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 TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...

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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Jeu 21 Juil - 15:35

C'est peut etre la situation géographique de la Turquie qui surdétèrmine le tout comme l'indique bien le titre de la page TURQUIE KURDISTAN SYRIE ? L'équilibre instable de la région est rompu...

Poutine apprenti sorcier ? ou le pacte secret des autocrates ,alors que les touristes russes sont priés de ne pas se rendre en Turquie pour l'instant

Turquie d'aprés : Etat d'urgence ou état de siège sur l'ensemble du pays ?

Erdogan, a annoncé l’instauration de l’état d’urgence pour une durée de trois mois, après la tentative avortée de coup d’Etat du 15 juillet qui a conduit Ankara à des purges massives au sein de l’armée, de la police, de l’administration et de l’éducation nationale.

Quelque 60.000 soldats, policiers, juges, fonctionnaires et enseignants ont été suspendus, arrêtés ou mis en examen depuis vendredi. Chiffres qui oublient les dizaines de milliers de tués, emprisonnés, déplacés,déportés dans l'ouest du pays, depuis des années….etc dont cette page se fait l'echo...

Sputnik dit :

Citation :
La Turquie suspend la Convention européenne des droits de l'homme

14:33 21.07.2016(mis à jour 14:35 21.07.2016) URL courte

Suite à la tentative de coup d'Etat qui a frappé le pays la semaine dernière, la Turquie s'apprête à suspendre temporairement l'application de la Convention européenne des droits de l'homme.
Ainsi, la Turquie se voit libérer des obligations établies par la Convention, indique Hurriyet citant le vice-premier ministre turc Numan Kurtulmus.

Plus tôt dans la semaine, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré l'état d'urgence de trois mois. Par la même occasion, le gouvernement turc assure que ces décisions ne doivent pas influer sur le respect des droits et libertés fondamentaux des citoyens.
"La France a introduit elle aussi l'état d'urgence et a suspendu l'application de la Convention européenne des droits de l'homme. L'annonce de l'état d'urgence n'a pas pour cible la Convention", a déclaré M. Kurtulmus.

L'article 15 de la Convention stipule qu'en cas de guerre ou d'autres événements menaçant la vie de la nation, chaque partie peut suspendre son exécution des obligations dans la mesure nécessaire, à condition que ces mesures n'aillent pas à l'encontre de ses autres obligations dans le cadre des lois internationales.

https://fr.sputniknews.com/international/201607211026875443-turquie-convention-droit-homme/


Susam-Sokak en bon démocrate dit :

Légèreté sur France-Culture...

Citation :
Ce matin, 7h30 sur France Culture, en annonçant les titres de l'actualité, Catherine Duthu fait preuve de légèreté en disant: "La Turquie, elle aussi, vient d'adopter l'état d'urgence".

Deux légèretés dans cette courte phrase:

1° "La Turquie (...) vient d'adopter l'état d'urgence" : la Turquie fonctionne avec pire que l'état d'urgence, c'est le régime de couvre-feu imposé à de nombreuses villes du sud est, couvre-feu, blocus, suivis de meurtres de masses, assassinats, exécutions extra-judiciaires, destruction de quartiers entiers. Cela depuis un an. Il conviendrait de rappeler, quand on est une professionnelle de l'information, que l'état d'urgence adopté n'est qu'un pas de plus dans la répression exceptionnellement grave qui est en cours, y compris dans l'Ouest du pays, depuis 2009 et surtout 2011, et qui a particulièrement frappé les collègues turcs et kurdes de Catherine Duthu. L'état d'urgence en Turquie n'est pas le début de quelque chose, c'est l'accomplissement d'un processus.

2° "La Turquie, elle aussi..." Allusion évidente, dans ce "elle aussi", à l'adoption de l'état d'urgence en France. Ceci infère que l'état d'urgence turc est comparable à ce que nous connaissons en France. Je ne veux absolument pas minimiser l'état d'urgence en France, mesure gravissime, liberticide, tout autant que démagogique, contre laquelle il faut s'insurger. Mais quelle comparaison absurde !

Avons-nous vu, en France, 6000 arrestations, des lynchages, 60000 mises à pied de fonctionnaires, en trois jours et avant même l'adoption de l'état d'urgence? Heureusement, ce "rappel des titres" était suivi par un magnifique entretien d'Olivia Gesbert avec Michel Tubiana, président d'honneur de la LDH.

http://www.susam-sokak.fr/2016/07/legerete-sur-france-culture-ce-matin-7h30-sur-france-culture-en.html


L'épuration ethnique (Kurdes, Alevis etc) accélérée et institutionnalisée :

Thierry Meyssan dit : Manipulation en Turquie

Citation :
Mondialisation.ca, 20 juillet 2016 El-Watan

Le président Erdoğan est issu de la Millî Görüş, une milice islamiste qui soutenait les jihadistes en Russie dans les années 90 et ourdit un coup d’État en 1999.

En 2003, Recep Tayyip Erdoğan est devenu Premier ministre d’un État membre de l’Otan.

En 2011, le gouvernement Erdoğan a signé un traité secret avec la France l’impliquant dans les guerres contre la Libye et la Syrie en échange du « droit » d’expulser sa population kurde vers un État qui serait créé pour l’occasion.

En 2012, le président Erdoğan a pris la succession du prince Bandar bin Sultan dans la coordination des réseaux jihadistes.

En 2013, le président Erdoğan a pris la succession de l’émir Hamad du Qatar dans le parrainage des Frères musulmans. Puis, il a installé à Izmir le Commandement joint des forces terrestres de l’Otan, le LandCom, qui coordonne la guerre contre la Syrie.

En 2014, le gouvernement Erdoğan a participé à la transformation de l’Émirat islamique en Irak en lui apportant les 80 000 combattants de la confrérie irakienne des Naqchbandis —qui avait créé la Millî Görüş turque—….

http://www.mondialisation.ca/manipulation-en-turquie/5536825


Incirlink toujours encerclée et rumeurs d'intervention US

dedefensa dit :

Citation :
Le sort de la base d’Incirlink (USA & OTAN) est un enjeu particulièrement important dans la crise actuelle en Turquie, et enjeu sur lequel diverses informations en général très vagues et contradictoires ont circulé.

Le site DEBKAFiles, proche des services de sécurité israélien, est, lui, catégorique : il écrit qu’Incirlink est effectivement encerclé, coupé du reste de la Turquie, et dans une situation de pression précaire avec bien entendu interdiction de vol d’avions US et autres. Cela va par exemple complètement contre les communiqués rassurants du Pentagone, dès le lendemain du putsch avorté, qui s’avèrent à cette lumière un exemple de désinformation bureaucratique.

C’est une situation extraordinaire et sans précédent pour une base US à l’étranger, qui fait partie d’un réseau général et global d’autour d’un  millier de bases affirmant l’hégémonie mondiale et bureaucratique des forces militaires US, selon une situation considérée en général comme sacro-sainte dans les conceptions et la psychologie US. Dans ce réseau de bases, Incirlink a un rôle stratégique important, comme verrou opérationnel de toute la région du Moyen-Orient, en plus d’être une base nommément de l’OTAN engageant donc toute l’Alliance, avec l’habituel contingent de bombes nucléaires US.

Il s’agit actuellement d’un des aspects les plus directement déstabilisants des relations Turquie-USA lancées dans une course accélérée de dégradation depuis le putsch d'autant que, selon DEBKAFiles, Erdogan mettrait comme condition de la levée du bloc de la base l'extradition par les USA de Gulen vers la Turquie…….

http://www.dedefensa.org/article/incirlink-encerclee


Le paradoxal talon d'Achille de Poutine comme d' Erdogan, ou le pouvoir limité malgré les pleins pouvoirs

William ENGDAHL dit :

Quand la Russie se débarrassera-t-elle de son talon d’Achille : la cinquième colonne ? (New Eastern Outlook)

La Russie, sous Poutine, a montré qu’elle ne craint personne... Alors pourquoi cette déférence envers les banksters qui tiennent la Banque centrale de la Russie sous leur l’emprise ?....

http://www.legrandsoir.info/quand-la-russie-se-debarrassera-t-elle-de-son-talon-d-achille-la-cinquieme-colonne-new-eastern-outlook.html

Erdogan otage de son économie ?

Citation :
19 juillet 2016
LA TURQUIE DÉPEND FORTEMENT DES ENTRÉES DE CAPITAUX POUR FINANCER SON DÉFICIT COURANT.

Suite à la tentative de coup d’Etat militaire survenue ce week-end en Turquie, Moody’s a fait savoir lundi soir que la note souveraine du pays (Baa3) serait prochainement examinée et pourrait donc être abaissée.

