PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 THÉORICISME : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer / THÉORIE COMMUNISTE et/ou THÉORIE de la RÉVOLUTION ? Sur la théorie de la communisation et sa "solitude"

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MessageSujet: Re: THÉORICISME : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer / THÉORIE COMMUNISTE et/ou THÉORIE de la RÉVOLUTION ? Sur la théorie de la communisation et sa "solitude"   Mar 15 Nov - 13:36


1) une critique intéressante de Deleuze et Foucault
, par Gayatri Spivak en 1988

dans IX.1. l'idéologie... 5) sur l'idéologie et les apories de la French-Theory, avec Gayatri Spivak

dans Les Subalternes peuvent-elles parler ?, Gayatri Spivak épingle sévèrement Gilles Deleuze et Michel Foucault pour leur prétention commune à s'effacer derrière le sujet dont ils parlent : « l'un et l'autre ignorent systématiquement tant la question de l'idéologie que leur propre implication dans l'histoire intellectuelle et économique. » p.15

chez Foucault, elle relève la même « dénégation véhémente : « Or cette position d'arbitre, de juge, de témoin universel, est un rôle auquel je me refuse absolument ». L'une des responsabilités du critique peut être de lire et d'écrire en sorte que l'impossibilité de refuser de manière individualiste et intéressée les privilèges institutionnels du pouvoir dont le sujet est investi soit prise au sérieux. Le refus du système de signes ferme la voie à une théorie développée de l'idéologie. »

[...]

2) inutile de reprocher à d'autres ce qu'on ferait soi-même. J'ai signalé à l'organisateur de "Penser l'émancipation" mon livre en cours... et la courte synthèse, les 11thèses. Après quelques échanges, il me répond : « Merci d'envoyer un résumé (même flou) de votre proposition d'intervention (pas au-delà de 3000 signes) en pj. »

Patlotch a écrit:
merci, mais je ne le ferai pas, ce serait une contradiction dans les termes avec ma conception du combat communiste, et de la théorisation des luttes

je ne crois pas à la vertu communiste de ces colloques auberge espagnole, et me sent très mal à l'aise auprès de petits maîtres à penser pratiquement tous universitaires, appointés par l'Etat du capital, et ne remettant jamais en cause leur position sociale, comme s'ils étaient plus intelligents que ceux d'en-bas

bref, tout ce qui a été dit et redit de Marx à Spivak, vous le savez je suppose

je voulais juste vous signaler que ça existe. Le jour où quelqu'un.e daignera apporter des critiques même sévères, j'échangerai volontiers avec lui ou elle. En attendant, je les lis TOUS et j'en fais mon beurre, pas une carrière

vous en faites ce que vous voulez

bien à vous,

Patlotch


autant dire que depuis le temps qu'existent des colloques, Congrès Marx internationaux, et autres revues où ce beau monde se rencontre pour que n'en sorte rien d'autre que la confusion idéologique la plus totale*, je ne pense pas qu'y intervenir soit de la moindre utilité pour produire des liens organiques... Peut-être quelques orgasmes théoriques ?

VI.4. les liens organiques à promouvoir entre les luttes et leur théorisation : "intellectuel organique" ?

* voilà le fatras, un marché aux idées les plus contradictoires, pour théoricien.ne.s en mal de tribunes
Citation :
Nous invitons militants et militantes, chercheurs et chercheuses, à soumettre des propositions de communications (un résumé de 3000 signes) sur l'un des thèmes suivants, ou tout autre ayant trait à la théorie sociale et à la pensée émancipatrice, avant le 5 mars 2017 au plus tard : penserlemancipation2017@gmail.com

