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 STUART HALL, un théoricien incontournable : 'races' et classes' à l'origine marxienne des études post-coloniales

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MessageSujet: STUART HALL, un théoricien incontournable : 'races' et classes' à l'origine marxienne des études post-coloniales   Jeu 3 Déc - 22:57

sujet détruit, c'est dommage, puisque par Stuart Hall et sa reprise d'idées de Gramsci sur l'articulation classes-'races', et son utilisation du concept althussérien de structure à dominante, il m'a permis de franchir un pas théorique important, comme maillon manquant entre la théorie de la communisation et ma critique de son aporie sur la question raciale comme structurant le capitalisme

on peut se reporter à la page de mon blog qui contient cette discussion : le monde et le capital, l'Occident et les autres




année 2015 : année théorique !

c'était avant la rencontre de Raymond Williams qui a permis d'avancer encore et celle des théories décoloniales :






Dernière édition par Admin le Lun 12 Sep - 8:03, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: STUART HALL, un théoricien incontournable : 'races' et classes' à l'origine marxienne des études post-coloniales   Jeu 3 Déc - 23:40


vidéos de Stuart Hall

un choix

Cultural Studies and Marxism




The Spectre of Marxism (1983)



Some Views on Cultural Themes and Multiculturalism



Thinking Allowed 16/3/11



Stuart Hall on the founding of cultural studies




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MessageSujet: Re: STUART HALL, un théoricien incontournable : 'races' et classes' à l'origine marxienne des études post-coloniales   Mar 19 Jan - 12:28


The Stuart Hall Project John Akomfrah, 2013


Music by Miles Davis

A documentary about life and work of Stuart Hall, one of the most important theorists in the Birmingham School, also known as Cultural Studies group, in which participated notable authors as Raymond Williams, Richard Hoggart and E.P. Thompson.
.
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MessageSujet: Re: STUART HALL, un théoricien incontournable : 'races' et classes' à l'origine marxienne des études post-coloniales   Sam 14 Mai - 11:27


pour bien faire, il faudrait revenir sur les controverses entre Stuart Hall et Ernesto Laclau à propos de Gramsci (voir ICI), de leurs usages du concept d'hégémonie et de leur façon d'articuler race et classe

les considérations de Stuart Hall ont été traduites en français dans



on trouve quelques pages photographiées sur mon site, mais pas celles concernant cette controverse. Voir en février 2015 le monde et le capital, l'Occident et les autres

on trouve quelques explications de ces controverses, en anglais, dans l'ouvrage semble-t-il plus complet avec des textes plus récents : Stuart Hall: Critical. Dialogues in Cultural Studies compilé par David Morley et Kuan-Hsing Chen, 2012 PDF Intégral

David Morley is Reader in Communications, Goldsmiths’ College, London.
Kuan-Hsing Chen teaches at the Center for Cultural Studies, National Tsing Hua University, Hsinchu, Taiwan.



Citation :
Stuart Hall's work has been central to the formation and development of cultural studies as an international discipline. This is a collection of writings by and about Stuart Hall, and provides a representative selection of his writings on cultural studies and its concerns: the relationship with Marxism; postmodernism and New Times in cultural and political thought; the development of cultural studies as an international and post-colonial phenomenon; and Hall's engagement with urgent and abiding questions of race, ethnicity and identity. In addition to presenting writings by Hall and new interviews with Hall in dialogue with Kuan-Hsing Chen, this collection provides a detailed analysis of Hall's work and his contribution to the development of cultural studies by leading cultural critics and cultural practitioners. The book also includes a bibliography of Stuart Hall's writings.

Citation :
Part I (Un)Settling accounts: marxism and cultural studies

1 The problem of ideology: marxism without guarantees
Stuart Hall

2 Stuart Hall and the marxist concept of ideology
Jorge Larrain

3 Stuart Hall, cultural studies and marxism
Colin Sparks

4 British cultural studies and the return of the ‘critical’ in American mass communications research: accommodation or radical change?
Hanno Hardt

