PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
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 THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Dim 30 Oct - 11:50



critique poétique de la théorie de la révolution/communisation

la critique poétique de la théorie de la révolution en est partie intégrante. Elle n'en est pas "la fleur au fusil", mais en pointe une aporie du côté de la subjectivation révolutionnaire, et alerte sur une conjoncture d'échec de la communisation

la victoire d'une révolution communiste exige(rait) bien plus que l'abolition du capital, où l'on retrouve la question de la positivité du communisme

un des problèmes les plus difficiles à résoudre sera(it) en somme la transformation des individus, auto-transformation éthique du rapport de l'individu aux autres, ce qui s'exprimait dans la tradition communiste par l'apparition d'un "homme nouveau"


« une association où le libre épanouissement de chacun est la condition du libre épanouissement de tous »
Marx-Engels, Le Manifeste Communiste
 

c'est une question à peine effleurée dans la théorie de la communisation, autour de la formule « individus immédiatement sociaux », mais l'approche est toujours descendante, du collectif à l'individuel, la classe prolétarienne dans le processus de son auto-abolition et celle de toutes les classes

en somme, on est pas très loin de l'inversion stalinienne de la formule du Manifeste : « le libre épanouissement de tous est la condition du libre épanouissement de chacun », et tout le refoulement impersonnel de l'expression de la théorie de la communisation par ses théoriciens, particulièrement TC, participe de cette inversion dans la tradition du communisme comme collectivisme. Au-delà de leurs outrances, certaines critiques anarchistes et libertaires de cette théorie ont bien mis le doigt sur un vrai problème théorique, problème posé dès aujourd'hui dans la pratique théorique et le rapport individu/collectif des milieux théoriques, qui n'est qu'un microcosme des rapports individus/classes

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Lun 31 Oct - 3:30


DÉSINTERNET

(fin du forum)

décision prise de me consacrer uniquement à la poésie et à la poétique, incluant ma part de communisme, et à la vie matérielle créatrice. Le travail théorique que j'ai entrepris par ailleurs, quoi qu'il vaille, ne le fut pas pour être contemplé. Il peut être prolongé par d'autres, j'en ai donné tous les principes et la méthode. Bon courage à qui tentera l'aventure, je lui souhaite plus de bonheur que moi dans ses échanges

tout ce que j'ai fait n'engage que moi. De ceci seulement j'assume la responsabilité. Si l'avenir me donne raison, c'est qu'il n'aura pas eu besoin de moi, et pour ce que j'en conjecture d'essentiellement mauvais et sans issue heureuse, je préfère

concernant le communisme comme mouvement, j'ai renversé toutes les théories idéalistes de la révolution
concernant l'art, j'ai renversé Debord, aboli l'artiste : Potlatch > Patlotch
concernant la poésie, je renverserai Rimbaud arrêtant la poésie pour partir en Abyssinie, en la continuant en abyme ici

seule la rubrique POÈMES et POÉTIQUE de la TOTALITÉ sera par conséquent, un certain temps, encore alimentée, incluant tout ce que j'aurais eu à dire dans les autres, et tant pis pour les allergiques à ma poétique de la totalité. Décision logique et conséquente : ce que j'ai théorisé, une critique poétique incluant la théorie communiste et celle de la révolution, je l'assume en le mettant en acte de langage : « contre toutes les poétisations, je dis qu'il y a un poème seulement si une forme de vie transforme une forme de langage, et si réciproquement une forme de langage transforme une forme de vie. » Henri Meschonnic

pour info, je vais progressivement remettre à jour mon site http://patlotch.com/text/index.html / http://www.patlotch.esy.es/text/index.html et peut-être trouver un autre lieu d'expression plus fiable qu'internet

contact : Patlotch at free point fr

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Ven 4 Nov - 22:00


ce forum est désormais accessible par le sommaire interactif du livre en cours de rédaction

des décalages existent en raison du nouveau plan
dont j'espère qu'il rendra la lecture plus compréhensible
sinon scratch agréable

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Lun 7 Nov - 22:27


Théorie Communiste et la théorie de la communisation en retard d'une restructuration

à lire dans ce nouveau chapitre de mon livre

ajout d'un chapitre important car permettant une autre lecture transversale de ce livre. Je le numérote V.0., en amont de tous les points de vue, y compris V.1. le capital comme économie politique et exploitation du prolétariat

1) recoupements et différences entre la conceptualisation de Sassen et ma théorisation
2) la théorie de la communisation et Théorie Communiste en retard d'une restructuration
3) la « complexité dans l'économie globale » en écho à ma démarche dialectique complexe
4) quelle unité de la logique systémique avec les concepts de Sakia Sassen ?
Comment s'en servir dans une critique communiste ?


la chute de 2. la théorie de la communisation...

par ses multiples apories, sur l'Occident capitaliste, sur la crise écologique, sur l'individu et par cette erreur d'analyse de l'économie politique même du capital actuel, par son théoricisme conceptuel frisant l'idéalisme... la théorie de la communisation renvoie à la sanction sans appel de Karl Nesic - coauteur avec Gilles Dauvé de troploin, un des piliers de la théorie de la communisation, Et maintenant ? 2012 (Nesic étant décédé en 2015, en tant que son dernier texte publié, c'est un peu son testament théorique, dont Dauvé n'a pas fait grand cas...)


Karl Nesic a écrit:
Vouloir prendre à bras le corps la compréhension réelle de ce monde, ou au moins s’y essayer en évitant par exemple de répéter les mêmes généralités entendus depuis des années et déjà fausses en 1975, conduirait obligatoirement à la mise en cause de quelques certitudes, et je ne pense pas les communisateurs capables de cet exercice. [...] Le  mouvement communisateur se trompe de période historique. Il commence d’ailleurs à être atteint de sclérose théorique, dont il ne se débarrassera ni aujourd’hui ni dans un avenir proche ou lointain, tant il est évident qu’il n’y est poussé par aucune réalité sociale.


« à la mise en cause de quelques certitudes » les théoriciens de la communisation étaient pourtant poussés par l'analyse du capitalisme, soit la critique de l'économie politique ? à trop prendre, tel quel, l'économie politique au pied de la lettre des économistes du Capital, TC se sera noyé dans les eaux glacées du calcul égoïste : Marx, où es-tu ?

évidemment, le capitalisme n'a pas changé d'essence, il est toujours un mode de production/reproduction fondé sur l'exploitation de la force de travail, mais quand il n'en a plus besoin, il n'exploite plus, il détruit, il expulse, et cela, excusez du peu, ne concerne pas un concept, mais des milliards d'individus

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Mar 8 Nov - 19:16


il est désormais plus aisé de s'y retrouver dans ce forum en passant par le sommaire d'accès du livre électronique, maintenant entièrement relié pour les parties non rédigées ou en cours



concernant l'avancement pour la suite, le journal de la rédaction LE JOURNAL de la RÉDACTION (l'évolution du livre, contenu et forme)

COMMUNISME FEMINISTE, DECOLONIAL, ECOLOGISTE : CAPITAL, LUTTES ACTUELLES et CHANGEMENT de CIVILISATION / Livre électronique / Présentation

0. INTRODUCTION
0.1. 11 thèses sur le communisme féministe et décolonial (à reprendre)

I. MÉTHODOLOGIE de la DIALECTIQUE COMPLEXE des DÉPASSEMENTS À PRODUIRE
I.1. Définitions de notions et concepts
I.2. Méthodologie et dialectique complexe
I.3. Dépassements à produire
2014 : le dépassement à produire des identités de classe, genre, race, nations, religions, etc.
I.4. le primat des luttes 'théorisantes' sur la théorie : inverser le concept de 'luttes théoriciennes' (TC) 2014
I.5. les liens organiques à promouvoir entre les luttes et leur théorisation : "intellectuel organique" ?
I.6. la critique du présent : une fonction essentielle de la théorisation communiste

II. LE MARXISME FÉMINISTE et DÉCOLONIAL (la substance théorique du combat communiste actuel)
II.1. Marx et les marxismes entre universalisme prolétarien et eurocentrisme
II.2. critique de l'universalisme prolétarien ou humaniste et de l'eurocentrisme de marxismes et anarchismes
II.3. critique de l'intersectionnalité classe-genre-race sans dominante
II.4. pensée décoloniale, dynamique mondiale et limites des luttes 'décoloniales'
II.3.1. pensée décoloniale, définition et textes de références
II.3.2 dynamique mondiale des luttes décoloniales dans la crise de l'Occident capitaliste
II.3.3. relations aux marxismes et à la lutte des classes
II.3.4. le PIR, contradictions d'une stratégie politique et leurs causes théoriques...
II.3.5. le mouvement décolonial en France : luttes et limites

III. LA DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL
III.1. l'Occident comme histoire, concept, et sa crise dans celle du Capital

IV. LES LUTTES ACTUELLES et LA CRISE : une stratégie ? un Que faire ?
IV.1. la place essentielle des femmes dans les luttes et la légitimité de la non-mixité
IV.2. les identités de luttes et leurs dépassements à produire
IV.3. "ère des émeutes" ?
IV.4. l'auto-organisation des luttes et ses avatars

V. LES 'POINTS de VUES', PARTICULARITÉS articulées dans la GÉNÉRALITÉ capitaliste et humaine

V.0. 'expulsions', 'dynamique prédatrice' et 'limite systémique' dans la restructuration globale du capital 'animiste' (avec Saskia Sassen et Achille Mbembe)

V.1. le capital comme économie politique et exploitation du prolétariat
V.1.1. critique de l'économie politique, crises et restructurations
V.1.2. travail et prolétariat, précariat globalisé
V.1.3. pauvretés et richesses, paupérisation, expulsions...
V.1.4. migrations, 'nègres du monde', expulsions...
V.1.5. grande bourgeoisie : exploiteurs, politiques et médiatiques
V.1.6. couches moyennes : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie...

