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 un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)

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MessageSujet: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 6 Déc - 20:17


un condensé théorique de ce long feuilleton est proposé dans le nouveau sujet MACRONISME, ÉTAT et RESTRUCTURATION du CAPITALISME (7 juin)


post-introduction
23 mai 2017

à l'origine, ce sujet ne portait que sur les élections, d'abord les régionales de l'automne 2015, puis les présidentielles, la campagne, les résultats, et la suite... Je ne songeais pas alors à en faire un sujet central, ni de l'idéologie française (dont je l'ai sorti), ni du forum, considérant que le niveau politique, et a fortiori le niveau électoral, ne permettait pas de descendre en profondeur dans ce qui l'explique

chemin faisant, et compte tenu du bouleversement historique produit par l'élection d'Emmanuel Macron, ce lien à l'économie politique m'apparaîtra comme l'évidence d'une nécessité historique au plan français et mondial. Il me semble qu'il faut lire ce sujet en son entier pour saisir concrètement sous ses divers aspects et dans son cheminement la raison de ce renversement de ce renversement, une restructuration dans la restructuration modifiant dans l'État transnational la fonction des États-nations

il est clair que ma méthode de théorisation à chaud, au fil des événements, ne peut produire des textes aboutis comme ceux écrits après-coup, et cela rend la lecture moins facile. Livrés en feuilleton, il faut suivre ou être largué. Je ne partage pas l'avis de Bruno Astarian pour qui « Presque par essence, la théorie communiste se développe post festum. » (Solitude de la théorie communiste, Hic Salta, août 2016). Si le risque est fort de se planter, l'avantage est de théoriser au présent, et donc j'espère de proposer une réflexion un peu moins inutile...


6 décembre 2015 notes pour la dé-route

selon Contrepoints, à vérifier :

Le chiffre le plus important est cependant celui de l’abstention [sic], le vote de 57% des inscrits. En tenant compte des non inscrits, seulement 38% des Français se sont exprimés. C’est un peu plus qu’il y a cinq ans, mais pas beaucoup.


Dernière édition par Admin le Mer 7 Juin - 10:19, édité 32 fois
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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 6 Déc - 20:33



"le Front national est le seul front véritablement républicain"

"le seul à défendre la nation et sa souveraineté
"


Marine Le Pen





Dernière édition par Admin le Dim 6 Déc - 22:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 6 Déc - 20:41




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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 6 Déc - 20:49


c'était mieux hier...

un cote de popularité en hausse...

à quand la cohabitation ?




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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 6 Déc - 20:57

ù
Régionales 2015 : Cosse (EELV) appelle à la fusion des listes de gauche et des écologistes 20h46, le 06 décembre 2015



Dernière édition par Admin le Ven 24 Mar - 21:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 6 Déc - 21:42

selon Contrepoints, à vérifier :

Le chiffre le plus important est cependant celui de l’absentation [sic], le vote de 57% des inscrits. En tenant compte des non inscrits, seulement 38% des Français se sont exprimés. C’est un peu plus qu’il y a cinq ans, mais pas beaucoup.

h
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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 6 Déc - 22:08




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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Dim 6 Déc - 22:17





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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 7 Déc - 2:12



Les résultats définitifs :

Citation :
Alsace-Champagne-Ardenne-Lorraine: FN 36% des voix, LR 25,8% et PS 16,1%

Aquitaine-Limousin-Poitou-Charentes: PS 30,39%, LR 27,19% et FN 23,23%

Auvergne-Rhône-Alpes: LR 31,7%, FN 25,5% et PS 23,9%

Bourgogne-Franche-Comté: FN 31,48%, LR 24% et PS 22,99%

Bretagne: PS 34,92%, LR 23,4% et FN 18,12%

Centre-Val de Loire: FN 30,49%, LR 26,2% et PS 24,31%

Corse: DVG 18,42%, régionaliste 17,62% et LR 13,17%

Ile-de-France: LR 30,5%, PS 25,2% et FN 18,4%

Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées: FN 31,83%, PS 24,41% et LR 18,84%

Nord-Pas-de-Calais-Picardie: FN 40,64%, LR 24,96% et PS 18,12%

Normandie: LR 27,91%, FN 27,71% et PS 23,52%

Pays de la Loire: LR 33,49%, PS 25,75% et FN 21,35%

Provence-Alpes-Côte d'Azur: FN 40,55%, LR 26,48% et PS 16,59%


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 7 Déc - 2:27



IDE Ministère de l'Intérieur

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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 7 Déc - 2:35


Elections régionales : les résultats dans les villes symboles
Le HuffPost  Romain Herreros 07/12/2015

POLITIQUE - Si le premier tour des élections régionales témoigne d'une poussée historique du Front national, certains scores dans des villes symboliques sont particulièrement parlants. Dans les bastions historiques du parti de Marine Le Pen ou dans des communes historiquement fidèles au PS ou à la droite classique, la progression du FN est manifeste malgré certaines poches de résistances.

Petit tour non-exhaustif des résultats dans les villes emblématiques de ce premier tour des élections régionales;

Citation :
Calais : victoire écrasante de Marine Le Pen

Ville particulièrement touchée par la situation dramatique des migrants et dirigée par la droite, Calais a enregistré un très large score en faveur de la liste de Marine Le Pen. Selon les dernières estimations, la présidente du Front national frôle la majorité absolue au premier tour et devance de plus de 25 points Xavier Bertrand (49,10 % pour la candidate FN contre 23,40 % pour le représentant des Républicains). Outre cet écart énorme, s'observe une progression de quasiment 20 points entre le score de Marine Le Pen aux élection européennes à Calais (31.75 %) et son résultat actuel. Incontestablement, et au regard de son discours très radical sur la question migratoire, Marine Le Pen a tiré profit de la situation des migrants qui empoisonne la vie politique de cette ville depuis plusieurs années.


Saint-Quentin : Xavier Bertrand prophète en son pays

Si Marine Le Pen devance largement Xavier Bertrand sur l'ensemble de la région, l'ex-ministre de la santé arrive en tête dans son fief de Saint-Quentin. Avec 43,05 % des voix, le candidat LR jouit d'une avance considérable sur la présidente du FN qui enregistre un score de 34,22 %. Ce résultat montre que l'électorat de Xavier Bertrand lui est resté fidèle dans sa ville et ce, malgré le raz-de-marée frontiste observé dans le reste de la région. Preuve s'il en est que la candidate frontiste ne conquiert pas (encore) tous les bastions dirigés par la droite.


Béziers : le FN écrase la concurrence

Chez Robert Ménard, le vote frontiste a le vent en poupe. Le compagnon de Marine Le Pen, Louis Aliot, enregistre à Béziers le score fleuve de 45,81 % des voix au premier tour, devançant largement Carole Delga (liste Union de la Gauche) qui plafonne à 16,20 %. Le score du candidat FN dans cette ville acquise à l'extrême droite confirme un ancrage électoral favorable au parti frontiste. Une tendance qui s'était déjà observée lors des départementales, scrutin au terme duquel le candidat d'extrême droite l'avait emporté au second tour.


À Nice, Christian Estrosi sauve les meubles

C'est à peu près le même schéma observé à Saint-Quetin qui se dessine à Nice. Alors que Marion Maréchal Le Pen et ses 42% dominent largement la région Paca, le maire LR de Nice arrive en tête dans son fief avec 42,03 %, devançant de près de neuf point la candidate FN qui compte tout de même 33,98 % des suffrages. Notons que le FN progresse dans la capitale des Alpes-Maritimes où elle a contracté des alliances avec le dissident LR Olivier Bettati et des identitaires de Nissa Rebela. Au premier tour des municipales, Marie Christine Arnautu (FN) avait enregistré 15.59 % des voix, score que la nièce de Marine Le Pen a plus que doublé ce dimanche 6 décembre.


À Florange, le FN finit par s'imposer

Ville symbole de la crise économique avec un taux de chômage atteignant 12,50% (alors que la moyenne nationale est de 9.08%), Florange est une ville traditionnellement ancrée à gauche. Aux élections départementales par exemple, c'est le candidat socialiste qui l'avait emporté. Cette fois, c'est Florian Philippot qui s'impose avec 39,42 % des voix alors que le candidat de la gauche comptabilise dans cette ville industrielle 26,78 % des suffrages. Le score du numéro 2 du parti de Marine Le Pen illustre la conquête de l'électorat ouvrier par le Front national ainsi que la progression du votre frontiste dans le Grand-Est comme le montraient les enquêtes d'opinion avant le scrutin. Encore un bastion de la gauche cédé à l'extrême droite.


Hénin-Beaumont, ville (très) frontiste

À Hénin-Beaumont, ville dirigée par le maire FN Steeve Briois, les résultats confirment l'ancrage de cette ville à l'extrême droite. Pour le premier tour de ces élections régionales, la présidente du parti frontiste arrive à la première place avec 59.4% des voix devançant très largement le candidat socialiste Pierre de Saintignon (14,40 %). À la troisième place, Xavier Bertrand comptabilise 11,26 % des suffrages et ne peut que constater l'effacement du discours de la droite classique face au raz-de-marée de l'extrême droite.


À Tulle, la gauche sauve l'honneur

Fief historique de François Hollande, Tulle a confirmé son ancrage à gauche. Le candidat de l'union de la gauche Alain Rousset est arrivé largement en tête avec 39,76 % des voix devançant la candidate Les Républicaines Virginie Calmels (22,48 %) et la tête de la liste FN arrivée troisième (15,77 %).


A Marseille, Marion Maréchal Le Pen double Sarkozy

Dominée par son emblématique maire LR Jean-Claude Gaudin, la cité phocéenne cède peu à peu aux sirènes du Front national. Marseille a accordé 35,85% à la liste menée par Marion Maréchal Le Pen, loin devant celle du maire de Nice Christian Estrosi et ses 24,76% des voix. Avec 20,50% des votes, le socialiste Christophe Castaner fait mieux que sa moyenne régionale dans la capitale des Bouches-du-Rhône. Reste à savoir vers qui ses électeurs se tourneront au second tour, la gauche ayant décidé de se saborder pour faire barrage à l'extrême droite.


A Neuilly-sur-Seine, le FN fait mieux que le PS


Sans surprise, la droite fait le plein de voix dans l'ancien fief de Nicolas Sarkozy. A Neuilly-sur-Seine.(Hauts-de-Seine), la cheffe de file LR-UDI, Valérie Pécresse, récolte 69% des suffrages dès le premier tour. Mais, surprise, c'est bien le candidat FN francilien, Wallerand de Saint-Just, qui se classe deuxième avec 9,93% des voix, juste devant son adversaire socialiste Claude Bartolone (9,49%).


