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 (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...

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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Lun 21 Sep - 10:54

La nouvelle gestion des migrations :

Aprés l’appli "gouvernementale" ? turque/ kurde ? qui a acceleré l’exode de Turquie, l’appli hongroise de sortie du labyrinthe

UN AUTRE PETIT COIN… par François Leclerc

Billet invité.
Un couple de Hongrois a développé et mis en service une appli destinée aux réfugiés, InfoAid. Disponible en anglais, arabe, farsi, hongrois, ourdou et pachto, celle-ci permet d’obtenir des informations pratiques actualisées : état des frontières, disponibilité, localisation et destination des bus, procédures de demandes d’asile, etc… Plus de 700 réfugiés ont déjà téléchargé InfoAid, rejoints quotidiennement par une centaine de nouveaux, qui peuvent tous répandre l’information autour d’eux.

http://www.pauljorion.com/blog/2015/09/20/un-autre-petit-coin-par-francois-leclerc/

La sélèction des refugiés par les Municipalités et les ONG :

La fête de la bière s'ouvre à Munich en plein afflux de réfugiés

Munich (Allemagne) - La traditionnelle fête de la bière de Munich s'est ouverte samedi midi, avec 400.000 visiteurs attendus pour cette seule journée dans le sud de l'Allemagne, qui connaît parallèlement un afflux de réfugiés et a pris des mesures pour éviter tout débordement.

Le maire de la capitale bavaroise, Dieter Reiter, a donné à 12H00 locales (10H00 GMT) le coup d'envoi de cette 182e édition de l'Oktoberfest, en enfonçant de deux coups de marteaux le premier fût avant de porter un toast à la plus grande fête dédiée à la bière au monde.

Venus de tous les continents, les visiteurs ont adopté la traditionnelle tenue, parfois achetée à la hâte sur un stand, avant de plonger dans la mousse et les flonflons: culottes de peau et bretelles brodées pour les hommes, corsages plissés et largement décolletés pour les femmes, le tout conçu pour laisser s'épanouir les ventres tendus par la boisson.

Naguère tenue en octobre pour commémorer le mariage de Louis II de Bavière, puis avancée pour profiter d'une météo plus clémente, la manifestation attend plus de 6 millions de participants et devrait rapporter, en 16 jours, environ un milliard d'euros à l'économie locale.

On aime la tradition ici, tout le monde sur son trente-et-un - c'est une véritable fête populaire, confie à l'AFP Gabriel Estrada, ingénieur mexicain de 49 ans employé par BMW, venu avec sa femme et son fils de 22 ans.

Mais pour son épouse Beatriz, 48 ans, il y a beaucoup de gens inquiets - ils ne savent pas comment les choses vont se passer et redoutent des agressions.

Car Munich connaît parallèlement un afflux de migrants fuyant principalement la Syrie, l'Afghanistan et l'Irak, avec plus de 20.000 demandeurs d'asile pour chacun des deux derniers week-ends, même si le rétablissement dimanche de contrôles à la frontière autrichienne a réduit les arrivées cette semaine.

La situation est beaucoup plus détendue que ces derniers jours, a confirmé Wolfgang Hauner, porte-parole de la police fédérale.

Les autorités bavaroises entendent néanmoins séparer les différents groupes pour qu'aucune situation de conflit n'apparaisse, estimant que les demandeurs d'asile venus majoritairement de pays musulmans ne sont pas habitués à rencontrer en public des gens extrêmement ivres.

Wilfried Blume-Beyerle, chargé de l'Oktoberfest au sein du gouvernement bavarois, a dès lors expliqué que les visiteurs de la fête de la bière seront orientés vers la sortie sud de la gare, près du Wiesn, le lieu du rassemblement des buveurs où 500 policiers sont déployés.

Les migrants sortiront eux par le nord, où des volontaires les accueillent tous les jours avec de la nourriture, des boissons et d'autres produits de première nécessité.

Ils ne pourront pas maintenir éternellement les contrôles aux frontières, juge cependant Colin Turner, l'un des porte-parole des bénévoles, qui s'attend à ce que l'afflux reprenne à la gare de Munich après la fin de l'événement, lle 4 octobre.

Bien sûr, ils ont redirigé les gens pour qu'ils ne viennent pas pendant l'Oktoberfest, mais les voir arriver en train à Munich, par larges groupes, nous aide à coordonner notre aide, souligne-t-il.

(©AFP / 19 septembre 2015 13h58)

http://www.romandie.com/news/La-fete-de-la-biere-souvre-a-Munich-en-plein-afflux-de-refugies/631465.rom

En Espagne :

COIN DE CIEL BLEU…, par François Leclerc
Billet invité.

Ada Colau, la nouvelle maire de Barcelone, a lancé le réseau des « villes refuges », et la ville de Valence, conquise lors des récentes élections municipales par l’alliance Compromis (engagement en espagnol), soutenue par Podemos, est passée à l’acte. Un navire pouvant transporter 1.200 personnes ira début novembre chercher des réfugiés à Lesbos, afin de pouvoir les accueillir dans la région. A l’aller, du matériel humanitaire sera acheminé dans l’île. Au retour, des bénévoles membres d’ONG prépareront leur accueil en recensant leurs besoins médicaux, de logement et de scolarisation des enfants. Dans la Région valencienne, un réseau de villes et de villages s’est constitué pour y répondre. La Région y contribuera également. Plusieurs aller-retour du navire sont envisagés. Les réfugiés seront sélectionnés à Lesbos, en coordination avec les ONG qui y interviennent.

http://www.pauljorion.com/blog/2015/09/19/coin-de-ciel-bleu-par-francois-leclerc/


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Mar 22 Sep - 18:47

Assawra - الثورة
Site du Mouvement Démocratique Arabe


Ces pays qui accueillent des millions de réfugiés syriens


Une petite fille Syrienne, sur une autoroute, à la frontière entre la Serbie et la Hongrie


Le débat qui fait rage en Europe sur la nécessité d'imposer des quotas de réfugiés pour chaque pays de l'Union nécessite de se pencher sur le cas des trois États les plus généreux en matière d'accueil de Syriens. Et ce sont ses voisins les plus proches
.

Citation :
Turquie : au moins 2 millions de réfugiés

La Turquie est le pays le plus généreux. Tablant sur une chute rapide de Bachar el-Assad, le président turc Recep Tayyip Erdogan a dès 2011 entièrement ouvert les frontières de son pays aux civils syriens fuyant les bombardements de l'armée, puis les exactions du groupe État islamique. Sur place, les Syriens n'ont pas le statut de réfugié mais d'"invités". En acceptant de se soumettre à ce statut temporaire, les Syriens se voient octroyer une carte de résidence leur garantissant l'accès à nombre de services sociaux dont bénéficient les citoyens turcs (santé, éducation). Pour accueillir ses "invités", Ankara n'a pas lésiné sur les moyens et a construit 25 camps, notamment dans l'est du pays, pour un montant avoisinant les 5,5 milliards de dollars.
Or, seuls 15 % des réfugiés syriens en Turquie (soit 265 000 personnes) résident dans ces camps, les autres vivant dans les grandes villes du sud du pays (notamment à Gaziantep), mais aussi à Istanbul, qui compte pas moins de 350 000 réfugiés syriens. En effet, outre la capacité limitée des camps, la majorité des Syriens préfère mener une vie normale en dehors de ces installations. Sauf que la présence durable de cette population étrangère et précaire, à la main-d'oeuvre bon marché, est devenue un facteur de tension grandissante avec les populations locales, provoquant plusieurs incidents.
De l'avis des experts, cette population syrienne, n'ayant pas vocation à rentrer en Syrie, constitue une véritable "bombe à retardement", notamment au vu du notable ralentissement de l'activité économique en Turquie. Résultat, les forces de sécurité turques ont en juin dernier pour la première fois repoussé des réfugiés syriens kurdes qui voulaient pénétrer en Turquie alors qu'ils tentaient d'échapper aux combats opposant miliciens kurdes et djihadistes de l'organisation État islamique.

Liban : au moins 1,1 million de réfugiés

Le pays du Cèdre accueille l'équivalent du quart de sa population en réfugiés syriens, soit le ratio le plus élevé au monde. Échaudé par l'expérience palestinienne – le Liban abrite depuis soixante ans quelque 400 000 réfugiés palestiniens n'ayant pas vocation à partir –, Beyrouth n'a pas voulu bâtir de camp pour les Syriens, qui habitent dans des campements informels – souvent rudimentaires – à travers le pays. En septembre 2014, le Liban annonce toutefois l'ouverture de deux camps censés accueillir 10 000 personnes chacun. S'ils n'ont pas le statut de "réfugiés", les Syriens bénéficient toutefois de la plupart des services sociaux de base par le biais des institutions publiques.

Cet afflux de migrants met en tout cas à rude épreuve les nerfs de l'opinion publique libanaise, qui voit affluer sur son territoire des centaines de milliers de populations sunnites susceptibles de déstabiliser la fragile mosaïque confessionnelle composant le pays, qui compte pas moins de 18 communautés religieuses. Qui plus est dans un pays officiellement "neutre" dans le conflit syrien, mais en réalité déchiré politiquement entre chiites soutenant Bachar el-Assad et sunnites partisans de la rébellion syrienne. Sous occupation syrienne pendant vingt-neuf ans, le Liban est ensuite resté sous l'influence de Damas malgré le départ de ses derniers soldats en avril 2005, après l'assassinat du Premier ministre libanais Rafic Hariri, dans lequel le régime de Bachar el-Assad est fortement soupçonné.

Ce n'est donc pas un hasard si le pays du Cèdre a directement subi les contrecoups de la révolution syrienne. À partir de 2012, des affrontements ont éclaté entre quartiers alaouites et sunnites dans la ville de Tripoli, puis se sont élargis à Beyrouth et à d'autres villes. Les Libanais ont particulièrement mal accueilli la dégradation de la situation sécuritaire dans des villes proches de la frontière telle Aarsal (Est), qui compte des dizaines de milliers de réfugiés tenus pour responsables. En août 2014 notamment, une incursion dans cette localité de djihadistes venus de Syrie avait entraîné des combats avec l'armée libanaise, faisant des dizaines de morts.

L'accueil massif de réfugiés pèse également lourdement sur les finances publiques du pays, qu'il s'agisse des hôpitaux, des écoles ou des services publics. Leur accès strictement réglementé au marché du travail alimente de fait le secteur informel et provoque de fortes tensions avec les Libanais. D'après le FMI, le chômage a "quasiment doublé" depuis le début de la crise syrienne et frappe désormais 20 % de la population active, tandis que la croissance économique de 2 % est bien inférieure au niveau qui était le sien avant le début de la révolution.

Ces menaces pesant sur l'avenir du Liban ont amené les autorités à infléchir leur politique pour limiter l'entrée des réfugiés syriens, qui se sont vu imposer en début d'année 2015 une obligation de visas et un durcissement des mesures d'entrée à la frontière. Des procédures coûteuses de renouvellement de séjour ont également été imposées. Déjà fragilisés sur le plan économique, les réfugiés syriens du Liban ont souffert en juillet de la décision du Programme alimentaire mondial de réduire de moitié son aide mensuelle à 13,50 dollars (12 euros) par personne, en raison du manque d'aide internationale.

Jordanie : au moins 629 000 réfugiés

Ils sont 1,4 million de réfugiés (soit 20 % de la population totale de 6,5 millions d'habitants) selon le royaume hachémite. 629 000 réfugiés enregistrés selon le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR). Pour faire face à cet afflux sans précédent, l'ONU a construit deux vastes camps dans le nord de la Jordanie. Le premier, Zaatari, ouvert en juillet 2012, rassemble quelque 80 000 réfugiés. Le second, Azraq, en compte seulement 22 000 pour une capacité d'accueil de 50 000 personnes. Chaque réfugié y reçoit une aide alimentaire mensuelle de 28 dollars, distribuée sous forme de carte électronique à recharger chaque mois.
Mais les conditions de vie spartiates dans les installations onusiennes – des conteneurs disposés sur le sable du désert jordanien – poussent 85 % des Syriens à vivre en dehors des camps pour tenter de mener une vie "plus normale". Problème, à l'extérieur, si les réfugiés sont libres, ils ne sont pas autorisés à travailler ni à demander l'asile auprès d'ambassades occidentales. Quant aux enfants, ils éprouvent les plus grandes difficultés à accéder à l'éducation.

L'afflux de réfugiés, qui pèse sur la Jordanie, pousse le pays à fermer ses frontières. En juin dernier, l'organisation Human Rights Watch révélait les sévères restrictions imposées depuis mars par les autorités jordaniennes aux Syriens à la frontière orientale du pays, laissant des centaines d'entre eux errer dans le désert. Le 19 septembre, le Premier ministre jordanien Abdallah Nsour soulignait "le poids et la pression exercés par les réfugiés syriens sur le royaume", déplorant le manque de ressources et d'aide de la communauté internationale.

Ce manque de dons a contraint le Programme alimentaire à exclure de son aide mensuelle plus de la moitié des réfugiés syriens "de la communauté [en dehors des camps, NDLR]". Et avec une aide alimentaire mensuelle réduite à 14 dollars (12,40 euros), les Syriens "de la communauté" sont plongés dans une situation d'extrême pauvreté, si ce n'est de survie. Si les familles qui conservent un peu d'argent tentent la dangereuse traversée vers l'Europe, les plus pauvres sont condamnées à rentrer au pays.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Ven 25 Sep - 9:08


« On est chez nous »




Paris: manif contre "la déferlante migratoire" 24/09/2015

Citation :
A l'appel de plusieurs organisations proches de l'extrême droite, près de 500 personnes se sont rassemblées ce soir à proximité du consulat d'Allemagne à Paris pour dénoncer "la déferlante migratoire sur l'Europe". Proche du parti d'extrême droite Front national, le mouvement Siel (Souveraineté, indépendance et libertés), qui organisait la manifestation, avait déployé deux grandes banderoles proclamant: "Les nôtres avant les autres" et "de frontières, - de misère".

Plusieurs intervenants se sont succédé sur une scène improvisée, devant des drapeaux français, allemand, ou hongrois, en hommage aux positions du Premier ministre hongrois radical Viktor Orban. Parmi eux, une porte-parole du mouvement allemand Pegida (Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident), Melanie Dittmer, a jugé que "Angela Merkel déshonorait l'Allemagne et voulait faire de l'Europe les latrines du monde", brûlant un drapeau européen sous les applaudissements de la foule. Les manifestants se sont dispersés dans le calme après 21H00, après avoir chanté la Marseillaise, l'hymne national français.



« Les nôtres avant les autres »

«+ de frontières, - de misère»

Paris-Normandie

A Paris plusieurs centaines de personnes dénoncent «la déferlante migratoire»

Citation :
Plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées jeudi 24 septembre dans la soirée à proximité du consulat d’Allemagne à Paris pour dénoncer «la déferlante migratoire sur l’Europe», à l’appel de plusieurs organisations proches de l’extrême droite, a constaté un journaliste de l’AFP.

Mouvement allié au FN, le Siel (Souveraineté, indépendance et libertés), qui organisait la manifestation, avait déployé deux grandes banderoles proclamant: «Les nôtres avant les autres» et «+ de frontières, - de misère».

«Nous voulons cristalliser la colère des Français contre le diktat qui leur est imposé par François Hollande, Bruxelles et Angela Merkel, la déferlante migratoire d’individus dont très peu fuient la guerre ou un régime autoritaire mais qui ont pour la plupart une motivation économique», a déclaré à la presse le président du Siel, Karim Ouchikh.

«L’Europe est victime d’une tragédie sans précédent, avec des dizaines de milliers d’hommes qui investissent chaque mois le sol européen, que le patronat allemand et français voudraient réduire à une main d’oeuvre taillable et corvéable à merci mais qui sont porteurs d’une identité forte, d’une religion, l’islam, sûre d’elle-même, d’un mode de vie radicalement différent et qui déstabilisent définitivement le peuple européen», a ensuite affirmé Karim Ouchikh devant quelque 500 personnes, selon la préfecture de police, qui ont bravé une pluie persistante.