Droit, oppression, émancipation ; pouvoir politique, stratégie, organisation ; écosocialisme, anthropocène, capitalisme fossile ; féminisme, travail reproductif, intersectionnalité ; théorie et révolution sexuelle ; Gramsci, hégémonie, philosophie de la praxis ; relations internationales, développement inégal et combiné ; racialisation et capitalisme postcolonial ; histoires du mouvement ouvrier et révolutionnaire ; précariat, travail immatériel, nouveaux salariats ; syndicalisme, grève générale, contrôle ouvrier ; autonomie, opéraïsme et nouvelles radicalités ; monnaie, marchandises, forme-valeur ; théologie et critique de la modernité ; colonialité du pouvoir et décolonialité ; marxisme culturel et structures de sensibilité ; impérialisme, guerres et libération nationale ; cinéma, théâtre, spectateur émancipé ; théorie critique, École de Francfort, réification ; hégélianismes et jeune-hégélianisme ; économie politique, dynamiques d'accumulation, crises ; Althusser, antihumanisme, lutte de classes dans la théorie ; éducation populaire, système scolaire, pédagogies révolutionnaires ; allocation universelle, salaire à vie, refus du travail ; occupation des places, émeutes, sabotage ; logistique et blocage des flux; immigration, réfugiés, populations excédentaires ; Europe, dette, souveraineté ; Lukács, totalité et subjectivité ; Henri Lefebvre, ville et espace ; urbanisme, architecture et droit à la ville ; géopolitique critique ; littérature, poésie et politique ; histoire globale et système monde ; corps exploités, corps révoltés et enclosures des corps ; internet, travail digital et réseaux sociaux ; néolibéralisme, financiarisation et nouvelles aliénations ; État d’urgence, antiterrorisme, violences policières et ennemis intérieurs ; lutte armée, guérilla urbaine et guerre populaire ; révolution culturelle et transition au socialisme ; mouvements sociaux, formations de classe, identités politiques ; masses, plèbes, multitudes ; communisation et restructuration capitaliste ; coopérative, autogestion, expropriation ; action antifasciste et état d’exception ; mobilisations lycéennes et luttes étudiantes ; critique des médias


aurait-on pu imaginer, au 19è ou au 20è siècle, un Marx, un Lukacs, un Gramsci, un Adorno, un Althusser, un Lefebvre et les théoriciens des thèmes annoncés, réunis en "colloque" ?
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MessageSujet: Re: THÉORICISME : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer / THÉORIE COMMUNISTE et/ou THÉORIE de la RÉVOLUTION ? Sur la théorie de la communisation et sa "solitude"   Dim 20 Nov - 16:09


un commentaire de Gilles Dauvé sur le texte de Bruno Astarian



Bruno Astarian Solitude de la théorie communiste août 2016.

Citation :
« Comment demeurer révolutionnaire sans révolution ? », demandait Maresia Dalua1. Pour répondre, il faut aller en amont: comprendre ce que peuvent faire « les révolutionnaires » suppose de s’interroger sur quelle révolution on envisage, sur ce que serait son « contenu ». C’est ce que fait Bruno Astrarian en se demandant à quoi sert la théorie communiste.

Le marxisme – et souvent l’anarchisme – ont longtemps cru que renverser le capitalisme, c’était instaurer le pouvoir des producteurs (incluant le métallo, l’infirmière, l’institutrice…) et leur travail en commun. Dans cette vision, les luttes quotidiennes préparent la révolution, l’autonomie dans l’action aujourd’hui (contre l’Etat, les patrons, les syndicats, les partis, toutes les institutions soutiens de la société actuelle) préparant l’autonomie individuelle et collective dans la gestion de l’ensemble de la vie après-demain. Par conséquent, la grève, l’émeute, l’insurrection, voire la coopérative ou la scoop, sont comme un apprentissage du futur travail associé. La théorie communiste aurait pour rôle de mettre en valeur tout ce qui favorise l’action autonome des prolétaires, et d’aider ainsi à son intensification, à son propre dépassement.