A Grenoble, l'alliance EELV-PG ne réédite pas son exploit

Laboratoire de la gauche de la gauche, la ville de Grenoble conquise aux dernières municipales par EELV et le Parti de Gauche a surtout voté socialiste ce dimanche 6 décembre. Le président PS de la région, Jean-Jack Queyranne, y arrive nettement en tête (30,58%) avec dix points d'avance sur son rival LR Laurent Wauquiez et le candidat EELV-PG Jean-Charles Kohlhass qui réalise néanmoins un joli score (20,38%). Une déception néanmoins pour ceux qui, à gauche de la gauche, espèrent renverser l'hégémonie du Parti socialiste.


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 7 Déc - 7:24




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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 7 Déc - 9:05




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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 7 Déc - 9:37


Non-inscrits, non-abstentionnistes

3 millions : 7% du corps électoral potentiel



les résultats électoraux sont à relativiser non seulement par l'abstention, mais par le nombre de non inscrits :

Près de trois millions de Français ne sont pas inscrits sur les listes électorales Le Monde 27.12.2013

Citation :
Non-inscrits, non-abstentionnistes

Le nombre d’inscrits dévoilé par l’Insee est la base sur laquelle sera calculée l’abstention, qui risque d’être forte les 22 et 29 mars prochains. Les non-inscrits, eux, ne seront même pas comptés.

Combien sont-ils ? Le dernier chiffre, basé sur les travaux de Mme Braconnier et M. Dormagen, s’établissait à 3 millions de personnes en 2012. Soit 7 % du corps électoral.





abstentionnistes

22 millions : 49,3 %





Elections régionales : qui sont les Français qui se sont abstenus au premier tour ?  Violaine Jaussent 06/12/2015

Quelque 44,6 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes, dimanche, pour le premier tour des élections régionales. La moitié d'entre eux s'est abstenue, selon une estimation Ipsos-Sopra Steria. Francetv info dresse leur profil


Un bureau de vote à Lille (Nord) le 29 mars 2015. CITIZENSIDE / THIERRY THOREL / AFP

Un électeur sur deux n'est pas allé voter, dimanche 6 décembre, pour le premier tour des élections régionales. Qui sont ces Français qui ont boudé les urnes ? Francetv info donne des éléments sur leur profil, à partir des données recueillies avant le premier tour, par l'institut de sondage Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions (PDF).

Les 18-34 ans

Alors que les personnes âgées de 60 ans et plus se sont fortement mobilisées, avec 67% de votants et 33% d'abstentionnistes, les jeunes électeurs, ont, eux, clairement boudé les urnes. Ainsi, 65% des 18-24 ans se sont abstenus. Dans la tranche d'âge suivante, les 25-34 ans, l'abstention est même un peu plus forte : 66%. Enfin, chez les 35-59 ans, elle est de 52%.

Les ouvriers et employés

Si on regarde du côté des catégories socio-professionnelles, il y a aussi de fortes disparités. Le taux d'abstention est le plus fort chez les ouvriers (61%), les employés (58%) et les professions intermédiaires (55%). L'abstention chez les cadres supérieurs (52%), les agriculteurs, artisans et chefs d'entreprise (51%) correspond à la tendance nationale. En revanche, chez les retraités, l'abstention est faible (33%). Un résultat logique au regard des taux d'abstention et de participation en fonction de l'âge.

Les électeurs de gauche

Un fort taux d'abstention est aussi enregistré parmi les électeurs qui se disent proches du parti Europe Ecologie-Les Verts (56%). Or, il s'agit d'électeurs qui habituellement se rendent aux urnes. Ceux qui se disent proches du Front de gauche et du Parti socialiste se sont abstenus à 45%.

Ainsi, le taux d'abstention chez les inscrits qui se disent proches de la gauche atteint 47%. Alors qu'il n'est que de 43% à droite et de 44% chez les électeurs qui se sentent proches du Front national. Enfin, les Français qui ne se disent proches d'aucun parti sont 69% à ne pas avoir voté dimanche. Mais l'abstention chez les électeurs qui n'ont aucune affinité politique est plus traditionnelle.

Citation :
Sondage Ipsos-Sopra Steria pour France Télévisions et Radio France, réalisé sur internet (à l'exception de la Corse où il a été réalisé par téléphone), du 29 novembre au 2 décembre 2015, auprès de 8 053 personnes constituant un échantillon représentatif de la population française inscrite sur les listes électorales. 600 personnes ont été interrogées pour chacune des 13 régions (800 en Ile-de-France). Les résultats nationaux tiennent compte du poids démographique de chaque région. Méthode des quotas.


non votants = non inscrits + abstentionnistes

25 millions : 52,5 % des électeurs potentiels

FN : 13,3 %



PS : je m'aperçois que je n'ai pas compté 2 % de bulletins blancs, soit 1 % des votants...


Dernière édition par Admin le Ven 24 Mar - 21:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 7 Déc - 10:21


la musique adoucit les mœurs


György Ligeti


Mysteries of the Macabre
1977

London Symphony Orchestra
SIR SIMON RATTLE
2015

Barbara Hannigan Soprano



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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Lun 7 Déc - 23:31


2002 - 2015, de la tragédie à la farce

« Hegel fait quelque part cette remarque que tous les grands événements et personnages historiques se répètent pour ainsi dire deux fois. Il a oublié d'ajouter : la première fois comme tragédie, la seconde fois comme farce Karl Marx, Le 18 brumaire de L. Bonaparte, 1951





Régionales : Valls appelle à voter à droite dans trois régions, y compris le Grand Est 07 Déc. 2015, 21h44 | MAJ : 07 Déc. 2015, 22h36

Manuel Valls a appelé lundi soir sur TF1 à voter pour les listes de droite face au FN en Provence-Alpes-Côte d'Azur et Nord-Pas-de-Calais-Picardie où le PS s'est retiré, ainsi qu'en Alsace-Lorraine-Champagne-Ardenne, où le candidat socialiste se maintient contre le mot d'ordre de son parti.


CAPTURE D'ECRAN/TF1

Invité du 20 heures de TF1, Manuel Valls a «appelé à voter pour Christian Estrosi face à l'extrême droite en Paca» (Provence-Alpes-Côte-d'Azur).

Citation :
«Contrairement, a t-il fait remarquer, à Nicolas Sarkozy» qui ne souhaite «ni fusion ni retrait», le Premier ministre dit «assumer ses responsabilités» pour faire barrage au Front national en appelant les électeurs socialistes à voter pour la droite dans les trois régions où le Front national arrive en tête. Il emboîte ainsi le pas au premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis.

Ce dernier a demande un retrait de ses listes en Nord-Pas-de-Calais-Picardie et Paca. Dans le Grand Est, où Florian Philippot (FN) comptabilise le plus grand nombre de voix (36,1%), la demande de la direction du parti à son candidat Jean-Pierre Masseret, arrivé en  troisième position, est restée lettre morte. Le président sortant de Lorraine a d'ores et déjà déposé lundi sa liste pour le second tour des régionales dimanche, actant son refus de se retirer pour faire barrage au Front national, au risque de perdre l'investiture du PS.

«Dans ces moments-là, il ne faut pas s'accrocher, il faut être digne, à la hauteur de l'enjeu: conforter la République», a jugé Manuel Valls à TF1. Aussi a-t-il appelé à voter pour Philippe Richert (LR-UDI-MoDem). «Il ne faut pas hésiter», a insisté le Premier ministre, en jugeant qu'il appartient aux instances du PS de prendre d'éventuelles sanctions à l'égard du Lorrain.

Un retrait est «une décision d'une grande brutalité politique et il faudra très tôt après les élections régionales s'interroger comment on en est arrivés là et en tirer les leçons. La gauche a un avenir dans ce pays si elle sait se rassembler en amont des rendez-vous électoraux sur des projets, un programme, des causes communes», a souligné Christian Paul, député et porte-voix des frondeurs PS. Avec le retrait, «on a été au maximum de ce qu'on pouvait faire», analyse un responsable du PS, en relevant les inconnues qui perdurent pour le deuxième tour



quelque chose a dû échappé aux caricaturistes, car Hollande ressemble davantage à Napoléon le petit qu'à son tonton empereur, que ce soit comme politique ou comme stratège militaire... Avec la Syrie, on est plus près du Mexique* que de la conquête de l'Égypte

* Intervention française au Mexique
** Campagne d'Égypte




du pied de cette antiquité orientale, cinq ans, c'est long

« Soldats, du haut de ces pyramides, quarante siècles vous contemplent » Napoléon, 21 juillet 1798



« Bataille des Pyramides » Wojciech Kossak, 1896


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mar 8 Déc - 0:31



à titre d'info...

Élections régionales 2015 : les réactions des mouvements antiracistes

7 Décembre 2015 , Rédigé par Repères anti-racistes Publié dans #Politique française, #Mouvements antiracistes  
LDH, 7 décembre 2015 :

Citation :
La LDH prend acte des résultats du premier tour des élections régionales. Constater le niveau historique atteint par le Front national n’enlève rien à la nature de ce parti. Ses dirigeants ont appris à faire révérence à la démocratie. Ils ne sont pas devenus, pour autant, des démocrates. Le Front national continue d’être l’héritier de tout ce que notre pays a pu connaître de détestable dans son histoire, et nul ne doit s’y tromper : sa victoire, fût-ce dans une seule région, aura une résonnance symbolique désastreuse et des conséquences dramatiques pour la vie démocratique, économique, sociale, associative ou artistique de ce territoire. Mais combattre l’imaginaire mortifère de ce parti suppose que l’on entende d’abord ces milliers d’espoirs déçus ou trahis.

C’est d’abord notre impuissance collective à proposer un autre avenir qui est en cause. Cela implique que les choix offerts aux électeurs et aux électrices expriment clairement que d’autres chemins sont possibles. Peut-être encore pire que le Front national lui-même sont ses idées, reprises par les uns et les autres et qui deviennent ainsi une maladie chronique de notre pays.

En reprenant certains des projets du Front national, de manière plus ou moins édulcorée, on accrédite l’hypothèse d’une société repliée sur elle-même, aux libertés surveillées et où chacun sera l’ennemi de l’autre. User de la peur, celle que provoque la violence du monde, l’injustice de notre société ou l’image de l’autre pour gouverner entraîne autant d’illusions à court terme que de désastres pour l’avenir. Nous avons besoin d’une autre ambition que celle qui consiste à cultiver l’exercice du pouvoir.

Les enseignements à tirer de ces résultats électoraux ne peuvent être de renoncer à nos principes. Mais ceux-ci ne peuvent reprendre le dessus que s’ils sont affirmés sans détours. Nous devons tout mettre en œuvre pour construire un autre projet qui se développe dans une démocratie ouverte et solidaire, inscrite dans le monde et l’Europe et ancrée dans notre pays. C’est notre responsabilité collective.



