figure 1 – Taux des obligations françaises à maturité 10 ans, mai 2016-mai 2017. Source : Boursorama


Compatible avec l’Europe aussi, plus que jamais : Européen convaincu, il ne cache pas sa volonté de renforcer la construction européenne.  « Une France forte (et ouverte) dans une Europe qui protège[2] » : s’il parvient à tenir cette promesse, ce serait le retour d’une France influente et constructive en Europe, ce qui ne déplairait pas à de nombreux pays cherchant un contrepoids à l’Allemagne (Allemagne incluse comme nous le disons souvent : aucun pays, mais surtout pas l’Allemagne, n’a la capacité/légitimité de diriger l’UE ou la zone euro seul, et elle le sait). Par ailleurs, il n’est pas représentatif de la gauche française qui déplait tant aux autres Européens : au contraire, son programme est en accord avec la «gauche » des autres pays de l’UE (c’est-à-dire sociaux-libéraux), avec une acceptation claire de la mondialisation et du libéralisme. Il arrive en outre avec une image d’homme brillant, un homme de compromis qui emporte facilement l’adhésion (sa campagne fulgurante semble le prouver aux yeux du monde), ce qui est nécessaire pour le bon fonctionnement des institutions du continent.

Compatible avec l’Allemagne, enfin. Mme Merkel l’a soutenu pendant la campagne[3], et même l’intransigeant M. Schäuble, actuel ministre des Finances allemand, souhaite travailler avec lui sur un projet de parlement de la zone euro[4]. Si le SPD emporte les élections allemandes de septembre, et bien que le candidat Schultz ait apporté son soutien à M. Hamon[5] (courtoisie entre partis socialistes oblige), M. Macron est là encore compatible, soutenu notamment par l’ancien président du SPD, vice-chancelier et ministre de l’Économie allemand, M. Gabriel[6] (ils ont d’ailleurs écrit une tribune commune sur l’Europe dans le Guardian[7] en 2015). En deux mots, quel que soit le résultat de l’élection allemande, M. Macron travaillera volontiers avec l’Allemagne, ce qui ne plaira certes pas à tout le monde, mais ce qui a l’avantage de créer le potentiel de réforme de la zone euro tant attendue.

Il promet également de réduire le déficit public français (tout en baissant les impôts…), ce pour quoi il obtiendra vraisemblablement l’aval de l’Assemblée Nationale que notre équipe voit mal majoritairement à gauche. S’il réussit, cela devrait lui donner une certaine crédibilité en Europe et particulièrement en Allemagne.

Les questions concernant sa capacité ou non à se créer une majorité au Parlement français sont, d’après notre équipe, moins importantes que suggéré par l’attention portée par les médias à ce sujet : d’une part, dans la « démocratie » que nous avons décrite au début de cet article, les médias-faiseurs-d’opinion ont plus d’importance que les parlements suiveurs-d’opinion et c’est donc bien du contrôle des premiers que viendra le pouvoir réel de Macron à mettre en œuvre son programme; et, d’autre part, les résultats obtenus par les deux grands partis (PS et LR) à la présidentielle sont propices à une cascade de ralliements directs ou indirects au mouvement d’Emmanuel Macron. Nous avons parlé plus haut d’une crise majeure au FN, il fait aussi mentionner la crise majeure que les partis de pouvoir français commencent à traverser depuis le 7 juin.

De fait, la seule véritable opposition avec laquelle Macron va devoir compter, c’est la gauche radicale de Mélenchon et sa base ultra-militante, mais cette opposition sera davantage dans la rue qu’à l’Assemblée Nationale.

Conséquences pour l’euro et l’Europe

Si Mme Merkel reste au pouvoir, on peut douter que le président français obtienne gain de cause sur sa volonté de redistribution des richesses au sein de la zone euro[8]. De même, avec M. Macron s’éloignent les perspectives d’une réforme de l’euro telle que nous la décrivions le mois dernier. En réalité, la question est moins le contenu de la réforme que la volonté politique requise pour la mettre en oeuvre. « Tout est politique » comme le disaient les manifestants de mai 68. Et le fait est qu’une force politique, ancrée dans un appareil économico-médiatique supra-national, qui parvient à prendre les rênes laissés libres de la zone euro, est la condition sine qua non pour que la zone euro se remette à fonctionner… d’une manière ou d’une autre.

En ce qui concerne la valeur de l’euro, les bonnes nouvelles économiques de la zone euro, la probable création d’un parlement de la zone euro, ainsi que l’enthousiasme des marchés,… la maintiendront à un bon niveau, seulement affaiblie par le QE de la BCE tant que celui-ci durera.

Or les chances d’arriver à sortir du cercle infernal des QE augmentent considérablement avec l’arrivée d’un leader « eurosystème-compatible » dans le jeu. Notre équipe pense que le nouveau président, ancien banquier et ancien ministre de l’Économie, mesure bien les dangers du quantitative easing de la BCE et poussera pour un « QE fiscal » profitant à l’économie réelle, ce que M. Draghi lui-même promeut comme nous l’avons déjà expliqué.