Pour Bruno Astarian, cette vision méconnait la rupture qualitative entre la lutte revendicative, où le travail s’efforce de modifier à son avantage la répartition du salaire et du profit, et l’insurrection communiste. Dans celle-ci, les insurgés forment « entre eux un rapport interindividuel qui n’a plus le travail pour contenu », et « les éléments de capital dont le prolétariat insurgé s’empare sont transformés par l’insurrection. De moyens de production, ils deviennent moyens de lutte, voire de divertissement. »2

Pour le comprendre en ce début de 21e siècle, il faut admettre que la théorie communiste est « le fruit de l’échec de toutes les tentatives précédentes ». D’où sa tendance inévitable à se réapproprier le passé de façon non-critique, en transformant ses limites en objectifs. « Mais l’insurrection d’où sortira la première tentative de communisation ne pourra pas ne pas aller bien au-delà de ce qu’on a déjà vu. »

La théorie communiste est plus que la mise à jour des contradictions du capitalisme. Plus aussi que l’affirmation de la lutte de classes, lutte pour le partage entre profit et salaire, qu’il est illusoire de vouloir pousser au point où la bourgeoisie ne pouvant plus rien céder forcerait les prolétaires à détruire le rapport capital/travail. Il est inutile de tenir « un discours maximaliste contre le capitalisme en général, quand la lutte considérée cherche seulement à faire plier un patron particulier. »

Au lieu de chercher à radicaliser ce qui ne peut l’être, mieux vaut s’intéresser aux « pointes avancées » qui annoncent une rupture, sans croire que nous aurions les moyens d’accélérer sa venue. En particulier, si la révolution communiste est l’auto-négation du prolétariat, c’est-à-dire une destruction du travail en tant que travail, cela passe par ce que l’on a appelé dans les années 70 « l’anti-travail », qui dans de futurs assauts prolétariens prendra d’autres formes : « Le post-fordisme n’a pas aboli les conditions de l’anti-travail, il les a aggravées. Mais pour le moment, la pression du chômage maintient un couvercle sur cette bombe à retardement. »

La théorie communiste a pour Bruno Astarian un rôle surtout négatif de dissipation des illusions, à commencer par celle « qu’il existerait un autre sujet de la révolution que le prolétariat dans sa contradiction avec le capital ». Positivement, elle affirme quelques points essentiels, notamment la lutte de classes comme facteur explicatif de l’histoire, la reconnaissance que le prolétariat puisse parfois être non-révolutionnaire, voire anti-révolutionnaire, mais aussi, et c’est loin d’être anecdotique, elle affirme la nécessité de « tendre à définir la société communiste »  et assume « l’abstraction et une dose d’utopie »3.

G.D., novembre 2016


1 Maresia Dalua, Contre la politique. Pas un cheveu blanc n’a poussé sur nos rêves, Séléné, 2016, 73 p.

2 Bruno Astarian prolonge ici ce qu’il expose depuis plusieurs années, notamment dans Activité de crise et communisation (2010).

3 On regrettera la reprise par Bruno Astarian du mot communisateur pour désigner les tenants de la révolution comme communisation. Logiquement, des communisateurs communisent. Ce terme a donc le défaut de permettre de penser (ce qui n’est pas du tout le cas de B. Astarian) que la communisation pourrait être déjà là, déjà mise en application, ce qui alimente entre autres la confusion avec la théorie des « communs ».


rien à redire à ce résumé en tant que tel fidèle. Hasard d'un point commun, Dauvé parle comme moi d'un prolétariat possiblement "anti-révolutionnaire". Pour le reste, le même déterminisme commun à toutes les variantes de la théorie de la communisation, malgré des différences "non anecdotiques" avec Théorie Communiste, mais moins encore, c'est peu dire, de capacité que TC à définir concrètement les temps présents autrement que négativement par rapport à leur modèle de révolution du futur. Il est certain qu'ils « assument l'abstraction », mais pas vraiment une « utopie concrète »

sur la remarque « communisateur pour désigner les tenants de la révolution comme communisation. Logiquement, des communisateurs communisent. », Astarian s'autorise un raccourci que tout le monde comprendrait si TC n'avait pas semer la confusion en prétendant « parler de communisation au présent ». Cela ne me gêne pas, mais pose tout simplement la question d'activités communistes, cad dans le mouvement communiste actuel tel que défini par Marx dans L'idéologie allemande, que je fais mien dans ma définition (11 thèses...) en distinguant théorie de la révolution (projection théorique) et théorie communiste (d'un combat communiste)

quelques remarques :

