PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» VA-SAVOIR : chronique à la com, ou la dialectique en propotion magique
Hier à 15:21 par Patlotch

» THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse
Mar 27 Juin - 23:40 par Patlotch

» SURVEILLANCE de la POPULATION, sécuritaire, caméras, écoutes, internet...
Dim 25 Juin - 12:49 par Patlotch

» PENSÉES diverses à marier sans modération
Sam 24 Juin - 17:07 par Patlotch

» MACRONISME, ÉTAT (français) et RESTRUCTURATION (mondiale) du CAPITALISME
Sam 24 Juin - 13:52 par Patlotch

» ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?
Sam 24 Juin - 10:56 par Patlotch

» 'PROGRÈS', SCIENCES, HUMAIN, SANTÉ et capital... TRANSHUMANISME et dés-humanité
Ven 23 Juin - 12:23 par Patlotch

» "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie
Mar 20 Juin - 19:03 par Patlotch

» un TOURNANT HISTORIQUE du CAPITALISME et de l'ÉTAT FRANÇAIS, élections 2015-2017, faits et propos, analyses et théorie (antiroman)
Jeu 15 Juin - 20:26 par Patlotch

» la vie du forum : réception, conseils, mises à jour, etc.
Jeu 1 Juin - 17:45 par Admin

» DÉCOLONISER le FÉMINISME ! Féminisme, voile, race et Islam... "Féministes blanches"... sexisme et racisme... et le burkini ?!
Lun 29 Mai - 18:42 par Patlotch

» AFRODITE CHEZ LES PHALLOCRATES, antiroman sans repentir, suivi de BLACK WOMEN, Love, Sex, Song, Dance... et théorie communiste
Lun 29 Mai - 17:23 par Tristan Vacances

» DOMESTIQUES (travailleuses et travailleurs) / DOMESTICS WORKERS / Servants
Sam 27 Mai - 16:09 par Admin

» DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE
Sam 27 Mai - 14:54 par Admin

» "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture / CALIFAT et CAPITALISME
Jeu 25 Mai - 15:02 par Patlotch

» "le PRÉCARIAT définit le SALARIAT" : 25% des travailleurs du monde ont un emploi stable / travail et anti-travail
Jeu 25 Mai - 12:07 par Patlotch

» TRAVAIL, CHÔMAGE, SYNDICALISME... MONDE / chiffres, courbes, cartes...
Mer 24 Mai - 13:25 par Patlotch

» OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS
Mer 24 Mai - 9:34 par Admin

» des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...
Mar 23 Mai - 13:45 par Admin

» PALESTINE et ISRAËL
Lun 22 Mai - 18:41 par Patlotch


Partagez | 
 

 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours   Dim 29 Nov - 19:38

sera à reconstituer le sujet un MANIFESTE révolutionnaire ? des "so called marxistes", "anarchistes", et d'incertains "partisans de la communisation" faisons table rase, dans le contexte de ce livre sur l'idéologie française, en s'attachant à

montrer la permanence, jusque dans les réactions post-attentats, des dogmes programmatistes, mâtinés de "vraie démocratie" et de "communisme mais libertaire", manifestant pour exiger de l'État d'exception dans l'état d'urgence « le droit de manifester » : pour quoi ? Rien ! Exister...

peau neuve


peau d'âne et de chagrin

peau des fesses et d'efface,

sur le sable,

les pas désormais interdits





Dernière édition par Admin le Jeu 11 Aoû - 4:00, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours   Dim 29 Nov - 21:52


merci, camarade Mamadou

ce texte est à ce jour l'expression la plus proche de mes propres thèses croisant théorie de la communisation et critique décoloniale, tant de la modernité occidentale que des marxismes eurocentrés

Mamadou Djaderley dndf 28/11/2015 à 21:39

Courte critique du texte « Tiens ça glisse »* Et quelques pistes de réflexion

* texte déjà signalé, diffusé par non-fides et Yves Coleman : Tiens, ça glisse… ou comment, à trop s’approcher de la race, on finit par tomber dedans (et son matérialisme avec)

Mamadou Djaderley a écrit:
Traiter la « race » comme une magie noire, comme n’étant qu’un discours à contrer ne tient pas la route car ça n’explique pas comment et pourquoi se défendre en tant que race est une nécessité produite par la société civile. Dans ce texte on nous apprend que l’État n’y est pour rien dans cette nécéssité, et qu’il ne s’agit donc que d’un choix : « Aujourd’hui, et sous nos latitudes, contrairement à ce qu’a pu être l’Amérique ségrégationniste par exemple, dont on importe les théories, le modèle et le vocabulaire, ce n’est pas l’État qui racialise. »

Dès lors il devient logiquement impossible de saisir comment se défendre en tant que « race » trouve une certaine légitimité chez une partie du prolétariat. Or n’oublions pas notamment que « le texte [d’appel des « Indigènes de la République »] fut rédigé en réaction contre le mouvement de revalorisation de la colonisation française, que ses initiateurs perçoivent à travers, par exemple, la création d’un musée du colonialisme présentant le colonialisme d’une façon favorable et, surtout le vote par le Parlement français d’une loi prescrivant dans «les programmes scolaires» la «reconnaissance du caractère positif de la présence française outre-mer et en Afrique du Nord». » (wikipédia)

La non reconnaissance de la nécessité, pour certains prolétaires, de se subjectiver en tant que « race », et l’absence d’analyse des sources et origines de cette nécessité, interdit toute critique convenable de celle ci, et glisse dans la moralisation. D’où le néologisme « racialisateur », un nouvel énième ennemi à combattre. C’est la critique du PIR* en particulier, et du décolonialisme** en général en tant que critique partielle de l’exploitation, qui passe à la trappe au profit d’une nostalgie de l’autonomie prolétaire : « [Cet état de fait] est, en revanche, certainement lié à la disparition de toute revendication d’autonomie politique et pratique et au manque actuel de propositions subversives. »

Or comment définir le prolétariat en dehors des divisions qui le constituent ? La période actuelle, particulariste, a fait d’une telle définition un non-sens (qu’on pense aux « races » ou aux « genres »), alors qu’autrefois ces divisions étaient niés par les nécessités du programmatisme : produire une identité ouvrière hégémonique pour donner forme au dit « compromis fordiste ».

Bien que ça n’a jamais été un privilège ou un « luxe » d’être exploité, un tel « compromis », surtout favorable à une partie du prolétariat des pays dits « développés » avait pour condition d’existence le colonialisme d’antan. Entérinant le capital comme puissance mondiale face au travail, le programmatisme eut pour effet, en parallèle de garantir la contrainte à la subsomption du travail des prolétaires colonisés, et par conséquent de les astreindre aux mêmes modalités programatiques de luttes. Cet avantage relatif du prolétariat occidental rendait l’aboutissement communiste de la révolution programmatique impossible, pas seulement dans ses propres termes.

Dans le cycle de lutte actuel, teinté de post-modernisme, terme qui ne désigne pas seulement une hégémonie culturelle de la théorie mais bien une conjoncture historique engendrant des contraintes de subjectivations particulières au sein d’un rapport de classes, on peine à définir le prolétariat à partir des divisions qui le constituent. L’erreur notable, qui revient le plus souvent, est de chercher à déterrer l’ancienne définition génériciste du prolétariat pour la réactualiser. Elle n’est pas morte simplement parce que la bourgeoisie a gagné, mais bien en même temps, parce qu’elle était une entrave à la lutte de classe.

Le texte de Saïd Bouamama, malgré ses limites, parce qu’il invite à garder la tête froide, et qu’il ne tente pas de nous faire la douteuse démonstration des bienfaits de l’identitarisme du PIR (ce n’est pas son objet), ne me semble pas choquant.

* Par ailleurs, le PIR, sans doute est-ce la conséquence du fait qu’il s’agit d’un parti politique, et donc à ce titre d’une organisation opportuniste, nous contraint d’expliquer les dérives racistes homophobes et anti-juives des discours de certains de ses membres. Mais chaque chose en son temps.

** Attention : le décolonialisme n’a, en soit, rien de raciste.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours   Lun 30 Nov - 14:35



« Tout ce que je sais, c’est que moi je ne suis pas marxiste»
Karl Marx

« N'écoutez pas les marxistes : lisez Marx ! »


Maximilien Rubel



à propos des « so called "marxistes" », voici de quoi comprendre. Je souligne dans le texte plus bas




La Légende de MARX ou ENGELS fondateur Maximilien Rubel 26 décembre 2009

Maximilien Rübel a écrit:
AVERTISSEMENT

A l’occasion du 100’ anniversaire de la naissance de Friedrich Engels, la ville de Wuppertal avait organisé, en mai1970, une conférence scientifique internationale : réunis à cette occasion, près de cinquante spécialistes de plus de dix payseuropéens ainsi que d’Israël et des Etats- Unis se sont efforcé de faire le point des recherches modernes sur la pensée de celui qui passe universellement pour avoir été, aux côtés de son ami Karl Marx l’un des fondateurs du... « Marxisme ».

Invité à participer a cette conférence, j’ai tenu à soumettre comme texte de discussion une série de thèses critiques portant sur le thème de la responsabilité d’Engels dans la genèse de l’idéologie dominante du XXème siècle, le « marxisme » dans le cadre d’une manifestation plus « scientifique » que commémoratrice, il m’a paru normal et urgent de faire partager mes réserves critiques à une assemblée informée des problèmes que pose l’évolution des idées clans leur rapport avec les événements et les bouleversements qui ont marqué I’histoire du XX° siècle. J’avais donc fait parvenir aux organisateurs un document en huit points, rédigé en allemand, que j’avais intitulé : Gesichtspunkte zum Thema « Engels als Begründer ».

J’eus la surprise, en arrivant à Wuppertal, d’être reçu par les responsables de la Conférence qui me firent part de leur embarras : mes collègues soviétiques et est-allemands, s’étant sentis personnellement offensés à la lecture de mes Points de vue, menaçaient de quitter la Conférence si ma contribution n’était pas retirée des débats ! Après de longues tractations nous tombâmes d’accord sur une formule apparemment susceptible d’apaiser I’irritation des représentants « scientifiques » des pays « socialistes » les textes ne seraient plus lus à la tribune, mais seulement commentés et discutés.

On serait tenté de narrer le détail du débat auquel donnât lieu les Points de vue si les objections formulées avaient mérité le qualificatif de « scientifiques » et si le comportement de certains participants n’avait traduit le refus total d’engager une discussion risquant de remettre en question l’ensemble des positions idéologiques du « marxisme-léninisme ». Du même coup, ce refus obstiné sinon insultant suffisait pour confirmer, aux yeux de l’observateur impartial, la critique fondamentale que l’on peut diriger contre l’emploi même du concept de « marxisme », emploi dont mes Points de vue dénonçaient précisément l’aberration [1].

L’épilogue de cette Conférence devait souligner une nouvelle fois le bien-fondé d’une dénonciation qui, sous la forme d’une simple réflexion sémantique, représentait en fait une défense de la théorie sociale de Marx en tant qu’opposée à
la mythologie marxiste. En effet, les organisateurs n’ont pas craint de manquer aux règles élémentaires du code de l’édition généralement respectées en démocratie « bourgeoise » le texte incriminé, communiqué à la demande des responsables, ne figure pas dans le volume réunissant les contributions envoyées préalablement à Wuppertal 2. Habent sua fata libelli...

Nous donnons ci-après une traduction française du texte refusé par la Conférence de Wuppertal, [2]en l’enrichissant de quelques commentaires.


POINTS DE VUE A PROPOS DU THÈME « ENGELS FONDATEUR «

Engels a écrit:
« Pour le triomphe final des principes établis dans le Manifeste communiste, Marx misait uniquement et exclusivement sur le développement intellectuel de la classe ouvrière tel qu’il devait résulter nécessairement de l’action solidaire et de la discussion. »

« F. ENGELS Avant-propos à la quatrième édition du Manifeste communiste, 1er mai 1890. »

I

Le marxisme n’est pas venu au monde comme un produit authentique de la manière de penser de Karl Marx, mais comme un fruit légitime de l’esprit de Friedrich Engels.

Si tant est que le terme de marxisme recouvre un concept rationnel, ce n’est pas Marx mais Engels qui en porte la responsabilité ; et si, aujourd’hui comme hier, la querelle de Marx est à l’ordre du jour, elle se rapporte principalement à des problèmes dont Engels ne s’est absolument pas préoccupé ou qui n’ont trouvé chez lui qu’une solution partielle. Ces problèmes - pour autant qu’ils puissent être résolus - ne pourraient donc être maîtrisés qu’avec l’aide de Marx lui-même. Cela ne signifie nullement qu’Engels doive être écarté des discussions actuelles, mais il est légitime de se demander dans quelle mesure il pourrait intervenir dans toute confrontation concernant des écrits de Marx qui, ayant échappé à son attention, ne s’en trouvent pas moins au centre du débat. En termes plus généraux, cette question pourrait être formulée comme suit : quelles sont les limites de la compétence d’Engels en tant qu’exécuteur incontesté du legs intellectuel de Marx, auquel on fait encore appel pour élucider les problèmes matériels et moraux de notre temps ?

II

Cette interrogation oblige à examiner un problème central, celui des rapports intellectuels entre Marx et Engels, «fondateurs » d’un ensemble de conceptions idéologiques et politiques groupées artificiellement sous l’appellation de « marxisme ». En soi, le fait que cette question doive être posée révèle un phénomène très caractéristique de notre époque, que l’on serait tenté de désigner dès maintenant comme le « mythe du XXe siècle ». Au demeurant, rappelons que les « fondateurs » ont parfois eux-mêmes évoqué l’interprétation mythologique pour souligner le caractère particulier de leur amitié et de leur collaboration intellectuelle : Marx n’invoquait il pas ironiquement l’exemple des antiques « Dioscures » ou celui d’Oreste et de Pylade, tandis qu’Engels raillait la rumeur selon laquelle « Ahriman-Marx » aurait détourné du chemin de la vertu « Ormuzd-Engels . [3]

On constate également la tendance inverse, les efforts de plus on plus fréquents d’opposer Marx à Engels : le premier serait le « vrai » fondateur, le second étant ravalé au rang de « pseudo-dialecticien » [4].

