PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

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 EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE

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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Lun 27 Juin - 15:39


Brexit, effets pervers géo-stratégiques

Après le Brexit, l'Otan comme modèle pour l'Union européenne ?

Guillaume Lagane Haut fonctionnaire et maître de conférences à Sciences Po, contributeur d'EuropaNova
24/06/2016

Si la sortie du Royaume-Uni est un coup dur pour l'UE, Bruxelles peut s'inspirer de l'OTAN pour rebondir. Localisée dans la capitale de la Belgique, l'Alliance atlantique est une autre organisation ayant connu les affres de la division et du procès en inutilité, mais qui semble aujourd'hui retrouver les faveurs des nations européennes.


Citation :
L'OTAN est une alliance paradoxale. Pendant les décennies qui ont suivi sa création, en 1949, elle n'a cessé de se préparer à un conflit avec l'Union soviétique, conflit qui n'est jamais venu. Elle s'est payée le luxe de la division avec la décision de la France de sortir du "commandement intégré" en 1966.

Ce n'est finalement qu'après la fin de la guerre froide en 1991 que l'OTAN est vraiment devenue active, intervenant dans les Balkans (Bosnie en 1995, Kosovo en 1999, Macédoine) puis en Asie (Afghanistan après 2001) et en Afrique (Libye en 2011). Pendant toute cette période, les critiques traditionnels de l'Alliance, dont la France, revenue en 2009, n'ont cessé de critiquer la logique du "couteau suisse" faisant de l'OTAN, "ONU occidental", un outil capable de répondre à toutes les crises.

De ce point de vue, le révisionnisme actuel de la politique russe est, pour paraphraser Maurras, une "divine surprise". Elle permet à l'OTAN de revenir à son core model, l'unité transatlantique face à Moscou. La conséquence est que les Etats-Unis, qui avaient fermé leur dernier régiment blindé en Allemagne, ne peuvent plus devenir une puissance asiatique, selon le souhait d'Obama et de sa politique du pivot. Ils retrouvent un rôle central dans l'Alliance. L'intensité de leur engagement dépendra toutefois beaucoup de l'identité de leur prochain président, Trump n'ayant pas ménagé ses critiques envers l'OTAN.

Rappelons pourtant que l'Alliance atlantique est la plus puissante coalition militaire du monde avec 3,5 millions de soldats, 1000 milliards de dollars de budget cumulé et 29 Etats membres, le dernier à rentrer en 2016 étant le Monténégro, malgré les critiques de la Russie. Ces moyens militaires sont d'abord au service de l'article 5, qui garantit la sécurité collective entre les Etats membres. Mais depuis l'adoption du "concept stratégique" au sommet de Reykjavik en 2002, il s'agit aussi d'adopter une "approche globale", à savoir répondre à des menaces nouvelles, depuis le terrorisme jusqu'à la sécurité énergétique en passant par les risques de prolifération balistique (déploiement d'un bouclier antimissile).

Si cette diversité a pu donner l'impression d'une certaine dispersion, voire d'une fébrilité de l'Alliance, elle reflète aussi la grande variété des préoccupations stratégique de ses membres. Pour des raisons de géographie évidentes, la Pologne est inquiète des manœuvres russes quand la France se préoccupe plus du djihadisme dans le Sahel. La vraie question est toutefois la capacité de l'Alliance à répondre à ces menaces avec efficacité. Après le Kosovo, les Etats-Unis étaient bien décidés à ne plus trop utiliser l'OTAN. Son efficacité en Afghanistan, de 2003 à 2014, fut toute relative. On se souvient du mot de Foch : "j'admire beaucoup moins Napoléon depuis que je sais comment fonctionne une coalition" !

Au prochain sommet de Varsovie, les sujets seront donc nombreux, depuis la réforme de l'Alliance (très bureaucratique) jusqu'à la lutte contre l'Etat islamique et au soutien à la Turquie, mais l'enjeu principal sera la Russie. Depuis l'annexion de la Crimée et l'intervention dans l'est de l'Ukraine, il s'agit d'une menace stratégique majeure avec le risque d'une remise en question générale des frontières européennes dessinées en 1991. L'OTAN va retrouver son ADN, qui, selon l'amusante définition de son premier secrétaire général, lord Ismay, était : "keep the Americans in, the Russians out and the Germans down".

L'OTAN vient de réaliser en Pologne des manœuvres, baptisées Anaconda et officiellement polonaises, contre un adversaire imaginaire (quand même appelé "l'Union des rouges"...). Le sommet devrait prévoir le "renforcement du flanc oriental" avec la présence nouvelle d'une brigade (environ 4000 hommes) dans les pays baltes et en Pologne. Concession probable à la Russie et à ses amis au sein de l'Alliance (Hongrie, Grèce, dans une moindre mesure France et Allemagne), ces unités opèreront une rotation tous les neuf mois. Il s'agit bien, en réalité, d'établir une sorte de "cordon sanitaire" autour d'une Russie perçue comme agressive et prompte à la "guerre hybride".

Reste à savoir si ces mesures seront suffisamment fortes pour dissuader un Vladimir Poutine plus audacieux que jamais. De même que l'UE semble se défaire à l'ouest, avec le référendum britannique, demain peut-être un NEXIT néerlandais, tout en restant attractive sur son flanc oriental (pensons à la volonté de l'Ukraine d'adhérer à l'accord d'association avec Bruxelles, à l'origine de la crise de 2014), de même l'OTAN n'est aujourd'hui encensée que les par les derniers arrivés, ces pays d'Europe orientale qui recherchent, avec la fraîcheur du néophyte, la protection de l'alliance transatlantique.



Citation :
Le Royaume-Uni va rester un partenaire "fort et engagé" de l'Otan malgré sa décision historique de sortir de l'Union européenne, a réagi aujourd'hui à Bruxelles le secrétaire général de l'Alliance atlantique, Jens Stoltenberg.

"Le Royaume-Uni demeurera un allié fort et engagé de l'Otan et continuera à jouer son rôle dirigeant au sein de notre Alliance", a assuré Jens Stoltenberg.

Doté de la dissuasion nucléaire et d'une armée capable de se projeter à l'extérieur, Londres est un des membres majeurs de l'organisation et un allié proche de Washington.

"Une Otan forte, unie et déterminée reste un pilier essentiel de stabilité dans un monde turbulent, et un élément clé de la paix et de la sécurité internationales", a plaidé Jens Stoltenberg, qui a promis que l'Alliance restait déterminée à une "coopération plus étroite" avec l'UE (dont 22 [sur 27] membres appartiennent à l'Otan).


le Réseau voltaire n'est pas ma tasse de thé, et son anti-américanisme primaire aussi bien connu que ses vertus "complotistes", mais parfois...


Citation :
En sortant de l’Union européenne, le Royaume-Uni met fin à sa « relation spéciale » avec les États-Unis. Or Londres est également membre de l’accord des « Cinq yeux » issu de la Charte de l’Atlantique et co-fondateur de l’Otan (les Britanniques partagent toutes les informations du réseau Stay behind). Laisser partir le Royaume-Uni signifie donc assister à l’écroulement de l’ensemble du système de domination anglo-saxonne sur le monde.

Le Conseil de sécurité nationale des États-Unis a mis au point un plan visant à arrimer le Royaume-Uni aux structures atlantiques. Il a été décidé de tout faire pour empêcher la nomination du leader conservateur du Brexit, Boris Johnson, à Downing Street et de favoriser une personnalité de « consensus » apte à « réconcilier » les Britanniques. Cette personnalité négocierait les modalités de la sortie de l’Union européenne. De son côté, l’Union proposerait de substituer aux accords actuels des dispositions presque identiques. À l’issue de ce processus, le Royaume-Uni aurait perdu son siège au Conseil européen, mais resterait de facto dans le Marché commun.

Le président Obama a désigné la chancelière allemande Angela Merkel pour mener les opérations au sein de l’UE et George Osborne, actuel numéro 2 du gouvernement, pour organiser le « consensus » au Royaume-Uni. D’ores et déjà, le Premier ministre David Cameron a refusé de démissionner avant l’élection présidentielle états-unienne, tandis que le gouvernement régional écossais et la presse européenne mettent en avant le risque de sécession pour justifier l’appel à une « personnalité de consensus ».

Un conseil européen a été convoqué par le président de l’Union, Donald Tusk, le 29 juin, en présence du secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg.


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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Mar 28 Juin - 2:09


Brexit : vers une accélération de la double crise de l'Occident et du capitalisme mondial


il est encore trop tôt pour mesurer les conséquences économiques et politiques du vote des Britanniques pour sortir de l'Union européenne. Les réactions des banques et du grand patronat ne sont pas stabilisées, et les décisions politiques risquent de prendre un certain temps pour se prendre et entrer en vigueur, vu que nos amis Anglais jouent les prolongations avant la sortie effective de l'UE. Un soubresaut de la crise était déjà dans l'air, et pour l'heure nous ne pouvons savoir s'il sera précipité par le Brexit en une réaction en chaîne du type de celle de 2008. Il n'est pas impossible que nous assistions à la mise en place de mesures, ou contre-mesures, anticipant sur une restructuration globale qui est de plus en plus probable, sans parler du risque de déflagration militaire mondiale avec les fantasmes européens des USA à l'Est via l'OTAN et en Asie du Sud-Est


paupérisation et "crise migratoire"

par contre les causes de ce vote sont plus faciles à cerner, et elles s'enracinent doublement dans la paupérisation qui frappe en priorité le prolétariat populaire ("ceux d'en-bas") et leur fixation sur la vague migratoire qui provoque une arrivée massive de nouveaux immigrés, dont le moins qu'on puisse dire est qu'elle n'est pas provoqué massivement par la classe dominante européenne pour compenser un déficit démographique, mais indirectement par contrecoup de sa participation à sa «guerre contre le terrorisme» en Orient et en Afrique

pour la première fois donc nous avons sous les yeux un phénomène massif dans lequel nous pouvons comprendre comment la crise de la modernité occidentale (1492 et la suite) et celle du mode de production capitaliste né en Europe (en Angleterre, justement) il y a deux siècles, sont enchâssées l'une dans l'autre et s'alimentent réciproquement comme un phénomène d'ampleur historique inédite depuis les "guerres mondiales" du XXème siècle

Ban-Ki Moon, secrétaire général de l'ONU, mettait le doigt dessus en affirmant le 18 juin « Ce qui arrive en Grèce n'est pas une crise migratoire", c'est une crise de solidarité. » (source)

voir le sujet MIGRATIONS & RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALITÉS : analyses

jusque-là, nous ne voyions cette crise de l'Occident avoir pour réponse réciproque que des luttes décoloniales en Amérique latine, en Afrique, en Asie et plus faiblement compte tenu de la proportion de populations issues de l'immigration de ces contrées lointaines, en Europe, avec les mouvements décoloniaux apparu depuis une dizaine d'année seulement en tant que tels et cherchant leur expression autonome, politique ou associative, voire sous-jacente aux émeutes des quartiers populaires


populisme radical de droite et de gauche

ce que nous observons aujourd'hui la traduit en négatif, par la montée de populismes à forte composante racialiste, qui ne s'exprimait jusque-là qu'à travers des options d'extrême-droite raciste (Front national, divers groupes nationalistes, souverainistes ou identitaires nationaux ou européens). Nous pouvons dire que la montée du Front national, populisme de droite, ne faisait qu'annoncer son invasion dans tout le paysage politique institutionnel jusqu'à gauche du PS dans la gauche démocratique radicale, une partie de l'extrême-gauche et des anarchistes ou des reliques de l'ultragauche ouvrière. À vrai dire, en tant qu'idéologie, son caractère dépasse le champ politique démocratique ou non; c'est une structure of feeling avec ses dimensions culturelles et sociétales innervant toute la société civile

c'est ce que nous avons analysé en France comme L'IDÉOLOGIE FRANÇAISE, avec ses extrêmes dans UN DISCOURS "DE CLASSE" (?) EUROPÉISTE et RACISTE ?

la montée d'un populisme de gauche, revendiqué comme tel sous l'influence théorique de Chantal Mouffe et Ernesto Laclau, s'est exprimé dans le mouvement Nuit Debout, sous l'égide d'un de ses initiateurs, Frédéric Lordon, ou dans la récupération politique de Jean-Luc Mélenchon (discours Place Stalingrad à Paris le 5 juin)

ce populisme de gauche français prolonge les précédents de Syrisa et Podemos, et se traduit en Grande-Bretagne par la forte proportion du vote prolétarien pour le Brexit, qui déstabilise le Labour et particulièrement sa gauche d'inspiration anti-colonialiste (Corbin)

ce que nous voyions comme une mutation du démocratisme radical en populisme radical apparaît plus précisément comme la forme politique prise avec la prolétarisation accélérée des classes moyennes inférieures notamment. Alors que le démocratisme radical était plutôt une expression politiques des couches moyennes via les partis à gauche de la gauche, qui ont massivement perdu leur électorat ouvrier, le populisme radical fut d'abord de droite, des pans entiers de l'électorat ouvrier adoptant le vote pour le Front national. Ce schéma s'est défait au profit du nouveau paysage politique actuel


une évolution réactionnaire des luttes prolétariennes en Europe ?

la réaction des prolétariats européens, jusque dans ses luttes revendicatives ou défensives, fait le choix de préserver des acquis qui reposent en partie sur la domination occidentale du capitalisme mondial, suite au colonialisme, au néo-colonialisme et à ses formes contemporaines (extractivisme, guerres stratégiques pour préserver son influence...)

ainsi donc, et au regret de décevoir les "camarades", ce qui se confirme, c'est que la perte de suprématie de l'Occident capitaliste trouve une résistance aussi bien dans la classe capitaliste que dans le prolétariat de souche des pays européens. Le clivage n'est pas seulement visible dans l'expression politique, il s'enracine profondément dans la population et de façon transclassiste

évidemment, rien de ce qui est décrit là ne peut se dire par ses protagonistes politiques ou médiatiques, puisqu'il faudrait à tous reconnaître que la paupérisation en Europe n'en est qu'à ses débuts, ce qui ruinerait leurs promesses électorales


et le communisme, dans tout ça ?

quant aux derniers tenants de l'universalisme prolétarien à base marxiste dogmatique autour de la mission de la classe ouvrière des pays développés (sic vu que l'usine du monde n'est plus en Europe), il leur faudrait admettre que leurs analyses sont devenues fausses au point qu'ils prennent le risque de rejoindre l'idéologie eurocentriste dominante, ce que n'ont pas manqué de faire partie des anarchistes, de l'extrême-gauche et de la post-ultragauche ouvrière jusqu'aux "partisans de la communisation" sous réserve de préciser leur pensée d'une question sur laquelle ils sont plus que discrets

au-delà de la petite satisfaction de voir confirmée notre thèse centrale justifiant le communisme décolonial, il faut dire que cela n'a rien de réjouissant, et qu'il devient de plus en plus difficile de définir ce que pourraient être des activités communistes au présent, si ce n'est d'abord la nécessité de se fonder sur des analyses de ce type, et de laisser au musée leurs certitudes marxistes ou anarchistes eurocentrées, s'ils ne veulent pas se retrouver en fort mauvaise compagnie, comme certains qui n'ont pas hésité à franchir le pas

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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Mer 29 Juin - 11:00

Le Royaume Uni est le pays européen occidental qui a subit le plus l'effondrement, ces dernières années, de son système de santé public, de meme ampleur que la Gréce, ce qui a influé sur le vote :

Brexit, un refus de classe, y compris des sondages ?

Citation :
Si nous regardons attentivement les électeurs qui viennent de voter au Royaume-Uni, le référendum sur le Brexit a été un vote de classe :

Cadres : 57 % des cadres ont voté pour rester dans l’Union européenne, 43 % ont voté pour en sortir.

Professions intermédiaires : 49 % des professions intermédiaires ont voté pour rester dans l’Union européenne, 51 % ont voté pour en sortir.

Employés : 36 % des employés ont voté pour rester dans l’Union européenne, 64 % ont voté pour en sortir.

Ouvriers : 36 % des ouvriers ont voté pour rester dans l’Union européenne, 64 % ont voté pour en sortir.

http://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2016/06/brexit-age-3.png

l'arnaque du soit disant vote jeunes, qui se sont en réalité abstenus à 64% :

http://www.les-crises.fr/brexit-l-arnaque-du-vote-des-jeunes/#!colorbox[122431]/16/



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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Mer 29 Juin - 12:16


« vote de classe » : et alors ?

vlad2 a écrit:
Brexit, un refus de classe... "Si nous regardons attentivement les électeurs qui viennent de voter au Royaume-Uni, le référendum sur le Brexit a été un vote de classe"

que signifie la formule "un vote de classe" ?

s'il s'agit de faire le constat sociologique que la classe ouvrière a majoritairement voté pour le Brexit, et davantage que les autres classes sociales, à savoir les classes moyennes sans parler de la classe capitaliste, la formule a son ambiguïté relativement à ce qu'on appelait "conscience de classe" ou "position de classe", sous-entendu position révolutionnaire de "classe pour soi" participant d'une dynamique communiste

et là, à mon avis, tout se casse la gueule. Perso je ne vois que démagogie et populisme radical dans la posture des "camarades" néo-programmatistes, à titre d'exemple celle du PRCF : Du BREXIT au « FREXIT » PROGRESSISTE, un mode d’emploi possible 28 juin

à la limite le communiqué de Lutte Ouvrière est moins inquiétant pour la santé marxiste : Brexit : le bal des démagogues 27 juin

LO a écrit:
Dans ce référendum, les intérêts des travailleurs n’étaient représentés ni par un camp, ni par l’autre. Le camp du « in » défendait l’appartenance à une Europe faite pour les capitalistes et les banquiers. Les travailleurs conscients d’avoir affaire à une caste politique et à des institutions qui n’ont jamais été de leur côté ne pouvaient pas l’approuver.

Mais se ranger dans le camp du Brexit revenait à conforter le vote anti-immigration et raciste et à cautionner les calomnies déversées sur les immigrés accusés de profiter des aides sociales et de prendre l’emploi des Britanniques. C’était, dans les deux cas, un mauvais choix.

Le monde ouvrier a déjà perdu beaucoup car la campagne pour le Brexit a aggravé les divisions qui opposent les travailleurs britanniques aux travailleurs européens ; les immigrés de longue date à ceux récemment arrivés. Cette évolution réactionnaire est un danger qui menace tous les travailleurs d’Europe.
[...]
On pourrait en dire autant de bien d’autres, ici en France. Le rejet des institutions européennes sert de tremplin pour accéder au pouvoir. Il faut se méfier comme de la peste de ces démagogues qui détournent la colère sociale des véritables responsables et qui distillent le poison de la division dans la classe ouvrière.


évident que je ne suivrais pas LO plus avant, mais c'est sans concertation  Shocked  qu'il nous est venu le même terme : "évolution réactionnaire" du monde ouvrier européen et de ses cases nationales

autant que son enlisement dans la lutte de classe revendicative et le syndicalisme, qui fait le bonheur de la critique radicale et les bris de verre collatéraux, un "vote de classe" des prolétaires peut être un vote réactionnel, un vote réactionnaire : nous y sommes

.
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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Jeu 30 Juin - 10:12


« un "vote de classe" des prolétaires peut être un vote réactionnel, un vote réactionnaire : nous y sommes »,
oui mais avec des conséquences imprévisibles et ingérables ?

Le système politico médiatique européen / occidental en train de perdre sa boussole : les sondages ?

Il semble que les "sondés" ont pris le système des sondages, illustré en pratique lors du Brexit, au mot. Ils sont devenus aussi menteurs, tricheurs, instables et imprévisibles que les sondeurs… D'où la "surprise" du 24 juin et ses conséquences, l'initiative des gouvernants basée sur ses sondages est en panne sèche, faute de données fiables, pouvant les départager.

Citation :
Si le Brexit a suscité tant d’incitations à ne plus tenir compte des “masses ignorantes” (voir ci-dessous) qui sont pourtant rejointes par des prestigieux intellectuels, il a surtout conduit à un formidable désordre chez les zombies-Système, avec des affrontements sévères entre dirigeants, hauts fonctionnaires de direction, au sein de l’UE comme on a pu le voir lors des sommets de ces derniers jours.

Les “élites-zombies-Système” n’ont absolument rien de la noblesse et du sens de la solidarité et de la responsabilité des élites dans le sens initial, ce sont des arrivistes et des nouveaux-riches de l’élitisme de pacotille, en général choisis pour leur médiocrité, leur inexistence, leur corruption, leur arrogance méprisante, leur goût des privilèges, et en général pour leur sottise qui permet de supporter des œillères pour mieux faire fonction d’aveuglement ; par conséquent, il s’affronte comme des chiffonniers, comme des poissardes (le terme ne dépare pas chez Juncker), et leur “révolte” est donc bien d’accord une “crise”.


http://www.dedefensa.org/article/la-revolte-des-elites-zombies-systeme

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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Jeu 30 Juin - 14:48


boussole sans soleil, pour qui et allez où ?

vlad2 a écrit:
Le système politico médiatique européen / occidental en train de perdre sa boussole : les sondages ?

Il semble que les "sondés" ont pris le système des sondages, illustré en pratique lors du Brexit, au mot. Ils sont devenus aussi menteurs, tricheurs, instables et imprévisibles que les sondeurs… D'où la "surprise" du 24 juin et ses conséquences, l'initiative des gouvernants basée sur ses sondages est en panne sèche, faute de données fiables, pouvant les départager
.

je ne vois pas ce que l'on peut déduire du « système politico médiatique européen / occidental » à partir des sondages, ni même quel rôle ils ont joué dans le cas du Brexit, hors l'effet de surprise du résultat puisqu'ils étaient faux. Cela n'a fait, comme on l'a vu, qu'amplifier un vote protestataire qui ne croyait pas en sa victoire

dans le vote espagnol, les sondages "sortie des urnes" donnaient Podemos deuxième devant le PSOE, et tout le monde y a cru, à commencer par Mélenchon qui était à leur QG, qui dévoile pour l'occasion une stratégie d'alliance avec le PS qu'il est supposé refuser en France...

Jean-Luc Mélenchon a écrit:
#UnidosPodemos en tête de la gauche. Si le PS l'accepte, il y a une majorité absolue à gauche. @Pablo_Iglesias_ président !
20:46 - 26 Juin 2016

Quand Mélenchon tweete un peu vite sur les résultats de Podemos


les partis et gouvernants ont leurs propres sondages qui ne sont pas dévoilés, je ne sais pas s'ils sont plus justes, mais quoi qu'il en soit, au-delà de carrières personnelles les sondages ne sont pas leur « boussole », ils ne déterminent pas leurs choix politiques essentiels, seulement la façon de les présenter, la com', c'est assez flagrant dans les discours de Valls, Hollande, Macron et tous les autres

quant aux « conséquences imprévisibles et ingérables » d'un vote réactionnaire du prolétariat européen, pour l'heure il est effectivement un peu tôt pour le prendre comme durable, mais si c'est le cas, cela ne ferait que confirmer mon appréciation d'un gros problème stratégique de choix d'orientation à court et moyen terme pour ceux qui se réclament du communisme (voir communisme féministe et décolonial : point d'orgue)

quoi qu'il en soit ce qui se "gère", c'est l'économie politique par la classe capitaliste, États et patronat, et pour l'heure la défaite prolétarienne post-programmatisme n'a pas vu le fond en Europe. La réaction de sursaut des luttes ouvrières n'est pas à la hauteur ni quantitativement ni qualitativement, elle est réelle mais pas massive hors les urnes, et ce n'est pas je pense ce qui détermine leurs décisions. Voir à cet égard le conflit sur la loi travail en France, MEDEF, État et CFDT ne reculent pas

quant à trouver une « boussole », voici un échange avec Corinne Cerise il y a une semaine

Patlotch a écrit:
sans dire que je suis un peu perdu, si je garde ma boussole communiste décoloniale, je me sépare complètement du point de vue classique de la communisation, et je n'arrive pas à voir de positivité dans le réveil de la combativité ouvrière en France

je conviens que ce soit un peu troublant car cela (me) pose la question de savoir à quoi sert ce que je fais


Corinne Cerise a écrit:
Ce que vous faites sert à la théorie et à la pratique communiste. C'est un fait acquis, pour moi.

