PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

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 une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?

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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Dim 16 Aoû - 12:10

quand on lit Spoutnik, agence de presse russe dont la version française est récente, un apriori est de penser que ses informations sont moins fiables que celles de la presse occidentale ou française. On n'opposera pas le souci de vérité de l'une et de l'autre. Contentons nous de constater qu'elle ne mettent pas en avant les mêmes informations, et d'une façon ou d'une autre, les mêmes réalités

ici, c'est la nouvelle ligne Maginot de l'aviation française...


vert de peur ?

Armée de l'air française: la moitié des avions cloués au sol

Sputnik a écrit:
D'après un rapport publié par le ministère de la Défense, seuls 40% de ses appareils militaires et civils sont disponibles immédiatement.

Le 13 janvier 2015, le député François Cornut-Gentille a interrogé le ministre de la Défense sur la disponibilité des aéronefs de l'armée de l'air française. La réponse n'est arrivée que six mois plus tard.

Selon le quotidien Libération qui cite le document, sur les 15 modèles (hors drones) que possède l'armée de l'air française, seuls deux, dont un petit jet et un avion de transport, avaient plus de la moitié de leurs appareils disponibles au 31 décembre 2014. En ce qui concerne les autres modèles, les remises en état clouent au sol une grande majorité de la flotte.

«Soldats du futur» français

France: cinq milliards d'euros pour moderniser l'armée 5décembre 2014

France: cinq milliards d'euros pour moderniser l'armée (médias)
Ainsi, plus de 52% des 93 chasseurs Rafale des forces aériennes françaises ne sont pas en état de voler. La disponibilité des chasseurs Mirage est quant à elle comprise entre 38% et 41%, selon les modèles.

L'armée de l'air ayant refusé de fournir les chiffres pour plusieurs de ses modèles, l'état de la flotte de Mirage chargée de la dissuasion nucléaire reste inconnu, indique le quotidien.

Toujours d'après Libération, certains avions que possède l'armée de l'air ont été achetés "alors que le général De Gaulle était président de la République". Avec un âge moyen de 51,6 ans, les Boeing KC 135, 14 avions ravitailleurs, sont aujourd'hui les plus vieux.


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MessageSujet: une 'TROISIÈME GUERRE MONDIALE"   Mer 19 Aoû - 21:45

un article intéressant de notre "membre" Segesta sur son blog Mediapart, les commentaires aussi

Manœuvres militaires en Europe : un jeu dans le conflit entre Otan et Russie ? - par Fabrizio Poggi 13 août 2015 | Par Segesta3756

à force de nous entendre dire, par une certaine post-ultragauche, que nous serions des anti-américains primaires au nom d'un anti-impérialisme et d'un anti-colonialisme désuets, nous ne serions plus que des complotistes

mais bon, il faut quand même regarder les choses, les morts accumulés depuis 1945 sous bombes américaines et autres coups d'États fomentés via la CIA par l'«État profond» américain et ses alliés dont la France de Sarlozy-Hollande, et se rendre compte que ces scrupules ultra-gauchistes ne font que reprendre la propagande néo-cons' et ultra-sioniste : c'est comme ça, ils ont choisi leur camp et son merdier idéologique bien français : pour des mondialismes universels, ça se pose là

à part ça, il me faudra scinder ce sujet sur les guerre pour davantage de clarté sur ce qui vient...
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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Jeu 20 Aoû - 16:44





2002

2012
bernard.GILLIER a écrit:
L’ouvrage de M. DU PLESSIS, journaliste , publié en 2002, donc voici 10 ans, précise en particulier :

« La crise économique de 1929 porta Hitler au pouvoir. Celle de 2002-2003 , combinée à l’attaque américaine sur l’IRAK, fera tomber les appareils d’état arabo-musulmans sous la coupe des intégristes islamiques, par le vote ou la révolution . Les réseaux intégristes sont fins prêts  »

DU PLESSIS a-t-il eu un sentiment prémonitoire. Non, ce fin géopoliticien a, dix ans plus tard, eu la confirmation de son analyse. Comme d’autres d’ailleurs qui ne sombrent pas dans l’angélisme politique de nos dirigeants.

A l’exemple de l’historien Max GALLO , qui  vient de nous rappeler dans une de ses chroniques,[2] qu’un conflit mondial sera peut-être l’aboutissement de cette période cahotique que nous traversons depuis une vingtaine d’années .

Max GALLO et DU PLESSIS conjuguent trois dimensions qui concourent à ce début ou (future) guerre mondiale : politique, économique, sociale .

Sans être un économiste , politicien ou sociologue , ni sorti de Sciences Po ou de l’Ena, je vois par la connaissance des simples évènements médiatiques que nos gouvernants ne semblent pas , ou feignent de ne pas savoir, l’ampleur du désastre à venir , comme le gouvernement Daladier avant Munich . Nous avons, simple citoyen,  l’avantage de ne pas être enfumé.

Les Français ne sont-ils que des veaux bons qu’à se vautrer sur les plages , pour ignorer ce qui leur pend au bout du nez ? En tout cas la majorité d’entre eux jouent l’autruche. "Tout le monde il est beau , tout le monde il est gentil" et la vie est belle.

ECONOMIE

Nous savons tous que la crise économique  n’est pas superficielle. Il n’y a que les fonctionnaires et les malfrats pour l’ignorer. Elle est aussi profonde que celle de 1929 . Elle a des racines autrement plus pernicieuses que celles des subprimes , qui n’est que la partie visible de l’iceberg . Tout le système financier mondial est vicié et ne survit que par des artifices.

Nos pays voisins comme la Grèce, l’Italie, l’Espagne, le Portugal le savent bien. La France le découvrira bientôt. La totalité de l’Europe ensuite. Et le système financier mondial enfin qui s’écroulera d’un bloc .

POLITIQUE

La situation politique dans le monde est à l’avenant. La fixation se fait actuellement en Syrie dernier rempart au Moyen-orient contre les Islamistes . Mais le mal est plus profond . Le Hezbollah s’est associé avec l’Iran , pour créer une nouvelle direction du pays, ce qui permettra d’encercler Israel. Le conflit s’étend au Liban. Israel se prépare à la guerre, en positionnant tout son arsenal militaire .

Lorsque la guerre embrasera tout le Moyen-Orient, les Etats-Unis , la Russie , voire la France , La Grande-Bretagne et  la Chine indirectement, interviendront .

Ensuite cela permettra de justifier le règlement de conflits locaux au bout du monde .

Pendant ce temps les arabes installés dans les pays occidentaux se soulèveront pour soutenir les actions de leurs coreligionnaires du Moyen-Orient en s’attaquant aux systèmes politiques en place : L’Angleterre, la France, L’Allemagne, l’Italie, l’Espagne deviendront des foyers insurrectionnels dus à l’importance des immigrés installées dans ces pays .

Les Islamistes prennent actuellement le pouvoir en Tunisie, Libye, Egypte. Le Mali et la Somalie sont au bord de la rupture. Le Soudan du Nord et La Mauritanie sont sous pression, quand au Nigéria musulman, il martyrise les chrétiens et le Kenya , à majorité chrétienne , se prépare à une guerre de religion contre les islamistes .

Le Pakistan islamique qui soutient les Talibans malgré les Américains, attend la moindre occasion pour reprendre son influence en Afghanistan. Ils attendent impatiemment de reprendre également leur action au Cachemire, et les islamistes se manifestent en Inde.

Bref, la contagion s’amplifie pour un jour exploser. Le point de fixation situé en Syrie est un tournant dans la situation géopolitique mondiale. C’est le dernier verrou à faire sauter par les extrémistes de tout bord pour maitriser tout le Moyen-Orient.

SOCIAL

De la crise économique, il en découle un phénomène ou les minorités ethniques, subissent de plein fouet la perte de leur pouvoir d’achat et la montée exponentielle du chômage . Les trafics en tout genre (drogue, armes de guerre, prostitution, etc..) fleurissent et les clans et les mafias déstructurent les sociétés fragiles. Les démocraties sont ainsi affaiblies et deviennent des monstres d’inertie et d'inéquité,  prêtes à sombrer.

Quelques millions d’individus naissent chaque jour dans le monde , qu’il faudra nourrir avec des ressources naturelles qui ,elles , diminuent.

Comment DU PLESSIS résume son ouvrage en 2002 ?

DU PLESSIS a écrit:
« Né dans le chaudron incandescent des civilisations, le processus infernal de la troisième Guerre Mondiale suit rapidement son cours. Rien ni personne ne pourra l’arrêter. Les boutefeux sont les intégristes islamiques, engagés dans une irrésistible ascension vers le pouvoir en terre d’Islam. Ascension accélérée par le climat de folie qui s’y déploie , sous l’effet des tensions israélo-palestiniennes, indo-pakistanaises, américano-irakiennes .

« Mais aussi par le krach boursier qui entrainera à très brève échéance une crise économique bien plus tragique que celle de 1929

« Une fois maître des appareils d’Etat arabo-musulmans, les intégristes utiliseront sans hésiter contre l’Occident leurs arsenaux d’armes conventionnelles et de destruction massive.

«  Le gigantesque affrontement Occident-Islam produira un effet domino sur le reste du monde. La Chine entrera dans le conflit aux côtés de l’Islam. L’Occident sera épaulé par l’Inde, religieusement opposé à l’Islam, et le Japon traditionnellement opposé à la Chine. La Russie se maintiendra-t-elle dans le camp occidental ? Rien n’est moins sûr . …..


JE CROIS QU’IL A RAISON. LA TROISIEME GUERRE MONDIALE A BIEN COMMENCE……….

B .GILLIER –AOUT 2012

[1] Titre de l’ouvrage du journaliste Laurent Artur DU PLESSIS ( éditions Jean-Cyrille GODEFROY) - 2002

[2] Journal Le figaro du 17 Août 2012


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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Jeu 20 Aoû - 16:51

L'Iran prédit une troisième guerre mondiale avec les terroristes et tacle l'Oncle Sam RT 6 août 2015


L'ancien président Akbar Hashemi Rafsanjani

Akbar Hashemi Rafsanjani a écrit:
Le président du Conseil de discernement de l'Intérêt supérieur du Régime iranien a profité de la visite du ministre des Affaires étrangères italien pour lui confier ses inquiétudes et réclamer une action forte des Occidentaux contre le terrorisme.

«La menace de l'éclatement d'une troisième guerre mondiale par les terroristes est sérieuse» a mis en garde l'ex-président iranien, Akbar Hashemi Rafsanjani, avant de poursuivre : «Les Etats-Unis et l'Otan avaient envahi l'Afghanistan pour déraciner le terrorisme et les stupéfiants, mais nous avons vu que le terrorisme, parti de régions reculées du monde avec Al-Qaïda et les talibans au Pakistan ou en Afghanistan a bien grandi que ce soit sous la forme de Daesh, Boko Haram ou Al-Nosra».

Critiquant au passage l'ingérence américaine, l'actuel président du Conseil de discernement de l'Intérêt supérieur du Régime iranien, a appelé les pays occidentaux à cesser leur soutien aux groupes terroristes et à prendre des mesures sérieuses pour empêcher la croissance du terrorisme dans la région, avant qu'il ne se retourne contre eux.

Plus tôt aujourd'hui, le président iranien, Hassan Rohani, avait dressé le même constat : «Le terrorisme et l'insécurité sont une maladie contagieuse qui n'appartient pas à une région particulière et des efforts devraient être faits pour contrer l'extrémisme et la violence, empêcher sa propagation. Nous ne devrions pas permettre qu'une personne innocente, indépendamment de sa nationalité ou de sa religion, puisse ainsi devenir une victime des groupes terroristes».

De retour dans le jeu politique international depuis la signature du traité sur le nucléaire, l'Iran entend bien prendre sa place dans la lutte contre le terrorisme a insisté Hassan Rohani. «Pour atteindre cet objectif, déraciner le terrorisme, une coopération collective est nécessaire», a-t-il conclu.

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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Jeu 20 Aoû - 17:11

un article qui date d'un an, reprenant l'argumentaire de Thierry Meyssan, complotistes bien connu de «nos» services. Le problème avec lui, c'est qu'il faut vérifier après coup en quoi il se serait trompé avant. Mais n'Est-ce pas le commun de tous les prédicteurs plus ou moins manipulateurs d'opinions ?La spécialité de Meyssan, c'est de brasser vérités, contre-vérités, vrais révélations et fausses affirmations, plus propagande. Des erreurs, il en a commises, mais pas que... Quant à le trouver trop anti-amerloque, ce n'est pas franchement ce qui me dérange par les temps qui courent...



Le début du basculement du monde by NonameA · 14 août 2014


L’agression des Anglo-Saxons contre la Russie prend la forme d’une guerre financière et économique. Cependant Moscou se prépare aux hostilités armées en développant l’autarcie de son agriculture et en multipliant ses alliances. Pour Thierry Meyssan, après la création du califat au Levant, Washington devrait abattre une nouvelle carte en septembre à Saint-Petersbourg. La capacité de la Russie à préserver sa stabilité intérieure déterminera alors la suite des événements.

NonameA a écrit:
L’offensive menée par les Anglos-Saxons (États-Unis, Royaume-Uni et Israël) pour dominer le monde se poursuit sur deux lignes simultanées : à la fois la création du « Moyen-Orient élargi » (Greater Middle East) en attaquant simultanément l’Irak, la Syrie, le Liban et la Palestine, et la séparation de la Russie de l’Union européenne à travers la crise qu’ils ont organisée en Ukraine.

Dans cette course de vitesse, il semble que Washington veuille imposer le dollar comme monnaie unique sur le marché du gaz, la source d’énergie du XXIe siècle, à la manière dont il l’a imposé sur le marché du pétrole [1].

Les médias occidentaux ne couvrent presque pas la guerre du Donbass et leur population ignore l’ampleur des combats, la présence des militaires US, le nombre des victimes civiles, la vague des réfugiés. Les médias occidentaux traitent par contre avec retard les événements au Maghreb et au Levant, mais en les présentant soit comme la résultante d’un prétendu « printemps arabe » (c’est-à-dire, en pratique, d’une prise de pouvoir par les Frères musulmans), soit comme l’effet destructeur d’une civilisation violente en soi. Plus que jamais, il serait nécessaire de venir en aide à des arabes incapables de vivre paisiblement en l’absence de colons occidentaux.

La Russie est aujourd’hui la principale puissance capable de conduire la Résistance à l’impérialisme anglo-saxon. Elle dispose de trois outils : les BRICS, une alliance de rivaux économiques qui savent ne pouvoir grandir qu’avec les autres, l’Organisation de coopération de Shanghai, une alliance stratégique avec la Chine pour stabiliser l’Asie centrale, et enfin l’Organisation du Traité de sécurité collective, une alliance militaire d’anciens États soviétiques.


Les dirigeants des BRICS :
Dilma Rousseff (Brésil), Vladimir Poutine (Russie), Narendra Modi (Inde), Xi Jinping (Chine) et Jacob Zuma (Afrique du Sud)

Au sommet de Fortaleza (Brésil), qui s’est tenu du 14 au 16 juillet, les BRICS ont franchi le pas en annonçant la création d’un Fonds de réserve monétaire (principalement chinois) et d’une Banque BRICS, comme alternatives au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale, donc au système-dollar [2].

Avant même cette annonce, les Anglo-Saxons avaient mis en place leur réponse : la transformation du réseau terroriste Al-Qaïda en un califat afin de préparer des troubles parmi toutes les populations musulmanes de Russie et de Chine [3]. Ils ont poursuivi leur offensive en Syrie et débordé à la fois en Irak et au Liban. Ils ont par contre échoué à expulser une partie des Palestiniens vers l’Égypte et à déstabiliser plus profondément encore la région. Enfin, ils se tiennent à l’écart de l’Iran pour donner au président Hassan Rohani la chance d’affaiblir le courant anti-impérialiste des khomeinistes.

Deux jours après l’annonce des BRICS, les États-Unis ont accusé la Russie d’avoir détruit le vol MH17 deMalaysia Airlines au-dessus du Donbass, tuant 298 personnes. Sur cette base, purement arbitraire, ils ont imposé aux Européens d’entrer en guerre économique contre la Russie. Se plaçant comme un tribunal, le Conseil de l’Union européenne, a jugé et condamné la Russie, sans la moindre preuve et sans lui donner l’occasion de se défendre. Il a promulgué des « sanctions » contre son système financier.

Consciente que les dirigeants européens ne travaillent pas pour les intérêts de leurs peuples, mais pour ceux des Anglo-Saxons, la Russie a rongé son frein et s’est interdite jusqu’à présent d’entrer en guerre en Ukraine. Elle soutient en armes et en renseignements les insurgés, et accueille plus de 500 000 réfugiés, mais s’abstient d’envoyer des troupes et d’entrer dans l’engrenage. Il est probable qu’elle n’interviendra pas avant que la grande majorité des Ukrainiens ne se révolte contre le président Petro Porochenko, quitte à n’entrer dans le pays qu’après la chute de la République populaire de Donetsk.

Face à la guerre économique, Moscou a choisi de répondre par des mesures similaires, mais concernant l’agriculture et non pas les finances. Deux considérations ont guidé ce choix : d’abord, à court terme, les autres BRICS peuvent pallier aux conséquences des prétendues « sanctions » ; d’autre part, à moyen et long terme, la Russie se prépare à la guerre et entend reconstituer complètement son agriculture pour pouvoir vivre en autarcie.

En outre, les Anglo-Saxons ont prévu de paralyser la Russie de l’intérieur. D’abord en activant, via l’Émirat islamique (ÉI), des groupes terroristes au sein de sa population musulmane, puis en organisant une contestation médiatique lors des élections municipales du 14 septembre. Des sommes d’argent considérables ont été apportées à tous les candidats de l’opposition dans la trentaine de grandes villes concernées, tandis qu’au moins 50 000 agitateurs ukrainiens, mêlés aux réfugiés, sont en train de se regrouper à Saint-Petersbourg. La plupart d’entre eux ont la double nationalité russe. Il s’agit à l’évidence de reproduire en province les manifestations qui ont suivi à Moscou les élections de décembre 2011 —la violence en plus— ; et d’engager le pays dans un processus de révolution colorée auquel une partie des fonctionnaires et de la classe dirigeante est favorable.


Pour ce faire, Washington a nommé un nouvel ambassadeur en Russie, John Tefft, qui avait préparé la « révolution des roses » en Géorgie et le coup d’État en Ukraine.

Il importera pour le président Vladimir Poutine de pouvoir faire confiance à son Premier ministre, Dmitry Medvedev, que Washington espérait recruter pour le renverser.


Narendra Modi
Considérant l’imminence du danger, Moscou serait parvenu à convaincre Pékin d’accepter l’adhésion de l’Inde contre celle de l’Iran (mais aussi celles du Pakistan et de la Mongolie) à l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS). La décision devrait être rendue publique lors du sommet prévu à Douchambé (Tajikistan) les 12 et 13 septembre. Elle devrait mettre un terme au conflit qui oppose depuis des siècles l’Inde et la Chine et les engager dans une coopération militaire. Ce retournement, s’il est confirmé, terminerait également la lune de miel entre New Delhi et Washington, qui espérait distancier l’Inde de la Russie en lui donnant accès notamment à des technologies nucléaires. L’adhésion de New Dehli est aussi un pari sur la sincérité de son nouveau Premier ministre, Narendra Modi, alors que pèse sur lui le soupçon d’avoir encouragé des violences anti-musulmanes, en 2002, au Gujarat dont il était le ministre-chef.

En outre, l’adhésion de l’Iran, qui représente une provocation face à Washington, devrait apporter à l’OCS une connaissance précise des mouvements jihadistes et des moyens de les contrer. Là encore, si elle était confirmée, elle réduirait la volonté iranienne de négocier une pause avec le « Grand Satan » qui l’avait conduit à élire cheik Hassan Rohani à la présidence. Ce serait un pari sur l’autorité du Guide suprême de la Révolution islamique, l’ayatollah Ali Khamenei.

De fait ces adhésions marqueraient le début du basculement du monde de l’Occident vers l’Orient [4]. Reste que cette évolution doit être protégée militairement. C’est le rôle de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), constituée autour de la Russie, mais dont la Chine ne fait pas partie. À la différence de l’Otan, cette organisation est une alliance classique, compatible avec la Charte des Nations unies puisque chaque membre conserve le choix d’en sortir s’il le veut. C’est donc en s’appuyant sur cette liberté que Washington a tenté, au cours des derniers mois, d’en acheter certains membres, notamment l’Arménie. Cependant, la situation chaotique en Ukraine semble avoir refroidi ceux qui y rêvaient d’une « protection » états-unienne.

La tension devrait donc s’accroître dans les prochaines semaines.

Thierry Meyssan


[1] « Qu’ont en commun les guerres en Ukraine, à Gaza, en Syrie et en Libye ? », par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Arnaud Bréart, La Jornada (Mexique), Réseau Voltaire, 7 août 2014.

[2] « Vers une nouvelle architecture financière », par Ariel Noyola Rodríguez, Réseau Voltaire, 1er juillet 2014. “Sixth BRICS Summit : Fortaleza Declaration and Action Plan”, Voltaire Network, 16 July 2014.

[3] « Un djihad mondial contre les BRICS ? », par Alfredo Jalife-Rahme, Traduction Arnaud Bréart, La Jornada (México), Réseau Voltaire, 18 juillet 2014.

[4] “Russia and China in the Balance of the Middle East : Syria and other countries”, by Imad Fawzi Shueibi, Voltaire Network, 27 January 2012.




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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Jeu 20 Aoû - 17:37

Alliances militaires contre la Chine Monde en Question 24/03/2015


Les États Unis intensifient la politique anti-Chine du « pivot vers l’Asie »

Citation :
La stratégie américaine de maintien d »une supériorité navale écrasante dans la région Indo-Pacifique est tout sauf innocente. Le plan du Pentagone pour une guerre contre la Chine, nommé « Bataille de l’air et de la mer » repose sur la capacité de monter une attaque aérienne et par missiles massive sur le continent chinois à partir de la mer, visant entre autres les forces militaires et l’infrastructure de la Chine, le tout complété par un blocus économique. Sous prétexte d’assurer « la liberté de navigation », la marine américaine s »assure la capacité de bloquer les voies maritimes-clés de l’océan Indien dont se sert la Chine pour ses importations d’énergie et de matières premières depuis l »Afrique et le Moyen-Orient.


Le seul aspect « coopératif » de cette stratégie est l’effort fait par des Etats-Unis pour renforcer leurs alliances et partenariats stratégiques contre la Chine dans toute la région indo-pacifique. Ceci est mis en exergue dans le document comme le principal « défi lorsque [les Etats-Unis] font usage de force ou d’intimidation contre d »autres nations souveraines pour faire valoir des revendications territoriales. »

En fait, c'est Washington qui a délibérément enflammé les disputes maritimes dans l'ouest du Pacifique et encouragé le Japon, les Philippines et le Vietnam à mettre agressivement en avant leurs revendications territoriales contre la Chine.


WSWS : La France et le Japon renforcent une coopération militaire dirigée contre la Chine


WSWS a écrit:
En visite à Tokyo vendredi, les ministres français des Affaires étrangères et de la Défense ont signé des accords avec leurs homologues japonais après des entretiens « deux-plus-deux » sur les questions de sécurité nationale et de diplomatie. Le Japon est le seul pays d’Asie avec lequel la France a mis en place une telle échange diplomatico-militaire.

Cet accord militaire intervient après que le Japon et la France ont convenu de collaborer en Afrique, où l’impérialisme français monte des interventions militaires dans ses anciennes colonies, notamment au Mali et en République centrafricaine (RCA). Au cours de leurs premiers pourparlers « deux-plus-deux » à Paris l’an dernier, Tokyo s’était engagé à soutenir les interventions militaires françaises en Afrique, qui visent à saper l’influence croissante de la Chine sur le continent. (Voir : La France et le Japon s’allient contre l’influence chinoise en Afrique)

En concluant une alliance militaire avec le Japon, la France attise les tensions déjà entraînées en Asie par le « pivot vers l’Asie » du gouvernement Obama. En même temps que Washington essaie de consolider une alliance militaro-stratégique avec le Japon, l’Australie, l’Inde et d’autres puissances régionales, visant à isoler la Chine et à se préparer à une guerre avec elle, le Japon et la Chine sont enfermés dans un face-à-face militaire virulent au sujet des îles Senkaku / Diaoyu en Mer de Chine orientale.



Les Echos 13 mars 2015
Alain Ruello a écrit:
Armement : Paris et Tokyo cimentent leur relation

La France et le Japon ont conclu un accord ouvrant la voie à des matériels communs.Tokyo, qui a levé l’interdiction d’exporter, veut renforcer son industrie militaire.

La coopération franco-japonaise de défense est entrée dans le dur en fin de semaine dernière, à l’occasion d’une réunion dite « 2+2 » à Tokyo associant ministres des affaires étrangères et de la Défense des deux pays. Cette réunion, la deuxième du genre, a débouché sur la signature d’un accord cadre ouvrant la voie au développement en commun de systèmes d’armements.

« Cela fixera le cadre de notre collaboration », a précisé Laurent Fabius, cité par l’AFP. Les projets évoqués par le ministre des affaires étrangères concernent notamment « les systèmes de drones, les hélicoptères ou l’espace ». Le déminage pourrait enrichir la liste. Pour Jean-Yves Le Drian, son alter ego pour la Défense,il s’agit d’« un pas considérable qui devrait être suivi le plus rapidement possible, peut-être avant la fin de l’année, d’un accord de logistique et approvisionnement ».

Effacer les malentendus

Signe de la confiance ambiante, le Japon est le seul pays asiatique avec lequel la France a mis en place ce format d’échange diplomatico-militaire (l’autre « 2+2 » concerne la Russie, mais compte tenu de la crise ukrainienne, les relations ont été arrêtées). Dans l’autre sens, le pays du soleil levant n’a établi de coopération militaire qu’avec le Etats-Unis, la Grande-Bretagne et l’Australie.

Paris et Tokyo ont même fait vœux de transparence sur leurs politiques respectives d’exportations d’armement, effaçant ainsi les critiques qui ont perturbé la relation bilatérale à cause de la vente par DCNS de grille d’appontage pour hélicoptères à la Chine (« Les Echos » du 10 juin 2013).

Les accords conclus prendront du temps avant de donner naissance à un premier équipement. Mais pour le Japon, ce premier jalon est nécessaire pour renforcer son industrie de défense en la faisant coopérer avec son homologue tricolore, l’une des plus en pointe dans le monde, d’autant que le gouvernement Abe a mis fin à l’interdiction d’exporter du matériel militaire qui prévalait depuis la fin des années 60.

Plus globalement, le « 2+2 »s’inscrit dans la volonté de Tokyo de jouer un rôle sur la scène internationale, en Afrique notamment dans le cadre d’opérations de maintien de la paix ou aux large des côtes somalienne pour lutter contre la piraterie, sans oublier tout ce qui touche au terrorisme.




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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Mar 25 Aoû - 4:47



Manœuvres militaires russo-chinoises au large de Vladivostok Muriel Pomponne RFI


Les marines russes et chinoises mènent actuellement des manœuvres conjointes au large de Vladivostok, dans l'Extrême-Orient russe. C'est la deuxième fois en un an que les deux pays procèdent à des manœuvres navales conjointes.


Cinq avions de combat chinois (J-10 et JH-7) ont participé à des manœuvres navales sino-russes
selon agence de presse Xinhua

Muriel Pomponne a écrit:
Les exercices en cours sont les plus importants dans l'histoire des deux pays. C'est en tout cas ce que fait savoir le ministère russe de la Défense. La phase active des exercices débute ce lundi 24 août.

Un débarquement des troupes aéroportées et des troupes de marines russe et chinoise doit constituer le point culminant des exercices. Il s'agit d'une première sur le territoire russe. Au total 22 navires et ravitailleurs, 20 avions et hélicoptères, 40 unités techniques et plus de 500 militaires sont impliqués.

« Nous devons être prêts à riposter à n'importe quelle menace contemporaine », a déclaré le commandant en chef adjoint de la marine chinoise. Mais les deux capitales s'empressent de souligner que ces manœuvres ne sont dirigées contre aucun pays tiers.

La première phase de ces manœuvres conjointes s'était déroulée en mai en Méditerranée. A l'époque, les deux pays avaient souligné leur volonté d' œuvrer ensemble au maintien de l'ordre international de l'après-guerre. Ces nouvelles manœuvres constituent une démonstration supplémentaire de la volonté des deux pays de se rapprocher sur tous les plans : économique, diplomatique et militaire.




RI a écrit:
Sept navires de guerre chinois sont expédiés à l’Est de la Russie afin de prendre part à la deuxième étape de la manœuvre conjointe russo-chinoise.

Sept navires de guerre chinois partent pour Vladivostok, dans l’Est de la Russie, dans l’objectif de participer à la deuxième phase de la manœuvre maritime conjointe, co-organisée par la Russie et la Chine dans la mer du Japon. Cette manœuvre est prévue le 20 août. Vladivostok est la base la plus importante de la Force navale de la Russie qui se trouve en océan Pacifique. L’organisation des compétitions sportives et des réunions officieuses se trouve au menu de cette manœuvre conjointe.

A noter que la Russie et la Chine ont organisé la première étape de cette manœuvre à la mi-mai 2015 dans laquelle étaient impliqués une dizaine de navires de guerre appartenant aux deux pays.


Manœuvres maritimes sino-russes, acte 2: coup d’envoi imminent Виталий Аньков 20.08.2015 © Sputnik.

Les exercices militaires conjoints Coopération navale 2015, qui seront les plus importants dans l'histoire des relations entre les deux pays, ne seront dirigés contre aucun Etat étranger quelconque.

Виталий Аньков a écrit:
Une division de sept bateaux de la flotte chinoise conduite par le destroyer Shenyang est arrivée à Vladivostok (est) afin de participer à la deuxième étape des exercices militaires conjoints sino-russes, ont rapporté des représentants de la flotte du Pacifique.

