PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

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 POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES

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MessageSujet: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Lun 30 Nov - 0:18

à reprendre...
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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Ven 11 Déc - 3:31








Dernière édition par Patlotch le Ven 11 Déc - 3:46, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Ven 11 Déc - 3:45











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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Ven 11 Déc - 3:55



Older Populations to Exceed Children in Most World Regions by 2050, Census Bureau Reports, July 5, 2012  by  Michael Howser

The world’s inhabitants in 2012 are an older mix of people than was the case a decade ago, driven by declining fertility and increasing life expectancy. According to new U.S. Census Bureau population projections, by midcentury most world regions will resemble Europe, which in 2005 became the first major world region where the population 65 and older outnumbered those younger than 15 (see Figure 1).

Figure 1: Europe Population Pyramid: 2005


Northern America, which includes Canada and the United States, will have joined Europe in this historic reversal of age group sizes by 2050 (see Figure 2), as will Asia (Figure 3), Latin America (see Figure 4) and Oceania (which includes Australia and New Zealand) (see Figure 5).

Figure 2: Northern America Population Pyramid 2050


Figure 3: Asia Population Pyramid 2050  


Figure 4: Latin America and the Caribbean Population Pyramid 2050


Figure 5: Oceania (Includes Australia and New Zealand) Population Pyramid 2050


Moreover, China is projected to move from having nearly twice as many people in the younger age group than in the older one in 2012, to the opposite situation by midcentury (see Figure 6).

Figure 6: China Population Pyramid 2050



Each of these projections come from an update of the Census Bureau’s International Data Base, which includes estimates by age and sex to 100 years and older for countries and other areas with populations of 5,000 or more and provides information on population size and growth, mortality, fertility and net migration.

Since April 2012, users of the International Data Base have been able to obtain population in single years of age, allowing them to calculate country-specific populations in particular age groups (e.g., population at selected ages younger than 5, or adolescents).

Between now and the middle of the 21st century, global population will continue aging. The percentage of population 65 and older will more than double, from 8 percent today to nearly 17 percent in 2050, carrying with it well-established changes in the mix of communicable and noncommunicable disease patterns in populations, health care burden, pension systems, the composition and character of the labor force, and other economic variables, such as savings and consumption patterns.

One world region — Africa — will continue to have populations younger than 15 that are much larger than those 65 and older, but even there, the balance will have shifted toward the older group (see Figure 7).

Figure 7: Africa Population Pyramid 2050



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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Ven 11 Déc - 4:11

[en construction]


migrations

avant





maintenant

Un phénomène beaucoup plus complexe que les préjugés usuels

Citation :
Contrairement aux apparences, et au ressenti de certains, les pays riches n’accueillent pas toute la misère du monde. Il y a autant de migrations Sud-Nord que de migrations Nord-Nord ou Nord-Sud (cf. carte des flux migratoires, Atlas des migrations, dans cet article).

Ce ne sont pas toujours les personnes les plus pauvres qui migrent vers le Nord. Bien souvent ceux qui fuient l’extrême pauvreté migrent à l’intérieur de leur propre pays ou dans les pays voisins. D’ailleurs, les pays en développement accueillent 90 % des réfugiés de la planète.




C.WIHTOL DE WENDEN, Atlas mondial des migrations, Editions Autrement, 2008

Citation :
Seuls 8,5 % des immigrés des pays de l’OCDE sont africains alors que 16,8 % sont asiatiques, 13,5 % européens et 25 % latino-américains [1]. La France est loin d’accueillir toute la misère du monde avec 0,08 % de l’ensemble des migrants de la planète.

Il est de plus en plus difficile de distinguer les pays de départ, des pays d’origine ou de transit. De nombreux pays sont les trois à la fois. C’est le cas par exemple du Maroc ou de l’Algérie qui accueillent des migrants subsahariens en route pour l’Europe ou qui s’y établissent pour étudier ou trouver un emploi.

Enfin, il est faux de croire que plus de développement entraîne moins de migrations. Toutes les études montrent que c’est l’inverse qui se produit à court et moyen termes, comme en témoigne le profil migratoire des pays émergents (Inde, Chine, Brésil).

Les migrants partent pour de nombreuses raisons qui souvent s’additionnent, mais en tout cas se réduisent rarement à la seule attractivité d’un pays (le fameux « appel d’air »).

La distinction entre réfugiés, migrants économiques, migrants du climat est de plus en plus difficile… On part pour fuir des persécutions, un environnement qui se dégrade, un milieu de vie qui devient insoutenable, pour trouver de meilleures opportunités économiques, pour étudier, pour trouver un emploi, pour rejoindre de la famille… Ou pour toutes ces raisons à la fois !

Quant au choix du pays d’immigration, il est souvent dicté plus par l’existence de communautés d’accueil ou par la langue que par tel ou tel aspect de la politique du pays au demeurant mal connue.






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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Ven 11 Déc - 4:16

en construction


flux migratoires actuels de réfugiés

en Europe





2009



autres cartes

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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Ven 11 Déc - 5:13




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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Ven 11 Déc - 5:16





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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Ven 11 Déc - 5:18




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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Jeu 17 Déc - 6:35



OIT : La main-d’œuvre mondiale compte 150 millions de migrants 16 décembre 2015

Une nouvelle étude statistique de l'OIT se penche sur les travailleurs migrants, avec notamment des statistiques par région de destination et secteur d'activité ainsi qu'un focus sur les travailleurs domestiques migrants

Deux tiers des migrants dans le monde sont des travailleurs, selon l'OIT


Répartition des travailleurs par région, secteur d'activité et sexe
afp.com/Vincent LEFAI

GENÈVE (OIT Info) – Les travailleurs migrants représentent 150,3 des quelque 232 millions de migrants dans le monde selon une nouvelle étude de l’Organisation internationale du Travail (l’OIT)

Citation :
Le rapport, Estimations mondiales de l’OIT sur les travailleurs migrants, montre que les travailleurs migrants constituent 72,7 pour cent des 206,6 millions de la population immigrée en âge de travailler (âgée de 15 ans et plus). La majorité d’entre eux sont des hommes – 83,7 millions – et 66,6 millions sont des travailleuses migrantes.

Commentant le rapport, le Directeur général de l’OIT, Guy Ryder, a déclaré:

Citation :
«Cette analyse représente une contribution importante de l’OIT pour les Etats membres en vue de la réalisation du Programme de développement durable pour 2030, et en particulier des cibles relevant de l’objectif 8 sur la protection de tous les travailleurs, y compris les travailleurs migrants, et de l’objectif 10 sur la mise en œuvre de politiques de migration bien gérées. Les responsables politiques disposeront dorénavant de données réelles sur lesquelles fonder leurs politiques.»


Le phénomène des migrations de main-d’œuvre concerne toutes les régions du monde, même si près de la moitié (48,5 pour cent) des travailleurs migrants se concentrent dans deux grandes régions: l’Amérique du Nord et l’Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest. Les Etats arabes se caractérisent par la plus forte proportion de travailleurs immigrés dans l’ensemble de leurs travailleurs, avec un taux de 35,6 pour cent.

L’étude examine aussi la répartition de la main-d’œuvre immigrée dans les grands secteurs d’activité. La grande majorité des travailleurs migrants se trouve dans le secteur des services, avec 106,8 millions de travailleurs représentant 71,1 pour cent du total, suivi par l’industrie, y compris la production manufacturée et la construction, avec 26,7 millions de travailleurs (17,8 pour cent), et par l’agriculture avec 16,7 millions de personnes (11,1 pour cent). Parmi tous les travailleurs migrants, 7,7 pour cent sont des travailleurs domestiques.

«Cette évaluation montre que l’immense majorité des migrants part en quête de meilleures perspectives d’emploi. En appliquant une méthodologie robuste, nous pensons enrichir considérablement notre base de connaissances sur les migrations et offrir une base solide pour élaborer des politiques migratoires efficaces»,
a déclaré Manuela Tomei, Directrice du département des conditions de travail et de l’égalité (WORKQUALITY).

Des taux d’activité élevés chez les travailleurs migrants


What is the likelihood of migrant men and women to be in the labour force?


Taux d'activité mondiaux des migrant(e)s et des non-migrant(e)s, par sexe, 2013


En général, les migrants ont une plus forte propension à travailler que leurs homologues locaux. Ces taux d’activité plus élevés sont pour l’essentiel associés à une proportion plus élevée de femmes migrantes dans la main-d’œuvre.

Les données utilisées pour le calcul des estimations figurant dans ce rapport font référence aux travailleurs migrants dans le pays de destination et mesurent le nombre de migrants en 2013. Les données de 176 pays et territoires représentant 99,8 pour cent de la population mondiale en âge de travailler (âgée de 15 ans et plus) ont été intégrées dans cette étude.


Gros plan sur les travailleurs domestiques migrants

Le rapport met aussi l’accent sur les chiffres mondiaux élevés concernant les travailleurs domestiques migrants et les fortes disparités hommes/femmes dans ce secteur.

Le travail domestique est l’un des secteurs les moins régulés de l’économie et, à ce titre, préoccupe particulièrement l’OIT. En raison de la concentration des travailleuses migrantes et de la visibilité relativement faible de la main-d’œuvre dans ce secteur, de multiples formes de discrimination se superposent.

Sur les quelque 67,1 millions de travailleurs domestiques dans le monde, 11,5 millions, ou 17,2 pour cent, sont des migrants internationaux. Environ 73,4 pour cent (soit environ 8,5 millions) de tous les travailleurs domestiques migrants sont des femmes. L’Asie du Sud-Est et le Pacifique en accueillent la plus grande part, avec 24,0 pour cent de la totalité des travailleuses domestiques migrantes, suivis par l’Europe du Nord, du Sud et de l’Ouest, avec 22,1 pour cent du nombre total, et les Etats arabes avec 19,0 pour cent.

Avec le vieillissement des sociétés et d’autres évolutions démographiques et socioéconomiques, les travailleurs domestiques migrants devraient continuer à s’expatrier massivement pour satisfaire les besoins en matière de soins et de services domestiques.


Répartition des travailleurs domestiques migrants par sexe


«De bien des manières, la question migratoire occupe une place de choix dans le Programme de développement durable pour 2030. Les migrants ont besoin de travailler mais il est tout aussi certain qu’au cours des prochaines années de nombreuses économies de destination auront besoin de nouveaux travailleurs. Le monde devra disposer de plus de données et d’indicateurs de qualité pour suivre ces flux et ce rapport fixe de nouvelles exigences dans la quête de chiffres mondiaux fiables pour guider les responsables politiques», a conclu Rafael Diez de Medina, Directeur du département de statistique de l’OIT.

Le rapport paraît au moment où l’OIT célèbre le 40e anniversaire de la convention n° 143, la convention sur les migrations dans des conditions abusives et sur la promotion de l’égalité des chances et de traitement des travailleurs migrants  adoptée par la Conférence internationale du Travail de 1975.


