PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» des LUTTES dans la CRISE : GRÈVES, OCCUPATIONS, BLOCAGES, MANIFESTATIONS...
Aujourd'hui à 4:19 par Patlotch

» "CLASSES MOYENNES" : encadrement, prolétarisation, interclassisme, prolophobie... et théorie
Aujourd'hui à 0:45 par Tristan Vacances

» 0. un livre ? Une théorie est apparue... Diffusion, réception... débats ?
Aujourd'hui à 0:20 par Tristan Vacances

» EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde
Hier à 23:58 par Patlotch

» 8. poèmes et contes pour en causer
Hier à 22:46 par Patlotch

» 9. l'apparition plurielle d'une nouvelle théorie communiste ? questions parentes
Hier à 16:43 par Patlotch

» LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)
Hier à 14:36 par Patlotch

» 5. LA CONSTITUTION EN CLASSE POUR LE COMMUNISME : quel sujet révolutionnaire ?
Hier à 14:05 par Patlotch

» la DOMINATION MASCULINE dans le monde : un MACHISME STRUCTUREL
Hier à 13:47 par Patlotch

» ÉMEUTES, typologie formes/contenus : des réalités à l'idéologie
Mar 17 Oct - 20:26 par Patlotch

» la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...
Mar 17 Oct - 14:56 par Patlotch

» la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...
Mar 17 Oct - 13:24 par Patlotch

» MARXISME FÉMINISTE et DÉCOLONIAL avec Ana Cecilia Dinerstein : 'utopies concrètes', 'organiser l'espoir'... auto-subjectivation révolutionnaire
Mar 17 Oct - 11:29 par Patlotch

» JAZZ, BLUES, R'n'B, SOUL, RAP... pour "double paire d'oreilles"
Mar 17 Oct - 10:51 par Patlotch

» des ŒUVRES-SUJETS PERFORMATRICES en ARTS : des usages révolutionnaires ?
Lun 16 Oct - 14:18 par Patlotch

» FÉMINISME et MARXISME : SEXES, GENRE, CLASSES, et CAPITALISME, avec Cinzia Arruzza... Silvia Federici, Selma James, Sara Farris, etc.
Lun 16 Oct - 13:10 par Patlotch

» CLASSES SOCIALES et AUTRES RAPPORTS SOCIAUX, de sexes, races, nations, générations... Documents
Lun 16 Oct - 1:24 par Patlotch

» de LA MARCHANDISE EN SA FABRIQUE, avec ou sans FÉTICHISME, au TRAVAIL LIBÉRÉ par le COMMUNISME
Dim 15 Oct - 13:13 par Tristan Vacances

» EUROPE Centrale, du Nord et de l'Est : RUSSIE, Ukraine, Crimée, Suède...
Dim 15 Oct - 0:22 par Patlotch

» VA-SAVOIR : chronique à la com, la dialectique du quotidien en propotion magique
Sam 14 Oct - 19:56 par Patlotch


Partagez | 
 

 une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
AuteurMessage
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Mar 1 Déc - 12:12

États-Unis et puissances européennes préparent une escalade militaire en Irak et en Syrie Thomas Gaist WSWS 1 décembre 2015

Il est clair, un peu plus de deux semaines après les attentats terroristes de Paris, que les Etats-Unis et les classes dirigeantes européennes ont l'intention de s’en servir comme d’un prétexte pour une escalade massive de la guerre en Irak et en Syrie. Un consensus émerge rapidement pour de nouvelles opérations terrestres et aériennes contre des villes à travers la Syrie et l'Irak

Thomas Gaist a écrit:
Invités d’émissions-débats dimanche, des candidats aux présidentielles et des députés ont braillé en faveur d’une série de mesures militaires contre cette région déjà ravagée par la guerre.

A l'émission télévisée «Face the Nation» Jeb Bush a demandé une zone d'exclusion aérienne et des « zones de sécurité » au sol en Syrie. Les troupes terrestres américaines nouvellement déployées devaient « être intégrées à l'armée irakienne » et les Etats-Unis devaient chercher à « réengager les chefs tribaux sunnites qui étaient des partenaires efficaces au cours de la poussée militaire », a dit Bush. Dans le nord de l'Irak, les Etats-Unis devaient « armer directement les Kurdes ».

Au cours de la même émission, le sénateur Lindsey Graham a appelé les forces américaines à lancer de nouvelles opérations visant à renverser le président syrien Bachar al-Assad et à éradiquer l'influence iranienne dans la région. Graham a exigé que des opérations soient montées pour « chasser Assad et ne pas abandonner une capitale arabe de plus. »

Graham a plaidé pour l'envoi d'au moins 20.000 troupes terrestres américaines en Syrie et en Irak, dans le cadre d'une force arabe beaucoup plus grande et basée en Europe qui saisirait et occuperait des zones actuellement détenues par l'Etat islamique (EI).

La nouvelle invasion de l'Irak permettrait aux États-Unis de sécuriser le pays contre l'influence iranienne, a dit Graham: « L'Iran est partout en Irak. Ils ont rempli le vide créé quand nous sommes partis ».

Des voix venant de l'establishment militaire et du renseignement appellent pareillement à de nouvelles opérations de grande envergure et à des méthodes de terre brûlée.

Dans un long commentaire publié la semaine dernière, «EI: Présence sur le terrain?», le Financial Times (FT) citait de hauts responsables militaires et de la sécurité occidentaux qui appelaient à de nouvelles attaques agressives contre l'Irak et la Syrie.

L'article cite des experts qui recommandent de nouvelles opérations de siège contre des villes irakiennes dont Ramadi, Tikrit et Mossoul, et le bombardement intensif des infrastructures civiles et des zones civiles sur lesquelles s’appuient les forces de l'EI.

Le siège américain sanglant de Falloujah en 2004 est « un modèle qui devrait être appliqué » aux opérations au sol contre l’EI a dit au FT l'expert militaire britannique Afzal Achraf. Le journal fait remarquer que cette opération avait « nécessité des milliers de soldats et des mois de violence » et que « la ville des mosquées » était « devenue une ville des décombres ». Il poursuit néanmoins en citant abondamment Achraf qui préconise des offensives de style Falloujah dans tout l'Irak.

« Les ressources nécessaires pour le faire étaient phénoménales, » a dit au FT Achraf qui a été un haut responsable de la lutte contre le terrorisme à Bagdad.

« La campagne aérienne a des limites», a encore dit Ashraf. « Attaquer les villes une par une ne va pas être efficace pour se débarrasser de l'EI. Il faut frapper Ramadi, Tikrit, Mossoul, et la Syrie aussi, simultanément. C'est là une opération massive».

La guerre menée par les USA est entrée dans une « nouvelle phase » « de nouvelles cibles pour les États-Unis et leur alliés incluent l'infrastructure économique de l’Etat islamique et des positions militaires dans des zones civiles », fait remarquer le FT.

« Nous ne laissons par la puissance aérienne être efficace. Nous pourrions le faire en quelques semaines, pas en quelques années », a déclaré le général David Deptula de l'US Air Force au FT

Le général américain à la retraite s’est plaint de ce que Washington avait été trop délicat dans l’attaque de cibles près des zones et des infrastructures civiles, « ce qui donne un avantage à nos adversaires que je trouve difficile à comprendre ». Il a appelé la coalition menée par les USA à augmenter les bombardements à un niveau comparable à celui des 1200 frappes américaines par jour de la guerre du Golfe de 1990-1991.

Au moment où Washington pousse à une augmentation dévastatrice de ses bombardements, l’engagement croissant de la France, de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne montre clairement que la Syrie est en train de devenir l'arène principale d’une guerre par procuration entièrement mondialisée.

Depuis les attentats de Paris, l'armée française a massivement accéléré sa campagne aérienne contre le nord de la Syrie. Les bombardiers français vont maintenant recevoir l’assistance d’avions de reconnaissance Tornado allemands.

L'Allemagne envisage d'envoyer 1.200 soldats, avec des forces navales et aériennes, dans la zone de guerre, selon les plans décrits dimanche par le chef d'état-major allemand Volker Wieker. La semaine dernière, les autorités allemandes ont dit à Der Spiegel que la nouvelle force pourrait être rapidement mêlée à des opérations de combat.

La Grande-Bretagne semble également prête à de nouvelles interventions majeures; le parlement doit voter mercredi des mesures militaires générales pour la Syrie
. Quel que soit le résultat du vote des dizaines de commandos SAS britanniques allaient être déployés en Syrie dans les prochaines semaines a annoncé le bureau du premier ministre britannique David Cameron ce week-end.

La Russie pourrait être sur le point de déployer des forces de combat terrestres considérables à elle, selon les médias syriens et syro-libanais.

Les informations sur un déploiement terrestre russe arrivent au moment où les tensions entre Moscou et Ankara se sont aggravées comme jamais après que l’aviation turque a abattu un bombardier russe la semaine dernière. Les médias russes et syriens ont réagi en dénonçant la Turquie, indiquant le soutien d'Ankara aux groupes terroristes islamistes et le profit qu'il tire de la vente du pétrole contrôlé par l’EI.

« Le gouvernement turc a récemment renforcé son soutien aux terroristes et le niveau des fournitures d’armes et de munitions pour qu’ils poursuivent leurs actes criminels en échange de pétrole et d'antiquités bon marché volées à la Syrie et à l'Irak, profitant de la présence de terroristes à qui il a permis de contrôler des zones frontalières », écrit l’agence syrienne d’Etat SANA pendant le week-end.

En effet, l'Etat turc est profondément impliqué dans les réseaux de l’EI et d’autres groupes terroristes associés, issus des opérations secrètes lancées par le Etats-Unis, les pouvoirs européens, la Turquie et les émirats du Golfe Persique pour renverser Assad.

Déjà la semaine dernière, les forces américaines ont bombardé intensivement des centaines de camions de carburant de l’EI dans le nord de la Syrie, probablement en route vers des acheteurs turcs. L'initiative américaine, suggèrent les analystes, a été déclenchée par les bombardements turcs des milices kurdes soutenues par les Etats-Unis.

Tandis que les États-Unis et les puissances européennes se bousculent pour maximiser leurs parts respectives d'un nouveau partage de la Syrie, l’escalade de la guerre syrienne par procuration pousse les puissances régionales à prendre des risques agressifs, augmentant le risque d'un embrasement soudain.

Au cours du week-end, des avions israéliens ont fait une incursion soudaine en Syrie pour y frapper des cibles près de la frontière libanaise, ce qui semble avoir provoqué ultérieurement des incursions d’avions de guerre russes dans l'espace aérien israélien.

Tous ces événements mettent en évidence le danger croissant d’un embrasement généralisé et de l'éruption d'une guerre mondiale. Après des semaines d'efforts tant vantés pour concocter quelque accord ou coalition pour mettre « fin » à la guerre en Syrie, les développements récents sur le terrain montrent que les grandes puissances foncent tête baissée vers un conflit.

(Article paru en anglais le 30 novembre 2015)


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Jeu 3 Déc - 11:34



Syrie, réminiscences : la guerre civile en Espagne avant-goût de la Seconde Guerre Mondiale Norman Pollack 2/12/15

Le parallèle historique à propos de la Syrie est aujourd’hui la guerre civile espagnole de la fin des années 1930, une répétition générale pour la construction d’un conflit plus large, mais maintenant avec les acteurs clés disposés différemment et l’idéologie brouillée pour tenir compte de ces différences. Le nazisme n’est plus un facteur en tant que place attribuée à l’Amérique dans la mobilisation des forces naissantes du monde du fascisme pour faire face à une alternative de gauche combattant la contre-révolution et le capitalisme sauvage.

Citation :
Il n’y a pas de Brigade Abraham Lincoln pour combattre aux côtés des défenseurs républicains du gouvernement démocratique. Obama est Franco, le régime a modifié la nature de l’accent mis à façonner l’alignement de l’Ouest (USA-UE-Otan) pour détruire non pas la révolution ou le communisme en soi – tous deux pratiquement inexistants puisque la Russie évolue à travers des éléments mixtes et capitalistes significatifs, bien éloignés du socialisme dynamique. La Russie est néanmoins encore dans le collimateur, avec la Chine, bloquant l’hégémonie mondiale américaine unilatérale en tant qu’avant-garde d’un système militarisé, fer de lance du capitalisme, fondé sur l’élimination des mouvements et des gouvernements socio-économiques de gauche. La vision est totalitaire : tout ce qui interfère avec la domination pure et simple de l’Ouest, avec les États-Unis au centre, à l’égard de l’Asie, de l’Amérique latine, de l’Afrique, le tout commodément défini comme le reste du monde pour inclure tout ce qui se trouve en dehors des limites de l’Ouest, doit être tenu en échec, interdit de développement autonome, isolé et aseptisé pour assurer la subordination et la servilité.

