PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?

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MessageSujet: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Dim 29 Nov - 16:59



« L’époque ne demande plus seulement de répondre vaguement à la question

« Que faire ? »

Il s’agit maintenant, si l’on veut rester dans le courant, de répondre, presque chaque semaine, à la question :

« Que se passe-t-il ? »


Guy DEBORD, lettre à Eduardo ROTHE, 21 février 1974, Correspondance V, p.126




Dernière édition par Admin le Ven 14 Avr - 10:11, édité 3 fois
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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Lun 30 Nov - 16:37

en relation le sujet :

DROITE-GAUCHE : IMPLOSION d'un PARADIGME FRANÇAIS historique et CRISE de la POLITIQUE INSTITUTIONNELLE



C'est officiel, il n'y a plus de gauche en France Jérôme Béglé Le Point.fr 28/11/2015 à 10:42

En deux semaines, le gouvernement s'est renié pour se muer en champion de l'ordre public et de la sécurité. Un tête-à-queue idéologique dangereux...


En quinze jours, la gauche a jeté aux orties plus d'un demi-siècle
de principes et de professions de foi. © MIGUEL MEDINA

Citation :
Début novembre, interpréter La Marseillaise et brandir un drapeau français faisait de vous un quasi-fasciste. Aujourd'hui, ne pas pavoiser sa demeure de l'emblème tricolore vous rend suspect d'être un cœur sec et un mauvais Français. La gauche vient d'opérer un stupéfiant virage idéologique à 180 degrés. En quinze jours, elle a jeté aux orties plus d'un demi-siècle de principes et de professions de foi.

L'état d'urgence permanent ?

Le pacifisme était son vieux fonds de commerce ; Brassens, Vian et Sartre, ses idoles. Vendredi matin, la France a prévenu qu'elle risquait de déroger à la Convention européenne des droits de l'homme. On imagine sans peine les cris d'orfraie des professionnels de l'indignation si un gouvernement de droite s'était livré à une telle remise en cause de principes que l'on croyait intangibles. Vladimir Poutine et Bachar el-Assad étaient hier désignés comme des ennemis de la démocratie, des infréquentables que l'on n'invitait pas à notre table. Le chef de l'État russe est désormais un allié incontournable de la France pour mener la guerre contre le groupe État islamique. Cette semaine, François Hollande a revêtu ses « battle dress » pour vanter l'action de l'armée française en Afrique et au Moyen-Orient et réclamer des renforts à tous ses alliés, convaincant même Angela Merkel d'envoyer des centaines de soldats allemands au Mali...

Non content d'avoir promulgué l'état d'urgence pour trois mois, le gouvernement a laissé entendre par la voix de Bernard Cazeneuve que cette situation exceptionnelle pourrait être prolongée. Dans le jargon de la gauche, cela signifie que « l'arbitraire administratif » prend le pas sur la projection des libertés publiques. En un trait de plume, on a gommé toute la jurisprudence Taubira et l'angélisme mécanique des défenseurs des droits. Chaque matin, on claironne le chiffre des perquisitions, des gardes à vue et des armes saisies. Mieux, la gauche Hollande-Valls ouvre le débat sur l'identité nationale, abordant des sujets qu'Éric Besson chargé de cette délicate tâche par Nicolas Sarkozy en 2007 n'osait pas mettre sur la table. Le ministre issu du Parti socialiste avait été raillé par les siens, prompts à fustiger sa trahison. Ce mois de novembre, ses camarades d'hier franchissent à la vitesse de la lumière les limites qu'ils estimaient alors intangibles, arguant qu'elles étaient l'essence même de notre démocratie.

Le Front national en reste sans voix


L'évolution idéologique et sécuritaire du gouvernement est telle qu'elle laisse Marine Le Pen et le Front national sans voix. En deux semaines, la gauche au pouvoir s'est emparée de ses thèmes de campagne et de ses chevaux de bataille. Florian Philippot n'en demandait pas tant... Pas dupes, les électeurs hésitants viennent grossir les rangs du FN, si l'on en croit la demi-douzaine de sondages rendus publics cette semaine. Hier anti-républicains, ce parti donne désormais le « la » de la politique pénale et sécuritaire du gouvernement. Difficile ensuite de mobiliser vos électeurs contre ce fascisme qui serait à deux doigts de prendre le pouvoir alors que vous lui empruntez son programme sécuritaire...

À court terme, cette confusion idéologique est admise par des électeurs encore traumatisés. Mais elle sera mortifère pour la gauche. La mise en scène de l'émotion a atteint sa limite et frôle l'indécence. Que fera-t-on si un autre attentat ensanglante la France ? Quel subterfuge langagier faudra-t-il inventer ? Quel principe devra-t-on immoler en place publique ? Depuis le 15 novembre, la gauche ne se détache plus du courant libéral de droite que par ses généreuses subventions accordées à des associations ou des secteurs d'activités déjà gorgés de subsides publics... Elle ne brille plus que par les usines à gaz fiscales qu'elle s'ingénie à construire en faisant croire qu'un tel dispositif peut relancer l'investissement, les TPE ou l'emploi salarié... Sauf que, selon les chiffres dévoilés jeudi, le chômage a encore crû de 42 000 personnes en un mois. Chaque jour d'octobre, 1 500 Françaises et Français ont perdu leur travail. A-t-on entendu un leader de gauche s'en émouvoir ?


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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Mar 1 Déc - 1:14


la totale !

jamais la sociale ?

mail reçu de je ne sais qui : "lire sur Le Vénissian"

je souligne en gras
Citation :
Des luttes au vote, contre l’austérité ! 30 novembre 2015

- mardi 1/12à 16h,Vénissieux, Rencontre avec Cécile Cukierman pour l’emploi

- mardi 1/12à 19h30, Villeurbanne, Grand Meeting de campagne contre l’austérité.

- mercredi 2/12 à 11H30 devant Air France 10 quai Jules Courmont, Non à la répression et aux sanctions, oui à l’efficacité économique et sociale !

- Dimanche 6/12... Un sursaut populaire contre l’austérité, pour l’emploi et les services publics, pour la paix contre les guerres et le terrorisme !

Elections régionales des 6 et 13 Décembre 2015

Avec Cécile Cukierman, l’emploi d’abord !

Mardi 1/12 à 16h, Maison du peuple, Vénissieux

Nos projets pour une région solidaire et citoyenne





"La sociale" ?

Citation :
"La sociale" ? La République sociale est apparue sur la scène de la lutte politique il y a un siècle et demi. Contre la République bourgeoise qui continuait la monarchie, les ouvriers parisiens et leurs premiers représentants réclamèrent le droit au travail, l’intervention de l’État pour garantir contre le chômage, la maladie, ceux qui n’avaient rien d’autre à vendre que leur force de travail.

La France, depuis 1946 est un République laïque, démocratique et sociale ! C’est du moins ce que disent les textes. En pratique, elle est de moins en moins laïque, la démocratie ne s’y porte pas très bien - le régime de la Ve République ne convient guère aux républicains - et « l’état social », issu ces conquêtes sociales de juin 36 et de la Libération est mis en pièces par les gouvernements successifs.

