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 ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important

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MessageSujet: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Dim 29 Nov - 23:37

sujets détruits, à reconstruire...


Dernière édition par Admin le Jeu 8 Sep - 16:44, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Dim 6 Déc - 0:49



UNE OPÉRATION DE DÉMOLITION TOURNE À L’ÉMEUTE

Violents affrontements à Dergana (VIDÉO)


Les émeutiers ont dressé des barricades hier à Dergana
©Ryad Kramdi/Liberté

La localité de Dergana, dans l’extrême banlieue-est d’Alger, s’est réveillée, hier, sur une émeute d’une rare violence, déclenchée par une opération de démolition du bâti illicite qui y a pullulé durant la décennie noire (1990-2000). Des échauffourées entre des jeunes opposés aux démolitions et les forces de l’ordre ont éclaté tôt le matin. Elles ont vite dégénéré en émeute. Les forces de l’ordre ont opéré une dizaine d’arrestations parmi les émeutiers. Récit

Citation :
Il était 10h45 à notre arrivée à Dergana. Boulevard principal de la cité. Le décor planté restitue la violence des émeutes qui ont éclaté dès la première heure de la journée entre des jeunes opposés aux démolitions du bâti illicite et les forces de l’ordre. L’opération de démolition des dizaines de bicoques, de parkings illicites, de commerces informels bâtis en dur et d’espaces verts squattés et transformés en garages, est  toujours en cours. Dans les ruelles qui mènent au marché et à l’école Hassani-Ahmed, les forces antiémeutes, boucliers et matraques en main, sont prêtes à charger.

Environ 150 policiers, mobilisés pour assister l’administration et sécuriser cette opération de démolition, font face à des jeunes du quartier, eux aussi mobilisés pour se solidariser avec les citoyens concernés par cette opération. Un représentant de l’administration est vite pris à partie par la population. “Où étiez-vous quand les gens construisaient ? Nous ne reconnaissons pas la réquisition de l’APC. Même pas celle du wali ! Vous voulez dire que c’est Bouteflika qui vous a envoyés pour démolir nos commerces ? Qu’il vienne en personne”, vocifère un commerçant qui assiste, impuissant, à la démolition de son commerce érigé depuis plus de dix ans.

La tension monte d’un cran quand les policiers tentent de maîtriser la situation en interpellant des meneurs. Vers 11 heures, des jeunes en grand nombre rappliquent vers la cité fortement quadrillée par les policiers. Jets de pierres et d’objets tranchants.


Des barricades sont dressées. Des bacs poubelles sont brûlés. La fumée noire rend l’air irrespirable. Les forces de l’ordre donnent l’assaut et chargent les émeutiers. On parle de deux blessés légers parmi les émeutiers et d’une dizaine d’arrestations. Sous le couvert de l’anonymat, un élu local affirme que “plusieurs réquisitions de démolition ont été ajournées. On a convoqué les squatteurs à plusieurs reprises pour les informer de se conformer à la loi. Hélas ! Il aura fallu une réquisition du wali d’Alger, à travers laquelle il explique que ces opérations touchent le Grand-Alger, pour entamer l’opération. Je vous révèle que cette réquisition est ouverte tant que les démolitions ne sont pas achevées. Dergana est devenue une ville invivable. Les trottoirs sont squattés. Il y a trop d’anarchie ! ”

Certains jeunes des quartiers concernés par les démolitions approuvent l’opération. En témoigne cette violence verbale entre deux jeunes. “Tu n’habites même pas dans cette cité. Nous, nous souffrons le martyre. J’habite au deuxième étage et ces commerces nous ont étouffés durant plus de quinze ans. Si jamais un incendie se déclenche, il n’y aura aucun accès pour éteindre les flammes. Basta !”, lance, furieux, l’un des deux protagonistes. Son vis-à-vis, visiblement désarmé, est incapable de répliquer.

À son regard, on voit qu’il rage intérieurement. Dans ce décor de désolation, d’émeutes, d’anarchie et de démolition, un vieil homme tente de calmer les esprits. Il essuie une salve de quolibets, insultes et propos obscènes proférés par un jeune en colère. Suffoqués par les gaz lacrymogènes, les écoliers de Dergana parviennent à peine à se frayer un chemin pour rejoindre les domiciles parentaux. Les trottoirs et la chaussée débordent de divers débris, bris de verre et de projectiles lancés par les émeutiers.

Les squatteurs finissent, pour la plupart, par se rendre à l’évidence, font leurs balluchons de marchandises et quittent les lieux. D’autres attendent leur tour, d’autant que l’opération, qui touche par ailleurs toute la localité de Dergana, prendra plusieurs jours. Aux alentours de la cité, des jeunes, vraisemblablement étrangers au quartier, guettent les piétons et tentent de tromper la vigilance des policiers pour s’emparer des marchandises éparpillés sur les trottoirs. À 13h, les émeutiers se retirent dans un terrain nu en attendant la reprise des échauffourées.


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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Mer 27 Jan - 7:21

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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Sam 13 Fév - 16:31


La place de la Constitution à Athenes occupée par les paysans depuis vendredi
:

Panagiotis Grigoriou. Historien et Ethnologue 13 février 2016

La fin des Tsiprosaures ?

Citation :
Temps de colère et de révolte. Vendredi matin (12 février), le pouvoir supposé politique pris de panique, avait tenté à bloquer les portes d’Athènes, dans une tentative désespérée d’empêcher l’arrivée motorisée des paysans, venus manifester depuis les quatre coins du pays. À plusieurs reprises, les... forces de la Police ont été d’abord violement repoussées par les agriculteurs, ailleurs des... négociations ont pu apaiser le ciel athénien. Monde... ambiant...

http://www.greekcrisis.fr/2016/02/Fr0496.html#deb

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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Ven 19 Fév - 11:13


Malgré les tentatives Syriza/KKE/PAME de calmer le mouvement, le soulèvement paysan (autonome des partis ?) s'étend en Grèce, la rente foncière en question ?


Grèce. Les agriculteurs craignent de perdre leur terres

MARIE-LAURE COULMIN-KOUTSAFTIS L'HUMANITÉ 15 FÉVRIER 2016
http://www.humanite.fr/les-agriculteurs-craignent-de-perdre-leur-terres-598993

Panagiotis Grigoriou. Historien et Ethnologue, 18 février 2016

Jacqueries grecques


Citation :
Les agriculteurs ont évacué Athènes pour retrouver leurs engins agricoles sur le bitume des routes et des autoroutes. La Grèce, toujours... abrégée par endroits suite au blocage des axes routiers, d’autant que le pays se trouve déjà... réduit à la futilité de la dite “crise”. Le réel en somme, tout simplement évacué... et en attendant, la frontière entre la Grèce et la Bulgarie est fermée au matin du 18 février…

http://www.greekcrisis.fr/2016/02/Fr0497.html

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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Lun 22 Fév - 12:36


émeute de caste, casting de classe ?



Emeutes en Inde : le bilan s'aggrave à 19 morts, un accord finalement trouvé 22 Févr. 2016


La crise a des répercussions à New Delhi, dont le ravitaillement en eau a été perturbé,
des manifestants ayant provoqué la fermeture des vannes d'un canal
qui alimente les centrales de traitement des eaux de la capitale indienne

Reuters / Anindito Mukherjee

Citation :
Après trois jours de violences meurtrières, la situation s'est toutefois apaisée. Le bilan des émeutes liées au système de castes dans le Nord de l'Inde s'est aggravé à 19 morts et 200 blessés, a déclaré ce lundi un responsable du gouvernement local.

Dans le même temps, les manifestants ont annoncé avoir trouvé un accord.

Les membres de la caste influente des Jats manifestaient depuis vendredi afin d'exiger des quotas pour des emplois dans la fonction publique ainsi que des places dans les universités pour leurs enfants. Le gouvernement de cet Etat septentrional a accepté dimanche d'accorder des quotas aux Jats en matière d'emploi public et de places à l'université.

«Nous avons accepté la proposition du gouvernement» de l'Etat de Haryana «et nous sommes en train de consulter d'autres dirigeants (de la caste) des Jat pour parvenir à un consensus sur un appel à arrêter l'agitation aujourd'hui», a déclaré ce lundi Yashpal Malik, qui dirige un groupe d'organisations représentatives de cette communauté.

Les Jats représentent 29% de la population de l'Etat

Le couvre-feu imposé depuis que les violences ont éclaté vendredi dans l'Etat de Haryana lors de manifestations de membres de la caste des Jats, a été levé dans certains endroits, d'après les autorités. «Il y a eu quelques affrontements dans certaines parties du district de Bhiwani durant la nuit et le couvre-feu y est toujours en place, mais le couvre-feu a été levé dans d'autres districts», a déclaré un haut responsable au ministère de l'Intérieur de l'Etat de Haryana.

La crise a des répercussions à New Delhi, dont le ravitaillement en eau a été perturbé, des manifestants ayant provoqué la fermeture des vannes d'un canal qui alimente les centrales de traitement des eaux de la capitale indienne. Ce canal a été rouvert et l'approvisionnement de la capitale n'est plus menacé, a déclaré le responsable du ministre de l'Intérieur.

Les Jats sont une communauté traditionnellement rurale qui représente 29% de la population de l'Etat de Haryana. En mars 2014, le gouvernement indien avait décidé d'allouer des quotas à cette caste dans tout le pays mais cette décision avait été annulée par la Cour suprême.




dans le cadre de la réflexion en cours sur ce qu'est le prolétariat et ce que serait une classe des abolitions/émancipations, sur le rapport entre classes et castes, on peut lire Classes, castes, bureaucratie, Introduction à l’œuvre de Marx, Daniel Bensaïd 1992, un texte très documenté et qui présente les différentes approches de ce rapport complexe à interpréter et historiser sur le plan théorique

.
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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Sam 27 Fév - 15:19

en Gréce, dans un silence complet :

Panagiotis Grigoriou. Historien et Ethnologue dit :

En tout cas, plus personne ne parle du mouvement des agriculteurs, et encore moins de celui des autres couches sociales, pourtant, la protestation se poursuit un peu partout en Grèce, parfois de manière un peu hétérodoxe. Quatre petites bombonnes de gaz enflammées ont... frappé par exemple la demeure familiale de Chrístos Simorelis, député SYRIZA du département de Trikala en Thessalie...

vendredi 26 février 2016

Oiseaux migrateurs

http://www.greekcrisis.fr/2016/02/Fr0499.html#deb

En France,la révolte des paysans contre la prolétarisation continue :

Marc Dufumier : « Les agriculteurs sont devenus des ouvriers payés à la pièce »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PIA DE QUATREBARBES

JEUDI, 25 FÉVRIER, 2016
HUMANITÉ DIMANCHE

http://www.humanite.fr/marc-dufumier-les-agriculteurs-sont-devenus-des-ouvriers-payes-la-piece-600075

Un constat mondial ,dans le capitalisme mondialisé, la matière agricole produite ne vaut plus rien :

En France ,sur 100 euros de dépenses alimentaires, l’agriculture ne perçoit que 8,2 euros, contre 13,2 pour l’industrie agroalimentaire et 19,8 pour la distribution (chiffres 2012,rien depuis ?)

Outre la part très réduite de la rémunération allant aux producteurs, cette lecture a le mérite de faire apparaître également le poids des importations : près de 30 euros sur 100, puisqu’aux produits alimentaires transformés s’ajoutent les importations de soja et autres aliments pour le bétail, d’engrais ou de produits de traitement. Le système agroalimentaire français repose ainsi beaucoup plus sur les importations qu’on ne le pense habituellement……

http://www.alterecoplus.fr/environnement/prix-alimentaires-ceux-qui-mangent-et-ceux-qui-trinquent-201602191730-00003045.html

remarque Patlotch : je le laisse tel quel bien que le qualificatif d'émeutes pour le mouvement des paysans en Grèce, et plus encore en France, ne me semble pas très approprié. Je le copie dans AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE

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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Mar 1 Mar - 20:00


à propos d'Alain Bertho, expert en émeutes

un sujet révolutionnaire n'est pas un « sujet politique »


je me souviens d'Alain Bertho, au début des années 2000, estimant que le curé de Saint-Denis aurait mérité de devenir évêque... Lui a toujours eu un petit côté curé, à vouloir pacifier le social en évêque du Comité Central PCF, alors...  Bertho l'anthropologue : pape des émeutiers ?



Zones subversives
Chroniques critiques


La radicalisation de la jeunesse  

27 Février 2016

la conclusion
Alain Bertho colporte surtout un discours politique très contestable. Au-delà des observations lucides de l’anthropologue, il laisse couler un robinet d’eau tiède citoyenniste. Il reprend ses analyses douteuses sur les émeutes. Il se fait chantre de la pacification sociale. Il propose le dialogue entre la jeunesse en colère et les gouvernements. Il regrette l’absence de médiations, comme les partis et les syndicats, pour canaliser la révolte. Il se contente de proposer un aménagement de l’exploitation. Il ne critique pas la démocratie représentative qui repose sur la délégation du pouvoir au profit d’une classe dirigeante. La perspective des émeutes et de la révolte ne doit pas être le dialogue démocratique avec les gouvernants. La seule perspective repose sur une rupture avec la logique marchande pour inventer de nouvelles formes d’organisations. Les luttes ne doivent plus interpeller le pouvoir, mais doivent le détruire. L’expertise citoyenne doit être congédiée par l’invention collective d’une nouvelle forme d’existence.


Le terrorisme et les émeutes révèlent l'effondrement de la civilisation. Les structures d'encadrement et de médiation disparaissent. Mais peu de perspectives émancipatrices se dessinent.

liens dans l'original
Citation :
Face aux attentats du 13 novembre 2015, c’est la sidération qui l’emporte. Le carnage meurtrier semble inexplicable. La radicalisation de jeunes gens qui se tournent vers le terrorisme devient incompréhensible. L’anthropologue Alain Bertho se penche sur les causes de ce passage à l’acte dans Les enfants du chaos. Il évacue la dimension religieuse pour évoquer les causes sociales du phénomène terroriste. « Interrogeons nous sur cette violence du monde qui conduit des individus en souffrance à des passages à l’acte extrême », propose Alain Bertho.


La mondialisation, la crise des systèmes de représentation, la crise écologiste et économique expliquent une montée de la colère. Mais la révolte sociale débouche vers des émeutes sans perspectives politiques. Le djihadisme permet de donner un sens à cette colère. « Nous n’avons pas affaire à une radicalisation de l’islam, mais à une islamisation de la colère, du désarroi et du désespoir des enfants perdus d’une époque terrible qui trouvent dans le djihad un sens et des armes pour leur rage », estime Alain Bertho.

Le philosophe Jean-François Lyotard évoque la période postmoderne qui se caractérise par la fin des grands récits. Le pouvoir et les mouvements qui le contestent ne s’appuient plus sur des grilles d’analyse globales. « Tout l’appareillage intellectuel que nous avons hérité du XXe siècle, celui des cosmogonies politiques, du sens de l’histoire, de la dialectique totalisante des antagonismes et de la lutte de classes, ne nous est pas d’un très grand secours », estime Alain Bertho.



Expliquer la violence politique

Les attaques terroristes contre la France peuvent s’expliquer par les guerres coloniales menées par son gouvernement. Surtout, l’Etat islamique dispose en France d’un vivier particulièrement important de candidats au martyre. « Notre pays fait face à des monstres qu’il a lui-même contribué à créer », considère Alain Bertho.

Les quartiers populaires et les immigrés des banlieues subissent de nombreuses discriminations. Les crimes policiers se révèlent nombreux et son commis en toute impunité. La responsabilité des forces de l’ordre est toujours mise hors de cause. C’est cette situation qui a déclenché des émeutes comme en 2005. Un racisme contre les musulmans arbore les couleurs de la gauche et de la République. La loi contre les élèves voilées révèle ce phénomène. La laïcité devient un prétexte pour exclure des enfants de manière raciste.

Le premier Charlie Hebdo s’autorise à tout contester de manière provocatrice et libertaire, dans le sillage des années 1968. En revanche, la nouvelle version, lancée en 1992 par Philippe Val, ne s’attaque plus aux puissants mais aux dominés et aux discriminés. La manifestation du 11 janvier 2015 révèle la crise de la société française. Les classes populaires se retrouvent exclues de ce rassemblement. C’est la révolte de Mai 68 qui est enterrée avec la bénédiction du Parti socialiste. « Une foule innombrable et désorientée, la police applaudie, les catégories les plus populaires absentes et invisibles et toutes les puissances du monde convoquées », observe Alain Bertho. La société française, avec son malaise et ses contradictions, apparaît comme une cible de choix pour les terroristes.

Les émeutes se multiplient à travers le monde. Elles sont souvent déclenchées par la mort d’un jeune après une intervention policière, comme à Ferguson en 2015. Des causes sociales expliquent également ce phénomène, comme avec les émeutes de la faim en 2008. Des grèves ouvrières débouchent également vers des émeutes. Selon Alain Bertho, ces révoltes n’annoncent pas un soulèvement révolutionnaire mais révèlent une crise de la politique. « Nous assistons plutôt à l’installation mondiale et officielle d’un divorce entre les peuples et les pouvoirs, quelle que soit la nature des Etats », estime l’anthropologue.

Les émeutes reflètent la perte de légitimité des Etats et des gouvernements. L’insécurité permet de réaffirmer l’autorité de la police et de criminaliser les classes populaires. Les guerres et les mafias accentuent la perte d’autorité des Etats dans de nombreux endroits de la planète. Daech s’implante dans une zone qui n’est dirigée par aucun Etat. Les islamistes imposent alors leur propre contrôle de la population et tentent d’étendre leur zone d’influence. « La stratégie de gestion est tout à fait pragmatique : il est question d’une administration souple, de compromis avec les notables locaux, d’une application progressive de la charia… », décrit Alain Bertho. Mais ce nouveau pouvoir repose surtout sur la guerre.


Absence de sujet politique

La classe ouvrière existe toujours, mais ne forme plus une force sociale et politique. Les révoltes ouvrières sont nombreuses mais ne revendiquent plus « un bon gouvernement » à travers des instances de représentation. « La séquence subjective de la classe est bien close », estime Alain Bertho. En revanche les émeutes communautaires et racistes se multiplient.

Le peuple a également disparu comme sujet politique. Néanmoins, une dimension collective et populaire peut s’observer à l’occasion des révoltes dans les pays arabes. « Le peuple a resurgi quand il a décidé d’incarner un destin collectif, un destin national contre des pouvoirs auxquels on déniait toute légitimité en ce domaine », considère Alain Bertho. Ce ne sont pas des drapeaux rouges ou noirs qui fleurissent, mais des drapeaux nationaux qui sont brandis. Le "Printemps érable" s’est même achevé avec la victoire du Parti québécois, avec ses revendications nationalistes. Les mouvements Occupy ou le 15-M en Espagne ne remettent pas en cause la démocratie représentative. Ils se contentent de protester sans perspective de rupture avec l’ordre existant. Ces mouvements s’affirment contre le pouvoir en place mais acceptent que d’autres gèrent l’Etat.

Les révoltes sont également portées par une jeunesse désillusionnée, qui ne croit plus en un avenir meilleur. « Plus d’espoir collectif de révolution ou de progrès social et peu d’espoir de réussite individuelle », observe Alain Bertho. Les uniques réponses du pouvoir deviennent marchandes et disciplinaire. La jeunesse reste la principale cible de la répression. De nombreuses émeutes éclatent après la mort d’un jeune tué par la police. Cette révolte est souvent locale, mais peu parfois se répandre et se généraliser. « La rage reste souvent cantonnée au quartier, à la jeunesse de la ville, mais elle peut aussi être celle de toute une génération des quartiers populaires », analyse Alain Bertho.

Les mobilisations étudiantes et lycéennes débouchent également vers de nombreuses émeutes. Cette contestation peut être facilement récupérée par les partis politiques rejoints par les dirigeants de ces mouvements. Mais un refus de la gestion de l’Etat s’exprime également. « Leurs urnes sont trop petites pour nos rêves ! », scandent les manifestants espagnols. Le changement ne semble pas passer par les institutions. Alain Bertho estime que le djihad peut apparaître comme une réponse à l’échec des mouvements sociaux, à l’image des groupes de lutte armée qui achèvent les années 1968.