5 The theory and method of articulation in cultural studies
Jennifer Daryl Slack

Part II Postmodernism and cultural studies: first encounters

6 On postmodernism and articulation: an interview with Stuart Hall
Edited by Lawrence Grossberg

7 History, politics and postmodernism: Stuart Hall and cultural studies
Lawrence Grossberg

8 Postmodernism and ‘the other side’
Dick Hebdige

9 Waiting on the end of the world?
Iain Chambers

10 Opening the Hallway: some remarks on the fertility of
Stuart Hall’s contribution to critical theory
John Fiske

11 The meaning of New Times
Stuart Hall

12 Looking back at New Times and its critics
Angela McRobbie

13 Cultural studies and its theoretical legacies
Stuart Hall

14 A thief in the night: stories of feminism in the 1970s at CCCS
Charlotte Brunsdon

15 For Allon White: metaphors of transformation
Stuart Hall

Part IV Critical postmodernism, cultural imperialism and postcolonial theory

16 Post-marxism: between/beyond critical postmodernism and cultural studies
Kuan-Hsing Chen

17 EurAm, modernity, reason and alterity: or, postmodernism, the highest stage of cultural imperialism?
David Morley

18 On the impossibility of a global cultural studies: ‘British’ cultural studies in an ‘international’ frame
Jon Stratton and Ien Ang

19 Cultural studies and the politics of internationalization:
an interview with Stuart Hall by Kuan-Hsing Chen

Part V Diasporic questions: ‘race’, ethnicity and identity

20 Gramsci’s relevance for the study of race and ethnicity
Stuart Hall

21 New ethnicities
Stuart Hall

22 De Margin and De Centre
Isaac Julien and Kobena Mercer



comme je le soulignais l'an dernier, ces controverses sont un maillon essentiel pour comprendre le passage du marxisme orthodoxe, via Gramsci et les premiers théoriciens anglo-saxons des Cultural Studies (Raymond Williams, Stuart Hall...) vers les Études post-coloniales alors mâtinées de French Theory (Foucault, Deleuze et dans une moindre mesure Derrida), et saisir comment elles sont alors vidées de la contradiction de classe, au demeurant comme le seront les études de genre et celles surl'intersectionnalité dès lors que l'articulation classe-race-genre se fait sans structure à dominante dans le capital (Althusser dans la compréhension que j'en tire)

on a la une clef du passage critique à la pensée décoloniale, qui nettoie tout ça à la fois de l'universalisme prolétarien colorblind des marxistes depuis Marx, et de l'euro-etnocentrisme qui demeure dans les études post-coloniales

on dispose alors des éléments qui permettent de reconstruire cette histoire et de tisser à nouveaux frais l'héritage marxien et la pensée décoloniale, ce qui est, en fait, le chemin que j'aurai suivi depuis deux ans

avec le rôle que joue le populisme de gauche théorisé par Ernesto Laclau et Chantal Mouffe qu'on a vu intervenir en France dès le début de Nuit Debout et les controverses avec d'une part la pensée marxiste et anarchiste, ou plus marginalement la théorie de la communisation d'autre part concernant la légitimité de luttes auto-organisées des femmes et des minorités racialisées (polémiques sur la "non-mixité"), on a ainsi un panorama théorico-idéologique articulé des liens entre théorie et politique qui font l'intérêt et les enjeux des luttes actuelles en France et dans le monde

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MessageSujet: Re: STUART HALL, un théoricien incontournable : 'races' et classes' à l'origine marxienne des études post-coloniales   Sam 14 Mai - 12:18


Une journée avec Stuart Hall

11 mai 2016



un heureux croisement avec Édouard Glissant !

Localisation : Université Paris Diderot (Paris 7), Salle 870 bâtiment Olympe de Gouges, Place Paul Ricœur. Pôle : Recherches thématiques, Accès libre  

Programme : Mondes caraïbes et transatlantiques en mouvement  

Citation :
Le  groupe « Mondes caraïbes et transatlantiques en mouvement » basé à la Fondation Maison des Sciences de  l’Homme (http://www.fmsh.fr/fr/c/7098) entame un cycle de journées d’études consacrées aux « Penseurs de la Caraïbe » et destinées à mettre à l’épreuve le propos scientifique de ce groupe de recherche. Par-delà la notion d’aire culturelle, la Caraïbe est en effet considérée ici comme un paradigme qui se prête à la mise en relation avec un ensemble de situations que le projet de la modernité occidentale a contribué à infléchir.

