PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Sam 19 Déc - 5:29



Après les déclarations de Messieurs Meyer Habib et Manuel Valls à l’Assemblée Nationale le 16 décembre 2015
18 décembre 2015 par le Bureau national de l’UJFP

La crise du régime politique français révélée par les réactions aux attentats du 13 novembre et soulignée par les résultats des élections régionales, n’a fait que découvrir un peu plus le visage ultralibéral de notre actuel gouvernement.

On n’hésite plus à parler de suppression des notions gauche/droite et pour cause... [noter ici que j'avais ouvert en mai un sujet "implosion du clivage droite-gauche" que recouvre d'ailleurs entre le concept d'idéologie française, entre autre par qu'elle ne se situe pas au seul niveau politique, mais comme structure of feeling, imprégnation profonde de tous les rapports sociaux dans la crise]

Or aujourd’hui, qui dit ultralibéral dit sioniste radical, et la parole sioniste, devenue parole occidentale, se retrouve jusqu’au plus haut niveau de l’Etat.


Citation :
La partition jouée le 16 décembre par Mrs Meyer Habib et M Manuel Valls à l’Assemblée Nationale à propos de la campagne internationale BDS – Boycott, Désinvestissement et Sanctions - initiée par la société civile palestinienne tout entière en 2005, leur appréciation commune sur la nature démocratique du régime israélien, les propos racistes et islamophobes tenus par Meyer Habib évoquant « la gangrène islamique » [1] et non condamnés par le premier ministre, nous éclairent, mieux que tout, sur la concordance politique et les objectifs communs que partagent les partis de ces deux personnages et, plus généralement, l’essentiel de la classe politique française.

Les attentats du 13 novembre dernier à Paris, ont marqué une offensive ultra - sécuritaire en France qui cherche au passage à identifier la résistance palestinienne au terrorisme de Daech, et fait d’Israël une victime en miroir avec la France du 13 novembre. C’est ainsi que nous avons vu des députés comme Julien Dray expliquer que les méthodes israéliennes antiterroristes devaient être adoptées par la France [2], tout comme nous avons vu Valérie Pécresse adresser par courrier à ses « compatriotes juifs » des serments d’allégeance à la cause sioniste.

Cette résurgence des pires amalgames dans le discours de la classe politique française, hier pour rallier l’électorat juif, aujourd’hui à l’Assemblée Nationale pour attaquer la campagne BDS, stigmatiser nos concitoyens musulmans, tend à replacer Israël au cœur du débat politique national où dominent des discours racistes et islamophobes.

En réintroduisant la question du BDS dans le débat français, celle de son prétendu antisémitisme, en qualifiant d’antisémite le combat contre le sionisme [3] et en stigmatisant des pans entiers de la société civile française - principalement les jeunes des quartiers populaires - le gouvernement et ses alliés nous confirment l’inscription totale de leur vision politique dans celle de la politique du choc des civilisations, dans celle du combat de l’Occident (devenu judéo-chrétien) contre le monde musulman dans son ensemble.

Dans leur volonté – ici, en France – de continuer à nous diviser et à nous dresser les uns contre les autres pour mieux nous réprimer, et retarder au maximum la nécessaire unité que nous devons réaliser pour résister efficacement aux menaces qu’ils font peser sur la démocratie et nos libertés à toutes et tous.

Le soutien raisonné par un nombre de plus en plus important de nos concitoyens au combat légitime du peuple palestinien, la condamnation par les mêmes de la politique d’apartheid israélienne, de sa politique de conquêtes et de colonisation ; les crimes de toute nature commis à Gaza, dans les Territoires Palestiniens Occupés, en Israël même, sont au cœur de leur adhésion à la campagne BDS.

Nul ne peut en inverser la dynamique !

Ce soutien traduit, en ce début du XXIe siècle, la réflexion de chacun sur cette dernière expression du colonialisme européen des XIXe et XXe siècles qu’est le sionisme, son ultime visage tel que nous l’observons à travers les discours et les pratiques du gouvernement israélien actuel d’extrême droite conduit par Benjamin Netanyahou : apartheid, épuration ethnique, colonisation, occupation, crimes de guerre et crimes contre l’humanité.

Ce soutien traduit également la réflexion de chacun sur les dangers qui pèsent sur le droit international en général, sur le droit humanitaire international, sur le droit des peuples à disposer d’eux mêmes, à être secourus, à être protégés, sur le peu de cas qu’en font les pays occidentaux, à l’image de leur protégé israélien.

La dénonciation du sionisme est aujourd’hui tout cela : une expression contemporaine de la condamnation du colonialisme, une expression contemporaine de la solidarité internationale, une expression contemporaine de cette exigence de justice pour tous les peuples opprimés à travers le monde, pour le peuple palestinien en particulier, symbole absolu de tous les renoncements et de toutes les trahisons de la communauté internationale.

Messieurs Meyer Habib, Manuel Valls [4] et consorts n’y feront rien !

La politique coloniale de la France, son soutien indécent à Israël et à sa politique criminelle, les menaces que le gouvernement fait peser sur la société civile française aujourd’hui en particulier par l’état d’urgence, ses pratiques et sa prolongation, ne peuvent être masquées par leurs incantations sur l’antisémitisme, sur l’antisionisme, et leur haine vis-à-vis de la campagne BDS, son prétendu racisme.

En ce qui nous concerne, nous membres de l’UJFP, nous mobiliserons tous nos efforts dans la nécessaire lutte contre l’islamophobie, la nécessaire mobilisation pour la défense de nos libertés, dans l’affirmation de notre solidarité sans réserve avec toutes les victimes des guerres impériales qui ravagent le Moyen-Orient, dans notre solidarité absolue avec la lutte du peuple palestinien.

Tous nos efforts dans le renforcement de la campagne française BDS.

Le Bureau national de l’UJFP, le 18 décembre 2015.

[1] La vidéo en témoigne, c’est bien la « gangrène islamique » que Meyer Habib a pourfendue dans son intervention. Et personne dans l’hémicycle de l’Assemblée Nationale n’a trouvé à y redire. Mais il a quand même fait rectifier le compte rendu officiel, et la gangrène est devenue islamiste. C’est un peu comme si après la déclaration du Grand Rabbin Mordechaï Eliyahu proposant que pour chaque israélien tué, une nouvelle colonie soit créée en « Judée Samarie » et rappelant ce que veut la loi divine en terme de représailles justes : « mille arabes doivent mourir pour chaque étudiant talmudique tué », nous avions parlé de « gangrène judaïque », avant de rectifier prudemment en « gangrène sioniste »

[2] Mensonge ou ignorance crasse, Julien Dray ose affirmer qu’il faut s’inspirer du modèle israélien qui n’aurait jamais eu recours à des lois d’exception ! Or chaque année le parlement israélien renouvelle les lois d’exception instaurées par la puissance britannique mandataire en 1945 ! A moins de considérer que puisque l’exception étant permanente, elle n’a plus en effet rien d’exceptionnel, comme la constitutionnalisation de l’état d’urgence en France.

[3] Manuel Valls ne prononce pas l’égalité antisionisme = antisémitisme, il est trop prudent pour cela. Mais en disant que « trop souvent » il y a confusion entre critique de la politique israélienne et antisionisme qui « bascule » dans l’antisémitisme, que l’on « passe allègrement de l’antisionisme à l’antisémitisme », sans jamais en apporter la moindre preuve ni le moindre exemple, et en justifiant la réaction de Meyer Habib sans dénoncer ses amalgames, Manuel Valls valide le discours de Meyer Habib.

[4] Manuel Valls a présenté l’honorable parlementaire Meyer Habib comme représentant notamment les français résidant en Israël, il n’a pas rappelé que Meyer Habib est citoyen et résidant israélien. Meyer Habib, binational, pouvant être poursuivi pour apologie de crimes de guerre et de crimes contre l’humanité en tant qu’il défend inconditionnellement la politique du gouvernement Netanyahou, pourra -t-il demain être privé de sa nationalité française ?


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Sam 19 Déc - 8:33


Dieretou Diallo, blogueuse Guinéenne. Avec sa permission

Témoignage d'une blogueuse guinéenne sur les abus de la police des frontières commis au nom des mesures anti-terroristes

From Africtivists to Mondoblog, péripéties d’une guinéenne à Dakar 15 décembre 2015


Cars Rapides à Dakar. Crédit Photo : fraggedreality (flickr.com)

Par trois ou quatre fois, j’ai failli ne pas m’y rendre. Qu’y ferais-je ? Avec des gens que je ne connais pas, que j’ai brièvement côtoyé seulement sur internet. Est-ce que ça vaut le coup au final ? Je n’avais pas la tête à ça, je ne voulais pas me forcer à sourire, à faire mine de m’intéresser aux discussions, aux ateliers de formation ou même aux gens alors que j’étais en deuil, et que papa me manque férocement. Cela faisait une semaine que j’enchainais les nuits blanches, aux prises avec de coriaces insomnies. Puis on m’y a encouragée, on m’y a obligée presque et je ne regrette tellement pas d’avoir cédé.


[quote]Du Sénégal, je ne connaissais que le nom et de lointaines anecdotes contées par ma mère, Toucouleur d’origine sénégalaise. J’étais conviée au premier sommet de la ligue des blogueurs et activistes africains, rencontre physique de plusieurs e-citoyens engagés pour la démocratie dans leurs pays respectifs et ayant pour objectif de concrétiser l’initiative du réseau Africtivistes. Le sommet durerait trois jours puis je basculerais dans un nouveau bain, non moins coloré, non moins diversifié : celui des Mondoblogueurs qui tiennent leur formation à Dakar avec l’équipe de l’Atelier des Médias de Radio France Internationale.

Je suis quelqu’un de nature extravertie, rencontrer du beau monde ne me fait pas peur, j’adore tenir de longues discussions, débattre à souhait de tout et de rien (dès lors qu’il y a matière et que le sujet m’intéresse). Aussi en règle générale, de telles rencontres sont choses qui m’enchantent. Mais voilà, papa était parti et je n’étais même pas sûre d’être prête à affronter mon quotidien habituel, banal ici à la fac, à plus forte raison participer à d’aussi grands et ponctuels croisements de cultures et de personnalités différentes qui laissent des impressions indélébiles. Maintenant avec du recul, je pense m’en être bien sortie même si la succession de malencontreux événements ont quelque peu terni mon séjour mais n’en n’ont pas moins révélé la saveur et l’intensité.

En effet j’aurais dû me douter que ce ne serait pas un voyage comme les autres lorsque le 25 Novembre, alors que j’embarquais de Nice pour Paris, les douaniers ont jugé utile de retourner la moitié de ma valise de cadeaux destinée à ma famille en Guinée (qu’un ami blogueur croisé à Dakar devait leur faire parvenir) sans raison apparente. Irritée, je décide de faire contre mauvaise fortune, bonne figure. Ce n’est pas bien grave, avais-je dédramatisé. Je rachèterais d’autres cadeaux sur place, une fois arrivée que je ferai emballer. C’est ainsi que j’arrive à Paris Roissy Charles De Gaulle en escale, le temps est tellement grisâtre par ces temps d’attentats, de prochaines législatives (mais aussi de COP21) que je suis bien heureuse de pouvoir m’échapper de cette atmosphère au moins quelques jours.

Embarquement pour Dakar, catastrophe. Je tombe sur un douanier plein d’aigreur et raciste. Je ne pense pas ressembler à quelque extrémiste dans mon jean moulant, mon débardeur et mes escarpins de 10cm. Pourtant je fais l’objet d’une fouille mesquine, désagréable, et plus loin d’abus de pouvoir avec cette phrase lancée avec dédain face à mon impatience : « Je prends autant de temps que je veux, je peux décider que l’on descende vos bagages de la soute pour les fouiller sans explications, je le fais si j’en ai envie et vous raterez votre avion puis c’est tout ». Il me balance les yeux méchants : « Vous parlez français ou pas ? » Ce à quoi je rétorque du tac au tac « : Je ne sais pas, essayez pour voir. » La couleur de notre entretien est donnée. Questions poussées : objet de mon voyage, durée de mon voyage, raison de ma présence en France, date d’arrivée en France et j’en passe. Mon bagage de cabine est minutieusement retourné, mon passeport est ausculté sous toutes ses facettes, mes chaussures sont renversées, histoire de voir si quelque chose y est caché, ma trousse de maquillage est passée au peigne fin. Exaspérée, j’avance cinglante : « Vous voulez pas que je me foute à poil non plus ? Est-ce que j’ai l’air d’une terroriste ? « . Je ne me laisse pas faire et cela le met de mauvaise humeur car annihilant la piteuse autorité qu’il veut imposer, il s’acharne, je m’énerve : « J’ai hâte de finir mes études et de me barrer d’ici ». Il répond : « Oui c’est ça, partez tous ! ». Sourire ironique, je lui réponds que je resterai, rien que pour le plaisir de faire chier des gens comme lui. Je bous de colère, d’impuissance.


C’est aussi cela la France d’aujourd’hui, un pays qui cède de plus en plus au repli identitaire et à la xénophobie.

Plus de quarante cinq minutes d’élucubrations, de va-et-vients au bout desquelles je suis au bord des larmes, je n’ai pas d’énergie pour lutter en ce moment. Je trouve tout de même l’ultime force de lancer  : « Si l’avion part, et que vous ne trouvez rien dans mes bagages en soute par la suite, je ne répondrai plus de moi. Je ferai un scandale, je m’en fiche d’aller au commissariat. Je viens de perdre mon père et la dernière chose dont j’ai besoin, c’est qu’on me traite comme une moins que rien. » Petite tirade qui a du trotter dans leurs esprits. Ils ne trouvent rien, et sont bien obligés de me laisser partir après quelques vaines tentatives de justifications et recommandations pour la suite de mon parcours. J’embarque en dernier toute chamboulée, les portes de l’avion se referment juste après moi. « Dakar commence bien » me dis-je. Le vol se déroule sans encombre et l’aventure commence à Dakar. Sauf,… sauf qu’une valise est restée à Charles De Gaulle. Nouveaux tiraillements avec Air France qui tarde à me l’expédier et je n’obtiens ma valise que 72h après mon arrivée, c’est-à-dire à la fin de mon sommet, après avoir porté le même Jean plus de 48 heures.

