PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE

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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Mar 6 Sep - 13:33


décoloniser la dialectique ?


Citation :
The relationship between dialectical and decolonial thought is deeply fraught. In this project, I seek to sketch out the conditions of possibility for a decolonized dialectics, with the following questions in mind. Firstly, against those who discard dialectics out of hand, is it possible to subject the dialectical tradition to its own decolonizing Aufhebung? Secondly, and inversely, is there a dialectic capable of accommodating decolonization, or is the historical baggage of dialectical thought too heavy to be worth the trouble?

La relation entre dialectique et la pensée décolonial est profondément [périlleuse]. Dans ce projet, je cherche à esquisser les conditions de possibilité d’une dialectique décolonisée, avec les questions suivantes à l’esprit. Tout d’abord, contre ceux qui rejette la dialectique d'un revers de main, est-il possible de soumettre la tradition dialectique à son propre Aufhebung décolonisateur ? Deuxièmement et inversement, s'il existe une dialectique capable d’accueillir la décolonisation, ou le bagage historique de la pensée dialectique est-il trop lourd pour en valoir la peine ?



il me semble avoir dans ce sujet proposé des pistes pour répondre à ces deux questions, par le dépassement à produire d'identités de luttes, et en évacuant les compréhensions malheureuses de la méthodologie dialectique de Marx comme pratique théorique

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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Mer 14 Sep - 18:26


d'une trace des luttes auto-théorisantes chez Korsch ?

j'avoue n'avoir lu de Karl Korch que quelques textes, Cet article attire mon attention sur quelques phrases, que je mets en gras, pour questionner en quoi elles rejoindrait mon approche de luttes auto-théorisantes et leur primat sur la théorie (séparée). Il ne s'agit plus pour moi de remettre en cause l'essentiel de ma méthodologie parvenue à maturité, mais de voir en quoi des théoriciens marxistes ont pu avoir émettre des idées nourrissant encore les miennes



Le marxisme critique de Karl Korsch

zones subversives 21 août 2016

Contre le marxisme réformiste et autoritaire, Karl Korsch propose un marxisme critique qui relie la théorie et la pratique révolutionnaire.

Citation :
Karl Korsch, brillant universitaire, participe au mouvement révolutionnaire qui éclate en Allemagne en 1919. Cette révolte voit émerger des conseils ouvriers. Dans cette lutte, Karl Korsch s’oppose aux positions réformistes et parlementaristes. Marqué par cette expérience, il propose une réflexion qui fonde le marxisme critique. Mais sa pensée reste ignorée en raison de la domination du stalinisme et du marxisme autoritaire. Cet intellectuel communiste se rapproche alors progressivement de l’anarchisme.

Contre le marxisme mécanique attaché à une avant-garde, Karl Korsch estime que la conscience révolutionnaire émerge dans les luttes. Il refuse donc la séparation entre la théorie et la pratique. Les conseils ouvriers et les assemblées de lutte doivent produire leur propre réflexion pour développer une conscience révolutionnaire. Aujourd’hui la théorie révolutionnaire semble portée par des universitaires qui reproduisent la séparation entre la théorie et la pratique. Surtout, l’Université repose sur la séparation de domaines de réflexions cloisonnés en disciplines spécialisées. Dans l’espace politique, c’est le réalisme gestionnaire qui prédomine. La pensée Karl Korsch s’oppose aux deux travers des intellectuels que sont l’expertise technique et l’imposture idéologique.

Le marxisme critique contre l’idéologie marxiste

Dans Marxisme et philosophie, publié dès 1930, Karl Korsch défend un marxisme critique. Il observe une séparation entre la philosophie et le marxisme. Les philosophes méprisent le marxisme, tandis que les marxistes s’attachent à un matérialisme scientifique qui ignore la dimension philosophique de la pensée de Marx. Les intellectuels bourgeois considèrent la philosophie comme une simple histoire des idées. Dans cette histoire, ils insistent sur les pensées idéalistes et rejettent le matérialisme qui s’attache aux conditions de vie matérielles. Les philosophes marxistes délaissent également le matérialisme de Marx pour se référer à la philosophie idéaliste de Kant. Au contraire, la théorie marxiste doit s’appuyer sur « le mouvement révolutionnaire autonome de la classe prolétarienne », estime Karl Korsch. La philosophie de Marx propose surtout un dépassement de la philosophie. [c'est très clair à partir des Thèses sur Feuerbach en 1845]

Les marxistes orthodoxes, liés à la Deuxième internationale, refusent le dépassement de la philosophie mais aussi le dépassement de l’État. Ses limites révèlent que les questions liées à la Révolution les ont très peu préoccupés. « C’est dans l’attitude de la révolution sociale envers l’État que se révéla plus clairement cette crise de la théorie marxiste », souligne Karl Korsch. Le révisionnisme réformiste de Bernstein ou le marxisme orthodoxe de Kautsky ne remettent pas en cause l’État. Pour expliquer ce phénomène, Karl Korsch n’a pas recours à la traditionnelle morale gauchiste qui dénonce la trahison de la pureté révolutionnaire. Il préfère appliquer la méthode de l’analyse marxiste pour comprendre l’évolution du marxisme lui-même.

Cette application du matérialisme dialectique permet de distinguer trois périodes dans l’histoire du marxisme. Une première période, incarnée par le Manifeste du parti communiste de 1848, apparaît comme celle du marxisme de Marx qui refuse la séparation entre la théorie et la pratique, ainsi que la séparation entre différents domaines d’étude (économie, philosophie, histoire). La théorie marxiste, conçue comme une totalité vivante, se fixe comme horizon la révolution sociale. Dans la deuxième partie du XIXème siècle, Marx estime qu’il « faudrait du temps pour que le réveil du mouvement ouvrier autorise les audaces de langage d’antan ». Mais le marxisme semble presque inchangé et demeure la théorie de la révolution sociale.

En revanche, à partir du XXème siècle, le marxisme cède à une séparation entre la théorie et la pratique pour se morceler en sciences singulières isolées. Selon Karl Korsch, « les marxistes ultérieurs ont en fait conçu de plus en plus le socialisme scientifique comme une somme de connaissances purement scientifiques, sans relation immédiate à la pratique, politique et autre, de la lutte des classes ». La théorie marxiste se réduit alors à sa dimension scientifique, déconnecté de la pratique révolutionnaire. Les intellectuels marxistes, dans leur pratique réelle, se vautrent « dans un tas d’aspirations réformistes qui ne dépassent pas fondamentalement le terrain de la société bourgeoise et de son État », résume Karl Korsch. Le révisionnisme marxiste découle d’une pratique réformiste de la lutte des classes encadrée par les partis et les syndicats. Les marxistes orthodoxes s’opposent à ce réformisme mais pour rétablir une théorie pure, uniquement idéologique et déconnectée d’une pratique révolutionnaire. Ce marxisme orthodoxe refuse alors de critiquer l’État.

Le marxisme critique et la théorie révolutionnaire

Le marxisme doit devenir à nouveau « une théorie de la révolution sociale embrassant tous les domaines de la vie sociale en une totalité », estime Karl Korsch.

Marx s’oppose à la philosophie et à l’idéologie pour s’inscrire dans une pratique révolutionnaire. Cette critique de la philosophie renvoie à une remise en cause radicale de la totalité du monde existant. « Les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde de diverses manières ; ce qui importe c’est de la transformer », écrit Marx. Les sociaux-démocrates, les syndicalistes et les anarchistes se cantonnent à la sphère économique et sociale. Ils éludent la dimension politique, avec le rapport à l’État et la dimension spirituelle du mouvement révolutionnaire. La lutte contre l’aliénation et l’idéologie, et pour le développement de la conscience de classe, est alors occultée.