III

Toute investigation sur les rapports de Marx et d’Engels est d’avance vouée à l’échec Si elle ne se débarrasse pas de la légende de la « fondation » et ne prend pas pour point de départ méthodique l’aporie du concept de marxisme. Ce fut le mérite de Karl Korsch, alors au seuil d’une révision radicale de ses positions intellectuelles, d’avoir tenté, voilà vingt ans, une critique du marxisme qui équivalait à une déclaration de guerre. Korsch n’allait cependant pas jusqu’à oser le geste ultime débarrasser le concept de marxisme de ses résidus mythologiques. Au lieu de quoi, il se borna, non sans embarras, à surmonter la difficulté par l’usage d’artifices linguistiques destinés à conserver et à sauver d’ « importants éléments de la doctrine marxienne » en vue de la « reconstruction d’une théorie et d’une pratique « révolutionnaires ». Dans ses Dix thèses à propos du marxisme aujourd’hui, il est question tantôt de I’ « enseignement de Marx et d’Engels », tantôt de la « doctrine marxiste », de la « doctrine de Marx », du « marxisme », etc. [5] Dans la 5e thèse, où il est question des précurseurs, fondateurs et continuateurs du mouvement socialiste, Korsch va jusqu’à oublier le nom d’Engels, l’alter ego de Marx ! Pourtant, il n’était pas loin de la vérité lorsqu’il écrivait :

Karl Korsch a écrit:
« Toutes les tentatives de rétablir l’enseignement marxiste comme un tout et dans sa fonction primaire de théorie de la révolution sociale de la classe ouvrière sont aujourd’hui des utopies réactionnaires »

2e des Dix thèses à propos du marxisme aujourd’hui

Au lieu d’ « utopies réactionnaires », Korsch aurait pu parler aussi bien de« mythologie aberrante » pour se rapprocher de la vérité.

IV

Vu l’impossibilité de définir rationnellement le sens du concept de marxisme, il semble logique d’abandonner à l’oubli le mot même, pourtant si couramment et si universellement employé.

Ce vocable, dégradé au point de n’être plus qu’un slogan mystificateur, porte dès l’origine le stigmate de l’obscurantisme. Marx s’est vraiment efforcé de s’en défaire lorsque, dans les dernières années de sa vie, sa réputation ayant brisé le mur du silence qui entourait son oeuvre, il fit cette déclaration péremptoire : « Tout ce que je sais, c’est que moi je ne suis pas marxiste. [6] » Le fait qu’Engels ait légué à la postérité cet avertissement - combien révélateur - ne lui enlève pas la responsabilité d’avoir, cédé à la tentation d’accorder à ce terme injustifiable la sanction de son autorité.

Chargé d’être le gardien et le continuateur d’une théorie à l’élaboration de laquelle il avouait n’avoir contribué que pour une modeste part [7], et persuadé de réparer un tort en glorifiant un nom, Engels a encouru le risque de favoriser la genèse d’une superstition dont il ne pouvait mesurer les conséquences néfastes. Aujourd’hui, soixante-quinze années après sa mort, ces effets sont parfaitement perceptibles.

Lorsque Engels s’est décidé à reprendre de la bouche de ses adversaires des formules telles que « marxiste » et
« marxisme » pour changer une appellation hostile en un titre de gloire, il ne se doutait pas que, par ce geste de défi -ou de résignation ?- il se faisait le parrain d’une mythologie appelée à dominer le XX° siècle
.

V

On peut suivre la genèse du mythe marxiste, à la suite des conflits au sein de l’Internationale ; le besoin d’invectiver l’adversaire et ses partisans rendait les « anti-autoritaires », et à leur tête Bakounine, assez inventifs pour créer des vocables tels que « marxides », « marxistes » « marxisme », etc.

Peu à peu, les disciples de Marx en France prirent l’habitude d’accepter une dénomination qu’ils n’avaient pas créée et qui, dès l’abord destinée à les distinguer des autres fractions socialistes, se changea finalement en une étiquette politique et idéologique. Dès lors, il ne manquait plus que l’autorité d’Engels pour sanctionner un usage dont l’ambiguïté ne fut pas immédiatement discernée par ceux qui y eurent recours. Engels fut d’abord énergiquement hostile à l’emploi d’une telle terminologie ; il savait mieux que quiconque qu’elle risquait de corrompre la signification profonde d’un enseignement considéré comme l’expression théorique d’un mouvement social et nullement comme une doctrine inventée par un individu au bénéfice d’une élite intellectuelle.

Sa résistance ne faiblit qu’en 1889, lorsque les dissensions entre, d’une part, les« possibilistes », «blanquistes », »broussistes » et, d’autre part, les « collectivistes » « guesdistes » menacèrent de conduire à une rupture définitive du mouvement ouvrier en France, chaque fraction ayant décidé d’organiser « son » Congrès ouvrier international.

L’embarras d’Engels est manifeste ; aussi cherche-t-il à conjurer le danger de la confusion et de la corruption verbales et idéologiques en employant tantôt les guillemets pour parler des « marxistes » et du « marxisme », tantôt en parlant de « soi-disant marxistes ». Lorsque Paul Lafargue exprime son appréhension de voir son groupe passer pour une « fraction » parmi d’autres du mouvement ouvrier, Engels lui répond :

Citation :
« Nous ne vous avons jamais appelés autrement que " the so-called marxists " et je ne saurais pas comment vous désigner autrement. Avez-vous un autre nom tout aussi court, dites-le et nous vous l’appliquerons avec plaisir et dûment [8].

VI

Si Nietzsche a publié Ecce homo, par crainte d’être un jour canonisé par des disciples qu’il ne souhaitait point, pareille précaution ne s’imposait pas dans le cas de Marx, bien que celui-ci n’ait pu rédiger et publier qu’un fragment de l’oeuvre
projetée. Toutefois, les matériaux imprimés et inédits qu’il a légués à la postérité équivalent à une interdiction formelle, rigoureuse, de lier son nom à la cause pour laquelle il avait combattu et à l’enseignement pour lequel il se croyait mandaté par la masse anonyme du prolétariat moderne.

Si Engels avait respecté cet interdit et si, en tant qu’exécuteur testamentaire de Marx, il avait mis son veto à ce terme abusif, le « marxisme », ce scandale universel, n’aurait pas vu le jour ; or, Engels a commis la faute impardonnable de cautionner cet abus, acquérant ainsi la gloire douteuse d’être le premier « marxiste ».

Se croyant héritier, il fut en vérité fondateur, involontairement certes, mais on serait tenté de dire que ce fut le châtiment du destin. L’ « ironie de l’histoire » tant vantée par Engels lui a joué un mauvais tour : il devint ainsi prophète malgré lui, lorsque à l’occasion de son soixante-dixième anniversaire, il prononça ces mots pleins de regret : « Mon destin veut que je récolte la gloire et l’honneur semés par un plus grand que moi, Karl Marx [9] ». Pour son cent cinquantième anniversaire, nous devons lui reconnaître le mérite contestable et le titre encore plus douteux de « fondateur du marxisme ».

VII

Dans l’histoire du marxisme en tant que culte de Marx, Engels occupe le premier rang. On connaît suffisamment l’aspect humain et quasi religieux de cette amitié, qui ne requiert pas d’analyse particulière. En revanche, ce qui nécessite un examen approfondi, c’est l’effet de ce comportement aussi bien sur Marx lui-même que sur ses épigones et ses disciples lointains. Toujours prêt à agir comme pionnier des théories de Marx, Engels a exprimé maintes idées que Marx ne pouvait, certes, accepter sans critique ; le silence de Marx s’explique cependant par son désir de respecter scrupuleusement la solidarité qui le liait à son ami. Qu’il se soit identifié à tout ce qu’Engels a dit ou écrit - tout au moins quant aux questions essentielles - nous ne saurions l’affirmer, et ce problème est mineur, compte tenu de son
admiration avérée pour les dons intellectuels de son ami : il allait même jusqu’à se considérer comme son disciple [10].

Ce que Marx lui-même ne se permettait pas est devenu aujourd’hui un devoir strict, quand il s’agit de rompre le charme envoûtant de sa légende et de déterminer la place de l’oeuvre d’Engels dans le développement du patrimoine intellectuel du socialisme par rapport, au destin du mouvement ouvrier.

VIII

C’est seulement si l’on comprend qu’Engels avait en lui l’étoffe du fondateur que l’on saisira la raison pour laquelle il a rempli sa tâche d’éditeur et de continuateur des manuscrits de Marx d’une manière qui, aujourd’hui plus que jamais, prête le flanc à la critique [11] Les écrits de Marx négligés par Engels (entre autres les travaux

IX

Les thèses esquissées ci-dessus constituent une introduction à un débat dont le thème essentiel devrait être le problème du marxisme en tant que mythologie de notre ère. La question de savoir dans quelle mesure Engels peut être rendu
responsable de la genèse de cette superstition universelle est secondaire dans la mesure où l’on peut affirmer - en respectant la leçon de Marx « matérialiste » - que les idéologies, parmi lesquelles nous rangeons le marxisme dans toutes ses variantes, ne tombent pas du ciel ; elles sont liées essentiellement à des intérêts de classe qui sont en même temps des intérêts de puissance. Il suffit de reconnaître en Engels l’héritier légitime de la pensée de Marx pour dénoncer en son nom et à sa gloire le marxisme établi comme une école d’errements et de confusion pour notre âge de fer.

M. Rubel  1972.


[1] Pour un aperçu des débats de Wuppertal, cf. Henryk Skrypczak, « Internationale wissenschaftliche Engels-Konfereriz in Wupperta » in internationale Wissenschaftliche Korrespondenz zur Geschichte der Deuschten Arbeitebewegung (I.W.K.), Berlin, n° 10, juin 1970, p. 62 sq. Voir ibid., p. 81 sq., Un résumé des Point de vue.

[2] Friedrich Engels 1820-1970. referate-Diskussionen-Dokumente. Internationale wissenschaftliche Konferenz in Wuppertal vain 25-29. Mai 19,0, Hannover, Verlag für Literatur und Zeitgeschehen, 1970.

Ma « position »est commentée p. 255 Sq., dans les termes que voici « Pour être en mesure de remplir le programme de la dernière journée, le conseil de la Conférence avait décidé de renoncer, après la VI° séance, à la discussion et de commencer après la Vil° avec le débat général. En premier lieu, Maximilien Rubel devait continuer ( ?) à développer sa conception. Il avait transmis à la Conférence un texte aux formules polémiques, dirigé contre Engels, sans l’exposer
ensuite devant l’assemblée (et pour cause !). Ses huit thèses qui devaient, conformément au dessein initial, provoquer un débat sur la signification actuelle du marxisme, peuvent être résumées comme suit :

après la mort de Marx, Engels s’est énergiquement employé à élever le terme marxisme « formé par les adversaires de Marx, au rang d’un concept intelligible et définissable. Ce faisant, Engels est devenu le fondateur d’un système de pensée hybride, étranger aux intentions de Marx lui-même. Après la mort d’Engels, les germes idéologiques de ce système se sont transformés en une méthodologie conceptuelle nécessairement soumise à des conditions de classe. »

Le rapport fait ensuite état d’une polémique qui m’avait opposé, dans une séance précédente, à un marxiste est allemand, Erich Hahn, à propos du concept de « mission historique », polémique « dans laquelle Engels ne jouait qu’un rôle indirect »(ibid., p. 255 sq.).

Il y aurait long à dire sur ce « rapport abrégé qui résume ma thèse et la « polémique » qu’elle a suscitée. J’affirme simplement que loin d’être « dirigé contre Engels mon texte visait, à travers la critique l’un geste, historiquement négatif du plus étroit et du plus actif collaborateur de Marx, une certaine école marxiste dont l’existence même constitue la négation de tout ce que Marx et Engels lui-même ont fait pour la pensée socialiste et le mouvement ouvrier. Je persiste a croire que ma contribution répondait, plus que toute autre, au véritable esprit de cette conférence ne se proposait-
elle pas d’honorer « scientifiquement » la mémoire de celui qui a inventé la notion de « socialisme scientifique
», mais qui savait également que cette notion s’identifiait à celle de « socialisme critique ».

La conférence ne pouvait rendre un réel hommage à l’homme qu’elle entendait célébrer qu’en adoptant pour fil conducteur et principe de ses débats ce mot du célébré : « Le mouvement ouvrier repose sur la critique la plus rigoureuse de la société existante. La critique, c’est son élément vital. Comment pourrait-il se soustraire lui-même à la critique, interdire le débat ? » (Engels à Gerson Trier, 18 décembre 1889).

[3] Cf. Marx à Engels, 20 janvier 1864 ; 24 avril 1867.. Engels à E. Bernstein, 23 avril 1883. On vint même à parler des deux amis comme s’il s’agissait d’une seule persone, Mlarx et Engels « dit « cf. la lettre du premier au second, 1er août 1856.

[4] Voir, par exemple, l’opposition qu’Iring Fetscher établit entre la « philosophie du prolétariat » de Marx et celle d’Engels. Sur leurs manières différentes d’envisager la « négation de la philosophie » et le rapport de l’histoire humaine à la nature sur la conception, inacceptable pour Marx, d’une dialectique objective de la nature et d’une pensée-reflet de la réalité, etc., cf. I. Fetscher Itar) Karl Marx uind der Marxismus. Von der Philosophie des Proletariats zur proletarischen Weltanschauung, Munchen, 1987, p. 182 sq. Cf. également Donald C. Hodges, “Engels Contnbution to Marxism“, The Socialist Register, 1965, p. 297-810 Vladimir Hosky, “Der neue Mensch in theologischer und marxisticher Anthropologie“ Marxismusstudien, VII, 1972, p. 58-86.

