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 (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...

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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Jeu 3 Sep - 1:37



Migrants: voici dix raisons d'ouvrir les frontières  27 août 2015  

Une opinion de François Gemenne, politologue, chercheur et enseignant à l'Ulg (CEDEM) et à Sciences Po (Paris) et Michel Agier, Anthropologue, directeur de recherches à l’Institut de Recherche pour le Développement et directeur d’études à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS).


François Gemenne a écrit:
Alors que l’Europe se barricade, pensant que les murs qu’elle dresse la protégeront d’un fantasmatique danger migratoire, voici, au contraire, dix raisons d’ouvrir les frontières.

Entre 2000 et 2014, 40 000 migrants sont morts aux frontières, dont 22 000 en tentant de rejoindre l’Europe, qui est aujourd’hui devenue la destination la plus dangereuse du monde pour les migrants. Depuis le début de l’année 2015, plus de 2 500 sont morts noyés en Méditerranée, alors qu’ils fuyaient violences et oppression en Syrie, en Erythrée ou dans d’autres endroits du monde. Le décompte macabre continue chaque jour, tandis que la répartition de ceux qui ont survécu au voyage fait l’objet de marchandages politiques souvent sordides, jalonnés de déclarations incendiaires. Face à cette faillite de l’Europe, nous affirmons qu’il serait plus rationnel, plus juste, plus sûr, d’ouvrir les frontières.

Contrairement à une idée trop répandue dans les médias et les discours politiques, cette proposition n’a rien d’un fantasme naïf et irréaliste. Au contraire : elle permettrait de sortir enfin d’un engrenage de violences qui a déjà fait des milliers de morts, et de dessiner un horizon pour un véritable projet politique européen en matière d’asile et d’immigration.

Voici dix raisons pour lesquelles il faut ouvrir les frontières.


1 - Fermer les frontières ne sert à rien

Notre premier argument est de bon sens. Le fait migratoire est un fait social, une réalité du monde contemporain, auquel il est absurde de vouloir résister. Vouloir empêcher les migrations est aussi vain que de vouloir empêcher la nuit de succéder au jour. Les gens ne choisissent pas de migrer ou de rester parce qu’une frontière est ouverte ou fermée. L’idée que la fermeture des frontières puisse limiter les flux migratoires est irréaliste et criminelle, et méconnaît complètement la réalité des migrations. Elle ne fait que rendre les déplacements plus précaires, plus coûteux et plus dangereux, transformant la Méditerranée en charnier. Ouvrir les frontières, c’est avant tout permettre aux gens de migrer dans des conditions sûres et dignes, c’est arrêter le massacre, mettre un terme à la tragédie qui se joue actuellement aux frontières de l’Europe.


2 - Coup d’arrêt au business des passeurs

C’est la fermeture des frontières qui permet le business des passeurs. Au contraire, ouvrir les frontières, légaliser les mobilités de tous, c’est tuer dans l’œuf le business de ceux qui ont fait profession du trafic de cargaisons humaines, en profitant d’une économie de la prohibition. C’est la manière la plus efficace de lutter contre les passeurs.


3 - Le fantasme de l’invasion

L’invasion annoncée est un fantasme. Aucune enquête n’a prouvé la véracité des "appels d’air" ou des "invasions" tant annoncées et fantasmées. Faire croire que l’ouverture ou la fermeture des frontières permet la maîtrise des flux migratoires est un mensonge électoraliste. La construction du mur entre le Mexique et les Etats-Unis n’a nullement ralenti les flux migratoires entre les deux pays, pas plus que l’ouverture de la frontière entre l’Inde et le Népal n’a provoqué d’afflux massifs de migrants.


4 - Faciliter la mobilité

L’ouverture des frontières permettrait à de nombreux migrants de rentrer au pays et de revoir leur famille. Cela faciliterait la circulation des personnes, c’est-à-dire aussi les mouvements d’allers et retours, d’entrées et de sorties. Beaucoup de migrants sont aujourd’hui coincés dans leur pays de destination, dont ils n’osent pas sortir par peur de ne plus pouvoir y revenir ensuite.


5 - Effacer les zones d’ombres

Cela ferait disparaître les zones d’ombres de l’illégalité dans lesquelles les migrants se retrouvent de force, et non par choix. Soyons légalistes : le fait d’autoriser et d’accompagner les libres circulations permettrait de mieux les "voir" et les connaître. Ouvrir les frontières, ce n’est pas supprimer les frontières : c’est simplement permettre la libre circulation, pour mieux accompagner les migrations et s’assurer qu’elles se déroulent dans les meilleures conditions possibles.


6 - Un droit fondamental

La liberté de circulation est un droit fondamental. C’est à la fois une question de liberté fondamentale et une question d’égalité. Aujourd’hui, le destin des uns et des autres reste avant tout déterminé par l’endroit où ils/elles sont né-e-s. C’est la fermeture des frontières qui crée cette inégalité insupportable, ce privilège du lieu de naissance. L’ouverture des frontières reconnaît la légitimité de toute migration, et le droit à la mobilité de chacun. Le droit de quitter son pays est inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, mais la fermeture des frontières empêche de le mettre en œuvre.


7 - Progrès social

C’est la condition d’un progrès social. La légalisation des migrants permet d’augmenter et de rendre visible la contribution aux prestations sociales des travailleurs immigrés et de leurs employeurs, tout en améliorant leurs conditions de rémunération. La migration ‘illégale’, par nature, ne peut plus exister avec des frontières ouvertes : les situations de précarité administrative disparaissent et les conditions de travail s’améliorent et s’harmonisent.


8 - Potentiel économique

Cela permettrait aux migrants de déployer leur plein potentiel économique dans les pays de destination et d’origine. Toutes les études montrent que la contribution économique à leur pays de destination est d’autant plus positive que leur situation y est sûre et légale. Rendre toutes les migrations légales ferait de facto disparaître l’immigration "clandestine", et permettrait aux migrants de déployer leur plein potentiel économique dans le pays d’accueil. Leur contribution économique est aussi dirigée vers leur pays d’origine : l’apport financier des migrants par leurs transferts d’argent au pays est au moins trois fois plus important que "l’aide au développement" officielle des pays industrialisés, trop souvent instrumentalisée dans le but fallacieux et vain de réduire les flux migratoires.


9 - Cesser la guerre aux migrants

Pour remettre l’hospitalité au centre de la politique. Partout en Europe, on voit des voisins solidaires et mobilisés, un tissu associatif dense capable d’organiser l’accueil des étrangers et d’aider leur insertion. Ce sont les formes d’une hospitalité sans condition qui existent déjà et qu’un gouvernement aurait la possibilité de mobiliser et d’aider, à l’opposé de la guerre aux migrants qui forme aujourd’hui le régime officiel de pensée et d’action.


10 - L’humanisme comme valeur politique

Parce que l’ouverture des frontières permet de réaffirmer l’unité de l’Homme. Contre toutes les formes de déshumanisation que nous ne cessons d’observer dans le monde, contre le retour de l’idée d’indésirabilité d’une partie des humains qui avait déjà marqué les années 1930 à propos des Juifs ou des exilés espagnols, nous avons le choix de redire l’unité de l’Homme et de traduire cette idée en politique. Contre le retour des effets désastreux de l’obscurantisme, il s’agit simplement de relancer l’humanisme comme valeur politique.

Titre, chapeau et intertitres sont de la rédaction.



pour cet auto-bloqué du chapeau de l'EHESS, soit le capital n'existe pas, soit il est gentil, et il va l'écouter. C'est de plus un discours on ne peut plus satisfaisant pour l'esprit libertaire avide d'abolir les frontières, sans trop se préoccuper d'économie politique

malheureusement, on ne vit pas chez les Bisounours.e.s

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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Ven 4 Sep - 20:07





La stratégie de l'enfant mort Stéphane MONTABERT 03 septembre 2015

Citation :
L'image choquante est placardée partout: un enfant syrien inerte, noyé, devient le fer de lance de la bonne conscience immigrationniste contre les réticences des populations européennes face à la déferlante des migrants. Sommes-nous collectivement coupables de la mort de cet enfant?

Pour les partisans de l'accueil qui dominent dans les médias, la réponse est oui. L'impact émotionnel des images est utilisé pour faire taire la raison. "La photo qui fait taire le monde", tweete le quotidien italien La Repubblica, titre également repris par Le Matin. La ficelle est énorme, mais elle fonctionne. Les sentiments l'emportent sur la raison. Pour réduire au silence les personnes qui s'opposent à l'arrivée massive de populations étrangères, fut-ce pour des raisons tout à fait rationnelles, il n'y a plus qu'à les traiter de salauds sans cœur et l'affaire est dans le sac.

Depuis la diffusion des images nous en savons un peu plus sur la victime:

Selon les médias turcs, il s'agit d'Aylan Kurdi, un garçon syrien de trois ans dont le frère aîné a également trouvé la mort dans le naufrage de deux embarcations. Ils venaient vraisemblablement de Kobani, ville de Syrie adossée à la frontière turque, qui a été le théâtre de très violents combats entre djihadistes de l'État islamique et miliciens kurdes, il y a quelques mois.