Lieu de condensation de dynamiques sociales extrêmement composites, prototype d’une globalisation précoce, la Caraïbe interroge le soubassement historique de notre contemporanéité en rappelant sans cesse le rapport de violence fondateur qui  irrigue les démocraties occidentales au moment où celles-ci élaborent leurs premières constitutions et leurs idéologies universalistes sur le socle de l’esclavage aux Amériques. Elle invite à l’ouverture aux autres régions du monde, dans un mouvement tout autant    comparatiste que  « trans-aréal », par-delà même l’espace transatlantique, notamment vers les sociétés de l’Océan indien, à la faveur  de voisinages historiques trop souvent délaissés.

La première journée de ce cycle est consacrée au sociologue d’origine jamaïcaine Stuart Hall dont l’œuvre illustre de manière remarquable la projection dans un univers de pensée destiné à s’extraire de son historicité tout en y plongeant continûment. Avec Stuart Hall, c’est la possibilité de penser la domination en tout lieu qui nous est offerte, tout  comme celle de comprendre les manières de négocier avec le pouvoir, de « décoder» et de défaire les « encodages  » hégémoniques.

Illustre fondateur des cultural studies, Stuart Hall a su replacer les représentations au centre de la construction sociale et influencer durablement une perspective sociologique non ignorante du lien intrinsèque entre les produits de la pensée et leur incarnation dans nos systèmes sociaux. Depuis ses études sur les médias jusqu’à ses textes anti-essentialistes sur les identités culturelles et la diaspora antillaise, Stuart Hall opère par va-et-vient entre l’expérience singulière et son dépassement pour être un penseur de l’universel, au sens où l’entendait Édouard Glissant, c’est-à-dire comme vision projective où aucune culture « ne peut se prévaloir d’une légitimité absolue » et où se tisse «  la recomposition du paysage mental [des] humanités d’aujourd’hui ».

Consacrée à Stuart Hall, cette journée comprendra cependant un volet de « transition » avec la prochaine rencontre programmée   autour de l’écrivain militant trinidadien C.L.R. James avec lequel nous penserons la transnationalité des luttes contre la domination    et la porosité transfrontalière des modèles idéologiques. Ce sera l’occasion d’une ouverture sur le panafricanisme, que ce cycle se propose d’aborder au cours de ses séances futures et première étape de la démarche   « trans-aréale ». Cette transition se  fera grâce à  la projection d’un film documentaire rapportant un dialogue entre C.L.R. James et Stuart Hall.

Le programme de cette journée est conçu en binôme avec celui qui marquera le 10ème anniversaire de l’Institut du Tout-Monde, qui se déroulera la veille de cette rencontre autour de Stuart Hall, et dans le cadre du « Mai de l’ITM ».

Programme (résumé)

9h30 : Introduction,  présentation  du  partenariat entre « Mondes  Caraïbes  et  Transatlantiques  en Mouvement» et l’Institut du Tout-Monde (Loïc Céry,  Christine Chivallon,Didier Nativel)

10h : Projection du film “The Stuart Hall Project” , de John Akomfrah, 2013.
(https://www.youtube.com/watch?v=MA-og9_-Yro)
(http://player.bfi.org.uk/film/watch-the-stuart-hall-project-2013/)

12h-13h:
• Maxime Cervulle, Université Paris 8 (CEMTI), « Stuart Hall, une pensée de l’articulation »

14h30-15h30:

• Brian Meeks, Brown University, “Beyond  Neoliberalism's  Dead-End:  Hall,  the  Kilburn Manifesto and their Relevance in the Caribbean”

16h : Projection du film « C.L.R. James talking with Stuart Hall” de Mike Dibb, 1986.
(https://www.youtube.com/watch?v=_Gf0KUxgZfI)

17h-18h :
• Matthieu Renault, Université Paris 8, «Introduction à l’œuvre de C.L.R. James»

Les débats seront animés par Sarah Fila-Bakabadio (AGORA, université de Cergy-Pontoise) et les coordinateurs de la journée.