« C’est ce que fait Bruno Astarian en se demandant à quoi sert la théorie communiste. » On glisse vers du Léon de Mattis, c'est peut-être pour ça qu'il le trouve « moins antipathique » Rolling Eyes Dès lors que l'on pose la question comme ça, on est dans la séparation théorie-pratique, et l'on justifie de ne rien faire puisqu'on théorise des échecs, des limites et pour évacuer les illusions : « La théorie communiste a pour Bruno Astarian un rôle surtout négatif de dissipation des illusions ». C'est assez confortable, et quelle modestie  Shocked

en fait ce milieu théorise à partir de sa situation sociale confortable, de sa psychologie individuelle, de son caractère franchement français donneur de leçons au monde entier, mais n'interroge jamais la relativité de ce point de vue. C'est une posture en surplomb qui n'a guère à envier aux universitaires, un posture de professeur de révolution. Tout ce que je déteste à titre personnel et dont j'ai théorisé le théoricisme inhérent

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MessageSujet: Re: THÉORICISME : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer / THÉORIE COMMUNISTE et/ou THÉORIE de la RÉVOLUTION ? Sur la théorie de la communisation et sa "solitude"   Dim 20 Nov - 19:52

extrait d'un texte de Pierre Macherey à propos de théoricisme, je souligne quelques passages intéressants



Pour faire le point

Pierre Macherey 1 mars 2012

Exposé présenté à l’ENS Ulm le 20/02/2012 dans le cadre d’un stage « Erasmus Mundus »

Que faut-il entendre par théoricisme ?
Citation :
L’idée d’un primat absolu de la théorie ? Evidemment non, si on prenait au sérieux l’une des thèses de base du marxisme, qui est celle du primat de la pratique, censée avoir dans tous les cas le dernier mot. La pratique, mais quel genre de pratique ? Car il faut bien reconnaître que l’appel lancinant à « la » pratique comme critère qui prévaut en dernière instance dans tous les cas, a quelque chose d’une formule magique qui peut servir à cautionner tout et son contraire. Dans un texte assez marginal d’Engels souvent cité, devenu une pièce de la vulgate marxiste, il est énoncé sur un ton sentencieux que « la preuve du pudding, c’est qu’on le mange ». Par « preuve du pudding », il faut entendre preuve de la réalité matérielle du pudding, en tant que partie intégrante du monde objectif et non construction subjective de l’esprit qui, en projetant ses formes sur la réalité, la soumet à ses propres lois qui n’engagent en rien les nécessités de la chose en soi. Soit. Mais, sérieusement, quand on mange du pudding, est-on vraiment sûr que ce qu’on mange est vraiment du pudding ? Est-ce que ce ne serait pas un succédané de pudding, quelque chose qui ressemble à du pudding sans en être, à la manière des boissons qui ont le goût de l’alcool sans être alcoolisées ? Et alors, ce qu’on m’a vendu sous le nom de pudding, s’il n’est pas une vue de l’esprit mais fait bien partie du monde matériel où des pâtisseries s’offrent à être consommés et digérées par des estomacs qui remplissent la fonction qui leur est assignée dans l’organisme, est un produit de l’industrie humaine trafiqué en fonction des besoins du commerce, qui ont en dernière instance le pas sur ceux de mon estomac personnel, et risquent à terme de le conduire à l’hôpital : j’ai cru manger du pudding, c’est tout juste ce que m’a démontré ma pratique de consommateur, mais en fait j’ai ingéré un poison qui peut être bénin ou mortel, mais dont les effets, eux, sont tout à fait réels et matériels. Bref, ma pratique de mangeur de pudding, si on ne peut dire qu’elle ne m’a rien prouvé du tout, ne m’en a pas moins trompé, en tous cas je ne puis lui faire aveuglément confiance, et je serais avisé d’aller y voir de plus près, en regardant de façon détaillée l’étiquette qui précise les composantes du produit qu’on m’a vendu, et en me demandant si l’étiquette n’est pas elle aussi mensongère, comme cela doit souvent être le cas dans le monde matériel où le pudding est une marchandise qui a été fabriquée dans des conditions déterminées en vue de la faire circuler à l’intérieur d’un champ irrigué par les règles du marketing, cet art consommé du vol à la tire qu’on enseigne dans les écoles de commerce, élevé au statut de science du monde moderne et de ses trafics.

