PATLOTCH / COMMUNISME / un ART de la RÉVOLUTION

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 ÉMEUTES, typologie formes/contenus : des réalités à l'idéologie

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Patlotch



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MessageSujet: Re: ÉMEUTES, typologie formes/contenus : des réalités à l'idéologie   Dim 28 Jan 2018 - 5:24


Les images de consommateurs prêts à en venir aux mains pour de la pâte à tartiner ont provoqué de nombreux commentaires. Que doit-on en conclure?

Citation :
Jeudi 25 janvier, l’enseigne Intermarché propose une promotion sur les pots de la célèbre pâte à tartiner Nutella: -70% sur le prix habituel. Dès l’annonce, c'est la ruée dans les magasins. Des centaines de clients, intéressés par cette ristourne spectaculaire, se jettent sur le produit en tentant d'en acheter le plus possible.

Des dizaines de magasins, dans le Nord, le Pas-de-Calais, mais aussi le Rhône, la Loire ou le sud de la France, furent le théâtre de véritables émeutes. Des bagarres telles que plusieurs fois, les gendarmes durent intervenir. Alors que les étals se vidaient en quelques minutes, certains en sont même venus aux mains.


•KENNY LE BON•
@kennyLebon
Serieux ??!! Tout ça pour du Nutella ?! #Emeute #Nutella


Selon le récit du quotidien régional Le Progrès, le premier à avoir fait état de ces accidents, les clients «se sont acharnés comme des animaux. Une femme s’est fait tirer les cheveux, une dame âgée a pris un carton sur la tête, une autre avait la main en sang. C’était horrible».

D’autres, ensuite, passé la consternation et l’étonnement (on parle quand même de bagarres pour de la pâte à tartiner), ont cherché à expliquer ces événements, à comprendre comment nous avions pu en arriver-là, en 2018. Sur Twitter, certains ont regardé les taux de chômage des villes autours des Intermarché incriminés et en sont arrivés à la conclusion suivante : ces rixes sont l'expression d'une détresse sociale.


@objectifocean
Au dela de "Ouh, les cassos, ils se battent pour un pot de #Nutella..."
Regardez le taux de chômage autour des #intermarché en question.
Ostricourt 20%
Roubaix 30%
Wingles 20%
Marles-les-Mines 27%
Saint-chamond 20%
Saint-Cyprien 25%
Rive-de-Gier 20%
Voilà...
(source Insee 2014)


Le chômage, la précarité, la pauvreté seraient-elles donc la cause principale ? Le Nutella, produit de consommation courante, est largement acheté par les franges populaires de la population. Il se pourrait qu’il ait été victime de son succès dans les territoires les plus populaires.

D’après Benoît Heilbrunn, professeur de marketing à l’ESCP Europe, la pâte à tartiner italienne fait partie de ces produits industriels connus ayant réussi à «créer des référentiels culturels qui fonctionnent comme des points d’ancrage».

«Les produits industriels touchent davantage des milieux défavorisés qui, du fait d’un niveau d‘éducation souvent plus faible que les milieux aisés, ont plus de mal à se déprendre de la rhétorique des marques sur le goût, le plaisir, la forme, etc. Ainsi, les produits industriels parviennent plus facilement à toucher les individus défavorisés économiquement alors que l’on va trouver davantage de produits frais dans les milieux aisés.»

Les émeutes auraient donc eu lieu parce que sévit la pauvreté et la précarité. Les taux de chômage, largement supérieurs à la moyenne nationale, seraient un indicateur du niveau de confiance et de solidarité entre les individus. Le renforcement du sentiment d’individualisme et d’égoïsme, couplé à la détresse sociale, seraient-ils l’explication de cette «guerre du Nutella» ?

Des études contradictoires

Si cela est avéré, c’est très inquiétant. Qu’en 2018, nous puissions être témoins de bagarres pour de simples pots de pâte à tartiner à 1,41 euro, en dirait long sur l’état de notre économie et de notre cohésion sociale.

La cause serait la montée des inégalités, de la pauvreté et du sentiment de déclassement. Un récent rapport de l’ONG Oxfam surfe sur cette vague de dénonciation et montre comment, depuis une vingtaine d’années, les pays occidentaux ont renoncé à la redistribution et au partage des richesses. Pour l’économiste David Cayla, responsable de la rédaction de l’étude d’Oxfam, «la fortune totale des dix plus grandes fortunes françaises a été multipliée par 12 pendant que le nombre de pauvres augmentait de 1,2 million de personnes. Résultat : en 2017, seuls 32 milliardaires français possèdent autant que les 40% les plus pauvres de la population française.»