V.2. le capital-Etat comme domination politique, idéologique et policère
V.2.1. critique de l'État-nation : de l'État et de la nation, une urgence stratégique
V.2.2. critique de la démocratie politique et du citoyennisme
V.2.3. transclassisme
V.2.4. populismes et activité anti-révolutionnaire des classes
V.2.5. police des populations, violences policières et prisons
V.2.6. le capital comme société, culture et idéologie-structure of feeling (Raymond Williams)

V.3. le capital comme géopolitique économique en guerres, concurrences, transnationalisme

V.4. le capital comme domination masculine, machisme sociétal structurel, assignation de genre (sexe social) : féminismes matérialistes et décoloniaux...
V.4.1. féminismes matérialistes
V.4.2. féminisme décoloniaux
V.4.3. critique et dépassement du 'genre', sexe social assigné

V.5. le capital comme domination "coloniale" : continuité du colonialisme aux colonialités, remontée de l'histoire au présent de la double crise
V.5.1. la logique capitaliste de l'histoire coloniale aux colonialités d'aujourd'hui
V.5.2. l'eurocentrisme actuel est un négationnisme raciste réel

V.6. le capital comme destruction du vivant : l"humanité", la "nature" et les sciences & techniques... extractivisme et agriculture, biotechnologies...
V.6.1. Introduction : l'humanité et la "nature", la crise écologique, la destruction du vivant

V.6.2. l'humanité et le 'progrès, les sciences et techniques, le "productivisme"...
V.6.2.1. robots contre prolétariat ?
V.6.2.2. ubérisation et exploitation
V.6.2.3. biotechnologies et numérique, transhumanisme
V.6.3. agriculture et territoires du capital, appropriation de la terre, extractivisme
V.6.4. pollutions et catastrophes industrielles, désastres écologiques passés, présents et à venir...
V.6.5. luttes écologistes, 'théories' et 'pratiques'

V.7. le capital comme aliénation : individualisme/individus... identités particulières...

VI. LA SUBJECTIVATION RÉVOLUTIONNAIRE, liens organiques, activités communistes, "utopie concrète"...
VI.4. les liens organiques à promouvoir entre les luttes et leur théorisation : "intellectuel organique" ?
VI.5. "l'utopie concrète" avec Ana C. Dinerstein et Ernst Bloch

VII. l'INDIVIDU et son dépassement, processus révolutionnaire : de l'individualisme à "je est des autres"
VII.1. l'individu, construction historique et déconstructions
VII.2. aliénation des individus et capitalisme
V.II.1. le 'dividu' : quand le'moi' n'existe pas, se divise sans unité, ou ne se dépasse pas
VII.3. Marx, marxismes et anarchismes, et l'individu
VII.4. l'individu au-delà de l'individualisme => Je est 'des' autres : communisation

VIII. la POÉTIQUE de la RÉVOLUTION (dépassement de l'art comme matrice praxique de --)
VIII.1. l'art comme 'oeuvre-sujet', avec Henri Meschonnic
VIII.2. 'poétique de la relation' et 'créolisation' avec Edouard Glissant
VIII.3. un renversement poétique et révolutionnaire, de Guy Debord à Patlotch
VIII.4. rythmes, improvisation et communisation : Jazz & Black Music, une matrice de la poétique révolutionnaire, temps réel et création relationnelle

IX. ANNEXES
IX.1. l'idéologie, vie quotidienne et 'structure of feeling' (Raymond Williams, critique sociétale et culturelle)
IX.2. les opiums du prolétariat : religions (cas de l'Islam "contre l'Occident"...), sionisme, athéisme intégriste et laïcité
IX.4. l'idéologie française : une spécificité nationale dans l'idéologiste euro-occidentale
IX.3. la violence : celle du Capital-État et celle des luttes
IX.4. une révolution de civilisation
IX.5. l'éthique communiste : et la morale ? Contre le moralisme, l'immoralisme, et l'amoralisme
IX.6. chiffres d'un monde en crise - dialectique complexe de la quantité et de la qualité

NON-CONCLUSION problématiques ouvertes... de zéro à l'infini
un Manifeste ?
- Bibliographie sélective
- Ressources et liens utiles
- Index électronique


le plan de ce livre est repensé/reconstruit à partir du forum 2015-2016 et des résultats obtenus et problèmatiques cernées depuis les années 1990-2000 en liaison avec le milieu théorique de la communisation, et des activités communistes depuis 1971. Les 11 THÈSES SUR LE COMMUNISME/FÉMINISME DÉCOLONIAL, à actualiser, donnent une idée synthétique très dense de ce qui sera développé dans ce livre

ce livre-forum-journal fut mon chantier après ce site depuis dix ans. Matériaux d'analyses et synthèses critiques étaient à reprendre dans une nouvelle rédaction plus claire. Ce plan et les pages rédigées prochainement pourront fournir quelques repères pour la réflexion, et penser sa participation aux luttes selon sa situation socio-raciale, culturelle et sexuelle, ses priorités ou centres d'intérêt

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Mer 16 Nov - 6:17


questions à nouveaux frais, à nouveau fraiches

1) l'idéologie il est tout à fait regrettable que je n'aies pas, depuis l'ouverture de ce forum, consacré un sujet spécifique à l'idéologie, à propos de laquelle documents et remarques sont épars. Ce sera réparé dans IX.1. l'idéologie, vie quotidienne et 'structure of feeling' (Raymond Williams, critique sociétale et culturelle)

Patlotch a écrit:
dans une période où l'histoire bascule, difficile de définir quoi. Ne me demande pas ce que je veux dire par là. Il est très difficile de gardez une ligne sans fabriquer sa propre idéologie.

Corinne Cerise a écrit:
Si vous voulez mon avis de façon simple, je crois que vous cherchez à analyser la totalité capitaliste et communiste alors que personne ne l'a jamais fait de façon concrète (j'élimine donc ici dans ce même mouvement le mécano TC).

J'ai beaucoup apprécié votre chapitre sur l'Idéologie par contre dans votre futur livre électronique (*). Ce qui rejoint aussi une très belle approche cernant l'idéologie : " L'État étant donc la forme par laquelle les individus d'une classe dominante font valoir leurs intérêts communs et dans laquelle se résume toute la société civile d'une époque, il s'ensuit que toutes les institutions communes passent par l'intermédiaire de l'État et reçoivent une forme politique. De là, l'illusion que la loi repose sur la volonté, et qui mieux est, sur une volonté libre, détachée de sa base concrète.". On voit quelle criante vérité a toujours de nos jours cet extrait de l'Idéologie allemande.

De fait seules comptent les luttes, quelles qu'elles soient, non ?

(*) Je reviendrai demain ou dans les jours tout proches sur ce chapitre.


2) le national-populisme : je parlais de cette difficulté liée à ce qui se passe actuellement, et qui m'amène à marquer le pas dans la rédaction de mon livre. Ce qui s'est produit aux États-Unis rebat certaine cartes, non tant, comme disait Emmanuel Todd avant de le connaître, dans le résultat, l'élection de Trump, mais dans ses causes profondes, qui peuvent se lire dans les mouvements de voix exprimées et des abstentionnistes comme conséquences des évolutions économiques et sociales sur une période d'au moins dix ans (l'effondrement des couches moyennes inférieures et le creusement des inégalités entre pauvres et riches, et le retour en force de la question noire). Il en ira de même avec un décalage pour la présidentielle française. Plus précisément, si j'ai pu affirmer, après les attentats parisiens de janvier 2015, que la réaction du 11 janvier n'était pas nationaliste ni un remake d'Union sacré à la 1914, preuve par...


marche blanche ou vague à l'âme ? détournement Patlotch

... le caractère national-populiste des évolutions politiques, tant à droite qu'à gauche, pousse à reposer la question en d'autres termes. L'«anti-globalisation» n'est qu'un rideau de fumée à droite (preuve par le "pragmatisme" de Trump), une illusion à gauche (preuve par Syrisa), mais l'émergence de ce nouveau "nationalisme" est sans doute le produit du contre-néolibéralisme, tant dans le discours de la droite à ses extrêmes (incluant Le Pen et Sarkozy de plus en plus populiste), que celui de la gauche (sans parler du PS, la gauche radicale à la Mélenchon), un contre-néolibéralisme qui, sous ses atours anticapitalistes, hérités à gauche du démocratisme radical mis en échec par la crise de 2008, ne remet pas en cause le capital

c'est évidemment la confirmation d'une nouvelle restructuration du capitalisme global dans la double crise de l'Occident et du Capital

3) l'idéologie française : de ces deux points croisés ressort à préciser IX.4. l'idéologie française : une spécificité nationale dans l'idéologiste euro-occidentale

en France, un tournant fut bel et bien pris en janvier 2015 par les dirigeants de l'État et du capital, mais le train de mesures prises alors en cachait un autre...

état d'urgence > État d'exception > État d'expulsion



Dernière édition par Admin le Mer 16 Nov - 8:16, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Mer 16 Nov - 7:21

Corinne Cerise a écrit:
De fait seules comptent les luttes, quelles qu'elles soient, non ?