Pour en finir avec cet exemple, le critère de la pratique, ça ne marche pas, et même ça risque de conduire à des conséquences inverses de celles qu’on recherche, par exemple de faire tomber dans les errements du pragmatisme : du moins, ça ne marche pas tout seul. Encore faut-il se demander à quel genre de pratique on a affaire, n’y ayant de pratique qu’en situation, dans un contexte historique déterminé qui en infléchit les manifestations dans un certain sens, sans garantie définitive quant à la nature exacte de ces manifestations. Comment parvenir à élucider ce point ? C’est ici que la théorie intervient : non pas « la » théorie en général, en tant qu’elle me donnerait une vue complète sur « la » réalité, en me disant ce qu’elle est « en soi » et non seulement « pour moi », mais un dispositif conceptuel complexe, lui-même en permanence en devenir, donc foncièrement instable, qui permet d’analyser, du moins en partie, les conditions dans lesquelles cette pratique-ci ou cette pratique-là intervient à même le processus du devenir réel auquel elle est complètement immanente, processus dont il faut essayer, si on veut s’y retrouver, de débrouiller les enchaînements labyrinthiques. Autrement dit, ce qui est déterminant en dernière instance, ce n’est pas la pratique en général, mais de la pratique éclairée par de la théorie. Car, ce qu’on vient de dire de « la » pratique en général, on peut le dire aussi de « la » théorie en général : la prendre comme une référence absolue, c’est à nouveau s’exposer au risque de s’égarer, de prendre des vessies pour des lanternes.

« La » théorie en général, ça n’existe pas, parce que ce n’est rien d’autre en fin de compte qu’un certain type déterminé de pratique, avec ses matériaux, ses instruments, ses procédures, qui s’offrent à être sans cesse remaniés, reconfigurés. Allons plus loin : il n’y a pas de pratique qui ne comporte, à même son déroulement, de théorie à l’état explicite ou implicite, et qui n’aie ce qu’Althusser appelle sa « philosophie spontanée » ; c’est pourquoi, pas plus que théorie pure, il n’y a non plus de pratique pure. Dans les faits, spontanément, théorie et pratique sont en permanence intriquées entre elles et se renvoient l’une à l’autre, d’une manière qui, d’ailleurs, n’a rien d’harmonieux ou de consensuel. Naturellement, on ne peut en rester là ; il est indispensable de débrouiller ce lien, comme on peut, avec les moyens dont on dispose, de façon à donner une forme mieux contrôlée au va-et-vient qui s’effectue de lui-même entre les deux plans de la pratique et de la théorie. Mais il ne faut se faire à cet égard aucune illusion : débrouiller ce lien ne signifie en aucun cas, comme le donnait à penser la malencontreuse terminologie de la « coupure », le trancher en installant pratique et théorie dans des régions séparées, ce qui les empêcherait définitivement d’interférer. Pour formuler cette nécessité, j’avais à l’époque, je ne me souviens plus dans quel texte exactement, employé la formule imagée de « détour par la théorie », dont Gregory Elliott s’est servi pour sous-titrer le premier ouvrage en langue anglaise qui a été consacré à Althusser (Althusser – The detour of theory, éd. Verso, Londres, 1984). La théorie, qui n’est pas une fin en soi, n’est pas qu’en rapport à elle-même, mais elle constitue tout au plus un « détour » à l’intérieur du processus historique complexe où se déroulent les différentes formes de la pratique sociale, dont l’une, à côté des autres et en rapport avec elles, est représentée par l’effort, la dynamique, de la pensée conceptuelle, effort sur lequel les constructions doctrinales avec leur prétention à l’achèvement n’offrent que des vues rétrospectives, mutilées, et finalement inadéquates.

