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dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
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 AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui

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MessageSujet: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Dim 29 Nov - 23:44


sujet détruit, à reconstruire...


avertissement, du 24 janvier 2016 :

nous ne critiquons pas l'activisme, autrement dit le militantisme*, en soi, mais en tant que théorie ou activités avant-gardistes séparées

j'avoue un raccourci, parce qu'en français, du moins dans les débats du milieu théorique, il y a une différence entre militant et activiste, le premier étant plutôt réservé aux militants des partis et organisations, le second aux activistes "coupables" d'intervention comme éléments extérieurs. En anglais, activist renvoie généralement à militant. Exemples : peace activist = militant pacifiste; union activist = syndicaliste; human rights activist : militant des droits de l'homme

je ne fais pas de différence essentielle entre activisme pratique et activisme théorique ou théoriciste, que je considère comme les deux faces d'une même monnaie avant-gardiste, par exemple celle qui a structuré la revue Meeting, rapprochement d'opportunités du besoin de théorie des uns pour justifier leurs pratiques, et des autres pour avoir un vecteur de diffusion dans un milieu privilégié bien que critiqué : les objectifs de Meeting étaient contradictoires dans les termes pour Théorie Communiste, comme l'ont souligné les autres théoriciens de la communisation pour expliquer qu'ils n'en seraient pas. Débarquant naïvement, il m'a fallu du temps pour comprendre le deal, et admettre que casser ce tabou fondateur n'était pas bien venu...



Dernière édition par Admin le Mar 6 Sep - 17:02, édité 5 fois
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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Ven 4 Déc - 11:04

extrait de l'éditorial de Théorie Communiste, 22 2009



TC a écrit:
La question de l’intervention ne se pose qu’à partir du moment où l’on a fait de la diversité des activités une abstraction : la pratique comme abstraction. La question de l’intervention transforme ce que l’on fait dans telle ou telle lutte (ou ce que l’on ne peut pas faire), c’est-à-dire des pratiques toujours particulières en une abstraction de la pratique construisant le dilemme intervention / attentisme.

Cette abstraction est quelque chose de bien tangible qui se construit par des activités et des attitudes empiriquement constatables :

- la « veille pratique » ;
- la capacité à « choisir » entre les luttes ;
- la « partie de la société au-dessus de la société » ;
- le « tout me concerne » ;
- l’évanouissement de la reproduction du capital dans la lutte des classes, conservé comme cadre mais non comme définition des acteurs ;
- la question de la stratégie et la révolution comme but à atteindre ;
- la décision de l’individu comme point de départ méthodologique et non l’existence d’un processus contradictoire ou d’un écart que des activités expriment ;
- le saut par dessus la reproduction du capital au nom d’une situation jugée comme fondamentalement commune.

L’essentiel de la critique de la question de l’intervention réside dans l’abstraction de la pratique et l’objectivation de la lutte des classes qui se répondent réciproquement (par là, son ennemi, « l’attentisme », n’est que le sien).

La « Pratique » acquiert en tant que telle, en tant qu’entité, un sens face à son complément, tout aussi abstrait, la lutte de classe comme situation. Les pratiques particulières en tant que telles ne sont plus que des manifestations occasionnelles de la pratique comme abstraction dans le dilemme entre Pratique et Attentisme.

C’est là le fondement même de la question de l’intervention, c’est-à-dire de l’intervention comme question.


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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Ven 4 Déc - 11:09



L’intervention et le courant communisateur par B.L. revue Meeting 18 juin 2008

En dépit de son titre, cette note pour une discussion n’aborde pas la question de l’intervention à proprement parler, mais porte plutôt sur le devenir social du concept-clé de notre théorie : la communisation. C’est à dire sur formation d’une situation dans laquelle on doit envisager qu’une forme d’intervention est possible avec toutes les réserves quant à l’emploi de ce terme, désignant une action venue de l’extérieur et arrivant dans un cadre qui l’accueille ou la repousse.

Il ne s’agit pas de rejeter tout le travail à faire autour de l’affirmation d’une théorie révolutionnaire, de sa diffusion, de la constitution de noyaux plus ou moins stables sur cette base et des activités de ces noyaux. Cependant, au terme « intervention », il faut préférer la description de l’activité de partisans de la communisation, engagés dans des luttes de classe avec les conflits et les écarts qui les traversent


BL a écrit:
Cette activité se situe dans le cours quotidien de la lutte de classes réellement, concrètement productif de son propre dépassement comme révolution communiste, il faut comprendre ces activités comme produites dans ce cours comme une de ses déterminations pratiques, comme un de ses éléments, et cela dans ses caractéristiques théoriques (au sens restreint) elles-mêmes. Cette production théorique n’existe pas en soi, en tant que corps constitué, face et précédant ce cours immédiat, c’est pourquoi la théorie doit être perçue comme élément réel des luttes. La situation à l’issue de la restructuration est telle qu’il n’y a plus de base pour l’affirmation du prolétariat en vue de libérer le travail productif. Le travail immédiat (le seul productif de plus-value) n’est plus l’élément essentiel du procès de travail, même s’il reste, et restera toujours, essentiel au procès de production en tant que production de plus-value. Il n’existe plus d’identité ouvrière propre face au capital et confirmée par lui. Maintenant, l’existence sociale du prolétariat est, et reste, face à lui comme étant le capital même. La contradiction du prolétariat au capital est alors immédiatement contradiction à sa propre nature d’être une classe du capital, le rapport au capital qui définit le prolétariat comme classe apparaît comme une contrainte exercée par le capital.

Le dépassement du capital est unitairement abolition des classes et donc du prolétariat dans l’abolition du capital, dans la communisation de la société qui est ainsi abolie comme communauté séparée de ses membres. La société c’est la communauté séparée de ses membres, elle est toujours société de classes incarnée par la classe dominante. L’abolition de la classe dominante, la classe du capital, est abolition de l’Etat et de la société qu’il représente en tant qu’Etat du capital. Les prolétaires abolissent le capital en produisant contre lui une communauté immédiate à ses membres, ils se transforment en individus immédiatement sociaux, dans des relations interindividuelles et transindividuelles immédiates. Relations entre individus singuliers et groupes affinitaires qui ne sont plus chacun l’incarnation d’une catégorie sociale, même les catégories supposées naturelles mais données par la société comme les sexes sociaux de femme et d’homme. L’abolition des classes, l’abolition de la société, c’est aussi immédiatement l’abolition de son caractère sexué, caractère qui existe comme domination masculine assignée certains en tant qu’hommes médiant l’exploitation capitaliste de la capacité enfantante de la moitié des humains, la production de la force de travail, assignée comme fonction à certaines en tant que femmes. L’abolition des classes est l’abolition des hommes et des femmes qui sont des fonctions sociales assignées.

Ce procès de la révolution est communisation, production du communisme sans transition autre que la révolution elle-même. Il n’y a pas d’étape entre la révolution et le communisme : ni socialisme, ni une quelconque forme de pouvoir ouvrier ou de gestion ouvrière stable. La situation actuelle du rapport de classe est le produit de l’ensemble du procès historique du capital : comme exploitation, comme mode de production, comme économie, comme société capitaliste, comme Etat, c’est-à-dire comme contradiction permanente (l’exploitation), irréductible et s’approfondissant, entre la classe capitaliste et le prolétariat. Dans les cycles de luttes antérieurs, le prolétariat, en implication réciproque avec le capital, produisait le dépassement communiste de manière adéquate au contenu de sa contradiction avec le capital. Cette révolution – bien qu’impossible dans ses propres termes - était le dépassement réel, dont l’impossibilité n’existe comme évidente que du point de vue du dépassement que la contradiction de classe produit maintenant. Avec la mise en place de la situation présente, le prolétariat n’oppose plus au capital la positivité que le capital lui confirmait : être la classe du travail productif. Le prolétariat projetait son affirmation en programmant une étape historique de développement libre de la productivité et donc de la caducité de la valeur. Cette étape transitoire au communisme était l’intégration nécessaire par le prolétariat du devenir, sous son contrôle, de l’arc historique du capital. Cette période pouvait être conçue comme Etat ouvrier (par les marxistes) ou comme gestion communale ou syndicale (par les anarchistes), cela ne changeait rien à l’essentiel. L’impossibilité de cette intégration de l’arc du capital, était l’impossibilité de l’auto-exploitation car l’exploitation est toujours le rapport de classes distinctes.

En Russie très vite, après quelques tentatives d’autogestion, il se créa une nouvelle classe exploiteuse à partir des structures révolutionnaires, parce que la bourgeoisie avait été chassée, mais le travail productif était toujours à développer. Ce fut la contre-révolution adéquate à la révolution programmatique, pas moins sanglante ou moins barbare qu’une contre-révolution plus visiblement bourgeoise. C’est à cause de la nature de cette contre-révolution que l’ultra-gauche a été incapable de voir que ce qu’elle appelait capitalisme d’Etat était quand même vraiment le socialisme. Car cette contre-révolution spécifique ne rétablit pas la propriété privée, elle résolut le problème de l’impossibilité de l’auto-exploitation ouvrière en inventant l’exploitation par l’Etat ouvrier et sa classe entrouverte à la promotion ouvrière, le Parti. C’est ce type absolument spécifique de développement capitaliste qui expliquait l’attachement que lui manifestait une grande partie de la classe ouvrière des pays du capitalisme bourgeois classique. Cette forme « programmatique » (on aurait pu dire « travailliste » - en anglais « labourist » - s’il n’y avait eu préemption du Labour party) de la lutte de classe est maintenant globalement dépassée (ainsi que sa contre-révolution) et l’horizon est totalement et simplement capitaliste. Le « socialisme réel » (qui était réellement le socialisme, c’est-à-dire l’économie capitaliste étatisée à idéologie ouvrière et à marché du travail non-libre) s’est effondré dans la restructuration de la domination réelle où elle n’avait plus sa place. Il apparaissait que la domination réelle était directement antagonique à sa péréquation à priori et à son non-marché du travail. Le socialisme s’étant tout de même articulé au capitalisme libéral mondial, la restructuration mondiale l’a liquidé, sa disparition fut si soudaine qu’elle donna l’impression hallucinante qu’il s’était évaporé aux soleils de Tchernobyl et de l’Afghanistan pour se perdre dans les ténèbres insondables de la « guerre des étoiles » de Reagan.

Cette disparition et celle concomitante du mouvement ouvrier ont éternisé le capital dans le champ de l’économie et de la société, le seul champ temporel qui peut exister jusqu’à leur abolition. Dans cette éternisation du capital, le Démocratisme Radical a, à la fois, enterré et suppléé au programmatisme en renvoyant aux luttes de classe leur propre limite : sa propre existence comme classe est, pour le prolétariat, la limite à dépasser de sa lutte en tant que classe. Le démocratisme radical est alors la construction pour elles-mêmes des limites réelles des luttes comme corpus de revendications et de « solutions » au problèmes du capital : exigence de l’adéquation du capital à son idéologie qui prône la démocratie et l’égalité sociale, démocratie totale, économie solidaire et développement durable. Le démocratisme radical a sans doute connu l’apogée de son d’existence dans les années 1995 à 2003, il constitue néanmoins un obstacle que les luttes auront à bousculer. La caractéristique actuelle de la contradiction de classe qui est de ne pas permettre l’existence d’un « au-delà » (socialiste) du capital dans le présent du capital, pose à la fois son éternisation et la détermination de son abolition.

Dans les luttes de classe, le caractère revendicatif ne peut pas se dépasser sur sa propre base, dans la crise du rapport d’exploitation, la prise en main d’unités du capital s’impose comme une nécessité de survie immédiate, et implique le développement de l’autogestion d’autres d’éléments, eux-mêmes indispensables à la survie de ces premiers emparements. Ce mouvement s’impose à lui-même sa poursuite comme lutte, il devient son propre but comme poursuite de la lutte.

L’expansion conflictuelle, dans et contre le capital, des emparements d’éléments de tous ordres de la société capitaliste, ce développement de l’autogestion, se contredit lui-même, comme autogestion, par le développement en son sein d’un dépassement de l’échange, par la gratuité et l’unité dans la lutte des éléments saisis. Il se constitue une communauté de prolétaires qui ne veulent plus l’être et qui se transforment par la lutte en individus singuliers immédiatement sociaux. L’autogestion, l’auto-organisation, se dépassent en communisation : elles se dépassent en refusant toute stabilisation qui serait une forme de ré-étatisation et d’économie de crise potentiellement contre-révolutionnaire. Ce dépassement est lutte interne simultanée à la lutte contre la société capitaliste.

La communisation est révolution dans la révolution.

Elle est lutte des prolétaires pour leur unité dans la lutte, lutte dans laquelle ils cessent d’être des prolétaires ! La communisation n’est pas la réappropriation des capitaux par leurs prolétaires, ils ne se réapproprient rien, les capitaux sont décapitalisés radicalement, ils ne sont plus propriété, ils sont désobjectivés comme capital, comme réification de rapports sociaux, ils sont ramenés à leur éventuelle utilisation pour la lutte comme moyen de vie et/ou d’extension de la décapitalisation.