Et après le premier tour des élections ? - Ligue des droits de l'Homme

Communiqué LDH La LDH prend acte des résultats du premier tour des élections régionales. Constater le niveau historique atteint par le Front national n'enlève rien à la nature de ce parti. Se...

http://www.ldh-france.org/apres-premier-tour-elections/


LICRA, 7 décembre 2015

Citation :
Il y a quelques années on nous disait que ce n’était pas grave que le Front National obtienne quelques sièges dans des conseils municipaux. Puis que ce n’était pas grave qu’il conquiert quelques mairies. Ce n’était pas grave non plus qu’il fasse élire des députés, puis des sénateurs. Comme ce n’était pas grave qu’il entre dans les Conseils Régionaux avec des groupes de plus en plus nombreux et de plus en plus importants. Aujourd’hui il s’apprête à conquérir plusieurs régions. Et dans 18 mois, que dirons-nous quand nous aurons livré le pays tout entier à un parti d’extrême droite ?

Nous avons encore, peut-être, la possibilité d’éviter le désastre en même temps que la honte. Il est hélas trop tard pour convaincre massivement les abstentionnistes de voter dimanche prochain; ils ont trop été désespérés pour qu’on puisse les « récupérer » en si peu de temps. Mais il n’est pas trop tard pour dresser le dernier rempart d’un Front de Défense Républicain auquel aspirent tous les démocrates de France. Marine Le Pen et ses acolytes hurleront au complot UMPS. Et alors ? Le temps n’est plus à l’hypocrite et opportuniste « ni-ni » et aux discours éculés sur les « voix qui ‘appartiennent à personne ». Face au danger qui menace, il faut que tombent les masques et que chacun prenne ses responsabilités.

N’en déplaise à nos responsables politiques dont beaucoup semblent une nouvelle fois n’avoir rien compris, le choix n’est pas entre la gauche et la droite, mais entre les démocrates attachés aux valeurs de la République et l’extrême droite qui foule au pied ces valeurs. Pour éviter le pire, pour signifier clairement que nos Régions ne veulent pas être gouvernées par un parti qui n’a pour seul programme que la division des français, il n’y a d’autre solution pour le second tour des élections régionales que le désistement de la liste la moins bien placée ou la fusion des listes des démocrates, dans un sursaut d’union nationale. Celles et ceux qui croient pouvoir éviter la défaite au prix du déshonneur auront le déshonneur et aurons la défaite. Ils en seront responsables face à l’histoire, car la victime sera la France.

Alain Jakubowicz, Président de la Licra

La défaite et le déshonneur
Il y a quelques années on nous disait que ce n'était pas grave que le Front National obtienne quelques sièges dans des conseils municipaux. Puis que ce n'était pas grave qu'il conquiert quelque...

http://www.licra.org/la-defaite-et-le-deshonneur/



MRAP 7 décembre 2015

Citation :
Le MRAP fondé en 1949 est héritier d'une histoire. Certains de ses fondateurs avaient connu le pire du fascisme et du nazisme, ils savaient que face à l'horreur absolue il fallait faire barrage, au-delà des sensibilités partisanes.

Si dans l'extrême-droite d'aujourd'hui les costumes et les tailleurs ont remplacé les uniformes, la haine de l'autre demeure le ciment commun à l'extrême-droite . On peut imaginer au regard de l'histoire jusqu'où pourrait nous mener le programme du FN avec son cortège de ségrégation, d’arbitraire et de violence.

Irresponsables, ceux qui face à ce péril feraient le choix d'abandonner des exécutifs régionaux aux candidats du FN.

Il y a un temps pour chaque chose ; il appartiendra à tous ceux qui se réclament de la démocratie et de la République de déterminer rapidement les raisons de ce séisme politique qui met la France dans un situation pré-fasciste et apporter les réponses politiques qui s'imposent..

Mais dans l'immédiat, dimanche 13 décembre, chaque vote là où le Front National est en position de gagner une région, ne devra répondre qu'à une seule exigence : faire barrage au Parti de la Haine et de celle qui en 2012 honorait de sa présence le bal des nostalgiques du nazisme à Vienne.

Paris, le 7 décembre 2015

"L'histoire nous mord la nuque ": faire échec au Front National dimanche prochain

Le MRAP fondé en 1949 est héritier d'une histoire. Certains de ses fondateurs avaient connu le pire du fascisme et du nazisme, ils savaient que face à l'horreur absolue il fallait faire barrage ...

http://www.mrap.fr/citoyennete/lhistoire-nous-mord-la-nuque-faire-echec-au-front-national-dimanche-prochain


SOS-Racisme

7 décembre 2015, tribune de Dominique Sopo parue initialement dans le Huffingtonpost, également en ligne sur le site national


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mar 8 Déc - 9:19

à boire et à manger, mais un certain feeling...



L’arithmétique pré-révolutionnaire du Front National Éric Verhaeghe 8 décembre 2015

Le raz-de-marée Front national n’est que la partie visible d’une société française profondément malade


Meeting Front National 1 mai 2012 credits Blandine Le Cain (CC BY 2.0)

Citation :
Les élections régionales constituent un séisme majeur dans le paysage politique français, même si les partis de gouvernement s’efforcent, PS en tête, d’en minimiser l’impact. Les sondages avaient annoncé une victoire du Front National : c’est un raz-de-marée qui se produit, et qui aggrave brutalement le constat déjà préoccupant qui pouvait être dressé sur l’état de la société française. Dans la pratique, la France confirme l’entrée, qu’on pressentait après la manifestation du 11 janvier, dans une situation pré-révolutionnaire, que quelques chiffres permettent d’illustrer.
56% des électeurs du FN se sont abstenus.

Contrairement à l’idée répandue selon laquelle l’abstention, soit 50%, aurait profité au Front National, en sanctionnant surtout les partis de gouvernement, l’enquête IPSOS sortie des urnes suggère que l’abstention a touché le Front National dans les mêmes proportions que les autres partis : 56% pour le Front National, 55% pour le PS, 57% pour la droite classique. La victoire du Front National ne tient donc pas à une différence ponctuelle de mobilisation. Elle est beaucoup plus profonde et beaucoup plus systémique que les états-majors de partis institutionnels ne voudraient le faire croire.

De ce point de vue, pour les institutions de la Vè République, le défi est désormais de taille : les années électorales à venir pourraient très bien amplifier le phénomène électoral auquel nous avons assisté. La mobilisation des abstentionnistes ne changera pas forcément la donne.

6 millions de voix pour le Parti Socialiste

Avec une abstention à 49% et 24% des suffrages exprimés, le Parti Socialiste représente désormais moins d’un huitième des électeurs français, soit environ 6 millions de voix. Pourtant, le Parti Socialiste détient une majorité de sièges à l’Assemblée Nationale. Comment continuer à gouverner avec une si faible légitimité politique ? La question est ouverte et se posera forcément à l’occasion des prochaines réformes qui ont un impact fort sur les libertés publiques. Le gouvernement est-il encore légitime pour violer les Droits de l’Homme en instaurant ou en prorogeant l’état d’urgence ? Le gouvernement peut-il modifier la Constitution avec une si faible crédibilité collective ?

Toutes ces questions se poseront avec d’autant plus d’acuité que le Front National s’est opposé à la loi sur le renseignement et ne se montre pas très enclin aux mesures d’urgence.

12 millions de voix pour les partis de gouvernement

À eux deux, les Partis de gouvernement, socialiste et républicain, totalisent bon an mal an 12 millions de voix, soit un quart de l’électorat français. Là aussi, pour les institutions de la Vè République, cette situation constitue à la fois un défi et une menace. Comment trouver une quelconque légitimité aux débats de l’Assemblée Nationale quand ceux-ci se déroulent entre des élus avec une si faible légitimité électorale.

Il suffit de voir l’indifférence pour les débats budgétaires en cours : le poids de la représentation nationale, que ce soit à l’Assemblée ou au Sénat, n’est plus suffisant pour structurer le débat public.

La République est-elle une affaire d’initiés ou de profanes ? La réponse à cette question dans les mois à venir sera cruciale.

Le FN, première force politique chez les jeunes

Selon l’enquête Ipsos à la sortie des urnes, le Front National est désormais la première force politique chez les moins de 24 ans. Avec un tiers des intentions de vote dans cette catégorie, le parti de Marine Le Pen s’installe, en réalité, comme un parti d’avenir qui devrait ringardiser pour longtemps les partis de gouvernement.

C’est probablement le chiffre le plus gênant pour les « partis en place ». Il pose la question de la résilience : comment imaginer de rebattre les cartes, quand les générations qui accèdent au droit de vote sont d’ores et déjà convaincues par le parti traditionnellement considéré comme le plus extrémiste de la vie politique ?

2 régions pour un Front Républicain

Face à ces évidences arithmétiques fortes, les partis de gouvernement semblent tétanisés et bien décidés à reprendre les affaires comme avant et comme si de rien n’était. Est-ce la marque d’une incapacité à évoluer ? Ou le fait d’une cécité tenace dont la finalité est difficile à cerner ? Toujours est-il que Jean-Christophe Cambadélis, grand expert en combinazioni électorales, a annoncé hier le retrait des listes socialistes dans deux régions, le Nord-Picardie et Provence-Alpes-Côte-d’Azur. Pourquoi dans ces deux régions seulement, et pas partout en France, dans les situations où la gauche est en troisième position ?

Incontestablement, ce genre de calculs nourrira le sentiment que le Parti Socialiste est décidément incapable d’adopter une ligne politique claire et préfère systématiquement les stratégies compliquées et opportunistes.

Une suite difficile à gérer

On mesure ici l’écart qui sépare les attentes de plus en plus radicales et « carrées » de l’électorat d’un côté, et les pratiques pour ainsi dire congénitales des partis de gouvernement. Ceux-ci vont désormais affronter une longue période de pouvoir, un an et demi, où leur légalité est incontestable, mais leur légitimité très écornée.

Nul ne sait où cette pente glissante peut mener le pays.


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mar 8 Déc - 9:43

un autre son de cloche, mais toujours ces si...



L’économie et l’emploi expliquent la poussée du Front national Vincent Giret 08 décembre 2015

Le décryptage éco par Vincent Giret

Citation :
Depuis dimanche soir, il y a eu beaucoup d’analyses pour tenter d’expliquer l’ascension du Front national, mais y-a-t-il une lecture économique des résultats de ce premier tour des élections régionales ?

Vous savez bien que je n’aime guère les explications trop déterministes, trop simplistes, surtout quand, c’est une évidence, il y a eu plusieurs causes entremêlées pour expliquer une situation forcément complexe. Mais sans tomber dans l’économisme et sa prétention de vouloir tout expliquer, il y a bien oui quelques facteurs économiques puissants dans la crise politique majeure que nous vivons et dont ce dimanche soir est une nouvelle et lassante illustration.

