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 AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE

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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Ven 11 Déc - 5:27





Etats acheteurs de terres ; Pays cibles des acquisitions de terres ;
pressions sur les terres
The new « scramble for land »



La globalisation foncière, nouvel enjeu de la mondialisation Alain Nonjon  Espace prépas n°134 nov.-2010

Depuis 2006, ce sont près de 30 M ha de terres, l’équivalent de la SAU (Surface Agricole Utile) française, qui ont fait l’objet de transactions dans le monde. L’hectare devient un actif à la mode. Des financiers comme George Soros, des fonds spéculatifs comme Altima ou Quantum font de la terre leur placement spéculatif favori face à la volatilité des marchés céréaliers. La variété et l’imprécision des chiffres fournis donnent la mesure du phénomène : peut-on parler de 20 M ha, comme l’évaluent la Banque mondiale et la FAO (Food and Agriculture Organisation) ? De 10 M ha cédés dans le seul sud du Sahara en 2008, de 30 M ha ou de 45 M ha en 2009 dans cette même zone ? Ces seules imprécisions valent aveu de confusion, de précipitation sur cette nouvelle richesse. Après le pétrole, les minerais, les terres rares, les minerais stratégiques : les terres agricoles à cultiver, voilà le nouveau mot d’ordre ! Cet article est illustré d’une carte.

Dans le cadre de ses synergies géopolitiques, le Diploweb.com vous présente un article d’Alain Nonjon publié sous le titre "La globalisation foncière, nouvel enjeu de la mondialisation" dans le n°134 d’Espace prépas (nov.-2010).


Citation :
La nouvelle équation alimentaire

. Le monde vit encore sous la menace de la crise alimentaire de 2008, malgré les bonnes récoltes enregistrées en 2008 et en 2009. Fin 2009, trente-et-un États étaient encore inventoriés comme des États en crise agroalimentaire par la FAO. La martingale de l’échec alimentaire est en place : stocks de niveau très moyen (517 Mt de céréales, du riz et du maïs surtout) ; achats purement spéculatifs face à l’hésitation des marchés financiers (sur la seule décennie 1997-2006 : hausse de 15 à 40 % pour le blé, le maïs, les céréales secondaires et les huiles végétales) ; petits agriculteurs en mal de soutiens et prix artificiellement élevés.

. Il n’y a aucune raison pour que cette tendance ralentisse avec l’accroissement démographique mondial, la poussée inexorable des classes urbaines dans les pays émergents de plus en plus exigeantes en termes nutritionnels, le déversement urbain dans des zones fertiles des deltas ou encore l’augmentation du coût des transports, appelant à une diversification des ressources. Les catastrophes naturelles, les déficits mauritaniens ou somaliens, les problèmes structurels de transports sont autant de rigidités difficilement levées.

. D’ici à 2050, la production agricole devra croître de 70 % pour répondre à l’augmentation des besoins de la population. La pression est à la mesure de la pénurie de terres cultivables dans le monde, de leur inégale répartition, de la faible augmentation des terres plantées et cultivées (1,5 Md ha, soit 10 % des terres émergées, avec un jeu à somme nulle entre les terres défrichées et conquises sur la forêt — comme au Brésil, en Indonésie ou en Afrique — et celles perdues par l’érosion), la salinisation de terres mal irriguées, les besoins urbains, le réchauffement climatique et les besoins croissants tant agricoles (biocarburants) qu’énergétiques ou industriels. En rang désordonné, des pays anticipent donc ces pénuries et se lancent dans la quête de terres…

. Le phénomène est ancien : dès le XIXe siècle, l’achat ou la location de terres ont été à la base de l’essor des cultures spéculatives de plantation, avec une domination directe ou indirecte (United fruit). L’expression « république bananière » n’avait d’autre objet que la désignation de ces territoires vassalisés par des multinationales alimentaires. Mais le mouvement observé aujourd’hui a trois spécificités : la diversité des pays impliqués (Libye, Chine, Corée du Sud), celle des organismes mobilisés (fonds souverains, sociétés privées) et des contrats signés, sa rapidité et son caractère planétaire. Il ne s’agit pas à proprement parler de stratégie nationale mais de stratégies privées cautionnées, ou carrément encadrées, par des États.

. La Chine en est un acteur essentiel. Avec 7 % des terres arables, elle doit nourrir 22 % de la population mondiale. Résultat ? Une quarantaine de sociétés agricoles chinoises sont implantées dans trente nations sur les cinq continents. Près de 400 km2 de terres kazakhes ont ainsi récemment été cédées à Pékin. Ces fermes produisent surtout les denrées qui manquent en Chine : riz, soja et maïs notamment.

. L’Arabie saoudite troque pétrodollars contre terres : elle veut réviser des programmes pharaoniques intérieurs d’autosuffisance alimentaire. Seule alternative ? Cet impérialisme foncier. Malgré un excédent céréalier, l’épuisement des nappes phréatiques et la pression sur des nappes fossiles ont fortement incité le royaume saoudien à réduire la portée de ces programmes et à aller chercher le complément… au Soudan.