Assad n’est pas Fidel ou le Che dans le monde postmoderne, mais la laïcité de la Syrie, en brisant le moule du Moyen-Orient, excite l’Amérique, comme la cape rouge du torero. Celle-ci trouve même ISIS plus facile à gérer – parce que faisant déjà partie du paysage géopolitique – qu’un modèle d’État laïc qui rejette la religion comme base de l’organisation sociale. La laïcité offre un potentiel pour la libération, et peut-être aussi pour la démocratisation, alors que la religion, sans parler de son expression extrémiste, comme dans ISIS, soutient un statu quo généralisé compatible avec différentes nuances de la répression, comme en Israël et en Arabie saoudite, qui, bien que nominalement différentes, sont vues du point de vue stratégique de l’Occident comme des expressions archétypales acceptables de la répression. La haine passionnée dirigée contre Assad, alors que n’importe quel dictateur corrompu reçoit une ovation à Washington ou un sauf-conduit pour sortir de prison sans se poser de questions, devrait à juste titre éveiller les soupçons. À l’instar de l’Espagne pré-Seconde Guerre mondiale, la Syrie est devenue le point chaud global, car désormais, Assad fournit l’excuse pour affronter la Russie, et la Chine ensuite, comme prochain adversaire à contenir, isoler, et si possible subjuguer, de préférence sans conflagration nucléaire mondiale. Mais qui sait, l’idéologie capitaliste croit maintenant férocement, et agit en conséquence, que même l’annihilation nucléaire peut être affrontée, sinon délibérément recherchée, comme preuve positive de la vertu morale systémique.

Poutine n’était pas taillé à l’origine pour le leadership mondial démocratique (le KGB ne mérite pas un laissez-passer), mais alors que la dynamique globale de confrontation des grandes puissances prend forme et s’installe, il assume déjà presque ce rôle par défaut. Il représente de plus en plus la voix de la raison en arrêtant la montée de la puissance de l’Ouest (US en tête) vers un monde à deux niveaux, réinventant de manière opérationnelle le colonialisme passé, mis au goût du jour par l’agrandissement du marché multinational accompagné des règles de base financières soutenues, à la fois, par un contrôle sur les organisations internationales (une ONU domestiquée ou son équivalent et, en parallèle, le FMI, la Banque mondiale, et la machination des accord commerciaux, comme le Partenariat Trans-Pacifique). Cela commence à ressembler à la notion d’ultra-impérialisme de Lénine, sauf que Lénine est intellectuellement hors d’atteinte pour nos matamores politico-militaro-financiers contemporains de la guerre froide. Je ne sais pas si Poutine et Xi le sont aussi mais, au moins, ils sont exempts de toute illusion que l’Occident cherche vraiment l’établissement de relations pacifiques, plutôt qu’à prendre tout sans faire de prisonniers. La chute de l’avion russe – non, pas le bombardement de l’avion de ligne il y a deux semaines, mais l’avion il y a deux jours – est un signe avant-coureur clair des choses à venir : des provocations empilées sur des provocations, ISIS pas complètement vaincue de manière à fournir une occasion pour l’expansion militaire et la répression policière domestique qui s’ensuivra, jusqu’à atteindre un point de rupture et que les événements prennent le dessus.

Quant à l’avion abattu, je sentais, avant que Poutine n’en porte l’accusation, que le drame avait toutes les caractéristiques d’un coup monté, à savoir, une éventualité prévue avec l’approbation des États-Unis et de l’Otan, et non pas la décision de M. Erdogan seulement dans le but d’empêcher une réponse commune entre la Russie et l’Occident à la suite du massacre de Paris. Les événements vont vite, mais même les attentats de Paris ou une attaque similaire étaient prévisibles, de sorte que le rapprochement UE / États-Unis avec la Russie devait être évité à tout prix. Obama, qui n’est plus Franco, est peut-être von Ribbentrop 1, prenant pudiquement son temps pendant que les couteaux s’aiguisent. (Poutine n’était pas loin de la vérité quand il a dit que lui et la Russie ont été poignardés dans le dos.)] Je l’ai déjà dit, la lutte contre le terrorisme [le visage terrifiant mythifié de l’autre soi-même, NdT] est la version rhabillée de l’anticommunisme; par le décalage culturel et idéologique, il s’agit toujours d’une arme utile à la fois contre la Russie et la Chine à l’étranger, et contre les radicaux, dissidents, dénonciateurs à la maison. La Syrie trouvera son parallèle dans la mer de Chine du Sud, quoi qu’il en coûte pour encourager la xénophobie et la fausse bonne conscience comme préparatoires à une posture agressive dans les affaires mondiales.

Poutine n’abandonnera pas Assad. Xi n’acceptera pas l’encerclement économique et militaire. S’il ne tenait qu’à moi, la Russie aurait coupé les livraisons de pétrole et de gaz naturel à l’Ouest jusqu’à ce qu’il concède que la Russie a le droit d’exister sans la menace de l’Otan à ses frontières, les menaces néo-fascistes de l’Ukraine et les attaques terroristes de Tchétchénie, tandis que la Chine renforcerait son rôle économique en Asie, en Afrique et en Amérique latine, déchirant le tissu de l’hégémonie américaine en le forçant à vivre selon ses moyens – la meilleure chose qui puisse lui arriver, si une société démocratique est vraiment le but aux États-Unis. Huit cents bases militaires (le décompte continue) sous bénédiction bipartisane [Démocrates et Républicains US confondus], avec le plein consentement du peuple américain, conduira, d’une part, à plus de soupes populaires, de cris d’abandon et de désespoir dans les rues, de détérioration des normes de santé et de bien-être, et d’autre part au monopolisme triomphant, aux déchets, à la ruine de l’environnement, aux interventions de type R2P [droit de protéger], à l’action secrète, et aux changements de régimes, deux faces du même désastre social et de la guerre imminente.


Norman Pollack a écrit sur le populisme. Ses intérêts sont la théorie sociale et l’analyse structurelle du capitalisme et du fascisme. Il peut être joint à pollackn@msu.edu.

Traduit et édité par jj, relu par Diane pour le Saker Francophone

1 Ministre des Affaires étrangères nazi de 1938 à 1945

Norman Pollack – Le 27 novembre 2015 – Source CounterPunch


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Ven 11 Déc - 12:06


soyons sérieux, revenons aux fondamentaux...




Le piège du Grand Maitre Poutine 11 décembre 2015  actualitesdes7 (R.Bibeau)
 
Par Orientalreview  le 30 novembre 2015   Économie Etats-Unis Russie Syrie UE Ukraine.  SOURCE : http://arretsurinfo.ch/le-piege-du-grand-maitre-poutine/



Pour ceux qui cherchent une explication aux tensions et aux  guerres qui déchirent le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord depuis plus de dix ans – du Pakistan tribal au Maroc royal – voyez la photo coiffant cet article. Ces deux chefs d’État représentent la garde montante de l’impérialisme international, opposée à la garde déclinante de l’impérialisme mondialisé. Le récit qui va suivre, tiré du webmagazine Arrêt sur Info, se déroule dans les médinas feutrées pour grands banquiers. Ici, aucune effusion de sang, que des échanges d’argent, d’actifs réels ou virtuels, mais c’est ici que s’écrit le calvaire des travailleurs-chômeurs-actifs-ou-désœuvrés du monde entier. Nous avons émaillé ce récit de nos commentaires caustiques et décapants. Robert Bibeau. Les7duQuébec.com).

**********

Citation :
« En décembre de l’année dernière, nous avons publié un article fascinant de Dmitry Kalinichenko, «Le piège du Grand Maitre Poutine» (1), qui a attiré beaucoup plus d’attention des lecteurs que nous nous y attendions. Il continue à être cité par de nombreux experts politiques et économiques internationaux. L’article parlait de la stratégie latente de la Russie qui consistait à se débarrasser des obligations américaines et d’utiliser ses pétrodollars pour acheter de l’or monétaire. Il a semblé pendant un certain temps que la dégringolade du rouble l’année dernière, couplée avec les restrictions budgétaires du Kremlin, avait rendu Moscou incapable de poursuivre de façon permanente son plan de diversification du système financier international. Néanmoins, en jetant un coup d’œil à 2015, il s’avère que la stratégie de Poutine fonctionne plutôt bien.

En raison de la main invisible du marché, le rapport du prix de l’or – prix du pétrole (2) a plus que doublé dans les deux dernières années. Alors qu’en mai 2014, il en coutait 12 barils de pétrole pour acheter une once d’or, ce ratio est passé à 26 barils/once en janvier 2015 (où il demeure actuellement). En abaissant le prix du pétrole par rapport à l’or, il semble que Wall Street et la City de Londres tentent de contrecarrer la tactique russe de l’achat d’or en échange du pétrole et de gaz naturel (les prix du gaz sont liés au pétrole par l’intermédiaire de BTU).

(On comprend pourquoi l’Arabie Saoudite, l’OPEP, l’Iran, le nouvel allié de Washington poursuivent leur production malgré l’affaissement des prix du pétrole et l’apparente contradiction avec les intérêts des producteurs étatsuniens de pétrole de schiste. Robert Bibeau. Les7duQuébec.com)

**********

Cependant, ces actions sont insuffisantes pour atteindre l’objectif visé. La baisse des prix du pétrole et une dépréciation de la monnaie nationale n’ont pas abouti à un ralentissement des achats d’or de la Banque de Russie sur le marché intérieur en roubles. Malgré les menaces et les sanctions, la Russie a continué à augmenter ses réserves d’or (3). La Banque de Russie a acheté un record de 171 tonnes d’or en 2014 et un autre de 120 tonnes dans les dix premiers mois de 2015. Par conséquent, au 1er novembre 2015, la Banque de Russie avait accumulé un total de 1200 tonnes d’or (4) dans ses réserves, qui sont officiellement au cinquième rang dans le monde, mais en réalité, la Russie est en fait à la 4e place, parce que l’Allemagne n’est autorisée à stocker qu’un tiers de ses réserves chez elle. En toute justice, il convient de noter que la Chine n’a pas fourni de données mises à jour sur ses réserves d’or depuis 2009, quand elle avait officiellement 1.054 tonnes. Selon certaines estimations, les réserves chinoises ont triplé depuis (et sont donc estimées à 3 100 tonnes. NDLR).

L’année 2014 a encore apporté à Wall Street une autre surprise désagréable. La Russie a émergé en tant que deuxième plus grand producteur d’or du monde (5), dépassé seulement par la Chine. Le leadeurship mondial de la Chine et de la Russie dans les mines d’or leur permet de créer leurs propres systèmes monétaires et commerciaux, construits sur ​​une base solide de l’or, qui seront utilisés par les pays du BRICS comme unité universelle de compte et comme mesure fixe de cout.

(Nous sommes très loin des champs de bataille de l’État islamique et de DAESH – ces pauvres marionnettes des jeux politiques guerriers qui se passent mille mètres au-dessus de leur tête de sacrifiés aux ceintures d’explosifs – et des attentats de Paris et de Bamako. Pourtant, nous sommes au cœur réel du conflit qui oppose les deux camps impérialistes rivaux qui inexorablement nous entrainent vers une guerre mondiale. Robert Bibeau. Les7duQuébec.com)

**********

Face à la perspective d’avoir à bientôt faire face à une puissante alliance de l’or russo-chinoise qui remettrait en question l’avenir du dollar en tant que monnaie de réserve mondiale, les États-Unis ont commencé à employer toutes leurs mesures punitives traditionnelles contre un pays qui a osé défier la puissance financière de l’Amérique dans le monde. Oubliez tout le baratin à propos des «valeurs démocratiques» – ces mesures n’ont d’autre but que de forcer la Russie à vendre son or.

Le peuple russe a entendu l’ultimatum de Washington et a parfaitement compris : les États-Unis ont imposé des sanctions afin de renverser le gouvernement légitime démocratiquement élu à Moscou. Mais sans surprise, les sanctions imposées par les États-Unis  contre la population russe – à grands frais pour l’UE – ont eu l’effet inverse. Les Russes se sont ralliés autour du leader de leur nation, et la Chine et la Russie sont maintenant plus proches que jamais. La politique étrangère de la dictature de l’arrogance absolue, menée de manière si grossière par Washington, a eu les conséquences attendues. À force de remplacer la force de la loi par le droit de la force de manière universelle, les USA ont dilapidé tout le capital politique et la crédibilité qu’ils avaient précédemment gagnée auprès des publics russe et chinois.

C’est le soutien de la Chine de la position de la Russie qui neutralise toutes les tentatives de Washington de briser Moscou. Même si la Russie était obligée de vendre de l’or, il le vendra … à la Chine, ce qui signifie qu’il restera au sein de l‘«alliance de l’or». Il est à noter que la visite en septembre du président Xi Jinping aux États-Unis n’a pas donné lieu à des accords substantiels (6). La Chine est bien consciente que si Washington arrive à rompre l’alliance entre la Russie et la Chine, la première action d’un l’hypothétique gouvernement proaméricain en Russie serait de mettre un garrot de l’énergie sur le cou de la Chine. Wall Street a besoin de coloniser la Russie au préalable pour ensuite coloniser la Chine. Cela, les dirigeants chinois l’ont bien compris. Incidemment, le même sort attend l’Europe, qui est encore un autre concurrent géopolitique des États-Unis. Cependant, contrairement à Pékin, les dirigeants européens ne l’ont pas encore compris.

(L’auteur de l’article livre ci-haut le grand mystère de la politique mondiale en cette Ère d’impérialisme systémique globalisé. C’est à travers les guerres financières – monétaires – boursières que les guerres militaires prennent naissance, en contrefeux, pour résoudre le dilemme de savoir quel conglomérat financier international prendra l’ascendant sur tous les autres. L’affiliation nationale de tels conglomérats n’étant que secondaire – un artéfact de l’ère capitaliste primitive aujourd’hui révolue. En effet, même le conglomérat des institutions financières, bancaires, boursières appelé russo-chinois possède des accointances avec le conglomérat financier international appelé américano-européen. L’enjeu de ces guerres aux multiples facettes est de déterminer quel conglomérat international aura préséance sur l’autre et lequel imposera sa loi aux autres. Robert Bibeau. Les7duQuébec.com).