Deux sondages, publiés hier, par deux instituts différents, Opinion way et Harris interactive, disent la même chose : interrogés sur "Les enjeux qui ont compté le plus" au moment de mettre leur bulletin dans l’urne, les Français ont répondu en premier lieu la situation économique et celle de l’emploi.

Près de dix points devant les questions de sécurité, malgré les attentats, près de quinze points devant la hausse des impôts et plus de vingt points devant la question de l’immigration. Même classement ou presque chez les 18-30, qui quand ils ont voté, (il faut rappeler que les deux tiers d’entre eux se sont abstenus), les jeunes ont mis la question de l’emploi et leur avenir professionnel en tête de leur préoccupation.

Ce n’est pas complètement une surprise

Et c’est justement pour ça, que vous me trouvez un peu en colère ce matin. Vous avez raison, ces motivations ne sont pas une surprise dans un pays gangréné par le chômage de masse depuis quatre décennies, et où les jeunes ne sont jamais vraiment la priorité. S’est développé comme un sentiment de fatalité, ah oui le chômage, ah oui la situation des jeunes est difficile mais il faut attendre le retour de la croissance. Elle va bientôt revenir. Mais de qui se moque-t-on ?

Non, tout n’a pas été fait, tout n’a pas été essayé pour remédier à des problèmes français identifiés de longue date : l’Education nationale n’a été réformée qu’à la marge, et continue de produire des inégalités dévastatrices, le système d’apprentissage n’a été que rafistolé, quand en Allemagne par exemple, il ne laisse aucun jeune de côté – et notre organisation, nos règles du travail privilégient toujours les "insiders", ceux qui sont dans le système au détriment des jeunes entrants. Enfin, globalement, dans ce pays, les grands arbitrages en matière de choix publics, de dépenses publiques, très déséquilibrés, penchent toujours nettement en faveur des plus âgés.


D’autres pays affichent de bien meilleures performances, en matière d’emplois des jeunes par exemple ?

Oui, beaucoup de nos voisins font mieux, bien mieux que nous en matière d’éducation et surtout d’emploi des jeunes. La France s’est occupée du traitement social du chômage, mais assez peu du traitement économique du chômage. Dans des systèmes et des univers différents, l’Allemagne et la Grande Bretagne ont expérimenté d’autres méthodes. Beaucoup chez nous vilipendent, ces exemples, sous prétexte, et c’est vrai, qu’ils ont aussi multiplié les petits boulots. Mais dans ces deux pays, tout vaut mieux que le chômage, parce qu’un emploi, même modeste, c’est déjà sortir de l’exclusion, c’est une vie sociale, des relations, et surtout une possibilité d’en trouver un autre plus valorisant, plus rémunérateur, bref de progresser. Ces exemples prouvent qu’il n’y a donc aucune fatalité en matière de chômage. A bon entendeur.


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mar 8 Déc - 18:18

relecture d'un précédent électoral...



Les élections européennes et la montée du FN : un vote de race

Publié le 10 juin 2014 par Malik Tahar-Chaouch, membre du PIR

Les résultats des élections européennes ont été décrits comme un séisme par la classe politique et les médias français. Pour la première fois le Front National est arrivé en tête dans une élection au niveau national, assez loin devant l’UMP et très loin devant le Parti Socialiste qui a obtenu son plus bas score historique, depuis sa création. En même temps, la forte abstention, l’ascension de l’extrême droite et le déclin du parti socialiste, malgré ses victoires électorales en trompe-l’œil, sont des données maintenant inscrites dans le paysage politique français. En somme, cette élection confirme la dérive générale du champ politique français vers la droite, avec la droitisation d’ « alternatives » de gauche (à l’image du « chauvinisme » d’un Jean-Luc Mélenchon) dont l’espace politique se réduit, et surtout les avancées successives du projet national-raciste dans l’électorat. Or, ce dernier est le résultat du clivage entre le pouvoir raciste et les indigènes sociaux qui déborde l’expression politique du FN et le clivage droite/gauche, justement au détriment de la gauche. Fait symptomatique de cela, chaque parti y est allé de sa tirade spectaculaire et, pourtant, convenue (sinon résignée), en déplorant l’image écornée de la France, la menace pour la République ou la défaite du « camp social ».


Malik Tahar-Chaouch a écrit:
Au-delà des lamentations d’usage et des mentions esthétiques, le dernier des problèmes examinés, malgré l’évidence de sa primauté, a été celui du racisme. Cela témoigne du large consensus du champ politique blanc à ce sujet, même au sein de l’extrême gauche et ceci en dépit du prix politique qu’il lui fait payer. Ce texte est donc une tentative d’analyse de la situation politique, depuis la perspective indigène, afin de lui chercher des réponses. Sa portée n’engage pas seulement les indigènes sociaux, même si elle les engage en premier lieu, mais aussi tous ceux qui prétendent parler à leur place. La montée de l’extrême-droite n’est certes pas une exclusivité française : elle constitue un phénomène européen, s’articulant de manière diverse en fonction des contextes nationaux. Néanmoins, ici, nous nous focaliserons sur le cas français, tout en le situant dans le contexte européen.

Rien d’anodin

La montée du FN doit-elle nous mobiliser? Oui, forcément ! Elle est l’expression politique la plus radicale de l’hostilité contre les populations immigrées et d’origine immigrée, en particulier noires, arabes, rroms et musulmanes, en France. Néanmoins, le Front National n’a pas le monopole du racisme, il n’est que l’avant-garde consciente de l’ensemble du champ politique blanc. Le système raciste a une emprise effective sur l’ensemble de la politique et de la société française, qui glissent ensemble vers une définition nationale identitaire, raciale.

La montée du FN doit donc mobiliser contre le racisme et non exclusivement contre le FN. Il serait bien entendu irresponsable de minimiser le péril immense que ce parti fait courir aux populations d’origine immigrée, péril dont la portée pratique est encore inconnue mais à coup sûr funeste. Il serait, par définition, tout aussi irréaliste d’attendre qu’une quelconque stratégie contre le racisme jaillisse par magie du champ politique blanc. Il ne faut ni même en attendre des protections, sinon plutôt les marginalisations, les compromissions et les lâchetés auxquelles nous sommes déjà habitués.

Or, les périls encourus et la réalité déjà effective du racisme pratiqué en Europe, et de ses spécificités françaises, distinguent clairement deux types de populations : ceux qui, d’une façon ou d’une autre, peuvent trouver leur place dans le « corps national » et les indigènes sociaux contre lesquels il prend forme1. Dans ce contexte, les indigènes ne peuvent compter que sur eux-mêmes et doivent commencer par s’organiser politiquement, c’est-à-dire sortir de la captivité du champ politique blanc. C’est à eux qu’incombe la formulation d’une stratégie antiraciste. Quiconque prétend lutter contre le FN, manifestation explicite d’un système raciste d’ensemble, n’a d’autre alternative que de prendre le parti des indigènes et, nous le constatons, rares sont ceux à gauche qui, par privilèges ou idéologie, ont franchi ce pas, si ce n’est que comme intermittents de la lutte antiraciste.

Les explications fournies sur la montée du FN s’apparentent plutôt à des alibis qui tendent à minimiser sa portée. On continue à vouloir se rassurer, souvent sur soi-même : la France ne serait pas si raciste. L’alibi « technique » consiste à relever le poids de l’abstention dans l’explication des bons résultats du parti d’extrême droite. Cela part de lectures univoques, selon lesquelles une plus forte mobilisation électorale ferait mécaniquement reculer le FN. Celui-ci ne pourrait donc gagner que grâce à l’abstention. Lors des élections municipales, cette « loi » a été contredite par différents scrutins locaux, où une mobilisation supérieure à la moyenne nationale n’a pas empêché le FN de gagner ou d’obtenir de très bons résultats. L’inverse est aussi parfois vrai. Cela dépend des cas de figure. En réalité, l’abstention dissimule des tendances contrastées, en perpétuelle mutation, d’autant plus insaisissables qu’elles ne s’expriment pas par le vote. Elle dépend également de nombreux facteurs. Si elle semble manifester un désengagement de l’électorat vis-à-vis des partis dominants et un scepticisme plus général pour les alternatives présentées, voire pour l’exercice électoral lui-même, elle est aussi le terreau de comportements électoraux futurs tout-à-fait imprévisibles, dont le FN pourrait partiellement bénéficier. Elle renferme, enfin, d’autres possibles politiques.

Quoiqu’il en soit, elle ne saurait en aucun cas autoriser qu’on relativise les conquêtes électorales successives du FN. Il faut être aveugle pour ne pas observer que ces conquêtes renversent, une à une, des digues qu’on aurait crues infranchissables, il n’y a pas si longtemps. Abstention ou pas, la victoire du FN, lors de ce scrutin européen, constitue une avancée spectaculaire qu’il est vain de minimiser. Ceci d’autant que chaque avancée contribue à favoriser la prochaine, et à accentuer le glissement de l’ensemble du spectre politique blanc, bien que cela ne suive pas une courbe linéaire.

Les alibis politiques et sociologiques

Sur le fond, le premier alibi fourni par les élites politiques à la montée du FN consiste à lui associer un racisme exclusif, en contradiction avec les valeurs et l’histoire de la France et de la République. Cette justification du vote FN fut le premier réflexe face aux avancées électorales initiales du FN et s’est perpétué à ce jour, même s’il s’est accompagné d’une normalisation symptomatique du parti d’extrême-droite, en particulier dans la sphère médiatique qui lui déroule le tapis rouge. Or, le racisme déborde largement l’expression politique du FN. Il n’est pas le fait de l’intolérance de quelques racistes dans la France et la République immaculées ; il en est constitutif, de même qu’il est inséparable de l’expansionnisme occidental et des rapports sociaux qu’il a façonnés.

Il faut donc inverser le rapport : la France et la République ne sont pas assiégées par le péril raciste ; l’État-nation et son universalisme républicain en sont les premiers véhicules. La montée du FN n’est pas un accident honteux sur la route lumineuse du « pays des droits de l’homme », elle est un symptôme de la défense du privilège blanc, en même temps qu’un problème. Elle est l’expression explicite et radicale d’une représentation commune au champ politique blanc. Les pratiques et imaginaires racistes se situent au cœur des institutions et pénètrent profondément la société. L’islamophobie d’Etat, qui a été relayée par la majorité écrasante des courants de la « gauche de la gauche » autour de la question du voile, en est un exemple flagrant. Chacun a sa « France éternelle », dont il défend les remparts, ce qui ne veut pas dire que l’extrême-droite n’ait pas sa propre matrice historique et idéologique. Toutefois, on ne peut la dissocier complètement de la matrice nationale et sa trajectoire coloniale, dont elle est le produit.