La communisation réelle n’est pas l’application pratique d’une anticipation théorique abstraite. Le concept de communisation n’est pas une invention intellectuelle répondant à une situation sociale pratique invivable et muette, il est le produit de la ressaisie autocritique des luttes qui, depuis les années 60, montrent la fin du programme, par l’absence de toute volonté d’affirmation étatique des prolétaires, Les luttes montrent aussi au travers d’activités changeantes, émeutes, grèves sans revendications dans les années 70, activités d’écart et émeutes encore, des années 90 et 2000 le refus actif - contre le capital - de la condition prolétarienne, y compris au sein de l’autogestion .

L’élaboration de la théorie de la communisation s’est faite au cours de l’entrée en crise du mode de production capitaliste à la fin des années 60 et du commencement du procès de restructuration contre-révolutionnaire du capital à partir du début des années 70. Elle est le dépassement de la contradiction dans laquelle était enfermée l’Ultra-gauche qui critiquait les formes de l’affirmation et de la montée en puissance du prolétariat (parti de masse, syndicat, parlementarisme) tout en conservant la révolution comme affirmation de la classe. Elle est également le dépassement de l’impasse de l’autonomie ouvrière, heureusement moins sanglante, des années 60/70. La critique partielle et formelle de l’ultra-gauche prônant encore l’affirmation directe par les conseils ouvriers se radicalise alors en théorie de l’autonégation d’un prolétariat théorique toujours vu comme révolutionnaire par nature, prolétariat théorique révolutionnaire, nettement distingué de la classe ouvrière réelle aliénée, qui ne pouvait être vue que défendant le travail salarié. Cette conception d’une contradiction prolétariat/classe ouvrière a débouché – la restructuration se poursuivant et l’identité ouvrière disparaissant – sur l’abandon de l’idée d’une nature révolutionnaire du prolétariat, même cachée sous la classe ouvrière. La contradiction prolétariat/classe ouvrière a été une façon transitoire de sortir de l’impossibilité de l’affirmation de la classe, cette pure lutte de concepts supposait que la nature du prolétariat ne pouvant se manifester qu’en détruisant toutes les formes d’existence de la classe dans la société capitaliste, classe qui pouvait même être appelée « capital variable ».

Toute affirmation d’une nature révolutionnaire, même sous la forme de l’affirmation d’une pure négativité, est dépassée quand la révolution comme production du communisme est le moyen même de la destruction du capital, et de l’abolition des classes. Production dans laquelle aucune nature du prolétariat ne s’exprime, dans laquelle seule la contradiction des classes est à l’œuvre, et où le communisme est produit contre le capital, tout simplement parce qu’il est consciemment nécessaire pour la lutte contre l’exploitation et contre la crise même de l’exploitation. La critique cohérente du capital, incluant son procès historique, est actuellement indissociable de l’affirmation de la perspective communisatrice. Cette critique systématisant le contenu des écarts dans la limite des luttes est en polémique avec les anarchistes de gauche et les partisans immédiatistes du communisme. La théorie de la communisation à venir, comme dépassement de l’autodéfense des prolétaires contre le capital qui s’attaque à leur reproduction immédiate, ne se présente pas comme solution, comme choix stratégique que les prolétaires devraient faire.

La perspective communisatrice existe comme moyen d’auto-compréhension du mouvement de dépassement de la lutte défensive simplement socialisatrice, maintenant cette perspective est un renforcement des activités qui posent le dépassement en critiquant l’auto-organisation et l’autogestion de l’économie par les travailleurs. La perspective communisatrice est une articulation entre le caractère théoricien des luttes et la production « théorique » au sens restreint. C’est dans cette situation qu’existe un champ d’expansion épidémique du concept de communisation.

L’élaboration poursuivie de la perspective communisatrice implique qu’elle intègre maintenant la nécessité de devenir incontournable parmi toutes sortes de partisans d’une révolution, voire même, comme disent modestement les démocrates radicaux, d’une transformation sociale. Le programme ouvrier révolutionnaire n’existe plus, le Démocratisme Radical aura été sa disparition et ce qui en a subsisté comme forme politique (sous - politicienne) de la limite des luttes. Dans ce cycle l’articulation avec les luttes immédiates doit donc être pensée à partir des éléments théoriques suivants :

- La théorie comme élément réel des luttes.
- Le caractère théoricien des luttes.
- La formation d’écarts dans le caractère de classe des luttes, c’est-à-dire dans leur limite, identique à leur nature même d’être de classe.
- L’apparition d’un courant théorique communisateur.
- La production du dépassement sur l’ensemble du cycle, ayant débuté dès les années 70.
- Le dépassement comme non-transcroissance des luttes nécessitant une rupture.
- La crise économique comme crise du rapport d’exploitation, comme crise de la reproduction des classes.

L’élément synthétique peut être l’existence du courant communisateur.

Sans doute peut-on articuler l’action des partisans de la communisation avec l’apparition d’écarts, sans les considérer du tout comme des déclencheurs mais plutôt comme des « dénicheurs ». La situation implique la formation d’écarts dans les luttes : les communisateurs ont par nature des atomes crochus avec ces potentialités.

On ne peut pas penser que la communisation se fasse sans qu’elle se nomme. Le devenir hégémonique du concept n’est en aucune façon une condition à la communisation, dont la détermination est la crise révolutionnaire du rapport d’exploitation. Cependant, le procès de dépassement communisateur aura vu le concept se répandre, dans la conflictualité au sein des luttes au sein de l’auto-organisation. Dès maintenant, il y a une bagarre entre ce que le courant communisateur avance et les restes fossilisés de l’ultra-gauche conseillo-bordiguiste. Certes, ces restes sont insignifiants mais il y a aussi, sinon bagarre, du moins polémique avec un courant immédiatiste-alternativiste qui est bien moins négligeable. L’hégémonie du concept passe maintenant par l’analyse autocritique des luttes en cours et non par la critique déjà dépassée du programme.

Cette bagarre et cette polémique ne sont pas destinées à populariser le concept, qui porte sur le sens des luttes, sur le sens du cours du capital, sur le débouché des luttes dans la crise qui vient, mais elles le diffusent et ce concept peut être intégré par bien des schémas a priori de révolution. Il peut être synonyme de collectivisation, d’autogestion (si, si, je l’ai vu !). Il peut être synonyme de constitution de l’unité des prolétaires en lutte. Les prolétaires en lutte créent entre eux des rapports nouveaux dont la médiation est la lutte contre la médiation, le capital, la désignation de cette unité dans la lutte comme communisation signifie, pour ceux qui l’utilisent, qu’ils font le lien direct entre les luttes actuelles et la révolution, ce qui est essentiel, mais ce lien est ici marqué d’immédiatisme, il autonomise la dynamique de la période, et en construit l’idéologie, qui débouche inévitablement sur un mode de vie alternatif, ce n’est pas le mode vie qui est à critiquer, c’est la posture interventionniste qui en découle. Les tendances plus ou moins immédiatistes auront tort jusqu’à ce qu’elles aient raison, mais alors ça se saura ! Le terme de communisation a été aussi considéré comme plus clair qu’anarchosyndicalisme, sans voir d’opposition entre eux. Le terme peut fonctionner comme une étiquette politique, et on la collera à tous ceux qui parleront de communisation, ils seront des communisateurs comme on peut être trotskiste ou ultra-gauche, c’est ainsi et il faut « faire avec ».

Le développement du concept, que le courant communisateur élabore en permanence, est aussi le développement d’un réseau de petits groupes et d’individualités qui n’est pas homogène et qui comprend des divergences, mais encore plus divergentes seront, comme on l’a vu, les réappropriations du concept au-delà de ce réseau. Les divergences, voire les contradictions, dans la compréhension du concept, désignant l’abolition positive du capital par les prolétaires s’autotransformant en individus immédiatement sociaux.sont inévitables mais ne sont porteuses aucune possibilité de « fausse route » pour la communisation réelle, car le concept ne crée pas le mouvement : il est une auto – saisie nécessaire du mouvement. Le courant communisateur se développe en liaison (quelle qu’en soit la forme) avec les luttes, ses concepts sont utilisés pour intégrer ces luttes à une perspective, cette utilisation génère des divergences et des interprétations qui peuvent être, immédiatistes, alternativistes, idéologiques ou étonnamment productives !

La théorie de la communisation, dans sa liaison avec les luttes de classe, produit l’eau dans laquelle elle nage, c’est le devenir banal de cette théorie qui est déjà un élément réel des luttes, qui lui permettra d’être, de plus en plus, la théorie critique de luttes de plus en plus théoriciennes. La diffusion du concept de communisation sera l’unification des deux formes de la lthéorie et leur permettra d’avoir une langue commune . Cette diffusion permettra des polémiques et fera émerger, dans les luttes, une expression possible de la perspective de dépassement qui ne sera pas, comme c’est souvent le cas maintenant, un implicite à décrypter.

Attendons-nous à être surpris et dérangés par le succès de la communisation.


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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Dim 17 Jan - 17:57


« Il y a deux façons d'enculer les mouches, avec ou sans leur consentement. » Boris Vian

morale de la misère, misère de la morale
autonomie de l'impuissance, impuissance de l'autonomie



Pastiche, autocritique, milieu autonome : modeste contribution 16 janvier 2016

Une modeste "réponse", ou plutôt contribution, à la démarche d’auto-critique initiée de manière salutaire par PASTICHE et son n° 0


Citation :
PASTICHE tente d´entreprendre une réflexion aussi critique que concise concernant le milieu militant, autonome et libertaire. C'est dans les entrailles de la radicalité présomptueuse que se sont figés un certain nombre de ces constats. Au vu de la concurrence réactionnaire et confusionniste, au vu du peu d'efficacité que nos survivances s'emploient à reléguer aux justifications toujours commodes, au vu du nombre d´autocritiques confinées au rôle de décorations plus hypocrites que concrètes.

PASTICHE tente une articulation entre vécu, théories et anecdotes historiques ; surement trop didactique, trop stylisé, schématique ou sommaire, PASTICHE est un outil critique uniquement voué à son propre dépassement.



Citation :
La brochure numéro 0 de PASTICHE, publiée il y a déjà de ça deux semaines, a fait naître chez moi une modeste réflexion assez brouillonne et peut-être à côté de la plaque sur le milieu militant autonome et libertaire.

Beaucoup de questions posées par les auteurs de la brochure sont en effet radicalement intéressantes, et il me semble qu’il faudra s’attacher à y répondre de manière collective pour dépasser nos contradictions qui ruinent parfois nos efforts.

Mais j’ai trouvé la brochure elle-même décalée pour y répondre.

Peut-être qu’il faudrait créer une plate-forme indépendante à Paris-luttes pour en débattre de manière plus approfondie, hors de la revue PASTICHE (à qui je souhaite réussite). Un blog participatif, un forum, je ne sais pas. Mais un outil pour donner suite à toutes ces interrogations qui nous traversent, pour leur donner des suites concrètes, matérielles.

En bas de page se trouve ma contribution personnelle
.

Extrait choisi par l’auteur :
Citation :
Pourquoi ne pas commencer par simplement poser des mots sur nos vies ?

Des mots ancrés le plus possible dans un réel, qui pourrait être compris par tous et pas seulement par la secte militante habituée des infokiosques ? Un certains nombres de textes l’ont fait, ou l’ont essayé. Relater son expérience avec son groupe affinitaire, son collectif de lutte, ses amis syndicalistes, ou autre. Type : On a tenté ça, ça a marché ou non, peut être parce que ci ou ça, puis on a mobilisé telles personnes à un moment T, ça a fonctionné parce que ci ou ça, ou non, etc. Apprendre de nos expériences, de nos erreurs.

Critiquer le monde capitaliste moderne, avec du lyrisme et du style, tout le monde l’a fait pendant 15 ans avec plus ou moins de talent. L’originalité du geste n’est plus là, ou trop peu, et le reste paraît toujours aussi inefficace.

Mais qui a parlé de lui-même ? Peu de gens, finalement. Nos isolements respectifs sont des problèmes, nous sommes parfois en galère de thunes, en galères de logements, en galères affectives, etc. Mais l’on n’en parle pas assez, se contentant de jouir de nos délicats fantasmes sur une vie que l’on ne connaît pas vraiment.

Qui a ressenti le hiatus entre sa pensée et sa pratique, s’est apitoyé sur lui-même en rentrant chez lui devant son miroir, en comprenant que sa filière étudiante ne servait pas à grand-chose et qu’il passait son temps à cultiver une pose radicale sous cagoule grâce à l’argent de papa ou maman ? Qui a pété un plomb après ses missions intérims de merde et ses mois passés à McDo ou Flunch ? Qui en marre de survivre au RSA et de gratter à ses potes en entubant ses connaissances quand il ne galère pas en temps partiels ? Qui possède moins de 10 euros après ses dépenses contraintes, et survit au black, en galère, avec l’entraide des proches mais dans une précarité quotidienne (3), comme 11 millions de Français ? Qui travaille dans le social ou dans l’éducation et culpabilise de servir des politiques publiques répressives à l’égard des prolos ? Qui renoncent à ses soins dentaires depuis plusieurs années, ne pouvant suivre les tarifs souvent trop chers des dentistes (4), voire même aux soins en général (5) ? Qui, parmi les jeunes, vit encore chez ses parents ou ses grands-parents par contrainte financière (6) ? Qui se fait expulser de chez lui par les flics et l’huissier, quand les expulsions de logements sont en hausse constantes, de plus de 14,5 % entre 2007 et 2013 (7) ? Qui passe son temps à partager du riot porn et des drapeaux antifas en croyant à la révolution spontanée le mois prochain, mais n’a jamais lancé un seul cocktail molotov car les situations ne s’y prêtent pas assez ? Qui est excité comme un fou à chaque contre-sommets puis voit ses potes partir en gardav pour des faits qui n’en valaient peut-être pas la peine ? Qui en marre de la routine militante, de l’invisibilité de nos actes, du cycle répression/anti-rep interminable et des galères qu’il cause ?