PS : Je n'aime pas trop le terme "boussole", cela fait - à mon humble avis - déterministe

Patlotch a écrit:
disons la boussole du forum, pour présenter une suite cohérente, mais face à l'événement difficile à tenir

c'était avant le Brexit, et j'ai dit ce que j'en tirais, à la fois une confirmation empirique de ma ligne générale théorique, mais sur le versant négatif pour le mouvement communiste, car comme dit RF : « Grande est la confusion sous le ciel, et la situation est assez merdique. » (ici)

et comme il n'y a pas de soleil, les cadrans solaires et le préviseur dans l'angle mort...


Mondovì, Piemonte

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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Jeu 30 Juin - 15:47


Brexit Big Break :

un autre son de cloche du côté de Big Ben


Le Brexit, une chance pour la City de Londres

Les Échos, Didier Houth 29 juin 2016


La sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne ne perturbera pas la City. Au contraire, la place financière de Londres en sortira renforcée.

Citation :
Les marchés financiers, et particulièrement la Bourse, sont très émotionnels dans leurs réactions premières. Les décrochages des Bourses européennes et de la livre sterling après le « oui » au Brexit de jeudi dernier nous en donnent encore une excellente démonstration. On peut lire ici et là beaucoup d'articles expliquant la catastrophe qu'est le Brexit pour le Royaume-Uni. Alors que mercredi, tout allait bien avec des Bourses qui grimpaient tranquillement, vendredi matin, c'est l'affolement total.

Pourtant, l'écart entre le oui et le non était largement en dedans de la marge d'erreur statistique des meilleurs organismes de sondages, dont ne font pas vraiment partie ceux britanniques. Mais personne n'envisageait que le oui puisse gagner.

Certains, dans des conversations privées ou des interviews off, osaient mettre en avant de façon assez macabre l'avantage de l'assassinat de l a députée anti-Brexit Jo Cox . On était dans le déni total. Ceci explique pourquoi ce qui était une très forte possibilité depuis plusieurs mois a été totalement occulté par les marchés financiers et ces réactions émotionnelles aux fondements mal assurés.

Un statut britannique particulier grâce à la City

Ce catastrophisme ambiant résiste-t-il vraiment à une analyse plus objective des situations actuelles et prévisibles ? La première des choses à rappeler est que si le Royaume-Uni fait partie de la zone euro, il n'est pas dans l'euro et n'avait aucunement l'intention d'y adhérer. Ce statut particulier, pour ne pas dire paradoxal, est le résultat d'une de ces négociations dont seules les Britanniques ont le secret.

Il est aussi un accord de raison qui démontre que l'Europe a tout autant besoin du Royaume-Uni que l'inverse. Ce statut très particulier fait que la banque centrale britannique siège au Conseil de la Banque centrale européenne, avec un droit de vote, alors que l'Euro n'est pas sa monnaie.

Pourquoi les membres de la zone euro ont-ils accepté en leur sein un État qui a toujours été plus un empêcheur de tourner en rond qu'une locomotive de l'intégration européenne ? C'est que la place financière de Londres, la City, est incontournable en Europe, qu'elle est même la première.

Chaque région mondiale a sa place financière dominante, New York pour les Amériques, Hong-Kong pour l'Asie-Pacifique et Londres pour l'Europe, l'Afrique et le Moyen-Orient. Paris comme Berlin ont beau avoir cherché à élever leur niveau pour concurrencer Londres, cette dernière reste le principal hub financier de la zone économique EAM (Europe-Afrique-Moyen-Orient). La City doit cette prédominance à son histoire et à l'esprit libéral britannique qui lui permet de pouvoir innover en permanence.

Une place financière qui innove

L'innovation financière permanente est l'atout majeur des grands hubs financiers mondiaux. Pour que cela soit possible, il faut que le pays où il se trouve ait un droit et une fiscalité qui permettent des techniques financières complexes mélangeant titres de propriété, telles les actions, et titres de créances avec des possibilités optionnelles permettant de vrais paris sur l'avenir ou cherchant à maîtriser son incertitude. On doit reconnaître que la City de Londres offre un écosystème plus performant que les places de Paris et Berlin.

Il n'y a aucune raison que le Brexit change quelque chose d'essentiel à l'écosystème de la City. De la même façon qu'il ne changera pas la psychologie des Français et des Allemands qui bloque à un niveau inférieur les capacités d'innovation financière de Paris et Berlin. C'est historique et c'est dans la mentalité de ces deux pays continentaux, jouer et gagner de l'argent au travers des marchés financiers n'est pas bien vu. Ceci se reflète dans les différentes réglementations nationales et de la zone euro dominée par l'Allemagne et la France comme le reste de l'Union européenne.

La City libérée

Dans la mentalité anglo-saxonne, c'est tout le contraire où jouer avec l'argent et parier sont naturels. L'argent n'ayant pas le même statut moral des deux côtés de la Manche, le Brexit n'aura que peut d'influence sur les capacités de Paris et Berlin à offrir à la finance internationale une ingénierie plus complexe et plus innovatrice. Le Brexit va même libérer le Royaume-Uni d'une bonne partie des contraintes réglementaires que peut lui imposer la BCE au travers de la zone euro. En revanche, il n'y a aucune raison que le Royaume-Uni quitte le Système européen de supervision financière (SESF).

Seul son statut peut évoluer de participant à observateur. Il ne semble pas non plus que le Brexit va remettre en cause la libre circulation des capitaux en Europe entre les pays membres de l'Union européenne et ceux non membres. Avec le Brexit, c'est donc une City de Londres plus libre et encore plus concurrentielle qui se profile.

Les discours à l'emporte-pièce de ces derniers jours relèvent, semble-t-il, plus d'un émotionnel revanchard que d'une véritable analyse des tenants et aboutissants de l'écosystème financier et bancaire européen. En conclusion, longue vie à la Reine des places financières européennes, j'ai nommé la City de Londres.

Didier Houth est consultant indépendant spécialisé en gestion par les compétences et relations sociales



beaucoup de bruit pour rien ?



Poursuite du rebond sur les marchés asiatiques

L'Obs 30 juin

Asie : la remontée se poursuit

Boursier.com 30/06/2016

Citation :
Les marchés de la zone Asie-Pacifique poursuivent leur redressement ce jeudi en se remettant progressivement de la baisse causée par l'annonce, le 24 juin dernier, de la sortie prochaine du Royaume-Uni de l'Union européenne...

Singapour et Hong Kong remontent de 1,6%, Seoul prend 0,5%, avec la Bourse de Tokyo, Jakarta grimpe de 1%, Sydney s'adjuge 1,6%, Bombay progresse de 0,7%, seule Shanghai reculant de 0,3%. Les principaux indices américains ont aussi regagné une partie du terrain perdu sur les séances de vendredi et lundi et la livre sterling et l'euro ont confirmé leur petit rebond face au dollar. Enfin, le pétrole a retrouvé la zone des 50$ le baril de Brent.


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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Jeu 30 Juin - 16:21


un article intéressant, à lire avec des lunettes... Liens dans l'original


crise de civilisation

chaud devant la zone et en avant le zonage du monde

BREXIT : villes-mondes contre États-nations, l’élite contre les invisibles

Karol Agora-Vox  30 juin 2016

« un cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante
permettant de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète »


« L’enseignement de l’ignorance et ses conditions modernes » Jean-Claude Michéa d'après Zbigniew Brzezinski, 2006


Citation :
Deux jours à peine après la sidération causée dans l’élite cosmopolite par le résultat du référendum en Grande Bretagne, Anne Hidalgo et Sadiq Kahn, respectivement Maire de Paris ( P.S.) et de Londres (Travailliste), capitales les plus riches d’Europe, ont publié dans Le Parisien et le Financial Times une tribune commune pour affirmer haut et fort que malgré la sortie éventuelle de la Grande Bretagne de l’Union Européenne, les deux villes se rapprocheront encore plus, oubliant que si ces deux villes sont ce qu’elles sont des « villes- mondes » prospères – c’est précisément parce qu’elles sont les capitales d’Etats-nations qui, par leur histoire coloniale, leur politique économique et industrielle, ont pu concentrer d’énormes richesses recyclées aujourd’hui dans la finance, le commerce international, les services et l’immobilier.

Dans cette tribune où on oppose le dynamisme des villes-mondes à la léthargie des États-nations, on ne dit pas un mot sur toutes ces victimes de la mondialisation et des politiques ultra libérales, véritables réfugiés de l’intérieur reclus au fond d’un périurbain informe ou dans un chef-lieu de province totalement dévitalisé de ses commerces ou encore dans un bassin industriel laissé en friches après un demi-siècle de dérégulation et de délocalisation de l’économie. Victimes qui ont encore le toupet, pour notre élite 2.0 (1), lorsqu’elles trouvent la force et la motivation de se déplacer, de très très mal voter.

Ce référendum avec le succès du « Out » est bien l’illustration jusqu’à la caricature de la distance de plus en plus marquée entre ces deux mondes qui s’éloignent chaque jour un peu plus l’un de l’autre. Monde branché des urbains cosmopolites, qui vont et viennent d’une métropole à l’autre, les yeux rivés sur leur smartphone, satisfaits de pouvoir jouir de mille et un services grâce à l’entremise des plateformes numériques dispersées de par le monde et qui ignorent tout de l’existence de cet univers caché des perdants, des blasés, des renfrognés qui seraient incapables de trouver leur place dans cette nouvelle économie déterritorialisée.

La répartition géographique des résultats du vote est sur ce point significative : 60 % de IN dans le Grand Londres et en Ecosse, 59% des OUT dans les Midlands. Dans les régions industrielles du nord, les scores pour le Brexit dépassent par endroits 60%. Ce sont les personnes âgées, les ouvriers, les précaires et les ruraux qui ont voté LEAVE et qui sont aussi victimes des politiques ultra libérales conduites depuis plus de 40 ans par à la fois les gouvernements de Grande Bretagne et les instances de l’UE.

Politiques qui ont eu pour objectif le démantèlement des secteurs industriel et minier anglais au profit du secteur financier localisé à Londres. La dégradation des services publics (services de santé et d’éducation), le recours aux travailleurs détachés des autres pays de l’UE et la multiplication des contrats « zéro heure » dans les services ( lien ) ont eu pour conséquences de déstabiliser le marché du travail et de précariser des pans entiers de la classe ouvrière britannique. C’est ce qui explique, en partie, ce vote de rejet d’une Europe technocratique incapable d’assurer la protection de l’ensemble de sa population. Population paupérisée qui, à cause de la hausse de l’immobilier, est rejetée de plus en plus loin des centres urbains fournisseurs de services et créateurs d’emplois. Population qui est convaincue qu’elle n’a plus rien à attendre d’un projet européen entièrement voué à la construction d’un espace ouvert à la libre concurrence et la libre circulation à la fois des marchandises, des capitaux et des compétences aux dépens de la construction d’une communauté politique dans un espace social protecteur et émancipateur. Rancœurs et ressentiments de tous ces oubliés savamment exploités par tous les démagogues de l’Ukip et du parti Conservateur incapables de proposer une alternative crédible à la politique actuelle.

Les luttes du mouvement ouvrier aux XIX et XXe siècles avaient permis la constitution d’un État-nation régulateur qui avec son système social et ses services publics, en irriguant chaque kilomètre carré du territoire contribuait à l’émergence chez chaque citoyen du sentiment de faire partie d’une même communauté de destin. Tout cela avait permis l’émergence dans l’ensemble de la République d’une classe moyenne et d’une large classe ouvrière prospère. L’ouverture des échanges et la mise en compétition des travailleurs du monde entier a fait se développer ces villes-mondes, nouveaux centres de production de la richesse qui concentrent les compétences de toutes origines, absorbant peu à peu le dynamisme économique du pays, ses propres ressources humaines et matérielles. Ces villes globales sont reliées entre elles par de performants réseaux de services de communications et de transports tant terrestres qu’aériens. Peu à peu leur gestion s’autonomise de celle des États qui n’ont plus les moyens d’assurer l’essentiel en matière de services publics et d’infrastructures dans les territoires ruraux éloignés des grands centres urbains qui subissent de plein fouet les effets de la mondialisation avec son lot de délocalisations, de fermetures d’usines et qui doivent aussi continuer à nourrir, à éduquer et à soigner tant bien que mal tout ceux qui ne peuvent où ne veulent entrer dans cette nouvelle économie réticulée des mégapoles internationales. (lire : la fracture sanitaire s’aggrave). États-nations qui à cause du chantage fiscal imposé par les grands groupes industriels et financiers mondialisés ne réussissent plus à socialiser un minimum de richesses pour assurer un minimum de solidarité entre tous les citoyens et à préserver une homogénéité sociale sur l’ensemble de leur territoire.

Le problème qu’illustre aussi les résultats de ce référendum est que le système économique que nous subissons produit depuis quelques temps plus de perdants que de gagnants ce qui s’accommode mal d’un système démocratique qui donne à chaque citoyen, pauvre ou riche, victime ou gagnant, jeune ou vieux, urbain ou rural une voix, un vote. Notre élite, quelle que soit sa réussite, sa clairvoyance et son intelligence, quelle que soit sa mobilité et ses capacités à s’extraire des particularismes pour se fondre dans l’universel a un énorme boulet au pied : tous les ratés, les perdants, que leur propre politique a produit, abandonnés par un État incapable d’assurer ses missions élémentaires, et qui, nostalgiques d’un temps révolu, continuent à s’accrocher à leur territoire et à fantasmer sur l’idée d’un peuple souverain. C’est exactement ce qui semble affoler Alain Minc qui affirme sans complexe « c’est la victoire des gens peu formés sur les gens éduqués » (lien)

C’est ballot mais toute cette élite bien pensante, les BHL et nos médiacrates à la Arnaud Parmentier ( 1) ont oublié que les pauvres et les exclus en tout genre ont encore le droit de voter et de choisir leur destin et qu’ils sont majoritaires et de plus en plus nombreux dans ce monde profondément inégalitaire que ces gens éduqués et experts ont contribué à bâtir.

Dans tous les domaines de l’activité humaine se développe cette société à deux vitesses. D’un côté, le monde des aéroports et de la 1ère classe des Thalys, Eurostar et autres TGV, monde de la jet-set, des colloques et rencontres internationales, monde des décideurs au parler  » globish « , monde des acteurs des médias et de la politique, du luxe et du sur-mesure , du « secteur libre » des hôpitaux et des écoles et universités prestigieuses, monde des hôtels de luxe et des quartiers résidentiels sécurisés : le monde des 1% entourés de 20 % de la population utile à leur prospérité. De l’autre le monde des invisibles, des considérés comme « inactifs » ou « assistés », bref des losers en tout genre condamnés à vivoter plus ou moins confortablement devant un écran en bouffant des chips au fond d’une lointaine banlieue ou dans un village endormi. (2)

Déjà en septembre 1995, sous l’égide de la fondation Gorbatchev, « cinq cents hommes politiques, leaders économiques et scientifiques de premier plan » réunis à l’hôtel Fairmont à San Francisco phosphoraient sur ce brûlant sujet. « L’assemblée commença par reconnaître une évidence indiscutable – que « dans le siècle à venir (21° siècle), deux dixièmes de la population active suffiraient à maintenir l’activité de l’économie mondiale »

Alors que faire pour gouverner les 80 % d’humanité surnuméraire dont l’inutilité a été programmée par la logique libérale ? La solution qui, au terme du débat, s’imposa, fut celle proposée par Zbigniew Brzezinski (ancien conseiller de Jimmy Carter ) sous le nom de tittytainment. Il s’agissait de définir un « cocktail de divertissement abrutissant et d’alimentation suffisante permettant de maintenir de bonne humeur la population frustrée de la planète » (3)


wikipédia a écrit:
Le Tittytainmentt est un mot-valise désignant un sous-système soutenu voire mis en œuvre pour inhiber la critique politique chez les laissés pour compte du libéralisme et du mondialisme. Il passe notamment par l’omniprésence de divertissements abrutissants et une satisfaction suffisante des besoins primaires humains.

Le mot tittytainment a été utilisé en septembre 1995 par le démocrate Zbigniew Brzezinski, membre de la commission trilatérale...


Vingt ans après notre jeune chantre du libéralisme Gaspar Koenig ne dit rien d’autre dans sa chronique dans Le Figaro, sidéré après avoir appris les résultats du référendum par l’intermédiaire du commandant de bord dans un vol Paris-Londres. Ne rêve-t-il pas d’un monde communautaire où chacun se regrouperait en fonction de ses intérêts du moment tout en ignorant les autres :  « Mais puisque l’on joue au jeu des sécessions, allons jusqu’au bout. Appliquons la logique des « communautés intentionnelles », comme on dit au Québec.

Qui a voté pour rester dans l’Europe ?

L’Irlande du Nord, L’Écosse, Londres. Et les jeunes (de manière écrasante : 75% des 18-24 ans, et la majorité des moins de 50 ans). Pourquoi ne prendraient-ils pas leur indépendance eux aussi ? La charismatique leader du SNP, le parti indépendantiste écossais, a d’ores et déjà appelé à un second référendum pour l’Ecosse. Et une pétition circule déjà en ligne pour faire de Londres un État autonome ! Après tout, plutôt que de partir, pourquoi ne pas nous approprier Londres ? « Take back control », qu’ils disaient. Chiche. Que les esprits cosmopolites du monde entier fassent de Londres leur pays, un pays libre, jeune, ouvert et prospère. (lien)

Mais que faire alors de cette population « surnuméraire », population de « brèles » et de « bras cassés » qui ont perdu « la seule souveraineté qui compte : celle de soi-même » comme le dit si bien M. Koenig, – souveraineté que certains réserveraient plutôt à eux-mêmes et à ceux à qui la réussite dans ce monde libéral sourit - de ces victimes de ce capitalisme global qui attendent d’un État la manifestation d’une solidarité élémentaire et les moyens de s’émanciper pour s’extirper de la situation dans laquelle le système actuel les cantonne ?

A ce jour on ne sait pas encore quelle leçon tireront nos éminents experts de Bruxelles de la victoire du « Leave » . Ce qui est certain est qu’il est plus qu’urgent de se préoccuper du niveau des inégalités de part le monde. Il est tel aujourd’hui qu’il met à terme en danger l’existence de notre civilisation fondée encore et faute d’autre alternative sur l’existence d’États-nations garants de la sécurité et capables d’assurer un destin commun à l’ensemble de leur population. (4)

LA SCIENCE DU PARTAGE

_________________

(1) Lire l’excellent article « Le Brexit et la grande secession des élites ; Vers le peuple 2.0 » de Vera Mikhaïlichenko dans Agoravox.

(2) Aux Etats-unis alors que le chiffre officiel des demandeurs d’emploi est autour de 5 %, ce sont au total plus de 100 millions de personnes de plus de 18 ans qui sont hors du marché du travail (source)

(3) Extrait de « L’enseignement de l’ignorance » Jean-Claude Michéa Éditions Climats Pages 41-42

(4) Une étude du Goddard Space Flight Center – un important centre de recherche de la NASA – met en garde contre un effondrement de notre civilisation… dans quelques dizaines d’années. (lien). Que prédit cette étude ? une météorite géante s’écraserait sur la Terre et, comme au temps des dinosaures (lien), anéantirait la vie humaine ? Non. Une catastrophe nucléaire ? Non, cet effondrement de notre civilisation serait lié à la surexploitation des ressources et à l’inégale distribution des richesses. Pour parvenir à leurs résultats, des sociologues se sont basés sur un modèle mathématique Handy (Human And Nature DYnamical). L’étude dirigée par le mathématicien Safa Motesharri de la National Science Foundation (États-Unis) a permis de déterminer plusieurs facteurs qui, en étant reliés, conduiront à un effondrement. « La rareté des ressources provoquée par la pression exercée sur l’écologie et la stratification économique entre riches et pauvres a toujours joué un rôle central dans le processus d’effondrement. Du moins, au cours des cinq mille dernières années »  indiquent les chercheurs. (A la NASA la fin du monde est annoncée)


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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Jeu 30 Juin - 16:45


Post-Brexit UK Facing "National Pogrom"!


On Tues 28 June 2016, London-based decolonial anti-imperialist socialist activist and analyst Sukant Chandan raises the alarms to a massive upsurge of racism and fascist attacks in the UK post the Brexit victory the previous Thurs.

(le contradicteur, Andre Walker, est très bien aussi...)

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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Jeu 30 Juin - 23:36


dans le populisme il y a le peuple qui pue
ce qu'il ne peut pas en tant que prolétaire




source







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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Ven 1 Juil - 16:20


un historien canadien nous pose une colle


le spectre de Marx hante-t-il le Brexit ?

Was the ghost of Marx haunting Brexit?

Michael Bliss  The Globe and Mail Jun. 30, 2016

“Let the ruling classes tremble ... The proletarians have nothing to lose but their chains.” – Karl Marx

“The people are angry. All around the world the people are angry.” – Donald Trump

Citation :
They say that passersby heard loud gutteral laughter echoing among the monuments and tombstones in London’s Highgate Cemetery on the night of June 23. They say it appeared to come from the grave of Karl Marx, dead since 1883 but vindicated in 2016 in his theory of capitalism generating a great class struggle, celebrating the victory of British proletarians as they rose up and threw off the shackles imposed on their country by their governing, Eurocratic plutocracy. Peacefully, democratically, the dispossessed of the British people started making a revolution.

And Marx is even happier, they say, to see the same class struggle, the same revolutionary activity, haunting every other European government, and even threatening to overthrow the greatest of all plutocracies, that of the United States.

It certainly looks like a class struggle, doesn’t it? On one side are the winners in the global capitalist economy – well-educated, well-to-do, young, mobile, well-spoken, confident. On the other side are all those who have fallen behind, the losers – those without education, without prospects, sidelined by age and infirmity, crude, frightened, confused, inarticulate and very angry.

The new global proletariat, finding itself increasingly marginalized and threatened, is now fighting back. It takes whatever leadership it can find: in Britain an eccentric Etonian former mayor; in America a socialist Senator in one party, a billionaire developer in the other; in France the daughter of a man widely believed to have been a fascist. Most of its battles are defeats, or were until June 23. All the while its anger grows.

Come to think of it, who would not be angry at the excesses of the new global plutocracy? Who would not be angry about obscene and growing inequalities between the winners and the rest? Who would not be angry at a financial establishment whose greed and corruption brings the global economy to the brink of destruction, but never sends any of its well-turned-out crooks to jail?

Who would not be angry at governments that bomb and invade Third World countries, wreaking havoc, causing vast migrations of wretched refugees to their own shores to clash with those already at the bottom?

Who would not be angry at politicians who parlay a few years of power into a lifetime of sweet directorships and highly paid speaking opportunities?

Who would not be angry at the kept ideologues of globalization, the theorists who turn a blind eye to suffering and loss as they toy with their pet ideas about single currencies, central bank management, and the need to destroy the nation state?

As the glittering winners of globalization descended on Britain during the referendum campaign to try to frighten and browbeat the proles, it was like Romanovs making their wishes known to the masses. As companies told their British workers how to vote, it was like lords of the manor instructing the serfs.

With social scientists, pundits and pollsters at their usual loss to understand the great historical developments remaking our society, it may be that some reformulation of Marxist theories of class and class struggle are as useful as any others for trying to explain what is happening to us.

In a way it all happened before, during the 19th and early 20th centuries, during the first heyday of Marxism. To head off conflict and revolution, enlightened Western leaders allowed the formation of trade unions and developed policies of taxation, social welfare and philanthropy that narrowed and bridged the gaps between winners and losers. They knew it was important to restore a sense of community, to bring people together, to use the visible hands of the state to counter the invisible, atomizing forces of the marketplace.

It is much too early to know how history will judge the reckless callousness and stupidity of the leaders of global liberal capitalism in our time. Sixteen years into the 21st century and they can’t make Europe work, can’t regulate their penchant for wretched excess, can’t stop raining death and destruction on benighted countries, can’t stop belittling their opponents as racists, can’t stop ordinary people from turning away to follow demagogues who may well lead all of us to disaster.

Of course we are being judged by that ghost in Highgate Cemetery, by the haunting laughter of a long-dead, only partly crazed prophet.