Confusionnismes sans perspectives politiques

De nombreuses théories du complot fleurissent sur Internet. Toute une mouvance, autoproclamée de la « dissidence», véhicule une suspicion à l’égard des vérités officielles et des médias. Mais c’est pour mieux colporter une idéologie antisémite et homophobe. Ce discours est souvent mêlé d’apologie de l’Islam. Une nouvelle extrême droite émerge. Le Front National véhicule un racisme anti-musulman, bourgeois, et tente de gommer son antisémitisme. Mais la nouvelle extrême droite est islamophile, populaire et antisémite. Soral et Dieudonné incarnent ce nouveau discours, avec leurs nombreux sites et réseaux. Une partie du rap français colporte également ce discours.

Ces nouvelles idéologies peuvent éclorent sur les ruines de l’utopie communiste, malgré ses dérives. « L’effondrement de ce qui fut à la fois une vision du monde, un espoir révolutionnaire et une expérience étatique n’a pas fini de révéler ses effets », déplore Alain Bertho. Les émeutes et révoltes ne débouchent vers aucune perspective. La prise du pouvoir d’Etat n’est plus envisagée, avec l’effondrement de la social-démocratie et de son compère le stalinisme. En Egypte, le pouvoir est même laissé à l’armée. Le présentisme et le règne de l’immédiateté expliquent cette absence de perspectives. Seul compte le présent, au détriment de l’avenir mais aussi d’un regard critique sur l’histoire.

Une gauche islamiste peut même prospérer. Le Parti des Indigènes de la République (PIR) dénonce le postcolonialisme mais pour mieux défendre l’Islam et le retour aux valeurs traditionnelles. La clôture de la perspective révolutionnaire laisse place à de nouvelles formes de contestation confusionniste de l’ordre mondial. « Cette clôture a ouvert la voie à la confessionalisation de l’action publique à laquelle nous assistons », analyse Alain Bertho. La confusion entre la radicalité et l’Islam se banalise.

Le gouvernement ne cesse de s’inquiéter de la « radicalisation » de la jeunesse. La chasse au terrorisme s’attaque aux islamistes, mais aussi aux anarchistes révolutionnaires. Le rapport de Malek Boutih, Génération radicale, propose un constat lucide. La misère sociale, l’effondrement de la croyance en la démocratie et la montée du racisme expliquent l’émergence du djihadisme. En revanche, la solution n’est pas à la hauteur à travers l’affirmation d’une République autoritaire avec sa discipline intransigeante. Au contraire, contre l’islamisme, c’est une nouvelle forme de radicalité qui doit s’inventer.

La culture hip hop exprime une sensibilité nouvelle. Les tags et les graph permettent une libération de l’expression populaire. Le rap formule une révolte. « Assurément, la radicalité du regard ou de la parole est invention et indiscipline », souligne Alain Bertho. Les réflexions radicales surgissent également des luttes sociales. Les différents mouvements permettent de libérer la parole et de stimuler le débat. De nouvelles formes de luttes et d’organisations peuvent surgir.


Passer de la colère à la révolution

Alain Bertho propose des constats souvent pertinents, mais se contente de perspectives limitées. Son parcours politique peut suffire pour dévoiler ses limites. Cet universitaire est longtemps resté membre du Parti communiste. Il participe à cette gauche autoritaire, bureaucratique et raciste. Il s’en éloigne progressivement pour rejoindre les refondateurs communistes. Ce courant propose une gauche aseptisée, mais qui conserve une dimension bureaucratique. Surtout, il propose un communisme dilué dans la démocratie et la soupe citoyenne. Le livre d’Alain Bertho semble marqué par ce parcours politique, entre nostagie pour un parti fort et réformisme citoyen.

Au niveau de son constat, il faut reconnaître une bonne dose de lucidité. Son chapitre sur les théories du complot et l’extrême droite islamophile tranche avec la complaisance de la gauche. Le constat central d’une révolte causée par la misère sociale, la police et l’autoritarisme du pouvoir demeure pertinent. Mais le parallèle entre les émeutiers et les djihadistes peut paraître surprenant. Il contribue à faire de la religion un simple détail à éluder. L’emprise de la religion dans le quotidien des quartiers populaires ne doit pas être complètement écartée comme cause du terrorisme islamiste. Mais les émeutes et le djihad révèlent surtout l’absence de perspectives politiques, quelles soient révolutionnaires ou réformistes. La religion peut parfois remplacer l’utopie communiste dans la révolte contemporaine. Ce constat général peut permettre d’éclairer la situation actuelle.

En revanche, Alain Bertho propose un horizon plutôt fade et réformiste. Sa nostalgie pour le stalinisme semble déplacée. Ce système bureaucratique et autoritaire a étouffé toutes les révoltes, plus qu’il ne les a porté. Surtout, si le stalinisme est enterré, l’analyse de classe reste pertinente. Il existe toujours des classes populaires, des ouvriers, des employés, des chômeurs et des précaires. La conscience de classe n’a pas totalement disparu comme le montrent les nombreuses révoltes. Même si c’est la résignation et la défaite qui s’imposent jusque dans les émeutes. C’est une jeunesse désespérée qui se dresse, sans perspective de changement radical. Sur ce point, Alain Bertho a raison. Mais un mouvement de classe, débarrassé du discours réformiste de la petite bourgeoisie intellectuelle, peut aussi s’affirmer pour porter des perspectives de rupture. La multitude ou le peuple n’ont pas remplacé le prolétariat comme sujet révolutionnaire.

Alain Bertho colporte surtout un discours politique très contestable. Au-delà des observations lucides de l’anthropologue, il laisse couler un robinet d’eau tiède citoyenniste. Il reprend ses analyses douteuses sur les émeutes. Il se fait chantre de la pacification sociale. Il propose le dialogue entre la jeunesse en colère et les gouvernements. Il regrette l’absence de médiations, comme les partis et les syndicats, pour canaliser la révolte. Il se contente de proposer un aménagement de l’exploitation. Il ne critique pas la démocratie représentative qui repose sur la délégation du pouvoir au profit d’une classe dirigeante. La perspective des émeutes et de la révolte ne doit pas être le dialogue démocratique avec les gouvernants. La seule perspective repose sur une rupture avec la logique marchande pour inventer de nouvelles formes d’organisations. Les luttes ne doivent plus interpeller le pouvoir, mais doivent le détruire. L’expertise citoyenne doit être congédiée par l’invention collective d’une nouvelle forme d’existence.


Source : Alain Bertho, Les enfants du chaos. Essai sur le temps des martyrs, La Découverte, 2016

Extrait du livre publié sur le site Contre-attaques le 21 janvier 2016


Pour aller plus loin :

Vidéo : Alain Bertho : Voici le Temps Des Martyrs, émission Là-bas si j'y suis le 22 décembre 2015

Vidéo : Alain Bertho et Samuel Luret, Les raisons de la colère, 2010

Vidéo : Émeutes et globalisation - Conférence d'Alain Bertho, Présenté par l'UCL Montréal

Vidéo : La guerre sociale est déclarée, conférence organisée par Attac le 12 mai 2011

Vidéo : Alain Bertho dans le Colloque Territoires critiques, organisé par le Centre d'Études sur les Médias, les Technologies et l'Internationalisation le 3 juin 2014

Vidéo : Les mobilisations face aux figures contemporaines de l'Etat, conférence enregistrée le 14 novembre 2014

Vidéo : « Après Occupy et le printemps arabe : rages populaires et mondialisation »

Vidéo : L'Invité des Matins : Alain Bertho, émission diffusée sur France Culture le 14 février 2012

Radio : Quel état d'urgence ? Par Alain Bertho, anthropologue, conférence enregistrée le 16 janvier 2016



Site Anthropologie du présent

Blog Temps actuels publié sur le site de Mediapart

Alain Bertho : « L’émeute de 2005 ne s’est jamais arrêtée », entretien diffusée dans le journal Alternative libertaire de novembre 2010

Mathieu Gaulène, "L’émeute est une fenêtre qui s’ouvre sur le monde extérieur à l’Etat." Entretien avec Alain Bertho, diffusé sur le site Nonfiction le 24 juin 2010

Catherine Tricot, Alain Bertho : « Une islamisation de la révolte radicale », publié dans le magazine Regards le 11 mai 2015

Ivan du Roy, « Il faut être clair : un monde a pris fin, il n’y aura pas de retour en arrière », entretien avec Alain Bertho publié sur le site Basta le 26 novembre 2015

Julien Morel, Les émeutes en banlieue, selon Alain Bertho, publié dans Vice le 3 février 2012


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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Mar 10 Mai - 13:24


Barrages routiers, arbres arrachés, jets de pierres et voitures endommagées : la pression monte à Mayotte, où une grève générale paralyse l’activité économique depuis deux semaines, et se double depuis lundi 11 avril de violences entre bandes de jeunes à Mamoudzou, chef-lieu du département. Deux mouvements qui expriment de manière différente l’exaspération des deux cent vingt mille Mahorais.


Citation :
1. Deux semaines de grève générale

L’île de Mayotte, dans l’océan Indien, à 8 000 kilomètres de Paris, est quasi paralysée depuis le 30 mars par une grève générale lancée par une intersyndicale (CGT, FSU, UD FO, l’UIR CFDT, SAEM, Snuipp et Solidaires) qui fait suite à un mouvement engagé en novembre et suspendu à cause de l’état d’urgence.

Les principaux axes routiers sont bloqués chaque jour par des barrages qui ralentissent l’activité économique, vident les supermarchés et perturbent la tenue de certains examens. Des manifestations ont rassemblé plusieurs centaines de personnes, et le mouvement a reçu le soutien des élus du conseil départemental.

Mais il n’est pas du goût du préfet de Mayotte, qui a annoncé à la presse jeudi 14 avril sa volonté de faire lever les barrages tenus par des syndicalistes. « Que les gens aient le droit de grève, oui, qu’ils expriment leur mécontentement, oui, mais qu’ils gênent l’activité et la circulation du département, non », a martelé Seymour Morsy, désireux de faire lever tous les points de blocage de l’île dès ce jeudi.

2. Une revendication, l’« égalité réelle »

Le mouvement réclame l’« égalité réelle » entre Mayotte et la métropole. L’île a choisi en 1976 de rester française, alors que le reste des Comores accédait à l’indépendance, et est officiellement devenue le 101e département français en mars 2011. Toutefois, elle ne jouit pas encore totalement des mêmes droits que les autres territoires français dans plusieurs domaines.

Le code du travail. Aujourd’hui, le code du travail qui s’applique à Mayotte n’intègre qu’environ 25 % de la législation métropolitaine. Les textes doivent être harmonisés progressivement jusqu’en 2017, comme le détaille Legifrance. Ainsi, la durée hebdomadaire du travail à Mayotte est toujours de trente-neuf heures (contre trente-cinq heures dans l’Hexagone), et le recours à l’intérim n’y est pas possible.

Les prestations sociales. Les allocations familiales, logement ou retraite ne sont pas calculées de la même façon qu’en France métropolitaine et ont des montants bien inférieurs, même si elles sont revalorisées progressivement. Ainsi, le RSA socle que reçoivent les Mahorais ne représente que 50 % du montant versé dans l’Hexagone (268,08 euros par mois contre 524,68 euros dans l’Hexagone), et il n’était que de 25 % en 2012.

Les infrastructures publiques. Un rapport du député Victorin Lurel sur l’égalité en outre-mer pointe le manque de routes, de production d’énergie ou d’établissements sanitaires et scolaires. Les grévistes réclament d’urgence la construction d’écoles, ainsi que des mesures contre l’insécurité. Ils sont les premiers à dénoncer les dérapages violents qui se sont produits depuis lundi.

3. Des violences urbaines à Mamoudzou

Dans la nuit de lundi à mardi, des émeutes ont en effet éclaté dans le chef-lieu mahorais, après des rivalités entre bandes de deux villages (Doujani et Cavani). Des groupes de jeunes cagoulés ont saccagé habitations et voitures. Mercredi, trois personnes interpellées la veille ont été jugées en comparution immédiate et condamnées à des peines allant de un à huit mois d’emprisonnement. Les violences se sont poursuivies mardi et mercredi, au point que le ministère de l’intérieur décide l’envoi de renforts venus de métropole.

« Hier, une centaine de jeunes, dont certains n’ont que 12 ou 13 ans, se baladaient dans les rues armés de longs couteaux, de haches et de sacs remplis de pierres
, témoigne Olivier Loyens, rédacteur en chef de Mayotte Hebdo, joint par Le Monde. Les habitants ont peur mais aussi un sentiment de révolte, et s’organisent pour se défendre eux-mêmes, car la police et la gendarmerie sont en sous-effectif. »

La ministre de l’outre-mer, George Pau-Langevin, a tenu mercredi à faire la distinction entre « plusieurs éléments [qui] se superposent : un mouvement social de revendications », et « à côté, les comportements de certains jeunes, à la dérive, qui ne sont pas encadrés et n’ont pas de perspectives ».

« La violence latente ne demande rien qu’un moindre mouvement social se manifeste pour exploser », a réagi par communiqué le grand cadi de Mayotte, juge musulman représentant l’ancien droit local, qui réclame des assises de la sécurité dans le département.

4. Pauvreté, illettrisme, immigration clandestine : de nombreux défis

De nombreux indicateurs économiques montrent que l’« égalité réelle » est très loin d’être atteinte entre Mayotte et la France métropolitaine, comme l’indique le rapport Lurel. Il y a même un écart très important entre Mayotte et les autres départements d’outre-mer, à commencer par le plus proche, La Réunion, également situé dans l’océan Indien.

Le chômage touche 19 % de la population active et 61 % des 15-24 ans, et plus de 27,6 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté. L’indice de développement humain, qui regroupe des indicateurs de richesse, d’éducation et de santé, place Mayotte à la 107e position alors que la France est 20e. Selon l’économiste Olivier Sudrie, avec un taux de croissance de 4,5 % par an, il faudrait trente-trois ans à Mayotte pour « converger » vers le niveau de l’Hexagone.




Mayotte est aussi confrontée à une très forte immigration clandestine. Les migrants arrivent des autres îles des Comores dans des barques de pêcheur appelés des « kwassas-kwassas », au prix de naufrages fréquents. De nombreux mineurs et femmes enceintes tentent la traversée. Ces dernières espèrent accoucher à Mayotte pour que leur enfant soit français. La maternité de Mamoudzou, avec douze mille naissances par an, détient le record d’Europe : 70 % de ces naissances sont le fait de femmes en situation irrégulière.

En 2014, près de vingt mille migrants ont été reconduits à la frontière. Le nombre de clandestins est par définition difficile à estimer, mais il se compte en dizaines de milliers. « A cause de l’immigration clandestine, Mayotte compte environ six mille mineurs isolés, non scolarisés, qui doivent se débrouiller tout seuls, explique Olivier Loyens. On peut penser qu’ils font partie des jeunes qui ont provoqué les émeutes. »

5. Des réponses attendues à Paris


Les syndicats organisateurs de la grève générale constatent, agacés, qu’il a fallu attendre des violences pour que le gouvernement réagisse. Vendredi, les syndicats mahorais rencontreront à Paris la ministre de l’outre-mer et les cabinets des autres ministères concernés. Une autre réunion est prévue le 26 avril, en présence de Manuel Valls, afin d’évaluer la situation financière des communes. D’ici là, l’émissaire qui avait déjà travaillé sur la question du droit du travail à Mayotte y retournera. « On n’a jamais tant fait pour Mayotte, débloqué des crédits importants et prévu des procédures de rattrapage, mais on ne peut pas tout faire tout de suite, ce n’est pas réaliste », se défend la ministre George Pau-Langevin.



Anne-Aël Durand


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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Mer 11 Mai - 7:39

à quelque chose Pepe est bon : comme webmestre...

dndf annonce la traduction de Baltimore Riot. Baltimore Commune? By Joshua Clover / 25 April 2016, introduction à son livre Riot.Strike.Riot: La nouvelle ère des insurrections


mai 2016 ça voir plus

présentation, traduction Patlotch
Citation :
Riot. Strike. Riot: The New Era of Uprisings by Joshua Clover

Award-winning poet Joshua Clover theorizes the riot as the form of the coming insurrection

Baltimore. Ferguson. Tottenham. Clichy-sous-Bois. Oakland. Ours has become an “age of riots” as the struggle of people versus state and capital has taken to the streets. Award-winning poet and scholar Joshua Clover offers a new understanding of this present moment and its history. Rioting was the central form of protest in the seventeenth and eighteenth centuries, and was supplanted by the strike in the early nineteenth century. It returned to prominence in the 1970s, profoundly changed along with the coordinates of race and class.

From early wage demands to recent social justice campaigns pursued through occupations and blockades, Clover connects these protests to the upheavals of a sclerotic economy in a state of moral collapse. Historical events such as the global economic crisis of 1973 and the decline of organized labor, viewed from the perspective of vast social transformations, are the proper context for understanding these eruptions of discontent. As social unrest against an unsustainable order continues to grow, this valuable history will help guide future antagonists in their struggles toward a revolutionary horizon.

Émeute.Grève.Émeute : La nouvelle ère des insurrections par Joshua Clover

le poète Joshua Clover théorise l'émeute comme forme de l'insurrection à venir

Baltimore. Ferguson. Tottenham. Clichy-sous-Bois. Oakland. Nôtre est devenu l'« âge des émeutes », la lutte du peuple contre l'État et le capital a envahi les rues. Joshua Clover, poète primé et érudit offre une nouvelle compréhension de ce moment présent et de son histoire. L'émeute a été la forme centrale de protestation aux XVIIe et XVIIIe siècles et a été supplantée par la grève au début du XIXe siècle. Elle est revenue dans les années 1970, et profondément modifié ainsi  les coordonnées de race et classe.

Des premières revendications salariales aux récentes campagnes pour la justice sociale poursuivies par des occupations et des blocages, Clover relie ces protestations aux bouleversements de l'économie sclérosée dans un état d'effondrement moral. Des événements historiques tels que la crise économique mondiale de 1973 et le déclin des syndicats, du point de vue de vastes transformations sociales, sont le cadre adéquat pour comprendre ces éruptions de mécontentement. Comme l'agitation sociale contre un ordre insoutenable continue de croître, cette histoire précieuse aidera comme guide futur dans leurs luttes vers un horizon révolutionnaire
.



l'introduction précise cette présentation avec des réflexions théoriques particulièrement intéressantes sur la différence entre grèves et émeutes du point de vue du rapport au capital, à la production comme à la consommation, c'est-à-dire à la reproduction, à la propriété, et bien sûr aux rapports entre le Capital et l'État. J'y reviendrai traduction en main


A man walks past a burning police vehicle on April 27, 2015, during unrest following the funeral of Freddie Gray in Baltimore.
Gray died from spinal injuries about a week after he was arrested and transported in a Baltimore Police Department van
.
Patrick Semansky / AP

concernant l'articulation entre race et classe à laquelle il est fait allusion, je pense qu'il faudra lire le livre lui-même, en espérant donc également sa traduction

une lecture du livre par Michael Robbins en donne un aperçu : 'Riot. Strike. Riot': Joshua Clover's timely and audacious analysis, Chicago Tribune, May 5, 2016, dans laquelle il est fait référence à Stuart Hall, dont j'ai moi-même utilisé les réflexions sur l'articulation classes-races

extrait

Citation :
Punning on Marx's general formula for capital, and mapping onto Arrighi's historical spin on that formula, Clover designates this sequence "riot-strike-riot prime."

Riot is the recourse of surplus populations: both Marx's "industrial reserve army" and the lumpen, the excluded — those who are "chronically outside the formal wage, or 'structurally unemployed.' "

Clover's analysis of modern riots perforce constitutes a kind of extended meditation on the cultural theorist Stuart Hall's familiar formulation "Race is the modality in which class is lived." As we know, "racialization seems to be a core characteristic of riot prime in the U.S. and more broadly in the industrializing west," in part because of the "racial burden of deindustrialization."

In the U.S., poor black populations have always faced "absolute exposure to superfluity and to state violence." The collapse of manufacturing only exacerbated this exposure for millions of African-Americans who relocated from the rural South to the urban North during the Great Migration.