COORDINATEURS DE LA JOURNÉE :
Christine Chivallon, «Passages»-CNRS et MCTM ( christine.chivallon@cnrs.fr )
Loïc Céry, Institut du Tout-Mondeet MCTM ( loic.cery@tout-monde.com )
Didier Nativel, CESSMA, Université Paris Diderotet MCTM ( dnativel@club-internet.fr )
Matthieu Renault, Université Paris 8et MCTM ( matthieu.renault@gmail.com )


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MessageSujet: Re: STUART HALL, un théoricien incontournable : 'races' et classes' à l'origine marxienne des études post-coloniales   Mer 6 Juil - 17:28


signalé bien qu'en espagnol, du fait qu'à ma connaissance Stuart Hall est peu cité par les penseurs décoloniaux. Or, selon moi, c'est un jalon incontournable dans la jonction avec la pensée critique héritée de Marx. C'est en tout cas par là que je suis passé avant de découvrir la pensée décoloniale proprement dite


Seminario Virtual - Stuart Hall: aportes e inspiraciones


quant aux bêtises que l'on fait dire à ceux qui utilisent, comme Stuart Hall, certaines idées de Gramsci, il suffit de le lire pour attribuer la palme à André Tosel dans De Spinoza à Gramsci : entretien avec André Tosel (revue Période)

André Tosel a écrit:
On assiste depuis quelques années en France un regain d’intérêt pour Gramsci, à la fois dans l’espace académique que militant. Comment expliquez-vous ce retour ?

Notre détresse intellectuelle, morale et politique par ces temps de mondialisation et de révolution passive est telle qu’un penseur capable de penser une théorie de l’histoire et de la totalité sociale ouverte sur les processus de production d’espaces divers géo-politico du point de vue de l’hégémonie des subalternes peut se poser comme un recours.

Cependant il ne s’agit pas de répéter Gramsci en projetant sur lui des thèses qui ne sont pas nécessairement les siennes, comme le font quelque fois les Subaltern Studies et les Postcolonial Studies. Il doit être étudié à nouveaux frais, car nous n’avons pas pris en France la mesure de son immense apport. Il importe simultanément de confronter et ses analyses, ses thèses et analyses aux formes inédites de notre monde, sans craindre d’en discuter les limites : productivisme, faible sensibilité à l’hyper appropriation des énergies bio-cosmologiques, timidité sur la question féministe, contradiction entre une problématique du pluriversum et de la société civile, de ses langages et le recours à l’Un de la volonté collective et de ses appareils disciplinaires comme le parti et l’usine. A ces conditions Gramsci peut être un élément porteur avec d’autres pour élaborer la pensée critique de notre monde et pour sortir de la révolution passive dans le sens de l’hégémonie des masses subalternes.

à mon sens, il ne s'agit effectivement pas de projeter sur Gramsci quoi que ce soit, mais d'utiliser sa pensée, ses "concepts" plus ou moins formalisés comme tels, pour les faire travailler aujourd'hui, comme l'a fait précisément fait Stuart Hall concernant les rapports entre classes et "races". On le fait bien avec Marx concernant la classe ouvrière anglaise et les Irlandais...

après, qu'il traîne ici ou là des raisonnements à la serpe faisant dire à un philosophe ce qu'il n'a pas dit, est-ce bien le problème ? Personnellement je ne suis ni un gramscologue, ni un marxoloque ou un stuartHallogue : la philosophie en tant que corpus (quel corpus chez Gramsci ?), je m'en fous, et Tosel, dans sa «détresse intellectuelle», est resté un "philosophe marxiste", pour ne pas dire un «professeur de philosophie»

au demeurant, en reprenant ici le concept d'hégémonie pour les «masses de subalternes», je ne crois pas que cela fasse beaucoup avancer le schmilblick : je ne suis pas certain que Tosel retienne de Gramsci le meilleur (mis à part cette remarque, je n'avais pas retenu ce texte comme digne d'intérêt pour nos considérations)

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MessageSujet: Re: STUART HALL, un théoricien incontournable : 'races' et classes' à l'origine marxienne des études post-coloniales   Mar 23 Aoû - 22:00


comme si vous y étiez... en léger différé

11 mai 2016

UNE JOURNÉE AVEC STUART HALL

Journée d'études du groupe de recherche MCTM
Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Paris (FMSH)
UMR « Passages », CNRS, Université Bordeaux-Montaigne
Institut du Tout-Monde (ITM)
Université Paris Diderot – Laboratoire CESSMA



Citation :
Le groupe de recherche "Mondes caraïbes et transatlantiques en mouvement" (MCTM) basé à la Fondation Maison des Sciences de l'Homme (FMSH) entame un cycle de journées d'études consacrées aux "Penseurs de la Caraïbe", destinées à mettre à l'épreuve le propos scientifique de ce groupe de recherche. Par-delà la notion d’aire culturelle, la Caraïbe est en effet considérée ici comme un paradigme qui se prête à la mise en relation avec un ensemble de situations que le projet de la modernité occidentale a contribué à infléchir.