**********

Il est important de garder à l’esprit que les attaques du dollar contre l’or se terminent toujours de la même manière – dans un KO douloureux pour le dollar. Il n’y a pas d’exceptions à cette règle dans l’histoire monétaire. Il n’y en aura pas cette fois non plus. D’où la règle du marché bien connue: « Quel que soit le maximum atteint par le prix de l’or, ce ne sera pas le dernier ». Il serait naïf de croire que cette règle d’or est inconnue de ces Grands Maitres de la patience, Vladimir Poutine, et Xi Jinping. En augmentant systématiquement leurs réserves d’or, la Russie et la Chine continuent à dépouiller inexorablement le dollar américain de son statut de monnaie de réserve mondiale.

(Voilà l’ultime affront – l’ultime défaite – du camp impérialiste occidental que ce camp tente de compenser en agressant militairement la Russie depuis des années – Tchétchénie, Géorgie, Serbie-Yougoslavie, Libye, Syrie, Ukraine, jusqu’au jour où – comme en Turquie récemment – l’acte ultime dépassera les bornes et enclenchera le grand cataclysme mondial. Il faut comprendre que l’attaque turque contre l’avion russe a été planifiée et commandée de Washington afin d’empêcher tout rapprochement entre certaines puissances de l’OTAN (Berlin notamment) et l’empire russe. Robert Bibeau. Les7duquébec.com).


**********

La solution militaire standard de l’Amérique ne fonctionnera pas dans cette situation. La Russie n’est pas l’Irak, la Libye, ou la Yougoslavie. Si les États-Unis lançaient une agression directe contre un pays comme la Russie, ce serait leur dernier geste à jamais. Par conséquent, la Maison-Blanche tente d’utiliser des militants radicaux des pays musulmans et européens comme chair à canon. Il fut un temps où cette approche fut plus efficace. Dans le milieu du XXe siècle, Wall Street et la City de Londres avaient réussi à pousser l’Europe dans une guerre contre l’Union soviétique en utilisant leur protégé Hitler, qu’ils avaient littéralement porté au pouvoir en Allemagne (7). Aujourd’hui, l’Ukraine et la Syrie sont les théâtres de la guerre chaude de l’Amérique contre la Russie et l’Union européenne est le théâtre de la guerre économique de l’Amérique contre la Russie (il est intéressant de noter que tandis que les entrepreneurs européens souffrent sous les sanctions imposées à la Russie, leurs concurrents américains sont occupés à signer de nouveaux contrats lucratifs avec Moscou) (Cool.

(Ce que souligne l’auteur de l’article est véridique. Il oublie cependant d’indiquer que les capitalistes européens sont parfaitement au fait de ces manigances de leur allié et concurrent américain, et ils savent qu’ils sont les dindons de cette farce macabre comme ils furent les dindons de la farce des centrifugeuses iraniennes. Ils en développent du ressentiment et se prépare à faire faux bond à l’alliance Atlantique comme il est de leur intérêt de le faire. Nous irions jusqu’à penser que les attentats terroristes en Occident, à Londres et à Paris notamment, sont des actes souhaités par Washington de la part de leurs protégés de DAESH, financés par leurs pions saoudien et turc, afin de terroriser la bourgeoisie européenne et la prévenir de tout rapprochement avec la Russie honnie. Robert Bibeau. Les7duQuébec.com).

**********

Récemment, les pays européens ont commencé à réaliser que Washington était tout simplement en train de les escroquer. Après tout, un produit n’est, d’abord et avant tout, que de l’énergie qui se manifeste sous la forme d’une marchandise (quant à nous, nous dirions qu’un produit n’est que de la force de travail – du temps de travail – cristallisée sous forme de valeur marchande composée du salaire nécessaire et du surtravail-plus-value à valoriser. NDLR). À cause des ambitions géopolitiques de l’Amérique, l’Europe est en train de réduire, d’elle-même, son propre niveau de compétitivité. Si nous mettons de côté les slogans et les déclarations nobles sur «les valeurs» et considérons juste la question économique, tout devient clair : si l’Union européenne  était coupée de son approvisionnement en énergie russe pas cher, en plus d’être coupée du vaste marché russe pour ses produits, l’Europe ne serait pas capable de survivre dans sa forme actuelle.

(La gauche bourgeoise nationaliste européenne se réjouirait de cette alternative, elle qui réclame que la grande bourgeoisie de gouvernance (étatique) ait le courage de défendre les intérêts de la bourgeoisie impérialiste nationale contre les assauts de l’impérialisme étatsunien qui agresse autant ses concurrents que ses alliés. En cela, la gauche européenne défend ses intérêts de classe petite-bourgeoise cléricale en voie de paupérisation. Ce segment de classe est particulièrement important (en nombre) sous le mode de production capitaliste en phase impérialiste, raison pour laquelle nous la voyons agioter partout. La classe prolétarienne pour sa part n’a aucun intérêt à se joindre ni à la grande bourgeoisie nationale capitularde ni à la petite-bourgeoise chauvine revancharde – courroie de transmission des premiers vers ces derniers – c’est-à-dire les ouvriers surexploités ou décimés selon qu’ils conservent le privilège d’un emploi ou pas. Robert Bibeau. Les7duQuébec.com).

**********

Wall Street et la City de Londres, comme avant, ne savent pas ce que Poutine a en tête. Mais tout le monde est bien certain que Poutine mijote quelque chose, et, quel que soit ce qu’il mijote, cela surprendra tout le monde et fera avancer les intérêts de la Russie et de ses alliés. Essayant de donner une signification aux actions de Poutine et son homologue Xi Jinping, Bloomberg a publié un article intéressant, il y a six mois sur l’avenir du marché de l’or:

« Ce devrait probablement être très différent de l’ancien standard or », Kenneth Hoffman, le chef de recherche des mines et des métaux mondiaux basé à Princeton, à Bloomberg Intelligence …  Ce ne serait pas un système traditionnel où vous entrez dans une banque et vous en sortez avec une once d’or. Ce devrait être quelque chose de nouveau et différent » (9).

Les prédictions par les principaux médias occidentaux sur l’émergence imminente d’une alliance russo-chinoise pour relancer l’étalon-or sont tellement souvent entendues que cela ressemble maintenant à des signaux ou même des appels à une telle démarche, adressés à Moscou et Pékin.

Retour au 18e siècle, le philosophe et écrivain Voltaire avait déclaré: «l’argent papier revient finalement à sa valeur intrinsèque – zéro», et il avait tout à fait raison. Il y a eu de nombreuses monnaies de papier différentes tout au long de l’histoire de l’humanité. Mais chacune d’entre elles, d’une manière ou d’une autre, est finalement revenue à zéro et a disparu. Ceux qui ont vécu pendant les règnes de ces personnages historiques comme Alexandre le Grand, Napoléon, Hitler et Staline croyaient sincèrement que la monnaie existante à ce moment resterait en circulation pour toujours. Mais pas une de ces monnaies n’existe aujourd’hui. Et tous ces dollars et roubles d’aujourd’hui n’ont en commun avec leurs précédentes incarnations d’il y a 100 ans que le fait que leurs noms restent inchangés.

Le dollar et le rouble modernes sont des devises entièrement différentes, avec pouvoir d’achat différent, et une apparence différente. Certaines devises meurent soudainement, certaines reviennent à zéro par une dépréciation progressive, mais d’une manière ou d’une autre, elles ne valent rien au bout du compte (10). De toute évidence, le dollar US affaibli qui a perdu 98% de son pouvoir d’achat au cours des 40 dernières années (tout comme toute autre pseudomonnaie non garantie) est déjà au bord de son basculement naturel à zéro.

(Il est intéressant de constater pour nous économiste marxiste qu’après moult tergiversations et convulsions, les économistes bourgeois en reviennent finalement aux bons vieux constats de Marx. La valeur d’usage est chevillée à la valeur marchande qui est déterminée par la quantité – le temps – de travail contenu dans une unité produite. Cette valeur marchande n’est pas déterminée par son quantum monétaire, c’est elle qui détermine ce quantum dollar, euro, yen, yuan, rouble ou or. Ce que l’expert ne dit pas c’est que la dévaluation du dollar est elle-même partie de la stratégie américaine pour flouer ses alliés et ses concurrents – tous gorgés de billets verts qui demain vaudront encore moins qu’aujourd’hui. Et que diriez-vous si demain l’Oncle Sam annonçait la répudiation du dollar US et l’émission d’une nouvelle devise étatsunienne arrimée à l’étalon-or ?  Robert Bibeau. Les7duQuébec.com).


**********

Cet argument est de plus en plus utilisé par les partisans d’un retour à l’étalon-or. Cependant, ils oublient que toutes les monnaies or auparavant en circulation moururent finalement tout aussi surement que les monnaies de papier. Pourquoi cela a-t-il pu arriver, puisque les monnaies or étaient garanties par l’or qu’elles contenaient physiquement ? Parce que toute devise or est, d’abord et avant tout, une devise avec une valeur désignée, et non une monnaie basée sur le poids de l’or contenu dans ces pièces ! Les monnaies or avaient une valeur fiduciaire représentée par la dénomination gravée sur elles, ce qui imposait une obligation légale sur tous les acteurs du marché. Cette obligation exigeait qu’ils utilisent toutes les pièces d’or exclusivement en tant que monnaie, avec une valeur nominale spécifiée et attribuée par la loi. Mais finalement, une incohérence inévitable émergea entre la valeur de marché de l’or contenu dans la pièce, conformément à son poids, et la valeur fiduciaire de la dénomination qui a été gravée sur la pièce d’or elle-même. Cette incohérence a sonné le glas pour toute forme de monnaie or dans l’histoire monétaire de l’humanité. Il n’y a pas d’exceptions à cette règle, qui est bien connue à Wall Street.

Il est crucial pour ces Messieurs que la Russie et la Chine soient poussées à frapper une autre monnaie or condamnée. Dès que la Russie et (ou) la Chine émettront une telle monnaie or, elle sera immédiatement attaquée par Soros et d’autres spéculateurs de poche de Wall Street comme lui. Quelle que soit la valeur nominale, en roubles ou en yuans, qui est gravée sur la monnaie or de la Russie ou de la Chine, après un certain temps, cette valeur va commencer à s’écarter de la valeur de l’or contenu dans la pièce. Il deviendra rentable pour les spéculateurs d’échanger, de manière cyclique, de la monnaie papier contre de la monnaie or, ce qui épuisera les réserves d’or du pays et par conséquent conduira au défaut.

De la manière dont la situation se présente actuellement, il n’y a personne dans le monde qui puisse répondre à cette question apparemment simple : pourquoi, sachant qu’il est impossible de frapper une monnaie nationale or, la Russie et la Chine poursuivent-elles la course à renforcer leurs réserves d’or ? Actuellement, personne au monde ne le sait, sauf Poutine lui-même et son collègue Xi Jinping.

(Nul besoin de frapper une monnaie-or pour bénéficier de l’avantage de posséder de grandes quantités d’une valeur étalon sur lequel toute devise nationale ou multinationale devra nécessairement s’arrimer tant que le mode de production capitaliste sera hégémonique. Mieux, les réserves d’or accumulées par le tandem russo-chinois ne doivent surtout pas être transformées en monnaie – valeur de transition ou de « marchandage » commercial –. Les réserves-or demeureront en l’état, en lingots, pouvant servir de réserve pour garantir des monnaies-devises de l’État national (ou du groupe d’États-nationaux) qui possèdera ces tonnes de lingots-or. Sous le système économique capitaliste le conglomérat financier international qui réussit à accaparer la plus grande part de plus-value produite – garantie par une devise forte – adossée à une valeur étalon certifiée – est le conglomérat hégémonique – s’appuyant sur la violence d’un ou d’un groupe d’États dominants. Ce que l’Allemagne n’a pas réussi par deux fois et ce que les États-Unis ne réussissent plus, et ce que le tandem russo-chinois ne réussira pas davantage, car les lois de l’économie capitaliste entravent le développement de ce mode de production qui est rendu à sa limite. La guerre mondiale sera l’ultime sortilège par lequel cette bourgeoisie dépravée tentera de résoudre ces contradictions insolubles. La classe ouvrière mondiale servant de chair à canon dans ces tractations irréconciliables.  Robert Bibeau. Les7duQuébec.com).


*******

Sources et références


◾️Par Orientalreview le 30 novembre 2015   Économie Etats-Unis Russie Syrie UE Ukraine.  SOURCE : http://arretsurinfo.ch/le-piege-du-grand-maitre-poutine/ Article original: http://orientalreview.org/2015/11/13/grandmaster-putins-trap-2/   Traduction Avic – Source première: http://reseauinternational.net/le-piege-du-grand-maitre-poutine/
◾️http://www.macrotrends.net/1380/gold-to-oil-ratio-historical-chart
◾️http://www.ft.com/cms/s/0/13b55dd6-a7b6-11e4-be63-00144feab7de
◾️http://www.cbr.ru/hd_base/Default.aspx?Prtid=mrrf_m
◾️http://www.mineweb.com/regions/europe-and-middle-east/update-world-top-10-gold-producers-countries-miners/
◾️http://thediplomat.com/2015/09/think-xi-jinpings-state-visit-to-the-us-went-well-think-again/
◾️porté au pouvoir en Allemagne. http://orientalreview.org/2013/06/21/episode-12-why-did-britain-and-the-united-states-have-no-desire-to-prevent-wwii-i/
◾️nouveaux contrats lucratifs avec Moscou. https://magazin.spiegel.de/digital/index_SP.html#SP/2015/23/135214440
◾️http://www.bloomberg.com/news/articles/2015-05-20/chinese-gold-standard-would-need-a-rate-50-times-bullion-s-price
◾️http://georgewashington2.blogspot.ru/2011/08/average-life-expectancy-for-fiat.html


- Dis Papa, c'est loin le Québec libre ?