Riot thus confronts the state as strike confronts the economy, since the economy appears to those ejected from it in the guise of the state. During periods of accumulative surplus, the state can "purchase the social peace"; during crisis, it turns to the police apparatus to manage those forced into illegal or informal economies (recall Eric Garner, killed for selling cigarettes).

Nixon's domestic policy chief, John Ehrlichman, admitted that the drug war was created specifically to incarcerate blacks: "Did we know we were lying about the drugs?" he said. "Of course we did." "Surplus is not synonymous with race," Clover writes; "neither is it easily extricable from it."


j'ai un peu de mal à saisir comment Théorie Communiste et dndf tournent autour du pot sans grande cohérence, rivés à leur position théorique réaffirmée récemment (confirmée par TC 25 annoncé ce mois ?), et diffusant ou traduisant sans commentaires des textes qui ne vont pas vraiment dans le même sens (comme également Incendier et revendiquer. Sur les émeutes en Suède, Zaschia Bouzarri SIC, novembre 2014). Et comme ils ne font aucun commentaire, on ne sait plus sur quel pied danser la dialectique (Bertell Ollman), ce qui n'est certes pas le point fort de Théorie Communiste

concernant Joshua Clover, il est « spécialiste de poésie et poétique anglophone des 20e et 21e siècles, de marxisme, politique économique, analyse des systèmes-monde, théorie de la crise et cultures des finances, s'intéresse à l'environnement, au féminisme et à la lutte politique dans la littérature... ». Hé bien avec tout ça, bien que spécialiste de rien, je me sens moins seul...


j'ai lu quelques poèmes de Clover qui ne m'ont absolument pas convaincu en tant que tels, bien que par le sens je puisse m'en sentir proche, mais certainement pas par l'écriture, ni en vers "spiraliques", ni en prose, tellement ils sont intellectualisés, pauvres en image, en sons et en rythmes. Bref, lourdingues dans le sens d'un « gauchisme esthétique ». Pour un aperçu, voir ICI

si c'est ça être poète, je suis curé, mais il est vrai qu'à la différence de Clover, je ne suis membre d'aucune "Académie de poésie", et si je recevais un "prix de poésie", je le brûlerai comme en émeute de moi-même contre la poésie branchée au temps du capital

en relation deux textes :


- History and the Sphinx: Of Riots and Uprisings Libcom Sep 25 2012
Jasper Bernes and Joshua Clover on The Rebirth of History: Times of Riots and Uprisings by Alain Badiou

Citation :
Rather than seeing theory as a lesson we must teach to the participants of today’s uprising, we might see it as something immanent within what they do. We might adopt a listening posture with regard to the world we live in. The answer to the riddle of the Sphinx is always another question.

Plutôt que de voir la théorie comme une leçon à enseigner aux participants du soulèvement d'aujourd'hui, nous pourrions la voir comme quelque chose d'immanent au sein de ce qu'ils font. Nous pourrions adopter une posture d'écoute en ce qui concerne le monde que nous vivons. La réponse à l'énigme du Sphinx est toujours une autre question.


- The Ends of the State Joshua Clover and Jasper Bernes Viewpoint Magazine, October 12, 2014

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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Mer 11 Mai - 9:28

voici donc la traduction annoncée par dndf

Émeute à Baltimore : Commune de Baltimore ?


Par Joshua Clover http://www.versobooks.com/blogs/2614-baltimore-riot-baltimore-commune / 25 Avril 2016


« Les émeutes sont des luttes sur le prix des marchandises,
les grèves sont des luttes sur le prix de la force de travail. »


Citation :
Émeute à Baltimore : Commune de Baltimore ?




Image d’une jeune personne sur un vélo BMX, le 27 Avril 2015, les bras pleins de boîtes de céréales pillées. Les commentaires sur  Instagram  ont été le plus souvent expurgés. Ce qui reste : «merde de Baltimore», «haïssez les tous » La personne qui a redirigé cette image sur Twitter se demande « Pourquoi prendre des céréales ? » et poste une série d’émoticônes indiquant une incrédulité mortelle. Cela semble être une bonne question. Pourquoi ne pas prendre quelque chose de plus précieux, peut-être revendable? Ou pourquoi pas quelque chose qui exprime l’état d’exception de l’émeute, sa joie sans couvre-feu – quelque chose comme les pots de crème glacée avec lesquels certains de mes amis se sont retrouvés à Hackney, en l’été 2011 ? Ici, une erreur a été commise.

Ce sentiment correspond à la position emblématique de l’Etat, des médias et des politiques respectables qui gardent en permanence l’Etat et les médias à l’esprit. Le pillage est non seulement un crime, mais une erreur, un échec tactique ou moral. Il est l’acte qui délégitime ce qui autrement pourrait évoquer une certaine sympathie d’un public nébuleux et même de la classe politique: le spasme de l’outrage éructé par un peuple misérable. Si seulement leur refus  prenait une forme plus proprement politique plutôt  que  de simplement chier sur la table! Pourquoi ? Là, c’est simplement du shopping sous stéroïdes – nous en sommes informés par les théoriciens auto proclamés – simplement l’idéologie capitaliste s’affirmant au travers de ces personnes ignorantes saisissant avidement des marchandises au moment où la possibilité s’offre à eux. Et, comme nos observateurs le notent, sans paternalisme mais avec un étonnement ironique : que voila des marchandises  dérisoires. Des céréales !

C’est un des moment de légèreté, pas le seul du bouquin The 2015 Baltimore Uprising: A Teen Epistolary. C’est premier grand livre sur la dernière grande émeute aux Etats-Unis. Avec un concept simple : rassembler les tweets liés à la rébellion qui suivit l’assassinat policier de Freddie Gray, le 12 avril dernier, la colonne vertébrale sectionnée, trainé à l’arrière du panier à salades, enchaîné et seul, le véhicule dérivant sans but à travers les quartiers de Baltimore qui brûleraient dans les semaines suivantes. Le coma, puis la mort le 19 avril, quand le premier tweet apparait: “Screaming Fuck The Police #Justice4Freddie.” La colère qui gronde  déboucherait  alors sur une émeute le 25, il y a un an aujourd’hui.

La collection de tweets commence dans l’incrédulité; un tremblement historique sur le fait qu’un phénomène télévisuel  arrive concrètement chez nous : des émeutes après l’assassinat d’une personne noire et l’impunité qui suit pour ses assassins, pour les flics en général. Il est difficile de faire le tour de l’actualité des événements et de leur ampleur, même s’ils sont inévitables. Quelqu’un  a Twitté : « Quand c’est arrivé à Ferguson, nous avons TOUS dit que cela arriverait ici aussi  si la même chose se passait. Cela semble encore tellement surréaliste ». La « sur-réalité », je pourrais suggérer, provient du fossé qu’il y a entre la pacification politique des États-Unis ces dernières décennies – dont l’assujettissement volontaire des prétendus communistes au processus parlementaire n’est que l’expression la plus récente – et l’actualité des dépossédés et des pauvres face aux agents armés, ville après ville. Il y a un sentiment d’ouverture, même si c’est une catastrophe qui a permis cela.

La collection a capté, entre autres, l’étrange euphorie de l’émeute qui peut saisir ses partisans. Une émeute était autrefois connue comme une «émotion» ce qui subsiste dans le mot français. C’est une émotion de l’excès. Au début, c’est tout simplement l’excès de participants; sa signification est complète quand les flics battent leur première retraite. A la suite,  le déclencheur inévitable du verre brisé est le moment où l’émeute devient pleinement elle-même, se glissant hors  de la continuité sombre de la vie quotidienne. Le contrôle  social permanent qui semblait idéologique, envahissant et abstrait  devient  pratique en ce moment d’excès, ouvert à la critique sociale. Ce sentiment traverse le reportage amateur comme une ondulation de plaisir.

Sans aucun doute, une certaine fraction des habitués du blog du Verso seront ravis par l’apparition d’un enseignant dans une école secondaire publique à Baltimore Nord. C’était un homme barbu, à la grande joie de ses élèves, filmé par les caméras de Newsen en flagrant délit. « M. Bleich aidait à détruire une voiture. Je l’ai vu aux nouvelles », dit un commentaire. « Sauvage communiste orthodoxe ». Un titre auquel j’aspire. Mais de tels acteurs, comme l’indique clairement le bouquin, ne sont pas au centre de l’action dans cette ville dont le taux de chômage officiel pour les hommes noirs de 20 à 24 ans est à 37%. Le maire employait le mot «voyous» avant de le retirer très vite. Elle dénonçait un petit groupe d’agitateurs, comme le font les maires. En fait, c’était un assez grand groupe. Il y avait des incendies et des barricades, des marches et des courses, des pillages dans une brume de gaz lacrymogènes, dans les zones largement réparties sur la ville. Il y avait une grande organisation organique, contrairement au phantasme largement répandu d’émeutes comme pur désordre – un fantasme qui ensorcelle les conservateurs comme les socialistes, les partis de l’ordre de droite et de gauche. Une partie de cette coordination rendait possible les affrontements directs avec la police. Les étudiants  lançaient des briques sur les flics, les faisant battre en retraite à plus d’une occasion. Le 1er Bataillon du 175e régiment d’infanterie de la Garde nationale du Maryland arriva prestement le 28 Avril pour soutenir les flics et défendre les infrastructures vitales. Quand vous en arrivez à utiliser l’expression «infrastructures vitales » vous savez que les choses sont vraiment cuites. Mais c’est là aussi que l’émeute se heurte à des limites qui sont pour le moment insurmontables. Le livre se termine avec l’action principale, le 29; la dernier titre annonce, « On en a pas fini avec les émeutes » Si nous ne pouvons être certains de rien d’autre, nous pouvons être certains de cela.

Mais pourquoi les émeutes ne sont elles pas terminées ? Pourquoi est-ce qu’aujourd’hui, leurs noms sont sur toutes les lèvres ? Baltimore, Ferguson, Oakland, Tottenham, Clichy-Sous-Bois, et ainsi de suite, et seulement dans le vieux noyau capitaliste au cours des dernières années. Pour répondre à ces questions, nous aurions besoin de savoir ce qu’est une émeute. Ce problème est particulièrement confus. La grande majorité des opinions, même favorables, ont tendance à identifier l’émeute avec la violence directe impliquant des personnes ou des biens. En cela, ils suivent la définition juridique, fondée sur le «tumulte» et la perturbation de la paix publique. Comme cela est généralement le cas quand la compréhension d’un phénomène social s’aligne sur l’opinion de l’Etat, il y a de bonnes raisons d’être sceptique. Le plus évidente est tout simplement le volumineux dossier de la violence associée à  l’autre de l’émeute, la grève. Les idéologies contemporaines de la grève, en particulier dans l’ouest, en sont venues à l’associer à une sorte de refus ascétique: laisser les outils,  marcher en lignes de piquetage, accompagnant le droit moral. Cela n’a que peu de rapports avec les grèves des mines de charbon de 1913-1914, ce qui à un moment donné est devenu la guerre de Coalfield Colorado, puis le massacre de Ludlow; de même les grèves du textile à Lyon, en France dans les années 1830 qui a vu non seulement des barricades, mais la guérilla. Ce sont des exemples a minima; il en y a des millions d’autres. La présence de la violence ne servira pas vraiment à résoudre la question de l’émeute.

Mais sa relation avec la grève, oui. Alors que les révoltes de pauvres datent de l’invention des pauvres, l’émeute ne prend pas vraiment forme avant la longue antichambre de l’époque capitaliste. La vie quotidienne est  transformée en société de marché, ou la société de marché se transforme en vie quotidienne du capital. La capacité de survivre en dehors du marché est écrasée par la force; une partie croissante de la population doit survivre grâce à l’acquisition de biens de consommation. Et c’est cet acte en particulier, l’achat obligatoire, qui est l’objet de l’émeute. Ou l’un d’entre eux. Au moment même ou nait la société de marché  en Angleterre, par exemple, il en est de même pour le marché national et international. Il devint alors intéressant  pour les marchands de transporter les aliments de base hors du comté, recherchant un prix plus élevé, même – et surtout – en temps de famine. Ceci est l’autre objet central de l’émeute, presque sans contre exemple, du 14ème au début du 19e. Souvent, cela  impliqua le blocage, la saisie et le décaissement public des céréales. Cette forme, l’émeute à l’exportation, est encore plus fréquente que la célèbre émeute du pain, dans lequel le boulanger était contraint d’abaisser ses prix au risque d’avoir sa boutique fracassé et des biens saisis.

Ces deux formes d’émeutes pourraient impliquer des travailleurs – mais ils n’apparaissent pas en leur qualité de travailleurs. Ils apparaissent comme des gens qui luttent pour la survie dans  le marché (ce qui est l’une des raisons pour lesquelles ces émeutes ont été si souvent dirigées par des femmes, chargés de travaux pratiques , de la gestion de la reproduction de la famille). Et c’est ici que nous pouvons commencer à formuler une définition de base à la fois de l’émeute et de la grève, suggérée par E.P. Thompson dans  “The Moral Economy of the English Crowd in the Eighteenth Century.”  Les émeutes sont des luttes sur le prix des marchandises, les grèves sont des luttes sur le prix de la force de travail. Deux luttes de classe, mais à différents moments de la longue trajectoire de l’accumulation. Dans le grand schéma du verrouillage du capital, les émeutes sont des combats pour la survie dans l’espace de la circulation, ce qui inclut la consommation et l’échange; les grèves sont des luttes de la production.

Cela nous permet de raconter une histoire à travers les siècles et les régions. La mémoire de l’action collective est dominée par des grèves où et quand domine la production, le capital industriel en particulier. La mémoire est dominée par des émeutes lorsque la circulation a la haute main, avant ou après les révolutions industrielles – comme dans les économies mercantiles qui précèdent l’expansion industrielle, et les époques du règne de la finance lorsque l’industrie fonctionne. Les premières émeutes à l’exportation en Angleterre, sans surprise, provoquèrent le déchargement forcé du grain des bateaux prévus pour la France pendant la première crise financière du système mondial naissant. Ce qui fait un contrepoint notable avec le blocus du grand port d’Oakland en 2011, fort de 25.000 personnes et trop bref. Mais beaucoup plus fréquents, à l’époque moderne, furent les blocages routiers de wagons à grain ici et là. Il est difficile de ne pas voir, dans les images de voies bloquées à travers la nation, le consensus magique d’une  action après que le meurtrier de Michael Brown n’avait pas été inculpé à l’automne 2014.

Tout cela pour dire que les raisons du retour de l’âge des émeutes ne sont pas très mystérieuses. D’une part, le capital a orienté ses propres schémas de recherche du profit vers la circulation à mesure que la production industrielle diminuait. D’autre part, dans un gracieux pas de deux dialectique, la population a elle aussi bougé vers des espaces au-delà de la production classique – comme trouver un emploi dans la grande expansion du service et du travail informatique, ou se retrouver dans la population excédentaire en général, contraint de survivre dans le marché impitoyable au travers de la petite production et du travail informel. Nous vivons dans une époque de luttes dans la circulation. Le capital classique et ses antagonistes redécouvrent là leur antagonisme inextinguible. C’est l’émeute, lutte de la circulation par excellence.

Nous pourrions maintenant revenir à notre personnage comique avec ses boîtes de céréales. Loin d’être une exception, une erreur, un échec – il est la vérité historique sur un vélo. Le pillage, il convient de le rappeler, est une sorte de fixation des prix. Il propose le prix zéro. Et la fixation des prix est ce que l’émeute a toujours été. La saisie des grains par des gens qui ne peuvent pas survivre autrement sur le marché sur lequel ils ont été projetés contre leur volonté – tout descend de cela. Si vous ne pillez pas, vous vous trompez.

Mais malgré toute la clarté de cette continuité historique, cela ne nous délivre pas des particularités du présent. La différence la plus évidente entre les luttes de circulation avant et après est la primauté contemporaine de l’«émeute raciale». Ce terme oublie trop facilement la grande inversion qui se produit peu de temps après les guerres mondiales. Depuis le XIXe, les émeutes raciales aux Etats-Unis mettaient en vedette des foules blanches attaquant non seulement des groupes afro-américains, mais,  de façon fameuse, des groupes asiatiques et latino-américains – événements dont les émeutes « zazous » (Zoot suit riots) ne sont que l’exemple le plus connu. Ce n’est pas seulement dans  les années 60 que l’expression prend son sens actuel. Il y a quelque chose de bizarre et peut-être d’obscène dans le fait que la mémoire politique des «années soixante» est, aux Etats-Unis, dominée par la liberté d’expression et les mouvements anti-guerre. Nous ne voulons pas en diminuer le sens, mais plutôt souligner l’oubli historique des grandes rébellions de Watts, Newark, Detroit, Chicago, et de centaines d’autres soulèvements. Presque 160 en 1967 seulement, le 68 noir de l’Amérique. Et c’est également inséparable des forces qui ont poussé à l’exclusion des noirs, l’économie politique de la mort sociale: l’automatisation, la baisse des  bénéfices, et les dernières  politiques « derniers employés/premiers virés » qui a éjecté un grand nombre d’africains/américains  hors des emplois urbains industriels qui les avait attirés lors des grandes migrations.

C’est l’excédent sous-jacent sur lequel reposent les émeutes: une population excédentaire racialisée, incapable d’être absorbée dans les circuits de production. La gestion de cette population ressemble  à de la ghettoïsation, de l hyper-incarcération, du maintien de l’ordre de plus en plus brutal – « la production et l’exploitation sanctionnée par l’État ou extralégale de la vulnérabilité de groupes identifiés, à la mort prématurée », dans la définition pratique de Ruth Wilson Gilmore du racisme. Cette pratique conduit impitoyablement aux événements incendiaires desquels les flammes des émeutes semblent surgir. Et à cet égard, la lutte dans la circulation et l’émeute de ne font qu’un. Cela fournit, entre autre, une illustration éloquente à la grande maxime de Stuart Hall, « la race est la modalité dans laquelle la classe est vécue. » [c'est exactement ce que signifie ma conception d'lidentités de lutte portant la lutte de classe, donc posant le problème de la production de leur auto-dépassement]

Ce n’est pas la seule façon de penser la particularité du présent, la façon dont l’émeute est revenue de façon différente. Le monde de 1700  n’est pas celui que nous habitons aujourd’hui. Les changements fondamentaux sont multiples, jusqu’à la structure des Etats et des économies en tant que telle. L’économie était autrefois proche, la plupart des marchandises de subsistance étant produites à proximité. A l’inverse l’Etat était loin, pour ainsi dire; la police moderne n’existait pas. Aujourd’hui, la situation est inversée. Tout est produit ailleurs; il y a un flic à chaque coin de rue. L’idée que quelqu’un fasse son chemin par la mise à sac du quartier commerçant est absurde ; vous pourriez obtenir des subsistances pendant une semaine, deux, un mois, et puis quoi? Le porteur de céréales présente alors les deux faces de la question: la vérité de l’émeute, et sa limite.

Mais comme avec tous ces renversements dialectiques, il y a une autre inversion en magasin. La limite de l’émeute porte les potentialités de l’émeute. La survie, la reproduction des classes pauvres ne peut plus être obtenue sur le marché – même plus y être imaginée. Ce que notre tweeteur anonyme sait. Et c’est à cause de cette situation désespérée que nous pouvons imaginer les luttes dans la circulation briser leur attachement au marché, se tournant vers les luttes pour la reproduction au-delà des salaires et des prix. C’est ici que nous rencontrons la figure de la commune, tactique qui est aussi une forme de vie: reproduction sociale au-delà des salaires et du marché à la fois. Tel est le rêve que font les émeutes. Pas de violence, le tumulte, la guerre sur la propriété, le pouvoir temporaire sur le marché – les aspects qui paniquent la bourgeoisie à droite et à gauche dans leurs mairies et maisons de Brooklyn. Mais pour se libérer de ceux-ci, pour échapper tout à fait au schéma de la production et de la circulation. Ceci passe par l’émeute; cela ne peut pas se faire autrement. La Commune de Baltimore, disons: jeter un coup d’œil sur les émeutes va de pairs avec leur avenir, avancer vers cette épreuve de force.