Surely we can do better?



le titre est une allusion à la première phrase du Manifeste de 1847 : « Un spectre hante l'Europe : le spectre du communisme. Toutes les puissances de la vieille Europe se sont unies en une Sainte-Alliance pour traquer ce spectre : le pape et le tsar, Metternich et Guizot, les radicaux de France et les policiers d'Allemagne. »

est-ce dû à mon mauvais canadien, le sens de ce questionnement ne me paraît pas très clair, relativement à ce que j'ai écrit plus haut concernant les "choix" du prolétariat européen dans cette affaire

un précédent article de Michael Bliss nous écaire-t-il ?


What the West’s long struggle with communism tells us about the battle with Islamic terrorism April 14, 2015


Islamic State appears to have little problem replacing its supply of fanatics
AP Photo via militant website

Michael Bliss a écrit:
It won’t surprise you that a historian believes the best way to begin to think about the unknowable future is to consider some of the things we have seen in the past. So to help understand the problem of Islamic fundamentalist or jihadist terrorism I suggest that we think a bit about our history with an earlier form of revolutionary ideology.

“A spectre is haunting Europe... All the powers of old Europe have entered into a holy alliance to exorcise this spectre.” These are the opening lines of The Communist Manifesto, by Marx and Engels, published in 1848. In their view the spectre haunting Europe in the mid 19th century was that the wretched masses might rise up in violent revolution, replace monarchist or bourgeois governance with the dictatorship of the proletariat, and go on to create a beautiful, communist society.

The spectre of communism was haunting Europe. The bearded, bomb-throwing or president-assassinating anarchist became one of the stock boogeymen of the late 19th century. But the communist/terrorist spectre was not really a mainstream menace until the events of 1917 — when the Bolshevik Revolution in Russia in 1917 suddenly gave communism a territorial base, a base from which it hoped to instigate violent revolutions around the world.

The Bolsheviks did not gain power at all easily. Every kind of murder and every form of suffering seemed acceptable as the birth pangs of a new order. And not surprisingly, the revolutionary cause attracted acolytes ranging from vile murderers to starry-eyed idealists, including many drawn from other countries, some of them oppressed workers, others privileged intellectuals, infatuated with the dream of revolution.


le spectre de Marx hante l'Europe, mais on n'est pas sorti de l'auberge espagnole où chacun apporte son plat communiste. Les fantômes se nourrissent de peu...

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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Ven 1 Juil - 23:32

un événement qui n'a rien d'européen, mais qui est arrivé le même jour que le Brexit, si bien qu'on peut les présenter ensemble en harmonie mondiale Rolling Eyes

"déglobalisation en marche" ?

j'aurais préféré présenter l'info par un autre canal qu'un article venu du Mexique et par le Réseau Voltaire, mais comme il est dit, l'Occident médiatique angoissé par le Brexit avait les yeux ailleurs

je ne sais pas trop ce que recouvre pour l'auteur le concept de "déglobalisation", auquel je préfère restructuration globale, parce que je ne vois pas la perspective d'une perte de la relative unité de l'économie politique mondiale du capitalisme


L’Inde et le Pakistan entrent dans le Groupe de Shanghai le jour du Brexit

par Alfredo Jalife-Rahme La Jornada (Mexique) Réseau Voltaire 1er juillet 2016

Pour le professeur Alfredo Jalife-Rahme, le principal géopoliticien latino-américain, la concomitance de la sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne et de l’entrée de l’Inde et du Pakistan dans l’Organisation de coopération de Shanghai marque le basculement du monde. Désormais, la déglobalisation est en marche.



L’Organisation de coopération de Shanghai représente désormais les deux tiers de la population mondiale. Elle comprend la première économie mondiale (la Chine) et la première puissance militaire conventionnelle (la Russie).

Citation :
La chute du Mur de Berlin en 1989 avait imposé l’unipolarité stratégique des États-Unis, et la globalisation financière toxique, ce qui a répandu une inégalité monstrueuse, aux niveaux local, régional et global, assortie de chômage massif et d’une austérité asphyxiante.

Le Brexit, un demi-siècle après l’étape pernicieuse de dérégulation thatchériste, et vingt-sept ans après la chute du Mur de Berlin, ouvre le chemin à une douloureuse déglobalisation [1] ; cela implique des changements géostratégiques, et accentue le dynamisme de la multipolarité.

Le Brexit constitue la plaque tectonique en mouvement : et cet ébranlement aura des conséquences profondes pour le nouvel ordre global que je qualifie de tripolaire : États-Unis, Russie et Chine.

À court et moyen terme, le Brexit équivaut à la chute du Mur de Berlin.

À plus long terme, à l’échelle du temps long de Fernand Braudel, c’est un anti-Waterloo : c’est un renversement de tendance par rapport à la trajectoire ascendante de la Grande-Bretagne depuis sa victoire militaire décisive, il y a 201 ans, dans l’ancienne Belgique, devenue précisément siège d’une Union Européenne en voie de dislocation.

Pour l’éditorialiste du Global Times chinois, « le futur paysage de la politique globale va probablement conduire des changements d’envergure, comparables à ceux dont on a la trace dans l’histoire géologique avec la fracture de l’ancien super-continent Gondwana il y a 180 millions d’années » [2].

Les pions dispersés de l’UE vont se partager entre la Russie et les États-Unis, la Chine restant à l’arrière-plan.

Dans la façon dont les trois super-puissances racontent la chose, se dessine peut-être le noyau du nouvel ordre global qui va naître du Brexit : les États-Unis disent que c’est la Russie qui a gagné, la Chine assure que c’est le dollar qui a gagné et l’euro qui a perdu, tandis que la Russie assure que c’est la Chine qui a gagné.

De façon prémonitoire, trois jours avant le Brexit, le diabolique méga-spéculateur George Soros —qui a sérieusement contribué au démantèlement de l’Union européenne et de l’euro, en maniant à sa guise migrants et capitaux mobiles—, entrevoyait déjà la Russie comme la puissance globale émergente, dans le mouvement même de la vaporisation de l’Union [3].

Le Premier ministre de Hongrie, Victor Orban, avait déjà souligné la responsabilité de Soros, quand il a favorisé la crise migratoire du Proche-Orient afin de faire couler l’Europe [4].

Ce n’est pas par hasard si Soros est déjà l’un des principaux bénéficiaires du tsunami financier causé par le Brexit, pour avoir misé sur l’effondrement de la Bourse et la hausse de l’or [5].

Maintenant, Soros fait le pari d’anéantir la principale banque allemande/européenne, la Deutsche Bank, de façon à avantager les banksters de Wall Street et de la City [6].

Mon article de l’année dernière aura été prémonitoire : « La Grande Bretagne quitte l’Europe pour la Chine : une alliance géofinancière avec hollandisation », tandis que la complémentarité des plus grandes réserves de devises de la Chine avec le savoir-faire financiériste de la City construit l’échafaudage multipolaire pour le nouvel ordre géofinancier du XXI° siècle [7].

Proche de ma façon d’aborder le sujet, c’est Thierry Meyssan, directeur du Réseau Voltaire, qui ajoute que le Brexit, appuyé par la reine d’Angleterre et la réorientation de la Grande-Bretagne vers le yuan chinois, équivaut à la chute du Mur de Berlin et accélère la redistribution des cartes de la géopolitique mondiale [8].

Dans mon article précédent [9], je soulignais la simultanéité géostratégique suivante : le jour même où l’UE commençait à imploser, le groupe de Shanghai (OSC) se réunissait, pour son seizième sommet, à Tachkent (Ouzbékistan), où se sont retrouvés le tsar Vladimir Poutine et le mandarin Xi, et ils approuvaient le protocole d’adhésion de deux grands poids lourds nucléaires : l’Inde et le Pakistan [10]. C’est bien la fin d’une ère [11].

En fait il y a eu deux poussées géostratégiques dans la mesure où, le lendemain du Brexit et après avoir assisté au sommet du Groupe de Shanghai à Tachkent, Poutine a réalisé une visite de deux jours en Chine, pour y approfondir les liens stratégiques avec Xi.

Et ces deux rencontres, celle de Tachkent et celle de Pékin, ont été escamotées par les médias désinformateurs de l’Occident angoissé.

Avec son sarcasme légendaire, le tsar Poutine, sept jours avant le Brexit, admettait, lors de la réunion financière de Saint-Pétersbourg, que les États-Unis « sont encore probablement la seule superpuissance mondiale », au moment où il « se prépare à travailler avec celui qui héritera de la présidence à Washington, quel qu’il soit », sans pour autant « accepter que les États-uniens lui dictent la conduite à tenir » [12].

Le jour même du Brexit, deux puissances nucléaires du sous-continent indien étaient admis dans le Groupe de Shanghai, ce qui veut dire : 110 à 120 ogives nucléaires pour l’Inde [13], et de 110 à 130 ogives pour le Pakistan [14].

Le Daily Times en déduit que l’adhésion du Pakistan est fort significatif, sur la scène géopolitique en plein bouleversement [15].

Avec moins d’enthousiasme cependant que le Pakistan, The Hindu exulte à l’idée que l’Inde et le Pakistan vont être des membres de plein droit de l’OSC ; on peut supposer que la Chine parraine le Pakistan, et la Russie l’Inde [16].

Or tout n’est pas rose dans le Groupe de Shanghai, car, selon Yang Jin, de l’Académie des Sciences sociales de Chine, la « crise financière globale, les prix en baisse des matières premières de première nécessité (staple commodities) et la détérioration des échanges qui découle des sanctions économiques appliquées à la Russie ont exercé des effets négatifs sur la stabilité (sic) et l’économie des membres de l’OCS », alors que « les grandes puissances (autrement dit les États-Unis, et plus précisément le « plan Brzezinki ») sont intervenus en profondeur dans les affaires régionales, perturbant les intérêts conjoints des membres de l’OCS », ce qui « a rendu difficile leur coopération circulaire » ; car à côté du binôme des superpuissances que sont la Chine et la Russie, quatre pays centre-asiatiques (Kazakhstan, Kirghizstan, Tadjikistan et Ouzbékistan) qui en sont membres, se disputent territoires, ressources en eau et ethnicité [17].

L’adhésion de l’Inde et du Pakistan au Groupe de Shanghai va-t-il lui donner un nouvel élan, après seize sommets décevants ?

Le problème de l’élargissement de l’OCS est qu’elle doit définir son objectif principal, la met face à un dilemme : constituer un bloc de sécurité militaire euro-asiatique pour contrecarrer l’Otan, ou intégrer sans plus un vulgaire bloc mercantiliste.

Le rapprochement entre l’ours russe et le dragon chinois, voilà l’évènement. Le People’s Daily affirme que l’association entre la Chine et la Russie sera un tournant implacable (sic) [18], tandis que Cao Siqi explique que la Chine et la Russie fortifient la stabilité globale et ont atteint un consensus contre l’hégémonie US [19].

Dans le Global Times, un éditorialiste considère que la pression des États-Unis resserre les liens entre la Chine et la Russie, alors que Washington est incapable d’abattre le dragon chinois et l’ours russe en même temps [20].

L’ancien régime est mort, vive la nouvelle ère !

Alfredo Jalife-Rahme

Traduction
Maria Poumier

Source
La Jornada (Mexique)



[1] Hacia la desglobalización, par Alfredo Jalife-Rahme, Jorale/Orfila (2007), ISBN 978-9685863223.

[2] “Shock waves of UK exit’s impact will rearrange the face of global politics and markets”, Anbound, The Global Times, June 27th, 2016.

[3] “Soros sees Russia emerging as global power as EU fades”, Andy Bruce & Kit Rees, Reuters, June 20th, 2016.

[4] “Hungarian Prime Minister accuses billionaire investor George Soros of trying to undermine Europe by supporting refugees travelling from the Middle East”, Jennifer Newton, Daily Mail, October 30th, 2015.

[5] “Billionaire Soros Was ‘Long’ on Pound Before Vote on Brexit”, Francine Lacqua & Sree Vidya Bhaktavatsalam, Bloomberg, June 27th, 2016.

[6] “Soros had Deutsche Bank ’short’ bet at time of Brexit fallout”, Arno Schuetze, Reuters, June 28th, 2016.

[7] « Gran Bretaña abandona a EU por China : alianza geofinanciera con "holandización" », Alfredo jalife-Rahme, La Jornada, 25 de Octobre de 2015.

[8] « Le Brexit redistribue la géopolitique mondiale », Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 27 juin 2016.

[9] “Brexit : ganó el nacionalismo británico/Perdió la globalización/Derrota de Obama/Triunfo de Putin”, Alfredo Jalife-Rahme, La Jornada, 26 de Junio de 2016.

[10] « Ташкентская декларация », Сеть Вольтер, 24 июня 2016.

[11] « "Un nuevo significado, un nuevo peso" : La organización que unirá casi a la mitad del planeta », Russia Today, 24 de Junio de 2016.

[12] « Presidente ruso Putin dice acepta rol de superpotencia de EEUU, diluye elogios a Trump », Grigory Dukor, Reuters, 17 de Junio de 2016.

[13] “Indian nuclear forces, 2015”, Hans M. Kristensen & Robert S. Norris, Bulletin of Atomic Scientists, September 1st, 2015.

[14] “Pakistani nuclear forces, 2015”, Hans M. Kristensen & Robert S. Norris, Bulletin of Atomic Scientists, September 1st, 2015.

[15] “Pakistan’s entry at SCO significant in changing geopolitical scenario”, Daily Times, June 26th, 2016.

[16] “India, Pakistan become full SCO members”, The Hindu, July 11th, 2015.

[17] “SCO needs to overcome diverse demands”, Yang Jin, Global Times, June 26th, 2016.

[18] “China, Russia pledge "unswerving" partnership”, People’s Daily, June 27th, 2016.

[19] “China, Russia to strengthen global stability”, Cao Siqi, Global Times, June 27th, 2016.

[20] “US pressure spurs closer Sino-Russian ties”, Global Times, June 27th, 2016.


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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Sam 2 Juil - 18:03

L'Angleterre est depuis toujours une île ouverte sur le monde et l'Europe trop petite pour ses ambitions...

La City de Londres en pleine restructuration depuis avril 2016, le premier centre financier off shore du yuan ?


l'accord sur le yuan chinois fait de la City un super pôle financier, et une mariée au plus offrant…

27 ANS APRÈS LA CHUTE DU MUR DE BERLIN

Le Brexit redistribue la géopolitique mondiale

Thierry Meyssan a écrit:
Alors que la presse internationale cherche des moyens pour relancer la construction européenne, toujours sans la Russie et désormais sans le Royaume-Uni, Thierry Meyssan considère que rien ne pourra plus éviter l’effondrement du système. Cependant, souligne-t-il, ce qui est en jeu, ce n’est pas l’Union européenne elle-même, mais l’ensemble des institutions qui permettent la domination des États-Unis dans le monde et l’intégrité des États-Unis eux-mêmes

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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Sam 2 Juil - 19:15

vlad2 a écrit:
L'Angleterre est depuis toujours une île ouverte sur le monde et l'Europe trop petite pour ses ambitions...

« dans tout ça, les Anglais ont un gros avantage, l'anglais est leur première langue,
qu'ils parlent mieux que le monde entier, pour qui c'est la seconde »


anonyme des 19-21ème siècles

queen



Dernière édition par Admin le Sam 2 Juil - 20:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Sam 2 Juil - 21:02

.
vlad2 a écrit:
l'accord sur le yuan chinois fait de la City un super pôle financier, et une mariée au plus offrant…

la cuisine de la City, en prendre et en laisser

“ Si les Anglais peuvent survivre à leur cuisine, ils peuvent survivre à tout.”   Novalis

depuis le Brexit et même avant, je dois avouer que la santé de la City ne m'a pas empêché de dormir, et le capitalisme anglais ne manque pas de ressorts éprouvés au long des siècles, et même de ressorts à matelas

les considérations de Meyssan sont toujours un peu amphigouriques, à lire avec des lunettes et prendre avec des pincettes. Un bon remède consiste à vérifier ce qu'il a dit et prédit six mois ou deux ans avant. Là il met le doigt sur plusieurs choses, mais dans une approche géopolitique pleine de présupposés "anti-américains". En gros, il n'a pas d'analyse de l'économie politique, ce qui n'est peut-être pas déterminant à court terme, puisque les enjeux sont dans l'immédiat assez politiques


bras dessus, bras dessous : bras de fer vers la sortie ?

en écoutant les dirigeants européens, Merkel et Hollande en tête, alors qu'ils étaient billes en tête contre le Grexit, qu'ils ont évité grâce à Tsipras, puis le Brexit, qu'ils n'ont pas pu découragé, il n'y aurait à les entendre rien de plus urgent que de le mettre en œuvre. Un article parmi d'autres :

Brexit : pour Hollande, le choix britannique ne peut être ni « reporté », ni « annulé » Le Parisien / AFP 1er juillet

François Hollande et David Cameron se sont entretenus une dizaine de minutes au sujet du Brexit, à l'issue de la cérémonie de commémoration de la bataille de la Somme.


Reuters/Philippe Wojazer

Citation :
La rencontre n'était pas à l'ordre du jour. Le Premier ministre britannique David Cameron, et le président français François Hollande ont finalement abordé la question du Brexit, en privé, en marge des cérémonies marquant le centenaire de la bataille de la Somme à Thiepval (Somme). Le chef de l'Etat français a fait preuve de fermeté à l'issue de cet entretien, se refusant à tout report ou annulation de la décision des Britanniques.

A la fin de la cérémonie de commémoration de la bataille de la Somme qu'ils présidaient, les deux hommes ont discuté pendant une dizaine de minutes. Selon Hollande, la sortie du Royaume-Uni de l'UE doit rapidement devenir une réalité : « Le plus vite sera le mieux ».

« C'est là qu'on s'en rend compte : être dans l'Union européenne a des avantages, a déclaré le chef de l'État français. Et c'est, je pense, ce que les Britanniques commencent à comprendre. Ceux qui ont pu être tentés par le Brexit sont en train d'y réfléchir ». Le Premier ministre du Royaume-Uni avait appelé les Britanniques à « ne pas tourner le dos à l'Europe ».

François Hollande s'est montré intransigeant, huit jours après ce référendum : « La décision est prise, elle ne peut pas être reportée ou elle ne peut pas être annulée. Maintenant il faut en tirer les conséquences ».

Accélérer le processus

Si la sortie du Royaume-Uni demeure l'issue la plus probable, l'idée d'un « Breversal », un retour en arrière sur la décision de sortie, émerge face à la complexité de cette décision inédite dans l'UE. La perspective de négociations longues avec Bruxelles offre aussi la tentation de faire traîner en longueur la sortie britannique, une option que les dirigeants européens s'efforcent de contrecarrer.

Une fois le « prochain Premier ministre ou la Première ministre » britannique connu(e), il y aura une phase de négociations « qui ne durera pas plus de deux ans », a réitéré Hollande. L'étape suivante sera la définition du statut du Royaume-Uni, « qui ne sera plus dans l'Union européenne, mais qui pourra, sous certaines conditions qui devront être négociées, être lié au marché unique, au marché européen », a insisté le président français.

« C'est l'intérêt du Royaume-Uni, mais cela aura des conséquences, forcément ! Il ne peut pas y avoir les mêmes avantages quand on est en dehors de l'Union que lorsqu'on est dedans», a-t-il martelé.


« Salauds d'Anglais ! Vous allez le payer cher ! »

pourquoi cette hâte ? Sans doute pour éviter que ça donne des envies à d'autres d'essayer, et comme pas mal d'élections se présentent dans les mois et années qui viennent, une bonne solution, en attendant, c'est de démontrer que sortir de l'Europe est vraiment très mauvais pour les peuples qui s'y risquent. Et donc, ils vont faire payer les Anglais par tous les moyens, y compris les plus xénophobes : "Salauds d'Anglais ! ». Une petite revanche assez dégueulasse, mais c'est comme ça

je me suis toujours demandé quel avantage il y aurait, du point de vue du prolétariat, à rester ou sortir de l'Europe. Je n'ai jamais pu trancher, ni même dire que « ce n'est pas l'affaire du prolétariat », façon de botter en touche... Maintenant je sais : sortir n'est peut-être ni bon ni mauvais en soi, mais on ne le saura jamais, car si tu sors on te le fait payer, c'est donc forcément mauvais

j'avoue que ce n'est pas très profond comme analyse, mais bon, il faut les entendre, voir la tonalité de la presse, des médias, depuis une semaine


le prolétariat près de chez moi, je l'aime, un peu, beaucoup, mais sans folie et parfois pas du tout

bon, cela nous éloigne de l'essentiel, le sens de ce vote et du populisme prolétarien en Europe, à décrypter loin des critiques démocrates comme de la défense de ceux d'en-bas par les révolutionnaires patentés "marxistes"

au fond, le prolétariat européen est devant un dilemme : essayer de s'en sortir avec et contre sa bourgeoisie, ou opter pour des alliances de classe au-delà des mers, des alliances décoloniales. Mon avis est qu'il a choisi, y compris en France, la première option, populiste de gauche ou de droite et transclassiste, ce qui dans toutes les hypothèses sur la crise économique (et la guerre), repousse la construction d'un sujet révolutionnaire au niveau international. J'y reviendrai...

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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Dim 3 Juil - 17:31


la race et la classe sur la table du Brexit

Brexit

July 2, 2016 Utz McKnight from University of Alabama Ferguson

The posts you will find here discuss issues of race, political theory, and society. The presumption is that readers will engage with what they read, and think seriously about how race impacts societies everywhere.

“Raise your left hand if you are White.” Yes, I mean you. Please raise your left hand if you are white. “Now, please think about this. Even though some of you glanced around and checked to see if it was okay with others, other Whites, a form of affirmative eyeballing to reassure yourself that others who you see as White were about to do it also, what just happened?” “What did you raise you hand too?” Yes, I mean you. What did you raise your hand to? What was the reassurance you were seeking and somehow found? What was the confidence with which you knew exactly what I was talking about? What was the extent of your dismissal, the rebuke now possibly on your lips, simply the aversion to following directions, a refusal to attach yourself to a larger discourse about race? Who am I, to tell you what you think about race, after all.

Citation :
How was this not something you were willing to admit, now in the privacy of your home, on the phone, read on a laptop at work, in the office, at the beach? A Whiteness that was so easy to recall, so easy that you get angry, some of you, that I would make you admit something that should not be named. Not in public, or even in private. Unless called upon as part of an exercise in what some call critical race pedagogy.

So you make an exception to the rule, it is okay that I ask you to collectively, personally admit to being White. But this ready reaction isn’t the same thing as the elimination of the description of race in your own life of course, something we recall that Rorty ran afoul of in his description of the eventual withering away of the language of race, something Charles Taylor made significant and then sought to attenuate by a specific description of history. Walzer’s thick and thin, or is this all about bowling alone, and not really about race at all? Race as a specific social relationship between persons from which someone could be immunized, and therefore political, a form of collectivizing dissensus. So, did you understand and follow through with the impulse to raise you hand? Was the follow through sufficient to implicate you in something the description of which we don’t yet understand?

It is really important that we keep this problem of definition with regard to race in mind in the politics of democratic development in this society. The constant vacating or erasure, thin, ethnic description of Whiteness to which someone is responsible to in that moment is a politics that depends on what can be described as an apparatus of institutions that define equal opportunity, political rights, and decision procedures for political efficacy based on various models of majoritarian democratic politics. The majority-minority, simple majority, and consociation models are techniques, admittedly on a large scale, for controlling the outcomes where social divisions are accepted, not attenuated.

When I used to teach about race this way in class there would always be someone who would object that what I was referring to in the call into subjection, the raised hand, was at best an application of social terms, there was no larger structure (hegemonic or otherwise) according to which a person felt that they show fidelity to with regard to racial categories. To raise a hand was not their actual attachment to the idea of racial difference. In other words, a student always said, that raising a hand can’t make them a racist, or how could raising a hand mean anything more than the procedures which allow for rule following? It’s not like saying, “I do,” as a promise after all. What is a racial speech act, when the only criteria we have in use are those which define these as hate speech? This is not a coincidence, and should warn us of the politics that define someone as a racist and all others as what, cleansed, innocent of intention? The student had begun to adjudicate, justify in a situation that doesn’t require more than a perception that race matters. Enough to raise a hand.

