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 CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS

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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Mar 18 Aoû - 22:58



CARTE INTERACTIVE. Y a-t-il un site industriel à risque près de chez vous ? Stéphane Desmichelle 18-08-2015 à 15h24

Un entrepôt stockant des matières dangereuses a explosé à Tianjin, en Chine, causant plus d'une centaine de morts. Comment savoir où se situent les sites à risque ?


En France, il existe 1171 sites industriels à risques, dits "Seveso"

Drame à Tianjin : dans la nuit de mercredi 12 août 2015, deux terribles explosions secouent la zone industrielle du port de cette ville chinoise, causant plus d'une centaines de morts et plus de 700 blessés. En cause, l'explosion d'un entrepôt qui contenait 70% des matières dangereuses stockées sur le port. Un condensé de produits toxiques les uns à proximité des autres. Les médias chinois ont notamment révélé la présence de 700 tonnes de cyanure, soit bien plus que l'entrepôt incriminé n'avait le droit d'en stocker.

Citation :
Mais les accidents industriels se suivent et ne se ressemblent pas toujours... Alors comme fait-on, et notamment en France, pour se prémunir de ces risques qui semblent de plus en plus nombreux ? Etude en continu des scénarios, ré-éavulation constante des conséquences potentielles... Par exemple, en raison de la tentative d’attentat contre le site d’Airproducts à Saint-Quentin-Fallavier (Isère) le 26 juin 2015 et de l’incendie criminel sur deux cuves d’une raffinerie de Berre-l’Etang le 14 juillet suivant, les entreprises devront fournir à l’Institut national des risques industriels (Ineris) avant fin septembre l'analyse de leur vulnérabilité face aux menaces de malveillance et de terrorisme.

En France, il existe 1171 sites industriels à risques. On les appelle "Seveso", du nom d’une directive européenne s’appuyant sur la dispersion d’un nuage de dioxine en 1976 sur cette commune italienne. Objectif : doter les pays européens d'une politique commune en matière de prévention des risques industriels majeurs. Les établissements peuvent être de deux types : "seuil haut" ou "seuil bas" selon l'importance du risque. A chaque type ses mesures de sécurité (règlement sur la classification, étiquetage et empaquetage des substances et des mélanges).


LÉGISLATION. Une nouvelle version de la directive Seveso (Seveso 3) a reçu un accord institutionnel européen en mars 2012 et est entrée en vigueur en juin 2015. Elle établit de nouvelles méthodes de classification des substances et crée de nouvelles dénominations de dangers. En outre, elle renforce l'accès du public aux informations en matière de sécurité, sa participation au processus décisionnel et l’accès à la justice. Ainsi, chacun dispose, via Internet, des informations relatives aux installations Seveso situées à proximité de leur domicile, aux programmes de prévention des accidents et aux mesures d’urgence pour mieux réagir en cas de nécessité.

Tout citoyen peut saisir la justice s’il estime que ses droits n’ont pas été pris en compte lors de l’installation d’un nouveau site Seveso à proximité de son domicile.


Citation :
Disparités territoriales

La répartition des établissements Seveso sur le territoire est inégale. Ces sites sont souvent situés dans des zones industrielles et proches des axes routiers et fluviaux. En effet, ces établissements dépendent souvent d’autres industries pour fonctionner (matières premières, sous-traitance), ont des besoins en eau importants et utilisent les infrastructures de transport pour s’approvisionner et acheminer les produits finis.

Trois départements ne possèdent aucun établissement classé Seveso : la Lozère, les Hautes-Alpes et Paris. Le département de la Seine-Maritime détient le nombre le plus élevé d’établissements (56). Ce département dispose d’une situation privilégiée pour l’implantation de sites industriels : proximité de la région parisienne, infrastructures routières, portuaires et fluviales. Les activités principales des sites à risques de ce département sont la chimie, la pétrochimie, le raffinage et le stockage de produits pétroliers, la fabrication et le stockage de produits phytosanitaires.

Vingt-trois départements concentrent la moitié des établissements Seveso. Ils sont situés dans les six régions suivantes : Rhône-Alpes, Provence-Alpes-Côte-d’Azur, Aquitaine, Haute-Normandie, Nord-Pas-de-Calais et Centre. La population de ces régions est donc particulièrement exposée aux risques technologiques. Par ailleurs, 20% des établissements se situent le long des fleuves.


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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Mar 18 Aoû - 23:37



Les accidents industriels et du travail sont tristement communs en Chine Jean-Laurent Cassely 13.08.2015


Des pompiers sur le site de l'incendie géant à Tianjin, le 13 août 2015

La catastrophe de Tianjin qui a fait au moins 44 morts n'a rien d'un incident isolé. Dans tous les secteurs de l'économie chinoise, des tragédies couvent.

Citation :
Le bilan de la dernière catastrophe industrielle chinoise est lourd: au moins 44 morts (dont 12 pompiers) et des centaines de blessés après deux explosions successives dans un entrepôt de stockage situé dans le terminal portuaire de la ville industrielle de Tianjin. L’explosion aurait été déclenchée par l’incendie d’une cargaison de produits dangereux et inflammables qui se trouvaient dans l’entrepôt.

C'est une nouvelle conséquence de l’absence de mesures de sécurité au travail dans l’atelier du monde, la dernière d’une longue série meurtrière. Il y a tout juste un an, le 2 août 2014 à Kunshan, autre ville industrielle, proche de Shangaï, un rideau de poussière de métal incontrôlable avait causé l’explosion d’une usine métallurgique taïwanaise, tuant 75 personnes et en blessant plus de 180.

 
De petites unités dispersées peu contrôlées

Une enquête a montré que l’absence de règles de sécurité élémentaires en était la cause. Les lignes de production étaient trop proches les unes des autres, il n’y avait pas d’équipement de ventilation et l’atelier n’était pas rangé conformément aux règlementations. L’entreprise touchée était un sous-traitant du plus gros producteur mondial de jantes en alu, lui-même sous-traitant de General Motors. L’usine devait théoriquement respecter des normes sanitaires et environnementales, mais en pratique, étant en bout de la chaîne d’approvisionnement, ses contractants avaient peu de visibilité.

Cette division du travail entre de gros commanditaires et de plus petites unités dispersées est une des causes de la forte mortalité au travail en Chine. «Ce n'est qu'une question de chance si cela n'est pas arrivé dans d'autres entreprises», admettait à l'époque un investisseur taïwanais interrogé par le site Caixin Online.

Le point noir des mines de charbon

Mais c’est l’activité minière qui cause le plus de morts. Travailler dans une mine de charbon en Chine est même, selon un article documenté du site The World of Chinese, un des métiers les plus dangereux au monde. La catastrophe la plus emblématique est celle de Shanxi en septembre 2008: 281 pertes, dans un champ minier illégal, avec encore une fois une absence de mesures de sécurité comme cause principale du drame.

Mais si travailler est si dangereux en Chine, ce n’est pas uniquement en raison des risques industriels, des machines obsolètes, mal entretenues ou du manque de respect des réglementations. C'est aussi parce que les travailleurs subissent des conditions d'encadrement qui les mettent en danger physiquement et moralement.

Une discipline militaire

En 2013, c’est dans un élevage intensif de volaille qu’un feu prenait dans la ville de Dehui, déclenché par une fuite d’ammoniaque, tuant 119 personnes. La cause: les contremaîtres avaient pris l’habitude de fermer les portes de l’extérieur pendant les heures de travail pour que les ouvriers ne passent pas de temps hors de l’usine...

En 2010, 18 suicides de salariés de l’usine Foxconn, géant de l’assemblage des téléphones fournissant notamment Apple, Microsoft, Samsung et d'autres, suscitaient un émoi médiatique international. Les terribles conditions de travail à la discipline militaire alors révélées avaient jeté la lumière sur le prix réel à payer pour disposer de gadgets technologiques fréquemment renouvelés.

Selon le site The World of Chinese, les accidents au travail concernent d’ailleurs tous les secteurs de l’économie du pays, y compris ceux qui ne sont pas physiquement les plus exposés: 30 médecins et infirmières auraient été tués depuis 2011 par des patients mécontents des soins ou par leurs proches...



En Chine 1.600 personnes meurent tous les jours d'un travail trop acharné

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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Mer 19 Aoû - 9:50

Quand la Chine éternue, l’Occident s’enrhume

citation I-télé :

“lorsque la Chine éternue, le monde s’enrhume” (le monde = l’occident)

de defensa a écrit:
Il apparaît évident, considérant la séquence historique (métahistorique) depuis la fin de la Guerre froide, que la Chine avait été choisie par le Système comme facteur important, sinon déterminant de “déflection de la crise”, c’est-à-dire comme un moyen de rediriger la crise dans un autre sens qu’elle n’était avec les USA comme puissance dominante, dans l’espoir de désamorcer la Grande Crise et de la transformer décisivement en la faisant se surmonter elle-même et s’auto-résoudre en un sens. Il s’avère que c’est le résultat inverse qui est obtenu : la déflection augmente l’intensité et la complexité de la crise, en l’enrichissant objectivement, en l’intensifiant, en la globalisant littéralement puisque son centre producteur essentiel est sorti du seul domaine du bloc BAO. Ce qui aurait été in illo tempore considéré comme une victoire du bloc BAO (“Cette phase crisique vient de la Chine, pas de nous”) est aujourd’hui comme une défaite de plus du Système, de son incapacité de résoudre ses contradictions internes, et comme une défaite de l’opération de “déflection chinoise” devenue “déflection catastrophique” qui ressemble à l’acte de jeter de l’huile sur le feu. La Grande Crise d’effondrement du Système a atteint sa portée maximale de globalisation et revient sur elle-même en ondes telluriques et selon une dynamique tourbillonnante qui s’inscrit évidemment dans le concept de “tourbillon crisique”.
http://www.dedefensa.org/article-vertigo_suite_chinoise_14_08_2015.html


Ces temps ne sont plus, la “locomotive” est désormais chinoise certes, mais le film s’appelle : “Y a-t-il un chauffeur dans la locomotive de l’économie du monde ?”.

Sputnik.News résume, ce 12 août 2015, le sentiment général chez les grands “organes” plus ou moins financiers de la presse-Système anglosaxonne  :

Sputnik.News a écrit:
... Le Financial Times «note qu’une intention et les conséquences des actions, ce n'est pas la même chose. Le rôle de la Chine comme un des joueurs clés du commerce international garantit que sa dévaluation engendrera des mécanismes de déflation sur toute la chaîne commerciale et mettra la pression sur les concurrents du pays. De cette manière, ce problème interne à Chine est devenu le problème du monde entier, indique le Wall Street Journal.

»La baisse du yuan est capable d'influencer la décision de la Réserve fédérale des États-Unis sur la hausse des taux, débattue par les économistes depuis un an. En outre, la dévaluation de la monnaie chinoise indique aux investisseurs que les gouvernements non seulement chinois mais du monde entier seront obligés de trouver des instruments pour accélérer leur croissance. Mais les financiers et économistes en sont encore à chercher de tels “instruments”.»

http://fr.sputniknews.com/economie/20150812/1017514178.html#ixzz3ifbCzl00


Martin Armstrong écrit  en commentaire de la dévaluation du yuan :
Citation :

«Nous avions averti que cette dévaluation n’était PAS UN HASARD, et beaucoup trop de gens se représentent faussement ce qui vraiment en train de se passer dans l’économie mondiale pour qu’on soit surpris qu’ils aient raté ce coup... [...] Il ne s’agit ni d’une guerre des monnaies, ni de quelque combinaison tordue pour protéger l’or.

L’économie mondiale se contracte, et peut-être même est en train d’imploser parce que les politiciens cherchent de l’agent par tous les moyens, par des taxes et impôts, par la confiscation d’avoirs, parce que leurs gouvernements sont en train de s’effondrer... [...] Si vous ne comprenez pas l’économie mondiale et de quelle façon nous somme tous connectés les uns aux autres, alors vous avez auriez vous aussi intérêt à chercher un “bailout” parce que vous allez en avoir drôlement besoin.»

http://www.armstrongeconomics.com/archives/35890

Sauf que les financiers et économistes n’en sont plus à chercher des “instruments”.»

Ils appliquent desormais la recette austerité, precarité,esclavage salarial (travail au noir dominant sans filets sociaux,payé des clopinettes) à l’echelle mondiale (Occident compris) ...

Mais la recette relance la lutte mondiale des classes à des niveaux non prevus dans la recette, et ce forum en fournit des élements chaque jour plus,certes encore partiels,  mais qui deja depassent tout ce que l’on a (pas) fait jusqu’a present ?

Et la Chine, à son tour est priée, d’appliquer la recette de l’austerité maximale; au nom de sa dette publique que le FMI estime se propulser à 250 % du PIB pour 2020...

Citation :
China's Debt Load To Hit 250% Of GDP In 5 Years, IMF Says

Submitted by Tyler Durden on 08/15/2015 20:15 -0400

http://www.zerohedge.com/news/2015-08-15/chinas-debt-load-hit-250-gdp-5-years-imf-says


Le modele social chinois va t il en prendre un coup ?

Citation :
«Cette crise teste le mythe d’une élite hypercompétente et repose la question du contrat social dans ce pays. Le regard du peuple peut passer d’un équilibre entre le "vous êtes corrompus, dictatoriaux mais compétents" à «vous êtes corrompus, dictatoriaux et en plus, incompétents".

Et là, cela devient explosif car le contrat social chinois, c’est accepter un régime autoritaire qui apporte de la prospérité. Si ce n’est plus le cas, que va faire le régime des 200 millions de Chinois de la classe moyenne qui ont investi leur épargne et ne bénéficient d’aucun filet social ?».

http://www.liberation.fr/monde/2015/08/18/pourquoi-il-faut-s-inquieter-de-la-crise-boursiere-en-chine_1365366


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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Mer 19 Aoû - 10:29

Dimensions avouées de la catastrophe de Tianjin

le desastre a touché directement 17000 foyers (pour la plus part propriétaires de leurs logements désormais inhabitables) et 1700 entreprises

Citation :
The explosions have affected 17,000 households and 1,700 enterprises, according to Zhang Ruigang, a local official.

http://www.wantchinatimes.com/news-subclass-cnt.aspx?id=20150818000076&cid=1202

Des responsables inculpés :

http://www.scmp.com/news/article/1850699/chinas-work-safety-chief-detained-alleged-graft-midst-tianjin-blast-fallout


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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Mer 19 Aoû - 13:40

vlad2 a écrit:
Sauf que les financiers et économistes n’en sont plus à chercher des “instruments”.»

Ils appliquent desormais la recette austerité, precarité,esclavage salarial (travail au noir dominant sans filets sociaux,payé des clopinettes) à l’echelle mondiale (Occident compris) ...