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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Jeu 12 Mai - 2:13


il ne suffira pas de mettre à mort l'artiste, ce marchand de lui-même
mais encore tous les lieux de ventes des œuvres d'art

j'ai trouvé mon créneau dans une insurrection, une activité des plus marginales, dont trop peu se préoccuperont. Ce sera ma spécialité reconnue d'utilité révolutionnaire. Je détruirai les boutiques des marchands d'art, non sans mettre à l'abri, dans une église, un temple ou une mosquée, un commissariat ou un supermarché, une préfecture ou une mairie, reconvertis en lieux communs (sic), peintures, gravures, lithographies signées

pour commencer ici et maintenant, je conchie les marchands et les marchandes d'art, qui ne font que s'approprier ce qui n'a pas de valeur marchande, mais seulement humaine, sans même la gratuité des musées accessibles à la contemplation, à la méditation, à l'activation de tous

et si l'art n'est pas une marchandise, que les "artistes" se démerdent pour ne pas en vivre en le vendant

PS : il conviendra aussi de supprimer les prix littéraires, les prix sic et les académies poétiques

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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Mer 18 Mai - 17:24


reality chaud



« Riot porn » : ces vidéos d’émeutes qui fascinent

Claire Richard l'Obs Rue89 15/05/2016

Regarder des dizaines de vidéos d’émeutes ou d’affrontements en marge d’une manif, cela s’appelle le « riot porn ».
Voyeuriste ? Malsain ? Pas si simple.


Citation :
« Je suis restée place de la Nation après la manifestation, mais c’était vraiment du riot porn », m’a dit une amie le 1er mai. Après le défilé, alors que la foule se dispersait, elle était restée pour voir les émeutes.

Après m’avoir décrit la lumière rasante de fin d’après-midi à travers l’écran de fumée des gaz, les silhouettes vêtues de noir qui courent tête baissée, elle avait dit : « Il y a quelque chose de très cinématographique dans tout ça. »

Elle n’est pas la seule, en ces temps d’agitation sociale, de manifs et d’occupations diverses largement médiatisées sur tous les canaux, à m’avoir parlé de « riot porn ».

« Mater du riot porn sur YouTube »

Le terme est importé de l’anglais, comme le « food porn », le fait de prendre en photo ses plats avant de les manger. Voici comment le site américain « Urban Dictionary » le définit : « Formes de médias montrant des gens en train de faire une émeute, de manifester ou de faire grève, et regardées comme un divertissement. Ces images incluent souvent un usage excessif de la force et des brutalités de la part de la police. Exemple : “Je voulais me coucher tôt mais je suis resté jusqu’à trois heures du matin à mater du riot porn sur YouTube.” »

Plus précisément, le riot porn, c’est :

• à la fois un genre d’images, tournées pendant les émeutes et destinées à être consommées après, loin du champ de bataille ;
• et une façon de les regarder : en obéissant à quelque chose de pulsionnel en soi qui jouit du spectacle de la violence sans pour autant y participer, et qui ne serait pas tout à fait sûr d’avoir de bonnes justifications pour le faire.

Voyeuriste : oui, mais pas que

Pour la chercheuse Ulrike Riboni, l’une des rares personnes à s’intéresser à la question : « C’est sûr qu’il y a quelque chose de pulsionnel et partagé là-dedans. On reste devant ces scènes, dans la rue ou devant l’écran, parce qu’il y a quelque chose de jubilatoire, de fascinant. »

Fascination pour la violence donc – mais pas que. Et c’est là où le terme « porn » balaie un peu la complexité sous le tapis : « Le terme “porn” aiguille vers l’idée du désir voyeur et de la déviance. Or je ne pense pas que cette pratique soit nécessairement négative. Il faut plutôt s’interroger sur le rapport à ces images et à ce qu’elles produisent. »

L’émeute pour elle-même

Commençons par regarder ces images, alors. Une poignée de pages Facebook rassemblent des images d’émeutes dispersées, un fil Reddit aussi. Mais le plus simple est de taper « riot » ou « émeute » sur YouTube. Certaines vidéos ont été regardées des centaines de milliers de fois, d’autres plus d’un million.



« London Street Battles » : vidéo d’émeutes à Londres, vue plus de 700 000 fois

Elles viennent de partout : de Grèce, des Etats-Unis, de Chine, de France, d’Allemagne... Parfois, la cause du soulèvement est clairement mentionnée (comme dans cette vidéo d’une émeute suivant la mort de Rémi Fraisse, vue plus d’un million de fois ) mais souvent l’émeute est annoncée pour elle-même, hors contexte : « Nuit d’émeutes à Trappes 20/07/13 ! ! ! A VOIR » ou, ci-dessous,

« Meilleure Emeute du Monde - A voir absolument ! » :



« Best riot ever ! » sur YouTube, par WhiteWolf


Pourquoi ces clashs ? On n’en saura rien – là n’est pas apparemment l’important. « La décontextualisation fait partie du riot porn », confirme Ulrike Riboni. Dans une bonne partie du« riot porn », l’émeute se suffit à elle-même, comme si elle se passait d’explications.

Ulrike Riboni rappelle que ce type de vidéos s’est imposé depuis une quinzaine d’années :

« Ces vidéos existent depuis au moins les manifestations altermondialistes à Gênes en 2001. Elles accompagnent depuis les pratiques émeutières, en prenant des formes différentes. »

Coup de matraque

A force de soulèvements, d’occupations et de mouvements divers, et avec le développement des smartphones qui ont permis leur multiplication, elles sont devenues comme un genre populaire, avec des variations mais des motifs récurrents attendus par le public.

Comme le lancer de projectile, le coup de matraque, les corps en noir qui courent, les visages masqués, le jet de projectile ou de fumigène... et bien sûr le feu.



« La Bataille de République », StreetPolitics


Alain Bertho, anthropologue travaillant depuis longtemps sur les images des émeutes, explique : « Le feu est un élément essentiel de cette esthétique. En 2005, c’était très présent dans les photos des émeutes, avec les voitures en flammes. Cette esthétique est liée au langage des émeutes : dans une lutte sociale, quand on veut signaler que la tension peut monter, la première chose qu’on fait, c’est de brûler des palettes. »

[cela dit, le blog de Bertho, s'il fait une recension systématique des émeutes dans le monde, n'en présente pas une caractérisation très lisible...]

Corps anonymes

Feu, fumée, masques : ces images archétypiques sont marquantes, comme le sait quiconque a traversé une place au moment des affrontements post-manifestations. Les gaz voilent la lumière, les couleurs sont intenses, les statues des places émergent du brouillard que traversent des corps en noir qui lancent des fumigènes ou brandissent des fumées rouges... la force visuelle de l’émeute est indéniable.

Certains manifestants le savent bien, explique Ulrike Riboni : « C’est en partie conscient chez ceux qui le pratiquent. Par exemple, les praticiens du Black Bloc – qui est une pratique et pas un groupe – sont très conscients de l’impact visuel que peuvent avoir ces corps vêtus de noir et masqués dans la rue et de l’impact symbolique de ces corps anonymes. »

« Emportée par la foule... »


Certaines vidéos mettent en scène les images de façon très poussée. Montage, qualité d’image, angles, titres... Tout est mis à profit pour esthétiser l’émeute, provoquer le frisson, l’enthousiasme et le désir : « Ça aussi on le voit dès Gênes... Notamment avec l’usage de la musique, toujours soigneusement choisie. La musique, c’est toujours le signe d’une esthétisation forte. »

Comme dans ces vidéos récentes [Vimeo] / Ou celle-ci, montée sur « La Foule », d’Edith Piaf :



« Riots (mars/Avril 2016) » Taranis News

En matière de « riot porn », d’ailleurs, Taranis News qui a produit cette dernière vidéo est un cas d’école. Cette agence de presse indépendante s’est fait connaître ces derniers mois pour ses vidéos de manifestations et d’émeutes.

« La Semaine Sanglante »


Elle produit des images frappantes et des vidéos en HD, avec des noms qui sonnent comme des épisodes de la Commune : « La Semaine Sanglante », « La Bataille du Centre-Ville ».

Gaspard Glanz, l’un des fondateurs, reconnaît, dans une interview à Télérama, que c’est ce qui attire une partie des visiteurs sur le site : « Les plus jeunes viennent pour le “riot porn”, mais les 25-35 ans, majoritaires, sont là pour les interviews. »

La devise de Taranis News (qu’on aurait par ailleurs tort de résumer au « riot porn ») est : « Liberté, Egalité, Full HD ». Le riot porn n’a pas attendu le numérique, mais celui-ci lui a donné un petit coup d’accélérateur. Les images sont plus nombreuses, de meilleure qualité et plus belles qu’avant.

« Génération numérique »


C’est particulièrement visible pour les photos : avec les cadres et les filtres, l’effet riot porn est maximisé.

Au moment de la révolution ukrainienne, un article de Slate s’interrogeait sur la force visuelle des images de la place de Maidan. Interrogé par la journaliste, le rédacteur en chef du service photo de l’AFP remarquait : « C’est aussi un des héritages de la génération numérique. La qualité des boîtiers d’aujourd’hui fait que dans des conditions de lumières très compliquées, on offre des résultats beaucoup plus performants. »

« Autoportrait collectif »

Mais revenons à nos vidéos. Quelles fonctions ont-elles, à part nous donner l’occasion de nous rincer l’œil ? Pour Ulrike Riboni (qui a fait sa thèse sur les vidéos produites pendant la révolution tunisienne), il ne faut pas oublier que ces vidéos sont d’abord des objets partagés.

« Les gens les filment et les mettent en ligne pour qu’elles soient partagées. Donc, on vit l’émeute, on reste et on partage, parce qu’on sait que ça va être regardé. »

C’est pour ça que la signification de ces vidéos n’est pas seulement individuelle mais aussi collective.

On peut se filmer, au milieu de l’émeute, juste pour dire « je suis là, voici ce que nous sommes en train de faire ». Pour garder une trace, parce que l’émeute est le moment où l’ordinaire semble céder et où, temporairement, les lois quotidiennes ne s’appliquent pas. Et pour se rappeler qu’on était plein à le faire, explique Alain Bertho, « comme un autoportrait collectif ».

« Foule toute-puissante »

Et quand on filme les policiers et la violence contre les manifestants ? « Là, c’est stratégique : on veut susciter de la sympathie ou de l’indignation. Les gens se mettent à filmer la police quand ils pensent qu’ils ont des chances de gagner, et qu’ils ont besoin de l’opinion. »

Mais Ulrike Riboni fait l’hypothèse que ces vidéos ne servent pas vraiment à mobiliser.

« Quand on veut mobiliser, on gomme la violence, justement. »

Ces images agissent autrement : elles « galvanisent » ceux et celles qui les regardent. « Car ce sont des images de foule toute-puissante : où la foule lance des projectiles, fait reculer la police... Ces vidéos montrent aussi la puissance du peuple. C’est aussi pour ça qu’on reste à les regarder. »


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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Mer 18 Mai - 17:52


« Nous aimons l'émeute; nous en aimons le frisson.
Nous rêvons de guerre civile, pour jouer.
Et si ce jeu occasionne des morts cela ne fait que le rendre intéressant
. »


Alexis Jenni, L'art français de la guerre, 2011, p. 248


Corinne Cerise a écrit:
Il est effrayant le texte que vous avez publié sur les "Riot porn"

le plus "effrayant" pour moi, ce n'est pas l'attirance morbide pour la violence quelles que soient les causes et motivations des émeutes, mais qu'on fasse si peu de différence entre elles, quand il s'agit de leurs relais sans commentaires sur les blogs "antifas", "anars" et autres, ce qui rejoint le constat de cet article : « l’émeute se suffit à elle-même, comme si elle se passait d’explications.»

si l'amateur lambda, plus ou moins jeune, prolonge parfois sa passion de gosse ou d'ado pour les jeux vidéos violents, l'amateur "anarchiste" se passe en boucle son film anti-flics, sans qu'on sache quel lien il fait, ou non, avec ce que serait une insurrection authentiquement révolutionnaire

et quand les "camarades" s'y mettent, dans le genre Woland, vedette de Sic/Communisation avant de devenir sous-ministre de l'économie dans le gouvernement Syrisa, cela donne La phase de transition de la crise: l’ère des émeutes 14 août 2011 sur le même site relayant, comme dndf et Théorie Communiste Le temps des émeutes a commencé

autant dire qu'on navigue de conserve entre le "reality chaud" de confort télévisuel et des analyses qui n'en sont pas, ni en relation aux contenus des luttes face au capital à l'échelle du monde, ni relativement au fait qu'une révolution, si elle a nécessairement des aspects insurrectionnalistes et violents à la hauteur de ce qu'elle doit changer, donc détruire, ne se limite pas à ça

ce petit spectacle virtuel et gratuit du radicalisme violent dans les vitrines de gens qui se prétendent communistes, au point de vacuité théorique voire de grilles de lectures eurocentristes donc racistes, quoi d'étonnant ?

Ernst Junger a écrit:
L'anarchique... dès son premier jour, son père et sa mère, l’Etat et la société lui tracent des limites... L’anarchiste vit dans la dépendance — d’abord de sa volonté confuse, et secondement du pouvoir. Il s’attache au puissant comme son ombre ; le souverain, en sa présence, est toujours sur ses gardes. L’anarchiste est le partenaire du monarque qu’il rêve de détruire. En frappant la personne, il affermit l’ordre de la succession. Le suffixe « isme » a une acception restrictive : il accentue le vouloir, aux dépens de la substance. […]

Ernst Jünger, Eumeswil, La table ronde, 1977, 1978. Traduction Henri Plard / source : L’anarque, La Revue des Ressources (recopié de Patlotch, sans le dire...)


Nuit Debout : le ridicule ne tue pas, la police non plus : pourquoi ?

ce que j'ai vu, entendu ou lu, ne me fait pas changer d'avis : le niveau de violences, de part et d'autres, est totalement intégré au sens général de ce mouvement des places. Ce sens est politique, et revendique la démocratie : cette position idéologique est consensuelle dans un dissensus qui ne porte pas sur l'antagonisme de classe

l'utilisation par l'État des forces de l'ordre est politique dans le cadre de la démocratie politique, y compris son évolution vers plus de répression et de l'intimidation des populations

si j'ai bien compris (première vidéo), depuis Sivens et surtout Nantes, l'utilisation de plus en plus massive des gaz lacrymogènes et de certaines grenades, vise à éviter l'affrontement direct et le corps à corps, techniques qui seraient différentes en Allemagne et en Grande Bretagne (plus de canons à eaux...)

il y a une volonté politique évidente d'éviter des blessés graves ou des morts y compris parmi les "émeutiers", et les "bavures" sont des "bavures" tant qu'elles ne remettent pas en cause la limite à partir de laquelle l'usage de la violence deviendrait plus massivement stratégique des deux côtés

autrement dit, parler de "guerre civile", comme on l'entend dans la première vidéo, est complètement à côté de la plaque

dans la seconde vidéo en lien, un "soignant" (10:50) vient dire qu'[i"on a ordonné l'encerclement, ce qui est totalement interdit en maintien de l'ordre",[/i] sans parler du bisounours s'adressant aux policiers à 18:15 dans un discours d'amour complètement 'surréaliste'

le niveau de naïveté, y compris quant à la violence policière d'État, est incroyable, relativement aux répressions ouvrières depuis la Libération, que ce soit dans les mines, en 1968, dans les années 70 et la sidérurgie, en 1995 et depuis, même en 2006 pour le CPE

tout cela recoupe l'entrée en lutte massive d'une nouvelle génération de jeunes (sur-) diplomés plus ou moins prolétarisées qui n' absolument aucune mémoire, par définition, de ce qu'elle n'a jamais appris, la violence du capital et de la lutte de classe... Ceci dans le même temps où les leaders et idéologues veulent en finir avec Marx et son héritage

on peut même dire que ce niveau relativement modéré d'usage de la police (et pas encore de l'armée, ce que permet la Constitution), s'inscrit dans l'affrontement politique pré-électoral. Il suffit d'entendre la droite et l'extrême-droite sans discordance soutenant cette manifestation des policiers, alors que peu à gauche osent le faire franchement, hors du discours gouvernemental, de Hollande, Valls et Cazeneuve


certes pas de quoi me faire des amis dans la post-ultragauche et chez ceux des anars et autres totos qui ne jurent que par les activités anti-flics comme si elles étaient en marge à la limite de ruptures ou de créer des "écarts", et témoignaient de lucidité sur ce qui se passe en France : quel folklore !

le jour où les choses deviendront sérieuses...

quand l'ordre étatique du capital sera réellement en danger, la police et l'armée feront comme dans d'autres pays où les manifestations et émeutes font régulièrement des morts : elles tireront dans la foule et si c'est nécessaire à balles réelles,

côté "virtuel", ils fermeront les tuyaux : plus de youtube, de Tweeters et autres réseaux sociaux, et plus de Forum Patlotch. En attendant, tout cela s'inscrit dans la démocratie politique, qu'on le veuille ou non, y compris pour la remettre en cause comme ici
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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Mar 31 Mai - 22:07


Mayotte : Le préfet a demandé l'expulsion des étrangers en situation irrégulière

Mamoudzou prise par les émeutes


IMAZPRESS 30 Mai à 14H51

Citation :
Ce lundi 30 mai 2016, alors que le préfet de Mayotte tenait un point sur la situation des clandestins à Mamoudzou, des scènes d'émeutes ont éclaté. Les manifestants tenaient à montrer leur mécontentement en tenant un barrage sur la route. Ledit barrage a été levé par les forces de l'ordre, à coups de bombes lacrymogènes. Selon le Journal de Mayotte, l'une aurait atteint un bébé âgé de 19 jours.


A Mayotte, la crise sociale n'en finit plus. Après la rencontre entre le préfet et les associations représentant les personnes expulsées, des scènes d'émeutes ont éclaté à Mamoudzou. Près de la place de la République, des jeunes ont notamment dressé un barrage sur la route, bloquant l'accès aux automobilistes. Les forces de l'ordre sont intervenues et l'ont rapidement démantelé, en utilisant des bombes lacrymogènes. Selon Le Journal de Mayotte, l'une aurait blessé un bébé. Il a été évacué en urgence.

A Kawéni, un autre barrage a été dressé, suivi d'actes de délinquance. Des jeunes habitants du quartier auraient blessé et racketté des usagers de la route. Actuellement, la situation serait revenue à la normale. Une centaine de personnes serait néanmoins toujours sur la place de la République.


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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Ven 17 Juin - 6:27


Citation :
CARACAS (Reuters) - Les forces de l'ordre vénézuéliennes ont arrêté au moins 400 personnes à la suite du dernier accès en date de pillages et d'émeutes de la faim dans le pays, ont rapporté mercredi les autorités.

La violence s'est emparée mardi de la ville côtière de Cumana, où des pillards s'en sont pris à des dizaines de boutiques et où les forces de sécurité ont eu fort à faire pour maintenir l'ordre.

Des informations non confirmées, faisant état de plusieurs morts à Cumana, la capitale de l'Etat de Sucre, ont circulé sur les réseaux sociaux, et un député d'opposition de la région a parlé quant à lui d'un homme tué par balles.

Pour le gouverneur de l'Etat, Luis Acuna, membre du Parti socialiste au pouvoir, les décès en question n'ont rien à voir avec les pillages. "Il n'y a eu que 400 arrestations, et les décès ne sont liés en rien aux pillages", a-t-il déclaré à la télévision, en accusant les politiciens de droite d'encourager les pillards.

"Je n'ai aucun doute sur le fait qu'ils les ont payés, tout cela était préparé", a dit Luis Acuna.

Nelson Moreno, gouverneur de l'Etat d'Anzoategui, limitrophe de celui de Sucre, a déclaré que huit personnes avaient été arrêtées mardi dans sa région en situation "irrégulière", terme généralement utilisé pour faire allusion à des pillages.

Un jeune de 17 ans a par ailleurs été tué par balles mardi soir lors d'une "situation irrégulière" dans l'Etat de Merida, a fait savoir le parquet de la République. Selon certains médias, des émeutes de la faim ont eu lieu dans cet Etat et une permanence du Parti socialiste, au pouvoir, a été attaquée.

Les manifestations et les échauffourées autour de magasins se sont développées dans tout le Venezuela ces dernières semaines, sur fond de graves pénuries de vivres et de produits de première nécessité comme les médicaments.

