PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

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 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mar 8 Mar - 21:39



état d'urgence et réforme pénale (suite)

les mesures adoptées

adopté mardi : ce que contient le projet de réforme pénale post-attentats TF1News avec Reuters 08 mars 2016


Des policiers à Marseille. / Crédits : BORIS HORVAT / AFP

Les députés ont adopté massivement ce mardi en première lecture, par 474 voix contre 32, un nouveau texte de lutte contre le terrorisme qui prévoit notamment de faire entrer dans la loi des dispositions jusqu'ici spécifiques à l'état d'urgence. Que contient-il, point par point ?


Citation :
Les groupes socialiste, Les Républicains (LR) et UDI (centriste) ont, dans leur grande majorité, voté ce texte de lutte contre le terrorisme qui a également recueilli des voix écologistes et des radicaux de gauche. Le Front de gauche a voté contre. Le Sénat l'examinera à son tour à partir du 29 mars. Le gouvernement, qui a décidé d'utiliser la procédure d'urgence, souhaite voir le texte définitivement adopté avant le 26 mai, date de la fin de la nouvelle prolongation de l'état d'urgence.

• Les forces de l'ordre pourront détenir une personne, majeure ou mineure, pendant une période ne pouvant excéder quatre heures afin de pouvoir procéder à une "vérification approfondie" de son identité s'il y a "des raisons sérieuses" de penser que "son comportement est lié à des activités à caractère terroriste". Cette retenue aura pour objet exclusif de procéder à des vérifications sans audition possible.

• Une cour d'assises aura la possibilité de prononcer une "perpétuité dite incompressible" pour les auteurs de crimes terroristes ou de porter jusqu'à 30 ans, contre 22 ans actuellement, la période de sûreté ou d'interdire tout aménagement de peine à la personne condamnée pour terrorisme. Tous les crimes et délits terroristes punis d'au moins dix ans de prison seront accompagnés d'une période de sûreté.

• Les officiers de police judiciaire pourront fouiller des bagages lors d'un contrôle d'identité ou en cas d'urgence ou de terrorisme, ainsi que mener des perquisitions de nuit durant une enquête préliminaire et plus seulement pendant une instruction. Les perquisitions de nuit, limitées jusqu'ici à l'autorisation d'un juge, pourront être ordonnées dans les enquête préliminaires dans le but de "prévenir un risque sérieux d'atteinte à la vie ou à l'intégrité physique".

Le cadre de légitime défense élargit

• Le cadre de la légitime défense sera élargi pour les forces de l'ordre qui pourront faire usage de leur arme en cas "d'absolue nécessité" contre toute personne venant de commettre ou de tenter de commettre un meurtre et qui s'apprêterait à recommencer.

• Renforcement du contrôle des armes et munitions et extension des moyens d'enquête contre le trafic d'armes.

• Renforcement de la lutte contre le financement du terrorisme avec davantage de pouvoirs à Tracfin, la cellule de renseignement financier de Bercy, qui pourra, par exemple, alerter plus facilement les banques en cas de mouvements financiers suspects. Les cartes prépayées seront mieux encadrées et leur traçabilité renforcée.

Assignation à résidence pour les personnes revenant d'un "théâtre d'opérations de groupements terroristes"

• Les personnes s'étant rendues à l'étranger sur "un théâtre d'opérations de groupements terroristes" pourront faire l'objet d'un contrôle administratif dès leur retour en France. Elles pourront être assignées à résidence pendant une durée d'un mois non renouvelable.

• L'autorisation de sortie du territoire pour les mineurs a été rétablie.

• Le texte transpose plusieurs conventions européennes, notamment sur la confiscation des instruments et des produits du crime et le droit d'accès à un avocat et comporte diverses dispositions pénales comme le renforcement du rôle des procureurs comme directeur d'enquête.

• Les agents du renseignement pénitentiaire seront intégrés dans la communauté du renseignement et pourront recourir aux techniques de renseignement comme les écoutes ou les sonorisations de cellules.

• Les constructeurs de téléphones, tablettes et ordinateurs qui refusent de coopérer avec la justice en matière de lutte contre le terrorisme risquent une peine de cinq années d'emprisonnement et une amende de 350.000 euros s'ils refusent de communiquer des données cryptées de l'appareil concerné.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Ven 11 Mar - 14:21


nation française, souverainisme, extrême-droite et "gauche du possible"


d'une discussion chez Médiapart 11/03/2016 Par Patlotch en réponse au commentaire de Marc Tertre le 11 mars 2016. Je ne mets pas en 'quote' mes réponses


Marc Tertre a écrit:

Avellino a écrit:
je ne sais pas si quelqu'un ici a dit que cette loi "mets en cause la nation francaise"

Tertre Ici, je n'en sais rien, mais c'est trés clair dans la presse de droite et d'extréme droite...

cette loi ne met pas en question la "nation française" - la nation c'est le territoire et l'Etat (qui font ensemble l'Etat-nation et l'identité nationale), qui définit qui est français ou étranger, étranger de l'extérieur et étranger de l'intérieur, avec frontières extérieures pour "nous", et intérieures pour "eux". Une telle loi ne peut qu'entériner ce qui est intrinsèque au concept de nation

faire de la nation une valeur de gauche, voire d'extrême-gauche, voire révolutionnaire, c'était bon pour la Révolution française et pour la bourgeoisie nationale, ce ne l'est sûrement pas d'un point de vue de classe, du prolétariat, des "ouvriers qui n'ont pas de patrie" (le Manifeste), enfin bref, de toute la tradition du mouvement ouvrier international, quand il ne s'est pas effondré idéologiquement en mariant le drapeau rouge et le drapeau bleu-blanc-rouge avec Thorez, visant "le socialisme à la française" de Marchais, et avatars actuels entre extrême-gauche et extrême-droite

Ah les beaux atours du souverainisme de gauche, qui dispute à l'extrême-droite les valeurs nationales bourgeoises ! C'est la dérive des incontinents !

voir critique de l'État-nation : de l'État ET de la nation / une urgence stratégique

Marc Tertre a écrit:
Cher patlotch, je crois que tu as mal compris mon propos. Qui n'était pas de dire que "la patrie est en danger", mais de préciser que c'était la propagande de la droite et de l'extréme droite de prétendre que "la nation française" est en danger, parce que tous les frères et soeurs d'une même famille auront la même nationalité même si certain(e)s sont nés en dehors de la france, même si ils l'ont rejoint depuis leur plus jeune age !

D'autant que je m'en fout totalement de la "nation française". Pour paraphraser cette vieille crapule d'Aragon "J'ai bien l'honneur, chez moi, dans ce billet, à cette place, de dire que, très consciemment, je conchie la nation française dans sa totalité."

Maintenant, cette position internationaliste (que tu expose fort bien) est la mienne depuis 1976...

dont acte, Tertre, mais il n'empêche, indépendamment de toi, que la majorité des partis défendent l'idée qu'ils se font de la nation française, de ses valeurs, et c'est au nom de ces valeurs, d'une "certaine idée de la France" que la gauche souverainiste les défend contre l'extrême-droite. À partir de là, tous les mélanges sont possibles, parce que l'idéologie est commune. Elle est soutenue par une immense majorité des français, et pour une fois, leurs représentants à l'Assemblée nationale les ont parfaitement représentés : 474 pour, 32 contre, 22 abstentions

(voir plus haut) état d'urgence : réforme pénale / le pèple français est content, sa représentation aussi
Attentats : seuls 32 députés ont voté contre la réforme pénale 08 Mars 2016

Marc Tertre a écrit:
Je suis d'accord la dessus si tu précise que je ne fais pas (et n'ai jamais fait) parti de la "gauche souvenrainiste",...

je peux te le reconnaître et comme je te l'ai déjà dit, la question n'est pas personnelle, ni de dénoncer, mais de comprendre

Marc Tertre a écrit:
... et que "la gauche souverainiste" ne représente pas heureusement tout ce qui se présente "à gauche du possible"...

ça se discute, car "la gauche du possible", c'est-à-dire d'une perspective réaliste de pouvoir politique de gauche pour renverser la donne, je n'y crois pas, pour la raison expliquée plus haut

le souverainisme de gauche est dans l'air du temps, qu'il soit à base nationale ou européiste : même Marine le Pen n'envisage plus la sortie de l'UE, et le souverainisme n'est pas un nationalisme à l'ancienne. L'Union sacrée du 11 janvier 2015 n'est pas celle de 1914, sans quoi l'on y aurait pas invité le gratin des chefs d'Etats de l'Occident capitaliste, elle est mondialisation- compatible sans quoi elle s'effondre économiquement (Syrisa-Grèce), à condition pour l'Occident de conserver sa suprématie

le souverainisme de gauche vient prendre le relais de l'alter-mondialisme citoyen, le démocratisme radical, qui a connu son apogée au début du siècle et s'est effondré dans la crise de 2008-2010

la "gauche du possible", cela fait deux décennies que c'est la gauche de l'impossible, ou qu'on me montre la moindre preuve du contraire. C'est bien ce qui explique son absence de crédibilité, ses scores électoraux que rien ne peut redresser, d'où les pitoyables glissements souverainistes ("chevènementistes") de Mélenchon et les pathétiques efforts de ses soutiens à vouloir, soit rares prouver le contraire, soit comme un seul homme le suivre, au nom des valeurs de la France éternelle : plus communautariste identitaire français "nous" meurt

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Sam 12 Mar - 2:32


Lundi 7 mars, le Conseil représentatif des institutions juives de France, présidé par l'islamophobe ultra-sioniste Roger Cukierman, organisait son 31ème dîner annuel. Parmi les invités, une surprise : Laurent Sourisseau, alias Riss, dessinateur, directeur de publication et actionnaire (à 70%) du journal Charlie Hebdo.


Citation :
Lundi 7 mars, le Conseil représentatif des institutions juives de France, présidé par l'islamophobe ultra-sioniste Roger Cukierman, organisait son 31ème dîner annuel.

Parmi les invités, une surprise : Laurent Sourisseau, alias Riss, dessinateur, directeur de publication et actionnaire (à 70%) du journal Charlie Hebdo.

Rappel : l'hebdomadaire se présente systématiquement comme un journal anticlérical et hostile à toutes les religions, sans distinction.

Le 7 janvier 2016, sur France Info, Riss affirmait que Charlie Hebdo "défend une conception athée de la société" et qu'il fallait "discuter du fait religieux"

Le 22 février 2016, dans Le Parisien, Riss prétendait encore que son hebdomadaire est "un journal athée qui espère vivre dans une société avec le moins de Dieu possible".


11 janvier 2015



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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Jeu 17 Mar - 8:11


lu quelque part, un peu daté mais toujours frais



Lettre fermée à ma députée surveillée 1er mai 2015

Jean Guinard a écrit:
Madame la députée,


Le vrai terrorisme se moque bien du "pré-terrorisme" finalisé par la loi Renseignement. Car la surveillance d'Etat vise principalement, stratégiquement et préventivement le Mouvement social - toutes ses associations, tous ses syndicats, tous ses partis, toutes ses individualités. Soit un maccarthysme à la française, promu transcendantal de l'Etat.


Et vous approuveriez le projet d'une loi scélérate déjà en application ?

Dans le champ ouvert des finalités, cette "sousveillance" totalisante cherche l'intention "fermée" pour mieux subvertir l'action "ouverte", réduisant par algorithme secret toute intention (privée, citoyenne ou sociale) à une mobilisation "signalée". Car l'Etat N&N (néolibéral & néo-conservateur) a su dévoyer l'intention-pratique chère à Elizabeth Anscombe, et la router comme préemption plus ou moins violente. Soit une police secrète d'Etat.


Et vous approuveriez le projet d'une loi scélérate déjà en application ?

La loi Urvoas donne "pleins pouvoirs" à un Premier ministre muré dans sa tour de police administrative - un souverain à la Schmitt qui décide de l'état d'exception pour notre vie privée, citoyenne ou sociale. Car les garants réputés de l'Etat de droit (CNCTR & Conseil d'Etat) seront toujours marginalisés ou sommés de faire valoir en tous points l'Etat de police. Soit un état d'exception permanent.


Et vous approuveriez le projet d'une loi scélérate déjà en application ?

Bientôt, l'agrégation globale des données (méta-données et contenus) nous aura tous rendus pervers - surveillés comme surveillants, représentés actuellement profilés comme représentants virtuellement protégés. Car le contrôle-data s'intériorise volontiers, transformant chaque individu (par définition résistible au profilage) en "dividu" branché, sur-adapté et profileur. Soit un data-panoptisme (E. Sadin) que votre prochain congrès devrait embellir d'un piquant "data-vallsisme".


Et vous approuveriez le projet d'une loi scélérate déjà en application ?


Quand le peuple fait de la politique par abstention et aphasie, quand la police fait de l'administration par algorithme et secret-défense, il se trouve aisément six sondés sur dix qui opinent "pour" cette surveillance, surtout si un seul croit savoir de quoi "ça  parle". Car les représentants du peuple ont, sur ce PJL, même opinion et même savoir (cinq contre, trente pour, et on ne sait combien de "buvettes"). Soit une addiction tremblante à l'insécure Sécurité.


Et vous approuveriez le projet d'une loi scélérate déjà en application ?

En légalisant toutes les pratique barbouzes, la gouvernance Valls espère atomiser au mieux le Mouvement social et l'intimider assez pour "laisser passer" ses contre-réformes, à l'évidence impopulaires. Car cette loi de science-fiction oblige chaque individu à opter: ou bien se déprendre de son individualité même et poser en "dividu" pervers, ou bien devenir ce qu'il est - un individu jouant collectif et de front. Soit une occasion unique, offerte au Mouvement social, de recouvrer ses couleurs... pour une vie algorithmique émancipée.


Et vous approuveriez le projet d'une loi scélérate déjà en application - non lex, sed rex ?


Je vous prie d'agréer, Madame la députée, l'assurance de ma considération très surveillée.


Jean Guinard, Le clos des glycines, XXX avenue XXXXXXXX, XXXXX  XX XXXXXX, France.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Jeu 24 Mar - 9:35


après Bruxelles, un nouveau pas franchi ?

sans développer, il apparaît, après les attentats de Mollenbeek, qu'une certaine gauche anti-«communautariste» se radicalise sans retenue du côté d'une gauche raciste néo-fascisante

.
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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Sam 26 Mar - 13:02


ne soyons pas chauvins : l'idéologie française est aussi un peu belge

Bruxelles: comment reconnaître un «expert» antiterroriste, un vrai

À chaque attentat, ils sont sur toutes les chaînes d’info, à la radio comme à la télé. Voici ce qui caractérise ces «experts» de l’antiterrorisme.

Citation :
Depuis les attentats de Bruxelles, ils investissent les différents plateaux télé ou radio pour livrer une expertise sans faille sur le terrorisme, analyser comme personne les motivations des djihadistes, balancer des informations exclusives sur les enquêtes en cours. Et combler le vide.

On a choisi de retenir quelques noms bien connus comme Thibault de Montbrial (avocat et expert), Mohamed Sifaoui (journaliste et expert), Claude Moniquet (ex-agent de la DGSE et expert), Pierre Martinet (ex-agent de la DGSE et expert), Roland Jacquard (consultant et expert), Samuel Laurent (consultant et expert) et Jean-Paul Ney (journaliste et expert).

