PATLOTCH / COMMUNISME / un ART de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES, ÉCOLOGISTES... et POÉTIQUES !
 
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 TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...

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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Jeu 21 Juil - 15:35

C'est peut etre la situation géographique de la Turquie qui surdétèrmine le tout comme l'indique bien le titre de la page TURQUIE KURDISTAN SYRIE ? L'équilibre instable de la région est rompu...

Poutine apprenti sorcier ? ou le pacte secret des autocrates ,alors que les touristes russes sont priés de ne pas se rendre en Turquie pour l'instant

Turquie d'aprés : Etat d'urgence ou état de siège sur l'ensemble du pays ?

Erdogan, a annoncé l’instauration de l’état d’urgence pour une durée de trois mois, après la tentative avortée de coup d’Etat du 15 juillet qui a conduit Ankara à des purges massives au sein de l’armée, de la police, de l’administration et de l’éducation nationale.

Quelque 60.000 soldats, policiers, juges, fonctionnaires et enseignants ont été suspendus, arrêtés ou mis en examen depuis vendredi. Chiffres qui oublient les dizaines de milliers de tués, emprisonnés, déplacés,déportés dans l'ouest du pays, depuis des années….etc dont cette page se fait l'echo...

Sputnik dit :

Citation :
La Turquie suspend la Convention européenne des droits de l'homme

14:33 21.07.2016(mis à jour 14:35 21.07.2016) URL courte

Suite à la tentative de coup d'Etat qui a frappé le pays la semaine dernière, la Turquie s'apprête à suspendre temporairement l'application de la Convention européenne des droits de l'homme.
Ainsi, la Turquie se voit libérer des obligations établies par la Convention, indique Hurriyet citant le vice-premier ministre turc Numan Kurtulmus.

Plus tôt dans la semaine, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré l'état d'urgence de trois mois. Par la même occasion, le gouvernement turc assure que ces décisions ne doivent pas influer sur le respect des droits et libertés fondamentaux des citoyens.
"La France a introduit elle aussi l'état d'urgence et a suspendu l'application de la Convention européenne des droits de l'homme. L'annonce de l'état d'urgence n'a pas pour cible la Convention", a déclaré M. Kurtulmus.

L'article 15 de la Convention stipule qu'en cas de guerre ou d'autres événements menaçant la vie de la nation, chaque partie peut suspendre son exécution des obligations dans la mesure nécessaire, à condition que ces mesures n'aillent pas à l'encontre de ses autres obligations dans le cadre des lois internationales.

https://fr.sputniknews.com/international/201607211026875443-turquie-convention-droit-homme/


Susam-Sokak en bon démocrate dit :

Légèreté sur France-Culture...

Citation :
Ce matin, 7h30 sur France Culture, en annonçant les titres de l'actualité, Catherine Duthu fait preuve de légèreté en disant: "La Turquie, elle aussi, vient d'adopter l'état d'urgence".

Deux légèretés dans cette courte phrase:

1° "La Turquie (...) vient d'adopter l'état d'urgence" : la Turquie fonctionne avec pire que l'état d'urgence, c'est le régime de couvre-feu imposé à de nombreuses villes du sud est, couvre-feu, blocus, suivis de meurtres de masses, assassinats, exécutions extra-judiciaires, destruction de quartiers entiers. Cela depuis un an. Il conviendrait de rappeler, quand on est une professionnelle de l'information, que l'état d'urgence adopté n'est qu'un pas de plus dans la répression exceptionnellement grave qui est en cours, y compris dans l'Ouest du pays, depuis 2009 et surtout 2011, et qui a particulièrement frappé les collègues turcs et kurdes de Catherine Duthu. L'état d'urgence en Turquie n'est pas le début de quelque chose, c'est l'accomplissement d'un processus.

2° "La Turquie, elle aussi..." Allusion évidente, dans ce "elle aussi", à l'adoption de l'état d'urgence en France. Ceci infère que l'état d'urgence turc est comparable à ce que nous connaissons en France. Je ne veux absolument pas minimiser l'état d'urgence en France, mesure gravissime, liberticide, tout autant que démagogique, contre laquelle il faut s'insurger. Mais quelle comparaison absurde !

Avons-nous vu, en France, 6000 arrestations, des lynchages, 60000 mises à pied de fonctionnaires, en trois jours et avant même l'adoption de l'état d'urgence? Heureusement, ce "rappel des titres" était suivi par un magnifique entretien d'Olivia Gesbert avec Michel Tubiana, président d'honneur de la LDH.

http://www.susam-sokak.fr/2016/07/legerete-sur-france-culture-ce-matin-7h30-sur-france-culture-en.html


L'épuration ethnique (Kurdes, Alevis etc) accélérée et institutionnalisée :

Thierry Meyssan dit : Manipulation en Turquie

Citation :
Mondialisation.ca, 20 juillet 2016 El-Watan

Le président Erdoğan est issu de la Millî Görüş, une milice islamiste qui soutenait les jihadistes en Russie dans les années 90 et ourdit un coup d’État en 1999.

En 2003, Recep Tayyip Erdoğan est devenu Premier ministre d’un État membre de l’Otan.

En 2011, le gouvernement Erdoğan a signé un traité secret avec la France l’impliquant dans les guerres contre la Libye et la Syrie en échange du « droit » d’expulser sa population kurde vers un État qui serait créé pour l’occasion.

En 2012, le président Erdoğan a pris la succession du prince Bandar bin Sultan dans la coordination des réseaux jihadistes.

En 2013, le président Erdoğan a pris la succession de l’émir Hamad du Qatar dans le parrainage des Frères musulmans. Puis, il a installé à Izmir le Commandement joint des forces terrestres de l’Otan, le LandCom, qui coordonne la guerre contre la Syrie.

En 2014, le gouvernement Erdoğan a participé à la transformation de l’Émirat islamique en Irak en lui apportant les 80 000 combattants de la confrérie irakienne des Naqchbandis —qui avait créé la Millî Görüş turque—….

http://www.mondialisation.ca/manipulation-en-turquie/5536825


Incirlink toujours encerclée et rumeurs d'intervention US

dedefensa dit :

Citation :
Le sort de la base d’Incirlink (USA & OTAN) est un enjeu particulièrement important dans la crise actuelle en Turquie, et enjeu sur lequel diverses informations en général très vagues et contradictoires ont circulé.

Le site DEBKAFiles, proche des services de sécurité israélien, est, lui, catégorique : il écrit qu’Incirlink est effectivement encerclé, coupé du reste de la Turquie, et dans une situation de pression précaire avec bien entendu interdiction de vol d’avions US et autres. Cela va par exemple complètement contre les communiqués rassurants du Pentagone, dès le lendemain du putsch avorté, qui s’avèrent à cette lumière un exemple de désinformation bureaucratique.

C’est une situation extraordinaire et sans précédent pour une base US à l’étranger, qui fait partie d’un réseau général et global d’autour d’un  millier de bases affirmant l’hégémonie mondiale et bureaucratique des forces militaires US, selon une situation considérée en général comme sacro-sainte dans les conceptions et la psychologie US. Dans ce réseau de bases, Incirlink a un rôle stratégique important, comme verrou opérationnel de toute la région du Moyen-Orient, en plus d’être une base nommément de l’OTAN engageant donc toute l’Alliance, avec l’habituel contingent de bombes nucléaires US.

Il s’agit actuellement d’un des aspects les plus directement déstabilisants des relations Turquie-USA lancées dans une course accélérée de dégradation depuis le putsch d'autant que, selon DEBKAFiles, Erdogan mettrait comme condition de la levée du bloc de la base l'extradition par les USA de Gulen vers la Turquie…….

http://www.dedefensa.org/article/incirlink-encerclee


Le paradoxal talon d'Achille de Poutine comme d' Erdogan, ou le pouvoir limité malgré les pleins pouvoirs

William ENGDAHL dit :

Quand la Russie se débarrassera-t-elle de son talon d’Achille : la cinquième colonne ? (New Eastern Outlook)

La Russie, sous Poutine, a montré qu’elle ne craint personne... Alors pourquoi cette déférence envers les banksters qui tiennent la Banque centrale de la Russie sous leur l’emprise ?....

http://www.legrandsoir.info/quand-la-russie-se-debarrassera-t-elle-de-son-talon-d-achille-la-cinquieme-colonne-new-eastern-outlook.html

Erdogan otage de son économie ?

Citation :
19 juillet 2016
LA TURQUIE DÉPEND FORTEMENT DES ENTRÉES DE CAPITAUX POUR FINANCER SON DÉFICIT COURANT.

Suite à la tentative de coup d’Etat militaire survenue ce week-end en Turquie, Moody’s a fait savoir lundi soir que la note souveraine du pays (Baa3) serait prochainement examinée et pourrait donc être abaissée.

L’agence de notation doit « évaluer l’impact à moyen terme du coup d’Etat militaire même s’il a échoué, sur la croissance économique de la Turquie ainsi que sur les institutions politiques », fait valoir Moody’s, rappelant au passage que le pays a pris du retard dans la mise en oeuvre de ses réformes.

Moody’s examinera trois points en particulier : les risques de ralentissement de la demande intérieure, le renforcement ou non de l’inertie politique et l’éventualité d’un accès restreint aux marchés, alors que l’économie dépend fortement des entrées de capitaux pour financer son déficit courant.

Outre ce coup d’Etat, la Turquie doit faire face à une série d’attentats intervenue au cours des derniers mois, ce qui pèse sur le tourisme, un des secteurs « clé » de son économie.

Au mois de février,  le nombre de touristes étrangers arrivant en Turquie avait ainsi chuté de 10,32% à 1,24 million, sa plus forte baisse depuis près de dix ans. En janvier, un attentat-suicide avait tué 12 touristes allemands dans le centre historique de la ville d’Istanbul.

Au premier trimestre, la croissance turque a malgré tout atteint 4,8% en rythme annuel. Le PIB a été soutenu par les hausses de salaires et par les dépenses de consommation des réfugiés syriens. Les autorités visent une expansion de 4,5% en 2016.

https://brunobertez.com/2016/07/19/la-turquie-depend-fortement-des-entrees-de-capitaux-pour-financer-son-deficit-courant/


Chute de 10 % de la Bourse Turque lors du putsch

Turkish Stocks Crash Most In 3 Years, Give Up Brexit Gains

by Tyler Durden
Jul 18, 2016 9:35 AM

What goes up in a linear centrally-planned way, plunges cliff-diver-like on a 'failed' coup...

Borsa Istanbul 100 is down over 10% - the biggest single-day plunge since June 2013...

http://www.zerohedge.com/news/2016-07-18/turkish-stocks-crash-most-3-years-give-brexit-gains

La Banque centrale Turque dont le dernier dirigeant a été nommé par l'ancien premier ministre démissionnaire en avril dernier, "maitre " du jeu, "Il n'y a pas de raison de paniquer, la stabilité turque a été renforcée ", mon oeil ... :

Citation :
Après le putsch raté, la Banque centrale turque abaisse un de ses taux directeurs

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a souvent fait pression sur la banque centrale, officiellement indépendante, pour qu’elle abaisse les taux d’intérêt afin de stimuler la croissance et les investissements.
20/07/2016

La Banque centrale de Turquie a annoncé hier avoir abaissé un de ses principaux taux directeurs de 25 points de base, quelques jours après la tentative de putsch avortée. Il s'agit de la quatrième baisse des taux depuis l'arrivée en avril du nouveau gouverneur, Murat Cetinkaya, à la tête de la banque centrale.
Celle-ci a précisé dans un communiqué avoir abaissé le taux de financement à un jour à 8,75 % contre 9 %, alors que son taux de refinancement à une semaine a été maintenu à 7,5 %. Le taux à une journée auquel les banques se prêtent entre elles est également resté stable à 7,25 %, a précisé la banque centrale sur son site Internet.


Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a souvent fait pression sur la banque centrale, officiellement indépendante, pour qu'elle abaisse les taux d'intérêt afin de stimuler la croissance et les investissements, s'attirant les critiques de certains économistes qui redoutent une poussée de l'inflation. Mais la banque centrale a retrouvé plus de latitude avec une décélération de l'inflation, qui a été de 6,58 % en mai sur un an. La croissance turque s'est établie à 4,8 % au premier trimestre.

Les marchés attendaient un geste hier, face au risque d'un coup de froid sur l'économie turque dans le contexte tendu de l'après-coup d'État manqué. « Toutes les mesures nécessaires seront prises pour assurer la stabilité financière », avait assuré après le putsch la banque centrale.


Le ministre des Finances, Mehmet Simsek, a pour sa part affiché sa sérénité : « Il n'y a pas de raison de paniquer, la stabilité turque a été renforcée », a-t-il affirmé au quotidien Hurriyet. Mais selon l'analyste William Jackson, de Capital Economics, « l'économie turque risque de traverser une période de ralentissement de la croissance et la livre va rester sous pression ».
Dans ce contexte, deux grandes agences de notation ont annoncé lundi qu'elles suivraient de près l'évolution de la situation.

Moody's a indiqué que la note Baa3 dont bénéficie actuellement la Turquie allait être examinée pour être éventuellement abaissée au vu des conséquences du putsch manqué. « Même si la croissance économique a été assez résistante ces deux dernières années (...) nous estimons que la récente augmentation de l'incertitude politique, et plus spécifiquement la tentative de coup d'État, va avoir un impact négatif sur la croissance du pays », a souligné l'agence.
Le même jour, Fitch a jugé que l'impact de la tentative de putsch sur la note du pays dépendrait de la réponse du gouvernement et de la manière dont elle aggraverait les dissensions politiques et affaiblirait l'indépendance des institutions.

(Sources : agences)

http://www.lorientlejour.com/article/997330/apres-le-putsch-rate-la-banque-centrale-turque-abaisse-un-de-ses-taux-directeurs.html


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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Jeu 21 Juil - 16:04

vlad2 a écrit:
C'est peut etre la situation géographique de la Turquie qui surdétèrmine le tout comme l'indique bien le titre de la page TURQUIE KURDISTAN SYRIE ? L'équilibre instable de la région est rompu...

oh tu sais, le découpage géographique du monde, dans cette rubrique le MONDE du CAPITAL : CONTINENTS, MIGRATIONS, 'NÈGRES du MONDE' et TRANSNATIONALISME, ne veut pas dire grand-chose. Le monde est assez difficile à découper en morceaux qui traduiraient en permanence l'évolution des enjeux géo-stratégiques dans le capitalisme mondial. J'ai fait aussi en fonction de zones où des événements apparaissent sur le devant de la scène, mais ce découpage est très discutable

quant à la région moyenne-orientale jusqu'aux confins de "notre Europe" et de l'Asie centrale ou de l'Ouest, si j'ose dire, tous les conflits sont maintenant imbriqués de la Palestine aux Kurdistans, dans "la guerre au terrorisme". Alors qu'est-ce qui "sur-détermine" quoi et "rompt des équilibres" qui auraient été "stables" (?), je serais bien en peine de le dire...

toujours est-il que ma remarque précédente portait sur ta question « le dessous des cartes de l'intensification mondiale de la lutte des classes, la focale turque ? », et là je ne vois toujours pas

quant aux articles que tu apportes, beaucoup de gens "disent" beaucoup de choses, mais peu nous aident à y voir clair de notre point de vue

à la limite, les éléments de Thierry Meyssan ne sont pas incompatibles avec l'analyse sur l'intégration de l'Islam modéré dans l'économie capitaliste, à la turque, dont parle le texte de RS/TC que j'ai référencé, mais cela dans la crise économique, se traduit pour l'heure, comme un peu partout, par des affrontements au niveau de l'État de branches de la bourgeoisie capitaliste, plus que par une entrée en guerre de classe contre elles du prolétariat, embarqué à l'occasion dans l'aventure populiste

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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Ven 22 Juil - 11:33


L'épuration déclenchée à la suite du coup d'Etat manqué du 15 juillet cible particulièrement les enseignants. Notre correspondante en Turquie témoigne de l'arbitraire et de l'atmosphère de délation qui règne dans le pays.


Des partisans d'Erdogan, place Taksim à Istanbul, le 19 juillet 2016. Depuis le coup d'Etat manqué,
la purge en cours donne le sentiment que le gouvernement veut écarter tous ses opposants.

Reuters/Alkis Konstantinidis

Citation :
En Turquie, la répression des putschistes du 15 juillet a rapidement tourné à la purge. Et celle-ci prend désormais des allures de chasse aux sorcières. Être un fonctionnaire pas vraiment aligné sur la politique du président Recep Tayyip Erdogan suffit, ces derniers jours, pour être emporté.  

Les chiffres sont effarants et ne cessent d'enfler : 22 738 membres de l'Éducation nationale, 21 000 professeurs des écoles privées, 2735 magistrats, quatre recteurs et 1577 doyens d'université, 1500 personnel du ministère des Finances, 8777 employés du ministère de l'Intérieur... Ils sont des légions a avoir été limogés, officiellement pour leurs liens supposés avec le mouvement Gülen, accusé d'être à l'origine du putsch avorté.  

Mais, aux yeux de nombreux observateurs, cette tentative de coup d'État infructueuse est devenue le parfait prétexte pour écarter tous ceux qui se sont abstenus de prêter une allégeance totale à Erdogan.

Des listes de dissidents établies à l'avance ?

A Adana, grande ville du sud du pays, 30 magistrats ont été démis de leurs fonctions et placés en détention. L'avocate Leyla Keskin [le nom a été changé] a assuré la défense d'un des procureurs arrêtés, lors de son premier interrogatoire. "On interroge les magistrats uniquement sur leurs liens supposés avec la communauté Gülen. Aucune preuve tangible n'existe à leur encontre. Il est clair que des listes de personnes à éliminer avaient été établies à l'avance : le registre des personnes recherchées compte même un magistrat décédé il y a deux mois".

Si elle-même requiert l'anonymat au moment de témoigner pour L'Express, c'est que la purge touche désormais aussi ceux qui prennent la défense des accusés. Des avocats ayant assuré la défense de présumés gülenistes ont à leur tour été arrêtés ces dernières heures.  

L'avocate relate un autre exemple emblématique de l'atmosphère délétère qui règne en Turquie. "Une infirmière a été démise de ses fonctions et arrêtée, sur la base d'une simple conversation téléphonique. Elle y évoquait une éventuelle mise en scène par Erdogan de la tentative de coup d'État. Cette femme a été dénoncée à la police par le gérant d'un kiosque, à la gare d'Osmaniye, qui affirme avoir été témoin de ses propos".  

"Je sais que je ferai partie de la prochaine vague"

Dans la plupart des cas, les personnes mises à pied sont aussi immédiatement placées en garde à vue. C'est le cas de cet enseignant à Pozanti, une commune de la province d'Adana. Un simple message, partagé sur Facebook le soir de la tentative du coup d'État, lui a valu d'être suspendu et arrêté pour insulte au président de la République. "Vous appelez les gens à descendre dans la rue. Comment pourrez-vous rendre des comptes s'il leur arrive quelque chose?", avait-il écrit, critiquant l'appel d'Erdogan à ses partisans pour contrer les putschistes.

Mehmet Akarsubasi, responsable du bureau juridique du syndicat des enseignants Egitim-Sen, à Adana, mais également enseignant dans une école primaire, suit de près cette affaire. Tout en s'inquiétant de ce que les jours suivants lui réservent. "Je suis déjà sous le coup de quatre procès pour insulte au président de la République. Je sais que je ferai partie de la prochaine vague des arrestations".

"Erdogan veut nettoyer ceux qui ne sont pas des siens"

Après l'annonce d'une seconde vague de purge dans l'Education nationale, les téléphones du syndicat ont sonné toute la journée. "Tout le monde est inquiet. La chasse aux sorcières est ouverte. On sait que le gouvernement mène ces opérations pour nettoyer tous ceux qui ne sont pas des siens".

Les universitaires, déjà dans le collimateur avant la tentative de putsch en raison d'une pétition en faveur de la paix avec les Kurdes, sont aussi sous haute pression. "Conformément à la demande du gouvernement, tous les doyens de notre université ont démissionné", témoigne une chercheuse d'une grande université d'Istanbul qui préfère elle-aussi conserver l'anonymat.  

Je fais partie des signataires de l'appel à la paix. Nous pensons que les universitaires comme nous, qui ont été critiques envers le gouvernement, seront les prochains visés. Nous craignons d'être limogés d'ici le mois de septembre. Le pire, c'est que personne n'ose même plus protester, de peur d'être la prochaine cible.


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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Lun 8 Aoû - 16:47


ça promet !


Quels sont les nouveaux horizons pour la Russie et la Turquie ?

Sputnik 08.08.2016


© Sputnik. Photo-Host Agency

Citation :
La rencontre de Vladimir Poutine et de Recep Tayyip Erdogan promet d’être une étape cruciale dans le développement des relations russo-turques. Plusieurs experts prévoient une nette augmentation de la collaboration bilatérale qui pourrait concerner aussi de nouvelles directions.

Quelles seront les nouvelles directions des relations russo-turques qui sont en pleine expansion? Dans quels délais elles deviendront des partenariats avancés? En Turquie, comment les habitants voient-ils le développement de la collaboration au niveau de la sécurité? Erdoğan Karakuş, général de corps aérien à la retraite, chef de l'Union turque des officiers à la retraite, docteur en histoire, apporte ses réponses dans une interview accordée à Sputnik.

"La collaboration entre la Russie et la Turquie doit atteindre dans tous les domaines le niveau le plus avancé. Le temps et la situation actuelle l'exigent. Il est évident qu'une série de pays impérialistes ne s'intéressent pas au rapprochement russo-turc. Les évènements en Turquie, qui ont eu lieu le 15 juillet, nous l'ont montré. L'Occident, et surtout les Etats-Unis, s'inquiètent du développement des relations russo-turques".


Selon lui, la rencontre, qui aura lieu à Saint-Pétersbourg, est très importante et pour la Turquie, et pour la Russie, ainsi que pour la région du Proche-Orient. Puisqu'au fond, cette rencontre est une barrière pour l'avancement du projet de "Grand Moyen-Orient" élaboré par plusieurs pays. La collaboration russo-turque et les actions bilatérales communes permettront de résoudre les problèmes en Syrie.

M. Karakuş explique que le gouvernement turc a bien compris que l'Occident était derrière le coup d'Etat qui a eu lieu le 15 juillet, ce que le président Erdogan a annoncé lui-même. Tout cela, selon le général de corps aérien, montre à quel point la collaboration avec la Russie est importante. D'après lui, aujourd'hui plus rien n'empêche les deux pays de passer au plus haut niveau dans la collaboration. "Des temps bons nous attendent", conclut-il.

Erdoğan Karakuş assure que notamment les problèmes de sécurité doivent être les plus importants de cette collaboration bilatérale.

"Nous devons éteindre +le feu allumé par l'Occident+ ensemble qui s'appelle le +Grand Moyen-Orient+. Si l'on ne l'éteind pas, nous n'arriverons pas à assurer la sécurité ni en Syrie, ni en Irak, ni ailleurs", a-t-il déclaré.


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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Mar 9 Aoû - 14:41


Plus de 1000 morts au travail en 7 mois en Turquie

Diler Nouvelle Turquie Actualités révolutionnaires de Turquie et Kurdistan 5 août

Citation :
Les chiffres des travailleurs et travailleuses qui meurent sur leur lieu de travail en Turquie,sont affolant. La Turquie subie la politique ultra libérale de Erdoğan, et son parti l’AKP, depuis plus de 20 ans. La caste bourgeoise en Turquie sacrifie la santé du peuple au profit de leur richesse et des contrats avec les pays impérialistes.