"Jeudi une division de la flotte chinoise comprenant les destroyers Taizhou et Shenyang, les frégates Weifang et Hengyang, ainsi que les navires amphibies Changbaishan et Yunwushan et le ravitailleur Taihu, est arrivée à Vladivostok sous le drapeau du commandant-adjoint de la flotte du Sud de la marine chinoise", a rapporté le communiqué de la flotte du Pacifique.


Vladimir Poutine et Xi Jinping le 9 novembre 2014 Sputnik Mikhail Klementiev

Rapprochement russo-chinois: un défi pour Washington

Les artilleurs du détroit russe du Bosphore oriental ont accueilli leurs collègues avec des salves de bienvenue. Des représentants du commandement de la Marine russe, de la flotte du Pacifique, du corps diplomatique chinois ainsi qu'une compagnie du détachement d'honneur accompagnée par l'orchestre de l'état-major de la flotte russe du Pacifique ont salué des marins chinois dans le port de Vladivostok.

Les responsables russes et chinois ont souligné que les exercices militaires à venir seraient les plus importants dans l'histoire des relations entre les flottes de la Chine et de la Russie, tout en précisant qu'ils ne seraient pas dirigés contre un Etat étranger quelconque.

L'objectif des exercices est de perfectionner l'interaction en mer, au sol et dans les airs. Au cours de la phase active des exercices, qui se déroulera du 24 au 27 août, les marins s'entraîneront notamment au tir sur des cibles de surface, sous-marines et aériennes.

Un débarquement aérien et maritime sur le terrain militaire de Klerk (sud de la région du Primorié) constituera l'apogée des exercices. C'est la première fois qu'un débarquement conjoint des fusiliers marins russes et chinois aura lieu sur le territoire de la Russie.

Au total, près de 22 navires et ravitailleurs, 20 avions et hélicoptères, plus de 500 militaires et 40 unités techniques seront impliqués dans les exercices. Les manœuvres prendront fin le 28 août avec l'analyse des résultats, une parade maritime et une cérémonie d'adieu dans le golfe de Pierre-le-Grand.

La première étape des exercices militaires Coopération navale 2015 (Joint Sea 2015) s'est déroulée en Méditerranée au mois de mai. Les soldats se sont alors entraînés au tir d'artillerie, à la défense anti-submersible et à la lutte contre les pirates. Les résultats des exercices ont été salués par le commandement des forces armées de la Russie et de la Chine.


Le sous-marin américain Olympia (SSN-717) dans le port de Changwon, en Corée du sud

Forces navales : les USA bientôt détrônés par la Chine

La défense anti-sous-marine chinoise se développe si rapidement qu'elle pourra prochainement réduire à néant la supériorité des Etats-Unis en sous-marins, estime un expert militaire américain.



Vladivostok Soviet Pacific Fleet

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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Dim 30 Aoû - 23:51

un texte un tantinet bricolé, comme il en pullule, avec des références croisées d'experts dont l'auteur se soucie peu de les mettre en cohérence entre eux, pour autant qu'ils le soient en eux-mêmes (Jorion, scoopiste avorté...)

Vers une guerre totale selon les théories de Carl Philipp Gottlieb von Clausewitz ?  sergio Bellaciao 30 août 2015

Le camp occidental (Etats-Unis en tête) se dirigerait inexorablement vers un conflit (armé) direct avec la Russie et la Chine…


Sergio a écrit:
C’est consubstantiel à l’idéologie capitalisme, lorsque que la conscience populaire atteint un tel niveau de conscience "critique", c-à-d, ingérable par l’oligarchie capitaliste, celle-ci se rabat inéluctablement vers le pire…, et opte (via les faucons étasuniens et leurs alliés) pour la fuite en avant !… Et en l’occurrence, il est de plus en plus ouvertement question d’ouvrir un conflit armé contre leurs ennemis déclarés… la Russie et la Chine ! Il ne s’agit plus d’un ennemi (cette créature maléfique échappant aux apprentis sorciers étasuniens, telle celle du Dr Frankenstein…, * Daesh (ou l’EI) que les Etats-Unis et leur indéfectible allié, Israël, créèrent de toutes pièces) mais plus communément de leurs éternels rivaux !

* se référer aux déclarations on ne peut plus explicites qui eurent lieu lors d’un débat en séance publique au Sénat, concernant la prolongation de l’opération Chammal en Irak, ou fut auditionné le Général de division Vincent Desportes, professeur associé à Sciences Po Paris, par une commission ad hoc en vue du débat en séance publique sur la prolongation de l’opération Chammal en Irak, en application de l’article 35 de la Constitution française.) Très intéressant cet article 35 de notre Constitution, très… « … Quel est le docteur Frankenstein qui a créé ce monstre ? Affirmons-le clairement, parce que cela a des conséquences : ce sont les Etats-Unis. Par intérêt politique à court terme, d’autres acteurs - dont certains s’affichent en amis de l’Occident - d’autres acteurs donc, par complaisance ou par volonté délibérée, ont contribué à cette construction et à son renforcement. Mais les premiers responsables sont les Etats-Unis. Ce mouvement, à la très forte capacité d’attraction et de diffusion de violence, est en expansion. … »

C’est officiel, la Chine commence à liquider ses bons du trésor américain

Et c’est un euphémisme !, car cela a pris de telles proportions qu’il est difficile (inutile) de le taire ! La propagande agit à plein, mais selon le site Anti-K via ZeroHedge :

ZeroHedge a écrit:
« Les lecteurs de ZeroHedge ne sont dorénavant plus les seuls à être mis au parfum de ce qu’il se passe puisque le reste de la presse financière communique et par 2 fois cela s’est vérifié… » suivent les exemples tirés de médias aux ordres : Bloomberg, citant des opérateurs sur les marchés obligataires de New York, rapporta « une pression à la vente substantielle » sur les obligations américaines à long terme en provenance d’une entité « d’Extrême-Orient », et voici ce qu’explique Bloomberg :

« La Chine a réduit son portefeuille de bons du trésor américain ce mois afin de récupérer les dollars nécessaires pour soutenir le yuan suite à sa forte dévaluation d’il y a 2 semaines, d’après des personnes familières du dossier.

Ces transactions ont eu lieu via la Chine elle-même ainsi que via des agents en Belgique et en Suisse, a déclaré l’une de ces personnes qui ont souhaité conserver l’anonymat vu que l’information est confidentielle. La Chine a communiqué avec les autorités américaines à propos de ces ventes, a déclaré une autre personne. Les montants concernés n’ont pas été révélés.

Les dernières données du Trésor américain et les estimations des stratégistes suggèrent que la Chine contrôle pour 1480 milliards de dollars de dette américaine. Nomura Holdings Inc. en Belgique possède pour 200 milliards d’obligations au nom de la Chine.

La Banque populaire de Chine a vendu au moins 106 milliards de dollars d’actifs de réserve dans les deux dernières semaines, dont notamment les bons du Trésor américain, selon une estimation de la Société Générale SA. L’hypothèse est que la banque centrale veuille se reconstituer des fonds qu’elle avait perdu dans le cadre de rachats de yuans afin de stabiliser sa monnaie. »


« … Et maintenant que la frénésie liquidatrice de la Chine a atteint des niveaux qui rendent impossible sa dissimulation ou sa minimisation et que Bill Dudley a officiellement ouvert la porte à un nouveau QE, il semblerait que la seule façon d’empêcher la Chine et les pays émergeant de liquider leurs actifs libellés en dollars est, comme la City le suggère, « d’étouffer le marché immobilier américain » et d’exercer une sorte de serrage de vis forcé via les canaux de transmission des Treasuries, soit la mise en place d’un environnement qui ouvrira la porte au QE4. … »


Et selon le site WSWS : « … Ce scénario, l’analyste financier Paul Jorion l’entrevoit non pas par réaction en chaîne purement financière, mais par logique économique :
Paul Jorion a écrit:
« La Chine n’est pas parvenue à créer véritablement un marché intérieur, la consommation des ménages représente seulement 35% du PIB. C’est très peu, quand on sait que les Etats-Unis sont à peu près au double. Tout repose sur les exportations, mais les pays acheteurs de la production chinoise, comme les Etats-Unis ou ceux d’Europe, baissent les salaires, donc les prix des matières premières baissent et la demande en Chine baisse aussi. Or la Chine contribue pour plus de 25% à la croissance mondiale — jusqu’à 50% à une époque — et représente 15% de l’économie mondiale. Donc, un pays qui représente 15%, ça ne peut qu’affecter l’économie mondiale. » « Si la Chine le décide, elle peut se retirer du système capitaliste et faire flamber le cours des matières premières ».

Paul Jorion, analyste financier Les mesures politiques et économiques que le gouvernement chinois pourrait prendre, si la situation s’aggravait, ne confortent pas l’idée d’un simple soubresaut boursier cantonné à l’Asie. Paul Jorion souligne cet aspect des choses, inquiétant à son sens pour l’économie mondiale :

Paul Jorion a écrit:
« Je prends le pari depuis plusieurs années que la Chine ne fait que tâter le capitalisme pour vérifier si c’est un facteur de développement économique, et qu’ainsi, ce pays — ne s’étant pas engagé formellement dans le capitalisme — peut toujours revenir en arrière. La Chine a une structure stalinienne, et si les choses continuent dans le même sens, d’ici un mois ou deux, elle pourrait se retirer du système capitaliste. Si cela arrive, ça va être un choc énorme ». Cette position de repli de la Chine pourrait « gripper la machine capitaliste », selon l’analyste. Le premier effet serait de changer complètement le prix des matières premières, qui pourrait flamber, puisque « C’est actuellement la demande chinoise qui détermine le niveau des prix des matières premières. C’est la Chine qui est en position de diriger les choses, puisqu’elle peut se retirer de n’importe quel marché du système capitaliste, elle ne s’est jamais engagée de ce côté là. »


Le scénario de 2008 est donc peut-être en route, mais avec, cette fois-ci, l’Empire du milieu qui pourrait, s’il le souhaitait, « tirer le tapis sous les pieds des économies occidentales » . Ce que Paul Jorion résume par cette sentence : « Si la Chine décide de ne plus laisser les marchés financiers fixer le prix des matières premières, mais le fait par décision étatique, elle peut faire flamber les cours mondiaux comme elle le souhaite [...] Un changement qui serait… pour le moins abrupt. Avec une crise inédite à la clef. … »

C’est le volet économique…, et comme nous avons pu le constater en Europe (plus particulièrement en Grèce) il s’agit * de guerres économiques dirigées exclusivement contre le peuple, et dans le cas de la Grèce, d’un coup d’Etat économique !

* un leurre pour créer des tensions économiques et une diversion politique en vue d’imposer « au reste du monde » des réformes structurelles basées sur de soi-disant "dettes publiques" !


Et toujours selon ce site [lequel ?] :

Citation :
« … Un rapport publié récemment par l’European Leadership Network (ELN), un groupe de réflexion composé d’anciens hauts responsables de gouvernements européens et de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, a conclu que les exercices militaires menés cette année par l’OTAN et la Russie rendent plus probable l’éclatement d’une guerre entre les deux camps. … »

« … La Russie se prépare à un conflit avec l’OTAN et l’OTAN se prépare à un éventuel affrontement avec la Russie, » dit le rapport. « Nous ne prétendons pas que la direction de l’un ou l’autre camp ait pris la décision de faire la guerre ou qu’un conflit militaire entre les deux soit inévitable, mais que le changement de profil des exercices est un fait et que cela joue un rôle dans le maintien de l’actuel climat de tension en Europe. … »

« … L’étude souligne l’escalade rapide des activités de l’OTAN : 162 exercices menés en 2014, le double du nombre initialement prévu, en plus des 40 exercices supplémentaires effectués en Europe par les Etats membres de l’OTAN pour leur propre compte. Elle note le caractère particulièrement provocateur de l’action menée par l’OTAN le 24 février à Narva, ville d’Estonie située sur la frontière de ce pays avec la Russie et qui comportait « la présence de véhicules blindés du deuxième régiment de cavalerie de l’armée américaine, de troupes britanniques, néerlandaises, espagnoles, lituaniennes et lettones lors d’un défilé militaire commémorant le jour de l’indépendance de la Lettonie … ».

« … Le rapport de l’ELN étaye les avertissements lancés par le World Socialist Web Site depuis l’éruption de la crise en Ukraine en février 2014. Celle-ci fut ouverte par un coup d’Etat politique à Kiev appuyé par les Etats-Unis, qui a évincé le président pro-russe, Viktor Ianoukovitch, et installé au pouvoir un régime d’extrême-droite, ultranationaliste, inféodé à Washington et à l’Union européenne. La logique objective de cette crise conduit inexorablement à une confrontation militaire entre les deux principales puissances nucléaires, les Etats-Unis et la Russie, aux implications catastrophiques pour l’humanité toute entière. … »

« … Depuis, il est devenu manifeste que les Etats-Unis et l’UE manipulent la crise en Ukraine pour créer des conditions où la Russie elle-même peut être démembrée et sa population, son territoire et ses ressources partagées entre les puissances impérialistes. Tel est le but stratégique à long terme d’une campagne impérialiste de sanctions économiques et de provocations diplomatiques qui s’appuie sur la force militaire. … »

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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Lun 31 Aoû - 14:49



Les Japonais manifestent contre le réarmement de leur pays BFMTV/AFP 30/08/2015


Manifestation devant le Parlement japonais pour protester contre les lois militaires
voulues par le Premier ministre Shinzo Abe, le 30 août 2015 à Tokyo

Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées devant le Parlement dimanche à Tokyo pour protester contre de nouvelles lois visant à élargir les prérogatives de l'armée japonaise, a constaté un journaliste de l'AFP.

Citation :
Cette manifestation témoigne d'une mobilisation grandissante dans le pays alors que le Premier ministre conservateur Shinzo Abe et son Parti libéral démocrate (PLD) espèrent faire adopter ces lois au cours de la session parlementaire qui se termine fin septembre.

"Oui à la paix, non à la guerre"

Elles sont actuellement en discussion au Sénat après avoir été approuvées en juillet par la Chambre basse. Malgré un temps pluvieux, les manifestants s'étaient déplacés nombreux, brandissant des pancartes disant "oui à la paix, non à la guerre". Dans la foule, une immense banderole ornée de ballons de couleur blanche et noire, réclamait la démission de Shinzo Abe.

Aux côtés des membres de l'opposition, dont le dirigeant du Parti démocrate du Japon (PDJ) Katsuya Okada, avaient pris place des étudiants - certains ont même entamé jeudi une grève de la faim -, de jeunes parents, des seniors mais aussi des artistes tels que le compositeur Ryuichi Sakamoto.

"Je ne peux pas rester les bras croisés"


"Je ne peux pas rester les bras croisés quand je pense qu'avec les dérives du gouvernement Abe, le Japon pourrait repartir en guerre", a confié une des participantes, Kenichi Ozawa. À travers cette réforme, le gouvernement souhaite étendre à un théâtre de conflit extérieur la notion de défense des intérêts du pays, au lieu de la cantonner au seul territoire national.

L'armée japonaise aurait ainsi la possibilité d'épauler à l'extérieur un allié en difficulté, en premier lieu les Etats-Unis, les Etats-Unis, dans le cadre d'un schéma dit de "défense collective", même si le Japon n'est pas directement menacé.

120.000 dans la rue à Tokyo, selon les organisateurs

Mais cette extension des prérogatives des Forces d'autodéfense nippones fait craindre aux Japonais de voir leur pays pris au piège dans un conflit lointain. Au fil des décennies, ils sont devenus très attachés au pacifisme inscrit dans l'article 9 de la Constitution.

Ils étaient 120.000 dans la rue à Tokyo, selon les organisateurs, 30.000 selon la police, tandis que d'autres actions de protestation avaient lieu à travers le Japon. À Nagoya (centre), un groupe de mères avait improvisé un rassemblement près de la gare, scandant: "protégez nos enfants!".

Pour Shinzo Abe et ses partisans, ces lois - salués par les Etats-Unis - sont nécessaires face à une Chine qui monte en puissance et une Corée du Nord imprévisible. Les Etats-Unis ont pour leur part salué l'initiative.

Par la rédaction avec AFP


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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Jeu 3 Sep - 13:00



La Chine dévoile les missiles «tueurs de porte-avions» AFP  3 septembre 2015

Les nouveaux missiles DF-21 D ont défilé jeudi lors de la Grande Parade. Objectif : affirmer l'ambition de Pékin sur le Pacifique, historiquement contrôlé par les Américains


Les missiles DF-21D présentés lors de la Grande Parade
commémorant les 70 ans de la capitulation du Japon,
sur la place Tiananmen à Pékin, le 3 septembre 2015

Citation :
La présentation jeudi par la Chine de missiles balistiques «tueurs de porte-avions» et l’annonce par le président Xi Jinping d’une réduction des effectifs de son armée traduisent l’ambition de Pékin de bousculer le statu quo dans le Pacifique face aux Américains, en privilégiant sa marine. Plus d’une douzaine de missiles DF-21 D (pour «Dongfeng», «Vent d’est») ont été montrés pour la première fois place Tiananmen à Pékin, lors d’un imposant défilé militaire commémorant le 70e anniversaire de la capitulation japonaise. Ces nouvelles armes ont été qualifiées par la télévision étatique d'«atout décisif» dans d’éventuels conflits futurs, et de «tueurs de porte-avions» par la presse chinoise. Le porte-avions est le navire sur lequel repose traditionnellement, depuis la Deuxième guerre mondiale, la projection de la puissance américaine.

Ces missiles «servent de moyen de dissuasion, obligeant les pays rivaux à y réfléchir à deux fois avant de déployer des porte-avions contre la Chine», souligne James Char, analyste de la Nanyang University à Singapour. Une nouvelle technologie qui n’a encore jamais été mise à l’épreuve, mais qui souligne «l’importance croissante des forces navales chinoises», Pékin cherchant à projeter de façon plus large sa puissance navale et aérienne, a expliqué M. Char. Balistiques, ces missiles rentrent dans l’atmosphère à une vitesse telle - près de 3.500 km/h - qu’elle les rend quasi-invulnérables aux défenses anti-aériennes classiques. Ils disposent en outre d’une électronique sophistiquée leur permettant de se diriger vers leur objectif et d’une charge explosive capable d’infliger des dégâts considérables à un porte-avions.

Le budget de la Défense chinoise croît de plus de 10% par an depuis plus d’une décennie et Pékin affiche une posture plus agressive dans les tensions territoriales qui l’opposent dans les mers de Chine orientale et méridionale à ses voisins, la plupart alliés de Washington. Or, les États-Unis dominent depuis 1945 sur l’océan Pacifique, chasse gardée traditionnelle de la 7è flotte américaine et la région est au centre de la politique de «pivot» du président Barack Obama. Et si Washington dépense bien plus que Pékin en budget militaire, Pékin «s’inquiète énormément de ce que ses rivaux, en particulier les forces navales américaines, peuvent faire», souligne M. Char.

Des missiles capables d'atteindre la base américaine de Guam

Les missiles DF-21D pourraient alors bousculer le statu quo, car ils sont «capables d’atteindre la base militaire américaine essentielle de Guam dans le Pacifique ouest», selon le quotidien officiel chinois Global Times. «Le DF-21D va compliquer quelque peu les opérations des Etats-Unis dans la région», estime Arthur Ding, expert militaire de l’université nationale Chengchi à Taiwan, même si les Américains ont à leur disposition «une batterie de contre-mesures».

Cela n’en reste pas moins une confirmation du virage stratégique entamé par Pékin, notamment après l’annonce en mai que la marine de l’Armée populaire de libération (APL), aidée de l’aviation, allait mettre l’accent sur les opérations «en haute mer», au-delà de la simple «défense des eaux territoriales».

Ouvrant le défilé militaire, le président Xi Jinping, commandant en chef des armées, a annoncé une baisse de 300.000 hommes des effectifs de l’APL, actuellement estimés à environ 2,3 millions. C’est, selon Chine nouvelle, la quatrième grande réduction des forces armées en trois décennies -elles comptaient 4,2 millions d’hommes en 1987-, parallèlement à leur modernisation intensive. Cette nouvelle réduction «correspond aux attentes», selon Arthur Ding: «la puissance de feu et la mobilité ont été grandement améliorées, donc les troupes peuvent être diminuées».

Les militaires chinois «nerveux»

«Les effectifs de l’armée de terre vont probablement essuyer le plus gros de la réduction», ainsi que les multiples strates «de commandement et de bureaucratie au sein de l’ALP», estime Taylor Fravel, professeur au Massachusetts Institute of Technology. Mais l’armée chinoise «accomplira solennellement sa mission de maintien de la paix dans le monde», et la Chine «ne recherchera jamais l’hégémonie», a assuré le chef de l’Etat jeudi. Le Parti communiste, qui contrôle étroitement l’APL, bras armé du régime, considère que sa modernisation est menacée par les détournements de fonds massifs et des prébendes, à l’origine de scandales répétés.

Le président a lancé un vaste audit de la Commission militaire centrale, et l’APL n’est pas épargnée depuis deux ans par la dure campagne anti-corruption en cours. «Les officiers supérieurs sont nerveux, car nombre d’entre eux ont été promus à la faveur de pots-de-vin», a commenté M. Ding. «Ils doivent afficher leur loyauté, Xi a un contrôle ferme de l’armée».

AFP


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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Mer 16 Sep - 13:37



La stratégie du chaos des néocons touche l’Europe Robert Parry Afrique Asie 13/09/15

Robert Parry a écrit:
Le chaos des réfugiés qui se développe en Europe, aujourd’hui – médiatisé par les photos poignantes du petit Aylan Kurdi dont le corps a échoué sur une plage de Turquie – est né des ambitions démesurées des néocons américains (conservateurs américains) et leurs acolytes les libéraux interventionnistes qui ont décidé de transformer le Moyen Orient et d’autres parties du monde par la stratégie du « changement de régime ».

Au lieu des mirifiques promesses de « promotion de la démocratie » et de « droits de l’homme », ces « anti-réalistes » n’ont fait que répandre la mort, la destruction et la déstabilisation à travers le Moyen Orient et certaines régions d’Afrique, puis, aujourd’hui, en Ukraine et au cœur de l’Europe. Cependant, comme ces forces néocons contrôlent toujours le « Discours Officiel », leurs théories, comme le fait qu’il n’y a pas assez de « changements de régime », bénéficient toujours la Une des médias.

Par exemple, Fred Hiatt, éditorialiste néocon du Washington Post, a accusé les « réalistes » d’être responsables de la cascade de catastrophes. Hiatt les a accusés, eux et le président Barack Obama, de ne pas être intervenus plus agressivement en Syrie dans le but de renverser le président Bachar al-Assad, depuis longtemps candidat des néocons au « changement de régime ».

En réalité, on peut faire remonter cette explosion accélérée de souffrances humaines à l’influence sans égale des néocons et de leurs compagnons de route libéraux qui se sont opposés à tout compromis politique, et, dans le cas de la Syrie, ont bloqué tout effort réaliste de trouver un accord de partage de pouvoir entre Assad et ses opposants politiques non terroristes.
Dès 2014, les néocons et les « faucons libéraux » ont saboté les accords de paix syriens à Genève en bloquant la participation iranienne et en transformant la conférence sur la paix en compétition unilatérale de vociférations durant laquelle les dirigeants de l’opposition syrienne financée par les États-Unis ont hurlé sur les représentants d’Assad qui sont rentrés chez eux. Pendant ce temps, les journalistes du Post et leurs amis n’ont eu de cesse de harceler Obama pour bombarder les forces d’Assad.

La folie de l’approche des néocons est devenue plus évidente l’été 2014 lorsque l’IS (l’État islamique), un rejeton d’Al-Qaïda qui a massacré des Syriens soupçonnés d’être favorables au gouvernement, a intensifié sa campagne sanglante de décapitation en Irak où ce mouvement hyper brutal a d’abord émergé comme « Al-Qaïda en Irak » en réponse à l’invasion américaine en 2003.

Il aurait dû être clair à la mi-2014 que si les néocons avaient réussi et si Obama avait lancé une campagne massive de bombardement pour détruire l’armée d’Assad, le drapeau noir du terrorisme aurait flotté sur la capitale syrienne de Damas et le sang aurait coulé à flots dans les rues.

Mais, aujourd’hui, un an plus tard, les « Hiatt » n’ont pas appris la leçon, et le chaos que fait exploser la stratégie néocons est en train de déstabiliser l’Europe. Aussi choquant et dérangeant que cela puisse l’être, rien de cela ne devrait être une surprise, les néocons ayant toujours entraîné le chaos et la destruction dans leur sillage.

La première fois que j’ai rencontré les néocons dans les années 1980, on leur avait donné l’Amérique latine comme terrain de jeu. Le président Ronald Reagan avait accrédité plusieurs d’entre eux, et fait entrer dans le gouvernement américain des illuminés comme Eliott Abrams et Robert Kagan. Mais Reagan les avaient maintenus relativement hors du « Royaume de la toute-puissance » : le Moyen Orient et l’Europe.

Ces zones stratégiques étaient réservées aux « adultes », des gens comme James Baker, George Schultz, Philip Habib et Brent Scowcroft. Les pauvres centre-Américains, occupés à essayer de se débarrasser de générations de répression et de sous-développement imposés par des oligarchies de droite dure, ont dû affronter les idéologues néocons qui ont généré escadrons de la mort et génocides contre les paysans, les étudiants et les travailleurs.

Sans surprise, il arriva un flot de réfugiés, particulièrement du Salvador et du Guatemala, vers le nord et les États-Unis. Le « succès » des États-Unis, dans les années 1980, en écrasant les mouvements sociaux progressifs et en renforçant les contrôles oligarchiques, a laissé la plupart des pays d’Amérique centrale dans les griffes de régimes corrompus et des syndicats du crime, entraînant toujours plus de vagues de ce que Reagan appelait les « feet people » (les gens à pied) par le Mexique à la frontière sud des États-Unis.

Installer le chaos au Moyen Orient

Mais les néocons n’étaient pas satisfaits d’être assis à la table des enfants. Pendant l’administration Reagan, ils ont essayé de se hisser parmi les « adultes » à la table des grands. Par exemple, des néocons comme Robert McFarlane et Paul Wolfowitz, ont poussé la politique de leurs amis Israéliens contre l’Iran que les Israéliens considéraient alors comme un contrepoids à l’Irak. Cette stratégie a finalement conduit à l’« affaire Iran-Contra », le pire scandale de l’administration Reagan.
L’aile droite et les médias dominants américains n’ont jamais admis l’histoire compliquée de l’Iran-Contra et l’information sur différents aspects de criminalité dans ce scandale n’a jamais été diffusée. Les démocrates ont, également, préféré le compromis à la confrontation. C’est pourquoi, la plupart des néocons importants ont survécu aux affres de l’Iran-Contra, laissant leurs membres bien en place pour la phase suivante de leur montée en puissance.
Dans les années 1990, les néocons ont mis en place une infrastructure bien financée de think-tanks et de médias, bénéficiant à la fois des largesses des militaro-industriels qui finançaient les think-tanks et des organismes financés par le gouvernement comme le National Endowment for Democracy (NDM) (Fonds national pour la démocratie) dirigé par le néocon Carl Gershman.
Les néocons ont politiquement tiré le plus grand parti de la guerre du Golfe 1990-1991 grâce à l’armée américaine. De nombreux Américains ont commencé à considérer la guerre comme amusante, un jeu vidéo dans lequel les forces « ennemies » étaient détruites à distance. Dans les programmes TV d’actualités, les commentateurs au discours musclé ont fait fureur. Si vous vouliez être pris au sérieux, vous ne pouviez pas vous tromper en prenant la position la plus machiste, ce que j’appelle parfois l’« effet grondement er-er-er ».

Combiné avec l’écroulement de l’Union soviétique en 1991, la notion de suprématie militaire américaine fut sans égale et sans contestation, et a engendré les théories néocons visant à transformer la « diplomatie » en « ultimatums » américains. Au Moyen Orient, cette vision fut partagée par les Israéliens de la ligne dure qui en avaient assez de négocier avec les Palestiniens et autres Arabes.

À la place des négociations, il y aurait un « changement de régime » pour tout gouvernement qui n’adopterait pas la ligne. Cette stratégie a été élaborée en 1996, quand un groupe de néocons, dont Richard Perle et Douglas Feith, sont intervenus en Israël pour soutenir la campagne de Benjamin Netanyahu et ont concocté un document stratégique intitulé : « A Clean Break : A New Strategy for Securing the Realm ».
L’Irak a été la première cible sur la liste des néocons, mais suivait immédiatement la Syrie et l’Iran. L’idée centrale était qu’une fois éliminés ou neutralisés les régimes aidant les Palestiniens et le Hezbollah, Israël pourrait dicter ses conditions de paix aux Palestiniens qui n’auraient d’autre choix que d’accepter ce qu’on leur offrait.
En 1998, le projet Project for the New American Century, élaboré par les néocons Robert Kagan et William Kristol, appelait à une invasion américaine de l’Irak, mais le président Bill Clinton a reculé devant une décision aussi extrême. La situation a changé, cependant, à l’arrivée du président George W. Bush et les attaques du 9/11 (attentats des Twin Towers) qui ont terrifié et rendu furieuse l’opinion publique américaine.

Immédiatement, les néocons ont eu un Commandant en Chef pour approuver la nécessité d’éliminer Saddam Hussein, et il ne fut pas difficile de persuader les Américains, bien que l’Irak et Saddam Hussein n’avaient rien à voir avec le 9/11 (cf www.consortiumnews.com « The Mysterious Why of the Iraq War »)

La mort du « Réalisme »

L’invasion de 2003 a sonné la mort du « réalisme » en matière de politique étrangère à Washington. Vieux ou morts, les « adultes » se turent ou ont fait la sourde oreille. Du Congrès et de l’Exécutif aux think-tanks et aux principaux médias d’information, pratiquement tous les « leaders d’opinion » étaient des néocons et de nombreux libéraux se rangèrent derrière les arguments de Bush en faveur de la guerre.