L’agence de notation doit « évaluer l’impact à moyen terme du coup d’Etat militaire même s’il a échoué, sur la croissance économique de la Turquie ainsi que sur les institutions politiques », fait valoir Moody’s, rappelant au passage que le pays a pris du retard dans la mise en oeuvre de ses réformes.

Moody’s examinera trois points en particulier : les risques de ralentissement de la demande intérieure, le renforcement ou non de l’inertie politique et l’éventualité d’un accès restreint aux marchés, alors que l’économie dépend fortement des entrées de capitaux pour financer son déficit courant.

Outre ce coup d’Etat, la Turquie doit faire face à une série d’attentats intervenue au cours des derniers mois, ce qui pèse sur le tourisme, un des secteurs « clé » de son économie.

Au mois de février,  le nombre de touristes étrangers arrivant en Turquie avait ainsi chuté de 10,32% à 1,24 million, sa plus forte baisse depuis près de dix ans. En janvier, un attentat-suicide avait tué 12 touristes allemands dans le centre historique de la ville d’Istanbul.

Au premier trimestre, la croissance turque a malgré tout atteint 4,8% en rythme annuel. Le PIB a été soutenu par les hausses de salaires et par les dépenses de consommation des réfugiés syriens. Les autorités visent une expansion de 4,5% en 2016.

https://brunobertez.com/2016/07/19/la-turquie-depend-fortement-des-entrees-de-capitaux-pour-financer-son-deficit-courant/


Chute de 10 % de la Bourse Turque lors du putsch

Turkish Stocks Crash Most In 3 Years, Give Up Brexit Gains

by Tyler Durden
Jul 18, 2016 9:35 AM

What goes up in a linear centrally-planned way, plunges cliff-diver-like on a 'failed' coup...

Borsa Istanbul 100 is down over 10% - the biggest single-day plunge since June 2013...

http://www.zerohedge.com/news/2016-07-18/turkish-stocks-crash-most-3-years-give-brexit-gains

La Banque centrale Turque dont le dernier dirigeant a été nommé par l'ancien premier ministre démissionnaire en avril dernier, "maitre " du jeu, "Il n'y a pas de raison de paniquer, la stabilité turque a été renforcée ", mon oeil ... :

Citation :
Après le putsch raté, la Banque centrale turque abaisse un de ses taux directeurs

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a souvent fait pression sur la banque centrale, officiellement indépendante, pour qu’elle abaisse les taux d’intérêt afin de stimuler la croissance et les investissements.
20/07/2016

La Banque centrale de Turquie a annoncé hier avoir abaissé un de ses principaux taux directeurs de 25 points de base, quelques jours après la tentative de putsch avortée. Il s'agit de la quatrième baisse des taux depuis l'arrivée en avril du nouveau gouverneur, Murat Cetinkaya, à la tête de la banque centrale.
Celle-ci a précisé dans un communiqué avoir abaissé le taux de financement à un jour à 8,75 % contre 9 %, alors que son taux de refinancement à une semaine a été maintenu à 7,5 %. Le taux à une journée auquel les banques se prêtent entre elles est également resté stable à 7,25 %, a précisé la banque centrale sur son site Internet.


Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a souvent fait pression sur la banque centrale, officiellement indépendante, pour qu'elle abaisse les taux d'intérêt afin de stimuler la croissance et les investissements, s'attirant les critiques de certains économistes qui redoutent une poussée de l'inflation. Mais la banque centrale a retrouvé plus de latitude avec une décélération de l'inflation, qui a été de 6,58 % en mai sur un an. La croissance turque s'est établie à 4,8 % au premier trimestre.

Les marchés attendaient un geste hier, face au risque d'un coup de froid sur l'économie turque dans le contexte tendu de l'après-coup d'État manqué. « Toutes les mesures nécessaires seront prises pour assurer la stabilité financière », avait assuré après le putsch la banque centrale.


Le ministre des Finances, Mehmet Simsek, a pour sa part affiché sa sérénité : « Il n'y a pas de raison de paniquer, la stabilité turque a été renforcée », a-t-il affirmé au quotidien Hurriyet. Mais selon l'analyste William Jackson, de Capital Economics, « l'économie turque risque de traverser une période de ralentissement de la croissance et la livre va rester sous pression ».
Dans ce contexte, deux grandes agences de notation ont annoncé lundi qu'elles suivraient de près l'évolution de la situation.

Moody's a indiqué que la note Baa3 dont bénéficie actuellement la Turquie allait être examinée pour être éventuellement abaissée au vu des conséquences du putsch manqué. « Même si la croissance économique a été assez résistante ces deux dernières années (...) nous estimons que la récente augmentation de l'incertitude politique, et plus spécifiquement la tentative de coup d'État, va avoir un impact négatif sur la croissance du pays », a souligné l'agence.
Le même jour, Fitch a jugé que l'impact de la tentative de putsch sur la note du pays dépendrait de la réponse du gouvernement et de la manière dont elle aggraverait les dissensions politiques et affaiblirait l'indépendance des institutions.

(Sources : agences)

http://www.lorientlejour.com/article/997330/apres-le-putsch-rate-la-banque-centrale-turque-abaisse-un-de-ses-taux-directeurs.html


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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Jeu 21 Juil - 16:04

vlad2 a écrit:
C'est peut etre la situation géographique de la Turquie qui surdétèrmine le tout comme l'indique bien le titre de la page TURQUIE KURDISTAN SYRIE ? L'équilibre instable de la région est rompu...

oh tu sais, le découpage géographique du monde, dans cette rubrique le MONDE du CAPITAL : CONTINENTS, MIGRATIONS, 'NÈGRES du MONDE' et TRANSNATIONALISME, ne veut pas dire grand-chose. Le monde est assez difficile à découper en morceaux qui traduiraient en permanence l'évolution des enjeux géo-stratégiques dans le capitalisme mondial. J'ai fait aussi en fonction de zones où des événements apparaissent sur le devant de la scène, mais ce découpage est très discutable

quant à la région moyenne-orientale jusqu'aux confins de "notre Europe" et de l'Asie centrale ou de l'Ouest, si j'ose dire, tous les conflits sont maintenant imbriqués de la Palestine aux Kurdistans, dans "la guerre au terrorisme". Alors qu'est-ce qui "sur-détermine" quoi et "rompt des équilibres" qui auraient été "stables" (?), je serais bien en peine de le dire...

toujours est-il que ma remarque précédente portait sur ta question « le dessous des cartes de l'intensification mondiale de la lutte des classes, la focale turque ? », et là je ne vois toujours pas

quant aux articles que tu apportes, beaucoup de gens "disent" beaucoup de choses, mais peu nous aident à y voir clair de notre point de vue

à la limite, les éléments de Thierry Meyssan ne sont pas incompatibles avec l'analyse sur l'intégration de l'Islam modéré dans l'économie capitaliste, à la turque, dont parle le texte de RS/TC que j'ai référencé, mais cela dans la crise économique, se traduit pour l'heure, comme un peu partout, par des affrontements au niveau de l'État de branches de la bourgeoisie capitaliste, plus que par une entrée en guerre de classe contre elles du prolétariat, embarqué à l'occasion dans l'aventure populiste

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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Ven 22 Juil - 11:33


L'épuration déclenchée à la suite du coup d'Etat manqué du 15 juillet cible particulièrement les enseignants. Notre correspondante en Turquie témoigne de l'arbitraire et de l'atmosphère de délation qui règne dans le pays.


Des partisans d'Erdogan, place Taksim à Istanbul, le 19 juillet 2016. Depuis le coup d'Etat manqué,
la purge en cours donne le sentiment que le gouvernement veut écarter tous ses opposants.

Reuters/Alkis Konstantinidis

Citation :
En Turquie, la répression des putschistes du 15 juillet a rapidement tourné à la purge. Et celle-ci prend désormais des allures de chasse aux sorcières. Être un fonctionnaire pas vraiment aligné sur la politique du président Recep Tayyip Erdogan suffit, ces derniers jours, pour être emporté.  

Les chiffres sont effarants et ne cessent d'enfler : 22 738 membres de l'Éducation nationale, 21 000 professeurs des écoles privées, 2735 magistrats, quatre recteurs et 1577 doyens d'université, 1500 personnel du ministère des Finances, 8777 employés du ministère de l'Intérieur... Ils sont des légions a avoir été limogés, officiellement pour leurs liens supposés avec le mouvement Gülen, accusé d'être à l'origine du putsch avorté.  

Mais, aux yeux de nombreux observateurs, cette tentative de coup d'État infructueuse est devenue le parfait prétexte pour écarter tous ceux qui se sont abstenus de prêter une allégeance totale à Erdogan.

Des listes de dissidents établies à l'avance ?

