PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes

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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Ven 11 Déc - 11:12



Asean. Une communauté économique pour 625 millions de citoyens







Les représentants des pays membres de l’Asean, le 22 novembre 2015, à Kuala Lumpur.
PHOTO MOHD RASFAN/AFP

L’Association des nations d’Asie du Sud-Est a annoncé sa transformation en communauté économique, sur le modèle de l’Union européenne. Mais des étapes restent à franchir pour en faire une réalité.

Citation :
Les dirigeants des dix pays de l’Association des pays de l’Asie du Sud-Est (Asean) ont signé le 22 novembre à Kuala Lumpur la création d’une “communauté de l’Asean” qui doit prendre effet le 31 décembre.

Les chefs d’Etat ont ensuite souligné leur geste “d’un point d’exclamation oral en tapant à l’unisson sur le tambour traditionnel” de leurs nations respectives, raconte le Bangkok Post.

“La communauté économique de l’Asean est sur le point de devenir une réalité pour les 625 millions d’habitants de la région”, souligne The Straits Times. L’objectif est “de faire de la région un marché commun en éliminant les barrières tarifaires” et en facilitant la circulation des personnes, des produits et des capitaux. Créée en 1967, l’Asean rassemble aujourd’hui la Birmanie, la Thaïlande, le Laos, le Cambodge, le Vitenam, les Philippines, la Malaisie, Singapour, Brunei et l’Indonésie.

Impatience des investisseurs

Cette signature arrive au “moment opportun”, estime The Straits Times, puisque l’économie chinoise montre des signes de faiblesse. L’Asean va donc devenir un espace économique attractif. “Les investisseurs étrangers sont impatients de pouvoir prendre pied dans ce qui constitue désormais la septième économie au niveau mondial et d’en tirer les avantages”, juge The Nation de Bangkok.

Le journal précise qu’il reste 37 mesures à régler – sur un total de 506 – pour transformer la communauté en réalité. La déclaration de Kuala Lumpur s’accompagne d’ailleurs d’une feuille de route afin de faire avancer l’intégration régionale des pays membres de l’Asean au cours des dix prochaines années. Les points à régler avant la création de cette communauté concernent uniquement le plan économique (harmonisation des barrières tarifaires, fiscalité…) ; les objectifs politiques et sociaux sont, eux, déjà remplis.

Médecin, architecte, infirmière, guide touristique…

Pour le moment, seules les huit professions signalées dans le graphique ci-dessous, produit par le site Aseanup.com, bénéficient d’une reconnaissance mutuelle dans les dix pays de la communauté, permettant ainsi aux titulaires des diplômes correspondants d’exercer au-delà de leurs frontières nationales.



The Nation de Bangkok alerte sur le fait que la communauté souhaitée par les chefs d’Etat de l’Asean ne sera “une réalité que lorsqu’ils auront réussi à convaincre leurs propres citoyens et leurs législateurs des bénéfices qu’ils pourront en tirer”.




Dernière édition par Admin le Ven 17 Juin - 7:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Sam 12 Déc - 10:43







Intense class struggle in South Korea - General strike called for next week Rasmus Jeppesen 11 December 2015

In the past month South Korea has been the scene of a bitter struggle between one of the main unions in the country, Korean Confederation of Trade Unions (KCTU), and the right-wing government led by president Park Geun-hye.

Citation :
On 14 November, the KCTU called for strikes and demonstrations throughout South Korea after the Park government announced a wave of labour reforms to make the labour market more ”flexible”. This included making it easier for employers to lay off workers, introduce performance-based wages and other attacks on working conditions.

Already on 6 November, some 200 police officers attempted to raid a union which is involved in a current strike and is affiliated to the KCTU. This was clearly a move from the government’s side to try to suppress the 14 November demonstration before it took off.

The demonstration on 14 November was the biggest movement in South Korea for the past seven years. More than 130,000 people participated. It was not only the labour reforms that sparked anger but also President Park, who is the daughter of the former military dictator Park Chung-hee, and her decision to try to rewrite educational history books – a clear attempt to try to whitewash over her father’s dark past.

Park Geun-hyeThe police violently attacked the demonstration, arresting 51 and leaving around 100 protesters injured, including a 69-year old man in a critical state. They also attempted to arrest the President of KCTU, Han Sang-gyun (the police even announced that the officer who arrested him would get a promotion), but were stopped by union members. After Han organized protest rallies in April and May, there was a warrant put out for his arrest. This has meant that he has been forced to hide in the union buildings.

Since the latest protest, the government has used every dirty trick in the book to try to smash the movement. President Park even went as far as to compare the protesters to the Islamic State:

“Given that the extremists of the Islamic State (IS) group hide their faces, we should ban demonstrators from wearing masks in the future,” Park is reported to have told a Cabinet meeting.

Alluding to the recent terrorist attacks in Paris, Park warned of the risk of protests being infiltrated by “terrorist elements”, according to the AFP.

These steps have been a part of an increasing crackdown on the unions. On 21 November, the police raided the head offices of the KCTU and several affiliated unions offices, and some raids and arrests have followed against union activists and union headquarters. The police tried to ban a second rally on 5 December, but the ban was lifted by the courts and as 30,000 took to the streets to protest against the crackdown.

Then, yesterday, President Han of the KCTU, who was hiding in the Joggye Buddhist Temple, gave himself up to the police after days being besieged by more than 2000 police officers. The police had called off an operation to storm the temple after the intervention of the leadership of its monks.

Call for general strike

However, this arrest is not the end of it. The leadership of the KCTU has called a general strike 16 December to continue the struggle against the government’s reforms. President Park is beginning to walk in her father’s footsteps with more repressive and authoritarian measures. This is preparing a period of intense class struggle.

This is a reflection of the crisis of South Korean capitalism. Until recently the South Korean economy was kept afloat by Chinese growth, but with the impending crisis in China, South Korea is being hit hard. In September it was announced that there had been a decline of 14.7 percent in exports from a year before. These are signs of the beginning of a crisis in which the South Korean ruling class will attempt to protect their profits by increasing the exploitation of the working class. Thus, it is clear that this will not be the last attack on the workers by this government, who will not shy away from using any method as it tries force austerity and cuts upon them.

But this doesn’t mean that the South Korean workers are going to accept what the ruling class is offering. The labour movement in South Korea has a very militant past and the South Korean working class is very powerful. It is necessary to take the best traditions from this past, radicalise the struggle and link it together with the struggle for a society where it is the working masses who run the economy.





Korean railroad workers strike against privatization Libcom décembre 2013



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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Sam 12 Déc - 13:35


mariez-vous !?



Japon : cinq femmes poursuivent l'Etat en justice pour pouvoir garder leur nom de jeune fille Francetv info 11/12/2015

Une loi japonaise de 1896 contraint les époux à adopter le même nom de famille lors de leur mariage


Kaori Oguni, 41 ans, l'une des plaignantes, photographiée à Tokyo (Japon)
le 3 décembre 2015. (THOMAS PETER / REUTERS)

Citation :
"Je suis née Tsukamoto et je veux mourir Tsukamoto", confie Kyoko Tsukamoto, 80 ans. Elle fait partie des cinq Japonaises qui ont porté plainte contre le gouvernement de leur pays, rapporte vendredi 11 décembre le Guardian (en anglais). Elles remettent en cause une loi datant de 1896, qui oblige les époux à adopter le même nom de famille lors de leur mariage, pour que l'union puisse être enregistrée. Les plaignantes estiment que cette loi est inconstitutionnelle, et qu'elle viole les "droits civils" des couples mariés.

"En perdant ton nom de famille, tu es banalisée, tu n'es pas respectée... C'est une part de toi-même qui disparaît", explique Kaori Oguni, traductrice et plaignante au procès. Si la loi de 1896 ne précise pas quel nom de famille adopter, dans la pratique, 96% des femmes adoptent celui de leur mari. "Le reflet de la société patriarcale du Japon", note le Guardian. Pour les conservateurs, cette loi a permis de créer une stabilité sociale. La modifier affaiblirait les liens familiaux et menacerait la société.


"Un changement dans l'air du temps"


Les partisans du changement avancent eux une réforme dans l'air du temps : "Le monde tourne davantage autour des individus maintenant", explique Shunsuke Serizawa, un spécialiste japonais des questions de genre et de la famille.

Au Japon, de nombreuses femmes font face à un véritable dilemme, lorsqu'elles doivent choisir entre leur nom de jeune fille pour usage professionnel et leur nom d'épouse sur les documents officiels. Certains couples choisissent alors de ne pas enregistrer leur mariage, mais font face par la suite à de nombreuses complications judiciaires, au niveau de leurs droits parentaux et héréditaires. La Cour suprême du Japon doit statuer le 16 décembre.


PS : il faut croire que le machisme est en concurrence avec le nationalisme. Un couple mixte, d'amis, elle japonaise, lui français, vivent au Japon, mais leur fils doit porter le nom de sa mère... Ma compagne japonaise, officiellement mon épouse (pour pouvoir rester en France), a des papiers à son nom japonais, comme l'y autorise la loi française...

Loi du 6 fructidor an II (23 août 1794)
Citation :
Selon la loi du 6 Fructidor de l'an II, «aucun citoyen ne pourra porter de nom ni de prénom autres que ceux exprimés dans son acte de naissance».


nom d'usage

sur mon passeport, mon nom est composé avec celui de mon épouse, pour faciliter mes relations avec l'administration japonaise...




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MessageSujet: Tony Abbott   Sam 12 Déc - 15:45


Selon Tony Abbott, ex-Premier ministre australien qui publie un éditorial mercredi, "les cultures ne sont pas toutes égales"

Citation :
L'ancien Premier ministre conservateur australien Tony Abbott a jugé mercredi que "toutes les cultures n'étaient pas égales" et que l'Occident devrait proclamer sa supériorité sur la "culture islamique".

L'islam n'a pas connu sa propre "Réforme". L'Occident doit "être prêt à proclamer la supériorité évidente de notre culture sur une culture qui justifie le fait de tuer des gens au nom de Dieu", écrit Tony Abbott dans une tribune publiée par le Daily Telegraph.

"L'islam n'a jamais connu sa propre version de la Réforme et des Lumières, et l'acceptation consécutive du pluralisme et de la séparation de l'Eglise et de l'Etat", poursuit l'ancien Premier ministre, autrefois surnommé le "moine fou". Tony Abbott, un ancien séminariste catholique, avait été renversé par Malcolm Turnbull en septembre à la faveur d'un putsch au sein du Parti libéral, la principale formation de la coalition conservatrice au pouvoir.

"Les cultures ne sont pas toutes égales". Les Australiens doivent en faire davantage pour promouvoir la culture occidentale et "arrêter de s'excuser pour les valeurs qui ont fait de notre pays un pays libre, juste et prospère", ajoute l'homme politique. "Ce n'est pas culturellement méprisant que d'exiger fidélité à l'Australie et respect pour la civilisation occidentale. Les cultures ne sont pas toutes égales".

Engagé dans la coalition anti-Daech. L'Australie, qui participe à la coalition internationale menée par les Etats-Unis contre l'organisation Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie, a mis en échec six projets d'attentats de musulmans radicalisés au cours de l'année écoulée sur son sol, d'après les autorités.

Les propos de Tony Abbott, publiés au moment où Donald Trump, candidat milliardaire à la Maison Blanche, a lui-même suscité un tollé en déclarant les musulmans persona non grata aux Etats-Unis, ont suscité de vives réactions.


Tony Abbott should steer clear of Donald Trump-style politics


Tony Abbott has every right to express his views on all manner of subjects, including Islam...
But he also has a responsibility to tread carefully. In his calls for a "reformation" of Islam
it could not be said he had trodden lightly. David Rowe





Tony Abbott

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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Sam 12 Déc - 16:49

Philippines


Neuf morts dans l'incendie d'un bidonville à Manille AFP L'Orient-Le Jour 11/12/2015

Neuf personnes ont péri dans un incendie survenu dans l'un des gigantesques bidonvilles de Manille, le troisième sinistre à frapper les taudis de la capitale des Philippines en trois semaines, ont annoncé vendredi les autorités.


Citation :
Les habitants ont saisi quelques biens en s'enfuyant du bidonville de Damayang Lagi, peu après le début de l'incendie, dans la nuit de jeudi à vendredi, a raconté à l'AFP un survivant, Arman Altoveros. "L'incendie s'est propagé si rapidement, tout est parti en fumée en quelques minutes", a dit ce conducteur de pousse-pousse de 43 ans en fouillant les décombres de sa cahute. Une petite fille de sept ans figure parmi les personnes décédées, selon un porte-parole du service national de lutte contre les incendies, Renato Marcial.

Ce nouveau sinistre porte à 323 le nombre de personnes décédées dans des incendies dans l'archipel depuis le début de l'année, contre 228 en 2014, selon les chiffres officiels.


Les flammes ont détruit une cinquantaine de cabanes à Damayang Lagi, faisant environ 600 sans abri.

Les incendies, souvent imputés à des réseaux électriques défaillants, sont monnaie courante dans la capitale philippine, où des millions de personnes vivent dans des habitations de fortune.

"Les bidonvilles sont à très haut risque", a souligné Renato Marcial. "Ils surchargent les réseaux électriques sans se préoccuper des questions de sécurité. Ils volent aussi l'électricité et endommagent les lignes", a-t-il ajouté.

La semaine dernière, 5.000 personnes se sont retrouvées sans logement dans le quartier de Quiapo à cause d'un incendie qui a également contraint à l'évacuation temporaire d'une prison. Fin novembre, environ 800 maisons avaient été détruites par les flammes dans un bidonville du quartier de Mandaluyong.


En mai, 72 personnes ont péri dans l'incendie d'une manufacture de vêtements dans le quartier décrépit de Valenzuela.





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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Sam 12 Déc - 19:08

(Suisse)

Le Japon va fabriquer le 1er TGV de l'Inde

Transports — Le Japon va livrer le premier train à grande vitesse de l'Inde, a annoncé samedi le Premier ministre indien à l'occasion de la visite de son homologue japonais.

autres actus
 

Le shinkansen (ndlr: le TGV japonais) Image: Keystone

Citation :
Le projet de TGV «va lancer une révolution dans les chemins de fer indiens et accélérera le passage de l'Inde vers l'avenir. Cela deviendra un véritable moteur de la transformation économique de l'Inde», a déclaré le Premier ministre indien à l'issue d'un entretien avec son homologue japonais.