Comment savoir reconnaître un véritable expert d’un imposteur? Voici quelques caractéristiques précises pour cerner leur profil : [je ne donne que les sous-titres]

1. L’expert antiterroriste veut que vous ne ratiez aucune de ses apparitions télé.

2. L’expert antiterroriste a des informations exclusives… qui sont parfois des intox.

3. L’expert antiterroriste l’avait dit bien avant les autres.

4. L’expert antiterroriste se félicite d’avoir été le premier à le dire.

5. L’expert antiterroriste est le seul à pouvoir dire tout et son contraire.

6. L’expert antiterroriste balance des chiffres dont lui seul connaît les sources.

7. L’expert antiterroriste peut avoir un avis très tranché.

8. L’expert antiterroriste aime retweeter les gens qui le complimentent.

9. L’expert antiterroriste est très pessimiste.

10. L’expert antiterroriste retweete ses potes experts.

11. L’expert antiterroriste peut se réjouir d’être cité dans une revue djihadiste.

c'est pas au niveau de la critique des experts dans le Traité de savoir-vivre à l'usage des jeunes générations de Vaneigem en 1967, mais c'est peut-être que l'expertise des experts n'est plus ce qu'elle était ?

« Tout expert est médiatico-étatique sinon il n'est pas expert. »

Thomas Genty
La critique situationniste ou la praxis du dépassement de l'art, 1998

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Dim 27 Mar - 20:44


de, si j'ose dire mon amie, Sihame Assbague. Activiste.


Sihame Assbague a écrit:
Pas une semaine sans l’annonce d’une attaque, ici ou à l’autre bout du monde. C’est terrible de s’habituer aux morts. Ça l’est tout autant de s’habituer au traitement politique, médiatique et citoyen de ces attaques meurtrières. À force, t’en connais tous les rouages…au point de pouvoir rédiger un petit guide pratique de la vie post-attentats. Le voici, en 38 points :

1. Les premières réactions tombent. Choc, déception et effroi.

2. Les musulmans prient pour les victimes…et pour que personne ne revendique les attaques au nom d’Allah.

3. Si c’est une ville occidentale qui est touchée, le hashtag ‪#‎JeSuis‬(ajouter le nom du lieu) est massivement repris. Sinon, on manifeste simplement sa solidarité.

4. Les premiers politico-charognards apparaissent : c’est l’occasion de faire voter telle loi et/ou d’exclure telle communauté.

5. Plusieurs caricatures, dessins, slogans, hashtags sont créés. Les gens trouvent ça « super parlant »

6. Si c’est une ville occidentale qui est touchée, les médias lancent des « éditions spéciales ». Sinon, regardez bien le bandeau en bas de l’écran.

7. La police demande aux journalistes d’arrêter de donner des infos sur les opérations en cours. BFM TV filme des portes.

8. Des journalistes tiennent le décompte des morts. Tu reçois une alerte précisant « 30 morts dont 7 français/blancs ».

9. La fachosphère relaie de nouveaux hoax islamophobes. On apprendra plus tard que ce ne sont pas de vraies images.

10. Facebook lance son alerte sécurité…enfin, si c’est une ville occidentale qui est touchée. Sinon, envoie un SMS frère et prie pour qu’il arrive.

11. Des gens qui n’habitent pas dans la ville du drame et qui ne sont pas en déplacement se signalent en sécurité sur FB. Tu ne comprends pas.

12. Le Président de la République appelle à l’unité et à la paix. Il répète que nous sommes en guerre, en alerte maximale.

13. Le Parisien publie un sondage exclusif : les musulmans ont-ils assez condamné ces attentats ? Mme Michu trouve que non.

14. Des anonymes lancent des événements pour défier le terrorisme : RDV en mini-jupe, avec une bière et des frites, rue de la Paix.

15. Premières théories du complot : l’une des survivantes interviewées par M6 a été reconnue. Il y a 3 ans, elle était dans le public d’une émission qui parlait d’Obama. Mystère.

16. Que soient touchés Abidjan, Tunis ou Bruxelles, les élites françaises estiment que c’est "la France des lumières" qui est visée. Oui, madame.

17. Un imam est invité à se flageller en direct sur TF1. Évidemment, il accepte. ‪#‎NotInMyName‬ ‪#‎RéformonsLislam‬

18. Le ministre de l’Intérieur annonce un renforcement de la politique sécuritaire : encore plus de contrôles (au faciès) et de policiers !

19. Les gens sont tristes. Ils disent qu’il faut s’aimer, ne pas avoir peur et éviter les amalgames.

20. Un rassemblement spontané s’organise place de la République. Des bénévoles s’occupent de compter le nombre de musulmans présents.

21. Le Premier ministre rappelle qu’il ne fera aucune distinction entre les terroristes, ceux qui les protègent et ceux qui cherchent à comprendre.

22. « Expliquer, c’est déjà un peu vouloir excuser » donc ta gueule.

23. Le CCIF dénonce l’augmentation des actes islamophobes. On les accuse alors de faire le jeu du FN et le lit des extrêmes.

24. Quelqu’un essaye de déposer le slogan #JeSuis(ajouter nom de la ville) à l’INPI. Il est lynché par l’opinion publique.

25. Des experts se succèdent sur les plateaux TV. Ils sont spécialistes en islam, terrorisme, banlieues, écologie, explosifs, transports, santé des vicitimes…

26. Une coalition internationale s’organise ; il est question d’attaquer un pays arabe. On ne sait pas encore lequel.

27. Caroline Fourest publie un nouveau communiqué : « Je vous l’avais bien dit ! »

28. Quelqu’un t’explique que tout ça c’est à cause de l’antisionisme et qu’il faut voter la loi travail. Euh ?

29. Presque tous les partis politiques s’accordent sur un fait : « nous » sommes attaqués pour ce que « nous » sommes.

30. Si tu oses dire que non, « nous » sommes attaqués pour ce que « nous » faisons, tu es accusé d’apologie du terrorisme.

31. Un petit de 4 ans est placé en garde à vue : il a dessiné son père, barbu, en train de conduire un bus.

32. À cause de ce dessin, la RATP est pointée du doigt. Elle doit licencier les « musulmans d’apparence ».

33. France 2 s’interroge sur la compatibilité de l’islam avec la République. Invités : Valls, Kepel, Sifaoui et Clavreul.

34. Un hipster roux non-musulman porte plainte pour discrimination. Son cas intéresse tous les médias.

35. On a trouvé les coupables : c’est de la faute au dernier meeting contre l’islamophobie. Des associations belges y avaient d’ailleurs participé.

36. Une « frappe chirurgicale » dans le pays choisi par la coalition envoie 54 enfants en chirurgie réparatrice. OSEF, après tout.

37. Une personnalité écrit une lettre à ses « amis musulmans » pour leur demander de se regarder dans le miroir.

38. Les français sont contents d’avoir sacrifié leurs valeurs... celles pour lesquelles ils ont prétendument été attaqués.

CQFD.

Sihame Assbague
Marche de la dignité, 31 octobre 2015

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Dim 27 Mar - 21:52


l'idéologie française, suite belge

« On est chez nous »
débordements de hooligans à Bruxelles

Des centaines de hooligans ont envahi dimanche 27 mars la place de la Bourse à Bruxelles, un lieu de recueillement depuis les attentats, pour scander des slogans haineux

de Médiapart

Le quotidien belge Le Soir a suivi en direct les débordements survenus dimanche 27 mars dans l'après-midi à Bruxelles, où des centaines de hooligans ont envahi la place de la Bourse, lieu de recueillement depuis les attentats, pour scander des slogans haineux. « On est chez nous ! », entendait-on hurler, tandis que les policiers anti-émeute prenaient place.

Selon le bourgmestre de Vilvorde, ces manifestants seraient des hooligans d'extrême droite venus d'Anvers essentiellement.

Une dizaine d’entre eux ont été interpellés par la police.

source Le Soir : Incidents à Bruxelles: des hooligans repoussés de la place de la Bourse

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Dim 27 Mar - 23:00


idéologie française et belge de souche occidentale eurocentriste

possible analyse ?


Le débat sur les «Molenbeek français» prend de l'ampleur 27 mars 2016 | Par La rédaction de Mediapart


À gauche comme à droite, représentants politiques se divisent ce dimanche 27 mars pour savoir s'il faut parler de « Molenbeek français » ou pas.

Citation :
Une centaine de quartiers français présenteraient des similitudes avec le quartier bruxellois de Molenbeek, a déclaré dimanche 27 mars le ministre de la Ville, de la Jeunesse et des Sports. « Il y a aujourd'hui, on le sait, une centaine de quartiers en France qui présentent des similitudes potentielles avec ce qui s'est passé à Molenbeek », a ainsi estimé Patrick Kanner lors du Grand Rendez-Vous Europe 1-Le Monde-iTÉLÉ.

Selon lui, « Molenbeek (...), c'est une concentration énorme de pauvreté et de chômage, c'est un système ultracommunautariste, c'est un système mafieux avec une économie souterraine, c'est un système où les services publics ont quasiment disparu, c'est un système où les élus ont baissé les bras », a-t-il précisé.

« Mais il y a une différence énorme aussi et (...) je n'ai pas de leçons à donner à la Belgique et à ses pouvoirs publics mais il est vrai que nous prenons le taureau par les cornes dans ces quartiers », a affirmé le ministre de la Ville.

Le conseiller régional socialiste d'Ile-de-France Julien Dray a de son côté récusé l'expression de « Molenbeek français » dimanche lors du Grand Jury RTL-LCI-Le Figaro. « On croit que par les formules on résout les problèmes. On cède à la facilité de la communication et ça ne livre aucune information réelle », a-t-il réagi, ajoutant : « Je n'aime pas qu'on stigmatise. »

Pour Patrick Kanner, cette situation trouverait notamment ses racines dans les émeutes urbaines de 2005, qui ont contribué au développement du salafisme dans certains quartiers, en fragilisant la jeunesse devenue par la suite une cible pour des « prédateurs ». « Nous avons tous une part de responsabilité », a-t-il observé en mettant toutefois en cause la baisse des moyens alloués à la police, à l'Éducation nationale et au monde associatif par la majorité précédente. « Il y a eu un problème de mauvaise gestion de ces quartiers pendant les années notamment du quinquennat de M. Sarkozy. »

« Il y a l'équivalent de Molenbeek en France dans certains quartiers », a déjà estimé Bruno Le Maire par le passé, député Les Républicains de l'Eure et candidat de la primaire de la droite et du centre pour l'élection présidentielle de 2017.

L'expression de « Molenbeek français » a également été utilisée jeudi soir par le député LR de l'Yonne Guillaume Larrivé à propos d'Argenteuil, au moment où une opération antiterroriste était en cours dans cette ville du Val-d'Oise.

« Durant ces derniers jours, on a dit tout et n'importe quoi sur Argenteuil » mais cette ville « n'est pas et ne sera jamais Molenbeek », a répliqué le maire LR de la ville, Georges Mothron, dans un billet posté dimanche sur son blog 3 et émaillé de piques à l'encontre de Guillaume Larrivé.

(Avec Reuters)

remarques en privé à un ami

Patlotch a écrit:
ce que je crois pouvoir dire, c'est que l'idéologie française poursuit son approfondissement et celui de ses contradictions, après chaque attentat, 2012 Toulouse, janvier 2015, novembre 2015, Bruxelles mars 2016. L'intérêt du Club Médiapart, c'est de suivre certains fidèles abonnés, et plus généralement la tonalité des "billets" et des commentaires

à chaque attentat, certains se radicalisent dans une expression plus agressive et décomplexée de l'idéologie, en simples caisses de résonance de l'État français,

et dans le même temps, d'autres se démarquent, certes toujours dans l'idéologie, puisque sur une base politique, "ya ka faut qu'on, nos gouvernants nous ont trahis", etc. La plupart de mes efforts pour faire prendre de la hauteur critique tombent à plat

par contre, on est peut-être un peu sorti de l'opposition islamophobie et anti-islamophobie, ou plutôt du bal masqué des débats stériles « Pour les Musulmans » vs « Contre les Islamistes », c'est-à-dire de cette façon de mettre la religion au centre des "analyses", et donc d'évacuer les contradictions de classe et celles de l'Occident en crise existentielle : question opium du prolétariat, ils sont, "marxistes" compris, globalement pré-marxiens

voilà, à la guerre comme à la guerre, chacun la sienne, qu'ils aillent en pets, ils seront chocolat !

joyeuses Pâques !



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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Jeu 31 Mar - 23:23

une tentative de social-démocratisation par la création d'une "Église islamique" européenne

commentaire d'un billet d'Edwy Plenel à propos de Tarik Ramadan Une question de principe

Danyves a écrit:
Plenel et Ramadan, l’union sacrée

« Tariq Ramadan est comme un serrurier chargé d’ouvrir une porte, il a besoin d’un passe-partout. Naguère pour… mondafrique.com|By Jacques Marie Bourget


Jacques Marie Bourget a écrit:
L’alliance trotskystes/Frères musulmans

Les savants, auxquels j’ai soumis le cas de notre maître, m’ont renvoyé à mon ignorance : la bonne entente entre les Frères musulmans et les disciples de Trotsky est vieille comme Nasser et la création du parti Baas. L’Union Soviétique prenant alors la défense des pays arabes, les enfants de Léon avaient choisi aussi sec le camp d’en face. Et pris au sein du monde musulman la défense des Frères, opprimés par des raïs socialisants et laïques. Voilà donc le temps des retrouvailles et le rêve de Pacs projeté par Plenel. À terme la France a le droit de rêver à un islamisme politique à la Erdogan, où la religion serait soluble dans la démocratie. Situation rarement observée au cours de l’histoire, sauf dans les salons de la reine d’Angleterre.

Pour être juste, et il est important de l’être quand on évoque Edwy, le référent en la matière, nous devons observer que d’autres trotskistes français ont déjà dansé quelques pas avec les Frères. « La question musulmane en France », l’excellent livre de Bernard Godard, vient de sortir chez Fayard pour nous rafraichir la mémoire. En 1983 l’esprit libertaire de la « Marche des beurs » a tellement effrayé le Parti socialiste que celui-ci a sous-traité la reprise en main des égarés à ses amis trotskystes. Alors les beurs sont morts noyés dans le tsunami musicalo-bêbête de SOS Racisme, Juju Dray, Eric Ghebali et leur bande nous intimant de ne pas « toucher à leurs potes ». En évoquant cette période, Godard, qui a tout d’un humaniste et rien d’un islamophobe, écrit : « Dans le gauchisme l’islam a commencé à occuper une place importante en raison du vivier intéressant que pouvait représenter les jeunes des « banlieues », de plus en plus socialisés par les mouvements islamistes, en particulier « fréristes ». Dans la revue de la Ligue communiste révolutionnaire, trotskiste donc, après une longue digression sur la laïcité on peut quand même lire : « C’est pour cela que c’est une erreur grave… d’exclure par principe toute organisation musulmane de la lutte anti-impérialiste ». Voilà, le sabre de Trotsky est bien compatible avec le goupillon de l’islam. Dans cet esprit la Ligue va prendre parti contre la loi du voile à l’école, au grand dam des militantes féministes elles-mêmes militantes de ce mouvement
.


Patlotch a écrit:
28 mars
« Voilà, le sabre de Trotsky est bien compatible avec le goupillon de l’islam. Dans cet esprit la Ligue va prendre parti contre la loi du voile à l’école, au grand dam des militantes féministes elles-mêmes militantes de ce mouvement. »

tout ça remue quand même pas mal d'histoires anciennes...