Nos conditions quotidiennes sont moins reluisantes que la poésie de nos images révoltées. Elles sont diverses, mais ont toutes leurs parts de leçons à nous donner. Prenons du recul sur nos vies pour essayer de dresser une autocritique enfin constructive.

Et puis, après, que faire ?

suite dans le PDF extraits sous-titres et images

Citation :
Du peu d’efficacité de nos survivances…

Raconter nos vies pour prendre du recul critique

Construire une situation ?

Que Faire ?

- Pourquoi ne pas commencer par simplement poser des mots sur nos vies ? « Les individus sont toujours partis d'eux-mêmes », écrivait Marx, certains plus que les autres : vous avez dit "narcissisme" ?
- S’instruire de l’histoire du mouvement révolutionnaire du moment présent faisons table rase
- Arrêter de défendre sa chapelle en enterrant celle des autres ? des oreilles qui sifflent ?
- Quelques idées au hasard qui fait bien les choses, de quoi ne point désespérer...

« Monde du travail » ?


les camarades anti-gestionnaires de Toulouse de Tant qu'il...
interlocuteurs privilégiés par dndf...

Faire renouer les opprimés avec la notion d’autonomie, notamment en opposition aux bureaucraties syndicales et aux logiques de partis (13), voilà la tâche qu’il nous reste à accomplir pour faire bouger le monde du travail.

Pour cela, réfléchissons en stratèges. Attachons-­‐nous à construire des situations révolutionnaires, quitte à délaisser nos entre-­soit confortables. Le salariat a été morcelé, et il ne faut pas répondre aux volontés hégémoniques de dé-­‐prolétarisation par la lâcheté. Déconstruisons autant « l’homme entrepreneurial » du capitalisme cognitif que les clichés de la fin de la lutte des classes, grâce à la force de l’expérimentation collective et à la re-­politisation générale.

Se relier, se coordonner. Sans se centraliser : s’auto-­‐organiser. Faire nombre.
Puis agir. Construire. Un mouvement, un parti, une situation. Tout.


Citation :
Il ne s’agit ni plus ni moins, en effet, que de repenser notre propre « principe d’espérance » à travers la façon dont l’Autrefois rencontre le Maintenant pour former une lueur, un éclat, une constellation où se libère quelque forme pour notre Avenir lui-même. Bien que rasant le sol, bien qu’émettant une lumière très faible, bien que se déplaçant lentement, les lucioles ne dessinent-elles pas, rigoureusement parlant, une telle constellation ? Affirmer cela sur le minuscule exemple des lucioles, c’est affirmer que dans notre façon d’imaginer gît fondamentalement une condition pour notre façon de faire de la politique. L’imagination est politique, voilà ce dont il faut prendre la mesure.

Georges Didi-Huberman – Survivance des Lucioles (2009)



"modeste réponse"... sic, ça nous rappelle les dissertations des années 70 sur les conseils ouvriers, le travail en usine, ce qu'il fallait faire et ne pas faire... par des types de 20 ans, étudiants se destinant à la carrière de professeur, qui n'avaient jamais mis les pieds dans une boîte, ni depuis : de quoi apprécier, avec le recul, ce qu'en disait alors Henri Simon plus que Roland du même nom

il y a somme toute quelque chose d'injuste à ne considérer cette ultragauche ouvrière-là que sous l'angle de la caducité du programme ouvrier, car le rapport entre théorie et pratique y était de fait moins séparé que dans le couple méthodologique de Théorie Communiste "luttes théoriciennes- théorie au sens restreint", qui a fait de son théoricisme un avant-gardisme auto-contradictoire

je regrette aujourd'hui d'avoir eu parfois la dent dure avec Henri Simon d'ICO puis Échanges et mouvements, pour ne pas l'avoir lu plus sérieusement dans le texte, et m'être naïvement fié aux déformations et sur-interprétations malveillantes de Roland Simon, dont il prit manifestement l'habitude très tôt. Cela m'aurait évité de ré-inventer la poudre avec mon concept de "luttes auto-théorisantes". J'étais tellement sous le charme du gourou de Marseille que j'en ai adopté certains travers dénonciateurs, puis de colère contre lui la franchise et les insultes en plus, mais il mérite encore des coups de pieds au culte con qu'on occulte : pourquoi ?

cela ne vaut pas retour en arrière à l'ultragauche ouvrière, mais quant à savoir qui depuis 45 ans s'est tiré une salve dans le pied, ya pas photo. Voir ICI



charme persistant de la phraséologie,
les verbeux se rassemblent comme les vaches regardent
passer les trains de la déportation générale qui vient




épilogue en attendant le début



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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Jeu 21 Jan - 3:41



sur le passionnant site 闯 Chuǎng, une critique de l'activisme en Chine que je tâcherai de traduire prochainement...

"la diffamation des mouvements de travailleurs n'est pas autorisée". Un texte d'une tonalité qui rompt avec ce qu'on lit habituellement en Europe concernant le rapport entre activistes et luttes de classe, et qui pose la question de l'action en termes de masses


Slandering of the Workers’ Movement Will Not Be Permitted by chuang | Jan 15, 2016


Translated by Solidarity with Chinese Workers from 不许抹黑工人运动!理直气壮捍卫尊严! by 工弩 on ilabour.net. For more on the December 3 crackdown and solidarity efforts, see “Solidarity with Chinese Workers”, and the Facebook page “Free Chinese labour activists now 馬上釋放中國勞權人士”.

On December 3, 2015, over 20 labor activists in Guangzhou and Foshan were taken into police custody, launching a crackdown that has put four activists under arrest for criminal charges and closed several prominent labor organizations in the Pearl River Delta. This piece is one of the first Chinese critiques the limits of activists’ response to the crackdown on workers’ organizations since December 3, demanding a more thoughtful, organized response by workers and their supporters, beginning with the voicing of a clear class position in the current fight.


—–

Citation :
I don’t know how many of us still remember, exactly one year ago, when ten or more Henan construction workers were fighting for wage arrears and against the police’s random arrests. A worker mother defending herself was brutally killed by the police, who stamped on her hair and broke her neck by twisting her head. It wasn’t until half a month later that this event was exposed to the public, which shocked the entire nation. An appeal letter from labor activists collected 2000 signatures in one month, and rights-defense lawyers also stepped in. What’s worth noticing is these efforts neither won any justice in the courtroom nor won the support of mainstream public opinion. Instead, what ensued was the darkest “court hearing”,  the increasingly large scale public smearing in public discourse from the 50 Cent Party1 lapdogs between February and May this year, and a group of people turning the truth upside down (they even pulled out the “rights-defense” card to mobilize police nationwide to sign a petition demanding the release of the murdering cops). The female worker Zhou Xiuyun beaten to death by the police was slandered as a “shrew” who “assaulted the officers”! The violence of public opinion is even more brutal than the act of killing.


Yet only a year after the brutal killing of woman worker Zhou, another unprecedented repression and slandering of worker protest is gaining momentum in public opinion nationwide. On December 3, over 20 staff members and workers from labor NGOs in Guangdong province were secretly taken away by the police. According to the latest news, five labor NGO staff (He Xiaobo, Zhu Xiaomei, Zeng Feiyang, Deng Xiaoming, Peng Jiayong) are now under criminal detention, and two others have lost all contact (Meng Han and Tang Jian, former labor NGO staff).2 Under the “national condition” of constant tyrannical rule maintaining the capitalist sweatshop, in the last five or six years a labor movement has hatched among the millions of migrant workers clustered in Guangdong. Although the Guangdong workers’ movement is the only relatively organized workers’ movement in the country, it is still in its initial phases. The labor NGO’s that have been around for 10 plus years and were actually all along very cautious in playing the role of frontline force for Guangdong’s newborn labor movement, are now unexpectedly suffering the most severe repression ever, repression that is for the first time threatening their basic right to exist.


But what is deeply worrying is that three out of four activists (Zhu, Zeng and Deng) are being charged on the suspicion of “inciting crowds to disrupt social order”, when all they have done in the last few years is to provide guidance to numerous collective actions by workers—from jewelry factory workers to hospital nurses and security guards, from university campus cleaners to shoe factory workers. They helped innumerable workers obtain collective bargaining and their rightful dues. Regardless of whether it was a strike, workers’ assembly, collective petition or any other kind of collective workers’ action, or whether they put in efforts to allow these actions to become organized, this clearly does not amount to “inciting crowds to disrupt social order”. The only purpose of this kind of criminal charge is to scare people by exaggerating, the most base and shameful form of smearing and slander! It is like the workers who showed their support have said, if the government has the guts, then let them try and arrest all the workers who go on strike in this country, and we’ll see if they can succeed! No worker who has any fighting consciousness will stand for this kind of repression. No slandering of the workers’ movement will be permitted.


If the sinister tendency in the Shanxi February-May case of the cops’ murder of Zhou Xiuyun, the woman worker demanding her wage arrears, indicated the trampling upon of the legitimacy of individual labor rights-defense, and the noxious attack on the Shenzhen Artigas [a Uniqlo supplier] factory strike in July suggested the vilification of the legitimacy of collective rights-defense, then the December 3 suppression and smearing of organizations with a long history of supporting workers indicates the authorities’ fundamental rejection and slandering of the workers movement, the beginning of a major political offensive. In other words, the real heavy defamation and repression are yet to come.


When dark clouds press down and a storm is imminent, what are we as a part of a nascent workers’ movement to do? What are the future prospects? Frankly speaking, we have no way of preventing painstaking conflict, even if we stay silent and never mention those comrades who have on so many occasions helped workers in struggle, we will still hardly avoid liquidations, arrests or imprisonment. We are in no way unfamiliar with the violence and repression against striking workers, the smearing and slandering. In other words, we cannot avoid some people running into greater trouble, and suffering sacrifices like being incarcerated. In order to resist repression, to resist the mean and shameless accusations thrown at workers collection actions, and to defend the most basic decencies of workers’ rights to collective action and organization, we (including the author of this text) must stay calm and mentally prepared.


But recognizing that sacrifices are unavoidable is different from saying we have to actively seek the risk of becoming martyrs. We mustn’t doggedly rush, be reckless and act blindly. What is urgently needed at the moment is to begin clearly thinking things over, to use a workers’ movement discourse to motivate solidarity among the working masses, to boldly use the Communist Party’s own tradition of class struggle to fight back against smearing and slander, and above all to let workers’ communities all over the country know that we all belong to the same class, that our struggle to protect our rights must be united, and that we must all in one voice demand the release of the arrested worker activists and protect the survival of labor organizations.


What we have seen emerge the last two days is a new kind of labor activism: going to construction sites and industrial areas to encourage workers to write a sentence or two demanding the release of arrested NGO workers, having them sign it, take a photo and mail it. This kind of petitioning inspires the fighting spirit. This form of struggling via petition attempts to surpass the feeble logic of “labor circle opinion statements”—the latter is still full of fears about the “development in a fierce and disorderly direction” that the labor movement is taking, while all these numerous workers did was to write on a piece of paper a simple and direct demand: “Release the detained labor activists”.


But we still have to shout out, and remind and warn active workers to take note: the nationwide petition by labor circles early this year was signed by nearly 2,000 people but changed nothing! Yesterday we saw active workers make a call to collect 10,000 worker signatures nationwide, to let the government hear popular will. But considering the intensity of the life and death class struggle, we highly doubt that simple petitioning will be of much use!


So let’s consider what the working class’ resistance should look like? Is writing a few sentences and signing your name the thing to do? If workers have the determination and courage to collect 10,000 signatures across the country, why not demonstrate these voices of the thousands of workers in a more confident and direct manner, encouraging workers to act collectively, letting those in power know that workers’ power isn’t limited to letting them hear public opinion.


But making a step like that will take more than a few days. Workers will have to be cool-headed and realistic: many years of experience in the workers’ movement (including the experience of Zeng Feiyang and Zhu Xiaomei, the worker activists currently under detention, and the experience of other worker activists who are currently waiting before taking action) have shown that every serious practical struggle starts with a small number of activists who must spend at least some time educating, uniting and organizing workers before they can mobilize and resist repression. When dealing with severe repression that includes secret arrests and labor activists being thrown into detention, we are in a completely defensive position, resisting repression and arbitrary arrests, resisting criminal charges and slander. What we need to do is to strive for collective answers. We need to practically (not merely in rhetoric) work together to push away this extremely unreasonable repression in order to defend the honor of every collective action by workers.


We must be extremely careful: compared to smearing the murdered Zhou Xiuyun, or even compared to throwing a few labor NGO staff into jail, smearing the workers’ movement is even more insidious. Because even though Xiuyun died, there will still be workers who demand their wages; even though labor activists were locked up, there will still be strikes and other forms of collective rights defense; but smearing the workers’ movement and charging those directing and helping the movement with “inciting crowds to disrupt social order” implies that from now on whenever the workers movement in this country shows even the slightest hint of organization, people may be thrown into jail. On the other hand, the workers movement becoming organized is inevitable, there are many self-initiated workers’ organizations that are not the product of a small number of agitators and cannot be easily suppressed.