[5] Cf. Karl Korsch, « Dix thèses sur le marxisme aujourd’hui » Arguments III, n° 16, 1959, p. 26 sq. Texte multigraphié portant l’indication “Zurich le 4 septembre 1950”.


[6] Engels précise que cette déclaration fut faite par Marx à propos du « marxisme » qui sévissait vers 1879-1880 « parmi certains Français » mais que ce blâme s’appliquait également à un groupe d’intellectuels et d’étudiants au sein du Parti allemand ; eux et toute la presse de I’opposition affichaient un « marxisme » convulsivement défiguré (cf. lettre d’Engels à la rédaction du Sozialdemokrat, 7 septembre 1890, publiée dans ce journal, 18 septembre 1890).

La boutade - combien lourde de pressentiment !- de Marx fut rapportée par Engels chaque fois que l’occasion s’en présentait ; voir ses lettres à Bernstein, 3 novembre 1882 ; à C. Schmidt, 15 août 1890 ; à Paul Lafargue 27 août 1890.
Le révolutionnaire russe G. A. Lopatine, qui rencontra Engels en septembre 1883, s’entretint avec lui des perspectives révolutionnaires en Russie. Le récit qu’il adressa à un membre de la Norodnaîa Voliia contient ce passage « Je vous ai dit un jour, vous on souvenez-vous, que Marx lui-même n’a jamais été marxiste. Engels raconta que lors de la lutte de Brousse,

Malon et Cie contre les autres, Marx avait dit un jour en riant " Je ne puis dire qu’une chose, c’est que je ne suis pas marxiste !"... Cf. l’extrait d’une lettre de Lopatine à M. N. Ochanina 20 septembre 1888, dans Marx-Engels, Werke, XXI, 1962, p. 489 (trad. du russe).

Ce n’est pourtant pas sur le ton de la plaisanterie que Marx, lors d’un voyage en France, communiqua à son ami son impression sur les querelles socialistes aux congrès simultanés de Saint Etienne ( possibilistes) et de Roanne (guesdistes), en automne 1882. Les marxistes " et les" anti-marxistes ", écrivait-il, ces deux espèces, ont fait leur possible pour me gâcher le séjour en France (à Engels, 80 septembre 1882). Sur son désaccord avec les « marxistes » russes, cf. Marx à Véra Zassoulîtch, 1881, à propos de l’avenir de la commune paysanne en Russie (Économie, Il, p. 1561).. Sur les rapports de Marx et d’Engels avec leurs disciples russes, cf. Marx-Engels, Die russische Kommune, Kritik eines Mythes. Herausgegeben von M. Rubel, Munchen, Hanser 1972

[7] Les déclarations formelles d’Engels à cet égard sont trop nombreuses pour être rappelée ici. Disons simplement qu’elles ne laissent pas le moindre doute quant à la paternité des grandes découvertes scientifiques, qui sont toutes, sans exception, attribuées au seul Marx, De ces déclarations, la plus significative est peut-être la note insérée par Engels dans un écrit qui devait démontrer la continuité de la philosophie allemande en élevant son plus digne héritier, Karl Marx, au rang de fondateur de système. Cf. F. ENGELS, Ludwig Feuerbach et l’aboutissement de la philosophie classique allemande, 1888 (édition originale dans Werke, XXI, p. 259-307 ; la note, ibid., p. 291 sq). C’est dans ce travail qu’Engels fit le geste officiel de baptiser la théorie du nom de Marx :

« De la dissolution de l’école hégélienne, une autre tendance se détachait, la seule qui eût vraiment donné des fruits, et cette tendance se rattache essentiellement au nom de Marx’ » (p. 291).

Et ce geste, Engels le répéta dans la note, en précisant « Ce que Marx a réalisé, je n’aurais pu l’accomplir [...]. Marx était un génie, nous autres, nous sommes tout au plus des talents. C’est donc à juste titre qu’elle porte son nom » (p. 292). D

Dès lors, la conclusion de cet écrit, qui consacre Marx à la fois héritier et fondateur d’école philosophique, ne saurait surprendre :

« Le mouvement ouvrier allemand est l’héritier de la philosophie classique allemande »(p 307).

Ainsi, Engels avait bouclé la boucle.


[8] Engels à Lafargue, 11 mai 1889. Une fois engagé sur cette pente de la concession verbale, Engels ne pouvait plus reculer, et il lui fallut faire le dernier pas. Il s’y décida au moment où il crut assuré le triomphe des collectivistes dirigés par Guesde et Lafargue. Mais l’avantage acquis sur les anarchistes après 1873 s’est trouvé remis en question par leurs successeurs, et je n’avais donc pas le choix.

Maintenant que nous sommes victorieux, nous avons prouvé au monde que presque tous les socialistes d’Europe sont " marxistes ". Ils se mordront les doigts de nous avoir donné ce nom et ils resteront an carafe avec Hyndman pour les consoler (Engels à Laura Lafargue, 11 juin 1889).

Ironie du sort - c’est précisément au même Hyndman que Marx avait déconseillé de se référer à son nom dans le programme du nouveau parti anglais. « Dans les programmes de parti, il faut tout éviter qui laisse apparaître une dépendance directe vis-à-vis de tel ou tel auteur ou de tel livre » (lettre à H., 2 juillet 1881).

[9] Lettre à la rédaction du Berliner Volksblat, 5 décembre 1890

[10] « Tu sais, primo, que tout vient chez moi tardivement, et, secundo, que je marche toujours sur tes traces » (Marx à Engels, 4juillet 1864).

[11] Cf. M. Rubel, Introduction au tome Il de l’ « Economie « 1968, p CXXI sq. www.plusloin.org Novembre 2003 préparatoires pour la thèse de doctorat, le manuscrit anti-hégélien de Kreuznach, les ébauches économico philosophiques de Paris et de Bruxelles, la première rédaction de l’Economie des années 1557-1858, les nombreux cahiers d’études et la correspondance avec des tiers) ne placent pas seulement le chercheur et le spécialiste devant des problèmes d’interprétation entièrement nouveaux ; ils suscitent de nouvelles catégories et de nouvelles générations de lecteurs qui ne peuvent et ne veulent plus se contenter de la phraséologie stéréotypée des marxistes de profession, et cela d’autant moins qu’il s’agit de comprendre un monde et de vivre et d’agir en un temps où idéologie, mécanisation et manipulation des consciences s’allient a la pure violence pour changer le monde en une vallée de larmes. Voir ibid., p. CXXVII sq., la liste des découvertes que Marx a reconnues comme étant les siennes.

Marx ne s’est attribué ni la fondation du matérialisme historique ni la découverte de la plus-value. Cette attribution, geste d’Engels, fut cependant tacitement approuvée par Marx. Cf. par exemple les comptes rendus d’Engels dans Das Volk, 1859, et l’article biographique du même dans Volkskalendar 1877.




Dernière édition par Admin le Mar 1 Déc - 11:37, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours   Lun 30 Nov - 15:08



un must de l'idéologie française d'extrême-gauche

Forum des Marxistes Révolutionnaires



le FMR
Forum de discussion politique, théorique, sociale

ils ont venus, ils sont tous las, PCF et ex-PCF, ex-LCR et toujours NPA, LO, quelques anrs et autres "libertaires", piliers du forum depuis 15 ans, Vérié et avariés... avares en rien de combats... entre militants, la plupart issus de couches moyennes qui n'ont rien à cirer du prolétariat ouvrier ou précaire, qu'ils ne connaissent pas, et encore moins celui de les "quartiers populaires", qu'il soit "racialisé" ou "petit-blanc"

c'est ça, l'extrême gauchede l'idéologie française, autrement dit l'extrême gauche du capital

Corinne Cerise a écrit:
Le plus funeste dans ce forum est que tout est compartimenté, à l'image des colonnes du Figaro ou d'autres journaux comme le quotidien de "référence" le Monde, représentants de l'idéologie française s'il en est.

Il est navrant de voir - dans ce forum "revolutionnaire" - comme les termes et thématiques sont séparés (aliénés). Un évènement comme une grêve - par exemple -  n'est-il pas autant social qu'il est politique, voire théorisable ? Pour les "révolutionnaires" non.

A telle enseigne que le débat (enfin, je veux dire les "communiqués" des Partis majuscules) sur les attentats parisiens du 13/11 prend sa place dans une rubrique intitulée "politique française", et nulle part ailleurs ; pas de lien croisé, pas de renvoi en "théorie" ou en une autre rubrique. Incroyable... consternant, et comme le dit à juste titre Patlotch, c'est de l'idéologie pure et simple, comme le Figaro.

Du Spectacle.

Quant à la lutte de classe, bien sûr... nulle part.


c'est effectivement un chef-d'œuvre d'incompréhension de ce que sont le capital, la luttes des classes, les luttes en général : toutes les entrées par les partis de l'extrême-gauche à l'extrême-droite traduisent l'approche militante, subjectiviste et objectiviste, qui veut qu'ils soient, peu ou prou, l'avant-garde (remarquons que le posture de Corcuff est la même, sous label anarchiste intellectuel)

ils prennent les différends politiques pour les intérêts et luttes réelles entre classes, et leurs oppositions pour les contradictions dans les rapports sociaux : le contraire de Marx... et ils vivent ainsi dans leur bulle, certains depuis les années 2000 au moins, - j'y avais fait une apparition, pour me voir censuré le mot "nègre" dans une citation ... d'Aimé Césaire !

la théorie est à part, puis viennent les sciences, et les loisirs... et la cafette : tout comme chez vous, dans le canard du plus bourgeois (Le Figaro) au plus à gauche (l'Huma ?), en passant par le plus bobo (Libé), le plus populo (Le Parisien), le plus économie (Les Échos), le plus laïque (La Croix ?)...

il n'y a même pas une catégorie "économie politique" : des "marxistes" !?

FMR a écrit:
Extrême-gauche

Les autres organisations politiques : Gauche, droite, extrême-droite...

Publications : tracts, revues...

Politique Française
Syndicalisme et mouvements sociaux

Actualités internationales

Histoire et Théorie

Sciences et techniques
Ecologie
Informatique

Arts
Cinéma
Musique

Faits de société

Liens
La cafette


FMR éphémère : effet bœuf ? Effet magique...



... bœufs-carottes ?



quand j'ai conçu mon livre-forum (c'est le même hébergeur forum-actif gratuit), j'ai créé les catégories de la page d'accueil dans la même approche dialectique que Marx a conçu le plan du Capital, croisant chapitres de matériaux pour l'analyse et d'autres sur la théorisation, abstraite ou à base empirique, tout se trouvant ainsi relié à la structure à dominante, à l'économie, au travail, aux luttes, aux classes, l'Etat et la répression, les femmes, la critique décoloniale, les rapports à la nature, l'aliénation et l'émancipation des individus, base et but de tout, etc.

la politique institutionnelle est ici où là quand elle devient importante, ni plus ni moins, toujours reliée à ses fondements économiques ou idéologiques...

ensuite j'ai créé un nombre limité de sujets, les ouvrants en tant que de besoin, et les réorganisant en marchant pour ajuster... Je me suis planté dans la structure au départ, ce qui fait que je ne peux pas descendre en arborescence dans les sujets, qui s'étirent, mais en un sens, c'est pas plus mal...

je l'explique ici : objectifs : pourquoi ce livre-forum, ce plan, ces catégories et ressources ? Structure dynamique, cohérence d'un chantier permanent

bref, j'essaye de travailler "comme" Marx, Hegel en moins, Internet en plus, et la possibilité interactive, mais ça...

study



Dernière édition par Admin le Ven 25 Mar - 11:47, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours   Lun 30 Nov - 15:47

à l'instant, chez Médiapart

BF a écrit:
L'attitude de Patlotch est certainement labellisable 100 pour 100 marxiste.

être à côté de la plaque, à mon sujet et d'autres, passe ici pour preuve d'intelligence

[BF renvoyé à ce sujet et à Rubel plus haut]

« Tout ce que je sais, c’est que moi je ne suis pas marxiste »
Karl Marx

moi non plus

BF a écrit:
Humaniste, j'en suis moins convaincu

tout dépend comme on l'entend. On confond, ici comme partout, encore une preuve d'intelligence, « l'humanisme théorique » position philosophique critiquée par Marx, avec humanisme au sens courant : aimer les humains, être bon, généreux, altruiste, etc.

à l'inverse, on s'imagine que « l'anti-humanisme » philosophique entraîne l'absence d'humanisme dans la vie

qu'est-ce que ça peut lui faire, à Patlotch, ce qu'en pensent d'aussi intelligents que BF, qui le comprennent de travers, et se préoccupent de ce que je suis, ou ne suis pas  ?


PS : est-ce que je me demande si BF est "humaniste" ? Non. Mais je vois qu'il est un imbécile, et discuter avec lui ne m'intéresse pas

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours   Mar 1 Déc - 12:00



Abolition des classes, disparition du pouvoir d’Etat, fonctions gouvernementales transformées en fonctions administratives

Marx anarchiste ? Michel PEYRET


Citation :
DES ARMES DE DESTRUCTION MASSIVE : L’ETAT ET LE SYSTEME CAPITALISTE

« Ces deux écritsIntroduction à la critique hégélienne du droit » et « A propos de la question juive ») constituent à vrai dire un seul manifeste où Marx désigne une fois pour toutes et condamne sans restriction les deux institutions sociales qu’il voit à l’origine des maux et des tares dont la société moderne pâtit et dont elle pâtira aussi longtemps qu’une nouvelle révolution ne viendra les abolir : l’Etat et l’Argent. »


C’est la thèse que soutient Maximilien Rubel dans le texte que j’évoque ci-dessous.

Et je rappelle que Maximilien Rubel est certainement un des plus profonds connaisseurs de l’oeuvre de Marx. Michel Peyret

Marx anarchiste ?

