PATLOTCH / COMMUNISME / un ART de la RÉVOLUTION

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 des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...

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Patlotch



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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Jeu 21 Sep - 17:35


la lutte de classe est-elle le produit de luttes individuelles, même collectives ? Oui parce que sans ces individus en luttes elle n'existerait pas, mais non car leur somme, quantitative, n'est pas la constitution, qualitative, en classe

« je lutte des classes », ce slogan apparaît massivement en 2010 dans les manifestations pour la défense des retraites :



Crédits : Delaville Fabrissa - Maxppp

à l'occasion des grèves et manifestations contre la loi travail, Paris-Luttes.Info publie ces conseils :


Citation :
En période de mobilisation contre la loi dite "loi Travail" nombreux sont ceux et celles qui souhaitent y participer. Mais comment faire ? Nous avons demandé à un camarade anarcho-syndicaliste du groupe Salvador-Seguí de nous aider à y voir plus clair.

suit une réponse très technique, intéressante, mais qui pose des questions : qu'est-ce qu'une grève ? Qui se met en grève, où et pourquoi ? Quel sens a de faire grève tout seul dans sa boîte si c'est là qu'a lieu l'exploitation par un patron privé ? Et quel sens, pour un.e fonctionnaire, de faire grève par solidarité avec les salariés du privé contre un texte qui ne les concerne pas ?

ce sens donne celui de ces grèves et manifs, contre l'État, leur contrôle syndical, leur contenu revendicatif défensif, une demande à l'État : drôle d'autonomie pour ses partisans, et rien de très constituant d'une classe pour la révolution contre le capital

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Patlotch



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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Ven 22 Sep - 16:48


l'érection qui vient (de la tête) ou la convergence des luths

un chef est apparu, plus conseiller que conseilliste
une intervention interventionniste et communisatrice
et le retour de l'idéologie des 'blocages' et de 'l'émeute'


Renouer avec l’Histoire.
ou la véridique histoire d'une folklorisation

À propos de quelques propositions pour « aller au-delà du cortège de tête »
et du regard porté sur nos actions.


Anonyme Paris-Luttes.Info 22 septembre 2017

Pourquoi le mouvement contre la loi travail 2 ferait-il mieux que le précédent ? Que s’est-il vraiment passé au printemps 2016 ? Comment peut-on inscrire ces réflexions dans la situation actuelle, et comment définir cette situation ? Autant de questions dont les conclusions pourraient nous aider à formuler quelques réflexions stratégiques pour dépasser le cortège de tête autrement que par de belles formules...


photo d’illustration : Xintang, 2011

Citation :
La situation actuelle

Nous [qui ?] pensons que la question de savoir comment s’organiser est en elle-même dépassée. Si des formes d’organisations traversent nos luttes, les problématiques qu’elles peuvent impliquer ne deviennent réellement perceptibles que lorsqu’éclate ce que Bruno Astarian nomme « l’activité de crise » [1]. Alors, du moins pour le « mouvement réel » et pas pour la contre-révolution générée, l’organisation ne peut plus être que celle des tâches, « des mesures communistes » [2], que la lutte contraint d’elle-même et qui seront seules à même de parvenir, ou non, à générer à un niveau de masse de nouvelles formes de vies, de nouvelles manières de produire et de distribuer nos activités.

Ces quelques affirmations dissimulent des perspectives allant à l’encontre de ce qui paraît beaucoup partagé dans nos cortèges de tête : nous ne sommes pas dans une période de déstabilisation de l’économie capitaliste ; l’activité de nos luttes appartient à la norme régnante sous le cours quotidien de la lutte de classes et, à l’heure d’aujourd’hui, ne préfigure aucun dépassement réel ; bref, nous nous trouvons dans une séquence contre-révolutionnaire où nos luttes restent isolées malgré, il est vrai, un besoin de transformations profondes du système assez partagé par toute une « partie » de la population. Il ne s’agirait pas de surestimer cette « partie » [il aurait pu mettre une note pour les «»], même si elle existe dans une hétérogénéité qui pourrait faire sa force.




Émeutes de Tottenham, 2011

Partant du constat qu’il existe des dynamiques dans la lutte de classes qui ont directement des questions à poser à notre pratique, essayons de faire le point sur la « situation ». Schématiquement, avec un article de la revue grecque Blaumachen publié en juin 2013, « De la Suède à la Turquie : Disparités dans la dynamique de l’ère des émeutes » [3], on peut poser quatre dynamiques relativement indépendantes les unes des autres :

Les « émeutes des exclus », qui se déroulent dans des pays hauts placés dans la hiérarchie capitaliste mais qui n’articulent pas de discours, sinon celui de l’émeute, des pillages et de la destruction, voient des populations retranchées dans des « quartiers populaires » se révolter contre leur statut de « prisonniers à vie » : France 2005, Grèce 2008, Angleterre 2011, Suède 2013, émeutes raciales aux Etats-Unis comme celles qui éclatent à Saint Louis en ce moment après l’acquittement de Stockley, etc. Au moins dans leurs formes, elles représentent la négation des conditions de la reproduction du monde actuel.

Les émeutes rattachées aux « mouvements des places » dont la composition, hétérogène, reste tout de même plus proche des « couches moyennes » aux discours essentiellement démocratiques (Occupy aux USA et Blockupy en Allemagne, une partie du mouvement en Grèce, « printemps arabes », Turquie, etc.). Ces mouvements formulent souvent des revendications très concrètes et tentent d’opposer à « l’oligarchie » une « démocratie par le bas », du peuple, directe. L’idéologie citoyenniste y est majoritaire.

Ces deux dynamiques ne sont pas complètement opposées mais restent pour le moment contradictoire l’une à l’autre. Toutes deux sont aussi traversées par des contradictions internes et, tendanciellement, semblent commencer à se rencontrer. Par exemple le fait que l’Espagne et la France (à un autre degré cependant) aient été touchées par des mouvements des places, alors qu’auparavant ceux-là touchaient plutôt des pays situés dans les « économies émergentes ».

Ce sont alors ce que Blaumachen nomme « des couches moyennes en effondrement » [c'est de Woland, haut-fonctionnaire grec, avant qu'il n'entre au gouvernement de Syrisa, un très couche moyen salarié révolutionnaire]qui se révoltent, parce qu’elles voient leur mode de vie s’écrouler ou parce qu’on ne les laisse plus se constituer en tant que telles. Dans ces moments, il y a des tentatives de rencontres : « place Syntagma 2011 » en Grèce, émeutes des étudiants au Chili et au Canada, et (à un autre degré encore une fois) mouvement contre les violences policières en France (notamment l’émeute de Bobigny). Dans ces émeutes un nouveau sujet construit émerge : « la jeunesse ». Il va pourtant bien au-delà de la simple jeunesse (incluant beaucoup de vieux qui ne veulent pas vieillir [et de jeunes déjà vieux], « ayant pour seul patrie l’enfance ») et regroupe pour le plus souvent des sujets qui ne sont pas structurellement exclus mais qui ne trouvent plus sens en ce monde : ils veulent le nier.

À l’international [ça sort du Ministère des affaires étrangères] on peut dégager trois autres dynamiques mais qui ne rejoignent pas réellement la réflexion en cours [ce n'est qu'une question de « temporalité »]:

- Des mouvements revendicatifs sur le salaire à la périphérie, Chine, Asie du Sud-Est [la périphérie de qui et quoi ?]

- La résistance des pays sud-américains et des indigènes au néolibéralisme. Brésil, Mexique, Chili, Bolivie, etc. [le sauvage se rebiffe]

- Les révoltes des bidonvilles que l’on peut relier aux émeutes des exclus mais qui se déroulent dans un contexte tout autre, dans les mégalopoles du Sud de la mondialisation, et qui témoignent plus d’un écart de développement qu’autre chose. [là, on sent l'anthropologue]

Précisons enfin une dynamique internationale traversant les fonctions des Etats internationaux et des gestionnaires du capital : l’organisation de la violence et l’organisation de l’économie s’accordent tendanciellement, jusqu’à effacer la distinction entre guerre et paix [Tolstoï, revient !]. Plus qu’une guerre civile abstraitement mondiale ou qu’un « Etat d’exception » permanent, la substance du constat doit être reliée aux difficultés du capital à gérer la force de travail.

« Dans les favelas du brésil, les prisons des Etats-Unis, les banlieues des grandes métropoles, les zones franches de Chine, les contours pétroliers de la Caspienne, la Cisjordanie et Gaza, la guerre policière est devenue la régulation sociale, démographique, géographique, de la gestion, de la reproduction et de l’exploitation de la force de travail » [4]

La compréhension de cette recomposition/uniformisation du maintien de l’ordre international est fondamentale pour penser les « révoltes des exclus » et le « statut de prisonnier à vie » des surnuméraires.

Il paraît intéressant de recontextualiser le mouvement contre la loi travail dans ces dynamiques internationales. D’une part parce que la révolution ne peut être qu’internationale : nous laissons le doux cauchemar d’un « socialisme dans un seul pays » aux quelques survivants staliniens [dans ce cas on dit mondiale, pas internationale]. D’autre part pour prendre un peu de recul et réfléchir, du mieux que l’on peut [point trop n'en faut, cf Astarian sur Le droit à la paresse], au sens réel porté par nos actions.



Manifestations d’ouvrier-e-s du textile au Bengladesh, 2010

Le mouvement contre la loi travail

Le mouvement du printemps 2016 a mobilisé en grande partie une couche moyenne déclassée ou en voie de déclassement. Dans une étude consacrée à « la classe moyenne », Bruno Astarian y consacre un chapitre [5] [la classe moyenne mérite d'être chapitrée]. Son contenu peut parfois apparaître comme sévère avec nos pratiques [ce texte ne va pas arranger ça], mais il nous semble qu’il a beaucoup à nous apprendre car, pour une fois, il nous « sort la tête du cul du milieu » et apporte une contextualisation pertinente. Que peut-on en retenir ?

La résistance au démantèlement des « conditions sociales du fordisme » ne parvient jamais, depuis la création du CDD, à prendre la forme d’un mouvement national de masse. Les grèves ne se font globalement que dans le secteur public, et ce même lorsque, depuis 1995, elles s’associent aux « mouvements sociaux » ; tandis que la plupart restent sectorielles ou locales.

Ces résistances s’opposent non pas à tel ou tel patron [de fait faire grève s'oppose toujours à son patron, serait-il l'État comme tel], ni à une instance représentative du patronat, mais bien à l’Etat et à la logique de démantèlement d’acquis qu’il met en place. Elles ont une origine strictement défensive.

Le mouvement contre la loi travail s’inscrit dans ces résistances mais pas que. En tant que réaction à une attaque combinée (contre la négociation de branches/contre les syndicats « non alignés ») il était aussi un conflit inter-institutionnel Etat/syndicats où la seconde partie souhaitait confirmer sa propre affirmation, sa propre place, dans le cadre négociateur.

Les trois composantes principales (syndicale, cortèges de tête, Nuit Debout) luttaient chacune pour des objectifs différents. Il n’y avait pas de grande foule comme en 2005 ou en 2010 et le caractère minoritaire du mouvement fût accentué par un fractionnement travaillé en amont par le gouvernement. [bof, même sans lui, ça se fragment tout seul, non ?]

Les lycées des banlieues les plus pauvres ne se sont pas vraiment mobilisés. Les lycées les moins favorisés qui se sont mobilisés ont le plus dégradés leur bâtiment. Les blocus étaient tout de même nombreux dans toute la France mais semblaient plutôt motivés par le contexte général extérieur.

Les facs n’ont pas connu de blocage d’envergure sauf parfois les jours de mobilisation nationale. Les occupations n’ont pas résisté à la répression et n’ont pas réellement pu développer quoi que ce soit.

Les tentatives de blocages de lieux de travail depuis l’extérieur comme celle du port de Gennevilliers (28 avril) n’ont pas eu le succès escompté et sont clairement restés comme des épisodes ultra-minoritaires.

La composante syndicaliste était la plus prolétarisée. Dans le même temps, le taux de syndicalisation en France est très faible et encore plus chez les ouvriers du privé. Les « syndicats rouges » n’ont plus que leurs derniers bastions pour eux (ports, docks, raffineries, centrales nucléaires…). Si les syndicats n’ont jamais regroupé qu’une minorité du prolétariat [il fut un temps où, adhérents ou pas, ils mobilisaient les masses], leur capacité de mobilisation s’est montrée ici particulièrement décomposée : il a fallu batailler tant pour mobiliser certaines troupes que pour encadrer d’autres composantes plus « débordantes ».

On peut citer des « luttes locales » qui ont profité du mouvement en tentant de l’utiliser comme « caisse de résonance pour leurs revendications spécifiques », dans le privé (Amazon, McDonald’s, Campanile Tour Eiffel, etc.) ou dans le public (SNCF, cantines scolaires, etc.).

En réalité la modification de la négociation n’allait pas changer grand-chose à la situation immédiate des travailleurs, sauf ceux qui travaillaient à un endroit où le pouvoir de la CGT et de FO était conséquent (il peut parfois suffire d’un délégué syndical combattif/particulièrement encadrant [sic, on dirait du MEDEF]/efficace – ce qui ne revient toutefois pas au même) et où donc la modification de la négociation était comprise et ressentie à la fois comme une attaque contre le syndicat et comme une attaque contre les travailleurs (contre leur pouvoir de revendications, d’affirmations de soi).

L’assurance chômage, couplée au taux élevé d’emplois précaires parmi les embauches (notamment en comparaison de leur volume réel dans la part totale des emplois, où le CDI est encore la norme, puisque ces emplois précaires restent estimés à 15%) permet une régulation de l’emploi et de la combattivité sociale. Elle concède aux chômeurs une période de repos, mais aussi permet de faire miroiter un CDI et de tenir en haleine le salarié lorsqu’il trouve un job, malgré des conditions de travail parfois très difficiles. C’est ces conditions de travail, l’impact sur la santé, les maladies professionnelles, la douleur physique, la fatigue, qui sont véritablement ressenties comme un problème par les ouvriers et employés déclassés [là quasi Germinal, mais n'est pas Zola qui veut]; mais le rythme accordé par le chômage structurel et l’opportunité que représente aujourd’hui le fait d’avoir un travail au niveau financier permettent d’éviter, pour le moment, tout problème de taille.

La loi El Khomri cherchait à rattraper un retard dans le démantèlement du compromis fordiste parce que dans ce processus, juridiquement au moins, la France est à la traîne par rapport aux autres pays des aires centrales du cycle d’accumulation. Ce mouvement de démantèlement risque logiquement de s’accélérer, surtout sous Macron.

Cependant, l’an dernier comme le 12, les gens ne sont pas sortis en masse pour le rejeter. La répression du mouvement a dramatisé sa réalité. Nous avons forgé des communautés de luttes [pas de problème, ça c'est pas communautariste, sauf chez les basané.e.s], des liens se sont renforcés, et une certaine unification, « actualisée » ou « rajeunie », s’est réalisée en agrégeant des forces auparavant éclatées. Mais l’économie française n’était pas paralysée, les taux d’absentéisme/de grèves n’étaient pas excessivement élevés [la théorie est rassurée : « la grève n'est pas centrale »], les incidents au-delà des manifestations encadrées et routinières n’étaient pas très nombreux ni conséquents… malgré tout ce que nous avons vécu, le patronat n’a pas chié dans son froc et l’État, malgré une répression radicale, semblait parvenir à garder le contrôle des choses alors même que les sondages d’opinion n’allaient pas en sa faveur et que le bilan du mandat ne faisait plus illusion pour quiconque.

L’interlocuteur, toujours, était l’État, qui répondait de manière univoque par l’envoi de flics ; jamais il ne fût le capital.

Le score de la France Insoumise aux présidentielles de 2017 s’est construit notamment sur les braises de ce mouvement et sur l’air général de mécontentement. La croissance de l’abstention peut préfigurer, si ce mouvement de démantèlement s’accentue, une percée de l’association interclassiste entre prolétariat et classe moyenne.



Bobigny, 2017

Le mouvement contre la loi travail 2 ?

A priori, nous ne voyons pas pourquoi, sauf causes exogènes, le mouvement contre la loi travail 2 débuté le 12 septembre pourrait « mieux faire » que son prédécesseur. Le chômage et la transformation post-fordiste du procès de travail assurent encore leur rôle de soupapes de sécurité.

Cela dit, nous ne sommes pas des prophètes et pensons qu’il reste possible que le mouvement s’accélère. La réforme du système actuel d’indemnisation du chômage, si elle est appliquée à la lettre et n’est pas une « proposition fantôme » (pensée pour être supprimée lors des négociations) serait très défavorable au rôle de soupape du chômage actuel.