What is crucial is that we active workers raise the bright flag of a strong working-class position in public discourse, firmly curbing repression and slandering, defending the right of labor organizations to exist and defending the dignity of the workers’ movement. We need first of all to stick closely to these topics, confidently voicing the collective aspirations of workers all over the country, in particular launching a series of a few hundred pieces of multi-level, multifaceted articles refuting repression and slandering, developing the workers’ movement discourse in order to supply educational resources and theoretical weapons to rapidly win over the masses’ support for this self-defensive struggle. The workers who are currently petitioning must decide: will they continue to one-by-one request every worker they meet write a few sentences demanding the activists’ release, or will they proceed by gathering the public opinion under a rational, powerful and orderly declaration, and with the support for this discourse win over the masses to reveal their collective opinion at the right time?


Our greatest fear is this: that in light of the unprecedented activity of the government’s 50 Cent lapdogs online and offline as the party’s SS shock-troops, the inevitable advent of pervasive carpet-bomb style slander is likely to far surpass the slander campaign during Zhou Xiuyun’s homicide case, considering that even CCTV’s Focus Report and Xinhua news are now participating in the misrepresentation and slandering of workers. We must resolutely mobilize the public opinion of the masses and energetically prepare to mobilize a self-defense counterattack, only then can we prevail in the face of this completely absurd and lunatic ultra-rightist public discourse shit-storm attempting to slander, defeat and subvert the workers’ movement.


This is an unprecedentedly vicious class struggle. We simply cannot sit and wait, leaving things to luck. Let’s stop fantasizing and get ready to fight. Worker friends who have the determination and courage to organize a nationwide petition for 10,000 workers’ signatures, change direction and try to get these workers to come together! If in the future workers’ actions and workers’ right to organize will be repressed, slandered, insulted and forced in to an intolerable condition, we workers will have no choice but to take action to protect our right to action.


We are now only at the beginning. Fellow workers and comrades, we must be more clearheaded, steadfast and calm to be ready for the real fight. To prepare for the real fight, we must first send out a call of resistance, arousing greater numbers of worker brothers and sisters: Slandering of the Labor Movement Will Not Be Permitted! We Defend Our Dignity with Righteous Confidence!


1. Internet commentators who are supposedly paid 5o cents per (malicious or otherwise) comment that follows the party line.

2. Update: As of January 9, 4 of these activists – Zeng Feiyang, Zhu Xiaomei, He Xiaobo and Meng Han – have been officially given criminal charges. Peng Jiayong and Deng Xiaoming have been released and escorted back to their homes, while Tang Jian remains out of contact.


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MessageSujet: Léon de Mattis   Jeu 21 Jan - 20:11


comme une autocritique en soi
pour ne pas dire en soie




les tribulations de Léon de Mattis, Dante Timélos, non-fides, d'Yves Coleman en coup lisses, et d'incertains 'anonymes de Bagnolet ' sur Indymédia-Nantes : plusieurs textes dont les liens figurent dans la dispussion : Aux anonymes de Bagnolet et à leurs amis, Réponse à « Sans fleurs ni couronne »

ça fait plaisir de ne pas en être
et qu'ils en crèvent plutôt que renaître...
odieux, en maîtres


on en retiendra, en vrac :

P.N. a écrit:
Ces gens-là ne vivent que pour dénoncer ceux qui font quelque chose. Dans la logique du plus-radical-que-moi-tu-meurs ils ne seront jamais plus que trois ou quatre, alors ils se vengent en essayant de discréditer les luttes des autres, qui eux savent qu’on ne fait pas la révolution en sélectionnant D’ABORD ceux qui sont alignés sur une radicalité aussi sectaire

ceci encore qui réveille de vieux souvenirs quand Léon de Mattis publiait "Mort à la démocratie" qu'il présentait à France-Culture, un livre sans critique du capital, ni référence à la "communisation" alors que sous le pseudonyme Denis le même participait depuis des années à Meeting, revue internationale pour la communisation, et que le relever sur sa liste interne ne soulevait que silence des camarades de Théorie Communiste, et me valut, vieux stal bien connu, de vagues menaces de ce Corcuff du milieu anarchiste "degauche" au style contorsionniste d'énarque socialo : pour « délation » (sic !)

seb (antifrance) a écrit:
dans "mort a la démocratie", l'auteur se présente rapidement : "Léon de Mattis, hier socialiste, aujourd'hui anarchiste..."...* sachant que tu n'étais pas anarchiste (ce qui n'est pas une tare), dans quel but se faire passer pour tel ? ça faisait mauvais genre de dire "communiste" ? c'était honteux de dire "communisateur" ? ou c'était juste une manœuvre liée au regain (faible) de l'anarchisme chez les jeunes gauchistes ? y a pas de honte a être communiste (j'ai aussi des amis communistes Wink), mais se faire passer pour ce que tu n'es pas, c'est un peu bizarre, non ? surtout que tes amis politiques (de ta tendance), pas toi, professaient publiquement leur mépris pour ces "bouffons d'anarchistes" (je résume)... alors, est-ce que je peux remettre en cause ton honnêteté intellectuelle ? ou peut-être n'as-tu pas choisi ce mot (anarchiste), mais j'en doute...
* c'est la présentation du site Anarchopédia : « Léon de Mattis n’était pas anarchiste à vingt ans. Engagé dans un parti de gauche [le PS], allant jusqu’à se présenter sur une liste de candidats aux élections municipales, il a tiré de ce triste passé de citoyen exemplaire une conviction jamais démentie : les élections sont un piège à cons et la démocratie est l’ennemie de la liberté...»

kebabo ketchup a écrit:
quand on sait plus quoi faire de sa vie la règle en vigueur est de faire dans le fichisme. non fides n'y a pas échappé comme coleman, guyet, fourest, anticons...


et puis, comme on dit : cherchez la femme !

PS : le fichisme est ainsi passé, en catimini, de so called  "camarades" à supposés "compagnons", pendant qu'en face en masse, la soupe populaire de l'idéologie française devenait gratuite pour touS :

Patlotch a écrit:
si vous voulez vous marrer, Corinne, à lire les polémiques entre non-fides et Denis/Léon de Mattis et un de ses potes ou lui-même (je ne suis plus...)

Corinne Cerise a écrit:
C'est en effet gratiné. Surtout pour quelqu'un qui comme moi débarque pour la première fois dans ce machin. Mais ce qui est frappant aussi, est que tout est une histoire de mecs entre mecs, pas une seule fois (mais j'ai lu vite) dans les deux textes et leur commentaires, ces "mecs" ne mentionnent ne serait-ce que le nom d'une femme.

Pouah !

Patlotch a écrit:
cela dit, sur le fond, je n'ai rien à redire que ce livre paraisse chez Syllepse, ils ont eu de très bon sujets et auteurs aussi

Corinne Cerise a écrit:
Bah oui, absolument. Si c'est un guide d'après ce que j'ai compris, évidemment on ne va pas y voir le mot "révolution" à toutes les pages, mais si ça aide des assocs, des avocats, des comités de quartier, ou que sais-je, ben c'est déjà pas mal par les temps qui courent.

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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Dim 24 Jan - 7:18


à propos de la dispussion chez Indymédia-Nantes Aux anonymes de Bagnolet et à leurs amis, Réponse à « Sans fleurs ni couronne » (le robot n'a pas voulu de Corinne)


Corinne Cerise a écrit:
J'ai voulu y insérer moi-même un commentaire, mais leur foutu gatcha (le truc pour "prouver" qu'on n'est pas un robot) m'a énervée au bout de trois ou quatre essais.

Voici ce que j'ai voulu écrire (le gatcha m'a sûrement prise pour une "terroriste" ;-)


Une question de spécialistes

Vous parlez tous en spécialistes. Qui de la communisation, qui de l'anarchisme, ou qui du communisme.

C'est à qui dans, cette discussion de comptoir qui plane plus bas que son ombre, sera le plus près de la "pureté" théorique, de la prétendue vérité "révolutionnaire". Et ce, sans un regard sur les luttes concrètes.  

Ce bouquin/guide est un outil comme un autre pour les luttes réelles. Et il est payant. Quelle horreur ! Mais dans le monde de l'économie politique que nous subissons chaque jour, tout a un prix. C'est comme ça. Les faits sont têtus, disait l'autre.  

Oui, vous restez des "spécialistes", c'est à dire, au final, des anti-communistes. Vous restez de ceux qui ne font pas l'effort de considérer :  

1) Que chacun-e part de elle/lui-même, et que ce guide peut servir de première étincelle à d'éventuelles luttes qui pourraient s'élargir ;

2) Que la lutte de classes est impure dans son concret et faite de contradictions de tous ordres (ce guide n'est surement pas parfait), mais qu'elle seule peut produire un dépassement malgré/avec toute sa crasse.

3) Que vos rôles de "spécialistes" sont de toute façon destinés à crever de leur belle mort.

Restez donc avec vos querelles intestines, dans vos postures, "en attendant les luttes", pour détourner DNDF... C'est très confortable, et ça ne risque pas de faire peur à un patron (même pas à un flic).




Dernière édition par Admin le Dim 24 Jan - 9:28, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Dim 24 Jan - 7:27


précisions, extrait de le parti pris communiste de la subjectivation révolutionnaire, 23 janvier


nous ne critiquons pas l'activisme, autrement dit le militantisme *, en soi, mais en tant que théorie ou activités avant-gardistes séparées **

* j'avoue un raccourci, parce qu'en français il y a une différence entre militant et activiste, du moins dans les débats du milieu théorique, le premier étant plutôt réservé aux militants des partis et organisations, le second aux activistes "coupables" d'intervention comme éléments extérieurs. En anglais, activist renvoie généralement à militant. Exemples : peace activist = militant pacifiste; union activist = syndicaliste; human rights activist : militant des droits de l'homme...

** je ne fais pas de différence essentielle entre activisme pratique et activisme théorique ou théoriciste, que je considère comme les deux faces d'une même monnaie avant-gardiste, par exemple celle qui a structuré la revue Meeting, rapprochement d'opportunités du besoin de théorie des uns pour justifier leurs pratiques, et des autres pour avoir un vecteur de diffusion dans un milieu privilégié bien que critiqué : les objectifs de Meeting étaient contradictoires dans les termes pour Théorie Communiste, comme l'ont souligné les autres théoriciens de la communisation pour expliquer qu'ils n'en seraient pas. Débarquant naïvement, il m'a fallu du temps pour comprendre le deal, et admettre que casser ce tabou fondateur n'était pas bien venu...
.
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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Lun 25 Jan - 15:01

.
un siècle de "gauchismes"
en raccourci

corinne cerise a écrit:
ULTRAGAUCHE OUVRIÈRE et ANARCHISANTE (Conseils ouvriers), dont hérite le situationnisme et la théorie de la communisation : se reporter aux textes en ligne de
Hermann GORTER Lettre ouverte au camarade Lénine

Quand même, ça avait de l'allure ce genre de textes. Et ça reste fort encore aujourd'hui.

d'autant que cette réponse était au Lénine de : La maladie infantile du communisme (le "gauchisme")

j'ai choisi ce texte de Gorter pour ça, parce que moi, en 1971 à l'UEC (étudiants ~ PCF), ils m'ont donné à lire le Lénine mais - la connaissaient-ils ? - m'ont caché la réponse... que je n'ai découverte que 35 ans plus tard ! Nul doute que je serais resté con moins longtemps, alors si ça peut inspirer quelque jeunesse...

quand on voit le sommaire, c'est tout un programme, si j'ose dire :
Gorter a écrit:
Lettre ouverte au camarade Lénine
I. Masses et chefs
II. La question syndicale
III. Le parlementarisme
IV. L'opportunisme dans la troisième Internationale
V. Conclusion

cela étant, les "gauchisses" du PCF, c'était tous les autres, pas seulement les Enragés de Nanterre ou les Situs, mais les maoïstes, les trotskistes (« Le trotskisme, cet anti-léninisme » 1969), et même certains à l'UEC, que Krivine avait quittée en 1965 pour cofonder la LCR... et bien sûr Dany le rouge


il n'a pas dit : « nous sommes tous des Nègres et des Africains »
pour l'Occident, le crime nazi, c'est d'avoir exterminé des Blancs
certains ont bien vu le piège idéologique de l'antifascisme ou de l'antiracisme
mais sont tombés dans celui de l'eurocentrisme prolétarien universel :
on ne change pas le monde avec des abstractions
ni des attractions...

le 2 mai, Minute, journal d'extrême-droite : « Ce Cohn-Bendit, parce qu’il est juif et allemand, se prend pour un nouveau Karl Marx »
le 3 mai, Georges Marchais, dans l'Humanité : « ces groupuscules dirigés par l’anarchiste allemand Cohn-Bendit »

témoignage d'Henri Simon sur la manif du 13 mai 68 extrait
Citation :
Je m’y étais retrouvé avec un groupe de camarades qui gravitaient autour du groupe ICO, dont Christian Lagant, d’ICO et du groupe Noir et Rouge, et un peu par hasard, aux côtés de Daniel Cohn-Bendit, alors militant du mouvement du 22-Mars et proche de Noir et Rouge (à ce moment il n’était pas encore une vedette médiatique, bien qu’ayant quelque peu fait parler de lui dans le milieu étudiant à Nanterre et à la Sorbonne).
[...]
En arrivant à Denfert, toute cette « avant-garde » tourna à droite par le boulevard Raspail pour gagner le lointain Champ-de-Mars. Cohn-Bendit resta là avec une mission bien précise. J’abandonnai les copains qui poursuivaient et me souviens avoir dit : « Je reste, c’est ici que ça va se décider. » La mission de Cohn-Bendit, armé d’un mégaphone, consistait à haranguer la foule des travailleurs qui suivaient pour les persuader de tourner à droite, et non à gauche pour une dispersion par le boulevard Arago. Pour ce faire, il monta avec son mégaphone sur le Lion de Belfort, ce qui était effectivement une excellente position pour lancer la bonne parole vers la foule des arrivants.

