PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 2 - MATÉRIAUX quotidiens : événements, presse, documents, images

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MessageSujet: Re: 2 - MATÉRIAUX quotidiens : événements, presse, documents, images   Dim 29 Nov - 16:10

(en construction)

en attendant la suite sans fin, on se reportera à mon blog médiapart, où trouver quelques "échanges" avec des abonnés benêts du club


- L'IDÉOLOGIE FRANÇAISE depuis le 26 nov. 2015

- commentaires



Dernière édition par Admin le Mer 2 Déc - 10:37, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 2 - MATÉRIAUX quotidiens : événements, presse, documents, images   Lun 30 Nov - 18:47


la voix de l'idéologie française

La Voix de son Maître :

le capital







Hommage national : le texte intégral du discours de François Hollande Slate.fr

Le chef de l'Etat a rendu hommage aux 130 victimes des attentats du 13 novembre

Dans la cour des Invalides, la cérémonie était grave, sobre. La cérémonie d'hommage national aux 130 victimes des attentats du 13 novembre s'est tenue, vendredi 27 novembre, en présence des proches des victimes et du gouvernement. Après la lecture des noms des victimes et plusieurs interprétations de chansons, le président a prononcé un discours qu'il a écrit lui-même, comme le rapporte Le Figaro. «Pour composer son discours, écrit le journal, le chef de l'État devait trouver le juste équilibre entre la souffrance, la nécessaire résilience et la colère légitime qui traverse le pays. Une tâche à laquelle il s'est attelé depuis mercredi dernier, peaufinant son texte jusqu'à la dernière minute ce vendredi matin.»

À la fin de son discours, François Hollande a évoqué le «visage de la France». Une expression qui n'est pas anodine puisqu'elle rappelle, comme nous vous l'expliquions dans un autre article, «celle qui concluait le discours de panthéonisation de Jean Moulin, en 1964», prononcé à l'époque par André Malraux.


Voici le texte dans son intégralité [les mots sont importants, je n'en souligne aucun]

François Hollande a écrit:
Vendredi 13 novembre, ce jour que nous n’oublierons jamais, la France a été frappée lâchement, dans un acte de guerre organisé de loin et froidement exécuté. Une horde d’assassins a tué 130 des nôtres et en a blessé des centaines, au nom d’une cause folle et d’un dieu trahi.


Aujourd’hui, la Nation tout entière, ses forces vives, pleurent les victimes. 130 noms, 130 vies arrachées, 130 destins fauchés, 130 rires que l’on n’entendra plus, 130 voix qui à jamais se sont tues. Ces femmes, ces hommes, incarnaient le bonheur de vivre. C’est parce qu’ils étaient la vie qu’ils ont été tués. C’est parce qu’ils étaient la France qu’ils ont été abattus. C’est parce qu’ils étaient la liberté qu’ils ont été massacrés.


En cet instant si grave et si douloureux, où la Nation fait corps avec elle-même, j’adresse en son nom notre compassion, notre affection, notre sollicitude, aux familles et aux proches réunis ici, dans ce même malheur. Des parents qui ne reverront plus leur enfant, des enfants qui grandiront sans leurs parents, des couples brisés par la perte de l’être aimé, des frères et des sœurs pour toujours séparés. 130 morts et tant de blessés marqués à jamais, marqués dans leur chair, traumatisés au plus profond d’eux-mêmes.


Alors, je veux dire simplement ces mots: la France sera à vos côtés. Nous rassemblerons nos forces pour apaiser les douleurs et après avoir enterré les morts, il nous reviendra de «réparer» les vivants.


A vous tous, je vous promets solennellement que la France mettra tout en œuvre pour détruire l’armée des fanatiques qui ont commis ces crimes, qu’elle agira sans répit pour protéger ses enfants. Je vous promets aussi que la France restera elle-même, telle que les disparus l’avaient aimée et telle qu’ils auraient voulu qu’elle demeure. Et s’il fallait une raison de nous tenir debout, aujourd'hui, une raison de nous battre pour nos principes, une raison de défendre cette République qui est notre bien commun, nous la trouverions dans leur souvenir.


Ces femmes, ces hommes, venaient de plus de 50 communes de France. De villes, de banlieues, de villages. Ils venaient aussi du monde, dix-sept pays portent aujourd’hui avec nous le deuil.


Ces femmes, ces hommes, en ce vendredi 13 novembre, étaient à Paris, une ville qui donne un manteau de lumière aux idées, une ville qui vibre le jour et qui brille la nuit. Ils étaient sur les terrasses des cafés, ces lieux de passage ouverts aux rencontres et aux idées. Ils partageaient un repas aux saveurs du monde, dans cette soirée où l’automne ne paraissait pas finir. Ils chantaient au Bataclan aux sons d’un groupe américain qui leur faisait l’amitié de se produire dans une salle qui depuis deux siècles incarne l’esprit de Paris.


Ces hommes, ces femmes, avaient tous les âges, mais la plupart avait moins de 35 ans. Ils étaient des enfants lors de la chute du mur de Berlin, ils n’avaient pas eu le temps de croire à la fin de l’Histoire, elle les avait déjà rattrapés quand survint le 11 septembre 2001. Ils avaient alors compris que le monde était guetté par de nouveaux périls. Les attentats du début de l’année les avaient bouleversés.


Beaucoup, je le sais, avaient tenu à manifester le 11 janvier, comme des millions de Français. Ils avaient dit leur refus de céder face à la menace terroriste. Ils savaient que la France n’est l’ennemie d’aucun peuple, que ses soldats se portent là où on les appelle, pour protéger les plus faibles et non pour assouvir une quelconque domination.


Ces femmes, ces hommes, étaient la jeunesse de France, la jeunesse d’un peuple libre, qui chérit la culture, la sienne, c’est-à-dire toutes les cultures.


Parmi les victimes du Bataclan, beaucoup avaient fait de la musique leur métier. C’est cette musique qui était insupportable aux terroristes. C’est cette harmonie qu’ils voulaient casser, briser. C’est cette joie qu’ils voulaient ensevelir dans le fracas de leurs bombes. Et bien, ils ne l’arrêteront pas. Et comme pour mieux leur répondre, nous multiplierons les chansons, les concerts, les spectacles; nous continuerons à aller dans les stades, et notamment au Stade si bien nommé, le Stade de France à Saint-Denis. Nous participerons aux grands rendez-vous sportifs, comme aux rencontres les plus modestes, et nous pourrons aussi communier dans les mêmes émotions, en faisant fi de nos différences, de nos origines, de nos couleurs, de nos convictions, de nos croyances, de nos confessions, car nous sommes une seule et même Nation, portés par les mêmes valeurs.


Que veulent les terroristes? Nous diviser, nous opposer, nous jeter les uns contre les autres. Je vous l’assure, ils échoueront. Ils ont le culte de la mort, mais nous, nous, nous avons l’amour, l’amour de la vie.


Ceux qui sont tombés le 13 novembre étaient la France, toute la France. Ils étaient étudiant, journaliste, enseignant, restaurateur, ingénieur, chauffeur, avocat, graphiste, architecte, mais aussi charpentier, serveur, photographe, fonctionnaire, publicitaire, vendeur, artiste. Ils étaient les métiers de la France, les talents du monde. Tous voulaient réussir, pour eux-mêmes, pour leur famille, pour leur pays. C’est en nous rappelant leur visage, leur nom, mais aussi leurs espoirs, leurs joies, leurs rêves anéantis, que nous agirons désormais.


Nous connaissons l’ennemi, c’est la haine; celle qui tue à Bamako, à Tunis, à Palmyre, à Copenhague, à Paris et qui a tué naguère à Londres ou à Madrid. L’ennemi, c’est le fanatisme qui veut soumettre l’homme à un ordre inhumain, c’est l’obscurantisme, c’est-à-dire un islam dévoyé qui renie le message de son livre sacré. Cet ennemi nous le vaincrons ensemble, avec nos forces, celles de la République, avec nos armes, celles de la démocratie, avec nos institutions, avec le droit. Dans ce combat, nous pouvons compter sur nos militaires, engagés sur des opérations difficiles, en Syrie, en Irak, au Sahel. Nous pouvons compter sur nos policiers, nos gendarmes, en lien avec la justice, qui se sont encore comportés de façon admirable pour mettre hors d’état de nuire les terroristes.