A Adana, grande ville du sud du pays, 30 magistrats ont été démis de leurs fonctions et placés en détention. L'avocate Leyla Keskin [le nom a été changé] a assuré la défense d'un des procureurs arrêtés, lors de son premier interrogatoire. "On interroge les magistrats uniquement sur leurs liens supposés avec la communauté Gülen. Aucune preuve tangible n'existe à leur encontre. Il est clair que des listes de personnes à éliminer avaient été établies à l'avance : le registre des personnes recherchées compte même un magistrat décédé il y a deux mois".

Si elle-même requiert l'anonymat au moment de témoigner pour L'Express, c'est que la purge touche désormais aussi ceux qui prennent la défense des accusés. Des avocats ayant assuré la défense de présumés gülenistes ont à leur tour été arrêtés ces dernières heures.  

L'avocate relate un autre exemple emblématique de l'atmosphère délétère qui règne en Turquie. "Une infirmière a été démise de ses fonctions et arrêtée, sur la base d'une simple conversation téléphonique. Elle y évoquait une éventuelle mise en scène par Erdogan de la tentative de coup d'État. Cette femme a été dénoncée à la police par le gérant d'un kiosque, à la gare d'Osmaniye, qui affirme avoir été témoin de ses propos".  

"Je sais que je ferai partie de la prochaine vague"

Dans la plupart des cas, les personnes mises à pied sont aussi immédiatement placées en garde à vue. C'est le cas de cet enseignant à Pozanti, une commune de la province d'Adana. Un simple message, partagé sur Facebook le soir de la tentative du coup d'État, lui a valu d'être suspendu et arrêté pour insulte au président de la République. "Vous appelez les gens à descendre dans la rue. Comment pourrez-vous rendre des comptes s'il leur arrive quelque chose?", avait-il écrit, critiquant l'appel d'Erdogan à ses partisans pour contrer les putschistes.

Mehmet Akarsubasi, responsable du bureau juridique du syndicat des enseignants Egitim-Sen, à Adana, mais également enseignant dans une école primaire, suit de près cette affaire. Tout en s'inquiétant de ce que les jours suivants lui réservent. "Je suis déjà sous le coup de quatre procès pour insulte au président de la République. Je sais que je ferai partie de la prochaine vague des arrestations".

"Erdogan veut nettoyer ceux qui ne sont pas des siens"

Après l'annonce d'une seconde vague de purge dans l'Education nationale, les téléphones du syndicat ont sonné toute la journée. "Tout le monde est inquiet. La chasse aux sorcières est ouverte. On sait que le gouvernement mène ces opérations pour nettoyer tous ceux qui ne sont pas des siens".

Les universitaires, déjà dans le collimateur avant la tentative de putsch en raison d'une pétition en faveur de la paix avec les Kurdes, sont aussi sous haute pression. "Conformément à la demande du gouvernement, tous les doyens de notre université ont démissionné", témoigne une chercheuse d'une grande université d'Istanbul qui préfère elle-aussi conserver l'anonymat.  

Je fais partie des signataires de l'appel à la paix. Nous pensons que les universitaires comme nous, qui ont été critiques envers le gouvernement, seront les prochains visés. Nous craignons d'être limogés d'ici le mois de septembre. Le pire, c'est que personne n'ose même plus protester, de peur d'être la prochaine cible.


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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Lun 8 Aoû - 16:47


ça promet !


Quels sont les nouveaux horizons pour la Russie et la Turquie ?

Sputnik 08.08.2016


© Sputnik. Photo-Host Agency

Citation :
La rencontre de Vladimir Poutine et de Recep Tayyip Erdogan promet d’être une étape cruciale dans le développement des relations russo-turques. Plusieurs experts prévoient une nette augmentation de la collaboration bilatérale qui pourrait concerner aussi de nouvelles directions.

Quelles seront les nouvelles directions des relations russo-turques qui sont en pleine expansion? Dans quels délais elles deviendront des partenariats avancés? En Turquie, comment les habitants voient-ils le développement de la collaboration au niveau de la sécurité? Erdoğan Karakuş, général de corps aérien à la retraite, chef de l'Union turque des officiers à la retraite, docteur en histoire, apporte ses réponses dans une interview accordée à Sputnik.

"La collaboration entre la Russie et la Turquie doit atteindre dans tous les domaines le niveau le plus avancé. Le temps et la situation actuelle l'exigent. Il est évident qu'une série de pays impérialistes ne s'intéressent pas au rapprochement russo-turc. Les évènements en Turquie, qui ont eu lieu le 15 juillet, nous l'ont montré. L'Occident, et surtout les Etats-Unis, s'inquiètent du développement des relations russo-turques".


Selon lui, la rencontre, qui aura lieu à Saint-Pétersbourg, est très importante et pour la Turquie, et pour la Russie, ainsi que pour la région du Proche-Orient. Puisqu'au fond, cette rencontre est une barrière pour l'avancement du projet de "Grand Moyen-Orient" élaboré par plusieurs pays. La collaboration russo-turque et les actions bilatérales communes permettront de résoudre les problèmes en Syrie.

M. Karakuş explique que le gouvernement turc a bien compris que l'Occident était derrière le coup d'Etat qui a eu lieu le 15 juillet, ce que le président Erdogan a annoncé lui-même. Tout cela, selon le général de corps aérien, montre à quel point la collaboration avec la Russie est importante. D'après lui, aujourd'hui plus rien n'empêche les deux pays de passer au plus haut niveau dans la collaboration. "Des temps bons nous attendent", conclut-il.

Erdoğan Karakuş assure que notamment les problèmes de sécurité doivent être les plus importants de cette collaboration bilatérale.

"Nous devons éteindre +le feu allumé par l'Occident+ ensemble qui s'appelle le +Grand Moyen-Orient+. Si l'on ne l'éteind pas, nous n'arriverons pas à assurer la sécurité ni en Syrie, ni en Irak, ni ailleurs", a-t-il déclaré.


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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Mar 9 Aoû - 14:41


Plus de 1000 morts au travail en 7 mois en Turquie

Diler Nouvelle Turquie Actualités révolutionnaires de Turquie et Kurdistan 5 août

Citation :
Les chiffres des travailleurs et travailleuses qui meurent sur leur lieu de travail en Turquie,sont affolant. La Turquie subie la politique ultra libérale de Erdoğan, et son parti l’AKP, depuis plus de 20 ans. La caste bourgeoise en Turquie sacrifie la santé du peuple au profit de leur richesse et des contrats avec les pays impérialistes.

Centre d’Information: D’après le rapport rendu par le Conseil de Santé des Travailleurs et de la Sécurité du Travail (ISIG), au moins 133 travailleuses et travailleurs sont morts au travail au mois de Juillet. Pour les 7 premiers mois de l’année 2016 nous comptons donc 1049 personnes qui ont perdu la vie sur leur lieu de travail.
La précarité et le manque de perspéctive d’avenir, dans lesquelles sont abandonnés les travailleurs non organisés et écrasés par une exploitation intense, font qu’à chaque fin de mois le nombres de morts suite aux accidents de travails augmentent.

D’après le rapport du Conseil de Santé des Travailleurs et de la Sécurité du Travail (ISIG), ce mois-ci les secteurs les plus touchés sont toujours les secteurs agricole et le bâtiment.

Moins les travailleurs sont organisés, plus le nombre de mmorts augmente!

D’après les statistiques des syndicats, alors que le nombre de travailleurs à augmenté de 2,96% (13 038 351 travailleurs) par rapports au rapport précédent, le nombre de travailleurs syndiqués à lui diminué de 0.46%, passant à 1 499 870 syndiqués.

Ainsi alors que 88 % des travailleurs et des travailleuses ne sont pas syndiqués, le rapport indique que les 12% de syndiqués ne sont pas tous réellement organisés à résister par leur syndicat.

Traduit de : http://www.ozgurgelecek.org/manset-haberler/21357-oerguetlueluek-azalyor-oeluemler-artyor-7-ayda-bin-ici-katledildi.html


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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Ven 19 Aoû - 10:09

L'élargissement de la zone de conflit à l' Iran ou la partie d'échec de l’aviation stratégique (nucléaire) russe ? :

Notes sur le “coup d’Hamadan”
Analyse jeudi 18 août 2016

http://www.dedefensa.org/article/notes-sur-le-coup-dhamadan

hypothèses de guerre

Alep aux mains d'al-Qaïda pourrait devenir la capitale d'un émirat rival de Daech»

Par Alexis Feertchak Mis à jour le 12/08/2016 à 10:06 Publié le 11/08/2016 à 15:10

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/08/11/31002-20160811ARTFIG00168-alep-aux-mains-d-al-qaida-pourrait-devenir-la-capitale-d-un-emirat-rival-de-daech.php

De l'impossibilité de créer un état Kurde viable, vu qu'il n'existe pas de langue kurde unique, l'intéressante analyse de SAMIR AMIN, ou les conséquences multiples de l'influence de 5 siècles de domination de l'empire Ottoman sur la région :

SAMIR AMIN; La question kurde (aout 2016)

SAMIR  AMIN
LA QUESTION KURDE,  HIER ET AUJOURD’HUI    (Août 2016)

http://samiramin1931.blogspot.fr/2016/07/normal-0-21-false-false-false-fr-x-none_30.html

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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Ven 19 Aoû - 11:48


à propos du Kurdistan, je conseillerais, nonobstant mes critiques des épisodes précédents, la lecture de


3) Rojava

Califat et barbarie : En attendant Raqqa

Tristan Leoni, DDT21, juillet 2016

Citation :
3 / « Rojava » ?