C’était ce qu’avait voulu faire comprendre Althusser en avançant l’idée de « pratique théorique », dont ensuite Etienne Balibar et Dominique Lecourt se sont servis pour intituler la collection qu’ils ont lancées au PUF pour y faire paraître des recherches s’inscrivant dans cette perspective. Très judicieusement, Balibar et Lecourt avaient repris cette expression en la mettant au pluriel : car, pas plus que « la » pratique ou « la » théorie, « la » pratique théorique n’existe en général. Lorsque Althusser, dans ses Eléments d’autocritique publiés en 1974 à une époque où il était attaqué de toutes parts et où il était sur une position défensive, est revenu sur l’emploi qu’il avait fait de la catégorie de « pratique théorique » pour la présenter comme le symptôme de ce qu’il a appelé sa « tendance rationaliste-spéculative », une dérive qu’il a présentée alors comme une « erreur », je pense qu’il visait avant tout le fait d’employer cette formule au singulier, ce qui introduit effectivement une confusion en donnant l’impression que la pratique théorique constitue un domaine homogène où, en particulier, science et philosophie forment une sorte de bloc indécomposable, et marchent ensemble d’un seul pas, pour ne pas dire au pas cadencé. Précisément, la référence à la Théorie, au singulier et avec une majuscule, dont Althusser s’était servi pour intituler la collection dont le premier ouvrage a été Pour Marx, manifeste de ce qui s’est appelé ensuite, à tort ou à raison, l’althussérisme, générait inévitablement ce type d’illusion. Je me souviens du ton ironique, mordant sans être agressif, avec lequel Foucault parlait de ce genre d’entreprise, lui qui, justement, n’a jamais consenti à pratiquer « la » théorie sur un plan séparé, ce dont la conséquence, il le diagnostiquait lucidement, devait être, non pas une « déviation » politique du type de celle que Althusser devait dénoncer plus tard en se prêtant au rituel de l’autocritique, mais la dérive vers une vulgate, vers un catéchisme paré d’un déguisement révolutionnaire, et donc, en dernière instance, vers l’instauration d’un nouveau conservatisme. Il faut reconnaître qu’il avait raison, et que c’est précisément parce qu’il avait su très tôt se dégager de ce carcan qu’il est arrivé à réaliser des avancées théoriques dont on n’a pas fini, aujourd’hui, de mesurer le retentissement et les conséquences, y compris pour le marxisme dont il a enrichi la perspective sans que cela ait été son but avéré.

Pour conclure sur ce point, je pense donc que la référence à la pratique théorique, sous réserve d’une critique de ses présupposés, je précise : une critique qui ne soit pas seulement théorique mais qui conduise à en mieux contrôler le ou les usages, reste valide, ou du moins féconde. Ce que j’ai essayé à faire en philosophie, en particulier en défendant le projet d’une philosophie au sens large, c’est bien de la pratique théorique, c’est-à-dire une certaine manière de faire de la théorie, ce qui est un travail au sens propre du mot, sans couper les ponts avec tous les domaines où, sous diverses formes, ont effectivement lieu des pratiques sociales de toute nature, la recherche en philosophie n’étant en fin de compte que l’une d’entre elles qui n’a aucun droit à porter sur les autres un regard surplombant, pas plus qu’elle ne peut se permettre de les ignorer
.

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MessageSujet: Re: THÉORICISME : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer / THÉORIE COMMUNISTE et/ou THÉORIE de la RÉVOLUTION ? Sur la théorie de la communisation et sa "solitude"   Sam 23 Sep - 11:55


ça bouge chez Théorie Communiste

je remonte ce vieux sujet qui était une sorte de critique de la théorie quand elle ne s'inscrit pas clairement dans un combat. Dans la mesure où j'y ai beaucoup tapé sur Théorie Communiste, je signale un texte qu'on pourrait dire "autocritique", puisqu'il s'agit d'une Relec­ture cri­tique de Une séquence particulière par TC de ce texte d'avril 2014 publié le 19 septembre 2017

je souligne en gras

Citation :
Même si les situa­tions sont dif­fé­rentes, à la lec­ture d’Une séquence par­ti­cu­lière / où nous en sommes dans la crise, on peut être amené à pen­ser à la façon dont nous (TC) avions ana­lysé le démo­cra­tisme radi­cal comme une for­ma­li­sa­tion de la limite géné­rale du cycle de luttes qui en res­tait là (n’avoir pour hori­zon que le capi­tal). C’était une ana­lyse théo­rique dans laquelle nous étions inté­rieu­re­ment situés avec une prise de parti et un point de vue. C’est ce qui parait cruel­le­ment man­quer dans Une séquence par­ti­cu­lière / où nous en sommes dans la crise. Le point de vue de l’entomologiste ne suf­fit pas, en matière théo­rique il est même faux.