Patlotch a écrit:
oui, comme disait Marx « Il n'y a que la lutte », mais c'est assez extensif ;-) S'il y a implication réciproque, ce n'est pas, actuellement du moins, par la seule lutte des classes au sens restreint de classe ouvrière vs classe capitaliste

la lutte est aussi interne à la classe capitaliste globale, et chaque capitalisme régional entraîne avec lui son prolétariat dans la concurrence. C'est pourquoi je caractérise globalement l'activité du prolétariat comme anti-révolutionnaire, une évidence puisqu'aucune lutte ne remet en cause le capital, mais y défend sa survie en passant par la politique face à l'État, ou syndicalement face aux patrons. S'il y a une révolution en cours, c'est une "révolution du capital" pour lui-même. Je ne crois pas que cette formule ait à voir avec celle de Temps Critiques


finalement, on voit peu ces questions posées de façon claire dans les "débats". Tout me semble s'y noyer en confusions et surenchères, de l'antifascisme à l'anticapitalisme au sens d'anti-libéralisme... Même des intellectuels critiques qui, aux USA, participent aux luttes anti-Trump sans remettre en selle Clinton, sont tellement sous le choc Trump que tout se passe comme si eux, socialement, avaient vécu peinards jusque-là dans une Amérique somme toute démocratique... pour eux. Alors on les voit comme s'affoler, c'est assez troublant
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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Jeu 17 Nov - 7:17


présentation de III. LA DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL double crise => double démarche théorique / l'erreur commune aux marxistes et décoloniaux / le tournant historique se présente aujourd'hui comme politique / la nécessité d'un réveil théorique et d'un marxisme décolonial et féministe

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Ven 25 Nov - 12:48


« Après mon retour [de l'Inde en 1908], je commençai à considérer comme insignifiantes bien des choses
qui m'avaient occupé plus qu'il ne convenait, et je ne tins plus notre vieille Europe pour l'axe éternel de l'univers. »
Stephan Zweig, Le monde d'hier. Souvenirs d'un Européen, 1942, Poche p.221

III.4. la crise du capitalisme et sa restructuration dans la crise de l'Occident

beaucoup a été dit sur la restructuration du capitalisme à partir des années 1970, comme globalisation avec effondrement de la reproduction du capital et du prolétariat sur des aires nationales, qui caractérisait la période keynésienne, les Trente glorieuses, l'État providence, etc. comme l'organisation du mouvement ouvrier dans une perspective programmatiste, c'est-à-dire d'affirmation du pouvoir prolétarien, étatique ou autogestionnaire. Dans l'immédiat, je n'y reviens pas. Comme dit en tête de ce chapitre, je m'attache à saisir l'intrication de la crise de l'Occident en tant que capitaliste et de la crise du Capital en tant qu'occidental

de ce point de vue, nous assistons depuis quelques années à l'accélération d'un processus de restructuration économico-politique spécifique au capitalisme occidental, en tant qu'il essaye de sauver sa suprématie. L'ampleur historique de ce processus fait qu'il n'est pas une simple "restructuration dans la restructuration" au sens précédent (sens que Théorie Communiste voit possible), mais qu'il englobe celle-ci dans l'histoire longue, puisque débutant plusieurs siècles avant l'instauration du capitalisme comme mode de production/reproduction économique

de cette accélération témoignent à divers degrés "la guerre au terrorisme (islamiste)", le tournant de la politique française après les attentats de janvier 2015, la crise grecque, la réaction occidentale face aux mouvements migratoires que l'Occident a largement provoqué, et plus récemment, le Brexit, l'élection de Trump, et même la victoire de Fillon comme celle de la droite traditionnelle la plus réactionnaire en France

il est trop tôt pour en discerner le devenir dans la recherche d'une forme de gouvernance occidentale commune, politique et économique face aux problèmes que pose au capital lui-même le néo-libéralisme, et la tentative que je crois voir d'une solution qui ne serait pas populiste, ou néo-fasciste, qui n'esty pas à écarter en cas d'échec. Il est probable que nous assisterons à un compromis entre les différentes factions des classes dirigeantes économiques et politiques, comme il semble se chercher aux USA avec Trump, et peut-être avec Fillon en France. Cf les ré-orientations des rapports avec la Russie de Poutine et des alliances au Moyen-Orient

(à suivre)
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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Ven 25 Nov - 13:32


notre théorisation, en tant qu'elle s'efforce d'écrire l'histoire au présent, ne peut la réduire comme mouvement du communisme au sens marxien de L'idéologie allemande, et pose question à notre définition de la première des 11 THÈSES SUR LE COMMUNISME, FÉMINISTE, DÉCOLONIAL et ÉCOLOGISTE. Il est en effet évident que l'histoire de notre présent ne se réduit pas à celle de la lutte des classes, même au sens élargi que j'en donne, et moins encore qu'en donne le courant de la communisation ou Endnotes parlant d'une "Structure d'attente"

I
nous appelons COMMUNISME DÉCOLONIAL le mouvement des luttes au présent qui, dans la DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL, transforment en permanence la perspective révolutionnaire d'abolition du capitalisme (communisation) comme totalité économique et sociale, politique et sociétale, exploitation et dominations le constituant comme structure à dominante et idéologie : exploitation du prolétariat, État et police, expulsion des 'nègres du monde', dominations masculines et racialistes, aliénation des individus, destruction de l'humain et du vivant (Patlotch août 2015-septembre 2016)


cela ne pose pas de problème si le mouvement communiste est compris comme celui du combat communiste dans le mouvement général de l'histoire, mais cela dit son extrême faiblesse

notre travail hésite donc entre la théorisation générale du présent et celle du mouvement communiste en son sein, mais faute d'inscrire la seconde dans la première, comme dans l'aporie générale de la théorie de la communisation et ses environs, on se condamne à n'y rien comprendre, à répéter des généralités sans prise, et à attendre, sans évacuer ses propres illusions (les mêmes communes à Astarian, TC, Endnotes...). On ne saurait mieux se mordre la queue

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Sam 26 Nov - 15:58


suite à nos dernières réflexions, résumées dans ma réponse à Corinne Cerise ICI, nous sommes invités à préciser ce que nous appelons Luttes décoloniales dans leur rapport au communisme comme mouvement et celui-ci dans le mouvement d'une histoire qui ne s'y réduit pas


Patlotch a écrit:
j'appelle luttes décoloniales des luttes qui s'inscrivent dans la crise de l'Occident en ce qu'elle est spécifiquement, dans le capitalisme global, une crise de la suprématie capitaliste occidentale (voir III.4. la crise du capitalisme et sa restructuration dans la crise de l'Occident). J'ai souligné la grande diversité de leurs contenus et formes qui font qu'elles ne sont pas en soi communistes ou même anticapitalistes. Une grande différence existe entre celles menées dans des ex-colonies avec des populations majoritairement non blanches ou de fortes minorités (Amérique latine...), des pays encore néo-colonisés (Afrique), des pays occidentaux à minorités non blanches, avec encore une différence entre les États-Unis et l'Europe

ce qui fait l'unité des luttes décoloniales est d'émerger dans la double crise de l'Occident et du Capital, dans une forme d'implication réciproque



autrement dit, il est normal que sur le plan de la théorie, un marxisme décolonial ne puisse qu'être balbutiant et lui-même pris dans les divergences entre marxistes concernant les voies possibles d'une révolution communiste

je ne parlerais pas, comme Endnotes et grosso modo tout le courant communisateur, d'une « structure d'attente » parce qu'il n'y a pas suspension de l'histoire sous prétexte que n'y apparaît pas clairement la lutte de classes comme son "moteur". Ce milieu théorique ne comprend pas la période actuelle, ou ne la comprend qu'à travers ses présupposés entre vieilleries universalistes prolétariennes et rétroprojection d'une modèle futur de révolution abstrait ne reposant sur rien d'actuel : ils ont comme suspendu l'histoire à leurs fantasmes idéalistes

on ne peut pas même parler de leur part d'un déni, car le concept d'Occident (capitaliste) leur manquant, il ne peut être question de concept décolonial, de pensée décononiale, de luttes décoloniales. Tout à fait à ce que Pierre Legendre appelait "ce que l'Occident ne voit pas de l'Occident", à savoir son occidentalo-centrisme indécrottable

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Dim 27 Nov - 8:44


l'expulsion au cœur de la restructuration du capital

V.0. 'expulsions', 'dynamique prédatrice' et 'limite systémique' 5) le concept d'expulsion au cœur de la restructuration du capital : avec le concept d'expulsion, Saskia Sassen fait plus qu'une description sociologique d'un changement dans la gouvernance du capitalisme mondial. Elle met le doigt sur ce qui pourrait être la forme de réponse anticipée à un nouveau soubresaut de la crise économique, tant au niveau mondial que dans le champ du capitalisme occidental (Brexit, Trump, Fillon...)