- Tais-toi ! Et nage...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Lun 29 Fév - 15:55


WORLD SOCIALIST WEB SITE WSWS.org

Publié par le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI)


Lancement d’ICBM par les Etats-Unis et menaces de guerre contre la Russie Bill Van Auken 29 février 2016

ICBM : une sorte de missile balistique intercontinental

L'Armée de l'air américaine a lancé le 26 février un missile nucléaire Minuteman III à partir d'un bunker souterrain sur la côte californienne, le second tir d'essai de cette sorte de missile balistique intercontinental (ICBM) non armé en l'espace d’une semaine.

Citation :
Le missile qui a frappé une zone d'essai dans les eaux de l'atoll de Kwajalein, à quelque 2.500 miles (4000 kilomètres) au sud-ouest d’Honolulu, porte normalement trois ogives ciblées indépendamment, chacune de 20 fois la puissance destructrice des bombes qui ont tué jusqu'à 350.000 personnes à Hiroshima et Nagasaki en 1945. Pour le vol de jeudi, il portait un paquet d'instruments d'essai.

Pour bien s’assurer que le sens politique de ces deux lancements rapprochés (il n’y a eu que 15 de ces tests depuis 2011) n’échappe à personne, Robert Work, le secrétaire adjoint américain à la Défense, a nommé spécifiquement dans une interview le 26 février la Russie et la Chine et qualifié les tirs d'essai de « signal ... que nous sommes prêts à nous servir d’armes nucléaires pour défendre notre pays si nécessaire ».

Cette déclaration très inhabituelle et extrêmement provocatrice de la volonté de Washington de mener une guerre nucléaire survenait dans le contexte de tensions croissantes avec la Chine en mer de Chine méridionale et avec la Russie en Syrie et en Europe de l'Est. La menace nucléaire fut accompagnée de rodomontades de hauts responsables du Pentagone témoignant devant le Congrès des États-Unis en faveur d’une augmentation des dépenses d'armes américaines.

Il y eut le 24 février le témoignage, devant la Commission des forces armées de la Chambre des représentants, de l'amiral Harry Harris, chef du Commandement du Pacifique de l’US Navy, qui a appelé à une escalade majeure des opérations navales américaines anti-chinoises en mer de Chine méridionale et a accusé Pékin de rechercher « l'hégémonie en Asie de l'est », un impératif stratégique que Washington est lui-même déterminé à atteindre par des moyens militaires.

Il y eut le lendemain, devant la même commission, les remarques plus incendiaires encore du général Philip Breedlove, commandant suprême allié de l'OTAN en Europe et chef du Commandement européen des États-Unis. Breedlove a décrit la Russie comme « agressive » et « en train de renaître » et accusa Moscou d'avoir « choisi d'être un adversaire et [de] constitue[r] une menace existentielle à long terme » pour les Etats-Unis.

« Les Etats-Unis et l'OTAN doivent adopter une approche tous azimuts de la sécurité – considérer la gamme complète des problèmes de sécurité dans toutes les directions et [assurer] que nous utilisons tous les éléments de la puissance de notre nation », a dit Breedlove. En insistant sur « tous les éléments » de la puissance américaine, le général de l'Armée de l'air parlait de l'arsenal nucléaire du Pentagone.

Breedlove a fustigé l'intervention depuis cinq mois de la Russie en Syrie, qu'il a accusée « d'avoir aggravé le problème de façon dramatique», vraisemblablement en perturbant la tentative de Washington d'obtenir un changement de régime par une guerre où Al-Qaïda sert de principale force par procuration des Etats-Unis sur le terrain. Il est allé jusqu'à accuser Moscou de « militariser » la vague de migrants poussés par la guerre civile syrienne, orchestrée par Washington, et les guerres d’Irak et d’Afghanistan, à fuir en Europe.

« Pour contrer la Russie, Eucom [le Commandement européen des États-Unis], en collaboration avec ses alliés et partenaires, dissuade la Russie aujourd'hui et se prépare à se battre et à gagner si nécessaire », a déclaré Breedlove. La folie des remarques de Breedlove n’était pas que jouée. Que le commandant des forces américaines en Europe parle ouvertement de se préparer à « combattre et gagner » contre la Russie ressemble à une invitation à un holocauste nucléaire.

Les remarques de Breedlove furent complétées par celles du secrétaire américain à la Défense Ashton Carter. Il a déclaré à la Commission de la Chambre chargée des questions budgétaires que les prétendues « rodomontades nucléaires » de Moscou avait remis en cause « l'engagement à la stabilité stratégique » de la direction russe et « son respect de la prudence profonde que les dirigeants de l'âge nucléaire montraient devant les menaces à l’aide d'armes nucléaires ». Comme l'ont démontré les événements récents, Washington ne partage ni cet engagement ni cette prudence.

Le ministère russe de la Défense a lié, non sans justification, cette rhétorique belliqueuse au débat sur le budget militaire américain et fait remarquer que la même « marée montait chaque année ». Mais ce serait une dangereuse erreur de sous-estimer les préparatifs avancés engagés par Washington pour la guerre mondiale en général et pour une confrontation militaire avec la Russie en particulier.

Le projet de budget du Pentagone comprend cette année 3,4 milliards de dollars pour l'« Initiative européenne de réassurance », quadruplant son financement par rapport à l'an dernier. Cette somme énorme est destinée à payer la rotation continue d'unités de combat américaines dans les anciennes républiques baltes soviétiques et dans trois pays d'Europe orientale. Cela équivaut à un siège militaire permanent de la frontière occidentale de la Russie. En outre, elle financera le prépositionnement de matériel militaire américain, dont des chars et de l'artillerie lourde, dans la même zone pour permettre le déploiement rapide d'unités militaires beaucoup plus importantes. Elle servira également à développer la formation et fournir plus d'armes aux Etats farouchement anti-russes de la région.

Ces deux dernières années, profitant de la crise provoquée par le coup d'Etat soutenu par l'Occident en Ukraine et de l'annexion de la Crimée après son approbation par référendum populaire, Washington et ses alliés ont procédé à un renforcement militaire de plus en plus provocateur dont le but est l'intimidation, l'assujettissement et finalement, le démembrement de la Fédération Russe. Cela comprenait la création d'une « force de réaction rapide » pouvant compter sur 40.000 soldats de l'OTAN et incluait une série sans précédent d'exercices militaires à distance de frappe de la Russie.

Deux groupes de réflexion étroitement liés à l'appareil militaire et de renseignement américain ont publié récemment des rapports à l'appui de ce renforcement. Le Centre d'études stratégiques et internationales (CSIS) a publié en février une étude commanditée par l'Armée américaine d’Europe. Il a fait valoir qu'« un changement radical tant dans le paradigme de sécurité européenne que transatlantique exige[ait] la réévaluation d'une gamme complète de mesures requises pour que les Etats-Unis puisse mieux dissuader la Russie d'actes aventuristes similaires dans et autour du territoire de l'alliance ».

Le 26 février, le Conseil de l'Atlantique, virtuellement un bras de l'OTAN, a publié une étude, intitulée « Alliance à risque: renforcement de la défense européenne », qui prône un renforcement militaire majeur dans toute l'Europe. Visant à structurer la discussion au sommet de l'OTAN à Varsovie en juillet, elle déclare: « Le renforcement de la défense européenne fournira des ressources pour aider à dissuader la menace en provenance de l'Est et à l'emporter sur les dangers venant du Sud ».

Rédigée par de hautes personnalités politiques et militaires, l'étude examine la situation militaire de la Grande-Bretagne, qu'elle qualifie d'«évidée», ainsi que celle de la France, de l'Allemagne, de la Norvège, de l'Italie et de la Pologne.

La section sur l'Allemagne dénonce la « forte tendance anti-militariste » dans la population et fait valoir que « les dirigeants politiques et les commentateurs doivent convaincre et éduquer le public sur l'importance d'une politique défensive plus forte ».

La section sur la Pologne, rédigée par Tomasz Szatkowski, sous-secrétaire d'Etat au ministère polonais de la Défense nationale est la plus glaçante. Elle plaide pour le développement par Varsovie d'une « dissuasion non nucléaire » contre la Russie qui « se composerait de nouvelles capacités, telles des ogives plus puissantes sur les missiles de croisière, de nouveaux types d'armes (par exemple, la technologie des micro-ondes) et les capacités de cyber-offensives et de Forces d'opérations spéciales subversives ».

Dans les coulisses, sans rien dire à la population américaine ou mondiale, les responsables américains et de l'OTAN ont discuté de changer la politique nucléaire occidentale et les règles d'engagement, sous prétexte que Moscou avait violé le Traité sur les forces nucléaires de portée intermédiaire (INF), une allégation que la Russie a démentie.

Pour se préparer à une guerre nucléaire agressive, le gouvernement Obama a mis au point un programme de modernisation des armes nucléaires de mille milliards de dollars. Celui-ci envisage le déploiement sur les 30 prochaines années de nouvelles générations de bombardiers à longue portée, de sous-marins nucléaires, d'ICBM et de missiles de croisière. Dans le budget 2017 du Pentagone, actuellement discuté, le gouvernement a demandé 9,2 milliards dollars pour l’Administration de la sécurité nucléaire nationale, un département du ministère de l'Énergie, pour le développement des stocks d'ogives nucléaires de Washington.

(Article paru en anglais le 27 février 2016)

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Lun 29 Fév - 16:39


Alarme rouge nucléaire 25 FEB


L’analyste politique saoudien Daham al-Anzi : “Oui nous avons une bombe nucléaire. Pour le dire simplement, oui.”

« Nous avons des bombes nucléaires » : c’est ce qu’a déclaré le 19 février à Russia Today l’analyste politique saoudien Daham al-Anzi, de fait porte-parole de Riyad, en le répétant sur une autre chaîne arabe (voir interview sur Pandora Tv).


Citation :
L’Arabie Saoudite avait déjà déclaré (The Independant, 30 mars 2015) son intention d’acquérir des armes nucléaires au Pakistan (qui n’est pas adhérent au Traité de non-prolifération), dont elle finance 60% du programme nucléaire militaire. Maintenant, par l’intermédiaire d’al-Anzi, elle fait savoir qu’elle a commencé à les acheter il y a deux ans. Bien entendu, selon Riyad, pour affronter la « menace iranienne » au Yémen, en Irak et en Syrie, où « la Russie aide Assad ». C’est-à-dire, où la Russie aide le gouvernement syrien à libérer le pays de l’Isis (Etat islamique) et autres formations terroristes, financées et armées par l’Arabie Saoudite dans le cadre de la stratégie USA/Otan.

Riyad possède plus de 250 chasseurs bombardiers à double capacité conventionnelle et nucléaire, fournis par les USA et par les puissances européennes. Depuis 2012 l’Arabie Saoudite fait partie de la « Nato Eurofighter and Tornado Management Agency », l’agence Otan qui gère les chasseurs européens Eurofighter et Tornado, dont Riyad a acheté à la Grande-Bretagne un nombre double de celui de toute la Royal Air Force. Dans ce même cadre entre l’imminent maxi-contrat de 8 milliards d’euros -grâce à la ministre Pinottti, efficiente représentante de commerce d’armes- pour la fourniture au Koweit (allié de l’Arabie Saoudite) de 28 chasseurs Eurofighter Typhoon, construits par le consortium dont fait partie Finmeccanica [1]avec des industries de Grande-Bretagne, Allemagne et Espagne. C’est la plus grande commande jamais obtenue par Finmeccanica, dans les caisses de qui entrera la moitié des 8 milliards. Garantie avec un financement de 4 milliards par un pool de banques, parmi lesquelles Unicredit et Intesa Sanpaolo, et par la Sace[2] du groupe Cassa depositi e prestiti.

Ainsi s’accélère la reconversion armée de Finmeccanica, avec des résultats exaltants pour ceux qui s’enrichissent avec la guerre : en 2015 l’action Finmeccanica a enregistré en bourse une croissance de valeur de 67%.  A la barbe du « Traité sur le commerce d’armements », ratifié par le parlement en 2013, dans lequel est stipulé que « aucun Etat partie n’autorisera le transfert d’armes  dans le cas où il saurait que les armes puissent être utilisées pour des attaques dirigées contre des objectifs ou des sujets civils, ou pour d’autres crimes de guerre ». Face à la dénonciation que ces armes fournies par l’Italie sont utilisées par les forces aériennes saoudiennes et koweitiennes faisant des massacres de civils au Yémen, la ministre Pinotti répond : « Ne faisons pas devenir les Etats qui sont nos alliés dans la bataille contre l’Isis, des ennemis, ce serait un erreur très grave ». Ce serait surtout une « erreur » de faire savoir qui sont « nos alliés » saoudiens et koweitiens : des monarchies absolues où le pouvoir est concentré dans les mains du souverain et de son cercle familial, où partis et syndicats sont interdits ; où les travailleurs immigrés (10 millions en Arabie Saoudite, la moitié environ de la force travail ; 2 millions sur 2,9 millions d’habitants au Koweit) vivent dans des conditions de surexploitation et esclavage, où celui qui revendique les plus élémentaires droits humains est pendu ou décapité.