Pour Marx, l’idéologie, les rapports juridiques, les formes étatiques et sociales prennent racine dans les rapports matériels de la vie qui forment l‘ensemble de l‘organisation sociale. Marx critique donc toute la société bourgeoise, et toutes ses formes de conscience. La théorie révolutionnaire réside « dans la pratique humaine et dans la compréhension de cette pratique », estime Marx. L’art, la religion et la philosophie « forment cette structure spirituelle de la société bourgeoise qui correspond à la structure économique de cette société », analyse Karl Korsch. La pensée révolutionnaire doit critiquer et bouleverser la totalité de la réalité sociale. « Vous ne pouvez pas dépasser la philosophie sans la réaliser », insiste Karl Korsch. [sur ces questions, mon sujet : 'THÉORICISME' : on ne peut réaliser la théorie sans la supprimer

Le texte de Karl Korsch, Marxisme et philosophie, subit évidemment les attaques des principaux théoriciens marxistes et staliniens. Pourtant Karl Korsch reste attaché au marxisme de Marx contre celui de ses successeurs. Il dénonce toujours le révisionnisme de Bernstein et l’orthodoxie de Kautsky qui influence Lénine. Ses penseurs n’ont pas approfondit la pensée de Marx mais ont produit une idéologie déconnecté de la pratique révolutionnaire. Si la pensée de Marx évolue, elle est toujours restée « le précipité théorique des nouvelles expériences pratiques de la lutte des classes s’éveillant sous de nouvelles formes », souligne Karl Korsch.

Le marxisme-léninisme, malgré sa prétention à incarner le matérialisme dialectique, apparaît comme le dernier avatar du marxisme vulgaire influencé par l’idéalisme bourgeois. En Russie, ce n’est pas la pratique des soviets qui inspire la théorie marxiste. Au contraire c’est une idéologie, le marxisme-léninisme, qui s’impose à tous les soviets. L’idéalisme prime alors sur la pratique révolutionnaire, à l’encontre de la démarche de Marx. Une dictature idéologique peut alors s’imposer en Russie. Au contraire, le marxisme critique demeure attaché à l’émancipation humaine. « Le socialisme est dans sa destination et sur tout le chemin une lutte pour la réalisation de la liberté », conclue joliment Karl Korsch.

L’actualité du marxisme critique

Karl Korsch incarne le courant politique le plus intéressant du mouvement ouvrier : le communisme de conseils. Ce mouvement, largement méconnu, s’appuie sur le marxisme révolutionnaire et la lutte des classes. Mais il s’oppose à la dérive autoritaire, léniniste, bolchevique du communisme. Attaché à la pensée de Marx contre celle des marxistes, le communisme de conseils repose sur l’auto-émancipation des prolétaires. Contre les partis et les syndicats, autoritaires et réformistes, le mouvement ouvrier doit s’organiser dans la lutte à travers des conseils ouvriers. Ses structures permettent de prendre des décisions à la base pour refuser les hiérarchies, les bureaucraties, les séparations.

Le marxisme critique conserve une actualité car il s’oppose aux tendances autoritaires et réformistes du mouvement ouvrier. Karl Korsch attaque les différentes variantes du marxisme, de la social-démocratie au léninisme. Le Front de gauche, incarné par Jean-Luc Mélenchon, illustre l’indigence de la pensée de gauche aujourd’hui. Ce cartel de bureaucrates patauge allègrement dans l’idéologie, à la fois réformiste et autoritaire. La critique radicale de l’État et du capitalisme disparaît au profit d’un vague programme social-démocrate teinté de pratiques staliniennes, avec le culte du chef et la déférence à l’autorité de l’État républicain.

Ensuite, comme le souligne Jean-Pierre Garnier, la radicalité théorique reste cantonnée dans une pensée académique et universitaire. Les théoriciens marxistes, issus de la petite bourgeoisie intellectuelle, refusent alors d’envisager une rupture avec l’État et le capitalisme [ce n'est plus le cas, on le voit bien, mais de là à ce que ça change leur posture privilégiée d'experts en théorie révolutionnaires...]. Le raffinement théorique éloigne les concepts de l’action politique concrète. Les marxistes académiques préfèrent interpréter le monde plutôt que de le transformer. Les Zizek, Badiou et autres philosophes mondains se piquent d’une radicalité idéologique déconnectée de la réalité sociale et d’une quelconque implication politique. [je ne vois pas ce qu'un Joshua Clover a de moins "mondain", et qu'il remette en cause l'État d'un point de vue proche du Comité invisible n'y change rien, il est un théoricien communiste d'État... qui veut abolir l'État mais s'en sert sans vergogne et sans problème : aux USA !]

A rebours de cette imposture, Karl Korsch propose un marxisme critique qui relie la théorie et l’action politique [ici le terme est flou...]. [Aujourd’hui, les pratiques et les réflexions qui émergent directement des luttes sociales semblent toujours les plus pertinentes pour alimenter la pensée révolutionnaire et bouleverser tous les aspects de la vie.

Source: Karl Korsch, Marxisme et philosophie. Suivi de L’état actuel du problème Marxisme et philosophie. Anti-critique par la même occasion (traduit de l’allemand par Baptiste Dericquebourg, Guillaume Fondu et Jean Quétier), Allia, 2012


s'il convient de discerner Korsch et ce qu'en dit son présentateur surtout concernant notre époque, ces idées sont devenues des classiques de l'ultragauche historique et de ses héritiers, donc rien de bien nouveau pour nous. Par contre, il me faudrait lire les textes de Korsch à propos de ses formules qui se rapprochent de mes considérations

l'article n'est pas clair sur le fait qu'aujourd'hui, des théoriciens marxistes universitaires remettent en cause l'État, leur patron...  en parole ((l'exemple de Clover), ni plus ni moins que des prolos pourraient être portés à détruire leur usine, mais pas alors pour faire monter les enchères des primes de licenciement (soit aucun "écart" malgré les visions de RS/TC)

le problème des théoriciens post-ultragauche et de la communisation, qui ne sont pourtant pas universitaires, est qu'ils ont beau poser ces principes de non séparation de la théorie et de la pratique, leur pratique théorique n'en sort pas. Les rapports (sic) théorie-pratique sont encore "étudié" par Temps critiques comme si tout cela datait hier soir (tel quel : Des rapports entre théorie et pratique,  Temps critiques mars 2015). Je comprends que Jacques Wajnzstejn ait préféré effacé ses âneries sur mon compte plutôt que d'accepter la confrontation sur la dialectique et son incompréhension foncière de la méthodologie (pratique théorique) de Marx

pour le reste j'ai dû renverser le concept de "luttes théoriciennes" complété de "théorie au sens restreint" (sa formulation par le théoricien, en l'occurrence Roland Simon de Théorie Communiste), et de ce point de vue, je me sens plus proche de Karl Korsch, du moins dans les principes posés plus haut

une suite plus tard peut-être

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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Jeu 15 Sep - 22:33


note pour y revenir


quantité et qualité, quantité de la qualité, qualité de la quantité

les dialectiques hégelienne et marxienne des contradictions et de leurs dépassements comportent des considérations de quantité et de qualité, qu'on retrouve dans les dépassements à produire

il n'y va pas seulement, comme chez Hegel, du passage de la quantité à la qualité (du bourgeon à la fleur, un bond qualitatif, le bourgeon grossit puis explose), car ce passage peut être réciproque : la qualité ne manque pas toujours pour passer à une autre qualité

si je prends l'exemple du dépassement des identités de luttes, l'idée de leur dépassement au-delà de l'identité, bond qualitatif, existe bien chez certain.e.s, en théorie comme dans les luttes, mais c'est affaire de quantité de la qualité

mes thèses sur les "dépassements à produire", leur "modèle" théorique conceptuel, ne peuvent pas être fausses, mais rien ne dit que la quantité de la qualité, soit la qualité de la quantité, sera au rendez-vous de l'histoire qu'elles écriront

(rappel : le concept de "dépassement à produire" éradique tout déterminisme dans la théorie communiste)