Mais c’était compter sans le pouvoir, non seulement des staliniens mais aussi de tous les appareils syndicaux – et c’était là une incroyable naïveté, doublée d’un avant-gardisme élitiste en même temps qu’une ignorance totale des rapports de force dans le mouvement ouvrier. De plus, les premiers rangs des manifestants syndicaux étaient peuplés des bonzes syndicaux et de leurs services d’ordre.

A peine Cohn-Bendit chevauchait-il le Lion et entamait son slogan « Tous au Champ-de-Mars… », qu’une voiture sono du PCF vint s’installer au pied du Lion et commença à diffuser à plein volume de la musique entrelardée du mot d’ordre syndical « Dispersion par la gauche, par le Boulevard Arago ». Rapidement le cavalier du Lion comprit sa méprise, descendit de sa monture et tenta, avec son mégaphone, de rentrer dans les rangs des manifestants pour y porter la bonne parole. Mais là il se trouva en présence du service d’ordre qui ne faisait pas de cadeaux ; l’un des sbires, d’un coup de poing lui enfonça le mégaphone dans les dents. Cette violence souleva des protestations dans les rangs qui s’avançaient « Laissez le parler ». Le service d’ordre adopta, devant ces protestations un autre tactique : l’isolement et la sortie discrète de la manifestation.

J’étais resté près de Cohn-Bendit, assez isolé car tous ses copains étaient partis vers le Champ-de-Mars pour organiser les débats ouvriers-étudiants. Nous fûmes rapidement entourés par les sbires syndicaux musclés, et gentiment poussés hors de la manifestation. Je me souviens d’un petit du service d’ordre qui me collait aux fesses en proférant des menaces : « On te fera la peau, salope ». Il ne devait pas être très loin de penser que j’étais un provocateur. Je ne sais ce que devint alors Cohn-Bendit (il a d’ailleurs survécu). Quant à moi, je quittai la manifestation et n’allai pas au Champ-de-Mars.

Les « prétentions » avant-gardistes étudiantes m’en avaient suffisamment appris (et j’y ai souvent réfléchi par la suite), et j’avais pas mal à faire quant à mon militantisme dans la boîte où je travaillais : le mai des travailleurs venait de commencer.

Aragon disait en 1968 : « Les jeunes gauchistes feront les vieux cons », ça fait pas mal de candidats aujourd'hui : LO, le NPA... "gauchistes" mais tout ce qu'il y a de plus électoralistes ! Ensemble soutiennent la gauche radicale... de Syrisa : la plate forme de gauche

quelle chance, Corinne, pas de gauchisme chez nous, mais...

le purisme, maladie sénile du communisme

Corinne Cerise a écrit:

Une question de spécialistes

Vous parlez tous en spécialistes. Qui de la communisation, qui de l'anarchisme, ou qui du communisme.

C'est à qui, dans cette discussion de comptoir qui plane plus bas que son ombre, sera le plus près de la "pureté" théorique, de la prétendue vérité "révolutionnaire". Et ce, sans un regard sur les luttes concrètes[...]

Oui, vous restez des "spécialistes", c'est à dire, au final, des anti-communistes [...] la lutte de classes est impure dans son concret et faite de contradictions de tous ordres, mais qu'elle seule peut produire un dépassement malgré/avec toute sa crasse. [...] vos rôles de "spécialistes" sont de toute façon destinés à crever de leur belle mort.

Restez donc avec vos querelles intestines, dans vos postures, "en attendant les luttes", pour détourner DNDF... C'est très confortable, et ça ne risque pas de faire peur à un patron (même pas à un flic).

hier dans AUTONOMIE, INTERVENTION, ACTIVISME...

purisme qui s'accompagne parfois de purinatisme, mais c'est une autre histoire...



la philosophie est au mondé réel
ce que la masturbation est au sexe




Dernière édition par Admin le Mar 26 Jan - 9:05, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Lun 25 Jan - 22:02

Juste en passant et pour sourire,

Citation :
Nul doute que je serais resté con moins longtemps

Auriez-vous été "le con d'irène" ? ;-)
.
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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Mar 26 Jan - 3:38

.

le parti pris d'en sortir
corinne cerise a écrit:
Citation :
Nul doute que je serais resté con moins longtemps]

Auriez-vous été "le con d'irène" ? ;-)


si, pour le coup, durer au PCF, c'est rester con, Aragon a fait fort, mais pour le cul, ça l'a pas gêné. Dans ce livre de 1928 (encore censuré en 1968 !), chapitre 8 je retiens cet octosyllabe parfait, même pour l'œil c'est à s'y croire

Que j'aime voir un con rebondir

j'ai donc su rebondir

Basketball

mais je n'aurais pas dû écrire ça, parce que c'est faux : je suis resté aussi con, mais autrement. En psychanalyse on sait que la répétition, comme forme, se porte sur des contenus différents : une cause inconsciente se cherche une conséquence à investir. C'est pourquoi le besoin de communisme, chez les intellectuels, est de nature religieuse : l'idéologie plus que la matérielle. Je ne suis pas plus fier d'avoir frayé avec les "communisateurs" qu'avec les "staliniens", car j'avais plus d'expérience donc moins d'excuses et ce milieu ne vaut pas mieux. Privé de bas(e) on n'y vit pas, on n'y lutte pas : on s'y pétrifie sans pétrin

dans le parti même après 68, il y avait encore de tout, socialement, sexuellement, générations, origines..., et des rebelles dans l'âme pas moins anars que sous l'étiquette. Après 68 c'était un joyeux bordel, il y avait de tout partout, et Henri Simon témoigne qu'ICO était devenu une telle auberge espagnole qu'il s'est barré

Citation :
Après mai 68, de nombreux étudiants affluent dans ICO, qui passe d'une dizaine à une centaine de personnes. Cette soudaine croissance engendre des débats très éloignées des préoccupations originelles du groupe. wikipédia, d'après Histoire critique de l'ultragauche, Roland Simon: « une bordel innommable... Devant cette situation Henri Simon quitte ICO en avril 1973... ICO s'atomise et s'auto-dissout en novembre 1973 (p. 267)

tout dépend à vingt ans de rencontres : c'est un anar qui m'a invité à une réunion de l'UEC sur la philosophie marxiste. Je n'y connaissais rien, j'aurais pu atterrir dans n'importe quel groupe, mais ailleurs je ne serais pas resté, parce que j'étais d'un milieu populaire, bien que non ouvrier. Où j'habitais, banlieues d'ici ou là, il n'y avait que le PCF, au boulot tout l'éventail gauchiste et leurs origines sociales : couches moyennes ou petits bourgeois pas encore déclassés

j'ai appris de militants ouvriers de toutes générations et origines ethniques ou religieuses, hommes et femmes, battants courageux contre les patrons et les chefs, contre ceux du parti aussi, contre le programme commun et la dérive démocratique. Ceux-là ils vous attachent et même s'ils se trompent (au PCF on fut aussi trompé...), quand on part, on a beau avoir de bonnes raisons, on se sent con, car les chefs on les hait, mais eux on les aime encore, on a un peu le sentiment de les trahir : le deuil est terrible

alors ça m'amuse quand j'entends ceux qui n'en ont rien connu. Exemple : Jean-Louis Roche, le Prolétariat universel, 13:50 : « dans les années 70, des copains m'ont raconté comment ça se passait dans les réunions du PCF : c'est les profs qui parlent, donc les ouvriers, petit à petit, quittaient le PCF... ». Comme si lui ne parlait pas comme un professeur devant des "apprenants"...


le deuil est terrible, parce qu'il ne faut pas se raconter d'histoire, ailleurs c'est pareil, extrême-gauche, anars... pareil ou pire, sauf que la plupart ne le savent pas et que le contre-exemple stalinien les autorise à croire qu'ils le sont moins. Quand t'as compris comment fonctionne une organisation, un groupe, tu peux les observer avec un certain recul, et chez les "communisateurs", j'avais deux paires d'yeux deux d'oreilles, pour ce qui se disait, et pour le subliminal : comment ça se disait, ce qui se taisait et comment, à quel prix et pour qui, et là, tu observes les grands refoulements individuels et collectifs : déconstruction en live

de cette rencontre avec le milieu théorique, je ne retiens positivement que les livres, les textes, quelques problématiques. Discuter avec leurs auteurs ? Impossible et vain, terrain miné, manières détestables d'un milieu sans bas(e) où manque le principal : lutter ensemble, et la franchise. Ce milieu sans lieu, camaraderies hors sol, refoulements, coups bas, coulisses, tabous, silences, faux-culs et grandes gueules plus la faune alentour, la violence inutile et plus que tout la suffisance d'avant-garde, je ne m'y suis jamais bien senti ni jamais intégré : ils me l'ont rendu, je les en remercie !

mais pour rompre, il faut en avoir les moyens. Un parti, du déchires la carte et tu apprends vaille que vaille la solitude. Une théorie, tu ne peux pas te raconter d'histoire, les autres n'y sont plus pour rien, elle reste dans ta tête et tu dois vivre avec et contre, tu n'es confronté qu'à toi-même, à tes propres erreurs, tu ne peux compter sur personne. Il te faut tout reprendre, c'est long et difficile, chaotique comme le monde réel, mais quand tu trouves, tu le sais

alors tu te retrouves, tu peux revivre, tu peux créer, penser par toi-même avec d'autres, des gens vrais qui ne t'attendent pas au tournant pour grave déviation. Ceux qui n'ont pas été hier tes amis, tu t'en fous, car comme vous dites, Corinne, « ils sont de toute façon destinés à crever de leur belle mort. »

toute une vie étriquée pour penser grosso-modo la même chose, sans jamais se remettre en question, c'est bon pour les moines, copistes ou soldats. Encore qu'un militaire puisse être moins con : la guerre est une praxis



PS : autre époque, dans le milieu "plus radical-tu meurs", communautés, squats, rien ne pourra jamais se constituer qui ressemble à une "solidarité ouvrière". C'est l'empire des apparences et l'invention de 'faux' rapports humains pris pour de vrais, qui débouche sur un folklore de guerre sociale : vite, un ennemi, que j'y confronte ma pureté ! Comme on ne peut toucher le capital, le flic fera l'affaire, le vrai flic ou tout ce qui peut passer pour, y compris, bientôt, les "amis" d'hier...

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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Dim 31 Jan - 16:31


Ana Cecilia Dinerstein m'informe qu'elle est « en train d'écrire une proposition de livre pour Pluto Press, Londres, et [qu'elle fera] circuler le manuscrit. »


Non-Governmental Public Action © 2015

The Politics of Autonomy in Latin America / The Art of Organising Hope Dinerstein, Ana


Citation :
The Power of Autonomy in Latin America offers a much-needed critical review of the concept and practice of autonomy. By establishing an elective affinity between autonomy and Bloch’s philosophy of hope, the book defines autonomy as ‘the art of organizing hope’, that is, the art of shaping a reality which is not yet but can be anticipated by the movements’ collective actions.

The politics of autonomy is a struggle that simultaneously negates, creates, deals with contradictions and, above all, produces an excess beyond demarcation that cannot be translated into the grammar of power.

Reading Marx’s method in key of hope, the book offers a prefigurative critique of political economy and emphasises the prefigurative features of indigenous and non indigenous autonomies at a time when utopia can no longer be objected.

SPEAKERS: John Holloway, Werner Bonefeld, Jeff Webber, and Ana Cecilia Dinerstein

Details and Library orders
http://www.palgrave.com/page/detail/the-­‐politics-­‐of-­‐autonomy-­‐in-­‐latin-­‐
america-­‐ana-­‐cecilia-­‐dinerstein/?K=9780230272088

« On the book “Terrific and necessary... The art of organising Hope. That is what we so desperately need, that is why the book is so important.” John Holloway, Benemérita Universidad Autónoma de Puebla, Mexico

« Dinerstein’s book is a major intervention which places the hopes, contradictions and possibilities of social movements centre-­‐stage, while recognizing the specificity of Latin American and indigenous experiences. Clear and powerful, this work is badly needed.» Laurence Cox, National University of Ireland Maynooth, Ireland

« The book is terrific. It is teeming with radical scholarship. » – Mike Neary, University of Lincoln,
UK

« This book demonstrates how the philosophy of Ernst Bloch cannot be said to exist in a purely abstract vacuum, as is often contended in western philosophical debate.» – Peter Thompson, University of Sheffield, UK


The author contests older concepts of autonomy as either revolutionary or ineffective vis-à-vis the state. Looking at four prominent Latin American movements, she defines autonomy as 'the art of organising hope': a tool for indigenous and non-indigenous movements to prefigure alternative realities at a time when utopia can be no longer objected.