Nous pouvons compter sur le Parlement pour adopter toutes les mesures qu’appelle la défense des intérêts du pays, dans un esprit de concorde nationale, et dans le respect des libertés fondamentales. Et puis, et puis surtout, nous pouvons compter sur chaque Française et sur chaque Français pour faire preuve de vigilance, de résolution, d’humanité, de dignité.


Nous mènerons ce combat jusqu’au bout et nous le gagnerons en étant fidèles à l’idée même de la France. Quelle est-elle? Un art de vivre, une volonté farouche d’être ensemble, un attachement à la laïcité, une appartenance à la Nation, une confiance dans notre destin collectif.


Je vous l’affirme ici: nous ne changerons pas; nous serons unis, unis sur l’essentiel. Et je salue, ici, devant vous, familles, ces innombrables gestes de tant de Français anonymes qui se sont pressés sur les lieux des drames pour allumer une bougie, déposer un bouquet, laisser un message, apporter un dessin. Et si l’on cherche un mot pour qualifier cet élan, ce mot existe dans la devise de la République: c’est la fraternité.


Et que dire de la mobilisation de tous les services publics pour porter secours et assistance aux victimes, pour accompagner les survivants, pour soutenir les proches. Ces personnels de santé, admirables. Leur action dit aussi ce que nous sommes: un pays solidaire.


Tout ce qui s’est passé depuis le 13 novembre porte la marque de la gravité, de la conscience des défis qui se présentent à notre pays. Ceux qui sont tombés, le 13 novembre, incarnaient nos valeurs et notre devoir est plus que jamais de les faire vivre, ces valeurs.


Nous ne céderons ni à la peur, ni à la haine. Et si la colère nous saisit, nous la mettrons au service de la calme détermination à défendre la liberté au jour le jour, c’est-à-dire la volonté de faire de la France un grand pays, fier de son Histoire, de son mode vie, de sa culture, de son rayonnement, de son idéal universel, du respect et même de la ferveur que notre pays inspire au monde chaque fois qu’il est blessé.


Je n’oublie pas les images venues de la planète entière, célébrant dans le même mouvement, le sacrifice de ceux qui étaient tombés à Paris, comme si c’était le monde entier qui se couvrait de deuil.


Le patriotisme que nous voyons aujourd’hui se manifester, avec ces drapeaux fièrement arborés, ces rassemblements spontanés, ces foules qui chantent la Marseillaise; tout cela n’a rien à voir avec je ne sais quel instinct de revanche ou je ne sais quel rejet de l’autre. Ce patriotisme est le symbole de notre union, de notre inaltérable résistance face aux coups qui peuvent nous être portés, car la France garde intacte, malgré le drame, malgré le sang versé, ses principes d’espérance et de tolérance.


L’épreuve nous a tous meurtris, les familles d’abord, les Français, quelle que soit leur condition, leur confession, leurs origines. L’épreuve nous a tous meurtris, mais elle nous rendra plus fort. Je vais vous dire ma confiance dans la génération qui vient. Avant elle, d’autres générations ont connu, à la fleur de l‘âge, des évènements tragiques qui ont forgé leur identité. L’attaque du 13 novembre restera dans la mémoire de la jeunesse d’aujourd’hui comme une initiation terrible à la dureté du monde, mais aussi comme une invitation à l’affronter en inventant un nouvel engagement. Je sais que cette génération tiendra solidement le flambeau que nous lui transmettons.


Je suis sûr qu’elle aura le courage de prendre pleinement en main l’avenir de notre Nation. Le malheur qui a touché les martyrs du 13 novembre investit cette jeunesse de cette grande et noble tâche. La liberté ne demande pas à être vengée, mais à être servie. Je salue cette génération nouvelle. Elle a été frappée, elle n’est pas effrayée, elle est lucide et entreprenante, à l’image des innocents dont nous portons le deuil. Elle saura, j’en suis convaincu, faire preuve de grandeur. Elle vivra, elle vivra pleinement, au nom des morts que nous pleurons aujourd’hui.


Malgré les larmes, cette génération est aujourd’hui devenue le visage de la France.

Vive la République et vive la France.


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MessageSujet: Re: 2 - MATÉRIAUX quotidiens : événements, presse, documents, images   Mar 1 Déc - 16:05



Petit guide de survie en état d’urgence Rue89 30/11/2015

Puisque manifestement, l’état d’urgence ne concerne pas seulement les personnes soupçonnées de terrorisme, quelques choses à savoir sur les perquisitions administratives, les assignations à résidence et autres mesures qui font désormais partie de notre quotidien

 

hors article

Citation :
Depuis les attaques de Paris, la France est en état d’urgence. Plusieurs médias se sont fait l’écho de bavures liées à ce régime particulier, dont beaucoup craignent qu’il ne soit attentatoire aux libertés. Nous vous proposons ici un petit guide pratique de l’état d’urgence pour savoir quoi faire en cas de problème.

L’essentiel de ce qui suit a été développé par l’avocat pénaliste Emmanuel Daoud, du cabinet Vigo, dont vous pouvez retrouver les analyses sur le blog qu’il tient sur Rue89  « Oh my code ! ». Nous y avons ajouté quelques exemples tirés de l’actualité récente.

En quoi puis-je être concerné(e) par l’état d’urgence ?

Tous les citoyens français comme les étrangers peuvent être concernés et sur tout le territoire français (y compris, depuis le 18 novembre, les départements et collectivités d’outre-mer). La loi du 20 novembre 2015 a prolongé l’état d’urgence pendant trois mois jusqu’au 26 février. On parle beaucoup des perquisitions administratives et des assignations à résidence, mais ce ne sont pas les seules dispositions de l’état d’urgence.

Le gouvernement a décidé – semble-t-il – de ne pas cantonner l’état d’urgence à la lutte contre le terrorisme puisque des militants écologistes ont été assignés à résidence et des perquisitions opérées dans la perspective de la COP21.

Ainsi, le site BastaMag rapporte qu’une perquisition a été menée chez des maraîchers bio, qui avaient participé à une action contre l’aéroport Notre-Dame-des-Landes. Ce n’est qu’un exemple parmi de nombreux autres, recensés par La Quadrature du Net.

Comment se déroule une perquisition administrative ?

Le ministre de l’Intérieur et les préfets peuvent ordonner des perquisitions à domicile « de jour et de nuit ». Pour les forces de l’ordre, l’intérêt de cette procédure administrative est qu’elle permet de se passer de juges : la police et la gendarmerie peuvent ainsi intervenir sans mandat de l’autorité judiciaire (le procureur de la République compétent doit être simplement informé mais ne doit pas délivrer d’autorisation a priori).

Cela dit, elles ne peuvent pas cibler les lieux où travaillent parlementaires, avocats, magistrats ou journalistes. Leur domicile, en revanche, n’est pas exclu du dispositif.

Les forces de l’ordre accompagnées d’équipes techniques peuvent visiter notre domicile à la recherche de tout éléments susceptibles d’intéresser les autorités judiciaires aux fins de constatation d’une infraction. Avec la nouvelle loi sur l’état d’urgence, elles peuvent désormais saisir, en plus, tout équipement informatique – mais le perquisitionné n’est pas obligé de donner son mot de passe.

C’est l’officier de police judiciaire obligatoirement présent qui dresse le procès verbal d’infractions éventuelles et le transmet sans délai au procureur de la république compétent pour engager le cas échéant des poursuites pénales.

Quels sont mes droits ?

A l’issue de la perquisition, un procès-verbal doit être dressé et signé par l’occupant des lieux et s’il est absent par deux témoins requis à cet effet. Vous pouvez réclamer aux forces de l’ordre la décision du préfet autorisant la perquisition aux termes de laquelle sont énoncées ses raisons, mais il y a de bonnes chances que vous tombiez sur la phrase-type :

« Il existe des raisons sérieuses de penser que se trouvent des personnes, armes ou objets liés à des activités à caractère terroriste. »

Puis-je me faire indemniser en cas de dégâts ?

En cas de dégradations, l’occupant ou propriétaire des lieux peut demander la condamnation de l’Etat à la réparation de son préjudice devant le tribunal administratif selon la procédure de droit commun ; il devra attendre deux à trois ans pour obtenir un jugement.

Si l’exécution de la mesure a eu des conséquences manifestement disproportionnées et si celle-ci est manifestement abusive, des dommages-intérêts seront alloués.

Comment se déroule une assignation à résidence ?