Plenel, combien de divisions dans les rangs (post-)trotkystes militants ? Et combien de divisions dans les groupuscules politiques qui restent, NPA compris ? Et quelle implantation dans les quartiers ? Et quels rapports avec les mouvements plus ou moins autonomes tels que le PIR et le FUIQP ? dont je pense que les rapports sont plus d'alliances opportunistes et de concurrence sans convergence de vue, encore moins à terme (enjeu de politique institutionnelle faible)

il est vrai que les islamo-gauchistes, sévèrement critiqués par Houria Bouteldja, ne sont pas au PIR (qui n'est pas un parti à base musulmane religieuse), et si nombre d'ex-trotskistes militent dans ses rangs (Sadri Khiari...), une nouvelle génération monte qui n'a plus ces repères théorico-politiques, ou alors par le biais de communistes "noirs", en rupture avec le trotskisme (exemple de C.L.R. James, voir le billet de Joseph Confavreux, Du cricket au trotskisme: itinéraire d’un «Platon noir»)

bref, il me semble temps de changer de repères et de coordonnées d'analyse, et le débat focalisé sur Ramadan est encore pire que celui focalisé sur l'Islam « Pour les Musulmans » vs « Contre les Islamistes », qui commençait à battre de l'aile :

ceci expliquerait-il la nécessité de cette relance d'un nouveau masque d'ombres, sous la haute direction du maître des lieux et via les amis-ennemis habituels de l'enclube ? En tous cas, ça marche à donf, et comme à chaque attentat, la capacité de recul et de critique fait un pas en arrière : le pouvoir d'État (droite ou gauche qu'importe) se frotte les mains et attend de cueillir les fruits dans les urnes

ce serait effectivement une fonction assez classiquement "trotskiste", dans le sens que rappelle l'article avec les opérations Mitterrand des années 80 (SOS-Racisme, Dray, Harlem Désir, Malek Boutih...), mais quand même assez loin de Trotsky ou des communistes conséquents d'aujourd'hui

mais ce que j'en dis, ou pisser dans une derbouka...

complément


sans prendre parti dans le bras de fer assez débilitant qui partage les eaux des commentaires, je note que le billet d'Edwy Plenel n'aborde, comme souvent, aucune question sociale, économique et politique de fond, qu'il est de la tonalité habituelle, humanisme, démocratie, liberté d'expression... qui passionne une majorité d'abonnés, ce qui leur permet de s'étriper sur qui peut parler et de quoi,

alors que la démocratie politique traverse une telle crise telle qu'il est probable qu'une nouvelle forme d'Etat politique est en train de s'installer en France et dans d'autres "démocraties occidentales". Hurler au fascisme ou au danger FN n'y changera rien, car sauf changement imprévu au prochain soubresaut de la crise économique, nul besoin d'un parti d'extrême-droite pour faire le sale boulot, ce qu'ont démontré non seulement les choix de Hollande et Valls, mais les précédents scrutins d'alliance anti-Le Pen de 2002 ou des régionales de novembre dernier

cf mes commentaires ce soir dans le billet d'Alain Bertho Exception, excuses, laïcité : l’Etat incendiaire

Patlotch a écrit:
29 mars
une social-démocratisation laïciste de l'Islam en France ?


(hypothèses)

j'élargis mon questionnement plus haut (28/03 23:47) suite à l'interprétation de Jacques-Marie Bourget "L’alliance trotskystes/Frères musulmans"

je suis de plus en plus dubitatif sur le sens de toute cette opération plus politique que religieuse même, pour un "Islam de gauche en France et en Europe" : Tariq Ramadan en super Mgr Gaillot de plateaux. On n'est plus dans l'islamo-gauchisme (Edwy Plenel est tout sauf un gauchiste), mais dans une propagande de gauche pour une version dite éclairée de l'Islam

que cherche-t-on par là ? Rien d'autre, qu'en miroir de l'État français avec une représentation bidon de l'Islam, à générer un courant et qu'il produise des infrastructures, un "clergé" allant dans le sens d'un "Islam démocratique"

on cherche une solution politico-religieuse qui soit une nouvelle variante de la laïcité de 1905, modernisée, adaptée à l'Islam comme elle le fut à l'Église catholique et aux cultes chrétiens

c'est un rêve social-démocrate plus que "trotskyste" ou alors dans le sens du trostkysme bien tempéré qui a toujours servi la soupe au réformisme sur le terrain politicien et en coulisses des pouvoirs politiques et médiatiques

en faire comme Plenel une "question de principe" sur le terrain de la démocratie politique et de la "liberté d'expression", c'est jeter de la poudre aux yeux, comme les débats sur la liberté d'expression après l'attentat "Charlie Hebdo"

l'objectif, comme tout débat à Médiapart, n'est pas même de convaincre la population musulmane, car cette propagande s'adresse au "champ blanc" de la politique. 95% des intervenants ne sont pas musulmans et donc pas supposés être concernés eux-mêmes par la question d'une évolution interne de l'Islam religieux : on peut même se demander de quoi ils se mêlent, en "citoyens" supposés laïcs, comme des petits morceaux de l'État légiférant sur des questions religieuses

c'est une tentative d'opposer à une "islamisation de la radicalité" ou à une "radicalisation de l'islam" (Olivier Roy/Alain Bertho...), une tentative de social-démocratisation par la création d'une "Église islamique" européenne, autrement dit d'encadrement socio-politique d'une population et particulièrement de sa jeunesse enragée (les prolétaires racialisé.e.s, nouvelles 'classes dangereuses'). C'est probablement voué à l'échec comme toutes les illusions de la gauche de la gauche d'État dans ce pays, mais en attendant ça occupe les esprits bien plus que le terrain des banlieues et des luttes

de mon point de vue, cela mérite une réponse politique radicale, communiste, bien plus qu'un débat sur ce que cache Tariq Ramadan, car il y a suffisamment à critiquer dans son discours et ceux de qui le soutient, que ce soit Edwy Plenel ou Alain Gresh


"islamophobie" traduit une réalité mais loin d'en dire la cause et l'essence, les masque. Il a une valeur politique parce qu'en gros tout le monde comprend de quoi il s'agit, comme avec antisémitisme, dont l'étymologie n'est pas plus adéquate à son sens commun

y opposer islamistophobie, en wahhabismophobie, ou frèrophobie relève d'une rhétorique à deux balles, ce que signifiait ironiquement ma citation de Bolaño. Islamistophobie, ce mot n'a aucun usage courant : 393 entrées Google, contre 500.000 pour Islamophobie

s'opposer à l'islamisme politique ne relève pas d'une peur, d'une phobie, mais s'intègre légitimement dans un combat contre tout intégrisme religieux

bref, des deux côtés de ce "débat", on triche sur les arguments adverses jusqu'à l'absurdité de n'en entendre aucun autre, c'est la fonction de cette opposition

ce qui est hypostasié, ce n'est pas l'islamophobie ou l'anti-islamophobie comme telles, c'est l'impossibilité, ici, de poser les questions en dehors de leur opposition binaire. On voit jusqu'à l'argument que l'islamophobie serait un racisme anti-arabe mais on y oppose la bonne religion musulmane de gauche laïque que représenterait Ramadan : c'est un tour de passe-passe, une supercherie, et là, certains arguments anti-Ramadan sont tout à fait recevables quand ils sont des faits vérifiables, ce qui n'oblige pas à partager les raisons de ceux qui les apportent

il s'agit d'une opération politique et idéologique, d'une entreprise d'occultation des questions structurelles croisées de classes, de racisme, et de machisme

*

cela dit, je ne vois pas pourquoi vouloir faire changer Edwy Plenel d'opinion, il est un grand garçon et il sait ce qu'il fait : avec Ramadan, ils n'ont n'a pas de pétrole, mais ils sont décidés (bis). Une fois qu'on a compris, c'est complètement vain

je me pose une question, à propos de l'opération plus politique que religieuse que j'y vois. S'il y a recherche d'un gaucho-islamisme politique, c'est avec un objectif politique plus que religieux. Non, pas massivement « islamisation rampante de l'Europe » comme quelqu'un l'a affirmé : sur le plan démographique (10% d'électeurs "musulmans"), ça ne tient pas la route, et Houellebecq n'a pas écrit l'histoire qui vient

c'est donc, de façon pragmatique, un objectif électoral, démocratie oblige, supposant une alliance idéologique à faire porter par une partie de la gauche, les "islamo-gauchiste" de la gauche "radicale" style NPA ne faisant pas le poids

quand on écoute Tarik Ramadan, c'est cela son discours "pour tous" comme il le dit, et pas seulement les "musulmans" qui ne sont pas les seuls à venir à ses conférences (exemple vidéo à Bordeaux). Il insiste sur l'échec social des politiques au pouvoir, depuis les émeutes de 2005, etc.

Citation :
La jauge de la salle a même dû être revue à la hausse. Plus de 600 personnes avaient payé leur ticket d'entrée pour le voir et l'entendre. Des hommes, des femmes, des jeunes, des moins jeunes, des plus sages, des musulmans, des catholiques, des athées, le responsable local de l'Union juive française pour la paix, venus « dans un esprit de débat »...

cela me confirme ce que je disais plus haut : il n'est pas nécessaire de chercher derrière les discours le contenu de l'opération politique en cours, parce qu'ils n'en montrent pas le contenu dans la politique française

Ramadan occupe un créneau assez différent du PIR ou du FUIQP sur le plan politique, parce qu'il participe d'une essentialisation des arabos-musulmans, ce que les alliances décoloniales multi-communautaires ne font pas : on ne peut pas leur reprocher une chose et son contraire
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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mar 19 Avr - 15:01


Marine Le Pen, Valls, Madron... et Jeanne d'Arc
même combat !

Lorsqu'elle entend Valls parler d'islam, Marine Le Pen a «l'impression de se lire» Le Figaro Louis Nadau 19/04/2016

LE SCAN POLITIQUE - La présidente du FN estime que le premier ministre, qui s'est inquiété de la montée du salafisme en France, «découvre l'eau tiède».

Citation :
Le baiser de la mort: pour son retour médiatique, Marine Le Pen a reconnu sur Radio Classique avoir «l'impression de (s)e lire» lorsqu'elle entend le premier ministre, Manuel Valls, affirmer qu'il «aimerait que nous soyons capables de faire la démonstration que l'islam, grande religion dans le monde et deuxième religion de France, est fondamentalement compatible avec la République».

La présidente du Front national fait référence à un ouvrage autobiographique paru en 2005, qu'elle concluait en écrivant: «Certains posent la question de savoir si l'islam est compatible avec la République, c'est aux musulmans de répondre.» Plus que d'une droitisation de la politique française, ou de l'intransigeance républicaine de Manuel Valls, cette convergence est, selon Marine Le Pen, le signe que le Front national avait «raison dix ans trop tôt»: «Quand Manuel Valls découvre le salafisme, il le découvre avec 15 ans de retard. Ça fait 15 ans que nous tirons la sonnette d'alarme.» «Il découvre l'eau tiède», tranche-t-elle.

Lien entre terrorisme et immigration

La présidente du FN estime que «le combat n'est pas encore commencé» contre les «salafistes» et «Frères musulmans» qui ont selon elle «pris en main des quartiers». La lutte contre le terrorisme est selon elle indissociable de l'immigration, qu'elle considère comme un «problème». «C'est un problème majeur en France aujourd'hui, il faut le dire. Cela fait des décennies que nous le disons. Il y a quinze ans, quand nous commencions à dire “attention, se développent sur notre territoire des réseaux fondamentalistes”, on nous a traité d'islamophobes. (...) Il est bien tard monsieur Valls.»

Marine Le Pen juge que la solution au terrorisme passe par le rétablissement des frontières nationales: «L'ensemble des terroristes qui ont frappé notre pays ont passé les frontières (…). Quand on maîtrise ses frontières on les contrôle et quand on les contrôle on sait ce qu'il s'y passe.» Pour sa part, Manuel Valls affirmait sur Europe 1, après les attentats de Bruxelles, qu'il y avait «urgence à renforcer le contrôle des frontières extérieures de l'Union européenne».


Emmanuel Macron présidera les fêtes de Jeanne d'Arc à Orléans  le 8 mai prochain, rapporte ce mardi Europe

SOCIETE Le ministre de l’Economie pourrait pâtir de l’impopularité du chef de l’Etat et se faire chahuter…

Emmanuel Macron a répondu favorablement à l’invitation du maire Les Républicains, Olivier Carré.

Citation :
Un ministre « tendance » ?

« Macron est tendance […], il est comme il faut », estime une habitante. « Il a l’air d’un monsieur très ambitieux et actif », pointe une autre. Prendre part au cortège célébrant la délivrance de la ville par la Pucelle de Domrémy pourrait être un bon exercice pour le ministre, moins d’un mois après le lancement de son propre mouvement politique « En marche ! ».

Mais ce bain de foule programmé pourrait vite tourner à l’orage pour le benjamin du gouvernement, alors que la cote de popularité du président de la République en avril a atteint son niveau le plus bas depuis son élection (- 3 points par rapport à mars, à 14 %), selon un sondage Ifop paru dimanche.

« Comme il est représentatif d’un gouvernement qui n’est pas très populaire, je ne serai pas très étonné qu’il se fasse chahuter. C’est peut-être un piège pour lui », prévient Eric. « Pour Emmanuel Macron, qui n’a jamais connu le suffrage universel, c’est aussi l’occasion de rencontrer le peuple », explique une conseillère municipale.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mer 27 Avr - 1:57

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Jeu 28 Avr - 19:18

orient XXI

Cette étrange obsession française pour le voile
Joan Wallach Scott Vue de l’étranger Orient XXI 27 avril 2016

L’obsession française pour le foulard ne se retrouve pratiquement nulle part ailleurs dans le monde. Pourquoi ? Analyse d’une historienne américaine spécialiste de la France


Joan Wallach Scott
Historienne, professeur émérite à l’Institute for Advanced Study (Princeton, New Jersey). Ses travaux, initialement consacrés au mouvement ouvrier français, se sont orientés à partir des années 1980 vers l’histoire des femmes dans une perspective de genre

Citation :
La crispation du gouvernement français sur « le voile » est sans commune mesure avec ce qui se passe dans la plupart des autres pays occidentaux. Dans le monde anglo-américain, même après le 11-Septembre, le voile n’est pas considéré comme l’étendard d’une insurrection. Le gommage de toute différence ethnique, raciale et religieuse n’est pas une condition nécessaire pour l’intégration dans la nation. Une phrase du poète américain Walt Whitman résume à peu près la manière dont la diversité est conçue : « Je suis grand, je contiens des multitudes ».

Ce qui ne veut pas dire qu’il n’existe pas de problèmes de discrimination terribles et persistants basés sur les différences (raciales en particulier) aux États-Unis ; simplement ces différences sont reconnues comme partie intégrante de l’héritage national. Elles sont relevées dans les recensements, décrites dans les collections de données institutionnelles, et comprises comme étant la source de notre richesse culturelle. Les appellations composées (« Africain-Américain », « Italien-Américain », « juif-Américain », « musulman-Américain ») disent assez l’acceptation du fait que les identités politiques et culturelles peuvent coexister sans porter atteinte à la nécessaire unité nationale. Si durant les primaires en cours de la prochaine élection présidentielle des failles majeures se sont révélées, elles sont plus fondées sur les disparités économiques que sur les différences ethniques ou religieuses. Ce sont les énormes inégalités de revenus et non les affiliations communautaires qui divisent l’électorat et nos hommes politiques en ce moment.