L'auteur conteste des concepts anciens de l'autonomie qui serait soit révolutionnaire soit inefficace contre l'État. En analysant quatre mouvements marquant d'Amérique latine, elle définit l'autonomie comme « l'art d'organiser l'espoir »: un outil pour les mouvements autochtones et non autochtones, qui préfigurent les réalités alternatives auxquelles on ne peut ne peut plus objecter qu'elles relèves d'une utopie.
.
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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Jeu 4 Fév - 23:30


pause commerciale

le kit militant



le kit anti-cons



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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Mar 9 Fév - 22:13


récréation sans rébellion

avec Rouillan

sauf votre respect

un "échange" entre Lisbeth Salander et Adé, dans le fil à Pepe Le fond de l’air est psychotique (le rebelle)

parfois je l'aime bien Lisbeth, parfois elle me gonfle, Adé pareil mais en mieux, peut-être parce que je le connais, en chair et en ose, si non bibliquement, elle juré moins encore


Jean-Marc Rouillan je n'y toucherais pas, le considérant comme un peu plus qu'un "rebelle", ce qui ne m'engage pas parmi ses admirateurs. Mais enfin, il est de quelques mois mon cadet, nous avons vécu dans le même pays, je n'ai jamais mis les pieds en prison, alors que lui...

Citation :
« condamné en 1989 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de dix-huit ans, pour l'assassinat de l'ingénieur général de l'armement René Audran en 1985 et celui du PDG de Renault Georges Besse en 1986. [...]
Il a bénéficié d'un régime de semi-liberté du 17 décembre 2007 au 2 octobre 2008. Ce régime a été suspendu puis révoqué pour des propos tenus lors d'une interview à L'Express en 2007. Il bénéficie de nouveau d'un régime de semi-liberté le 19 mai 2011»


Rouillan a donc passé 24 ans en prison, plus du tiers de sa vie. Je me souviens d'une rencontre en 1989, à la revue Digraphe dans les locaux Gallimard, à laquelle j'avais été invité par Jean Ristat, légataire d'Aragon, suite à mes Collages découpés dans l'Huma. C'est la seule fois où il m'a été donné de croiser Henri Lefebvre. C'était quelques jours après le procès concluant à la perpétuité pour Rouillan et quelques-uns de ses amis

on peut penser ce qu'on veut de ce milieu en marge du PCF et du communisme déjà 'alternatif', mais l'atmosphère était au moins au respect, face à ce qui se présentait comme une sale vengeance d'État, s'annonçant durable (cf Joëlle Aubron et Nathalie Ménigon)

alors je ne doute pas des hauts faits d'armes de Lisbeth Salander, mais peut-être eût-elle été mieux inspirée de choisir une autre exemplarité, pour le "rebelle" à Pépé, que Rouillan, qui nous aura au moins appris en détails, avec d'autres, Cesare Battisti... comment ça se passe, dans les prisons françaises, les "quartiers de haute sécurité", pour tous récalcitrants face à l'État, l'État d'exception déjà là

quant à la figure du rebelle, j'aime encore bien les distinctions que fait Ernst Jünger, ce supposé "fasciste", entre figures du rebelle, de l'anarchiste et de l'anarque, dans leurs rapports à l'État, plus ou moins dépassé... Voir par ICI

comme en témoigne l'échange antre Adé et Lisberth au grand pied d'un grand cœur, la notion de "rebelle" est si floue qu'on peut en faire tout et son contraire, dans le genre anti-autoritaire infantile dont nous abreuve non-fides et autres puretés révolutionnaires virtuelles. Celle de l'anarchiste est plus intéressante, parce que plus politique, et toujours à la mode, même chez les vieux : quoi de plus charismatique que la figure du vieil anarchiste n'ayant renoncé à rien de ses rêves d'antan, Léo Ferré... ou Roland Simon en chemise noire et foulard rouge !? Le poète génial passe encore mais le prof à la retraite non merci : le folklore anarchiste est à la révolution ce qu'est à l'écologie le développement durable

l'anarchiste...

« dès son premier jour, son père et sa mère, l’Etat et la société lui tracent des limites »


Ernst Jünger

Ernst Jünger a écrit:
« […] anarchique, chacun l’est c’est justement ce qu’il a de normal. Toutefois, dès son premier jour, son père et sa mère, l’Etat et la société lui tracent des limites. Ce sont là des rognements, des mises en perce de l’énergie innée auxquels nul n’échappe. Il faut bien s’y résigner. Pourtant, le principe d’anarchie reste au fond, mystère dont le plus souvent son détenteur même n’a pas la moindre idée. Il peut jaillir de lui sous forme de lave, peut le détruire ou le libérer.

Il s’agit ici de marquer les différences : l’amour est anarchique, le mariage non. Le guerrier est anarchique, le soldat non. L’homicide est anarchique, mais non l’assassinat. Le Christ est anarchique, saint Paul ne l’est pas. Comme cependant l’anarchie, c’est la normale, elle existe aussi en saint Paul et explose parfois violemment en lui. Ce ne sont pas là des antithèses, mais des degrés. L’histoire mondiale est mue par l’anarchie. En un mot : l’homme libre est anarchique, l’anarchiste ne l’est pas.

L’anarchiste vit dans la dépendance — d’abord de sa volonté confuse, et secondement du pouvoir. Il s’attache au puissant comme son ombre ; le souverain, en sa présence, est toujours sur ses gardes. Comme Charles Quint se trouvait avec sa suite au sommet d’une tour, un capitaine se mit à rire, et, assailli de questions, il reconnut avoir soudain songé que s’il enlaçait l’empereur et sautait avec lui dans l’abîme, son nom serait inscrit d’une encre ineffaçable au livre de l’histoire.

L’anarchiste est le partenaire du monarque qu’il rêve de détruire. En frappant la personne, il affermit l’ordre de la succession. Le suffixe « isme » a une acception restrictive : il accentue le vouloir, aux dépens de la substance
.

Ernst Jünger, Eumeswil, La table ronde, 1978. Traduction Henri Plard

source : L’anarque, La Revue des Ressources (recopié de Patlotch, sans le dire...)
.
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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Sam 13 Fév - 20:08


'pratique théorique' : les faux-culs pris au col




lu chez dndf, suite dans Le fond de l’air est psychotique (le rebelle)


Anonyme a écrit:
13/02/2016 à 18:45 « Pas très honnête ce commentaire. »

C’est justement parce qu'« un mouvement de fond, de masse, de classe, quoi… » n’a pas eu lieu que les initiatives, bien sûr suicidaires (luttes suicidaires pour de bon, mais individuelles ou groupusculaires) ont surgi: RAF, BR, AD…

« Et en plus, si l’époque avait été à l’insurrection, on aurait sûrement eu ces gens là en face, avec les autres léninistes de l’époque….. »

héhé, encore le coup du « si ». Non, Elisabeth Salander, ce n’est pas très honnête. Si « l’époque  » avait été à l’insurrection, qui sait ce qu’auraient fait les personnes qui se sont engagées dans la lutte armée par défaut d’insurrection?
Faudrait voir de remettre en place les pattes du chien : c’est parce que les luttes battaient salement de l’aile, parce que, par exemple, les ouvriers français par l’entremise de leurs syndicats se sont assis -à Grenelle 1968- pour négocier des augmentations de salaires, et qu’ils-elles sont quand même rentrées, reprise du travail, certes difficile, mais…réelle..etc… ( Voir résultat des négociations et reprise en main politique par le généralissime lui-même), c’est pour cela, à cause de cette défaite que des mouvements tels ont vu le jour.

Je ne sais rien de ce que font « les activistes », ça dépend ce qu’on appelle « activisme », du coup : « Attendre la fin » c’est aussi un activisme, ou pas ?

Si ce n’est pas un « activisme », c’est quoi ?


Autrement dit : question « efficace », ça se vaut.
Salute.

l'activisme "théorique" ne l'est pas moins que l'activisme "pratique", et c'est ce qui fondait leur rencontre dans les revues Meeting et Sic. À partir de là, dénoncer le militantisme était en porte-à-faux entre leur "pratique théorique" et leur "organisation permanente" * de groupes et réseaux depuis des décennies : faites ce que je dis, pas ce que je fais

* « la constatation que toute organisation de classe permanente, préalable aux luttes ou persistant au-delà, est aujourd’hui confrontée à son échec.» Meeting, Revue Internationale pour la Communisation Quatrième de couverture

donc oui, "attendre la fin" c'est un activisme, un activisme militant plus qu'attentiste : démobilisateur, donneur de leçon et in fine anti-communiste au présent du présent

ceci ne relève pas d'un besoin de dénoncer, mais d'un constat : voilà ce que ces professeurs et intellos post-ultragauchistes out of the prolétariat auront produit depuis 1968, c'est leur triste bilan de premiers de la classe contre l'activité de classe du prolétariat telle quelle ne peut qu'être à chaque moment de la crise

ils en sont réduits aujourd'hui à emprunter à d'autres de quoi renouveler leur théorie de la révolution, mais à le faire sans reconnaître que cela remet en cause leur corpus théorique *, et sans dire que depuis un demi-siècle qu'ils s'expriment, ils ignorent ou conchient ces novateurs (en passant non blancs européens...). Quelle bande de faux-culs, la queue entre les jambes, mais encore faire les coqs : français !?

on ne tardera pas à voir le virage "décolonial" de ces bouffons bouffis d'orgueil, qui se présenteront alors (comme avec "le genre") comme en avance sur des sujets dont ils auront été les derniers à parler

* lire ici, vérité au delà de l'Atlantique, erreur en deçà ?... le grand écart



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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Jeu 28 Avr - 16:48


le mur du son à l'assaut du vide
ou
les militantaires s'envoient en l'air


objectivisme et subjectivisme ne tuent pas

un des murs les plus solidement construits dans la tête des militants, c'est qu'il faut faire quelque chose, proposer quelque chose

dans le Club Médiapart, au fil d'échanges à l'occasion de Nuit Debout entre autres, avec des militants sincères, certes plutôt à la retraite, de la CGT notamment, l'idée que « la théorie, ça va bien un moment, mais qu'est-ce que tu proposes ? » quelles actions, pour ne pas dire quel programme politique...

on a beau expliquer que la théorisation des luttes telles qu'elles sont, bien comprises et bien reformulée en relation avec des analyses qui ne sont pas d'aujourd'hui, plus vivantes que les dogmes programmatistes ou démocratistes, est un moment de la lutte dans la lutte, et que comprendre ce qu'on fait peut-être utile pour s'y orienter, rien n'y fait : « Qu'est-ce que tu fais , toi ? Quelle est ta pratique ? Tu ne proposes rien, et tu méprises ceux qui se battent ». Ceux qui se battent, non, ceux qui prétendent ainsi les guider sur les sommets, à l'assaut du ciel, oui



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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Lun 9 Mai - 15:43


le milieu de la théorie communiste d'extrême-gauche et de post-ultragauche :

une origine sociale, sexuelle et raciale rédhibitoire


Rolling Eyes

il se pourrait qu'un des plus irréductibles tabous, dans "le milieu" de la "théorie communiste radicale" soit l'origine sociale de ses membres, sans parler naturellement de la place qu'y tiennent les femmes, et de la quasi absence de "personnes de couleur"

de ceci, ils ne parlent pas aisément, comme s'il leur fallait le cacher, parce que se dire "révolutionnaire" quand on n'appartient pas à la classe supposée faire la révolution, cela donne un complexe, d'infériorité ou de supériorité, ou un mélange des deux

le problème n'est pas l'origine sociale de tel individu pris à part, dans ces groupes, et l'on citera volontiers celles de Marx, Engels, Pannekoek, Debord... mais le fait que les prolétaires, les femmes et les 'non-blancs' y sont quasi absents

quand il y en a, rien à voir avec les ouvriers devenus intellectuels, tels qu'on en trouvait dans les partis communistes. Non, les rares sont là comme faire-valoir, cautions, et jouent les utilités, petites mains pour tâches subalternes qu'on fera passer pour un fonctionnement organique, alors que le tout relève de la plus stricte division du travail entre intellectuels et "manuels"

il n'y a pas de place dans le "milieu de la communisation" pour des ouvriers, ouvrières ou employée.e.s instruit.e.s et pensant par eux-mêmes avec quelque expérience du travail en usine ou dans les bureaux
. Il n'y en n'a pas parce qu'ils ne sont pas concernés par une telle posture d'extériorité théorique, de plus portée par des individus qui ne vivent pas leurs conditions sociales, pour autant même qu'ils s'en préoccupent davantage que d'en tirer des généralités, des concepts de plus en plus abstraits au fil du temps

je n'arrive pas à comprendre comment ils peuvent penser que cela ne se voit pas comme le nez au milieu de la figure, comment venant de milieux populaires on le perçoit pas immédiatement, dans leur gestuelle, leur façon de parler et même d'écrire, et quand on les connaît, leurs goûts "artistiques" et "culturels" quand ce n'est pas les "loisirs" typiques de ces catégorie sociales

je saisis moins encore comment il peuvent croire que leurs idées n'en sont pas dépendantes, comme leurs rapports aux luttes prolétariennes, leurs pratiques théoriques , leurs comportements relationnels. C'est vraiment le monde à l'envers pour qui est persuadé que les idées dépendent des rapports sociaux, de la place des individus dans ces rapports sociaux

