PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
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 'POUR ET PAR LES INDIVIDUS' 2011-2012 et autres textes depuis 2004 (Patlotch)

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MessageSujet: 'POUR ET PAR LES INDIVIDUS' 2011-2012 et autres textes depuis 2004 (Patlotch)   Ven 1 Mai - 19:06

À la place de l'ancienne société bourgeoise, avec ses classes et ses antagonismes de classes,
surgit une association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous

Marx/Engels Manifeste de 1847

Pour et par les individus textes de 2011-2012

1) 7 novembre 2011 : Divagations brouillonnes et sans preuves sur le communisme / Communisme et positivité / Théorie, idéologie, parti, organisation, etc.
2) 18 novembre 2011 : l'utopie communisatrice du communisme comme état ou le ver dans le fruit de la théorie communisatrice
3) 25 novembre 2011 : la communisation entre théorie et idéologie / Du manque de communisme / De textes communisateurs / Pour une idéologie communiste
4) 15 décembre 2011 : L'individu-sujet dans la communisation : franchir le pas... pour marcher au pas ?
5) 21 décembre 2011 : Pour l'individualité communiste (Notes du RER A)
6) 21 décembre 2011 : Communisation, militantisme et parti, une vague de vagues réflexions
7) 23 décembre 2011 : Communisme, une révolution double en essence, dans un mouvement réciproque
8 ) 14 janvier 2012 : L'individu dans la communisation, un point de vue poétique Vie sociale de l'artiste, individu et communisation, etc.
L'autre du poète et la communisation / L'individu contre le pouvoir / La communisation à titre individuel  / L'art n'est pas un loisir créatif compensateur / L'ennui, le préférer seul qu'accompagné / L'art comme auto-apprentissage de la liberté individuelle
9) 14 janvier 2012 : Pour changer les individus, le combat communiste, Pour changer le communisme, le combat des individus / Le bal des vampires de la communisation est ouvert / L'individu absent de son émancipation ? / L'individu est l'avenir du communisateur
10) 23 janvier 2012 : L'individu prolétaire contre le travail
11) 1er février : La révolution sera individualiste ou échouera
12) 2 février 2012 :  Parler de communisation au présent
L'individu chez Marx", de Los Cobos (un ami de la défunte revue L'Oiseau-Tempête, dont certains protagonistes participent aux débats sur la communisation), Thèse de Maîtrise de philosophie, 1997-1998 / "Le libre développement individuel : processus ou résultat ?"
13) 10 février 2012 : Toute théorie communiste (y compris la plus antihumaniste) repose sur une foi (en l'homme ?) Impro
14) 25 février : Notes sur Théorie Communiste : eau glacée pour douche froide
15) 28 février 2012 : Lavement de cerveau  : la théorie communiste comme supercherie
16) 3 mars 2012 : Communisation : une nouvelle mythologie pour un nouveau parti communiste ?

doivent y être ajoutés, pour mémoire, des textes auto-détruits :

en 2010, de Communisation ressources classées 2005-2011 et Carrefour des émancipations 2002-2004 dans la tentation alternative

INDIVIDUS (rapports entre-), Société/Capital vs Immédiateté/Communisme  
Marx et l'individu, documents  
La crise de l'individu dans la restructuration du capital  
Du DIVIDU au DIVIDUALISME, sur un concept en vogue  
Théorie communiste et la définition du communisme  
Bruno Astarian, l'individu dans le communisme  
Anarcho-individualisme  
Individu et communisme : considérations perso

en 2005, de Carrefour des émancipations 2002-2004  dans la tentation alternative

3) POLITIQUE DU SUJET  

3.1. autocréation et 'créolisation' de soi  
3.2. la personnalité dans le groupe  
3.3. (se) connaître par les sens  
au-delà de l'athéisme : l'imaginaire libéré, le poétique !  
3.4. penser par soi-même, concevoir avec d'autres partie de ce texte avait été récupérée début 2005 par le blog anarchiste L'En-dehors  
3.5. philosophie politique ou praxis ?  
3.6. désoccidentaliser la pensée  
3.7. la politique comme subjectivation et relation