Il y a des dis­tinc­tions ou plu­tôt des lignes de par­tage à construire dans les mou­ve­ments actuels : la délé­gi­ti­ma­tion de l’Etat déna­tio­na­lisé peut prendre des visages, créer des dyna­miques dif­fé­rentes, et por­ter des impli­ca­tions dif­fé­rentes, de même que le « carac­tère injuste » du par­tage des richesses, en fonc­tion de ce que ces mou­ve­ments disent d’eux-mêmes mais sur­tout en fonc­tion de l’histoire des espaces concer­nés, de l’histoire du pays et de son Etat. Dans des pays, comme le Bré­sil, et d’autres, où la vio­lence des rap­ports de classes a jusqu’à pré­sent était peu « amor­tie » par l’Etat cela ne veut pas dire la même chose de dénon­cer l’illégitimité de l’Etat et son inca­pa­cité à « être juste » car cor­rompu struc­tu­rel­le­ment, etc. que dans un pays comme la France où l’identité natio­nale a tou­jours été porté par un Etat fort, répu­bli­cain (pacte), et inter­ven­tion­niste, etc. « Là-bas », sans pour autant idéa­li­ser, l’idée natio­nale peut expri­mer une fierté de classe à oppo­ser à la glo­ba­li­sa­tion et à la mon­dia­li­sa­tion éco­no­mique, incar­née par les Etats-Unis. Un même thème, une même reven­di­ca­tion, des choses for­mel­le­ment iden­tiques peuvent construire des lignes de par­tage diverses qui per­mettent d’envisager des cli­vages et des pos­si­bi­li­tés dans la situa­tion actuelle. Dans le même ordre d’idée, si, aujourd’hui et mon­dia­le­ment, tout se joue autour de la ques­tion de l’Etat, ce n’est pas la même chose d’être dans une situa­tion où dénon­cer l’injustice de la dis­tri­bu­tion et le rôle cen­tral de l’Etat dans le par­tage et l’inscription ins­ti­tu­tion­nelle locale de cette injus­tice ren­voie direc­te­ment à toutes les déter­mi­na­tions de l’exploitation mon­dia­li­sée (en crise désor­mais), et où l’appartenance de classe appa­raît comme une limite, une chose pure­ment impo­sée par le capi­tal (on t’extirpe de ta cam­pagne pour aller te faire bos­ser en ville), une injus­tice « irra­tra­pable » défi­ni­ti­ve­ment, qu’être dans une situa­tion où cette dénon­cia­tion peut faire réfé­rence, dans le contexte de la concur­rence mon­diale et racia­li­sée entre tra­vailleurs, à une situa­tion d’avant la restruc­tu­ra­tion et sa crise qui serait enviable, avec un Etat dit « social », comme un contre pou­voir ima­gi­naire face à l’exploitation capi­ta­liste mon­diale ou comme régu­la­teur bien­veillant des échanges internationaux.

Il faut que l’analyse soit intrin­sè­que­ment prise de parti et posi­tion­ne­ment. Bref, si on veut retrou­ver une âme, il faut aussi lire les mou­ve­ments actuels et leurs réfé­rences à l’Etat et à la dis­tri­bu­tion en fonc­tion de com­ment s’est construite ou pas l’identité ouvrière et en fonc­tion de sa dis­pa­ri­tion. La ques­tion de l’identité ouvrière est direc­te­ment en lien avec l’Etat comme inter­lo­cu­teur et est situé géo­gra­phi­que­ment (cf. Louis Mar­tin, Je lutte des classes / sur le mou­ve­ment contre la réforme des retraites de 2010, Ed. Seno­ne­vero). On ne peut pas en res­ter à une théo­rie « com­pré­hen­sive ». Même s’il est dif­fi­cile d’identifier pour l’instant des dyna­miques dans les limites, une intran­si­geance théo­rique totale est néces­saire avec les mou­ve­ments qui for­ma­lisent les limites et s’en tiennent là. Au plus près de nous, face à l’ambiance réac­tion­naire fran­çaise et à la popu­la­rité des idées du Front Natio­nal, on ne peut pas se conten­ter de com­prendre en disant « peu­chère les pro­los ont besoin de redon­ner du sens à leur vie car ils ont peur de ne plus avoir de quoi man­ger et se soigner »…