Les deux hommes d'Etat ont également conclu un protocole d'accord sur la coopération dans le domaine nucléaire civil, dont les détails seront finalisés avant qu'il soit signé, a précisé un porte-parole de ministère indien des Affaires étrangères sur son compte Twitter.


Tokyo a longtemps refusé de coopérer avec l'Inde dans ce domaine car Delhi n'a pas ratifié le traité de non-prolifération. Mais New Delhi et Tokyo veulent profiter des bonnes relations entre leurs deux chefs de gouvernement conservateurs pour tenter de contrer l'influence croissante de la Chine en Asie.

Les deux pays sont également convenus d'étudier des projets à l'avenir sur le transfert de technologie en matière de défense, dont les avions amphibies japonais US-2. M. Modi a en outre annoncé que l'Inde fournirait à partir de l'année prochaine des visas à l'arrivée aux citoyens japonais. Le Premier ministre indien a promis de moderniser le tentaculaire réseau ferré indien, qui souffre d'un gros retard d'investissement.

«Les politiques économiques de M. Modi sont comme le shinkansen (le TGV japonais, NDLR) -- à haute vitesse, sûres et fiables, tout en transportant un grand nombre de gens», a déclaré le Premier ministre japonais. La technologie ferroviaire à grande vitesse japonaise devrait être employée sur une ligne de 505 kilomètres reliant Bombay à Ahmedabad, selon des responsables. Le coût de travaux est évalué à 980 milliards de roupies (13,5 milliards d'euros).

Après une rencontre avec des dirigeants d'entreprises samedi, M. Modi a salué la décision du fabriquant de voitures japonais Maruti Suzuki d'exporter au Japon les voitures Baleno construites en Inde. «Pour la première fois, le Japon va importer des voitures d'Inde. Et Maruti va fabriquer des voitures ici» (en Inde), s'est-il félicité. MM. Modi et Abe entretiennent d'étroites relations remontant à avant l'arrivée au pouvoir de l'Indien en mai 2014, tous deux étant issus de la droite et affichant leur nationalisme.


PS : contrairement au TCG français, le Shinkansen japonais, recouvre une grande diversité de modèles, de formes et de couleurs >> images



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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Lun 14 Déc - 8:24




Birmanie : un glissement de terrain dans une mine fait au moins 90 morts 22 Nov. 2015


des mineurs travaillant dans une mine de jade, dans une région reculée de Birmanie
AFP/Ye Aung Thu

Au moins 90 personnes ont été tuées en Birmanie dans un glissement de terrain dans une mine de jade, secteur économique opaque aux mauvaises conditions de sécurité, selon le dernier bilan des autorités dimanche. «Nous ne trouvons que des morts» dans la montagne de pierres éboulées, a déclaré à Nilar Myint, responsable de l'administration locale et coordinateur des secours dans la région très isolée de Hpakant, dans le nord du pays.


Citation :
Les secouristes, comprenant selon lui la Croix Rouge locale mais aussi des renforts de l'armée et de la police, poursuivaient dimanche leurs efforts. La Birmanie, premier producteur mondial de jade, tire de grands profits de la présence massive de la précieuse pierre dans le sous-sol de cette région minière, connue pour la qualité de son jade. Mais les conditions d'extraction sont très mauvaises, sans souci pour l'environnement et la sécurité des bataillons de mineurs illégaux sur l'existence desquels autorités et grosses compagnies minières ferment les yeux.


Drames de la pauvreté


Ils sont en effet des milliers de travailleurs birmans pauvres à affluer dans cette région aux confins de la Chine, vivant dans des campements de fortune, pour tenter de trouver des morceaux de jade négligés par les pelleteuses et laissés dans des montagnes de remblais aux marges des mines.

L'accident s'est produit samedi quand une montagne de remblais s'est effondrée sur des dizaines de ces cabanes de fortune dans lesquelles dormaient des habitants vivant de la recherche de morceaux de jade restés non exploités. Rien que ces derniers mois, des dizaines d'habitants tentant de trouver du jade laissés par les pelleteuses des grosses compagnies minières sont morts dans des éboulements de terrain, selon les ONG.

Ces drames de la pauvreté sont parfois mentionnés dans la presse locale, sans que rien ne change dans la vie de ces légions de mineurs illégaux, tentant leur chance dans les mines à la nuit tombée le plus souvent. Malgré les réformes menées ces dernières années, le plus grand secret continue d'entourer ce marché du jade, qui reste la chasse gardée des vieilles élites ayant bâti leurs fortunes à l'époque de la junte autodissoute en 2011.

La Birmanie a vendu sur le marché mondial en 2014 près de 27,5 milliards d'euros de jade, dix fois le chiffre officiel selon un rapport publié en octobre 2015 par l'ONG Global Witness.


«Possible plus grand pillage de ressources naturelles de l'Histoire moderne»

L'ONG basée à Londres souligne que le marché du jade représente près de la moitié du Produit intérieur brut (PIB) de ce pays qui reste l'un des plus pauvres d'Asie du Sud-Est, en dépit d'une forte croissance depuis l'ouverture de l'ex-Etat paria en 2011. Rien que vers la Chine, selon les chiffres officiels de Pékin, plus de 12 milliards de dollars (10,6 milliards d'euros) de jade birmane ont été importés en 2014, souligne Global Witness, dénonçant un «possible plus grand pillage de ressources naturelles de l'Histoire moderne».

Les ONG dénoncent une intensification de l'activité des compagnies minières ces derniers mois. L'opposante Aung San Suu Kyi, dont le parti a remporté une victoire écrasante aux élections du 8 novembre, doit former un gouvernement début 2016. Elle a promis de lutter contre la corruption et l'opacité de l'économie, dont l'industrie du jade est un bon exemple.

Autrefois terre de jungles luxuriantes, la région de Hpakant est désormais constellée de collines à nu, en raison de la multiplication des carrières.
L'engouement des Chinois pour la précieuse pierre aux diverses nuances de vert accélère la déforestation de cette région septentrionale de l'Etat Kachin. Cette région est aux prises avec des combats entre l'armée et des groupes rebelles armées.

Le jade est une source importante de revenus pour l'Armée d'indépendance kachin (Kachin Independence Army, KIA), un des groupes armés ethniques les plus actifs dans ses combats avec le pouvoir central.





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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Jeu 17 Déc - 15:04



Grandeurs et limites du principe syncrétique en Indonésie Publié le 17 décembre 2015 par [color=#0000ff]Un œil sur le monde musulman, les7duQuébec, blog de Ysengrimus, alias Paul Laurendeau, auteur de l'ouvrage en cause ici


Jakarta (capitale de l’Indonésie)

UN ŒIL SUR LE MONDE MUSULMAN

Paul Laurendeau a écrit:
Le plus grand pays musulman au monde c’est l’Indonésie, 240 millions d’habitants répartis dans un immense archipel de 13,000 îles au gouvernement cependant très unifié et centralisé (capitale: Jakarta).

Les grandeurs et les limites du syncrétisme religieux indonésien se formulent comme suit, si on les résume. T’as pas le droit d’être officiellement athée là-bas. Tu dois avoir une religion d’affiliation (que tu choisis par contre librement. Il n’y a pas de religion d’état). Et pas seulement ça, tu dois explicitement déclarer une religion sur ta fiche d’identité obligatoire. Et, aux vues de la loi indonésienne, il y a que six religions reconnues. Tu dois donc choisir une de celles-ci aux fins de ton identification à l’état civil. Les choix sont les suivants (les pourcentages ont été arrondis) :

Islam (87% de la population)
Protestantisme (7% de la population)
Catholicisme (3% de la population)
Hindouisme (2% de la population)
Bouddhisme (0.75% de la population)
Confucianisme (0.05% de la population)
Résidu non déclaré (0.2% de la population)


Carrefour de commerce maritime fort ancien, le très vaste territoire qui constitue aujourd’hui l’Indonésie a d’abord produit son lot de religions contemplatives vernaculaires locales dont la prégnance se perpétue en partie jusqu’à nos jours, dans certaines îles, notamment à Java. Ces cultes n’ont aucun statut officiel ou légal mais ils forment le fond éclectique ondoyant et mouvant sur lequel se configurera graduellement la culture de tolérance confessionnelle de l’archipel. Pour tout envahisseur ou «découvreur», c’était une nouvelle île, un nouveau culte, un nouveau lot de fétiches, une nouvelle aventure interactionnelle.

Indonesie

La première grande religion historique à pénétrer en Indonésie fut l’Hindouisme (aujourd’hui 2% de la population). Les premières traces de cette religion datent des années 400 à 500 de notre ère. Corps de croyances polythéistes élitaires, circonscrit, peu implanté, elle articula le système de représentations des dirigeants de certains royaumes insulaires. On la retrouve aujourd’hui surtout à Bali et un petit peu à Java. Vers 600, le Bouddhisme (aujourd’hui (0.75% de la population) fait son apparition, relayé par des moines indiens ou chinois. Il ne s’implantera pas en profondeur, lui non plus.

Pour l’Islam on peut citer trois dates jalons. La plus vieille stèle musulmane connue date de 1082 (à Lehran, à l’est de Java). Le navigateur Marco Polo fait escale dans le nord de Sumatra en 1292 et constate que le roitelet local est musulman. En 1770, le dernier prince Hindou de Blambangan (sur la pointe orientale de l’île de Java) se convertit à l’Islam. Ces trois dates indicatives s’associent au fait que toutes les traces archéologiques et ethnologiques connues attestent une pénétration lente, feutrée et graduelle de l’Islam dans l’immense archipel et ce, sur 700 ans environ. Rien de fulgurant, d’abrupt ou de spectaculaire mais plus d’un demi-millénaire pour s’installer et s’imprégner en profondeur. Et surtout, capital, c’est le premier des trois monothéismes classiques à se positionner dans L’Asie du Sud-Est insulaire. Pour cet immense groupe humain diversifié, le passage au monothéisme, toujours hautement sensible intellectuellement, fut islamique, point barre. Le très ancien port malais de Malacca, situé dans un détroit géographiquement crucial, au nord de l’île de Sumatra et au sud de la Malaisie, est un passage obligé du commerce venu d’Arabie, de Perse, d’Inde (notamment vers la Chine). Les activités de commerce portuaires sont choses subtiles et spécifiques et les musulmans sont des signeux de contrats patentés et méthodiques. Toute une culture commerciale accompagne leur vision du monde et l’Indonésie s’en imprégnera tout doucement, sans assimilation linguistique cependant, les initiateurs musulmans parlant déjà, de fait, des langues diverses. Il est net que l’essor indonésien de l’Islam s’associe intimement au commerce maritime, à l’import-export et à l’organisation marchande des villes portuaires. Les musulmans qui implantent leur doctrine en Indonésie sont principalement des sunnites soufistes (arabes ou, surtout, indiens) dont la vision sapientale, contemplative et imbue de moralité pratique est fort compatible avec les cultes locaux. Une deuxième étape du fameux syncrétisme indonésien se met donc alors subtilement en marche. Après l’éclectisme tranquille, c’est la lente unification sans heurts.

Les premières poussées colonialistes occidentales sur l’Indonésie viendront des Portugais catholiques qui prennent Malacca en 1511 (3% de la population de l’Indonésie est encore catholique). Sans surprise, de par une culture de résistance vernaculaire assez courante face à ce nouveau type d’invasion, c’est l’Islam comme facteur identitaire beaucoup plus anciennement implanté qui va se trouver avantagé par les premières offensive occidentales. Les Portugais ne l’auront pas facile avec les chefs locaux indonésiens. Un autre moment syncrétique crucial va se disposer avec les occupants coloniaux hollandais. De 1602 à 1945, les Pays-Bas vont mettre en place les Indes Orientales Néerlandaises ou Insulinde. En 1641, ils prennent Malacca aux Portugais et stabilisent, pour près de 340 ans, leur puissant dispositif colonial, configurant de fait solidement la future identité nationale de cet immense espace maritime pas tout de suite évident. Les Hollandais sont protestants (aujourd’hui 7% de la population de l’Indonésie l’est encore) mais ce ne sont pas des sectateurs. Au contraire, leur capitale, Amsterdam, patrie de Spinoza, est une des places religieuses les plus tolérantes d’Europe. Les Hollandais sont des gars de comptoirs commerciaux. Ce sont des extorqueurs fermes et méthodiques mais ethno-culturellement translucides. Ce qui compte pour eux, c’est de tenir les cruciales îles aux épices et les routes commerciales maritimes sensibles vers l’Asie profonde et notamment vers le Japon (qu’ils contrôleront commercialement pendant 120 ans, sans s’y implanter culturellement, encore une fois). Les Hollandais, l’impact démographique de leur nation ou de leur langue, le préchi-précha, le sectarisme, c’est pas leur truc. Ils sont les champions des échanges commerciaux avec les peuples plus articulés d’Asie, qui résistent sourdement à l’assimilation coloniale classique (comme en Indonésie), ou la rejettent sèchement (comme au Japon). Ce sont les premiers grands affairistes occidentaux quasi-invisibles de l’histoire moderne. La culture de tolérance religieuse des néerlandais va insidieusement compléter le tableau syncrétique indonésien et durablement influencer, sans tambour ni trompette, l’intendance de l’Islam local pour en faire un des plus spécifiquement tolérants et «multiculturels» du monde.