Une « hystérie politique »

Pour toutes ces raisons, l’obsession française du voile islamique nous semble correspondre à ce qu’Emmanuel Terray nommait en 2004 une « hystérie politique ». La rhétorique déchaînée, les menaces et les lois punitives visant les vêtements féminins (hijab, voile intégral, abaya) semblent excessives, pour ne pas dire insensées. L’alarme lancée en 1989 par Alain Finkielkraut, Élisabeth Badinter et d’autres, prédisant que la non-interdiction du hijab dans les écoles serait le « Munich » de la République a conduit certains d’entre nous à se demander comment ces supposés intellectuels sérieux pouvaient grossir le trait à ce point. Récemment, le commentaire de Laurence Rossignol comparant le port du voile à la soumission volontaire à l’esclavage a suscité une interrogation du même ordre : avait-elle la moindre idée de l’épisode historique auquel elle faisait allusion ? Et quand Charlie Hebdo puis la rédaction de Libération ont mis en garde contre l’inévitable pente glissante conduisant du voile aux attentats terroristes et fustigé les « islamo-gauchistes » qui dénonçaient l’amalgame entre les traditions musulmanes et l’islam politique, il était difficile de ne pas lire dans leurs articles autant d’exemples de l’islamophobie qu’ils niaient si bruyamment.

Un autre aspect troublant de la focalisation sur l’habillement des femmes musulmanes est l’idée que la « laïcité » exigerait l’interdiction du voile au nom de l’égalité entre hommes et femmes. Ceux d’entre nous qui connaissent un peu l’histoire de ce mot sont surpris de le trouver invoqué comme principe de l’égalité de genre. Cela n’était certainement pas la préoccupation des anticléricaux qui ont inventé le terme en 1871, ni celle des auteurs de la loi de 1905 qui prescrit la neutralité de l’État en matière de religion et ne dit absolument rien de la façon dont les femmes doivent être traitées. C’est plutôt la « nouvelle laïcité » (ainsi nommée par François Baroin en 2003 lorsque l’interdiction du voile était en débat) qui a fait entrer l’égalité entre les hommes et les femmes dans les principes fondateurs de la République. Elle transfère l’exigence de neutralité de l’État à ses citoyens, des institutions et des représentants de l’État à tout l’espace public et à tous ses habitants. La « nouvelle laïcité » exige des individus qu’ils comprennent que la neutralité, définie comme l’absence du plus modeste signe d’affiliation religieuse, est la condition sine qua non de l’appartenance à la nation.

Le mot « laïcité » est polémique depuis sa création en 1871 par les militants anticléricaux. À l’époque, il servait à contrer le pouvoir de l’Église catholique ; à présent, il est utilisé pour définir une identité française qui exclut les musulmans. Dans les deux cas, les femmes sont considérées comme un danger potentiel pour la République. Au XIXe et au début du XXe siècle, on soupçonnait les Françaises d’être sous l’influence des prêtres ; au XXIe siècle, ce sont les femmes musulmanes dont les foulards sont le signe d’un « défaut d’assimilation » inacceptable, et d’un refus agressif de l’égalité soi-disant caractéristique de la République. Finkielkraut l’a dit sans détour dans un entretien au New York Times(1) : « la laïcité l’a emporté. Et nous ne pouvons faire aucun compromis sur le statut des femmes. (…) Tout vient de là. »


Marianne dévêtue

L’assimilation culturelle est une caractéristique bien connue de l’identité française. Le souci de représenter la France comme une nation homogène est ancien ; des générations d’immigrants ont ainsi été sommés de perfectionner leur pratique de la langue, s’identifier à « nos ancêtres les Gaulois » et déclarer avant tout leur loyauté envers les fondamentaux culturels et politiques du pays. Mais les partisans de l’assimilation n’ont que très rarement ciblé les femmes comme ils le font actuellement. Pourquoi sont-elles devenues l’objet d’une telle attention ? La plupart des terroristes sont des hommes; les armées de l’organisation de l’État islamique sont complètement masculines. Pourquoi les politiciens français, notoirement rétifs à voter des lois sur la violence domestique, le harcèlement sexuel ou l’égalité salariale, et (pour la plupart) résistant activement à la mise en œuvre de la loi sur la parité en politique, pourquoi ces hommes — avec quelques soutiens féministes — sont-ils si soucieux du statut des femmes dès lors qu’il s’agit de l’islam ? Qu’est-ce que leur obsession du vêtement des femmes musulmanes nous dit sur les angoisses des républicains français ?

Certes, ils en appellent à la vieille idée d’une identité française homogène et à une vision de la laïcité dans laquelle la religion est privatisée — une question de conscience individuelle qui n’a pas à être publiquement exposée. De ce point de vue, peut-être, l’habillement des femmes musulmanes est vu comme marquant plus visiblement leur appartenance religieuse que les vêtements des hommes musulmans. On puise aussi dans les réminiscences de la « mission civilisatrice » coloniale qui vantait le traitement supérieur des femmes françaises (bien avant qu’elles aient le droit de vote ou qu’elles soient libérées des restrictions du Code napoléonien) sur celui des femmes « indigènes », dont les voiles avaient alors un attrait érotique, et n’étaient pas comme aujourd’hui un signe de répression sexuelle. Et puis, il y a la Marianne dévêtue, symbole de la nation ; poitrine nue, elle est La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix et l’icône qui figure en bonne place dans les hôtels de ville d’un grand nombre de municipalités. Dans la polémique actuelle, Marianne à la gorge offerte incarne les femmes françaises émancipées par opposition aux femmes voilées qui seraient soumises à l’islam.

Égalité du Même, inégalité de l’Autre (sexe)

Mais je pense qu’il y a plus que tout cela. Quelque chose qu’on pourrait appeler l’inconscient politique du républicanisme français, qui alimente l’hystérie autour du vêtement des femmes musulmanes. Cette hystérie dont nous sommes témoins provient d’une contradiction inavouée, mais persistante entre l’égalité politique et la différence sexuelle. Il est possible que ce ne soit pas le motif direct dans le cas de Badinter ou de Manuel Valls, mais je pense que cela va jusqu’à entacher leur défense inflexible de la République laïque et contribue à expliquer plus généralement la fixation sur les femmes musulmanes et leurs foulards.

La contradiction est évidente depuis 1789 et n’a pas disparu quand les femmes ont obtenu le droit de vote en 1944. La citoyenneté en France est basée sur un individualisme abstrait. L’individu est l’unité essentielle, indépendamment de la religion, de l’ethnie, de la position sociale ou de la profession. Une fois ôtés tous ces éléments, les individus sont tous pareils, c’est-à-dire égaux. Mais dans la longue histoire de la politique française, la différence sexuelle a constitué le principal obstacle au « même », à la ressemblance, vue comme une distinction naturelle et donc impossible à éliminer. La nature a décrété un manque de similitude (donc une inégalité de ce point de vue) que la société ne peut pas corriger. Il y a une profonde incompatibilité entre la promesse universelle d’égalité dans la théorie politique républicaine et la différenciation sexuelle créée par la nature. Cela n’entre pas dans la logique républicaine.

Quand les femmes ont obtenu le droit de vote, ce fut en tant que groupe particulier, non en tant qu’individu(e)s. Dans les débats sur la parité, l’argumentation qui a finalement permis à la loi de passer a été celle qui a remplacé l’individu par le couple hétérosexuel. Sylviane Agacinski a ainsi affirmé (pour la parité et contre le PACS en 1999) qu’il ne pouvait pas y avoir de Parlement monosexué comme il ne pouvait y avoir de familles monosexuées. La complémentarité s’est ainsi substituée à l’égalité des individus. Dans l’éloge de la séduction comme trait de caractère national, la complémentarité est asymétrique : les femmes « consentent amoureusement » à leur subordination aux hommes.

L’accent mis sur le jeu de séduction ouvert entre hommes et femmes, et en particulier l’affichage public du corps des femmes, sert à démontrer leur différence et la nécessité de les traiter autrement. En ce sens, le problème que pose le sexe à la théorie politique républicaine est nié. Paradoxalement, l’« objétisation » de la sexualité féminine sert à « voiler » une contradiction inhérente au républicanisme français : son incapacité à réconcilier la différence sexuelle « naturelle » avec la promesse d’égalité pour tous.

Le voile au pied de la lettre

Le voile des femmes musulmanes semble présenter un défi de ce point de vue, menaçant d’exposer la contradiction niée ou réprimée de la théorie républicaine. L’habillement « modeste » répond directement aux problèmes posés par le sexe et la sexualité dans les relations sociales et la politique. Il atteste que les relations sexuelles sont interdites sur la place publique. Certaines féministes musulmanes affirment que c’est ce qui les libère en fait, mais que ce soit le cas ou non, ou que chaque femme qui met un voile en comprenne le symbolisme de cette manière ou pas, le voile signale l’acceptation de la sexualité et même sa célébration, mais seulement dans des circonstances particulières — en privé, au sein de la famille. Le paradoxe ici est que le voile rend explicites — visibles pour tous — les règles de l’interaction de genre qui déclarent que les échanges sexuels se font hors de l’espace public.

C’est la reconnaissance explicite d’un problème que la politique française veut nier qui rend le voile « visible » au sens sexuel du terme. Le vêtement des femmes musulmanes est la preuve des difficultés que présente le sexe pour les échanges dans la sphère publique — difficultés que les républicains français veulent nier. Leurs pieuses déclarations sur l’égalité sont en totale contradiction avec leur profond malaise dès qu’il s’agit de partager le pouvoir avec l’autre sexe. La séduction est pour eux une alternative préférable.

Je ne veux pas nier les aspects patriarcaux des pratiques musulmanes, mais nous ne devons pas ignorer non plus le fait qu’il n’y a pas d’égalité de genre parfaite en France. Les femmes sont objétisées dans les deux systèmes, quoique différemment. Je veux simplement dire que l’hystérie politique sur le voile doit être comprise non pas comme une réponse simple et logique au terrorisme, ni comme la défense de l’égalité de genre. C’est plutôt une façon de nier la persistance d’inégalités à l’intérieur de la société française (inégalités qui vont du genre à la race et à l’ethnie). Ces inégalités ne sont pas accidentelles ; elles sont consubstantielles à un système politique qui fait du « même » abstrait le fondement de l’égalité, et de la différence sexuelle concrète l’exception et la justification d’une inégalité qui, parce qu’elle est « naturelle », ne peut pas être nommée.

C’est peut-être une autre manière de dire que toute l’attention portée à l’inégalité qui caractériserait le sort des seules femmes musulmanes est un moyen d’évacuer les problèmes concernant les femmes françaises en général — différents bien sûr, mais qui n’ont pas été résolus par la loi (le vote, les modifications du Code civil, la parité) ni par d’autres moyens. Une chose est sûre, si l’inégalité de genre existe également dans le monde anglo-américain, elle n’a pas pris la forme de cette obsession des femmes musulmanes et de leurs voiles dont on peut dire qu’elle est une singularité française.

Joan Wallach Scott

(1)Adam Nossiter, « Once Hopeful for Harmony, a Philosopher Voices Discord in France », 11 mars 2016.

In English: The Veil and the Political Unconscious of French Republicanism

Article original, traduit de l’anglais par Françoise Feugas.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mer 4 Mai - 10:46


un texte synthétique de Roland Simon, à propos de Nuit Debout, à valeur plus générale concernant la France, dans 10 - 'NUIT DEBOUT', informations, analyses et théories : le roman d'un mentir-vrai français


De débordements en imbordements jusqu’à l’épuisement

(sur les manifs, les casseurs et les « Nuits debout »)


R.S. Théorie Communiste, dndf 03/05/2016

un texte court, allant à l'essentiel, et recoupant nombre des points soulevés dans ce feuilleton : la violence évacuée de part et d'autre, l'impuissance du mot d'ordre de "convergence" face aux segmentations réelles, « Le mouvement qui actuellement balbutie en France n’arrive pas à se définir, à se comprendre lui-même », la classe moyenne dominant Nuit Debout, l'illégitimitée de revendiquée « intériorisée » (légitimée)... jusqu'à « une suite de déclamations parfois plus ou moins ridicules »

Citation :
Les « débordements » de « manifestations revendicatrices » sont devenus leur cours même, la violence n’est plus une question, un extérieur ou un après, le « débordement » est la nature même du mouvement, le débord entre dans la chose même jusqu’à en être la nature connue, attendue, un « imbordement » pourrait-on dire. La question de la violence est absente, elle est, de fait, évacuée comme question. Il n’y a plus que les journaux de la télévision pour dire « les manifestants » et les « casseurs », même les flics et leurs porte-parole ne s’expriment plus ainsi.

« Ni loi, ni travail ». Une chose relie les manifestations contre la « loi travail » et les « Nuits debout » : l’illégitimité de la revendication salariale. Si elle les travaille de façon différente, c’est simplement parce que cette illégitimité travaille de façon différente l’ensemble de la société et cela ne peut pas aller sans conflits. La « convergence » ne se décrète pas, elle n’est même pas un objectif, la segmentation de la force de travail, les clivages raciaux et de genre ne se surajoutent pas à l’appartenance de classe, c’est la façon même dont celle-ci est concrètement vécue et, sur une même situation, les divergences ne sont pas que de point de vue, elles peuvent être réellement antagoniques. Il est impossible de faire l’économie des conflits réels et de la multiplicité des contradictions par leur pure reconnaissance et addition.

S’il était depuis quelque temps évident que, pour la classe capitaliste, les revendications, les manifestations, les négociations, n’étaient plus légitimes (systémiques pourrait-on dire) dans un processus conflictuel interne d’accumulation. Il n’était pas aussi évident que le prolétariat reconnaisse cette situation comme sienne et pas seulement comme subie, c’est-à-dire reconnaisse le capital comme sa raison d’être, son existence face à lui-même, comme la seule nécessité de sa propre existence. Le mouvement qui actuellement balbutie en France n’arrive pas à se définir, à se comprendre lui-même, car il est, ici, le premier à sentir qu’il est constitué par le changement structurel dans le mode d’accumulation et de reproduction du capitalisme qui est entré en crise en 2008. L’illégitimité de la revendication dans la période du mode de production capitaliste qui est entrée en crise est en train de l’infiltrer par tous ses pores et il le sait et il le revendique. Pour le meilleur et pour le moins bon. Du refus assumé de la revendication et de la négociation, à l’alternative d’une « Communauté » qui se perd dans son propre formalisme.

« Nuits debout » est l’écume sociale de cette situation. Le « Nous ne revendiquons rien » de Frédéric Lordon peut être autant politicard que l’on veut et vouloir nous faire écrire une nouvelle constitution du « tous ensemble », il ne reprend pas moins étrangement un vieux slogan de la radicalité et dit que « revendiquer » c’est établir soi-même la légitimité du pouvoir auquel on s’adresse. Les nombreuses palinodies des « Nuits debout » sont ce qu’elles sont, l’expression d’une classe sociale dont la conscience est de se considérer comme étant l’abstraction générale même de la société, mais les expressions de cette classe ne furent pas toujours ainsi. Mais, si aujourd’hui elles sont marquées par la situation générale de la lutte des classes, le souverainisme national, le « bon capital productif », « l’Etat protecteur » et la « vraie démocratie » sont toujours le penchant naturel de cette classe et certaines dérives funestes ne sont pas inimaginables. Les « Nuits debout » ne se limitent pas à cette classe, mais elle y est dominante et, pour les autres, dans cette coloration générale, avec la conscience de la fin de la revendication, quand on pédale au-dessus du vide le formalisme creux sert de parachute.