La Syrie comprenait avant guerre plusieurs zones discontinues de peuplement kurde le long de la frontière turque : Jazira, Kobane et Afrin, trois « cantons » d’un territoire nommé par certains « Rojava », « l’ouest » en kurde, « Kurdistan occidental » par extension. La population kurde était alors évaluée entre 1,5 et 3 millions de personnes, mais beaucoup d’entre elles, peut-être même la majorité, vivaient à Alep et Damas. Une population discriminée par les Assad mais que l’alliance entre le régime syrien et le PKK (de 1979 à 1998 afin de déstabiliser la Turquie) permettait de maintenir dans le calme. Il faudra attendre 2003 pour que le PKK créé une branche syrienne, le PYD, sans grande implantation. La zone connaîtra en 2004 une importante révolte populaire contre les discriminations.

En 2011 les manifestations hostiles au régime y sont massives, et les considérations communautaires sont, contrairement à 2004, reléguées au second plan. Jouant la carte de la communautarisation le régime accorde en avril la nationalité syrienne à 150 000 Kurdes qui en étaient privés depuis 1962 et libère des militants du PYD emprisonnés. Le parti fait alors son apparition dans le nord de la Syrie, avec notamment le retour d’exil de son dirigeant Salih Muslim Muhammad gracié par Damas7. En juillet, le régime retire militaires et policiers des trois cantons et les redéploie dans le reste du pays où ils participent à la répression. Le parti kurde prend alors possession, sans violence, des localités et bâtiments abandonnées. Dans ces zones, la contestation anti-Assad et pro-démocratique prend aussitôt fin8 et le PYD commence l’application de son programme, le « confédéralisme démocratique »9.

Trois ans plus tard, grâce à la médiatique bataille de Kobane, une partie de l’extrême gauche et des anarchistes français découvre le Rojava. Selon une logique militante déjà vue (Algérie, Nicaragua ou Chiapas), ils y détectent une réelle ou potentielle révolution et se lancent dans un soutien exalté. Ce processus n’est pourtant que la version postmoderne d’un banal mouvement de libération nationale, avec ses inévitables tares, mais visant ici à l’instauration d’une démocratie de type occidental mâtinée de participation citoyenne. Le PYD ne s’y trompe pas et cherche plutôt un soutien social-démocrate (PS, PC ou EELV pour la France). Une de ses particularités aura été de jouer sur la fibre féministe des Occidentaux en mettant systématiquement en avant, pour les journalistes, des femmes combattantes (qui, un œil attentif le remarquera, sont en réalité très rares en première ligne).

Nous ne reviendrons pas ici sur le caractère bien peu libertaire de ce parti et du régime du Rojava, ni sur ce prétendu processus révolutionnaire, les critiques ont été nombreuses10. La mode du Rojava est retombée mais a fait des dégâts en milieu militant11. Il est par exemple malaisé de dénoncer aujourd’hui l’impérialisme américain alors que l’on réclamait hier le soutien de l’OTAN aux YPG… Actuellement, mis à part un projet d’usine de compost bio, les infos provenant du Rojava sont surtout d’ordre militaire ou policier, et si quelques dizaines de maoïstes européens se battent encore dans les rangs des YPG, ils le font aux côtés de centaines de soldats américains des forces spéciales.

Le PYD a savamment profité du conflit syrien pour réaliser ses propres objectifs : réunir les trois cantons jusque-là séparés par des zones de peuplement arabe (parfois sciemment « arabisées » dans les années 1970) ou turkmène. Cela a permis au parti de devenir le partenaire incontournable des puissances impliquées dans le conflit car son projet s’accorde avec leur volonté d’en finir avec le Califat. Après le soutien de Washington, il a trouvé celui de Moscou où il a d’ailleurs ouvert ses premiers bureaux « diplomatiques » (puis à Prague, Berlin, Paris, etc.). Les YPG, qui comptent selon les estimations entre 5 000 et 50 000 combattants ( ! ), sont devenus les fameuses « troupes au sol » qu’aucun pays ne voulait déployer.

Pour convaincre le PYD de participer à la prise de la capitale de l’EI, les États-Unis ont dû promettre d’aider (militairement et diplomatiquement) à la réunification des trois cantons. Un accord a été conclu en octobre 2015 avec la création d’une nouvelle coalition militaire arabo-kurde, les Forces démocratiques syriennes (FDS), au sein desquelles les YPG représentent 75 à 80 % des combattants. Il est en effet plus seyant de soutenir une telle coalition que le parti frère du PKK classé « terroriste » par la « communauté internationale ». La participation de supplétifs arabes et syriaques est d’ailleurs une nécessité pour s’emparer de zone non-kurdes et surtout de Raqqa, dont les 300 000 habitants ne voient pas forcément d’un bon œil l’arrivée de troupes kurdes. Début 2016, l’opération devient urgente car plus au sud c’est l’AAS qui se rapproche de la ville. Les États-Unis ont donc déployé 500 hommes qui participent aux combats aux côtés des YPG-FDS. Vu le poids économique et symbolique de la ville, il n’est pas indifférent qu’elle tombe aux mains de pro-Russes ou des pro-Américains.

A l’ouest, en février 2016, les YPG participent à l’offensive lancée par l’AAS et le Hezbollah au nord d’Alep contre plusieurs groupes « rebelles » dont Al-Nosrah afin de couper le stratégique corridor d’Azaz. L’opération est menée avec le soutien de l’aviation russe et l’aval des États-Unis12. Plus au sud, où le prétexte d’unifier les cantons ne peut être invoqué, les YPG aident à plusieurs reprises les troupes d’Assad à parachever l’encerclement des quartiers « rebelles » d’Alep où vivent encore 200 000 habitants.

La collaboration entre les YPG et l’AAS n’est pas surprenante car la relation ambiguë entre l’administration de Damas et celle du Rojava remonte on l’a vu à 2011. Certains membres de l’opposition syrienne extérieure, y compris d’autres organisations kurdes, considérent même tout bonnement le PYD comme un représentant du régime d’Assad. Ce qui caractérise le rapport YPG/AAS depuis le début de la guerre c’est avant tout une coexistence pacifique profitable à leurs agendas respectifs. Mais tout comme l’alliance passée entre Afez el Assad et le PKK, celle entre Bachar el Assad et le PYD reste de circonstance et pourrait être brutalement rompue (d’autant qu’une partie des groupes rebelles sunnites qui ont rallié les FDS sont opposés à Assad). On le voit bien à Hasakeh et Qamishli, deux enclaves loyalistes au cœur du Rojava où checkpoints et combattants des deux camps se côtoient et où, depuis 2011 plusieurs accrochages ont eu lieu13. Les YPG auraient les moyens de s’en emparer mais la présence du régime sert leurs intérêts, l’aéroport de Qamishli assurant par exemple une liaison aérienne régulière entre le Rojava et le reste de la Syrie, permettant ainsi aux classes moyennes de la région (Kurdes et Arabes) de se rendre à Damas puis en zone loyaliste pour affaires, études, soins médicaux ou autres14. La conquête de ces deux villes par les YPG n’aura donc lieu qu’à la toute fin du conflit.

On ne sait plus trop aujourd’hui s’il faut encore parler du « Rojava » puisque à l’administration des trois cantons par le le PYD, a succédé en mars une simple « Région du Nord de la Syrie » autonome, aux contours flous et extensibles. Il s’agit d’apaiser les populations arabes ou chrétiennes pour qui l’hégémonie du PYD devient irritante (certaines localités arabes, comme Tell Abyad, ayant mal supporté leur rattachement à l’administration du canton de Kobane)15. Ce qui se profile c’est la création d’une région (de fait) autonome dans le nord de la Syrie, le long de la frontière turque, politiquement dominée par le PYD mais sous la protection militaire des États-Unis. Ces derniers ont sans doute promis à leur allié turc que cette région ne porterait pas le nom de… « Kurdistan ».


notes (liens des textes dans l'original)

7 Christophe Ayad, « Les Kurdes syriens profitent de la guerre pour faire avancer leurs revendications », Le Monde, 25 septembre 2012,

8 Dans ces zones ainsi que dans le quartier kurde d’Alep, le PYD aurait lui-même réprimé les manifestants, information récemment confirmée dans Adam Baczko, Gilles Dorronsoro, Arthur Quesnay, Syrie. Anatomie d’une guerre civile, CNRS éditions, 2016, p. 87.