La France serait de plus en plus inégalitaire et sa situation expliquerait le délitement de la société et de ses membres. Est-ce la seule explication aux «émeutes Nutella» ?

Slate avait montré, dans un article de 2016, les limites méthodologiques de l’étude d’Oxfam. Malgré les conclusions alarmantes, il existait des biais dans l’analyse et, dans la construction, des chiffres qui ne permettaient pas de conclure objectivement à une montée claire des inégalités. [c'est pourtant ce qui semble ressortir ces derniers temps...]

D’autres études, mieux référencées et plus étayées, font état d’une baisse des inégalités et d’une amélioration du niveau de vie. L’Insee, notamment, a montré que, depuis 2014, le revenu annuel moyen en France atteint des niveaux supérieurs à ceux d’avant la crise économique de 2008.

En novembre 2016, dans son «Portrait social de la France», l’institut de statistique prouvait déjà «une hausse du niveau de vie de 0.5% en moyenne par an pour les ménages les plus modestes depuis 2013» et une réduction de l’écart de rémunération entre les plus riches et les plus pauvres, un rapport passant de 4.16 à 4.12. Quant à l’indice de Gini, indicateur de référence sur les inégalités, il connaissait une baisse historique, atteignant le seuil de 0.285, synonyme de société particulièrement redistributrice.

Des constats qui rejoignent un rapport de l’OFCE, le laboratoire de recherche de Sciences-Po Paris, paru en 2012. D’après ce dernier, intitulé «Inégalités de salaires et de revenus, la stabilité dans l’hétérogénéité», les écarts de niveau de vie n’ont cessé de diminuer, malgré un sentiment constant d’inégalité et d’injustice:

«Depuis les années 1980, le sentiment d’inégalité semble contredit par la hausse relative des bas salaires et la stabilisation des écarts de niveau de vie entre les salaires élevés, le salaire médian et les bas salaires.»

Un sentiment d'insécurité qui persiste

Ce ne sont donc pas les inégalités ou la grande précarité qui expliquent les heurts violents, la destruction de la solidarité et la fragilisation de la cohésion sociale, puisque ces causes semblent disparaître depuis une trentaine d’année. Le problème est plus complexe : c’est le sentiment d’insécurité économique, la peur du déclassement et la croissance de la méfiance collective qui semblent expliquer ces comportements.

Nous en venons à nous jeter sur les promotions pas forcément parce que nous sommes pauvres mais parce que nous avons le sentiment que cela pourrait nous arriver. Le sociologue Eric Maurin expliquait déjà ce phénomène dans son livre La peur du déclassement, en 2009 :

«Cette angoisse sourde, qui taraude un nombre croissant de Français, repose sur la conviction que personne n’est "à l’abri", que tout un chacun risque à tout moment de perdre son emploi, son salaire, ses prérogatives, en un mot son statut. En rendant la menace plus tangible, les crises portent cette anxiété à son paroxysme. Source de concurrence généralisée et de frustrations, la peur du déclassement est en train de devenir l’énergie négative de notre société.»

Et aucune action politique ou économique ne pourra changer ce constat. Nous avons peur, même si les risques de chute sont quasiment inexistants, même si les initiatives sociales nous protègent contre toute forme de risque, nous persistons dans un sentiment de crainte et d’anxiété. Et certains en viennent alors à se battre pour du Nutella …

sentiments mêlés à la lecture de cet article. Il me semble qu'il y a effectivement de l'angoisse sociale, mais sur fond de montée d'inégalités. Quoi qu'il en soit, au niveau de la pauvreté, ce n'est pas l'inégalité qui compte, mais la situation vécue, la réalité du "pouvoir d'achat", ou plutôt de l'impuissance d'achat. C'est pourquoi ces "émeutes" ne s'en prennent pas aux riches ou aux symboles de la richesse, ni ne pillent les magasins, mais font leurs courses dans la concurrence entre consommateurs, en miroir de la concurrence entre marchands

même écho chez Révolution permanente, du NPA

PRÉCARITÉ ET MÉPRIS DE CLASSE
Emeutes pour du Nutella en promo : ce que cela révèle de notre société
Cléo Rivierre NPA.RP 26 janvier

Suite à une promotion de 70% sur le pot de Nutella chez Intermarché, de nombreux accrochages entre clients, parfois violents, se sont produits dans ces magasins. Provoquant beaucoup de réactions dans les grands médias et sur les réseaux sociaux, cet événement révèle la précarité croissante de la société actuelle et ses conséquences.