Dans ces mains l’Italie « démocratique » met des chasseurs bombardiers capables de transporter des bombes nucléaires, sachant que l’Arabie Saoudite les possède déjà et qu’elles peuvent être utilisées aussi par le Koweit.

A la « Conférence de droit international humanitaire », la ministre Pinotti, après avoir souligné l’importance de « respecter les normes du droit international », a conclu que « l’Italie, en cela, est un pays énormément crédible et respecté ».

Source https://ilmanifesto.info/



Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Mer 9 Mar - 0:22


s'interroger sur une "guerre à l'échelle du monde"
est sans doute plus pertinent que mon titre
"troisième guerre mondiale ?"...


Une guerre à l’échelle du monde ? (II)

Henri Simon

La première partie de ce texte, paru dans Echanges n° 153 (automne 2015), a été publiée dans Echanges n° 150 (hiver 2014-2015), p. 43.

Citation :
Dans la première partie de « Une guerre à l’échelle du monde ? », nous soulignions l’extrê­me confusion à la fois des faits examinés, des débats à leur sujet et de toutes sortes d’instrumentalisations de tel ou tel fait dans le seul souci d’associer tout ou partie de la population, plus spécialement la force vive du système, les travailleurs, à des combats qui ne sont pas du tout les leurs.

Il n’y a guère à ajouter à ce que nous écrivions alors, sinon tenter de voir et d’analyser comment les pions de ce sanglant jeu d’échecs entre de nombreux protagonistes se sont déplacés. On ne peut que souligner ce qui déjà apparaissait et s’est de plus en plus confirmé ; le pragmatisme des acteurs, qui fait que dans un conflit mondial – cette guerre qui se mène par proxys, ces logiciels informatiques facilitant ou surveillant les échanges entre des interlocuteurs – implique de plus en plus les grandes puissances, recoupant en même temps d’autres conflits qui peuvent interférer les uns avec les autres.

Ce qui fait que les différentes forces organisées sur le terrain peuvent être alliées aujourd’hui pour se combattre demain et se retrouver de nouveau dans une autre forme de collaboration le surlendemain.

Même si la coalition arabo-occidentale de 22 pays disparates, menée par les Etats-Unis, affiche bien sa volonté de détruire cette entité qu’on nomme Daech ou Etat islamique (EI) (1), son intervention vise aussi à l’élimination de Bachar al Assad. Parallèlement, une coalition réunissant la Russie, l’Iran et le régime syrien du même Bachar al-Assad, se trouve associée avec Israël (ennemi affiché de l’Iran et allié des Etats-Unis) et la Jordanie (elle-même alliée des Etats-Unis) avec pour but immédiat de sécuriser le sud de la Syrie, maintenir ledit Bachar à la tête de ce qui reste de son Etat, et maintenir les positions russes en Syrie (2). Ce simple exposé d’une évolution récente peut donner un aperçu de la complexité de la situation dans tout le Moyen-Orient.

Ces deux coalitions, si elles reflètent autant que la guerre « contre le terrorisme » l’affrontement entre deux puissances dans cette partie du monde, se heurtent en Syrie à l’impuissance à maîtriser sur le terrain à la fois la dimension de l’EI et les rivalités entre les différents groupes de combattants, tant du gouvernement que de ses opposants politiques et d’autres groupes « terroristes ».

Par rapport à ces derniers, l’EI dispose d’une supériorité évidente car il joue sur deux tableaux :

– une base territoriale étendue qu’il a réussi à maintenir jusqu’à maintenant ;
– un champ mondial d’actions, fait tant d’allégeance de groupes « terroristes » bien implantés que de groupes ou individualités « dormants » qui peuvent être réactivés à tout moment, s’insérant dans une stratégie globale dépassant largement les frontières géographiques mouvantes de l’EI et qui lui sert de base de recrutement pour ses combattants.
Des raisons plus spécifiques ont pu être avancées pour expliquer la réaction des sunnites face à la force ascendante du chiisme dans la région qui exprimerait :
– un Etat puissant cultivé et militairement moderne, l’Iran ;
– une revanche historique sur les sunnites
– un monde sunnite fragmenté entre l’EI, Al Qaïda et les Frères musulmans (3).

Certains commentateurs pensent que même si la base géographique de l’EI était éliminée, l’EI n’en disparaîtrait pas pour autant, tirant sa force de cette dispersion mondiale. Toute une partie de la stratégie de l’EI ne vise pas à conquérir des territoires qu’il aurait du mal à contrôler (principalement pour des raisons religieuses) et où il ne peut espérer un soutien populaire, mais à recourir dans ces territoires « à une stratégie de provocation extrême bien pensée qui vise à miner la fragile cohésion » du pays visé (4). Il s’agirait dans cette stratégie de créer des abcès de fixation de déstabilisation et de zones libres, situation qui pourrait s’appliquer aussi bien à la Jordanie, au Liban, à une partie de l’Irak et même à la Turquie. Pour ce faire, la base territoriale de l’EI reste quand même aujourd’hui essentielle.

Qu’en est-il de cette situation sur le terrain dont on parle moins, l’actualité étant centrée sur les frappes aériennes de la coalition occidentale : l’intervention de la Russie et les palabres qui visent non seulement la Syrie mais un rééquilibrage du Moyen-Orient  ?

Dans Echanges n° 150, nous avons souligné que s’ériger en Etat ne serait qu’un mot si le territoire de cet Etat, au-delà d’une présence militaire, n’avait pas de ressources régulières suffisantes pour financer armée et administration, faisant régner un certain ordre dans le cadre d’un ensemble de lois réglant tant les relations entre individus que les relations économiques et sociales. De plus, il est nécessaire que ces ressources soient, pour la régularité de leur renouvellement, assises essentiellement sur une activité économique.

Rappelons que géographiquement l’EI couvre un territoire à cheval entre la Syrie et l’Irak, de taille équivalant presque à la Grande-Bretagne. Ses limites se sont quelque peu modifiées au gré des opérations militaires, mais les concessions qu’il a dû faire ont été compensées par de conquêtes importantes. Son activité économique assure une régularité de financement des dépenses de l’Etat.

Elle concerne :

– la consommation intérieure
– les exportations
– les transports
– les mouvements financiers.

0n parle beaucoup dans les médias de ressources financières exceptionnelles comme la capture de réserves bancaires ou d’or dans les territoires conquis, ou le produit du racket, ou encore celui du pillage des antiquités. Ce sont des ressources exceptionnelles qui ne peuvent remplacer le renouvellement des ressources d’un Etat lié à l’activité économique.

Les frappes aériennes américaines visent plus à asphyxier les ressources de l’EI qu’à un soutien aux forces qui s’y opposent sur le terrain. De ce point de vue les quelque 6 800 frappes depuis l’été 2014 ont complètement échoué dans leurs objectifs économiques. Par contre, frappant indistinctement plus de 25 % des civils, leurs conséquences sont soit l’émigration soit le soutien à l’EI (5).
Quelles sont les ressources qui contribuent au financement régulier de l’EI et comment peuvent-elles être écoulées à l’extérieur sans trop de problèmes ? Pour le moment, l’EI dispose de grandes réserves de matériaux divers (richesses évaluées à plus de 2 000 milliards de dollars). L’EI contrôle 60 % du pétrole syrien et moins de 10 % du pétrole irakien, 40 % de la production de blé et 53 % de l’orge produits en Irak, les greniers à blé de Syrie sont sur des territoires tenus par l’EI. En 2014, le PIB atteint 3 milliards de dollars (6). Les recettes viennent pour partie des impôts, pour partie des exportations. L’EI aurait procédé à des privatisations d’une partie des nombreuses entreprises d’Etat.
Le pétrole représente 38 % des exportations (soit 1 milliard de dollars en 2014, 600 millions de dollars en 2015, cette baisse s’expliquant par les frappes aériennes de la coalition) les phosphates 10 %, le ciment 10  %  les céréales 7 %. Quant au coton, il assurerait entre 20 et 100 millions de dollars par an à l’organisation (7). Les impôts (sur les particuliers, les commerçants et industriels et la dîme sur les camions de toutes sortes qui doivent transiter à travers les territoires contrôlés par l’EI) (Cool fournissent 17 % des ressources. Les rançons et le trafic des antiquités ne fournissent guère plus de 10 % des recettes budgétaires (9).

On sait peu de choses sur les dépenses nécessaires au fonctionnement de l’EI. Un des premiers postes est sans doute l’entretien de l’armée, c’est-à-dire ce qui est absolument indispensable pour le maintien et l’extension éventuelle de l’Etat mais aussi pour le « maintien de l’ordre » sur son territoire (armée et police). L’armée de l’EI compterait entre 100 000 et 125 000 combattants dont environ 15 000 viendraient de l’étranger, mais ces chiffres sont très variables selon les sources. Le financement des combattants aurait coûté en 2014 environ 10 millions de dollars par mois ; les 30 000 djihadistes étrangers recevraient 1 000 dollars par mois (10). Un double problème se pose à la mesure des frappes aériennes : le renouvellement des effectifs et du matériel. Les frappes américaines depuis l’été 2014 auraient détruit 200 véhicules de l’EI mais dans le même temps, l’EI en aurait récupéré 2 000 (11). De même, la chute de Ramadi, potentiellement une victoire stratégique pour l’EI (contrôle de la province d’Anbar permettant la jonction de la zone irakienne avec la zone syrienne) lui a permis de récupérer un stock très important d’armes (12).

Un autre problème est le financement de l’administration des territoires contrôlés par l’EI. Il paraît vraisemblable que l’EI a laissé en place les structures administratives existantes mais leur financement semble assez diversifié. A Palmyre (70 000 habitants), les fonctionnaires sont appelés à rester en place avec le même salaire et aux mêmes conditions, avec peu de changements dans l’exercice de leur fonction – sauf la contrainte religieuse. Dans la ville de Mossoul, on trouve une situation paradoxale : le gouverneur appointé par le gouvernement de Bagdad a été destitué, mais continue de mandater et de payer les salaires des fonctionnaires restés en place et qui assurent les services publics (13).

Une partie importante des ressources venant des exportations, le transfert de l’argent vers l’EI est au centre du financement de l’Etat. Le recours aux transferts bancaires étant impossible pour des raisons évidentes, ce sont les circuits parallèles clandestins qui sont utilisés : le « hawala » et les « bitcoins » (14). L’EI contrôle près de 130 banques. La création d’une monnaie spécifique à l’été 2015 – le dinar islamique – permet au régime de garantir dans une certaine mesure une circulation monétaire à l’abri des pressions financières internationales ; mais en même temps le fragilise car d’une part notamment les pièces d’or et d’argent et de cuivre peuvent fuir suivant le cours international de ces métaux et d’autre part elle dépend étroitement quand même des activités économiques et des rentrées de devises étrangères (voir encadré p. 7).

Un Etat ne peut maintenir sa domination sur la population que si celle-ci accorde un minimum d’adhésion à la politique des gouvernants. Tous les Etats ont recours à la violence plus ou moins ouverte couverte par une idéologie. Aux exécutions spectaculaires ne correspond pas, dans la vie dans les territoires contrôlés par l’EI, à ce que les propagandes occidentales tentent d’accréditer : la charia n’y est pas plus féroce que dans d’autres pays arabes (notamment l’Arabie saoudite) et semble un élément de stabilité chez une population plongée depuis des années dans une insécurité totale. Les mesures prises par l’EI lors de l’occupation d’une ville visent le plus souvent à une normalisation de la vie quotidienne destinée à obtenir un certain soutien populaire. Occupant Palmyre par exemple, l’EI fait sauter la prison, rétablit l’électricité et Internet, fait fonctionner les services ­publics (15).

L’effet des frappes américaines pourrait être, à cause de la manière indiscriminée dont elles sont menées, d’entraîner un ralliement supplémentaire à l’EI, d’autant plus que l’efficacité de ces frappes est mise en doute par les Américains eux-mêmes, notamment en raison de la capacité d’adaptation de l’ensemble des structures assurant le fonctionnement de cet Etat. Il a été relativement facile de pallier la destruction limitée des raffineries et des silos à grains ; pour ces derniers, d’autres formes de stockage plus individualisés peuvent être mis en place rapidement ; pour les raffineries, l’EI se contente de les laisser hors de son territoire, se contentant de prélever une dîme sur leur activité et sur le transport par camions citernes. Cette « délocalisation » du risque est pratiquée systématiquement : les centres administratifs sont transférés dans des immeubles d’habitation au sein de quartiers résidentiels, les camions citernes mêlés à la circulation dans les zones hors EI ; les chars ne sont plus engagés comme tels dans des opérations militaires mais chargés d’explosifs envoyés au dernier moment sur un objectif précis face à des combattants munis d’armes légères. Les gros convois militaires ont été bannis avec l’utilisation de petites voitures circulant dans le trafic local.