9 Même les partisans les plus convaincus du PYD doivent reconnaître qu’il s’agit là d’une « injonction par le haut » et « pas le fruit d’un élan populaire spontané ». Cf. Mathieu Léonard, « Le Kurdistan, nouvelle utopie », Le Crieur, n° 4, juin 2016, p. 130-134.

10 On lira entre autres « « J’ai vu le futur, et ça fonctionne. » – Questions critiques pour les partisans de la révolution au Rojava », mai 2015.

11 Lire la Lettre à des amis « rojavistes », TKGV, mai 2016.

12 Quelques jours avant l’offensive, le 31 janvier 2016, l’envoyé spécial du président Barack Obama, Brett Mc Gurk, visitait Kobane et rencontrait les responsables du PYD et des YPG.

13 Dernier en date en mars 2016 : des heurts entre policiers kurdes et miliciens pro-Assad à un checkpoint dégénèrent en trois jours de combats, temps nécessaire pour que la tension redescende et que les officiers de chaque camp reprennent le contrôle de leurs troupes. L’arrivée d’officiers supérieurs, notamment russes, permet d’aboutir à un cessez-le-feu dans la ville et d’ouvrir des négociations sur l’échange de prisonniers et le retour aux positions antérieures.

14 Michel Korinman (dir.), Daech. Menace sur les civilisations, L’Esprit du Temps, 2015, p. 280-281.

15 Wladimir van Wilgenburg, « Les Kurdes syriens cherchent à prendre Raqqa en s’alliant à une nouvelle force arabe », Middle East Eye, octobre 2015.


les considérations de Samin Amir concernant l'actualité de la question kurde ne sont pas inintéressantes, mais quant à sa critique des nationalismes, sur une base anti-impérialiste assez classique et quasi néo-tiers-mondiste, je ne la partage pas, tout simplement pour deux raisons :

- je ne comprends pas la situation mondiale, le "moment actuel" du capitalisme global, selon les mêmes critères que lui

- je ne vois pas clairement chez lui les articulations et antagonismes entre classes

à mon sens, le défaut principal de la plupart des textes, et ces deux n'y échappent pas malgré tout ce qu'ils peuvent dirent de pertinent, est de ne pas prendre suffisamment de hauteur pour situer ce dont ils parlent dans la totalité mondiale et du point de vue de l'histoire longue (ici malgré les rappels historiques de Samir Amin)

résultat chez Leoni, la teneur des trois parties qui suivent, 4 / Classes en ruine, 5 / Sur la route des prolétaires, et 6 / Du rêve de révolution

je partage cette affirmation : « Nous ne savons évidemment pas comment, concrètement, les prolétaires aboliront les classes, nous n’avons pas de modèle. », sans être certain que Dauvé de DDT21, car Leoni à part ces textes, connais pas, n'inscrive pas lui-même ses considérations théoriques dans un modèle, car la communisation en est un qui n'échappe pas, au-delà du seul reproche à Théorie Communiste, au déterminisme, à l'idéalisme et à l'eschatologie révolutionnaire, bien que celle-ci manque aujourd'hui de tout point d'appui

la chute (ironique ou désabusée ?) est tout de même caractéristique du mot d'ordre de troploin, "Il va falloir attendre" : « Mais peut-être un jour serons-nous à notre tour confrontés à l’apocalypse (la révélation), et prétendrons-nous à un minimum d’utilité, comme par exemple en poussant à une sortie du chaos par le haut, en tentant d’en finir avec l’État, l’armée, l’argent, le salariat, etc. Il faudra pour cela que nous ayons, au moins, des rêves un peu plus ambitieux.» Elle a même une sacrée tendance, faute de point d'ancrage de toute activité communiste au présent, à parier sur une subjectivation révolutionnaire dont on voit mal d'où elle sort sur la base de contradictions dont produire le dépassement par des luttes qui ne peuvent être que ce qu'elles sont sous nos yeux

autrement dit, et répété, dans toute théorisation communiste, il faut distinguer l'analyse du passé-présent et celle du présent-avenir, le versant historique et le versant activiste, si j'ose dire. Les présupposés sont ici bien trop forts pour que la première soit satisfaisante et la seconde acceptable

j'apprécie donc que Tristan Leoni se pose modestement la question de son utilité , compte tenu du peu d'implication que recèle ses textes, distanciés sur le mode quasi universitaire (en version EHESS, disais-je). Encore un qui est trop loin de n'avoir que ses chaînes à perdre

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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Mer 24 Aoû - 11:18

Turquie : la diversion guerrière quand la finance occidentale vous lache :

L'opération turque en Syrie vise l'EI et les milices kurdes

Citation :

Istanbul - L'opération turque en Syrie vise le groupe jihadiste Etat islamique mais aussi les milices kurdes avec pour but de mettre un terme aux problèmes à la frontière turque, a déclaré mercredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Depuis 04H00 (01H00 GMT), nos forces ont lancé une opération contre les groupes terroristes de Daech (acronyme arabe de l'EI) et du PYD (Parti de l'Union démocratique, kurde), a déclaré M. Erdogan dans un discours à Ankara.

L'armée turque, soutenue par les forces de la coalition internationale antijihadiste, a lancé avant l'aube l'opération Bouclier de l'Euphrate, avec des avions de combat et ses forces spéciales pour chasser l'EI de Jarablos, localité frontalière de la Turquie.

Une dizaine de chars turcs sont entrés en territoire syrien et tiraient en direction de positions tenues par l'EI dans la localité syrienne de Jarablos, a constaté mercredi matin un photographe de l'AFP.

http://www.romandie.com/news/Loperation-turque-en-Syrie-vise-lEI-et-les-milices-kurdes/730853.rom

La Turquie inquiète les milieux financiers

Citation :
Publié le 24/08/2016 à 04:27 par monde-antigone

Nouvelle baisse de taux en Turquie, la 6e en 6 mois Reuters, Boursorama - 23 aot 2016
http://www.boursorama.com/actualites/nouvelle-baisse-de-taux-en-turquie-la-sixieme-en-six-mois-726e6f1b72e8829890fb317fcaaf8f45

ISTANBUL - La banque centrale de Turquie a abaissé mardi son taux d'intérêt au jour le jour pour un 6e mois consécutif malgré une inflation élevée et les risques de dégradation de la note souveraine du pays. Comme prévu par les économistes interrogés par Reuters, elle a abaissé ce taux d'un quart de point, à 8,5 %. Elle a en revanche laissé son taux de refinancement à une semaine à 7,5 %. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, partisan d'une économie portée par une consommation intérieure vigoureuse, ne cesse d'appeler à un abaissement du coût du crédit. Il a menacé ce mois-ci de prendre des mesures contre les banques privées qui "iraient dans le mauvais sens" en matière de taux appliqués à leur clientèle.

La tentative de coup d'Etat du 15 juillet et les purges lancées par Recep Tayyip Erdogan à la suite de cet événement ont contribué à amplifier les incertitudes sur la situation économique en Turquie. L'agence Fitch a abaissé sa perspective de "stable" à "négative" vendredi   et Moody's a annoncé dès le 18 juillet un examen sur la note de la dette souveraine turque en vue d'une possible dégradation en catégorie spéculative ("junk").

 

La Turquie près de basculer en catégorie spéculative par Sophie Rolland Les Echos - 23 aot 2016

http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0211219923205-la-turquie-pres-de-basculer-en-categorie-speculative-2022217.php
Citation :
Le maintien de la Turquie en catégorie d'investissement ne tient plus qu'à un fil. Vendredi dernier, Fitch a confirmé la note souveraine du pays à "BBB-", le dernier échelon avant la catégorie spéculative, mais l'agence a abaissé sa perspective de "stable" à "négative". Elle souligne en particulier que la sécurité dans le pays s'est dégradée et que les attentats ont eu un impact important sur le tourisme. Elle estime aussi que « la banque centrale et les banques commerciales sont confrontées à un regain de pressions politiques sur les taux d'intérêt ». De même, Moody's devrait annoncer d'ici à mi-octobre si elle bascule la dette du pays ("Baa3", sous revue depuis le coup d'Etat raté du 15 juillet) en "junk". Quant à Standard & Poor's, elle a déjà relégué la Turquie en catégorie spéculative depuis plusieurs mois (en juillet la note a encore été abaissée de "BB+" à "BB" avec une perspective négative).