Mais la recette relance la lutte mondiale des classes à des niveaux non prevus dans la recette, et ce forum en fournit des élements chaque jour plus,certes encore partiels,  mais qui deja depassent tout ce que l’on a (pas) fait jusqu’a present ?


comme dit l'autre, « Nous ne sommes pas là... pour perdre la tête ». Ce forum ne fournit pas vraiment « des éléments montrant une relance de la lutte mondiale des classes »

comme disait Raymond Williams (interview fin des années 80), à propos des années 50

Raymond Williams a écrit:
un certain flou entourait deux formulations qui, de fait, étaient utilisées de manière quasi interchangeable à gauche : « conflit de classe » et « lutte de classe ». On ne peut pas remettre en question le caractère inévitable des conflits de classes dans l’ordre social capitaliste : les conflits d’intérêt sont la base indépassable sur lesquels se construit l’entièreté de l’ordre social, et ce à partir de quoi, d’une manière ou d’une autre, il se reproduit. Le terme « lutte de classe » fait quant à lui référence au moment où ces conflits structurels sont menés de manière consciente par les deux partis en présence, où les forces engagées se dévoilent.


si l'on retient cette terminologie, plutôt que les oppositions classiques, lutte revendicatives vs luttes révolutionnaires, ou le vieux luttes sociales vs luttes politiques (quand la politique communiste était le programme de prise du pouvoir ouvrier), alors on voit bien :

- que ce forum montre des conflits de classe, certes sous des aspects plus diversifiés que les vues prolétaristes, qu'elles soient néo-programmatisatrices ou post-ultragauche et "communisation"

- que ces luttes ne se tissent pas à un « niveau mondial » où, comme dit R. Williams « ces conflits structurels sont menés de manière consciente par les deux partis en présence, où les forces engagées se dévoilent. »

autrement dit, s'il y a une production structurelle des luttes, comme implication réciproque dans la structure de la totalité capitaliste, il n'y a pas structuration des luttes, ni subjectivation révolutionnaire, ni atteinte aux limites du capital

le forum a basculé insensiblement par étapes :

- d'un point de vue critique de théorisations frappées de caducité par eurocentrisme, et gauchisme déterministe (objectiviste) attendant passivement, en vaines déclamations, ou en activistes, la preuve de la venue d'une unité prolétarienne révolutionnaire


- à un regard plus réaliste sur l'état du monde, qui se veut plus objectif

dans la réalité, cela ne nous fait pas avancer d'un pouce dans la perspective révolutionnaire formulée en tant que communisme décolonial, et ne le fera pas tant que nous n'observerons pas le tissage de liens organiques entre théorisation et luttes : nous n'allons pas ici refaire l'erreur d'une "théorie de l'écart" ou d'un "cycle de luttes" communiste décolonial qui s'achèverait comme par enchantement par une révolution communiste mondiale

j'ai insisté sur le fait que dans communisme décolonial, il y a une double temporalité, celle des luttes actuelles dans la double crise de l'Occident et du Capital, et celle de leur inscription dans le mouvement du communiste et sa perspective révolutionnaire : tout de cette théorisation se fait au présent, elle a évacué tout caractère de projection idéaliste sur un avenir radieux pour des "hommes nouveaux" sortis de la cuisse de l'individu moderne occidental


avec la théorie de la communisation, nous en étions là


avec le communisme décolonial nous en sommes là



ce regard réaliste, plus il se porte avec précision sur des aspects concrets de la production de la vie - travail ouvrier, travail de la terre, travail de reproduction sociale -, moins il discerne un contenu révolutionnaire aux luttes immédiates pour la survie, pour des survies à des niveaux considérés comme satisfaisants dans le monde non occidental, alors qu'ils sont encore «chez nous» vécus que par une proportion limitée de la population, celle tombée dans la grande pauvreté ou la misère, proportion appelée à s'accroître jusqu'à ce que les pays "avancés" soient aussi reculés que les autres : alors il faudra bien qu'ils se comportent comme tels, ils n'auront plus le choix de se refaire une santé en pompant la sève de 80% de l'humanité

l'ajout de décolonial à communisme n'est pas par séduction exotique, effet de mode, mondialisme supposé vrai par la place accordée aux "Autres", mais conviction d'une dynamique dans le moment présent, qui ne saurait parier sur une sortie révolutionnaire de cette double crise, ce qui apparaît plus probable étant une restructuration du capitalisme global dans laquelle l'Occident aura perdu sa suprématie

nous n'en sommes plus à vouloir en convaincre une poignée de militants bornés derrière leur œillères - ou les quelques-uns qui ne venaient plus ici que pour mater la douzaine de sujets où l'on parlait encore d'eux avant-hier  (moins de 7% des 180 du forum) : ils sont archivés, inaccessibles, parce qu'ils ne peuvent plus donner aujourd'hui qu'une fausse idée de nos objectifs

Marx a écrit:
« Nous abandonnâmes le manuscrit à la critique rongeuse des souris, d'autant plus volontiers que nous avions atteint notre but principal : la bonne intelligence de nous-mêmes. »


en clair, c'était aussi notre propre autocritique, elle est achevée et n'a pas lieu d'occuper l'avant-scène de la critique, passée à autre chose. Ce n'est pas, au mieux, quelques dizaines de visiteurs, dont il n'est certain ni qu'ils comprennent mes intentions, ni qu'ils les partagent, ni qu'ils les propagent, qui vont y changer quoi que ce soit

il nous faut continuer sans préjuger de ce qui s'en suivra par d'autres, il nous faut continuer pour nous d'abord, question de survie intellectuelle radicalement critique



Citation :
Les deux grenouilles

Deux grenouilles sont tombées dans un pot de crème. l’une d’elles perd espoir, l’autre ne se laisse pas aller.

La grenouille démoralisée et peureuse se découragea vite.

“A quoi bon lutter, dit-elle. Je vais me fatiguer en vain. Autant en finir tout de suite.
- Mais non, disait l’autre, nage, ne perds pas courage ! On ne sait jamais, tâchons de gagner du temps...
- Non, non, disait celle qui cédait au découragement. Tant pis, j’abandonne... Et puis cette crème est écœurante...

Et elle se laissa couler et se noya.

L’autre grenouille continuait à se débattre de toutes ses forces. Elle essayait de grimper sur la paroi de la jarre, glissait, puis recommençait sans se lasser. La courageuse petite bête frappait, frappait la crème en détendant ses longues cuisses.

“ je ne veux pas me noyer, se répétait-elle, je ne veux pas me noyer... Allons, encore un peu de courage.”

Mais ses forces diminuaient. La tête commençait à lui tourner.

“Vais-je vraiment me noyer ? Se disait elle. Allons, encore un petit effort, peut être arriverai-je à me sauver tout de même... On n’a jamais vu une grenouille périr dans un pot de crème!”

Et elle agitait, agitait ses pattes, malgré la fatigue qui l’envahissait, l’engourdissait, l’affaiblissait de plus en plus. La grenouille semblait perdue.

Et quelque chose changea, soudain. La crème n’était plus ni molle, ni liquide, la crème n’était plus crème, les pattes de la grenouille n’enfonçaient plus, mais pouvaient prendre appui sur une base solide.

“Ouf!, soupira la grenouille à bout de forces. Et elle regarda autour d’elle : elle était assise sur du beurre.

d'après Natha Caputo (contes des quatres vents)


notre grenouille peut offrir une nouvelle météo, elle n'a pas à se faire plus grosse que le bœuf



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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Ven 21 Aoû - 15:34

bonjour

une inflamation a l'oeuil retarde ma reponse,en attendant une metéo plus clemente

Défilé militaire à Pékin: 850.000 habitants mobilisés pour surveiller la ville

Citation :
Pékin - Pékin va mobiliser 850.000 habitants pour patrouiller à travers la capitale chinoise avant le vaste défilé militaire du 3 septembre, point d'orgue des commémorations en grande pompe de la capitulation du Japon à l'issue de la Seconde guerre mondiale.

Ces citoyens volontaires, venus de toute la société civile, ont été formés et seront envoyés dans chaque avenue, dans chaque ruelle ainsi que dans les magasins et les marchés, a annoncé l'agence officielle Chine nouvelle, citant un porte-parole de la police.

Ils rapporteront aux forces de l'ordre tous les dangers à la sécurité, ajoutait-elle.

Une telle mobilisation n'est pas inhabituelle en Chine, où des armées de volontaires arborant un brassard rouge sont régulièrement déployées avant des évènements majeurs --par exemple les jeux Olympiques de 2008 ou la célébration l'année suivante du 60e anniversaire de la fondation de la République populaire.

Pour le 70e anniversaire de la défaite japonaise de 1945, la Chine organise le 3 septembre une vaste parade militaire (sa première depuis 2009) aux connotations très politiques, où elle pourrait se montrer soucieuse d'afficher sa puissance militaire.

Pékin reproche toujours à Tokyo de ne pas reconnaître suffisamment l'ampleur des crimes de guerre nippons durant l'occupation, et associe volontiers ce contentieux historique aux différends territoriaux qui opposent les deux pays.

Hormis le président russe Vladimir Poutine, très peu de chefs d'Etat étrangers ont confirmé leur présence à ce défilé.

Séoul a assuré jeudi que la présidente sud-coréenne Park Geun-Hye assisterait aux commémorations, mais rien n'était encore décidé concernant sa présence à la parade militaire elle-même.

Le défilé passera par la place Tian'anmen, lieu symbolique du pouvoir central en Chine.

La partie nord de la place est interdite aux touristes depuis début août.

Et la Cité interdite, l'emblématique palais impérial jouxtant la place Tian'anmen, sera fermée durant deux semaines à partir de samedi --selon une notice postée sur le site internet de ce haut-lieu touristique.

Des couvre-feux ont par ailleurs été imposés ce week-end sur la place et aux alentours, ainsi que dans les centres commerciaux de Wangfujing, non loin de là.

L'hôtel cinq étoiles Grand Hyatt, près de Wangfujing, indiquait jeudi sur son site internet qu'aucune réservation n'était possible entre le 1er et le 4 septembre.

Le 3 septembre, l'aéroport international de Pékin et l'aéroport Nanyuan (au sud de la ville) seront tous deux fermés pour trois heures, tout trafic aérien étant interrompu durant le défilé.

Une fermeture pour deux jours des places boursières a également été décidée.

Enfin, les médias ont fait état de mesures renforcées pour endiguer la pollution endémique et garantir un ciel bleu --à la fois en vue du défilé du 3 septembre et des Championnats mondiaux d'athlétisme, qui débutent samedi.

Des restrictions ont ainsi été imposées à partir de jeudi à la circulation des voitures particulières, de nombreuses usines ont été fermées à Pékin et dans la province environnante du Hebei, tout comme certains sites de construction.

(©AFP / 20 août 2015 13h14)  

http://www.romandie.com/news/Defile-militaire-a-Pekin-850000-habitants-mobilises-pour-surveiller-la-ville/622455.rom


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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Sam 22 Aoû - 3:23

vlad2 a écrit:
une inflamation a l'oeuil retarde ma reponse,en attendant une metéo plus clemente

compresses de tisane de camomille (je suis une mère pour toi)

sinon, cette description a un côté romanesque, du genre qu'on trouve dans les satires de la grande époque stalinienne ou maoïste. Ils sont trop, ces Chinois...
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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Sam 22 Aoû - 15:28

A Tianjin, des milliers de poissons morts alimentent la psychose RFI Avec notre envoyée spéciale à Tianjin, Heike Schmidt


Depuis jeudi soir, des images comme celles-ci tournent sur les réseaux sociaux chinois et mondiaux.

Au neuvième jour de la catastrophe de Tianjin, en Chine, alors que de nouveaux incendies se sont encore déclarés sur le site industriel dévasté, l’inquiétude sur les conséquences néfastes pour l’environnement est toujours vive. Depuis jeudi soir, de nouvelles images qui circulent sur internet font craindre une contamination de l’eau. Un risque nié par les autorités.


Citation :
Des pêcheurs ont retrouvé des milliers de poissons morts à seulement 6 kilomètres du site de l’explosion, échoués, ventre en l’air, au bord de la rivière Haihe, le cours d’eau qui traverse toute la métropole de Tianjin.

Des badauds qui ont voulu prendre cette nouvelle découverte en photo, se sont vite fait chasser par des policiers dépêchés sur le site. Comme le relève le site des Observateurs de France 24, certains médias chinois ont publié ces photos avant de les retirer.

Ces images - qui circulent quand même largement sur les réseaux sociaux - risquent bien sûr d’effrayer d’avantage une population déjà sur les nerfs, depuis cette annonce faite hier soir : dans 8 échantillons d’eau prélevés à l’intérieur du périmètre de sécurité tout proche des déflagrations, le Bureau de protection environnemental a trouvé des taux excessifs de cyanure.. Un échantillon a dépassé 356 fois le seuil de tolérance, quelques médias chinois parlent même de 800 fois.

Un « phénomène normal en été »

Mais les autorités sont formelles : la mort des poissons ne serait pas liée à une contamination de cyanure de sodium. Des tests effectués jeudi soir n’auraient pas montré de traces de ce produit hautement toxique dans la rivière Haihe.

Si l’on en croit le Bureau de l’environnement, l’eau polluée se limite strictement à la zone d’isolement, celle qui a été complètement évacuée samedi dernier. « La mort des poissons est un phénomène normal en été », dit un responsable municipal. Normal dans cette rivière polluée par les usines toute proche. Les autorités continuent donc de nier tout risque pour la santé des riverains.






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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Dim 8 Nov - 13:26



Stupeur et désolation au Brésil après la rupture d'un barrage minier  lefigaro.fr 08/11/2015

La rupture du barrage a provoqué une gigantesque coulée de boue, ensevelissant un village entier et inondant partiellement d'autres secteurs. L'espoir de retrouver des survivants s'amenuise d'heure en heure.


Citation :
Au milieu d'un océan de boue ocre, des centaines de secouristes brésiliens mènent ce week-end une course contre la montre pour trouver d'éventuels survivants de la catastrophe minière de Mariana (sud-est), qui a fait un mort et 25 disparus selon un nouveau bilan officiel encore très partiel.

Dès les premières lueurs du jour, pompiers, militaires et équipes de la Défense civile ont repris leurs difficiles recherches en hélicoptères et véhicules tout terrain, alors que l'espoir de retrouver des survivants s'amenuise, deux jours après le drame.


Les secours ont finalement réussi à extraire le cheval

Les recherches se concentraient en particulier dans le village de Bento Rodrigues, totalement enseveli jeudi par une gigantesque coulée de boue libérée par la rupture d'un barrage qui retenait des résidus de minerai de fer de la compagnie Samarco.

Environ 60 millions de mètres cubes de boue s'étaient alors déversés dans la vallée. La coulée a atteint samedi jusqu'à 100 kilomètres de long, parvenant dans d'autres localités, se jetant dans des rivières. Deux jours après l'accident, le bilan des morts et des disparus restait préliminaire et contradictoire selon les sources.

Le maire de Mariana, ville située à une vingtaine de kilomètres du lieu du sinistre, Duarte Gonçalves Junior a annoncé un nouveau bilan officiel faisant toujours état d'un mort et de 25 disparus, contre 13 disparus auparavant.

«13 des disparus sont des employés de l'entreprise Samarco» qui travaillaient sur le barrage et il y a 12 autres personnes portées disparues par le centre d'attention aux familles» affectées par la catastrophe, a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse. «Il n'y a pour le moment qu'une personne dont la mort est confirmée, mais il est évident que ce chiffre va augmenter», avait commenté plus tôt dans la journée M. Gonçalves Junior.


Quelque 500 habitants de Bento Rodrigues ont été pris en charge par les secours

Le commandant des pompiers de Mariana, Adao Severino Junior, assure quant à lui que la catastrophe a provoqué la mort d'au moins 17 personnes, dont les corps sont toujours ensevelis dans la boue, tandis que le syndicat local des mineurs affirme que 15 personnes ont péri.

Outre les employés de la mine portés disparus, des habitants de Bento Rodrigues étaient toujours sans nouvelle de membres de leurs familles.

Des dégâts environnementaux considérables

Une fillette de cinq ans prénommée Emanuely a ainsi disparu après avoir été arrachée aux bras de son père qui portait également son fils de deux ans pour tenter de les mettre à l'abri, a rapporté le quotidien O'Globo. «Nous l'avons vu avancer dans notre direction avec les deux enfants mais (...) la petite fille a disparu» dans la boue visqueuse constituée de déchets miniers, a raconté au journal Marlon Celio, 19 ans, un membre de la famille. Des affichettes où apparaît une photo de la fillette circulent à Mariana, une jolie ville aux monuments baroques fondée au XVIe siècle, à l'époque de l'exploitation intensive de l'or qui a fait la richesse du vaste Etat montagneux de Minas Gérais, le coeur minier du Brésil.


On ignore encore les causes de l'effondrement du barrage

Vendredi, les secouristes étaient parvenus à évacuer quelque 500 personnes des environs de Bento Rodrigues, qui comptait 620 habitants, dont de nombreux employés de la mine. Après avoir été lavés à l'eau et au savon, ils ont pour la plupart été évacués vers Mariana et logés dans des auberges et un gymnase.