Être vraiment républicain, c’est défendre la liberté par la loi. Et la loi est celle qui protège les individus contre la domination, non seulement politique mais aussi sociale et économique. Être vraiment républicain, c’est donc conduire à la république sociale, la seule expression possible aujourd’hui du vieil idéal socialiste.

Textes à propos de "La sociale" : voir le site  La Sociale Analyses et débats pour le renouveau d'une pensée de l'émancipation





ça se dégrade...

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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Mar 1 Déc - 14:35


qui survivra verra

la question « Que se passe-t-il ? » dans le contexte de la double crise de l'Occident et du Capital, en ouvre selon moi trois autres :


- est-ce que cette double crise, pour être résolue, nécessite pour le capitalisme occidental l'engagement dans une guerre mondiale ?

- assiste-t-on à une restructuration du capitalisme mondial d'une ampleur comparable à celle engagée dans les années 1970 ?

- que devient dans ce contexte la perspective révolutionnaire communiste ? Une fenêtre possible pour une révolution communisatrice peut-elle s'ouvrir en s'épargnant la "parenthèse" d'une guerre mondiale ?


en relation :

- ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ?

- CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION COLONIALISTE" ?

- une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?





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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Mer 2 Déc - 10:47



classes et couches sociales
contradictions d'intérêts immédiats et à termes

formulation idéologique et représentation politique


jusque-là, j'ai pu montrer, depuis les attentats de janvier

1) comment l'idéologie française traverse tout le champ politique des anarchistes et de l'extrême gauche à l'extrême droite en passant par les partis institutionnels de la représentation politico-démocratique*

* ont disparu deux des sujets des plus alimentés du forum :
- - L'IDÉOLOGIE FRANÇAISE de l'extrême-droite aux anarchistes, avec Théorie Communiste (Roland Simon)... Todd... Alain Bertho... contre les temps a-critiques
- LE NÉO-POPULISME et le FASCISME FRANÇAIS, la nébuleuse anti-système entre extrême-droite et "ultragauche", écolo-national-anarchisme... entre racisme et anti-racisme abstrait...



2) qu'il ne s'agissait pas que de représentation politique mais, à l'instar de toute idéologie, d'une Structure of Feeling (Raymond Williams) pénétrant les rapports sociaux dans la vie quotidienne (Roland Simon),

mais je n'ai pas mis en évidence comment les différentes classes sociales de la société française se situent relativement à cette idéologie. Or c'est là le travail de fond à faire si l'on veut non seulement comprendre le processus mais tenter de voir comment et vers quoi il évolue


c'est en quelque sorte ce que fait Marx dans ses analyses des "Luttes de classes en France", du "18 Brumaire de L. Napoléon Bonaparte", et de La Commune


c'est aussi le processus que nous avons vu se dessiner en suivant les "révolutions arabes", avec des éléments déclencheurs dans le prolétariat ou chez les jeunes diplômés précaires ou chômeurs, avec une progressive montée en puissance de l'expression des couches moyennes, des luttes démocratiques massives (occupation des places, rôle des organisations syndicales ou politiques d'opposition, partis islamistes, réseaux sociaux...),


puis de la reprise en main étatico-militaire, répressive, pour les intérêts de la bourgeoisie nationale en alliance avec les puissances occidentales ou asiatiques



la classe moyenne entre luttes prolétaires et sauvegarde des acquis du capital


en France, il est évident que le rôle de la classe moyenne et de ses couches supérieures* est énorme, et le club médiapart, depuis juin**, m'en a fourni nombre d'exemples concrets, individualisés suivant leur évolution même au cours de ces derniers mois, mieux qu'un sondage ou des statistiques impersonnelles à l'instant "t". Ce sujet a également été détruit

* qu'on peut encore appeler "petite bourgeoisie" au sens de Marx : commerçants et professions libérales, cadres supérieurs du privé ou de l'administration, enseignants du supérieur voir du secondaire, paysans riches...

** COUCHES MOYENNES : le Club Médiapart de l'Idéologie française : plongées socio-humeuristiques de Patlotch et Cerise sur les gâteux


mais l'on peut visiter "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, transclassisme, prolophobie



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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Mer 2 Déc - 11:35


d'écarts produits par les luttes des femmes et les luttes décoloniales

comme écarts dans la lutte de classe

au sein de la double crise de l'Occident et du capital


sur la modélisation de la "théorie de l'écart" par Théorie Communiste, nous allons pouvoir définir des "écarts" portant sur d'autres contradictions dans la structure à dominante du capital

* voir ([iThéorie de l'écart[/i], TC 20, Théorie Communiste)

comment les luttes prolétariennes s'affrontent aux limites du "système capitaliste", c'est-à-dire remettent en cause l'exploitation et si c'est le cas leur condition prolétarienne[/b], en créant un« écart au sein de l'action en tant que classe »


il s'agit de reformuler ce qui a été dit à propos de la domination masculine et du machisme structurel (la « contradiction de genre » selon Théorie Communiste) et, au-delà de la domination racialiste ou raciste, les écarts que produisent, en termes de classes, les luttes décoloniales révisitées par la théorie du même nom

il ne s'agit bien évidemment pas de renouer avec la somme de dominations et "contradictions dialectiques" savamment articulées en tous sens et non sens, telles que Théorie Communiste le reprochait au démocratisme radical et jusqu'à la revue Endnotes en 2012*, au moment de la rupture dans Sic, revue internationale pour la communisation première manière (et manières de faire... en "pratiques théoriques" ce avec quoi j'étais en profond désaccord)


* voir dndf : Fin de parti(e) 'Théorie communiste' quitte la revue SIC 6 octobre 2013




je ne retrouve pas un texte très critique de TC reprochant, injustement à mon sens de mettre toutes les "dominations" sur le même plan comme l'idéologie démocrate radicale, ou de multiplier les contradictions sans structure à dominante, problème majeur de toute approche intersectionnelle...


sortir du brouillage trans-classiste et eurocentriste de l'intersectionnalité



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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Mer 16 Déc - 11:08


il y a ce qui se passe
ce qui se pose
ce qui se pense
ce qui s'impose



l'effondrement accéléré de toute la vie politique et "démocratique" dans l'idéologie française, sans parler de celle de la critique intellectuelle, et de la vacuité de la critique "marxiste" héritée des dogmes programmatistes ou recyclée par l'ultragauche eurocentriste, tout cela est évidemment affligeant, mais ne doit pas nous désespérer. La nature a horreur du vide, la pensée aussi, et le réel y pourvoira

les hypothèses formulées depuis un à deux ans se précisent et s'orientent de façon plus juste, tant sur le plan de l'exposition théorique, que de son accrochage aux constats empiriques à l'échelle mondiale

il est probable que la guerre qui est là, avec ses caractéristiques nouvelles et inouïes de l'ampleur d'une crise de civilisation, va s'amplifier et produire des effets destructeurs, dévastateurs, restructurateurs et rénovateurs sur tous les plans, dont la restructuration en cours du capitalisme est un aspect certes déterminant, mais dont la seule observation du point de vue de l'économie politique est d'une part excessivement difficile, d'autre part insuffisante

il nous faut poursuivre ce travail, en toute conscience que les lignes claires n'en apparaîtront que progressivement, avec d'une part la décadence définitive de la critique "marxistes" traditionnelle toutes tendances confondues, du moins en Europe, d'autre part la montée des problématiques de la dynamique décoloniale des luttes contre le capital jusqu'au niveau profond d'un renversement épistémologique et culturel contre-idéologique

c'est aussi une affaire générationnelle, en d'autres termes, de moyen terme, de transition théorique et de médiation temporelle. Selon ce qui se passera dans la monde (guerre, crise, luttes...), le processus sera plus ou moins rapide, et l'on n'en verra pas d'effets déterminant avant 5 à 15 ans, soit une ou deux générations de vieux crevant de leur sénilité gauchiste, et de sang neuf pour repenser le monde en le transformant