Depuis 2010 (la loi sur les retraites) quelque chose de fondamental a basculé. Une circonstance que les « matérialistes » auraient tort de négliger a accéléré ce basculement : une profonde crise morale dans laquelle vit actuellement la France. L’Etat n’est plus reconnu comme tel, l’immense machine qui transforme par tous ses rouages, institutions, instances, forces de répression, l’intérêt particulier d’une classe de la société en intérêt général, n’est plus reconnu comme tel parce que ça ne fonctionne plus. Une atmosphère de fin de règne. C’est parce que la machine est grippée que de « Luxleaks » en « Panama papers », plus personne ne croit en un pouvoir qui fait le contraire de ce qu’il avait annoncé. Sarkozy déclenchait de la haine, Hollande provoque rire et mépris. La violence sans phrase est la réponse de celui qui est méprisé, elle a été depuis le début immédiate et sans fioritures. Quand la machine qui transforme le particulier en universel est grippée, ne reste que ce qui était toujours tapi derrière cet universel : le gourdin.

Dans les débordements systématiques et normaux, attendus, acceptés et définitoires des manifestations, dans les « Nuits debout » et même les parties les plus syndicales des défilé bloquées par les flics, pour la première fois en France (semble-t-il ?) l’illégitimité de la revendication salariale est non seulement le « niet » de la classe dominante et de son Etat, mais aussi l’essence reconnue par elle-même de la lutte. C’est là l’essentiel. L’identité ouvrière n’est pas, comme en 2010, revécue de façon fantasmatique, l’illégitimité est en passe d’être intériorisée et non subie, elle est prise en charge, « revendiquée », constitutive. Tout cela est très limité, marginal même, en ce qu’il est évident que cela a du mal à devenir un mouvement massif tant dans son versant manifs et débordements que sous versant assemblées « Nuits debout ». S’il est normal que cette lutte ne sache trop quoi faire d’elle même, c’est parce qu’il n’y a aucun autre contenu au-delà ou en-deçà de celui-ci et que celui-ci le constitue comme cette marge. En l’absence d’une affirmation pratique de la multiplicité des contradictions qui constituent le prolétariat et d’une reconnaissance de la production comme la matrice des classes sociales, reconnaissance qui ne peut être qu’une pratique à ce niveau (pratique actuellement cruellement absente), pour l’heure, ce contenu flotte comme une conscience s’émancipant de ses limites, comme si l’appartenance de classe comme contrainte extérieure devançait dans la constitution d’une Communauté auto-référentielle la lutte de classe qui est sa production. Cela n’est pas sans effets sur cette conscience elle-même et les pratiques qu’elle met en œuvre en son nom. Les débordements vont alors à l’épuisement et la Communauté des « Nuits debout » à une suite de déclamations parfois plus ou moins ridicules.

R.S


un texte court certes, mais rien d'explicite sur l'absence des "quartiers populaires", la question raciale n'est pas évoquée, ni au demeurant la seconde contradiction pour TC : celle de genre..., mais les deux sont si liées qu'évoquer l'une sans l'autre, c'est aussi prendre un risque théorique...

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mer 4 Mai - 11:00


la nuit tous les chats sont gris

Nuit Debout, la bien nommée à la française, d'un "peuple" le nez sur son nombril, nous dit ce qui n'ira pas plus loin qu'une somme de particularités amassées de mécontents de leurs sorts, et qui ne veulent voir ni leurs contradictions, ni qu'ils ne f(er)ont rien pour en sortir

elle nous dit aussi que le travail que nous faisons ici est bien trop prenant pour ce qui en ressort, que nous ne savions déjà, et nous avons horreur d'attendre sans fin que de nous fatiguer en vain

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mer 4 Mai - 13:27



le développement durable de l'urgence

Le gouvernement souhaite une prolongation de deux mois de l’état d’urgence

LE MONDE | 04.05.2016
Citation :
Le premier ministre, Manuel Valls, et le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, ont présenté mercredi 4 mai un projet de loi prolongeant de deux mois l’état d’urgence, sans les dispositions concernant les perquisitions administratives, a annoncé le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

Cette prolongation « pour une durée limitée à deux mois à compter du 26 mai » vise « à avoir tous les moyens nécessaires pour assurer la sécurité » de l’Euro 2016 de football (du 10 juin au 10 juillet) puis le Tour de France cycliste (du 2 au 24 juillet), a-t-il précisé lors du compte-rendu du conseil des ministres. Durant la période de prolongation ne seront plus applicables les dispositions « permettant de mettre en œuvre des perquisitions administratives », a-t-il ajouté.

Il y a deux semaines, le premier ministre M. Valls avait justifié ce prolongement :

« L’état d’urgence ne peut pas être un état permanent, mais, à l’occasion de ces grandes manifestations, nous avons considéré qu’il fallait prolonger cet état d’urgence pour assurer pleinement la sécurité des Français. »

Le texte doit désormais être transmis au Conseil d’Etat puis au Parlement, qui sera appelé à voter. L’état d’urgence a déjà été prorogé à deux reprises, le 19 novembre puis le 16 février
.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mar 10 Mai - 7:58


xénophobie française

Les étrangers sont victimes d'une «logique de suspicion» en France

Blandine Le Cain Le Figaro 09/05/2016


Des migrants sont évacués du camp de la station Stalingrad, à Paris, le 2 mai
Dans son rapport, Jacques Toubon pointe des inégalités de traitement visi-à-vis des étrangers,
notamment dans le droit à circuler librement.
Crédits photo : GEOFFROY VAN DER HASSELT/AFP

Citation :
Dans un rapport sur le droit des étrangers, le Défenseur des droits Jacques Toubon souligne les différences de traitement injustifiées réservées aux étrangers.

«Cette logique de suspicion irrigue l'ensemble du droit français.» Le constat du Défenseur des droits est clair: le traitement réservé aux ressortissants étrangers vivant en France n'est pas le même que pour les autres citoyens. Dans un rapport publié lundi, Jacques Toubon estime que de nombreux obstacles «entravent l'accès des étrangers aux droits fondamentaux» normalement garantis, en raison d'une méfiance généralisée.

«Aujourd'hui, l'idée de traiter différemment les personnes n'ayant pas la nationalité française, de leur accorder moins de droits que les nationaux» est «usuelle et convenue», résume le rapport. Et de rappeler que «loin d'être naturelles et immuables, les règles de droit dédiées aux étrangers (...) reposent parfois sur des considérations subjectives, fluctuantes, empreintes de protectionnisme, voire de xénophobie», souligne le texte de 300 pages.

Le rapport relève ainsi l'existence de deux phénomènes. D'abord, la marge de manœuvre importante laissée aux autorités afin de faire face aux différentes situations entraîne, dans ce contexte de méfiance, des décisions plus sévères que celles prévues par le droit. D'autre part, cette méfiance entraîne des cas de discriminations qui n'ont pas de fondement juridique mais perdurent en raison de l'état d'esprit actuel.

Une marge d'appréciation importante laissée aux autorités

Dans une première partie consacrée à l'arrivée des étrangers sur le territoire, Jacques Toubon s'inquiète par exemple de la tendance à refuser des visas de court séjour en raison du «risque migratoire», à savoir le risque que le demandeur ne quitte pas le territoire à l'expiration de son titre de séjour. L'argument, souvent avancé, pourrait l'être «de façon trop systématique» bien qu'existant dans le droit. De même, des visas pour raisons professionnelles seraient parfois refusés faute de garanties financières, sans que la décision ne soit justifiée.

Ces deux types de refus «sont susceptibles de porter atteinte au droit de mener une vie familiale normale et d'interférer dans la vie professionnelle», relève le rapport. Bien que la législation laisse la possibilité à l'administration de prendre de telles décisions, «cela ne la dispense pas de prendre en compte, dans l'examen de la demande de visa, le respect des droits fondamentaux des étrangers», souligne le Défenseur des droits.

Sur le territoire français, le rapport pointe également «des entraves au droit de demander l'asile à la frontière» et «le maintien en zone d'attente, source de privation des droits», ainsi que le temps très long nécessaire à l'examen de leur demande en préfecture ou des mesures d'éloignement «au bien-fondé contestable».

Pour éviter un recours trop fréquent et injustifié à ces motifs et mettre fin aux discriminations fondées sur la nationalité, Jacques Toubon recommande aux ministres des Affaires étrangères et de l'Intérieur de donner des instructions aux autorités consulaires, rappelant les règles en vigueur, et d'assurer qu'une «information claire» soit délivrée aux demandeurs de visas sur leurs droits et contraintes.

Une égalité de traitement «soumise à rude épreuve»

Le rapport s'intéresse par ailleurs, dans une seconde partie, aux situations qui privent les étrangers de leurs droits fondamentaux, sans fondement légal. «Sortis du domaine régalien de l'entrée et du séjour des étrangers, les étrangers bénéficient en principe, en matière d'accès aux droits, d'une égalité de traitement avec les nationaux», rappelle le texte. Un principe mis à mal, selon le Défenseur des droits, par «les objectifs de maîtrise de l'immigration» et par «la banalisation du discours politique autour du “problème de l'immigration”».

Évacuations de campements, interdiction de revenir dans une commune évacuée, notes internes ciblant des «familles “roms”»: autant de situation dans lesquelles «la liberté d'aller et venir» a été restreinte, sans qu'un objectif d'ordre public ne puisse réellement être avancé. L'égalité de traitement est également «soumise à rude épreuve» lorsque des conditions spécifiques concernant les prestations sociales sont mises en place, que des contraintes particulières restreignent l'accès à l'emploi ou que des freins existent dans l'accès au logement.

Des «mythes» à «déconstruire»


Ces comportements sont favorisés par des «idées reçues» sur les migrations, souligne le Défenseur des droits. La peur de l'«appel d'air» qu'engendrerait une politique respectant les droits des étrangers ou l'idée qu'il faudrait «opérer un tri entre les “bons” étrangers et les “mauvais”» sont autant de facteurs d'une politique sévère et inégalitaire. «C'est dans ce contexte que se développent des idées préconçues, des mythes, fréquemment alimentés par la peur», établit le rapport, estimant qu'«il est du devoir des acteurs de la défense des droits de contribuer à déconstruire».

Une déconstruction qui passe, conclut le texte, par l'attention portée au mots utilisés. «Migrants, réfugiés, clandestins, sans papiers, immigrés, exilés sont autant de mots rarement utilisés de manière indifférente», souligne Jacques Toubon. S'attardant sur le mot migrant, le rapport estime qu'il a «tendance à être utilisé, en particulier dans l'expression inappropriée de “crise des migrants”, pour disqualifier les personnes, leur dénier un droit à la protection en les assimilant à des migrants “économiques”» dont la motivation serait «moins légitime que celui lié à la fuite de la guerre ou des persécutions». Le Défenseur des droits estime donc que l'appellation réfugié «est à double tranchant» car elle peut inciter à cette distinction qui «conduit à jeter le discrédit et la suspicion sur les exilés».


le rapport « Les droits fondamentaux des étrangers en France »
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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mer 18 Mai - 16:54


et pendant ce temps là



Citation :
Qui pour incarner les idées libérales ? Emmanuel Macron, répondent les Français interrogés par l’Ifop pour la troisième vague du baromètre l’Opinion-GénérationLibre sur « Les Français et le libéralisme ».

Un positionnement à consolider car pour les sondés, la gauche se définit avant tout comme socialiste (30 %), sociale-démocrate (16 %) et républicaine (13 %).

Si la droite est qualifiée d’abord de libérale (20 %), l’adjectif « gaulliste » remonte en flèche (17 %, + 4 points).

En un an, la part des Français estimant que l’Etat devrait intervenir davantage reste majoritaire, mais passe de 58% à 53 %. Plus d’un sondé sur deux (56 %) est favorable à la mise en place d’un revenu de base garanti.


dossier "libéralisme" d'un journal certes plus que vendu au 'Grand Capital', mais lequel ne l'est pas ?

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Jeu 19 Mai - 15:49


quand on parle du loup, l'autre de la France, Charlie revient...

Voiture brûlée et casseurs : quand un policier sauve l'esprit du 11 janvier

Bruno Roger-Petit Challenges 19-05-2016 à 13h28

« L’image de cette voiture de policiers brûlée, ce n’est qu’une étape dans une stratégie de communication politique qui vise à générer le chaos, suprême objectif des casseurs.[...]

« des militants politiques, actifs sur les réseaux sociaux, se sont chargés de relayer pour eux ce message politique, à commencer par les animateurs et militants du compte Twitter du "Camp d’été décolonial", qui paraissent ignorer que la guerre d’Algérie n’est plus depuis 1962, "Tout le monde déteste la police" disent-ils *. A ce niveau d’irresponsabilité politique, l’idiot utile devient le malfaisant utile. »

* Sihame Assbague précise qu'il y a des guillemets, en réponse à Eugénie Bastié, de Causeur.fr...


Deux policiers ont été agressés et leur voiture brûlée, Quai de Valmy à Paris
Cyrielle Sicard/Afp

L'image du policier courageux, faisant face à des casseurs ayant incendié une voiture de police à Paris, a détruit l'opération de communication anti-police que ses agresseurs entendaient produire. Décryptage.

Citation :
Le policier qui a encaissé les coups des casseurs, aux côtés de sa voiture en flamme est plus qu’un professionnel. Ce qui s’est passé ce mercredi, quai de Valmy, à Paris, autour de l’attaque d’un véhicule de police par des casseurs est d’abord et avant tout une bataille de communication. Bataille perdue par les casseurs, mis en déroute par le comportement héroïque d’un policier anonyme.

Commençons par rappeler l’essentiel : avant d’être information, toute image portée dans la sphère publique est émotion, donc affaire de communication politique. Créer une image, conforme à ses objectifs, c’est faire de la politique. Les casseurs d’aujourd’hui, plus que leurs prédécesseurs des années 70 et suivantes, sont aussi des spin-doctors. Des Karl Rove de la destruction. Des Jacques Pilhan de la haine. Des Jacques Séguéla de la casse. Dans cette optique, à l’ère du triomphe du tout image et des réseaux sociaux, attaquer une voiture de police, et ses occupants avec, de la manière la plus brutale, la plus déterminée, c’est d’abord et avant tout créer une image destinée à satisfaire les exigences de sa communication politique.

Les images de l’agression des policiers, quai de Valmy à Paris, montrent que les casseurs, à aucun moment, en aucune façon, ne s’en prennent aux journalistes ou amateurs qui filment ou photographient l’événement. Au sein de cet espace de violence, ceux qui saisissent l’image sont à leurs yeux comme des objets neutres. Et pour cause, ce sont eux qui vont populariser l’évènement, lui conférer sa dimension politique, par sa diffusion, sur les réseaux sociaux, puis sur les chaines info, puis dans les 20h des grandes chaines historiques, puis dans la presse quotidienne du lendemain, nationale ou régionale.

A la fin du cycle, tous les Français, toutes générations confondues, auront vu l’image en question. Auront été confrontés à la manifestation de la plus extrême brutalité. La violence. La haine. La peur. Le tout dans le dessein d’opposer, cliver, fracturer… Que naisse et s’épanouisse dans le pays une haine par rétorsion, autorisant une répression qui elle-même appellera encore davantage de violence, suscitant ici et là, auprès des esprits faibles, de nouvelles vocations de casseurs, générant un engrenage porteur de tous les dangers.

L’image de cette voiture de policiers brûlée, ce n’est qu’une étape dans une stratégie de communication politique qui vise à générer le chaos, suprême objectif des casseurs.