En plus de tout emporter sur son passage, la gigantesque coulée de boue a provoqué de «considérables dégâts environnementaux», selon un membre du parquet de l'État de Minas, qui enquête sur l'origine de l'accident industriel et son impact.

On ignore encore les causes de la rupture du barrage Fundao de la compagnie Samarco, détenue à parts égales par le groupe brésilien Vale, leader mondial de l'exploitation du minerai de fer, et par l'australien BHP Billiton. Samarco a assuré que le barrage, qui faisait l'objet de travaux d'agrandissement, avait été inspecté en juillet et qu'il présentait des «conditions de sécurité totales».


Plus aucune maison de Bento Rodrigues n'est accessible

Peu avant l'accident, de petites secousses sismiques, très communes dans cette région, ont été enregistrées. Samarco avait d'ailleurs indiqué vendredi qu'à la suite de ces tremblements, elle avait dépêché une équipe d'inspection qui n'avait rien remarqué d'anormal, une heure avant la catastrophe.


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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Dim 8 Nov - 13:36




Effondrement d'une usine au Pakistan: le bilan s'alourdit à 44 morts l'Humanité.fr avec AFP 8 Novembre, 2015


Photo AFP

Le bilan de l'effondrement d'une usine dans l'est du Pakistan s'est aggravé dimanche à 44 morts et les secouristes étaient pessimistes quant aux chances de retrouver de nouveaux survivants

Citation :
La catastrophe, survenue près de Lahore, capitale du Punjab, a mis en lumière l'insuffisance des mesures de sécurité dans ce pays en développement du sud de l'Asie où vivent 200 millions de personnes. "Quarante-et-un corps ont été retrouvés et trois ouvriers qui avaient été retrouvés en vie sont morts à l'hôpital", Muhammad Usman, représentant des autorités locales. D'après lui, 40% des débris de l'usine ont été déblayés. Les secours sont toujours en train de passer les lieux au peigne fin dans l'espoir de retrouver de nouveaux miraculés après la découverte d'un adolescent retrouvé vivant 50 heures après la catastrophe mais leurs chances sont minces, a-t-il dit.

L'usine de quatre étages fabriquant des sacs de polyéthylène dans la zone industrielle de Sundar, à 45 km du centre de Lahore, s'était écroulée dans la soirée de mercredi. D'après les autorités, au moins 150 personnes se trouvaient alors dans le bâtiment. On ignore combien de personnes -vivantes ou mortes- pourraient encore se trouver dans les décombres.

Nombre de bâtiments sont mal entretenus ou construits sans aucun respect des normes au Pakistan, entraînant des accidents récurrents. L'effondrement est intervenu quelques jours après un puissant séisme qui a fait près de 390 morts au Pakistan et en Afghanistan et endommagé des milliers de bâtiments.


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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Lun 16 Nov - 1:40

International  12/11/15 - 21h10  

Coulée de boue au Brésil : les entreprises minières sont responsables


Le village de Bento Rodrigues touché par un tsunami de déchets miniers boueux
après la rupture d'un barrage de la compagnie Samarco,
le 6 novembre 2015 au Brésil - Douglas Magno/AFP

Les entreprises minières doivent "prendre leurs responsabilités" dans le drame minier du sud-est du Brésil et se verront infliger une amende immédiate de 67 millions de dollars, a déclaré jeudi la présidente du Brésil, Dilma Rousseff.


AFP a écrit:
"Nous voulons d'abord faire prendre leurs responsabilités aux responsables. Qui est responsable? Une entreprise privée, la Samarco, une grande entreprise avec des partenaires comme Vale et BHP Billiton", a souligné la chef de l'Etat après un survol de la région dévastée dans l'Etat de Minas Gérais (sud-est).

La rupture de deux barrages de la compagnie brésilienne Samarco - détenue à parts égales par les géants miniers brésilien Vale et australien BHP Billiton - a libéré une gigantesque coulée de boue de résidus miniers et a englouti il y a juste une semaine le village de Bento Rodrigues, à proximité de la ville coloniale de Mariana, faisant 8 morts et 19 disparus.

Elle a ensuite pollué le bassin du fleuve Rio Doce sur 500 km jusque dans l'Etat voisin de Espirito Santo.

"Plusieurs lois – et je peux parler de la loi fédérale - n'ont, en réalité, pas été respectées. C'est pourquoi nous infligeons une amende préliminaire"
de 250 millions de réais (67 millions de dollars) à l'encontre de Samarco, a poursuivi Mme Rousseff.

Elle a précisé que l'amende sanctionnait les dommages causés à l'environnement, au bassin hydrographique, au patrimoine public et l'interruption de l'approvisionnement en énergie électrique.

amendes

Les gouvernements régionaux et des communes touchées par la catastrophe pourraient également réclamer des amendes à leur tour.

Avec l'accident, dont on ignore encore les causes, Samarco a déversé 50 millions de m2 de résidus miniers dans le Rio Doce et ses affluents.

Mercredi, les présidents de BHP Billiton et Vale, Andrew Mackenzie et Murilo Ferreira, ont visité la région et promis de soutenir Samarco. Ils ont également annoncé un fonds d'aide aux sinistrés et à leurs communes d'un montant non précisé.

Les activités de Samarco ont été suspendues par le gouvernement de l'Etat du Minas Gerais et la compagnie - la 10e exportatrice du Brésil - a mis en congés payés 85% de ses employés dans cet Etat et dans celui de Espirito Santo.

Le montant de l'amende infligé à Samarco est jugé "dérisoire" par les experts, selon lesquels il faudrait au moins 260 millions de dollars.

"C'est la plus grande catastrophe environnementale de l'histoire de Minas Gerais" et "certains experts croient qu'il faudra cent ans pour réparer les dégâts", a souligné Ricardo Motta, expert à l'Université Fédérale de Minas Gerais, à la télévision Globo.

Des analystes de la Deutsche Bank ont estimé quant à eux le nettoyage de la région à un milliard de dollars.

Le maire de Mariana, Bento Rodrigues, a déclaré qu'il allait demander à la chef de l'Etat de s'arrêter dans la ville pour voir de près les dégâts.

"Elle va voir une réalité dont on ne peut comprendre l'ampleur que sur place", a dit le maire Duarte Junior au quotidien local, Estado de Minas.

Mais finalement, la présidente n'a pas visité la commune, se limitant à la survoler.

Après le survol en hélicoptère du village englouti et de la ville la plus proche, Mariana, la présidente a rencontré les autorités de villes situées sur les berges du Rio Doce où la coulée de boue et déchets miniers est arrivée, obligeant les autorités à couper l'approvisionnement en eau.


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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Mar 1 Déc - 11:21



La liste des 90 plus gros pollueurs de la planète Stella Giani  9 Décembre 2013

Une étude, publiée par la revue scientifique "Climatic Change" identifie pour la première fois les 90 entités (entreprises, états) responsables des deux-tiers des émissions de gaz à effet de serre qui se sont accumulées dans l'atmosphère depuis le début de la révolution industrielle jusqu'à nos jours... et qui dérèglent le climat de toute une planète


Stella Giani a écrit:
Le dérèglement climatique n'est plus un concept abstrait sur lequel dissertent scientifiques et écologistes : il s'agit d'une réalité avec laquelle de nombreuses personnes doivent composer. La fonte de la banquise, l'acidification des océans et les phénomènes météorologiques extrêmes, comme les canicules record, les super-typhons ou les feux de forêts qui se sont multipliés ces dernières années, ne sont qu'un avant-goût de ce qui pourrait nous attendre.

Pendant ce temps, les industries des combustibles fossiles continuent d'extraire toujours plus de ressources des sous-sols, sacrifiant le climat et l'environnement sur l'autel du profit.

Et si on pouvait estimer les quantités de pétrole, de charbon et de gaz qui ont été extraites jusqu'à présent, et à quelle hauteur elles ont contribué à la concentration actuelle de carbone dans l'atmosphère ? C'est ce qu'a fait Richard Heede, ingénieur et directeur d'un cabinet de conseil indépendant spécialisé dans l'inventaire d'émissions. Ses recherches sur les émissions  de carbone cumulatives (historiques) des 90 plus " gros pollueurs " viennent d'être publiées par "Climatic Change", une revue scientifique soumise à comité de lecture.

Climat : ils sont 90 responsables de 2/3 des émissions de gaz à effet de serre

L'étude de Richard Heede montre que :

•90 gros pollueurs (CME) sont responsables du rejet d'environ 914 milliards de tonnes d'équivalent dioxyde de carbone (Gt éq. CO2) de méthane et de CO2 à l'échelle mondiale entre 1854 et 2010.

•Cela correspond à 63 % des émissions industrielles mondiales de CO2 et de méthane estimées pour cette période (ces émissions sont évaluées à 1 450,33 Gt éq. CO2 par le CDIAC).

•Parmi les 90 CME, on trouve 83 des plus gros producteurs de combustibles fossiles (pétrole brut, gaz naturel liquéfié, gaz naturel et charbon) et sept fabricants de ciment.


Répartition des 50 entreprises privées :

- États-Unis : 21
- Europe : 17 (5 en Grande-Bretagne ; 3 en Allemagne ; 2 en France, en Italie et
en Suisse ; 1 aux Pays-Bas, en Espagne et en Autriche).
- Canada : 6
- Russie : 2
- 1 en Australie, au Japon, au Mexique et en Afrique du Sud.

Parmi les entreprises privées, les cinq premières : Chevron, ExxonMobil, BP, Shell et ConocoPhillips, représentent à elles seules 12,5 % des émissions. Toutes catégories confondues, le géant russe Gazprom se classe 5ème tandis que la compagnie néerlandaise Shell, son partenaire dans l'exploration pétrolière de l'Arctique, arrive en 6ème position.

Les entreprises françaises ne sont pas en reste : Total arrive au 7ème rang des plus gros pollueurs du secteur privé. Du côté des cimentiers, c'est le groupe Lafarge qui arrive en tête.

Cette étude nous apprend également que la moitié des émissions de ces 90 "gros émetteurs" ont été rejetées depuis 1986, ce qui montre à quel point l'utilisation des combustibles fossiles s'est accélérée ces trois dernières décennies. L'ensemble des 90 pollueurs ont rejeté 27,95 Gt éq. CO2 en 2010 soit 886 tonnes éq. CO2 par seconde !

90 entités qui dérèglent le climat de toute une planète

La crise climatique que nous traversons a été principalement causée par les producteurs de pétrole, de gaz et de charbon. Nous connaissons maintenant les principaux responsables, il est donc possible de les amener à rendre des comptes sur les impacts actuels du bouleversement climatique. Ces entreprises ont en effet une responsabilité vis-à-vis des émissions de gaz à effet de serre qu'elles ont rejetées jusqu'à ce jour. Elle partagent aussi la responsabilité des dégâts passés et à venir causés par les changements climatiques.

Il faut savoir que si la trajectoire actuelle des émissions mondiales devait se maintenir, il deviendrait difficile voire impossible d'empêcher que les changements climatiques entraînent des conséquences  catastrophiques à grande échelle. Et pourtant, toutes ces grandes entreprises envisagent encore d'extraire des ressources supplémentaires de pétrole, de gaz et de charbon encore inexploitées, et il sera alors impossible d'empêcher l'emballement du climat.

Dans un rapport intitulé "Point de non retour", l'association Greenpeace a ainsi identifié 14 projets (mines de charbon à ciel ouvert en Australie ou en Chine, sables bitumineux au Canada, projets pétroliers en Arctique ou au large du Brésil, etc.) qui pourraient nous faire franchir le seuil fatidique de 2°C d'augmentation des températures.

La réalisation de ces projets se fera au prix fort : des milliards de dollars seront nécessaires pour faire face aux ravages causés par des phénomènes météorologiques extrêmes, auxquels s'ajouteront des souffrances humaines incalculables et le décès prématuré de dizaines de millions de personnes dans les prochaines années. Qui va payer pour ces conséquences ? Les personnes les plus directement touchées ? Les gouvernements qui vont essayer de mettre en oeuvre des technologies d'adaptation ? Ou enfin le contribuable qui devra financer l'action publique ?

Les recherches sans précédents menées par R. Heede vont jouer un rôle déterminant pour amener les responsables des émissions de GES à rendre des comptes. À ce jour, ils ont échappé à toute responsabilité, tandis que les personnes qui subissent les impacts de l'emballement du climat ne savent pas à qui demander réparation pour les préjudices subis.

Parallèlement, pour éviter un emballement catastrophique du climat, nous avons aujourd'hui besoin d'un changement radical et la solution est à notre portée : les énergies renouvelables. D'ici à 2050, elles pourraient couvrir presque tous les besoins en énergie à l'échelle mondiale, à condition que les bonnes politiques soient mises en place et que l'efficacité énergétique devienne un objectif prioritaire.

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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Jeu 10 Déc - 19:39



mieux vaut mourir du bruit qu'être sourd ?

Citation :
En France, les sonorités du quotidien qui gènent le plus sont les bruits extérieurs (36%), les camions-poubelles (17%), la circulation routière (38%), les sirènes (17%), les transports publics (28%), les enfants (19%), les conversations (33%), la musique de fond (22%), les voisins (20%), les télévisions et radios (20%) et les appareils domestiques (23%).

source




La pollution sonore tue 10 000 personnes par an


27 % des Français résidant dans une grande agglomération souffrent de « maux du bruit », avec à la clé, de sérieux problèmes de santé potentiels.

Citation :
Circulation routière, conversations, transports en commun et musique de fond, voilà les quatre éléments qui reviennent le plus pour expliquer les causes de la pollution sonore à laquelle sont soumis les citadins dans les grandes métropoles. Le phénomène est de plus en plus ressenti dans les villes du monde entier.

La France n'est d'ailleurs pas épargnée puisque, parmi 11 pays étudiés, elle est le troisième pays le plus bruyant, derrière les États-Unis et l'Italie.

Paris derrière Naples mais devant Bruxelles ou Londres

C'est en tout cas ce qui ressort d'une étude commandée à l'institut GfK Eurisko par le spécialiste des solutions auditive Amplifon, dont le site Pourquoi docteur s'est procuré les conclusions.

Les sondeurs ont déterminé que 27 % des habitants des villes françaises concernées par l'enquête (Paris, Lyon, Marseille et Toulouse) doivent faire face à une pollution sonore « importante » et même « particulièrement élevée » pour 7 % de ces citadins.

Si Paris est la ville française la plus bruyante du pays, elle occupe la deuxième place européenne derrière Naples mais devant Bruxelles ou Londres.

10 000 décès par an liés aux pollutions sonores

Les conséquences du phénomène vont au-delà de l'inconfort ou du dérangement. Ainsi, l'étude montre que le risque d'avoir des problèmes d'audition augmente de 30 % chez les individus soumis à un niveau important de bruit.

Troubles du sommeil, de la concentration  ou de l'humeur, maux de tête et même accidents vasculaires cérébraux (AVC) font partie des effets potentiels. Selon France TV Info, 10 000 personnes meurent d'ailleurs chaque année à cause des pollutions sonores.


Citation :
En France, les sonorités du quotidien qui gènent le plus sont les bruits extérieurs (36%), les camions-poubelles (17%), la circulation routière (38%), les sirènes (17%), les transports publics (28%), les enfants (19%), les conversations (33%), la musique de fond (22%), les voisins (20%), les télévisions et radios (20%) et les appareils domestiques (23%).

source


la première fois que j'ai entendu le mot d'ordre « Faites du bruit », c'était par un animateur dans une fête populaire. Je n'en croyais pas mes oreilles, et j'ai trouvé ça particulièrement débile, mais assez symptomatique de nos temps modernes


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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Sam 12 Déc - 11:39



Delhi’s Odd-Even Number Plate Experiment: Will It Succeed? Shirin Bithal  Dec 10, 2015 1 Comment

Note: This article has been republished from Down To Earth.


Picture Credit: Jean-Etienne Minh-Duy Poirrier

Sustained campaigning by non-profit organisations and reporting in the media has placed the problem of lethal air pollution right at the doorstep of Delhi government. In an attempt to nip the problem in the bud, the state government has taken the bold decision of controlling the number of private vehicles on the road by announcing an odd-even number plate-based system for traffic movement.

Citation :
From January 1, 2016, cars with number plates ending in an odd number will be allowed to ply on Mondays, Wednesdays and Fridays, while those ending with an even number will be allowed on Tuesdays, Thursdays and Saturdays. There will be no restrictions on private vehicles on Sundays. Emergency vehicles like PCR vans, ambulances and fire services will be exempt from this rule.

Recognising that explosive growth in the number of private vehicles was a key contributor to Delhi’s air pollution, the government has decided to begin with the odd-even system in a first-of-its-kind experiment anywhere in the country. At the same time, state authorities have assured that a good public transport system will be gradually put in place to ensure successful implementation of the measure.


The government had held a series of meetings with various environmental organisations and urban planning experts. Most participants supported the decision of rationalising car movement on air pollution days. The decision also came a day after the Delhi High Court said that living in Delhi was like living in a “gas chamber”. Chief Justice of India T S Thakur has extended his support to the move, saying that car pooling by Supreme Court judges would encourage millions of people to follow suit.

Anumita Roy Chowdhury, executive director at Centre for Science and Environment (CSE), said, “These are desperate times for Delhi that call for desperate measures. This is a short-term measure to reduce air pollution levels and protect vulnerable people who are prone to allergies and respiratory and cardiovascular disorders. It is the first step of the government to restrain the number of private cars on the roads and is a welcoming move. If people are concerned about health, they must come forward and support this. The government also needs to come up with a strategy for smooth implementation of this proposal and coordinate with public transport providers to sensitise people and cause public outreach. Such measures are also needed to catalyse long-term measures for reducing air pollution.”

Experiments With Restrictions On Car Movements

Rationalisation of the movement of private vehicles has been adopted in many countries, starting with Sweden (Stockholm) and extending to other European countries. China (Beijing), Mexico and Colombia (Bogota) have also implemented such measures.

Beijing


The city initiated the alternate day car driving restrictions just ahead of the 2008 Olympic Games and saw pollution levels drop by almost 20 percent. Currently, Beijing imposes this rule periodically, on days with high air pollution. The city has also restricted its car sales since 2011 to 20,000 car plates every month. However, they have made tremendous efforts to increase public transport such as bus connectivity and metro services.

Paris, France

The city has been imposing the odd-even number plate rule during periods of high air pollution. On such days, public transport is free. The rule was last implemented in March 2015 when a smog alert was issued. However, they had already tested the system before as a temporary measure when pollution had exceeded certain limits.

Mexico

The “Hoy No Circula” was introduced in Mexico around 1989 to combat air pollution. It called for citywide bans, one day per week, based on odd-even number plates. For example, plates ending in 5 and 6 were not allowed to drive on Mondays while 7 and 8 were not allowed to drive on Tuesdays and so on. This measure was highly successful in bringing carbon monoxide (CO) levels down by almost 11 per cent. However, in the long run, people eventually started buying more cars, rendering the ban inefficient. Therefore, it actually ended in a rise in CO levels in the long run by almost 13 per cent.

Bogota

Bogota tried to work on the limitations faced by Mexico and came up with stricter combinations of days and numbers so that the drivers would be unable to circumvent the rules by buying more cars. The policy did not reduce air pollution though, as people drove more during off-peak hours to get around these imposed measures.

But examples show that the system has better potential as a short-term measure.

On August 20, Beijing imposed restrictions on factory production and car use in the city, forcing around 5 million cars to ply on alternate days for around two weeks, just before the seventieth anniversary of Japan’s WWII defeat on September 3. These restrictions were put in place to ensure that the usually smoggy grey sky of Beijing would turn perfectly blue on the day. As a result, the air quality index of Beijing dipped to 17 (out of 500) and the skies turned crystal clear.

However, the moment the ban was lifted, skies turned grey again. By the end of November, the levels were so high that a smog alert had to be issued.

Heavy traffic moves along a busy road as it rains during a power-cut at the toll-gates at Gurgaon on the outskirts of New Delhi July 31, 2012. Grid failure hit India for a second day on Tuesday, cutting power to hundreds of millions of people in the populous northern and eastern states including the capital Delhi and major cities such as Kolkata.

Back home in Delhi, the national capital saw its first car-free day on October 22, 2015, on a stretch from Red Fort to India Gate. Official real-time pollution exposure monitoring by CSE found that particulate matter levels had reduced by 60 percent on that day. The car-free day initiative was also clubbed with a national holiday, which helped in reducing the number of vehicles on the roads.

But these examples show that temporary restrictions on vehicles may not reduce air pollution in the long term. Drivers inevitably buy more cheap and inefficient cars with different number plates to get around the rules. Hence, such an initiative must be complemented by other measures to ensure that we have a stable system in the long run.

Long-Term Measures

The Delhi government move is expected to have some initial glitches, as is being discussed in media reports. However, with additional measures and proper planning, this could be turned into an effective measure to reduce Delhi’s air pollution over an extended period. CSE has suggested some such measures:

1. There is a need to impose restrictions on diesel vehicles to promote electric and alternative fuel vehicles. These electric vehicles should further be exempt from any such alternate number plate restriction.

2. The number plate measure needs to be combined with high parking charges and intensified public transport strategy. This should be the strategy for the entire period of poor air quality as well as a long-term measure. Currently, parking charges in Delhi are one of the lowest in the world.

3. Paris has set an example by deciding to phase out diesel cars completely by 2020. London is also planning to ban diesel cars despite having a fuel quality as high as Euro 6. India, on the other hand, is still juggling between Bharat Stage 3 and Bharat Stage 4 norms. China has already banned diesel cars on roads.




To check pollution, Delhi govt announces curbs on plying of private vehicles



In a bid to curb rising pollution, the Delhi government on Friday decided that odd and even number vehicles will ply on alternate days in the capital from January 1, official sources said.





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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Lun 14 Déc - 7:49

actualités catastrophe du Rio Doce au Brésil



FRED LOUREIRO/AFP

Brésil : le grand désastre du Rio Doce 9 décembre 2015 | @Mathilde Bonnassieux

Citation :
Le 5 novembre dernier, le Brésil a connu la pire catastrophe écologique de son histoire. Après la rupture de deux barrages près d'une mine de fer dans le sud-est du pays, une gigantesque coulée de boue toxique s'est déversée dans le Rio Doce jusqu'à l'Atlantique. L'eau a changé de couleur, en virant à l'orange sombre. Un demi million de personnes n'ont désormais plus accès à de l'eau propre. La pêche est devenue impossible.

Les barrages du groupe minier Vale retenaient les eaux usées d'une mine de fer de la région de Mariana (Minas Gerais). Des millions de mètres cubes de déchets toxiques se sont déversés dans le Rio Doce, le cinquième plus grand fleuve du pays et se sont répandus sur plus de 500 kilomètres de terres dans le sud-est du Brésil.


C'est tout un éco-système et une économie qui s'en trouvent aujourd'hui bouleversés. Un demi million de personnes sont privées d'accès à l'eau qui alimentait aussi une vingtaine de villes, et servait  pour l'irrigation et l'élevage du bétail.

Reportage : Mathilde Bonnassieux & Frédérique Zingaro.






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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Lun 21 Déc - 19:26



rien de petit n'arrive en Chine

En Chine, une catastrophe pas très naturelle  Laurence Defranoux  21 décembre 2015  


Opérations de secours, le 21 décembre, à Shenzhen, après le glissement de terrain
ayant englouti environ 85 personnes dimanche midi.  Photo Reuters
 
«Le problème, ce ne sont pas les normes, c’est leur non-respect», estime le géographe Thierry Sanjuan, après la coulée de boue qui a ravagé dimanche un quartier en périphérie de Shenzhen, faisant environ 85 disparus


Citation :
Des dizaines d’immeubles emportés par une mer de boue rouge : les images en provenance de Shenzhen (dans le sud est de la Chine), dimanche, étaient impressionnantes. Le bilan humain, lui, revu légèrement à la baisse lundi après-midi, serait de 85 disparus. Ce glissement de terrain n’a rien d’une catastrophe naturelle : la colline qui s’est écroulée était constituée de l’amas de terres excavées pour les immenses besoins immobiliers de la ville, construite sur ce qui fut longtemps un paysage de collines.


carte ajoutée

Située au bord du delta de la Rivière des Perles et à la frontière avec la péninsule de Hongkong, la municipalité rurale de Shenzhen, devenue «zone économique spéciale» en 1980, compte aujourd’hui 10 millions d’habitants. «Depuis vingt ans, Shenzhen est devenu une vraie ville, qui fonctionne comme une banlieue de Hongkong. En montant en gamme, elle a repoussé vers ses périphéries tout ce qui la gêne et prend de la place, comme les usines, les stades, les aéroports ou les décharges», analyse le géographe Thierry Sanjuan (1).

C’est dans une de ces zones périurbaines, à une trentaine de kilomètres du centre, que s’est produit le glissement de terrain dimanche. Selon l’agence de presse officielle Chine nouvelle, 33 bâtiments ont été touchés sur une surface de 380 000 m2, dont 14 usines, 2 immeubles de bureaux et 3 dortoirs d’ouvriers, l’explosion d’un pipeline de gaz naturel aggravant l’accident. Lundi, près de 3 000 secouristes, des dizaines de pelleteuses et de camions de pompiers continuaient à sonder sur une profondeur d'une dizaine de mètres de boue, à la recherche de rescapés. Neuf cents personnes ont pu être évacuées à temps, l'éboulement s'étant produit un peu avant midi. La plupart des victimes sont des ouvriers isolés venus de la campagne vivre et travailler dans la mégalopole.


«Les leçons tirées ne doivent pas être oubliées»

Thierry Sanjuan a écrit:
«Même si peu de résidents permanents ont été touchés, puisque ce sont surtout des migrants qui vivent là, une catastrophe de ce genre ne passe plus inaperçue aujourd’hui en Chine. La population urbaine est devenue très sensible aux questions environnementales, notamment la pollution de l’air et la destruction des espaces périurbains, gagnés au détriment des communautés rurales. Il semble dans ce cas que les autorités locales ont signé l’autorisation de décharge à un promoteur immobilier, ce qui, dans la tête des Chinois, veut dire qu’il y a eu du bakchich.»  



Dans son éditorial de lundi, le Global Times, site d’information progouvernemental en anglais, établit un parallèle avec la catastrophe de Tianjin, en août dernier, qui a fait 173 morts et 800 blessés, après l’explosion d’un entrepôt de produits chimiques situé à 500 mètres de zones résidentielles : «Les dégâts causés par ces accidents sont extrêmement regrettables et les leçons tirées ne doivent pas être oubliées», écrit le journal, pour qui les entreprises chinoises «doivent considérer la sécurité comme une priorité». Certes, cela «va bien sûr augmenter les coûts pour le secteur manufacturier», mais ce «serait en accord avec la stratégie qui veut faire passer la Chine du statut d"usine mondiale" à celui d’une nation industrialisée avancée d’ici 2025».

Comme le rappelle , l’Etat central a créé en 2008 un ministère de l’Environnement et édicté des règles de sécurité :
Thierry Sanjuan a écrit:

«Le problème, ce ne sont pas les normes, c’est leur non-respect, dû souvent à une collusion entre les gouvernements locaux et des entreprises qui leur sont plus ou moins liées. Dans le cas de Tianjin, un des actionnaires de la société qui stockait des produits explosifs près du port était le fils d’un des directeurs du port. Et comme nous sommes dans un Etat autoritaire et opaque, il n’y a pas de logique systématique et efficace de vérification des normes.

L’Etat central va désigner des officiels locaux comme irresponsables, l’échelon local sera le fusible, et ça n’ira pas plus loin. La conscience politique du risque se heurte encore à la volonté de faire du développement et de l’argent à tout prix.»


(1) Auteur de l’Atlas de la Chine, une puissance sous tension (éd. Autrement, 2015) et Territoires de l’urbain en Asie, une nouvelle modernité ? (CNRS, 2015)


Des images de l’avalanche de boue, diffusées par une chaîne officielle chinoise sur YouTube :



images ajoutées
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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Sam 2 Jan - 12:18

Calanques de Marseille : Alteo peut continuer à rejeter ses déchets. Un scandale qui dure Barbara Krief L'Obs 31-12-2015

LE PLUS. Le préfet de la région Paca vient d’autoriser la poursuite pour six ans des rejets toxiques en mer par l'usine Alteo de Gardanne. Une décision largement décriée par les défenseurs de l'environnement. Parmi eux, Yves Paccalet. Coup de gueule.


L'usine d'alumine Alteo à Gardanne (GERARD JULIEN / AFP)

Yves Paccalet a écrit:
Un cocktail couleur de sang déversé dans notre mère la Mer… Un bouillon toxique rejeté depuis des décennies en Méditerranée… Des milliers de mètres cubes d’effluents mortifères répandus chaque année dans le ventre fertile de l’un des sites les plus sublimes et les plus précieux – mais aussi les plus fragiles – de France et du monde.

Depuis 1966, un long tuyau gris-brun crache ses déchets mortifères dans la fosse (ou le canyon) de Cassidaigne, à sept kilomètres du rivage. Cette bouche infâme vomit sa fange industrielle au cœur de l’un des plus beaux espaces naturels du pays : le parc national des Calanques de Marseille !


Tout est avoué


L’usine Alteo de Gardanne, près d’Aix-en-Provence, traite le minerai d’aluminium – la bauxite. Pour extraire de celle-ci l’alumine dont on tire l’aluminium métallique, le fabricant utilise le processus industriel "Bayer", très gourmand en eau et en énergie, qui consiste à dissoudre le minerai dans de la soude caustique, et qui sous-produit d’énormes quantités d’effluents teintés de rouge par des oxydes de fer. L’usine se débarrasse de ces résidus où elle peut, où on le lui permet et où cela lui coûte le moins cher. Dans la mer !

L’usine de Gardanne a pollué, pollue et polluera encore… Ce 29 décembre 2015, le préfet de la région PACA vient d’autoriser la société Alteo à poursuivre ses activités, et à salir pendant six années de plus la Grande Bleue. Voici le communiqué :

"Stéphane Bouillon, préfet de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, préfet des Bouches-du-Rhône, a signé le lundi 28 décembre 2015 un arrêté autorisant la société Altéo à continuer à exploiter, à compter du 1er janvier 2016, ses usines sur le site de Gardanne ; et autorisant, pour une durée de six ans, le rejet dans la mer d’effluents aqueux dépassant les limites réglementaires".

"Dépassant les limites réglementaires…" Tout est avoué. Et rien ne contraint vraiment le pollueur à moins mal faire que dans le demi-siècle écoulé…


Un danger pour les poissons et pour l'homme


Le problème des boues rouges ne tient pas dans leur couleur, due à des oxydes de fer (cette teinte est d’ailleurs atténuée, aujourd’hui, par un traitement préalable : le bouillon semble plus transparent, donc moins dangereux ; illusion !). Le vrai péril réside dans la soude caustique et les résidus d’aluminium que recèle la mixture, mais surtout dans sa teneur "dépassant les limites réglementaires" en substances bien plus mortelles : l’arsenic, les métaux lourds (plomb, mercure, chrome, titane, cadmium, nickel…) et les éléments radioactifs (isotopes de l’uranium, du thorium, etc.).

Ces déchets affectent l’ensemble de la vie marine – le plancton végétal et animal, la cohorte des invertébrés (mollusques, crustacés, échinodermes…), les petits et les grands poissons, et jusqu’aux mammifères : dauphins, cachalots, baleines...

Les polluants chimiques de ce type sont souvent à peine détectables dans l’eau ambiante, mais ils se reconcentrent dans la chair des organismes vivants, d’un étage à l’autre de la pyramide alimentaire. Tels le thon ou le dauphin, l’homme qui mange le poisson ou les fruits de mer se trouve au pire endroit du système, et déguste aux deux sens du terme – culinaire et médical !

Un million de personnes concernées par cette pollution

Boues rouges en Méditerranée, nouvelle alerte ! Et toujours les mêmes éléments de langage ! L’industriel fait le coup du chantage à l’emploi : cessez vos misères ou je délocalise ! 400 postes en balance, près de mille avec la sous-traitance : ça pèse.

Le gouvernement plie, même si la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, se dit "défavorable à l’autorisation", dénonce "le chantage à l’emploi" et se défausse en tacklant son supérieur hiérarchique, Manuel Valls : "L’ordre est venu du Premier ministre, direct !"

Le président du parc national des Calanques, Didier Réault (LR), se prend pour l’arbitre, mais Marcel Pagnol dirait plutôt qu’il joue le rôle du ravi de Provence) :

"Cette autorisation est un équilibre pour le territoire. Un peu d’économie, un peu d’écologie, un peu de social. Bien sûr, Alteo n’a pas fait tous les efforts. L’État non plus. Mais Alteo nous aura sur le dos pendant six ans".

Les écologistes sont partagés. Le député Europe-Écologie Les-Verts des Bouches-du-Rhône, François-Michel Lambert, semble (bizarrement) peu choqué par les boues rouges, et embrouille la question en comparant leur toxicité globale à celle d’autres nuisances : "La pollution du parc, c’est surtout celle du Rhône et des égouts de Marseille, de La Ciotat et de Cassis, qui ne sont pas traités à 100 %. Alteo, on se demande si ce n’est pas le chiffon rouge qui masque les vrais problèmes. » La plupart des autres écolos hurlent au scandale, telle Béatrice de Crozet


"On se dirige vers un nouveau scandale à l’amiante.
Un million de personnes sont concernées par cette pollution !"

Je veux protester, crier, secouer

Je veux protester, crier, secouer les esprits à mon tour, et je suis légitime sur le coup. Le scandale des boues rouges ne date pas d’hier.

La première fois que je me suis battu contre cette souillure de la mer, c’était en 1975. J’avais trente ans et j’entamais mon parcours avec le commandant Cousteau. Je me rappelle ce combat, qu’avait le premier engagé le "naufragé volontaire" Alain Bombard, en 1964.

Avec Jacques-Yves Cousteau et d’autres, nous nous sommes dressés de toutes nos forces contre l’ignominie de ce tuyau d’égout. À l’époque, la firme propriétaire de l’usine de Gardanne n’était pas Alteo, mais Pechiney. Nous avons écrit des articles, parus dans France-Soir (qui tirait alors à trois millions d’exemplaires), ainsi que dans nombre de journaux d’Europe et d’Amérique. Nous avons parlé à la radio et à la télévision. En 1976-1977, nous nous sommes arrêtés dans les Calanques avec la Calypso, nous avons plongé en scaphandre et en soucoupe sur le déversoir des égouts de Marseille et sur celui Pechiney.

Nous avons réalisé un film et écrit un livre sur l’état de la Méditerranée, intitulés tous deux "La Mer blessée", où nous en rajoutions sur cette infamie.


Quelques améliorations

Nous démontrions, par l’images et les mots, la folie du déversement. Nous nous basions largement, à l’époque, sur les travaux des scientifiques du Musée océanographique de Monaco, dont Cousteau était le directeur. Mais nous consultions aussi d’autres publications savantes.

Je me souviens, entre autres, des recherches de Denise Viale, qui avait analysé les tissus de cachalots retrouvés morts, échoués sur les côtes de Ligurie ou de Corse, et dont l’empoisonnement par l’arsenic et les métaux lourds pouvait être directement lié aux épandages de boues rouges…

Notre combat avait, pensions-nous, fini par déboucher sur un accord, inclus dans la Convention de 1976 (dite « de Barcelone ») sur la protection de la Méditerranée. Ce texte, renouvelé en 1996, stipulait que l’industriel avait jusqu’au 31 décembre 2015 pour cesser d’envoyer ses cochonneries dans la Grande Bleue. 31 décembre 2015 : nous y sommes… Quelques améliorations ont été apportées.


Je suis en droit d'hurler : "ça suffit !"


En 2007, Alteo a doté son usine de trois filtres-presses grâce auxquels les boues rouges sont désormais déshydratées et en partie stockées à terre, près de Gardanne (ce qui pose d’autres problèmes aux riverains des décharges !).

Sur le fond, l’industriel a conservé le droit de polluer la Méditerranée avec ses effluents liquides. Il vient d’être conforté par l’État dans cet exorbitant privilège écocide…

Depuis un demi-siècle, près de 30 millions de tonnes de boues rouges ont été déversées dans la fosse de Cassidaigne, désormais en plein cœur du parc national des Calanques. Fort de mes quarante années de militantisme sur le sujet, je m’estime en droit de hurler : "Ça suffit !". Mais c’était déjà notre mot d’ordre lorsque j’avais trente ans. J’en ai soixante-dix.


Boues rouges : le difficile arbitrage entre emplois et environnement Libération 30 décembre 2015


Le Parc national des Calanques, en juin. Photo Boris Horvat. AFP

Romain Fiorucci a écrit:
Votre télévision LCD ou la tablette tactile sur laquelle vous lisez cet article ont toutes deux un point commun : ils sont composés d’alumine de spécialité, un produit fini dérivé d’une matière première, la bauxite, principal minerai d’aluminium. Une roche rouge découverte en 1821 dans le sol des Baux-de-Provence et dont elle tirera son nom. Alteo est le premier producteur mondial avec plus de 1 000 tonnes d’alumine exportées chaque jour. Son site d’extraction est situé à Gardanne (Bouches-du-Rhône), ville minière près de Marseille. Le maire communiste a beau être au pouvoir depuis 1977 ce n’est donc pas que pour cela qu’on la nomme la «ville rouge».

Pour extraire l’alumine contenu dans la bauxite, la méthode n’a pas bougé depuis 1893 : dissolution par la soude. Ce procédé chimique engendre des résidus à forte coloration. Les boues rouges, condensées de toxicité : arsenic, mercure, titane, uranium 238. Des résidus pourront continuer à être déversés – pour une période de six ans – dans le Parc national des Calanques, après un arrêté pris mardi par le préfet de la région Provence-Alpes-Côtes-d'Azur. Une décision qui a suscité l'ire de la ministre de l'Ecologie. Dans une déclaration à l'AFP, elle a mis en cause en des termes très explicites Manuel Valls. «L'ordre [d'autoriser, ndlr] est venu du Premier ministre au préfet, direct», a expliqué Ségolène Royal, qui «désapprouve» et dénonce un «chantage à l'emploi».


L’usine, un vivier d’emplois

Ces déversements ne datent pas d'aujourd'hui. En 1966, une canalisation fut construite pour rejeter ces résidus dans la Méditerranée à 7 kilomètres des côtes de Cassis, au cœur aujourd’hui du Parc national des Calanques. Chaque jour depuis cinquante ans, l’usine rejette plusieurs centaines de tonnes de boues dans la mer et les polémiques environnementales n’ont pas cessé depuis les premières alertes lancées par le biologiste Alain Bompard en 1964. Contre-argument imparable : l’usine est un vivier d’emplois. 400 directs aujourd’hui, près de 1 000 si l’on rajoute la sous-traitance. Non négligeable dans un bassin industriel provençal fragilisé.

Un moratoire sera accordé en 1995 au groupe Pechiney, alors propriétaire de l’usine. Un délai de vingt ans pour que cessent les rejets de boues. Deux décennies plus tard, après une batterie d’expertises divergentes et une autorisation préfectorale renouvelée, les rejets vont continuer sous une autre forme. L’alternative proposée par Alteo ? Un filtre-presse qui permet de séparer les élements solides et liquides. Seuls les effluents liquides sont déversés en mer. «On nous prend pour des imbéciles !» s’élève Béatrice de Crozet, présidente du comité écologique de La Ciotat. «Solide ou liquide, c’est la même toxicité.»

«Chantage à l'emploi»


Quid des boues rouges solides déshydratées ? Elles seront stockées et serviront de matière première pour des travaux de construction. Dans le jargon on appelle cela l’économie circulaire, qui valorise les déchets : «Ce stockage va être recyclé sans être traité. On se dirige vers un nouveau scandale à l’amiante, poursuit Béatrice de Crozet. C’est du chantage à l’emploi ! Un million de personnes sont concernées par cette pollution. Cinq cent emplois contre un million, ça ne doit pas se négocier !» «La thèse du chantage à l’emploi, c’est le point Godwin. Derrière tu ne peux plus argumenter, répond François-Michel Lambert, député EE-LV des Bouches-du-Rhône, favorable à l’autorisation. La pollution du Parc, c’est essentiellement celle du Rhône et des égouts de Marseille, La Ciotat et Cassis qui ne sont pas traités à 100%. Alteo on se demande si ce n’est pas le chiffon rouge pour masquer les vrais problèmes.»

L’autorisation préfectorale a suivi l’avis favorable du conseil d’administration du Parc national des Calanques qui votait le 8 septembre 2014 en faveur du renouvellement à 30 voix contre 16 : «Cette autorisation, c’est un équilibre pour le territoire, explique Didier Réault, président du Parc. Un peu d’économie, un peu d’écologie, un peu de social. Bien sûr, Alteo n’a pas fait tous les efforts. L’Etat non plus. On peut leur dire "Cassez-vous ailleurs", oui. Mais on a les moyens d’être plus intelligent. Alteo nous aura sur le dos pendant six ans.» Six années pour que l’industriel se mette aux normes européennes. «Cette fois-ci, c’est leur dernière chance» promet l’élu local.

Par Romain Fiorucci (Correspondance à Marseille)  


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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Jeu 7 Jan - 8:52



Californie : état d’urgence après une importante fuite de méthane Les Echos 07/01


Le gouverneur de Californie a déclaré l’Etat d’urgence autour de Los Angeles
à cause d’une fuite de méthane massive que les experts qualifient de catastrophe écologique majeure

Ryan Brennecke/AP/SIPA


Des milliers de résidents ont dû être évacués en raison d’une importante fuite sur un puits de méthane, qui aura des conséquences écologiques dramatiques


C’est une catastrophe écologique majeure et invisible qui vient de toucher la Californie. Une importante fuite de méthane a conduit le gouverneur de cet état de l’Ouest américain à déclarer l’état d’urgence autour de Los Angeles, mercredi 6 janvier, alors que des milliers de résidents ont été contraints d’évacuer leur domicile

Citation :
Les conséquences écologiques de cette fuite sont « incomparable, catastrophique » explique Stephanie Pincetl, professeure de sciences environnementales. Le méthane est en effet un gaz à effet de serre « 80 fois plus puissant que le Co2 à l’échelle de 20 ans, et qui agit beaucoup plus rapidement », ajoute-t-elle. La promulgation de l’état d’urgence permet de mobiliser l’ensemble des agences gouvernementales de l’Etat pour venir en aide à la population des environs de Porter Ranch, une banlieue de Los Angeles où un puits de méthane fuit depuis déjà plusieurs mois.

Plusieurs milliers d’habitants ont d’ores et déjà été relogés par la compagnie de distribution gazière Socal Gas et plusieurs milliers d’autres ont demandé à l’être. A cause de la fuite de méthane et notamment d’additifs nauséabonds destinés à signaler les fuites de méthane, gaz inodore, beaucoup d’habitants des environs ont souffert de nausées, saignements de nez et maux de tête.

Une augmentation du gaz à effet de serre de 25%

Kristine Lloyd, porte-parole de Southern California Gas Company (SoCalGas), a déclaré que tout était mis en oeuvre pour réparer la fuite, qui selon les autorités dégage entre 30.000 et 58.000 kilogrammes par heure de méthane dans l’air. C’est « l’équivalent de 3/4 des émissions de toutes les raffineries de pétrole de la Californie en un an », souligne Kristine Pincetl.

Même si les autorités affirment que la fuite depuis le site d’Aliso Canyon de Socal Gas ne pose pas de danger sérieux pour la santé des riverains, l’impact environnemental pourrait être dévastateur. L’autorité de la qualité de l’air en Californie estime que la fuite est si massive qu’elle augmente la production de gaz à effet de serre pour toute la Côte est de 25%. Mais les autorités se refusent pour l’instant à évaluer les dégâts et attendent l’arrêt de la fuite pour les chiffrer.

La fuite, à plus de 2.400 mètres de profondeur dans un puits gazier, a été détectée le 23 octobre par des employés de Socal Gas. L’incident de Porter Ranch « montre la vulnérabilité » d’infrastructure datées, estime Stephanie Pincetl, professeure de sciences environnementales à l’université UCLA


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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Mer 27 Jan - 8:54



Le capitalisme ou le culte du sacrifice humain Tlaxcala 2 janvier 2016

Plongée dans l’enfer chimique de Manchester, au Texas


Citation :
HOUSTON — Bryan Parras se tenait dans l’ombre projetée par les projecteurs entourant les cylindres blancs massifs des réservoirs de la raffinerie Valero. Comme nombre de Mexaméricains pauvres ayant grandi dans cette partie de Houston, il se débat avec l’asthme, les maux de gorge et de tête, l’urticaire, les saignements de nez et tout un tas d’autres maladies et symptômes. L’air était lourd et sentait le soufre et le benzène.

Nous sentions un vague goût métallique et âcre sur la langue. La raffinerie tentaculaire émettait un bourdonnement électrique strident. Les rugissements périodiques des torchères, les flammes rouges des émissions de gaz rejetés, s’élevaient dans les ténèbres stygiennes. La raffinerie semblait être un être vivant, quelque divinité antédiluvienne géante et malfaisante.

Parras et ceux qui vivent près de chez lui font partie des centaines de millions d’humains sacrifiés sur l’autel des exigences du capitalisme industriel. Ils sont depuis la naissance condamnés à subir la pauvreté, la maladie, la contamination toxique, et souvent, la mort prématurée. Ils sont obligés de s’agenouiller comme des captifs enchaînés, pour être tués sur l’autel du capitalisme au nom du progrès. Ils sont en première ligne. Nous suivrons.

Lors des derniers stades du capitalisme mondialisé, nous serons tous détruits dans une orgie d’extermination de masse pour étancher la soif avide des entreprises capitalistes.


Les idoles revêtent plusieurs formes, du Moloch des Cananéens de l’Antiquité jusqu’aux visions sanglantes et utopiques du fascisme et du communisme. La primauté du profit et de la gloire de l’empire US — ce que le théoricien politique Sheldon Wolin appelait « le totalitarisme inversé » — en est la dernière variante. Les exigences des idoles, de l’Antiquité aux Temps modernes, sont les mêmes : des sacrifices humains. Et notre culte du sacrifice humain, bien que technologiquement avancé, est aussi primitif et sanguinaire que celui qui perpétrait des tueries au sommet du grand temple aztèque de Tenochtitlán. Nous ne pourrons pas parle d’espoir tant que nous n’aurons pas brisé nos idoles et ne nous serons pas libérés de leur emprise. Cela aurait été bien plus intelligent de la part des milliers d’activistes qui se sont rendus à Paris pour le sommet climatique, de se rendre au lieu de ça dans une zone de sacrifice comme celle du quartier de Parras, et, par vagues de 50 ou de 100, jour après jour, de bloquer les voies ferrées et les routes de services, afin de mettre hors service les raffineries, avant de se faire embarquer. C’est la seule forme de mobilisation massive qui ait la moindre chance de succès.


Bryan Parras

Parras — qui organise des manifestations et la résistance dans la communauté, à travers les TexasEnvironmental Justice Advocacy Services (Services de plaidoyer pour la justice environnementale du Texas, TEJAS), un groupe local qu’il a cofondé avec son père, Juan — se tenait dans le Hartman Park. Il montra du doigt la batterie des réservoirs de stockage et d’autres équipements concentrés autour des raffineries de Valero, Lyondell Basell et Texas Petrochemicals. Le quartier, appelé Manchester, est encerclé par l’usine chimique Rhodia, par un chantier pour les trains qui transportent le pétrole des sables bitumineux, du gaz, du charbon et autres produits chimiques toxiques, par une usine Goodyear de caoutchouc synthétique, une usine d’engrais, une usine de mélasse; des stations d’épuration et des cuves de poulets liquéfiés. On y trouve nombre de sites  Superfund [loi obligeant les entreprises pollueuses à décontaminer leurs sites, NdE]


Ce quartier est l’un des plus pollué des USA. Une poussière ocre recouvre tout. Les entreprises, explique Parras, ne sont pas obligées de fournir la liste des produits chimiques toxiques qu’elles entreposent et utilisent pour raffiner ou traiter leurs produits. Les gens qui vivent dans cette zone industrielle désolée, qui rêvent de la fuir mais restent piégés en raison de leur pauvreté, ou du fait que personne ne souhaite acheter leur maison, savent qu’ils sont empoisonnés, mais ne savent pas exactement par quoi. Et, explique-t-il, « c’est ce qui est vraiment effrayant ».

Les opérations chimiques « tuent des gens, bien que personne ne veuille admettre que cela se produit », dit-il. « Et ce sont principalement des Mexaméricains » qui sont tués.


« Des alarmes sonnent dans la raffinerie », explique-t-il, « mais nous, dans la communauté, ne savons pas ce que cela signifie. Nous vivons dans une anxiété constante. On voit arriver des flics ou des voitures de pompiers arriver. Les camions à 18 roues tombent dans le fossé parce que les rues sont trop étroites. Les gens meurent prématurément, souvent de cancer. Il y a des écoles ici. Les enfants sont souvent malades. Les niveaux d’énergie sont amoindris. J’étais toujours fatigué quand j’étais petit. Il y a aussi beaucoup d’hyperactivité. Les enfants ne parviennent pas à se concentrer. Les produits chimiques ajoutent aux problèmes liés à l’obésité, particulièrement le problème du diesel. Les fruits et les légumes que nous faisons pousser dans nos jardins sont noirs. Les produits chimiques peuvent entrainer des maladies cardiaques et des leucémies lymphoïdes. Mais l’impact des produits chimiques n’est pas seulement biologique ou physique. Mais il est aussi psychologique. Vous sentez que vous valez moins, surtout quand voyez  les autres communautés ».

« Nous sommes près d’un port’, continue-t-il. « Il y a des hommes embarqués sur les bateaux pour de longues périodes. Beaucoup de trafic sexuel. Beaucoup de drogues. Il y a plus de bars dans ces rues que de magasins. Si vous ne parvenez pas à vous échapper, au mieux, vous finissez par bosser pour l’industrie des services pour un bas salaire, ou dans la prostitution ».

« Nous avons une usine de broyage de métaux », explique-t-il, en pointant la sombre brume nocturne. « Il y a une pénurie mondiale de métaux. Ils broient des voitures, des bus, et des appareils en copeaux métalliques. Il y a eut des explosions. Ils ne drainent pas toujours les liquides des véhicules. Il y a des combustibles. Il y a eut des feux. Il y a des particules rejetées dans l’air. Le bruit du broyage est permanent, 24h sur 24 et 7 jour sur 7. »

Nous avons marché le long d’une rue étroite en pente, passant devant des rangées de petites maisons style « ranch » construites par de pauvres immigrés mexicains dans les années 1930. Manchester est l’un des quartiers les plus déprimés de Houston. Le gémissement aigu et le rythme d’une ballade tejana provenaient des fenêtres ouvertes d’une baraque. Parras me raconta, alors que nous marchions le long de la rue non-éclairée, comment lui et d’autres jeunes activistes organisaient des manifestations et prenaient en photo des infractions au règlement sur les émissions, et comment la sécurité privée de Valero harcelait ceux qui s’engageaient dans de telles activités dans les rues autour de la raffinerie.

« Nous sommes suivis, photographiés et nos plaques d’immatriculations sont relevées », explique
-t-il. « Nous ne savons pas toujours qui [nous observe]. Ils conduisent des voitures noires aux vitres teintées. Il y a une menace de sécurité [vis-à-vis des équipements pétrochimiques]. Il est facile de marcher jusqu’à ces trains, ou de rentrer dans l’usine Valero. Mais ce que nous faisons, c’est documenter leur négligence. Nous nous préoccupons des gens qui vivent ici, et des employés. Pensent-ils vraiment que nous allons fermer ces usines? Houston s’est construite sur le pétrole et le gaz. En plus de cela nous avons ce racisme et ce colonialisme endémique à l’encontre des Mexicains et des Indiens, de tous les basanés. C’est ici que la Destinée Manifeste* a commencé. »



Yudith Nieto

Nous avons rejoint d’autres jeunes activistes, dont Yudith Nieto, qui a été élevée à Manchester par ses grands-parents. Elle a souffert, à 26 ans, d’un éventail de problèmes de santé, dont l’asthme, une thyroïde endommagée et des douleurs de dos chroniques, qu’elle pense liés au stress et à la contamination par les métaux lourds. « Je ne peux pas me payer de toxicologue pour savoir si ma douleur est liée à l’environnement auquel je suis exposée », explique-t-elle. Nieto, Parras, et d’autres activistes du TEJAS, ainsi que d’autres activistes à travers tout le pays, ont organisé une série de manifestations contre le projet de pipeline Keystone-XL, désormais abandonné, qui aurait transporté du pétrole des sables bitumineux du Canada jusqu’aux raffineries de Houston et des environs.

« Les gens ont peur de s’impliquer »,
explique Nieto. « Ils sont pauvres et souvent sans papiers. Ou ont fait des allers-retours dans le système carcéral. Les patrouilles frontalières mènent des raids. Nous essayons d’éduquer les gens. Nous avons mené un projet d’analyse de l’air cet été et en automne, en collectant des particules de matière. Nous allons aux réunions du conseil municipal. Mais notre député au Congrès, Gene Green [le mal-nommé, NdE], est pro-industrie. Il est venu lors d’une audition de sécurité chimique, et a dit qu’il était là pour représenter l’industrie ».

Nieto a également exprimé sa frustration vis-à-vis des secteurs riches et largement blancs de Houston, en expliquant qu’ils ne s’étaient pas joints à la défense de son quartier, les traitant, elle et d’autres activistes mexaméricains, comme quantité négligeable.

Les militants m’ont emmené dans l’un des bars miteux près du port. La façade annonçait des « Cobetasos » (Cubetazos), seaux de bière en argot, et faisait la publicité d’un « show en bikini ». Quatre femmes en surpoids dansaient ou buvaient au bar avec des prolos blancs ou mexaméricains. Les bars, qui profitent des femmes démunies et des hommes esseulés qui travaillent dans les industries pétrochimiques et sur les navires pétroliers, sont les seuls signes d’activité humaine à cette heure tardive de la soirée.

respirer


« Ceux qui travaillent dans ces industries ne sont pas de Houston », explique Yvette Arellano, également de TEJAS. « Ils vivent dans des motels bon marché, à un rythme de ’20 jours de boulot, 20 jours de repos’. J’ai l’impression de ne jamais rencontrer d’autres Houstoniens. Ils viennent du Colorado, du Dakota ou de Louisiane. Nous n’avons pas de camps pour les hommes. Nous avons des motels. Ce sont surtout des travailleurs intérimaires. Ils ne sont pas à plein temps. Cela pose des problèmes de sécurité. Aucun d’eux ne veut se plaindre de problèmes de sécurité, ils savent qu’ils pourraient perdre leur boulot s’ils se plaignaient. Et donc personne ne dit rien ».

Les 21 sommets internationaux sur le climat qui se sont tenus durant les dernières décennies n’ont produit qu’une rhétorique vide, des fausses promesses et toujours plus d’émissions de carbone. Celui de Paris n’a pas été différent. Nous devons nous opposer physiquement à l’extraction, au transport et au raffinage des combustibles fossiles, ou faire face à l’extinction. Ceux qui vénèrent les idoles du profit utiliseront tous les outils à leur disposition, y compris la violence, pour nous écraser. C’est une guerre qui oppose les forces du vivant aux puissances de mort. C’est une guerre qui exige que nous entravions, par tous les moyens, les profits industriels justifiant le gaïacide. C’est une guerre que nous ne devons pas perdre.

NdE
Citation :
*La Manifest Destiny (« destinée manifeste ») : idéologie selon laquelle la « nation américaine » avait pour mission divine de répandre la démocratie et la civilisation vers l’Ouest. Elle était défendue par les républicains-démocrates (ancêtres du Parti démocrate d’aujourd’hui) dans les années 1840, plus particulièrement par les « faucons » sous la présidence de James Polk.



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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Jeu 3 Mar - 4:58





Capture d'écran d'une vidéo sur le désastre écologique dans l'Amazonie péruvienne
Crédit : Youtube/Onias flores cueva

Nouvel épisode de contamination de l'environnement dans l'Amazonie péruvienne. Le 26 janvier 2016 a été révélée une fuite de pétrole provoquée par une fissure sur L'oléoduc nord-péruvien, sur un site proche de la ville de Chiriaco, district d'Imaza, province de Bagua, Région Amazonas. La fuite a été signalée par des membres d'une communauté native de cette zone.

autres liens dans l'article original

Citation :
Le 29 janvier, un communiqué de l'organisme d'évaluation et de supervision environnementale ( OEFA), reconnaît, au vu d'une première inspection, un impact sur des cultures de cacao et sur le bassin du Rio Inayo, un affluent du Marañón. Petroperú, la société gérant l'oléoduc annoncait alors avoir récupéré 150 barils de pétrole en émulsion dans le bassin de l'Inayo.

Bien que l'article de presse parle d'une rupture d'oléoduc qui se serait produite sur le district de la province d'Imaza dans la province de Condorcanqui, il faut se rappeler qu'en réalité ce district appartient à la province de Bagua, et des membres la communauté native s'exprimant au travers de l'Organisation Régionale des Peuples indigènes de l'Amazonie du nord du Pérou (Orpian), ont déclaré après la mise en cause de Petroperú que cette fuite avait atteint le rio Chiriaco sans que la société en cause puisse l'empêcher.


Une fuite de pétrole touche des terres agricoles et les affluents du Marañon

Au fil des jours et à cause des pluies torrentielles dans la région, la situation s'est aggravée et le pétrole répandu s'est retrouvé dans d'autres cours d'eau plus importants.


Des litres et des litres de pétrole se déversent du Rio Chiriaco dans le  Marañón

De son côté, un site péruvien, El Panfleto, en dépit de son caractère satirique, a partagé une vidéo dramatique sur cet accident.

Et ce ne fut pas le seul : les habitants des localités de Santa Alegría et Santa Rosa dans la  province Datem del Marañon, région de Loreto, ont fait savoir que le 3 février une fuite a été provoquée par la foudre frappant l'oléoduc. Selon eux, cette fuite aurait contaminé 3 km du cours du Fio Morona sur une profondeur de 15 cm touchant quelques 3500 personnes.

Étant donné que ces fuites ont une origine commune, l'oléoduc nord péruvien administré par PetroPerú, la responsabilité devrait retomber sur cette entreprise d'État, même si celle-ci a déjà déclaré dans plusieurs communiqués qu'elle a assuré la maintenance de l'oléoduc et que ce sont des causes naturelles (érosion, glissement de terrain) qui ont provoqué des ruptures.


Pourtant, l'annonce que PetroPerú se verrait infliger une amende de 60 millions de soles, environ 17 millions de dollars à suscité des critiques :

Citation :
En plus de l'amende, @petroperu_sa doit nettoyer les fuites, le président et son équipe dirigeante doivent démissionner !

C'est incroyable, Petroperu contamine les fleuves en Amazonie et ce sont tous les Péruviens qui doivent payer l'amende.

Par la suite, avec l'apparition de nombreuses photos de cette zone, l'opinion publique a pu prendre la mesure de la gravité de l'accident. Les autorités des agglomérations touchées ont demandé une déclaration d'état d'urgence sanitaire, car il est devenu impossible pour les habitants de consommer l'eau des rivières contaminées. On estime que 2000 barils de pétroles se sont déversés et que 8000 personnes sont sinistrées, en plus du saccage de leurs cultures par ce qui devient la onzième fuite importante  en  Amazonie péruvienne depuis 2010.

A ce sujet, le cinéaste Fernando Valdivia insiste sur Facebook sur le fait que ces accidents se produisent de façon continue depuis de nombreuses années. Comme preuve il donne le lien d'une vieo datant de l'année 2009 où l'on entend un vice-ministre de l'énergie et des mines déclarer que ces fuites sont choses habituelles :

Valdivia ajoute :
Citation :

Les fuites sont permanentes. Ce qui se passe c'est que l'on ne prête attention qu'aux plus importantes et surtout aux plus visibles, réduire simplement ce problème aux faits récents c'est le relativiser. Même pendant l'année 1982, dans la série documentaire réalisé en Amazonie par Jacques Yves Cousteau, il y avait un chapitre sur cet oléoduc et ses dangers. En 2007 Jean Michael Cousteau, le producteur de la série, est revenu sur ce thème (lui même ayant tourné cette partie du film) et ce que l'on a découvert, c'est qu'au lieu de s'améliorer, la situation avait empiré, principalement en matière de menaces territorialles. Aujourd'hui, huit années après, le désastre est arrivé…

Sur Facebook, Buda de Nieve réfléchis à la relation entre ce qui s'est passé et le contexte de l'actuel processus électoral au Pérou :

Citation :
On a d'un côté le Pérou officiel, les candidats y parlent de progrès, d'accords commerciaux, de développement ; on a de l'autre côté la forêt péruvienne toujours oubliée (comme par hasard les candidats à cette élection se rendent aujourd'hui à Bagua). Cela fait des jours et des jours que les fleuves sont couverts de pétrole, que des centaines de personnes respirent des gaz toxiques et que des animaux meurent contaminés. La prochaine fois qu'un candidat parlera de l'importance du développement du pays, qu'il pense au type de développement qu'il souhaite pour ce pays. Voulons-nous un pays plus riche avec ce que nous voyons aujourd'hui ou voulons-nous un pays en développement durable ? C'est de cela également que l'on devrait parler à l'occasion d'une élection.

De son côté, l'ONG DAR signale que les mesures coercitives mises en place par la Loi N° 30230 (Loi de promotion de l'investissement) ne sont pas suffisantes pour éviter une contamination environnementale, car elles n'encouragent pas à la prévention ni au respect par les entreprises de leurs obligations.

Citation :
Nous sommes persuadés que ces affaires sont la conséquence directe d'une démarche qui cherche à promouvoir l'investissement au risque de fragiliser les normes environnementales considérées comme des obstacles à la croissance économique. Il est de nouveau démontré par les faits que cette logique bien que pouvant permettre de nouveaux projets à court terme et la création de revenus et d'emplois, porte en elle même de grand préjudice économique, sociaux et environnementaux.

À la date de cet article, les travaux de nettoyage continuent alors que les communautés qui vivent dans le bassin du Rio Moroña continent aussi à réclamer à Petroperú un ravitaillement en eau et en aliments  immédiatement et pendant toute la durée des travaux. Elles demandent également la fourniture d'équipements de protection adaptés aux personnes qui viennent nettoyer la zone affectée. Pour sa part, le ministère de la santé a déclaré une situation d'urgence sanitaire dans une des zones affectées de la région de Loretto.

Article publié à l'origine sur le blog Globalizado de Juan Arellano

Ecrit par Juan Arellano
Traduit par Henri Dumoulin


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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Jeu 12 Mai - 20:03


pollution de l'air, un enjeu décolonial aussi

En ville, 8 habitants sur 10 respirent un air trop pollué

Blandine Le Cain 12/05/2016


Un cycliste circule avec un masque pour se protéger lors d'un pic de pollution, le 5 mai à Mexico

INFOGRAPHIE - La qualité de l‘air ne respecte pas les limites fixées par l'OMS, qui révèle qu'entre 2008 et 2013 les niveaux mondiaux de pollution atmosphérique en ville ont augmenté de 8%.

Citation :
Ce n'est pas nouveau: l'air des villes est pollué. Sur cette question, l'étude sur la qualité de l'air des zones urbaines dans le monde publiée jeudi par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) nous apprend peu de choses. Ce qu'elle révèle, en revanche, c'est que malgré de fortes disparités selon les pays, une grande partie des villes de la planète affichent de niveaux de pollution au-delà des seuils recommandés.

Pour cette nouvelle série statistique, l'OMS a pu comparer des données couvrant 795 villes de 67 pays, de 2008 à 2013. Elle concerne les taux de concentration en petites particules (PM10, au diamètre inférieur à 10 microns) et particules fines (PM2,5, au diamètre inférieur à 2,5 microns). Ces données ont été recueillies par des bornes de mesures, qui se multiplient depuis plusieurs années, ou par les données transmises par les autorités de chaque pays à l'OMS.

• 8 citadins sur 10 exposés à un air trop pollué

À l'échelle mondiale, 80% des personnes vivant dans des zones urbaines sont exposées à des niveaux de qualité de l'air ne respectant pas les limites fixées par l'OMS. Ces valeurs maximales recommandées sont de 10 microgrammes/m3 en moyenne annuelle pour les particules fines, et 20 microgrammes/m3 pour les petites particules.

En Europe, seule quelques capitales occidentales se situent en dessous de ce seuil, bien que le dépassement des taux ne soit pas aussi élevé que dans d'autres régions.

• Les pays à faible revenu les plus touchés

Si toutes les grandes villes de la planète sont concernées, les niveaux de pollution atmosphérique les plus importants sont relevés dans les pays à revenu faible ou intermédiaire. Ainsi, d'après l'étude, 98% des villes de plus de 100.000 habitants y dépassent les normes de l'OMS. Dans les pays à haut revenu en revanche, cette situation ne concerne qu'un peu plus de la moitié des villes (56%).

L'Asie du Sud-Est, la Méditerranée orientale et l'Afrique, zones les plus touchées, affichent des taux 6 à 11 fois plus élevée que la concentration annuelle maximale recommandée par l'OMS. «Dans les régions de la Méditerranée orientale et de l'Asie du Sud-Est, ainsi que dans les pays à revenu faible de la région du Pacifique occidental, les niveaux de pollution atmosphérique en milieu urbain ont augmenté d'au moins 5% dans plus de deux villes sur trois», précise l'OMS. En Afrique, les données «restent très lacunaires» mais celles qui ont pu être recueillies montrent des taux «supérieurs au niveau médian».

Les villes des continents américain, océanien et européen sont moins concernées par les dépassements élevés des taux recommandés que les continents africain et asiatique.




• Une pollution en hausse malgré des efforts

D'après les experts, les niveaux mondiaux de pollution atmosphérique en milieu urbain ont augmenté de 8% entre 2008 et 2013. «La pollution atmosphérique en milieu urbain continue de progresser à un rythme alarmant, avec des effets dévastateurs pour la santé humaine», déclare dans le communiqué de l'OMS le Dr Maria Neira, Directeur du Département Santé publique, déterminants sociaux et environnementaux de la santé.

Pourtant, «dans le même temps, la sensibilisation gagne du terrain et les villes sont plus nombreuses à surveiller la qualité de leur air». Car le problème constitue un enjeu de santé publique: l'amélioration de la qualité de l'air permet de constater un recul des maladies respiratoires et cardio-vasculaires connexes à l'échelle mondiale, rappelle l'OMS.

Parmi les villes faisant l'objet d'une surveillance, une part non négligeable a cependant réduit le niveau de pollution atmosphérique. Elles sont plus de la moitié dans les pays à revenu élevé et plus d'un tiers dans les pays à revenu faible ou intermédiaire à avoir réduit de 5% ce niveau en cinq ans. La plupart des sources de pollution de l'air extérieur en milieu urbain ne sont en effet pas du ressort des personnes et exigent l'intervention des municipalités ainsi que des décideurs nationaux et internationaux dans les domaines des transports, de la production énergétique ou de la gestion des déchets, comme le rappelle l'organisation.

La pollution de l'air ambiant, due à des concentrations élevées de petites particules et de particules fines, est le principal risque environnemental pour la santé; elle cause plus de 3 millions de décès prématurés chaque année dans le monde.

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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Dim 17 Juil - 12:18


pollution industrielle, classe et race aux États-Unis

L’industrie du gaz de schiste accusée de venir « mettre ses déchets chez les Noirs et les pauvres »

Olivier Petitjean BastaMag 15 juillet 2016

Déversements sauvages de déchets toxiques, contamination des réseaux d’eau urbains, séismes... La ville de Youngstown dans l’Ohio fait l’expérience cruelle des problèmes environnementaux associés à l’expansion du gaz de schiste. Aussi bien la fracturation hydraulique que la pratique – peu connue en Europe – qui consiste à réinjecter ses eaux usées dans le sous-sol, représentent un risque majeur de contamination des ressources en eau. Une question qui concerne aussi les Européens, alors que la Bruxelles envisage d’ouvrir davantage le continent aux importations de gaz de schiste américain. Deuxième volet de notre reportage sur l’industrie du gaz de schiste dans l’Ohio.


Citation :
Le gaz de schiste est surtout une affaire de gagnants et de perdants. Si l’arrivée dans l’Ohio de cette industrie a profité aux compagnies pétrolières et à leurs actionnaires, les retombées pour les populations locales paraissent autrement plus problématiques. Les propriétaires qui ont loué leurs terres à ces compagnies pour qu’elles en exploitent le sous-sol peinent souvent à recueillir les bénéfices financiers qu’on leur a fait miroiter, tandis que les riverains des sites de fracturations en subissent de plein fouet les nuisances (voir le premier volet de cette enquête). Au-delà, c’est la population dans son entier qui est affectée par l’impact environnemental de l’industrie du schiste.

Autour de Youngstown comme un peu partout dans le monde, ce sont les menaces de contamination de l’eau potable par des produits chimiques toxiques ou du méthane qui focalisent les craintes. Pourtant, malgré les controverses, une grande partie des élus et fonctionnaires américains chargés de réguler le gaz de schiste semblent continuer à se fier aveuglément aux dires des industriels sur l’innocuité de leurs procédés. « Les fonctionnaires d’ici n’ont visiblement jamais entendu parler du principe de précaution », soupire Raymond Beiersdorfer, un habitant de Youngstown qui anime la résistance contre le gaz de schiste.

Un exemple ? À Youngstown même, un permis de fracturer a été accordé à la société Halcón, sur une concession de 5 000 acres (20 km2) en bordure du Meander Reservoir, un immense lac artificiel creusé dans les années 1930 et qui constitue l’unique source d’eau potable de la ville. Apparemment, ni le département municipal de l’eau ni l’agence de l’environnement de l’Ohio n’avaient été notifiés par le département des ressources naturelles de l’État, qui a délivré l’autorisation, malgré le risque que les produits chimiques utilisés pour la fracturation hydraulique ne migrent progressivement dans le réseau d’eau potable de Youngstown. Début 2013, déjà, des fissures ont été repérées sur un puits de gaz de schiste foré par Consol Energy, dans le bassin versant du réservoir.




Des produits toxiques dans les réseaux d’eau potable

Dès les premiers pas de cette industrie, les risques de contamination des nappes phréatiques par la fracturation hydraulique ont focalisé le mouvement de résistance contre le gaz de schiste. Les images d’eau du robinet prenant feu au contact d’une allumette, en raison de la présence de méthane, ont fait le tour du monde. Depuis, plusieurs études sont venues confirmer la réalité de ces risques [1]. Les puits individuels puisant dans les nappes phréatiques – qui restent une forme très répandue d’approvisionnement en eau potable aux États-Unis en dehors des grandes villes – sont les plus vulnérables, mais les réseaux urbains ne sont pas à l’abri.

Selon les militants de Youngstown, les contrôles de la qualité de l’eau réalisés par le département municipal de l’eau de la ville ne sont pas à la hauteur des risques. Les régulations fédérales américaines contraignent les fournisseurs d’eau à tester la présence de seulement 91 substances dans l’eau potable, alors que la fracturation hydraulique en utilise plusieurs centaines, dont certaines sont tenues secrètes. En outre, durant le deuxième trimestre 2013, le département municipal a tout simplement « oublié » de tester la présence de THM et d’AHA [2]. Deux ans plus tard, en septembre 2015, il a alerté la population sur la présence de THM dans l’eau potable de la ville, mais en déniant toute relation avec le gaz de schiste [3].




Pourtant, la contamination par des eaux usées de la fracturation hydraulique figure bien parmi les causes possibles de l’apparition de ces deux classes de substances chimiques, potentiellement toxiques dans l’eau [4]. C’est ainsi qu’en 2010, le département de l’eau de la métropole de Pittsburgh (Pennsylvanie), à une centaine de kilomètres de Youngstown, a constaté une augmentation anormale des THM dans son eau. Les experts mandatés ont fini par identifier la source du problème : des stations de traitement qui recevaient des eaux usées issues de la fracturation hydraulique mais ne possédaient pas les équipements nécessaires pour les dépolluer efficacement. Celles-ci rejetaient ensuite ces liquides dans l’Alleghany et les autres rivières dont Pittsburgh tire son eau potable [5].

Les déchets déversés dans les zones à fort taux de chômage

Malgré ses risques bien réels, la fracturation proprement dite n’est sans doute pas le principal problème de Youngstown ni la principale menace qui pèse sur son approvisionnement en eau. La majorité des forages de gaz de schiste du gisement d’Utica sont d’ailleurs situés davantage vers le sud de l’État (voir les cartes ci-dessous). En revanche, Youngstown et ses environs accueillent depuis plusieurs années des opérations de « réinjection » souterraine des eaux usées issues de la fracturation hydraulique. « L’Ohio est unique au sens où nous avons décidé de faire tout à la fois : de la production d’hydrocarbures par fracturation hydraulique, de l’injection des déchets liquides et du retraitement des déchets solides issus du fracking, explique Ted Auch, de l’ONG FracTracker. Nos voisins de Virginie occidentale et de Pennsylvanie envoient tous leurs déchets dans l’Ohio. »



Localisation des puits de gaz de schiste dans l’Ohio (source : FracTracker).
Rouge : puits en production ; bleu : puits autorisés ; vert : puits forés ; violet : forages en cours.


Localisation des puits d’injection dans l’Ohio (source : FracTracker)


De quoi s’agit-il ? Après un forage par fracturation hydraulique, une partie du mélange — eau, sable et produits chimiques — injecté dans le sol remonte à la surface, souvent après s’être chargé de particules toxiques supplémentaires. Trop polluées, ces eaux usées ne peuvent être retournées directement au milieu naturel, et – comme l’a démontré l’expérience de Pittsburgh – les installations de traitement existantes sont généralement insuffisantes pour en retirer tous les contaminants. D’où la pratique consistant à les réinjecter dans le sous-sol. Peu connue en Europe, où les controverses restent largement focalisées sur la fracturation et ses impacts directs, cette pratique est pourtant elle aussi une source de risques environnementaux majeurs.

Moins regardant que ses voisins et disposant d’une géologie plus favorable, l’Ohio s’est imposé comme la destination de choix des déchets du fracking, notamment dans ses comtés les plus frappés par la désindutrialisation, comme les environs de Youngstown. « C’est dégueulasse, ils choisissent délibérément de venir mettre leurs déchets chez les pauvres et les Noirs », fulmine Raymond Beiersdorfer. Selon les chiffres collectés par Fractracker, 90% des eaux usées injectées dans le sous-sol de l’Ohio proviennent de l’extérieur de l’État. Entre le troisième trimestre 2010 et le premier trimestre 2015, de 98 à 128 milliards de litres d’eaux usées issues de la fracturation ont été injectés dans le sous-sol de l’Ohio, et le chiffre a continué d’augmenter rapidement depuis [6].

Quand Youngstown devient une zone sismique

En général, les firmes pétrolières ne s’occupent pas elles-mêmes de leurs eaux usées. Ce sont des petites entreprises qui se chargent d’évacuer les eaux usées dans des camions, puis d’autres petites entreprises qui gèrent les puits de réinjection proprement dits. Le secteur ne semble pas extrêmement précautionneux dans ses pratiques environnementales. Selon les militants de Youngstown, lorsque les transporteurs d’eaux usées ne trouvent pas de puits où laisser leur cargaison, ou qu’ils cherchent simplement à « s’alléger » pour faire baisser leurs coûts, les chauffeurs de camion la déversent tout simplement dans une rivière... Les propriétaires de ces firmes échappent facilement à toute sanction en organisant leur faillite du jour au lendemain.




Youngstown a été l’une des premières villes américaines à faire l’expérience des conséquences de cette injection irréfléchie à grande échelle. Le 31 décembre 2011, elle a subi un tremblement de terre de magnitude 4 sur l’échelle de Richter. Plusieurs autres séismes avaient été ressentis dans la ville au cours des semaines et des mois précédents, mais ils n’avaient pas été reconnus officiellement par l’administration. En tout, selon les calculs de Raymond Beiersdorfer, l’Ohio – un État jusqu’alors quasiment épargné par les séismes – a connu plus de 1 000 tremblements de terre entre 2011 et début 2014, dont plus de la moitié à Youngstown même. Le puits d’injection Northstar 1, situé en pleine ville, à quelques dizaines de mètres de l’usine de Vallourec, a été officiellement reconnu comme la source de la plupart des séismes survenus à Youngstown – qui ont continué bien après que le puits ait été mis à l’arrêt forcé [7].

Déversements sauvages

Peu de temps après, grâce à un lanceur d’alerte, l’entreprise qui gérait Northstar 1 a été prise en flagrant délit de déversement d’eaux usées issues de la fracturation dans la rivière Mahoning. Des centaines de milliers de litres de substances toxiques et radioactives auraient ainsi été déversées à au moins 24 reprises entre fin 2012 et début 2013 dans cet affluent de la rivière Ohio, qui s’écoule vers la Pennsylvanie voisine. Le patron de l’entreprise et l’employé qu’il avait poussé à se débarrasser ainsi de ces eaux usées ont été condamnés à des peines de prison ferme. Le coût du nettoyage a été chiffré à trois millions de dollars.

Un autre déversement de substances toxiques a eu lieu en mars 2015 dans une zone humide, dans la localité de Vienna, à quinze kilomètres de Youngstown. Les déchets provenaient d’un puits d’injection appartenant à une autre entreprise, Kleese. Constatant que son terrain et les cours d’eau qui le traversaient avaient été dévastés, et que toute trace de vie y avait disparu, le propriétaire a tenté d’alerter les autorités de l’État, qui ont refusé de se déplacer pendant plusieurs semaines. Il a fallu qu’il contacte les militants locaux anti-gaz de schiste et les médias pour obtenir une réaction – laquelle a été de faire venir des camions pour nettoyer la zone au plus vite et enterrer l’affaire. La firme, sommée de dépolluer le site, a confié ce travail à des prisonniers venus de l’État de Géorgie, à des centaines de kilomètres de là. Selon les témoignages des riverains, ces prisonniers, chargés de récolter et d’évacuer les sacs pleins de cadavres de poissons, de tortues et d’autres animaux, ne disposaient que d’un équipement rudimentaire, sans protection respiratoire.



Oil & Gas Waste Spill Vienna, Ohio March 30, 2015 - ongoing clean-up
Consulter le diaporama de la Frackfree America National Coalition


Autant d’incidents qui sont tout sauf des exceptions : selon une compilation réalisée par l’Associated Press, près de 700 millions de litres d’eaux usées issues de l’extraction de pétrole et de gaz ont été déversées dans la nature entre 2009 et 2015 aux États-Unis, par accident ou de manière délibérée [8].

Une leçon à méditer

Pour Ted Auch, les problèmes qui entourent l’industrie de la réinjection illustrent un enjeu plus général : pour juger du véritable impact du gaz de schiste, il est indispensable de regarder au-delà de la seule fracturation hydraulique, pour considérer cette filière industrielle dans son ensemble. À l’enjeu du traitement des eaux usées s’ajoute ainsi celui des déchets solides. Forer des puits à plusieurs milliers de mètres de profondeur implique de faire remonter des quantités importantes de roche et de terre, elles aussi potentiellement chargées de substances toxiques et radioactives. L’industrie ne communique aucun chiffre, mais Fractracker estime que chaque puits de gaz de schiste produit entre 700 et 800 tonnes de déchets solides. Ces déchets partent dans des camions et, selon Ted Auch, « on n’a aucune idée d’où ils vont. Personne n’est en charge de les superviser. ».

Ce n’est pas tout : il y a aussi l’extraction à grande échelle de sable pour la fracturation, le passage incessant de camions qui abiment les routes, la construction de gazoducs... Ces impacts se font souvent sentir dans des régions différentes : ce sont par exemple les États du Wisconsin, du Minnesota, du Michigan et de l’Illinois, où l’extraction de gaz de schiste est quasi inexistante, qui subissent de plein fouet le développement de l’extraction de sable pour servir les besoins de cette industrie [9]. Ted Auch y voit une leçon que l’Europe devrait méditer. Si, par exemple, l’Angleterre se mettait à pratiquer massivement la fracturation hydraulique — comme l’espère aujourd’hui le gouvernement conservateur — on pourrait voir se multiplier rapidement en France des concessions d’extraction de sable, ou voir arriver les déchets du gaz de schiste.

Olivier Petitjean

- Lire aussi : L’Amérique défavorisée, proie de l’industrie des gaz de schiste, de ses pollutions et de ses escroqueries


Photos : Mark CC (Une) ; NPCA CC (un puits de gaz de schiste à la frontière du Dakota du Nord et du Montana) ; Sarah Craig/Faces of Fracking CC (eaux usées issues de la fracturation hydraulique, Californie) ; OP (les réservoirs du puits d’injection Northstar 1 à Youngstown).


Notes

[1]
Lire par exemple « Drinking water contaminated by shale gas boom in Texas and Pennsylvania », The Guardian, septembre 2014.

[2]
Trihalogénométhanes (THM) et acides haloacétiques (AHA).

[3]
Voir ici.

[4]
Les THM et les AHA sont des composés chimiques qui se forment typiquement après le traitement d’eaux usées ou d’eau brute par des procédés tels que la chloration ou l’ozonation, notamment lorsque ces eaux présentent une forte teneur en bromures et en iodures, comme c’est le cas des eaux fortement salinisées issues de la fracturation hydraulique.

[5]
Après la révélation de ces problèmes dans un article mémorable du New York Times (voir aussi cet article du North Carolina Health News), les firmes qui exploitent le gaz de schiste en Pennsylvanie ont globalement renoncé à faire appel à des stations locales de traitement pour disposer de leurs eaux usées : elles les envoient dans l’Ohio, comme on le verra bientôt.

[6]
Tous ces chiffres sont tirés de cet article de synthèse de Ted Auch.

[7]
Même si de nouvelles régulations ont été mises en place par les autorités de l’État pour encadrer la pratique de la réinjection, elles paraissent confuses et mal appliquées. Les entreprises sont désormais obligées d’installer des sismographes à côté de leurs puits… mais elles restent propriétaires des données.

[8]
L’étude menée par Associated Press est de surcroît incomplète, puisque aucune donnée n’est disponible pour certains États, comme la Pennsylvanie

[9]
Voir par exemple ici.

bon vent à ceux qui, scotchés à leurs concepts, ressassent que "la race n'est pas structurelle au capitalisme" : même si c'est strictement vrai en termes de philosophie abstraite, ça leur et nous fait une belle jambe...

le marxisme de la post-ultragauche, contrairement à un Pannekoek ou un Élisée Reclus, est de plus en plus le fait d'ignorants simplistes de formation littéraire, infoutus d'une approche transdisciplinaire intégrant les sciences physiques, qu'ils confondent sans doute avec un oubli de l'essence du capital et de se "contradiction principale"... Marx était lui un homme cultivé et curieux de tout

avec les sujets sur l'extractivisme, nous établissons encore une fois la preuve que le point de vue sur le rapport humanité-nature est fondamentalement lié à la civilisation capitaliste, et à la place que tient le racisme dans la contradiction de classe

autrement dit, du point de vue des luttes, c'est aussi la preuve que le moment décolonial n'est pas une lubie de bobo niant la nature du capitalisme fondé sur l'économie politique, l'exploitation

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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Jeu 21 Juil - 19:53


Les asthmatiques ont plus de risques d'avoir une crise d'asthme s'ils vivent près de puits de gaz de schiste extrait par fracturation hydraulique, montre la première étude sur le sujet.


Puits de gaz de schiste extrait par fracturation hydraulique en Pennsylvanie
© MLADEN ANTONOV / AFP

Citation :
Les asthmatiques ont jusqu'à quatre fois plus de risques d'avoir une crise s'ils vivent près de puits de gaz de schiste extrait par fracturation hydraulique, selon une recherche publiée dans la revue JAMA Internal Medicine et réalisée à partir de patients vivant en Pennsylvanie (Etats-Unis). Ces risques augmentent comparativement à ceux résidant à de plus grandes distances. Cette étude vient conforter d'autres travaux liant ces exploitations à des problèmes de santé, soulignent les auteurs de la faculté de santé publique de l'université Johns Hopkins à Baltimore.

Première étude sur asthme et fracturation hydraulique

Les responsables sanitaires sont préoccupés par les effets de ce type de forage sur la qualité de l'eau et de l'air, ainsi que sur le stress pour ceux qui résident près des puits, où il peut y avoir par exemple plus d'un millier de passages de camion par jour sur des routes rurales normalement peu fréquentées. L'industrie de la fracturation hydraulique a mis en exploitation plus de 9.000 puits en Pennsylvanie ces dix dernières années. "Notre étude est la première à se pencher sur l'asthme et cette activité, mais nous avons déjà plusieurs recherches suggérant des effets néfastes sur la santé liés à la fracturation hydraulique", relève un des auteurs, Sara Rasmussen, chercheuse au département de la santé environnementale à l'université Johns Hopkins.

Les chercheurs ont analysé les dossiers médicaux d'un groupe d'assurance maladie entre 2005 à 2012 dans plus de quarante comtés dans le nord et le centre de la Pennsylvanie, où se concentre l'exploitation des gaz de schiste. Les auteurs ont trouvé plus de 35.000 patients asthmatiques âgés de cinq à 90 ans. Pendant cette période, ils ont identifié près de 21.000 attaques d'asthme bénignes requérant seulement une ordonnance pour des corticoïdes, 1.870 crises plus fortes nécessitant d'aller aux urgences et 4.782 cas où les patients ont dû être hospitalisés. Ces scientifiques ont établi une carte des endroits où vivaient les malades par rapport aux emplacements des puits, la taille de ces derniers, leur nombre ainsi que leur phase d'exploitation, leur profondeur et le volume de production (voir ci-dessous).



© Sara G. Rasmussen / JAMA Internal Medicine


Des problèmes de reproduction pointés du doigt

Les asthmatiques qui vivaient au plus près d'un grand nombre de puits ou des plus actifs, avaient un risque de crise d'asthme entre 1,5 et 4 fois plus élevé. La probabilité d'une crise est d'autant plus grande que les puits sont dans une phase de production, qui peut durer de nombreuses années. Ces résultats ont été confirmés après avoir pris en compte d'autres facteurs pouvant exacerber l'asthme comme la proximité d'un grand axe autoroutier, des antécédents familiaux ou le tabac. Des études ont aussi suggéré que le stress pouvait nettement accroître le risque de crise d'asthme. De précédentes recherches ont déjà lié les activités de fracturation hydraulique à des problèmes de reproduction, des naissances prématurées et à un poids plus faible des nouveaux-nés ainsi qu'à une variété de symptômes cutanés et respiratoires.


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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Ven 22 Juil - 10:48


EDF, les mains rougies par le « charbon de sang » colombien

Émilie Massemin Reporterre 22 juillet 2016

Le 22 juillet est la journée internationale contre la méga-industrie minière. En Colombie, l’exploitation du charbon s’effectue en multipliant les violations des droits de l’homme. EDF compte parmi les clients de ce « charbon de sang ».


Citation :
Attablée dans un café parisien, Maira Mendez Barboza rassemble ses forces. Nous sommes le 11 mai, la veille de l’assemblée générale d’EDF. La jeune femme est bien décidée à interpeller l’énergéticien français sur ses achats de « charbon de sang » aux entreprises minières Drummond et Prodeco/Glencore, accusées de graves violations des droits de l’homme dans le département de Cesar, en Colombie. Les yeux dans le vague, elle se remémore une fois de plus la scène atroce de l’assassinat de son père, syndicaliste et employé de Drummond, le 19 février 2002.

« Toute la journée de la veille, des voitures ont traversé le village à toute allure, raconte-t-elle. En rentrant du travail à 19 h, mon père nous a rassuré en nous disant qu’il s’agissait de véhicules de Drummond. À 2 h du matin, un groupe de trente paramilitaires est arrivé en criant : “Mendez, tu sors ou on jette une grenade dans la maison et on tue tout le monde !” » Ses parents, son frère et elle attendent vingt longues minutes dehors que le groupe pille leurs affaires, vêtements et ustensiles de cuisine compris. Sa mère, son frère et elle reçoivent l’ordre de rentrer, mais son père reste sur la terrasse.

« À un moment, il m’a appelée pour que je lui apporte son portefeuille, poursuit Maira Mendez Barboza. Les paramilitaires étaient en train de l’interroger : depuis combien de temps travaillait-il pour Drummond ? Était-il syndicaliste ? Après mon départ, ils lui ont dit qu’il était une personne indésirable et l’ont menotté. Nous avons entendu des tirs, puis ils sont partis. Avec ma mère, nous sommes sorties précipitamment, avec l’espoir qu’il était en vie, que c’était juste un cambriolage. Mais j’ai vite vu le corps sans vie de mon père, criblé de neuf balles. Ils lui avaient tiré dessus avec des fusils et des 9 mm. J’avais quinze ans »

« Les entreprises déclarent la guerre à la seule organisation syndicale indépendante »

La série noire ne s’arrête pas là dans la région de Cesar, où le front de paramilitaires Juan Andrés Alvarez aurait été spécialement créé pour agir aux abords des mines et des voies de chemin de fer. « Un mois après, ils ont assassiné Victor Hugo Orcasita et Valmore Locarno, président et vice-président de la même organisation syndicale [Sintramienenergetica, le plus grand syndicat indépendant colombien]. Puis, quelques mois après, Gustavo Soler, qui avait pris la suite de Victor Hugo Orcasita à la présidence du syndicat. » Entre 1996 et 2006 , quelque 3.100 personnes ont perdu la vie sous les coups des paramilitaires, d’après une note des Amis de la Terre. 55.000 habitants ont fui leurs villages et plus de 300 personnes sont encore portées disparues.

Quel est le lien avec l’Étasunien Drummond et Prodeco, filière colombienne du Suisse Glencore ? L’ONG néerlandaise Pax a mené l’enquête (lien en anglais) pendant plus de deux ans auprès d’anciens paramilitaires : au moins neuf d’entre eux ont témoigné de liens entre leurs fronts et les entreprises minières. « Installées en zone de conflit, ces entreprises ont attiré les paramilitaires pour assurer leur sécurité », analyse Maina van der Zwan, de l’ONG Pax. Selon l’organisation néerlandaise, Prodeco aurait payé plus de 900.000 dollars à des paramilitaires via un fournisseur alimentaire, au moyen notamment de notes de frais gonflées.



Maina van der Zwan, de l’ONG Pax.

Ces découvertes n’étonnent pas Maira Mendez Barboza : « Au début, mon père aimait bien son travail. Mais ses collègues et lui n’osaient pas trop commenter les choses non conformes dans l’entreprise quand ils mangeaient à la cantine, parce que les paramilitaires étaient là. Mon père nous racontait que, parfois, les paramilitaires l’interpellaient au sein même de l’entreprise. »

Comment la situation a-t-elle évolué depuis la démobilisation de 2006 ? « Les victimes n’ont obtenu aucune réparation de la part des entreprises, regrette la Colombienne. Nous continuons à être victimisées et menacées par des groupes paramilitaires comme Los Rastrojos et Aguilas Negras. Il y a deux semaines, le syndicat auquel appartenait mon papa a de nouveau été menacé. » Les conditions de travail resteraient très difficiles : « Les salariés sont obligés de venir quand ils sont malades et doivent rester dans des sortes de conteneurs, décrit Maina van der Zwan. Il y a aussi de graves problèmes du côté des sous-traitants. Les syndicats des entreprises ne sont pas indépendants, et les entreprises déclarent la guerre à la seule organisation syndicale indépendante. »

Une entreprise danoise a suspendu ses achats de charbon colombien

La pollution causée par les mines n’améliore pas la situation. « Il y a beaucoup de poussière, les niveaux d’eau sont bas et contaminés », explique Maina van der Zwan. Maira Mendez Barboza, qui vit toujours dans le petit village de Cruce de Chigiguana, dans le département de Cesar, avec son fils de dix ans, sa mère, son frère et le reste de la famille, peut en témoigner : « L’air et l’eau sont pollués. Quand mon père travaillait, il se rendait bien compte que les employés tombaient malades. Même chez les habitants, on constate des malformations chez les enfants, des cancers de la peau et des poumons. »

Pour les Amis de la Terre et l’ONG Pax, c’est clair : les entreprises européennes qui achètent la plus grosse partie du charbon produit à Cesar, parmi lesquelles EDF, doivent cesser au plus vite leurs importations et s’assurer que Prodeco/Glencore et Drummond s’engagent à ce que justice soit faite pour les familles des victimes. « L’idée est que la sortie du charbon se fasse de la manière la plus responsable possible, de sorte que les victimes de ces violations des droits de l’homme obtiennent réparation », insiste Maina van der Zwan. Et suivre ainsi l’exemple de l’entreprise énergétique danoise Dong, qui a annoncé en avril dernier la suspension de ses contrats avec Prodeco/Glencore, quelques années après avoir suspendu ses relations avec Drummond pour des raisons éthiques.



Image de la campagne photographique de l’ONG Pax, en 2015, sur les conditions d’exploitation
du « charbon de sang » du département de Cesar, en Colombie.

Pour l’instant, leurs efforts ne sont guère concluants. « EDF n’a pas démenti son approvisionnement en charbon auprès des entreprises colombiennes, indiquent les Amis de la Terre dans leur note. Dans une lettre datée du 30 mars 2016 et adressée au directeur général de l’ONG pour la paix Pax, la vice-présidente du développement durable d’EDF reconnaît la sensibilité du charbon colombien, mais se retranche derrière la participation d’EDF et EDF Trading à l’initiative Bettercoal », censée « améliorer les performances éthiques, sociales et environnementales des mines de charbon ». Une initiative du secteur privé, fondée sur une démarche volontaire et qui ne prévoit aucun mécanisme de sanction, dénonce l’ONG...

Interpellé jeudi 12 mai lors de l’assemblée générale d’EDF, le PDG, Jean-Bernard Lévy, tout en reconnaissant le drame vécu par la famille de Maira Mendez Barboza, a dit ne pas voir le lien entre EDF et les exactions commises dans la région de Cesar.


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MessageSujet: Re: CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS    Lun 5 Sep - 21:34



via ‏@SasjaBeslik 28 août

As stupid as it is true #climatechange #capitalism

sunny


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CATASTROPHES INDUSTRIELLES et POLLUTIONS
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