But everyone in the room understood, each time I would do this, in every class, that what I was asking was just that. How racial difference is attached to us, still, in spite of our institutional techniques to attenuate its application to what by some are described in this specific apparatus as life chances. It is here that some Marxists suggest a substitution of race with class, attending to the production of race as though it is merely a mode, residual, ideological, or symptomatic if you will of class relations. Like liberal democrats, the Marxists figure if you just get close enough to an approximation it is a nearly just, good enough model for racial political equality. But why would you assume that race and class are similar, rather than merely, tragically, working through, on, in spite of, one another in some fashion that remains insufficiently unexplored? It may require a completely different theoretical approach, not merely basic algebra.

I use the clumsy term apparatus instead of regime here because its very awkwardness should preserve a certain indeterminate quality about the comprehensive aspirations of the state with regard to racial politics from the 1960s onwards in the US, and from the 1970s in what has become the EU, but where attention is now on England. Again. So if a hand cannot be raised to acknowledge the importance of an idea, one that still seems to linger on the edges in spite of what we do, how can we begin to discuss its importance in a national political campaign to leave, or remain in, the EU? When I taught this exercise in Sweden I would get three reactions.

1) I am White and proud of it. What is wrong with racial differences, when this is only really ethnicity, culture, how and where someone is raised, tradition, a produce of the social gaze, visibility, and not a hierarchy? A horizontal, wonderfully supposedly fruitful Millean polygenesis. Diversity that doesn’t matter too much, since at some level that we have trouble determining, we all do matter equally. All life matters, separately, equally.

2) We don’t believe in race, so why are you bringing it up? It is an archaic and disavowed systematic thinking, something which is now the unthought, the unspoken. To suggest race is to speak to the excessive, that which is sloughed off, rejected as nonideal by democratic principles. All are the same, and race does not exist.

3) There is nothing to be done about racial hierarchy, someone just is White and superior. I once had a student stand up and announce that he was the White racial ideal to the class. Very interesting. Like a raised hand. I rarely teach this clumsy instrument in the US, because the prohibition on (3) is absolute and relentless. And therefore all the more problematic. See what I mean?

I describe these three perspectives as distinct because I want you to think about how important it has become to use (1) and (2) to address the potential application of, to deny (3) as a basis for social activity between persons, within institutions. If we begin to argue through immigrant politics, through the politics of immigration for the new terms by which to address (3), if we begin to no longer rely on something like (1) or (2), and admit that we really meant (3) all along then we threaten the capacity for institutions developed by the state as a democratic politics to attenuate the importance of racial difference. It is not that the racial equality apparatus developed from the 1960s, the 1970s, has failed. Without something like it we devolve, or advance into a new description of racial democratic society. The inevitability of the direction of this progressive, necessary evolution of a post/decolonial and imperial politics depends on how we view the idea of discrete populations in liberal democracy. How capable are we at attenuating the social importance of race? Raise your hand again, please, if you are White.

One model, that argued for differently by Charles Mills and myself in our writing, suggests that the canonical definitions of popular sovereignty and the development of the liberal democratic polity are incapable of adequately addressing the problem of racial populations, of race in these societies. In this model the idea of discrete racial populations isn’t something that the definition of pluralism used in liberal democratic society is supposed to accommodate. The problem of racial difference, to paraphrase Du Bois, is not the problem of majority-minority or simple majoritarian preferences, and agenda setting between competing interest groups, but that of building a society in which those who are not White are excessive, an excess, a permanent remainder, discrete populations that must be identified, always such that the salience, coherence of something called Whiteness remains possible. I use this simple analysis here merely to provoke constructive thinking of course, not to defend a position. This is an old exercise I used to do at the first year or second year undergraduate level. There are many reasons I don’t use it now, but one is the reaction this request has on each one of you who are White. It doesn’t do what I need it to do in a classroom. While it is certainly an advance on Freire or Ranciere, it doesn’t attenuate and instead leaves the student reified, confirmed in their Whiteness in a sense that becomes difficult to address without using a confrontational politics of intervention. The type of politics that I used to see as valuable when I was younger and less optimistic and generous towards others. When I thought nothing could be done about race.

Here, I want us to think about what should be done about this idea of race, its persistence as a problem in the society. In England. In Germany. In France. In the US. I don’t think it is trivial, but race is also not everything. The latter default argument, that it is ether/or arises just because of the social prohibition on admitting a racial attachment, the importance of maintaining thereby a capacity to be White against, alongside, in conjunction with, my Blackness that can not become the object of politics.

The other model is one that accommodates the positions I define above, (1)-(3), without taking race as something that seriously determines the conditions by which someone in these societies would participate as equal citizens in the democratic polity. This model allows someone to say, ‘I don’t know why Black people don’t vote, or vote for XX,” and to describe as false consciousness or simply as a mysterious racial attribution without being racial, the complexity of minority political participation. Reform, revise, resubmit for review, refine. As required. Without a better description of what race does socially, politically, it is difficult to take the arguments of those who otherwise claim to understand what racism looks like, how little race matters, seriously. Please, raise your left hand if you are White. Don’t raise your right hand.


mieux vaudrait une bonne traduction, à venir si j'ai le temps


2010

Citation :
An original contribution to political theory and cultural studies this work argues for a reinterpretation of how race is described in US society. McKnight develops a line of reasoning to explain how we accommodate racial categories in a period when it has become important to adopt anti-racist formal instruments in much of our daily lives.

The discussion ranges over a wide theoretical landscape, bringing to bear the insights of Wittgenstein, Stanley Cavell, Michel Foucault, Cornel West and others to the dilemmas represented by the continuing social practice of race. The book lays the theoretical foundation for a politics of critical race practice, it provides insight into why we have sought the legal and formal institutional solutions to racism that have developed since the 1960s, and then describes why these are inadequate to addressing the new practices of racism in society. The work seeks to leave the reader with a sense of possibility, not pessimism; and demonstrates how specific arguments about racial subjection may allow for changing how we live and thereby improve the impact race continues to have in our lives.

By developing a new way to critically study how race persists in dominating society, the book provides readers with an understanding of how race is socially constructed today, and will be of great interest to students and scholars of political theory, American politics and race & ethnic politics

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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Dim 3 Juil - 23:06


la classe ouvrière anglaise et le racisme 2

je signale, pour qui n'est pas complètement allergique aux trotskistes, deux textes sur le site À l'encontre de la librairie La Brèche, liée au NPA ex. LCR. Le premier est de l'archéologue Neil Faullkner membre du Socialist Workers Party. Le second de Gary Younge, journaliste au Guardian, avec moins de prétention théorique, mais plus fouillé en détails concernant la situation britannique, et très intéressant concernant la question race-immigration, avec la référence obligée en la matière, Marx, la classe ouvrière anglaise et les Irlandais...


Royaume-Uni. Le Brexit et la montée du racisme

Neil Faulkner Alencontre 2 juillet 2016


Citation :
Des fragments de la gauche vivent dans le déni concernant le vote Brexit [voir ici l’article antérieur sur cette question]. De nombreux socialistes [terme à la connotation radicale aux Etats-Unis et en Grande-Bretagne, contrairement au «continent»] ont mené campagne en faveur du Leave sur l’appréciation que l’UE (Union européenne) est contrôlée par des banquiers et des bureaucrates, qu’elle est connectée à l’austérité, aux privatisations et à la financiarisation de l’économie et, enfin, que l’entrée en crise de ce mega-projet des élites politiques et entrepreneuriales sera une opportunité pour la gauche. Nous savons désormais que c’est là une erreur. Il nous incombe de faire face à cette réalité.

Le référendum sur l’UE n’était pas une bataille entre la gauche et la droite. Ce n’était pas un débat portant sur le capitalisme contre le socialisme, entre le 1% et la classe laborieuse. Il s’agissait essentiellement d’une division des conservateurs qui mettait aux prises une droite «molle» contre une droite «dure». Les partisans du Brexit ont utilisé deux arguments principaux.

Le premier était un argument contre l’Etat. Son refrain: «nous devons reprendre le contrôle». Ce contrôle, nous a-t-on dit, était aux mains des bureaucrates de l’UE. La haine populaire des élites patronales et politiques a ainsi été canalisée contre une section de celle-ci (l’élite de l’euro) par une autre section (la droite conservatrice).

Le deuxième argument était contre les migrants. Dans ce cas, le mécontentement populaire émergeant d’une pauvreté croissante de la base de la société a été dirigé contre d’autres sections de la classe laborieuse. L’argument explicite était que les migrants en provenance de l’UE constituaient le problème. L’argument implicite – comme c’est toujours le cas avec les discours racistes ou xénophobes – était que toute personne «pas comme nous» est un problème. Ainsi, le contrecoup du Brexit frappe les musulmans britanniques autant que les travailleurs migrants polonais.

Malgré cette leçon à l’école de la dure réalité historique, des sections de la gauche restent frappées de déni. Ce que je peux encore entendre peut se résumer ainsi:


Citation :
Toutes les personnes qui ont voté Leave ne sont pas racistes. Les gens ont voté Leave pour de nombreuses raisons. Il y avait de bonnes raisons de voter ainsi. Il s’agissait véritablement d’un vote de classe contre les élites. La droite a détourné la campagne, l’a teintée de racisme et les médias libéraux ont colporté cela sous une forme paternaliste. Le Remain constituait une campagne du grand capital qui n’offrait rien aux gens. Les opposants au Brexit ne sont que des apologistes de l’UE.


Cette opinion est soulignée par une décomposition des données statistiques du vote dont le but est de montrer que le vote Remain est de la classe moyenne alors que le Leave est de la classe laborieuse. Lisez, par exemple, l’article de Charlie Kimber intitulé le Vote Brexit est une révolte contre les riches publié sur le site du Socialist Workers Party (SWP) ou encore le texte d’Alastair Stephens Ce vote est bien plus qu’un vote sur l’immigration sur le site de Counterfire [organisation issue d’une rupture avec le SWP].

L’argument rate sa cible à tous les coups. Personne n’a dit que tous ceux qui ont voté Leave sont racistes. Personne ne nie que la campagne du Leave a surfé sur des réservoirs profonds de misère et de désespoir. Personne ne doute qu’un grand nombre de personnes ont voté Leave parce qu’ils sont pauvres et sans pouvoir. Personne n’affirme que la campagne Remain représentait les intérêts de la classe laborieuse.

En ce qui concerne les statistiques de vote, l’utilisation de ces dernières de cette façon revient à abandonner l’analyse marxiste au profit de la sociologie «bourgeoise». Le marxisme voit l’affrontement de classes comme un processus contradictoire et dynamique et non comme une matière pour des catégories statiques.

Toutefois, même au niveau de la psephologie – nom par lequel se nomme la prétendue science qui étudie le comportement électoral [terme qui renvoie à la pierre qui enregistrait le vote en Grèce antique] – l’analyse Lexit [contraction de left, la gauche, et d’exit, la sortie; soit la campagne de gauche en faveur du Brexit] est défaillante. L’appartenance aux syndicats est bien plus élevée parmi les travailleurs diplômés du secteur public que parmi les travailleurs non qualifiés du secteur privé; la probabilité que les premiers aient voté Remain est bien plus élevée. Il y a quelques indices qui montrent également que jusqu’à deux tiers des électeurs travaillistes ont voté Remain. Et, bien sûr, il y a des évidences claires que les jeunes ont voté largement Remain.

Retournons maintenant aux catégories marxistes. Quelle est cette stratégie socialiste qui s’oriente sur les fractions les plus arriérées et inorganisées de «la» classe ? Quel genre de stratégie pour un changement radical ne se fonde-t-elle pas en premier lieu sur les jeunes, les travailleurs syndiqués et les électeurs du Labour ?

La véritable question est la suivante : le mécontentement à la base de la société a été organisé et mobilisé par la droite et non par la gauche. L’ensemble de la politique britannique s’est, en conséquence, déplacée fortement vers la droite. Le racisme est devenu courant, légitimé d’une façon inconnue depuis au moins les années 1960. Il s’agit, en outre, d’un phénomène mondial. La campagne Brexit a été la franchise locale d’un consortium mondial qui comprend Donald Trump, Marine Le Pen et Viktor Orban.

Il serait utile que nous nous souvenions comment fonctionne le racisme. Il est endémique dans les sociétés de classes où les gens sont contraints à entrer en concurrence pour les emplois, les logements, les services, etc. Il reflète la fragmentation de la classe laborieuse le long de divisions nationales, ethniques et religieuses. C’est un instrument qui peut être utilisé par la classe dominante pour diviser les salarié·e·s et rediriger leurs colères contre le système vers une attaque contre les opprimé·e·s.

Historiquement, des poussées de racisme se sont souvent produites lorsque le système entre en crise, que le mécontentement progresse et que les élites établies sont discréditées. La fonction historique du racisme est double: 1° affaiblir la solidarité et l’unité dans les luttes et 2° lier politiquement les travailleurs à des fractions de la classe dominante. C’est-à-dire, le racisme fonctionne comme un élément qui contrecarre les actions collectives et reconfigure le rapport entre les travailleurs et les dominants. C’est une alternative à une action de la classe laborieuse elle-même et à sa tentative de devenir un agent indépendant pour son auto-émancipation.

Ce n’est pas nouveau. Cela forme le b.a-ba de la théorie et de la pratique marxistes. La difficulté est toujours d’appliquer la théorie à des situations concrètes. En ce moment précis, cela a deux implications :

Tout d’abord, nous devons reconnaître l’étendue de la vague raciste et le danger que représentent l’UKIP (Parti pour l’Indépendance du Royaume-Uni, dont le le dirigeant est Nigel Farage) et la droite conservatrice. Ce n’est pas le fascisme, mais il ne s’agit pas non plus du conservatisme traditionnel; nous assistons à un déplacement qualitatif vers un «populisme» plus dur, dans un contexte de crise générale de l’ordre néolibéral et de déclin relatif du capitalisme occidental.

Les socialistes ne devraient pas prendre le danger à la légère et considérer qu’il n’est pas sérieux avant que nous ayons des chemises noires dans les rues. Le fascisme classique a certainement pris cette forme : il requiert des organisations paramilitaires détruisant physiquement l’organisation de masse de la classe laborieuse. Le mouvement des salarié·e·s aujourd’hui, en revanche, est évidé par 40 ans de contre-révolution néolibérale. Le fascisme n’a pas besoin de prendre la même forme ou de suivre la même trajectoire qu’au cours des années 1930.

Le deuxième élément découle, ensuite, de cela. Des luttes massives sont nécessaires pour reconstruire une organisation de classe. Nous devons offrir un pôle d’attraction alternatif et nous ne pouvons le faire uniquement en l’affirmant. Une once de pratique vaut une tonne de théorie. Nous devons démontrer aux gens qui travaillent qu’il est possible de s’organiser et de lutter, sur une base classiste, les Noirs et les blancs, les «natifs» et les migrants, pour faire avancer leurs intérêts communs au travers d’actions collectives.

En résumé, nous avons besoin de mouvements de masse contre le racisme liés aux mouvements de masse contre l’austérité et les privatisations.

Trois moments immédiats sont déjà devant nous :

La manifestation du 9 juillet Rise Up For Europe en défense de la libre circulation et des migrants appelée par Another Europe is Possible. Le 14 juillet, lorsque les travailleurs de la santé, soutenus par d’autres syndicalistes et des activistes de la gauche radicale, bloqueront la rue pour protester contre la privatisation du NHS. Le 16 juillet, lors de la manifestation contre l’austérité et le racisme appelée par la People’s Assembly. (Article publié le 1er juillet sur le site LeftUnit.org, traduction A L’Encontre)


Royaume-Uni. Le Brexit: un désastre en préparation depuis des décennies

Gary Younge The Guardian 30 juin, Alencontre 3 juillet 2016


Il y a une semaine, contre l’avis de l’establishment politique de ce pays, la Grande-Bretagne a voté de peu [51,9%] la rupture avec l’Union européenne (UE). Quelques jours plus tard, ce même establishment était sur la voie d’une implosion complète: le pays n’a effectivement plus de gouvernement ou d’opposition, il est dénué de leadership, dépourvu de direction. Alors que la livre sterling s’est effondrée et que les marchés tanguaient, le chancelier de l’échiquier [le ministre des finances] était aux abonnés absents pendant trois jours tandis que Boris Johnson [maire de Londres entre 2008 et 2016], le membre le plus en vue de la campagne Leave, a passé le week-end non pas à préparer un plan pour l’avenir de la nation, mais à jouer au cricket et à écrire sa tribune pour le Telegraph. Après avoir affirmé son droit à la souveraineté, le pays ne trouve en ce moment personne pour la mettre en œuvre.


David Cameron démissionne

Citation :
En même temps, le prix même de la victoire du référendum – quitter l’UE – reste non réclamé. L’article 50 du Traité de Lisbonne définit le processus pour sortir de l’UE. Une fois que ce dernier est invoqué, le pays a deux ans pour négocier les termes du divorce. Mais personne ne va y toucher. Le Premier ministre David Cameron, qui a mené la campagne pour rester au sein de l’UE, a annoncé sa démission quelques heures après que le résultat a été connu, insistant sur le fait que son successeur devait être celui qui a appuyé sur la détente. Johnson, qui est le remplaçant favori de Cameron, proteste qu’il «n’y a pas lieu de se hâter» [puis, le jeudi 30 juin, B. Johnson a annoncé qu’il ne serait pas candidat au poste de Premier ministre]. Au cours de la campagne, «notre» rupture avec l’UE disposait de parents nombreux fiers et affairés. Dans la victoire, elle est orpheline.

Dévoilant le visage non pas d’un Etat failli, mais plutôt d’un Etat résolu à l’échec, la réputation de la nation est dégradée, sa monnaie dévaluée et sa bourse frappée. Le jour du vote, les tenants de la campagne du Leave nous ont rappelé que nous étions la cinquième économie mondiale et que nous étions à même de nous prendre en charge. L’après-midi suivant, notre monnaie était suffisamment décimée pour que nous atteignions le sixième rang, derrière la France [cette affirmation manque de fondement, voir cet article].

Au milieu de la panique qui a suivi, certains politiciens ont affirmé que nous pouvions simplement ignorer le résultat du référendum: David Lammy, député travailliste de Tottenham [quartier de Londres], a suggéré que ce dernier était «consultatif et pas contraignant». Il a insisté pour que le parlement convoque un nouveau référendum afin d’éviter une catastrophe économique. Un grand nombre de gens ont signé des pétitions pour que le gouvernement fasse de même. Un avocat éminent, Geoffrey Robertson, a de son côté souligné qu’un deuxième référendum n’était pas nécessaire pour en renverser le résultat: le parlement pouvait se contenter de le refuser par vote. «Notre démocratie n’autorise pas, encore moins requiert, que des décisions soient prises par référendum», a-t-il écrit. «La démocratie n’a jamais signifié la tyrannie de la majorité simple, encore moins celle de la foule.»

Certains ont affirmé que l’on ne pouvait laisser le dernier mot d’une décision aussi importante à des électeurs ordinaires: ils ne savaient pas vraiment ce qu’ils voulaient, ou ils ont été trompés pour désirer une chose qui les affecterait, ou encore qu’ils étaient trop ignorants pour faire des choix informés lorsque ce n’était pas, peut-être, parce qu’ils désiraient simplement la mauvaise chose. Une fraction significative du pays était dans l’esprit de recommencer: un esprit accru par un mépris de classe considérable ainsi que par l’envie reconnaissable entre toutes de supprimer le droit de vote universel pour les «gens stupides», incapables de prendre de bonnes décisions.

Tout a changé: nous avons décidé de mettre un terme à une relation de plus de 40 ans avec nos partenaires du continent et les conséquences sont profondes. L’indépendance de l’Ecosse est une fois de plus en jeu; à Westminster, les démissions du cabinet fantôme se sont succédé dans les heures qui ont suivi le vote; au cœur de la City, des milliards se sont envolés en un jour. En réalité, la seule chose qui n’a pas changé c’est la question même qui a déclenché tout cela: notre appartenance à l’Union européenne. La seule chose que nous sachions avec certitude, c’est que nous ne savons pas comment ni quand nous allons effectivement la quitter. Nous sommes simultanément en chute libre et dans une impasse, en un moment de désorientation collective intense. Nous ne savons pas ce qui se passe et tout va très vite.

*****

La seule chose qui est toutefois pire que le résultat et ses conséquences, c’est l’atmosphère empoisonnée qui l’a rendu possible. Les standards de nos discours politiques se sont effondrés plus rapidement encore que la livre sterling et ils ne peuvent être ravivés aussi aisément. Cela ne s’est pas produit en une seule nuit. Le comportement regrettable de la campagne référendaire n’était que l’indication ultime de l’état de décrépitude de notre politique. Une politique dominée par des appels éhontés à la peur, comme si l’espérance valait à peine qu’on l’évoque, le public britannique n’est pas d’une meilleure nature et un avenir meilleur n’attire pas. La xénophobie – qui n’est plus désormais masquée, distinguée ou camouflée dans un emballage mais au contraire nue, effrontée et impudente – a reçu carte blanche. Une semaine avant le référendum, une députée a été assassinée dans la rue [la travailliste Jo Cox]. Lorsqu’on a demandé au tribunal le nom de l’homme accusé, il a répondu: «Mort aux traîtres! Liberté pour la Grande-Bretagne !»

Le jour qui a suivi le référendum, de nombreux Britanniques se sont réveillés avec le sentiment – certains pour le meilleur, d’autres pour le pire – qu’ils vivaient soudainement dans un pays différent. Ce n’est cependant pas un pays différent: ce qui nous a amenés ici couvait depuis très longtemps.

L’élément que l’on oublie souvent de la fable d’Esope du garçon qui crie au loup, c’est qu’à la fin, il y a vraiment un loup. En effet, l’histoire n’aurait pas de morale si le loup n’apparaissait pas et qu’il n’exterminait pas le troupeau du berger. Mentir a des conséquences qui durent bien plus longtemps que les tromperies individuelles: cela ruine la capacité du menteur de convaincre les gens lorsqu’il se passe vraiment quelque chose.



L'enquête Chilcot. L'enquête faite en 2009-2011...
le rapport exposant les faits a été retenu jusqu'en juillet 2016


La source de la méfiance entre l’establishment et le pays n’est pas difficile à comprendre. La semaine prochaine, l’enquête Chilcot [du nom de John Chilcot; l’enquête s’est déroulée de 2009 à 2011, mais elle n’a pas été rendue publique jusqu’en juillet 2016] publiera ses conclusions sur la guerre en Irak. Après l’Irak, nous avons fait face à une crise économique que peu d’experts ont vu venir avant qu’il ne soit trop tard. L’austérité s’en est suivie; les experts affirment désormais qu’elle est précisément la mauvaise réponse à la crise, mais elle est malgré tout mise en œuvre.

Lorsque les dirigeants choisissent les faits qui les arrangent, ignorent ceux qui leur déplaisent et, en absence de faits adéquats, les inventent simplement, les gens ne cessent pas de croire aux faits: ils cessent de croire les dirigeants. Ils ne le font pas parce qu’ils sont trop émotionnels, parce qu’ils manquent d’éducation, sont écervelés ou pragmatiques, mais parce que la confiance s’est érodée à un tel point que le message est tellement taché par le messager qu’il en perd toute valeur.

C’est le loup dont nous avions été avertis. Il met désormais en pièces notre culture politique et attaque notre bien-être économique. Nous avions été prévenus par des dirigeants dans lesquels nous n’avions aucune confiance. Nous avons donc choisi les faits qui nous plaisaient, et nous avons tous souffert. Le loup ne fait pas de distinction. Ainsi que nous le rappelle Esope à la fin de la fable: «Personne ne croit un menteur, même s’il raconte la vérité.»

Cette méfiance est à la fois mutuelle et ancienne, suscitant deux tendances claires dans la politique électorale britannique. La première: une chute de la participation. En 1950, 84% des Britanniques ont voté lors des élections générales; l’année dernière le chiffre atteignait 66%. Le déclin n’a pas été linéaire, mais la trajectoire générale est constante. Entre 1945 et 1997, la participation n’a jamais été inférieure à 70%; depuis 2001, elle n’a jamais atteint ce chiffre.