Sans procès, sans examen préalable du juge, le ministre de l’Intérieur peut interdire à un individu de quitter son domicile ou bien le forcer à demeurer en un autre lieu au motif qu’il serait dangereux pour l’ordre public.

Cette mesure est accompagnée le plus souvent d’un pointage au commissariat ou à la gendarmerie la plus proche plusieurs fois par jour, tous les jours.

Par exemple, le 17 novembre le ministère de l’Intérieur a notifié à M. A son assignation à résidence. Il lui faut pointer quatre fois par jour au commissariat (8 h 30, 12 h 30, 16 h 30 et 19 h 30) et il ne peut quitter son domicile entre 21 h 30 et 7 h 30. L’administration fait état d’une note des services de renseignement selon laquelle M. A a été « impliqué dans une filière d’acheminement en Syrie de membres d’une cellule d’Al Qaeda ».

Il va sans dire que ce type de mesure n’est pas sans conséquences au regard de l’activité professionnelle de la personne concernée.

Quels sont mes droits ?

Si vous êtes assigné à résidence, vous pouvez réclamer la décision imposant cette mesure pour connaître les motifs avancés par le ministre de l’Intérieur.

Quels sont les recours possibles ?

Toute personne peut contester en référé devant le juge administratif les décisions prises dans le cadre de l’état d’urgence. Si le juge administratif est saisi sous la forme d’un référé-liberté, il doit statuer dans les 48 heures pour déterminer si les mesures administratives critiquées portent « une atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ».

Le juge peut aussi examiner « en cas de doute sérieux » la légalité d’une décision administrative à l’occasion d’un référé-suspension et doit rendre son ordonnance dans les quinze jours.

Pourquoi la presse parle-t-elle de « bavures » ?

Il semble que des perquisitions aient été opérées dans des domiciles qui se sont avérés être ceux de voisins de suspects et non des suspects eux-mêmes. Évidemment, si vous êtes le voisin concerné et que vous dormez tranquillement, le réveil peut-être brutal.

Ce type de mésaventures peut arriver à n’importe lequel d’entre nous. Les forces de l’ordre étant à cran (les terroristes sont lourdement armés et n’hésitent pas à tirer pour tuer ou à se faire sauter) les interventions sont rapides et brutales et la proportionnalité n’est pas toujours respectée. Un vieil homme a été menotté, une petite fille blessée par des éclats de verre et de bois. Il est à craindre que ce type de bévues critiquables se reproduiront et sont inévitables, en espérant qu’elles n’auront pas de conséquences funestes ou graves.

Une circulaire de Bernard Cazeneuve, envoyée à tous les préfets, recadre un peu les perquisitions en insistant, par exemple, sur le fait « dans toute la mesure du possible, l’ouverture volontaire de la porte devra être recherchée ». Le ministre a peut-être vu les images de vidéosurveillance du restaurant Pepper Grill, à Saint-Ouen-l’Aumône, dans laquelle les forces de l’ordre ont tout saccagé alors que le patron leur tendait les clefs.

Que faire lorsqu’on est témoin et que le comportement des forces de l’ordre ne semble pas adéquat ?

Rien n’interdit à une personne qui assiste à un comportement inadéquat des forces de l’ordre d’apporter son témoignage oral et écrit à la personne victime de celui-ci. Ce témoignage pourra même être très utile par exemple dans le cadre d’un recours en indemnisation. Il en est de même d’un film vidéo.

Néanmoins, l’utilisation d’un smartphone ou de tout autre appareil vidéo doit s’opérer avec la plus grande circonspection et sans provocation, car il est à craindre que les forces de l’ordre réagiront vertement et n’hésiteront pas à saisir ce matériel en vertu de l’état d’urgence – même si une telle saisie semble dépourvue de base légale.

Les interpositions physiques sont bien sûr déconseillées, surtout la nuit. On ne peut exiger des forces de l’ordre intervenant dans l’urgence et en pleine nuit d’exclure toute forme de violence si elles se sentent menacées. Quant à l’interposition verbale, pourquoi pas, mais là encore attention : la mesure et la modération doivent être privilégiées.

En pratique, est-il possible de protester contre ces décisions avec des chances de gagner ?

Il faut bien l’avouer, l’état d’urgence, mesure exceptionnelle par nature, conduira le juge administratif à apprécier avec moins de bienveillance qu’à l’accoutumée la pertinence de telles réclamations.

Les forces de l’ordre ne bénéficient pas d’un blanc-seing mais elles ont une grande latitude quant à l’emploi de la force pour pénétrer en des lieux fermés à l’occasion de perquisitions ordonnées... En clair, les chances de gagner son procès seront minimes.

D’ailleurs, le juge des référés a rejeté, le 27 novembre, des recours déposés par deux personnes assignées à résidence.

Quelles sont les autres dispositions prévues par l’état d’urgence ?

Une restriction de la liberté d’aller et venir.

C’est le fameux « couvre-feu » : dans tous les départements, les préfets peuvent interdire « la circulation des personnes ou des véhicules » dans des lieux et à des heures fixes par arrêté ; instituer « des zones de protection » où le séjour est réglementé ; interdire de séjour « toute personne cherchant à entraver l’action des pouvoirs publics ».

A Sens, le préfet de l’Yonne a ainsi décidé d’instaurer un couvre-feu en interdisant la circulation dans un quartier de la ville, pendant trois nuits. La préfecture de police de Paris a aussi prolongé l’interdiction de manifester dans les départements de la zone de défense et de sécurité de la capitale. Et ce jusqu’à ce 30 novembre. Les manifestations en marge de la COP21 qui ont eu lieu à Paris ce dimanche étaient donc interdites.

Une assignation à résidence renforcée

La loi de 1955 s’appliquait à toute personne « dont l’activité s’avère dangereuse », elle s’applique désormais plus largement à toute personne lorsqu’il existe « des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace » – les suspects donc, qui ont par exemple des fréquentations ou des propos douteux.

L’assignation à résidence est prononcée par le ministre de l’Intérieur, dans un lieu qui n’est pas forcément le domicile de celui-ci ; le suspect y est conduit manu militari. Il doit obligatoirement y demeurer.

Le blocage des sites web

Le blocage administratif des sites était déjà présent dans la loi n°2014-1353 du 13 novembre 2014 « renforçant les dispositions relatives à la lutte contre le terrorisme » mais il a été renforcé dans la loi qui modernise l’état d’urgence, adopté le 20 novembre dernier.

La procédure est désormais moins encadrée et plus immédiate. Ainsi, plus besoin de s’adresser à l’hébergeur du site problématique : les autorités peuvent directement demander à Orange, Free, SFR et compagnie de le bloquer. Exit aussi la personnalité qualifiée de la Commission informatique et libertés (Cnil), qui garde un œil sur la liste de sites bloqués en France.

La dissolution d’associations

La dissolution d’association était déjà prévue dans le code de la sécurité intérieure (article L212-1). C’est ce qui a permis d’interdire le groupe islamiste radical Forsane Alizza, mais aussi divers mouvements d’extrême droite, tels que L’Œuvre française. La nouvelle formulation élargit les possibilités de dissolution. Cette disposition ne semble pas avoir été mise en place depuis le 13 novembre.

Comme le rappelle La Croix, la fermeture des mosquées passerait par la dissolution de l’association gestionnaire, ce qui s’avère très compliqué.


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MessageSujet: Re: 2 - MATÉRIAUX quotidiens : événements, presse, documents, images   Mar 1 Déc - 19:34


bien que cela remonte à quelques années, "sous la droite" avec le ministère de Sarkozy, voici quelques sondages de l'époque, et quelques suites pour faire le lien jusqu'au déluge idéologique depuis "Charlie Hebdo" en janvier





wikipédia a écrit:
Le ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Développement solidaire, initialement appelé Ministère de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement, était un des quinze ministères du gouvernement François Fillon, instauré sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Le ministère a été créé par le décret du 18 mai 2007 (gouvernement Fillon). Son siège est situé à l'hôtel de Rothelin-Charolais, au n° 101 de la rue de Grenelle dans le 7e arrondissement.

Ce ministère a été occupé du 18 mai 2007 au 15 janvier 2009 par Brice Hortefeux puis par Éric Besson jusqu'au 13 novembre 2010. Il est ensuite supprimé.