De ce point de vue, le débat sur la diabolisation et la dédiabolisation du FN est un faux débat. On le diabolise pour mieux exempter la République du racisme, alors qu’elle-même se définit dans les schèmes du système raciste. A l’inverse, on le dédiabolise pour invisibiliser la connivence raciste avec lui, puisqu’il aurait « changé ». Cela ne se contredit pas, mais se complète: en même temps que le FN était diabolisé, les partis républicains articulaient les éléments du système raciste à leur manière ; en même temps qu’on lui tend la main, on continue à se scandaliser de ses avancées à grands renforts de simagrées. Lors de la soirée électorale, rien n’en fut plus révélateur que l’attitude du premier ministre, Manuel Valls, qui est l’incarnation la plus décomplexée du racisme d’Etat au sein de la gauche française, et tira une fois de plus sur la corde usée, archi-usée du sursaut républicain. Finalement, ce n’est pas l’extrême droite qui a « contaminé » les partis républicains « classiques », mais plutôt l’inverse. Le racisme républicain s’est propagé à l’extrême droite, ce qui a d’ailleurs permis à l’extrême droite de gagner en respectabilité.

Dans le combat proclamé contre le FN, l’inefficacité évidente de l’antiracisme moral dépourvu de substance politique n’a pas donné lieu à un approfondissement critique du racisme qui sévit en France. On lui a associé un autre récit qui a consisté à dénier la propriété essentiellement raciste du vote en faveur de l’extrême-droite. On a commencé à dire qu’en fin de compte tout cela n’était pas si simple, en mettant en avant la progression de ce vote dans les couches populaires, vulnérabilisées par la crise sociale, le chômage et la précarité. A côté des quelques racistes authentiques séduits par l’idéologie du FN, il fallait distinguer les causes plus complexes de ses avancées électorales. Or, on le sait, la complexité a toujours eu bon dos, quand la grande idée qu’on se fait de la glorieuse patrie des droits de l’homme se retrouve confrontée à ses contradictions internes.

Cette attribution du problème à la « souffrance populaire » qu’il aurait été irresponsable, voire immoral, de réduire à des motivations racistes, permettait de réaffirmer le caractère exceptionnel du fait raciste. La République outragée est tenue de ramener les brebis égarées, exposées par leur fragilité à la démagogie du FN, dans le droit chemin des hautes valeurs professées par elle. On ne se privait pas, en revanche, pour faire porter la responsabilité ultime de la montée du FN aux couches populaires. Cette caution populaire devenait, en effet, le meilleur argument, afin de prendre en charge les « inquiétudes » des français face à l’immigration et, finalement, pour propager et légitimer les idées les plus racistes sans aucun type d’états d’âme. Le vote FN serait l’expression d’une demande identitaire-patriotique, longtemps bafouée ou ignorée, qu’on aurait tort d’assimiler trop vite à du racisme, en lui jetant l’anathème, tant elle exprimerait des craintes et des aspirations légitimes. Cela permet bien entendu au FN de développer ses thèmes favoris, tout en se défendant d’être un parti substantiellement raciste. La « droite républicaine » l’y a bien aidé, en lançant notamment le débat sur l’identité nationale, afin – selon ses ténors d’alors – de lui disputer ce terrain trop longtemps laissé entre ses mains. Le parti socialiste et même certains courants de la « gauche de la gauche », bien entendu chacun depuis son propre registre politique, ont fait écho à ces préoccupations.

Si cette supercherie déplait heureusement aux « gauchistes », ces derniers, après l’avoir fort justement dénoncé, tombent facilement dans le déni ou des explications commodes, afin d’exempter les classes populaires. Cela a donné lieu à la fameuse thèse, depuis largement démentie, selon laquelle il s’agissait d’un vote de contestation et non de conviction, fruit d’ une « diversion ». On en a inlassablement énuméré les principales causes : le rejet des élites et de la classe politique, le dégoût face aux affaires et surtout les effets irrationnels de la crise sociale et du désespoir engendré par elle. De la sorte, on a voulu oublier deux choses fondamentales. D’un part, le vote FN et le racisme, au-delà de lui, sont transversaux à la société française. Le racisme imprègne les registres de discours et de pratiques de tout le champ politique, de la droite à la gauche. Le vote FN n’a d’ailleurs pas émergé des classes populaires.

D’autre part, quelles que soient les autres motivations qui aient pu l’alimenter, le mécontentement social exprimé passe par le filtre raciste et anti-immigration qui a largement gagné du terrain dans les secteurs populaires. En tête des préoccupations des électeurs du FN, on ne trouve ni le chômage, ni les affaires de corruption, mais bien l’immigration2. S’ils votent contre le parti socialiste, à cause de ses trahisons sociales, cela ne retire rien à leur motivation raciste qui n’est pas que le produit du contrôle idéologique. Il y a là davantage que l’effet malheureux d’une démagogie : des causes structurelles. La dimension raciste du vote populaire pour le FN, malgré ses propres paradoxes, ne se restreint pas non plus aux secteurs populaires traditionnellement rétifs aux luttes d’émancipation ouvrière : elle aligne jusqu’aux sensibilités de gauche en leur sein. L’attribution du racisme et du vote FN aux classes populaires évoque sans aucun doute une violence de classe qui permet aux élites politiques et sociales de se défausser sur elles. Que cela serve les desseins du FN est bien secondaire au regard des enjeux. A l’inverse, la minimisation du racisme ouvrier correspond aux intérêts d’élites intellectuelles et politiques de gauche qui, tout en partageant les mêmes privilèges blancs, semblent moins soucieuses de « défendre » la classe ouvrière que de sauvegarder leurs positions idéologiques et politiques en ce sens. Le refus d’affronter la profondeur du racisme populaire et le mépris pour les luttes indigènes conditionnent les échecs de leur combat contre le FN et le libéralisme. Ils condamnent leur « alternative sociale », à cause de sa désarticulation du réel ; à plus forte raison, s’ils glissent sur la pente dangereuse du « chauvinisme ».

Plus la menace national-raciste se précise, plus on semble lui faire de concessions; plus elle impose de considérer politiquement la profondeur sociale et historique du racisme, plus on semble faire corps avec la nation, chacun depuis la position qu’il défend, en lui cherchant des alibis ou par des silences significatifs.

Les mutations du champ politique et le mode de gouvernance libéral-raciste

La genèse de ce moment politique se situe dans les années 1980, quand le phénomène du FN a commencé à prendre de l’ampleur. Les compromissions évidentes de l’UMP, lors du débat sur l’identité nationale, ont en effet fait oublier momentanément que l’ascension du projet national-raciste avait été favorisée, en amont, par d’autres épisodes dans l’histoire des alternances entre la gauche et la droite. On devrait certes remonter plus loin encore, tant ceci s’inscrit dans des processus de longue durée, mais les années 1980 ont incontestablement été marquées par des discontinuités significatives au sein du champ politique français, et il s’agit ici de rendre compte de cela3.

Avant l’arrivée des socialistes au pouvoir, en 1981, le rapport de force droite / gauche était encore chargé de sens. Durant la cinquième République, la gauche n’avait pas encore gouverné et elle était porteuse d’un espoir de changement social et politique, notamment soutenu par les classes populaires. Même si les tendances réformistes prédominaient, le champ politique était alors structuré autour du conflit de classes, certes de façon bien illusoire si on s’attarde sur la sociologie et la généalogie historique du parti socialiste. Or, une fois au pouvoir, le parti socialiste a opéré un double virage qui a modifié les catégories considérées comme pertinentes dans le champ politique pour interpréter la réalité sociale. Le PCF, qui amorçait alors son déclin, l’a largement accompagné. Ce virage a également répondu à un contexte international, caractérisé par l’émergence de l’idéologie néolibérale puis accentué par l’effondrement du bloc soviétique et la fin de la Guerre Froide. Il a aussi correspondu à la contre-révolution coloniale dans le Tiers-Monde et en France ; nous y reviendrons. Le parti socialiste y a joué, à sa façon et avec une certaine tromperie, un rôle comparable, en France, à celui du thatchérisme en Grande Bretagne4. D’une part, son gouvernement a pris un tournant libéral, aligné sur les politiques des agences supranationales de plus en plus autonomes. D’autre part, il a mis la question de l’immigration et des problèmes qu’elle était sensée poser au centre du débat public. On ne peut, en effet, attribuer l’émergence de cette question à la seule « lepénisation des esprits »5, ni ignorer la façon dont cette dernière a pesé dans le débat public : il faut plutôt envisager des convergences politiques, avec des effets réciproques, où chacun répond d’abord à ses propres logiques et intérêts.

Les lectures a posteriori, en particulier développées par l’extrême-droite, ont consisté à dire que le parti socialiste aurait été l’artisan de l’antiracisme et, par là-même, responsable d’avoir développé un ressentiment « anti-français » parmi les noirs, arabes et musulmans. Celui-ci serait la cause de la racialisation des enjeux sociaux, entendue comme une « diversion », et donc de l’hostilité à leur égard. Ces lectures sont d’une perversité inouïe : elles font porter la responsabilité du racisme à ses cibles pratiques, tout en déguisant le rôle central de l’extrême-droite dans ce processus, ce qui prétend valider ses accents intégrationnistes actuels. Cela revient aussi à réduire les luttes antiracistes à ses usages institutionnels et hégémoniques, et invisibiliser ses protagonistes indigènes. Le parti socialiste a promu un antiracisme moral pour désarmer ses expressions politiques radicales et potentiels subversifs. Son entreprise s’est historiquement inscrite dans les mutations vers la « gouvernance » néolibérale, les politiques « identitaires », où le social est réduit à une question d’identité, pour être tantôt intégré, tantôt rejeté comme « étranger ». L’extrême-droite en est le miroir inversé.

En d’autres termes, l’action des gouvernements successifs n’a pas consisté à mettre l’antiracisme au centre de leur agenda politique, mais à le combattre comme enjeu social et politique, tout en mettant en place des politiques racistes, racialisantes, identitaires. Le moment le plus significatif de ce double tournant a été la réponse apportée par le gouvernement Mauroy aux grèves Talbot, dès 1982. Tandis que ces grèves de travailleurs immigrés combinaient des revendications ouvrières et antiracistes, Mauroy a déclaré que ceux-ci étaient « étrangers aux réalités sociales et économiques de la France », c’est-à-dire, en mobilisant le spectre effrayant de l’actualité internationale autour de la révolution iranienne, « chiites ». Or, ces grèves manifestaient déjà l’imbrication des questions raciale et sociale, dans le sens de l’irréductibilité de la première à la seconde (comme l’indique la désolidarisation des ouvriers rangés derrière le drapeau français) et des enjeux sociaux concrets engagés par elle.