D’autant plus qu’il devient clair qu’une partie de la population ressent un fort besoin de se révolter... mais :

N’en a pas forcément les moyens. Lorsqu’on élève un enfant, que l’on galère et qu’on peut perdre son travail durement arraché en faisant grève, ou autre, c’est parfois difficile de sortir prendre les rues [surtout l'hiver, rappelons-le].

Ne se sent pas forcément concernée par les mots d’ordre anti-ordonnances et pro-code du travail. En réalité, le code du travail n’est déjà plus hégémonique. S’aligner sur les positions des soce-dems, et même pour certains attendre des soce-dems des tracts « basiques » pour ramener du monde, s’avère être une des réactions les plus paralysantes à long terme.

Ne se sent pas forcément concernée par une dynamique qui se répète depuis 2 ans, ultra-réprimée, qui a installé sa propre routine et ne semble plus pouvoir muter comme à ses débuts : le cortège de tête.

Dans le même temps, le mouvement peut très bien tomber à plat. La capacité mobilisatrice de la CGT n’est pas énorme, malgré tous les efforts du « Front Social » en termes d’unification [sûr que les cortégeux de tête tous seuls font mieux, puisque sans la CGT, ils ne descendent pas dans la rue, encore moins l'hiver]. Nous sommes en début d’année et les lycéens/étudiants n’ont pas forcément envie de bloquer. On va rentrer dans l’hiver [brrr], et quoi qu’on en pense, lorsque l’on vit sous le climat français, cela compte sur l’énergie des jeunes [et les cheminots en 95 ?]– qui se revoit souvent à la baisse le temps de s’acclimater. [pauvres choux, ça rappelle les syndicats justifiant qu'on ne manifeste pas pendant les vacances : ils ne risquent pas de se rencontrer]

Le constat dressé peut mener à deux propositions stratégiques principales :

Tenter de placer le blocage au centre de la mobilisation, non plus la manifestation. En bloquant, les précaires, ceux qui sont obligés d’aller taffer, etc., peuvent se mobiliser. En bloquant, on se fait voir [c'est important] autrement que par notre ritualisation de l’émeute qui commence clairement à ne plus parvenir à se donner sens. La grève n’est plus, et ne peut plus, être centrale. Le blocage est cependant à double-tranchant : il peut aider les gens à sortir tout comme il peut retourner la France entière contre nous. Si tel est le cas, c’est que la situation n’est pas celle d’un soulèvement… [un bon test pour la sociologie] Point barre. Les blocus lycéens ont bien montré l’efficacité du blocage au printemps 2016 [ah bon, pour aboutir à quoi ?]. Si on parvient à convaincre la composante syndicaliste et « nuit-deboutiste » [sic] de lancer des mouvements de blocages de leur lieu de travail ou en des points stratégiques, ou les forains [la foire est stratégique] de venir participer à des blocages de quartiers entiers, peut-être que notre interlocuteur ne sera plus seulement l’Etat mais aussi le capital [à la foire... d'empoigne]. Ces blocages pourraient prendre différentes formes et se coupler à des luttes territoriales/urbaines comme la lutte autour du quartier de La Plaine à Marseille.

C’est lorsque les entreprises sont occupées, que les places vivent, que l’on remet en cause l’aménagement du territoire, que l’économie est bloquée, bref, que ceux en face flippent tandis que la force d’en bas s’accroît, que les CRS interviennent et que l’émeute se joue réellement. C’est à ce moment que la ville se réapproprie [on voit qu'avant, elle était à eux ou à leurs parents]. Ce n’est pas sur un trajet ligne droite de Nation à Bastille qu’une émeute peut s’éprouver. Ou alors, il faudrait s’entendre sur la définition « d’émeute ». Une manifestation ne devient pas « alternative » en le voulant [6] [quel talent pour reprendre le vocabulaire communisateur à l'envers de son sens]. C’est son activité qui définit ce qu’elle est vraiment. Cette activité dépend à la fois d’un contexte beaucoup plus général et d’un rapport direct au mode de production capitaliste. Il ne sert à rien de s’étonner que, lorsque la répression est faible, une manifestation a beau réunir 5000 cagoulés elle est inutile. Elle est inutile parce que la manifestation est comprise - et s’est définit comme telle le 12 - uniquement comme une marche, comme l’affirmation d’une force mais en aucun cas comme une activité qui remettrait en cause le mode de production capitaliste. Il n’y a pas 150 options pour débuter une telle activité : bloquer l’économie, l’occuper si c’est encore possible, la détruire le cas échéant. Et pas juste quelques-uns entre quatre murs de flics armés comme du béton, mais dans une ville entière. La temporalité s’en trouvera bousculée toute seule [c'est l'auto-temporalité]. Cette transformation de notre rapport au temps n’aura plus besoin d’un appel abstrait écrit par de quelconques prophètes de claviers pour se réaliser [une autocritique ?], mais se ressentira directement à travers notre activité, notre pratique de la lutte. Arrêtons de nous regarder les fesses, tournons-nous vers un horizon plus large, révolutionnaire, compris au sens historique.



Blocage au Havre, 2016

Deuxième proposition stratégique : tout mettre en œuvre pour que l’ensemble des composantes élargissent les mots d’ordre. Que font les acteurs des grèves dans le monde de la médecine, de la marche pour la dignité et contre le racisme, des comités de soutien aux kurdes, aux révoltés du Riff, etc. ? Pour beaucoup ils sont là, pour d’autres ils ne viennent pas, parce qu’ils doivent travailler ou qu’ils continuent à survivre dans leurs quartiers. Les mots d’ordre ne visent pas les violences policières sinon celles pratiquées lors des manifestations. Les manifestations sont dans le centre-ville et pratiquent une émeute ritualisée de plus en plus risquée au niveau juridique. L’Etat peut écraser n’importe quel individu racisé en provenance de banlieue chopé pour une pierre lancée. Blanc/he/s en pleines études, on se sent un peu plus protégé/e/s par notre capital socio-culturel [ça va parler aux décoloniettes]. Les mots d’ordre ne placent pas non plus au centre la casse de l’assurance chômage. Beaucoup d’individus ressentent un besoin de sortir mais ne se sentent pas réellement concernés par la loi travail 2 ni par les formes de nos manifestations. Pourquoi ne pas tenter de mettre sur pied des comités de liaisons dans les entreprises [des conseils transversaux texto-gérés ?], de réunir le plus possible d’associations de quartiers, d’associations artistiques, le monde de la free party, les mouvements décoloniaux [un sacré carrefour des émancipations], et aussi toutes les luttes locales qui pourraient se servir du mouvement comme « caisse de résonance » ? Si le Front Social parvient à sortir des seules revendications catégorielles concernant le code du travail, cela peut par exemple changer la donne [c'est beau comme du Mélenchon]. Mais on ne peut pas leur laisser le monopole de la "liaison" à visée subversive... On pense aux forts mouvements de grèves dans les hôpitaux qui semblent si éloignés de nous… Les hôpitaux c’est la modernité, on ne peut pas leur parler ? Ceux qui y taffent seraient uniquement des gros bourgeois sans intérêt pour la révolte ? Le Collectif Médecine Libertaire (à l’origine de la revue Micrurus) [7] avait pourtant fait un très fort et beau travail, qui ne paraît malheureusement pas avoir eu de suite en termes de « discussions » dans le monde de la médecine. [quels cons, il faut aller leur expliquer]

Élargir les mots d’ordre sur des tracts virtuels seulement publiés sur les réseaux militants ne servira strictement à rien [mais ce texte sur Paris-Luttes.info, oui ?]. Ce papier est aussi une invitation à multiplier les mains tendues [ça sonne très PCF aux Chrétiens]. A généraliser l’idée qu’une insurrection peut éclater lors du mandat de macron [l'insurrection produite par l'idée pendant « une séquence contre-révolutionnaire » ? On dirait du Badiou]. Maintenant ou plus tard [mieux vaut tard que jamais]. A continuer à expliquer la démarche de la casse, ce que dit et ce que peut l’émeute, à parler des luttes internationales (on n’en parle plus ! Bolivie, Brésil, Mexique, États-Unis, Bengladesh, etc.) [yen a plein les journaux "bourgeois", mais c'est vrai pas dans Paris-Luttes.Info]. Via des tracts, des articles, mais aussi au boulot, à l’école, partout ! Et, du plus que possible, via des actes. Nous rappelons à ce titre le rendez-vous appelé par des jeunes devant le TGI de Bobigny le 23 septembre à 16h, contre les violences policières et en réponse à la dernière très violente interpellation d’un jeune à Bobigny.

Ces mains tendues peuvent aussi s’adresser à des composantes à priori réactionnaires [et à posteriori révolutionnaire ? On rêve debout, c'est l'union sacrée !]. L’on peut très bien rester entre militants, nous pensons au contraire qu’une telle dynamique ne peut pousser qu’à creuser notre propre tombe et à reculer toujours plus une potentielle échéance de révolte généralisée [un spectre hante le cortège de tête]. Ainsi pourquoi ne pas parler aux forains du nomadisme, de la fête, de l’appropriation de la rue, de l’espace et des campagnes ? Ce sont des sujets qu’ils connaissent et nous pensons avoir des choses à partager sur ce point. Certes, actuellement ils veulent de l’argent… Mais qui n’en souhaite pas ? [sic, sic, sic, ma bonne dame...]

Nous nous plaisons [virgule, car c'est "plaisant"]à imaginer des blocages de places ou de quartiers avec l’aide des forains, tournant à l’installation de foires sauvages autofinancées par des caisses de solidarité.

Au-delà de ces quelques propositions stratégiques [n'ayons pas peur des grands mots], qui invitent aussi à quitter les fantasmes habituels [pour des fantasmes inhabituels ?], beaucoup ont insisté dès le début de la mobilisation sur les autres temporalités [un mot chic, très mode, comme dans la Bible, un temps pour tout] de luttes que celle qui prévaut en temps de crise. Bien qu’une réappropriation de notre propre autonomie pratique soit effectivement très importante [beaucoup à se « réapproprier », aurais-tu perdu quelque chose, bobo ?], nous pensons qu’en termes de renaturalisation /resocialisation [re...re... c'était mieux avant], rien de plus bouleversant ne pourra jamais intervenir que lors d’une crise. Le reste n’est qu’un mode de vie en marge [pas trop loin de papa-maman quand même] qui ne pourra se généraliser à terme, d’autant plus qu’il reste fondamentalement réservé à certaines catégories de populations et qu’il finit toujours à terme par se faire englober dans la reproduction du système [8]. Nous pouvons nous y complaire et nous limiter à en faire les publicités, mais cela nous semble tout de même une bien maigre perspective... [un choix de vie, hein, c'est comme ça : choisir c'est renoncer]

Si aucun événement exogène n’intervient [ne pas confondre avec indigène][9] pour radicaliser et intensifier la lutte, et faire rejoindre d’autres composantes, nous retomberons dans une période de plat [qui repasse, réchauffé]. Nul besoin de s’y fatiguer et de prendre cher juridiquement, sinon pour ce qui relève de la survie : luttes territoriales, luttes des migrants, etc. Des luttes qui, effectivement, se situent dans une autre temporalité [ben, c'est tous les jours, eux], et qui doivent s’inviter [z'ont que ça à foutre, manifestement] au plus possible dans les mobilisations plus générales. On pourrait aussi recommencer un certain ancrage dans le « monde du travail » [avec les guillemets, sûr qu'on n'en est pas]… Peut-être que nous avons conclu un peu trop vite à sa disparition ou à la fin de sa centralité [tiens donc, les connards de grévistes peuvent encore servir ?]. Qui aujourd’hui n’a pas besoin de thunes ? Et pour qui cela ne dépend pas de la situation du marché du travail, de sa place dans les rapports de productions, de son rapport au chômage ? A ce titre on peut citer les expériences d’enquêtes ouvrières, comme celle de Kolinko en Allemagne [10] ou de Motarbetaren en Suède :

« Les enquêtes militantes sont des outils d’intervention qui travaillent inductivement. Outils inductifs, par le fait qu’ils nous aident à décrire la lutte de classe et outils d’intervention en ce qu’ils contribuent au développement de ces luttes. En Suède aujourd’hui, Motarbetaren (le contre-travailleur) – tract d’information circulant sur les lieux de travail dans différentes régions de Suède –, est une expression plus systématique de l’enquête militante. Motarbetaren décrit et répand des tactiques en dehors des syndicats que les ouvriers utilisent pour se faciliter la vie sur le lieu de travail. Le tract d’information fait se rencontrer les gens, au moins indirectement. Ceux qui diffusent et lisent Motarbetaren, prenant son contenu au sérieux, sont aujourd’hui déjà en train de produire de nouveaux rapports construits sur d’autres forces et valeurs que des valeurs de représentation. Motarbetaren est par conséquent une modeste tentative de répandre l’auto-activité, en ce que la production d’auto-activité aujourd’hui est une part nécessaire de la future révolution triomphante. »

Les enquêtes militantes peuvent aider à percevoir un peu plus concrètement les prémisses de ce que pourrait faire le travailleur dans l’activité de crise. [revoilà l'annonce des écarts]

Si la contestation s’intensifie, nous appelons à la formation de comités de liaisons travailleurs-étudiants, un peu sur le modèle de ce qu’il s’était déroulé à Censier en 1968 [c'est dans les vieilles marmites qu'on fait bouillir l'histoire]. En multipliant les « rencontres imprévues » [tout en les prévoyant], ces comités autonomes s’étaient de fait placés au centre de la radicalité de ces deux mois de soulèvement généralisé. En permettant des liaisons paysans-travailleurs, en amplifiant les gestes de solidarités entre entreprises en luttes, en étendant le volume de la grève [mais qui n'est plus "centrale"], en soutenant les travailleurs les plus combattifs, Censier souhaitait élargir les possibles jusqu’à préfigurer l’organisation d’une « destitution » du monde sous la forme d’une communisation [sic], d’une « transformation » de ce que l’on produit par le bas. C’est dans les moments où la solidarité, le don/contre-don, l’effort collectif, prévalent sur tout autre intérêt et s’exercent contre la propriété privée que s’entrevoit un communisme palpable, se dessinant dans le creux de la lutte, dans ses objectifs directs. Et à ce moment là, les CRS seront de sortie [le CRS est l'ennemi principal du communisme]. Nous ne devrons plus rejouer notre petit jeu « toto » dans une rue ultra-sécurisée où l’on peut se réfugier dans la foule [« néo-militant culpabisé » ?], mais défendre concrètement les mesures prises dans l’activité de crise, partout où elles auront été prises. Il est difficile pour nous de rédiger un tel texte : nous méprisons les consignes d’actions pensées au-delà de l’action elle-même et du sens qu’elle se donne [sic : que fait ce texte ?]; il est forcément maladroit d’envisager un futur proche et de vouloir y inscrire des mots d’ordres ; nous espérons réellement que le texte ne sera pas compris ainsi [si si]. Il s’est construit à la fois comme un coup de gueule et comme une prise de recul [le temps que le fût du canon refroidisse]. S’arrêter à ces deux étapes paraissaient un tantinet méprisant et nous ne voulons pas pousser à l’inaction ; nous avons vécu de belles choses en 2016. D’où les propositions préliminaires, d’ordre tactiques, envisagées. Elles n’ont pour objectif que de donner des idées, lancer des pistes, appeler à de véritables rencontres au-delà des cortèges. [les grands esprits se rencontrent]

Se borner à sortir dans la rue et à dire à l’État qu’on existe, nous n’en avons plus grand-chose à faire [mais on recommence quand même, il faut bien "exister"]. Nous voulons renverser ce monde, pas faire de nos vies des publicités militantes, des stickers clinquants, des modes de vies alternatifs « déconstruits »… mais aussitôt détruits par la machine politico-judiciaire qui a bien vite fait de nous marginaliser, voire de détruire nos vies familiales/sociales. [Ah, la famille, c'est pas comme en 68, on s'en foutait, à Censier]

Nous doutons : nous considérons-nous encore comme tout le monde, ou devant tout le monde, en avance par rapport à tout le monde ? C’est sûrement là un de nos plus grands impensés. "C’est maintenant que tout se joue", culpabilisent certains néo-militants, remontant les bretelles de ceux qui ne sortent pas. Nous leur proposons, une énième fois, de sortir la tête de leur propre cul.

Oui, continuons à ouvrir des squats, à tenir des lieux alternatifs. Mais ne présentons pas ça comme la panacée ! On survit et on galère, comme tout le monde. On tente de reconquérir une autonomie minimale.

Oui, continuons à raconter nos luttes, à essayer, tenter. Mais ne présentons pas ça comme la-révolution-déjà-là ni comme le communisme-qui-se-vit [plus haut il était pourtant « palpable »], car en plus d’être ridicule cela empêche définitivement d’inscrire nos actions dans des perspectives historiques et internationalistes. [là on met un vieux 45 tours de L'Internationale]



Ferguson, 2014

P.-S. En photo d’illustration : Xintang, 2011

Notes

[1] Bruno Astarian, Activité de crise et communisation, juin 2010.