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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Lun 21 Déc - 9:36

repris et complété, de 8h10

quel paradigme en Europe ?

populisme et démocratisme bien tempéré,
fin du clivage droite-gauche,
instabilité politique annoncée dans la crise

je reviens avec cette expression, dont je rappelle qu'elle m'avait été inspirée par un chapeau de dndf en mars dernier :

dndf a écrit:
Questions pour les partisans de la communisation 18 mars 2015

Le retour aujourd’hui à Francfort du couple Black Block / démocratisme radical est-il le symptôme de l’enlisement actuel des luttes et de l’incapacité conjointe du capital à se restructurer, situation dont la Grèce serait le paradigme ?

Ou juste une occasion de se fendre la gueule ?

Vous avez tout le temps que vous voudrez pour répondre, personne ne ramasse les copies.



LA théorie se ramasse une gamelle paradigmatique

dndf est accoutumé à se ramasser des gamelles plutôt que des copies, 9 mois ayant passé sans accoucher d'aucune. J'avais rendu la mienne sans attendre : voir « un retour du couple Black Bloc/démocratisme radical » à partir de quelques centaines d'énervés à Francfort me paraissait stupide et, au demeurant, pas compatible du tout avec les analyses de Théorie Communiste dont dndf est pourtant "très proche"


le véritable paradigme idéologico-politique

personne ne s'est intéressé, comme ici, au mariage d'un démocratisme tempéré à un populisme souverainiste traversant les clivages droite-gauche, dont la situation commune à la Grèce, à la France et à l'Espagne, serait "le paradigme"

si l'on y revient à la lumière des élections en France et en Espagne, on peut faire un constat :

ce qui concernant l'Espagne est nommé "rejet du bipartisme", hier confirmé par le vote Podemos 20% + Ciudadanos 15 % = 35%, n'est-il pas comparable au vote Le Pen à 40 %, après des années de rejet du système UPMS puis LRPS ?

comparable à un large front « Qu'ils partent ! », dans la foulée du « Tout sauf Sarkozy » dont le PS a encore pu bénéficier en 2012, et dont Hollande pourrait faire les frais en 2017, d'où la nécessité d'accélérer les ambitions d'un Valls, homme politique relativement neuf au regard de son peu d'ancrage à gauche et de son attrait à droite, ressemblant, par le style générationnel, davantage à Sarkozy qu'à Juppé ?

ce qui à première vue serait dissemblable, c'est à quoi Le Devoir s'arrête dans l'article ci-dessus, « Le contraste est saisissant avec les élections de la semaine précédente dans le pays d’à côté, la France. Lors des élections générales d’hier en Espagne, l’extrême droite est restée totalement absente, insignifiante, inexistante. », ne me paraît pas l'essentiel

certes, on assiste, en France, aux grands manœuvres de recomposition politique droite-gauche en vue de parer à la menace lepeniste pour les Présidentielles, à grand renfort de surenchère "républicaine" et "populaire" visant le bricolage d'« alliances » par l'ensemble plupart des leaders politiques (Cambadélis, Mélenchon, Valls et Raffarin, Hollande et Bertrand...), y compris par une gauche de la gauche décousue de fils rouge et vert, alliances cousues de fil blanc

l'Espagne institutionnelle ne nous offrira-t-elle pas, dans les jours qui viennent, le même spectacle pour la composition d'un gouvernement dans la décomposition du jeu politique qui traduisait jusque-là, par l'alternance PP-PSOE, la stabilité politique même qui est en passe de disparaître partout en Europe



le temps des gamelles vides

à l'instabilité économique et sociale annoncée par le FMI jusqu'en 2020 * correspond une instabilité politique qui appelle les "peuples" à se ramasser les gamelles vides du populisme démocratiste qu'ils appelleront de leur vœux votes

* temps difficiles pour les années à venir, l'instabilité sera la nouvelle normalité / 2010-2020, décennie d'ajustement : revue des tendances à l'austérité dans 187 pays / IMF projections : hard times for years to come, instability will be the new normal

mais comme disait Marx,


pas de recette pour les marmites de l'avenir

* beaucoup le citent comme de Marx refusant de "faire bouillir les marmites de l'avenir", mais je ne connais que cette occurrence, ou rien ne boue :

Marx a écrit:
« La méthode employée dans le Capital a été peu comprise, à en juger par les notions contradictoires qu'on s'en est faites. Ainsi, la Revue positive de Paris me reproche à la fois d'avoir fait de l'économie politique, métaphysique et - devinez quoi ? - de m'être borné à une simple analyse critique des éléments donnés, au lieu de formuler des recettes (comtistes ?) pour les marmites de l'avenir » Marx Le Capital, Livre premier, postface de la seconde édition allemande, 1867


« comtiste » renvoie à Auguste Comte, donc au "positivisme", soit un "objectivisme" courant chez les so called marxistes mais bien étranger à Marx lui-même



les gamelles se ramassent à l'appel...



Les feuilles mortes se ramassent à la pelle,
Les souvenirs et les regrets aussi


que fera le prolétariat ?



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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Mar 8 Mar - 1:16


la question que pose ce dessin de Placide est-elle juste Qui n'y a pas pensé, avec les cortèges étudiants se joignant à ceux des syndicats, le million de signatures au bas d'une pétition... Moi aussi, mais quelque chose me gêne dans cette volonté de voir une répétition, et à vrai dire, je ne crois pas que les conditions en soient réunies. En tout cas, si ce devait être le cas, ce serait sans doute beaucoup plus chaud, et se poserait alors la question de savoir jusqu'où, quelles limites seraient affrontées, que rien n'indique dans les mots d'ordre sur le retrait de cette loi, plus défensifs même des « acquis sociaux » que revendicatifs... Je ne pense pas non plus qu'on verrait des descentes de sous-prolos plus ou moins racialisés des "quartiers populaires", l'état d'urgence ce n'est pas du pipeau. Mais je peux me tromper




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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Mar 8 Mar - 1:29


je place ici ce texte qui est pour l'heure l'état de ma réponse à la question titre : Que se passe-t-il ? source : LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA : un LIVRE ? un MANIFESTE ? 2 mars 2016

complété et mis à jour, un court texte en chantier. J'ai ajouté un "?", parce qu'au fond je ne sais pas le statut d'un tel texte. Après tout l'on n'est pas obligé de figer le sens de "manifeste" plus que celui de "communisme" ou de "révolution". Je sais par contre que des écrits peuvent être performatifs, a minima en suscitant des remises en questions, en ouvrant des problématiques. En toute immodestie, je souhaite que ce soit le cas, sans quoi je n'aurais pas passé des années de ma vie pour en arriver là, à souhaiter quelque influence


ceci n'est pas un manifeste ?