Dernière édition par Admin le Mar 18 Aoû - 0:04, édité 2 fois
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MessageSujet: Communisation, militantisme et parti   Dim 24 Mai - 14:49

j'ai signalé plus haut des textes un peu brouillon, de la période où j'avais quitté le « courant communisateur », refusé de participer à Sic, traversé le désert le moral dans les chaussettes, repris la musique intensément, mais sans lâcher le morceau continué à creuser mon chantier permanent

se poursuivaient des pistes ouvertes quinze ans plus tôt avec ma « critique de l'identité communiste » et de l'esprit de parti, dont je pensais alors qu'elle était spécifique aux partis de masse, ayant été confronté au problème dans le PCF. Je ne tardais pas de constater que l'on trouvait le même esprit, le même sectarisme, le même communautarisme identitaire, la même suffisance, dans les groupes organisés, et pas moins chez les anarchistes que chez les "communisateurs"

qu'un Guillon croit aujourd'hui pouvoir ironiser « merci à toi, anonyme et prolétaire camarade « communisateur » ! » (voir le sujet) ne manque pas de saveur, dans la mesure où le plus identitaire des deux n'est pas celui qu'on pense, et où je n'ai jamais été ni maoïste (comme Dréan), ni post-situ, ni ultragauche comme la plupart de ceux que j'ai épinglés sans l'attendre

Communisation, militantisme et parti, une vague de vagues réflexions Patlotch, 21 décembre 2011

Patlotch a écrit:

Je reparlerai du communisme. C'est mon dada. Un de mes. Mon communisme est dada. Dada ist da.

Je me disais qu'avant - je n'ai pas dit c'était mieux avant - je me disais qu'on devenait communiste en fréquentant des communistes. Je veux parler de n'importe quelle variante de communistes sur le marché de l'horizon du pouvoir prolétarien, de haut en bas, de bas en haut et de tous les côtés. Même les plus mal cotés, les plus moins nombreux, les moins moins chanceux, bref, les moins fréquentant-fréquentés. Les plus mal famés, les plus affamés. Pouvait-on être communiste sans être militant ? Oui mais alors on ne l'était pas vraiment. Donc non. Donc militant d'un parti, et même ceux qui ne voulaient pas du pouvoir d'un parti faisait des groupes, qui ne voulaient pas être un parti mais surtout n'en avaient pas les moyens. Les caractéristiques, oui, comme chez les anarchistes et libertaires (non individualistes). Églises. Parmi les militants communistes, et anarchistes, une majorité appartenaient certainement à la classe ouvrière. Parmi leurs rangs, également beaucoup d'instituteurs, de professeurs : des pédagogues ! Toutes sortes de pédagogues, selon les pédagogies, plus ou moins directives... Mais dans tous les cas, un pédagogue n'est-il pas un militant ? Ça, c'était avant...

En résumé (comme d'habitude, je ne démontre rien), on n'imaginait pas de combat communiste sans militer ni sans parti. Cette réalité était-elle liée à la perspective d'un pouvoir prolétarien (ou du parti prolétarien) ou à la nécessité de s'organiser pour faire la révolution ? Va savoir démêler l'un de l'autre...

Aujourd'hui, je partagerais a priori les thèses communisatrices en ce qu'elles ont hérité de l'ultra-gauche le refus de constituer un parti, en tant qu'organisation de militants communistes, pour préférer la constitution (transitoire) de la classe pour soi faisant la révolution... pour tous. Un peu quelque chose du parti au sens du Manifeste. Aujourd'hui, les communisateurs affirment ne pas être des militants, dont ils ont fait la critique : subjectivisme, objectivisme... Autrefois, quand la révolution se présentait comme victoire du prolétariat sur le capital et ses alliés, on ne pouvait pas dire que les militants communistes faisaient preuve de subjectivisme ou d'objectivisme. Lénine et ses camarades à la veille d'Octobre avaient complètement saisi la situation présente dans laquelle ils pourraient faire la révolution. Avec le recul, il est un peu vain de condamner le militantisme communiste de cette époque en tant que tel (naturellement telle action, telle tendance, tel parti au pouvoir... mais ce n'est pas l'objet ici, je verse toute l'époque dans la vision programmatiste du pouvoir prolétarien).

Il y a deux périodes devant nous. La première est entre aujourd'hui et l'engagement du processus communisateur. La seconde ce processus proprement dit, la révolution communiste, c'est-à-dire les mesures communisatrices.