Lieu de condensation de dynamiques sociales extrêmement composites, prototype d’une globalisation précoce, la Caraïbe interroge le soubassement historique de notre contemporanéité en rappelant sans cesse le rapport de violence fondateur qui irrigue les démocraties occidentales au moment où celles-ci élaborent leurs premières constitutions et leurs idéologies universalistes sur le socle de l’esclavage aux Amériques. Elle invite à l’ouverture aux autres régions du monde, dans un mouvement tout autant comparatiste que « trans-aréal », par-delà même l’espace transatlantique, notamment vers les sociétés de l’Océan indien, à la faveur de voisinages historiques trop souvent délaissés. La première journée de ce cycle est consacrée au sociologue d’origine jamaïcaine Stuart Hall dont l’œuvre illustre de manière remarquable la projection dans un univers de pensée destiné à s’extraire de son historicité tout en y plongeant continûment.

Avec Stuart Hall, c’est la possibilité de penser la domination en tout lieu qui nous est offerte, tout comme celle de comprendre les manières de négocier avec le pouvoir, de « décoder » et de défaire les « encodages » hégémoniques. Illustre fondateur des cultural studies, Stuart Hall a su replacer les représentations au centre de la construction sociale et influencer durablement une perspective sociologique non ignorante du lien intrinsèque entre les produits de la pensée et leur incarnation dans nos systèmes sociaux. Depuis ses études sur les médias jusqu’à ses textes anti-essentialistes sur les identités culturelles et la diaspora antillaise, Stuart Hall opère par va-et-vient entre l’expérience singulière et son dépassement pour être un penseur de l’universel, au sens où l’entendait Édouard Glissant, c’est-à-dire comme vision projective où aucune culture « ne peut se prévaloir d’une légitimité absolue » et où se tisse « la recomposition du paysage mental [des] humanités d’aujourd’hui ».

Consacrée à Stuart Hall, cette journée comprendra cependant un volet de « transition » avec la prochaine rencontre programmée autour de l’écrivain militant trinidadien C.L.R. James avec lequel nous penserons la transnationalité des luttes contre la domination et la porosité transfrontalière des modèles idéologiques. Ce sera l’occasion d’une ouverture sur le panafricanisme, que ce cycle se propose d’aborder au cours de ses séances futures et première étape de la démarche « trans-aréale ». Cette transition se fera grâce à la projection d’un film documentaire rapportant un dialogue entre C.L.R. James et Stuart Hall.



Discussion entre CLR James et Stuart Hall, enregistrée en 1986
(Mike Dibb, Mirus Prioduction for Channel Four Television Co.)


"Introduction à l'œuvre de CLR James"
MATTHIEU RENAULT (Université Paris 8 et MCTM)


"Beyond Neoliberalism's Dead-End: Hall, the Kilburn Manifesto and their Relevance in the Caribbean"
BRIAN MEEKS (Brown University)


"Stuart Hall, une pensée de l'articulation"
MAXIME CERVULLE (Université Paris 8, CEMTI)

 
La journée d'études avaient débuté par la diffusion du film de John Akomfrah, The Stuart Hall Project (production BFI), biographie intellectuelle du penseur jamaïcain. Ci-dessous, la bande-annonce du film, dont l'intégralité est disponible à l'achat sur les sites marchands, notamment sur Amazon.


je me réjouis que tout cela finisse par sortir de l'ombre. Quant à croiser Stuart Hall et Édouard Glissant, que demande le petit peuple de Patlotch ?

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MessageSujet: Re: STUART HALL, un théoricien incontournable : 'races' et classes' à l'origine marxienne des études post-coloniales   Lun 12 Sep - 8:01


Viewpoint réintègre Stuart Hall dans la problématique actuelle entre luttes de classes et luttes des "racisé.e.s"

on n'est pas très loin ici de mon idée d'identités de luttes sur une base particulière (ici la 'race') traduisant une modalité de la lutte des classes. En passant par Stuart Hall dans mon approche du rapport classes-'races', en 2014-2015, je soulignais l'importance de ses apports théoriques dès les années Thatcher pour montrer que l'héritage marxien de Hall était loin de ses lectures post-coloniales (et post-modernes) d'outre-Atlantique. Avec ce texte de Viewpoint, nous y (re)voilà, enfin !