L’activité de l’EI montre aussi une grande habileté d’utilisation de l’ensemble des medias modernes. Une des vidéos les plus populaires de l’EI, « Le choc des épées », démontre la capacité inégalable de l’EI à produire un film de propagande et de recrutement de qualité en adéquation avec les cibles qu’elle vise. Pour ses communications, l’EI utilise l’outil le moins contrôlé – Zello, une application cryptée qui permet de partager des messages audio. Cette application transforme un téléphone portable en talkie-walkie.

L’expansion de l’EI peut se mesurer par trois composantes sur lesquelles la coalition qui se dessine tente d’agir avec des succès relatifs :

– son assise territoriale, à cheval sur la Syrie et le nord de l’Irak ;

– son recrutement mondial, qui assure à la fois un renouvellement relatif des combattants sur le terrain de l’Etat et les actions ponctuelles stratégiques des cellules actives ou dormantes dans le monde ;

– l’allégeance ou l’alliance avec des groupes similaires, principalement au Moyen-Orient et en Afrique.
En ce qui concerne l’assise territoriale aux frontières quelque peu mouvantes (16), elle restent pour l’instant, en gros, sans modifications notables. Un général français définit comme suit ces attaques sur le terrain : « Ce n’est pas parce qu’on possède la force que l’on domine la guerre… la guerre est désormais au sein des populations et elle le restera (17 ). » Si une coalition globale comme celle qui semble se dessiner réussit à se mettre en place et à coordonner des actions militaires au prix de compromis politiques, on peut penser que l’assise territoriale de l’EI éclaterait. Mais les autres composantes de l’EI n’en resteraient pas moins en place et les exemples de l’Afghanistan et de l’Irak sont là pour montrer que la domination par la force conduisant à l’élimination de bases territoriales ne fait nullement disparaître un tel mouvement mondial dont les bases profondes subsistent entièrement. Il paraît évident que jusqu’à l’intervention russe en Syrie, les frappes américaines n’avaient guère modifié la situation : si 6 000 militaires de l’EI avaient été tués, 22 000 nouvelles recrues avaient rejoint l’organisation, qui contrôlait plus de territoire (la moitié de la Syrie et le quart de l’Irak et trois capitales provinciales au lieu de deux) (18 ).

Il est difficile de mesurer le recrutement mondial de l’EI dans les engagements individuels. Ils semblent de quelques dizaines de milliers, ce qui est relativement faible. Mais il semble que dans les allées et venues des « combattants volontaires » on assiste à la fois à un renouvellement de ceux-ci et à des implantations dans leur pays d’origine de ces cellules dormantes. Comme a pu le dire le chercheur Olivier Roy, les jeunes qui rejoignent le « djihad » seraient pris dans un «  mouvement générationnel », marqué par une forme de nihilisme : « Dans les messages que certains laissent, ils disent : “J’avais une vie vide, sans but.” La vie telle qu’ils l’appréhendent dans leur famille “ne vaut pas d’être vécue”. Ma génération choisissait l’extrême gauche, eux le djihad, car c’est ce qu’il y a sur le marché. » Et il ajoute : « On ne veut pas voir que Daech est un produit de notre modernité » ; dans le même article du Monde, Samir Amghar, chercheur à l’université du Québec, estime qu’« on rejoint moins la Syrie pour combattre Assad que pour montrer qu’on est capable de partir. C’est une posture. Ces jeunes sont le produit d’une société occidentale où l’image est centrale et où il est difficile de vivre dans l’engagement. Même sans trop de talent, on peut devenir une vedette… (19) » Sur ce terrain les Etats sont particulièrement désarmés et doivent développer des moyens de contrôle étendus mais plutôt impuissants, qui à la fois grèvent les budgets nationaux et inquiètent les populations par l’ampleur des restrictions qui leur sont imposées. Vu sous cet angle, l’afflux des émigrés syriens pose d’autres problèmes dans les Etats déjà concernés par la « chasse aux terroristes ». Sans le vouloir comme tel, on peut dire que par les multiples conséquences mondiales de son action sur différents plans, l’EI entraîne une déstabilisation interne des Etats. Pour ne prendre que la France, les réactions récentes des policiers et des militaires rejoignent les mutations politiques et les problèmes financiers découlant de cette « guerre contre les terroristes ».

L’extension de l’EI hors de son aire géographique est particulièrement diversifiée et il est difficile de discerner la nature de cette relation entre la revendication occasionnelle, une alliance de circonstance et l’obédience totale. Des groupes actifs de l’EI existeraient aussi bien en Indonésie qu’en Egypte alors que les bras de la pieuvre englobent la Libye, la Turquie, le Liban, l’Arabie Saoudite, le Yémen, l’Afrique subsaharienne (notamment avec Boko Haram) (20), la Tchétchénie.

Tout cet ensemble apparemment hétéroclite procède pourtant d’une stratégie globale qui ne vise pas tant à défendre ou étendre son territoire qu’à porter le fer à l’extérieur pour répandre son influence, déstabiliser ses voisins et exporter la terreur. L’EI aurait une politique étrangère concertée avec un département planifiant les attaques extérieures. Comme le souligne un spécialiste britannique de l’antiterrorisme : « Nous verrons l’action de loups solitaires continuer – car ce modèle a réussi – mais je pense que nous aurons à l’avenir une menace plus diversifiée, avec des attaques directes plus structurées de la part de l’EI (21). » Ce qu’exprime d’une autre façon le général Desportes, déjà cité : « L’EI associe le meilleur de la symétrie et le pire de l’asymétrie, avec d’un côté l’affrontement conventionnel (les chars Abrams volés aux forces irakiennes, et de l’autre la plus haute sophistication de l’horreur (22 ). »

Face à cette expansion de l’EI et à ses conséquences, non seulement dans les rapports de forces internationaux mais aussi dans les politiques internes de chaque Etat, des actions collectives – des coalitions de plus en plus élargies – se précisent, dont l’effet direct pourrait s’avérer aussi illusoire que les interventions en Afghanistan ou en Irak, mais qui pourraient avoir aussi pour conséquence d’unir autour de l’EI les forces dispersées du « terrorisme » mondial. Etant donné que ces derniers temps tout évolue rapidement, modifiant les données de ce que nous venons d’exposer, nous renvoyons à un prochain article l’ensemble des mesures prises par le reste du monde pour endiguer ce qui ne sont que les conséquences des politiques antérieures de ces mêmes Etats.
H. S.



________________

NOTES

(1) Rappelons que Daech est l’acronyme arabe de l’Etat Islamique en Irak et au Levant – ISIS en anglais. Ou plus simplement Etat Islamique, EI, sigle que nous utiliserons ici. Le titre de cet article n’apparaît pas vraiment surfait alors que le roi de Jordanie qualifie la lutte contre l’EI de « troisième guerre mondiale, une guerre à l’intérieur de l’Islam » (au cours d’un entretien avec Obama à Washington, le 5 décembre 2014). Voir Le Piège Daech, L’Etat islamique ou le retour de l’Histoire, de Pierre-Jean Luizard (La Découverte, « Cahiers libres », février 2015). Rappelons que l’EI est issu d’un « comité consultatif des moudjahidines  [combattants] » auquel Al Qaida fut associé un moment, et qui se transforma en octobre 2006 en Etat Islamique d’Irak (EII) puis en 2013 Etat Islamique en Irak et au Levant (EI).

(2) « Syrie : la Jordanie va coordonner ses activités militaires avec la Russie », Le Figaro du 24 octobre 2015.

(3) « La guerre des deux islams », par Bernard Guetta, Libération du 31 mars 2015.

(4) C’est ce que développe Pierre-Jean Luizard et qu’il résume dans son titre Le Piège Daech (op. cit.). Le Financial Times décrit bien cette stratégie : FT  des 28 septembre et 15 octobre 2015).

(5) « Jihadis generate 500 millions de dollars from oil as US-led air strikes miss target » (La vente du pétrole rapporte 500 millions de dollars aux djihadistes alors que les frappes américaines manquent leur cible) (Financial Times du 15 octobre 2015).

(6) Sur les 193 Etats de l’ONU, une trentaine ont un PIB inférieur à 3 milliards de dollars (liste de la Banque mondiale [2013 ou 2014] exhaustive publiée par Wikipedia).

(7) Selon Le Monde du 21 septembre 2015, ce chiffre se monte à 136 millions de dollars par an. 6 % des importations de coton de Turquie viennent presque totalement (à 90 %) des territoires sous le contrôle de l’EI  de sorte que les tee-shirts importés en France de Turquie contribuent au financement de l’EI. Daech détient environ 60 % de la production pétrolière syrienne et moins de 10 % de la production irakienne. Les islamistes possèdent 20 à 30 puits de pétrole, en Irak et en Syrie (chiffres estimés par le Centre d’analyse du terrorisme, un think tank européen, ou par le consultant Jean-Charles Brisard, voir Challenges du 19 février et du 8 octobre 2015).

(Cool Le droit de passage pour les camions peut varier de 300 à 1 000 dollars suivant la nature de la cargaison. En 2012 on décomptait au moins 4 000 passages par jour sur le territoire occupé par l’EI.

(9) Challenges du 19 février 2015.

(10) A titre de comparaison, les différentes armées paieraient chaque combattant de 250 à 600 dollars (armée régulière syrienne), de 500 à 600 dollars (Al Nostra), voire 700 dollars (EI débutants). L’EI offrirait à ses combattants un logement pour leur famille. On ne peut vérifier si, comme certains articles l’affirment, une partie des combattants passeraient d’une armée à l’autre comme des mercenaires par intérêt financier plus que pour des raisons politiques ou religieuses. Difficile de savoir si et pourquoi l’EI aurait dû début 2015 réduire les salaires des combattants et l’utilisation du carburant (Financial Times du 28 février 2015).

(11) L’EI apprécie particulièrement les pick-up Toyota qui forment l’essentiel de sa flotte à des dizaines de milliers d’exemplaires et qu’il se procure partout dans le monde à travers un réseau complexe de relations et de corruption sans que les tentatives d’entraver leur renouvellement puissent être efficaces.

(12) Libération du 2 juin 2015 ; M6, émission « Capital  », 14 juin 2015.

(13) Financial Times du 21 mai 2015, Le Monde du 19 mai 2015.

(14) Les paiements de l’EI se font grâce au  Hawala, système financier apparaissant au VIIIe siècle dans des textes de droit musulman. L’argent transite grâce à des réseaux de change : une personne confie de l’argent à un agent qui se met en relation avec un autre agent proche du destinataire de la somme. C’est lui qui verse alors l’argent moyennant une commission. Le terme bitcoin désigne à la fois un système de paiement à travers le réseau Internet et l’unité de compte utilisée par ce système. Ce système n’utilise pas les monnaies traditionnelles. Son principe est de tenir à jour sur un très grand nombre de nœuds du réseau, un registre à la fois public et censément infalsifiable de toutes les transactions exprimées en unité de compte bitcoin. Les transactions sont validées par les signatures cryptographiques correspondantes. Les bitcoins figurant dans les transactions dont un compte est bénéficiaire, peuvent être réutilisés par le titulaire de ce compte dans des transactions dont il sera l’émetteur.

(15) Libération du 2 juin 2015, M6, « Capital »,14 juin 2015.

(16) Les cartes indiquant les territoires occupés par l’EI en Syrie et en Irak ne représentent pas en général une entité territoriale mais une sorte de patchwork de zones plus étendues reliées par des couloirs qui correspondant aux vallées. On ne sait trop si une telle présentation est intentionnelle pour démontrer que le territoire de l’EI n’est pas un territoire continu et ne forme pas un Etat.

dans l'original, des annexes...


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Mer 9 Mar - 10:27

déplacé hors-sujet

en hommage à Sakine Cansiz et à la lutte révolutionnaire militante et militaire des femmes kurdes libres au Kandil

KURDISTAN, LA GUERRE DES FILLES

Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Mer 6 Juil - 19:49


une fois n'est pas coutume pour les articles du WSWS, même la chute, privée du credo sur le grand parti à construire, n'est pas à côté de la plaque

ce texte en recoupe d'autres plus haut, sur les relations UE-Brexit-OTAN. Pour ma part j'ai un peu de mal à retrouver mes petits entre les nouvelles perspectives de l'Angleterre en Chine-Asie et une alliance renforcée (sic) avec les États-Unis. J'ai dû rater une marche, à moins que toutes ces conjectures ne manquent encore de temps pour mariner ?

quoi qu'il en soit, les maîtres du monde ont toutes les bonnes raisons (les leurs) et les mauvaises (pour le prolétariat) de vouloir la guerre. L'Europe n'a jamais porté la paix qu'en Europe, ma conviction est qu'elle peut aussi importer la guerre


Le "Brexit" et le retour du militarisme européen

Johannes Stern WSWS 6 juillet 2016

L’Union européenne a réagi au vote en faveur d'une sortie de l’UE en Grande-Bretagne et à l’intensification de la crise politique et économique en Europe qui l’a suivi en appelant à la militarisation du continent et au renforcement de ses forces de sécurité. Depuis l’annonce des résultats il y a dix jours, un certain nombre de documents de principe ont été publiés qui prônent la transformation de l’UE en une alliance militaire dotée de pouvoirs accrus de répression interne.