C’est en tout cas la thèse que soutient Maximilien Rubel [1]. Mais au diable les restrictions intellectuelles et place au débat, à la confrontation d’idées, à la diversité , nécessaires pour procéder « à l’étude concrète d’une situation concrète », selon la formule de Lénine, et faire apparaître les contradictions qui la font se mouvoir.

Et donnons, en l’occurrence, raison à Rubel qui illustre à souhait ses constats et jugements relatifs au marxisme, selon lui et selon d’autres, « Idéologie dominante d’une classe de maîtres qui a réussi à vider les concepts de socialisme et de communisme, tels que Marx et ses précurseurs les entendaient, de leur contenu originel, en leur substituant l’image d’une réalité qui en est la totale négation. »

UN MARXIEN CHEZ LES MARXISTES

« Un marxien chez les marxistes, Maximilien Rubel », titre pour sa part Patrice Beray, lequel rappelle que Karl Marx s’est défendu sur ses vieux jours, alors que son oeuvre commençait à lui valoir des disciples, et à nourrir les visées de révolutionnaires « professionnels », ou en voie de le devenir, en affirmant pour son compte : « Tout ce que je sais, c’est que moi je ne suis pas marxiste. »

Et Patrice Beray, qui présente un ouvrage de Miguel Abensour et Louis Janover consacré à Rubel, estime que nul autre que ce dernier n’a saisi la portée de cri du coeur du penseur allemand. Il rappelle que né en 1905 dans l’ancienne Autriche-Hongrie, Rubel a vêcu à Paris de 1931 à sa mort en 1996, est entré au CNRS en 1947, s’est livré à des recherches érudites sur l’histoire du mouvement ouvrier, et s’est consacré pendant plus de trente ans à l’édition des oeuvres de Marx dans La Pléiade.

« On lui doit, dit-il, une distinction radicale entre « marxien » qui, comme le précisent les auteurs, se rapporte selon lui exclusivement à l’oeuvre de Marx » et « marxiste » qui « renvoie aux épigones [2]de toutes sortes. »

Il ajoute, et on conviendra que la distinction n’est pas mince au regard de l’Histoire où les faits sont têtus, surtout quand ils ont fait souffler un vent de désastre jusque sur l’utopie politique.

Pour sa part, Maximilien Rubel pense, lui, et sans se limiter à cette opinion, que les idées de Marx peuvent être efficaces aujourd’hui sur un autre mode que celui d’un évangile politique pour régime totalitaire.

CHEZ MARX, UNE ETHIQUE


Une éthique ?

« Chez Marx, dit-il, il s’agit de l’impératif de supprimer toutes les conditions dans lesquelles l’homme est un être humilié, asservi, abandonné et méprisable. Cette préoccupation éthique traverse toute l’oeuvre, jusqu’au Capital...

« Marx condamnait trois formes de « despotisme »(le terme de totalitarisme lui était inconnu ) : en France, le bonapartisme, ce que j’ai développé dans Marx devant le bonapartisme ; en Allemagne, le prussianisme et surtout, en Russie, le tsarisme.

« Mais l’archétype, c’est bien le premier Napoléon, dont le neveu, Napoléon III, n’est qu’une image affaiblie.

« Dans la critique de ces trois genres d’absolutisme d’Etat, nous avons déjà celle du totalitarisme moderne ! La Russie étant le cible préférée. N’a-t-on pas parlé de la « russophobie » de Marx ? »


Au demeurant, Maximilien Rubel réfute les arguments de ceux qui attribuent à son oeuvre une valeur exclusivement descriptive du capitalisme au siècle dernier, la validité de sa pensée n’excédant pas les bornes de son époque.

Il répond par une sorte de paradoxe :

« J’estime pour ma part, au contraire, que Marx est un penseur du 20eme siècle et non du 19eme.

« Marx est même le seul penseur du 20eme siècle dans la mesure où aucun de ses contemporains n’a laissé d’œuvre utilisable, fut-ce au prix d’une distorsion.

« Ainsi n’y-a-t-il pas d’empire hégélien, alors qu’il existe encore un empire marxiste, la Chine par exemple.

« Ce qui s’est produit et s’est achevé avec l’URSS nous permet de prendre conscience plus encore des deux menaces qui, selon Marx, pèsent toujours sur le destin de l’humanité, par l’intermédiaire des armes de destruction massive : l’Etat et le système capitaliste en cours de mondialisation. »

DEUX MENACES, L’ETAT ET LE CAPITAL

Nous y sommes , les deux menaces, l’Etat et le système capitaliste !

Mais c’est dans « Marx, théoricien de l’anarchisme » que Rubel appréhende la très profonde proximité qui est la sienne avec le contenu de l’oeuvre de Marx en la matière et qu’il met en évidence combien il a été desservi par des disciples qui n’ont réussi ni à dresser le bilan et les limites de sa théorie, ni à en définir les normes et le champ d’application.

« Le marxisme est né et s’est développé, dit-il, alors que l’oeuvre de Marx n’était pas encore accessible dans son intégralité et que d’importantes parties en étaient restées inédites.

« Ainsi, le triomphe du marxisme comme doctrine d’Etat et idéologie de parti a précédé de quelques décennies la divulgation des écrits où Marx a exposé le plus clairement et le plus complètement les fondements scientifiques et les intentions éthiques de sa théorie sociale.


« Que des bouleversements profonds se soient produits sous l’invocation d’une pensée dont les principes majeurs sont restés ignorés des protagonistes du drame historique suffirait à montrer que le marxisme est le plus grand, sinon le plus tragique, malentendu de ce siècle. »

Tirant toutefois « toute la couverture à lui », Maximilien Rubel, s’il considère que Marx a eu peu de sympathie pour certains anarchistes, et c’est effectivement le moins que l’on puisse dire, révèle que l’on ignore généralement « qu’il n’en a pas moins partagé l’idéal et l’objectif : la disparition de l’Etat.

LA DISPARITION DE L’ETAT, UN IDEAL PARTAGE

« Il convient donc de rappeler qu’en épousant la cause de l’émancipation ouvrière, Marx s’est d’emblée situé dans la tradition de l’anarchisme plutôt que dans celle du socialisme ou du communisme. « Et lorsqu’il a finalement choisi de se dire communiste, cette appellation ne désignait pas à ses yeux un des courants, alors existants, du communisme, mais un mouvement de pensée et un mode d’action qu’il restait à fonder en rassemblant tous les éléments révolutionnaires hérités des doctrines existantes et des expériences de lutte du passé. » Aussi Rubel va tenter de montrer que, sous le vocable de communisme, Marx a développé une théorie de l’anarchie. « Mieux, ajoute-t-il, qu’il fut, en réalité, le premier à jeter les bases rationnelles de l’utopie anarchiste et à en définir un projet de réalisation. »

Son expérience personnelle de lutte pour la liberté de la presse en Prusse l’amènent à s’interroger sur la vraie nature de l’Etat et sur la validité rationnelle et éthique de la philosophie politique de Hegel. « Ce sera, dit-il, outre un travail inachevé et inédit, la Critique de la philosophie hégélienne de l’Etat ( 1843 ), deux essais polémiques : « Introduction à la critique hégélienne du droit » et « A propos de la question juive » ( Paris, 1844 ).

« Ces deux écrits constituent à vrai dire un seul manifeste où Marx désigne une fois pour toutes et condamne sans restriction les deux institutions sociales qu’il voit à l’origine des maux et des tares dont la société moderne pâtit et dont elle pâtira aussi longtemps qu’une nouvelle révolution ne viendra les abolir : l’Etat et l’Argent.

LE PROLETARIAT MODERNE

« Simultanément, Marx exalte la puissance qui, après avoir été la principale victime de ces deux institutions, mettra fin à leur règne comme à toute autre forme de domination de classe politique ou économique : le prolétariat moderne. « L’auto-émancipation de ce prolétariat, c’est l’émancipation universelle de l’homme, c’est après la perte totale de l’homme, la conquête totale de l’homme... »

Evoquant les principales différences qui caractérisent les conceptions réciproques de Marx et de Proudhon : « A la morale réaliste de Proudhon, cherchant à sauver « le bon côté » des institutions bourgeoises, Marx oppose l’éthique d’une utopie dont les exigences sont à la mesure des possibilités offertes par une science et une technique suffisamment développées pour subvenir aux besoins de l’espèce.

« A un anarchisme tout aussi respectueux de la pluralité des classes et des catégories sociales que favorable à la division du travail et hostile à l’associationnisme prôné par les utopistes, Marx oppose un anarchisme négateur de classes sociales et de la division du travail, un communisme qui reprend à son compte tout ce qui, dans le communisme utopique, pourrait être réalisé par un prolétariat conscient de son rôle émancipateur et maître des forces productives... »

DEUX TYPES D’ANARCHISME, UNE FINALITE COMMUNE

Et pourtant, en dépit de ces voies divergentes, les deux types d’anarchisme se réclament d’une finalité commune, celle que le Manifeste communiste a défini en ces termes : « L’ancienne bourgeoisie avec ses classes et ses antagonismes de classe fait place à une association où le libre développement de chacun est la condition du libre épanouissement de chacun. » Pourtant, on le sait, Marx s’est refusé à inventer des recettes pour les marmites de l’avenir.

Cependant, dit Maximilien Rubel, « il a fait mieux que cela, ou pis, il a voulu démontrer qu’une nécessité historique, telle une fatalité aveugle, entraînait l’humanité vers une situation de crise où il lui faudrait affronter un dilemme décisif : être anéantie par ses propres inventions techniques ou survivre grâce à un sursaut de conscience la rendant capable de rompre avec toutes les formes d’aliénation et d’asservissement qui ont marqué les phases de son histoire.

« Seul ce dilemme est fatal, le choix de l’issue étant laissé à la classe sociale qui a toutes les raisons de refuser l’ordre existant et pour réaliser un mode d’existence profondément différent de l’ancien. « Virtuellement, le prolétariat moderne est la force matérielle et morale apte à assumer cette tâche salvatrice de portée universelle.

« Toutefois, cette force virtuelle ne pourra devenir réelle que lorsque le temps de la bourgeoisie sera accompli, car elle aussi remplit une mission historique ; si elle n’en est pas toujours consciente, ses idéologues se chargent de lui rappeler son rôle civilisateur.

« En créant le monde à son image, la bourgeoisie des pays industriellement développés embourgeoise et prolétarise les sociétés qui tombent progressivement sous son emprise politique et économique. « Vu sous l’angle des intérêts prolétariens, ses instruments de conquête, le capital et l’Etat, sont autant de moyens d’asservissement et d’oppression.


L’HEURE DE LA REVOLUTION PROLETARIENNE

« Lorsque les rapports de production capitalistes et partant les Etats capitalistes seront effectivement établis à l’échelle mondiale, les contradictions internes du marché mondial révèleront les limites de l’accumulation capitaliste et provoqueront un état de crise permanente qui mettra en péril les assises mêmes des sociétés asservies et menacera jusqu’à la survie pure et simple de l’espèce humaine.

« L’heure de la révolution prolétarienne sonnera sur toute la terre... »

Maximilien Rubel est cependant conduit à rappeler avec une insistance toute particulière, que l’hypothèse la plus fréquente que Marx nous offre est celle de la révolution dans les pays ayant connu une longue période de civilisation bourgeoise et d’économie capitaliste :

« Elle doit marquer le début d’un processus de développement englobant peu à peu le reste du monde, l’accélération du progrès étant assuré par osmose révolutionnaire.

« Quelle que soit l’hypothèse envisagée un fait est certain : il n’y a pas de place, dans la théorie sociale de Marx, pour une troisième voie révolutionnaire, celle de pays qui, privés de l’expérience historique du capitalisme développé et de la démocratie bourgeoise, montreraient aux pays ayant un long passé capitaliste et bourgeois le chemin de la démocratie prolétarienne...

LA MYTHOLOGIE MARXISTE

« La mythologie marxiste née avec la révolution russe de 1917 a réussi à imposer aux esprits peu informés une tout autre image de ce processus révolutionnaire : l’humanité serait partagée entre deux systèmes d’économie et de politique, le monde capitaliste dominé par les pays industriellement développés et le monde socialiste dont le modèle, l’URSS, a accédé au rang de deuxième puissance mondiale, par suite d’une révolution « prolétarienne ».

« En fait, l’industrialisation du pays est due à la création et à l’exploitation d’un immense prolétariat et non au triomphe et à l’abolition de celui-ci.

« La fiction d’une « dictature du prolétariat » fait partie de l’arsenal des idées imposées par les nouveaux maîtres dans l’intérêt de leur propre puissance ; plusieurs décennies de barbarie nationaliste et militaire à l’échelle du monde font comprendre le désarroi mental d’une intelligentsia universelle victime du mythe dit « Octobre socialiste ».

Maximilien Rubel considère toutefois que des trois théories, doctrines et notions qui forment dans leur ensemble le patrimoine intellectuel du socialisme, du communisme et de l’anarchisme qui visent à une mutation profonde de la société humaine, l’anarchisme a le moins souffert de cette perversion : n’ayant pas créé une véritable théorie de la praxis révolutionnaire, il a pu se préserver de la corruption politique et idéologique dont les deux autres écoles de pensée ont été frappées.

« Issu de rêves et de nostalgies tout autant que de refus et de révolte, il s’est constitué en tant que critique radicale du principe d’autorité sous tous ses déguisements, et c’est surtout comme telle qu’il a été absorbé par la théorie matérialiste de l’histoire. « Celle-ci est essentiellement une pensée de l’évolution historique de l’humanité passant par étapes progressives d’un état permanent d’antagonismes sociaux à un mode d’existence fait d’harmonie sociale et d’épanouissement individuel.

UNE FINALITE COMMUNE

« Or, tout autant que la critique sociale transmise par l’utopie anarchiste, la finalité commune aux doctrines radicales et révolutionnaires d’avant Marx est devenue partie intégrante du communisme anarchiste de ce dernier.