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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Sam 19 Déc - 14:33


très nombreuses cartes dont certaines intéressantes, mais cela ne fait pas en soi un usage pertinent du concept...



The Decolonial Atlas

Re-imagining the world


Decolonial Atlas Featured in Langscape Magazine! December 16, 2015



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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Dim 20 Déc - 19:55


7 % d'étrangers en Europe
6,3 % en France


À peine 7 % d’étrangers dans l’Union européenne  La Croix 20/12/15

Les 28 pays de l’UE totalisent 34 millions d’étrangers dont 42 % sont des ressortissants d’un autre État membre de l’UE


MANUEL DIAS/ASSOCIATED PRESS

La rue piétonne Philippe II à Luxembourg-Ville
Le Luxembourg est constitué à plus de 45 % d’étrangers à 86 % de nationalité européenne


Citation :
L’attractivité et les traditions d’accueil sont très diverses parmi les pays de l’Union européenne. Sur 506,8 millions d’habitants en 2014, l’UE comptait 34,1 millions d’étrangers, soit 6,7 % de sa population selon les dernières données publiées par Eurostat.

Mais les ressortissants étrangers constituaient moins de 1 % de la population en Bulgarie, Croatie, Lituanie, Pologne et Roumanie. À peine plus en Hongrie et Slovaquie.


Plus de 10 % d’étrangers dans huit États membres


À l’inverse, dans huit États membres, ils représentent plus de 10 % de la population : par ordre décroissant, le Luxembourg, Chypre, la Lettonie, l’Estonie, l’Autriche, l’Irlande, la Belgique et l’Espagne. La France est, elle, en dessous de la moyenne européenne (6,3 %).

À noter que quatre de ces pays – Luxembourg, Chypre, Irlande et Belgique – attirent majoritairement des citoyens européens d’un autre État membre de l’UE, la corrélation avec l’attractivité fiscale de ces pays n’étant peut-être pas fortuite, sans oublier la particularité de la Belgique qui accueille l’essentiel des institutions européennes.

42 % de ressortissants d’un autre État membre


Ainsi le Luxembourg, ce petit pays de 550 000 habitants est constitué à plus de 45 % d’étrangers à 86 % de nationalité européenne. Il en va de même pour 66 % des étrangers vivant à Chypre et 69 % de ceux installés en Irlande, la moyenne pour l’UE étant de 42 %.

Ce sont les pays du sud de l’Europe, Grèce, Espagne, France et Italie, ainsi que la Suède, qui proportionnellement accueillent le plus de citoyens non UE.

> Survolez les pays dans la carte ci-dessous pour accéder à la part des ressortissants étrangers, citoyens européens et non-européens, dans la population totale  


La situation particilière des Russes dans les États baltes

Tout à fait atypiques dans le paysage européen, deux des trois pays baltes, Lettonie et Estonie, ont une population étrangère massivement non UE et constituée quasi exclusivement de 130 000 Russes et de 340 000 « non-citoyens reconnus », à savoir d’anciens citoyens soviétiques qui n’ont pas reçu la nationalité estonienne ou lettone.

Pour les nationalités européennes, les Polonais sont particulièrement présents au Royaume-Uni (750 000), en Irlande et en Allemagne, mais aussi proportionnellement en Suède et au Danemark. Les Roumains représentent la première nationalité étrangère en Italie (un million) et en Espagne (730 000).

Inversement l’Italie, comme la Grèce, fournit de gros contingents d’étrangers aux 28. Les Portugais (500 000) restent la première communauté étrangère en France. Ils font quasi jeu égal avec les étrangers non-UE, Algériens et Marocains dans l’Hexagone.

L’Asie et l’Afrique peu présents dans les premières nationalités étrangères

Du côté des citoyens non-UE, les Marocains sont également très présents en Espagne et en Italie. Les Turcs sont près de deux millions (les trois-quart en Allemagne). Près d’un million d’Albanais se répartissent entre Grèce et Italie. Les proximités historiques et linguistiques expliquent la présence brésilienne, cap-verdienne et angolaise au Portugal ou équatorienne en Espagne.

Les continents africains ou asiatiques restent quasi inexistants dans le tableau des cinq premières nationalités étrangères présentes dans chacun des États membres. Si ce n’est l’exception notable de la communauté indienne, deuxième nationalité étrangère au Royaume-Uni (350 000), ou chinoise, quatrième nationalité en Italie (257 000).

À noter aussi les quelque 60 000 Vietnamiens qui constituent la troisième nationalité en République tchèque, les 35 000 Pakistanais, quatrième nationalité en Grèce ou les 20 000 Nigérians, cinquième nationalité en Irlande.

Près d’un million d’étrangers ont acquis la nationalité en 2013

Pour mémoire, la population étrangère est en partie différente de la population immigrée, un immigré étant une personne née étrangère à l’étranger qui a pu ensuite obtenir la nationalité du pays de résidence.

En 2013, dernière année de statistiques connues, 985 000 personnes avaient acquis la citoyenneté dans l’un des 28 États membres, au premier chef en Espagne (23 %), au Royaume-Uni (21 %), en Allemagne (12 %), puis en Italie et en France, les deux pays comptant chacun pour 10 % des acquisitions de nationalité.

En pourcentage de la population, l’Irlande détient le plus fort ratio (5,3 pour mille personnes) suivie par la Suède, l’Espagne et le Luxembourg.

L’Irlande, l’Espagne et l’Italie font partie des pays qui ont le plus augmenté numériquement la délivrance de nationalité.

La France épouse une tendance inverse : après un pic de 143 300 nationalisations en 2010, le nombre est tombé sous la barre des 100 000 en 2012 et 2013.

Marie Verdier


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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Dim 20 Déc - 20:09


musulmans en Europe

Il y a moins de musulmans en Europe que ce que pense la population Marie Gathon Levif.be 21/01/15

The Economist publie une carte qui montre la différence entre la proportion de musulmans vivants en Europe et l'estimation de leur nombre par la population



© Pew Research; Ipsos Mori / The Economist

Citation :
Les chiffres avancés par The Economist proviennent d'une étude menée par Ipsos Mori qui a été publiée en octobre dernier et qui portait sur les perceptions erronées de 14 pays sur différents sujets.

Suite aux évènements qui ont endeuillé la France et aux mesures de sécurité renforcées prises dans plusieurs pays européens, dont la Belgique, la perception de la population risque d'être encore plus erronée. C'est donc l'occasion de rétablir la vérité.

On constate que la France est le pays qui compte proportionnellement le plus de musulmans (8 %). C'est toutefois bien moins que l'estimation de la population qui pense qu'il y a 31 % de musulmans dans le pays.

La Belgique fait aussi partie des pays où la perception est la plus erronée. On y compte 6 % de musulmans alors que la perception est à 29 %.

Toutefois, si l'on analyse ces chiffres en profondeur, on constate que proportionnellement, c'est la Hongrie qui surévalue le plus le nombre de musulmans au sein de ses frontières. Ainsi, les Hongrois pensent qu'il y a 7 % de musulmans dans leur pays, alors qu'ils ne sont que 0.1 %. Il s'agit de 70 fois plus que la réalité.

Sous cet angle, la Belgique n'arrive qu'en cinquième position parmi les pays européens et la France en septième position. Voici le classement complet, selon les calculs de David Liboy, professeur de mathématiques et gestion à la province de liège :

Citation :
1. La Hongrie 7 % vs 0,1 % (donc 70 fois plus que la réalité)

2. La Pologne 5 % vs 0,1 % (donc 50 fois plus que la réalité)

3. L'Espagne 16 % vs 2 % (donc 8 fois plus que la réalité)

4. L'Italie 20 % vs 4 % (donc 5 fois plus que la réalité)

5. La Belgique 29 % vs 6 % (donc 4,8 fois plus que la réalité)

6. Le Royaume-Uni 21 % vs 5 % (donc 4,2 fois plus que la réalité)

7. La France 31 % vs 8 % (donc 3,87 fois plus que la réalité)

8. La Suède 17 % vs 5 % (donc 3,4 fois plus que la réalité)

9. L'Allemagne 19 % vs 6 % (donc 3,2 fois plus que la réalité)




et en France ?









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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Mar 19 Avr - 18:20


' Les immigrés demeurent essentiellement des urbains '

Joel Cossardeaux  Les Échos 19/04



La répartition immigrés territoire varie pays naissance.
Les natifs d’Afrique Maghreb urbains issus l’Union européenne
 
Huit immigrés sur dix en France habitent une grande agglomération, selon une étude de l'Insee. A elles seules, Paris et sa région concentrent 38 % de la population immigrée.

Citation :
Huit immigrés (1) sur dix vivant en France habitent une ville, une banlieue ou une grande banlieue. En y incluant la très grande périphérie des villes, urbains et périurbains vont jusqu’à atteindre une part de 90 % au sein de cette population estimée à 5,7 millions de personnes en 2012, signale l’Insee dans une étude publiée ce mardi. Cette proportion est moindre chez les non-immigrés, dont le nombre s’élevait la même année à 59,5 millions d’individus : huit sur dix vivent dans une agglomération ou à proximité.

Ce caractère plus urbain des immigrés tient essentiellement à leur forte présence en région parisienne. Un peu plus de 38 % d’entre eux, soit 2,2 millions de personnes, y ont élu domicile. Ce taux est deux fois plus élevé que chez les non-immigrés, dont 17,1 % résident dans la capitale et sa périphérie.

Les Africains plus urbains que les Européens

En revanche, la part prise par les six premières agglomérations de province (Lyon, Marseille, Toulouse, Lille, Bordeaux et Nice), au sein de chacune de ces deux populations est quasi identique : 15 % des immigrés et 13 % des non-immigrés y habitent. Au-delà, dans les territoires les moins denses, le rapport s’inverse et passe du simple au double « en faveur » des non-immigrés (10,4 % d’entre eux, contre 4,9 % des immigrés).

La répartition des immigrés sur le territoire varie également selon leur pays de naissance. Les natifs d’Afrique et du Maghreb sont plus urbains (95,2 % vivent dans une agglomération) que ceux issus de l’Union européenne (82,5 %). Ceux venus d’Algérie ou de Tunisie « résident presque exclusivement » en ville ou en banlieue. Plus de la moitié d’entre eux vivent dans les grandes agglomérations de Paris, Lyon ou Marseille, lieux de forte implantation industrielle à l’époque de leur migration.


Que veut dire être un immigré ?

Un immigré n’est pas toujours un étranger, loin s’en faut. L’Insee rappelle que 40 % de cette population sont de nationalité française pour l’avoir acquise.

A l’inverse, un étranger résidant en France n’est pas forcément immigré. Par exemple, une personne née sur le territoire national de deux parents immigrés non français sera déclarée de nationalité étrangère sans être immigrée.

Un descendant d’immigrés est une personne née en France dont au moins un des deux parents est immigré. On estime leur nombre 6,8 millions en 2012.

Un étranger est une personne qui réside en France, mais n’a pas la nationalité française. Ils étaient 4 millions en 2012.