Centre d’Information: D’après le rapport rendu par le Conseil de Santé des Travailleurs et de la Sécurité du Travail (ISIG), au moins 133 travailleuses et travailleurs sont morts au travail au mois de Juillet. Pour les 7 premiers mois de l’année 2016 nous comptons donc 1049 personnes qui ont perdu la vie sur leur lieu de travail.
La précarité et le manque de perspéctive d’avenir, dans lesquelles sont abandonnés les travailleurs non organisés et écrasés par une exploitation intense, font qu’à chaque fin de mois le nombres de morts suite aux accidents de travails augmentent.

D’après le rapport du Conseil de Santé des Travailleurs et de la Sécurité du Travail (ISIG), ce mois-ci les secteurs les plus touchés sont toujours les secteurs agricole et le bâtiment.

Moins les travailleurs sont organisés, plus le nombre de mmorts augmente!

D’après les statistiques des syndicats, alors que le nombre de travailleurs à augmenté de 2,96% (13 038 351 travailleurs) par rapports au rapport précédent, le nombre de travailleurs syndiqués à lui diminué de 0.46%, passant à 1 499 870 syndiqués.

Ainsi alors que 88 % des travailleurs et des travailleuses ne sont pas syndiqués, le rapport indique que les 12% de syndiqués ne sont pas tous réellement organisés à résister par leur syndicat.

Traduit de : http://www.ozgurgelecek.org/manset-haberler/21357-oerguetlueluek-azalyor-oeluemler-artyor-7-ayda-bin-ici-katledildi.html


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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Ven 19 Aoû - 10:09

L'élargissement de la zone de conflit à l' Iran ou la partie d'échec de l’aviation stratégique (nucléaire) russe ? :

Notes sur le “coup d’Hamadan”
Analyse jeudi 18 août 2016

http://www.dedefensa.org/article/notes-sur-le-coup-dhamadan

hypothèses de guerre

Alep aux mains d'al-Qaïda pourrait devenir la capitale d'un émirat rival de Daech»

Par Alexis Feertchak Mis à jour le 12/08/2016 à 10:06 Publié le 11/08/2016 à 15:10

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/08/11/31002-20160811ARTFIG00168-alep-aux-mains-d-al-qaida-pourrait-devenir-la-capitale-d-un-emirat-rival-de-daech.php

De l'impossibilité de créer un état Kurde viable, vu qu'il n'existe pas de langue kurde unique, l'intéressante analyse de SAMIR AMIN, ou les conséquences multiples de l'influence de 5 siècles de domination de l'empire Ottoman sur la région :

SAMIR AMIN; La question kurde (aout 2016)

SAMIR  AMIN
LA QUESTION KURDE,  HIER ET AUJOURD’HUI    (Août 2016)

http://samiramin1931.blogspot.fr/2016/07/normal-0-21-false-false-false-fr-x-none_30.html

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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Ven 19 Aoû - 11:48


à propos du Kurdistan, je conseillerais, nonobstant mes critiques des épisodes précédents, la lecture de


3) Rojava

Califat et barbarie : En attendant Raqqa

Tristan Leoni, DDT21, juillet 2016

Citation :
3 / « Rojava » ?

La Syrie comprenait avant guerre plusieurs zones discontinues de peuplement kurde le long de la frontière turque : Jazira, Kobane et Afrin, trois « cantons » d’un territoire nommé par certains « Rojava », « l’ouest » en kurde, « Kurdistan occidental » par extension. La population kurde était alors évaluée entre 1,5 et 3 millions de personnes, mais beaucoup d’entre elles, peut-être même la majorité, vivaient à Alep et Damas. Une population discriminée par les Assad mais que l’alliance entre le régime syrien et le PKK (de 1979 à 1998 afin de déstabiliser la Turquie) permettait de maintenir dans le calme. Il faudra attendre 2003 pour que le PKK créé une branche syrienne, le PYD, sans grande implantation. La zone connaîtra en 2004 une importante révolte populaire contre les discriminations.

En 2011 les manifestations hostiles au régime y sont massives, et les considérations communautaires sont, contrairement à 2004, reléguées au second plan. Jouant la carte de la communautarisation le régime accorde en avril la nationalité syrienne à 150 000 Kurdes qui en étaient privés depuis 1962 et libère des militants du PYD emprisonnés. Le parti fait alors son apparition dans le nord de la Syrie, avec notamment le retour d’exil de son dirigeant Salih Muslim Muhammad gracié par Damas7. En juillet, le régime retire militaires et policiers des trois cantons et les redéploie dans le reste du pays où ils participent à la répression. Le parti kurde prend alors possession, sans violence, des localités et bâtiments abandonnées. Dans ces zones, la contestation anti-Assad et pro-démocratique prend aussitôt fin8 et le PYD commence l’application de son programme, le « confédéralisme démocratique »9.

Trois ans plus tard, grâce à la médiatique bataille de Kobane, une partie de l’extrême gauche et des anarchistes français découvre le Rojava. Selon une logique militante déjà vue (Algérie, Nicaragua ou Chiapas), ils y détectent une réelle ou potentielle révolution et se lancent dans un soutien exalté. Ce processus n’est pourtant que la version postmoderne d’un banal mouvement de libération nationale, avec ses inévitables tares, mais visant ici à l’instauration d’une démocratie de type occidental mâtinée de participation citoyenne. Le PYD ne s’y trompe pas et cherche plutôt un soutien social-démocrate (PS, PC ou EELV pour la France). Une de ses particularités aura été de jouer sur la fibre féministe des Occidentaux en mettant systématiquement en avant, pour les journalistes, des femmes combattantes (qui, un œil attentif le remarquera, sont en réalité très rares en première ligne).

Nous ne reviendrons pas ici sur le caractère bien peu libertaire de ce parti et du régime du Rojava, ni sur ce prétendu processus révolutionnaire, les critiques ont été nombreuses10. La mode du Rojava est retombée mais a fait des dégâts en milieu militant11. Il est par exemple malaisé de dénoncer aujourd’hui l’impérialisme américain alors que l’on réclamait hier le soutien de l’OTAN aux YPG… Actuellement, mis à part un projet d’usine de compost bio, les infos provenant du Rojava sont surtout d’ordre militaire ou policier, et si quelques dizaines de maoïstes européens se battent encore dans les rangs des YPG, ils le font aux côtés de centaines de soldats américains des forces spéciales.

Le PYD a savamment profité du conflit syrien pour réaliser ses propres objectifs : réunir les trois cantons jusque-là séparés par des zones de peuplement arabe (parfois sciemment « arabisées » dans les années 1970) ou turkmène. Cela a permis au parti de devenir le partenaire incontournable des puissances impliquées dans le conflit car son projet s’accorde avec leur volonté d’en finir avec le Califat. Après le soutien de Washington, il a trouvé celui de Moscou où il a d’ailleurs ouvert ses premiers bureaux « diplomatiques » (puis à Prague, Berlin, Paris, etc.). Les YPG, qui comptent selon les estimations entre 5 000 et 50 000 combattants ( ! ), sont devenus les fameuses « troupes au sol » qu’aucun pays ne voulait déployer.

Pour convaincre le PYD de participer à la prise de la capitale de l’EI, les États-Unis ont dû promettre d’aider (militairement et diplomatiquement) à la réunification des trois cantons. Un accord a été conclu en octobre 2015 avec la création d’une nouvelle coalition militaire arabo-kurde, les Forces démocratiques syriennes (FDS), au sein desquelles les YPG représentent 75 à 80 % des combattants. Il est en effet plus seyant de soutenir une telle coalition que le parti frère du PKK classé « terroriste » par la « communauté internationale ». La participation de supplétifs arabes et syriaques est d’ailleurs une nécessité pour s’emparer de zone non-kurdes et surtout de Raqqa, dont les 300 000 habitants ne voient pas forcément d’un bon œil l’arrivée de troupes kurdes. Début 2016, l’opération devient urgente car plus au sud c’est l’AAS qui se rapproche de la ville. Les États-Unis ont donc déployé 500 hommes qui participent aux combats aux côtés des YPG-FDS. Vu le poids économique et symbolique de la ville, il n’est pas indifférent qu’elle tombe aux mains de pro-Russes ou des pro-Américains.

A l’ouest, en février 2016, les YPG participent à l’offensive lancée par l’AAS et le Hezbollah au nord d’Alep contre plusieurs groupes « rebelles » dont Al-Nosrah afin de couper le stratégique corridor d’Azaz. L’opération est menée avec le soutien de l’aviation russe et l’aval des États-Unis12. Plus au sud, où le prétexte d’unifier les cantons ne peut être invoqué, les YPG aident à plusieurs reprises les troupes d’Assad à parachever l’encerclement des quartiers « rebelles » d’Alep où vivent encore 200 000 habitants.

La collaboration entre les YPG et l’AAS n’est pas surprenante car la relation ambiguë entre l’administration de Damas et celle du Rojava remonte on l’a vu à 2011. Certains membres de l’opposition syrienne extérieure, y compris d’autres organisations kurdes, considérent même tout bonnement le PYD comme un représentant du régime d’Assad. Ce qui caractérise le rapport YPG/AAS depuis le début de la guerre c’est avant tout une coexistence pacifique profitable à leurs agendas respectifs. Mais tout comme l’alliance passée entre Afez el Assad et le PKK, celle entre Bachar el Assad et le PYD reste de circonstance et pourrait être brutalement rompue (d’autant qu’une partie des groupes rebelles sunnites qui ont rallié les FDS sont opposés à Assad). On le voit bien à Hasakeh et Qamishli, deux enclaves loyalistes au cœur du Rojava où checkpoints et combattants des deux camps se côtoient et où, depuis 2011 plusieurs accrochages ont eu lieu13. Les YPG auraient les moyens de s’en emparer mais la présence du régime sert leurs intérêts, l’aéroport de Qamishli assurant par exemple une liaison aérienne régulière entre le Rojava et le reste de la Syrie, permettant ainsi aux classes moyennes de la région (Kurdes et Arabes) de se rendre à Damas puis en zone loyaliste pour affaires, études, soins médicaux ou autres14. La conquête de ces deux villes par les YPG n’aura donc lieu qu’à la toute fin du conflit.

On ne sait plus trop aujourd’hui s’il faut encore parler du « Rojava » puisque à l’administration des trois cantons par le le PYD, a succédé en mars une simple « Région du Nord de la Syrie » autonome, aux contours flous et extensibles. Il s’agit d’apaiser les populations arabes ou chrétiennes pour qui l’hégémonie du PYD devient irritante (certaines localités arabes, comme Tell Abyad, ayant mal supporté leur rattachement à l’administration du canton de Kobane)15. Ce qui se profile c’est la création d’une région (de fait) autonome dans le nord de la Syrie, le long de la frontière turque, politiquement dominée par le PYD mais sous la protection militaire des États-Unis. Ces derniers ont sans doute promis à leur allié turc que cette région ne porterait pas le nom de… « Kurdistan ».


notes (liens des textes dans l'original)

7 Christophe Ayad, « Les Kurdes syriens profitent de la guerre pour faire avancer leurs revendications », Le Monde, 25 septembre 2012,

8 Dans ces zones ainsi que dans le quartier kurde d’Alep, le PYD aurait lui-même réprimé les manifestants, information récemment confirmée dans Adam Baczko, Gilles Dorronsoro, Arthur Quesnay, Syrie. Anatomie d’une guerre civile, CNRS éditions, 2016, p. 87.

9 Même les partisans les plus convaincus du PYD doivent reconnaître qu’il s’agit là d’une « injonction par le haut » et « pas le fruit d’un élan populaire spontané ». Cf. Mathieu Léonard, « Le Kurdistan, nouvelle utopie », Le Crieur, n° 4, juin 2016, p. 130-134.

10 On lira entre autres « « J’ai vu le futur, et ça fonctionne. » – Questions critiques pour les partisans de la révolution au Rojava », mai 2015.