« Avec Marx, l’anarchisme utopique s’enrichit d’une dimension nouvelle, celle de la compréhension dialectique du mouvement ouvrier perçu comme auto-libération éthique englobant l’humanité tout entière...

« On est en droit d’appliquer à sa propre théorie la thèse éthique qu’il a formulée à propos du matérialisme de Feuerbach (1845 ) : « La question de savoir si la pensée humaine peut prétendre à une vérité objective n’est pas une question relavant de la théorie, mais une question pratique.

« C’est dans la pratique que l’homme doit démontrer la vérité, c’est-à -dire la réalité et la puissance, l’au-deçà de sa pensée. »

Et c’est dans « A propos de la question juive », 1844, que Marx, sans se limiter à la critique de l’émancipation politique, définit et la fin qu’il convient d’atteindre et le moyen pour la réaliser :

Marx a écrit:
« C’est seulement lorsque l’homme individuel, être réel, aura récupéré le citoyen abstrait et sera devenu en tant que individu un être social dans sa vie empirique, dans son activité individuelle, dans ses rapports individuels ; ce n’est que lorsque l’homme aura reconnu et organisé ses « forces propres » comme forces sociales et que, de ce fait, il ne détachera plus de lui-même le pouvoir social sous forme de pouvoir politique-, c’est alors seulement que sera accomplie l’émancipation humaine. »

En somme, poursuit Rubel, Marx s’appliquera à démontrer scientifiquement ce dont il était déjà persuadé intuitivement et ce qui lui paraissait éthiquement nécessaire : il abordera l’analyse du capital d’un point de vue sociologique, comme pouvoir de commandement sur le travail et ses produits, le capitaliste possédant cette puissance non en vertu de ses qualités personnelles ou humaines, mais en tant que propriétaire du capital : _ « Le salariat est un esclavage, et tout relèvement autoritaire du salaire ne sera qu’une meilleure rémunération d’esclaves. »

ESCLAVAGE ECONOMIQUE ET SERVITUDE POLITIQUE

Las, « esclavage économique et servitude politique vont de pair. « L’émancipation politique, la reconnaissance des droits de l’homme par l’Etat moderne ont la même signification que la reconnaissance de l’esclavage par l’Etat antique (La Sainte Famille, 1848 ). « Esclave d’un métier salarié, l’ouvrier l’est aussi de son propre besoin égoïste comme du besoin étranger.

« La condition humaine n’échappe pas davantage à la servitude politique dans l’Etat démocratique représentatif que dans la monarchie constitutionnelle. »

Et, à nouveau, Rubel revient à Marx :

« Dans le monde moderne, chacun est à la fois membre de l’esclavage et de la communauté bien qu’en apparence la servitude de la société bourgeoise soit le maximum de liberté. »

Ou encore dans Vorwärts, 1848, :

Marx a écrit:
« L’existence de l’Etat et l’existence de la servitude sont inséparables...Plus l’Etat est puissant, plus un pays est, de ce fait, politique, moins il est disposé à chercher dans le principe de l’Etat, donc dans l’organisation actuelle de la société dont l’Etat est lui-même l’expression active, consciente et officielle, la raison de ses maux sociaux... »


Ou enfin après la Commune :

« La Commune ne fut pas une révolution contre une forme quelconque de pouvoir d’Etat, légitime, constitutionnelle, républicaine ou impériale.

LA COMMUNE, REVOLUTION CONTRE L’ETAT

« Elle fut une révolution contre l’Etat comme tel, contre cet avorton monstrueux de la société ;elle fut la résurrection d l’authentique vie sociale du peuple, réalisée par le peuple. »

Et de préciser dans « L’Idéologie allemande » :

« Les prolétaires se trouvent donc en opposition directe à la forme dans laquelle les individus de la société ont pu jusqu’ici se donner une expression d’ensemble, à savoir l’Etat : ils doivent renverser l’Etat pour réaliser leur personnalité.

Cependant, les prolétaires doivent également se débarrasser de l’esclavage économique, le travail salarié

Dans le Capital, Marx réaffirme que « pour transformer la propriété privée et morcelée, objet du travail individuel, en propriété capitaliste, il aura naturellement fallu plus de temps, d’efforts et de peines que n’en exigera la métamorphose en propriété sociale de la propriété capitaliste, qui de fait repose déjà sur un mode de production collectif.

LA PROPRIETE SOCIALE

« Là il s’agissait de l’expropriation de la masse pour quelques usurpateurs ; ici, il s’agit de l’expropriation que de quelques usurpateurs par la masse. » Ce stade franchi, Rubel cite Marx dans l’Anti-Proudhon , 1847 : « Est-ce à dire qu’après la chute de l’ancienne société il y aura une nouvelle domination de classe se résumant dans un nouveau pouvoir politique ?

« Non !...

Marx a écrit:
« Dans le cours de son développement, la classe laborieuse substituera à l’ancienne société civile une association qui exclura les classes et leur antagonisme, et il n’y aura plus de pouvoir politique proprement dit, puisque le pouvoir politique est précisément le résumé officiel de l’antagonisme dans la société civile. »


ALORS MARX ANARCHISTE ?

C’est en tout cas la conviction profonde de Maximilien Rubel qui considère que Marx s’est formellement proclamé « anarchiste » lorsqu’il écrivait :

« Tous les socialistes entendent par anarchie ceci : le but du mouvement prolétaire, l’abolition des classes, une fois atteint, le pouvoir d’Etat disparaît et les fonctions gouvernementales se transforment en de simples fonctions administratives. »

Michel Peyret

http://rougemidi.fr/

[1] Maximilien Rubel,(1905 - 1996) autrichien naturalisé français, fut un spécialiste internationalement reconnu de Karl Marx.

[2] Disciple, avec souvent la connotation péjorative de : sans originalité qui ne fait qu’imiter.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours   Jeu 3 Déc - 11:01


le soldat négationniste Coleman s'en va-t'en guerre au terrorisme

Du « Black-Blanc-Beur » à la « race sociale » : la confusion s’épaissit jeudi 3 décembre 2015, par Yves

Yves Coleman a écrit:
Coup de gueule face à des "débats" bien mal entamés....

Il était une époque (le début des années 80) où toute la gauche et une bonne partie de l’extrême gauche trouvaient « génial » et « branché » d’employer des nouveaux termes comme « Black, Blanc, Beur ». Une génération et quelques années plus tard, ces termes fondés sur des phénotypes, des caractéristiques physiques (évidentes aux yeux de tous sauf des gauchistes décérébrés), font partie du vocabulaire courant de tous, à droite comme à gauche. Du rappeur Saïdou au ministre de l’Intérieur Manuel Valls, d’Alain Finkielkraut à Houria Bouteldja, d’Alain Soral à Dieudonné, tout le monde politique et intellectuel utilise ces concepts, mais aussi les « citoyens ordinaires ».

La social-démocratie française, pleine de bonnes intentions multiculturalistes dans les années 80 et tant abhorrée aujourd’hui par les partisans de la pseudo théorie de la « race sociale », a en fait préparé le terrain. Elle a mâché le travail à tous ceux qui aujourd’hui nous expliquent benoîtement que le terme de « race sociale » ne serait absolument pas lié à des phénotypes ou à des caractéristiques physiques. Ce sont les mêmes qui aussitôt affirment que les « blancs » auraient des privilèges auxquels les « noirs » ou les « non blancs » n’auraient pas accès...

Ainsi Obama serait donc un « blanc » social ? et le chômeur lillois, depuis 5 générations, qui vote Marine Lepen serait un « noir » social ? le roi d’Arabie saoudite serait un « blanc » social et un « musulman » (donc un non blanc social) et le routier lyonnais « de souche » un blanc « privilégié » mais aussi un non blanc social (puisque prolétaire) ? Qui peut croire que de telles absurdités nous aident à lutter contre l’exploitation et contre le racisme ? Indifférents à la moindre cohérence théorique, les partisans de la prétendue théorie de la « race sociale » ajoutent, à la liste établie au départ par les intellectuels identitaires anglosaxons, les « musulmans » et les « roms » au catalogue des « non blancs ».

La liste des « racisés » ressemble de plus en plus à un inventaire à la Prévert, car selon les sensibilités on peut y ajouter toutes les sous-catégories que l’on veut... Mais curieusement en France, jamais les prolétaires chinois, pakistanais, bengalis, etc... On se demande bien pourquoi...

Cette gymnastique serait comique si derrière ces manœuvres idéologiques ne gisaient pas autant de problèmes non résolus d’un point de vue théorique [sic] et politique pour tous ceux qui prétendent changer radicalement la société.

En France, le multiculturalisme a eu un aspect sympa (en dehors du fait qu’il était financé par le PS au pouvoir, donc par l’Etat). Même les Indigènes de la République reconnaissent parfois, au détour d’une interview, qu’à une époque SOS Racisme a eu un aspect positif et éducatif. Et, de leur point de vue identitaire, ils ont raison : le Parti socialiste et ses associations satellites, ses intellectuels compagnons de route ou ses propagandistes stipendiés, ses médias complices (Libération en tête) ont transformé les qualifications purement raciales de « Black Blanc Beur » en étiquettes antiracistes dans l’esprit de nombreux jeunes révoltés par la propagande xénophobe du Front national et qui prenaient lentement conscience du racisme structurel français (terme à l’époque pratiquement inconnu puisque la gauche et l’extrême gauche ignoraient superbement ces phénomènes).

Le lavage des cerveaux a commencé par la petite main jaune de SOS, les concerts antiracistes géants, la propagande médiatique antiraciste mobilisant artistes, cinéastes, musiciens, comiques, etc. Et progressivement il est apparu parfaitement normal de qualifier les hommes et les femmes selon leurs... phénotypes.

Parallèlement on a vu s’organiser une offensive dans le monde universitaire, qui après l’épuisement du structuralisme, a adopté les théories postmodernes (déconstruction, postcolonialisme, etc.). Cette offensive a pris le relais, au niveau théorique, de l’antiracisme gentillet et bisounours des années 80 qui a imprégné pas mal de monde, et ce bien au-delà des cercles militants. Les universitaires de gauche, dont les écrits étaient parfois tout aussi incompréhensibles que ceux des plus obscurs lacaniens des années 70, ont réussi à se donner une allure plus radicale en se reconnectant avec l’anti-impérialisme des années 50 et 60 et l’identitarisme plus musclé des Afro-Américains, que ce soit ceux du SNCC, des Black Panthers et d’une pléthore de mouvements nationalistes-culturels outre-Atlantique (qui sait, par exemple, en France que les Afro-Américains disposent aujourd’hui de leur propre fête de « Noël », sous le nom de Kwanza, devenue désormais une affaire commerciale juteuse et très « mainstream » alors qu’il s’agissait au départ d’une initiative très marquée par le nationalisme identitaire noir... ?).

La culture rap et hip hop afro-américaine est apparue, elle aussi, comme « super sympa » aux yeux de la gauche et de l’extrême gauche françaises. Et ce d’autant plus que le rap « français » ne se construisait pas sur des bases mono-ethniques comme aux Etats-Unis mais pluri-ethniques. Cette nouvelle évolution musicale a contribué à dépasser les discours officiels multiculturalistes parfois assez intellos et éthérés, à leur donner un côté identitaire plus affirmé, plus dur aussi au niveau verbal, comme dans les pays anglosaxons, mais de façon subreptice et inconsciente. Ce nouveau facteur de la culture de masse a rendu le terme de « Black » absolument incontournable pour les jeunes, fussent-ils maghrébins, poussant évidemment ces derniers à s’inventer une nouvelle identité et à se définir eux-mêmes comme « rebeus ». La culture rap a pris la succession de SOS Racisme ou s’est mélangée à l’antiracisme de l’Etat-PS.

Dernière influence, le nouvel intérêt pour l’islam chez les jeunes générations, intérêt qui a rajouté encore une couche de confusion et de division identitaire chez les jeunes prolétaires – d’origine maghrébine ou pas d’ailleurs...

Désormais, les jeunes peuvent combiner antiracisme virulent et sympathique (en tout cas vivement encouragé par les médias de gauche), fascination pour l’esprit revendicatif des rappeurs (qu’elle que soit leur nationalité ou leurs origines puisque le rap est devenu mondial) et plongée dans l’identitarisme religieux sous toutes ses formes (sectaire-religieuse, nationaliste ou plus politisée). Cette nouvelle quête identitaire leur est apparue d’autant plus justifiée que leur foi était maltraitée et méprisée en France par l’Etat et les médias ; cette situation de « communauté minoritaire » pouvait leur faire croire que l’islam était effectivement une religion de pauvres et d’opprimés, de « rebeus », terme quasiment synonyme de Français de seconde zone... et de troisième génération.

Les émeutes de 2005 et l’incapacité des politiques à y répondre par des mesures sociales radicales n’ont fait que confirmer et accélérer ces tendances diffuses, d’origines diverses, puisqu’elles combinaient les stratégies de l’élite politique socialiste multiculturaliste, celles des rappeurs révoltés en quête de reconnaissance médiatique et celles de certains intellectuels de gauche en quête de chaires à l’université et de places dans les médias et les maisons d’édition.

De nouvelles petites forces politiques identitaires (CRAN, PIR, CCIF, etc.) sont nées et leurs représentants les plus dotés de réseaux ont cherché à occuper le champ médiatique, avec un certain succès d’ailleurs. Les pseudo théories de la « race sociale », importées des Etats-Unis, ont donc utilement servi à ces carriéristes français pour consolider le travail de démolition multiculturaliste commencé par SOS Racisme et sa division des exploités en Blacks, Blancs, Beurs (BBB). On est passé du BBB au BNBM, Blancs-Non Blancs-Musulmans (je n’ajoute pas le R pour les Roms car jusqu’ici les courants identitaires de gauche ne sont pas sérieusement investis dans leur défense concrète, il s’agit juste pour eux d’une pose).

Le processus de justification idéologique du fractionnement identitaire des exploités selon des lignes raciales et religieuses est désormais bien au point en France, et il accompagne évidemment une évolution matérielle et sociale qui se manifeste à l’échelle de toute l’Europe.