Ces bateaux, transportant des Syriens, étaient partis dans la nuit de mardi à mercredi de la ville côtière turque à destination de l'île grecque de Kos, l'un des plus courts passages maritimes entre la Turquie et l'Europe, lorsqu'ils ont chaviré, ont expliqué les garde-côtes turcs. Rapidement prévenus par les cris des naufragés, les sauveteurs ont repêché douze corps sans vie parmi lesquels celui de cet enfant dont les photos ont envahi les réseaux sociaux avec ce mot clef: «KiyiyaVuranInsanlik», qui signifie «l'humanité naufragée» en turc.


La famille de cet enfant est donc volontairement partie de Turquie, où elle était à l'abri, pour une destination qu'elle estimait plus confortable ; un voyage dans lequel elle n'hésita pas à risquer la vie de ses enfants. Ils auraient pu continuer à vivre en Turquie et ils seraient alors encore tous vivants. Le drame n'a pas la même connotation que si le malheureux avait péri en tentant de fuir sa Syrie d'origine.

Quasiment le même jour un incendie criminel dans le 18e arrondissement de Paris fit huit morts, asphyxiées et défenestrées, dont deux enfants. On ne verra évidemment pas les victimes de ce fait divers en gros plan, cela ne correspond à aucun objectif politique. L'opération de communication est conçue pour tirer des larmes, et elle en tire. Les images poignantes déchirent le cœur de chacun d'entre nous. Mais il meurt des milliers et des milliers d'enfants en Afrique tous les mois sans aucune mobilisation massive du reste du monde. Quid des enfants massacrés par l'Etat Islamique, déchiquetés par les bombes des terroristes, assassinés au Pakistan parce que c'était des filles et qu'elles voulaient aller à l'école?

Depuis le début de cette récente vague de migration vers l'Europe des peuples d'Afrique et du Moyen-Orient, bien des gens sont morts. Aylan Kurdi n'est de loin pas le premier bambin innocent à périr sur le chemin, mais il est le premier à être ainsi médiatisé. Les journalistes ont pourtant déjà eu à de multiples occasions la possibilité de filmer et de diffuser des images d'enfants morts mais s'en sont toujours abstenus. Pourquoi?

Il existe toujours un stade dans un conflit ou les enfants deviennent un enjeu de communication pour faire ployer l'opinion publique. Nous en arrivons à ce stade - un passage en force destiné à étouffer le débat. Il est à noter qu'ailleurs en Europe les directives sont différentes. La mort du petit Aylan Kurdi, trois ans, est un drame abominable. Mais que penser de ceux qui l'instrumentalisent? Qui pourrait clamer que cet enfant ou sa famille auraient voulu que sa noyade serve à influer sur l'opinion publique?

Face aux enjeux géopolitiques, la paix des morts ne pèse pas lourd. Les médias sont prêts à tout pour faire avancer leur idéologie, jusqu'à exploiter le corps sans vie d'une petite victime innocente pour l'infliger au grand public par tous les moyens possibles, diffusion en prime-time à la télévision et impression en première page de leurs quotidiens.


Ce voyeurisme macabre fait taire la raison, pour un temps, mais la raison ne saurait s'exclure de façon permanente du débat sur l'immigration. Il en va de l'avenir d'autres enfants, européens cette fois, et du monde dans lequel ils vivront. Gardons notre sang-froid face à ces images horribles que nous infligent nos médias car lorsque la raison reviendra, les médias pratiqueront la seule option qu'il leur reste - la surenchère.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Ven 4 Sep - 20:10

Communiqué des migrants et réfugiés expulsés du Square de la Chapelle 04 septembre 2015 |  Par La Chapelle en Lutte

Citation :

Nous sommes un regroupement de migrants et de réfugiés.Nous revendiquons nos droits tels qu’ils sont prévus par les Lois et le Droit.

De la rue la rue : Nous campions dans un square, nous sommes maintenant sur le trottoir.

Ce vendredi 4 septembre, à 6H30 du matin une évacuation du square Jessaint (métro la chapelle) à eu lieu.

Un tri a été opéré. Ceux qui étaient à l ‘ intérieur du square ont été pris en charge, les autres, aux alentours sont restés sur le carreau.
Nous sommes maintenant place Jules Joffrin devant la mairie d’arrondissement du XVIIIe.

Nous y resterons jusqu’à ce que l’on nous propose une solution :

- nous demandons l’accélération et la facilitation des procédures de demande d’asile.

- que soient trouvées des solutions d’hébergement fixes et viables pour les réfugiés.

Nous resteront ici jusqu’ à ce que des solutions soient trouvées.

Un groupe de migrants et de réfugiés.


Contact :

Ahmed (francophone) 07 53 56 44 61

Kofi (anglophone)  07 58 65 14 30

Hani (arabophone) 07 53 92 40 09


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Sam 5 Sep - 1:44

l'idéologie française ne relève pas (seulement) de choix politiques? Ce sondage en rappelle un autre, d'il y a quelques mois : une même majorité de Français.e.s se prononçaient pour les interventions militaires en Lybie et en Afrique. Autrement ça baigne pour ce gouvernement ou tout autre. Quant au pleurs des pleureuses et au chœur avec les médias, on verra de quels actes il accouche




Réfugiés. Une majorité de Français toujours opposée à leur accueil 04 Septembre



La photo d'Aylan, retrouvé mort sur une plage de Turquie, n'a pas rendu les Français plus hospitaliers. Une majorité d'entre eux s'oppose à leur accueil, selon un sondage


Citation :
Plus de la moitié des Français (52 %) ne sont pas d'accord avec les propos du Premier ministre Manuel Valls, jugeant que les migrants qui « fuient la guerre, les persécutions, la torture, les oppressions, doivent être accueillis », indique ce sondage d'Odoxa réalisé jeudi et vendredi pour iTÉLÉ et Paris-Match.

Selon leur tendance politique, les Français se montrent plus ou moins accueillants: si 73 % des sympathisants de gauche approuvent les propos de Manuel Valls, 68 % des sympathisants de droite s'y opposent.

L'opinion des Français a peu évolué depuis la diffusion jeudi de la bouleversante photographie du petit corps d'Aylan, gisant sur la plage de Bodrum, mort noyé comme son frère de 4 ans et leur mère, alors qu'il tentait avec sa famille de rejoindre l'Europe.

55 % des sondés sont contre

Un sondage Elabe pour BFMTV publié mercredi indiquait en effet que 56 % des sondés étaient opposés à l'accueil de migrants et de réfugiés qui tentent actuellement de gagner l'Europe.

Quelque 62 % des Français estiment en revanche que Xavier Bertrand (Les Républicains) a raison lorsqu'il dit que les propos de Manuel Valls risquent de créer un « appel d'air irresponsable », poussant d'autres migrants à tenter le voyage vers l'Europe, selon le sondage d'Odoxa.

Plus globalement, 8 Français sur 10 (82 %) considèrent que le gouvernement n'est pas à la hauteur des enjeux posés par la crise migratoire, et les sympathisants de gauche rejoignent là ceux de droite en étant eux aussi une large majorité (64 %) à partager cette idée.

Sondage réalisé par internet les 3 et 4 septembre auprès d'un échantillon de 1 003 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas.



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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Sam 5 Sep - 11:39



Le sort des réfugiés démasque l’hypocrisie des guerres "humanitaires" Bassem Khouzam 3 septembre 2015


Bassem Khouzam a écrit:
Après avoir découvert la vidéo de réfugiés molestés par la police macédonienne fin août, un Syrien nous témoigne sa colère. Pour des raisons soi-disant humanitaires, la Syrie a été plongée dans le chaos. Mais lorsqu'il s'agit de gérer les conséquences de cette désastreuse entreprise, l'Europe manque à l'appel humanitaire. "J’espère que les gouvernements européens ont compris que les guerres qu’ils soutiennent ne peuvent pas n’engendrer que des bénéfices nets mais entraînent d’autres problèmes à traiter qui n’en sont qu’à leurs débuts", se désole Bassem Khouzam.


Je suis bouleversé par cette vidéo qui montre les atrocités commises par la police macédonienne sur les centaines d’immigrés qui arrivent dans le pays et qui, pour la plupart, sont Syriens.


Comme le montre la vidéo, la police a intentionnellement lancé des bombes lacrymogènes sur des familles, y compris des enfants. On voit le choc, la peur, les cris et les larmes des enfants.

Personnellement, je n’ai jamais vu une telle barbarie. La police aurait pu dresser tout simplement une barrière qui empêche les gens d’avancer. Sa réaction me laisse croire que le but était d’envoyer un message aux immigrés clandestins.

Les cris de la petite fille accrochée à la tête de son père - dont on ne sait pas s’il est mort ou s’il a juste perdu connaissance - me rappelle les cris d’une autre petite fille lors de la mort des membres de sa famille abattue par les soldats israéliens sur la côte de Gaza. Sauf que cette fois, pour le désespoir de l’humanité, cette atrocité a été commise sur le sol européen.