Cet épisode a été significatif, non seulement du virage libéral du gouvernement, mais de la racialisation des populations immigrées. De l’extrême droite, qui en a tira un grand avantage symbolique, au PCF, les immigrés sont devenus – non des boucs émissaires arbitraires – mais les cibles d’une offensive systématique à connotation sociale et raciste. Dès lors, la distinction entre nationaux et immigrés, annonciatrice de celle entre « français de souche » et « populations d’origine immigrée », a été imposée par le champ politique comme une division centrale pour interpréter la réalité sociale. Celle-ci a engagé des dispositifs nouveaux dans le traitement des populations immigrées et issues de l’immigration. Cette imposition a participé de l’instauration d’un mode de gouvernance qui a transcendé le clivage entre droite et gauche, qu’on peut qualifier de type libéral-raciste.

Si ce mode de gouvernance doit être mis en relation avec le virage libéral opéré dans les années 1980, comme on l’habitude de le signaler depuis la perspective du conflit de classes, il implique plus fondamentalement encore ce que Sadri Khiari a appelé la « contre-révolution coloniale »6. En même temps qu’il a incarné une offensive antipopulaire liée au capitalisme mondial, ce virage a répondu aux intérêts libéral-coloniaux dans l’espace mondial, contre les processus d’émancipation des peuples du Tiers-monde, et à la racialisation convergente des indigènes sur le territoire français. De ce point de vue, on ne peut dissocier les processus internes et externes, comme on ne dissocie pas capitalisme et colonialisme, colonialisme et impérialisme, « local » et « global ». Pour autant, les caractéristiques sociales et politiques de cette contre-révolution, sont, en France, historiquement liées à la construction de l’Etat républicain.

Cela oblige surtout à inverser les termes du problème : l’offensive raciste contre les indigènes n’est pas un effet de diversion face à l’enjeu plus fondamental de la lutte des classes ; elle définit ses propres enjeux sociaux et politiques qui engagent l’ensemble du conflit social. Il ne faut plus seulement penser en termes de capitalisme et d’impérialisme, mais de pouvoir colonial dans l’espace national et international, ce qui modifie également très profondément l’approche du capitalisme et de l’impérialisme, dans toute l’étendue de ses implications, ainsi que celle des solidarités et des luttes.

De la lutte des classes à la question raciale

Dès lors, la racialisation du conflit social ne permet plus d’envisager son dépassement par le rétablissement intégrateur des termes initiaux de la lutte de classes. Au mieux, l’antiracisme – quand on lui fait une petite place – y serait uniquement destiné à favoriser ce rétablissement, sans aucune profondeur stratégique propre et sans rien modifier de l’approche globale des luttes sociales et politiques. Or, on a déjà indiqué comment ce glissement s’était précisément opérée au travers du désarmement politique des luttes antiracistes, c’est-à-dire dans le déni du problème de la domination raciale, au bénéfice d’une approche morale du racisme comme sentiment social. Un sentiment, même social, est un fait singulier et interchangeable : un noir peut détester les blancs, comme un blanc peut détester les noirs. De fait, on ne peut que le déplorer ; aucunement le combattre. Or la domination raciale renvoie à une relation sociale, à des pratiques sociales et étatiques régulières, à des rapports de force politiques, et non à une simple « idéologie ». C’est la matrice matérielle qui a accompagné et surplombe la domination économique. Elle définit un conflit qui ne saurait se réduire au prolongement linéaire de la lutte des classes, même si elle engage des enjeux sociaux concrets.

En ce sens, il faut aussi examiner le contexte social de racisme structurel qui a présidé aux mutations du mode de gouvernance. Le racisme n’est aucunement une invention récente des élites politiques qu’on pourrait situer dans les années 1980. Il s’inscrit dans une longue histoire mondiale, cristallisée dans des contextes singuliers, où il définit des divisions sociales propres. En France, le racisme compromet les différentes classes sociales, de façons différentes. Les années 1980 ont correspondu à l’instauration d’un mode de gouvernance libéral-raciste qui a actualisé, sur le plan de ses dispositifs politiques, le racisme déjà constitutif des rapports sociaux, avec un impact certain. La question de savoir si la France est aujourd’hui plus ou moins raciste n’a aucun sens : elle est structurellement raciste, du moins dans le temps historique actuel, celui de l’expansionnisme et de la domination occidentale, même si les formes que cela prend évoluent forcément. C’est la raison pour laquelle le métissage de la société ne porte pas en lui même le dépassement de la culture raciste, il peut en confirmer les hiérarchies. Un tel dépassement ne peut être que le résultat d’un combat politique.

Bref, la fracture raciale n’est pas seulement une production du champ politique ; elle définit une division sociale véritablement opérante dans la société, dont l’histoire politique est ancienne. La multiplication des tensions identitaires n’est pas que le symptôme de la racialisation perverse des conflits sociaux ; elle trouve aussi sa condition de possibilité dans le conflit des races sociales, comme produits des processus historique de racialisation et des rapports sociaux qui en découlent. Ceux-ci répondent à une histoire globale et à des histoires particulières. En France, l’élément racial est également enfoui dans l’universalisme républicain et les approches du conflit social qui nient l’existence des races sociales, avec des effets néfastes pour tous ceux qui auraient intérêt à renverser la marche des choses. Mais si l’on refuse de le reconnaître, c’est précisément parce qu’on est pris dedans, partie prenante, et parce que concrètement, consciemment ou non, on défend ses privilèges sociaux.

Par conséquent, la question raciale ne constitue pas une « diversion », qui éloignerait de la perspective vertueuse de la sacro-sainte lutte de classes (au détriment de la gauche), trop souvent formulée sur un mode incantatoire et abstrait, mais le point de départ obligé d’une recomposition efficace des luttes sociales, dont les termes doivent être redéfinis depuis sa propre perspective (contre la doxa gauchiste, impliquée par elle). Irréductible à l’approche de classe du conflit social, elle est aussi la seule réponse pratique et efficace possible à l’offensive racialiste-identitaire de ces dernières décennies. C’est, en somme, aller au fond du problème et donc forcément rompre avec l’ensemble des positionnements politiques qui, en prétendant se soustraire aux considérations raciales7, reproduisent et brouillent la domination raciale. Ces positionnements sont l’exact équivalent de ceux des démocrates bourgeois du XIXème siècle, qui face à l’organisation de la classe ouvrière en soi et pour soi voulaient lui imposer sa dissolution au sein du corps civique.

Debout les damnés de la terre

Favorisée par une crise sociale et une crise démocratique, dont elle n’est aucunement un produit mécanique mais certainement un aboutissement, la montée du FN puise avant tout sa source dans le racisme structurel du champ politique et de la société française. On a souvent dit que pour combattre le FN, il fallait combattre ses causes, c’est-à-dire – a-t-on dit – la crise sociale et démocratique. Or, si celles-ci se traduisent par la montée du FN, c’est justement grâce au puissant levier du système raciste qui constitue la plus fondamentale de ses causes. On ne peut d’ailleurs pas saisir tous les ressorts de ces processus depuis une approche anticapitaliste et anti-impérialiste de type classique, sans appréhender les dimensions internationale et domestique du pouvoir colonial, aux implications aussi concrètes que larges. En même temps qu’on déplore la déstructuration des droits sociaux et politiques, on les défend bien souvent dans un rapport paradoxal d’identité avec les facteurs qui la provoquent. Si l’on veut combattre le FN, il faut donc d’abord combattre le racisme dans toute l’étendue de ses pratiques sociales et politiques. Quand il n’est pas un simple faire-valoir, l’antiracisme est défini, au mieux, comme la condition de combats plus essentiels : sans consistance stratégique et sans agents. La lutte est toujours ailleurs !

La raison de cela réside dans l’incapacité d’appréhender le conflit racial, tant pour de nombreux indigènes que dans les rangs de la gauche. On n’envisage que les victimes passives de passions qu’on associe au rejet de l’autre, à l’intolérance, la peur et l’ignorance. Le racisme devient l’affaire de tous et surtout de personne. Il est socialement vide. Mais, dans la mesure où il engage une relation sociale de domination, il revient aux indigènes et à eux seuls de fixer les termes du combat. La gauche antiraciste, aussi sincère soit-elle, doit laisser décoloniser son idéologie et ses pratiques, et cesser de vouloir se substituer à l’organisation autonome des protagonistes indigènes.

Nulle alternative sociale ne peut ignorer cet impératif et toute alternative sociale qui ne s’en inspirerait pas est vouée au néant. L’émancipation indigène est la condition de l’émancipation de tous les damnés de la terre8. Pour les indigènes, le temps presse et il n’existe plus d’autre alternative : l’heure a sonné !

Malik Tahar-Chaouch, membre du PIR



Notes

1 Voir à ce propos, Le peuple et le tiers-peuple, Sadri Khiari

2 88% des électeurs du FN la mettent en tête de leurs préoccupations: http://sitamnesty.files.wordpress.com/2014/05/sondage_ifop_jour_vote_profil_electeurs_elections_europeennes25mai2014.pdf

3 Sadri Khiari le définirait comme une phase de la contre-révolution coloniale ; ce qui sera développé à la suite.

4 Voir ce texte de Stuart Hall – à qui l’on doit l’expression de « thatchérisme »: http://www.revuedeslivres.fr/les-lecons-de-thatcher-par-stuart-hall/

5 Il faut souligner ce point: l’antiracisme radical de gauche ou blanc insiste de façon très symptomatique sur les effets de la « lepénisation des esprits » dans le champ politique et la société, au détriment de l’impact du racisme républicain sur le développement de l’extrême-droite.

6 Sadri Khiari, La contre-révolution coloniale en France. De de Gaulle à Sarkozy, Editions La Fabrique, Paris, 2008.

7 Si on y dénonce le racisme, c’est en lui ôtant toute profondeur raciale et donc en refusant l’existence matérielle des races sociales, ce qui est aussi abstrait que vide, donc politiquement inopérant.

8 Un clin d’œil à nos “amis” de gauche: « Aussi l’internationalisme du côté de la nation qui opprime (…) doit-il consister non seulement dans le respect de l’égalité formelle des nations, mais encore dans une inégalité compensant de la part de la nation qui opprime, de la grande nation, l’inégalité qui se manifeste pratiquement dans la vie. Quiconque n’a pas compris cela n’a pas compris non plus ce qu’est l’attitude vraiment prolétarienne à l’égard de la question nationale : celui-là s’en tient, au fond, au point de vue petit-bourgeois et, par suite, ne peut que glisser à chaque instant vers les positions de la bourgeoisie. » Lénine, La question des nationalités ou de l’autonomie


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Mer 9 Déc - 19:18



image d'illustration. Rassurez-vous, démocrates français, ça se passe en Suisse...
La police a l’obligation légale de transporter les urnes des votations et élections
Vides à l’aller, dans les divers bureaux de vote, pleines au retour à Uni Mail
Image: OLIVIER VOGELSANG





Le FN fait carton plein dans les casernes des gendarmes mobiles et des gardes républicains ! Marc Piccolo et Jeanne Debuis, 8 décembre 2015

Mais non, voyons, nos braves forces de l’ordre ne sont pas des fachos, la preuve :

Analyse des scrutins du 1er tour des élections régionales dans quelques casernes de gendarmes mobiles et gardes républicains, en Ile-de-France et ailleurs, par Marc Piccolo et Jeanne Debuis.