et avec ça chez certains, le déni d'une posture militante des plus téléphonée, quand elle ne relève pas simplement des procédés politiciens et manipulateurs les plus éculés. Qu'ils reproduisent, quand ils agissent, les vielles ficelles du militantisme de parti, sectarisme compris, ça la fout mal pour leur soi-disant critique du militant

depuis cinquante ans
une perte de rapport au prolétariat réel
et un gauchisme intellectuel typique de la classe moyenne

depuis les années 60 à partir de Socialisme ou Barbarie, le milieu post-ultragauche ouvrière n'a plus la même composition sociale, et il ressort que qu'autant qu'une rupture théorique, c'est une rupture sociologique aussi, et partant quelque chose qui s'apparente plus au gauchisme post-soixante-huitard, en version intellectuelle, qu'à la tradition anarcho-ultragauche ouvrière qui pouvait avoir ou se fonder sur de réelles expériences de luttes en entreprises (par exemple chez ICO, avec Henri Simon)

au fond, ces milieux ont la même composition sociale d'origine que ceux que l'on trouve dans Nuit Debout

et comme il leur faut se donner une explication, la voici : on est forcément un peu «schizophrène», on souhaite la révolution, mais en attendant, on vit «normalement», et leur normalité, vu leur appartenance sociale et leur niveau socio-culturel, dans la plupart des activités de la vie, est celle de leur classe d'origine. Il n'y a là rien que de socialement et culturellement normal et logique, pas besoin d'avoir lu Marx, Weber et Bourdieu pour le savoir, c'est aussi une "structure of feeling" pour le dire avec Raymond Williams

le moindre paradoxe n'est pas qu'ils aient théorisé «l'auto-abolition du prolétariat». Pour eux, ça ne mange pas de pain, puisqu'ils n'en sont pas et n'en descendent pas. De même qu'«abolir le genre», puisqu'ils sont majoritairement des hommes, sans parler de condamner l'antiracisme quel qu'il soit, puisqu'ils sont tous 'blancs'

non, c'est vrai, je ne les aime pas surtout en groupe, parce que je ne les sens pas, ni "en théorie" ni "en pratiques", et ils me le rendent bien :

nous n'avons pas gardé et nous ne garderons pas les prolétaires ensemble

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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Lun 9 Mai - 16:56


une belle critique de l'objectivisme militant qui tourne de plus en plus à vide, n'ayant que des sujets extérieurs à sa posture sociale sur lesquels il n'a aucune prise


Nuits debout : la convergence des luttes est une illusion

MIGUEL BENASAYAG et BASTIEN CANY 5 mai 2016| jscheffer81

Prétendre agréger les causes des sans-papiers, des réfugiés, des chômeurs, de la malbouffe ou de la pollution est un piège de l’universalisme abstrait qui s’empare du mouvement Nuit debout

Citation :
Les fleurs en hommage aux victimes des attentats du 13 novembre sont à peine fanées que la place de la République semble être le lieu d’un nouveau printemps. Mais un mois après le début du mouvement, tout se passe comme si les habitants de la France avaient choisi de sortir de l’impuissance par la voie d’un impossible agir. Convergence des luttes : le mot d’ordre des Nuits debout n’est pas autre chose que l’apanage des spécialistes du » changer le monde  » et des techniciens de la mutation sociale.

le militant triste


À chaque fois que la multiplicité éprise de liberté s’exprime dans sa diversité et sa complexité, ces personnages, plus dangereux que les CRS et leurs matraques, se manifestent sous la figure du militant triste. Lui, comme toujours, prétend faire émerger de sa conscience l’acte de justice qui fondera un monde meilleur. Toujours prompt à culpabiliser le citoyen rendu complice par sa passivité, il est convaincu que le changement passe par l’éveil des masses endormies qui doivent, comme lui,  » prendre conscience « . Or, ce n’est pas la conscience qui détermine la vie – ni même le monde de demain – mais la vie qui détermine la conscience.

Dans sa vision messianique de la lutte, le militant triste considère que la vie et les hommes ne sont tout simplement pas tels qu’ils devraient être. Le monde se fonde ainsi sur une erreur. Pour lui, il ne s’agit pas tant d’améliorer les choses que de changer l’ordre des choses. Certes, le présent est dur. Et toutes les situations de souffrance, de misère et d’injustice lui apparaissent comme invivables. Mais elles ne sont finalement que des péripéties sur le chemin de l’autre monde à venir, le vrai et le seul qui vaille la peine d’être vécu.

Abstraction

Le  » je lutte donc je suis  » qui s’affiche sur les pavés de la place de la République nous renvoie à la virtualité de cet engagement-transcendance qui croit que la vraie vie commence après la vie. S’engager impliquerait ainsi d’abord de s’exiler d’avec soi-même, d’oublier le présent, le vécu et les situations concrètes du quotidien pour atteindre ce niveau supérieur d’où la solution doit advenir.

La convergence des luttes relève de cette même abstraction. Tour à tour, on convoque sur l’estrade la cause des sans-papiers, celles des réfugiés, des sourds, des chômeurs, de la malbouffe, de la pollution… Ce joyeux manège pourrait faire sourire s’il ne condamnait pas chacune de ces situations, pourtant bien réelles, à devenir le simple support d’un engagement transitif qui nie leur singularité et les vide de leur puissance. Dans ce schéma qui bannit le présent au nom de la promesse à venir, la cause ne vaut pas en elle-même et pour elle-même mais pour ses effets sur la totalité.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la centralité que le mouvement appelle de ses vœux agit selon les mêmes mécanismes que les superstructures (financières, économiques, politiques…) auxquelles il prétend résister. En opposant aux situations concrètes et singulières la globalité abstraite d’une convergence finale, il finit par dissoudre le réel dans une virtualité spectaculaire. Face à la représentation globale d’un système-monde imposé par les modèles macro, la convergence-transcendance ne fait en réalité que proposer un autre simulacre. Celui d’une totalité qu’il faudrait faire surgir de la multiplicité agissante. Et il va de soi que cette totalité, contrairement à l’autre, serait vraie. Penser depuis la globalité est un point de vue de » nulle part « , une projection idéologique qui tente de réfléchir le monde depuis une situation qui n’existe pas. D’où l’impasse actuelle du mouvement confronté chaque nuit à la même question :  » Que faire et comment agir ?  »

Simplification

La solidarité, la liberté et la justice dont se réclament les Nuits debout n’existent pas dans un universalisme abstrait. Le tout ne peut exister que dans chaque partie, au sein de chaque situation où il se joue en actes (de solidarité, de liberté et de justice) ici et maintenant. Qu’y a-t-il de commun entre les revendications d’un peuple à disposer pleinement de son territoire, la défense de la création artistique et le droit des femmes à une rémunération égale aux hommes dans leur travail ? A vrai dire, rien qui permette de renouer avec un agir concret et puissant. Chacune de ces luttes singulières exprime l’universel dans le particulier sans pour autant éliminer les possibles antagonismes et les contradictions que soulève leur libre expression.

un refus de la conflictualité soci(ét)ale

Réduire la multiplicité de ces situations à un schéma commun, c’est donc refuser la conflictualité propre à la vie et à nos sociétés. Ce processus de simplification représente sans doute une voie plus aisée que d’accepter la complexité. Mais c’est également le chemin le plus sûr vers l’affrontement. Dans un monde simplifié et polarisé, les certitudes évitent d’avoir à construire soi-même, et les identités se distribuent facilement : les gentils d’un côté et les méchants de l’autre, les pro et les anti-système, les fachos et les autres… Cette logique de l’affrontement est le fruit d’une pensée faible qui finit toujours par distinguer les moyens et les fins. Et comme souvent, elle en arrive à adopter les mêmes armes que l' » ennemi « , qui se révèle alors d’une étonnante proximité.

Un ministre français regretté et regrettable proposait, certainement à un moment d’éclipse de sa pensée, de » terroriser les terroristes « . La réponse lui était pourtant déjà donnée par un grand intellectuel argentin, Horacio Verbitsky, lorsqu’il écrivit : » Nous ne pouvons pas bouffer les anthropophages pour en finir avec l’anthropophagie.  » L’avertissement vaut aujourd’hui pour tous ceux qui nient la complexité et nous proposent, à l’autre bout de l’entonnoir, la rationalité d’un monde plat et unidimensionnel.

Par MIGUEL BENASAYAG et BASTIEN CANY



contre le militantrisme activiste communisateur

cela étant, et nonobstant le contenu (contenul ? compte nul ?) de Nuit Debout, je ne suis pas certain que la critique du "militant triste" par Benasayag et Cany, comme celle de l'avant-gardisme, ne s'appliquent pas à certains anarchistes et ultragauchistes dont les activistes promouvant la communisation comme on vend du savon de Marseille : pour laver plus blanc en théorie en effaçant les contradictions réelles de luttes qui ne peuvent qu'être segmentées ?

dès lors que l'explication théorique est extérieure au sujet censé la produire dans et par ses luttes, je ne vois pas bien comment l'on peut y échapper, naturellement quand on prend le risque de faire quelque chose plutôt que justifier qu'il n'y a rien à faire

le problème c'est que les non-militants, s'ils défendaient leurs propres intérêts immédiats, seraient en parfaite contradiction avec leurs discours théoriques, et c'est pourquoi ils préfèrent ne rien faire, et « vivre normalement », au final pas si « schizophrènes » que ça

je ne fais rien de mieux, sauf que vivre à la manière de ceux dont j'ai les moyens, il y a belle lurette que ça ne m'intéresse pas, et au fond ça ne m'a jamais intéressé, jamais intéressé d'avoir « un travail intéressant », jamais intéressé de devenir un « artiste » professionnel, un militant professionnel ou un « théoricien » professionnel. Plus le temps passe et plus je hais les couches moyennes intellectuelles ou pas

... la « classe moyenne », la « petite-bourgeoisie ».
Tous les vices dont peuvent se libérer les autres classes sont repris par celle-ci.
Et quand ces gens ajoutent à leur condition de petits bourgeois celle d'intellectuels,
ils méritent d'être balayés sans jugement préalable.


Juan Carlos Onetti, Le puits, 1939

contre l'avant-gardisme et l'auto-organisation factice

pas plus individualiste qu'un autre, j'ai donné ma part dans l'action collective syndicale ou politique avec un certain sens œcuménique du partage et de la solidarité, mais au bout du compte,

non, vraiment, les groupes même informels constitués en dehors d'une situation de lutte partant de conditions communes de travail ou de vie ne peuvent prétendre à aucune auto-organisation que factice : cela vaut autant pour Nuit Debout que pour les activistes communisateurs, cette contradiction dans les termes dont le leader minimo Léon de Mattis est l'archétype le plus ridicule, qui vend sa soupe à la Fédération anarchiste... comme Philippe Corcuff

.
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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Mar 6 Sep - 17:01


idéologie du blocage et retour d'action directe : un revival ?

comme à chaque reprise des luttes depuis une dizaine d'années, surgit la question des "blocages" et le mode d'intervention dit d'Action directe. Les débats sur la question accompagnent ou suivent à des degrés divers d'exigence théorique : différences ou opposition des grèves (de l'intérieur des entreprises par les salariés), un blocage interne, ou blocage externe par des interventions à la sortie des entreprises, sur les voies de transports, etc. avec les variantes, mélanges internes-externes de tous les fantasmes, dont les salariés des entreprises bloquées ne sont pas toujours partie prenante, ou du moins en majorité telle que l'on puisse parler de grève

en cette rentrée, et après ce qu'il faut bien nommé l'échec des mobilisations contre la loi travail en juillet dernier, c'est reparti, avec la succession des "appels" et des mots d'ordres tous plus "radicaux" les uns que les autres. Ce texte émane de « la CGA,  Coordination des Groupes anarchistes, créée principalement par des groupes du sud de la France qui ont quitté la Fédération anarchiste (FA) lors du 60e congrès de juin 2002. »

plus les limites d'un mouvement apparaissent, plus la surenchère gauchisante prend du poil de la bête, pour "bloquer le capitalisme"... Mon sentiment est que de mouvement en mouvement, ce type d'injonction et de velléité prend un caractère de folklorisation de ce qu'il était, déjà limité et impuissant, à l'origine. L'activisme a connu ses beaux jours à l'apogée du démocratisme radical, au début des années 2000. Depuis la crise de 2008, il revient et d'une certaine façon s'élargit... en paroles, notamment sur les réseaux sociaux et blogs spécialisés


Retours sur les blocages : Renouer avec l’action directe
 
CGA Coordination des Groupes anarchistes, 5 septembre 2016

"On bloque tout !"

Article d’analyse sur la force des blocages et des structures interprofessionnelles dans la lutte contre la loi travail.
- l’exemple de l’AG interpro de Saint Denis
 

Citation :
Récit de l’action de blocage des dépôts RATP le 2 juin, jour du démarrage de la grève chez les travailleur-euses de la RATP.
 