Après 1945 (défaite de l’envahisseur japonais en Indonésie), la dictature de Suharto va graduellement se déployer, décoloniser l’île, sortir les Hollandais, et s’installer comme premier grand nationalisme indonésien. Dictateur adulé mais brutal, Suharto, en place officiellement de 1967 à 1998, est musulman certes (de la même façon que Pinochet est catholique, si vous voyez ce que je veux dire) mais là s’arrête son ardeur doctrinale. Ce n’est ni un intégriste, ni un islamiste, ni un théocrate. Il est bien trop occupé à militariser la société civile, servir les grands conglomérats compradore américains et casser du communiste menu pour s’occuper de religion. En ce temps là, en Indonésie, la mairie est un lieu de rigidité doctrinaire et constabulaire, la mosquée est un lieu de souplesse intellectuelle et de combines feutrées. La riche tradition syncrétique et tolérante des multi-insulaires indonésiens s’accommode mal de militarisme et d’autoritarisme. Ces gens sont pauvres, exploités. Ils travaillent dur, gagnent leur vie modestement et ne se comportent pas comme des sectateurs. C’est Suharto, sourcilleux face aux éventualités de mise en place de diasporas commerçantes non-nationales (notamment de souche chinoise) dans ses villes portuaires, qui va instaurer la fiche d’identité obligatoire incorporant les religions à cocher. Son administration autoritaire le fera tout prosaïquement, y voyant un indicateur démographique stable, parlant, et commode à gérer, sans plus. Peu ouverte aux variations et fluctuations historiques, cette fiche n’inclura notamment pas le confucianisme, ce qui fait que maints chinois desdites villes portuaires vont devoir, un temps, se déclarer «bouddhistes» pour ne pas faire de vagues involontaires face au court corpus des choix religieux obligatoires d’état. Cette habitude de recensement un peu boiteuse finira par s’installer et survivra au régime Suharto.

Dans l’Indonésie hautement urbanisée d’aujourd’hui, tout comme dans ses nombreuses régions et sous-régions restées sauvages et naturelles, l’Islam se modernise et mobilise toute cette tradition de représentations syncrétiques implicites typiquement indonésienne qui fait, entre autres, que la charia, malgré quelques tentatives après la décolonisation, ne fut jamais retenue comme formule juridique ou gouvernementale. La déréliction chemine aussi, compagne sereine de toutes modernités, sans faire de bruit, comme à son habitude. Il faut faire observer que les «attentats islamistes» contre des intérêts touristiques compradore à Bali en 2002 (ayant tué 202 personnes, principalement des touristes australiens – L’ambassade d’Australie fit aussi l’objet d’un attentat — ceci NB) font un peu tache ici. D’aucun ont voulu y voir le pétard mouillé d’une internationale islamiste mal implantée localement et peu enracinée dans l’hinterland des musulmans indonésiens. On verra ce que l’avenir de la ci-devant Jemaah Islamiyah indonésienne (fondée en 1993 par un marchand de batik javanais de souche yéménite) nous dira mais, personnellement, j’ai tendance à fortement seconder cette hypothèse d’un terrorisme islamiste mais non musulman et pas vraiment trop indonésien non plus… sauf, quand même, dans sa touche assez nettement anti-australienne (plus nationaliste qu’islamiste, donc), bien plus indicatrice, elle, d’enjeux géopolitiques locaux que nos médias d’intox veulent bien nous le laisser croire. C’est à suivre.

L’intégrisme, comme la tolérance religieuse, sont affaires historiques, économiques et socio-politiques bien longtemps avant d’être des affaires religieuses (ou «théologiques», ayoye). Encore grippé par le souvenir d’un dispositif politique autoritaire un peu toc, chamarrant ses législations civiles, le syncrétisme religieux indonésien, de fait dense, ancien, original, historiquement configuré, n’en reste pas moins souple et sans acuité conflictuelle effective. Non, l’Islamie ne porte pas ici la burqa odieuse que l’intoxidentale propagandiste lui colle malhonnêtement à la peau partout ailleurs. Méditons et observons ce qui se joue et s’annonce, là-bas, dans les îles du plus grand pays musulman au monde
.


Tiré de l’ouvrage de Paul Laurendeau (2015), L’islam, et nous les athées, ÉLP Éditeur, Montréal, format ePub ou PDF.




image extraite de l'entretien avec l'auteur déjà importé ici des 7duQuébec

Citation :
Un essai de Paul Laurendeau

Cet ouvrage n’est pas une introduction exhaustive à l’islam, du type de celles que pourrait fournir, par exemple, une bonne encyclopédie. Il s’adresse pourtant à ceux qui ne connaissent pas l’islam : nous. Le nous dans le titre L’islam, et nous les athées, c’est nous, athées occidentaux… On nous parle ici de l’islam autrement, sans concession mais respectueusement. On nous présente ce qu’un occidental éclairé devrait minimalement savoir de l’islam. L’exposé n’est aucunement un exercice d’iconoclastie (il n’y a pas de caricatures de Mahomet ici). Et pourtant, cet ouvrage s’adresse à des athées (nous…) et n’entend pas entamer les postulats athées. Mahomet, ses épouses, ses filles et les premiers califes sont des figures historico-légendaires absolument remarquables, tragiques, puissantes, shakespeariennes. À travers eux et elles, il devient possible de mieux comprendre nos compatriotes musulmans, de la même façon que l’on comprends mieux nos compatriotes anglo-saxons à travers notre découverte de leur compréhension d’un rois écossais (Macbeth), d’un prince danois (Hamlet), d’un général romain (Jules César) et de deux jeunes amoureux de Vérone (Roméo et Juliette).

Aux occidentaux qui liront ce livre
:

Nos réflexes culturels au sujet de l’islam sont soit inexistants, soit totalement conditionnés par l’intox, les préjugés et la propagande. C’est un peu inévitable mais c’est réparable. On découvrira ici que les émotions et les réflexions que l’islam peut encore apporter, aux gens exempts de religion, sont formidables et très intéressantes, si on a la présence d’esprit de les capter dans l’angle philosophique approprié. Et ça, nous devons en parler, plus que jamais aujourd’hui, avec un esprit libre et sans condescendance civilisatrice aucune.

Aux musulmans qui liront ce livre :

On peut respecter des croyances et s’y intéresser profondément, sans les partager. Mahomet et Khadîdja appartiennent au monde entier. Quand une culture influence aussi profondément la pensée universelle que le fit l’islam, eh bien, elle attire éventuellement l’attention de ceux qui ne s’y soumettrons jamais mais s’inspireront quand même de son rayonnement, de sa portée intellectuelle et pratique, de sa sagesse, et voudront mieux la connaître et la faire connaître pour mieux vous comprendre vous, compatriotes musulmans, dont nous sommes pleinement solidaires.

Découvrons-nous les uns les autres.



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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Dim 20 Déc - 8:33


le grand réveil des dragons sud-est asiatiques





L’ASEAN a rendez-vous avec l’histoire 18/12/2015

La communauté de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) verra officiellement le jour le 31 décembre

À ce jour, les pays membres de l’association ont presque achevé les préparatifs, ceux qui auront consisté, pour l’essentiel, à développer les ressources humaines et les infrastructures, à mettre en place des mécanismes de liaison et de connexion, à réduire autant que possible les écarts de développement, à fluidifier les axes de circulation et à perfectionner l’arsenal juridique nécessaire au bon fonctionnement de la communauté



La communauté de l’ASEAN verra officiellement le jour le 31 décembre
Photo: Secrétariat de l'ASEAN

Citation :
Le 22 novembre 2015 à Kuala Lumpur, les dirigeants des 10 pays aséaniens ont adopté une déclaration historique sur la constitution de la communauté de l’ASEAN, faisant ainsi franchir à celle-ci une étape décisive. L’ASEAN deviendra ainsi la 3e association régionale que compte le monde, les deux premières étant l’Union européenne et l’Union africaine. Son objectif est de mettre en place une véritable organisation de coopération inter-gouvernementale basée sur la Charte de l’ASEAN, mais en aucun cas de créer une organisation supra-nationale.      

Opportunités et défis

Le fait de se constituer en communauté devrait apporter aux pays membres de l’ASEAN de nombreuses opportunités de développement économique. Le but est de mettre en place un marché commun de plus de 600 millions d’habitants, mais surtout de créer une vaste zone de production dans laquelle les marchandises, les services, les investissements, les capitaux et les travailleurs qualifiés pourront librement circuler. Naturellement, il s’agit aussi, pour les Aséaniens, de se donner les moyens de faire face à l’émergence économique de deux grands géants asiatiques: l’Inde, à l’ouest, et la Chine, au nord.

Ces trois dernières années, l’ASEAN a attiré un grand nombre d’investissements directs étrangers. Le fait est d’autant plus remarquable que côté investissement, la tendance est plutôt à la baisse dans le monde. Mais voilà, force est de constater que son environnement en constante amélioration, son intégration au tissu économique mondial et sa constitution en communauté font de l’ASEAN l’une des zones les plus attractives, actuellement, en termes d’investissements directs étrangers.

Aussi encourageant soit-il, ce constat ne doit pas faire oublier les défis auxquels l’ASEAN doit faire face, à commencer par les écarts de développement, encore trop importants en son sein, qui pourraient, selon les analystes, compromettre la mise en place d’une véritable zone de libre-échange et poser certains problèmes de partenariat. A ce stade, il reste à la communauté naissante à harmoniser les intérêts de ses membres, ce qui n’est pas une mince affaire.  
   

Signature de la Déclaration de Kuala Lumpur sur la création de la Communauté de l'ASEAN,
le 22 novembre en Malaisie.  Photo: Duc Tam/VNA/CVN


Un haut niveau de préparation

Conscients qu’ils doivent encore fournir des efforts pour parvenir à la constitution d’une communauté cohérente, les pays aséaniens font en sorte de se mettre au diapason, tout en jouant chacun leur propre partition, le cas échéant.

Singapour reste ainsi le grand centre d’études sur les milieux d’affaires. Le Myanmar et les Philippines mettent l’accent sur les petites et moyennes entreprises. La Thaïlande réforme ses infrastructures en misant notamment sur l’installation d’un guichet unique. Le Cambodge se concentre dans le développement de politiques commerciales plus ouvertes, dans le but avoué  d’attirer davantage d’investissements.

Quant au Vietnam, il accélère sa restructuration économique, une restructuration qui s’inscrit dans un processus d’intégration au tissu économique de l’ASEAN et qui passe aussi bien par l’installation de guichets uniques que par la simplification de certaines formalités administratives. Tout cela dans le but de faciliter le commerce et l’investissement, conformément aux engagements pris au sein de l’ASEAN.

De son côté, le secrétariat de l’ASEAN a élaboré un plan en 45 points pour la communauté économique de l’ASEAN, dans l’optique de libéraliser et de faciliter le commerce et l’investissement.

Force est de constater qu’à deux semaines du jour J, les pays aséaniens sont prêts, prêts à relever un défi de taille, mais prêts surtout à œuvrer pour le développement et la prospérité.


"chez nous", une vision simpliste et à courte vue ne s'impose-t-elle pas ? Néanmoins se dégage l'idée que l'Occident est en mauvaise posture...



L’Asean, otage de la Chine et des Etats-Unis Michel de Grandi  23/11


Au sommet de l'Asean à Kuala Lumpur, le Premier ministre chinois Li Keqiang a soutenu la position de Pékin qui est revenu sur la récente « provocation politique » de Washington, qui a envoyé sa marine patrouiller en mer de Chine du Sud près de l’archipel disputé des Spratleys

Citation :
Les Etats-Unis et la Chine s’affrontent sur la mer de Chine du Sud. Et tentent de mobiliser les pays de l’Asean.

C’est un changement de ton net. Les deux sommets – celui de l’Apec puis celui de l’Asean – qui viennent de se tenir successivement à Manille et à Kuala Lumpur se sont l’un et l’autre transformés en tribune pour y dénoncer, à chaque fois, la politique chinoise en mer de Chine du Sud. Avec, comme chef d’orchestre, les Etats-Unis qui ont, à plusieurs reprises ces derniers jours, fustigé les ambitions de Pékin.

Washington teste Pékin

A l’Apec déjà, le président américain a demandé à Pékin de cesser sa politique expansionniste tout en cherchant à mobiliser le Vietnam, les Philippines, la Malaisie, Taïwan et Brunei à sa cause. En marge de l’Asean ensuite, Barack Obama a enfoncé le clou en rappelant que son pays continuera à faire respecter la liberté de navigation en mer de Chine méridionale . Pékin, de son côté, est revenu sur la récente « provocation politique » de Washington qui a envoyé sa marine patrouiller en mer de Chine du Sud près de l’archipel disputé des Spratleys. Pour le vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Liu Zhenmin, Washington est surtout en train de tester Pékin. De façon plus ou moins affirmée. Car si un destroyer américain a effectivement croisé au large d’un récif revendiqué par Pékin, un autre est allé faire escale dans le port de Shanghai, preuve que les postures diplomatiques ne gênent pas véritablement le dialogue sur le plan militaire.

L’Asean, où se concentre environ 75 % de la diaspora chinoise est un chapelet d’Etats stratégiques pour les Etats-Unis comme pour la Chine. Ce qui place les pays concernés dans une position inconfortable car aucun ne prendra le risque de heurter le grand frère chinois.

L’histoire plaide en faveur de la Chine

L’histoire plaide en faveur de la Chine, car ses revendications ne datent pas d’hier. « La République populaire occupe les Paracels depuis 1974 et plusieurs parties des Spratleys depuis 1988 et 1995 », explique dans son livre (1) Jean-Pierre Cabestan, professeur à l’université baptiste de Hong Kong. Pékin affirme aujourd’hui avoir pratiquement mené à bien ses projets. Après les infrastructures, il reste à faire venir le personnel puis à rendre ces structures opérationnelles. Aujourd’hui, « Pékin fait le dos rond », explique Jean-Pierre Cabestan. Conscientes que leurs efforts diplomatiques déployés sur d’autres fronts peuvent être en partie ruinés par les critiques dont elles sont l’objet dans cette partie du monde, les autorités pourraient mettre un bémol supplémentaire à leurs actions. Mais la Chine reste, sur le fond, largement gagnante. Car même si elle devait ralentir sa progression en mer de Chine, elle n’est pas prête à reculer pour autant.

Les Etats-Unis, de leur côté, peuvent certes effectuer des missions de surveillance ou livrer des bateaux pour les gardes-côtes aux Philippines ou au Vietnam. Mais leur réelle capacité à faire jeu égal avec la Chine dans cette mer apparaît finalement faible.

(1) « La politique internationale de la Chine », Les Presses de Sciences po, novembre 2015.


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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Lun 21 Déc - 11:53


dégraissage à la japonaise :

un fromage de l'Est ? *



Toshiba contraint à des coupes sévères après avoir caché ses difficultés 21 Déc. 2015

Masashi Muromachi, président de Toshiba, lors d'une conférence de presse le 21 décembre 2015 à Tokyo (AFP/TORU YAMANAKA)


Le conglomérat industriel japonais Toshiba a annoncé lundi des réductions massives d'effectifs et un recentrage de ses activités au détriment des produits grand public, après avoir masqué durant des années la mauvaise santé de ces divisions soumises à rude concurrence


"Nous prenons des dispositions et allons agir de toutes nos forces pour recouvrer la confiance des actionnaires", a justifié le PDG, Masashi Muromachi, lors d'une conférence de presse. "Je ressens une profonde responsabilité dans cette déchéance", a-t-il avoué.

Citation :
Cette restructuration, ajoutée à la rentabilité amoindrie de la division centrale des mémoires flash Nand, va entraîner des frais importants et le groupe s'attend à une perte nette annuelle record de 550 milliards de yens (4,2 mds EUR) pour l'exercice d'avril 2015 à mars 2016.

Des fuites dans la presse ont entraîné une chute de 9,80% de l'action Toshiba avant même l'annonce officielle de cette plongée dans le rouge. Le titre a perdu 50% depuis le printemps quand ont émergé les premiers doutes sur les comptes.
Toshiba avait déjà vécu une année noire accompagnée d'une restructuration en 2008/2009 avec la crise financière internationale, mais la perte alors subie ne dépassait pas 343 milliards de yens.

Les 6.800 suppressions de postes prévues d'ici à fin mars 2016 s'ajoutent à divers programmes déjà annoncés touchant 2.800 emplois dans les semi-conducteurs. Un millier de postes doivent aussi disparaître dans les fonctions plus administratives. Le cumul s'élève à 10.600 postes (dont 4.800 hors du Japon) sur un total de près de 200.000 salariés dans le monde au 31 mars dernier.

Sur le plan opérationnel, dans le domaine des PC, Toshiba dit réfléchir à un regroupement avec d'autres fabricants, une fois resserrée son activité à destination de la clientèle professionnelle. Il ne cite pas de nom, mais les médias avaient parlé il y a plusieurs jours d'un rapprochement avec ses compatriotes Fujitsu et Vaio (entreprise créée pour reprendre l'activité PC éponyme de Sony).

S'agissant des TV, 80% de la main-d'oeuvre du groupe dans ce domaine va disparaître. Toshiba va continuer à proposer au Japon seulement des téléviseurs de sa propre fabrication mais en se concentrant sur les modèles les plus haut de gamme. Il va cesser de développer, fabriquer et vendre en propre des récepteurs de télévision à l'étranger. La marque sera conservée, mais les TV fabriquées par d'autres sociétés, un modèle déjà en place pour l'Europe et les Etats-Unis qui sera donc étendu à l'Asie. Son usine située en Indonésie va être vendue.

Une opération du même ordre va être menée pour les lave-linge qui étaient produits sur le même site indonésien.
Pour l'ensemble de l'activité électroménager, Toshiba dit étudier aussi la faisabilité d'un rapprochement avec une division similaire d'une autre entreprise, sans donner de nom. Sharp serait une hypothèse crédible, selon les journaux.

- Comptes truqués -


Toutes ces décisions ont été précipitées par une série de manipulations comptables découvertes au printemps et dont le groupe essaie de se remettre après avoir remplacé ses instances dirigeantes. Entre 2008 et 2014, trois PDG de Toshiba et plusieurs de leurs collaborateurs se sont rendus coupables d'artifices financiers qui ont abouti à surévaluer le bénéfice net des exercices concernés de 155,2 milliards de yens (1,1 milliard d'euros).

Ces pratiques ont masqué la mauvaise santé de plusieurs divisions que le groupe est désormais contraint d'assainir. "Nous avons trop tardé depuis la crise financière", a souligné M. Muromachi.

A l'instar de Panasonic ou Hitachi, Toshiba doit faire des choix et les activités de produits grand public qui ont le plus à souffrir de la concurrence asiatique en font les frais. Ces trois groupes s'étaient construits au fil des décennies une image de marque auprès des consommateurs grâce à leurs télévisions, PC portables et autres produits audiovisuels, informatiques ou électroménagers quotidiennement utilisés par des millions de personnes.

Mais les restructurations successives font progressivement disparaître ces appareils de leur portefeuille alors qu'ils se recentrent sur les activités d'industrie lourde ou de fournisseurs d'équipements pour divers secteurs professionnels. "Nous allons mettre l'accent sur les activités de stockage de données et d'énergie et sécuriser des fonds pour renforcer l'activité santé (matériel d'hôpitaux notamment)", a précisé le patron de Toshiba.

Le groupe assure en outre avoir pris des dispositions pour éviter que ne se répètent les erreurs de gouvernance du passé.


* en l'absence de ma traductrice quotidienne, la traduction de "Toshiba" par "bing" me donne "Fromage de l'Est"


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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Mar 22 Déc - 14:21


Le Courrier du Vietnam, c'est un peu la Pravda des temps modernes du "communisme" vietnamien, autant dire une presse rien de plus officielle du régime. Mais la presse française ne donne pas toujours plus de garanties d'«objectivité » : de chacun selon ses besoins, à chacun ses journaux




Impulsion du développement stable et sain des relations Vietnam-Chine 22/12/2015

Une haute délégation de l’Assemblée nationale (AN) vietnamienne, conduite par son président Nguyên Sinh Hùng, membre du polituburo du Comité central (CC) du Parti communiste du Vietnam (PCV), effectuera du 23 au 27 décembre une visite officielle d'amitié en Chine, sur invitation de Zhang Dejiang, membre du Comité permanent du politburo du CC du Parti communiste chinois (PCC), et président du Comité permanent de l'Assemblée nationale populaire de Chine.



>>Nguyên Sinh Hùng effectuera une visite officielle d’amitié en Chine


Le président de l'AN vietnamienne Nguyên Sinh Hùng (droite)
et le secrétaire général du Parti et président ​chinois, Xi Jinping, le 6 novembre

Photo : Nhan Sang/VNA/CVN

Citation :
Depuis la normalisation de leurs relations en 1991, en général, les relations entre les deux pays se développent fortement en tous domaines. Les deux pays se sont mis d’accord pour édifier leur partenariat de coopération stratégique intégral conformément à la devise des "16 mots" (voisinage amical, coopération intégrale, stabilité durable, orientation vers l'avenir) et de l'esprit des «quatre bons» (Bon voisin, bon ami, bon camarade et bon partenaire). Les échanges de hautes délégations sont maintenus et la coopération décentralisée se resserre de plus en plus.

Le commerce bilatéral a augmenté de 1.800 fois en 23 ans

En 2014, les échanges commerciaux bilatéraux ont atteint plus de 58 milliards de dollars, soit plus de 1.800 fois plus qu’en 1991. Et entre janvier et octobre 2015, ils se sont élevés à 54,8 milliards de dollars.

Concernant l’investissement, en octobre dernier, la Chine était classé 9e des 105 pays et territoires investisseurs au Vietnam, avec 1.212 projets cumulant plus de 8,4 milliards de dollars de capitaux enregistrés.

La coopération bilatérale dans les technologies, l’éducation et la formation, le tourisme et les échanges populaires est également renforcée.

Coopération entre les deux organes législatifs

Parallèlement aux relations entre le PCV et le PCC, la coopération entre l’AN vietnamienne et l’AN populaire de Chine continue de se développer. Les deux organes législatifs maintiennent régulièrement leurs échanges de délégations, contribuant à accélérer la coopération bilatérale et le partage d’expériences professionnelles.

À citer par exemple : les visites en Chine de la vice-présidente Tong Thi Phong en janvier 2012, du vice-président Uông Chu Luu en qualité du président du Comité de la paix du Vietnam en septembre 2012, des délégations de l’Institut de recherche en législation en mai 2012 et de la Commission des affaires sociales de l'AN vietnamienne en juillet 2013.

Sans oublier, en retour, celles au Vietnam de Li Jianguo, vice-président du Comité permanent et secrétaire général de l’Assemblée nationale populaire de Chine en décembre 2012 ou encore de la délégation de la Commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale populaire de Chine en novembre 2013. Lors de sa visite au Vietnam en novembre 2015, le secrétaire général du PCC et président de la Chine Xi Jinping s’est exprimé devant l’AN vietnamienne en prononçant un message positif de paix et d’amitié.

Par ailleurs, le Vietnam et la Chine se sont beaucoup entraidés en proposant nombre d’initiatives en faveur des organisations parlementaires régionales et internationales.

Conceptions communes

La prochaine visite de la haute délégation de l’AN vietnamienne sera effectuée dans le contexte où les relations bilatérales se développent activement. Les dirigeants des deux pays maintiennent régulièrement des rencontres, notamment à l’occasion de la visite en Chine du secrétaire général du PCV, Nguyên Phu Trong, en avril dernier et de celle du secrétaire général du PCC et président chinois, Xi Jinping, en novembre dernier. Ils sont parvenus à des conceptions communes importantes concernant les orientations et les mesures ayant pour finalité d’accélérer le développement stable, sain et durable des relations bilatérales.

En 2015, les deux pays ont organisé plusieurs activités pour célébrer le 65e anniversaire de l’établissement de leurs relations diplomatiques. L’amitié et la coopération entre leurs ministères, secteurs et leurs localités seront renforcées. Leur coopération économique, commerciale et d’investissement a connu des progrès, ce en dépit des difficultés et désaccords. La situation dans leurs régions frontalières terrestres et dans le golfe du Bac Bô est stable. Mais les évolutions en Mer Orientale restent complexes en raison des constructions d’îles semi-artificielles à grande échelle dans l’archipel de Truong Sa (Spratly) par la Chine, constructions qui provoquent de profondes inquiétudes au sein de la communauté internationale.

Un jalon important

La prochaine visite officielle d’amitié en Chine du président de l’AN vietnamienne Nguyên Sinh Hùng sera un jalon important dans le développement des relations entre les deux nations ainsi que dans l’essor des relations extérieures du pays. Il s’agira de la première visite du président de l’AN vietnamienne depuis 2007 et de la première visite de Nguyên Sinh Hùng en qualité de président de l’AN vietnamienne de la XIIIe législative.

Cette visite contribuera à la mise en œuvre des conceptions communes des dirigeants des deux Partis et deux pays sur le maintien des visites et des rencontres. Les deux parties se verront offrir la possibilité d’accélérer les échanges et la coopération entre leurs organes législatifs ainsi que de partager leurs points de vue sur les questions importantes afférentes aux relations bilatérales.

Avec cette visite, le Vietnam affirme la poursuite de sa politique extérieure d’indépendance, d’autonomie, de diversification et de multilatéralisation. Cela montre aussi la volonté du Vietnam de continuer à prendre en considération et à développer de bonnes relations avec la Chine sur la base du respect, de l’égalité et de l'intérêt mutuels ainsi que de maintenir les échanges de hautes délégations entre les deux Partis et les deux États. Le pays veut aussi protéger ses intérêts légitimes en Mer Orientale sur la base du droit international, bien contrôler les litiges, maintenir, avec la Chine, la tendance à la paix et à la stabilité en Mer Orientale, pour que cette paix et cette stabilité servent à la coopération et au développement dans la région et le reste du monde.


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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Mer 23 Déc - 9:50

Corée

La dette des ménages a augmenté en 2015

SEJONG, 21 déc. (Yonhap) - L'endettement des ménages coréens a augmenté en 2015 par rapport à l'année dernière alors que les familles percevant des hauts salaires avaient tendance à acheter une maison, ont montré ce lundi des données de Statistique Corée (KOSTAT)


Citation :
Selon KOSTAT, la dette moyenne des ménages a atteint 61,81 millions de wons (52.500 dollars) à la fin mars de cette année, en hausse de 2,2% par rapport à l'année dernière.

De ce total, 69,9% ou 43,21 millions de wons, étaient des prêts financiers, en hausse de 4,9% en glissement annuel. Les données ont montré que 64,3% de tous les foyers sud-coréens étaient endettés, en baisse de 1,6 point de pourcentage par rapport à l'année précédente. Sur la totalité de l'endettement, 57,3% étaient des prêts hypothécaires.

Les ménages ont dépensé 24,2% de leurs revenus pour rembourser leurs dettes, en hausse par rapport aux 20,3% de l'année précédente. «L'augmentation est le résultat du fait que les personnes ayant des salaires relativement élevés n’avaient pas de maison dans le passé et ont choisit d'en acheter une, ce qui a fait augmenter les prêts», a expliqué Kim Bo-kyung, chef de la division statistiques de l'agence.

Elle a souligné que les dettes ont augmenté et les revenus également durant la même période. «Le volume des dettes est équivalent à la taille des actifs en général», a indiqué Kim.

Les dernières données ont montré que la dette a augmenté chez la plupart des tranches d'âge, sauf les quinquagénaires. L'endettement des personnes dans la cinquantaine a baissé de 1,4%. Les employés et les commerçants indépendants ont vu leurs dettes augmenter de 1,5% et 3,8%, respectivement, par rapport à l'année précédente.

Les données ont montré que 70,1% de tous les ménages ont senti que le remboursement des dettes était pesant et 7,1% ont déclaré qu'ils ne pourraient pas faire face à cette situation, en hausse de 0,2 point par rapport à l'année dernière. Quelque 10,8% ont ajouté que leurs dettes pourraient augmenter l'année prochaine.

rainmaker0220@yna.co.kr


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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Dim 27 Déc - 21:18

GlobalVoices.org


Citation :



“Accaparement des terres”. Federico Boyd Sulapas Dominguez a mis en ligne ce tableau
en vue du Sommet de l'APEC qui se tiendra aux Philippines. Reproduit avec permission

Au cours des quarante dernières années, l’artiste philippin Federico Boyd Sulapas Dominguez a peint le combat des peuples indigènes contre les exploitations minières destructives, le développement agressif et la militarisation. Son but est d’éclairer le public sur la situation des groupes ethniques aux Philippines et leur campagne pour la protection de la terre de leurs ancêtres.

14 millions d’autochtones appartenant à 110 groupes ethnolinguistiques vivent aux Philippines. Cependant, le patrimoine exceptionnel de ces tribus est menacé par la rapidité de l’urbanisation, l'économie marchande et les empiétements sur leurs terres d’activités approuvées par l’Etat tels que l’agro-business, l'exploitation forestière et les mines.