Problème: dès que la dette turque sera notée en catégorie spéculative par deux agences, elle sortira mécaniquement des grands indices émergents « investment grade » sur lesquels se calquent les investisseurs internationaux, comme l'EMBIG IG (Emerging Markets Bond Index Global Diversified Investment Grade) de JPMorgan. De quoi potentiellement entraîner des retraits de capitaux de 17 milliards de dollars sur la dette turque, selon une étude d'Axa IM publiée fin juillet. La Turquie est en effet le 3e pays le mieux représenté dans cet indice (8 % d'une capitalisation totale de plus de 200 milliards de dollars) juste derrière le Mexique et l'Indonésie.

« En fait, la plupart des ventes forcées ont déjà eu lieu, car les investisseurs ont anticipé le passage de la note de la Turquie en catégorie "high yield" dans les semaines qui ont suivi la tentative de coup d'Etat », explique Sailesh Lad, gérant de dette émergente chez Axa IM. Depuis, les marchés se sont stabilisés. Et après avoir perdu 7 % face au dollar une semaine après le coup d'Etat, la livre turque a repris 5 %. « Au vu des rendements offerts [environ 10 %, NDLR] , la dette turque reste attrayante pour les investisseurs internationaux, même lorsqu'on la compare à des obligations souveraines moins bien notées », souligne Sailesh Lad.

Les milieux d'affaires et les dirigeants turcs ont toutefois quelques raisons de s'inquiéter. Le déficit courant s'est réduit, mais le pays reste vulnérable à la volatilité des capitaux extérieurs, sur lesquels repose le financement de l'économie. Environ 40 % des prêts contractés par les entreprises turques sont libellés en devises étrangères. La Turquie devrait en outre renouveler plus de 40 % de sa dette extérieure ces douze prochains mois.

La Turquie inquiète les milieux financiers par Thomas Thöni La Tribune de Genève - 22 jul 2016

http://www.tdg.ch/economie/argentfinances/La-Turquie-inquiete-les-milieux-financiers/story/25072356
Citation :
ZURICH - (...) En plus de l’évolution des marchés, c’est la stabilité financière du pays qui inquiète dans son ensemble. S&P a abaissé mercredi sa note de crédit sur les emprunts de la Turquie libellés en monnaie étrangère et nationale. Pour l’agence de notation américaine, « la polarisation du paysage politique de la Turquie a encore davantage érodé ses garde-fous institutionnels ».

L’agence de notation américaine a aussi fait savoir que « le risque à propos de la capacité de la Turquie à refinancer sa dette extérieure a augmenté ». Dans les 12 mois à venir, le pays devra renouveler la moitié de sa dette contractée auprès de ses créanciers extérieurs. Il ne s’agit pas d’une paille, puisque S&P parle de 170 milliards de dollars, ce qui correspond au quart de la richesse créée annuellement par cette nation.

La capacité de la Turquie à honorer ses factures courantes se pose également. « Ses réserves de 32 milliards de dollars ne lui permettent de couvrir que 2 mois de paiements courants, un matelas limité pour déjouer les pressions extérieure s», s’inquiète l’agence de notation. Seul point positif à ce sombre tableau, l’agence de notation a indiqué que « les 2/3 de la dette gouvernementale sont libellés en devise locale et à taux fixe, ce qui devrait en partie limiter la vulnérabilité du pays aux secousses venant de l’extérieur ».

Le FMI a voulu, lui, se montrer rassurant et a lancé un appel à « préserver » les institutions démocratiques en Turquie. « Le pilier des progrès économiques du pays », selon son économiste en chef, Maurice Obstfeld, lors de la publication des nouvelles prévisions du fonds mardi. Après avoir constaté une période de volatilité sur les marchés financiers, le FMI a salué la réaction des autorités financières turques qui a permis un retour à la normale. (...)

La Banque centrale turque indiquait pour sa part en début de semaine qu’elle abaissait ses conditions d’octroi de crédit à court terme pour que les banques turques ne souffrent pas d’un assèchement de liquidités et qu’elles continuent à se prêter de l’argent entre elles. L’institut d’émission turc n’a par contre pas voulu reculer le taux d’intérêt directeur – ce qui permettrait de soutenir l’économie générale du pays – de peur que cela ne favorise encore plus l’inflation, qui atteint déjà 7 %. (...)

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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Mer 24 Aoû - 12:06


et alors, en quoi l'inquiétude des marchés financiers, dont c'est le métier de s'inquiéter des intérêts capitalistes, nous aide-t-elle à comprendre ce qui se passe en Turquie, et comment cela affecte le moment présent du capitalisme ?

les imports d'articles et documents sont certes des matériaux de base pour les analyses que nous proposons, mais quant à moi, soit je les commente explicitement, soit ils se comprennent relativement à la ligne générale de ce forum

concernant tes messages, vlad2, je ne saisis pas bien ce que tu veux signifier et je reconnais que chaque fois que tu exprimes ton avis, je trouve le moyen d'exprimer un désaccord

mais bon, je vois que tu es de bonne composition, et cela nous fait des infos sans parler du plaisir de tes visites, alors que dire ? Continue, et bonne journée !

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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Ven 26 Aoû - 17:34


ERDOGAN REUSSIT SON COUP DE POKER OPPORTUNISTE !

Par Luc Michel. Pour EODE Think Tank/GEOPOLITIQUE/ 2016 08 24. Pour  http://www.les7duquebec.com 25 août 2016

Titre original : QUEL SOI-DISANT « RAPPROCHEMENT TURCO-RUSSE » ? ERDOGAN REUSSIT SON COUP DE POKER OPPORTUNISTE ! EODE - GEOPOL Erdogan joue et gagne (2016 08 24) FR


Citation :
TURQUIE – SYRIE – NORD-KURDISTAN.  LA TURQUIE A OBTENU CE QUE VOULAIT ERDOGAN, L’ACCORD DES USA ET DE L’OTAN POUR ECRASER LES KURDES DU PY …

Lorsque je parle de « gesticulations diplomatiques opportunistes » à propos des critiques d’Erdogan contre les USA et du soi-disant « rapprochement avec la Russie » avancée par les « géopolitologues de l’émotion immédiate » (Qui est tout sauf de la géopolitique), je défend une double thèse :

* Thèse 1. L’orientation géopolitique de la Turquie d’Erdogan, qui se veut néo-ottomane, reste et restera atlantiste, car ce projet néo-ottoman ne peut se faire au Proche-Orient et en Asie centrale que contre le projet eurasiste russe (là situation était géopolitiquement similaire à la fin de la première guerre mondiale, où Turcs pantouranistes d’Enver Pacha (1) et bolchéviques s’opposèrent au nom de deux visions géopolitiques antagonistes (2) ;

* Thèse 2. La diplomatie d’Erdogan (car c’est bien d’un pouvoir personnel qu’il s’agit) n’est ni atlantiste ni eurasiste (sic), elle est foncièrement opportuniste.

Le but de ces gesticulations était évident et Erdogan vient de l’obtenir en quelques semaines :

la Turquie vient en effet d’obtenir ce que voulait le chef de l’AKP, l’accord des USA et de l’OTAN pour écraser les kurdes du PYD sur la frontière nord de la Syrie … « Des chars turcs sont entrés en Syrie pour combattre l’EI et les milices kurdes », nous informe ce matin l’AFP !

OFFENSIVE TURQUE DANS LE NORD-SYRIEN AVEC LA BENEDICTION DE WASHINGTON QUI LACHE SES ALLIES KURDES

« L’intervention militaire de la Turquie en Syrie est une violation flagrante de la souveraineté du pays », a dénoncé mercredi le ministère syrien des Affaires étrangères, quelques heures après le début d’une opération turque à la frontière.

L’armée turque, soutenue par les forces de la coalition internationale antidjihadiste (USA, OTAN, monarchies arabes : où est le « ralliement turc à la russie » des mauvais analystes ?), a lancé une opération mercredi avant l’aube en Syrie avec des avions de combat et ses forces spéciales pour chasser le groupe Etat islamique (EI) de Jarablos, frontalière de la Turquie. Baptisée « Bouclier de l’Euphrate », l’opération a pour but de « mettre un terme aux problèmes à la frontière turque » et vise non seulement l’EI mais aussi les milices kurdes, a affirmé le président turc Recep Tayyip Erdogan.

L’Armée turque est appuyée par des « rebelles syriens » (sans aucun doute les alliés de la Coalition liés à al-Qaida en Syrie, comme « l’Armée de la reconquête », wahabite, ex Jabat al-Nosra) ! On comprend la colère de Damas et surtout on voit ce que vaut la thèse infondée du « ralliement de la Turquie à la Russie » (resic). En fin de matinée, Ces « rebelles syriens », djihadistes pro-occidentaux, lancés contre les djihadistes de Daech et les laïques kurdes du PYD,  et soutenus par Ankara, « sont entrés à 3 km à l’intérieur du territoire syrien », a annoncé l’agence turque Anadolu.