D’après ce que j’ai entendu dire par les autres immigrés, la Macédoine n’est pas l’étape la plus difficile sur le chemin d’espoir vers les pays de rêves, ce qui laisse comprendre que ce pays a subi une pression de la part des pays d’accueil les plus ciblés qui ont répercuté cette pression sur d’autres, comme la Macédoine et la Grèce.

En tant que Syrien, je condamne cette action contre mes compatriotes et je suis choqué qu’une telle action barbare soit commise sur le sol européen. Je suis conscient des problèmes engendrés par l’immigration de masse qui n’est pas cette fois "choisie" par les pays d’accueil, mais j’ai une autre solution plus judicieuse et plus radicale à proposer aux gouvernements européens :

Pour éviter de commettre de telles atrocités qui constituent une grande honte pour l’Humanité et non seulement pour l’Europe et ses valeurs, et au lieu de refuser à ces familles le droit de trouver un avenir digne et sauf, je propose de leur laisser trouver cet avenir dans leur pays d’origine.

Je propose que les gouvernements européens concernés arrêtent de nourrir la guerre dans mon pays et dans la région, qu’ils arrêtent de fournir des armes à Al-Qaeda, qu’ils arrêtent leurs efforts contre toute solution politique basée sur autre chose que leurs intérêts, et qu’ils arrêtent leurs sanctions inhumaines tellement efficaces dans la création de l’enfer en Syrie.

Plusieurs gouvernements européens étaient et sont toujours impliqués dans cette "Proxy War" contre le peuple Syrien et, s’ils le cachaient depuis cinq ans, ils ne le cachent plus maintenant. Plusieurs gouvernement européens continuent encore de fournir une couverture politique aux groupes djihadistes d’Al-Qaeda et d’extrémisme "islamiste", ils fournissent les armes et participent au commandement de leurs opérations militaires depuis les "Military Operation Command" (MOC’s) situés en Turquie et en Jordanie contre un état souverain et un peuple.

Je ne crois pas que ce film montre la tragédie la plus émouvante, d’autre histoires non filmées sont plus cruelles encore : je pense aux tirs sur les bateaux pneumatiques qui transportent les immigrés et aux milliers de Syriens qui sont noyés. Je pense aussi à ceux qui luttent pour rester vivants à l’intérieur de la Syrie, ceux qui n’ont même pas les moyens de tenter l’arrivée en Europe, mais souffrent des conséquences des sanctions européennes qui ont créé depuis des années maintenant des crises de nourriture, de carburant, de transport, etc., et qui visent, prétendument, Assad et son gouvernement et non pas le peuple syrien.

L’Europe participe à la guerre d’influence politique et économique des Etats-Unis. Et elle le fait sous prétexte purement humanitaire. Mais l’Europe s’est révélée incapable de traiter les répercussions les moins douloureuses de la guerre. De plus, elle a failli à sa mission humanitaire vis-à-vis de l’immigration des populations, car elle préfère toujours l’immigration sélective des médecins, ingénieurs ou académiciens syriens.

J’espère que les gouvernements européens ont compris que les guerres qu’ils soutiennent ne peuvent pas n’engendrer que des bénéfices nets mais entraînent d’autres problèmes à traiter qui n’en sont qu’à leurs débuts.

Quand je constate que la « sage » Europe persiste à soutenir la politique américaine, je pense que l’état du monde ressemble aux films de fiction : d’un côté, des terres qui permettent une vie florissante, de l’autre, des terres maudites, habitées par des êtres étranges que l’on s’acharne à repousser. En tout cas, s’il a eu quelqu’un pour penser que commettre une telle atrocité sur le sol européen et en diffuser les images pouvait empêcher les immigrés de fuir leur enfer et de tenter d’arriver en Europe, je crois qu’il s’est lourdement trompé et qu’il n’a pas bien mesuré le désespoir.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Sam 5 Sep - 13:16

sans commentaire, ainsi va Le Monde...







source France Culture Malheureux télescopage d’images sur une plage 04.09.2015 [on appréciera le délicat cynisme de ce titre, digne de la Culture en France]
Citation :
Alors que le journal Le Monde publiait en Une la photo du corps du jeune Aylan Kurdi sur une plage turque, on trouvait plus loin, une publicité pour une marque de luxe mettant en scène une femme couchée sur le sable. Retour sur ce télescopage malheureux... [...]


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Sam 5 Sep - 15:41

Le chant du cygne de l’altermondialisme ,un grand abscent permanent, le proletariat mondial ?

La bataille de Grèce, un épisode d’une guerre mondiale prolongée Gustave Massiah http://cadtm.org
2 septembre
 
Gustave Massiah a écrit:
Les débats sur la crise grecque et sur la crise ouverte de l’Union Européenne ont suscité de très nombreux commentaires et de très nombreuses anaalyses.....(    )

Nous sommes en fait dans une guerre mondiale prolongée. Cette guerre a commencé avec la victoire du capitalisme financier et des politiques néolibérales, à la fin des années 70. La gestion de la crise de la dette, provoquée par les pouvoirs financiers et politiques, et les programmes d’ajustement structurels, en ont été les vecteurs principaux. Les plans d’austérité en sont une des déclinaisons.

Il s’agit d’une offensive pour le rétablissement de l’hégémonie impérialiste par rapport aux succès de la révolution de la décolonisation. Elle a combiné les coups d’État économiques et financiers, les interventions militaires et de redoutables offensives idéologiques et culturelles.
 
Un militant africain écrivait récemment : « ce qui arrive à la Grèce est lamentable et dramatique pour le peuple grec ; peut-être que les européens comprendront un peu mieux ce que nous vivons depuis quarante ans »......
 
http://democratie-reelle-nimes.over-blog.com/2015/09/la-bataille-de-grece-un-episode-d-une-guerre-mondiale-prolongee.html


vlad2 dit :

Gustave Massiah a pourtant coordonné la publication d’un livre sur l’immigration ouvriére en Europe,dans les années 70,par des immigrés meme,dont j’ai redigé un chapitre, mais comme pour beaucoup,ce ne fut qu’une plongée livresque,vite oubliée ?

L’altermondialisme est terminé.......il faut savoir tourner la page.

Il reste à construire une Tricontinentale de masse, offensive,prolètaire et populaire, à la hauteur du mouvement present des migrants .
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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Sam 5 Sep - 16:42


Vlad2 : je sais bien que tout est dans tout, mais je ne comprends pas comment tu fais, comme le plus souvent, pour mettre ici ce qui n'est qu'en rapport très indirect avec le sujet, ici les migrants. Et c'est toi qui demandais un Index ou plus de précision dans les mots clefs de recherche... Bon, pas grave, même plutôt amusant, et je ne vais pas me friter avec un de deux seuls intervenants du forum... Pour ta peine, je ne déplace pas cette fois ton message  Twisted Evil



quant à Massiah, on ne peut pas être et avoir été, même indien
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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Sam 5 Sep - 17:14

importé d'un commentaire de Médiapart

Les réfugiés, seuil éthique d’un nouveau droit et d’une nouvelle politique (version française) Castor M.M. Bartolomé Ruiz https://revdh.revues.org/993

Castor M.M. Bartolomé Ruiz a écrit:
"... La tension contradictoire entre le droit et la vie reste évidente dans la condition du réfugié. Celui-ci, qu’il soit apatride, banni, émigrant sans papier ou exilé, apparait, sous plusieurs aspects, à la frontière du droit, interrogeant la validité du droit lui-même. Il vit dans les limites mais, concomitamment, cette condition lui confère le pouvoir d’être une catégorie à la limite du droit lui-même. Le réfugié vit et se réfugie dans les limites, mais les détruit également; il est lui-même une limite à partir de laquelle sont remises en question les autres délimitations. Il survit au seuil de l’exclusion des droits, il subsiste dans la frontière externe des institutions modernes comme l’Etat, le droit, la nation, la citoyenneté, comme un élément étranger, toléré mais non intégré.

La condition du réfugié est celle de la lutte pour survivre, sans que sa vie soit reconnue avec une dignité de droit égale à celle de tout autre citoyen. Le refus de lui reconnaitre les mêmes droits qu’un autre citoyen manifeste l’arbitraire avec lequel ces catégories opèrent. Le réfugié existe à la frontière du droit dans un espace où le vide juridique permet que l’exception devienne la norme. Dans cette condition limite, sa vie se trouve réduite à celle d’un simple être vivant, une vie dépouillée.

Le réfugié devient, dans sa condition limite, une altérité éthique, une référence sur l’(a) (in)justice des structures qui l’excluent. Le réfugié devient critère extérieur qui permet de juger l’inadéquation du modèle économique et des structures politiques qui le poussent dans une exclusion incessante. En ce sens, le réfugié se transforme en une limite éthique des institutions économiques et politiques modernes..."



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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Dim 6 Sep - 16:16

L’impératif du tri sélectif... des migrants mallers 6 septembre 2015

mallers a écrit:
La plupart des Européens se sont désormais bien accoutumés au tri sélectif des déchets à tel point que ce tri peut aussi s’effectuer d’une part entre les migrants et les réfugiés mais aussi entre pays européens suivant les capacités de chacun et surtout leurs besoins économiques en une main-d’œuvre corvéable .