11 Lire la Lettre à des amis « rojavistes », TKGV, mai 2016.

12 Quelques jours avant l’offensive, le 31 janvier 2016, l’envoyé spécial du président Barack Obama, Brett Mc Gurk, visitait Kobane et rencontrait les responsables du PYD et des YPG.

13 Dernier en date en mars 2016 : des heurts entre policiers kurdes et miliciens pro-Assad à un checkpoint dégénèrent en trois jours de combats, temps nécessaire pour que la tension redescende et que les officiers de chaque camp reprennent le contrôle de leurs troupes. L’arrivée d’officiers supérieurs, notamment russes, permet d’aboutir à un cessez-le-feu dans la ville et d’ouvrir des négociations sur l’échange de prisonniers et le retour aux positions antérieures.

14 Michel Korinman (dir.), Daech. Menace sur les civilisations, L’Esprit du Temps, 2015, p. 280-281.

15 Wladimir van Wilgenburg, « Les Kurdes syriens cherchent à prendre Raqqa en s’alliant à une nouvelle force arabe », Middle East Eye, octobre 2015.


les considérations de Samin Amir concernant l'actualité de la question kurde ne sont pas inintéressantes, mais quant à sa critique des nationalismes, sur une base anti-impérialiste assez classique et quasi néo-tiers-mondiste, je ne la partage pas, tout simplement pour deux raisons :

- je ne comprends pas la situation mondiale, le "moment actuel" du capitalisme global, selon les mêmes critères que lui

- je ne vois pas clairement chez lui les articulations et antagonismes entre classes

à mon sens, le défaut principal de la plupart des textes, et ces deux n'y échappent pas malgré tout ce qu'ils peuvent dirent de pertinent, est de ne pas prendre suffisamment de hauteur pour situer ce dont ils parlent dans la totalité mondiale et du point de vue de l'histoire longue (ici malgré les rappels historiques de Samir Amin)

résultat chez Leoni, la teneur des trois parties qui suivent, 4 / Classes en ruine, 5 / Sur la route des prolétaires, et 6 / Du rêve de révolution

je partage cette affirmation : « Nous ne savons évidemment pas comment, concrètement, les prolétaires aboliront les classes, nous n’avons pas de modèle. », sans être certain que Dauvé de DDT21, car Leoni à part ces textes, connais pas, n'inscrive pas lui-même ses considérations théoriques dans un modèle, car la communisation en est un qui n'échappe pas, au-delà du seul reproche à Théorie Communiste, au déterminisme, à l'idéalisme et à l'eschatologie révolutionnaire, bien que celle-ci manque aujourd'hui de tout point d'appui

la chute (ironique ou désabusée ?) est tout de même caractéristique du mot d'ordre de troploin, "Il va falloir attendre" : « Mais peut-être un jour serons-nous à notre tour confrontés à l’apocalypse (la révélation), et prétendrons-nous à un minimum d’utilité, comme par exemple en poussant à une sortie du chaos par le haut, en tentant d’en finir avec l’État, l’armée, l’argent, le salariat, etc. Il faudra pour cela que nous ayons, au moins, des rêves un peu plus ambitieux.» Elle a même une sacrée tendance, faute de point d'ancrage de toute activité communiste au présent, à parier sur une subjectivation révolutionnaire dont on voit mal d'où elle sort sur la base de contradictions dont produire le dépassement par des luttes qui ne peuvent être que ce qu'elles sont sous nos yeux

autrement dit, et répété, dans toute théorisation communiste, il faut distinguer l'analyse du passé-présent et celle du présent-avenir, le versant historique et le versant activiste, si j'ose dire. Les présupposés sont ici bien trop forts pour que la première soit satisfaisante et la seconde acceptable

j'apprécie donc que Tristan Leoni se pose modestement la question de son utilité , compte tenu du peu d'implication que recèle ses textes, distanciés sur le mode quasi universitaire (en version EHESS, disais-je). Encore un qui est trop loin de n'avoir que ses chaînes à perdre

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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Mer 24 Aoû - 11:18

Turquie : la diversion guerrière quand la finance occidentale vous lache :

L'opération turque en Syrie vise l'EI et les milices kurdes

Citation :

Istanbul - L'opération turque en Syrie vise le groupe jihadiste Etat islamique mais aussi les milices kurdes avec pour but de mettre un terme aux problèmes à la frontière turque, a déclaré mercredi le président turc Recep Tayyip Erdogan.

Depuis 04H00 (01H00 GMT), nos forces ont lancé une opération contre les groupes terroristes de Daech (acronyme arabe de l'EI) et du PYD (Parti de l'Union démocratique, kurde), a déclaré M. Erdogan dans un discours à Ankara.

L'armée turque, soutenue par les forces de la coalition internationale antijihadiste, a lancé avant l'aube l'opération Bouclier de l'Euphrate, avec des avions de combat et ses forces spéciales pour chasser l'EI de Jarablos, localité frontalière de la Turquie.

Une dizaine de chars turcs sont entrés en territoire syrien et tiraient en direction de positions tenues par l'EI dans la localité syrienne de Jarablos, a constaté mercredi matin un photographe de l'AFP.

http://www.romandie.com/news/Loperation-turque-en-Syrie-vise-lEI-et-les-milices-kurdes/730853.rom

La Turquie inquiète les milieux financiers

Citation :
Publié le 24/08/2016 à 04:27 par monde-antigone

Nouvelle baisse de taux en Turquie, la 6e en 6 mois Reuters, Boursorama - 23 aot 2016
http://www.boursorama.com/actualites/nouvelle-baisse-de-taux-en-turquie-la-sixieme-en-six-mois-726e6f1b72e8829890fb317fcaaf8f45

ISTANBUL - La banque centrale de Turquie a abaissé mardi son taux d'intérêt au jour le jour pour un 6e mois consécutif malgré une inflation élevée et les risques de dégradation de la note souveraine du pays. Comme prévu par les économistes interrogés par Reuters, elle a abaissé ce taux d'un quart de point, à 8,5 %. Elle a en revanche laissé son taux de refinancement à une semaine à 7,5 %. Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, partisan d'une économie portée par une consommation intérieure vigoureuse, ne cesse d'appeler à un abaissement du coût du crédit. Il a menacé ce mois-ci de prendre des mesures contre les banques privées qui "iraient dans le mauvais sens" en matière de taux appliqués à leur clientèle.

La tentative de coup d'Etat du 15 juillet et les purges lancées par Recep Tayyip Erdogan à la suite de cet événement ont contribué à amplifier les incertitudes sur la situation économique en Turquie. L'agence Fitch a abaissé sa perspective de "stable" à "négative" vendredi   et Moody's a annoncé dès le 18 juillet un examen sur la note de la dette souveraine turque en vue d'une possible dégradation en catégorie spéculative ("junk").

 

La Turquie près de basculer en catégorie spéculative par Sophie Rolland Les Echos - 23 aot 2016

http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/0211219923205-la-turquie-pres-de-basculer-en-categorie-speculative-2022217.php
Citation :
Le maintien de la Turquie en catégorie d'investissement ne tient plus qu'à un fil. Vendredi dernier, Fitch a confirmé la note souveraine du pays à "BBB-", le dernier échelon avant la catégorie spéculative, mais l'agence a abaissé sa perspective de "stable" à "négative". Elle souligne en particulier que la sécurité dans le pays s'est dégradée et que les attentats ont eu un impact important sur le tourisme. Elle estime aussi que « la banque centrale et les banques commerciales sont confrontées à un regain de pressions politiques sur les taux d'intérêt ». De même, Moody's devrait annoncer d'ici à mi-octobre si elle bascule la dette du pays ("Baa3", sous revue depuis le coup d'Etat raté du 15 juillet) en "junk". Quant à Standard & Poor's, elle a déjà relégué la Turquie en catégorie spéculative depuis plusieurs mois (en juillet la note a encore été abaissée de "BB+" à "BB" avec une perspective négative).

Problème: dès que la dette turque sera notée en catégorie spéculative par deux agences, elle sortira mécaniquement des grands indices émergents « investment grade » sur lesquels se calquent les investisseurs internationaux, comme l'EMBIG IG (Emerging Markets Bond Index Global Diversified Investment Grade) de JPMorgan. De quoi potentiellement entraîner des retraits de capitaux de 17 milliards de dollars sur la dette turque, selon une étude d'Axa IM publiée fin juillet. La Turquie est en effet le 3e pays le mieux représenté dans cet indice (8 % d'une capitalisation totale de plus de 200 milliards de dollars) juste derrière le Mexique et l'Indonésie.

« En fait, la plupart des ventes forcées ont déjà eu lieu, car les investisseurs ont anticipé le passage de la note de la Turquie en catégorie "high yield" dans les semaines qui ont suivi la tentative de coup d'Etat », explique Sailesh Lad, gérant de dette émergente chez Axa IM. Depuis, les marchés se sont stabilisés. Et après avoir perdu 7 % face au dollar une semaine après le coup d'Etat, la livre turque a repris 5 %. « Au vu des rendements offerts [environ 10 %, NDLR] , la dette turque reste attrayante pour les investisseurs internationaux, même lorsqu'on la compare à des obligations souveraines moins bien notées », souligne Sailesh Lad.

Les milieux d'affaires et les dirigeants turcs ont toutefois quelques raisons de s'inquiéter. Le déficit courant s'est réduit, mais le pays reste vulnérable à la volatilité des capitaux extérieurs, sur lesquels repose le financement de l'économie. Environ 40 % des prêts contractés par les entreprises turques sont libellés en devises étrangères. La Turquie devrait en outre renouveler plus de 40 % de sa dette extérieure ces douze prochains mois.

La Turquie inquiète les milieux financiers par Thomas Thöni La Tribune de Genève - 22 jul 2016

http://www.tdg.ch/economie/argentfinances/La-Turquie-inquiete-les-milieux-financiers/story/25072356
Citation :
ZURICH - (...) En plus de l’évolution des marchés, c’est la stabilité financière du pays qui inquiète dans son ensemble. S&P a abaissé mercredi sa note de crédit sur les emprunts de la Turquie libellés en monnaie étrangère et nationale. Pour l’agence de notation américaine, « la polarisation du paysage politique de la Turquie a encore davantage érodé ses garde-fous institutionnels ».

L’agence de notation américaine a aussi fait savoir que « le risque à propos de la capacité de la Turquie à refinancer sa dette extérieure a augmenté ». Dans les 12 mois à venir, le pays devra renouveler la moitié de sa dette contractée auprès de ses créanciers extérieurs. Il ne s’agit pas d’une paille, puisque S&P parle de 170 milliards de dollars, ce qui correspond au quart de la richesse créée annuellement par cette nation.

La capacité de la Turquie à honorer ses factures courantes se pose également. « Ses réserves de 32 milliards de dollars ne lui permettent de couvrir que 2 mois de paiements courants, un matelas limité pour déjouer les pressions extérieure s», s’inquiète l’agence de notation. Seul point positif à ce sombre tableau, l’agence de notation a indiqué que « les 2/3 de la dette gouvernementale sont libellés en devise locale et à taux fixe, ce qui devrait en partie limiter la vulnérabilité du pays aux secousses venant de l’extérieur ».

Le FMI a voulu, lui, se montrer rassurant et a lancé un appel à « préserver » les institutions démocratiques en Turquie. « Le pilier des progrès économiques du pays », selon son économiste en chef, Maurice Obstfeld, lors de la publication des nouvelles prévisions du fonds mardi. Après avoir constaté une période de volatilité sur les marchés financiers, le FMI a salué la réaction des autorités financières turques qui a permis un retour à la normale. (...)

La Banque centrale turque indiquait pour sa part en début de semaine qu’elle abaissait ses conditions d’octroi de crédit à court terme pour que les banques turques ne souffrent pas d’un assèchement de liquidités et qu’elles continuent à se prêter de l’argent entre elles. L’institut d’émission turc n’a par contre pas voulu reculer le taux d’intérêt directeur – ce qui permettrait de soutenir l’économie générale du pays – de peur que cela ne favorise encore plus l’inflation, qui atteint déjà 7 %. (...)