« Une dizaine de chars turcs sont aussi entrés en Syrie et tiraient en direction de positions tenues par l’EI dans la localité syrienne de Jarablos », a constaté un photographe de l’AFP à Karkamis, petite ville turque de l’autre côté de la frontière évacuée la veille. « Depuis 04H00 (01H00 GMT, 03H00 en Belgique), notre armée a lancé une opération contre les groupes terroristes Daech (acronyme arabe de l’EI) et le PYD (Parti de l’Union démocratique – kurde) qui menacent notre pays dans le nord de la Syrie », a déclaré M. Erdogan. « La Turquie ne tolérera aucun fait accompli en Syrie », a encore dit le chef de l’Etat dans un discours à Ankara.

ERDOGAN REUSSIT SON COUP DE POKER ET ALIGNE USA ET OTAN SUR SES BUTS GEOPOLITIQUES

La Turquie considère l’EI et le PYD comme des organisations terroristes et les combat alors que son allié américain soutenait, au grand dam d’Ankara, les Kurdes, qui ont fait reculer les djihadistes sur le terrain en Syrie. Les « gesticulations diplomatiques » et le chantage envers les USA et l’OTAN (le soi-disant « rapprochement avec la Russie ») ont été payant et Erdogan s’est à nouveau montré comme un grand joueur de poker : la Coalition menée par Washington l’offensive soutient l’offensive en Syrie du Nord. Et les kurdes découvrent à leur tour ce que valent le soutien et la parole des Etats-Unis !

On attend aussi avec amusement les commentaires de la presse russe (en particulier de la presse d’état), qui s’est fait trop vite une joie du soi-disant « rapprochement de la Turquie avec la Russie », et qui voue un véritable culte aux milices kurdes ?

« Seuls les combattants de l’EI sont présents à Jarablos, mais Ankara craint de voir les combattants kurdes arriver jusqu’à la localité proche de sa frontière », commente l’AFP. Ankara avait annoncé au cours du week-end « vouloir jouer un rôle plus actif en Syrie » (sic) et cette opération est la plus ambitieuse de la Turquie depuis le début du conflit syrien il y a cinq ans et demi. « Je pense que cette menace sera éradiquée dans un court délai », a déclaré le ministre de l’Intérieur Efkan Ala, laissant entrevoir une opération militaire rapide.

Symbole fort, cette offensive, soutenue par l’aviation de la Coalition et des USA, se déroule le jour où le vice-président américain Joe Biden est arrivé à Ankara où il doit rencontrer le Premier ministre Binali Yildirim, puis le président Erdogan pour des entretiens notamment sur la crise syrienne, à un moment où Erdogan pratique un chantage sans nuances.

Ce mercredi, « des F-16 turcs et des avions de la coalition ont largué des bombes sur des sites djihadistes à Jarablos, pour la première fois depuis la destruction en novembre 2015 par la chasse turque d’un avion de combat russe au-dessus de la frontière turco-syrienne », selon la télévision. La localité de 30.000 habitants – dont beaucoup de Turcomans, minorité turcophone de Syrie, sur laquelle Ankara entend s’appuyer pour intervenir – est le dernier point de passage contrôlé par l’EI à la frontière turco-syrienne.

Après avoir été longtemps accusée avec raison de complaisance à l’égard des combattants djihadistes, la Turquie affirme désormais qu’elle a pour objectif d’éradiquer l’EI, dont les attentats sanglants frappent désormais la Turquie. Mais la Turquie est surtout soucieuse d’empêcher l’avancée des Forces démocratiques syriennes (FDS) de Minbej vers Jarablos et ne veut pas que les Kurdes du PYD (l’armée du PKK en Syrie) se positionnent davantage à la frontière. Les FDS sont une alliance de combattants kurdes et de groupes armés arabes luttant contre l’EI. « Ankara voit avec anxiété toute tentative des Kurdes de Syrie de créer une unité territoriale autonome le long de sa frontière » précise les experts. Saleh Muslim, le coprésident du PYD, a vivement dénoncé l’opération sur son compte Twitter : « La Turquie dans le bourbier syrien, sera vaincue comme Daech ». C’est oublier la participation de Washington à l’opération turque actuelle.

« Après le départ d’Ahmet Davutoglu (ancien Premier ministre), l’architecte de la politique étrangère turque cette dernière décennie, Ankara a recalibré sa politique syrienne en empêchant l’avancée du PYD kurde », a estimé Soner Cagaptay, analyste pour la Turquie au Washington Institute. Ce qui revient pour Ankara à privilégier un objectif géopolitique fondamental et à lâcher ses objectifs idéologiques secondaires. Davutoglu a en fait servi de fusible. La situation en Syrie, comme la question de l’extradition de l’ex-imam Fethullah Gülen, exilé aux Etat-Unis, que les autorités turques désignent comme « le cerveau du putsch avorté du 15 juillet en Turquie » (sic), doivent figurer à l’ordre du jour des discussions du vice-président américain à Ankara. Celui-ci a entamé son passage éclair dans le pays par une visite du parlement bombardé par les putschistes.

MAIS CE N’EST PAS TOUT : CETTE TURQUIE SOI-DISANT DEVENUE « EURASISTE » VEUT INTÉGRER L’UNION EUROPÉENNE D’ICI 2023

« Ankara ambitionne de rejoindre l’Union européenne d’ici 2023 », a en effet déclaré ce 19 août Selim Yenel, l’ambassadeur turc auprès de l’UE lors d’un entretien accordé au quotidien allemand DIE WELT. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a toutefois prévenu que « le pays était loin d’être prêt ». « Cette date marquera le 100e anniversaire de la fondation de la République turque, a souligné le diplomate. Ce serait une consécration pour mon pays d’en devenir membre à ce moment-là. » « Un statut de membre à part entière est très important pour la Turquie, a-t-il ajouté. A long terme, la perspective de ne pas être admis dans l’Union est inacceptable ».

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a toutefois précisé que « les négociations entre la Turquie et les États membres de l’UE devrait prendre plusieurs années » dans une interview donnée quotidien autrichien TIROLER TAGESZEITUNG jeudi dernier. Il a indiqué que « la Turquie ne devrait pas rejoindre l’UE bientôt parce que le pays ne remplit tout simplement pas les conditions. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas arrêter les négociations », a-t-il ajouté. « Nous ne sommes pas seulement en discussion avec (le président turc Recep Tayyip) Erdogan et son gouvernement, mais nous visons une solution globale qui bénéficiera au peuple turc ». L’Autriche, en tête de la Turcophobie dans l’UE, avait appelé à « la fin des négociations avec Ankara pour rejoindre l’UE en raison de l’absence de normes démocratiques » à la suite du coup d’État raté le mois dernier. Mais « la demande a été peu soutenue lors d’une rencontre des ambassadeurs de l’UE cette semaine », ont indiqué les diplomates. La Turquie est officiellement candidate à l’Union européenne depuis 1999. Mais le dossier est ouvert depuis le début des Années 80. L’UE, qui est de facto un « club chrétien » (lire les anciens présidents français Giscard d’Estaing et Sarkozy) et singulièrement catholique, lanterne Ankara depuis des décenies.

Mais ironie de l’histoire, alors que Bruxelles a toujours rejeté la Turquie kémaliste et laïque, au destin européen assumé, elle a tissé une alliance politique étroite avec Erdogan. Précisément entre les islamo-conservateurs néo-ottoman de l’AKP (proche des Frères Musulmans) et la Démocratie-chrétienne pilier fondateur de l’UE. L’AKP est en effet membre observateur … du PPE, le « Parti populaire européen » qui unit les partis démocrates-chrétiens de l’UE (CDU-CSU, CDH et CDNV belges, etc) ! Angela Merkel vient de qualifier le lien entre l’Allemagne et la Turquie de « spécial », malgré les récentes tensions entre les deux pays. « Ce qui rend la relation germano-turque si spéciale est que plus de 3 millions de personnes d’origine turque vivent en Allemagne », a-t-elle précisé au groupe médiatique REDAKTIONSNETZWERK DEUTSCHLAND. Binationaux (l’électorat étant cadenassé par le contrôle des associations turques exercé par l’AKP en alliance avec les « Loups gris » d’extrême-droite), ils y votent et sont un enjeu de politique intérieure. La situation est la même en Belgique, singulièrement en région de Bruxelles-Capitale …