Et même si le « groupe pensant » de la guerre d’Irak avait pratiquement complètement tort à la fois sur les armes de destruction massive comme justification de la guerre et sur l’idée que ce serait « du gâteau » de mettre en place un nouvel Irak, pratiquement aucun de ceux qui avaient soutenu le fiasco, n’a été sanctionné pour l’illégalité de l’invasion ou pour le soutien à un plan totalement dénué de bon sens.

Au lieu de répercussions négatives, ceux qui ont soutenu la guerre en Irak – les néocons et leurs complices Libéraux et Faucons (aile dure des Républicains) ont essentiellement renforcé leur contrôle sur la politique étrangère américaine et les majors du secteur médiatique d’information. Du New York Times et Washington Post à la Brooking Institution et l’American Entreprise Institute, le programme de « changement de régime » a continué d’élargir son influence.

Peu importait que la guerre sectaire en Irak tue des centaines de milliers de personnes et provoque le déplacement de millions d’autres ou qu’elle donna l’occasion d’émerger à la branche impitoyable d’al Qaïda en Irak. Pas même l’élection de Barack Obama, en 2008, pourtant un opposant à cette guerre, n’a changé cette dynamique globale.

Plutôt que de résister au nouvel ordre en matière de politique internationale, Obama s’est incliné, retenant des joueurs clefs de l’équipe de sécurité nationale du président Bush, tels que le Secrétaire à la Défense, Robert Gates et le général David Petraeus, et recrutant des va-t-en-guerre démocrates, dont Hillary Clinton qui est devenue Secrétaire d’État, et Samantha Power du Conseil national de sécurité.

Ainsi, le culte du « changement de régime » n’a pas seulement survécu au désastre irakien, il s’est développé. Chaque fois qu’un problème émergeait à l’étranger, « La » solution était le « changement de régime », accompagné de l’habituelle diabolisation d’un dirigeant ciblé, du soutien à une « opposition démocratique » et d’appels à l’intervention militaire. Le président Obama, probablement un « closet realist » (réaliste de cabinet) s’est retrouvé dans le rôle du « timoré en chef », poussé, à contrecœur, d’une croisade pour un « changement de régime » à une autre.

En 2011, par exemple, la Secrétaire d’État, Hillary Clinton et Power, du Conseil national de sécurité, ont convaincu Obama de s’allier avec quelques dirigeants européens « chauds pour la guerre » pour réussir le « changement de régime » en Libye, où Mouammar Kadhafi s’était lancé dans l’offensive contre des groupes qu’il avait identifiés comme des terroristes islamistes, dans l’est libyen.

Pour Clinton et Power il s’agissait de tester leurs théories de « guerre humanitaire » - ou « changement de régime » - visant à chasser du pouvoir un « voyou » comme Kadhafi. Obama a rapidement adhéré et, avec le soutien technologique crucial de l’armée américaine, une campagne de bombardements dévastateurs a détruit l’armée de Kadhafi, l’a chassé hors de Tripoli, pour finalement le conduire à son assassinat par la torture.

Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort !

Hillary Clinton s’est dépêchée de tirer parti de ce « changement de régime ». Dans un échange d’email, en août 2011, son ami de longue date et conseiller personnel, Sidnay Blumenthal, fit l’éloge de la campagne de bombardement visant à détruire l’armée de Kadhafi et salua l’expulsion du dictateur gênant de Tripoli.

« Tout d’abord, bravo à vous ! C’est un moment historique et c’est à vous qu’on l’attribuera », écrivait Blumenthal à Clinton le 22 août 2011. « Si Kadhafi lui-même est finalement renversé, vous devriez, bien sûr, faire une déclaration publique devant les caméras où que vous vous soyez, vous devez aller devant les caméras. Vous devez entrer dans les archives de l’Histoire à ce moment-là… La phrase la plus importante est : « stratégie victorieuse ».

Clinton transmit le conseil de Blumenthal à Jake Sullivan, un proche assistant du Département d’État. « SVP, lire ci-dessous, écrit-elle, Sid a bien vu ce que je dois dire, mais c’est conditionné à la chute de Kadhafi qui donnera une dimension plus spectaculaire. J’hésite car je ne sais pas combien j’aurais d’occasions ».

Sullivan répondit : « Cela peut être bon pour vous de vous exprimer juste après son départ, pour marquer le coup… Vous pouvez aussi donner plus de poids en vous présentant physiquement, mais il paraît censé de formuler quelque chose de définitif, comme, par exemple, la Doctrine Clinton ».

Cependant, lorsque Kadhafi a abandonné Tripoli ce jour-là, le président Obama a saisi cette occasion pour faire une déclaration triomphale. Clinton a dû attendre jusqu’au 20 octobre 2011, lorsque Kadhafi fut capturé, torturé et assassiné, pour exprimer sa satisfaction sur le « changement de régime ».

Dans une interview télévisée, elle a célébré la nouvelle dès qu’elle s’est affichée sur son téléphone mobile en paraphrasant la célèbre déclaration de Jules César après la victoire des Romains en 46 av. J.C : « Veni, vidi, vici » - (Je suis venu, j’ai vu, j’ai vaincu). Clinton a adapté la fanfaronnade de César en « Nous sommes venus, nous avons vu, il est mort ». Puis elle a ri et applaudi.

Il est probable que la « Doctrine Clinton » serait devenue une stratégie d’« interventionnisme libéral » pour procéder à un « changement de régime » dans des pays en crise, où le dirigeant cherchant à éliminer une menace sécuritaire, et dont les États-Unis désapprouvent l’action. Mais le problème avec la fanfaronnade de Clinton sur la « Doctrine Clinton », c’est que l’aventure libyenne a rapidement tourné à l’aigre. Les terroristes islamistes contre lesquels Kadhafi avait mis en garde, se sont emparés de vastes pans de territoire et ont transformé le pays en un nouveau « champ de ruines », comme en Irak.
Le 11 septembre 2012, l’attaque du consulat américain à Benghazi et la mort de l’ambassadeur américain Christopher Stevens et trois autres membres du personnel diplomatiques a fait exploser cette réalité aux yeux des Américains. Il est apparu que Kadhafi n’avait pas tout à fait tort sur la nature de son opposition.

Finalement, la violence extrême en Libye s’est tellement développée de façon incontrôlée que les États-Unis et les pays européens ont abandonné leurs ambassades à Tripoli. Depuis, les terroristes de l’État islamique se sont mis à décapiter des chrétiens coptes sur les plages libyennes et à massacrer d’autres « hérétiques ». En pleine anarchie, la Libye est devenue une voie pour les migrants désespérés qui cherchent un passage vers l’Europe en traversant la Méditerranée.

Guerre à Assad

Parallèlement au « changement de régime » en Libye, la même démarche a été engagée en Syrie. Les néocons et les interventionnistes libéraux ont fait pression pour le renversement du président Bachar al-Assad, dont le gouvernement s’est fissuré en 2011 après ce qui est rapidement devenu une rébellion violente conduite par des éléments extrémistes, bien que la propagande occidentale l’ait présentée comme l’opposition « modérée » et « pacifique ».

Pendant les premières années de guerre civile en Syrie, le prétexte fut la répression injustifiée de ces rebelles « modérés » et la seule réponse fut le « changement de régime » à Damas. Les affirmations d’Assad selon lesquelles l’opposition incluait de nombreux extrémistes islamistes fut largement méprisée, comme le furent les avertissements de Kadhafi en Libye.
Le 21 août 2013, une attaque au gaz sarin dans la banlieue de Damas a tué des centaines de civils. Le Département d’État américain et les médias dominants ont immédiatement accusé les forces d’Assad en même temps qu’ils exigeaient une vengeance militaire contre l’armée syrienne.

Malgré les doutes au sein des milieux du renseignement américain sur la responsabilité d’Assad dans cette attaque, que certains analystes considèrent, au contraire, comme une provocation terroriste anti-Assad, les vociférations des néocons de Washington et des interventionnistes libéraux en faveur de la guerre furent intenses et tout doute fut balayé d’un revers de la main.

Cependant, le président Obama, conscient du scepticisme des milieux du renseignement, a renoncé à une frappe militaire et finalement œuvré à un accord négocié par le président russe Vladimir Poutine dans lequel Assad acceptait de remettre tout son arsenal chimique, bien qu’il continuât à nier son implication.

Bien que l’accusation contre le gouvernement syrien à propos de l’attaque fut finalement tombée à l’eau – avec l’accumulation des preuves d’une opération déguisée par les radicaux sunnites pour tromper les Américains et les pousser à intervenir à leurs côtés – la « pensée de groupe » officielle de Washington a refusé de reconsidérer ce jugement précipité. Hiatt se réfère toujours à la « sauvagerie des armes chimiques » d’Assad.

Toute suggestion selon laquelle la seule option réaliste en Syrie est un compromis autour du partage du pouvoir qui inclurait Assad – qui est considéré comme le protecteur des minorités chrétienne, chiite et alaouite – est rejeté par le slogan « Assad doit partir ».

Les néocons ont créé une croyance populaire selon laquelle la crise syrienne aurait été évitée si seulement Obama avait suivi leur conseil en 2011, à savoir une nouvelle intervention américaine pour obtenir en force un autre « changement de régime ». Cependant, l’issue plus que probable aurait été, soit une autre occupation illimitée et sanglante de la Syrie par l’armée américaine, soit le drapeau noir du terrorisme flottant sur Damas.

Au tour de Poutine

Le président russe, Vladimir Poutine, est un autre « voyou », depuis l’échec, en 2013, du projet de bombardement de la Syrie. Il a rendu fou de rage les néocons par sa collaboration avec Obama pour obtenir la remise des armes chimiques syriennes, puis en œuvrant à des négociations sérieuses avec les Iraniens sur leur programme nucléaire. Malgré les désastres du « changement de régime » en Irak et en Libye, les néocons voulaient à nouveau utiliser leur baguette magique en Syrie et en Iran.

Poutine a été puni par les néocons américains, dont Carl Geshman, le président du NED (la Fondation nationale pour la démocratie), et le secrétaire d’État adjoint pour l’Europe, Victoria Nuland (l’épouse de Robert Kagan) par leur aide au « changement de régime » en Ukraine, le 22 février 2014, et le renversement du président élu Viktor Yanukovych, et en mettant en place un régime violemment anti-Russie, à la frontière. Aussi satisfaits qu’aient été les néocons de leur « victoire » à Kiev et de leur diabolisation réussie de Poutine dans les grands médias américains, l’Ukraine a suivi la pente post- changement de régime prévisible conduisant à la guerre civile. Les Ukrainiens de l’ouest ont lancé une brutale « opération anti-terroriste » contre la population russe de l’est qui a résisté au coup d’État soutenu par les États-Unis.

Des milliers d’Ukrainiens sont morts et des millions ont été déplacés, alors que l’économie nationale ukrainienne basculait vers la faillite. Cependant, les néocons et leurs amis Libéraux et Faucons démontrèrent à nouveau leur capacité de propagande en mettant toutes les responsabilités sur le compte de « l’agression russe » et de Poutine.

Bien qu’Obama ait été, apparemment, pris de court par le « changement de régime » en Ukraine, il s’est joint rapidement au concert d’accusations contre la Russie et Poutine. L’Union européenne s’est, également rangée derrière la demande américaine de sanctions contre la Russie malgré le mal que ces mêmes sanctions infligeaient à l’économie européenne déjà vacillante. Aujourd’hui, la stabilité de l’Europe subit une autre pression avec le flot de réfugiés qui arrivent des zones de guerre au Moyen Orient.

Des dizaines d’années de chaos

Si on regarde, aujourd’hui, les conséquences et les coûts de la dernière dizaine d’années marquées par la stratégie néocons/libéraux-Faucons de « changement de régime », le nombre de morts en Irak, Syrie et en Libye dépasse, selon les estimations, le million tandis que plusieurs millions de réfugiés arrivent dans des pays moyen-orientaux fragiles et pèsent sur leurs ressources.

Des centaines de milliers d’autres réfugiés et de migrants ont fui vers l’Europe, aggravant la pression importante sur les structures sociales du continent déjà affectées par la récession sévère qui a suivi le crash de Wall Street en 2008. Sans la crise des réfugiés, la Grèce et d’autres pays du sud de l’Europe batailleraient quand même pour répondre aux besoins de leurs citoyens.

En revenant en arrière un instant et en mesurant l’impact de la politique des néoconservateurs américains, on peut être étonné de l’étendue du chaos qu’ils ont créé sur une large partie de la planète. Qui aurait pensé que les néocons auraient réussi à déstabiliser non seulement le Moyen Orient, mais, également, l’Europe…

Et pendant que l’Europe se débat, les marchés d’exportation chinois se resserrent, provoquant une instabilité dans cette économie cruciale, et, de ce choc, les répercussions se font sentir aux États-Unis.

Nous assistons aux tragédies humaines provoquées par les idéologies des néocons/Libéraux-Faucons à travers la souffrance des Syriens et autres réfugiés débarquant en Europe et la mort d’enfants noyés dans la fuite désespérée de leurs parents loin du chaos créé par le « changement de régime ». Mais les griffes des néocons/libéraux-Faucons sur Washington finiront-elles par se casser ? Un débat sur les dangers de la stratégie du « changement de régime » sera-t-il même autorisé dans le futur ?
Pas si les « Fred Hiatt du Washington Post » ont quelque chose à dire à ce sujet. La vérité est que Hiatt et autres néocons maintiennent leur domination sur les grands médias américains. Ce que nous pouvons, donc, attendre des différents médias dominants, c’est plus de propagande néocons mettant le chaos non sur le compte de leur politique de « changement de régime », mais sur l’échec de parvenir à davantage de « changements de régime ».

Le seul espoir est que de nombreux Américains ne se fassent pas avoir, cette fois, et qu’un « réalisme » tardif revienne dans la stratégie géopolitique américaine, consistant à rechercher des compromis raisonnables pour restaurer l’ordre politique dans des endroits comme la Syrie, la Libye et l’Ukraine. Au lieu de toujours plus de confrontations dures à la « Rambo », peut-être y aura-t-il, finalement, des tentatives sérieuses de réconciliation.

Mais l’autre réalité est que les forces interventionnistes se sont enracinées profondément à Washington, dans l’Otan, dans les grands médias d’information et même dans les institutions européennes. Il ne sera pas facile de débarrasser le monde des graves dangers créés par les stratégies néocons.

Robert Parry, directeur du site www.ConsortiumNews.com, est un journaliste d’investigation. Il a publié de nombreux articles pour Associated Press et Newsweek dans les années 1980 sur l’affaire Iran-Contra et l’implication de la CIA. Il est l’auteur, entre autres, d’une trilogie sur la famille Bush et ses connexions avec l’extrême droite américaine.)

Source : www.ConsortiumNews.com
Traduction : Christine Abdelkrim-Delanne pour Afrique Asie


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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Mer 16 Sep - 15:19

International Peace Bureau Briefing Paper dit :

Les conséquences écologiques du militarisme : Stop The Arms Fair

Traduit par  Michèle Mialane میشل ميلان

Citation :
La guerre moderne (...) a des conséquences tellement destructrices pour l’environnement qu’on peut parler d’holocauste écologique.

Examinons-en les différents aspects :

Les forces militaires des USA sont responsables pour moitié des émissions d’hydrochlorofluorocarbones (CFC), soit de 13% de la destruction de la couche d’ozone. Les activités militaires sont à l’origine de 10% des émissions de C02. L’ensemble des forces militaires mondiales est responsable des 2/3 des CFC 113 libérés dans la couche d’ozone.

Les forces armées US sont le premier pollueur mondial et produisent chaque année autant de substances toxiques que les 5 premières firmes chimiques mondiales réunies. Il est à peine besoin d’évoquer les conséquences environnementales de la guerre : embrasement de produits de pétroliers (par exemple : la plus grave catastrophe pétrolière en Méditerranée) ; les mines anti-personnel et munitions à l’uranium appauvri qui infestent les sols, provoquant morts, mutilations et empoisonnements, déforestations par aspersion de défoliants, incendies de forêt gigantesques, pollution des nappes phréatiques suite à des bombardements sur les évacuations d’eaux usées.


Les forces armées consomment environ 1/4 (42 millions de tonnes par an) du kérosène utilisé dans le monde, et plus d'aluminium, de cuivre, de nickel et de platine que l'ensemble des pays du Sud globalisé n'en demande. Elles détiennent aussi 1,5 million km2 de terres de par  le monde, soit l'équivalent de la Mongolie. Encore les surfaces occupées par les entreprises d'armemnt ne sont-elles pas incluses dans ce chiffre.


Même les manœuvres militaires entraînent de graves pollutions.

Les polygones d’essai pour bombes transforment des zones entières en désert. Les installations de tir pour blindés et pour l’artillerie contaminent les sols et les nappes phréatiques avec du plomb et autres résidus toxiques. Leur réhabilitation exige parfois des millénaires. Sans parler des vols à basse altitude qui perturbent les routes migratoires et les comportements de la faune sauvage.

Partout dans le monde, la présence de forces armées est le meilleur indicateur des dommages causés à l’environnement. Presque tous les sites d’essais nucléaires ainsi que la plupart des mines d’uranium et décharges nucléaires se trouvent sur le territoire de populations autochtones. Il en va de même pour d’autres activités militaires polluantes.

L’armée US (le premier pollueur mondial) est responsable de 27 000 zones classées Seveso situées sur 8500 terrains militaires en activité ou fermés.


Un groupe de militant-e-s a réussi à pénétrer dans l’ExCel Centre à Londres. Ils ont déployé une banderole de Stop the Arms Fair devant un obusier destiné à la garde nationale saoudienne, l’Indonésie, et la Thaïlande pour être utilisé au Mali, au Liban et en Afghanistan

Mais même lorsque les forces armées ne sont pas matériellement présentes elles dévastent l’environnement par le biais de l’industrie qui les fournit. Un bon exemple en est les coûts de production de l’aluminium. 30% de l’aluminium produit dans le monde est utilisé par l’industrie de l’armement. La fabrication de l’aluminium est l’un des processus qui causent le plus de dommages environnementaux. L’extraction du minerai - la bauxite - détruit des forêts pluviales et dépossède les peuples indigènes de leurs territoires ancestraux tandis que les produits chimiques empoisonnent les fleuves et les nappes phréatiques. La fonte de l’aluminium nécessite une énorme quantité d’énergie - on emploie de « l’énergie propre » produite  en Islande , où l’on construit des barrages sur les grands fleuves glaciaires, détruisant ainsi le dernier grand espace sauvage européen.

Quand un camion transportant des équipements militaires pour la grand-messe de l’armement (DSEI) est arrivé en vue, 100 militant-e-s sont descendus dans la rue en scandant « C’est ici que commence l’oppression... C’est ici qu’il faut la stopper ! »

Et non seulement le militarisme entraîne d’énormes dégâts environnementaux. Mais l’on ne peut disjoindre arbitrairement le militarisme de ces dégâts, car tous deux sont partie intégrante d’un seul et même système de domination, d’oppression et de   destruction, le capitalisme, qui implique la guerre permanente et le complexe miltaro-industriel ; il implique aussi la croissance constante de l’épuisement des ressources, avec les inévitables dégâts environnementaux et l’inexorable changement climatique qu’elle entraîne.



Pour en savoir davantage: International Peace Bureau Briefing Paper THE MILITARY’S IMPACT ON THE ENVIRONMENT: A NEGLECTED ASPECT OF THE SUSTAINABLE DEVELOPMENT DEBATE


Campagnes britanniques contre l ’armement et les foires aux armement:
- See more at: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=15942#sthash.RlAMrjoh.dpuf


Admin : copié-collé ici : divers DÉSASTRES "écologiques" passés, présents, à venir...
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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Ven 2 Oct - 3:33

GEAB N°96 Otan, FMI, tensions, divisions, Grexit... Horizon 2020 : le retour des guerres européennes ?


Citation :
Devant la combinaison de certains indicateurs plutôt inquiétants ces derniers mois, nous en sommes venus à nous poser la question de la probabilité d’un retour des guerres européennes à l’horizon 2020.

En effet, ce n’est pas parce que notre équipe continue à voir les pistes de sortie de crise se mettre en place qu’elle ne garde pas sa vigilance sur les obstacles qui demeurent sur la route.

Des obstacles qui nous semblent de deux natures essentiellement :

. d’une part, les efforts des maîtres du « monde d’avant » pour garder la main, conflits anachroniques et ancrés dans le passé, générés par des puissances de plus en plus isolées, mais aussi de plus en plus agressives, au nombre desquelles on trouve surtout l’appareil militaire US, mais pas seulement ;

. d’autre part, les étincelles, « naturelles » celles-ci, susceptibles de naître des immenses frottements entre plaques tectoniques, image évoquant le mieux les rééquilibrages géopolitiques en cours.


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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Dim 4 Oct - 22:08


aux abris, Attila Attali est là !



Attali craint une Troisième Guerre mondiale Michel Collon  4 octobre 2015

Jacques Attali fut conseiller de Mitterrand, est un observateur attentif des évolutions stratégiques et inspire une double expo à Paris et Bruxelles. Souvent à contre-courant, il craint une 3ème guerre mondiale. Analyse de Michel Collon.


Michel Collon a écrit:
La La longue interview d'Attali au Soir contient trois thèmes-clés que nous allons analyser un par un : 1° Il est pour la liberté de circulation des migrants et réfugiés. 2°Il craint une Troisième Guerre mondiale très « probable » mais inquiète aussi en disant : « Il y a des moments où la guerre est nécessaire. » 3° Il appelle les citoyens à réagir pour plus de « fraternité ». Sur certains points, nous pouvons le rejoindre, sur d’autres nous pensons que son diagnostic est faussé et donc aussi ses solutions.

A contre-courant du refrain général en Europe occidentale « Nous ne pouvons pas accueillir toute la misère du monde. », Attali souligne l’hypocrisie de ce refrain : « A partir du moment où on admet que les libertés sont fondamentales, la première liberté, c’est celle de circulation. » Rappel salutaire.

Mais il poursuit : « Et donc les gens vont venir et c’est très bien. Il faut se doter des politiques d’intégration et ces gens-là vont faire de l’Europe la première puissance du monde. » Là, on suit moins : le but de cette « générosité », c’est que l’Europe devienne plus forte que ses rivaux ?

Deux remarques. D’abord, il n’est pas « très bien » que tant de gens soient obligés de quitter leur pays parce que les multinationales y pillent les ressources, s’appuient sur des dictateurs corrompus, bloquent le développement, provoquent des guerres (y compris via intermédiaires) et multiplient ainsi les souffrances. Pas d’accord, Attali ! La migration libre, oui. La migration forcée, non.

Ensuite, quel intérêt y voit Attali ? Eh bien, c’est la fuite des cerveaux. Europe et USA veulent « importer » des travailleurs qualifiés dont la formation ne leur aura rien coûté. Ils grossiront le marché de l’emploi et travailleront à bas prix, faisant ainsi pression sur les salaires de tous. Sarkozy appelait ça « l’immigration choisie ». Par les pays riches bien sûr. Cette politique fut lancée en Europe de l’Est par le commissaire européen Bolkestein : mettre les travailleurs en concurrence maximale entre eux afin d’augmenter les profits.

D’ailleurs, Attali se contredit dans son interview. D’un côté, il démasque bien : « Pour Merkel [accepter les migrants], c’est de l’égoïsme total car cela va dans l’intérêt de l’Allemagne qui était en situation de suicide : les migrants comblent un vide. » (Exact : population vieillie, Sécu en déficit). De l’autre, il se réjouit : « J’ai vu avec plaisir la réaction du patronat belge qui dit qu’il faut accueillir les réfugiés. » Mais ces patrons le disent, à condition de baisser les protections salariales et sociales des réfugiés : donc pour se procurer une main d’œuvre plus faible. En fait, Merkel, les patrons belges ou Attali, c’est kif kif. Tous veulent profiter des migrants pour diviser le monde du travail et augmenter les bénéfices. Aucun ne dénonce le néocolonialisme qui appauvrit le tiers monde.

La « solution Attali » aggrave le problème du Sud et augmentera la concurrence entre grandes puissances capitalistes. En prenant des travailleurs qui seraient utiles pour développer leur pays, la « solution Attali » aggrave le problème du Sud et augmentera la concurrence entre grandes puissances capitalistes. Est-ce ainsi qu’on va contrer la menace d’une guerre mondiale ?



il commençait à me manquer, le providentiel,
depuis qu'il est présidentiablo-présentable, pas vous ?


« Aujourd’hui, estime Attali, la technique permet d’optimiser les moyens...
Internet notamment, qui offre toutes les possibilités, devrait
permettre de « surveiller tout comportement suspect. »




faut rigoler...  20 février


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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Sam 10 Oct - 16:38

L’OTAN s’engage au plus fort accroissement de sa puissance militaire contre la Russie depuis la Guerre froide Bill Van Auken WSWS 10 octobre 2015

Bill Van Auken a écrit:
La réunion des ministres de la Défense de l’OTAN à Bruxelles a donné jeudi son accord final à une extension à 40.000 soldats de la Force de réaction de l’OTAN dans le cadre d’une escalade majeure, menée par les Etats-Unis et dirigée contre la Russie, de la capacité militaire de l’Alliance.

Les ministres de l’OTAN, dont le secrétaire américain à la Défense Ashton Carter, ont sauté sur les frappes aériennes de Moscou en Syrie contre les milices islamistes visant le renversement du gouvernement du président Bachar al-Assad comme prétexte au déploiement plus agressif de forces militaires aux frontières russes.

Washington et ses alliés de l’OTAN ont en particulier cherché à faire de deux brèves incursions alléguées de l’aviation russe dans l’espace aérien turc depuis le nord de la Syrie, le week-end dernier, un acte de guerre avéré.

« L’OTAN est prête à défendre tous les alliés, dont la Turquie, contre toute menace et capable de le faire, » a dit le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, aux journalistes alors qu’il entrait dans la réunion. Il a ajouté que l’OTAN était prête à déployer des troupes en Turquie et avait déjà pris pour ce faire des mesures afin d’augmenter ses « capacités » et son « niveau de préparation ».

La transformation de violations alléguées de l’espace aérien turc en confrontation entre Moscou et l’Alliance atlantique a principalement été le fait de Washington et ce, dans le but de faire monter d’un cran la campagne visant la Russie.

Le gouvernement du président Vladimir Poutine a insisté sur le fait que les violations de l’espace aérien turc avaient été accidentelles, ce qui fut rejeté par Washington et par l’OTAN.

En réalité, les milices islamistes comme l’État islamique (EI) et le Front al-Nosra, un affilié d’Al-Qaïda, opèrent à proximité de la frontière avec une Turquie qui leur sert de voie d’acheminement pour leurs fonds, leurs armes et leurs combattants étrangers.

De plus, la Turquie elle-même a traité sa frontière avec la Syrie de façon très élastique. Depuis 2012, où un avion de combat turc a été abattu par un missile syrien après avoir pénétré dans l’espace aérien syrien et où la Turquie a déclaré unilatéralement une zone tampon de huit kilomètres, elle se réserve le droit d’abattre toute cible considérée comme hostile jusqu’à cette distance de sa frontière.

La Turquie, quant à elle, viole constamment les frontières de ses voisins pour bombarder les camps kurdes en Irak où lancer des frappes aériennes contre la Syrie, sans autorisation de l’un ou de l’autre gouvernement.

Se vantant de l’expansion militaire de l’OTAN, Stoltenberg a dit aux ministres réunis, « Nous mettons en place le plus grand renforcement de notre défense collective depuis la fin de la guerre froide. »

Cette extension avait commencé après la crise de février 2014 en Ukraine, ou un coup d’Etat soutenu par les États-Unis a renversé à Kiev le président Viktor Ianoukovitch et a porté au pouvoir un régime d’extrême droite, ultranationaliste, inféodé à Washington et à l’Union européenne.

Cette provocation et l’extension militaire spectaculaire des États-Unis et de l’OTAN à la frontière occidentale de la Russie ont considérablement augmenté le risque d’une confrontation militaire entre les deux principales puissances nucléaires États-Unis et Russie, aux implications catastrophiques pour le monde entier.

Ce danger a encore été exacerbé par la guerre civile syrienne, initiée par Washington et ses alliés pour tenter d’obtenir un changement de régime et installer à Damas un gouvernement fantoche des États-Unis. Avec l’intervention de la Russie, la possibilité d’un incident entre avions de guerre américains et russes, dans une confrontation délibérée ou involontaire, n’a fait qu’accentuer la menace de guerre.

Le secrétaire américain à la Défense, Carter, s’est plaint amèrement à la réunion des ministres de l’OTAN de ce que Moscou n’avait pas averti Washington du lancement de 26 missiles de croisière contre des cibles en Syrie à partir de navires de guerre russes déployés, à plus de 1.400 km, dans la mer Caspienne.

Dans ce qui ressemblait fort à une menace, Carter a dit, « Cela aura des conséquences pour la Russie..., » ajoutant : « Je pense aussi que dans les prochains jours, les Russes vont commencer à subir des pertes en Syrie. »

La plupart des dénonciations des actes militaires de Moscou en Syrie ont trait au fait que, selon les mots de Carter, elles visent « des cibles qui ne sont pas l’État islamique (EI). » Cette description de ce que les cibles ne sont pas, plutôt que de ce qu’elles sont, est typique des responsables américains et de l’OTAN. Cela doit masquer le fait que Washington et ses alliés s’opposent à ce que la Russie bombarde Al-Nosra et d’autres milices islamistes liées à Al-Qaïda, et avec qui l’Occident a une alliance de fait.

En plus du déploiement de 40.000 soldats par la Force de réaction de l’OTAN, la réunion de Bruxelles a pris d’autres mesures visant à intensifier la pression et les provocations à l’égard de la Russie.

Les ministres de l’OTAN ont décidé d’ouvrir deux nouveaux quartiers généraux militaires en Hongrie et en Slovaquie, en plus des six déjà prévus dans les États baltes (Estonie, Lettonie, Lituanie) et en Bulgarie, Pologne et Roumanie. Ces QG, appelé Unités d’intégration de la Force de l’OTAN, doivent compter chacun environ 80 militaires et sont en train d’être mis en place pour planifier et préparer le déploiement rapide de nombreuses troupes de l’OTAN.