La seconde relève d’une fragmentation de l’allégeance politique. Pendant la majeure partie de la période qui a succédé la Seconde Guerre mondiale, la politique anglaise reposait en réalité sur un système bipolaire. En 1951, 97% des suffrages sont allés soit aux conservateurs, soit aux travaillistes. L’année dernière, le total combiné a atteint 67%. Moins de gens votent, et moins de gens veulent voter pour les deux grands partis. Avec un système électoral majoritaire, où le premier qui passe ramasse tout, qui a été conçu pour garantir que l’un de ces deux partis obtienne la majorité, nos gouvernements président désormais avec une légitimité diminuée sur un paysage politique divisé. Les conservateurs de Cameron ont été élus l’année dernière avec seulement 24% de l’électorat potentiel. En 1950, Winston Churchill a été défait alors même que 38% de l’électorat potentiel le soutenait [43,4% des votants effectifs].

Ces tendances ont des conséquences similaires sur la tactique des deux partis majoritaires. Sous Cameron, les conservateurs, qui ont perdu deux Premiers ministres sur la question européenne, ont pu abandonner les éléments les plus chauvins de leur base pour gagner des voix au centre et se refaire une façade, celle du parti raisonnable de la modernité britannique. N’étant plus le «méchant parti», la direction des conservateurs a embrassé le mariage gay, a recherché avec ténacité des porte-parole qui ne soient pas Blancs et a développé une ligne plus modérée sur l’Europe que ses membres pouvaient soutenir.

Le Labour a aussi pu se repositionner, en sachant qu’il pouvait continuer de gagner des élections même s’il perdait des électeurs. Ceux qui ont voté pour le Brexit tendaient à être Anglais, Blancs, pauvres, moins éduqués et pauvres. A l’exception des personnes âgées, ces catégories constituaient la base traditionnelle des travaillistes. Mais le parti n’a plus de contact avec elles depuis un certain temps. Le projet du New labour [ladite «troisième voie», le parti blairiste] a, à la fois, élargi et rétréci l’audience du parti: un tournant marqué vers la droite a été opéré, réalisé sur la base du calcul conscient que le cœur de ses «partisans» n’avait d’autre endroit où se rendre [d’autres options électorales].

La coalition des liberals métropolitains, des habitants des villes, des minorités ethniques, des syndiqués, des membres de la classe laborieuse du Nord et de la majorité de l’Ecosse a commencé lentement à s’effilocher. La pauvreté a baissé «en moyenne», alors que l’inégalité a crû. Les appels à une politique de classe ont frayé le chemin à des messages plus ambitieux. Alors que je couvrais les élections de 2001, je me souviens l’indifférence que recevait Tony Blair durant la campagne électorale. Il apparaissait devant des petites foules de curieux avant d’agiter la main au-dessus de leurs têtes à distance moyenne pour les caméras. Ils votèrent pour lui – l’alternative était William Hague menant campagne devant le sigle de la livre sterling – mais ils n’étaient pas le moins du moins inspirés par lui ou son parti.

Dans les zones où le Labour réalisait jusqu’alors des résultats, les votes ont commencé à s’effondrer. Blair a gagné les élections de 2005, pour la troisième fois consécutive, avec seulement 9,5 millions de suffrages – moins que ce qu’avait obtenu Neil Kinnock lorsqu’il a perdu face à Margaret Thatcher en 1987. Il était en outre impossible de connaître l’étendue des soutiens restants avant qu’ils ne soient testés. Désormais, ces tests sont connus: en Ecosse, il vient du SNP [Scottish National Party, considéré comme plus à gauche que le Labour et dont la dirigeante est Nicola Sturgeon], alors qu’il provient de l’UKIP en Angleterre et au pays de Galles.

Dans le sillage de ce référendum, il peut sembler secondaire de dire que nos partis politiques ont échoué quant à leur mission historique, mais nous n’en serions pas arrivés là si ce n’était pas le cas. Le parti mis en place par les syndicats afin de représenter les intérêts des travailleurs au parlement ne reçoit plus l’adhésion de ceux-ci. Il est vrai, près de deux tiers des électeurs du Labour ont voté Remain, mais une majorité écrasante de membres des classes laborieuses, des pauvres et des laissés pour compte ont placé leurs espérances dans le Leave. En même temps, le parti du capital et de la nation [les Tories] a porté un coup pénible à la City et à l’Union. Aucun de ces deux partis n’est à la hauteur.

*****

La campagne pour le Leave n’a pas inventé le racisme. Le déploiement de préjugés pour soutenir des fins électorales a une longue tradition dans ce pays, dénoncée souvent par ceux-là même qui y ont recours. La négligence, autant bénigne que maligne, qu’elle soit couverte ou ouverte, permet aux opportunistes d’utiliser ces préjugés à leurs propres fins. C’était là l’une de ces opportunités.

Les commentateurs liberals en sont venus à identifier automatiquement les pauvres britanniques à un dégoût enraciné des étrangers, mais en réalité la classe laborieuse britannique dispose d’une histoire distinguée d’antiracisme: des travailleurs du textile du Lancashire boycottant l’utilisation de coton cueilli par les esclaves de la Confédération américaine jusqu’à la bataille contre le fascisme à Cable Street [le 4 octobre 1936, dans cette rue de l’East End de Londres, des milliers de manifestants antifascistes se sont rassemblés et ont affronté le défilé de la British Union of Fascists d’Oswald Mosley, ainsi qu’à la police qui le protégeait] en passant par les campagnes de l’Anti-Nazi League ou encore le Mouvement contre l’apartheid. Au cours des derniers mois, des milliers de gens ordinaires se sont rendus à Calais pour apporter de l’aide aux réfugié·e·s.

A l’instar de toutes les classes de Grande-Bretagne, la classe laborieuse possède aussi une histoire de racisme, qui peut passer de la rue aux urnes. Quelquefois, ce racisme a pris la forme d’appels ouverts à une solidarité raciale blanche contre les non-Blancs. D’autres fois, il a pris des formes organisées, dans l’ombre du New Party d’Oswald Mosley, que cela soit le National Front ou le British National Party (BNP). Enfin, il a pu se réfugier dans le tissu de la politique dominante.



Le BNP de Nick Griffin


Le National Front a pris de l’ampleur au cours de la décennie 1970, mais sa progression a été émoussée par Margaret Thatcher, qui promettait d’être dure sur les questions d’immigration et exprimait sa sympathie pour les gens qui «sont véritablement effrayés que ce pays puisse être inondé par des personnes d’une culture différente». Le BNP est ensuite arrivé. Il a suscité une brève période de surveillance intense lorsqu’il a gagné, en 1993, un siège au conseil municipal de l’Isle of Dogs dans l’est de Londres. Par capillarité, le BNP est devenu un fait constant, bien que contesté, de la vie municipale britannique. Lors des élections européennes de 2009, le dirigeant du parti, Nick Griffin, a remporté l’un des deux sièges du BNP au Parlement européen. Cette même année, Griffin s’est retrouvé à l’émission Question Time de la BBC1. La montée de l’UKIP pompera tout l’oxygène à l’extrême droite et Griffin disparaîtra. Seulement pour être remplacé par Nigel Farage. Plus typique et volubile, moins agressif et grossier, Farage s’est concentré sur l’Europe et, ce faisant, a étendu l’attrait de l’extrême droite.

Les divisions semées par ce genre de mouvements ont toujours posé un défi particulier pour le Labour, dès lors que le cœur même de la base du parti est vulnérable aux changements sociaux et économiques. C’est la raison pour laquelle les partis chauvins ont toujours une meilleure audience lors des périodes de récession, lorsque les ressources sont rares et que les gens sont à la recherche d’un bouc émissaire. Dans une lettre écrite en 1870, qui, si l’on ne modifie que quelques mots, pourrait avoir été écrite récemment, Karl Marx décrit avec force cette dynamique: «Chaque centre industriel et commercial d’Angleterre possède maintenant une classe ouvrière divisée en deux camps hostiles: les prolétaires anglais et les prolétaires irlandais. L’ouvrier anglais moyen déteste l’ouvrier irlandais en qui il voit un concurrent qui dégrade son niveau de vie. [… voir note 1] Cet antagonisme est artificiellement entretenu et développé par la presse, le clergé et les revues satiriques, bref par tous les moyens dont disposent les classes dominantes.»

Les Tories [conservateurs] ont consciemment entretenu cette flamme. En 2005, alors que le dirigeant conservateur Michael Howard [ministre des gouvernements conservateurs de 1985 à 1997] menait toute sa campagne électorale sur l’immigration – sur la base du slogan insidieux «pensez-vous ce que nous pensons ?» – le député de ce parti à Castle Point, sur la côte de l’Essex, demandait dans un tract: «Quelle partie de la phrase “renvoyez-les” ne comprenez-vous pas M. Blair ?» Au cours de ces élections, j’ai conduit dans les circonscriptions les plus diverses de ce pays (l’est de Londres) jusqu’aux moins diverses (St. Ives dans les Cornouailles). Dans les Cornouailles, Andrew George, le député du Parti libéral démocrate, affirmait que le racisme qu’il entendait le préoccupait particulièrement. «C’est la question qui rencontre de l’écho que favorisent les Tories», m’a-t-il dit. «Sur le seuil des maisons, les gens ne disent pas: “je vote pour les conservateurs en raison de leurs projets de réductions d’impôts”. Les gens disent, “nous sommes venus ici uniquement pour nous échapper des Noirs”, et il n’existait aucun embarras dans le fait de le dire à haute voix. Je suis très troublé par cela. Peut-être qu’ils ne jouent pas la carte raciale. Mais ils jouent la carte de l’immigration. En réserve, juste à côté se trouve la carte raciale.»  

Cette semaine, David Cameron a condamné les attaques xénophobes «méprisables» qui ont eu lieu dans le sillage du référendum sur l’UE. Mais le mois dernier, il galvanisait les fidèles conservateurs à Londres en affirmant que le candidat travailliste à la mairie de la ville, Sadiq Khan [élu maire], était de mèche avec un imam qui, selon Cameron, soutenait l’Etat islamique. Cette affirmation était si fausse que si le Premier ministre ne bénéficiait pas de l’immunité parlementaire le protégeant des accusations de diffamation, il aurait dû payer des dommages à l’imam, ainsi qu’a dû le faire Michael Fallon, le secrétaire à la Défense, lorsqu’il a répété cette remarque en dehors de la Chambre des communes.

A quelques exceptions près, la réponse du Labour a été moins grossière mais pas moins calculée. Le Labour tend à condamner le chauvinisme pur et simple avant de l’emballer dans la couverture confortable de la compréhension et d’une sympathie pour le raciste. Il proteste avant de se plier. Il présente systématiquement le racisme comme une chose mauvaise, mais il n’est généralement pas suffisamment courageux pour affirmer pourquoi l’antiracisme serait bien. Cela amène au pire des mondes. Le racisme et la xénophobie sont condamnés, mais jamais défiés, ce qui conduit ceux qui soutiennent de telles vues à se sentir réduits au silence et ignorés, mais jamais impliqués. Cela, en retour, les transforme en proies pour des mercantis comme Farage qui peuvent prétendre parler en leur nom.



En 2008, John Reid déclare que «l'immigration de masse» menace la Grande-Bretagne


Après que son parti a perdu en 1964 un siège à Smethwich, dans le West Midlands, suite à une campagne raciste notoire, le ministre travailliste Richard Crossman a conclu qu’«il était clair que l’immigration pouvait être la question pouvant faire perdre le plus grand nombre d’électeurs au Parti travailliste». Cette opinion était partagée par le gouvernement de Tony Blair. Blair a choisi les falaises de craie de Douvres pour tenir un discours électoral, en 2005, sur les réfugiés et l’immigration – lors de la photo de groupe, pas une seule figure noire n’était visible. En 2006, alors que la guerre en Irak sombrait dans le chaos, John Reid, le ministre de l’Intérieur, a dirigé l’attention sur l’ennemi interne: les musulmans intolérants. «Nous sommes en Grande-Bretagne», a déclaré Reid à une conférence du parti. «Nous irons où nous voulons, nous discuterons de ce que nous voulons et nous ne serons jamais intimidés par des brutes. Voilà ce que signifie être britannique.»

Quelques années plus tard, Jack Straw [successivement ministre de l’Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères – notamment lors de la guerre en Irak – sous Blair et Brown] fera la leçon à des musulmanes sur ce qu’elles devaient porter lorsqu’elles se présentaient à ses permanences politiques publiques [Straw affirmait que le voile permettait d’entendre ce que disaient ces femmes, mais non de voir ce qu’elles pensaient. Cette tribune a déclenché des débats vifs, créant une «affaire du voile» britannique].

L’effet n’a pas véritablement émoussé la montée du racisme organisé, mais l’a au contraire renforcé, rendant certaines opinions acceptables et respectables. Elles se sont incarnées dans notre langage politique et nos institutions, où elles ont pu couver.

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Il nous reste encore à attendre des élections générales où la race et l’immigration seront les questions déterminantes. Si cela devait être le cas, on peut s’attendre à ce que l’UKIP fasse un résultat bien meilleur qu’auparavant. Lors des élections, les gens votent pour des partis dont ils croient, dans l’ensemble, qu’ils s’identifient avec leurs préoccupations sur un grand nombre de questions. Mais le référendum n’était pas une élection générale. Il s’agissait d’un référendum sur l’appartenance à une institution mal-aimée à l’origine d’une «immigration massive» à une échelle que le gouvernement n’avait pas anticipée et pour laquelle la plupart des Britanniques n’étaient pas préparés.

Bien que de nombreux efforts aient été réalisés, depuis le référendum, pour démontrer que les zones où il y avait peu d’immigration étaient les plus opposées aux migrants, nous ne devrions pas sous-estimer la secousse qui a accompagné les effets de la libre circulation au sein d’une Union européenne nouvellement élargie. En 2003, j’ai quitté la Grande-Bretagne pour les Etats-Unis, avant que le pays n’ouvre ses frontières avec les pays de l’est. Après être revenu quelques fois en 2005, j’ai simplement arrêté de penser que tous les Blancs que je rencontrais à Londres parlaient anglais. Le potentiel transformateur était déjà clair : les Etats peuvent importer des travailleurs, mais ce sont en réalité des gens qui viennent [pour reprendre la formule célèbre de Max Frisch: «nous avons appelé des travailleurs; or, ce sont des hommes qui sont venus»]. Mes parents sont arrivés en Angleterre dans les années 1960 depuis la Barbade. Ils pensaient faire un peu d’argent pendant quelques années avant de rentrer «à la maison». Au lieu de cela, ils ont eu des enfants et ils sont restés. Je ne vois pas de raison pourquoi un grand nombre de ces nouveaux immigrés ne feraient pas de même – et je me demande comment le langage que nous utilisions pour parler de la «race» et des migrations changerait maintenant qu’il y a eu autant de nouvelles arrivées de Blancs, mais qui ne sont pas anglais.

Dans le passé, les sondeurs et les politiciens ont éludé les deux questions – considérant que les facteurs «race/immigration» constituaient un seul sujet de préoccupation. Cela n’a jamais été vrai ou exact, mais la situation nouvelle a rendu encore plus clair le fait que nous avons besoin d’un débat de fond sur le thème des migrations et des «races». Non pas la conversation dont les politiciens affirment toujours que nous évitons, soit sur le prétendu impact effroyable des migrations [sur le pays], mais plutôt sur les besoins d’une nation vieillissante, sur nos politiques économiques et étrangères, sur la façon dont les migrant·e·s contribuent bien plus par l’impôt qu’ils ne bénéficient du système social ou encore sur le fait qu’il y a beaucoup moins de migrants que les Britanniques ne le pensent [un autre sujet, qui n’est pas évoqué ici, est celui de l’égalité des droits inséparable du droit à la libre circulation; entre autres un droit du travail équivalant pour l’ensemble des salarié·e·s, ce qui renvoie à un question de première importance en Suisse].

Par exemple, dans une enquête récente menée par Ipsos Mori, les personnes interrogées pensaient que les migrants en provenance de pays de l’UE représentaient 15% de la population alors qu’en réalité le chiffre ne s’élève qu’à 5%. Mais ce n’est pas tout: nous devons avoir une discussion sur les ressources dont les communautés ont besoin pour accueillir les nouveaux arrivants – les places dans les écoles, les lits d’hôpitaux, le logement – et sur qui est responsable des coupes dans les budgets qui permettaient de répondre à ces besoins.

Mais ce ne sont pas là les débats que nous avons. Il s’agit même de discussions que nous n’avons jamais eues. Ces thèmes ont été évités avec la dernière énergie et sciemment par nos dirigeants. Pendant des décennies, les questions de la «race» (la couleur des gens) et de l’immigration (le mouvement des personnes) ont été nettement mêlées, comme s’il ne s’agissait que d’une seule et même chose – comme si les «Britanniques» n’étaient pas aussi Noirs et que les Noirs n’étaient pas britanniques.

Semer la confusion sur la différence des migrants en provenance de l’UE et d’ailleurs, ou sur la distinction entre les «migrants économiques» et les demandeurs d’asile s’est révélé profitable aux politiciens et pas seulement à Nigel Farage. L’argument selon lequel le vote portait sur des questions «économiques» – dès lors que les migrants européens haïs n’étaient pas basanés ou noirs – est démenti par l’amalgame opéré entre tous les étrangers. Ce n’est pas un incident que l’affiche Breaking Point [point de rupture], révélée par Farage le matin de l’assassinat de Jo Cox, montrait des réfugiés syriens arrivant en Slovénie, une image qui n’avait presque aucun rapport avec le référendum. La xénophobie et le racisme sont aisément combinés et ils deviennent un poison particulièrement puissant au sein d’une population qui ne croit plus ses dirigeants.

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Décrire cela comme une révolte de la classe ouvrière contre les élites revient à donner aux élites bien plus de crédit qu’elles ne le méritent. Alors que les deux côtés étaient dirigés par des Old Etonians [Eton est l’une des écoles de «l’élite» britannique] et des anciens Bullingdon Boys [un club exclusivement masculin de l’élite, à Oxford, célèbre pour ses frasques], les élites allaient gagner quoi que vous glissiez dans l’urne.

Il serait plus exact de dire que les résultats reflétaient une ambivalence envers les élites des deux positions. Lorsque les dirigeants auxquels vous faites confiance se fichent de vous – et ne peuvent rien faire pour vous – demandez-vous ce qui est dans votre intérêt, il est sans doute raisonnable de les ignorer. Les gens auxquels on affirmait qu’ils seraient les perdants de la récession à venir pensaient qu’ils n’auraient rien à perdre; à ceux dont on disait que l’appartenance à l’UE leur offrait un certain nombre de droits et d’avantages considéraient que ceux-ci n’avaient pas de valeur. Il serait aussi faux d’imaginer que ces personnes ont voté consciemment en faveur du faragism, que de penser qu’ils ne pourraient jamais être tentés par ce dernier.

Sur ce point, ceux qui ont voté Remain devraient, pour le moins, concéder que si une majorité s’était prononcée pour rester, le pays n’aurait pas ce genre de débats. Si le Remain l’avait emporté, nous serions retournés à nos prétentions selon lesquelles tout s’est très bien passé. Ces gens qui étaient oubliés seraient restés dans l’oubli; ces communautés qui ont été abandonnées seraient restées invisibles par tous sauf ceux qui y vivent. Insister sur le fait qu’ils ne vont désormais plus souffrir ignore la réalité qu’à moins que quelque chose ne change, ils vont souffrir quoi qu’il en soit. Les partisans du Remain qui ont la sensation de ne pas reconnaître leur propre pays lorsqu’ils se sont levés vendredi matin [24 juin] devraient avoir une pensée pour le retraité de Redcar [ville du Yorkshire où d’importantes aciéries et usines chimiques ont été fermées] ou de Wolverhampton [ville du West Midlands où des usines automobiles et des aciéries ont été fermées au cours des dernières décennies, dont, récemment, une grande partie de l’usine Goodyear] qui s’est réveillé chaque matin des trente dernières années en voyant des usines se fermer et des entreprises déplacées, alors que le conseil municipal coupait dans les services sociaux et que des étrangers arrivaient, et se demandant où était allé le monde auquel il appartenait.

Une grande partie de ceux qui ont voté Leave sans aucun doute ressentiront qu’ils ont eu leur mot à dire après des années de rejet. Mais ils commencent à se rendre compte qu’on leur a menti. Même lorsque l’on pense qu’il n’y a plus rien à perdre, il apparaît que les choses peuvent toujours empirer. Et même lorsque l’on pense que personne ne dit la vérité, il se trouve que certaines fractions de l’élite peuvent et feront toujours plus de dommages à nos existences que d’autres.

Au nombre des illusions qui définissent le programme «populiste» de droite réside celle de sa capacité unique à rallier les pauvres autour de la question «raciale» et de la nation. Mais, même là, il ne peut donner une suite. Les dirigeants de la campagne du Leave ont entamé une retraite virulente au moment même de leur triomphe: ils ont reculé sur leurs promesses de contrôler l’immigration, de quitter le marché unique et de «rendre à notre National Health Service [système public de santé] les 350 millions de £ que l’UE nous prend chaque semaine» [argument central, mensonger, utilisé par la campagne du Leave]. Quitter l’UE ne diminue pas le pouvoir dont disposent les transnationales de déplacer les emplois industriels outre-mer ou celui des financiers dont la témérité a conduit à la fermeture de bibliothèques et à la réduction des allocations pour les personnes handicapées. Nous n’avons pas quitté le capitalisme mondialisé. Quelque chose va être entrepris contre la «libre circulation» des travailleurs – mais le capital sera toujours aux commandes.

La colère qui s’est déchaînée n’est pas dirigée contre les élites. Au lieu de cela, elle se répand à tout vent avec des effets alarmants : des Noirs sont maltraités dans les rues; un centre communautaire polonais a été dégradé; des enfants d’Europe de l’est sont raillés dans les écoles. Les liberals rendent les pauvres responsables, Cameron blâme Boris [Johnson], le Daily Express rend l’UE responsable («le vote Brexit est de la faute de l’UE: ignorer la Grande-Bretagne était une grande erreur»), le patronat se plaint de Cameron et de Boris, l’Ecosse de l’Angleterre, Londres du reste de l’Angleterre alors que les enfants blâment leurs parents et que l’Europe accuse tout le monde.

Le 31 décembre 1999, alors que les téléspectateurs américains regardaient en continu l’arrivée du nouveau millénaire, une zone horaire après l’autre, Peter Jennings, présentateur de la chaîne ABC, a fait part d’une appréciation sur l’histoire britannique récente alors qu’il regardait les feux d’artifice éclater dans le ciel au-dessus de la Tamise: «Ce pays a traversé tant de choses. En 1900, lorsque la reine Victoria était sur le trône, la Grande-Bretagne contrôlait un cinquième de la population mondiale. Mais ce spectacle fantastique des possessions britanniques a décru de telle sorte que… bon, Hong Kong a été désormais restitué et, bon… les îles Malouines sont encore britannique.»

Depuis la crise de Suez [en 1956], la Grande-Bretagne s’est débattue pour maintenir sa place dans le monde moderne. Nostalgique de sa gloire ancienne, angoissée par sa situation diminuée, oublieuse de ses crimes passés, prétentieuse quant à son rôle à venir, elle a vécu sur sa réputation comme un aristocrate âgé peut vivre d’une fortune épuisée: frugalement et pompeusement, avec un sens aigu de son bon droit et un manque précieux de conscience de soi.




Disposant d’un passé de «grandeur», désormais plus aussi grande, la Grande-Bretagne s’est débattue dans sa trajectoire post-coloniale pour se trouver un statut qui corresponde à sa taille et à son budget. Nous essayons culturellement de jouer dans la cour des grands, nous disposons d’un poids économique significatif et souffrons d’une illusion de grandeur militaire (ne parlons pas de football, l’Angleterre lors de l’Euro 2016 a été battue, le 27 juin, par l’Islande). Lorsqu’est en jeu la politique étrangère et de défense, le désir de la Grande-Bretagne d’être prise très au sérieux est l’obstacle principal qui empêche qu’elle soit prise plus au sérieux. L’une des raisons principales évoquées pour conserver le système militaire Trident [les sous-marins nucléaires lance-missiles Trident de la Royal Navy] est que nous puissions «garder un siège à la table des grands». Notre implication militaire en Syrie n’avait pas pour but de faire une quelconque différence, mais d’envoyer un message. Puis il y a l’Irak. Dans la plupart des cas, la Grande-Bretagne a cherché elle-même le rôle qui faisait d’elle un vecteur entre l’Amérique et l’Europe. Périphérique en termes d’action, centrale pour le processus.

