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 AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?

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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Ven 20 Nov - 23:15

indépendamment des illusions démocratistes des partis et mouvements sud-américains, c'est l'idée que « se termine l'ère des gouvernements progressistes et de gauche dans la région, mais également que cette victoire favorise la répression des mouvements sociaux dans des pays dominés par des gouvernements néolibéraux comme au Chili, au Pérou, en Colombie et au Mexique entre autres » qui a retenu mon attention, à tenter de comprendre dans le contexte mondial de tendance du capital à régler ses problèmes à la guerre

L’Argentine face à son destin Atilio Boron 20 novembre 2015

Le ballottage en argentine nous met face à un grave dilemme, d'une importance capitale. Les partis et mouvements populaires de toute l'Amérique Latine et des Caraïbes ont manifesté leur profonde préoccupation face à la possibilité qu'avec la victoire du candidat de la coalition "Cambiemos" se termine l'ère des gouvernements progressistes et de gauche dans la région, mais également que cette victoire favorise la répression des mouvements sociaux dans des pays dominés par des gouvernements néolibéraux comme au Chili, au Pérou, en Colombie et au Mexique entre autres.


Citation :
L’empire a besoin que Mauricio Macri gagne les élections

Les « fonds vautours » n’ont pas caché leur prédisposition à collaborer avec le « macrisme » en cas de triomphe de ce dernier lors du second tour. A peine quelques jours après le premier tour, un de ses porte-parole a déclaré à Paris qu’avec Macri à la Casa Rosada (siège de l’exécutif argentin), leur volonté serait de suivre les ordres du système financier international et de faciliter l’entrée massive de capitaux pour la « reconstruction » de l’Argentine. Macri compte aussi avec l’appui inconditionnel de l’oligarchie médiatique : les grands médias hégémoniques ont scandaleusement manipulé l’information afin de favoriser leur candidat.

M. Macri peut compter également sur l’appui des fractions hégémoniques de la classe dominante dont l’organisation principale est l’Association des Entreprises Argentine (AEA). Les secteurs les plus concentrés du capital étranger le soutiennent également, si bien que ces derniers, tout comme leurs prédécesseurs ont fait de très bonnes affaires durant les années Kirchner. La classe moyenne, ainsi que les propriétaires terriens soutiennent sa candidature ainsi que les secteurs les plus rétrogrades de l’Eglise Catholique.

La bureaucratie syndicale, corrompue et dont le prestige a disparu, le soutient également et aux delà de nos frontières : il bénéficie du soutien politique, diplomatique et financier de deux personnes profondément sinistres comme l’ex-président colombien Alvaro Uribe et l’ex-président du gouvernement espagnol, héritier direct du franquisme, José Maria Aznar, deux personnalités qui ont baigné dans le sang et la corruption. Les partis et mouvements populaires de toute l’Amérique Latine et des Caraïbes ont manifesté leur profonde préoccupation face à la possibilité qu’avec la victoire du candidat de la coalition Cambiemos se termine l’ère des gouvernements progressistes et de gauche dans la région, mais également que cette victoire favorise la répression des mouvements sociaux dans des pays dominés par des gouvernements néolibéraux comme au Chili, au Pérou, en Colombie et au Mexique entre autres.

Face à ce scénario, comment faire pour arrêter le triomphe du candidat de l’empire ? Imaginons quelles pourraient être les alternatives. La première : une victoire électorale d’une grande coalition de gauche (type Front Large uruguayen). Probabilité égale à zéro car aucune force de gauche n’est arrivée au ballottage. Malheureusement, nous sommes dans un cas de figure où s’affrontent un « néolibéralisme dur » et un « kirchnérisme light ». Seconde alternative : une insurrection populaire réussie qui renverse le gouvernement de Madame Kirchner, détruit les appareils répressifs de l’Etat et met au pouvoir une coalition révolutionnaire et annonce comme première mesure l’annulation du second tour des élections du 22 novembre.

Probabilité également égale à zéro, impossible dans la conjoncture actuelle. Comme dirait Lénine, il n’y a ni condition objective ni subjective pour une insurrection. Ainsi, elle est écartée. Troisième alternative : coup d’État militaire nationaliste (type Pérou 1968) pour empêcher le triomphe de Macri mais il n’y a aucune possibilité qu’un tel événement advienne. Ce type de militaire n’existe pas en Argentine sauf marginalement et le système institutionnel et politique ne tolérerait pas son irruption. Quatrième alternative : l’anéantissement physique de certains candidats, lequel précipiterait une terrible crise politique et la suspension du deuxième tour. Heureusement, ceci ne risque pas d’arriver étant donné que ce serait moralement et politiquement inacceptable et que personne ne plaiderait pour une telle alternative.

Cinquième alternative : vaincre Macri avec le seul « instrument politique » disponible qui est aujourd’hui Daniel Scioli. Quand je dis « instrument politique », je me réfère précisément au caractère pleinement instrumental du vote pour le candidat du Front pour la Victoire (FPV). Ce n’est pas un chèque en blanc, ça ne signifie pas non plus croire que le gouverneur de la province de Buenos Aires se soit comme par magie transformé en Ernesto « Che » Guevara ; ce n’est pas non plus une promesse de soutien ou un engagement avec un projet encore plus éloigné de la gauche qu’avec le kirchnérisme mais qui en principe nous permettrait de nous libérer du plus grand mal.

C’est une option instrumentale imposée par les circonstances et par une corrélation de forces qui aujourd’hui, ne nous permet pas d’aller plus loin. Après cela, si nous parvenons à mettre fin au plan de maître de l’empire qui est de remplir l’Amérique Latine de leaders comme M.Macri ou de gens comme Alvaro Uribe (Colombie), Henrique Capriles et Leopoldo López (Venezuela), Aécio Neves (Brésil), Guillermo Lasso (Equateur), ou encore Samuel Doria Medina (Bolivie), nous nous occuperons de Scioli et de la direction que prendrait son éventuel gouvernement pour lequel il faudra réaliser un immense effort de mobilisation et d’organisation populaire, tâche dans laquelle le retard de l’Argentine est alarmant. Mais j’insiste, il faut tout d’abord stopper Macri.

Si quelqu’un possède une autre alternative concrète - non de vagues alternatives qui se désintéressent joyeusement des exigences de la conjoncture, des responsabilités de l’internationalisme socialiste, ou qui dénoncent, alors vive cette découverte ! Les limitations du « sciolisme », je remercierai qu’on me les fasse savoir car j’y souscrirai immédiatement. Mais, aujourd’hui, maintenant, voter blanc, c’est faciliter le projet de l’impérialisme pour toute l’Amérique Latine. C’est ce que veut Washington et l’alliance sociale qui soutient le « macrisme ».

Est-il si difficile de comprendre quelque chose de si simple ? Il ne suffit pas d’énumérer les soutiens de M. Macri à l’intérieur comme à l’extérieur de l’Argentine, pour conclure que notre mission doit être que celui-ci n’accède pas à la Casa Rosada ? Ce qui est en jeu est énorme, pour l’Argentine et pour toute la région. Si seulement nous avions pu avoir une meilleure alternative mais dans la conjoncture actuelle, il n’y en a pas. Une alternative qui n’a été construite ni par le kirchnérisme en douze ans ni par la gauche, peu importe ses variantes. Nous devons la construire, mais si Macri l’emporte dans les urnes, la tâche sera beaucoup plus difficile car l’environnement international se durcira significativement et les forces réactionnaire gagneront en confiance pour poursuivre leur croisade restauratrice.

Une alliance ouvertement conservatrice comme la coalition Cambiemos contrôlant le gouvernement national, la province et la ville de Buenos Aires (plus la Banque Nationale) et comptant avec l’appui des principales provinces du pays (Cordoba, Santa Fe et Mendoza) et la solidarité du capitalisme international est un pouvoir formidable que très peu de fois la droite a eu dans l’histoire de l’Argentine. Daniel Scioli, avec les contradictions que représente son hétérogène force sociale ouvre une petite fenêtre d’opportunité pour les actions de la gauche. Avec M. Macri, cette fenêtre sera hermétiquement fermée.

Source : Le Journal de Notre Amérique n°8


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Sam 21 Nov - 8:43

Amérique Latine : les ressources naturelles pillées au mépris des populations locales (ré)écouter cette émission disponible jusqu'au 22/07/2018

Citation :
Les riens,

Qui ne sont pas des êtres humains mais des ressources humaines.

Qui n’ont pas de visage mais des bras.

Qui n’ont pas de nom, mais un numéro.

Qui ne figurent pas dans l’histoire universelle mais dans la presse locale.

Qui ne valent pas la balle qui les tue.



Citation :
Nous sommes à Caracas, et vous venez d’entendre la fin d’un poème d’Eduardo Galeano, auteur de l’essai, Les Veines ouvertes de l’Amérique latine paru en 1971, qui raconte l'histoire du pillage des ressources naturelles du continent. Le poème a été lu lors d’une conférence organisée à l’Université bolivarienne du Vénézuela, pour commémorer le 12 octobre, qui s’appelle Jour de l’Hispanité en Espagne mais qui a été renommée Jour de la Résistance Indigène par Hugo Chavez en 2004.

Miguel Casimiro est un avocat Indien qui vient de la Tribu d’Atacama au nord de l’Argentine. Il est très critique des ONG qui disent défendre l’environnement, mais sont en fait financés par les plus gros pollueurs de la planète.

Si l’on regarde l’histoire de l’ONG d’origine suisse Avina, qui veut dire « Action pour la VIe et la NAture », on va voir que cette ONG est financée par le gouvernement du Canada, qui est l’un des principaux prêteurs des différentes entreprises minières dans le monde.

Pour les Indiens Kariña*, dont fait partie José Poyo, la lutte pour défendre leur territoire est très dure car ils vivent dans une région pétrolifère. Rappelons que presque toute l’économie du Vénézuela repose sur l’extraction du pétrole.


La déforestation en Amazonie brésilienne
© christian franz tragni (italian/Demotix/Demotix/Corbis - 2015


Citation :

« Ces 20 dernières années, l’activité dans le bassin pétrolier de l’Orénoque a été plus forte, où inévitablement les multinationales ont affecté notre environnement. Mais désormais c’est l’Etat lui-même qui est concerné, c’est à dire la compagnie pétrolière publique PDVSA. Nous croyons qu’à court terme le peuple kariña* demandera à notre gouvernement d’organiser des réunions pour initier une série de conversations à ce sujet. »


Selon Miguel Casimiro, les peuples originaires devraient toujours être consulté au préalable, si une entreprise souhaite extraire un minéral sur leur territoire.

La région d’Atacama possède 80 % des réserves mondiales de lithium. Le lithium c’est le minéral qui sert à fabriquer les batteries pour les téléphones portables. Quand les entreprises viennent sur notre territoire et nous disent : « hé, on veut extraire du lithium dans tel secteur du Salar d’Atacama ». Et bien, il faut qu’on nous demande l’autorisation d’abord, et qu’on nous donne une participation nécessaire, en échange de l’usage de nos ressources naturelles.

Malheureusement, en l’an 2000, l’IIRSA, l’Initiative pour l’Intégration de l’Infrastructure Régionale Sud-Américaine, a été présentée par la banque interaméricaine de développement et signé par les présidents du continent à Brasilia. Ces dizaines de routes terrestres et fluviales qui sont censé faciliter le transport des ressources naturelles, sont déjà surnommées par les écologistes, les veines rouvertes de l’Amérique latine.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Dim 22 Nov - 14:31


Le Journal de Notre Amérique n°8 Investig’Action 22 novembre 2015

Article en PDF

Citation :
Un mois avant les élections décisives à l'Assemblée Nationale du 6 décembre prochain John Kelly, général états-unien et chef du Commandement Sud des États-Unis, a dit qu'il « passe 40 secondes par jour à penser au Venezuela », qu'il « déplore l'inflation de son économie » et qu'il « prie pour son peuple, parce qu'il souffre terriblement » Le Président ouvrier Nicolas Maduro a alors adressé à Barack Obama, chef de l'armée des Etats-Unis, les questions suivantes : « Qui est le roi de la drogue, le promoteur de la culture de la drogue ? Où sont les centres financiers qui gèrent la drogue dans le monde ? » et « Qui est donc le plus grand raté au monde ? » Et il y a répondu. « Les Etats-Unis, la DEA, et vous, et le général Kelly, concrétisez le plus grand échec ». Comme l'a bien souligné Maduro, ces commentaires adressés aux médias n'ont pas été exprimées à la va vite mais constituent une preuve supplémentaire que l'ingérence des États-Unis est restée ininterrompue depuis l'arrivée à la présidence du « Libérateur » Hugo Chavez.

Ce fut d’abord l’ex Président espagnol Aznar, qui tenta de corrompre Chavez en lui disant qu’il ne devait pas s’occuper des pauvres de son pays, qu’il n’y avait « aucun espoir pour eux », parce qu’ils étaient déjà « foutus ». (C’est marrant, cela nous rappelle la rhétorique des politiques néolibérales du FMI, mises en place par Merkel et compagnie, qui font tellement souffrir les peuples européens dont le peuple grec.)

Ensuite, ils firent le maximum pour saboter la révolution bolivarienne, depuis l’arrêt de la production de pétrole jusqu’au coup d’Etat raté. Alors, quand Chavez nous quitta en 2013, ses ennemis se sont réjouis et ont proclamé que les jours de la révolution étaient comptés. Et en 2014 vint l’appel à la violence de la "Sortie" avec le phénomène de « guarimbas » et la propagande médiatique internationale qui amplifia l’image du chaos dans le monde entier. Mais cela n’a pas fonctionné non plus.

Cela n’a pas fonctionné non plus. Alors maintenant, ils tentent leur coup avec la guerre économique, magistralement analysée par Romain Migus dans ce numéro du Journal de Notre Amérique. Les défis pour consolider les réussites de la révolution bolivarienne et le changement de modèle vers le socialisme du XXIè siècle ne sont pas négligeables. Mais n’oubliez pas que Chavez « n’est pas mort, il s’est multiplié »




Sommaire
Citation :
L’Edito du Journal par Alex Anfruns & Michel Collon

Les Brèves de Notre Amérique

Elections au Venezuela : pourquoi le chavisme peut gagner par Romain Migus

Sur la guerre préventive USA-Venezuela par Mario Sanoja & Iraida Vargas

Manuel Valls joue au Zorro au Venezuela par Jean Araud

L’Argentine face à son destin par Atilio Boron

Mexique : à quand le changement par Magda Barba

La réforme de l’immigration d’Obama est de la pure hypocrisie interview d’Ilka Oliva par A Anfruns



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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Mar 1 Déc - 15:47



L'Amérique Latine va doubler sa flotte d'avions en 20 ans

Pour Boeing, l'avenir de l'aérien est radieux. Le constructeur américain avait revu à la hausse les besoins en nouveaux avions en juin dernier, et se montre extrêmement optimiste pour le marché d’Amérique Latine. Il estime que la flotte de nouveaux appareils de la région va plus que doubler au cours des 20 prochaines années


Citation :
Boeing estime que le secteur aérien aura besoin de 38.050 nouveaux avions entre 2015 et 2034 dont 6.330 en Chine. Pour sa part, l'Amérique Latine représentera tout de même, selon ses prévisions, 3.020 livraisons, soit une facture de 350 milliards de dollars. Ces achats feront plus que doubler la flotte commerciale d'ici 20 ans.

"Les économies de l’Amérique Latine et des Caraïbes progresseront plus vite que le reste du monde à long terme", explique Van Rex Gallard, vice president, Sales, Latin America, Africa and Caribbean chez Boeing.

"Cette croissance économique couplée avec la hausse des salaires et les nouveaux business models des compagnies aériennes donneront accès au voyage à plus de personnes. Ainsi, le trafic de la région augmentera de 6% par an, bien au dessus de la moyenne globale", ajoute-t-il.

Sur les 3.020 nouveaux appareils nécessaires, Boeing estime que 83% seront des monocouloirs, portés par la croissance du secteur domestique. La flotte de gros-porteurs absorbera 340 nouveaux avions.

Le constructeur précise que la moyenne d'âge de la flotte régionale est passée de 15 à 10 ans depuis 2005. L’Amérique Latine dispose ainsi d'une flotte plus jeune que le parc mondial. Il est vrai que les compagnies de la région ont entamé un cycle de remplacement de leurs avions depuis le milieu des années 2000. Et cette tendance se poursuit. Par conséquent, près de 60% de la flotte actuelle sera remplacée au cours des deux prochaines décennies. De quoi rassurer les voyageurs d'affaires sur la qualité des compagnies locales.




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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Sam 5 Déc - 12:14





Pour une histoire décoloniale de la liberté en Bolivie
, par Víctor Hugo Quintanilla Coro, culture quechua, nord de Potosí


Citation :
Avant l'invasion occidentale, les cultures indigènes originaires du Qullasuyu étaient régies par une conception communautaire de la liberté, dont le fondement était la vie. La conquête et la période coloniale s'efforcèrent de démanteler cette cosmovision, en lui opposant une rationalité qui ne voyait dans la vie qu'un simple moyen permettant d'atteindre d'autres finalités, telles que la liberté individuelle, placée au-dessus de la vie elle-même. Les guerres d'indépendance et l'émergence des États-nation monoculturels constituèrent la sanction politique de cette conception occidentale de la liberté qui est à l'origine du pillage, de la négation et de la discrimination des cultures indigènes par le libéralisme colonial des Métis et des Créoles. Néanmoins, en février 2009, la liberté libérale de l'État monoculturel fut soudainement mise à mal, cédant le pas à l'émergence d'un processus de reconstruction de la liberté communautaire – autre fondement des cultures originaires – qui doit désormais être considéré comme partie intégrante du projet de décolonisation de la société bolivienne.


1. Avant l'invasion du monde occidental-moderne, les cultures indigènes originaires du Qullasuyu, jouissaient d'une grande liberté. Certes, les problèmes n'étaient pas absents, mais les réussites non plus. Après tout, toute culture n'est-elle pas faite à la fois de réussites et d'erreurs ? Aucune culture n'est dépourvue de zones d'ombre. Toutefois, nous préférons sans le moindre doute assumer nos propres défauts que d'être obligés de porter le fardeau des irrationalités d'autres « civilisations », telle que la civilisation occidentale. Pourtant, la liberté de la culture espagnole nous a contraint, nous Quechuas et Aymaras, à l'exploitation, à la domination, au contrôle et au conditionnement. Quelle est donc cette liberté qui conduit à l'oppression de libertés autres ? Plus encore, que dire d'une liberté qui rend impossible l'avènement de conceptions différentes de la liberté ? Si une liberté est fondamentalement meilleure que d'autres, pourquoi ne cherche-t-on pas à en convaincre les autres par la voie éthique (le dialogue) plutôt qu'en usant de la violence, au travers de l'invasion, de l'esclavage ou du racisme ? Une liberté qui soumet et tend à détruire d'autres conceptions de la liberté ne saurait être authentique, et ne saurait dès lors porter le nom de liberté. Nous, Quechuas et Aymaras, étions libres, et le fondement communautaire de cette liberté nous offrait la certitude que nous étions également heureux du seul fait d'être en vie, et non parce que la vie serait un simple moyen destiné à atteindre des finalités tenues pour plus importantes que la vie elle-même. Dès lors, toute la modernité est irrationnelle car elle enseigne que certaines finalités peuvent revêtir plus d'importance que la vie, ainsi la liberté, entendue comme « mourir plutôt que vivre en esclaves ».

2. L'avènement violent de la rationalité des Espagnols entraîna le démantèlement de notre conception cosmologique de la liberté, conception suivant laquelle nous ne naissons pas uniquement pour être libres, mais pour Bien Vivre en communauté. Le Suma Qamaña et le Suma Kawsay pré-existent à toute liberté, individuelle et même communautaire, car la vie était et reste plus importante que tout autre finalité ou projet. Il ne s'agit pas là de mettre sur le même plan la liberté communautaire et la liberté individualiste, loin de là ! Car la liberté communautaire du « nous » est le fondement de toute liberté individuelle. Les Espagnols du 16e siècle furent incapables de comprendre cela, et malgré les avancées de la philosophie occidentale, aujourd'hui encore, six siècles plus tard, on reste toujours persuadé que la seule liberté qui existe est sa déclinaison libérale octroyée par la raison : la liberté individuelle, produit dérivé de l'éthique occidentale ; celle-ci n'en est pas la « mère » mais doit néanmoins tenir sous contrôle cette « fille » qu'elle n'a pas conçu : une liberté animée d'une pulsion qui l'incline à se libérer de tout, y compris de ses autres « mères » apocryphes : la politique libérale, le droit positif et la religion judéo-chrétienne-catholique-apostolique et romaine.

3. Avec la conquête et la colonisation, notre Munay-Ajayu (spiritualité), nos Yachay-Yatiña (savoirs), notre Ruway-Luraña (éthique), et notre Atiy-Qamasa (politique) commencent à être déconstruits, interdits et diabolisés. La liberté de la rationalité de nos cultures est alors opprimée et mise en esclavage par la liberté d'un christianisme impénitent, par l'éducation des Lumières européennes, par l'économie du mercantilisme européen et par une politique qui, en fétichisant le pouvoir, affirme qu'il s'agit avant tout de se servir soi-même avant de servir les autres. C'est ainsi que la liberté occidentale s'impose pour donner naissance à des sociétés composées d'individualités, fondées sur le refus d'un projet culturel communautaire. La liberté occidentale en vient par ailleurs à constituer le socle d'une conception de la politique limitée à l'exercice du pouvoir, et non pas vouée à la promotion et à la reproduction de la vie de tous, et non de la seule vie de ceux qui s'investissent du pouvoir de contrôler et de diriger les Indigènes. L'une des conséquences les plus néfastes de la colonisation de notre imaginaire, de la substitution progressive de notre rationalité, est le coup d'arrêt mis à nos savoirs et nos pratiques éducatives, afin d'entraver la reproduction de notre identité. Nous devions rester dans le passé et commencer à envisager un futur morbide, à songer au développement suivant l'éthique occidentale du « sauve qui peut et qui veut ».

4. Au 19e siècle, les Métis et les Créoles, et eux seuls, décident de s'émanciper de la domination européenne. À cette fin cependant, ils vont verser le sang des Indigènes. Ils projettent l'émergence d'États-nation dans lesquels ils, et personne d'autre, pourront être libres, c'est-à-dire où ils pourront agir à leur guise, par exemple en exploitant et en faisant commerce de la nature, au mépris de la spiritualité fondée sur le caractère sacré de la Pachamama. De là qu'après les cris, les batailles et les proclamations de liberté, la liberté que conquirent les Métis et les Créoles ne signifia aucunement la liberté pour nos cultures. Nous savons tous cela, et en particulier les historiens qui font le récit glorieux de l'œuvre de civilisation accomplie par la modernité à l'endroit des « sauvages » du Tawaintisuyo. La conception libérale de la liberté continuait, avec toujours plus d'intensité, de nier, d'ignorer et d'opprimer notre conception communautaire de la liberté, celle des cultures andines. Pour les Créoles et les seigneurs féodaux, il s'agissait encore d'une époque où l'on pouvait tuer des Indigènes afin d'être en paix avec soi-même. Il fallait être conséquent avec la représentation de l'Indien comme une entrave à la modernité et au bonheur « q'ara » : vénérer dieu en public et à genoux, tout en se tenant droit pour abuser des Quechuas et des Aymaras, en cachette et parfois en public.

5. Parallèlement à l'agitation des Métis et des Créoles, on trouve les luttes de nos propres héros pour le rétablissement de notre liberté, de nos Munay et Ajayu quotidiens. Ces luttes menées au nom de deux conceptions de la liberté auraient du l'être sans problème majeur n'était l'attitude des premiers qui, à l'instar de Pedro Domingo Murillo et de nombreux autres Métis et Créoles, contribuèrent à l'échec de la lutte pour la reconstruction de la liberté du Qullasuyu. Voilà pourquoi il nous paraît étrange que certaines célébrations entendent faire accroire que les Métis et les Créoles du 19e siècle luttèrent aussi pour la liberté des Indigènes. Il est bien plus étrange encore que – en dépit de la violence exercée contre nos frères indigènes à Sucre, le 24 mai 2008 – les institutions et certaines autorités entendent que nous célébrions tous le premier cri « de liberté » de ces mêmes Métis et Créoles qui contribuèrent à l'oppression de nos cultures andines, et qui, aujourd'hui encore, discriminent nos savoirs et nos pratiques, persuadés qu'ils sont que notre rationalité n'est par porteuse d'un horizon de bon gouvernement pour ce pays d'aveugles modernes, dans lequel les borgnes, que sont les intellectuels occidentalisés, ne sont que de simples spectateurs.

6. Les États-nation finirent par s'instaurer. Les Métis et les Créoles conquirent leur liberté républicaine, mais tout le monde sait, jusqu'aux hommes politiques de droite, que les Indigènes continuèrent d'être niés. Jamais la liberté individualiste des Métis ne termina là où commençait la liberté communautaire des cultures indigènes. Plus, elle s'aventurait toujours au-delà de ses propres frontières éthiques. Ce fut ainsi que, en particulier après la « révolution » de 1952, les Quechuas et les Aymaras furent contraints d'être libres dans les termes de la rationalité occidentale-moderne. Cette liberté se cristallisa dans la figure du citoyen muni de papiers qui, d'une part, accréditaient l'idée que le porteur existait, et qui, d'autre part, l'assignaient à faire partie de la société même si cette dernière lui interdisait de se promener sur ses places. De notre point de vue, le chantage est clair : liberté communautaire ou citoyenneté individuelle avec ses droits et ses devoirs. La liberté avait soudain cessé de faire partie des attributs naturels de l'être humain, pour devenir une obligation à laquelle devaient veiller les institutions et leurs forces armées préparées à éviter la mort et à tuer au nom de cette étrange liberté libérale qui ne pouvait être parfois atteinte qu'en abandonnant le résultat de plusieurs siècles de développement culturel. Si tel n'est pas le cas, que celui qui décida un jour d'être libre et commença alors de l'être jette la première pierre. La myopie des intellectuels aliénés à ce sujet est significative : ils ignorent qu'ils sont dans l'obligation d'être libres.

7. La liberté libérale est devenue l'une des stratégies de l'économie de marché que le capitalisme s'efforce d'étendre à la planète toute entière, en ayant recours une autre stratégie, « culturelle », qu'est la mondialisation. Il est indispensable d'être libre afin de pouvoir tout acheter et tout vendre, y compris la dignité, la nudité de la femme ou la vérité, toutes choses qui, avant la modernité, ne pouvaient être vendues sur le marché à un certain prix, avec tant de naturel et avec une apparence de « justice ». Ceci permet de comprendre pourquoi le monde moderne et les entrepreneurs occidentaux – ces justes qui vivent toujours mieux en ne payant que ce qui est juste à leurs employés, jamais plus – maugréent contre les cultures, car pour elles, tout ne saurait être acheté ou vendu, et ce qui est juste, pour elles, est que tous aient droit à la la même chose, en quantités égales. Étrange liberté que celle qui cherche en permanence à être préservée et promue essentiellement en vue de sentir, de penser, de faire et de dire uniquement ce que le système permet, et strictement cela, c'est-à-dire uniquement ce qu'une culture permet à tous de sentir, de penser, de faire, de dire. Ce qui se situe au-delà est considéré comme une menace pour la liberté du capitalisme, que tous doivent respecter sous peine d'aller en enfer ou d'être condamnés à l'honnêteté, c'est-à-dire à la pauvreté ; et ceci pour qu'ensuite l'Église et les institutions étrangères – produits de la modernité qui a produit cette pauvreté – viennent et jouent le rôle du Bon aux dépens d'une misère générée et reproduite par le mode de production de leur culture. Le Bon Samaritain a engagé des hommes de main afin qu'ils frappent un innocent qu'il viendra ensuite secourir, à la seule condition que la victime croie dans son dieu, travaille gratuitement, vote pour lui lors des élections ou se persuade qu'il est ignorant pour ensuite accepter le type d'éducation – fondée sur l'amour de la misère, du savoir, du pauvre d'esprit, de l'ignorance de l'autre – que le Samaritain a préparé avec délectation.

8. Voilà la situation de la liberté au 20e siècle en Bolivie : on défend et on glorifie un type de liberté légitimé par une religion qui ne permet pas au paradis d'être atteint par tous, de façon communautaire. Il y a des élus, il doit y en avoir. La politique et le droit positif occidentaux ne sont pas en reste, sanctionnant comme ils le font la liberté éminemment individualiste et sa structure constitutionnelle et juridique, qui tend à réprimer celui ou celles qui mettent à mal la liberté conquise par les héros des Métis ; cette même liberté qui est au fondement d'un État-nation monoculturel colonial qui permit que l'on se servît des indigènes et des pauvres afin d'obtenir et de préserver le bonheur terrestre des riches en même temps que le salut des pauvres, dans un au-delà qui n'est ni interculturel ni plurilingue, s'agissant de « cieux » qui prennent bien garde d'éviter le « défaut » d'intégrer d'autres conceptions culturelles du paradis. Mais nous savons également que le ciel peut lui aussi être acheté, au moyen d'impôts versés dans les églises, de coups que l'on s'assène en guise de marques de contrition, en marchant la tête baissée lors de processions ou en s'agenouillant durant les messes après avoir commis un péché contre dieu ou contre les hommes (pour les modernes, les crimes commis contre la nature ne sont pas considérés comme des péchés et ne nécessitent donc pas de repentir). Le pardon viendra un jour ou l'autre, surtout si on peut l'acheter. Si la liberté libérale de tout acheter et vendre n'existait pas, tous ne pourraient pas parvenir au pardon et au paradis par des voies communautaires. Il faut cesser d'être libre pour être véritablement innocent. L'inverse consiste à cesser d'être innocent pour être toujours libre.

9. En février 2009, la liberté néolibérale de l'Etat-nation monoculturel colonial est soudainement mise à mal par la reconstruction de la liberté communautaire, au travers d'un État plurinational de nature décoloniale. Alors, les protestations et la mobilisation des Métis colonisés, des classes coloniales et des intellectuels bourgeois ou aliénés ne se font pas attendre. Soudain, ils commencent à ressentir probablement la même chose que nous, lorsque les Européens nous soumirent et nous éduquèrent par la force. En définitive, il est peut être vrai que les derniers seront les premiers. Eux, les occidentalisés, ont découvert que leur conception de la liberté est en danger. Voilà pourquoi l'oligarchie est prête à sacrifier des vies pour cette liberté qui leur a coûté tant de corruption, de subornation, de honte et de chantages. Nos ancêtres, Tupak Katari, Bartolina Sisa et tant d'autres, se montrèrent infiniment plus honorables : ils ne sacrifièrent pas la vie des autres, mais la leur afin de rétablir une liberté toute vouée à la préservation du Suma kawsay et du Suma Qamaña. Pourquoi les oligarques et les hommes politiques de droite ne font-ils de même pour « leur » liberté ? Pourquoi au lieu de tendre la joue de quelqu'un d'autre ne présentent-ils pas la leur ? Pour quelle raison sont-ils incapables de verser un peu de leur sang pour une liberté qui leur coûte tant de mensonges médiatiques et de journalisme pervers ? Leur lâcheté montre que leur conception de la liberté n'est peut-être pas si valable qu'ils le croient.

10. Nous, Quechuas et Aymaras, croyons qu'a débuté l'époque de la conquête et de la colonisation de la liberté néolibérale par la liberté communautaire des peuples indigènes. Il s'agit maintenant de savoir si nous devons agir « oeil pour oeil, dent pour dent », suivant le précepte de l'Ancien Testament des catholiques, ou si le temps est venu pour les Métis colonisés, la classe moyenne et l'oligarchie d'apprendre aussi de nous, n'ayant pas pour leur part de culture historique propre à transmettre. Cette seconde solution est plus saine et n'exigera pas le cynisme, l'hypocrisie et la fausseté à l'oeuvre dans la liberté coloniale du monde occidental, telle qu'elle sévit dans l'ex-République de Bolivie. Lutter pour cette liberté, celle qui n'est destinée qu'à la glorification du « moi », ne saurait conduire qu'à la mort, car l'un des impératifs de sa réalisation est la suspension politique de l'éthique (communautaire), en d'autres termes l'exclusion et/ou l'élimination d'autres « moi », menée parfois par des voies honorables. Au contraire, être disposé à s'ouvrir à la conception communautaire de la liberté, conduit au Suma kawsay, au Suma Qamaña ou Bien Vivre en communauté ou en société, pour tous.

11. Le temps de la grande générosité des Métis et des Oligarques envers nous, Quechuas et Aymaras, doit prendre fin. La vie d'un héros métis ou créole ne vaut pas plus que la mort d'un Indigène. Reste qu'à nos yeux, plusieurs siècles de lutte pour la liberté communautaire sont plus importants qu'un jour de célébration civique de l'histoire des Métis, de la classe moyenne et de l'oligarchie de l'ex-État colonial et néolibéral des 19e et 20e siècles.

Traduit de l'espagnol par Emmanuel Delgado Hoch pour le GDT.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Sam 5 Déc - 12:25



inutile de faire un dessin, un tournant de droite est engagé en Amérique latine, qui n'est pas surprenant dans la crise qui frappe les "émergents" et plus encore les immergés en marge de l'économie mondiale. Quant à savoir comment cela s'inscrit dans les tensions vers une secousse de la crise plus forte qu'en 2008, ou une guerre mondiale comme solution pour le capital, je ne saurais trop m'avancer : qui survivra verra...

La gauche est en difficulté en Amérique latine 19/11/15

Le maire conservateur de Buenos Aires Mauricio Macri est favori du second tour de l’élection présidentielle, dimanche 22 novembre en Argentine


La présidente argentine Cristina Kirchner (de dos) et son homologue brésilienne Dilma Rousseff
au sommet de Mercosur, à Brasilia le 17 juillet 2015. Joedson Alves/AP

Après plus de douze années de pouvoir péroniste, marquées par une politique économique peu orthodoxe, l’Argentine semble sur le point de tourner la page. À en croire les sondages, c’est à un virage à droite que se prépare le pays à la pointe sud du continent américain : l’homme d’affaires Mauricio Macri, maire de Buenos Aires, part favori du second tour de l’élection présidentielle qui se tient dimanche


Citation :
Bien qu’accusé sans relâche par son adversaire Daniel Scioli, d’être l’homme des marchés et du Fonds monétaire international, Mauricio Macri semble en mesure de mettre fin à une gestion de gauche populiste incarnée par Nestor Kirchner, au pouvoir de 2002 à 2007, puis par sa femme, Cristina Kirchner.

À quelques jours du scrutin, les dernières enquêtes d’opinion lui accordent une nette avance sur Daniel Scioli, candidat du Front pour la victoire soutenu par la présidente sortante, à qui la constitution argentine interdit de briguer un troisième mandat.

Usure du pouvoir

Lors du débat télévisé organisé dimanche dernier, Mauricio Macri, qui a pris entre les deux tours la tête d’une vaste coalition de mécontents, allant du centre-gauche à la droite, s’est surtout attaché à apparaître comme l’homme du renouveau. « Tu as choisi la continuité, a-t-il lâché à son adversaire, nous sommes le changement que désirent les Argentins ».

Mais cette aspiration se limite-t-elle aux seuls Argentins ? Après une quinzaine d’années de quasi-hégémonie électorale, la gauche est désormais en difficulté en Amérique latine. Le reflux pourrait s’amorcer dimanche à Buenos Aires et se prolonger deux semaines plus tard au Venezuela, où les élections législatives s’annoncent comme très périlleuses pour le régime chaviste.

Sans oublier le marasme dans lequel se débat, au Brésil, Dilma Rousseff, prise en étau entre une crise économique profonde et un scandale de corruption de grande ampleur. Même si elle n’est pas directement impliquée, pour l’heure, elle ne bénéficie plus que de moins de 10 % d’opinion favorable dans les sondages, un an à peine après sa réélection.

Une croissance en berne pour la région

Derrière cette situation se cache un phénomène classique – l’usure du pouvoir : douze ans sans interruption pour les Kirchner en Argentine, même chose pour le parti des travailleurs (PT) au Brésil, quinze pour le chavisme au Venezuela…

Une usure d’autant plus forte que la croissance des années 2000, sur fond d’envol des cours des matières premières, a alimenté la corruption, problème endémique dans la région, donnant lieu à de nombreux scandales.

Mais ce n’est pas tout. Car la chute rapide des cours des matières premières met aujourd’hui en lumière les limites des politiques économiques mises en œuvre ces dernières années.

« C’est l’histoire de la cigale et de la fourmi, explique Jean-Jacques Kourliandsky, chercheur à l’Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS). Ces pays n’ont pas utilisé la manne de la dernière décennie pour toucher aux fondamentaux de leurs économies et développer, par exemple, des secteurs à plus forte valeur ajoutée.  

Les Chinois achetaient en grande quantité, et au prix fort, le cuivre aux Chiliens, le soja et la viande aux Uruguayens et aux Argentins, le pétrole aux Vénézuéliens. Les plus pauvres en ont bénéficié, en Argentine avec l’allocation universelle aux familles, au Venezuela avec les « missions » santé et éducation… Mais aujourd’hui, alors que les prix chutent et que la demande chinoise dégringole, la situation devient compliquée pour les cigales ».

« L’argent n’est plus dans les caisses »

Croissance en berne, tours de vis budgétaires, contrôle des changes… Les conséquences sont lourdes pour les populations, qui ne se privent pas d’exprimer leur mécontentement. Mais cette frustration traduit également les difficultés des formations de gauche à renouveler leurs propositions pour s’adresser aux nouvelles classes moyennes. Celles-ci ont émergé sous leurs présidences, grâce à la croissance et aux programmes sociaux mis en place en faveur des plus pauvres.

La victoire étriquée de Dilma Rousseff l’an passé, avec 51,6 % des voix, avait déjà démontré les grandes difficultés du PT à proposer des réponses à ces nouvelles aspirations, formulées en particulier lors du mouvement social de 2013. Les manifestants réclamaient des investissements dans les écoles, dans la santé, dans les transports publics, alors que le PT, par tradition et par culture, s’adresse d’abord aux plus démunis et à leurs besoins immédiats.

Quant à ceux qui ont reçu le message, ils n’ont plus aujourd’hui les moyens financiers d’y répondre. « Si, au Chili, Michelle Bachelet est en difficulté aujourd’hui, c’est parce qu’elle avait promis pendant sa campagne fin 2013 d’utiliser l’argent du cuivre pour rendre les universités gratuites, explique Jean-Jacques Kourliandsky. Or cet argent n’est plus dans les caisses ».

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LES PROCHAINES ÉLECTIONS

22 novembre : second tour de l’élection présidentielle en Argentine. Le conservateur Mauricio Macri, issu d’une des grandes familles industrielles du pays, est favori.

6 décembre : élections législatives au Venezuela. Pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en 1999, l’opposition semble en mesure de l’emporter.

10 avril 2016 : élection présidentielle au Pérou. La mieux placée pour succéder au nationaliste Ollanta Humala, proche d’Hugo Chavez, est Keiko Fujimori, fille du président conservateur Alberto Fujimori.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Sam 5 Déc - 12:55



Capital-investissement : les dangers (bien) cachés des pays émergents Maria Knapp / Director, Compliance, Forensics and Intelligence 04/12 à 14:41

Les investisseurs en private equity savent traiter rationnellement toutes les données financières de leurs entreprises cibles et les risques attachés. Pourtant, c’est dans la nature humaine, par essence imprévisible, que se cachent les tous premiers facteurs de risques, à savoir la fraude et la corruption. Ces deux sujets sont à considérer attentivement notamment dans les pays émergents


Citation :
Le capital-investissement a le vent en poupe dans les pays émergents, parce que les sociétés familiales et les PME en croissance y sont légion et qu’ils sont dépourvus de marchés de capitaux ou obligataires structurés. Mais les chausse-trappes y sont aussi bien nombreuses que dans les pays développés. Ainsi au Brésil, les accusations de corruption chez Petrobras ont bouleversé le secteur pétrolier, clé dans ce pays, et provoqué une réaction en chaîne dans les secteurs d’activité dépendants du pétrole comme le BTP ou la logistique. Le déficit de financement qui s’en est suivi a ouvert la porte aux sociétés de capital-investissement. Mais les pratiques frauduleuses courantes qui caractérisent ce marché n’ont sûrement pas disparues du jour au lendemain. Toute "due diligence" dans ce contexte doit donc être fondée sur une connaissance approfondie de l’environnement commercial et des risques spécifiques liés aux pratiques dudit marché.

Les gestionnaires de fonds sont souvent confrontés au manque de transparence des entreprises opérant dans les marchés émergents. Cet obstacle est d’autant plus important pour les sociétés de taille moyenne, cibles de choix du private equity en Afrique, mais aussi lorsqu’on s’intéresse à des groupes familiaux en forte croissance en Asie, Amérique latine, Inde et au Moyen-Orient.

Etre attentif à la gouvernance

Il faut être lucide : les opportunités très lucratives sont à examiner de près, d’autant plus si la société cible ne joue pas le jeu de la transparence, les chances de réussite seront alors extrêmement minces.

Le concept de la convergence des intérêts assurant la création de valeur n’est pas nouveau dans le secteur du capital-investissement : il faut notamment s’assurer que les sociétés cibles ont une bonne gestion des règles de gouvernance et une convergence des valeurs, notamment une culture de l’éthique partagée par tous ses employés.

Si la transparence laisse décidemment à désirer, que faire ? Un renouvellement complet de l’équipe dirigeante de la société peut se révéler la méthode la plus efficace pour garantir que la gouvernance est transparente et l’éthique aussi. Par exemple, lorsque Standard Bank a acquis une participation dans une des plus grandes banques nigériane, en difficulté suite à la crise bancaire du pays, elle n’a pas hésité à refondre le management et réorganiser les équipes afin d’insuffler une dynamique nouvelle. Une stratégie drastique.

Les investisseurs en capital dans les marchés émergents sont particulièrement exposés aux risques liés à l’application extraterritoriale du Foreign Corrupt Practices Act américain. Afin de s’en prémunir, il est impératif d’effectuer une due diligence rigoureuse de la société, le plus en amont possible. Un investisseur averti saura que l’information acquise durant la phase due diligence est extrêmement précieuse. Elle l’aidera notamment à affiner sa stratégie d’investissement et la structure de son portefeuille.

L’appétit pour le capital-investissement dans les marchés à risque n’a pas de limite : l’Afrique et l’Amérique latine ont encore attiré des niveaux record d’investissements en 2014. Et pour cause, les multiples d’entrée sont souvent bas et les taux de croissance élevés. La concurrence est donc féroce entre les gestionnaires de fonds pour identifier les futures pépites. Mais gare : les très bons deals sont rares et les gestionnaires de fonds ne sont pas toujours en mesure d’effectuer un changement complet du management en place. Cette réunion de facteurs est de plus un terreau fertile pour les intermédiaires et la corruption. Nous l’avons ainsi récemment observé en Inde, pays où des gérants de fonds d’investissement renommés ont été accusés d’accepter des pots de vin de la part de sociétés locales pour les inciter à entrer dans leur capital ou à accepter une valorisation inférieure dans une opération.

Maria Knapp (Control Risks)


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Sam 5 Déc - 13:02



Espagne: les difficultés d'Abengoa, nuages noirs pour l'emploi et les banques AFP 04/12/2015


Une centrale solaire de l'Espagnol Abengoa à Sanlucar La Mayor,
en Andalousie, le 27 novembre 2015 afp.com/CRISTINA QUICLER

Madrid - De l'Espagne au Brésil, l'hypothèse d'une faillite du fleuron espagnol des énergies renouvelables Abengoa inquiète: elle menace des milliers d'emplois et des dizaines de projets dans le monde et pourrait porter un coup aux banques du pays

Citation :
"Ils se sont beaucoup endettés (...) le montant total du passif pourrait dépasser les 25 milliards", a souligné, vendredi, le ministre espagnol de l'Industrie, Jose Manuel Soria.  

Critiquant la gestion "malheureuse" du groupe, il a aussitôt ajouté: "Nous n'en sommes plus à l'époque où, quand une entreprise était en difficulté, le gouvernement accourait. Personne n'envisage que le gouvernement injecte des liquidités supplémentaires".


Groupe familial fondé il y a 70 ans en Andalousie (sud), Abengoa était devenu un fleuron de l'industrie espagnole

La multinationale en pointe dans les secteurs de l'énergie solaire, éolienne, dans les biocombustibles, le traitement et la déssalement de l'eau, emploie 28.700 personnes dont près de 7.000 dans le pays.

Et les craintes à son sujet sont malvenues pour le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy, à moins de trois semaines des législatives.

Le groupe s'est déclaré le 25 novembre en défaut de paiement. Depuis créanciers, syndicats et gouvernement tentent d'y voir plus clair.

Le cabinet de conseil et d'audit KPMG a été mandaté par sept banques -les espagnoles Banco Santander, Bankia, Banco Popular, CaixaBank et Banco Sabadell, la britannique HSBC et la française Crédit Agricole- pour vérifier les comptes d'Abengoa et de ses centaines de filiales, selon Bloomberg.

"La situation d'Abengoa suscite beaucoup d'inquiétude et de nervosité et chacun souhaite que l'impact soit le plus faible possible", juge à Madrid un analyste de la société de gestion d'actifs Renta 4, Ivan San Felix. "Mais cela dépendra du niveau d'exigence du comité des créanciers dirigé par la banque Santander. Dans ce type de situation, habituellement, une partie de la dette ne se paie pas mais est compensée en capital, par des actions".

En situation de "pré-dépôt de bilan", Abengoa dispose de quatre mois pour parvenir à un accord avec ses créanciers. "Ce sera un processus très complexe et très long", avertit José Carlos Diez, chef économiste du cabinet de conseil Intermoney.

- Le secteur bancaire exposé -

Abengoa fait état d'une dette brute qui s'élevait à fin septembre à près de 9 milliards d'euros. Mais Antoine Bourgault, analyste du cabinet de conseil ISM Capital, à Londres, rappelle que "les investisseurs ont été échaudés par d'autres faillites en Espagne où on a trouvé de la dette dans les placards".  

Le dépôt de bilan du géant du poisson surgelé Pescanova en 2013, après avoir maquillé ses comptes pour réduire sa dette, avait ainsi beaucoup marqué les esprits, rappelle-t-il.

Le secteur bancaire espagnol, qui reprend peu à peu des couleurs après être sorti début 2014 d'une plan de sauvetage européen de 41,3 milliards d'euros, devrait aussi être touché, avertit l'agence de notation Standard & Poor's. Les banques espagnoles détiennent environ 40% de la dette bancaire d'Abengoa et "elles commenceront à passer des provisions" en 2015, mais aussi en 2016 pour couvrir d'éventuelles pertes, ce qui pèsera sur leurs résultats.

Les syndicats sont aussi dans l'expectative, faute d'avoir pu rencontrer la direction. "Nous attendons le rapport" de KPMG, a indiqué Francisco Carbonero, secrétaire général du syndicat de gauche CCOO en Andalousie, région regroupant environ 4.000 salariés sans compter les sous-traitants.

L'onde de choc d'une faillite dépasserait largement les frontières de l'Espagne

Le groupe emploie plus de 20.000 personnes à l'étranger où il réalise près de 87% de son chiffre d'affaires. Il compte actuellement plus de 70 projets dans une vingtaine de pays et son premier marché sont les Etats-Unis, devant le Brésil et le reste de l'Amérique latine.

Au Brésil déjà, ses difficultés sont tangibles, selon le Syndicat Sintepav qui regroupe les employés du secteur de la construction. Le syndicat prévoit 5.000 licenciements au total et 1.500 personnes ont déjà perdu leur emploi.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Sam 5 Déc - 13:07



La Jamaïque choisit SOGET pour mettre en œuvre le plus grand Guichet Unique Portuaire du continent américain 1 décembre 2015


SOGET, leader mondial du Guichet Unique Portuaire (GUP) est heureux d'annoncer la signature d’un contrat avec Port Authority of Jamaica (PAJ)[1] pour la mise en œuvre du Guichet Unique Portuaire S)ONE, en consortium avec Bureau Veritas BIVAC. Le projet représente le plus vaste Guichet Unique Portuaire du continent américain et couvrira huit ports et aéroports, renforçant ainsi le statut de la Jamaïque comme hub le plus important des Caraïbes. La Jamaïque devient par la même occasion le 8ème pays à opter pour le savoir-faire de SOGET en termes de Guichet Unique Portuaire

Citation :
Située à la croisée des plus importantes routes maritimes mondiales, la Jamaïque est l'un des leaders du transbordement dans les Caraïbes. Le port de Kingston se classe en effet 7ème au classement des ports d'Amérique latine et des Caraïbes[2] avec 1,63 Millions d'EVP traités en 2014. L'élargissement du Canal de Panama en avril 2016 représente par ailleurs une excellente opportunité pour le hub logistique jamaïcain et ses opérateurs qui se préparent actuellement à un véritable changement de paradigme du commerce international.

Suite à un appel d'offres international lancé par PAJ, SOGET a été sélectionnée pour la qualité de son expérience et de ses résultats, sa méthodologie de mise en œuvre éprouvée ainsi que sa solution de Guichet Unique Portuaire de nouvelle génération S)ONE. Dans un contexte de concurrence portuaire et maritime exacerbée, Kingston rejoindra la ligue des ports de classe mondiale en optant pour S)ONE.