C’étaient trois jours palpitants, rythmés de séances de discussions animées, d’ateliers instructifs de pauses café, déjeuners succulents, de rencontres passionnantes. J’ai rangé la perte de mon père dans un coin de ma tête et j’ai profité de chaque instant. J’en ressortais nettement plus outillée, plus vivante. Des Africains de l’est, de l’ouest, du nord, du sud, du centre, des rires à gorge déployée, des cultures différentes. Cet excellent orateur et maître de cérémonie que fut l’Ivoirien Cyriac Gbogou, juste équilibre entre sérieux et ton badin tout au long du sommet. L’opportunité de rencontrer physiquement le ministre sénégalais de la culture et très célèbre artiste Youssou N’dour venu nous dire bonjour mais aussi Cheick Fall, Aisha Dabo, Mohamed Diaby, Moussoukoro Diop,Demba Gueye, Cedric Kalonji, Anna Gueye, … des personnes engagées, des monuments dans leurs pays, et sans aucun doute des exemples pour tous.

Certes il m’arrivait de devoir me retirer une heure environ dans un coin seule, coupée de tous pour souffler, reprendre mes esprits, penser à papa, faire le point moralement de la journée car avant tout, c’est dur de sourire constamment à des inconnus quand le cœur n’y est pas, de devoir montrer que l’on est forte quand on a juste envie de s’effondrer. Mais ma cachette fut bientôt découverte (comment ? je ne sais pas, je pense avoir été suivie par un indic’ :-p ) et chaque fois que je m’y refugiais, un activiste arrivait plein de sollicitude : « Tout va bien Dieretou ? » ou encore « Tu es sûre que ça va ? ». Et un de ces jours, on m’a envoyé le président de l’association des blogueurs guinéens lui-même : « Elle se cache là-bas, va la voir ». J’avais envie de leur crier : « Mais OUI, tout va bien, j’ai juste envie de me retrouver seule un petit moment . » Si bien que j’arrêtai de m’y rendre, craignant de passer pour la dépressive du coin. Smile

Mais j’étais emplie de joie, car tous ces gens qui ne me connaissaient ni d’Adam ni d’Eve faisaient malgré tout attention à moi, à mon bien-être, me prenaient dans leurs bras, me taquinaient, félicitaient mon courage d’être là lorsqu’ils apprenaient la raison de ces retraites solitaires. J’ai eu droit à un nombre incalculable de câlins, j’ai pleinement aspiré les parfums de chacun d’eux, senti des odeurs agréables d’After-shave que je retiendrai toute ma vie. J’ai fait ma réserve de bisous pour le reste de l’année, avec des barbes d’un jour qui me piquaient agréablement les joues. Tout ça me regonflait, me boostait. J’étais choyée, c’était exactement de cela dont j’avais besoin. Et cette chaleur humaine gommait presque toute ma tristesse. Africtivistes a été une cure pour moi, j’étais en de bonnes mains. De la nourriture pour l’âme, le cœur et l’esprit. L’aventure s’est terminée avec une escapade à Gorée, chaque particule de mon corps a pleinement vécu l’expérience, cette île ainsi que son histoire vous agrippent à la gorge. Pendant que la chaloupe naviguait sur l’océan, je sentais un bien-être inégalé m’envahir. Je m’étais faite une nouvelle famille et elle était juste là à mes côtés.

Puis je suis passée avec les blogueurs du réseau Mondoblog, toute autre expérience mais tout autant plaisante. A laquelle j’aurais aimé profiter comme avec Africtivistes mais le sort continuait à m’en faire voir de toutes les couleurs. Bientôt, je me rendis compte que j’avais perdu ma pièce d’identité française quelque part entre mon déménagement de l’hôtel N’diambour où je résidais pour le sommet vers la villa Keur Mithiou, document sans lequel je ne peux pas revenir en France. Sans tarder, il faut engager les démarches auprès du consulat français au Sénégal afin qu’ils me fournissent de nouveaux papiers pour rentrer chez moi, je ne pouvais pas m’absenter longtemps et mon billet retour est déjà pris. Les cours m’attendent, les examens, etc. Je commence à stresser de ne pouvoir pas rentrer dans les temps, car il faut un délai de traitement du dossier au consulat même en cas d’urgence. Je participe aux ateliers de formation de l’Atelier des Médias, mais j’ai un peu l’esprit ailleurs, je dors mal. Le séjour prend une teinte ocre pour moi.

Mais Mondoblog 2015, ce fut tout de même des rencontres intéressantes, originales. Pendant une semaine, c’étaient des trajets en bus partagés, des repas pris ensemble, une atmosphère bonne enfant et certains ateliers qui me parlaient plus que d’autres. Tout le monde était d’une gentillesse inouïe avec moi, j’ai reçu des condoléances avec des mines attristées mais je me veux rassurante en les remerciant : je vais mieux et même bien. Je tisse une relation particulière avec les Mondoblogirls de ma chambre : Françoise une française énergique et qui est toujours de bonne humeur et Emma, une Haitienne aussi tendre que son prénom, avec qui je me lie tout de suite d’amitié, complice de mes sorties nocturnes.

Les jours passent avec une vitesse affolante et je m’attache au Sénégal en dépit des mésaventures administratives qui me poursuivent avec constance car bientôt je ne tarde pas à perdre mon portefeuille tout entier cette fois, avec tous mes papiers et mes devises étrangères dans un taxi le jour J de mon départ (déjà repoussé une fois) mais bon passons. Je retiens des Mondoblogueurs, des gens joyeux, portés sur des moments partagés autour d’une bonne bière (salutations au Crew de la « dibiterie » Chez La Congolaise

[quote]

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Sam 19 Déc - 14:57


Meeting unitaire contre l'état d'urgence

17 décembre



Citation :
Rétablissement de l'état de droit !

L'instauration de l'état d'urgence depuis les terribles attentats du 13 novembre, ne se limite pas à la répression du terrorisme. Il frappe le mouvement social à travers une série d'interdiction de manifester, mais également des atteintes à la liberté de réunion, d'expression, de circulation ...

Au mépris de l'état de droit, des sanctions arbitraires, administratives et policières sont prises à l'encontre de militant-e-s, de manifestant-e-s ou d'organisations du mouvement social , assorties de mesures d'intimidation.

En parallèle une campagne de stigmatisation est lancée, comme on l'a constaté le 29 novembre place de la République afin de justifier l'emploi de ces mesures antiterroristes contre le mouvement social dans sa globalité.

Plusieurs centaines de militant-e-s et de manifestant-e-s non violent-e-s ont été brutalisés, menacés, insultés, espionnés, interpellés, poursuivis, assignés à résidence et/ou pour certains, condamnés. Ils et elles n'ont rien à voire avec les terroristes, mais les Préfets et la police, profitant de leurs nouveaux pouvoirs se déchainent pour bâillonner la contestation, partout en France.

Une réforme de la constitution est annoncée pour un emploi facilité de l'état d'urgence et donc des sanctions administratives, hors le contrôle du juge, hors l'état de droit.

Pourtant, les sanctions applicables dans les cas de terrorisme (perquisition de nuit, assignation à résidence, interdiction de manifester, dissolution d'organisations ...), existent déjà dans la loi, mais sous le contrôle du juge.

Entre les mains d'un pouvoir autoritaire, la constitutionnalisation de l'état d'urgence serait alors une arme redoutable tournée contre la démocratie et la justice sociale, et la déchéance de la nationalité serait une arme de masse pour une politique raciste.

Nous appelons à un meeting le 17 décembre.

Respect de la liberté de manifester, de se réunir et de s'exprimer ;
Pour la levée immédiate de l'état d'urgence, et contre l'état d'exception permanent ;
Arrêt des poursuites contre les manifestants, les militants des mouvements sociaux, et contre la stigmatisation des migrants et des quartiers populaires ;
Abandon de la constitutionnalisation de l'État d'urgence et de la déchéance de la nationalité ;
A l'appel de

AC!, ACORT, ADTF, AMF, APEIS, ATMF, ATTAC, CEDETIM, CFPE, CGT 75, CNT RP, Col. 3C, Col. des désobéissants, Col. des sans voix 18e, COPAF, CRLDHT, CSP 75, DAL, Droits devant, Ecologie sociale, FASTI, Femmes égalité, Fondation Copernic, FTCR, FUIQP, GISTI, Initiative Décroissante pour le Climat, IPAM, MCTF, MNCP, MRAP, Rés. pour une Gauche Décoloniale, Syndicat de la Magistrature, SNES PJJ, Solidaire, Solidaires étudiant-e-s, SUD Aérien, SUD PTT, Sortir du colonialisme, Survie, UJFP, UTIT …

Avec le soutien de : Alternative libertaire, CGA, Ensemble, NPA, PCOF, PG ...


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mar 22 Déc - 21:15



Condamnée pour délit de solidarité

Le 13 juillet, Claire, maître de conférences retraitée, militante associative au sein de l’association Habitat et Citoyenneté est interpellée par la police aux frontières en gare d'Antibes alors qu'elle accompagnait un mineur et une jeune femme, tous deux Erythréens en situation irrégulière, pour prendre le train en direction du Nord de l'Europe.

Citation :
Claire agissait dans le cadre d’une action inter-associative liée au blocage des migrants à la frontière franco-italienne et à la systématisation des contrôles au faciès opérés par les forces de l'ordre dans les principales gares des Alpes-Maritimes.

Face à la détresse des deux jeunes gens, âgés respectivement de 22 et 15 ans, Claire a décidé « pour préserver leur dignité et leur intégrité physique » de les soustraire à un contrôle policier exercé en gare de Nice.

Dénoncée par un agent de la SNCF, Claire, âgée de 72 ans, a été arrêtée, menottée, placée en garde à vue pendant 24 heures. Son appartement a été perquisitionné et son téléphone portable mis sous scellés.

Or, la loi du 31 décembre 2012 impose théoriquement à la justice de faire la distinction entre des trafiquants ou passeurs qui s’enrichissent sur le malheur des réfugiés et un citoyen qui tend la main à son semblable. Et c’est bien dans ce cadre de solidarité que Claire a agi.

Le tribunal a estimé qu'aider, sans contrepartie, un mineur et une jeune femme abandonnés dans la rue par les autorités publiques, interdits par la police de monter dans les trains pour rejoindre leur famille, ne visait pas à préserver leur dignité et leur intégrité physique, pour reprendre les termes de l'article L 622-4 du CESEDA.

Malgré le soutien de nombreuses associations, cette retraitée a été condamnée à 1 500 euros d’amende par le tribunal correctionnel de Grasse le 18 décembre.

Face à la détresse humaine, ils sont de plus en plus nombreux, ces bénévoles, hommes et femmes, à se mobiliser partout en France au nom de leurs valeurs et convictions. Comme Claire, seront-ils condamnés pour leur humanité ? La Cimade entend bien continuer à apporter tout son soutien et son aide aux personnes migrantes.


La Cimade estime que la condamnation d’une personne ayant simplement exercé un acte de citoyenneté remet profondément en cause les valeurs de solidarité et d’hospitalité, et considère comme inacceptable cette décision judiciaire. Elle espère que cette décision sera cassée en appel et se mobilisera avec d’autres pour alerter l’opinion.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Jeu 24 Déc - 7:31


écrits un mois avant les attentats...



trois sonnets à charges


j'ai brûlé vos baptêmes
rien ne m'est catholique
ni orthodoxe même
et je vais protestant :
vos dieux n'existent pas !




FRANCE M'EXISTE PAS

de terre noire est mon quartier
un pays sans frontière
un pays sans front fier
où je suis né

je suis né sans nation
pour vivre sans patrie
j'essuie les passions tristes

j'ai vécu à l'envers
contre les fous d'ici
de leurs dieux et messies
à merci de mes vers

j'ai brûlé mes papiers
je ne suis plus français
France m'existe pas


Terre Noire 14 octobre 2015 14:20 sonnet 198



CURE ATELLE

à voile et à vapeur
la France est en errance
un pays sans valeurs
qu'universelles rances

on y gère en voleurs
bien assis sur sa branche
beurre et argent du beurre
au lait de race blanche

de moraline en Morano
mauvaises fois, gros mots
français, clartés obscures

quand tout part à vau-l'eau
sonnailles et grelots :
mes sœurs n'en ayons cure


Terre Noire 14 octobre 2015 15:10 sonnet 199


GAUCHE

ni gauche ni à droite
ni attrape nigauds
aux urnes mis en boîte
en la trappe à gogos

débauchés tout en hâte
en satrapes et vieux beaux
et les burnes plus plates
tout y plonge à l'égo

gros gens comme devant
ci-devant citoyens
enfilés par derrière

ainsi va la moyenne
emportée par les vents
noyée au cou la pierre


Terre Noire 14 octobre 2015 15:28  sonnet 200


Bernard Cazeneuve, Ministre de l'Intérieur, aux États-Généraux du Christianisme, 3 octobre 2015 : « Les valeurs de la République sont largement celles de l'Évangile. » La Vie, hebdomadaire chrétien d'actualités n°3658, semaine du 8 au 14 octobre, page 18

Bernard Cazeneuve a écrit:
« Faire revivre les valeurs républicaines, qui sont aussi largement celles de l'Évangile, constitue pour moi l'une des clés de ce renouveau que vous appelez de vos vœux. »

« Même si elles est marquée par la sécularisation, même si elle a accueilli sur son sol des croyants de toutes confessions, qui contribuent eux aussi à sa richesse culturelle, la France est historiquement un pays de tradition chrétienne. Comment donc les Français pourraient-ils faire société en négligeant cet engagement des chrétiens ? Réciproquement, comment les chrétiens pourraient-ils vivre leur engagement sans être conscients et fiers de défendre les valeurs de la République ? »


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Jeu 24 Déc - 10:42



L'amendement du PS sur l'état d'urgence en France flatte les néo-fascistes Alex Lantier 24 décembre 2015

Le président français François Hollande et le premier ministre Manuel Valls ont présenté hier au conseil des ministres un amendement qui inscrit l'état d'urgence dans la constitution française


Citation :
Même les premières informations fragmentaires qui ont filtré sur la réunion démontrent qu'elle ouvrait le chemin à l'imposition durable d'un État policier en France. L'amendement proposé par Hollande permettrait au président de déclencher l'état d'urgence, dont la durée serait fixée par la loi. L'amendement n'impose aucune limite à la durée de l'état d'urgence dont pourrait décider les législateurs. Il permet aussi un usage renforcé par la police des pouvoirs de répression et de surveillance électronique de la population.

Surtout, en proposant d'étendre la déchéance de nationalité aux binationaux, même nés français, condamnés pour un «crime terroriste», le PS affirme ouvertement ses sympathies pour les idées du Front national (FN) néofasciste.

La déchéance de nationalité était une revendication traditionnellement associée au FN, car elle renvoie à l'Occupation nazie et au rôle des autorités françaises dans la Shoah.

L'État a prononcé une déchéance collective de la nationalité française sous le régime collaborationniste de Vichy pour priver les Juifs réfugiés en France et naturalisés français de leur nationalité. La loi du 22 juillet 1940 a privé 15.154 personnes de leur nationalité française, dont environ 6.000 Juifs et plusieurs dirigeants de la Résistance. Vichy a d'abord interné les Juifs privés de nationalité française dans des camps de concentration, puis, après la signature d'un accord franco-allemand le 2 juillet 1942, les a déportés vers l'est et les camps de la mort.

L'adoption de la déchéance de nationalité par le PS souligne la ruée vers l'extrême-droite de toute la classe politique bourgeoise, y compris sa composante social-démocrate et ses cautions de pseudo-gauche, telles le Front de gauche et le Nouveau parti anti-capitaliste.

Ces forces ont couvert en 2014 le soutien par les dirigeants de l'OTAN pour un putsch fasciste à Kiev, puis leur refus cette année de se rendre à Moscou pour célébrer le 70e anniversaire de la victoire de l'URSS contre l'Allemagne nazie. A présent, le gouvernement PS affiche ses sympathies historiques contre-révolutionnaires à l'intérieur de la France même, en reprenant à son propre compte des éléments de l'arsenal juridique du fascisme français.

La garde des Sceaux Christiane Taubira avait annoncé lors d'un voyage à Alger les 20 et 21 décembre que le PS avait définitivement écarté la déchéance de nationalité. Elle a déclaré à la radio algérienne Chaîne 3 que la déchéance de nationalité était «un sujet qui va s'éteindre», car elle «posait un problème de fond sur le principe fondamental qu'est le droit du sol».

Taubira faisait écho ainsi à la position du PS d'il y a quelques années. En 2010, Valls a traité un débat sur la déchéance de nationalité proposé par le président de droite Nicolas Sarkozy de «nauséabond et absurde». Cependant, Taubira a appris à son retour en France que le PS trancherait sur ce dossier après des réunions auxquelles elle n'était pas invitée.

Face à l'empressement de Valls et de Hollande à proposer leur mesure nauséabonde, Le Monde a estimé que Taubira n'était plus qu'une «sorte d'alibi au gouvernement pour rassurer un électorat de gauche décontenancé par le virage sécuritaire du chef de l'État».

Ce débat souligne que l'état d'urgence soulève bien plus de questions politiques que les simples questions policières liées à la prévention d'attentats terroristes.

Une crise profonde du régime capitaliste sévit en Europe. Alors que l'austérité dévaste les travailleurs à travers le continent, et que les guerres de l'OTAN au Moyen-Orient provoquent de plus en plus d'opposition, notamment dans les banlieues immigrées, la bourgeoisie tente d'impulser un profond revirement idéologique vers l'extrême-droite.

Le PS attise massivement le nationalisme et le racisme afin de façonner un consensus ultra-réactionnaire qui lui permettrait de continuer à imposer ses politiques impopulaires face à la montée de la colère sociale. Le fait que cette opération se solde par un retour à des mesures prônées par le régime de Vichy souligne les dangers immenses que font peser la social-démocratie européenne et ses alliés politiques petit-bourgeois sur la classe ouvrière.

Hollande avait annoncé la préparation de cet amendement au parlement réuni en congrès à Versailles le 16 novembre, trois jours après les attentats à Paris par le groupe État islamique (EI ou Daech). L'amendement devait permettre un état d'urgence en France tout au long de la «guerre contre la terreur». La police devait aussi pouvoir utiliser les vastes pouvoirs de surveillance et de répression que lui attribue l'état d'urgence contre toutes les personnes pouvant potentiellement troubler l'ordre public, en fonction de «leur comportement ou leurs fréquentations, propos ou projets».

Hollande proposait donc de donner un blanc-seing à l'État pour l'élimination de la liberté d'opinion et l'installation d'une dictature policière d'une durée indéfinie en France.

Les médias s'efforcent de rassurer la population que l'état d'urgence ne pose aucune menace à la démocratie. L'amendement présenté par Hollande a subi des modifications, écrivait L'Obs hier, «après de nombreux débats». Plusieurs reportages avaient laissé entendre que de hauts magistrats ainsi que des parlementaires avaient fermement critiqué le premier texte présenté par le PS. Des proches de Valls ont insisté hier que l'amendement, dont l'Assemblée nationale doit débattre en février, ne pérenniserait pas l'état d'urgence.

Puisque le conseil des ministres n'a pas publié l'amendement proposé par Hollande, il est bien entendu impossible d'en établir précisément le contenu. Cependant, toute la politique du PS indique qu'il veut utiliser les dispositions sécuritaires et l'hystérie politique qui accompagnent l'état d'urgence pour tenter d'écraser la contestation politique à l'intérieur de la France et d'asseoir un régime autoritaire.

Le PS a carrément fait interdire une manifestation contre la guerre à Gaza l'année dernière ainsi que les manifestations contre le sommet écologique COP-21, et il tolère à présent le licenciement de masse de travailleurs de Sodexo qui ont fait grève à Marseille.

Pour comprendre le caractère de l'état d'urgence proposé par le PS en France, il est utile de se souvenir des liens étroits qui existent entre Hollande et la dictature égyptienne. Quelques heures à peine après les attentats du 13 novembre, Hollande a reçu un appel téléphonique du général Abdel Fattah al-Sissi pour discuter de la lutte contre le terrorisme.

Sissi, qui a renversé le président islamiste Mohamed Mursi afin d'empêcher son renversement par la classe ouvrière égyptienne, dirige une dictature sanglante en Egypte sous un état d'urgence, prétextant le danger du terrorisme islamiste. Il a fait massacrer des milliers de manifestants sans armes dans les rues d'Égypte, emprisonner et torturer des dizaines de milliers de travailleurs et de jeunes, et prononcer par une justice aux ordres des peines de mort en masse contre des organisations politiques qui lui étaient opposées.

Selon RFI, Sissi a appelé Hollande juste après les attentats «pour présenter ses condoléances et celles de l'Égypte ... Les relations entre les présidents Sissi et Hollande vont au-delà du simple protocole. Des sources françaises parlent d' 'amitié' entre les deux hommes. On précise au Caire que « les deux présidents ont discuté d'un renforcement de la coopération dans la lutte antiterroriste et surtout anti-État islamique».


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mer 30 Déc - 14:02

Déchéance de la nationalité : Hollande rebaptisé «François Le Pen» en Italie Le Parisien 24 Déc. 2015

En décidant d'inscrire dans la Constitution la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France et condamnés pour terrorisme, François Hollande est jugé sévèrement par nombre de quotidiens français et étrangers.

Le journal italien communiste «Il manifesto» va jusqu'à comparer François Hollande à la famille Le Pen en titrant «François Le Pen» en une de son édition de jeudi, avec la photo du président de la République en couverture.





Citation :
Cette volonté d'inscrire la déchéance de nationalité pour les binationaux nés en France et condamnés pour terrorisme, approuvée dans les sondages par une majorité de Français, peut sembler en effet contraire aux valeurs défendues par la gauche ces dernières années. Ce qui rend perplexe la presse hexagonale, qui s'interroge aussi sur l'utilité d'une telle mesure.

QUESTION DU JOUR. Terrorisme : êtes-vous favorable à la déchéance de nationalité ?

«Il s'agit d'une question de principe», martèle Laurent Joffrin dans Libération en notant que «la gauche accueille avec consternation la décision présidentielle qui déclenche un débat malsain, fort éloigné des impératifs réels de la lutte antiterroriste».

Plus vindicatif encore, Patrick Apel-Muller de L'Humanité estime que «le président a renié deux siècles de combats de la gauche pour ... l'égalité républicaine». «En constitutionnalisant l'état d'urgence, le tandem gouvernant signe sa reddition devant l'idéologie sécuritaire et une défaite pour la démocratie», ajoute L'Huma.

«Un pan de la gauche se sent trahi»

«C'est un pan de la gauche qui se sent trahi», note à cet égard Matthieu Verrier dans la Voix du Nord qui souligne que «François Hollande doit très vite se remettre à sa cuisine politique». «Quitte à piétiner les derniers idéaux d'une gauche qui n'en finit pas de manger son chapeau», remarque aussi Pascal Coquis (Dernières Nouvelles d'Alsace). Dans La République des Pyrénées, Jean-Marcel Bouguereau est consterné : «le Front National annonçait que ses parlementaires allaient voter la réforme de la Constitution. La boucle est bouclée. Dramatiquement. Sinistrement», s'insurge-t-il.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Sam 2 Jan - 12:02


on n'a pas de pétrole mais Halliday

Johnny Hallyday pour commémorer les attentats en présence de François Hollande Courrier du Vietnam 02/01/2016

Le président français François Hollande assistera à la plupart des commémorations des attentats de janvier et tout particulièrement à un rassemblement, le 10, place de la République à Paris, où Johnny Hallyday entonnera Un dimanche de janvier, a-t-on appris le 31 décembre de sources concordantes.


Citation :
Le rockeur français, seul sur scène avec un guitariste, interprètera cette chanson qui saluait la mobilisation populaire et notamment la "marche républicaine" géante du 11 janvier 2015, réunie dans les rues de la capitale au lendemain de cette vague d'attentats, qui avait fait 17 morts. Le chœur de l'armée française devrait également se produire lors de ces cérémonies, selon les mêmes sources.

La commémoration des attentats débutera le 5 janvier avec la pose de trois plaques devant les locaux de Charlie Hebdo, boulevard Richard-Lenoir, où avait été assassiné un policier, et devant l'Hyper Cacher de la Porte de Vincennes, théâtre d'une prise d'otages sanglante.

Une plaque devrait être également dévoilée à Montrouge (Hauts-de-Seine) où une policière municipale avait été tuée. François Hollande, précise-t-on à l'Élysée, devrait participer à la plupart sinon à la totalité de ces commémorations.

Le chef de l'État devrait ainsi se rendre porte de Vincennes le 9 janvier, un an jour pour jour après l'attaque jihadiste qui avait fait quatre morts dans les locaux du supermarché cacher, pour une cérémonie organisée par le Conseil représentatif des institutions juives de France. Il y sera vraisemblablement accompagné par le Premier ministre Manuel Valls et le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Sam 2 Jan - 12:39

Macron incarne le renouvellement en politique pour 55 % des Français

Un sondage Odoxa pour "Le Parisien/Aujourd'hui en France" révèle par ailleurs que trois Français sur quatre sont hostiles à un duel Hollande-Sarkozy en 2017 Le Point.fr  AFP 02/01/2016


Newly appointed French Economy Minister Emmanuel Macron,
a 36-year-old ex-Rothschild banker and architect of the president's economic Policy...
AFP PHOTO / ERIC PIERMONT

Le match retour de 2012 se profile, mais les Français ne veulent pas y assister. Selon un sondage Odoxa pour Le Parisien/Aujourd'hui en France, trois quarts des personnes interrogées ne souhaitent pas que François Hollande et Nicolas Sarkozy soient candidats à la présidentielle de 2017.

Citation :
Le président de la République et son prédécesseur à l'Élysée font exactement jeu égal : seuls 24 % des Français veulent qu'ils soient candidats à la prochaine élection présidentielle, 74 % étant d'un avis opposé. Sont encore davantage rejetées les candidatures du responsable du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon (76 %), et de l'ancienne ministre EELV Cécile Duflot (85 %).

Une volonté de renouvellement

À l'inverse, l'ancien Premier ministre Alain Juppé est la seule personnalité politique dont les Français souhaitent majoritairement qu'il soit candidat (56 % contre 42 %). À noter qu'il est en tête chez les sympathisants de droite hors FN (71 %, devançant de 20 points Nicolas Sarkozy), mais aussi chez ceux de gauche (62 %). Nettement plus loin, 38 % des personnes interrogées souhaitent que le Premier ministre Manuel Valls soit dans la course, 37 % pour la présidente du Front national, Marine Le Pen, et 33 % pour le président du MoDem, François Bayrou.

D'une manière générale, les Français souhaitent qu'il y ait un renouvellement du personnel politique (56 %), actuellement insuffisant à leurs yeux (88 %). Le jeune ministre de l'Économie, Emmanuel Macron, est celui qui incarne le mieux le renouvellement en politique, selon 55 % des personnes interrogées (contre 43 %). Il est le seul à obtenir une approbation majoritaire, aussi bien à gauche qu'à droite hors FN. Il devance la députée FN Marion Maréchal-Le Pen (43 %) et le député Les Républicains Bruno Le Maire (36 %).

Parmi les mesures à même de favoriser le renouvellement en politique, les Français plébiscitent le non-cumul des mandats (86 %), l'obligation pour tout élu concerné de démissionner de la fonction publique (84 %) et l'interdiction d'exercer plus de 10 à 15 ans un mandat électif, quel qu'il soit (81 %). Ils sont en revanche partagés sur l'interdiction de se présenter plus d'une fois à l'élection présidentielle (49 % sont pour, 50 % contre).

Sondage réalisé par Internet les 23 et 24 décembre auprès d'un échantillon de 1 042 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.