Le fait que notre capacité à remplir cette fonction pour les Etats-Unis a été sévèrement touchée – le président Barack Obama nous a demandé de rester et nous n’avons même pas voulu l’écouter – pourrait bien être l’une des maigres choses positives qui sorte de ce pétrin. En effet, notre statut moindre est déjà devenu clair en raison des tentatives qui ont été réalisées pour nous sortir nous-même de la situation dans laquelle nous avons choisi de nous trouver.

Alors que nous étions un pays membre de l’UE, l’Europe était préparée à faire de son mieux pour que cela fonctionne, même si nous étions une source d’irritation majeure. Maintenant que nous avons voté pour en sortir, ils veulent nous voir dehors. La chancelière allemande, Angela Merkel, n’aurait pu être plus claire. Elle n’est pas intéressée par une Grande-Bretagne convoquant un nouveau référendum et elle n’est pas inclinée à offrir le moindre privilège. Il n’y aura pas de «sélection des meilleurs morceaux. Il doit exister et il y aura une différence nette entre les pays qui souhaitent être membres de la famille européenne et ceux qui ne le veulent pas.» En d’autres termes, nous serons traités comme n’importe quel autre pays – ce qui est précisément ce que nous ne pensions pas être.

Cette tentative mélancolique de recouvrer un peu de notre ancienne gloire n’a pas bien servi notre politique et c’est un élément clé pour comprendre comment cela s’est produit. En absence de tout argument substantiel sur ce à quoi pourrait ressembler en ce XXIe siècle notre «reprise du contrôle» [autre slogan central de la campagne pour le Leave], nous devons nous contenter d’hommes comme Farage et Johnson qui agitent des drapeaux et se frappent le torse.

La feuille de route pour sortir de cette situation regrettable ne découlera pas d’une remise en cause des résultats d’une votation (même si cela était désirable) ou de la renégociation d’un accord avec l’UE (même si cela était possible). Cela se fera au travers d’une réinvention de la Grande-Bretagne dans laquelle une attention plus grande sera dévolue au travail, à la justice, à la communauté et à l’égalité qu’au drapeau, à la nation, à l’hymne national et à la culture. Au cours des 15 dernières années, les gouvernements et la presse ont alimenté les craintes quant à la capacité de la culture britannique de résister à l’intégration des musulmans – dont 70% ont voté Remain – alors qu’ils auraient dû se préoccuper de comment assurer des emplois à la classe laborieuse, blanche entre autres, dans l’économie britannique.

Le Brexit n’a pas créé ces problèmes. Il les a mis au jour et va sans doute les aggraver. La décision quant à savoir si nous restons ou non au sein de l’UE a été prise. L’alternative qui se présente devant nous est de savoir si nous sommes finalement prêts à affronter les questions que nous avons bêtement niées et si nous avons la capacité de nous lier aux communautés que nous avons négligemment ignorées.

(Article paru le 30 juin 2016 dans la rubrique The Long Read du quotidien britannique The Guardian. Traduction A L’Encontre. Gary Younge a notamment publié un ouvrage consacré à Martin Luther King et à son célèbre discours de 1963, The Speech. Plusieurs de ses articles ont été traduits par ce site : La culpabilité des Blancs ne réglera pas la question raciale. Seule l’égalité et la justice le peuvent; Une commémoration erronée de Je fais un rêve ainsi que La Dame de fer est morte, mais le thatchérisme continue à vivre.)

____

[1] «Par rapport à l’ouvrier irlandais, il se sent membre de la nation dominante et devient ainsi un instrument que les aristocrates et capitalistes de son pays utilisent contre l’Irlande. Ce faisant, il renforce leur domination sur lui-même. Il se berce de préjugés religieux, sociaux et nationaux contre les travailleurs irlandais. Il se comporte à peu près comme les blancs pauvres vis-à-vis des nègres dans les anciens Etats esclavagistes des Etats-Unis. L’Irlandais lui rend avec intérêt la monnaie de sa pièce. Il voit dans l’ouvrier anglais à la fois un complice et un instrument stupide de la domination anglaise en Irlande.» (Citation complète de Marx; rédaction A l’Encontre)



2013

Citation :
MARTIN LUTHER KING JR. DELIVERED his powerful “I Have a Dream” speech on August 28, 1963. Fifty years later, the speech endures as a defining moment in the civil rights movement. It continues to be heralded as a beacon in the ongoing struggle for racial equality.

This gripping book is rooted in new and important interviews with Clarence Jones, a close friend of and draft speechwriter for Martin Luther King Jr., and Joan Baez, a singer at the march, as well as Angela Davis and other leading civil rights leaders. It brings to life the fascinating chronicle behind “The Speech” and other events surrounding the March on Washington. Younge skillfully captures the spirit of that historic day in Washington and offers a new generation of readers a critical modern analysis of why “I Have a Dream” remains America’s favorite speech.


sur le déficit de réflexion internationaliste

une remarque à reprendre : ces articles n'ont certes pas pour objectif d'analyser la situation mondiale sous l'angle des mouvements migratoires, mais je constate, comme dans de nombreux textes peu ou prou "marxistes", que le souci international, ou internationaliste, est peu présent, les analyses restant focalisées sur les situations nationales et leur environnement, quelque chose somme toute de très différent de ce qui se passait dans les milieux marxistes à l'époque du programmatisme ouvrier ou, certes mal autour du bloc soviétique, ces questions étaient prises en compte, avec celles du colonialisme, de l'anti-colonialisme, du tiers-monde, etc.

il faudrait regarder aussi comment, depuis l'effondrement idéologique du démocratisme radical, qui portait néanmoins ses forums sociaux altermondialistes avec des reste d'internationalisme prolétarien chez les plus "radicaux", la montée du populisme radical y compris à gauche a recentré les débats sur des approches nationales et régionales

cela me semble participer de l'état des lieux sans perspective internationale de construction d'un sujet révolutionnaire à l'échelle mondiale. Certes il ne suffit pas d'en poser abstraitement la nécessité, mais ce constat ne porte pas à l'optimisme

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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Lun 4 Juil - 14:07


Brexit : la Chine gagnante ou pas ?

ça dépend...


La Chine aux prises avec les conséquences d’un « Brexit »

Par Peter Symonds WSWS 4 juillet 2016

Suite au vote de sortie de l'Union européenne (UE) la semaine dernière en Grande-Bretagne, le gouvernement chinois essaie, comme ses homologues du monde entier, de faire face aux conséquences économiques et géopolitiques de grande portée du référendum du 23 juin.

Citation :
S’adressant le 28 juin à une réunion du Forum économique mondial, le premier ministre chinois Li Keqiang a appelé les investisseurs à regarder la Chine comme « une tête calme et sereine » dans ces temps d'incertitude économique mondiale. Malgré de nouveaux signes de ralentissement marqué, il a dit que Pékin était confiant de pouvoir gérer les problèmes auxquels était confrontée son économie.

« Il est difficile d'éviter la volatilité à court terme sur les marchés financiers chinois, mais nous ne permettrons pas de montagnes russes et de changements drastiques sur les marchés de capitaux »,
a-t-il dit. « Il est important que nous travaillions tous à renforcer la confiance, à prévenir la propagation de la panique et à maintenir la stabilité des marchés financiers ».

Dans l'immédiat, Li était soucieux d'empêcher toute chute des marchés d'actions chinois comme ce fut le cas à la mi-2015; il avait alors été fortement critiqué au sein du Parti communiste chinois (PCC). Contrairement à d'autres marchés boursiers qui ont chuté la semaine dernière, les chutes en Chine furent limitées et effacées par des gains cette semaine.

Mais le vote en faveur d’un « Brexit » pose des problèmes économiques plus complexes au régime du PCC, même à court terme; les analystes financiers signalent la vulnérabilité du yuan chinois face aux mouvements des devises mondiales.

L'analyste du Wall Street Journal Lingling Wei a souligné le 27 juin que le yuan avait « déjà fait l’objet d’un instable numéro de funambule de la banque centrale ». Elle ajouta: «Toutes les principales devises, sauf le dollar et le yen, ayant plongé dans le sillage du vote britannique, la pression sur la Banque populaire de Chine (PBoC) croît pour laisser le yuan s’affaiblir lui aussi. Mais si l'écart avec le dollar devient trop fort, les sorties de capitaux pourraient s'accélérer à nouveau ».

Autrement dit, si la PBoC maintient la valeur du yuan contre le dollar américain, les exportations chinoises deviendront moins compétitives sur de nombreux marchés. Mais toute dévaluation, et plus encore si elle est forte, pourrait entraîner un exode déstabilisateur de fonds hors de Chine. Les analystes estiment que jusqu'à mille milliards de dollars ont quitté la Chine en 2015.

La sortie de la Grande-Bretagne de l'UE a aussi miné la stratégie de commerce et d'investissement de la Chine en Europe. Celle-ci cherchait à faire du Royaume-Uni une base d'opération en Europe. Pékin a fait des efforts considérables pour développer ses relations avec la Grande-Bretagne, faisant de Londres un carrefour commercial pour la monnaie chinoise. Des sociétés comme le géant technologique chinois Huawei ont investi en Grande-Bretagne pour s’étendre en Europe.

Le premier ministre David Cameron avait reçu en grande pompe le président chinois Xi Jinping lors de sa visite d'Etat en Grande-Bretagne en octobre dernier. Xi avait dit au parlement britannique qu'un « nouvelle et grande ère » d'amitié s'ouvrait entre les deux pays. On a annoncé des plans de construction par la Chine de centrales nucléaires, d’une ligne ferroviaire à grande vitesse et de recherche spatiale commune.

Le gouvernement chinois espérait bien que ses liens avec la Grande-Bretagne augmenteraient les chances de la Chine d’obtenir de l'UE le statut d'économie de marché. Désormais, Pékin sera obligé d’opérer dans une situation beaucoup plus instable, le vote pour un Brexit créant des fractures au Royaume-Uni et dans l'UE.

Dans sa prise de parole du 28 juin, Li a déclaré que Pékin souhaitait une Union européenne « unie et stable » et une Grande-Bretagne « stable et prospère. »

En même temps, il se peut que Pékin n’ait plus la « relation en or » avec Londres dont parlait le ministre des Finances britannique George Osborne. L’orientation pro-Chine d’Osborne et Cameron avait déjà été critiquée par Washington, notamment quand la Grande-Bretagne s’était, la première parmi les puissances occidentales, associée à la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures de la Chine (BAII) en mars 2015. Les États-Unis s’étaient fortement opposés à la décision britannique à cause de leur « pivot vers l'Asie » qui doit contrecarrer Pékin sur le plan diplomatique, économique et militaire.

Le Parti conservateur est divisé non seulement sur la politique britannique vis-à-vis de l'Europe, mais aussi vis-à-vis de la Chine. Il est significatif que cette semaine, un rapport interne du parti ait fustigé ce qu’il appelle l'incapacité du gouvernement à prendre une position ferme sur les droits de l'homme en Chine. Le rapport indique la préoccupation d’une partie des conservateurs que la relation de longue date avec les États-Unis ait été compromise par le développement des liens avec la Chine. Les paroles hypocrites sur ​​les «droits de l'homme » sont le fonds de commerce de Washington dans la poursuite de ses intérêts prédateurs.

L’initiative chinoise de la BAII fait partie du vaste projet « Une zone, une voie » d’investissement massifs d'infrastructure dans des trains à grande vitesse, des routes, des liens Internet et des installations portuaires visant à une intégration plus étroite du continent eurasien. Outre une stimulation de la croissance économique, Pékin espère de cette politique l’établissement de liens plus étroits avec l'Europe et une marginalisation de Washington. Le vote en faveur du Brexit et la fragmentation de l'UE aggrave les difficultés déjà grandes de la Chine d’obtenir un accord sur ses propositions.

Un éditorial paru le week-end dernier dans le Global Times contrôlé par l’Etat chinois déplorait le vote britannique disant qu'il avait « ouvert la boîte de Pandore en Europe et poussé le continent dans le chaos » et qu’il reflétait « le déclin général de l'Europe. » Il suggérait que les changements seraient « à l’avantage des États-Unis, qui perdront un grand rival en terme de domination monnétaire. Sur le plan politique, il deviendra plus facile pour les États-Unis d'influencer l'Europe. »

A Washington, cependant, divers analystes déclarent déjà que le véritable vainqueur du vote Brexit sera la Chine. Dans un commentaire du groupe d’experts de Washington Brookings Institution cette semaine, intitulé « Après le Brexit : le déclin occidental et la montée de la Chine,» [commentaire suivant] David Dollar déclare, après avoir examiné les implications économiques :


Citation :
Enfin, d'un point de vue géostratégique plus général, il semblerait que la Chine soit le grand gagnant du Brexit. L'Europe est susceptible d'être un acteur moins influent sur ​​la scène internationale et d’être absorbée par les problèmes internes de négociation de la sortie britannique, du contrôle de l'immigration, et du maintien de la périphérie dans la zone euro. Les États-Unis sont eux, susceptibles d'être distraits par les défis européens. Cela donne à la Chine plus de latitude pour ses activités de poldérisation en mer de Chine méridionale et pour jouer à diviser pour mieux régner avec les Etats européens sur diverses questions.

Ces remarques indiquent la préoccupation à Washington que Pékin tirera avantage du vote pour le Brexit. Les États-Unis n'ont aucune intention de céder de l’influence à la Chine ou à toute autre puissance. Ils sont déjà engagés dans un renforcement militaire global contre la Chine en Asie et contre la Russie en Europe, en préparation d’une guerre. Dans les semaines et mois à venir, Washington intensifiera sans aucun doute cette dangereuse confrontation sur les deux fronts.

(Article paru en anglais le 2 juillet 2016)


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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Lun 4 Juil - 14:17


Brexit aftermath: The West’s decline and China’s rise

« Après le Brexit : le déclin occidental et la montée de la Chine »


David Dollar Washington Brookings Institution June 27, 2016

Brexit has little direct effect on the Chinese economy though it does increase the risk of financial volatility. In the long run it is hard to see it as anything but a plus for China as the West continues to decline and China continues to rise.

le Brexit a peu d’effet direct sur l’économie chinoise, même s'il augmente le risque d’instabilité financière. À long terme, il est difficile de voir s'il est un plus pour la Chine, si l’Occident continue de baisser et la Chine de monter.


REUTERS/Lucas Jackson - Electronic boards display the day's losses above the floor of the New York Stock Exchange (NYSE) in New York, U.S., June 24, 2016.

Citation :
In the immediate aftermath of the Brexit vote, stock markets all over the world tanked. The interesting exception was China: The Shanghai market fell 1 percent on Friday and then more than recovered it on Monday. In the short run, Brexit is a modest negative as Europe’s gross domestic product (GDP) and trade are likely to grow less rapidly, and the EU is China’s largest trading partner. But the Chinese economy is simply not that export-oriented anymore. In the aftermath of the global financial crisis, the contribution of net exports to China’s GDP growth has averaged around zero. China initially made up for lost external demand with a massive stimulus program aimed at investment. This has now led to excessive capacity in real estate, manufacturing, and infrastructure. As a result, investment growth is slowing (see figure below). But China’s GDP growth has held up well because consumption is now the main source of demand. It consistently delivers more than 4 percentage points of GDP growth and its contribution has been on an upward trend.


Contributions of consumption and investment to China's GDP growth

China has developed a virtuous circle in which wages are rising at a healthy rate (more than 10 percent over the past year), consumption is growing, consumption is mostly services so the service sectors expand, and they are more labor-intensive than industry so sufficient jobs are created to keep the labor market tight. There are plenty of things that could go wrong, but maintaining consumption is the big challenge for China, not the external sector.

Another feature of China’s new growth pattern is that there is a steady outflow of capital as investment opportunities at home diminish. The U.K. had been one of the favored destinations for China’s outward investment, seen as a welcoming location that could be used as a jumping off point for the rest of Europe. Chinese firms will now need to rethink that strategy but this should not be too difficult an adjustment. The United States has been the destination for the largest share of China’s overseas investment and it is likely that that trend will strengthen in the wake of Brexit.

Brexit does complicate China’s currency policy. The dollar and the yen have strengthened while the pound and euro decline. In past global crises, China has been a source of stability but the yuan fixing on Monday suggests that the central bank does not want to follow the dollar up if it is going to keep rising. Ideally they would like relative stability against a basket. There continues to be a risk that this policy will excite accelerating capital outflows so in that sense financial risks have increased somewhat. But probably the central bank will be able to manage the capital outflows so that the trade-weighted exchange rate is stable.

A U.K. no longer in the European Union will presumably be anxious to strengthen its ties with China so it may well be willing to make compromises on market-economy status and investment deals that a unified Europe would not have made.

Finally, from a larger geostrategic perspective, it would seem that China is the big winner from Brexit. Europe is likely to be a less influential player on the world stage and will be absorbed with internal issues of negotiating the British exit, controlling immigration, and keeping the periphery inside the eurozone. The United States is also likely to be distracted by these European challenges. This gives China more scope to pursue its reclamation activities in the South China Sea and to play divide and conquer with European states on various issues. For example, China would like to be recognized as a market economy, which is both symbolic and a practical matter for adjudicating anti-dumping cases. It is also negotiating investment treaties with both the United States and the EU, though so far China’s offers have not been very attractive in the sense that they exempt many important sectors from open investment. A U.K. no longer in the European Union will presumably be anxious to strengthen its ties with China so it may well be willing to make compromises on market-economy status and investment deals that a unified Europe would not have made. Brexit itself may not be that important but it may prove to be a good signal of the decline of Europe and the rise of China.

David Dollar

Senior Fellow, Foreign Policy, Global Economy and Development, John L. Thornton China Center

David Dollar is a senior fellow with the Foreign Policy and Global Economy and Development programs. He is based within the John L. Thornton China Center at Brookings. Dollar is a leading expert on China's economy and U.S.-China economic relations. From 2009 to 2013, Dollar was the U.S. Treasury Department's economic and financial emissary to China. Previously, he worked at the World Bank for more than 20 years, serving as country director for China and Mongolia from 2004 to 2009



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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Lun 4 Juil - 14:31


'Referendum on Brexit is Fascist, Eastern Europeans could not vote'


Citation :
On Sat 02 July Sukant Chandan, london based decolonial anti-imperialist activist an organiser and a coordinator at the Malcolm X Movement, addressed a rally of tens of thousands about the growing challenges of racism and xenophobia in post-Brexit 'UK'.

Many thanks to Paolo Zeriali for the filming and edit. Please subscrube to his channel at /channel/UCop2wXdlabvaM6zNBQGtaVg

Please follow Malcolm X Movement YT video channel, Twitter account and Facebook page by searching 'Malcolm X Movement'.


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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Mer 6 Juil - 18:50


Interview de Guy Mettan sur

la volonté occidentale de couper l’Europe en deux entre la Russie et une UE expansionniste

par Emilie Defresne Médias-Presse-Info 12 juin 2016


Citation :
Guy Mettan est l’auteur de l’essai Russie-Occident : la guerre de mille ans. Son livre paru l’année dernière en Europe occidentale vient d’être publié dans sa version russe. Ce Suisse est journaliste, politologue et écrivain, député du parlement de Genève et président du Club suisse de la presse.


Pourquoi la presse occidentale qui a abdiqué tout honneur ment-elle aussi grossièrement sur les causes de la crise ukrainienne ? Pourquoi présente-t-elle Vladimir Poutine comme l’ennemi à abattre alors que dans le même temps les autorités de l’Union fréquentent et pactisent avec des dictateurs notoires, comme le roi d’Arabie ou Erdogan, sans que la presse ne relève le contraste ? Pourquoi cette étrange volonté occidentale de couper l’Europe en deux entre l’Est et l’Ouest ? alors que l’Union négocie par ailleurs, pour faire rentrer un pays aussi étranger à la civilisation européenne que la Turquie ?

L’intérêt de cette vidéo réside moins dans les racines de la querelle Europe occidentale/ Europe Orientale, que l’auteur va chercher très loin dans l’Histoire, que dans l’analyse qu’il fait de la diabolisation actuelle de la Russie. Partant de l’expansionnisme de l’Union européenne, il décrit l’intérêt des USA dans cette affaire et celui de l’Allemagne, tandis que la France a complètement abdiqué toute velléité de peser dans la balance. La fin de la vidéo est surprenante, puisque la journaliste russe semble se faire encore quelque illusion sur les autorités françaises actuelles…


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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Mer 6 Juil - 19:37


une fois n'est pas coutume pour les articles du WSWS, même la chute, privée du credo sur le grand parti à construire, n'est pas à côté de la plaque

ce texte en recoupe d'autres plus haut, sur les relations UE-Brexit-OTAN. Pour ma part j'ai un peu de mal à retrouver mes petits entre les nouvelles perspectives de l'Angleterre en Chine-Asie et une alliance renforcée (sic) avec les États-Unis. J'ai dû rater une marche, à moins que toutes ces conjectures ne manquent encore de temps pour mariner ?

quoi qu'il en soit, les maîtres du monde ont toutes les bonnes raisons (les leurs) et les mauvaises (pour le prolétariat) de vouloir la guerre. L'Europe n'a jamais porté la paix qu'en Europe, ma conviction est qu'elle peut aussi importer la guerre


Le "Brexit" et le retour du militarisme européen

Johannes Stern WSWS 6 juillet 2016

L’Union européenne a réagi au vote en faveur d'une sortie de l’UE en Grande-Bretagne et à l’intensification de la crise politique et économique en Europe qui l’a suivi en appelant à la militarisation du continent et au renforcement de ses forces de sécurité. Depuis l’annonce des résultats il y a dix jours, un certain nombre de documents de principe ont été publiés qui prônent la transformation de l’UE en une alliance militaire dotée de pouvoirs accrus de répression interne.

Citation :
Au premier sommet de l’UE sans participation britannique tenu mercredi dernier à Bruxelles, les 27 chefs de gouvernement restants ont adopté un texte rédigé par la chef de la politique étrangère de l'UE, Federica Mogherini, intitulé « Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l'UE ». L’argument central du document est que l’UE doit devenir une puissance mondiale agressive capable d’intervenir militairement et si nécessaire de mener des guerres indépendamment de l’OTAN et des Etats-Unis.

Le document sur la nouvelle stratégie globale reconnaît le rôle joué par l’OTAN pour protéger les Etats-Unis des attaques ennemies. Il déclare néanmoins que l’Europe « doit être mieux équipée, mieux entraînée et mieux organisée afin de contribuer de manière décisive à de tels efforts collectifs et d’agir en toute autonomie le cas échéant. »

Il donne un aperçu des mesures préparées dans le dos de la population européenne. Les capacités militaires doivent être améliorées dans « un effort concerté et coopératif ». On signale le fait que cela exigera une nouvelle allocation de ressources dans la phrase « Le développement et le maintien des capacités de défense requièrent à la fois des investissement et l’optimisation de l’utilisation de ressources grâce à une plus grande coopération. »

Le texte montre clairement qu’il n’y a aucune limite géographique au rayon d’action potentiel d’une force militaire de l’UE. Celle-ci se réserve le droit d’intervenir non seulement dans les régions avoisinantes comme l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Europe de l’Est, mais sur toute la planète.

Les intérêts déclarés de l’UE comprennent « la garantie et la sécurisation des mers et des routes maritimes indispensables au commerce et à l’accès des ressources naturelles. » A cette fin, « l’UE contribuera à la sécurité maritime mondiale, s'appuyant sur sa propre expérience dans l’Océan indien et en Méditerranée et explorant les possibilités dans le Golfe de Guinée, la Mer de Chine du Sud et le Détroit de Malacca. »

Le développement du militarisme européen est avant tout le fait de Berlin. Dans une déclaration officielle publiée ces derniers jours, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a expressément remercié Mogherini « pour son engagement et sa vision dans l’élaboration de la ‘Stratégie globale’ ». Il était heureux d’y trouver « des éléments clés de la politique de paix allemande. »

L'idée maîtresse de la « politique de paix » de Steinmeier – plus précisément la politique de guerre – est bien connue. Aux côtés du président Joachim Gauck, il avait joué un rôle de premier plan dans la campagne en faveur du réarmement allemand. En 2014, à la Conférence de Munich sur la sécurité, il avait déclaré que l’Allemagne était « trop grande et trop importante » pour se contenter de « commenter la politique mondiale en simple spectatrice » et ajouté qu’elle devait être « prête à s’engager sur les questions de politique étrangère et de sécurité [c’est-à-dire militaire] plus rapidement, plus décisivement, et plus fortement. »

Cette année, le 13 juin, il a publié un article dans le magazine américain Foreign Affairs intitulé « Le nouveau rôle mondial de l’Allemagne » dans lequel il disait non seulement que l’Allemagne était une « importante puissance européenne », mais remettait également en cause le rôle dominant des Etats-Unis.

