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 "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...

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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 19:42


Sociologie des quartiers populaires
entretien avec Antoine Jardin, par Philippe Doucet



Pour « Demain les banlieues », le député Philippe Doucet reçoit Antoine Jardin, chercheur spécialiste de la sociologie politique des quartiers populaires, co-auteur avec Gilles Kepel de Terreur dans l’hexagone. Genèse du djihad français (Gallimard, 2015)

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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 19:50

cet article est daté du 6 janvier 2015, veille de l'attentat à Charlie Hebdo...

Invisibles de la République

À Auch, dans l’un des quartiers les plus pauvres de France,
l’éducation n’est plus la priorité du gouvernement


Agnès Maillard Basta.mag 6 janvier 2015


Les écoles du quartier du Garros, à Auch dans le Gers, ont été exclues du réseau d’éducation prioritaire. Elles sont pourtant situées dans le 3ème quartier le plus pauvre de France. Instituteurs et parents d’élèves ont décidé de résister à cet abandon, un an et demi après la visite de François Hollande qui y lançait sa réforme de la politique de la ville. Celle-ci se résume aujourd’hui à la construction d’une route, censée désenclaver la cité. Reportage auprès des enseignants et des habitants en lutte.

Citation :
Si le Gers est le pays du bonheur dans le pré, alors le quartier du Garros, c’est le tas de compost que l’on dissimule derrière la haie. L’image d’Épinal véhiculée par le film d’Étienne Chatiliez sur le Gers cache une réalité nettement plus rugueuse : un département rural, pauvre et enclavé, avec une population très dispersée dans une campagne profonde [1]. « De ces particularités est né un réseau scolaire très dense : 229 écoles dont 114 au sein de 49 regroupements pédagogiques intercommunaux (RPI) accueillaient 14 151 élèves à la dernière rentrée. Un dispositif caractérisé par de nombreuses petites structures : 80 % des écoles ont 4 classes ou moins et 32 % n’ont qu’une classe », analysait le syndicat enseignant Snui-PP au printemps 2014.

Et voilà qu’au cœur de cette réalité campagnarde, à la faveur de l’ajout de deux indicateurs, Paris découvre que dans le Gers, il y a aussi une zone urbaine sensible qui entre directement dans le top 5 des quartiers les plus défavorisés de France. D’après le Préfet du Gers, le quartier du Garros, à Auch, serait le 3e quartier le plus défavorisé de France [2]. Au même moment, au cœur de ce quartier et à la faveur d’une autre modification de critères, quatre écoles sortent du dispositif de l’éducation prioritaire à la stupéfaction et la colère des parents et enseignants.

« Déclaré mardi prioritaire pour la rénovation urbaine, le quartier du Garros à Auch a appris mercredi qu’il ne l’était plus pour les écoles. Maternelle et élémentaire du quartier quittent le Réseau d’éducation prioritaire (REP) sur décision de la ministre de l’Éducation nationale », annonçait France 3 le 18 décembre [3]. Depuis plus d’un mois, les parents du Garros occupent leurs écoles afin que les politiques d’aides aux quartiers défavorisés cessent de se tirer dans les pattes et de reprendre de la main gauche, ce que la main droite avait si difficilement concédé.

La cité, vu du drone et de Paris

C’est beau comme du Coppola et c’est au journal de 20h de France 2 du 16 décembre 2014, de magnifiques travelings en plongée sur les quelques barres qui marquent le cœur du quartier du Garros : la France découvre qu’au fin fond de la campagne, il y a aussi de petites villes avec leur quartier déshérité. Un sujet de plus de 4 minutes qui parvient à ne jamais évoquer la situation absurde des écoles et leur sortie programmée de l’éducation prioritaire. Le Garros vu du drone, vu de la capitale, aussi.

« C’est moi, ou les journalistes n’ont réussi qu’à trouver que des Blancs de plus de 50 ans, dans le quartier d’Auch où la jeunesse et la diversité sont les plus présentes !? », commente Emmanuel Veneau, instituteur dans une école de quartier. « Vu de drone, on ne voit pas les gens finalement. Les techniques du journalisme de guerre appliquées au reportage de proximité… Double périphérie : une cité chez les ploucs. Double éloignement des centres du pouvoir. Double dose de clichés, double discrimination... »

L’école Marianne occupée

Emmanuel Veneau a, lui, les deux pieds fermement rivés au sol et pour le rencontrer, il faut aller au cœur du quartier dans l’école Marianne où il s’occupe de 19 élèves de CP. Il lutte aux côtés des parents pour le maintien en zone prioritaire. Ingénieur en aéronautique à la carrière prometteuse, il a choisi par pure vocation de venir enseigner aux enfants du quartier. Il ne se bat pas pour la prime que la classification en Réseau d’éducation prioritaire accorde aux enseignants, entre 100 et 200 € par mois, mais bien pour les enfants.

Je me suis garée en plein cœur du Garros, à l’ombre de tours délavées par trop d’indifférence. Aujourd’hui, c’est l’occupation de Marianne — tout un symbole — l’une des quatre petites écoles primaires qui reçoivent tous les gamins de l’ensemble. Longtemps soutenues à juste titre en ZEP, les écoles primaires du quartier ont été déclassées discrètement en 2008 pour l’assez fumeux « Réseau de réussite scolaire [4]. Les instits en ont été informés lorsque, deux ans plus tard, l’inspection académique [5] du Gers a tenté de fermer trois classes d’un coup sur les douze existantes, sans sourciller quant à l’improbabilité qu’une telle politique puisse favoriser quelque réussite que ce soit. Les parents et enseignants s’étaient mobilisés, avaient serré les coudes et avaient sauvé deux des classes menacées.

Les belles promesses de François Hollande

En août 2013, le président François Hollande avait lancé du Garros son nouveau contrat de ville. Le quartier avait été choisi par l’Élysée pour illustrer à quel point le cumul des handicaps n’était pas réservé aux banlieues des grandes métropoles, mais touchait tous les territoires, y compris dans les départements ruraux et agricoles comme le Gers [6]. Et pourtant, à l’automne 2014, les écoles de ce quartier emblématique sont menacées de sortir de tout dispositif d’éducation prioritaire.

« Tout ça, c’est parce que nous n’avons pas de collège de rattachement. » Nordine ne bat pas du talon comme je le fais pour lutter contre l’air froid et pénétrant. Il s’active avec d’autres parents autour du poêle à bois – un rocket-stove – sur lequel bloblote la bien prometteuse soupe de légumes solidaire. Avec un Vigipirate au rouge bien soutenu, c’est typiquement le genre d’équipement qui ferait frémir la maréchaussée. Ça, et la ferme improvisée au fond de la cour. Des poules gasconnes, des poussins mignons et des lapins tout doux prêtés par la ferme bio et pédagogique du coin à titre de soutien [7]. « En fait, toute la politique d’éducation prioritaire tourne maintenant autour des collèges. Or, justement, pour favoriser la mixité sociale, tous les enfants du quartier se répartissent entre les trois collèges publics du reste de la ville. Comme aucun de ces collèges n’est en zone prioritaire et bien, hop, on peut sortir les écoles du dispositif et supprimer des postes et les quelques moyens supplémentaires que nous avions », détaille Nordine.

« Les gens s’installent ici parce qu’ils n’ont pas le choix »

La soupe est partie se faire broyer un peu plus loin et Nordine utilise le rocket-stove pour faire sauter une poêlée de pommes Granny Smith dont un cageot a été donné par la banque alimentaire de la ville, toujours en soutien. Un autre parent volontaire anime un petit groupe d’enfants qui s’esclaffent de plaisir devant un lapin encore plus massif qu’un lièvre de compétition. À Marianne, ce sont les CP-CE1 qui occupent le terrain. Un petit garçon a pratiquement arrêté de respirer en recevant l’animal soyeux sur les genoux. Nordine sourit : « C’est un grand moment pour lui. Il n’a pas l’habitude des animaux. Au début de la journée, ils lui faisaient peur. Là, il vient de faire un grand pas en avant. »



Quelques parents sont venus récupérer les bambins pour la pause de midi. Il y a autant de pères que de mères qui stationnent à la grille. Beaucoup restent un peu à distance du portail, bien plus saluent chaleureusement les enseignants de l’école. Je rejoins Emmanuel à l’entrée de l’établissement pour comprendre comment fonctionne et évolue le quartier, à travers son expérience de plus de 10 ans sur place : « J’ai voulu suivre une cohorte d’élèves du CP à la sixième, mais en fait, c’est très difficile. Sur cette durée, la moitié sont partis ailleurs », raconte l’instituteur. « Il s’agit d’un quartier à fort turn-over. Les gens s’installent ici parce qu’ils n’ont pas le choix. Pendant longtemps, la ZUP, c’était le temps de s’en sortir, de trouver une situation, de s’installer ailleurs, en ville. Mais ces dernières années, la mobilité vers le haut ne fonctionne plus vraiment. Les gens partent pour suivre l’espoir d’un boulot. D’autres, parce qu’ils continuent à couler, vont habiter dans une autre cité, là où de la famille peut les accueillir… et il y en a même qui reviennent. Parce qu’ailleurs, ce n’est pas mieux. »

« Ici, 0,5 % des femmes ont un diplôme du supérieur »

« J’ai regardé les indicateurs de la politique de la ville. Pour donner une idée, ici, 0,5 % des femmes ont un diplôme du supérieur »,
poursuit Emmanuel Veneau. La moyenne en France est de 21,6 %… Pendant que nous parlons, d’autres personnes sont arrivées : le directeur d’une autre école du Garros, d’autres instits, des parents ou encore Caroline qui enseigne le cinéma au lycée et qui va animer un atelier avec les enfants, un film en Playmobil. On en profite pour échanger les dernières nouvelles, organiser la résistance, mettre en perspective le combat.

« Mais avec une classification en politique de la ville, le quartier va disposer de moyens supplémentaires non, il va y avoir des projets, des actions ? » Tout le monde rit assez franchement autour de moi, comme si je venais de proférer une énormité. C’est Chantal, une syndicaliste, qui prend la peine de me mettre au parfum des subtilités locales. « Déjà, la ville n’a pas les compétences pour l’éducation. Donc, ce que l’on nous prend ici, on ne nous le rendra pas par ailleurs, sauf peut-être pour une meilleure prise en charge du périscolaire. Mais ce n’est pas le périscolaire qui nous préoccupe ici. Ensuite, on peut parler des plans de réhabilitation du quartier. Ce n’est pas la première fois ni la dernière. D’après ce que j’ai appris, ils ont déjà commencé à recruter les chefs de projets et à lancer les audits. Donc, on aura des chefs de projets et des audits à financer. Et nous, on continuera à gratter comme des fous pour trouver 200 € pour financer une sortie pédagogique. »

La politique de la ville : construire une route...

Des chefs de projets, des audits, et leur bataillon de mémos. Pour quelles propositions ? On sent poindre l’idée de génie à la fin du reportage en lévitation de France 2 : comme le quartier est enclavé, ils ont déjà pensé à raser les barres les plus dégradées et à les remplacer par... une route. Du bitume qui n’améliorera probablement pas le quotidien des habitants. La majorité a déjà du mal à payer les rares transports en commun disponibles. Les plus jeunes ne peuvent pas acquitter le coût prohibitif d’un permis de conduire. Et disposer d’une voiture est à la fois indispensable pour espérer décrocher un boulot tout en étant une charge insupportable vu le niveau de salaires.




Quelle est la logique de tout cela ? La priorité ? Pas les gamins, pas l’éducation… Sans compter que depuis deux ans, un nouveau phénomène se profile : de nouveaux arrivants venus du reste de l’Europe sinistrée tentent de dégoter ici un travail même dégradé, qu’ils ne trouvent plus chez eux. Les enfants débarquent en classe sans parler un mot de français. Il n’y a plus personne pour les aider ou les soutenir. « Il faut savoir qu’à Auch, il y a un Centre d’accueil des demandeurs d’asile », explique Emmanuel. « Nous avons donc un flux constant d’arrivants déracinés et de gosses non francophones. En ce moment, nous avons surtout des Kosovars et des Tchétchènes, avec des problèmes de langage, mais pas seulement. La misère pousse la misère et on nous dit : pas de collège, pas de problèmes. De toute manière, on ne va rien lâcher. On sait depuis la dernière fois qu’il n’y a que la lutte qui paye. Et de toute manière, nous n’avons pas franchement le choix. »

Un coin de débrouille, d’entraide et d’une incroyable foi en l’avenir

Les petits sortent de la cantine en piaillant et s’agglutinent autour de nous et de la ferme miniature. Ils font la queue pour demander un verre de soupe chaude de légumes. Je suis certaine que dans une assiette, à table, ils n’en voudraient pas. Mais là, dehors, avec les grands, les parents, les instits et le soleil froid, la soupe a l’air bien meilleure et ils en redemandent avec un air gourmand.