Nous voulons le retour d’un Ministère de l’immigration et de l’identité nationale efficace !
Mike Borowski, Rédacteur en Chef de La Gauche M’a Tuer 6 novembre 2014

L'identité nationale française existe pour 82% de sondés LEXPRESS.fr  05/02/2010


Un sondage publié aujourd'hui par TNS Sofres et présenté par le ministre de l'Immigration et de l'identité nationale, Eric Besson, légitime l'actuel débat sur ce sujet. 75% des personnes interrogées se disent fières d'être françaises.

Une écrasante majorité de Français (82%) pensent qu'il existe une "identité nationale française" et 75% se disent "fiers" d'être Français, selon un sondage TNS Sofres pour le ministère de l'Immigration présenté vendredi.


Citation :
L'enquête reprend les questions posées par le ministère dans le cadre du "grand débat sur l'identité nationale" lancé le 2 novembre par Eric Besson. Elle a été présentée lors d'une conférence de presse par Brice Teinturier, directeur chez TNS Sofres, et par le ministre de l'Immigration, Eric Besson.  

A la question "existe-t-il à vos yeux une identité française?", 63% répondent "oui, tout à fait" et 19% "oui, plutôt". Ils sont 11% à répondre "non pas vraiment" et 5% "non pas du tout". 2% n'ont pas d'opinion.  

Ils sont aussi 39% à se dire "Français uniquement", 32% "Français et citoyen de l'Union européenne", 13% "citoyen du monde", 1% "citoyen d'un autre pays uniquement".

Pour 74%, l'identité française a tendance à "s"affaiblir", et cela à cause de l'immigration (30%), la perte des valeurs (20%), la diversité culturelle et ethnique (18%), la religion (13%) et des raisons politiques (11%).

S'agissant des acteurs et institutions qui doivent contribuer à valoriser l'identité nationale, l'école arrive largement en tête (80%), suivie de la famille ((61%.

L'histoire (44%), la culture, la langue et les traditions (38%), la géographie arrivent en priorité de ce qui fait dire aux sondés qu'il existe une identité nationale française.

La langue (94%), la culture (94%), la liberté d'expres​sion(93%), l'histoire de la France, l'égalité entre les hommes et les femmes (83%) et le système de protection sociale (83%) sont considérés comme les éléments les plus importants de représentation de la France.

Ce sondage est à nuancer : ce n'est pas parce que l'identité nationale est reconnue aujourd'hui qu'elle méritait toute l'attention d'un grand débat national. La question ne portait pas sur l'enjeu politique. Les principales préoccupations des Français restent toujours l'emploi, le pouvoir d'achat, ou encore les retraites.

Ce sondage a été réalisé du 20 au 26 janvier auprès d'un échantillon de 1000 personnes.
 

autres sources sondage "identité française"


Les musulmans, menace pour l'identité française ? Le sondage qui fait peur Fabien Dabert 24/07/15

La perception de l'islam par les Français est difficile à déterminer de manière simple et définitive, sans nuancer les idées précises qu'on projette sur cette religion. Pour autant, un sondage Ifop réalisé pour Atlantico démontre qu'une large partie de l'opinion craint que les musulmans "menacent l'identité du pays".

Citation :
Voici un sondage qui tend à montrer que les Français sont plutôt peu enclins à considérer la religion musulman comme n'importe quelle autre. Le sondage Ifop effectué pour le site d'informations Atlantico est assez significatif : pour 44 % des Français, la communauté musulmane est "plûtôt une menace pour l'identité de notre pays". Seulement 19 % estiment qu'elle est "plutôt un facteur d'enrichissement culturel", 37 % considèrent qu'elle n'est "ni l'un, ni l'autre". En réalité ces chiffres ont peu évolué depuis 2010, comme l'indiquent les données reportées dans le tableau ci-dessous.

La méthodologie employée est des plus classiques pour ce type de sondage : l'étude a été menée du 17 au 21 juillet 2015 sur un échantillon de 1003 individus, "représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus", d'après la méthode des quotas.

Dans le détail, on notera de nettes différences de perception de la communauté musulmane selon les obédiences politiques : elle représente ainsi "une menace" pour 23 % des électeurs de gauche, pour 28 % des électeurs du Modem, pour 59 % des électeurs de l'UMP/Les Républicains, et pour 90 % des électeurs du Front national. Par ailleurs, le chiffre est plus faible chez les plus jeunes (39 % pour les 18-24 ans).



Ce sondage doit malgré tout être interprété avec précaution. Que signifie vraiment, dans l'esprit des sondés, "menacer l'identité du pays" ? De quelle "crainte" - puisqu'il s'agit de "menace" - parle-t-on vraiment ? Difficile, par ailleurs, de saisir ce que recoupe selon les sondés "l'identité du pays", dont la définition peut évoluer d'un individu à l'autre. On notera d'ailleurs que les sondeurs ont tenu à ajouter à leur étude une autre question orientée différemment. Lorsqu'on interroge les sondés sur un point plus précis, les choses apparaissent en effet un peu différemment.

Ainsi, à la question "avec laquelle des deux opinions suivantes êtes-vous le plus d'accord ?", 63 % des Français interrogés répondent "il ne faut pas faire d’amalgame, les musulmans vivent paisiblement en France et seuls des islamistes radicaux représentent une menace" tandis que 32 % optent pour l'alternative "l'islam représente une menace".

Consulter l'ensemble de l'étude : sur le site de l'Ifop


j'y reviendrai avec plus de précisions...
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MessageSujet: Re: 2 - MATÉRIAUX quotidiens : événements, presse, documents, images   Mar 1 Déc - 19:46


« nos » valeurs actuelles



Sondage exclusif. Les Français contre la hausse des naturalisations Arnaud Folch 25 Septembre 2013

NATURALISATIONS. Les résultats de notre sondage exclusif Ifop-Valeurs actuelles sont un désaveu cinglant pour Manuel Valls : 63% des Français estiment que l’augmentation du nombre des étrangers naturalisés constitue une “mauvaise chose pour notre pays”

Citation :
Ils ne sont que 23%—près de trois fois moins !— à juger que c’est une “bonne chose”. Présentée par l’actuel ministre de l’Intérieur, ainsi que par ses prédécesseurs, comme une solution pour favoriser l’intégration, la hausse du nombre de naturalisés, voire la politique de naturalisation dans son ensemble, est très massivement rejetée. À l’exception, notamment, des sympathisants de gauche (48% et jusqu’à 69%à l’extrême gauche), la quasi-totalité des catégories sondées dans notre étude est vent debout contre ces naturalisations à marche forcée.

Avec, chez certains, un rejet record : 70% d’hostilité chez les habitants des communes rurales, 69% chez les commerçants et artisans, 79% chez les ouvriers, 88%chez les électeurs de droite et même…100% chez les agriculteurs !

Signe qui ne trompe pas de la gêne provoquée par cette question au sein de l’électorat de gauche : ils sont 18% —près d’un sur cinq—à refuser de se prononcer (“ne sait pas”), contre 4%seulement à droite. Une partie de la gauche se refuse encore à assumer. Continuant de creuser le fossé qui la sépare de la majorité des Français.

UNE FORTE MAJORITÉ DE FRANÇAIS REFUSE LA DÉCISION DE MANUEL VALLS

Le ministre de l’Intérieur a annoncé que le nombre des naturalisations (c’est-à-dire le nombre de personnes étrangères auxquelles on accorde la nationalité française) avait augmenté de 14 % en un an. Personnellement, pensez-vous que cette augmentation du nombre de personnes naturalisées est… ?




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MessageSujet: Re: 2 - MATÉRIAUX quotidiens : événements, presse, documents, images   Mar 1 Déc - 20:00


de la pratique à la théorie

le perfectionnement institutionnel
de l'« islamisation » de la pensée français

vous avez dit « islamophobie » ?


Le débat sur l'identité nationale tourne au débat sur l'islam LE MONDE 09.12.2009 Stéphanie Le Bars

La tribune de Nicolas Sarkozy au "Monde" privilégie la question religieuse. Le chef de l'Etat suscite des critiques à gauche et ne lève pas l'embarras à l'UMP

Stéphanie Le Bars a écrit:
Après son discours sur l'identité nationale à La Chapelle-en-Vercors le 12 novembre, le président de la République vient de livrer, dans les colonnes du Monde du 9 décembre, sa nouvelle vision du débat lancé par le ministre de l'immigration, de l'intégration et de l'identité nationale, Eric Besson.