[2] Léon de Mattis, « Les mesures communistes : penser un horizon communiste », SIC 2, janvier 2014.

[3] Disponible en ligne et en français ici.

[4] « Prolétariat et capital : une trop brève idylle ? », Théorie communiste n°19, p. 47.

[5] Bruno Astarian, Le ménage à trois de la lutte des classes, Épisode 3 : Le mouvement contre la "Loi travail" en France (2016), juillet 2017.

[6] On pense au papier "L’insolence de la rue" qui souhaite passer de la manifestation d’opposition à la manifestation alternative en claquant des doigts et en croyant que les flics en ont fini avec nous. Nous ne reviendrons pas sur le fait que l’article se conçoit en "lutte contre un pouvoir" abstrait qui est celui caché, dissimulé, à "l’Assemblée, à l’Élysée ou à Bercy". On ne sait pas très bien où ça veut en venir ni non plus à quel point faut-il être gangréné par l’idéologie citoyenniste pour vouloir en rester à "affirmer notre existence" face au "pouvoir"...

[7] http://www.b-a-m.org/wp-content/uploads/2015/06/Micrurus_0_bd.pdf

[8] Anonyme, « Un autre emploi de l’argent », Meeting n°2, 2005 ; Denis, « Réflexions autour de l’Appel », Meeting n°2, 2005.

[9] Pour le moment on peut spéculer (et non pas capitaliser, comme certains s’y plaisent) sur les implications de : la casse de l’indemnisation chômage ; l’abus sur les APL, mesure qui avait été fort médiatisée ; des violences policières avec notamment le rendez-vous à Bobigny ; etc..

[10] « Nous avons les moyens de vous faire parler. Compte-rendu de Hotlines : Call Center ; Inquiry, Communism – Duisburg, Kolinko, 2002 » ; « Une enquête militante : l’expérience dans les centres d’appels ».

[l'a oublié Julien Clover dans les références]

cette pédagogie pesante à la limite de la démagogie politicarde, un coup dans un sens, un coup dans l'autre pour ratisser large en disant une chose et son contraire, qui « sort la tête du cul du milieu » pour mieux y retourner sans être sortie du « mode vie de squat autonome en lieux alternatifs », sans trop de femmes ni de races ni d'autoorganisation pour ne fâcher personne et se (re)faire une santé théorique, me rappelle quelqu'un, de Meeting et Sic, mais en plus caricatural et infantile : un « néo-militant » malade ?... va savoir

pas sûr que ça sorte Bruno Astarian de sa solitude théorique et qu'il y retrouve ses petits. La question à se poser, c'est pourquoi bien qu'« un peu sévère avec nos pratiques », il peut encore servir à les alimenter, comme l'a fait Théorie Communiste aux heures de gloire de la théorie de la communisation. Au moins ont-il en commun, avec un succès aussi localisé, de prétendre une chose et d'en faire le contraire : la théorie comme outil pour la pratique, surtout en la comprenant de travers ! Quatre après le naufrage de Sic, remettre ça !

PS : soit il a suivi une formation par correspondance avec Léon de Mattis, soit c'est un pastiche, depuis que dans ce milieu les clowns s'invitent autant que les flics s'infiltrent, va savoir

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Mar 26 Sep - 13:58


Les débutants (4/5)
Jean-Baptiste Moreau et les salariés de GM&S

France Culture 26/09/2017
Reportage : Valérie Borst Réalisation : Delphine Lemer

Quatrième épisode "hors série" d'une série qui suit des députés LREM débutants de la société civile jusqu'à l'hémicycle.


Réunion du 15 septembre 2017 sur l'avenir de l'entreprise GM&S
Crédits : ©️ Valérie Borst

C'est le premier dossier social du quinquennat Macron, c'est le premier dossier tout court pour Jean-Baptiste Moreau, député LREM de la 1ère circonscription de la Creuse. L’équipementier automobile GMS – (La Souterraine), deuxième employeur privé du département, a été placé en redressement judiciaire en décembre dernier. Et depuis trois mois maintenant, l'usine est à l'arrêt. Sur les 277 ouvriers, 157 vont être licenciés.


A l'extérieur de l'usine GM&S. Crédits : ©️ Valérie Borst


Gilbert, dit "Gigi", technicien de maintenance depuis 35 ans à GM&S
Crédits : ©️ Valérie Borst

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Ven 29 Sep - 10:17


Montreuil : des parents d’élèves qui bloquaient « l’usine toxique » délogés

Stéphane Mandard Le Monde 27.09.2017

vidéo dans l'article

Ils réclament la fermeture d’un sous-traitant d’Airbus et Safran qui utilise du chrome VI, un produit cancérogène interdit, à proximité d’une école.


Citation :
Marie Pavlenko est encore « sous le choc ». Avec une centaine de parents d’élèves et de riverains, elle avait décidé, mercredi 27 septembre, d’« appliquer le principe de précaution » en bloquant « l’usine toxique » – comme on l’appelle dans le quartier – située à une trentaine de mètres du groupe scolaire Jules-Ferry, à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

L’« usine toxique », c’est un bâtiment vétuste qui abrite tant bien que mal la SNEM (Société nouvelle d’eugénisation des métaux), une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE). Spécialisé dans le traitement des pièces mécaniques d’avion, ce sous-traitant d’Airbus et Safran déclarait produire encore plus de 37 tonnes de « déchets dangereux » en 2015, selon les dernières données du Registre des émissions polluantes. Elle est devenue indésirable pour les riverains depuis qu’un cas de leucémie rare (s’ajoutant à deux autres cas en quinze ans dans la même rue, dont un mortel) a été déclaré chez un élève de CM2 avant l’été.



LP/R.C.

« Jetée à terre comme un sac-poubelle »

« On s’était regroupés devant l’entrée dans une ambiance bon enfant quand un des policiers est arrivé en nous disant : “Nous allons faire usage de la force”, témoigne Marie Pavlenko. Ils ont commencé à charger en nous écrasant avec leurs boucliers. J’ai eu peur, j’ai crié comme un putois. Un CRS m’a attrapée et jetée à terre comme un sac-poubelle. » Résultat : une fracture de la main droite et une incapacité totale de travail de dix-neuf jours pour la romancière, qui va porter plainte pour « coups et blessures ».

Nicolas Barrot, le président de l’association les Buttes à Morel, qui mène la fronde et alerte les pouvoirs publics sur l’état de la SNEM depuis douze ans, a fait le bilan : six blessés et deux parents menottés et emmenés au commissariat. Antoine Peugeot, le responsable local de la FCPE, ajoute que des émanations de gaz lacrymogène sont arrivées dans la cour d’école alors que les enfants étaient en récréation. Il demande « la libération immédiate et sans poursuites des deux parents d’élèves interpellés » et rappelle les trois mots d’ordre martelés depuis les premiers blocages lors de la rentrée : « Fermeture immédiate de l’usine, dépollution du site et reclassement des salariés. »

Le maire de Montreuil, Patrice Bessac, qui a reçu une délégation du collectif des riverains mercredi, demande également une « libération immédiate des gardés à vue » et que « l’ensemble des poursuites engagées soient abandonnées ». La municipalité précise qu’elle s’est engagée à exiger des services de l’Etat « une totale transparence en demandant la mise à disposition publique de l’intégralité des études réalisées depuis 2007 ».

Taux anormalement élevés de chrome VI

Nicolas Barrot, lui, s’adresse directement au préfet : « Jusqu’à quand allez-vous protéger cette usine ? » Contactée par Le Monde, la préfecture de Seine-Saint-Denis n’a pas répondu à nos sollicitations. Depuis la rentrée scolaire, elle multiplie les communiqués rassurants pour expliquer aux parents et aux riverains que la SNEM ne représente pas de danger qui nécessiterait sa fermeture. Quelques heures après l’intervention des forces de l’ordre, un communiqué tout aussi musclé rappelle que « l’Etat ne peut accepter les tentatives de blocages ou d’intimidation organisées par un groupe de particuliers » et « confirme l’absence de risque pour les populations avoisinantes » sur la base de prélèvements effectués cet été après l’enquête du Monde (daté du lundi 3 juillet).

Pourtant, des résultats d’analyses pratiquées par le laboratoire central de la préfecture de police auxquels Le Monde a eu accès montrent que des taux anormalement élevés de chrome VI ont été retrouvés dans l’usine, alors même que son activité était limitée.

Ainsi, une concentration de 3,6 µg/m3 a été mesurée dans l’air intérieur lors d’un prélèvement effectué le 1er août, soit plus de trois fois la limite autorisée. Un dépassement qui n’a pas échappé à l’agence régionale de santé (ARS) qui relève que « concernant le chrome VI, l’attention de l’exploitant est attirée sur un possible dépassement de la VLEP [valeur limite d’exposition professionnelle] sur 8 heures fixée à 1 µg/m3. » Particulièrement prisé dans l’aéronautique pour ses qualités anticorrosives, le chrome VI est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique. Le règlement européen Reach interdit définitivement son usage dans l’Union européenne depuis le 21 septembre. Mais Airbus et Safran ont obtenu une dérogation pour continuer à l’utiliser.

Corbière « alerte » Hulot


Dans une question écrite au gouvernement adressée le 26 septembre à Nicolas Hulot, le député (LFI) de la Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière « alerte le ministre de la transition écologique et solidaire sur les dangers potentiels découlant des dérogations accordées à certains grands groupes ». Il demande, en outre, « dans le cas de la SNEM [qui] n’est pas unique en France », « quels moyens de contrôle le gouvernement envisage de mettre en place pour vérifier qu’aucune atteinte n’est faite à la santé des populations locales ou à l’environnement » ou si « des dispositifs sont prévus pour protéger les équipements publics (écoles, hôpitaux, EHPAD...) voisins de ce type d’activité ».  

La SNEM, elle, placée en procédure de sauvegarde depuis le 3 août, est tout de même sous le coup d’une « mise en demeure » de la préfecture depuis le 8 août. Elle a jusqu’à la mi-novembre pour mettre en conformité son système d’aération. Mais le préfet a fait savoir le 27 septembre que « l’exploitant a déjà satisfait aux deux premières obligations relatives aux déchets ». Pas de quoi rassurer les parents d’élèves qui continuent de réclamer la fermeture de l’usine, malgré les ecchymoses.



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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Sam 30 Sep - 13:30


Manifestive contre le capital et l’état d’urgence

Marche contre le capital et son projet de loi de "protection de la nation" dans lequel nous invitons à manifester massivement le 7 octobre 2017 dans toutes les villes de France. Des réunions de coordinations nationales sont déjà prévues sur Paris les samedi 16 et 30 septembre.


Citation :
En novembre, le gouvernement Macron veut entériner la loi sur l’état d’urgence dans le droit commun, faisant d’un régime d’exception la norme quotidienne !

Notre mobilisation est permanente, que la date 7 octobre soit l’occasion pour nous de répondre face a cette impunité, parce que nous sommes déterminés, parce que notre bon plaisir est de jouir sur une planète sans guerre, sans misère (qu’elle soit économique, intellectuelle ou affective) et sans pollution.

Voici ce que prévoit ce texte de loi dans les grandes lignes :

• Interdire la circulation des personnes ou des véhicules dans les lieux et heures choisies.
• Instituer des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé, c’est-à -dire que l’état décide qui a le droit ou non de s’y rendre et comment.
• Interdire le séjour dans tout ou partie d’un département à une personne dont on considère qu’elle entrave, de quelque manière que ce soit, l’action des pouvoirs publics.

Le ministre de l’intérieur, pour l’ensemble du territoire, et le préfet, dans le département, peuvent :

• Ordonner la fermeture provisoire des salles de spectacle, débits de boissons et lieux de réunion.
• Instituer par arrêté, des zones de protection ou de sécurité où le séjour des personnes est réglementé.
• Interdire à titre général ou particulier les réunions considérées comme de nature à provoquer ou à entretenir le désordre.
• Placer une personne suspecte sous bracelet électronique.
• Ordonner des perquisitions au domicile de suspects de jour comme de nuit.
• Le droit aux tribunaux militaires de saisir des crimes qui relèvent normalement de la cour d’assises du département.
• Le droit de fouiller les véhicules sans instruction du procureur.

Source juridique : « L’urgence d’en sortir » Syndicat de la magistrature (SM), Syndicat des avocats de France (SAF), Observatoire international des prisons (OIP), La Quadrature du Net (LQDN), Groupe d’information et de soutien des immigré .e.s (GISTI)

Le gouvernement veut donc « normaliser » l’état d’urgence sans avoir de compte à rendre à la justice. Cette loi liberticide ne garantie en rien notre sécurité. Bien au contraire, elle s’inscrit dans une logique de répression contre toute forme d’opposition !

L’état sera libre d’enfermer arbitrairement toute personne ou groupe suspect.
Cette mesure vise essentiellement à réprimer toute possibilité de contestation.
C’est d’ailleurs au titre de la contre-insurrection qu’elle fut conçue lors de la guerre d’Algérie

Nous devons donc réagir massivement face à cette nouvelle manipulation politique !

Aujourd’hui nos démocrates invoquent la crise économique pour nous imposer leur plans d’austérité et le risque terroriste pour nous imposer l’État d’urgence.
Ainsi nos dirigeants désamorcent toutes velléités de résistance.
Ne soyons pas dupes, ils ne chercheront jamais à éradiquer la misère et le terrorisme, ils en vivent...

Ce même Etat qui tue, mutile, enferme, humilie et entretien la pauvreté au nom d’une croissance qui profite aux banques au détriment des plus démunis nous contraint ainsi au silence au nom d’un terrorisme qu’il a lui-même crée de par sa politique.

Car seule notre seule force de travail et notre capacité à nous auto-organiser peut nous permettre de protéger nos acquis et de les renforcer pour enfin s’émanciper de ces politiques aliénantes.

Le 7 octobre 2017 marchons contre le capital et son projet de loi de « protection de la nation », dans chaque ville de France, unis et déterminés, solidaires et respectueux de la diversité, sans sexisme ni homophobie, sans racisme ni discrimination, afin que toutes et tous puissent participer à cette expérience !

Afin de décider ensemble de la suite du mouvement nous envisageons de constituer une assemblée générale à l’issue de ces manifestations.

Signé-es : des ouvriers-ères, des chômeurs-euses, des artisans-anes, des artistes, des médecins, handicapé-es, infirmiers-ères, architectes, hubéristes, allocataires, esclaves de la CAF, sans-papiers, boulangers-ères, avocats-es, livreurs-es, cuisiniers, serveurs-euses, clochards, prisonniers-ères,homosexuels, lesbiennes, hermaphrodites, électriciens-iènes, plombiers, charpentiers-ières, menuisiers, mécaniciens, anti-fa, habitants-tes de terres en luttes, squatteurs, voyageurs-euses, rêveurs-euses, victimes des sévices la police, familles de victimes, brasseurs, cultivateurs-trices, paysans-anes, magiciens-ienes, gens du cirque, gens du voyages, chauffeurs, transsexuels, forgerons, photographes, poètes-ses, réfugié-es, enfants, vieux, vielles, faucheurs-euses, activistes, militants-antes, rebouteux-euses, clowns, sorciers et sorcières, immigré-es, déserteurs-trices, travailleuses du sexe, travailleurs du sexe, danseurs-euses, troubadours, conteurs-euses, humanistes, humoristes, évadé-es, anonymes, nomades, né-es sous x, conscients-tes...

Merci de relayer cet appel au plus grand nombre.
Programmation, horaires et départs seront communiqués au fur et à mesure sur les sites habituels.
Des réunions de coordinations nationales sont déjà prévues sur Paris le samedi 16 et le samedi 30 septembre au CICP (21ter rue Voltaire dans le 11ème arrondissement.

Infos réunions/coordinations : resistonsaletatdurgence@riseup.net

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Mer 11 Oct - 2:39


douche froide et principe de réalité

une carte impressionnante mais...


400.000 fonctionnaires dans la rue selon la CGT, la moitié selon la police, cela donne entre 3 et 7 % des 5,4 millions de fonctionnaires et assimilés... Claironner que c'est une grande première de l'unité syndicale depuis 2010, oui, et alors, pour faire quoi ?

on constate un regain de la mobilisation défensive, plus que revendicative, parfaitement logique face aux mesures de Macron, mais à ce stade pas de quoi déstabiliser le gouvernement ni changer foncièrement sa feuille de route et d'austérité

l'épisode du compromis avec les routiers semble avoir tourné définitivement la page d'une perspective de modification en profondeur de la loi travail

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Mer 11 Oct - 16:39

12:34 maj

un parfum de vengeance d'État

il s'agit d'actions que j'ai quelques réticences à nommer des "luttes", mais je ne pense pas qu'elles méritent un sujet à part. Sous cette affiche qui, sous réserve d'un improbable humour, pourrait passer pour auto-dérision, des nouvelles des inculpés dans l'affaire de la "keufmobile"


Citation :
Le verdict est très lourd dans le procès de la voiture de police brûlée quai de Valmy. Le président a suivi ou alourdi les peines demandées par le procureur dans l’ensemble, en s’autorisant des comparaisons limites : "Vous avez agressé des policiers uniquement parce qu’ils étaient policiers. Un peu comme d’autres s’en prennent à des noirs parce qu’ils sont noirs" a lancé le président à Antonin.