Jean-Michel Espinasse arrive au moment où je repars. C’est un professeur d’occitan et un musicien gascon renommé. Il joue des airs traditionnels sur les instruments régionaux dont certains avaient disparu au siècle dernier. C’est un monument de culture locale et un enseignant investi auprès des bambins de la cité. C’est cela aussi, Le Garros, celui dont je me souviens, celui que je retrouve en cette journée de lutte et de solidarité : un coin de débrouille, d’entraide et d’un immense optimisme, d’une incroyable foi en l’avenir. Envers et contre tout. Y compris et surtout contre les logiques étriquées des petits boutiquiers des dossiers de la rigueur.

Agnès Maillard (texte et photos)


Notes

[1]
Le Gers est dans le dernier décile des départements de France métropolitaine classés par PIB/habitant (voir ici).
[2]
Plus d’informations sur les nouveaux quartiers d’intérêt national NPNRU dans le dossier de presse du 16 décembre 2014.
[3]
Éducation prioritaire : le paradoxe du Garros à Auch par Laurence Boffet, France 3 Midi-Pyrénées, le 18 décembre 2014.
[4]
Le RRS est une classification intermédiaire qui a permis de sortir discrètement de ZEP de nombreuses écoles pourtant dans des zones difficiles et de faire sauter certains verrous, notamment sur les effectifs et les accompagnants, type RASED.
[5]
Le directeur académique des services de l’Éducation nationale (DASEN) : nouveau nom et sigle pour les Inspecteurs d’académie.
[6]
Rappel des faits dans L’Humanité du 9 décembre 2014.
[7]
La Ferme en Coton et son action militante dans les alentours d’Auch.


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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 19:57


Collector "citoyen"


payés pour voter !

Strasbourg

Un concours pour encourager les quartiers populaires à voter
Lutte contre l'abstention



Citation :
« Qu'on arrête de dire que dans les quartiers on ne sait pas s'engager.» Voilà l'objectif du « challenge citoyen » lancé par un collectif de jeunes du quartier du Neuhof, à Strasbourg, dont nous parlent les Dernières nouvelles d'Alsace.

Le principe : encourager les quartiers populaires de toute la France à inscrire un maximum de monde sur les listes électorales d'ici à la fin de l'année et à atteindre un taux de participation élevé lors de l'élection présidentielle. Le quartier vainqueur remportera «une enveloppe financière» et «les habitants décideront ensemble de son utilisation».


.
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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 20:00




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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 20:09




Banlieues/Periferie : quelles représentations contemporaines des quartiers « sensibles » ?

par Elisa Bricco · 09/09/2015

Programme Appel à communications
Citation :
Depuis les trente dernières années, le mot banlieue désigne l’inscription territoriale d’une question sociale, comme le souligne l’historienne experte de la banlieue parisienne Annie Fourcaut[1]. Très en vogue dans les débats médiatiques et politiques, notamment depuis les premières émeutes urbaines médiatisées des années 1990 jusqu’à arriver aux plus violentes en 2005, les banlieues entendues comme quartiers « sensibles », semblent rassembler autour d’elles et de leur jeunesse surtout, les connotations les plus disparates et péjoratives : paupérisation socio/économique, ségrégation résidentielle, dégradation du bâtiment, violence et délinquance. Nombreux sont les sociologues, philosophes, urbanistes et ethnologues contemporains qui signalent l’apparition de nouveaux phénomènes, au-delà du cas français, dans cet espace urbain. Celui-ci se configure, au niveau mondial, comme un champ ouvert au sein duquel de nouvelles formes de lutte, d’occupation, de consommation, de nomadisme s’instaureraient. La rhétorique et les représentations liées à ces lieux sont donc devenues expression d’un malaise saisi par les spécialistes comme « épicentre du problème social contemporain »[2].

Le projet de ce colloque s’inscrit dans ce contexte d’actualité et vise à réfléchir sur les représentations sociales et artistiques contemporaines de ces lieux, incluant la littérature et les arts visuels tels que le cinéma, la photographie et les arts urbains. Ces formes artistiques sembleraient s’insérer dans une mouvance de contestation de l’autorité dominante par une remise en question de l’ordre établi. C’est pour cette raison que nous prenons en compte les discours critiques qui les accompagnent interrogeant la figure de l’auteur en tant qu’artiste responsable et/ou impliqué.

À ce titre, le projet s’insère dans le programme scientifique du laboratoire Interactions Culturelles et Discursives (ICD) de l’Université de Tours intitulé « Les paradigmes de l’autorité » aussi bien que dans le projet de recherche de l’Université de Gênes (PRA 2014) intitulé : « Conflictualité urbaine et imaginaire littéraire du tournant du millénaire à aujourd’hui ».

On privilégiera la pluridisciplinarité dans les communications, aussi bien qu’une ouverture vers d’autres figurations des marges urbaines, non seulement européennes mais aussi mondiales.

Les trois pistes de réflexions autour desquelles nous pourrons travailler sont les suivantes :

◾ Axe 1 : Réflexions socio-urbaines autour des zones marginales : des réalités « invisibles ».
◾ Axe 2 : Au-delà du paysage, voyage en périphérie entre les arts visuels et la musique.
◾ Axe 3 : Narrer les banlieues : quelle « implication » pour l’écrivain à présent ?

Le premier axe questionnera l’affirmation selon laquelle ces périphéries s’imposent désormais comme la nouvelle « question urbaine »[3]. Depuis quelques décennies, en effet, émerge une topographie sociale toujours plus contrastée où les inégalités sociales et spatiales se mélangent créant des dispositifs d’exclusion. Pour le cas italien, l’architecte Renzo Piano et son équipe G124[4] viennent de présenter au Sénat un premier rapport annuel totalement dédié à la restructuration des périphéries de Rome, Catane et Turin, depuis longtemps abandonnées et tenues à l’écart. Au cours de la présentation il a affirmé que le véritable enjeu social des prochaines trente années est la transformation des périphéries en villes. Ce qui revient à dire que la question des banlieues est l’un des plus grands défis auquel toutes les sociétés contemporaines devront faire face. C’est donc sur la portée de ces récentes réflexions et recherches socio-urbaines que nous nous interrogerons pour commencer.

Le second axe de réflexion portera sur le rôle politique et social que les arts visuels (cinéma, vidéo, photographie, graffitis, arts numériques) et la musique (rap, slam et autres) jouent dans les multiples représentations des banlieues, qu’ils contribuent à la construction de clichés et de mythologies ou qu’ils s’attachent au contraire à les contester.

Le troisième axe accordera un espace privilégié à la littérature, en se focalisant sur ce que la critique appelle depuis les émeutes françaises de 2005 : « littérature des banlieues » ou « urbaine ». Nous rejoindrons alors la question du rôle de l’écrivain en tant qu’acteur dévoilant à travers ses fictions « critiques » un univers méconnu, ou connu seulement à travers l’image que nous en donnent les médias.


Le colloque aura lieu à l’Université de Gênes les 16 et 17 septembre 2015.

Comité scientifique :

Elisa Bricco (Università di Genova)
Serena Cello (Università di Genova)
Catherine Douzou (Université de Tours)
Christina Horvath (Oxford Brookes University)
Nancy Murzilli (Università di Genova/Institut français d’Italie)
Laura Reeck (Allegheny College)

Comité d’organisation :

Elisa Bricco, Serena Cello, Anna Fochesato, Nancy Murzilli (Università di Genova)

Contact : colloquebanlit2015@gmail.com http://banlit.hypotheses.org/

Mots clé : banlieues, quartiers sensibles, littérature, cinéma, art, photographie, cultures urbaines, hip-hop, urbanisme, sociologie.

Brève bibliographie :

Avenel, Cyprien, Sociologie des quartiers sensibles, 3ème édition, Paris, Armand Colin, 2010.
Baron, Hervé-Vieillard, Banlieues et périphéries-des singularités françaises aux réalités mondiales, Paris, Hachette, 2011.
Bazin, Hugues, La culture hip-hop, Paris, Desclée de Brouwer, 2011.
Béthune, Christian, « Le hip hop : une expression mineure »,  Volume !, 8 : 2, 2011, en ligne http://volume.revues.org/pdf2728, consulté le 20/01/2014.
Chaulet-Achour, Cristiane, « Banlieue et Littérature », in Situations de banlieue – Enseignement, langues, cultures, INRP, coll. « Education, politiques, sociétés », sous la dir. de M-M. Bertucci et V. Houdart-Merot, déc. 2005, p.129 à 150.
Cyrille, François, «Des littératures de l’immigration à l’écriture de la banlieue», Synergies Sud–Est européen, n°1, 2008.
Dikeç, Mustafa, Badlands of the Republic. Space, politics and urban policy, Oxford, Blackwell Publishing, 2007.
Fourcaut, Annie, « Les banlieues populaires ont aussi une histoire », Projet 4/2007 (n° 299), p. 7-15.
Hargreaves. Alec.G, Gans Guinone,A.M., « Au delà de la littérature beur ? », Expressions Maghrébines, revue de la CICLIM, Vol 7, n°1, 2008.
Horvath, Christina, Le roman urbain contemporain, Paris, Presses de la Sorbonne nouvelle, 2008.
Kokoreff, M., Lapeyronnie,D., Refaire la cité, Paris, Seuil, 2013.
Le Goaziou Véronique et Mucchielli Laurent, Quand les banlieues brûlent… Retour sur les émeutes de novembre 2005. Édition revue et augmentée, Paris, La Découverte « Sur le vif », 2007.
Lepoutre, David, Cœur de banlieue, Paris, Odile Jacob, 1997.
Paquot, Thierry, Banlieues/Une anthologie, Lusanne, Presses polytechniques et universitaires romandes, 2008.
Reeck, Laura, Writerly identities. In Beur fiction and Beyond, USA, Lexington Books, 2011.
Viart, D., Rubino, G., Écrire le présent, Paris, Armand Colin, 2013.
Viart D., Vercier B., La littérature française au présent, Paris, Bordas, 2008.
Villechaise-Dupont, Agnès, Amère banlieue, les gens des grands ensembles, Paris, Grasset et Fasquelle, Le Monde de l’éducation, 2000, pp.266-267.
Vitali, Ilaria, Intrangers- Post-migration et nouvelles frontières de la littérature beur, Tome I, Bruxelles, Editions Academia, 2011.
Vitali, Ilaria, «De la littérature beure à la littérature urbaine: Le Regard des Intrangers», Nouvelles Études Francophones, Vol.24, N°1, Printemps 2009.
Wacquant, Loïc, Parias urbains. Ghetto, banlieues, État, Paris, La Découverte, 2006.

NOTES
[1] Annie Fourcaut, « Quelle était belle la banlieue… », L’Histoire, n°315, 2006.
[2] Baron, Hervé-Vieillard, Banlieues et périphéries-des singularités françaises aux réalités mondiales, Paris, Hachette, 2011.
[3] Bernardo Secchi, La città dei ricchi e la città dei poveri, Bari, Laterza, 2013.
[4] G124 Renzo Piano – Il gruppo di lavoro del senatore sulle periferie e la città che sarà. http://renzopianog124.com/



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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 20:22



Des adolescents en train de s'amuser dans la cité du Fort-Nieulay, à Calais.
Toutes les photos sont de l'auteure
.

Pour le journal de mon école, nous sommes partis deux jours dans la jungle de Calais. Très vite, j'ai su que je reviendrai. Je voulais comprendre comment les premiers concernés, les Calaisiens, vivaient l'arrivée des migrants. Au mois d'avril, ma décision était prise : avec une amie, nous sommes parties à la rencontre des habitants de la ville. Très vite, on s'est fait connaître dans les quartiers populaires, notamment celui de Fort-Nieulay. On y passait toute la journée.  

Dès le deuxième jour, les gens venaient spontanément vers nous. Une relation de confiance s'est établie. De cette manière, on a pu discuter de leur vie, parfois rentrer chez eux, échanger à propos de leur vision de leur situation, et de celle des migrants. De manière récurrente, les Calaisiens nous ont remerciées. En effet, ils n'avaient jamais vu de journalistes qui s'intéressaient à leurs difficultés à eux.  