le temps de la synthèse est peut-être venu. Ébauche et première esquisse, et du coup changement de titre général, allez, disons un peu optimiste, mais Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir :

COMMUNISME FEMINISTE & DECOLONIAL > LA RÉVOLUTION QUI VIENDRA

la révolution qui viendra


1) l'état des lieux historiques
du capital mondial et de l'Occident

nous pouvons maintenant reformuler schématiquement le cheminement historique depuis les années 1960 :

les contradictions du capitalisme à la fin des empires coloniaux, et du compromis keynésien entre luttes ouvrières, États et patronats nationaux dans les « pays développés », aboutissent, après 1968, à la décomposition du programmatisme prolétarien, du mouvement ouvrier international et de ses organisations, et à la restructuration globale du capitalisme, ouvrant la voie à de nouvelles contradictions dans l'histoire croisée de la domination occidentale depuis cinq siècles et du mode de production/reproduction capitaliste depuis deux siècles


c'est l'échec de l'internationalisme prolétarien, qui n'aura été qu'un universalisme prolétarien pour, dixit Marx lui-même, « unir les ouvriers de tous les pays... civilisés »

la longue période de défaites ouvrières face au capitalisme néo- et ultra-libéral, et la montée en puissance de capitalismes non-occidentaux, engendrent alors deux types de résistances :

1) caractéristiques de la sphère occidentale des "pays développés" du "Centre", ou du "Nord" :

de la part de la classe ouvrière et des couches salariées d'en-bas, des luttes plus défensives que revendicatives contre la remise en cause des "acquis sociaux" et de l'État-providence (gestionnaire et répartiteur du salaire socialisé, alimenté par la plus-value du travail productif)

de la part des couches moyennes menacées de prolétarisation, l'alternative démocratique "anticapitaliste" dans les pays développés, portée par les partis de gauche de plus en plus délaissés par le prolétariat qu'attire le populisme de droite ou le retrait abstentionniste

ce fut le moment de recherche d'une « convergence des opprimé.e.s, dominé.e.s, racisé.es...» l'exploitation capitaliste n'en étant au mieux qu'une composante, le moment du démocratisme radical et l'altermondialisme citoyen, avec ses composantes féministes et combats des minorités sexuelles, écologistes, etc. le moment de l'intersectionnalité sans 'structure à dominante' dans le capital

2) caractéristiques de la "périphérie", ex "Tiers-Monde", mais aussi du "Quart-Monde" et des populations "indigènes" minoritaires, issues des ex-colonies, dans la sphère occidentale des "pays riches" :

avec la crise des rapports post-colonialistes dans les ex-pays colonisés, dits hier « en voie de développement », aujourd'hui « économies émergentes », c'est la montée de luttes nouvelles des populations concernées, particulièrement indigènes (c'est par exemple le moment des démocraties populistes en Amérique latine, qui s'achève), luttes contre les bourgeoisies nationales corrompues autant que contre la domination des pays dominants, par l'extractivisme de matières naturelles et la spoliation des paysans pauvres, sur fond de trafics en tous genres (mafias, argent sale, paradis fiscaux, drogue, êtres et organes humains, travail des enfants...), la pression militaro-policière et les guerres de tous niveaux d'intensité qui les accompagnent


2) les luttes actuelles dans la double crise de l'Occident et du Capital

dans la crise économique, politique, idéologique et culturelle, qui met en cause la suprématie des puissances occidentales dans le capitalisme mondial, avec l'expansion des terrorismes engendrés par les crises des régions à ressources pétrolières ou autres - crise de la rente foncière sur laquelle sont assises les dictatures de ces pays amis-ennemis de l'Occident à domination américaine -, et avec la croissance démographique de ces régions très jeunes alors que les pays européens vieillissent, atteints de plein fouet par les mouvements migratoires qu'accroissent les guerres qu'ils conduisent pour la sauvegarde de leurs intérêts économiques, dans l'espoir de leurs dirigeants aux abois de contrebalancer l'effondrement de leurs situations économiques et sociales internes (ce qui ressemble aux motivations des colonialismes anglais et français dans la première moitié du 19ème siècle, un aspect oublié sur lequel il faudra revenir)

d'un côté la planète est menacée d'une guerre mondiale pour le maintien des taux de profits ((loi de la baisse tendancielle du taux de profit moyen) de chaque région capitaliste ou des capitaux transnationaux concurrents, pour conserver ou acquérir une place dans un "nouvel ordre mondial" qui ne pourrait être que chaotique,

d'un autre, dans la double crise de l'Occident et du capitalisme sont engendrées des luttes d'une nature nouvelle, dites décoloniales, et qui sont économiques et sociales, politiques, écologiques, féministes... brassant de façon contradictoire et inédite la question des identités nationales, ethniques et 'raciales', religieuses, et posant la question de leurs possibles dépassements des blocages de luttes de classe offensives aux limites de la reproduction du capital...



3) une perspective révolutionnaire nouvelle
vers
la subjectivation d'une classe des émancipations/abolitions
pour une communauté du vivant

c'est dans ces dynamiques réciproques, aux dialectiques complexes, entre double crise et nouvelles luttes de contenus et formes extrêmement diverses, que la montée en puissance de celles-ci peut redessiner des perspectives révolutionnaires d'abolition du capital et d'émancipation humaine : nouvelles formes et contenus de la lutte des classes, si « les damnés de la terre » trouvent les chemins d'alliances pour dépasser les segmentations entre "expulsés" du prolétariat salarié, "nègres du monde", nouveaux "lumpen", et populations exploitées ou dominées à divers titres

l'économie politique continue à conduire le bal entre « Monsieur le capital et Madame la terre » (Marx ici), mais elle n'écrit plus la partition d'un orchestre aujourd'hui privé de chef; elle n'est pas seule à mener la danse et rythmer la cadence désormais démultipliée, polyrythmique et polymétrique, créolisante, des dynamiques et processus de changements d'ampleur historique posant la nécessité d'un changement de civilisation

le prolétariat occidental, au sens ouvrier ancien sur lequel reposaient tant le programme prolétarien universel jusqu'à la fin des années 1960, que la théorie virtuelle de la communisation entre 1975 et 2010, n'est définitivement plus au cœur d'un processus de subjectivation révolutionnaire de classe , qui ne pourra plus suivre un seul chemin vers la "communauté humaine", mais des voies pluriverselles vers des communismes sans unité de contenus que pour renverser le mode de production et de reproduction économique, politique, culturel, idéologique et psychologique du capital destructeur de la vie sur terre et au-delà, vers une communauté du vivant

alors les individus pourront devenir des autres, et se livrer en liberté à l'épanouissement  de leurs capacités créatrices de tous ordres et désordres vitaux, poétiques et amoureux


Twisted Evil

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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Mer 6 Avr - 18:02

.
peut-être peut-on considérer que

le démocratisme radical s'est muté en populisme radical


j'ajoute au titre du sujet ce questionnement. Il conviendrait de voir en quoi ce populisme serait radical, c'est-à-dire à la racine du populisme en sa définition, sur quoi je reviendrai à l'occasion
wikiédia le définit ainsi :

Citation :
Le populisme désigne un type de discours et de courants politiques qui fait appel aux intérêts du « peuple » (d’où son nom) et prône à son recours, tout particulièrement en opposant ses intérêts avec ceux de « l'élite », qu'il prend pour cible de ses critiques, s’incarnant dans une figure charismatique et soutenu par un parti acquis à ce corpus idéologique.

il y a, dans le populisme, un fonctionnement en boucle, entre propositions des partis (exemple Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon) et "désirs" exprimés par « le peuple » (exemple, la Manif pour tous)

en ceci, le populisme comme expression politique est une expression de l'idéologie comme « vie quotidienne » (Roland Simon), et aujourd'hui Structure of Feeling (Raymond Williams) de l'idéologie française

.