Citation :
Jeudi 25 janvier était organisée une promotion de 70% sur le pot de 950g de Nutella dans de nombreux magasins Intermarché, faisant passer le pot de 4,50€ à 1,41€. Cette promotion exceptionnelle organisée par l’enseigne de supermarchés a provoqué de nombreux embouteillages, bousculades, voire « émeutes » dans certains magasins, allant jusqu’à des interventions de la gendarmerie suite à des coups échangés entre clients.

Dans les médias dominants et sur les réseaux sociaux, on a pu voir un profond mépris de classe dans le traitement de cet évènement : les personnes qui se seraient jetées sur le Nutella seraient en effet « pathétiques » ou ridicules, des « animaux », des « moutons », etc. Certains insistent également sur le fait que cette pâte à tartiner est particulièrement nocive pour l’environnement dans sa production (huile de palme) et nocive pour la santé. Par conséquent, les personnes qui se sont jetées sur le Nutella seraient irresponsables, à la fois vis-à-vis de l’environnement mais aussi de leur propre santé.

En effet, le Nutella est un produit très addictif, bourré de sucres et de graisses, le rendant très addictif, et ce au mépris de la santé des consommateurs et des conséquences de sa production sur l’environnement. Cependant, ce sont les entreprises, dans ce cas-ci Ferrero, qui produisent et vendent ces produits qui sont responsables de ses effets néfastes, tant sur le plan environnemental que sur celui de la santé des clients. Des entreprises qui sont prêtes à tout pour vendre leurs produits nuisibles, au mépris de la santé des individus, ici en l’occurrence des effets néfastes de l’huile de palme. Il est de ce fait scandaleux que dans les médias dominants la responsabilité de cette multinationale ne soit jamais pointée, au profit d’une stigmatisation des clients.

De plus, cette promotion a été décidée par Intermarché, sans aucune considération pour les conditions de travail des employés, dont certains ont déclaré avoir été totalement dépassés par les bousculades, avoir été harcelés au téléphone, etc. « J’ai eu tellement peur que je me suis réfugiée dans la réserve », raconte une employée au Progrès.

Cependant, ces « émeutes » pour du Nutella témoignent de quelque chose. Ces événements démontrent en effet que pour beaucoup de familles, une baisse de trois euros sur un produit permet de réaliser des économies importantes, justifiant de bousculer pour faire partie de ceux qui profiteront de la promotion. Dans une société où la précarité va croissante, pour beaucoup de personnes, trois euros représente une somme importante, et c’est cela qui doit nous indigner.

Cela pose ainsi la question de la société néolibérale dans laquelle nous vivons. Ces événements sont les symptômes d’une société de misère sociale et d’individualisme, créant des comportements compulsifs (addictions, violence) chez les plus fragilisés par la précarité.

"mépris de classe", je ne sais pas, car il n'y a pas de quoi être fier de ces pauvres d'esprit et de corps, mais très certainement ignorance de ce que représentent 3€ pour certaines familles. Faisant depuis des années mes courses quotidiennes dans une supérette Super-U du haut-Montreuil, je vois "les gens" compter leurs sous à la caisse, et quelquefois rendre un produit parce que ça fait trop cher. "Les gens" ? Cela va des jeunes de la cité aux petites vieilles du quartier, pour le chariot plein de la semaine ou un panier de pas grand-chose. Des Mange-pas-cher, comme dirait Thomas Bernhard

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: ÉMEUTES, typologie formes/contenus : des réalités à l'idéologie   Mer 7 Mar 2018 - 17:24


De nouvelles émeutes entre bouddhistes et musulmans ont éclaté dans la région centrale de Kandy, foyer de violences interreligieuses où deux personnes ont été tuées et des centaines d’habitations détruites.


Des soldats sri-lankais montent la garde devant une maison incendiée à Kandy, au Sri Lanka, le 6 mars 2018.
Gayan Sameera/Xinhua News Agency/Newscom/MaxPPP

Citation :
« Le gouvernement sri-lankais a coupé tous les réseaux sociaux, Facebook, Viber et WathsApp pour éviter un embrasement sur tous ses sites et pour faire baisser la tension entre la majorité bouddhiste et la minorité musulmane du pays. Surtout pour éviter les messages de haine qui attiseraient encore plus la violence. » Éditorialiste du grand quotidien Daily Mirror à Colombo la capitale du pays, Kelum Bandara confirme que l’état d’urgence est toujours maintenu sur l’ensemble du pays « mais le couvre-feu ne s’applique que dans la région de Kandy au centre de l’île, ici à Colombo les gens peuvent vivre normalement ». De nouvelles émeutes ont éclaté mercredi 7 mars à Menikhinna, dans la région touristique et multi-ethnique de Kandy, malgré l’état d’urgence instauré la veille et pour 10 jours en raison d’une vague de violence contre la minorité musulmane.