Les condamnés sont sommés de payer au syndicat de police Alliance, partisan du tout sécuritaire, 5000 euros de dommages et intérêts. Les condamnations se sont basées sur la foi du témoignage anonyme d’un policier du renseignement qui n’a jamais pu être contre-interrogé et dont les propos se contredisaient à plusieurs reprises. Un rassemblement est en cours devant le tribunal pour protester contre ce rendu et un autre est prévu ce soir à 19h30 à Ménilmontant.

Angel B. : relaxé ("participation à un groupement en vue de la préparation de violences volontaires")
Leandro L. : coupable, 1 an de prison avec sursis ("participation à un groupement en vue de la préparation de violences volontaires")
Bryan M. : relaxé ("participation à un groupement en vue de la préparation de violences volontaires") ; coupable, 1000€ d’amende ("refus de prélèvement d’ADN")
Thomas R. : coupable, 2 ans de prison dont 1 avec sursis ("auteur de coups de poing et de coups de pieds sur le véhicule")
Kara B. : coupable, 4 ans de prison dont 2 avec sursis ("jet d’un plot métallique sur le pare-brise")
Ari R. : coupable, 5 ans de prison dont 2 ans et demi de sursis ("coups à l’arrière de la voiture à l’aide d’un plot métallique")
Nicolas F. : coupable, 5 ans de prison dont 2 et demi avec sursis ("coups sur le policier avec une tige")
Antonin B. : coupable, 5 ans de prison dont 2 avec sursis sans mandat de dépôt ("agression du policier à l’intérieur de la voiture et bris de la vitre arrière")
Joachim L. : coupable, absent, 7 ans de prison ("jet du fumigène")]

à part ça, étonnante interruption, à 22h07 du compte-rendu de l'Occupation en cours de l’institut de Géographie suite à la manifestation du 10 octobre, dont aucun organe de presse n'a parlé. Depuis, Paris-Luttes est muet, on n'en saura pas plus : évacuation discrète ? honteuse ? bizarre bizarre

16:30 : Paris-Luttes.Info a réagi à mon étonnement via twetter :

Citation :
Le suivi est terminé. L’occupation a pris fin dans la nuit du 10 octobre sans intervention policière.

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Dim 15 Oct - 0:06


questions

Je suis pas venu⋅e à la manif

Rebellyon.info 11 octobre 2017

Je suis pas venu⋅e, parce que je sais plus bien ce qu’on fait. Je sais pas ce qu’on cherche, je sais pas si notre stratégie est claire, même pour nous.

Citation :
Je vous écris parce que je suis pas venu⋅e à la manif. Pas parce que j’étais occupé⋅e, mais parce j’ai décidé de rester chez moi, et ça m’était pas arrivé depuis longtemps, depuis ce printemps où on s’est redécouvert⋅s nombreu⋅ses⋅x à plus supporter ce monde. Je suis pas venu⋅e, parce que je sais plus bien ce qu’on fait. Je sais pas ce qu’on cherche, je sais pas si notre stratégie est claire, même pour nous.
Le 12 septembre, quand on se battait avec le SO de la CGT et qu’ils nous disaient à nous, le cortège de tête, de nous barrer, que sans nous les manifestations se passeraient bien, je me suis dit qu’ils avaient un peu raison. Que si le cortège de tête était pas là, ce serait tout simplement ces fameux défilés morbides contre lesquels le cortège de tête est apparu. Et ça irait très bien à beaucoup de monde, aux manifestant⋅e⋅s syndica⋅ux.les comme aux forces de l’ordre et au pouvoir, si tout se passait bien.

On est donc là pour que tout se passe pas bien. C’est ça qu’on disait. Mais alors il faut assumer cette stratégie qui semble être la nôtre sans jamais avoir été énoncée : on est une force qui cherche à provoquer des heurts, et qui dit heurts dit répression, répression qui tendra à radicaliser celles et ceux qui habituellement la subissent pas.
Si c’est pas ça notre stratégie, alors il faut m’expliquer ce qu’elle est. Dans les faits, c’est ça qui existe. On est un élément perturbateur, qui attire la répression des forces de l’ordre, voire l’inimitié des personnes présentes en manifestation, sans concrètement mettre en danger l’économie et le système critiqués. Si c’est ça notre stratégie il faut l’assumer et être bien meilleur.e.s sur la communication vis-à-vis de cette répression qui finit par toucher même les « bon⋅ne⋅s manifestant⋅e⋅s ». Expliquer que c’est ça, le vrai visage de l’État, et depuis toujours. Pas juste tenter d’apitoyer les gens, pas juste attendre que chaque personne dans ce pays ait connu quelqu’un⋅e qui se soit fait tabasser/agresser/harceler/enfermer par la police et la justice.

J’ai été hyper enthousiasmé⋅e par la naissance du cortège de tête, par tout ce qu’on a tenté, réussi, raté, découvert, appris, pendant et après le premier mouvement contre la loi travail. Mais je sais plus bien ce que provoquent les bris de vitres, les tags, les blocages, les éternelles tentatives de manifs sauvages, les heures passées à attendre des ami⋅e⋅s nassé⋅e⋅s⋅ J’ai l’impression de foncer dans le panneau, de juste attirer la répression sans plus trouver grand chose de réjouissant, et même de profiter des quelques millimètres de liberté qu’on nous laisse en m’en contentant, en me disant qu’au moins on fait quelque chose, comme si c’était réjouissant de faire des rassemblements devant des TGI toutes les semaines.

Ce qui a semblé se déconstruire dans l’opinion publique vis-à-vis du bloc, des casseu⋅ses⋅rs, de l’autonomie et d’une réflexion politique plus radicale et sensible grâce à des textes intelligents et beaux a pas suffi, et on dirait qu’il faut continuer à expliquer aux mêmes personnes les mêmes choses, sans arrêt. Et on se voile la face pour pas voir que notre petit milieu retourne vite se fermer sur lui-même si on y prête pas garde.

Je vous écris parce je suis pas venu.e à la manif, parce que c’est de nouveau difficile de s’y sentir bien, parce qu’il y a encore et toujours des comportements qui pour moi collent pas avec une certaine idée de la bienveillance, et parce que je sais plus si on fait certaines choses parce qu’on a l’habitude de les faire ou parce qu’on les a vraiment réfléchies. Ou parce qu’on a envie de se la donner, tout simplement.
J’ai peur que nous aussi on devienne vie⋅illes⋅eux dans nos têtes, qu’on devienne du folklore dont on se lassera parce que tout le monde aura bien ramasse. J’ai l’impression qu’on oublie de prendre nos raisons d’être présent.e.s à leur base, qu’on oublie de prendre nos idées à leur base, qu’on s’est fait avoir par ces lectures spontanéistes qui ont enjouées beaucoup de monde à un moment mais qui peuvent aussi être une façon de plus trop se poser de questions. J’ai peur qu’on devienne la caricature que faisaient et que font encore de nous les médias, et qu’on dénonce, et qui étaient fausses. Et j’ai super peur aujourd’hui d’avoir des doutes sur leurs faussetés quand je vois les comportements de certain.e.s (plutôt certains) en manif (cf. 23 septembre à Paris).
J’ai l’impression que cette stratégie d’avant-garde provocatrice colle pas à cette époque, que nos idées et nos méthodes aussi peuvent être noyées dans le flot continu d’informations et de loleries qu’on scrolle en tirant sur un joint. J’ai l’impression de toujours être dans un entre-deux, de pas arriver à créer sur le plan humain des choses véritablement rejoignables et festives, enthousiasmantes, et de l’autre de nous sentir incapables de se poser dans une opposition radicale violente et soutenue, qui mettrait véritablement à mal les gens en face. Sur ce point, merci aux grenobloi⋅se⋅s incendiaires qui ont été un des rares vrais rayons de soleil de cette rentrée.

Je suis pas venu.e à la manif, je viendrai sûrement aux prochaines, j’ai écrit pour m’expliquer au moins à moi-même pourquoi j’étais pas venu.e, c’était sûrement pas clair et à développer, c’est sûrement un peu bordélique et naïf, mais j’ai peur qu’il y ait des questions qu’on se pose pas, qu’on se pose plus, par flemme, par habitude, par confort, et ce serait vraiment le plus triste, de se créer nous-mêmes de nouvelles cases merdiques. Il y a tout un tas de personnes qu’on rate, qui pensent de belles choses et qui malgré tout sont pas avec nous, parce qu’on se mouille pas assez, parce qu’elles ont peur, parce qu’on prend parfois trop de risques et parfois pas assez. Trop de risques face aux flics et à la répression, trop peu de risque face à celles et ceux qui pourraient participer à ce qu’on cherche à faire mais qui n’ont pas les codes, les paroles ou les « faits d’armes » qu’il faut.
On a moins de peur se cogner avec des CRS suréquipés que de communiquer les un⋅e⋅s avec les autres. De s’avouer que si on est là, c’est parce qu’on souffre de ce qu’est le monde et de notre impuissance à le changer. J’aimerais bien qu’on arrive à s’avouer qu’on est tristes, et que c’est ça qui donne la colère.
J’espère que tout le monde va bien. On se voit à la prochaine.

Un⋅e membre du cortège de tête.

Citation :
Merci pour ce témoignage.
je suis une personne lambda qui a toujours préféré le cortège de tête :
pour son autonomie, et sa détermination contre le capitalisme et L ordre social établi.
nous sommes dans une periode très dure et d’un grand virage néolibéral.
Les gens cherchent une alternative aux politiques et aux directions syndicales...
il faudrait peut être s auto organiser pour se positionner et etre acteur de cette période difficile.
la provocation et les casses ( même s elles sont symboliques politiquement) ne profitent pas à nos mobilisations, il est peut être urgent de déjouer les attaques médiatiques et rassembler au maximum !
nous ne ferons pas du Bisounours avec les outils de répression du pouvoir, chacun défend L intérêt de sa classe, et nous resterons vigilants à ne pas tomber dans les pièges.
Bonne lutte à tous !

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Patlotch



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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Dim 15 Oct - 13:34


Le 18 mai 2016, en plein mouvement social de contestation contre la loi travail, en marge d’une manifestation du syndicat policier alliance contre la haine « anti-flic », une voiture de police est brutalement attaquée et incendiée quai de Valmy à Paris.


Voiture de police incendiée en marge d'une manifestation "contre la haine anti-flic" le 18 mai 2016
Crédits : Simon Guillemin/Hans Lucas - AFP

Citation :
Seize mois plus tard, neuf personnes, dont certains en détention depuis plusieurs mois, comparaissent devant le tribunal correctionnel de Paris. Retour sur cette affaire. Interview des Bernanos, notamment Antonin, très intéressant...

- Rapport d'Amnesty international sur le droit de manifester et la répression policière
- Tribune de professionnels de l'image autour du procès
- Compte rendu du procès par les écrivains Alain Damasio, Nathalie Quintane, Frederic Lordon et Serge Quadruppani

Reportage : Olivier Minot
Réalisation : Cécile Laffon

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Jeu 19 Oct - 4:19


Citation :
On October 9, 2017, Drexel University administrators sent a letter to Associate Professor George Ciccariello-Maher informing him that he was being placed on paid administrative leave, effective immediately. The reason, they stated, was based on considering professor Ciccariello-Maher’s presence on campus a significant public safety risk to the Drexel University community and to himself, after he received a number of death threats against him and his family. The threats followed Professor Ciccariello-Maher’s postings on Twitter about the shooting in Las Vegas. Prof. Ciccariello-Maher sought to answer the question: Why are these crimes almost always carried out by white men? by tweeting “It’s the white supremacist patriarchy, stupid.” The tweets unleashed the series of threats against him and his family, to which Drexel University answered by placing Professor Ciccariello-Maher on leave.  

We, the undersigned members of the academic community, consider that with these measures, Drexel University is capitulating to racist internet trolls’ smear campaign and right-wing crusade to undermine academic freedom. In a moment in which the far-right feels empowered enough to begin a nation-wide offensive against academia, colleges and universities must pursue their efforts to provide learning environments that are welcoming, diverse, and safe for all members of the university community. In placing Professor Ciccariello-Maher on leave, however, Drexel is stating a dangerous precedent. Their response to this series of attacks against the most fundamental values of higher education is equivocal to say the least. By disciplining faculty members while remaining silent about the frightening onslaught of harassment to which faculty and students have been subjected, Drexel administrators are acknowledging that anonymous threats of violence are an effective tool to undermine academic freedom. This not only affects faculty members, but most importantly, it deeply harms the right of students to learn in a safe environment by suggesting that threats of violence and the language that accompany them can do away with intellectual debate.

We wish to express our deep outrage and alarm about Drexel University’s decision to place Professor Ciccariello-Maher on leave. We reject and denounce these measures as a failure to defend academic freedom and the students’ right to learn in a diverse and welcoming environment, and we stand in solidarity with Professor Ciccariello-Maher. We call upon Drexel president, the dean of the College of Arts and Sciences, the Faculty Senate and other members of the administration to reconsider that decision. Concessions to harassers only convey the message that these displays of hate are effective. We offer our unconditional appreciation and support to Professor Ciccariello-Maher.

We welcome the support of faculty, staff, students, alums, and other concerned educators to add their names to this letter. (Scroll to the bottom to sign.)

1 Gustavo Quintero Graduate Student Cornell University
2 Daniel Allen Graduate Student Villanova University
3 Ira Allen Faculty Northern Arizona University
4 Nina Hagel Faculty Bates College
5 Jasmine Wallace Graduate Student Villanova
6 Rishi Chebrolu Graduate Student University of Pittsburgh
7 Louis-Georges Schwartz Faculty Ohio University
8 Michael McCabe Alumn Drexel University
9 Jennie Ikuta Faculty University of Tulsa
10 Kelly Morehead Former Teaching Assistant SUNY New Paltz
11 Christopher Taylor Faculty University of Chicago
12 Parker Haile Undergraduate Student University of Colorado at Boulder
13 Rebecca Hill Faculty Kennesaw State University
14 Hassan Akram Faculty Wake Forest University
15 Kelli D Potter Faculty Utah Valley University
16 Melissa F. Weiner Faculty College of the Holy Cross
17 Nicolas Pastore Undergraduate Student Temple University
18 Ed Kazarian Faculty Rowan University
19 Alexander Price Graduate Student Harvard
20 Maria Gracia Rios Alumn Yale University
21 Corey Snelgrove Graduate Student University of British Columbia
22 Leila Yavari Alumn UC Berkeley
23 Kimberly Barzola Alumn Boston University
24 Zikri Rahman Graduate Student National Chiao Tung University
25 Andrei Migunov Graduate Student Iowa State University
26 Ivelisse Cuevas-Molina Faculty Fordham University
27 Lara Langer Cohen Faculty Swarthmore College
28 Joshua Ramey Faculty Grinnell College
29 Muhammad Yousuf Alumn University of Illinois at Urbana-Champaign
30 Ellen Miller Faculty Rowan University
31 Matteo Stiglich Graduate Student Columbia University
32 Glen Coulthard Faculty University of British Columbia
33 Kevan Aguilar Graduate Student University of California, San Diego
34 Anthony Abel Alumn UC Berkeley
35 Rob Bennett Former Colleague Boston University
36 Brian Dolber Faculty California State University, San Marcos
37 Nicolas Allen Graduate Student University of Buenos Aires
38 Jack Leff Graduate Student University of North Carolina at Charlotte
39 Jennifer Ponce de León Faculty University of Pennsylvania
40 Steven Blevins Independent researcher
41 Michael Nardone Faculty Concordia University
42 Neel Ahuja Faculty UC Santa Cruz
43 Benjamin McKean Faculty Ohio State University
44 Jordan Kinder Graduate Student University of Alberta
45 Jordan Holycross Undergraduate Student Temple University
46 Tanya Agathocleous Faculty Hunter College, CUNY
47 Nesrine Chahine Faculty Stockton
48 Nicholas R. Graff Graduate Student University of Washington
49 Zach Schwartz-Weinstein Alumn NYU
50 Gunes Ercal Faculty Southern Illinois University Edwardsville
51 Priyanka Das Graduate Student Ohio university
52 Colette LaViollette Undergraduate Student The Evergreen State College
53 Laura Sparks Faculty CSU-Chico
54 Samir Chopra Faculty Brooklyn College of the City University of New York
55 Bryant William Sculos Postdoctoral Fellow The Amherst Program in Critical Theory
56 Kara Nystrom Boulahanis Graduate Student University of Oregon
57 Andrew Zitcer Faculty Drexel University
58 Kirstine Taylor Faculty Ohio University
59 Barbara Moroncini independent scholar
60 Irina Ceric Faculty Kwantlen Polytechnic University
61 James WJ Robinson Graduate Student Northeastern University
62 David M. Grant Faculty University of Northern Iowa
63 Aaron Begg Graduate Student Johns Hopkins
64 G. Anthony Bruno Faculty Royal Holloway University of London
65 Lida Maxwell Faculty Trinity College
66 Benjamin Mabie Academic Publisher Verso Press
67 Aaron Apps Graduate Student Temple University
68 Erin Dyke Faculty Oklahoma State University
69 Maria Contel Faculty City University of New York
70 Ian Gallagher Undergraduate Student West Chester University of Pennsylvania
71 Sos Bagramyan Staff Member University of California, Los Angeles
72 Ann Braithwaite, Ph.D. Faculty University of Prince Edward Island (Canada)
73 Bonnie Honig Faculty Brown University
74 Joshua Clover Faculty University of California Davis
75 David Coady Staff Member University of Tasmania
76 Michael Schwartz Undergraduate Student Brown University
77 Fernando Leiva Faculty University of California
78 Samantha Fox Faculty University of New England
79 Rebecca Kukla Faculty Georgetown University
80 Adam Miyashiro Faculty Stockton University
81 Sarah Brouillette Faculty Carleton University (Ottawa, Canada)
82 Bill Mullen Faculty Purdue University
83 David Sartorius Faculty University of Maryland
84 Avyaktan(Avy) Srinivasan Undergraduate Student Drexel University
85 Jayinee Basu Graduate Student Touro University College of Osteopathic Medicine
86 Prashant Prakash Sonawane Student from India Savitribai Phule Pune University.
87 John Paetsch Graduate Student University of Georgia
88 David Murakami Wood Staff Member Queen's University, Ontario
89 Danielle Lightfoot Undergraduate Student NYU
90 Abraham Acosta Faculty University of Arizona
91 Adam Feldman Alumn
92 Aaron Jaffe Faculty The Juilliard School
93 James Stewart Staff Member University of Tasmania
94 Cassandra King Alumn Drexel University and Rutgers University
95 Laurie Davidson Mayor's Office
96 Tobias Huttner Graduate Student Johns Hopkins University
97 Edward Kihn Faculty CUNY John Jay
98 Shannon Rose Kilpatrick Concerned US Citizen Burlington College
99 Steve Rodgers Alumn University of Tennessee, Knoxville
100 Brendon Thompson Staff Member
101 Dorothy Kim Faculty
102 Aaron Hodges Faculty Scripps College
103 Clara Perez Alumn Emory University
104 Maximillian Alvarez Graduate Student University of Michigan, Ann Arbor
105 Thomas Thomson Graduate Student Yale University
106 Jesse Bailey Faculty Sacred Heart University
107 Adam Hudson Graduate Student University of San Francisco
108 Maria Hantzopoulos Faculty Vassar College
109 Johnny E. Williams Faculty Trinity College
110 Andrew Cornell Faculty Williams College
111 Gianluca Pulsoni Graduate Student Cornell University
112 Adam Kotsko Faculty North Central College
113 Michael Truscello Faculty Mount Royal University
114 Khadeeja Hamid Graduate Student University of Minnesota
115 Nathan Brown Faculty Concordia University
116 Anthony Lioi Faculty The Juilliard School
117 Ryan Breeden Undergraduate Student Simon Fraser University
118 Carwil Bjork-James Faculty Vanderbilt University
119 W. B. Mutch Instructor University of Alabama
120 vanessa reigosa Undergraduate Student university of florida
121 Ben Stumpf Undergraduate Student Hampshire College
122 Susana Loza Faculty Hampshire College
123 Holly Lewis Faculty Texas State University
124 John Zakala-Downs Former student University of Michigan
125 Amanda Reyes Graduate Student University of California Santa Cruz
126 Deirdre Golash Emerita Faculty American University
127 Amit Baishya Faculty University of Oklahoma
128 Paul Seltzer Graduate Student Yale University
129 Brian Stauffer Postdoctoral Affiliate University of Texas at Austin
130 Liz Mason-Deese Faculty George Mason University
131 Megan Fountain Graduate Student University of Connecticut
132 Candace O'Brien PhD Student
133 Natalia Marques Undergraduate Student Wellesley College
134 Joe Cleffie Philly resident
135 Tommy J. Curry Faculty Texas A&M University
136 Jasmine Noelle Yarish Independent Scholar
137 Naomi Waltham-Smith Faculty University of Pennsylvania
138 David Lambert Alumn Rensselaer Polytechnic Institute
139 Joshua Bergeron Graduate Student University of Illinois, Chicago
140 Christian Exoo Staff Member St. Lawrence University
141 David Young Graduate Student Duquesne University
142 Jenkin Benson Alumn Grinnell College
143 Chance Walker Undergraduate Student University of Texas at San Antonio

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Patlotch



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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Ven 3 Nov - 13:48


une autocritique en trompe-l'œil
qui se mord la queue

je relaie un texte de Paris-Luttes.Info, dont je souligne en gras quelques questions intéressantes même négativement, avec en bleu, mes remarques. Son caractère autocritique ne fait que confirmer le narcissisme de ces "combattant.e.s qui, tout en questionnant leurs pratiques, ne se considèrent pas moins comme l'avant-garde, le sujet révolutionnaire par excellence

Au-delà de l’anticapitalisme : comment évoluer dans les luttes ?

des participant-es aux luttes, 3 novembre 2017

Ce texte est une autre tentative de réfléchir à la situation actuelle, aux horizons de luttes, trop tributaires encore d’une stricte perspective anticapitaliste.

Citation :
Plus d’un an et demi après la fin du mouvement contre la loi travail et son monde, alors qu’il semble toujours moins sûr qu’une contestation sociale parvienne à s’enclencher, nous voulons essayer d’esquisser quelques réflexions, pour parvenir à continuer l’invention politique d’un autre monde.

En préambule, on tient à présenter ce nous qui parle : même si nous ne sommes pas tous-tes des hommes, certain-es ne se vivant pas comme tel-le, nous reconnaissons tous que notre socialisation primaire est celle d’hommes, tout comme notre apparence est le plus souvent masculine. La plupart d’entre nous sont hétéros, d’autres peuvent se définir comme bi, pan, ou tout simplement n’avoir aucune envie de mettre des mots sur leur sexualité. Nous sommes tous blancs de classe moyenne. Se présenter comme nous le faisons est une façon de déjouer le faux universalisme qui se cache derrière la plupart des pratiques d’écriture militante. Et même si nous avons donc écrit ce texte, nous ne revendiquons l’invention d’aucune des idées proposées ici. Nous ne les avons eu qu’à force de fréquentation des textes, paroles, actions de concerné-es.

Du coup, la critique que nous essayons de formuler n’a pas pour but de nous épargner ou de nous ménager une place de donneur-euses de leçon.

On précise qu’on s’inclut dedans : on part de nos erreurs, de nos difficultés, des saloperies qu’on a vu, dans le champ de la politique anti-autoritaire comme ailleurs. On ne donne pas de leçons, on essaye d’en tirer, pour éviter que ne se reproduisent les échecs du passé. Ce nous qui parle ne se veut pas être autre chose qu’un agglomérat de quelques voix réunies, il n’est pas La Vérité, et n’essaye même pas de s’en donner l’air. Et en aucune façon il n’essaiera de prendre plus de place que la simple position.
Ce texte est un début des réflexions que l’on veut mener collectivement. Pourquoi ? Parce que nous vivons une époque charnière, où un nouveau cycle de luttes s’est ouvert -ou fermé- qui nécessite d’être pensé et analysé.

Dans cette période exceptionnelle il y a des possibilités de changements, l’espoir de faire bouger des lignes. Néanmoins, l’orientation de ces lignes va dépendre de la capacité des mouvements révolutionnaires à penser et à agir, mais surtout de la façon dont elles le feront. [considération plutôt optimiste et typique de l'autonomie revendiquée plus bas]

Il s’agit d’éviter les échecs du passé, quand les gauchistes des années soixante, fermés sur eux-mêmes et leur conception de la lutte révolutionnaire ont manqué tout un monde d’invention et de libération sociale et politique. [merci pour les féministes...]

Ce que nous voulons dire est simple, mais soyons honnêtes, s’il est peut-être partagé dans la tête de beaucoup, cela n’émerge pas dans la plupart des pratiques générales du mouvement.

Nous disons que le mouvement révolutionnaire, dans sa majorité la plus visible, considère que la révolution, la transformation sociale, comme on veut bien l’appeler, repose sur une lutte principale : la lutte contre le capitalisme et l’État, et des luttes annexes, contre le patriarcat, la domination blanche, les systèmes de normes (sexuelles, de genre, physiques, mentales), l’anthropocentrisme... [le capitalisme n'étant pas compris dans sa domination sociétale structurelle, les autres luttes sont considérées comme annexes devant être intégrées]

Cette vision d’un ennemi principal, innerve encore l’imaginaire révolutionnaire. Nous pensons pour notre part que toute tentative de lutte, si elle se veut révolutionnaire doit envisager qu’il existe un ensemble de systèmes de domination, d’exploitation et d’extermination : le capitalisme, le patriarcat, les systèmes de normes, le spécisme..., qui parfois se recoupent, mais qui perdurent au-delà de l’horizon anti-capitaliste.[1] [ici, « l'horizon anti-capitaliste » doit être compris comme le leur, celui de leurs luttes, non comme dépassement du capitalisme]

Si les principes de la superposition de ces différents systèmes de domination commencent depuis quelques années à s’installer dans les mouvements révolutionnaires -et encore, seulement une partie- ils le sont dans des proportions qui nous semblent faibles, surtout dans les pratiques concrètes de ces mêmes mouvements. La lutte révolutionnaire doit prendre en compte ces systèmes à chaque instant, pour qu’évoluent nos manières de faire, pour que nous ne les reproduisions plus dans nos actions, nos pratiques, nos vies, comme nous le faisons encore si volontiers. [cette conception de la superposition rappelle celle de l'intersectionnalité : il faut, yaka, de l'extérieur..., la lutte révolutionnaire serait le produit d'idées révolutionnaires, on baigne dans l'objectivisme/subjectivisme militant]

Nous devons cesser de croire que parce que nous nous proclamons révolutionnaires nous ne participons pas à la reproduction des dominations. [2]

À partir de là clarifions une chose.

Autonomie des luttes ne veut pas dire se désintéresser de ce qui est dit par les personnes concerné-e-s par un système de domination si l’on considère qu’il ne nous concerne pas. Envisagée comme elle l’est à l’heure actuelle dans la plupart des cas, l’autonomie des luttes est plutôt un alibi pour ne pas s’intéresser aux combats des autres, rester perclus de certitudes et surtout, ne rien changer à ses méthodes, à son comportement.

Reconnaître l’évidence de la parole et de l’action aux premièr-e-s concerné-e-s ne doit pas signifier désintérêt de leurs luttes, de leurs histoires, de leurs situations. Le silence des allié-es n’est évidemment pas celui du cause toujours, mais il ne peut pas être un silence inactif, une passivité.

Ainsi, il ne s’agit pas de considérer normal de ne pas prendre la parole les premiers après un crime policier raciste mais plutôt interroger ses pratiques (ne pas fantasmer les quartiers populaires et décider unilatéralement d’investir un quartier au cours d’une manifestation avec des méthodes et des messages incompréhensibles pour les habitant-es, ne pas décider qu’un quartier où l’on va boire des coups le soir est notre quartier...).

Ainsi, ce n’est pas parce que nous féminisons des textes parfois, que ne se reproduit pas, avec une férocité profonde, la domination patriarcale. Il n’est qu’à écouter vraiment les copines révolutionnaires pour s’assurer que rien chez nous n’est bien différent de ce qui se joue dans l’ensemble de la société. Nous disons qu’il n’y aura pas de mouvements révolutionnaires tant qu’il y aura des femmes pour craindre, à l’intérieur du mouvement révolutionnaire les mêmes agressions, les mêmes violences, les mêmes viols qu’en-dehors du mouvement révolutionnaire. [3]

On peut d’ailleurs remarquer que Nuit debout n’a été analysé que comme un facteur de radicalité pour les personnes qui s’y réunissaient (notamment la nuit du 9 avril, comme un moment où s’est effacé la distinction « bons »- « mauvais manifestant »). Les analyses en restaient là quand les soirées sur la place de la République ont été le lieu de plusieurs agressions sexuelles et de viols, qui n’ont entraînés aucune réflexion sur la pérennité de la domination patriarcale.

De la même façon nous remarquons que l’analyse du black bloc s’arrête à son histoire, à son organisation qui échappe aux médias. Il faut pourtant la continuer pour voir ce qui s’y reproduit encore de rapport de domination. Ainsi, la pratique du black bloc n’efface pas, même si elle anonymise, la répartition genrée de l’usage de la violence et des rôles de « care ». Le black bloc n’est pas une pratique qui efface magiquement les dominations (il n’est qu’à entendre les insultes putophobes ou homophobes qui en jaillissent souvent) ; son principe même repose sur une conception validiste de l’action politique. En bref, au-delà de la critique pertinente de la fétichisation de certaines pratiques, il y a bien d’autres réserves qui sont encore à prendre en compte.

Nous n’avions pas ensuite à arrêter les fantasmes de notre révolte à certains partis pris et certaines divisions coloniales (l’émeute, enfin, qui réunit le militant, qui existe par sa prise en charge politique du monde et le banlieusard, qui n’existe que parce que le militant, comme la police et l’État, l’enferme dans un lieu et le résume à cela) [4] . Nous avions à interroger des pratiques, comme la solidarité réelle et pas parcellaire, pas dans le sens de notre bon vouloir mais dans celui d’une aide réelle.

Pour nous, l’autonomie n’est pas l’imperméabilité aux besoins et aux combats des autres mais le fait de se créer ensemble comme un corps social, à partir des besoins, des combats des groupes et des personnes.

Prenons comme exemple la répartition de la parole dans les lieux de discussions en mixité sociale (assemblées, réunions, rencontres autour d’un livre, film etc...). A l’évidence, dans bien des cas, cette répartition reste inégalitaire. Ce sont les personnes les plus socialement dominantes qui parlent entre elles (entre eux). La première étape d’une réinvention du commun passe par la reconnaissance de cet état de fait. Nous pensons ensuite qu’il peut s’exercer une forme de contrôle de la parole de ces personnes dominantes, afin que puissent s’exprimer les personnes qui n’ont pas accès à la parole. Cela ne veut pas dire qu’il faille strictement organiser le temps de parole de tou-t-e-s, mais au moins poser en préambule de chacun de ces possibles moments de discussions mixtes que la parole n’est pas librement répartie, quand bien même la discussion aurait lieu entre anti-autoritaires. Bref, rappeler à chaque instant que nous n’échappons pas aux systèmes de domination.

Pour autant, une telle stratégie ne règle évidemment pas tout. La sociabilisation différenciée ne s’efface pas même si le cadre est plus égalitaire et il faut envisager que les moments plus informels sont aussi des moments privilégiés pour qui n’est socialement habitué-e, encouragé-e à prendre la parole. Ainsi, aussi égalitaire que puisse l’être, le cadre d’une discussion mixte, cela ne réglera pas tout.

Nous en venons donc à ce que nous disions plus haut : construire une forme de politique révolutionnaire autonome réellement commune n’implique donc pas de rendre égalitaire des cadres de la politique initialement formés par les usages des dominants mais de recréer aussi des formes nouvelles qui n’impliquent pas de « hisser » les dominé-es au rang des dominants, mais plutôt de faire en sorte que le travail d’adaptation repose justement sur ces derniers.

Pour le dire d’une façon plus simple, peut-être qu’il ne s’agit pas de dire que l’assemblée doit pratiquer une répartition plus juste de la parole mais qu’il faut essayer de réinventer à partir des positions, des pratiques des dominé-es des cadres de discussions réellement mixtes. [5]

Il s’agit donc, à partir de là, de recommencer à lutter.

Et recommencer, c’est pour nous reconnaître que toute la philosophie politique et toutes les prétentions de l’universalisme de cette dernière résulte d’un qui parle dont il ne s’agit pas de faire un point d’achoppement à la parole et à l’action, mais le point d’interrogation de tout ce qui manque à un regard particulier pour créer du commun.

Ce qui veut dire, au delà des formules, que le point de vue de départ de beaucoup, pour ne pas dire la quasi-totalité des analyses et des pratiques qui sont les nôtres, reposent encore sur un point de vue situé qui s’universalise comme vérité, alors qu’il ne fait qu’ébaucher une part des expériences des dominations.

Recommencer, c’est donc repartir d’une autre vision du monde et des rapports humains. Repartir, c’est pour nous repartir à zéro, à partir de rien, c’est à dire non pas effacer des luttes, mais ne plus les envisager seulement à partir de nous-mêmes mais à partir des voix et des corps que nous avons continué à nier.

Ce texte n’est bien sûr qu’un préambule à un travail plus complet, qui dépasse largement les personnes réunies par l’écriture de ce texte et qui, nous semble-t-il, doit être repris par le plus grand nombre pour nous éviter de reproduire les écueils évoqués.

des participant-es aux luttes.

Notes

[1] https://paris-luttes.info/une-analyse-anarchiste-de-la-4010

[2] http://www.grand-angle-libertaire.net/les-libertaires-lintersectionnalite-les-races-lislamophobie-etc-dialogue-sur-les-contextes-francais-et-quebecois/

[3] https://paris-luttes.info/a-propos-du-viol-collectif-qui-a-8797

[4] https://www.etatdexception.net/les-flics-dusul-entre-sociologues-blancs-et-victimes-racisees/

[5] Pour être clair, ce que nous avançons ici n’est absolument pas une remise en cause de la non-mixité.

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Patlotch



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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Sam 18 Nov - 23:13


jonction ou injonction ?

@cortegedetete a écrit:
il y a 2 heures

A propos de la puissance et de la (non) diversité de la manif sauvage du jour - source volontairement anonyme.






via MWASI - Collectif Afroféministe
#StopEsclavage a écrit:


En Libye Témoignage d'une sista soudanaise.

J'ai grandit en Libye, à Sebha, dans la région de Fezzan dans le sud. J'y ai passé mon enfance et la première partie de ma scolarité.

La négrophobie des libyens je la connais.

L'exclusion et l'oppression des fezzani/fezazna (noirs libyens) je les ai vues. J'ai entendu les insultes et le mépris que se prenaient mes camarades de classe fezazna à longueur de journée, j'ai vu les profs qui les maltraitaient physiquement et manquaient de respect à eux et à leurs familles en public. J'ai vu les quartiers noirs en marge, misérables (où des gens avaient encore la lèpre) alors que la misère, c'est assez connu, ne faisait pas partie de la vie des libyens blancs. J'ai vu les femmes noires libyennes baisser la tête quand les blanches leur parlaient, et leur douleur d'être en face de la petite fille de l'ancien maître de leur grand père. J'ai vu des hommes noirs dans des positions professionnelles très importantes et très respectés par les communautés étrangères mais qui étaient mort de peur devant des gamins blancs de 20 ans parce qu'ils savaient qu'à la moindre tension ils pouvaient leur tirer une balle dans la tête. Il faut le dire, on savait que nos voisins libyens avaient des armes, et on a parfois vu ces armes; les fezzani eux n'étaient pas armés. On savait aussi qu'à chaque fois qu'on entendait un coup de feu c'était un fezzani tué par des blancs, et ça pouvait être un policier noir.

J'ai su que mes voisins et voisines libyens pouvaient sans aucune honte frapper le plombier ou l’électricien nigérien, parce que c'est un "abd" (esclaves), et j'ai vu des ouvriers ouest africains venir frapper à notre porte pour aller aux toilettes parce que leur employeur blanc libyen les emperchait d'utiliser celles du travail "parce qu'ils sont sales et ont le sida".
Alors quand on vient me dire que c'est l'impérialisme, on se fout de ma gueule. La seule raison pour laquelle jusque là l'esclavage en Libye n'était pas pratiqué formellement, c'est que Khaddafi a exécuté des esclavagistes en 1969 pour calmer tout le monde. L'esclavage est revenu pas juste parce que c'est le chaos, mais parce que l'Institution Khaddafi est tombé et l'interdiction de l'esclavage avec. Mais la société libyenne était prête, depuis longtemps, pour ce retour de l'esclavage, et ça l'arrange puisque là c'est des libyens qui vendent, mais ACHETENT aussi des africains (y compris les soudanais soit disant arabes) ET DES FEZZANI AU MARCHE comme on achete des tomates.

D'ailleurs soyons clairs, les grandes tribus libyennes (blanches) sont en tension depuis longtemps pour le pouvoir; et leur rêve de voir Khaddafi, le chef tribal suprême, tomber, ne date pas de 2011. Des gens que j'ai connus étaient dans le gouvernement de Khaddafi, et sont aujourd'hui toujours au pouvoir aux côtés de l’impérialisme et de ceux qui l'ont tué. Ceux qui souffrent du "chaos" et des politiques migratoires impérialistes sont en premier lieu les étrangers en général, mais surtout les africains noirs, et les Fezzani, qui n'ont connu la liberté (ou la ségrégation à la place de l'esclavage) que de 69 à 2011. Le retour de l'esclavage a lieu avec la complicité de l'impérialisme, mais du fait de la société libyenne et des tribus blanches.

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Sam 2 Déc - 20:10


on dit "luttes", et l'on entend généralement par là luttes de classe, luttes féministes, antiracistes, etc. Mais par les temps qui courent, certains luttent contre tout ça... Bon, OK, je n'ai pas ouvert un sujet témoignant ou dénonçant le racisme... Dénoncer, qui ne le fait pas ? Mais...


Tentative de pogrom anti Roms à Gand
Veille Antifa Liège 30 novembre 2017


Hooligans d’extrême droite dans les rues de Gand

Citation :
Les médias francophones n’en finissent plus de tourner en boucle à propos d’une succession d’émeutes à Bruxelles, laissant certains politiques se lâcher tant au niveau de sorties racistes que complotistes : « il existe un système derrière toutes ces émeutes » annonce le N-VA Jambon avant toute enquête, prétendant ainsi nier que des explosions de rage spontanées puissent – et vont sûrement encore – avoir lieu. Des lois toujours plus autoritaires et/ou ciblant une partie de la population en fonction d’une origine présumée ou du lieu de vie sont instaurées. Des contrôles au faciès sur un zone géographique déterminée ont déjà eu lieu à Bruxelles ces derniers jours.

Par contre, silence total au niveau francophone vis-à-vis des agressions perpétrées durant le rassemblement néo-nazi de ce dimanche 26 novembre à Gand…

L’histoire commence le 3 novembre : un groupe de dizaines de fachos ont essayé d’attaquer un squat de Roms. Certaines personnes sont arrêtées et l’une d’elles (Xavier K., président d’un club de supporters du KAA Gent) passe plusieurs semaines en prison. Le rassemblement de ce dimanche, non autorisé, était organisé pour protester contre sa détention. À la base il s’appelait d’ailleurs “Je suis Xavier”, avant d’être changé en “Je suis Belgique” sur demande de la famille (par crainte de problèmes avec la justice).

250 néonazis et hooligans d’extrême-droite, dont certains venant d’Anvers, ont répondu à l’appel et ont pu tranquillement défiler plus de deux heures dans le centre ville gantois, aux cris de “dehors les Roms”, “dehors les squatteurs”(1), “dehors Termont” (bourgmestre Sp.a de Gand, que la N-VA essaye d’évincer en faisant une campagne anti Roms).

Quand aux personnes présentes à cette manifestation, la presse flamande a relayé le fait qu’il s’agissait de supporters néo-nazis du “KAA Gent” et d’autres villes, mais comme le souligne le journal DewereldMorgen, cela n’est pas tout : Rob Verreycken du Vlaams Belang et Edouard Hermy du groupuscule N-SA ont ouvertement soutenu l’événement. Le cercle étudiant KVHV (qui travaille avec Francken et dont Jambon est membre honoraire) a ouvertement soutenu la première agression du 3 novembre. L’article de presse explique également comment le discours anti-roms de la N-VA a légitimé ce genre d’agressions.

Les 250 personnes – chiffre donné par la presse – gueulant “We hate you Roma, we do” (“On vous hait les Roms, oui on vous hait”) dans les rues gantoises étaient donc un regroupement de hooligans d’extrême droite et militants néonazis confirmés, et la N-VA qui n’est plus jamais très loin désormais en arrière plan. Sans doute s’agit-il du même type de regroupement que celui à l’origine d’agressions au centre de Bruxelles après les attentats de mars 2016.

Cette fois, démarrant de l’hôtel de ville, leur objectif était la rue Sleepstraat, dans laquelle se trouvent de nombreux commerces bulgares et turcs. Par deux fois les flics les ont empêché d’y entrer. Toujours d’après DewereldMorgen, l’objectif de la manifestation était non seulement d’attaquer ces commerces mais également une recherche de confrontation avec des personnes Roms (ou considérées comme telles). Leur parcours les a aussi amené à un centre d’accueil de nuit pour sans-abris dans lequel se trouvaient principalement des femmes et enfants, centre qu’ils ont essayé d’attaquer et dans lequel ils ont essayé de s’introduire.

Comme en Wallonie, ces néo-nazis vont dans le même sens que les politiciens auxquel ils prétendent « s’opposer ». Dans les faits, ils s’attaquent à des SDF, à des personnes migrantes ou même à des grévistes pour le bon plaisir du patronat. Bref, racisme et position de classe typiquement bourgeoise, des positions pas fort éloignée du gouvernement en place en somme.

“Le beau début d’une belle histoire”, annonce les organisateurs sur facebook.

On remarquera que lorsque des biens sont détruits par des personnes ethnicisées, les faits sont qualifiés d’émeutes (rajoutons “organisées” pour rassurer monsieur Jambon) et des communautés entières sont oppressées et ciblées par la répression, données en pâture à cette partie de la population qui tombe dans le piège de la délation en donnant ainsi l’impression d’un soutien massif au gouvernement.

Lorsque des personnes blanches aux slogans racistes tentent de s’en prendre à des personnes et à leurs biens en fonction de leur nationalité supposée, là le silence est de mise chez les politiques qui instrumentalisèrent les premiers événements. Il s’agit d’une tentative de pogrom.

Si les médias francophones finissent par en parler, parions que ce sera pour les définir comme “personnes en colère réagissant à des phénomènes problématiques” (sans avoir besoin d’aller aussi loin que Peter Dedecker de la N-VA qui avait jugé dans un tweet la première agression du 3 novembre comme “compréhensible”…).

Plus que jamais, l’antifascisme n’est pas à laisser entre les mains de l’État et des structures officielles, l’antifascisme est une autodéfense populaire nécessaire dont chacun.e peut se saisir, à travers des actes autonomes de toutes sortes, que ce soit de la veille informative, de la contre mobilisation, de l’autodéfense, des organisations et créations culturelles ou sportives qui rendent l’antifascisme vivant !

L’événement de ce dimanche à Gand illustre la voie ouverte tant par les médias que les politiques (ceux qui instrumentalisent comme ceux qui se taisent). C’est un appel d’air (clin d’oeil smiley à Théo) à la montée et à la banalisation des discours et passages à l’acte violents de militants fascistes. Une nouvelle preuve que nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes et notre force pour empêcher cela.

Info : une manifestation contre les violences policières et la politique raciste du gouvernement a été appelée par la campagne “Stop Répression” à Bruxelles. Celle-ci a été interdite par le Bourgmestre, et les organisateurs-trices ont décidé de la reporter au samedi 2 décembre. Le traitement policier différencié des fascistes et des antifascistes à Bruxelles et ailleurs ne laisse rien présager de bon en la matière…

Le 27 mars 2016 à Bruxelles (plusieurs centaines d’hooligans d’extrême droite mélangés à d’autres militants fascistes), ce 26 novembre à Gand (même chose) et une date annoncée par les fachos ce 10 décembre à Bruxelles : ne leur laissons pas la rue. Seule une réponse populaire de notre part pourra faire barrage.

Sources presse néerlandophone :
www.dewereldmorgen.be/artikel/2017/11/2…
www.nieuwsblad.be/cnt/dmf20171126_03208246
www.vrt.be/vrtnws/nl/2017/11/26/4-mense…/

(1) en comparaison, on se souviendra de la dernière manifestation « contre la loi anti-squat et contre toutes les expulsions » du 1er novembre à Bruxelles qui n’a même pas pu faire 100 mètres puisqu’elle fut cadenassé par les flics. Ces manifestant.e.s ont été fouillé.e.s et identifié.e.s, caméra en main, sans possibilité de se disperser.


hooligans d’extrême droite à Gand
le 26 novembre 2017


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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Mer 3 Jan - 19:40


document




Au cœur du mouvement «antifa»
Roderic Mounir Le Courrier (Suisse) 3 janvier 2018

Film suédois à voir ce soir à l'Usine de Genève et sur internet, "The Antifascists" montre la «guerre de basse intensité» que se livrent néonazis et extrême gauche de Stockholm à Athènes.


En décembre 2013, à Kärrtorp (Suède),
une manif antiraciste est prise à partie par des néonazis munis de gourdins et couteaux.

AEAEAE PRODUKTION


Citation :
Qui sont les antifas? Quels sont leurs buts et leurs méthodes? Celles-ci sont-elles efficaces et font-elles l'unanimité dans l'extrême gauche radicale? Ces questions sont débattues dans le film The Antifascists de Patrik Öberg et Emil Ramos, montré ce soir à la Makhno (l'Usine, Genève), suivi d'une discussion. Dans ce film très ­stylisé, projeté plus de 200 fois dans une cinquantaine de pays et désormais en libre accès sur Youtube, les réalisateurs vont à la rencontre de ces activistes, masqués ou non, et d'observateurs du phénomène.

The Antifascists se concentre sur la Suède et la Grèce, deux pays aux contextes politiques différents mais théâtres de la confrontation entre néonazis et antifas. Sans prendre parti, ­Patrik Öberg et Emil Ramos tendent le micro aux activistes antifas pour cerner les motivations de ceux qu'on range souvent sous le qualificatif «Black bloc». Certains faits sont rappelés, tels des assassinats de militants ou la répression policière dont le mouvement antifa fait l'objet. Ceci alors que l'extrême droite du FPÖ vient d'accéder au pouvoir en Autriche et que les national-populistes sont aux commandes, ou proches de l'être en Hongrie (Viktor Orban), aux Pays-Bas (Geert Wilders), en France (Marine Le Pen) ou en Allemagne (Alternative für Deutschland).

La crise économique

«Pas besoin d'être militant ­professionnel ou spécialiste du marxisme pour dire ‘je ne veux pas de fascistes et d'homophobes dans ma ville», affirme Showan Shattak. Jeune militant d'extrême gauche, féministe, supporter du football club Malmö FF, Showan a été laissé entre la vie et la mort par des néonazis qui savaient à qui ils avaient affaire. L'agression s'est produite le 8 mars 2014 au terme d'une marche pour la Journée internationale des femmes. Aujourd'hui, le crâne lézardé d'une immense cicatrice, il se reconstruit difficilement, en proie à la fatigue et à la perte de concentration. En attendant réparation, il reste déterminé à ce que Malmö reste une ville «accueillante et inclusive».

Selon la journaliste et activiste Kajsa Ekis Ekman, les causes de la montée de l'extrémisme violent sont diverses, mais l'aggravation de la crise économique est sans doute le premier facteur. En Grèce, Aube dorée est passé en quelques ­années de la confidentialité à 8% des suffrages à l'échelon ­national. «La colère d'une partie de la population, jadis dirigée contre l'austérité et l'Union européenne, s'est reportée sur les migrants et les sans-papiers, rendus responsables de la crise.» La conjonction d'un fascisme de rue et d'une extrême droite représentée dans les parlements touche de nombreux pays européens, contaminant tout l'échiquier politique – à l'instar des Etats-Unis où les discours d'exclusion sont propagés au plus haut niveau de l'Etat par ­Donald Trump.

Rôle de la police

Malmö, Kärrtorp, Athènes. Partout où les fascistes ont déversé leurs slogans haineux dans l'espace public, les antifas se sont fait fort de leur barrer la route, d'occuper le terrain et de délivrer un message clair: ils ne passeront pas. «Notre rôle n'est pas de dicter aux racistes ce qu'ils doivent penser mais de paralyser leurs organisations», analyse une militante. Elle juge le procédé efficace, car les fascistes sont plus forts en groupe qu'isolés, souvent démotivés par l'action collective quand leur influence ne grandit pas. «Dans les années 1990, les skinheads étaient partout en Suède, ils agressaient les gens, on n'osait plus sortir. Il y a eu des meurtres d'immigrants, ­raconte une militante. Le fascisme ne s'est pas estompé tout seul, il a été contré dans la rue, et la société suédoise n'a pas su le reconnaître.»

Le rôle de la police est particulièrement dénoncé. En Grèce, où le rappeur antifasciste Pavlos Fyssas a été assassiné par des membres d'Aube dorée, les sympathies de la police pour l'extrême droite sont pointées. Plus de quatre ans après les faits, le procès se fait toujours attendre.

The Antifascists revient sur une manifestation réprimée avec une extrême brutalité dans la banlieue de Stockholm, il y a quelques années, lors du défilé en opposition à l'un des principaux rassemblements nazis d'Europe. «Lorsque tu es témoin d'un tel degré de violence de la part de ceux qui sont censés te protéger, quelque chose se transforme en toi. Tu n'arrives pas à croire que ça arrive vraiment», témoigne un participant encore choqué, qui préserve son anonymat. Les images d'archive vidéo font effectivement froid dans le dos, la manif taillée en pièces par des forces anti-­émeute à pied et à cheval, la foule bloquée dans un tunnel transformé en cul-de-sac.

L'impasse de la violence

Face à la recrudescence du fascisme de rue et à l'attitude de la police – parfois impréparée, comme l'admet un officier suédois, et généralement hostile aux antifas –, l'action directe est vue par ses promoteurs comme une nécessité dans le but de préserver les libertés. Avec un corollaire, la marginalisation. Une observatrice suédoise pointe une «stratégie stupide», à courte vue.

Pour Joel Bjurströmer Almgren, qui purge une peine de cinq ans et demi de prison pour avoir poignardé un néonazi lors d'un affrontement, «le mouvement antifa est dans l'impasse. On est restés coincés quelque part entre 2005 et 2010. On a réalisé que la violence fonctionnait et on n'a pas dépassé ce stade-là.» Pour le militant au cou recouvert de ­tatouages, «l'antifascisme n'est pas tout, il faut structurer la lutte à d'autres niveaux».

C'est aussi l'avis de sa compatriote Liv Marend, pour qui l'antifascisme est indissociable de la lutte des classes. Elle juge impératif de briser le carcan «suédois et blanc» du mouvement et de le relier aux autres luttes – anticapitalisme, droits des LGBT et des migrants, etc. Ce besoin de forger des luttes positives, pour et pas seulement contre, est le carburant nécessaire à tout mouvement social. Nul doute qu'il y a là amplement matière à débat.

Ce soir, «café politique» à la Makhno, l’Usine, 4 pl. des Volontaires, Genève. Film à 20h, discussion à 21h30, DJ Alerta à 22h30 («love music, hate fascism»).

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Mer 17 Jan - 22:37


la ZAD fait bien les choses :
tout le monde a gagné et perdu, mais quoi ?

victoire des zadistes avec de Villiers et Hulot, donc Macron : l'État du capital a trouvé mieux, green again



ZAD et rétro Satanas !

finalement, c'était une lutte revendicative, avec ses syndicats d'agriculteurs, son Bové et son WWF, et ça n'ira pas plus loin, pour le reste, que des gesticulations allant faire la fête... à Belleville

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Sam 27 Jan - 19:37


sûrement n'est-ce pas à sa place, puisqu'il ne s'agit pas à proprement parler de luttes, mais si j'ose dire de leur fantasmes, revisité entre autre par la revue lundimatin (Damasio etc.)



la journée eut donc lieu, dont a rendu compte, sur Tweeter, @cortegedetete, avec qui j'ai eu cet échange

@cortegedetete a écrit:
il y a 3 heures

Sentiment amer que l'on cherche à corriger la capitalisme à la marge. Personne n'évoque (ici) la destitution du travail, son refus, le choix de cesser de nourrir la bête pour s'émanciper véritablement, lutter, bâtir "en dehors" ou "en lisière"...

Patlotch a écrit:
il y a 2 heures

hé bien cela me semble être une limite intrinsèque du slogan et des analyses théoriques "anti-travail", d'un point de vue communisateur qu'en ceci (et guère plus) je partage
#ToutLeMondeDetesteLeTravail

quant à ce que j'en songe, d'expérience

TRAVAILLER POÈME
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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Dim 28 Jan - 21:52


lutte revendicative, le retour d'une "légitimité" ?

Allemagne. Vers une grève illimitée pour les salariés de la métallurgie
Ouest-France avec AFP 27/01/2018

Les grèves persistent dans le domaine de la métallurgie en Allemagne, faute d'accord entre les syndicats et le patronat. Les grèves persistent dans le domaine de la métallurgie en Allemagne, faute d'accord entre les syndicats et le patronat.


Citation :
Le conflit dans la métallurgie allemande, secteur clé de l’économie du pays, s’est aggravé ce samedi 27 janvier 2018 avec une intensification prévue des débrayages et la menace d’une grève illimitée suite à l’échec de négociations sur le temps de travail.

« Manifestement les employeurs ne comprennent pas d’autre langage que celui de la pression », a lâché Roman Zitzelsberger le négociateur en chef du syndicat de branche IG Metall, qui représente 4 millions de salariés.

Après des semaines de grève, le conflit dans la métallurgie allemande, secteur clé de l’économie du pays, s’est aggravé ce samedi 27 janvier 2018 avec une intensification prévue des débrayages et la menace d’une grève illimitée suite à l’échec de négociations sur le temps de travail.

Le syndicat de la métallurgie réclame une hausse des rémunérations de 6 % pour les salariés de la branche sur la période (environ deux ans) sur laquelle doit courir la prochaine convention collective. Mais c’est surtout l’éventuelle introduction d’un droit des salariés aux 28 heures qui alimente un bras de fer avec le patronat.

Le patronat s’y refuse, parlant de « revendications démesurées ».

Plus de 250 entreprises

La direction du syndicat a donc décidé une montée en puissance. À partir de la semaine du 29 janvier 2018, ces débrayages dureront à chaque fois 24 heures dans les sites choisis, paralysant de fait momentanément la production. « IG Metall va appeler, après vote dans les entreprises, à une grève d’avertissement de 24 heures », a annoncé son président, Jörg Hofmann.

Ces grèves d’avertissement sur une journée entière sont un outil très récent dans l’arsenal d’IG Metall, qui n’y a encore eu jamais recours. Elles pourraient concerner plus de 250 entreprises dans le pays, dès mercredi 31 janvier 2018.

La centrale syndicale représente 3,9 millions de salariés - toutes catégories professionnelles confondues - dans la métallurgie, vaste branche chapeautant des secteurs clés comme l’automobile et les industries électriques et électroniques (semi-conducteurs, électroménager, machines-outils).

IG Metall a également menacé ultérieurement d’une grève générale dure et illimitée dans le secteur si la situation reste bloquée. Le syndicat va d’ores et déjà commencer à préparer une consultation de ses membres dans cet objectif. La grève totale est une rareté en Allemagne, pays épris de consensus social.

La dernière grève dure illimitée dans le secteur de la métallurgie remonte à 2003, lors d’un mouvement pour les 35 heures à l’est du pays. IG Metall avait alors fait chou blanc et traversé une profonde crise.

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Mer 31 Jan - 19:49


Les cheminots marocains de la SNCF ont "gagné" après un long combat: la cour d'appel de Paris a condamné mercredi la compagnie ferroviaire dans l'affaire des 848 "Chibanis" qui la poursuivaient pour discrimination.


Citation :
Il était impossible dans l'immédiat de connaître le montant total des dommages et intérêts, ni même le nombre précis de cas de discriminations reconnues. En première instance, la SNCF avait été condamnée à plus de 170 millions de dommages et intérêts.
La centaine de Chibanis ("cheveux blancs" en arabe) présents mercredi à la cour d'appel ont attendu une heure, dans une ambiance grave et joyeuse à la fois, pendant que les avocats consultaient une partie des arrêts rendus.
Puis leur avocate est sortie, les bras en l'air et émue aux larmes, pour annoncer que c'était "gagné", avant d'être portée en triomphe.
"Il y a eu aujourd'hui la confirmation des condamnations (pour discrimination) obtenues en première instance en matière de carrière et de retraite et nous avons obtenu en plus des dommages et intérêts pour préjudice moral" et pour "préjudice de formation", a déclaré Clélie de Lesquen-Jonas, sous les vivas et les sifflets.
"C'est un grand soulagement, une grande satisfaction", a-t-elle commenté.
Après moult renvois et plus de douze ans de procédure pour certains, la quasi-totalité des plaignants avaient obtenu gain de cause devant les Prud'hommes en septembre 2015. Mais l'entreprise avait fait appel de cette décision.
Dans une déclaration à l'AFP, la SNCF a dit "prend(re) acte" de la décision rendue mercredi.
Ses avocats vont "étudier les décisions prises par la Cour d'appel pour chacun des 848 dossiers" et "à l'issue de cette analyse, SNCF Mobilités se réserve le droit d'un éventuel pourvoi en cassation", a-t-elle précisé.
Les cheminots, marocains pour la plupart (la moitié ont été naturalisés), ont été embauchés entre 1970 et 1983 par la SNCF, majoritairement comme contractuels, et n'ont pas bénéficié du "statut" plus avantageux des cheminots, réservé aux ressortissants européens, sous condition d'âge.
Des "contractuels sont partis (en retraite) à 65 ans, alors que les cadres permanents sont partis à 55 ans", a ainsi expliqué à l'AFP Brahim Ydir, un des plaignants. "On a travaillé dix ans de plus" qu'eux avec des salaires inférieurs, sans avoir "le droit de monter les grades" ni d'avoir accès "aux soins gratuits", a-t-il dit.
La décision de la cour d'appel est une "reconnaissance" des discriminations subies, cela "nous soulage un peu, mais la blessure est profonde", a réagi un autre plaignant, Ahmed Mikali, saluant une justice qui "a bien fonctionné dans ce cas".
Tout au long de la procédure, le groupe public ferroviaire a nié une "quelconque politique discriminatoire à l'encontre des travailleurs marocains", estimant avoir constamment "veillé à l'égalité de traitement de tous ses agents dans l'environnement réglementaire décidé par les pouvoirs publics".
Ces salariés "sans qualification" n'avaient "qu'une très faible chance, y compris s'ils avaient bénéficié des règles statutaires, d'arriver à une position cadre", avaient plaidé les avocats de la SNCF devant la cour d'appel.
Ce n'est pas l'avis du Défenseur des droits qui avait pointé, par la voix de son représentant, une discrimination "organisée, statutaire" qui n'est pas sans lien avec "notre histoire coloniale".
Les parties s'étaient également opposées sur le montant des éventuels dommages et intérêts.
Les Chibanis ont demandé 628 millions d'euros en tout pour différents préjudices (carrière, retraite, formation, d'accès aux soins, santé, etc.), soit "700.000 euros par demandeur", selon la SNCF qui juge ces chiffres "exorbitants".

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Jeu 1 Fév - 14:42


un nouveau site Internet sur Rouen, qui se présente a priori entre Lundimatin et Paris-Luttes.Info



Citation :
Après plus de 3 ans d'existence sur facebook, nous lançons notre site Internet. Une occasion de s'émanciper de la temporalité frénétique des réseaux  sociaux et de donner une visibilité renouvelée à l'actualité du désordre et de la contestation rouennaise.

le premier numéro en ligne est donc principalement composé d'articles de 2017, et les archives remontent à 2016

on peut penser que la ligne générale est de cet ordre :

Citation :
Car la chose est entendue. Ce monde touche à sa fin. Mais il peut encore lui falloir du temps pour rendre définitivement l’âme. D’autres mondes existent déjà. Et d’autres seront amenés à surgir de toutes part. L’antiterrorisme est l’une des formes par laquelle le pouvoir tente, comme sa fonction l’exige, de conjurer l’inévitable. A nous de le précipiter.

conclusion de Tarnac, le procès qui vient, 30 octobre 2017

c'est effectivement de l'ordre de la conjuration, entre :

Citation :
1. Action préparée secrètement par un groupe de personnes (contre qqn ou qqch.) : la conjuration des mécontents.
2. Rite, formule magique pour chasser les démons, orienter des influences maléfiques.

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Lun 5 Fév - 21:51


273 Carrefour menacés de fermeture
(le groupe Carrefour compte 247 hypermarchés en France)


Quels sont les magasins Carrefour menacés de fermeture ?
carte interactive

A l’hypermarché Carrefour de Montreuil, l’espoir d’une mobilisation nationale
Valentin Ehkirch Le Monde 05.02.2018

A l’appel de la CGT, des salariés s’étaient donné rendez-vous lundi pour protester contre le plan de restructuration du groupe annoncé fin janvier.


Citation :
Le cortège circule entre les fruits et légumes, passe devant les produits surgelés. Plusieurs dizaines de manifestant bloquent rapidement les caisses, et des drapeaux aux couleurs de la CGT dépassent des rayons. L’organisation syndicale avait prévu, lundi 5 février au matin, une première action de blocage de l’hypermarché Carrefour de la porte de Montreuil, à la lisière de Paris et de la Seine-Saint-Denis.

Les manifestants de la CGT ont bloqué durant plusieurs dizaines de minutes les caisses de l’hypermarché Carrefour de la Porte de Montreuil, pour protester contre le plan de restructuration annoncé par l’entreprise.

Le lieu est stratégique. Le siège du syndicat national est à quelques pas, et son secrétaire général, Philippe Martinez, est attendu pour le lancement d’une semaine de mobilisation du 5 au 10 février. Philippe Allard, délégué CGT à Carrefour, l’avait annoncé à la sortie d’une réunion au ministère du travail la semaine dernière, son syndicat ne « négociera pas. Il se battra pour qu’il n’y ait pas de plan ».

Car depuis l’annonce par Alexandre Bompard, le PDG de Carrefour, le 23 janvier, d’une importante transformation du groupe, l’inquiétude monte chez les salariés. Un plan de départs volontaires a été évoqué, qui concerne 2 400 salariés au siège du groupe, mais les syndicats estiment qu’il pourrait toucher plus de 5 000 personnes.

Lundi, à Montreuil, les manifestants viennent de toute la France. De Lille, de Marseille, de Bretagne, ou encore de Lyon, le mot est passé parmi les salariés du groupe. Une délégation venue de Belgique a même fait le déplacement. Carrefour, qui est également implanté dans ce pays, a annoncé, deux jours après la restructuration française, un plan d’une ampleur similaire en Belgique.

« Pas d’augmentation de salaire, mais une diminution des effectifs »

Echarpe rouge autour du cou, badge CGT sur la veste, Laurent Lamaury est employé au rayon fruits et légumes d’un Carrefour Market de Verrières-le-Buisson, dans l’Essonne. Egalement délégué syndical national, il est venu soutenir la mobilisation à Montreuil pour « dénoncer le plan Bompard ». « On observe depuis un moment la baisse des heures travaillées, et les mises en location-gérance qui s’accélèrent. » Ce dernier point est l’une des inquiétudes majeures des salariés de ces magasins : « Avec la location-gérance, les avantages dont on bénéficiait peuvent être renégociés au bout de quinze mois, et on risque de les perdre. »

« Ce qui nous fait peur, c’est que l’on ne parle pas d’augmentation de salaire, mais de réduction des effectifs »
, lâche de son côté Isabelle Daroux. Elle travaille depuis vingt ans dans l’hypermarché de la porte de Montreuil, et est déléguée du personnel depuis seize ans. « Rien qu’ici, en seize ans, on a perdu plus de 100 salariés. Il y avait 360 salariés quand je suis arrivée, à l’heure actuelle, nous en avons 257. » Selon elle, la direction de l’établissement n’informe pas les salariés des mesures de restructuration à venir. « Pour le moment, je ne crois pas qu’il y ait un plan de départs volontaires, mais ce genre de choses, on l’apprend au dernier moment », dit-elle.

Isabelle Daroux est toutefois sûre d’une chose : plusieurs postes vont disparaître au magasin de la porte de Montreuil. « Il y a quatre postes qui sautent au niveau de la comptabilité, et cinq autres au rayon électroménager », recense-t-elle.

Une société « où l’on se parle »

Soudain, un attroupement se forme à l’entrée du magasin. Philippe Martinez s’approche des salariés du groupe, suivi d’une nuée de caméras, de micros et d’appareils photo qui se déplace en bousculant les étalages. L’opération médiatique est réussie.



Le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez, est venu soutenir les manifestants

Le secrétaire général de la CGT est venu dénoncer « ce que certains appellent “le besoin de se moderniser” ». Il poursuit dans un micro qui crépite : « Mais ce que veut M. Bompard, c’est ce que veulent les actionnaires. » Mesures-phares de la restructuration, la mise en place de caisses automatiques et le développement de l’e-commerce sont fustigés par Philippe Martinez : « On parle beaucoup de numérique, mais il a bon dos ! » lâche-t-il, avant d’appeler à une « société où l’on se parle ». Un peu plus loin, Alexis Corbière, député (La France insoumise) de la Seine-Saint-Denis, est lui aussi venu apporter son soutien.

Le mouvement est censé prendre de l’ampleur. La CGT annonce vouloir mener des opérations similaires dans différents points de vente Carrefour en France, et FO prévoit de manifester jeudi devant le siège social de l’entreprise, à Massy, dans l’Essonne.

Une trentaine de minutes après le début de l’opération, le calme est revenu aux abords des caisses, et les salariés qui ne manifestent pas continuent de travailler à la mise en rayon des produits. A l’écart du mouvement, l’un d’eux confie discrètement ne pas vouloir prendre part à la mobilisation. Après près de dix ans de service au sein de l’hyper de Montreuil, il approche de la retraite. Il se « dit inquiet pour les autres, ceux qui ont encore plusieurs années de travail », mais il reconnaît : « On a besoin d’une restructuration ; si Carrefour ne se modernise pas, il est cuit. »

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Mar 13 Fév - 17:51


diablogue, de sourds ?

@Cortège de tête a écrit:
rdv demain dans la rue.
Ne les regardez pas, rejoignez-les !

@Patlotch a écrit:
regarder ou rejoindre, spectateur ou clown, that is the question. Parfois "la lutte" se fabrique comme spectacle et se regarde le nombril. Le monde s'en fout, le capital aussi, donc le communisme comme mouvement de son abolition. C'est comme ça

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Mar 13 Fév - 22:12


inconséquence

via Conséquences facebook
Comité d'action inter-lycéen a écrit:
Les dates s'enchaînent, et toujours plus de lycées mobilisés, toujours plus de facs désertées, toujours plus de manifestant.e.s en tête, toujours plus de neige & d'avalanches. Cela faisait longtemps que l'on n'avait pas vu un cortège tant briser la glace, réchauffer Paris d'une ardeur hivernale.

Néanmoins, il nous faut maintenant dépasser nos seules forces, dépasser le cadre de la seule manifestation, sectorielle & limitante. Les journées du 14 & du 15 février s'ouvrent sur cette perspective, avec une première date partagée avec les travailleurs sociaux, et une deuxième plus matinale permettant d'envisager d'autres actions.

Mais, il ne s'agit surtout pas de se limiter au mot d'ordre syndical, surtout pas de réhabiliter l'Université dans une lutte uniquement réformiste. Contre la sélection, certes, encore & toujours. Mais depuis 2016, la donne a changé et plus personne n'a envie de descendre dans la rue se battre pour la fac - pour ce qu'elle incarne, pour ce qu'elle représente, pour ce qu'elle est : une vaste entreprise de hiérarchisation des êtres et des savoirs, le lieu de légitimation d'un ordre social en décomposition.

Avant que la fac ne veuille plus de nous, nous ne voulions plus d’elle. Manifester pour une université universelle, ouverte à tous et sans sélection ne servirait qu'à maintenir et prolonger l'illusion que tels sont ses objectifs, et donc à renforcer le pouvoir d'une institution qui ne fait plus désirer personne.

Alors tandis que le 14/02 est une journée de grève générale du travail social & le 15/02 une journée nationale de mobilisation contre la loi Vidal & la réforme du bac, nous appelons les lycéen.ne.s, les étudiant.e.s et les professeur.e.s à :
- se retrouver en marge de la manifestation syndicale parisienne du 14/02 (12h métro St-Jacques)
- bloquer ou occuper leur lycée ou leur fac le 15/02
- manifester dès 11h (place de la Sorbonne) le 15/02.


Patlotch a écrit:
alias Henry Lassagne

ben si vous ne voulez pas d'études à buts capitalistes, abandonnez la fac au lieu de chialer sur la sélection sociale. Le cul entre deux chaises, vous n'êtes que des clowns du Spectacle

réussir 68 en 18 ? Mon cul !

cf 1968 ANNÉE révolutionnaire pour le CAPITAL : documents et propositions théoriques

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Dim 18 Fév - 12:40


NDDL : dissensions


PDF 59 pages

Citation :
Ce texte a été écrit durant l’automne 2017 sur la zad de Notre Dame Des Landes. Depuis, la situation a été bouleversée par l’annonce le 17 janvier 2018 de l’abandon du projet d’aéroport par le gouvernement.

Il pourrait sembler obsolète de le publier après la « victoire ». Mais, malgré l’importance qu’a cette lutte pour moi, il se trouve que je n’ai pas fêté cette victoire. Je suis probablement trop méfiant et pointilleux sur les enjeux qui se cachent derrière.
 
Dans cette période difficile pour les luttes sociales, la lutte contre l’aéroport a pris l’allure d’un symbole face à l’offensive capitaliste, comme la lutte à ne pas perdre dans un océan de défaites. Alors, en tenter une approche critique, c’est souvent se confronter à un réflexe de défense d’une vision idéalisée.

Eh bien, tant pis…

Cette brochure s‘adresse à qui veut questionner la « victoire », et aller fouiller un peu en profondeur dans ce qui se joue ici.

D’une part parce que la fin de la lutte contre l’aéroport laisse le « mouvement » orphelin, voire mort, et donc face à une situation
nouvelle. Or même si elle est nouvelle, elle restera la suite de ces longues années de mélanges et de conflits entre différentes tendances politiques, avec leurs différents objectifs et moyens dans la lutte.
 
D’autre part parce que les derniers mois qui ont précédé cette « victoire historique » ont beaucoup à raconter pour contribuer à une culture de lutte en général. Et parce qu’on peut déjà imaginer le rayonnement glorieux et éternel que beaucoup vont donner à cette victoire.

Ça cause de tensions politiques internes au mouvement d'occupation, d'alliances avec des orgas citoyennes et des partis, du rapport aux médias, de réformisme, de romantisme révolutionnaire, et de la situation après l'abandon du projet.

un commentaire, Indymédia-Nantes 18 février 2018
Citation :
Merci ! Bordel Merci pour ce texte de fond qui manque terriblement à nos luttes où il n'est pas bon de parler de nos dissensions, des tentatives de contrôle, de manipulation, de tactiques servent surtout les intérêts de certains, de nos faiblesses et de tant d'autres choses qui soi-disant "servent très bien l'état et les flics"(sic) et sapent l'unité de la lutte (mais quelle unité ? Et pour quels buts ? Et au détriment de quoi ? etc...).

Si seulement on arrivait à apprendre de tout ce qu'il y a de mauvais dans les luttes pour justement tenter de se rapprocher de quelque chose qui servent à long terme (et non à court terme) un "changement" radical de la société. En niant ce qui nous dessert, en niant nos conflits intérieurs et extérieurs, en niant nos faiblesses, en étouffant notre "humanité" et en parlant pas, autant à l'intérieur qu'à l'extérieur des mouvements, j'ai surtout l'impression que cela justement sert plus l'intérêt de l'état et du capital... et mettent sur le carreau celles et ceux qui souffrent le plus des dominations et inégalités de cette société pourrie jusqu'à la moelle !

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Lun 19 Fév - 7:36


discutable quant au mot d'ordre de blocage, mais ayant le mérite de mettre les pieds dans le plats du statut des luttes étudiantes "contre la sélection", qui de fait ne peuvent être que revendicatives, et réformistes


Make blocage great again
(considérations sur les luttes étudiantes et la sélection)

Le site d'infos pour la révolution 15 février 2018

La question de la sélection à l’entrée à la fac n’est pas nouvelle. Régulièrement elle revient sur le tapis. Bien sûr, c’est un jeu de dupes : la sélection existe depuis longtemps. Voyez vous même, prenez votre smartphone ou votre pc, tapez « origine sociale des étudiants », vous verrez. Pas la peine d’insister, d’autant que cette donnée est déjà assez largement connue. Mais si la sélection existe déjà, quel est l’enjeu de ce type de réformes ? Et que signifie refuser la sélection ? Et enfin, quand est-ce que les universités seront bloquées ?


Citation :
Reprenons les faits sur lesquels nous sommes d’accord. Il existe déjà une sélection de fait à l’université. La masse des enfants d’ouvriers, d’employés, de paysans pauvres, n’y accède pas. Il ne s’agit pas ici de faire un cours de socio, alors on passe les détails. Mais revenons sur le « péché originel », celui qui traverse tout le rapport à la scolarité : l’échec scolaire. Sur les plateaux télé, dans les journaux, partout ou il est possible de d’écraser publiquement quelques larmes de crocodiles, les politiciens, expert et autres bourges font mine de s’affliger de l’échec scolaire. Ce serait un fléau, il faudrait venir en aide aux enfants et bla bla bla. Pourtant, on ne va pas tous devenir astronautes, non ? Ou banquiers, ou chirurgiennes.

L’échec scolaire, c’est du mytho.

L’échec scolaire n’existe pas plus que la réussite scolaire. Il n’y a que de la reproduction. Il faut bien former les millions d’ouvriers de demain, les millions de livreurs, de secrétaires, de galériens de toutes sortes. Mais l’idéologie de l’échec et de la réussite remplit un rôle bien précis. Elle permet de faire rentrer dans le crane des ouvriers, des prolétaires de toutes sortes, que s’ils sont là, en intérim, à faire encore et encore la même tache répétitive surveillé par un petit chef aigri qui gagne 40 euros de plus qu’eux par mois, ce serait de leur faute. Qu’ils auraient pu « mieux travailler à l’école ». De l’autre côté, la « réussite scolaire » va mettre dans la tête des cadres de demain, qu’ils méritent leur situation, qu’après tout ils ont bossé a l’école, etc. On ne parle même pas des fils de bourges…

Derrière ce double mytho, il y a donc a la fois un impératif, celui de reproduire la société de classe, maintenir l’exploitation et un effet de propagande : nous faire croire que cela dépend de nous.

Lutter contre la sélection ? Vraiment ?


Revenons aux questions posée plus haut. Si, comme nous l’avons vu, l ‘ensemble du parcours scolaire n’est qu’une vaste sélection, en fonction des besoins de main d’œuvre, une machine a broyer la marchandise que nous sommes pour la dispatcher ci et là… Alors à quoi sert cette réforme ? Tout simplement à durcir les conditions de sélection. On enfonce des portes ouvertes en disant cela. Mais c’est pour mieux préciser les enjeux. Celles et ceux qui crient à la défense de l’université, qui haut et fort crient refuser la sélection… Sont aveugles ou le font exprès.

L’enjeu pour eux, n’est pas la lutte contre la sélection : elle est déjà là. Il s’agit plutôt de refuser une sélection supplémentaire. Et la concurrence accrue que celle-ci suppose, entre étudiants.

Alors, on vous propose de lutter en tant qu’étudiant, contre cette réforme précise. Non pas contre la sélection, hein, soyons sérieux : contre cette sélection là. Le problème, c’est que lutter en tant qu’étudiant, de nos jours, ce n’est pas une évidence.

Lutter en tant qu’étudiants ?

Il fut un temps pas si lointain, ou les mouvements étudiants étaient réguliers, nombreux, massifs.

Ces quelques années, grosso-modo en France entre 2003 ( réforme LMD) et 2013 (Fioraso), virent se succéder les luttes sur les universités. Comme dans de très nombreux pays du monde, il s’agissait de défendre un deal : en échange de mes études, peut-être vais-je devoir m’endetter pour les faire, mais qu’importe, a la fin, j’aurais un travail mieux payé, moins chiant que si je n’avais pas été à la fac. Et c’est sur la base de la défense de ce statut, que se produit une certaine unité entre les étudiants.

Cette unité se caractérise par des assemblées étudiantes ou l’on vote ensemble le blocage ou sa levée, on on discute « démocratiquement » sur la base d’un commun qui est celui d’être étudiant. Elle a été une dynamique importante. Mais elle s’est aussi révélée un carcan, un piège pour le mouvement. Car celui-ci a été vaincu. Année après année, il s’est écrasé sur le mur de la répression, dans une relative indifférence de la population, comme des vagues meurent sur des rochers muets. Car lutter uniquement sur la base d’un statut, c’est s’exposer aussi à la solitude. Et cela est d’autant plus difficile à tenir qu’au sein des étudiants, plusieurs fractions coexistent, aux intérêts et opinons divergentes.

Les étudiants contre la lutte.


Ainsi, à côté de celles et ceux qui voulaient que les étudiants luttent ensemble pour leur statut, d’autres voulaient s’en sortir… Par les études, ben tiens. Après tout, être étudiants signifie étudier, non ? Alors sont réapparu les anti-grévistes. Et en quoi seraient ils moins légitime que les autres du point de vue d’une lutte étudiante « démocratique » ?

C’est la conjonction entre ces différents facteurs : le répression policière, l’apparition des anti-grévistes et enfin une certaine indifférence de la dite « opinion publique » qui ne comprenaient pas pourquoi les étudiants ne voulaient pas étudier, qui a produit la défaite. Une défaite qui pollue encore les luttes des étudiants actuelles.

La dynamique actuelle.

Aujourd’hui, les luttes étudiantes font bien moins recettes que hier. Pourtant, un certain nombre d’organisations fossilisées s’échinent à reproduire un modèle qui tourne à vide, quitte a tuer dans l’œuf tout dépassement.

Mais au-delà des manœuvres dérisoires de quelques apprentis gestionnaires, on peut se laisser à imaginer une certaine ouverture des possibles. Derrière la lutte dite « contre la sélection » il y a la question de notre futur dans cette société. Disons le tout net, il s’annonce catastrophique. Que l’on soit ouvrière, employé, chômeur, qu’on soit passés ou non pas l’université. Se cacher derrière son statut comme derrière son petit doigt ne changera rien : en revanche, dés demain, faire de l’université un lieu (parmi d’autres) d’une vaste mobilisation de classe est autrement plus enthousiasmant. Bien sûr, cela nécessite déjà de faire exister la lutte, de se donner du temps, et donc bloquer les universités. Alors il y aura matière à aller plus loin.

Combien d’étudiants sont livreurs à vélo ? Serveurs et serveuses, confrontés à une clique de petits patrons qui ne paient pas les heures sup’, qui nous traitent comme des chiens ? Et pourquoi ne pas aller voir les caissiers et caissières de carrefour, qui sont en train de se manger un sale plan de licenciement ? Sans parler de la réforme des allocs chômages, alors que ne nous leurrons pas c’est ou se sera le lot commun de quasiment tout le monde à un moment ou un autre. Bref, tout reste à faire…

Mais le printemps arrive et le camarade soleil brille pour celles et ceux qui bloquent.

Si vous voulez diffuser ce texte il existe en version tract en PDF ici.

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   Sam 10 Mar - 12:49


ya ka fo kon

Pour un dépassement des luttes sectorielles
Zones subversives, édito n° 32, 10 mars 2018


Citation :
Un mouvement peut se lancer. La colère monte dans différents secteurs. Macron lance ses projets de réformes pour tester la combativité des différents secteurs : SNCF, fonction publique, éducation, assurance chômage. Le pari du gouvernement, c'est de laisser des luttes sectorielles et corporatistes s'épuiser chacune dans leur coin. Avant de passer sa réforme des retraites face à un mouvement social réduit à un champ de ruines.

Face à ses nombreuses offensives, il faut sortir de la simple agrégation des mouvements corporatistes. Le modèle des années 1995 s'est effondré dans le réformisme altermondialiste et la défense de l'Etat. Les luttes dispersées ne peuvent plus déboucher sur le "tous ensemble" de l'improbable "convergences des luttes". Les facs sont bloquées en mars, puis les cheminots partent en grève en avril, suivis par des fonctionnaires ou les hôpitaux pour le mois de mai. Chaque mouvement s'effondre progressivement dans son coin sans véritable jonction. Voilà le plan rêvé par le gouvernement.

Face à ce constat, il ne faut plus lutter pour défendre un statut ou une corporation. Il faut lutter pour défendre ses intérêts de classe et construire un mouvement d'ensemble de tous et toutes les exploités. Dans les Universités, les étudiants se contentent de défendre le droit à l'éducation. A Montpellier, malgré la politisation des blocages et de la lutte, le discours reste englué dans la grisaille syndicaliste. le mouvement ne sort pas du modèle du "mouvement étudiant" pour la défense de l'Université et le droit à l'éducation. Sans remettre en cause la société de classes légitimée par l'Etat à travers la sélection scolaire.

Les grèves de la SNCF s'orientent trop souvent vers la défense d'un improbable "service public". La nécessaire solidarité entre cheminots et usagers se fait autour de la défense de l'Etat. il semble intéressant d'affirmer une solidarité de classe contre la dégradation de nos conditions de travail et de vie. Partir de notre réalité quotidienne reste plus pertinent que d'invoquer les chimères du service public et de l'Etat social.

Il faut surtout refuser les catégories imposées par le capital et l'Etat. Ne pas lutter pour la défense d'un statut particulier, mais pour la fin de l'exploitation. La seule perspective reste un mouvement d'ensemble de généralisation des grèves et des blocages. Une solidarité inter-professionnelle doit aussi construire des structures communes d'auto-organisation.

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MessageSujet: Re: des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...   

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