Citation :
Il y a un mois, nous avions diffusé une succincte enquête sur les candidats CRS membres du Front National [1].

Après avoir souligné les accointances publiques et assumées entre CRS et FN, nous nous penchons cette fois-ci sur les gendarmes. Et plus spécifiquement sur les gendarmes mobiles et gardes républicains.

En juillet 2014, était publiée une étude de l’IFOP qui démontrait le vote très « bleu marine » des gendarmes mobiles et gardes républicains lors des présidentielles de 2012. Regards et La Horde s’en étaient fait l’écho.

L’IFOP avait analysé les résultats de 2012 dans les bureaux de vote "abritant dans leur périmètre une caserne de la gendarmerie mobile en milieu urbain". Contrairement aux CRS, "les gendarmes mobiles résident avec leurs familles dans les locaux de la caserne. La concentration de ces effectifs « gendarmiques » offre ainsi une possibilité de pouvoir évaluer la réalité du vote".

Nous avons ainsi repris la même méthode pour analyser le scrutin du 1er tour des régionales [2]. Notre étude est loin d’être exhaustive [3], mais cet échantillon laisse observer un constat sans appel.

En Ile-de-France, les gendarmes mobiles et gardes républicains ont voté massivement Front National.

A Versailles, se trouve le groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM). Le bureau de vote n°10 de la ville constitue, de ce point de vue, un "cas exceptionnel et très précieux de bureau « chimiquement pur ». En effet, ce bureau de vote situé à proximité immédiate du camp de Versailles-Satory présente la particularité de ne compter que des gendarmes et des membres de familles de gendarmes sur ses listes électorales". 61,85% des électeurs gendarmes ont choisi le candidat "bleu marine", Wallerand de Saint-Just ! Partout (à l’exception du bureau n°11, proche géographiquement de la caserne), le score du FN plafonne à 15-20%. Si la ville des Yvelines a voté à 15,95% pour le Front National, ce dernier pourra toujours se consoler en admirant son score dans le bureau de vote des gendarmes : près de 62%, soit 274 votants sur 453 [4].

A Nanterre (92), le bureau n°14 est lui aussi « chimiquement pur » car il est constitué uniquement de la caserne des gardes républicains avec leurs familles. 51,83% des cognes ont ainsi voté pour le FN. Là aussi le score est surprenant. En effet, nulle part ailleurs dans la ville, le FN obtient plus de 25%. A Nanterre, le Front National obtient 16,87% mais plus d’un garde républicain sur deux a voté pour l’ami fidèle de Jean-Marie Le Pen.

Enfin, sur Paris, le bureau n°46 du 13e arrondissement correspond aux habitations du boulevard Kellermann dont dépend la caserne des gardes républicaines et leurs familles. L’analyse du scrutin doit prendre en compte cette "dilution" avec les populations "classiques". Néanmoins, c’est sur ce bureau que le FN fait le plus de voix (20,4%) !. C’est également dans le 13e arrondissement que Saint-Just fait son meilleur résultat sur Paris (10,86%). On vous laisse soin d’en tirer des conclusions...

Ouille ! Ça pique le score du FN dans les casernes de gendarmes ! La lacrymo aussi !

Nous avons également étudié deux autres bureaux de vote à proximité d’une caserne de gendarmes mobiles en province : Orléans et Grenoble (les deux villes ont été choisies selon la commodité d’obtention des résultats électoraux détaillés). Là encore, le constat est saisissant.

A Orléans réside l’escadron de gendarmerie mobile 41/3. Sa caserne est située boulevard Marie Stuart. Le quartier est en partie rattaché au bureau de vote n°39 et le FN y est en tête (30,1%). Tandis que l’ensemble d’Orléans a voté à 18,5% pour le candidat frontiste, c’est dans le bureau de vote où habitent notamment des gendarmes mobiles, que le Front National obtient son meilleur résultat. Coïncidence encore une fois ?

Enfin, à Grenoble, vit l’escadron de gendarmerie mobile 24/5 dans une caserne avenue Léon Blum. Les gendarmes et leurs familles votent au bureau n°4072 (Beauvert 2ème bureau). Là encore c’est un bureau mixte regroupant à la fois nos amoureux de la matraque et populations du quartier. Ici, le Front National culmine à 38,56% des voix tandis qu’à l’échelle municipale, il fait "seulement"15,7%. C’est encore une fois dans un bureau lié aux gendarmes que le FN obtient de loin son meilleur score. Alors, toujours une coïncidence ?

On entend parfois certaines personnes prêcher la douce parole : « derrière leurs boucliers et leurs apparences de Robocop se cachent des êtres humains ! »

Oui, c’est vrai. En plus de jouer aux Robocop, ce sont des petits êtres sensibles. Mais sensibles aux idées puantes d’extrême-droite...

Marc Piccolo et Jeanne Debuis.

P.-S.

Notre modeste analyse ne comptabilise pas les voix des Républicains (ex-UMP), Debout La France, ou encore l’UPR. Inutile de préciser que la quasi-majorité des voix des gendarmes et leurs familles se tournent vers les partis reconnus médiatiquement comme de droite.

Notes

[1] Si cette proximité était une évidence pour beaucoup de gens, il nous semblait important d’apporter des "preuves" sourcées et récentes. Notre article, sobre contribution, visait en quelque sorte à apporter de "l’eau au moulin". La figure du CRS comme policier fasciste est inscrite parfois dans un imaginaire collectif dont l’objet est mythifié. Il est ainsi nécessaire de "casser ce mythe" et de rappeler que la Police n’est pas détachée de son passé sulfureux. Pire encore ; au-delà de ses pratiques, elle affirme désormais de plus en plus sa Flamme envers le Front National.

[2] Attention, depuis 2012, certains escadrons ont déménagé de casernes et il y a eu un redécoupage électoral, ce qui rend désormais caduque une partie de l’étude l’IFOP.

[3] Nous laissons le soin à chacun d’étudier plus profondément les résultats.

[4] A noter que deux brebis galeuses ont voté pour le Front de Gauche !


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 10 Déc - 22:06



Le vote Front national et la question sociale

Le Front national a obtenu des scores inédits en termes de suffrages exprimés lors du premier tour des élections régionales de 2015.

[tableaux dans l'original]

Citation :
De très nombreuses explications à ce résultat sont avancées, et plus généralement sur le développement du vote FN. Un vote qui a connu plusieurs périodes depuis son émergence comme un phénomène du paysage politique français dans les années 1983-1984. Après un premier point culminant à la présidentielle de 2002, le vote Front national connaît une nouvelle expansion depuis l’avènement de sa nouvelle présidente, Marine Le Pen, en 2011. La comparaison entre les scores du Front national aux régionales de 2010 et de 2015 est ainsi frappante, qu’on l’observe de manière absolue ou relative : le parti progresse partout, et à quelques exceptions près comme Paris et la petite couronne ou la Corse, de manière spectaculaire.

Si des sondages et des études de politologues ont cherché à étudier les spécificités et les motivations du vote FN, il est intéressant de rapprocher un vote qui reste divers sur le territoire et les caractéristiques sociales locales. Même si, encore une fois, la poussée du FN lors des derniers scrutins est bien globale, et si de nombreux autres facteurs que les questions sociales ont évidemment leur importance, à commencer par la question de l’offre politique existante et de son contexte, ou encore de l’histoire électorale de chaque territoire.

A titre d’illustration, Facta a ainsi testé un certain nombre de corrélations à l’échelon départemental. Une analyse territoriale plus fine serait bien entendu intéressante (les résultats électoraux étant désormais disponibles en open data au niveau communal), tant un département peut recouvrir des réalités très diverses, même si les données sociales ne sont pas toutes disponibles avec la même précision. Pour certaines d’entre elles, il peut y avoir également un certain temps de disponibilité, des statistiques datant ainsi de 2012, voire 2010. Par ailleurs, une modélisation économétrique sophistiquée serait nécessaire à une analyse plus poussée.

Toutefois, les corrélations basiques au niveau départemental sont utiles et permettent déjà de déceler la vraisemblance de liens qui pourraient être étudiés plus avant, ainsi que de hiérarchiser les différentes « variables explicatives » potentielles du vote FN.

Plusieurs enseignements peuvent être retirés.

Ainsi, la corrélation la plus forte entre le vote Front national et la quinzaine de variables testées est le taux de chômage. Le résultat d’une régression linéaire simple est d’autant plus net que l’on s’intéresse aux votes en pourcentage des inscrits, et en excluant la Corse (dont l’élection est d’ailleurs celle d’une Assemblée, et dont le contexte politique local est très spécifique) ainsi que Paris et sa petite couronne (vous pouvez retirer des points des graphiques suivants en les sélectionnant et en choisissant la commande « Exclure », puis rétablir l’ensemble des points avec la commande « Réinitialiser » sous le graphique).

En revanche, la variation du chômage entre 2010 et 2015 (une hausse globale importante) ne paraît pas explicative de la progression (en termes relatifs ou absolus) du vote Front national.

Il n’apparaît également pas de lien clair entre la part de la population immigrée dans le département et le niveau du vote FN lors de ce premier tour des élections régionales 2015. Y compris en se limitant à l’immigration d’origine non européenne, et en excluant des données la Corse et l’ensemble de l’Ile-de-France (où les taux de population immigrée sont très supérieurs à la moyenne nationale, alors que le vote FN y est très inférieur comme à Paris et dans la petite couronne, seule la Seine-et-Marne votant plus Front national que la moyenne du pays).

Le lien entre la délinquance et le vote Front national est davantage convaincant dès lors qu’on s’intéresse aux seules atteintes à l’intégrité physique (la région parisienne étant à nouveau atypique). En revanche, les atteintes aux biens représentent une variable en l’apparence peu significative.

D’autres indicateurs sociaux peuvent présenter des corrélations bien moins nettes, comme le niveau de fécondité (très légère corrélation positive avec le vote FN), le taux de propriétaires (faible corrélation négative) ou même le taux de pauvreté (retenu à 60% du revenu médian), qui est un peu plus explicatif mais nettement moins que le taux de chômage. Et certaines données ne mettent en évidence aucun lien probant, comme par exemple la proportion d’ouvriers dans la population active.