Macron retraité par Patlotch

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Jeu 7 Jan - 22:29


après les attentats de janvier, en anglais... une analyse bien connue ici. À la différence que je ne les ai pas construits sous le label de la "pensée décoloniale", on retrouve dans l'intervention de Ramon Grosfoguel l'essentiel des thèmes abordés dans les sujets :

- FÉMINISME et ISLAM, VOILE... FÉMINISME et RACISME...[/color]
- sur la LAÏCITÉ : OPIUMS DU PEUPLE : RELIGIONS, ATHÉISMES, LAÏCITÉ, NATIONALITÉS... IDÉOLOGIES et RÉALITÉS
- ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en question


Ramon Grosfoguel, professor in the Department of Ethnic Studies at the University of California at Berkeley, discussed the effects of French colonialism and how this rhetoric plays out in society today
[/color]
What now for Europe? The instrumentalisation of the Paris attacks

Ramon Grosfoguel



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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Ven 8 Jan - 19:37

Un professeur poursuivi après avoir ironisé sur les "blancos" de Valls Europe1.fr avec AFP 05 janvier 2016,


© CLEMENS BILAN / AFP

Un maître de conférence d'Avignon est poursuivi pour avoir ironisé dans des mails internes sur des déclarations controversées de Manuel Valls

Citation :
Un maître de conférence de l'université d'Avignon (UAPV) est convoqué devant le tribunal correctionnel le 27 janvier pour avoir, dans des mails internes à son établissement, ironisé et repris des déclarations de Manuel Valls sur les "blancos", a-t-on appris de sources concordantes mardi.

Accusé de provocation à la haine. Bernard Mezzadri, 55 ans, comparaîtra pour provocation à la haine ou à la violence à l'égard d'une personne ou d'un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une ethnie, une nation, une race, selon la citation à comparaître. Il lui est reproché, dans un échange de messages, d'avoir notamment déclaré, évoquant une rencontre à venir entre la direction de son établissement et le Premier ministre Manuel Valls : "J'espère qu'en cette grande occasion la délégation de l'UAPV comptera suffisamment de "blancos" (et pas trop de basanés)". Il qualifiait également dans son message Manuel Valls de "chasseur de Roms".

Manuel Valls :
"Tu me mets quelques blancs ? quelques white, quelques blancos ?"


Dénonciation de propos xénophobes. Ces propos faisaient notamment écho à des images de Manuel Valls datant de 2009, dans lesquelles celui qui était alors député-maire d'Evry (Essonne) demandait à ses équipes de rajouter des "whites" et des "blancos" dans le décor. Ce "message ironique" avait été signalé par l'ancienne équipe de direction de l'université d'Avignon et des Pays de Vaucluse au recteur et au procureur, qui avait décidé de poursuivre Bernard Mezzadri, rappelle le Snesup-FSU de l'établissement dans un communiqué. "Il est manifeste que notre collègue entendait dénoncer des propos et une politique qu'il estimait xénophobes et que, par conséquent, il ne saurait être lui-même suspecté de xénophobie", poursuit le syndicat.

3.300 signatures de soutien. Une pétition de soutien à l'enseignant-chercheur avait recueilli mardi en fin de journée plus de 3.300 signatures, dont celles du philosophe Etienne Balibar, de l'essayiste Susan George, de la comédienne Marianne Dénicourt et de nombreux professeurs d'université. Tous demandent la relaxe de Bernard Mezzadri et "condamnent les propos de Manuel Valls auxquels Bernard Mezzadri faisait ironiquement référence". Contactée, l'université n'avait pas réagi mardi en fin d'après-midi.


en prime !



     

Abidjan. Sécutité. Ecole de police. le Ministre d`Etat, Ministre de l`intérieur et de la Sécurité Hamed Bakayoko a reçu des mains de son homologue français Manuel Valls un don de matériels logistiques constitué de 500 pistolets automatiques et d`une centaine d`ordinateurs. 16 Novembre 2013 © Abidjan.net par M.A

 
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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Sam 9 Jan - 21:10


je suis horrifié
et Zorro qui n'arrive pas...



Attentats de Paris : 76% des Français disent "Je suis Charlie"
Le Point.fr Source AFP 09/01/2016

Selon un sondage BVA-Orange-iTELE publié samedi soir, seules 22% des personnes interrogées "ne sont pas Charlie". Ils étaient 20% en 2015



Un an après les attentats, 76% des Français disent encore "Je suis Charlie"
© NORBERTO DUARTE

Citation :
Selon un sondage BVA-Orange-iTELE publié samedi soir, près de trois quarts des Français s'approprient la phrase-symbole des attentats de janvier "Je suis Charlie", quand un peu plus d'un cinquième affirme n'être "pas Charlie". A la question "Par rapport aux événements qui se sont déroulés il y a un an à Paris, laquelle de ces phrases exprime le mieux votre position?", 76% choisissent "Je suis Charlie", tandis que 22% préfèrent répondre "Je ne suis pas Charlie".

77% de "Je suis Charlie" en 2015

Ces niveaux sont proches de ceux d'une précédente enquête réalisée en janvier 2015, juste après les tueries de Charlie Hebdo et de l'Hypercacher, où le rapport était de 77% et de 20% respectivement. La proportion de "Je suis Charlie" culmine chez les sympathisants de gauche avec 90% "Je suis" contre 8% de "Je ne suis pas". Elle est en revanche moins nettement majoritaire chez les sympathisants Les Républicains (62% contre 37%) et Front national (64% et 34%).

Enquête réalisée auprès d'un échantillon représentatif de 1 026 Français (méthode des quotas) recrutés par téléphone puis interrogés par internet les 7 et 8 janvier.


je suis... ce que j'essuie



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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mar 12 Jan - 9:25


enfin une bonne nouvelle

une place de la République à moitié vide !



Cérémonie République : une place à moitié vide, et des plans serrés Arrêt sur image 10/01/2016

Peu de monde sur la Place de la République pour l’hommage des victimes des attentats ? Pas grave : il suffit de resserrer le cadrage des images...









autres infos
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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Ven 15 Jan - 0:07

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Dim 17 Jan - 15:34

Police, médias, partis : quelles sont les institutions adorées ou détestées des Français ? Michaël Bloch - leJDD.fr 16 janvier 2016

Dans quelles institutions ont confiance les Français ?

Selon l'étude du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) que le JDD a pu consulter, les Français plébiscitent les hôpitaux, l'armée et la police. Les syndicats, les médias et les partis politiques sont eux en queue de peloton.




Un soldat français devant le Sacré-Cœur. (Reuters)

Citation :
C'est la conséquence d'une année 2015 meurtrière. L'armée (deuxième) et la police (quatrième) font partie des institutions plébiscitées par les Français, selon l'étude du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) que le JDD a pu consulter. 81% des Français disent avoir confiance dans l'armée, soit une hausse de 5 points par rapport à l'enquête réalisée en décembre 2014, un mois avant les attentats de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l'Hyper Cacher. 75% d'entre eux font également confiance à la police, en hausse de six points par rapport à décembre 2014.


En bas de l'échelle, les banques, les syndicats, les médias et les partis politiques font partie des institutions rejetées par les Français. Seulement 12% des Français disent avoir confiance dans les partis politiques (+3 points/décembre 2014), 24% dans les médias (-1 point/décembre 2014), 27% dans les syndicats (stable), et 29% dans les banques (-3 points).

Pour lire les résultats et analyses de cette grande enquête en intégralité, retrouvez le JDD en kiosques, sur iPad ou sur Internet. Découvrez également nos offres d'abonnement.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Jeu 28 Jan - 17:41


nul n'est tenu d'apprécier le parcours politique guyano-radicalo-socialo de Christiane Taubira, mais pas non plus d'être aveugle aux raisons de son départ et au choix de son remplaçant


la bise détonne ?



Urvoas ministre de la Justice, ou l’épilogue d’une déchéance des libertés Guillaume Champeau numerama 27 janvier

En nommant Jean-Jacques Urvoas au ministère de la Justice, François Hollande confie la Chancellerie à un homme qui n'a eu de cesse d'accompagner et de soutenir la dérive sécuritaire, au détriment des droits et libertés


Citation :
Rire, ou pleurer ? On avait du mal à le croire, lorsque l’annonce s’est affichée sur nos écrans. Après la démission surprise de Christiane Taubira du ministère de la Justice, qui aurait dû intervenir beaucoup plus tôt, le président de la République a choisi de nommer Jean-Jacques Urvoas garde des sceaux.

Or le député socialiste, qui lorgnait plutôt le ministère de l’Intérieur, est un homme de la police, des services de renseignement, qui s’est fait le bras parlementaire armé des réformes sécuritaires depuis plusieurs années.

Au moment où l’État s’enlise dans un état d’urgence dont on ne sait comment sortir, la nomination de Jean-Jacques Urvoas au poste de ministère de la Justice scelle la mise sous tutelle de la place Vendôme au profit de la place Beauvau. En cette période de guerre qui ne cache plus son nom, qui justifie que la France demande des dérogations aux droits de l’homme, la Justice doit être étouffée et Jean-Jacques Urvoas est l’homme qui n’hésitera pas à user de son bâillon.


Au centre de tous les textes sécuritaires récents

Ancien membre de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), Jean-Jacques Urvoas avait été le rapporteur zélé de la loi Renseignement, dont Christiane Taubira disait en privé qu’elle « permet une intrusion dans la vie privée aux antipodes de mes idées ». Il n’avait pas eu de mots assez durs pour critiquer les opposants au texte, dont faisaient partie entre autres la Ligue des Droits de l’Homme, le Syndicat de la Magistrature, l’Union syndicale des Magistrats, ou l’Ordre des avocats de Paris (c’est lui qui parla des « exégètes amateurs  » pour dénigrer ceux qui analysaient les dangers du texte qui a été validé par le Conseil constitutionnel dans des conditions inhabituelles, et sans le moindre argument).


Il fut également le soutien de la loi de programmation militaire de 2014 qui, déjà, étendait les pouvoirs de surveillance avec un article très polémique qui autorise la collecte de données en temps réel sur les réseaux, sans passer par un juge.

Plus récemment, Urvoas s’est fait contrôleur de l’état d’urgence, comme pour mieux faire accepter le fait que la Justice soit mise de côté dans le contrôle du respect des droits et libertés des citoyens, en cette période d’émiettement de l’état de droit. C’est d’ailleurs toujours lui, bien sûr, qui fut rapporteur de la loi sur l’état d’urgence de novembre 2015, laquelle a diverses implications pour Internet, dont la possibilité d’accéder aux données sur le Cloud depuis le domicile de personnes perquisitionnées, sans contrôle d’un juge.

Désormais dans le fauteuil de Christiane Taubira, Jean-Jacques Urvoas aura les mains libres pour faire avancer le projet de loi Taubira, qui fait entrer dans le droit commun des mesures d’exception parfois redoutables, comme l’utilisation des IMSI-catchers dans des enquêtes contre contre la délinquance, ou l’interception de tous les e-mails et fichiers archivés dès l’enquête préliminaire.

Le loup est désormais dans la bergerie, et la dangereuse glissade de la France vers la violation des libertés au nom de la sécurité n’est sans doute pas prête de s’inverser.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Lun 1 Fév - 16:08


ici nous y sommes

ÉTAT D’URGENCE, MERCI, ÇA SUFFIT



Citation :
© Là-bas si j'y suis. Abonnement à La-bas.org : http://abonnement.la-bas.org/membres-....
C’était dans l'émission LÀ-BAS Hebdo n°32 : « LA SÉCURITÉ, C’EST LA PREMIÈRE DES LIBERTÉS », à (ré)écouter ici : http://la-bas.org/les-emissions-258/l.... ÉTAT D’URGENCE CONTRE ÉTAT DE DROIT. « LA SÉCURITÉ, PREMIÈRE DES LIBERTÉS », proclame le Front National en 1992.
« LA SÉCURITÉ, C’EST LA PREMIÈRE DES LIBERTÉS », affirme Manuel Valls en novembre 2015. Marine peut aller à la plage, c’est Manuel qui garde la boutique. Dérive sécuritaire ? Déroute politique ? Les deux ?

Deux mois après, le bilan de l’état d’urgence est à peu près nul. Non seulement les libertés sont menacées mais la sécurité n’est pas mieux assurée. Pourtant le gouvernement s’apprête à prolonger « le temps qu’il faudra ». Vers un état d’urgence permanent ? Des voix s’élèvent et s’organisent, un Conseil d’urgence citoyenne se constitue, des associations dénoncent l’islamophobie.

Avec, autour de Daniel MERMET :

- Sophie WAHNICH, historienne, directrice de recherche au CNRS, initiatrice du Conseil d’urgence citoyenne
Sur Facebook : https://www.facebook.com/citizenact/ Message sur Mediapart : https://blogs.mediapart.fr/jean-franc...
- Laurence BLISSON, juge d’application des peines, secrétaire générale du Syndicat de la Magistrature
http://www.syndicat-magistrature.org/
- Anthony CAILLÉ, secrétaire général de la CGT-Police Paris
http://cgtpolice75.fr/
- Sihem ZINE, membre de la Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie (CRI)
http://www.crifrance.com/
- Gérard TCHOLAKIAN, avocat, membre du Syndicat des Avocats de France
http://www.lesaf.org/

entretiens : Daniel MERMET
réalisation : Jeanne LORRAIN & Jonathan DUONG
son : Jérôme CHELIUS
préparation : Anaëlle VERZAUX & Grégory SALOMONOVITCH

Date de diffusion : Le jeudi 21 janvier 2016

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#Conseildurgencecitoyenne #étatdurgence #FrançoisHollande #étatpolicier #Perquisition #Assignation #France #Politique #ManuelValls #Islamophobie #Dérivesécuritaire #Déroutepolitique #étatdedroit #assignationàrésidence #Droit #attentatsdeParis #actualité #France #Politique #terrorisme #débat #AttentatsParis


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mar 9 Fév - 16:28


Marseillaise, nous voilà

2016, "année de la Marseillaise", année de toutes les escroqueries B. Girard www.revolutionpermanente.fr/
Courant Communiste Révolutionnaire du NPA, 5 février 2016


Après les propositions de loi « Jour de Mémoire » et « Journée du drapeau » déposées par des parlementaires, le président de la république, grand maître du barnum patriotique, a décidé de faire de l’année 2016 l’« année de la Marseillaise » à l’école. Et comme à son habitude, l’Éducation nationale a mobilisé dans l’urgence toute sa hiérarchie, frissonnante de peur ou d’enthousiasme, pour satisfaire le dernier caprice en date du chef, après beaucoup d’autres.