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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Mer 24 Aoû - 12:06


et alors, en quoi l'inquiétude des marchés financiers, dont c'est le métier de s'inquiéter des intérêts capitalistes, nous aide-t-elle à comprendre ce qui se passe en Turquie, et comment cela affecte le moment présent du capitalisme ?

les imports d'articles et documents sont certes des matériaux de base pour les analyses que nous proposons, mais quant à moi, soit je les commente explicitement, soit ils se comprennent relativement à la ligne générale de ce forum

concernant tes messages, vlad2, je ne saisis pas bien ce que tu veux signifier et je reconnais que chaque fois que tu exprimes ton avis, je trouve le moyen d'exprimer un désaccord

mais bon, je vois que tu es de bonne composition, et cela nous fait des infos sans parler du plaisir de tes visites, alors que dire ? Continue, et bonne journée !

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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Ven 26 Aoû - 17:34


ERDOGAN REUSSIT SON COUP DE POKER OPPORTUNISTE !

Par Luc Michel. Pour EODE Think Tank/GEOPOLITIQUE/ 2016 08 24. Pour  http://www.les7duquebec.com 25 août 2016

Titre original : QUEL SOI-DISANT « RAPPROCHEMENT TURCO-RUSSE » ? ERDOGAN REUSSIT SON COUP DE POKER OPPORTUNISTE ! EODE - GEOPOL Erdogan joue et gagne (2016 08 24) FR


Citation :
TURQUIE – SYRIE – NORD-KURDISTAN.  LA TURQUIE A OBTENU CE QUE VOULAIT ERDOGAN, L’ACCORD DES USA ET DE L’OTAN POUR ECRASER LES KURDES DU PY …

Lorsque je parle de « gesticulations diplomatiques opportunistes » à propos des critiques d’Erdogan contre les USA et du soi-disant « rapprochement avec la Russie » avancée par les « géopolitologues de l’émotion immédiate » (Qui est tout sauf de la géopolitique), je défend une double thèse :

* Thèse 1. L’orientation géopolitique de la Turquie d’Erdogan, qui se veut néo-ottomane, reste et restera atlantiste, car ce projet néo-ottoman ne peut se faire au Proche-Orient et en Asie centrale que contre le projet eurasiste russe (là situation était géopolitiquement similaire à la fin de la première guerre mondiale, où Turcs pantouranistes d’Enver Pacha (1) et bolchéviques s’opposèrent au nom de deux visions géopolitiques antagonistes (2) ;

* Thèse 2. La diplomatie d’Erdogan (car c’est bien d’un pouvoir personnel qu’il s’agit) n’est ni atlantiste ni eurasiste (sic), elle est foncièrement opportuniste.

Le but de ces gesticulations était évident et Erdogan vient de l’obtenir en quelques semaines :

la Turquie vient en effet d’obtenir ce que voulait le chef de l’AKP, l’accord des USA et de l’OTAN pour écraser les kurdes du PYD sur la frontière nord de la Syrie … « Des chars turcs sont entrés en Syrie pour combattre l’EI et les milices kurdes », nous informe ce matin l’AFP !

OFFENSIVE TURQUE DANS LE NORD-SYRIEN AVEC LA BENEDICTION DE WASHINGTON QUI LACHE SES ALLIES KURDES

« L’intervention militaire de la Turquie en Syrie est une violation flagrante de la souveraineté du pays », a dénoncé mercredi le ministère syrien des Affaires étrangères, quelques heures après le début d’une opération turque à la frontière.

L’armée turque, soutenue par les forces de la coalition internationale antidjihadiste (USA, OTAN, monarchies arabes : où est le « ralliement turc à la russie » des mauvais analystes ?), a lancé une opération mercredi avant l’aube en Syrie avec des avions de combat et ses forces spéciales pour chasser le groupe Etat islamique (EI) de Jarablos, frontalière de la Turquie. Baptisée « Bouclier de l’Euphrate », l’opération a pour but de « mettre un terme aux problèmes à la frontière turque » et vise non seulement l’EI mais aussi les milices kurdes, a affirmé le président turc Recep Tayyip Erdogan.

L’Armée turque est appuyée par des « rebelles syriens » (sans aucun doute les alliés de la Coalition liés à al-Qaida en Syrie, comme « l’Armée de la reconquête », wahabite, ex Jabat al-Nosra) ! On comprend la colère de Damas et surtout on voit ce que vaut la thèse infondée du « ralliement de la Turquie à la Russie » (resic). En fin de matinée, Ces « rebelles syriens », djihadistes pro-occidentaux, lancés contre les djihadistes de Daech et les laïques kurdes du PYD,  et soutenus par Ankara, « sont entrés à 3 km à l’intérieur du territoire syrien », a annoncé l’agence turque Anadolu.

« Une dizaine de chars turcs sont aussi entrés en Syrie et tiraient en direction de positions tenues par l’EI dans la localité syrienne de Jarablos », a constaté un photographe de l’AFP à Karkamis, petite ville turque de l’autre côté de la frontière évacuée la veille. « Depuis 04H00 (01H00 GMT, 03H00 en Belgique), notre armée a lancé une opération contre les groupes terroristes Daech (acronyme arabe de l’EI) et le PYD (Parti de l’Union démocratique – kurde) qui menacent notre pays dans le nord de la Syrie », a déclaré M. Erdogan. « La Turquie ne tolérera aucun fait accompli en Syrie », a encore dit le chef de l’Etat dans un discours à Ankara.

ERDOGAN REUSSIT SON COUP DE POKER ET ALIGNE USA ET OTAN SUR SES BUTS GEOPOLITIQUES

La Turquie considère l’EI et le PYD comme des organisations terroristes et les combat alors que son allié américain soutenait, au grand dam d’Ankara, les Kurdes, qui ont fait reculer les djihadistes sur le terrain en Syrie. Les « gesticulations diplomatiques » et le chantage envers les USA et l’OTAN (le soi-disant « rapprochement avec la Russie ») ont été payant et Erdogan s’est à nouveau montré comme un grand joueur de poker : la Coalition menée par Washington l’offensive soutient l’offensive en Syrie du Nord. Et les kurdes découvrent à leur tour ce que valent le soutien et la parole des Etats-Unis !

On attend aussi avec amusement les commentaires de la presse russe (en particulier de la presse d’état), qui s’est fait trop vite une joie du soi-disant « rapprochement de la Turquie avec la Russie », et qui voue un véritable culte aux milices kurdes ?

« Seuls les combattants de l’EI sont présents à Jarablos, mais Ankara craint de voir les combattants kurdes arriver jusqu’à la localité proche de sa frontière », commente l’AFP. Ankara avait annoncé au cours du week-end « vouloir jouer un rôle plus actif en Syrie » (sic) et cette opération est la plus ambitieuse de la Turquie depuis le début du conflit syrien il y a cinq ans et demi. « Je pense que cette menace sera éradiquée dans un court délai », a déclaré le ministre de l’Intérieur Efkan Ala, laissant entrevoir une opération militaire rapide.

Symbole fort, cette offensive, soutenue par l’aviation de la Coalition et des USA, se déroule le jour où le vice-président américain Joe Biden est arrivé à Ankara où il doit rencontrer le Premier ministre Binali Yildirim, puis le président Erdogan pour des entretiens notamment sur la crise syrienne, à un moment où Erdogan pratique un chantage sans nuances.

Ce mercredi, « des F-16 turcs et des avions de la coalition ont largué des bombes sur des sites djihadistes à Jarablos, pour la première fois depuis la destruction en novembre 2015 par la chasse turque d’un avion de combat russe au-dessus de la frontière turco-syrienne », selon la télévision. La localité de 30.000 habitants – dont beaucoup de Turcomans, minorité turcophone de Syrie, sur laquelle Ankara entend s’appuyer pour intervenir – est le dernier point de passage contrôlé par l’EI à la frontière turco-syrienne.

Après avoir été longtemps accusée avec raison de complaisance à l’égard des combattants djihadistes, la Turquie affirme désormais qu’elle a pour objectif d’éradiquer l’EI, dont les attentats sanglants frappent désormais la Turquie. Mais la Turquie est surtout soucieuse d’empêcher l’avancée des Forces démocratiques syriennes (FDS) de Minbej vers Jarablos et ne veut pas que les Kurdes du PYD (l’armée du PKK en Syrie) se positionnent davantage à la frontière. Les FDS sont une alliance de combattants kurdes et de groupes armés arabes luttant contre l’EI. « Ankara voit avec anxiété toute tentative des Kurdes de Syrie de créer une unité territoriale autonome le long de sa frontière » précise les experts. Saleh Muslim, le coprésident du PYD, a vivement dénoncé l’opération sur son compte Twitter : « La Turquie dans le bourbier syrien, sera vaincue comme Daech ». C’est oublier la participation de Washington à l’opération turque actuelle.

« Après le départ d’Ahmet Davutoglu (ancien Premier ministre), l’architecte de la politique étrangère turque cette dernière décennie, Ankara a recalibré sa politique syrienne en empêchant l’avancée du PYD kurde », a estimé Soner Cagaptay, analyste pour la Turquie au Washington Institute. Ce qui revient pour Ankara à privilégier un objectif géopolitique fondamental et à lâcher ses objectifs idéologiques secondaires. Davutoglu a en fait servi de fusible. La situation en Syrie, comme la question de l’extradition de l’ex-imam Fethullah Gülen, exilé aux Etat-Unis, que les autorités turques désignent comme « le cerveau du putsch avorté du 15 juillet en Turquie » (sic), doivent figurer à l’ordre du jour des discussions du vice-président américain à Ankara. Celui-ci a entamé son passage éclair dans le pays par une visite du parlement bombardé par les putschistes.

MAIS CE N’EST PAS TOUT : CETTE TURQUIE SOI-DISANT DEVENUE « EURASISTE » VEUT INTÉGRER L’UNION EUROPÉENNE D’ICI 2023

« Ankara ambitionne de rejoindre l’Union européenne d’ici 2023 », a en effet déclaré ce 19 août Selim Yenel, l’ambassadeur turc auprès de l’UE lors d’un entretien accordé au quotidien allemand DIE WELT. Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a toutefois prévenu que « le pays était loin d’être prêt ». « Cette date marquera le 100e anniversaire de la fondation de la République turque, a souligné le diplomate. Ce serait une consécration pour mon pays d’en devenir membre à ce moment-là. » « Un statut de membre à part entière est très important pour la Turquie, a-t-il ajouté. A long terme, la perspective de ne pas être admis dans l’Union est inacceptable ».

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a toutefois précisé que « les négociations entre la Turquie et les États membres de l’UE devrait prendre plusieurs années » dans une interview donnée quotidien autrichien TIROLER TAGESZEITUNG jeudi dernier. Il a indiqué que « la Turquie ne devrait pas rejoindre l’UE bientôt parce que le pays ne remplit tout simplement pas les conditions. Quoi qu’il en soit, il ne faut pas arrêter les négociations », a-t-il ajouté. « Nous ne sommes pas seulement en discussion avec (le président turc Recep Tayyip) Erdogan et son gouvernement, mais nous visons une solution globale qui bénéficiera au peuple turc ». L’Autriche, en tête de la Turcophobie dans l’UE, avait appelé à « la fin des négociations avec Ankara pour rejoindre l’UE en raison de l’absence de normes démocratiques » à la suite du coup d’État raté le mois dernier. Mais « la demande a été peu soutenue lors d’une rencontre des ambassadeurs de l’UE cette semaine », ont indiqué les diplomates. La Turquie est officiellement candidate à l’Union européenne depuis 1999. Mais le dossier est ouvert depuis le début des Années 80. L’UE, qui est de facto un « club chrétien » (lire les anciens présidents français Giscard d’Estaing et Sarkozy) et singulièrement catholique, lanterne Ankara depuis des décenies.