Sur l’île de Mindanao, située dans la partie sud du pays, le terme général pour désigner les membres des groupes ethniques est « Lumad ». Des groupes variés de Lumad qui résistent  à la pénétration des entreprises minières dans leur communauté sont apparus dans l'actualité en septembre et octobre 2015 après avoir été attaqués par des groupes paramilitaires. Environ 700 Lumad ont érigé des camps à Manille, la capitale du pays, afin de demander le retrait des troupes de leurs terres.

La situation critique des Lumad est présente dans beaucoup d’œuvres de Federico. Il a aussi publié sur Facebook des copies de ses anciennes toiles qu’il pense être encore d’actualité à cause des attaques contre les communautés Lumad et du pillage continuel des ressources sur les territoires ancestraux des tribus ethniques.  Certaines de ses toiles ont été largement partagées sur les médias sociaux par des activistes, des universitaires et des défenseurs du patrimoine qui cherchent à inspirer le public afin qu’il défende le droit des Lumad à l’auto-détermination.

Federico, qui est un Mandaya, (peuple indigène Lumad qui vit dans la part orientale de Mindanao) encourage des artistes plus jeunes à enrichir leur connaissance de la culture philippine en s’intégrant à des communautés ethniques.

Ci-dessous, quelques-unes des œuvres de Federico :



Talabok” est un mot Lumad Matigsalog pour rassemblement communautaire ou jour de marché


Cette peinture de Federico Boyd Sulapas Dominguez décrit les effets de la militarisation dans l'arrière-pays. Reproduite avec permission


Outre les effets négatifs de la militarisation, cette peinture montre aussi la discrimination injuste
des communautés ethniques philippines par les lois étatiques.


Lupa ay Buhay” signifie “La terre est la vie”. “Kapayapaan” veut dire paix.
Le texte autour du tableau dit : Respectez les droits des peuples indigènes et leur droit à l'auto-détermination


“Tagaynop” est un mot lumad Mandaya pour cauchemar. Peinture de Federico Boyd Sulapas Dominguez. Reproduite avec permission


“Yalingkawas” est un mot Lumad Mandaya pour liberté ou libéré


“Mandayuman” est un mot Lumad Mandaya signifiant “là où les gens vivent”.
Cette petite fresque montre deux importants rituels de deux différents groupes.
A droite, les Lumad Mandaya (Balilig) et à gauche les Lumad Matigsalog (Panubad tubad)


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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Lun 15 Fév - 8:10


quand l'ennemi principal était le « communisme »

« La grande majorité n’avait aucune idée de que qu’était le marxisme,
ils n’en avaient jamais entendu parler.»

je sais pas vous, moi j'ai entendu dire que les terroristes islamistes ne connaissent pas le Coran...

Cambodge et Khmers rouges… ou comment l’Occident réécrit l’histoire Robert Gil, les7duQuébec 9 janvier 2015

recherche faite par Robert Gil :

« J’ai fait tout le chemin jusqu’ici pour visiter le camp du dernier chef militaire des Khmers rouges, Ta Mok, le chef de l’armée, connu sous le nom de « Frère numéro cinq » ou « le Boucher ». C’est là qu’il a vécu et c’est de là qu’il commandait à ses troupes. Ta Mok, le bras droit de Pol Pot. Ta Mok, qui a divisé le mouvement, mis Pol Pot en résidence surveillée et qui, très probablement, l’a empoisonné. Ta Mok qui commandait une armée de plusieurs milliers de loyalistes Khmers rouges, entre 1979, lorsque les forces vietnamiennes ont évincé son mouvement du pouvoir, et 1999, quand il a été capturé par les forces gouvernementales. Ta Mok qui est mort en détention en 2006, sans jamais avoir été réellement jugé ou condamné.»


Robert Gil a écrit:
San Reoung, l’homme qui assurait la sécurité personnelle de Ta Mok, son garde du corps qui a vécu avec lui pendant des années, nous attend. Il lui manque la jambe gauche, ce qui est commun parmi les civils et les combattants cambodgiens de son âge. Ta Mok aussi avait perdu une jambe dans les combats.

Il n’y a en fait qu’une seule chose que je veuille savoir de lui : à quel point les Khmers rouges étaient-ils communistes, et était-ce l’idéologie, l’idéologie marxiste, qui avait attiré de simples paysans dans les rangs du mouvement ?

San Reoung réfléchit un moment, puis répond, en pesant chaque mot :

Citation :
Ce n’était vraiment pas une affaire d’idéologie… Nous n’en connaissions pas grand-chose. Moi, par exemple, j’étais très en colère contre les Américains. Je suis devenu soldat à l’âge de 17 ans. Et mes amis étaient très en colère, eux aussi. Ils ont rejoint les Khmers rouges pour combattre les Américains, et en particulier la corruption de leur marionnette, le dictateur Lon Nol, à Phnom Penh.

Je lui demande si les gens de la campagne étaient au courant de ce qui se passait dans la capitale, avant que les Khmers rouges ne prennent le pouvoir ?

Citation :
Bien sûr qu’ils l’étaient. Les États-Unis ont donné tellement de soutien, tellement d’argent au régime corrompu de Lon Nol. Tout le monde savait à quoi allait l’argent : d’innombrables fêtes somptueuses, des prostituées de fantaisie… Les bombardements américains avaient écrasé nos campagnes sous les bombes. Des centaines de milliers de personnes étaient mortes. Les gens sont devenus fous, ils étaient indignés. Et c’est ce qui a fait que beaucoup d’entre eux ont rejoint les Khmers rouges.

« Pas à cause de l’idéologie marxiste ? » ai-je demandé à nouveau. San Reoung répond immédiatement : « Bien sûr que non. La grande majorité n’avait aucune idée de que qu’était le marxisme, ils n’en avaient jamais entendu parler. »

Ayant travaillé durant de nombreuses années dans cette partie du monde, j’ai fini par comprendre que toutes les réponses aux questions importantes sur le Cambodge et son passé se trouvent dans les campagnes. L’Occident, durant des décennies, a réussi à corrompre Phnom Penh, en achetant quasiment tous ceux qui comptaient là-bas, pour qu’ils répètent et peaufinent un récit falsifié et stéréotypé.

Les ONG, les journalistes : tous ils parlent haut et fort du génocide « communiste » au Cambodge. C’est devenu un boulot bien rémunéré, la source d’un flux incessant de financement, un mensonge complexe soutenu par la machine de propagande occidentale, les universités et la presse grand public. Les Khmers rouges étaient une force brutale, bien sûr, mais certainement pas un monstre génocidaire « communiste ». Et ils ne sont pas tombés du ciel.

Sur la route du temple de Preah Vihear, où l’on s’est battu et où le sang a coulé, à la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande, je retrouve Song Heang, qui travaille pour une modeste organisation caritative australienne, qui bâtit de petites bibliothèques rurales destinées aux enfants. Il déteste les Khmers rouges. Mais il admet immédiatement qu’il n’y avait pas grand chose de « communiste » chez eux :

Citation :
Enfant, je vivais au bord du fleuve Mékong, dans le village de Prek Tamak, à 65 kilomètres environ de Phnom Penh. Quand les Américains bombardaient, tout s’arrêtait et les gens étaient pétrifiés… Là-bas, ils utilisaient ces avions très rapides, des avions de chasse ; et les populations locales les appelaient «Amich » : les rapides… Beaucoup de gens, alors, ont rejoint les Khmers rouges. Ils ne savaient pas ce qu’était le communisme. Tout ce qu’ils savaient, c’était l’horreur du gouvernement pro-occidental à Phnom Penh

Je demande : « Pourquoi les gens de Phnom Penh ne cessent-ils de répéter que Pol Pot a mené un « génocide communiste »? Pourquoi, comme dans le reste de l’Asie du sud-est, la Chine est-elle diabolisée ? Et pourquoi le Vietnam lui aussi est-il diabolisé ? »

Song Heang a écrit:
Nous sommes un pays très pauvre, et si les gens à Phnom Penh touchent de l’argent, eh bien, ils aiment cet argent, c’est tout, et ils disent exactement ce qu’on les paie pour dire. Et les Etats-Unis et l’Union européenne mettent sur la table beaucoup d’argent quand ils veulent obtenir certaines déclarations.

À Phnom Penh, je rencontre Hun Sen, à la fois un ancien chef de bataillon des Khmers rouges et un champion du « marché libre et de la démocratie libérale multipartis ». Bien qu’il le critique périodiquement pour diverses violations des droits de l’homme, l’Occident se montre généralement satisfait de son « fondamentalisme » de marché, tel qu’il l’applique dans le pays, ainsi que de la quasi-absence de politiques sociales cohérentes.

Il me raconte comment un grand nombre de « conseillers », en particulier de l’Union européenne, « façonnaient le cours » de l’économie cambodgienne, et de la société cambodgienne en général. Nombres d’entre eux sont là pour conseiller le gouvernement et les innombrables ONG sur la manière de gérer l’économie et l’État. Il est clair que ce genre de conseils conduit la plupart du temps à des « projets » uniquement basés sur les théories favorables au libre marché. En conséquence, seule une très faible part du produit de la croissance économique se retrouve dans les poches des pauvres, qui constituent pourtant la grande majorité des Cambodgiens.

Le musée Tuol Sleng (musée du génocide), installé dans une ancienne école secondaire, raconte la brutalité débridée et le sadisme des cadres khmers rouges. En 2009, l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) a inscrit le musée Tuol Sleng au Registre de la « Mémoire du Monde ». Après le 17 avril 1975, les salles de classe de l’école secondaire Tuol Svay Prey étaient devenues le principal centre de torture et d’interrogatoire des Khmers rouges, connu sous le nom de prison de haute sécurité 21, ou tout simplement le S-21. C’est là que des hommes et des femmes étaient enchaînés et roués de coups, que les femmes avaient leurs mamelons arrachés par des pinces, que des fils électriques étaient appliqués aux organes génitaux. Après la confession (et l’on n’avait d’autre choix que d’avouer, pour que cesse l’insupportable torture), la plupart des hommes, des femmes et des enfants qui passaient par cette institution de l’horreur finissaient dans le camp d’extermination de Choeung Ek, où l’exécution était presque certaine. On dit que 20.000 personnes sont mortes après avoir été interrogées au S-21.

Dans une tentative folle pour donner une structure à la sauvagerie, les Khmers rouges documentaient chaque cas, photographiant tous les hommes et toutes les femmes détenus juste après leur arrestation, avant la torture, puis reprenant des photos de certains après leur interrogatoire sauvage.

Mais parmi la plupart des survivants khmers à qui j’ai parlé, il y a un consensus pour estimer que la majorité des gens est morte non à cause de l’idéologie communiste, ni non plus parce que des ordres directs auraient été donnés de Phnom Penh afin d’exterminer des millions de personnes, mais parce que des dirigeants et des cadres locaux dans les provinces ont perdu les pédales, et ont assouvi une vengeance personnelle sur les citadins déportés et sur les « élites » à qui l’on reprochait à la fois les sauvages bombardements américains du passé, et un soutien à la dictature pro-occidentale de Lon Nol, aussi corrompue que féroce.

Il ne fait aucun doute que la grande majorité de ceux qui sont morts au cours de cette période (entre un et deux millions de personnes) ont été victimes des bombardements américains, de famines liées à ces bombardements et du fait d’être devenus des déplacés intérieurs (environ 2 millions de personnes sont devenues des réfugiés dans leur propre pays, manquant de soins médicaux, de nourriture, et ayant à endurer des conditions de vie abominables).

Les médias occidentaux grand public ne mentionnent que très rarement le fait qu’un nombre important de personnes a disparu à la suite des tapis de bombes américaine, l’US Air Force avait secrètement bombardé le Cambodge en utilisant des B-52, et ce depuis mai 1969. On a appelé cela « Opération Menu » (petit déjeuner, déjeuner, dîner, casse-croûte, dessert et souper). Et l’on sait même maintenant, par de nouveaux éléments de preuve tirés de documents déclassifiés (en 2000, par l’administration Clinton), que l’Air Force avait déjà commencé à bombarder les régions rurales du Cambodge, le long de la frontière avec le sud-Vietnam, dès 1965, sous l’administration Johnson. Les « Menus » n’ayant ensuite été que des escalades brutales dans l’assassinat de masse de civils sans défense.

Face à la défaite au Vietnam en 1973, les impitoyables « tapis de bombes » ont été exécutés afin de soutenir le régime de Lon Nol. L’historien David P. Chandler écrit :

Citation :
Quand le Congrès des États-Unis a mis fin à la campagne militaire à la fin de l’année, les B-52 avaient déversé plus d’un demi-million de tonnes de bombes sur un pays avec lequel les Etats-Unis n’étaient pas en guerre ; plus de deux fois le tonnage largué sur le Japon pendant la Seconde Guerre mondiale.

La guerre au Cambodge était connue comme « l’attraction » par les journalistes qui couvraient la guerre du Vietnam et par les décideurs américains à Londres. Pourtant, les bombardements américains au Cambodge ont dépassé en intensité tout ce qui ne fut jamais exécuté au Vietnam ; près de 500.000 soldats et civils ont été tués en 4 ans, sur le territoire de ce petit pays. Comme je l’ai mentionné précédemment, cela a aussi été cause de ce qu’environ 2 millions de réfugiés ont fui les campagnes pour la capitale.

La barbarie des bombardements, le déplacement de millions de personnes, et le ressentiment envers le régime pro-occidental corrompu à Phnom Penh, voilà qui a ouvert la voie à la victoire des Khmers rouges et à une campagne de vengeance féroce. Ce ne fut pas le « génocide communiste » ; ce fut l’Empire assassinant des millions de victimes en Indochine, en toute impunité et sans le moindre égard pour ce « dépeuplement », puis la vengeance aveugle et brutale de ces gens désespérés qui avaient tout perdu.


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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Ven 19 Fév - 19:18


Le Japon a rejeté 99% des demandes d'asile en 2015

JAPON Le pays a accepté 27 réfugiés sur plus de 7.500 demandes...
20 Minutes avec AFP 24.01.2016


L'aéroport de Narita au Japon, près de Tokyo
SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

Citation :
Le Japon a accepté seulement 27 réfugiés et rejeté la quasi-totalité des demandes d'asile en 2015, alors que les défenseurs des droits de l'Homme pressent le gouvernement d'en accepter davantage. Le pays a déclaré samedi que le Japon avait reçu 7.586 demandes d'obtention du statut de réfugié - un record -, ce qui signifie que 99% des demandes ont été rejetées.