(Diego Ore, Eric Faye pour le service français)

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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Ven 24 Juin - 10:30


de vlad2




Des camions brûlés mardi dernier sur un chantier de Saudi Oger à Riyad
Citation :
Les explosions de violence se succèdent depuis plusieurs semaines sur des sites de Saudi Oger en Arabie saoudite, le géant du BTP détenu par l’ex-Premier ministre libanais Saad Hariri. Cause de cette grogne sociale exacerbée : les retards de paiement de salaires qui durent depuis plusieurs mois. Mardi, des salariés ont dégradé des voitures et des camions appartenant à l’entreprise sur un de ses plus grands chantiers, celui des logements de la garde nationale saoudienne à Riyad.

Plusieurs voitures renversées, d’autres ont eu leurs vitres brisées et des camions ont été brûlés… Ces émeutes, qui n’ont pas fait de blessés, témoignent d’une montée croissante de la frustration des employés face à l’enlisement d’une crise sociale dont ils ne voient pas la fin. En début d’année, ils étaient environ 38.000, mais plusieurs milliers ont été ensuite licenciés. Licenciés ou pas, la quasi-totalité continue de subir des retards de paiement qui varient entre quatre et huit mois, selon l’importance du projet géré par Saudi Oger. Ce défaut de paiement s’aggrave d’autres répercussions : depuis que l’entreprise n’est plus en mesure de verser les salaires, les autorités saoudiennes empêchent de renouveler le permis de séjour (iqama) de ses travailleurs étrangers, ce qui entraîne notamment le gel de leurs comptes en banque.


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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Sam 25 Juin - 19:23


Jordanie : émeutes sur fond de protestation sociale

by Shraga Blum LPH Info juin 24, 2016


Citation :
De violents affrontements ont eu lieu entre des manifestants et la police dans la ville de Dhiban, au sud de la capitale Amann. Les manifestants avaient dressé au centre de la ville une tente de protestation contre la situation économique et sociale. La police est intervenue pour disperser violemment la manifestation après que des manifestants aient scandé des slogans appelant le peuple à se soulever pour faire tomber le régime.

Selon les chiffres de la Banque mondiale, le taux de chômage en Jordanie atteint les 28%, et la région de Dhiban est l’une des plus pauvres du royaume. Certains médias ont vivement réagi contre l’utilisation de la force par la police contre des personnes qui somme toute ne faisaient que protester contre leur situation difficile. De son côté la police affirme que trois de ses hommes ont été blessés par des tirs provenant des manifestants.

Ce genre de manifestation n’est pas fréquent en Jordanie et même s’il s’est agi d’un incident ponctuel à petite échelle, les autorités ont voulu réagir fermement car c’est de cette même région qu’avait débuté en 2011 un mouvement qui a failli se transformer en “Printemps jordanien”.


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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Sam 16 Juil - 13:55


l'autre feu d'artifice

je ne sais pas si cela justifié de parler d'émeutes, mais les nuit du 13 et 14 juillet n'ont pas manqué la tradition des voitures et poubelles incendiées, caillassage de bus et voitures de police et de pompiers, à Lyon dans les 5ème et 8ème ardts, et dans la banlieue Est (Vénissieux, Villeurbanne et Vaulx-en-Velin), à Besançon (Planoise, agression de contrôleurs de tramways) et le Pays de Montbelliard, dans le Val-de-Marne (Vitry-sur-Seine, Bonneuil-sur-Marne, Créteil, Fontenay-sous-Bois, Saint-Mandé), en Seine-et-Marne (voir ci-dessous), en Essonne (Viry-Châtillon, Les Ulis, Etampes, Ris-Orangis, Quincy-sous-Sénart), à Évreux...


Villeurbanne © YM, F3RA

Un peu partout [en Seine e- Marne], les forces de l'ordre ont été prises pour cible, Le Parisien 16 juillet 2016

Citation :
La soirée du 14 Juillet a été émaillée de plusieurs incidents. A Nemours et ses environs, des policiers ont été pris à partie alors qu'ils intervenaient sur des feux de poubelles, dont l'un s'est propagé à un appartement. L'habitante a dû être évacuée. Un homme a été interpellé pour incendie volontaire tandis que les forces de l'ordre ont été la cible de jets de projectiles pyrotechniques. Le pare-brise d'un véhicule de police a également été atteint par un jet de pierre dans la cité Cocteau de Souppes-sur-Loing. Des poubelles ont aussi été incendiées dans le centre-ville de Savigny-le-Temple et avenue des Champs à Nandy. A Pontault-Combault, des tirs de mortier ont une nouvelle fois eu lieu contre le commissariat. Idem pour le commissariat de Noisiel. La nuit du 13 au 14 a également été mouvementée. A Mitry-Mory, 4 véhicules ont été incendiés et deux voitures de police se sont aussi fait caillasser aux abords de la gare. A Noisiel, un jeune a été interpellé après avoir jeté un caillou en direction de la police. Il a écopé de deux mois de prison avec sursis pour ce geste mais aussi pour avoir mis le feu à une poubelle. D'autres jeunes ont aussi été condamnés pour des jets de projectiles sur la police à Lognes. A Meaux, la police a essuyé des tirs de mortier dans le quartier de Beauval. Deux voitures, une camionnette et deux poubelles ont été brûlées.


Saint-Mandé. Plusieurs voitures ont été brûlées à l’entrée du Chalet du lac,
dans le bois de Vincennes.
LP/Corinne Nèves.


Flers dans l'Orne


Créteil, ce jeudi. Deux voitures ont été incendiées allée Jean-de-la-Bruyère à Créteil dans la nuit de mercredi à jeudi.
Les véhicules ont été évacués et les résidus étaient en train d'être enlevés ce jeudi. (LP/ A.-L. A.)

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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Mer 20 Juil - 13:20


Le décès d'un jeune de 24 ans pendant son arrestation a déclenché une émeute à Beaumont-sur-Oise et Persan. Les proches de la victime ne croient pas à la version du "malaise" fournie par la gendarmerie.


Véhicules et poubelles ont été incendiés à Beaumont-sur-Oise
dans la nuit du 19 juillet au 20 juillet. Capture d'écran / iTELE

Citation :
Dans la nuit du mardi 19 au mercredi 20 juillet, des incidents ont eu lieu dans le Val-d'Oise entre la gendarmerie et des riverains. En cause ? La mort d'un jeune homme lors de son interpellation.

Qu’est-ce qui a déclenché l’émeute ?

A l’origine des échauffourées, la mort d’Adama, 24 ans, pendant son arrestation par les gendarmes.

Le jeune homme était suspecté dans une affaire d’extorsion de fonds. Les gendarmes l’ont interpellé mardi vers 18 heures à Persan, et c’est alors qu’il aurait fait "un malaise", a affirmé à l’AFP Yves Jannier, le procureur de la République de Pontoise.

Mais les proches du jeune homme ne croient pas à ce malaise, et affirment qu’il a été "frappé". Baguy, le frère d’Adama, raconte ainsi à iTélé : "Ils l’ont coursé, ils l’ont frappé, j’ai vu moi, il était pour mort il était encore menotté."

"Le gendarme est parti avec un T-shirt tout blanc, il est revenu avec un T-shirt plein de sang. Il a pas de plaie lui. [...] C’est le sang de mon frère qu’il a sur le T-shirt."


Que s’est-il passé cette nuit ?

Après que la nouvelle de la mort du jeune homme s’est répandue, des violences ont éclaté dans les communes de Beaumont-sur-Oise et Persan, dans le nord du Val d’Oise.

"Le Monde" rapporte qu’une trentaine d’individus sont, dans un premier temps, allés s’en prendre à la gendarmerie, avant de rentrer dans leur quartier. Ils y ont alors brûlé poubelles et voitures. Certains ont également tenté d’incendier la mairie de Persan et un collège de Beaumont, sans succès.

Au total, une centaine de personnes se sont rassemblées. Un témoin, qui a choisi de rester anonyme, a raconté à l’AFP avoir entendu des jeunes crier "assassins" à l’encontre des forces de l’ordre.

Des tirs d’armes à plomb ont par ailleurs visé les gendarmes. Six d’entre eux ont été légèrement blessés, précise "Le Parisien". Des renforts de police et de gendarmerie ont été appelés, notamment pour "mettre en sécurité les militaires qui étaient visés", explique à l’AFP Jean-Simon Mérandat, directeur de cabinet du préfet du Val d’Oise. Celui-ci précise que 130 membres des forces de l’ordre et une soixantaine de pompiers ont été mobilisés.

Et maintenant ?


L’agitation est retombée vers 3h30. Dans la nuit, un jeune connu des services de gendarmerie a été interpellé. Ce matin, la situation était calme.

Jean-Simon Mérandat anticipe néanmoins déjà la mise en place d’un "dispositif de sécurisation" pour la nuit de mercredi à jeudi.

Deux enquêtes ont été ouvertes, l’une de la section de recherches, l’autre de l’inspection générale de la gendarmerie, pour déterminer les circonstances du décès d’Adama.

R.D. (avec AFP)



Val-d'Oise: "Mon frère a été assassiné par les gendarmes"

Marie-Caroline Meijer avec Hassa et Hatouma Traoré BFMTV 20/07/2016  

Les proches d'Adama ne croient pas à la thèse du malaise.

   
Citation :
Des violences ont eu lieu ce mardi soir contre la gendarmerie de Beaumont-sur-Oise à la suite de la mort d’un jeune homme lors son interpellation quelques heures plus tôt. Si les forces de l’ordre assurent qu’il a fait un malaise, les proches du défunt sont persuadés qu’il a été "tabassé".
 
"Ils ont assassiné mon frère le jour de son anniversaire". C'est par ces mots qu'Hassa Traoré, l'une des sœurs du défunt Adama, 24 ans, a évoqué la mort de son frère.

Alors que les gendarmes imputent son décès à un malaise, pour elle la vérité est toute autre. "Ça fait longtemps qu'ils sont derrière Adama et là ils l'ont eu", assure-t-elle.

Des incohérences et des témoignages

Le verbe assuré, Hassa justifie son propos par deux éléments. Tout d'abord par des incohérences dans la version des faits brandie par les militaires:

"Il a été assassiné par les gendarmes. Ils ont camouflé son meurtre. Les horaires ne correspondent pas du tout avec la réalité. A 21 heures on me dit que mon frère a fait une crise à la gendarmerie. Après ma famille se rend à l’hôpital où on lui dit qu’il n’est pas présent. Elle se rend à la gendarmerie. Ils lui disent que mon frère est là et qu’il va très bien. A 23 heures ils la rappellent pour leur dire que mon frère est mort", raconte-t-elle.

Par ailleurs, Hassa rapporte le témoignage d'un autre membre de sa fratrie.

"Mon autre frère était en garde à vue avec sa copine. Ils ont vu Adama se faire frapper à la tête par un gendarme. Mon frère qui a voulu intervenir et ils l’ont envoyé à Cergy pour qu’il n'assiste pas à cet assassinat. Sa petite amie a voulu intervenir. Ils l’ont également frappée", affirme-t-elle.

La voix nouée, la jeune femme laisse éclater sa colère. "C'est une bavure, on ne peut pas le cacher", insiste-elle.

"Justice sera faite"

Même son de cloche du côté d'Hatouma Traoré, une autre soeur du défunt. Elle aussi rapporte des témoignages accablants pour les militaires.

"Les gendarmes l'ont interpellé au centre-ville, l'ont tapé pour le faire entrer de force dans la voiture et il a eu une crise. Mais ils l'ont emmené quand même en garde-à-vue, sans appeler les pompiers ni rien du tout (...) On nous a raconté qu'au poste il était par terre, menotté, et qu'ils lui ont donné des coups sur la tête. Il a fait une crise, mais ils ont continué à lui donner des coups. Il a succombé aux coups", se révolte-t-elle.

La mort de son frère est "injuste", mais Hatouma en est sûre, "justice sera faite".

Après la nouvelle de la mort d'Adama, des violences ont éclaté mardi soir dans les communes de Beaumont-sur-Oise et Persan. Elles ont fait cinq blessés parmi les gendarmes.


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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Mer 20 Juil - 21:26


mort d'Adama Traoré...

Sihame Asbague était à Beaumont-sur-Oise cette après-midi, elle témoigne d'une ambiance très tendue, photos, vidéos...

voir ici : https://twitter.com/s_assbague/status/755784386516226050?lang=fr

ou ici : https://twitter.com/s_assbague?lang=fr&lang=fr

"C'est très tendu sur place. Colère des proches d'Adama qui ne demandaient qu'à voir le corps."



"La gendarmerie est sortie et a gazé et matraqué tout le monde sans sommation."

Citation :
Sihame Assbague ‏@s_assbague · 4 hil y a 4 heures

- Regarde comment ils ns traitent.. après ils font genre ils pigent pas pourquoi on supporte pas l'EDF"(entendu ds la foule)
- Calme-toi (dit un proche)
- Qu'est-ce qui a changé depuis Zyed & Bouna ? Villiers-le-Bel ? Et tu veux que je me calme ?




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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Jeu 21 Juil - 14:01


Londres, un très bon et beau reportage photos et vidéos


Police have all their leave CANCELLED as the Met issues photographs
of the four men suspected of being ringleaders in Hyde Park riots

Citation :
Five people - including a police officer - stabbed last night in London at three different events across the capital
Around 4,000 youths descended on Hyde Park for water fight and 'bashment' music festival but event turned violent
Five officers injured after they tried moving people on and seizing sound equipment, causing fighting to break out
Two revellers were also stabbed during chaos and are both - like the constables - in hospital receiving treatment
Meanwhile two 16-year-old boys were also stabbed and a supermarket ransacked in Burgess Park, Southwark
Police attempting to shut down an illegal block party in Stamford Hill, Hackney, had bottles thrown at them
McDonald's customers also seen running out after appearing to steal from takeaway in Marble Arch

[...]





Read more: http://www.dailymail.co.uk/news/article-3698316/Police-officer-stabbed-struck-bottle-spontaneous-Hyde-Park-water-fight-descends-blade-chaos-two-revellers-suffering-knife-wounds.html#ixzz4F2kcmXat
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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Mar 6 Sep - 19:30



Viewpoint Magazine ‏@viewpointmag



Mark Brad­ford, Scorched Earth, 2006

Citation :
Can the riots really express and expli­cate our his­tor­i­cal moment, serv­ing as the “holo­graphic minia­ture of an entire sit­u­a­tion, a world-pic­ture?” What I want to address here is the over­ar­ch­ing prin­ci­ple that gov­erns the com­po­si­tion of the book’s var­i­ous con­cep­tual ele­ments, and which in the final analy­sis is Clover’s name for the­ory: peri­odiza­tion.

Clover argues against the con­tin­ued via­bil­ity of indus­trial strike orga­niz­ing, sug­gest­ing that the time of the strike has passed, and that we now inhabit the time of the riot. But the con­cep­tual and peri­odiz­ing demar­ca­tions that Clover deploys in advanc­ing these claims tend to obscure the actual forms of class strug­gle that broke forth dur­ing the sup­posed era of the strike – forms of strug­gle that may yet have some­thing to offer the present.

While Clover’s effort to his­tor­i­cally sit­u­ate and draw our atten­tion to the riot as a form of anti-cap­i­tal­ist strug­gle out­side of the work­place is cer­tainly valu­able, his insis­tence on inter­pret­ing its polit­i­cal value pri­mar­ily through its rela­tion­ship to the utopian keeps his analy­sis from account­ing for the func­tion and mean­ing that riots have for most of the peo­ple who find them­selves actu­ally par­tic­i­pat­ing in them, to say noth­ing of whether or not riot is really best under­stood through its rela­tion­ship to con­sump­tion and cir­cu­la­tion.

“Police patrol these streets every night of the week and we only get to riot every few years,” he said. “They can’t come here lay­ing down the law like they do all year round. Peo­ple are riot­ing because the riot is finally here.” > ICI


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MessageSujet: Re: ÉMEUTES/RIOTS... IDÉOLOGIE de l'ÉMEUTE ? un débat important    Jeu 8 Sep - 15:25


suite du débat de Viewpoint ci-dessus, un débat intéressant et important. Traduction souhaitée



Viewpoint Magazine ‏@viewpointmag


As the sub­ti­tle of the book emphat­i­cally asserts, Riot. Strike. Riot is con­ceived as a the­ory of the present, con­fig­ured here as a “new era of upris­ings.” In this intent, Clover’s cor­us­cat­ing essay joins a smat­ter­ing of texts that have tried to bap­tize and ori­ent the moment that blos­somed into recog­ni­tion after 2011 – essays and books by Alain Badiou, Alain Bertho, Théorie com­mu­niste, The Invis­i­ble Com­mit­tee, Jodi Dean, End­notes, and a few oth­ers.

The the­o­ret­i­cal resources and vocab­u­lar­ies that Clover enlists into his argu­ment – with envi­able clar­ity, econ­omy, and focus – would reward atten­tion on their own right. Most crit­i­cally, the ground­ing claim that “a the­ory of riot is a the­ory of cri­sis” means that the per­sua­sive power of Clover’s mon­tage depends largely on one’s esti­ma­tion of his splic­ing of Robert Bren­ner, Gio­vanni Arrighi and value-the­o­ret­i­cal accounts of cri­sis to provide the log­i­cal and his­tor­i­cal arma­ture of the over­all account.1



Mark Brad­ford, A Truly Rich Man is One Whose Chil­dren Run Into His Arms When His Hands are Empty, 2008.
Mixed media col­lage on can­vas H: 102 x W: 144 in. (259.10 x 365.80 cm)
Cour­tesy of the artist and Sikkema Jenk­ins & Co., New York
.

Citation :
Though “riot” (often invoked with­out def­i­nite or indef­i­nite arti­cles and in the sin­gu­lar) is meant to illu­mi­nate cri­sis, it is evi­dent from the out­set that the weight of the­o­riz­ing rests on the the­ory of cap­i­tal­ism, and it is that the­ory which allows us to turn the toponymy of insur­rec­tion (Oax­aca, Oak­land, Tahrir, Clichy-sur-Bois, etc.) into a force­ful claim about the shift­ing shape of col­lec­tive action against cap­i­tal. Notwith­stand­ing Clover’s not­ing of the ety­mo­log­i­cal link between émeutes (riots) and emo­tions, and the insur­rec­tionary invo­ca­tions that pep­per his writ­ing, his the­ory of riot is not a phe­nom­e­nol­ogy of riot­ing, a the­ory of the subject(s) of riot (except to the extent that riot is sub­ject, I’ll return to this), or even an inves­ti­ga­tion into the mate­rial tac­tics and reper­toires of con­tem­po­rary upris­ings. Nor is it a poet­ics of riot (for which the reader is bet­ter off turn­ing to his recent poetry col­lec­tion Red Epic). Where the phys­iog­nomy of col­lec­tive action is con­cerned, notwith­stand­ing illus­tra­tive ref­er­ences to of free­way block­ades, port occu­pa­tions and the antin­o­mies of the move­ment of squares, the argu­ment is of a fun­da­men­tally his­tor­i­cal kind.

Here the soci­o­log­i­cal work of Charles Tilly serves as the schema per­mit­ting the pro­jec­tion of a his­tor­i­cal-mate­ri­al­ist the­ory of cap­i­tal­ist cri­sis and trans­for­ma­tion onto mul­ti­ple instances of col­lec­tive action (and inversely, though the ascend­ing move­ment from riot to sys­tem is, I would main­tain, exem­pli­fy­ing and not prop­erly con­sti­tu­tive). “If the riot looks at peri­odiza­tion, the period in turn peers back at the riot through the dialec­ti­cal key­hole. It is hard, per­haps impos­si­ble, to estab­lish what a riot is with­out peri­odiza­tion; with it, the riot (and the strike as well) can be under­stood as a set of prac­tices in the face of prac­ti­cal cir­cum­stances, with or with­out an imag­i­nary regard­ing the reflex­ive self-aware­ness of par­tic­i­pants on which so many accounts rest” (43). A thor­ough appraisal of the inter­pre­tive machine that Clover has dex­ter­ously engi­neered in Riot would no doubt require an inter­ro­ga­tion of its com­po­nent parts: Is the amal­gam of world-sys­tems the­ory, polit­i­cal Marx­ism and value-cri­tique sta­ble? Is Tilly’s his­tor­i­cal pat­tern­ing of col­lec­tive action – itself anchored in a non-Marx­ist his­tor­i­cal soci­ol­ogy – map­pable onto that his­tor­i­cal-mate­ri­al­ist fresco?2 Can the riots really express and expli­cate our his­tor­i­cal moment (105), serv­ing as the “holo­graphic minia­ture of an entire sit­u­a­tion, a world-pic­ture” (123)? What I want to address here is the over­ar­ch­ing prin­ci­ple that gov­erns the com­po­si­tion of the book’s var­i­ous con­cep­tual ele­ments, and which in the final analy­sis is Clover’s name for the­ory: peri­odiza­tion.