Il y rappelle sa conception de la laïcité, "principe de neutralité et non principe d'indifférence" envers les religions, et demande fermement aux musulmans de respecter "le pacte social et civique" français. Les croyants doivent "savoir se garder de toute ostentation et de toute provocation", insiste-t-il aussi, dans une allusion implicite au débat sur le port du voile intégral (niqab).

En novembre, le chef de l'Etat s'était essayé à une définition de l'identité française, en convoquant tour à tour – au risque de contradictions –, les racines chrétiennes et les vertus de la laïcité, la Révolution, l'Ancien Régime et les Lumières, le terroir et le métissage.

Depuis, les discussions voulues par M. Besson se sont déplacées sur le terrain quasi exclusif de l'immigration, avant de se concentrer sur l'islam et la question de son rejet mise en lumière par la votation suisse interdisant les minarets.

En revenant sur ce sujet polémique, et alors que le problème des minarets demeure en France une question plus virtuelle que réelle, M. Sarkozy semble vouloir prendre acte de l'évolution observée ces dernières semaines : sa nouvelle contribution au débat réduit spectaculairement la question de l'identité nationale à la présence de l'islam en France et en Europe.

Dans un préambule consacré aux vertus de la démocratie populaire, qui justifie le vote suisse contre les minarets, le président de la République prend clairement le parti du peuple contre "le mépris du peuple". Ce faisant, il s’inscrit dans un contexte marqué au niveau européen par une poussée du populisme.

"Les peuples d’Europe ne veulent pas que leur cadre de vie, leur mode de pensée et de relations sociales soient dénaturés", insiste-t-il, tout en reconnaissant que "leur longue histoire leur a appris que pour rester soi-même il faut accepter de changer"…

Puis, son propos s’adresse explicitement aux musulmans, "à mes compatriotes musulmans", insiste le chef de l’Etat. Il leur rappelle sa conception de la laïcité, qui "n’est pas le refus de toutes les religions mais le respect de toutes les croyances" et les assure de sa volonté de lutter contre "toutes formes de discrimination" à leur égard.

"DÉFI"

Mais, dans un climat marqué par le rejet d’une partie de la société française du voile intégral ou de la construction de mosquées, M. Sarkozy assortit désormais son discours d’une nette mise en garde aux musulmans : "Tout ce qui pourrait apparaître comme un défi lancé à l’héritage [chrétien] et aux valeurs  condamnerait à l’échec l’instauration si nécessaire d’un islam de France", prévient-il.

Deux ans tout juste après son discours sur la "laïcité positive" prononcé au Latran, dans lequel il louait le rôle essentiel des "croyants" dans la République, le chef de l’Etat exige désormais de leur part "une humble discrétion".

Parallèlement, M.Sarkozy ramène l’islam à l’immigration et semble réduire l’immigré à sa religion. "Respecter ceux qui arrivent c’est leur permettre de prier dans des lieux de culte décents", écrit-il.

Cette insistance à définir le nouvel arrivant comme musulman occulte le fait que l’immigration actuelle trouve ses sources en Afrique noire, en Asie et en Turquie – ce qui relativise le caractère exclusivement musulman de ces populations.

C’est oublier que l’on peut être de culture musulmane sans être un fervent pratiquant de l’islam. C’est faire mine d’ignorer que depuis une dizaine d’années, l’islam, au niveau local, s’implante de manière généralement apaisée. C’est oublier, enfin, que l’islam est aujourd’hui une réalité en partie franco-française.

Si les chiffres concernant la population musulmane en France varient de 3,5 à 6 millions, selon les méthodes de comptage, les sociologues des religions estiment que près de la moitié est désormais de nationalité française.

Quant à "tout ce qui pourrait apparaître comme un défi" à la République, autrement dit les pratiques religieuses ostentatoires, elles ne se résument pas au port du voile intégral mais restent marquées par une grande diversité.

Un tiers des personnes issues d’une famille d’origine musulmane se déclarent "croyants et musulmans", selon une étude de l’IFOP parue en août 2009, mais seuls 23 % fréquentent une mosquée le vendredi. C’est le jeûne du ramadan, suivi par 70 % des personnes interrogées, qui constitue la pratique religieuse la plus répandue chez les musulmans de France.


en relation :

La construction symbolique de l'identité nationale française dans les discours de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy Angeliki Koukoutsaki-Monnier p. 11-39

Résumés (en anglais et espagnol dans l'original)
Citation :
À partir d’une approche ethno-symbolique cet article explore la définition de l’identité nationale française forgée dans les discours de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy, depuis sa nomination en janvier 2007 en tant que candidat officiel de l’UMP jusqu’aux élections de mai 2007. L’analyse met en lumière une version consensuelle de l’identité nationale française proposée par le candidat, qui intègre les valeurs républicaines et universalistes au modèle culturel français tout en évacuant tout aspect biologique de ce dernier.


Plan
Citation :
Repères théoriques et questionnements

Le cadrage de l’objet de recherche

La construction de la grille d’analyse

Les composantes de l’identité nationale selon Nicolas Sarkozy

Les éléments qui dénotent une acception historique/culturelle

Les éléments qui dénotent l’acception civique/élective

L’acception institutionnelle

Le refus de l’acception biologique

L’imbrication du modèle civique au modèle culturel

Vers une approche « ethno-symbolique »de la nation


Conclusion


texte intégral dans l'original

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MessageSujet: Re: 2 - MATÉRIAUX quotidiens : événements, presse, documents, images   Mar 1 Déc - 22:40


qu'est-ce qu'être un idéologue français ?



puisque j'ai parlé du « meilleur Edgar Morin », je vais maintenant laisser parler le plus mauvais, et sans être méchant je ne le mettrai pas sur le compte de l'âge (il a 94 ans), parce que ça fait quelques décennies qu'il a abandonné ses lumières marxiennes et son engagement dans Socialisme ou barbarie (SOB), à vrai dire tardivement (de 1964 à la fin en 1967 ?) et sur le seul plan intellectuel. Il fut l'un des animateurs de la revue Arguments de 1957 à 1962

* à propos de La Méthode, ici : 6 - le DÉPASSEMENT À PRODUIRE de l'idéologie française / DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE


Qu'est-ce qu'être Français ?

Edgar Morin 8 juin 2015

Puisqu'on discute de l'histoire de France, je reprends ici pour les lecteurs de Mediapart un texte de mon livre Enseigner à vivre. J'y refais cette histoire sans rien en changer, mais à partir de l'intégration du divers via la francisation multiséculaire, ce qui permet de mieux franciser les jeunes descendants d'immigrés.

Edgar Morin a écrit:
Apprendre à être Français est un enjeu majeur de la réforme de l’éducation, surtout en notre période de crise de l’intégration. L’histoire de France, telle qu’elle est enseignée, apparaît d’autant plus étrangère à l’élève d’ascendance immigrée, qu’Africain ou Martiniquais d’origine, c’est l’asservissement et l’esclavage qu’évoquent en lui l’histoire colonisatrice de la France, que Nord-Africain ou Vietnamien d’origine, il ne peut manquer d’évoquer les difficiles  libérations gagnées et parfois les sanglantes guerres d’indépendance. Juif, il n’est reconnu comme citoyen qu’à la Révolution, mais contesté comme citoyen normal par l’antisémitisme. Musulman, il ressent les rejets qui s’accroissent contre sa religion.

En revanche, il est un visage de l’histoire de France, qui bien qu’essentiel, est ignoré ou méconnu. C’est celui qui identifie cette histoire à la formation progressive d’une unité multiculturelle. C’est celui qui inscrit un sceau d’universalité dans l’œuvre de ses penseurs, de Montaigne à Voltaire, et dans la Révolution française. Etre français c’est avoir été francisé.

L’histoire de France, pendant le cours d’histoire proprement dit, devrait être alors être présentée sous l’angle de la francisation.

Les quatre naissances de la France

Les origines mythico réelles de la France, telles que les enseignent les livres d'histoire pour écoliers, ont un  caractère de complexité métisse. La première naissance reconnue est gauloise : divisée jusqu'à la conquête romaine, la Gaule se forme en s'unissant contre l'envahisseur. Aussi  l'histoire future retient  Vercingétorix comme le premier héros national. Mais le moment de formation précède de peu le moment de la désintégration puisque Vercingétorix une fois vaincu et immolé, la Gaule devient romaine. Or, dans notre mythologie nationale, Rome n'est pas considérée comme la puissance ennemie occupante, mais comme la co-formatrice, dans l'intégration mutuelle des deux composantes, d'une seconde naissance, celle d'une entité nommée justement gallo-romaine qui absorbe en elle la latinité dans la langue et la civilisation.  