Le ministère des Affaires étrangère de Berlin se sert à présent du référendum sur le Brexit pour promouvoir les objectifs de grande puissance de l’Allemagne. Dans un article intitulé « Une Europe forte dans un monde incertain », publié par Steinmeier et son homologue français Jean-Marc Ayrault, le week-end dernier, la sortie britannique de l’UE est saluée comme l'occasion de « concentrer nos efforts communs et tenir nos engagements sur les défis qui ne peuvent être relevés que par des réponses européennes. »

Le vote du Brexit et les toutes récentes initiatives allemandes ont alarmé les hauts responsables de l’impérialisme américain. Vendredi dernier, Robert D. Kaplan, un membre influent de l’establishment américain de politique étrangère et architecte de l’invasion de l’Irak en 2003 a averti, dans une rubrique du Wall Street Journal, que « Le retour du chaos géopolitique ressemble à certains égards aux années 1930. »

Dans l'article, qui porte le titre « Comment déranger la célébration du Brexit par Poutine, » il affirme, « (…) le Brexit a mis en péril un objectif clé de la géopolitique britannique qui remonte à des centaines d’années: empêcher qu’une quelconque puissance ne domine le continent. Et pourtant l’Allemagne a actuellement le pouvoir de faire précisément cela. »

Kaplan considère que l’alliance d’après la seconde guerre mondiale entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne est menacée. « L’Allemagne et la Grande-Bretagne ont certes dernièrement été alliées, » écrit-il, et « une longue liste de chanceliers allemands, depuis Konrad Adenauer, ont soutenu l’Atlantisme et la reconnaissance de la responsabilité toute particulière de l’Allemagne pour la paix et la stabilité européennes. De futurs chanceliers risquent de ne pas le faire. »

L'Allemagne, a-t-il averti, « pourrait conclure un accord séparé avec la Russie ou se replier sur soi et un nationalisme populiste… »

La préoccupation immédiate de Kaplan est que le Brexit ne sape les préparatifs américains pour une guerre avec la Russie. « Plus l’Europe se fracturera, » s'inquiète-t-il, « moins la volonté existera d’invoquer l’Article 5 de l’OTAN qui déclare qu’une attaque contre un des membres est une attaque contre tous. » Sa proposition de contre-stratégie: « La Grande-Bretagne devrait revigorer son alliance avec l'Amérique. En agissant ensemble, les deux pays sont encore en mesure de projeter leur pouvoir sur le continent européen, jusqu’aux portes de la Russie. »

Personne ne devrait sous-estimer la signification historique et politique de telles déclarations. Cent ans après le bain de sang de la bataille de la Somme et 75 ans après le lancement par l’Allemagne de la guerre d’anéantissement contre l’Union soviétique, les contradictions du capitalisme surgissent de nouveau, menaçant de déclencher une nouvelle guerre mondiale entre grandes puissances, qui éclipserait toutes les horreurs de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.

La classe ouvrière doit mettre en avant sa propre stratégie pour contrer les efforts entrepris par les puissances impérialistes pour essayer de sauver l’ordre capitaliste par la guerre. Comme l’a souligné le Comité International de la Quatrième Internationale dans sa déclaration « Le socialisme et la lutte contre la guerre » : la stratégie anti-guerre de la classe ouvrière doit être développée « comme la négation de la géopolitique impérialiste des Etats-nations, » en se basant sur sa stratégie de l’unification et de la mobilisation de ses forces sur le plan international afin de résoudre la « crise mondiale par la révolution sociale. »

(Article original paru le 5 juillet 2016)


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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Jeu 7 Juil - 10:26

déplacé, hors sujet

vlad2 a écrit:
Plus de refuges sûrs pour le Capital en fuite, hors obligations US , seuls aux taux encore positifs, pour combien de temps ?

« Le Brexit constitue un “moment Lehman” pour le système bancaire européen » ?

Citation :
« Le Brexit constitue un “moment Lehman” pour le système bancaire européen », avertit un éditoraliste de Bloomberg, soulignant qu’à la différence des États-Unis, l’Europe n’a rien entrepris de vraiment sérieux pour stabiliser son système bancaire depuis la crise de 2008, l’aider à nettoyer les bilans et se recapitaliser.

À ce stade, s’il faut prendre une comparaison, la situation créée depuis le Brexit ressemble plus à ce qui s’est passé au moment de la faillite de la banque américaine Bear Stearns. Tout annonçait alors la crise des subprimes, les craquements généralisés dans le système. Mais tous étaient persuadés que tout pouvait continuer comme avant. C’est la position que semble avoir adoptée aujourd’hui l’Europe
.

Après le Brexit, les banques italiennes menacent de s’effondrer 5 juillet 2016 | Par martine orange

http://democratie-reelle-nimes.over-blog.com/2016/07/apres-le-brexit-les-banques-italiennes-menacent-de-s-effondrer-martine-orange.html

Inquiétudes sur Deutsche Bank, ex-fleuron allemand de la finance

Citation :
Francfort-sur-le-Main (awp/afp) - Autrefois fleuron de la finance allemande, le groupe bancaire Deutsche Bank n'en finit pas de s'effondrer en Bourse, plombé par ses errements passés et par des inquiétudes grandissantes quant à sa santé.

L'action Deutsche Bank a atteint mercredi un nouveau plus bas historique en clôture à la Bourse de Francfort, à 11,54 euros, portant sa chute depuis le début de l'année à près de 49%, la plus mauvaise performance du Dax. Sur dix ans, le déclin est encore plus marqué: en mai 2007, à la veille du déclenchement de la crise des subprimes, le titre de la banque culminait à plus de 100 euros….

http://www.romandie.com/news/Inquietudes-sur-Deutsche-Bank-exfleuron-allemand-de-la-finance_RP/718330.rom

Bonds Japon: le rendement des obligations d'Etat à 20 ans devient négatif

Citation :
Tokyo (awp/afp) - Le taux de rendement des nouvelles obligations de l'Etat japonais à échéance 20 ans a chuté mercredi pour la première fois sous zéro, sur fond de demande accrue pour ces titres jugés sûrs alors que les craintes s'avivent sur l'économie de l'UE en crise à cause du Brexit.

Le rendement de ces obligations, qui était encore à +0,030% mardi, est tombé d'abord à 0,000% mercredi matin, puis à -0,005% en début d'après-midi, sombrant pour la première fois en territoire négatif.

"Il n'est jamais arrivé auparavant que des obligations de l'Etat japonais d'échéance supérieure à 10 ans aient un rendement négatif",
soulignait les sites d'information économique.

Les investisseurs prennent un peu leurs distances avec les actions alors que les marchés sont perturbés par le Brexit et tendent à se tourner vers les placements considérés comme moins risqués, comme les obligations d'Etat. Du coup, la valeur de ces titres grimpe et leur taux de rendement faiblit.

De la même façon, le taux de rendement des obligations à échéance 10 ans est ancré sous 0,000% depuis des mois, une chute qui s'est amplifiée avec la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne. Il a battu un nouveau record mercredi matin à -0,275%.

L'appétit pour les obligations d'Etat ne se limite pas au Japon, mais se manifeste dans de nombreux pays industrialisés, dont les Etats-Unis et l'Allemagne où le rendement du Bund à 10 ans est ainsi passé en territoire négatif depuis la mi-juin, dix jours avant le référendum britannique sur le Brexit.

http://www.romandie.com/news/Bonds-Japon-le-rendement-des-obligations-dEtat-a-20-ans-devient-negatif/717978.rom

Le Zimbabwe face à une pénurie de liquidités Reuters, Africanews - 23 jun 2016

Citation :
L‘économie du Zimbabwe continue de se dégrader. Le pays est maintenant à court de liquidités. La banque centrale a limité les retraits bancaires. De longues files d’attente se forment devant les banques. Depuis mars, l‘économie du pays, secouée par une sècheresse dévastatrice, fait face à une pénurie de billets. Le Zimbabwe utilise différentes devises étrangères depuis que sa propre monnaie s’est effondrée en 2009. “Ce que nous traversons en ce moment au Zimbabwe n’est pas une crise de trésorerie, C’est une crise économique. La crise de liquidités est le résultat d’une situation qui a été mise en place depuis assez longtemps. Donc, vous avez une combinaison de politiques gouvernementales mal élaborées en termes d’investissement, d’emploi et de production dans le pays”, a déclaré Evan Nawarire, un activiste social.

L’aggravation des difficultés économiques du Zimbabwe a fait passer le déficit commercial du pays à 3,3 milliards de dollars en 2015, contre 400 millions $ il y a une décennie. “Nous avons un déficit commercial annuel d’environ 3 milliards de dollars. Cela signifie essentiellement que nous sortons plus d’argent de notre économie que nous n’en recevons. Et la situation a été aggravée par l’intervention de la politique monétaire annoncée le 4 mai, où le gouverneur de la Banque centrale a déclaré qu’il y aurait une monnaie paritaire qui devait être mise aux côtés des devises étrangères déjà sur le marché”, a confié Nelson Banya, un journaliste finacier. Le Zimbabwe a imposé des restrictions sur l’importation de certains produits de base. Selon des économistes, la pénurie de devises est notamment due au déficit de la balance commerciale du Zimbabwe au 1er trimestre 2016.

http://fr.africanews.com/2016/06/23/le-zimbabwe-face-a-une-penurie-de-liquidites/


Arrêt des «redemptions» dans trois grands fonds britanniques, (puis 5) 06.07.2016

Citation :
Brexit. Les fonds immobiliers de M&G, Standard Life, et Aviva sont à court de liquidités suite au référendum

Conrad Bertez

http://www.agefi.com/quotidien-agefi/europe-monde/detail/edition/2016-07-06/article/brexit-les-fonds-immobiliers-de-mg-standard-life-et-aviva-sont-a-court-de-liquidites-suite-au-referendum-430939.html



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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Jeu 7 Juil - 14:31


sur l'articulation ou le passage du démocratisme radical au populisme radical
un texte à relire

l'élément nouveau, depuis 2002 et l'écriture de ce texte, c'est que le populisme n'est plus lié strictement aux "dérives d'extrême-droite" en Europe, ni en France au seul Front national, il traverse le clivage droite-gauche, notamment avec la figure de Jean-Luc Mélenchon et celles des "souverainistes de gauche" (entre Lordon et Sapir)

ce texte peut être relu en faisant jouer ce caractère récent, pour constater que sur l'essentiel, il reste valable, même s'il ne pose pas alors (et TC pas davantage aujourd'hui), les implications quant à la possibilité d'activités communistes dans ce bordel


"Le populisme"

extrait de M. Le Pen et la disparition de l’identité ouvrière RS Théorie Communiste 2002

Citation :
Le populisme se définit essentiellement comme la volonté d’abolition, dans la politique, de la distinction entre société et politique. Contre la démocratie, le populisme refuse de reconnaître comme irréductibles les contradictions et les scissions de la société, et d’accepter leur pacification dans l’État par la médiation du citoyen. Pour le populisme, la société est une communauté directement prise en charge et représentée en tant que telle dans l’État.

La communauté, c’est le peuple contre les classes sociales d’un côté et contre le citoyen de l’autre. Cependant ce peuple comme communauté n’est pas un état, un donné, il doit être construit par la réunification, la réconciliation, de ce qui a été séparé, disloqué : la société et la religion, le public et le privé, l’économie et la morale, la technique et le culturel, les masses et les élites, le travail avec le capital et la nation, etc.

En tant que mouvement politique et idéologique, le populisme se constitue sur les limites des luttes du prolétariat et se retourne contre lui. C’est l’action du prolétariat dans ses luttes revendicatives et de pression sur l’État, ainsi qu’actuellement l’impossibilité de cette activité d’exister comme projet d’organisation de la société selon ses besoins et intérêts, qui produit le peuple. Et le peuple, qui n’admet pas les contradictions, les conflits et les scissions en son sein, se retourne contre lui. Il serait angélique de ne pas constater que c’est dans des régions où parfois les prolétaires ont lutté de façon très violente contre les fermetures d’entreprises et les licenciements et pour obtenir les meilleures conditions de départ que le Front National fait d’excellents scores après la disparition de l’encadrement de la communauté ouvrière.

Mais ce peuple, on l’a dit, n’est pas un donné, n’est pas une classe sociale, ni même un groupe sociologique, il est à construire et à représenter. Par là, il devient l’apanage de la seule classe susceptible d’unifier les contradictions sociales et de les reproduire, parce qu’elle tient les clés de l’autoprésupposition du capital : la bourgeoisie. Celle-ci peut déléguer, de façon parfois conflictuelle, la direction du mouvement aux classes moyennes, ou à des catégories sociales mieux à même de le représenter, parce qu’adéquates à son contenu, comme l’Eglise, l’armée, ou le syndicat selon les contextes. C’est cette délégation aux petits patrons et artisans qui manque actuellement (et manquera toujours) au Front National (tel que les conditions françaises lui imposent d’être) et qui en fait une organisation aussi massive électoralement qu’ectoplasmique socialement.

Comme le démocratisme radical, avec lequel il partage bien des caractéritiques (le rêve de la démocratie directe, le culte de l’Etat social, la critique de la mondialisation libérale), le populisme se nourrit aux limites des luttes du prolétariat quand celui-ci ne peut se dégager d’une fixation de la contradiction entre prolétariat et capital au niveau de la reproduction de la force de travail dans le cadre d’une économie capitaliste de plus en plus segmentée (rupture de l’ordre de la société salariale) où l’articulation entre les secteurs n’apparaît dans leur implication réciproque que comme misère et richesse :  » ceux d’en bas « et  » ceux d’en haut «
(cf. les risques de la situation actuelle en Argentine).

          Le petit patronat représente idéalement cette réconciliation du travail respectable et du capital mérité, s’épanouissant dans le cadre de la nation, sociale et familiale. Malheureusement, si c’est un idéal c’est que c’est aussi une réalité. La moitié des ouvriers travaillent dans le cadre d’une petite, voire d’une toute petite entreprise, on pourrait dire que ce n’est pas le nombre qui compte mais la place dans la composition de la classe ouvrière par rapport aux dynamiques capitalistes en cours, or, de ce point de vue, force est de constater que cet éclatement n’est pas archaïque. Comme leur patron, ces ouvriers sont souvent soumis à la pression directe de la clientèle qu’elle soit privée ou celle d’entreprises plus importantes, celui qui apparaît comme aggravant les conditions de travail, forçant à tenir les salaires, c’est tout autant le patron que le client impérieux.  » A de nombreux égards, le point de vue ouvrier fait plus souvent corps avec celui du patron : ils dénoncent avec lui le poids des charges sociales, des règlements… L’alliance entre les ouvriers et les petits patrons du commerce et de l’industrie devient possible (…). ”, relève Daniel Cohen dans le Monde du 3 mai 2002, on pourrait ajouter l’attitude face aux délocalisations, à la mondialisation de la concurrence et à l’envolée des revenus  » indus « du capital. Face aux transformations sociales, non seulement le petit patron formalise le mouvement populiste, mais encore les petits patrons sont spécifiquement mis en mouvement en tant que catégorie sociale dont le pouvoir économique et politique est attaqué. Les contradictions actuelles retravaillent donc la tradition de l’extrême droite (travail, famille, patrie, racisme) pour produire les thèmes du populisme : justice économique, communauté nationale, respectabilité du travail, république et souveraineté rendue au peuple. Mais c’est continuellement face à l’exacerbation des contradictions entre les classes que le populisme du travail respectable et du capital mérité doit se prouver comme la représentation en acte de la communauté du peuple, et cela en produisant le peuple contre l' » impopulaire ”, le non-patriotique : la finance, les élites politiques de la démocratie représentative, les  » intellectuels et artistes cosmopolites « et les grands capitaines d’industrie d’un côté ;  les  » profiteurs du Welfare « et le  » groupe repoussoir « des enfants d’immigrés de l’autre.

          Bertinotti, dans le texte précédemment cité, a raison de souligner qu’il ne s’agit pas de  » populisme vieilli « et que  » nous ne sommes pas confrontés à des reflux fascistes ”. Si le petit patron représente la figure idéale de ce populisme c’est que celui-ci est absolument  » moderne ”. Sans qu’il en tienne compte, c’est parce qu’il baigne dans les caractéristiques italiennes de la petite entreprise que Bertinotti peut dépasser la vision poujadiste qui a encore cours en France, bien que là aussi dépassée. Mais en se passant de la figure du  » petit patron « et de ses ouvriers, Bertinotti laisse de côté la condition de la réussite précisément populaire de ce populisme, pour n’en faire qu’une expression de la classe capitaliste, perdant ainsi sa spécificité (il est vrai que pour un tenant pur et dur du programmatisme, c’est une couleuvre difficile à avaler).

          Le petit patron est tout à fait moderne. Le gouvernement de Berlusconi comprend douze  » petits « patrons sur vingt-six ministres. C’est dans les années soixante-dix, à partir de PME très dynamiques, qu’émergent ceux que Pierre Musso dans le Monde diplomatique d’avril 2002 appelle des  » néo-condotierri postfordistes « comme Gilberto Benetton et Silvio Berlusconi. Durant l’été 2001, la direction de l’organisation patronale Cofindustria est revenue à Antonio d’Amato, porté par les PME du Nord-Est, contre Carlo Callieri, pourtant soutenu par Agnelli et De Benedetti. Si tous ces éléments font en réalité système et si le capitalisme italien reste dominé par un petit nombre d’actionnaires financiers (malgré le déclin de Mediobanca et la mort d’Enrico Cuccia), il n’en demeure pas moins que les familles historiques du capitalisme fordiste italien ont du partager leur pouvoir avec ces  » néo-condotierri « qui même devenu gros ont conservé le mode de fonctionnement d’une PME et dont la réussite dépend des modalités d’exploitation de la force de travail en cours dans ces PME de moins de 10 salariés (on fabrique parce qu’on a déjà vendu, ce qui laisse supposer les conditions de travail et les statuts des travailleurs) qui représentent la moitié des quatre millions d’entreprises italiennes, sans oublier les 22,6 % de la main-d’oeuvre totale employés  » irrégulièrement ”. Cette extrême droite populiste avec son autoritarisme et sa xénophobie (non de rejet mais de garantie policière que l’ouvrier restera à sa place, cf. la régularisation massive récente des clandestins sous contrôle des patrons) s’enracine dans les transformations actuelles du capitalisme : dans sa restructuration. La figure moderne du  » petit patron « est celle de  » l’obéissance aveugle et absolue aux lois du marché « et à  » un libéralisme économique qui ne s’embarrasse d’aucun scrupule vis-à-vis des conditions des travailleurs. ”. Bertinotti poursuit : « Si l’on ne comprend pas cet engrenage, on ne comprend pas pourquoi cette droite, définie comme anormale ou vieillie, s’affirme au sein de processus économiques modernes.  » En France, c’est dans cet engrenage que le Front National parvient difficilement à se placer, contrairement à beaucoup d’autres populismes européens ; victime, si l’on peut dire, d’un côté, de la structure productive du capitalisme français et, de l’autre, de son trop grand succès ouvrier qui le coupe sur le plan  » sociétal « d’une grande partie des  » classes moyennes « (homophobie, condition féminine, avortement, peine de mort, pacs ..). Tout cela tenant au déroulement de la restructuration en France, principalement à un faible éclatement des structures productives lors des restructurations industrielles.

          L’éloignement de Jean-Marie Le Pen de l’hédonisme d’un Pim Fortuyn n’est pas qu’un  » détail « et Pia Kjaersgaard (chef du Parti du peuple danois) le qualifie de  » figure du passé ”. C’est la profondeur de l’acceptation du libéralisme qui est en jeu, celui-ci ne définit pas seulement une série de principes économiques mais une conception et une pratique du fonctionnement de la société et de la notion d’individu.  » Dans la plupart des autres pays, les divisions régionales, religieuses, corporatistes se sont maintenues jusqu’au XX° siècle (contrairement à la situation française où tout cela est démantelé lors de la Révolution, n d a). Elles ont donc pu être mobilisées par les citoyens (souligné par nous) en lutte, pour défendre leurs intérêts particuliers. Dans le cas français, le  » matériel « mis à la disposition des individus pour nommer leurs différences et nourrir leur sentiment d’appartenance collective a été très tôt limité à deux grands registres : la lutte des classes (patrons / ouvriers) et le clivage national / étranger. « (Gérard Noiriel, le Monde diplomatique, janvier 2002.) L’identité ouvrière s’est politiquement constituée en France dans ce double clivage : contre les patrons, bien sûr, et dans la distinction d’avec l’étranger. De la troisième République jusqu’aux années 1970, la constitution et la reconnaissance d’une identité ouvrière d’un côté et, de l’autre, l’exclusion des immigrants étrangers sont les deux faces d’une même pièce. Depuis la III° République à la fin du XIX° siècle jusqu’à la crise / restructuration actuelle, l’Etat et la loi sont les acteurs centraux du clivage à l’intérieur de cette dualité. Cette intégration de la classe ouvrière dans l’Etat-nation ne fut pas que politique, progressivement le simple fait d’appartenir à l’Etat a permis d’obtenir des droits sociaux et c’est alors que le développement de l’immigration fut une conséquence de cette démocratisation.  » Jusqu’à la fin du second Empire, la ligne de fracture fondamentale était d’ordre sociologique, opposant le monde des notables aux classes laborieuses et dangereuses. Ces dernières n’avaient pratiquement aucun droit ; le fait que leurs membres soient  » français  » ou  » étrangers  » était donc sans importance. Mais à partir du moment où le peuple dispose de droits politiques et sociaux, il devient nécessaire d’établir une discrimination radicale entre ceux qui appartiennent à l’Etat français et les autres. L’étranger est alors défini de façon négative. C’est celui qui ne possède pas les droits consentis aux nationaux. (…). Dès la fin du XIX° siècle, l’immigration de masse va permettre d’exploiter toutes les potentialités offertes par ce clivage. Les capacités de résistance accordées aux classes populaires par la III° République ne permettant pas à la grande industrie de trouver sur place toute la main-d’oeuvre nécessaire, il a fallu pour constituer le prolétariat de mineurs, de manoeuvres, d’ouvriers agricoles et de bonnes à tout faire dont le pays avait besoin,  » fabriquer « une population privée des droits sociaux accordés aux nationaux et n’ayant pas la possibilité de protester collectivement contre le sort qui lui était fait. Des vignobles du Roussillon aux hauts-fourneaux de Moselle, le patronat va alors chercher de la main-d’oeuvre en Italie, en Pologne et dans les colonies. (…). En interdisant aux étrangers de travailler en France sans une autorisation officielle, l’Etat républicain s’est donné les moyens de réguler les flux migratoires, d’interdire l’entrée des immigrants sur son territoire en période de récession, de canaliser les flux vers les secteurs déficitaires, de limiter la concurrence dans les branches prisées par les nationaux. Au cours de la même période, ce dispositif a été renforcé par une multitude de mesures destinées à élargie la  » fonction publique ”, de façon à multiplier le nombre des emplois réservés aux Français. « (ibid.). Si l’analyse de Noiriel est passionnante, elle laisse cependant de côté le fait que ce qu’il appelle  » l’intégration des classes populaires  » n’est pas qu’un phénomène institutionnel, mais politique (dans un sens plus large qu’institutionnel), social et économique. Cette intégration est en fait un rapport de classes entre le capital et le travail qui s’impose au-delà des clivages institutionnels, c’est la formation et la confirmation d’une identité ouvrière à l’intérieur de la reproduction du capital. L’action politique et syndicale et tout simplement les luttes quotidiennes ont régulièrement subverti ce clivage (non sans affrontements), l’existence d’une identité ouvrière permettant cette subversion. La disparition d’une identité ouvrière laisse en revanche le clivage institutionnel à nu, de lui seul dépend l’ » intégration « et la reconnaissance (les sans-papiers n’ont eu droit de la part du mouvement ouvrier qu’à un furtif coup de chapeau et parfois même à l’hostilité des immigrés anciens). Le grand maître de ce clivage c’est l’Etat, c’est à lui que l’on s’adresse, c’est de lui que l’on attend tout, d’autant plus que, comme on l’a vu, toute référence intermédiaire a disparu depuis longtemps des luttes sociales en France, n’en déplaise aux Bretons, Basques et autres Corses. C’est toute cette longue histoire qui a structuré en France l’identité ouvrière sur le socle du clivage national / étranger et dont l’Etat était le maître d’oeuvre et le garant ultime qui met en porte à faux le  » libéralisme « du Front National et lui donne son air de vilain petit canard de la famille populiste européenne, quand comme ses frères il est le résultat de la disparition de cette identité. Contre cette disparition, en France il n’y a qu’une instance : l’Etat. Pour être rapide, le Front National balance encore entre, d’un côté, la tradition et la loi et, de l’autre, le contrat.