«Que nous soyons Français d’ancien lignage ou comme moi Français aux quartiers de noblesse plus récents, nous refusons cette logique suicidaire de substitution d’un peuple qui condamne à terme la civilisation européenne», a-t-il poursuivi, sous les cris de «On est chez nous».

Un cordon de CRS bloquant l’accès à la rue Marbeau (16e arrondissement), où se trouve le consulat allemand devant lequel devait se tenir le rassemblement, les manifestants s’étaient repliés vers une place proche.

Plusieurs intervenants se sont succédé sur une scène improvisée, devant des drapeaux français, allemand, ou hongrois, en hommage aux positions du Premier ministre Viktor Orban, dont l’écrivain Renaud Camus, théoricien du «grand remplacement» (par l’immigration) qui menacerait selon lui la société française, condamné en 2015 pour provocation à la haine, et le président de Riposte laïque, Pierre Cassen.

Une porte-parole du mouvement allemand anti-islam et anti-réfugiés Pegida (Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident), Melanie Dittmer, a jugé que la chancelière «Angela Merkel déshonore l’Allemagne et veut faire de l’Europe les latrines du monde», et a brûlé un drapeau européen sous les applaudissements de la foule.

Les manifestants se sont dispersés dans le calme après 21H00, après avoir chanté la Marseillaise.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Ven 25 Sep - 13:05

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L’UE adopte un plan pour refouler les réfugiés Martin Kreickenbaum WSWS 25 septembre 2015

Martin Kreickenbaum a écrit:
Un sommet des chefs de gouvernement de l'Union européenne s’est terminé jeudi matin sans qu'aucun détail des longues discussions ou des décisions prises ne parvienne aux médias ni au public. Associated Press a cité un projet de texte qui dirait que les dirigeants de l'UE ont discuté des moyens à long terme pour mettre fin à « la situation dramatique à nos frontières extérieures et renforcer les contrôles à ces frontières. »

AP a rapporté que les propositions discutées comprenaient le déploiement de personnel supplémentaire pour fermer les frontières de l'UE et le don d'au moins €1 milliard à des organismes d'aide internationaux afin de maintenir les réfugiés dans des camps près des zones de conflit comme la Syrie. On augmenterait aussi l'aide au Liban, à la Turquie et à la Jordanie, qui hébergent des millions de personnes fuyant les combats en Syrie.

La réunion des chefs de gouvernement suivait une réunion des ministres de l'Intérieur de l'UE mardi où, après 10 heures de pourparlers, ceux-ci avaient convenu d'un nouveau système de quotas de distribution des réfugiés aux divers Etats membres. Les quotas ont fait l'objet de véhémentes disputes.

Contrairement à la procédure habituelle où de telles questions de politique exigent l'accord unanime, les ministres de l'Intérieur ont pris une décision à la majorité. Le gouvernement polonais, initialement opposé au plan des quotas, a accepté de le soutenir au cours de la réunion, en échange de certaines concessions.

Contrairement à la proposition initiale de la Commission de l'UE, il n'y aura pas de quotas fixes déterminés sur la base de la population, le pouvoir économique et le taux de chômage. Chaque gouvernement adoptera bien plutôt l’attribution des admissions sur une base volontaire. En outre, les différents États auront le droit de choisir les réfugiés qu'ils acceptent de recevoir.

La réunion était centrée sur la distribution d'un total de 120.000 réfugiés sur les centaines de milliers cherchant déjà à entrer en Europe. Dans les deux prochaines années, 15.600 réfugiés actuellement en Italie et 50 400 actuellement en Grèce sont censés être pris en charge par d'autres pays.

Quelques 54.000 réfugiés devant initialement être réinstallés en Hongrie, le seront en Italie, en Grèce et dans d’autres pays, car la plupart des réfugiés enregistrés en Hongrie ont déjà quitté le pays et le gouvernement hongrois refuse d'en accepter plus et de se conformer à un système de redistribution.

Étant donné que l'UE s'attend à l'arrivée d'au moins un million de réfugiés rien que cette année, le chiffre de 120.000 devant être réinstallés sur deux ans n'est qu'un chiffre symbolique. Avec un afflux moyen de 6.000 réfugiés par jour, le maximum sur deux ans sera atteint en seulement 20 jours.

Contrairement aux affirmations officielles, l'objectif du système de quotas n'est pas de « répartir justement » la charge à travers l'Europe. C’est plutôt un nouveau mécanisme en train d'être mis en place pour maîtriser le flux des réfugiés, accélérer leur expulsion et fermer les frontières extérieures de l'UE.

Ce sont les ministres de l'Intérieur de l'Allemagne et de l'Autriche qui ont le plus insisté sur les quotas. Bien que Berlin et Vienne se soient engagés à prendre des réfugiés supplémentaires, ils espèrent que ces règlements conduiront à une diminution spectaculaire du nombre de réfugiés.

Après la réunion, la ministre autrichienne de l'Intérieur Johanna Mikl-Leitner, a insisté sur le fait que les nouvelles règles visaient un effet dissuasif. « La chose tout à fait décisive aujourd'hui c'est que nous arrivons au début de la fin », a-t-elle dit à la chaîne de télévision ORF. « Parce que si 120.000 sont distribués uniformément, y compris aux soi-disant 'pays peu attrayants', c'est un coup double et un signal à deux égards. D'abord, c'est un allègement de la charge le long de la route à travers les Balkans et un allègement de la charge de l'Autriche. Deuxièmement, les réfugiés n'auront plus le droit de décider où ils demandent l'asile. »

Mikl-Leitner a indiqué que le système de quotas n’est qu’une première étape pour stopper l'afflux de réfugiés. Elle a souligné que « le contrôle des frontières extérieures et la mise en place de hot spots [centres d'accueil de masse] sont tout à fait décisifs pour réduire l'afflux de réfugiés ».

Le ministre allemand de l'Intérieur Thomas de Maizière s’exprimé de la même manière. « Nous avons besoin de mettre fin à l'afflux, » a-t-il dit. Il a ajouté dans un communiqué de presse que l'objectif des mesures était « la protection des frontières extérieures de l'UE, le rapatriement cohérent des immigrants qui n’ont pas besoin de protection, et le respect et l'application des règles du Régime d'asile européen commun par tous les Etats membres ».

Contrairement aux affirmations de plusieurs organisations de réfugiés, les règles relatives aux quotas ne remettent pas en cause l'accord de Dublin. Selon cet accord, le premier pays européen où entre un réfugié doit le prendre en charge et initier la procédure d'asile. La décision de l'UE est très explicite sur le fait que le mécanisme de répartition de la règle de Dublin n'a pas été remplacé, mais seulement élargi pour faire face à une situation d'urgence.

En outre, le document de l'UE énumère sans ambages et dans le menu détail les mesures répressives que les réfugiés auront à subir. Ils n’auront pas le droit de déterminer où ils seront envoyés. En outre, seuls les réfugiés en provenance de pays avec un taux de reconnaissance moyenne de 75 pour cent seront répartis. À l'heure actuelle, ce sont principalement des réfugiés de la Syrie et de l'Érythrée qui remplissent ces critères.

En outre, les réfugiés concernés ne recevront aucun document international valide pour voyager. Cela signifie en pratique un élargissement des conditions de résidence en Allemagne à l'ensemble de l'Europe. En effet, les réfugiés seront captifs dans leur pays d'affectation. Ils doivent pointer régulièrement aux autorités et recevront seulement des prestations non monétaires.

L'élément central de l'accord est la mise en place rapide des soi-disant «hot spots» dans les Etats frontaliers de l'UE. Le mot est synonyme de camps de concentration où les réfugiés qui y arrivent seront enregistrés dans une procédure accélérée et leurs demandes d'asile soumises à un examen préliminaire.

L'enregistrement des réfugiés sera fait par l'agence de protection des frontières Frontex, le Bureau européen d’aide à l’asile (EASO) et Europol, l'autorité européenne de police. En plus d'un examen médical, le but principal de ces procédures est de déterminer le pays d'origine, la route empruntée pour arriver dans l’UE et l'identité de ceux qui ont aidé à la fuite des réfugiés. Les empreintes digitales de tous les réfugiés seront prises.

Toute personne qui passe à travers le filet des «hot spots» sera expulsée. Frontex, dont le mandat va être élargi, sera chargé de cette tâche. Le budget pour l'agence Frontex sera augmenté de 54 pour cent à €176 millions et l'UE veut accorder €500 millions supplémentaires pour les déportations.

Le premier camp est actuellement en construction à Catane en Sicile. Les plans pour un deuxième camp dans la ville grecque du Pirée sont bien avancés.

La règle de Dublin qui fait porter sur la Grèce et l'Italie la responsabilité des procédures d'asile des réfugiés qui arrivent dans ces pays est devenue pratiquement inapplicable en raison de la hausse spectaculaire du nombre des réfugiés. Rien que cette année, 442,400 réfugiés ont déjà traversé la Méditerranée vers l'UE, dont 319 000 sont passés par la Grèce, selon un rapport publié par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés. Rien que depuis août, les autorités grecques ont enregistré 192.000 réfugiés.

Les autorités grecques et italiennes n’avaient ni la volonté ni la capacité d'effectuer la procédure d'asile toutes seules et ont réexpédié les réfugiés avec des documents de voyage temporaires. C’est ce qui a commencé la longue marche des réfugiés à travers les Balkans à destination de l'Allemagne où le gouvernement s'attend maintenant à l’arrivée d’environ 800.000 réfugiés cette année.

Les règles de quotas et la mise en place de «hot spots» visent à reprendre le contrôle de l'afflux de réfugiés et de faciliter une mise en œuvre complète de la règle de Dublin, dont le but principal est de maintenir les réfugiés en dehors des pays riches de l'UE comme l'Allemagne, la France, la Grande-Bretagne et les pays du Benelux (Belgique, Hollande et Luxembourg). L'opposition aux quotas de distribution des états d’Europe de l’Est est basée, en partie, sur la peur qu’à l'avenir, des masses de réfugiés en provenance des pays les plus riches de l'Ouest seraient renvoyés vers l'Europe de l'Est en conformité avec la règle de Dublin.

Outre le maintien des réfugiés dans les pays frontaliers de l'UE, l'Union européenne recherche à déployer des renforts militaires aux frontières extérieures. Dans une lettre d'invitation au sommet de mercredi des chefs de gouvernement de l'UE, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a dit que l’exclusion des réfugiés était la tâche la plus urgente. « Nous, Européens, ne sommes pas actuellement en mesure de gérer nos frontières extérieures communes », a-t-il écrit, « donc certains Etats ont décidé de se protéger en fermant leurs frontières nationales. La protection de la Communauté européenne est notre premier devoir et obligation et nous avons échoué sur ce front ».

Parallèlement à la construction de clôtures de fil de fer barbelé en Bulgarie, en Grèce et en Hongrie avec le soutien financier de l'UE, la police de protection des frontières sera massivement armée avec l'aide de Frontex et l’armée sera postée aux frontières extérieures afin d'empêcher les réfugiés d'entrer dans l'UE. Suivant l'exemple du gouvernement hongrois, le gouvernement bulgare a annoncé qu'il allait déployer jusqu'à 1.000 soldats sur sa frontière avec la Turquie.

Le Ministre Président hongrois Victor Orban a agi d'une manière particulièrement belliqueuse, qualifiant le flot de réfugiés de « danger brutal » et déclarant, «Ils nous envahissent. Ils ne se limitent pas à frapper à la porte, ils la défoncent à coups de pied ».

Orban est loin d’être le seul à parler ainsi. L'Union chrétienne-sociale bavaroise, qui fait partie de la coalition gouvernementale allemande, a invité Orban à une réunion à huis clos où on lui a permis de répéter ces remarques, provoquant des applaudissements enthousiastes. Cela ne démontre que trop clairement qu’Orban n’est pas un paria. Au contraire, il parle au nom de la politique européenne dominante. Ceci contraste avec l'attitude de larges couches de la population qui ont répondu à la crise des réfugiés par des démonstrations de solidarité et une volonté d'aider les migrants désespérés.

(Article paru en allemand le 24 septembre 2015)


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Dim 27 Sep - 2:21


«l’encampement du monde»


Michel Agier « La crise migratoire met en évidence celle de l’Etat-Nation » Catherine Calvet — 22 septembre 2015 à 17:06


Vue aérienne de la «nouvelle jungle» de Calais, en juillet.
Environ 3 000 migrants y vivent en attendant de passer en Angleterre.

A Calais ou à Vintimille, les campements de réfugiés se multiplient aux frontières de l’Europe. Des «hot spots», objets ce mercredi d’un sommet européen exceptionnel. Pour l’anthropologue Michel Agier, ces zones grises reflètent la vie d’individus faisant partie désormais de circuits économiques et sociaux beaucoup plus larges que ceux d’un seul Etat.

L’anthropologue Michel Agier appelle cela «l’encampement du monde» (1). Zones d’attente, centres de «rétention» ou «d’accueil»… A mesure qu’ils se multiplient et que l’attente des exilés s’allonge, les camps sont devenus un lieu de vie quotidien pour des générations de réfugiés. Et le moyen pour les Etats de gérer ceux qui seraient «en trop».

Citation :
Alors que les ministres de l’Intérieur européens ont consacré mardi un conseil extraordinaire aux «hot spots», ces nouveaux camps bâtis aux frontières de l’Europe, et que les présidents et chefs de gouvernement aborderont le sujet ce mercredi soir, Michel Agier analyse l’attitude de l’Union face à l’afflux actuel de migrants.

Va-t-on vers un «encampement» de l’Europe?

C’est un vrai défi pour notre continent. On peut faire soit comme l’Allemagne, accueillir et donner l’asile en s’appuyant sur la société civile et sur les associations, soit créer et faire durer des lieux d’enfermement comme Calais. Mon expérience et mon analyse de nombreux camps à travers le monde m’ont convaincu qu’il faut absolument éviter l’encampement, la mise à l’écart, le statut d’exception des exilés. Des solutions d’hébergement sont possibles, elles sont proposées actuellement en France par des institutions, des associations ou des municipalités. C’est un enjeu d’hospitalité publique. Mais le gouvernement français ne semble pas avoir réellement tranché entre ces deux solutions.

Que penser des centres d’accueil européens, les fameux «hot spots» ?


Concrètement, la proposition n’est pas claire. Seul le message semble ferme, l’affirmation d’un dispositif nouveau de tri entre «vrais» et «faux» réfugiés. Nouvelle version d’une vieille histoire ! En réalité, de tels centres de tri existent déjà. En Italie et en Grèce, on va en fait ajouter une administration européenne, celle de l’agence Frontex [Agence européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des Etats membres de l’Union européenne, ndlr], à des administrations et structures nationales d’accueil, d’hébergement et de contrôle. Ce qui n’est pas clair dans les cadres nationaux ne le sera pas plus dans le «nouveau» cadre. D’ailleurs, les autorités hongroises, qui ne pratiquent pas l’euphémisme, ont déclaré qu’elles font déjà ce tri, et à la demande de l’Europe.

Centres d’hébergement, d’accueil, d’enregistrement, centres de détention de personnes potentiellement demandeuses d’asile, telles sont les traductions entendues ces derniers jours de «hot spots». On peut craindre le pire pour ceux qui, ne venant pas de Syrie, risquent d’être traités comme «migrants économiques». Or, les migrants eux-mêmes peinent à faire la part entre les raisons politiques ou économiques qui ont déclenché leur départ. Ils ont encore plus de mal à se justifier ensuite devant des institutions telles que l’Ofpra [Office français de protection des réfugiés et apatrides, ndlr]. Actuellement, les migrants syriens seraient les «bons réfugiés». Mais même les Syriens veulent pouvoir vivre en sécurité, travailler : ils ont aussi un projet migratoire qui passe forcément par une insertion sociale et économique. On pourrait dire qu’il y a une part de migrant économique chez tout réfugié politique. Et à l’inverse, il y a une part de «réfugié» chez tous les migrants économiques : leur projet de vie social ou économique était impossible à réaliser dans leur pays natal, sinon, ils n’auraient pas eu à tout quitter. Là aussi les frontières sont fluctuantes.

En Europe, le système de Dublin, qui impose au demandeur d’asile de déposer son dossier uniquement dans le pays où il a été enregistré par les autorités pour la première fois, a-t-il créé un statut pire encore que celui d’apatride au lendemain de la Première Guerre mondiale ?

En effet, aujourd’hui des personnes ne sont pas censées être là où elles sont… Le système de Dublin prescrit le renvoi des migrants vers le premier pays d’entrée en Europe, des pays fragiles où leur présence n’est pas souhaitée, comme la Hongrie ou la Grèce, et qui demandent à être soutenus. C’est tout l’enjeu de la solidarité entre les pays européens dans l’accueil des exilés. Tout cela crée des définitions arbitraires de l’identité des migrants. Ainsi, à propos des Syriens, nous parlions, il y a encore peu, de «clandestins».

On revient à cette notion de «couloir de l’exil» qui désigne les situations de frontières durables, des lieux au statut d’exception, des aires d’exclusion et d’extraterritorialité. Les réfugiés sont interrompus dans leur voyage par les murs ou les législations, maintenus dans l’exil, mis à l’écart, coincés à la frontière. Il est significatif que, d’une manière générale, les entre-deux intéressent de plus en plus les sciences sociales. Je défends qu’aujourd’hui, pour comprendre le monde, cet entre-deux est central. Car la marge englobe de plus en plus de gens, et elle crée aussi un nouveau mode de vie où l’indétermination joue un rôle important. Ces individus ont plusieurs sortes d’ancrages, ils vivent en un même lieu, la frontière au sens large, ce qui donne ces impressions de cacophonie, conflit ou tour de Babel. J’y vois pour ma part l’apprentissage d’une vie cosmopolite, ordinaire, quotidienne.

Douze millions de personnes vivent dans des camps. L’encampement du monde n’est-il pas lié aussi à une déliquescence grandissante de l’Etat ?


Cette crise migratoire met en évidence celle de l’Etat-Nation, qui n’est plus le lieu où se joue toute la vie des gens. Les individus font partie de circuits économiques, sociaux, communicationnels beaucoup plus larges. Si l’Etat est la forme politique nécessaire de l’intégration et de la citoyenneté, nous sommes tous à la recherche d’un nouveau périmètre de l’Etat. Nous pourrions imaginer des Etats plus à même d’intégrer ces nouvelles mobilités et ces nouveaux circuits économiques et communicationnels. Des Etats moins étriqués, régionaux, c’est ce qui est en germe en Europe ou en Afrique… C’est le sens profond de cette crise des Etats-Nations : elle multiplie les zones grises mais aussi les indésirables, les gens en reste des Etats-Nations, ces figures de sans-Etat, de migrants, d’errants… qui font partie maintenant du cadre ordinaire du monde et appellent un nouveau cadre de citoyenneté.

Vous avez publié avec François Gemenne un manifeste : «Les dix raisons d’ouvrir les frontières»…[/b]

La fermeture absolue n’existe pas et n’existera jamais. Beaucoup de ceux qui ont réussi à franchir ces murs repartiraient souvent volontiers s’il existait une liberté de circulation. La mondialisation ne peut fonctionner qu’avec un minimum de mobilité. Aujourd’hui, on finit par soupçonner tous ceux qui se déplacent, qui migrent, alors qu’ils ne veulent pas forcément s’installer en Europe, ni quitter définitivement leur pays. Au contraire, nous devrions envisager la diffusion de ces nouveaux modes de vie liés à la mobilité et à des ancrages dans plusieurs lieux, plusieurs Etats. Nous ne pourrons pas faire l’économie de cette question, qui ne peut se résoudre dans le cadre d’un seul Etat national. La décision allemande d’accueillir les migrants a au moins modifié le climat et les discours, et a forcé, en quelque sorte, à faire de l’Europe un acteur globalement plus hospitalier en conduisant d’autres pays à accepter des «quotas».
[b]
La France a-t-elle vraiment changé de cap dans ce domaine?


Elle pourrait donner un signal fort en résolvant les problèmes de Calais et de Vintimille (2). Le gouvernement ne débloque malheureusement pas cette situation. Concernant Calais, le gouvernement britannique a annoncé pouvoir accueillir un certain nombre de réfugiés. Mais ceux-ci restent bloqués en France. Ces gens n’ont absolument rien à faire dans un camp. L’Ofpra se déplace en Allemagne devant les télévisions du monde entier pour sélectionner quelques dizaines de demandeurs d’asiles, alors que ceux qui sont à Calais ou à la frontière franco-italienne près de Vintimille ne sont pas pris en charge, je dirais même ne sont pas libérés.

(1) Un monde de camps, La Découverte, 2014. Lire également Le couloir des exilés, éditions du Croquant, 2011.

(2) Quelques centaines de réfugiés originaires du Soudan et d’Erythrée sont bloqués à la frontière depuis le mois de juin à Vintimille, à la frontière franco-italienne.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Dim 4 Oct - 22:59

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L’assaut du tunnel la nuit dernière 04 octobre 2015 |  Par pierre guerrini Mediapart + commentaires

Gilles Deleuze a écrit:
Et tu sais que ça ne peut pas durer ...  Que ça n’est pas possible ... Ces milliards de gens qui crèvent de faim... Non, Ça peut durer encore cent ans, j’en sais rien, mais faut pas charrier... Cette injustice absolue...


Citation :
Hier soir, après minuit plus de 200 personnes sans papiers ont franchi les dangereuses clôtures de barbelés à lames et ont envahi le tunnel sous la Manche, en essayant de se rendre en Angleterre.

Selon les autorités, certains fait 10 miles [16 kilomètres] avant d'être arrêtés. Peut-être que certains, à l'insu des autorités, ont réussi à traverser.

Le tunnel a été fermé toute la nuit, ce qui a eu des conséquences sur le trafic de fret qui a été redirigé vers le port, remontant les routes dans l’autre sens et provoquant un embouteillage majeur, ce qui a permis à d’autres de monter dans les camions.

A environ 8h30 ce matin, il y avait encore un autre embouteillage car des personnes sans papiers avaient fabriqué des barricades à travers de la route à deux voies passant au-dessus de la jungle, arrêtant les camions et permettant de grimper à l’intérieur.

Étrangement seulement deux camionnettes de gendarmes (police militaire française) étaient présentes, faisant des allers et venues frénétiques pendant une heure en gazant les gens et essayant de les écraser, mais impuissante à les arrêter.

Malheureusement, ces actions audacieuses ont eu de lourdes conséquences.





Plus de 100 personnes ont été arrêtées dans le tunnel la nuit dernière. 7 personnes ont été blessées par les flics, certaines peut-être très sérieusement. En date de ce soir (3/10), plus de 20 personnes étaient toujours détenues.

Nous ne savons pas encore si elles seront libérées, ou envoyées dans des centres de détention en vue de déportation, ou inculpés d'infractions pénales. Dans chacun de ces deux derniers cas, nous devons leur apporter notre solidarité active.

Voilà ce qui se passe dans le monde réel.

Pendant ce temps, dans un monde imaginaire, des représentants ‟syndicaux” de la police française ont publié une fois de plus des déclarations, reprises bruyamment par la presse de droite sur les deux côtés de la Manche, accusant des ‟ anarchistes ” de ‟ coordonner ” l'offensive sur le tunnel.

A ce sujet, nous pouvons dire ce qui suit :
Les actions collectives de la nuit dernière et de ce matin, comme d'autres offensives au cours des dernières semaines, ont été auto-organisées par des personnes sans papiers. Les gens d’Afrique et d’Asie n’ont pas besoin d’anarchistes européens pour les inciter ou les organiser. Ce sont des gens qui ont combattu dans des révolutions, vécu des guerres, entrepris des voyages périlleux, tout ce qui peut signifier non seulement de grand courage, d’initiative et de résilience individuels mais aussi de solidarité collective et d’auto-organisation.

La ligne des ‟anarchistes britanniques” des flics et des journalistes est insultante et profondément raciste. Nous ‟ No Borders ”, anarchistes et autres, sommes fiers d’être solidaires envers nos amis sans papiers. Mais ces actions sont les leurs, ils n’ont pas besoin de nous pour les mener ou pour leur montrer comment se battre.

Pourquoi les autorités et les médias répandent-ils ces allégations ? Une action collective coordonnée contre les frontières par des personnes sans papiers est une opération extrêmement puissante. Partout en Europe, ces derniers mois, ces actions se sont répandues et ont augmenté en échelle et en intensité.

Cela effraie clairement ceux qui veulent maintenir la « Forteresse Europe ». Mais l'action menée par les seuls migrants ne peut pas être suffisante pour ébranler vraiment le régime meurtrier des frontières. Notre pouvoir est plus fort quand les personnes avec et sans papiers luttent ensemble.

C’est semble-t-il ce que les autorités cherchent surtout à empêcher : leur but est d'isoler les luttes de migrants, de les rendre invisibles et étrangères, de les confiner dans des ghettos à des kilomètres des villes. Essayer de diaboliser et de criminaliser notre solidarité fait partie de leur jeu. Cela ne réussira pas.

Le peuple veut faire tomber les frontières. [sic : un peuple sans frontières, ça n'existe pas]


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Mer 7 Oct - 12:42

Petit bout d'homme 05 octobre 2015 |  Par la dame du bois-joli


Kay Nietfeld/EPA

la dame du bois-joli a écrit:
Tu joues. Tu ne sais pas exactement ce qui se passe. Tes parents, tes alliés t'ont emmené du pays dans lequel tu es né. Le voyage fut incertain, périlleux, rude. Il y eut beaucoup de souffrances, de peurs, de pleurs, de morts. Il y a eu des câlins aussi pour te rassurer. Tu ne peux pas encore comprendre tout ce qui se joue. Un jour, tu sauras ce qui s'est passé. Tu es un réfugié, petit bout d'homme. Tes parents attendent de se faire inscrire dans un service social à Berlin. Peut-être que ton grand père est arrivé, exténué, avec toi. Ses yeux fatigués et son visage buriné te rassurent. Ici, à Berlin, le ciel est moins bleu que dans ton pays, les arbres sont différents, les oiseaux aussi, la ville est étrange à tes yeux, si grande, si haute. Des gens inconnus te donnent à manger, à boire, un lit et tu te pelotonnes sous une couverture, au creux des tiens. La vie t'est difficile en ce moment mais tu vas trouver un refuge, apprendre une nouvelle langue, rencontrer des gens que tu n'as jamais rencontrés. Tes parents vont se débrouiller pour s'inscrire dans ce pays, y vivre, y travailler, se reconstruire après la terreur passée, laisser leurs traces. Quelqu'un t'a souri, t'a offert un jouet. Et tu fais comme tous les petits bouts d'homme dans le monde entier. Tu joues.

Joue, petit bout d'homme et sois heureux. Garde ce jouet toute ta vie, et chaque fois que tu le regarderas, tu te rappelleras qu'un jour il y a eu un espoir. Ne perds jamais espoir, petit bout d'homme


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Jeu 8 Oct - 3:39




Réfugiés et travailleurs sans papiers : s’attaquer à l’origine du problème !
Jean-François Tamellini 6 octobre 2015


Citation :
Parler d’une crise des réfugiés suite à l’afflux massif de cet été revient à fermer les yeux sur un phénomène qui existe depuis des lustres et qui, en fait, ne fait que s’accélérer ces derniers temps.


1. Crise des réfugiés ? Ceci n’est pas une crise !


Parler d’une crise des réfugiés suite à l’afflux massif de cet été revient à fermer les yeux sur un phénomène qui existe depuis des lustres et qui, en fait, ne fait que s’accélérer ces derniers temps. Le fait de parler de « crise des réfugiés » vise clairement dans le chef du gouvernement à pouvoir traiter le problème comme un élément ponctuel plutôt que de chercher à s’attaquer à ses causes profondes et y apporter des solutions structurelles.

On ne peut évidemment nier l’accélération du mouvement suite, notamment, à la déstabilisation de pays du Moyen-Orient. Mais il faut non seulement se pencher sur les intérêts qui se cachent derrière ces guerres, mais également examiner et intégrer dans une réflexion globale l’ensemble des facteurs à l’origine de ces mouvements de population. Et alors se pencher sur le rôle des gouvernements et des organisations internationales dans ces processus afin d’examiner comment s’attaquer concrètement aux causes réelles du problème.



2. Accueil des réfugiés : une faillite organisée !

L’actuel Secrétaire d’Etat à la migration, le très controversé Théo Francken, se voit contraint aujourd’hui, en fonction des Traités internationaux en matière d’accueil, de s’inscrire dans une politique de type humanitaire. L’opinion publique en partie sensibilisée à la cause des réfugiés et à la base de nombreux mouvements spontanés de solidarité à l’égard des réfugiés, mais aussi les politiques mises en œuvre par l’Allemagne en la matière[1], placent à cet égard le gouvernement belge sous pression.

Les récentes déclarations de De Wever concernant la création d’un sous-statut pour les réfugiés illustrent néanmoins clairement les intentions du premier parti du gouvernement fédéral en la matière. Et on peut clairement affirmer que si la situation d’urgence et le contexte émotionnel expliquent la mise en œuvre des mesures humanitaires provisoires (largement insuffisantes), les lignes politiques en termes de migrations de la part du gouvernement Michel-De Wever resteront axées sur la déshumanisation et l’instrumentalisation des réfugiés.

Les initiatives de la FEB mais aussi du ministre de l’emploi en matière de soutien aux migrants devront être examinées avec la plus grande prudence. La mise en concurrence des travailleurs avec et sans papiers entre eux et l’alimentation de nouvelles formes de dumping social « autorisé », déjà actuellement largement exploitées par certains employeurs sans scrupules vis-à-vis de travailleurs sans papiers, demeurent des risques majeurs à déjouer.

Dignité, respect et égalité des droits, intégration et solidarité doivent rester nos lignes directrices.

Il convient encore de rappeler que la précédente Secrétaire d’Etat à la migration, Maggie De Block, avait largement coupé dans les budgets de l’asile (plus de 90 millions€) en fermant de nombreuses places d’accueil et en créant les conditions de faillite de l’accueil telle que nous la vivons aujourd’hui, poussant les initiatives citoyennes à devoir suppléer aux manquements de pouvoirs publics démembrés par les politiques libérales.



3. S’attaquer à l’origine du problème !

Pour s’attaquer à l’origine du problème, il faut se demander ce qui pousse des êtres humains à devoir tout quitter et à mettre en danger leurs vies et celles de leurs familles pour venir « tenter » leur chance en Europe. En sachant, et l’actualité nous le démontre dramatiquement, qu’aucun mur ni aucun barbelé ne pourra empêcher une personne en danger de mort de tenter de s’enfuir.

Sur base des témoignages des réfugiés rencontrés et des expériences vécues sur le terrain, confirmées par les autorités compétentes, on peut citer deux raisons principales expliquant ces mouvements de population : d’une part la fuite de situations de guerre. D’autre part, des situations de pauvreté extrême.

A ces deux raisons majeures s’ajoute une raison qui prend de plus en plus d’ampleur : les changements climatiques.

Derrière ces trois raisons se profilent de manière systématique, de manière directe ou indirecte, des enjeux financiers . Et c’est en s’intéressant à ces enjeux financiers et à ceux qui en profitent, en examinant notamment le rôle des gouvernements et des institutions internationales impliquées dans ces processus, que l’on doit pouvoir s’attaquer à l’origine du problème.

- Fuir des pays en guerre : quels sont les enjeux derrière ces guerres ?

Si on prend le cas de réfugiés syriens, libyens, afghans ou d’autres pays du Moyen Orient ou d’Afrique, ce sont généralement, sous couvert de motifs religieux ou de lutte contre des régimes dictatoriaux, des enjeux géo-stratégiques liés à l’appropriation de ressources naturelles et de matières premières qui motivent les interventions militaires des gouvernements (dont la Belgique). Etrangement, il n’y a pas d’intervention militaire des coalitions internationales en Erythrée, pourtant considéré comme l’une des pires dictatures d’Afrique. Mais où il n’y a ni pétrole, ni minerais suscitant les convoitises internationales.

On peut clairement parler d’IMPERIALISME dans la plupart des interventions militaires visant à déstabiliser les gouvernements des pays dont proviennent de nombreux réfugiés, avec un rôle évident de nos gouvernements dans la « gestion » des conflits !

- Fuir la pauvreté extrême : qui crée la misère ?

Dans d’autres pays, des guerres cette fois directement d’ordre économique mises en œuvre par des multinationales, sous couvert et avec la complicité de gouvernements, aboutissent aux mêmes conséquences, poussant les populations locales à fuir le pays ; avec généralement les mêmes enjeux d’appropriation des ressources naturelles et des matières premières, en exploitant par ailleurs les populations locales. L’exploitation du Coltan au Congo ou de l’uranium au Niger, pour ne citer que deux exemples flagrants parmi des centaines d’autres, illustrent parfaitement ces situations.

On peut clairement ici parler de COLONIALISME ! Et la Belgique est bien placée pour en parler…

- Fuir pour ne pas se noyer !

La recherche de profits à tout va au détriment des besoins des populations et de la préservation des ressources naturelles pousse par ailleurs à un dérèglement climatique, avec en 2013 plus de 22 millions de personnes officiellement reconnues comme REFUGIES CLIMATIQUES.

A la manœuvre derrière ces politiques impérialistes, colonialistes et à travers ces dérèglements climatiques, un modèle de société qui place l’exploitation des travailleurs et des ressources naturelles au profit d’intérêts individuels plutôt que de l’intérêt général.

Et c’est donc en proposant des alternatives à ce modèle de société qu’il convient de trouver les solutions structurelles au problème des réfugiés.

Ce n’est pas en construisant des murs toujours plus hauts ou des barbelés toujours plus coupants que l’on créera les conditions pour stopper l’afflux d’êtres humains qui tentent de survivre. Mais c’est en proposant un autre modèle de société que l’on recréera les conditions de vie suffisantes pour permettre à chaque être humain de vivre dignement là où il a ses origines.


4. Concrètement, que peut-on faire ?

Changer de modèle de société, en finir avec les guerres impérialistes et colonialistes ou éradiquer la pauvreté, des objectifs louables mais qui semblent extrêmement difficiles à mettre en oeuvre.

Et pourtant, il est possible de poser des actes concrets permettant de s’attaquer directement aux causes du problème évoquées ci-avant et de mettre en œuvre des solutions structurelles au problème des réfugiés :

1. Aider les populations locales à ne pas devoir tout quitter et venir s’échouer sur une plage de Méditerranée à travers le renforcement des politiques de coopération et développement ; En aidant les populations d’Afrique à exploiter elles-mêmes leurs ressources naturelles et leurs matières premières, elles élèveront leurs niveaux de vie et ne seront plus contraintes de devoir quitter leurs racines. L’exemple du phosphate au Maroc, qui a décidé de ne plus exporter sa matière première au profit de multinationales étrangères, mais de produire directement le produit fini (notamment les engrais) sur ses terres, a eu pour conséquence une inversion des flux migratoires du Maroc vers l’Espagne. Aujourd’hui, ce sont des travailleurs espagnols qui vont travailler au Maroc pour exploiter le phosphate…

L’exploitation des richesses naturelles du continent africain (pour ne citer que ce continent) de manière autonome par la population africaine elle-même résulterait en une diminution drastique des migrations africaines vers l’Europe.

2. Fixer des règles pour empêcher les multinationales d’exploiter les richesses naturelles étrangères au détriment des populations locales, créant les conditions de pauvreté et poussant ces populations à devoir quitter leurs racines.

A noter que selon Ernst&Young, le risque numéro 1 pour les multinationales actives dans l’exploitation des matières premières (et donc pour toutes celles en aval) réside dans l’autodétermination des pays du continent africain. Ce qui illustre le fait que ce soit le système et ceux qui le défendent qui empêchent les populations locales d’exploiter elles-mêmes leurs ressources naturelles et qui les forcent donc à émigrer vers l’Europe…

Ceux qui répètent à qui veut l’entendre qu’on ne peut pas accueillir toute la misère du monde sont souvent les mêmes qui soutiennent les multinationales qui créent la misère dans le monde et forcent les populations à émigrer !

3. A plus court terme, en matière d’accueil et de politique d’asile, il convient de redonner des budgets suffisants aux services publics afin d’organiser l’accueil dans les conditions optimales. En respect des Traités internationaux, en respect de la dignité humaine et du respect de droits égaux pour toutes et tous, quelles que soient les origines.

Ceci implique la régularisation des travailleurs sans papiers déjà présents sur notre territoire parfois depuis de nombreuses années, et la fixation de règles claires pour ces régularisations.

Il convient de noter à cet égard que compte tenu de l’évolution démographique du pays, les populations migrantes auront un effet positif sur la situation du pays (cfr Bureau du Plan). Contrairement aux mesures actuellement prises par le gouvernement fédéral de relèvement de l’âge de la pension, qui n’aboutissent qu’à augmenter le nombre de chômeurs âgés et de faire exploser le nombre de malades âgés, l’intégration de populations migrantes, à l’instar de ce qui se fait aujourd’hui en Allemagne pour répondre aux mêmes défis démographiques, aura des conséquences positives pour l’alimentation de la sécurité sociale et la consolidation de notre système de pensions par répartition.

4. Lancer une campagne d’information et de sensibilisation pour clairement démonter les clichés concernant les réfugiés et démontrer que ce sont les politiques libérales qui sont à l’origine de l’afflux des réfugiés. Certains partis politiques veulent utiliser ce qui se passe actuellement pour alimenter les peurs. En opposant « nos » SDF ou « nos » chômeurs aux réfugiés. En faisant croire que les réfugiés nuisent à la sécurité sociale. En utilisant tous les prétextes et mensonges pour pousser les politiques de repli sur soi.

Les « migrants » ne coutent pas à la collectivité, mais au contraire, selon l’OCDE, rapportent en net (les recettes moins les dépenses liées aux « migrants ») 3.500€ par tête dans le PIB Belge. Ils ne volent pas les emplois de « nos » chômeurs.

Autant de clichés à démonter pour bien montrer à la population que quelles que soient les origines ou la couleur de peau, avec ou sans papiers, nous appartenons à la même classe sociale, et que c’est à celle qui nous exploite qu’il convient de s’attaquer tous ensemble…

[1] Dont il conviendra de mesurer le réel caractère social en évaluant les conditions de travail qui seront imposées aux travailleurs concernés.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Dim 18 Oct - 12:10


Accès aux soins pour les migrants : Médecins du monde tire la sonnette d'alarme France 3 Nord-Pas-de-Calais 17/10/2015

Pour ce 17 octobre, journée mondiale du refus de la misère, Médecins du Monde publie son rapport annuel sur l’accès aux soins des plus démunis en France. L'association alerte notamment sur "les conditions de vie déplorables" des migrants en transit à Calais, Grande-Synthe et Téteghem.


Les mauvaises conditions d'hygiène dans la jungle et le centre Jules Ferry
à Calais entraînent la multiplication des maladies d'après Médecins du monde

Le constat de l'ONG Médecins du Monde sur la situation sanitaire des migrants à Calais est sans appel. "Épuisés", "forcés de vivre des jours, des semaines, voire des mois dans des conditions de vie déplorables", l'enquête de Médecins du Monde montre qu'il y a encore des efforts à faire pour améliorer l'accès aux soins auprès des populations les plus vénérables.

Citation :
Dans les bidonvilles près de Calais, les eaux stagnantes et la boue ont entraîné la prolifération des maladies, et notamment une épidémie de gale en mai 2014. Les principales autres pathologies relevées par Médecins du Monde sont également liées aux conditions de vie des migrants : les affections de l'oreille, du nez et de la gorge concernent 32 % des cas diagnostiqués, dermatologiques (15 %), gastroentérologiques (9 %), dentaires (9 %).


Plus de 2 000 consultations

Pour élaborer son rapport, Médecins du Monde a mené plus de 2 000 consultations médicales auprès des migrants des camps de Grande-Synthe, Téteghem, Tatinghem et dans la "jungle" de Calais tout au long de l'année 2014. L'association pointe que la situation s'est améliorée dans le Dunkerquois depuis trois ans, grâce à l'implication des collectivités locales pour construire des cabanes ou installer des groupes électrogènes. Mais "les abris mis à disposition ne sont pas suffisants", déplore-t-elle.


Un point d'eau pour 3 000 personnes

A Calais, la création du centre d'accueil de jour n'a pas pu améliorer les conditions d'hygiène. Dans le centre Jules Ferry, Médecins du Monde a dénombré un point d’eau pour 3 000 personnes. "L'accès aux toilettes et à l’électricité y sont insuffisants, le ramassage d’ordures quasiment inexistant", est-il écrit dans le rapport. Au début du mois, le défenseur des droits Jacques Toubon a lui aussi demandé d'améliorer l'accès à l'eau dans le centre Jules Ferry.

Les ministères de l'Intérieur et de la Santé ont décidé d'agir en début de semaine, en engageant une mission médicale. Elle doit faire des propositions pour améliorer l'accès aux soins des migrants.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Mar 20 Oct - 3:05



Réfugiés : blocages dans les Balkans, manifestation hostile en Allemagne L'Obs 19-10-2015


La police anti-émeute à Dresde, en Allemagne, le 19 octobre 2015
 

Citation :
Berkasovo (Serbie) (AFP) - Des milliers de migrants coincés dans les Balkans ont pu entrer lundi en Croatie après des heures d'attente dans l'espoir de se rendre en Allemagne, où les opposants aux réfugiés ont crié leur colère dans la soirée à Dresde.

Après la fermeture par la Hongrie de sa frontière avec la Croatie, les migrants fuyant guerres et persécutions doivent désormais passer par la Slovénie, après la Serbie et la Croatie, pour poursuivre leur périple vers le nord de l'Europe.

Or Ljubljana a d'abord annoncé vouloir limiter l'entrée de son territoire à 2.500 migrants par jour.

Dès lors un goulot d'étranglement s'est formé à la frontière serbo-croate et plus de 10.000 personnes sont restées coincées en Serbie pendant le plus clair de la journée, avant que la Croatie les laisse finalement transiter.

Environ 3.000 ont ainsi pu passer en fin d'après-midi après avoir patienté dans la localité serbe de Berkasovo sous une pluie battante, assis dans la boue, tentant d'allumer des feux de bois pour se réchauffer.

Certains, dont des enfants, étaient pieds nus, sans vêtements adaptés au froid et à la pluie.

"Les autorités croates et slovènes doivent agir d'urgence et trouver des solution efficaces car les centaines de migrants qui sont coincés depuis la nuit entre les deux pays doivent être rejoints par des milliers d'autres", a souligné l'ONG Amnesty International.

La police slovène a fait à un moment usage de spray au poivre pour repousser 300 réfugiés.

En fin de compte, la Slovénie a dû revenir sur la limite fixée. Le nombre de migrants admis dans le pays devait dépasser les 5.000 dans la journée de lundi d'après le ministère de l'Intérieur. Et selon la télévision publique, plusieurs milliers de migrants étaient en attente en différents points de la frontière croato-slovène.

La grande majorité des migrants souhaitent rejoindre l'Allemagne, la chancelière Angela Merkel maintenant sa politique d'ouverture malgré les critiques dont elle fait l'objet dans son pays et en dehors, en Europe de l'Est notamment.

- "Pegida" réunit 20.000 personnes à Dresde -


Ces critiques ont résonné lundi soir dans le centre de Dresde (est), où le mouvement populiste Pegida, à la pointe du mécontentement contre l'afflux de réfugiés en Allemagne, a rassemblé environ 20.000 partisans pour célébrer le premier anniversaire de sa création, selon le décompte des médias locaux et d'une université de la ville.

C'est environ le double de la fréquentation des manifestations hebdomadaires du mouvement islamophobe ces deux dernières semaines, mais moins que le record enregistré le 12 janvier par Pegida, avec 25.000 participants.

Les sympathisants de Pegida ont appelé à la résistance" contre la politique d'Angela Merkel, qualifiée de "dictateur" par le responsable du mouvement Lutz Bachmann.

Dans le même temps, un nombre équivalent de quelque 20.000 contre-manifestants ont défilé dans la ville pour dénoncer le mouvement des "Patriotes européens contre l'islamisation de l'Occident" (Pegida en allemand). En marge des rassemblements, un sympathisant de Pegida a été roué de coups et "grièvement blessé" selon la police.

Les autorités allemandes s'inquiètent de la montée de l'extrême droite et de la radicalisation du discours de Pegida, qui surfe sur la grogne croissante de l'opinion allemande à l'égard de l'afflux des réfugiés.

Le ministère de l'Intérieur a estimé que "le potentiel d'agressivité des organisateurs (de Pegida) grimpe".

Le pays reste aussi sous le choc de l'agression au couteau dont a été victime samedi une candidate à la mairie de Cologne (ouest), très impliquée dans l'accueil des réfugiés, de la part d'un homme considéré comme proche des milieux d'extrême droite.

Hospitalisée, Henriette Reker, 58 ans, a néanmoins été élue dimanche maire de Cologne.

Depuis janvier, l'Allemagne a déjà accueilli plus d'un demi-million de personnes, chiffre qui pourrait doubler, selon certaines estimations, d'ici fin 2015.

Plusieurs pays européens, l'Autriche notamment, ont aussi vu la montée de divers mouvements populistes. Dernière en date, la Suisse a connu dimanche une poussée spectaculaire de la droite anti-immigration aux élections législatives, le parti UDC, qui était déjà la première formation du pays.

L'Union européenne, confrontée à cette crise migratoire exceptionnelle avec plus de 600.000 personnes ayant traversé la Méditerranée cette année, peine à coordonner sa réponse face à ce défi.

La chancelière allemande a rencontré les dirigeants turcs dimanche afin d'obtenir leur soutien pour freiner l'afflux des migrants, en leur promettant aide financière et relance des discussions d'adhésion à l'UE, actuellement au point mort.

Mais le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu a souligné lundi que les réfugiés, en particulier les Syriens fuyant la guerre, n'avaient pas vocation à rester même si l'Europe réglait la facture.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Mar 20 Oct - 3:13


Les Balkans débordés par l'afflux de migrants 19/10/2015



Lundi 19 octobre 2015. Poste frontière entre la Croatie et la Slovénie



INFOGRAPHIE - L'atmosphère était tendue, ce lundi, dans les Balkans, où des milliers de migrants sont bloqués, en raison de goulots d'étranglement aux frontières.


Citation :
Après la fermeture, vendredi, par la Hongrie de sa frontière avec la Croatie, la route des migrants qui souhaitent se rendre en Autriche puis en Allemagne, a été déviée vers la Slovénie. Ce pays de deux millions d'habitant a imposé un quota maximum de 2.500 entrées par jour sur son territoire. Une limitation qui a contraint la Croatie à limiter les entrées en provenance de Serbie, provoquant des tensions à sa frontière. La situation ne devrait pas s'améliorer. Ce week-end, plus de 15.000 migrants, dont beaucoup de réfugiés fuyant les conflits au Moyen Orient, sont entrés en Macédoine. Ils sont en route vers la Serbie, la Croatie et plus loin la Slovénie et l'Europe occidentale.

La Croatie laisse finalement passer plusieurs milliers de migrants


Beraskovo, lundi, à la frontière entre la Serbie et la Croatie

Ce lundi en fin d'après-midi, la Croatie a finalement laissé entrer sur son territoire environ 3.000 migrants qui patientaient sous une pluie battante, assis dans la boue, dans la localité de Berkasovo, à sa frontière avec la Serbie. «La police croate a ouvert la porte et tous les réfugiés qui étaient devant le passage frontière sont entrés» en Croatie, a déclaré Jan Pinos, un volontaire tchèque sur place.

La Croatie a limité les entrées en provenance de Serbie provoquant des tensions à la frontière. Lundi matin, plusieurs milliers de migrants y étaient bloqués. Les policiers croates, débordés, avaient érigé une clôture improvisée pour contrôler l'accès de la frontière. «Ouvrez la porte, ouvrez la porte!», criaient les migrants transis par le froid et la fatigue.

La Slovénie limite les entrées

Ces réfugiés, que la Croatie a finalement laissé passer, devraient rejoindre des centaines d'autres qui attendent de passer en Slovénie depuis la veille. La Slovénie a fait savoir qu'elle limitait l'entrée de son territoire à 2.500 migrants par jour, moitié moins que ce que demande son voisin croate.

Le ministère de l'Intérieur slovène, qui estime toutefois à «plus de 6.000» nouveaux migrants arrivés ce lundi sur son sol, accuse la Croatie d'ignorer ses efforts pour ralentir le nombre d'arrivées. La Slovénie dit ne pas vouloir accueillir plus de migrants sur son territoire que le nombre de ceux qui peuvent en sortir pour entrer en Autriche. Une affirmation démentie par Vienne.


La Hongrie se félicite d'avoir verrouillé ses frontières

De son côté, le gouvernement hongrois s'est félicité, ce lundi, d'avoir «stoppé» le transit des migrants par son territoire en fermant ses frontières avec la Serbie et la Croatie. «La fermeture de la frontière fonctionne, cela a efficacement stoppé les entrées illégales», a déclaré le porte-parole du gouvernement hongrois, Zoltan Kovacs, lors d'un point de presse. Il a précisé que seuls 41 migrants étaient entrés «illégalement» dimanche en Hongrie.

C'est le plus faible nombre d'entrées quotidiennes dans le pays depuis le début de l'année, selon les chiffres officiels. La Hongrie était, depuis plusieurs mois, l'un des principaux pays de transit des migrants et réfugiés, principalement de Syrie, d'Irak et d'Afghanistan, qui traversent les Balkans en venant de Grèce. Depuis cet été, ce pays a vu transiter jusqu'à 10.000 personnes par jour et a recensé, au total, plus 390.000 entrées de migrants depuis le 1er janvier.


50 policiers tchèques pour aider leurs collègues hongrois

Le gouvernement tchèque a approuvé, ce lundi, l'envoi de 50 policiers en Hongrie, pour aider ce pays à surveiller la frontière extérieure de l'espace Schengen, a annoncé le ministère de l'Intérieur. «Les policiers partiront pour la Hongrie avant la fin de ce mois, pour y rester jusqu'au 15 décembre 2015», a indiqué le ministère dans un communiqué. Au début du mois, le cabinet du premier ministre, Bohuslav Sobotka, avait déjà donné son feu vert à l'envoi en Hongrie de 25 militaires. «Pour résoudre de manière efficace la crise migratoire, il faut passer des paroles aux actes», a déclaré le ministre tchèque de l'Intérieur, Milan Chovanec. Selon lui, la mise en place de patrouilles conjointes représente un «bon exemple de la solidarité et de la coopération efficace».

La Slovaquie avait également annoncé, la semaine dernière, qu'elle allait prochainement envoyer 50 policiers en Hongrie pour l'aider à surveiller sa frontière avec la Serbie.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Dim 25 Oct - 11:23

L'Allemagne compte expulser des réfugiés dans des avions-cargos militaires Martin Kreikenbaum et Andre Damon
WSWS 24 octobre 2015

Citation :
Alors qu'un flot montant de réfugiés vient demander l'asile pour fuir les guerres en Syrie et en Irak, les gouvernements de toute l'Europe scellent leurs frontières, réduisent l'aide sociale aux migrants, et préparent des déportations de masse.

Cette semaine, le journal Bild a rapporté que Berlin veut utiliser des avions militaires lors des expulsions de dizaines de milliers de réfugiés dont les demandes d'asile auront été rejetées. Le gouvernement allemand compterait utiliser des avions de transport Transall C-160 afin d'expulser près de 200.000 personnes qu'il aura classées comme « réfugiés économiques », donc sans droit à l'asile.

Selon le journal, le recours à l’armée pour les déportations, inédit dans l’histoire allemande d’après-guerre, fera partie d’une répression dramatique contre les réfugiés. L’Allemagne n'honorera pas le moratoire non-officiel sur les déportations pendant les mois d'hiver, et elle cessera de les prévenir de leurs déportations imminentes, afin de les empêcher de fuir.


Un Transall C-160 de l'armée allemande
En outre, Berlin se prépare à mettre en place des « zones de transit » le long de sa frontière, peu différents en substance des camps de concentration, où l’on détiendrait les réfugiés pendant le traitement de leurs demandes.

Les responsables allemands ne nient pas les révélations de la presse. « Évidemment, le recours au Transall n'est pas exclu », a déclaré le ministre de la Défense Ursula von der Leyen. Elle a ajouté, avec une désinvolture qui glace le sang, que les avions seraient disponibles « si cela n'a pas d'incidence sur les missions prioritaires de l'armée allemande ».

Cela intervient après le passage d’un projet de loi au parlement allemand qui coupe brutalement l’aide sociale aux réfugiés et augmente le nombre de pays dont les ressortissants n’auront plus droit à l’asile et pourront être déportés après des procédures accélérées.


Des enfants dorment par terre dans un centre de tri de réfugiés à Berlin
(Photographe : Ludwig Niethammer)
Entretemps, les pays des grands axes de transit vers l’Europe intensifient la répression. Le parlement slovène a approuvé la mobilisation de son armée à la frontière mardi soir. Une première unité de 140 soldats est en poste sur la frontière ; ils auront le pouvoir de détenir des réfugiés et de donner des ordres aux résidents locaux.

Des scènes choquantes se déroulent sur les frontières entre la Slovénie et la Croatie, la Hongrie et la Croatie et la Macédoine et la Grèce. Les réfugiés pataugent dans des rivières glacées ou dans la boue, trempés jusqu’aux os par la pluie ou grelottant de froid dans des campements temporaires sans chauffage, où ils dorment souvent par terre.

« C'est inhumain. Nous avons fui la guerre, la destruction. Nous avons tout perdu : nos familles, nos enfants. Les bombes nous ont tués », a déclaré Haidar, qui a fui l'Irak et se trouve bloqué à la frontière gréco-macédonienne à Gevgelija, à la chaîne publique allemande ARD.

La situation des réfugiés qui traversent les Balkans s’est beaucoup aggravée suite à la fermeture de la frontière hongro-croate vendredi dernier. Depuis lors, les réfugiés ont dû prolonger leur voyage en passant par la Slovénie afin d’atteindre l'Europe centrale et du Nord.

Plus de 12.000 réfugiés sont arrivés en Slovénie le jeudi ; 12.100 réfugiés restent en Serbie et attendent d’entrer en Croatie.

Un incendie s’est déclaré dans un camp de réfugiés très surpeuplé dans la ville slovène de Brezice mercredi et a détruit la plupart des tentes d’urgence. Il est difficile d’établir si les réfugiés ont mis le feu aux tentes pour contester les conditions déplorables qui existaient dans le camp, ou si au départ ils tentaient de se réchauffer autour du feu, sous la pluie froide.

Le mercredi, Zeid Ra'ad Al Hussein, Haut-Commissaire aux droits de l'homme, a accusé la Tchéquie de violer les droits fondamentaux des réfugiés afin de les dissuader d'entrer dans le pays.

Il a déclaré : « Selon des rapports crédibles provenant de diverses sources, les violations des droits fondamentaux des migrants ne sont ni isolées, ni une coïncidence, mais systématiques. Elles semblent être une partie intégrante d'une politique du gouvernement tchèque visant à dissuader les migrants et les réfugiés d'entrer dans le pays ou d'y séjourner ».

Zeid a cité entre autres la pratique de fouiller les réfugiés à nu afin de confisquer leur argent, qui servirait ensuite prétendument à payer leur détention.

Cette semaine, sur l'île grecque de Lesbos, l'UE a ouvert le premier camp d'internement, dit « point chaud », où des fonctionnaires de l'agence de protection des frontières Frontex enregistreront les réfugiés et traiteront leurs demandes d'asile lors de procédures accélérées. Le camp de Moria devrait contenir 2.500 personnes. Mais ce week-end, 5.000 nouveaux réfugiés sont arrivés.

Le week-end dernier, 16 réfugiés se sont noyés durant la traversée vers la Grèce. Le vendredi, les gardes-côtes grecs ont récupéré les corps de quatre enfants près de l'île de Kalymnos ; un autre garçon est porté disparu. Douze autres réfugiés se sont noyés près de la côte turque quand leur bateau a chaviré sur le chemin de Lesbos.

Selon l'Organisation internationale pour les migrants, 473 000 réfugiés sont arrivés en Grèce depuis le début de l'année ; l'écrasante majorité provient des zones de guerre en Syrie, en Afghanistan et en Irak. Plus de 150 ont perdu la vie.

Entretemps, les conditions auxquels sont confrontés les réfugiés bloqués dans le port français de Calais qui veulent traverser le tunnel sous la Manche ont empiré drastiquement. La population du camp a doublé, atteignant 6000 personnes ces dernières semaines. Les réfugiés, dont des familles avec enfants, vivent dans des tentes et des cabanes qu'ils se sont construites.

« Nous sommes au bord de l'effondrement », a déclaré Jean-François Corty, directeur des opérations françaises de Médecins du Monde. Le gouvernement français a proposé la construction d'un nouveau camp, mais il accueillerait à peine 1.500 personnes et ne serait pas prêt avant l'hiver

La réponse « humanitaire » de l'UE à la crise a été largement inexistante. Les projets de réinstaller 160.000 réfugiés en provenance d'Italie et de la Grèce vers d'autres pays de l'UE est resté lettre morte. Seuls 19 réfugiés ont quitté la Grèce pour la Suède. Quant aux 2,8 milliards d'euros qui auraient servi à aider les réfugiés, on n'en a vu qu'une très petite fraction.

(Article paru d'abord en anglais le 23 octobre 2015)


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Dim 25 Oct - 17:31



Migrants : l'UE devrait déployer plus de gardes à ses frontières Le Figaro 25/10/2015


Citation :
L'Union européenne va déployer plus de 400 gardes à ses frontières d'ici une semaine dans le cadre de ses efforts pour réguler l'afflux de migrants dans l'ouest des Balkans, selon le projet de communiqué qui devrait être examiné dimanche par les chefs d'Etat et de gouvernement de plusieurs pays d'Europe centrale et de l'Est réunis en mi-sommet.

Le projet de communiqué, que Reuters a pu consulter, prévoit également l'accélération du rapatriement des migrants afghans, pakistanais, irakiens et d'autres pays asiatiques dont la demande a été rejetée.

"Nous sommes déterminés à accroître nos efforts immédiatement pour gérer nos frontières", lit-on dans le projet de communiqué qui détaille aussi comment les efforts maritimes au large de la Grèce seront intensifiés.

L'UE tient dans l'urgence en ce moment à Bruxelles un mini-sommet avec les pays européens les plus exposés.

Ont été conviés par le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, les dirigeants de dix Etats membres (Allemagne, Autriche, Bulgarie, Croatie, Grèce, Hongrie, Pays-Bas, Roumanie, Slovénie et Suède) mais aussi de trois pays qui n'appartiennent pas à l'Union: Albanie, Macédoine et Serbie. Le Luxembourg, qui assure la présidence tournante de l'UE, le haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés, Antonio Guterres, le président du Conseil européen, Donald Tusk, l'agence européenne de surveillance des frontières Frontex et l'agence européenne pour l'asile EASO participeront aussi à la rencontre.

Un diner de travail est également prévu.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Dim 25 Oct - 22:24



de Claude Guillon, sur son blogue généraliste Lignes de force

LUTTE DES RÉFUGIÉ(E)S: DERNIÈRES NOUVELLES 25 octobre 2015 Échos des luttes


Citation :
Retour sur l’expulsion du lycée occupé

Vendredi 23 octobre, le bâtiment de l’ancien lycée Jean Quarré a été expulsé. Occupé depuis le 31 juillet dernier, des centaines de personnes migrant-es vivaient là et des centaines d’autres y sont passées depuis trois mois. Cette occupation a fait suite à plusieurs campements et occupations, chaque fois expulsées par la force et par des propositions d’hébergement, laissant systématiquement une partie des migrant-es à la rue, sans rien et dispersant les autres à droite à gauche, dans des conditions plus que déplorables.

Annoncée depuis quelques temps par la mairie et la préfecture, et ordonnée par un jugement du tribunal administratif, l’expulsion devait avoir lieu à partir du lundi 26. Mais jeudi, des informations ont circulé, annonçant l’expulsion pour le lendemain matin.

Les fausses promesses, négociées avec la mairie et la préfecture par celles et ceux qui veulent bien y croire, promettaient une expulsion sans présence policière dans le bâtiment, avec des hébergements pour tou-te-s les habitant-es en région parisienne. Mais, qui peut encore croire, après cinq mois de lutte, que l’on obtient quoi que ce soit sans construire un rapport de force ?

Vendredi matin donc, ce sont des centaines de flics, certains cagoulés et armés jusqu’au dents, des agents de la mairie de Paris, de la préfecture, de l’Office français de protection des réfugiés et apatrides, de l’Office Français de l’Immigration et de l’Intégration, d’Emmaüs, de la Croix-rouge, qui ont investit le lycée sur les coups de 5h du matin. Des bus étaient là pour emmener les habitant-es vers des centres d’hébergements, mais sans aucunes garanties sur leur emplacement, sur le suivit des démarches administratives, sur les conditions d’accueil.

À l’intérieur et à l’extérieur, des personnes solidaires étaient présentes pour manifester leur solidarité avec les personnes migrant-es, tandis que certain-es « bénévoles » qui agissaient au lycée occupé depuis le mois de juillet, ont aidé les autorités à procéder à l’expulsion du lieu.

Le résultat est le même qu’à chaque fois, peut-être pire : une centaine de personnes n’ont pas eu d’hébergement et se sont retrouvées à la rue, tandis que d’autres ont été emmenées dans des centres à plusieurs centaines de kilomètres. Pour la mairie et la préfecture tout s’est bien passé et ils peuvent se féliciter. Une opération de communication rondement menée pour un résultat efficace : les occupant-es du lycée sont maintenant dispersé-es à droite à gauche et ne pourront plus les emmerder avec leurs manifestations, leurs revendications, leurs luttes collectives.

À bon ? Mais, pourtant, la lutte continue bel et bien. Dès l’après-midi, plusieurs dizaines de personnes, migrant-es non hébergés lors de cette expulsion et solidaires se sont dirigé-es vers l’hôtel de ville et ont manifesté toute l’après-midi, encerclé-es par les flics, pour obtenir le relogement de celles/ceux remis à la rue après l’expulsion. Rapidement ils/elles ont été rejoint-es par d’autres qui sont revenu-es des centres d’hébergements refusant l’accueil qui leur est fait (conditions de vie difficiles, pas de nourriture, pas de garanties sur la durée de l’hébergement, pas de suivit administratif, éloignement…). La mairie a fini par débloquer 80 places supplémentaires, mais pas assez pour tout le monde. Une partie des migrant-es est donc restée toute la nuit devant l’hôtel de ville, enfermé-es par des barrière, gardé-es par des flics, jusqu’à ce qu’ils/elles soient expulsé-es à 4h du matin.

Mais la lutte continue ! Solidarité avec les migrant-es !

Des papiers et des logements pour toutes et tous ! Liberté de circulation et d’installation !


Communiqués des migrant-es rassemblé-es devant l’hotel de ville :

Citation :
« La mairie a dit qu’elle allait nous reloger mais c’est un mensonge, certains ont été pris mais d’autres réfugiés laisser à la rue. On a besoin d’une logement et de papiers. Nous sommes ici [devant la Mairie] pour qu’elle trouve une solution à notre situation aujourd’hui. »

« Notre priorité c’est d’avoir un abri. Ce matin, certains avaient des rendez-vous et d’autres avaient des démarches à faire, quand nous sommes revenus, on nous a dit qu’il n’y avait plus de places. Ils ont évacué les autres du lycée et nous, nous sommes toujours dehors. La Mairie de Paris nous a menti et n’a pas tenu sa promesse. »

Capture d’écran 2015-01-15 à 14.38.41

Compte rendu de la manifestation du 24 octobre 2015

Samedi 24 octobre, une manifestation était appelée depuis plusieurs jours pour la liberté de circulation et d’installation, contre les frontières, en solidarité avec les migrant-es en lutte pour des papiers et des logements, et faisait échos au rassemblement à la gare Saint Pancras à Londres en solidarité avec les trois personnes incarcérés en Angleterre pour avoir traversé le tunnel sous la Manche à pied.

Malgré l’expulsion du lycée occupé, plusieurs centaines de personnes ont répondu présentes (700-800 personnes), des personnes solidaires, des collectifs de sans papiers ainsi que les migrant-es non hébergé-es chassés le matin même de la place de l’hôtel de ville et d’autres des centres d’hébergement.

Derrière les banderoles « des logements pour tous, migrant-es et réfugié-es », « we want house » en plusieurs langues, le cortège a descendu la rue de Belleville puis emprunté le boulevard de la Villette – boulevard de La Chapelle jusqu’au métro La Chapelle où de nombreux/euses autres migrant-es attendaient l’arrivée de la manifestation. Une autre banderole faisait explicitement référence aux trois migrants emprisonnés en Angleterre « Liberté pour les 3 marcheurs sous la Manche ».

La présence policière n’était pas visible depuis la manifestation mais très importante dans les rues adjacentes. Toutes les places et bâtiments occupés ces cinq derniers mois de lutte étaient lourdement protégés, les autorités ayant peur qu’un campement ne se réinstalle avec les personnes non hébergées et ayant quitté les centres : la caserne Château Landon, l’église Saint Bernard, la halle Pajol.

Pendant la manifestation nous avons reçu des nouvelles des migrant-es emmené-es dans des bus pour des soi-disant hébergement après la première partie de l’occupation du parvis de l’hôtel de ville : une partie a été emmenées dans un centre à Jouy-sur-Morin, une autre dans la salle des fêtes d’un village d’à côté et les autres ont été déposés… place de la Nation. Le lendemain matin, tous ont été remis à la rue.

À la suite de la manifestation les migrant-es ont décidé de bloquer le carrefour de La Chapelle. Pendant 30 minutes la circulation a été totalement interrompue jusqu’à ce que la présence policière se fasse plus forte. Le groupe de 100 personnes s’est dirigé vers le théâtre des bouffes du nord pour tenter de l’occuper, mais ils en ont été empêchés par une charge violente des CRS. Plusieurs personnes ont été blessées dont certaines ont dû être emmenées à l’hôpital. Ensuite, les CRS ont continué à charger et à disperser les manifestant-es à plusieurs reprises. Un groupe s’est replié dans la gare du Nord puis a décidé de se retrouver à Stalingrad pour discuter et décider quoi faire. Plusieurs migrants ont été arrêtés puis relâchés. Finalement certains ont décidé d’aller dormir place de la République et d’autres à droite à gauche.

Après ces deux journées de répression, la dispersion est presque totale. Mais des migrant-es commencent déjà à quitter les hébergements qui sont soit trop loin soit très mauvais, tandis d’autres sont remis à la rue. Désormais, ils sont plus que jamais à la merci de la traque policière. Des dizaines de refus d’asile sont tombés et ces derniers jours des rafles massives ont eu lieu à Calais et à Paris : l’État doit apporter son quota de migrant-es à expulser dans le plan européen de 400 000 déportations.

Après l’expulsion du lycée, les migrant-es sont de nouveau isolés et dispersés. Toute organisation collective a été cassée et il est plus que nécessaire de reconstruire une dynamique de lutte et d’imposer un véritable rapport de force, à la fois pour trouver des solutions concrètes pour répondre à l’urgence de la situation, mais aussi pour continuer la lutte contre le régime des frontières.

Rendez-vous aujourd’hui à 15h place de la République pour discuter des suites.

Autres rendez-vous :

Permanences juridiques à l’ATMF, métro La Chapelle, 10 rue Affre , 75018 Paris, tous les lundis de 15h à 20h et tous les mercredis de 13h30 à 17h30

Rassemblement pour l’arrêt du règlement Dublin
Vendredi 6 novembre, 14h devant la préfecture, 92 boulevard Ney, métro Porte de Clignancourt



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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Mer 28 Oct - 1:08


Douce France Samy Abtroun 26/10/15


Ils n’ont pas de visage ni de nom, ou un seul : migrants. Telle est leur marque désormais, un label de la honte coloré sur leur front, passé du jaune-étoile au bleu-mer.

Samy Abtroun a écrit:
Venus du réputé bas monde et autre cave de la civilisation, ils sont moins victimes d’être partis de chez eux que coupables d’être arrivés chez les autres. On dit qu’ils sont hommes en masse, femmes en petit nombre et enfants trop minces pour être vus. On dit ce qu’on a envie de dire. En vérité, on ne sait rien. Les repêchés des eaux n’ont plus de sexe, ni d’âge. Sans doute la mort de jeunes hommes paraît-elle excusable pour le monde civilisé. Des vieilles dames ou des bébés chiffonneraient sa conscience. Et il n’aime pas les chiffons.

Migrants. Suivant le courant de la mer, leur destination reste vague. Mais n’est-ce pas justement ce flou qui ancre leur identité, informe, flottante, ni chair ni poisson ou plutôt les deux ? Quand ces damnés de la terre ont la mauvaise idée de ne pas se noyer, ils migrent. Ils ne parlent pas, ne transpirent pas, ne souffrent pas, ne hurlent pas, n’ont pas soif ni froid : ils migrent. Ils ne sont pas pères de famille, mères rêveuses, étudiants ambitieux, gamins joueurs : ils migrent, c’est tout. Ils n’ont pas d’histoire, de passé, de foyer, de veines, de sang, de chair : ils migrent, point barre. Diable, comme le vocabulaire sait se faire petit dans le pays des grandes encyclopédies !

Douce France. Nous voilà donc revenus au vieux concept de race, cher à l’Allemagne nazie, qui distingue l’être humain selon sa terre d’origine, sa nationalité, sa couleur ou sa religion. Soixante-dix ans après la paix entre les hommes, les hommes ne se reconnaissent plus. Une race les migrants ? Va savoir. Une sous-race peut-être ? Qu’importe au fond l’effroi qu’ils ont eu à subir ou l’humiliation qu’ils subissent encore. Ce qui compte n’est pas ce qu’ils ont été ou qu’ils sont, mais ce qu’ils pourraient être ou qu’ils ne sont pas du tout. S’ils venaient d’une autre planète, ils seraient sans doute accueillis et choyés comme des hommes. Mais pas eux, les migrants.

Des bêtes alors ? En théorie non, car aux animaux sont ordinairement offerts de l’attention, un refuge, de la nourriture et même un passeport. En pratique oui : le bétail est trié dans des centres d’identification, une tête dans ce bureau-ci une autre dans celui-là, un tampon vert ici un rouge là : migrants de guerre contre migrants économiques, migrants à aider contre migrants à vider, migrants qui passent contre migrants qu’on chasse. Pour espérer la vie dans le monde civilisé, dans l’eldorado plutôt que dans la daurade, mieux vaut ainsi avoir échappé à une fusillade qu’être tombé dans la misère. Car de faimou d’une balle, si la mort perce le ventre pareil, elle n’a pas le même goût dans la gueule.

Douce France de la fraternité. Dans les villes, quelque élu de la République s’accote aux murs pour ne pas prendre sa part de bateau, de fardeau, de boyau et de caniveau. C’est que les migrants, ça tâche, ça sent l’attentat, ça mange trop de pain et pourrit dans les coins, ça bouffe de l’alloc et des soins gratuits, ça menace de désintégrer la bonne société. Honneur donc à celui qui les évitera (au mieux) ou les tolérera (au pire). Entre le dit, le on-dit, le non-dit et le médisant, l’humanité se vend au self-service et la bêtise au kilo : « Que des chrétiens ! », « À condition qu’ils repartent une fois la guerrefinie », « Des Syriens mais pas des Irakiens », « Ca commenceà bien faire d’être les gentils garçons européens ! », « Heureusement qu’on n’a pas fait pareil, nous, en 39-45ou en 14 ! »,« [Les Allemands]nous ont pris nos juifs, ilsnous rendent des Arabes », « Personne ne dit que ce n’estpas raisonnable de partir de Turquie avec deux enfants enbas âge sur une mer agitée dans un frêle esquife » (sic)…

Quand le raisonnable engloutit la raison, les débats coulent par le fond. Voilà qu’on distingue le migrant qui migre du réfugié qui se réfugie : le premier risque de vivre et s’installer « chez nous » quand le second se contente de ne pas mourir avant de rentrer chez lui. On invente le « réfugié de guerre » afin de limiter son accueil pendant la seule période du conflit. Bel euphémisme : l’interventionnisme militaire occidental ravage l’Afghanistan depuis 14 ans, l’Irak 12 (pour la guerre la plus récente), la Libye 4 et la paix en Syrie n’est pas pour demain. Douce France… Et tandis que le malheur devient quantifiable autant que le bonheur sélectif, l’Europe s’enferme et l’extrême droite trace son petit bonhomme de chemin.

Dans les rues, à l’aube d’une présidentielle qui infiltre les haines et suspicions par les trous de serrure, le peuple ancêtre de 1789 révolutionne à sa manière. Interrogés début septembre, 55 % des Français étaient contre l’accueil de ces gens de l’ailleurs (1). Moins d’une semaine plus tard, un autre sondage (2) rectifiait le tir : 47 % d’opinion défavorable. Plus d’un Français sur deux humains ? Ouf, l’honneur de Voltaire est sauf ! La mobilisation exemplaire de particuliers qui, échappant à la médiocrité ambiante, ont partagé leur maison, a redonné de la couleur au drapeau. Mais au milieu du mois, les ardeurs des Lumières perdaient de leur reflet : 7 sondés sur 10 estimaient « suffisant » et 4 sur 10 « très suffisant » le chiffre de 24 000 réfugiés accueillis par le pays ces deux prochaines années (3).

Soit 12 000 têtes par an… En 1979, près 130 000boatpeople– Vietnamiens, Cambodgiens et Laotiens – étaient sortis des flots sur les côtes françaises. Douce France qui, en 36 ans à peine, a perdu ses pédales des droits de l’homme, qui voit en l’étranger la peste à sa porte, a peur de ce qui ne lui ressemble pas, tombe dans des travers dont on l’espérait immunisée. Douce France des intellectuels qui ont préféré sortir la gomme plutôt que le crayon ; douce France des journalistes qui ne jugent pas opportun de montrer la mort d’Aylan, ce Syrien de 3 ans échoué sur les consciences ensablées du monde ; douce France des philosophes qui revendiquent leur droit d’être infâmes et soulagent leur conscience comme on pisse sur les tombes…
En 1979, Sartre expliquait son devoir d’engagement : « Personnellement, j’ai pris parti pour des hommes qui n’étaient sans doute pas de ceux qui étaient mes amis au temps où le Vietnam se battait pour la liberté. Mais ça n’a pas d’importance parce que ce qui compte ici, c’est que ce sont des hommes, des hommes en danger de mort. Et je pense que les droits de l’homme impliquent que tout homme doit entrer au secours de tous ceux qui risquent un danger de mort ou un danger de grand malaise. Telle est la raison pour laquelle je suis ici, c’est-à-dire abandonnant complètement mes opinions politiques et me mettant dans cette affaire du point de vue humain, c’est-à-dire du point de vue moral. » Sartre est mort. Définitivement.

Aujourd’hui, sciemment ou sciemment, personne ne revient sur les causes – pourtant fondatrices – de ce drame humain. Doit-on les graver dans nos yeux pour qu’on ait enfin le courage de se regarder en face ? Le monde civilisé déclenche et finance ses guerres pour vendre ses armes et se partager des territoires, échangeant, dans un jeu de dupes cynique, des dictatures pour des barbaries, conversant dans la foulée avec d’hypothétiques « terroristes modérés » ou « djihadistes démocrates », salissant et froissant la carte du monde comme un vulgaire papier-cul. Il a fait l’Afghanistan, l’Irak puis la Libye. Et aujourd’hui la Syrie.
Mais dans son compte d’apothicaire, il a juste oublié que les ressortissants de ces pays pouvaient et survivre et marcher et rêver. Nombre d’entre eux sont ceux-là mêmes qui essaient, sans bouée, de retrouver un peu de dignité en France. S’excusant presque d’être encore là, ces milliers de personnes ont fui l’inhumanité croyant plonger dans quelque chose de plus doux au demeurant, et pourtant autrement plus tragique : l’humanité. Une humanité qui ne dit plus son nom tant elle ne sait plus le porter.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Jeu 29 Oct - 1:18



Face aux migrants, l'Europe se hérisse de murs 28/10/2015 à 20:57


Des soldats hongrois érigent une clôture entre la Hongrie et la Croatie

L'espace Schengen de libre circulation est mis en péril par la décision de l'Autriche d'ériger une barrière à sa frontière avec la Slovénie. D'autres pourraient l'imiter, tandis que les relations se tendent entre Berlin et Vienne

Citation :
Faute d'être capables de les canaliser et de s'entendre pour les prendre en charge, les Européens se ferment aux réfugiés. L'Autriche vient d'annoncer son intention d'édifier une barrière le long de sa frontière avec la Slovénie, pour «assurer une entrée ordonnée et contrôlée» des arrivants, a expliqué la ministre de l'Intérieur, Johanna Mikl-Leitner. Si le projet est mis à exécution, il s'agira de la première frontière érigée entre deux pays membres de Schengen - le début de la fin pour l'espace de libre circulation intra-européen.

Alors que la crise s'aggrave, tous les pays des Balkans tentent d'exfiltrer au plus vite les réfugiés vers le pays voisin. Du coup, les tensions s'exacerbent entre les États. L'Autriche se retourne contre la Slovénie, dont les dirigeants se disent dépassés, et annonce son projet de barrière pour freiner les arrivées, de l'ordre d'un millier par jour. Le premier ministre slovène, Milo Cerar, déclare à son tour être prêt à édifier une barrière avec la Croatie, si nécessaire.

Faire baisser la pression à Calais

Mises à l'épreuve par la pression migratoire, les relations entre l'Allemagne et l'Autriche, partenaires traditionnellement solidaires, se détériorent. Le ministre de l'Intérieur allemand a taxé le pays voisin de «comportements incorrects». Le dirigeant de la Bavière, Horst Seehofer, a mis en demeure la chancelière Angela Merkel de revoir sa politique à l'égard des réfugiés et accusé Vienne de pousser les arrivants à passer en Allemagne.

À toutes les frontières de la région des Balkans, les mêmes scènes se répètent: des milliers de personnes attendent dans des centres, près des gares ou devant les postes frontières, parfois sous la pluie, dans la boue et le froid, de pouvoir continuer leur voyage vers le reste de l'Europe. Alors que le rude hiver balkanique approche, le manque d'infrastructures d'accueil laisse craindre une catastrophe humanitaire prochaine.

En France, le gouvernement peine à faire baisser la pression dans la «jungle» de Calais. Ses efforts pour reloger des migrants dans d'autres villes restent vains, les personnes concernées reprenant aussitôt la route vers l'Angleterre.

Pour l'instant, le centre d'accueil de Lampedusa, qui a accueilli en Sicile quelque 300 000 migrants ces dernières années, est vide, en attendant sa transformation en premier «hotspot» de l'UE.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Mer 4 Nov - 6:06

Migrants à Calais : la justice exige de l'Etat de meilleures conditions de vie dans "la jungle de Calais" FRANCE 3 Francetv info 03/11/2015 (Vidéo)

Face à l'urgence, la justice vient de demander à l'État d'améliorer les conditions de vie dans "la jungle de Calais"


Point d’eau dans la jungle de Calais
PHILIPPE HUGUEN/AFP

Citation :
Près de 6 000 migrants s'y entassent désormais, à tel point que "la jungle de Calais" (Pas-de-Calais) est devenue le plus grand bidonville d'Europe. Face à cette crise sanitaire, la justice a ordonné à l'État lundi 2 novembre de procéder à des aménagements : 10 points d'eau supplémentaires, 50 toilettes et un meilleur accès au service d'urgences sont exigés.

"Très clairement, je ne serai contrainte à rien du tout. Et s'il le faut j'irai devant le tribunal administratif puisqu’à un moment donné, il faut aussi que les décisions de justice respectent aussi le rôle des maires, et la justice sait très bien que le maire n'est pas en responsabilité face à ce problème", estime de son côté Natacha Bouchart, maire LR de Calais, au micro de Fance 3, également citée par la justice.

Les associations veulent plus

La justice avait été alertée la semaine dernière par des associations humanitaires. La distribution de deux repas par jour, par exemple, n'a pas été prise en compte. "Nous souhaitons rentrer dans une logique de démantèlement de ce lieu pour pouvoir créer différents lieux à Calais et autour de Calais à taille plus humaine dans des conditions de mises à l'abri dignes". Si elles n'obtiennent pas satisfaction, les associations envisagent d'autres recours.



Six mille migrants vivent actuellement dans la « jungle » de Calais,
bidonville toléré par l’État à côté du camp Jules-Ferry, dans des conditions d’hygiène déplorables.
PHOTO JEAN-PIERRE BRUNET La Voix du Nord


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Mer 4 Nov - 16:32

Grand rassemblement Vendredi soir 6 novembre 2015 à l'appel des réfugiés à la rue Place de la République.

Les violations de la dignité humaine par la préfecture de Paris doivent cesser !

Citation :
Relayez massivement !!

Appel/communiqué des migrants de la place de la République

Respect pour les réfugiéEs et les droits des migrants !
Rassemblement Vendredi 6 novembre à 20.00 Place de la République
Nous sommes migrants, nous sommes sans-abri. Nous sommes place de la République. Nous ne pouvons pas dormir. Il pleut. Chaque fois que nous installons des tentes ou même seulement des bâches la police nous pousse et les prend de force. Alors nous restons toute la nuit sous la pluie et dans le froid sans protection. Mais cela n'est encore pas assez pour les autorités. Chaque matin, tôt, la police nous attaque et prend nos affaires.
Nous ne sommes pas des criminels. Nous demandons le respect. Nous voulons des droits. Nous voulons de l'humanité. Nous voulons un toit aujourd'hui. Nous n'abandonnerons jamais jusqu'à ce que vous acceptiez nos demandes.
Nous demandons à la population d'aider les réfugiés. Nous sommes place de la République pour demander nos revendications. Les autorités ne peuvent pas nous laisser sous la pluie et dans le froid. Elles ne peuvent pas ne rien nous accorder et nous attaquer quand nous essayons de mettre des tentes ou des bâches.
Nous vous demandons d'aider les réfugiés. Nous avons besoin de nourriture. Nous avons besoin de tentes. Nous avons aussi besoin de sacs de couchage. Nous avons besoin de couvertures et de vêtements.
Nous faisons appel à vous pour se rassembler avec nous vendredi soir à 20H00 pour résister avec nous pour mettre les tentes et les bâches et soutenir nos revendications.
Merci à vous.


Citation :
Respect the refugees and migrants rights !

Regroup on friday 6th november at 20.00 o'clock at Place de la République
We are migrants, we are homeless. We are in place de la République. We cannot sleep. It's raining. Every time we put tents or even only baches the police push us and take these by force. So we are staying all the night in the rain and the cold without cover. But it's still not enough for the autorities. Every morning early the police attack on us and they take our staffs by force.
We are not criminals. We want respect. We want rights. We want humanity. We want homes today. We will never give up until you accept our requests.
We call on the people to help the refugees.We are in place de la République to ask for our demands. The autorities can't let us stay in the rain and the cold. They can't provide anything and attack us when we try to have tents or baches.
We call on the people to help the refugees. We need food. We need tents. So we need sleeping bags. We need blankets and clothes.
We call on you to regroup with us on friday evening at 20.00 o'clock to resist with us to put the tents and baches and to support our demands.
Thank you.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Ven 6 Nov - 15:36

Le viol d’une Camerounaise relance le débat sur le sort des migrants en Algérie Feriel Kolli L'Obs Rue89 05/11/2015

Une migrante chrétienne, tabassée et violée par plusieurs hommes à Oran, s’est vue refuser l’accès aux soins par plusieurs hôpitaux et l’enregistrement de sa plainte par la gendarmerie. Associations de droits de l’homme et syndicats pointent du doigt les discriminations récurrentes envers les migrants subsahariens.

Citation :
(D’Alger) Le 1er octobre 2015 vers 23 heures, Marie Simone D., une ressortissante camourenaise de 33 ans, a été tabassée et violée par au moins sept individus de nationalité algérienne, à l’entrée du quartier de Coca situé dans l’agglomération d’Oran.

La scène s’est déroulée près du grand parking de voitures et d’autocars du quartier. La femme a croisé un groupe de jeunes qui l’ont emmenée sous la menace d’une arme à feu, d’un couteau et d’un chien, lui ont donné des coups de poing sur le visage et l’ont agressée sexuellement.

Des voisins ont donné l’alerte. La femme a été secourue par son mari. Il l’a transportée à l’hôpital en taxi.

« Vous partez, ou bien c’est la cellule »

L’œil au beurre noir, la figure couverte de bleus, la victime affirme s’être vue refuser l’accès aux soins par plusieurs hôpitaux et cliniques – et l’obtention d’un certificat et de prélèvements lui permettant de constituer les preuves de son agression.

Même scénario à la gendarmerie de Yahmorassen (brigade du secteur), où le couple a décidé de porter plainte le lendemain.

Après avoir posé des questions sur la régularité des papiers du couple et sur leur confession (le couple est chrétien), le brigadier aurait, selon la victime, clos la discussion ainsi : « Vous n’avez pas de papier. Vous partez, ou bien c’est la cellule. »

Fatma Boufenik, enseignante-chercheure à l’université d’Oran-II, fondatrice de Femmes algériennes revendiquant leurs droits (Fard) et membre du collectif Solidarité avec les Subsaharien(ne)s et réfugié(e)s à Oran, juge : « Ce refus a été motivé par sa situation administrative irrégulière sur le territoire national et par son appartenance religieuse. »

La télé locale s’en mêle

Dans un communiqué, Fouad Hassam, chargé du dossier migration au Syndicat autonome du personnel de l’administration publique (Snapap), s’insurge : « La brigade de gendarmerie de Yahmorassen contrôle à elle seule un secteur urbain d’une superficie assez vaste, comprenant des quartiers, voire des bidonvilles très difficiles à forte population, comme ceux d’El- Hassi et de Coca. Leur travail est difficile, mais ceci ne leur permet nullement de ne pas respecter les individus, indépendamment de leur race, de leur religion, ou de leur statut administratif.

Le réflexe de refuser systématiquement aux migrants subsahariens de porter plainte, à cause de leur statut administratif vulnérable, a encouragé le crime et les assassinats envers cette population. »


Avec la section oranaise de la Ligue algérienne des droits de l’homme, Fouad Hassam a accompagné la victime à la gendarmerie de Yahmorassen pour demander des justifications sur le refus de l’enregistrement de la plainte.

Il raconte : « Le jour même, un journaliste de la chaîne de télé locale KBC a pu rencontrer le colonel de la gendarmerie. Le journaliste a raconté l’histoire de Marie au colonel, qui a décidé de la voir en personne. Plus tard, Marie a été entendue par une capitaine de la brigade principale d’Oran. »

Le relais de Facebook et Avaaz

Entre-temps, associations et syndicats ont partagé sur leurs pages Facebook la vidéo du reportage de la chaîne KBC sur l’agression. Elle a suscité de vives réactions.


Témoignage de la victime et de son mari (à partir de 0’55)

L' horrible viol de la camerounaise a Oran


Le 15 octobre, douze associations, ONG internationales et collectifs ont publié une pétition commune sur la plateforme Avaaz à destination du ministère de la Justice et de l’Intérieur pour dénoncer « les pratiques récurrentes de déni de dépôt de plainte par les institutions concernées ».

Fatma Boufenik précise : « Ces pratiques sont récurrentes notamment à l’égard des migrants, des femmes victimes de violences conjugales et des citoyens voulant déposer plainte contre un fonctionnaire des corps constitués (police, gendarmerie) ou dans la magistrature. »

Deux des sept suspects ont été interpellés, les autres sont encore recherchés. Contrairement à Marie Simone, très peu de migrant(e)s osent porter plainte en cas de violence.

Une violence enracinée

Fouad Hassam explique : « Le cas de Marie pouvait passer inaperçu, c’est juste un concours de circonstances si l’information est tombée dans les oreilles du Snapap.

Une migrante a été sauvagement assassinée une semaine avant l’agression de Marie, quelqu’un a cherché à connaître son histoire ? Non, elle se trouve à la morgue de l’hôpital de Tlemcen, elle s’appelle Aoua.

Il faut garder à l’esprit que la dénonciation de violences faites par des Algériens reste un phénomène récent en Algérie. Notre société est vraiment intolérante sur la question religieuse et raciale, ce qui explique que les Algériens n’aient pas encore fait le pas pour intégrer les migrants dans la société. La violence à leur égard est très enracinée.

Les agressions verbales sont monnaie courante, les vols aussi, les employeurs qui ne payent pas, les bailleurs qui ne respectent pas leurs engagements, tout ça n’est porté ni aux oreilles des associations, ni devant la justice. »


Ces deux dernières années, période durant laquelle une arrivée importante de femmes noires africaines a été observée dans le pays, de rares affaires de viols ont retenti dans les médias et sur les réseaux sociaux, et les migrantes concernées ont, tout comme Marie Simone D., subi le rejet des autorités compétentes.

L’une d’entre elle, une Camerounaise violée en janvier 2014 à Oran, avait même été incarcérée pour « séjour illégal » alors que son agresseur avait été relâché par le procureur, faute de preuves.

La « myopie » de l’Etat algérien

Salah Dabouz, avocat des droits de l’homme et président de la Ligue algérienne des droits de l’homme (LAADH) explique : « Certains agents des services de sécurité ou bien les magistrats refusent également de traiter les demandes des migrants parce qu’ils ne connaissent pas les textes internationaux qu’a ratifiés l’Algérie. »

Fouad Hassam ajoute : « Dans certains cas, ce sont les procureurs qui incitent les gendarmes et les policiers à refuser l’enregistrement des plaintes émanant des Noirs africains en situation irrégulière. Dans d’autres, il s’agit d’un abus d’autorité des services de sécurité, qui rabaissent l’étranger en position de faiblesse. »

Pour Fatma Boufenik, les pouvoirs publics doivent surtout sortir de leur « myopie » : « Il est temps que l’Etat algérien prenne conscience que nous sommes passés d’un pays pourvoyeur de l’émigration, à un pays de transit – en mutation vers un pays d’immigration. »


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Ven 6 Nov - 17:53

Malgré Schengen, la France peut remettre en place un contrôle aux frontières Le Monde.fr | 06.11.2015
Par Alexandre Pouchard et Maxime Vaudano


Le ministre de l’intérieur a annoncé cette mesure exceptionnelle et temporaire,
pour un mois, à l’occasion de la COP21.
Un cas de figure prévu par les accords signés en 1985

Citation :
Bien que membre de l’espace Schengen, la France va rétablir des contrôles à ses frontières pendant un mois. Le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé vendredi 6 novembre cette mesure exceptionnelle et temporaire, liée à la tenue de la COP21, la conférence de l’ONU sur le climat, organisée à Paris du 30 novembre au 11 décembre.

Le ministère de l’intérieur a précisé à l’AFP que les contrôles seraient rétablis du 13 novembre au 13 décembre. Cette mesure, sans lien avec la crise des migrants, selon le ministre de l’intérieur, ne constitue pas une suspension des accords de Schengen, a affirmé M. Cazeneuve sur RMC et BFM-TV :

« Pendant un mois, nous allons établir des contrôles aux frontières, ce qui n’est pas du tout une suspension de Schengen (…) qui prévoit, dans un de ses articles la possibilité pour des Etats de le faire dans des circonstances particulières qui correspondent à la COP21. »

Les accords de Schengen permettent de fait de rétablir les contrôles aux frontières dans des cas précis.

1. En quoi consistent les accords de Schengen ?

Conclus en 1985 par la France, l’Allemagne de l’Ouest et le Benelux, les accords de Schengen visaient à supprimer progressivement les contrôles aux frontières communes et à instaurer un régime de libre circulation des personnes. Inauguré en 1995, l’espace Schengen regroupe aujourd’hui 22 des 28 Etats de l’Union européenne, ainsi que quatre pays extérieurs : l’Islande, la Norvège, la Suisse et le Liechtenstein. Concrètement, il supprime tout contrôle des frontières terrestres, maritimes ou aériennes entre deux pays appartenant à cet espace.


2. Les pays européens ont-ils le droit de rétablir des contrôles à leurs frontières ?

Oui. Une clause de sauvegarde intégrée à l’article 2.2 de la convention de Schengen autorise les Etats à rétablir provisoirement des contrôles aux frontières dans des circonstances exceptionnelles.

Le code frontières Schengen de 2006 en précise les contours : il autorise le rétablissement des contrôles en cas de « menace grave pour l’ordre public et la sécurité intérieure » (pour six mois maximum) ou pour faire face à des événements imprévus (cinq jours maximum), ce après consultation des autres Etats du groupe Schengen. Une réforme des règles réclamée par le président français de l’époque, Nicolas Sarkozy, et Silvio Berlusconi, alors président du conseil italien, a étendu en 2013 la possibilité de rétablir les frontières jusqu’à vingt-quatre mois, dans des « circonstances exceptionnelles », notamment une défaillance grave du contrôle des frontières extérieures.

Par ailleurs, l’article 78 du Traité de fonctionnement de l’Union européenne (TFUE) permet des « mesures provisoires » dans le cas où « un ou plusieurs Etats membres se trouvent dans une situation d’urgence caractérisée par un afflux soudain de ressortissants de pays tiers ».


3. Dans quelles circonstances des frontières nationales ont-elles été rétablies ?

La clause de sauvegarde prévue par Schengen est appliquée régulièrement mais se cantonne généralement à l’accueil d’événements internationaux : des réunions de la Banque centrale européenne à Barcelone, le G20 de Cannes, l’Euro 2012 de football ou la visite du président américain Barack Obama en Estonie ont ainsi donné lieu ces dernières années à un rétablissement des contrôles pour quelques jours. Il peut aussi s’agir de menaces imminentes de terrorisme, comme la France l’a fait après les attentats de 1995.

Ces derniers mois, en revanche, des pays comme l’Allemagne, l’Autriche ou la Hongrie ont invoqué le TFUE pour rétablir les contrôles à leurs frontières avec la crise des migrants. La France avait elle aussi mis en place une telle mesure en 2011 lors du « Printemps arabe », qui avait entraîné l’arrivée de milliers de migrants en Europe.


4. Comment les frontières européennes sont-elles contrôlées ?

Chaque Etat ayant une frontière avec un pays non-membre de l’espace Schengen (comme la Hongrie avec la Serbie, par exemple) se doit de contrôler les entrées. L’Union européenne s’est dotée d’une base de données commune, baptisée « SIS » (pour système d’information Schengen), permettant d’identifier les individus pénétrant sur le territoire européen et de distinguer les arrivants interdits de séjour ou bien ceux recherchés. La coopération opérationnelle pour la surveillance des frontières est théoriquement assurée par l’agence européenne Frontex.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Sam 7 Nov - 0:07


Migrants: Bruxelles prévoit 3 millions d'arrivées d'ici à 2017 Lefigaro.fr avec AFP 05/11/2015

Citation :
La Commission européenne a prédit aujourd'hui l'arrivée dans l'UE d'ici à 2017 de trois millions de migrants fuyant la guerre et la pauvreté, alors que jusqu'ici les effets de la crise migratoire n'avaient jamais été évalués à un tel niveau.

« Au total, trois millions de personnes supplémentaires devraient arriver dans l'Union européenne sur la période concernée par les prévisions»,
soit de 2015 à 2017, a écrit la Commission, dans son rapport d'automne de prévisions économiques.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Mer 11 Nov - 23:31

Trois-millions de nouveaux réfugiés en Europe !  Robert Bibeau, directeur. Les7duQuebec.com
11 novembre 2015
 

Robert Bibeau a écrit:
L’article ci-dessous permet de comprendre que les vagues de migrations qui convergent  vers l’Europe impérialiste ne sont pas liées qu’au conflit syrien – beaucoup s’en faut.  Les migrants les plus nombreux viennent de Syrie, mais aussi, d’Afghanistan, d’Érythrée, d’Afrique subsaharienne, du Pakistan, de Somalie, du Nigeria, d’Irak, d’Albanie, du Soudan. Bref, des pays où sévissent la guerre, la misère, la pauvreté, et que les puissances impérialistes ont envahis et saccagés ; soient qu’elles les ont abandonnés aux mains des bourgeoisies locales puisque ces contrées ne recélaient aucune ressource importante, ni aucun prolétariat abondant à surexploiter.

Ces populations affamées, terrorisées se sont mises en marche vers les régions où elles espèrent trouver la tranquillité, la sécurité, des emplois et de quoi manger, se loger et obtenir des soins de santé. Pour faire cesser ces flots de migrants, il faudra donc que ces conditions économiques et sociales soient réunies dans leur pays d’origine. Sous le mode de production capitaliste, en crise économique systémique depuis 2008, cela ne risque pas d’arriver. Au contraire, les perspectives économiques sont alarmantes.

On doit toutefois se consoler – ces vagues de migration participent aux préparatifs de la révolution sociale mondiale qui se prépare et qui ne manquera pas de survenir au terme de cette transhumance de millions de victimes de l’économie-politique capitaliste dégénérée dans un système déglingué
.  


Trois millions de migrants attendus en Europe d'ici 2017 William Plummer , Service infographie du Figaro 05/11/2015



«Les Etats européens doivent se préparer à l'idée qu'une situation très difficile
nous attend dans les prochains mois»,
a alerté Fabrice Leggeri

Citation :
INFOGRAPHIE - L'afflux de migrants tentant de rejoindre l'Union européenne ne cesse d'augmenter. L'Union européenne vient de rendre ses nouvelles estimations.

La situation n'a jamais été aussi alarmante. Alors que plus de 800.000 «entrées illégales» dans l'Union européenne ont été dénombrées depuis le début de l'année 2015, la crise ne fait que commencer. La Commission européenne a prédit ce jeudi l'arrivée dans l'UE d'ici à 2017 de trois millions de migrants fuyant la guerre et la pauvreté, alors que les effets de la crise migratoire n'avaient jamais été évalués à un tel niveau. L'afflux de réfugiés en Europe devrait avoir «un impact sur la croissance économique qui serait faible mais positif pour l'Union Européenne dans son ensemble», a toutefois indiqué Pierre Moscovici, le commissaire européen aux Affaires économiques.

«Les Etats européens doivent se préparer à l'idée qu'une situation très difficile nous attend dans les prochains mois», avait déjà alerté mercredi Fabrice Leggeri le patron de l'agence Frontex, rappelant que Frontex est chargée de la «surveillance» des frontières mais n'a pas le pouvoir de refouler les migrants. Il a jugé que les «hotspots», centres d'accueil et d'enregistrement prévus sur les îles grecques et en Sicile, ne permettraient pas de résorber l'afflux de demandeurs d'asile, puisqu'ils ne permettent pas un «séjour prolongé» sur place.

En outre, «celui qui est entré illégalement et n'a aucun droit à l'asile doit être rapidement renvoyé dans son pays», a insisté le patron de Frontex, estimant que l'UE a besoin «de structures d'accueil» où les migrants «doivent au besoin être enfermés». Ce dernier appelle donc les Etats européens à «faire usage de manière plus conséquente» de leur droit, prévu par les textes européens, de placer en rétention «jusqu'à 18 mois» un étranger en situation irrégulière pour «organiser son retour».


Un nouveau record mensuel

Le chiffre des 800.000 migrants arrivés en Europe dépasse les dernières estimations du Haut-commissariat de l'ONU pour les Réfugiés (HCR) et de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM). Toutefois, le mode de comptage de Frontex permet de recenser la même personne plusieurs fois, avait précisé l'agence mi-octobre. À un tel rythme, le nombre de migrants rejoignant l'Union européenne pourrait avoisiner le million voire le dépasser.

En début de semaine, le HCR a annoncé qu'un peu plus de 218.000 migrants et réfugiés ont traversé la Méditerranée pour rejoindre l'Europe en octobre. Un «record mensuel». Le mois de septembre dernier constituait le précédent record avec 172.843 arrivées. Les chiffres actualisés du HCR montrent que 218.394 traversées de la Méditerranée ont été effectuées en octobre, soit légèrement plus que durant les 12 mois de 2014. Un constat sans appel qui démontre que l'afflux de migrants ne cesse de croitre.

Jusqu'à présent, le HCR prévoyait que 700.000 migrants allaient chercher refuge en Europe cette année en empruntant les routes périlleuses de la Méditerranée, et qu'ils seraient au moins aussi nombreux en 2016. Mais étant donné que plus de 744.000 sont déjà arrivés, le HCR va revoir à la hausse ses estimations et les publier d'ici la fin du mois. En 2015, environ 3.440 personnes ayant tenté de traverser la Méditerranée pour rallier l'Europe sont mortes ou portées disparues, selon le HCR. La majorité des décès ont toutefois eu lieu sur le trajet vers l'Italie, selon l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Trois routes principales

Pour rallier l'Europe, trois routes sont principalement empruntées par les migrants. Celle de la Méditerranée orientale, la plus fréquentée, celle des Balkans, qui rencontre un essor grandissant sur les cinq dernières années et enfin celle de la Méditerranée centrale, en nette baisse par rapport à 2014. Mais globalement le nombre de migrants arrivant en Europe est en constante évolution.

Selon Frontex, «il y a plusieurs raisons à cette hausse spectaculaire - une situation dramatique en Syrie, en Érythrée, au Soudan du Sud, en République démocratique du Congo, en Irak combinée au fait que la Libye est de facto un État défaillant où la loi n'est pas appliquée».


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Jeu 12 Nov - 16:25

Migrants : les "No Borders" à l'origine des violences avec les policiers ? Thomas Prouteau, Loïc Farge RTL 12/11/2015


REPLAY - À Calais, les affrontements entre les migrants et les forces de l'ordre se multiplient. Selon le ministère de l'Intérieur, ces violences ne sont pas spontanées : elles seraient soutenues par des militants radicaux.




Citation :
À Calais, les "No Borders" ("sans frontières", en anglais) sont une quarantaine selon la préfecture. La plupart sont installés au sein même de la jungle, ce bidonville où vivent plus de 4.000 migrants. On compte dix Français, autant de Britanniques et d'Allemands, et d'autres Européens. Garçons et filles, ils ont entre 20 et 30 ans. Ils se revendiquent anti-capitalistes et anti-frontières.

"Un militant No Border milite pour l'ouverture des frontières, la liberté de circulation et d'installation pour les migrants. On porte leurs revendications, on essaie de leur donner une voix. On ne va pas les voir avec une pierre dans la main en disant : 'Allez, ce soir on y va tous !' Alors oui nous sommes là quand il y a des manifestations et des expulsions", raconte l'un d'entre eux, qui se présente sous le pseudo "Arnaud" au micro RTL de Franck Antson.

"Arnaud" dément être impliqué directement dans les violences. Ce qu'il assume c'est un soutien total et inconditionnel aux migrants. Il souligne aussi que les tensions sont devenues très vives depuis que les autorités ont rendu quasiment impossible la traversée par le tunnel sous la Manche.

L'Intérieur dénonce de l'agitprop

Selon les policiers, les "No Borders" provoquent. Ils font de "l'agitprop" et poussent les migrants à l'affrontement. Ils politisent en fait le chaos du bidonville. "Ce sont des gens qui sont très souvent dans l'ombre, qui manipulent, qui incitent les migrants aux violences entre les policiers et à prendre d'assaut des camions pour pouvoir espérer, de manière illusoire, passer au Royaume-Uni", explique Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Pour lui, "ce sont avant tout des extrémistes avec toutes les dérives que cela peut comporter". Il n'y a pourtant eu aucune interpellation depuis le début de la semaine à Calais. "Justement parce que ces activistes agissent dans l'ombre", affirment les policiers.

Bémols


La présence de radicaux est admise par la plupart des travailleurs humanitaires. Mais avec deux bémols. Selon eux, les policiers ont tendance à qualifier de "No Border" tout militant qui aide les réfugiés, même les plus pacifistes. Ensuite désigner ce groupuscule comme seul responsable des violences leur semble un peu rapide. Selon un intervenant quotidien sur le site de la jungle, le ministère de l'Intérieur se défausse en partie d'une situation devenue explosive.

Ces "No Borders", on les a vus au printemps dernier à Vintimille, à la frontière franco-italienne, au moment des naufrages dramatiques de migrants, toujours avec le même slogan : "Pas de frontières, pas de nations, pas de déportations". Un militantisme autonome et radical qui inquiète les autorités en pleine crise des réfugiés.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Lun 16 Nov - 8:19


un « trafic d’êtres humains »



Égypte : 15 migrants africains tués par balles dans le Sinaï Jeune Afrique avec AFP 15 novembre 2015


Des migrants sauvés par les garde-côtes libyens
le 3 septembre 2015 à Tripoli. © Mahmud Turkia/AFP

Les corps de 15 migrants africains tués par balles ont été retrouvés dans le Sinaï en Égypte à la frontière israélienne, ont indiqué dimanche des sources sécuritaires et un responsable de la Santé
 
Citation :
« Quinze Africains ont été retrouvés morts par balles dimanche » au sud de la ville de Rafah, a affirmé à l’AFP Tarek Khater, le représentant du ministère de la Santé dans le nord du Sinaï. « Nous avons également trouvé huit Africains blessés dont l’état de santé est stable », a-t-il ajouté.

Les circonstances de cette tuerie n’ont pas été élucidées et ses auteurs identifiés, ont précisé les sources, ajoutant que les nationalités des migrants n’étaient pas encore connues.

Le ministère de la Santé a dépêché plusieurs ambulances sur les lieux de l’incident, a souligné M. Khater.

Sinaï, lieu de passage

Le Sinaï, vaste péninsule de l’est de l’Egypte, est un lieu de passage pour faire entrer illégalement en Israël des migrants africains. Une partie de ces tentatives prennent fin de façon tragique, par la mort ou l’arrestation de ces migrants.

Des associations de défense des droits de l’Homme dénoncent régulièrement ces passages illégaux de migrants qu’elles considèrent comme un « trafic d’êtres humains ».

Le Sinaï est devenu ces dernières années de plus en plus instable en raison de la présence de jihadistes ayant fait allégeance à l’Etat islamique (EI) et de tribus hostiles au pouvoir.

Un avion charter russe avec 224 personnes à bord s’y est écrasé le 30 octobre, probablement à cause d’un attentat selon plusieurs pays et des experts.


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MessageSujet: Re: (IM)MIGRANT.E.S, RÉFUGIÉS, TRANSNATIONALISME, PRÉCARIAT GLOBALISÉ, "NÈGRES du MONDE"...   Lun 16 Nov - 21:50



Le nouveau gouvernement polonais durcit sa position sur les migrants AFP 16 novembre 2015


La nouvelle Première ministre polonaise, Beata Szydlo
à l'ambassade de France à Varsovie

AFP a écrit:
Le nouveau gouvernement conservateur et eurosceptique polonais a prêté serment lundi au milieu de signes de durcissement de ses positions sur les migrants, telle l’idée inédite de renvoyer les Syriens se battre dans leur pays.

La Première ministre Beata Szydlo a maintenant 14 jours pour présenter son exposé de politique générale au parlement et solliciter sa confiance, qui lui est acquise d’avance, son parti Droit et Justice (PiS) ayant obtenu la majorité absolue dans les deux chambres aux législatives du 25 octobre.

Sans attendre de prendre ses fonctions, son chef de la diplomatie Witold Waszczykowski s’est exprimé sur la politique européenne à adopter, selon lui, face à l’afflux massif de réfugiés et migrants.

«Des centaines de milliers de Syriens sont arrivés dernièrement en Europe. On pourrait en faire une armée», a-t-il déclaré dimanche à la télévision publique TVP Info.

«Des dizaines de milliers de jeunes hommes sautent de leurs bateaux gonflables, avec leur iPad à la main, et au lieu de demander d’abord à boire ou à manger, ils demandent où ils peuvent charger leur téléphone portable. Ils pourraient aller combattre pour libérer leur pays, avec notre aide», a-t-il dit.

Il n’en a pas moins assuré que la Pologne respecterait les engagements pris par le gouvernement libéral sortant qui avait promis d’accueillir plus de 9000 réfugiés dans le cadre du plan européen de relocalisation.

Cette mise au point était devenue nécessaire après la première réaction aux attentats de Paris de l’homme qui doit être chargé des Affaires européennes dans le cabinet de Mme Szydlo, Konrad Szymanski, qui a vu un lien entre ces actes terroristes et la crise migratoire.

M. Szymanski figure sur la liste du gouvernement rendue publique la semaine dernière par Mme Szydlo, mais n’a pas prêté serment lundi et son statut exact au sein du gouvernement restait à préciser.

- 'Garanties de sécurité' -

«Les décisions, que nous avons critiquées, celles du Conseil européen sur la relocalisation des réfugiés et immigrés vers tous les pays de l’UE ont toujours la force de droit européen. (Mais) après les événements tragiques à Paris nous ne voyons pas la possibilité politique de les respecter», a déclaré M. Szymanski, connu pour ses opinions eurosceptiques. Il a nuancé par la suite son propos, en disant que la Pologne accepterait des réfugiés «à condition d’avoir des garanties de sécurité».

Avant de prêter serment, le nouveau gouvernement polonais est allé au complet déposer des fleurs à l’ambassade de France à Varsovie.

Dès son entrée en fonction, il a l’intention de s’attaquer à la réalisation d’un vaste programme présenté lors de la campagne électorale comme une «remise en état de la République».

Les promesses les plus populaires concernent une allocation de plus de 100 euros par enfant à partir du deuxième enfant, pour redresser la démographie, l’abaissement de l’âge de la retraite de 67 à 65 ans et la hausse du montant du revenu exempté d’impôt, ainsi que des aides aux PME. Pour financer ces engagements, difficiles à remplir rapidement selon plusieurs experts, le gouvernement compte surtout sur la réduction de fraudes à la TVA qui devrait augmenter sensiblement les recettes fiscales. Il a annoncé également son intention d’imposer les hypermarchés et les institutions financières.

Le programme du PiS comprend aussi la création de 1,2 million d’emplois pour combattre le chômage et la migration des jeunes vers l’Europe de l’Ouest.

Dans le domaine de l’énergie, le gouvernement se propose de défendre le charbon et renégocier le pacte sur le climat et l’énergie signé en 2008 par le Premier ministre libéral Donald Tusk, jugeant ce document «contraire aux intérêts» de la Pologne.

Enfin, le vice-Premier ministre et ministre de la Culture, M. Piotr Glinski, a annoncé que les médias publics - la télévision, la radio et l’agence PAP - seront transformées en institutions culturelles nationales à l’image de l’Opéra national ou du Musée national, qu’il chercherait à «repoloniser» la presse locale, souvent contrôlée par des capitaux étrangers, notamment allemands.


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