Faute d’effectuer une nécessaire révolution mentale, et de remettre en cause leur incapacité historique à analyser à la fois les racines profondes du racisme, les politiques identitaires de gauche comme de droite dans le monde anglo-saxon (depuis déjà un demi-siècle quand même !), et l’influence multiséculaire néfaste des religions, certains anarchistes ou marxistes se sont tout à coup sont mis à traiter sur les réseaux sociaux tous les partisans, sincères ou pas, de la théorie bidon de la « race sociale » de « racistes ».

Ultime, radicale et ridicule erreur.

Ils confirment ainsi que ces défenseurs autoproclamés de « la classe » baignent encore dans le climat idéologique créé par la social-démocratie française des années 80... sans même s’en rendre compte. Ils croient qu’en traitant de « racistes » les partisans de la théorie néfaste de la « race sociale », en ne faisant pas l’effort d’étudier les origines de ces bricolages idéologiques, leurs succès et leurs avatars dans la gauche anglo-saxonne, en ne s’interrogeant pas sur les profondes transformations de la « force de travail » des pays capitalistes avancés, en ne se livrant à aucune autocritique sérieuse, ils pourront remporter la bataille politique acharnée qu’il va nous falloir mener contre ces prétendues évidences « sociales » reposant en fait sur des phénotypes et sur le « bon sens » lié à l’observation des différences physiques entre les êtres humains – traduire des « races » si longtemps enseignées ou reconnues comme ayant des bases scientifiques et biologiques.

Si nous voulons contrer la diffusion néfaste des théories de la « race sociale », il va falloir se mettre sérieusement au boulot, camarades, et ne pas vous contenter de simples invectives ! [sic]

Y.C., Ni patrie ni frontières, 3/12/2015

PS. Nous consacrerons en 2016 un numéro spécial aux "manip identitaires" de gauche et reviendrons sur ces questions plus en détail. Nous essaierons notamment de montrer comment le concept de race aux Etats-Unis n’a JAMAIS rompu avec ses bases biologiques, y compris dans les statistiques démographiques, les quotas dans les universités et dans la fonction publique et jusque dans la mention sur les passeports et les formulaires administratifs. Reprendre ce concept dans un pays comme la France qui n’a pas été structuré par l’esclavage (si l’on excepte bien sûr les Antilles) et toutes ses catégories et sous-catégories raciales, c’est donc vouloir introduire de force, sous des prétextes sociologiques, donner une légitimité pseudo scientifique aux préjugés racistes qui eux ont toujours existé dans l’Hexagone.

Ce n’est pas un hasard si le terme de "métis" n’existe pas aux Etats-Unis, ou plus exactement s’il est souvent considéré comme une insulte car il met en avant des critères raciaux biologiques. Ce qui n’est pas le cas du tout en France où il est valorisé depuis très longtemps... Considérer aussi les "musulmans" comme une "race sociale" c’est introduire une seconde équivoque tout aussi délétère.

Qui sait qu’en Angleterre ou aux Etats-Unis par exemple le terme de "muslims" désigne dans le vocabulaire courant, y compris celui des gauchistes, les "Arabes" au sens le plus large (et le plus faux), et inclut donc les Turcs, les Berbères, les Iraniens, voire les Pakistanais et les Bengalis. Il s’agit donc là aussi d’un concept très vague qui mélange des références ethnobiologiques parfaitement assumées, des références nationales et une assignation religieuse arbitraire et fantasmée, trahissant une xénophobie et une ignorance crasse. Mais tout cela les partisans des races sociales n’en ont rien à faire....


Patlotch a écrit:
UN AMOUR ÉTERNEL

Marche nocturne, pour Jimmy et Aïcha, 22 mars 2003

La guerre ici soumet les mots
Ivres à l'écran des mensonges
Pour que là-bas sous mille maux
Sombrent la nuit mille et un songes

Là-bas la guerre fait la mort
Maudite à l'Irak en déluge
Quand ici préside au remord
Une pub au prix d'un grabuge

Je marche tu marches nous marche
Le monde marche Aïcha meurt
La paix ici prend sa couleur
Là-bas l'or noir paie la bomb'cash

Tu pleures nous pleure à douleur
L'humain est en deuil mais les fous
De dieux n'ont pas mis à genoux
Notre amitié black blanche beure

J'ai bien vu leur Hiroshima
Lourd son silence sourd de poche
A chaque pas brisé pour ma
Mémoire au son doux d'une cloche

Tu te souviens Jimmy des flammes
D'un village indien du Vietnam
De l'Afrique en chaînes des chiens
Pour la liberté pour le bien

Sous nos yeux le passé revient
Et pour un Empire dément
Ton désir d'amour irakien
Agonise éternellement



[center]

Francisco Goya, El 2 de mayo 1808 en Madrid, 1814

[center]


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours   Ven 11 Déc - 7:04


Marx, reviens, ils sont devenus fous !

le marxisme, les marxismes, sont des idéologies

dans le sens d'une croyance : d'une religion, opium intellectuel ou pas


les « so called marxistes » croient pouvoir appliquer quelques lois générales, parfois avec un semblant de rigueur "scientifique", pour expliquer ce qui se passe, sans y regarder de plus près

en ceci, les marxistes ont tourné le dos à Marx et à sa méthode de travail, et le problème, c'est de faire le boulot

les théoriciens de la communisation avec le temps et l'usure (usure passion ?), ont cessé de le faire. Les textes hors-sol se multiplient, de Tristant Leoni et Dauvé chez DDT21 à Il lato cativo traduit par dndf, l'analyse de matériaux concrets a cédé la place à des considérations de texte à texte dans la meilleure tradition de la philosophie pré-marxienne

chez Théorie Communiste, la tendance à la conceptualisation, à la montée en généralisation, s'est cassé la gueule en descendant : même les concepts les plus valables et féconds sont utilisés à l'envers. Il s'agit de les reprendre en renversant leur déterminisme idéaliste en un matérialisme de l'analyse concrète de situations concrètes à toutes échelles articulées

la communisation dadaïste :

un cadavre exquis communisateur

dans la présentation de la dernière parution de TC il est dit :

Citation :
Au travers des luttes de la « période 68 », puis durant les années 1970-80, émerge par bribes, de façon heurtée, par des impasses et des critiques successives, un nouveau paradigme de la lutte de classe, de la révolution et du communisme : la théorie de la communisation. Autonomie, autonégation du prolétariat, refus du travail, révolution à titre humain, la théorie de la communisation est née d’un bricolage théorique dans le cours chaotique des luttes et de la restructuration du capital.

source

va pour le « bricolage théorique dans le cours chaotique », nous ne faisons guère mieux, mais ce n'est pas une excuse pour faire et dire n'importe quoi dans son propre chantier !

Citation :
La distinction de genre, l’idéologie, la pratique révolutionnaire comme autotransformation des individus et conjoncture font de la théorie de la communisation un chantier permanent.


cette phrase jargoneuse est littéralement incompréhensible, elle auto-ridiculise ses propres concepts en leur conférant un sens (un non sens ?) qu'ils n'ont pas dans leur définition même : ainsi donc la théorie communiste serait idéologie, au même titre que Roland Simon définit l'idéologie comme la vie quotidienne . La pratique révolutionnaire (?) comme autotransformation des individus (où est passée « la classe de la communisation » ?) serait la conjoncture même

c'est plutôt de la théorie dadaiste, on prend les concepts qu'on découpe avec des ciseaux, on les met dans un sac, on secoue et l'on fabrique... un cadavre exquis communisateur

Dada a écrit:
Pour faire un poème dadaïste
Prenez un journal.
Prenez des ciseaux.
Choisissez dans ce journal un article ayant la longueur que vous comptez donner à votre poème.
Découpez l’article.
Découpez ensuite avec soin chacun des mots qui forment cet article et mettez-les dans un sac.
Agitez doucement.
Sortez ensuite chaque coupure l’une après l’autre.
Copiez les consciencieusement dans l’ordre où elles ont quitté le sac.
Le poème vous ressemblera.
Et vous voilà un écrivain infiniment original et d’une sensibilité charmante, encore qu’incomprise du vulgaire.

Tristan Tzara, "Pour faire un poème dadaïste", in sept manifestes dada, éd. Pauvert, 1924(?).




Johann Friedrich Blumenbach (1752-1840)
grenzt sich mit dem Begriff „Bildungstrieb“ (1781)


source : The Charnel-House

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours   Lun 14 Déc - 21:27

des nouvelles du cousin "communisateur" Francis Cousin



Le chaos migratoire par Francis Cousin

"Forme supérieure de la crise du spectacle marchand"
vendredi 25 septembre

L’Agence Info Libre a été à la rencontre de Francis Cousin, philosophe et auteur de l’essai "L’Être contre l’Avoir". D’inspiration marxienne, il nous livre lors de cet entretien, son analyse de ce qui est communément appelé "la crise des migrants" en prenant soin de retracer la généalogie de la domination américaine sur l’Europe.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours   Ven 18 Déc - 10:23


l'extrême-gauche française : la plus à droite du monde ?

la 4ème Internationale ("trotskiste") condamne cette extrême-gauche du capital



The British offshoots of Trotskyism (p.69)
illustration by Dino : an alternative family tree





Les élections régionales en France et la menace de dictature Alex Lantier 18 décembre 2015

Les élections régionales qui se sont déroulées les 6 et 13 décembre en France ont marqué une nouvelle étape dans l’effondrement de la démocratie bourgeoise en Europe. Ces élections, qui furent organisées après les attentats du 13 novembre à Paris sous le régime de l’état d’urgence décrété par le Parti socialiste (PS) au pouvoir et avec des forces de police lourdement armées patrouillant devant les bureaux de vote, ont connu une recrudescence du soutien apporté au Front national (FN) néofasciste.

Citation :
Le PS, qui veut inscrire l’année prochaine l’état d’urgence permanent dans la constitution, continue d’imposer des coupes sociales massives conformément à la politique d’austérité de l’Union européenne (UE). Profitant de la colère populaire, grâce à une démagogie antimusulmane et anti UE, le FN espère remporter les élections présidentielles de 2017 en visant en définitive à se positionner à la tête de l’État policier que le Parti socialiste est en train de mettre en place.

Les néofascistes sont sortis grandement renforcés de ces élections régionales. Le FN a obtenu 358 conseillers régionaux, trois fois plus qu’avant, et est représenté dans chaque région de France alors qu’auparavant il n’était représenté que dans 10 régions. Il a recueilli au niveau national un nombre record de 6,8 millions de voix (27 pour cent) – seulement 5 pour cent de moins que le PS.

Un système instable de trois partis a résulté entre le PS, les conservateurs du parti Les Républicains (LR) et le FN.

Les politiciens et les médias tentent d’endormir la population en présentant les élections comme une défaite du FN qui n’a aucun président de conseil régional. Dans le nord et le sud-est de la France, où Marine Le Pen et Marion-Maréchal Le Pen du FN s’étaient présentées, le PS avait demandé à ses candidats de se désister en faveur des LR. Les deux candidates FN recueillirent finalement respectivement 42 et 45 pour cent des voix, vu qu’une section des électeurs avait procédé à un vote stratégique en écartant de justesse les candidats FN du pouvoir.

En prétendant qu’une « catastrophe [avait été] évitée de justesse », le dirigeant du Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon avait déclaré, « Je voudrais remercier les millions de personnes ayant voté avec des bulletins pourtant contraires à leurs convictions les plus profondes. »

C’est une escroquerie politique. Bien qu’une certaine inquiétude face aux attaques perpétrées contre les droits démocratiques ressentie par une couche d’électeurs ait joué un rôle dans l’issue du vote, la perspective de soutenir le PS ou les LR à l’encontre du FN est dangereuse et fausse. Le PS et les forces de la pseudo-gauche telles le Front de Gauche, qui avaient unanimement voté l’état d’urgence à l’Assemblée nationale, œuvrent eux-mêmes fébrilement à la mise en place d’un État policier.

Le PS, que la politique d’austérité pratiquée par le président François Hollande a discrédité, propose une modification de la constitution accordant des pouvoirs illimités à la police pour diligenter des perquisitions de domiciles, des confiscations arbitraires ainsi que des mises en détention de personnes ou des assignations à résidence. Il suffit uniquement à la police affirme que le comportement d’un individu soit susceptible de présenter à l’avenir une menace pour l’ordre public. Le PS signale vouloir autoriser la police à cibler des gens en se fondant sur leur comportement, leurs amis, leurs déclarations ou leurs projets.

La liberté d’opinion et d’expression va devoir être supprimée. La police et un appareil d’espionnage électronique massif disposeront de pouvoirs arbitraires pour décider quelles seront les personnes dont les déclarations, les appels téléphoniques ou les mises en ligne sur Internet constituent une menace à l’ordre public, et pour bloquer ou saisir la propriété de ceux qui sont considérés comme étant une menace.

En ce qui concerne la décision du PS de se désister des élections régionales pour pratiquement s’allier aux LR, elle ne fait que souligner l’effondrement de la « gauche » bourgeoise française en permettant au FN de s’afficher comme le principal parti d’opposition en France.

Le parti LR, qui cherche désespérément à se maintenir à la droite du PS au moment où le PS se recentre vers l’extrême droite, est en train de mettre en avant une politique antidémocratique encore plus draconienne. Il veut assigner à résidence les dizaines de milliers de personnes qui sont fichées « S » – en permettant aux agences de renseignement d’envoyer quelqu’un dans un camp d’internement par le simple fait de lui apposer le sigle « S ».

Une crise profonde du régime capitaliste est née de la crise économique d’après 2008 et de la course à la guerre impérialiste en Syrie et partout au Moyen-Orient. L’aristocratie financière, qui est consciente de la colère qui existe au sein de la classe ouvrière due à l’inégalité sociale, à l’austérité et à la guerre et qui ne peut s’exprimer au sein de l’establishment politique, considère toute opposition avec horreur et colère. La démocratie bourgeoise est de plus en plus incapable d’équilibrer les tensions de classe fondamentalement insolubles.