De la même manière, les nazis avaient habitué les prisonniers des camps de concentration ou des ghettos juifs à être rentable : ils devaient travailler pour l’occupant, construire eux-mêmes les camps et s’occuper de l’organisation interne jusqu’à leur propre élimination.

Au début du capitalisme industriel, Ford s’était inspiré des abattoirs de Chicago pour élaborer ses chaînes de montage automobile ; un siècle plus tard, dans la tourmente d’un capitalisme en crise économique et écologique permanente, le capital est contraint de rationaliser à outrance tous les aspects de la vie : le déchet trié , sélectionné et réutilisé sur plusieurs cycles d’utilisation est devenu la norme globale de toute vie humaine contrainte de supporter les catégories totalitaires du capital. Il existe pourtant des déchets inutilisables ne rentrant pas dans les standards du tri rationalisé ; traduit en terme politique , on appelle cela une rébellion et ces déchets inutiles peuvent devenir un modèle pour les autres.

Pour accueillir 200.000 migrants en Europe, Valls veut des centres d'accueil  leJDD
Citation :
La mise en place aux frontières de l'Europe de "hot spots", des centres d'accueil pour migrants et réfugiés, est une "condition préalable" à la répartition obligatoire d'au moins 200.000 migrants demandée par les Nations Unies, a estimé vendredi Manuel Valls.

Il pose une condition préalable. Le Premier ministre Manuel Valls a indiqué vendredi que pour qu'une "répartition obligatoire" de 200.000 migrants proposée par l'ONU, "soit acceptée et possible", il faut ce qu'on appelle les 'hot spots', parlons plus clairement, de centres d'accueil", a-t-il dit en marge d'un déplacement à Paris consacré à l'économie sociale et solidaire.

Le chef du gouvernement était interrogé sur la proposition du haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, selon laquelle l'UE devrait accueillir au moins 200.000 demandeurs d'asile. Défendus par la France, ces "hot spots" sont des centres d'accueil, de recensement et de tri des migrants, conçus notamment pour identifier les personnes susceptibles d'obtenir l'asile en Europe.

Centres d'accueil en Italie et en Grèce

Ces centres, qui seraient installés "en Italie, en Grèce, en Hongrie", "permettent de bien distinguer ceux qu'il faut protéger, qui ont droit à être protégés, et ceux qui ont vocation, les migrants économiques, à être reconduits à la frontière à revenir dans leur pays respectif", a plaidé Manuel Valls.

De leur côté, François Hollande et Angela Merkel ont envoyé une lettre commune aux autorités européennes pour détailler leur plan sur la crise des migrants. Ils appellent à mettre en place "intégralement et sans délai" ces "hot spots", des centres où les Européens pourraient distinguer "réfugiés" et migrants économiques dès leur arrivée en Grèce et en Italie. Les deux chefs d'Etat veulent que ces centres soient "pleinement opérationnels au plus tard avant la fin de l’année."



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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Lun 7 Sep - 22:18

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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Mar 8 Sep - 3:26

comme il s'agit de ma ville de naissance, à laquelle je ne suis pas du tout attaché, et moins encore depuis que des "marxistes" ont fait dire à Marx « Si c'est comme ça, moi, je sais une chose, je ne suis pas marxiste », je peux en rajouter une couche


Yves Nicolin : ouh, pas beau !

Le maire LR de Roanne ne veut accueillir "que des réfugiés chrétiens" par peur des "terroristes déguisés" Europe1 6 septembre 2015


Citation :
PAS TOUS BIENVENUS - L'accueil des réfugiés dans les communes devient désormais un sujet de querelles entre les élus. Ainsi, un député PS a réclamé la démission de François Baroin, président de l'Association des maires de France, pour avoir refusé d'accueillir des migrants à Troyes.

Mais ce n'est pas tout. Le 4 septembre, interrogé par France Bleu Saint-Etienne Loire, le député-maire LR de Roanne, Yves Nicolin a accepté d'accueillir des réfugiés à une condition : qu'ils soient chrétiens. Il dit :

Si la France décide d'accueillir sur son sol un certain nombre de familles, et qu'elle décide de les intégrer, c'est-à-dire de leur donner des papiers, et bien la ville de Roanne, je pense, pourra jouer ce rôle-là, accueillir peut-être une dizaine de familles mais à la condition qu'il soit bien question de réfugiés Chrétiens qui sont persécutés parce que Chrétien en Syrie par Daesh.

Et l'élu de poursuivre :

Ce que je souhaite c'est qu'on puisse avoir l'absolue certitude que ce ne sont pas des terroristes déguisés. C'est la raison pour laquelle je pense que demander à ce que ce soit des Chrétiens peur représenter une garantie suffisante.

Relancé sur le profil divers de ces réfugiés persécutés par le régime de Damas (chiites ou les yézidis), il explique qu'il "faut pouvoir prendre toutes les précautions possibles" pour vérifier que ces derniers sont bien des "réfugiés" et non des migrants économiques. La situation des Chrétiens d'Orient mobilise quant à elle la classe politique française depuis de longs mois (à voir ici ou ici).

À l'inverse, le reportage de France Bleu montre que les maires des communes de la zone se mobilisent pour trouver un point de chute à ces réfugiés. Sans restriction de religion cette fois-ci.

Sur le sujet de l'accueil des réfugiés, Nathalie Kosciusko-Morizet a prôné la mise en place d'Ellis Island à l'européenne pour accueillir ce flot de population.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Ven 11 Sep - 16:39


Crise des migrants : les femmes, premières victimes ? Le Monde

La crise des migrants concerne-t-elle au premier chef les femmes ? Face à la détresse des milliers d’individus qui tentent de rejoindre l’Europe chaque jour, on a tendance à ne plus distinguer les différents types de violences qui s’exercent sur les réfugiés. Pourtant, une violence spécifique s’exerce sur les migrantes, de plus en plus nombreuses à tenter de rejoindre l’Europe.

Jane Freedman, sociologue et professeure à La Sorbonne-Paris VIII, explique en vidéo de quels types de violences les femmes sont victimes et comment nous pourrions y remédier.

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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Ven 11 Sep - 23:35

Le discours sur les réfugiés syriens : un analyseur Saïd Bouamama 11 septembre 2015



Citation :
Dans un article intitulé « Le mur meurtrier de la méditerranée : l’assassinat institutionnel de masse de l’Union Européenne », publié sur ce site le 21 mars dernier, nous mettions en évidence la responsabilité de l’UE dans les milliers de morts chaque année en méditerranée dans des tentatives désespérées de fuir la misère et la guerre. Depuis la publication, le 2 septembre, par la presse turque et britannique de la photo d’un enfant de 3 ans mort sur une plage de Bodrum au sud de la Turquie, une vaste campagne médiatique présente une autre image de l’Union Européenne en général et de la France en particulier. Nous nous serions donc trompés ou un changement radical d’attitude et de politique serait survenu. A moins que nous ne soyons une nouvelle fois devant l’instrumentalisation politique d’un drame humain pour justifier une nouvelle intervention militaire. Les diverses réactions politiques et médiatiques à l’arrivée de ces réfugiés sont par ailleurs un excellent analyseur politique de notre société, de ses politiques et de ses médias.



Une « cécité » volontaire

A écouter nos politiques et nos médias, la découverte du corps du petit Aylan aurait mis en évidence l’ampleur du drame vécu par le peuple syrien. Ainsi donc ni les médias et leurs multiples spécialistes et experts, ni les gouvernements européens et leurs services de renseignements n’avaient auparavant mesurés l’ampleur du drame. Aucun ne pouvait imaginer que des enfants étaient victimes des guerres qui déchirent l’Irak et la Syrie. Cet aveu implicite d’une cécité politique et médiatique ne tient pas. Si cécité il y a, elle est volontaire comme en témoigne les sonnettes d’alarme qui ont été soigneusement tues par l’essentiel des grands médias et la majorité de la classe politique. Ainsi par exemple le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) de l’ONU souligne dans son communiqué de presse du 9 juillet 2015 que nous sommes en présence de « la plus importante population de réfugiés générée par un seul conflit en une génération. Cette population a besoin d’un soutien de la part du reste du monde mais, au lieu de cela, elle vit dans des conditions désastreuses et s’enfonce dans la pauvreté(1). »

Le même communiqué avance les chiffres suivants : 4 013 000 réfugiés dans les pays voisins de la Syrie (1 805 255 réfugiés syriens en Turquie, 249 726 en Iraq, 629 128 en Jordanie, 132 375 en Egypte, 1 172 753 au Liban et 24 055 en Afrique du Nord) et au moins 7,6 millions de personnes déplacées à l’intérieur de la Syrie. Enfin le communiqué du HCR rappelle le caractère prévisible de l’augmentation du nombre de réfugiés syriens après cinq ans de guerre totale : « Le cap des quatre millions survient à peine 10 mois après que celui des trois millions ait été atteint. Au rythme actuel, le HCR prévoit que le chiffre d’environ 4,27 millions pourrait être atteint d’ici la fin 2015(2). » D’autres données du HCR mettent en exergue la hausse exponentielle du nombre de réfugiés : 92814 en juillet 2012, 1 512 160 en juillet 2013, 2 835 736 en juillet 2014, 4 094 091 en juillet 2015(3).

Tout le monde savait. Journalistes comme leaders politiques étaient au courant. Les classes dominantes d’Europe et des États-Unis espéraient simplement une nouvelle fois cantonner les réfugiés dans les pays voisins. C’est d’ailleurs ce qu’ils font classiquement pour tous les autres conflits qu’ils suscitent pour le contrôle du gaz, du pétrole et des minerais stratégiques. Ainsi en 2000, les seize millions de réfugiés reconnus par le HCR se répartissent comme suit : « Sur les 16 millions de réfugiés, 3,6 millions se trouvaient en Afrique, 9,1 en Asie, 2,3 en Europe et 0,6 en Amérique du Nord, et le reste en Amérique Latine et en Australie(4). » Terminons avec les données quantitatives en donnant un dernier chiffre du HCR pour l’année 2013 : les pays industrialisés n’accueillent que 14 % de l’ensemble des réfugiés(5).

Il s’agit clairement de cantonner la misère du monde produite par les politiques économiques des grandes puissances impérialistes d’une part et par les guerres pour le contrôle des matières premières d’autre part, à la périphérie des pays riches. Nous sommes en présence d’une des multiples déclinaisons de l’ultralibéralisme : privatiser les gains et socialiser les pertes et/ou les coûts.

Les hypocrites reconvertis

Nous avons assisté dans la semaine qui a suivi la diffusion de la photo du cadavre du petit Aylan à de subites reconversions à l’humanisme. Ainsi par exemple le député de droite des Alpes Maritimes Eric Ciotti écrit sur son compte Twitter dès le 3 septembre : « Image d’horreur insoutenable que celle d’une enfance sacrifiée. Indignation et écœurement face à l’inaction intolérable de la communauté internationale ». Le même estimait il y a à peine un mois, le 10 août, que « l’Union européenne doit engager sans plus attendre des opérations militaires visant à détruire les filières de passeurs à la source et créer des centres de rétention pour migrants dans les pays d’entrée en Europe(6) ».

Au PS la reconversion est tout aussi radicale. François Hollande annonçait lors du sommet européen extraordinaire sur le drame des migrants en Méditerranée, le 23 avril dernier, son intention de proposer une résolution à l’ONU pour détruire les bateaux des trafiquants. On se demande au passage comment les soldats chargés de cette tâche reconnaîtront les bateaux concernés. Il considère maintenant que l’accueil des réfugiés syriens « C’est le devoir de la France, où le droit d’asile fait partie intégrante de son âme, de sa chair(7)". Après « l’esprit du 11 janvier » nous avons maintenant « l’âme et la chair de de la France ».

De nombreux médias ont repris ce mythe d’une France qui a toujours été ouverte aux opprimés du monde. S’il est indéniable que des militants et/ou des citoyens ont été accueillis en France dans le passé, il est en revanche mensonger de présenter ce fait comme massif, constant et intégré à « l’âme et la chair » du pays. Nous commençons à avoir l’habitude de ces envolées lyriques visant à écrire un roman national idéologique masquant la réalité historique contradictoire. En janvier 2015 la liberté d’expression était présentée comme une constante française occultant en passant les multiples interdictions des journaux, revues et livres qui s’exprimaient contre la guerre d’Algérie. En 2004 lors du vote de la loi sur le foulard à l’école c’est l’égalité entre les sexes qui est présentée comme une constante française occultant en même temps les inégalités présentes et les combats que les militantes féministes ont dut mener pour diminuer les inégalités réelles.

Certains médias ont même osé citer l’exemple des républicains espagnols fuyant le fascisme de Franco. Il n’est pas inutile de rappeler les conditions de cet accueil. Voici ce qu’en dit l’historien Marc Ferro :

Citation :
Dès 1937, des réfugiés basques affluent, des instructions sont là, qui très vite, oublient les soucis humanitaires des premières semaines. On les fait retourner en Espagne par les Pyrénées orientales. (…). Dès l’automne 1937, Marx Dormoy, ministre de l’intérieur d’un gouvernement Front populaire, demande à la police d’établir un « barrage infranchissable » … Surtout, on montre le peu d’empressement des populations d’accueil à aider les réfugiés, souvent choquées par la passion politique de leurs hôtes(Cool

Plusieurs centaines de milliers de républicains furent « accueillis » dans des camps qu’ils durent eux-même construire. Les familles étaient séparées et les camps étaient entourés de barbelés et surveillés par des gardes mobiles. Les français qui voulaient les aider étaient contraints de jeter nourritures et habits au-dessus des barbelés.

Il n’y a aucune « âme et chair » française qui comporterait comme caractéristique essentielle l’humanisme et l’accueil des persécutés. Il n’y a également aucune reconversion à propos des réfugiés mais simplement des « reconversions hypocrites » mises en scènes médiatiquement à des fins d’instrumentalisation de l’émotion de l’opinion publique.

Le discours sur le tri

A part le Front National qui propose de « ne plus accueillir personne(9) », le consensus sur « l’âme et la chair » de la France réunit désormais la droite et partie importante de la « gauche ». Le second trait du consensus porte sur la nécessité du « tri » entre « réfugiés légitimes » et « réfugiés illégitimes », entre « vrais réfugiés » et « faux réfugiés ». Les propositions fusent et constituent un excellent analyseur de notre société, de sa classe politique et de ses médias lourds.

Le maire de Roanne, Yves Nicolin propose que le tri se fasse sur une base religieuse :

Citation :
Si la France décide d’accueillir sur son sol un certain nombre de familles, et qu’elle décide de les intégrer, c’est-à-dire de leur donner des papiers, et bien la ville de Roanne, je pense, pourra jouer ce rôle-là, accueillir peut-être une dizaine de familles mais à la condition qu’il soit bien question de réfugiés Chrétiens qui sont persécutés parce que Chrétien en Syrie par Daesh (…) Ce que je souhaite c’est qu’on puisse avoir l’absolue certitude que ce ne sont pas des terroristes déguisés. C’est la raison pour laquelle je pense que demander à ce que ce soit des Chrétiens peur représenter une garantie suffisante(10)


Il est suivi dans cette proposition par Gérard Dézempte maire Charvieu-Chavagneux et par Damien Meslot maire de Belfort. Après l’étoile jaune permettant de distinguer les juifs dans le passé, il faudrait donc faire porter à l’avenir un croissant vert pour éviter les fraudes à l’asile politique. Ces positions sont certes marginales mais suffisent à souligner la banalisation de l’islamophobie en France. Elles indiquent qu’un verrou a sauté en matière d’islamophobie et que celle-ci fait désormais partie de la sphère du « légitime » dans le débat politique.

Mais le critère de « tri » le plus largement partagé et mentionné est celui de la différence entre « migrants » et « réfugiés ». De nombreux journalistes prennent un ton docte pour nous expliquer cette différence entre les uns qui seraient « économiques » et les autres qui seraient « politiques ». L’accueil des uns serait impossible et exigerait de la fermeté alors que l’accueil des autres serait nécessaire et exigerait de la solidarité. La distinction entre « réfugiés » et « migrants » est même présentée par un journaliste de Libération de la manière suivante :

Citation :
La crise humanitaire actuelle est traitée comme une aggravation, certes spectaculaire, mais une simple aggravation d’une « vague migratoire » qui, depuis des années, vient s’échouer sur les côtes européennes, aujourd’hui italiennes et grecques, hier espagnoles. Ce n’est pas un hasard si on parle de « migrants » ou de « clandestins » et non de « réfugiés ». Au fond, pour les Français, Aylan n’est qu’une victime de plus de cette « misère du monde » attirée par l’eldorado européen. Ces masses indifférenciées qui forcent nos frontières au péril de leur vie, et c’est le discours du Front national, ne sont que des « migrants-immigrés » venant au mieux voler le pain des Français, au pire importer le jihad. Le mot « migrant » est un cache-sexe sémantique qui permet de nier la spécificité du drame humain qui se joue à nos frontières, un mot connoté négativement : après tout, dans « immigrant », n’y a-t-il pas « migrant » ? Or, l’immense majorité de ceux qui cherchent à se rendre en Europe n’auraient jamais songé, il y a quelques années, à quitter leur pays : ils ne « migrent » que parce qu’ils fuient la guerre, les massacres, les persécutions, les viols, les tortures, la mort(11).


Nous partageons le souci de ce journaliste d’une prise de mesure de l’urgence de la situation et de l’ampleur du drame. Cependant cette urgence ne doit pas nous faire oublier la communauté des causes et des responsabilités conduisant à l’émigration dite « économique » et à l’exil politique. Les mêmes puissances de l’OTAN imposent des règles économiques mondiales qui appauvrissent les plus pauvres les contraignant ainsi à l’émigration et interviennent militairement pour le contrôle des matières premières produisant systématiquement des drames humanitaires contraignant à la fuite des millions de personnes : Irak, Afghanistan, Libye, etc. Comme pour les réfugiés, les émigrés dits « économiques » n’auraient jamais songé, il y a quelques années, à quitter leur pays. L’insistance du gouvernement comme de l’opposition sur la distinction entre ces deux catégories de victimes n’a qu’un objectif : justifier le refus de séjour pour les émigrés économiques et même pour les réfugiés ne relevant pas des zones arbitrairement choisies par les pays riches comme étant dangereuses.

Il est vrai qu’une nouvelle fois les reportages et discours médiatiques ont été centrés sur les conséquences de la situation et non sur les causes. Tout se passe comme si brusquement nous étions en présence d’une tornade imprévisible et non face aux résultats prévisibles des déstabilisations stratégiques dans lesquelles nos gouvernants ont une responsabilité majeure. Le même silence sur les causes aboutit consciemment ou non à masquer la responsabilité des pétromonarchies dans l’offensive de Daesh. Il est vrai que celles-ci sont des amis de l’Europe et des États-Unis. Il conduit consciemment ou non à masquer la responsabilité de la Turquie dans l’offensive de Daesh par la guerre qu’elle mène contre les résistants kurdes. Il est vrai que la Turquie est membre de l’OTAN. Mais le discours médiatique se caractérise également par un autre silence assourdissant : celui concernant le massacre que l’armée Saoudienne et les armées des émirats commettent chaque jour au Yemen contre une révolte populaire. Il est vrai que ce sont « nos » alliés.

Si les propositions de tri entre réfugiés chrétiens et réfugiés musulmans révèlent l’enracinement de l’islamophobie, celle entre émigrés économiques et réfugiés politiques révèlent la campagne consensuelle (consciente ou non, le résultat est le même) visant à masquer les causes des crises qui secouent notre monde.

Une logique coloniale

Le discours sur le tri conduit inévitablement à des propositions de dispositifs. Il est donc proposé à droite comme à gauche de multiplier les centre de tri ou « hotspot ». En bonne logique coloniale, il est proposé d’installer ces nouveaux centres dans les pays méditerranéens et en Afrique même. Il s’agit ni plus ni moins que d’externaliser le « sale boulot » pour qu’il demeure invisible. Le fait que des pays membres de l’Union européenne soient concernés souligne simplement que la logique coloniale s’étend au sein même de l’Europe. La dernière « crise grecque » et son dénouement illustre que ce pays est traité comme le sont les anciennes colonies c’est-à-dire avec la même logique de mise en dépendance et de pillage.
Ces centres de tri existent déjà comme par exemple à Pozzallo en Italie. Il est géré par Frontex (l’agence européenne en charge des frontières(12)). Le centre de Pozzalo comme les autres sont régulièrement dénoncés par des militants des droits de l’homme comme attentatoires à la dignité des personnes :

L’objectif ? Enfermer puis renvoyer les "mauvais" réfugiés chez eux, quitte à les maltraiter au passage et parfois les envoyer à la mort dans leurs pays d’origine. Ces prisons qui ne disent pas leur nom voient les policiers y utiliser la force pour obliger les réfugiés à donner leurs empreintes digitales qui sont ensuite enregistrées dans le fichier Eurodac. A Pozzallo, en octobre 2014, des récits, témoignages et enregistrements attestent des violences subies par les réfugiés dans ces centres. Plusieurs centaines de réfugiés avaient entamé une grève de la faim contre les prises d’empreintes forcées. A Pozzallo toujours, en mai 2015, des policiers utilisent des matraques électriques, notamment contre des mineurs qui refusent de donner leurs empreintes. Les policiers emploient également des techniques d’intimidation, les familles se voient menacées d’être séparées(13).
La proposition de multiplier les « Hotspot » souligne l’absence de volonté d’agir sur les causes et le choix de ne se centrer que sur la gestion des conséquences en en externalisant les tâches les plus répressives.

∞∞∞

Mais alors que signifie cette « conversion » massive de Merkel à Hollande, de Sarkozy à Valls ? Comme pour le 11 janvier, la réponse est à rechercher dans les décisions qui sont prises à l’occasion de cette mise en scène médiatique et politique d’un humanisme européen exemplaire. Si le drame de janvier a débouché sur une décision prise à la quasi-unanimité de l’assemblée nationale de poursuivre les frappes aériennes en Irak, le drame de septembre se conclut par la décision de Hollande d’entamer des frappes aériennes en Syrie. Il n’y a même plus besoin de vote désormais et le consensus dans les déclarations est frappant. A l’unanimité tous les ténors de droite et du parti socialiste se sont déclarés favorables à ces frappes.

1 [http://www.unhcr.fr/559e2ca6c.html]
2 Ibid,
3 http://data.unhcr.org/syrianrefugees/regional.php#_ga=1.59556077.1786272980.1441787559
4 Jean-Claude Chasteland , La population mondiale à l’orée du XXIème siècle, in Jean-Claude Chasteland et Jean-Claude Chesnais (coord.) , La population du monde, Les Cahiers de l’INED, n° 149, Paris, 2002, p. 57.
5 http://www.unhcr.fr/53edc9a39.html
6 http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/09/03/refugies-l-hypocrisie-d-eric-ciotti_4744749_4355770.html?xtor=SEC-33280887
7 http://www.lepoint.fr/societe/hollande-la-france-prete-a-accueillir-24-000-refugies-07-09-2015-1962619_23.php
8 Marc Ferro, Histoire de France, Odile Jacob, Paris, 2003.
9 Déclaration à l’université d’été du Front National, le 5 septembre 2015.
10 http://www.ouest-france.fr/roanne-le-maire-pret-accueillir-les-refugies-sils-sont-chretiens-3669778
11 http://www.liberation.fr/monde/2015/09/04/ne-dites-plus-migrant_1375999
12 Voir notre article de mars 2015 : https://bouamamas.wordpress.com/2015/03/22/le-mur-meurtrier-de-la-mediterranee-lassassinat-institutionnel-de-masse-de-lunion-europeenne/
13 http://www.huffingtonpost.fr/alexis-kraland/pozzallo-centre-tri-refugies_b_8089980.html


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Dim 13 Sep - 11:14


"L'idée était d'aller à la rencontre, hors médias, de la centaine de réfugiés syriens qui ont été accueillis dans ce centre...".
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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Dim 13 Sep - 12:59

Migrants : débordée, la ville de Munich se dit à l'"extrême limite" MyTF1News F.A. 13 septembre 2015  


Alors que plus de 12.000 personnes sont arrivées sur place samedi et que l'afflux se poursuit encore ce dimanche, la police prévient que les capacités d'accueil de la ville sont arrivées à saturation.


hors-sujet (Chili)


Citation :
Située dans le sud-est de l'Allemagne, Munich, troisième ville du pays, est la première grande agglomération sur le chemin des migrants une fois qu'ils ont passé la frontière. Depuis une semaine et la décision du gouvernement allemand d'ouvrir en grand les portes aux réfugiés, en particulier de Syrie, un flot ininterrompu de personnes y parviennent chaque jour.


Samedi, environ 12.200 réfugiés, soit quasiment autant que dimanche dernier, juste après l'annonce de Berlin, sont encore ainsi arrivés à Munich. Le flux se poursuivait dimanche matin. Loin d'être une situation exceptionnelle, comme l'affirmait alors la chancellerie, l'afflux du week-end dernier était donc plutôt l'amorce d'un phénomène appelé manifestement à durer.


"Faire de la place pour les nouveaux arrivants"


Résultat : Munich est débordée. Et elle demande de l'aide aux autres grandes villes allemandes. "Munich et la Bavière à eux seuls ne peuvent pas surmonter ce grand défi. Il nous manque actuellement entre 1.000 et 5.000 hébergements d'urgence", a fait savoir la municipalité samedi soir. Dimanche matin, c'est la police qui a souligné que la ville était arrivée à l'extrême limite" de ses capacités d'accueil. Elle ajoute que son objectif est désormais de "continuer à transporter le plus grand nombre possible" de réfugiés vers les autres centres dans le reste du pays "afin de faire de la place à Munich pour les nouveaux arrivants".


Conséquence de la saturation, quelques dizaines de demandeurs d'asile ont dû dormir dehors à même le sol dans la nuit de samedi à dimanche, sur des matelas isotherme et avec des couvertures, faute de place dans les centres. Les autorités locales envisagent désormais de réquisitionner le stade olympique de la métropole, où ont eu lieu les JO d'été de 1972, pour des hébergements.




Dernière édition par Admin le Dim 13 Sep - 14:39, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Dim 13 Sep - 14:34

Munich est debordé, vu le calendrier de la fete de la bière

Quand a lieu la fête de la bière 2015 à Munich ?

La fête de la bière 2015 aura lieu du 19 septembre au 4 octobre 2015.
La 182e édition de la fête de la bière bavaroise a lieu du 19 septembre au 4 octobre 2015.
L’Oktoberfest 2015 à Munich durera donc 16 jours, ou plus de 6 millions de touristes et Munichois se rendront au plus grand événement festif au monde.

Les refugiés, ça fait tache sur la nappe..
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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Lun 14 Sep - 1:30





Pro refugee rally in Budapest

BUDAPEST, HUNGARY - SEPTEMBER 12: Hundreds of people attend a pro-refugee rally in support of refugees in front of the Keleti railway station in Budapest, Hungary on September 12, 2015. Footage by Mehmet Yilmaz / Anadolu Agency
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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Lun 14 Sep - 5:32


La Hongrie mobilise son armée pour canaliser le flux de migrants 12/09 01:09 Reportage de l’un de nos correspondants en Hongrie, Gábor Tanács.


Citation :
Le gouvernement hongrois a pris une décision controversée en décidant de mobiliser l’armée pour gérer l’afflux de migrants. Nous nous trouvons à la base de Hódmezővásárhely, d’où près de 4.000 militaires sont déployés pour assister la police”.

Le déploiement de l’armée est la dernière illustration de l’intransigeance de plus en plus grande de la Hongrie, qui a vu arriver sur son sol 175.000 migrants depuis le début de l’année. Sa frontière avec la Serbie, à quelques kilomètres de là, doit être entièrement fermée d’ici le 15 septembre par une grande clôture barbelée.

Toute la journée, des véhicules militaires sont arrivés dans cette région par l’autoroute qui relie Budapest au sud du pays.

Les conditions d’accueil des migrants ont été vivement dénoncées ces dernières heures, certains témoignages parlant des camps de Röske comme d’un “Guantanamo européen”, où les réfugiés sont parqués dans la boue, et à qui on lance des sandwichs comme à des animaux. Des camps par ailleurs, dont l’accès est interdit aux journalistes et aux organisations humanitaires.


Réfugiés: l’Allemagne réintroduit des contrôles à ses frontières 13/09 18:11

La Hongrie durcit encore sa politique d’immigration
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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Lun 14 Sep - 15:33

Dimanche à Munich, les femmes allemandes solidaires des réfugiés:

A Munich, la solidarité ne faiblit pas 14/09/2015 par xxx

xxx a écrit:
Si le gouvernement allemand a décidé de refermer les frontières, la solidarité des gens ordinaires, elle, ne faiblit pas à Munich.

Zain Raza, militante à Munich, témoigne ce dimanche 12 septembre : « Ce qui se passe à Munich est incroyable. Avec une organisation de base et la démocratie directe, des gens de toutes les couleurs, religions et conditions sociales viennent ensemble aider les réfugiés. L’Etat, d’abord sous le choc, joue un rôle secondaire. Pour autant que je sache, aucun bénévole ne parle de compensation financière ou de reconnaissance, c’est de l’humanité pure.

Aujourd’hui, environ 10.000 réfugiés arrivent et les bénévoles forment de longues chaines pour apporter aux réfugiés de la nourriture, des vêtements et même des jouets. En plus, ils accueillent les réfugiés à bras ouverts, avec des sourires et les guident jusque là où ils peuvent se poser après un voyage long et éprouvant. J’ai passé beaucoup de temps avec le comité d’organisation, et si personne ne sait ce qui se passera demain, car le gouvernement ne fournit aucune information sur le nombre ou l’heure d’arrivée des réfugiés, mais tout le monde reste motivé et possède des compétences organisationnelles qui sont la clef du succès et un exemple pour tout le continent. »



https://communismeouvrier.wordpress.com/2015/09/14/a-munich-la-solidarite-ne-faiblit-pas/


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Lun 14 Sep - 16:18

Ah ! c'est beau la solidarité sans frontières à l'intérieur des frontières, et si seulement « l'humanité pure » et les « compétences professionnelles » étaient « la clef du succès pour tout le continent »...

mais quel succès ? quel continent ? et quelle incontinence des mots...

.
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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Lun 14 Sep - 18:41

vlad2 a écrit:

Un continent europeen encore relativement épargné mais en sursis ?


c'est un peu comme ça que je le vois. Je pense au demeurant que le débat opposant les qualificatifs de "migrants" et "réfugiés", au-delà de l'enjeu immédiat, médié politiquement, masque qu'il y a des deux, non pas tant à trier entre qui est un vrai réfugié digne d'être humainement, humanitairement, accueilli, ou un migrant en trop : la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde, ce qui est vrai, et je constate que les pourcentages d'accueil entre la France et l'Allemagne, par rapport à leur population, ne sont pas si éloignés que ça. Si l'Allemagne referme ses frontières, c'est qu'elle a accueilli sa dose de misère, suffisante à compenser sa démographie


migrants ou réfugiés, c'est globalement une même chose, face et dans le capital, un mouvement historique qui n'a pas commencé ce printemps. Les dirigeants capitalistes européens en sont conscients, et c'est à cela qu'ils répondent, y compris en tenant compte de leurs intérêts politiques à court terme (élections, alliances...)


c'est un mouvement historique qui change les caractéristiques de la lutte de classe, à mon avis malgré le pire pour le meilleur. Du moins est-ce mon analyse, dans le cadre de l'approche conceptuelle de la double crise de l'Occident et du Capital


je risque là, sur le plan théorique, de tordre parfois le bâton dans le sens de ce qui n'est qu'une formule conceptuelle, pas une grille d'analyse systématique. Mais la jeunesse du concept de communisme décolonial, son piège sémantique, sa dissymétrie temporelle et en visée, ce qu'il recouvre comme luttes à fronts renversés - pour les décolonialités mais en communiste, pour le communisme mais à décolonialiser - , font que pour l'heure, je mets le paquet en ce sens, et moi-même je n'y vois pas encore très clair. Il me faudrait des débats en français entrant dans le vif du sujet, qui ne viendront pas je pense avant quelques mois ou quelques années


le colloque au Havre Colloque - Luttes coloniales et décoloniales dans la France d'hier et d'aujourd'hui - le 30 novembre devrait être une étape dans la connaissance du concept, et des clarifications (pour moi) sur l'articulation luttes de classe et combats décoloniaux. Il n'est pas impossible que j'y mette les pieds...
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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Jeu 17 Sep - 2:10


le souverainisme de Valls
Manuel Valls « n’hésitera pas » à restaurer les contrôles temporaires aux frontières Le Monde.fr avec AFP | 16.09.2015


Citation :
« Tout fermer » comme « tout ouvrir » ne sont pas des solutions acceptables. C’est ainsi que Manuel Valls a résumé la position de la France eu égard à la crise migratoire en Europe, mercredi 16 septembre. Il s’exprimait en ouverture du débat à l’Assemblée nationale sur l’accueil de réfugiés en France.

A cette occasion, le premier ministre a annoncé que neuf cents postes de policier et de gendarme allaient être créés, en particulier pour renforcer les contrôles aux frontières. En la matière, pas question de « tout fermer », car ce serait « fermer les yeux sur les réfugiés qui meurent à nos portes », a déclaré Manuel Valls. Manière de dire que la France n’adoptera pas l’attitude de la Hongrie, dont la frontière est hermétiquement fermée depuis lundi soir, et que les migrants arrivant de Serbie commencent à contourner pour prendre la direction de la Croatie, qui accepte de les recevoir.

279 millions d’euros en plus pour l’accueil

Mais pas question non plus de « tout ouvrir », ce qui serait « fermer les yeux sur les difficultés de la société française ». Manuel Valls a ainsi assuré qu’il n’« n’hésitera [it] pas à rétablir des contrôles provisoires aux frontières » de manière temporaire, comme l’y autorise la réglementation de Schengen, et à l’instar de ce qu’ont décidé plusieurs pays européens, dont l’Allemagne.

Pour la France, ce pourrait être une manière de filtrer les arrivées, car le premier ministre a insisté sur la différence entre l’immigration d’origine économique et celle qui peut ouvrir droit à l’asile. Pour la première, « une politique active de reconduite à la frontière » doit être mise en place, tandis que pour l’autre, la France promet de nouvelles aides. Manuel Valls a ainsi annoncé le déblocage de 279 millions d’euros supplémentaires en 2016 pour financer l’accueil de réfugiés et de demandeurs d’asile en France.

Sur le plateau du journal de 20 heures de TF1, Manuel Valls s’est par ailleurs opposé à la suppression de l’aide médicale d’Etat, réclamée par Nicolas Sarkozy, qui permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins. Le premier ministre a argué que  sa suppression « coûterait plus cher » que son maintien.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Ven 18 Sep - 3:55



Les réfugiés sur les rivages d’Europe : l’effet boomerang des guerres impérialistes Vijay Prashad 15/09/15

D’horribles photos de réfugiés en provenance de Syrie et d’ailleurs échoués sur les côtes européennes arrivent sur les médias sociaux.


Cartoon by Rafat Alkhateeb

Citation :
L’une d’entre-elles, notamment, est particulièrement insoutenable – le corps du petit Aylan Kurdi. Il n’avait que trois ans. Il était originaire de la ville syrienne de Kobané, célèbre pour être sur la ligne de front de la bataille qui oppose l‘organisation de l’Etat Islamique et les milices kurdes (principalement le YPG et le PKK).

Le corps d‘Aylan Kurdi reposait dans la position fœtale. Rares furent ceux capables de détourner le regard sans que les larmes ne leur viennent aux yeux.

Le dessinateur jordanien Rafat Alkhateeb a fait un dessin d’Aylan Kurdi. Le corps du bambin repose de l’autre côté d’une clôture barbelée qui le sépare des continents du monde.

Des enfants comme Aylan Kurdi sont jetables dans l’imaginaire collectif. Des milliers d’enfants syriens sont morts dans le silence au cours de ce conflit. Des dizaines de milliers d’enfants meurent dans les conflits en cours à travers le monde.

Selon des estimations des Nations Unies la moitié des morts dans les zones de combat sont des enfants. En 1995, l’UNICEF rapportait que deux millions d’enfants avaient trouvé la mort dans des conflits au cours de la décennie précédente. Ce taux ne décroit pas. Les statistiques heurtent la conscience.

Mais c’est la photo d’Aylan Kurdi qui a ébranlé notre éthique morale – le monde se soucie-t-il vraiment du mal que les guerres et les politiques commerciales diaboliques font aux enfants ? Les preuves tendent à démontrer que ce n’est pas du tout le cas. On ne s’émeut l’espace d’un instant que lorsque l’on voit une photo comme celle du corps sans vie d’Aylan Kurdi. Il nous fend le cœur. Mais il ne changera guère notre politique.

L’Occident croît qu’il est acceptable qu’il intervienne pour influer sur l’économie politique du Tiers Monde – d’imposer à ces états les « réformes » pilotées par le FMI. Le Capital a le droit de ne pas avoir de frontières. Cette liberté ne s’applique pas à la main-d’oeuvre – aux personnes. La migration est interdite. Elle est haïssable. Les idées racistes permettent que des forteresses soient construites contre les mouvements naturels des personnes. Des clôtures barbelées et des miradors de camps de concentration bordent la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, de même que des clôtures et les douves que constitue la Méditerranée bloquent l’entrée de l’Europe.

Si le Capital détruit la société ici, on ne peut autoriser son peuple à migrer là-bas.

L’Occident croît qu’il est acceptable qu’il renverse des gouvernements et bombardent ses ennemis dans les contrées du Tiers Monde. Il voit là toute l’étendue de son humanitarisme. Il appelle cela intervention humanitaire ou en langage onusien « responsabilité de protection » (R2P). Lorsqu’il détruit des états, comme il l’a fait de la Libye, l’Occident n’endosse pas la responsabilité de la vie brisée des peuples de ces régions. Les bombes n’ont pas de frontières. Mais les réfugiés de guerre doivent faire de longues queues et être détenus dans des camps de concentration. On ne leur accorde pas la liberté de mouvement.

L’hypocrisie est au cœur de la morale de l’élite occidentale. Elle utilise des mots comme « liberté » et « égalité » mais veut dire la plupart du temps le contraire. La liberté des êtres humains et l’égalité entre êtres humains n’ont pas d’importance. Plus importante est la liberté de l’Argent. C’est l’Argent qui ne peut voir sa liberté entravée.

L’Europe et les Etats-Unis veulent tous deux construire des murs pour empêcher la libre circulation des personnes. La Statue de la Liberté dans le port de New York arbore ces mots « Donne-moi tes pauvres, tes exténués, qui en rangs pressés aspirent à vivre libres. » Il s’agit du poème d’Emma Lazarus datant de 1883. Ces mots ne veulent aujourd’hui plus rien dire. Il n’y a aucune exhortation à envoyer les exténués, les pauvres en rangs pressés vers des lieux sûrs. Il y a surtout le chauvinisme inspiré par l’Etat qui dresse des barrières et profère des menaces de déportation.

La chanson de Woody Guthrie de 1961, « Deportee, » est plus appropriée : « Ils nous chassent comme des hors-la-loi, comme des voleurs de bétail, comme des brigands. Nous sommes morts dans vos collines, nous sommes morts dans vos déserts, nous sommes morts dans vos vallées et dans vos plaines. » Il aurait ajouté, nous sommes morts sur vos rivages.

Mais il n’y a pas que ces éléments toxiques. Il y a aussi l’éthique morale des peuples – en Allemagne des bannières de bienvenue aux réfugiés sont déployées lors de match de football, à Calais des convois de Britanniques ordinaires viennent apporter nourriture et vêtements aux réfugiés, en Europe de l’Est des militants internationalistes radicaux manifestent contre les néo-fascistes et racistes. Aux Etats-Unis, il y aussi les Dream Defenders (Défenseurs du Rêve) et United We Dream (Unis Nous Rêvons) qui se battent pour les résidents sans papiers, qui ont participé aux rassemblements pro-immigrants gigantesques et qui ont adopté le premier mai comme leur journée.

Ces signes du côté positif de l’histoire sont souvent ignorés par la presse, qui a tendance à médiatiser à outrance le côté négatif pour stimuler ses ventes. De tels gestes de solidarité nous disent ce qui est possible en Occident.

Aylan Kurdi est mort. Il reste beaucoup d’autres Aylan Kurdi. L’indignation que provoque en nous cette mort effroyable devrait nous amener à nous impliquer davantage dans une voie politique qui réclame la désescalade de la violence en Syrie et un processus de paix sérieux en Lybie, qui nous oblige à faire preuve de détermination dans notre combat contre la destruction de sociétés et d’Etats par le FMI et l’OTAN.

Ceci est, fondamentalement, un appel à un anti-impérialisme résolu. Qu’est-ce que l’impérialisme, sinon une force extra-économique comme la guerre ou la rédaction de réglementations commerciales inégalitaires qui permettent à une petite minorité capitaliste de confisquer la plus grande part de la richesse sociale produite dans le monde. Des réfugiés comme Aylan Kurdi sont des « réfugiés climatiques », des « réfugiés victimes du renversement de régimes » et des « réfugiés du FMI. »

Les gestionnaires de l’Occident ne parleront que de tragédies et de sécurité. Pour eux les gens sont des migrants, des déportés, ceux dont la mobilité doit être restreinte. Leur imagination est limitée. Ils ne voudront pas parler des causes du problème – les guerres et les politiques économiques qui jettent des millions de gens dans le statut de réfugié. C’est à nous de le faire. Au nom d’Aylan Kurdi.

Cet essai est paru dans BirGün, Ganashakti et CounterPunch.

4 septembre 2015 - CounterPunch - Vous pouvez consulter cet article à : 
http://www.counterpunch.org/2015/09...
Traduction : Info-Palestine.eu – MB


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Lun 21 Sep - 5:37

lu sur Médiapart, Par La Chapelle en Lutte 19 septembre 2015



"Évacuation des campements parisiens : de la rue à la mise au placard," communiqué des migrants témoins ayant fui l'hébergement

(traduit de l'Arabe)


Citation :
Nous, réfugiés, avons fui des situations critiques, nos vies étaient menacées, nous avons migré dans des conditions catastrophiques et risqué nos vies chaque jour. Beaucoup d'entre nous sont morts en traversant le désert et la mer. Le peu d'entre nous qui est arrivé en France espérait une vie digne sur cette terre d'asile et des droits de l'homme comme elle est présentée dans les médias. Mais, l'accueil a été la misère des rues, la clochardisation, la pluie, le froid, et le dénuement.

Après l'évacuation du campement de la mairie du 18ème, nous avons été amenés dans un centre d'hébergement d'urgence où tous les engagements des autorités et de l'administration se sont avérés faux. Lors de notre arrivée au CHU de Nanterre, annexe de l'hôpital psychiatrique*, la vision était surprenante et terrifiante pour nous, à cause de la laideur et des nombreux malades dont l'état nous inquiétait. Nous ne sommes pas descendus du bus par crainte. L'administration nous a demandé de choisir trois d'entre nous pour visiter les dortoirs à l'intérieur du centre et faciliter le dialogue. Les trois réfugiés ont confirmé que l'endroit n'était pas convenable et non conforme aux promesses des responsables intervenus le matin même avant l'évacuation du campement.

Lorsque nous avons tous refusé d'accepter cet hébergement à cause des conditions indignes, la police est intervenue sur ordre des autorités. Ils ont alors interpellé les trois personnes désignées pour discuter avec l'administration et faciliter le dialogue en ce qui concerne l'hébergement. L'administration a usé de ruses contre nous et a employé cinquante policiers pour nous effrayer et exercer des pressions. Ils ont pris les trois que nous avions choisis, la police les a emmenés à un endroit inconnu et nous n'avons plus eu de nouvelles d'eux.

Le cauchemar ne s'est pas arrêté là: nous sommes restés enfermés durant plusieurs heures dans le bus. Ils ont interdit l'accès aux toilettes et nous ont affamé pour nous obliger à accepter cet hébergement. Nous avons été choqués de l'attitude et du comportement inacceptable de l'état français envers les refugiés.
Au final certain réfugiés ont accepté cet hébergement contraire à la dignité humaine, bien que sous la contrainte.

Nous autres au vu des mauvaises conditions avons délaissé ce centre et avons préféré l'errance.
Nous ne demandons que le respect de nos droits humains et une vie digne. Nos droits ne sont pas des exigences élevées. Nous ne demandons qu'un logement dans des conditions normales et dignes et la reconnaissance de notre statut de réfugiés dans les pays qui prétendent respecter les droits de l'homme.

Des migrants témoins ayant fui l'hébergement.



* ndlr: Il s'agit du centre d'hébergement et d'assistance aux personnes sans abri (CHAPSA, annexe du CASH, Centre d'Accueil de Soin et d'Hébergement de Nanterre).


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