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Mer 30 Nov - 3:06

il y a eu le moment où, "théorie" me paraissant contenir sa séparation d'une "pratique" dans une dichotomie idéaliste typique de la philosophie occidentale, je lui ai préféré "théorisation". Mais à bien à songer à l'expérience, cela ne traduit qu'une montée en abstraction et en généralité excessivement difficile à construire, devenant incompréhensible par d'autres que moi scratch et quoi qu'il en soit peu susceptible de créer les "liens organiques" de mes vœux

parler de "pratique théorique" ne change pas grand chose au problème, et d'ailleurs ne le font que d'assez purs théoricien.ne.s, preuve que rien n'est ainsi réglé

ce qui importe c'est de penser les choses, de les penser dedans et de façon critique. Même le mot "radical" me semble surfait, dans sa prétention à « prendre les choses par la racine », quand il n'y va que de structures, de systèmes, et d'abstractions théoriques bien formulées : derrière leur rhétorique compliquée, les résultats sont assez simples, voire simplistes, pour séduire qui montre peu d'exigence critique

ce "milieu"-là, de la so called "théorie" plaque des modèles généraux dépassés et partiels prétend parler d'une totalité capitaliste qui n'a pas de géographie réelle*, donc pas d'histoire possible au présent. Elle m'aura montré sa définitive incapacité à rendre compte des mutations du monde sous nos yeux

* exemple le texte de Endnotes, « LA theses », dans lequel aucun pays, aucun continent, n'est cité, et où l'histoire renvoie essentiellement à celle de l'Occident capitaliste

cela dit, ma démarche de pensée est encore bien trop marquée par cette dernière décennie à me confronter à des démarches théoriques de ce type

ma "pratique théorique" n'est en fait rien d'autre que ce que j'ai nommé méthodologie. Présentée en tant que telle, elle n'est qu'une méta-méthode et n'a d'autre intérêt que d'être mise en œuvre : en tant qu'activité communiste, la pensée critique n'est pas de la théorie, ni de la théorisation

ajout 04:12

que faire ?

j'apprends la disparition brutale de mon amie Corinne Cerise
nos conversations étaient de si précieuses stimulations que face à cette perte soudaine, je ne sais trop comment je vais pouvoir continuer sans elle

comme en écho à la situation française, pour ne pas dire mondiale, cela sonne comme un tocsin, le glas d'une période révolue
la page est lue, relue, tournée et sans retour. Le temps ne suspend rien, il vole

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Jeu 1 Déc - 13:56


histoire courte, histoire longue,
et "révolution sociale"

dans la définition que j'avais donnée, « nous appelons COMMUNISME DÉCOLONIAL le mouvement des luttes au présent qui, dans la DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL, transforment en permanence la perspective révolutionnaire d'abolition du capitalisme...», il y a cette idée que « la perspective révolutionnaire se transforme en permanence », mais dans la conjoncture actuelle, elle est presque un oxymore, une contradiction dans les termes que j'ai posés par ailleurs d'une double temporalité liée à la double crise de l'Occident et du Capital qui produit sous nos yeux une nouvelle restructuration globale/mondiale, à la fois structurelle et géographique, du monde capitaliste comme civilisation en crise

les deux dernières années ont vu l'accélération de la crise du l'Occident dans celle du capital, et réciproquement. Cette phase n'est pas achevée mais confirmée par le Brexit, l'élection de Trump, et la reprise en main de la gouvernance politique par la droite du capitalisme en France entérinant l'idéologie française dans sa spécificité au sein de l'idéologie dominante dans l'Occident capitaliste

il faut encore quelques années pour voir la fin de cette période, qui viendra de l'aggravation de la crise économique et de ses effets sur les populations des pays du capitalisme développé, leur paupérisation accentuée, l'expulsion d'une partie des plus pauvres, du prolétariat ou passant directement de la case protégée à celle d'expulsés de l'exploitabilité même

nous sommes dans ce tournant historique sans visibilité derrière le virage, mais ce qui est certain, c'est que cela ne se présente pas du tout comme le "holding pattern", la "structure d'attente" selon Endnotes et peu ou prou l'ensemble du courant de la communisation le voit, et ne peut que le voir dans ce qui se présente pour lui comme un "cycle de luttes" (idée propre à Théorie Communiste mais de fait partagée par tous) conduisant à une crise de reproduction avec fenêtre révolutionnaire de sortie du capitalisme. Le niveau de généralités auquel ils se situent toujours leur permet ce tour de passe-passe intellectuel, un syllogisme de leurs certitudes, en boucle : le comble de ce théoricisme, qui ne trouve pas dans la réalité de quoi confirmer sa vision de la révolution à titre prolétarien, n'est-il pas de se confirmer en permanence sur la base de ses présupposés ?

l'attente dont je parle porte sur quelques années vers une crise de restructuration globale déjà engagée

il en ressort que mes 11 THÈSES SUR LE COMMUNISME, FÉMINISTE, DÉCOLONIAL et ÉCOLOGISTE, et particulièrement cette définition de la thèse I sont encore excessivement optimistes, puisqu'il n'est pas possible de définir les implications réciproques dans le capital global en général et occidental en particulier comme "mouvement communiste" au sens de Marx dans L'idéologie allemande

incidemment, dndf met en exergue depuis quelques jours cette citation de Marx dans la « Préface à la critique de l’économie politique » de 1859

Citation :
Alors s’ouvre une époque de révolution sociale. Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute l’énorme superstructure. Lorsqu’on considère de tels bouleversements, il faut toujours distinguer entre le bouleversement matériel – qu’on peut constater d’une manière scientifiquement rigoureuse – des conditions de production économiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu’au bout.

je laisse de côté le problème que pose la contradiction infrastructure-superstructure et la définition en elle de l'idéologie, au demeurant étrange rappelée par Théorie communiste qui a été mieux inspiré quant au rapport entre idéologie et économie politique

ce qui est intéressant, c'est la notion de « révolution sociale », dans le sens où elle ne signifie pas nécessairement révolution communiste. La Révolution française, par exemple, est une de ces révolutions répondant à ces critères de Marx mais qui débouche sur le mode de production capitaliste. Les mettre en avant aujourd'hui est logique du point de vue des communisateurs dans le sens de leur "cycle de lutte" vers une crise démiurgique de sortie du capitalisme, mais nous ne pouvons nous permettre ce luxe théorique marqué au coin d'un déterminisme des plus abstraits. On peut toujours dire, à la manière de Temps Critiques, ou de Marx, qu'une restructuration historique d'une telle ampleur est une révolution du capital, ou plutôt dans le capital. C'est ici affaire de mots et de définitions, mais on ne joue pas avec l'ambiguïté des mots quand ils portent des concepts avec lesquels penser l'histoire

en somme, il faudrait reprendre de façon plus réaliste la rédaction de ces thèses, en posant la double crise de l'Occident et du Capital comme quasi définitoire des mutations actuelles, pour l'étudier dans sa double implication  comme je l'ai posé ici III. LA DOUBLE CRISE de l'OCCIDENT et du CAPITAL
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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Ven 2 Déc - 13:05


“Il est plus facile de désintégrer un atome qu’un préjugé.”
Albert Einstein

pour en finir avec les théories du prolétariat comme sujet révolutionnaire

1. définir le prolétariat comme classe, c'est sortir de sa définition marxienne comme l'ensemble de ceux qui n'ont que leur force de travail pour vivre, ce qui inclue non seulement le prolétariat ouvrier (la classe ouvrière travailleuse ou chômeuse), mais tout le salariat (celui qui ne fait pas, en plus "de l'argent en dormant"), et bien évidemment les travailleurs salariés de la terre et des services

2. ce flou est nécessaire à TC et à tout le courant de la communisation, qui utilise le terme de prolétariat dans des acceptions variables, mais effectivement en lieu et place de classe et même de classe ouvrière au sens de créatrice de plus-value. C'est la fameuse "implication réciproque" entre capital et prolétariat, que l'on retrouve chez TC, Astarian, Dauvé, Endnotes (du moins dans le texte américain "LA Theses" qui contredit sur ce point des précédents de cette revue anglaise)

dernier exemple en date de cette religion du prolétariat classe révolutionnaire

Classe / seg­men­ta­tion / raci­sa­tion. Notes Théorie Communiste 2016

TC a écrit:
Ten­ta­tive de défi­ni­tion du prolétariat

La défi­ni­tion essen­tielle du pro­lé­ta­riat est un concret de pen­sée, elle n’exclut pas les mani­fes­ta­tions, elle est tou­jours pré­sente en elles et n’existe elle-même que dans la tota­lité de ses formes, de ses attri­buts. Qu’est-ce alors qu’une classe ? Ten­tons une défi­ni­tion pos­sible du pro­lé­ta­riat comme classe. Défi­ni­tion qui a tou­jours navi­gué entre deux pôles : une défi­ni­tion socio-économique, et une défi­ni­tion comme caté­go­rie his­to­rique défi­nie par une pra­tique (dans les débuts de la cri­tique du pro­gram­ma­tisme l’ambigüité avait été arti­fi­ciel­le­ment sur­mon­tée par la dis­tinc­tion entre classe ouvrière et prolétariat).

Par­tons non pas du simple mais du plus simple : de l’impératif de vendre sa force de tra­vail. Ajou­tons que cet impé­ra­tif n’a de sens que pour la valo­ri­sa­tion du capi­tal, ce qui amène à dire que cette vente pour la valo­ri­sa­tion se défi­nit comme une contra­dic­tion pour le capi­tal et pour elle-même. La vente de la force de tra­vail ne dit pas ce qu’est le pro­lé­ta­riat si cette vente n’est pas sai­sie dans sa rela­tion à la valo­ri­sa­tion du capi­tal comme contra­dic­tion. C’est alors cette contra­dic­tion qui est la défi­ni­tion des classes. La vente de la force de tra­vail n’explique rien par elle-même si on en reste à ce niveau, elle ne défi­nit pas plus la classe même si on la relie sim­ple­ment à la valo­ri­sa­tion du capi­tal. La défi­ni­tion n’apparaît qu’au moment où cette situa­tion (la vente de la force de tra­vail) et cette rela­tion (de la vente à la valo­ri­sa­tion) sont sai­sies comme contra­dic­tion pour cela même dont elles sont la dyna­mique. C’est la contra­dic­tion entre le tra­vail néces­saire et le sur­tra­vail, c’est la baisse ten­dan­cielle du taux de pro­fit com­prise comme une contra­dic­tion entre le pro­lé­ta­riat et le capi­tal, c’est, de même, le capi­tal comme contra­dic­tion en pro­cès. Nous avons alors l’unité de la défi­ni­tion des classes comme situa­tion et pra­tique (comme « en soi » et « pour soi » si l’on veut).