Cette image est vraie. Mais elle est aussi une illusion. Combien, parmi les 65 millions de Français, s’identifient à ces casseurs ? Quelques centaines de personnes, tout au plus. Et si l’on veut bien ne pas céder à la seule émotion, piège tendu par l’invention de cette image, on peut alors ramener l’événement à sa dimension politique réelle : certes, attaquer une voiture de police dans le but de s’en prendre à l’intégrité de ses occupants est un acte grave. Mais ce fait a été commis par les éléments les plus extrémistes d’une extrême minorité. La réalité d’une image ne dispense pas de réfléchir quant à la réalité politique qu’elle porte. Les casseurs voulaient montrer que la haine de la police conduit désormais à des situations de troubles insupportables.

Et force est de constater que des militants politiques, actifs sur les réseaux sociaux, se sont chargés de relayer pour eux ce message politique, à commencer, entre mille exemples, par les animateurs et militants du compte Twitter du "Camp d’été décolonial", qui paraissent ignorer que la guerre d’Algérie n’est plus depuis 1962, "Tout le monde déteste la police" disent-ils. A ce niveau d’irresponsabilité politique, l’idiot utile devient le malfaisant utile.

L'image du policier vaillant et flegmatique efface celle de la voiture en flammes

Dès lors, la question se pose : comment casser la communication des casseurs ? Comment empêcher que le mensonge politique d’une image, inventée par des manipulateurs experts en communication, ne finisse par devenir vérité ?

C’est ici que les casseurs du quai Valmy ont raté leur coup. Que leur opération de communication s’est retournée contre eux. Pourquoi ? Parce que l’image du policier vaillant, sortant du véhicule en feu, portant la main à son arme de service avant de décider de ne pas la sortir de son étui, parant les coups de matraque élastique qui lui étaient portés, affichant un sang-froid extraordinaire, refusant de céder au piège qui lui était tendu, cette image-là, celle du courage indomptable, a effacé l’image de la voiture en flammes.

Il n’est pas inintéressant de noter la chronologie de l’histoire de l’attaque à travers l’apparition des images. Des premières photos apparues sur le réseau social Twitter, montrant une voiture de police en feu, puis celle des casseurs saisie de folie furieuse, à celle du policier opposant un flegme inébranlable à ses agresseurs. A la première communication, qui faisait l’affaire des casseurs, en a succédé une autre, qui a effacé la première. Les casseurs, et leurs supporters plus ou moins revendiqués, entendaient montrer que la police est le problème, pas la solution, et voilà qu’un policier, à lui-seul, est venu démontrer le contraire, à force de sang-froid et de maitrise. D’où le succès de l’image de ce policier, colossal et marmoréen, rassurant et apaisant, encaissant sans broncher les coups les plus sauvages, image partagée depuis quelques heures à l’infini sur les réseaux sociaux.

Présente sur place, une journaliste du Monde raconte qu'un homme (se présentant comme ex-secouriste Nuit debout) ayant estimé qu’il était de son devoir de porter secours à l’un des policiers blessés dans l’incident, a été à son tour victime de la violence des casseurs, ces derniers le frappant en lui disant "Tu aurais dû le laisser crever". C’est qu’en portant secours à la victime, manifestant de l’empathie envers un policier, ce jeune homme ruinait aussi, de fait, la communication des casseurs. Porter secours à un policier, c’est reconnaitre son humanité, ce que nie les casseurs, qui entendaient que les journalistes et autres témoins de la scène se contentent de la répercuter à l’infini.

Il est heureux que ce soit ce policier-là, avec ce caractère-là, à cet instant-là, qui se soit trouvé dans cette voiture attaquée. Cette incarnation d’héroïsme républicain, indomptable et indestructible, a détruit l’image de toute-puissance qu’entendait imposer les casseurs. Une émotion, positive, en a chassé une autre, négative. C’est la non-violence du policier qui a triomphé, là où la police est accusée depuis des semaines d’être synonyme de violence. Au final, c’est ici que se mesure la défaite des casseurs. Des millions de Français s’identifient désormais au policier inflexible et ils n'ont pas envie de rompre le lien noué lors des événements de l'an passé. Les casseurs ont perdu plus qu’une bataille de communication. C’est une défaire morale définitive. Et une nouvelle victoire de l’esprit du 11 janvier.


on dira que Challenges n'est pas le summum de la pensée de gauche, mais :

l'amalgame est quasi-officiel : gouvernemental


Gilles Clavreul : délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme

mais au fait, qu'en pensent les "camarades" pour qui le moment colonial est tellement passé qu'il vaut mieux ne point parler de ses traces, au présent... ?

vous avez dit "idéologie française ?"

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Jeu 2 Juin - 19:48


une bonne nouvelle en République démocratique de France

"Notre police" est plus forte que "nos gosses"




Saint-Malo : onze enfants blessés après l'évacuation musclée du collège Surcouf

Krystell Veillard 3Bretagne 2 juin 2016 à 08:59


Les élèves empêchés d'entrer dans le collège Surcouf à Saint-Malo
© Mélanie Anger

Intervention musclée de la police à Saint-Malo ce jeudi pour évacuer l'entrée du collège Surcouf, occupée par des élèves, des parents et des enseignants, qui menaient une action depuis le matin, pour manifester leur opposition à la décision de fermeture de l'établissement à la rentrée 2017.

Citation :
L'entrée bloquée par des chaînes

En colère, déçus, écoeurés... Les parents d'élèves du collège ne digèrent pas en effet la décision du Conseil départemental de fermer l'établissement à la rentrée 2017. Ce jeudi matin, ils ont donc bloqué les grilles du collège avec des chaînes, empêchant la tenue des cours. Une centaines de personnes, élèves, parents et enseignants s'est ainsi
retrouvée devant l'entrée dans une ambiance bon enfant.

Onze élèves blessés


C'est en milieu de matinée que la police, présente, est intervenue sans sommation, fonçant sur le regroupement et bousculant violemment les enfants et les adultes, dans la pagaille et la bousculade, onze enfants ont été blessés. Des élèves qui ont été pris en charge par les pompiers, arrivés sur les lieux, trois de ces collégiens ont été transférés à l'hôpital. Toutes les personnes présentes ont été très choquées. Le principal a demandé une cellule psychologique à l'Education nationale
.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Dim 26 Juin - 20:18


Brexit : Valls muscle son discours vis-à-vis de l'Europe

Le Point.fr  AFP 26/06/2016

notre Rambo français entre en action(s)


« une pleine maîtrise de la question »

"Quand l'Europe n'est pas le bon niveau de décision, alors elle doit s'effacer, et laisser les États décider"

Citation :
Tafta, travailleurs détachés, frontières extérieures de l'Union... Manuel Valls a estimé dimanche que le vote des Britanniques devait être l'occasion de refonder le projet européen. Le Brexit « clarifie le débat, a estimé le Premier ministre, et [permet] de porter un projet européen refondé, rebâti », a estimé le Premier ministre devant quelque 200 militants socialistes réunis à Belleville-sur-Mer (Seine-Maritime). François Hollande, qui sera lundi à Berlin, avant un conseil européen mardi et mercredi, a lui-même promis des « initiatives ».

Le traité transatlantique « ne va pas dans le bon sens »

Le Premier ministre a passé en revue plusieurs domaines de la thématique européenne qui suscitent l'inquiétude, en particulier à gauche. Il s'est voulu ainsi catégorique concernant le projet de traité de libre-échange entre les États-Unis et l'Union européenne (Tafta ou TTIP): « Je vous le dis franchement, il ne peut pas y avoir d'accord de traité transatlantique. Cet accord ne va pas dans le bon sens. » Les autorités françaises manifestent depuis plusieurs semaines une réticence croissante devant ce projet d'accord négocié, pour les Européens, par la Commission européenne et dont l'Allemagne souhaite une conclusion hâtive. « Dorénavant, aucun accord de libre-échange ne doit être conclu s'il ne respecte pas les intérêts de l'Union. L'Europe doit être ferme. La France y veillera », a prévenu le chef du gouvernement. Selon lui, le Tafta imposerait « une vision qui ferait le lit non seulement des populismes, mais tout simplement une vision qui serait mauvaise pour notre économie ».

Négocié dans le plus grand secret depuis mi-2013, l'accord vise à supprimer les barrières commerciales et réglementaires entre l'UE et les États-Unis pour créer une vaste zone de libre-échange censée doper l'activité économique.

« Bannir le dumping social et fiscal »

Il faut « bannir le dumping social, fiscal au sein même de l'Union, avec en particulier un même salaire minimum et des règles très claires sur le détachement des travailleurs », a poursuivi Manuel Valls. Le Premier ministre a dénoncé à cet égard « le travail détaché illégal (qui) fait des ravages ». “Cela ne peut pas continuer ainsi et si le changement de directive (sur les travailleurs détachés) tel que nous le proposons n'est pas accepté, alors il faudra poser cette question sur la table des discussions de l'UE et renoncer à ce qui aujourd'hui met à mal toute la relation entre les salariés en Europe”, a fustigé Manuel Valls.

Maîtriser les frontières

Il a également abordé les thèmes des frontières extérieures de l'Europe et de l'espace Schengen, très sensibles après la pression migratoire sans précédent qu'a connue le continent l'année dernière, et l'élargissement de l'UE. “L'Europe a des frontières. Oui. Des frontières extérieures qui ne sont pas que des postes de douane, mais aussi des limites symboliques, qui disent ce que nous sommes et ce que nous ne sommes pas. L'Europe commence et s'arrête quelque part. Cela ne peut pas être une course à l'adhésion vers d'autres grands espaces que nous respectons”, a-t-il souligné.

Quant à l'espace Schengen, “qui était considéré comme une grande opportunité (il) est aujourd'hui ressenti comme une menace”, a déploré Manuel Valls en souhaitant que les Européens puissent retrouver une “pleine maîtrise” de la question.

“Laisser les États décider”


Au moment où des voix s'élèvent à droite pour réclamer un référendum sur un nouveau traité européen, Manuel Valls a livré un plaidoyer en faveur des parlements nationaux : “Quand l'Europe n'est pas le bon niveau de décision, alors elle doit s'effacer, et laisser les États décider.”

“Un choix a été fait et à partir de ce choix, il faut refonder le projet européen”,
a dit enfin le Premier ministre à propos du Brexit, en répétant que les procédures pour le départ de la Grande-Bretagne de l'UE devaient s'engager vite. Selon un responsable gouvernemental, “même les partisans britanniques du Brexit ont actuellement la gueule de bois” devant les résultats du référendum.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mer 13 Juil - 21:43


dédié à tous les ultra-gauchistes condescendants qui considèrent l'anti-islamophobie comme une ruse de la raison capitaliste d'État, et à la cinquième colonne "anarchiste" de l'idéologie française : d'État

dédicace spéciale au crétin d'«écrivain anarchiste» Guillon pour « Et dieu créa l'islamophobie »



Une guerre culturelle a lieu en France. Déclarée par Manuel Valls et orchestrée par des think tanks, bien avant la mise en place de l’état d’urgence, elle est menée contre les musulmans résidant en France. On aurait pu s’attendre de la part d’un Premier ministre socialiste que la bataille idéologique prioritaire soit menée contre la droite ou l’extrême droite. Force est de constater que ce n’est pas le cas.

Citation :
Manuel Valls : « C’est quoi aujourd’hui les priorités dans cette société ? Bien sûr l’économie, le chômage, mais qu’est-ce qui est aujourd’hui essentiel ? C’est la bataille culturelle ! C’est la bataille identitaire. Parce que si nous ne gagnons pas cette bataille, le reste ne comptera pas. Le reste sera balayé. »

C’est ainsi que, le 4 avril dernier, au colloque Le Sursaut, initié par la Fondation Jean-Jaurès, la Fondation pour l’innovation politique et l’American Jewish Committee Europe, Manuel Valls a déterminé ses priorités politiques : « C’est la bataille culturelle ! C’est la bataille identitaire ». Et non la politique économique et sociale de son gouvernement, symbolisée par une loi Travail, dont les sondages n’ont cessé de mesurer un rejet majoritaire massif depuis le mois de février.

Moins de dix jours plus tard, le locataire de Matignon précise son offensive à destination de la gauche. Le 13 avril, Libération publie une interview du Premier ministre. Depuis qu’il a été nommé chef du gouvernement, deux ans plus tôt, c’est la première fois que Manuel Valls accorde un entretien au quotidien emblématique de la gauche culturelle. À la question : « Vous dites désormais que la question “identitaire” est première ? » , le Premier ministre enfonce le clou : « Les questions économiques et sociales, la question du chômage, sont cruciales. Mais effectivement, la question culturelle est fondamentale. Il y a une interrogation plus profonde dans notre pays sur l’ouverture au monde ou sur la place de l’islam… »

Le signal premier que Manuel Valls entend ainsi adresser à son électorat de gauche est sans ambage : la question culturelle est fondamentale. Dans ses discours politiques, les ennemis qu’il désigne sont « les salafistes », mais dans la pratique politique ce sont les musulmans, dans leur ensemble, qui sont pris pour cible. Si cette obsession n’est pas nouvelle, elle se précise en stratégie de communication délibérée à l’approche de l’échéance présidentielle. Il y a un an, le 22 juin 2015, le Premier ministre avait clairement indiqué sa ligne, son choix, sa cible privilégiée : « L’islam sera un enjeu électoral », lors d’un forum sur la République et l’islam.

Depuis l’application de l’état d’urgence qui ont suivi les attentats du 13 novembre 2015, la mobilisation d’une partie de la gauche contre les nouvelles mesures autoritaires se fait essentiellement sur des questions de principe : libertés publiques, militarisation de l’espace, société de surveillance, neutralisation de la contestation sociale… Qu’il s’agisse des « frondeurs » du PS, ou des militants EELV, PG, PC, des syndicalistes et des associatifs de la gauche radicale, la gauche contestant l’état d’urgence ne le condamne que dans des termes où elle se sent directement impliquée, où elle se pense comme l’unique cible, comme on a pu le voir durant la COP 21 avec l’interdiction de manifestations et les assignations à résidence, alors dénoncées par cette même gauche.

Or cette analyse ignore délibérément les premières cibles de l’état d’urgence : les musulmans en tant que tels, indépendamment de leurs actes individuels. La gauche militante « traditionnelle » n’étant, dans un premier temps, qu’une cible collatérale. En effet il faudra attendre la mobilisation des migrants le 22 novembre et contre la COP 21 et sa violente répression le 29 novembre sur la place de la République, à Paris, pour assister au déploiement en force des mesures de l’état d’urgence contre des militants écologistes et de la gauche radicale.

Pourtant, pour l’essentiel, les perquisitions administratives ont concerné dans leurs quasi-totalités des lieux de culte, des sièges d’associations, des restaurants musulmans ou les domiciles de musulmans ou présumés comme tels. Or. Dans son ensemble, le bilan opérationnel antiterroriste est ridicule : 3 579 perquisitions administratives ont été effectuées, aboutissant à seulement six procédures judiciaires pour infractions terroristes, entrainant une seule mise en examen, en date de mars 2016. Soit un taux d’erreur dans les cibles désignées de 99,97 %. Bon nombre d’observateurs, de chercheurs et de magistrats ont souligné la disproportion entre les interventions policières ordonnées et leurs résultats. En somme, ces opérations obéissent avant tout à des impératifs politicien et médiatique, et non aux objectifs de la lutte antiterroriste.