A cette seconde naissance  va succéder une troisième, au cœur du chaos d'invasions qui s'installe dans la décomposition de l'Empire romain. Clovis est l'opérateur mythique de cette troisième naissance. Ce roi franc va donner à la France le nom qui semble définir la francité face à la germanité, puisque Clovis est désigné par les chroniqueurs ultérieurs comme le  vainqueur des Alamans dans la bataille de Tolbiac (496) ; converti  au christianisme et sacré à Reims, il apparaitra comme le fondateur de la France chrétienne. Mais ce n'est pas Clovis qui a battu les Alamans et  les Francs étaient un peuple germanique dont la langue était telle. En fait Clovis opère la troisième naissance de la France en y intégrant la substance germanique et en y instaurant le christianisme.

La quatrième et véritable naissance a lieu en 987 avec le règne de Hugues Capet. Cette naissance est paradoxale, car l'espace proprement royal ne couvre que l'Ile de France, l'Orléanais et la région de Senlis. Le reste  est divisé en plusieurs fiefs en fait indépendants, ethniquement et linguistiquement très divers, du comté de Bretagne au duché de haute Lotharingie, du comté de Flandre au comté de Provence.

La francisation continue

La France s'est faite, à partir des rois capétiens, en francisant des populations non franciennes : le francien était le dialecte d'oïl de l'Ile de France et de l'Orléanais qui, en s'imposant et se surimposant sur les multiples autres dialectes d'oïl et d'oc, est devenu le français.

C'est dire que la France s'est constituée par un multiséculaire processus de francisation de peuples et d'ethnies beaucoup plus hétérogènes que celles de l'ex-Yougoslavie par exemple.

La francisation ne s'est pas effectuée seulement en douceur, mais elle ne s'est pas effectuée seulement par la force. Il y a eu brassages et intégration dans la formation de la grande nation. L'identité française n'a pas impliqué la dissolution des identités provinciales, elle a effectué leur subordination, et elle comporte en elle l'identité de la province intégrée, c'est à dire une double identité.

Une idée certaine de la France

La Révolution française a apporté à la francisation  une légitimation  républicaine : en opérant une substitution de souveraineté, le peuple se proclame souverainement "grande nation" à la fête de la Fédération du 14 juillet 1790 où les représentants de toutes les provinces déclarent solennellement leur volonté d'être français. Dès lors la France incorpore, en sa nature même, un esprit et une volonté. La France, sans cesser de demeurer un être terrestre,  devient un être spirituel et cela d'autant plus qu'avec le message  de la déclaration des droits de l'homme, l'idée de France comporte désormais, dans sa singularité même, l'idée d'universalité. D'où l'amour que l'idée de France a inspiré à tant de proscrits, humiliés et persécutés dans le monde.

La polémique franco-allemande sur l'Alsace-Lorraine, au cours du 19ème siècle, affermit la conception spirituelle de l'identité  française. Alors que l'Allemagne considère comme sienne cette terre germanique de langue et de culture, la France la reconnait sienne par son esprit et sa volonté d'adhésion. C'est bien l'idée volontariste et spiritualiste de la France que la Troisième République a fait triompher sur les idées de race et de sang  que lui oppose le parti anti-républicain, dont du reste les trois composantes, monarchiste, catholique, xénophobe vont se dissocier.

La francisation par intégration d'immigrés

Aussi, dans le cadre intégrateur de la Troisième République, la francisation se poursuivra au 20ème siècle, mais de façon toute nouvelle, non plus à partir de territoires annexés ou ralliés, mais à partir d'immigrants venus des pays voisins. La France est alors le seul pays d'Europe démographiquement déclinant, où de plus les terres les moins fertiles sont abandonnées par leurs habitants. Cette situation attire les premières vagues d'Italiens et Espagnols. La Troisième République institue alors les lois qui permettent aux enfants d'étrangers nés en France de devenir automatiquement français et facilitent la naturalisation des parents. L'instauration à la même époque de l'école primaire laïque, gratuite et obligatoire permet d'accompagner l'intégration juridique par une intégration de l'esprit et de l'âme. Dans ce sens, le "nos ancêtres les Gaulois" que l'on a fait ânonner aux enfants d'immigrés ne doit pas être vu seulement dans sa stupidité. Ces Gaulois mythiques sont des hommes libres qui résistent à l'invasion romaine, mais qui acceptent la culturisation dans un Empire devenu universaliste après l'édit de Caracalla. Dans la francisation, les enfants reçoivent de bons ancêtres, qui leur parlent en même temps de liberté et d'intégration, c'est à dire de leur devenir de citoyens français.

Ainsi le processus multiséculaire de la francisation a formé la France. Au cours de ce processus, la Révolution française a introduit dans le code génétique de l'identité française un principe spirituel et l'idée d'universalité. Ce qui signifie que le ressourcement français, compris dans cette logique historique, n'est pas un processus de rejet et de fermeture.

Il y a eu certes des difficultés et de très grandes souffrances et humiliations subies par les immigrés, vivant à la fois  accueil, acceptation, amitié, et refus, rejet, mépris, insultes. Des réactions  xénophobes n'ont pu toutefois empêcher le processus de francisation, et, en deux et au plus trois générations, les Italiens, Espagnols, Polonais, juifs laïcisés de l'est et de l'orient méditerranéen se sont trouvés intégrés jusque dans et par le brassage du mariage mixte. Ainsi, en dépit de puissants obstacles, la machine à franciser laïque et républicaine a admirablement fonctionné pendant un demi-siècle.

Est-elle rouillée aujourd’hui ? Rencontre-t-elle des problèmes nouveaux qu'elle ne peut résoudre ?

Les  difficultés nouvelles

Il y a eu, avons nous vu, une mutation dans la francisation quand celle-ci, au début du siècle, s'est effectuée non plus en provincialisant des territoires, mais en nationalisant des immigrés. Aujourd'hui, de nouvelles conditions semblent devoir appeler une seconde mutation.

Tout d'abord il y a l'exotisme de religion ou de peau chez de nombreux immigrés, venus des Balkans, du Maghreb, d'Afrique noire, d'Asie (Pakistan, Philippines). Il faut toutefois remarquer que la religion des immigrés cesse d'être un obstacle dès qu'il y a acceptation de la laïcité de la vie publique française, condition sine qua non de l'intégration, et cela a été le fait des juifs et des musulmans des précédentes générations, qui, comme les catholiques, ont pu garder à titre privé leur foi religieuse. Il faut remarquer aussi que les noirs et créoles des territoires d'outre-mer sont déjà entrés dans la nationalité française,  de même que des Vietnamiens et Chinois. Mais l'extension du flux doit nous amener à concevoir qu'un caractère multi-ethnique et multi-culturel élargi devient un constituant nouveau de l'identité française, qui,  comme déjà celle des pays d'Amérique du nord et du sud, va comporter en elle la possibilité d'intégrer dans son principe tous les constituants ethniques de la diversité planétaire.

En second lieu, nous sommes entrés dans une période de crise d'identité aux multiples visages. La double identité, provinciale et nationale, cesse d'être vécue de façon paisible dès lors que le courant d'homogénéisation mondialisant menace la première identité. D'où à partir de 1960 les réactions provincialistes de défense linguistique, culturelle et économique pour sauvegarder l'identité menacée. Un tel problème se pose également, bien que de façon différente, chez des immigrés qui veulent  bénéficier de la civilisation française sans y dissoudre leur identité. Il ressort que l'identité française doit demeurer une double identité, et respecter désormais de façon attentive, y compris pour les français eux-mêmes, les diversités ethniques/culturelles, ce qui entraine un dépassement du jacobinisme  homogénéisant.

En troisième lieu, le problème de la francisation se pose aujourd’hui dans le contexte d'une crise de la civilisation urbaine. Cette crise que subit le plus gros de la population française y favorise les rejets et les agressivités, ce qui favorise chez les récents immigrés le repli ghettoïque, la refermeture sur les solidarités d'origine, et la constitution de bandes adolescentes ethniquement fermées sur elles-mêmes. Tout cela   fortifie la boucle causale où les hostilités s'entre-nourrissent les unes les autres, constituant  autant de freins  à l'intégration.