          L’extrême droite dont nous assistons au succès en Europe est celle que Jean-Yves Camus (auteur des Extrémismes en Europe, éd. de l’Aube, 1998 et du Front National, éd. Milan, 2001) qualifie d’ »atypique « en ce qu’elle abandonne le culte de l’Etat pour l’ultra-libéralisme, le corporatisme pour le  » jeu du marché ”, et même parfois  » le cadre de l’Etat-nation pour les particularismes régionaux ou purement locaux. « (le Monde diplomatique, mai 2002). En Italie, dans son évolution, l’Alleanza Nazionale a laminé les groupuscules néofascistes purs et durs, partout les partis qui se réclament de l’héritage direct du fascisme, du salazarisme, du phalangisme ou de la dictature des colonnels en Grèce sont totalement marginalisés. De même, en Belgique, si le Vlaams Blok (Bloc flamand) se réfère toujours au  » nationalisme solidariste « et au  » nationalisme flamand « de Henri De Man, le courant libéral y est de plus en plus important et donne le ton général du programme en se référant à Margaret Thatcher qui  » a libéré son pays de la dictature des syndicats « (au point que le combat pour l’indépendance de la Flandre n’est plus réservé qu’aux discours dominicaux). Les plus prospères de ces partis d’extrême droite, ceux de l’Europe scandinave, attirent électoralement une proportion de plus en plus grande d’ouvriers même si leur socle demeure les  » classes moyennes « et les patrons indépendants. En Norvège, où le chômage est quasiment inexistant et où les revenus pétroliers assurent pour l’instant un avenir sans nuages à l’Etat providence, le succès du Parti du progrès (Fremskridtspartiet) en milieu ouvrier semble mystérieux, d’autant plus qu’il défend l’idée d’une dérégulation totale du marché du travail impliquant une disparition du salaire minimum. Dans la situation de prospérité de la Norvège, une telle dérégulation n’apparaît pas comme une menace mais plutôt comme l’ouverture d’opportunités salariales (concurrence, primes, individualisation…) et l’absence de salaire minimum comme une relégation hors de l’espace salarial commun de la main-d’oeuvre non nationale. La prospérité y apparaît comme la préservation de l’homogénéité ethnique, religieuse et culturelle. Partout, ce qui domine c’est le ralliement de cette extrême droite au libéralisme, ce qui la différencie et la coupe radicalement du fascisme historique.

          Cependant, son succès électoral tient à ce que ce libéralisme est boiteux : libéralisme sans, et même, de façon proclamatoire, contre la mondialisation. Le point commun de tous ces mouvements, y compris naturellement le Front National, est d’ériger la  » préférence nationale « en protection de ce qui reste d’Etat providence (même quand celui-ci, comme en Norvège, ne paraît pas immédiatement menacé : il vaut mieux faire envie que pitié). Une fois affirmé ce point programmatique dur, la critique de la mondialisation est en fait plus spectaculaire, symbolique et rhétorique que réelle. Si bien que, au-delà de la participation directe de ces partis au pouvoir et des aléas de leurs succès électoraux, leur  » modernité « réside avant tout dans le fait que leurs thèmes sont partout présents dans les partis dits  » de gouvernement « (sans parler des nombreux arrangements locaux et / ou nationaux ainsi que des changements  » personnels « d’étiquette) et que les critiques qui leur sont adressées dans le  » débat politique « ne dépassent jamais la stigmatisation diabolique de leur  » fascisme « ce qui passe totalement à côté de leur réalité. Même si cela n’a pas d’importance, on ne peut s’empêcher de se demander si ce n’est pas volontaire.

          Partout, c’est la disparition de l’identité ouvrière et par là de sa représentation politique social-démocrate et / ou communiste qui déstabilise le fondement politique de l’Etat démocratique. Celui-ci est la pacification d’un clivage social que la démocratie reconnaît comme réel au moment où elle en est la représentation comme affrontement entre citoyens. Contrairement au populisme, la démocratie est la reconnaissance du caractère irréductiblement conflictuel de la  » communauté nationale ”, de ce point de vue la reconnaissance de la classe ouvrière a été historiquement au coeur de la construction de la démocratie, elle en fut même le moteur et le critère. Il est inutile de revenir longuement sur la déliquescence de la social-démocratie déjà abordée dans la partie de ce texte plus spécialement consacrée à la disparition de l’identité ouvrière. La social-démocratie et les partis communistes (frères ennemis) constituaient la forme dominante de la représentation politique inhérente à l’identité ouvrière. Celle-ci s’était constituée dans la première phase de la subsomption réelle du travail sous le capital dans le cadre mondial du fordisme et corrélativement dans le cadre national du bouclage de l’accumulation. Comme expression politique, la social-démocratie se caractérisait par trois points : la constitution d’un parti de masse, une sorte de contre-société (ce point là ne fut jamais effectif en France) ; un projet de réforme de la propriété en  » propriété sociale « ; la protection sociale. Le premier point est devenu caduc dans l’entre-deux-guerres, le deuxième s’est alors limité à un effet oratoire dans la présentation des programmes avant d’être officiellement abandonné, ne restait que le troisième. Le keynésianisme interne, en possible situation de compromis avec un libéralisme externe de plus en plus important, est devenu la politique naturelle de l’identité ouvrière jusqu’à ce que toutes les caractéristiques de la restructuration actuelle en ont fait disparaître la possibilité : coût budgétaire des programmes sociaux, montée du chômage, précarisation de la force de travail, décentralisation des relations professionnelles, autonomisation des marchés financiers, concurrence internationale. C’est-à-dire fondamentalement la modification du rapport d’exploitation. Nous ne rentrerons pas dans l’analyse des différentes possibilités de reconstruction de la social-démocratie ; une des plus intéressantes est certainement celle entamée autour de la CGIL en Italie qui retrouve la stratégie socio-politique qu’elle avait inaugurée à la fin des années soixante-dix, puis, à l’époque, rapidement abandonnée. Quelle que soit la nouvelle configuration  » social-démocrate ”, elle ne sera plus la représentation de l’identité ouvrière mais un accompagnement légal ou contractuel de la restructuration et la déstabilisation générale du fonctionnement de l’Etat démocratique, que cette disparition implique, perdurera.

          En effet, la critique démocratique du populisme n’est pas chose aisée. Pierre Rosanvallon faisait remarquer, il y a déjà quelques années, que l’on voit aujourd’hui employés pour critiquer l’idée de référendum sur les problèmes de société, les mêmes arguments qui étaient employés au XIX° siècle contre le suffrage universel : le manque d’éducation du peuple. Rosanvallon poursuit :  » Nous avons besoin de pouvoir faire philosophiquement une critique démocratique du populisme. Ce qui est en cause, pour faire vite, dans une perspective populiste, c’est une vision extrêmement pauvre de la démocratie, une vision primitive de la volonté générale. Le populisme considère que l’énergie sociale est en permanence étouffée par les élites, étouffée par les appareils, étouffée par les partis, étouffée par les institutions. C’est une vision très discutable de la démocratie. La démocratie ce n’est pas simplement l’enregistrement passif des volontés, c’est la construction du vivre ensemble. La volonté commune n’est pas donné au point de départ. Elle se construit dans le débat et la délibération. C’est sur cette base que l’on peut faire une critique méthodologique, philosophique du populisme. Il n’y a pas un  » déjà là « de la volonté générale, un  » déjà là « de l’énergie sociale. (…). Si l’on a une vision décisionniste de la démocratie, on ne peut pas faire la différence entre populisme et démocratie. « (Pierre Rosanvallon, le Monde du 14 décembre 1993.) Nous ne discuterons pas ici des notions de  » volonté commune ”, de  » citoyen « ou d’ » Etat de classe ”, nous nous intéressons au problème que la démocratie a avec le populisme. Disons seulement que la  » volonté générale « est une réalité, ce sont toujours les intérêts de la classe dominante qui se font valoir comme intérêts généraux, la démocratie, dans le mode de production capitaliste, est le processus le plus adéquat de ce  » faire valoir « et ce pour les raisons même qu’énonce Rosanvallon.

          La représentation pacifiée en  » volonté générale « d’une société reconnue comme nécessairement conflictuelle (c’est là toute la force de la démocratie) est un travail et non un reflet. C’est-à-dire que dans le fonctionnement démocratique de l’Etat, la réification et le fétichisme sont des activités, c’est la politique comme partis, débats, délibérations, rapports de force dans la sphère spécifique de la société civile, décisions (cf. la première partie de ce texte). Se contenter de se moquer des démocrates qui n’acceptent pas le résultat d’un vote c’est un peu léger et c’est ne rien comprendre à la démocratie comme représentation. Les ricanements radicaux restent en deçà d’une analyse démocratique sérieuse de la démocratie.

          La démocratie semble inexorablement devenir populiste parce que c’est le travail de représentation qui est en crise. Précisons : les classes existent, l’Etat existe, la classe capitaliste est la classe dominante, le fétichisme de la marchandise doublé du fétichisme spécifique du capital accomplissent toujours leur oeuvre. Dans la mesure où l’intérêt propre de la classe dominante passe par l’Etat, il doit acquérir la forme d’un intérêt universel, d’une volonté générale. Quand nous disons que toute classe dominante doit » représenter son intérêt propre comme étant l’intérêt universel « (Marx, Idélogie allemande, éd. sociales, p. 62), il ne s’agit pas d’une supercherie, d’un piège tendu aux classes dominées, d’une manœuvre qui pourrait être comme ne pas être. L’intérêt collectif (exprimant la dépendance réelle réciproque des classes) qui dans une société de classes est l’intérêt particulier de la classe dominante prend, en qualité d’Etat, une forme, premièrement, indépendante de l’intérêt particulier de la classe dominante elle-même parce qu’il n’est immédiatement qu’un intérêt particulier face à d’autres et, deuxièmement, indépendante de la simple dépendance réelle entre les classes parce que cette médiation du collectif nie sa particularité, il devient un intérêt universel. L’intérêt particulier de la classe dominante ne peut se réaliser comme intérêt particulier que comme intérêt universel, en qualité d’Etat. Il lui faut sortir de sa particularité, l’Etat doit être séparé de la lutte des classes pour être au mieux l’Etat de la classe dominante, la bourgeoisie célèbre comme ses grands hommes politiques ceux qui lui donnèrent souvent du fil à retordre. Le travail politique de représentation est cette sortie de la particularité, ce que Rosanvallon appelle la  » construction du vivre ensemble ”, le  » débat ”, la  » délibération ”. Par nécessité un tel travail n’est possible que dans la mesure où plusieurs intérêts particuliers sont susceptibles de se faire valoir dans la sphère de l’universel (une particularité unique, en rapport seulement avec elle-même, ne peut pas sortir d’elle-même, elle n’est rien) ; même si le vainqueur est forcément connu d’avance, il est dans la nature des intérêts particuliers de devenir indépendants d’eux-mêmes et de concourrir (leur propre poursuite implique pour eux d’apparaître comme un intérêt  » universel ”, spécial et particulier parce que face à un autre).

          Le problème de la démocratie est actuellement de ne plus connaître qu’une seule de ces particularités aptes à concourrir, la disparition de l’identité ouvrière et de sa représentation a entraîné toutes les autres dans son naufrage. Or, seule, cette particularité n’est rien, rien en tant que faire valoir universel. Dans la disparition de la démocratie, la bourgeoisie joue son universalité. Trivialement : plus personne n’y croit ; tellement que les  » scandales « qui, sous la troisième République, jusque dans l’entre-deux-guerres, pouvaient ébranler le fonctionnement démocratique de l’Etat, aujourd’hui  » tout le monde s’en fout « et ne sont qu’un sujet de comique répétitif et éculé. C’est grave pour la bourgeoisie, non pas seulement parce que le leurre ne fonctionnerait plus (ce qui n’est pas négligeable), mais surtout parce que tant que le leurre fonctionne cela signifie qu’il n’en est pas un et que la bourgeoisie apparaît en réalité comme la classe de l’universel, que son intérêt propre se construit réellement dans l’opposition entre les classes et par elle comme l’intérêt général en tant qu’Etat, ce qui nous renvoie à la question du statut actuel de la domination et de l’oppression dans l’exploitation et l’autoprésupposition du capital. De surcroît, ce que l’on rencontre au niveau des Etats nation se retrouve au niveau du système des Etats dans la politique américaine. La domination des intérêts particuliers de la classe dominante ne se construit plus en  » volonté générale ”, les conditions du  » débat « et de la  » délibération « ont disparu. Le fonctionnement démocratique se scinde alors en une hypertrophie institutionnelle indépendante de tout travail de représentation (cours constitutionnelle, cours des comptes, conseil d’Etat, banques centrales, toutes les autorités indépendantes de régulation économique au niveau national, européen ou international) et une  » représentation « vitaliste populiste et aléatoire des intérêts particuliers. Le vitalisme populiste, c’est l’hostilité à tout ce qui peut faire écran entre le peuple et ceux qui sont censés l’incarner au pouvoir. L’aléatoire de la  » représentation « réside dans le fait qu’en se  » désociologisant « la représentation formalise des thèmes transversaux (sécurité, questions  » sociétales ”, environnement, immigration,  » qualité  » du personnel  politique…) polarisant les votes de façon imprévisible et surtout accidentelle.

L’analyse morphologique des manifestations de rue nous confirme dans l’effondrement de la démocratie comme représentation. Tout d’abord durant les dernières décennies le nombre de manifestations a considérablement augmenté, en revanche leur ampleur diminue fortement : des micromobilisations ne rassemblant qu’une cinquantaine de personnes ; les organisateurs sont de moins en moins les partis politiques, encore les syndicats et, de plus en plus, des associations ; les thèmes ne sont plus des causes politiques comme dans les années soixante-dix, mais des objectifs proches et  » limités « : revenus, emplois, chômage ; les professionnels du métier politique dont l’activité est considérée comme abstraite et douteuse sont tenus à distance. Mais,  » si les catégories de la population qui participent le moins aux élections sont celles qui ont pour caractéristique d’être les plus touchées par les effets de la crise économique, il n’en va pas de même pour la participation aux manifestations. En effet, ceux qui ont le plus souvent recours à la rue sont les ouvriers et les employés et, depuis le milieu des années quatre-vingt-dix, les chômeurs. (…). Alors que les 18-24 ans sont classiquement les plus nombreux à ne pas voter, ils sont massivement impliqués dans les manifestations de rue. « (Olivier Fillieule – auteur de Stratégie de la rue. Les manifestations en France, Presses de Sciences Po, 1997 – in le Monde du 1° juillet 1999) .

          Le populisme n’épuise pas l’effondrement de la démocratie comme représentation et la disparition de l’identité ouvrière est loin d’être la fin de la classe ouvrière et de la lutte de classe.


plus haut dans le même texte, à méditer relativement à la question le Brexit est-il un vote de classe ?

RS a écrit:
Le vote Le Pen est une protestation, une protestation ouvrière (pas seulement et il faudra l’expliquer) non pas de la classe ouvrière contre le mode de production capitaliste mais contre la disparition de la possibilité de sa représentation sociale et politique (nous avons vu dans la première partie ce qu’était la représentation et dans la deuxième le processus de sa disparition).

Cette protestation affirme l’existence de la classe ouvrière (comme avait pu le faire le vote contre Maastricht, qui, lui, avait réjoui pas mal de  » radicaux ”), si cette affirmation s’appuie sur la nostalgie d’un passé révolu et largement fantasmé, elle est, avant tout, actuelle car elle n’est pas celle de l’identité ouvrière, même fétichisée dans la représentation politique. C’est une affirmation ouvrière qui ne fait qu’affirmer toutes les catégories actuelles des modalités de l’exploitation. Elle se distingue de l’affirmation de l’identité ouvrière en ce qu’elle n’affirme que l’existence du capital tel qu’il est, mais c’est aussi là qu’existe la classe ouvrière.


à la lecture, on saisit bien pourquoi "revenir à gauche" par la politique est vain, parce que tapant à côté du problème dans ses dimensions économiques comme idéologiques... et politiques

si j'ai utilisé le terme de populisme radical, c'est qu'il est ici à prendre à la racine, comme dans démocratisme radical, précisait RS, et son caractère traversant le clivage droite-gauche fait ressortir cette radicalité, la même au fond que l'on retrouve dans l'idéologie française

il est assez effarant de voir à quelle vitesse se sont précipitées les choses depuis les attentats de janvier 2015 à Paris


Dernière édition par Admin le Jeu 7 Juil - 16:12, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: EUROPE (et au-delà) : DÉMOCRATISME POPULISTE ? Brexit, Trump... CATALOGNE   Jeu 7 Juil - 15:40


bribes d'une conversation avec Corinne Cerise, pour éclairer les interventions précédentes


Patlotch a écrit:
il n'y a pas à tout cela un sens unique (y compris décolonial vs populiste) mais une ère chaotique où les modèles sont caduques, y compris la contradiction prolétariat-capital comme moteur de l'histoire immédiate

Corinne a écrit:
Pouvez-vous expliciter plus avant ce que vous entendez, particulièrement le fait que la contradiction capital-prolétariat n'est plus le moteur de l'histoire immédiate. C'est quand même un gros morceau.

Patlotch a écrit:
peut-être que la plume de Marx a dérapé quand il a écrit dans Le Manifeste que « L'histoire de toute société jusqu'à nos jours, c'est l'histoire de la lutte des classes ». Toujours est-il que c'est faux pour des sociétés anciennes et que pour y voir une explication directe en permanence, il faut avoir de bons yeux

mon travail a consisté à montrer que les contradictions entre classes portent des masques, qu'on peut certes qualifier d'idéologies, mais qui n'en déterminent pas moins les caractéristiques actuelles. Alors peut-être qu'en le considérant de façon conceptuelle sur la base de "structures" on se persuade que la contradiction capital-prolétariat est ce moteur, mais encore faut-il le prouver empiriquement. Souvenez-vous qu'Endnotes4 posait la question "Pétrification partielle de la lutte des classes ?" > http://dndf.org/?p=14532

j'ai répondu ironiquement par "pétrification partielle de la théorie de la communisation ?" 6 déc 2015
http://civilisation-change.forumactif.org/t357-endnotes-theorie-filant-a-l-anglaise

je pense que la théorie "post-prolétarienne" (Christian Charrier, Temps Critiques), l'universalisme prolétarien même post-programmatique (théorie de la communisation), est en difficulté parce qu'elle n'arrive plus à trouver les points chauds actuels de la contradiction de classes derrière ses médiations (temporelles). Notez qu'ils ne disent pratiquement rien sur les phénomènes migratoires et qu'ils sont toujours aussi réticents à embarquer la "race" dans leurs considérations, à mon sens contre toute évidence, dont le Brexit et le populisme de gauche sont pour moi la preuve d'une centralité de ces questions en Europe du moins et plus largement dans la réaction occidentale néo-impérialiste, extractivisme, etc.


Corinne a écrit:
Je ne comprends pas trop le terme "dérapé" dans la logique de votre propos. D'autant que cette formule fameuse a été fort nuancée par Engels dans les multiples préfaces du Manifeste (ou œuvres ultérieures comme "L'origine de la famille").

Cela dit, oui, je n'y vois plus d'explication directe dans les récents mouvements tant ici que dans le monde. NuitDebout (ou n'importe quel mouvement populiste de gauche depuis plusieurs années) me semble être l'exemple type du transclassisme, opéré depuis 20 ans par le DR, puis par le "peuple souverain"

Par contre comme déjà dit, - et c'était un peu l'objet de la question de mon courriel initial - mais je me trompe peut-être, je vois bien évidemment non pas une "lutte de classes" dans le Brexit, j'en retiens le populisme et la xénophobie du discours, mais pour moi ce fut un vote de "classe".  

Enfin, si Marx a "dérapé", comment se représenter, analyser et combattre le monde dans lequel nous vivons ?


Patlotch a écrit:
Marx a "dérapé" du point de vue de l'histoire des sociétés, et aussi, mais ça on ne l'a compris que plus tard, sur l'histoire comme succession linéaire de modes de production, ce que mettent en évidence aujourd'hui l'"histoire globale", dont la pensée décoloniale. Période a publié au moins un texte sur la question

Corinne a écrit:
J'avoue ne pas comprendre. Les rapports sociaux ont toujours été médiés par des représentations, et c'est encore plus vrai dans la phase de subsomption réelle où le prolétariat est classe du capital. Mais qu'y aurait-il de nouveau dans ces médiations depuis quelques années ? Le déclin du capitalisme occidental aurait-il remanié ces représentations dans une restructuration qui se mène à l'heure qu'il est ?

Patlotch a écrit:
il y a toujours eu des médiations, des représentations, mais dans le programmatisme ouvrier, la certitude que la lutte de classe est le facteur essentiel, la médiation est celle de ses partis, du "mouvement communiste international". Ce n'est pas le "déclin du capitalisme occidental" en soi qui les remanie, c'est la restructuration globale du capital mondial dont la crise de l'Occident est devenu un facteur dynamique, à terme peut-être pour le meilleur, mais pour l'heure pour le pire

quoi de nouveau ? Dans la crise de l'Occident émergent des luttes qui répondent à cet aspect de la crise, luttes qualifiées d'identitaires parce qu'effectivement fondées sur des identités revendiquées pour lutter. Où d'autres voient un mur posé devant la lutte de classes, contre lequel ils envoient leurs flèches prises dans le carquois de l'idéologie dominante (sioniste, anti-communautariste, universelle abstraite en version prolétarienne...),

je vois une dialectique susceptible de dépassements à produire de ces identités de luttes, pour peu qu'elles se reconnaissent comme médiations de la lutte de classes, autrement dit la possibilité d'une dynamique de classe et décoloniale dont ce forum fait la promotion à fronts renversés contre une idéologie décoloniale transclassiste et contre un marxisme eurocentriste

alors oui, on peut dire qu'elle ont un caractère nouveau par rapport à il y a cinquante ans ou plus


Corinne a écrit:
l'extractivisme n'est pas quelque chose de nouveau à mon sens. Pourquoi insistez-vous souvent sur ce point ?

Patlotch a écrit:
peut-être est-ce moi qui n'ai découvert cet aspect, ou ce terme d'extractivisme, que récemment. Il est intéressant parce qu'il permet de relier exploitation capitaliste (dont rente foncière), luttes pour la terre, écologie, luttes des femmes, rapport à la nature...

autrement dit c'est un point de vue carrefour, différent de l'entrée "exploitation du prolétariat", qui s'articule assez visiblement dans ce que j'appelle dialectique complexe


Corinne a écrit:
C'est une très belle construction, mais rien ne vient faire frémir cette théorie pour l'instant, non ?

Patlotch a écrit:
le problème, du moins en France et en Europe, c'est que ça ne "frémit" qu'en creux, en théorie du fait de l'eurocentrisme chez les marxistes européens, et dans les luttes entre classes, du fait du populisme comme impasse prolétarienne, d'où la tonalité désespérément pessimiste du forum ces derniers temps, et l'assurance que ça ne va pas faire "bander" les "camarades" qui ont plus que tout besoin de croire, ce qui après tout est humain...

Corinne a écrit:
« Marx a "dérapé" »... Oui, j'ai enfin compris là :-) Merci.

Patlotch a écrit:
dans ces réflexions à ces réflexions, j'ai tendance à m'exprimer parfois de façon trop lapidaire, d'où l'intérêt d'avoir des répliques stimulantes, de faire conversation

bon, nous avançons, et vos questions me permettent d'être plus précis et j'espère plus clair et plus rigoureux...


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