Mais ironie de l’histoire, alors que Bruxelles a toujours rejeté la Turquie kémaliste et laïque, au destin européen assumé, elle a tissé une alliance politique étroite avec Erdogan. Précisément entre les islamo-conservateurs néo-ottoman de l’AKP (proche des Frères Musulmans) et la Démocratie-chrétienne pilier fondateur de l’UE. L’AKP est en effet membre observateur … du PPE, le « Parti populaire européen » qui unit les partis démocrates-chrétiens de l’UE (CDU-CSU, CDH et CDNV belges, etc) ! Angela Merkel vient de qualifier le lien entre l’Allemagne et la Turquie de « spécial », malgré les récentes tensions entre les deux pays. « Ce qui rend la relation germano-turque si spéciale est que plus de 3 millions de personnes d’origine turque vivent en Allemagne », a-t-elle précisé au groupe médiatique REDAKTIONSNETZWERK DEUTSCHLAND. Binationaux (l’électorat étant cadenassé par le contrôle des associations turques exercé par l’AKP en alliance avec les « Loups gris » d’extrême-droite), ils y votent et sont un enjeu de politique intérieure. La situation est la même en Belgique, singulièrement en région de Bruxelles-Capitale …

MAIS EURASISME ET UNION EUROPEENNE SONT DEUX PROJETS EUROPEENS RIVAUX ET INCOMPATIBLES A COURT TERME

J’ai publié en décembre 2006 la première version de mes « Thèses géopolitiques sur la ‘Seconde Europe’ unifiée par Moscou » (3). Analyse révolutionnaire qui renouvelait la vision géopolitique, mais aussi idéologique, des rapports Est-Ouest entre la Russie et ses alliés, et aussi la vision de la nature géopolitique de l’Union Européenne. Idée centrale, idée-force : L’Europe ne se limite pas à l’Union européenne ! Ni même aux états qui lui sont maintenant associés, comme la Moldavie ou la Serbie. La Russie, qui a retrouvé son indépendance avec Vladimir Poutine est aussi l’Europe ! Une SECONDE EUROPE, une AUTRE EUROPE eurasiatique se dresse désormais à Moscou face à l’Europe atlantiste de Bruxelles. Depuis il y a eu le « Discours de Valdai » de Poutine lui-même (4) …

Cette analyse se situe directement dans la perspective des thèses et des analyses développées entre 1982 et 1991 par les théoriciens de l’« Ecole de Géopolitique euro-soviétique » (Thiriart-Cuadrado Costa-Luc Michel) (5) – d’où est aussi issu après 1991 le « néo-Eurasisme russe » (6) (avec bien des déviations) – , qui prônait une unification européenne d’Est en Ouest. Une Grande-Europe de Vladivostok à Reykjavik, déjà autour de Moscou. Mes Thèses de 2006 actualisent les analyses « euro-soviétiques » après la disparition de l’URSS. Dès 1983, j’affirmais « La Russie c’est aussi l’Europe »…

Ce long détour pour faire comprendre que le projet eurasiste (ou Grande-Europe de Vladivostok à Reykjavik) et l’UE (petite-europe de Bruxelles et Berlin) sont deux visions antagonistes de l’avenir du continent eurasiatique. L’UE représentant par sa sujétion aux USA va l’OTAN la trahison même du projet européiste. Aujourd’hui en 2016, on ne peut plus être à la fois partisan de l’UE et soutenir le projet néoeurasien de Moscou. Par la voix de son ambassadeur à Bruxelles la turquie d’Erdogan a fait son choix. Et ce n’est pas celui du projet russe !

LUC MICHEL / EODE THINK TANK


NOTES ET RENVOIS :

(1) Membre du Comité Union et Progrès (CUP), aussi appelé Mouvement Jeune-Turc. Ce mouvement, qui naît et se développe dans les écoles supérieures militaires de Constantinople, prône le retour à la constitution ottomane de 1876 abolie par le sultan Abdulhamid II et critique la politique servile de ce dernier à l’égard des occidentaux. En 1908 éclate la révolution jeune-turque à Salonique et Enver devient très rapidement un des leaders du mouvement qui parvient à renverser le sultan et installer la seconde ère constitutionnelle de l’Empire Ottoman. Très proche de l’Allemagne où il a étudié et où il retourne très régulièrement, il est l’un des artisans du rapprochement germano-ottoman et de la réforme de l’armée turque sur le modèle allemand.

Devant la défaite des jeunes-turcs aux élections de 1912 au profit de l’Union Libérale et encouragé par le discrédit du nouveau gouvernement à la suite de la crise des Balkans, Enver décide de prendre le pouvoir par la force. Il prend violemment d’assaut la Sublime Porte, le siège du gouvernement turc, et installe un triumvirat dont il fait partie à la tête de l’Empire. Il est de fait le seul maître du pays, n’accorde que très peu d’intérêt au Parlement et exécute ses opposants politique. Auréolé de ses victoires en Tripolitaine (guerre Italie-Empire ottoman) et en Bulgarie (guerres balkaniques), juste avant la première guerre mondiale, lié politiquement à une Allemagne qu’il admire (c’est l’époque des grands projets géopolitiques de l’Allemagne de Guillaume II au Proche-Orient), Enver choisit naturellement l’alliance des puissances centrales lorsque le premier conflit mondiale éclate.

A la fin de la guerre, poursuivi pour le génocide arménien, il prend la fuite en l’Allemagne puis en Asie Centrale où il essaie de faire renaître son rêve de toujours : le Panturquisme (ou Pantouranisme). En s’appuyant sur les turcophones d’Asie Centrale il tente d’établir un Turkestan indépendant en s’alliant avec l’URSS contre des rebelles locaux, puis en se retournant contre les soviétiques. Il meurt le 4 août 1922 dans une bataille contre l’Armée Rouge dans l’actuel Tadjikistan, après quelques succès militaires. En 1996 sa dépouille est rapportée à Istanbul, où elle repose depuis.

(2) Contrairemant à ce qu’avancent les eurasistes russes de droite, le Pantouranisme n’est pas une version turque de l’Eurasisme, mais un projet géopolitique opposé, celui d’un empire turc en Asie centrale et au Caucase qui empêcherait par son existence même toute unification eurasiatique. Le combat d’Enver Pacha perdu contre les bolchéviques qui entendaient restaurer de facto l’empire russe (selon la vision de Staline qui annonce déjà la « Troisième Rome nationale-bolchévique » de la fin des Années 20) s’inscrit dans l’opposition fondamentale entre les deux projets géopolitiques. Les rêveries ésotériques et mystiques orientales, dont les eurasistes russes de droite ont encombré la géopolitique néo-eurasiste, celle de Thiriart, expliquent cette incompréhension fondamentale du Pantouranisme.

(3) Cfr. Luc MICHEL, EODE THINK TANK/ GEOPOLITIQUE / THESES SUR LA « SECONDE EUROPE » UNIFIEE PAR MOSCOU
sur http://www.eode.org/eode-think-tank-geopolitique-theses-sur-la-seconde-europe-unifiee-par-moscou/


(4) Voir sur EODE-TV :

EODE-TV & AFRIQUE MEDIA/ LE GRAND JEU (3) : POUTINE A VALDAI DECRYPTE

Coproduction Luc MICHEL – EODE-TV – Afrique Media

Sur https://vimeo.com/111845727

Luc MICHEL, décrypte la façon dont le Président russe Poutine conçoit la Géopolitique mondiale vue d’Eurasie. Il nous explique aussi d’où viennent les concepts géopolitiques derrière la vision russe du Monde et ses implications. Il aborder ce dossier au travers du grand discours de géopolitique que le Président Poutine a livré au Club Valdai, à Sotchi, ce 25 octobre 2014 …

(5) Au début des Années 80, THIRIART fonde avec José QUADRADO COSTA et moi-même l’« Ecole de géopolitique euro-soviétique » où il prône une unification continentale de Vladivostok à Reykjavik sur le thème de « l’Empire euro-soviétique » et sur base de critères géopolitiques.

Théoricien de l’Europe unitaire, THIRIART a été largement étudié aux Etats-Unis, où des institutions universitaires comme le « Hoover Institute » ou l’ « Ambassador College » (Pasadena) disposent de fonds d’archives le concernant. Ce sont ses thèses antiaméricaines « retournées » que reprend largement BRZEZINSKI, définissant au bénéfice des USA ce que THIRIART concevait pour l’unité continentale eurasienne.


Sur l’Ecole de géopolitique euro-soviétique, cfr. :

* José CUADRADO COSTA, Luc MICHEL et Jean THIRIART, TEXTES EURO-SOVIETIQUES, Ed. MACHIAVEL, 2 vol. Charleroi, 1984 ;

* Version russe : Жозе КУАДРАДО КОСТА, Люк МИШЕЛЬ и Жан ТИРИАР, ЕВРО-СОВЕТСКИЕ ТЕКСТЫ, Ed. MACHIAVEL, 2 vol., Charleroi, 1984.

Ce recueil de textes fut édité en langues française, néerlandaise, espagnole, italienne, anglaise et russe.

* Et : Жан ТИРИАР, « Евро-советская империя от Владивостока до Дублина », in ЗАВТРА ЛИ ТРЕТЬЯ МИРОВАЯ ВОЙНА ? КТО УГРОЖАЕТ МИРУ ?, n° spécial en langue russe de la revue CONSCIENCE EUROPEENNE, Charleroi, n° spécial, décembre 1984.

(6) Cfr.

* PCN-TIMELINE / IDEOLOGIE / 1984 : LE PCN REINVENTE L’‘EURASISME’ MODERNE

http://www.lucmichel.net/2014/05/30/pcn-timeline-ideologie-1984-le-pcn-reinvente-leurasisme-moderne/

* Et PCN-SPO / L’EURASIE EST UNE IDEE EN MARCHE. MAIS QUI PARLAIT DE L’EURASIE ET DE L’EURASISME IL Y A 30 ANS ?

http://www.lucmichel.net/2014/05/31/pcn-spo-leurasie-est-une-idee-en-marche-mais-qui-parlait-de-leurasie-et-de-leurasisme-il-y-a-30-ans/


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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Sam 27 Jan - 21:50


l'attaque de la Turquie contre les Kurdes au Nord de la Syrie relance de toutes parts les compréhensions de ce qui se passe aux Kurdistans. Je n'en ferai ni le tour, ni l'impossible synthèse des interprétations d'extrême-gauche ou autres "radicales"... En voici quelques-unes



Depuis le 20 janvier, la Turquie a envahi le Rojava, pour tenter d’écraser ce foyer du peuple kurde. Mais ce qui risque d’être écrasé, c’est une révolution sociale communale, multiethnique, féministe et autonome : celle du « confédéralisme démocratique » théorisé par l’écologiste Murray Bookchin. Reporterre raconte cette expérience politique inédite menée au Rojava, le Kudistan syrien, dans le nord du pays.


Citation :
Depuis le 20 janvier, l’armée turque a pénétré en Syrie pour tenter d’écraser la résistance kurde à Afrin, dans le nord-ouest du pays. Pourtant, les Kurdes de cette région, appelée Rojava, ont mené depuis des années la lutte contre Daech et la dictature syrienne. Mais l’attaque turque se déroule dans l’indifférence internationale.

C’est en fait une expérience démocratique unique au monde qui risque d’être écrasée. Depuis 2012, dans le Rojava - Kurdistan syrien - se déroule une révolution sociale multiethnique, féministe et auto-organisée inspirée par les théories de l’écologiste libertaire états-unien Murray Bookchin.

Conseils locaux et démocratie directe paritaire, égalité des genres, pluralisme ethnique et religieux, respect de l’environnement, développement d’une éducation autonome et d’une économie sociale, maisons du peuple, accès aux soins gratuits… Dans ce territoire presque aussi grand que la Belgique, les deux millions d’habitants du Rojava — renommé Fédération démocratique de Syrie Nord — fraient une « troisième voie » émancipatrice entre les dictatures nationalistes d’Assad ou d’Erdogan, et le fascisme islamiste de Daech.