En quatrième lieu, les tensions extrêmes qui, depuis la guerre  d'Algérie jusqu'à la guerre du Golfe et le nouveau djihadisme, renaissent périodiquement entre le monde arabo-islamique et le monde européo-occidental, ne sont pas près d'être apaisées tant que la crise du Moyen-Orient, avec d’abord le problème israélo-palestinien, puis les crises de décomposition irakienne, libyenne, syrienne, pèsent de façon damocléenne sur notre avenir. La tension muette, mais craintive et parfois haineuse de part et d'autre, constitue une barrière invisible à l'approfondissement de l'intégration des populations d'origine arabo-islamique. Les cas de Khaled Kelkal et Mohammed Mehra (cf. annexe II) illustrent l'oscillation, chez bien des jeunes beurs pourtant nés en France, entre intégration, délinquance, djihadisme.

Enfin, la crainte de la ruée des immigrants pauvres du Sud et de l'Est dans une société vouée au chômage et menacée de crise crée un climat apte à favoriser les rejets aveugles.  Ce qui pose le problème : le processus de francisation peut-il se poursuivre au moment même où tant de conditions psychologiques, sociales et économiques sont favorables aux  xénophobies et racismes dans un processus de régression politique favorable aux refermetures nationalistes et ethnicistes ?

Aux couleurs de la France

Tout d'abord, retirons tout critère quantitatif abstrait qui déterminerait le taux d'immigrants intégrables. Une culture forte peut assimiler un très grand nombre d'immigrés. Ainsi, depuis le début de ce siècle, une Catalogne de 2 millions d'habitants a pu catalunyer 6 millions de non catalans. La force de la  culture catalane était d'être une culture urbaine, dont la langue était parlée par la bourgeoisie et l'intelligentsia, et non une culture folklorique résiduelle des campagnes. La culture française est très forte. C'est une culture de villes, qui favorise rencontres de travail, de bistro, de loisirs (il faut voir comment une grande victoire de football francise immédiatement et provisoirement blacks et beurs) ; cette culture  comporte un système éducatif généralisé et encore puissant. C'est une culture publique et civique de caractère laïque, et c'est cette laïcité qui seule est capable  d'intégrer politiquement et intellectuellement, les diversités ethniques. C'est la culture laïque qui constitue à la fois un des caractères les plus originaux de la France et la condition sine qua non de l'intégration de l'étranger.

Mais nous devons cesser de lier  uniformisation  culturelle et laïcité. Il faut au contraire lier l'abandon du jacobinisme culturel à la régénération de la laïcité. Dès lors notre culture peut ouvrir davantage son universalité potentielle et accepter l'idée d'une France multiethnique et multi-culturelle, qui en s'ouvrant aux diverses couleurs de peau, demeurera aux couleurs de la France,  c’est-à-dire Une.

Les Etats-Unis disposent  d'une culture forte de nature différente. Elle est fondée sur les principes de leur Constitution, sur le rêve américain de réussite, et sur l'unification des mœurs, goûts, gestes, façons de parler qu'ont répandu le cinéma et la télévision, ce qui leur permet, en dépit d'énormes désordres, violences et iniquités, de métaboliser des immigrants de toutes origines et fabriquer des Américains. La France, qui s'est faite et développée dans et par la francisation permanente au cours d'une histoire millénaire, est différente. Son statut se trouve entre celui des autres pays européens dotés d’une histoire singulière, qui longtemps pays d'émigrants, ne savent pas intégrer leurs immigrés, et celui des Etats-Unis, pays d'immigration par nature.

Le problème n'est donc pas, dans son principe, celui de la quantité d'immigrants. Le problème est celui du maintien de la force de la culture et de la civilisation française. Il est  inséparable du problème que pose le devenir de la société française.

Nous avons dit que la culture urbaine et l'éducation sont des facteurs fondamentaux de la francisation des immigrés. Mais la ville est en crise, l'éducation se sclérose. Le délabrement de civilisation est à la fois le problème de fond de notre société  et le problème de fond de la francisation.

Une culture forte peut intégrer, mais non dans des conditions  de crise économique et morale grave. Tout est lié aujourd’hui : politique, économie, civilisation. On commence à voir le lien entre ville-banlieues-logement-atomisation-jeunes-drogues-immigrés-chomeurs, bien que chacun de ces problèmes comporte sa spécificité.

Avicenne, à la suite d'Hippocrate, disait qu'il faut traiter les causes d'une maladie et non ses symptômes. Mais il disait aussi que quand le malade est au plus mal, il faut traiter d'urgence les symptômes. Aussi, il est aujourd’hui nécessaire de réduire les symptômes (logements, crédits, loisirs, sports, etc...), mais il ne faut pas pour autant oublier les problèmes de fond, qui nécessitent l'élaboration d'une politique de fond : une politique de civilisation.

Une politique de civilisation viserait à régénérer les cités, à réanimer les solidarités, à susciter ou ressusciter des convivialités, à régénérer l'éducation. Ces quelques orientations ne formulent pas des solutions, elles indiquent  des voies.

Il ne faut pas exclure l'hypothèse que nous soyons submergés par  des crises en chaine, et qu’alors des régressions économiques, sociales, politiques entraineraient l'arrêt de la francisation. Une progression économique, sociale ou politique comporterait au contraire d'elle-même la poursuite de la francisation.

Enfin, il est nécessaire de situer le problème de l'immigration dans son contexte européen. Tous les pays d'Europe sont aujourd’hui en crise démographique, tous les pays occidentaux et nordiques comptent des populations immigrées. Le modèle français de naturalisation et d'intégration scolaire pourrait donc devenir un modèle européen, qui permettrait à l'Europe de rajeunir démographiquement et d'assumer sa nouvelle et future condition de province planétaire. De plus une citoyenneté européenne permettrait aux immigrants d'accéder à une multi-identité nouvelle, tout en provincialisant leur origine extra-européenne. Et, même au sein de cette conception européenne, l'originalité française demeurera, puisque, répétons le, l'histoire de France se confond avec l'histoire de la francisation.

Ici encore, la prospection d'un avenir nécessite le retour aux sources. D'où notre conviction : continuer la France millénaire, la France révolutionnaire, la France républicaine, la France universaliste, c'est aussi continuer la francisation. C'est continuer l'originalité française dans l'intégration européenne.

Mais une telle continuation  nécessiterait une profonde régénération non seulement politique et culturelle, mais aussi pédagogique. De toutes façons, la route sera longue, difficile, aléatoire, et il y aura encore du sang et des larmes.


j'avais fait quelques incursions dans les commentaires, mais celui que je préfère est celui-ci :

LeFrançois a écrit:
12/06/2015 12:19

c'est se poser la question.


Patlotch a écrit:
09/06/2015 19:14

il fut un temps où Edgar Morin avait quand même une vision du monde un peu plus large, mais qu'il en arrive à poser cette question, Qu'est-ce qu'être Français ?, pour y répondre comme il le fait dessous, c'est dire à quoi en sont rendus des penseurs un temps plus féconds

cela me fait presque pitié pour lui, chez qui l'on trouve toujours à glaner pour semer quelque idée dérangeante, du genre l'horizon est à nos pieds, de le voir ainsi au bord de se vautrer dans l'idéologie française, au point de penser résoudre la question 'indigène', pour faire court, par une solution d'intégration nationale

les attentats parisiens, tout me le confirme, ont ouvert une période extrêmement grave, un tournant français dans le crise du capitalisme occidental, bête à l'agonie des plus dangereuses

nous voilà confrontés à une bifurcation de l'histoire, et l'idéologie qui l'accompagne se forge à la mesure des enjeux, presque en deux camps, sur une ligne de classe où le racisme joue sa partition corrigée des variations saisonnières de l'histoire

Edgar Morin fut de ceux qui m'apprirent à penser, avec "La vie des idées", un tome de La méthode sauf erreur. De mémoire, il y montrait (dé-construisait ?) ce qu'est le « noyau dur » d'une idéologie. Je pense qu'avant d'écrire ce billet, il aurait dû prendre temps et soin de se relire

tout cela est bien triste. "Français", où allons-nous ?


j'offre à Edgar Morin, et aux autres, ce poème

Allons en fans de la pas triste

Sonnet, 17 avril 2003


En l’état où tombent les statues
Se ramassent encore à l’appel
Les feuilles de routes où vertus
Se cherchent une geste pêle-mêle

Si les statuts contre l’État tuent
Dans l’œuf les révoltes et fort belles
Promesses qu’ils n’ont pas abattues
Aux élans vivre enfin donne zèle

Allons en fans de la pas tris-te
Multitude en Communes ate-
lées sans tabous ni laids boniments

À bâtir se prendront davantage
Qu’en abâtardies luttes en cages
Les bastilles dans leurs tremblement





Le radeau de la méduse, Theodore Géricault, 1819



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MessageSujet: Re: 2 - MATÉRIAUX quotidiens : événements, presse, documents, images   Jeu 3 Déc - 13:45


sur le blog de Claude Guillon, « écrivain anarchisme »



À propos des victimes de la tuerie du Bataclan et de l’indécence

Claude Guillon a écrit:
…un ami me transmet cette photo, prise aujourd’hui même, mercredi 2 décembre, devant Le Bataclan, à Paris.

En la regardant, on remarquera aisément que les bottes qui viennent souiller tel ou tel «mémorial» improvisé peuvent être virtuelles.

Radicalisation et recrutement, qu’ils disent…



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MessageSujet: Re: 2 - MATÉRIAUX quotidiens : événements, presse, documents, images   Jeu 3 Déc - 13:54

ambiance... Je connais bien ce quartier, où j'ai habité de 1989 à 1997, et où je passe encore régulièrement voir des amis

Sur les lieux des attentats du 13 novembre, le délicat retour à la vie de quartier Lucie Soullier Le Monde.fr 03.12.2015


Devant le restaurant Le Petit Cambodge, mardi 1er décembre 2015

Citation :
« Et ça, poubelle ? » Devant Le Petit Cambodge, dans le Xe arrondissement, les agents de la propreté de Paris font le tri entre les fleurs fanées et les hommages à garder. Cela fait près de trois semaines que les terroristes ont tiré à la kalachnikov sur ce restaurant et sur le bar d’en face, Le Carillon. Depuis, le trottoir, où 15 personnes sont mortes, déborde de roses, bougies et autres messages aux victimes. On y a même déposé quelques bières.

Mardi 1er décembre, le conseiller d’arrondissement est venu lui-même expliquer la décision de la mairie de réduire la place prise par l’intouchable mémorial. Pour des questions de sécurité sur le carrefour rouvert à la circulation, mais pas seulement. « C’est difficile pour les habitants de voir ça tous les jours, explique Stéphane Bribard. Cela fait une semaine qu’ils demandent qu’on intervienne. »

Les services de la propreté de Paris, mais aussi ceux de la culture, « pour le côté mémoire », et quelques habitants se sont donc réunis ce matin-là pour remplir des sacs-poubelle de restes de bougies et de dessins lessivés par la pluie. Une première étape. Pour le moment, les témoignages et les photographies restent en place. « Mais à un moment, il faudra aussi les enlever », prévient l’élu. La mairie de Paris les récupérera pour en faire un mémorial. Ailleurs. Plus tard. « Il est trop tôt pour savoir quoi faire et comment. »

Sous un couvercle de morosité

Pour la première fois depuis les attentats, le rideau du Petit Cambodge s’est entrouvert mardi dans la matinée. Un homme a sorti les tabourets et vidé les aliments qui pourrissaient depuis cette nuit-là et commençaient à incommoder les voisins. Le mur longeant la rue Alibert a également été repeint quelques heures plus tôt.

Ils sont nombreux ceux qui aimeraient redonner un semblant de normalité au quartier enfermé « sous un couvercle de morosité », selon Emilie Morat, qui travaille dans un magasin non loin de là. La jeune femme raconte les perches à selfie et les cars de Japonais qui se succèdent « depuis ». Du jamais vu dans ce quartier où l’on vit comme dans un village.

Pascal, un chauffeur livreur de 39 ans, qui habite une rue voisine, ne supporte plus l’intrusion des curieux dans sa vie quotidienne de père de famille. Il aspire à un peu de tranquillité, même s’il « ne veut pas empêcher les gens de venir se recueillir ». Si les poussettes peuvent à nouveau rouler sur le trottoir, lui préfère ne pas passer trop souvent « devant » avec sa fille de 5 ans. Et il n’est pas le seul. Certains parents d’élèves font « des détours incroyables » pour emmener leurs enfants à l’école maternelle Parmentier, explique son directeur, Laurent Boutillier.

D’autres se retrouvent à bavarder au milieu de la rue, puisque, jusqu’ici, c’est au Carillon qu’ils se retrouvaient pour un café. Ces parents se connaissaient déjà avant les attentats. Leurs discussions tournent désormais autour de sujets plus sombres que les goûters d’anniversaire. On se tient au courant des nouvelles mesures de sécurité, comme la fermeture de la grille de l’école dès 8 h 30, ou de la visite du premier ministre, Manuel Valls, que certains auraient préféré éviter. Pour ne pas perturber davantage les enfants.

Déménager ?



Devant le bar Le Carillon, mardi 1er décembre 2015, avant le nettoyage du trottoir

Mais le retour à une vie « normale » n’est pas si facile à envisager. Carmela Uranga avoue même avoir un peu peur du vide qui viendra après le départ de la foule, des fleurs et des caméras. Cette mère de famille de 47 ans sait pourtant bien qu’elle en a « besoin pour réaliser ce qu’il s’est passé et faire [son] deuil ». Ce soir-là, elle et ses deux petites filles ont tout entendu depuis leur appartement de la rue Bichat.

Parfois, la traductrice oublie les corps aperçus par la fenêtre. Mais dès qu’elle sort, « impossible de ne pas voir, c’est tellement présent ». Déménager ? Evidemment qu’elle y a pensé, les premiers jours. Mais elle a vite renoncé. Depuis les attentats, étrangement, elle se sent enfin chez elle. Pas en France, pas à Paris. Mais ici, dans ce petit coin de rue. Elle, l’Argentino-Ecossaise au passeport américain qui a grandi en Angleterre et pour qui « la nation n’a jamais été un concept très clair », défendra désormais ce que représente ce quartier pour elle : « la solidarité, l’échange, les rires ». D’ailleurs, il est temps qu’elle aille chercher Keona à l’école. Le serveur de chez Maria Luisa a promis de lui offrir une pizza pour ses 9 ans.

Sur le carrefour devenu mémorial, seule la terrasse de cette pizzeria échappe aux monceaux de fleurs. Pas à la vue imprenable sur ceux du Carillon et du Petit Cambodge. Les clients y sont plus rares, certes, admet la serveuse, « mais le soutien tellement présent ». Sur le site du Fooding, l’équipe invite d’ailleurs chacun à venir goûter à son tiramisu qui n’a « jamais si bien porté son nom » : littéralement « tire-moi vers le haut », en italien. Les commerçants du quartier, dont le chiffre d’affaires pâtit sérieusement des événements, attendent avec impatience que leurs deux voisins rouvrent leurs portes. Les deux ont annoncé qu’ils le feront. Le Petit Cambodge peut-être même dès janvier.

« Redonner de la couleur et de la gaieté »

En attendant, le quartier tente de se réapproprier ce qui lui est arrivé. Avec la présidente de l’association des habitants et Stéphane, du Bistrot des oies, la gérante du magasin Objet céleste, Hélène Lebecque, a ainsi lancé l’idée d’une guirlande de fanions qui les relierait. « L’idée est que chacun apporte son message sur un morceau de tissu. » Ils communiqueront peu sur le projet, et sûrement pas sur les réseaux sociaux. Pour que ne participent « que des gens qui sont venus et ont ressenti l’émotion du lieu ».

« Et puis, il faut redonner de la couleur et de la gaieté à ce quartier », conclut la jeune commerçante. Evidemment, « personne n’oubliera parce qu’il n’y a plus de fleurs » au coin de la rue, souligne Pascal. Il ne s’agit d’ailleurs pas d’oublier, selon Emilie Morat, pour qui « cet événement fera toujours partie de l’histoire du quartier ». Celle d’une petite communauté qui espère trouver sa résilience en étant plus solidaire que jamais. Manger une pizza ici, boire un verre là. Même si cela demande de braver sa peur, et de passer outre les monceaux de fleurs.


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MessageSujet: Bernard Tapie   Dim 20 Déc - 7:58


je ne sais pas où le mettre, c'est un bon "matériau", il est partout, pas plutôt parti qu'il revient...



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