Les musulmans ne représentent que 10% des 21 millions de Sri-Lankais


Les violences ont éclaté le week-end dernier à la suite du décès d’un Cinghalais bouddhiste battu par une foule de musulmans. « L’origine réelle de cette altercation reste floue, assure ce journaliste sri-lankais du Daily Mirror, mais ces montées de fièvre deviennent un peu plus fréquentes avec la montée d’un radicalisme musulman dans le pays ». Les Cinghalais, majoritairement bouddhistes, constituent les trois quarts des 21 millions d’habitants de l’île. Les musulmans en majorité sunnite, qui sont installés au Sri Lanka depuis des décennies du temps de la colonisation, ne représentent que 10% de la population et les Tamouls, majoritairement hindous environ 18%. Les catholiques représentent près de 7% de la population.

Le Sri Lanka connaît une montée de l’extrémisme bouddhiste depuis plusieurs années, attisé par des moines radicaux au sein du Bodu Bala Sena (BBS), « Force du pouvoir bouddhiste », organisation bouddhiste, nationaliste, extrémiste, islamophobe et antichrétienne, active depuis 2012. Cette organisation cherche à imposer la prééminence du bouddhisme au Sri Lanka et a organisé plusieurs campagnes contre les minorités ethniques et religieuses du pays.

L’organisation bouddhiste radicale Bodu Bala Sena prône la prééminence du bouddhisme


« Le gouvernement surveille leurs activités mais n’a pas fait de déclaration ouverte contre cette organisation », explique encore Kelum Bandara qui ne souhaite toutefois pas comparer la situation de son pays avec celle de la Birmanie où l’armée a été accusée d’épuration ethnique contre la minorité musulmane des Rohingyas.

La violence dans la région de Kandy, une région de collines verdoyantes habituellement fréquentée par les touristes et les pèlerins, menace d’attiser les tensions qui ont suscité de récents épisodes de violences dans d’autres régions. C’est la première fois depuis 2011 que l’état d’urgence est proclamé. Ce pays insulaire avait été placé sous le régime de l’état d’urgence durant près de trois décennies avant la proclamation en 2009 par le gouvernement de sa victoire militaire contre la rébellion tamoule au nord de l’île.

Éviter l’embrasement inter-communautaire

Selon le gouvernement, les violences se concentrent à Kandy, mais il a souligné la nécessité d’empêcher que « la situation se développe en embrasement inter-communautaire ». Les musulmans sont dispersés un peu partout dans l’île, explique Kelum Bandara, « il n’y a pas de région musulmane et le gouvernement ne veut pas prendre de risque dans des tensions qui ont des fondements à la fois religieux mais aussi politiques et économiques ». « La radicalisation des musulmans se ressent depuis plusieurs années, poursuit-il, on voit beaucoup plus de femmes voilées, des mosquées nouvelles inaugurées… cela ne plaît pas à tout le monde car leur influence locale peut jouer dans les équilibres politiques. »

La situation au Sri Lanka est différente de celle vécue en Birmanie avec les Rohingyas

La semaine dernière, des foules avaient incendié des commerces appartenant à des musulmans et attaqué une mosquée dans l’est du pays, après des accusations selon lesquelles des contraceptifs auraient été introduits dans de la nourriture vendue à des Cinghalais. Le gouvernement a dénoncé des accusations sans fondement et ordonné l’arrestation de ceux qui les propageaient. « Il y a toujours eu des tensions plus ou moins violentes, assure Kelum Bandara, et le gouvernement veut ménager toutes les minorités du pays en leur assurant une sécurité. ». Le Parlement sri-lankais a formulé des excuses avant-hier à l’égard de la minorité musulmane. En attendant, des militaires et des forces spéciales de la police lourdement armées restent déployées dans la région de Kandy.