Les Marocains, arrivés plus récemment, « sont un peu plus dispersés sur le territoire » et « habitent plus fréquemment que les autres immigrés d’origine maghrébine dans l’espace des petites ou moyennes aires », note l’Insee.

Les immigrés venus d’Asie, eux aussi, restent globalement très concentrés dans les grandes aires urbaines (9 sur 10 y résident). A commencer par ceux nés en Chine, dont pratiquement les deux tiers vivent à Paris et dans sa région.

La localisation des immigrés originaires de l’Union européenne est plus proche de celle des non-immigrés, mais à quelques nuances près. Ils sont notamment davantage présents dans les grands pôles urbains (64,1 % contre 56,8 %) et dans les communes très densément peuplées (39,3 % contre 33,1 %).

Les Espagnols
se concentrent dans les grandes agglomérations du Sud-Ouest et les Italiens dans celles du Sud-Est. Les Portugais sont aussi plus présents dans le Nord. Ainsi, à elle seule, la région parisienne capte 43 % de leur population. Ils se sont également installés dans la grande périphérie des villes. Ce qui fait qu’ils sont « plus dispersés sur le territoire », observe l’Insee.

Les dernières vagues d’immigration n’ont pas infirmé cette surreprésentation urbaine dans les territoires de l’Hexagone. Près de 90 % du 1,087 million d’immigrants arrivés entre 2009 et 2013 habitent dans la sphère d’influence d’une grande ville. Près d’un tiers (32,1 %) ont opté pour Paris et les installations ont été plus fréquentes à Lyon et à Toulouse.




(1) Au sens de l’Insee, un immigré est une personne née étrangère à l’étranger et résidant en France.

@JolCossardeaux

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/021853035433-les-immigres-demeurent-essentiellement-des-urbains-1214942.php?zcTH9u7fil68huri.99


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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Sam 14 Mai - 12:07


au secours, v'là les vieux !


Citation :
Beaucoup a été dit sur les répercussions en matière de santé publique et de sécurité sociale du vieillissement des populations occidentales. Alors que l'âge électoral médian atteint maintenant la cinquantaine, ses répercussions socio-politiques et économiques sont par contre quasi absentes du débat public européen. Emmanuel Todd consacre cet exposé à cette question.

très intéressant car Todd est là dans sa spécialité, la démographie, où il est meilleur qu'en penseur théorique de l'idéologie française. Ça parle du vieillissement des populations européennes et occidentales (Japon compris) de souche. Voir en relation dans CHIFFRES d'un MONDE en CRISE : POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES

.
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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Dim 29 Mai - 14:04


la démographie comme facteur décisif de l'évolution africaine

quitte à le lire avec les lunettes de la critique de l'économie politique (le capital), un texte éclairant,

Le défi africain : « bombe démographique » ou « dividende démographique » ?

Roland Pourtier diploweb.com 28 mai 2016

Professeur émérite des Universités, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Laboratoire de géographie PRODIG. Président de l’Association de Géographes Français (AGF). Il a notamment publié "Afriques noires", éd. Hachette Éducation

Le « dividende démographique » ne sera qu’un mirage s’il n’y a pas une forte accélération de la baisse de la fécondité en Afrique dans les prochaines années. Pourquoi ? Voici une réponse solidement argumentée. Le Professeur Roland Pourtier partage ici sa contribution au 8e Festival de Géopolitique de Grenoble.


Citation :
LA QUESTION démographique est cruciale pour l’avenir de l’Afrique. Personne n’en doute, même si les interprétations divergent. Le rythme de croissance de la population, depuis le milieu du XXe siècle, est en effet unique dans l’histoire de l’humanité à l’échelle d’un continent et dans la longue durée.

230 millions d’Africains en 1950, 1,2 milliard en 2015, peut-être 2,4 milliards en 2050. La population aura été multipliée par 10 en un siècle, contre 3 pour le reste du monde, 1,3 pour l’Europe. Conséquence : la part de l’Afrique dans la population mondiale de l’ordre de 9% en 1950 compte pour 16% en 2016 et devrait atteindre 25% en 2050.

Cette croissance hors du commun pose d’énormes défis. Défis internes d’une croissance économique confrontée au ras de marée d’une population jeune. Défis externes des relations de l’Afrique au reste du monde, forcément marquées par les conséquences d’une explosion démographique sans précédent.

Peut-on pour autant parler de « bombe démographique » ? En 1968 paraissait aux Etats-Unis « The Population Bomb » de Paul Ehrlich, traduit et publié par les Amis de la terre sous le titre « La bombe P » en 1971. Ce livre s’inscrit dans un courant intellectuel néo-malthusien né aux Etats-Unis après 1945. Parmi les ouvrages fondateurs, « Our Plundered Planet » de Fairfield Oborn, 1948, a été réédité en 2008 par Actes Sud sous le titre « La planète au pillage », avec une préface de Pierre Rabhi. En réalité, les préoccupations humanitaires et écologiques, masquaient alors la « menace » supposée de la croissance démographique de l’Amérique latine et de l’Asie.

Y aurait-il aujourd’hui, symétriquement, un « péril africain » - un « péril noir » qui viendrait en quelque sorte en écho au « péril jaune » agité dès la fin du XIXe siècle ? La question démographique est toujours très sensible. De nombreux Africains y voient la résurgence d’un impérialisme occidental, un reliquat de néo-colonialisme. Tout ce qui peut ressembler à une ingérence démographique provoque une levée de boucliers.

En France, les interrogations sur la démographie africaine s’imbriquent étroitement avec la question des migrations ; elles suscitent compassion devant les drames qui se jouent en Méditerranée tout en alimentant des peurs. La présence au sud de l’Europe de deux milliards d’Africains dans une génération inquiète.

Dans ce contexte, l’Institut de géopolitique des populations (IGP), créé en 2000, met en exergue le rôle déterminant de la démographie sur la géopolitique, les migrations internationales, l’histoire des sociétés. Par exemple dans « L’Europe face à l’Afrique noire : du choc démographique au choc des civilisations », sous la direction d’Yves-Marie Laulan, publié par l’Harmattan en 2010. L’IGP, parfois catalogué d’extrême droite, exprime des préoccupations d’une fraction de la population française et européenne devant la « bombe démographique africaine ».

Changeons d’écurie. En 2004, un colloque organisé par Action contre la faim s’intitulait : « La bombe urbaine : comment nourrir villes en guerres et bidonvilles ? ». La bombe était en l’occurrence appréhendée de son côté interne plutôt que de celui de ses projections externes.

Pour en terminer avec ces quelques flash historiographiques, Serge Michailof a publié en 2015 « Africanistan. L’Afrique en crise va-t-elle se retrouver dans nos banlieues ? ». Au-delà du titre provocateur, des questions géopolitiques de fond, longtemps éludées, sont abordées de front.

La dramatisation des enjeux démographiques renvoie à un face à face implicite entre deux visions du monde : celle, pessimiste, des malthusiens. Celle, optimiste, des cornucopiens, en référence à la corne d’abondance. Au-delà de ces deux idéologies globales, un constat s’impose : ce qu’expérimente la démographie africaine est absolument nouveau. Et annonce des bouleversements géopolitiques que l’on pressent mais dont on a du mal à mesurer l’ampleur.

Avant d’aller plus loin, il convient de rappeler que l’Afrique n’est pas homogène. L’explosion démographique ne concerne que l’Afrique de l’Ouest, du Centre et de l’Est, pour faire simple l’Afrique tropicale. Le Maghreb est sur le point d’achever sa transition démographique, avec un nombre d’enfants par femme de 2,1 en Tunisie, de 3 en Algérie. En Afrique australe l’ISF n’est plus que de 2,7. L’Afrique tropicale est la seule grande région du monde à être restée au milieu du gué de la transition démographique. La baisse rapide de la mortalité ne s’est pas accompagnée d’une baisse significative de la fécondité. Le nombre moyen d’enfants par femme est actuellement de l’ordre de 5,5 et les scénarios n’envisagent qu’une diminution assez lente de l’ISF.

Face à ce défi majeur, que faire ? Si bombe démographique il y a, comment la désamorcer ?

Le retour depuis 2000 à un optimisme porté par les performances macroéconomiques - 5% de croissance annuelle - peut-il être durable ? Ces pourcentages doivent être relativisés car on part de très bas : la plupart des Etats africains se situent sur les échelons inférieurs du développement mesuré par l’IDH.

La vraie question est celle de l’avenir. Or la démographie ouvre une « fenêtre d’opportunité » correspondant à une modification de la structure par âge de la population. Les projections démographiques montrent que la population en âge d’être active (15-65 ans) deviendra majoritaire. Cela réduira ce qu’on appelle le taux de dépendance, donnant accès à ce fameux « dividende démographique » qui, depuis une douzaine d’années, a enrichi la boîte à outil de la Banque mondiale et investi le champ sémantique du développement.

Pour ne considérer que l’actualité le plus proche :

La 7ème Conférence africaine sur la population tenue à Johannesburg du 30 novembre au 5 décembre 2015 avait pour thème « Dividende démographique en Afrique : Perspectives, opportunités et défis ». La 7ème Conférence africaine sur la santé et les droits sexuels et reproductifs tenue à Accra du 10 au 12 février 2016 s’intitulait « Réaliser le dividende démographique en Afrique : l’importance cruciale de la santé et des droits sexuels et reproductifs des adolescents et des jeunes ». Enfin, le sommet de l’UA de 2017 doit porter sur le dividende démographique.

Ce paradigme à la mode ne sera-t-il, après tant d’autres, qu’une formule magique ?

Le dividende démographique, en tout cas, n’est pas automatique comme le rappelle le FMI dans une étude d’avril 2015 « Afrique subsaharienne. Faire face aux vents contraires » : « Pour obtenir le dividende le plus élevé possible, les pays d’Afrique subsaharienne devront faire baisser plus rapidement la mortalité infantile et la fécondité et créer de nombreux emplois (18 millions par an en moyenne entre 2010 et 2035)… S’ils ne se saisissent pas de cette occasion offerte par la transition démographique, le chômage pourrait monter en flèche et entraîner des conséquences sociales et économiques potentiellement graves ».

Le défi africain : « bombe démographique » ou « dividende démographique » ? Carte. L’Afrique : un continent "riche" miné par les fractures économiques et sociales




A ce stade de la réflexion, la question centrale du défi africain appelle une réponse globale articulant population et développement. Elle peut se résumer en trois points essentiels : la croissance démographique africaine est inéluctable (1) ; les économies africaines sont-elles en mesure de répondre aux défis démographiques ? (2) ; la solution migratoire et ses limites (3).

1. La croissance démographique africaine est inéluctable

La baisse de la mortalité va continuer. La mortalité infantile, de 135 pour mille en 1970, n’est plus que de 59 pour mille en 2015. Dans le même temps l’espérance de vie à la naissance est passée de 35 à 58 ans. Il reste une marge de progression importante.

La fécondité baisse lentement.