Riot Theory

When Clover declares that what our moment demands is “a prop­erly mate­ri­al­ist the­o­riza­tion of the riot” it is a sui generis his­tor­i­cal mate­ri­al­ism he is call­ing upon (6). This is pit­ted against, on the one hand, soci­o­log­i­cally-deter­min­is­tic accounts of col­lec­tive action as a fore­castable reac­tion to given con­stel­la­tions of power and inequal­ity, and, on the other, philo­soph­i­cally-vol­un­taris­tic and tax­o­nom­i­cal accounts of the riot as a pre-polit­i­cal her­ald of a com­mu­nist orga­ni­za­tion and idea to come, as in Alain Badiou’s por­trayal of our “age of riots.” Though read­ers expect­ing a keen-eyed the­o­rist of poet­ics such as Clover to delve into the aes­thetic of riot will be dis­ap­pointed, the forma men­tis of Marx­ist lit­er­ary crit­i­cism of a decid­edly Jameso­nian stamp is pal­pa­ble. Peri­odiza­tion is con­ceived as the cor­re­la­tion of his­tor­i­cally emer­gent social forms to polit­i­cal and not poetic forms, but the method and style of cor­re­la­tion will be famil­iar to read­ers of land­mark essays like “Mod­ernism and Impe­ri­al­ism” or “Cul­ture and Finance Cap­i­tal” – both of which pio­neered this use of Arrighi’s work (though to Clover’s credit, his use of peri­odiza­tion aims at a less alle­gor­i­cal result).3

The frame­work is strik­ing and stark in its sim­plic­ity: meld­ing Arrighi’s Braudelian account of cycles of pro­duc­tive and finan­cial accu­mu­la­tion with Brenner’s diag­no­sis of the long down­turn – with 1973 as year zero of our sta­tion­ary or ter­mi­nal age – Clover gen­er­ates a three-ages the­ory of sorts, map­ping, via Tilly’s soci­ol­ogy and E.P. Thomp­son account of 18th-cen­tury riots, ages of cir­cu­la­tion, pro­duc­tion and cir­cu­la­tion (or, in his terms, cir­cu­la­tion prime) onto long phases in which riot, strike and what he calls riot prime are the pre­em­i­nent or hege­monic fig­ures of col­lec­tive action. This account is then sup­ple­mented with Théorie communiste’s take on the lim­its of anti-cap­i­tal­ist action, as we will touch upon below. In Clover’s syn­op­sis: “cri­sis sig­nals a shift of capital’s cen­ter of grav­ity into cir­cu­la­tion, and riot is in the last instance to be under­stood as a cir­cu­la­tion strug­gle, of which the price-set­ting strug­gle and the sur­plus rebel­lion are dis­tinct, if related, forms” (129).

What are the pre­sup­po­si­tions of this image of the­ory as peri­odiza­tion? First, and per­haps most momen­tous, is the notion that we must iden­tify a “cen­tral fig­ure of polit­i­cal antag­o­nism” (3). This think­ing of the present through cen­tral, dom­i­nant or hege­monic fig­ures has become so com­mon­place on the left as to be often left unques­tioned. It is almost invari­ably dri­ven by the felt need to refute a tra­di­tional left’s attach­ment to obso­les­cent or anachro­nis­tic “fig­ures” – party, union, strike, rev­o­lu­tion­ary grab for power. In this respect, Clover’s polem­i­cal school­ing of labor-nos­tal­gia on the U.S. social­ist left has more than a few echoes of anal­o­gous assev­er­a­tions by Ital­ian post-work­erist against stal­warts of his­tor­i­cal com­mu­nism, of French anar­cho-com­mu­nists against Trot­sky­ists, and so on and so forth. The polemics often reach their tar­get, but rarely if at all do they inter­ro­gate the found­ing attach­ment of what we could term the phi­los­o­phy of his­tory of col­lec­tive action to a “lead­ing tac­tic” (73) trans­muted into a sin­gu­lar fig­ure, “both a real frac­tion of and a fig­ure for the many to which it is always adja­cent” (73). Riot prime “names the social reor­ga­ni­za­tion, the period in which it holds sway, and the lead­ing form of col­lec­tive action that cor­re­sponds to the sit­u­a­tion” (28).

What com­pels us to trans­form a tac­tic or a form into a his­tor­i­cal sub­ject and sub­stance? It is worth paus­ing here on Clover’s lan­guage – clearly pon­dered and cho­sen in full fore­sight of its effects. Con­trary to those post-work­erists for whom the fig­ure is still, in how­ever mutant a form, a col­lec­tive class sub­ject (the cog­ni­tariat or assorted cog­nates), in a ges­ture as cap­ti­vat­ing as it is poten­tially mys­ti­fy­ing and fetishis­tic, it is “riot” (not the riot, or riots) which takes the agen­tial or actant role from the out­set. In elu­ci­dat­ing how “riot is itself the expe­ri­ence of sur­plus” (1) – where the phe­nom­e­nol­ogy or locus of that expe­ri­ence is curi­ously unlo­cal­iz­able – Clover will write of the “moment when the par­ti­sans of riot exceed the police capac­ity for man­age­ment, when the cops make their first retreat, [as] the moment when the riot becomes fully itself, slides loose from the grim con­ti­nu­ity of daily life” (1-2). It is not riot­ers that face off against the cops, but “par­ti­sans of riot,” and while they are the sur­plus it brings into being, it is riot that is sub­ject, “it” becomes fully itself, in an impec­ca­bly Hegelian turn of phrase. At times these par­ti­sans seem reduced to mere Träger or ven­tril­o­quists for this spec­tre haunt­ing a dein­dus­tri­al­iz­ing world: “Riot goes look­ing for sur­plus pop­u­la­tions, and these are its basis for expan­sion” (154). At oth­ers there is a fusion, with vital­ist echoes, of riot with the biopol­i­tics of exclu­sion: “Riot prime is the con­di­tion in which sur­plus life is riot, is the sub­ject of pol­i­tics and the object of ongo­ing state vio­lence” (170).

Riot as sub­ject, or the sub­li­ma­tion of a form of col­lec­tive action into fig­ure of his­tory, is also a pro­duct of Clover’s deter­mi­na­tion – most com­pellingly delin­eated in his engage­ment with Luxemburg’s writ­ing on the gen­eral strike – to iden­tify nec­es­sary or his­tor­i­cally inevitable forms of action in the present. Clover’s def­i­n­i­tion of the­ory is worth repro­duc­ing here: “The­ory is imma­nent in strug­gle; often enough it must hurry to catch up to a real­ity that lurches ahead. A the­ory of the present will arise from its lived con­fronta­tions, rather than arriv­ing on the scene laden with back­dated hom­i­lies and pre­scrip­tions regard­ing how the war against state and cap­i­tal ought to be waged, pro­grams we are told once worked and might now be refur­bished and imposed once again on our quite dis­tinct moments. The sub­junc­tive is a lovely mood, but it is not the mood of his­tor­i­cal mate­ri­al­ism” (4). But the logic of theory’s emer­gence and the char­ac­ter of its pre­sen­ta­tion here mas­sively diverge. The con­tem­po­rary prac­tice of riots (and its remark­ably recur­rent reper­toire) is not the source of the the­o­ret­i­cal claims, rather it is the detour through the longue durée of peri­odiza­tion which reveals why “riot prime” is the uncir­cum­ventable form of action in our present. But riot as sub­ject is also the gram­mat­i­cal com­ple­ment to a claim upon the con­ti­nu­ity-in-dis­con­ti­nu­ity of his­tor­i­cal fig­ures of col­lec­tive action, what per­mits us to think through the spi­ral­ing “return” in the present (or even as the very polit­i­cal name of our present) of a form side­lined by the vast phase of strug­gles over pro­duc­tion.

1973 and All That

The full stops in the book’s title reveal them­selves as Marx­ian hyphens, trac­ing a cir­cuit. What a the­ory of the present demands is “a peri­odiza­tion to match our prac­tices: riot-strike-riot prime maps onto phases of cir­cu­la­tion-pro­duc­tion-cir­cu­la­tion” (19), in which “the sequence riot-strike-riot prime does not sug­gest a sim­ple his­tor­i­cal oscil­la­tion but a long and arch­ing devel­op­ment that both exhausts and retrieves forms as the con­tents and con­texts of strug­gle change” (110). Again, I do not wish to inter­ro­gate here the con­tent of these peri­odiza­tions – the his­to­ries of cap­i­tal and col­lec­tive action whose deft inter­lac­ing makes up the bulk of the book – but the prin­ci­ple of peri­odiza­tion itself.

Peri­odiza­tion is also polit­i­cally crit­i­cal to the man­ner in which Clover artic­u­lates his rela­tion to Marx­ism. Its upshot is that a proper his­tor­i­cal-mate­ri­al­ist cor­re­la­tion between phases of accu­mu­la­tion and modal­i­ties of strug­gle results in a near-apo­d­ic­tic cer­tainty about the irrel­e­vance of tra­di­tional Marx­ist pol­i­tics, in its nexus of union-strike-party-rev­o­lu­tion. In this cru­cial ges­ture, Clover’s book shares much with the com­mu­niz­ing cri­tique of con­tem­po­rary Lenin­ism and social­ism, namely a puta­tively “clas­si­cal” adher­ence to Marx­ist tenets whose polem­i­cal tar­get is con­tem­po­rary par­ti­sans of tra­di­tional Marx­ist pol­i­tics. A cru­cial foot­note spec­i­fies: “Marx­ism being not a polit­i­cal belief (much less a pro­gram), but rather a mode of analy­sis” (89n1). Clover’s book thus dou­bles as a “Marx­ism of Marx­ism” (sec­ond-order Marx­ism or Marx­ism squared, if you will), which provin­cial­izes the resid­u­ally-dom­i­nant con­cep­tion of Marx­ist pol­i­tics as bound to the long nine­teenth cen­tury of the strike. This marks it out emphat­i­cally from the two other lead the­o­ret­i­cal treat­ments of the “age of riots,” Alain Badiou’s Rebirth of His­tory and Alain Bertho’s 2009 Le temps des émeutes (not tack­led in Riot), espe­cially from the lat­ter, for which the rise of riots is not just a ter­mi­na­tion of the polit­i­cal but of the ana­lyt­i­cal vocab­u­lary of Marx­ism.

The wager that Marx­ist analy­sis can be desu­tured from Marx­ist pol­i­tics and pro­grams is bold and partly per­sua­sive – after all, if the fate of Marx­ism were depen­dent on trends in union den­sity or strike rates its death-knell would be tolling ever louder. As Clover cor­rectly warns: “A class pol­i­tics of even the most recon­dite or reduc­tion­ist vari­ety is now com­pelled to refig­ure itself accord­ing to these great polit­i­cal-eco­nomic trans­for­ma­tions or con­sign itself to the end­less role-play­ing of a back­dated romance to which the per­fume of 1917 always clings” (145). And yet there is a blindspot in this propo­si­tion, namely that peri­odiza­tion as the­ory is not so eas­ily sep­a­rated from peri­odiza­tion as pro­gram. As a reck­on­ing with the his­tor­i­cal-log­i­cal ten­den­cies of cap­i­tal within which given con­junc­tures are sit­u­ated and col­lec­tive antag­o­nism oper­ates, peri­odiza­tion, I would pro­pose, is an implic­itly strate­gic con­cept – as a cen­tury of Marx­ist debates about modes of pro­duc­tion, tran­si­tions, and social for­ma­tions sug­gests, from Lenin’s The Devel­op­ment of Cap­i­tal­ism in Rus­sia all the way to 1970s dis­cus­sions about the shift from “mass worker” to “social worker.” What’s more, notwith­stand­ing the anti-orga­ni­za­tional ani­mus of Riot, which seeks to cleave to the demand-less inevitabil­ity of sur­plus rebel­lions, the sed­i­mented forma men­tis of peri­odiza­tion still impels Clover to intro­duce quasi- or para-strate­gic notions like “abso­l­u­ti­za­tion” and “com­mune.” These two names for the process and form of what, to court anachro­nism, we could call rev­o­lu­tion­ary pol­i­tics retain from the pro­gram­matic reg­is­ter in which Marx­ist peri­odiza­tion has always func­tioned (for good or ill) a deter­mi­na­tion to ori­ent, if noth­ing else away from the com­pul­sion to repeat a stereo­typed rev­o­lu­tion­ary sequence.

Clover is right to be sus­pi­cious of the­ory as the antic­i­pa­tory (and thus often fan­tas­ti­cal) orga­ni­za­tion of action, the enlight­ened fore­cast ori­ent­ing cadres. But retain­ing the peri­odiz­ing form of Marx­ist dis­course, which has his­tor­i­cally bound analy­sis to pro­gram (even if the lat­ter is shame-faced or reduced to mere mood and neg­a­tiv­ity), begs the ques­tion of what or whom such a the­ory is for. With no strate­gic or ped­a­gog­i­cal pre­ten­sions, Clover dis­places pro­gram­matic pre­scrip­tion into polem­i­cal pro­scrip­tion, as though the peri­odiz­ing nar­ra­tive served prin­ci­pally to under­score the futil­ity of a tra­di­tional image of polit­i­cal action, the “back­dated hom­i­lies” he cas­ti­gates. Iron­i­cally then, the cen­tral­ity of peri­odiza­tion “con­cerned pre­cisely with the degree of capital’s tech­ni­cal and social devel­op­ment … in all its elo­quent and ambigu­ous undu­la­tions,” is aimed at undo­ing the very pur­pose of peri­odiza­tion in Marx­ist the­ory hith­erto (17). An ana­lyt­i­cal cor­re­la­tion between the present shape of accu­mu­la­tion and the lead­ing tac­tics of action would serve not to delin­eate the con­tours of a “lead­ing sub­ject” or orga­ni­za­tion, but pre­cisely its impos­si­bil­ity. This, in a way, is Clover’s speci­fic con­tri­bu­tion to the “ide­ol­ogy of col­lec­tive action” (82).

As he nicely artic­u­lates through­out these prac­ti­cal ide­olo­gies can be under­stood – whether we con­sider E.P. Thomp­son, Sorel, Lux­em­burg or the lived dis­courses of class strug­gle – in terms of an abid­ing con­trast between strike and riot, through the “antithe­sis of forms of action” (89). Clover’s recount­ing is at its sharpest and most cap­ti­vat­ing when deal­ing with those tran­si­tional moments – riot to strike, strike to riot prime – in which we wit­ness the dual pres­ence and ambi­gu­ity of the ideal-typ­i­cal forms of strike and riot (16). Whether assay­ing machine-break­ing in the Swing riots or out­lin­ing the graft of riot onto strike in the Detroit Upris­ings, as illu­mi­nated in a scin­til­lat­ing pas­sage by James Boggs, Clover rightly checks his own ten­dency to an ideal-typ­i­cal seg­men­ta­tion of col­lec­tive forms to reflect on the “volatil­ity of [riot and strike’s] dual pres­ence” at crit­i­cal moments.

It is strik­ing that lit­tle is said about the con­cept of rev­o­lu­tion here, though Clover’s form-his­tory could provide a fine start­ing point for revis­it­ing that idea. After all, rev­o­lu­tion­ary or proto-rev­o­lu­tion­ary moments – 1871, 1917, 1956, 1968, 1977 (to alle­go­rize dates rather than places) – all appear to require the artic­u­la­tion of these forms. If a his­tor­i­cal lesson can be drawn from rev­o­lu­tion­ary con­junc­tures it is that they are dom­i­nated pre­cisely by the het­ero­gene­ity and com­bi­na­tion of polit­i­cal forms, and the uneven­ness of times. Such uneven­ness – and not the syn­chro­niza­tion between the his­tor­i­cal logic of cap­i­tal and the fig­ures of col­lec­tive action – is the “norm.” Here lies, to my mind, the most ques­tion­able pre­sup­po­si­tion of Clover’s book, which thinks tran­si­tion as a polit­i­cal-eco­nomic or his­tor­i­cal-soci­o­log­i­cal cat­e­gory - in other words “objec­tively” - under­es­ti­mat­ing its prop­erly polit­i­cal valence. At one point, Clover writes that it “is pre­cisely the tran­si­tion from mar­ket­place to work­place, from the price of good to the price of labor power as the ful­crum of repro­duc­tion, that dic­tates the swing from riot to strike in the reper­toire of col­lec­tive action. In fact, these are the same, con­text and con­flict” (69). Yet the Bren­ner frame­work under­ly­ing the peri­odiza­tion is largely inim­i­cal to the notion of con­flict deter­min­ing con­text, and cer­tainly to any notion that it is prin­ci­pally the age of strikes that lies behind the cri­sis crest­ing in 1973, such as one might encoun­ter in operaista nar­ra­tives.4 Rather than think­ing tran­si­tion pri­mar­ily through the world-his­tory of cap­i­tal gen­er­ated by the meld­ing of Bren­ner, Arrighi and Tilly, might it not be more effec­tive to think of the con­di­tion of tran­si­tion (of the kind traced here in machine-break­ing or the “black mil­i­tant strike”) as much more illus­tra­tive of con­tem­po­rary strug­gles than the “pure strike” or the “pure riot”?5 The desire for a cor­re­la­tion between the peri­odiza­tion of cap­i­tal and the peri­odiza­tion of strug­gles is respon­si­ble for the fal­lacy of treat­ing log­i­cal forms or ideal-types as con­cretely revealed in prac­tice. It also involves an unwar­ranted and unprov­able pre­sup­po­si­tion – shared with other philoso­phies of his­tory of anti-cap­i­tal­ism, post-work­erism among them – of a syn­chronic­ity and cor­re­la­tion between cap­i­tal­ist phase and anti-cap­i­tal­ist form. Why should tac­ti­cal reper­toires match the peri­odiza­tion of cap­i­tal, espe­cially since the cri­te­ria of peri­odiza­tion dif­fer con­sid­er­ably? Accord­ing to what schema­tism can a quan­ti­fied archive of punc­tual events be pro­jected onto a method of ten­dency based on a grasp of the abstract dialec­tic of social forms?

Here it might be inter­est­ing to briefly turn our atten­tion to a nowa­days rather neglected Marx­ist the­o­rist of peri­odiza­tion: Ernest Man­del. In the midst of 1980s debates over the nature and span of long waves of cap­i­tal­ist devel­op­ment, Man­del pro­posed – in the ambit of a “dialec­ti­cal, para­met­ri­cal socioe­co­nomic deter­min­ism” not a mil­lion miles from Clover’s inspi­ra­tion – the the­sis of a desyn­chro­niza­tion of cycles of cap­i­tal accu­mu­la­tion and cri­sis, on the one hand, and cycles of class strug­gle (and rev­o­lu­tion), on the other.6 In var­i­ous writ­ings, Man­del argued for class strug­gle as an inde­pen­dent vari­able with rel­a­tive auton­omy, more specif­i­cally claim­ing that what lent down­turns and upturns in cycles of accu­mu­la­tion their asym­me­try was that class strug­gle as a par­tially “exoge­nous” fac­tor was cru­cial in deter­min­ing the shape of a new round of accu­mu­la­tion. More­over, class strug­gle itself is marked far more by the out­comes of a pre­vi­ous cycle of con­tes­ta­tion than by the present shape of the cap­i­tal-labor rela­tion.7 Over­all, and notwith­stand­ing con­ver­gences “in the long run”:

It is impos­si­ble to estab­lish any direct cor­re­la­tion between [the] ups and downs of class strug­gle inten­sity on the one hand, and the busi­ness cycle, or “long waves,” or the level of employment/unemployment on the other hand. The con­clu­sion is obvi­ous: there is a def­i­nite de-syn­chro­niza­tion between the busi­ness cycle and the cycle of class strug­gle. The level of class mil­i­tancy of the work­ers at a given moment is much more a func­tion of what hap­pened over the pre­vi­ous fif­teen to twenty years in the class strug­gle than of the eco­nomic sit­u­a­tion (includ­ing the degree of unem­ploy­ment) hic et nunc.8

Mandel’s pro­posal of a “dialec­tic of uneven and com­bined devel­op­ment of cur­rent eco­nomic trends, work­ing-class reac­tions and eco­nomic end results, in which the struc­tural depen­dence (sub­or­di­na­tion) of wage labor to cap­i­tal is com­bined with the rel­a­tive auton­omy of work­ing class reac­tions (strug­gles)” trans­lates into the fol­low­ing image (drawn from Long Waves of Cap­i­tal­ist Devel­op­ment, 39) of the some­what sinu­soidal, syn­co­pated dou­ble step of cap­i­tal and labor – the desyn­chro­nized rhythm of antag­o­nism.