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: ÉMEUTES, typologie formes/contenus : des réalités à l'idéologie   Ven 16 Mar 2018 - 12:27


mis à jour avec l'article très documenté de Kosenlared que nous envoie Adé, en espagnol



La mort d'un Sénégalais de 35 ans qui séjournait illégalement en Espagne depuis 14 ans a entraîné de violentes émeutes dans la capitale espagnole Madrid.


KEYSTONE/EPA EFE/JAVIER LIZON

Citation :
Selon un porte-parole de la police de Madrid, cet homme de 35 ans est mort d'un arrêt cardiaque alors qu'il fuyait la police. Selon le journal El Pais, une vingtaine de personnes ont été blessées dans les émeutes qui ont suivi, et parmi eux, 15 sont des agents de police. L'homme aurait vécu en Espagne pendant environ quatorze ans mais il n'avait jamais obtenu de papiers de résidence.

Des centaines de manifestants ont incendié des poubelles en plastique, bloqué des rues et détruit des abribus. Les forces de police ont réagi lourdement pour mettre un terme aux émeutes. La police anti-émeute a été bombardée de pierres. Un incendie a également éclaté dans une banque. Les troubles ont démarré vers la fin de l'après-midi et se sont poursuivis pendant la nuit.

La maire Manuela Carmena a annoncé sur Twitter qu'elle regrettait la mort de l'homme. Elle veut que l'affaire soit réglée rapidement et sérieusement.


Dicen parada cardíaca. Seguramente eso figure en el atestado del Samur, pero a  Mmame Mbage oriundo de Senegal lo mató la xenofobia y el racismo policial e institucional.


PS de Adé à toussétoutes : kaos en la red a besoin d'argent, à vot' bon cœur comrads !

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MessageSujet: Re: ÉMEUTES, typologie formes/contenus : des réalités à l'idéologie   Mar 20 Mar 2018 - 10:11



RT via @larueourien1

cité par Lola Missieroff, Voyage en outre-gauche p. 135
Citation :
« C'était l'idée que la révolution ne vient pas de la lutte contre l'exploitation, pas dans la sphère de la production mais dans celle de la circulation, le problème est là. On peut faire toutes les émeutes du monde, c'est sympathique, mais la révolution ne peut venir que des luttes du prolétariat sur les lieux de production. »

cette idée est au centre du livre de Joshua Clover, Riot. Strike. Riot, prochainement traduit chez Senonevero, et nous avons rencontré cette critique plus haut

pour notre part, si les luttes du prolétariat sur les lieux de production sont nécessaires, elles ne sauraient être suffisantes

l'émeutisme sans émeutes d'aujourd'hui nous rappelle le conseillisme sans conseils ouvriers de 68, une solution fantasmée ignorant ses limites

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: ÉMEUTES, typologie formes/contenus : des réalités à l'idéologie   Mar 17 Avr 2018 - 10:36


16 avril, modifié

à paraître 25 mai 2018. Tournée avec l’auteur en juin. Pour la critique, voire les pages précédentes à propos de l'édition américaine Riot Strike Riot. Nous y reviendrons, mais notons déjà que le choix du titre français, comme la quatrième de couverture, se démarquent d'une traduction neutre

à l'occasion de cette traduction Senonevero (by Théorie Communiste) intègre les éditions Entremonde comme collection. Voir le catalogue ici



Citation :
éditions entremonde Premier ouvrage de la nouvelle collection "senonevero" :

"La collection Senonevero est dédiée à la publication d’une théorie critique du capitalisme, c’est-à-dire une théorie de son abolition. Une époque est révolue, celle de la libération du travail, celle du prolétariat s’affirmant comme le pôle absolu de la société.

La révolution sera l’abolition du mode de production capitaliste et de ses classes – le prolétariat comme la bourgeoisie – et la communisation des rapports sociaux. En deçà, il n’y a aujourd’hui que la promotion de la démocratie, l’apologie de l’alternative. Ces pratiques et ces théories n’ont d’autre horizon que le capitalisme.

De la période actuelle à la révolution, nul ne connaît le chemin à parcourir : il est à faire, donc à comprendre, par des analyses et des critiques diversifiées. Nous en appelons l’élaboration. Lutte contre le capital, lutte à l’intérieur de la classe elle-même, la lutte de classe du prolétariat n’est pas le fait de muets et de décérébrés : elle est théoricienne – ni par automatisme, ni par choix. Comme la production théorique en général, nos publications sont activités. Leur nécessité est leur utilité."

http://entremonde.net/senonevero

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MessageSujet: Re: ÉMEUTES, typologie formes/contenus : des réalités à l'idéologie   Mar 17 Avr 2018 - 14:09


16 avril, complété


loin d'autres conflits somme toute tempérés
chaud devant à Toulouse


tous les articles (Google...)