Parmi les demandeurs d'asile, cinq étaient syriens, et seulement trois d'entre eux ont obtenu le statut de réfugiés, loin derrière le flot de migrants qui sont arrivés en Europe en provenance de ce pays du Moyen-Orient dévasté par la guerre. Parmi les autres réfugiés ayant obtenu le statut figuraient six Afghans, trois Éthiopiens et trois Sri-Lankais.

2.419 réfugiés au Japon, contre 1,8 million en Turquie

Le Japon a longtemps été réticent à l'idée de laisser des réfugiés pénétrer dans sa société homogène et a fortement restreint le nombre de personnes acceptées. Le ministère a précisé que le nombre de statuts de réfugié accordés était en hausse par rapport à 2014 et 2013, avec respectivement 11 et 6 personnes acceptées.

L'organisation japonaise pour les réfugiés a estimé qu'en dépit des progrès réalisés ces dernières années, plus de demandes devraient être acceptées. Selon le Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR), 2.419 personnes ont le statut de réfugiés au Japon, alors qu'ils sont 1,8 million en Turquie.

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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Mar 8 Mar - 9:45




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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Ven 8 Avr - 9:38

Le Japon en 1916, et autres films étonnants du Néerlandais Michael Rogge Nevin Thompson Global Voices 31 mars 2016

Traduction publiée le 31 Mars 2016







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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Ven 29 Avr - 15:19



Le Vietnam pourrait devenir un nouveau site manufacturier mondial 29/04/2016 17:33

Avec des investissements internationaux migrant fortement de Chine vers l’Asie du Sud-Est depuis quelques années, le Vietnam voit s’ouvrir de nouvelles perspectives pour devenir un "nouveau site manufacturier mondial".


Le Vietnam possède une main-d'œuvre abondante
d’un coût faible par rapport aux autres pays de la région.

Photo : Trân Viêt/VNA/CVN

Citation :
Primo, le Vietnam est situé sur des axes de commerce international favorables à l'export de produits à grande échelle. Le pays a une position géographique stratégique dans la région, avec plus de 3.200 km de côtes bordant le golfe du Bac Bo, la Mer Orientale et le golfe de Thaïlande.

Secundo, le Vietnam s’intègre de plus en plus profondément à l'économie mondiale. En septembre 2015, le Vietnam avait conclu 11 accords de libre-échange (ALE) avec le Japon, le Chili, le Laos, la République de Corée, l’Union économique eurasiatique, l’accord de partenariat transpacifique (TPP), outre la Communauté économique de l'ASEAN (AEC). Selon les prévisions, pour la période 2016-2018, le Vietnam continuera de négocier et convenir d’autres accords de commerce bilatéraux ou multilatéraux.

Tertio, la production industrielle du Vietnam connaît une croissance stable par rapport à d'autres centres de la région. Selon Bloomberg, l’indice des directeurs d'achat (PMI) du secteur manufacturier national a augmenté régulièrement, passant de 49,3 points en décembre 2012 à 52,7 points en décembre 2014.

Quarto, dans le contexte où le Vietnam s’intègre plus profondément à l’économie mondiale, le secteur de l’investissement direct étranger (IDE) bénéficie des avantages liés à l'exportation.

Quinto, le Vietnam possède une main-d'œuvre abondante d’un coût faible par rapport aux autres pays de la région.

Sexto, une étude de Savills Vietnam sur le fonctionnement des parcs industriels à travers le pays montre que le déplacement des investissements de Chine vers les pays de l'ASEAN a aussi pour but de bénéficier des ALE. Ainsi, le groupe Microsoft a déclaré délocaliser deux usines de fabrication de téléphones Nokia en Chine au Vietnam, et investir 210 millions de dollars de plus dans la zone industrielle Vietnam-Singapour à Bac Ninh, triplant ainsi sa masse salariale. Toujours selon Savills Vietnam, environ 44% des entreprises interrogées ont choisi le Vietnam en raison de son grand marché intérieur, 29% indiquant également de faibles coûts de fonctionnement, et 18%, une main-d'œuvre abondante.

CPV/VNA/CVN


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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Mar 31 Mai - 17:48


Racisme et violences : le calvaire des étudiants africains en Inde



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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Ven 17 Juin - 7:14


Les groupes japonais préfèrent l’Asie du Sud-Est

Yann Rousseau Les Échos 08 juin


Les groupes japonais déjà présents en Chine ne sont plus que 38,1 % à estimer
qu'ils vont s'étendre dans le pays dans les prochaines années
- Photo Richard Jones/Sinopix-REA

Inquiets de l’envolée des coûts de production en Chine et du ralentis­sement de la croissance, les groupes nippons investissent désormais trois fois plus dans les pays de l’Asean.

Citation :
Justifiant, il y a quelques jours, un investissement de plus de 100 millions de dollars dans la construction du nouveau terminal conteneur du port de Hai Phong au nord du Vietnam, le PDG du géant japonais du fret maritime Mitsui OSK évoquait l'arrivée massive dans le pays d'entreprises cherchant à établir de nouvelles bases manufacturières hors de Chine. « La hausse des salaires dans la zone côtière chinoise a rendu les pays de l'Asie du Sud-Est encore plus attractifs pour les investissements des multinationales impliquées dans des industries low-cost », confirme, cette semaine, dans une note, Rajiv Biwas, l'économiste en chef d'IHS Global Insight en Asie-Pacifique.

Trois fois plus d'investissements dans l'Asean qu'en Chine

Selon la Jetro, l'organisation japonaise du commerce extérieur, ce déplacement des intérêts serait particulièrement dynamique pour les groupes nippons. En 2014, les entreprises de l'Archipel ont investi 20,4 milliards de dollars sur les marchés de l'Asean, soit trois fois le montant qu'elles ont investi en Chine (6,7 milliards de dollars) sur la même période. Jusqu'en 2012, les groupes japonais investissaient traditionnellement plus, chaque année, en Chine qu'en Asie du Sud-Est. Interrogés par la Jetro, les groupes japonais déjà présents en Chine ne sont désormais plus que 38,1 % à estimer qu'ils vont s'étendre dans le pays dans les prochaines années. Jamais, depuis la création de cette catégorie de sondage à la fin des années 1990, les réponses positives n'étaient tombées sous le seuil symbolique de 40 %. En 2011, plus de 65 % des sociétés nippones installées en Chine pariaient encore sur leur développement dans le pays.

Une croissance plus durable de la demande

S'ils ont légèrement reculé, du fait notamment de quelques déceptions en Thaïlande et en Indonésie, les espoirs d'expansion sont encore forts en Asie du Sud-Est, à 54,2 %. Les grands industriels japonais ou sud-coréens notent que le PIB total des pays de l'Asean devrait, selon les projections d'IHS, atteindre 5.800 milliards de dollars en 2025, et ainsi dépasser celui du Japon, la troisième puissance économique de la planète. Inquiets du ralentis­sement chinois, les états-majors de Tokyo ou Séoul espèrent profiter d'une croissance plus soutenue et plus durable de la demande en Asie du Sud-Est, où plusieurs nations (Vietnam, Malaisie, Singapour...) devraient profiter du partenariat transpacifique (TPP), un grand accord de libre-échange signé avec les Etats-Unis mais toujours en panne de ratification à Washington. La Chine n'a pas été associée à la création de cette zone.

Dans ses enquêtes, la Jetro note encore que les groupes japonais regrettent aussi en Chine une certaine dégradation du climat des affaires. Pour justifier la réduction ou la stagnation de leurs investis­sements, ils sont 13,6 % à pointer le durcissement du cadre réglementaire. Ce n'est un souci que pour 4 % des sociétés nippones travaillant en Asie du Sud-Est.

Yann Rousseau, Les Echos

Correspondant à Tokyo @yannsan



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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Ven 15 Juil - 9:44


Malgré la décélération chinoise, la région affiche des prévisions de croissance solide. Le Vietnam, les Philippines et l'Inde tirent leur épingle du jeu, souligne Euler Hermes.


Citation :
Alors que l'économie chinoise ralentit l'allure, la zone Asie-Pacifique devrait, elle, maintenir une croissance solide au cours des deux années à venir, selon une étude de l'agence d'assurance crédit-export Euler Hermes diffusée récemment. Si les prévisions de croissance dans la région sont légèrement à la baisse cette année - à 4,5 % en 2016 contre 4,7 % en 2015 -, elles s'annoncent un peu plus favorables pour 2017 (4,6 %). Cette résilience générale cache cependant une grande diversité de situation selon les pays.

Investissements directs

Le Vietnam, l'Inde et les Philippines tirent mieux leur épingle du jeu. Bien que la Chine soit la troisième destination des exportations vietnamiennes et philippines, les deux pays ne sont que faiblement touchés par la décélération de la deuxième économie mondiale. Ils doivent le dynamisme de leur économie à d'importants flux d'investissements directs venant de l'étranger. Le Vietnam tire par ailleurs bénéfice de la baisse de compétitivité salariale chinoise. L'Inde reste, quant à elle, encore peu dépendante de la demande extérieure, y compris celle de la Chine. Avec des prévisions de croissance pour 2016 de 6 % (Vietnam), 7,6 % (Inde) et 6,3 % (Philippines), ce sont les économies moteurs de la région Asie-Pacifique.

Les prévisions de croissance sont moins encourageantes pour les principaux partenaires commerciaux de la Chine. Hong Kong fait partie des plus exposés, du fait de l'importance de ses exportations de services financiers. Son économie souffre par ailleurs de la baisse de la consommation des Chinois continentaux. La croissance ne devrait pas y dépasser 0,7 % cette année, tout comme à Taïwan. L'île est touchée de plein fouet par la relocalisation de la chaîne de valeur chinoise, qui menace ses exportations de composants électroniques, auparavant seulement assemblés en Chine. «  Pékin veut créer des emplois et monter en gamme, il a donc tout intérêt désormais à produire sur son territoire », explique Ludovic Subran, économiste en chef chez Euler Hermes.

Les pays exportateurs de matières premières industrielles sont eux aussi fragilisés par leurs relations étroites avec le voisin chinois. Néanmoins cela est davantage une conséquence de la chute des prix des ressources que du ralentissement de la Chine.

Le Japon, enfin, fait lui aussi partie des victimes de cette nouvelle donne dans la région, mais pour des raisons qui lui sont propres. Si à court terme, l'appréciation du yen reste sa principale préoccupation, la menace pesant à moyen terme sur ses exportations est surtout chinoise. « L'inquiétude du Japon à présent est de savoir ce que la Chine est prête à faire pour s'en sortir et gagner des parts de marché... à son détriment », explique Ludovic Subran.


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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Lun 8 Aoû - 16:14




Ancien élève de l’ENS et agrégé d’histoire, Jean-Marie Bouissou est directeur de recherche à Sciences Po. Il a publié ou dirigé de nombreux ouvrages, dont Le Japon contemporain (Fayard), Quand les sumos apprennent à danser. Le nouveau modèle japonais (Fayard) et Japan. The Burden of Success (Hurst & C°).

Voici la démonstration que la démographie doit être prise en compte dans une analyse géopolitique, avec le cas du Japon. En effet, le vieillissement de sa population pèse déjà sur sa situation économique et obère ses perspectives de puissance.

Citation :
Dans le cadre du partenariat entre le Diploweb.com et la collection Major série Géopolitique des Presses Universitaires de France, nous sommes heureux de vous présenter un extrait d’un ouvrage de Jean-Marie Bouissou, "Géopolitique du Japon. Une île face au monde", Presses Universitaires de France, pp. 138-143.

LES HOMMES ont fait la force du Japon pendant plus d’un siècle après sa réouverture [voir chapitre 1, II, 2]. Aujourd’hui, selon les prévisions officielles dites « intermédiaires » (fondées sur un taux de fécondité moyen de 1,35), sa population, qui a culminé à 128 millions d’habitants en 2010, sera réduite à 87 millions en 2060. On peut s’étonner que le World Economic Forum, quand il estime la compétitivité du Japon, ne semble nullement prendre en compte ce collapsus démographique annoncé.

La prospérité, Confucius et la crise expliquent l’effondrement de la natalité

Comme partout, la natalité a décliné au Japon avec l’accroissement du niveau de vie et de la mobilité sociale, le changement des valeurs et le retard de l’âge du mariage par les jeunes désireux d’en profiter. L’Archipel y ajoutait l’exiguïté et la cherté des logements, le coût très élevé de l’éducation et la faiblesse des aides aux familles. La liberté complète de l’avortement, bon marché et nullement stigmatisé, permet de bien contrôler les naissances. Le taux de fécondité est ainsi tombé sous le seuil de remplacement (2,1 enfants par femme) en 1975. Il a fait de même en France la même année, mais il est toujours resté supérieur à 1,6, puis est remonté autour du seuil de remplacement depuis 2006. Dans l’Archipel, il est tombé sous 1,5 en 1991, puis sous 1,3 en 2005 (1,4 en 2013).

La crise aggrave la situation. Au Japon, traditionnellement, un homme ne se marie pas avant d’avoir un emploi stable. De ce fait, plus de la moitié des moins de 30 ans ne sauraient l’envisager aujourd’hui. Or seulement 2 % des enfants naissent hors mariage (France : 52 %). En outre, les couples mariés hésitent, car ils ont de plus en plus souvent besoin de deux salaires. Or, comme la société tend encore à considérer que la fonction de la femme est celle définie par Confucius – « bonne épouse et mère avisée » (ryôsai kenbo) –, nombre d’entreprises continuent à pousser les nouvelles mamans vers la porte. Par la suite, l’éducation de l’enfant, outre son coût, exige de la mère une implication souvent peu compatible avec un emploi régulier. Dans ces conditions, nombre de couples attendent d’hypothétiques jours meilleurs, et les jeunes Japonais sont les moins décidés du monde à fonder un foyer (26 % contre 47 % en France) et à procréer (37 % contre 58 %).

L’entretien des seniors écrasera peu à peu une force de travail grisonnante

Alors que la natalité s’effondrait, la longévité n’a cessé de croître. Elle atteint désormais 84,2 ans pour les deux sexes confondus (France : 81,5) ; seul Monaco fait mieux ! Le Japon vieillit plus rapidement que n’importe quel pays dans l’histoire : il n’a fallu que 36 ans pour que la part des plus de 65 ans dans sa population passe de 7 à 20 % (1970-2006), contre plus d’un siècle et demi pour la France, qui n’y est pas encore (1864-2020). Au beau temps du « miracle » d’après-guerre, 30 % des Japonais avaient moins de 15 ans, 64 % étaient dans ce que les statistiques considèrent comme « l’âge actif » (15-64 ans), et seulement 6 % avaient plus de 60 ans. Quand la population a culminé en 2010, les proportions étaient de 13-64-23. En 2035, elles seront de 10-56,5-33,5. En 2060, elles pourraient être de 9-51-40 !

Cette année-là, compte tenu de l’âge réel du début de la vie professionnelle, seulement 45 % des Japonais devraient être au travail pour pourvoir à l’entretien des autres. En outre, cette population active ne cessera elle-même de vieillir : en 2000, les 50-64 ans en représentaient 36 %, et ils seront 45 % dès 2035. Ces actifs seront donc moins productifs, moins créatifs, moins adaptables aux progrès de la technologie, et probablement moins motivés car écrasés d’impôts et de prélèvements sociaux pour entretenir chacun plus d’un actif. Cette perspective paraît si sombre pour la compétitivité du Japon que le Keidanren, qui y est intéressé au premier chef, préconise ouvertement que « l’aide à la fin de vie choisie » (suspension des soins et assistance au suicide) soit rendue aussi légale et facile d’accès qu’aujourd’hui l’avortement, qui devrait inversement être rendu moins simple.


Géopolitique du Japon : un collapsus démographique programméCarte.

Quels sont les effets prévisibles du collapsus démographique ?

Cet effondrement semble augurer le pire pour l’économie et la compétitivité du Japon : baisse automatique de la croissance potentielle en même temps que celle de la population active, qui est l’un des éléments pris en compte pour la calculer ; diminution de l’épargne et de la consommation, donc de l’investissement ; pénurie et renchérissement d’une main-d’œuvre dont la qualité diminuera avec l’âge. Les dépenses de santé et de retraite, qui absorbaient 42 % des dépenses de l’État hors service de la dette en 2014, iront en augmentant sans cesse, réduisant d’autant les moyens de l’action publique dans les autres domaines.

Ces dépenses seront sanctuarisées par le poids politique des plus de 65 ans. Ceux-ci représentent déjà près de 30 % du corps électoral ; ils seront presque 40 % en 2035, et 46 % en 2060 – alors qu’au Japon, la participation électorale est minimale chez les jeunes et augmente avec l’âge. On peut attendre de ce corps électoral chenu une résistance croissante aux changements de toute nature, ainsi qu’un repli frileux sur soi accompagné d’un sentiment de déclin. Ce repli nourrira le nationalisme mais diminuera l’envie de risquer des affrontements – pour lesquels les forces armées pourraient d’ailleurs manquer de ressources financières et humaines. La frustration croîtra en conséquence.

Les fractures générationnelles pourraient se creuser. Les jeunes seraient démoralisés ou enragés de vivre dans un hospice géant dont les pensionnaires accapareront les ressources communes. La population au travail s’échinerait à entretenir les uns et les autres, avec pour seule perspective de vieillir en ayant toujours ses parents à charge, dont un ou deux millions seront centenaires, tout en doutant que ses propres enfants puissent (ou veuillent) en faire autant pour elle. Les plus décidés des jeunes et des actifs pourraient préférer l’expatriation, aggravant encore le collapsus démographique.

Le pire n’étant jamais sûr, certains envisagent des évolutions plus positives. Au plan économique et technologique, le développement de nouveaux secteurs dans lequel le Japon se retrouvera en pointe : medtronique, biotechnologies et génétique curatives et réparatrices ; domotique centrée sur l’adaptation de la maison et de la ville aux personnes âgées ; technologies permettant le maintien des seniors au travail ; etc. Le Japon acquerra ainsi une spécialisation dont beaucoup de grands pays, vieillissant à leur tour, auront besoin après lui. Les actifs, plus rares, jouiront de meilleures rémunérations et de perspectives professionnelles plus larges. La jeunesse sera choyée ; elle profitera d’une éducation meilleure et plus ouverte sur le monde, grâce à la concurrence entre universités pour attirer une clientèle devenue plus rare, et qui devront s’ouvrir plus au monde pour pallier le manque d’étudiants et d’enseignants. Enfin, les seniors, qui détiennent l’essentiel du patrimoine, devraient avoir à cœur d’en transférer une partie vers leurs enfants et petits-enfants, ce qui renforcerait la solidarité intergénérationnelle.

La relance de la natalité n’est pas vraiment à l’ordre du jour et produirait peu d’effet

Le premier remède semblerait devoir être une politique nataliste. Toutefois, les Japonais paraissent considérer la fertilité comme un phénomène naturel, auquel des mesures artificielles ne peuvent donc pas grand-chose. Les autorités multiplient celles qui ne coûtent rien. Elles encouragent les pères à prendre leur part du labeur que donnent les enfants ; mais moins de 5 % prennent les congés de paternité créés à cet effet. Elles invitent les entreprises à aménager le travail des jeunes mamans au lieu de les pousser dehors, mais sans prévoir aucune sanction. La promesse de crèches en nombre suffisant est rituellement réitérée d’année en année. Mais de moyens financiers, guère. Les allocations familiales ne dépassent pas 15 000 yens par mois et par enfant jusqu’à 15 ans. Aucun abattement fiscal pour enfant à charge n’est accordé tant qu’elles sont versées ; il est ensuite de 710 000 yen par an quel que soit le revenu, mais pour un parent à charge c’est plus d’un million. La sécurité sociale ne consacre que 7 % de son budget à la petite enfance. Elle ne prend pas en charge la grossesse et l’accouchement, au motif qu’il ne s’agit pas d’une pathologie, alors qu’accoucher à Tôkyô coûte un bon million de yens100, soit quatre mois de salaire moyen. Avec la crise, l’obstacle financier est insurmontable pour les couples mal installés dans la vie.

Au demeurant, que l’État agisse ou pas, les jeux sont déjà faits pour longtemps, car le nombre de femmes en âge d’enfanter diminue d’année en année, à mesure qu’y arrivent des cohortes de plus en plus creuses. Même si la natalité commence à remonter – ce qui ne semble être ni pour demain, ni pour après-demain – il en sera inéluctablement ainsi pendant encore 30 ans (âge moyen du premier accouchement au Japon). En outre, le célibat progresse très rapidement : jusqu’aux années 1990, la quasi-totalité des Japonais se mariaient, mais un quart ou plus de ceux qui sont nés depuis pourraient ne pas le faire faute d’emploi stable, et donc ne feront pas d’enfants, ou très peu. Car au Japon, pas de mariage, pas d’enfant.

Le rêve d’une immigration totalement choisie et contrôlée

L’immigration semble donc être la seule solution, d’autant plus que les populations immigrées sont traditionnellement prolifiques. La Corée, où le taux de fécondité a dégringolé jusqu’à 1,1, s’y est résolue : la population étrangère y est passée de 400 000 à 1,5 million depuis le tournant du siècle. Au Japon, l’ONU a estimé en 2009 que pour maintenir la population active à son niveau actuel d’ici 2050, il faudrait intégrer 600 000 nouveaux immigrants par an, ce qui porterait le pourcentage de la population étrangère à plus de 25 % – une perspective impensable. Les autorités japonaises entendent plutôt augmenter le nombre de femmes qui travaillent, laisser les seniors au labeur jusqu’après 65 ans et multiplier les robots. Elles ne chiffrent donc les besoins qu’à 90 000 immigrés par an. Mais même ce chiffre implique une rupture avec le principe d’immigration zéro qui a jusqu’ici tenu lieu de politique en la matière.

Nous avons vu que le Japon a été une terre d’immigration jusqu’aux vies siècle de notre ère, et comment le mythe de la pureté ethnique s’y est ensuite imposé. Ce mythe n’a pourtant pas empêché les zaibatsu nippons d’importer dans l’Archipel un grand nombre de travailleurs coréens bon marché tout au long des années 1920-1930, avant même que le Japon instaure l’équivalent du service du travail obligatoire imposé en Europe par Hitler. La fermeture à l’immigration date de 1951, quand la guerre en Corée a fait craindre un afflux de réfugiés qui rejoindraient leurs compatriotes déjà sur place, auxquels les autorités d’occupation avaient accordé le droit de résidence permanent pour eux et leurs descendants. Mais cette fermeture a bientôt eu aussi pour objectif inavoué de maintenir une tension du marché du travail qui servait la stratégie politique du PLD. Les plaintes répétées du patronat se sont vu opposer le dogme de la « nation qui tire sa force de sa pureté ethnique », faisant de l’immigration un véritable tabou politique. Jusqu’aux années 1990, outre les cadres expatriés, les étrangers n’étaient autorisés à travailler dans l’archipel qu’à des emplois que des Japonais étaient censés ne pas pouvoir occuper (essentiellement enseignants, cuisiniers, boulangers et prêtres, pour les Français, ou femmes de ménage et « artistes » pour les Philippines). La seule communauté de quelque importance était celle que formaient environ un million de Coréens, dont le Japon ne pouvait pas se débarrasser comme il l’aurait souhaité.

La porte s’est pourtant entrouverte à partir des années 1980, parce que « l’internationalisation » était un mot d’ordre officiel [voir chapitre 6, II, 2] et que les jeunes Japonais n’acceptaient plus les emplois dits « 3K » (kitanai, kitsui, kiken  : sales, pénibles et dangereux). Depuis 1990, tous les descendants de Japonais (nikkeijin) dans le monde ont le droit de venir résider en permanence pour travailler dans l’Archipel, ce qui a permis aux usines et aux chantiers nippons d’embaucher quelque 300 000 Brésiliens sans porter atteinte au mythe national de la pureté ethnique. Depuis 1993, au nom de l’aide au développement, les entreprises japonaises d’une soixantaine de secteurs d’activité peuvent aussi « former » des « stagiaires » venus d’Asie (surtout Chine, Indonésie, Vietnam, Philippines et Thaïlande) pour trois années au plus. Nombre d’entre eux se retrouvent aux travaux 3K ou aux caisses des supérettes, et ceux qui n’y donnent pas toute satisfaction sont renvoyés chez eux au bout de la première année. Cette main-d’œuvre sous contrôle et bon marché est très prisée des entreprises, qui se disputent le contingent annuel réparti entre elles par le ministère du Travail. Les effectifs de ces « stagiaires » (environ 90 000 par an) correspondent aux besoins globaux estimés plus haut par les autorités. L’organisation des Jeux olympiques de 2020 sera l’occasion – sinon le prétexte – d’ouvrir plus largement la porte tout en conservant l’alibi de l’aide au développement : la durée des « stages de formation » devrait être portée à six ans, et les quotas revus à la hausse pour le secteur de la construction, qui serait demandeur de 100 000 à 200 000 travailleurs.

Certains flux d’immigration sont entièrement féminins. Celui des « artistes » philippines, importées par les yakuzas pour les bars à hôtesses, s’est réduit depuis que la crise frappe ces établissements. Il a été relayé par un flux massif dans le secteur des soins aux seniors, et par celui d’épouses recrutées par des agences spécialisées à destination des campagnes où les hommes n’en trouvent plus. La population philippine dans l’Archipel a ainsi quadruplé depuis 1990. En 2011, elle atteignait 209 000 personnes soit 10 % des résidents étrangers, à égalité avec les Brésiliens, après les Chinois (32 %, 674 000) et les Coréens (26 %, 545 000). Le nombre de ces derniers se réduit régulièrement, car la naturalisation est de droit pour eux s’ils la demandent – autre disposition imposée sous l’occupation.

Malgré ces évolutions, l’ouverture reste timide. Depuis le tournant du siècle, le nombre de résidents étrangers dans l’Archipel n’est passé que de 1,7 à 2,09 millions (+ 22 %), alors qu’il a triplé en Corée. En outre, il diminue depuis 2008, avec le retour de nombreux Brésiliens chez eux pour cause de crise, et la catastrophe de Fukushima a accéléré le mouvement. Les étrangers ne représentent que 1,6 % de la population (deux fois moins qu’en Corée) et seulement 6 % des mariages sont mixtes (10 % en Corée). Il faut y ajouter les clandestins, estimés dans les belles années 1980 à 400 000 personnes, mais dont la crise aurait réduit le nombre de plus de moitié. Un grand nombre sont des Chinois venus « étudier » dans un réseau d’écoles de langue très peu regardantes sur leur assiduité. En l’absence de toute possibilité de régularisation, ils se laissent très volontiers rapatrier aux frais du contribuable nippon une fois amassé un pécule, au rythme de quelque 25 000 par an – qui sont aussitôt remplacés.

Les autorités ont beau invoquer la trilogie « femmes, seniors, robots », elles sont néanmoins conscientes que l’Archipel a besoin de davantage de travailleurs étrangers, notamment des ingénieurs, des informaticiens et autres travailleurs qualifiés. Ni les nikkeijin, ni les « stagiaires en formation » ne peuvent répondre à ces besoins. Depuis 2000, la politique officielle est de recenser ces besoins spécifiques et d’y répondre au coup par coup « sans affecter la vie sociale des citoyens japonais ». L’idée est de n’admettre que les travailleurs dont l’Archipel a besoin en nombre et en qualité, en les sélectionnant au départ, en limitant strictement la durée de leur séjour et sans qu’ils puissent être accompagnés d’une éventuelle famille. La solution parfaite semble celle de contrats bilatéraux passés avec certains pays fournisseurs, dont le prototype a été la négociation pour recruter 6 000 infirmières, commencée avec les Philippines et finalement conclue avec l’Indonésie (2007). Mais ce rêve d’une immigration entièrement sélectionnée, contractuelle et temporaire, se heurte cependant à la faiblesse des rémunérations et des perspectives professionnelles offertes à ces travailleurs qualifiés que l’on prétend attirer, ainsi qu’à l’impossibilité d’empêcher que certains n’acquièrent droit de cité en épousant un(e) Japonais(e).