Mais alors que les autorités ont abondement médiatisé la mise en cause généralisée des musulmans en tant que tels, ainsi que l’extrême fermeté des mesures policières et judiciaires à leur encontre : partis, syndicats et associations de gauche n’en parlent pas, ou peu. La question se pose : ces organisations ne savent-elles pas comment en parler ou ne le veulent pas ? Est-on face à une gêne ou un déni, un refus d’accepter cette réalité ? Pourquoi une large partie des forces progressistes (de l’aile gauche du PS à l’extrême gauche), dans ses discours et ses pratiques, ignore-t-elle délibérément ce constat ? Paradoxalement, ces organisations rejoignent la position officielle des autorités. Elles excluent tout comportement discriminant justifiant ces opérations, alors même que leurs résultats traduisent l’arbitraire manifeste qui a prévalu dans le choix de ces cibles par l’appareil d’État.

Entretien du chef de la lutte antiterroriste de la police nationale. Extrait du Rapport parlementaire sur le contrôle de l’état d’urgence


Le traitement médiatique des faits n’est pas en reste, essentiellement et violemment hostile aux musulman-e-s, qu’il ne cesse de désigner à la vindicte populaire. Face à cela, le silence de la gauche extraparlementaire est d’autant plus assourdissant et incompréhensible.

Le silence de la gauche

Des collectifs se sont constitués contre l’état d’urgence. Stop Etat d’Urgence à l’initiative de Droit au logement (DAL), et Nous ne cèderons pas sous l’égide de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), regroupant, pour le premier, associations, syndicats et partis politiques de gauche et pour le second uniquement des associations et des syndicats. Force est de constater que Stop État d’Urgence, malgré ses discours d’ouverture, a eu du mal à prendre en compte la victime musulmane des nouvelles mesures policières et judiciaires. Pour preuve, lors du premier meeting unitaire organisé par ce collectif le 17 décembre 2015 à Paris, ce sont des personnes extérieures à l’organisation qui ont dû pointer l’absence d’une parole musulmane et de l’importance de la prise en compte des musulmans sous le régime de l’état d’urgence. C’est seulement au dernier moment que les organisateurs ont fait appel au Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) .

Trois mois plus tard, le 10 mars 2016, un autre meeting organisé par des étudiants de l’université Paris 8, à Saint-Denis, illustre cette invisibilisation des musulmans. Une première affiche décline les différentes cibles de ces mesures d’exception mais ignore la caractéristique musulmane.



Il faudra attendre une intervention insistante de nouveaux membres de ce collectif, pointant cette absence, pour enfin voir apparaitre le terme de « musulman » sur l’affiche. Pourtant, ce terme ajouté à la va-vite apparaît fusionné avec « migrant-e et racisé-e », qui étaient dissociés sur la première version, comme si la catégorie « musulman-e » était non seulement insuffisante en elle-même mais formait un tout avec « migrant-e » et « racisé-e », contrairement à celle de « manifestant-e », de « syndicaliste », d’« écologiste », de « victime des violences policères » et de « chômeur-se ».


Comment mieux révéler cet impensé au sein même de la gauche radicale, voire révolutionnaire, selon lequel le musulman demeure avant tout exogène (migrant-e et racisé-e) au regard de catégories plus légitimes que sont l’écologiste, le syndicaliste ou la victime de violences policières ?… alors que les quinze premiers jours de l’application de l’état d’urgence ont été marqués par des opérations tout autant extrêmement brutales dans le mode d’application qu’arbitraires dans le ciblage des seuls musulmans.

Comment comprendre une telle difficulté à prendre en compte la réalité de la répression et de la stigmatisation des musulmans en France ? Ces questionnements ne sont pas nouveaux au sein de la gauche. Ainsi, la journaliste Mona Chollet, dans le billet Oui mais quand même, la religion c’est mal, pointait déjà celles et ceux qui, à gauche, hurlent avec les loups islamophobes, sous prétexte de critique de la religion.




On pourrait multiplier les exemples d’un mépris de gauche à l’encontre des musulmans dans leur ensemble en France ou ailleurs. Début avril 2016, l’édito de Charlie Hebdo signé par Riss, directeur de la publication, synthétisait en quelques lignes la suspicion généralisée à l’encontre des musulman-e-s en France. Du boulanger musulman à la femme voilée, ils seraient selon lui la première étape avant la terreur et les premiers responsables. « Pourtant, tout ce qui va arriver ensuite à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles ne pourra avoir lieu sans le concours de tous [la femme voilée, le boulanger qui fait des sandwichs sans porc et Tariq Ramadan]. Car tous inspirent la crainte et la peur. La peur de contredire, la peur de polémiquer, la peur de se faire traiter d’islamophobe et même de raciste. La peur, tout simplement. Ce qui va se passer dans quelques minutes est l’étape ultime de la peur : la terreur. Le terrorisme. Il n’y a pas de terrorisme possible sans l’établissement préalable d’une peur silencieuse généralisée. »




Quelques semaines plus tard, Cocoboer, dessinatrice de l’hebdomadaire dit satirique, prenait, elle, prétexte du Hijab Day organisé par des étudiantes de Sciences Po Paris, pour s’approprier les pires clichés racistes à l’égard des musulmans.




Plusieurs mois avant déjà, lors du débat sur le travail du dimanche, Plantu, caricaturiste du Monde, compare l’opposition de la CGT au travail du dimanche à un musulman interdisant à sa fille voilée d’aller à l’école. La réaction outrée de la CGT ne s’est pas faite attendre : « Le parallèle que fait le dessin de Plantu entre la CGT et la face la plus violente d’un extrémisme politique liberticide ne relève pas de ce registre-là […]. Il est non seulement indécent mais également antirépublicain. Il nous déshonore tous. » Il est toutefois notable que le courrier de la CGT ne critique que l’attaque à son encontre, et ne commente pas l’idée véhiculée derrière l’« Islamorama » du dessinateur de presse,. Alors que c’est la loi républicaine qui, en France, exclut les filles voilées des établissement, le dessinateur sous-entend que si elles n’ont pas accès à l’éducation c’est à cause de leur père. .

L’abandon des classes populaires

Une des clés d’explication à l’absence de la prise en compte des attaques à l’encontre des musulmans ou présumés tels par l’état d’urgence, au sein d’une partie de la gauche, peut se comprendre à l’aune du fossé politique et spatial entre cette même gauche et les classes populaires surreprésentés au sein des musulmans. Cet abandon des musulmans, et plus largement des classes populaires, s’incarne dans la disparition des forces politiques de gauche au sein des quartiers populaires, illustré par exemple par la disparition progressive du parti communiste au sein des municipalités populaires (la « banlieue rouge »).

Le passif politique jamais réglé entre organisations issues de l’immigration (FTCR, ATMF, Mouvement des Travailleurs Arabes, Mouvement de l’Immigration et des Banlieues…) et certaines structures de gauche explique, en partie, le fossé politique qui s’est creusé ces trente dernières années. Les tentatives de récupération ou de neutralisation des dynamiques issues des quartiers comme pour la Marche pour l’Égalité et contre le Racisme de 1983, par la création de SOS Racisme puis, plus tard, de Ni Putes Ni Soumises, et l’utilisation de l’Amicale des Algériens par les autorités, n’en sont que quelques exemples. Ces multiples tensions politiques nationales et locales, le déni de l’islamophobie en France, la non prise en compte de problématiques propres aux quartiers (violences policières, apartheid social et urbain...) justifient pour certains, au sein des quartiers et chez une partie des musulmans, à désigner la gauche dans son ensemble comme un ennemi politique. Ainsi, une partie non négligeable des associations musulmanes ou de quartier a une suspicion historique et justifiée en partie envers la gauche.

Cette situation aboutit à une méconnaissance par de larges factions de la gauche, associative et politique, de la diversité du champ politique et associatif islamique en France. Ceci peut expliquer en partie l’incapacité à trouver des interlocuteurs et partenaires musulmans pour un travail en commun face à l’état d’urgence. L’appréhension face à l’islam, alimentée par les discours médiatiques et celui des élites islamophobes provoque suspicions et jette l’opprobre sur les militants musulman-e-s, considérés d’abord comme des islamistes cachés « au double discours », rendent quasi impossible une lutte commune entre les premiers concernés et les différentes structures dites « de gauche ». On ne peut que constater que très peu de structures et de militants [1] prennent en compte la question de l’islamophobie et travaillent sur un pied d’égalité avec des structures musulmanes ou de quartiers populaires.

La persistance sans fin des débats sur l’utilisation du terme « islamophobie » et de l’existence ou pas d’un racisme antimusulman en France, sont révélateurs d’une fracture au sein de la gauche sur l’islam. La perpétuelle remise en cause de la présence musulmane en France répond à une stratégie de diversion politique. Elle est révélatrice de l’incapacité de la gauche à traiter des questions sociales, là où on l’attend, préférant s’enfermer dans des questions identitaires et culturelles, participant à faire du musulman le bouc émissaire numéro un. Et Yasser Louati, alors porte-parole du CCIF, interpelle publiquement le chef du gouvernement : « Le Premier ministre de la République ignore le peuple qui manifeste et, au lieu de l’écouter, lui rétorque que le véritable souci ne doit pas être son avenir mais… la femme voilée. Qu’elle soit bannie de l’école et du travail ne vous suffit pas, vous voulez en plus la bannir de l’université. J’avoue être habitué à vos excès de langage, mais, là, vous avez fait bien fort. Vous étiez attendu pour combattre le chômage, or il a explosé, nous voilà revenus au niveau de 1997. Vous vous deviez de nous protéger, or nous avons subi deux vagues d’attentats et perdu 149 des nôtres. Vous aviez le devoir moral de nous rassembler, or vous nous avez divisés avec votre débat sur la déchéance de nationalité. Vous auriez pu faire la une de Libération avec des propositions concrètes pour le pays, or vous l’avez faite pour commenter l’actualité sans rien proposer. À l’instar de Gaston Defferre, qui déclarait que les grèves des ouvriers musulmans étaient “des grèves saintes” commandées par “les mollahs iraniens”, vous déclarez que la femme qui décide de ne pas se dénuder est une militante politique commandée par les salafistes. » (Tribune de Yasser Louati, dans Libération le 14 avril 2016).

Depuis une dizaine d’année, essentiellement après le 11 septembre 2001, on a vu une reformulation de l’islamophobie à gauche, porté par de nouvelles structures politiques ou institutionnelles : la Dilcra (Délégation interministérielle de lutte contre le racisme et l’antisémitisme) en est l‘exemple le plus récent mais on pourrait citer le Printemps Républicain (collectif animé par l’universitaire Laurent Bouvet, défendant une laïcité excluante au nom « de la gauche ») . On pourrait ainsi esquisser les contours d’une gauche islamophobe et autoritaire qui s’évertue à désigner la présence de l’islam en France et plus largement en Europe comme le problème politique numéro un.

On peut aussi y déceler un certain cynisme politique, qui voit dans les populations musulmanes des personnes qui ne se mobilisent pas et qui voteraient peu : il n’y aurait donc aucun intérêt politique à les prendre en compte. Cette attitude est renforcée par un regard méprisant, qui verrait dans « le musulman » le misogyne, l’antisémite, l’homophobe, le délinquant et le terroriste.

Cette invisibilisation des musulmans à gauche ne date pas de la déclaration de l’état d’urgence. Les débats qui font polémique depuis vingt ans en son sein l’illustrent : les différentes affaires sur le voile à l’école, la loi de 2005 sur les signes ostentatoires, l’affaire Baby-Loup, la volonté d’exclure les mères voilées lors de sorties scolaires, le cliché « banlieues islamisées », le soutien à la Palestine considéré comme du communautarisme, les débats permanents sur l’incompatibilité présumée de l’islam et de la République, etc.

Bref, une interprétation et une application de plus en plus excluante de la laïcité en France, depuis 2003.

La solitude politique des musulmans

Cette impossibilité pour certains de s’identifier ou de manifester de l’empathie et d’avoir une proximité politique avec ces personnes, révèle une grille d’analyse où le dominé peut être « le migrant », le « mal-logé », le « précaire », « l’ouvrier », « le jeune de banlieue »… mais le /la musulmanE est absent-e. Comme si être musulman ne pouvait être sujet à attaque ou stigmatisation en France quand la solidarité avec les juifs ou chrétiens d’Orient, confrontés à l’hostilité et à la violence, pose peu de questions.

Une majeure partie de cette gauche, radicale en particulier, considère également que la religion et la croyance sont une forme d’aliénation et d’oppression. De fait, comment se sentir solidaire et/ou proche de personnes perçues comme aliénées ou défendant un système oppressif ? « Quand il défend les Femen ou les dessinateurs de Charlie Hebdo, le religiophobe fait valoir qu’ils ne peuvent pas être racistes, puisqu’ils s’en prennent autant aux cathos ou aux orthodoxes qu’aux musulmans : CQFD. Inutile d’aller lui expliquer que les religions ne sont pas de simples systèmes métaphysiques flottant dans la stratosphère, et qu’elles sont indissociables des populations qui s’en réclament ou qu’on y associe, de la culture, de la politique, de l’histoire, des rapports de domination entre groupes sociaux », analyse Mona Chollet. Les récentes déclarations de Céline Pina, ex-élue PS, comparant le voile islamique au « brassard nazi », et les déclarations de Laurence Rossignol, ministre des familles, de l’enfance et du droit des femmes, comparant les femmes qui choisissent de porter le voile aux « nègres qui étaient pour l’esclavage » sont des exemples parmi tant d’autres.

Ainsi, la prise en compte de la dimension religieuse de fractions des classes populaires est soit niée, soit méprisée, soit attaquée. Ce dilemme confine à l’absurde : le pire est-il dans le fait que la gauche refuse consciemment de parler de la situation des musulmans face à l’état d’urgence en France, ou que les musulmans soient dans l’angle mort de leur analyse ? Le climat politique de défiance collective à l’encontre des musulmans est tel que toute personne qui oserait émettre l’idée que les musulmans sont la cible principale de l’état d’urgence serait immédiatement qualifiée d’« islamogauchiste » ou d’« angéliste ».

Malgré cette réalité, l’urgence de la situation a permis la rencontre et le travail en commun d’acteurs qui s’ignoraient mutuellement. Cette phase de recomposition/décomposition politique, en particulier à gauche, facilite l’émergence de nouveaux acteurs politiques et associatifs, laissant penser que d’autres dynamiques peuvent voir le jour… In sha Allah.


Notes

[1] https://www.facebook.com/generationpalestinepaname/videos/vb.1474970172723870/1752276468326571/?type=2&theater


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Ven 15 Juil - 11:11


Citation :
Après l’attentat commis dans la soirée du jeudi 14 juillet à Nice, le président de la République, François Hollande, a annoncé, en plus du maintien à haut niveau de l’opération Sentinelle (10 000 militaires, ainsi que des gendarmes et des policiers), qu’il sera fait appel à la réserve opérationnelle, « c’est-à-dire à tous ceux qui, à un moment, ont été sous les drapeaux ou dans les effectifs de la gendarmerie pour venir soulager les effectifs de policiers et de gendarmes ».

En quoi consiste ce dispositif ?

C’est une partie du dispositif dit de « réserve militaire », qui comprend aussi la « réserve citoyenne », dédiée à la sensibilisation, et, depuis plus récemment, la « réserve citoyenne cyberdéfense ».




Cette réserve opérationnelle regroupe des citoyens volontaires, avec ou sans expérience militaire, âgés d’au moins 17 ans et prêts à consacrer au moins trente jours par an à l’armée. Ils signent un contrat rémunéré pour une durée d’un à quatre ans.




Y appartenir implique des contraintes de forme physique ou d’âge, comme dans la réserve de la gendarmerie ou de l’armée de l’air, où la limite d’âge est par exemple fixée à 30 ans.