La structure par âge est telle que les classes fécondes sont très nombreuses : c’est le « momentum de population ». La question cruciale est celle du rythme de décélération de la fécondité. Dans tous les scénarios il y a croissance de la population.

Or, la baisse de la fécondité est « une des conditions nécessaires pour que l’Afrique puisse capturer à son tour un « dividende démographique » après l’Asie de l’Est » selon John May du Population Reference Bureau. La contraception est au cœur du problème. En Afrique subsaharienne, seules 25% des femmes y ont recours, contre plus de 60% dans le monde.

Face à cet énorme retard, il faudrait impulser une « révolution contraceptive » .

Quels sont les obstacles ?

La population demeure majoritairement rurale. L’enfant est perçu comme force de travail et assurance vieillesse. Le désir d’enfant reste puissant : la famille idéale serait de 8 à 10 enfants dans des enquêtes au Sahel. A cela d’ajoutent le retard de la scolarisation, notamment celui des filles dans le secondaire, la précocité du mariage des filles, la quasi absence de politiques publiques de population dans la plupart des pays.

La question démographique n’est entrée que tardivement dans les Documents stratégiques de réduction de la pauvreté (DSRP). De plus, ces derniers s’intéressent surtout à la santé reproductive : le contrôle des naissances reste marginal. Les réticences culturelles au planning familial sont toujours très fortes. S’ajoute, plus ou moins consciemment, la notion d’une revanche historique sur l’Europe, jadis dominante, aujourd’hui en déclin démographique. La population comme constitutive de la puissance est une idée toujours actuelle. Autre argument justifiant la timidité, sinon l’absence, des politiques de population : « le développement est le meilleur des contraceptifs ».

Cependant, des sociétés jugées bloquées il y a 50 ans, notamment en pays d’islam ont réalisé leur « révolution contraceptive » en une génération, comme l’Iran, le Bangladesh ou la Tunisie. L’engouement pour la Chine pourrait inciter à changer de sensibilité démographique. Le rôle des médias contribue à diffuser de nouveaux modèles sociaux et culturels : les blocages actuels, notamment dans le pays du Sahel, pourraient rapidement céder.

L’avenir de l’Afrique est en jeu et se joue aujourd’hui. Comme l’a déclaré en ouverture d’une conférence de l’AFD le 1er avril 2014, la Directrice générale de l’AFD, Anne Paugam, sa « situation démographique peut constituer un formidable potentiel ou, au contraire, une bombe sociale à retardement ».

2. Les économies africaines sont-elles en mesure de répondre aux défis démographiques ?

Le « dividende démographique » reste une notion abstraite s’il n’est pas mis à l’épreuve de l’économie réelle.

La question de la sécurité alimentaire est posée. Globalement, depuis 1960, la production alimentaire a suivi la croissance démographique grâce à l’agriculture familiale. Celle-ci s’est de plus en plus ouverte sur le marché. La demande urbaine et les infrastructures d’échanges ont impulsé le développement du « vivrier marchand ».

Toutefois, l’augmentation de la production agricole résulte davantage de l’extension des superficies cultivées que de gains de productivités. Cela pose inéluctablement le problème du disponible foncier. Les régions désertiques mises à part, l’Afrique dispose d’un potentiel cultivable très important. Celui-ci nourrit d’ailleurs les convoitises d’investisseurs étrangers (fonds de pension américains, fonds souverains des pays du Moyen-Orient, investisseurs asiatiques etc.). Mais cette « mise en valeur » se ferait principalement au détriment des forêts. Elle se heurterait aux lobbies écologistes occidentaux qui dénoncent le « landgrabbing » et militent pour que l’Afrique participe à la lutte contre les émissions de gaz à effet de serre en sanctuarisant ses forêts.

Mais là n’est pas le problème : l’Afrique n’a pas vocation à résoudre les équations écologistes des pays du nord. Le problème tient au fait que la saturation foncière peut être génératrice de conflits. Ces conflits pour la terre ou l’accès aux ressources sont de plus en plus fréquents dans les espaces de forte densité. Le génocide au Rwanda en 1994, point d’orgue de massacres récurrents depuis quelques décennies, peut se lire comme une « régulation démographique et foncière ». Il n’est pas impossible de penser qu’il ait engendré une sorte de catharsis collective : l’Indice synthétique de fécondité est tombé de 8 au moment du génocide, à 4,2 en 2015. Dans le même temps, le taux d’urbanisation a bondi de 5 à 28%.

L’explosion démographique tend à généraliser le schéma des violences associées à la compétition foncière, dans des affrontements autochtones/allochtones/étrangers. C’est le cas de la guerre sans fin du Kivu (République démocratique du Congo). Ce fut un facteurs essentiel de la guerre civile en Côte d’Ivoire, un pays comptant 25% d’étrangers. Toutefois, à l’échelle du continent, le problème fondamental est sans doute moins l’espace – ou la compétition pour l’espace – que le rythme de croissance du nombre de jeunes : près de 10 millions par an aspirant à entrer sur le marché du travail.

Or, la structure des économies africaines est peu favorable à la création d’emploi.

Les économies rentières fondées sur l’exportation de matières premières peu valorisées, restent dominantes, et contrôlées par des multinationales. Le secteur manufacturier peu présent, sauf en Afrique du Sud et Maurice, stagne autour de 7- 8% du PIB. Le made in Africa se fait attendre, même si certains pays comme l’Ethiopie adoptent semble-t-il avec succès un « modèle asiatique ».

Des obstacles culturels, les solidarités notamment qui peuvent compromettre l’accumulation de capital, ne favorisent pas l’esprit d’entreprise, quand bien même il existe de brillantes exceptions et un nombre croissant de millionnaires africains, voire milliardaires, une trentaine dont le nigérian Aliko Dangote (fortune de 15,7 milliards de $, équivalent du PIB de la Guinée).

Surtout le poids des rentes bureaucratiques entrave l’initiative privée.

Enfin la concurrence chinoise a été très destructrice (industrie textile ivoirienne sinistrée).

Tout cela se traduit par une urbanisation sans industrialisation, phénomène unique dans l’histoire de l’urbanisation, celle de l’Europe au XIXe siècle, de l’Asie au XXe siècle, qui furent accompagnés par la forte croissance de l’industrie manufacturière, grande pourvoyeuse d’emplois.

Or l’urbanisation africaine explose. Depuis 1960, la croissance démographique de l’Afrique subsaharienne a été multipliée par 4, celle des villes par près de 10. Elle s’accompagne d’une prolifération de l’informel et d’immenses quartiers d’habitat précaire : la bidonvilisation peut à tout moment amorcer la bombe urbaine.

Cependant, l’urbanisation présente de nombreux aspects positifs : baisse significative de la fécondité concomitante de la croissance des classes moyennes. Le nexus urbanisation-dividende démographique- classe moyenne est désormais au cœur du développement.

Cette fameuse classe moyenne, fait l’objet d’autant de débats que le dividende démographique - et de définitions très contrastées. Pour la BAD, Banque africaine de développement, elle comprend les individus au revenu compris entre 2 et 20 $ par jour. En deçà les pauvres, au-delà les riches. Selon ces critères, la classe moyenne compterait plus de 300 millions de personnes. Une étude récente du Cabinet Deloitte divise ce chiffre par deux. Les chiffres sont très discutables. De 2 à 4 $ la « classe flottante » (plus de la moitié de l’effectif des classes moyennes) reste très vulnérable ; de 4 à 10 la classe intermédiaire, plus régulièrement solvable, entre dans la « petite prospérité » chère aux Chinois. De 10 à 20 dollars l’investissement (maison notamment) devient envisageable.

Les classes moyennes seraient-elles en mesure de résoudre l’équation cruciale croissance démographique-emploi ? La BAD fait preuve d’un optimisme excessif. Certes, la classe moyenne croît deux fois plus vite que la population. Mais le nombre de pauvres vivant en ville augmente plus vite que les effectifs de la classe moyenne : que le cercle vertueux du développement repose sur les classes moyennes urbaines, ne doit pas masquer cette réalité.

Les villes sont potentiellement explosives. Les émeutes de la faim en 2008 pourraient n’être qu’un signe avant-coureur d’autres déflagrations. Quel avenir pour des jeunes sans travail, socialement marginalisés : délinquance, réseaux de la drogue, recherche du salut dans les formes extrêmes de la religion, dans l’islamisme, embrigadement dans des milices ou des mouvements terroristes ? Ou bien émigration.

3. La solution migratoire et ses limites

Les mobilités intra-africaines ont toujours été importantes : des hautes pressions vers les basses pressions démographiques, des « réservoirs démographiques » vers les bassins d’emploi ; de l’intérieur enclavé vers les littoraux. Mais il existe un effet de seuil. Quand les autochtones se sentent submergés par les allochtones qui menacent leurs prérogatives foncières et politiques. La Côte d’Ivoire a montré comment la tradition d’accueil pouvait muter en xénophobie.

Les migrations internes à l’Afrique deviennent conflictuelles quand la compétition pour l’accès aux ressources ou à l’emploi dresse les autochtones contre les étrangers. Le remplissage en cours des espaces africains ne pourra éviter de générer des conflits violents.

Les migrations extra-africaines soulèvent d’autres problèmes. Elles sont beaucoup moins importantes en valeur absolue que les migrations intra-africaines, mais elles traduisent chez les jeunes un puissant désir d’émigrer. Les enquêtes dans les écoles disent clairement un désir de quitter l’Afrique. Le grand sondage mondial Gallup va dans le même sens : l’Afrique subsaharienne est la région du monde où le désir d’émigrer est le plus fort. Quels que soient les chiffres, l’émigration s’est installée au cœur des relations euro-africaines – et du débat politique national, notamment en France. Mellila, Lampedusa en sont les douloureux symboles. Une fois la crise syrienne terminée, l’essentiel de la pression migratoire viendra d’Afrique subsaharienne.

Les proximités continentales, la réalité géopolitique du fuseau euro-africain, imposent de dépasser les visions euro-méditerranéennes pour y intégrer l’Afrique subsaharienne. Comme le soulignent J.M. Sévérino et O. Ray, dans une réflexion sur l’avenir de l’Afrique : « le sujet n’est pas le regret historique… le sujet est ailleurs, dans la géographie : que nous le voulions ou non, le continent de deux milliards d’habitants est notre voisin, et nous sommes le sien ».

*

Peut-on être optimiste ?

Sans une diminution drastique de la fécondité, comme la Chine l’a fait, l’Afrique s’expose à de graves déboires. Or, la révolution contraceptive tarde à venir. Nonobstant le réel développement de la classe moyenne, les villes africaines ne semblent pas en état d’absorber, dans des conditions satisfaisantes, une croissance démographique inégalée, surtout si le contexte de faible industrialisation persiste. Dire qu’en 2050 il y aura plus de jeunes en Afrique qu’en Asie de l’Est, c’est ne rien dire si les conditions d’emploi et d’employabilité de ces jeunes ne sont pas réunies, ce qui suppose un niveau d’éducation beaucoup plus élevé que l’actuel.