Si la révo­lu­tion est l’expression du ver­sant « dépas­se­ment » du rap­port de classe dans un cycle, alors on peut aussi par­ler et pen­ser en termes de contre révo­lu­tion et opé­rer des lignes de par­tage. Cette absence de prise de parti est la fai­blesse cen­trale du texte Une séquence par­ti­cu­lière, fai­blesse fon­dée dans la dicho­to­mie entre rap­ports de pro­duc­tion et rap­ports de dis­tri­bu­tion qui sont for­ma­li­sés dans un rap­port d’exclusion réci­proque et non dans un jeu réflexif per­ma­nent. Dans l’usage auto­no­misé qui est fait des rap­ports de dis­tri­bu­tion, les diverses luttes qui s’y fondent sont indé­ter­mi­nées et ren­voyées comme à une « erreur », mais cette « erreur » est aussi sous-entendue comme une vérité de la lutte des classes, sans que l’on sache com­ment. Ce n’est pas comme cela qu’on va pou­voir se posi­tion­ner. Il faut faire la théo­rie des contra­dic­tions et luttes actuelles selon la struc­ture spé­ci­fique du rap­port de classes dans un espace donné et si, glo­ba­le­ment, les luttes s’inscrivent dans les rap­ports de dis­tri­bu­tion qu’est-ce que cela vient dire de la rela­tion aux rap­ports de pro­duc­tion, rela­tion qui amène les classes et les couches sociales à réel­le­ment se dis­tin­guer et prendre parti dans chaque situa­tion. Et en France, quand une frac­tion des pro­lé­taires blancs prennent parti, notre théo­rie doit aussi être une prise de parti… quitte à se planter.

je ne partage pas la thèse de Une séquence particulière, dans le sens où je ne vois pas la période actuelle comme une parenthèse à l'intérieur de ce "cycle de luttes" dans laquelle auraient disparus les "écarts" qui auraient caractérisé la période précédente, sur quoi TC n'est pas revenu, qui écrivait en 2014 :
Citation :
Nous avions défini cela comme un conflit, un écart dans l’action du pro­lé­ta­riat qui était le contenu et l’enjeu de la lutte des classes. Ce n’était qu’ainsi que nous pou­vions par­ler de révo­lu­tion comme com­mu­ni­sa­tion, et nous avions rai­son. Mais…
Et puis, tout a com­mencé à se gâter

j'ai expliqué ailleurs pourquoi je ne vois pas une recomposition de classe du prolétariat trouvant son unité dans le processus révolutionnaire pour s'abolir comme classe dans le même temps (du capitalisme à la communauté humaine, UNE CLASSE pour LA RÉVOLUTION)

sans doute ai-je du mal à comprendre le fond théorique entre production et distribution, à quoi TC rapporte y compris cette autocritique, mais ce n'est pas l'essentiel que je retiens ici. L'essentiel, qui n'est pas que méthodologique, est que la théorie n'y soit pas conçue comme « le point de vue de l’entomologiste », qu'il soit affirmé qu'« on ne peut pas en res­ter à une théo­rie "com­pré­hen­sive" », qu'« une ana­lyse théo­rique [doit être] situé[e] avec une prise de parti et un point de vue », qu'« il faut que l’analyse soit intrin­sè­que­ment prise de parti et posi­tion­ne­ment » et que pour « retrou­ver une âme [...] il y a des dis­tinc­tions ou plu­tôt des lignes de par­tage à construire dans les mou­ve­ments actuels. ». Bref, une autocritique de la tendance au théoricisme

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