Entre-temps, la Grande-Bretagne a annoncé vouloir commencer le déploiement régulier d’unités de 150 soldats maximum dans les États baltes, en Pologne et en Ukraine à des fins de formation. Le ministre britannique de la Défense, Michael Fallon, a déclaré que c’était là une réponse à « l’agression et la provocation russe. »

L’annonce a été condamnée par le gouvernement russe. « Une excuse inventée à propos d’une menace suggérée venant de la Russie n’est peut-être qu’un camouflage utilisé pour masquer les plans d’une nouvelle projection de l’OTAN vers nos frontières », a déclaré le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov. « Bien entendu, tout plan qui rapproche l’infrastructure militaire de l’OTAN de la Fédération russe fera l’objet des mesures réciproques requises pour rétablir la parité nécessaire. »

En plus de l’escalade menée par l’OTAN en Syrie et en Europe de l’Est, la réunion de Bruxelles a discuté la situation en Afghanistan. La perte récente de la ville de Kunduz aux talibans y a exposé la fragilité du régime client de Washington et de ses forces de sécurité, pour la formation desquelles le Pentagone a dépensé quelque $65 milliards. Le secrétaire à la Défense, Carter, a exigé de la « flexibilité » pour le retrait des quelque 6.000 soldats non-américains de l’OTAN, actuellement déployés dans le pays.

Le commandant des forces américaines en Afghanistan, le général John Campbell, a témoigné une seconde fois au Congrès mercredi et plaidé contre le calendrier fixé précédemment du retrait de toutes les troupes américaines du pays, sauf un millier, d’ici la fin de 2016. Leur nombre actuel est de 9.800.

(Article paru d'abord en anglais le 9 octobre 2015)


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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Sam 10 Oct - 16:41

La Syrie et les tambours de guerre mondiale Bill Van Auken WSWS 9 octobre 2015

Bill Van Auken a écrit:
Après la première semaine de frappes russes en Syrie et des tirs de 26 missiles de croisière depuis des croiseurs voguant en mer Caspienne à plus de 1.450 km de distance, un nombre grandissant d’avertissements et de menaces concernant un conflit bien plus dangereux et même une guerre mondiale dominent les débats au sein des cercles dirigeants aux États-Unis et en Europe.

Le président français François Hollande, qui a ordonné des frappes françaises en Syrie, a averti mercredi les législateurs européens que les événements en Syrie pourraient provoquer une « guerre totale » dont l’Europe elle-même ne serait pas à « l’abri. »

Profitant d’incidents allégués impliquant des avions de chasse russes survolant l’espace aérien turc, le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré, « Une agression contre la Turquie signifie une agression contre l’OTAN », en invoquant implicitement l’article cinq du traité de l’Atlantique Nord qui oblige les membres de l’alliance militaire menée par les États-Unis à réagir par les armes contre une attaque visant la Turquie ou tout autre État membre.

Le gouvernement turc, qui est l’une des principales sources d’appui des milices islamistes telles l’EI et le Front al Nosra qui ont ravagé la Syrie, viole systématiquement les espaces aériens de ses propres voisins en bombardant des camps kurdes en Irak et en abattant des avions syriens au-dessus du territoire syrien.

De hauts responsables de l’OTAN ont ajouté leurs propres dénonciations belliqueuses de Moscou. Le secrétaire-général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a affirmé que la présumée incursion dans l’espace aérien turc « ne ressemblait pas à un accident. » Il a ajouté, « Des incidents et des accidents peuvent engendrer des situations dangereuses. C’est pourquoi, il est important de veiller à ce que cela ne se reproduise pas. »

Mardi, à Washington, le commandant en chef de la marine américaine, l’amiral Mark Ferguson qui dirige aussi le commandement unifiés des forces interarmées de l’OTAN à Naples en Italie, a accusé la Russie de construire un « arc d’acier » de l’Arctique à la Méditerranée. Le fait d'évoquer le discours tenu en 1946 par Winston Churchill sur le « rideau de fer » renverse le véritable rapport de forces, en occultant l’encerclement incessant de la Russie par Washington et l’alliance de l’OTAN, depuis la liquidation de l’Union soviétique il y a 25 ans.

En qualifiant la Russie de « menace la plus dangereuse » à laquelle est confrontée l’OTAN, l’amiral Ferguson réclame une attitude de plus en plus agressive de l’OTAN à l’égard de Moscou en recommandant le perfectionnement des « compétences au combat en temps de guerre » de l’alliance et le déploiement de forces militaires « sur demande pour de réelles opérations mondiales. »

D’anciens hauts responsables américains dont les opinions reflètent assurément ceux de sections puissante de l'élite dirigeante, de l'armée, et du vaste appareil de renseignement, ont également pesé de tout leur poids en lançant des appels à une confrontation avec la Russie.

Dans une tribune publiée par le Financial Times, Zbigniew Brzezinski, conseiller à la sécurité du gouvernement Carter et stratège de l'impérialisme américain de longue date, a écrit que les frappes russes contre les milices islamistes soutenues par la CIA « devraient conduire à des représailles américaines. » Il n'a pas mentionné que la plus importante de ces milices est le Front al Nosra, lié à al Al-Qaïda.

Brzezinski a précisé que « la présence russe navale et aérienne est vulnérable en Syrie, isolée géographiquement de sa patrie » et qu’elle « pourrait être ‘désarmée’ si elle persiste à provoquer les États-Unis. » Il a probablement mis « désarmée » entre guillemets pour signaler qu’il recourait à un euphémisme pour dire « militairement oblitérée. »

De même, Ivo Daalder, qui fut l’ambassadeur d’Obama auprès de l’OTAN jusqu’en juin 2013, a dit au site américain Politico : « Si nous voulons faire sortir leurs forces militaires, nous pourrons probablement le faire à peu de frais, voir sans frais. La question est de savoir quelle sera la réponse de Poutine. Je pense que ceux qui sont dans la dans le Situation Room [salle de crise de la Maison Blanche] doivent se pencher sur la question. »

Frederic Hof, l’ancien envoyé spécial d’Obama sur le dossier d’une transition syrienne, a comparé les actions de Poutine à celles de Nikita Khrouchtchev lors de la crise des missiles cubains en 1962, qui avait précipité le monde au bord de la guerre nucléaire : « Tout comme son prédécesseur il y a plus de 50 ans, il [Poutine] ressent une faiblesse chez le président américain. Tout comme son prédécesseur, il risque de se rendre compte qu’amoindrir l’importance des États-Unis n’est pas toujours salutaire. Mais un tel risque comporte des dangers pour tous ceux qui sont concernés. »

Gideon Rachman, l’éditorialiste en chef de la rubrique « affaires étrangères » du Financial Times, a comparé le conflit syrien à la guerre civile espagnole aux années 1930 : « Une guerre par procuration se fait actuellement en Syrie – où les forces aériennes russes et américaines bombardent toutes deux des cibles dans le pays et où affluent des combattants étrangers ».

Il a ajouté : « Les pays qui, en Espagne aux années 1930 soutenaient des camps opposés finirent par se battre entre eux aux années 1940. Le risque que le conflit syrien ne mène à un affrontement direct entre les Iraniens et les Saoudiens, ou même entre les Russes et les Américains, ne peut être exclu. »

Ce danger existe parce que l’intervention russe – lancée pour la défense des intérêts de l’État russe et des oligarques qui dirigent les sociétés énergétiques russes – a contrecarré des projets américains qui remontent à plusieurs décennies pour renverser le régime syrien et redessiner la carte du Moyen-Orient.

La proposition de renverser régime en Syrie a été formulée il y a deux décennies dans un document intitulé « Une coupure nette : une nouvelle stratégie pour sécuriser le domaine », rédigé par un groupe d’étude comprenant Richard Perle, Douglas Feith et David Wurmser pour le compte du premier ministre israélien de l’époque, Benjamin Netanyahu. Tous trois occupèrent par la suite de hautes repsonsabilités dans l'administration Bush et participèrent au complot du lancement de la guerre d’agression américaine contre l’Irak.

Un document secret récemment déclassifié et obtenu par WikiLeaks a indiqué que la planification active d’un changement de régime par les États-Unis avait précédé d’au moins cinq ans l’éclatement de la guerre civile syrienne. Ce rapport secret émanant du chef de l’ambassade américaine à Damas avait fait état d'une « vulnérabilité » du gouvernement syrien que Washington pourrait exploiter. Au sommet de la liste se trouvaient « les inquiétudes des Sunnites comme quoi l’influence iranienne » pourrait causer un conflit sectaire à cause de « la présence d’extrémistes islamistes en transit. »

Vu que le document a été écrit en 2006, à l’apogée du carnage sectaire causé en Irak par l’invasion américaine et par la tactique de Washington consistant à diviser pour mieux régner, ces propositions ont été faites en pleine conscience qu’elles provoqueraient un bain de sang. Près d’une décennie plus tard, le bilan de cette politique incluent la mort de quelque 300.000 Syriens, la fuite de 4 millions de Syriens a présent exilés, et 7 millions déplacés à l’intérieur de leur pays.

Si Washington tire cyniquement parti de la souffrance du peuple syrien pour justifier une escalade du militarisme américain, il ne compte pas permettre à la Russie de contrecarrer ses efforts pour imposer son hégémonie sur les réserves pétrolières du Moyen-orient et sur la planète entière.

La ruée vers une guerre contre la Russie n’est pas accidentelle. L’intervention américaine pour renverser le régime de Damas avait dès le départ visé à affaiblir ses principaux alliés – l’Iran et la Russie – afin de préparer une attaque directe contre ces deux pays. Chaque jour, l’éruption du militarisme américain, enracinée dans la crise historique du capitalisme mondial, confronte l’humanité au spectre d’une troisième guerre nucléaire mondiale.

(Article original paru le 8 octobre 2015)



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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Jeu 29 Oct - 5:43

Moyen-Orient - Conflit
Sunnites-chiites : est-ce le début d’une « troisième guerre mondiale » ?

Le sanglant conflit syrien est une « guerre par procuration » entre l’Arabie saoudite et ses alliés sunnites du Golfe, et l’Iran chiite. Les premiers sont soutenus pas les Occidentaux, les seconds par les Russes

Citation :
Assiste-t-on au Moyen-Orient, entre sunnites et chiites, à une « Guerre de Trente ans », comme celle qui a déchiré l’Europe au XVIIe siècle et opposait – grosso modo – pays catholiques et protestants ? Pour la plupart des observateurs, la guerre actuelle, née de divergences doctrinales et religieuses, s’est progressivement muée en conflit géopolitique.

Le drame syrien agit en quelque sorte comme un « révélateur » de cet affrontement, qui a grandement favorisé la montée en puissance de l’État islamique (Daech), et contaminé tout le Moyen-Orient.

Presque chaque jour ces dernières semaines, un attentat a visé une mosquée chiite. En Arabie saoudite, au Yémen, au Koweït, et vendredi au Pakistan, alors que les fidèles célébraient la semaine dernière l’Achoura, fête symbole chiite de ce schisme entre les deux courants principaux de l’islam.

La guerre froide entre les deux piliers de ces deux courants et grandes puissances de la région, Arabie saoudite pour les sunnites et Iran pour les chiites, n’est plus larvée. Elle se voit au grand jour, après avoir été « déviée ».

« Ni l’islamisme, ni les revendications religieuses n’ont été des thématiques dominantes des Printemps arabes de 2011, qui étaient initialement une séquence de révoltes aux fondements sociaux et politiques », traçait il y a quelques semaines le Groupe de recherches et d’études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo). La « confessionnalisation de la contestation » a commencé au Bahreïn – où la révolte a promptement été écrasée – et en Syrie.

À l’origine, Khomeyni en 1979

Pour le Gremmo, la Syrie (et l’Irak lors de l’invasion anglo-américaine) sont « des guerres de procuration » menées par l’Arabie saoudite avec le soutien actif des Occidentaux contre l’Iran chiite. Les Saoudiens, les Qataris (également wahhabites), la Turquie arment les rebelles salafistes opposés à Bachar-el-Assad. Daech a été le monstre qui leur a échappé des mains… Quant à l’Iran, il arme les milices chiites en Irak et est un allié du régime d’Al-Assad en Syrie.

Ce glissement religieux trouverait sa source, selon les spécialistes du Gremmo, dans la révolution iranienne de 1979. « Les monarchies sunnites du Golfe, l’Arabie saoudite en tête, ont détesté cette révolution et le renouveau ‘’chiite’’ qui en a découlé ». Cet événement a facilité une « radicalisation sunnite », qui s’exprime aujourd’hui à travers le djihadisme. Et l’intervention américaine en 2003 en Irak a chamboulé encore un peu plus l’équilibre précaire du Moyen-Orient. 

L’influence régionale de la République islamique d’Iran, confortée de surcroît par l’accord sur le nucléaire, grandit, au grand dam de Riyad. Entre « le croissant » chiite (Iran, Irak, Syrie, Hezbollah au Liban) et l’arc sunnite, l’antagonisme millénaire connaît aujourd’hui un pic, qui peut embraser toute une région.


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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Ven 30 Oct - 0:56

Provocation militaire des États-Unis contre la Chine en Mer de Chine méridionale Nick Beams WSWS 28 octobre 2015

En envoyant un navire de guerre à l'intérieur de la limite de 12 miles nautiques autour d'îles revendiquées par la Chine en Mer de Chine méridionale, les Etats-Unis ont lancé une provocation militaire irresponsable contre ce pays.

Nick Beams a écrit:
Lundi matin, le destroyer lance-missiles USS Lassen est entré dans la zone d'exclusion autour des récifs Subi et Mischief, dans l'archipel de Spratly, occupés et revendiqués par la Chine. La Chine y a effectué des travaux de poldérisation et construit des installations. L'USS Lassen était accompagné d'avions de surveillance P-8A et P-3. Selon des sources américaines, la Chine n'en a pas été informée et il n'y a pas eu d'incident.

Le fait qu'elle ait été entreprise en l'absence totale d'activité militaire de la Chine contre les États-Unis souligne le caractère insolent et agressif de l'opération. Celle-ci prend la forme d'une frappe préventive visant à humilier le régime chinois et à le mettre dans une situation où soit il affronte la marine américaine soit il se prosterne devant le rejet par Washington des revendications territoriales de la Chine, qui datent de plusieurs décennies, dans la région stratégique de la Mer de Chine méridionale. Ce n'est pas une coïncidence si l'opération a été annoncée au moment où une grande réunion du comité central du Parti communiste chinois au pouvoir se réunissait pour examiner la politique économique des cinq prochaines années.

Selon un responsable anonyme du Département américain de la Défense qui a donné un compte-rendu de l'opération, le déploiement de l'USS Lassen n'est pas une mesure ponctuelle mais la première d'une suite de provocations.

Ces actes augmentent fortement la menace d'un affrontement militaire avec la Chine et le danger d'une guerre entre puissances nucléaires où seraient entraînés tous les pays de la région, et au-delà. Un officier de haut rang de la marine chinoise a déclaré plus tôt ce mois qu’elle répondrait à toute force qui violerait la souveraineté chinoise par « un coup direct ». Le 9 octobre, le ministère chinois des Affaires étrangères a averti que la Chine «ne permettrait jamais à aucun pays de violer les eaux territoriales ou l'espace aérien de la Chine dans les îles Spratly au nom de la protection de la liberté de navigation et de survol».

L'incursion américaine dans la région est le produit d’une campagne soutenue de l'armée américaine menée sous la bannière bidon de la «liberté de navigation» et accompagnée de mensonges selon lesquels Washington fait respecter la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS). L'hypocrisie totale de cette affirmation est montrée par le fait que les États-Unis ne reconnaissent même pas l'UNCLOS.

Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a refusé de répondre à des questions spécifiques sur les actions de la marine. Il a dit qu'elles seraient traitées par le Pentagone, ajoutant que les Etats-Unis avaient clairement averti la Chine de l'importance de la liberté de navigation en Mer de Chine méridionale.

« Il y a des milliards de dollars de commerce qui circulent dans cette région du monde. Garantir la libre circulation du commerce ... est critique pour l'économie mondiale », a-t-il dit.

Les remarques d'Ernest ont la même fonction que le ‘Grand mensonge’ sur l'existence d'« armes de destruction massive » utilisé pour justifier l'invasion de l'Irak en 2003 et celui des préoccupations «humanitaires» pour justifier, en 2011, le renversement du régime de Kadhafi en Libye.

L'assertion que les revendications territoriales chinoises en Mer de Chine méridionale et les projets de poldérisation de la période récente sont une menace pour la circulation du commerce est complètement absurde. La Chine ne peut avoir aucun intérêt à entraver une libre circulation des marchandises dans la région, qui est le poumon duquel dépend son économie.

La provocation des États-Unis est motivée par le calcul impérialiste que la croissance économique de la Chine ces trois dernières décennies est à présent la plus grande menace pour l'hégémonie mondiale de Washington. L'élite dirigeante américaine est incapable de proposer quoi que ce soit en fait de progrès économique – étant donné que sa propre économie ressemble de plus en plus à un casino géant où la spéculation et le parasitisme financier sont, plutôt que l'activité productrice, les formes dominantes de l'accumulation du profit, Washington est résolu à utiliser sa puissance militaire écrasante pour essayer de préserver sa domination mondiale.

Un ‘tweet’ récent du candidat républicain à la présidentielle, Ben Carson, donnait une idée des forces qui motivent les actions des Etats-Unis. Il y présentait la photographie d'un porte-avions américain accompagné de la légende: «Voilà comment il faut rivaliser avec la Chine ».

La vraie raison de l'opération n'est pas de défendre la liberté en mer et dans les airs, mais de faire valoir le droit inconditionnel des États-Unis d’organiser et de préparer des opérations militaires contre les établissements militaires de défense clés de la Chine sur le continent et sur ​l'île de Hainan au sud.

Il y a en outre des intentions politiques plus larges. Rappelant la diplomatie de la canonnière du 19e siècle, dont les guerres de l'Opium de l'impérialisme britannique et les ‘Black Boats’ de l'amiral américain Perry qui ont « ouvert » le Japon, la stratégie à long terme de l'impérialisme américain est de réduire une nouvelle fois la Chine au statut de pays semi-colonial.

L'opération vise également à démontrer aux pays de l’Asie du sud-est que quels que soient leurs liens économiques avec la Chine, les Etats-Unis sont résolus à exercer leur puissance militaire pour maintenir leur domination à travers l'Asie-Pacifique et au-delà.

Suivant de près la visite du président chinois Xi Jinping en Grande-Bretagne où il fut accueilli avec « le plus rouge des tapis rouges » par le gouvernement Cameron et l'Etat britannique, l'opération vise à envoyer un message clair aux autres puissances impérialistes qu’une opposition aux objectifs américains serait contrée, si nécessaire, par des moyens militaires.

Après des mois de pression de la part de l'armée, le gouvernement Obama a mis l’opération en œuvre après la visite de Xi aux Etats-Unis le mois dernier. Au cours de discussions privées avec Obama et publiquement, Xi a continué d’insister sur les prétentions de la Chine dans la région et sur son droit de construire sur les îles et les récifs – pratique menée par d'autres prétendants à des territoires contestés, comme les Philippines et le Vietnam. En même temps, il a déclaré que cette construction «ne ciblait aucun pays et n’aurait aucun impact sur ces derniers car la Chine n’a pas l’intention de poursuivre une militarisation ».

La position officielle chinoise est que là où sont mises des installations militaires elles sont nécessaires à la défense. Ceci dans des conditions où la marine et l’armée de l’air américaines conduisent des activités militaires quotidiennes dans la région et où le Plan de bataille air/mer de l'armée américaine envisage d’utiliser sa capacité à opérer en Mer de Chine méridionale pour lancer une attaque massive sur le continent chinois.

N’ayant pas obtenu de recul de Xi, Obama a déclaré lors d'une conférence de presse commune que les Etats-Unis « continueraient à naviguer, voler et opérer partout où le droit international le leur permet ». Selon un reportage de la revue Asian Nikkei, immédiatement après la réunion, «un Obama furieux a ordonné à un proche collaborateur de contacter Harry Harris, chef du Commandement US du Pacifique» et «a autorisé la marine américaine à démarrer une opération en Mer de Chine méridionale», opération pour laquelle la marine faisait pression au moins depuis juin.

Vu dans un contexte à long-terme, la provocation en Mer de Chine méridionale suit le schéma reproduit par le militarisme américain ces 25 dernières années. Après l'effondrement de l'Union soviétique en 1991, les États-Unis ont reconnu que pour maintenir leur position hégémonique, ils auraient besoin de conquérir et de recoloniser de vastes régions du monde qui leur avaient été rendues inaccessibles par les révolutions russe et chinoise.

La campagne militariste de Washington a produit une catastrophe après l'autre; il y a répondu par le lancement de nouvelles guerres et opérations de changement de régime. A la débâcle croissante de sa politique au Moyen-Orient, l'impérialisme américain a réagi en se lançant sur la voie d’une guerre avec la Chine.

Cette folie n’est pas le produit de la psyché dérangée de politiciens impérialistes individuels. La géopolitique impérialiste est plutôt une expression de la folie du système capitaliste mondial, résultant de la contradiction toujours plus profonde entre le développement d'une économie mondiale et la division du monde en Etats-nations et grandes puissances rivaux.

La réponse du régime de Pékin aux menaces de Washington est profondément réactionnaire. Il a cherché à répondre à l'impérialisme américain par des contre-menaces, un renforcement militaire et la promotion du nationalisme chinois. Représentant l'oligarchie bourgeoise chinoise, il est hostile à tout effort visant à unifier et mobiliser la classe ouvrière contre les dangers de la guerre.

Indépendamment de la tournure que prendront ces événements dans l’immédiat, ils signifient sans aucun doute une autre étape sur la route d’une Troisième Guerre mondiale. La classe ouvrière et la jeunesse doivent y répondre par le développement d'un mouvement anti-guerre mondial, fondé sur la perspective du socialisme international.

(Article paru en anglais le 27 octobre 2015)


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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Ven 6 Nov - 15:25

Washington se prépare à la Troisième Guerre mondialePar Patrick Martin WSWS 6 novembre 2015

Patrick Martin a écrit:
Le complexe militaire et du renseignement américain est engagé dans des préparatifs systématiques pour la Troisième Guerre mondiale. Pour le Pentagone, un conflit militaire avec la Chine et / ou la Russie est inévitable, et cette perspective est devenue la force motrice de sa planification tactique et stratégique.

Trois audiences au Congrès américain mardi ont démontré cette réalité. Dans la matinée, le Comité des services armés du Sénat a tenu une longue audience sur la cyberguerre. Dans l’après-midi, un sous-comité du Comité des services armés de la Chambre des représentants a discuté de la taille et du déploiement actuelles de la flotte américaine de porte-avions, tandis qu’un autre sous-comité du même panel a discuté de la modernisation des armes nucléaires américaines.

Le World Socialist Web Site fournira un compte rendu plus détaillé de ces audiences, auxquelles a assisté un reporter du WSWS, mais certaines observations préliminaires peuvent déjà être faites.

Aucune des audiences n’a discuté des implications plus larges des préparatifs de guerre américains, ni de ce qu’une guerre majeure entre des puissances dotées d’armes nucléaires pourrait signifier pour la survie de la race humaine, et même pour la vie sur notre planète. Au contraire, ces audiences étaient des exemples de ce qu’on pourrait appeler la banalisation de la Troisième Guerre mondiale. Une guerre des États-Unis contre la Chine et /ou la Russie était l’hypothèse de base, et les témoignages des intervenants ainsi que les questions des sénateurs et des représentants, démocrates comme républicains, portaient sur les meilleures méthodes pour l’emporter dans un tel conflit.

Ces audiences font partie d’un processus continu. Les témoins ont parlé de leurs écrits et de leurs déclarations passés. Les sénateurs et les représentants ont fait référence au témoignage précédent d’autres intervenants. En d’autres termes, les préparatifs de la guerre mondiale, utilisant des armes cybernétiques, des porte-avions, des bombardiers, des missiles et toutes les autres armes disponibles, sont en cours depuis longtemps. Ces préparatifs ne sont pas une réponse à des événements récents, que ce soit en mer de Chine du Sud, en Ukraine, en Syrie ou ailleurs.

Chacune de ces audiences considère comme acquis un conflit majeur des États-Unis avec une autre grande puissance (parfois sans la nommer, parfois explicitement désignée comme la Chine ou la Russie) dans un laps de temps relativement court, des années plutôt que des décennies. Le danger du terrorisme sans cesse matraqué pour créer une panique de l’opinion publique, a été minimisé et dans une certaine mesure écarté. À un moment de l’audience du Sénat sur la cyberguerre, en réponse à une question directe de la démocrate Jeanne Shaheen du New Hampshire, les témoins du panel ont tous déclaré que leur plus grande préoccupation venait des États-nations, pas des terroristes.

L’un des intervenants à cette audience était le Dr Peter W. Singer répertorié comme un « stratège et collaborateur émérite » de New America, un groupe de réflexion de Washington. Il a intitulé son exposé, « Les leçons de la Troisième Guerre mondiale ». Il a commencé sa déclaration par la description suivante de ce conflit qu’il imagine :

« Des navires de guerre américains et chinois se livrent bataille en mer, usant de toutes les armes, des canons aux missiles de croisière et aux lasers. Des avions de combat furtifs russes et américains s’opposent dans l’air, avec des drones robotiques en auxiliaires. Des cyberpirates à Shanghai et dans la Silicon Valley se battent en duel sur les terrains numériques. Et les combats dans l’espace décident qui gagne dessous sur Terre. Ces scènes, sont-elles tirées d’un roman ou bien ce qui pourrait effectivement avoir lieu dans le monde réel après-demain ? La réponse est les deux ».

Aucune des audiences n’a donné lieu à un débat ​​soit sur la probabilité d’une guerre majeure ou sur la nécessité de gagner cette guerre. Personne n’a contesté l’hypothèse que la « victoire » dans une guerre mondiale entre les puissances nucléaires soit un concept sensé. La discussion a été entièrement consacrée aux technologies, aux équipements et aux ressources humaines nécessaires pour que l’armée américaine l’emporte.

Ce fut tout aussi vrai pour les sénateurs et les représentants démocrates que pour leurs homologues républicains. Selon la coutume, les deux partis sont disposés sur les flancs opposés du président du comité ou du sous-comité. Sans cette disposition, il n’y aurait aucun moyen de déterminer le parti auquel ils adhèrent, tellement leurs questions et les opinions qu’ils exprimaient se ressemblaient.

Contrairement à la représentation de Washington dans les médias comme profondément divisé entre des partis aux perspectives politiques inconciliablement opposées, il y avait un accord bipartite sur la plus fondamentale de questions, la préparation d’une nouvelle guerre impérialiste mondiale.

L’unanimité des représentants politiques du grand patronat n’implique en aucun cas qu’il n’y ait pas d’obstacles à cette marche vers la guerre. Chacune des audiences s’attaquait, de différentes manières, à la crise profonde à laquelle est confronté l’impérialisme américain. Cette crise a deux composantes principales : le déclin de la puissance économique des États-Unis par rapport à leurs principaux rivaux, et les contradictions internes de la société américaine, avec l’aliénation grandissante de la classe ouvrière et en particulier des jeunes.

Lors de l’audience du sous-comité de la Chambre des représentants sur les porte-avions, le président a fait remarquer que l’un des intervenants, un amiral haut gradé, avait exprimé sa préoccupation au sujet « d’une marine à 11 porte-avions dans un monde où il en faudrait 15 ». Il y a tellement de défis auxquels est confronté Washington, a-t-il poursuivi, qu’en réalité il faudrait en avoir 21 – le double du nombre actuel, ce qui entraînerait la faillite même d’un pays avec beaucoup plus de ressources que les États-Unis.

L’audience du Sénat sur ​​la cybersécurité a abordé brièvement l’opposition interne au militarisme américain. Le principal intervenant, le général à la retraite Keith Alexander, ancien directeur de la National Security Agency et ancien chef du CyberCommand du Pentagone, a déploré l’effet des fuites de l’ancien employé de la NSA, Edward Snowden et du soldat Chelsea Manning, déclarant que « les attaques d’initiés » étaient l’une des menaces les plus graves auxquels l’armée américaine était confrontée.

Le sénateur démocrate Joe Manchin de Virginie occidentale lui a demandé directement, en se référant à Snowden, « Faut-il le traiter comme un traître » ? Alexander a répondu, « Il doit être traité comme un traître et jugé comme tel ». Manchin hocha la tête vigoureusement, en accord évident.

Alors que les témoins et les sénateurs ont choisi d’utiliser les noms de Snowden et de Manning pour incarner « l’ennemi intérieur », ils étaient clairement conscients que l’opposition intérieure à la guerre est beaucoup plus large que ces quelques lanceurs d’alerte.

Ceci n’est pas simplement une question de la révulsion profonde chez les travailleurs en réponse à 14 ans d’interventions sanglantes impérialistes en Afghanistan, en Irak, en Somalie, en Libye, en Syrie, au Yémen et en Afrique du Nord, si importante soit-elle.

Une guerre entre les États-Unis et une grande puissance comme la Chine ou la Russie, même s’il était possible d’empêcher son escalade en un échange nucléaire tous azimuts, impliquerait une mobilisation colossale des ressources de la société américaine, à la fois économiques et humaines. Cela signifierait de nouvelles réductions spectaculaires des conditions de vie du peuple américain, combinées avec un lourd tribut de sang qui tomberaient inévitablement et principalement sur ​​les enfants de la classe ouvrière.

Depuis la guerre du Vietnam, l’armée américaine a fonctionné uniquement sur la base du volontariat, en évitant la conscription, qui a provoqué une large opposition et un défi direct dans les années 1960 et au début des années 1970. Une guerre non-nucléaire avec la Russie ou la Chine signifierait la réintroduction de la conscription et imposerait le coût humain de la guerre à chaque famille en Amérique.

Dans ces conditions, peu importe le renforcement des pouvoirs de la police et le recours à des mesures répressives contre les sentiments anti-guerre, la stabilité de la société américaine serait mise à l’épreuve. L’élite dirigeante américaine a profondément peur des conséquences politiques, et elle a raison de l’avoir.

(Article paru en anglais le 5 novembre 2015)


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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Lun 16 Nov - 8:25

Les USA envoient des bombardiers à capacité nucléaire près des îlots chinois Peter Symonds WSWS 16 novembre 2015

Citation :
A l’approche de sommets de haut niveau en Asie la semaine prochaine, le gouvernement Obama a de nouveau accru les tensions avec la Chine au sujet de la mer de Chine méridionale. Le Pentagone a annoncé jeudi que deux bombardiers B-52 stratégiques à capacité nucléaire avaient, les 8 et 9 novembre, effectué des missions à proximité d’îlots réclamés par la Chine.

Ces vols provocateurs ont eu lieu deux semaines à peine après que le destroyer lance-missiles USS Lassen eut délibérément pénétré dans la limite territoriale de 12 milles marins de Subi Reef, contrôlé et administré par la Chine. La détermination de Washington à intensifier son défi militaire des prétentions maritimes de Pékin augmente considérablement le risque d'une erreur ou d’un mauvais calcul menant à un affrontement entre les deux puissances nucléaires.

Le porte-parole du Pentagone Bill Urban a confirmé que les pilotes des B-52 avaient reçu et ignoré deux avertissements des contrôleurs au sol chinois. Il a dit que les vols avaient eu lieu « aux environs » des îles contestées Spratly, mais que les bombardiers ne s’étaient jamais aventurés « à moins de 15 miles nautiques de toute installation ». Cela contredit les commentaires d'un responsable américain anonyme qui a dit au Hill que les avions étaient passés une fois à l’intérieur des 12 miles nautiques.

Urban a insisté pour dire que les B-52 effectuaient « une mission de routine » avec décollage et retour à Guam et «se comportaient à tout moment conformément au droit international ». Washington déclare régulièrement que les prétentions territoriales de la Chine en Mer de Chine méridionale sont illégitimes, bien que les États-Unis n'aient pas ratifié la loi internationale de la Convention des Nations Unies sur le droit de la mer (UNCLOS).

Le ministère des Affaires étrangères a déclaré aux médias hier que la Chine respectait les droits des navires et aéronefs étrangers, mais « s’opposait fermement à la violation du droit international et à ce qu’on sape la souveraineté et la sécurité des intérêts chinois sous prétexte de liberté de navigation et de survol ». Des navires de guerre américains et des avions militaires ont déjà patrouillés près des côtes de la Chine et à proximité de bases militaires sensibles comme celles de l'île de Hainan voisine de la Mer de Chine méridionale.

Si les États-Unis critiquent régulièrement la récupération de sols « agressive » de la Chine en Mer de Chine méridionale, les actions de Pékin elles, sont le résultat de l'intervention grandissante de Washington dans les différends territoriaux opposant la Chine à ses voisins. Au sommet de l’Association des nations de l'Asie du Sud (ASEAN) en 2010, la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton avait dit que les Etats-Unis avaient « un intérêt national » à «la liberté de navigation» en mer de Chine méridionale. Le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi avait répondu dans un essai en accusant Clinton de mener «pratiquement une attaque contre la Chine ».

La mer de Chine méridionale est juste une des poudrières que le gouvernement Obama a délibérément enflammées dans le cadre de son «pivot vers l'Asie», une stratégie diplomatique, économique et militaire globale visant à assurer l'hégémonie américaine dans la région, par une guerre avec la Chine si nécessaire. Ces cinq dernières années, Washington a encouragé les pays d'Asie du Sud-Est, en particulier les Philippines et le Vietnam, à poursuivre plus agressivement leurs revendications envers la Chine. Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire en Asie, obtenu de nouveaux arrangements de bases militaires avec les Philippines et l'Australie, et renforcé leurs liens militaires avec les pays de toute la région.

Le moment des vols de B-52 a été soigneusement placé à la veille du sommet de la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) à Manille qui mènera à la réunion des dirigeants les 18 et 19 novembre. La Chine a pressé le gouvernement philippin de veiller à ce que la Mer de Chine méridionale ne soit pas à l'ordre du jour du sommet qui est traditionnellement limité aux questions économiques et commerciales.

Le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest a fortement suggéré que le président Barack Obama allait insister sur la question, contredisant ainsi le président chinois Xi Jinping qui sera présent à l'APEC. Earnest a dit qu'il ne savait pas si la Mer de Chine méridionale serait à l'ordre du jour officiel, mais a ajouté qu'elle serait « à l’esprit et sur les lèvres » des dirigeants qui y seront. Le sommet de l'APEC sera suivi par ceux de l'ASEAN et de l'Asie orientale à Kuala Lumpur.

L’agence Reuters a rapporté qu’Obama allait prendre part à ce que la Maison Blanche décrit comme « un événement mettant en valeur l’aide de sécurité maritime des USA aux Philippines ». Les responsables américains n'ont pas élaboré davantage. Les États-Unis ont fourni deux vedettes de garde côtes rénovées aux Philippines et aident à renforcer la surveillance maritime du pays. En vertu d'un accord sur les bases militaires signé en avril, l'armée américaine a un accès quasi illimité aux bases militaires philippines dont celles directement adjacentes à la Mer de Chine méridionale.

Washington a encouragé et aidé les Philippines à contester juridiquement les prétentions territoriales de la Chine sur lesquelles la Cour permanente d'arbitrage a décidé le mois dernier d'exercer sa compétence. Cette semaine, le ministre de la Sécurité de l'Indonésie Luhut Pandjaitan a suggéré que son pays pourrait emboîter le pas et lancer une affaire judiciaire, même si la Chine ne contestait pas la souveraineté de l’Indonésie sur ses îles Natuna.

Le Pentagone et les républicains de droite font pression sur le gouvernement Obama pour qu’il conteste encore plus agressivement les revendications territoriales de la Chine. Le sénateur John McCain, président de la commission sénatoriale des services armés, a écrit au secrétaire américain à la Défense Ashton Carter lundi appelant à une clarification publique de l'intervention de l'USS Lassen en Mer de Chine méridionale, pour répondre à des critiques qu'il avait effectué un « passage innocent » et non porté atteinte aux prétentions territoriales de la Chine.

Dans le quatrième débat présidentiel républicain, le candidat Chris Christie a dénoncé la politique étrangère d’Obama comme « faible » et « incapable ». Quant à la Chine il a dit: « Ils construisent ces îles artificielles en Mer de Chine méridionale et le président ne veut pas – ou jusqu’à récemment ne voulait pas envoyer un navire ou un avion dans les 12 miles qui les entourent. Je vous dis que la première chose que je ferais avec les Chinois est ... J’enverrais l’Air Force One [l’avion présidentiel] sur ces îles. Ils sauront que nous sommes sérieux ».

Obama est déjà en train de faire ce que McCain et Christie exigent – monter des actes délibérément provocateurs visant à forcer la Chine à reculer et finalement à accepter la domination de l'impérialisme américain en Asie. Ce chemin de plus en plus téméraire menace de plonger toute la région, et le monde, dans la guerre.

(Article paru en anglais le 14 novembre 2015)


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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Sam 21 Nov - 17:19

Le grand réarmement planétaire 2015 Jules Dufour Mondialisation.ca, 14 novembre 2015

L’humanité se retrouve face à un grave danger d’extinction

Les constats majeurs: Le monde est de plus en plus militarisé. Les dépenses militaires augmentent sans cesse dans un très grand nombre de pays. Plus de 5 milliards de dollars par jour sont consacrés à la guerre ou à sa préparation. Les gouvernements sont totalement soumis aux exigences des lobbys militaires



Citation :
Le contrôle de l’économie mondiale est assuré par les grandes puissances grâce à un processus de militarisation de tous les États et de même que de la gouvernance des sociétés placées sous leur domination. Depuis le début du siècle ce processus s’est intensifié avec un réarmement généralisé. Les États-Unis ont continué de dominer sur ce plan la scène internationale en appliquant les principes de leur politique étrangère avec des interventions militaires dites « préventives » ou correctives à l’intérieur des zones dotées de ressources stratégiques. Quand ils n’arrivent pas à s’entendre avec la gouvernance régionale ou locale ils s’évertuent à créer des tensions jusqu’à obtenir les conditions favorables au déclenchement d’une guerre. Le dernier exemple de cette approche est le cas ukrainien. Depuis le début du siècle c’est ce qu’ils ont préconisé au Moyen-Orient, en Asie centrale et en Afrique et qu’ils ont cherché à fomenter en Amérique latine. Avec une réduction annoncée de leurs dépenses militaires au cours de la prochaine décennie ils ont fait appel aux membres de l’OTAN en les invitant à consacrer dorénavant 2% de leur PIB aux dépenses militaires, eux-mêmes présentant un budget de la défense correspondant à 3.5% de leur PIB en 2014 selon les données compilées par la Banque mondiale. Le discours belliqueux de nombre de leurs représentants ne peut que nous inquiéter au plus haut point. Par ailleurs, les membres de BRICS favorisés par une croissance économique favorable s’adonnent activement à l’acquisition d’un stock considérable d’armements nourrissant ainsi les industries de la Défense aux États-Unis et dans l’Union européenne. C’est donc dans ce contexte que s’inscrit cet essai sur le réarmement planétaire auquel on assiste au cours des dernières années.

Nous reprenons, comme point de départ, les conclusions d’un article que nous avons publié sur le même sujet en 2009 :


Citation :
« Le processus de réarmement planétaire ne semble pas, à nos yeux, hypothéqué ou même stoppé par la crise financière. Bien au contraire, les plans de sauvetage des économies fondées largement sur la production d’armements ne peuvent que leur être favorables comme c’est le cas pour les États-Unis et les membres de l’Union européenne L’impact de la débâcle financière s’avère très lourd pour l’ensemble des conditions de vie de la population mondiale. Elle ne peut que rendre encore plus vulnérables les populations pauvres ou déjà appauvries par l’augmentation du chômage et par les difficultés d’accès aux ressources vitales comme l’eau et l’alimentation ».

« Avec le grand réarmement et la crise financière combinés le monde est entré à l’intérieur d’une spirale de déficits et de dettes publiques gigantesques qui mettent en péril la protection des droits humains et des libertés fondamentales. Plus que jamais le processus d’appauvrissement de la majorité semble se développer à un rythme rapide (Michel Chossudovsky, La débâcle fiscale des États-Unis), car les solutions adoptées par les gouvernements ne sont propres qu’à accentuer la dynamique de cette spirale de la précarité, de l’esclavage, de la maladie et de la mort et ce dans le seul but d’assurer la sauvegarde des avoirs et d’accroître le pouvoir des individus les plus riches de cette planète » (http://www.mondialisation.ca/le-grand-r-armement-plan-taire/13499).


Un rappel. La course aux armements. Un engrenage interminable. Une arme pour 10 personnes dans le monde en 2013. 1 249 industries de l’armement dans 90 pays

Une course aux armements a lieu lorsque plusieurs États rivalisent entre eux pour créer les forces armées les plus puissantes et les armements les plus performants. Par extension, le terme de « course aux armements » désigne toute circonstance où deux groupes (deux espèces vivantes, deux systèmes, etc.) opposés se dotent successivement de mesures et de contre-mesures, l’un ripostant à l’autre. La course à l’armement présente la caractéristique d’un système concurrentiel fort, où les différents agents (pouvant être des ethnies, des groupes d’individus ou des nations) cherchent à acquérir des systèmes.

Selon l’ONG Oxfam, 640 millions d’armes légères sont disséminées à travers le monde (une pour dix personnes) en 2013. La production de cartouches militaires est de 14 milliards par an. Une large partie des ventes d’armes est issue des surplus militaires ; en effet, au lieu de détruire des armes anciennes ou surnuméraires, les États revendent en général leurs stocks. Le Nigéria, la Lettonie et l’Afrique du Sud sont les seuls États détruisant leurs excédents ou les armes saisies. À travers le monde, 1 249 entreprises dans plus de 90 pays produisent des armes légères. Dans certains de ces États, les réglementations commerciales sont quasi inexistantes (9 juillet : Journée de la destruction des armes légères [archive] – Journée Mondiale).

I.Le processus de militarisation planétaire s’intensifie avec des dépenses militaires mondiales en hausse en 2014

Durant la deuxième partie du XXème siècle nous avons assisté à une course mondiale aux armements dans le contexte d’une confrontation Est-Ouest symbolisé par le rideau de fer. Avec le démantèlement de l’URSS tous les espoirs étaient permis de voir l’avènement d’un climat de paix avec des dépenses militaires à la baisse.  Celles-ci marquèrent une très légère pause puis continuèrent d’augmenter de façon constante. Depuis le début du XXIème le processus de militarisation de la planète s’est intensifié. La course aux armements ne s’est jamais arrêtée. Bien au contraire, plusieurs guerres sont venues alimenter les industries de guerre des grandes puissances. On a su trouver les justificatifs pour lui donner un nouvel élan. Et ce fut l’hécatombe dans plusieurs pays.

Aujourd’hui, nous sommes entrés dans une ère de grandes tensions entre les puissances occidentales et la Russie et jusqu’à un certain degré avec la Chine. Nous pouvons donc nous attendre à ce que les dépenses militaires augmentent de façon substantielle au cours des prochaines années. Avec les stocks d’armements nucléaires et classiques l’humanité se retrouve dans une situation de grande insécurité. La seule réalité de la présence militaire active des Étasuniens dans près de 160 pays est propre à empêcher l’établissement de la paix par la coopération, la justice sociale et la solidarité entre les peuples.

Il faut dire la vérité. Les États-Unis d’Amérique, ne représentant qu’un peu plus de 4% de la population mondiale, sont les principaux responsables de l’état lamentable dans lequel se retrouvent la planète et l’humanité. Leurs interventions à l’étranger visent à protéger leurs propres intérêts et ce au détriment de l’environnement et de la vie de tous les peuples. Leur convoitise n’a pas de limites. Ils ont pour objectif premier une mainmise absolue sur les ressources stratégiques, minières, énergétiques et hydriques. C’est l’impérialisme poussé à l’extrême. Tout est orchestré pour exercer un contrôle sur la gouvernance mondiale en menaçant de sanctions les pays qui leur résistent comme c’est le cas de l’Iran, de la Russie, du Venezuela ou de la Corée du Nord. Le syndrome de l’ennemi et le principe de la « Permanent War » se trouvent au cœur de leur politique étrangère. La liste des États et des organisations considérés comme terroristes ou en opposition à leur empire par le Département d’État et celle qui les soutiennent est très longue (wikipedia.org). Nous proposons, ici, un examen des dépenses militaires mondiales comptabilisées en 2013 et 2014 et des stocks d’armements que l’on retrouve dans les banques de données du Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI) .

II.Les dépenses militaires mondiales en 2014

Selon le Stockholm International Peace Research Institute (SIPRI), les dépenses militaires mondiales ont atteint le total de 1747 milliards de dollars en 2013. Cela correspondait à 2,4% du PIB mondial (figure 1). On a pu aussi constater que ces dépenses semblent diminuer légèrement dans les pays occidentaux alors qu’elles sont à la hausse dans le reste du monde (http://www.sipri.org/research/armaments/milex). Selon la même source, les dépenses militaires mondiales ont atteint le total de 1767 milliards de dollars en 2014 dont 627 milliards de dollars en Amérique du Nord, 270 milliards en Europe de l’ouest et 196 milliards de dollars au Moyen-Orient, total pour cette région qui a presque doublé depuis 2004 alors qu’il était de 107,8 milliards de dollars (SIPRI Milex data 1988-2014) (Figure 1). L’Afrique subsaharienne consacre en 2014 la somme de 30,1 milliards de dollars à la Défense, l’Afrique du Nord 20,1 milliards, l’Amérique centrale et les Caraïbes 10,4 milliards et l’Amérique du Sud 67,3 milliards de dollars. Les 28 membres de l’OTAN allouent la somme de 1 000 milliards de dollars à cette fin (SIPRI).

Figure 1. Les dépenses militaires mondiales entre 1988 et 2013


Source :   http://www.45enord.ca/2014/04/depenses-militaire-dans-le-monde-legere-baisse-sur-papier-legere-hausse-dans-les-faits/

En 2014, un rapport réalisé par IHS Jane’s faisant l’examen des budgets de 77 pays représentant 97% des dépenses militaires mondiales notait que ces dépenses allaient repartir à la hausse en 2014 pour atteindre le total de 1 547 milliards de dollars, une faible progression de 0,6 % sur un an, mais la première depuis 2009. Selon ce rapport, « la Russie, l’Asie et le Moyen-Orient seront le moteur de la croissance attendue cette année et de la reprise prévue à partir de 2016», écrit Paul Burton, directeur chez IHS Janes’s pour l’aéronautique, la défense et la sécurité. La Russie veut augmenter ses dépenses militaires de 44 % sur les trois prochaines années. Le plan adopté par le Parlement a déjà doté la Russie du troisième plus gros budget de défense en 2013, avec 68 milliards de dollars, devant le Royaume-Uni et le Japon. Le budget militaire chinois était de 139 milliards de dollars en 2013, d’après IHS, le deuxième en importance derrière les États-Unis. D’après les projections des consultants, en 2015 la Chine dépensera plus pour sa défense que le Royaume-Uni, la France et l’Allemagne ensemble ». Le ton optimiste de ces mots reflète l’idéologie de cette institution. Il est préférable de considérer avec plus d’attention les données du SIPRI, une organisation beaucoup plus crédible sur ce plan.

Citation :
« L’Asie est d’ailleurs la seule région à avoir augmenté continuellement ses dépenses militaires depuis la crise de 2009. La région Asie-Pacifique sans la Chine dépassera l’Europe occidentale en 2015, avec des augmentations notables attendues en Australie, en Inde, et en Corée du Sud, prévoit l’étude. Au Moyen-Orient, les dépenses militaires ont accéléré rapidement depuis 2011… Oman et l’Arabie saoudite en particulier ont connu une croissance supérieure à 30 % entre 2011 et 2013. L’Arabie saoudite, en neuvième position en 2013, doit dépasser l’Allemagne cette année pour se hisser à la huitième place en 2014. La baisse des dépenses militaires américaines devrait s’accélérer: de 664 milliards USD en 2012, elles sont passées à 582 milliards en 2013 et sont prévues à 575 milliards en 2014 et 535 milliards en 2015 » (http://www.lapresse.ca/international/201402/04/01-4735474-les-depenses-militaires-mondiales-a-la-hausse-en-2014.php) (figure 2 et tableau 1).


Il importe de noter que « l’année 2015 a été celle du 70e anniversaire des bombardements d’Hiroshima et de Nagazaki. Elle a été aussi celle où les dépenses militaires japonaises auront atteint leur plus haut niveau depuis la fin de Seconde Guerre Mondiale, avec un budget alloué aux forces d’autodéfense du pays d’un montant de 4.980 milliards de yen (soit 36 milliards d’euros) (http://www.opex360.com/2015/01/17/le-japon-porte-ses-depenses-militaires-niveau-inegale-depuis-1945/). Ces dépenses consenties par les États n’ont pas d’autres objectifs que de protéger les infrastructures de production des investisseurs capitalistes et de maintenir la paix sociale par la menace ou la violence armée afin que les ressources stratégiques rendues disponibles ou potentielles soient protégées.

Figure 2. Les dix pays avec les plus fortes dépenses militaires en 2013



Source : http://en.wikipedia.org/wiki/List_of_countries_by_military_expenditures#/media/File:Top_ten_military_expenditu

Tableau 1. Les pays qui ont montré le budget de la Défense le plus élevé en 2014

Rang         Pays          Dépenses ($ mds.)      % du PIB   % du total mondial

—              Total mondial             1 776,0      2,3             100,0

1                États-Unis                     610,0       3,5              34,3

2                Chine                             216,0        2,1              12,2

3                Russie                             84,5         4,5              4,8

4                Arabie saoudite            80,8       10,4              4,5

5                France                            62,3           2,2             3,5

6                Royaume-Uni              60,5           2,2              3,4

7                Inde                               50,0           2,4              2,8

8                Allemagne                   46,5             1,2             2,6

9                Japon                           45,8            1,0              2,6

10              Corée du Sud             36,7             2,6              2,1

Source : SIPRI (https://fr.wikipedia.org/wiki/Budget_de_la_D%C3%A9fense#D.C3.A9penses_de_d.C3.A9fense_en_2014)

Des dépenses additionnelles pour la guerre contre la terreur

Le Comité du budget du Sénat américain a approuvé un amendement pour accroître le financement de près des deux tiers des opérations militaires à l’étranger, a déclaré vendredi les sénateurs républicains Kelly Ayotte et Lindsey Graham qui ont présenté l’amendement. Celui permet d’augmenter les dépenses pour les opérations de contingence qui était de 38 milliards de dollars jusqu’à un total de 96 milliards de dollars alors que le budget prévu était de 58 milliards de dollars. Ayotte a expliqué que l’amendement fournit des fonds pour protéger les forces déployées en Afghanistan ainsi que pour lutter contre l’État islamique et d’autres groupes terroristes.

Elle ajouta qu’au moment où   les menaces contre notre nation s’intensifient cette décision facilite le financement nécessaire pour protéger les hommes et les femmes et sécuriser notre pays. Le Congrès fera, au cours des prochains mois, un travail supplémentaire pour redéfinir les limites de la Loi sur le contrôle du budget et reconstituer les fonds de la Défense (http://www.cubadebate.cu/noticias/2015/03/21/comite-del-senado-aprueba-aumentar-gastos-para-intervenciones-militares-de-eeu/#.VQ3h9JW1ZD-).


III.Le réarmement planétaire 2015. Nouveaux stocks d’armements et dépenses militaires associées

Nous brossons brièvement, ici, un tableau par regroupement ou par région des dépenses militaires mondiales selon les données rapportées par le SIPRI.

L'OTAN, le bras armé de l’Occident. Des dépenses militaires astronomiques

Il s’avère pertinent de présenter, ici, la liste des pays fondateurs de l’OTAN et de ceux qui rejoint l’Alliance: Belgique, Canada, Danemark, France, Islande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Norvège, Portugal, Royaume-Uni et États-Unis. La Grèce et la Turquie se sont ajoutées en 1952, puis l’Allemagne (zone Ouest) en 1955. En décembre 1966, la France se retire du commandement militaire intégré pour y revenir partiellement en 1996. En 1982 l’Espagne rejoint l’Alliance. En 1999, s’ajoutent: la République Tchèque, la Pologne et la Hongrie. En 2004, s’ajoutent les pays suivants: Bulgarie, Estonie, Lettonie, Lituanie, Roumanie, Slovaquie, et Slovénie (http://perspective.usherbrooke.ca/bilan/servlet/BMDictionnaire?iddictionnaire=1595). S’ajoute à cette liste l’Albanie.

Selon l’analyse proposée des dépenses de l’OTAN par Manlio Dinucci en avril 2014 « aux plus de 1000 milliards de dollars annuels inscrits dans les 28 budgets de la défense, s’ajoutent les « contributions » que les alliés versent pour le « fonctionnement de l’OTAN et le développement de ses activités ». Il s’agit pour la plus grande partie de « contributions indirectes », comme les dépenses pour les « opérations et missions sous conduite OTAN ». Ainsi les nombreux millions d’euros dépensés pour faire participer les forces armées italiennes aux opérations guerrières OTAN dans les Balkans, en Libye et en Afghanistan constituent une « contribution indirecte » au budget de l’Alliance ».

Citation :
« Il y a ensuite les « contributions indirectes », distribuées en trois budgets distincts. Le « civil », qui avec des fonds fournis par les ministères des affaires étrangères couvre les dépenses pour le staff des quartiers généraux. Le « militaire », composé de plus de 50 budgets séparés, qui couvre les coûts opérationnels et d’entretien de la structure militaire internationale. Et celui d’ « investissement pour la sécurité », qui sert à financer la construction des quartiers généraux (à Bruxelles et ailleurs), les systèmes satellitaires de communication et de renseignement, la création de pistes et de quais et la fourniture de carburant pour les forces engagées dans des opérations guerrières ».

« Environ 22% des « contributions directes » sont fournis par les États-Unis, 14% par l’Allemagne, et 11% (chacune) par la Grande-Bretagne et la France. L’Italie contribue pour environ 8,7% : quota non négligeable, de l’ordre de centaines de millions d’euros annuels. Divers autres postes sont cachés dans les plis des budgets. Par exemple, l’Italie a participé à la dépense pour le nouveau quartier général de Lago Patria à la fois avec sa quote-part du coût de construction, et avec le « fond pour les zones sous-utilisées » ainsi qu’avec une affectation de la Province, pour un montant estimé à environ 25 millions d’euros (alors que l’argent manque pour reconstruire L’Aquila). Top secret sur la contribution italienne actuelle à l’entretien des bases USA en Italie, quantifié la dernière fois en 2002 d’un ordre de 41% pour un montant de 366 millions de dollars annuels sous diverses formes : locations gratuites, réductions fiscales, coûts réduits des fournitures énergétiques et autres services. Ce chiffre est sans aucun doute aujourd’hui largement supérieur » (http://www.mondialisation.ca/lart-de-la-guerre-ce-que-nous-coute-lotan/5377390).


Dans une vidéo sur l’histoire des États-Unis,  Geronimo Guu Ji Ya en propose une présentation tout à fait juste :

Citation :
« La guerre est intrinsèquement liée à l’histoire des États-Unis depuis ses origines. Justifiée par une lutte manichéenne du bien contre le mal, du monde libre contre la dictature, elle est le moteur qui permet aux États-Unis d’imposer une domination au niveau mondial, au service des intérêts de quelques privilégiés ». Il ajoute : « L’histoire américaine parle d’elle-même. Car, si les États-Unis ont fait la guerre depuis leurs origines c’est avant tout la guerre elle-même qui a fait les États-Unis. Les États-Unis ont provoqué à eux seuls 201 conflits sur les 248 conflits à travers le monde qui se sont écoulés entre la fin de la Seconde Guerre mondiale et 2001 » (https://www.youtube.com/watch?v=JDgrLQFBRd8).

Figure 3. Stock d’armes nucléaires en 2009


Source : http://www.monde-diplomatique.fr/cartes/stocknucleaire

Sources des données : Nuclear Threat Initiative (NTI), Federation of American Scientists (FAS), Natural Resources Defense Council (NRDC), Educational Foundation for Nuclear Science (EFNS), Bulletin for the Atomic Scientists, Nuclear Notebook, The Bulletin, 6042 South Kimbark, Chicago ; SIPRI.

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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Sam 21 Nov - 17:27

(suite)

Citation :
Les membres de BRICS ou pays émergents

Les BRICS comptent parmi les 15 plus grosses dépenses militaires à l’exception de l’Afrique du Sud. En outre, la croissance de ces dépenses au cours de la décennie 2001-2010 affiche des chiffres avec une hausse croissante. En effet, la Chine, la Russie, l’inde et le Brésil ont connu une hausse de leurs dépenses militaires respectivement de 189%, 82,4%, 54,3% et 29,6%. Les totaux en 2014 se lisent comme suit : La Chine avec 216 milliards de dollars, la Russie avec 84,5 milliards de dollars et l’Inde avec 50 milliards,  (SIPRI).

Selon le SIPRI, « alors que cinq pays disposant de l’arme atomique « s’efforcent de réduire ou de maintenir leur arsenal nucléaire », trois autres ne cessent d’accroître leur panoplie. La Chine dispose ainsi aujourd’hui de 250 têtes nucléaires contre 240 en 2012, le Pakistan de 100 à 120 contre 90 à 110, et l’Inde de 90 et 110 contre 80 à 100. Cette course aux armements est d’autant plus inquiétante que le SIPRI juge “fragile” la paix en Asie, vu les “tensions croissantes depuis 2008″ qui persistent entre l’Inde et le Pakistan, les deux Corées, ou encore la Chine et le Japon. Signataires du traité de désarmement nucléaire START, la Russie (8 500 têtes aujourd’hui) et les États-Unis (7 700) ont réduit leurs arsenaux. La France (300 têtes), le Royaume-Uni (225) et Israël (80) le gardent, eux, au même niveau (http://www.lemonde.fr/international/article/2013/06/03/chine-inde-et-pakistan-continuent-d-accroitre-leur-arsenal-nucleaire_3422592_3210.html).

Les autres États

Une forte croissance en Afrique. Un total de 50 milliards de dollars en 2014. « Selon le Stockholm International Peace Research Institute…, les dépenses militaires en Afrique vont augmenter de 20 milliards de dollars au cours de la prochaine décennie. Ainsi, le continent a enregistré la plus forte progression au niveau mondial dans le domaine des dépenses militaires en 2013. Dans son  rapport paru en avril 2014, le centre de recherche suédois a précisé que ces dépenses ont augmenté de + 8,3% en 2013, pour atteindre 44,9 milliards de dollars contre environ 40 milliards en 2012. Cette augmentation serait essentiellement dopée par les revenus pétroliers de pays comme l’Algérie et l’Angola » (http://www.afriqueexpansion.com/investissement/20255-2015-04-23-05-52-54.html).

Les dépenses militaires de l’Amérique centrale et des Caraïbes ont atteint la somme totale de 10,4 milliards de dollars en 2014, l’Amérique du Sud 67,3 milliards de dollars, les pays de l’Asie la somme de 410,9 milliards de dollars et le Moyen-Orient un total de 196 milliards de dollars, une somme qui a presque doublé par rapport à 2004 alors qu’elle était à ce moment-là de 107,8 milliards  (SIPRI).

Figure 4. L’armement dans le monde


Source : http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Les-depenses-militaires-ont-encore-augmente-en-2010-_EP_-2011-06-07-622522

Les stocks nucléaires mondiaux  (figure 4)

Selon les données analysées par Robert S Hans et M. Kristensen en 2006,

Citation :
« malgré les incertitudes, nous savons que le total mondial des armes nucléaires entreposées est considérablement inférieur à ce qu’il était pendant le pic de la Guerre Froide en 1986 avec 70 000 têtes nucléaires. Par le biais de toute une série d’accords sur le contrôle des armes et des décisions unilatérales, les états possédant des armes nucléaires ont réduit le stock mondial à son niveau le plus bas en 45 ans. Au cours de la même période, le nombre d’états puissances nucléaires est passé de 3 à 9 ».

« Nous estimons que 9 états possèdent environ 27 000 têtes nucléaires intactes, dont 97% font partie des stocks des États-Unis et de la Russie (figure 3). Environ 12 500 de ces têtes nucléaires sont considérées comme étant opérationnelles, le reste étant en réserve ou en attente d’être démantelée parce que plus opérationnelles. Nous sommes à même de faire nos évaluations en surveillant tous les développements sur les armes nucléaires, en étudiant les tendances à long terme et en traquant la mise en application des traités de contrôle des armes » (mondialisation.ca).


Figure 5. Les armements nucléaires et la non-prolifération


Source : http://europe.jean-luc-melenchon.fr/2012/01/01/le-traite-de-non-proliferation-des-armes-nucleaires-tnp-de-1968/

Selon l’analyse de la stratégie d’intervention contre la Russie proposée par STRIKE,

Citation :
«l’annonce de révisions majeures à la stratégie nucléaire de l’OTAN est arrivée seulement quelques jours après la publication d’un rapport détaillé, intitulé «Project Atom: Defining US Nuclear Strategy and Posture for 2025-2050», par le Centre d’études stratégiques et internationales (Center for Strategic and International Studies, CSIS). Les sections principales du rapport ont été rédigées par un stratège de longue date du gouvernement américain et un analyste expérimenté du CSIS, Clark Murdock, qui avait auparavant travaillé comme haut gradé pour la CIA, le Département de la Défense, l’aviation américaine et le Collège national de la guerre (National War College). Le rapport comprend des contributions provenant d’une vaste équipe de chercheurs et d’experts, dont des conférenciers du CNAS et de l’Institut national de politique publique (Institution for Public Policy, NIPP) »

« L’idée centrale de l’analyse du CSIS est que les États-Unis doivent rendre leur arsenal nucléaire plus facile à utiliser dans une guerre contre la Russie, la Chine ou d’autres puissances. L’armée doit adopter «une stratégie nucléaire américaine conçue pour les réalités du 21me siècle», basées sur des nouvelles générations d’ogives tactiques et de systèmes de lancement. Des armes nucléaires tactiques plus sophistiquées permettront à Washington de menacer et de lancer des petites guerres nucléaires, sans «s’auto-dissuader» par la crainte que ses actions ne mènent à un holocauste nucléaire, soutient le rapport du CSIS. « Les États-Unis doivent développer et déployer des armes nucléaires plus utilisables», a écrit le CSIS, avec «moins d’effets collatéraux, une plus grande radiation, la capacité de pénétrer dans le sous-sol, des pulsations électromagnétiques, et d’autres capacités à mesure que la technologie progresse » (http://www.wikistrike.com/2015/07/les-etats-unis-et-les-puissances-de-l-otan-accelerent-les-preparatifs-pour-une-guerre-nucleaire.html).


IV. Le militarisme et la pression exercée sur tous les gouvernements de la planète

Le militarisme. Un endoctrinement et un martèlement continu des mêmes affirmations : La sécurité nationale est assurée grâce aux entrainements et à la préparation à la guerre.

Le militarisme constitue une philosophie voire une doctrine qui cherche à inculquer dans les esprits des populations le mirage selon lequel il importe de croire que l’existence des armées nationales est indispensable pour le développement économique et la sécurité alors qu’en réalité elles servent avant tout d’instrument placés au service des pouvoirs dominants d’une minorité en place et ce peu importe le régime politique, que l’on soit avec une dictature ou bien avec un appareil dit démocratique contrôlé à l’occidentale.

Une pression constante exercée sur les gouvernements et l’opinion publique. Foires des armements – Exercices militaires – Parades militaires – Propagande du lobby militaire

Les foires et expositions des armements et autres équipements de la Défense. Une programmation annuelle sur tous les continents

Pour fomenter une recrudescence ou effervescence continue des dépenses militaires en vue de l’acquisition de nouveaux équipements et pour assurer la maintenance des installations et conserver le personnel requis il va de soi qu’il faille encourager le commerce international des armes. Des salons ou foires exposant les armements les plus modernes sur le marché  sont tenues un peu partout dans le monde. La semaine dernière, la Turquie accueillait à Istanbul (Figure 5) les «grands noms de l’industrie de la défense à l’occasion de la neuvième édition du salon international IDEF» (spyworld).

Cette foire, comme des dizaines d’autres qui se produisent chaque année sur tous les continents, permet aux producteurs et exportateurs d’armements de faire connaître leurs nouveaux produits à des acheteurs éventuels. Ainsi, à Istanbul, ce salon a hébergé, les 29 et 30 avril, 462 exposants en provenance de 45 pays. Un total de 42 délégations officielles était au rendez-vous. Il s’agit, en fait, de la plus importante foire commerciale de la Turquie (spyworld-actu.com) (http://www.mondialisation.ca/le-grand-rearmement-planetaire/5329953?print=1).

Ces foires se tiennent à l’ombre ou en catimini et les informations sur les contrats d’achats ou de ventes de matériel de guerre restent secrètes. Ils ne sont divulgués qu’au moment où ils constituent un levier politique au cours des campagnes électorales. C’est alors qu’ils sont dévoilés par bribes, en faisant partie du programme politique des partis susceptibles de former le gouvernement au pouvoir.

De multiples rendez-vous sont préparés par les industries de l’armement à l’intention de tous les États. En 2015, huit salons des armements ont été tenus dans 17 villes et 15 pays. Trois ont eu lieu aux États-Unis, deux dans les EMU et un en Israël (http://www.foiresinfo.fr/Salons-des-armements-Y395-S1.html).

Figure 6. Les entreprises japonaises participent pour la première fois au salon Eurosatory, le plus important salon mondial de l’armement terrestre le 17 juin 2014


Source : japoninfos.com

En 2016,  quelques composantes de la programmation projetée se lit comme suit :

1)     ISNR – Salon international pour la sécurité et la sécurité intérieure – Accès: réservé aux visiteurs professionnels 12 au 14 avril 2016  - Abou Dabi, EAU

2)     Defence Services Asia – Salon et conférence sur la technologie de la défense et de la technologie de sécurité – Accès: réservé aux visiteurs professionnels – 18 au 21 avril 2016, Kuala Lumpur, Malaisie

3)     Expomil – Salon des technologies militaires – Accès: visiteurs professionnels et le grand public – 18 au 22 mai 2016 – Bucarest, Roumanie

4)     Hemus – Salon international de défense, lutte contre le terrorisme et sécurité – Accès: visiteurs professionnels et le grand public – 25 au 28 mai 2016 – Plovdiv, Bulgarie

5)     Indo Defence – Salon international des technologies militaires – Accès: réservé aux visiteurs professionnels – 2 au 5 novembre 2016 – Jakarta, Java, Indonésie

6)     Ideas – Salon international de l’industrie de la défense – Accès: réservé aux visiteurs professionnels 22 au 25 2016 – Karachi, Sind Pakistan

7)     Expo Naval – Exposition et Conférence Maritime Internationale pour l’Amérique latine – Accès: réservé aux visiteurs professionnels – 29 novembre au 2 décembre 2016 – 29 a– Valparaíso, Chili

Source : http://www.foiresinfo.fr/Salons-des-armements-Y395-S1.html

Les exercices militaires

L’Otan mène son plus grand exercice militaire depuis 13 ans. 36 000 soldats, des forces aériennes et maritimes venues de plus de 30 pays s’entraînent actuellement dans le sud de l’Europe. L’objectif est d’améliorer la réactivité, le déploiement et la préparation des troupes. Pour le secrétaire général de l’Alliance, cette opération est d’autant plus importante que de nouveaux défis sécuritaires sont apparus depuis la planification de cet exercice, il y a deux ans. Jens Stoltenberg évoque les tensions dans l’est de l’Ukraine et les relations avec la Russie. Mais il rappelle que les Alliés veulent continuer à travailler pour une relation plus constructive avec Moscou. En revanche, Jens Stoltenberg souligne les défis au sud de l’Europe. « Nous observons de la violence, une brutalité propagée par le groupe État islamique et toutes les organisations terroristes. Et nous voyons aussi des États à l’abandon et en déliquescence », ajoute-t-il.

L’Alliance Atlantique teste ainsi sa Force opérationnelle interarmées à très haut niveau de préparation, appelée aussi « fer de lance ». Ces troupes de réaction rapide doivent être capable d’agir dans des situations de combats non conventionnelles.

L’Otan passe donc dans une nouvelle phase, éloignée des simulations sur ordinateur ou des frappes lointaines. Ces troupes s’entraînent pour être opérationnelles dès l’année prochaine. Mais cette force de réaction, ce « fer de lance », ne compte pour le moment que 5 000 hommes (http://fr.euronews.com/2015/11/05/exercice-sans-precedent-pour-l-otan/).

Le Secrétaire d’État à la Défense des États-Unis, Ashton Carter, dans un discours militariste et belliqueux prononcé récemment à Los Angeles et analysé de façon tout à fait remarquable par Patrick Martin, a aussi salué les récents exercices de l’OTAN comme Trident Juncture et auxquels participent 4.000 soldats américains, simulant une invasion russe de l’un des pays de l’OTAN en Europe de l’est. Il a précisé « [N]ous fournissons l’équipement et l’entraînement afin d’aider l’armée ukrainienne confrontée à des insurrectionnels soutenus par la Russie en Ukraine de l’est. » Ceci comprend la formation de forces issues des milices néonazies désormais intégrées à l’armée ukrainienne (http://www.mondialisation.ca/le-secretaire-detat-americain-a-la-defense-menace-la-russie-et-la-chine/5488193).

Le lobby des industries de la Défense

Le lobby militaire est très puissant et omniprésent. Il s’assure que le concept de désarmement soit proscrit de l’ordre du jour des activités gouvernementales dans l’ensemble planétaire. On le retrouve dans le discours onusien, mais il n’est jamais abordé dans les médias mainstreams. Ces derniers réservent plutôt leur programmation pour la glorification du militarisme et des militaires ainsi que de leur courage et de leur bravoure. Ce fut toujours le discours des conquérants et il est encore bien articulé dans le langage des commandants.

Dans ce court entretien filmé, David Cronin revient sur le travail des lobbyistes de l’armement au sein des institutions européennes. L’UE dépense en effet des sommes colossales pour subventionner les grands industriels de l’armement en Europe, sans oublier les partenariats économiques avec les USA et Israël et la complicité dans différents conflits ayant frappé le monde. Selon David Cronin, militant pro-palestinien, « entre 2007 et 2013, l’Union européenne a consacré plus ou moins 1.4 milliard de dollars à l’industrie de guerre. Officiellement, l’Union européenne (UE) a affirmé qu’ils ont utilisé cet argent pour un programme de recherche en sécurité, mais la « recherche en sécurité » est un euphémisme pour un programme qui a subventionné l’industrie de guerre. Dans ce programme, il y a beaucoup de projets qui se croisent avec le développement des drones . Les drones sont des avions de guerre que les États-Unis ont utilisés en Afghanistan, au Pakistan, au Yémen et en Somalie. Et aussi qu’Israël a utilisé contre les femmes et les enfants dans la bande de Gaza. Et moi, comme militant pro-palestinien, c’est très inquiétant que dans l’industrie de guerre israélienne, des sociétés israéliennes ont reçu de grands soutiens de l’UE. C’est-à-dire, en effet, que les mêmes entreprises qui ont profité des attentats contre la bande de Gaza l’an passé, et en 2008 et 2009, ont reçu beaucoup de soutien avec mes impôts en tant que contribuable. Moi je trouve que c’est vraiment dégueulasse que l’Union européenne a décidé en effet de soutenir les crimes contre l’humanité »

(http://www.cercledesvolontaires.fr/2014/07/23/le-lobby-de-larmement-au-coeur-des-institutions-europeennes-entretien-avec-david-cronin/).

Le rôle des armées nationales. Participation aux activités sociales et culturelles. Glorification du fait militaire

Les militaires assurent une présence active dans toutes les institutions nationales et exercent une forte influence dans tous les secteurs économiques, sociaux et culturels.  C’est au moment des célébrations entourant le Jour du Souvenir le 11 novembre de chaque année qu’un hommage est adressé aux combattants qui ont participé aux guerres mondiales du XXème siècle. À cette occasion on ne fait pas allusion aux 200 autres guerres qui ont affligé l’humanité causant la mort de plus de 41 millions de personnes (M. Leitenberg) et on ne fait aucune référence aux principaux responsables à l’origine de ces guerres. Aucune mention des mouvements de résistance à la guerre. Les guerres semblent une fatalité qu’il faille accepter. Le tribut est donné aux soldats ayant participé aux combats et on déplore les séquelles post-traumatiques qu’ils subissent.

V. Les conséquences économiques et sociales de la course aux armements

La militarisation de la société constitue un obstacle majeur au développement de la démocratie. Les pouvoirs conférés aux armées nationales sont considérables. Elles exercent un contrôle serré des instances politiques. En effet, les militaires exercent une grande influence dans tous les secteurs de la société et une présence dominante dans les appareils gouvernementaux. Nous avons toujours été étonnés de constater la présence des militaires dans les ambassades. Elle effectue une ponction de plus en plus importante des ressources budgétaires des États consacrées à l’armée nationale et à l’acquisition et la maintenance des armements et porte atteinte aux droits fondamentaux et aux valeurs démocratiques. La militarisation est à l’opposé de la coopération et de la solidarité des peuples.


VI. Le mouvement mondial contre la guerre et pour la paix sans armée et sans arme


Les bonnes intentions onusiennes. Plusieurs mécanismes des Nations Unies pour l’entreprise du désarmement et de la reconversion industrielle. Trois organisations mondiales pour la paix.

Première Commission de l’Assemblée générale (Désarmement et sécurité internationale); Bureau des affaires du désarmement des Nations Unies; Comité scientifique des Nations Unies pour l’étude des effets des rayonnements ionisants; Conférence sur le désarmement; Commission du désarmement; Conseil consultatif sur les affaires du désarmement; Comité 1540 (pour la prévention de la prolifération des armes de destruction massive nucléaires, chimiques ou biologiques); Comité des utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique; Institut des Nations Unies pour la recherche sur le désarmement (UNIDIR) (http://www.un.org/fr/events/againstnucleartestsday/machinery.shtml).


Citation :
« Suite à la Réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur le désarmement nucléaire qui s’est tenue le 26 septembre 2013 à l’ONU, la Première Commission de l’Assemblée générale – en charge du désarmement nucléaire – a adopté la résolution [A/RES/68/32] par laquelle elle demande « que des négociations commencent au plus tôt, dans le cadre de la Conférence du désarmement, en vue de l’adoption rapide d’une convention globale relative aux armes nucléaires interdisant la détention, la mise au point, la fabrication, l’acquisition, la mise à l’essai, l’accumulation, le transfert et l’emploi ou la menace d’emploi de ces armes et prévoyant leur destruction ».TIONS UNIES. Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires. 26 septembre » (un.org).


L’OMPP – New York

L’Organisation Mondiale pour la Paix (OMPP) est une institution à but non lucratif dont la fonction est de préserver la vie humaine dans le monde et au-delà. L’OMPP/WOPF se conforme aux directives des Nations unies, organisation mère et souveraine qui, avec ses pays membres, détermine et offre des destins à notre humanité. Le but spécifique de l’OMPP est de proposer le cessez-le-feu partout sur la planète et de promouvoir un dialogue de paix sur les innombrables chemins qui nous mèneront à une culture de paix et au bien-être général (ompp.org).

Le BIP – Genève

Le Bureau international de la paix (BIP)…est la plus ancienne organisation internationale pour la paix. Elle fut fondée en 1891 et récompensée par le prix Nobel de la paix en 1910. Le BIP fut fondé sous le nom Bureau international permanent de la paix, dès 1912 il se fait connaître sous le nom Bureau international de la paix1. De 1946 à 1961 il œuvra sous le nom Comité de liaison international des organisations de paix (CLIOP) (en anglais International Liaison Committee of Organizations for Peace – ILCOP) (https://fr.wikipedia.org/wiki/Bureau_international_de_la_paix ).

Le groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité (GRIP). Un Centre de recherche belge travaillant sur les questions de prévention des conflits et de prolifération des armes, notamment en Afrique.

Le Groupe de recherche et d’information sur la paix et la sécurité est un centre de recherche belge indépendant et pluraliste, à but non lucratif, qui a été fondé en 1979 par Bernard Adam, qui en fut le directeur jusqu’en 2010. Selon ses options fondamentales, “le GRIP a notamment pour objet l’étude, la recherche, l’information et la formation sur les problèmes de paix, de défense et de désarmement dans la perspective de l’amélioration de la sécurité internationale en Europe et dans le monde” (Options fondamentales du GRIP sur le site de l’organisation [archive].

Conclusion

La militarisation planétaire se poursuit à un rythme effréné. Les États-Unis procèdent à la consolidation de leurs stocks d’armements nucléaires et classiques en les rendant plus opérationnels et plus efficaces tout en redéployant leurs installations dans l’univers terrestre, maritime et spatial. Depuis 2014 nous assistons à une poussée de leur système de défense vers l’Europe orientale à l’intérieur du processus de confinement de la Russie. Leur suprématie militaire dans l’ouest du Pacifique s’est amoindrie avec la présence de plus en plus significative et affirmée de la Chine sur laquelle ils exercent une pression accrue. L’ensemble des membres de BRICS ont consacré (un sommet) pour la défense la somme totale de 274.08 milliards de dollars en 2011 selon les données compilées par le SIPRI (http://www.sipri.org/research/armaments/milex/milex_database).

Les guerres livrées, directement ou par procuration, par l’OTAN au Proche-Orient, en Asie centrale et en Afrique, le processus de confinement de la Russie, et l’instabilité créée dans un grand nombre d’États dans les continents asiatique, sud-américain et africain s’avèrent fort générateurs d’une demande mondiale soutenue d’armements et d’équipements connexes. Plusieurs moyens sont employés par les industries de la mort pour inciter les États à se procurer de nouveaux armements de très haute technologie. Les deux principaux éléments du marketing de la Défense correspondent aux foires ou salons d’armements et aux exercices militaires auxquels sont conviés les représentants de l’industrie, le tout développé par le lobby militaire, les ministères de la Défense et les armées nationales qui assurent une présence active auprès des décideurs politiques et de l’opinion publique.

En somme, le monde est de plus en plus militarisé. Les dépenses militaires s’intensifient dans plusieurs régions du Globe et la gouvernance est de plus en plus soumise aux exigences des lobbys militaires.

En définitive, le contrôle de l’économie mondiale par les grandes puissances est assuré par un processus qui veille à créer et maintenir un environnement favorable à leurs intérêts de la manière suivante :

- Une production industrielle de très haute technologie de l’armement subventionnée par les États au détriment des autres secteurs économiques et sociaux;

- Des armées nationales très souvent dotées de pouvoirs absolus et non redevables à l’intérieur de la gouvernance étatique;

- Une gouvernance du politique de plus en plus calquée sur le modèle du militarisme et de moins en moins démocratique;

- Un discours des médias mainstream glorifiant sans cesse le militarisme et le caractère indispensable des activités militaires pour l’économie en obnubilant aux yeux du public les véritables enjeux entourant la course planétaire aux armements.

Jules Dufour

Sur le même sujet :

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« L’empire militaire US »: Puissance, compressions budgétaires et redéploiement mondial, 28 juillet 2015



Jules Dufour, Ph.D., C.Q., géographe et professeur émérite. Membre de l’Ordre National du Québec. Chercheur-associé au Centre de recherche sur la Mondialisation, Montréal, Québec, Canada. Membre de la Commission mondiale des Aires protégées de  l’Union Internationale pour la conservation de la nature (UICN), Gland, Suiss. Membre, Cercle universel des Ambassadeurs de la Paix, Paris. Membre. Groupe canadien du PUGWASS, Toronto

Références

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BANQUE MONDIALE. 2015. Dépenses militaires (% du PIB). En ligne : http://donnees.banquemondiale.org/indicateur/MS.MIL.XPND.GD.ZS

BOSSÉ-PELLETIER, Simon. 2014. Dépenses militaire dans le monde: légère baisse sur papier, légère hausse dans les faits. 45eNORD. Le 15 avril 2014. En ligne : http://www.45enord.ca/2014/04/depenses-militaire-dans-le-monde-legere-baisse-sur-papier-legere-hausse-dans-les-faits/

CERCLE DES VOLONTAIRES. 2014. Le lobby de l’armement au coeur des institutions européennes : entretien avec David Cronin. Le 23 juillet 2014. En ligne : http://www.cercledesvolontaires.fr/2014/07/23/le-lobby-de-larmement-au-coeur-des-institutions-europeennes-entretien-avec-david-cronin

CNAPD. 2014. Désarmer pour développer – Journée mondiale d’action contre les dépenses militaires. Le 16 avril 2014. En ligne : http://www.cnapd.be/Desarmer-pour-developper-Journee837.html

DINUCI, Manlio. 2014. Le “contrôle des dépenses militaires”: Ce que nous coûte l’OTAN. Le 10 avril 2014. Mondialisation.ca et ilmanifesto.it. En ligne : http://www.mondialisation.ca/lart-de-la-guerre-ce-que-nous-coute-lotan/5377390

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DUFOUR, Jules. 2015. L’aube du XXIème siècle. Plus d’armements. Plus de guerres. La spirale de la terreur et de la mort se poursuit.  Les interventions et occupations militaires de l’Occident dans le monde. Irak, Syrie, Libye et Gaza (2ième partie). Montréal, Centre de recherche sur la mondialisation (CRM). Le 6 avril 2015. En ligne : http://www.mondialisation.ca/laube-du-xxieme-siecle-plus-darmements-plus-de-guerres-la-spirale-de-la-terreur-et-de-la-mort-se-poursuit-2ieme-partie/5440984

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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Jeu 26 Nov - 9:28

il est assez surprenant que le thème d'une possible troisième guerre mondiale, qu'elle soit inévitable ou nécessaire au capitalisme, est fort peu présent en France, alors qu'il préoccupe davantage des commentateurs étrangers, et notamment anglo-saxons, dont les marxistes de WSWS et Robert Bibeau, des 7 du Québec

j'ai ouvert un sujet sur la question, une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ? mais sans avoir personnellement de certitude à cet égard

pourtant, comme l'indique le texte ci-dessous, tout se passe comme si... et nous pourrions avoir là un élément de réponse à la question de Roland Simon : « Que se passe-t-il depuis vendredi soir ? » [13 novembre, jour des attentats de Paris]



LA « GUERRE » AU TERRORISME DONT L’OBJECTIF EST D’ENCLENCHER UNE TROISIÈME GUERRE MONDIALE

le 25 novembre 2015 par Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com


La problématique des conflits internationaux

Pour comprendre la politique, nationale et internationale – les deux étant reliées – il faut étudier l’économie, puis appliquer ces enseignements à la politique. Il faut poser la question : « Quelles sont les intérêts en jeux dans tel conflit régional ou mondial ? », ce qui devrait ensuite mener à se demander : « Quelles classes sociales sont en action dans ce conflit et pour défendre quels intérêts économiques ? » Ce sont ces questions auxquelles nous allons tenter de répondre (1).


Citation :
L’hypothèse que nous privilégions est à l’effet que l’alliance des trusts financiers internationaux – associée à plusieurs gouvernements impérialistes dominants – manœuvre en coulisse pour sauver le mode de production capitaliste. Pour ce faire, chacune des alliances impérialistes mène sa politique régionale et internationale en confrontant les autres alliances et en tentant d’inféoder les forces nationalistes des classes bourgeoises et prolétariennes des pays assujettis à ces conflits. Nous verrons que la classe ouvrière tient bien peu de place dans ces manigances alors que, pourtant, elle est l’enjeu final de ces malversations.


Deux axiomes complémentaires

Les clés pour comprendre les récents évènements économiques et politiques internationaux sont d’une part : admettre que l’économique commande au politique et rarement l’inverse. De ce premier axiome découle le second, stipulant que les puissances de la finance mondiale commandent aux puissances de la politique internationale, qui elles, doivent s’assurer que les classes sociales s’engagent sans tergiverser sur les sentiers qui leurs sont assignés. Ces sentiers d’austérité pouvant être, d’accepter le degré d’exploitation de la force de travail requis pour sauver ce système économique déjanté. Ces sentiers d’austérité pouvant être de se résigner aux sacrifices ultimes que les généraux dicteront – pouvant aller jusqu’à la mort – pour sauver ce système économique dépravé.

Une fois admis ces axiomes, il devient aisé de démêler l’écheveau compliqué des intérêts entrecroisés ainsi que le salmigondis des théories « complotistes » qui se disputent la scène du théâtre de Panurge que constitue l’estrade politique internationale.


L’historique du nationalisme chauvin « islamiste »

Depuis 1979, depuis la Révolution iranienne dirigée par l’ayatollah Khomeiny, la religion musulmane est devenue un facteur identitaire très puissant parmi les États-nations où sévie cette religion et l’exploitation néocoloniale. Les bourgeoisies nationalistes locales ont, dans la plupart de ces pays, réussit à faire l’amalgame de leurs multiples intérêts en se servant de ce dénominateur commun qui permet d’apaiser les rapports de classes et parfois même de mobiliser les populaces locales, vivant sous des rapports de production archaïques (semi-féodaux), pour mener des guerres fratricides affectant le partage des prébendes suite au bradage des ressources nationales.

Ainsi, l’Irak sunnite fut mobilisé contre l’Iran chiite dans une guerre de huit ans qui couta un million de morts de chaque côté. De la chair à canon ouvrière pour forcer un réalignement politique et économique de la part de la bourgeoisie iranienne dissidente (2). Il est entendu que les puissances impérialistes occidentales tiraient les ficelles en coulisse, encourageant Saddam Hussein à saccager l’Iran qui osait utiliser le nationalisme chiite iranien pour prendre ses distances vis-à-vis ses anciens maitres d’Occident. L’Iran poussera l’affront  jusqu’à suggérer que le pétrodollar pourrait être remplacé sur le marché de l’or noir (3). On comprend depuis la signature de l’accord sur le nucléaire iranien que si l’Iran sait se délester de telles inimitées, elle peut rallier la communauté des États accrédités par l’impérialisme mondialisé (4).


L’intégrisme en Afghanistan  

Il en fut de même quand la bourgeoisie gauchiste afghane fit mine de prendre le contrôle de ses ressources pour les vendre aux plus offrants, allant même jusqu’à signer des ententes de défense avec le bloc impérialiste soviétique. Aussitôt, les féodaux nationalistes musulmans afghans, dont les talibans, furent enrégimentés par Al-Quaida, financé par la CIA, pour éradiquer cette bande de nationalistes – laïcs – soumis aux intérêts de l’autre camp impérialiste. Depuis ce temps, les Américains ont été chassés. Les talibans ont repris le contrôle du pays et la population afghane est retournée sous le joug de ses maitres nationalistes islamistes après 30 années de guerre terroriste sanguinaire, menée par les avions et les drones de l’OTAN.


La guerre civile au Liban et en Palestine occupée

La guerre civile au Liban fut une autre démonstration de l’utilisation du nationalisme islamiste pour disqualifier un clan et en promouvoir un autre sous de multiples armoiries religieuses-nationalistes (chiite, sunnite, chrétien, druze). C’est le Hezbollah,  l’organisation la plus nationaliste chiite qui est sorti vainqueur de  l’affrontement. Il en fut de même dans la guerre entre les clans religieux en Palestine où la bourgeoisie sunnite finit par discréditer les factions bourgeoises laïcisées membres de l’OLP. La bourgeoise nationaliste du Hamas sunnite s’est imposée comme porte-parole de la bourgeoise palestinienne avide de conclure une entente de partage des terres disputées avec les factions religieuses juives au pouvoir à Tel-Aviv. Incidemment, il est intéressant de constater que la puissance impérialiste israélienne, industrialisée et occidentalisée, n’a pas su échapper à cet impératif du nationalisme religieux chauvin, coincé qu’elle se trouve au milieu de cet océan nationaliste-religieux au confluent de l’Afrique du Nord et du Proche-Orient arriérés (5).


L’Algérie sous les coups du FIS et du FLN

L’Algérie a connu, elle aussi, des crispations islamistes de la part de factions bourgeoises réactionnaires qui avaient été délaissées lors du partage du pouvoir politique – potiche – suite à la guerre « d’indépendance » que dirigea la bourgeoisie nationaliste laïc (pseudo socialiste). Il faut dire que les groupes religieux n’avaient pas fortement contribué au coup d’épée au cours de la guerre « d’indépendance nationale » (sic). Toujours est-il que la population algérienne miséreuse, extrêmement déçue des résultats de la gouvernance « indépendante », entendit d’une oreille complaisante les appels à la révolte des factions islamistes nationalistes opportunistes. Ce que la petite bourgeoisie algérienne en exil à Paris et à Montréal ne lui pardonnera pas. C’est pourtant la classe prolétarienne algérienne, celle qui est toujours sous le joug des potentats nationaux laïcs ou islamistes, qui souffrit davantage de cette guerre civile de quinze ans entre les factions nationalistes islamistes (FIS) et les factions terroristes regroupées dans le FLN nationaliste, laïc, pseudo socialiste (6). Même situation en Tunisie et au Maroc dont le poids économique est marginal dans les affaires internationales et où les factions nationalistes religieuses sont stoppées, emprisonnées ou fusillées avant d’avoir pu s’incruster au pouvoir.


L’islamisme intégriste en Turquie, l’alliée de l’OTAN

En Turquie, depuis Atatürk, la bourgeoisie nationaliste chauvine, un peu comme en Syrie et en Égypte, est solidement aux commandes de l’appareil d’État capitaliste. Cependant, ce pays, tout comme l’Égypte, est en voie d’industrialisation accélérée ce qui provoque – la crise systémique ayant ici aussi ses réminiscences – des affrontements ouvriers et des soulèvements populaires que craint souverainement la bourgeoisie nationaliste chauvine islamiste, qui avait été mis sur la touche au temps d’Atatürk. Cette fraction de la classe bourgeoise ayant fait de l’islamisme son fonds de commerce refit surface pour réclamer sa part de l’héritage ottoman. La nouvelle Turquie « islamisée » joue docilement sa partition dans le concert des nations manœuvrant dans la région. Elle est donc peu inquiétée par les attaques « djihadistes », jusqu’à présent du moins. L’attaque qu’elle vient de perpétrer, sur ordre de l’OTAN, contre les avions de chasse russes le démontre amplement (7). Les États-Unis et l’OTAN laissent cette bourgeoisie véreuse massacrer les nationalistes chauvins kurdes tout en favorisant la dissidence nationaliste des Kurdes d’Irak et de Syrie de manière à brouiller les cartes dans cette région du monde ensanglantée.

On se demande pour qui tourne Thierry Meyssan quand il prétend que : « D’une main, le gouvernement français mobilise tous ses médias pour focaliser sa population sur les attentats du 13 novembre, puis sur la Cop21. De l’autre, il profite de l’inattention générale pour lancer avec Israël une nouvelle guerre en Irak et en Syrie. Son objectif n’est plus de renverser le régime laïque syrien, ni de détruire son armée, mais désormais de créer un État colonial à cheval sur l’Irak et la Syrie, géré par des Kurdes, afin de prendre en tenailles les États arabes. Le rêve d’une puissance israélienne du Nil à l’Euphrate est de retour » (Cool.

La France et Israël ne sont absolument pas au poste de commande des guerres au Proche-Orient que dirige l’État-major américain en prenant grand soin de composer avec son nouvel allié iranien, si puissant dans le Golfe persan (9). L’Iran n’entend pas laisser partitionner l’Irak ou la Syrie. Elle tolère le Kurdistan pour l’instant, mais pour un temps seulement. Les capitalistes israéliens doivent être bien désespérés pour s’acoquiner avec l’Élysée dont l’aviation fut incapable d’assassiner Mouammar Kadhafi sans le soutien logistique et l’intervention décisive de l’aviation américaine (10) Les impérialistes français doivent être bien désespérés pour s’acoquiner avec les « loosers » de l’armée israélienne tout juste capable de massacrer la population civile de Palestine mais incapable d’affronter le Hezbollah.


Les Frères musulmans en Égypte

L’Égypte de Moubarak fait bon ménage avec les Frères musulmans depuis longtemps. Le pays fut soumis à une révolte populaire, puis ouvrière, de grande envergure, non pas pour obtenir le droit de vote en vue d’élire un nouveau dictateur, mais pour obtenir le droit de vivre décemment. Contrairement à ce que prétendent certains commentateurs, les révoltes populaires furent réelles et la répression sanguinaire. Cependant, les factions bourgeoises nationalistes faisant des religions musulmane et copte leurs fonds de commerce furent effrayées à la vue de cette succession de soulèvements populaires, durement réprimés par l’armée et elles furent amenées à accepter le maintien du clan despotique de Moubarak (sans Moubarak) et à rétrocéder le pouvoir aux militaires sans déclencher d’actions terroristes à l’étranger. Les Frères musulmans égyptiens, nationalistes religieux chauvins, ont toutefois maintenu une branche d’Al Quaïda dans le Sinaï, telle une épée de Damoclès au-dessus de la tête du pouvoir militaire au Caire. Ils attendent que la situation nationale et internationale se calme avant de revendiquer à nouveau le pouvoir que les urnes bourgeoises leur avaient concédé (11).


L’islamisme intégriste dans l’empire saoudien

L’Arabie Saoudite, les Émirats arabes unis, la Jordanie jouent la carte nationaliste wahhabite extrémiste depuis très longtemps. Étant donné que ces pays archaïques – où les rapports de production féodaux craquent sous la pression des forces productives sociales – se plient scrupuleusement au partage des redevances pétrolières et à l’usage du pétrodollar pour le commerce de l’or noir, il n’est pas nécessaire d’y créer des troubles sociaux-religieux pour affermer ces États patentés. Cette conjoncture se constate par la relative quiétude dans laquelle vivent ces pays commanditaires des cliques de mercenaires « djihadistes » qui sévissent dans les pays limitrophes. Les brigands  « djihadistes » savent que l’on ne mord pas la main qui vous nourrit. Il en va tout autrement au Yémen où une portion de la bourgeoisie locale d’obédience chiite, soutenue par l’Iran, la nouvelle puissance impérialiste régionale, s’est révoltée contre l’autorité féodale des anciennes vandales commensales. L’Arabie Saoudite – état terroriste – y subit une défaite militaire cuisante aux mains de « djihadistes » locaux. C’est le sort qui sera probablement réservé aux velléités des nationalistes séparatistes kurdes d’Irak et de Syrie cherchant à créer un Kurdistan à la solde des sionistes israéliens.


L’intégrisme islamiste en Irak et en Libye

Quand la bourgeoisie nationaliste laïque d’Irak tenta de s’affranchir de la tutelle des multinationales du pétrole, le maitre du jeu envahit le pays, démantela l’État irakien et offrit le pays en pâture aux clans nationalistes islamistes comme un avertissement de ce qui pourrait survenir à tout autre État récalcitrant. Le Libyen Kadhafi et sa clique capitaliste n’ayant pas compris subirent le même sort quelques années plus tard (12). Depuis ce temps, divers clans de mercenaires représentant du soufisme assurent l’intérim dans ce pays démembré et exsangue. La classe bourgeoise libyenne s’étant rapidement effondré les corsaires du désert, djihadistes sponsorisés, ont été dirigé vers le Sahel, du Soudan à la Mauritanie, en passant par le Mali. Que les puissances occidentales  se rassurent, seuls les peuples de Libye et du Sahel subissent les malversations de ces terroristes affrétés. Sous le « false flag » djihadiste ils s’adonnent à divers crimes de droit commun comme le commerce d’esclaves, la contrebande d’armes et de drogues, rien qui ait à voir avec l’Islam.


Les terroristes « djihadistes » sévissent contre la Syrie

Le clan Assad s’était assuré du contrôle sur l’État syrien depuis les années cinquante – au temps où les bourgeoisies nationalistes régionales se répartissaient les pouvoirs en fonction de leur allégeance idéologique, clanique, et sectorielle (industrie et commerce). Le territoire syrien ne recèle pas de grandes richesses naturelles ce qui limite fortement les convoitises des grandes puissances. La « communauté internationale » (sic) consentit à ce que la Russie – une puissance impérialiste concurrente – bénéficie d’un port militaire à Lattaquié, aux confins de la Méditerranée. Mais la géopolitique mondiale, bouleversée par le déclin de l’empire américain et européen et par la montée en puissance de la Chine lointaine – le véritable concurrent de l’ancienne puissance déclinante – il devint nécessaire, aux yeux de la puissance hégémonique décadente, de porter des coups à la Russie afin de l’éloigner de la Chine et de plier son économie aux besoins des entreprises occidentales. S’en suivit une série de conflits téléguidés en Tchétchénie pour commencer, dans le Caucase, dans les Balkans, en Ukraine, puis en Syrie pour terminer.

Ce dernier front est de loin le plus compliqué à analyser et à déchiffrer. C’est que les malfrats des services secrets occidentaux n’ont pas trouvé d’appui sérieux parmi la bourgeoisie syrienne, pas même parmi les hiérarchies religieuses (sunnite, alaouite, chiite, chrétienne) pour déclencher une guerre civile interne et mettre à genoux le clan de Bachar al-Assad, issu d’un compromis entre ces différentes factions bourgeoises nationalistes-religieuses, maintenues par son père dans un fragile équilibre. Les services secrets des puissances occidentales (États-Unis, France, Grande-Bretagne, Allemagne) et des puissances régionales (Turquie, Arabie Saoudite, Qatar) ont dû transporter, entrainer, armer, financer, ravitailler une armée de mercenaires de pseudo « djihadistes » recrutés parmi les millions de « réservistes » paumés et désœuvrés venus de 40 pays en crise (13).

En Syrie, le pire des scénarios que pouvait imaginer le Pentagone s’est cristallisé. Le clan de Bachar al Assad n’a pas lâché prise malgré la violence de la sarabande ; la population syrienne, désespérée, effrayée par les atrocités commises par les assassins déversés sur le pays, ne s’est pas soulevée contre le pouvoir despotique, au contraire, elle a trouvé que le despote était plus rassurant que ces truands que l’Occident avait lâché lousse sur la contrée ; la Russie, si vite écartée en Libye, ne s’est pas dégonflé, pas davantage que l’allié iranien que l’on croyait coincer par les sanctions internationales et le boycott de la « communauté internationale » (sic). Enfin, la situation sur le terrain s’est  détériorée pour les opportunistes réunis pour la curée qui ont commencé à suivre leur propre agenda. Les mercenaires « djihadistes », se demandant si une autre issue que la mort est envisageable, commencent à fatiguer ou à paniquer. Ceci explique les coups de force, comme ceux de Paris, quand la bisbille est prise entre d’anciens complices (14). Et voici que le sous-lieutenant Erdogan est envoyé au front par l’OTAN qui espère toujours que cette guerre atypique se transformera  en guerre atomique (15).


L’analyse opportuniste de la gauche bourgeoise

Monsieur Geraoid O’Colmain, analyste politique, déclarait récemment que :

Citation :
« Les attaques terroristes de soi-disant groupes islamistes sont orchestrées de l’étranger tout comme les attaques terroristes de l’OTAN contre l’Afghanistan, l’Irak, la Syrie et le Yémen, notamment, ont été orchestrées de l’étranger, par les mêmes puissances néo-impérialistes et néocoloniales américaine et israélienne (…) Ces attaques constituent un approfondissement de la guerre entreprise par ces puissances impériales contre les peuples du Moyen-Orient, d’Europe et d’Afrique afin de les diviser pour mieux régner et ainsi tous les soumettre aux puissances du Nouvel ordre mondial en construction, un nouvel ordre dirigé par une poignée de dirigeants tyranniques, une élite machiavélique. (…) Il n’y pas de guerre contre le terrorisme, poursuit monsieur O’Colmain, il y a une guerre menée en utilisant des groupes terroristes « proxys », par ces puissances occidentales, contre les États-nations qui résistent à la domination américano-israélienne et pour « discipliner » les populations laborieuses d’Europe, d’Afrique et d’Orient afin de les soumettre au dictat de ces puissances qui souhaitent provoquer une guerre mondiale entre tous ces peuples afin de nourrir leur industrie militaire et d’armement. Les migrations forcées de millions de réfugiées constituent une ingénierie migratoire coercitive aux dépens des pays de l’Est européens et de l’Allemagne où la pression sera accrue sur les salaires et les emplois des masses ouvrières locales, suscitant régionalement de grands troubles sociaux contre ces migrants innocents. Monsieur O’Colmain ajoute, il n’y a pas et il n’y a jamais eu de guerres antiterroristes de l’Occident contre la religion musulmane, puisque ces groupuscules terroristes, pseudo islamistes, sont les créatures des services secrets occidentaux, Al Quaïda étant l’archétype en ce domaine, conclut l’analyste » (16).


Dans ce paragraphe succinct, l’analyste condense la théorie du « complot » dont raffole la gauche bourgeoise et qu’elle tente d’accréditer au sujet de la succession d’attaques terroristes qui accablent certains pays depuis des décennies. De nombreuses affirmations faites par ce spécialiste sont véridiques, mais elles relèvent du sophisme dans la mesure où elles accréditent la thèse d’un complot régi par l’alliance israélo-américaine construisant un Nouvel ordre mondial (sic), faisant l’impasse sur la responsabilité des bourgeoisies nationalistes chauvines locales, européennes et mondiales. De ce constat, il découle que pour s’opposer aux activités terroristes, de basses intensités commis par des paumés, des brigands, des repris de justice de bas étage ; tout comme pour s’opposer aux activités terroristes de grande envergure, commis par des généraux à l’aide de porte-avions, d’avions de chasse, de drones et de bombardiers géants, il faut renverser chaque bourgeoisie nationale, chacun chez soi, en pays arriérés, néo-colonisés, et islamisés, tout comme en pays industrialisés et impérialisés.

Il n’y a aucun Nouvel ordre politique mondial possible. Un Nouvel ordre politique mondial ne peut reposer que sur un nouveau mode de production en construction. Loin de voir émerger un nouveau mode de production, nous voyons  plutôt s’étioler l’ancien mode de production capitaliste, prêt à lancer l’humanité dans une guerre nucléaire apocalyptique plutôt que de s’écarter.


La propagande officielle quant au terrorisme « islamiste »

L’éditorialiste du quotidien l’Orient – Le Jour résume ainsi la position officielle que les médias « mainstream » doivent propager à propos des évènements incriminés :
Citation :

« Les évènements régionaux et internationaux semblent se précipiter. Le Liban, la France et le Mali, trois pays dans trois continents différents, ont été frappés en huit jours par le terrorisme islamiste qui semble étendre ses tentacules de haine un peu partout et menace de nouvelles capitales d’agressions du même type (Bruxelles notamment). Le monde entier se mobilise désormais contre Daech, et des frappes ciblées et intensives sont menées par les Français. Ce qui d’ailleurs suscite une question élémentaire : que faisait jusqu’à présent la coalition internationale menée par les États-Unis qui avait déclaré la guerre à Daech depuis près d’un an et demi ? Toujours est-il qu’en quelques jours, l’opinion publique internationale a basculé, poussant les dirigeants du monde à agir contre cette organisation terroriste » (17).


Ce qui est troublant dans cette série d’allégations c’est que sans s’arrêter à répondre à l’importante question qu’elle soulève, la journaliste s’empresse d’affirmer que la situation a basculé et que dorénavant l’opinion publique internationale poussera les dirigeants de la « communauté internationale » à agir (!) Le laïus de la rédactrice fait partie intégrante de l’intoxication médiatique extrémiste. Elle laisse entendre que les États-Unis et leurs alliés ont déclaré la guerre aux terroristes alors que de très nombreuses informations font savoir que ce sont ces mêmes puissances coalisées qui recrutent, financent, entrainent, arment et soutiennent de toutes les manières imaginables ces pseudo « djihadistes », pour la plupart pauvres et sans moyens de subsistances, et dont 100 000 seraient morts depuis quatre ans en Syrie, et dont les effectifs se maintiennent tout de même à 30 000 combattants actifs grâce à l’aide occidentale notamment.

Le chroniqueur René Naba, ajoute et accuse

Citation :
« [le gouvernement français] non seulement en Libye et en Syrie, mais aussi par son silence mortel sur le Yémen, son alliance privilégiée avec le royaume saoudien, l’incubateur absolu du djihadisme erratique dégénératif et son appendice du Qatar, la Mecque de la confrérie des Frères musulmans, la matrice de toutes les organisations radicales djihadistes d’Al Qaida et Jabhat An Nosra. Enfin, dernier, et non le moindre, de la Turquie le volant régulateur des djihadistes sur le plan militaire, en même temps que le principal pourvoyeur du flux migratoire à destination de l’Union européenne en crise systémique de son économie » (18).


Les services secrets ne dissimulent même pas leurs activités de soutien à l’État islamique  (EI). « Les services secrets français auraient encouragé près de 3 500 islamistes français radicaux à se rendre en Syrie (…) soit ils parviendront à renverser le régime syrien, soit ils mourront sur place. L’idée du retour en territoire français n’était même pas envisagée (…) Selon les chiffres avancés, il y aurait ainsi désormais 10 000 combattants de nationalité européenne qui se battent sous la bannière de l’État islamique » (19).

Le président Vladimir Poutine, dont l’allié syrien est au cœur de la tourmente, a déclaré avoir les preuves que 40 personnalités d’affaires internationales, provenant de pays membres de la coalition anti-EI, financent l’EI directement (20). Des informations tendent à prouver que le chef de Daesh est un agent avéré de la CIA (21). Il est maintenant reconnu que le fils du Président Torque Erdogan coordonne le commerce du pétrole saisi par l’EI dans les puits d’Irak et de Syrie, contribuant ainsi au financement de l’État honni. « Un faisceau de preuves tend à prouver que le Qatar a acheté à l’Ukraine du matériel militaire antiaérien sophistiqué pour le compte de Daesh. L’opération s’est déroulée fin septembre 2015, juste avant l’intervention militaire russe contre l’organisation terroriste. Elle a été approuvée par l’ambassade des États-Unis à Doha. Le matériel a été transféré via la Bulgarie et la Turquie. Officiellement, le Qatar, l’Ukraine, les États-Unis, la Bulgarie et la Turquie luttent contre Daesh » (22).

Enfin, la défiance est tellement grande vis-à-vis des autorités gouvernementales  que d’aucuns se demandent si ce ne serait pas l’État bourgeois lui-même qui aurait organisé, orchestré ou laissé s’organiser ces attentats « false flag » au cœur de Paris (23). À l’évidence, le grand capital international ne parvient pas à créer les conditions d’une conjuration et si des voix s’élèvent pour réclamer la guerre, plus nombreux sont ceux qui contestent la propagande des médias à la solde et appellent à se défier des autorités gouvernementales.


L’objectif, c’est la guerre

Brulant les étapes, probablement par excès d’enthousiasme, un expert des affaires irakiennes a vendu la mèche et a dévoilé sans ambages :
Citation :

« À l’aune de pareille expérience, je ne puis voir que d’un bon œil, comme vu d’Irak puis sans doute de Paris, dans la foulée du rapprochement encore frais entre Poutine et Obama, l’inclination de plus en plus forte en faveur d’une alliance unifiée, à l’instar de celle constituée pour abattre le nazisme. Et, à l’heure où Paris est endeuillé, de plus en plus de responsables politiques et de géostratèges militaires mettent lucidement en avant l’efficacité opérationnelle des frappes russes qui, en une semaine, ont eu davantage d’impact que les Américains en une année… En dépit des fortes réticences de ces derniers, apparemment toujours mus par le « Nouvel ordre mondial » jadis proclamé et décrété dès 1991 par Bush père ; semblable prouesse militaire peut s’expliquer par-delà la force mise en œuvre : en effet, ces mêmes Russes sont surtout parvenus à intégrer les autorités irakiennes, iraniennes et syriennes autour d’une structure unique de coordination du renseignement anti-Daech, basée à Bagdad » (24).


C’est bien là où le grand capital multinational souhaite entrainer le monde entier. Rééditer l’exploit de 1940. Recréer l’international de l’apocalypse guerrière, afin de lancer les travailleurs des différents pays les uns contre les autres dans un immense holocauste mondial pour le partage des zones de ressources, des marchés et des secteurs de production de plus-value. Le spécialiste irakien n’a simplement pas compris que l’alliance ne peut être dirigée par deux puissances hégémoniques concurrentes, les États-Unis et la Russie. Contre qui une telle alliance d’ennemis serait-elle dirigée ? Contre un État fantôme, possédant quelques armes fournies par ses ennemis, financer par des commanditaires dorénavant ligués contre lui et ses 30 000 combattants désormais désarmés. En 1940, les puissances de l’axe alignaient  près de15 millions de soldats surarmés et bien  entrainés… Assurément l’alliance réactionnaire en construction ne vise pas l’État islamique fantoche. Qui vise-t-elle alors ?

Jacques Attali, publie ses rêveries ces temps-ci, et dans ses rêves les plus lucides l’ex-conseiller de François Mitterrand voit une troisième guerre mondiale en préparation dont il fixe le déclenchement en 2030 (25). Pour l’éviter, le poncif  propose la création d’un supra-état de droit mondial, la création d’un Nouvel ordre mondial la lubie des bobos de la gauche bourgeoise. L’ONU, en quelque sorte, mais en plus autoritaire, solidement ancrée entre les mains des magnats de la finance mondiale assujettissant des milliards de travailleurs ployant sous la cravache du travail salarié. Bref, le larbin propose de donner à ceux qui fomentent la prochaine guerre un instrument supplémentaire pour parvenir à leurs fins.

L’expert Patrick Martin pronostique que « Le complexe militaire et du renseignement américain est engagé dans des préparatifs systématiques pour la Troisième Guerre mondiale. Pour le Pentagone, un conflit militaire avec la Chine et/ou la Russie est inévitable, et cette perspective est devenue la force motrice de sa planification tactique et stratégique » (26). Pour faire la guerre – qui plus est – la guerre mondiale – il faut des armes, beaucoup d’armes.  En novembre 2015, le recherchiste Jules Dufour du Groupe Mondialisation a publié une étude intitulée : « Le réarmement planétaire » où il révélait que le monde est de plus en plus militarisé. Les dépenses militaires augmentent sans cesse dans un très grand nombre de pays. Plus de 5 milliards de dollars par jour sont consacrés à la guerre ou à sa préparation. Les gouvernements sont totalement soumis aux exigences des lobbys militaires (…) 640 millions d’armes légères sont disséminées à travers le monde (une pour dix personnes). La production de cartouches militaires est de 14 milliards par an. (…) Les dépenses militaires mondiales ont atteint le total de 1 747 milliards de dollars en 2013. Cela correspondait à 2,4% du PIB mondial (27).

Le spécialiste Larry Chin commente :
Citation :

« Cette crise apocalyptique n’est pas une guerre « contre le terrorisme », mais une guerre « de » terrorisme, menée par des terroristes, guidée par des terroristes, et par des criminels de guerre psychopathes qui se placent au dessus de la loi. Ils n’ont nullement l’intention de mettre fin au terrorisme. En fait, c’est tout le contraire : les armées terroristes de l’Occident sont un atout majeur utilisé pour infiltrer et déstabiliser, pour renverser les régimes que l’OTAN cherche à se rallier, à envahir et à conquérir. Et ils tombent ainsi, l’un après l’autre : d’abord l’Iraq et la Libye, puis les évènements actuels en Syrie, tout cela pour la réalisation d’ambitions plus vastes encore. La « guerre contre le groupe État islamique » ne concerne même pas ce groupe, et ce, quelles que soient les atrocités commises par les tueurs d’ISIS/ISIL eux-mêmes. Cette guerre est, et a toujours été, une guerre mondiale entre superpuissances opposant l’Occident à la Russie et à la Chine, et ce, partout où le dictent les intérêts de l’Occident et de ses grandes entreprises, qu’ils soient géostratégiques ou axés sur les ressources » (28).


Conclusion

Que pourrait-on ajouter sinon que tout est manigancé pour pousser les masses prolétariennes vers la guerre totale. De fait, une guerre mondiale ne peut opposer que deux ennemis irréductibles luttant pour leur survie. Soit ce conflit mettra aux prises l’alliance impérialiste Atlantique dirigée par le « has been » étatsunien, opposé à l’alliance Asiatique dirigée par la Chine et la Russie comme le prédisait Samuel Huntington dans son livre « Le choc des civilisations » (29). Cela signifiera que les bourgeoisies nationalistes chauvines auront gagné leur pari de mobiliser les masses prolétariennes pour s’entretuer dans une guerre pour le partage des ressources, des marchés et des secteurs de production de plus-value, source de tous les profits. Une fois cette nouvelle guerre terminée la chair à canon salariée retournera à son esclavage journalier (30).

Mais ce conflit international pourrait opposer deux autres ennemis encore plus irréductibles, la grande bourgeoisie mondiale, et ce qui restera de ses appareils d’État, au prolétariat international, pour l’éradication du mode de production capitaliste et l’édification du nouveau mode de production communiste.


Références


1.Robert Bibeau (2015) L’intégrisme islamiste contre le national chauvinisme. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/integrisme-islamiste-contre-national-chauvinisme/
2.http://www.histoire-pour-tous.fr/guerres/3202-la-guerre-iran-irak-1980-1988.htm
3.Robert Bibeau (2015) La guerre des monnaies. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-guerre-des-monnaies-contestation-de-lhegemonie-du-dollar/
4.Robert Bibeau (2015) Le ralliement de l’Iran par les accords sur le nucléaire. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-ralliement-de-liran-par-les-accords-sur-le-nucleaire/
5.Robert Bibeau. (2015) La « question nationale » palestinienne, bourgeoise et réactionnaire.  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-question-nationale-palestinienne-bourgeoise-et-reactionnaire/
6.http://www.20minutes.fr/monde/151104-20070411-15-ans-guerre-civile-algerie
7.http://www.lefigaro.fr/actualites/2015/11/24/01001-20151124LIVWWW00087-en-direct-avion-russe-abattu-Turquie-Syrie-s-24-avion-de-chasse-abattu.php
8.Thierry Meyssan (2015). La France et Israël lancent une nouvelle guerre en Irak et en Syrie.
9.http://www.voltairenet.org/article189360.html
10.Sauf pour les jeux de massacres que la bourgeoisie israélienne organise régulièrement contre les résistants nationalistes palestiniens dans les camps de concentration de Cisjordanie et de Gaza.
11.Robert Bibeau (2011) Le parricide, la guerre civile en Libye. http://www.mondialisation.ca/le-parricide-la-guerre-civile-en-libye/23498
12.Robert Bibeau (2012) Le « Printemps arabe » bilan d’un avortement. http://www.les7duquebec.com/7-au-front/le-printemps-arabe-bilan-dun-avortement-2/
13.Robert Bibeau (2011) La lutte de libération néocoloniale du peuple libyen se poursuit. http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/la-lutte-de-liberation-neo-100583
14.http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/colere-et-lucidite/
15.Michel Colon (2015)  J’accuse. http://www.michelcollon.info/Terrorisme-Michel-Collon-accuse-et.html
16.http://tempsreel.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/12881-syrie-helicopteres-russes-envoyes-porter-secours.html
17.« À propos des attaques à Paris le vendredi 13 novembre 2015 ».  https://www.youtube.com/watch?v=f3rYKr28DBs&feature=youtu.be
18.Scarlett Haddad. L’Orient-Le Jour – 21/11/15. http://www.france-irak-actualite.com/2015/11/la-guerre-contre-daech-change-la-donne.html
19.René Naba (2015) La rémission par le sang de civils innocents.  http://www.les7duquebec.com/7-au-front/la-remission-par-le-sang-de-civils-innocents/
20.Complots  « False flag »   http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/attentats-de-paris-qui-tire-les-51610  et  http://www.france-irak-actualite.com/2015/11/la-guerre-contre-daech-change-la-donne.html
21.https://www.youtube.com/watch?v=Fe1Oc2eccXU
22.Le chef de DAESH  travaille pour la CIA  http://mai68.org/spip/spip.php?article7949
23.Andrey Fomin (2015) Le Qatar et l’Ukraine viennent de fournir des Pechora-2D (fusée sol-air) à Daesh http://www.voltairenet.org/article189368.html
24. Complots  « False flag »   http://www.agoravox.tv/actualites/politique/article/attentats-de-paris-qui-tire-les-51610
25.http://www.france-irak-actualite.com/2015/11/l-intervention-russe-en-syrie-vue-d-irak.html
26.Jacques Attali. Une 3e guerre mondiale. https://www.youtube.com/watch?v=QfPjTt3U96E
27.http://www.mondialisation.ca/washington-se-prepare-a-la-troisieme-guerre-mondiale/5487295?utm_source=Infolettre+Mondialisation&utm_campaign=396d25a961-Infolettre_08_11_1511_8_2015&utm_medium=email&utm_term=0_24340f1e06-396d25a961-82720701&ct=t(Infolettre_08_11_1511_8_2015)&mc_cid=396d25a961&mc_eid=74b176f7a
28.Jules Dufour (2015) Le réarmement planétaire   http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/le-rearmement-planetaire/

29. Larry Chin. 19.11.2015  Pousser les masses vers la guerre totale. http://www.mondialisation.ca/pousser-les-masses-vers-la-guerre-totale/5490191?utm_source=Infolettre+Mondialisation&utm_campaign=61c2cb15c5-Chin_article11_23_2015&utm_medium=email&utm_term=0_24340f1e06-61c2cb15c5-8272070

30 Samuel Huntington. (1997)  Le choc des civilisations. https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Choc_des_civilisations

31. Robert Bibeau (2015) Les attentats terroristes indiquent le désespoir des capitalistes.  http://www.les7duquebec.com/actualites-des-7/les-attentats-terroristes-indiquent-le-desespoir-des-capitalistes

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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Jeu 26 Nov - 10:33

L'attaque par la Turquie d’un avion de combat russe et le danger de guerre mondiale WSWS

Par le Comité rédaction du World Socialist Web Site 26 novembre 2015

Citation :
1. L'attaque d'un chasseur-bombardier russe par des avions de chasse turcs mardi sur la frontière turco-syrienne est un acte flagrant de guerre. Les autorités turques se sont saisies d’une violation alléguée de leur espace aérien par la Russie pour lancer une escalade monumentale de la guerre par procuration en Syrie entre combattants d'opposition islamistes soutenus par l'OTAN et le régime du président Bachar al-Assad soutenu par la Russie. Cela menace de provoquer une guerre entre la Russie d'une part et la Turquie et le reste de l'OTAN d'autre part.

Les responsables turcs ont affirmé que le SU-24 russe avait violé l'espace aérien turc pendant une minute alors que les responsables russes eux, ont dit qu'il n'avait jamais quitté l'espace aérien syrien. L'armée de l'air turque n'a pas envoyé de chasseurs pour avertir l'avion russe ou l'escorter vers l'espace aérien syrien; après lui avoir, affirme-t-elle, lancé des avertissement pendant cinq minutes, elle l'a abattu.

Il est impensable que la Turquie prenne une décision aux conséquences incalculables contre un voisin puissant sans approbation directe préalable du gouvernement américain.

2. Les responsables américains ont soutenu l'attaque de l'avion russe par la Turquie, ce qui indique clairement qu'ils sont prêts à accepter un affrontement militaire direct avec la Russie, une puissance nucléaire, afin d'écraser son intervention syrienne en défense du régime Assad.

Lors d'une conférence de presse à Washington mardi avec le président français François Hollande, Obama a approuvé l'attaque de l'avion russe, affirmant que la Turquie avait « le droit de défendre son territoire et son espace aérien ». Cela équivaut à donner carte blanche à l’armée turque pour de nouvelles attaques contre des avions russes dans des circonstances semblables.