Dernière édition par Admin le Jeu 7 Avr - 18:09, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Jeu 7 Avr - 17:39



populisme radical et transformation de l'État politique

il serait faux d'affirmer que le démocratisme aurait disparu de l'expression politique, c'est sa radicalité qui ne s'exprime plus comme dans la période fleurissante du démocratisme radical, entre 1995 et 2005

tout se passe comme si cette radicalité s'était mutée en populisme. C'est assez frappant dans la montée du "Tous pourris" qui accompagne les luttes sur le droit du travail, par exemple, ou les formules de Mélenchon et de ses partisans

dans le même mouvement, c'est la transformation de la démocratie politique en "État d'exception", vers une gouvernance mixte entre démocratie et dictature. Pour l'heure, nul besoin d'en finir avec le principe de la démocratie en tant qu'il est fondé sur le système électoral. Tout au plus assiste-t-on aux mesures tendant à juguler le "pluralisme", par exemple avec

Citation :
la proposition de loi organique modifiant les règles de l’élection présidentielle, notamment les modalités du parrainage et le temps de parole médiatique garanti à chaque candidat. Ce texte, voté ce mardi 5 avril, est passé inaperçu malgré la contestation des formations minoritaires.
source


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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Lun 11 Avr - 6:12

à propos de NuitDebout

xipetotec a écrit:
N'étant pas parisien, j'ai suivi une soirée debout place de la République, via Périscope et Youtube . Je n'ignore pas que ce mouvement a été initialement organisé par Ruffin avec l'appui de Lordon ("rouge bruns" dénoncés par les imposteurs para-solfériniens). Or il faut bien reconnaitre que les interventions ressemblaient davantage à un fil de commentaires lambda sur Mediapart qu'à une tribune revendicative de Front populaire et que la loi El Komri, qui pourrait être aisément prise comme un symbole, une Bastille à prendre, est le cadet de leur souci. Certes, la sociologie parisienne n'incline par forcément à la chose.

c'est bien possible, mais Paris n'est pas représentatif. Il faudrait voir Toulouse, Nantes, Marseille, les petites villes, syndicalistes habituels des services publics ou du privé... Il m'apparaît comme un glissement de contenu, du social au politique, d'une revendication sociale concrète à un mot d'ordre politique abstrait, au contenu faible et sans perspective de rupture, bref l'entonnoir populiste annoncé avec un candidat providentiel

j'écrivais hier
Citation :
« Je me demande même si le passage des manifestations explicites contre la droit-travail aux mots d'ordres vagues de nuitdebout n'est pas le signe de l'échec annoncé des deux, sa politisation populiste et même populiste de classes moyennes, le grand absent étant le prolétariat, avec l'espoir illusoire d'une "jonction" alors que le prolétariat n'en a rien à faire, de ces slogans, faibles en contenu de classe, du "récit commun" »

mais il ne serait pas sérieux de l'affirmer sans le documenter. Je n'ai pas pris le temps de lire suffisamment de témoignages pour confirmer la sociologie des manifestants, la teneur de tous les slogans, et surtout des plus marginaux - un peu à la façon dont, au début des années 2000, manifestants démocrates radicaux et totos d'action directe/black blocks étaient les deux faces d'une même monnaie

on peut voir le sens général dans le contexte général, mais il faut quand même prendre le temps de regarder de plus près ce qu'il a de nouveau, pour savoir où il va

et comme dit un autre, « pour mettre les pieds dans le plats » : pourquoi le prolétariat aurait-il plus intérêt à voter Jean-Luc Mélenchon que Marine Le Pen ? Il n'a pas plus souffert de la faim sous les fascismes que sous les Républiques démocratiques. Le prolétariat n'a pas pour amie la démocratie et pour ennemi le fascisme, mais pour amies ses luttes et pour ennemis le Capital, l'État, et les partis politiques
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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Lun 11 Avr - 14:24


un sous-marxisme de pacotille est descendu dans la rue

la nuit, debout


puramole a écrit:
Vous osez énoncer des utopies et vous avez raison: il faut d'abord mettre au clair ce que nous voulons avant de tenter d'y accéder. Car si nous savons ce dont nous ne voulons plus: la dictature des marchands...

depuis qu'on ne lit plus, et de travers, que la première phrase du premier chapitre du Capital* 1867, et des résumés tordus de La société du spectacle de Debord, 1967, la marchandise a autant de succès pour se vendre que pour être critiquée : preuve qu'une bêtise peut être aussi une marchandise

« La richesse des sociétés dans lesquelles règne le mode de production capitaliste s'annonce comme une « immense accumulation de marchandises » I° section : la marchandise et la monnaie Chapitre premier : La marchandise Marx, 1867

si mon calcul est bon, il va donc falloir attendre 2067 pour avoir sur la question une idée plus claire : bon courage aux plus jeunes, car les nuits seront longues
.
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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Sam 16 Avr - 8:35


Chantal Mouffe et Nuit Debout  
« populisme radical... de gauche »
pratique et théorie en miroir

Qui est derrière les actions « Nuits debout » et que cherchent ses participants ? 15 avr. 2016 Jean-Paul Baquiast

Les actions « Nuits debout » (ou Nuit debout) qui se répandent de plus en plus en France, ont tout pour attirer la sympathie de ceux qui combattent le « Système » c'est à dire l'entremêlement des représentants des 5% les plus favorisés, leurs mandataires politiques et les médias sous contrôle.

Citation :
Elles rassemblent des manifestants jeunes ou relativement jeunes, elles donnent la parole, dans certaines limites, à tous ceux qui veulent la prendre, elles ne proposent pas d'idéologies bien arrêtées jugées démodées, par exemple de type marxiste ou anarchique. Le point initial, qui avait présidé à leur naissance, visait à lutter par des mouvements de rue paisibles contre la Loi El Khomri dite loi travail. Elles abordent aujourd'hui toute une série d'autres questions politiquement importantes.

Certes dans certains ces, des casseurs qui n'ont aucun lien avec ces manifestants se joignent à eux, mais il s'agit d'une pollution inévitable dans une démocratie où la police ne contrôle pas systématiquement les mouvements de rue. [sic]

Il a cependant été remarqué que les manifestants ne rassemblent pas de représentants des classes, qui sont les plus victimes du Système, jeunes sans qualification, chômeurs, habitants des banlieues dite défavorisées ou ruraux menacés de disparition. Il faut dire aussi, comme cela avait déjà été remarquée en mai 1968, que manifester dans la rue de façon relativement disciplinée, et plus encore prendre la parole, fut-ce de façon confuse, suppose un minimum d'éducation et de pratique. Les vrais exclus ne savent évidemment pas comment s'exprimer de ces façons
.
[...]

aux côtés d'Ernesto Laclau, on trouve Chantal Mouffe

presque inconnue en France, la théoricienne de la démocratie radicale est devenue en quelques jours, ou plutôt en quelques Nuits debout, une vedette des médias, de Médiapart à Libération, des Inrocks à France Info, de France Inter au Monde, de l'Huffington Post à Arrêt sur Images, de PhiloMag à Slate.fr... Voir actualités Chantal Mouffe

il est assez rare que les théoriciens de la politique soient à ce point mis en avant médiatiquement. Le « mouvement social réel » des Nuits debout a-t-il trouvé son « idéologie radicale » ?