Les missions comprennent la participation à des opérations, l’intégration dans des services et des états-majors… Les participants peuvent se voir confier les mêmes missions que les militaires d’active, précise le ministère de la défense.

« Les réservistes militaires permettent de faire face à la simultanéité des opérations et d’accroître la capacité des forces à durer en renforçant les unités d’active en particulier lors des pics d’activité (opération Sentinelle, plan Vigipirate, crises sur le territoire national, intempéries, services d’ordre public lors d’événements majeurs, protection de bases navales, de ports d’intérêt vitaux et d’installations sensibles…) »

François Hollande a précisé, dans sa déclaration solennelle, que la réserve opérationnelle serait nécessaire « en particulier pour le contrôle des frontières ».

Quels sont ses moyens ?

A la fin juin, 28 000 réservistes étaient enregistrés par le ministère de la défense. Dans son discours du 27 mars 2015, à l’occasion de la journée nationale du réserviste, le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian avait affiché l’objectif de « 1 000 réservistes opérationnels [déployés par jour] dès 2019 pour participer à la protection du territoire ». L’objectif du projet Réserves 2019 est de porter à terme le nombre de réservistes opérationnels de 30 000 à 40 000. Le plus gros des troupes sera assuré par l’armée de terre et les réservistes qui en dépendent, corps qui contribuera à hauteur de 800 réservistes par jour.

En outre, la loi de programmation militaire 2014-2019 a été actualisée afin, notamment, de renforcer le dispositif de réserve opérationnelle avec un accroissement des jours d’activité des réservistes (de 25 à 30 jours par personne et par an).

► Près de 44 % des réservistes actifs moins de 10 jours

Pour permettre le renforcement du dispositif de réserve citoyenne, une augmentation de 77 % du budget annuel qui lui est consacré est prévue entre 2014 et 2018.

Quelle est son utilité réelle ?

Pour le ministère de la défense, « les réservistes opérationnels contribuent pleinement à la résilience de la nation ». Ces forces font « partie intégrante du nouveau modèle d’armée issu du Livre blanc. Sans elles, les forces de défense et de sécurité ne sont pas en mesure de remplir l’ensemble de leurs missions, en particulier en cas de crise sur le territoire national », note le guide d’orientation de la défense française.

Mais, pour l’instant, les réservistes seraient sous-utilisés : selon les chiffres donnés par Pierre de Villiers, le chef d’état-major des armées, lors d’une audition à l’Assemblée nationale le 25 novembre 2015, seulement 321 réservistes ont été engagés dans l’opération Sentinelle, soit à peine plus de 3 % des personnels engagés.

En outre, il faudrait travailler à « accroître leur réactivité », souligne le général, « en réduisant le délai entre le moment où ils sont convoqués et celui auquel ils arrivent », ainsi que leur emploi « dans des missions attractives, sans oublier la territorialisation et la connaissance du territoire ».

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/07/15/attentat-de-nice-qu-est-ce-que-la-reserve-operationnelle_4969845_4355770.html#egIjZHgFYjpjRgZ7.99


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Ven 15 Juil - 13:41


en somme, chacun, selon ses moyens, mobilise ses réservistes

comme l'écrivait Saïd Bouamama au lendemain des attentats du 13 novembre, Un monde immonde engendre des actes immondes

on peut gloser sur l'échec de Daesh à s'établir comme État dans les pays où il est implanté et mène une "vraie guerre", mais ce qu'on ne pourra pas empêcher, c'est la multiplication d'actes imprévisibles et incontrôlables par des individus n'étant pas nécessairement pilotés par des organisation terroristes

c'est en soi un échec de la "guerre au terrorisme", et il est dû fondamentalement au fait que loin de s'en prendre aux causes, elle les almente en continu et en amplifie les conséquences




Attentat de Nice : un modus operandi prôné par Daesh
© Reuters

La méthode utilisée lors de l'attentat de Nice qui a fait 84 morts et des dizaines de blessés, si elle est d'une ampleur inédite, n'est pourtant pas une première en Occident.

Citation :
Depuis plusieurs années, Al-Qaïda et le groupe Etat islamique exhortent, à longueur d'articles ou de vidéos sur internet, leurs recrues et leurs volontaires à passer à l'action sans attendre, sans ordres précis, sans organisation pour les entraîner ou les soutenir.

En septembre 2014, le syrien Abou Mohammed Al-Adnani, porte-parole officiel de l'organisation djihadiste État islamique, avait prôné, entre autres, cette méthode dans un long enregistrement sonore, rappelle Le Parisien.

Celui qui est surnommé le "ministre des attentats" par les services de renseignement occidentaux avait exhorté les partisans à agir avec n'importe quelle arme. "Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle", affirmait-il, "débrouillez-vous pour vous retrouver seul avec un infidèle français ou américain et fracassez-lui le crâne avec une pierre, tuez-le à coups de couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le d'une falaise, étranglez-le, empoisonnez-le". Il poussait également chacun à agir de son plein gré : "ne consultez personne et ne cherchez de fatwa de personne". "Que l'infidèle soit combattant ou civil est sans importance. Leur sentence est la même : ce sont tous deux des ennemis. Leur sang est permis".

La menace peut donc venir de partout, c'est bien le message que veut faire passer l'organisation au monde occidental, même si à cette heure, l'attentat de Nice n'a pas encore été revendiqué. Il ne fait en tout cas aucun doute qu'il s'agit d'une attaque terroriste comme l'a affirmé le président français François Hollande. D'ailleurs, plusieurs partisans de l'EI se sont déjà réjouis de l'attaque sur les réseaux sociaux, selon Le Figaro.

Une démonstration de la difficulté de lutter contre le terrorisme

"Si on rattache cet acte au terrorisme, cela démontre que peu de moyens et un processus pas très élaboré suffisent pour occasionner un grand nombre de victimes", explique Vincent Seron, criminologue et membre du Centre d'étude sur le terrorisme et la radicalisation (CETR) de l'université de Liège (ULg).

"Nous sommes dans un contexte de haut potentiel victimaire", précise Vincent Seron. "L'individu a trouvé la possibilité, avec un seul acte, d'engendrer un grand nombre de victimes. C'est l'essence même du terrorisme". Ceci explique tout le problème de la lutte contre le terrorisme. "Il existe une multitude de cibles potentielles et il est impossible de toutes les sécuriser", souligne M. Seron.

"L'élément déterminant reste la motivation à tuer des personnes au hasard et à envisager ou à cultiver le projet de mourir. Les deux se retrouvent dans la radicalisation. Cette motivation fait que l'idée de commettre un tel acte germe, il devient acceptable et justifié aux yeux de l'individu de tuer alors qu'il a été immergé dans une culture où normalement, on ne doit pas tuer".

Le journaliste David Thomson, spécialiste des djihadistes français, a fait remarqué de son côté via son compte Twitter qu'un combattant français avait demandé jeudi aux partisans de ne plus rejoindre le califat, mais de frapper la France en priorité. "Déchire ton billet pour la Turquie, le firdaws est devant toi, tu manipules deux/trois voyous, tu trouves une arme dans n'importe quel quartier", dit-il dans une vidéo.

Attaque avec une voiture : deux précédents en Occident

Si la méthode utilisée à Nice est inédite par son envergure, elle n'est pourtant pas une première du genre en Occident, rappelle Le parisien. En mai 2013, deux jeunes nigérians avaient renversé en voiture puis poignardé un soldat britannique à Londres. Lors du procès, l'un des deux attaquants s'était revendiqué en tant que "soldat d'Allah".

En octobre 2014 au Canada, une jeune de 25 ans avait foncé avec sa voiture sur trois soldats. L'un d'entre eux est décédé et un autre a été blessé dans une banlieue de Montréal. Le terroriste prévoyait de se rendre en Syrie. Il a été abattu par a police.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Ven 15 Juil - 20:51


à propos de l'attentat et du tueur de Nice, et des explications officielles empressées au vu de sa vie et de sa personnalité, importé de PENSÉES diverses à marier sans modération


des attentats à ceci fait ou cela dit...

il faut absolument condamner au risque d'être coupable de ne pas l'avoir fait


à vos listes...

est-ce au monde qui produit des monstres de les condamner ?


à méditer :


1989

Pierre Legendre a écrit:
Le 8 mai 1984, un jeune caporal de l'armée canadienne faisait irruption dans l'Assemblée nationale du Québec, avec l'intention de tuer le gouvernement. Courant dans les corridors, tirant à l'arme automatique sur les gens qu'il croisait, Denis Lortie arrivait bientôt à la Chambre où se réunissent les députés. Mais, ce jour-là, l'Assemblée ne siégeait pas et la salle était vide. Il alla s'asseoir dans le fauteuil du Président. Une négociation s'ensuivit pour le désarmer. Après sa reddition, on compta trois morts et huit blessés.

La doctrine du meurtrier s'est dite en une formule: "Le gouvernement du Québec avait le visage de mon père". Ces Leçons VIII étudient ce cas de parricide.

Faut-il donc que de nos jours le rapport des montages normatifs à la tragédie ne soit plus représentable qu'à l'occasion des mises en acte ? Le temps nous presse. Comment faire face, pour notre temps, à la nécessité de mettre en paroles la scène humaine de l'inceste et du meurtre, afin d'en déjouer l'accomplissement dans la vie quotidienne ?

L'interdit est avant tout un problème de vérité, la vérité de la différenciation humaine. Tel est le sens de l'office du père, indissociable du principe de Raison dont il est, en somme, la traduction juridique. Tout parricide le dévoile : le meurtrier s'attaque à la construction même de la Raison.

P.L.


Selon le psychiatre Pierre Mailloux, un des experts au dossier, devant la Cour, Denis Lortie souffrait alors de schizophrénie paranoïde. Il aurait donc organisé son crime à la suite d'un délire psychotique. Lortie croyait agir selon la volonté de Dieu et il disait suivre une lumière. (Denis Lortie, Wikipédia)

selon des voisins et amis du tueur de Nice
Citation :
Il buvait de l'alcool et mangeait du porc. « Il n'était pas pratiquant, ne faisait pas le ramadan, mais il était bizarre, voire malade. Pour nous, ça ressemble vraiment à un coup de folie cette histoire.»

« Il disait 'Les Arabes j'aime pas trop parce qu'ils salissent notre image'. La religion, il s'en foutait.»

« Il ne répondait pas quand on lui disait bonjour, il me fixait et regardait parfois chez moi. Il me faisait peur.»

source L'Obs


selon son père
Citation :
De 2002 à 2004, il a eu des problèmes qui ont provoqué une dépression nerveuse. Il devenait colérique, il criait, il cassait tout ce qu'il trouvait devant lui... toujours seul, toujours déprimé... Quand il est parti en France nous ne savions plus rien de lui... Aucun lien avec la religion... Il ne faisait pas la prière, il ne jeûnait pas, il buvait de l'alcool, il se droguait même...

un type bizarre, déprimé, agressif, avec seulement un vrai pistolet, d'autres armes en plastique... une cible à l'aveugle avec nombre de Maghrébins et Musulmans, dont plus de dix des victimes... le procureur reconnaissant avoir « très peu d'éléments d'enquête », pas de complice trouvé à cette heure, mais Hollande déclarant d'emblée « terrorisme  islamiste » : vous avez dit bizarre ?


déclaration de François Hollande à 3h50, AFP

Le président François Hollande a pris la parole, vendredi, à 3h50, après l'attentat meurtrier de Nice. Il a annoncé la prolongation de trois mois de l'état d'urgence, qui devait initialement s'achever le 26 juillet, après l'attentat meurtrier de Nice, ainsi que la mobilisation de la réserve opérationnelle.

Citation :
A Nice, cette nuit, un camion a foncé sur la foule rassemblée pour le feu d'artifice du 14 juillet avec l'intention de tuer, d'écraser et de massacrer.

Nous déplorons à l'instant où je parle 77 victimes dont plusieurs enfants et une vingtaine de blessés en urgence absolue. Cette attaque, dont le caractère terroriste ne peut être nié, est encore une fois d'une violence absolue.
Il est clair que nous devons tout faire pour que nous puissions lutter contre le fléau du terrorisme.

Le conducteur a été abattu. Nous ignorons à cet instant aussi s'il avait des complices mais nous faisons en sorte que son identification, qui va être vérifiée, puisse nous mettre sur ces pistes éventuelles. La France a été frappée le jour de sa fête nationale, le 14 juillet, symbole de la liberté, parce que les droits de l'Homme sont niés par les fanatiques, et que la France est forcément leur cible.

J'exprime au nom de la nation éplorée notre solidarité à l'égard des victimes et de leurs familles.

Tous les moyens sont mis en œuvre pour venir en aide aux blessés. Le Plan blanc qui mobilise tous les hôpitaux de la région a été déclenché. Après Paris au moins de janvier 2015, puis au moins de novembre de l'année dernière avec Saint-Denis, voilà que Nice est à son tour touchée. C'est toute la France qui est sous la menace du terrorisme islamiste.

Nous devons faire la démonstration d'une vigilance absolue et d'une détermination sans faille.

De nombreuses mesures ont déjà été prises. Notre arsenal législatif a été considérablement renforcé. Mais nous devons, puisque nous sommes dans une période estivale, réhausser encore notre niveau de protection.

Aussi, j'ai décidé, sur proposition du Premier ministre et avec les ministres concernés de la Défense comme de l'Intérieur, d'abord que nous allons maintenir à un haut niveau l'opération Sentinelle, celle qui permet de mobiliser 10.000 militaires en plus des gendarmes et policiers.

J'ai également décidé de faire appel à la réserve opérationnelle, c'est-à-dire à tous ceux qui à un moment ont été sous les drapeaux ou dans les effectifs de la gendarmerie pour venir soulager les effectifs de policiers et de gendarmes. Nous pourrons les déployer sur tous les lieux où nous avons besoin d'eux et en particulier pour le contrôle des frontières.

Enfin, j'ai décidé que l'état d'urgence qui devait prendre fin le 26 juillet serait prolongé de trois mois. Un projet de loi sera soumis au Parlement d'ici la semaine prochaine.

Rien ne nous fera céder dans notre volonté de lutter contre le terrorisme et nous allons encore renforcer nos actions en Syrie comme en Irak. Nous continuerons à frapper ceux qui justement nous attaquent sur notre propre sol, dans leurs repères. Je l'ai annoncé hier [jeudi] matin.

Un conseil de défense se tiendra demain [vendredi]. Il examinera toutes les mesures que nous avons déjà prises et que je viens d'annoncer. Il permettra ainsi le déploiement de tous les effectifs nécessaires dans tous les sites et toutes les villes où nous avons besoin de protection et de vigilance.

Je me rendrai avec le Premier ministre à Nice à la suite de ce Conseil de défense pour soutenir la ville, ses élus, dans cette épreuve et mobiliser tous les moyens nécessaires.

La France est affligée par cette nouvelle tragédie, horrifiée par ce qui vient de se produire, cette monstruosité qui consiste à utiliser un camion pour tuer, délibérément tuer, des dizaines de personnes qui venaient simplement pour fêter le 14 juillet.

La France, elle est éplorée, affligée mais elle est forte, elle sera toujours plus forte, je vous l'assure, que les fanatiques qui veulent aujourd'hui la frapper.


Citation :
L'enquête a été confiée aux enquêteurs de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) et de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

Elle a été ouverte pour les chefs d'"assassinats en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste", "tentatives d’assassinat sur personnes dépositaires de l’autorité publique en relation avec une entreprise terroriste" et "association de malfaiteurs terroristes en vue de préparer des crimes d’atteintes aux personnes".


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