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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Ven 30 Sep - 12:13


note sur la dialectique quantité/qualité des dépassements à produire

Evil or Very Mad          Twisted Evil         Evil or Very Mad         Twisted Evil         Evil or Very Mad         Twisted Evil         Evil or Very Mad

la dialectique des contradictions est véritablement diabolique (diabolus in musica). On y injecte beaucoup de subjectivisme, particulièrement dans la notion hégelienne d'Aufhebung, et pas assez d'unité des contraires selon Héraclite. Marx me paraît entre les deux

je dis beaucoup (trop) de subjectivisme, parce qu'en réalité on ne peut jamais trancher à l'avance sur ce qui sera dépassé ou non. J'ai insisté sur le fait que les changements qualitatifs ne sont pas seulement produits par une accumulation de changements quantitatifs, mais que les deux dimensions de quantité et qualité déterminent l'émergence de bonds qualitatifs/quantitatifs

c'est justement ça qu'on ne peut mesurer en temps réel à l'observation des luttes sociales dans le mouvement du capital. Alors pour un rien on perd la tête

aujourd'hui certes c'est facile : rien ne vient annoncer un dépassement d'ampleur révolutionnaire susceptible d'abolir le capitalisme


Twisted Evil        Evil or Very Mad         Twisted Evil         Evil or Very Mad         Twisted Evil         Evil or Very Mad        Twisted Evil

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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Ven 30 Sep - 13:01


note sur les rapports de la poésie et de la philosophie au réel

la pratique poétique (praxis) nous aide à saisir les processus dialectiques, par le recours à l'ambivalence (Aragon) qui est quasi inhérent à l'écriture poétique. L'ambivalence n'est pas ambiguïté ni énigme à résoudre en une solution, elle est question posée à la manière des contraires chez Héraclite plus que de l'Aufhebung chez Hegel

parce que la poésie, ou la peinture, ne dit pas les choses avec la précision de la science, elle reste suspendue au moment contradictoire. Elle crée un halo autour de telle réalité (telle "vérité" du réel)

c'est paradoxalement par ce flou qu'elle parvient à se tromper moins que la philosophie conceptuelle (cf Yves Bonnefoy), qui tend toujours à prendre le concept pour supérieur à la réalité. En ce sens la poésie est, comme Marx, anti-philosophique

on a d'excellents exemples de ce flou/halo dans la haïku japonais, la peinture de Claude Monet, etc.


une théorie/philosophie allergique à la poétique se mutile d'elle-même

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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Jeu 6 Oct - 13:37


suite sur la dialectique qualités/quantités dans la théorie communiste

une des plus grandes difficultés de la théorie dialectique du communisme réside dans le bonne appréciation des rapports entre qualités et quantités dans la dynamique et les limites de (im)possibles dépassements

il faut bien reconnaître que dans cette période de basses eaux de la lutte de classe posant l'abolition du capital comme perspective, nous sommes livrés à des conjectures marquées par le subjectivisme et l'objectivisme militants, y compris au sein d'une théorie consciente de leur nuisance, car nous n'échappons pas à la foi du croyant, c'est-à-dire au désir de révolution, et la bouteille pessimisme vs optimisme se remplit et se vide selon les besoins psychologiques de chacun face à l'impossible objectivité de la théorie en tant qu'elle est communiste, donc engagement participant des luttes, dont elle ne saurait se retirer sans perdre son sens

ainsi, il n'y a que l'épaisseur d'un papier à cigarette entre activistes supposés immédiatistes et théoriciens de la "médiation temporelle" incontournable, pour autant que ceux-ci produisent encore de la théorie en s'arrachant à leur splendide solitude

comme me l'écrivait Adé, nous sommes ainsi tous activistes, y compris « théoriciens qui continuent à s'activer (tous activistes) ». Mais au fond, pourquoi pas ? Avec cette question :


Adé a écrit:
Tout cela a-t-il, in fine d'autre intérêt que celui de faire exister les auteurs, les groupes ou les individus, une démarche de recherche de sa propre existence, une façon de se considérer.

Les polémiques sont le pain quotidien des groupes et tendances révolutionnaires, c'est ce qu'il reste à faire quand rien de positif n'émerge, un succédané à l'espoir créateur, aux luttes créatrices.


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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Dim 9 Oct - 0:53


qualité vs quantité ? (suite)

si une loi générale est 'la qualité s'oppose à la quantité',
c'est un problème redoutable pour une révolution à faire par les masses

au-delà de la critique de la démocratie, quel sens aurait une révolution par une minorité
si ce n'est sans fin la contrainte par la force et la violence

et le pouvoir comme moyen de se débarrasser du pouvoir ?

on aboutit à une contradiction dans les termes
de l'émancipation de tous par chacun.e.s
par et pour la liberté

en attendant le dîner de gala
nous avons à le poser en théorie communiste de la communisation

Mao a écrit:
La révolution n'est pas un dîner de gala ; elle ne se fait pas comme une œuvre littéraire, un dessin ou une broderie; elle ne peut s'accomplir avec autant d'élégance, de tranquillité et de délicatesse, ou avec autant de douceur, d'amabilité, de courtoisie, de retenue et de générosité d'âme. La révolution, c'est un soulèvement, un acte de violence par lequel une classe en renverse une autre.

Mao Zedong, Le Petit Livre rouge, 1966


voir en relation la VIOLENCE venue dans la CONTRE-RÉVOLUTION CAPITALISTE...

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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Sam 19 Nov - 8:36


quelques extraits d'une interview récente de Gayatri Spivak, à propos de critique théorique et de "déconstruction", où l'on retrouvera ce que j'ai appelé la critique "interne" d'autres théories sous réserve de s'en approprier la cohérence dans leurs langages




Citation :
So you see this book as basically a critique of Western philosophy?

That’s what de-construction is about, right? It’s not just destruction. It’s also construction. It’s critical intimacy, not critical distance. So you actually speak from inside. That’s deconstruction. My teacher Paul de Man once said to another very great critic, Fredric Jameson, “Fred, you can only deconstruct what you love.” Because you are doing it from the inside, with real intimacy. You’re kind of turning it around. It’s that kind of critique.

What was Derrida trying to deconstruct? How was he trying to interpret Western philosophy in a new light?

It had a focus on being dominant for centuries without change. Whole groups get excluded because a certain kind of dominant discourse is established. He also said a very powerful thing about African orality: they could remember seven generations back; we’ve lost that capacity. There, “writing” takes place on the psychic material called “memory.” Derrida connects this to Freud. So he was saying, look at reality carefully. It’s coded so that other people, even if they’re not present, can understand what we are saying. He looked at how this was suppressed in philosophical traditions.



il ne suffit pas d'interroger le monde et les luttes qui s'y produisent, mais aussi la façon dont on l'a fait jusqu'ici, et de ce point de vue, je n'ai rien fait que déconstruire pour reconstruire

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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Ven 23 Déc - 16:22

importé de LES COMMUNISMES, UNE IDÉE NEUVE DANS LE MONDE

la méthodologie dialectique complexe mise en œuvre pour le rapport capital/nature

pour comprendre les articulations dialectiques complexes évoquées dans le commentaire du 22 déc 22:10 crise écologique et capital, il faut se reporter à LA DIALECTIQUE MISE EN ŒUVRE : Le processus d’abstraction dans la méthode de Marx   points de vues et niveaux de généralités, et lire au moins, dans le chapitre 2, les points V. Les trois modes d’abstraction - L’extension p.61, VI. Les niveaux de généralité p.85, et VII. Le point de vue p.110

on y saisira bien mieux en quoi ma méthodologie, même quand elle n'est pas explicite dans les raisonnements (celle de Marx non plus, que décrit Ollman) est mise en œuvre derrière mes propositions de reconceptualisation des articulations entre les "points de vue" des rubriques de la page d'accueil de ce forum ou du livre électronique V. LES 'POINTS de VUES', PARTICULARITÉS articulées dans la GÉNÉRALITÉ capitaliste et humaine

on y verra à l'œuvre bien plus de complexité que dans les présentations habituelles de la dialectique marxienne, réduite à des schémas à partir de contradictions binaires et de 3 niveaux : totalité, particularités, et singularités. Selon Ollman, la dialectique de Marx comporte 7 niveaux de généralités, qu'Ollman présente du plus singulier au plus général : 1. Les qualités uniques ici et maintenant, 2. Le capitalisme moderne, 3. Le capitalisme, 4. La société de classe, 5. La condition humaine, 6. Le monde animal, 7. Qualités que nous possédons comme parties matérielles de la nature, comme le poids, l’étendue, le mouvement, etc.