Mov­ing away from long waves, we might also won­der whether the vast­ness of Clover’s his­tor­i­cal can­vas –in which 1848 is closer to 1967 than 1967 is to 1977 in terms of the rela­tion between cap­i­tal and col­lec­tive action– doesn’t risk los­ing many of the undoubted virtues of think­ing the rhythms of con­flict in con­junc­tion (but not lock­step) with the rhythms of accu­mu­la­tion. For instance, notwith­stand­ing the broad strokes with which the epochs of riot, strike, and riot prime are con­nected to cir­cu­la­tory and pro­duc­tive phases of accu­mu­la­tion, the his­tor­i­cal par­ti­tures advanced in Riot com­pli­cate mat­ters con­sid­er­ably, on the ledgers of both cap­i­tal and labor (or anti-cap­i­tal). In the Braudelian graph pre­sented by Clover (18), for instance, much of the eigh­teenth cen­tury is dom­i­nated by the logic of pro­duc­tion and the period between the 1880s and the 1940s by that of cir­cu­la­tion, though the lat­ter largely over­laps with the heroic period of strikes in the West and beyond. This doesn’t quite chime with the claim that “pro­duc­tive cap­i­tal held sway from, say, 1784 to 1973” (20) and that strike is “the form of col­lec­tive action proper to the pro­duc­tive phase of cap­i­tal” (85). But con­sider also the pat­tern of strike inci­dence in Britain which – in the whole period fol­low­ing the sup­pres­sion of the 1926 gen­eral strike – was actu­ally higher in “cir­cu­la­tion” than “pro­duc­tion” peri­ods, spik­ing over 1973-1985, while being remark­ably dor­mant before.9




notes de cette partie

1.Joshua Clover, Riot. Strike. Riot: The New Era of Upris­ings (Lon­don and New York: Verso, 2016), 1. Sub­se­quent cita­tions are noted in the body of the text. ↩

2.It is inter­est­ing to note that Tilly’s approach to col­lec­tive vio­lence inspired a com­pelling crit­i­cal sur­vey of 1960s black urban insur­gen­cies which argued strongly against mar­gin­al­i­sa­tion and depri­va­tion approaches, and for grasp­ing these riots in terms of a “pol­i­tics of vio­lence.” See Joe R. Feagin and Har­lan Hahn, Ghetto Revolts: The Pol­i­tics of Vio­lence in Amer­i­can Cities (New York: Macmil­lan, 1973), which pro­poses we view “ghetto riots as polit­i­cally dis­rup­tive acts in a con­tin­u­ing polit­i­cally moti­vated strug­gle between com­pet­ing vested inter­est groups on the urban scene … in the main, col­lec­tive vio­lence was occa­sioned by the fail­ure of the exist­ing urban polit­i­cal sys­tem to respond ade­quately to their desires and aspi­ra­tions, to allow them a pro­por­tion­ate role in the urban struc­ture of power. Ghetto riots, there­fore, reflected an attempted recla­ma­tion of polit­i­cal author­ity over ghetto areas … Col­lec­tive polit­i­cal vio­lence may well rep­re­sent the ulti­mate act of pop­u­lar sov­er­eignty” (53). ↩

3. A more com­pre­hen­sive reck­on­ing with Clover’s uses of peri­odiza­tion would cer­tainly need to take account of his Marx­ian objec­tions to the artic­u­la­tion of nar­ra­tive and peri­odiza­tion in Jameson, and his alter­na­tive spec­u­la­tions on the rela­tion­ship between poetic form and finance cap­i­tal. See “Autumn of the Sys­tem: Poetry and Finance Cap­i­tal,” Jour­nal of Nar­ra­tive The­ory 41, no. 1 (Spring 2011): 34–52, espe­cially the con­clud­ing remark: “we should not finally restrain our­selves from a dialec­ti­cal rever­sal of Jameson’s terms: the diachronic and nar­ra­tive ‘pas­sages’ of the mode of pro­duc­tion are in fact syn­chro­nized by late cap­i­tal­ism. They are trans­formed to serve as a phan­tom space when the hege­mon is no longer able to for­ward its accu­mu­la­tion via real expan­sion. This leaves non-nar­ra­tive – that ‘poet­ics’ includ­ing poetry – bet­ter sit­u­ated to grasp the trans­for­ma­tions of the era: a more ade­quate cog­ni­tive mode for our present sit­u­a­tion” (48–49). Per­haps the poem is to the novel what the riot is to the strike. ↩

4. See Werner Bonefeld’s crit­i­cal reflec­tions in “Notes on Com­pe­ti­tion, Cap­i­tal­ist Crises and Class,” His­tor­i­cal Mate­ri­al­ism 5 (1999): 5–28. ↩

5. The recent writ­ings of Jairus Banaji (The­ory as His­tory), Harry Harootu­nian (Marx After Marx), Gavin Walker (The Sub­lime Per­ver­sion of Cap­i­tal), San­dro Mez­zadra and Brett Neil­son (Bor­der as Method) on tran­si­tion, his­tory, and pol­i­tics are indis­pens­able ref­er­ences here. ↩

6. Ernest Man­del, “The Inter­na­tional Debate on Long Waves of Cap­i­tal­ist Devel­op­ment: An Inter­me­di­ary Bal­ance Sheet,” in New Find­ings in Long Wave Research, eds. Alfred Kleinknecht, Ernest Man­del, Immanuel Waller­stein (New York: St. Martin’s Press; Lon­don: Macmil­lan Press, 1992), 331. He con­tin­ues: “I con­tend that the sec­ond ver­sion of deter­min­ism, which sees two or three pos­si­ble out­comes for each speci­fic his­tor­i­cal cri­sis - not innu­mer­able ones for sure, nor ones unre­lated to the basic motive forces of a given mode of pro­duc­tion, but def­i­nitely sev­eral, cor­re­sponds both to Marx’s the­ory, and to Marx’s ana­lyt­i­cal prac­tice.”

7. Ernest Man­del, “Par­tially Inde­pen­dent Vari­ables and Inter­nal Logic in Clas­si­cal Marx­ist Eco­nomic Analy­sis,” Social Sci­ence Infor­ma­tion 24 (Sep­tem­ber 1985): 485–505; here 496. See also Man­del, Long Waves of Cap­i­tal­ist Devel­op­ment: A Marx­ist Inter­pre­ta­tion, 2nd rev ed. (Lon­don: Verso, 1994), 37–38, 119–20. ↩

8. Ernest Man­del, “Par­tially Inde­pen­dent Vari­ables and Inter­nal Logic in Clas­si­cal Marx­ist Eco­nomic Analy­sis,” Social Sci­ence Infor­ma­tion 24 (Sep­tem­ber 1985): 485–505; here 496. See also Man­del, Long Waves of Cap­i­tal­ist Devel­op­ment: A Marx­ist Inter­pre­ta­tion, 2nd rev ed. (Lon­don: Verso, 1994), 37–38, 119–20. ↩

9. Fig­ure from “Trade Union Bill: Min­is­ters deny ‘attack on work­ers’ rights,’” BBC News, July 16th, 2015. ↩


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BBCToscano

In this respect, to say that the strike “sur­vives as a lead­ing tac­tic in the indus­tri­al­ized west through the six­ties” is a bit pecu­liar, unless we think of it more specif­i­cally as a strike against the shift to cir­cu­la­tion, against dein­dus­tri­al­iza­tion. This view would be strength­ened by the recog­ni­tion that the strike – no doubt due to the inte­gra­tion of the labor move­ment in Fordist state strate­gies – is a rather dor­mant tac­tic in much of the overde­vel­oped world in the peak peri­ods of the pro­duc­tive phase. Thus, the “log­i­cally nec­es­sary causal­ity” (107) between taut labor mar­kets, indus­trial expan­sion, high profit rates and strikes doesn’t mate­ri­al­ize, and the “heuris­tic smooth­ing” advo­cated by Clover blurs the uneven­ness, syn­co­pa­tion and gran­u­lar­ity that might allow the peri­odiza­tion of cap­i­tal to illu­mi­nate the modal­i­ties of col­lec­tive action. It is not that the sequence riot-strike-riot prime couldn’t inform a his­tory of cap­i­tal­ism, but it can­not attain iden­tity with it, it can­not serve as “tes­ti­mony about the sta­tus of cap­i­tal­ism as such” (21). Where a “dis­tant read­ing” of col­lec­tive action and cap­i­tal­ist trans­for­ma­tions as prac­tice herein may sus­tain a broad lam­i­na­tion of riot and “cir­cu­la­tion,” strike and “pro­duc­tion,” atten­tion to con­junc­tures of accu­mu­la­tion and strug­gle in the post­war period largely belies the nar­ra­tive that ris­ing accu­mu­la­tion was the con­di­tion for suc­cess­ful social­ist action (145). Not only have strikes often been higher in inci­dence and impact dur­ing the the effec­tive or immi­nent con­trac­tion of labor mar­kets, an inaus­pi­cious eco­nomic cli­mate and polit­i­cal volatil­ity, but rev­o­lu­tion­ary pol­i­tics – whether of a com­mu­nist, anar­chist or anar­cho-syn­di­cal­ist type – has never depended on those con­di­tions, either in the overde­vel­oped world, or, patently, in the rest. This is not to say that, to para­phrase Tronti, strug­gles can’t take place at the strongest links in the chain, but surely that can­not be assumed as a norm.

This of course should pose no mys­tery for a Marx­ism draw­ing on the well of left-com­mu­nist tra­di­tions, for whom the strike as a reg­u­la­tory ele­ment in the state-led repro­duc­tion of cap­i­tal-labor rela­tions dur­ing peri­ods of ascen­dant accu­mu­la­tion is a given (just think of Cold War union­ism in the United States). Fol­low­ing Théorie com­mu­niste, Clover presents the present com­plex­ion of the cap­i­tal-labor rela­tion in terms that posit class belong­ing qua exter­nal con­straint as “the limit for labor strug­gles as rev­o­lu­tion­ary engine.” Though, as the predica­ment of labor strug­gles in Argentina, Greece, and else­where shows, there is much truth in stress­ing the predica­ment of a class com­pelled at times to depend the repro­duc­tion of the cap­i­tal-rela­tion under puni­tive con­di­tions – what here goes by the name of the “affir­ma­tion trap” – this should not serve by con­trast to argue that the pre­ced­ing phase was in the main one of even implicit rev­o­lu­tion­ary élan, nor to min­i­mize how it too was shaped by the polit­i­cal and eco­nomic black­mail, so to speak, of repro­duc­tion. More­over, cleav­ing to the Théorie com­mu­niste nar­ra­tive also risks thor­oughly reify­ing the lim­its of strug­gle, such as argu­ing as though it were an incon­tro­vert­ible objec­tive fact that: “The social sur­plus accom­pa­ny­ing accu­mu­la­tion has dwin­dled” (151).10 This is not to revert to social-demo­c­ra­tic illu­sions about our con­di­tion being one of mere mald­is­tri­b­u­tion, but it should be pos­si­ble, with­out ignor­ing the fet­ters imposed by cap­i­tal accu­mu­la­tion, also to rec­og­nize that the social sur­plus is polit­i­cally con­sti­tuted, and that “the state’s inabil­ity to appor­tion resources” is also its rank unwill­ing­ness to do it, due to polit­i­cal class con­straints that can­not be chalked up to con­trac­tions in accu­mu­la­tion alone.

It Goes Round and Round Day and Night, and Will Be Consumed by Fire

Clover’s pow­er­ful delin­eation of our new era of upris­ings depends for its peri­odiz­ing thrust on the map­ping of riot prime on “cir­cu­la­tion prime,” the Arrighian name for the present plan­e­tary phase of cap­i­tal accu­mu­la­tion. Here Clover, no doubt piv­ot­ing upon the Oak­land Occupy block­ade, echoes per­va­sive debates on the place of “logis­ti­cal” and related strug­gles to the cur­rent for­tunes of antag­o­nism. Hav­ing already waded into this stream in the pages of View­point, I want to limit my com­ments here to the pre­con­di­tions for the peri­odiz­ing move, namely the limn­ing of cir­cu­la­tion. My impres­sion is that the pol­y­semy, in Marx and beyond, of the term “cir­cu­la­tion” is doing much of the work that per­mits the bind­ing of the his­tor­i­cal logic of cap­i­tal to the vicis­si­tudes of col­lec­tive action. This is, for instance, the way in which an act such as block­ing a free­way – more sig­nif­i­cant as a sym­bol of inter­rup­tive power than as any kind of sev­er­ance of com­mod­ity chains – can be treated as a strike against the cir­cu­la­tion of cap­i­tal. Clover writes of a “world of cir­cu­la­tion” (121), but one may be for­given for think­ing that the unity of this world is purely con­trastive, polem­i­cally arrayed against the world (or indeed the fan­tasy) of a per­fect nexus of accu­mu­la­tion-pro­duc­tive labor-fac­tory strug­gles-rev­o­lu­tion­ary hori­zon which haunts the rhetoric of the social­ist nos­tal­gics that draw Clover’s crit­i­cal con­tempt. Clover declares that “riot and strike are col­lec­tive per­son­i­fi­ca­tions of cir­cu­la­tion and pro­duc­tion at the limit” (121). But is the cir­cu­la­tion that riot (neg­a­tively, antag­o­nis­ti­cally) per­son­i­fies that of finance, logis­tics or con­sump­tion? All three? Are we so sure these are all bound into a unity, so as to bring a “world” into being? Isn’t a con­tem­po­rary port more like a fac­tory (in essence and appear­ance) than like a mar­ket? And can we declare the abstract logic of cir­cu­la­tion to be spa­tial (138) if its finan­cial facet depends so much on tem­po­ral arbi­trage?

I don’t seek to gain­say the evi­dent fact that strug­gles at the point of pro­duc­tion clas­si­cally con­ceived have long been on the wane, and that Clover is largely jus­ti­fied in his sar­donic skep­ti­cism for “back­dated hom­i­lies.” What I’m more doubt­ful of is the map­ping of cur­rent strug­gles onto “cir­cu­la­tion.” This appears as a short­cut to fit­ting them within a curi­ously ortho­dox and restric­tive con­cep­tion of all mean­ing­ful strug­gles as artic­u­lated to the his­tory and logic of cap­i­tal. Thus, while refer­ring to the riot as a cir­cu­la­tion strug­gle fore­grounds the sig­nif­i­cance of some of the spaces in which it even­tu­ates (the square, the street, more rarely the free­way or the port), the pas­sage from that accep­ta­tion of cir­cu­la­tion to its strictly polit­i­cal-eco­nomic mean­ing – key to Clover’s under­stand­ing of the­ory as peri­odiza­tion – is far more pre­car­i­ous. “Cir­cu­la­tion is value in motion towards real­iza­tion; it is also a regime of social orga­ni­za­tion within cap­i­tal, inter­lock­ing with pro­duc­tion in a shift­ing rela­tion whose dis­e­qui­lib­rium appears as cri­sis” (175), Clover writes. But even if we coun­ter-intu­itively accept cir­cu­la­tion as the name for a regime of social orga­ni­za­tion, how it is artic­u­lated to cir­cu­la­tion in the more every­day sense of roads or even mar­kets is uncer­tain, unless the nega­tion of the ideal-typ­i­cal (but always minori­tar­ian) fig­ure of the fac­tory is our sole com­pass. When Clover observes that “the riot is a cir­cu­la­tion strug­gle because both cap­i­tal and its dis­pos­sessed have been dri­ven to seek repro­duc­tion there” (46), the “there” of cir­cu­la­tion is uncer­tain. The con­text of the con­flicts at Tahrir or Plaza del Sol or Occupy Wall Street, or indeed across the U.S. Black Lives Mat­ter move­ment, is no doubt that of the ongo­ing cri­sis, with its lessons about the lim­its of cap­i­tal accu­mu­la­tion and pro­duc­tion of sur­plus pop­u­la­tions. How­ever, the term “cir­cu­la­tion strug­gle” posits an iden­tity and an objec­tive ori­en­ta­tion that belies the largely polit­i­cal char­ac­ter of such strug­gles, the fact that in their form as demon­stra­tions (along with sundry forms of direct action and ide­o­log­i­cal work) and not riots their para­me­ters and reper­toires are hardly spec­i­fied by the polit­i­cal econ­omy of cir­cu­la­tion.

The State of Reproduction

Clover is more com­pelling when the riot/strike tran­si­tion is treated more as an uneven matrix than as the pro­duc­tion of phases or eras where the form of cap­i­tal and the form of strug­gle would reach a dubi­ous syn­chronic­ity. The focus on repro­duc­tion, intro­duced through the dialec­tic of con­sumer and worker is a case in point. Resist­ing a smooth pas­sage from con­sump­tion (cir­cu­la­tion?) to pro­duc­tion, Clover writes of “two momen­tary roles within the col­lec­tive activ­ity required to repro­duce a sin­gle class” (15). He elu­ci­dates repro­duc­tion through the prism of tran­si­tion, writ­ing insight­fully about the “dou­ble change” of cap­i­tal­ist con­text and col­lec­tive con­flict, and he defines riot and strike “not accord­ing to given activ­i­ties but rather to the ways that the prob­lem of repro­duc­tion con­fronts the mass of peo­ple, their posi­tions within the given social rela­tions, the places where they have been pushed, the spaces where their antag­o­nists must be vis­i­ble, might be vul­ner­a­ble” (70). Yet I think that when we scale down from Arrighian cen­turies to polit­i­cally mean­ing­ful con­junc­tures, we should think tran­si­tion through repro­duc­tion and not vice versa, avoid­ing the philo­soph­i­cal-his­tor­i­cal temp­ta­tion to anoint a hege­monic fig­ure as fully timely and syn­chro­nous – a posi­tion that Clover, despite cau­tions pep­pered through­out the text, in the end under­signs. To do this how­ever, we also need to avoid the temp­ta­tion, as with cir­cu­la­tion, to turn a com­plex artic­u­la­tion and pol­y­semy into a world-his­tor­i­cal syn­onymy: the repro­duc­tion of cap­i­tal (as under­stood, say, in Marx’s dia­grams from vol. 2 of Cap­i­tal) and social repro­duc­tion are inti­mately bound together, but they are not the same. Some­times, Clover seems to rely on homonymy to speed the argu­ment along, for instance writ­ing that: “The strike ascends when the site of pro­le­tar­ian repro­duc­tion moves to the wage, which must at the same time become the crux of capital’s own cir­cuit of repro­duc­tion” (86).