Pour­sui­vons, s’il est vrai que les classes se défi­nissent comme une posi­tion spé­ci­fique dans les rap­ports de pro­duc­tion, les rap­ports de pro­duc­tion sont des rap­ports de repro­duc­tion et là en ce qui concerne la défi­ni­tion des classes tout se com­plique. Nous retrou­vons ici le déni nor­ma­tif face à la « dis­har­mo­nie » entre ce qu’il se passe à un moment donné et le fameux « ce que le pro­lé­ta­riat doit faire confor­mé­ment à son être ». Cette « dis­har­mo­nie » ne tient pas seule­ment à des cir­cons­tances momen­ta­nées liées à des moments par­ti­cu­liers, elle est inhé­rente au fait que si être une classe est une situa­tion objec­tive don­née comme une place dans une struc­ture, parce que cela signi­fie une repro­duc­tion conflic­tuelle et donc la mobi­li­sa­tion de l’ensemble du mode de pro­duc­tion, cela implique une mul­ti­tude de rap­ports qui ne sont pas stric­te­ment éco­no­miques dans les­quels les indi­vi­dus vivent cette situa­tion objec­tive, se l’approprient et s’auto-construisent comme classe.

PS : il fau­drait pro­duire cette ten­ta­tive de défi­ni­tion à par­tir de la par­ti­cu­la­ri­sa­tion de la tota­lité, là ça part d’un pôle et non du tout. Ce n’est pas très grave mais c’est un peu gênant.

3. la croissance d'une population qui ne trouve plus à être exploitée ("Nègres du monde" d'Achille Mbembe, "expulsés" de Saskia Sassen) dessine les contours d'une classe qu'on ne peut inclure dans le prolétariat, ni au sens restreint de ce texte de TC, ni au sens élargi en 1.

4. nous avons par conséquent comme pôles du capital trois "classes" :
- les capitalistes et leurs valets politiques ou alliés des couches moyennes supérieures (encadrement, éducation...)
- le prolétariat au sens de salariat, précariat, chômeur cherchant son inclusion dans le système capitaliste
- les expulsés, qui veulent d'abord survivre
ces trois pôles sont poreux...

5. le capitalisme en "domination réelle" ne fait pas qu'exploiter le prolétariat, il détruit le vivant et conduit des populations entières à se battre pour la vie : ce combat n'est pas fondé sur un rapport de prolétariat à capital au sens de l'exploitation ou du salariat. Il n'est pas en soi révolutionnaire, mais pas moins que les luttes d'un prolétariat qui n'auront jamais visé autre chose que leur inclusion dans le système, même au-delà du syndicalisme quand leurs luttes politiques avaient comme objectif le socialisme étatique l'autogestion. Il n'existe aujourd'hui aucune base pour concevoir un prolétariat dépassant son identité même d'objet-sujet du capital, et bien au contraire des manifestations politiques anti-révolutionnaires du prolétariat ouvrier

6. nous n'avons plus seulement des segmentations du prolétariat selon des identités particulières en son sein, mais un scindement entre prolétariat et expulsés, contre lesquels le premier est l'allié du capital dans leur expulsion, ce dont témoigne son attitude relativement aux migrants

7. il s'en suit que la définition bipolaire d'une révolution/communisation comme dépassement des antagonismes avec le capital par le prolétariat trouvant alors son unité le temps d'abolir les classes, ce schéma n'est plus qu'une vue de l'esprit, que ce soit aujourd'hui ou jamais

8. les voies d'une sortie du capitalisme seront d'évidence multiples, sur plusieurs lignes antagoniques au capitalisme, et cela ne nécessite pas plus une mythique unité du prolétariat universel qu'une convergence des luttes autre que conjoncturelle, c'est-à-dire n'exigeant pas l'existence d'une organisation telle qu'un parti ou alliance de partis

cette conception est compatible avec la visée décoloniale pluriverselle, comme avec celle que j'avançais il y a quelques années de communismeS au pluriel

9. l'eurocentrisme prolétarien universel, et le déni marxiste et anarchiste d'un mouvement décolonial dans la double crise de l'Occident et du capital, sont une idéologie en miroir de l'expulsion (Sassen) par le capital global d'une population croissante constituant une troisième classe différente des deux pôles capital et prolétariat. C'est l'équivalent théorique de l'activité politique anti-révolutionnaire du prolétariat, qui n'a toujours lutté et ne lutte toujours que pour son inclusion dans le système capitaliste, qu'on le nomme ainsi ou socialisme étatique ou autogestionnaire

10. la théorie de la communisation ne peut être que muette face à une telle critique. Non seulement, comme disait Christian Charrier à Daredevil en 2003, « Théorie communiste passe à côté de mes critiques (une pensée dogmatique à toujours beaucoup de mal à sortir de son système pour saisir la logique propre d’une autre pensée) », mais l'on voit mal comment une théorie aussi restreinte, une mécanique à la Newton, pourrait seulement envisager qu'il en existe une autre qui la contienne et la dépasse à tous points de vue : le prolétariat ne fera pas plus la révolution qu'une pomme ne tombera sur la lune



20 citations d’Albert Einstein
(conseillées, toutes conviendraient ici)

11. dans l'immédiat, nous vivons une restructuration historique du capital dont le produit émergera quand l'Occident aura définitivement perdu sa suprématie. Ce qui en résultera s'organisera autour des trois pôles visés en 4. dans un mode de production-reproduction de type capitaliste, avec une partie de l'humanité hors-jeux, une autre comme Le meilleur des mondes possibles : les perspectives révolutionnaires, si elles existent, en seront entièrement refondées

12. à l'échelle de l'histoire de l'humanité, ou plutôt de celles des sociétés humaines, le mode de production capitaliste est très jeune - 2 siècles comparé aux Empires de l'Antiquité, ou du Moyen-âge, 10 siècles, c'est fort peu. L'histoire du capital, s'il ne provoque pas une catastrophe détruisant la vie même sur terre, peut durer quelques siècles encore

Twisted Evil

repris et complété dans un nouveau sous-chapitre : V.1.7. la décomposition/recomposition des classes dans la restructuration du capital
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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Dim 4 Déc - 14:32


prolétariat, populations excédentaires, et classe des expulsés

de l'expulsion concrète par le capital à l'expulsion abstraite par une théorie... communiste ?

pour se faire une idée de la manière dont Marx abordait la relation entre population et rapports de classes, voir population excédentaire capital excédentaire Marx

et plus particulièrement l'article de Wikipédia Armée de réserve de travailleurs, qui offre nombre de citations du Capital concernant la « surpopulation relative ou excédentaire ». On constatera qu'elle y est toujours considérée comme une partie du prolétariat, c'est-à-dire susceptible d'être exploitée

suit un passage de Wikipédia sur la Composition de la surpopulation relative

Citation :
Marx soutient que la surpopulation relative a toujours trois formes : la flottante, la latente et la stagnante.

- La partie flottante se réfère aux chômeurs temporaires (« chômage frictionnel »).
- La partie latente se compose du segment de la population qui n'est pas encore pleinement intégré dans la production capitaliste, par exemple une partie de la population rurale. Elle forme un réservoir de travailleurs potentiels pour les industries.
- La partie stagnante se compose des personnes marginalisées à « l'emploi extrêmement irrégulier ».

Il ajoute une strate résiduelle qui « habite l'enfer du paupérisme ». À l'exception des criminels, vagabonds et prostituées, elle comprend ceux qui sont encore capables de travailler, les orphelins et les enfants pauvres, les ouvriers hyper-spécialisés « démonétisés », ceux qui ont passé l'âge normal de travailler et les victimes directes de l'industrie.

Marx analyse dans le détail l'armée de réserve du travail en utilisant des données propres à la Grande-Bretagne car il y vivait.

dans la mesure où Marx ne se préoccupait ici que des pays où le mode de production capitaliste était formellement instauré, il n'incorpore pas à la population étudiée celle, bien plus considérable, des pays non encore industrialisés ou sous le joug du colonialisme des premiers. Vu ainsi « l'enfer du paupérisme » ne concerne pour lui qu'une « strate résiduelle »

l'article évoque alors une controverse à propos d'une possible armée de réserve de travailleurs mondiale

Citation :
Marx a écrit cette théorie dans le milieu du XIXe siècle, et sa discussion sur le chômage pourrait donc être, en partie, obsolète, en particulier lorsque considérée uniquement au niveau national. Cependant, son analyse peut continuer à être considéré comme valide si on la considère globalement, au niveau mondial.

L'OIT indique que la proportion de chômeurs dans le monde est en constante augmentation [...]


dans ses textes depuis son numéro #2, Endnotes ne sort pas de ce schéma marxien sur « le capital excédentaire et la population excédentaire »

Endnotes#3 a écrit:
. Ce problème de composition se pose dans un contexte que nous avons décrit dans Endnotes 2 comme dominé par l’existence simultanée de capital excédentaire et de prolétaires excédentaires. Nous nous concentrions sur l’apparition et l’expansion des populations excédentaires, comme l’incarnation humaine des contradictions du capital.

Dans EndNotes 4 nous avons répondu aux conceptions erronées de  « population excédentaire » comme nouveau type de sujet unifié ou unifiable. Il avait été avancé que les populations excédentaires contribuaient peu directement à l’accumulation; il leur manquent l’effet de levier des travailleurs productifs traditionnels qui peuvent amener le système à s’arrêter en se retirant du travail. En outre, les populations excédentaires peuvent être marginalisées, emprisonnées, et ghettoïsées. Elles peuvent être achetées; leurs émeutes peuvent les amener à se brûler. Comment les populations excédentaires pourraient-elles jamais jouer un rôle clé dans la lutte de classe ?