Viewpoint a écrit:
Turn­ing instead to the the­o­ret­i­cal prob­lem of race, it is here that Polic­ing the Cri­sis presents the famous slo­gan: Race is the modal­ity in which class is lived.” In the con­text of the author­i­tar­ian con­sen­sus this was not a sec­tional phe­nom­e­non – it was a real­ity which “has con­se­quences for the whole class, whose rela­tion to their con­di­tions of exis­tence is now trans­formed by race.” But for black mem­bers of the work­ing class in par­tic­u­lar, it was pri­mar­ily through the expe­ri­ence of “race” that they could “come to a con­scious­ness of their struc­tured sub­or­di­na­tion”:It is through the modal­ity of race that blacks com­pre­hend, han­dle and then begin to resist the exploita­tion which is an objec­tive fea­ture of their class sit­u­a­tion.”

The ten­sion between the con­se­quences for the whole class and the speci­fic expe­ri­ence of the black work­ing class could not be eas­ily resolved. There was an extent to which the strat­egy of street crime could be under­stood as a “sec­tional strug­gle,” much like the white trade union strug­gles which excluded the black unem­ployed. Both were nec­es­sary defen­sive strug­gles, but the gap left between the autonomous activ­ity of each class sec­tor was quickly filled by cap­i­tal, con­verted into divi­sion by racism


quelques extraits
Stuart Hall a écrit:
Although the black and white poor find them­selves, objec­tively, in the same posi­tion, they inhabit a world ide­o­log­i­cally so struc­tured that each can be made to provide the other with its neg­a­tive ref­er­ence group, the “man­i­fest cause” of each other’s ill-for­tune. As eco­nomic cir­cum­stances tighten, so the com­pet­i­tive strug­gle between work­ers is increased, and a com­pe­ti­tion struc­tured in terms of race or colour dis­tinc­tions has a great deal of mileage. It is pre­cisely on this nerve that the National Front is play­ing at the moment, with con­sid­er­able effect. So the cri­sis of the work­ing class is repro­duced, once again, through the struc­tural mech­a­nisms of racism, as a cri­sis within and between the work­ing classes.

The recom­po­si­tion of cap­i­tal has there­fore, in turn, “recom­posed” the work­ing class… This “pro­duc­tive” recom­po­si­tion of the class also involves a polit­i­cal recom­po­si­tion – the old reflexes and organ­i­sa­tions of class strug­gle belong­ing to an ear­lier phase being dis­man­tled, and class strug­gle tend­ing to gen­er­ate new forms of mil­i­tant resis­tance directly against the exploita­tion of the new labour process… it can be seen at once how this analy­sis can be extended to illu­mi­nate the speci­fic posi­tion of black labour (and other migrant “labours”) in the “advanced” sec­tors of mod­ern British indus­try; but also how other forms of “direct resis­tance” – like the refusal to work – can assume a quite dif­fer­ent mean­ing and strate­gic posi­tion, as forms of class strug­gle, not of a mar­ginal but of piv­otal sec­tions of the work­ing class.

Cap­i­tal repro­duces the class as a whole, struc­tured by race. It dom­i­nates the divided class, in part, through those inter­nal divi­sions which have “racism” as one of their effects. It con­tains and dis­ables the rep­re­sen­ta­tive class organ­i­sa­tions by con­fin­ing them, in part, to strate­gies and strug­gles which are race-speci­fic, which do not sur­mount its lim­its, its bar­ri­ers. Through race, it con­tin­ues to defeat the attempts to con­struct, at the polit­i­cal level, organ­i­sa­tions which do in fact ade­quately rep­re­sent the class as a whole – that is, which rep­re­sent it against cap­i­tal­ism, against racism.

Stu­art Hall et al., Polic­ing the Cri­sis: Mug­ging, the State and Law and Order (Bas­ingstoke: Pal­grave Macmil­lan, 2013), pp. 333, 365, 387


cité par ViewPoint dans Law and Order, parmi d'autres citations et considérations sur le rapport entre classes et 'races'. Le texte est conseillé...

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STUART HALL, un théoricien incontournable : 'races' et classes' à l'origine marxienne des études post-coloniales
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