Obama a averti sans ambages la Russie de ne pas attaquer les milices de l'opposition islamiste, soutenues par l'OTAN, dans l'ouest de la Syrie: « Je pense que cela indique un problème récurrent des opérations russes dans le sens où elles ont lieu très près de la frontière turque et attaquent une opposition modérée soutenue non seulement par la Turquie mais par un vaste éventail de pays. Et si la Russie concentre son énergie sur Daesh et l’EI, certains de ces conflits ou potentiels d’erreurs ou d'escalade, seront moins susceptibles de se produire ».

Après Obama c’est l'ancien ambassadeur américain auprès de l'OTAN Nicholas Burns qui a indiqué clairement que le gouvernement turc avait agi par procuration pour Washington en abattant l'avion russe. Il a dit à PBS News que les responsables américains envisageaient de déclarer une zone d'exclusion aérienne sur la frontière turco-syrienne. Cela signifierait abattre les chasseurs russes survolant cet espace dans le but de protéger les forces islamistes d'opposition; c’est exactement ce que la Turquie a fait.

3. Les commentaires d'Obama et de Burns soulignent la nature frauduleuse de l’assertion de Washington que les Etats-Unis mènent une « guerre contre le terrorisme » visant les milices de l'Etat islamique (EI). Tout en prétendant s'opposer au terrorisme islamiste, Washington protège en fait les milices islamistes dans les montagnes de Lattakia; celles-ci incluent le Front Al Nusra lié à Al Qaeda et les combattants islamistes tchétchènes. Sous prétexte de combattre l’EI, Washington poursuit en fait de façon irresponsable ses ambitions géopolitiques au Moyen-Orient, actuellement axées sur le renversement d'Assad.

Cela n’est qu’une étape dans l’affrontement avec tout pouvoir posant un obstacle militaire aux ambitions de l'impérialisme américain, comme les principaux alliés d'Assad, Russie, Iran et Chine. Au moment même où il se préparait à une escalade du conflit au Moyen-Orient, Obama exploitait la semaine dernière des sommets de haut niveau en Asie pour intensifier la confrontation des Etats-Unis avec la Chine à propos des revendications territoriales de celle-ci en mer de Chine du Sud.

4. Il est de plus en plus évident que l’Etat islamique est apparu et a été présenté dans les médias internationaux avant tout comme un prétexte aux guerres des pouvoirs impérialistes et en accord avec leurs besoins changeants. Après que le gouvernement Obama a cherché à justifier le retrait d'Afghanistan en assassinant Oussama ben Laden en 2011 – il se cachait alors au Pakistan, allié clé des Etats-Unis – la « guerre contre le terrorisme » n’eut pas de cible évidente. Washington et les autres pouvoirs de l'OTAN ont collaboré directement avec les milices islamistes, mandataires dans la guerre de Libye en 2011 et au début du conflit syrien.

La situation a changé cependant quand Washington et Paris ont été contraints de renoncer à une guerre en Syrie préparée en 2013, en raison de son impopularité et de profondes divergences au sein de l’establishment de la politique étrangère. Comme les pouvoirs de l'OTAN cherchaient un moyen de justifier une guerre, l'affirmation qu’ils se battaient contre le terrorisme islamiste – quoique entièrement démentie par le fait qu’ils s’appuient en permanence sur ces forces – leur paraissait de nouveau intéressant comme marketing pour la guerre.

Bien que ses activités se distinguent peu des attaques à la bombe et des atrocités commises par d'autres milices islamistes en Syrie, on a choisi d’attaquer l’EI dans les médias, alors que d'autres groupes islamistes similaires continuaient de bénéficier du soutien tacite et même explicite des États-Unis.

Les événements de mardi renforcent encore l'ombre de suspicion qui pèse sur les attaques du 13 novembre à Paris et sur la capacité stupéfiante des terroristes à réaliser une opération sous le nez des services de renseignement. Il existe en fait des liens étroits entre les groupes terroristes islamistes et les pouvoirs de l'OTAN. La panique sécuritaire créée après les attentats par les cercles dirigeants en Europe et la confusion répandue sur la guerre fantôme contre l’EI aident ces pouvoirs à engendrer le climat politique permettant de poursuivre leurs ambitions par des guerres généralisées, catastrophiques.

5. Le moment choisi pour abattre l’avion est très significatif; l’attaque s’est produite sur fond de conflit entre Washington et les pouvoirs impérialistes européens, notamment l’Allemagne et la France, au sujet du degré d'implication de la Russie dans un règlement néo-colonial projeté de la guerre syrienne. Washington a agi résolument pour saboter les tentatives européennes de négocier un accord avec la Russie.

Après les attaques de l’EI à Paris et les pourparlers de Vienne du 14 novembre, Hollande avait annoncé le projet de forger une coalition unie des Etats-Unis, de la Russie et des pouvoirs européens pour combattre l’EI en Syrie et négocier l'éviction d’Assad dans des conditions acceptables à toutes les principales puissances.

Mais alors que Hollande arrivait à Washington pour des entretiens avec Obama, l’attaque de l'avion russe l’a mis devant un fait accompli, interrompant ses ouvertures diplomatiques en direction de la Russie. L'attaque, a noté USA Today, « a gravement nui à l’effort de la France à construire une alliance avec les Etats-Unis et la Russie en vue de battre l'Etat islamique en représailles des attentats de Paris ».

6. Depuis le coup d’Etat en Ukraine soutenu par les Etats-Unis et l’Allemagne l'an dernier, le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI) a maintes fois averti du danger d'une guerre mondiale. Ces avertissements se concrétisent avec une extraordinaire rapidité.

Aujourd'hui, les médias et les politiciens de premier plan parlent ouvertement du danger de guerre entre des puissances nucléaires comme la Russie et l'OTAN. Ce danger ne freine cependant pas l’imposition irresponsable d’intérêts impérialistes, surtout de la part des États-Unis. Ceux-ci intensifient au contraire la marche à la guerre.

7. Les régimes russe et chinois ne représentent en rien des contrepoids à la politique de plus en plus détraquée des puissances impérialistes.

Les événements de Syrie soulignent à nouveau les conséquences géopolitiques catastrophiques de la dissolution de l'URSS il y a un quart de siècle. Moscou veut défendre coûte que coûte l’influence qui lui reste au Moyen-Orient et empêcher les combattants islamistes de Tchétchénie et d'autres régions de Russie de renverser Assad et de retourner se battre en Russie, où ils peuvent facilement exploiter la colère provoquée par les conditions sociales désastreuses et la politique de chauvinisme russe du Kremlin.

L'avertissement de Trotsky se réalise que la restauration du capitalisme en Russie serait suivie de sa transformation en une semi-colonie. L'illusion de Poutine que l'offensive de l'impérialisme peut être contrecarrée en utilisant la puissance militaire russe est non seulement sans espoir, elle entraîne des conséquences catastrophiques. La politique du Kremlin oscille entre la capitulation à l'impérialisme et des mesures militaires irresponsables qui posent le danger d’une guerre mondiale avec les puissances impérialistes.

8. Une guerre mondiale est non seulement possible, elle est inévitable à moins qu'elle ne soit arrêtée par l'émergence d'un mouvement révolutionnaire de la classe ouvrière internationale.

La guerre syrienne a commencé et s’est développée en une guerre par procuration explosive détruisant la vie de millions de gens et entraînant tous les principaux pouvoirs de la région alors que les puissances impérialistes cherchaient à écraser la révolution égyptienne ayant renversé Hosni Moubarak. La prochaine offensive politique de la classe ouvrière internationale doit se fonder sur la lutte pour le socialisme contre le danger imminent d’une guerre impérialiste mondiale.

(Article paru en anglais le 25 novembre 2015)



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MessageSujet: Re: une "TROISIÈME GUERRE MONDIALE" ?   Jeu 26 Nov - 10:56

05 novembre 2015

La “routinisation” de la Troisième Guerre mondiale

On ne peut pas dire que le site WSWS.org, de la Ive Internationale (trotskiste) soit particulièrement optimiste. Il annonce régulièrement la préparation de conflits considérables et il ne recule jamais devant l’évocation de la Troisième Guerre mondiale que le système capitaliste mondial déclenchera un jour ou l’autre, conformément à l’enseignement de Trotski. Cette fois, pourtant, nous le prenons au mot, parce que le site a fait une expérience intéressante en envoyant un de ses reporteurs, le 3 novembre, assister à trois auditions de commissions spécialisées du Congrès US sur des questions militaires n’ayant pas trait à des évènements mais aux équipements des forces armées US, à leurs capacités, et à des scénarios où ces équipements et ces capacités seraient mis à l’épreuve d’un conflit.

Il s’agissait, le matin, d’une longue audition de la Commission des Forces Armées du Sénat sur la cyberguerre, et l’après-midi de deux auditions de sous-commissions dépendant de la Commission des Forces armées de la Chambre sur la flotte actuelle des porte-avions de l’US Navy et sur la modernisation des armes nucléaires. WSWS.org publie un premier article général sur les impressions du reporteur et nous promet des articles plus détaillés. L’intérêt du propos, comme toujours avec WSWS.org, est qu’à côté d’attitudes idéologiques un tantinet obsessionnelles comme celles qu’on a évoquées, les comptes-rendus des évènements sont précis, détaillés, d’une façon où l’on peut aisément séparer l’appréciation idéologique de la réalité de ce qui est observé et commenté. Cela donne accès à certaines vérités-de-situation très utiles.



Citation :
Ce que met en évidence l’auteur Patrick Martin, c’est ce qu’il baptise de l’expression intéressante de “routinisation de la Troisième Guerre mondiale” (“the routinization of World War III”). Le mot existe dans un emploi français bien que nous soyons fort incertain sur son origine ; quoi qu’il en soit, il existe, WSWS.org en fait usage et, de plus, il dit très bien ce qu’il veut dire : l’idée de la Troisième Guerre mondiale devenue “routinière” (banalisée, habituelle, business as usual). En effet, ce qui a frappé Patrick Martin, c’est la façon dont tous les acteurs des auditions, les gens du Pentagone dont les militaires d’un côté, les sénateurs et députés des commissions de l’autre. La perspective de la guerre mondiale est évoquée à la fois comme allant de soi et comme la plus probable dans les hypothèses de conflit.

Qui plus est, souligne Martin, ces questions sont évoquées en termes d’années pour leur possibilité de concrétisation, et non pas à un terme plus lointain et par conséquent plus théorique, comme ce serait le cas avec une évocation en termes de décennies. La question du terrorisme, qui inondait les esprits il y a quelques années, au moins jusqu’au “coup de Kiev” de février 2014, qui semble encore essentielle pour nombre de commentateurs, d’acteurs divers, cette question est à peine évoquée et très vite évacuée : aucun intérêt. Les “adversaires”, non pas potentiels mais assurés des USA, sont bien entendu la Chine et la Russie, les deux ensembles ou bien l’un et l’autre, ou bien l’un après l’autre, qu’importe.

Un autre point qui rend ces auditions à la fois totalement irréalistes et totalement irresponsables, – alors que les acteurs se devraient d’être les plus réalistes et les plus responsables dans l’ensemble de sécurité nationale US, – est l’ignorance ou le désintérêt complet pour l’aspect majeur d’une Guerre mondiale entre ces puissances, c’est-à-dire l’extrême probabilité qu’un tel affrontement dégénèrerait nécessairement en une guerre nucléaire stratégique. (« Aucune des auditions n’a abordé le sujet le plus large des préparatifs et des implications d’un  tel conflit pour les USA, c’est-à-dire ce qu’impliquerait pour la survivance de la race humaine, sinon pour toute vie sur la planète la perspective d’une guerre de haut niveau entre ces puissances nucléaires stratégiques. ») Il s’agit sans aucun doute d’un fait remarquable quand l’on compare cette atmosphère avec le courant de cette sorte d’auditions durant la Guerre froide, où l’évocation d’une guerre mondiale se faisait dans des conditions intellectuelles très précautionneuses, avec la présence massive dans les esprits du risque de guerre nucléaire et de ses conséquences.

Un autre point que ces auditions mettent en évidence, c’est celui de la mobilisation populaire qu’impliquerait un tel conflit pour les USA, c’est-à-dire l’appel sous les drapeaux, d’une façon ou d’une autre (rétablissement de la conscription en catastrophe, par exemple), une mobilisation industrielle considérable, etc. Cet aspect du débat n’est nulle part abordé et ne semble nullement soulever le moindre problème. On doit rappeler ici ce que représente pour les USA une perspective de guerre conventionnelle à haut niveau, notamment dans un cas qui a été étudié en détails en 2007, – le cas d’une guerre totale avec l’Iran, qui est un cas important, mais pourtant sans comparaison avec une guerre avec la Chine ou avec la Russie, ou avec les deux. Nous en avions rappelé l’hypothèse telle qu’elle est décrite et détaillée, dans un texte du 17 octobre 2012 :

Citation :
« On doit rappeler ici l’hypothèse d’une attaque de l’Iran avec une invasion terrestre, qui est un projet encore éloigné en volume et importance de ce que pourrait être une “guerre mondiale”. Cette option est considérée comme la plus sûre pour contrôler totalement le programme nucléaire iranien, imposer un changement de régime et contrôler le pays, et “sécuriser” la région selon les appréciations théoriques des stratèges du bloc BAO. Elle a été étudiée en 2007 par des universitaires travaillant pour le Pentagone, notamment avec le National War College, et a conduit à la conclusion qu’il faudrait une force d'un million à 1,2 millions de combattants US, impliquant une masse telle avec le soutien logistique qu’une mobilisation massive serait nécessaire, sans doute avec un retour à la conscription, et des hypothèses de délais minimums selon les objectifs et les conditions (parfaites, normales, etc.) de 12-18 mois à deux-trois années de préparation logistique aux USA au-delà du niveau actuel, avant d’envisager seulement les préparatifs logistiques de l’invasion elle-même.

Dans le climat actuel, la perception des instabilités civiles intérieures notamment dans les pays du bloc BAO, l’activisme du système de la communication et l’incontrôlabilité des situations opérationnelles en cours, dans la région et ailleurs, la chose (cette option de l'invasion terrestre de l'Iran) est non seulement impossible mais tout simplement impensable, comme d'un autre temps et d'un autre monde ; c’est-à-dire qu’elle serait rejetée du simple processus de planification avant même d’être étudiée. L’on retrouve évidemment le même cas dans toute planification d’une opération de cette envergure. Les conditions courantes des situations civiles et civiques, – c’est-à-dire l’état courant de la crise d’effondrement du Système, – interdisent d’une façon générale les grandes planifications de type mobilisation qui sont nécessaires au concept de “guerre mondiale”.

» La seule alternative sérieuse pour une vraie “guerre mondiale” devient une attaque nucléaire, qui est bien entendu théoriquement possible mais qui recèle un tel degré d’incontrôlabilité qu’elle se rapproche décisivement de l’idée du suicide collectif...»


Toutes les conditions égrenées dans cet extrait sont valables, et même se sont aggravées pour les USA. Le potentiel militaire des USA a baissé relativement à ses “adversaires” potentiels par rapport à 2007, d’une façon assez importante. C’est par exemple le cas des porte-avions, comme l’affirme un des témoins entendus lors de ces auditions suivies par WSWS.org, qui assure que les USA, qui disposent de onze porte-avions (mais actuellement 4-5 en opérations, le reste étant en relâche, radoub, modernisation, etc.), devrait accroître notablement cette force. Il estime qu’il faudrait un minimum de 15 porte-avions, et en réalité 21 si l’on tient compte de toutes les menaces actuelles. Là aussi, l’irréalité est complète par rapport aux délais et aux moyens nécessaires pour de telles perspectives de réarmement : il faut en principe 4-5 ans pour construire un porte-avions, en général avec des délais supplémentaires de plus en plus systématiques (huit ans pour construire le USS George H.W. Bush, opérationnel en 2010), pour un prix qui n’a cessé d’exploser et approche aujourd’hui les $15 milliards. (On n’ajoutera pas, pour ne pas alourdir le débat, que le principe du porte-avions comme arme navale dominatrice est aujourd’hui en train d’être fortement mis en cause devant les capacités anti-porte-avions de la Russie et de la Chine. Certains commencent à comparer le porte-avions à ce que fut le cuirassé durant la Deuxième Guerre mondiale, – le “roi des mers” soudain devenu impotent, justement à cause de l’émergence du porte-avions et de ses capacités aéronavales.)

On doit donc caractériser ces débats d’appréciations diverses dont aucune n’a à voir avec une conception normale et habituelle des débats stratégiques par rapport aux armements, aux capacités, aux délais, aux conditions psychologiques, etc. Il s’agit d’une irréalité complète, des débats dans des conditions non-existantes, se référant à des narrative gigantesques, à des références d’une psychologie marquée par la pathologie, etc. Le problème est que les questions traitées ont, au bout du compte, une terrifiante réalité quant aux capacités de destruction qui sont implicitement évoquées.

• Ces débats peuvent être interprétés comme reflétant l’état d’esprit d’exceptionnalisme des USA tel qu’il règne, – tel qu’il continue à régner actuellement. A cet égard, deux mondes parallèles se côtoient. D’un côté, les commentateurs US ne tarissent pas d’éloges sur les capacités russes, ils estiment que ce pays a regagné son rang de superpuissances. Sur la Chine, ils sont moins diserts à cause des circonstances, mais ne sont pas loin de classer cette puissance dans une catégorie proche. Qui plus est, bien entendu, les deux ont des capacités nucléaires stratégiques connues, avec tout ce que cela suppose de puissance potentielle et de risque suicidaire pour tous les belligérants dans un affrontement.


• ...Mais on pourrait croire, à entendre le rapport de ces auditions, que ces faits n’ont pas été connectés, et encore moins confrontés, avec la façon d’aborder le domaine de la possibilité, sinon la probabilité d’une guerre mondiale dans les échanges rapportées. La “routinisation de la Troisième Guerre mondiale” ne semble concerner que les USA seuls, avec leur exceptionnalisme bien connu ; ce sont eux qui la déclencheraient ou la laisseraient être déclenchée à leur heure, qui la voudraient éventuellement, et ainsi ce seraient eux qui l’emporteraient évidemment sans qu’il soit nécessaire de tenir compte de l’adversaire (des adversaires). De ce point de vue, la psychologie américaniste joue un rôle fondamental, exacerbé dans les cas qui nous occupent par le conformisme du type-groupthinking qui règne dans la technocratie-démocratie américaniste ; cette psychologie que nous caractérisions ainsi, dans un texte expliquant justement l’attitude américaniste/bloc BAO envers la Russie :

Citation :
« Dans cette attitude jouent à fond les deux caractères que nous avons identifiés, de la psychologie américaniste d’abord puis de la psychologie-Système selon notre évolution, – inculpabilité et indéfectibilité, dont nous parlons dans divers textes et notamment dans celui du 7 mai 2011 : l’inculpabilité est le sentiment qu’on ne peut être coupable en rien de ce nous faisons, l’indéfectibilité le sentiment que nous ne pouvons être vaincu en aucune façon, et ceci expliquant cela certes. »


Bien entendu, il existe une autre explication, qui est celle de juger que la même technocratie-démocratie américaniste envisage la guerre mondiale parce qu’elle sent la supériorité militaire lui échapper partout et l’influence US également en déclin accéléré, et qu’il lui faut la déclencher pour l’emporter avant d’être dépassée. Cette explication est une question d’analyse et de choix, que donc personne ne peut trancher d’une façon assurée. Pour nous, elle nous semble hautement improbable, justement à cause des remarques faites plus haut et de l’étrange incapacité de la psychologie US de mettre en connexion pour en tirer des conclusions fusionnées le fait de l’avancée russo-chinoise et celui de l’effritement accélérée de la puissance US. Si les analystes et experts US sont capables de déterminer que la puissance US est en déclin, – notamment pour obtenir plus de budgets, mais également parce qu’ils savent identifier la chose, – toute cette capacité analytique disparaît dès qu’il s’agit de comparer la puissance US au reste du monde. Dès qu’on est sur ce territoire, l’exceptionnalisme écrase tout le reste et l’indéfectibilité (“sentiment que nous ne pouvons être vaincu en aucune façon”) règne en maîtresse absolue.

A cet égard, il semble bien que le 11 septembre ait provoqué un choc psychologique irréversible paradoxal, la psychologie américaniste voyant dans cette attaque contre le territoire sacré de l’exceptionnalisme américaniste l’exception qui a nécessairement verrouillé une règle déjà latente, mais désormais devenue règle de toute pensée – l’invincibilité des USA (“We are an empire now , and when we act, we create our own reality....”, disait Karl Rove au journaliste Ron Suskind en 2002)... Ainsi donc peut-on préparer en toute tranquillité la Troisième Guerre mondiale.

... Cela écrit, il nous paraît bien improbable que ces dialogues relevant de l’hôpital psychiatrique ne se transcrivent jamais en doctrine opérationnellement appliquée. Par contre, bien entendu, ils confirment une fois de plus la possibilité de risques d’incidents graves, quoique le frein bureaucratique lorsqu’il s’agit de transcrire ces folies dans la planification soient d’une redoutable puissance à cause de l’inefficacité de cette bureaucratie. D’autre part, nous tenons plus que jamais à l’idée que cet état psychologique catastrophique, multiplié par les déboires US partout dans leur certitude d’exceptionnalisme, a de fortes chances de provoquer à Washington des remous internes considérables, sinon décisifs, avant d’en venir à la troisième dernière.

Ci-dessous, voici le texte de WSWS.org, du 5 novembre 2015, sous le titre éloquent de “Washington se prépare pour la Troisième Guerre mondiale”. (Actualisation : ce 6 novembre 2015, nous avons introduit la traduction française de l’article, par le site WSWS.org lui-même, qui fournit en général d’excellentes traductions. Le texte en français apparaît en premier.)

[texte déjà importé ici]

Patrick Martin (WSWS.org.) a écrit:
Washington se prépare pour la Troisième Guerre mondiale

Le complexe militaire et du renseignement américain est engagé dans des préparatifs systématiques pour la Troisième Guerre mondiale. Pour le Pentagone, un conflit militaire avec la Chine et / ou la Russie est inévitable, et cette perspective est devenue la force motrice de sa planification tactique et stratégique. Trois audiences au Congrès américain mardi ont démontré cette réalité. Dans la matinée, le Comité des services armés du Sénat a tenu une longue audience sur la cyberguerre. Dans l’après-midi, un sous-comité du Comité des services armés de la Chambre des représentants a discuté de la taille et du déploiement actuelles de la flotte américaine de porte-avions, tandis qu’un autre sous-comité du même panel a discuté de la modernisation des armes nucléaires américaines. Le World Socialist Web Site fournira un compte rendu plus détaillé de ces audiences, auxquelles a assisté un reporter du WSWS, mais certaines observations préliminaires peuvent déjà être faites.

Aucune des audiences n’a discuté des implications plus larges des préparatifs de guerre américains, ni de ce qu’une guerre majeure entre des puissances dotées d’armes nucléaires pourrait signifier pour la survie de la race humaine, et même pour la vie sur notre planète. Au contraire, ces audiences étaient des exemples de ce qu’on pourrait appeler la banalisation de la Troisième Guerre mondiale. Une guerre des États-Unis contre la Chine et /ou la Russie était l’hypothèse de base, et les témoignages des intervenants ainsi que les questions des sénateurs et des représentants, démocrates comme républicains, portaient sur les meilleures méthodes pour l’emporter dans un tel conflit.

Ces audiences font partie d’un processus continu. Les témoins ont parlé de leurs écrits et de leurs déclarations passés. Les sénateurs et les représentants ont fait référence au témoignage précédent d’autres intervenants. En d’autres termes, les préparatifs de la guerre mondiale, utilisant des armes cybernétiques, des porte-avions, des bombardiers, des missiles et toutes les autres armes disponibles, sont en cours depuis longtemps. Ces préparatifs ne sont pas une réponse à des événements récents, que ce soit en mer de Chine du Sud, en Ukraine, en Syrie ou ailleurs.

Chacune de ces audiences considère comme acquis un conflit majeur des États-Unis avec une autre grande puissance (parfois sans la nommer, parfois explicitement désignée comme la Chine ou la Russie) dans un laps de temps relativement court, des années plutôt que des décennies. Le danger du terrorisme sans cesse matraqué pour créer une panique de l’opinion publique, a été minimisé et dans une certaine mesure écarté. À un moment de l’audience du Sénat sur la cyberguerre, en réponse à une question directe de la démocrate Jeanne Shaheen du New Hampshire, les témoins du panel ont tous déclaré que leur plus grande préoccupation venait des États-nations, pas des terroristes.

L’un des intervenants à cette audience était le Dr Peter W. Singer répertorié comme un « stratège et collaborateur émérite » de New America, un groupe de réflexion de Washington. Il a intitulé son exposé, « Les leçons de la Troisième Guerre mondiale ». Il a commencé sa déclaration par la description suivante de ce conflit qu’il imagine : « Des navires de guerre américains et chinois se livrent bataille en mer, usant de toutes les armes, des canons aux missiles de croisière et aux lasers. Des avions de combat furtifs russes et américains s’opposent dans l’air, avec des drones robotiques en auxiliaires. Des cyberpirates à Shanghai et dans la Silicon Valley se battent en duel sur les terrains numériques. Et les combats dans l’espace décident qui gagne dessous sur Terre. Ces scènes, sont-elles tirées d’un roman ou bien ce qui pourrait effectivement avoir lieu dans le monde réel après-demain ? La réponse est les deux ».

Aucune des audiences n’a donné lieu à un débat soit sur la probabilité d’une guerre majeure ou sur la nécessité de gagner cette guerre. Personne n’a contesté l’hypothèse que la « victoire » dans une guerre mondiale entre les puissances nucléaires soit un concept sensé. La discussion a été entièrement consacrée aux technologies, aux équipements et aux ressources humaines nécessaires pour que l’armée américaine l’emporte.

Ce fut tout aussi vrai pour les sénateurs et les représentants démocrates que pour leurs homologues républicains. Selon la coutume, les deux partis sont disposés sur les flancs opposés du président du comité ou du sous-comité. Sans cette disposition, il n’y aurait aucun moyen de déterminer le parti auquel ils adhèrent, tellement leurs questions et les opinions qu’ils exprimaient se ressemblaient. Contrairement à la représentation de Washington dans les médias comme profondément divisé entre des partis aux perspectives politiques inconciliablement opposées, il y avait un accord bipartite sur la plus fondamentale de questions, la préparation d’une nouvelle guerre impérialiste mondiale.

L’unanimité des représentants politiques du grand patronat n’implique en aucun cas qu’il n’y ait pas d’obstacles à cette marche vers la guerre. Chacune des audiences s’attaquait, de différentes manières, à la crise profonde à laquelle est confronté l’impérialisme américain. Cette crise a deux composantes principales : le déclin de la puissance économique des États-Unis par rapport à leurs principaux rivaux, et les contradictions internes de la société américaine, avec l’aliénation grandissante de la classe ouvrière et en particulier des jeunes.

Lors de l’audience du sous-comité de la Chambre des représentants sur les porte-avions, le président a fait remarquer que l’un des intervenants, un amiral haut gradé, avait exprimé sa préoccupation au sujet « d’une marine à 11 porte-avions dans un monde où il en faudrait 15 ». Il y a tellement de défis auxquels est confronté Washington, a-t-il poursuivi, qu’en réalité il faudrait en avoir 21 – le double du nombre actuel, ce qui entraînerait la faillite même d’un pays avec beaucoup plus de ressources que les États-Unis.

L’audience du Sénat sur la cybersécurité a abordé brièvement l’opposition interne au militarisme américain. Le principal intervenant, le général à la retraite Keith Alexander, ancien directeur de la National Security Agency et ancien chef du CyberCommand du Pentagone, a déploré l’effet des fuites de l’ancien employé de la NSA, Edward Snowden et du soldat Chelsea Manning, déclarant que « les attaques d’initiés » étaient l’une des menaces les plus graves auxquels l’armée américaine était confrontée. Le sénateur démocrate Joe Manchin de Virginie occidentale lui a demandé directement, en se référant à Snowden, « Faut-il le traiter comme un traître » ? Alexander a répondu, « Il doit être traité comme un traître et jugé comme tel ». Manchin hocha la tête vigoureusement, en accord évident. Alors que les témoins et les sénateurs ont choisi d’utiliser les noms de Snowden et de Manning pour incarner « l’ennemi intérieur », ils étaient clairement conscients que l’opposition intérieure à la guerre est beaucoup plus large que ces quelques lanceurs d’alerte.

Ceci n’est pas simplement une question de la révulsion profonde chez les travailleurs en réponse à 14 ans d’interventions sanglantes impérialistes en Afghanistan, en Irak, en Somalie, en Libye, en Syrie, au Yémen et en Afrique du Nord, si importante soit-elle. Une guerre entre les États-Unis et une grande puissance comme la Chine ou la Russie, même s’il était possible d’empêcher son escalade en un échange nucléaire tous azimuts, impliquerait une mobilisation colossale des ressources de la société américaine, à la fois économiques et humaines. Cela signifierait de nouvelles réductions spectaculaires des conditions de vie du peuple américain, combinées avec un lourd tribut de sang qui tomberaient inévitablement et principalement sur les enfants de la classe ouvrière.

Depuis la guerre du Vietnam, l’armée américaine a fonctionné uniquement sur la base du volontariat, en évitant la conscription, qui a provoqué une large opposition et un défi direct dans les années 1960 et au début des années 1970. Une guerre non-nucléaire avec la Russie ou la Chine signifierait la réintroduction de la conscription et imposerait le coût humain de la guerre à chaque famille en Amérique. Dans ces conditions, peu importe le renforcement des pouvoirs de la police et le recours à des mesures répressives contre les sentiments anti-guerre, la stabilité de la société américaine serait mise à l’épreuve. L’élite dirigeante américaine a profondément peur des conséquences politiques, et elle a raison de l’avoir.



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