6h30, 70 personnes sortent du métro et courent vers une petite rue qui fait l’angle d’une grande avenue. La rue atteinte, le barrage commence : les bus sont arrêtés et empêchés de rejoindre l’avenue. Le blocage du dépôt de bus RATP des quartiers nord de Paris vient de démarrer, rencontre chaleureuse avec les grévistes du site qui viennent de se lancer dans la grève. On est le 2 juin et trois autres blocages de dépôt se tiennent en même temps : au Pré-Saint-Gervais, à Nanterre et à Paris. « Ils vont pas nous faire chier tous les jeudis » écrase le commissaire à ses collègues. La presse relaie l’action, et les articles contre la grève à la RATP pleuvent. La grève , elle tient allant de 30 % de grévistes à 70 % sur certains sites au démarrage. C’est la deuxième fois qu’un dépôt est bloqué par l’AG interprofessionnelle de Saint Denis depuis le début du mouvement  
Citation :

 
· La force des travailleuse-eurs c’est la grève !

La destruction du code du travail et la volonté de briser la résistance syndicale ont eu l’effet d’un ressort sur l’ensemble des exploité-es après des années d’asservissement : écrasez-nous et on vous explosera à la figure . Pour menacer les patrons et l’État, c’est au porte-feuille qu’il faut s’en prendre. L’action directe a eu un rôle moteur dans ce mouvement social, l’un des plus long de l’histoire. « Toute personne qui a pensé, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie avoir droit de protester et a pris son courage à deux mains pour le faire, toute personne qui a revendiqué un droit seul ou avec d’autres a pratiqué l’action directe… Ces actions résultent des efforts spontanés de ceux qui se sentent opprimés par une situation donnée... elles sont contre les autorités légalement constituées et contre le droit de propriété ». tonne l’anarchiste féministe Voltairine de Cleyre au début du XXe siècle, la pertinence du constat est aujourd’hui sans appel. Le regain de l’action directe se fait sentir alors même que la dictature patronale s’installe sans faille sous bonne protection de l’État.

Les pratiques de lutte interprofessionnelle, anti-autoritaires et horizontales, ont été le cœur de la multiplication d’actions directes (blocages d’axes de transport, blocage de lieux de production...).

À Saint-Denis, ville populaire de 120 000 habitant-e-s, l’assemblée interprofessionnelle, soutenue par les unions locales Sud-Solidaires et CGT, a battu le fer pendant ces quatre mois de lutte. Elle réunie les agentEs de la ville , les enseignantEs, les travailleurs-euses de la RATP, des hôpitaux, les chômeur-euses, les étudiantEs, et précaires de plusieurs secteurs du privé. Son objectif est d’organiser toujours plus les travailleurEuses de Saint-Denis, dont une grande majorité travaille dans des secteurs privés où l’on subit déjà la « loi travail » (commerces, nettoyage, restauration…) et la division raciste du travail, et où les conditions de travail vont encore plus se dégrader. L’AG interpro s’est organisée en trois temps :

- appels à la grève et organisation de la grève (caisse de grève...)

- actions pour généraliser la grève (diffusion de tracts aux heures d’embauche, action de piquets de grévistes volant de boîtes en boîtes)

- actions de blocages économiques, organisées au moins une fois par semaine par la commission action sous mandat et contrôle de l’assemblée de grévistes

La bonne organisation de ces actions, la décentralisation et la volonté de se fédérer avec les autres mouvements de lutte (participation aux assemblées de lutte de la région, renforts des sites bloqués par les grévistes...), ont été les points d’appui de coordinations efficaces. Quand dans les assemblées s’organisent des actions pour soutenir la grève des agents RATP ou du centre de tri, quand une cinquantaine de membres de l’AG interpro participent à la grande manifestation des cheminots en grève de la gare de l’Est à gare Saint-Lazare et occupent les voies avec les grévistes, quand des zones logistiques du 77 sont bloquées en coordination avec la commission grève générale de Nuit Debout Paris et l’assemblée de lutte de la bourse du travail, quand l’AG interpro apporte son soutien aux grévistes de Franprix St-Denis et des travailleuses de l’EPAD en proie à la répression.…

·  Bloquer le capitalisme

Le pouvoir des travailleuse-eurs réside dans leur capacité à paralyser la production pour stopper le rouleau compresseur capitaliste. Les actions de blocages de l’Ag interprofessionnelle dionysienne se sont resserrées autour des cibles patronales locales et régionales, des lieux de production et de circulation des richesse, comme autant de manières de marquer les consciences, de désigner directement qui sont les responsables, l’illégitimité de leur pouvoir sur leurs salarié-es, et le bloquer les gros flux de production.

C’est nous qui travaillons alors c’est nous qui décidons.

L’accès au port de Paris (à Genevilliers où transite 1 % du PIB national) a été bloqué a deux reprises directement et indirectement (blocage d’un pont d’accès). Tôt le matin, à l’heure d’embauche, le site du gros patrons local, Dubrac, qui concentre entre ses mains tous les marchés du BTP municipaux en même temps qu’il dirige le Medef 93 et 95, est bloqué et le principal accès barré de plusieurs banderoles.

Braquer Dubrac et tous les autres : l’hôtel 4 étoiles construit à l’occasion de l’Euro 2016, a été occupé et un pique-nique partagé entre tou-te-s les grévistes. Des piquets ont été organisés devant les gros sièges sociaux qui pullulent dans la Plaine. Ces actions de blocage ont aiguisé et renforcé la conscience de classe des travailleur-euses, et la causse anticapitaliste, en même temps qu’elles en ont amplifié le rapport de force.

Force vive de la lutte, ces actions ont mis en mouvement les structures intersyndicales départementales et régionales, qui ont pris en charge l’organisation et l’appel à blocage seulement dans la deuxième partie du mouvement. L’exemple du blocage de l’aéroport du Bourget à la fin du mois de juin, haut lieu des déplacements des élites capitalistes et politiciennes, puisqu’en moyenne navigue 1,5 voyageur par avion, à l’appel de l’intersyndicale CGT-SUD Solidaires-FO en est une belle illustration. « Dix, vingt ou trente personnes, qui s’entendent bien, qui sont bien organisées, qui savent où elles vont, peuvent en entraîner facilement cent, deux cent ou même plus » disait Bakounine. Dans la région parisienne, la combativité et la détermination de l’AG interpofessionnelle de St-Denis, a donné du courage à de nombreux collectifs de lutte.

Au-delà des actions de blocages, l’AG interpro a appelé à la grève en dehors des journées intersyndicales, dans le but d’accroître le mouvement et de populariser la grève. Des pratiques horizontales se sont installées et s’expérimentent. Pour chaque actions, des camarades référent-es s’activent pour assurer la bonne efficacité (avec les usager-es, les travailleur-euses non grévistes) et pour la sécurité face à la répression qui dès la deuxième action a tapé en plein cœur l’AG interpro avec l’arrestation de 140 personnes et la garde-à-vue de deux personnes blessées, dont l’un est en procès en automne.
 
·  Ni spontanéité, ni relâchement

L’expérience des pratiques anti-autoritaires, l’action directe par et dans la grève, ont façonné le pouvoir populaire. Celui-ci est la capacité du peuple (à savoir les travailleur-euses) d’agir sans hiérarchie, par l’autogestion dans la recherche de l’émancipation et pour atteindre des objectifs de lutte contre leurs exploiteurs. La culture de mobilisation interpro, contre les corporatismes ou les chapelles syndicales, et l’unité des luttes locales dans ce combat global ont été les ferments de la mobilisation. Les luttes dionysiennes des années passées ont agit comme une « gymnastique » (Malatesta), et entraîné la résistance, donnant des bases solides à l’AG interpro. D’année en années, les luttes s’accélèrent : l’année passée, tout Saint-Denis a été traversée du Nord au Sud par une lutte des écoles pour les moyens et le droit à éducation. Les 25 classes sans instit’ à la rentrée 2014 ont agit comme un feu de poudre tant sur les enseignantEs que sur les parents : grève reconductible, actions de blocages d’autoroute, occupation du lycée de la légion d’honneur et de l’inspection, séquestrations d’inspecteurs. Le mouvement local contre la loi « travail », s’est ainsi largement inspiré de ces modes d’actions directs. Celles et ceux des parents et instits qui luttaient hier ont relevé les manches au printemps. « À travers l’association, ils-elles apprennent à s’aider eux-même, à se connaître, à s’entraider les un-es les autres et finalement à créer une force plus redoutable que celle de toutes les bourgeoisies capitalistes et de tous les pouvoirs politiques réunis » (Bakounine).
 
·  La force du syndicalisme libertaire

De nombreux syndicalistes libertaires ont eu un rôle moteur dans l’AG interprofessionnelle dionysienne. La tradition syndicaliste libertaire a permis la mise en avant de l’action directe comme arme dans le rapport de force face au pouvoir patronal. Dès ses débuts, l’intervention des anarchistes dans les luttes syndicales et le mouvement ouvrier ont été décisives : création des bourses du travail, défense d’un syndicalisme d’industrie et du confédéralisme contre la verticalité et la hiérarchie, défense de la grève générale et de l’action directe. Cette empreinte majeure est présente jusqu’à maintenant : dans les statuts et pratiques confédérales de nombreux syndicats (CGT - même si depuis une15aines d’années c’est remis en cause –, dans la CNT..) , dans la dynamique des unions locales et les assemblées interprofessionnelles. L’appel « on bloque tout », à l’initiative de syndicalistes libertaires et auquel des militant-es de la CGA ont pris part, se veut le relais de cette défense de l’action directe. Nos regards et nos déterminations sont maintenant tournés vers la rentrée et ne s’étonnent pas que, et cela est inédit, le combat rejaillissent après le temps d’arrêt estival.

TouTEs en grève le 15 septembre, dans la rue et dans les AG de lutte !  
 
Des syndicalistes libertaires de la CGA – Région parisienne

Pour une analyse plus poussée des luttes dans le monde du travail, voir notre motion :

http://www.c-g-a.org/content/quelle-est-notre-position-sur-les-syndicats


concernant le mouvement contre la loi travail et la rentrée, voir les textes dans AVRIL-JUILLET 2016 : UN MOMENT de la LUTTE DES CLASSES EN FRANCE. Traces d'une pratique théorique embarquée, notamment les derniers, d'Henri Simon pour Echanges, Février-juin 2016 : six mois de lutte, pour qui et pour quoi ? et d'Alèssi Dell’Umbria « LE MONDE OU RIEN » Remarques sur l’agitation sociale en France au printemps 2016

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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Lun 12 Sep - 21:29


pas vraiment le sujet adéquat, mais je n'en ai pas pour ce genre d'histoire (ils sont connus, ils sont tous là, ya même Dauvé...) : à connnaître, et méditer... Viewpoint insiste plus particulièrement sur les échanges Castoriadis-Pannekok 1960-61, sur l'organisation et le parti, à l'époque de Socialisme ou Barbarie (SOB), un épisode important qui préside à la dérive de SOB...



Viewpoint Magazine ‏@viewpointmag
 
Towards a genealogy of ultra-left thought

Vers une généalogie de la pensée ultra-gauche

Citation :
Although they have their dis­agree­ments, this dis­sen­sion only con­ceals a shared unity that unsur­pris­ingly orig­i­nates from the com­mon her­itage they all seem intent on repress­ing. Many of the defin­ing prin­ci­ples of the his­tor­i­cal ultra-left per­sist, and their pecu­liar com­bi­na­tion of blind­ness and insight bears the marks of their prog­en­i­tors. Their shared empha­sis on pro­le­tar­ian self-activ­ity, their will­ing­ness to delib­er­ately con­flate means and ends, their ten­dency to elide the moment of strat­egy, their demand for the abo­li­tion of a tran­si­tion period, and their ten­dency towards fatal­ism, are all age-old his­tor­i­cal debates.

And just as before, the ultra-left ten­den­cies of con­tem­po­rary move­ments have pro­voked a back­lash from those who call for a return to the fun­da­men­tals of polit­i­cal orga­ni­za­tion, usu­ally rep­re­sented by the fig­ure of “the party.”

Malgré les désaccords entre eux, cette dissension dissimule seulement une unité partagée qui provient sans surprise de l’héritage commun que tous semblent décidés à refouler. Bon nombre des principes déterminants de l'ultra-gauche historique persistent, et leur combinaison particulière de cécité et de perspicacité porte la marque de leurs géniteurs. Leur insistance partagée sur auto-activité prolétarienne, leur volonté de confondre délibérément les moyens et les fins, leur tendance à élider le moment de la stratégie, leur demande d’abolition d’une période de transition et leur tendance à la fatalité, sont tous de vieux débats historiques.

Et tout comme avant, les tendances ultra-gauche des mouvements contemporains ont provoqué une réaction de ceux qui appellent un retour aux fondements de l’organisation politique, généralement représentée par la figure du « parti ».


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MessageSujet: Re: AUTONOMIE, ACTION DIRECTE, INTERVENTION, ACTIVISME, MILITANTISME : critiques de 1981 à aujourd'hui   Ven 28 Oct - 19:08


militant vs adhérent ? adepte ? sympathisant

adhérer à une idée, un parti ou un groupe, n'oblige pas à militer, et inversement, certains militent sans adhérer...

sans revenir sur la critique du militant depuis Le militantisme, stade suprême de l'aliénation



Organisation des Jeunes Travailleurs Révolutionnaires
(première parution : 1972)

je pose cette distinction, j'y reviendrai plus tard afin d'être conséquent, ayant affirmé que toute activité, théorique ou pratique (au sens de l'anglais activist) relève du militantisme, y compris la plus théoriciste, bien qu'elle critique l'objectivisme et le subjectivisme selon elle propre au militantisme : pas de balai devant leur porte ?

je ferai le lien avec la contemplation de la théorie...


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