Figure 2 – Cours de l’euro en dollar, mai 2016-mai 2017. Source : Yahoo


Par ailleurs, l’élection de M. Macron, avec son libéralisme, redonne de l’attractivité à la place financière de Paris qui, en réseau avec les autres bourses de la zone euro (et notamment Francfort), pourrait récupérer une bonne part du transfert vers le continent de l’activité financière de la City post-Brexit, en particulier pour les transactions en euro qu’il est évidemment plus que légitime de rapatrier en zone euro[9]…[10]

Mais en réalité, le vrai point positif pour l’Europe est le retour à un dialogue constructif avec la France que permet le président qui se présente comme un homme « sans idéologie ». Selon notre équipe, avec la reprise en main médiatique européenne dont nous parlions plus haut et un changement perceptible de mentalité après les défaites de M. Wilders et Mme Le Pen, les agendas portés par M. Macron de démocratisation de l’Europe et d’Europe de la défense[11] pourront enfin avancer, malgré les difficultés de ces débats[12].

Des dangers à surveiller


On le voit, le résultat de l’élection française ouvre la porte à la résolution de nombreux problèmes européens et à un début de sortie de crise. Néanmoins, le début de cet article le montre assez : de grands dangers subsistent, et notamment la collusion avec les médias qui risque d’amplifier les bonnes nouvelles et de minimiser celles pouvant faire ombrage au nouveau dirigeant, mais aussi d’aider à faire passer discrètement des mesures impopulaires cachées derrière un flot de nouvelles triomphalistes…

Aux citoyens d’être vigilants ! C’est d’autant plus inquiétant avec un président ouvertement internationaliste, favorable aux traités de libre-échange comme le CETA et le TTIP, qui n’hésitera pas à vendre en catimini aux États-Unis ou à la Chine les fleurons européens par exemple[13]… La bonne nouvelle, c’est que le président des États-Unis n’est plus fréquentable. Avec M. Obama ou Mme Clinton au pouvoir, il aurait vraiment fallu s’inquiéter ; avec M. Trump, les velléités atlantistes de M. Macron sont déjà largement réfrénées.

Nos chercheurs du LEAP seront particulièrement attentifs à établir si Emmanuel Macron va en effet mettre en place une gouvernance certes efficace mais de fait non démocratique de la France/zone euro/UE, gouvernance qui reflèterait une idée assez répandue désormais dans les technocraties d’ici et d’ailleurs, selon laquelle le niveau de complexité du monde d’aujourd’hui exclut les peuples de tout espoir de compréhension et qu’il faut donc s’en préserver pour la bonne gestion des affaires (en inventant ce concept de « populisme » qui sert de plus en plus à éliminer de la vie publique l’extrémisme, la politique, les peuples et le débat tout à la fois) ; ou bien si, dans le cadre de son agenda, Emanuel Macron va réellement contribuer à connecter les citoyens européens aux institutions communes via un système de validation démocratique des grandes orientations à donner au continent. Un certain optimisme est de mise compte tenu de ses déclarations concernant le besoin de « retisser les liens entre Europe et citoyens »[14] ; mais s’agira-t-il d’œuvrer à recréer une citoyenneté européenne dite de la « claque » (formée à applaudir) ou bien à inventer une citoyenneté européenne impliquée dans les grands processus décisionnels ? Son soutien ou non à des actions de démocratisation européenne sera un indicateur que LEAP, compte tenu de ses actions dans ce domaine[15], n’aura pas de mal à constater et partagera avec les lecteurs de sa lettre confidentielle.

Il faudra enfin surveiller les relations qu’il souhaite entretenir avec la Russie de M. Poutine, avec qui il a promis de discuter, et avec la Chine, l’OCS et les BRICS, pour savoir si le nouveau président français veut réellement contribuer à positionner la France et l’Europe dans le monde d’après. Notre équipe ne peut encore en juger…

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 20 Mai - 16:27


récréation

genre et classe


il s'agit bien sûr d'un montage, l'encart est ajouté dans cette fausse couverture qui circule sur le net

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Sam 20 Mai - 18:03


roman noir


Citation :
Quelques années après la chute de Lehman Brothers, alors que le monde politique voit enfin la sortie de crise à l’horizon, le Crédit parisien est sur le point de sombrer. La plus grande banque française a besoin d’un plan de sauvetage en urgence mais la ministre de l’Économie, au sommet des sondages, symbole de la gauche revenue aux affaires, entend tout faire pour que Bercy ne mette pas sur pied un plan similaire à celui de 2008 lors de la crise des subprimes. C’est ce plan qu’étaient chargées d’évaluer deux inspectrices des finances, Nathalie Renaudier et Stéphanie Sacco. La première s’est suicidée plusieurs années avant que le corps de la seconde ne soit retrouvé dans la cour de l’Hôtel des ministres à Bercy.