Les excédents de population ne nous donnent pas de réponse en tant que tels, mais ils nous aident à identifier la question. Dans la mesure où il faudrait trouver  une réponse, nous parions que la façon de poser cette question –  et donc la réponse attendue –  se situera dans la façon dont se déroulent les luttes prolétaires spécifiques aujourd’hui, et c’est donc en grande partie sur elles que nous devrions concentrer nos analyses.

l'idée est encore reprise en décembre 2015 dans LA Thèses :

Citation :
1- Nous vivons dans une ère de crise sociale, qui dure depuis longtemps et qui est fondamentalement la crise des sociétés du mode de production capitaliste. En effet, les relations de travail qui régissent la production et la consommation dans les sociétés capitalistes se dégradent. Le résultat en est la réapparition d’une situation structurelle que Marx appelait « le capital excédentaire au côté de la population excédentaire.»

cette analyse d'un marxisme néo-classique m'apparaît comme très en retrait relativement aux thèmes et concepts d'Achille Mbembe et Saskia Sassen, dont j'ai parlé dans V.0. 'expulsions', 'dynamique prédatrice' et 'limite systémique' (Saskia Sassen) dans la restructuration globale du capital 'animiste' (Achille Mbembe).
sur le concept d'expulsion de Saskia Sassen, voir aussi population expulsée

Achille Mbembe a écrit:
Mais la différence avec le nègre du premier capitalisme (du XVe au XIXe siècle), c'est qu'hier les nègres, objets de vente, étaient achetés pour une aventure qui se soldait souvent par le désastre, l'Atlantique devenant un énorme cimetière au temps de la traite de l'esclavage. Alors qu'aujourd'hui ces migrants payent des passeurs. S'agissant de ceux qui fuient la misère, ce déplacement nous dit quelque chose de fondamental de la structure actuelle du capitalisme : il y a toute une humanité subalterne dont le capitalisme n'a pas besoin. Le drame d'aujourd'hui, c'est de ne même plus pouvoir être exploité, alors qu'hier le drame était d'être exploité. Là réside le basculement que mon livre s'efforce de pointer (Le Point 27 octobre 2013)

les risques systémiques auxquels seuls les esclaves nègres furent exposés au moment du premier capitalisme constituent désormais sinon la norme, du moins le lot de toutes les humanités subalternes. Il y a donc une universalisation tendancielle de la condition nègre. Elle va de pair avec l’apparition de pratiques impériales inédites, une rebalkanization du monde et l’intensification des pratiques de zonage. Ces pratiques constituent, au fond, une manière de production de nouvelles sous-espèces humaines vouées à l’abandon, à l’indifférence, quand ce n’est pas à la destruction. (Critique de la raison nègre, 2013)

source Patlotch

entendons-nous bien, je ne pose pas ici, comme Endnotes, la question (de la composition ) du sujet révolutionnaire, que serait par essence marxienne le prolétariat (relativement inclus dans la capital même en tant que chômeur), ni par nouvelle essence cette population expulsée du rapport même d'exploitation, mais j'affirme qu'elle excède le concept marxien de "surpopulation" selon Marx repris pratiquement tel quel par Endnotes, et qui fait partie du prolétariat, même en tant que sous-prolétariat, Lumpen Prolétariat, ou "strate résiduelle qui « habite l'enfer du paupérisme »"

j'affirme qu'il s'est produit dans le capitalisme contemporain une rupture avec le schéma binaire de l'antagonisme prolétariat-capital qui le pose comme un aspect certes essentiel, structurel si on veut du rapport capitaliste, mais qui n'en recouvre plus la totalité dans une vision expliquant le tout par le capitalisme en subsomption réelle quasi absolue décrit par la théorie de la communisation

et qu'on ne joue pas sur les mots-concept du prolétariat, de façon tautologique, en le redéfinissant sans fin sur mesure pour servir ce qu'on a posé au départ, comme le fait Théorie Communiste dans une note récente vue plus haut : si une partie de la population mondiale n'est plus exploitable mais expulsée du rapport d'exploitation, c'est que l'implication réciproque capital-prolétariat (au sens marxien) ne définit plus adéquatement le capitalisme contemporain (Christian Charrier avait déjà l'intuition de ce problème dans ses controverses avec TC. Voir Le syllogisme marxien du prolétariat, La Matérielle, avril 2003)

le plus tragique est bien que l'intérêt immédiat du prolétariat inclus est de participer à cette expulsion par le capital, et c'est bien à quoi nous assistons avec ses réactions face aux migrants et au besoin face aux prolétaires "racisés" les plus menacés par cette expulsion, même quand ils sont citoyens nationaux. Il n'est d'ailleurs pas dit que ce problème soit très différent en Chine, en Inde... et dans les pays occidentaux

le plus grave, c'est qu'une théorie à prétention communiste participe de ce rejet, une forme d'expulsion théorique enracinée dans un universalisme prolétarien eurocentriste et abstrait

PS : je ne m'intéresse ici qu'au capitalisme contemporain dans cette différence avec le capitalisme de l'époque de Marx, mais il serait nécessaire de repenser l'histoire des sociétés comme celle de la lutte de classes en essayant de voir en quoi il aurait existé une classe en surplus à d'autres époques pré-capitalistes. Les réflexions actuelles sur les origines du capitalisme et le développement inégal et combiné ne sont pas sans rapport avec cette idée (voir Benjamin Bürbaumer, revue Période). Comme je l'insinue plus haut, le schéma marxien des classes serait alors déjà frappé de l'erreur reprise jusqu'à la théorie de la communisation

Benjamin Bürbaumer a écrit:
Sur la voie de l’émancipation

Nous avons brièvement présenté de manière thématique les débats majeurs entre marxistes (anglophones) sur la transition – euphémisme qui nomme un processus d’une violence extrême – du féodalisme au capitalisme. Partant des écrits de Marx, la logique de la commercialisation en propose une première analyse détaillée, dont le marxisme politique offre une critique puissante. Mais celui-ci se trouve en partie mise en cause pour son eurocentrisme par les théoriciens du courant du DIC (développement inégal et combiné) : à chaque étape du débat, la théorisation marxiste a gagné en précision. Loin des visions téléologiques souvent attribuées à la pensée marxiste se dessine donc une histoire ouverte et déterminée par la lutte des classes. Or, cette lutte ne se déroule pas seulement entre le capital et le travail en Europe mais concerne également les luttes des peuples colonisés puisque les formes de travail non-payé ont été nécessaires à l’avènement du capitalisme. Cette histoire montre que contrairement à la vision du capitalisme qui en fait un rapport social apportant la paix et la liberté grâce au marché, le capital vient au monde « suant le sang et la boue par tous les pores ». Parallèlement, il devient évident que l’accumulation primitive ne se réduit pas à la création du travailleur dit « libre » mais se traduit également par une accumulation de différences raciales dans le camp des dominé-e-s.

La théorie du développement inégal et combiné constitue par conséquent un outil puissant pour penser les processus de différenciation spatio-temporels au sein de la dynamique universalisante du capitalisme. À ce titre elle porte une vision internationaliste et non-ouvriériste du changement social ainsi qu’une pratique considérant les luttes anti-impérialistes, antiracistes et les mobilisations des racisé-es comme part entière et indispensable de la lutte pour le dépassement du capitalisme.

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Mar 20 Déc - 17:45

dans ma chronique en vrac, ce jour

l'expulsion, dont le concept est forgé par Saskia Sassen, pose un redoutable problème théorique à toute théorie communiste fondée sur le prolétariat comme sujet révolutionnaire, que ce soit par son affirmation programmatiste (Marx et ses héritiers du mouvement ouvrier international) ou par sa négation (dissolution dans un processus révolutionnaire de communisation). Un tel problème à mes yeux que je l'ai ré-introduit en place majeure dans mon livre électronique, dont j'ai dû suspendre la rédaction, parce que cela rendait en partie caducs certains développements et le plan adopté [...]

les théories de la révolution communiste prolétarienne universelle n'ayant plus de base "objective", elles peuvent devenir antirévolutionnaires[...]

une théorie communiste de la révolution est-elle encore possible ?


en vérité, il vaudrait mieux dire que le concept d'expulsion pose un problème théorique pour toute théorisation communiste, car si elle ne peut plus être fondée sur l'activité révolutionnaire du prolétariat, sur quoi ?

une sérieuse limite à l'exercice, pour reprendre Charrier (§ 12), est qu'on ne va pas « remplacer le Sujet prolétarien par le Sujet théoricien ». Or ma conceptualisation d'un marxisme décolonial, dont la construction théorique n'a rien d'aberrant du point de vue de sa logique interne, de sa cohérence bel et bien fondée sur des luttes réelles, ne repose pas davantage sur un courant où l'on constaterait, en construction aujourd'hui, un communisme décolonial, féministe et écologiste

le seul point d'ancrage est la double crise de l'Occident et du capital, et dans celle-ci l'émergence de luttes décoloniales, féministes et écologistes. Si elles sont "révolutionnaires", ce serait au sens du mouvement de l'histoire davantage que d'une sortie du capitalisme. Sens dans lequel nous retrouvons quelque chose qui ressemble à la conjoncture mondiale qui mit fin, par la victoire des mouvements de libérations nationales anticoloniales, au colonialisme historique, et nous pourrions alors constater comme Jacques Camatte en 1976 : « Cependant, vue la carence du mouvement prolétarien dans ces pays, on fut bien amené à reconnaître que la lutte des races se révélait parfois beaucoup plus révolutionnaire que la lutte des classes.»

bref, je ne fais ici que reformuler la distinction déjà établie entre théorie communiste et théorie de la révolution d'abolition du capital, en précisant que ce qui est révolutionnaire dans l'histoire, c'est ce qui en transforme au présent les conditions de continuité et de ruptures (Marx, IE, définition du communisme comme mouvement)

(pour le texte complet avec les liens, voir sur le site)