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Jean-Marie Bouissou, "Géopolitique du Japon. Une île face au monde" , Presses Universitaires de France


quatrième de couverture
Citation :
Le Japon n’est pas une île mais, pour la géopolitique, il apparaît plus insulaire qu’archipélagique : terre d’ancrage bien plus que de passages, compact, intimement identifié à son territoire, alternant projections vers l’extérieur et replis en bon ordre…

La géopolitique du Japon présente au moins trois spécificités. La dimension intérieure y prend une importance inédite : la première force du Japon, ce sont les Japonais et leur société. Sa vision du monde s’enracine dans une culture non occidentale et une histoire très originale : « mission » et principes comptent bien moins que les hiérarchies, mais aussi les frustrations. Et – en théorie – le Japon a renoncé au hard power depuis plus d’un demi-siècle.

Le Japon a bien plus d’importance pour notre avenir que nous ne le soupçonnons. Parce qu’il est au cœur des équilibres de l’Asie, futur centre de gravité de la planète. Parce qu’il pourrait devenir un cas d’école du déclin des grandes puissances, ou, tout au contraire, de leur capacité à se réinventer.

Voir plus sur le livre de Jean-Marie Bouissou, "Géopolitique du Japon. Une île face au monde", sur le site des Presses Universitaires de France


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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Jeu 1 Sep - 16:58


Philippines: « Dirty Duterte », le punisseur

Paul Delmotte Investig'action 01 Sep 2016

Cinéma et politique font parfois un curieux ménage… Tout le monde se souvient de Ronald Reagan. En 1998, l’acteur Joseph Estrada avait été élu Président des Philippines. Pour être, deux ans plus tard, accusé de soutenir les parrains du jeu clandestin, puis destitué et emprisonné pour « corruption »… Président des Philippines depuis le 30 juin dernier, Rodrigo – Rody – Duterte, dit aussi Digong, n’est certes pas un acteur de cinéma. Ce qui n’empêche pas cet avocat de « faire le sien ». Et d’alimenter savamment, depuis sa campagne électorale et son élection, un véritable « feuilleton » mis en scène par les médias.


Citation :
Le Punisseur

Maire quasiment inamovible de Davao, dans le sud de l’archipel, Rodrigo Duterte s’y était employé à faire liquider physiquement criminels, dealers, petits délinquants – mais aussi vagabonds, miséreux et enfants des rues. D’où le surnom dont l’a affublé The Times. Pour d’autres, aux références cinématographiques, il était Dirty Duterte – Duterte le Sale -, en mémoire du Dirty Harry (L’Inspecteur Harry) de Don Siegel et Clint Eastwood. L’homme s’est qualifié lui même de « fou »…

Désormais président, Duterte semble bien décidé à poursuivre son action « punitive », mais à l’échelle nationale cette fois. Et un zèle accru. L’on prêtait un millier de victimes à l’escadron de la mort de Davao, dans les années ’90. L’on compterait 800 victimes depuis l’arrivée de Rody au palais présidentiel de Malacañan. Il faut dire qu’il avait prévenu: « les 1000 [personnes exécutées à Davao] deviendront 100.000. Vous verrez les poissons grossir dans la baie de Manille »…Voilà de quoi alarmer les défenseurs des Droits de l’Homme. Et favoriser l’audimat.

D’autant plus que Digong accumule les « petites phrases » – plus inconvenantes les unes que les autres – que les médias se complaisent à épingler. Ainsi, en janvier, le futur candidat avait traité le Pape de « fils de p… », lui reprochant les embouteillages monstres causés par sa visite.

R. Duterte sait y faire: c’est après « des hésitations mises en scène »1 qu’il avait annoncé à l’automne 2015 sa candidature aux présidentielles de mai 2016. Cultivant une vulgarité électoralement porteuse, « le Trump philippin »2, a su par ses « petites phrases » et ses tirades contre l’establishment s’assurer 6 millions de voix d’avance, se donnant une image d’homme à poigne en menaçant par exemple d’envoyer des chars contre le Parlement en cas d’entrave à son action.

Une image de « macho » aussi: en avril 1989, le gouverneur de Davao – qui se vante volontiers de ses trois maîtresses – avait révulsé une partie de l’opinion mondiale en déclarant, après le viol collectif et l’assassinat d’une missionnaire australienne lors d’une mutinerie à la prison de Davao: « j’étais en colère qu’il l’aient violée, mais elle était si belle! Je me suis dit: ‘le maire aurait dû avoir la primeur’ « .

À l’époque déjà, Dirty Duterte aimait susciter les rires gras. Et les réflexes chauvins: aux ambassadeurs d’Australie et des EU qui protestaient, il avait enjoint de « la fermer ou de rompre les relations diplomatiques ». Début mai, Digong semble n’avoir eu aucune gêne à outrager Washington en traitant son ambassadeur à Manille, Philip Goldberg, de « bakla »3 , ajoutant: « ce fils de p… – encore! – m’a vraiment agacé ». Sans s’excuser ni daigner retirer ses propos.

Volontiers fanfaron aussi, Duterte avait prétendu que le triple objectif qu’il s’était assigné -mettre fin à la pauvreté, à la corruption et à la délinquance – serait atteint « d’ici trois à six mois ». . Pourtant, comme le rappelle René Backmann4, « un Philippin sur quatre vit avec moins de 1,2 € par jour. Et l’écart entre riches et pauvres ne cesse de se creuser »… Quoiqu’il en soit, jusqu’ici, seule la troisième de ces calamités qui rongent les Philippines semble constituer un réel objectif. Á atteindre à marche forcée.

Populisme anticlérical

Duterte a été présenté comme un « outsider » aux « 200 à 400 familles de prédateurs »5 qui contrôlent l’économie philippine. Et a lui-même « beaucoup misé sur sa non-appartenance au vieilles dynasties », écrit The Manila Times6. Ce qui ne l’a pas empêché de bénéficier de l’appui de la famille de l’ex-dictateur Ferdinand Marcos (1965-1986), champion de la kleptocratie et du népotisme qui, lui aussi, avait en 1970 lancé une campagne contre les « grandes familles ».

Volonté de remercier le clan Marcos? Témoignage de sa vénération envers un modèle? Ou souci, comme l’écrit René Backmann, de « conserver le soutien des nostalgiques d’un pouvoir fort »? Digong envisage de faire transférer les cendres de celui qu’il dit considérer comme « le meilleur président » de l’histoire philippine, de son caveau familial dans la province d’Ilocos Norte au Cimetière des Héros dans la capitale. S’attirant les protestations de plusieurs milliers de manifestants.

Rody est apparemment très attaché à son image antiélitiste, multipliant ses dénonciations des élites et cultivant un « langage grossier et des manières rustres »7. Accusant après son arrivée au pouvoir 160 juges, maires, parlementaires, policiers et militaires8 d’implication dans le trafic de drogue, et ordonnant le retrait de leurs permis de port d’armes…

Il est sans doute difficile de n’y voir que des astuces électorales. Pour les professeurs Julio Teehankee et Mark Thompson9 toutefois, la victoire de Duterte a moins répondu à un ras-le-bol des dépossédés qu’elle n’a été « symptomatique de l’angoisse des gens face à la criminalité et la corruption gouvernementale ».

« Quoique populiste », jugent ces experts, R. Duterte n’en serait pas moins « le candidat des riches, des nouveaux riches, des gens aisés et de la petite proportion de ceux qui ont réussi moyennement ». Avis que semble partager R.Backmann: si Rody a promis « des réponses expéditives à trois fléaux du pays » – la pauvreté, la corruption et la délinquance -, il s’est montré  » relativement vague » face aux deux premiers.

Reste l’Église. Héritée de l’Espagne, hyperpuissante dans un pays qui compte 80% de catholiques, et volontiers « faiseuse de rois ». Une Église qui avait surtout combattu Marcos par crainte de voir ses dérives du régime favoriser l’insurrection communiste.

Duterte, qui dit avoir été abusé par un prêtre pendant son adolescence, serait-il animé d’une haine incontrôlable envers une Église qu’il a qualifiée en mai de « la plus hypocrite » parmi les institutions? Subirait-il, comme le suggère Backmann, l’influence de son « conseiller spirituel », Apollo Quiboloy, chef de la secte évangéliste Royaume de Jésus-Christ? Ou son hostilité affichée relève-t-elle tout simplement de ses postures « anticonformistes »?

Toujours est-il que le président a défendu le mariage homosexuel. Au grand dam de l’Église. Et que, tout comme le souverain pontife, il a également traité les évêques philippins de « fils de p… » pour avoir exigé des voitures de fonction, sous la présidence de Gloria Macapagal-Arroyo10.

Au-delà du « feuilleton »

Les rappels de Washington au respect de l’État de droit et des Droits de l’Homme, repris en écho par les médias, sont également au cœur du « feuilleton » Duterte. Outre qu’ils peuvent difficilement faire oublier que le tir à vue de trafiquants de drogue, ou de personnes soupçonnées telles, n’est pas l’apanage des Philippines – rappelons les récents assassinats de jeunes Noirs qui ont récemment défrayé la chronique aux États-Unis – les protestations outrées à l’égard du président philippin sont peut-être à appréhender à un autre niveau.

Serait-il illégitime de penser qu’au-delà de la réprobation des « frasques » de Rody et des propos moralisateurs, ce sont aussi – surtout? – les velléités de Rodrigo Duterte de s’écarter de la ligne de son prédécesseur, Bénino Aquino, en matière de politique régionale qui sont en cause? Noyer ces questions de géopolitique régionale sous une avalanche médiatisée des grossièretés présidentielles n’a-t-il pas pour effet – pour intention diront certains – d’éviter toute réflexion critique à leur sujet?

Serait-ce qu’une autre « petite phrase » de R. Duterte à propos des litiges sino-philippins en mer de Chine méridionale – : » nous ne sommes pas pressés de faire la guerre, nous sommes pressés de parler » (12 août) – ait alarmé les géo-stratèges de Washington? La mission de l’ex-président (1992-1998) Fidel Ramos, envoyé par Rody du 8 au 12 août à Hong Kong pour « renouer l’amitié » et « briser la glace » avec la Chine et y rencontrer, e. a., la « dame de fer » de la diplomatie chinoise, Mme Fu Ying, vice-ministre des Affaires étrangères11 en charge des problèmes de la mer de Chine méridionale, semble avoir été fructueuse. Ne serait-ce pas là une signe de ce que des arrangements entre vassaux régionaux des États-Unis et leur géant voisin sont envisageables?

C’est ce que donne également à penser la visite, le 18 août, de Mme Aung San Suu kyi à Pékin. Hier érigée au statut de « sainte » par l’Occident, The Lady a préféré consacrer sa première visite officielle en dehors d’Asie du Sud-est à la République populaire. Où elle a rencontré le 1er ministre, Li Keqiang, qui pourrait aussi rencontrer Rody au sommet de l’ASEAN, en septembre. Exploitation concertée des ressources halieutiques autour de l’atoll de Scarborough et fourniture de technologies chinoises en matière d’aquaculture pour les Philippins; coup de pouce chinois à la « réconciliation » entre les minorités ethniques et le gouvernement birmans et relance des investissements chinois dans le pays… Autant de perspectives que Washington et ses alliés peuvent juger contraires à leurs efforts de containment de la Chine.


Paul DELMOTTE, Professeur de politique internationale retraité de l’IHECS
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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Dim 11 Sep - 16:04


un peu hors de nos sujets, mais un des meilleurs blogs en français que je connaisse sur le Japon. De quoi balayer nombre d'idées reçues



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Depuis des années, à travers sa technologie, ses bandes dessinées, son cinéma d’animation, ses jeux, ses arts martiaux, sa langue, sa culture, le Japon attire et intrigue de plus en plus de personnes jeunes ou moins jeunes.

Le but de ce blog est de vous faire découvrir des aspects du Japon que vous ne connaissez pas nécessairement aussi bien sur le plan historique, culturel, touristique, politique ou économique. Bien sur, j’essayerai aussi de vous faire part de toutes les manifestations qui ont lieu sur ce magnifique pays.

Et si, vous aussi, vous êtes attiré par ce pays et voulez partager votre expérience, n’hésitez pas à me contacter et je me ferai une joie de publier vos articles.

Bonne lecture!


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MessageSujet: Re: ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes    Mar 29 Nov - 12:42

INDE

Capitalisme : une histoire de fantômes
Arundhati Roy
[Capitalism, a Ghost Story]


Parution : 13-10-2016

Citation :
« La domination du capitalisme fut telle qu’elle cessa d’être perçue comme une idéologie. Elle est devenue le modèle par défaut, le comportement naturel. Elle s’est infiltrée dans la normalité, a colonisé l’ordinaire, au point que la contester est apparu comme aussi absurde ou ésotérique qu’une remise en cause de la réalité elle-même. Dès lors, le pas fut aisément et promptement franchi pour affirmer : "Il n’y a pas d’alternative."»

Dans cette série d’essais, Arundhati Roy, l’auteure du sublime roman Le Dieu des Petits Riens, s’intéresse à la face cachée de la démocratie indienne – un pays de 1,2 milliard d’habitants où les cent personnes les plus riches possèdent l’équivalent d’un quart du produit intérieur brut.

Ce texte virulent présente un portrait féroce et lucide d’un pays hanté par ses fantômes : ceux des centaines de milliers de fermiers qui n’ont pour seule échappatoire à leurs dettes que le suicide ; ceux des centaines de millions de personnes qui vivent avec moins de deux dollars par jour.

Face à eux, une infime minorité de la population contrôle la majorité des richesses et parvient à dicter la politique gouvernementale. Cette classe corrompue par l’omniprésence des ONG et des fondations est au cœur du système remis en cause par l’auteure. Cependant, Roy va au-delà du pamphlet contre le capitalisme et propose une véritable réflexion sur son histoire et ses rouages. Avant de conclure par plusieurs propositions pour en sortir, le temps d’un discours aux militants d’Occupy Wall Street.


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ASIE Sud, Est, JAPON, INDE, INDONÉSIE, AUSTRALIE... mutations économiques, stratégies capitalistes et luttes de classes
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