Citation :
Au premier sommet de l’UE sans participation britannique tenu mercredi dernier à Bruxelles, les 27 chefs de gouvernement restants ont adopté un texte rédigé par la chef de la politique étrangère de l'UE, Federica Mogherini, intitulé « Stratégie globale pour la politique étrangère et de sécurité de l'UE ». L’argument central du document est que l’UE doit devenir une puissance mondiale agressive capable d’intervenir militairement et si nécessaire de mener des guerres indépendamment de l’OTAN et des Etats-Unis.

Le document sur la nouvelle stratégie globale reconnaît le rôle joué par l’OTAN pour protéger les Etats-Unis des attaques ennemies. Il déclare néanmoins que l’Europe « doit être mieux équipée, mieux entraînée et mieux organisée afin de contribuer de manière décisive à de tels efforts collectifs et d’agir en toute autonomie le cas échéant. »

Il donne un aperçu des mesures préparées dans le dos de la population européenne. Les capacités militaires doivent être améliorées dans « un effort concerté et coopératif ». On signale le fait que cela exigera une nouvelle allocation de ressources dans la phrase « Le développement et le maintien des capacités de défense requièrent à la fois des investissement et l’optimisation de l’utilisation de ressources grâce à une plus grande coopération. »

Le texte montre clairement qu’il n’y a aucune limite géographique au rayon d’action potentiel d’une force militaire de l’UE. Celle-ci se réserve le droit d’intervenir non seulement dans les régions avoisinantes comme l’Afrique du Nord, le Moyen-Orient et l’Europe de l’Est, mais sur toute la planète.

Les intérêts déclarés de l’UE comprennent « la garantie et la sécurisation des mers et des routes maritimes indispensables au commerce et à l’accès des ressources naturelles. » A cette fin, « l’UE contribuera à la sécurité maritime mondiale, s'appuyant sur sa propre expérience dans l’Océan indien et en Méditerranée et explorant les possibilités dans le Golfe de Guinée, la Mer de Chine du Sud et le Détroit de Malacca. »

Le développement du militarisme européen est avant tout le fait de Berlin. Dans une déclaration officielle publiée ces derniers jours, le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a expressément remercié Mogherini « pour son engagement et sa vision dans l’élaboration de la ‘Stratégie globale’ ». Il était heureux d’y trouver « des éléments clés de la politique de paix allemande. »

L'idée maîtresse de la « politique de paix » de Steinmeier – plus précisément la politique de guerre – est bien connue. Aux côtés du président Joachim Gauck, il avait joué un rôle de premier plan dans la campagne en faveur du réarmement allemand. En 2014, à la Conférence de Munich sur la sécurité, il avait déclaré que l’Allemagne était « trop grande et trop importante » pour se contenter de « commenter la politique mondiale en simple spectatrice » et ajouté qu’elle devait être « prête à s’engager sur les questions de politique étrangère et de sécurité [c’est-à-dire militaire] plus rapidement, plus décisivement, et plus fortement. »

Cette année, le 13 juin, il a publié un article dans le magazine américain Foreign Affairs intitulé « Le nouveau rôle mondial de l’Allemagne » dans lequel il disait non seulement que l’Allemagne était une « importante puissance européenne », mais remettait également en cause le rôle dominant des Etats-Unis.

Le ministère des Affaires étrangère de Berlin se sert à présent du référendum sur le Brexit pour promouvoir les objectifs de grande puissance de l’Allemagne. Dans un article intitulé « Une Europe forte dans un monde incertain », publié par Steinmeier et son homologue français Jean-Marc Ayrault, le week-end dernier, la sortie britannique de l’UE est saluée comme l'occasion de « concentrer nos efforts communs et tenir nos engagements sur les défis qui ne peuvent être relevés que par des réponses européennes. »

Le vote du Brexit et les toutes récentes initiatives allemandes ont alarmé les hauts responsables de l’impérialisme américain. Vendredi dernier, Robert D. Kaplan, un membre influent de l’establishment américain de politique étrangère et architecte de l’invasion de l’Irak en 2003 a averti, dans une rubrique du Wall Street Journal, que « Le retour du chaos géopolitique ressemble à certains égards aux années 1930. »

Dans l'article, qui porte le titre « Comment déranger la célébration du Brexit par Poutine, » il affirme, « (…) le Brexit a mis en péril un objectif clé de la géopolitique britannique qui remonte à des centaines d’années: empêcher qu’une quelconque puissance ne domine le continent. Et pourtant l’Allemagne a actuellement le pouvoir de faire précisément cela. »

Kaplan considère que l’alliance d’après la seconde guerre mondiale entre les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Allemagne est menacée. « L’Allemagne et la Grande-Bretagne ont certes dernièrement été alliées, » écrit-il, et « une longue liste de chanceliers allemands, depuis Konrad Adenauer, ont soutenu l’Atlantisme et la reconnaissance de la responsabilité toute particulière de l’Allemagne pour la paix et la stabilité européennes. De futurs chanceliers risquent de ne pas le faire. »

L'Allemagne, a-t-il averti, « pourrait conclure un accord séparé avec la Russie ou se replier sur soi et un nationalisme populiste… »

La préoccupation immédiate de Kaplan est que le Brexit ne sape les préparatifs américains pour une guerre avec la Russie. « Plus l’Europe se fracturera, » s'inquiète-t-il, « moins la volonté existera d’invoquer l’Article 5 de l’OTAN qui déclare qu’une attaque contre un des membres est une attaque contre tous. » Sa proposition de contre-stratégie: « La Grande-Bretagne devrait revigorer son alliance avec l'Amérique. En agissant ensemble, les deux pays sont encore en mesure de projeter leur pouvoir sur le continent européen, jusqu’aux portes de la Russie. »

Personne ne devrait sous-estimer la signification historique et politique de telles déclarations. Cent ans après le bain de sang de la bataille de la Somme et 75 ans après le lancement par l’Allemagne de la guerre d’anéantissement contre l’Union soviétique, les contradictions du capitalisme surgissent de nouveau, menaçant de déclencher une nouvelle guerre mondiale entre grandes puissances, qui éclipserait toutes les horreurs de la Première et de la Seconde Guerre mondiale.

La classe ouvrière doit mettre en avant sa propre stratégie pour contrer les efforts entrepris par les puissances impérialistes pour essayer de sauver l’ordre capitaliste par la guerre. Comme l’a souligné le Comité International de la Quatrième Internationale dans sa déclaration « Le socialisme et la lutte contre la guerre » : la stratégie anti-guerre de la classe ouvrière doit être développée « comme la négation de la géopolitique impérialiste des Etats-nations, » en se basant sur sa stratégie de l’unification et de la mobilisation de ses forces sur le plan international afin de résoudre la « crise mondiale par la révolution sociale. »

(Article original paru le 5 juillet 2016)


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Mar 23 Aoû - 11:01


pacifisme : pas s'y fier

Les choses sérieuses se passent dans le Pacifique

Titre original : « Alors que Pékin et Manille négocient, Washington cherche les noises »

Par Pepe Escobar. via les7duQuébec Texte reçu par courrier électronique. 20.08.2016


Des officiers de la Marine chinoise attendent à quai alors qu’un navire de guerre chinois escorte l’arrivée de Curtis Wilbur,
un destroyer lance-missiles américain, entrant au port de Qingdao, à l’est de la province du Shandong en Chine


Aussi mécontents que les Etats-Unis puissent être, le fait est que Pékin et Manille mènent des pourparlers diplomatiques sur la situation en mer de Chine méridionale. L’analyste Pepe Escobar fait le point sur la situation.

Pepe Escobar est un analyste indépendant en géopolitique. Il a été reporter pour le compte d’Asia Times Online.

Citation :
Il est trop tôt pour sabler le champagne, mais en effet, l’envoyé spécial des Philippines, l’ex-président Fidel Ramos est allé à Hong-Kong au nom du président  Rodrigo Duterte pour négocier avec Fu Ying, présidente du Comité des affaires étrangères du Congrès populaire national. Ramos a assuré publiquement que Manille était favorable à l’ouverture de pourparlers officiels.

La première partie porte sur l’industrie de la pêche. Pékin et Manille sont peut-être déjà en train d’ouvrir le très disputé récif de Scarborough, qui se trouve dans ce que Manille appelle la mer occidentale des Philippines, aux pécheurs chinois et philippins, dans le but d’y développer en commun la pisciculture.

Wu Shicun, président de l’Institut national d’études de la mer de Chine méridionale, a indiqué que la visite de Ramos à Hong-Kong, n’était qu’un début. Il ne fait aucun doute qu’il ira ensuite à Pékin pour négocier avec des personnages haut placés, ouvrant la voie à une visite officielle de Rodrigo Duterte.

Le Pentagone est absolument terrifié par l’incessante progression de l’A2/AD chinois

Donc, pour l’instant, tous mènent une politique où tout le monde est gagnant, d’une façon tout à fait asiatique, sauvegardant la réputation [des uns et des autres]. Cependant, en parallèle, il y a eu des spéculations, selon lesquelles Pékin aurait identifié une fenêtre d’opportunité unique entre le sommet du G20 qui se tiendra le mois prochain à Hangzhou et les élections présidentielles américaines qui auront lieu au début du mois de novembre pour développer plus de projets maritimes, c’est-à-dire des projets additionnels d’assèchement et de construction d’installations navales.

Nous sommes venus, nous avons vu, nous avons coulé ?

Du côté chinois, l’objectif à long terme est clair. Le récif de Scarborough est une pièce particulière d’importance dans un contexte plus large. Il est inévitable que les Chinois y construiront une piste d’atterrissage parce qu’elle étendrait la portée de la force aérienne chinoise de plus d’un millier de kilomètres et lui donnerait la possibilité d’agir à partir de Luçon, porte d’entrée du Pacifique occidental.

Ayant construit une piste d’atterrissage sur le récif de Scarborough et un système d’alerte rapide sur le banc Macclesfield, à l’est des îles Paracels, Pékin sera finalement en mesure de «voir» toutes les actions amicales ou, la plupart du temps, inamicales de l’énorme base navale américaine de Guam.

Comme je l’ai indiqué précédemment dans mes analyses, y compris pour RT, le fond du problème en mer de Chine méridionale, ce n’est pas la souveraineté sur un groupe d’îles (ou de «rochers», selon la conclusion récente de la Cour à la Haye), c’est «l’accès» du Pentagone et de la marine des Etats-Unis, ou plutôt le déni d’accès et l’interdiction de zone – la stratégie A2/AD, comme on l’appelle au Pentagone.

De manière prévisible, un blocus naval de la Chine est dans les options

Le Pentagone est absolument terrifié par l’incessante progression de l’A2/AD chinois, dont font partie le missile DF-16, qui a une portée d’un millier de kilomètres, le bombardier nucléaire Xian H-6, les systèmes sol-air HQ-12 et le missile nucléaire à portée de trois mille kilomètres DF-21 qu’on appelle le «tueur de porte-avions». Imaginez-vous des brillants porte-avions représentant des milliards de dollars, avec à bord six mille soldats et marins, comme cibles faciles.

Le réaction du complexe militaro-industriel, de la surveillance, etc., était prévisible : prévoir une guerre. Tout est là, dans le rapport de la RAND Corporation, un mélange de recommandation politique, de douce illusion et de bellicisme à peine voilé.

Tout ça ne sent pas très bon. Du moins, le rapport convient que les efforts chinois concernant l’A2/AD créent de nouvelles règles de jeu. Oubliez «la victoire» si le bellicisme néoconservateur et  néolibéral prend le dessus : «En raison de l’A2/AD chinois, il serait de plus en plus difficile pour les Etats-Unis d’assurer une domination militaire et opérationnelle et de gagner une guerre, même  de longue durée.»

On ne peut pas écarter le fait que si Hillary «reine de guerre» Clinton est élue en novembre prochain et règne comme si elle faisait partie des trois Harpies, sa fenêtre d’opportunité pour commencer une guerre contre la Chine ne va s’étendre que jusqu’à la fin de la décennie ; selon la RAND, «l’écart des pertes diminuera à mesure que l’A2 /AD chinois s’améliorera. En 2025, les pertes des Etats-Unis pourraient passer d’importantes à élevées». Et c’est la Mère de tous les Sous-entendus.

La RAND recommande à Washington de «réduire l’impact de l’A2/AD chinois en investissant dans le développement de forces plus viables (par exemple, des sous-marins) et en moyens anti-A2/AD (par exemple, des missiles)». Il est un peu tard ; c’est exactement ce que les Chinois font depuis des années.

L’administration du canard boiteux Obama a signalé que la base navale chinoise sur le récif de Scarborough était une ligne rouge

De manière prévisible, un blocus naval de la Chine est dans les options : «Les leaders américains doivent élaborer des options de déni d’accès aux produits et aux technologies de guerre essentiels dans le cas d’une guerre.» C’est que la logique de la complexe politique énergétique de la Chine revient à investir dans toutes les sources d’énergie possibles pour contourner le détroit de Malacca.

Et de manière tout aussi prévisible, même avant que la guerre n’éclate, on pourrait s’attendre à ce que les Etats-Unis se livrent à diverses manœuvres risquées impliquant le Japon : «L’armée américaine doit […] encourager et autoriser ses partenaires d’Asie du Sud-Est pour qu’ils mettent en place une solide défense et améliorent l’interopérabilité avec les partenaires [le Japon, en premier lieu].»

Le rapport de la RAND n’est qu’une preuve de ce que le leadership chinois tenait déjà pour acquis, même avant que n’ait lieu le pivot vers l’Asie annoncé par Clinton ; l’Empire du Chaos, désespéré, commencera une guerre en tout cas.