Le premier constat que l'on a fait de la ville est plutôt dur : la misère française semble plus inquiétante que la situation des migrants. D'ailleurs, il nous a été plus facile d'échanger, même en « franglais », avec les migrants plutôt qu'avec les Calaisiens eux-mêmes.  


Une mère de famille et son enfant en bas âge, au Fort-Nieulay

La ville de Calais est un endroit où le temps paraît long. On dirait qu'on ne vient jamais par choix dans cette ville. L'immobilisme, notamment celui des jeunes, est très présent. Dans les années 1980, l'association du Fort endosse le rôle de repère dans le quartier du Fort-Nieulay, qui abrite blocs et pavillons HLM. Un village dans la ville de Calais, qui, avec ses écoles, ses quelques commerces et son gymnase, a pourtant du mal à s'en sortir. Le quartier du Fort-Nieulay est en perte de vitesse depuis que les usines n'ont laissé que des ouvriers au chômage.  

Car le chômage impose une vie en autarcie. À part les aides de l'État, rien ne sort ni ne rentre au quartier. Tout s'enracine. La méfiance est palpable. Pendant une ballade entre deux tours, en levant la tête vers les fenêtres, toutes cachées de rideaux, on s'est aperçues que les gens nous épiaient. La méfiance et le monde extérieur ont presque l'air trop menaçant pour ces Calaisiens. « On attend que ça passe », m'a dit l'un des habitants. Que passe quoi, en réalité ?  


Deux enfants et un vélo, dans la cité

La population du Fort-Nieulay est en majeure partie blanche. L'inaction des habitants du Fort provoque, notamment chez les femmes, des problèmes d'obésité importants. Des cours de cuisines sont donc proposés afin de manger mieux avec presque rien. « Manger cinq fruits et légumes par jour est impossible, elles ne peuvent déjà pas les acheter », raconte la responsable de l'activité cuisine. C'est même insultant pour ces gens qui sont presque tous au régime du RSA. Au Fort, la mixité atteint péniblement les 1 %. Marquées politiquement (comme) très à droite, ces populations « votent mal », comme disent les grands médias. Selon Roselyne, « ils ne sont plus rouges mais tirent vers le bleu marine ». Malgré la victoire du FN aux dernières départementales, pour elle il s'agit d'un vote visant à alarmer les hommes politiques sur l'indifférence dont ils sont victimes, plutôt qu'un geste dirigé à l'encontre des migrants.  


Des adolescentes font leurs courses dans un shop vétuste du Fort-Nieulay

Les quartiers populaires de Calais, contrairement aux cités parisiennes par exemple, ont cette particularité temporelle : le temps s'y est arrêté. J'explique : les jeunes n'ont pas d'ambition, ou disons que la résignation semble trop forte, trop naturelle, trop inscrite pour au moins penser de changer. « Je n'ai juste pas envie d'aller à l'école », m'a répondu Matteo quand je lui ai demandé ce qu'il fait à glander sur un banc plutôt que sur celui de l'école.  

Trois jeunes réparent des scooters, cette fois-ci le père d'un d'entre eux est dans le coin. Tout le monde semble accepter d'un commun accord le fait que l'école soit une option. Ces générations sont conscientes que le relais du travail ne sera de toute façon, pas au rendez-vous.  


Deux jeunes hommes et un chien font passer le temps en bas des bâtiments

« Ils ne veulent pas bouger d'ici et il n'y a rien que des petits boulots à proposer. Ma fille n'a jamais trouvé de stage dans le marketing pour terminer son école. La seule façon pour trouver du travail, c'est de connaître les bonnes personnes », se désole Madeleine, habitante du Fort depuis toujours. Ici, quatre jeunes sur dix sortent du circuit scolaire sans diplôme. Deux sur trois sont au chômage. Avenir verrouillé. La révolte n'habite même pas le cœur des quelques jeunes qui font semblant de jouer au foot en fumant quelques joints. Cette bulle, ce Fort, présente un autre registre de la misère : ancrée, normalisée, oubliée. Banalisée en somme.  

Ce qui surprend à Calais, c'est donc la résignation. À titre de comparaison, aux États-Unis, Baltimore a été bousculé par les émeutes. Révoltés, ses habitants ont crié à l'injustice des bavures policières, à l'origine d'un racisme latent. Néanmoins, la ville de l'état du Maryland conserve la chance de trouver dans sa communauté le moyen de se rassembler. Une révolte presque inimaginable à Calais. On dirait que le temps s'est arrêté il y a dix ans là-bas. La misère y est bien plus présente que la violence.  


Quatre adolescents prennent la pose devant une entrée du « Fort ».  

Il y a une jeune fille dont le parcours m'a marquée. Elle s'appelle Beverly, a 15 ans, et a toujours voulu être hôtesse de l'air. Elle m'a expliqué qu'elle ne pourrait pourtant jamais s'envoler. En effet, elle est placée sous cortisone, car atteinte d'une maladie rare qui touche ses chevilles. Celle-ci lui interdit de rester debout trop longtemps. Aussi, son père avait semble-t-il, disparu. « Je ne sais pas où il est. Enfin je ne l'ai pas vu depuis deux ans. S'il me manque ? Oui, c'est normal – c'est mon père », m'a-t-elle dit.  

La situation des migrants aspire à plus d'espoirs que celle des Calaisiens. Face à la tragédie de leur parcours, les associations et groupes humanitaires tels que Médecins du Monde ou le Secours Catholique sont présents pour leur venir en aide. « Nous, on ne bénéficie pas des mêmes avantages qu'eux », assure une habitante de la cité Constantine, l'un des blocs du Fort-Nieulay . « Ce n'est pas que je ne les aime pas, je n'ai rien contre eux – mais j'aime ma petite tranquillité. » La paix de leur quartier, c'est ce qu'il leur reste de plus précieux. Les Calaisiens assurent ne pas être racistes, et c'est vrai. Mais force est de constater qu'ils ne sont pas autre chose : « Les partis politiques les ont tous déçus », assure explique Philippe Wannesson, blogueur chez Passeurs d'Hospitalités, un site sur la situation des migrants. « Aucun ne leur apporte des réponses réelles. »  


La vitrine engageante d'un magasin d'un autre âge, quelque part dans la cité
À entendre ces témoignages, les migrants de la jungle seraient moins mal lotis qu'eux. Peut-être parce que ces derniers possèdent un espoir, celui de quitter cette zone des Dunes en attendant leur droit d'asile. Il faut dire que Calais est une ville morne, à rendre fou d'ennui. En fin de compte, si tout les divise de prime à bord : l'exclusion, l'expulsion et la solitude sont pourtant des maux que migrants et Calaisiens ne connaissent tous que trop bien.  


Devant un pavillon du Fort-Nieulay, Calais  


Un enfant du Fort, souriant


Du gris, du béton, du ciment : le Fort-Nieulay tel qu'il est

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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 20:36




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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 20:42




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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 20:49


et pendant ce temps là


Les quartiers populaires, nouveaux chantiers de la distinction
Diane Lisarelli Les Inrocks 25/04/2015


La Recyclerie porte de Clignancourt / ©Photo Stéphane Lagoutte/M.Y.O.P.

Durant plusieurs années, la sociologue Anaïs Collet a enquêté auprès des propriétaires de deux quartiers gentrifiés. De Montreuil à la Croix-Rousse elle montre que retaper un pavillon de banlieue en “vieille maison pleine de charme” participe au reclassement des lieux mais aussi à la consolidation d’une trajectoire sociale. Et dépeint avec son ouvrage “Rester Bourgeois” les ressorts sociaux à l’œuvre derrière ces mutations urbaines
.

Citation :
Vous préférez au terme conceptuellement flou de « bobo », celui de « gentrifieur ». Que désignez-vous par ce mot ?

Le mot « gentrifieur » permet de désigner à la fois un groupe social et un rapport à l’espace et à la ville. La fraction sociale visée est à l’articulation entre classes moyennes et classes supérieures et se caractérise par un capital économique assez moyen mais un important capital culturel. C’est aussi un groupe social dont les goûts et les valeurs sont plutôt progressistes en termes de configuration familiale, de rapport de genres, d’éducation des enfants.

En second lieu, « gentrifieur » désigne un certain rapport à l’espace. Ma recherche porte sur ceux qui, parmi ce groupe social, ont fait le choix d’aller vivre dans des quartiers encore populaires et qui jouent un rôle dans la transformation de ces espaces dans lesquels ils s’installent.


Votre recherche qui porte sur le quartier des Pentes de La Croix-Rousse à Lyon et le Bas-Montreuil s’étend sur plusieurs décennies : quelle différence y a-t-il entre les acheteurs des années 60-70 et ceux du début des années 2000 ?

Les évolutions qu’on perçoit sont évidemment liées à la manière dont les quartiers se transforment : les Pentes de la Croix-Rousse des années 60-70 comme le Bas-Montreuil des années 80 sont des quartiers très ouvriers et peu valorisés dans l’imaginaire collectif. Les personnes qui s’y installent sont peu fortunées ou en tout cas ont des revenus faibles. A Lyon, s’ajoute à cela une grande vacance des locaux. Résultat : ce quartier, qui est alors mal perçu dans la géographie lyonnaise et se vide de sa substance depuis l’entre-deux-guerres, attire des étudiants ou des jeunes qui ne sont pas pressés de rentrer dans la vie active et sont plus intéressés par des formes d’expérimentations plus ou moins politisées.

Dans le Bas-Montreuil des années 80-90, le grand nombre de locaux d’activité, d’anciens ateliers ou de petites usines attire une population à la recherche d’espaces de travail : artistes, plasticiens, décorateurs pour le théâtre ou le cinéma. En somme, des professions particulières liées à l’artisanat ou aux arts plastiques.

Dans les deux cas, à mesure que les prix augmentent, arrivent des personnes de plus en plus aisées qui cherchent simplement à pouvoir se loger dans des espaces relativement grands – des jeunes cadres dans les Pentes de la Croix-Rousse, des familles relativement aisées à Montreuil.

Par leur présence, leur manière d’habiter, de cohabiter, comment transforment-ils ces quartiers ?

On peut parler de trois formes d’appropriation des lieux. D’abord, une appropriation économique, matérielle et juridique : l’achat d’un logement qu’éventuellement ils transforment et/ou réhabilitent. C’est la forme la plus radicale et la plus excluante. Ensuite, il y a une appropriation plus symbolique qui concerne les représentations du lieu et les images qui y sont associées. Bien souvent, les gentrifieurs auraient préféré vivre ailleurs ; ils vont vivre dans ces quartiers sous la contrainte financière. Ils doivent donc d’abord se faire eux-mêmes à leur nouveau lieu de résidence, changer leur propre regard sur ces lieux pour s’en faire une image plus positive.


Vous expliquez que cela implique une certaine réécriture de l’histoire locale

Oui, c’est une manière de trier dans l’histoire locale, de choisir tout ce qui fait un écho positif à leurs propres goûts et de laisser dans l’ombre des choses moins faciles à valoriser. Ça n’a l’air de rien mais ça joue un rôle énorme, notamment parce que la population à laquelle on a affaire manipule beaucoup de symboles et d’images. Les réalisateurs de cinéma, de documentaires, les photographes, les journalistes ou les écrivains : ce sont des gens qui vont prendre parfois comme matière première leur environnement immédiat et qui auront ensuite l’occasion de produire de nouvelles représentations de leur quartier et de les diffuser dans la presse, le monde de l’art ou du cinéma.

En ce qui concerne le Bas-Montreuil, on a assisté à un retournement assez spectaculaire au début des années 2000 : le quartier jusque-là étiqueté « banlieue » et « 93 » est devenu en très peu de temps un « faubourg branché » aux portes de la capitale…


Qu’en est-il de la troisième forme d’appropriation ?

C’est un travail sur les rapports sociaux et les institutions locales. Cela peut se traduire par une implication dans les rapports de voisinage, les structures locales (type associations de parents d’élèves) ou même dans la vie politique locale. Il s’agit par exemple d’intervenir sur l’école, l’orientation des politiques publiques, la régulation des rapports immédiats de voisinage – des domaines qui touchent aux manières de vivre ensemble.

Sur ce point, quelle est la différence entre les acheteurs des années 70 qui étaient semble-t-il plus dans l’expérimentation, plus idéalistes et ceux des années 2000 qui ne croient pas vraiment à la possibilité d’une réelle mixité ?

Les trentenaires des années 2000, nettement moins politisés que les baby-boomers, rencontrent aussi plus de difficultés à l’entrée dans la vie active. L’incertitude et l’inquiétude permanente sur leurs conditions d’emploi et de rémunération les rendent moins disponibles et moins enclins à se lancer dans une activité associative ou militante. Toutefois, la variable générationnelle n’est pas la seule à jouer. Il y a des gens qui sont dépolitisés dans la première génération et des gens politisés dans la deuxième, même s’ils sont peut-être moins nombreux : le militantisme se transmet dans les familles de génération en génération. On trouve donc encore des militants aujourd’hui.

Pour autant, cette génération, marquée par la diffusion des résultats de la sociologie, se montre peut-être un peu désabusée quant à la possibilité de traverser les frontières sociales, de réduire les inégalités, etc. C’est à la fois une forme de réalisme sociologique et en même temps une forme de cache-sexe pour justifier et légitimer le peu d’entrain à se mobiliser, à s’impliquer. D’autre part, j’ai perçu chez mes enquêtés une résistance au discours politique sur la mixité sociale de ces dix/quinze dernières années, période au cours de laquelle on a beaucoup fait porter aux classes moyennes la responsabilité du lien avec les classes populaires.


Parmi les préoccupations des nouveaux gentrifieurs qui arrivent au tournant des années 2000 vous notez les opportunités immobilières et l’affiliation à la « figure artiste ». Qu’entendez-vous par là ?

Cela rejoint la sociologie des gentrifieurs telle que je l’ai présentée tout à l’heure. Ce sont des gens qui par leurs choix professionnels appartiennent bien souvent aux professions culturelles et artistiques et qui recherchent la proximité de leurs pairs. C’est un grand classique de la sociologie des choix résidentiels qui a mis au jour un phénomène d’agrégation spatiale des groupes sociaux. Là, ce n’est pas seulement une question de sympathie ou de voisinage : c’est un milieu qui repose beaucoup sur le réseau donc la proximité spatiale est aussi un enjeu pour obtenir du travail.

Ensuite, il y a aussi cette « connotation artiste » qui peut plaire à d’autres fractions des classes moyennes ou supérieures. Il s’agit ici d’une identification à un groupe social valorisé à travers, par exemple, la figure des lofts. En ce qui concerne les choix résidentiels, c’est une figure diffusée depuis les années 70 comme un habitat distinctif ou distinguant qui permet d’afficher un mode de vie un peu à part ou en tout cas très progressiste. Cela permet de revendiquer un important capital culturel et donc de se distinguer d’une bourgeoisie plus classique ou plus traditionnelle.


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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 21:02


Limousin > Creuse > Guéret La Montagne 30/01/15[/b]



Après avoir relayé l’agacement de locataires des HLM et présenté le dispositif d’accompagnement éducatif de la ville, la rédaction est partie rencontre de jeunes habitants qui peinent à s’insérer


Citation :
Quand on les appelle directement sur leur mobile, ils se méfient : « Pourquoi vous m'appelez ? Non, je n'ai rien à dire. » Visés en Conseil municipal, par l'élu Front National Martial Maume, les jeunes des quartiers Brésard, Pierrebourg ou Beauregard sont sur la défensive.

Quand on accompagne Halis Aydin, le médiateur de la ville, tout se décoince. On se met au chaud pour papoter dans les locaux de l'association Oasis, à Brésard.

Une locataire âgée entre, un peu affolée, en disant qu'elle a perdu son téléphone. Un jeune du quartier est avec elle, qui la tient par le bras et l'aide. « Quand on est dans les halls, on dit bonjour, on ouvre la porte aux anciens. Et parfois, par derrière, il y a des gens du FN qui appellent la police… », s'insurge Oktay, 17 ans.

1 Andhume, 25 ans et Aboubakar, 26 ans Ces deux copains sont colocataires dans le quartier de Jouhet. Originaires de Mayotte, ils sont pour l'heure dés'uvrés car en panne de formation.

« J'ai échoué six fois au code de la route »
Alors ils vont chez les uns, chez les autres, écoutent du sakis, de la musique sud-africaine. Aboubakar vit depuis 10 ans à Guéret et a une double formation de peintre et d'agent de sécurité : « Mon problème, c'est le permis. J'ai échoué six fois au code », reconnaît le jeune homme. Il a un nouveau projet : « Je veux être plaquiste, mais Pôle emploi veut m'envoyer à Limoges, Felletin ou à Troyes. » Andhume est mécanicien mais « n'a pas le CAP ». Il espère décrocher une formation à l'Afpa. Pour lui : « Il y a plus de possibilités ici qu'à Mayotte, où il n'y a rien […] Guéret, c'est tranquille, il y a des racistes et des pas racistes. »


2 Manolia, 16 ans et Flora, 18 ans Ces deux cousines vivent chemin des Marguerites. Au pied des immeubles de Sylvain-Blanchet, un groupe de maisons avec jardins est dédié aux familles manouches. « Il y a parfois des tensions avec les habitants des appartements », reconnaît Halis Aydin. Manolia a quitté le collège Martin-Nadaud, dès qu'elle a eu 16 ans. Sa cousine Flora a fait de même deux ans plus tôt. Les deux jeunes filles se « promènent ». Leur programme du jour ? « On va au centre-ville et puis on revient », explique Manolia, qui a aussi arrêté la pétanque, où pourtant elle excellait. - « Qu'est-ce que tu veux faire ? », insiste Halis Aydin. « Je ne sais pas », répond- elle avec un grand sourire. Flora n'a aucun projet non plus. Les parents de Flora, Pierre-Franck et Agnès, sourient. C'est comme ça.

3 Nassila, 19 ans, Steeve (1), 18 ans, Oktay, 17 ans Ces trois copains naviguent entre les quartiers Pierrebourg, Brésard et Charles-de-Gaulle. Nassila a entamé une formation en mécanique à l'Afpa, Oktay « en cherche une » et Steeve bénéficie actuellement d'un stage de deux mois, avec un protocole très strict, dont il espère bien qu'il débouchera sur un emploi. Les trois garçons font du rap et assument leur occupation régulière des cages d'escalier : « Il nous faudrait une salle, avec des jeux et pas un local ouvert une heure par jour », lance Oktay. « Si on a réduit l'ouverture, vous savez pourquoi », recadre le médiateur. Thomas, l'animateur d'Oasis intervient : « Les plus jeunes vous regardent, vous êtes leurs modèles. Alors venez leur montrer ce que vous savez faire » L'invitation pourrait déboucher sur atelier pâtisserie.

4 Maoulida, 27 ans, Djadid, 21 ans, Ibrahim, 20 ans Ibrahim, débarqué de Mayotte il y a trois ans, est suivi par la Mission locale de la Creuse : « Je suis tout seul et je n'ai aucunes ressources; ça prend des mois pour qu'on nous propose une formation, c'est décourageant. » Maoulida, qui a une petite fille de deux ans, « trouve que Guéret, c'est bien, c'est tranquille ». Djadid est lycéen à Pierre-Bourdan depuis la rentrée : « Je suis en première sciences et techniques de gestion. Les élèves m'ont ouvert les bras, ils m'aident. J'espère que je continuerai après le bac. »

Halis Aydin est le premier à convenir que les temps sont durs, les perspectives d'emploi très limitées. Lui-même a connu ce parcours du combattant de l'insertion à Guéret : « C'était encore plus dur avant, heureusement, il y avait déjà tout un dispositif pour nous ouvrir au sport et aux activités culturelles. » Quand les jeunes ronchonnent, le médiateur guérétois, arrivé de Turquie à l'âge de neuf ans, les secoue gentiment : « Regardez ce qu'il se passe ailleurs, vous avez de la chance d'être en France. »

(*) Ce prénom a été changé.

Julien Rapegno
julien.rapegno@centrefrance.com





Dernière édition par Admin le Sam 7 Mai - 22:22, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 21:34



Sevran, Banlieue parisienne
Dans les quartiers prioritaires, le taux de chômage est le double de la moyenne nationale
afp.com/Fred Dufour

Dans les banlieues, le chômage au sommet n'aide pas le "vivre ensemble" L'Express 26 janvier 2015

.
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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 21:45


2014 Clichy-sous-Bois, langue de bois semi-officielle...




Pôle emploi a ouvert il y a trois mois une agence à Clichy-sous-bois, en Seine-Saint-Denis,
commune marquée par un taux de chômage deux fois supérieur à la moyenne

AFP PHOTO / JEFF PACHOUD

L'ouverture de cette agence en Seine-Saint-Denis est devenue le symbole du retour de l'Etat dans des territoires longtemps livrés à eux-mêmes. Trois mois plus tard, ses conseillers doivent compter avec l'isolement des candidats à l'embauche et les préjugés qui résistent.

Citation :
Jonathan patiente, debout devant le guichet, derrière une ligne rouge. Il est 16h50. L'accueil du Pôle emploi de Clichy-sous-bois (Seine-Saint-Denis), parsemé d'ordinateurs, imprimante et photocopieuse, commence à se vider. Cet agent de sécurité fait partie des chômeurs longtemps rattachés à la commune voisine du Raincy, jusqu'à l'ouverture de ce nouveau Pôle emploi il y a trois mois. "Enfin, en 15 mois, mon ancienne agence n'avait jamais pris contact avec moi, nuance-t-il. Là je ne touche plus d'indémnités, il faut que je fasse le point avec un nouveau conseiller."

Le jeune homme a pourtant l'air détendu. Habitant Montfermeil, il vient cette fois en voisin. "J'habite à deux minutes, explique-t-il. C'est vrai que c'est pratique." Même écho chez Malika, à quelques mètres de lui. "Sans cette antenne, j'aurais dû aller jusqu'à Livry-Gargan. Le bus passe toutes les heures, il faut pas le rater ! Aujourd'hui à pied, j'en ai pour dix minutes."

Inauguré en grande pompe le 17 février, le Pôle emploi de Clichy-sous-bois suscite toujours l'espérance. La commune au taux de chômage deux fois supérieur à la moyenne n'avait pas, jusque là, sa propre agence pour l'emploi. Malgré ses nombreux quartiers qui cumulent toujours pauvreté, précarité et isolement. Sur trois étages, le local est encerclé d'immeubles coquets, témoins de la rénovation urbaine intensive engagée après les émeutes de 2005. L'ouverture d'un accueil pour les chômeurs de Clichy, mais aussi Montfermeil et Gagny, marque une nouvelle étape.

A une heure de Paris

Trois mois plus tard, les équipes venues pour beaucoup des agences environnantes minimisent la symbolique. "Ouvrir une antenne est toujours un gros 'challenge'", lance Olivier Paschung, son directeur. Les difficultés de Clichy se lisent en filigrane. Profil des chômeurs? "Pas forcément un public de cadres, plutôt des employés qualifiés." 83% ont une formation inférieure ou égale au bac, contre 78% à l'échelle de la Seine-Saint-Denis. Côté employeurs, "surtout des petites entreprises du bâtiment, des services à la personne ou de la sécurité, ce qui n'exclut pas quelques grands groupes", dans la distribution notamment.

Comme beaucoup de quartiers défavorisés, Clichy-sous-Bois souffre de son enclavement. Pôle emploi a rapproché les services publics, mais pas les entreprises. Proches à vol d'oiseau, les bassins de Paris, Roissy ou Marne-la-Vallée sont à plus d'une heure en transports. Et la situation n'est pas près de s'arranger: le tramway n'arrivera qu'en 2017 et le métro du Grand Paris Express... en 2023.

Les entreprises le savent. Elles doutent souvent des bonnes volontés, qui ne rechignent pourtant pas à passer plus de deux heures dans les transports chaque jour. "Autour de l'aéroport Charles-de-Gaulle, 80% des offres exigent le permis, note Antoine Volclair, responsable d'une équipe de conseillers. Seuls 50% de nos demandeurs l'ont et 30% sont véhiculés. On aura beau proposer des candidats dans ces zones, l'employeur va penser retards, grèves et risques d'absence."

Souffrir de son adresse

Les stéréotypes, un autre frein à combattre pour les conseillers. Une étude de l'Observatoire des zones urbaines sensibles estime qu'une adresse située dans un quartier défavorisé réduit les chances de décrocher un entretien d'embauche. Or 31% des chômeurs de l'agence de Clichy-sous-bois vivent en ZUS.

Olivier Paschung refuse de confirmer les discriminations. Il opte pour une périphrase: "On sait que les employeurs retiennent certains CV et en écartent d'autres..." Mais il s'est porté volontaire pour expérimenter en juin le "web dating", des entretiens vidéo à distance entre employeurs et candidats sélectionnés par Pôle emploi, "pour éviter la barrière du CV".

Le service chargé des relations avec les enteprises prend moins de précautions. "Des stéréotypes restent associés aux ZUS. Les jeunes souffrent de leurs adresses, même si les préjugés sont un peu moins développés chez les employeurs du territoire, estime une conseillère qui souhaite rester anonyme. A nous d'éduquer les autres, en expliquant qu'exclure un candidat pour son adresse est discriminatoire."

Des contrats aidés pour "désinhiber"

Pour vaincre les réticences, le Pôle emploi de Clichy mise gros sur l'arsenal des contrats aidés, encore étoffé depuis 2013. En plus des emplois d'avenir, des contrats d'insertion et de génération, Clichy-sous-bois et Montfermeil ont droit aux emplois francs: l'embauche en CDI d'un jeune d'une zone sensible donne droit à 5000 euros. Un vrai bonus pour les candidats des "quartiers", estime la conseillère: "Ces mesures les rassurent. Elles les désinhibent. Ils craignent moins de dire qu'ils viennent de ZUS puisque c'est au contraire un argument de plus à leur candidature."

Autre stratégie pour faire front face au chômage, "mobiliser tous les acteurs locaux", estime Olivier Paschung. Le chômage de Clichy et des environs préoccupe l'Etat, mais aussi les collectivités, la mission locale, les associations, etc. "Je fais par exemple partie du club d'entrepreneurs de la communauté d'agglomération, indique le directeur. Je donne facilement mon numéro de portable, je rencontre les employeurs. Celui qui veut signer un contrat de génération me demande comment faire. Créer du réseau pour répondre à l'instantanéité, c'est important."

C'est aussi en nouant des liens avec une structure locale, Energie, que Pôle emploi a trouvé des débouchés dans les services à la personne pour des jeunes mamans au chômage, peu mobiles et peu qualifiées. "L'association est implantée dans nos communes et ne demande donc pas d'être véhiculé. Elle prend en charge la formation, y compris une remise à niveau en français", se félicite une conseillère. Neuf CDD d'un an viennent d'être conclus, "avec de bonnes chances de CDI derrière".

Trop tôt pour des effets

Impossible pour l'heure de mesurer les résultats à plus grande échelle, face à des besoins immenses. "Amener Pôle emploi à Clichy-sous-bois n'apporte pas en soi du travail aux gens", admet Antoine Volclair.

A en croire les équipes de l'agence, l'impatience ne se fait pas encore sentir chez les quelque 300 usagers qui défilent chaque jour dans ses murs. La direction n'admet qu'un "clash" depuis l'ouverture et un "climat général pas forcément serein", mais qui n'est pas propre à l'antenne.

Avec 44 conseillers pour 5982 chômeurs, le Pôle emploi de Clichy est légèrement mieux doté que d'autres agences de Seine-Saint-Denis. "Et puis l'agence est belle, les locaux sont plus récents et spacieux qu'avant, ce qui fait que les usagers ont l'impression d'être mieux accueillis, juge Ouria Bouadla, déléguée du syndicat SNU Pôle emploi. Mais ils n'ont pas encore les moyens de mesurer l'impact sur leur recherche d'emploi."



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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 21:58



François Hollande aux jeunes des quartiers populaires :

« Vous êtes une chance pour la France »

« Les banlieues, tout comme la jeunesse, le pouvoir d’achat ou la création d’emploi,
seront une de nos priorités lors du prochain quinquennat ! »


12 avril 2012




ça mérite le gras et un Collector

Citation :
Nicolas Sarkozy a accusé lors de sa visite à Drancy François Hollande de « manquer d’idée pour les banlieues », quand dans le même temps le candidat-sortant n’a plus mis les pieds dans celles-ci depuis plus de 5 ans, sa visite étant purement électoraliste et méprisable dans ces quartiers qu’il voulait il y a à peine 6 ans « nettoyer au Karcher ».

Une promesse de plus qu’il n’a pas tenu, car au lieu d’améliorer les conditions de vie dans les quartiers populaires, il s’est contenté de couper les vivres de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (moins de 2% de son financement provient de l’État), d’abandonner ces quartiers populaires et ses habitants.

De plus, ce qui semblait être le point fort de sa campagne en 2007, la sécurité, n’a pas eu son heure de gloire avec le quinquennat qui se termine. Sur ses cinq années de présidence, nous avons pu constater une suppression de 2.9% des postes de policiers et de 4.8% des postes de gendarmes avec sa politique de suppression d’un fonctionnaire sur deux. Un paradoxe lorsque nous savons que c’est au cours de sa présidence qu’ont eu lieu les violentes manifestations de Grenoble et de Villiers-le-Bel.

On comprend maintenant pourquoi Nicolas Sarkozy ne se déplace en banlieue qu’accompagné de cars de CRS et de services de sécurité, le candidat-sortant n’y étant pas le bienvenue !

François Hollande a pris quant à lui et contrairement aux dires du candidat de l’UMP, des engagements pour réparer les dégâts de la droite dans les quartiers populaires.

En matière d’éducation, il prend l’engagement de créer 60 000 postes d’enseignants, en particulier dans les milieux défavorisés, d’instaurer un accompagnement scolaire avec par exemple l’accès aux classes préparatoires et, en cas de décrochage, l’ouverture d’un capital-formation pour aider les jeunes à entrer dans la vie professionnelle.

L’emploi n’est pas non plus oublié par le candidat socialiste à l’élection présidentielle avec la création sur 5 ans de 150 000 emplois d’avenir afin de favoriser l’insertion par le travail, tout cela avec une facilité d’embauche par l’exonération de cotisations sociales pour l’entreprise à l’embauche de jeunes des quartiers.

Également pour l’urbanisme et le droit au logement, François Hollande et les candidats socialistes aux élections législatives s’engagent à établir 25% de logements sociaux minimum par commune en modifiant la loi SRU, et à encadrer les loyers lors de la première mise en location ou de la relocation.

En matière de sécurité, pour réparer les erreurs de la droite, François Hollande propose la création de postes d’agents de police et de gendarmes (1000 postes par année), postes supprimés lors du quinquennat Sarkozy, lesquels seront formés à la lutte contre la discrimination et le délit de faciès aux contrôles d’identité par exemple.

Les banlieues, tout comme la jeunesse, le pouvoir d’achat ou la création d’emploi, seront une de nos priorités lors du prochain quinquennat !


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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 22:18


on ne s'en lasse pas, mais pour un peu on s'enlaçait...


« Les femmes jouent un rôle déterminant. Ce sont elles qui se battent...
Je veux leur rendre hommage »

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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 22:23




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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 22:30




Scènes de chasses aux jeunes dans les quartiers populaires de Téhéran

soliranparis Blog 11 janvier 2013



Corbeil-Essonne
La violence en banlieue appelle des solutions nouvelles La Croix 6 juin 2011


31 octobre 2015

Urgence-notre-police-assassine en toute impunité

Mais que fait l'Etat ?




Ils ont tous un point en commun.

Tous issus de l'immigration, ils ont tous été tué par des policiers, les raisons ne sont pas les mêmes
mais le processus est le même, meurtre, mensonge, criminalisation de la victime pour justifier
le meurtre, dissimulation des preuves, expert balistique qui sont d'anciens flics,
petit arrangement entre expert médical et les policiers.

On n'est pas fou, c'est du vécu, la police tue et la justice acquitte

Les familles de victimes, Wissam El YAMNI, Amine BENTOUNSI, Lahoucine AIT OMGHAR, Nabil MATBOUL, Youcef MAHDI, Bertrand NZABONAYO, Abdoulaye CAMARA, Amadou KOUME, Remy FRAISSE, Pierre CAYET, Mehdi BOUHOUTA... QUI SERA LE PROCHAIN ?


source

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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 22:49




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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 22:59


Marseille, cités dans le texte

Michel Henry Libération 10 févier 2016 10 février 2016

Le journaliste Philippe Pujol se remémore dix ans de vadrouille dans les quartiers Nord, au cœur de la misère et de la délinquance ordinaire.


En avril 2014 à la cité des Flamants, au nord de Marseille Photo Yohanne Lamoulère 

Citation :
La République ? Vous voulez rire ! Cette chimère réservée aux bien nés n’atteint pas les quartiers Nord de Marseille, ou alors sous forme de sirènes tonitruantes : dans ces cités populaires, «la police reste quasiment le seul trait d’union avec ce truc qu’on appelle la République», écrit Philippe Pujol. «L’idéal républicain de l’égalité des chances, ça la fait bien marrer, cette armée de Kevin dont le quotidien, les jugements, les valeurs et la norme sont dictés par une seule chose : la galère», précise le journaliste couronné du prix Albert-Londres 2014 pour ses articles «Quartier shit» dans le quotidien la Marseillaise.

«Panache»

Philippe Pujol est une sorte de P.P. flingueur toujours au taquet qui écrit à l’os, le doigt sur la gâchette. Dans ce nouvel opus, nourri de dix ans de vadrouilles, il décrit avec talent et justesse les trajectoires souvent tragiques qui peuplent ces cités «où même les rats se font chier». La délinquance y sert d’«ascenseur social» - ou de chemin vers le cimetière. On trafique autour d’une obsession, «du fric ramené avec panache». Et on se bute, comme Skander, qui a pris «plus de balles que d’années dans sa courte vie». Entre-temps, on survit. «Ho ! Pujol ! Tu as vu depuis le lycée comme je m’en suis bien sorti… Regarde», le hèle Karim, qui frime en Audi A6 : «T’en as pas besoin pour exister, toi, du fric… nous, ouais… Pour plus être le bon petit Arabe comme nos parents. L’apparat, mon gars, l’apparat…»

Pujol en profite pour se poser quelques questions : «Qui sont les nouveaux modèles quand des trafiquants prennent en charge le tissu social de leur cité […] ? N’est-ce pas plus moral que le clientélisme ? Ceux-là font dans le social comme le fait le Hamas.» Dans une deuxième partie, moins originale, il pratique un «zoom arrière» vers les politiques, Gaudin-Guérini et leurs clientélismes, ces systèmes qui permettent aux zones pauvres de survivre - mais les enferment dans des relations biaisées.

Pour l’auteur, Marseille présente un sacré avantage : la ville «ne cache pas ses blessures» car «elle est sincère, c’est tout». Vertu exemplaire : elle est «l’illustration visible des malfaçons de la République française». On pourrait l’accuser de nourrir la caricature. Il s’en défend à Libération : «Les clichés sont véhiculés par les Marseillais eux-mêmes ! Et comme moi je suis officiellement marseillais, je peux écrire ça et avoir une crédibilité, surtout que je suis plutôt tendre et affectueux.» Quant aux élus qui crient au «Marseille bashing», la critique systématique, il y voit une posture facile : «Le Marseille bashing n’existe pas. C’est une invention derrière laquelle on cache la gestion calamiteuse de la ville.»

«Chaotique»

Après French déconnection (Robert Laffont, 2014), le journaliste indépendant achève un cycle et entend s’éloigner de cette ville qui lui colle au corps : «Je ne serai plus marseillologue. Mon objectif est de montrer que je peux faire autre chose.» Mais la vie le ramène à Marseille. «Le public vient vers moi comme si j’avais formulé ses questions. Il me demande: "Qu’est-ce qu’on peut faire ?" Il y a beaucoup d’appels à l’aide. Ça me laisse sans voix. Je ne suis pas élu. On attend de moi que je sois un peu optimiste.» Alors Pujol, 40 ans, cherche une lumière au bout du tunnel : «Quand Jean-Claude Gaudin arrêtera de faire de la politique, on basculera dans un moment trouble. Ce sera chaotique : la droite commence à s’entretuer alors que la gauche est déjà KO. Mais la citoyenneté retrouvera sa place. » A moins que le FN prospère. Dur d’être optimiste.

Michel Henry    

Philippe Pujol  La Fabrique du monstre. Dix ans d’immersion dans les quartiers nord de Marseille, la zone la plus pauvre d’Europe Les Arènes, 300 pp., 20 €.




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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 23:07


PCF... Front de gauche...



La boite à activités du 9ème Marseille : la campagne de contacts aux entreprises et cités populaires

extraits
Citation :
[...] La campagne rentre dans sa phase très active, elle sera courte, mais justement il faut se centrer sur l’essentiel : s’adresser bien sûr à l’électorat communiste et Front de gauche, tous ceux qui se sont mobilisés dès 2012, mais aussi de façon beaucoup plus large à tous les hommes et femmes de gauche qui recherchent un espoir concret.

Tous ces gens-là représentent un potentiel, un point d’appui, un espace politique pour le succès électoral de nos listes. Beaucoup dépendra, à présent, de notre capacité à leur parler, à les mobiliser au premier tour et indissociablement en vue d’un rassemblement de toute la gauche au second tour.

Bien sûr, il y aura besoin d’initiatives de campagne visibles, médiatiques, de meetings, mais il faut être clair sur le fait que l’efficacité résidera surtout dans une campagne de contacts, de dialogues directs, de rencontres aux portes des entreprises, de prise de coordonnées pour multiplier le maximum d’échanges.

Evidemment, dans cette démarche, l’atout premier ce seront, nous, les militantes et militants, leur capacité à s’adresser à notre entourage, aux gens que nous connaissons, aux gens qui nous font confiance. Chacun peut établir des listes de personnes à qui rendre visite, au porte-à-porte ou dans toute autre initiative, tract en main. On a l’atout de très nombreux nouveaux adhérents ; ce sont autant de réseaux, de contacts nouveaux qui peuvent nous aider à enrichir et à déployer notre campagne. Tout ça s’organise, les secteurs à visiter, les listes de contacts à dresser, s’assurer du travail fait, tester les arguments, garder ceux qui marchent, affiner ceux qui méritent d’être précisés. C’est dans cette campagne de terrain au sens le plus noble du terme que seront les bases des meilleurs résultats de nos listes.

Une fois de plus, tout le démontre, de bons résultats sont à notre portée dans le 9ème arrondissement de Marseille comme en Région PACA.





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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 23:19




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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 23:33


au Québec libre...


en banlieue, au Québec, la «défavorisation»...

La pauvreté s'enracine dans Sainte-Foy Baptiste Ricard-Châtelain Le Soleil 1er août


Le comptoir alimentaire citoyen de Sainte-Foy centre
La pauvreté s'enracine dans les anciennes banlieues de Québec, dont en plein coeur de la riche Sainte-Foy. Entre les bungalows et les condos de grande valeur, un triangle de forte défavorisation se dessine.

Citation :
« Oui, on a des secteurs vraiment défavorisés, plus défavorisés qu'avant», observe Line Rochette, organisatrice communautaire au Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS). Où sommes-nous? Dans la paroisse Notre-Dame-de-Foy notamment, le long du boulevard Henri-IV. Là où plusieurs tours de logements sont plantées. «Souvent, il y a de petits travaux à faire, des choses à rénover [dans les appartements]. Ce ne sont pas des quartiers très huppés.»

On ne peut toutefois comparer la situation qui prévaut ici avec ce qu'on observe dans la basse ville, dans le quartier Saint-Sauveur par exemple. Là-bas, la pauvreté est plus uniforme. À Sainte-Foy, «c'est complètement différent», nuance Mme Rochette. Un îlot d'immeubles locatifs moins fortuné côtoie souvent un quadrilatère de maisons unifamiliales plutôt dispendieuses qui est suivi de tours de copropriétés opulentes. «Les changements, d'un coin de rue à un autre, au niveau des revenus, au niveau de la défavorisation, c'est frappant.»

Il y a donc ce triangle de pauvreté sur la carte de la défavorisation à Québec, confectionnée par le CIUSSS. Un triangle qui détonne d'autant plus qu'il est au centre de Sainte-Foy, un territoire cossu.




Mais il y a d'autres poches d'infortune qui s'esquissent dans les anciennes villes de la périphérie de la capitale : «C'est les banlieues. La défavorisation a atteint les banlieues», explique Line Rochette. «Avant, on se disait : "Nos banlieues sont riches, nos banlieues n'ont pas de problèmes." Au contraire. Sainte-Foy n'est pas la seule au niveau des banlieues de Québec où il y a plus de défavorisation.»

Partout dans la ville, un constat: «De plus en plus, on a des écarts entre les riches et les moins nantis.» Les pauvres en arrachent, les revenus ne suivent pas la hausse du coût de la vie.

Dans la paroisse Notre-Dame-de-Foy, le dénuement est cependant lourd. On y recense de nombreux immeubles comptant plusieurs logements en un même quartier. Un bon nombre d'immigrants aussi, dont des réfugiés. «On a beaucoup de familles nombreuses. Les immigrants ont beaucoup d'enfants.» En plus, plusieurs ont des diplômes en poche, mais les documents ne seraient pas toujours reconnus.

L'immigration n'explique, par contre, pas tout. «Il y a un vieillissement aussi de la population.» Les revenus de retraite ne sont pas toujours à la hauteur des espérances.

Et notre société s'individualise, fait remarquer Mme Rochette. «L'isolement social est un facteur présent aussi. [...] Les gens se retrouvent de plus en plus isolés.»

Justement, dans le triangle que nous examinons, la «défavorisation sociale» est très importante, ajoute Patrick Dubé, aussi organisateur communautaire au CIUSSS. Dans ce secteur, on dénombre un bon nombre de personnes seules, d'individus séparés, divorcés, veufs, et de ménages monoparentaux.

Étonnamment, poursuit Line Rochette, les loyers sont assez dispendieux dans cette partie de Sainte-Foy. Un fort pourcentage des ménages doivent donc consacrer une bonne part de leurs revenus au logement, selon les données compilées par le CIUSSS.

Autre signe qui ne trompe pas, l'école du coin a un «indice de faible revenu» élevé. «À Sainte-Foy, c'est très surprenant», note Mme Rochette.

Cet indice sert au gouvernement à identifier les écoles où les défis sont plus grands, nous renseigne Patrick Dubé. Quand il est haut, comme dans Notre-Dame-de-Foy, la commission scolaire octroie des budgets supplémentaires pour soutenir l'établissement.

«C'est un peu incroyable!»

Au coeur de Sainte-Foy, des dizaines de personnes, souvent des parents, font la file les premiers et troisièmes jeudis de chaque mois pour échanger un 2 $ contre une épicerie. «C'est un peu incroyable!»

Beaucoup pensent que tous les habitants de l'ancienne banlieue sont nantis, d'autant plus que la valeur foncière est très élevée, remarque Renaud Blais, coresponsable du comptoir alimentaire citoyen de Sainte-Foy centre. Pourtant, on y retrouve de la pauvreté importante, beaucoup dans de grands immeubles de logements peu entretenus, selon lui.

L'organisme qu'il pilote a été rescapé par des bénévoles laïcs il y a un an, après l'annonce de la fermeture par le gestionnaire précédent, la Saint-Vincent-de-Paul. Les citoyens jugeaient le service essentiel.

Au bout du fil, Renaud Blais s'emporte : le coeur de Sainte-Foy décrépit, lance-t-il. Il compare même certains secteurs au «Saint-Roch d'avant», à la basse ville d'avant les efforts de revitalisation.

La disponibilité de nombreux logements, parfois grands, attire notamment les immigrants. Parmi eux, plusieurs réfugiés, observe-t-il. À l'école Notre-Dame-de-Foy, on dénombre d'ailleurs une vingtaine, peut-être une trentaine, de nationalités dans les classes.

Donc, toutes les deux semaines, le jeudi, ils sont des dizaines à faire la file. «Cent personnes qui viennent au comptoir alimentaire dans un petit quartier comme ça...»

Les personnes seules, les couples repartent avec «deux gros sacs d'épicerie». Pour les familles, les portions sont plus généreuses, notamment pour ce couple originaire du Congo et leurs... 10 enfants - les ados dans un appartement, les parents dans un autre avec les plus jeunes.  

Isabelle Caron est un des multiples visages de la pauvreté du coeur de Sainte-Foy. «Parachutée à la retraite du jour au lendemain», dans la cinquantaine, elle fréquente aujourd'hui le comptoir alimentaire du quartier.

Son logis est situé «dans le secteur du boulevard du Versant-Nord». Le coin, constellé d'immeubles d'appartements, peut être entrevu par les automobilistes pressés filant sur l'autoroute Henri-IV.

Avant d'arriver là, il y a quelques années, elle devait plutôt s'établir sur la route de l'Église, pas très loin. Elle ne s'est jamais installée : «C'était insalubre. Alors, j'ai changé de cap.» Elle a prospecté en quête d'un appartement disponible à prix acceptable. «J'ai acheté un journal et je suis atterrie ici.»

Même les individus qualifiés occupant un emploi rémunérateur peuvent perdre leur emploi, observe-t-elle. Durant une quinzaine d'années, elle était préposée : «Je vivais avec un montant qui avait ben de l'allure.» L'hérédité a frappé. Sa vision déjà affectée a grandement baissé durant 2014. C'est donc l'invalidité qui l'a exclue du marché du travail à 58 ans, dit-elle.

Elle doit maintenant prendre grand soin d'elle-même, éviter tout stress, pour éloigner le plus possible une autre diminution de sa vue.

Sans boulot, les revenus chutent. L'assurance salaire paie, mais elle estime le montant quasi équivalent à l'aide sociale. «On fait des démarches pour savoir ce qu'on a pour vivre. Et ça ne marche pas, ce n'est pas assez. [...] J'ai été obligée de réduire tout, tout ce qui n'est pas vraiment nécessaire.»

Le constat était clair pour elle : «Si je veux encore faire quelques petites sorties et que je ne veux pas me confiner ici et m'isoler jusqu'à la fin de mes jours [...] je peux aller au comptoir alimentaire.»

Mme Caron savait que des organismes communautaires offrent denrées et vêtements. «Je ne savais juste pas comment ça fonctionnait.» À sa première visite, elle a été surprise de trouver dans la file des gens qu'elle connaît; ils lui ont expliqué la marche à suivre.

Elle ne regrette pas. La vie sans le comptoir alimentaire? «Je serais obligée de rester chez moi tout le temps et de ne jamais rien acheter.» Même la gâterie à 3 $ serait exclue, évalue-t-elle. «J'en arracherais. Je serais à calculer chaque jour. Et je ne pourrais pas aller prendre de café avec mes amis; c'est mon plaisir. Je serais isolée, vraiment.»


Des pauvres plus pauvres

La pauvreté étant diluée dans une richesse certaine, il est ardu pour les services sociaux d'apporter de l'aide aux plus démunis du coeur de Sainte-Foy. Ce qui accentue leur défavorisation.

«Cette mixité-là rend un peu la tâche difficile pour justifier les interventions au niveau social», regrette Patrick Dubé, organisateur communautaire au Centre intégré de santé et de services sociaux de la Capitale-Nationale (CIUSSS). «Souvent, on dit que Sainte-Foy est un milieu favorisé. En fait, on rencontre des gens qui le sont moins, mais qui sont noyés dans une masse qui fait qu'ils sont peu visibles.»

Et leur pauvreté est accentuée par le simple fait d'habiter au coeur d'un arrondissement prospère. «Dans un milieu très aisé, leur situation de défavorisation est accrue par le milieu qu'ils côtoient. Dans les épiceries, ça coûte plus cher. Les dépanneurs coûtent plus cher aussi. L'accessibilité aux services, souvent, elle est moindre; il y a moins d'organismes communautaires. Donc, les enjeux sont plus grands pour les gens qui sont défavorisés dans les milieux plus aisés.»

Un comité de mobilisation a donc été mis sur pied en collaboration avec la Ville, poursuit Line Rochette, aussi du CIUSSS. «On travaille fort fort pour mettre des activités en place, pour que les gens créent un sentiment d'appartenance à ce milieu-là.»


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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Sam 7 Mai - 23:38



La France compte 3,8 millions de personnes mal-logées Le Figaro Immobilier 18/12/15


Crédit: Luc Legeay. (Flickr)

En tout, c’est 12,1 millions de personnes fragilisées par rapport au logement et 1,1 million de Français qui vivent dans des copropriétés en difficulté, selon un rapport de la Fondation Abbé Pierre

Citation :
Le chiffre est en constante hausse, et le constat est alarmant. La France compte actuellement 3,8 millions de personnes mal-logées et 12,1 millions de personnes fragilisées par rapport au logement, a révélé jeudi la Fondation Abbé Pierre (FAP), qui se base sur l’exploitation de la dernière édition de l’enquête nationale logement (Enl) 2013 de l’Insee.

Le chiffre de 3,8 millions de mal-logés comprend notamment 894.500 personnes «privées de logement personnel» et 2,9 millions de «personnes vivant dans des conditions de logement très difficiles», a expliqué Manuel Domergue, directeur des études à la Fondation, lors d’une conférence de presse à Paris.

Mais ce chiffre de 3,8 millions de mal-logés ne peut pas être comparé à celui du précédent rapport sur le mal-logement de la Fondation, établi à 3,5 millions, car les critères de l’Insee ont changé depuis la précédente enquête de 2006, a-t-il précisé. Parmi les «personnes privées de logement personnel», la FAP comptabilise 141.500 sans domicile (+50% entre 2001 et 2012), 25.000 personnes logées en hôtel, 85.000 personnes en habitations de fortune, et 643.000 en logements contraints chez des tiers (+19%, entre 2002 et 2013).

Parmi les «personnes vivant dans des conditions de logement très difficiles», sont notamment recensées 2,1 millions de personnes privées de confort car leur logement ne possède pas d’eau courante, de WC intérieurs, de douche, de moyen de chauffage ou de coin cuisine, ou leur façade est très dégradée avec des fissures profondes. Et 934.000 personnes vivent en «surpeuplement accentué» c’est-à-dire qu’il leur manque deux pièces par rapport à la norme de peuplement (+17% entre 2006 et 2013).

Privation du confort sanitaire de base

Ce n’est pas tout. Par ailleurs, la FAP compte aussi dans les mal-logés 44.000 «gens du voyage» en manque de places dans des aires d’accueil aménagées, et 41.000 migrants vivant dans des foyers de travailleurs migrants non réaménagés. Autour de ce noyau dur de 3,8 millions de mal-logés, la FAP comptabilise 12,1 millions de personnes «fragilisées par rapport au logement», et qui pourraient «basculer dans le mal-logement», a expliqué Christophe Robert, délégué général de la Fondation.

Il s’agit de 4,4 millions de personnes modestes «en surpeuplement modéré» (il leur manque une pièce par rapport à la norme d’occupation), de 1,2 million de personnes en impayés de loyers ou de charges (+2% entre 2006 et 2014), et 1,1 million de personnes vivant dans des copropriétés en difficulté. S’ajoutent aussi deux nouvelles formes de «fragilité»: les 5,7 millions de personnes qui consacrent un effort financier excessif à leur logement (plus de 35% des revenus, avec un faible reste à vivre), et les 3,5 millions de personnes modestes qui disent avoir eu froid pour cause de privation de chauffage pour raisons financières (+44% entre 2006 et 2014).

Sur la plupart des indicateurs, la situation du mal-logement s’est aggravé, a souligné Christophe Robert. Seul motif de satisfaction, le nombre de personnes privé du confort sanitaire de base (absence de WC à l’intérieur, de douche, etc.) a diminué de 41% entre 2006 et 2013. La Fondation Abbé Pierre présentera son nouveau rapport annuel sur le mal-logement le 28 janvier, qui sera axé notamment sur «le mal-logement qui rend malade», a précisé Christophe Robert.



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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Dim 8 Mai - 5:25


rappel de messages dans et les "PETITS BLANCS" dans tout ça ?


Aymeric Patricot a enquêté sur une figure encore méconnue du paysage culturel français : "le petit Blanc", c'est-à-dire un Français blanc et pauvre, qui se perçoit comme tel ou que l'on désigne ainsi. Le problème est qu'il reste considéré, dans un contexte de métissage, comme un privilégié, en dépit des situations humiliantes qu'il peut vivre au quotidien. Depuis des décennies, les Américains ont fait une place à ce groupe très particulier sous le nom de "White Trash". Assiste-t-on à l'émergence d'un équivalent français ? Extrait de "Les Petits Blancs"


Face à la diversification ethnique,
comment vivent les "petits Blancs" des quartiers pauvres de la République ?

deux extraits

Aymeric Patricot a écrit:
C'est avec pudeur qu’on utilise, en France, l’expression petit Blanc : si l’on comprend ce qu’elle recouvre, on n’aime pas la définir.

Et beaucoup réprouvent son usage. Elle a beau paraître dans les romans, circuler dans les conversations, se laisser entendre dans les médias, elle provoque la gêne et même une sorte de honte – honte d’avoir à penser à ces choses-là, honte de nommer une catégorie qui nous répugne parce qu’elle établit une distinction, fondée sur la couleur de peau, que l’on pensait dépassée.

Pourtant, l’expression s’impose. Elle a quelque chose d’évident : elle désigne une réalité peu visible mais présente aux esprits. Émergeant d’un obscur passé colonial, elle prend des connotations nouvelles et il est même à parier – c’est l’une des hypothèses de ce livre – qu’elle s’imposera bientôt comme un vocable incontournable lorsqu’il s’agira de commenter ce phénomène de longue haleine : la diversification ethnique de la société française.

Combien de visages le petit Blanc présente-t-il en France, au début du xxie siècle ? Il y a celui de l’adolescent de banlieue qui, l’un des seuls visages pâles dans sa classe, prend conscience de sa différence ; celui de la personne qui, vivant d’expédients, fragilisée socialement, se découvre aussi pauvre que ces minorités qu’on dit occuper le bas de l’échelle ; celui de l’homme âgé n’ayant toujours pas digéré la perte des colonies ni du privilège inespéré qu’elles lui donnaient vis-à-vis de populations qu’il est obligé de côtoyer, désormais, sur son propre sol ; celui qui, perdu pour la société, marqué par la misère ou déclassé de manière inattendue, ne songe pas à sa propre couleur mais se la voit rappeler par ceux qui l’observent et, parfois, le méprisent ; celui qui peut être tenté par le rejet de l’autre mais que l’on soupçonne, surtout, avant même qu’il ait ouvert la bouche, d’être raciste.



Citation :
Fabrice a repris l’exploitation de ses parents dans le pays de Caux, sur le plateau calcaire haut-normand. Il aime son activité – culture de lin, betterave et colza – malgré la charge de travail et des revenus incertains. Mais il me dit souffrir de l’image qu’ont les agriculteurs. Il raconte son angoisse lorsqu’il monte en ville. « C’est surtout dans ma tête. Quand je vais au Havre, je me fais l’impression d’être un bouseux. Je fais l’effort de mettre un jean propre et des chaussures correctes. Si je me laissais aller, je resterais en salopette mais ça n’est possible que dans les villages et les petites villes comme Étretat. Les touristes y sont nombreux mais les commerçants nous connaissent. Je vais souvent prendre un apéritif dans un bistrot du coin, comme à Octeville les jours de marché. Ce sont des endroits chaleureux, nous nous y retrouvons entre exploitants.

J’ai senti parfois l’amusement de Havrais qui s’arrêtaient là de retour du marché et qui nous jetaient des regards curieux. Pour eux, nous devons représenter des gens d’autres mœurs, des gens qui n’existeront bientôt plus. Bien sûr, on a notre accent, nos expressions. Mais j’ai du plaisir à les entretenir. Et puis je ne vais pas me mettre en costume pour aller au bistrot !


Citation :
« Je n’ai pas honte de moi-même au travail ou dans ma campagne, mais en ville, oui. Je me demande toujours ce qu’on pense de moi. Chez le banquier, ça va. Chez le coiffeur aussi. Dans les bistrots, pas de problème. Ça me prend dans les rues piétonnes où il n’y a jamais grand monde et où je me sens scruté. Je me dis que ma démarche est remarquée, qu’un petit quelque chose révèle que je ne suis pas de la ville. Je me répète que chacun a sa particularité, mais je continue de guetter les sourires.

« Le pire, c’est dans la ville haute, celle des HLM. Je n’y suis allé que deux ou trois fois mais ça m’a suffi pour me dire que ce n’était pas mon monde. Ce qui est bizarre, c’est qu’au fond je ne suis pas plus riche qu’eux. Mais ils doivent m’associer à la ville basse, celle du plein emploi et des gens qui s’en sortent. Ou quelque chose du genre. Je ne sais rien d’eux, sinon que ces gens-là étaient ouvriers quand il y avait du travail. Je n’ai pas eu l’occasion de rencontrer qui que ce soit là-bas, mais je m’y sens oppressé. La pauvreté doit y tendre les rapports et je pense que la méfiance, la colère doivent compliquer les choses. J’ai une certaine indifférence pour ces populations-là, je pense qu’eux-mêmes ne se sentent pas sur un pied d’égalité avec moi. Il doit y avoir de l’hostilité pour les gens comme moi. Quoiqu’après tout, je n’en suis pas sûr… Si je me reconnais dans l’expression petit Blanc ? Je n’avais jamais réfléchi à ce mot-là. Mais peut-être, oui, suis-je un petit Blanc quand je vais au Havre, ville haute comme ville basse. »



« Petits Blancs » contre bobos, la nouvelle lutte des classes ? Alexandre Devecchio 14/02/2014  




Aymeric Patricot a écrit:
Q : À tort ou à raison, les petits Blancs ont le sentiment qu'ils sont regardés comme des « beaufs » par les bobos

AM : Certains votent à l'extrême gauche, d'autres basculent à l'extrême droite. Mais ce qui définit les petits Blancs politiquement, c'est souvent l'abstention. La plupart d'entre eux ne se sentent plus appartenir au «système» et expriment parfois de la rancœur à l'égard des minorités ethniques, par lesquelles ils se sentent menacés. Cependant, leur principale source de ressentiment reste dirigée contre les bobos qu'ils accusent d'exprimer du mépris de classe à leur égard. A tort ou à raison, les petits Blancs ont le sentiment qu'ils sont regardés comme des «beaufs» par les bobos. Il y a aussi une fracture d'ordre raciale: le petit Blanc est celui qui n'a pas les moyens de quitter les quartiers très métissés et qui souffre du métissage alors que le bobo peut vivre dans des quartiers populaires, mais a des stratégies d'évitement face aux situations les plus critiques.

Thomas Legrand: Les bobos constituent une partie de la population pour qui le capital culturel à plus d'importance que le capital économique. Le premier est souvent très élevé, tandis que le second est très variable. Le bobo peut être aussi bien un travailleur social doté d'une maîtrise de sociologie, qu'un webmaster qui gagne 10 000 euros par mois. La principale force du bobo est d'être en phase avec la mondialisation, avec la société, et aussi, contrairement au petit Blanc, avec la représentation du monde qu'il voit à la télévision.


'Les petits blancs, un voyage dans la France d'en bas'

Conférence de Aymeric Patricot, écrivain,
organisée par l'association étudiante Débat et Vous sur le campus de Reims





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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Dim 8 Mai - 5:31


" indigénisation tendancielle "

Les Blancs indigénisés des cités populaires

Sadri Khiari du PIR, 28 septembre 2013

Bien plus que la génération antérieure, les générations blanches nées à partir des années 1980 ont été profondément affectées par les effets de la restructuration libérale et par l’offensive tous azimuts lancée contre les quartiers populaires. Leurs trajectoires historiques et leurs parcours de vie déterminent d’autres tropismes que ceux de leurs aînés. Enracinées dans une même condition sociale, un même sentiment de relégation, un même contrôle institutionnel, notamment policier, une même extériorité par rapport au champ politique et aux mécanismes décisionnels, une conscience commune et des solidarités puissantes se construisent entre jeunes Blancs – ou ceux que la précarité économique maintient durablement dans un entre-deux-âges social – et indigènes.

Sadri Khiari a écrit:
Ensemble, également, ils subissent les vieux stéréotypes associés aux « classes dangereuses » du XIXe siècle, tellement analogues aux représentations raciales du « sauvage » des colonies. Et si les indigènes sont stigmatisés, en sus, parce qu’ils sont indigènes, les jeunes Blancs des cités pâtissent de leur propre proximité sociale, culturelle, affinitaire, aux « sauvages » proprement dit, ces descendants de colonisés auxquels ils sont souvent assimilés. Leurs privilèges en tant que Français et Blancs s’effacent relativement face à ce que l’on peut appeler une indigénisation tendancielle. Le Noir déteint sur le Blanc – j’aurais pu dire l’Arabe ou le musulman, bien sûr.

A des degrés divers, ce phénomène d’indigénisation tendancielle, partielle, différenciée selon les espaces et les populations affecte, par effet de globalisation, de diffusion, de contagion, de nombreux quartiers populaires indépendamment de la masse effective d’indigènes qui y résident. L’indigénisation est une tache d’huile qui se répand dans la trame du tissu urbain périphérique au fur et à mesure que de nouvelles générations de Blancs sombrent dans le « sous-prolétariat », dans la précarité et la détresse.

Ces jeunes Blancs, ostracisés déjà en tant qu’« exclus », le sont désormais en tant que semi-indigènes. On pourrait les appeler des métis politiques. On leur refuse un emploi, un logement, un loisir; la police les assaille; la justice les méprise; des enseignants ont peur d’eux; non pas seulement parce qu’ils appartiennent aux classes subalternes mais aussi, de manière croissante, parce qu’on les identifie à leurs voisins de palier réels ou virtuels qui ont la peau sombre et des mœurs étranges. Comme dans certaines des colonies actuelles, l’indigène par assimilation peut avoir la peau blanche et descendre effectivement d’un quelconque Gaulois.

Ce mouvement d’indigénisation relative tend ainsi à élargir la fracture coloniale à l’échelle nationale. Lorsque le Pouvoir blanc fabrique ce qu’il appelle les « territoires perdus de la République », qu’il découpe dans l’espace des zones d’insécurité, qu’il délimite des populations « à risque », qu’il oppose à la « France qui a peur » les « quartiers sensibles », trop indigènes à son goût, il fabrique du même coup une fracture « territoriale » qui recouvre en partie la fracture coloniale.

La résistance dans les quartiers populaires contre les dispositifs qui creusent les inégalités « territoriales » ou sociales comporte dès lors une incontestable dimension décoloniale. La puissance politique des Blancs se rebellant ainsi contre la condition indigénale qui, pour une part, les accable comme elle accable les non-Blancs devient elle même, pour une part également, un moment de la Puissance politique indigène.

Il me faut ici nuancer encore, apporter certaines précisions. Je décris là, en effet, une tendance, un processus qui ne se développe ni de façon linéaire ni sans contradictions. La réalité des quartiers est particulièrement hétérogène et les modalités de leurs insertions dans l’espace social et politique national fortement différenciées. Surtout lorsque l’extension de la fracture coloniale par l’indigénisation rampante des quartiers populaires prend la forme, apparente et réelle à la fois, d’une fracture territoriale, elle a pour conséquence paradoxale de brouiller le clivage racial et de camoufler les privilèges, certes très relatifs, dont disposent les jeunes Blancs des cités.

La lutte des races sociales n’apparaît pas, immédiatement, en tant que telle. Oh, pas tant dans l’esprit de ceux qui tiennent le pouvoir et savent généralement à quoi s’en tenir! Mais dans la conscience même des « jeunes de banlieue». Les solidarités qui se trament par-delà les origines et les nationalités, l’émergence d’une culture de quartiers, les résistances partagées, la prégnance de l’idéologie républicaine, cristallisée dans les institutions et les politiques publiques, confortent ainsi l’intuition illusoire, y compris parmi les indigènes, selon laquelle rien ne distingue un jeune chômeur blanc d’un jeune chômeur indigène. Le flash-Ball du CRS – « arme à létalité atténuée » ou « sublétale » selon l’expression consacrée du fabricant—semble ne pas faire de différences entre Blancs et indigènes.

La réalité raciale a cependant la tête plus dure que le béton des HLM. Fût-ce de manière minime, occasionnelle, l’indigène, même quand il est français reste l’objet d’un traitement d’exception, de discriminations qui lui sont propres. Et quand bien même un Blanc subirait un traitement similaire à celui d’un indigène, il possède au moins le privilège symbolique d’être français et blanc. Et il le sait
. Et il peut éventuellement en jouer. Les multiples dispositifs de marquage, de relégation, de contrôle, de répression, même quand ils le réduisent en partie à la condition d’indigène, même quand ils sont nourris par la mémoire coloniale des institutions bureaucratiques et policières de la République, ne lui ôtent pas complètement son privilège de Français blanc.

L’« intégration » des Blancs dans l’indigénat est aussi impossible que l’ « intégration » des indigènes dans la République. Et pour les mêmes raisons. Un Blanc converti à l’islam peut se « déconvertir ». Un Arabe, même parfaitement athée, reste un musulman
. Les Algériens harkis qui ont tant fait – et souvent – pour se fondre dans la masse anonyme du « Peuple de France » l’ont bien appris à leurs dépens. Le Noir et l’Arabe sont définitivement, dans l’ordre de la République, de l’autre côté de la barrière raciale. Ils portent cette barrière dans leur corps, dans leurs histoires, dans leurs vécus quotidiens. Non pas seulement parce que la France le leur dit, aujourd’hui comme hier; qu’elle les combat en particulier pour ce qu’ils sont censés avoir de particulier. Mais parce qu’ils sont aussi les héritiers d’une mémoire, d’une culture, transmises bon gré mal gré par les générations indigènes qui les ont précédées, et que la République et l’eurocentrisme dominant s’acharnent à nier, à étouffer, à disqualifier; parce qu’ils héritent également des déchirures de la colonisation, de l’émigration et du rejet, rigidifiés, sédimentés, rendus indissolubles par la persistance de leur condition d’indigène; parce qu’enfin ils gardent en eux les traces des résistances individuelles, des luttes collectives, de la fierté préservée de l’indigène face à l’état d’indignité auquel on a voulu le réduire.

Dans ses œuvres, Franz Fanon a mis en lumière la violence inhérente aux rapports coloniaux. Abdelmalek Sayad, dans un registre autre mais si proche, a poursuivi ce travail, le scalpel du sociologue partial à la main. Il a dévoilé la dialectique colonialisme-néocolonialisme qui s’inscrit dans la chair et l’os de l’« émigré-immigré »; il a décortiqué les mécanismes d’indigénisation permanente produits par l’État et la « pensée d’État »; il a sondé, mieux que personne, l’« âme » de l’indigène en France, de ses enfants et des enfants de ses enfants; il a percé des coffres-forts interdits, il a révélé à ceux qui ne voulaient pas savoir, ou le dire, l’emboîtement douloureux des humiliations coloniales, de l’orgueil retrouvé une fois les indépendances acquises, de l’arrachement dévastateur et honteux à la terre, au pays, à la tradition, de l’émigration-immigration synonyme d’intégration renouvelée à l’indigénat. On ne soulignera jamais assez l’efficace social de cet héritage.

Le plus « franchouillard» des Français d’origine coloniale, celui que les médias nous présentent comme un magnifique échantillon d’« intégration », est traversé de part en part par cette histoire dont il pense peut être ignorer tout. Et s’il venait momentanément à oublier qui il est, qui il ne peut pas être, la République et ses « concitoyens » blancs sont là pour le lui rappeler
. Il n’est pas un «vrai » Français; sa présence en France est illégitime; les droits qu’il croit posséder ne sont pas ses droits; s’il n’est coupable d’aucun crime, il l’est néanmoins d’être potentiellement coupable; on le tolère; on peut même l’aimer; on ne perd pas nécessairement l’espoir de le « civiliser »… mais il est arabe! Mais il est noir! Mais il est musulman! Un Blanc indigénisé est désindigénisable; un indigène, dans la République, est irréversiblement un indigène. La violence, même quand elle n’a pas le goût de la matraque, est inhérente aussi aux rapports post-coloniaux.

De l’indigénisation tendancielle des jeunes Blancs des quartiers populaires, il ne résulte donc pas une dissolution des distinctions raciales, fussent-elles réduites en apparence à un simple décalage. Elle génère une combinaison complexe et fluide où se croisent, se fondent, s’opposent intérêts communs et enjeux particuliers, voire conflictuels. Souvent, une même « condition de classe » porte la révolte sociale des jeunes habitants des cités populaires comme des moins jeunes; les violences policières, culturelles, symboliques les rapprochent sans les confondre; elles forgent les raisons d’une résistance commune mais elles n’abolissent pas pour autant la violence spécifique dont les Noirs et les Arabes sont l’objet ou qu’ils portent dans leurs mémoires, en tant que descendants de colonisés et d’émigrés-immigrés.

Et cette violence particulière détermine des revendications qui n’appartiennent qu’à eux, comme celles relatives aux discriminations raciales, au respect de leurs parents, à l’abrogation de la double peine ou, pour les musulmans, au droit d’avoir des lieux de prière dignes ou de porter le voile. En réalité, même lorsque leurs exigences sont identiques à celles de leurs voisins de blancs, eh bien elles sont différentes. En amont de leurs revendications, même les plus élémentaires, aux travers de leurs résistances, même les plus invisibles, apolitiques en apparence, parfois « réactionnaires » au regard des catégories binaires qui structurent le champ politique blanc, se joue en effet leur statut en tant que race sociale dominée. Ils ne le formulent pas ainsi, ils ne le pensent peut-être pas, mais dans la moindre de leurs protestations est mobilisé l’ensemble des strates accumulées de leur mémoire de colonisé: la « hagra », comme disent les Algériens.

Filles et fils de l’émigration-immigration, qu’ils parlent, qu’ils bougent, qu’ils rappellent leur existence, qu’ils deviennent visibles, lèvent la tête, se mêlent a fortiori de politique, ils secouent le carcan colonial qui les somme d’être « polis », de se taire, d’être discrets, de ne pas se montrer, de respecter la maison de l’hôte, d’en accepter traditions, coutumes et « valeurs », de ne pas se mêler de ce qui ne les regarde pas. Et surtout pas de politique, domaine réservé du citoyen blanc, du citoyen parce qu’il est blanc, du Blanc parce qu’il est citoyen. « Estimez-vous heureux et fermez-la! », voilà ce qu’on leur dit entre deux contrôles policiers. Ne pas la fermer est une « impolitesse », une ingratitude, une offense, une « incivilité», un acte caractérisé de délinquance, une « insécurité », une atteinte à l’« identité nationale », oui, ne pas la fermer est un acte de résistance anticoloniale! Quand il vote à droite pour faire payer au PS ou au PC le prix de leur mépris, l’indigène est anticolonial; quand il vote à gauche par peur de la droite, il est anticolonial; quand il ne croit plus à rien, il reste anticolonial; quand il a la « rage », quand il a la « haine », il est toujours anticolonial.

L’« émeute » est anticoloniale. L’immense révolte de novembre 2005 est assurément anticoloniale. Et la République le sait !



Extrait de son livre : La contre révolution coloniale

présentation de l'éditeur
Citation :
« Le racisme n’est pas un dysfonctionnement de la République, comme on a souvent tendance à le penser, mais son fonctionnement normal. La République est le Pouvoir blanc. »

Comme le Capital a produit les classes, le patriarcat les genres, le colonialisme a produit les races. Si le mot fait peur, se chuchote à peine, la chose, elle, n’en finit pas d’exister et de tisser les rapports sociaux. C’est elle qui cimente les discriminations à l’embauche, à l’avancement, au logement, dans l’accès aux loisirs ou aux instances médiatiques et politiques, dans les pratiques policières et judiciaires, etc.

« La preuve des races sociales, c’est qu’elles luttent ! »

Face à cette offensive massive contre tous ceux qui sont définitivement de l’autre côté de la barrière raciale et que la France s’acharne à combattre en particulier pour ce qu’ils sont censés avoir de particulier, Sadri Khiari nous donne à voir les luttes de résistance de ceux dont on tolère à peine l’existence quand on ne la nie pas complètement : des luttes des OS immigrés aux grèves des loyers dans les foyers Sonacotra, des luttes des sans-papiers à la solidarité avec la Palestine, des mobilisations contre les crimes racistes et les violences policières jusqu’aux révoltes des quartiers populaires, ils sont nombreux à défier les promesses non tenues de liberté, d’égalité et de fraternité.

Pouvoir blanc vs Puissance indigène

Derrière les défaites, les « récupérations », les protestations sans lendemain, les émeutes vite réprimées ou les divisions, Sadri Khiari nous révèle l’existence d’une véritable puissance politique, longtemps restée inidentifiable, parfois inconsciente d’elle-même mais bien réelle -tant, dans une logique d’opposition à la domination blanche, elle pèse dans les rapports de forces.

Sadri Khiari est l’un des fondateurs du MIR. Il est l’auteur de Tunisie, le délitement de la cité – Coercition, consentement, résistances (Karthala, 2003) et de Pour une politique de la racaille. Immigré-e-s, indigènes et jeunes de banlieue (Textuel, 2006).

Editions La Fabrique, janvier 2009, 12 euros – 255 pages



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MessageSujet: Re: "QUARTIERS POPULAIRES", "BANLIEUES"... histoires, témoignages, luttes...   Dim 8 Mai - 5:42


"Petits blancs" - "Racaille" : Différentes approches, même combat

avec Aymeric Patricot professeur en ZEP en région parisienne,
et Said Bouamama, sociologue, FUIQP





Citation :
Le Club de la presse du Nord Pas de Calais a consacré "Les mardis de l'info" du mois de mai 2014 à un débat sur les petits blancs. Pour rester dans le politiquement correct, la presse refuse de s'en saisir et d'en parler. Pourtant, deux auteurs, Aymeric Patricot professeur en ZEP en région parisienne et Said Bouamama, sociologue, en fin connaisseurs de la question, en parlent et invitent les citoyens à en parler tout en appelant à faire attention aux sens du concept qui, parfois, risquent de choquer certains. Les deux auteurs ne sont pas toujours d'accord mais ils en parlent avec beaucoup d'apaisement. Le mérite revient au Club de la Presse du Nord Pas de Calais d'avoir réussi à organiser ce débat autour de questions très sensibles.


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