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Jeu 29 Déc - 15:17

point d'étape

ces derniers jours, je suis revenu sur la méthodologie dialectique et complexe, en repassant par Bertell Ollman. Voir DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE depuis le 23 décembre

ce détour correspond à un nouveau moment dans la reformulation de mes cogitations, qui permet d'approfondir et préciser mes critiques des marxismes prolétaristes en général et de la Théorie de la communisation dans ses variantes en particulier. En les cernant du point de vue de la dialectique des niveaux de généralité et points de vue dans la méthode d'abstraction de Marx, nous voyons mieux leurs erreurs méthodologiques et les moyens d'avancer nous-mêmes dans la description du moment présent du capital et des perspectives du communisme comme mouvement, de leur absence ou de leur nécessaire reformulation à laquelle nous pousse le capitalisme actuel

là où nous en restions à considérer comme globalement faux tous les marxismes relevant de l'universalisme prolétarien, dont  la théorie de la communisation, nous entrevoyons la possibilité de les doubler (dépasser) par une élaboration partant des niveaux de généralité décrit par Bertell Ollman, en particulier contre l'anthropocentrisme et la vision de "rapports" entre humanité et nature que l'on trouve aussi chez Temps Critiques, cad de la séparation propre à l'eurocentrisme critiqué par la pensée décoloniale

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Lun 6 Mar - 22:51


je déteste les bourgeois, mais je n'ai eu que peu à faire directement. Je m'en prends aux petits-bourgeois, leurs alliés, y compris sous forme de gesticulations, dissertations, fantasmagories révolutionnaires au nom d'un prolétariat dont ils ne connaissent rien de la vie, romanticoco-structuralistes de merde communisatriste, néo-anarcho-staliniens qui s'ignorent comme tels

je ne crois en rien, même pas désespérément-, comme disait Aragon, le seul poète assumé du communisme dans ses limites au 20è siècle, n'en déplaise à tous les admirateurs trotskos et anars de Breton, cet anticommuniste bourgeois homophobe, ou Perret mange pas de pain noir

aujourd'hui, la poésie est aussi impossible que la théorie communiste, nous en sommes là, c'est terrifiant et j'ai peur, pas vous ?

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Mer 8 Mar - 7:42


la fin de l'histoire et le premier imbécile heureux

la seule façon pour toute théorisation communiste d'être crédible serait de poser que le dépassement des contradictions du capital et d'un processus révolutionnaire débouche non sur un état en unité totale d'équilibre, mais sur de nouvelles contradictions, c'est-à-dire la reconnaissance de l'histoire comme un continu infini

un écrivain me disait un jour, si vous voulez savoir ce qu'un romancier pense de son roman, lisez la dernière phrase. À l'expérience c'est aussi discutable que l'importance accordée aux incipits, mais la boutade est intéressante

voici les deux dernières phrases de la somme sur L'abolition de la valeur, de Bruno Astarian


Bruno Astarian a écrit:
Cependant, c’est une chose de résister à la restauration des conditions capitalistes au nom de la révolution qui, de fait, est en train d’échouer. C’en est une autre d’inventer une façon de produire les nécessités de la vie qui soit la vie elle-même, pleine et indivisible, satisfaisante et joyeuse à tout moment et en tout lieu.

c'est là que tout s'effondre dans le retour du paradis sur terre dont Marx avait fait litière, car s'éclaire à rebours tout le développement précédent bien au-delà de son intérêt théorique, en l'inscrivant dans l'idéologie infantile qui la structure en profondeur, inconsciemment. "Réaliser la philosophie", ce n'est pas abolir la dialectique des contradictions. « La vie pleine et indivisible, satisfaisante et joyeuse à tout moment et en tout lieu », c'est l'abolition même du désir de vivre. Être toujours satisfait, c'est le règne de l'ennui. Faire preuve de si peu de psychologie élémentaire relève de l'infantilisme et de la foi religieuse

toute la théorie de la communisation fonctionne comme ça, dans cette visée d'un absolu. Le communisme a plus besoin d'un Héraclite que de nouveaux curés

la théorisation communiste sera prise au sérieux le jour où elle ne se trompera pas de visée, ni d'utopie

je l'ai abondamment montré concernant la libido en général, il n'y a pas de désir possible sans manque, sans insatisfaction, "la vie satisfaisante et joyeuse à tout moment", c'est la mort du désir, et bientôt du plaisir... Cette réalité est aussi éternelle que la dialectique de la nature même des contraires, c'est un principe vital par excellence

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Jeu 9 Mar - 13:36


questions nouvelles au communisme

de la création


il existe, dans la contradiction entre classes, de traditionnelles divisions :

- la division du travail qui engendre historiquement la division en classes positionnées dans un "mode de production"

- entre ceux qui produisent (la "classe ouvrière"), et ceux qui "possèdent les moyens de production" (la classe capitaliste), qui débouche étroitement sur l'abolition du capitalisme comme réduite à celle de la propriété privée des moyens de production (et laisse donc place à l'auto-exploitation qu'est l'autogestion)

- division entre hommes et femmes par leur place relativement à la reproduction de la population

etc.

j'esquisse ici l'hypothèse d'une division, du moins d'une partition, entre ceux qui créent et ceux qui consomment, de manière productive ou non, le produit de ces créations. Par créations j'entends toutes inventions, qu'elles soient d'ordre scientifique, technique, médicales, artistiques... C'est en quelque sorte une façon de lire la division du travail, au-delà de celle entre travail manuel et travail intellectuel

une forme actuelle typique du capitalisme "cognitif" est l'usage que font les uns et les autres d'un ordinateur, d'internet, des réseaux sociaux, etc. Il y a l'immense majorité, qui consomme ce que produit une extrême minorité, de l'information au sens large, en la copiant et/ou la rediffusant (liens, retweet...). Sur le plan technique, ceux qui inventent de nouveaux logiciels et ceux qui les utilisent, etc.

un problème du dépassement de la division du travail et des sociétés de classes donc du capital, de l'exploitation et des dominations y compris par le savoir, entre "classe des créateurs/inventeurs" et "classe des consommateurs/reproducteurs", sera de dépasser le pouvoir, l'autorité, des premiers sur les seconds

cette question pourrait se rapporter ou en générer une seconde, sur la définition de la valeur, des valeurs, dans un sens élargi relativement à la valeur au sens économique de la valeur d'échange et d'usage : les uns échangent et usent ce que les autres ont créé, au sens du nouveau, du jamais encore produit qui définit une sorte d'histoire des inventions, ce qu'on appelle communément le "progrès"

c'est un problème extrêmement lourd car il détermine la possibilité réelle d'une "égalité" entre individus dans un monde débarrassé de l'échange économique, de l'économie en tant qu'elle serait quasi définitoire du capitalisme. Je dis égalité et j'y mets des guillemets, étant donné qu'il n'est pas question de l'envisager comme identité, cad des capacités identiques chez tous, un monde de clones

je conviens que c'est assez vaguement formulé, mais indispensable pour aller plus loin que des élucubrations romantiques naïves sur le post-capitalisme et l'immédiateté sociale entre individus. Reste l'inconvénient de le poser ici comme un problème des rapports entre individus séparés, puisque toute création n'est jamais strictement individuelle, mais on admettra que c'est bien un Gutemberg qui a inventé l'imprimerie moderne, un Pasteur la pasteurisation, un Nobel la dynamite, un Marx qui a écrit le Capital, un Einstein découvert la relativité, etc.

il semble difficile de penser que l'émancipation de tous les individus passerait par l'abolition des capacités d'invention de chacun...

la question de la création dans un "monde communiste" est redoutable

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Jeu 9 Mar - 16:28


palinodie


le problème d'une révolution communiste, dans les termes où le pose la théorie de la communisation, qui sont pourtant les plus exigeants du point de vue du dépassement réel du capital en ce qui le définit, c'est que ces termes ne définissent que des conditions nécessaires, et qu'elles sont loin d'être suffisantes, comme je l'ai montré sur plusieurs lignes concernant les apories de cette théorie dans divers domaines, ce qui en fait le caractère quasi simpliste malgré les redoutables problèmes qu'elle pose déjà

il ne serait pas très différent de dire, pour les raisons exposées, que je ne crois pas en la possibilité d'une telle révolution communiste, ce qui explique qu'on puisse me lire comme cherchant à en démontrer l'impossibilité

qu'on se le dise : la vérité n'est pas révolutionnaire, malheureusement. Il est même possible que toute révolution ne réussisse que par une part de mensonge, son idéologie si l'on veut, quand elle s'empare, momentanément, des masses, jusqu'à ce que ce mensonge envahisse leur réalité. Telle est la menace qui pèse sur la communisation, en des termes que sa théorie voit ailleurs, le retour pervers du même (cf textes de Bernard Lyon ou Bruno Astarian)

cela explique encore que mes cogitations depuis des années se présentent comme une palinodie : « (du grec πάλιν (palin), de nouveau, et ὠδή (ôdê), chant) est la partie d'un texte — en général la conclusion — dans laquelle l'auteur révoque (volontairement) tout ce qu'il s'est efforcé de démontrer dans le développement.»

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Ven 12 Mai - 12:12


modifié d'avant-hier par un ajout en bas

pour prolonger les réflexions, et hypothèses formulées, en fin d'année dernière, autour du concept d'expulsion de Saskia Sassen, avec l'idée d'une "classe des expulsés", je donne ici la conclusion d'un texte récent d'AC, site Carbure, où je vois un écho à mes questions



je souligne en gras
AC a écrit:
Le chaos comme sortie de crise
[...]
La possibilité pour le capitalisme de se dégager de la contradiction qui consiste à devoir reproduire en lui-même la force de travail (ce qui est la définition a minima de toute « société capitaliste ») tout en l’expulsant sans cesse du procès de valorisation pourrait consister à l’avenir dans l’expulsion effective dans des « zones grises » de masses de prolétaires surnuméraires, qui seraient seuls chargés de leur reproduction et auraient la liberté d’autogérer leur propre misère. La « déprolétarisation » à l’intérieur même du monde du capital se ferait alors sur le mode de l’extension du bidonville et de territoires en situation de guerre civile permanente. Il faut considérer ceci comme une hypothèse de sortie de crise pour le capital, à placer sur le long terme, mais dont les prémisses s’annoncent déjà, que ce soit en Syrie, mais aussi en Lybie, au Mali, dans certaines zones d’Afghanistan, ainsi qu’aux marches de l’Europe, en Ukraine.

évidemment d’accord sur la dialectique Etat/Société civile, qu’on retrouve dans le populisme, même en France

populismes et 'déprolétarisation' : les deux mamelles du capitalisme en crise ?

c'est le premier écho à mes hypothèses que je trouve en milieu communisateur. Comme il y est convenu de ne pas faire référence à mes thèses, j'ignore si l'auteur s'en est inspiré (il me lit puisqu'il publie mes commentaires sur son blog, Carbure), où s'il y est parvenu par la seule logique de ses réflexions. Peu importe, dans le premier cas ce serait une reconnaissance, dans le second l'émergence d'une même compréhension des choses. La différence est que moi, je ne parie plus du tout sur la trilogie optimiste de Carbure :  Lutte des classes / Guerre civile / Communisation

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Dim 14 Mai - 10:36


d'avant-hier, ajouts


"prendre au sérieux..."

il y a, dans ce texte émanant du milieu de la communisation, sauf erreur d'un ex. de Théorie Communiste (TC), une des premières interrogations sérieuses sur la "perspective de la communisation", depuis mon texte de rupture dans, puis avec cette théorie, en 2015 : Communisation 2015 : ruptures communiste et décoloniale dans la théorie de la révolution, position qui a bien évolué depuis

AC a écrit:
Que des masses de pauvres vivent de plus en plus dans des zones sans Etat, loin d’être la promesse de réalisation d’utopies anarchistes, ouvre bien plutôt la perspective d’un effondrement du monde capitaliste dans sa préservation même, la possibilité d’une rétraction du capitalisme avancé par l’extension du rapport d’exploitation le plus sauvage, jusqu’à l’abandon de toute forme sociale adéquate à la reproduction de ce rapport, y compris l’Etat. Prendre au sérieux la fin définitive de l’intégration fordiste doit nous conduire à envisager ce type de perspective tout aussi sérieusement que nous envisageons celle de la communisation, et pour les mêmes raisons.

vers une sortie du dogme communisateur ?

on reste un peu sur sa faim quant aux implications théoriques. Je dois dire que je n'avais pas vu le problème sous cet angle, mais je ne suis pas certain qu'il soit bien, ou complètement, cerné. La formulation est d'ailleurs ambiguë : en quoi la perspective décrite est-elle sur le même plan qu'une sortie de crise par la communisation, ou plutôt à la même échéance historique ?

ce que pose AC me semble être l'ouverture d'une période historique qui ne s'inscrit pas dans la linéarité du "dernier cycle de luttes" cher à TC, et, en ce sens, rejoint ma compréhension d'une crise intermédiaire au sein même du système capitaliste, dont est partie prenante la crise de l'Occident (que je n'avais posée alors que sous le label un peu réducteur de "décolonial", alors que la dialectique des contradictions est toujours celle d'une 'implication réciproque' sous la domination du capital : la 'déprolétarisation' à base d'expulsion ne créent pas un extérieur d'où pourrait émerger une puissance d'abolition, un nouveau 'sujet révolutionnaire', tout au plus un chaos à l'issue incertaine)

PS : j'ai signalé ces remarques à l'auteur, AC, par MP. Pas de réponse. Inutile de les poster en commentaires de son blog, puisque dans ce milieu, la règle semble être de ne pas vouloir de ces débats, encore moins avec moi. Depuis 2015 et ma rupture dans la théorie de la communisation, aucun de mes textes relayés, aucun écho, aucune critique... Ce dont ils ne parlent pas n'existe pas

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MessageSujet: Re: THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse   Jeu 18 Mai - 22:25


des nouvelles du déterminisme révolutionnaire prolétarien universel

dndf publie une traduction de l'éditorial de Il Lato Cattivo n°2, revue italienne proche des thèses de la communisation

dans le cadre des mes cogitations, cela n'a plus que l'intérêt lointain de suivre ce que deviennent ces camarades que j'ai croisés dans les années 2005-2012, et avec les idées desquels j'ai complètement rompu. Ce qui ne signifie pas qu'il ne diraient que des bêtises, puisqu'ils sont des rares à avoir encore, du capitalisme, une critique radicale. Le problème vient davantage de la vision qu'ils ont d'une révolution communiste, et partant de là de leur façon de comprendre le présent

déjà en 2008, je ne partageais pas ce à quoi ils croyaient dur comme fer, dans et autour de SIC, revue internationale pour la communisation. Ici, ils reconnaissent leur erreur, comme Théorie Communiste l'a fait en 2013


Citation :
Disons en premier lieu que la période immédiatement consécutive à la crise de 2008 avait suscité, chez nous comme chez tant d’autres, des attentes qui se sont révélées être en grande partie le produit d’un quiproquo. Si les émeutes des banlieues françaises de 2005, le crash de 2008 et le mouvement grec la même année (pour ne s’en tenir qu’aux événements les plus frappants) pouvaient faire penser non seulement à un approfondissement soudain de l’antagonisme entre prolétariat et classe capitaliste, mais surtout à une simplification de cet antagonisme [...], la suite des événements ne s’est pas déroulée ainsi.

après avoir rejeté « la posture aristocratique des désabusés à qui on ne la fait pas, et qui attendent des jours meilleurs » et celle « des chanteurs rebelles des choses telles qu’elles sont » (David Graeber en exemple, avec Occupy), ils se positionnent :

Citation :
Pour nous, il s’agissait d’échapper simultanément à ces deux postures : on ne peut pas sauver une construction théorique au prix de la réalité, ni se vouer à un simple éloge du présent, au prix du cadre théorique. Nous nous sommes tournés une énième fois vers la source – ce qui voulait dire: vers Marx – afin de parvenir à une compréhension de la période actuelle la plus dialectique possible, qui contienne donc dans la compréhension positive des choses, également sa fin inéluctable, sa destruction nécessaire.

étrange « compréhension dialectique » que de considérer que les contradictions du présent contiennent « la fin inéluctable », ce qui n'est qu'avouer le déterminisme de toute cette tendance théorique. Et si le capitalisme doit bien avoir une fin, rien, absolument rien dans le présent, n'indique qu'elle serait communiste et par la voie d'une communisation

j'avais déjà relevé, dans un précédent texte, la conception assez simpliste que cette revue avait de la dialectique de Marx

la conclusion (certes de l'éditorial, je n'ai pas lu l'article), est du même tabac conceptualiste, des généralités, Marx à l'appui comme il se doit


Citation :
Dans un texte de jeunesse, Marx écrit: « L’émeute industrielle si partielle soit-elle, renferme en elle une âme universelle. L’émeute politique si universelle soit-elle, dissimule sous sa forme colossale un esprit étroit » (Gloses marginales à l’article: “Le Roi de Prusse et la reforme sociale”). Pour reprendre et réactualiser la formule, il fallait la transposer dans la configuration présente du «hiéroglyphe social» : isoler les fondements respectifs de la «révolte politique» et de la «révolte industrielle» et tracer la ligne qui les sépare ; saisir le processus par lequel la première absorbe la seconde (aujourd’hui) ; se représenter le processus inverse [...] par lequel la seconde pourrait (demain ?) dissoudre la première. Quel est, aujourd’hui, cet «esprit étroit» de la «révolte politique» ? Qu’en est-il de la «révolte politique» et de son «âme universelle» ? Le texte qui suit – et qui est aussi le seul à constituer ce numéro – essaie, entre autre, de fournir des réponses à de telles interrogations.

généralités, comme dans tout ce qui précède à propos des émeutes, des couches moyennes... tout serait comme unifié au niveau mondial, ou du moins la théorie pourrait saisir cette totalité dans sa généralité, comme ça, à coups de sondages sur les mêmes thématiques depuis un demi-siècle en évacuant d'autres, dont l'essentielle question néo-coloniale. Et bien non, l'histoire ne se développe pas comme ça, mais à travers une multiplicité de lignes autrement complexes qui ne permettent en aucun cas de caractériser la problématique communiste actuelle en ces termes

mais je ne vais pas récrire ici mes thèses sur la situation actuelle, la double crise du Capital et de l'Occident, le choix anti-révolutionnaire du prolétariat dans le populisme (ce texte n'en parle pas, tout est la faute aux couches moyennes...), la dé-prolétarisation d'une partie importante de la population mondiale, la capacité du capitalisme à se restructurer encore et d'ouvrir un nouveau cycle de son histoire, en attendant sa fin...

on attendra la traduction complète... La chute se veut modeste


Citation :
Il faut enfin souligner que, bien que l’écriture de ces pages nous ait coûté du temps et des efforts, rien ou presque rien de ce qu’on y trouvera n’est le fruit «original» de nos pauvres têtes trouées: c’est surtout le condensé d’innombrables bavardages avec des camarades proches ou lointains au cours des quatre dernières années.

quels "camarades" ? À l'évidence toujours les mêmes, pas "innombrables", eux. Il me semble qu'un problème majeur de ce milieu est sa fermeture à lui-même, son sectarisme évacuant les désaccords gênants et qui les porte, et de produire les bâtards théoriques qui résultent inévitablement de mariages consanguins

autant en emporte le vent de leur universalisme prolétarien...

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THÉORISATIONS COMMUNISTES, FÉMINISTES, et DÉCOLONIALES : remises en perspectives révolutionnaires. Cheminement et bouclages de synthèse
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