Alain de Benoist. « Le FN aurait tout intérêt à abandonner ses positions jacobines » [entretien exclusif] Breizh-info.com 27/03/2015
Citation :

Eclatent parfois des colères, mais qui ne durent pas et ne n’assortissent d’aucun véritable projet politique ou idéologique. J’ai eu l’occasion d’écrire récemment qu’il n’y a de perspective révolutionnaire que lorsqu’une reconstruction idéologique radicale rencontre un mouvement social réel. Il me semble qu’on en est encore loin...

toujours est-il que dans les entretiens avec Chantal Mouffe qu'il m'a été donné d'entendre ou de lire, je n'ai pas relevé le mot capital, ni aucune critique de l'économie politique, et ne parlons pas du concept de classe ou de prolétariat... Cela n'existe plus chez Mouffe. Cherchez l'erreur...
.
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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Sam 16 Avr - 11:13


un remake du tandem Démocratisme radical - Action directe ?

en marge du populisme radical de NuitDebout, les « casseurs »...

Paris : des débordements et des dégradations en marge de Nuit debout AFP

La manifestation, qui a rassemblé 3 000 personnes, a dégénéré vendredi soir et 22 personnes ont été interpellées par les forces de l'ordre.
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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Sam 16 Avr - 13:04


dans la série : ils n'en ratent pas une


Debout, la spiritualité démocratique !  Philippe Corcuff 15 avr. 2016 Blog : Quand l'hippopotame s'emmêle... [sic]


de Robin (ex forum-communisation), un chef-d'œuvre, je ne dis pas de quoi...

Robin a écrit:
13/04/2016 à 02:38 | #2
Bonjour à tous, un article pour lancer le débat d’idée à propos de Nuit Debout, c’est un texte que je destine à ceux avec qui je lutte, depuis maintenant 4 jours, à NuitDebout – Nîmes :

l’essentiel de nos élans se centrent sur les notions de communication, d’organisation et de logistique… Au détriment de la réflexion d’un projet de société diront peut être certains.

Mais je ne crois pas que cela soit un vrai problème. Au contraire même, laissons nous aller à cette élan, car notre projet est contenu dans la façon dont nous partageons nos soupes, par la façon dont nous décidons au consensus, sans jamais laisser les avis minoritaires sur la touche, en les prenant en compte dans notre intelligence du compromis. Nous posons notre projet par la façon dont notre action se réalise dans la joie, avec spontanéité, en laissant la place à chacun d’exprimer sa créativité et par les actes visant à inclure toujours plus de personnes dans notre mouvement.

Car à mes yeux, nos actes nous montrent que c’est une extension quantitative que nous visons désormais depuis ce jour fatidique du 31 mars. Nous visons en quelque sorte à inviter chaque soir, partout en France, demain peut être partout en Europe, toujours plus de monde à nos fêtes, nos repas, et chemin faisant nous bâtissons les bases d’un nouveau rapport social, un rapport social qui dépasse les contradictions qui font s’écrouler le monde du capital. Chemin faisant nous construisons un rapport de force qui, tôt ou tard, fera s’effondrer le monde de la loi Travail, le monde du désastre écologique et social.

Je suis convaincu que ce que nous faisons est profondément révolutionnaire, non pas par le but que nous nous fixons, car cela nous emmerde même de créer des commissions « projet politique/social/économique », mais bien par le chemin que nous empruntons pour renverser ce vieux monde qui nous promet un futur sans avenir.

La tache qui se présente devant nous est immense : Convaincre un maximum de monde de rejoindre notre fête : pour cela nous devrons continuer. Continuer à nous structurer pour coordonner les efforts d’un nombre toujours plus important de personnes. Continuer à faire en sorte que nos fêtes soient belles, ne pas laisser la flicaille nous gâcher le bal. Continuer à informer et à inviter à notre fête une part toujours croissante de la population.

J’ai toute confiance que nous sommes à la hauteur de cette tache immense, de par l’intelligence collective que notre fonctionnement fluide nous offre. Jamais le chemin vers l’émancipation de l’homme n’a été aussi limpide, avançons pas à pas, et laissons nous aller à la beauté du monde que nous créons à chaque foulée.

Robin a écrit:
dndf 14/04/2016 à 12:23 | #4
c’est impressionnant le scepticispme de DNDF face a ce mouvement qui à mes yeux est en train de tout retourner comme une lame de fond… vous trouvez qu’il est uniquement cantoné aux classe moyenne? ce n’est pas vrai pour ce qui me concerne, cela ne correspond pas à mon expérience, il rassemble en effet beaucoup de perssonnes à fort capital culturel dans sa base militante, mais cette base militante est « interclassiste », et elle cherche à rassembler les banlieues avec elle. Rejoignez les et bossez avec eux à ce rassemblement, il y a un réel espace pour proposer et mener ce genre d’initiatives !

Ah le "capital culturel" de Robin, tout un programme de "base militante interclassiste"... même son ex-protecteur Pepe (contre « Patlotch, Vichinsky de la communisation »), n'en peut mais... Qui sauvera le soldat Robin ?

.
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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Sam 16 Avr - 15:55


Badiou nuit debout

au mouvement du communisme
comme contradictions du capital

il est un effaceur de son antagonisme essentiel entre classes

c'est pourquoi il peut autant parler de communisme à partir de Nuit Debout
puisque ce mouvement est la pratique revendiquée de cet effacement

qui en a la patience, écouter-voir (près de deux heures...) : Alain Badiou : L'immanence des vérités III - Séminaire du 11 avril 2016


Badiou, à la française en philosophe idéaliste, pour ne pas dire en romantique, mais en tous cas pré-marxien, est le complément "théorique" de Chantal Mouffe

en réponse à Jarogne

Jarogne a écrit:
Voici un petit moment de lecture critique pour bien prendre la mesure de l'imposture intimidante du systême Badiou, à propos de la Commune, qu'on peut retrouver dans l'émission vivifiante "Jeudi noir" sur Radio Libertaire:

http://gurdulu.org/jeudinoir/69%20110615.mp3

(Transcription partielle et personnelle)

Badiou a écrit:
La Commune, c'est ce qui rompt avec le destin parlementaire des mouvements politiques ouvriers et populaires pour la première fois, et aussi à ce jour pour une unique fois.

On ne voit pas trop ce qui peut justifier absolument l'affirmation d'une telle singularité de la Commune, mais soit, poursuivons.

Badiou a écrit:
Appelons la gauche l'ensemble du personnel politique parlementaire qui se déclare seul apte à porter les conséquences générales d'un mouvement politique populaire singulier. La Déclaration du 19 mars 1871 peut alors être décrite précisément: c'est une déclaration de rupture avec la gauche.