Enfin, deux autres variables présentent des relations plus probantes avec le vote FN : les inégalités de revenus, surtout en retenant le rapport des deux déciles opposés (D1 et D9 – un résultat beaucoup plus net qu’avec l’indice de Gini) ; la proportion de non diplômés (non scolarisés et sans aucun diplôme du secondaire ou du supérieur) – une caractéristique qui peut elle-même avoir un rapport avec le taux de chômage.

Toutes les statistiques figurant dans les tableaux de nuages de points ci-dessus sont disponibles sur le site de l’Insee.


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 10 Déc - 22:07

la plupart des articles et enquêtes sur la composition sociale du vote FN font ressortir l'importance du vote ouvrier, mais aucune ne met en évidence que 60% des ouvriers et 55% des employés se sont abstenus. Une analyse sérieuse devrait mettre à plat l'ensemble de la population en âge de voter, non-inscrits, abstentions, blancs, exprimés, par catégories sociales, générations...

le vote FN est effectivement inversement proportionnels aux revenus et à l'âge, mais il augmente dans toutes les catégories sociales




Régionales : à quoi ressemble l'électeur type du FN ? Francetv info 07/12/2015

Selon un sondage réalisé avant le premier tour, ce sont plutôt des jeunes et des ouvriers qui ont glissé un bulletin du Front national dans l'urne, dimanche.


Des partisans de Marine Le Pen réagissent aux résultats du premier tour des élections régionales,
le 6 décembre 2015 à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). (MAXPPP)

Citation :
Le premier tour des élections régionales, dimanche 6 décembre, a provoqué un coup de tonnerre dans le monde politique français. Le Front national arrive en tête dans six régions sur treize, et a de fortes chances de s'adjuger plusieurs présidences de régions.

Pour comprendre ce phénomène politique, un sondage* Ipsos / Sopra Steria pour France Télévisions s'est penché, quelques jours avant le scrutin, sur la sociologie de l'électorat. Francetv info s'intéresse plus particulièrement au profil des électeurs FN et à ses principales caractéristiques.

C'est un plutôt un homme...

Il y a une différence assez nette entre les sexes dans le choix opéré à l'occasion de ces élections régionales. Ainsi, 31% des hommes interrogés avaient l'intention de voter FN, contre 23% pour les femmes. En revanche, quand 34% des hommes affirmaient vouloir voter à gauche, 41% des femmes assuraient vouloir faire de même.

... plutôt jeune

C'est ce qui frappe le plus dans cette étude : les jeunes ont massivement voté Front national. Chez les 18-24 ans, il est la première force politique avec 35% d'intentions de vote, loin devant le PS/PRG et les listes d'union de la droite qui avaient les faveurs de 21% des sondés. Une tendance confirmée par une autre enquête de Harris Interactive pour 20 Minutes, qui montre que 34% des 18-30 ans ont voté pour le Front national au premier tour. Des chiffres qu'il faut toutefois relativiser car chez les 18-30 ans, 64% des inscrits ne sont pas allés voter.

Il est ouvrier ou employé

Le milieu professionnel des électeurs livre un éclairage sur l'ancrage populaire du vote FN : on constate que 43% des ouvriers et 36% des employés avaient l'intention de voter Front national à quelques jours du scrutin, contre 32 et 34% pour la gauche. Pas de quoi pavoiser du côté la droite, puisque le FN s'adjuge 35% des intentions de vote chez les agriculteurs, chefs d'entreprise et travailleurs indépendants, soit l'électorat traditionnel des Républicains et leurs alliés du centre. Le taux de cadres supérieurs déclarant voter pour le FN s'établit, lui, à 17%.

En général, il n'a pas fait de longues études

Le vote des classes populaires en faveur du FN est confirmé par le niveau d'études des électeurs. Ainsi, 36% de ceux qui n'ont pas eu le bac ont voté pour le parti de Marine Le Pen, contre 32% pour ceux qui ont un niveau bac. Signe que le vote FN touche une part grandissante des catégories moyennes et supérieures, il concerne également 23% des diplômés bac+2 et 14% des bac+3.

Il reste fidèle au FN

Sans surprise, une très forte proportion de ceux qui ont voté FN ces trois dernières années n'ont pas changé d'avis en 2015. Les électeurs ayant choisi Marine Le Pen au premier tour de la présidentielle de 2012 étaient 92% à prévoir de voter Front national aux régionales, faisant du parti frontiste la formation qui conserve le plus d'électeurs. En comparaison, 85% de l'électorat de François Hollande avait prévu de voter à gauche, et 77% des électeurs de Nicolas Sarkozy de voter à droite. Ces derniers sont d'ailleurs ceux qui se sont le plus reportés sur le vote FN, avec 19% des intentions de vote.

*Sondage réalisé du 29 novembre au 2 décembre sur un échantillon de 8 053 personnes, interrogées par internet selon la méthode des quotas pour chaque
échantillon régional.



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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 10 Déc - 22:20



Électeurs Front national, abstentionnistes: leur profil Magalie Ghu 07/12/2015

Qui sont les électeurs du FN ? Qui sont les abstentionnistes ? Éléments de réponses à la lumière d’une étude réalisée juste avant le premier tour par l’institut de sondage Ipsos-Sopra Steria.


Le vote FN est très important chez les jeunes. PHOTO PIB

Citation :
Dans cette étude a priori assez fiable, puisqu’elle prévoyait un score de 27, 2 % pour le Front national – le décompte définitif lui attribue 27,73 % –, 31 % des hommes interrogés prévoyaient de voter pour le parti de Marine Le Pen, contre 23 % des femmes.

L’électeur du Front national serait donc plutôt un homme, mais il est également plutôt jeune, puisque 35 % des 18-24 ans prévoyaient de lui donner leur voix, une tranche d’âge talonnée par les 35-59 ans qui étaient 32 % dans cette optique. Si les jeunes adultes (25-34 ans) étaient 28 % à envisager le même vote, seuls 20 % des plus de 60 ans les rejoignaient. Une tendance corroborée par un sondage Harris Interactive réalisé dimanche, selon lequel 33 % des voix des 18-24 ans se sont portées sur le FN.

L’étude révélait également que le vote FN décroît avec le niveau d’études. Ainsi, les personnes ayant un niveau inférieur au bac étaient 36 % à considérer un vote FN, contre 14 % chez les Bac+ 3 et plus. Variations également selon la catégorie socio-professionnelle des électeurs. Si 43 % des ouvriers interrogés penchaient pour le FN, ils n’étaient que 17 % parmi les cadres supérieurs. Enfin, si 92 % des électeurs potentiels du FN avaient voté pour Marine Le Pen lors de la dernière présidentielle, ils étaient 19 % à avoir voté pour Nicolas Sarkozy en 2012.


Les abstentionnistes plutôt jeunes

L’étude, qui s’intéressait également au profil des abstentionnistes, évaluait leur taux à 50 %. Il fut de 50,09 %. S’il n’y a pas de différence selon le sexe des électeurs, l’âge est en revanche déterminant. En effet, si 66 % des 18-24 ans et 65 % des 25-34 ans déclaraient qu’ils allaient s’abstenir, ce n’était le cas que de 33 % des plus de 60 ans. Quelques disparités – modérées – également en fonction de la catégorie socio-professionnelle puisque 52 % des cadres supérieurs allaient s’abstenir contre 61 % des ouvriers.


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MessageSujet: Re: un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)    Jeu 10 Déc - 22:43



Abstention : et si les "mauvais citoyens" avaient de "bonnes raisons" ? Anne Crignon 07-12-2015

Considérés comme des déserteurs de la démocratie, les abstentionnistes ont souvent leurs raisons d’agir. C’est la thèse défendue par deux sociologues


Les citoyens ont de bonnes raisons de ne pas voter Thomas Amadieu et Nicolas Framont, Le Bord de l’eau, 154 p., 15 euros.


Un pêcheur à la ligne, dans la Sarthe, en 2011. (©GILE MICHEL/SIPA)

Ce qui va suivre est sans doute peu présentable mais voilà: deux chercheurs, Thomas Amadieu et Nicolas Framont, dans un ouvrage intitulé «Les citoyens ont de bonnes raisons de ne pas voter», prennent la défense des abstentionnistes. Souvent considérés comme des fossoyeurs de la démocratie, ces déserteurs feraient preuve en réalité de ce que le sociologue Raymond Boudon envisageait avec respect: le sens commun.

Citation :
Pour ces deux essayistes osant s’interroger sur «ce que les abstentionnistes fuient en n’allant pas voter», le phénomène amorcé dans les années 1980 devrait être un signal plus alarmant que le vote FN, lequel progresse électoralement parce que l’abstention augmente.

Et d’expliquer que si les élus font le procès de l’abstention, jusqu’à vouloir pour certains rendre le vote obligatoire ou mettre à l’amende les pécheurs du dimanche, c’est pour masquer leur propre médiocrité et l’inféodation coupable à l’économie financière du personnel politique, PS compris. Tous plus soucieux de ne pas «affoler le marché» que de faire ce pour quoi ils sont élus et payés : servir le peuple.


Les rois sont nus

Ainsi, la fuite des urnes serait le signe que l’on n’est pas dupe de la trivialité des tractations en politique. Pour comprendre les raisons d’agir de ces «mauvais citoyens», les chercheurs proposent trois profils: l’abstentionniste non concerné, indifférent à la vie politique française; l’abstentionniste dégoûté, attentif à la chose publique, mais consterné par les «affaires» et la corruption des édiles; et l’abstentionniste résigné, convaincu que les élus n’ont qu’une marge de manoeuvre réduite et une influence limitée sur le cours des choses.

« Il n’est pas irrationnel de penser que le vote n’a finalement que peu de poids face aux contraintes des marchés et des règles de l’eurozone»,
écrivent les auteurs avant de mettre en pièces la rengaine teintée de mépris selon laquelle les gens se détournent de l’élection, dépassés par leurs difficultés quotidiennes.

Si les abstentionnistes sont bel et bien majoritairement issus des classes populaires, ouvriers, employés, lesquels représentent 60% de la population, l’étude d’Amadieu et Framont fait ressortir ceci: d’une élection à l’autre, les «aquoibonistes» alternent entre vote et abstention, ce qui démontre un choix : participer ou ne pas participer. La certitude que, de plus en plus, les élus ne représentent pas l’intérêt général est au coeur de ces désaffections.

Après enquête, les sociologues leur donnent encore raison : l’action des gouvernements est tournée depuis 1983 (droite et gauche confondues donc) vers... 10% de la population française, une élite hétéroclite composée des grandes fortunes, des classes «aisées» et des gens d’influence, universitaires, journalistes de renom, figures du sport et du spectacle. Au XXIe siècle, les rois sont nus. C’est pour cela qu’ils sont si mal élus.

Anne Crignon


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Jacques Rancière : "L'élection, ce n'est pas la démocratie" : "Les idéaux républicains sont devenus des armes de discrimination et de mépris"

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