. La Corée du Sud mobilise ses chaebols pour racheter des terres à Madagascar ou en Argentine. Le Japon, par des accords de swaps, troque une partie de la dette de certains pays latino-américains contre des terres. Les fonds souverains, nouveaux acteurs de la finance mondiale, deviennent des acteurs de ces marchés fonciers, conseillés par des sociétés spécialisées comme la Bidwells Property, société britannique d’expertise foncière.

. L’Afrique subsaharienne, et particulièrement le Soudan, Madagascar, le Mozambique, le Mali et l’Ouganda, deviennent des proies faciles. L’Éthiopie, terre de famine, regarde du côté des acheteurs du Golfe. Selon les données de l’ONG espagnole GRAIN, c’est sur ce continent que sont acquises les 2/3 des terres. En Ukraine, des investisseurs peuvent même louer des terres (Morgan Stanley : 40 000 ha ; Renaissance Capital, un hedge fund russe : 300 000 ha). L’Argentine offre des opportunités, mais dans cette « globalisation foncière » (M. Foucher), des États comme la Malaisie, l’Indonésie ou les Philippines ouvrent aussi de bons placements.

Les risques d’une nouvelle colonisation

Cette course à la terre peut être assimilée à un néocolonialisme économique. Jacques Diouf, directeur général de la FAO, dénonce « l’émergence d’un pacte néocolonial pour la fourniture de matières premières, sans valeur ajoutée pour les pays détenteurs des sols ». Les nombreux contrats, les baux emphytéotiques (de très longue durée) sont flous. Les contreparties des compagnies et des États étrangers venant acquérir des terres sont distribuées en pointillé. L’agrobusiness peut, une fois de plus, expulser l’agriculture vivrière paysanne et accélérer l’exode rural alors que les villes africaines explosent déjà… Un tel impérialisme foncier fait débat :

. Comment évaluer les terres disponibles alors que le problème du droit à la terre n’est pas déjà pleinement réglé et comment faire cohabiter, comme c’est souvent le cas, des titres de propriété formels et des droits coutumiers d’usage, ou encore concilier la capture de terres et la préservation de la biodiversité ?

. Comment ne pas exclure les communautés paysannes en facilitant les rachats de terres par des groupes étrangers ? Comment éviter l’accélération de l’exode rural et donc la perte de repères familiaux et tribaux et écarter les risques de résistance plus ou moins organisée, comme à Madagascar où, malgré les promesses de Daewoo Logistics, les 1,3 M ha cédés seront exploitées sur un mode intensif (4 hommes et une hypermécanisation remplaceront 2 000 familles pour gérer 1 000 ha !) ?

. Comment les États gardes-barrières, souvent corrompus, vont-ils pouvoir gérer ces intrusions ? Le classement de certains pays concernés par Transparency International fait craindre que rachat rime avec prébendes et corruption. La loi peut être détournée : la législation malgache interdit à un opérateur étranger d’acheter plus de 2,5 ha, mais Daewoo Logistics y a conclu un contrat de location de 99 ans sur 1,3 M ha ! Au Pérou, au Mexique et au Brésil, les règles du jeu sont mieux définies.

. Comment ne pas voir que cette appropriation de terres s’intègre à des logiques impériales, comme lorsque la Libye et la société Malibya Agriculture investissent au Mali, dans le Delta intérieur du Niger, avec, en arrière-plan, le rêve d’une grande Libye de Mouammar Kadhafi, le roi des rois d’Afrique ?

. Comment choisir entre une extraversion des productions ou un partage, surtout dans des pays où la situation alimentaire est particulièrement délicate (au Pakistan, 45 M de personnes vivent dans l’insécurité alimentaire à l’heure où des terres vont être louées à l’Arabie saoudite…) ?

Quelles règles pour ce Monopoly des terres agricoles ?

. En 2011, sous la présidence française, le G20 devrait aborder ces problèmes. Un « code de bonne conduite » (acteurs responsables, assurance de sécurité alimentaire pour la population, transparence, etc.), comme celui édité en septembre 2010 par la Banque mondiale, paraît utile, même s’il ne sera pas suffisant. Une autre voie est explorée, celle du contract farming, qui établit un contrat de longue durée et évite l’achat de terres et la disparition des droits d’usage. Encore faut-il savoir comment garantir les principes énoncés.

. Pour autant, l’avenir de l’agriculture mondiale et les projets d’indépendance alimentaire ne dépendent pas de cette nouvelle course aux terres. L’avenir est plutôt dans un soutien à l’agriculture. Au Malawi, l’État, en prenant ses droits, a amélioré la situation en phase avec l’objectif fixé à Maputo en 2003 d’accorder, a minima, 10 % du budget national à l’agriculture. Les aides au développement devraient reprendre le chemin de l’agriculture (18 % de l’APD — Aide Publique au Développement — en 1980, contre 5 % en 2010). La recherche d’une deuxième révolution verte plus diversifiée en Afrique apportera aussi des solutions.