Jusqu'ici tout va à peu près bien, mais après ça se gâte:

Badiou a écrit:
La Commune est un site.

I) Ontologie de la Commune :

Soit une situation quelconque. Un multiple qui appartient à cette situation est un site s'il lui arrive de se compter lui même dans le champ référentiel de sa propre apparition, ou encore: un site est un multiple auquel il arrive de se comporter dans la situation à l'égard de lui-même comme à l'égard de ses éléments en sorte qu'il est le support d'être de sa propre apparition. Il se fait dans le monde l'Etre-là de son être. Tout le point est que le 18 mars 1871 est un site."
(sic, sic et resic!).

What ??? C'est-à-dire ?

Badiou a écrit:
On répondra: l'apparition de l'Etre-ouvrier, jusqu'à ce jour symptôme social, force brute des soulèvements, ou menace théorique dans l'espace de la capacité politique et gouvernementale.

On conviendra avec Badiou qu'en effet, un tel fatras conceptuel ne représente pas autre chose qu'une pure menace théorique- bien qu'on ne voie pas à qui cela peut faire peur en dehors des salons de la rue d'Ulm. Sur le plan pratique en revanche c'est une autre histoire...

Badiou a écrit:
On reconnaîtra donc la singularité forte à ce qu'elle a pour conséquence dans la situation d'y faire exister de l'inexistant. De façon plus abstraite, nous poserons la définition que voici: soit un site (un multiple affecté d'auto-appartenance) qui est une singularité (son intensité d'existence si instantanée et évanouissante qu'elle puisse être est cependant maximale). Nous dirons que ce site est une singularité forte ou un évènement si une conséquence de l'intensité (maximale) du site est que quelque chose dont la valeur d'existence était nulle dans la situation prend une valeur d'existence positive.

Nous disons donc seulement ceci: un évènement a pour conséquence maximalement vraie de son intensité (maximale d'existence) l'existence d'un inexistant.
[...]

Est-il vraiment nécessaire de poursuivre?

Badiou a écrit:
L'existence de l'inexistant est ce par quoi dans l'apparaître se déploie sa subversion par l'Etre sous-jacent. C'est le marquage logique d'un paradoxe de l'Etre et au fond c'est une chimère onto-logique.

Etc. etc.

Il faudra qu'on nous explique ce que l'on peut tirer d'une telle bouillie métaphysique sur le plan pratique, sachant que le reste de l'élaboration "ontologique" du surgissement révolutionnaire comme "ouverture des possibles" selon Badiou est à l'avenant, et sous-tend l'ensemble de sa "réflexion" politique.

.
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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Sam 16 Avr - 17:36


ils (ou elles) n'en ratent pas une, suite



Annie Lasorne a écrit:
Nuit debout, la non-violence jusqu'au bout, en réponse au commentaire de Pourlavenir le 16 avr. 2016

« Certes la démobilisation sur la loi-chômage a en partie réussie »...

Non, non ! Bien au contraire. Désolée de vous décevoir. Rigolant Dans chaque "nuit debout" à laquelle j'assiste et participe, entre deux manifestations contre la loi El Konnerie, gérées et datées par les syndicats... (prochaine le 28 avril !)

Reviennent à chaque fois, comme premier tempo : l'objectif bien concret de faire définitivement tomber cette loi inique du Medef ! Entre autres activités, réflexion, l'imagination pour renforcer, transformer, enthousiasmer les prochaines manifestations "officielles". Avec en arrière-plan (parce qu'on est avant tout lucides et que l'on pense à long terme !), une organisation de grève perlée, ponctuelle ou générale !

Le "travail", son sens, sa rémunération, le chômage, le revenu ou salaire universel (plate-forme pour comparer les différentes thèses, anti-thèses, idées et théories sur le sujet...) sont sujet d'ateliers très enrichissants.

Vous devriez y aller (je ne parle pas pour vous personnellement, mais pour tous les lecteurs ici), où que vous habitiez, elles se multiplient partout à foison et se coordonnent (plusieurs lieux dans mon département). Y aller, pour écouter, apprendre, s'enrichir, de cette nouvelle démocratie qui naît. En plus, elle est joyeuse, malgré la météo parfois, le contexte et les situations relatées dramatiques. Et ça, c'est vraiment nouveau et enthousiasmant.


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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Sam 16 Avr - 23:42

.
Corinne Cerise a écrit:
Il est pas à la Nuit Debout Corcuff ???

lui ou quelqu'un des siens, qu'importe ? L'important n'est-il pas qu'on sache qu'il y était ? Il doit bien exister, pour une personnalité de cette envergure,

un masque de caranarval



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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Dim 17 Avr - 13:51


ils n'en ratent pas une, suite


Varoufakis était à République, NuitDebout, actualités

« Hollande dévalorise le travail pour revitaliser le capitalisme. »

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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Dim 17 Avr - 15:34


pourquoi Badiou aujourd'hui ?

Segesta a écrit:
polémiques... soporifiques, elles ne le sont pas pour ceux qui ont été acteurs de cette période de l'histore de la gauche ou de l'ultra-gauche, et c'est compréhensible et légitime, mais tout ça tombera dans l'oubli...

à vrai dire, à l'époque des jeunes enfants d'Althusser, ces polémiques n'étaient pas celles de l'ultragauche, ou plutôt déjà de la post-ultragauche, qui posait dans les années 70 les bases d'une refondation théorique à nouveaux frais de la perspective communiste, contre le programmatisme ouvrier dont ces penseurs étaient la queue. Althusser reste plus solide et fécond, y compris dans un usage contre ses textes de l'époque

donc comme vous dites, on s'en fout de ces procès à Badiou/Mao. Ses faiblesses aujourd'hui sont ailleurs, je n'y reviens pas, dans l'indigence de sa critique du capitalisme contemporain, d'une part comme économie politique, d'autre part dans sa crise de reproduction croisée avec celle de l'Occident

Badiou aurait un mérite, de maintenir sur le feu "l'idée communiste", sauf que le Communisme n'est pas une idée. Badiou est donc renvoyé à son idéalisme philosophique pré-marxien. Disant cela je ne prétend pas que Marx aurait tout dit, car il n'a inventé ni le Capitalisme ni la lutte de classe, il a simplement compris ce qu'était le capitalisme (terme qu'il n'utilise pas...) en essence, parce qu'en naissance comme mode de production, dans son fonctionnement structurel et c'est cela qui est invariant

Xipetotec l'a écrit quelque part il me semble, remonte à la surface aujourd'hui cette essence du capital, mais naturellement pas de façon invariante

Segesta a écrit:
de Badiou on prend ce qu'on veut, ce qui fait réfléchir, mais positivement, au sens productif pas raffarinien du terme, et ce qu'on considère comme erroné et ben on le laisse comme pour tous les autres...

après les attentats de novembre, j'avais fait une lecture presque positive d'une conférence de Badiou, parce que sous le déluge, bien fou qui fait le délicat... C'était donc à cela que je m'attachais, prendre ce qui fait réfléchir, au sens productif... de critique radicale

aujourd'hui, c'est différent, Badiou s'engouffre dans Nuit Debout comme il l'avait fait avec Syrisa, au demeurant comme Negri et Zizek à l'époque (j'ai souligné les ambiguïtés de Negri entre conceptualisation foisonnante pour une perspective révolutionnaire, puissance constituante par exemple, et usage politique immédiat de ses concepts)

ce qui me paraît donc intéressant, comme je l'ai fait avec Chantal Mouffe, c'est de comprendre pourquoi Badiou ressort maintenant, avec une telle couverture médiatique, comme un penseur quasi officiel et incontournable du communisme dont l'humanité aurait besoin, et là on débouche sur l'idéologie

et c'est alors que ressortent les limites de la pensée théorique de Badiou, en miroir de celles des luttes à partir desquels il fait ses analyses (Occupy Wall Stret, Syrisa, Podemos, Nuit Debout)

source
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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Mer 4 Mai - 12:46


la Nuit Debout a remplacé la Nuit du 4 août

esquisse d'une hiérarchie sociologique française et des rapports de classes

grande bourgeoisie capitaliste, dirigeants politiques et militaires, et idéologues médiatiques

petite-bourgeoisie des professions libérales et couches moyennes supérieures


classe moyenne en voie de prolétarisation

jeunes diplômés précaires

prolétariat blanc

prolétariat racialisé

migrants pauvres


tout ça n'a rien à voir avec le peuple des 99% opposé à l'«oligarchie»
une vision héritée de la Révolution française bourgeoise
dans un rêve à l'envers :
son succès fut l'alliance dites du tiers-état contre l'aristocratie, la noblesse et le haut-clergé
alors qu'aujourd'hui le "peuple français du milieu" rêve debout de retrouver ses "privilèges"

La société française en 1789 extrait
Citation :
Le tiers état représente 98% de la population française. C'est la partie active et laborieuse du pays. Elle-même se décompose en plusieurs groupes :

La bourgeoisie. Elle est formée d'industriels, de banquiers, de commerçants, avocats, enseignants ou médecins... Cette classe tient en main l'économie du pays et fournit les cadres administratifs. Elle est cependant écartée des hautes charges politiques.
Le petit peuple des villes. Les ouvriers, les petits artisans sans oublier les miséreux sans emploi qui vivent dans des conditions difficiles.
La paysannerie. C'est la partie la plus importante et la plus nombreuse. Même s'il y a des différences entre le propriétaire et l'ouvrier agricole, tous sont ligués contre les privilèges féodaux (corvée, impôts seigneuriaux, droit de chasse...).


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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Mer 3 Aoû - 22:31


athées et impies, aux abris !

l'assassinat du curé de Saint-Étienne du Rouvray aura été l'occasion d'une descente aux enfers accélérée dans l'idéologie française. Durant la semaine qui a suivi, étant en vacances, j'ai vécu l'événement par la télévision, que je ne regarde pas habituellement, via BFMTV, l'info en continu dont j'apprécie le principe plus que celui des journaux à heures fixes

la succession des hommages, cérémonies et autres interviews, du maire (communiste ! « notre paroisse »...*) de la ville à François Hollande, du micro-trottoir au sommet de l'État, des portes des églises à celle des mosquées, m'a fait l'impression d'un indécence dont je ne sais ce qu'en aurait pensé le modeste curé. C'est une période où l'on n'ose à peine se revendiquer athée, à tel point que la laïcité y apparaît pour ce qu'elle est : la religion des rapports de l'État aux cultes

* L'émouvant hommage du maire de Saint-Étienne-de-Rouvray vidéo Dailymotion


autrement dit, l'événement, dans toute son horreur, fut le prétexte à un pas de plus dans la mise en œuvre d'un discours transclassiste évacuant toutes différences, toutes contradictions entre classes, et les représentants des cultes sans distinction - chrétiens, musulmans, juifs - ont trouvé l'occasion de prouver leur allégeance à cet État, qui leur rend bien, laïcité oblige, jusqu'à envisager de confier à J-P Chevènement (77 ans, et toutes ses dents contre les "sauvageons"...) la direction de la Fondation pour l'islam de France

en passant, médias et politiques se sont rattrapés de l'impossibilité d'attribuer le carnage de Munich, d'un germano-iranien adepte d'Hitler, au terrorisme islamiste, comme ils n'ont pas manqué de le considérer probable aux premières heures après le massacre

dndf a mis en exergue cette citation : « L’Etat est cet universel abstrait qui se sépare illusoirement de la société civile en idéalisant et séparant l’intérêt général des conflits qui la traversent, par là il n’est en fait que le comité de gestion des affaires bourgeoises. » Extrait de « Soulèvement arabe: classe/genre », Théorie Communiste, 2014, il n'y manque que la fonction des curés en tous genres, morts ou vifs !

à tout prendre, j'ai préféré le silence habile du Pape à Auschwitz, au moins n'a-t-il pas eu à dire ce qu'il pense... peut-être, du rôle de l'Église polonaise et de celui du Vatican aux heures sombres de la "Shoah" et de la protection des nazis dans leur fuite après-guerre vers l'Argentine populiste de Perón aux bras ouverts, dans l'indifférence occidentale
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MessageSujet: Re: 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?    Mar 29 Nov - 12:54


Fillon à l'anglaise... suite allemande ?


la grande bourgeoise française semble avoir trouvé son homme providentiel, et repoussé d'autant une solution politique populo-fasciste. Du coup le deal pourrait s'établir à nouveau, fragile, entre gestion capitaliste de crise et luttes sociales syndicales, endurcies par les mesures Fillon et aboutissant à de "vraies négociations", en recul comme d'hab, cf le soulagement du MEDEF

la gauche va continuer à se re-décomposer, Mélenchon à jouer les Sanders français, rassembleur autour de l'esprit de Fidel Castro qui doit bien se marrer dans sa tombe, face à un FN de plus en plus institutionnalisé préparant la prochaine étape, celle que Mégret avait raté il y a 15 ans : les passerelles droite-extrême droite vont s'élargir dans les deux sens, on verra ça aux législatives

l'idéologie française est comme installée, entérinée par tous les partis politiques, et la bourgeoisie française s'est trouvé un bon cheval pour traverser tout ça, une sorte de sous-De Gaulle complètement décalé qui a réussi la quadrature d'un cercle resserré, avec suffisamment de flou et de cordes à son arc pour piloter à vue jusqu'au prochain soubresaut économique

en somme la bourgeoisie française et sa droite politique ont pris acte de leur victoire par chaos dans les mouvements sociaux du printemps contre la loi-travail et de leur enterrement à l'automne. Elles peuvent maintenant aller plus loin dans une configuration spécifiquement française qui ne trouve face à elle de résistance que sur le même terrain idéologique

que l'on ne s'y trompe pas : l'expulsion sera de règle, et tous les terrains sont près, y compris dans l'activité anti-révolutionnaire du prolétariat : au niveau mondial, le capitalisme occidental, dans sa lente et brutale agonie, n'est plus moteur, ni son prolétariat comme voué à lui faire allégeance

en attendant Fillon, le prix du gaz va augmenter de 2,4% au cœur de l'hiver

PS : certes Fillon n'a pas encore gagné. Voir Présidentielle : François Fillon, "un candidat plus fragile qu'il n'y paraît"

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