L’administration du canard boiteux Obama a signalé que la base navale chinoise sur le récif de Scarborough était une ligne rouge. Mais ne vous y trompez pas, on franchira cette ligne rouge. Avant ou après le 8 novembre. C’est à vous, la reine de guerre ! Nous sommes venus, nous avons vu, nous avons coulé ?


Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6251
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Dim 4 Sep - 14:31


Citation :
Le ministre indien de la Défense Manohar Parrikar et son homologue américain, Ashton Carter, ont annoncé lundi qu’ils ont signé un accord qui donne accès systématique aux avions et aux navires de guerre des États-Unis et à leur personnel aux bases militaires indiennes pour le ravitaillement, les réparations et le repos. Le Protocole d’accord Inde-États-Unis d’échange de logistique (Lemoa) permet également au Pentagone de « stocker à l’avance » du matériel sur des bases indiennes.

Avec la signature du Lemoa, l’Inde a fait un grand pas pour devenir un état « de première ligne » dans la poussée de l’impérialisme américain pour isoler et encercler stratégiquement, et se préparer à la guerre avec, la Chine.

Cela se fait entièrement dans le dos du peuple indien. Alors que divers militaires et géostratèges indiens gloussent sur la supposée influence que l’Inde gagnera grâce à son alliance avec Washington, le Lemoa est présenté publiquement comme largement bénin. Les médias indiens insistent sur le fait que le Lemoa est un accord de réciprocité qui prévoit également que l’armée de l’Inde peut utiliser les bases américaines, peu importe le fait que la différence entre la portée mondiale des États-Unis et des forces armées indiennes est incommensurable.

De même, les responsables indiens et américains minimisent la possibilité que le Lemoa ait comme conséquence que des troupes américaines soient les premières troupes étrangères à être stationnées en Inde depuis l’indépendance. Cependant, sans aucun doute, le Pentagone vise à utiliser cet accord au maximum et, dans la mesure où il le fera, il aura besoin de troupes américaines pré-déployées pour protéger et entretenir ses avions et navires de guerre.

Washington monte depuis les premières années de ce siècle une campagne déterminée pour lier l’Inde à son projet stratégique prédateur. Le gouvernement Bush a commencé à faire pression pour que l’Inde conclue un accord type Lemoa peu après que les deux pays ont annoncé en 2005 qu’ils avaient forgé un « partenariat stratégique global ». Si le gouvernement dirigé par le Parti du Congrès, qui a gouverné l’Inde jusqu’en mai 2014, a beaucoup élargi la coopération stratégique militaire avec les États-Unis, il rechignait au Lemoa de peur qu’il ne porte atteinte à « l’autonomie stratégique » de l’Inde, c’est-à-dire, à sa tentative de faire l’équilibre entre les États-Unis, la Chine, la Russie et les autres grandes puissances et de faire de l’Inde un allié subordonné mais non avoué des États-Unis.

Bien que l’Inde soit un pays désespérément pauvre de pratiquement tout point de vue, les stratèges de l’impérialisme américain la considèrent comme un grand « prix » géopolitique. Elle fournit un lieu idéal pour projeter leur puissance à travers l’Asie de l’Est, du Sud et centrale, le Moyen-Orient, et une grande partie de l’Afrique, et elle domine l’océan Indien, l’artère économique la plus important du monde. L’armée de l’Inde dotée de l’arme nucléaire dispose d’un budget similaire à celui de la France.

Soulignant les objectifs stratégiques des États-Unis, Carter a déclaré à la conférence de presse conjointe qu’il a tenu avec Parrikar à Washington lundi que la signature du Lemoa va « rendre la logistique des opérations conjointes beaucoup plus faciles et beaucoup plus efficaces ». Le Pentagone tient à étendre ses liens militaires avec l’Inde, les transformant de multiples exercices conjoints en des opérations conjointes « réelles », et calcule que l’accord de soutien logistique facilitera grandement ce processus. En mars, le chef de l’US Pacific Command, l’amiral Harry B. Harris, a évoqué publiquement la possibilité de patrouilles conjointes indo-américaines à travers l’océan Indien et le Pacifique, y compris en mer de Chine du Sud.

Ayant obtenu de l’Inde qu’elle donne accès à l’armée américaine et à ses bases et ses ports, Washington va maintenant faire pression sur New Delhi pour qu’il signe deux autres accords que le Pentagone juge « fondamentaux » quand il est en « partenariat » avec une autre armée. Ce sont le Protocole d’accord de sécurité des communications et de l’information (CISMOA), pour des communications sécurisées et interopérables dans des exercices et des opérations conjointes, et l’Accord d’échange et de coopération de base pour le renseignement géospatial (BECA), qui prévoit l’échange de données topographiques, nautiques et aérospatiales. Les deux accords imposeraient à l’armée de l’Inde au moins l’adoption partielle de systèmes de communication sécurisés conçus et contrôlés par les États-Unis.

Les efforts des États-Unis pour faire monter les tensions dans la mer de Chine méridionale, en incitant les voisins de la Chine à insister sur leurs revendications maritimes à l’encontre de Pékin et en effectuant des opérations navales et aériennes provocatrices sous prétexte de défendre « la liberté de navigation et de survol » dans la région sont un élément clé de leur « Pivot vers l’Asie » qui cible la Chine. Depuis janvier 2015, le gouvernement indien dirigé par le Parti Bharatiya Janata (BJP) a à plusieurs reprises répété servilement la ligne de Washington en ce qui concerne le différend en mer de Chine méridionale. Lors de la conférence de presse commune lundi, Parrikar a de nouveau aligné l’Inde sur les États-Unis, en déclarant que « l’Inde et les États-Unis ont un intérêt commun au sujet de la liberté de navigation et de survol et du commerce sans entrave dans le cadre d’un ordre fondé sur des règles dans l’Indo-Pacifique ».

Dirigé par Narenda Modi, son soi-disant « homme fort » et ultra-communautariste, le gouvernement BJP a intégré l’Inde de plus en plus profondément dans le « Pivot » américain en calculant que cela permettra plus facilement à New Delhi de réaliser ses propres ambitions de grande puissance, y compris sa volonté de s’affirmer comme hégémonie régional de l’Asie du Sud. En plus d’élargir la coopération militaire et stratégique avec les États-Unis, l’Inde a augmenté de façon spectaculaire les relations bilatérales et trilatérales avec les alliés de Washington les plus importants de l’Asie-Pacifique, le Japon et l’Australie. En septembre dernier, les ministres des Affaires étrangères des États-Unis, du Japon et de l’Inde ont lancé un dialogue « trilatéral », et cet été les marines américaines, indiennes et japonaises ont organisé le premier de ce qui va être des exercices conjoints trilatéraux annuels dans une zone proche des îles contestées de Senkaku (ou Diaoyu) et de la mer de Chine méridionale.

Le gouvernement indien a également souligné qu’il considère les États-Unis comme son partenaire international le plus important en augmentant considérablement sa collaboration avec Washington. La réunion de Parrikar avec Carter était la sixième depuis qu’il est devenu ministre de la Défense en novembre 2014. À présent, le ministre des affaires étrangères américain John Kerry et le secrétaire au Commerce Penny Pritzker sont à New Delhi pour rejoindre leurs homologues indiens, Sushma Swaraj et Nirmala Sitharaman, pour le « Dialogue indo-américain stratégique et commercial ». Le ministre de l’Intérieur indien Rajnath Singh se rendra à Washington en septembre pour le « Dialogue indo-américain sur la sécurité intérieure. »

En faisant la cour à l’Inde pour qu’elle accepte le calice empoisonné d’une alliance avec la puissance impérialiste la plus rapace du monde, les États-Unis ont inondé l’Inde de concessions stratégiques. Celles-ci comprennent la proposition de vendre, et dans certains cas de développer et produire en commun, des armements de pointe, un soutien aux ambitions de l’Inde à devenir une puissance de l’Océan Indien, et aider l’Inde à développer les liens économiques et de sécurité en Asie du Sud et en Afrique. Lors de la visite de Modi à Washington en juin dernier, le gouvernement Obama a annoncé qu’il a désigné l’Inde comme « partenaire majeur de la Défense » en lui donnant le droit d’acheter les armes les plus avancées que le Pentagone autorise à la vente aux alliés des Américains. Lors de la conférence de presse lundi, Carter a insisté pour dire que la signature de l’accord sur la logistique va faciliter le transfert de technologies militaires de pointe à l’Inde.

Signe de l’étendue des liens militaires et stratégiques indo-américains, le Pentagone mène désormais plus d’exercices militaires avec l’Inde que tout autre allié des États-Unis. Le mois prochain, les armées des États-Unis et de l’Inde vont réaliser leur douzième exercice annuel, cette fois dans l’Uttarakhand, un État montagneux dans le nord de l’Inde qui se trouve à proximité de la Chine. Dans une interview avec la Voix de l’Amérique, le lieutenant-général Stephen Lanza, commandant du 1er Corps de l’armée américaine, se vantait « Non seulement on s’entraîne ensemble {…] nous sommes complètement intégrés avec l’armée indienne travaillant étroitement jusqu’au niveau du peloton ».

Le partenariat stratégique militaire toujours plus vaste de l’Inde avec les États-Unis a des implications incendiaires inquiétantes pour l’Asie et le monde. Forbes a exulté devant le succès des États-Unis à recruter un nouveau satrape, déclarant : « Au lieu d’avoir à construire des installations [militaires] de A à Z, comme en Afghanistan et en Irak, les États-Unis ont l’avantage d’arrangements simples pour les formidables installations indiennes. »

Les plus immédiatement menacés sont les voisins de l’Inde, la Chine et le Pakistan. Islamabad avertit depuis des années que le soutien américain à l’Inde, y compris le renforcement par Washington du programme nucléaire stratégique de l’Inde sous l’Accord du nucléaire civil indo-américain de 2008, a inversé l’équilibre du pouvoir entre ces États rivaux dotés d’armes nucléaires d’Asie du Sud. Modi, par le biais de son inclinaison de plus en plus prononcée en direction de Washington, a accru la pression sur le Pakistan. Son gouvernement a chargé les commandants des frontières d’assumer une position plus agressive dans les échanges de tirs transfrontaliers, et refuse toute discussion de haut niveau avec le Pakistan jusqu’à ce qu’il accepte clairement la prédominance indienne, et crée actuellement un contentieux dans les relations indo-pakistanaises au sujet du Baloutchistan qui est en proie à une insurrection.

Au grand dam du gouvernement Modi, le gouvernement Obama n’a pas donné un chèque en blanc à l’Inde dans ses relations avec le Pakistan, son allié militaire traditionnel en Asie du Sud et le pivot logistique de son occupation de l’Afghanistan. Cependant, les relations entre Washington et Islamabad sont de plus en plus hargneuses, puisque le Pakistan a répondu à l’alliance indo-américaine en pleine expansion en renforçant sa propre coopération stratégique avec la Chine. L’Inde publiquement, et les États-Unis en privé, sont tout deux exaspérés par le plan de Pékin d’investir 46 milliards de dollars dans la construction d’un corridor économique à travers le Pakistan qui reliera l’ouest de la Chine avec Gwadar, ville portuaire pakistanaise de la province du Baloutchistan, en mer d’Arabie. Le Corridor économique Chine-Pakistan permettrait à Pékin de contrer partiellement la stratégie américaine d’imposer un blocus économique sur la Chine en saisissant les « goulots d’étranglement » de l’Océan Indien et cd la mer de Chine méridionale dans l’éventualité d’une guerre ou d’une crise.

Mais le Lemoa et l’intégration de l’Inde dans le projet stratégique des États-Unis ont également des implications majeures pour la Russie, qui, comme la Chine, est la cible d’une offensive stratégique concertée des États-Unis, impliquant des provocations, des menaces et des préparatifs de guerre à grande échelle, incluant l’utilisation d’armes nucléaires.

Les proches liens militaires et stratégiques de l’Inde avec Moscou remontent à la guerre froide. Cependant, les États-Unis ont dépassé la Russie comme principal fournisseur militaire de l’Inde et les armées indienne et américaine sont, comme en témoigne le Lemoa, de plus en plus intégrées. Le virage stratégique de Washington vers New Delhi a été impulsé par sa détermination à contrecarrer la montée de la Chine. Mais il n’y a pas de doute que, au moins depuis 2014, quand l’Inde n’accepta pas la désignation par les États-unis de la Russie comme « l’agresseur » en Ukraine, un objectif clé de la politique de Washington à l’égard de l’Inde a été d’affaiblir et finalement briser l’alliance stratégique de New Delhi avec Moscou.

(Article paru en anglais le 31 août 2016)


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
 
une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 3 sur 3Aller à la page : Précédent  1, 2, 3
 Sujets similaires
-
» Documents sur la 1e guerre mondiale 14-18
» Poilu, surnom donné aux soldats français pendant la Première Guerre mondiale.
» Les héros maritimes français de la première guerre mondiale
» Au début de la Première Guerre mondiale, l'aérostation française est très limitée
» La meilleure photo d'action de la Seconde Guerre Mondiale

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION :: ENTRÉES THÉMATIQUES : CAPITALISME, MONDE, COLONIALITÉS... LUTTES :: ÉTAT, POLICE et ARMÉE, GUERRES, PRISONS, MÉDIAS, DOMINATIONS...-
Sauter vers: