PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?

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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Dim 20 Déc - 6:24


La Patagonie rebelle, 1921-1922 – Osvaldo Bayer


Chronique d’une révolte des ouvriers agricoles argentins


Présentation de l’éditeur:

Citation :
La description minutieuse d’événements que l’Histoire officielle n’évoque guère. Rien n’a changé depuis ces années 1920 : les mêmes structures foncières demeurent. Immuable et évidente reste la complicité silencieuse de la classe politique, unissant la droite, le centre gauche et l’armée.

Les événements relatés dans ce livre s’inscrivent dans la longue suite de tragédies qui ont marqué le mouvement ouvrier en Argentine. Les massacres de Patagonie (1921) surviennent après les fusillades de la Semaine rouge (1909) et la de Semaine tragique (1919). La répression continuera tout au long du siècle pour culminer dans l’horreur avec la dictature militaire de 1976-1983 (30 000 disparus).

« Au début du siècle, le mouvement syndical est marqué par la présence de la FORA (Fédération ouvrière régionale argentine), anarcho-syndicaliste, plus vieille section de l’AIT. Elle compta jusqu’à 100 000 adhérents.

L’économie de la Patagonie est centrée sur le mouton. La région est divisée en immenses haciendas appartenant à des propriétaires fonciers et des capitalistes argentins et anglais. Les ouvriers et les péons (travailleurs agricoles) vivent dans des conditions lamentables et travaillent pour des salaires de misère. Ils vont déclencher des grèves sous l’impulsion de la Société ouvrière de Rio Gallegos. Celle-ci est affiliée à la FORA, et son secrétaire est l’anarchiste espagnol Antonio Soto. La plupart des grévistes sont des étrangers Chiliens, Espagnols, Russes, Allemands…

Par nationalisme et pour protéger les intérêts des grands propriétaires, un corps expéditionnaire, commandé par le lieutenant-colonel Varela, est chargé de rétablir l’ordre. La répression est impitoyable. Entre 1 500 et 2 000 travailleurs furent fusillés sans procès, alors que le gouvernement radical venait d’abolir la peine de mort ! En janvier 1923, Varela sera assassiné par l’anarchiste Kurt Wilckens.(…) »
(extrait d’un article du Monde Libertaire, mai 1996)

Ce livre est la version abrégée de Los Vengadores de la Patagonia trágica, qui se compose de quatre gros volumes. Les trois premiers parurent entre 1972 et 1974. Le quatrième fut publié en Allemagne où l’auteur avait fuit la dictature argentine. Osvaldo Bayer a réalisé une enquête très minutieuse sur le terrain. II a rencontré et interviewé de nombreux témoins des événements. Sur les lieux des massacres, il a même retrouvé des restes humains.


Un film a été réalisé à partir de son livre La Patagonia Rebelde, réalisé en 1974 par Hector Oliveira.



Citation :
La Patagonie rebelle est aussi un film d’Hector Olivera, inspiré du livre d’Osvaldo Bayer, qui est également l’auteur du scénario. Sorti en 1974, il retrace l’histoire d’un épisode important de l’histoire du mouvement ouvrier –et de la répression– en Argentine: les mois d’insurrection ouvrière dans la province de Santa Cruz, en Patagonie.


Entre 1878 et 1885, l’armée argentine écrasa militairement les Indiens mapuches et tehuelches, durant ce qui pudiquement a été appelée la « campagne du désert » (les Indiens, c’est bien connu, n’existent pas). Des milliers d’Indiens parqués dans des camps de concentration qui servaient de réserve de main d’œuvre quasi-esclave pour l’industrie sucrière du nord du pays ou pour d’autres secteurs ruraux. (…)


Le film est sorti en 1974, dans un moment très particulier de l’histoire argentine, enre deux dictatures, à un moment où le retour de Perón pouvait laisser croire à une ouverture vers une démocratie socialiste. Perón, en vieux réactionnaire, en dépit des bases montoneras qui le soutenaient, commença par censurer le film, avant de se raviser et de l’autoriser. Mais le film reste très peu à l’écran : à sa mort, quelques mois plus tard, c’est l’extrême-droite du mouvement péroniste qui arriva au pouvoir, et le film fut de nouveau interdit. Il ne réapparut sur les écrans qu’après la chute de la dictature militaire, au milieu des années 1980.


film intégral




voir aussi, 1998

Patagonia Rebelde by fernando sacamuelas Todos somos animales, todos somos políticos… 28 febrero, 2012





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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Dim 20 Déc - 7:31


de l'impérialisme néo-colonial...

... au cinéma

Séance du dimanche.
Queimada, 1969
Quartiers Libres
13 décembre


Citation :
Début du XIXe siècle aux Antilles, sur l’île de Queimada, une colonie –imaginaire– du Portugal. On est en plein mouvement d’indépendance des ex-colonies américaines, en particulier espagnoles, mais l’exemple d’Haiti n’est pas très loin non plus. Les colons se soulèvent et veulent chasser la puissance coloniale pour obtenir leur indépendance. Ils sont bientôt rejoints par les esclaves noirs et appuyés en sous-mains par les Anglais, dont on ne va pas tarder à comprendre que leur soutien est loin d’être désintéressé. Très classiquement, une fois l’indépendance acquise, les planteurs blancs, nouveaux maîtres du pays et de la machine productive, reprennent les vieilles pratiques des colons vis-à-vis des esclaves noirs, qui se révoltent contre eux.


Le plus intéressant est le jeu de la puissance néocoloniale anglaise, qui navigue subtilement entre un appui aux révoltés quand il faut mettre un coup de pression au gouvernement « indépendant » pour qu’il ne s’en prenne pas à ses intérêts économiques –en l’occurrence le monopole commercial autour de l’exportation du sucre pour la Royal Sugar Company – et un soutien y compris militaire au pouvoir en place pour écraser la révolte dès qu’elle se montre trop menaçante. Il faut à tout prix éviter une contagion aux îles voisines, et en particuleir à celle qui font toujours partie de l’empire colonial britannique. L’aide au pouvoir permet en retour d’assurer sa dépendance et de sanctuariser les intérêts économiques britanniques.


Le film, réalisé en 1969 par Gilles Pontecorvo (La bataille d’Alger, Operación Ogro) démonte les mécanismes de l’impérialisme néocolonial. L’arrière-fond historique est bien sûr Cuba –première puissance sucrière des Caraïbes, libérées de la tutelle espagnole avec l’appui militaire américain en 1898 et maintenu sous un régime de quasi-colonie, de réserve sucrière et de bordel flottant pour riches touristes yankees jusqu’à la révolution castriste de 1959. Mais le message est beaucoup plus large : en cette période de décolonisation, il peut concerner l’ensemble des nouveaux États indépendants de fait de la Grande Bretagne, de la France, de la Belgique ou des Pays Bas, mais toujours soumis à une dépendance économique de la part des nouvelles puissances impérialistes ou, tout simplement, de leur ancienne métropole coloniale. Le jeu de la France en Afrique, par exemple est particulièrement clair sur ce point : la disparition de l’A.O.F. et de l’A.E.F. n’a jamais entraîné la libération réelle des peuples africains, jusqu’à preuve du contraire.


Le film suit deux lignes narratives : le point de vue d’un esclave noir appelé Dolores et celui de Marlon Brando, alias John Walker agent secret britannique aux manœuvres auprès des Noirs pour le compte des intérêts de sa Très Gracieuse Majesté et des capitaux qu’elle représente. Il ne s’en tient pas à la dénonciation des mécanismes de l’impérialisme : la vengeance du peuple sur la personne de Walker laisse ouverte la perspective d’une libération et matérialise les dernières paroles du leader révolutionnaire Dolores au pied de la potence où l’a conduit le double jeu de Walker : la liberté ne se concède pas, elle se gagne.


version anglaise sous-titrée espagnol




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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Dim 20 Déc - 18:56


Cuba : la longue route vers le Nord

Depuis le rétablissement des relations entre Washington et La Havane, une nouvelle vague de migrants cubains essaye de rejoindre les Etats-Unis par le continent, un voyage long et difficile

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Une vague de migrants cubains provoque une crise en Amérique centrale Frédéric Saliba LE MONDE | 24.11.2015


Citation :
L’attente semble interminable pour deux mille migrants cubains bloqués à la frontière entre le Costa Rica et le Nicaragua. Leur sort est au cœur des discussions du Système d’intégration centraméricain (SICA) qui se réunit, mardi 24 novembre, au Salvador. Le dégel entre Cuba et les Etats-Unis provoque une vague migratoire de Cubains qui craignent de perdre leur droit d’asile sur le sol américain.


Des migrants cubains hébergés dans un gymnase à La Cruz au Costa Rica

Depuis le 15 novembre, l’armée nicaraguayenne bloque le passage de ces migrants à la hauteur de la ville frontalière de Peñas Blancas, au nord-ouest du Costa Rica. « C’est une violation de notre souveraineté », a justifié le président nicaraguayen, Daniel Ortega, qui accuse son voisin d’envoyer massivement des clandestins sur son territoire. Le flux de Cubains, qui traversent le Costa Rica pour se rendre aux Etats-Unis, ne cesse de croître : 12 166 entre janvier et septembre, contre 5 114 en 2014 et 2 549 en 2013.

Selon Celia Gonzalez, spécialiste des migrations à l’Institut technologique de Monterrey (Mexique), « l’ouverture cet été de l’ambassade de Cuba à Washington et celle des Etats-Unis à La Havane a accentué les craintes des Cubains d’une prochaine abrogation du Cuban Adjustment Act ». Baptisée « pieds secs, pieds mouillés », cette loi américaine offre l’asile politique aux Cubains qui foulent le sol des Etats-Unis. En revanche, ceux interceptés en mer sont renvoyés à Cuba. De quoi créer une route migratoire terrestre de 8 000 km, soit 25 fois plus longue que la traversée maritime de Cuba à la Floride.



L'Amérique centrale ne sait pas quoi faire de ses migrants cubains Patrick John Buffe RFI 20-12-2015


Cuban children draw at a shelter in La Cruz. Photo: Reuters

Citation :
Le Costa Rica a décidé de fermer ses frontières face à l’afflux incessants de migrants cubains qui tentent de se rendre aux Etats-Unis. Plusieurs milliers d’entre eux sont bloqués à la frontière avec le Nicaragua qui refuse de les laisser passer, provoquant ainsi une crise migratoire régionale que les autres pays d'Amérique centrale ne veulent pas assumer.

La crise migratoire qui touche l'Amérique centrale est loin d’être résolue : le Nicaragua campe sur ses positions. Quant au Belize et au Guatemala, ils ne veulent rien savoir de la proposition du Costa Rica, qui demande l’établissement d’un couloir humanitaire pour permette aux migrants cubains de continuer leur route vers les Etats-Unis.

Face au manque de volonté politique de ces trois pays, 7 000 Cubains sont toujours bloqués au Costa Rica. Devant cette impasse, le gouvernement de San José vient de décider la fermeture de ses frontières, car il estime que sa capacité d’accueil est saturée. Il ne délivrera donc plus de sauf-conduit aux nouveaux arrivants. Et ceux qui entreront illégalement sur son territoire seront renvoyés dans leur pays d’origine.

Cette fermeture des frontières costariciennes aura en plus des conséquences directes sur son voisin, le Panama, où chaque jour arrivent de nouveaux migrants cubains. Devant l’impossibilité de passer au Costa Rica, ils resteront bloqués dans ce pays. C'est pourquoi le gouvernement panaméen veut lui aussi trouver une solution rapide à cette crise et freiner ce flux migratoire incessant.


Costa Rica, Guatemala and Mexico Discuss Cuban Migrants

The delegates will discuss how to help Cubans reach the U.S. safely, and get around the 1966 law that drives “illegal, risky and chaotic migration.”


A group of Cuban immigrants resting in a makeshift shelter in La Cruz, Guanacaste, Costa Rica,
near the border with Nicaragua on Nov. 26, 2015. | Photo: AFP

Citation :
Ministers from Costa Rica, Guatemala and Mexico meet in Mexico City Tuesday to discuss possible solutions for the over 4,000 Cuban migrants who are currently stranded in Costa Rica.

Deputy Foreign Minister of Costa Rica, Alejandro Solano, the Secretary of Foreign Affairs of Mexico, Socorro Flores, and Deputy Foreign Minister of Guatemala, Carlos Ramiro Martinez will meet at the presidential palace after previous meetings with regional leaders failed to find a diplomatic solution.  

“We will continue the coordination of what would be the transfer of Cubans to the United States following the route to be agreed upon between countries that are interested in securing human dignity,” said Solano.

The majority of the Cubans have been stranded at the Costa Rica-Nicaraguan border since Nov. 15 when Nicaraguan officials closed the border to stem the migration after a recent surge of Cubans arrived looking to enter the United States.

Cubans have long been traveling through Central America in order to reach the United States, and often beginning their journey in Ecuador, which allows them to enter without a visa. Once in the South American nation, they make the journey north by land, usually with the help of human traffickers, in order to reach the U.S.  

Central American officials and their counterparts from Ecuador, Colombia and Cuba met last week to try to find a solution to the problem of the influx of Cuban migrants, however an agreement was not reach.  

Officials have called on the United States to be more involved in finding a solution, saying U.S. migration policy towards Cubans are to blame for the current impasse. This includes what's known as the “wet-foot, dry-foot” policy of 1966, which grants Cubans residency when they touch down on U.S. soil, encouraging migration, yet does not provide Cubans with legal or safe channels to reach the country.  

Cuban and U.S. delegations met for bilateral talks Monday in Washington D.C. to discuss the Cold War era law, which Cubans say drives “illegal, risky and chaotic migration.” The meetings were expected to continue Tuesday.  



la route du Nord...



Thousands of Cuban migrants stuck at Nicaraguan border in limbo amid political impasse Jim Wyss  - Miami Herald staff

Some 2,000 Cuban migrants on their way to the United States are stranded in Central America after Nicaragua barred them from entering from Costa Rica. The crisis is shining a light on the growing number of Cubans heading overland to try to reach the United States.  

LA CRUZ, Costa Rica  —

Citation :
The slow-moving river of Cuban migrants heading to the United States had already braved corrupt cops, thieving coyotes, a perilous boat trip and a trek through Central American jungles.

But the obstacle that ended their journey in this small agricultural town, just a few miles from the border with Nicaragua, is more vexing: politics.

For nearly a week, almost 2,000 Cubans have been stranded along the Costa Rica-Nicaragua frontier after the government in Managua balked at their sheer numbers and denied them passage. On Sunday, as an estimated 1,600 frustrated Cubans broke through the border gate on their way north, they were repelled by riot police, tear gas and the national army.

That has left entire families stranded in this rural swath of Costa Rica, wondering how and when they’ll be able to continue their journey.

Roberto Carlos Pizarro, a 24-year-old computer scientist on his way to Houston, was among the group that tried to push its way into Nicaragua over the weekend. As he and his cousin prepared to spend another night sleeping on a concrete slab outside Costa Rica’s immigration checkpoint, he feared the crowds might have gone too far.

“We invaded Nicaragua by force, yes, but we were desperate,” he explained. “If Nicaragua is like Cuba, I don’t think they will forgive us for that. I don’t think they will ever let us across.”

THE LONG WAY NORTH

The overland journey from Cuba to the United States is seen as safer than braving the Florida Straits in a raft. But it’s still long and perilous, covering eight nations and 4,800 miles. Most people said they had sold homes or gone deep into debt to scrounge up the $3,000-$7,000 dollars for the trip.


For many, it begins with a flight from Havana to Ecuador, one of the few countries that doesn’t require Cubans to have visas. From there, they travel overland through Colombia to the Atlantic port of Turbo, where they’re whisked across the Gulf of Urabá to Panama to continue the long slog up through Central America.

In the year ending Sept. 20, more than 45,000 Cubans arrived at U.S. checkpoints along the Mexican border.

Almost all the migrants complained about being shaken down and menaced by the police in Colombia or being robbed by their guides, or coyotes, in Panama. But Nicaragua had the reputation for being the easy leg of the journey. Until recently, Cubans said they could present themselves to Nicaraguan immigration officials, pay a fine of about $80, and be bussed by authorities to the northern border with Honduras.

Like a glitch in a factory line, however, migrants and officials said the route began breaking down days earlier at the Panama-Costa Rica border. In Paso Canoas, in southern Costa Rica, Cuban migrants would usually spend two or three days as they were processed by immigration. But this month there were delays, and as days turned into weeks for some, Cubans continued streaming into the town.

“There were more and more of us coming in and we decided to go on strike,”
recalls Darien Pavía, a 32-year-old bartender from Havana. When they were finally let go, on Saturday, they arrived en masse at Nicaragua’s southern border.

“Everybody was so anxious that we just pushed through and that’s where we had the clash with tear gas and all the violence,” he said.

Nicaragua has accused Costa Rica of provoking a humanitarian crisis by “launching” the Cubans at them without warning and said it was only trying to safeguard its frontier.

Part of the crowd’s desperation comes from growing rumors that the Cuban Adjustment Act, which grants legal status and other benefits to Cuban political asylum seekers in the United States, might be ending.

The rumor mill in Cuba is in high gear with reports that the pact will be suspended in December amid the Washington-Havana rapprochement and growing anti-immigrant sentiment in the United States, said Jorge Luis Vento, who had tried to escape the island as a rafter in the 1990s. U.S. officials have said they have no plans to change U.S. policy for Cuban migrants.

While some in the U.S. have questioned the preferential treatment for Cubans, Vento denied suggestions that many islanders are escaping for economic, rather than political, reasons.

“Somebody who sells their entire life to go country by country by country to get to the United States — the only reason you would do that is because you can’t take it any more,” he said.

Cuba’s Foreign Ministry has blamed the U.S. policy for fueling the crisis, saying it “stimulates irregular emigration from Cuba to the United States.”

Carlos Matías Gonzaga is the mayor of La Cruz, a usually sleepy agricultural town of about 20,000. With some 160-200 Cubans arriving each day, Gonzaga jokes about the changing demographics.

“I like to tell people that we already have a Little Havana and that pretty soon we’ll also have a Little Camaguey,”
he said.

The national government and aid organizations have helped keep the migratory wave from becoming a burden, he said. And at least eight shelters have been established and a local church has been coordinating efforts to feed the Cubans three times a day.

But Gonzaga said it’s far from a local problem.

“I am asking the international community — not to help Costa Rica, but to help our Cuban brothers whose aspirations are liberty and a better life,”
he said. “Everybody needs to look into their heart and do what they can to help them reach their destination — whether they make it there or not.”

For many, the current crisis is rich in historical ironies. Some of those stranded pointed out that after Nicaragua’s Cuba-inspired 1979 revolution, Havana sent thousands of health workers and teachers to the Central American nation.

“We taught them how to read and write,” groused one migrant, “and now this is how they’re repaying us?”

Carlos Herrera, the national chief of disaster planning for Costa Rica’s Red Cross, said the only similar humanitarian crisis in the region was in the 1970s, when Nicaraguans flowed into Costa Rica during the civil war.

“But this time there is no conflict,” he said. “They’re creating the problem by not letting them pass.”

Cuba and Nicaragua remain staunch allies and some wondered if President Daniel Ortega was doing Raúl Castro a backhanded favor.

“For Cuba, [migrants] are against the system — we’re traitors to the country,” said Luís Aldama, a 60-year-old hospital administrator trying to make it to Tucson, Arizona.

Ortega “closed the border to not look bad for the Castros,” he speculated. “This is pure politics.”

POLITICAL SOLUTION?

It’s far from clear how the crisis will end. Foreign ministers from Ecuador to Mexico are expected to meet in El Salvador on Tuesday to try to resolve the humanitarian issue.

Neighboring countries have reacted in a “positive and supportive way” and understand that it’s an issue “that needs to be dealt with by the entire region,” Costa Rica Foreign Minister Manuel González said in a statement Thursday.

Also Thursday, U.S. Rep. Carlos Curbelo, R-Miami, wrote to President Barack Obama asking about White House plans — if any — to manage the Cuban influx and coordinate with Mexican and Central American authorities.

“It is now clear that many Cubans are responding to the idea of a normal relationship between their oppressors and the United States with fear and desperation, leading many of them to risk their safety and their lives to escape the prison that is Castro’s Cuba,”
he wrote. “ I am concerned about what that means for my community in South Florida.”

Even so, some worry that there are now so many Cubans congregated at the border that it will cause a domino effect: If they get through Nicaragua, will Honduras, Guatemala or Mexico be prepared to take on thousands of them arriving in unison?

Yolanda Romero Marquez, a 65-year-old with diabetes and high blood pressure, was on her way to Indiana to join her sons and grandchildren and had spent four days camped out at the border crossing — refusing to go a few miles back to the relative comfort of the shelters.

As she sprawled amid cardboard and foam mattresses, she said her presence here — at the border — was important.

“If we leave here and this becomes calm, they’ll forget about us,”
she said. “People have to know that we’re here and that we have to get through.”


Miami Herald Political Correspondent Patricia Mazzei contributed to this report.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Jeu 24 Déc - 5:22




Bolivie: première mobilisation pour le «non» au referendum Reza Nourmamode RFI 23-12-2015  


Le président bolivien, Evo Morales, espère briguer un quatrième mandat
grâce à une modification de la Constitution. REUTERS/Bolivian Presidency

Un premier grand meeting politique s’est tenu mardi 22 décembre à La Paz pour appeler à voter « non » au référendum du 21 février prochain. Les électeurs seront appelés à se rendre aux urnes pour se prononcer sur une modification de la Constitution qui permettrait au président socialiste Evo Morales de postuler en 2019 pour un quatrième mandat à la tête de la Bolivie. Au pouvoir depuis décembre 2005, Morales jouit d'un bilan plutôt positif dans le domaine économique, notamment dans la lutte contre la pauvreté. Mais aujourd'hui son parti, le MAS, est au coeur de plusieurs scandales de corruption, et lui-même est accusé par ses détracteurs de dérives autoritaires.
 
Citation :
« Non à la tyrannie » ou encore « Evo, ça suffit ». Malgré la pluie, ils sont près d'un millier à s'être rassemblés, mardi 22 décembre dans le centre-ville de La Paz, pour refuser à Evo Morales la possibilité de briguer un quatrième mandat.

Le rassemblement était organisé par Felix Patzi, gouverneur de la région de La Paz, mais également ancien ministre de l'Education du président Morales. Comme d'autres dissidents du parti au pouvoir, il appartient à cette gauche déçue par le chef de l'Etat. Une gauche qui considère que Morales a trahi le peuple bolivien.

« Toute volonté de s'éterniser au pouvoir dégénère automatiquement en tyrannie, que ce soit Evo Morales ou n'importe quel autre gouvernant, affirme Felix Patzi. De plus, quand on reste plus de quinze ans au pouvoir, c'est en premier lieu aux jeunes générations que l'on porte le plus préjudice ».


Avec ces dissidents de gauche, mais également les partis traditionnels du centre et de la droite, c'est un large front d'opposition qui mène campagne pour le « non ». Reste à savoir si cela suffira pour infliger à Evo Morales sa première grande défaite électorale après dix années au pouvoir. Un récent sondage donne en tout cas le « non » légèrement gagnant le 21 février prochain, mais la campagne ne fait que commencer.


 

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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Jeu 24 Déc - 6:24



La Guyane : Seul territoire d’Amérique du Sud où l’Europe garde son emprise, plus de cinq cents ans après Christophe Colomb 17 décembre 2015

Seul territoire d’Amérique du Sud où l’Europe garde son emprise, plus de cinq cents ans après Christophe Colomb. Seul département français d’outre-mer qui ne soit pas une île. Histoire de " peuplement "


Citation :
A Cayenne, où s’est installée 70% de la population guyanaise, près de la moitié de celle-ci (40%) travaille dans les administrations surchargées d’employés qui reçoivent la prime de vie chère (plus 40%) distribuée à tous les fonctionnaires.


L’ambiance de la rue principale, Charles-de-Gaulle, ressemble au centre de Nouméa ou de Pointe-à-Pitre. Ici, on trouve tous les produits du marché cher : grande confection métropolitaine, bijouteries, parfumeries, et tous les petits détaillants chinois. Mais à deux pas, une masse de travailleurs sans emploi : les " jobeurs ", qui louent leurs bras, leur temps, pour une tâche, un travail précaire, à l’heure, à la journée, à la mission. Tout dépend du patron. C’est une sorte de travail au noir pratiqué par des Brésiliens, Surinamiens ou Haïtiens. Il en est même de Georgetown, venus de la Guyana anglaise. Les Haïtiens, de 40 000 à 50 000, sont les plus nombreux. Installés dans les bidonvilles de Cayenne, ils constituent une population ancienne en voie d’intégration même si 60% sont encore " clandestins ".



Dans le bidonville de Rémire-Montjoly, César-Christophe nous parle en créole haïtien saupoudré de quelques bribes de bon français, et de termes locaux : " Ici, c’est comme cité Soleil à Port-au-Prince, mais on gagne de l’argent ; De temps en temps, les affaires marchent." Ils sont jardiniers, cuisiniers, hommes de ménage, tailleurs et coiffeurs. Les maladies s’entassent, avec la misère les risques de choléra sont certains, et le sida galope. Les Haïtiens sont les plus touchés ; sur 400 cas diagnostiqués, 12% concernent les autres populations immigrés. S’agissant du département le plus touché par ce fléau, l’ensemble des Guyanais expriment une immense prise de conscience du problème et lutte contre tous les dérapages " ethniques " qui condamneraient telle ou telle communauté. De plus en plus, les religieux et les religieuses prennent même des positions ouvertes et conseillent les préservatifs, se démarquant ainsi de l’Eglise officielle devant la menace de 1 000 cas de sida d’ici l’an 2000.


Bidonville de Terca, à Matoury (TF)
(L'Outre-mer compte 150.000 bidonvilles, 300 fois plus qu'en France)


Bidonville Village Saramaca, à Kourou



Cette immigration haïtienne est à la fois économique et politique : Haïti étant le pays le plus pauvre de l’Amérique latine et le plus menacé de coups d’Etat militaires. L’immigration surinamienne est essentiellement politique puisque composée de deux tiers de réfugiés, les " bush negroes " (Noirs retournés à la vie sauvage des forêts) ayant traversé le Maroni pour fuir les combats qui opposent, depuis 1986, les Jungle Commandos de Ronny Brunswijk aux forces armées du lieutenant-colonel Bouterse. L’ensemble de ces Surinamiens sont déplacés sous tutelle du HCR (Haut commissariat aux réfugiés des Nations unies).

L’immigration la plus problématique reste celle des Brésiliens, en permanence de passage, qui font baisser fortement les salaires. Dans le contexte local, certains Surinamiens acceptent de travailler pour 50 F par jour, dans les rizières où les journées atteignent jusqu’à 14 à 17 heures de travail. Les Brésiliens viennent pour le gros oeuvre du BTP. Ils n’ont rien à perdre quand ils sont pris, ils sont reconduits " gratuitement " à la frontière et repartent en général avec 2 000 à 3 000 francs en poche : dix mois de salaire au Brésil ! Puis, ils essaient de revenir à nouveau." C’est ça notre vie ", sourit Baltazar, un Garimpeiro du Nord-Est qui traverse tous les trois mois le large fleuve Oyapock pour travailler à Kourou. Il avoue avec une naïveté déconcertante que " d’autres ont la vie plus facile, ils traitent avec la cocaïne : en deux jours tout est réglé ". On raconte ici que la prison de Kourou est remplie à 300% et que 20% des prisonniers seraient des dealers de drogues dures.


La société guyanaise est un véritable puzzle de populations : les Amérindiens seraient entre 3 500 et 6 000. Premiers habitants, ils appartiennent à six groupes : les Galibi, Arawaks et Palikour sur le littoral, les Emerillons, Wayanpis et Wayanas en amont des grands fleuves. Les Bushinengs, descendants des esclaves noirs en fuite (les Marrons), vivent des deux côtés du fleuve Maroni. Eux-mêmes sont composés de différents groupes ethniques, regroupant 3 500 personnes. La question amérindienne guyanaise donne à ce territoire français ses caractéristiques les plus complexes.

Oui, il y a toujours et encore des Indiens en Guyane, des Indiens qui ne sont plus cantonnés ni figés dans une image de livres d’ethnologie ou d’anthropologie. Après avoir été directement administrés par un représentant de l’Etat à partir de 1930, dans des territoires concédés, ils vivent aujourd’hui avec moins d’isolement, grâce à la loi de 1968 qui a supprimé le statut spécial de territoires protégés. Les déplacements se font plus facilement, certains Amérindiens choisissent de se mêler aux populations diverses et viennent dans les villes et sur la côte. Ils cherchent à cohabiter plus qu’à s’intégrer... Pour preuve la discussion que provoque par exemple dans leurs communautés l’utilisation du statut de " RMIstes ".

La société guyanaise, un véritable puzzle de populations


André Cognat, ethnologue de terrain sur le haut Maroni, dans le village d’Antecuma-Pata, pense avec véhémence et ferveur que " cela ne peut intégrer les Indiens que dans l’assistanat et le chômage, les mettant en danger d’une véritable marginalité, puisque arrachés à leur environnement économique naturel ". Le problème reste entier, il est évident qu’une fois levé le statut spécial de 1930, le problème des populations autochtones reste posé et doit apparaître publiquement et politiquement." Nous devons être capables d’imposer et de construire un mode de vie qui s’ajuste à nos traditions avec des solutions propres à nos besoins et ne pas oublier que nous sommes sur nos terres ", déclarait d’ailleurs Maurice Tiouka qui défend avec passion la cause autochtone.

La population " créole ", donc métissée, descendant de l’époque esclavagiste, a été longtemps le groupe dominant. Depuis 1970 il devient de plus en plus minoritaire, ce qui provoque en son sein inquiétude et malaise politique
. Entre 1980 et 1990, les Blancs métropolitains sont arrivés en masse, 25% de France, le reste des Antilles françaises, et des Dom-Tom. Ils sont 30 000 sur les 160 000 habitants. Mais la Guyane s’est faite et se fait encore de nos jours avec des populations affluentes du monde entier : à la fin du XIXe siècle, les Chinois de la province de Zé-Zhiang, de Taiwan, de Hong-Kong, et même de Malaisie, vinrent dans le pays, formant une communauté très fermée, qui tient le petit et le grand commerce. Ils seraient entre 4 000 et 5 000. Arrivèrent dès 1977 des réfugiés laotiens, des Hmongs, qui vivent à Cacao, et alimentent Cayenne pour tous ses besoins en cultures vivrières. L’ensemble pourrait être nommée population officielle générale, qui se répartit sur le territoire jusqu’à l’orée de la forêt vierge tropicale. Mais une réalité plus cruelle s’impose : ce territoire, qui n’a jamais eu de produit d’attraction comme le sucre ou les épices aux Antilles, vit des inégalités sociales terrifiantes.

Le territoire, depuis la loi de la départementalisation de 1948, fonctionne comme une entité avec les Antilles (Guadeloupe et Martinique) alors qu’il s’agit là d’un espace d’outre-mer, enclavé en Amérique amazonienne, dont la réalité géographique et humaine ajoute à sa complexité politique. Ce qu’on n’arrive pas toujours à bien appréhender en France.

Dans cet ensemble, s’insère la communauté indienne amérindienne. Lorsqu’arrivèrent les premiers Européens, ils sont 30 000, puis 25 000 au XVIIIe siècle et seulement 9 000 aujourd’hui. Protégés par leur statut spécial de 1930, ils ont longtemps vécu sous le droit coutumier. Cependant, des contradictions se font jour. Certains préconisent l’intégration par la scolarisation traditionnelle européenne, d’autres préfèrent le maintien dans leurs règles d’apprentissage. Ils subissent de plus en plus l’économie de marché qui rompt avec leur cadre traditionnel. Il n’est pas évident pour eux de passer de la forêt dans les villes où ils rencontrent le chômage, les maladies et souvent l’alcoolisme en même temps que l’assistance par le RMI. Aujourd’hui, la réalité amérindienne surgit dans ce contexte. Mais les Amérindiens guyanais partagent aussi la prise de conscience commune à tout le continent américain, du Nord au Sud. En 1984 est née l’EPWWAG (nom des 6 ethnies présentes sur le territoire). Ils réclamaient déjà au gouvernement français la reconnaissance de la nation indienne, et posaient le problème de la possession des terres. En Guyane existe une multitude de minorités, qui coexistent sans s’intégrer, sans se souder, fonctionnant comme des mondes parallèles, sans projet fédérateur !

La crise lycéenne, un cri d’alarme saisi par les responsables politiques


Émeutes à Cayenne, 2012

Dans cette confusion locale et métropolitaine, les événements de plusieurs nuits d’émeutes à Cayenne, en novembre dernier, reviennent à leur mesure face à l’immensité du problème politique et humain du territoire. La crise surgie du lycée Félix Eboué de Cayenne est un symptôme de l’absence totale de la reconnaissance de la Guyane dans ses besoins et ses spécificités. Car, si ce lycée ne possède " pas de cantine, pas de salle ouverte entre 13 et 15 H, pas de ventilateurs sous une chaleur de 40°C, et pas de matériel informatique et technologique ", l’ensemble de la Guyane manque de tout : d’emplois pour la population locale, de véritable projet d’intégration et d’interaction des populations. Aucune politique de prévention spécifique n’est mise sur pied. Certains nous disent avec rage que la France pourrait avoir des ambitions qui amélioreraient la vie des Guyanais : " Pourquoi penser seulement économie spatiale, ne peut-on pas créer de véritables instituts de formation, des universités, des centres d’exploitation agronomiques, qui attireraient des étudiants, des techniciens, des commerçants latino-américains et nord-américains, et des centres de formation professionnelle ? " D’après les responsables locaux, il faut en Guyane un véritable plan d’urgence qui commence par la création d’une académie guyanaise, avec un rectorat guyanais et surtout un plan de formation et d’intégration des jeunes (50% de la population a moins de 25 ans).



La ville de Cayenne en Guyane vue d’avion

Après cette crise lycéenne qui a maintenu un mois de grève, et qui a fait bouger la métropole, le problème reste entier. Ce petit cri d’alarme vient d’être saisi aussi par les responsables politiques locaux, qu’ils soient régionalistes ou indépendantistes : ils ont compris leur responsabilité dans l’absence d’un véritable projet territorial d’intégration à soumettre et à revendiquer auprès de l’Etat français. Les communistes locaux et les indépendantistes ont manifesté une grande solidarité avec la jeunesse guyanaise et les parents d’élèves, enclenchant des grèves sectorielles dans la construction et les usines. Plus timides, les socialistes se maintiennent dans la peur des dérapages, et des heurts entre communautés qui déjà se manifestent. Cependant, Karam, président du Conseil général, a déclaré publiquement : " Si ça tourne mal, il ne faut pas compter sur nous pour venir jouer les pompiers..."

Très loin du qualificatif de " vitrine spatiale de l’Europe "

C’est bien comme des " pompiers " que la population guyanaise ressent sa classe politique dans son ensemble. Les jeunes sont très loin des axes de développement qui font de la Guyane " la vitrine spatiale de l’Europe " quand ce n’est pas une " réserve de flore, de faune et d’humains " comme le disent certains fonctionnaires venus pour la construction du grand barrage de l’EDF. La jeunesse de Guyane, les futurs responsables ont un sentiment rebelle mêlé à une profonde revendication du respect de leur territoire.


Les lycéens de Félix Eboué à Cayenne ont bloqué leur lycée
pour obtenir des mesures de sécurité

A Paris, il serait grave de conséquences de voir la crise de novembre comme une simple question lycéenne. Les Guyanais ont pris conscience qu’ils vivaient dans un département sacrifié, et que des revendications lycéennes ressortait toute la question du département et de son développement, mais aussi de sa gestion politique, à entendre la foule : " Il est fini le temps des colonies." L’Union des travailleurs de la Guyane (UTG) renforce depuis novembre ses réunions sur le terrain, une concertation se met en place entre les élus locaux socialistes et communistes. Un jeune lycéen indique : " Les luttes vont continuer, rien ne s’est arrangé, peut-être l’idée que les Guyanais doivent se définir ensemble et cela peut prendre du temps..."



Cayenne 2013

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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Dim 10 Jan - 15:27



Les soins de santé garantis par la constitution du Venezuela ne s'étendent pas à la communauté indigène Warao Traduction publiée le 9 Janvier 2016


Malgré leur continuelle présence dans la vie politique gouvernementale vénézuélienne, les communautés indigènes comme les Warao se trouvent dans une extrême pauvreté –très loin de toute possibilité d'accès aux droits fondamentaux, comme la santé publique. Photos de l'auteur.

« Les peuples indigènes ont droit à une protection sanitaire compréhensive qui prenne en considération leurs pratiques et cultures, » stipule le chapitre VIII de la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela. « L'État devra reconnaître leur médecine traditionnelle et ses thérapies complémentaires, sous réserve des principes bioéthiques.»

Citation :
Ceci implique que les services de santé doivent être adaptés aux particularités culturelles et aux besoins de chaque peuple indigène. Ce n'est pas le seul endroit où cette promesse apparaît. Elle figure aussi sous d'autres formes dans le préambule de la constitution et la Loi Fondamentale des Peuples et Communautés Indigènes, ainsi que dans la convention 169 des Conventions de l'Organisation Mondiale du Travail sur les peuples Tribaux et Indigènes dans les Pays Indépendants, que le Venezuela a ratifiées en 2002.

Pourtant, le droit à la protection sanitaire des populations indigènes est en train d'être compromis par les autorités à la lumière des multiples défaillances observées aux consultations dans les 345 communautés qui sont rattachées aux dispensaires du delta de l'Orénoque, situé dans la partie est du pays.

À l'intérieur de cette région se trouve San Francisco de Guayo, situé dans la municipalité de Antonio Díaz dans l'Etat de Delta Amacuro. C'est là que se trouve la deuxième plus grande communauté indigène du Venezuela, le peuple Warao, qui constitue 7% de la population native du pays, après les 58% du peuple Wayuu dans l'Etat de Zulia situé dans la partie ouest du Venezuela.

La crise des hôpitaux et des services de santé

Cette population d'approximativement 3.000 habitants est à la charge de l'hôpital rural « Hermana Isabel López », où la crise de la protection sanitaire des communautés Indigènes n'est que trop évidente. Les générateurs électriques de l'hôpital sont tombés en panne il y a des mois et les demandes de réparation ne peuvent être satisfaites au Venezuela à cause de la crise des importations de types variés d'équipements électriques. En conséquence, cette zone est devenue dépendante du personnel sanitaire de la ville, qui ne fournit qu'un service très irrégulier.

Il y a 20 jours [avant le 5 janvier], un des habitants de cette zone a rapporté qu'ils ont passé 20 jours sans électricité. Les médecins doivent répondre aux urgences à la lumière des bougies, et nombre d'enfants sont morts en raison notamment du syndrome d'aspiration du méconium qui cause le décès des nouveau-nés suite à l'inhalation de leurs premières défécations pendant l'accouchement. D'autre part, plusieurs fois les lumières se sont éteintes à l'hôpital pendant des accouchements.


Les limitations des ressources qui parviennent aux hôpitaux se sont traduits par la mort de plusieurs personnes parmi la population indigène Warao. Parmi ces ressources l'ambulance du fleuve Guayo, seul moyen pour transporter les cas urgents de l'Etat en ville pour traitement. Photo par l'auteur utilisée avec permission.

L'ambulance fluviale de l'hôpital est aussi endommagée. Une fois, un bébé de 6 mois souffrant de diarrhée sévère devait être transporté à l'hôpital de Tucupita, une traversée de 5 heures (cela s'explique par le manque de puissance des moteurs et la force du courant). Le transfert était impossible et le médecin et la famille ont dû renoncer. Dans un autre cas, un garçon Warao diagnostiqué de tuberculose est mort, son transfert à Tucupita, la capitale de l'Etat, étant impossible.

L'hôpital Hermana Isabel López a lui aussi souffert de pénuries de fournitures médicales. Parmi celles nombreuses qui manquent, les Yelco pédiatriques, un type de cathéter qu'on introduit dans les tissus ou la veine pour prise de sang, injection de médicaments, ou drainage de liquides. Comme ersatz, les médecins doivent utiliser des Yelco pour adulte, ce qui leur induit une forte douleur, ou même des traumatismes histologiques. Cependant, il n'y a pas d'autre alternative dans les cas de déshydratation où les suites peuvent être fatales. Un autre produit médical rare: la crème sulfureuse, qui est important pour maîtriser la gale norvégienne – très commune dans cette région.

En plus de cela, le réfrigérateur de conservation des vaccins est tombé en panne en octobre 2014, et en conséquence les enfants ne sont plus vaccinés. D'après une habitante de San Francisco de Guayo :

Citation :
Ils ne donnent même pas des médicaments ici, mais ils viennent demander votre vote […]. Nous n'avons même pas l'électricité pour conserver notre nourriture, quoique je sois sûre que le courant viendra pour [pendant] les élections mais [non] après. La gouverneure a promis de nous donner une ambulance fluviale et des transports en commun mais rien n'est venu encore […] Si même nos propres chefs Indigènes ne se soucient pas de nos frères, est-ce que les autres vont s'occuper de nous ?

La même situation se répète au Centre Sanitaire du Dr. Luis Gómez, situé dans la communauté Nabasanuka (aussi dans le Delta d'Amacuro ), où le manque de fournitures sanitaires et l'absence d'une ambulance fluviale a causé à l'augmentation des décès parmi les Warao. Le peu de médicaments qui s'y trouve à été apporté par les médecins ruraux et les internes qui ont oeuvré pour les obtenir a travers des dons. « S'ils n'étaient pas venus, il n'y aurait rien eu ici », a dit une des infirmières.

Selon le chef et représentant de la communauté, Conrado Moraleda, le dernier cas est celui d'une mère Indigène en grossesse avancée. Un transfert immédiat n'était pas possible, en l'absence de tout service ambulancier. Le résultat fut le décès de la mère et du bébé.

Une menace ethnique

À long terme, la souffrance de ces communautés peut être considérée comme une grave mais silencieuse menace. L'absence de politiques publiques efficaces concernant la protection sanitaire met ces peuples et leur savoir ancestral en risque permanent de disparition. Et de la même façon, les limitations encourues par ces communautés sont aussi liées à d'autres problèmes ayant une source commune, créant une caractéristique partagée par les autres communautés Indigènes d'Amérique Latine.

La version originale de cet article est une étude de Minerva Vitti publiée par SIC magazine, Venezuela.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Ven 22 Jan - 20:01



Mexique : des Indiens Otomis exercent leur autonomie et choisissent leur propre représentant communautaire Traduction publiée le 22 Janvier 2016

Votación como en Cherán elección asamblea comunal Huitzizilapan_Aldabi Olvera


Comme les habitants de Cherán, au Michoacán, et les “caracoles” zapatistes du Chiapas,
la communauté ñätho de Huitzizilapan a exercé sa souveraineté
et a voté pour créer sa propre assemblée communautaire

Photo: Más de 131.

Citation :
Huitzizilapan, dont l'ancien nom N´dete signifie “grand village”, compte actuellement douze communautés indiennes otomí-ñätho réparties entre deux grandes villes : Mexico et Toluca. Il y a un an, ses habitants ont entamé un mouvement de défense de leurs forêts qui les a ensuite amenés à s'organiser et à choisir leurs représentants, libres de tout intérêt politique, le 7 décembre 2015.

Ce jour-là, les Indiens ont attendu durant des heures le procureur des Affaires Agraires, qui valide les assemblées délibérantes réalisées sur les terres appartenant collectivement à la communauté ; mais celui-ci ne s'est pas présenté, prétextant un accident. Quant aux membres de la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH) convoqués par les paysans comuneros (qui exploitent les terres de la communauté) pour documenter l'assemblée, ils sont partis inopinément.

Cela n'a pas empêché les Indiens d'exercer leur droit selon la Convention 169 de l’Organisation Internationale du Travail (OIT), la Constitution Mexicaine et la Loi Agraire. En effet, l'assemblée, après un vote à main levée, a élu à l'unanimité  “La Planilla del Pueblo”, la liste présentée par le village.

Cependant, les Ñätho affirment qu'une nouvelle assemblée convoquée sans raison légale par le Procureur Agraire se tiendra le 18 janvier 2016 et ils craignent que cette fois la municipalité et le parti d'état Parti Révolutionnaire Institutionnel (PRI) imposent une autre autorité parallèlement à celle qu'ils ont déjà élue. Ils ont donc décidé d'y participer pour entériner leur vote.

“Nous nous préparons et nous comptons sur tous les paysans comuneros pour gagner de nouveau”, dit Abundio Rivera.

Dans un communiqué daté du 12 janvier, les paysans ont dénoncé les pratiques des anciennes autorités du village proches du PRI qui distribuent deux mille pesos mexicains par personne pour les convaincre de ne pas soutenir la liste élue.


“Nous travaillons à la sensibilisation”, souligne Rivera

Depuis 2003, le Gouvernement Fédéral a effectué des recensements de paysans comuneros dans les noyaux agraires et communautaires du pays. À Huitzizilapan, il y a 904 paysans comuneros qui prennent les décisions se rapportant au territoire. Dès lors, divers projets ont été imposés par les autorités communautaires sans consulter la population.

L'intention, en créant une liste à partir d'assemblées ouvertes et du mouvement apparu en 2014 dans le village, est de protéger l'environnement et l'intégrité territoriale de Huitzizilapan. Après son élection le 7 décembre, les premiers mots du nouveau représentant furent les suivants :

Citation :
Nous connaissons tous la grande problématique du noyau communautaire, nous allons devoir défendre notre territoire, notre eau et notre forêt et nous occuper d'autres problèmes. Nous devons inclure tous les citoyens de San Lorenzo, qu'ils vivent ici ou ailleurs. Élargissons les listes pour qu'ils puissent s'inscrire.

Un autre paysan va plus loin :

Citation :
Je vais lutter pour qu'on ouvre les portes, pour l'autonomie du village. On doit non seulement ouvrir l'accès aux listes, mais aussi les portes du village et récupérer l'autonomie que nous avions il y a quinze ans, parce que les jeunes et les enfants ont leur mot à dire au sujet des terres et de la forêt. Et que le Procureur Agraire ne vienne plus décider à notre place.


Le décret présidentiel

Comme ses voisines Xochicuautla et Ayotuxco, Huitzizilapan est confrontée à la construction de l'autoroute Toluca-Naucalpan, donnée en concession à une entreprise appartenant à Juan Armando Hinojosa, un des entrepreneurs les plus favorisés pendant l'administration d'Enrique Peña Nieto.

L'ancien représentant du village et militant du PRI Luis Enrique Dorantes a approuvé une soi-disant “valorisation forestière” sans en informer la population.

Quelques mois plus tard, au matin du 5 juillet, des jeunes gens de “Huitzi” se sont présentés dans les bureaux de la communauté et ont allumé des feux de camp pour surveiller une assemblée pendant laquelle Dorantes avait l'intention de céder des parties du territoire du village à la municipalité de Lerma grâce à une procédure appelée “désincorporation”.

Ce matin-là, les cloches de l'église située à côté des bureaux de la communauté, ont sonné. Des centaines d'habitants ont répondu à l'appel pour chasser environ mille policiers de leur village.

Des femmes, des jeunes et des enfants de Huitzizilapan se sont déjà réunis avec des familles des 43 étudiants disparus de l'école normale d’Ayotzinapa, dans l'État de Guerrero, et avec des Indiens de tout le pays. Leur combat les a amenés à se pourvoir en cassation contre un décret d'expropriation de leurs terres émis en mai 2014 par Peña Nieto, à créer un journal communautaire et à peindre des murs avec les messages : “Nous sommes tous comuneros”, “Ici, c'est le peuple qui décide”


Une forêt prisée

Les forêts défendues par Xochicuautla et Huitzizilapan font partie du “Parc Otomí Mexica” qui s'étend sur 105 844 hectares. Elles ont été classées réserve écologique par le gouvernement de l'État de Mexico et jouissent du titre de “Parc Écologique, Touristique, Récréatif Zempoala La Buffa”.

Peña Nieto et le gouverneur Eruviel Ávila prétendent construire une autoroute sur 39 kilomètres de cette forêt qui serait alors pratiquement coupée en deux. Ávila a déclaré en décembre que le projet devrait être terminé en 2016.

“Pourquoi protégerons-nous la forêt ?”, a demandé le nouveau représentant du village lors de son élection le 7 décembre. Ce à quoi il a lui-même répondu : “Parce que c'est le poumon des vallées de Mexico et Toluca et qu'elle nous donne un peu d'eau, on doit la préserver pour les prochaines générations, il faut en prendre conscience”.


Écrit par Mas de 131
Traduit par Caroline Charrier


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Mar 26 Jan - 20:16


je ne savais pas qu'ils étaient partis...

Les Etats-Unis sont de retour en Amérique centrale Emilie Barraza Médiapart 25 janvier 2016

Depuis la crise des enfants migrants à l’été 2014, Washington réinvestit la région centraméricaine. Militarisation, lutte contre la corruption, capitaux étrangers et accords de libre-échange : pour le géant américain, tout est bon dès qu'il s'agit de protéger ses frontières du narcotrafic et de l’immigration


Citation :
De notre correspondante au Mexique. - « Cette année a marqué le début de la lutte contre la corruption au Guatemala, mais on ne va pas, et on ne peut pas, s’arrêter là, parce qu’il nous reste encore beaucoup d’années de combat. » Cette déclaration n’est pas celle d’un juge anticorruption guatémaltèque, mais une intervention de Todd Robinson, l’ambassadeur des États-Unis au Guatemala, invité à l’inauguration d’un « Festival anticorruption » organisé le 9 décembre 2015, à l’initiative du gouvernement guatémaltèque.

Une déclaration révélatrice de la nouvelle politique étrangère des États-Unis dans la région centraméricaine. Le 17 décembre 2015, le Congrès américain a ainsi voté, dans le cadre de son budget pour l’année 2016, une aide de 750 millions de dollars (690 millions d’euros) à destination des trois pays du Triangle Nord : Guatemala, Honduras et Salvador. Un apport financier qui sera conditionné aux bons résultats de ces trois pays en matière de lutte contre la corruption et la violence.

Le problème n’est pas nouveau : Guatemala, Honduras et Salvador sont, depuis longtemps, de mauvais élèves en matière de corruption et collectionnent les mauvaises notes dans le classement sur la perception de la corruption établi, chaque année, par l’organisation Transparency International. Au Guatemala, l’Institut centraméricain d’études fiscales estime qu’en 2015, près de 21 milliards de quetzales (2,5 milliards d’euros) ont été exposés à la corruption, soit 29 % du budget public annuel.


Le coût social de la corruption au Guatemala (enquête ICEFI/OXFAM)

Mais d’où vient ce subit intérêt des États-Unis pour résoudre les failles institutionnelles des pays du Triangle Nord ? Tout commence avec la crise des enfants migrants à l’été 2014, qualifiée par Barack Obama de « crise humanitaire » : entre octobre et juin 2014, pas moins de 57 000 mineurs non accompagnés sont arrivés au Mexique, dont 75 % étaient originaires du Guatemala, du Salvador ou du Honduras. « Les États-Unis ont été complètement débordés par cette crise et c’est ce qui les a motivés à agir dans la région », analyse Manuel Escalante, chercheur à l’université José Simeón Cañas, au Salvador : « Ils savent que c’est la violence des pandillas 3 qui pousse les jeunes sur les routes, tandis que la corruption et l’impunité permettent le développement du crime organisé. » Sommés de s’activer pour prendre à bras-le-corps leurs problèmes nationaux, les présidents des trois pays ont donc été convoqués en urgence à la Maison-Blanche en juillet 2014. Quelques semaines plus tard, le plan Alliance pour la prospérité 3 était élaboré par les présidents du Guatemala, du Honduras et du Salvador, puis lancé en grande pompe à Washington en novembre 2014. Financé, sous forme de prêt, par la Banque interaméricaine de développement, cette Alliance est censée résoudre les multiples maux du Triangle Nord. « Les États-Unis se sont rendu compte qu’ils avaient délaissé la région depuis les attentats de 2001 », explique Kevin Parthenay, spécialiste de la région et chercheur à l’IEP de Paris. « Ils réagissent donc à la nécessité de sécuriser les frontières, car ils perçoivent l’instabilité du Triangle Nord comme une menace pour leur frontière. C’est une attitude très protectionniste. » Pour cela, quelque 15 milliards de dollars, dont 80 % seront financés par les trois pays concernés, doivent être déboursés dans les prochaines années. Le reste devra être versé par le secteur privé et… les États-Unis. Une dépense que le vice-président Joe Biden s’était empressé d’expliquer à ses compatriotes dans une tribune 3 signée dans le New York Times en janvier 2015.

« Investir aujourd’hui dans une Amérique centrale sûre et prospère n’est rien comparé aux coûts futurs de la pauvreté et de la violence qui s’enracinent dans la région », avançait Joe Biden. Pour la Maison-Blanche, cette prochaine grande « success story » en Amérique centrale va se bâtir autour de trois points essentiels. Tout d’abord, la sécurité. « La militarisation de la zone est révélatrice de cette nouvelle politique axée sur la sécurité de la région », note Manuel Escalante. En juin dernier, pas moins de 290 marines américains ont investi, en « mission humanitaire », le Honduras, arrière-base militaire historique des États-Unis à l’époque des guerres civiles centraméricaines, mais aussi le Guatemala, le Salvador ou encore le Belize.


Washington a largement soutenu le combat contre l’impunité

Deuxième point, la « bonne gouvernance ». Ce poncif obligatoire des politiques de développement depuis les années 1990, mais depuis largement critiqué, inclut, pêle-mêle, la transparence de l’action publique ou le contrôle de la corruption. Enfin, les investissements étrangers qui, comme l’écrivait Joe Biden dans le New York Times, « seuls pourront permettre à la région de se développer économiquement ». Un plan qui rappelle étrangement le Plan pour le progrès mis en place par Kennedy en 1961 : de 1961 à 1970, pas moins de 20 milliards de dollars avaient été déboursés par les États-Unis à travers l’Amérique latine pour tenter de contrer l’avancée du communisme et réduire la pauvreté, en développant l’industrie et l’agriculture intensive. Cinquante-cinq ans plus tard, la violence et le narcotrafic ont remplacé le spectre communiste, mais les mêmes recettes magiques continuent d’être appliquées. « Pour les États-Unis, la croissance économique entraîne le développement humain », déplore Manuel Escalante : « C’est la logique de Washington : grâce au business, les bénéfices sociaux arrivent. »

Les secteurs entrepreneuriaux des trois pays, historiquement très proches des cercles politiques, soutiennent l’initiative. « Il s’agit de tout petits États qui sont dépendants de ces acteurs internationaux pour exister économiquement sur la scène internationale », développe Kevin Parthenay. D’autant plus que la région représente un intérêt commercial grandissant pour les États-Unis ou l’Europe, qui voient d’un mauvais œil les investissements croissants de Taïwan et surtout de la Chine dans la région. Les pays centraméricains ont ainsi récemment signé des accords de libre-échange avec les États-Unis (2009), et plus récemment avec l’Europe (2013).

Mais pour les États-Unis, pas question d’investir les yeux fermés. Il est donc impératif de conditionner l’aide du plan Alliance pour la prospérité à des résultats significatifs en matière de lutte contre la corruption et l’impunité. « Washington doute de la bonne utilisation de ces ressources, justement à cause de la corruption massive au sein des gouvernements centraméricains, analyse Edgar Gutierrez. Alors les Américains avertissent tout le monde : “Attention, si vous n’avez pas envie de balayer devant votre porte, on s’en occupera nous-mêmes.” »

À coups d’interventions médiatiques, les États-Unis ont donc largement soutenu le combat contre l’impunité, devenu, en quelques mois, une véritable antienne dans les trois pays du Triangle Nord. Les révélations de la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala (CICIG), en avril 2015, sur « la Línea » (la Ligne), un gigantesque réseau de détournement de taxes douanières orchestré par des membres du cabinet présidentiel, ont été très médiatisées dans toute l’Amérique latine. Au total, 22 personnes ont été inculpées dans cette affaire, dont la vice-présidente Roxana Baldetti et l’ancien président de la République lui-même, Otto Pérez Molina, qui croupissent actuellement en prison préventive.


« Le travail sans précédent de la CICIG est un modèle pour les autres pays », a ainsi lancé Heather Higginbottom, la secrétaire d'État adjointe au management et aux ressources des États-Unis, le 16 octobre dernier, en visite au Guatemala. Justement, inspirés par les exploits de la CICIG et les fortes mobilisations populaires du pays voisin, les Honduriens se sont également rassemblés au printemps et à l’été 2015 pour protester contre la corruption et exiger la création d’une CICIG au Honduras. Fin septembre, l’Organisation des États américains (OEA) annonçait à Washington la création d’une commission contre la corruption, la Mission d’appui contre la corruption et l’impunité au Honduras (MACCIH).

Au Salvador, les choses sont légèrement différentes : si le secteur entrepreneurial et l’Arena, le parti de l’opposition (droite), sont en faveur d’une commission contre l’impunité, le parti au pouvoir (Front Farabundo Martí de libération nationale, FMLN, gauche) s’y oppose catégoriquement, en invoquant la « souveraineté nationale ». Cela n’a pas empêché la création d’un « plan de transparence » financé à hauteur de 25 millions de dollars par l’agence américaine USAid. « C’est bien la première fois dans l’histoire de l’Amérique centrale que les intérêts des États-Unis sont semblables à ceux de la société civile pour plus de transparence dans les affaires publiques », analyse Stéphanie Lopez, politologue à l’Institut centraméricain d’études politiques (INCEP). Encore faut-il savoir comment, et à destination de qui, seront investis ces milliards de dollars.



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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Jeu 3 Mar - 5:01





Capture d'écran d'une vidéo sur le désastre écologique dans l'Amazonie péruvienne
Crédit : Youtube/Onias flores cueva

Nouvel épisode de contamination de l'environnement dans l'Amazonie péruvienne. Le 26 janvier 2016 a été révélée une fuite de pétrole provoquée par une fissure sur L'oléoduc nord-péruvien, sur un site proche de la ville de Chiriaco, district d'Imaza, province de Bagua, Région Amazonas. La fuite a été signalée par des membres d'une communauté native de cette zone.

autres liens dans l'article original

Citation :
Le 29 janvier, un communiqué de l'organisme d'évaluation et de supervision environnementale ( OEFA), reconnaît, au vu d'une première inspection, un impact sur des cultures de cacao et sur le bassin du Rio Inayo, un affluent du Marañón. Petroperú, la société gérant l'oléoduc annoncait alors avoir récupéré 150 barils de pétrole en émulsion dans le bassin de l'Inayo.

Bien que l'article de presse parle d'une rupture d'oléoduc qui se serait produite sur le district de la province d'Imaza dans la province de Condorcanqui, il faut se rappeler qu'en réalité ce district appartient à la province de Bagua, et des membres la communauté native s'exprimant au travers de l'Organisation Régionale des Peuples indigènes de l'Amazonie du nord du Pérou (Orpian), ont déclaré après la mise en cause de Petroperú que cette fuite avait atteint le rio Chiriaco sans que la société en cause puisse l'empêcher.


Une fuite de pétrole touche des terres agricoles et les affluents du Marañon

Au fil des jours et à cause des pluies torrentielles dans la région, la situation s'est aggravée et le pétrole répandu s'est retrouvé dans d'autres cours d'eau plus importants.


Des litres et des litres de pétrole se déversent du Rio Chiriaco dans le Marañón

De son côté, un site péruvien, El Panfleto, en dépit de son caractère satirique, a partagé une vidéo dramatique sur cet accident.

Et ce ne fut pas le seul : les habitants des localités de Santa Alegría et Santa Rosa dans la province Datem del Marañon, région de Loreto, ont fait savoir que le 3 février une fuite a été provoquée par la foudre frappant l'oléoduc. Selon eux, cette fuite aurait contaminé 3 km du cours du Fio Morona sur une profondeur de 15 cm touchant quelques 3500 personnes.

Étant donné que ces fuites ont une origine commune, l'oléoduc nord péruvien administré par PetroPerú, la responsabilité devrait retomber sur cette entreprise d'État, même si celle-ci a déjà déclaré dans plusieurs communiqués qu'elle a assuré la maintenance de l'oléoduc et que ce sont des causes naturelles (érosion, glissement de terrain) qui ont provoqué des ruptures.


Pourtant, l'annonce que PetroPerú se verrait infliger une amende de 60 millions de soles, environ 17 millions de dollars à suscité des critiques :

Citation :
En plus de l'amende, @petroperu_sa doit nettoyer les fuites, le président et son équipe dirigeante doivent démissionner !

C'est incroyable, Petroperu contamine les fleuves en Amazonie et ce sont tous les Péruviens qui doivent payer l'amende.

Par la suite, avec l'apparition de nombreuses photos de cette zone, l'opinion publique a pu prendre la mesure de la gravité de l'accident. Les autorités des agglomérations touchées ont demandé une déclaration d'état d'urgence sanitaire, car il est devenu impossible pour les habitants de consommer l'eau des rivières contaminées. On estime que 2000 barils de pétroles se sont déversés et que 8000 personnes sont sinistrées, en plus du saccage de leurs cultures par ce qui devient la onzième fuite importante en Amazonie péruvienne depuis 2010.

A ce sujet, le cinéaste Fernando Valdivia insiste sur Facebook sur le fait que ces accidents se produisent de façon continue depuis de nombreuses années. Comme preuve il donne le lien d'une vieo datant de l'année 2009 où l'on entend un vice-ministre de l'énergie et des mines déclarer que ces fuites sont choses habituelles :

Valdivia ajoute :
Citation :

Les fuites sont permanentes. Ce qui se passe c'est que l'on ne prête attention qu'aux plus importantes et surtout aux plus visibles, réduire simplement ce problème aux faits récents c'est le relativiser. Même pendant l'année 1982, dans la série documentaire réalisé en Amazonie par Jacques Yves Cousteau, il y avait un chapitre sur cet oléoduc et ses dangers. En 2007 Jean Michael Cousteau, le producteur de la série, est revenu sur ce thème (lui même ayant tourné cette partie du film) et ce que l'on a découvert, c'est qu'au lieu de s'améliorer, la situation avait empiré, principalement en matière de menaces territorialles. Aujourd'hui, huit années après, le désastre est arrivé…

Sur Facebook, Buda de Nieve réfléchis à la relation entre ce qui s'est passé et le contexte de l'actuel processus électoral au Pérou :

Citation :
On a d'un côté le Pérou officiel, les candidats y parlent de progrès, d'accords commerciaux, de développement ; on a de l'autre côté la forêt péruvienne toujours oubliée (comme par hasard les candidats à cette élection se rendent aujourd'hui à Bagua). Cela fait des jours et des jours que les fleuves sont couverts de pétrole, que des centaines de personnes respirent des gaz toxiques et que des animaux meurent contaminés. La prochaine fois qu'un candidat parlera de l'importance du développement du pays, qu'il pense au type de développement qu'il souhaite pour ce pays. Voulons-nous un pays plus riche avec ce que nous voyons aujourd'hui ou voulons-nous un pays en développement durable ? C'est de cela également que l'on devrait parler à l'occasion d'une élection.

De son côté, l'ONG DAR signale que les mesures coercitives mises en place par la Loi N° 30230 (Loi de promotion de l'investissement) ne sont pas suffisantes pour éviter une contamination environnementale, car elles n'encouragent pas à la prévention ni au respect par les entreprises de leurs obligations.

Citation :
Nous sommes persuadés que ces affaires sont la conséquence directe d'une démarche qui cherche à promouvoir l'investissement au risque de fragiliser les normes environnementales considérées comme des obstacles à la croissance économique. Il est de nouveau démontré par les faits que cette logique bien que pouvant permettre de nouveaux projets à court terme et la création de revenus et d'emplois, porte en elle même de grand préjudice économique, sociaux et environnementaux.

À la date de cet article, les travaux de nettoyage continuent alors que les communautés qui vivent dans le bassin du Rio Moroña continent aussi à réclamer à Petroperú un ravitaillement en eau et en aliments immédiatement et pendant toute la durée des travaux. Elles demandent également la fourniture d'équipements de protection adaptés aux personnes qui viennent nettoyer la zone affectée. Pour sa part, le ministère de la santé a déclaré une situation d'urgence sanitaire dans une des zones affectées de la région de Loretto.

Article publié à l'origine sur le blog Globalizado de Juan Arellano

Ecrit par Juan Arellano
Traduit par Henri Dumoulin


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Lun 21 Mar - 15:22


1959-2016

le capitalisme américain reprend ses "droits"



Placide

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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Sam 7 Mai - 10:26

Porto Rico se mobilise contre la proposition des Etats-Unis d'instaurer un comité de contrôle fiscal

Traduction publiée le 6 Mai 2016


Marcha contra la Junta de Control Fiscal en San Juan, Puerto Rico. Foto por el autor.

Le dimanche 1er mai, Journée internationale pour les droits des travailleurs, différents groupes issus de la société civile, des syndicats et responsables politiques ont participé à une manifestation de grande ampleur contre la proposition du Congrès états-unien d'établir un comité fédéral de contrôle fiscal doté de pouvoirs étendus sur Porto Rico.

Citation :
L'île – territoire non incorporé des Etats-Unis – fait face à une grave crise financière et son gouverneur, Alejandro García Padilla, vient d'annoncer précisément ce 1er mai un moratoire sur le payement d'une dette de 422 millions de dollars US dont l'échéance était fixée au 2 mai. La prochaine échéance est fixée au 1er juillet. La dette publique totale du pays est d'environ 72 milliards de dollars US.

Les opposants au comité de contrôle fiscal soulignent que cet organisme veillera uniquement à ce que les détenteurs d'obligations d'Etat soient payés, sans promouvoir de mesures qui relancent l'économie nationale. Le comité n'offre pas non plus de possibilité de restructuration de la dette ou de recours à la loi états-unienne sur la faillite. Actuellement, Porto Rico connaît une récession économique, ce qui a entraîné l'émigration de certains habitants face à l'augmentation du coût de la vie et à la pénurie d'emplois.

Le Centre pour la nouvelle économie, une organisation indépendante, à but non lucratif et non partisane, dont l'objectif est d’impulser le développement socioéconomique du pays, propose en guise d'alternative une loi sur la responsabilité fiscale:


Citation :
Une loi sur la responsabilité fiscale, développée et administrée localement, qui cherche à réformer les institutions clé et consacre des normes fiscales bien conçues peut non seulement faire évoluer la situation fiscale de Porto Rico mais aussi introduire des réformes de gouvernance qui assurent la solidité et la viabilité des comptes publics à long terme. Une loi sur la responsabilité fiscale répond aux inquiétudes légitimes du gouvernement fédéral et aux réticences politiques qui ont surgi sur l'île autour de la proposition de comité de contrôle fiscal.


Ci-après quelques photos partagées sur les réseaux sociaux (dont la reproduction est autorisée):


La manifestation devant le Capitole de Porto Rico.




Manifestants dans le centre commercial Plaza Las Américas.

Creative Commons License

Photo de Carlos Esteban Cana
Ecrit par Carlos Esteban Cana
Traduit par Maéva Rose


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Mer 18 Mai - 15:46


à suivre


la situation au VENEZUELA


A Caracas, des soldats présents dans une rue devant un supermarché
où les Vénézuéliens font la queue pour tenter d'acheter de la nourriture, le 15 mai 2016

©REUTERS/Marco Bello

crise économique et politique sans précédent au Venezuela rfi 15 mai

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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Mer 18 Mai - 20:38



Venezuela: la police tente de disperser une manifestation de l'opposition La Dépêche 18 mai

Citation :
La police tentait de disperser mercredi à Caracas une manifestation de l'opposition vénézuélienne, qui exige le départ du président et appelle à la désobéissance la population comme l'armée, alors que Nicolas Maduro a décrété l'état d'exception.

A l'appel de la coalition d'opposition, la Table de l'unité démocratique (MUD), majoritaire au Parlement, les manifestants tentaient de se diriger vers les sièges des autorités électorales dans une vingtaine de villes.

A Caracas, où 14 stations de métro ont été fermées, compliquant les déplacements, un imposant dispositif policier bloquait environ un millier de manifestants, selon des journalistes de l'AFP sur place, dont les chefs de l'opposition.

"Maduro dehors!" et "référendum, référendum!", criait la foule, allusion au référendum qu'elle réclame pour destituer le chef de l'Etat.

Tirs de gaz lacrymogène, balles en caoutchouc, motards: des dizaines de policiers tentaient de disperser les manifestants qui lançaient des projectiles. Ils ont procédé à plusieurs arrestations, alors que les autorités n'avaient pas autorisé ces manifestations.

"Avec ces mesures extrêmes, il (le président Maduro) dévoile sa faiblesse. Ils nous envoient du gaz lacrymogène? Qu'il en soit ainsi, mais nous allons défiler pour défendre le référendum" en vue de révoquer le chef de l'Etat, avait déclaré le président de l'Assemblée et un des leaders de l'opposition, Henry Ramos Allup, anticipant le tour que prendrait la manifestation.

Cette mobilisation intervient au lendemain d'une brusque crispation des deux camps: l'opposition a appelé mercredi l'armée et la population à la désobéissance, tandis que le président Maduro a invoqué une "fraude" pour ne pas organiser le référendum.

En réponse, dans la nuit de mardi à mercredi, l'Assemblée nationale a rejeté le récent décret présidentiel sur l'état d'exception. Les députés, qui ont voté à main levée, estiment que cette mesure "approfondit la grave altération de l'ordre constitutionnel et démocratique que subit le Venezuela".


image ajoutée, Juan Barreto, AFP

'Ça va exploser '

Pillages, lynchages et protestations se multiplient dans le pays où la distribution d'électricité et l'accès aux services publics sont limités, alimentant un fort mécontentement alors que les gens doivent déjà faire des heures de queue devant les supermarchés.

Des experts mettent en exergue le risque d'"explosion" du pays et d'affrontements, sept Vénézuéliens sur dix réprouvant la gestion de leur président, selon l'institut Datanalisis.

"Les gens sont fatigués. La situation est déplorable, ça peut exploser à tout moment", dit aussi à l'AFP Lilimar Carrillo, une infirmière de 39 ans qui attend pour faire ses courses à Guarenas, une ville à 45 km de Caracas où des mouvements de protestation ont eu lieu la veille en raison des pénuries.

Refuser d'écouter l'opposition fait de Maduro un "dictateur en herbe", a estimé depuis Washington le secrétaire général de l'Organisation des Etats américains (OEA), l'Uruguayen Luis Almagro.

En cas de rejet du décret au Parlement, "nous serons, nous Vénézuéliens, dans l'obligation d'ignorer" ce texte, avait averti mardi Henrique Capriles, principal dirigeant de l'opposition et candidat malheureux à l'élection présidentielle de 2013 face à Nicolas Maduro.

'Espionnage'

"Tous ces actes que nous considérons nuls (et non avenus) car ils violent la Constitution (...) ignorons-les", a-t-il ajouté, appelant une nouvelle fois à descendre dans la rue mercredi.

M. Capriles a en outre demandé aux forces armées de choisir entre la Constitution et le président Maduro: "L'heure de vérité a sonné, celle de décider si elles sont avec la Constitution ou avec Maduro", a-t-il lancé.

Ces derniers jours, le Venezuela a fait un pas de plus vers l'autoritarisme après la proclamation de "l'état d'exception" par M. Maduro, qui multiplie les déclarations à l'emporte-pièce face à une "menace extérieure".

Un décret publié lundi soir a ainsi étendu pendant 60 jours les prérogatives du gouvernement en matière de sécurité et de distribution alimentaire et énergétique.

Mardi, le président a accusé les Etats-Unis d'intrusion dans l'espace aérien vénézuélien la semaine dernière, et annoncé une protestation diplomatique officielle. Washington, qui nie tenter d'influer sur le cours des événements au Venezuela, avait de nouveau fait part de sa préoccupation concernant la situation dans ce pays.

Le bras de fer entre chavistes (du nom du président défunt Hugo Chavez, au pouvoir de 1999 à 2013 et mentor de Nicolas Maduro) et antichavistes s'est intensifié depuis que l'opposition a collecté début mai 1,8 million de signatures pour déclencher le processus d'un référendum en vue de révoquer le chef de l'Etat, qu'elle veut organiser d'ici à fin 2016.

Le Venezuela a connu en 2015 une hausse des prix de 180,9%, une des plus élevées du monde, et un fort recul du PIB (de 5,7%), pour la deuxième année consécutive.




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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Jeu 19 Mai - 16:29


Venezuela suite...

Pillages et manifestations font monter la pression au Venezuela  

Global Voices Traduction publiée le 18 Mai 2016 16:55 GMT    
   

La crise économique et les pénuries alimentaires ont contribué à une hausse des pillages au Venezuela. Photographie largement partagée sur les réseaux vénézuéliens lors de discussions sur la crise alimentaire et les pillages du 11 mai 2016.

Selon des informations relayées par les réseaux sociaux vénézuéliens et les médias locaux, certaines villes du Venezuela ont connu ces derniers jours de fortes tensions suite à des manifestations et des pillages de magasins qui semblent augmenter en nombre. Les pillages, bien que leur origine et leur explication restent floues, sont cependant à mettre en lien avec la grave crise économique que connait le pays et qui s'est amplifiée ces derniers mois. Dans le même temps, les manifestations qui ont eu lieu le 11 mai 2016 émanent de groupes politiques de l'opposition qui défendent le processus de référendum révocatoire lancé en avril.

Citation :
L'un des pillages de cette semaine et qui a été repris par les réseaux sociaux a eu lieu à Mérida, une ville à l'ouest du pays. Une manifestation étudiante a dégénéré et s'est terminée par la mise à sac d'un magasin. Quelques utilisateurs de Twitter ont partagé les images des affrontements avec la police, tandis que d'autres ont condamné les agissements des pillards et des casseurs :


Citation :
Edmundo C.R.  ‎ 11 mai
Voilà ce qui se passe à #MÉRIDA, et ces misérables appellent ça de la résistance. Piller c'est voler


Cependant, un grand nombre des utilisateurs de la ville ont partagé des photos des affrontements et ont défendu les étudiants à l'initiative de la manifestation. Dans le cas de Mérida, celle-ci a pour point de départ le mécontentement des étudiants face aux pénuries du restaurant universitaire :

Dans la vidéo on peut voir que ce sont des bandes et des bachaqueros [les personnes qui accaparent la nourriture, terme dérivé des fourmis “bachaco”] qui sont à l'origine du pillage d'hier à Merida, pas les étudiants.

Au lendemain des manifestations et du pillage à Mérida ont eu lieu des rassemblements lancés par l'opposition politique. La mobilisation, y compris dans la capitale Caracas, défend le référendum révocatoire et la tenue de celui-ci dans l'année. L'objectif des manifestants est de faire pression sur le Conseil National Electoral afin qu'il respecte les délais impartis, ce qui n'est pas le cas selon les organisateurs du recueil des signatures.

Sur les photos prises par les utilisateurs de Twitter, l'armée est également présente :




Citation :
Un important dispositif de l'armée nationale bolivarienne en face de la Commission électorale nationale – Mérida




Voilà comment a été accueilli le rassemblement de l'opposition à Mérida…

La scène s'est répétée dans la capitale, Caracas, où selon des utilisateurs comme GéGé, l'armée empêche la manifestation d'aller jusqu'à l'arrivée prévue, au siège du Conseil National Electoral :


Citation :
L'armée nous bloque le passage en prétextant que le CNE se trouve dans des installations militaires.


Citation :
Venezuela: il est rare qu'on force un cordon de sécurité de l'armée. Les gens veulent le révocatoire du CNE maintenant


Cependant, les manifestations ne sont pas les seules images qui semblent se répéter dans le pays. Les pillages et les tentatives de pillage stoppées par l'armée font également partie des informations partagées sur les réseaux sociaux vénézuéliens et ils semblent se multiplier avec l'aggravation des pénuries:

On a comptabilisé 107 pillages et tentatives de pillage rien qu'au premier trimestre



Pillage du Marché Mayorista Maracay



L'armée stoppe une tentative de pillage à Guarenas


Les pénuries, la colère et la crise économique racontées à la première personne

Dans son billet publié dans Medium et dans la rubrique Chroniques d'une citoyenne inquiète, Aglalia Berlutti fait un récit personnel de ce que beaucoup doivent affronter au moment de faire les courses et nous permet de comprendre les nombreuses personnes touchées par les déboires économiques du pays. Le contraste avec les déclarations gouvernementales, qui jugent les informations sur les pénuries exagérées, surprend ceux qui souffrent de ces manques. Les différentes crises – insécurité, rationnement électrique, pénuries alimentaires – se mêlent et se font sentir parmi ceux qui passent des heures dans les longues files d'attente pour accéder à des produits de première nécessité :


Citation :
Pour faire simple, pour la Ministre de l'Intérieur les pénuries au Venezuela sont “apparentes” […] Je lis l'information tandis que je me trouve dans une longue queue pour acheter de l'huile de cuisine, du riz et du sucre. Cela fait plus de deux heures que le supermarché a ouvert ses portes et plus de trois que j'attends de pouvoir acquérir le moindre produit réglementé que mon numéro de carte d'identité me permet d'acheter. Je me trouve debout en plein soleil, accablée par la température et par la sensation habituelle d’inconfort et d'humiliation que me procure ce système, devoir attendre des heures pour acheter quelques aliments. C'est une scène triste et pleine de désespoir : la foule épuisée et inquiète qui emplit la rue, certains tenant leurs enfants par la main, d'autres découragés, assis d'une manière ou d'une autre sur l'asphalte brûlant.


Aglalia partage également les témoignages de personnes qui, comme elle, surmontent des obstacles pour obtenir des aliments à prix réglementés. L'alternative à ce système est incarnée par les “bachaqueros“, ou revendeurs ambulants qui ont pour habitude d'augmenter le prix des produits, bien souvent dix fois le prix de départ  :


Citation :
J'ai dû demander à avoir mes lundis de libres au travail, parce que sinon, les enfants ne mangeaient pas—m'explique une femme qui attend quelques mètres devant dans la queue. Elle me raconte qu'elle est mère de trois enfants (tous mineurs et à l'école primaire) et qu'elle ne peut pas se payer le luxe de faire appel aux “bachaqueros”.—Je n'ai pas d'argent, je n'ai pas d'autre choix que de venir ici attendre. Qu'est-ce qu'on peut faire? […]—Je préfère faire la queue. L'autre jour j'ai trouvé du café, vendu presque vingt fois son prix ! —m'explique-t-elle— Il n'y a pas moyen de se nourrir dans ce pays. Ce que que tu trouves par toi-même, c'est tellement cher que tu es obligée de venir faire la queue et accepter l'aumône du gouvernement. Voilà où on en est.


Le témoignage rend aussi compte de la présence de l'armée, qui semble être systématiquement sur les lieux des files d'attente, à cause du risque, toujours plus important, de pillages :


Citation :
Un groupe de cinq militaires avec leur arme de service bien en évidence arrive à pied dans la rue et commence à veiller sur la file d'attente. L'un d'eux se retourne, le visage brillant de sueur et nous jette un regard dur, distant. Près de quatre heures se sont écoulées depuis que je suis arrivée et je suis encore loin de pouvoir entrer dans le supermarché. Un vacarme de cris et de lutte se fait entendre par endroits et une violente impatience chauffe l'air ambiant. Tous veulent entrer mais la majorité est consciente qu'à coup sûr, le stock de produits ne sera pas suffisant pour satisfaire la presque centaine de personnes qui attendent. Un bref frisson de peur me parcourt. Je me remémore les informations concernant les pillages et les violences.


Le témoignage donne l'impression d'un récit que de nombreux Vénézuéliens à travers le pays pourraient reprendre. Avec des pénuries croissantes et une crise politique en toile de fond, le Venezuela est vu par beaucoup comme un pays au bord du chaos. L'avenir est incertain et l'inquiétude monte :


Citation :
Qu'est-ce qui vient après le pillage des magasins, quand il ne reste plus rien ? Dénoncer et voler ses voisins.


Creative Commons License

Photo de Laura Vidal
Ecrit par Laura Vidal
Traduit par François Guignochau


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Jeu 19 Mai - 16:37


légendes des photos dans l'article

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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Ven 10 Juin - 22:22


Heurts et pillages dans un Vénézuéla en crise

Pierre Le Duff Euronews | Avec AFP, EFE, REUTERS, APTN 10/06

"Tout ce que nous réclamons, c'est le droit, inscrit dans la constitution, à un référendum révocatoire"
Des affrontements ont éclaté au Vénézuéla entre des chavistes et une délégation de députés et de sympathisants de l’opposition qui tentaient d’approcher le Conseil national électoral


Citation :
L’opposition l’accuse de retarder le processus de référendum révocatoire à l’encontre du président Maduro, après validation de la majorité des 1,8 millions de signatures qu’elle a déposées.

Le chef de file de l’opposition Julio Borges a été frappé avec une barre métallique.

“Tout ce que nous réclamons, c’est le droit, inscrit dans la constitution, à un référendum révocatoire, c’est ici dans l’article 72, le référendum signifie la paix”,
a-t-il déclaré.

Des centaines d‘étudiants voulaient aussi rejoindre le cortège se dirigeant jusqu’au conseil électoral, mais ils en ont été empêchés par les forces de l’ordre, à l’entrée de l’université centrale du Vénézuéla.

Le pays est au bord de l’implosion depuis plusieurs mois, déchiré par le bras de fer entre le Parlement, contrôlé depuis décembre par l’opposition, et le gouvernement socialiste, sur fond d’exaspération populaire liée à l’effondrement économique.

Face à la pénurie de nourriture, de médicaments et de biens de première nécessité, des pillages ont lieu dans les quartiers populaires. Sur une vidéo amateure, on peut voir des habitants en train de vider la cargaison de viande transportée par ce camion.

Par Pierre Le Duff | Avec AFP, EFE, REUTERS, APTN


Caracas : la police déployée contre les pillages



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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Mar 14 Juin - 18:44


on dira que les mots ne sont pas si importants que ça...


Le Venezuela verse dans un climat «prérévolutionnaire»

Emilienne Malfatto Le Figaro 14/06/2016

Les pillages et les heurts se multiplient, alors que le président contesté refuse tout référendum révocatoire


La police nationale bolivarienne fait face aux manifestants dans le quartier de La Vega, le 10 juin à Caracas STR/AFP

Citation :
Tout a commencé par un camion de poulets. Dans les rues colorées du quartier pauvre de La Vega, dans l'ouest de Caracas, les habitants affamés ont entouré le véhicule. Un cas de pillage comme il s'en produit plus de 50 par mois au Venezuela. À partir de là, les versions divergent. Les journaux locaux affirment que le chauffeur a tenté de résister. Les habitants du quartier racontent que les pillards, dans la fièvre du moment, ont voulu s'en prendre à une charcuterie. Que le charcutier a tiré dans le tas. Dans les deux versions, le chauffeur est mort.

Les rumeurs sautent d'une maison à l'autre : il paraît que des bandes armées vont couper l'électricité cette nuit pour aller piller les magasins à la faveur de l'obscurité. Certains y croient, d'autres non. Tout paraît possible dans ce Venezuela surréaliste et au bord de la crise de nerfs

Le Venezuela, où le président contesté Nicolas ...


Cet article a été publié dans l'édition du Figaro du 14/06/2016 .  84% reste à lire.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Ven 17 Juin - 6:27


Citation :
CARACAS (Reuters) - Les forces de l'ordre vénézuéliennes ont arrêté au moins 400 personnes à la suite du dernier accès en date de pillages et d'émeutes de la faim dans le pays, ont rapporté mercredi les autorités.

La violence s'est emparée mardi de la ville côtière de Cumana, où des pillards s'en sont pris à des dizaines de boutiques et où les forces de sécurité ont eu fort à faire pour maintenir l'ordre.

Des informations non confirmées, faisant état de plusieurs morts à Cumana, la capitale de l'Etat de Sucre, ont circulé sur les réseaux sociaux, et un député d'opposition de la région a parlé quant à lui d'un homme tué par balles.

Pour le gouverneur de l'Etat, Luis Acuna, membre du Parti socialiste au pouvoir, les décès en question n'ont rien à voir avec les pillages. "Il n'y a eu que 400 arrestations, et les décès ne sont liés en rien aux pillages", a-t-il déclaré à la télévision, en accusant les politiciens de droite d'encourager les pillards.

"Je n'ai aucun doute sur le fait qu'ils les ont payés, tout cela était préparé", a dit Luis Acuna.

Nelson Moreno, gouverneur de l'Etat d'Anzoategui, limitrophe de celui de Sucre, a déclaré que huit personnes avaient été arrêtées mardi dans sa région en situation "irrégulière", terme généralement utilisé pour faire allusion à des pillages.

Un jeune de 17 ans a par ailleurs été tué par balles mardi soir lors d'une "situation irrégulière" dans l'Etat de Merida, a fait savoir le parquet de la République. Selon certains médias, des émeutes de la faim ont eu lieu dans cet Etat et une permanence du Parti socialiste, au pouvoir, a été attaquée.

Les manifestations et les échauffourées autour de magasins se sont développées dans tout le Venezuela ces dernières semaines, sur fond de graves pénuries de vivres et de produits de première nécessité comme les médicaments.

(Diego Ore, Eric Faye pour le service français)

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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Mer 22 Juin - 14:15


Dans la matinée du dimanche 19 juin 2016, des éléments de la police fédérale mexicaine sont arrivés dans la localité de Nochixtlán, Oaxaca, en vue d’évacuer le blocage de l’autoroute mis en place par des membres de La Coordination Nationale des Travailleurs de l’Education (CNTE), des étudiants et des pères et mères de famille depuis huit jours. Huit personnes ont perdu la vie suite aux affrontements.


Citation :
Dans la matinée du dimanche 19 juin 2016, des éléments de la police fédérale mexicaine sont arrivés dans la localité de Nochixtlán, Oaxaca, en vue d’évacuer le blocage de l’autoroute mis en place par des membres de la Coordination Nationale des Travailleurs de l’Education (CNTE), des étudiants et des pères et mères de famille depuis huit jours [1]. Avec une violence extrême, la police a attaqué les manifestants, d’abord avec des gaz lacrymogènes et des tirs de flashball, et ensuite avec des armes à feu durant plusieurs heures. Huit personnes ont perdu la vie suite aux affrontements.

De plus, selon des informations de la CNTE, plus de 60 personnes ont été blessées, tant du corps professoral que des habitants de la communauté, sans que la police ne leur accorde l’accès à l’hôpital local.

Photos et infos supplémentaire sur le site du Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (CSPCL)


Notes

[1] le conflit en vigeur depuis de nombreuses années entre l’État mexicain et les enseignants du système scolaire public au Mexique, analysé [notamment ici → http://cspcl.ouvaton.org/spip.php?a... ] a repris une ampleur inédite dans la dernière année et tout particulièrement ces derniers mois, avec l’emploi de la part du gouvernement de très fortes mesures de répression des manifestations et de l’emprisonnement de nombreux leaders du mouvement, ce qui a entraîné en retour la démultiplication des blocages autoroutiers et des zones commerciales durant ces derniers jours




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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Lun 27 Juin - 13:09


Révolte populaire et répression au Mexique

27 Juin 2016 Reyes Alejandro
Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

Depuis plus de deux semaines et dans une indifférence quasi générale, une terrible répression s’abat sur les professeurs en lutte dans l’Etat de Oaxaca dans le sud du Mexique. Ils protestent contre une réforme du président Enrique Peña Nieto qui vise à privatiser l’enseignement public. Le bilan des violences policières est déjà lourd: plus de dix morts, des dizaines de blessés et de nombreux disparus.

Citation :
Dans la matinée du dimanche 19 juin 2016, des éléments de la police fédérale mexicaine sont arrivés dans la localité de Nochixtlán, Oaxaca, en vue d’évacuer le blocage de l’autoroute mis en place par des membres de la Coordination Nationale des Travailleurs de l’Education (CNTE), des étudiants et des pères et mères de famille depuis huit jours [1]. Avec une violence extrême, la police a attaqué les manifestants, d’abord avec des gaz lacrymogènes et des tirs de flashball, et ensuite avec des armes à feu durant plusieurs heures. Huit personnes ont perdu la vie suite aux affrontements




De plus, selon des informations de la CNTE, plus de 60 personnes ont été blessées, tant du corps professoral que des habitants de la communauté, sans que la police ne leur accorde l’accès à l’hôpital local. Les blessés ont été soignés par la population dans une église, avant d’être finalement transportés vers d’autres hôpitaux. Selon des informations des services de santé de Oaxaca, 31 blessés graves se trouvent actuellement à l’hôpital général “Pilar Sánchez Villavicencio” de Huajuapan de León et à l’hôpital général “Benito Juárez” de l’Institut Mexicain de Sécurité Socaile (IMSS) dans la ville de Oaxaca.




Un nombre indéfini d’enfants ont également été perdus de vue leurs parents au moment de la répression, leurs proches continuant à les rechercher.

Plus de 20 personnes ont été détenues et pour le moment 22 personnes sont portées disparues




Selon des informations transmises par les médias libres Regeneración Radio, Radio Pozol et Emeequis, les personnes décédées sont :

- Yalid Jiménez Santiago, père de famille de 29 ans originaire de la communauté de Santa María Apazco, dépendant de Nochixtlán. Les cloches de l’église ayant sonné en appel à soutenir la barricade, Yalid avait répondu à la sollicitude et s’était dirigé sur place à bord d’une camionette Urban, lorsque les policiers fédéraux ont commencé à mitrailler.

- Oscar Nicolás Santiago, habitant de Las Flores Tilantongo, 21 ans. Blessé durant l’attaque par une arme de calibre 380 portée par la Police Fédérale, il a été immédiatement emmené à l’hôpital de Nochixtlán, où lui fut dénié l’attention médicale, car seuls les policiers étaient soignés. Oscar est mort d’hémorragie en conséquence.

- Andrés Aguilar Sanabria, professeur d’éducation indigène, âgé de 23 ans.

- Anselmo Cruz Aquino, 33 ans, commerçant de Santiago Amatlán, tué par balles.

- Antonio Pérez García, collégien.

- Jesús Cadena Sánchez, 19 ans, étudiant d’Asunción Nochixtlán.

- Óscar Aguilar Ramírez, habitant de Nochixtlán.

- Omar González Santiago, habitant de Tlaxiaco.

Durant la répression, la population locale est venue sur place en soutien aux manifestants, soignant les blessés, aidant les personnes à retrouver leurs proches, distribuant de l’eau, des sodas et des compresses d’eau vinaigrée pour les personnes touchées par les gaz lacrymogènes. Au même moment, dans le sud de l’État de Oaxaca, dans l’isthme de Tehuantepec, la force publique fut également utilisée pour évacuer le blocage mis en place par des enseignants et des habitants sur le port maritime de Salina Cruz, affectant les installations pétrolières de Pemex, l’entreprise d’État mexicaine.

Ce 20 juin, un nombre indéterminé d’avions de transport de la Police Fédérale et de la Gendarmerie mexicaine (formée par la France) ont atteri dans la ville de Oaxaca.




Les mensonges officiels


La réaction officielle fut au début de nier l’usage d’armes à feu par la police. Le ministère de la Sécurité Publique (SSP) de Oaxaca a catégoriquement affirmé que les éléments « ne portaient que leur équipement anti-émeutes, ils n’étaient pas armés ».

Cependant face aux preuves photos de policiers équipés d’armes lourdes (AR-15 et MP – 45) et courtes (380) qui avaient commencé à circuler sur les réseaux sociaux, le gouvernement a changé sa version.




Durant une conférence de presse dans la ville de Oaxaca, le commissaire national de sécurité publique, Enrique Galindo, et le gouverneur de Oaxaca, Gabino Cué, ont affirmé qu’il s’agissait de deux moments distincts. Le premier, une évacuation pacifique « sans aucun incident violent » durant laquelle les forces de police n’ont fait usage que de leur équipement anti-émeutes, et un deuxième moment, durant lequel des groupes armés inconnus auraient commencé à tirer non seulement contre la police, mais aussi contre la population civile. En conséquence, du fait de leur devoir de protéger la population, la décision aurait été prise d’utiliser des armes à feu.

Cette explication, cette « vérité officielle », est alarmante pour plusieurs raisons. Tout autant Enrique Galindo que Gabino Cué ont insité sur le fait que la soi-disant agression armée aurait été commise non pas par les enseignants, mais par des sympathisants « radicalisés » soi-disant même prêts à attaquer la population civile, la même qui avait participé au soulèvement historique de Oaxaca en 2006.

Cette approche implique d’un côté la justification officielle de l’usage d’armes à feu contre la population de la part de la police ; de l’autre, elle criminalise la solidarité des organisations civiles et des mouvements sociaux avec le mouvement enseignant ; finalement, elle associe la présence de groupes armés au mouvement enseignant, justifiant le recours croissant à la violence étatique et à la militarisation comme formes d’affrontement contre le mouvement.

La CNTE, les habitants locaux et les témoins externes sur place, tel que le photographe du collectif Cuartoscuro Jorge Arturo, nient clairement la présence d’armes à feu entre les manifestants.

Face à la répression, la digne rage




Si l’intention de la répression déployée par l’État consiste à désactiver le mouvement, les faits démontrent que c’est justement le contraire qui est obtenu. A Nochixtlán, les habitants rageurs ont mis le feu au siège local de la mairie. Au même moment, des habitants de Tlaxiaco et de Yanguitlán se rendaient à Nochixtlán pour soutenir la résistance, et des brigades de jeunes parcouraient la zone en surveillance.

Des manifestations, des campements et des blocages se multiplient dans différentes parties du Mexique. Et au niveau international, les expressions de rejet se multiplient elles aussi.

Notes


[1] le conflit en vigeur depuis de nombreuses années entre l’État mexicain et les enseignants du système scolaire public au Mexique, analysé [notamment ici → http://cspcl.ouvaton.org/spip.php?a… ] a repris une ampleur inédite dans la dernière année et tout particulièrement ces derniers mois, avec l’emploi de la part du gouvernement de très fortes mesures de répression des manifestations et de l’emprisonnement de nombreux leaders du mouvement, ce qui a entraîné en retour la démultiplication des blocages autoroutiers et des zones commerciales durant ces derniers jours.

Source: Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Sam 6 Aoû - 11:41


d'Argentine, proposé et traduit par Adé


Adé a écrit:
Un article trouvé sur Kaos en la red à propos de la contestation en cours en Argentine contre le "tarifazo", càd l'augmentation des tarifs gaz-eau-électricité décidée par le Gvt. macri en plein hiver austral.




Citation :
Le ministre de l'énergie au Gvt.Macri, Juan-José Aranguren (le Chau -prononcé Chao- Aranguren des banderoles et cartons protestataires) fut le président de Royal Dutch Shell, sous le mandat Nestor Kirchner en 2005, l'entreprise a été boycottée à cette époque par initiative gouvernementale pour ...augmentation des tarifs essence-gasoïl,( (entre 2,6 et 4,2%) elle avait dû revenir sur ces augmentations car le boycott était suivi à 65% et la baisse des ventes de 60% (traduction du 1 § ), de plus, suivant la page : https://es.wikipedia.org/wiki/Juan_Jos%C3%A9_Aranguren

1§ -En 2005, la empresa aumentó los valores de la nafta y el gasoil entre el 2,6% y el 4,2%.6 Como consecuencia, el presidente Néstor Kirchner llamó a un boicot por «aplicar aumentos abusivos», medida a la cual se sumaron diferentes organizaciones sociales.7 8 9 Esta medida tuvo una aceptación del 65% y provocó que las ventas de la empresa cayeran alrededor de un 60%.10 11 En el mes de abril, Shell revisó sus tarifas y redujo los precios.12




2§-En 2006 la Corte Suprema convocó al gobierno nacional, junto al de la provincia de Buenos Aires y el de la Ciudad Autónoma de Buenos Aires para sanear el Riachuelo, y ordenó a 44 grandes empresas, entre ellas Shell, instaladas en la zona a entregar estudios de impacto ambiental. La decisión se debió a la demanda de 140 habitantes del asentamiento conocido como «Villa Inflamable», en Dock Sud, ubicado frente la refinería de Shell, donde las napas subterráneas que abastecen al conurbano están contaminadas con metales pesados, como plomo puro.13 14

En 2006, la Cour Suprême a diligenté le Gvt National et celui de la Province de Buenos-Aires afin de procéder au nettoyage de la rivière Riachuelo, et exigé une étude d'impact environnemental à 44 grandes entreprises, parmi lesquelles Shell, installées dans le secteur. La décision fait suite aux plaintes déposées par 140 habitants du lieu nommé "Villa inflamable" (Villa  = hameau, village) à Dock Sud, face à la raffinerie Shell, où les nappes souterraines qui fournisse l'eau sont polluées par des métaux lourds, comme, par exemple du plomb à l'état pur.




3§ -A raíz de este dictamen, en las inspecciones realizadas en la refinería de Shell en Dock Sud se detectaron seis incumplimientos ambientales y la Secretaría de Ambiente y Desarrollo Sustentable ordenó su clausura. En esta se encontró que la planta extraía sin permiso 18,4 millones de litros de agua que saca por hora, incumpliendo con el Código de Agua de la provincia de Buenos Aires; no tenía las habilitaciones y pruebas periódicas de unos 700 aparatos sometidos a presión; se detectaron pérdidas y derrames de sustancias tóxicas, especialmente de hidrocarburos; y había una deficiente gestión de residuos especiales y peligrosos.15 16 17

Suite à cette décisions des inspections effectuées dans la raffinerie en question, Shell Dock Sud, six infractions environnementales  furent détectées, et le Secrétariat à l'Environnement et au Dvpt durable décida sa fermeture. Là-dessus on constata que l'usine pompait sans permission 18,5 millions litres d'eau à l'heure, en infraction au ''Codigo de Agua de la provincia de Buenos Aires''; en outre (héhé) manquait les documents relatifs à la maintenance de 700 appareils soumis à de fortes pressions, l'on détecta également des fuites et des pertes de substances toxiques, particulièrement hydrocarbures; la gestion des déchets et des résidus spéciaux et dangereux était "déficiente".  




4§ -Entre 2006 y 2007 Shell fue sancionada con cincuenta multas por «insuficiente provisión de gasoil al mercado». En 2007. Asimismo, la Secretaría de Comercio denunció a la empresa y a su presidente, Aranguren, en particular por «desabastecimiento».18 En 2011, un juez dictó la falta de mérito y sostuvo que «sostuvo que "no se configuró el delito de desabastecimiento, porque no hubo una importante faltante de naftas"».19 En enero de 2014, bajo su dirección, Shell compró a un banco extranjero 3,5 millones de dólares a un precio de $ 8,90, cuando la cotización era de $ 7,10, lo que había disparado, en la city porteña, el precio del dólar saltó sin control. 20

Entre 2006 et 2007, Shell fut sanctionné par cinquante amendes pour " approvisionnement insuffisant de gasoïl sur le marché". En 2007, la" Secretaria de Comercio" dénonça l'entreprise et en particulier son président, M. Aranguren pour " désaprovisionnement". En 2011, un juge légiféra que le délit n'était pas constitué car "...il n'y a pas eu manque important de carburant". En janvier 2014, sous sa direction, Shell fit l'acquisition d'une banque étrangère pour 3,5 millions de Dollars à un prix de 8,90 l'action alors que celle-ci s'échangeait à 7,10 (toujours U.S Dollars), ce qui entraîna sur la place de Buenos Aires une hausse vertigineuse du Dollar.

Ganó un premio Fundación Konex en 2008,21 22 y en 2013 Alberdi a la Libertad.23

CET Aranguren est titulaire des prix de Fondation Konex et Alberdi a la Libertad.

Et oui.

Voilà, je me renseigne sur ce mouvement, pour le moment les hausses tarifaires sont provisoirement bloquées par je-ne-sais-quel organe étatique, ou cour constitutio-machin, et il semblerait que la décision revienne à un autre organe super-fétatoire, le reportage montre que l'opposition aux hausses est développée dans tout le pays, avec probablement des dizaines- voire centaine- de milliers de participant-e-s (chien-ne-s non-compris-e-s, comme d'hab), c'était jeudi dernier et le deuxième round de ce "Ruidazo"," ruido"= bruit +suffixe "azo"= coup de... (Ex. "cabezazo" = cabeza: tête+ "azo"= coup de tête). Les Argentins -et Tines- aiment bien ce suffixe, ou le suffixe frappe les Argentins- et Tines-.




plus de photos dans l'original

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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Dim 23 Oct - 13:12


Au Mexique, l’Armée zapatiste de Libération Nationale a annoncé sa décision de participer à la prochaine élection présidentielle de 2018, mais son candidat ne sera pas son membre le plus connu, à savoir le sous-commandant Marcos, mais une femme d’origine indigène.


Femmes indigènes de San Pedro, Chiapas

Citation :
L’EZLN a révélé dans un communiqué vendredi soir que les natifs doivent lancer une consultation pour choisir une femme native dans le but de les représenter et participer aux élections qui se tiendront dans deux ans.

L’EZLN a confirmé sa volonté de choisir un candidat indépendant, c’est-à-dire quelqu’un qui ne possède pas d’affiliation à un parti politique.

Pour rappel, l’armée zapatiste a pris les armes contre l’État en 1994, après un bref conflit armé, elle a opté pour des moyens pacifiques pour lutter en faveur des droits des populations autochtones. L’EZLN et le gouvernement mexicain ont signé en 1996 les accords de paix de San Andrés en reconnaissant les droits des peuples autochtones, mais bien que le soulèvement armé ait conduit à des améliorations dans la législation, dans la pratique, la communauté indigène reste la plus marginalisée de la population mexicaine.

Si cette candidature se confirme officiellement, ce serait la première fois que les zapatistes participeraient aux élections parce que, bien que depuis 2005, l’EZLN, avec le sous-commandant Marcos à la barre, ont lancé au mouvement national appelé « l’Autre Campagne », il n’y pas eu de participation à la course présidentielle de 2006, les zapatistes avaient fait le choix de ne soutenir aucun candidat des partis traditionnels.

L’accord de consultation préalable a été pris au cours du cinquième Congrès national indigène, qui a débuté le 9 octobre, et s’est conclu vendredi à San Cristóbal de las Casas, au Chiapas, en présence de représentants de plus de 30 peuples indigènes du Mexique et des membres du Commandement général de l’EZLN, y compris les commandants adjoints Galeano (anciennement Marcos) et Moïse.

« Nous affirmons que notre lutte n’est pas pour le pouvoir, nous ne le cherchons pas, mais nous allons appeler les peuples autochtones et la société civile à s’organiser pour arrêter cette destruction, nous allons fortifier nos résistances et nos rébellions, c’est-à-dire la défense de la vie de chaque personne, chaque famille, groupe, communauté ou quartier. En construisant la paix et la justice d’en bas, d’où nous sommes ce que nous sommes »,
peut-on lire dans le document « Que retiemble en sus centros la tierra », de l’EZLN.

Les zapatistes dénoncent l’exploitation, le harcèlement et le pillage de diverses communautés du Chiapas, Oaxaca, Jalisco, Puebla, Veracruz et à la Ville du Mexique, entre autres, où les entreprises ont détruit les espaces naturels à travers des projets promus par les entrepreneurs et approuvés par les autorités.

Le CNI (Conseil national indigène) s’est déclaré en assemblée permanente et a lancé une consultation dans chacune des zones géographiques, des territoires concernés pour former le conseil d’administration indigène afin de désigner le représentant aux présidentielles du Mexique en 2018 .

Lors de la réforme électorale de 2012, la figure de « candidat indépendant » a été approuvée, mais c’est seulement en 2014 que les conditions de candidature se sont ouvertes pour les citoyens qui aspirent à se présenter sans le soutien d’un parti politique.

En savoir plus sur http://www.actulatino.com/2016/10/16/mexique-l-armee-zapatiste-de-liberation-nationale-presentera-une-femme-indigene-aux-presidentielles-de-2018/#bqJJD5Fk4oSYMjDG.99


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Mar 3 Oct - 23:40


Porto Rico, piégé entre colonialisme et ouragans

Global Voices Traduction 3 Octobre 2017


Graffiti à Porto Rico. Photo tirée de Flickr prise par l'utilisateur Juan Cristóbal Zulueta.
Publiée sous licence Creative Commons Attribution 2.0 Generic (CC BY 2.0).

Sauf mention contraire, tous les liens de cet article renvoient vers des pages en espagnol.


Citation :
Tu es allée à Porto Rico pour son sable doré et son soleil — l'or, tu ne l'oublies pas, est aussi ce qui a d'abord attiré nos premiers colonisateurs. Pour ses interminables piña coladas, et ses mystères arrosés de rhum. Pour son charme colonial et son mode de vie pittoresque et modeste. La pauvreté semble si attrayante dans les Caraïbes, avec ses couleurs vives, ses eaux cristallines et son décor d'un vert exubérant — en plus, c'est seulement pour une semaine. Tes amis disent que c'est l'endroit le plus à la mode pour les vacances de printemps ; les journaux, que c'est une ruine criblée de dettes ; tes parents, que c'est dangereux et que l'eau n'est pas potable ; et les prospectus, que c'est un paradis (fiscal), un véritable éden. Et te voilà, avec ton maillot de bain et ton sarong, un mojito à la main, fin prête pour te concentrer sur ta seule tâche de la semaine : bronzer.  

Mais il apparaît que le soleil n'est pas rivé au ciel, et qu'il ne fonctionne pas avec un million d'ampoules inusables de 100 watts. La marée monte et la houle est cruelle. Les cocotiers, les palmiers et leurs branches sont des projectiles potentiels. Et un ouragan est en chemin, se dirigeant tout droit vers ton rêve libéré des soucis.

Tu tentes donc de prendre un vol loin de ce paradis devenu un enfer, parce qu'un ouragan ne faisait pas partie de ton programme de choses “à voir”. Au lieu de cela, JetBlue t'emmène dans un refuge à San Juan, un stade où il fait chaud et humide, où ton transat de plage a été remplacé par un lit de camp ; ta piña colada par une bouteille d'eau Walgreens ; ton rêve, par notre réalité.


Le courant était coupé chez moi quand j'ai imaginé le scénario ci-dessus, qui s'était déroulé la veille, juste avant l'arrivée d'Irma. Le lendemain, après le passage d'Irma, plus d’un million de foyers n'avaient plus d'électricité. L'Autorité de l'énergie électrique (Autoridad de Energía Eléctrica) prévoyait que les coupures de courant dureraient entre deux et quatre mois, et presque 80 000 foyers étaient aussi privés d'eau courante. Plus de 6 200 personnes se trouvaient dans des refuges dans le nord-ouest de l'île, et l'industrie agricole avait subi 30,4 milliards de dollars de pertes. L'Agence fédérale de gestion des urgences (désignée par le sigle FEMA en anglais) et le gouverneur Ricardo Rosselló étaient encore en train d'évaluer les dommages en termes de résidences et d'infrastructures. Et voilà qu'une nouvelle et puissante tempête était en chemin : Maria.