Ollman a écrit:
p.104 : Ce qu’on appelle « les lois de la dialectique » sont ces mouvements que l’on peut trouver sous des formes reconnaissables sur chaque niveau de généralité, c’est-à-dire dans les relations entre les qualités qui relèvent de chacun de ces niveaux, y compris celui de la nature inanimée.
La transformation de la quantité en qualité et le développement à travers la contradiction, discutés plus haut, sont des exemples de ces lois dialectiques.
Deux autres lois qui jouent des rôles importants dans le travail de Marx, sont, d’une part, l’interpénétration des contraires (le procès par lequel un changement radical dans les conditions environnant deux ou plusieurs éléments abstraits temporairement, ou dans les conditions de la personne qui les observe, provoque une modification frappante, ou même un renversement complet, dans leurs relations), et de l’autre, la négation de la négation (le procès par lequel la phase la plus récente d’un développement qui est passé par au moins trois phases manifestera des similarités importantes avec ce qui existait dans la première phase).

p.106 : Il nous reste deux questions majeures à traiter en ce qui concerne ce mode d’abstraction. La première est de savoir comment les qualités situées sur chaque niveau de généralité affectent celles qui sont situées sur les autres. Et la seconde, quelle influence exerce la décision prise concernant l’abstraction d’extension sur le niveau de généralité que  l’on abstrait, et vice-versa ?
L’effet des qualités de chaque niveau sur celles des autres niveaux, allant du plus général (niveau sept) au plus spécifique (niveau un), est celui du contexte sur son contenu. Cela signifie que chaque niveau, à partir du septième, fournit un champ de possibilités pour ce qui peut se passer sur les niveaux plus spécifiques qui le suivent. L’effectivité de certaines de ces possibilités sur chaque niveau limite à son tour ce qui peut arriver sur les suivants jusqu’au niveau un, celui de ce qui est unique.


il convient naturellement de s'approprier la dynamique, cad le fonctionnement proprement dialectique, des relations que Bertell Ollman expose entre ces différents points de la méthode d'abstraction de Marx, extension, niveaux de généralité et point de vue, dont il donne des exemples concrets d'illustration. Concernant celui-ci :

Ollman a écrit:
p.110 : Le troisième mode d’abstraction de Marx est celui du point de vue (vantage point).

Comme nous l’avons vu, pour Marx, les capitalistes sont des « incarnations du capital »; mais il dit également que le capital fonctionne comme il le fait parce qu’il est entre les mains de gens qui l’utilisent pour faire du profit.96 Marx dit de l’Etat que c’est un instrument de la classe économique dominante; mais il le traite aussi comme un ensemble de structures objectives qui répondent aux exigences de l’économie, comme un aspect du mode de production lui-même.

Nombreuses sont les affirmations semblables et apparemment contradictoires dans les écrits de Marx. Elles résultent d’abstractions différentes, mais non d’abstraction d’extension ni de niveau de généralité. Elles sont dues à différentes abstractions du point de vue. Ici, la même relation est considérée de différents côtés, ou le même processus selon ses différents moments
.

si l'on se reporte à ma réponse à Tristan Vacances plus haut, 22 Déc. 22:10, on voit qu'elle concerne tous les niveaux de 2 à 7, si l'on admet que le niveau singulier (les individus) n'y entre pas en ligne de compte. Mais l'erreur de Tristan Vacances, à laquelle j'ai réagi, c'est de ne pas procéder à la réciprocité du point de vue, en gros, entre le capital 2,3,4) et la nature (5,6,7),  « la relation considérée de différents côtés... ». Il en résulte que là où, généralement, les marxistes n'ont que celui du capital sur la nature, lui inverse l'erreur en considérant que, puisque ce niveau de la nature (5 à 7) est plus général que celui du capital (2 et 3) et de la société de classe (4), il le subsume. C'est l'erreur classique des écologistes

remarque : j'ai utilisé en 2014/2015 une méthode comparable, en me référant cette fois à Meschonnic et son principe de mise en rotation de différents points de vue les uns sur les autres, depuis la classe, le genre, et la 'race'

PS : j'ai fait connaître au "milieu théorique radical" cette méthodologie de Marx selon Ollman dès 2005 ou 2006, mais je n'en ai vu depuis nulle prise en compte ni critique dans aucun texte ou commentaire en émanant...

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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Ven 23 Déc - 21:13

Salut,

C'est super intéressant, ça me rappelle des trucs qu'on apprend en sciences sociales, puisqu'en fait on touche un peu à tout: sociologie, ethnologie, démographie, économie, histoire, philosophie, sciences du langage, sciences de l’éducation, psychologie. On nous enseigne des méthodes, mais plus appliquées à des études de cas, et forcément moins générales et systématiques.

Ça veut dire que Marx touchait sa bille dans pas mal de domaines scientifiques en plus de la philosophie et de l'histoire, et qu'il a su marier le tout sans se confiner à quelques domaines. En fait l'université avec ses domaines rangés dans des tiroirs, ça n'apprend pas à penser comme ça, de façon complexe et dialectique.

Je vais regarder le PDF d'Ollman.
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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Ven 23 Déc - 23:53

d'un côté, l'université n'est certes pas le lieu d'un critique radicale, et quand on voit l'auberge espagnole du marxisme universitaire et ses figures obligées aujourd'hui (cf colloque des émancipations, machin Communisme du XXIè siècle à Rome du centenaire d'octobre 17...), plus la posture surplombante de ces professeurs en non-révolution appointés par l'État du Capital (y compris le théoricien/poète des émeutes Joshua Clover), faut pas en attendre grand chose

d'un autre, plaignez-vous, votre programme est alléchant. Perso j'étais étudiant dans une école d'ingénieurs en micro-mécanique et mécanique de précision, le cursus à la fac, c'était métrologie, statistiques et probabilités, électronique, j'en passe et des plus chiants pour l'étudiant communiste que j'étais alors. Bof, je militais, plus souvent en fac de lettres, et j'ai fini par larguer mes études parce que je ne voulais pas "servir les patrons". J'ai fait une moins bonne carrière mais ne l'ai jamais regretté

concernant nos problématiques communistes, j'ai tout appris en autodidacte, avec forcément des constructions sur pilotis
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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Jeu 29 Déc - 14:32


des erreurs de méthodologie symétriques

un postcapitalisme sans sortie de la société de classes ?

1) la particularité capitaliste comme tout (Théorie de la communisation)

comme prolongement de la remarque précédente, si l'on s'en tient à la vision d'une révolution à titre prolétarien*, on ne construit pas une théorie permettant d'envisager la fin des sociétés de classe (niveau 4), et ceci même si leurs fondements, les contradictions qui les définissent avant l'émergence du mode de production capitaliste (niveau 3), sont comme avalées par celui-ci au fil de son évolution jusqu'à la domination réelle de tous les rapports sociaux (contradiction de genre, oppression raciale ou autres)

* c'est encore l'erreur que commet Gilles Dauvé dans son récent texte Working class zero ? Sur la prétendue disparition des ouvriers étasuniens , Gilles Dauvé, DDT21, décembre 2016. Voir Dauvé, Moody, frères ennemis de l'idéologie du prolétariat universel révolutionnaire

en effet, il n'est pas absolument impossible de concevoir un post-capitalisme, ou du moins une phase ultérieure de celui-ci dans laquelle les rapports prolétariat-capital recomposés laisseraient se construire une contradiction plus large entre "nouvelles classes" dans la société, comme le montre la perspective de l'expulsion d'une partie importante de la population humaine du rapport de travail sans lequel il n'y a pas d'exploitation. Autrement dit, le mode de production capitaliste, dans le sens étudié par les théoriciens de la communisation (niveaux 2 et 3), deviendrait en quelque sorte une partie seulement des nouveaux rapports de classes

Bertell Ollman a écrit:
Naturellement, toutes les oppressions associées à la société de classe [niveaux de généralité 4] revêtent en outre des formes et des intensités spécifiquement capitalistes [niveaux 2 et 3], mais la relation principale qui sous-tend et donne de la force vient de la société de classe elle-même, dont le capitalisme n'est qu'une forme particulière. En conséquence, l'abolition du capitalisme ne nous débarrassera pas de ces oppressions, mais seulement de leurs formes capitalistes.