MAIS EURASISME ET UNION EUROPEENNE SONT DEUX PROJETS EUROPEENS RIVAUX ET INCOMPATIBLES A COURT TERME

J’ai publié en décembre 2006 la première version de mes « Thèses géopolitiques sur la ‘Seconde Europe’ unifiée par Moscou » (3). Analyse révolutionnaire qui renouvelait la vision géopolitique, mais aussi idéologique, des rapports Est-Ouest entre la Russie et ses alliés, et aussi la vision de la nature géopolitique de l’Union Européenne. Idée centrale, idée-force : L’Europe ne se limite pas à l’Union européenne ! Ni même aux états qui lui sont maintenant associés, comme la Moldavie ou la Serbie. La Russie, qui a retrouvé son indépendance avec Vladimir Poutine est aussi l’Europe ! Une SECONDE EUROPE, une AUTRE EUROPE eurasiatique se dresse désormais à Moscou face à l’Europe atlantiste de Bruxelles. Depuis il y a eu le « Discours de Valdai » de Poutine lui-même (4) …

Cette analyse se situe directement dans la perspective des thèses et des analyses développées entre 1982 et 1991 par les théoriciens de l’« Ecole de Géopolitique euro-soviétique » (Thiriart-Cuadrado Costa-Luc Michel) (5) – d’où est aussi issu après 1991 le « néo-Eurasisme russe » (6) (avec bien des déviations) – , qui prônait une unification européenne d’Est en Ouest. Une Grande-Europe de Vladivostok à Reykjavik, déjà autour de Moscou. Mes Thèses de 2006 actualisent les analyses « euro-soviétiques » après la disparition de l’URSS. Dès 1983, j’affirmais « La Russie c’est aussi l’Europe »…

Ce long détour pour faire comprendre que le projet eurasiste (ou Grande-Europe de Vladivostok à Reykjavik) et l’UE (petite-europe de Bruxelles et Berlin) sont deux visions antagonistes de l’avenir du continent eurasiatique. L’UE représentant par sa sujétion aux USA va l’OTAN la trahison même du projet européiste. Aujourd’hui en 2016, on ne peut plus être à la fois partisan de l’UE et soutenir le projet néoeurasien de Moscou. Par la voix de son ambassadeur à Bruxelles la turquie d’Erdogan a fait son choix. Et ce n’est pas celui du projet russe !

LUC MICHEL / EODE THINK TANK


NOTES ET RENVOIS :

(1) Membre du Comité Union et Progrès (CUP), aussi appelé Mouvement Jeune-Turc. Ce mouvement, qui naît et se développe dans les écoles supérieures militaires de Constantinople, prône le retour à la constitution ottomane de 1876 abolie par le sultan Abdulhamid II et critique la politique servile de ce dernier à l’égard des occidentaux. En 1908 éclate la révolution jeune-turque à Salonique et Enver devient très rapidement un des leaders du mouvement qui parvient à renverser le sultan et installer la seconde ère constitutionnelle de l’Empire Ottoman. Très proche de l’Allemagne où il a étudié et où il retourne très régulièrement, il est l’un des artisans du rapprochement germano-ottoman et de la réforme de l’armée turque sur le modèle allemand.

Devant la défaite des jeunes-turcs aux élections de 1912 au profit de l’Union Libérale et encouragé par le discrédit du nouveau gouvernement à la suite de la crise des Balkans, Enver décide de prendre le pouvoir par la force. Il prend violemment d’assaut la Sublime Porte, le siège du gouvernement turc, et installe un triumvirat dont il fait partie à la tête de l’Empire. Il est de fait le seul maître du pays, n’accorde que très peu d’intérêt au Parlement et exécute ses opposants politique. Auréolé de ses victoires en Tripolitaine (guerre Italie-Empire ottoman) et en Bulgarie (guerres balkaniques), juste avant la première guerre mondiale, lié politiquement à une Allemagne qu’il admire (c’est l’époque des grands projets géopolitiques de l’Allemagne de Guillaume II au Proche-Orient), Enver choisit naturellement l’alliance des puissances centrales lorsque le premier conflit mondiale éclate.

A la fin de la guerre, poursuivi pour le génocide arménien, il prend la fuite en l’Allemagne puis en Asie Centrale où il essaie de faire renaître son rêve de toujours : le Panturquisme (ou Pantouranisme). En s’appuyant sur les turcophones d’Asie Centrale il tente d’établir un Turkestan indépendant en s’alliant avec l’URSS contre des rebelles locaux, puis en se retournant contre les soviétiques. Il meurt le 4 août 1922 dans une bataille contre l’Armée Rouge dans l’actuel Tadjikistan, après quelques succès militaires. En 1996 sa dépouille est rapportée à Istanbul, où elle repose depuis.

(2) Contrairemant à ce qu’avancent les eurasistes russes de droite, le Pantouranisme n’est pas une version turque de l’Eurasisme, mais un projet géopolitique opposé, celui d’un empire turc en Asie centrale et au Caucase qui empêcherait par son existence même toute unification eurasiatique. Le combat d’Enver Pacha perdu contre les bolchéviques qui entendaient restaurer de facto l’empire russe (selon la vision de Staline qui annonce déjà la « Troisième Rome nationale-bolchévique » de la fin des Années 20) s’inscrit dans l’opposition fondamentale entre les deux projets géopolitiques. Les rêveries ésotériques et mystiques orientales, dont les eurasistes russes de droite ont encombré la géopolitique néo-eurasiste, celle de Thiriart, expliquent cette incompréhension fondamentale du Pantouranisme.

(3) Cfr. Luc MICHEL, EODE THINK TANK/ GEOPOLITIQUE / THESES SUR LA « SECONDE EUROPE » UNIFIEE PAR MOSCOU
sur http://www.eode.org/eode-think-tank-geopolitique-theses-sur-la-seconde-europe-unifiee-par-moscou/


(4) Voir sur EODE-TV :

EODE-TV & AFRIQUE MEDIA/ LE GRAND JEU (3) : POUTINE A VALDAI DECRYPTE

Coproduction Luc MICHEL – EODE-TV – Afrique Media

Sur https://vimeo.com/111845727

Luc MICHEL, décrypte la façon dont le Président russe Poutine conçoit la Géopolitique mondiale vue d’Eurasie. Il nous explique aussi d’où viennent les concepts géopolitiques derrière la vision russe du Monde et ses implications. Il aborder ce dossier au travers du grand discours de géopolitique que le Président Poutine a livré au Club Valdai, à Sotchi, ce 25 octobre 2014 …

(5) Au début des Années 80, THIRIART fonde avec José QUADRADO COSTA et moi-même l’« Ecole de géopolitique euro-soviétique » où il prône une unification continentale de Vladivostok à Reykjavik sur le thème de « l’Empire euro-soviétique » et sur base de critères géopolitiques.

Théoricien de l’Europe unitaire, THIRIART a été largement étudié aux Etats-Unis, où des institutions universitaires comme le « Hoover Institute » ou l’ « Ambassador College » (Pasadena) disposent de fonds d’archives le concernant. Ce sont ses thèses antiaméricaines « retournées » que reprend largement BRZEZINSKI, définissant au bénéfice des USA ce que THIRIART concevait pour l’unité continentale eurasienne.


Sur l’Ecole de géopolitique euro-soviétique, cfr. :

* José CUADRADO COSTA, Luc MICHEL et Jean THIRIART, TEXTES EURO-SOVIETIQUES, Ed. MACHIAVEL, 2 vol. Charleroi, 1984 ;

* Version russe : Жозе КУАДРАДО КОСТА, Люк МИШЕЛЬ и Жан ТИРИАР, ЕВРО-СОВЕТСКИЕ ТЕКСТЫ, Ed. MACHIAVEL, 2 vol., Charleroi, 1984.

Ce recueil de textes fut édité en langues française, néerlandaise, espagnole, italienne, anglaise et russe.

* Et : Жан ТИРИАР, « Евро-советская империя от Владивостока до Дублина », in ЗАВТРА ЛИ ТРЕТЬЯ МИРОВАЯ ВОЙНА ? КТО УГРОЖАЕТ МИРУ ?, n° spécial en langue russe de la revue CONSCIENCE EUROPEENNE, Charleroi, n° spécial, décembre 1984.

(6) Cfr.

* PCN-TIMELINE / IDEOLOGIE / 1984 : LE PCN REINVENTE L’‘EURASISME’ MODERNE

http://www.lucmichel.net/2014/05/30/pcn-timeline-ideologie-1984-le-pcn-reinvente-leurasisme-moderne/

* Et PCN-SPO / L’EURASIE EST UNE IDEE EN MARCHE. MAIS QUI PARLAIT DE L’EURASIE ET DE L’EURASISME IL Y A 30 ANS ?

http://www.lucmichel.net/2014/05/31/pcn-spo-leurasie-est-une-idee-en-marche-mais-qui-parlait-de-leurasie-et-de-leurasisme-il-y-a-30-ans/


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