Au milieu du champ de bataille où s’opposent pouvoirs publics et monde de la finance, Christophe Demory, l’homme qui partageait la vie de Nathalie, devenu directeur de cabinet de la ministre, surnage comme il peut. Alors que les technocrates ont commencé à broder le linceul d’Isabelle Colson et que la religion de l’argent exige ses martyrs, le piège risque de se refermer sur ceux qui n’appartiennent pas à la corporation des initiés.

Citation :
Isabelle Colson est un ministre de l’Economie et des Finances au profil atypique. Sa nomination à Bercy symbolise le virage antilibéral pris par le Président de la République pendant sa campagne. Ancienne militante de la cause LGBT qui s’est rendue célèbre par des coups d’éclat, cette femme au fort caractère doit maintenant composer avec les hauts fonctionnaires du ministère. Ces hommes, tous issus des rangs de l’ENA, acceptent difficilement les avis tranchés et partisans de cette jeune femme qui n’est pas issue du sérail. Lorsque la première banque française, le Crédit parisien, sollicite auprès du Gouvernement un nouveau plan de sauvetage pour faire face à une possible faillite, Isabelle Colson s’y oppose, refusant que l’argent public finance les prises de risques des banques privées. Antoine Fertel, le très influent patron du Crédit parisien, actionne alors ses réseaux politiques pour passer outre cette décision et être entendu au plus haut niveau. Il a su nouer au fil des années de nombreuses amitiés au sommet de l’Etat. A ses yeux, ses propres intérêts et ceux de sa banque se confondent avec ceux de l’économie française. Une nuit, une inspectrice des finances se suicide en se jetant du haut de l’immeuble de Bercy. La jeune femme avait disparu il y a plusieurs années après avoir enquêté sur un possible conflit d’intérêts dans le plan de sauvetage mis en place par le Gouvernement lors de la crise bancaire et financière de 2008. La collègue qui avait mené l’enquête à ses côtés s’était elle aussi donnée la mort quelques années plus tôt. Dans cette enquête, le Crédit parisien et son président étaient également visés…

Le livre est très bien documenté mais trop peu romancé, le lecteur se lasse vite d’une intrigue un peu lisse et attendue. J’ai connu des « Business-thriller » plus passionnants. Thomas Bronnec clôt le livre en précisant : « Ce roman est une œuvre de fiction. Les personnages ne sont que des constructions intellectuelles. Toute ressemblance avec la réalité serait donc purement fortuite ». Si aucun personnage n’est clairement identifiable, le contexte politique décrit est très réaliste. Quand on sait que le Ministre actuel, ancien secrétaire général adjoint de la présidence de la République, est un banquier d’affaires issu des rangs de l’ENA, on peut légitimement penser que le roman est très proche de la réalité et que les cloisons entre la politique et la finance sont très perméables. Un roman sans surprise qui a le mérite d'éveiller nos consciences endormies.

Thomas Bronnec, déjà auteur d’un livre sur les arcanes de Bercy avec Laurent Fargues (Bercy au cœur du pouvoir éditions Denoël, 2011), semble empêcher, en glissant vers une pédagogie trop apparente, quoiqu’extrêmement claire, l’intrigue et les personnages de prendre toute leur ampleur.


je partage ces avis, Thomas Bronnec romance la réalité plus qu'il n'écrit un roman, mais on apprend de façon détaillée comment fonctionne le non "conflit d'intérêt" entre l'État et le capital, et accessoirement comment cela se passe dans la haute administration, et particulièrement au ministère qui a le plus de poids dans cette relation, celui de l'Économie et des Finances, via le 'Trésor' plus qu'au niveau de la distribution du Budget dans les autres ministères, ou à la Direction des impôts. Ces mécanismes parfois complexes sont clairement expliqués dans ce roman de 2015, alors qu'allait s'engager la campagne pour les présidentielles

boucles et bouches bouclées

on apprend aussi comment des ministres et leurs cabinets peuvent être court-circuités par des contacts directs entre l'Élysée et des Chefs de service ou Directeurs d'administration centrale, sans oublier les banquiers eux-mêmes : suivez mon regard avec la main-mise annoncée du nouveau Président sur la haute-administration (posts précédents), et naturellement avec le Ministère de l'Intérieur concernant la chasse à la corruption

il ne fait aucun doute que ces liens seront encore renforcés sous Emmanuel Macron, sorti de l'ENA Inspecteur des finances, ancien golden boy banquier chez Rothchild, ex Secrétaire général à l'Élysée puis patron de ce ministère au cœur de l'État du capital, avant son arrivée à l'Élysée

le nouveau Secrétaire général à l'Élysée, Alexis Kohler, est son ex Dir cab à l'économie, pilier de la direction du Trésor sous Moscovici. Après Macron-Bercy, il travaille dans le secteur privé en intégrant l'armateur italo-suisse MSC comme directeur financier (Alexis Kohler, le secrétaire général de l'Elysée qui a l'oreille de Macron BFMTV 15 mai)

j'ai déjà évoqué plus haut ces aspects, qui sont un peu de la cuisine interne, mais il n'est pas inutile de la connaître pour savoir à quelle sauce nous serons mangés

autrement dit, comment être (un peu) initié



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