Toulouse : Jets de pierre, feux volontaires...
Violents heurts entre jeunes et policiers durant la nuit au Mirail

Beatrice Colin 20minutes 16/04/18

Une centaine de jeunes a déclenché des feux et jeté des projectiles contre les forces de l’ordre durant la soirée de dimanche, à Toulouse…


Citation :
Onze voitures ont été brûlées et des feux ont été déclenchés sur la chaussée et dans des halls d’immeubles rue de Kiev à la Reynerie, mais aussi à Bellefontaine, empêchant l’intervention des secours. Des échauffourées ont eu lieu entre une centaine de jeunes habitants de cette cité sensible et les forces de l’ordre.

Pour contenir les débordements, des moyens importants ont été déployés sur place et l’hélicoptère de la gendarmerie a survolé durant plus de deux heures ce quartier en zone urbaine sensible.

Aucun blessé, ni interpellation
« Ils ont caillassé les collègues et ils ont même visé le commissariat de Bellefontaine. Il n’y avait aucun motif à ces débordements, c’est rare d’avoir une telle violence. Tout le personnel de jour est resté pour intervenir et il n’y a eu heureusement aucun blessé grâce aux policiers qui ont fait preuve de sang-froid, le bilan aurait pu être pire », assure Didier Martinez, délégué régional du syndicat Unité SGP.

Tout serait parti du décès d’un détenu de la maison d’arrêt de Seysses, dans la nuit de samedi à dimanche selon La Dépêche du Midi [« Un autre fait, intervenu dimanche en fin de journée, aurait pu aussi mettre le feu aux poudres : le contrôle d'identité par des policiers d'une femme voilée. »]. Ce trentenaire, dont on ne connaît pas l’origine de la mort, était originaire du quartier.

Au cours de la semaine dernière, plusieurs incidents ont déjà émaillé le quartier. Mardi des violences avaient eu lieu après l’interpellation d’un dealer à Bellefontaine et jeudi une équipe de la brigade anticriminalité (BAC) avait à nouveau été prise pour cible cheminement Goya.


Dimanche après-midi, des policiers qui avaient entrepris de contrôler une femme portant un voile intégral ont été pris pour cible par une trentaine de personnes et ont dû faire usage de leurs armes pour se dégager. Quelques heures avant des violences urbaines qui ont émaillé la soirée au Mirail.


Citation :
Un équipage de police du commissariat du Mirail a été pris à partie dimanche, allée André Maurois, dans le quartier de Bellefontaine, après avoir contrôlé l'identité d'une femme en niqab, a-t-on appris de plusieurs sources policières.

Un peu après 17 heures, les policiers ont vu une femme en voile intégral qui utilisait des équipement sportifs sur place. Ils ont procédé à son contrôle d'identité : mais la personne concernée n'a présenté qu'une photocopie de mauvaise qualité de sa carte nationale d'identité et a refusé de retirer son voile pour montrer son visage aux policiers qui la contrôlaient.

Devant l'insistance des policiers, la femme se serait mise à crier. Elle a alors été interpellée et placée dans la véhicule de police. C'est à ce moment qu'une trentaine de personnes s'en sont prises aux policiers, notamment en leur jetant des projectiles. Un policier a d'ailleurs étaient légèrement blessé à la jambe.

Pour se dégager, les policiers ont été contraints de faire usage de leurs armes à 18 reprises selon nos informations, notamment de Flashball et de lance-grenades lacrymogènes.

Pour rappel, le port du niqab (voile intégral) et de la Burqa sont interdits dans l'espace public en France, la loi prévoyant que tout individu doit avoir le visage dégagé.

Selon plusieurs sources policières, il pourrait y avoir un lien entre ces événements et les violences urbaines qui ont eu lieu quelques heures plus tard dans les quartiers de la Reynerie et de Bellefontaine au cours desquels 11 véhicules ont été incendiés et qui ont opposé une centaine de personnes aux policiers et gendarmes pendant plusieurs heures.

Des sources faisaient aussi, lundi matin, un lien entre le décès d'un détenu à la prison de Seysses près de Toulouse et ces événements. Mais l'administration pénitentiaire n'avait toujours pas communiqué à ce sujet lundi en fin de matinée.

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MessageSujet: Re: ÉMEUTES, typologie formes/contenus : des réalités à l'idéologie   

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