À partir de juillet 2012, l’armée du régime de Bachar al-Assad a quitté la plus grande partie de ces régions. Le champ était libre pour les forces menées par le parti kurde du PYD (Parti pour l’unité démocratique) et ses forces armées du YPG/YPJ (unités de protection populaires, unités mixtes et féminines). Elles ont impulsé l’autoorganisation de milliers de communes (komîn, plus de 4.000 aujourd’hui), dans les rues, les quartiers, les villes et les villages. Les habitants s’y réunissent chaque semaine, discutent des problèmes locaux, organisent des coopératives, élisent des porte-paroles paritaires chargés de les représenter aux échelons supérieurs, distribuent denrées alimentaires et énergétiques de base aux familles les plus pauvres…

Une « révolution de femmes »

Ces communes se fédèrent au niveau des quartiers, des districts et enfin de trois cantons, Cizre, Kobanê et Afrin, qui disposent de leur propre assemblée législative multipartite et d’un gouvernement cantonal. À chaque échelon, les femmes et les jeunes disposent de leurs propres structures autonomes et non mixtes, qui ont en théorie d’un droit de regard et de veto systématique sur toutes décisions les concernant.


Source : Cécile Marin/Le Monde diplomatique

Le pluralisme est de mise. À Amuda (canton de Cezire), l’Assemblée générale législative regroupe 101 personnes, et, comme dans chaque institution quel que soit son échelon, il y a au moins 40 % de femmes. Pour la première fois dans l’histoire de l’État syrien, trois langues officielles y sont reconnues : l’arabe, le kurde et l’araméen, ces deux dernières étaient interdits depuis des décennies. De multiples partis politiques, associations et organisations y siègent — 40 % des sièges sont dédiés à la représentation de divers groupes minoritaires.

La révolution au Rojava est avant tout une « révolution de femmes ». Dans la ville de Kobanê — où en janvier 2015 les Kurdes ont porté le premier coup d’arrêt à l’expansion de Daech —, la maison des femmes « Kongra Star » propose aides et conseils. Dans une société traditionnelle patriarcale où les mariages forcés, la polygamie et les crimes d’honneur sont encore développés, les femmes peuvent ici trouver du soutien. De nombreuses lois interdisant la polygamie et promulguant l’égalité ont été adoptées, mais encore faut-il pouvoir instaurer un rapport de force social pour les faire appliquer. Dans tout le territoire, des centaines d’espaces de solidarité féminine fleurissent. Les YPJ (unités de protection de la femme), une force militaire spécifiquement féminine, ont été créées en 2012 et se battent en première ligne contre Daech. Dans les rues, des mères de famille en robe, hijab et kalachnikov protègent leurs espaces au sein des forces d’autodéfense populaire (HPC), composée d’habitant-e-s du quartier.


La maison des femmes « Kongra Star » de Kobanê.

Dans le canton de Cizre, un village écologique autogéré en non-mixité féminine Jinwar se construit. Il accueillera toutes les femmes de Syrie, du Moyen-Orient et du monde pour qu’elles se défendent des violences patriarcales et capitalistes qui les visent. « Il sera possible pour les femmes de retrouver leur confiance et leur force […] et construire ensemble une vie communale », expliquent-elles. Sur cette zone désertique et épuisée par la monoculture de blé, le projet prévoit la construction de 30 maisons d’habitation, un jardin collectif, une école pour les enfants, une académie de femmes, un centre pour les arts et la culture et un poste de soin centré sur la médecine naturelle.


À Jinwar, des femmes construisent un village écologique et autogéré pour les femmes du monde entier.

Des comités de justice de base s’occupent des conflits et font remonter les problèmes les plus épineux vers les échelons judiciaires supérieurs, selon un principe de subsidiarité. Couverts par le bruit des bombes et des bottes, on n’entend pas la voix des acteurs de ces milliers de communes à la table bancale des négociations internationales. Mais dans ce territoire, la démocratie directe s’installe et le maître mot semble être : les premiers concernés décident en fonction de leurs besoins.

voir aussi :
Ouverture de la première conférence de Jineolojî de la Fédération de la Syrie du Nord


Les communautés doivent apprendre à cohabiter dans la durée

En plus d’être encerclés par la guerre avec Daech, la Syrie et la Turquie, les peuples du Rojava doivent apprendre à cohabiter. La Fédération démocratique est constituée d’une mosaïque de peuples et de confessions : des Kurdes, Arabes, Syriaques, Assyriens, Circassiens, Turkmènes, Tchétchènes y cohabitent ; idem pour les musulmans sunnites, chiites, les chrétiens de différentes branches, les yézidis, les zoroastriens, etc. Par le passé, le régime Assad s’est fait fort d’instrumentaliser et d’attiser les conflits communautaires, comme partout au Moyen-Orient.

Le « contrat social de la Fédération démocratique de la Syrie du Nord », adopté en novembre 2016, forme la charpente constitutionnelle d’un système profondément pluraliste. Dans son préambule, il promeut la mise en place d’un « système fédéral démocratique » mettant fin au « chaos » du « régime tyrannique de l’État nation », « fondée sur un système démocratique et écologique [et] sur la libération de la femme » (article 2), adoptant le système de « coprésidence mixte » (article 12), affirmant la « coexistence de tous les peuples et groupes » (article 10).


Des soldates des unités de protection de la femme (YPJ).

L’ennemi commun, Daech, a été un premier facteur d’unité entre les différentes communautés. En octobre 2015, les forces armées kurdes du YPG/YPJ ont grandi pour inclure des forces armées d’autres communautés et donner naissance aux Forces démocratiques syriennes. Ces forces plurielles sont les plus efficaces pour combattre Daech au sol, forçant les États-Unis et la communauté internationale à un soutien aérien et logistique. C’est elles, notamment, qui ont libéré Raqqa en octobre 2017.

Au-delà de la lutte contre l’ennemi commun, les communautés doivent apprendre à cohabiter dans la durée. Adeer al-Aboud, une femme arabe membre du conseil civil de Manbidj, une ville mixte libérée de Daech en août 2016, défend le projet pluraliste : « Nous contestons radicalement les allégations turques selon lesquelles les Kurdes domineraient les citoyens arabes, turkmènes, tchétchènes ou tcherkesses. Dans n’importe quel conseil ou n’importe quel comité, il y a des Arabes, des Turkmènes et des Kurdes. La coprésidence est tenue par un Arabe et un Kurde. »

Ce projet politique de démocratie radicale pluraliste, théorisé en prison par le leader du PKK, Abdullah Öcalan, a un nom : le « confédéralisme démocratique ». Une de ses références principales est l’anarchiste et écologiste états-unien Murray Bookchin. Mais par quel miracle ce penseur a-t-il pu devenir une référence pour une révolution au Moyen-Orient, à 10.000 km de son Vermont d’origine ?

Les Kurdes, le plus grand peuple sans État au monde

Cela fait des décennies que les Kurdes luttent pour leur libération. Estimés entre 35 et 40 millions de personnes, ils forment le plus grand peuple sans État au monde, dispersés entre la Turquie (15 à 20 millions), l’Iran (10 à 18 millions), l’Irak (5 à 6 millions) et la Syrie (3 millions), et une diaspora de 1,5 million répartie entre l’Europe et la Russie. Oubliés par le remodelage des frontières après la Première Guerre mondiale, les Kurdes ont été au mieux assimilés, au pire niés et massacrés. Pendant un siècle, révoltes et soulèvements se sont multipliés mais ont été systématiquement écrasés dans le sang.

Créé en Turquie en 1978, le PKK (Parti des travailleurs du Kurdistan) s’est imposé comme la principale force de libération nationale kurde en Turquie. Inspirée par les guérillas guévaristes d’Amérique latine des années 1960-1970, son programme est marxiste-léniniste : renverser par la lutte armée l’État turc pour construire un État kurde indépendant et « prolétarien » sur les quatre parties du Kurdistan.


À Kobanê.

La guérilla a commencé en 1984, causant 40.000 morts jusqu’à aujourd’hui. Peu à peu, la « question kurde » est devenue incontournable en Turquie. Mais la contre-insurrection est implacable. De 1980 à aujourd’hui, l’État turc a répondu à la lutte armée par des dizaines de milliers d’arrestations, d’assassinats, et d’emprisonnements. En 1999, le leader du PKK, Abdullah Öcalan — surnommé « Apo » (oncle) — a été arrêté par la Turquie et emprisonné sur l’île-prison d’Imrali.

Le constat était clair : ni l’État turc ni le PKK ne pouvaient se vaincre militairement. Quelques années plus tôt, l’URSS s’était effondrée et avec elle l’idée de révolution autoritaire par la prise du pouvoir d’État. En 1994, au Chiapas, le mouvement néo-zapatiste a contourné l’État mexicain par de multiples zones d’autogouvernement. Le mouvement altermondialiste, les contre-sommets, les Forums sociaux mondiaux ont pris leur essor. C’est dans ce contexte qu’Abdullah Öcalan a, du fond de sa cellule, commencé une correspondance avec Murray Bookchin.

L’idée de base est simple : le pouvoir, politique et économique, doit s’incarner dans des assemblées populaires communales
Originaire de l’État du Vermont, aux États-Unis, ce penseur encore mal connu en France a été très influent sur les gauches anglo-saxonnes. Pionnier de l’écologie politique, il a fondé la théorie de « l’écologie sociale », qui repose sur l’idée que « l’obligation faite à l’homme de dominer la nature découle directement de la domination de l’homme sur l’homme ». Le « municipalisme libertaire » en est l’application pratique. L’idée de base est simple : le pouvoir, politique et économique, doit s’incarner dans des assemblées populaires communales.

Bookchin propose que les habitants prennent toutes les décisions nécessaires en « face à face » : municipalisation de l’économie, élection d’élus révocables, aménagement du territoire, autodéfense, etc. Ces assemblées populaires s’organiseraient ensuite en une confédération de communes, un pouvoir parallèle par le bas vidant peu à peu l’État de sa substance et de sa nécessité.

Öcalan s’est inspiré de ces théories et les a adaptées aux contextes kurde et moyen-oriental, donnant naissance au « confédéralisme démocratique », adopté officiellement en 2005 comme nouveau paradigme du PKK. Pour briser toutes les oppressions, le mouvement de résistance kurde ne doit plus viser à créer un État nation, mais le contourner par une confédération de communautés auto-organisées et travailler à abolir la mentalité autoritaire chez les individus. Au-delà de la lutte des classes, c’est la libération des femmes et leur auto-organisation non mixte qui est vue comme le moteur fondamental de la transformation sociale.

La situation matérielle reste très difficile. Le territoire est soumis à un embargo

La transition vers une économie sociale, qui se substituerait peu à peu au capitalisme, est l’un des quatre piliers du confédéralisme démocratique (avec les communes, l’autodéfense et la formation). Le modèle de la Fédération ne promeut pas la collectivisation autoritaire des moyens de production. « Notre idée est que chaque personne ait un rôle économique actif dans la société et que le changement arrive graduellement à travers la participation des gens », expliquait Haval Rachid, de la commission économie.

Dans le canton de Cizre, en près de cinq ans, plus d’une centaine de coopératives sont sorties de terre. Des dizaines de milliers d’hectares d’État ont été attribuées par l’autoadministration pour des coopératives agricoles, dont les parts n’excèdent pas 100 dollars et qui comptent des milliers de sociétaires, selon le principe « un membre, une voix ». Des dizaines de coopératives de femmes se développent également, dans l’artisanat, la transformation alimentaire, la restauration. Dans le village de Zargan, la coopérative d’achat Havgartin regroupe 26.000 sociétaires et s’organise pour éviter la spéculation capitaliste sur le commerce de denrées de base, comme le sucre. Partout le but est le même : répondre aux besoins économiques des communautés de manière accessible.


Des soldats des unités de protection populaires (YPG).

Mais la situation matérielle reste très difficile. Le territoire est soumis à un embargo — de la Turquie, de la Syrie, mais aussi des partis kurdes rivaux du Kurdistan irakien (GRK) — qui empêche d’échanger les produits. Au cœur du Croissant fertile, ce berceau historique de l’agriculture, des millions de tonnes de blé sont produites sans pouvoir être transformées, tomates et poivrons pourrissent sur place. Le matériel médical manque cruellement et la situation sanitaire est très difficile.

La question de l’énergie et du pétrole est aussi un casse-tête. Le Rojava compte environ la moitié des réserves de brut de Syrie. Mais le territoire est dépourvu de raffineries industrielles, des travailleurs tuent leur santé et polluent l’environnement dans des petites raffineries artisanales. Les administrations kurdes ont déclaré que le pétrole ne servirait jamais de marchandise d’exportation et de base pour une économie de rente. Mais pour l’instant, on en est loin : les pénuries d’essence sont fréquentes, ce qui entraîne un mécontentement populaire et même des manifestations.

Enfin, la mise en place de ce projet politique dans une situation de guerre est délicate. Les forces armées récupèrent des zones contrôlées par Daech où des mines sont cachées dans les maisons et les « cellules dormantes » civiles restent une menace.

« La Fédération de Syrie Nord est prise dans une course de vitesse »

Depuis septembre 2017, des élections ont eu lieu pour la première fois aux différents échelons la Fédération. Un pied de nez au régime d’el-Assad, qui prétend, après la défaite de Daech au sol, reprendre toute la Syrie après l’avoir mise à feu et à sang. De nombreux partis politiques ayant signé la charte de la Fédération ont pu se présenter. Le 22 septembre 2017, les élections communales ont permis d’élire les porte-paroles de 4.000 communes, avec près de 70 % de participation. Le 1er décembre 2017, c’était au tour des assemblées locales dans les villes, districts et les cantons : 60 % des assemblées sont élues, les 40 % restant sont dédiées à la représentation des minorités — jeunes, femmes, confessions, communautés, etc. Enfin, fin janvier 2018, les élections des organes de plus haut niveau de la Fédération auront lieu.

« Dans la nouvelle phase post-Daech qui s’ouvre, la Fédération de Syrie Nord est prise dans une course de vitesse »,
explique Chris Den Hond, coauteur du documentaire Rojava, une utopie au cœur du chaos syrien. D’un côté, construire la révolution par le bas, propager les formations et les communes, améliorer la vie quotidienne, reconstruire le pays, consolider le système par des élections libres et transparentes. De l’autre, convertir les victoires militaires en poids politique et diplomatique pour ne pas se retrouver complètement isolé à l’international.



Car malgré des représentations diplomatiques à Paris, Berlin, Washington et Moscou, le futur soutien international une fois Daech vaincu reste hypothétique. Comment les forces armées du FDS pourront-elles se défendre seules en cas d’attaques conjointes de la Syrie, de l’Iran et surtout de la Turquie, pour qui la région autonome, pluraliste et armée représente un cauchemar ?

« La solidarité de la société civile internationale est plus que jamais déterminante »

Au-delà des menaces extérieures, la tension interne principale du projet — l’auto-organisation populaire impulsée par une avant-garde éclairée de militants dévoués et un parti — n’a pas fini de susciter des questionnements : les administrations qui se constituent risquent-elles de donner naissance à une bureaucratie ? Les représentants désignés aux niveaux les plus hauts peuvent-ils constituer une élite politique ? Qui de l’État ou de l’auto-organisation populaire va l’emporter dans les années à venir ?

« La solidarité de la société civile internationale est plus que jamais déterminante »,
selon Chris. Le Rojava est déjà devenu un foyer révolutionnaire mondial. Depuis plus de trois ans, des brigades internationales s’organisent pour prendre part aux combats. Des centaines de volontaires, d’Europe, d’Amérique latine, des États-Unis, du Moyen-Orient, s’y sont déjà engagés. Le Bataillon international de libération a été créé en 2015, sous la houlette des FDS, regroupant des brigades communistes, anarchistes, etc. Une brigade anarchiste queer y a notamment été créée.

Dans la société civile, l’internationalisme se répand aussi, entre projets éducatifs, médicaux, médiatiques, etc. Mais il est moins visible. Pourtant, comprendre plus en finesse ce projet social est crucial pour apporter un soutien conscient et critique. Des livres sont publiés depuis deux ans, des journées de discussion organisées, des documentaires réalisés, des collectifs de soutien se réactivent ou se créent dans le but de mieux comprendre le projet politique. Des voyages et des délégations s’organisent pour rencontrer les militants et transmettre leur expérience. Le Rojava a déjà commencé à essaimer bien au-delà du Moyen-Orient.

un texte et une discussion

Sans modération
Le Moine Bleu 24 janvier 2018


Les mains en l'air, ordure.

Twisted Evil


https://rojinfo.com/

Combattant internationaliste : Rojava, canton de Kobane
27 Janvier 2018

Nous publions la lettre d’un combattant internationaliste du Rojava se rendant à Afrin pour participer à la résistance.

Serhat Tiqqun a écrit:
Après 13 mois au Rojava, alors que je pensais rentrer en Mars ou Avril et ne plus retourner au front d’ici là, la situation me conduit de fait à changer de décision.

Demain je pars pour Efrin, qui comme vous le savez est attaquée par l’État turc. L’invasion du canton d’Efrin par la Turquie et la résistance kurde qui s’y déploie symbolisent une nouvelle bataille contre le fascisme.
Tous nos camarades des YPG/YPJ, du PKK et des partis révolutionnaires turcs s’accordent à dire que ce sera le front le plus difficile qu’on ait jamais vu au Rojava, mais qu’il s’agira également du plus politique. Une guerre de haute intensité militaire et politique, voilà ce qu’est Efrin.
Combattre la deuxième plus grande armée de l’OTAN implique également une nouvelle forme de guerre, une forme de guérilla semi-rurale et semi-urbaine, bien différente du conflit contre DAESH.
Mais il va nous falloir aussi affronter les groupes islamistes du Nord syrien type Al-Nosra/Al-Sham, et la fraction pro-turque de la FSA qui n’est rien d’autre qu’un gang armé réactionnaire
.
Nous sommes plusieurs dizaines d’internationaux (comprendre occidentaux, les kurdes ne considérant pas leurs camardes turcs comme internationaux) à partir là bas, et c’est sans surprise que nous ne soyons presque que des “politiques” (révolutionnaires).
Cette fois nous partirons en tant que membres des partis turcs, principalement DKP/BÖG et TKPML/TIKKO, et viennent également avec nous le MLSPB, le MKP, le TKPL. Le MLKP ne se joindra pas à nous, pas dans l’immédiat en tous cas (et l’on ne s’en plaindra pas).
L’International Freedom Battalion demeure pour l’instant à Rakka, ou l’État Islamique continue de mener quelques attaques éclairs, se cachant parmi les civils qui tentent de reconstruire leur ville. Au Sud, vers Deir-Ez-Zor, les YPG/YPJ/SDF continuent de prendre des villages à l’EI.

Le Rojava, et surtout les rojavi, sont sous le coup d’une attaque massive, et doivent se battre sur plusieurs fronts. L’extrême gauche européenne, dans sa couardise habituelle, apporte un soutien de forme plus que de fond.
Notre départ est donc aussi un appel à la solidarité.
Nous attendons de nos camarades à travers le monde qu’ils et qu’elles partagent des nouvelles sur la situation au Kurdistan. Qu’ils et qu’elles trouvent des fonds pour les organisations investies au Rojava.
Sans argent nous ne pourrons pas nous battre efficacement.

La guerre nous épuise tous, nous vide d’une certaine substance vitale qui pourrait bien être l’innocence, mais la guerre est aussi l’affirmation d’une irrémédiable confrontation politique, elle est l’irréversibilité d’une situation qui fût et qui ne sera plus.
C’est pourquoi il faut ici y voir une possibilité. Celle d’arrêter l’ennemi fasciste d’abord, de l’affronter ensuite, et de le repousser après; d’écarter la confusion pour pousser les gens à prendre parti.
Parce qu’il faut à présent prendre parti, faire un choix simple entre liberté et barbarie, fascisme ou révolution.
La neutralité n’est pas permise, et l’indifférence est un crime.

Dans les collines et les oliveraies d’Efrin, des gens se battent. Ils sont apoistes, communistes, anarchistes, démocrates radicaux ou simplement antifascistes. Ils sont des nôtres. Ne les oubliez pas.

Cycle Kurdistan : Le PKK, histoire, idéologie et organisation. Avec Olivier Grojean et Mansour Teifuri.
Conséquences a écrit:
Jeudi 1er février, ENS-Ulm, Salle Cavaillès, 19 heures.




Nous poursuivons le cycle sur le mouvement révolutionnaire kurde avec Olivier Grojean, chercheur et auteur de "La Révolution kurde : le PKK et la fabrique d'une utopie" et Mansour Teifuri, chercheur, traducteur et militant kurde. Lors de cette séance, nous reviendrons sur l'histoire du Parti des Travailleurs du Kurdistan né dans les années 70, son évolution idéologique ainsi que son rapport à la violence. Nous tenterons également de mieux comprendre son organisation interne : quelle forme d'encadrement des militants? Quelle place donne-t-il à la formation idéologique et militaire? Quelles sont ses stratégies de mobilisation à la fois des militants mais aussi des populations ? Comment s'organise ce que l'auteur appelle la mouvance PKK qui dépasse les frontières du parti ? Nous reviendrons également sur la genèse et les formes actuelles des politiques féministes et écologiques du PKK mises en place au Bakûr (Turquie) et au Rojava (Syrie). Il s'agira bien d'analyser ce parti et sa mouvance, non pas de le juger, en le replaçant dans un contexte socio-historique particulier et des systèmes d'interactions singuliers.

rappel 'communisateur' pour mémoire : Kurdistan ? Gilles Dauvé et Tristan Leoni DDT21 30 janvier 2015


relevons qu'il y a 3 fois plus de "Kurdes" que de "Juifs" dans le monde, et qu'il n'est donc pas saugrenu d'en parler

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    Dim 18 Mar - 8:40


et ce qui devait arriver...

Syrie : les forces turques et leurs alliés entrent dans la ville d'Afrine
Le Point AFP 18/03/2018

L'armée turque et des rebelles syriens alliés sont entrés dans la ville kurde d'Afrine, dans le nord-ouest de la Syrie, cible d'une offensive d'Ankara qui vise à y chasser une milice kurde qu'elle considère comme "terroriste", a indiqué dimanche une ONG.


Citation :
"Les forces turques et leurs supplétifs syriens ont pris le contrôle de plusieurs quartiers et les combats se poursuivent", à Afrine, a précisé le directeur de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), Rami Abdel Rahmane.

Dans un communiqué, les groupes rebelles alliés d'Ankara ont annoncé dimanche "avoir pénétré la ville par l'est et l'ouest".



Afrine prise en étau ©️ AFP

Les civils toujours présents dans la ville se cachent dans des caves, a raconté à l'AFP un habitant.

Il s'agit d'une étape majeure dans l'offensive lancée par la Turquie le 20 janvier, et dont l'objectif est de chasser de la frontière turque la milice kurde des Unités de protection du peuple (YPG).

Cette faction, classée groupe "terroriste" par la Turquie, est pourtant un allié précieux de Washington dans la lutte contre les jihadistes.

L'avancée des forces pro-turques a entraîné ces derniers jours un exode massif de civils, faisant craindre un nouveau drame humanitaire dans un pays ravagé par un conflit entré dans sa huitième année et qui a fait plus de 350.000 morts et des millions de déplacés et réfugiés.

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MessageSujet: Re: TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...    

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TURQUIE, KURDISTANS... SYRIE...
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