But the artic­u­la­tion of the repro­duc­tion of cap­i­tal with social repro­duc­tion is an emi­nently polit­i­cal ques­tion, espe­cially when the tran­si­tion from strike to riot prime is so entan­gled with the for­tunes of the state. A his­tori­cized the­ory of the state as an agent in the process of repro­duc­tion seems the biggest absence from Clover’s can­vas. It is pecu­liar that, whilst much of the phys­iog­nomy of riot prime is drawn from a link­ing of cap­i­tal forms to those of col­lec­tive action, bypass­ing the phe­nom­e­nol­ogy of riot, when it comes to the state, we are instead taken to the abstracted point of view of riot itself, where the state is the police. Clover makes the very astute com­ment that in con­tem­po­rary riots “the state is near and the econ­omy far” (126), and rightly poses the fetish of the police as a kind of prac­ti­cal apo­ria, but his expla­na­tion of it is par­tial. The state is near not just because of the neolib­eral hyper­tro­phy of its repres­sive func­tion, but because, at least since the begin­ning of the twen­ti­eth cen­tury, it has always been near, its inti­macy that of need and vio­la­tion. When the econ­omy was “near” to strug­gles, in the peri­ods of indus­trial con­flict at the point of pro­duc­tion, so was the state – and not just repres­sively, but as one of the stakes of the strug­gle. The last wave of mass indus­trial action in West­ern Europe showed the depth and volatil­ity of that entan­gle­ment, in which the wage and the social wage were not sep­a­ra­ble. The social wage is key when we talk of “sur­plus pop­u­la­tion con­fronted by the old prob­lem of con­sump­tion with­out direct access to the wage.” Like­wise, it is dif­fi­cult to deny the mas­sive part that what we can call a desire for the state plays in the nos­tal­gic reg­u­la­tory hori­zon of many of the sig­nal moments that Clover name-checks, not least those in Greece, Spain and the United States.

Stress­ing the inevitabil­ity of the new fig­ure, Clover sug­gests we approach “riot as a nec­es­sary rela­tion­ship with the cur­rent struc­ture of state and cap­i­tal, waged by the abject – by those excluded from pro­duc­tiv­ity. But it also points to the riot’s depen­dence on its antag­o­nist. In the moment, the police appear as neces­sity and limit” (47). But, at least in the overde­vel­oped and dein­dus­tri­al­iz­ing world that forms Clover’s stage, many of the par­ti­sans of riots are not in any way fully excluded from repro­duc­tion, nor can they be prop­erly or use­fully defined as “abject.” I would go fur­ther, and say that it is not at all clear, for good or ill, that the state is entirely an antag­o­nist (no more than it was sim­ply an antag­o­nist for even the most mil­i­tant of strikes in the West­ern world through­out the twen­ti­eth cen­tury). At the limit, it may indeed turn out to be, but whether that limit appears or is reached as such is the ques­tion. I do not share Clover’s cat­a­strophist con­fi­dence. With­out tak­ing on the state in both its mate­rial and its sym­bolic dimen­sions, the antin­o­mies of con­tem­po­rary col­lec­tive action, marked by a refusal of and desire for the state in the vast major­ity of its instances, are dif­fi­cult to con­front. And repro­duc­tion, through the state as a mate­rial agent in the domain of polit­i­cal econ­omy, is almost always embroiled with rep­re­sen­ta­tion.

The Moral Economy of the Racialized Crowd in the 21st Century

This nexus of repro­duc­tion and rep­re­sen­ta­tion is crit­i­cal to approach a ques­tion that Clover rightly and com­pellingly puts at the pivot of his reflec­tions, that of race and racial­iza­tion. As he announces at the out­set: “Increas­ingly, the con­tem­po­rary riot tran­spires within a logic of racial­iza­tion and takes the state rather than the econ­omy as its direct antag­o­nist. The riot returns not only to a changed world but changed itself” (11). The con­tem­po­rary riot is defined as “a sur­plus rebel­lion that is both marked by and marks out race” (27). The state as the mur­der­ous, carceral bul­wark of U.S. racial cap­i­tal­ism is no doubt the key antag­o­nist of move­ments like Black Lives Mat­ter, but it is not just an antag­o­nist, just as the struc­ture of U.S. racism means that bru­tal state vio­lence is by no means vis­ited sim­ply upon the “abject.” Here Clover’s echo­ing of con­tem­po­rary the­o­ret­i­cal dis­course on anti-black­ness, with its ten­dency towards the meta­phys­i­cal, risks abso­l­u­tiz­ing a link between racial vio­lence and cap­i­tal­ist exclu­sion, while also imply­ing a func­tion­al­ist bond between race and cap­i­tal.11 He writes: “The riot is an instance of black life in its exclu­sions and at the same time in its char­ac­ter as sur­plus, cor­doned into the noisy sphere of cir­cu­la­tion, forced there to defend itself against the social and bod­ily death on offer. A sur­plus rebel­lion” (122). While sur­plus rebel­lion in this char­ac­ter­i­za­tion may be a moment in the strug­gle against a racial cap­i­tal­ist state, a focus on abjec­tion and exclu­sion, bol­stered by tak­ing a puta­tive ten­dency to the pro­duc­tion of absolute sur­plus pop­u­la­tions as more or less present fact, can dis­tract us from the tena­cious con­ti­nu­ities in strug­gles against racism in the United States and beyond, across and almost irre­spec­tive of the peri­odiza­tions of cap­i­tal – tes­ta­ment, among other things, to the rel­a­tive auton­omy of the struc­tures of white supremacy. To map the civil rights strug­gle onto “pro­duc­tion” and present strug­gles to “cir­cu­la­tion,” with the period of the Detroit upris­ings as the tran­si­tional crux is neat, but not per­sua­sive, not least because it doesn’t con­front the rel­a­tive auton­omy of “race,” and of the vocab­u­lary of rep­re­sen­ta­tion and recog­ni­tion it car­ries in its wake from the undu­la­tions of cap­i­tal. Stu­art Hall’s work on riots, race, and class, invoked to fine effect in the pages of Riot, is both an excel­lent guide to a judi­cious use of Marx­ian cat­e­gories like sur­plus pop­u­la­tions in the present, and a reminder that there is no easy bypass­ing of rep­re­sen­ta­tional dis­courses.

Yet from the start of Riot, Clover makes it very clear that he will have no truck with expla­na­tions oper­at­ing at the level of sub­jec­tive belief or phe­nom­e­nol­ogy, no mind the emo­tion in émeutes. I am not sure that such anti-human­ist icon­o­clasm is sus­tain­able when it comes to riot, espe­cially when the lat­ter is artic­u­lated – as it cer­tainly has been in move­ments like Black Lives Mat­ter – in vocab­u­lar­ies of dig­nity and recog­ni­tion (in a non-lib­eral sense of the term).12 Already in deal­ing with the for­ma­tive ref­er­ence to the moral econ­omy of the eigh­teenth-cen­tury crowd, Clover strives to evac­u­ate the eth­i­cal thrust in Thompson’s social his­tory of col­lec­tive action. This is par­tic­u­larly marked in his claim vis-à-vis the first wave of cir­cu­la­tion or mar­ket riots that, con­trary to the work­ers’ iden­tity of strik­ers, riot­ers have “no nec­es­sary kin­ship but their dis­pos­ses­sion.” But the crux of the moral econ­omy argu­ment is that the antag­o­nis­tic force of price-set­ting is pre­cisely based on a deeply sub­stan­tive col­lec­tiv­ity, of habits, beliefs, norms, morals. Nei­ther in the eigh­teenth cen­tury nor in the twenty-first does the unity of the antag­o­nist (cap­i­tal) make for the con­sis­tency or coher­ence of col­lec­tive action. Riot does not syn­the­size col­lec­tiv­ity from a mere pul­ver­ized mass, and riot­ers are not “uni­fied by shared dis­pos­ses­sion” – as the sadly ample record, past and present, of riots between dif­fer­ently racial­ized sur­plus pop­u­la­tions sug­gests. Recall­ing Thomp­son we could coun­ter the claim that “it is the char­ac­ter of bour­geois thought to pre­serve moral rather than prac­ti­cal under­stand­ing of social antag­o­nism” (37), with the deeply moral vocab­u­lar­ies and moti­va­tions of much riot­ing. Though it is no doubt artic­u­lated with the cap­i­tal­ist pro­duc­tion of sur­plus pop­u­la­tions, the slo­gan “Black Lives Mat­ter” is an emi­nently moral, which is not to say moral­is­tic or ide­al­ist, one.13 Like­wise when peo­ple call police “pigs,” bosses “bas­tards” or British Tories “scum,” these are not mere screens for a prac­ti­cal logic of antag­o­nism that neatly expresses cap­i­tal­ist con­tra­dic­tions. And, as Alain Bertho’s Les temps des émeutes has detailed, the very refusal of polit­i­cal rep­re­sen­ta­tion that inner­vates many con­tem­po­rary upris­ings can also be under­stood in a sui generis “moral” sense, namely as the nega­tion of a sys­tem that holds you, sev­er­ally and col­lec­tively, to be noth­ing. The non-strate­gic, anti-his­tor­i­cal time of the riot as elu­ci­dated in Furio Jesi’s for­mi­da­ble “sym­bol­ogy of revolt,” Spar­takus is also the arena for a moral, and will­fully “imprac­ti­cal” lan­guage of antag­o­nism:

The adver­sary of the moment truly becomes the enemy, the rifle or club or bicy­cle chain truly becomes the weapon, the vic­tory of the moment – be it par­tial or total – truly becomes, in and of itself, a just and good act for the defence of free­dom, the defence of one’s class, the hege­mony of one’s class. Every revolt is bat­tle, but a bat­tle in which one has delib­er­ately cho­sen to par­tic­i­pate. The instant of revolt deter­mi­nes one’s sud­den self-real­iza­tion and self-objec­ti­fi­ca­tion as part of a col­lec­tiv­ity. The bat­tle between good and evil, between sur­vival and death, between suc­cess and fail­ure, in which every­one is indi­vid­u­ally involved each and every day, is iden­ti­fied with the bat­tle of the whole col­lec­tiv­ity – every­one has the same weapons, every­one faces the same obsta­cles, the same enemy. Every­one expe­ri­ences the epiphany of the same sym­bols – everyone’s indi­vid­ual space, dom­i­nated by one’s per­sonal sym­bols, by the shel­ter from his­tor­i­cal time that every­one enjoys in their indi­vid­ual sym­bol­ogy and mythol­ogy, expands, becom­ing the sym­bolic space com­mon to an entire col­lec­tive, the shel­ter from his­tor­i­cal time in which the col­lec­tive finds safety.14

The form of peri­odiza­tion seems at odds with this inter­nally unpe­ri­odiz­able punc­tum of the riot (and its phe­nom­e­nol­ogy) just as it jars with the tra­di­tional strate­gic hori­zon of peri­odiza­tion (qua ten­dency, con­junc­ture, or phi­los­o­phy of his­tory bound to an orga­nized project of tran­si­tion), rais­ing the ques­tion of for whom do we peri­odize: if the riot has no demands why would it (uncon­sciously) require a phi­los­o­phy of his­tory, an epochal now to match its expe­ri­en­tial here?

The Limit and the Absolute

Yet the arma­ture of peri­odiza­tion, which in Clover pro­vides the ratio­nal­ist check on the rhetoric of riot that has per­vaded kin efforts, not least those of the Invis­i­ble Com­mit­tee, does issue into a final spec­u­la­tive sally, where the polit­i­cal-eco­nomic analy­sis of the lim­its of col­lec­tive action is par­layed into an openly cat­a­strophic wager on the abso­l­u­ti­za­tion of riot. This is the least com­pelling moment, to my mind, in this acute and gal­va­niz­ing essay. Where expe­ri­ence and phe­nom­e­nol­ogy had been side­lined as poten­tially mor­al­iz­ing imped­i­ments to the under­stand­ing of sur­plus rebel­lion, the sub­jec­tive comes back with a vengeance, inevitabil­ity glid­ing into vol­un­tarist prophecy. While the self-aware­ness of sub­jects seems of lit­tle moment, Clover seems happy to treat riot itself as Sub­ject, invok­ing it in the fol­low­ing terms: “It can­not be refused. The riot can do only one thing, and that is expand” (123). There is some­thing here of the “his­tor­i­cal mys­ti­cism” that Gram­sci crit­i­cized in those com­mu­nist posi­tions that saw cri­sis as sub­sti­tut­ing for prac­ti­cal agency or ori­en­ta­tion.15 The ear­lier note is the more sober and com­pelling one: “This is the dialec­ti­cal theme, this dilemma of neces­sity and limit. The mar­ket­place, the police, cir­cu­la­tion. These are not sit­u­a­tions where any final over­com­ing is pos­si­ble; they are where strug­gles begin and flour­ish, des­per­ately” (48).

Espe­cially given the vocab­u­lary of logic and neces­sity, for whom do we spec­u­late about a process of which there are no present signs, that of the gen­er­al­iza­tion, inten­si­fi­ca­tion, and cor­re­la­tion of riot as a kind of pure nega­tion of cap­i­tal­ist repro­duc­tion? The dis­mal prospects of a redis­trib­u­tive, reg­u­la­tive escape from the present per­ma­nence of cri­sis is not rea­son enough to war­rant “abso­l­u­ti­za­tion,” nor is the dim sil­hou­ette of a “renewed social­ist pro­gram” (187). Too much of this con­clud­ing nar­ra­tive is mort­gaged to the idea – whose his­tor­i­cal record in the age of strikes speaks for itself – that increas­ing immis­er­a­tion is a dri­ver of con­certed chal­lenge to the sys­tem, and that an increase in the inci­dence of revolts announces their com­ing com­po­si­tion. Bank­ing on the utter fray­ing of state and cap­i­tal, on a “great dis­or­der” from which will rise “a nec­es­sary self-orga­ni­za­tion, sur­vival in a dif­fer­ent key” (187) is weirdly opti­mistic for a text with such a keen empha­sis on the “lim­its” of strug­gles. Why fill in the for­mal gap in the peri­odiz­ing the­ory with this unnec­es­sary hor­ta­tory con­tent? Why even name the com­mune, if it is not a social form or rela­tion, but (as the book’s last line declares) “noth­ing but the name for … a pecu­liar cat­a­stro­phe still to come” (192)?

Clover tells us that “the com­ing com­munes will develop where both pro­duc­tion and cir­cu­la­tion strug­gles have exhausted them­selves” (191). But what com­pels reliance on a purely spec­u­la­tive dialec­tic of limit and nov­elty, when the book has shown such insight into the admix­ture and entan­gle­ment of forms of col­lec­tive action, from four­teenth-cen­tury Nor­folk to twen­ti­eth-cen­tury Michi­gan? We can’t exer­cise pun­ish­ing sobri­ety regard­ing the chances of tra­di­tional pro­le­tar­ian con­flicts at the point of pro­duc­tion while infus­ing what are still remark­ably weak, dis­con­nected, and often polit­i­cally ambigu­ous riots – whose main use thus far has been as occa­sions for strate­gies of state and cap­i­tal – with such strong mes­sianic power, espe­cially when the con­di­tions of their scal­a­bil­ity and artic­u­la­tion are entirely enig­matic. We are told that “such strug­gles … can­not help but con­front cap­i­tal where it is most vul­ner­a­ble.” But they haven’t yet, except in dress rehearsals whose sig­nif­i­cance is still alle­gor­i­cal or pre­fig­u­ra­tive at best. Though I can’t begrudge Clover for giv­ing him­self a prophetic license his peri­odiz­ing frame­work had boldly eschewed, I would con­tend that this indis­pens­able con­tri­bu­tion to cur­rent reflec­tion on modes of col­lec­tive action, emer­gent and resid­ual (riot is in a sense both), also shows how dif­fi­cult it is for the instru­ments of peri­odiza­tion not to mutate into the slo­gans of a phi­los­o­phy of his­tory, where prac­tice becomes por­tent, a weight con­tem­po­rary riots do not seem capa­ble of bear­ing

10. For fur­ther thoughts on Théorie com­mu­niste, see my “Now and Never,” in Com­mu­niza­tion and its Dis­con­tents, ed. Ben­jamin Noys (New York: Minor Com­po­si­tions, 2011), 85–101. ↩

11. For a lac­er­at­ing cri­tique of an influ­en­tial vari­ant of this dis­course (namely Frank Wilderson’s afro-pes­simism), as applied to Black Lives Mat­ter, see Asad Haider, “Unity: Amiri Baraka and the Black Lives Mat­ter Move­ments,” Lana Turner Jour­nal 8 (2016). ↩

12. An implicit nor­ma­tiv­ity can also be detected in Clover’s almost exclu­sive atten­tion to, for want of bet­ter terms, “eman­ci­pa­tory” (or anti-cap­i­tal­ist) rather than “reac­tionary” (or intra-work­ing-class) riots. To remain with the prin­ci­pal focus of this arti­cle it would be worth reflect­ing on how the his­tory of ‘hate strikes’ and (white) “race riots” inflects the peri­odiza­tion advanced in Riot.Strike.Riot. It’s worth not­ing that in both the U.S. and UK, there is a tight bond between race, class, and war, with some of the most sev­ere riots involv­ing the attempt of white work­ers to exclude racial­ized work­ers from cer­tain job mar­kets and occu­pa­tions - dur­ing and after mass mil­i­tary mobil­i­sa­tion - often by attack­ing them and their fam­i­lies out­side the work­place, in their neigh­bor­hoods and homes. We can con­sider here W.E.B. Du Bois’s cru­cial analy­sis of the 1917 East St Louis riots (“The Mas­sacre of East St Louis,” The Cri­sis, Sep­tem­ber 1917), but also the enlight­en­ing account of riots against Yemeni, Somali and West Indian dock­ers in the wake of both world wars (in South Shields, Liv­er­pool and Cardiff), in the chap­ters “Racism as Riot: 1919” and “Racism as Riot: 1948” in Peter Fryer, Stay­ing Power: The His­tory of Black Peo­ple in Britain, 2nd ed (Lon­don: Pluto, 2010). Fryer’s chap­ter on the Not­ting Hill riots of 1958 does sup­port, at least con­junc­turally, a pas­sage from racial­ized intra-work­ing-class strug­gles around pro­duc­tion to one around cir­cu­la­tion and spheres of repro­duc­tion (prin­ci­pally hous­ing), though in ways not wholly con­gru­ent with Clover’s nar­ra­tive. ↩

13. It would be inter­est­ing in this respect to revisit Paul Gilroy’s early efforts to link Birm­ing­ham cul­tural stud­ies’ work on race, class and sur­plus pop­u­la­tions (ref­er­enced by Clover in terms of Hall et al.’s Polic­ing the Cri­sis) to a dis­cus­sion of the sig­nif­i­cance of com­mu­nity and polit­i­cal auton­omy. See “‘Step­pin’ out of Baby­lon – Race, Class, and Auton­omy,” in The Empire Strikes Back: Race and Racism in 70s Britain, ed. Cen­tre for Con­tem­po­rary Cul­tural Stud­ies (Lon­don: Hutchin­son, 1982): “Local­ized strug­gles over edu­ca­tion, racial vio­lence and police prac­tices con­tin­u­ally reveal how black peo­ple have made use of notions of com­mu­nity to provide the axis along which to orga­nize them­selves. The con­cept of com­mu­nity is cen­tral to the view of class strug­gle pre­sented here. It links dis­tinct cul­tural and polit­i­cal tra­di­tions with a ter­ri­to­rial dimen­sion, to col­lec­tive actions and con­scious­ness within the rela­tion of ‘eco­nomic pat­terns, polit­i­cal author­ity and uses of space’ [quot­ing Ira Katznelson]…The strug­gle to con­struct com­mu­nity in the face of dom­i­na­tion makes Euro­cen­tric con­cep­tu­al­iza­tions of ‘the polit­i­cal’ or ‘the eco­nomic’ haz­ardous if not mis­guided” (286–87). ↩

14. Furio Jesi, Spar­takus: The Sym­bol­ogy of Revolt, trans. Alberto Toscano (Cal­cutta: Seag­ull, 2014), 53. This per­spec­tive inter­est­ingly res­onates with Georges Didi-Huberman’s recent art-his­tor­i­cal for­ays, based on Aby Warburg’s notion of pathos-for­mu­lae, into a ges­tu­ral lan­guage of rage and revolt. See “Où va donc la colère?,” Le Monde diplo­ma­tique (May 2016), 14–15; see also Didi-Huberman’s recent talk at the Aby War­burg 150th anniver­sary con­fer­ence: “Dis­charged Atlas: Upris­ing as ‘Pathos­formel,’”June 15th, 2016. ↩

15. Anto­nio Gram­sci, Selec­tions from the Prison Note­books (Lon­don: Lawrence & Wishart, 1998), 487. ↩

Alberto Toscano teaches at Goldsmiths, University of London, where he co-directs the Centre for Philosophy and Critical Thought. He is the author of Fanaticism: On the Uses of an Idea, and Cartographies of the Absolute (with Jeff Kinkle). He is a member of the editorial board of Historical Materialism and is series editor of The Italian List at Seagull Books


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