Il y a un problème pour la première période. Autant dire que je ne crois pas que les luttes soient théoriciennes au sens d'auto-expérience spontanée vers l'engagement de la communisation. Ce thème n'est jamais sorti d'aucune lutte, l'idée de limites à franchir a pu émerger, voire : limites oui, franchir, pas... Par contre il existe des théoriciens et des partisans de leurs thèses qui s'organisent pour les diffuser, dans des luttes auxquelles ils participent ou pas, et plus souvent loin d'elles. Autant que possible des luttes susceptibles de monter aux limites, de montrer ces limites de telle sorte que la théorie puisse s'ancrer sur des activités concrètes, ne seraient que des discussions : en être "une détermination objective", dit Sic, revue internationale pour la communisation. Le but n'est certes pas de faire des adeptes, la question étant chaque fois posée, ou non, par la lutte. On peut toutefois imaginer que les contacts entre porteurs conscients de leur théorie ressemblent un peu au type militant. Ou au type pédagogique... Je ne vois pas comment il pourrait en aller autrement, dans cette première période, aujourd'hui. Le pas à  franchir serait celui du prolétariat débordant ce militantisme. En attendant...

Franchissons plus qu'un pas, un saut, imaginaire, pour nous retrouver au début du processus communisateur. Deuxième période, devant nous. Il y aura(it) eu une montée en puissance dans les luttes du concept de communisation et du nombre de ceux qui se battent avec lui, le concept, pour elle, la communisation. Seront-ils moins militants et pédagogues parce que les luttes auraient évolué de telle sorte d'être toujours plus près des limites à franchir (destruction du capital en essence), qu'ici ou là elles le tenteraient sans qu'on puisse les juger "immédiatistes", comme ce serait le cas aujourd'hui, en ce début de crise ? Moins militants et pédagogues parce que plus nombreux au sein des luttes mêmes, sans nécessité d'une quelconque intervention extérieure de théorie (ou de bras) ? Le concept se sera-t-il emparé des masses au niveau qualitativement et quantitativement suffisant ? Communisateurs, combien de divisions ? Questions oiseuses ? prématurées ?

Pourtant quelque chose de la façon dont cela s'engagera dans cette seconde période est en partie fonction de la manière dont on s'y prend aujourd'hui dans la première. Et je penche pour supputer que la communisation ne se fera pas sans militants ni pédagogues, et sans doute pas, ici ou là, sans organisations tendant à la constitution non seulement de la classe révolutionnaire pour soi, mais bel et bien à se structurer en parties organisées, comme parti(s) : nous, le capital, les autres (le "parti de la trouille", ceux qui diront "c'est à nous", les socialisateurs...). Je n'imagine pas comment on pourrait l'éviter. Mais si cela devait être, mieux vaudrait s'en préoccuper dès maintenant.

Il est vrai que ces réflexions sont par trop abstraites, coupées du contenu des mesures communisatrices et de la dynamique des luttes qui peut pousser des groupes de prolétaires non structurés en parti à les prendre, par la nécessité qui apparaîtra et leur volonté de franchir le pas, mais... qu'est-ce ça change à la pertinence de mes questions, quand il s'agit d'interroger les formes-contenu du processus ?

Pour revenir au début de ces réflexions, s'il s'avérait, par malheur, qu'on ne puisse pas faire, subjectivement et objectivement, la communisation sans militer dans et pour un quelconque parti de la communisation, il est possible que son échec soit dès lors programmé. Quid de la dissolution du prolétariat comme classe et de la constitution d'individualités non dépendantes d'une identité collective séparée de la communauté... Il ne suffit pas de s'auto-proclamer 'prolétaires communisateurs'. Sur quels critères ? La force ? Garante de quels contenus ?

Dernière réflexion. Si l'on doit considérer la révolution comme une affaire de classes (sans quoi pas d'abolition), le prolétariat pour soi n'est certes pas une somme d'individus "pris à part" dans leurs singularités... Il n'empêche que toute activité collective supposant une volonté collective dépend de la volonté individuelle de chacun d'y participer. Concrètement ce sont des individus concrets qui mènent la lutte de classe concrète. Le rapport de chacun de ces individus au collectif n'est pas une affaire simple, il est extrêmement variable selon les capacités et les personnalités, et certains ont un poids plus important dans l'engagement, ou non, d'actions décisives. Mon souci n'est pas ici de prôner des pratiques démocratiques, dans lesquelles des individus de pouvoir émergent tout autant, et par lesquelles on manque souverainement d'audace pour entreprendre le plus difficile, le plus risqué, le plus dangereux, et peut-être le plus juste, le plus opérant, efficient à terme... Mon propos est de poser ce rapport, de chaque individu au collectif communisateur et à ces figures de pédagogues, voire de "leaders objectifs". Si la question est inutile, alors tant mieux. Que continue le combat pour le libre développement de tous et chacun. Combat de tous les chacuns et chacunes.
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MessageSujet: Pour l'individualité communiste   Dim 24 Mai - 15:22

autre texte, avec en arrière plan ma controverses au long cours avec Roland Simon de Théorie Communiste, pour qui « Il ne faut pas partir du perso », et à qui j'opposais Marx « Les individus sont toujours partis d'eux-mêmes ». Autrement dit, le fait, pour TC, d'opposer approche de classe et perception individuelle rapportée à un point de vue  d'« individu du capital » renvoyait surtout, dans la théorie de la communisation en version TC, à la personnalité disons pudique et modeste de son théoricien principal. Ce n'est pas un crime que d'être soumis à son caractère - mes propres défauts ne font pas de moi un être infréquentable -, mais il faut le savoir. Se réfugier dans une écriture impersonnelle, comme RS/TC, ne fait que refouler la détermination individuelle du corpus théorique lui-même

ici, je m'interrogeais sur le caractère idéologique voire religieux quasi-nécessaire (au sens de Marx : produit socialement et historiquement de façon incontournable) de toute théorie communiste, et surtout de toute subjectivation communiste, nécessité cette fois révolutionnaire, à savoir que la révolution sera faite, plus loin que contrainte pour le prolétariat de réaliser son être, par des gens qui y croiront, c'est-à-dire qui croiront à un victoire, à un meilleur monde d'après (le capital), et non pas automates produisant la révolution par un suicide, qu'il soit collectif ou individuel - il est clair que pour moi, ici, le livre de Claude Guillon "Suicide mode d'emploi", est contre-révolutionnaire, et de toute façon ne s'adresse pas à des prolos en bout de course)

en résumé, la question de l'individu, des individus, et de la classe, de leur conscientisation ou subjectivation révolutionnaire de masse, je l'ai toujours posée de façon dialectique, ni ramenant la question de l'individu à la classe, ni inversement celle de la classe à une somme d'individus. Ce n'est que plus tard, à partir de 2013-2014, que j'ai pu le poser sur plusieurs lignes de fronts articulées, classes, genre, 'races', religions, mais dans/contre le capital comme mode de production/reproduction, ceci avant-même de connaître le concept de « structure à dominante » (Althusser, Stuart Hall...)

Pour l'individualité communiste (Notes du RER A) 21 décembre 2011

Patlotch a écrit:


1) Les individus ne peuvent pas vivre sans croire. Sans idéologie. Plus ou moins individuelles ou collectives. La matrice, le modèle du rapport de chacun à son idéologie est celui de la religion. De ce point de vue, rien de nouveau depuis Feuerbach, sur lequel s'appuie Marx pour sa critique de la politique.

2) L'idéologie la plus partagée est celle du capitalisme et de ses valeurs - dans tous les sens du terme, à savoir qu'elles ne déterminent pas seulement les rapports économiques et sociaux en termes de contradiction entre classes antagonistes, mais aussi à divers degrés les échanges inter-individuels y compris en ce qu'ils ont de non marchands.

3) Fonction de sa situation dans les rapports sociaux-économiques et de ses intérêts de classe, de sa compréhension du monde et de son expérience individuelle (sphère privée), l'individu adopte, consciemment ou non, des idéologies prêtes à porter plus ou moins amendées. Dans certains cas, qui peuvent être individuels ou de groupes - mais quel groupe sans leader objectif ? -, s'élabore une idéologie singulière, celle d'un philosophe (d'une philosophie), du théoricien (d'un corpus théorique), du scientifique (vers la philosophie), de l'artiste (ou de tel courant d'époque).  

4)  Cas de l'art. À l'extrême de la personnalité individualiste (égocentrique), l'artiste ou le poète se bricole son idéologie qui, sauf à faire conflit intérieur doit tenir ensemble sa vision du monde et sa vision de lui-même, et dans son cas déterminer son œuvre, produit de cette dialectique.

5) En ce qui me concerne, il est clair que mon adoption en 2005 des positions communisatrices, particulièrement celles de Théorie communiste dans leur aspect totalisant, ne pouvait conduire à terme (échu en 2010-2011) qu'à un conflit, évidemment avec ses partisans, mais surtout à un conflit intérieur, parce qu'apparaissait l'incompatibilité d'une pratique communiste théorique et sociale avec la continuation d'un projet poétique dans la visée d'un communisme pour l'individu. Conflit qui n'est en rien, essentiellement, un problème d'emploi du temps, mais qui porte des deux côtés de la 'contradiction' entre l'individualité et, pour faire court, le social, la société, ce qu'il importe de préciser pour ne pas tomber dans le lieu commun de cette opposition.  

6) Du côté de la théorie communiste, il s'agit de sa difficulté à penser l'individu, le sujet, en dehors du rapport de classes, et par conséquent, on l'a vu, de l'absence de toute pensée de la transformation des individus dans l'abolition des classes (sauf chez Bruno Astarian > référence texte). Cette incapacité est structurelle dans la théorisation dialectico-structuraliste de Théorie communiste, dans la mesure où le niveau psychologique des individus singuliers est hors champ, mais aussi, pour le dire avec humour, la psychologie des foules (Gustave Le Bon)... Elle existe chez Lucien Sève depuis quarante ans, mais bouffée par le reste de programmatisme et de démocratisme hérité du passé.  

La personnalité artiste pose une question qui s'élargit à celle de tout individu. D'où l'intérêt des travaux d'Otto Rank (L'art et l'artiste, 1930) qui se démarquent de la psychanalyse freudienne, de Vygotski (Psychologie de l'art, 1925), et de la poétique selon Meschonnic (Politique du sujet, etc.).

Car si la révolution doit produire des "individus immédiatement sociaux", et si doit être pensée une "révolution dans la révolution" (BL/TC), il me semble que c'est prioritairement celle de l'individu dans le mouvement de l'abolition des classes. Elle contient, sans lui ôter sa spécificité, l'abolition des genres sociaux (classement en sujets sociaux hommes et femmes), mais de façon autrement constructive, positive. N'oublions pas que la question féminine (qui est aussi masculine), pour les communistes, était à résoudre après la révolution. Aujourd'hui, elle s'en mêle. Elles s'emmêlent. Pourquoi pas les individus ?

7) Du côté de l'individu, la personnalité artiste est intéressante pour aborder le problème, dans la mesure où la création est par nature "moderne" au sens d'Henri Meschonnic, c'est-à-dire en rupture avec l'état présent, les valeurs de l'époque. Et cette rupture est individuelle et individualiste (y compris quand elle faisait groupe, dans les Avant-gardes du siècle dernier). Il est remarquable que l'individu artiste n'aspire pas, a priori, et même s'il peut chercher à marquer son temps, à imposer son point de vue individuel à d'autres, considérant qu'il ne vaut que pour lui. La question, c'est que ce point de vue, celui que porte son œuvre, est une affaire vitale, qui engage la totalité de la vie et des rapports au monde. Pour l'artiste, cette exigence domine toutes les autres, que ce soit dans les moyens de gagner sa vie ou la façon dont il construit sa vie privée. Un intérêt de la personnalité poétique, au plus profond, c'est-à-dire dans la production de son œuvre, et s'il tient son éthique, c'est qu'elle est incompatible avec toute concession au groupe, sauf, naturellement pour les arts de la scène (tendant au spectacle, y compris le récital de poésie), ou pour des raisons économiques. L'artiste, et particulièrement le poète, est celui qui fait le moins de concession à la société, mais qui n'est pas pour autant, a priori, un être asocial, loin de là...

Je précise qu'on rompt avec le point de vue situationniste de la mort de l'art et de son renversement dans la vie quotidienne, encore très marqué par le surréalisme (cf Guy Debord « La révolution au service de la poésie » Vincent Kaufmann, Fayard 2001), c'est-à-dire par le romantisme. Il n'y a pas, contrairement aux apparences, de pensée de l'individu chez Debord, et ne parlons pas de la guimauve de Vaneigem.
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