Porto Rico est un habitué des crises. Avant les ravages causés par Irma dans l'archipel, il était déjà plongé dans une des crises financières et sociopolitiques les plus dévastatrices de son histoire récente, avec une dette de 74 milliards de dollars qui n'a fait l'objet d'aucun audit et qui pèse sur ses épaules, 49 milliards de dollars d'obligations de retraite, et la somme de plusieurs décennies d'émissions illégales d'obligations et d'opérations commerciales en lien avec son statut revendiqué de paradis fiscal. Des politiques néolibérales telles que les coupes budgétaires draconiennes et les mesures d'austérité extrêmes avaient déjà rendu la vie à Porto Rico assez précaire. Et tout cela était supervisé et géré de concert par le gouverneur Rosselló, une Commission de contrôle fiscal non élue et antidémocratique [crée par la loi dite “Promesa”, votée par le Congrès des États-Unis en 2014] et la juge Laura Taylor Swain, tous trois à faire la navette pour assurer gestion fiscale du pays et le processus de restructuration de la dette du pays.

Mais même alors que l'ouragan Irma se dirigeait tout droit vers l'île, pour de nombreuses personnes étrangères au pays, Porto Rico demeurait juste une petite digression dans les brèves qui défilent en bas des écrans de CNN, une île enchanteresse, propriété des États-Unis, sur un prospectus touristique, cet endroit exotique où l'on a tourné le clip de “Despacito” (encore mieux avec Justin Bieber), un caillou qui sombre entre un océan et une mer qui en a trop vu.

Mais le passage et les répercussions d'Irma ont à nouveau mis en lumière le casse-tête majeur de Porto Rico : le colonialisme.

Porto Rico a été une colonie des États-Unis (qui préfère les euphémismes “commonwealth”, “territoire non incorporé” et “État libre associé”) pendant 199 ans, une relation qui a attiré le pays dans le piège d'une redoutable spirale infernale. L'actuelle crise fiscale et sociopolitique n'est qu'une des conséquences de cette relation.

Le passage de l'ouragan Irma a révélé les dégâts causés par les mesures d'austérité néolibérales imposées par la Commission de contrôle fiscal et les délits commis par les sociétés qui ont profité de la condition coloniale de Porto Rico. Tout d'abord, suite à la fermeture massive d'écoles publiques, seulement 329 écoles [en] étaient disponibles pour servir de refuge sur l'ensemble de l'île, comparées aux 327 écoles mises à disposition lors du passage de l'ouragan Bertha en 2014.

Les infrastructures portoricaines sont également à un stade avancé de détérioration, en particulier les routes, les ponts, l'Université de Porto Rico et les bâtiments des services publics, tous dangereusement menacés lors du passage d'Irma. Une bonne partie des “infrastructures de base” du pays sont situées sur la côte, ce qui les rend vulnérables aux inondations, aux marées hautes et aux ondes de tempête, surtout lors d'ouragans de l'intensité d'Irma ou de Maria.

Il faut noter qu'une grande partie de ces infrastructures a été construite pour profiter à l'industrie touristique et aux échanges commerciaux avec les États-Unis, et à eux seuls. L'argent investi dans les infrastructures tend à être destiné à revitaliser ces “éléments essentiels”, et non à réparer les chemins jonchés de nids-de-poule de nos collectivités, à rénover les bâtiments pleins d'amiante ou à remplacer les lampadaires endommagés, à la merci des vents des ouragans. Ce n'est qu'une nouvelle preuve de notre dépendance au marché colonial et de la nature, elle aussi essentiellement coloniale, de notre industrie touristique, lesquelles servent principalement la relation de Porto Rico avec les États-Unis.

Même l'état de catastrophe naturelle déclaré par le président des États-Unis, qui ouvre à Porto Rico l'aide de la FEMA, est de second ordre, puisqu'il ne vaut que pour les opérations de secours et sauvetage, la santé publique et la sécurité, ainsi que le dégagement des décombres [en]. Il ne prévoit pas la reconstruction, ni même le rétablissement de l'électricité, et avec la crise fiscale actuelle et le silence de la Commission de contrôle fiscal depuis le passage d'Irma, ces opérations vont relever de l'exploit pour Porto Rico, au vu du manque de ressources disponibles.

Selon Carla Minet, du Centre pour le Journalisme d'Investigation à Porto Rico « Les coupes budgétaires, dans une économie déjà fragile, vont probablement aggraver les conséquences sociales de la tempête.»

Carla Minet ajoute que le pronostic que le directeur des politiques du Centre pour une Nouvelle Économie, Sergio M. Marxuach, avait établi avant l'arrivée d'Irma prévoyait que le Plan Fiscal qui vient d'être approuvé déboucherait sur une autre décennie perdue, avec une baisse continue de la population due aux migrations et à des taux de natalité moins élevés, moins d'emplois, un accès plus difficile à l'éducation publique, des coupes dans les retraites, une dégradation des résultats en matière de santé, une mortalité accrue et une baisse de l'espérance de vie, et en dernier lieu, des indices de pauvreté et d'inégalités plus élevés. “Ajoutez à présent à cela le cataclysme d'un monstrueux ouragan qui ne faisait pas partie du plan”, souligne Carla Minet.

Il est probable que la Commission de contrôle fiscal se serve d'Irma comme excuse pour imposer avec agressivité les nombreuses politiques qu'elle a en réserve, comme la privatisation de l'Autorité de l'énergie électrique de Porto Rico. Il ne serait pas non plus étonnant que le gouverneur Rosselló et la Commission s'emparent de l'occasion pour démanteler et privatiser l'Université de Porto Rico, la seule institution publique d'éducation supérieure du pays, ainsi que plusieurs autres institutions publiques démunies face au gouvernement colonial de la Commission et à ses évidentes attaques néolibérales.

Aujourd'hui, à peine deux semaines après le passage d'Irma, un autre ouragan de catégorie 5 vient de nous frapper, Maria. Et ce, alors que le courant électrique était tout juste rétabli dans certains foyers, quand d'autres demeuraient toujours dans l'obscurité; alors que le sol était encore jonché d'arbres et de lampadaires arrachés qui attendaient d'embrasser leur seconde vie de projectile ; alors que de nombreuses personnes, aussi bien des Portoricains que des réfugiés des îles voisines des Caraïbes, étaient encore en train de se remettre de la perte de leur maison, de leur nouvelle réalité ; et alors que la crise et le colonialisme continuent à se donner la main, comme chaque jour.

Et toi, tu restes assise sur ton lit de camp avec ton chapeau de paille, entourée de centaines de locaux qui se bousculent autour de toi, ce qu'il reste de leur vie fourré dans un sac ou une valise, et tu te demandes pourquoi JetBlue t'a abandonnée ici et est parti si vite ; pourquoi le refuge manque autant de personnel ; pourquoi le courant est coupé alors qu'il n'a pas encore commencé à pleuvoir et qu'il n'y a même pas eu une seule rafale de vent ; pourquoi CNN n'a pas parlé du passage d'Irma par Porto Rico. “Je suis là, appelez-moi un représentant de l'Ambassade!”, cries-tu dans ta tête en regardant l'écran de ton smartphone à l'article de la mort. Pourquoi, te demandes-tu, la vie a-t-elle été si injuste avec toi, et t'a gâché ces vacances tant désirées sur cette île enchanteresse ?

Tes pensées sont interrompues par la découverte d'une fenêtre ; tu marches lugubrement jusqu'à elle, tu regardes à travers la vitre baptisée par les pigeons, et tu observes les nuages de la tempête s'agglutiner, et les rafales de vent qui secouent un drapeau des États-Unis —oh, et un drapeau portoricain, aussi.


Creative Commons License
Ecrit par Ana Portnoy, traduit par Elisa Marvena et Anne-Claire Saby

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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Ven 13 Oct - 2:17



Une rue inondée à San Juan, Porto Rico après l'ouragan Maria.
Photo US Department of Defense, domaine public domain.

Lorsque l'ouragan Maria a frappé Porto Rico, il a laissé les pires destructions causées par une tempête dans cette île de la Caraïbe et le territoire des USA depuis près d'un siècle.

Citation :
Plus de deux semaines après la tempête [l'article d'origine a été publié le 9 octobre, NdT], les Porto-Ricains sont confrontés à des pénuries potentiellement mortifères de nourriture, eau potable et carburant. Plus de 90 % des foyers restent privés d'électricité, 60 % sont sans eau courante, et 75 % des réseaux de télécommunications sont toujours hors d'usage.

Les médias de Porto Rico découvrent que, si certains chiffres-clés, comme l'accès général à l'électricité et à l'eau, sont rapportés avec une relative précision, le reste de l'information relative aux destructions est, selon le mot d'un membre du Congrès des Etats-Unis, “whitewashed”, “blanchie”, dissimulée.

Le nombre de morts varie largement aussi, entre les estimations officielles et les compte-rendus locaux.

Les faits et chiffres de cet ordre ont une importance cruciale dans toute opération de secours et d'aide après une catastrophe. Ils sont essentiels à la compréhension de la situation et à la prise de décision sur l'allocation des ressources pour la reconstruction. Ils peuvent aussi constituer un outil indispensable pour permettre aux citoyens et aux organes d'information de tenir les institutions responsables de leurs engagements envers leurs administrés.

La recherche des responsabilités se complique d'autant plus que Porto Rico, en tant que territoire des États-Unis, n'a qu'un seul représentant au Congrès, sans droit de voter. Et si les congressistes d'ascendance porto-ricaine interviennent en faveur de Porto Rico, leurs appels à l'action sont largement ignorés.

Qui détermine le bilan humain ?


Le nombre officiel des morts faits par un ouragan est parmi les chiffres dont la publication est de la plus haute importance. Pendant plusieurs jours après la tempête , le nombre de morts a plafonné à 16, selon les autorités locales porto-ricaines et fédérales américaines. Mais quelques heures seulement après que Donald Trump concluait sa conférence de presse à San Juan le 3 octobre, les autorités ont publié un décompte révisé à 34 morts.

Les investigations locales font cependant envisager un bilan réel beaucoup plus lourd.

Dans un entretien avec le Secrétaire à la Sécurité publique Héctor Pesquera, le Center for Investigative Journalism (CPI) basé à San Juan a appris qu'au moins 200 personnes sont mortes à Porto Rico du 20 au 29 septembre compris, un nombre qui excède largement celui d'une période [normale] aussi courte. Et ce ne sont là que les enregistrements officiels — L'absence d'électricité a obligé les services d'état civil à faire les enregistrements manuellement, ralentissant ainsi le processus.

Par des entretiens à l'hôpital Pavía d'Arecibo, le CPI a appris que 49 personnes étaient décédées dans ce seul hôpital les deux premiers jours ayant suivi l'ouragan, pendant lequel l'établissement était quasiment dépourvu d'électricité.

Chiffres biaisés, et brièvement censurés

Le gouverneur de Porto Rico Ricardo Rosello a déclaré le 3 octobre que 63 des 69 hôpitaux de l'île avaient rouvert. Mais que veut dire “rouvrir” pour un hôpital ? Les responsables publics ont expliqué que cela signifiait que les hôpitaux acceptaient des patients. Une liste publiée par les services du gouverneur indique que 29 hôpitaux sur les 63 décrits comme étant “opérationnels” n'ont toujours pas d'électricité.

Le gouvernement fédéral américain rechigne également à fournir des données exhaustives sur la situation. Le 5 octobre, les utilisateurs du site web de la FEMA, l'Agence fédérale des situations d'urgence, ont constaté que les statistiques détaillées sur les coupures d'eau, d'électricité et autres commodités publiées et routinièrement mises à jour, avaient soudain disparu.

Les chiffres détaillant les opérations de secours — pour la plupart, des chiffres “positifs” comme le nombre d'hôpitaux, de magasins d'alimentation et de stations-service rouverts — demeuraient, eux, en ligne. Quand de multiples organes de médias ont rapporté ce fait de censure, les chiffres sont revenus. Ce qui n'a pas pour autant rassuré le public sur l'obstination de l'administration à vouloir l'empêcher de connaître la situation sur l'île.

Dans un entretien avec le Washington Post, le représentant de l'Illinois Luis Gutierrez, qui est d'ascendance porto-ricaine et s'est rendu sur l'île après l'ouragan, a ouvertement accusé le gouvernement d'essayer d'empêcher l'information sur les dégâts d'atteindre le public des États-Unis continentaux.

“Ils ne veulent pas qu'on sache la vérité…chaque histoire qu'on trouve est une tragédie humaine. De vie et de mort et de lutte entre les deux”, dit-il.

Gutierrez a aussi expliqué que le président et les responsables de son administration dissuadaient les membres du Congrès d'aller dans l'île. “Nous sommes donc allés acheter nous-mêmes nos billets d'avion et y avons été.” Et de poursuivre : « A notre retour, nous avons dit la même chose que chaque journaliste qui a été là-bas : Ceci est une crise humanitaire.»

Si la nouvelle n'est pas bonne, elle est forcément fausse !

A côté de l'information inégale sur les dommages de la tempête, Donald Trump et son gouvernement ont ouvertement tout fait pour maîtriser le récit plus général sur l'ouragan Maria et ses effets. Les hauts responsables ont délibérément mis en avant et encouragé les “bonnes” nouvelles sur les opérations de remise en état, et ouvertement intimidé les responsables publics et médias qui tentaient de ne pas faire de même.

Quelques jours avant la visite de Trump, la directrice par intérim du Département de la Sécurité intérieure Elaine Duke a vanté l'opération de secours du gouvernement américain à Porto Rico, qu'elle a qualifié de “bonne nouvelle”. La maire de San Juan Carmen Yulín Cruz n'a pas tardé à prendre le contre-pied, en qualifiant la dévastation de “nouvelle de gens qui meurent”. Trump a presque instantanément cinglé la maire sur Twitter, l'accusant de “mauvais leadership” et l'accusant d'avoir reçu des démocrates l'ordre d'être “méchante” avec lui.

A part ses attaques contre Yulín Cruz, les tweets de Trump en rapport avec Porto Rico se sont centrés sur deux idées :  les opérations de secours “réussies” (ses propres mots) des premiers intervenants et de l'agence fédérale FEMA, et le spectre de la “fausse” couverture médiatique de la dévastation.

Quand Trump a accusé les réseaux de médias d’ “ôter le moral” aux soldats et aux premiers intervenants, le premier à rétorquer a été Ali Velshi de MSNBC, accusant Trump de “blanchir” l'histoire :

30 Sep Donald J. Trump  ✔️ @realDonaldTrump
The Fake News Networks are working overtime in Puerto Rico doing their best to take the spirit away from our soldiers and first R's. Shame!
Follow
Ali Velshi ✔️@AliVelshi
We are working overtime to tell the REAL Story, @realDonaldTrump that you have whitewashed

Nous faisons des heures sup’ pour dire la VRAIE Histoire, @realDonaldTrump, que vous avez blanchie


Quand Trump a demandé aux Porto Ricains de ne pas “croire les fausses informations”, un twitteur a répondu : “Ils cherchent désespérément de l'eau potable propre, ils ne consultent pas leur Twitter !”

Une Porto-Ricaine vivant sur le continent a riposté en décrivant le désespoir de sa mère :

30 Sep Donald J. Trump  ✔️ @realDonaldTrump
To the people of Puerto Rico: Do not believe the #FakeNews!#PRStrong

My mother finally got through to me today. She's running out of food and describes her surroundings as a war zone. That's the real news!
Ma mère a enfin réussi à me joindre aujourd'hui. Elle n'a plus rien à manger et dit qu'autour d'elle ça ressemble à une zone de guerre. C'est ça la vraie information !

NdT : Donald Trump a tweeté aujourd'hui 12 octobre que l'aide fédérale à Porto Rico ne sera pas “éternelle”, ajoutant que “L'électricité et toutes les infrastructures étaient désastreuses avant les ouragans. Le Congrès va décider”.

Ellery Roberts Biddle
Ángel Carrión
Firuzeh Shokooh Valle
traduction Suzanne Lehn

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AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?
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