En tout état de cause, le « dividende démographique » ne sera qu’un mirage s’il n’y a pas une forte accélération de la baisse de la fécondité.

Là se trouve la clé de l’avenir de l’Afrique subsaharienne. L’urbanisation y contribue fortement. Mais cela ne suffit pas, les masses rurales sont insuffisamment mobilisées. Il faut beaucoup de pédagogie et de volonté politique pour faire prendre conscience des risques d’une démographie incontrôlée. Or, les responsables africains renâclent à s’engager dans le combat démographique comme l’ont fait tous les pays aujourd’hui émergents.

Au Sahel, au bord d’un « effondrement malthusien » selon l’expression de Serge Michailof. il serait plus avisé d’investir dans le planning familial, que de conduire des opérations militaires dont on sait qu’elles seront vaines. Le combat n’est pourtant pas perdu, car les prises de conscience de l’urgence démographique se multiplient.

En 2012 à Londres, la fondation Bill et Melinda Gates a relancé les efforts en faveur de la planification familiale à hauteur de 8 milliards de $ sur 8 ans. La lutte contre les fécondités excessives va peut-être prendre le relais de la lutte contre le sida.

On ne peut souhaiter qu’une chose, c’est que l’ampleur des financements internationaux conduise les responsables africains à reconnaître la légitimité d’un devoir d’ingérence démographique. Ce devoir d’ingérence démographique, est plus important que le devoir d’ingérence humanitaire car il intervient en amont, comme moyen de prévention des conflits, et non pas en aval pour en panser les plaies. Il pourrait s’exercer par une conditionnalité de l’aide

La mobilisation en faveur de l’accélération de la transition démographique est en tout cas la priorité absolue, car existe-t-il d’autre alternative en Afrique subsaharienne que le préservatif ou la Kalachnikov ?

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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Mar 31 Mai - 7:51


un petit livre récent et très documenté




I Qui sont les descendants d'immigrés ?

II Banlieue et exclusion

III De l'école à l'emploi

IV L'entrée dans la vie adulte et formation du couple

V Familles, valeurs et pratiques transnationales

VI Citoyenneté, identité, religion

Conclusion / Étudier les parcours des descendants d'immigrés, une nouvelle approche




chiffres et graphiques

Immigrés et descendants d'immigrés en France - Insee Références - Édition 2012









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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Ven 8 Juil - 21:35


inversion : mortalité > natalité en Europe
l'immigration compense


Plus de décès que de naissances en 2015 dans l'Union européenne

Guillaume Descours Le Figaro AFP 08/07/2016

L'Union européenne est de plus en plus peuplée malgré une augmentation du nombre de décès.

2 graphiques dans l'original
Citation :
Alors que l'UE n'a jamais compté autant d'habitants qu'en 2015, à cause de la crise migratoire, une étude révèle que le taux de mortalité a devancé celui de fécondité. Une première dans l'histoire de l'Union.

Pour la première fois depuis l'existence de l'Union Européenne, le nombre de décès aura été plus important que le nombre de naissance sur une année. Selon une étude Eurostat publiée ce vendredi, 5,1 millions d'enfants sont nés dans l'UE en 2015 tandis que 5,2 millions de personnes mourraient. «L'UE a connu pour la première fois une variation naturelle négative de sa population», a expliqué l'Office de statistiques européen dans un communiqué. Une augmentation de 6 % du nombre de décès par rapport à l'année 2014.

Un chiffre qui n'est cependant pas étonnant selon Laurent Toulemon, démographe et directeur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (Ined). «C'est un chiffre auquel on s'attendait, et qui va sans doute augmenter dans les années à venir. La hausse de la mortalité est notamment due au vieillissement des populations nées après la Seconde Guerre mondiale», explique-t-il au Figaro. «Les personnes qui sont nées dans les années 1945-1950 arrivent à l'âge de décéder. De plus, à la fin de cette forte période de fécondité qu'a été le Baby Boom, le nombre de naissance a beaucoup diminué. Ces deux facteurs ont créé le déséquilibre qui se voit aujourd'hui», ajoute le démographe.

En plus de ce vieillissement naturel de la population, un autre phénomène a provoqué ce chiffre. «Selon les projections des démographes, les courbes de mortalité et de fécondité devaient se croiser en 2016, mais il y a eu, en 2015, une épidémie de grippe assez meurtrière en Europe qui a avancé l'échéance», explique Gilles Pison au Figaro, professeur au Muséum national d'histoire naturel et chercheur associé à l'Ined.

Un phénomène durable


Ce phénomène ne devrait pas s'inverser dans les années à venir. En effet, selon des chiffres d'Eurostat, la tranche d'âge des 45-49 ans est la plus représentée en 2015. Elle représentait 7,4 % de la population européenne. Mais selon les projections, elle ne représenterait plus que 7 % en 2030, et 6,6 % en 2040. À l'inverse, la tranche d'âge des 80-84 ans, qui représentait 2,8 % de la population de l'UE en 2015, devrait augmenter pour atteindre 3 % en 2030 et 3,6 % en 2040. «Du fait des progrès de la médecine, les personnes vivent aujourd'hui plus longtemps. Cependant, il n'existe pas de médicament qui rend immortel, et tout le monde est amené à mourir. Donc s'il y a plus de personnes âgées, le nombre de décès continuera d'augmenter. C'est une relation de cause à effet», reprend Gilles Pison.

Conformes aux tendances observées depuis plusieurs années, les taux de natalité de pays comme l'Irlande, la France, le Royaume-Uni et la Suède sont les plus élevés d'Europe et ils continuent d'y dépasser les taux de mortalité. Ce sont les pays du sud comme l'Italie, le Portugal et la Grèce qui recensent le moins de naissances. Mais c'est dans les pays de l'est de l'Europe (Bulgarie, Croatie, Hongrie, Roumanie, Lituanie et Lettonie) que la population a le plus diminué en raison de l'écart entre les naissances et les décès.

Malgré cette inversion des courbes inédites, la population au sein de l'UE a continué d'augmenter en 2015 grâce à l'apport migratoire qui compense. Plus de 1,9 million de migrants se sont ainsi installés au cours de l'année dernière.


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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Sam 9 Juil - 8:00


Chine. Pourquoi la population pourrait s’effondrer

Courrier international  07/07/2016 - 10:09

Citation :
La population chinoise pourrait tomber à 600 millions d’individus, ou même moins, en 2100.” Cette prédiction de Huang Wenzheng, chercheur en démographie et statistique, confiée au journal économique Diyi Caijing, a bouleversé l’opinion.


“La grande vitesse du développement économique chinois pendant plusieurs décennies est due à la masse importante de la population, notamment du baby-boom des années 1960 aux années 1990”, analyse Huang, qui met en garde :  "Le vieillissement rapide et la forte baisse de la population causée par la faible fécondité à long terme vont réduire considérablement l’avantage de la Chine.”

En octobre 2015, Pékin a définitivement mis fin au système de l’enfant unique, imposé depuis 1973 et assoupli depuis 2013. “Mais cette nouvelle politique n’a pas eu d’effet, la réaction des jeunes couples reste froide”, constate Zheng Zhenzhen, professeur au sein de l’Académie chinoise des sciences sociales (Cass). Zheng estime de son côté que la population chinoise va descendre à 1 milliard à la fin du siècle, rapporte le journal économique Caixin.

Pour certains, la diminution de la population est une bonne nouvelle. Cheng Enfu, également chercheur à la Cass, estime que “la Chine doit maîtriser sa population autour de 500 millions, pour atténuer efficacement l’énorme pression sur le marché du travail et les contradictions économiques”, selon Diyi Caijing.

Texte : Zhang Zhulin
Infographie : Catherine Doutey


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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Sam 9 Juil - 16:25


Carte pour aider à visualiser la notion de densité de population



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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Ven 15 Juil - 9:58


Quand l'Amerique sera latine
Documentaire Arte - 12.07.2016



"Quand l’Amérique sera latine"

Ingrid Sion L'Obs 12 juillet 2016


Lycée à Los Angeles (© Point du Jour)

Enquête sur le nouveau visage de l’Amérique, celui des Latinos. Une minorité en constante augmentation.

Citation :
En 2030, un Américain sur trois sera latino, selon les démographes. Estimée aujourd’hui à 55 millions d’individus, la population originaire d’Amérique latine devrait alors dépasser les 100 millions au pays de l’oncle Tom. Qu’ils le veuillent ou non, les candidats à l’élection présidentielle doivent composer avec cette minorité en pleine expansion, ce nouveau visage de l’Amérique. Depuis des années, des dizaines de milliers d’immigrants affluent du Mexique, du Honduras, du Salvador, du Guatemala... Roxanne Frias, elle-même américaine d’origine mexicaine, a enquêté sur ces Latino-Américains, "considérés comme des citoyens de seconde zone", "esclaves des Etats-Unis". Des immigrés dont certains des ancêtres peuplaient la Californie, le Nevada, l’Arizona, le Texas, le Nouveau-Mexique, le Colorado, l’Utah et le Wyoming, territoires mexicains jusqu’à la guerre de 1846-1848 et leur annexion par les Etats-Unis...

Californie hispanique et puissante

C’est en Californie au mois de mars 1968 qu'éclatent les premières manifestations contre un système scolaire inégalitaire et raciste. En cinquante ans à peine, la minorité se transforme en écrasante majorité dans cet Etat devenu aujourd'hui 6e puissance économique mondiale... De Los Angeles au Middle West, en passant par El Paso, frontière avec le Texas, Roxanne Frias donne la parole à cette communauté jeune, déterminée et entreprenante. Des villes blanches et conservatrices, telles que Ottumwa, dans l’Iowa, se repeuplent et reprennent vie grâce à l’arrivée massive de familles d’Amérique latine. Des immigrés sans-papiers. Une jeune fille née au Honduras raconte son arrivée sur le territoire américain à l’âge de 10 ans, sa traversée à pied du Guatemala et du Mexique, avec pour seule escorte les "coyotes", les passeurs...

L' Amérique des Dreamers

Au-delà de la "politique d’immigration défaillante des Etats-Unis", ce documentaire plonge dans l’histoire de ces hommes, femmes et enfants intégrés à la société américaine mais non reconnus en tant que citoyens à part entière. Plus de 11 millions de sans-papiers vivent aux Etats-Unis. Dont 5 millions d’enfants qui fréquentent l’école, les clubs de base-ball, l’église, mais qui vivent dans l’illégalité... Ces "Dreamers", comme on les appelle, l’Amérique ne peut plus les ignorer. Leur poids démographique, économique, social et culturel ne cesse de croître, au point de "bouleverser l’échiquier national", selon la journaliste. Démographe, responsables de l’éducation, universitaires et immigrés témoignent de cette nouvelle identité panaméricaine. Tandis que la population hispanique est très peu représentée au Parlement, l’enjeu est devenu politique : "Dans ce pays, beaucoup d’immigrants n’ont pas de voix, résume Jorge Ramos, journaliste présentateur vedette du réseau de chaînes de télévision d’expression espagnole Univision. Or, aujourd’hui, sans le vote latino, personne ne peut accéder à la Maison-Blanche."