On ne pourra complètement mettre fin au racisme, au sexisme, au nationalisme, etc., dans toutes leurs formes qu'avec l'abolition de la société de classe elle-même
, et en particulier avec la fin de la division entre travail manuel et travail intellectuel, changement historique mondial qui ne pourrait se produire, pensait Marx, qu'avec l'émergence du communisme.

p.88

sur la base de ce que nous pouvons observer aujourd'hui, il n'y a pas plus de raison de concevoir une communisation "immédiate" réglant tous ces problèmes, que des étapes historiques intermédiaires restructurant les rapports entre classes et les contradictions essentielles produisant alors une nouvelle dynamique historique de la société

alors la « révolution sociale » dont parle Marx mis en exergue par dndf pourrait fort bien renvoyer à tout autre chose qu'une révolution communiste de sortie des sociétés de classe : une restructuration générale des rapports sociaux civilisationnels au sein de la société de classe

Karl Marx a écrit:
Alors s’ouvre une époque de révolution sociale. Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute l’énorme superstructure. Lorsqu’on considère de tels bouleversements, il faut toujours distinguer entre le bouleversement matériel – qu’on peut constater d’une manière scientifiquement rigoureuse – des conditions de production économiques et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu’au bout.
K. Marx « Préface à la critique de l’économie politique »


2) l'a-dialectique des "contradictions englobées" dans la généralité humaine
(Temps Critiques)

de même et à l'inverse, sous réserve de lire La dialectique revisitée, Dépassement ou englobement des contradictions ?, Jacques Guigou, Jacques Wajnsztejn,  dans leur cas, c'est le niveau 4 (la société humaine) qui est le point de vue et le niveau favorisé, au détriment des rapports de classes spécifiques du capitalisme (niveaux 2 et 3). L'erreur méthodologique est l'oubli de faire fonctionner la réciproque des points de vue entre niveaux de généralité (reproche fait à Tristan Vacances concernant les "rapports à la nature"), ce qui conduit à redéfinir les contradictions, non à les considérer comme "englobées" ce qui est en soi anti-dialectique, voire anti-historique quand on voit « resurgir des contradictions ancestrales précapitalistes » :

Temps Critiques a écrit:
... une nouvelle dynamique qui permet d’englober la contradiction capital-travail mais fait resurgir des contradictions ancestrales précapitalistes (rapports entre les sexes, rapport à la nature) jusque-là recouvertes par la contradiction dominante entre les classes.

je ne sais tout simplement pas ce que seraient, du point de vue de l'analyse historique et structurelle du « double mouvement du capitalisme, historique et organique » (Ollman), des "contradictions englobées", dès lors qu'on utilise la méthode évoquée des niveaux de généralité rapportée aux périodes plus ou moins longues de l'histoire étudiée et selon les extensions et points de vue pertinents pour le faire. Ici, les nouvelles contradictions dans le "rapport" humanité/nature ne sont pas l'invariance à l'identique de contradictions anciennes, et ne sauraient se résoudre en les figeant, point de vue humaniste et anthropocentriste, à la généralité de « la tension individu-communauté humaine »

Temps Critiques a écrit:
Et aujourd’hui que quasiment toutes les activités humaines sont capitalisées, c’est une contradiction encore plus ancienne et plus générale qui se manifeste à nouveau, celle entre individu singulier et communauté humaine, mais sous les formes particularisées des religions et des identités.

on retrouve leur incapacité à penser des dépassements à produire, entre autres des identités. Ce n'est pas d'aujourd'hui que Guigou et Wajnsztejn s'en prennent à la dialectique des contradictions bien plus qu'ils ne la "revisitent" (voir les textes sur le blog de Temps Critiques, discussions préfigurant leurs positions dans ce livre), et comme l'écrit Ollman en Introduction de son livre cité, p.13 : « Tout au long de ces assauts contre l'intégrité du marxisme, aucun élément de la pensée de Marx n'a reçu de traitement plus pitoyable que la dialectique, que ce soit sous forme de critique directe, de distorsion grossière, ou de négligence absolue. »

Bertell Ollman a écrit:
Le marxisme, entendu au sens des idées de Karl Marx, a subi quatre assauts majeurs durant les quelques cent cinquante années de son histoire :

- le révisionnisme, dont la plupart des traits critiques ont porté sur l’«importance excessive» prétendument accordée par Marx aux processus économiques, de même que sur ses « prédictions erronées »;

- l’«officialisation », ou l’adoption du marxisme comme doctrine officielle dès 1917 par divers pays sous-développés, avec pour résultat le glissement de la signification du marxisme, de l’analyse et de la critique du capitalisme à une rationalisation et une idéologie organisatrice d’un État « socialiste » ;

- le sectarisme, à l’ouest en particulier, pour lequel le mot et la citation ont souvent été substitués aux arguments de Marx et à sa façon de penser ;

- et, plus récemment, une sorte d’éclectisme délirant, un marxisme des «années de vaches grasses», dépouillé de sa classe ouvrière, dans lequel les idées de Marx ont été mariées à une série de prétendants mal assortis en provenance de l’université bourgeoise pour produire autant de rejetons liés par des traits d’union ; ce dernier assaut serait en soi de peu d’importance s’il ne s’accompagnait invariablement d’un déplacement de la visée première de Marx, ainsi que d’une dilution drastique de son analyse sociale et de son programme politique.

Tout au long de ces assauts contre l’intégrité du marxisme, aucun élément de la pensée de Marx n’a reçu de traitement plus pitoyable que la dialectique, que ce soit sous forme de critique directe, de distorsion grossière, ou de négligence absolue. C’est pourtant par là, par la méthode dialectique de Marx, que doit commencer toute tentative sérieuse pour recouvrer ce qu’il y a de précieux dans sa contribution à la transformation de notre monde.

réduisant la dialectique à celle des contradictions, en laissant de côté les autres aspects du processus d'abstraction, qu'on s'en réclame ou qu'on la critique, on sort de la dialectique de Marx

bref, pour moi, que ce soit par un déficit de dialectique ou un excès de structuralisme, ces gens-là sont très loin de faire preuve de la même souplesse de raisonnement et d'articulations complexes que l'auteur du Capital

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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Sam 4 Fév - 7:40

1er février maj

Admin a écrit:
en rapport évident avec ce sujet, mais vu certaines positions de l'auteur, je ne sais pas ce que ça vaut...








George Ciccariello-Maher a écrit:
The relationship between dialectical and decolonial thought is deeply fraught. In this project, I seek to sketch out the conditions of possibility for a decolonized dialectics, with the following questions in mind. Firstly, against those who discard dialectics out of hand, is it possible to subject the dialectical tradition to its own decolonizing Aufhebung? Secondly, and inversely, is there a dialectic capable of accommodating decolonization, or is the historical baggage of dialectical thought too heavy to be worth the trouble?

La dialectique et la pensée décoloniale se heurtent profondément. Dans ce projet, je cherche à esquisser les conditions de possibilité d’une dialectique décolonisée, avec les questions suivantes à l’esprit. Tout d’abord, contre ceux qui jettent la dialectique de la main, est-il possible de soumettre la tradition dialectique à son propre Aufhebung (dépassement) décolonial ? Deuxièmement et inversement, existe-t-il une dialectique capable d’accueillir la décolonisation, ou le bagage historique de la pensée dialectique est-il trop lourd pour valoir la peine ?


extrait par l'auteur sur tweeter / Ajout 4 février

sur le même sujet


Citation :
When Frantz Fanon's critiques of racism, sexism, colonialism, capitalism, and humanism are brought into the ever-widening orbit of Africana critical theory something unprecedented in the annals of Africana intellectual history happens: five distinct forms of Fanonism emerge. Forms of Fanonism: Frantz Fanon's Critical Theory and the Dialectics of Decolonization is discursively distinguished from other engagements of Fanon's thought and texts insofar as it is the first study to consciously examine his contributions to Africana Studies and critical theory or, rather, the Africana tradition of critical theory.

Forms of Fanonism identifies and intensely analyzes Fanon's contributions to the deconstruction and reconstruction of Africana Studies, radical politics, and critical social theory. In highlighting his unique 'solutions' to the 'problems' of racism, sexism, colonialism, capitalism, and humanism, five distinct forms of Fanonism materialize. These five forms of Fanonism allow contemporary critical theorists to innovatively explore the ways in which his thought and texts can be dialectically put to use in relieving the wretched experience of this generation's wretched of the earth. Critics can also apply these forms to deconstruct and reconstruct Africana Studies, radical politics, and critical social theory using their anti-imperialist interests. Throughout Forms of Fanonism, Reiland Rabaka critically dialogues with Fanon, incessantly asking his corpus critical questions and seeking from it crucial answers. This book, in short, solemnly keeps with Fanon's own predilection for connecting critical theory to revolutionary praxis by utilizing his thought and texts as paradigms and points of departure to deepen and develop the Africana tradition of critical theory.

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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Dim 9 Avr - 11:57


tweet pensée


la poésie du réel, plus complexe
que toute dialectique des concepts,
rend mieux compte de la vie

elle ne croit pas, mais fait défi,
dé-philosophie

entre deux Louis A., contre Althusser, je choisis Aragon
cf L'autre L.A., dans Aragon : La confusion des genres, Daniel Bougnoux, 2012

toute la problématique du communisme comme foi, croyance, est posée dans l'œuvre d'Aragon, notamment dans Le fou d'Elsa (1963) et La mise à mort (1965). Les stalino-, gaucho- et anarcho-marxistes n'y ont rien compris, depuis leurs normes idéologiques. C'est en cela qu'ils se ressemblent, s'assemblent ou se disputent. Globalement, en tant que croyants, ils ne m'intéressent plus, ni mon passé de croyant, ni, de ce point de vue, le croyant Aragon. Le penseur, oui

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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Sam 27 Mai - 14:54


les Frères Jacques et la 11è thèse sur Feuerbach de Marx

à relever, cette remarque de Jacques Wajnsztejn sur le blog de Temps Critiques, dans Logique et dialectique, Marx, le marxisme et la question de la méthode :

JW a écrit:
De fait, chez le Marx de la XIème thèse sur Feuerbach, il y a l’idée qu’il faut passer de l’interprétation (philosophique) à l’explication scientifique avant de transformer le monde. C’est un peu là-dessus qu’il va participer, quoiqu’il en ait, à la création d’une science économique.

de fait, je crois n'avoir rien lu d'aussi inepte sur le sens de la 11 thèse, et pour le reste de cet échange, d'aussi bavard et creux sur la méthode dialectique de Marx, avec des références complètement dépassées (Naville, Sève, Quiniou...), rien des apports de Bertell Ollman, et même d'Henri Lefebvre**, si bien que je partage la charge de Benoit Bohy-Bunel dans Contre la bêtise savante de "Temps critiques". A propos des frères Jacques, etc. : «  Difficile de communiquer avec une telle bêtise « savante » (d'autant plus bête qu'elle se dit savante, d'ailleurs). » La méthode dialectique de Marx « leur échappe complètement... ils prétendent régler avec suffisance des problèmes trop compliqués pour eux.»


Les philosophes n'ont fait qu'interpréter le monde de différentes manières, ce qui importe  c'est de le transformer.

comment peut-on lire ici la moindre invitation à remplacer la philosophie par la science, et non par l'action ?

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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Mer 26 Juil - 14:54


Alexandre Zinoviev, dialectique et logique complexe

je signale ici une conception de la dialectique assez surprenante, chez Alexandre Zinoviev. Elle n'est pas sans rapports avec ce que j'appelle dialectique complexe et bien sûr avec la méthode de Marx. En 1954 il soutient sa thèse de doctorat, Méthode du passage de l'abstrait au concret dans Le Capital de Karl Marx, qui porte l'analyse logique de la structure de l'œuvre et « l'aspect logique de la méthode dialectique ». À ma connaissance, cet ouvrage n'a pas été traduit en français. Dommage, car il en fait dans son œuvre un usage abondant et tout à fait original

citations tirées de Wikiquote


Alexandre Zinoviev (1922-2006) est un logicien, écrivain et caricaturiste russe. Selon la méthode du passage de l'abstrait au concret, il analyse la sociologie de la société communiste. Suite à l'écriture de son premier roman sociologique, le pouvoir soviétique l'exil en RFA. En Occident, il est vu comme un critique de la société communiste et du communisme. Dans les années 1980 et 90, il change son objet d'étude pour étudier de la même manière la perestroïka et l'Occidentalisme. Mais, cela vaut également un isolement et une certaine censure.

recension des termes dialectique, logique... et références à Marx. Je laisse de côté idéologie et science
Citation :
- dans Le Communisme comme réalité, 1981

Pratiquement (et logiquement) il est impossible de délimiter les éléments favorables et les éléments défavorables. Ce n'est qu'une fois le processus achevé qu'il devient possible de juger du passé en fonction du résultat obtenu, et cela s'en trop risquer d'erreurs.

L'homme qui pense en scientifique cherche non seulement à constater les faits, mais, également à les analyser en tenants compte de leur hasard ou de leur nécessité, il tâche d'en analyser les lois que l'observation immédiate ne discerne pas et d'éliminer l'influence de ses propres penchants sur les résultats de ses réflexions.

Cette façon qu'ont les esprits petits-bourgeois de confondre leurs appréciations subjectives avec la situation objective va tellement loin que la majorité des notions utilisés dans les conversations roulant sur des problèmes sociaux ont actuellement perdu leur caractère scientifique pour devenir de simples expressions d'estimation.

- dans La Maison jaune, 1982

Il est, par principe, impossible de comprendre notre vie et notre fonctionnement mental, si l'on n'est pas dialecticien. Or, la dialectique est fondamentalement étrangère à l'homme occidental, qu'il soit ou non « penseur ».

J'affirme donc que, pour comprendre notre société, notre méthode dialectique est nécessaire, alors que celle de l'Occident, non dialectique, ne sert à rien. Mais attention : je ne parle pas de « dialectique » au sens que lui ont donné les philosophies soviétiques — à commencer par Staline dans son Matérialisme dialectique et historique ; je veux parler de cette capacité à tenir compte de toute la complexité et du caractère changeant de formations telles que notre gigantesque société. Ah ! que cela me démange de décrire cette méthode ! Mais en lui conférant l'efficacité, le sens pratique du style de pensée occidental. Est-ce possible ? Qui sait, les formes les plus adaptées naissent peut-être, justement, de ces compromis impensables.

- dans Les confessions d'un homme en trop, 1991

Il ne s'agit pas, dis-je, de faire comme s'il existait quelque part une logique dialectique toute prête, que nous n'aurions qu'à identifier comme telle. Cette science n'existe pas et l'expression "logique dialectique" possède d'ailleurs plusieurs sens. Il faut poser le problème autrement. Personne ne remet en cause le fait qu'il existe un mode de pensée et une approche dialectique des phénomènes. On emploie dans cette approche des formes que décrit la logique formelle. Mais on recourt également à d'autres moyens qui nous permettent de nous orienter dans une réalité complexe, changeante et contradictoire. Ce sont ces moyens, qui rendent possible la pensée dialectique, qui doivent être pris pour objet d'étude de la logique. Et, il importe peu que nous envisagions cette science comme une logique dialectique particulière ou comme une branche de la logique formelle. Soit dit en passant, ces modes de pensée ont déjà été étudiés par John Stuart Mill, pour ne citer que lui.

Ce débat m'obligea à élaborer ma propre conception de ces aspects de la philosophie. Je décidai de concevoir une discipline qui engloberait comme objet d'étude les problèmes de logique, de gnoséologie, d'ontologie, de méthodologie, et de dialectique ainsi que d'autres matière qui touchent aux problèmes généraux du langage et de la connaissance. Je considérais comme secondaire l'appellation de ladite discipline. "Philosophie" ne convenait pas. […]. Avec le temps, je me mis à utiliser l'expression "logique complexe" pour distinguer ce que je faisais de ce que faisaient les autres.

- dans Perestroïka et contre-perestroïka, 1991

La meilleure étude de ces crises capitalistes reste, de mon point de vue, les travaux de K. Marx qu'il est bon ton aujourd'hui de juger erronés. En fait, c'est exactement le contraire.

- dans L'Occidentisme - essai sur le triomphe d'une idéologie, 1996

La méthode de pensée dialectique ne se réduit pas aux "lois de la dialectique" connues. Elle inclut un certain nombre de procédés d'expérimentation mentale que Hegel et Marx appelaient la méthode d'ascension de l'abstrait vers le concret. (…) Je suis persuadé que cette méthode pourrait-être très utile à la description de l'occidentisme, mais, à ce jour, Le Capital de Marx reste l'exemple unique de son application.

il fut de bon ton, en Occident, de présenter Zinoviev comme une sorte de "dissident" antistalinien, antisoviétique et donc anticommuniste, bref une sorte de Soljenitsyne. Extrait d'un long entretien en ligne, conseillé : « Le testament d'une sentinelle », 01/03/2005

Quels sont vos rapports avec Alexandre Soljenitsyne ?
Zinoviev : Je n'en ai jamais eu et je ne veux pas en avoir. Comme écrivain, son "œuvre" est médiocre, surévaluée. Et comme penseur, c'est proche de la nullité. Je suis tourné vers l'avenir, et Soljénitsyne, vers le passé.

[En Occident] On m'a alors accusé d'être devenu communiste, moi qui étais considéré comme un anticommuniste farouche.

mais le mieux est de découvrir cette "méthode" dans ses œuvres, romans ou essais, on ne s'y ennuie pas

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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Jeu 17 Aoû - 18:27


dans AUTO-ORGANISATION RÉVOLUTIONNAIRE, une vision renouvelée 14 août 2017


auto-organisation du vivant, complexité et émergence :
plus que des parallèles

jusque-là, nous n'avons abordé l'auto-organisation qu'au(x) sens qu'elle prend comme celle(s) des luttes sociales, en discernant son enfermement dans l'autonomie/autogestion de son inscription dans la production d'un dépassement des limites du capital, par un auto-changement du sujet révolutionnaire

nous avons pris le contre-pied des affirmations de Théorie Communiste, dont Léon de Mattis exprime la caricature dans Les mesures communistes SIC2 en 2014. Nous y retrouvons ce sens réducteur, unique et obligatoire de l'auto-organisation :


Léon de Mattis a écrit:
La mesure communiste est un exemple de mode d’organisation de la production du communisme. Elle n’est ni démocratie directe ni auto-organisation.

9 [...] Elle n’est pas non plus « auto » organisation. L’auto-organisation est certes, à l’heure actuelle, une nécessité pour l’existence des luttes au-delà des temps et formes étroits des luttes légalisées et syndicalisées. Mais la mesure communiste est une rupture avec l’auto-organisation puisqu’il y a alors dépassement des luttes partielles qui ont besoin de s’organiser comme telles autour de leur objet spécifique.


Arrow

l'auto-organisation des systèmes complexes est une notion qui apparaît à la fin des années 1940. De la façon la plus générale, elle est

Citation :
une tendance, tant au niveau des processus physiques ou des organismes vivants, que des systèmes sociaux, à s'organiser d'eux-mêmes. [...] Ce terme ne devint commun dans la littérature scientifique que lors de son adoption par les physiciens et autres chercheurs du domaine des systèmes complexes dans les années 1970 et 1980.

Wikipédia auto-organisation


une civilisation est auto-organisée


Matière et révolution a écrit:
Le nuage, le cerveau, la ville, la cellule, l’étoile, la galaxie, la terre, la civilisation sont des structures complexes auto-organisées. Leur existence, leur transformation ne sont pas pilotées de l’extérieur par un concepteur et un artisan. Elles sont elles-mêmes, en cours de route, leur propre concepteur et leur propre artisan, y compris le concepteur et l’artisan de leur propre mort. Elles sont le produit des multiples rétroactions qui les habitent ainsi que des interactions avec le milieu. Leur ordre est le produit d’un désordre ambiant autant que des lois qui s’imposent à leur niveau.

Qu’est-ce que l’auto-organisation ? Faber Sperber, Robert Paris, vendredi 4 septembre 2009


le communisme auto-organise le changement de civilisation

s'il est question des interactions avec le milieu, c'est donc que l'auto-organisation des systèmes vivants n'est pas assimilable à leur autonomie. Dans le cas de l'auto-organisation des luttes et du sujet révolutionnaire, le milieu, c'est le système capitaliste, la civilisation capitaliste. Nous retrouvons donc notre affirmation : « Contrairement à l'objectif d'autonomie, l'auto-organisation révolutionnaire n'a de sens que dans le conflit antagonique. ». Si la révolution ouvre un changement de civilisation, il y a un rapport entre son auto-organisation au sens de « structure complexe auto-organisée » et l'auto-organisation du sujet révolutionnaire qui la transforme, en interaction/conflit dans et avec elle

les points communs et différences entre auto-organisation et autonomie sont étudiés d'un point de vue philosophique et scientifique par Alvaro Moreno dans Auto-organisation, autonomie et identité, Revue internationale de philosophie 2004/2 (n° 228)


Alvaro Moreno a écrit:
Alors que les systèmes autonomes sont facilement considérés comme des expressions du phénomène général d'auto-organisation, l'inverse n'est pas toujours le cas.

Pour éviter ces problèmes nous allons dorénavant utiliser le terme d'auto-organisation au sens le plus générique - c'est-à-dire le plus inclusif et le plus faible - et nous parlerons d'autonomie (ou de systèmes autonomes) pour désigner l'acception dans sa signification la plus forte. Nous examinerons donc dans cet article trois formes différentes d'auto-organisation : tout d'abord l'auto-organisation au sens le plus générique et le plus simple ; ensuite, l'auto-organisation fonctionnelle ou l'« autonomie », et enfin, l'autonomie informée, qui constitue l'organisation caractéristique du monde vivant. [...]

Dans cette idée générique d'auto-organisation, il faut souligner les aspects suivants :

a. L'auto-organisation implique une relation entre niveaux : à partir d'un ensemble d'interactions « microscopiques » apparaît, de façon irréversible et non linéaire, une forme apparemment simplifiée d'organisation « macroscopique ».

b. L'auto-organisation est un processus où se créent spontanément de nouvelles formes de corrélations dynamiques, c'est-à-dire des configurations ni trivialement déterminées par des lois ou des règles de base ni directement spécifiées par des contrôles ou des contraintes d'origine externe.

c. L'organisation ainsi constituée est « émergente » dans le sens où sa structure macroscopique spécifique n'est pas prédictible à partir de la connaissance des interactions de ses éléments constitutifs (au niveau « micro »).

ici, nous pouvons établir un parallèle entre interactions « microscopiques » / organisation « macroscopique » et les parties / le tout ou singularités et particularités / généralités dans la tradition philosophique et plus précisément la dialectique hégelienne puis marxienne

il ne s'agit pas de tomber dans le toutisme d'Edgar Morin dans son approche de la complexité (La méthode), et c'est pourquoi j'ai croisé la dialectique marxienne des contradictions avec certaines considérations sur la complexité dans DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE. Je n'y aborde que la question du dépassement des contradictions, qui rejoint dans la complexité les notions d'émergence et de seuil, que l'on retrouve dans la dialectique quantitatif/qualitatif

Alvaro Moreno conclut ainsi son article


Citation :
L'idée d'identité dans l'auto-organisation et dans l'autonomie est basée sur un principe implicite de récursivité, qui constitue cette identité en fonction de ses actions dans un environnement donné. Cette identité est active et autoconstitutive en tant que telle : il y a une identité ou « soi » qui s'autoconstitue justement parce qu'elle se génère en un processus circulaire (qui néanmoins dépend aussi d'un ensemble de conditions externes).

Ce principe se manifeste clairement dans le cas des systèmes autonomes, où l'identité se produit à travers l'ensemble des modifications matérielles causalement générées par le système lui-même. Il faut souligner l'importance du cadre matériel quant à la question de l'auto-organisation et de l'autonomie, car c'est justement la prise en compte des aspects énergétiques qui permet de comprendre et l'autoconstruction des conditions limites du système et la création d'une identité à travers des processus de contrôle de son environnement.

je n'avancerai pas davantage dans le parallèle entre l'ordre des luttes sociales et celui de l'organisation du vivant, mais on voit qu'ils se recoupent et que l'on peut établir plus que des parallèles (qui ne se recoupent jamais...) entre ces approches conceptuelles. Je laisse ma lectorate mariner dans ce bain en évitant de faire bouillir le bébé dans la marmite

affraid

pour conclure cet interlude ludiquement, rêvons en commune à l'assaut du ciel contre l'attaque des prédateurs :

s'il n'avait pas vu des oiseaux, l'homme aurait-il essayé de voler ?



Comme un vol d’étourneaux au-dessus de la ville

Carlos Moreno La Tribune 01/03/2017


Citation :
Combien de fois nous, habitants de tout âge de la ville, avons été émerveillés par un ciel urbain magnifié par un vol d'étourneaux ? Nous avons tous été fascinés par les mouvements synchronisés de ces oiseaux qui déroulent sous nos yeux un extra ordinaire ballet. Ils volent de manière coordonnée en dessinant de superbes formes, qui se font et se défont au gré de leurs réactions en masse, et interagissent en temps réel entre eux. Du point de vue scientifique, le vol des étourneaux a donné lieu à de très nombreuses études, en particulier par la communauté scientifique travaillant la problématique de la complexité, les systèmes critiques et l'auto organisation.

Publiant dans la revue de l'Académie des Sciences des États-Unis, des scientifiques italiens précisent que :

« Quand un groupe d'étourneaux agit comme s'il constituait une entité unique, il se comporte comme un système critique capable d'optimiser sa réponse collective aux défis externes, comme l'attaque d'un prédateur. Les interactions au sein d'un grand groupe fournissent à chaque animal une gamme de perceptions effectives beaucoup plus large que s'il était isolé, améliorant ainsi la réponse globale du groupe aux perturbations ».

Ce comportement est à différencier du comportement grégaire d'un groupe qui suit un chef de file, dans lequel même s'ils vont dans la même direction et sont parfaitement ordonnés, il n'y pas d'interactions entre les individus, car ils se trouvent sans communication quasi instantanée entre eux
, et avec des fluctuations comportementales indépendantes les unes des autres. Le principe de l'auto organisation repose ainsi sur la capacité d'une collectivité à agir de manière coordonnée et en toute circonstance, par la résultante d'interactions dynamiques entre ses composantes, et non pas par l'effet de consignes données par un chef ou par une perturbation externe. [des perturbations externe il y en a justement, avec et contre lesquelles inter-réagit le groupe auto-organisé des étourneaux]

et n'oublions jamais que si l'homme essaye de voler, la femme, elle, y parvient



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MessageSujet: Re: DIALECTIQUE COMPLEXE et MÉTHODOLOGIE : DÉPASSEMENTS À PRODUIRE    Mar 31 Oct - 10:58

P # NP

entre recherche théorique, problèmes mathématiques, et enquêtes 'policières', des rapports plus que métaphoriques : des questions de logique fondamentale révélant les erreurs et limites méthodologiques, et leurs causes dans la croyance en des présupposés

"le prolétariat" vrai trésor, sésame indiscutable du "marxisme" comme religion des intellectuels exceptionnels de la classe moyenne qu'ils disent contre-révolutionnaire (sauf eux)

Le dévouement du suspect X, Keigo Ishiguro 2005, fr 2011

Citation :
« À ses yeux, les mathématiques étaient semblables à une chasse au trésor. Il fallait commencer par définir un angle d'attaque puis réfléchir à un chemin pour déterrer le trésor, autrement dit qui mène à la réponse. Accumuler les calculs conformément à ce plan devait permettre de découvrir de nouveaux indices. Si on ne trouvait rien, il fallait changer de route. A condition de faire cela avec obstination, patience et résolution, on pouvait parvenir au trésor, une solution exacte que personne n'avait encore trouvée.

La même métaphore permettait de penser qu'il était plus simple de vérifier la solution de quelqu'un d'autre que de trouver soi-même une nouvelle route. Mais en réalité, ce n'était pas le cas. Suivre une route erronée et arriver à un faux trésor, autrement dit démontrer que ce trésor est faux, est parfois plus difficile que de chercher le vrai trésor. D'où l'intérêt de l'extraordinaire problème P # NP. »
p. 97-98

« - On parlera de mathématiques en buvant un verre...
- Ça ne serait pas plutôt de ce meurtre et de mathématiques ?
Yukawa haussa les épaules et fronça le nez.
- Ce n'est pas exclu. À propos, j'ai une idée pour un nouveau problème de mathématiques. Tu pourrais y penser si tu as le temps ?
- De quoi s'agit-il ?
- Qu'est-ce qui est le plus difficile : élaborer un problème que personne ne peut résoudre, ou résoudre ce problème ? En supposant que la réponse existe nécessairement. Tu ne trouves pas l'idée intéressante ?
- Très, je vais y réfléchir. »
p.135

jusqu'ici, la théorie marxiste ne mène pas l'enquête, elle connaît la victime, le capital, et le meurtrier, le prolétariat seul sujet révolutionnaire, son « faux trésor ». Le vrai trésor, c'est la question nouvelle : quelle classe antagonique au capital pour la révolution ? La victime est la même, mais on cherche encore l'assassin

j'ai passé des années à montrer que cette théorie communiste faisait fausse route, et qu'elle s'est refusé à changer de route théoriquedans sa logique interne comme dans son rapport à la réalité. Mais ayant « changé d'angle d'attaque », je trouvais de « nouveaux indices » et du même coup je résolvais le non-problème NP

l'ancienne théorie communiste, des marxismes à la communisation, parce qu'elle ne peut plus montrer comment le prolétariat deviendrait révolutionnaire alors qu'il n'est plus constitué en classe, et n'a jamais été un sujet révolutionnaire universel à lui seul que dans leur vision eschatologique de la révolution, ne fait plus que montrer que "la classe moyenne", l'écologie et pour certains le féminisme, sont "contre-révolutionnaires". Cette pseudo-démonstration ne vaut plus qu'à l'intérieur du syllogisme marxien du prolétariat (Charrier 2003)

aucun raffinement dialectique abstrait ne peut écraser les bases de la logique formelle, aristotélicienne si l'on veut, et c'est alors que l'on glisse de la dialectique à la rhétorique (la dialectique selon Schopenhauer, ou l'art d'avoir toujours raison), qui sombre dans la justification. On lira à cet égard La dialectique, entre logique et rhétorique par Laurent Keiff, Revue de métaphysique et de morale 2010/2 (n° 66)


Citation :
On peut à partir de ce qui précède [...] analyser plus finement le sens d’un argument ad hominem. Ce qui qualifie un argument comme tel, c’est qu’il permet l’établissement de la conclusion dans le dialogue qui n’a de valeur que dans la mesure où l’on partage les motivations qui expliquent les restrictions de la classe de stratégies de l’Opposant. On peut alors distinguer parmi ces restrictions celles dont la motivation les rend suffisamment générales pour ne pas ôter au dialogue son intérêt – en accord avec le sens commun, ou les plus sages, etc., c’est-à-dire, en somme, ce qu’on peut supposer appartenir aux connaissances d’arrière-plan dans un domaine d’application donné – et celles qui sont idiosyncratiques d’un Opposant particulier – ce qu’en d’autres termes on pourrait appeler un biais, autorisant la qualification de l’argument comme fallacieux.

En fait, le contexte de l’activité rationnelle est toujours à la fois un contexte de découverte et un contexte de justification, d’abord parce que les principes stratégiques qui orientent la recherche font intrinsèquement partie de la définition d’un contexte de justification, ensuite parce que ces principes n’ont pas d’autre origine, et n’exigent pas pour être formulés un autre cadre conceptuel que celui de l’activité discursive de production et de critique des arguments.

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