L’amélioration des techniques devrait également porter ses fruits, surtout lorsque l’on sait que l’Afrique consomme 8 kg d’engrais à l’hectare. Mais le combat concernera aussi sur les structures agricoles : transactions, formation, commercialisation et mobilisation des banques locales. Enfin, il faudrait regarder du côté du commerce international où subventions des uns et protection démantelée des autres mènent à la lente régression de l’agriculture, parallèlement aux gaspillages. Ce sont là les véritables pistes du futur pour adapter production et consommation mondiale et les seules voies pour nourrir 9,1 milliards d’humains en 2050 – contre 6,8 aujourd’hui – en lieu et place de ce Monopoly foncier (Virginie Raisson, 2033, Atlas des futurs du monde).

Mais il y a urgence : « Tout peut attendre, excepté l’agriculture… » Jawaharlal Nehru, 1948.

Copyright Novembre 2010-Nonjon/Espace prépas n°134




Dernière édition par Admin le Jeu 17 Déc - 16:04, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Lun 14 Déc - 8:55



'Prix Pinocchio du climat'

Yara, ou comment les multinationales se servent du climat pour renforcer leur domination sur l’agriculture 23 novembre 2015 par Sophie Chapelle

L’agriculture, et en particulier l’agriculture industrielle, est une source majeure de gaz à effet de serre : dioxyde de carbone, mais aussi méthane (issu de l’élevage) et protoxyde d’azote (application d’engrais synthétiques). Alors que les alternatives agro-écologiques gagnent du terrain, les multinationales de l’agrobusiness ont trouvé la parade : le concept d’« agriculture climato-intelligente », censé permettre de produire à la fois plus et mieux, à l’aide d’« engrais intelligents » ou de plantes génétiquement modifiées tolérantes à la sécheresse. Yara, le leader mondial des engrais synthétiques, s’est avidement emparée de ce slogan et cherche à le faire endosser par les négociations climatiques, malgré les protestations des ONG et des organisations paysannes. Ce qui lui vaut une nomination au prix Pinocchio du climat.


Citation :
Près d’un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre seraient imputables à l’agriculture [1].

Un chiffre inquiétant... et dérangeant. Car il englobe tous les systèmes de production, de l’agriculture « conventionnelle » à l’agriculture biologique, de l’élevage hors-sol à l’élevage pastoral, des monocultures industrielles aux petites fermes en polyculture-élevage. Alors que la responsabilité des agriculteurs dans le réchauffement climatique se retrouve pointée du doigt, des acteurs agro-industriels tirent profit de ces amalgames pour reverdir leur image.

C’est le cas de Yara International, une entreprise norvégienne leader des engrais de synthèse, qui a vendu plus de 26 millions de tonnes d’engrais dans 150 pays l’an passé [2]. Le groupe se lance dans l’« intensification durable » ! L’idée ? Accroître le recours aux engrais chimiques augmenterait les rendements, et permettrait ainsi d’utiliser moins de terres agricoles et d’éviter les émissions liées à l’expansion des cultures sur les forêts. Ce raisonnement n’a pas convaincu l’ONG agricole Grain, qui, dans un nouveau rapport intitulé « Les Exxons de l’agriculture », souligne que les fabricants d’engrais figurent « parmi les principaux ennemis du climat au niveau mondial ». Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) estime que pour 100 kilos d’engrais azoté appliqué sur les sols, un kilo se retrouve dans l’atmosphère sous forme d’oxyde nitreux (N2O), un gaz à effet de serre 300 fois plus puissant que le CO2 ! « Leurs produits pourraient être responsables de près de 10 % des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES), sans parler des dommages entraînés pour les cours d’eau, les sols et la couche d’ozone », ajoute l’ONG. Un décalage entre pratiques et discours qui vaut à Yara une nomination au Prix Pinocchio du climat 2015.


Agriculture climato-intelligente : un concept dangereux

La FAO, l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, n’est pas de cet avis : elle considère l’intensification durable comme une solution « intelligente » pour faire face aux changements climatiques. En dépit des critiques formulées par les ONG, Yara fait partie des multinationales qui ont récemment rejoint l’Alliance mondiale pour l’agriculture climato-intelligente (Gacsa [3]), qui regroupe des pays, des ONG de conservation environementale, des universités et des centres de recherche. Le concept d’« agriculture climato-intelligente » – climate smart agriculture, en anglais – repose sur trois piliers. Il s’agit d’abord, explique la FAO, d’augmenter la productivité agricole pour faire face à l’augmentation de la population mondiale, et « d’adapter les systèmes agricoles » face aux événements climatiques extrêmes amenés à se multiplier, tels que les inondations ou les sécheresses. Troisième pilier, la mise en œuvre des pratiques agricoles qui « atténuent » les émissions de gaz à effet de serre.


Nous nous sommes plongés dans le guide des initiatives « climato-intelligentes » [4]. Au menu des remèdes miracles, le colza tolérant aux herbicides, qui permettrait d’utiliser « moins de produits chimiques de moins en moins toxiques », ou bien encore le maïs tolérant à la sécheresse, qui augmenterait les rendements « de 20 à 30 % » – ce que conteste par ailleurs l’association Inf’ogm. En septembre 2015, une centaine d’organisations ont signé un appel qui reproche au Gacsa de ne pas préciser les critères qui permettraient de définir ce qui peut, ou pas, être qualifié de « réponse intelligente » au changement climatique. « Il n’y a aucun travail sur la définition des critères de l’agriculture climato-intelligente, car définir reviendrait à exclure des pratiques agricoles », souligne Jeanne-Maureen Jorand du CCFD-Terre solidaire. Or, sans norme ou critères d’exclusion, ce concept est tout simplement dangereux. »


Développer l’agriculture industrielle au nom de la lutte climatique

« La définition de l’agriculture climato-intelligente était une ligne rouge pour le gouvernement français », relate Jeanne-Maureen Jorand. Lors du lancement du Gacsa, Annick Girardin, secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie, avait ainsi mis en garde sur les risques de certaines pratiques, comme les OGM ou le recours aux agrocarburants : « Il nous faut veiller à ne pas tout cautionner au nom de la lutte contre le dérèglement climatique, et à bien nous assurer que les solutions que nous mettrons en place ne créent pas plus de problèmes qu’elles n’en résolvent », déclarait-elle en septembre 2014. Le gouvernement français a finalement décidé de s’engager dans le Gacsa aux côtés de vingt et un autres pays, expliquant auprès de l’AFP vouloir « être dedans plutôt que dehors pour avoir une influence ».


C’est aussi la position de certains organismes de recherche, comme le Cirad, Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement [5]. « La définition n’est pas assez rigoureuse, ce qui laisse les portes ouvertes à différentes manières d’intensifier et à la vision d’une agriculture plus industrielle, observe Emmanuel Torquebiau, chargé de mission « changement climatique » au Cirad. On se bat à l’intérieur du Gacsa pour faire valoir notre point de vue. »


Danone et Walmart, nouveaux défenseurs de l’agriculture intelligente

« On propose des recherches scientifiques permettant de vérifier ce qui relève de l’agriculture climato-intelligente écologique ou du greenwashing, explique Emmanuel Torquebiau. Il s’agit de rester dans ces réseaux pour y mettre de la science, car il y a beaucoup de discours de façade. » Le Cirad, principalement à l’œuvre dans les pays du Sud, préconise des pratiques agro-écologiques, comme la couverture permanente du sol, afin d’augmenter la matière organique, de piéger du CO2 et de limiter le recours aux engrais. L’Inra, Institut national de la recherche agronomique, également membre du Gacsa, encourage l’agroforesterie en cultivant, par exemple, « des céréales sous les arbres pour mieux résister à la sécheresse ».

Mais la bataille entre agro-écologie et agro-industrie est fortement déséquilibrée au sein de l’alliance, celle-ci comptant une forte représentation du secteur privé. Outre des membres actifs, comme Danone, l’Alliance compte en son sein le Conseil mondial des entreprises sur le développement durable (WBCSD en anglais), qui regroupe de très nombreuses multinationales. Selon les ONG, environ 60 % des membres du Gacsa seraient issus du secteur privé des engrais [6]. Emblématique de cette stratégie, Walmart, le leader mondial de la grande distribution, veut réduire ses émissions, en associant ses fournisseurs à des programmes d’« optimisation des engrais » élaborés par Yara [7] !


Concrètement, les plantations d’oranges de PepsiCo, entreprise fournisseur de Walmart, doivent désormais recourir à des engrais azotés portant la marque « faible empreinte carbone » de Yara. Censés entraîner moins de ruissellement, ces engrais visent à « éviter une situation dans laquelle les aliments issus de l’agriculture biologique seraient les seuls à bénéficier d’un label dans le cadre de la lutte contre le changement climatique » (sic), explique Yara.


La « finance carbone » à l’assaut de l’agriculture

Invité en mars dernier aux troisièmes rencontres de l’agriculture climato-intelligente, à Montpellier, le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a insisté sur « les puits de carbone » que constituent les sols. « Plus vous augmentez la matière organique de vos sols, plus vous stockez des gaz à effet de serre, a-t-il expliqué. Et, en plus, on augmente les rendements ! » Le gouvernement a lancé un programme de recherche international intitulé « 4 pour 1 000 ». En améliorant de 0,4 % par an la capacité de stockage en carbone des sols à travers la mise en œuvre de certaines pratiques agricoles – non définies pour l’instant –, ce projet ambitionne d’absorber et de stocker 75 % des émissions de gaz à effet de serre ! Et de restaurer, en plus, les terres dégradées, notamment en zone aride et quasi aride du continent africain.

« Au vu des chiffres que j’ai annoncés, précise Stéphane Le Foll, il y a un enjeu qui en vaut largement la chandelle, qui mériterait qu’on finance aussi, à travers le marché du carbone, les techniques, les évolutions, les modèles de production de demain. » S’il aboutit, le projet 4 pour 1 000 pourrait ainsi devenir un outil de compensation des émissions de gaz à effet de serre pour les entreprises privées, à l’instar du projet d’Air France dans les forêts de Madagascar (lire notre enquête). « Un rôle central est confié à la finance carbone et aux investisseurs financiers », dénoncent l’association Attac et la Confédération paysanne dans une note commune sur l’agriculture climato-intelligente. « Ces dispositifs ont pourtant démontré leur inefficacité et leur incapacité à générer une transition post-carbone. Il n’y aucune raison qu’il en soit autrement dans l’agriculture. »


L’agriculture climato-intelligente, nouvel avatar du greenwashing ?

À quelques jours de l’ouverture de la COP 21, les organisations de la société civile demandent aux gouvernements de ne pas reconnaître cette « agriculture climato-intelligente » comme solution possible au changement climatique. Une position partagée par la secrétaire d’État au Développement et à la Francophonie, qui a insisté en septembre 2014 pour que Gacsa « ne vienne pas interférer et se substituer aux négociations climat ». Contacté pour cette enquête, le ministère de l’Agriculture souligne que l’agriculture climato-intelligente pourrait figurer dans « l’agenda des solutions », un texte rassemblant les engagements des acteurs non étatiques et qui pourrait figurer aux côtés de l’accord négocié à Paris.

« L’initiative 4 pour 1000 figure déjà dans cet agenda »,
remarque Jeanne-Maureen Jorand. Une table ronde des technologies bas carbone (LCPTI), portée par le Conseil mondial des entreprises pour le développement durable et appuyée par le gouvernement français, apparaît aussi dans l’agenda. Parmi les invités de cette table-ronde figure d’ores et déjà... Monsanto ! « C’est une catastrophe, réagit Jeanne-Maureen Jorand, le gouvernement est en train d’institutionnaliser cet agenda des solutions et d’entériner la voie de l’agriculture climato-intelligente sans aucun critère et sans aucune discussion. » Interrogé à ce sujet, le ministère de l’Agriculture n’a pas souhaité répondre.

Sophie Chapelle


Photos :
- Une : plantations industrielles de salades en Californie / CC Malcolm Carlaw
- Une ferme labellisée climato-intelligente / CIAT.
- Intervention de Stéphane Le Foll, ministre de l’Agriculture, à la 3e conférence internationale sur l’agriculture climato-intelligente, en mars 2015 / © CSA 2015 Montpellier.
- Employé de Yara / source.


[1] Dans une évaluation publiée en avril 2014, l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) estime que les émissions de gaz à effet de serre liées à l’agriculture, aux forêts et à la pêche représentent 10 à 12 gigatonnes équivalent CO2, soit 24 % des émissions mondiales. Source

[2] Yara International a réalisé en 2014 un chiffre d’affaires de 11,1 milliards d’euros. Voir son site.

[3] Cette alliance a été lancée en septembre 2014, à l’occasion du sommet sur le climat à New York, par la Banque mondiale, le CGIAR (Groupe consultatif pour la recherche agricole internationale et la FAO.

[4] Voir le guide des success stories du CGIAR, publié en 2013 par le CGIAR.

[5] Membre de l’Alliance, le Cirad a organisé la 3e conférence internationale sur l’agriculture climato-intelligente à Montpellier du 16 au 18 mars 2015.

[6] Cette sur-représentation est assurée au travers d’alliances professionnelles comme l’Alliance internationale des industries de la fertilisation ou encore le « Fertilizer Institute » dont Yara est membre.

[7] Voir ici et là


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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Dim 20 Déc - 6:23


La Patagonie rebelle, 1921-1922 – Osvaldo Bayer


Chronique d’une révolte des ouvriers agricoles argentins


Présentation de l’éditeur:

Citation :
La description minutieuse d’événements que l’Histoire officielle n’évoque guère. Rien n’a changé depuis ces années 1920 : les mêmes structures foncières demeurent. Immuable et évidente reste la complicité silencieuse de la classe politique, unissant la droite, le centre gauche et l’armée.

Les événements relatés dans ce livre s’inscrivent dans la longue suite de tragédies qui ont marqué le mouvement ouvrier en Argentine. Les massacres de Patagonie (1921) surviennent après les fusillades de la Semaine rouge (1909) et la de Semaine tragique (1919). La répression continuera tout au long du siècle pour culminer dans l’horreur avec la dictature militaire de 1976-1983 (30 000 disparus).

« Au début du siècle, le mouvement syndical est marqué par la présence de la FORA (Fédération ouvrière régionale argentine), anarcho-syndicaliste, plus vieille section de l’AIT. Elle compta jusqu’à 100 000 adhérents.

L’économie de la Patagonie est centrée sur le mouton. La région est divisée en immenses haciendas appartenant à des propriétaires fonciers et des capitalistes argentins et anglais. Les ouvriers et les péons (travailleurs agricoles) vivent dans des conditions lamentables et travaillent pour des salaires de misère. Ils vont déclencher des grèves sous l’impulsion de la Société ouvrière de Rio Gallegos. Celle-ci est affiliée à la FORA, et son secrétaire est l’anarchiste espagnol Antonio Soto. La plupart des grévistes sont des étrangers Chiliens, Espagnols, Russes, Allemands…

Par nationalisme et pour protéger les intérêts des grands propriétaires, un corps expéditionnaire, commandé par le lieutenant-colonel Varela, est chargé de rétablir l’ordre. La répression est impitoyable. Entre 1 500 et 2 000 travailleurs furent fusillés sans procès, alors que le gouvernement radical venait d’abolir la peine de mort ! En janvier 1923, Varela sera assassiné par l’anarchiste Kurt Wilckens.(…) »
(extrait d’un article du Monde Libertaire, mai 1996)

Ce livre est la version abrégée de Los Vengadores de la Patagonia trágica, qui se compose de quatre gros volumes. Les trois premiers parurent entre 1972 et 1974. Le quatrième fut publié en Allemagne où l’auteur avait fuit la dictature argentine. Osvaldo Bayer a réalisé une enquête très minutieuse sur le terrain. II a rencontré et interviewé de nombreux témoins des événements. Sur les lieux des massacres, il a même retrouvé des restes humains.


Un film a été réalisé à partir de son livre La Patagonia Rebelde, réalisé en 1974 par Hector Oliveira.



Citation :
La Patagonie rebelle est aussi un film d’Hector Olivera, inspiré du livre d’Osvaldo Bayer, qui est également l’auteur du scénario. Sorti en 1974, il retrace l’histoire d’un épisode important de l’histoire du mouvement ouvrier –et de la répression– en Argentine: les mois d’insurrection ouvrière dans la province de Santa Cruz, en Patagonie.


Entre 1878 et 1885, l’armée argentine écrasa militairement les Indiens mapuches et tehuelches, durant ce qui pudiquement a été appelée la « campagne du désert » (les Indiens, c’est bien connu, n’existent pas). Des milliers d’Indiens parqués dans des camps de concentration qui servaient de réserve de main d’œuvre quasi-esclave pour l’industrie sucrière du nord du pays ou pour d’autres secteurs ruraux. (…)


Le film est sorti en 1974, dans un moment très particulier de l’histoire argentine, enre deux dictatures, à un moment où le retour de Perón pouvait laisser croire à une ouverture vers une démocratie socialiste. Perón, en vieux réactionnaire, en dépit des bases montoneras qui le soutenaient, commença par censurer le film, avant de se raviser et de l’autoriser. Mais le film reste très peu à l’écran : à sa mort, quelques mois plus tard, c’est l’extrême-droite du mouvement péroniste qui arriva au pouvoir, et le film fut de nouveau interdit. Il ne réapparut sur les écrans qu’après la chute de la dictature militaire, au milieu des années 1980.


film intégral




voir aussi, 1998

Patagonia Rebelde by fernando sacamuelas Todos somos animales, todos somos políticos… 28 febrero, 2012





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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Mer 27 Jan - 7:07



Les paysans, premières victimes des dérèglements climatiques 28.12.2015

Les premières victimes du dérèglement climatique sont bien souvent les paysans. La sécheresse, les intempéries inhabituelles, et les inondations bouleversent l’équilibre de leurs terres. Des données climatiques de moins en moins prévisibles, de plus en plus capricieuses, et ce aux quatre coins du monde

Citation :
Indonésie - Secrétaire de l’organisation Serikat Petani Indonesia, Zinal Arifin Fuad s’est exprimé pour l’ONG Via Campesina, à Paris, lors d’une rencontre en marge de la conférence sur le climat, afin de témoigner de la situation en Indonésie. Il raconte que normalement les fermiers ont un calendrier pour leurs plantations. Mais aujourd’hui, il devient impossible de le mettre à jour à cause des intempéries. Zinal Arifin Fuad explique que pour eux la saison des pluies est censée se situer d’octobre à avril et la saison sèche de mars à septembre. Actuellement, ils ne peuvent plus rien prévoir. Ils sont obligés de faire face aux dérèglements climatiques, et sont donc contraints de revoir l’ensemble de leurs modes de production. Pour toute ces raisons, l’association indonésienne Serikat Petani vante le système de riziculture intensive (SRI), car il offre la possibilité de produire plus de riz avec moins d’eau et moins de pesticides.

Turquie
- Les Indonésiens ne sont pas les seuls à être frappés par les dérèglements du climat, les paysans turcs sont également touchés. Adnan Cobano qui représente la confédération de syndicats paysans turcs Ciftci-Sen, a déjà observé les effets du climat sur sa production de fruits. Il décrit les conditions de pluies imprévisibles, en dehors de la saison, qui ont causé des maladies et les ont contraint à utiliser des pesticides pour les détruire.  Après cela, les vagues de chaleur hivernales ont déréglé l’état végétatif des plantes, alors que des coups de gels répétitifs avaient déjà eu lieu précédemment. Il ajoute pour terminer que l’année passée, c’est la neige qui avait dévasté ses vignes.


Afrique, Amérique centrale
- Le second phénomène climatique désastreux pour les paysans de l’Afrique à l’Amérique centrale, c’est la sécheresse. L’association des travailleurs agricoles du Nicaragua (ATC), représentée par Edgardo Garcia Aguilar  annonce que ce pays d’Amérique centrale se situant entre l’océan Pacifique et l’océan Atlantique, est durement touché par le réchauffement climatique. Selon lui, en 2014, la sécheresse a été d’une telle violence que les paysans ont dû vendre leurs bêtes car ils ne pouvaient pas les alimenter. La mer, elle, avait une température plus élevée que la normale, en conséquence, les pêcheurs ne trouvaient plus de poissons. Cela est d’autant plus dramatique que la moitié de la population vit de la pêche et de l’agriculture, a expliqué M. Garcia Aguilar.

Mamadou Fayinkeh, président de l’association des fermiers de Gambie, s’exprime sur la durée de la saison des pluies qui est passée de 3 ou 4 mois à 2 en quelques années. Il ajoute qu’il n’existe aucun procédé d’irrigation dans son pays et que jamais les réserves d’eau n’ont été explorées.

En Afrique du Sud, on dresse le même bilan. Themba, membre de l’association Landless People Movement constate que les populations les plus pauvres sont les plus touchées par les effets du changement climatique. La chaleur est intolérable, selon lui, les bêtes meurent, et les champs sont désertés par les gens car il ne pleut pas. Et si malgré tout il pleut, c’est violemment, et les orages et le vent détruisent les habitations.

Le président de l’association gambienne s’interroge car au XIXe siècle, les fermiers n’avaient pas nos technologies, mais les gens se nourrissaient quand même, aujourd’hui ce n’est plus la cas. De quoi se poser de sérieuses questions ?


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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Sam 27 Fév - 17:48


copié d' ICI


vlad2 a écrit:
en Gréce, dans un silence complet :

Panagiotis Grigoriou. Historien et Ethnologue dit :

En tout cas, plus personne ne parle du mouvement des agriculteurs, et encore moins de celui des autres couches sociales, pourtant, la protestation se poursuit un peu partout en Grèce, parfois de manière un peu hétérodoxe. Quatre petites bombonnes de gaz enflammées ont... frappé par exemple la demeure familiale de Chrístos Simorelis, député SYRIZA du département de Trikala en Thessalie...

vendredi 26 février 2016

Oiseaux migrateurs

http://www.greekcrisis.fr/2016/02/Fr0499.html#deb

En France,la révolte des paysans contre la prolétarisation continue :

Marc Dufumier : « Les agriculteurs sont devenus des ouvriers payés à la pièce »

ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PIA DE QUATREBARBES

JEUDI, 25 FÉVRIER, 2016
HUMANITÉ DIMANCHE

http://www.humanite.fr/marc-dufumier-les-agriculteurs-sont-devenus-des-ouvriers-payes-la-piece-600075

Un constat mondial ,dans le capitalisme mondialisé, la matière agricole produite ne vaut plus rien :

En France ,sur 100 euros de dépenses alimentaires, l’agriculture ne perçoit que 8,2 euros, contre 13,2 pour l’industrie agroalimentaire et 19,8 pour la distribution (chiffres 2012,rien depuis ?)

Outre la part très réduite de la rémunération allant aux producteurs, cette lecture a le mérite de faire apparaître également le poids des importations : près de 30 euros sur 100, puisqu’aux produits alimentaires transformés s’ajoutent les importations de soja et autres aliments pour le bétail, d’engrais ou de produits de traitement. Le système agroalimentaire français repose ainsi beaucoup plus sur les importations qu’on ne le pense habituellement……

http://www.alterecoplus.fr/environnement/prix-alimentaires-ceux-qui-mangent-et-ceux-qui-trinquent-201602191730-00003045.html

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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Mar 9 Aoû - 15:11


jeux olympiques du blé

un scoop : l'agriculture dépend encore du climat


on a du blé mais pas assez, pas de pétrole mais des idées... d'urgences


La France détrônée par l'Allemagne comme premier exportateur européen de blé

Eric de La Chesnais Le Figaro 09/08/2016
 

Le blé (ici dans une exploitation de l'Oise) est victime de nombreuses maladies cette année.

L'Hexagone affiche la moisson la pire depuis plus de 30 ans. Outre-Rhin, la récolte a été bonne. Le pays pourra exporter 6,6 millions de tonnes de blé cette année, contre 5 millions pour la France.

Citation :
Alors que la moisson est pratiquement achevée en France, les statistiques annonçant la pire récolte de l'Histoire récente de l'agriculture du pays se confirment. « La France, premier exportateur de blé en Europe, va perdre sa première place aux dépens de l'Allemagne cette année, confirme Michel Portier, directeur d'Agritel, société spécialisée dans la gestion du risque des prix des matières premières agricoles. La raison principale est la météo trop humide du printemps qui a empêché le blé de se former dans les épis. Globalement, nous accusons des rendements en baisse de 30% par rapport à 2015, qui avait été une année record ».

En prenant la moyenne des cinq dernières années, le rendement 2016 s'affiche encore en baisse de 26% (54,8 quintaux à l'hectare, contre 73,9 quintaux à l'hectare pour la moyenne quinquennale). Au total, malgré une augmentation des surfaces en blé de 1,2%, la France n'a produit cette année que 28,68 millions de tonnes de cette céréale, contre 40,89 millions de tonnes en 2015.

Comme chaque année, plus de 16 millions de tonnes seront consommées en France, soit pour l'alimentation humaine (plus des deux tiers) soit pour nourrir le bétail (moins d'un tiers). Par ailleurs, plus de 7 millions de tonnes seront exportées vers les pays de la zone européenne.

Il ne restera donc que 5 millions de tonnes de blé disponibles pour exporter vers les pays tiers (hors du marché unique européen), contre près de 13 millions de tonnes l'an dernier. Notre premier client étant l'Algérie, suivi du Maroc. «En revanche, l'Allemagne - où la récolte a été bonne car le pays n'a pas subi de catastrophe climatique - va pouvoir exporter cette année hors de l'Union européenne près de 6,6 millions de tonnes», indique Michel Portier.

2 milliards d'euros en moins d'excédents commerciaux (Lafrance a rattrappé la moitié en vendant au Koweït pour un milliard, 30 hélicoptères lourds de transport militaires)

Pour la balance commerciale tricolore, cette contre-performance agricole est un sérieux manque à gagner. «Au cours actuel de la céréale, l'excédent commercial sur le blé va diminuer de 2 milliards d'euros, détaille le gérant d'Agritel qui est aussi céréalier dans l'Oise. En prenant en compte les autres cultures, telles l'orge, les pois et le maïs, affectées elles aussi par l'humidité exceptionnelle, c'est un milliard supplémentaire d'excédents commerciaux en moins».

Tout en amont de la filière, les céréaliers sont les premières victimes de la baisse historique des rendements. «Non seulement les volumes sont en forte baisse mais les prix restent bas, car ailleurs dans le monde les moissons ont été bonnes, voire excellentes, comme en Ukraine, Russie et Roumanie», insiste Gautier Le Molgat, directeur général adjoint d'Agritel. Pour la première fois en France, un industriel vient même d'importer du blé roumain, moins cher et de bonne qualité .

En termes de chiffre d'affaires, la déception est grande pour les exploitants. Selon les estimations d'Agritel, les céréaliers «ont perdu lors de cette moisson la moitié de leur chiffre d'affaires par hectares. Ce dernier sera de 700 à 750 euros par hectare cette année, contre 1480 euros de l'hectare l'an dernier», remarque Michel Portier.

Pour aider les agriculteurs à supporter ce manque à gagner, le gouvernement a prévu un plan en cinq points, dont des allégements de charges fiscales, sociales et financières. Les mesures et la somme du plan seront détaillés à la fin du mois d'août par le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll.


il est assuré que l'impact symbolique de la perte de cette première place, aux yeux des Français qui aiment Lafrance, sera aussi lourd que la perte pour son commerce extérieur. Ils se consoleront en sachant que Lafrance vend(ra) plus d'armes que l'Allemagne : Le marché mondial de la défense a battu un record de ventes en 2015, soutenant fortement les exportations de la France, qui devrait se hisser au rang de n°2 d'ici deux ans... devant l'Allemagne et la Russie

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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Jeu 18 Aoû - 15:59


déplacé, hors sujet (dans extractivisme...)


vlad2 a écrit:
Prospective de l'immense prolétarisation en cours ; à terme de (10 à 20 ans), 2 milliards de prolétaires supplémentaires sur les 3 milliards de paysans aujourd'hui sur la planète

Samir Amin a écrit:
La mondialisation néolibérale poursuit une attaque massive contre l'agriculture paysanne en Asie, en Afrique et en Amérique latine. Accepter cette composante majeure de la mondialisation conduit à l'énorme paupérisation / exclusion / misère de centaines de millions d'êtres humains sur les trois continents. Ce serait en fait mettre un terme à toute tentative de nos sociétés de s'affirmer dans la société mondiale des nations.

L'agriculture capitaliste moderne, représentée à la fois par l'agriculture familiale riche et / ou par des sociétés agro-industrielles, cherche à attaquer massivement la production paysanne mondiale.

L'agriculture capitaliste régie par le principe de la rentabilité du capital, localisée en Amérique du Nord, en Europe, dans le cône sud de l'Amérique latine et en Australie, n'emploie que quelques dizaines de millions d'agriculteurs, alors qu'elle a la productivité la plus élevée au niveau mondial; alors que les systèmes d'agriculture paysanne occupent encore près de la moitié de l'humanité - soit trois milliards d'êtres humains…


http://samiramin1931.blogspot.fr/2016/06/samir-amin-brexit-27-juin-2016.html

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