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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Ven 15 Juil - 17:56



Une mère et son enfant à Budapest, le 11 juillet 2016. afp.com/ATTILA KISBENEDEK

Citation :
Bonus au troisième bébé, prime au retour des expatriés, aides à la propriété, le gouvernement hongrois fait feu de tout bois pour redresser une démographie en berne qui handicape l'économie du pays.

Le gouvernement ultra-conservateur de Viktor Orban serait même prêt à briser un ultime tabou: le recours à l'immigration.  

Selon le ministre de l'Economie Mihaly Varga, l'exécutif travaille à une "réglementation" qui permettrait de faire venir des travailleurs originaires de pays hors-Union Européenne, a-t-il dit la semaine dernière sans détailler le contenu de ce plan.

Un recours à l'immigration choisie que réclame le patronat hongrois: "au moins un quart des entreprises manquent de main d'œuvre. Le train de l'économie hongroise ne peut démarrer, car il n'a pas de roues", s'est lamentée récemment l'association hongroise des employeurs et industriels (MGYOSZ).

La Hongrie pourrait se tourner vers des salariés "qui peuvent être intégrés culturellement", plaident les patrons citant l'exemple de la Pologne "où travaillent un million d'Ukrainiens".  

Dans le même temps, Budapest met en chantier l'organisation d'un référendum, le 2 octobre, contre la répartition des réfugiés dans l'UE décidée par les vingt-huit Etats membres et combattue par Orban.  

La Hongrie est confrontée à une double carence démographique: un taux de fécondité parmi les plus bas d'Europe et une émigration de la population parmi les plus fortes du continent.

A Gyömrö, près de Budapest, la famille Stern fait ses adieux. Mark 38 ans, travaillait dans un centre d'appel, Rita, 32 ans, était institutrice. Avec Marci, 2 ans, ils partent s'installer en Irlande.

"Nous quittons la Hongrie à causes des incertitudes politiques et du mauvais système d'éducation", justifie le couple, qui cherche aussi davantage de "reconnaissance pour le travail, l'assiduité".

- Trois enfants, une maison -

Ils compteront parmi les 400.000 Hongrois, au bas mot, qui ont quitté le pays depuis 2008. Le pays, passé sous la barre symbolique des dix millions d'habitants, a perdu 850.000 habitants en 35 ans.

"La population d'âge très actif (...) devrait être l'une des plus faibles d'Europe dans les prochaines décennies (...)", s'inquiète l'OCDE dans son dernier rapport sur le pays.

Arrivé au pouvoir en 2010, reconduit en 2014, Viktor Orban, père de cinq enfants, a fait de la politique familiale une priorité.

En 2017, ce poste représentera 4% du PIB contre 2,4% en moyenne dans l'OCDE, a vanté la ministre en charge de la famille et de la jeunesse Katalin Novak, lors de la présentation du budget qui reconduit de généreux allègements fiscaux liés au nombre d'enfants ou la possibilité de cumuler salaire et allocation de congés maternité.

Dernier instrument en date, lancé mi-2015 et élargi il y a quelques mois: les couples s'engageant à avoir trois enfants dans les dix prochaines années et les foyers en ayant déjà trois peuvent bénéficier de 10 millions de forints (31.700 euros) d'aide financière pour l'achat d'un logement neuf, ainsi que de 10 millions de forints de crédits à taux réduit.

Plus de 12.500 personnes ont souscrit à ce programme qui, selon les économistes, a contribué à une hausse des prix de l'immobilier de 10 à 30%.

Le dispositif pour faire revenir les jeunes Hongrois partis à l'étranger a en revanche fait long feu: seuls 105 jeunes gens ont choisi depuis juin 2015 d'intégrer ce programme assorti d'un coup de pouce financier de 3.000 euros.

"Le gouvernement ferait mieux de simplifier la vie des familles qui veulent rentrer et doivent affronter un casse-tête administratif", estime Balazs Kapitany, directeur de l'institut démographique national, citant les examens imposés pour intégrer le système éducatif hongrois ou la nécessité d'un carnet de vaccination "hongrois" pour chaque enfant.

A moyen terme, estime-t-il, il sera difficile de faire augmenter la population en raison d'une structure par âge défavorable: "les enfants du baby-boom hongrois de 1970/75 n'auront bientôt plus l'âge de procréer et les générations suivantes sont trop peu nombreuses".

Le Premier ministre Viktor Orban s'est prévalu récemment d'une légère hausse du taux de natalité en 2015 comparé à 2014.

En février, il jugeait le redressement de la natalité incontournable car "une nation qui fait reposer sa survie sur l'immigration ne résistera pas. Les migrants, au bout du compte, s'approprieront le pays".


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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Lun 8 Aoû - 11:50


"surpopulation carcérale"

France



Archives Ouest-France/ Franck Dubray

La contrôleuse des prisons veut des alternatives

Lefigaro.fr avec AFP 08/08/2016

La réponse à la surpopulation carcérale ne réside pas seulement dans la création de places supplémentaires, a estimé aujourd'hui la contrôleuse général des lieux de privation de liberté (CGLPL), Adeline Hazan, arguant que "plus on construira de places de prison, plus elles seront occupées".

Citation :
Le 1er juillet, le nombre de détenus dans les prisons françaises a atteint un nouveau record avec 69.375 personnes incarcérées pour 58.311 places. "Je pense que plus on construira de places de prison, plus elles seront occupées et que ça n'est pas une bonne solution, cette inflation carcérale d'année en année ou de décennie ou décennie", a déclaré sur France Inter Adeline Hazan.

"L'Histoire a montré que plus on construisait de places, plus elles étaient remplies", a-t-elle poursuivi, ne se disant "pas du tout d'accord" avec la droite qui réclame 10.000 à 20.000 places de prison supplémentaires. "Bien sûr qu'il faut un certain nombre de places de prison" supplémentaires, a-t-elle convenu. "Quand Madame Taubira avait parlé d'un programme de 6.000 nouvelles places en 2014, je pense que c'était suffisant et en créer davantage ne réglera pas la situation".

Préférant des "alternatives à la détention", Adeline Hazan a plaidé pour que "la prison soit véritablement, comme la loi l'indique, le dernier recours et qu'à la place de la prison, on tente, en tout cas autant que faire se peut, des aménagements de peine".

Elle évoque ainsi la possibilité de proposer des "sursis mise à l'épreuve, des libérations sous contrainte, des contraintes pénales, des obligations qui seraient fixées aux détenus mais à l'extérieur de la prison, avec une surveillance" ou encore un "numerus clausus, un seuil au-delà duquel il ne serait plus possible d'incarcérer".







Surpopulation carcérale : Va-t-on construire de nouvelles prisons ?

Samuel Etienne La matinale d'Europe 1 08 août 2016

La presse quotidienne revient ce lundi sur la surpopulation carcérale qui est de plus en plus dangereuse.

Citation :
À la Une des journaux ce matin, il y a notamment la surpopulation carcérale.

"Ça déborde" titre Le Républicain Lorrain. Effectivement, c'est mathématique, 69.375 détenus pour 58.311 places, ça déborde.

Les Dernières nouvelles d'Alsace rappellent que la surpopulation carcérale alimente la violence en détention. "Dangereux trop plein", commente le journal.

Alors le Dauphiné Libéré s'interroge : "Va-t-on construire de nouvelles prisons ?".

Réponse peut-être aujourd'hui de Manuel Valls et du Garde des Sceaux Jean-Jacques Urvoas qui se rendent aujourd'hui à la prison de Nîmes : on vous en a parlé ce matin dans nos journaux.

Le Midi libre rappelle qu'en 2012, François Hollande avait annoncé la création de 6.500 places pour 2016, et que finalement il n'y en a eu que 1500.
[...]


Citation :
La surpopulation carcérale a diminué en Europe depuis 2011 mais demeure un problème dans de nombreux pays, selon un rapport du Conseil de l’Europe dévoilé mardi 8 mars, qui classe la France parmi les mauvais élèves du continent.

■ La densité carcérale pour 100 places est passée de 99 détenus en 2011 à 96 détenus en 2013 et 94 en 2014 ;
■ les prisons d’Europe restent toutefois « proches de la saturation de leur capacité d’accueil, avec 1 600 324 personnes détenues » ;
■ sur les 47 membres de l’organisation paneuropéenne, la France se situe à la 7e place des Etats dont les prisons sont les plus surpeuplées, derrière la Hongrie, la Belgique, la Macédoine, la Grèce, l’Albanie et l’Espagne.

En 2014, la France ne comptait pourtant que 101 détenus pour 100 000 habitants, quand la moyenne européenne s’établissait à 124 pour 100 000.





USA Californie

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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Lun 8 Aoû - 16:14




Ancien élève de l’ENS et agrégé d’histoire, Jean-Marie Bouissou est directeur de recherche à Sciences Po. Il a publié ou dirigé de nombreux ouvrages, dont Le Japon contemporain (Fayard), Quand les sumos apprennent à danser. Le nouveau modèle japonais (Fayard) et Japan. The Burden of Success (Hurst & C°).

Voici la démonstration que la démographie doit être prise en compte dans une analyse géopolitique, avec le cas du Japon. En effet, le vieillissement de sa population pèse déjà sur sa situation économique et obère ses perspectives de puissance.

Citation :
Dans le cadre du partenariat entre le Diploweb.com et la collection Major série Géopolitique des Presses Universitaires de France, nous sommes heureux de vous présenter un extrait d’un ouvrage de Jean-Marie Bouissou, "Géopolitique du Japon. Une île face au monde", Presses Universitaires de France, pp. 138-143.

LES HOMMES ont fait la force du Japon pendant plus d’un siècle après sa réouverture [voir chapitre 1, II, 2]. Aujourd’hui, selon les prévisions officielles dites « intermédiaires » (fondées sur un taux de fécondité moyen de 1,35), sa population, qui a culminé à 128 millions d’habitants en 2010, sera réduite à 87 millions en 2060. On peut s’étonner que le World Economic Forum, quand il estime la compétitivité du Japon, ne semble nullement prendre en compte ce collapsus démographique annoncé.

La prospérité, Confucius et la crise expliquent l’effondrement de la natalité

Comme partout, la natalité a décliné au Japon avec l’accroissement du niveau de vie et de la mobilité sociale, le changement des valeurs et le retard de l’âge du mariage par les jeunes désireux d’en profiter. L’Archipel y ajoutait l’exiguïté et la cherté des logements, le coût très élevé de l’éducation et la faiblesse des aides aux familles. La liberté complète de l’avortement, bon marché et nullement stigmatisé, permet de bien contrôler les naissances. Le taux de fécondité est ainsi tombé sous le seuil de remplacement (2,1 enfants par femme) en 1975. Il a fait de même en France la même année, mais il est toujours resté supérieur à 1,6, puis est remonté autour du seuil de remplacement depuis 2006. Dans l’Archipel, il est tombé sous 1,5 en 1991, puis sous 1,3 en 2005 (1,4 en 2013).

La crise aggrave la situation. Au Japon, traditionnellement, un homme ne se marie pas avant d’avoir un emploi stable. De ce fait, plus de la moitié des moins de 30 ans ne sauraient l’envisager aujourd’hui. Or seulement 2 % des enfants naissent hors mariage (France : 52 %). En outre, les couples mariés hésitent, car ils ont de plus en plus souvent besoin de deux salaires. Or, comme la société tend encore à considérer que la fonction de la femme est celle définie par Confucius – « bonne épouse et mère avisée » (ryôsai kenbo) –, nombre d’entreprises continuent à pousser les nouvelles mamans vers la porte. Par la suite, l’éducation de l’enfant, outre son coût, exige de la mère une implication souvent peu compatible avec un emploi régulier. Dans ces conditions, nombre de couples attendent d’hypothétiques jours meilleurs, et les jeunes Japonais sont les moins décidés du monde à fonder un foyer (26 % contre 47 % en France) et à procréer (37 % contre 58 %).

L’entretien des seniors écrasera peu à peu une force de travail grisonnante

Alors que la natalité s’effondrait, la longévité n’a cessé de croître. Elle atteint désormais 84,2 ans pour les deux sexes confondus (France : 81,5) ; seul Monaco fait mieux ! Le Japon vieillit plus rapidement que n’importe quel pays dans l’histoire : il n’a fallu que 36 ans pour que la part des plus de 65 ans dans sa population passe de 7 à 20 % (1970-2006), contre plus d’un siècle et demi pour la France, qui n’y est pas encore (1864-2020). Au beau temps du « miracle » d’après-guerre, 30 % des Japonais avaient moins de 15 ans, 64 % étaient dans ce que les statistiques considèrent comme « l’âge actif » (15-64 ans), et seulement 6 % avaient plus de 60 ans. Quand la population a culminé en 2010, les proportions étaient de 13-64-23. En 2035, elles seront de 10-56,5-33,5. En 2060, elles pourraient être de 9-51-40 !

Cette année-là, compte tenu de l’âge réel du début de la vie professionnelle, seulement 45 % des Japonais devraient être au travail pour pourvoir à l’entretien des autres. En outre, cette population active ne cessera elle-même de vieillir : en 2000, les 50-64 ans en représentaient 36 %, et ils seront 45 % dès 2035. Ces actifs seront donc moins productifs, moins créatifs, moins adaptables aux progrès de la technologie, et probablement moins motivés car écrasés d’impôts et de prélèvements sociaux pour entretenir chacun plus d’un actif. Cette perspective paraît si sombre pour la compétitivité du Japon que le Keidanren, qui y est intéressé au premier chef, préconise ouvertement que « l’aide à la fin de vie choisie » (suspension des soins et assistance au suicide) soit rendue aussi légale et facile d’accès qu’aujourd’hui l’avortement, qui devrait inversement être rendu moins simple.


Géopolitique du Japon : un collapsus démographique programméCarte.

Quels sont les effets prévisibles du collapsus démographique ?

Cet effondrement semble augurer le pire pour l’économie et la compétitivité du Japon : baisse automatique de la croissance potentielle en même temps que celle de la population active, qui est l’un des éléments pris en compte pour la calculer ; diminution de l’épargne et de la consommation, donc de l’investissement ; pénurie et renchérissement d’une main-d’œuvre dont la qualité diminuera avec l’âge. Les dépenses de santé et de retraite, qui absorbaient 42 % des dépenses de l’État hors service de la dette en 2014, iront en augmentant sans cesse, réduisant d’autant les moyens de l’action publique dans les autres domaines.

Ces dépenses seront sanctuarisées par le poids politique des plus de 65 ans. Ceux-ci représentent déjà près de 30 % du corps électoral ; ils seront presque 40 % en 2035, et 46 % en 2060 – alors qu’au Japon, la participation électorale est minimale chez les jeunes et augmente avec l’âge. On peut attendre de ce corps électoral chenu une résistance croissante aux changements de toute nature, ainsi qu’un repli frileux sur soi accompagné d’un sentiment de déclin. Ce repli nourrira le nationalisme mais diminuera l’envie de risquer des affrontements – pour lesquels les forces armées pourraient d’ailleurs manquer de ressources financières et humaines. La frustration croîtra en conséquence.

Les fractures générationnelles pourraient se creuser. Les jeunes seraient démoralisés ou enragés de vivre dans un hospice géant dont les pensionnaires accapareront les ressources communes. La population au travail s’échinerait à entretenir les uns et les autres, avec pour seule perspective de vieillir en ayant toujours ses parents à charge, dont un ou deux millions seront centenaires, tout en doutant que ses propres enfants puissent (ou veuillent) en faire autant pour elle. Les plus décidés des jeunes et des actifs pourraient préférer l’expatriation, aggravant encore le collapsus démographique.

Le pire n’étant jamais sûr, certains envisagent des évolutions plus positives. Au plan économique et technologique, le développement de nouveaux secteurs dans lequel le Japon se retrouvera en pointe : medtronique, biotechnologies et génétique curatives et réparatrices ; domotique centrée sur l’adaptation de la maison et de la ville aux personnes âgées ; technologies permettant le maintien des seniors au travail ; etc. Le Japon acquerra ainsi une spécialisation dont beaucoup de grands pays, vieillissant à leur tour, auront besoin après lui. Les actifs, plus rares, jouiront de meilleures rémunérations et de perspectives professionnelles plus larges. La jeunesse sera choyée ; elle profitera d’une éducation meilleure et plus ouverte sur le monde, grâce à la concurrence entre universités pour attirer une clientèle devenue plus rare, et qui devront s’ouvrir plus au monde pour pallier le manque d’étudiants et d’enseignants. Enfin, les seniors, qui détiennent l’essentiel du patrimoine, devraient avoir à cœur d’en transférer une partie vers leurs enfants et petits-enfants, ce qui renforcerait la solidarité intergénérationnelle.

La relance de la natalité n’est pas vraiment à l’ordre du jour et produirait peu d’effet

Le premier remède semblerait devoir être une politique nataliste. Toutefois, les Japonais paraissent considérer la fertilité comme un phénomène naturel, auquel des mesures artificielles ne peuvent donc pas grand-chose. Les autorités multiplient celles qui ne coûtent rien. Elles encouragent les pères à prendre leur part du labeur que donnent les enfants ; mais moins de 5 % prennent les congés de paternité créés à cet effet. Elles invitent les entreprises à aménager le travail des jeunes mamans au lieu de les pousser dehors, mais sans prévoir aucune sanction. La promesse de crèches en nombre suffisant est rituellement réitérée d’année en année. Mais de moyens financiers, guère. Les allocations familiales ne dépassent pas 15 000 yens par mois et par enfant jusqu’à 15 ans. Aucun abattement fiscal pour enfant à charge n’est accordé tant qu’elles sont versées ; il est ensuite de 710 000 yen par an quel que soit le revenu, mais pour un parent à charge c’est plus d’un million. La sécurité sociale ne consacre que 7 % de son budget à la petite enfance. Elle ne prend pas en charge la grossesse et l’accouchement, au motif qu’il ne s’agit pas d’une pathologie, alors qu’accoucher à Tôkyô coûte un bon million de yens100, soit quatre mois de salaire moyen. Avec la crise, l’obstacle financier est insurmontable pour les couples mal installés dans la vie.

Au demeurant, que l’État agisse ou pas, les jeux sont déjà faits pour longtemps, car le nombre de femmes en âge d’enfanter diminue d’année en année, à mesure qu’y arrivent des cohortes de plus en plus creuses. Même si la natalité commence à remonter – ce qui ne semble être ni pour demain, ni pour après-demain – il en sera inéluctablement ainsi pendant encore 30 ans (âge moyen du premier accouchement au Japon). En outre, le célibat progresse très rapidement : jusqu’aux années 1990, la quasi-totalité des Japonais se mariaient, mais un quart ou plus de ceux qui sont nés depuis pourraient ne pas le faire faute d’emploi stable, et donc ne feront pas d’enfants, ou très peu. Car au Japon, pas de mariage, pas d’enfant.

Le rêve d’une immigration totalement choisie et contrôlée

L’immigration semble donc être la seule solution, d’autant plus que les populations immigrées sont traditionnellement prolifiques. La Corée, où le taux de fécondité a dégringolé jusqu’à 1,1, s’y est résolue : la population étrangère y est passée de 400 000 à 1,5 million depuis le tournant du siècle. Au Japon, l’ONU a estimé en 2009 que pour maintenir la population active à son niveau actuel d’ici 2050, il faudrait intégrer 600 000 nouveaux immigrants par an, ce qui porterait le pourcentage de la population étrangère à plus de 25 % – une perspective impensable. Les autorités japonaises entendent plutôt augmenter le nombre de femmes qui travaillent, laisser les seniors au labeur jusqu’après 65 ans et multiplier les robots. Elles ne chiffrent donc les besoins qu’à 90 000 immigrés par an. Mais même ce chiffre implique une rupture avec le principe d’immigration zéro qui a jusqu’ici tenu lieu de politique en la matière.

Nous avons vu que le Japon a été une terre d’immigration jusqu’aux vies siècle de notre ère, et comment le mythe de la pureté ethnique s’y est ensuite imposé. Ce mythe n’a pourtant pas empêché les zaibatsu nippons d’importer dans l’Archipel un grand nombre de travailleurs coréens bon marché tout au long des années 1920-1930, avant même que le Japon instaure l’équivalent du service du travail obligatoire imposé en Europe par Hitler. La fermeture à l’immigration date de 1951, quand la guerre en Corée a fait craindre un afflux de réfugiés qui rejoindraient leurs compatriotes déjà sur place, auxquels les autorités d’occupation avaient accordé le droit de résidence permanent pour eux et leurs descendants. Mais cette fermeture a bientôt eu aussi pour objectif inavoué de maintenir une tension du marché du travail qui servait la stratégie politique du PLD. Les plaintes répétées du patronat se sont vu opposer le dogme de la « nation qui tire sa force de sa pureté ethnique », faisant de l’immigration un véritable tabou politique. Jusqu’aux années 1990, outre les cadres expatriés, les étrangers n’étaient autorisés à travailler dans l’archipel qu’à des emplois que des Japonais étaient censés ne pas pouvoir occuper (essentiellement enseignants, cuisiniers, boulangers et prêtres, pour les Français, ou femmes de ménage et « artistes » pour les Philippines). La seule communauté de quelque importance était celle que formaient environ un million de Coréens, dont le Japon ne pouvait pas se débarrasser comme il l’aurait souhaité.