En France, les banques et le complexe de l’appareil militaire et de renseignement sont en train de laisser tomber tout semblant de Liberté, Égalité et Fraternité en se tournant vers le culte de la Dictature, de l’Austérité et de la Guerre. C’est ce fait et non le sort de l’objectif 2015 de Marine Le Pen de devenir la conseillère régionale du nord de la France, qui détermine les perspectives du FN ou de quel parti que ce soit qui en sera issu. La bourgeoisie française vise à céder de plus en plus de pouvoir au néofascisme.

Les droits démocratiques ne peuvent être défendus que par une mobilisation de la classe ouvrière réunie dans une lutte politiquement indépendante et basée sur un programme socialiste et internationaliste. Telle est la leçon qu’il faut tirer de l’ensemble de la période qui s’est écoulée depuis la crise de l’élection présidentielle de 2002, lorsque le PS de Lionel Jospin a été éliminé au premier tour et que des protestations de masse avaient éclaté contre un second tour des élections entre le conservateur Jacques Chirac et le dirigeant de l’époque du FN, Jean-Marie Le Pen.

Le Comité International de la Quatrième Internationale (CIQI), qui publie le World Socialist Web Site, avait diffusé une lettre ouverte à Lutte ouvrière (LO), à la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) et au Parti des travailleurs (PT) – qui avaient rassemblé plus de trois millions de vote – en appelant à un boycott du second tour. La lettre ouverte avait expliqué qu’un boycott actif, mobilisant la classe ouvrière dans une lutte contre l’austérité et la guerre, préparerait au mieux la classe ouvrière contre la politique que Chirac poursuivrait.

Ces trois partis avaient rejeté la proposition du CIQI et favorisé le vote pour Chirac, prétendument pour empêcher que le FN n’accède au pouvoir. Les résultats concernant ces 13 dernières années témoignent de la faillite politique de ces partis petits-bourgeois qui durant des décennies ont dominé ce qui passait pour une politique oppositionnelle « de gauche. »


Après avoir fourni leurs trois millions de voix à Chirac, ils se rangèrent de plus en plus ouvertement aux côtés de la politique réactionnaire qui a provoqué la montée du FN. Ils appuyèrent les mesures islamophobes telles l’interdiction du port du voile et de la burqa [c'est un peu moins vrai pour la LCR, devenue NPA attrape-tout...], ils acclamèrent les guerres impérialistes menées en Libye et en Syrie comme étant des révolutions, ils soutinrent tacitement les déportations de masse des Roms, et ils menèrent une campagne pour l’élection de Hollande en dépit de son agenda d’austérité déclaré. Ils furent éliminés au premier tour des élections régionales.

Une vaste et puissante base subsiste au sein de la classe ouvrière en faveur des droits démocratiques [sic, les limites du programmatisme reconverti en démocratisme radical...]. Toutefois, la classe ouvrière ne peut lutter et défendre la démocratie [resic] que sur la base d’une opposition socialiste à l’encontre de ces partis et de leur politique anti-marxiste.


(Article original paru le 17 décembre 2015)


Ah là là... Que faire des so called marxistes ?




Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6302
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours   Dim 14 Fév - 21:12


nous allons maintenant pouvoir comprendre les dogmes anarchistes, ultragauche et marxistes eurocentrés, purement et simplement pour ce qu'ils sont : une facette de l'idéologie dominante dans la double crise de l'Occident et du capital

il conviendrait naturellement de discerner les divers degrés d'emprise sous cet opium, selon qu'ils ont plus ou moins d'effectivité dans le monde réel, d'influence dans les luttes sociales de masse

en seront bien sûr épargnés soit les plus vieux fossiles du programmatisme, soit les théoriciens et leurs adeptes dont la pureté révolutionnaire, au charme persistant, ne vaut pas de se mêler des choses de la vie et de la mort, l'état d'urgence par exemple, puisqu'il n'est pour eux que l'autre face de la démocratie donc du capitalisme, et qu'en parler ou s'y opposer en actes vous fait immédiatement soupçonner de « démocratisme radical » ou pire, d'être en puissance un contre-révolutionnaire « entrepreneur en racialisation » : c'est pourquoi, depuis les attentats de janvier 2015, la plupart des "communisateurs", qui ne doutent pas de l'essentiel et qu'il va falloir attendre, préfèrent se taire ou parler d'autre chose, en attendant la fin...


Rolling Eyes



d'engagements antisociétaux, contre-culturels et anti-système
comme structure of feeling dans la structure à dominante
du capitalisme occidental en crise


en reprenant une lecture de la double crise de l'Occident et du capital dans ses aspects psycho-sociaux et culturels, particulièrement dans la jeunesse de toutes origines sociales, mais massivement issues des couches moyennes, je propose une hypothèse tendant à unifier le phénomène sous divers engagements paraissant à priori opposés

sans le formuler de façon structuraliste, nous aurions là une apparition de l'idéologie du capitalisme contemporain cernant la structure à dominante* du capital, transversale à toutes les catégories sociales, hormis la classe capitaliste de la grande bourgeoisie

en d'autres termes, l'idéologie comme structure of feeling* dont parlait Raymond Williams comme pionnier (anglais) des Cultural Studies, culturel au double sens de culture et société, pour ce théoricien la troisième dimension, oubliée, de l'héritage de Marx, en plus de l'économie et de la politique


* voir CONCEPTS : Structure à dominante, Idéologie et Structure of Feeling...


des deux côtés du miroir aux alouettes*

sous le voile de Daesh et la casquette de Gavroche :

les mêmes profils psycho-sociaux ?

* un cheval d'idéologie capitaliste occidentale, une alouette de rébellion

l'hypothèse apparaîtra osée et sera repoussée d'autant par nos islamo-gauchistes, gaucho-bouffe-religion et anarcho-ultragauchistes de la pureté révolutionnaire qu'ils s'imaginent les derniers sous emprise d'un opium

en reprenant l'idée du commentaire précédent*, nous pourrions tenter de penser la radicalisation à visage islamiste de "chez nous" comme une composante de la décomposition sociétale dans la double crise de l'Occident et du capital. La forte proportion de jeunes de couches moyennes, prolétarisée ou non, n'est pas sans rappeler l'engagement dans la nébuleuse anti-système, qu'il prenne un visage ultragauchiste ou extrême-droitier, mais dans ces deux cas identitaire européen (cette mouvance même anarcho-ultragauche porte l'universalisme prolétarien ou humanisme qui caractérise l'idéologie eurocentriste)

* voir LA "SOCIÉTÉ CAPITALISTE" : crise et réactions antisociétales, contre-culture...


il n'est pas jusqu'aux visages de ces jeunes blancs européens, barbus et chevelus, ou crânes rasés au demeurant, pour se ressembler physiquement et psychologiquement. Il conviendrait de comparer, via des enquêtes, ces divers profils socio-psychologiques...

si cette hypothèse était vérifiée, elle serait une confirmation de plus de la pertinence, sur tous les fronts, d'une critique radicale communiste et décoloniale

autant pour qui a pris Patlotch pour un islamo-gauchiste

Evil or Very Mad



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours   Sam 5 Mar - 2:01


un discussion significative, chez Médiapart, avec un "marxiste", "matérialiste concret", adepte des thèses de Michea... dans le billet "Opium du peuple": une tentative d'y voir (un peu) plus clair

un exercice intéressant de démontage de l'idéologie française

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: 1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours   Sam 26 Mar - 14:47


un peu hors sujet, mais un rien réconfortant, ce texte de Roger Dangeville, retrouvaillé par les 7 du Québec


Le parti de classe selon Marx et Engels (Dangeville) 23 mars 2016 par Trouvailles 

Dangeville a écrit:
La publication des œuvres de Marx-Engels représente un véritable thermomètre de la situation politique et sociale de chaque époque. Aux yeux d’Engels, le nombre d’exemplaires du Manifeste diffusés dans la langue de chaque pays ne mesurait pas seulement la force du mouvement ouvrier, mais encore le développement de l’industrie. Depuis que Lénine a dénoncé les coupures ou mutilations opérées dans les écrits de Marx-Engels, voire la mise sous le boisseau des textes les plus accablants pour la politique suivie par les chefs ouvriers opportunistes, nous savons que le rapport de forces joue de manière encore plus complexe dans l’édition des œuvres des grands classiques.

Vers la fin de sa vie, Engels vit clairement que la publication de l’œuvre intégrale serait seule capable d’assurer une authentique vision du système complexe et multiple de Marx, et serait chose ardue. Exposant les obstacles auxquels il se heurtait lui-même dans cette publication, il écrivait le 15-4-1895 à R. Fischer : « Ce à quoi je ne saurais me résigner, c’est de faire subir aux travaux de Marx et aux miens des opérations de castration pour les adapter aux conditions momentanées de l’édition. Comme nous avons écrit avec un certain sans-gêne et avons constamment défendu des idées qui constituent un délit et un crime contre l’Allemagne impériale, la publication ne pourrait se faire à Berlin [1],à moins de procéder à de nombreuses omissions. J’ai l’intention de publier les écrits de Marx ainsi que mes petites contributions en édition complète, non par livraisons successives, mais par volumes entiers.»

Si nous ne cessons de revendiquer — sans illusion aucune face à l’actuel révisionnisme russe — l’œuvre intégrale de Marx-Engels, c’est qu’à nos yeux elle représente la synthèse de l’expérience des luttes arrières et sanglantes du prolétariat international, bref, le patrimoine théorique et le programme communiste de la classe ouvrière mondiale. De fait, par suite des luttes des classes ouvrières des générations successives de tous les pays, le marxisme est devenu un acquis que l’histoire a amplement confirmé, en dépit des échecs successifs du prolétariat, suivis d’autant de tentatives nouvelles, toujours plus massives. On constate même qu’il sert aujourd’hui, par opposition, de référence à l’argumentation du moindre idéologue bourgeois ou sous-bourgeois.

De nos jours, les révolutionnaires de tous les pays du monde tirent leur action pratique des écrits fondamentaux de Marx-Engels, avec hélas, il est vrai, plus ou moins de cohérence ou de fidélité. D’une manière ou d’une autre cependant, le marxisme représente maintenant le fonds commun des révolutionnaires de tous les pays du monde, une sorte de manière, devenue instinctive, de réagir aussi bien qu’un système, hélas plus ou moins complet, de pensée et d’action. Dans les contacts et les discussions avec les révolutionnaires de tout pays, il établit d’emblée une familiarité : une simple référence à tel ou tel chapitre du Manifeste ou du Capital suffit souvent à marquer ou bien l’accord ou le désaccord, et permet le mieux de situer les intentions et l’action.

Cette diffusion générale et ces succès ne signifient pas encore — et de loin — le triomphe théorique et pratique du marxisme, car le plus souvent, 99 fois sur 100, il est revendiqué par bribes, se trouve mêlé à d’autres conceptions, ou bien il lui manque, même si l’on prétend être parfaitement marxiste, un simple petit mot — par exemple, celui que soulignait Lénine : la dictature du prolétariat. L’expérience des multiples générations a montré, en effet, que le marxisme doit être intégral en théorie et en pratique pour être lui-même, c’est-à-dire révolutionnaire. Mille fois il a été revendiqué pleinement en paroles, mais abandonné juste sur un point dans l’action précise du moment, et à chaque fois on a constaté qu’irrésistiblement, par sa dialectique matérielle, cette action a déterminé le cours ultérieur du mouvement, appelant d’autres actions à sa suite et adaptant finalement tout le programme à l’opportunisme.

S’il est donc une conclusion que le marxiste devrait tirer de l’expérience historique — et non de l’exemple du dernier grand homme —, c’est la nécessité d’un marxisme plein et entier, en théorie comme en pratique, car les deux sont inséparables pour avoir leur sens.

Les quatre recueils de Marx-Engels sur Le Parti de classe démontrent à l’évidence que la théorie du prolétariat est indissolublement liée à une action, à une force — à l’activité du parti politique par lequel les ouvriers se constituent en classe, en se donnant un programme unique, sous peine de se diviser en fractions catégorielles ou nationales et de mener des actions qui se contrarient les unes les autres ; bref, le programme doit être unique et invariable, sous peine que le prolétariat cesse d’être une seule et même classe depuis ses origines et que le mouvement d’hier soit coupé de celui d’aujourd’hui et de demain. Le marxisme représente ce programme fondamental, dont le parti, dans les hauts et les bas (qui affectent ses effectifs et sa puissance physique, puisqu’il est praxis et force), est le garant par-dessus les frontières et les générations successives.

Les problèmes du communisme ne se résolvent pas en quelques principes. L’œuvre de Marx-Engels tient compte de toute la complexité et de la multiplicité des situations réelles qu’elle systématise et coordonne en un ensemble qui forme le programme d’action de la révolution mondiale.

D’où l’insistance d’Engels pour la publication de l’intégralité de l’œuvre marxiste. Cet ensemble théorique, si complexe et si monumental soit-il, est à la mesure des tâches pratiques gigantesques de la révolution internationale de demain. Certes, il ne s’agit pas d’une tâche d’un individu ou d’un comité d’individualités, pas plus que d’un problème technique de compétence ou de facultés intellectuelles. C’est une question de force, d’orientation et de conscience, et cela a été et sera l’œuvre collective du véritable parti de classe du prolétariat international.

Le prolétariat a souvent tenté une révolution et celle-ci réussit même parfois momentanément, sans que l’œuvre de Marx-Engels fût entièrement découverte. Mais il saute aux yeux que son succès a été d’autant plus grand que sa conscience était plus ample, plus cohérente et plus claire, et qu’elle dictait le plus fidèlement et le plus énergiquement l’action révolutionnaire. Dans la conception marxiste, la révolution n’est pas un simple fait physique, l’explosion spontanée des antagonismes de classes : avant de se constituer en classe dominante en conquérant le pouvoir politique, le prolétariat doit se constituer en classe autonome, donc en parti distinct, avec son programme et ses buts propres. Dans ce parti ouvrier, les niveaux de formation, d’ancienneté, les capacités, la disponibilité, la force des individus varient considérablement, et il ne peut en être autrement dans cette société de classes, surtout quand il s’agit de la classe la plus basse et de la plus exploitée.

Le parti, en tant qu’organe centralisé, doit donc avant tout se donner le plein programme marxiste fondamental. Et c’est ce qui fut fait tant que le prolétariat agissait effectivement comme classe, en faisant trembler toute la société, et n’était pas cette masse informe du peuple (version gauchiste) ou de la nation (faux communistes de Russie ou de France). À la suite d’un travail inlassable, Marx-Engels avaient réussi à donner leur programme à la Ire Internationale et, par ce truchement, au futur parti ouvrier allemand, français, russe, etc. ; de sorte que le marxisme fut d’emblée le programme fondamental de la Seconde Internationale, et Lénine créa la Troisième « simplement » en restaurant le plein marxisme, reliant ainsi toutes les luttes du passé à celles du présent, et soudant le prolétariat de tous les pays en un parti communiste mondial.

Dans ce processus, ce ne sont pas les personnes qui l’emportent, mais la fidélité au programme intégral de la collectivité ouvrière : les merveilleux militants que furent les Kautsky (tant qu’il fut révolutionnaire) et Lénine confrontaient au texte de Marx-Engels chaque fait, chaque idée qu’ils analysaient, et dans la polémique ils se référaient toujours, pour avoir raison de l’adversaire et mieux encore des difficultés de l’histoire, à un écrit des classiques. Les autres militants n’avaient sans doute ni le temps ni l’énergie de s’assimiler l’énorme masse des textes classiques, mais les dirigeants citaient leur source, en développant leur argumentation à la face de tout le parti qui, à tout moment, avait tous les éléments, non pas pour s’ébahir sur le chef génial, mais pour juger sur pièces, en se formant et en assimilant les connaissances dès lors toutes pratiques.

C’est ce rôle irremplaçable de guide suprême de l’action du parti que jouent les écrits complets de Marx-Engels. Dans cet après-guerre, un parti international ouvrier — issu de la Gauche communiste italienne — s’est constitué sur cette base pour nouer le FIL entre le passé et le futur révolutionnaires, entre prolétariat des pays développés et sous-développés. Les réunions centrales traitaient les problèmes au plus haut niveau théorique, en exhibant les textes jaunis de Marx-Engels ; les militants les plus anciennement formés rapportaient ensuite la parole dans leurs groupes respectifs, au niveau des autres militants qui, à leur tour — comme tous les autres —, les exposaient à l’extérieur dans le travail pratique. Le mouvement de préparation des réunions centrales repartait ensuite des points de la périphérie : le tout fonctionnait comme un organisme vivant, unitaire, coordonné, centralisé au maximum, mais de manière impersonnelle, bref, classiste. Groupe sans importance ? Mais d’où Mai 1968 — ce 1905 de notre temps — est-il donc venu ? En tout cas, non des partis « ouvriers » aux effectifs éléphantesques, qui ont tout fait, pendant et après, pour exorciser ces journées de désordre et de violence.

Dans la phase de préparation révolutionnaire, par la restauration du marxisme et l’organisation des forces ouvrières, qui a suivi le premier heurt de 1968, le thermomètre a singulièrement monté, et les œuvres de Marx-Engels se sont diffusées à une échelle jamais encore vue. En ce qui concerne la propagation de l’œuvre de Marx-Engels — dont chaque texte nouvellement publié révèle une lacune ou une incompréhension du mouvement du passé, donc une victoire du mouvement actuel qui renoue avec ses sources vives —, nous ne pouvons, hélas, avoir accès aux manuscrits qui dorment encore dans les tiroirs ou dans ces éteignoirs que sont les instituts. Nous ne pouvons donc que traduire le plus possible ce qui existe déjà dans l’une ou l’autre langue dans lesquelles écrivaient Marx-Engels. Pour cela, nous relions les textes entre eux et à ceux qui sont déjà bien connus, car il faut à tout prix éviter une discontinuité artificielle dans l’œuvre et la pensée marxistes. C’est donc en un sens très modeste que nous « complétons » peu à peu l’édition « incomplète » de Marx-Engels.

Nous avons commencé par la traduction des Fondements de la critique de l’économie politique (Grundrisse, Éditions 10/18) qui sont l’ébauche originale — et non le brouillon ou double — du Capital resté inachevé, ainsi que le VI° Chapitre inédit du Capital (Éditions 10/18). Tous deux forment à chaque fois un tout, entièrement inédit et mis pour la première fois à la portée des lecteurs de langue française.

Bientôt, cependant, la question des recueils s’est posée avec les Écrits militaires [2] de Marx-Engels, qui constituent le quart de leur œuvre connue et restent ignorés du public français, au point que celui-ci ne sait même pas que ces sujets font partie intégrante du marxisme.

Il nous faut donc aborder la question de savoir quelle est la signification des recueils traitant de sujets particuliers, surtout si l’on sait qu’Engels souhaitait que l’on publiât les œuvres complètes.

Les Fondements qui constituent un seul bloc de plus de mille pages, peuvent être considérés comme complétant l’œuvre déjà publiée en français. D’ailleurs, ils faisaient partie des Œuvres complètes (mega), créées par Riazanov au lendemain de la révolution d’Octobre. À la rigueur on peut en dire autant du recueil d’articles de Marx-Engels sur la Guerre Civile aux États-Unis (Éditions 10/18, 1970, 318 p.) qui rassemble les articles sur cette question.

Mais il faut placer à un autre niveau les trois volumes, présentés ici, sur Le Parti de classe. Ils sont une construction de textes et passages épars dans l’œuvre de Marx-Engels, et correspondent à des besoins et une activité déterminée de la lutte de classe. Nous dirions que c’est un travail de militant.

Marx lui-même a inauguré le système de l’édition de recueils sur des thèmes déterminés pour les besoins de la lutte politique, pour systématiser et clarifier des questions particulières en vue de la formation révolutionnaire ou, enfin, pour servir d’armes théoriques contre l’idéologie adverse. Pauvre émigré politique en Angleterre, sans droits civiques, Marx se permit néanmoins d’attaquer le chef du gouvernement le plus puissant du monde, Lord Palmerston. Pour les besoins de la lutte, il fit reproduire ses articles pamphlets de la New York Tribune contre Palmerston dans le journal chartiste People’s Papers, puis le Glasgow Sentinel qui reproduisit Palmerston et la Pologne, enfin Tucker diffusa le recueil contre Palmerston à une vingtaine de milliers d’exemplaires. Eléanore, la fille de Marx, reprit le tout, complété par d’autres articles, en 1899, sous le titre L’Histoire de la vie de Lord Palmerston.

À l’instigation de Marx-Engels, Deville — d’une manière, hélas, maladroite — a même conçu un abrégé du Capital. De tels textes alimentent la lutte pratique, notamment syndicale, et leur maniement permet aux militants d’accéder à des ouvrages plus complexes.

Le recueil traitant d’un thème déterminé, la chronologie peut y apporter un élément de clarté, mais il doit surtout s’ordonner en fonction de son sujet. Il est inévitable qu’il contienne des fragments et des extraits. A vouloir recueillir à chaque fois le texte tout entier, on y introduirait d’incessantes digressions qui gonfleraient démesurément le recueil et ferait perdre le fil du sujet. En fait, plus un recueil est complet, plus il doit accueillir jusqu’aux fragments les plus petits sur le thème donné.

Tout cela montre les limites étroites des recueils. Ceux-ci seront toujours imparfaits et susceptibles d’être complétés. Mais de toute façon ils s’insèrent dans l’œuvre déjà publiée ou préparent les publications à venir. Cela nous amène au cœur du problème: c’est parce qu’ils forment une théorie, dont toutes les parties sont cohérentes, que les écrits de Marx-Engels peuvent être mis en recueils, ceux-ci formant eux-mêmes à chaque fois un tout et s’encadrant dans la doctrine générale.

C’est ce qui permet de tirer les textes aussi bien d’ouvrages publiés qu’inédits, de manuscrits d’études que de la correspondance, de notes privées que de discours publics. Dès lors, le critère pour juger d’un recueil est politique, et n’a plus rien de pédant : les textes sont-ils conformes à la pensée révolutionnaire de Marx-Engels, ou sont-ils opportunistes, déformants, incohérents et servent-ils une cause non révolutionnaire ?

La question du parti de classe est au centre de toute la pensée de Marx-Engels — elle en est même la clé. Pour être saisie, elle suppose chez le lecteur une adhésion, un engagement et une action politique. De même, les textes sur le parti sont le fruit de l’action politique de Marx-Engels. Bref, c’est un ouvrage de classe au sens le plus fort du terme, il échappe à la compréhension aussi bien bourgeoise que populaire. Beaucoup de choses ont été écrites sur la notion de parti chez Marx-Engels ; mais seuls des militants actifs et, de surcroît, théoriquement en règle ont pu saisir le sens de classe du parti. Et comment pourrait-il en être autrement, puisque dans leurs textes de parti Marx-Engels n’ont pas seulement écrit, mais agissaient encore. Un bourgeois éclairé peut toujours s’ébahir sur tel ou tel aspect du marxisme, mais il ne comprendra jamais que, pour se constituer en classe, le prolétariat s’organise en parti. Il ne le pourra pas, car il sépare dans le marxisme la théorie de la pratique.

Les textes de Marx-Engels sur le parti montrent le plus clairement que l’œuvre théorique — même si elle fournit la doctrine achevée du prolétariat moderne, qui n’a plus à être complétée, ni à être révisée ou améliorée — est cependant inachevée au sens où l’activité théorique introduit l’activité pratique, où la théorie n’est qu’un mouvement initial vers l’action, un premier pas, une première victoire qu’il reste à parfaire dans l’action. En ce sens, les textes sur le parti donnent forcément l’impression, plus que tous les autres, d’une ébauche, puisqu’ils sont un début, et portent sur une première activité pratique, celle de la théorisation et de l’organisation du prolétariat.

Le recueil sur le parti se rattache au précédent publié par les éditions Maspero : Marx-Engels, Le Syndicalisme. En effet, l’organisation économique forme la base du parti politique de classe. Cependant, le sujet était trop vaste pour être épuisé en quatre tomes, et c’est pourquoi, après avoir rassemblé les textes sur la théorie générale du parti et l’activité militante de Marx-Engels, nous présenterons dans des recueils ultérieurs les textes de Marx-Engels sur Le Mouvement ouvrier français et La Social-Démocratie allemande.

Les textes sur le Mouvement ouvrier français fournissent l’anneau, qui manque actuellement, entre les luttes de préparation révolutionnaire et les héroïques tentatives révolutionnaires du prolétariat de 1848 et 1871 (Les Luttes de classes en France. 1848-1850 et La Guerre civile en France. 1871), bref ils donnent l’indispensable liaison entre luttes pour la conquête du pouvoir d’État et luttes pour l’organisation du prolétariat en parti.

Distinguer entre des pages « vraiment importantes » (par exemple, les Fondements et le VIe Chapitre inédit du Capital) et les « ouvrages de circonstance » (par exemple, les Écrits sur Palmerston et le recueil sur La Guerre civile aux États-Unis), comme le fait L’Humanité du 5-5-1972 déjà citée, c’est non seulement agir en marchand de tapis ou en professeur qui annote et sanctionne, mais c’est surtout opposer la théorie à la pratique. C’est ne pas comprendre que la théorie doit imprégner aussi bien l’action que la polémique. Bref, c’est ne pas voir que toute l’œuvre de Marx-Engels est activité de parti.


Notes

[1] L’une des conditions préalables à la révolution bolchevique de 1917 fut la restauration de marxisme révolutionnaire par Lénine face au révisionnisme international : ce n’est donc pas par hasard si c’est dans le Moscou révolutionnaire qu’a commencé la publication des œuvres complètes de Marx-Engels (MEGA) et aussi si elle fut interrompue vers les années 1930, lorsque la contre-révolution stalinienne l’eut emporté, étant alors poursuivie par une édition populaire, c’est-à-dire mutilée. On nous promet aujourd’hui pour… l’an 2000 une édition complète, préparée par les instituts de Berlin et de Moscou. Elle comprendrait près de cent volumes, soit environ le double de l’actuelle édition populaire, mais « elle ne sera terminée que dans 25 ou 30 ans », cf. l’Humanité, 5-5-1972 (« Les Éditions de Marx-Engels en France »). On repousse ainsi aux calendes grecques la possibilité de connaître enfin l’œuvre de Marx-Engels, sans cesser pour autant de revendiquer l’héritage des grands classiques. Pour justifier ce retard, on argue de difficultés « scientifiques » de préparation d’une telle édition complète — ce, au pays des réalisations « socialistes » et des spoutniks !

[2] Certes, on préfère — et c’est plus populaire, plus dans le vent et, en apparence, plus révolutionnaire — parler de théorie de la violence marxiste. Mais il faut être net, car, dans ce domaine, les réalités sont terribles et les illusions énormes : la violence doit être organisée, il faut affronter l’adversaire armé, et, étant l’État de la dictature du prolétariat, elle devra être institutionnalisée (temporairement), donc militaire. Cf. Écrits militaires, Éditions de l’Herne, 1970, tome I, 661 p.

Revenir en haut Aller en bas
 
1 bis - de so called "MARXISTES" et "ANARCHISTES", de Marx à nos jours
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Les soeurs Papin
» amniosynthese
» help chute!!!
» Dukan pour perdre moins de 5kg... ça m'inquiète...
» la microkiné????

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE :: MONDE ACTUEL, LUTTES, ANALYSES et THÉORISATIONS :: ANALYSER-PENSER le MONDE et les LUTTES : une refondation théorique d'ensemble-
Sauter vers: