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 AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE

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MessageSujet: la bonne question d'André Dréan, communisateur malgré lui ?   Dim 3 Mai - 9:21

Il m'a fallu chercher comment comprendre votre parenthèse :" (c'est André Dréan qui va être content...)", alors j'ai parcouru la fameuse polémique partant de ses réflexions sur la communisation, la réponse d'Alain, et ce passage de BL dans le numéro 1 de Sic, qui ne laisse pas effectivement d'inquiéter

Citation :
Il s’agit de dissoudre ces masses en tant que couches moyennes, en tant que paysans, de briser les relations de dépendance personnelle entre « patrons » et « salariés » ou la situation de « petit producteur indépendant » à l’intérieur de l’économie informelle, en prenant des mesures communistes concrètes qui contraignent toutes ces couches à entrer dans le prolétariat, c’est-à-dire achever leur « prolétarisation »…

Le texte de Claude Faure permet de poser autrement la question de la participation des paysans à la lutte révolutionnaire, avec ce terme de quasi-salarié, et cette interrogation sur leur nature de prolétaires dans la production et la reproduction du capital. C'est quand même autre chose que de les contraindre, et eux "toutes ces couches à entrer dans le prolétariat, c’est-à-dire achever leur « prolétarisation »…".

Ce schéma-type de la communisation n'a aucune valeur théorique. Ce n'est qu'un récit inventé par BL pour être compatible avec la thèse post-prolétarienne de TC. Je pense donc que la critique de Lola à Dréan n'est pas suffisante. Elle ne l'autorise pas à le renvoyer à un simple règlement de compte avec son passé maoïste, et moins encore à ignorer ses écrits. Par contre, comment comprendre que lui-même, plutôt que de considérer cette théorie comme figée en la condamnant a priori pour son orthodoxie marxiste, ne propose pas tout simplement de parfaire ce marxisme ? Tant d'autres ne l'ont pas attendu, comme vous l'avez parfaitement souligné, et bien avant que n'existe la théorie de la communisation.

Le fait que Marx lui-même se soit intéressé à ces questions peut sans doute libérer les théoriciens qui ne peuvent écrire quelque chose sans le prendre à preuve de leur justesse marxiste. Mais pour le coup, Marx s'est montré beaucoup plus imaginatif en son temps, que ne le font les théoriciens de la communisation aujourd'hui. Cela dit pour satisfaire votre revendication rejoignant celle de Stuart Hall, de ne pas vous considérer vous-même comme un théoricien. Que vous êtes malgré vous, si vous me permettez ce jugement.

Pourquoi Pas ?
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MessageSujet: L’anéantissement du mouvement paysan colombien Juialn COtés   Mar 30 Juin - 23:06

L’anéantissement du mouvement paysan colombien Julian Cortés


Julian Cortés a écrit:
En juin 2013, une grève des paysans colombiens ébranlait le pays. Les médias traditionnels ont couvert les événements en se plaçant du côté de l'appareil répressif. Le peuple colombien était ainsi informé sur le blocage des rues ou la pénurie d'aliments dans les supermarchés. Mais rien sur la portée politique et sociale de la grève. Rien non plus sur la terrible répression. Les médias alternatifs et les réseaux sociaux ont toutefois permis de contourner le blocus médiatique. Aujourd'hui, les paysans colombiens disposent même de leur propre média. Explications.


Au mois de Juin 2013, des centaines de paysans de la région du Catatumbo, dans l’est de la Colombie, initièrent l’une des plus grandes mobilisations paysannes de ces dernières années.

Ils occupèrent les rues et les autoroutes pour exiger du gouvernement : la solution à la crise de la production agricole, l’accès à la propriété des terres, la reconnaissance des territoires appartenant aux communautés paysannes, la participation à la politique minière des communautés paysannes qui travaillent dans les secteurs de l ’exploitation minière, des droits politiques pour les paysans, des investissements sociaux dans l’éducation, la santé, le logement et les services publics, entre autres exigences. Après plusieurs semaines, les paysans d’autres régions se joignirent à la grève. Au total, 12 régions furent bloquées par le mouvement paysan.

A cette époque, les médias traditionnels privés racontèrent aux citoyens colombiens leur version sur ce qui était arrivé dans les campagnes. Mais leur histoire était très différente de la réalité et dépourvue de la moindre analyse sur les causes sociales, économiques, historiques et politiques de la grève. Leurs journalistes traitèrent uniquement des rues bloquées par les manifestants, de la rareté des produits dans les magasins et du chaos généré par la manifestation dans les rues. Le ministre de la Défense, Juan Carlos Pinzon, a affirmé à la télévision, vue par des millions de personnes, que certains manifestants appartenaient à la guérilla et le Président de la Colombie, Juan Manuel Santos, fit ce commentaire effronté devant les caméras : « la grève des paysans n’existe pas » ("El tal Paro no existe").

En pleine manifestation, il y eut des affrontements entre les manifestants et les policiers, et également avec les soldats de l’armée. Les journalistes des médias privés étaient du côté des forces officielles, tandis que les journalistes appartenant à des médias alternatifs se mirent du côté des paysans. Personne ne savait ce qui se passait vraiment sur les autoroutes et dans les campagnes quand, un jour, un journaliste entendit un paysan crier. Un paysan venait d’être tué par des armes officielles et le journaliste put filmer son sang qui coulait sur l’asphalte. Les citoyens colombiens furent informés de ce crime par les réseaux sociaux grâce à la presse alternative Prensa Rural qui mit la vidéo en ligne. Des millions de Colombiens, dans leur propre pays et aussi dans d’autres pays, découvrirent cette réalité à travers Facebook et non par les journaux nationaux. Quelques jours plus tard, un autre paysan fut tué et l’histoire se répéta. Finalement, le bilan s’éleva à 12 morts, 485 blessés et 4 personnes disparues.

Ce phénomène se répète aujourd’hui dans tout le territoire colombien comme résultat de décennies de manipulation des médias par les élites nationales et locales parce que les gens ordinaires n’ont pas un large accès à la presse, et ce malgré le discours officiel en faveur de la liberté de la presse promu par les propriétaires des médias de masse. Le contenu des émissions télé, des journaux télévisés et des analyses politiques a été conçu, financé et censuré par ces propriétaires. En fait, dans les pourparlers de paix en cours entre le gouvernement colombien et la guérilla des FARC (une question très importante pour l’avenir du pays), il y a eu plus de couverture médiatique par les médias alternatifs sur internet que par les médias traditionnels de masse et les journaux. Dans l’espace de plus de deux ans de pourparlers de paix, les porte-paroles de la guérilla ont été plus souvent interviewés par la presse internationale et alternative que par la presse traditionnelle.

Jusqu’à présent, j’ai expliqué ce qui est arrivé, mais maintenant je voudrais vous en dire plus sur la question de l’invisibilité du mouvement paysan en Colombie. Après la période de colonisation espagnole, de nombreuses élites locales commencèrent à prendre le pouvoir politique. Le pays fut plongé dans différentes guerres où deux partis politiques (les conservateurs et les libéraux) se disputaient le pouvoir tandis que les paysans mouraient en tant que soldats dans les deux camps et eurent à subir les conséquences des guerres.

Les pratiques féodales traditionnelles survécurent dans l’esprit des nouvelles élites ; les paysans et les indiens composaient la classe défavorisée et la propriété des terres était la principale source de richesse. Après des décennies, avec les débuts du capitalisme, les communautés paysannes représentèrent une nouvelle source de travailleurs, tandis que la privation de la propriété de la terre et l’appropriation de territoires continuaient à être un moyen d’expulser les paysans vers les villes ou coloniser de nouvelles zones rurales afin de survivre.

Le modèle de développement imposé depuis de nombreuses années à la société colombienne s’est fondé sur l’empiètement dissimulé des terres des paysans. Dans ce processus de « modernisation », les plus grands projets d’agriculture extensive ainsi que les méga-projets ont été privilégiés au détriment du modèle de l’agriculture traditionnelle. Ce phénomène s’est répété jusqu’à nos jours, avec cette conséquence : des dizaines de générations de paysans ont été dépossédées de leurs terres, alimentant ainsi les groupes armés et autres phénomènes sociaux. L’utilisation de la violence officielle contre le mouvement paysan a également été l’une des causes du conflit armé en cours en Colombie.

Les élites, la classe moyenne et les habitants des villes avaient pour habitude de traiter avec mépris les paysans et autochtones d’« alpargatudos », et aujourd’hui persiste l’idée que les paysans seraient « pauvres » et « sales ». Pire encore : non seulement les élites ont créé des groupes paramilitaires qui tuent les paysans et les privent des terres, mais le gouvernement colombien, dans les projets de loi récents, a changé le terme « paysans » en « travailleurs ruraux », ne reconnaissant pas tout le contexte social, culturel, historique et politique du mot « paysan ».

Ensuite, on pourrait dire que depuis de nombreuses années a été mis en place un processus de dépaysannisation de la société colombienne dirigé par les élites qui ont préféré les intérêts étrangers au lieu des intérêts nationaux. Ce processus, connu comme “l’accumulation par la dépossession” (Harvey, 2005), a augmenté le capital des grands propriétaires fonciers. La spéculation a également fait augmenter les prix de la terre jusqu’à atteindre des montants exorbitants qu’une famille paysanne traditionnelle ne peut pas se permettre de payer. En fait, une grande partie de l’économie de la Colombie est fondée sur la spéculation au lieu de la production de biens.

Depuis de nombreuses années, en Colombie comme dans d’autres pays, le groupe qui contrôle l’information coupe l’accès de la société aux informations vérifiées. Comme l’affirme Leeuwis (2004), toute "intervention en matière de communication a toujours des implications morales et politiques, et peut être utilisée à des fins politiques qui approfondissent les conflits”. Par exemple, les violations des droits de l’homme commises contre le mouvement paysan, en raison du conflit armé dans les zones rurales, ont été cachées. En fait, les paysans ont été victimes d’acteurs armés, ce que les communautés paysannes ont dénoncé. Les institutions officielles ont également attesté que la majorité de ces violations des droits humains ont été commises par l’armée officielle et les bandes paramilitaires qui ont des relations prouvées entre elles et avec les politiciens locaux.

En réponse à cette situation et à l’invisibilité de la vie quotidienne des communautés paysannes, depuis dix ans, César Jerez, un leader paysan reconnu, a fondé avec d’autres militants le premier site d’information sur les communautés paysannes : Prensa rural (presse rurale).

Après une décennie Prensa rural occupe désormais une place importante dans le soutien à la lutte du mouvement paysan, dans la dénonciation des violations des droits humains dans les campagnes et dans la présentation de projets et activités développés par les organisations paysannes. Ils ont également fondé un journal imprimé appelé "Tierra" pour les personnes qui ne disposent pas d’accès à Internet. En fait, le principal travail réalisé par Prensa rural a été de faire un lien important entre la vie dans les campagnes et la vie à la ville, notamment entre les luttes urbaines et rurales. L’information partagée sur sa page web traitait également d’autres luttes sociales des organisations urbaines comme les étudiants, les communautés LGBTI, des militants de la lutte pour un logement et du mouvement pour la paix et contre la guerre.

En outre, des informations supplémentaires sur les lois actuelles, la politique internationale et les questions latino-américaines sont régulièrement publiées afin d’actualiser et d’augmenter l’accès à ce type d’analyses négligées par les médias de masse.

En conclusion, le site d’info alternative Prensa rural a été un outil important pour les communautés qui résistent dans leurs territoires contre le modèle de développement et qui veulent vivre à la campagne malgré la violence. Prensa rural a radicalement changé la façon dont les gens dans les villes comprennent le mouvement paysan ; il a également renforcé la fierté d’être paysan.

La presse alternative a réussi à ralentir le processus de dépaysannisation en Colombie et elle a été un outil très important pour les communautés paysannes en leur permettant de raconter leur propre histoire, de leur propre point de vue, depuis leurs propres territoires. Il est fort probable qu’elle occupera un rôle important dans le scénario post-conflit des années à venir.

REFERENCES :

-  Pachon Cesar. (Oct 14, 2014). Los medios y la protesta social. Documentary in the program of Canal Capital : “El tal campo no existe”. https://www.youtube.com/watch?v=6FU...
-  Leeuwis, C. (2004). Communication for Rural Innovation. Third Edition. Blackwell science.
-  Harvey, D. (2005). The ’new’ imperialism : accumulation by dispossession. Oxford University Press.

Source : Le Journal de Notre Amérique n°4, Investig’Action


Dernière édition par Admin le Mar 18 Aoû - 21:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Capitalisme agraire et migrations organisées   Jeu 23 Juil - 16:28

.
Capitalisme agraire et migrations organisées : Le cas des plantations de palmier à huile en Indonésie


Stéphanie Barral a écrit:
Résumé

En Indonésie, les migrations suivent l’avancée des fronts de colonisation agricole sur la forêt. Les premières régions de grandes plantations de palmiers, situées dans la province de Sumatra Nord, constituent aujourd'hui des zones de départ vers des secteurs nouvellement défrichés. Les migrants qui viennent travailler dans les grandes plantations parviennent à accéder à la propriété foncière. Avec l’émergence d'un marché du travail et des terres, le front pionnier se développe jusqu'à sa propre saturation qui peut nourrir l'ouverture d'un autre front.

Plan de l'article

- Les migrations historiques des plantations de Sumatra Nord
- Du travail forcé au travail libre
- Colonisations récentes et fixation spontanée des populations migrantes
- Processus de déprolétarisation des migrants ouvriers
- Avancée d’un front pionnier et différentiels d’accumulation
- Marché du foncier démarchandisé et migrations circulaires
- Conclusion


Citation :
LE NOUVEL ESPRIT DU CAPITALISME AGRAIRE

Les formes de l’autonomie ouvrière dans les plantations de palmiers à l’huile en Indonésie par Stéphanie Barral

La thèse de Stéphanie Barral interroge les conditions sociales du développement
du capitalisme agraire à partir de l’analyse des organisations productives que sont les plantations
agroindustrielles de palmiers à l’huile indonésienne
s.

L’originalité de ce travail réside dans la compréhension des mécanismes et des déterminants de
l’engagement des ouvriers agricoles dans le capitalisme
. Adepte de l’observation participante, Stéphanie
Barral s’est immergée dans la population ouvrière de Sumatra nord, a résidé en son sein tout en réalisant un
ensemble d’entretiens remarquables. Inspirée par les travaux de Luc Boltanski et Ève Chiapello sur
« L’esprit du Capitalisme », Stéphanie Barral avance l’hypothèse d’un changement d’état du capitalisme en
raison d’un développement des plantations et de l’évolution des modalités de la critique sociale. Deux
dimensions définissent ? selon elle, l’idéal- type de plantation comme cadre de référence théorique de la
thèse : le caractère totalitaire du contrôle qui s’impose aux ouvriers et à leur famille, et le conflit comme
mode de régulation de ce type de capitalisme
.

Stéphanie Barral met en évidence le renforcement du capitalisme de plantation et l’expansion des
surfaces cultivés en raison de la capacité des firmes à neutraliser la critique sociale. L’accession à la petite
propriété foncière, aux marges des plantations, bien que conduisant à un processus d’ascension sociale,
n’entraîne pas pour autant une « déprolétarisation ».
En acceptant des espaces d’autonomie conquise pour
les ouvriers, les firmes se préservent de toute critique sociale. Ainsi peuvent se renforcer les positions du
capitalisme des plantations, n’effaçant pas les situations de dépendance mais les reconfigurant, les faisant
passer d’un ordre traditionnel à un ordre nouveau du contrôle des salariés au service de l’entreprise.
Cette thèse illustre avec force les processus de restructuration des modes de production en agriculture
dans la mondialisation et renouvelle l’approche des travaux – trop rares – sur le salariat agricole.

PRINCIPAUX TRAVAUX SIGNIFICATIFS

- Capitalisme agraire en Indonésie : la marchandisation de la terre et du travail comme moteurs des
rapports dans les plantations de palmiers à l’huile
. Revue de la régulation, numéro spécial
Capitalisme asiatique.

- Organisations agricoles capitalismes et migrations organisés. Le cas des plantations de palmiers en
Indonésie
. Hommes et Migrations, numéros 1301 « Migrations et milieux ruraux » jan-mars 2013.

- Plantations de palmiers à l’huile en Indonésie et déprolétarisation. Études Rurales,

- n° 190 « Les agricultures de firme », juil-déc 2012, pp.63-76
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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Mar 28 Juil - 17:44

José Carlos Mariátegui : marxismo crítico, marxismo latinoamericano... ¿marxismo decolonial?


Citation :
José Carlos Mariátegui, figure fondatrice du marxisme latino-américain nous a légué une pensée singulière, à rebours des orthodoxies qui ont dominé les différentes conceptions se réclamant du socialisme.

Le révolutionnaire péruvien enquête, sort des sentiers battus et relit l’histoire de son pays, une histoire complexe et longue, qui commence bien avant la colonisation espagnole. Puisant de l’inspiration dans les travaux d’indigénistes radicaux qui défendent le droit à l’autodétermination des Indiens, il établit une synthèse fascinante du marxisme et du nationalisme radical et indigéniste.

L’analyse de la réalité indienne est au cœur des contributions les plus originales de José Carlos Mariátegui. Il rend compte de la culture, de l’identité et du statut d’exploitées des premières nations des Amériques, éléments qui sont fondamentaux dans un système social et économique destiné à reproduire la domination des Blancs et des Métis.

Les textes de José Carlos Mariátegui sont complétés par un article d'Álvaro García Linera, vice-président de Bolivie, ancien guérillero et théoricien marxiste, qui revient sur les luttes indigènes et leur rôle structurant dans l'histoire des conflits sociaux de l'Amérique latino-indienne.

Enfin, un retour sur le parcours de José Carlos Mariátegui et une étude sur les rapports complexes entre socialisme et libération nationale viennent enrichir la réflexion.
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MessageSujet: Haïti - Lutte paysanne : Jean Rabel, 28 ans après, le combat continue   Mar 28 Juil - 18:39


Haïti - Lutte paysanne : Jean Rabel, 28 ans après, le combat continue 24 juillet 2015


Paysans membres de Tèt Ansanm en garde à vue au poste de police de Jean Rabel

Port-au-Prince (sic) 23 juil. 2015 --- 28 ans après, la commémoration du massacre de 139 paysans de Jean Rabel (nord-ouest) a été placée dans la lignée des luttes paysannes en Haïti. L’organisation Tèt kole ti peyizan ayisyen (Union des petits paysans haïtiens) a organisé une série d’activités clôturée ce 23 juillet par une marche.


Citation :
La marche s’est arrêtée sur le pont situé à l’embouchure des Trois-Rivières, où des représentants d’organisations paysannes et du mouvement social en général ont réaffirmé leurs principales revendications pour un relèvement de l’agriculture nationale.

Pour le mouvement paysan dans le Nord-Ouest, la résolution du problème de la faim dans ce département passe principalement par la construction d’un barrage sur les Trois-Rivières et non par la distribution de coupons de nourriture.

La veille, 22 juillet, une caravane s’est rendue à Bassin bleu pour évoquer la construction de ce barrage dans un endroit considéré comme zone rouge en termes d’insécurité alimentaire.

« Dans un pays qui ne produit pas, l’on ne peut parler de sécurité alimentaire [seulement] »,
mais plutôt de souveraineté alimentaire, précise toutefois Rosnel Jean Baptiste.

La souveraineté alimentaire est liée à la terre, à l’eau, aux infrastructures agricoles, rappelle-t-il, déplorant le fait que le Nord-Ouest n’ait même pas un kilomètre de route asphaltée.

Cette notion de souveraineté alimentaire a été au cœur des discussions entamées depuis le 21 juillet pour commémorer les 28 ans du massacre de Jean Rabel.

Le 100e anniversaire de la première occupation américaine (28 juillet-21 août 1934) ainsi que les élections, « moyens pour les ennemis d’Haïti de mettre leurs agents au pouvoir et défendre les intérêts de l’élite et des multinationales », ont eu également une attention spéciale, souligne Rosnel Jean Baptiste.

Le 23 juillet 1987, 139 paysans et paysannes ont été tués par des grands propriétaires terriens avec l’aide d’anciens membres de la milice des Duvalier.

« Tous les 23 juillet Tèt kole ti peyizan ayisyen crie justice pour les familles et proches des victimes de Jean Rabel »,
signale Jean Baptiste.

Pour lui, la lutte paysanne a commencé en 1791 avec l’insurrection générale des esclaves dans l’ancienne Saint Domingue. Depuis, les mouvements à tendance révolutionnaire de Moise, Goman, Acaau et autres ont été réprimés dans le sang.

Si au fil des années, les bourreaux changent, qu’ils soient l’élite haïtienne ou des envahisseurs à l’image des Américains, le projet, lui, est le même
.

Mais, « les paysans continuent de lutter ! », martèle Rosnel Jean Baptiste.


Nikol Poitievien, un des grandons de Jean Rabel. Le dimanche 26 juillet 1987, il a déclaré sur les ondes de la radio et télévision d'Etat que le camp américain auquel il s'identifiait a liquidé 1042 communistes. Il n'a jamais été inquiété par l'appareil judiciaire.
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MessageSujet: Les luttes pour la terre   Mar 28 Juil - 18:50


Bangladesh

les populations victimes d’inondations,
les paysans victimes du chaos climatique,
les ouvrières victimes de catastrophes industrielles

Les luttes pour la terre


Le Bangladesh est l’un des pays les plus densément peuplés du monde (plus de 1000 habitants au km2).  Les terres y sont très fertiles et  63% des habitants vivent de l’agriculture.


Citation :
Un cruel manque de terres

60% du pays est consacré à l’agriculture. Mais les 9,3 millions d’hectares cultivés sont en voie de réduction. Plusieurs facteurs y contribuent : l’érosion qui emporte les rives et les îles des fleuves et des rivières, la salinisation des terres côtières, l’urbanisation, les implantations d’industries, les briqueteries et les fermes de crevettes qui laissent des sols impropres à la culture pour de longues années, et les réserves foncières imposées par l’état – que ce soit pour les camps d’entraînement militaires, les réserves écologiques ou les aménagements touristiques. La forêt également recule et, de 15% il y a une trentaine d’années, se trouve réduite à 6% à cause de l’exploitation du bois, de l’agriculture sur brûlis et des plantations pour l’industrie agro-alimentaire.


89% des paysans propriétaires possèdent moins d’un hectare et 39% d’entre eux ont moins de 0,2 hectare. Le partage des terres lors des héritages ajoute encore au morcellement. La moitié des habitants des campagnes sont des sans terre et survivent en louant des terres ou en se louant comme journaliers.  La compétition pour acquérir des terres est si aigüe qu’elle se déroule la plupart du temps dans la violence et on estime que près de la moitié des meurtres commis au Bangladesh sont liés à des querelles foncières.

Un système foncier compliqué

Cette violence est liée à la corruption qui gangrène les relations entre l’administration et les administrés et profite aux notables et riches propriétaires locaux avantagés par un système foncier compliqué.   La partition de l’Inde en 1947-48 a entraîné le départ vers l’Inde des grands propriétaires terriens qui étaient majoritairement hindous. Par le Vested Property Law de 1948 puis l’Enemy Property Act II de 1965 durant la guerre indo-pakistanaise, le gouvernement pakistanais a saisi les terres des émigrés mais il a également saisi les terres des hindous demeurés au Bangladesh et  environ 10,5 millions de foyers hindous ont perdu plus de 400 000 hectares. En dépit de l’annulation du Vested Property Act en 2001, les terres injustement saisies n’ont pas été rendues.

Les terres devenues propriété de l’Etat ont pris le nom de Khas. Lors de la création du Bangladesh, ce système a été maintenu et toutes les terres saisies ont été regroupées dans une même catégorie, les khas. Le gouvernement y a ajouté la possibilité de nationaliser toute terre ou plan d’eau qui serait nécessaire à la réalisation de sa politique. Un corps hiérarchisé de fonctionnaires, du local au national, a été créé pour gérer ces terres.

Les chars, ces îles qui se forment par accrétion d’alluvions puis disparaissent quelques années plus tard sous l’effet de l’érosion, forment une catégorie particulière de khas. Leur statut est compliqué puisqu’en cas de reformation in situ dans les 20 ou 30 années qui suivent leur destruction, elles restent acquises à leur propriétaire (malik), sinon elles deviennent khas.

En 1972 le gouvernement bangladais nouvellement créé  a supprimé l’exception tribale pour les CHT et incité les bengalis sans terre à s’installer sur les terres tribales. Il en est résulté une guerre civile qui a duré de 1976 à 1997 et qui a abouti à un cessez-le-feu puis à un accord dont les termes sont loin d’avoir tous été respectés, notamment la restitution des terres illégalement acquises par les colons.

Réforme agraire et accaparement des terres

Les gouvernements successifs ont entrepris des réformes agraires en plafonnant les propriétés foncières à 13,5 ha et en rachetant les surfaces excédentaires. Ces réformes ont pour objet de redistribuer la moitié des terres khas par lots d’un demi-hectare à un hectare et demi à des paysans sans terre pour qu’ils les exploitent pour des baux de 99 ans. Mais en dépit des efforts gouvernementaux, les inégalités s’accroissent et le nombre des paysans sans terre augmente. Les réformes sont en partie contournées grâce à la corruption des fonctionnaires du Land Reform Department  Sur les huit millions et quelques d’hectares à redistribuer, un quart seulement l’ont été dont une partie est allée à des notables locaux grâce à la complicité de l’administration. Et la concentration des terres s’accroît.

Plusieurs facteurs contribuent à faciliter cet accaparement par les élites : l’administration, contrairement à ce qu’elle proclame ne diffuse guère l’information concernant les khas prochainement distribuées ; les démarches pour prouver qu’on appartient à la catégorie de la population habilitée à recevoir un lopin de terre khas sont si compliquées qu’elles peuvent exiger plus de deux mois  – durée de temps sans gain, impossible à dégager pour les pauvres, et formulaires inaccessibles pour les illettrés. Et surtout les minorités ethniques dont la terre relevait d’une propriété collective de droit oral n’arrivent pas à faire reconnaître leur droit sur leur terre face à ceux qui font enregistrer un document falsifié au cadastre.

Enfin, des enquêtes montrent que pour la moitié de ceux qui parviennent à recevoir un lopin de terre, celui-ci ne leur garantit pas une amélioration de leur vie car des occupants illégaux le cultivent déjà et accaparent la récolte.

Que les terres soient khas ou privées, tout est bon pour se les approprier : titres de propriété falsifiés achetés à des fonctionnaires corrompus, chantage, accusations fabriquées de toutes pièces et procès contournés, harcèlement, menaces envers les propriétaires légitimes, violences qui peuvent aller jusqu’à l’incendie de leur maison, le viol de leur femme ou de leur fille et même meurtre d’un ou plusieurs membres de la famille. Les journaux regorgent de récits d’envoi par des politiciens ou des notables de troupes de malfrats chargées de faire céder les malheureux propriétaires des terrains convoités.

Dans les voisinages des villes en rapide expansion comme Dakha, ce sont même les canaux et les étangs qui sont rebouchés par des promoteurs désireux d’entreprendre de juteuses opérations immobilières, au détriment des populations qui en utilisent l’eau.

L’état lui-même n’est pas exempt de ces opérations d’accaparement et pour des superficies beaucoup plus importantes par le biais de ses agences pour le développement.

La situation critique des minorités ethniques et religieuses

Si tous les petits propriétaires courent le risque d’être expulsés par divers moyens de leur terre par plus puissant qu’eux, la situation est encore plus grave pour les paysans appartenant à l’une des minorités ethniques religieuses du pays. Dans les plaines, les Santal hindouistes, déjà très malmenés après la guerre d’indépendance, continuent à faire l’objet de spoliations de la part des bengalis, au sujet desquelles ni la police ni la justice n’acceptent d’enregistrer de plaintes. L’administration fait la sourde oreille lorsqu’ils réclament l’enregistrement de leurs droits de propriété.

Réduits à la très grande pauvreté, ils  sont souvent obligés de mettre en gage leurs terres et tout est fait pour qu’ils ne puissent les récupérer ultérieurement avant que des bengalis bien placés ne se les approprient illégalement. Les spoliations de terres et les dépenses induites par les procès pour les récupérer sont les principales causes de leur paupérisation (68% d’entre eux sont en très grande pauvreté contre 39% des Bengalis). Les Garos qui vivaient dans la forêt de  Madhupur, dans le district de Mymensingh en ont été progressivement expulsés par les gouvernements successifs qui ont installé à leur place des colons bengalis déplacés. En 1978, 200 familles expulsées ont reçu 200 acres sur lesquels étaient déjà installés des bengalis. En 1984, 42000 acres ont été classés Forest Land , désormais propriété du Département des forêts qui y a favorisé l’implantation de plantations de caoutchouc privées.

Les CHT une région convoitée

Les Chittagong Hill tracts, région de collines et de petite montagne, riche de ses forêts, de son gaz et de son pétrole est la région la moins densément peuplée du Bangladesh. A la suite de la révocation du statut particulier des terres tribales des CHT en 1972, puis de la guerre civile commencée en 1976, les gouvernements successifs ont procédé à de vastes expropriations pour un barrage, mais surtout le président Ziaur Rahman a initié en 1980 un plan (tenu d’abord secret) pour installer 100 000 colons bengalis. Ces colons se sont installés par la force avec l’aide de l’administration locale et de la police entièrement bengalie. Des milliers d’autres les ont suivis. La colonisation se poursuit encore aujourd’hui ;  les pentes des CHT ne sont pas adaptées à la culture intensive que pratiquaient les bengalis dans les plaines et l’épuisement des terres pousse les colons à avancer plus loin dans les collines.

En 2011 plus de cent maisons jummas ont été pillées et brûlées  par des colons à la suite de conflits liés à la terre, au moins 146 familles jummas ont fait l’objet d’attaques qui ont conduit à l’appropriation par la force de 700 hectares dans les CHT, sans compter les tentatives qui ont échoué (Human Rights Report 2011 on Indigenous Peoples in Bangladesh).

L’accord de paix de 1997 prévoyait une large autonomie des CHT sous la responsabilité  d’un CHT Regional Council, la restitution des terres confisquées aux Jummas et la fermeture des camps militaires. La plupart des camps militaires sont toujours là. L’armée défend ses intérêts propres dans les CHT (élargissement de ses cantonnements au détriment des villageois ; établissements touristiques ; vente –illégale – au prix fort de droits d’exploitation forestière à des hommes d’affaires…). Le Département des forêts fait de même et adjuge en location à des non résidents des zones forestières appartenant à des Jummas. Le rapporteur spécial de l’ONU estime que l’armée continue à s’opposer à tout progrès réel dans l’application de l’accord de paix.

Le gouvernement souhaite l’application de l’accord de paix et a créé en 2009 la CHT Land Commission chargée de statuer sur la propriété des terres des CHT mais elle n’a pas réellement commencé à fonctionner. Il n’y a que deux représentants des Jummas qui pour des raisons diverses ne peuvent le plus souvent pas siéger et n’ont pas été remplacés, et son président, un juge de la Haute Cour en retraite a suspendu ses activités depuis décembre 2010. La commission a décidé d’auditionner dès maintenant les plaignants avant d’avoir établi la façon de procéder et savoir comment prendre en compte la propriété de droit oral. Elle voit donc affluer les demandes des colons bengalis.  Le gouvernement a finalement abandonné l’idée d’établir un cadastre avant que soient réglés les litiges, ce qui aurait avantagé les colons qui font inscrire des titres de propriétés auprès de l’administration dès qu’ils occupent des terres mais inclut les colons bengalis parmi les personnes déplacées au même titre que les Jummas. Ces derniers viennent d’obtenir le remplacement de l’avocat du gouvernement qui s’était avéré un farouche adversaire de l’accord de paix sur les CHT, proche d’un mouvement de colons bengalis extrémistes.

Un argument répandu chez la majorité bengalie est que  les indigènes sont des réfugiés ou des immigrants économiques. Chacun doit pouvoir être libre de s’établir là où il le souhaite dans le pays. Cet argument a récemment été repris par Mme Dipu Moni, ministre des Affaires Etrangères « Il ne peut être dans l’intérêt national du Bangladesh de donner un statut spécial privilégié à 1,2% d’une population de 150 millions, au détriment des 98,8% restant » lors d’une  rencontre le 26 juillet avec des diplomates étrangers et des journalistes (rapporté par le Washington Post).

Si pendant des décennies, les paysans dépossédés et les minorités n’ont eu pour seul choix que de subir ou de prendre les armes, ils réagissent aujourd’hui en s’unissant, en manifestant et en portant plainte jusqu’au plus haut niveau de l’Etat. Les paysans unis dans la Bangladesh Krishok Federation et la Bangladesh Kishani Sabha ont réussi depuis 1992 à récupérer plus de 30000 hectares de terres khas. Et aujourd’hui les Jummas se battent légalement pour que la CHT Land Commission fonctionne sur des bases équitables.



Lectures/références bibliographiques

- Feldman S. et Geisler Ch. (2011) Land Grabbing in Bangladesh : In-Situ Displacement of Peasant Holdings, International Conference on Global Land Grabbing 6-8 April 2011, University of Sussex, Brighton, Land Grabbing in Bangladesh: In-Situ Displacement of Peasant ...  

- Irin (29/12/2011) Indigenous groups face land-grabbing in north http://www.irinnews.org/Report/94558/BANGLADESH-Indigenous-groups-face-land-grabbing-in-north

- UNPO (2011) Human Rights Report 2011 on Indigenous Peoples in Bangladesh

http://www.unpo.org/article/13718

- OFPRA (2011) Rapport de mission en République populaire du Bangladesh www.ofpra.gouv.fr/documents/Rapport_BGD_2010.pdf

- Lars-Anders Baer,(2011) Study on the implementation of the Chittagong Hill Tracts Accord of 1997, United Nations,Economic and Social Council, CHT-Accord-Study-Final.pdf

- Adnan Sh. (2011) Resistance to Land Grabbing ; Poor Peasant and Indigenous People in Bangladesh : Implications for the Agrarian Question, Contemporary South Asian Studies Programme, University of Oxford, www.southasia.ox.ac.uk/_data/assets/powerpoint_doc/0006/37365/Resistance_to_Land_Grabbing_-_Oxford_seminar.ppt

- Adnan Sh. & Dastidar R. (2011) Mechanisms of Land Alienation of the Indigenous Peoples of the Chittagong Hill Tracts, CHT_Land_Study.pdf


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MessageSujet: Agriculture, géopolitique et alimentation de la planète   Lun 3 Aoû - 9:06



Agriculture, géopolitique et alimentation de la planète septembre 2013


Citation :
L'AFJA a rassemblé les auteurs de trois livres sur le thème « Agriculture, géopolitique et alimentation de la planète », mardi 3 septembre 2013. Ces trois livres ont fait l'objet d'une discussion animée par Erik Massin, président de l'AFJA et rédacteur en chef du Betteravier français

* Thierry Pouch et Sébastien Abis pour leur livre paru début septembre : « Agriculture et mondialisation -- Un atout géopolitique pour la France » (Nouveaux Débats, dans la Collection Poche des Presses de Sciences Po).


Cocorico !

Thierry Pouch est économiste, Responsable du service des Références et Etudes économiques des Chambres d'Agriculture France.

Sébastien Abis est analyste géopolitique, administrateur au secrétariat général du Centre de hautes études agronomiques méditerranéennes (CIHEAM).

* Hervé Lejeune, qui a été Directeur de Cabinet de la FAO et conseiller agricole à l'Elysée, pour son tout récent livre « Un monde sans faim -- Nous pourrons nourrir le monde en 2050 » (Editions L'Harmattan).


* Gérard Le Puill, journaliste à l'Humanité et à La Terre pour son livre « Produire mieux pour manger tous d'ici 2050 et bien après », (Pascal Galodé éditeurs)


Livredel 1989
Patlotch a écrit:
... chacun son goût de l'absolu tout est si relatif on coupe en quatre les cheveux de l'autre ça fait des tifs ou des têtes qui tombent sous les superlatifs des plumitifs laisse béton qui peut Le Puill peut le moins plus Spire des deux n'est pas celui qu'on coupez ici...


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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Mer 12 Aoû - 20:58

Pour le paragraphe Le capitalisme en tant que relation destructrice des corps des travailleurs et de la nature


Luis Martínez Andrade, Religion sans rédemption. Contradictions sociales et rêves éveillés en Amérique latine, éd. van Dieren, 2015, 192 p., 20€.


L'extrait ci-dessous est la préface de .

Renan Vega Cantor a écrit:
1
L’ouvrage que vous tenez entre vos mains a été écrit par Luis Martínez Andrade, jeune sociologue né au Mexique mais dont l’inspiration intellectuelle s’est nourrie de la pensée critique universelle et de ce que notre Amérique a de plus abouti. Bien que jeune par l’âge et par sa passion, par la force et l’esprit polémique qui animent son style et son écriture, il fait preuve d’une grande maturité par son extrême rigueur et son sérieux intellectuel, comme le montre chacun des essais réunis ici. Comme l’auteur l’affirme lui-même, ce livre est né de la rage et de l’espoir : la rage que provoquent l’injustice, l’exploitation et l’inégalité qui caractérisent le monde d’aujourd’hui et plus particulièrement notre continent, et l’espoir, qui s’enrichit de l’esprit des « rêves éveillés » autour duquel s’articule le Principe Espérance, œuvre phare du penseur marxiste Ernst Bloch. Cet espoir est indispensable pour ne pas tomber dans le défaitisme et le scepticisme. Il alimente également les revendications de la lutte que livrent les vaincus d’aujourd’hui et de toujours dans le but d’établir un ordre social qui puisse aller au-delà du capitalisme bien réel, un capitalisme caractérisé en outre sur notre continent par la dépendance néocoloniale.

La force de pensée de Luis Martínez a déjà été saluée dans divers pays de notre Amérique, aussi bien par la publication dans plusieurs pays de ses articles et essais que par la reconnaissance intellectuelle qu’il a méritée. Il convient de souligner qu’il a obtenu le Premier Prix de la sixième édition du concours « Pensar a Contracorriente », décerné par l’Instituto Cubano del Libro, pour son essai « El centro comercial como figura paradigmática del discurso neocolonial » (Le centre commercial comme figure paradigmatique du discours néocolonial), qui constitue le deuxième chapitre de ce livre. Nous avons ici à faire à un écrivain expérimenté malgré son jeune âge, et porté par la flamme de sa tâche intellectuelle et théorique.

2
Les essais qui composent ce livre ne sont en apparence unis par aucun lien thématique. Néanmoins, on se rend compte avec un peu d’attention de la présence de certains fils conducteurs essentiels, dont nous parlerons brièvement ci-après.

Critique de la colonialité du pouvoir, du capitalisme et de l’eurocentrisme

L’auteur nourrit son analyse de différentes littératures, mais surtout de celle liée au système-monde capitaliste et de certains écrits postcoloniaux qui sont apparus dans notre Amérique ces dernières années. De cette façon, il propose une étude de ce continent fondée sur la thèse selon laquelle le colonialisme qui s’est imposé sur ces terres avec ce qu’on a nommé à tort la « découverte de l’Amérique » par les Espagnols est resté intact durant ces cinq derniers siècles, malgré l’indépendance du XIXe siècle sur laquelle on a tant glosé.

La conquête sanglante de 1492 a établi des formes de subordination, de domination et d’exploitation qui, dans le fond, et malgré quelques changements mineurs, sont demeurées inchangées. Parmi ces aspects, l’auteur met en évidence l’eurocentrisme, et notre statut de « périphérie du capitalisme » – fournisseuse de matières premières dans une espèce de tragédie discontinue et récemment renforcée par la signature des Accords de libre-échange avec les puissances capitalistes hégémoniques. L’étude aborde également l’implantation de la colonialité du pouvoir ; par cette ex- pression, empruntée principalement au penseur péruvien Aníbal Quijano, l’auteur fait référence à la dépendance historico-structurelle qui a modelé les sociétés latino- américaines depuis la conquête des Amériques et qui s’est fondée dès le début sur la subordination violente et symbolique des indigènes à l’absolu universel de l’Occident.

Dans cette perspective, l’auteur analyse le processus d’exclusion qui a présidé à la formation des États-nations suite à la rupture avec les métropoles européennes. Dans ces nouveaux États, en effet, la majeure partie de la population a été marginalisée et considérée comme inférieure par les classes dominantes, qui se prétendaient continuatrices du legs européen et se sont basées sur les mêmes préjugés d’une prétendue supériorité raciale et culturelle. Cette attitude a tout simplement marqué l’émergence du colonialisme interne, qui a remplacé le colonialisme des Européens, mais a maintenu la même logique de ségrégation, de domination, de racisme et d’exploitation contre les noirs, les indigènes et les métis, imposée en Amérique depuis la fin du XVe siècle.

Ainsi, à partir de la notion de « colonialité du savoir », Martínez examine les caractéristiques de l’eurocentrisme qui a vu le jour à l’époque coloniale, mais qui subsiste encore à l’heure actuelle et s’exprime dans les milieux universitaires à travers les sciences sociales, qui reproduisent la dépendance et la domination coloniales tout en employant des langages différents, voire des positions épistémologiques différentes. Prenant le contre-pied de cette perspective eurocentrique, l’auteur de ce livre affirme qu’il est nécessaire de prôner une décolonisation de ces sciences sociales pour aller au-delà des paradigmes épistémiques néocoloniaux, ce qui est indispensable au processus de libération des sociétés latino-américaines du fardeau colonial.

L’auteur se garde bien de tomber dans les réductionnismes propres à certains courants de la théorie de la dépendance qui ne faisaient qu’exalter les formes de subordination coloniale sans étudier les mécanismes de lutte et de résistance des peuples. Il faut relever que dès la constitution du colonialisme, les peuples indigènes, et par la suite les Africains réduits en esclavage ainsi que les métis, livrèrent une lutte acharnée ; et cette lutte se poursuit aujourd’hui encore dans diverses régions de notre continent.

Revendication d’une analyse de la religion en tant que cri de révolte des pauvres contre l’exploitation

Comme l’indique le titre même du livre, la religion traverse tout le livre, avec pour prémisse de ne pas seulement la considérer, ni de manière exclusive, comme l’opium du peuple (sans exclure bien entendu, la possibilité que la religion sous son aspect dominateur et oppressant continue à jouer ce rôle), mais également comme un vecteur de résistance, d’espoir, de lutte et de rédemption. Pour cela, l’auteur se base sur les apports de Ernst Bloch, qui sont nourris et complétés ici par les contributions d’Enrique Dussel, de Frei Betto, de Leonardo Boff et d’Ernesto Cardenal. En s’appuyant sur Ernst Bloch, Martínez rappelle que, pour le penseur allemand, la religion exprime un désir utopique de rédemption et est, en même temps, ambivalente, car « elle peut renforcer idéologiquement et politiquement un système d’oppression » ou encore « faire office de discours critique de cette domination ». C’est ce dernier aspect que Martínez relève dans tous les chapitres de ce livre, étant donné qu’il cherche à établir les mécanismes par lesquels, dans notre Amérique, la religion en tant que « christianisme des pauvres », pour reprendre la belle expression de Michael Löwy, devient subversive et s’oppose à différentes formes d’exploitation, de subordination et de dépendance. Vu de ce point de vue utopico-subversif, le phénomène religieux devient clairement la pierre angulaire de la lutte contre le capitalisme et l’impérialisme présents sur notre continent. Cette tendance a pu être observée au cours de la seconde moitié du siècle avec l’émergence de la théologie de la libération, qui a orienté certaines actions et réflexions critiques et révolutionnaires au Brésil et dans d’autres pays de notre Amérique.

En ce qui concerne cette autre façon de voir la religion, Martínez reprend une citation de Bloch dans laquelle il ressort que la religion ne doit pas être lue exclusivement comme étant l’opium du peuple, car « tout dépend des hommes et de la situation dans laquelle on se trouve lorsqu’on prêche la parole de Dieu ». La prédication de Thomas Muntzer, par exemple, même si elle est souvent considérée comme de la « servitude céleste », ne servait pas d’opium pour le peuple. « Si l’illumination produite par la lanterne des rêves dans le royaume des ombres est toujours fantasmagorique et toujours la même, elle dépend également de la détermination conceptuelle et de la délimitation du réel ».

L’importance théorique, méthodologique et politique de cette approche de la religion est particulièrement importante pour nous aujourd’hui si on considère d’une part, l’émergence des luttes anticapitalistes menées par des gens du peuple profondément croyants, et d’autre part, l’imposition de divers fondamentalismes, parmi lesquels celui du marché (néolibéralisme). Pour ce qui est de cette dernière question, il est vital que les nouvelles idoles de la mort, comme les appellent les théologiens de la libération, jettent le masque ! Ces idoles renforcent la domination et l’exploitation, au nom de forces « objectives » et « incontrôlables » telles que le marché (un euphémisme de notre temps pour éviter de prononcer le vrai nom de la « bête », le capitalisme), guidé par une prétendue « main invisible », qui détermine qui sont les « bons » (les capitalistes et leurs partisans, considérés comme les vainqueurs couronnés de succès) et qui sont les « méchants » du film (les pauvres et les exclus de la société, considérés comme inefficaces, improductifs, comme des ratés voués à l’échec, selon un scénario préétabli dans le style vulgaire d’Hollywood).

Pour ce qui est du premier aspect, on relève que, au milieu de l’abandon de la réflexion théorique et de la prostration politique d’une grande partie de ceux qui se présentaient comme révolutionnaires, ces croyants pauvres ont, adopté le langage du social-conformisme et du défaitisme politique. Les mêmes considèrent désormais le capitalisme comme indépassable. Au contraire, les théologiens de la libération, comme Leonardo Boff, affirment avec une lucidité impressionnante :

Leonardo Boff a écrit:
Toute oppression spécifique requiert également une libération spécifique. Cependant, il ne faut pas perdre de vue l’oppression fondamentale, qui est socio-économique. Les autres sont toujours des surdéterminations de cette oppression de base. L’oppression socio-économique renvoie à la lutte des classes et, avec elle, les groupes expriment leur antagonisme et leurs intérêts irréconciliables. La lutte de la femme, du Noir ou de l’Indien met en jeu des groupes qui ne sont pas antagoniques par nature […] L’ouvrier exploité dans notre système ne pourra jamais se réconcilier avec le patron qui l’exploite. Cette oppression socio-économique accentue les autres types d’oppression, car les Noirs, les Indiens et les femmes sont davantage dominés lorsqu’ils sont exploités et appauvris.

Nous avons repris cette citation de Boff, rapportée par Martínez dans ce livre, car nous pensons qu’elle éclaire l’importance de l’analyse des classes en Amérique latine. De même, montre-t-elle le sens profond de l’analyse sociale réalisée par la théologie de la libération pour percer les mécanismes d’exploitation qui entretiennent l’inégalité sur le continent, où les pauvres sont de fervents croyants.

Le capitalisme en tant que relation destructrice des corps des travailleurs et de la nature

On retrouve cette idée fondamentale à plusieurs moments de cette étude. Elle est tirée de l’analyse classique et indépassable de la critique de l’économie politique de Karl Marx, dans laquelle sont mis à nu les mécanismes centraux qui, dans la logique capitaliste, détruisent la nature et anéantissent les êtres humains, y compris physiquement. Concernant l’exploitation des travailleurs, l’auteur reprend dans son analyse la création de la notion de plus-value, utilisant sans crainte ce terme aujourd’hui banni par les tendances dominantes des sciences sociales et de l’économie dans les divers espaces de notre Amérique où se sont implantées les usines et les fabriques de la mort, où est produite la plus-value que se sont appropriée tant les capitalistes du pays que les étrangers, ce qui explique en grande partie l’accentuation des inégalités locales et mondiales entre une poignée de riches et un grand nombre de pauvres et d’indigents.

Concernant le corps, Luis Martínez se base sur des prémisses très différentes de celles que l’on retrouve dans un certain discours postmoderne et dans des études culturelles, qui se penchent sur le corps, consommateur et sensuel, de certains secteurs de la petite bourgeoisie et non sur le corps outragé des travailleurs. Par conséquent, pour Martínez, il convient de partir du domaine de la production, lieu de l’exploitation directe. C’est le cas des maquiladoras, qui aujourd’hui s’étendent comme une tache d’huile sur tout le continent :

Luis Martínez a écrit:
Dans les maquiladoras, c’est dans la douleur, et parfois même dans le sang, que l’on produit les objets discursifs du récit colonial que sont les soi- disant marchandises postmodernes. La fabrique est un élément fondamental et « occulte » – tout comme l’est la valeur de la marchandise – des firmes internationales […]. Derrière les vitrines et les marques se trouve non seulement un processus d’objectivation du travail mais aussi une pratique historique de l’exploitation matérielle de la périphérie par le centre.

La reprise de l’analyse, dans les termes de la théorie de la valeur-travail, du domaine de la production, permet à l’auteur de situer les conditions d’exploitation dans lesquels sont produites les diverses marchandises qui sont achetées et vendues de par le monde. Dans ce domaine, les « centres commerciaux » jouent un rôle prédominant. Un chapitre spécial leur est d’ailleurs consacré. Ce chapitre reprend l’analyse de la corporéité à partir d’un point de vue différent, répétons-le, de celui de l’habituelle logorrhée du postmodernisme, qui exalte, de manière isolée, la question de la consommation individuelle, ignorant le caractère central de la production et de l’exploitation. Le Centre commercial est la cathédrale de notre époque. Les marchandises y défilent brillant de mille feux, comme si elles étaient vivantes et comme si elles avaient atterri dans ces vitrines grâce au souffle divin, et non grâce au travail de l’homme. Un travail, qui plus est, toujours plus dégradé et plus occulte. Dans ces centres de consommation, on a voulu effacer les différences de classe, d’où cette impression caractéristique d’asepsie, d’ordre et de discipline. Mais en fin de compte, ce qui est reproduit là-bas, c’est l’American way of life, marqué par l’esprit de classe et l’exclusion, qui transforme chaque centre commercial en un apartheid à petite échelle, c’est-à-dire en « une forme spécifique de ségrégation qui repose sur des caractéristiques soma- tiques, économiques et culturelles ».

En ce qui concerne la destruction de la nature, le second aspect néfaste du capitalisme, Luis Martínez parle des origines structurelles de l’écocide qui est en marche. Pour cela, il se base, une fois de plus, directement sur les théories de Marx en y adjoignant les idées de Bloch et les perspectives environnementales de la théologie de la libération, émanant principalement de Leonardo Boff. De Marx, il reprend l’idée de base selon laquelle le capitalisme détruit la nature en raison de l’accroissement de son processus de marchandisation et selon laquelle l’art de saigner à blanc le travailleur représente également l’anéantissement des conditions de production, autrement dit les milieux physiques et naturels. De Bloch, il reprend l’idée d’« humanisation de la nature », que Marx avait déjà énoncée dans les Manuscrits de 1844 et qui permet de rompre avec cette fausse dichotomie écocidaire entre l’humanité et la nature, comme si nous ne faisions pas partie de cette nature et comme s’il n’y avait guère de limites naturelles à l’action du capitalisme. C’est pour cela que Luis Martínez mentionne en cours de route la complémentarité et non l’antagonisme entre le Principe Espérance, défendu par Ernst Bloch, et le Principe Responsabilité, énoncé par Hans Jonas – un critique de Bloch – déjà présent chez Leonardo Boff dans sa proposition de créer une nouvelle bio-civilisation qui reposerait sur cinq piliers : l’utilisation durable des ressources naturelles limitées ; la primauté de la valeur d’usage sur la valeur d’échange ; un contrôle démocratique exercé par le peuple et non dirigé de manière totalitaire par le marché ; un ethos fondé sur la responsabilité universelle, qui préconiserait la solidarité, la compassion, l’entraide; et la spiritualité « en tant qu’expression de la singularité de l’Homme et non en tant que monopole des religions ».

3
L’ouverture d’esprit et la fermeté politique d’un auteur se révèlent en grande partie dans les sources qui inspirent son travail de recherche. Ainsi, dans le cas de Luis Martínez, les sources théoriques sont diverses et multiples : différentes tendances du marxisme (Antonio Gramsci, Walter Benjamin, l’École de Francfort, Ernst Bloch, Michael Löwy), l’analyse du système-monde (Immanuel Wallerstein), la philosophie de la libération (Enrique Dussel), le post-colonialisme (Aníbal Quijano et Walter Mignolo), les études subalternes (Ranahit Guha), la théologie de la libération (Leonardo Boff et Frei Betto) et bon nombre d’autres auteurs, que nous ne citerons pas mais que le lecteur pourra retrouver dans la bibliographie très fournie à la fin de cet ouvrage.

Naturellement, il ne suffit pas de répertorier la diversité des sources bibliographiques ; encore faut-il souligner la lecture personnelle et critique qu’en fait l’auteur. À ce sujet, dans les divers essais qu’il a rédigés ici, l’auteur procède de la manière suivante. Tout d’abord, il reprend la pensée d’un auteur déterminé (comme Ernst Bloch ou Slavoj Žižek) le plus fidèlement possible. À partir de là, il envisage de nombreux aspects liés non seulement aux idées de ce penseur mais aussi aux conséquences qui découlent de ce mode de réflexion et qui touchent d’autres aspects de la pensée et de la réalité sociale de notre Amérique. Grâce à ce procédé analytique, l’auteur nous entraîne sur des chemins inattendus et surprenants. C’est le cas lorsque, par exemple, après avoir analysé certains aspects fondamentaux du Principe Espérance, il en recherche les traces dans l’œuvre du théologien de la libération, Leonardo Boff, qui affirme dans un texte tout en force et en conviction :

Leonardo Boff a écrit:
« Je me refuse à accepter que les souffrances de millions d’esclaves, d’indigènes, de personnes humiliées et offensées de notre histoire aient été vaines. Je crois plutôt que ces souffrances ont favorisé une telle accumulation de force et une telle exigence de transformation que, finalement, l’heure est venue. Dans le cas contraire, l’histoire serait absurde, et le cynisme des plus recommandables. »

C’est là que se rejoignent la mémoire historique de la lutte des pauvres et l’espoir d’un futur différent. En d’autres mots, c’est là que réapparaît la force vitale de la pensée espérance d’Ernst Bloch. Néanmoins, celle-ci n’est plus alimentée par l’Europe conservatrice que nous connaissons aujourd’hui, mais par les projets sociaux anticapitalistes qui voient le jour dans divers endroits de notre Amérique.

L’ouverture d’esprit de notre auteur lui permet de s’entretenir avec une grande partie des représentants du postmodernisme, pour affronter de façon critique les banalités postmodernes sur la fin des projets d’émancipation, le conformisme de ce courant, et en dernier ressort, son apologie du capitalisme comme s’il s’agissait en réalité de la fin de l’histoire. À ce sujet, il remet en question l’éclectisme du postmodernisme, qui réduit les diverses opinions sur la société à des “paramètres éthiques” », d’où on suppose l’acceptation de tout, car tout « peut se concevoir comme une « expérience esthétique », depuis les meurtres d’enfants dans les rues du Brésil jusqu’aux agressions d’étrangers dans un métro de Barcelone, en passant par l’aide humanitaire propre à la philosophie ONGiste ou par l’écotourisme des « bonnes consciences européennes ».

Débattant du logos postmoderne, qu’il apparente à la culture New Age, Luis Martínez revendique l’importance de la raison, non pas du point de vue du bourreau, mais d’un point de vue révolutionnaire et contestataire, dans la mesure où la raison s’articule autour d’un projet de transformation sociale dont nous avons tant besoin. Nous en avons besoin, en effet, pour surmonter la crise de civilisation et l’écocide, comme c’est le cas en ce moment dans le Golfe du Mexique, résultat d’une recherche pétrolière insatiable, à laquelle nous a conduits le capitalisme et pour construire à la place une société émancipée, libérée de l’exploitation et des diverses formes de domination coloniale.


Renan Vega Cantor
Prix « Libertador al Pensamiento Crítico » 2007
Bogota, 7 juin 2010

© éditions Van Dieren.


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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Mar 18 Aoû - 20:32

Au Brésil, 23 paysans ont péri dans des conflits liés à la terre Itele 06 août

Depuis le début de l’année, 23 paysans ont été tués au Brésil dans le cadre de conflits liés à la terre, rapporte l'ONG la Commission pastorale de la terre. Un phénomène assez ancien qui reflète l’inégalité de la société brésilienne et les rapports de force entre grands propriétaires et petits paysans.




Citation :
Entre janvier et juillet 2015, 23 paysans ont trouvé la mort au Brésil, contre 20 l’année précédente à la même période. Ces données ont été publiées par la Commission pastorale de la terre (CPT), une ONG créée par l’aile progressiste de l’Eglise catholique brésilienne en 1975, qui publie chaque année les chiffres liés aux conflits ruraux dans le pays, une problématique résurgente.

La plupart de ces victimes sont des petits paysans ou des agriculteurs sans-terre. Le géographe Hervé Théry, directeur de recherche au Credal-CNRS et professeur invité à l’Université de Sao Paulo, identifie trois dynamiques qui alimentent ces conflits.

• L’effet "Far West"

"Le Brésil est un pays dont la conquête du territoire n’est pas entièrement terminée", explique le chercheur qui, pour illustrer l'immensité du territoire brésilien, rappelle qu'il fait deux fois la taille de l’Union européenne.

“Il y a encore des régions où des gens continuent à arriver, à occuper la terre en pensant qu’elle est libre, alors qu’elle ne l’est pas toujours. Ensuite, d’autres personnes arrivent et essaient de leur piquer. Une situation similaire à celle du "Far West".


Les conflits liés à la terre ont historiquement touché l’ensemble du pays, comme on peut l’observer sur les cartes ci-dessous. Néanmoins ces dernières années, les meurtres de paysans se concentrent surtout dans les régions amazoniennes, des zones où des terres sont encore disponibles. Ainsi, la CPT indique que sur les 23 paysans tués entre janvier et juillet, 22 ont trouvé la mort dans des Etats amazoniens : 11 au Para, 10 au Rondonia et un au Maranhao.



Cette carte combine le nombre d'assassinats liés à des conflits agraires
entre 1962 et 2013 au Brésil



Cette carte indique le nombre de tentatives d'assassinat, liées à des conflits agraires au Brésil, de 1975 et 2013

• Une société inégalitaire

Le Brésil est un "pays très inégalitaire" rappelle Hervé Théry qui précise qu'"un pour cent des Brésiliens détient 20% des recherches nationales". Le monde rural brésilien est quant à lui divisé entre les grands propriétaires terriens et les petits paysans, voire les sans-terre – des ouvriers agricoles ne possédant aucune parcelle de terre cultivable.

Les affrontements sur les questions de la terre impliquent généralement "les gros contre les petits", selon le chercheur ou même les "gros entre eux". Les grands propriétaires ont par ailleurs souvent recours à des hommes de main pour régler les conflits agraires.

Dans l'Etat du Rondonia, la CPT s'inquiète même de la "spirale croissante de meurtres de sans-terre par des hommes de main de grands propriétaires assortis de plaintes concernant l'implication de policiers et de milices armées".

Mais cette situation n’est pas nouvelle au Brésil, la concentration des terres agricoles remonte à l’époque de la colonisation portugaise, comme le précise un article de Géoconfluences :

“C'est en 1534, quelques années après la découverte du Brésil, que la couronne portugaise divise le territoire brésilien en 15 capitaineries héréditaires. Chacune était attribuée à un capitaine-gouverneur, chargé de l'occuper et de la peupler. Il pouvait concéder de vastes domaines (sesmarias) à des familles de notables portugais. Ces derniers vont les diviser pour en distribuer des portions à des "obligés" qui vont développer la production de sucre en plantation. ”


• Un cadastre défaillant

Enfin, la troisième cause des conflits liés à la terre est administrative. "Le cadastre est très mal établi au Brésil", explique le géographe Hervé Théry :

“Il n’y a pas de cadastre national solide, il est entre les mains de notaires privés qui tiennent les comptes mais ne sont pas forcément coordonnés.”

Ainsi, parfois une personne peut enregistrer "de bonne foi" une terre chez un notaire, alors que la parcelle a déjà été enregistrée ailleurs. Le chercheur spécialiste du Brésil ajoute :

“Il y a une zone grise qui alimente les conflits. C’est en train de disparaitre, mais une partie d’erreurs de bonne foi persistent. ”

Sans-terre et assentamentos

Pour protester contre les inégalités dans le domaine des terres agraires, le Mouvement des sans-terre a émergé au Brésil. S'inscrivant dans une longue histoire de luttes, il a été officiellement créé au milieu des années 1980 pour porter les revendications des paysans ne disposant pas de terre à cultiver.

De son côté, le gouvernement brésilien a commencé depuis une trentaine d'années à distribuer des zones cultivables, nommées assentamentos, pour y installer des familles sans-terre. Des zones qui peuvent proviennent de terres publiques ou de grandes propriétés, précédemment confisquées par les autorités. Mais cette solution, ne parvient pas à elle seule à endiguer les conflits et violences liées à la terre.

"Les demandes pour ces terres ne tarissent pas puisque la population continue à s'accroitre", précise le géologue Hervé Thery. De plus, d'autres tensions naissent de l'attribution des terres. Celles qui sont le plus données par le gouvernement se situent en Amazonie, dans des zones peu fertiles, alors que les paysans souhaiteraient plutôt s'installer dans le sud du pays. "Il y a une espèce de tension, qui alimente la violence", ajoute le chercheur.






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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Mar 18 Aoû - 20:35



Les paysans japonais, véritables pionniers des drones Yann Rousseau / Correspondant à Tokyo |  05/08


Le « Rmax » Yamaha emporter 28 kilos charge voler 45 minutes

Manquant de main d’oeuvre, les fermiers japonais ont recours à de gros drones Yamaha pour traiter leurs rizières et leurs champs de blé. Le groupe nippon vient juste d’obtenir l’autorisation exceptionnelle de faire voler ses engins aux Etats-Unis.

Citation :
Si Uber régale, cet été, les médias avec des opérations marketing de livraison de crèmes glacées par drone dans la marina de Singapour et si Amazon promet d’éventuelles distributions de colis par drone dans un futur « proche », un seul secteur économique a déjà intégré, depuis des années, les petits aéronefs télécommandés dans son équilibre économique : le monde agricole. « Le marché de l’usage commercial de drones va croître jusqu’à 1,7 milliard de dollars en 2025, porté par plusieurs applications spécialement dans l’agriculture », prédisent les analystes de Lux Research.

Particulièrement en pointe sur cette innovation, le Japon a commencé ses recherches sur le secteur dès 1983, lorsque le gouvernement nippon a demandé à Yamaha Motor de concevoir un appareil capable de pulvériser les champs sans pilote embarqué, et d’ainsi se substituer aux campagnes d’épandage de pesticide par avion ou hélicoptère que les populations vivant près des zones traitées avaient de plus en plus de mal à tolérer.

36 % des rizières japonaises pulvérisées par des drones Yamaha

Six ans plus tard, le « R-50 » était lancé. Le petit hélicoptère télécommandé, de 3,6 mètres de long, pouvait emporter 20 kilos de produit et traiter un champ de riz en quinze fois moins de temps qu’une équipe humaine.


Depuis, ses successeurs - le « Rmax », qui peut emporter 28 kilos de charge et voler plus de 45 minutes, et le plus récent « Fazer » - se sont imposés sur des centaines d’exploitations du pays produisant du riz, des pommes de terre ou encore du blé. « 2.700 drones Yamaha sont actuellement en service dans le pays et l’on estime que 36 % des rizières du Japon sont désormais pulvérisées par nos engins », explique Ryoko Ota, de Yamaha Motor.

« Sky Tech Academy »

Confrontées comme le reste du pays à un effondrement démographique précipité, les campagnes ont vu dans cette technologie une occasion inespérée de compenser le manque de main d’oeuvre et de limiter les travaux agricoles les plus pénibles pour les paysans, dont la moyenne d’âge est désormais de 66 ans dans l’Archipel.


Avant de pouvoir traiter leurs récoltes ou d’ensemencer avec leurs drones, qui tout équipés coûtent environ 13 millions de yens (95.000 euros), les fermiers doivent toutefois suivre les cours de la « Sky Tech Academy » de Yamaha qui proposent une formation théorique, du « vol » en simulateur puis deux semaines d’entraînement sur les appareils en compagnie d’un moniteur.

Relais de croissance à l’international

Misant sur cette technologie, les agronomes commencent, eux, à équiper différents types de drones de capteurs et de caméras pour améliorer les rendements agricoles des exploitations du pays. « Nous faisons voler chaque jour, au dessus d’un même point, un drone pour obtenir des images en couleurs ou en infrarouge des canopées afin d’ensuite adapter les quantités d’engrais ou d’eau nécessaires à chaque zone d’une même parcelle », explique Masayuki Hirafuji, du NARO, un institut de recherche agricole basé à Hokkaido.


Poussés par leur gouvernement, les acteurs nippons tentent maintenant d’imposer leurs solutions à l’international. Ayant déjà vendu ses aéronefs en Australie ou encore en Corée du Sud, Yamaha vient enfin d’obtenir, en mai dernier, de l’Administration fédérale de l’aviation (FAA), le droit d’exploiter ses drones agricoles aux Etats-Unis, où il espère une envolée rapide de ses ventes. Le groupe assure que le Fazer serait l’appareil idéal pour traiter les vignes américaines et françaises quelque peu valonnées.

@yannsan




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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Mar 18 Aoû - 20:41



Au Honduras, la famine guette les paysans frappés par la sécheresse 01/08/2015  | AFP


Un champ de maïs à Texiguat, au sud-est de Tegucigalpa le 26 juillet 2015

Honduras agriculture

Aux premières averses, Eleuterio Flores s'est dépêché d'ensemencer ses terres. Mais il a tout perdu car il n'a pas plu depuis. Ce modeste paysan de 74 ans est l'un des 400.000 Honduriens privés de tout moyen de subsistance en raison de la sécheresse en Amérique centrale.

Citation :
En raison du manque d'eau, toutes les cultures de subsistance ont dépéri à Texiguat, localité isolée perdue dans les montagnes à 100 kilomètres au sud de Tegucigalpa. Texiguat se trouve en plein "couloir sec", une zone du littoral Pacifique qui court du Guatemala jusqu'au Panama et touchée par une sécheresse sévère provoquée par le phénomène climatique El Niño.

La saison des pluies en Amérique centrale dure normalement de mai à novembre. Les paysans profitent des premières précipitations pour semer maïs, haricot et riz, aliments de base dans la région. Mais cette année, il n'a pas plu depuis des mois. Et 2014 avait déjà été une année très sèche.

Au Honduras, la sécheresse a déjà provoqué la perte de 15% de la production des 100.000 hectares plantés en maïs et 12% des 25.000 ha de haricots, selon le ministère de l'Agriculture et de l'élevage.


Au Guatemala, quelque 300.000 familles sont touchées par le manque d'eau, 100.000 au Salvador. Au Costa Rica, des centaines de têtes de bétail sont mortes dans le nord du pays et les exportations agricoles ont déjà chuté de 250 millions de dollars cette année.


Le maire de Texiguat, Lindolfo Campos, sur un champ de maïs asséché
au sud-est de Tegucigalpa, le 26 juillet 2015

Protégé du soleil par un chapeau noir aux rebords blancs, portant une chemise bleue élimée et des jeans sales, Eleuterio montre sa parcelle de cinq hectares désespérément stérile : "Il n'a pas plu du tout". "Il n'y a rien à manger, les récoltes sont perdues", poursuit cet homme fin au pommettes saillantes, marié et père de quatre enfants désormais adultes, qui dépend aujourd'hui des aides du gouvernement pour survivre.

- 'Calamité sans précédent' -

Des 12.000 habitants de la commune de Texiguat, unique plaine d'une zone montagneuse aride, 80% vivent en extrême pauvreté, selon le maire Lindolfo Campos. Un chiffre qui dépasse la moyenne déjà désastreuse de 76% des 8,6 millions de Honduriens touchés par la pauvreté, dont 54% vivent carrément dans la misère.

Dans le bâtiment colonial qui abrite la mairie, M. Campos se charge de distribuer la "bourse solidaire", un colis de sept kilos de nourriture fourni épisodiquement par le gouvernement à 83.200 familles touchées par la sécheresse dans 10 des 18 provinces du pays.


Une femme sur un pont à Texiguat, au sud-est de Tegucigalpa

"Nous sommes face à une calamité sans précédent",
déplore l'édile, tandis qu'il reçoit deux jeunes filles descendues d'un hameau voisin constitué de maisons en terre. "Nous sommes venues pour qu'on nous aide, nous n'avons rien à manger", se lamente Lesly Vasquez, 16 ans, accompagnée de sa soeur Ana, 15 ans.

M. Campos les guide jusqu'à une réserve derrière la mairie, où il leur remet un sac contenant farine de maïs, beurre, pâtes, café entre autres. "Entre 80 et 100 personnes viennent chaque jour, il faut répondre aux gens", explique-t-il résigné.

Le maire ne sait pas combien de temps va durer la sécheresse, mais il assure que le ministère de l'Agriculture aidera pour les semis quand la météo le permettra.

Réunis au sein de l'Institut interaméricain de coopération pour l'agriculture (IICA), des experts recommandent des mesures urgentes car El Niño pourrait constituer "l'événement le plus grave qui ait affecté la région au cours des deux dernières décennies".

Selon Roger Torres, représentant de la Commission permanente des urgences (Copeco), les autorités ont conçu un plan d'action pour garantir la sécurité alimentaire car selon certains météorologues, 2015 pourrait donner lieu à la pire sécheresse observée depuis 48 ans dans le "couloir sec".

Ce plan comprend la distribution de la "bourse solidaire" et de semences, une vigilance épidémiologique et sanitaire ainsi que des aides pour cultiver des potagers et un programme "travail contre nourriture" afin de construire des logements.

"On va voir comment on peut faire, si jamais il pleut... parce que nous vivons tous de la terre, ici", confie Eleuterio, pessimiste.

01/08/2015 09:21:26 - Texiguat (Honduras) (AFP) - Par Noe LEIVA - © 2015 AFP



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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Mar 18 Aoû - 20:49



Inde. Les suicides d’agriculteurs en forte hausse - Courrier international 20/07/2015


Des manifestants défilent avec une bougie le 23 avril 2015, à New Delhi,
après le suicide d’un paysan indien

Quelque 12 000 paysans se sont donné la mort dans le sous-continent en 2014. L’un des Etats les plus agricoles, le Maharashtra, a enregistré un chiffre record.

Citation :
Voilà une nouvelle dont se serait bien passé Narendra Modi, Premier ministre de l’Inde, alors que s’ouvre, le 21 juillet à Delhi, la session parlementaire dite “de la mousson” : les suicides sont repartis à la hausse l’an dernier chez les paysans indiens, ce qui va compliquer l’examen du projet de loi déjà très controversé de la réforme du droit des terres agricoles. Un texte qui vise à alléger les procédures d’expropriation pour accélérer les grands travaux, et sur lequel le gouvernement Modi court à l’échec, selon le site Scroll.in.

En 2014, indique le National Crime Records Bureau (NCRB), 5 650 agriculteurs ont mis fin à leur vie. Ce chiffre traduirait, apparemment, une réduction de moitié du nombre de suicides sur un an. Sauf que la méthode de calcul a changé et ne prend plus en compte que les propriétaires des exploitations. “Comment le NCRB est-il arrivé à ce chiffre ? Si les données ne sont pas truquées, il y a au moins eu une retouche cosmétique de la part du gouvernement”, observe The Times of India, qui estime en réalité le nombre de suicides à 12 360, en tenant compte de la population des ouvriers agricoles, soit presque 600 de plus qu’en 2013.

Au cours des trois années écoulées, ce sont ainsi plus de 3 000 paysans qui se sont donné la mort, calcule The Hindu, qui remarque que l’Etat du Maharashtra, dont Bombay [Mumbai] est la capitale, se trouve être “de loin à l’épicentre de la crise, avec plus de 10 000 suicides d’agriculteurs recensés entre 2012 et 2014”. Là-bas, le phénomène est en train de s’accentuer, d’après les données du ministère régional du Budget que révèle également le Times of India : au premier semestre 2015, le Maharashtra a enregistré 1 300 suicides de paysans, soit déjà les deux tiers de ce qu’il avait enregistré sur l’ensemble de l’année 2014.

Tous secteurs d’activité confondus, ajoute pour sa part The Indian Express, le Maharashtra détient le record de suicides dans l’absolu, avec 16 300 cas recensés dans cet Etat l’an dernier, sur un total de 131 000 dans toute l’Inde. Globalement, “au moins 15 suicides ont eu lieu toutes les heures dans le pays l’année dernière”, relève le quotidien DNA, qui précise que, s’agissant des villes, c’est Madras [Chennai] qui affiche le plus fort taux.


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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Mar 18 Aoû - 20:56



Monde rural & Société. Contribution aux 21èmes Controverses européennes de Marciac (juin 2015)

Entretien avec Aurélie Trouvé, ingénieur agronome, coprésidente du Conseil scientifique d’Attac France, autour de son ouvrage


2105

Propos recueillis par Jacques Rochefort, Mission Agrobiosciences

Souvenons-nous de la ferme du grand père : trois oies dans la cour, le chant du coq au petit matin et des vaches dans un coin de l’étable, sans oublier le chien qui aboie. le bonheur était bien dans le pré et la France était rurale. La terre ne mentait pas. Mais aujourd’hui : quel avenir pour l’agriculture ? Des fermes-usines rassemblant des milliers de vaches ou de poulets ? Une participation massive des banques et fonds de pension dans le financement de l’agriculture ? Une dérégulation des marchés et une augmentation des importations ? Aurélie Trouvé, ingénieur agronome, maître de conférences en économie et spécialiste des questions agricoles et alimentaires qui vient de publier Le business est dans le pré aux éditions Fayard, dresse le bilan des dérives de notre modèle agricole. Au cours d’un entretien pour le site de la Mission agrobiosciences elle a bien voulu nous préciser son analyse. Un entretien en guise de contribution aux 21èmes Controverses de Marciac, consacrées au thème de la coexistence.

Citation :
Quel est l’objet de ce livre ?

Ces dix dernières années, l’emprise des marchés et de la finance s’est renforcée dans le secteur agricole. Une mainmise portée non pas par une vague entité qui plane au-dessus de nos têtes. Mais une action portée par de grands détenteurs de capitaux. Cet « agrobusiness » fait des activités reliées à l’agriculture et l’alimentation des objets de profits financiers, au détriment de notre alimentation, de nos paysages et des ressources naturelles. Prendre conscience de cette brutalité faite au monde agricole est le premier pas pour construire des alternatives. C’est le projet de ce livre, qui tente de s’adresser à un public le plus large possible.

Depuis quand et de quelle manière l’agrobusiness a imposé sa mainmise sur l’alimentation ?

Cette main mise est très ancienne mais s’accentue au cours du temps. Elle a pu se déployer plus nettement depuis 30 ou 40 ans, avec la nouvelle domination de la pensée néolibérale dans le champ économique et politique. En a découlé une dérégulation des marchés agricoles et financiers, permettant une mise en concurrence des agricultures à l’échelle internationale, au détriment des normes sociales et environnementales, au détriment de l’agriculture paysanne et des petites et moyennes entreprises.

En particulier, les entreprises agroalimentaires se concentrent, les PME disparaissent au profit des plus grandes, jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que quelques-unes qui contrôlent l’essentiel du marché. C’est ainsi que Bigard a mis la main sur une bonne partie de la transformation de la viande en France et que dans le monde, quelques multinationales contrôlent l’essentiel des échanges internationaux : pour le sucre, Tate and Lyle, Cargill et Louis Dreyfuss, pour les céréales, ADM, Barry-Callebaut et à nouveau Cargill et Louis Dreyffus…Ces multinationales accaparent également peu à peu la production agricole et se lancent dans des exploitations géantes. A leurs côtés, quelques autres multinationales se sont appropriées le maillon suivant de la chaîne alimentaire, la distribution.

Les multinationales ont déjà mis la main sur l’essentiel de la transformation, de la distribution et du négoce. Il en est de même de la fourniture en pesticides et engrais et de la production agricole. Elles détiennent un pouvoir déterminant sur la qualité des aliments, leurs échanges, leurs prix, sur les façons de les produire et de les consommer. Elles accaparent toujours davantage une grande partie de la valeur créée, pour nourrir les profits des actionnaires. Elles contrôlent enfin un maillon essentiel de la chaîne alimentaire : les semences et avec elles, le contrôle du travail de sélection et d’amélioration des plantes.

Est-ce que cela signifie qu’il n’y a pas d’ « alternative » comme le proclamait Margaret Thatcher ?

Bien entendu si. Dans l’agriculture et l’alimentation, une multitude d’alternatives se dessinent. Retours aux circuits courts, au bio et aux terroirs, signes de qualité, luttes contre les expropriations des paysans et réappropriation collective des terres, contre la brevetabilité des semences et contre les OGM ou forums pour la souveraineté alimentaire : les luttes et pratiques locales se multiplient, au Sud comme au Nord, comme autant d’alternatives concrètes à l’agro-business et à la mainmise des marchés.

Mais ces alternatives locales, en France du moins, restent bien souvent marginales, alors que l’agrobusiness progresse. Pour qu’elles puissent servir à transformer l’ensemble de nos façons de produire, de consommer et d’échanger, il faut qu’elles s’accompagnent de politiques en leur faveur. Il faut que la Politique agricole commune, les Etats et les collectivités territoriales soutiennent avant tout l’emploi, la préservation de l’environnement et la relocalisation des activités agricoles.

Quels sont les risques que fait courir l’agrobusiness dans les campagnes ?

L’agrobusiness ponctionne toujours plus la richesse créée par les agriculteurs, afin de nourrir les profits financiers. Pour par exemple pouvoir vendre davantage de machines ou de produits phytosanitaires, et parce qu’il pressure les prix payés aux producteurs vers le bas, il favorise un modèle d’agriculture productiviste, ponctionnant toujours plus de ressources naturelles et fossiles - qu’il faudrait épargner – et détruisant l’emploi - qu’il faudrait développer -. Prenons l’exemple de la « ferme des 1000 vaches », en réalité 1750 bovins qui étaient prévus en Picardie, non loin de la Baie de Somme. L’actionnaire majoritaire est M. Ramery, un grand patron du BTP. Dans la « ferme des 1000 vaches », la production de 8 millions de litres fera vivre 18 salariés : la production de la ferme usine sera trois fois moins créatrice qu’en moyenne dans les exploitations laitières françaises. Les 3000 hectares auraient pu servir à installer plusieurs dizaines d’agriculteurs.

Outre les conséquences du zéro pâturage des vaches, il faudra parer à des risques d’épidémie plus importants, dans cet immense élevage confiné. En conséquence, les frais vétérinaires risquent d’être plus élevés, tout comme ceux liés à l’alimentation animale, aux machines, aux bâtiments… Ces façons de produire vont totalement à l’encontre de l’autonomie des élevages. Elles impliquent de forts coûts d’investissement et de fonctionnement par litre de lait produit. Pour rentabiliser l’affaire, elles nécessitent de produire le plus possible par vache et par travailleur, quels que soient les prix du lait – et ce d’autant plus que le méthaniseur qui l’accompagne sera rentable, grâce à un prix de rachat de l’électricité élevé -. Les litres de lait produits viendront engorger un peu plus les marchés et pressurer les prix vers le bas. Tout cela avec des centaines de milliers d’euros de la Politique agricole commune, versés en aides directes sur les milliers d’hectares agricoles concernés.

Comment aller vers un modèle qui corresponde aux attentes des citoyens ? Est-il uniformément possible ? Comment produire mieux et manger mieux ? Le bio coûte cher et tout le monde ne peut pas y accéder.

Manger bio ne revient pas forcément plus cher : bien souvent, les consommateurs de produits bio achètent davantage de produits de saison, un peu moins de viande, moins de produits transformés… Ce qui in fine revient moins cher. Mais ça demande de changer ses façons de cuisiner et de manger.

Quelles sont les alternatives aujourd’hui ?

Les systèmes de production devraient pouvoir reposer sur des exploitations familiales de petite et moyenne taille, plus facilement transmissibles et donc plus propices à l’installation de nouveaux paysans, moins exigeantes en capital mais davantage en travail. Ces exploitations, plus respectueuses des ressources naturelles, peuvent créer plus de richesses et moins s’endetter, parce qu’elles sont plus économes et plus autonomes. Les agriculteurs peuvent également s’organiser pour mieux maîtriser leurs façons de produire, la collecte et la transformation. Dans mon livre, je donne ainsi l’exemple de la filière Comté.

De nombreux acteurs se mobilisent pour de telles alternatives. Des syndicats comme la Confédération paysanne ou des organisations de producteurs en bio refusent l’agro-industrie. Des centres de conseil, de formation, d’expérimentation comme le réseau des CIVAM se montent pour diffuser d’autres façons de produire. L’agriculture devient également l’affaire des citoyens. Dans les négociations européennes sur la PAC, plusieurs réseaux d’organisations se sont constitués pour peser sur les décisions prises, à l’image d’ARC 2020 ou de la plate-forme européenne sur la souveraineté alimentaire. Bien d’autres initiatives émergent, en France et en Europe, pour fédérer les innombrables initiatives locales. En 2011 était lancé à Krems, en Autriche, un forum européen pour la souveraineté alimentaire. A Berlin, chaque année en janvier, des dizaines de milliers de personnes manifestent pour l’agriculture paysanne, en marge du salon de l’agriculture.

Que faut-il faire de la PAC ?

Aujourd’hui, les agriculteurs européens reçoivent des aides directes perçues par hectare avec un montant calculé selon les versements historiques. Montant qui dépend donc de la surface et qui reste identique quel que soit ce qu’on produit. Ces « aides découplées » ont été inventées par les partisans du libre jeu des marchés, pour ne pas qu’elles interfèrent avec les prix et avec les décisions des producteurs. Censées donc ne pas créer de « distorsion de marché », ces aides substantielles à l’hectare n’en sont pas moins des subventions en fonction du capital - la terre -, au lieu de soutenir l’emploi et les services environnementaux rendus par les agriculteurs. Les prix européens fluctuent quant à eux au gré des prix internationaux : en découle une instabilité accrue des marchés, des variations de prix du lait, de la viande ou des céréales sans commune mesure avec ce qu’il en coûte de les produire. Quand les prix sont au plus bas, les agriculteurs ne peuvent subsister sans la perfusion d’aides très importantes. A l’inverse, quand les prix sont hauts, ces aides constituent des rentes indues versées à certains producteurs, puisqu’elles viennent s’ajouter à leurs bénéfices déjà élevés.

Est-il juste que les agriculteurs aient à compter sur les aides publiques pour bénéficier de revenus décents ? Leur travail ne doit-il pas correspondre à des prix raisonnables, qui puissent couvrir à minima leurs coûts de production ? Dans ce cas, il faudrait en revenir à la PAC d’avant 1992, avec des prix européens déconnectés des prix internationaux et des stocks alimentaires. Mais pour ne pas replonger dans les surproductions de l’époque, il faudrait à nouveau réguler les volumes de production en restaurant par exemple les quotas laitiers, tout en tenant compte des limites du passé : des volumes maximum pourraient être alloués à chaque région en fonction d’un juste équilibre entre les potentialités agricoles et les besoins alimentaires de la population. L’objectif serait bien de tendre vers plus d’autonomie alimentaire et de diversification de l’agriculture de chaque région et de contrer la spécialisation et la concentration des activités dans les zones les plus productives. D’autres mesures permettraient d’éviter des surproductions chroniques et dans le même temps, de mieux protéger les ressources naturelles : réduction du nombre maximum d’animaux par hectare, renforcement de la directive nitrates, plafonds de rendements en vigne et en arboriculture…

Il semble cependant difficile à court terme d’envisager cette solution à moins d’un profond bouleversement. Une autre option consisterait à verser des aides en fonction des revenus des agriculteurs, donc en fonction des prix, tout en imposant des règles strictes pour contenir les volumes de production. Pour en faire de réels soutiens à l’emploi, il faudrait que ces aides soient distribuées par actif agricole et non par hectare. Leur montant devrait être plafonné par exploitation et par actif pour contrer la concentration des exploitations. Surtout, pour toucher ces aides, les contraintes appliquées aux pratiques agricoles devraient être renforcées à l’échelle européenne (et non à l’échelle des Etats-membres). Des aides plus importantes devraient être également versées dans les zones défavorisées, là où les coûts de production sont plus élevés, à l’agriculture biologique, aux systèmes agricoles autonomes, aux prairies, aux cultures oléo-protéagineuses afin d’atteindre une indépendance protéique, mais aussi aux filières sous signe de qualité, à la vente directe, aux circuits courts, aux coopératives locales… Elles existent aujourd’hui dans le cadre du « deuxième pilier » de la PAC mais ne sont pas assez incitatives. Enfin, l’approvisionnement par les circuits courts ou en produits biologiques dans toute la restauration collective (éducation nationale, hôpitaux…) pourrait être bien davantage favorisé : c’est le meilleur moyen aujourd’hui pour donner l’accès à tous à une alimentation saine et locale.

Les mouvements de citoyens et la pensée critique suffiront-ils à inverser la tendance ?

En France comme ailleurs, des alternatives locales et concrètes se dessinent un peu partout, autour du désir d’agriculture paysanne, de relocalisation et de circuits courts alimentaires. Des mobilisations (contre les « fermes-usines », contre le barrage de Sivens…) montrent que beaucoup de citoyens s’opposent fermement à l’agro-industrie. Mais une question subsiste : ces alternatives locales et concrètes, ces quelques victoires, sans doute déterminantes pour la suite, peuvent-elles déboucher sur un changement décisif des rapports de force, sur de nouvelles politiques qui inversent le cours des choses ? Comment faire en sorte que ça ne reste pas cantonné à une petite partie de la population, bien informée et qui baigne dans un milieu socioculturel qui favorise ces démarches ? Rendre cette « alter-consommation » accessible à chacun demande de « politiser » cette démarche, au sens noble du terme : y associer des revendications globales, converger avec d’autres initiatives pour changer le rapport de force face à l’agro-industrie. Car seule une transformation de la PAC, de la politique commerciale et de tout un ensemble de politiques pourra permettre à ces alternatives de passer d’une agriculture et une alimentation de niche à un modèle dominant.

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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Mar 18 Aoû - 21:07



Les campagnes se vident dans la Bolivie de Moralès Par Laurent Ribadeau Dumas GeopolisFTV 20/07/2015


Paysan bolivien d'origine indienne aymara, dans le village de Soncochi à 90 kilomètres
au nord de La Paz, la capitale, sur les rives du lac Titicaca

Où en est la paysannerie bolivienne une décennie après l’arrivée au pouvoir d’Evo Morales, l’ancien syndicaliste devenu président du pays ? Les réponses d’un coopérant européen qui se rend fréquemment en Bolivie. Notre interlocuteur a souhaité rester anonyme.


Citation :
Le président Evo Morales, d’ascendance amérindienne, a pris ses fonctions en janvier 2006. Sa politique a-t-elle permis d’améliorer le sort des paysans quechuas et aymaras ?

Leur sort a changé de manière significative. Notamment parce qu’en matière d’infrastructures, le gouvernement de Morales a fait ce qu’aucun autre gouvernement n’avait fait avant lui. Il a ouvert des routes dans tout le pays, goudronné de nombreux grands axes. Il a apporté l’eau potable et l’électricité dans les campagnes. Il a construit des écoles rurales, des terrains de sport, des hôpitaux et des dispensaires. Il a aussi aidé les paysans à rénover leurs maisons en leur fournissant des tuiles, du ciment…

La population d’origine amérindienne n’a donc qu’à se louer de son président…
Evidemment, la vie des paysans, qui représentent moins de 50% des quelque 10 millions de Boliviens, s’est améliorée. Mais paradoxalement, si l’on y regarde de plus près, leur situation est de plus en plus précaire. Notamment parce que la surface de leurs domaines (de 0,5 à 3 ha) s’est réduite en raison des partages successifs.


Le président bolivien, Evo Morales, serre la main à une femme quechua
lors de l'inauguration d'une centrale électrique à Yacuiba (extrême sud du pays)

Résultat : la plupart des jeunes, qui n’ont plus assez de terres à cultiver, s’en vont, ce qui alimente évidemment l’exode rural vers les villes, mais aussi la riche région amazonienne de Santa Cruz et l’Argentine.

On assiste donc à une désertification des campagnes…

Celles-ci se vident en effet à vitesse grand V. L’autre conséquence de cet exode rural, c’est le vieillissement de la population et la désorganisation des communautés dans ces régions.

Dans le même temps, le fossé se creuse entre les générations. Les jeunes ont ainsi tendance à vivre à l’heure des villes : ils ne portent plus les habits traditionnels, se mettent à écouter de la musique américaine à la place de la musique traditionnelle, à boire du Coca-Cola, s’alignant ainsi sur le modèle des classes dominantes métis. Une manière de renier leurs racines. On voit aussi des adolescents se livrer à des vols, phénomène rare dans le passé.

Cela ne s’arrête pas là. Ces jeunes refusent désormais les coutumes ancestrales auxquelles ils ne croient plus. Comme celle d’adresser un salut aux gens qu’on rencontre, élément très important pour les paysans. Et surtout de plus en plus, les jeunes refusent de cultiver la terre. Se perd ainsi le respect de la Terre-Mère, appelée Pachamama en quechua. Or, les rituels concernant Pachamama sont très importants aux yeux du monde rural. Par exemple, quand il sème, un agriculteur a l’habitude de mettre des feuilles de coca aux quatre coins du champ pour lui rendre hommage.

On constate par ailleurs une augmentation des comportements individualistes, importés des villes. Comme l’habitude de jeter n’importe où des ordures. Il y a plusieurs décennies, on ne rencontrait pas ces tas d’ordures que l’on voit aujourd’hui très fréquemment au bord des routes.


Une femme quechua marche à la périphérie de Potosi (sud de la Bolivie)

D’une manière générale, qu’en est-il de la situation de l’environnement ?

La pollution est en augmentation. Je viens d’évoquer la question des déchets. Il y a aussi les problèmes liés aux mines et aux eaux sales qui s’en écoulent, notamment dans le département de Potosi (sud). J’ai entendu parler de morts et de maladies en raison de cette pollution. Dans ce contexte, nombre de Boliviens, notamment dans les villes, ont tendance à se méfier des légumes et des fruits qu’ils achètent. Ils demandent d’où ces produits viennent. Avant, on ne voyait jamais ça !

Et Evo Morales dans tout ça ?

C’est compliqué ! Il a réalisé plein de choses au niveau infrastructures, comme je vous l’ai expliqué. Mais la redistribution des richesses est tout sauf simple. Le gouvernement a ainsi créé le Fondo indigena («fonds indigène»). Mais aujourd’hui, c’est une institution corrompue, qui est à l’origine d’un scandale évoquée par la presse bolivienne. L’affaire a desservi le pouvoir.

D’une manière générale, on continue à trouver chez les élus et dans l’administration des comportements que Morales lui-même qualifie de «néo-libéraux». En clair des comportements hérités de l’Histoire et de la colonisation espagnole : le mépris des Amérindiens, de leur culture et de leurs croyances ; la nécessité d’adopter le christianisme et le mode de vie occidental.

C’est terrible à dire, mais il faut voir que le capitalisme n’a jamais été aussi heureux que depuis l’avènement de ce président. Quand il donne de l’argent pour construire les infrastructures que j’évoquais tout à l’heure, les entreprises qui les construisent en profitent. Mais l’argent est également détourné…

Qu’en est-il du parti d’Evo Morales, le MAS (Mouvement vers le socialisme) ?
Ce parti est devenu une auberge espagnole. Les partis de droite se sont disloqués. Et l’on a vu quelques-uns de ses militants rejoindre le MAS.


Paysannes marchant dans un champ d'orge inondé par des crues à Masaya (60 km à l'ouest de la Paz)

Aujourd’hui, on assiste à des comportements inadmissibles. Pendant les élections, j’ai personnellement vu certains de ses membres distribuer aux paysans de l’alcool frelaté et très fort. Ces personnes reproduisent ainsi ce que faisaient les colons espagnols ! Quand ces derniers sont arrivés dans la région, on ne trouvait que de la chicha, qui ne fait que quelques degrés. Le problème, c’est que les paysans aiment ce qu’on leur donne… Personnellement, j’y vois là un processus d’autodestruction : à force d’intégrer depuis des siècles qu’ils valent moins que rien, ils finissent par se dire «Pourquoi vivre si je ne vaux rien du tout ?»

Vous n’êtes pas très optimiste...

Je dirais que la situation du pays n’est pas une mince affaire ! Evo Morales et le MAS veulent instaurer la société du sumak kawsay («mieux-vivre» en quechua), élément qui figure dans la nouvelle constitution bolivienne adoptée en 2009. Mais les forces du système dominant sont intactes malgré les efforts du gouvernement bolivien pour proposer un autre modèle de développement. C’est donc un enjeu considérable.


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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Mer 19 Aoû - 0:36

"GRAIN est une petite organisation internationale qui soutient la lutte des paysans et des mouvements sociaux pour renforcer le contrôle des communautés sur des systèmes alimentaires fondés sur la biodiversité."

Les lois semencières criminalisent les paysannes et les paysans : résistances et luttes La Via Campesina GRAIN 8 avril 2015

GRAIN a écrit:

Les semences paysannes sont attaquées de toutes parts. Sous la pression des grandes entreprises, les législations de nombreux pays posent des obstacles à ce que les paysans et les paysannes peuvent faire de leurs propres semences et des semences qu'ils achètent. La conservation et la réutilisation des semences, une pratique millénaire à la base de l'agriculture devient une activité criminelle. Que peut on faire ?

Table des matières (liens actifs dans l'original)

Introduction

1. Comment les législations semencières convertissent les semences paysannes en semences illégales

2. Les semences africaines: un trésor menacé

3. Amériques: la résistance massive contre les lois Monsanto

4. Asie: la lutte contre une nouvelle vague de semences industrielles

5. Europe: les paysans s’efforcent de sauver la diversité agricole

Conclusion

Glossaire

Liste des acronymes

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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Dim 23 Aoû - 17:08


une longue étude sur la paysannerie dans le monde

Affamés de terres : Les petits producteurs nourrissent le monde avec moins d'un quart de l’ensemble des terres agricoles GRAIN | 18 juin 2014 | Les rapports

Aujourd’hui, il est courant d’entendre dire que les petits producteurs produisent la majorité de l’alimentation mondiale. Mais combien d'entre nous se rendent compte qu'ils le font avec moins d'un quart de la superficie agricole mondiale, et que cette part, déjà maigre, se réduit comme peau de chagrin ? Si les petits producteurs continuent à perdre l’essence même de leur existence, le monde perdra sa capacité à se nourrir.

GRAIN a étudié les données en profondeur pour voir ce qui se passe réellement, et le message est limpide. Il est urgent de remettre les terres aux mains des petits producteurs et de placer la lutte pour la réforme agraire au cœur de la lutte pour de meilleurs systèmes alimentaires.


Citation :
Les gouvernements et les organismes internationaux vantent souvent le fait que les petits producteurs contrôlent la majeure partie des terres agricoles du monde. En inaugurant 2014 comme année internationale de l’agriculture familiale, José Graziano da Silva, directeur général de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l'agriculture (FAO), a chanté les louanges des fermes familiales, mais à aucun moment, il n'a mentionné la nécessité d'une réforme agraire. Il a au contraire affirmé que les petites fermes géraient déjà la plupart des terres agricoles du monde1 — un chiffre énorme de 70 %, selon son équipe.2 Un autre rapport publié par différentes agences de l'ONU en 2008 a conclu que les petites fermes occupent 60 % des terres arables dans le monde.3 D'autres études sont arrivées à des conclusions similaires.4

Mais si la plupart des terres agricoles dans le monde sont aux mains des petits producteurs, alors pourquoi leurs organisations sont-elles si nombreuses à réclamer la redistribution des terres et la réforme agraire ? Parce que l’accès à la terre des populations rurales est attaqué de toutes parts. Du Honduras au Kenya, de la Palestine aux Philippines, les gens sont évincés de leurs fermes et de leurs villages. Ceux qui résistent sont emprisonnés ou tués. Grèves agraires généralisée en Colombie, manifestations des chefs communautaires à Madagascar, marches dans tout le pays par des sans-terre en Inde, occupations en Andalousie, la liste des actions et des luttes est longue. Ce qu’il faut retenir de tout cela, c’est que la possession des terres est de plus en plus concentrée aux mains des riches et des puissants, et non pas que les petits producteurs prospèrent.


Meurtre d’un paysan à Bajo Aguán, au Honduras

En réalité, pour les populations rurales, les terres ne sont pas qu’un gagne-pain. Les terres et les territoires sont le fondement même de leur identité, leur paysage culturel et leur source de bien-être. Et pourtant, ces terres leur sont arrachées et elles se retrouvent détenues par un nombre de personnes de plus en plus réduit, le tout à un rythme alarmant.

Et puis, il y a l'envers du décor : l’alimentation. Tandis qu'on entend de plus en plus fréquemment que les petits producteurs produisent la majorité des aliments dans le monde, même s’ils sont en dehors des systèmes de marché, on nous répète aussi incessamment que le système alimentaire industriel, « plus efficace », est indispensable pour nourrir le monde. Dans le même temps, on nous dit que 80 % de ceux qui ont faim dans le monde vivent en zone rurale, beaucoup d'entre eux étant des agriculteurs ou des ouvriers agricoles sans terre.

Où est la logique dans tout cela ? Qu’est-ce qui est vrai et qu’est-ce qui ne l'est pas ? Que mettons-nous en œuvre pour combattre ces déséquilibres ? Pour apporter des éléments de réponse à certaines de ces questions, GRAIN a décidé d’y regarder de plus près et de se pencher sur les faits.5 Nous avons essayé de déterminer quelle superficie détiennent réellement les petits producteurs et combien de nourriture ils produisent. 6

[...]


Citation :
Les chiffres, et ce qu'ils nous disent

En étudiant les données, nous avons rencontré un grand nombre de difficultés. Les pays diffèrent dans leur définition des « petits producteurs ». Il n'y a pas de statistiques centralisées sur qui possède quoi, en termes fonciers. Il n'y a aucune base de données qui enregistre les quantités et la provenance des denrées alimentaires. Et différentes sources donnent des chiffres extrêmement variables quant à la quantité de terres agricoles disponibles dans chaque pays.

Pour recueillir et regrouper ces chiffres, nous avons utilisé, dans la mesure du possible, les statistiques officielles des bureaux nationaux de recensement agricole de chaque pays, que nous avons complétées par les sources FAOSTAT (base de données statistiques de la FAO), ainsi que par d’autres sources, de la FAO également, le cas échéant.

Pour avoir une idée de ce que représente statistiquement une « petite ferme », nous avons, en général, utilisé la définition fournie par chaque autorité nationale dans la mesure où les conditions des petites fermes peuvent varier considérablement d’un pays et d’une région à l’autre. Lorsque des définitions nationales n'étaient pas disponibles, nous avons utilisé les critères de la Banque mondiale.

Compte tenu de ces éléments, les données présentent des limites importantes et ceci est également vrai, par conséquent, pour la compilation et l’évaluation que nous en avons faites (Voir Annexe 1 pour une analyse plus approfondie des données). L’ensemble de données que nous avons produit est entièrement référencé et accessible en ligne ; il fait partie intégrante du présent rapport.7

Malgré les lacunes inhérentes à ces données, c’est avec assurance que nous pouvons tirer six conclusions principales :

1. La grande majorité des fermes dans le monde aujourd'hui sont petites et se réduisent encore
2. Les petites fermes sont actuellement contraintes d’occuper moins d'un quart des terres agricoles mondiales
3. Nous perdons rapidement des fermes et des agriculteurs dans de nombreux endroits du monde, tandis que les grandes exploitations s’agrandissent
4. Les petites fermes demeurent les principaux producteurs de denrées alimentaires dans le monde.
5. Les petites fermes sont en général plus productives que les grandes
6. La plupart des petits producteurs agricoles sont des femmes



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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Dim 23 Aoû - 18:01



Citation :
Industrial Agriculture and Small-scale Farming


Still today, agriculture is an important source of income and the world's largest business. One third of the economically active population obtains its livelihood from agriculture. In Asia and Africa, millions of small-scale and subsistence farmers, pastoralists, fishermen and indigenous peoples produce most of the food consumed worldwide, in most cases on very small plots of land. Over the past decades, agricultural policy and international institutions, as well as private and public agricultural research have often considered small-scale and subsistence farmers as backward “phase-out models” of a pre-industrial form of production. For more than 50 years, “grow or die” has been both the capitalist and socialist principle for progress, with just a few exceptions. The widely held belief was that only large economic units were capable of achieving increases in productivity on a competitive basis through modern and rationalised cultivation methods, mainly with chemical inputs and the use of machinery. A global increase in productivity was considered necessary to feed a rapidly growing world population. Original source

The agricultural treadmill


The IAASTD describes this development model of industrialised nations as the “agricultural treadmill”.  Original source It is based on technological boosts achieved through mechanisation, plant breeding for high-yielding varieties, the use of agrochemicals and genetic engineering, etc. With increasing external inputs, the unit costs of production are declining and the productivity per worker is increasing. Production is growing and producer prices are falling. The only businesses that can survive on the market are those which remain one step ahead of their competitors by investing in rationalisation and expansion, or those with locational advantages. If others catch up with them, another round begins. An end to this treadmill is not envisaged: The more global the market, the higher the speed and the more incalculable the game becomes for each participant.


The IAASTD calls into question the idea that this universal principle of technological progress in a free-market economy is the ideal concept for sustainable food production and the organisation of agriculture. Firstly, fertile soils - the most important basis of agriculture and a resource that can rarely be multiplied - are seldom distributed fairly. Almost nowhere in the world does access to land follow classical market rules of supply and demand. The distribution of soils is shaped by the historical legacy of feudalism, colonialism and patriarchal inheritance rights and has always been the result of very particular machinations and struggles for power, which are rarely transparent, fair and non-violent. >>more


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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Dim 23 Aoû - 18:08

Women in Agriculture

Citation :
Although the IAASTD firmly warns us against hoping for any kind of ‘silver bullet’ solutions, it leaves no doubt that respecting the basic rights of women, especially in rural areas in Asia and Africa, is by far the most effective means of fighting hunger and poverty in a sustainable way. This ranges from the fundamental right to bodily integrity, to the freedom to choose whether to marry and if/when to have children. Whether women can exercise their right to learn to read and write, to own land, to have access to water, livestock and machinery; or whether they are allowed to open a personal bank account or take a loan can be a decisive factor in women’s chances of being able to provide for themselves and their families. If women have the opportunity to self-organise and take part in decision-making, often the whole community will benefit.


Gender equality – the best solution for hunger

Compared to men, women and girls are still more severely affected by poverty, hunger and disease. When food is scarce, female family members often get the smallest portions. On the labour market, women are literally paid starvation wages. Mothers also suffer most from lack of medical care and balanced diets. The responsibility for the survival of their children commonly demands additional sacrifices from them. Original source In Africa and large parts of Asia, women in rural areas bear the main responsibility for taking care of children and elderly. They also constitute the majority of the agricultural labour force in small-scale and subsistence farming. Since official statistics do not capture unpaid work, be it in the garden, in the field or in the household, they insufficiently represent women’s actual share in agricultural work. Women in Africa and Asia who live in rural areas are often doubly affected by discrimination.


The feminisation of agriculture

The number of female-headed households is increasing as a result of civil wars, AIDS and the migration of men to cities in search of paid work. The IAASTD describes this as ‘the feminisation of agriculture’ that is having profound and far-reaching effects, both positive and negative. Original source Offering qualification opportunities, extension services and agricultural training to women therefore needs to be a priority of future development policies. Initially, the number of women in agricultural extension and research needs to be increased. >>more





Dernière édition par Admin le Lun 2 Mai - 16:07, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Lun 24 Aoû - 2:42


Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture

Chiffres-clés de l’Agriculture


Avec près de 40% de la population active mondiale, l’agriculture est le premier pourvoyeur d’emplois de la planète  

Citation :
L’agriculture emploie plus de 1,3 milliard de personnes dans le monde, soit près de 40% de la population active mondiale1.

Dans une cinquantaine de pays, l’agriculture emploie la moitié de la population, voire jusqu’à 75% pour les plus pauvres2.


L’agriculture, 1er secteur d’activité dans de nombreuses régions du monde

Si l’agriculture ne représente plus que 4,2% des emplois directs dans les pays développés, ce secteur emploie encore plus de 52% de la population active en Afrique et en Asie et 59% en Océanie.

Ces chiffres ne doivent pas faire oublier que la proportion d’agriculteurs a baissé au cours du 20ème siècle3 dans toutes les régions du monde : de 35% à 4,2% dans les pays développés entre 1950 et 2010, et de 81% à 48,2% dans les pays en développement 4.

Lorsqu’il n’est pas compensé par le développement de l’économie, notamment de l’industrie agro alimentaire, cet exode rural se traduit par un accroissement de la pauvreté.  

La dérégulation des politiques agricoles conduit à un exode rural toujours important et une progression de la pauvreté

Dans les pays en développement, cet exode a pris en partie sa source dans la progression de la pauvreté rurale. La baisse des prix agricoles conjuguée à une concurrence internationale non soutenable a contraint nombre d’agriculteurs à quitter la terre5.

Ce n’est pas par hasard si le gouvernement chinois garantit à ses paysans un prix d’achat des céréales d’environ 250 € la tonne6.

Dans les pays développés, des progrès technologiques et scientifiques ont permis des gains de productivité dans l’agriculture. L’émigration rurale qui s’en est suivie a été un atout pour le développement d’industries nouvelles. Cette dynamique l’est cependant de moins en moins, faute d’alternative à offrir aux emplois agricoles.

De nos jours, la dérégulation des marchés agricoles (qui rend aléatoire la garantie de prix rémunérateurs…), tend à accélérer cette émigration alors même que la crise économique ne permet pas d’accueillir le flux migratoire qui en résulte.

1 FAOStat, en 2011, avec une population active estimée à 3,3 milliards de personnes dans le monde.
2 Fonds International pour le Développement Agricole (FIDA), 2011.
3 60% de la population active mondiale en 1950
4 FIDA et Organisation Internationale du Travail (OIT)
5 Marcel Mazoyer, Développement agricole inégal et sous-alimentation paysanne.
6 Pierre Pagesse, Quels enseignements retenir de la politique de sécurité alimentaire de la Chine ?, http://www.momagri.org/FR/tribunes/Quels-enseignements-retenir-de-la-politique-de-securite-alimentaire-de-la-Chine-_867.html


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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Lun 24 Aoû - 3:01



Chiffres-clés de l’Agriculture

Plus d’un individu sur deux souffrant de la faim dans le monde est un agriculteur


925 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde1. 98% vivent dans les pays en développement et 55% sont des agriculteurs 2.

Citation :
Ce sont donc paradoxalement ceux qui cultivent la terre qui ne peuvent plus se nourrir!

Pourquoi ? Parce que dans de nombreux pays, l’activité agricole n’est pas rémunératrice. Conséquence, de plus en plus d’agriculteurs sont obligés de quitter la terre.

Il y a donc un problème de niveau de revenu agricole, et ce dans tous les pays du monde.

Un phénomène de paupérisation des agriculteurs

Pour momagri, trois raisons principales expliquent ce phénomène :

- La volatilité des cours agricoles s’est accrue depuis le début des années 2000. Ces fluctuations des prix déstabilisent les marchés agricoles : « quand les prix sont bas, ce sont des centaines de millions de [..] producteurs [..] qui se privent de nourriture et quand les prix sont hauts, ce sont des centaines de millions de consommateurs [..] qui se privent à leur tour 3»

- La baisse des cours sur les marchés internationaux des principaux produits agricoles accentuée par la pratique de prix de dumping a appauvri un nombre croissant d’agriculteurs : les prix de vente des produits agricoles sont bien souvent inférieurs aux coûts de production 4.

- Le démantèlement des politiques agricoles et la libéralisation non régulée du commerce international à partir des années 1990 ont exposé les paysans à une volatilité excessive des marchés agricoles internationaux et à une baisse de leurs chiffres d’affaires.

Et le modèle momagri l’a démontré dès 2008 !

Une baisse des revenus des agriculteurs

L’hypothèse d’une libéralisation non régulée du commerce agricole international aurait pour conséquence une baisse du chiffre d’affaires des agriculteurs : Seuls les exploitants agricoles des pays émergents exportateurs comme le Cône sud de l’Amérique y gagneraient !


Source : modèle momagri, 2009

Il est désormais clair que les orientations de l’OMC conduiraient à aggraver la pauvreté du monde rural dans les pays les plus pauvres, mais aussi dans de nombreux pays industrialisés.

C’est pourquoi des politiques agricoles visant à réguler les marchés, investir dans l’agriculture et à renforcer la compétitivité des agriculteurs sont la condition sine qua none pour sortir les agriculteurs de la pauvreté et, ainsi, encourager la production.

Une gouvernance agricole et alimentaire mondiale constitue le préalable à la mobilisation de toutes les agricultures de la planète pour nourrir la population mondiale.

Et ce d’autant que les prévisions de croissance de la population mondiale se sont encore accélérées : la planète devrait compter 8,3 milliards d’individus dès 2030.

La production agricole sera donc plus que jamais stratégique pour tous les Etats du monde qui devront trouver des solutions pour que les agriculteurs puissent vivre de leur activité (pas de production sans revenu !).

Momagri plaide pour la création d’un Conseil de Sécurité Agricole mondial sur le modèle du Conseil de Sécurité de l’ONU, pour anticiper et faire face aux crises alimentaires grâce à une coopération internationale renforcée.


1 FAO, 2010
2 Source: statistiques 2010, Food and Agriculture Organization (www.fao.org) et Programme alimentaire mondial (www.wfp.org/)
3 Cf Marcel Mazoyer et Laurence Roudart, La Fracture alimentaire mondiale.
4 Cf Marcel Mazoyer, Développement agricole inégal et sous-alimentation paysanne


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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Lun 24 Aoû - 15:50



Agro-industrie : l'Afrique vers l'autosuffisance ? Marion Douet 30 juillet 2015

extrait du dossier
Autosuffisance : l’Afrique cherche sa voie lactée

Sur un continent pourtant riche en bétail, la filière laitière peine à se développer face aux produits importés. Mais peu à peu, acteurs locaux et leaders mondiaux font bouger les choses.


dans ce dossier
Citation :
L'agrobusiness africain en chiffres
Le Maroc dope sa filière laitière
Karim Ammar : "Au sud du Sahara, Poulina cherche des partenaires solides et transparents"
Embouteillage : en Afrique, HTG boit la croissance au goulot
En Tunisie, le marketing bien huilé de CHO
Voir le sommaire complet



Eleveur de bétail sur les bords du lac Muhazi, au Rwanda

Marion Douet a écrit:
Bagoré Bathily le répète depuis dix ans : « 90 % du lait consommé au Sénégal est importé sous forme de poudre, alors que 30 % de la population vit traditionnellement de l’élevage et peut produire du lait. » C’est en partant de ce constat qu’il a ouvert, en 2007, la Laiterie du berger. À son lancement, l’entreprise n’utilise que du lait produit localement. Récolté auprès des éleveurs peuls de la région de Richard-Toll, une zone aride à la frontière mauritanienne, il est acheminé dans l’usine située non loin de là.

Sa marque de yaourts, Dolima, est très vite plébiscitée par les consommateurs et devient numéro deux dans les rayons dakarois. Résultat : huit ans après, la Laiterie du berger est victime de son succès et ne parvient plus à s’approvisionner localement pour assurer la totalité de la production. L’entreprise est désormais contrainte d’incorporer à ses préparations 30 % de lait en poudre importé. En 2014, cette proportion a même atteint un pic exceptionnel de 50 %, la hausse de la demande se cumulant avec une très faible pluviométrie qui a affecté la productivité des cheptels.

En dehors du Kenya et de quelques pays du nord et du sud du continent,
aucun pays ne produit suffisamment de lait
pour répondre à la hausse de la consommation


Les importations de lait en hausse


Cet exemple illustre la situation de la filière laitière africaine. En dehors du Kenya et de quelques pays du nord et du sud du continent (l’Afrique du Sud, et bientôt le Maroc et la Tunisie), aucun pays ne produit suffisamment de lait pour répondre à la hausse de la consommation, estimée à 4 % par an par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad, à Paris). Certains pays comme le Nigeria et le Ghana n’en produisent pas du tout.

Résultat : les importations sont en hausse, comme l’affirme un rapport publié en janvier par le Cirad concernant les pays de l’UEMOA, qui achètent chaque année pour 300 millions d’euros de lait en poudre. La dépendance varie d’un pays à l’autre. « Avec 3,7 millions d’habitants, la Mauritanie importe autant que l’Angola, qui en compte 25 millions », souligne Éric Fargeton, directeur des ventes du français Lactalis pour l’Afrique subsaharienne.

Si le lait en poudre est en général 10 % à 15 % moins cher que le lait frais, ces dernières années ont montré que cette tendance pouvait s’inverser. En 2008, 2013 et 2014, son cours a atteint des sommets, porté par la demande de la Chine et de l’Inde. En face, le prix du lait local est non seulement moins volatile, mais il s’inscrit dans une tradition d’élevage, particulièrement dans la bande sahélienne. Sans compter qu’il requiert beaucoup de main-d’œuvre et participe à l’approvisionnement local, auquel sont attachés beaucoup de pays qui voudraient équilibrer leur balance commerciale.


Des embûches à la production

Mais répondre aux besoins n’est pas simple. Les vaches africaines, dont les élevages sont d’abord destinés à la production de viande, ne délivrent pas assez de lait. « Une vache africaine produit entre deux et quatre litres par jour, contre 40 à 50 litres pour une vache française », compare Éric Fargeton, pour qui l’autosuffisance est un vœu pieux, « d’autant plus que les vaches françaises ne supportent pas la chaleur et qu’il faut les nourrir avec les bons produits ». Les fourrages de qualité manquent en effet, notamment en saison sèche.

La collecte représente une autre embûche. Matière fragile, le lait cru ne se conserve que deux heures avant de se dégrader. Or, en zone rurale, les routes manquent pour transporter rapidement les précieux litres, de même que l’électricité pour les conserver au frigo. Si bien que presque toutes les laiteries industrielles d’Afrique de l’Ouest, comme Satrec au Sénégal ou Eurolait en Côte d’Ivoire, utilisent du lait en poudre importé, note le Cirad, précisant que seules les 250 « minilaiteries » se contentent de lait frais. Mais ces petites structures produisent des volumes limités. Enfin, certains industriels se bornent au reconditionnement de poudre de lait importée, revendue en petits sachets. C’est le cas de Lactalis, actif dans ce domaine au Sénégal avec Meroueh et au Mali avec Mali-Lait.

L’autosuffisance de l’Afrique n’est pas inaccessible,
mais elle passera par un soutien des pouvoirs publics,
notamment via des incitations fiscales.


Les multinationales s’implantent progressivement

Mais les choses semblent évoluer. Plusieurs opérations récentes illustrent la volonté des multinationales de se renforcer sur le continent. En 2014, le néerlandais FrieslandCampina (déjà bien implanté avec des marques phares comme Friso et Three Crowns au Nigeria) a racheté la laiterie du singapourien Olam en Côte d’Ivoire ainsi que sa marque Peak, qui produit notamment du lait en poudre et du lait concentré. La même année, le français Danone, numéro un mondial des produits laitiers frais, a réalisé l’une de ses plus grosses opérations africaines en acquérant 40 % de Brookside Dairy, leader en Afrique de l’Est. Néanmoins, « il n’y a pas de ruée des grands groupes laitiers en Afrique, ils restent prudents », assure Julien Lefilleur, responsable de la division industrie et services de Proparco. Cette filiale de l’Agence française de développement (AFD) dévolue au secteur privé voit passer peu de dossiers. « Il est donc difficile de savoir quel type de modèle de production va émerger en Afrique », ajoute Julien Lefilleur.

Quelques initiatives donnent cependant un début de réponse. En Égypte, Danone a construit une grande ferme laitière de 2 500 vaches afin de sécuriser son approvisionnement. « Elle apporte 40 % de nos besoins dans ce pays où la filière est très déstructurée : il y a à la fois des problèmes de quantité et de qualité, surtout pendant la période du ramadan », commente Yasser Balawi, responsable chez Danone de l’approvisionnement en Afrique du Nord. Le groupe s’est parallèlement associé à l’ONG Care pour structurer la collecte auprès des éleveurs, qui assurent 15 % de ses besoins. Il existe peu de sites de ce type en Afrique en dehors du sud et de l’est du continent (les grandes structures impliquent une grande maîtrise des risques sanitaires), mais, selon nos informations, des projets sont en cours.


Trois patrons qui comptent

Des initiatives à développer

Des fermes laitières de taille plus modeste se sont en revanche développées ces dernières années. Parmi ces initiatives figure la ferme-laiterie Nouvelle Normandia (groupe Exat), installée dans la périphérie d’Abidjan. De son côté, la Laiterie du berger projette d’ouvrir d’ici à trois ans un site réunissant une trentaine de bêtes près de son usine. « Cette structure permettra également de former de futures générations d’éleveurs », note Bagoré Bathily, lui-même vétérinaire de formation. Selon lui, l’autosuffisance de l’Afrique n’est pas inaccessible, mais elle passera par un soutien des pouvoirs publics, notamment via des incitations fiscales. « Sur ce point-là, nous avons trente ans de retard sur le Kenya », déplore-t-il, soulignant que ce pays est parvenu à croiser des races et à augmenter les rendements.

Pour Julien Lefilleur, la prudence des grands leaders mondiaux vient aussi des difficultés de l’aval du secteur. Habitués à travailler dans un climat tempéré, les groupes européens sont rebutés par deux défis majeurs : la conservation (chaleur) et la distribution (logistique et place du secteur informel). Certaines entreprises démontrent néanmoins qu’il existe des parades. Le français Bel rencontre ainsi un certain succès avec sa Vache qui rit, un fromage qui se conserve sans réfrigération. De son côté, la société ouest-africaine Fan Milk s’appuie sur un réseau de 30 000 revendeurs à vélo pour distribuer ses yaourts glacés et ses jus (un modèle qui n’a pas échappé à Danone, qui en a acquis 49 % en 2013).

Un marché des produits lactés en évolution

« Ce sont des modèles réplicables et qui participeront à la démocratisation des produits laitiers en Afrique », prédit le responsable de Proparco. Si les yaourts et le lait frais restent moins consommés que le lait concentré ou le lait caillé, la grande distribution voit les lignes bouger. Ces trois dernières années, les ventes de lait liquide ont augmenté de 14 % à 21 % selon les pays, en partie parce que les ménages l’ont substitué au lait en poudre », explique Gilles Blin, directeur alimentaire de Mercure International of Monaco, qui détient la franchise des supermarchés Casino au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon et au Congo.

Pour développer le marché des produits lactés, certains misent aussi sur des savoir-faire plus traditionnels, à l’image de Tiviski, en Mauritanie, qui utilise du lait de chamelle. « Les industriels gagneraient à transformer cette consommation traditionnelle en consommation normée, conditionnée, vendue dans les boutiques, défend Bagoré Bathily. Le temps presse, il faut faire attention à ne pas reproduire ce qui s’est passé avec les céréales traditionnelles, qui ont perdu la bataille face au riz dans de nombreuses zones. » Les bergers ne diront pas autre chose.


En 2014, la Laiterie du berger, au Sénégal, a dû incorporer
à ses préparations 50 % de lait en poudre importé

La menace du lait végétal

Pour le secteur laitier africain, il y a pire ennemi que le lait en poudre importé. Ce concurrent s’appelle fat filled milk powder : littéralement, lait en poudre réengraissé. Dans ce produit, les matières grasses animales sont remplacées par des équivalents végétaux, principalement issus de l’huile de palme. L’avantage ? Il coûte au moins 30 % moins cher que son équivalent animal. De plus, son prix ne fluctue pas. Une aubaine pour certaines marques comme Vitalait en Tunisie ou Satrec au Sénégal.

Selon les sources interrogées par Jeune Afrique, le lait végétal représenterait aujourd’hui un tiers du marché de l’importation de lait en poudre. « La couleur est là, mais ce n’est plus vraiment du lait et le goût est différent, explique un expert basé à Paris. Ce n’est pas terrible car les gens ne savent pas trop ce qu’ils achètent. » Un autre souligne que l’absence de réglementation autour de ce produit ne permet pas d’informer correctement les consommateurs.

Marion Douet


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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Ven 4 Déc - 9:12



Face à la crise, les coopératives agricoles poursuivent les concentrations Marine Protais 04 décembre 2015,

Bilan mitigé pour les coopératives agricoles en 2015. Leur chiffre d'affaires se stabilise, mais elles subissent toujours les conséquences de la crise. Pour y faire face, les coopératives fusionnent entre elles ou acquièrent des entreprises externes



Marine Protais a écrit:
Les coopératives agricoles résistent. Mais l'accélération espérée en 2014 n'a pas eu lieu. La progression de leur chiffre d'affaires est plus faible que l'an passé, 0,3% contre 0,5%. Leur revenu s'élève à 85,1 milliards d'euros, a annoncé Coop de France qui présentait le 3 décembre son bilan économique annuel. Leur part de marché reste stable à 40 %.

Les coopératives françaises subissent la concurrence européenne. On note la disparition d'Axereal dans le top 20 des coopératives européennes, et la chute de Vivescia, Terrena, et Tereos dans ce même classement. Seul Agrial et Sodiaal ont tiré leur épingle du jeu, et ont gagné respectivement une et cinq places. InVivo conserve sa place de huitième.

81 opérations de concentration

Pour faire face à cette concurrence, la coopération agricole poursuit les mouvements de concentration. 81 opérations ont été enregistrées durant les onze premiers mois de l'année, la majorité sont des fusions entre coopératives, en particulier dans le secteur laitier. La branche lait d'Agrial a fusionné avec Eurial, Sodiaal et la Clhn ont initié un projet de rapprochement en octobre.

"Nous devons faire des alliances pour gagner en compétitivité, argumente Philippe Mangin, président de Coop de France et d'InVivo. Il ne faut pas que les coopératives françaises se fassent concurrence."

"Il est essentiel d'avoir des leaders forts", ajoute Pascal Viné, le délégué général de Coop de France.

En parallèle de ces fusions inter-coopératives, les opérations de croissance externe ont repris en 2015 après s'être ralenties l'an passé. Ainsi, Terrena est en négociation exclusive pour reprendre le volailler Doux, Invivo est devenu actionnaire majoritaire de la maison de négoce bordelaise Cordier Mestrezat Grands Crus etc. Des rapprochements se font aussi à l'international, à l'image de Tereos qui a acquis le distributeur anglais Napier Brown Sugar Limited.

Le tissu coopératif reste varié


"Il y a eu beaucoup de fusions, mais leur nombre reste faible par rapport aux autres pays européens. Notre tissu d'entreprises est toujours aussi varié. 90% des 2 700 coopératives sont des PME-TPE et la majorité d'entre elles ont leur siège en zone rurale",
nuance Philippe Mangin.

"Il est important d'avoir à la fois des leaders présents sur le marché européen, et des petites coopératives qui assurent le maillage territoriale. En partant à l’export, les premières libèrent des volumes sur le marché national, qui est accessible aux secondes."


Le 16 et 17 décembre, Coop de France tiendra son congrès annuel en présence d'Emmanuel Macron et de Stéphane Le Foll. L'organisation présentera ses objectifs pour 2020. Au programme : compétitivité et recherche de valeur ajoutée. Philippe Mangin officialisera son départ. Le président passe la main après 15 années de mandat. Michel Prugue, PDG de Maïssadour, devrait lui succéder.


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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Lun 7 Déc - 4:22



Dans le nord de la Thaïlande, on cultive le riz autrement 19/11/15

SE NOURRIR - Dans le nord de la Thaïlande, les paysans, marqués par le changement climatique, cultivent désormais le riz de façon plus respectueuse de l’écosystème


Un fermier au moment des semailles dans une rizière,
près de Surin dans le nord-est de la Thaïlande. TORRIONE Stefano/HEMIS.FR

Frédéric Mounier a écrit:
« Ici, les rizières sont épuisées. Saturées de pesticides et d’engrais, elles sont devenues peu productives. » Kun Sunnan travaille aujourd’hui dans une ferme biologique expérimentale proche de Chiang Mai, grande ville du nord de la Thaïlande.

Tentant de s’abriter de la pluie qui tombe dru, alors que nous sommes pourtant en pleine saison sèche, il constate : « Ici aussi, le climat change. En 2014, il a fait très, très sec. Certains paysans ont perdu leur récolte. »

Et il désigne autour de lui les petites parcelles de riz, de 0,6 hectare en moyenne.

« Au début, les voisins nous prenaient pour des dingues »

Au total, un paysan ne possède pas plus d’un hectare. Il peut en tirer trois tonnes de riz par an, de quoi nourrir une cinquantaine de personnes. Alors, depuis cinq ans, Kun Sunnan et son frère, Annan, ont décidé de réagir.

Appuyés par l’organisation Pur Projet, animée par Tristan Lecomte, ils sont revenus aux fondamentaux : replanter des arbres, soigner les rizières naturellement, articuler les techniques traditionnelles avec les recherches agronomiques les plus récentes.

« Au début, les voisins nous prenaient pour des dingues. Et puis ils ont vu les arbres repousser, l’eau redevenir propre », se souvient Kun Sunnan.

Revitaliser des sols fatigués

Trois méthodes ont été utilisées pour revitaliser ces sols fatigués et ces paysans désorientés par le changement climatique, endettés par les dépenses toujours croissantes d’engrais et de pesticides.

Tout d’abord, le riz est désormais cultivé sur les trois hectares de la ferme, selon deux méthodes peu coûteuses et non invasives, économes en eau, qui ont le mérite de la simplicité.

Le système de riziculture intensive (SRI) suppose de repiquer un seul brin de riz au lieu de trois, lui permettant ainsi de donner plus de racines dans moins d’eau. Sans l’adjonction de produits phytosanitaires, le SRI suppose un travail plus minutieux, mais il promet une récolte trois fois supérieure.

Renouer le lien entre agriculture et élevage


Deuxième technique, renouer le lien entre l’agriculture et l’élevage – ici le riz et les canards, ou « Rice ducking ». Kun Annan en avait entendu parler depuis longtemps, mais « sans jamais oser la mettre en pratique ».

Le principe est de faire croître le riz en même temps qu’une vingtaine de canards sur une petite parcelle de 0,15 ha. Les avantages sont multiples : les fientes des canards fertilisent le sol, leurs piétinements aèrent le sol, ils mangent les insectes et les crabes de la rizière. Et pondent des œufs. Du coup, sans intrants, le rendement reste prometteur. Tout juste faut-il clôturer la rizière.

Enfin, au-dessus de la rizière, Kun Annan et ses amis prennent à nouveau soin de la forêt longtemps surexploitée, qui recule et s’assèche elle aussi. Ils s’appuient, entre autres, sur un rituel ancien, l’« ordination » des arbres.

Autour d’un moine bouddhiste, les villageois choisissent des parcelles en difficulté et vont ceindre des dizaines d’arbres d’écharpes orange, leur conférant ainsi le statut hautement respectable de moines. Si on les coupe, on risque une malédiction.


Un millier d’arbres sont replantés à l’hectare

De façon plus concrète, les techniciens de Pur Projet géolocalisent par GPS et identifient chaque parcelle reboisée et chaque arbre. Un millier d’arbres sont ainsi replantés à l’hectare.

Pour cela, les paysannes parcourent la forêt pour ramasser les graines de teck, d’arbres fruitiers ou médicinaux, les font grandir en pépinière puis les replantent selon des techniques adaptées aux diverses parcelles.

Ces techniques simples ont fait des émules dans la région. Des paysans de treize villages du district voisin de Soebpoeng ont ainsi répondu positivement aux propositions de Kun Annan, qui explique : « Ma passion est de partager mes connaissances. »

Avec un revenu mensuel de 150 €, il n’en faut pas beaucoup pour sortir la tête de l’eau et de l’endettement. Ajan a ainsi adjoint à sa maison une mare à canards, passés en trois ans de cinq à deux cents individus.

Autour, un poulailler, une piscine à grenouilles (vivant sur des chutes en plastique ayant servi à fabriquer des tongs), une petite plantation de thé, sans oublier le potager. De quoi atteindre désormais 40 % d’autosuffisance alimentaire et mettre quelques baths (1) de côté.

Pur Projet a déjà pu planter 100 000 arbres dans le pays

Il faut dire que cet objectif est largement diffusé dans les mentalités thaïes par la monarchie, ici plus que respectée. Assurée du soutien public, Pur Projet a ainsi pu planter 100 000 arbres dans le pays, dans une cinquantaine de villages.

Poursuivant également ce type d’actions dans d’autres pays du monde, les petits paysans soutenus par l’organisation ont planté 10 millions d’arbres à travers le monde. Certes une goutte d’eau, par rapport aux 24 millions d’arbres qui disparaissent chaque jour sur la planète.

À l’origine de ces circuits vertueux, la capacité de Tristan Lecomte à ouvrir les entreprises internationales aux enjeux écologiques. Car, avec lui, Nespresso, Accor, Clarins, Caudalie, Louis Dreyfus et d’autres, souvent par l’intermédiaire de fondations, financent ces activités.

Soucieuses de préserver les hommes et les sols d’où elles extraient un grand nombre de matières premières agricoles indispensables à leurs activités, ces entreprises appuient Pur Projet dans ses activités d’agriculture biologique et d’agroforesterie.

Une autre façon pour Tristan Lecomte de mettre en pratique cette maxime de Gandhi, qui lui est chère : « Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde, en pensées, en paroles et en actions. »

Frédéric Mounier (envoyé spécial à Chiang Mai)


(1) Monnaie thaïlandaise.


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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Lun 7 Déc - 4:23



Afrique: une initiative pour restaurer 100 millions d'hectares de forêts d'ici 2030


Une initiative pour remettre en état d'ici 2030 l'équivalent de 100 millions d'hectares de forêts et de terres agricoles devenues improductives en Afrique a été lancée dimanche à Paris, en marge de la conférence climat (COP21), un objectif ambitieux


Citation :
"L'échelle de ces engagements pour restaurer des terres est sans précédent",
Citation :
a déclaré dans un communiqué Wanjira Mathai, présidente de l'organisation Green belt movement, investie dans des projets de reforestation sur le continent africain.

Le projet, soutenu par l'Union africaine, le ministère allemand de la Coopération et le World resources institute de Washington, est baptisé AFR100 pour "African forest landscape restoration initiative"("Initiative pour la restauration des paysages forestiers africains").

Les dix pays engagés dans ce programme sont l'Ethiopie, la République démocratique du Congo, le Kenya, le Niger, l'Ouganda, le Burundi, le Rwanda, le Liberia, Madagascar, le Malawi, et le Togo.

A ce jour, ces pays se sont engagés à remettre en état 30 millions d'hectares via des actions de reforestation.

"Nous savons que la remise en état des forêts et des terres marche pour l'Afrique, nous l'avons vu au Malawi, en Ethiopie et au Mali", a estimé Ibrahim Assane Mayaki, ancien Premier ministre du Niger.

La gestion des forêts et des terres agricoles est un puissant outil de lutte contre le dérèglement climatique car elles séquestrent du carbone. Les secteurs forestier et agricole représentent environ un quart des émissions mondiales de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement.

Selon le communiqué, 13 pays africains ont inclus la restauration et la protection des forêts comme moyens de réaliser leurs objectifs nationaux publiés en vue de la conférence de Paris.

Au delà du climat, la reforestation a d'autres bénéfices.

"La remise en état des paysages forestiers augmente la productivité agricole et permet aux paysans de diversifier leurs sources de revenus",
a souligné Vincent Biruta, le ministre des Ressources naturelles du Rwanda, dans le communiqué présentant l'initiative.

"Ce n'est pas seulement une stratégie environnementale, c'est une stratégie de développement social et économique", a-t-il ajouté.

Le programme AFR100 bénéficiera de financements de la Banque mondiale et de 496 millions d'euros (450 millions de dollars) d'investissements de la part du secteur privé


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MessageSujet: Re: AGRICULTURE, PAYSANS, capitalisme et luttes pour la TERRE   Mar 8 Déc - 19:24



L'agriculture urbaine en plein essor aux Etats-Unis : quels en sont réellement les bénéfices ?  Traduction publiée le 27 Août 2015 10:01 GMT    

[Liens en anglais sauf mention contraire]

Citation :
L'original de cet article de Elizabeth Royte a été publié sur Ensia.com, un magazine qui regroupe les solutions internationales environnementales en action, et est republié ici dans le cadre d'un accord de partage de contenu. Il a été produit en collaboration avec le Food & Environment Reporting Network, une organisation non-gouvernementale de journalisme d'investigation.Au milieu du printemps, les plates-bandes presque dénudées des Rising Pheasant Farms (“Fermes du faisan prometteur”) de Carolyn Leadley, dans le quartier Poletown de la ville américaine de Détroit, annoncent à peine l'abondance à venir. Passeront plusieurs mois avant que Carolyn Leadley puisse vendre la production [des 810 mètres carré] (un cinquième d'acre) de sa parcelle. Mais la jeune agricultrice affable est rarement restée inactive, même pendant les jours les plus neigeux de l'hiver. Deux fois par jour, elle a marché de sa maison jusqu'à sa petite serre située sur le côté de son jardin, où elle a agité sa lance d'arrosage sur environ 100 plateaux de pousses et verdurettes. Elle vend cette abondance miniature, toute l'année, au marché de l'est de la ville et aux restaurants ravis d'incorporer quelques feuilles vertes hyper-locales aux assiettes de leurs clients.

Leadley est un acteur-clé de la vibrante communauté communale et agricole de Détroit qui a produit en 2014 près de 180000 kg (400 000 livres) de produits — suffisamment pour nourrir 600 personnes — dans les plus de 1300 jardins communautaires, maraîchers, familiaux et scolaires. D'autres fermes de villes américaines post-industrielles sont aussi prolifiques : en 2008, les 226 jardins communautaires et squattés de Philadelphie ont fait poussé environ 900 tonnes (2 millions de livres) de légumes estivaux et herbes aromatiques, pour un valeur de 4,9 million de US dollars. A fond, la Added-Value Farm de Brooklin qui occupe 1,1 hectare, a fourni 18 000 kg de fruits et légumes dans la banlieue à faibles revenus de Red Hook. Et à Camden, dans le New Jersey – une ville extrêmement pauvre de 80,000 habitants avec seulement un supermarché multi-services – les jardiniers communautaires répartis sur 44 sites ont récolté presque 14,000 kg de légumes durant un été exceptionnellement humide et froid. Cela représente assez de nourriture pendant la période de croissance pour nourrir 508 personnes avec trois repas par jour.

En plus de faire pousser des légumes, les jardins urbains peuvent aider les familles à élever les enfants qui profitent de l'extérieur. Photo de Rising Pheasant Farms de Carolyn Leadley et sa famille par Marcin Szczepanski. Utilisée avec la permission du photographe.

Que les chercheurs se préoccupent de quantifier les quantités de nourriture produite par de toutes petites fermes citadines — que ce soit des jardins communautaires, tels que ceux de Camden et Philly, ou des opérations sans but lucratif, comme celle de Leadley – est un témoignage pour le mouvement de nourriture locale naissant et ses supporters affamés de chiffres. De jeunes agriculteurs sont de plus en plus nombreux à planter des jardins maraîchers dans les villes, et la production “locale” (un terme sans définition formelle) occupe maintenant des étales dans tous les Etats-Unis, de Walmart à Whole Foods, et est mis en avant dans plus de 150 pays dans le monde.

L'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture a annoncé [en français] que 800 millions de personnes dans le monde cultivent des légumes ou des fruits ou élèvent des animaux dans les villes, produisant ce que le Worldwatch Institute désigne comme un chiffre étonnant de 15 à 20 pourcents de la nourriture mondiale. Dans les pays en développement, les citadins cultivent pour leur subsistance, mais aux Etats-Unis, l'agriculture urbaine est plus souvent motivée par capitalisme ou idéologie. Le Ministère américain de l'Agriculture [USDA] ne mesurent pas les chiffres des agriculteurs des villes, mais sur la base de ses programmes qui financent éducation et infrastructure pour aider les projets d'agriculture urbaine, et des enquêtes concernant l'agriculture urbaine dans différentes villes, il affirme que l'agriculture urbaine est en plein essor. Jusqu'où — et dans quelle direction — cette tendance peut-elle aller ? Quelle proportion de la nourriture des villes les agriculteurs locaux peuvent-ils produire, à quel prix, et qui aura le privilège de la manger ? Et de tels projets peuvent-ils apporter une contribution significative pour la sécurité alimentaire dans un monde de plus en plus peuplé ?

Avantages urbains

Comme tous ceux qui cultivent dans une ville, Carolyn Leadley parle avec éloquence de la fraîcheur de ses produits. Les pousses de pois mange-tout qui ont voyagé 4.8 km (3 miles) pour agrémenter une salade sont dits plus savoureux et nutritifs, dit-elle, en comparaison à ceux qui ont voyagé un demi-continent ou plus. “Un des restaurants que je livre achetait des pousses provenant de Norvège”, explique Leadley. Les aliments plus frais durent également plus longtemps sur les étals et dans les réfrigérateurs, réduisant ainsi les déchets.


Gotham Greens basé à New-York produit plus de 300 tonnes par an d'herbes et légumes feuillus sur deux sites hydroponiques. Photo de TIA (Flickr/CC BY-NC-ND 2.0)

La nourriture cultivée et consommée dans les villes a d'autres avantages : durant les périodes d'abondance, elle coûte moins cher que dans les supermarchés dont les produits viennent de loin, et durant les périodes d'urgence — quand les réseaux de transport et de distribution sont interrompus — elle peut combler un vide végétal. A la suite d'importantes tempêtes telles que l'ouragan Sandy et les blizzards de l'hiver précédent, explique Viraj Puri, cofondateur du Gotham Greens basé dans la ville de New-York (qui produit plus de 300 tonnes [272 tonnes metriques] d'herbes et légumes feuillus par an sur deux opérations hydroponiques sur des toits et a une autre ferme en projet à Chicago), “nos produits était les seuls produits sur les étales de beaucoup de supermarchés de la ville.”

Malgré leur relative petite taille, les fermes urbaines cultivent des quantités étonnantes de nourriture, avec des rendements qui souvent surpassent ceux de leurs voisins ruraux. Ceci est possible pour plusieurs raisons. Premièrement, les fermes des villes ne subissent pas une forte pression des insectes, et n'ont pas affaire à un chevreuil ou des marmottes affamés. Deuxièmement, les agriculteurs urbains peuvent parcourir leurs parcelles en quelques minutes, au lieu de quelques heures, résolvant les problèmes dès leur apparition et récoltant leur production à son optimum. Ils peuvent aussi planter à une densité supérieure puisqu'ils cultivent manuellement, nourrissent leur sol plus fréquemment et gèrent de près les applications d'eau et de fertilisants.

Entreprises sociales, les jardins communautaires opèrent dans un univers financier alternatif : ils ne se maintiennent pas grâce aux ventes et ne nécessitent pas de payer des employés.

Même s'ils n'ont pas autant d'attention de la presse que les fermes à but lucratif et les opérations sur toits lourdement capitalisées, les jardins communautaires — qui sont entretenus collectivement par la population sur des parcelles individuelles ou partagées de terrains publics ou privés, et qui existent dans les villes américaines depuis bien plus d'un siècle — sont la forme la plus commune de l'agriculture urbaine du pays, produisant réunis bien plus de nourriture et nourrissant plus de monde que leur contreparties commerciales. Entreprises sociales, les jardins communautaires opèrent dans un univers financier alternatif : ils ne se maintiennent pas grâce aux ventes et ne nécessitent pas de payer des employés. A la place, ils s'appuient sur une jeune main d'oeuvre volontaire et bon marché, ils paient très peu ou rien de loyer, et ils sollicitent l'aide extérieure des programmes gouvernementaux et des fondations qui encouragent leurs missions sociales et environnementales. Celles-ci incluent la formation professionnelle, l'éducation à la santé et à la nutrition, et l'augmentation de la résilience de la communauté au changement climatique en absorbant les eaux des orages, contrebalançant l'effet d'ilôt thermique urbain et transformant les déchets alimentaires en compost.

Les fondateurs ne s'attendent pas nécessairement à ce que les jardins communautaires deviennent auto-suffisants. Ces fermes peuvent augmenter leurs flux de recettes en vendant à des marchés fermiers ou à des restaurants, ou ils peuvent également collecter de l'argent des restaurants ou d'autres générateurs de déchets alimentaires pour la récupération des résidus qu'ils transforment en compost, explique Ruth Goldman, un agent du programme du Fond Merck Family, qui finance des projets d'agriculture urbaine. “Mais les marges sur la culture maraîchère sont très faibles, et comme ces fermes font de l'éducation communautaire et forment des leaders adolescents, elles ne peuvent opérer dans l'illégalité.”

Il y a quelques années, Elizabeth Bee Ayer, qui jusqu'à récemment gérait un programme de formation pour les agriculteurs urbains, examina les betteraves qui poussaient à sa Youth Farm (“Ferme des Jeunes”), dans les jardins Lefferts dans le voisinage de Brooklyn. Elle compta les mouvements de mains nécessaires à la récolte des racines et les minutes passées à les laver et à les préparer pour la vente. “Des détails peuvent causer la réussite ou l'échec d'une ferme,” Ayer explique. “Nos betteraves coûtent 2.50 US Dollar pour une botte de quatre, et les gens du voisinage les adorent. Mais nous perdons 12 cents sur chaque betterave.” Dernièrement, Ayer a décidé de ne pas augmenter le prix : “Personne ne les auraient achetées,” dit-elle. A la place, elle a doublé le callaloo, une herbe des Caraïbes qui coûte moins cher à produire et est vendu assez cher pour couvrir les betteraves. “Les gens adore ça, ça pousse comme de la mauvaise herbe, ça demande peu de maintenance et très peu de main d'oeuvre.” Finalement, elle explique, “Nous sommes sans but lucratif et nous ne voulons pas faire de profit.”

Durable et résilient

Peu s'opposeront à Ayer pour sa promotion, mais de telles pratiques peuvent miner les fermes urbaines à but lucratif qui luttent déjà pour rivaliser avec les agriculteurs régionaux sur les marchés urbains bondés et avec les produits à bas prix envoyés de Californie ou du Mexique. Leadley, de Rising Pheasant Farms, s'est rendu compte depuis longtemps qu'elle ne survivrait pas en vendant seulement des légumes de son potager extérieur, c'est pourquoi elle a investi dans une serre couverte de plastique et un système de chauffage. Ses minuscules pousses, feuilles d'amarante et choux-raves poussent toute l'année; elles croissent rapidement — en été, Leadley peut faire une récolte après sept jours — et elles se vendent pour plus de un dollar l'once [28g].

Désignant de la tête la parcelle derrière elle, Leadleys explique, “Je cultive ses légumes parce qu'ils ont une belle apparence sur le stand de la ferme. Ils attirent plus de clients à notre table, et j'aime vraiment cultiver dehors.” Mais ce sont les verdurettes qui évitent à Leadley de rejoindre les rangs de la vaste majorité des agriculteurs américains qui ont un second emploi.

Mchezaji Axum, un agronome de l'Université du District de Columbia (DC), la première université du pays exclusivement située dans une zone urbaine, aide les agriculteurs urbains à augmenter leurs rendements, qu'ils vendent sur des marchés plus riches comme Leadley, ou sur des marchés pauvres comme Ayer. Il promeut l'utilisation de variétés de plantes adaptées aux conditions urbaines (maïs de petite taille qui produit quatre épis au lieu de deux, par exemple). Il recommande aussi des méthodes biointensives, comme de planter en forte densité, les cultures intercalaires, l'application de compost, la rotation des cultures et l'emploi de méthodes d'extension des saisons (cultiver des légumes tolérant au froid tels que le chou frisé, les épinard ou les carottes dans des tunnels-abris à armatures à arceaux, par exemple, ou planter au départ dans une structure anti-froid —  des boîtes avec des couvercles transparents qui laissent passer la lumière du soleil mais protègent les plantes du froid extrême et de la pluie).

“On apprend à améliorer la santé de son sol, et comment espacer les plantes pour qu'elles reçoivent plus de rayons du soleil”, explique Axum. Etudiant les résultats des jardins communaux de DC [District of Columbia], Axum a été surpris par la quantité si petite qu'ils cultivent réellement. “Les gens n'utilisent pas bien leur espace. Plus de 90 pourcents ne produisent pas de manière intensive. Certains souhaitent seulement cultiver et qu'on les laisse tranquilles.”

“Utiliser des méthodes biointensives peut ne pas faire partie de votre tradition culturelle”, dit Laura J. Lawson, professeur d'architecture paysagère à l'Université de l'état de Rutgers et auteur de “City Bountiful: A Century of Community Gardening in America” [Ville abondante : Un siècle de jardinage communautaire en Amérique]. “Cela dépend de qui vous a appris à jardiner.” Lawson rappelle l'histoire d'un visiteur bien intentionné au jardin de Philadelphia qui a suggéré aux cultivateurs que leur maïs était planté dans un endroit qui n'était pas idéal pour la photosynthèse. Les femmes expliquèrent à leur visiteur, “Nous le plantons toujours ici; ainsi, nous pouvons faire pipi derrière.”


Noah Link vérifie ses abeilles à Food Field, une ferme commerciale à Detroit.
Photo de Marcin Szczepanski. Utilisée avec la permission du photographe

Axum se préoccupe d'agrandir et de rassembler la nourriture hyper-locale pour répondre à la demande des gros acheteurs tels que les écoles de la ville, les hôpitaux ou les épiceries. Vendre aux institutions proches, disent les Conseils de politique alimentaire — établis par les associations et les gouvernements locaux pour renforcer et soutenir les systèmes alimentaires locaux — est la clé pour rendre les systèmes alimentaires urbains plus durables et résilients, sans parler de fournir un revenu aux cultivateurs locaux. Mais agrandir demande souvent plus de terres, et donc des coûts de main d'oeuvre supérieurs pour les cultiver, en plus des changements dans l'utilisation des terres locales et autres réglementations, expertise marketing et réseaux efficaces de distribution.

“De nombreuses institutions locales souhaitent acheter leur nourriture ici,” explique l'agriculteur de Détroit Noah Link, dont Food Field, une installation commerciale, inclut un jeune verger, de vastes zones de plates-bandes, deux serres-tunnels solidement enveloppées de [45 mètres] (150 pieds) de long (l'une d'elle abritant un long et étroit circuit rempli de poissons-chats), des poulets, des ruches et assez de panneaux solaires pour alimenter le tout. “Mais les agriculteurs locaux ne produisent pas encore assez. Il nous faudrait un agrégateur pour mettre tout ensemble et vendre en vrac.”

Link ne cultive pas de verdurettes — la sauce secrète pour tant d'installations commerciales — parce qu'il peut compter sur les volumes : son exploitation occupe un pâté de maison entier. Annie Novak, qui a co-fondé la première ferme sur toit sans but lucratif de la ville de New York en 2009, n'a pas le luxe de l'espace. Elle a réalisé très tôt qu'elle ne pourrait pas cultiver une variété suffisante de produits pour satisfaire les clients de l'agricuture soutenue par la communauté sur seulement [540 mètres carré] (5,800 pieds carré) de plate-bandes surélevées et peu profondes. “Je me suis donc associée avec une ferme capable de compléter et diversifier les boîtes,” explique-t-elle. Actuellement, Novak se focalise sur des produits de niche et à valeur ajoutée. “Je fabrique et vends une sauce épicée avec mes piments,” dit-elle. Elle cultive également des verdurettes pour les restaurants plus du miel, des herbes, des fleurs et “des cultures intéressantes telles que les carottes violettes, ou les tomates patrimoniales, qui nous donnent l'opportunité de transmettre aux gens la valeur de la nourriture, des espaces verts et de notre connection à la nature,” explique-t-elle.

Parfois une sélection stratégique des produits agricoles ne suffit pas. Brooklyn Grange, une ferme sans but lucratif située sur deux toits de la ville de New York, cultive plus de 23 000 kg  de tomates, choux frisés, laitues, carottes, radis et pois, entre autres, chaque année. Elle les vend à travers son CSA [Community Supported Agricuture], aux stands de la ferme et dans les restaurants locaux. Mais pour augmenter encore ses revenus, Brooklyn Grange propose également un programme de formation durant tout l'été pour les apiculteurs (au prix de 850 US Dollars), des cours et des séjours de yoga, et elle loue ses espaces de jardin d'Eden, qui ont des vues de millions de dollars sur les tours de Manhattan, pour des séances photos, des mariages, des dîners privés et autres évènements.

“Les fermes urbaines sont comme de petites fermes dans les zones rurales,” explique Carolyn Dimitri, économiste appliqué qui étudie les systèmes alimentaires et les réglementations alimentaires à l'Université de New York. “Elles ont le même ensemble de problème : les gens ne veulent pas payer trop pour leur nourriture et la main d'oeuvre est chère. Elles doivent donc vendre des produits à haute valeur ajoutée et proposer de l'agro-tourisme.”

Sous contrôle

Un jour triste de mars, avec une fine couche de glace luisante au-dessus de [30 cm] (un pied) de neige souillée, un groupe d'agriculteurs urbains de Chicago travaille en manches courtes et salopettes, les ongles apparemment propres. Dans leurs jardins, pas de déchets de métal ou de bois dans les coins, pas d'égratignure de poulet dans le sol des serres-tunnels. En fait ces agriculteurs n'utilisent pas de terre du tout. Ils ont densément planté des pousses de feuilles de basilic et de roquette dans un milieu de culture à l'intérieur de bacs à barre-codes. Ces bacs sont posés sur des étagères empilées sur [3.7 mètres] de haut (12 pieds) illuminées, comme des cabines de bronzage, par des lumières violettes et blanches. Bourdonnement de ventilateur, gargouillis d'eau, lueur d'écran d'ordinateur.

FarmedHere, le plus important acteur de l'agriculture en milieu contrôlé des Etas-Unis produit environ 500 000 kg par an de pousses de jeunes salades, basilic et menthe dans son entrepôt de 8 000 mètres carrés dans la banlieue industrielle de Chicago. Comme beaucoup d'opérations hydroponiques ou aquaponiques (dans lesquelles, l'eau de bassins à poissons nourrit les plantes qui filtrent l'eau, avant qu'elle ne retournent aux poissons), la ferme donne une impression futuriste — tout en lumières éclatantes et acier inoxydable. Les employés portent des filets à cheveux et des gants de nitrile. Mais, à l'abri des interférences de la météo, des insectes ou même de trop de personnes, la ferme a rempli rapidement et de manière fiable des contrats sur toute l'année avec des supermarchés locaux, y compris 50 [magasins de la chaîne de supermarché] Whole Foods Markets.

“Nous ne pouvons répondre à la demande” explique Nick Greens, un DJ devenu responsable de production.

A la différence des fermes en extérieur, l'agriculture en milieu contrôlé n'a pas besoin de pesticides et ne rejète pas de nitrogène dans les eaux usées. Son système d'irrigation en circuit fermé consomme 10 fois moins d'eau que des systèmes conventionnels. En plus, avec 25 récoltes à haute-densité par an, contre environ 5 pour les exploitations conventionnelles, l'agriculture en milieu contrôlé obtient un rendement 10 à 20 fois supérieur que pour la même culture produite en extérieur — épargnant en théorie forêts et zones humides de la transformation en zones agricoles.

L'agriculture hors-sol est-elle le futur de l'agriculture urbaine ? Certes, elle produit beaucoup de nourriture dans un petit espace. Mais à moins d'économies d'échelle, ces exploitations — dont la construction et la maintenance nécessite des capitaux importants — doivent se concentrer exclusivement sur les cultures à forte valeur telles que les verdurettes, les tomates d'hiver et les herbes aromatiques.

La réduction de la distance des zones de productions alimentaires réduit les coûts relatifs au transit, de même que les émissions carbonées associées au transport, aux emballages et à la réfrigération. Cependant, la croissance en intérieur sous des lampes, avec chauffage et réfrigération alimentés par des énergies fossiles, peut annuler ces bénéfices. Louis Albright, professeur émérite d'ingénieurie biologique et environnementale de l'Université de Cornell, a étudié les chiffres et conclut qu'un système agricole fermé coûte cher, consomme beaucoup d'énergie et, sous certaines latitudes, ne peut être maintenu en s'appuyant sur l'énergie solaire ou éolienne. La culture de [500g] (1 livre) de laitue hydroponique à Ithaca, New York, génère, d'après Albright, 4kg (8 livres) de dioxide de carbone à travers la centrale électrique locale.[500g] (1 livre) de tomates génèrerait le double. Cultiver cette laitue sans lumières artificielles dans une serre réduit les émissions des deux tiers.

Sécurité alimentaire

Dans pays les plus pauvres du monde, les citadins ont toujours cultivé pour leur subsistance. Mais aujourd'hui, ils sont plus nombreux que jamais. En Afrique sub-saharienne, par exemple, il est estimé que 40 pourcent de la population urbaine est impliquée dans l'agriculture. Anciens et nouveaux résidents repiquent comme à la ferme parce qu'ils ont faim, ils savent comment cultiver de la nourriture, la valeur des terrains des zones de banlieues est faible et les intrants tels que les déchets organique – fertilisant – sont bon marché. Un autre facteur est le prix de la nourriture : la population des pays en développement paie une part bien plus importante de leur revenu total pour la nourriture que les Américains, et le manque d'infrastructure de transport et de réfrigération rend les denrées périssables, tels que les fruits et légumes, d'autant plus précieuses. En se focalisant sur ces cultures à haute valeur, les agriculteurs urbains se nourrissent eux-mêmes et en même temps perçoivent des revenus supplémentaires.


L'agriculture urbaine est commune au Ghana et dans les autres pays subsahariens.
Photo de Nana Kofi Acquah/IMWI. Utilisée avec permission

Aux Etats-Unis, l'agriculture urbaine aura probablement son impact le plus marquant en terme de sécurité alimentaire dans les zones qui, d'une certaine manière, ressemblent au “Grand Sud” — c'est-à-dire, dans les villes ou banlieues où les terrains sont peu chers, le revenu moyen bas et le besoin de nourriture fraîche important. Détroit, selon ce mode de mesure, est un sol particulièrement fertile. Michael Hamm, professeur d'agriculture durable à l'Université de l'Etat du Michigan, a calculé que la ville, qui possède juste un peu moins de 700,000 habitants et plus de 100,000 terrains vacants (la plupart d'entre eux pouvant être acheté pour moins du prix d'un réfrigérateur, grâce à la faillite récente de la ville), pourrait cultiver les trois quarts de sa consommation actuelle de légumes et près de la moitié de sa consommation de fruits sur les parcelles disponibles en utilisant des méthodes biointensives.

Personne ne s'attend à ce que les fermes urbaines aux Etat-Unis ne remplacent les exploitations maraîchères péri-urbaines ou rurales : les villes n'ont pas la surface ou les cultivateurs formés, et la plupart ne peuvent pas du tout produire de la nourriture tout au long de l'année. Cependant, les fermes urbaines pourraient-elles prendre une bouchée des chaînes d'approvisionnement longue-distance ? Dimitri de l'Université de New York ne le pense pas. En tenant compte de la taille et de la nature globale de l'approvisionnement alimentaire du pays, elle pense que l'agriculture urbaine dans les villes américaines “est tout à fait insuffisante. Et elle est complètement inefficace économiquement. Les agriculteurs urbains ne peuvent appliquer les tarifs qu'ils devraient, et ils sont trop petits pour profiter des économies d'échelle et utiliser leurs ressources de manière plus efficace.”

Cela ne signifie pas que les jardins communautaires, qui n'essaient même pas d'être rentables, n'apportent pas une importante contribution dans les communautés alentours. Les 14,000 kg de produit de Camden ne semble pas grand chose, mais c'est très important pour les chanceux qui réussissent à les récupérer. “Dans les communautés pauvres où les ménages gagnent très peu”, explique Domenic Vitiello, professeur associé en aménagement urbain et régional de l'Université de Pennsylvanie, “quelques milliers de dollars de fruits et légumes produits dans le jardin apportent beaucoup plus que pour des ménages aisés.”

L'histoire nous montre que les jardins communautaires – soutenus par des individus, des organisations gouvernementales et associatives – sont là pour durer. Et qu'il s'agisse finalement pour ces jardins de produire plus de nourriture ou plus de savoir sur l'alimentation – son origine, ce que suppose de la produire, comment la préparer et la manger – ils ont toujours une valeur énorme en tant que lieux de rencontre et salles de classe et aussi comme liens entre la population et la nature. Que cultiver des fruits et légumes dans des espaces urbains minuscules aie du sens ou non sur le plan économique ou de sécurité alimentaire, les gens qui souhaitent faire pousser de la nourriture en ville trouveront une manière de le faire. Comme le dit Laura Lawson, “les jardins urbains font partie du sentiment idéal de ce que doit être une communauté. Et de ce point de vue, leur valeur est inestimable.”


Elizabeth Royte travaille en freelance à Brooklyn. Elle est l'auteur de trois livres salués par les critiques; ses écrits sur la science et l'environnement ont été plubliés dans Harper's, National Geographic, Outside, The New York Times Magazine et d'autres publications américaines. Elle est présente sur Twitter à travers @ElizabethRoyte.




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