La porte s’est pourtant entrouverte à partir des années 1980, parce que « l’internationalisation » était un mot d’ordre officiel [voir chapitre 6, II, 2] et que les jeunes Japonais n’acceptaient plus les emplois dits « 3K » (kitanai, kitsui, kiken : sales, pénibles et dangereux). Depuis 1990, tous les descendants de Japonais (nikkeijin) dans le monde ont le droit de venir résider en permanence pour travailler dans l’Archipel, ce qui a permis aux usines et aux chantiers nippons d’embaucher quelque 300 000 Brésiliens sans porter atteinte au mythe national de la pureté ethnique. Depuis 1993, au nom de l’aide au développement, les entreprises japonaises d’une soixantaine de secteurs d’activité peuvent aussi « former » des « stagiaires » venus d’Asie (surtout Chine, Indonésie, Vietnam, Philippines et Thaïlande) pour trois années au plus. Nombre d’entre eux se retrouvent aux travaux 3K ou aux caisses des supérettes, et ceux qui n’y donnent pas toute satisfaction sont renvoyés chez eux au bout de la première année. Cette main-d’œuvre sous contrôle et bon marché est très prisée des entreprises, qui se disputent le contingent annuel réparti entre elles par le ministère du Travail. Les effectifs de ces « stagiaires » (environ 90 000 par an) correspondent aux besoins globaux estimés plus haut par les autorités. L’organisation des Jeux olympiques de 2020 sera l’occasion – sinon le prétexte – d’ouvrir plus largement la porte tout en conservant l’alibi de l’aide au développement : la durée des « stages de formation » devrait être portée à six ans, et les quotas revus à la hausse pour le secteur de la construction, qui serait demandeur de 100 000 à 200 000 travailleurs.

Certains flux d’immigration sont entièrement féminins. Celui des « artistes » philippines, importées par les yakuzas pour les bars à hôtesses, s’est réduit depuis que la crise frappe ces établissements. Il a été relayé par un flux massif dans le secteur des soins aux seniors, et par celui d’épouses recrutées par des agences spécialisées à destination des campagnes où les hommes n’en trouvent plus. La population philippine dans l’Archipel a ainsi quadruplé depuis 1990. En 2011, elle atteignait 209 000 personnes soit 10 % des résidents étrangers, à égalité avec les Brésiliens, après les Chinois (32 %, 674 000) et les Coréens (26 %, 545 000). Le nombre de ces derniers se réduit régulièrement, car la naturalisation est de droit pour eux s’ils la demandent – autre disposition imposée sous l’occupation.

Malgré ces évolutions, l’ouverture reste timide. Depuis le tournant du siècle, le nombre de résidents étrangers dans l’Archipel n’est passé que de 1,7 à 2,09 millions (+ 22 %), alors qu’il a triplé en Corée. En outre, il diminue depuis 2008, avec le retour de nombreux Brésiliens chez eux pour cause de crise, et la catastrophe de Fukushima a accéléré le mouvement. Les étrangers ne représentent que 1,6 % de la population (deux fois moins qu’en Corée) et seulement 6 % des mariages sont mixtes (10 % en Corée). Il faut y ajouter les clandestins, estimés dans les belles années 1980 à 400 000 personnes, mais dont la crise aurait réduit le nombre de plus de moitié. Un grand nombre sont des Chinois venus « étudier » dans un réseau d’écoles de langue très peu regardantes sur leur assiduité. En l’absence de toute possibilité de régularisation, ils se laissent très volontiers rapatrier aux frais du contribuable nippon une fois amassé un pécule, au rythme de quelque 25 000 par an – qui sont aussitôt remplacés.

Les autorités ont beau invoquer la trilogie « femmes, seniors, robots », elles sont néanmoins conscientes que l’Archipel a besoin de davantage de travailleurs étrangers, notamment des ingénieurs, des informaticiens et autres travailleurs qualifiés. Ni les nikkeijin, ni les « stagiaires en formation » ne peuvent répondre à ces besoins. Depuis 2000, la politique officielle est de recenser ces besoins spécifiques et d’y répondre au coup par coup « sans affecter la vie sociale des citoyens japonais ». L’idée est de n’admettre que les travailleurs dont l’Archipel a besoin en nombre et en qualité, en les sélectionnant au départ, en limitant strictement la durée de leur séjour et sans qu’ils puissent être accompagnés d’une éventuelle famille. La solution parfaite semble celle de contrats bilatéraux passés avec certains pays fournisseurs, dont le prototype a été la négociation pour recruter 6 000 infirmières, commencée avec les Philippines et finalement conclue avec l’Indonésie (2007). Mais ce rêve d’une immigration entièrement sélectionnée, contractuelle et temporaire, se heurte cependant à la faiblesse des rémunérations et des perspectives professionnelles offertes à ces travailleurs qualifiés que l’on prétend attirer, ainsi qu’à l’impossibilité d’empêcher que certains n’acquièrent droit de cité en épousant un(e) Japonais(e).

Copyright 2014-Bouissou/Presses Universitaires de France


Jean-Marie Bouissou, "Géopolitique du Japon. Une île face au monde" , Presses Universitaires de France


quatrième de couverture
Citation :
Le Japon n’est pas une île mais, pour la géopolitique, il apparaît plus insulaire qu’archipélagique : terre d’ancrage bien plus que de passages, compact, intimement identifié à son territoire, alternant projections vers l’extérieur et replis en bon ordre…

La géopolitique du Japon présente au moins trois spécificités. La dimension intérieure y prend une importance inédite : la première force du Japon, ce sont les Japonais et leur société. Sa vision du monde s’enracine dans une culture non occidentale et une histoire très originale : « mission » et principes comptent bien moins que les hiérarchies, mais aussi les frustrations. Et – en théorie – le Japon a renoncé au hard power depuis plus d’un demi-siècle.

Le Japon a bien plus d’importance pour notre avenir que nous ne le soupçonnons. Parce qu’il est au cœur des équilibres de l’Asie, futur centre de gravité de la planète. Parce qu’il pourrait devenir un cas d’école du déclin des grandes puissances, ou, tout au contraire, de leur capacité à se réinventer.

Voir plus sur le livre de Jean-Marie Bouissou, "Géopolitique du Japon. Une île face au monde", sur le site des Presses Universitaires de France


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MessageSujet: Re: POPULATIONS : DÉMOGRAPHIE et MOUVEMENTS MIGRATOIRES    Mar 30 Aoû - 19:49


une tentative de recul géopolitique qui n'est pas de notre bord, mais dont je pense raisonnable la conclusion : « le « Brexit » viendrait accentuer la réduction du poids relatif de l’UE dans le monde, aussi bien sous l’angle démographique qu’économique. Les mêmes tendances se constatent sous l’angle stratégique. », car cela va plutôt dans le sens de mes considérations sur les évolutions démographiques dans ce sujet, à l'appui de mes 'thèses' sur la crise de l'Occident et son poids dans la crise du capitalisme mondial




L’UE sans le Royaume-Uni, ça change quoi ?

Cyril Verluise, Pierre Verluise, Diploweb.com 25 août 2016

Pierre Verluise, Directeur du Diploweb.com, co-auteur avec Gérard-François Dumont de « Géopolitique de l’Europe. De l’Atlantique à l’Oural », PUF, 2016 ; et Cyril Verluise (HEC), assistant de recherche au Collège de France

Devenu effectif, le « Brexit » viendrait accentuer la réduction du poids relatif de l’UE dans le monde, aussi bien sous l’angle démographique qu’économique. La même tendance se constate sous l’angle stratégique. Il serait donc plus temps de se donner les moyens de penser et mettre en œuvre une géopolitique de l’Union européenne.

Citation :
QUEL pourrait être l’impact du processus de « déconstruction européenne » engagé au Royaume-Uni par le référendum du 23 juin 2016 en faveur de la sortie de l’Union européenne ? Certes, l’article 50 du traité de Lisbonne permettant d’engager les négociations de retrait n’a pas encore été activé. Le « Brexit » pourrait ne devenir effectif qu’en 2019-2020. Pour autant, il est possible d’envisager sous divers angles une Union européenne sans le Royaume-Uni.

Pour commencer, le territoire de l’UE serait réduit, passant de 4,5 à 4,2 millions de kilomètres carrés. La perte semble réduite, mais il s’agit d’un territoire développé, équipé d’infrastructures modernes, connecté au système-Monde. Son niveau de vie est supérieur à la moyenne de l’UE de 10 points de pourcentage. Reste à savoir ce que deviendrait l’Ecosse.

La sortie du Royaume-Uni se solderait également par une diminution de sa population. Celle-ci passerait de 510 millions d’habitants à environ 443 millions, soit d’environ 7% de la population mondiale à environ 6%. Autrement dit, l’UE sans le Royaume-Uni serait moins peuplée que l’UE à 25 au 1er mai 2004 (450 millions d’habitants). Probablement avec un excédent accru des décès sur les naissances et un taux d’accroissement migratoire amoindri, l’UE s’engagerait encore davantage dans l’ « hiver démographique » [1]. En 2050, l’UE dans sa configuration présente mais sans le Royaume-Uni pèserait significativement moins de 5% de la population mondiale. Cette dynamique démographique marquée par le vieillissement et le dépeuplement ne saurait rester sans effets sur la population active et la charge des inactifs, sans parler de l’innovation et la compétitivité.[je souligne]


Citation :
Au vu des prévisions pour 2016, l’UE-28 représenterait à cette date 17,6% du PIB mondial en PPA. A cette même date, l’UE sans le Royaume-Uni ne représenterait plus que 15,2% du PIB mondial en PPA.


Rappelons qu’avant même le référendum en faveur du Brexit, le poids économique relatif de l’Union européenne était déjà orienté à la baisse. En 1980, les pays de l’espace UE-28 représentaient 31,2% de la production mondiale en parité de pouvoir d’achat (PPA), pour n’en peser que 18,3% en 2014. [2] Il s’agit d’un des effets de l’émergence de nouvelles puissances économiques, à commencer par la Chine.

Le Royaume-Uni est un acteur économique majeur de l’UE, bien qu’il ne fasse pas partie de sa zone euro et échange avec l’UE moins que la moyenne des pays membres de l’UE, ce qu’on oublie généralement de pointer. Le Royaume-Uni représente 14% du PIB de l’UE. Après la sortie du Royaume-Uni de l’UE, le PIB de l’UE sans le Royaume-Uni serait de 86% de son niveau antérieur. La richesse par habitant de l’UE sans le Royaume-Uni serait de 2% inférieure par rapport à la configuration à 28.

Au vu des prévisions pour 2016, l’UE-28 représenterait à cette date 17,6% du PIB mondial en PPA. A cette même date, l’UE sans le Royaume-Uni ne représenterait plus que 15,2% du PIB mondial en PPA.

*

Ainsi, le « Brexit » viendrait accentuer la réduction du poids relatif de l’UE dans le monde, aussi bien sous l’angle démographique qu’économique. Les mêmes tendances se constatent sous l’angle stratégique [je souligne]. Il serait donc pertinent de se donner les moyens de penser [3] et mettre en œuvre une géopolitique de l’Union européenne.

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