Citation :
Comme le précise la circulaire parue le 3 février au BOEN, il s’agit de faire « célébrer » ce chant dans le cadre « du parcours citoyen et du parcours d’éducation artistique et culturelle de chaque élève ». Car pour l’Education nationale, il ne fait pas de doute que la citoyenneté et la culture sont solubles dans la Marseillaise. De fait, c’est un véritable phagocytage du monde éducatif et du quotidien des élèves et même au-delà qui se voit ainsi mis en œuvre :

- par une « mobilisation des chorales scolaires » ;

- à travers la réalisation de travaux interdisciplinaires, dont on voit qu’ils peuvent servir à tout à condition de savoir s’en servir ;

- sur temps scolaire également, pendant les cours d’histoire et d’éducation morale et civique (EMC) ;

- dans le cadre de la Fête de la musique, où « une attention toute particulière devra être accordée à l’interprétation de l’hymne national » (reviens, Wolfgang, ils sont devenus fous…) ;

- dans le cadre des manifestations sportives (coupe d’Europe etc) ;

- sans oublier, naturellement, « la participation des élèves aux commémorations patriotiques », dernière lubie de l’Education nationale ;

- le tout appuyé par un partenariat renforcé avec des institutions aux compétences éducatives bien connues comme le ministère de la Défense et les associations d’anciens combattants.

La présence de la Marseillaise à l’école n’est pas une chose nouvelle, incrustée dans les programmes d’éducation civique depuis 1985, malgré les critiques récurrentes qui lui sont adressées, portant à la fois sur sa finalité comme sur ses modalités d’appropriation par les élèves confrontés à des tournures de style, à une phraséologie datées, à une rhétorique ambigüe, qui la rendent, au choix, inintelligible, ridicule ou profondément perverse, ou les trois à la fois. Car quoiqu’on puisse avancer sur le contexte révolutionnaire de sa création, il reste quand même une contradiction fondamentale qui consiste à promouvoir une éducation à la citoyenneté qui s’appuierait sur la violence, la légitimité de la guerre, la haine et la déshumanisation de l’autre vu comme un ennemi.

Contradiction, également, entre le principe d’esprit critique que l’école est censée développer chez les élèves et la sacralisation d’un hymne, d’une sorte de prière obligatoire aux fondements d’ailleurs tellement peu solides que le législateur s’est senti obligé de le protéger par la contrainte d’un impensable « délit d’outrage aux symboles nationaux », punissable de six mois d’emprisonnement et de 7500 euros d’amende.

Contradiction, surtout, au regard de la finalité ultime attribuée à la Marseillaise, à l’école comme dans la vie : car un hymne national restant par principe un hymne à la nation, il paraitrait curieux que celle-ci n’ait jamais de comptes à rendre, surtout dans le contexte actuel où l’hysterisation des questions identitaires corrompt en profondeur le débat public. Dans le cadre du lancement de sa nouvelle campagne de communication, Najat Vallaud-Belkacem, en représentation devant les enfants d’une école du Val-de-Marne (et devant les caméras) s’est laissée aller : « C’est un hymne dont on a bien vu qu’il est rassembleur, qu’il permet de porter un certain nombre de valeurs de la France, de combat pour la dignité de l’homme pour les libertés. »

« Dignité de l’homme pour les libertés » ? C’est pour rire, madame la ministre ? Car cette dernière pantalonnade patriotique qui cible une nouvelle fois l’école – après le déploiement du drapeau en façade des établissements, après le recentrage des programmes d’histoire sur le fait national, après le détournement, l’instrumentalisation des anniversaires historiques, après la militarisation du « parcours de citoyenneté » - est d’autant plus indécente qu’elle relève de la même logique que celle qu’on voit à l’œuvre dans toute la politique nationale/sécuritaire conduite ces derniers mois par des politiciens en plein naufrage. « Dignité de l’homme pour les libertés », quand le gouvernement décrète l’état d’exception permanent, quand il s’essuie les pieds sur les libertés publiques et se couvre de honte en avançant des mesures ouvertement discriminatoires ? « Dignité de l’homme pour les libertés » quand des milliers de réfugiés viennent s’échouer contre les barrières dressées aux frontières au nom de « la défense des intérêts nationaux » ?

La mort d’Aylan et de centaines d’enfants dans des conditions épouvantables : la nation, son orgueil et sa suffisance, sa grande peur de l’autre, sa brutalité, son éternelle bonne conscience n’y seraient pour rien ? Et faut-il vraiment que de ce côté-ci des frontières, on s’obstine à empoisonner les enfants dès leur plus jeune âge par des hymnes et des représentations dont l’effet le plus sûr est de les empêcher de grandir dans la tolérance et le respect de l’autre, de se voir comme des humains plutôt que comme des Français ? La vie en société, la vie dans le monde, devenir adulte, ça ne s’apprend pas avec des cantiques ou des leçons de morale, les belles paroles, les grands discours ou les mouvements du menton mais bien plutôt dans le quotidien d’une salle de classe.

L’année de la Marseillaise à l’école, ce n’est pas seulement une sinistre farce, c’est le signe d’un régime politique qui a perdu, avec le sens des réalités, toute conscience morale.

la Hollandaise


n'ayant pas 7500 euros de trop ni six mois à perdre en prison pour « délit d’outrage aux symboles nationaux », je passe lâchement la parole au poète

« J'ai bien l'honneur, chez moi, dans ce livre, à cette place, de dire que,
très consciemment, je conchie l'armée française dans sa totalité


Aragon, Traité du style, 1928

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mar 9 Fév - 18:48


idéologie française
un concept qui a fait ses preuves

le racisme nouveau est arrivé

Gilles Clavreul tacle les associations antiracistes décoloniales 8 février 2016

Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, était l’invité dimanche 7 février de Claude Askolovitch sur I-télé. Interrogé sur la montée de l'islamophobie en Corse et sur la relégation des quartiers populaires, l'homme a reconnu la gravité d'une situation sociale tout en pointant du doigt les «idées radicales» de certains, allusion aux associations antiracistes décoloniales.



Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme,
et plusieurs associations antiracistes décoloniales

Citation :
Entre Gilles Clavreul, préfet et délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l'antisémitisme (DILCRA), et les associations antiracistes décoloniales, rien ne va plus. Dans une interview de l'éditorialiste Claude Askolovitch sur I-télé donné ce dimanche, l'homme d'état questionné sur l'islamophobie en Corse, sur la possibilité offerte aux femmes voilées de travailler en France et sur la relégation sociale des quartiers populaires, a tenu un discours pour le moins partagé.


Tout en dénonçant des attaques contre «la communauté musulmane, très graves qu'il ne faut pas laisser sans réponse de la part de l'Etat» en Corse, attaques qu'il explique par l'enclavement social et économique «de la population d'origine immigrée» et par «tout ce que cette séparation peut amener comme rancoeur comme ressentiment comme sentiment de discrimination», le préfet tâtonne par la suite.

A la question, une femme portant un foulard peut-elle travailler dans ce pays, Gilles Clavreul répond «oui» tout en rappelant qu'il y a des règles qui établissent un équilibre entre la liberté du salarié et l'intérêt de l'entreprise.

«Ça c'est le droit mais une société ne fonctionne pas seulement sur le droit. On ne peut pas être en permanence sur des rapports de confrontation».


«Ceux qui ont contribué à aggraver les choses»


C'est alors que Claude Askolovitch va plus loin et demande au délégué interministériel si la permanence du phénomène de la relégation et du racisme structurel ne dit pas quelque chose de la «vérité française».

Sans hésitation, ce dernier écarte d'un revers de la main cette affirmation. «Cette situation qui se maintient sur trois générations n'est pas la vérité française, c'est la réalité sociale et territoriale d'un certain nombre de quartiers où d'ailleurs on a laissé se développer ces idées radicales (référence aux associations antiracistes décoloniales, ndlr) qui sont aussi des idées d'enfermement. Ce ne sont pas ceux qui ont contribué à aggraver les choses qui peuvent nous indiquer la porte de sortie à partir d'une pensée qui n'est pas une pensée d'ouverture ou d'intégration mais d'enfermement».

Derrière le «on» du préfet se cache en fait plusieurs acteurs associatifs engagés contre le racisme, l'islamophobie et les crimes policiers, dont le Parti des Indigènes de la République, la Mafed ou le CCIF.

Cette allusion de Gilles Clavreul fait elle-même échos aux propos tenus sur sa page facebook à la suite du meeting organisé en décembre à Saint-Denis par un collectif de syndicats et d'associations «Pour une politique de paix, de justice et de dignité».


Meeting antiraciste organisé à la Bourse du travail de Saint-Denis

Le préfet avait dénoncé en des termes virulents une «offensive antirépublicaine menée par Tariq Ramadan, le Parti des Indigènes et un certain nombre de collectifs anti-démocratiques, racistes et antisémites».

Gilles Clavreul est-il sorti de sa réserve ?

Une «offensive» qui «sous couleur de dénoncer une prétendue atteinte aux libertés fondamentales, libertés que le gouvernement protège, sous le double contrôle du parlement et de magistrats indépendants, sous couleur d'un antiracisme perverti, cette offensive vise uniquement à légitimer l'islamisme, à défendre des prédicateurs fondamentalistes et à piéger la jeunesse des quartiers dans une radicalité sans issue».

Pour les acteurs associatifs concernés, Gilles Clavreul est clairement sorti de sa réserve gouvernementale et endosse une posture partisane qualifiée d' «extrémiste».

C'est l'avis de Houria Bouteldja du Parti des Indigènes dela République


Houria Bouteldja a écrit:
D'abord que ce n'est pas à Clavreul de décider à la place des habitants des quartiers ce qui constitue pour eux un enfermement ou une libération. Ce sont les victimes et les opprimés qui définissent leur conditions et les stratégies de lutte. Par ailleurs, son prisme d'analyse est faussé par le fait qu'il renverse les rapports de causalité. Ce qui s'est développé dans les quartiers, c'est la misère, la relégation sociale et raciale. Que des idées radicales se développent c'est d'abord le fait d'une situation sociale critique dont l'Etat est largement responsable.


Houria Bouteldja (à droite) est membre du Parti des Indigènes de la République

La démarche décoloniale, une alternative politique à la violence

La militante, auteure d'un ouvrage à paraître intitulé Les Blancs, les Juifs et Nous aux éditions La Fabrique, estime par ailleurs
Houria Bouteldja a écrit:

on n'a pas le droit de confondre "radicalité " et "extrémisme". La radicalité, étymologiquement, c'est aller à la racine des choses, ce qui est la démarche la plus saine qui soit. Je partage l'idée que les militants de Daesh par exemples sont des extrémistes, mais refuse l'idée que les mouvements décoloniaux soient qualifiés de cette manière car ce qui caractérise la démarche décoloniale c'est qu'elle cherche des solutions pour l'ensemble de la société et qu'elle est donc en soit une alternative politique à la violence. Clavreul devrait faire preuve de plus de modération dans ses propos ou pour le dire autrement apprendre à être moins outrancier et moins "extrémiste".

Membre du collectif la Mafed, militante très engagée sur les questions antiracistes, Sihame Assbague se veut, elle, plus ironique et renvoie à Gilles Clavreul ses propres propos.


Sihame Assbague est membre du collectif de femmes Mafed

Sihame Assbague a écrit:
Je dirais juste que pour une fois, je suis totalement d'accord avec lui ! Ce n'est effectivement pas à ceux qui ont contribué à aggraver les choses et qui ne proposent pas une pensée d'ouverture mais d'enfermement de nous indiquer la porte de sortie. C'est pour ça qu'on ne travaille pas avec lui et avec tous ceux qui, sous l'apparat du mythe républicain, prônent des idéologies destructrices et dangereuses.  


franchouillards anarcho-ultragauches
nous voilà "nous" voilés


le négationnisme nouveau est arrivé

ma lectorate s'étonnera-t-elle encore que rejoignent cette rhétorique du pire, contre le PIR et les mouvements décoloniaux, les "camarades" et "compagnons" Yves Coleman de NPNF, Ni Patrie ni Frontières, webmestre de Mondialisme.org, et ses amis Jacques Wajnsztejn et Jacques Guigou de Temps Critiques, Clément Homs de La Critique de la valeur (invité de Radio Libertaire, FA, Fédération anarchiste), le site anarchiste anti-autoritaire non-fides, certaines tendances de la CNT-AIT, Luttes Ouvrières, André Dréan ex-mao libertaire écologiste, Claude Guillon "écrivain anarchiste communiste-libertaire", dialectical delinquents, ces derniers anti-marxistes et anti-"communisation" revendiqués, la Discordia bibliothèque anarchiste, Vosstanie "web-radio de gauche communiste libertaire", Ornella Guyet et son blog confusionnisme-info, Roland Simon et son groupe-revue Théorie Communiste, dndf et l'essentiel des blogs sur la "communisation", etc. à la nausée !

quel bel assemblage, plumages et ramages, à qui réserver du goudron pour leur plumes ! Cf L'EUROCENTRISME EST UN NÉGATIONNISME

n'en jetez plus, la coupe est pleine : la ligne de couleur est devenue plus clivante que la ligne de classe, sur le terrain même des luttes de classe réelles

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Jeu 11 Fév - 19:25


chronique des temps pourris



Assigné à résidence après avoir ramené un portefeuille perdu 26 janvier 2016

Citation :
La semaine dernière, lorsqu’il pousse la porte de la gendarmerie de Largentière, Marlind Plasa ne se doute pas qu’il ne va en ressortir, escorté, que sept heures plus tard. Cet Albanais, père de famille, vient déposer un objet trouvé. « J’ai trouvé un portefeuille dans un bureau de tabac. Il contenait 80 euros, une carte bleue et beaucoup de papiers. J’ai cherché le monsieur avec son numéro de téléphone. J’ai appelé. Il m’a dit, si possible, de le ramener à la gendarmerie. »

Ce qu’a fait Marlind, le lendemain. Après contact téléphonique avec le propriétaire, vérification que la carte bleue n’a pas été utilisée et les remerciements d’usage, tout se complique pour la famille Plasa. « On m’a demandé ce que je faisais en France. J’ai parlé de ma demande d’asile. Alors, on m’a raccompagné chez moi pour prendre les passeports de la famille. Depuis, nous sommes assignés à résidence et risquons l’expulsion. »

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Lun 15 Fév - 8:18


ceci est une information citoyenne




Placide

Composition du nouveau gouvernement
Citation :
Jean-Marc Ayrault, ministre des affaires étrangères et du développement international ;
Ségolène Royal, ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat ;
Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche ;
Michel Sapin, ministre des finances et des comptes publics ;
Marisol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé ;
Jean-Yves Le Drian, ministre de la défense ;
Jean-Jacques Urvoas, garde des sceaux, ministre de la justice ;
Myriam El Khomri, ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social ;
Jean-Michel Baylet, ministre de l’aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales ;
Bernard Cazeneuve, ministre de l’intérieur ;
Stéphane Le Foll, ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt, porte-parole du gouvernement ;
Emmanuelle Cosse, ministre du logement et de l’habitat durable ;
Emmanuel Macron, ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique ;
Audrey Azoulay, ministre de la culture et de la communication ;
Laurence Rossignol, ministre de la famille, de l’enfance et des droits des femmes ;
Annick Girardin, ministre de la fonction publique ;
Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports ;
George Pau-Langevin, ministre des outre-mer.
Sont nommés secrétaires d’Etat :
Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’Etat auprès du premier ministre, chargé des relations avec le Parlement ;
Ericka Bareigts, secrétaire d’Etat auprès du premier ministre, chargée de l’égalité réelle ;
Jean-Vincent Placé, secrétaire d’Etat auprès du premier ministre, chargé de la réforme de l’Etat et de la simplification ;
Juliette Méadel, secrétaire d’Etat auprès du premier ministre, chargée de l’aide aux victimes ;
Harlem Désir, secrétaire d’Etat auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargé des affaires européennes ;
Matthias Fekl, secrétaire d’Etat auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger ;
André Vallini, secrétaire d’Etat auprès du ministre des affaires étrangères et du développement international, chargé du développement et de la francophonie ;
Alain Vidalies, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, chargé des transports, de la mer et de la pêche ;
Barbara Pompili, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’environnement, de l’énergie et de la mer, chargée des relations internationales sur le climat, chargée de la biodiversité ;
Thierry Mandon, secrétaire d’Etat auprès de la ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, chargé de l’enseignement supérieur et de la recherche ;
Christian Eckert, secrétaire d’Etat auprès du ministre des finances et des comptes publics, chargé du budget ;
Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion ;
Pascale Boistard, secrétaire d’Etat auprès de la ministre des affaires sociales et de la santé, chargée des personnes âgées et de l’autonomie ;
Jean-Marc Todeschini, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants et de la mémoire ;
Clotilde Valter, secrétaire d’Etat auprès de la ministre du travail, de l’emploi, de la formation professionnelle et du dialogue social, chargée de la formation professionnelle et de l’apprentissage ;
Estelle Grelier, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’aménagement du territoire, de la ruralité et des collectivités territoriales, chargée des collectivités territoriales ;
Martine Pinville, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique, chargée du commerce, de l’artisanat, de la consommation et de l’économie sociale et solidaire ;
Axelle Lemaire, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’économie, de l’industrie et du numérique, chargée du numérique ;
Hélène Geoffroy, secrétaire d’Etat auprès du ministre de ville, de la jeunesse et des sports, chargée de la ville ;
Thierry Braillard, secrétaire d’Etat auprès du ministre de la ville, de la jeunesse et des sports, chargé des sports.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mer 17 Fév - 11:51



Lancement de l’observatoire des conséquences de l’état d’urgence sur la situation des étrangers 8 février 2016  


Le GISTI estime que le renforcement des pouvoirs de la police
fragilise encore plus la situation des étrangers en France

Illustration. Sébastien Nogier/AFP

Citation :
Le gouvernement a annoncé vouloir prolonger l’état d’urgence, en vigueur depuis les attentats de novembre à Paris, malgré l’inquiétude croissante de nombreuses organisations et personnalités. Après la révélation violations de droit, le Groupement d’information et de soutien des travailleurs immigrés (GISTI) lance un observatoire des conséquences de l’état d’urgence sur les étrangères et les étrangers.

L’organisation a déjà commencé à recenser les dérives provoquées par l’état d’urgence en France ; une mesure qui s’est d’ailleurs révélée peu efficace dans la lutte antiterroriste. « Les contrôles d’identité et les mesures administratives décidés sans contrôle judiciaire, même si les étrangers et les étrangères n’en sont, de loin, pas les seules cibles, fragilisent encore plus leur situation en France », estime le GISTI dans le communiqué accompagnant le lancement se sa plateforme.

L’association s’inquiète d’ailleurs de la prorogation de l’état d’urgence et de son inscription dans la Constitution que le gouvernement s’apprête à soumettre au vote de l’Assemblée nationale. Cette prolongation vise à renforcer l’arsenal répressif en attendant l’adoption d’une loi de lutte contre le crime organisé intégrant « dans le droit commun certaines mesures jusque-là réservées à l’état d’urgence », révèle l’ONG.

Le GISTI appelle donc « toutes les personnes ayant des informations, des décisions ou des témoignages à les partager » à travers cet observatoire. Il s’agit de recueillir « toutes informations sur des pratiques judiciaires ou administratives concernant les étrangers et les étrangères liées au contexte d’état d’urgence. »

- See more at: http://www.lecourrierdelatlas.com/1085208022016Lancement-de-l-observatoire-des-consequences-de-l-etat-d-urgence-sur-la-situation-des-etrangers.html#sthash.ycwEbSUS.dpuf

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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Jeu 18 Fév - 13:24


nonobstant sa rhétorique de défense de l'État de droit, de l'État-nation et de la nation, qui fait sa faiblesse théorique*, j'importe ce texte pour la richesse de ses données historiques et de sa bibliographie en notes

* voir critique communiste décoloniale de l'État-nation : de l'État ET de la nation / une urgence stratégique





État d’urgence et spectres de la guerre d’Algérie

Emmanuel Blanchard, 16 février 2016

Non seulement les principes de l’État de droit sont fragilisés par un état d’urgence installé dans la durée, mais les équilibres institutionnels et les contours de la nation sont mis en cause. Certaines des logiques à l’œuvre ne sont pas sans rappeler la période de la guerre d’Algérie et la transition de la IVe à la Ve République.


L’auteur remercie Pierre-Yves Baudot, Anne-Sophie Leymarie, Danièle Lochak et Sylvie Thénault pour leurs précieuses relectures et leurs conseils avisés. On trouvera toutes les notes et références de cet essai dans le PDF joint.

Citation :
« Terrorisme, état d’urgence et victoire d’un parti extrémiste, l’Algérie dépose plainte contre la France pour plagiat » titrait le journal satirique algérien, El Manchar, au lendemain du premier tour des élections régionales de décembre 2015. Ce trait d’humour noir, loin d’être isolé, trouve son origine dans de nombreuses comparaisons esquissées dans la presse, en particulier algérienne, entre la situation à laquelle est confrontée la France depuis quelques années et celle qu’a connue l’Algérie au cours de la « décennie noire ». Nonobstant le caractère incommensurable des deux situations , un ancien directeur des services de renseignement français n’a d’ailleurs pas hésité à affirmer dans El Watan, après les attentats du 13 novembre 2015, que « la France se trouvait dans une position comparable à celle de l’Algérie des années 1990 ». Sur les ondes de France-Culture, invité à s’exprimer sur la « guerre civile algérienne » en lien avec la situation française contemporaine, l’écrivain Boualem Sansal ramenait la comparaison à de plus justes circulations mémorielles, humaines ou matérielles et concluait : « ce qui se passe à Paris résonne à Alger et ce qui se passe à Alger résonne à Paris ».

Dans la presse française, c’est bien plus la guerre d’indépendance algérienne (1954-1962) que la « décennie noire » qui a été mobilisée dans les comparaisons « à chaud ». Les deux moments ne sont cependant pas toujours distingués, tant le second est habituellement analysé en écho du premier, comme si les luttes pour définir les contours de l’indépendance nationale, irrésolues en 1962, avaient resurgi au tournant des années 1990. Dans le cas présent, les amalgames et les brouillages mémoriels tiennent à la collision de deux faits majeurs : avant ceux perpétrés par Mohammed Merah en mars 2012, les attentats commis par les Groupes islamiques armés (GIA ), au milieu des années 1990, étaient les derniers actes terroristes d’ampleur commis sur le territoire national. Surtout, la proclamation de l’état d’urgence par François Hollande, le 14 novembre 2015, a réactivé un dispositif initialement adopté en avril 1955 afin de répondre à l’offensive des « terroristes » dans les départements d’Algérie sans avoir à pleinement reconnaître la situation de guerre [1].

Dans une conjoncture d’insistance sur l’état de guerre, accentuant l’anxiété sociale née des récents attentats, il n’est donc guère étonnant que se multiplient les références et les allusions historiques à la dernière période de belligérance et de transition de régime qu’a connue le pays. Elles sont mobilisés par de multiples acteurs (élus, journalistes, chercheurs…), aussi bien en France qu’en Algérie, à partir de lectures historiques différentes et avec des objectifs très divers. Nous tenterons ici d’en rendre compte autour de trois dimensions particulièrement prégnantes : certains dispositifs de maintien de l’ordre, en particulier liés à l’état d’urgence et à la « lutte contre le terrorisme » ; le vécu et le ciblage des populations dites « musulmanes » ; les affrontements politiques autour de la « communauté imaginée [2] » qu’est la nation française.


État d’urgence et état de guerre

Dès le samedi 14 novembre, une partie des médias a commenté les attentats de la veille en insistant sur le fait qu’ils étaient les plus terribles qui aient frappé la France « depuis la guerre d’Algérie [3] ». Au premier abord, ces assertions peuvent apparaitre surprenantes tant elles s’écartent des connaissances historiques sur le terrorisme. Certes, des milliers d’attentats furent commis pendant la période, dont certains particulièrement sanglants. Mais que ce soient les nationalistes algériens (en particulier le FLN), ou les défenseurs « ultras » de l’Algérie française (l’OAS ou les organisations activistes l’ayant précédée dès 1956), aucun des groupes armés ayant perpétré des attentats, en métropole ni même dans les départements d’Algérie, ne commit de carnage comparable par l’ampleur du bilan des victimes, à celui du 13 novembre à Paris. Pas plus le modus operandi que les motivations ou les revendications des auteurs ne permettent de véritablement étayer ces comparaisons. Ces dernières prennent à la fois appui sur la dernière situation de guerre (non pleinement reconnue à l’époque) ayant eu des répercussions fortes sur le territoire métropolitain et sur le « legs colonial [4] » incarné par la loi du 3 avril 1955.

Celle-ci prévoit que des prérogatives du pouvoir judiciaire, en matière d’enquête de police et de limitation des libertés individuelles ou publiques, soient provisoirement transférées à l’autorités administrative. Ainsi, l’article 6 permettait au ministre de l’Intérieur (et dans les faits au préfet) d’assigner à résidence « toute personne dont l’activité s’avère dangereuse pour la sécurité et l’ordre publics ». La réforme adoptée une semaine après les attentats du 13 novembre 2015 a notamment porté sur ce point. Le flou délibéré de la rédaction a considérablement élargi le périmètre des personnes visées par cet article. Peut dorénavant être assignée à résidence « toute personne à l’égard de laquelle il existe des raisons sérieuses de penser que son comportement constitue une menace pour la sécurité et l’ordre publics ». L’article 11, inchangé, « confère aux autorités administratives le pouvoir d’organiser des perquisitions à domicile de jour et de nuit ».

Ce sont ces deux dispositions qui ont particulièrement été activées depuis le 14 novembre 2015. Dans un premier temps, ces nouveaux pouvoirs ont largement été mis en œuvre : plus de 1 200 perquisitions et 260 assignation à résidence ont eu lieu en moins de dix jours, le rythme se maintenant dans les deux semaines suivantes. Ils ont d’autant plus été mis en scène dans la communication du ministère de l’Intérieur qu’ils ont d’abord été peu contestés (seuls 6 députés se sont opposés à la modification législative du 21 novembre). Ces dispositions ont au contraire donné lieu à des surenchères multiples, de nombreux leaders politiques s’invitant à un véritable concours Lépine des mesures sécuritaires. Or, en la matière, les propositions supposées les plus iconoclastes renvoient le plus souvent à un passé pas si lointain.


Interner les suspects


Dès le 14 novembre, plusieurs leaders de l’opposition ont commencé à réclamer des mesures qui avaient explicitement été écartées par la loi de 1955. Ainsi Laurent Wauquiez, secrétaire général de l’UMP, de demander que « toutes les personnes fichées soient placés dans des centres d’internement anti-terroristes spécifiquement dédiés ». En avril 1955, souvenirs des camps de concentration de la Seconde Guerre mondiale obligent, la vigilance de certains parlementaires avait conduit à ce que l’article 6 de la loi sur l’état d’urgence précise qu’ « en aucun cas, l’assignation à résidence ne pourra avoir pour effet la création de camps où seraient détenues les personnes visées » par ces mesures. Ce qui n’empêcha pas que des camps d’internement prolifèrent en Algérie à peine la loi sur l’état d’urgence adoptée [5].

Au delà des contournements du droit, le texte de 1955 ne fut en effet qu’une étape dans la mise en œuvre de pouvoirs d’exception dévolus à l’autorité administrative ou aux militaires [6]. La loi du 16 mars 1956, dite « des pouvoirs spéciaux », affirma ainsi que « le Gouvernement dispos[ait] en Algérie, des pouvoirs les plus étendus pour prendre toute mesure exceptionnelle commandée par les circonstances en vue du rétablissement de l’ordre, de la protection des personnes et des biens et de la sauvegarde du territoire ». Ce texte fut en partie étendu à la métropole par la loi du 26 juillet 1957. Il permit d’assigner à résidence « dans les lieux fixés par arrêté du ministère de l’Intérieur » toute personne condamnée en vertu notamment de l’application des lois sur « les groupes de combats et milices privées » ou sur le « port des armes prohibées ». Sans qu’ils soient cités, les militants nationalistes algériens étaient bien sûr visés par ce texte. Dès décembre 1957, ils furent quelques centaines à inaugurer le premier centre d’assignation à résidence surveillée (CARS) ouvert en métropole, à Vadenay, dans l’enceinte du camp militaire de Mourmelon. Au cours des années suivantes, ils furent plusieurs dizaines de milliers à être ainsi internés, en particulier dans les CARS de Vadenay (Marne), Thol (Ain), Saint-Maurice-l’Ardoise (Gard) ou du plateau du Larzac. L’ordonnance du 7 octobre 1958, adoptée après la première grande vague d’attentats du FLN en métropole (août-septembre 1958), étendit en effet cette possibilité à toutes les « personnes dangereuses pour la sécurité publique, en raison de l’aide matérielle, directe ou indirecte, qu’elles apportent aux rebelles des départements algériens ». Un arrêté préfectoral, pris sur proposition des Renseignement généraux et entériné par le ministère de l’Intérieur, permettait que cette privation de liberté, dans un premier temps limitée à 15 jours, soit étendue sans limitation de durée. L’autorité judiciaire était ainsi complètement contournée afin d’organiser la privation de liberté de tous les « Algériens » soupçonnés de collusion avec le FLN.

Dans sa rédaction de 1958, cette ordonnance correspond aux attentes actuelles de Laurent Wauquiez et de tous ceux qui réclament que soient enfermées l’ensemble des personnes répertoriées par les services de renseignement en raison de leurs supposées accointances islamistes. Cette revendication se heurte actuellement à trois types d’objections portés par ceux-là même qui n’y serait pas foncièrement hostiles : l’ampleur de la population concernée (il y aurait environ 12 000 « fichés S » en lien avec le « terrorisme islamiste ») ; l’importance des moyens à mettre à œuvre pour parvenir à cet objectif ; le virage que cela induirait en matière de fondements de droit pénal. Depuis une dizaine d’années, les réformes successives du droit pénal ont cependant conduit à ce que des ferments de logique prédictive, liés notamment à l’importance de plus en plus grande de notions telles le « risque » et la « dangerosité », soient introduits. Mais même une mesure emblématique telle que la « rétention de sûreté » concerne des personnes déjà condamnées pour crime. L’enfermement préventif – hormis dans le cadre de la « détention provisoire » ordonnée et contrôlée par des juges judiciaires – demeure, jusqu’à ce jour, une des « lignes rouges » des principes du droit pénal français [7].

Cette demande de privations de libertés sans qu’une peine spécifique soit prononcée a donc été reformulée en des termes moins frontaux, notamment par Nicolas Sarkozy : il s’agirait de placer préventivement sous surveillance électronique (au travers d’assignation à résidence avec « bracelet électronique ») des milliers de « suspects » et d’appliquer la « rétention de sûreté » (éventuellement dans des « centres de déradicalisation ») aux « criminels condamnés à de longues peines pour terrorisme, une fois leur peine achevée ». Cette dernière modalité retrouverait la logique de la loi du 26 juillet 1957 qui, en raison notamment de l’opposition de certains parlementaires à une trop grande extension des pouvoirs de police, avait été adoptée dans l’attente que de nouvelles conditions politiques et juridiques soient réunies [8].

Loin d’écarter les mesures préconisées par les leaders de l’opposition, le président Hollande y a prêté une oreille attentive, laissant entendre qu’elles pourraient être mises en œuvre dès que certains obstacles juridiques seraient levés. Ces mesures sont en effet soutenues par une grande partie de la hiérarchie de la police et de la gendarmerie [9]. Afin que l’absence de décision en la matière n’apparaisse pas liée à d’éventuelles réticences de l’exécutif, le Conseil d’État a été consulté, au début du mois de décembre, sur trois des scénarios (internement préventif, internement à l’issue d’une période de détention, placement préventif sous bracelet électronique), envisagés par des représentants de l’opposition et de la majorité consultés par le président de la République. Sans surprise, les conseillers du gouvernement ont écarté le premier, mais laissé ouvertes les deux autres possibilités, sous réserve de quelques limitations claires permettant le respect d’un certain nombre d’obligations constitutionnelles et conventionnelles. L’histoire a cependant montré que la pression politique augmentant, la mission de garant du droit assurée par du Conseil d’État tendait à s’émousser, notamment en temps de guerre [10]. Cette défense des principes de l’État de droit par la plus haute juridiction est d’autant plus relative que les personnes visées appartiennent à des minorités fragilisées par des discriminations structurelles et une forte suspicion policière, ainsi que l’ont notamment démontré les défenseurs des droits des étrangers. Au fur et à mesure que « le problème de l’immigration » s’est diffusé comme thématique centrale dans l’ensemble du champ politique, les décisions du Conseil constitutionnel et les arrêts du Conseil d’État ont ainsi de moins en moins limité les prétentions gouvernementales à durcir les règles d’entrée et de séjour des étrangers.


Des espaces de souveraineté policière

La litanie des portes fracassées, des appartements saccagés, des familles traumatisées et autres violences n’a suscité des protestations audibles dans l’espace public qu’à partir du moment où des militants politiques, en l’occurrence écologistes, ont été visés. La réduction des capacités d’expression et d’opposition politiques est pourtant une constante des situations d’état d’urgence. Elle avait d’ailleurs nourri l’opposition d’une grande partie des 255 députés, socialistes et communistes, qui avaient voté non à la loi du 3 avril 1955.

Le réveil de certains contre-pouvoirs (politiques mais aussi juridictionnels, avec les décisions de juges administratifs) a surtout sonné avec l’extension des logiques d’exception à de nouvelles populations. Autrement dit, la critique de l’état d’urgence a franchi un seuil à partir du moment où les interventions des forces de l’ordre ont débordé de leurs « zones de souveraineté » habituelles et ont concerné des personnes moins communément considérées comme du « gibier de police [11] ». Dans les premiers jours d’application de l’état d’urgence, les nouvelles prérogatives des forces de l’ordre s’étaient en effet concentrées sur des territoires (banlieues paupérisées et stigmatisées, quartiers d’habitat immigré…) et des groupes circonscrits (anciens détenus, personnes surveillées pour « radicalisation » religieuse…). Autant de personnes dont les torts subis et les atteintes aux droits étaient peu en mesure d’éveiller l’attention politique et médiatique, malgré les protestations d’associations de défense des droits humains. Le travail de cartographie géographique et sociale des interventions policières reste à affiner, mais le déroulement des plus emblématiques d’entre-elles est particulièrement édifiant : « l’assaut de Saint-Denis » au cours duquel des milliers de munitions furent tirées par les forces de police dans un quartier densément peuplé, est ainsi emblématique des variations de l’intensité de la « force de l’ordre [12] » en fonction des propriétés sociales et raciales des personnes visées.

Ces effets de concentration de la « violence légitime » sont tels que sa radicalisation demeure largement lointaine pour de vastes pans de la population. Pendant la guerre d’indépendance algérienne aussi, de très larges parties de la société française ont pu avoir l’impression de rester à l’écart du conflit et de ne pas être touchées par les effets de l’état d’urgence et autres pouvoirs spéciaux [13]. En métropole, la répression fut avant tout une affaire de police et d’augmentation de l’emprise des forces de l’ordre sur des « Français musulmans d’Algérie » qui subissaient déjà contrôles au faciès, conduites au poste, rafles collectives, bien avant que le FLN étende son action aux départements du nord de la Méditerranée [14]. Les opérations de recensement, les représailles policières (notamment après des attentats ou des manifestations des nationalistes algériens), les intrusions violentes dans des lieux d’habitation touchèrent avant tout des espaces qui, en droit et plus encore dans les représentations sociales, n’étaient pas pleinement considérés comme des domiciles (chambres d’hôtels, garnis, foyers, bidonvilles…). Certains quartiers, si identifiés à leurs habitants « nord-africains » qu’ils étaient communément désignés comme des « médinas » dans les médias de l’époque, furent même parfois bouclés. Ce bannissement des non-résidents ainsi que le contrôle systématique des entrées et des sorties pouvaient durer des semaines, lors des moments de radicalisation de la répression policière. Il en fut ainsi à Paris, à la Goutte d’Or, à l’été 1955 [15].

Dans ces zones, hormis une relative difficulté à recueillir des renseignements, les forces de police n’apparaissaient nullement entravées dans leurs moyens d’action. Leurs chefs se plaignaient cependant que le code d’instruction criminelle (CIC) ne permette pas de diligenter des poursuites judiciaires sans les enfermer dans un cadre étroit. Contraintes dont ils s’affranchissaient dans leurs actions (perquisitions, interrogatoires…), empêchant ainsi qu’elles viennent nourrir des procédures judiciaires. Le code de procédure pénale (qui succéda au CIC en 1958) répondit à quelques-unes de leurs attentes. Mais ce fut surtout l’élargissement des possibilités de répression administrative et, dans une moindre mesure, l’action des tribunaux militaires qui permirent de satisfaire les demandes répressives de la hiérarchie policière.

Aujourd’hui, la réforme annoncée de la procédure pénale devrait permettre de répondre à certaines des revendications formulées de longue date par les représentants des policiers (règles d’usages des armes, possibilités de surveillance active, « retenue » au poste sans présence d’un avocat…), toujours prompts à dénoncer les entraves créées par les prérogatives des juges. Si elle était adoptée, cette réforme pourrait conduire à faire entrer dans le droit commun un certain nombre de mesures attentatoires aux libertés individuelles et « à faire de l’exception [en matière de procédure pénale] la règle pour un ensemble large d’infractions [16] ». Les attentats ont donc ouvert une fenêtre d’opportunité pour imposer des réformes législatives, ainsi que des revendications matérielles, ne touchant pas la seule matière « terroriste ». Il n’en avait pas été autrement pendant la guerre d’Algérie, tant en matière de procédure pénale que de tribunaux d’exception [17]. Dans la situation actuelle, si de nouveaux attentats meurtriers étaient perpétrés, des demandes d’un contournement encore plus radical de l’institution judiciaire pourraient à nouveau émerger, au travers notamment de la résurgence des revendications sur l’internement administratif.


Le ciblage des « musulmans »

Pendant la guerre d’indépendance algérienne, l’internement administratif s’imposa comme une modalité répressive à grande échelle. S’il en fut ainsi, en dépit de quelques oppositions et dénonciations , cela tint notamment au fait qu’il concernait des « citoyens diminués [18] ». Depuis des décennies, des groupes tels que les vagabonds ou les prostituées étaient sujets à des formes de mainmise policière qui les conduisaient à être périodiquement enfermés sans décision préalable d’un juge. Avec la guerre d’indépendance algérienne, cette logique s’étendit aux « Français musulmans » dans des formes plus « concentrationnaires », avec une extension quantitative et des durées inégalées. Même si, dès 1952, le préfet de police de Paris, Jean Baylot, clamait que l’islam était « parti à la conquête du monde », même si nombre de spécialistes de l’immigration pensaient alors que les Algériens étaient « inassimilables » en raison des caractéristiques de cette religion, la hiérarchie policière et les agents étaient peu attentifs aux signes d’appartenance et de pratiques religieuses des « Français musulmans ». L’islamophobie régnait dans certains cercles intellectuels et politiques mais n’avait pas encore été construite en problème public traduisible dans les catégories routinières du travail policier [19].

L’attention policière était accaparée par la recherche de modalités pratiques de renvois vers l’Algérie de ceux des « Français musulmans » (vagabonds, chômeurs, délinquants, militants nationalistes ou syndicaux…) considérés comme « indésirables ». La « fiction juridique » (selon les mots mêmes d’un préfet de police) de leur nationalité française empêchait que leur soient appliqués les textes régissant l’expulsion des étrangers. Il n’était alors pas question de déchéance de la nationalité, mesure qui aurait laminé les fondements de la domination coloniale. Il s’agissait cependant de trouver les moyens de traiter ces « Français de papier » comme des étrangers. Un certain nombre de mesures administratives (sur le rapatriement des « vagabonds » et « oisifs » dans leur département d’origine) et de procédures judiciaires (des mandats d’arrêts émis par des juges d’Algérie…) furent détournées de leur cadre normal afin d’organiser ces retours forcés au sud de la Méditerranée. Avant 1955, ces expulsions collectives étaient largement limitées par les difficultés institutionnelles et par les coûts budgétaires générés par leur mise en œuvre. Au fur et à mesure que la « lutte contre le terrorisme » devint une priorité, ces freins furent de moins en moins opérants. Les grandes opérations « d’élimination des indésirables » culminèrent en septembre et octobre 1961 (avant même le massacre du 17 octobre [20]), période au cours de laquelle des milliers de « Français musulmans » furent renvoyés au sud de la Méditerranée.

Dans la « République post-algérienne [21] » nombreux furent ceux qui à, l’instar de de Gaulle, auraient aimé que cette nouvelle ère soit marquée par un départ des Algériens de France. Il n’en fut rien et les nouvelles arrivées augmentèrent même dans les premières années de l’indépendance algérienne. La règle dite du « double droit du sol » (tous les enfants nés en France de personnes nées en Algérie à la période coloniale étaient français de naissance) conduisit à ce que se succèdent les « crises algériennes de la nationalité française » étudiées par Patrick Weil. L’épisode actuel des déchirements autour de la déchéance de nationalité en est le dernier avatar. Les immigrés d’Algérie sont en effet ceux qui possèdent le plus souvent la nationalité française (pour plus des deux tiers d’entre-deux) et les Franco-Algériens représenteraient sans doute à eux seuls entre 50% et 75% de l’ensemble des doubles nationaux. Ils sont aussi explicitement ciblés quand le Front national agite son programme d’interdiction de la double nationalité.

Quel que soit son nouveau périmètre, la déchéance de nationalité ne devrait toucher qu’une poignée de condamnés mais personne ne doute que les individus concernés seront quasiment tous de confession musulmane. Ces anticipations s’appuient sur les expériences passées (les quelques cas de déchéance de nationalité prononcés ces dernières années ) et sur les caractéristiques du terrorisme contemporain. Il reste que les effets de halo ou de contamination génèrent une suspicion qui s’étend bien au-delà des seules personnes directement visées par les « législations antiterroristes ». La manière dont a été mis en œuvre l’état d’urgence est à cet égard éclairante. Ses effets se sont étendus à nombre de personnes dont la pratique de l’islam et les appartenances religieuses supposées fragilisent le statut et favorisent la non reconnaissance de leurs droits. Ces glissements sont bien sûr niés par l’institution policière et le pouvoir exécutif, mais ils apparaissent au cœur du monde vécu par les groupes mobilisés défendant la cause des musulmans de France.


Un néo-molletisme ?

L’exécutif est cependant particulièrement sourd à toutes les critiques et revendications des groupes classés à gauche ou venus de fractions conséquentes de son électorat. À tel point que même les moins frondeurs des parlementaires socialistes s’interrogent sur la stratégie de triangulation adoptée par l’exécutif et sur les conséquences qu’elle pourrait avoir en termes d’épuisement durable du corpus théorique et des références historiques supposés soutenir la politique d’un gouvernement dit de gauche.

La question de la résurgence d’une forme de « national-molletisme » est en effet aujourd’hui posée [22]. Rappelons qu’après les élections législatives de janvier 1956, le Front républicain, formé autour de la SFIO et appuyé par les communistes, forma un gouvernement dirigé par Guy Mollet. Alors que la campagne électorale s’était focalisée sur la négociation de la « paix en Algérie » et les propositions économiques et sociales portées par Pierre Mendès France, Guy Mollet engagea le pays dans une escalade armée en Algérie. Surtout, il prêta une oreille attentive aux attentes des « Européens » d’Algérie les plus éloignés de ses soutiens électoraux et les moins enclins à accepter une véritable évolution du statut de l’Algérie. Le vote des « pouvoir spéciaux », en mars 1956, est devenu le symbole de ce changement de pied qui, dans un premier temps, n’entraîna pas de véritable renforcement des « minoritaires » de la SFIO (Daniel Mayer, Robert Verdier, André Phlip, Alain Savary…). Au cours de l’année 1957, la révélation des conséquences de l’application des pouvoirs spéciaux, et plus particulièrement de l’usage routinier de la torture au cours de la « grande répression d’Alger », n’ébranla qu’une faible partie de l’électorat de gauche mais rallia de nouveaux élus à la minorité de la SFIO. Ce fut une étape essentielle dans un mouvement de recomposition qui affaiblit durablement ce parti, nourrit l’émergence du Parti socialiste autonome (PSA, 1958) puis du Parti socialiste unifié (1960), ainsi que de nouvelles formes d’engagement. Ces dernières furent particulièrement cruciales pour des lycéens et étudiants qui joueront un rôle essentiel dans les mobilisations politiques des années suivantes.

Aujourd’hui aussi, le président de la République et le Premier ministre semblent incapables de faire évoluer la doctrine de leur parti et de proposer un projet renouvelé au pays, sinon en puisant dans les références et les revendication de l’opposition, voire de l’extrême droite. Ils sont d’autant moins enclins à le faire que, malgré la succession des défaites électorales et à rebours des évolutions en cours dans d’autres pays européens, l’affaiblissement du parti socialiste ne s’est pas encore traduit pas l’émergence de nouvelles coalitions (comme en Grèce, en Italie et au Portugal) ni par une remise en cause de son corpus doctrinal (par exemple en Grande-Bretagne, avec l’élection de Jeremy Corbyn à la tête du parti travailliste). Les tentatives d’affranchissement de la discipline du parti (les abstentions des députés « frondeurs » lors de l’adoption des budgets 2015 et 2016), les démissions successives de ministres, les essais d’organisation contournant le parti socialiste (le « mouvement commun » de Pouria Amirshahi, l’appel pour une « primaire de toute la gauche »…), comme l’opposition proclamée de dizaines de députés au projet de déchéance de nationalité, montrent qu’au sein même des soutiens du parti socialiste s’accentuent des tendances centrifuges favorisées par les postures de l’exécutif.

C’est assurément une bonne nouvelle pour les opposants à l’état d’urgence et aux dérives de la lutte contre le terrorisme se souvenant que les recompositions de la SFIO renforcèrent leurs prédécesseurs lors de la crise algérienne. Mais ce ne furent pourtant pas ces derniers qui remportèrent la mise politique : en juin 1957, après la chute du gouvernement Mollet, la IVe République entra dans une période d’instabilité qui prit fin avec l’arrivée au pouvoir du général de Gaulle, un an plus tard. Cette dernière, dans le contexte bien connu de la « crise de mai 1958 », s’inscrit dans un conjoncture particulièrement mouvante faite de reclassements politiques (Guy Mollet et une partie de la SFIO apportant leur soutien à de Gaulle) et d’affirmation d’un véritable pouvoir politique des forces de l’ordre : le « putsch d’Alger » eut ainsi lieu deux mois jour pour jour après la démonstration d’insubordination des policiers parisiens contre la IVe République (la manifestation du 13 mars 1958 devant le palais Bourbon [23]). Dans un premier temps, cette transition de régime n’apporta aucune solution au « problème algérien ». Celle-ci ne put être amorcée que par la construction progressive de nouveaux enjeux identitaires moins ancrés dans l’espace impérial et plus inscrit dans un horizon européen faisant figure de nouveau démultiplicateur de la puissance française. Ce moment fut aussi celui d’une fermeture de la nation, dont la définition fut de plus en plus ramenée à un corps électoral « européen » alors qu’il comptait jusqu’alors de nombreux « Africains et musulmans d’Algérie ».

Dans la crise actuelle, marquée par l’épisode de la controverse sur la déchéance de nationalité, mais aussi, dans la moyenne durée, par l’impossible accès à la représentation nationale des Français dont l’histoire familiale s’ancre dans l’immigration (post-)coloniale [24], se rejoue à nouveau la question des frontières de la nation française. En cela aussi la levée de l’état d’urgence ne peut pas attendre : aucun débat serein sur la question ne peut être mené tant que l’emprise policière sur certains groupes les expose à de véritables « cérémonies de dégradation » qui les excluent des frontières légitimes de l’appartenance à une collectivité politique commune [25]. Sortir d’une trajectoire pouvant conduire à un « État de police » n’engage donc pas simplement la question des équilibres entre les différents pouvoirs : au-delà de la question de « l’illibéralisme » des institutions nées de la crise algérienne, ce sont les contours de la « communauté imaginée » et les frontières du droit des personnes qui sont retracés par les débats politiques actuels et par le renforcement des prérogatives accordées aux forces de l’ordre.

Notes

[1] Sylvie Thénault, « L’état d’urgence (1955-2005), de l’Algérie coloniale à la France contemporaine. Destin d’une loi », Le mouvement social, 2007, no 218, p. 63‑78.

[2] Benedict Anderson, L’imaginaire national. Réflexions sur l’origine et l’essor du nationalisme, traduction française, Paris, La Découverte, 1996 [1983].

[3] Cette comparaison avait déjà été mobilisée après les attentats de janvier 2015. Voir notamment le numéro de Manière de voir d’avril-mai 2015.

[4] Jean-François Bayart, Romain Bertrand, « De quel “legs colonial” parle-t-on ? », Esprit, décembre 2006, p. 134‑160.

[5] Sylvie Thénault, « Assignation à résidence et justice en Algérie », Le genre humain, Paris, Le Seuil, 1997, p. 105‑115.

[6] C’est bien entendu surtout en Algérie que les militaires se virent remettre une grande partie des pouvoirs civils, notamment ceux de police. Mais en métropole aussi la justice militaire fut saisie, après l’adoption de l’ordonnance du 8 octobre 1958, d’une partie importante des affaires les plus graves liées à l’insurrection algérienne.

[7] Sur ces questions et évolutions voir notamment : Mireille Delmas-Marty, Libertés et sûreté dans un monde dangereux, Le Seuil, 2010.

[8] Sylvie Thénault, « Interner en République  : le cas de la guerre d’Algérie », @mnis, 2003, no 3, p. 215‑228.

[9] Laurent Borredon, « À Beauvau, certains voudraient interner les fichés “S“ », Le Monde, 5 décembre 2015.

[10] Arlette Heymann-Doat, Guerre d’Algérie  : droit et non-droit, Paris, Dalloz, 2012 ; Danièle Lochak, « Le Conseil d’État en politique », Pouvoirs, 2007, no 123, p. 19‑32 ; Sylvie Thénault, « La guerre d’Algérie au Conseil d’État », in Jean Massot (dir.), Le Conseil d’État et l’évolution de l’outre-mer français du XVIIIe siècle à 1962, Dalloz, 2007, p. 199-220.

[11] Fabien Jobard, « Le gibier de police. Immuable ou changeant  ? », Archives de politique criminelle, 2010, vol. 32, p. 95‑105.

[12] Didier Fassin, La force de l’ordre. Une anthropologie de la police des quartiers, Paris, Seuil, 2011.

[13] Raphaëlle Branche, Sylvie Thénault, La France en guerre, 1954-1962. Expériences métropolitaines de la guerre d’indépendance algérienne, Paris, Autrement, 2008.

[14] Emmanuel Blanchard, La police parisienne et les Algériens, 1944-1962, Paris, Nouveau monde, 2011.

[15] Emmanuel Blanchard, « La Goutte d’Or, 30 juillet 1955   : une émeute au cœur de la métropole coloniale », Actes de la recherche en sciences sociales, 2012, no 195, p. 98‑111.

[16] Jacques Toubon (Défenseur des Droits), « On entre dans l’ère des suspects », Le Monde, 4 février 2016.

[17] Vanessa Codaccioni, Justice d’exception   : l’État face aux crimes politiques et terroristes, Paris, CNRS éditions, 2015.

[18] Sur l’histoire et l’usage de cette expression : Emmanuel Blanchard, Encadrer des « citoyens diminués ». La police des Algériens en région parisienne, 1944-1962, thèse d’histoire, Université de Dijon, 2008.

[19] Abdellali Hajjat, Marwan Mohammed, Islamophobie, Paris, La Découverte, 2013.

[20] Emmanuel Blanchard, « Le 17 octobre 1961 à Paris : une démonstration algérienne, un massacre colonial » (ressources pédagogiques du Musée de l’immigration, 2015). L’analyse historienne la plus complète et la plus précise est celle développée par Jim House et Neil MacMaster, Paris 1961. Les Algériens, la terreur d’État et la mémoire, Paris, Tallandier, 2008 [2006].

[21] Todd Shepard, 1962  : Comment l’indépendance algérienne a transformé la France, Paris, Payot, 2008 [2006].

[22] Cette expression, régulièrement reprise depuis, a été forgée dès 1956 par le journaliste britannique Alexander Werth. François Lafon, Guy Mollet, Paris, Fayard, 2006.

[23] Emmanuel Blanchard, « Quand les forces de l’ordre défient le palais Bourbon (13 mars 1958). Les policiers manifestants, l’arène parlementaire et la transition de régime », Genèses, 2011, no 83, p. 55‑73.

[24] Olivier Masclet, La gauche et les cités. Enquête sur un rendez-vous manqué, Paris, La Dispute, 2003.

[25] Le concept de « cérémonie de dégradation » est emprunté au sociologue Harold Garfinkel. Emmanuel Blanchard, « Contrôle au faciès : une cérémonie de dégradation », Plein Droit, n° 103, décembre 2014.


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mar 1 Mar - 14:38


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MessageSujet: Re: 3 - l'idéologie française et les ATTENTATS depuis 2015, l'ÉTAT D'URGENCE... la "racialisation", la "radicalisation"...   Mar 8 Mar - 21:26


état d'urgence : réforme pénale
le pèple français est content, sa représentation aussi

Attentats : seuls 32 députés ont voté contre la réforme pénale 08 Mars 2016



Assemblée nationale. L'Assemblée nationale a voté ce mardi massivement
en première lecture, par 474 voix contre 32, et avec 32 abstentions,
le projet de loi sur la réforme pénale

LP/Arnaud Journois

Le résultat ne faisait guère de doute. L'Assemblée nationale a voté ce mardi massivement en première lecture, par 474 voix contre 32, et avec 32 abstentions, le projet de loi sur la réforme pénale qui vise à prendre le relais du régime de l'état d'urgence, en vigueur depuis les attentats du 13 novembre.

Citation :
Le projet de loi «renforçant la lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement, et améliorant l'efficacité et les garanties de la procédure pénale» est défendu par le gouvernement comme «une arme contre la menace et un bouclier pour nos libertés fondamentales». Mais il est vu par certains élus de gauche, ainsi que par des magistrats et associations comme une atteinte aux libertés et aux pouvoirs du juge judiciaire.

Deux ex-ministres PS se sont abstenus

Chez les contestataires ayant voté contre, six députés issus des rangs du PS :  Philippe Baumel, Fanélie Carrey-Conte, Jean-Patrick Gille, Christian Paul, Barbara Romagnan et Gérard Sebaoun. Parmi les 22 abstentionnistes du groupe socialiste de l'Assemblée, on trouve les anciens ministres Aurélie Filippetti et Benoît Hamon.

Pouria Amirshahi, député PS des Français de l'étranger qui a récemment claqué la porte du parti, a voté contre tout comme le frondeur Philippe Noguès, premier frondeur à avoir rendu sa carte en juin 2015. L'ex-secrétaire d'Etat, banni du PS pour ses démêlés avec le fisc, Thomas Thévenoud s'est abstenu. Pouria Amirshahi, député des Français de l'étranger

Devedjian (LR) a voté contre

Du côté du groupe Les Républicains, Patrick Devedjian et Nicolas Dhuicq sont les seuls à avoir voté contre. Laure de La Raudière, Frédéric Lefebvre et Pierre Lellouche se sont pour leur part abstenus.

Dans le groupe écologiste pas moins de neuf députés ont voté contre : Cécile Duflot, Noël Mamère, Laurence Abeille, Isabelle Attard, Danielle Auroi, Michèle Bonneton, Sergio Coronado, Jean-Louis Roumégas et Eva Sas.

Côte Front national, Marion Maréchal-Le Pen et Gilbert Collard se sont abstenus. Enfin, 13 députés du groupe de la gauche démocrate et républicaine ont voté contre, à savoir François Asensi, Huguette Bello, Alain Bocquet, Marie-George Buffet, Jean-Jacques Candelier, Patrice Carvalho, Gaby Charroux, André Chassaigne, Marc Dolez, Jacqueline Fraysse, Alfred Marie-Jeanne, Jean-Philippe Nilor et Nicolas Sansu.


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