La Jamaïque bénéficiera des technologies de pointe du Guichet Unique Portuaire développé par SOGET. S)ONE répond aux besoins des opérateurs mondiaux et est en conformité avec les nouvelles règlementations et standards internationaux. Il facilitera au niveau national la collaboration, l'optimisation et l'automatisation des processus logistiques du commerce international et ce, via un point d'entrée unique pour les données. Le Guichet Unique Portuaire S)ONE est une plateforme collaborative électronique neutre et ouverte qui permet l'échange intelligent et sécurisé des données entre les acteurs publics et privés afin d'améliorer la compétitivité des communautés portuaires et aéroportuaires.

Pour Gordon Shirley, Président Directeur Général de PAJ : « La mise en œuvre du Guichet Unique Portuaire S)ONE de SOGET apportera à la Jamaïque de la transparence et de la fluidité au sein de sa chaine logistique. Notre pays pourra ainsi accroitre ses performances logistiques mais aussi améliorer sa position dans le LPI (Logistics Performance Index) et au classement Doing Business du commerce transfrontalier réalisés par la Banque mondiale, tout en avançant de forts arguments concurrentiels pour attirer les opérateurs internationaux. S)ONE sera également l'un des piliers de la mise en œuvre de l'Accord de Facilitation du commerce de l'OMC en Jamaïque. »

« Le contrat avec PAJ est une avancée majeure pour SOGET qui renforce notre positionnement en Amérique Latine et aux Caraïbes. C'est un honneur pour nous d'avoir été sélectionnés par PAJ. Le port de Kingston est le 3ème plus grand port à conteneurs des Caraïbes. Nous sommes accompagnés pour la mise en œuvre de nos partenaires : CEI.BA Guadeloupe, Microsoft, le Caribbean Maritime Institute et ABSL. Le projet est aussi particulièrement innovant puisque S)ONE sera hébergé sur le Cloud Microsoft Azure qui apporte un environnement de pointe sécurisé », déclare Pascal Ollivier, Directeur du Développement de SOGET.


• [1] L’autorité portuaire de la Jamaïque

• [2] Source : CEPAL (Comisión Económica para América Latina y el Caribe, Nations Unies)


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Sam 5 Déc - 13:13



L’Amérique du Sud sera en récession en 2015, le Venezuela tout proche de la faillite 25/11/15


Responsable du risque pays à la Coface (Compagnie française d’assurance pour le commerce extérieur), Marie Albert revient sur l’état très dégradé de l’économie sud-américaine, de nombreux pays devant composer avec une forte inflation et une croissance en berne. Elle juge le cas du Venezuela, plombé par l’effondrement des prix du pétrole, particulièrement inquiétant

Citation :
Capital.fr : En récession, le Brésil devrait signer une mauvaise année

Marie Albert : Le pays est affecté par la déprime de la Chine, son principal client, ainsi que par celle des prix des matières premières, dont il est un exportateur majeur. La consommation des ménages est affectée par la cherté du crédit et la perte de pouvoir d’achat liée à une inflation galopante, favorisée par la forte dépréciation du real, qui renchérit les biens importés. Le gouvernement a été affaibli par le scandale de l’affaire Petrobras, le « Total brésilien », et de nombreuses manifestations réclament le départ de la présidente Dilma Rousseff.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Sam 5 Déc - 13:24



Petrobras : arrestation du PDG de la plus grande banque d'investissement d'Amérique latine latribune.fr 26/11/2015


André Esteves (ci-dessus) est soupçonné de financer l'accord dans lequel le sénateur Amaral tente d'empêcher Nestor Cervero (ancien directeur international de Petrobras) de collaborer avec la justice (pour réduire sa peine), en lui promettant de verser à sa famille une rente mensuelle de 13.500 dollars. (Crédits : Reuters)

Citation :
Après le chef du groupe sénatorial du Parti des travailleurs, le parquet a fait arrêter, ce mercredi, André Esteves, patron de la banque BTG Pactual. Il est suspecté d'entrave à l'enquête sur le scandale de la compagnie pétrolière Petrobras (on parle de 11 milliards de dollars détournés).

Nouveau coup de filet dans l'affaire Petrobras. Le banquier brésilien André Esteves, président directeur général de BTG Pactual, la plus grande banque d'investissement d'Amérique latine, a été interpellé mercredi 25 novembre à Rio à la demande du parquet: il est soupçonné de vouloir faire entrave à l'enquête sur le scandale de corruption Petrobras.

L'arrestation d'Esteves qui, selon la presse, fut à une époque la treizième personne la plus riche du Brésil, s'ajoute à celle du chef du groupe sénatorial du Parti des travailleurs (PT, gauche, formation de la présidente Dilma Rousseff) au pouvoir, Delcidio Amaral, et de son chef de cabinet, Diogo Ferreira, survenue le même jour.


Une rente pour mettre fin à une collaboration avec la justice

Selon le parquet, le sénateur Amaral a promis une rente mensuelle de 13.500 dollars à la famille de Nestor Cervero, l'ancien directeur international de Petrobras, Nestor Cervero, actuellement en prison, pour qu'il renonce à collaborer avec la justice pour réduire sa peine. André Esteves est soupçonné d'avoir promis de financer l'accord.

Les 13.500 dollars mensuels, selon le parquet, devaient été transmis à la famille de Cervero par le biais d'un "accord dissimulé" entre le banquier et l'avocat Edson Ribeiro, qui défend l'ex-directeur de Petrobras.

La banque BTG Pactual a déclaré dans un communiqué être à la disposition des autorités pour collaborer à l'enquête.


11 milliards de dollars auraient été détournés

Pour rappel, le scandale Petrobras a éclaté début 2014 et a mené en prison plusieurs dirigeants du PT ainsi que les dirigeants de certaines de plus grosses entreprises de travaux publics du Brésil, sous-traitantes de Petrobras. Il a occasionné à la compagnie des pertes de quelque deux milliards de dollars, avait indiqué Petrobras au début de l'année.

Mais la police fédérale a indiqué jeudi dernier que les sommes détournées pourraient finalement atteindre 42 milliards de réais (plus de 11 milliards de dollars).




André Esteves, de la haute finance brésilienne à la case prison AFP 27 novembre 2015



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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Sam 5 Déc - 13:30



Deux proches de Maduro soupçonnés de trafic de drogue


Nicolas Maduro et sa femme Cilia Flores se trouvaient mercredi à Riyad
pour le Sommet Amérique du Sud-pays arabes. PHOTO REUTERS

Citation :
Deux proches du président vénézuélien Nicolas Maduro ont été interpellés par les autorités américaines qui les soupçonnent d'avoir voulu acheminer 800 kilos de cocaïne aux États-Unis, a révélé mercredi le Wall Street Journal.

Il s'agit d'Efrain Antonio Campo Flores, qui s'est présenté aux autorités comme le beau-fils de la Première dame du Venezuela, Cilia Flores, et de Francisco Flores de Freitas, qui a affirmé être son neveu.

Efrain Antonio Campo Flores, 29 ans, a indiqué être le fils de la soeur de Cilia Flores et assuré avoir été élevé par la première dame du Venezuela, selon le Wall Street Journal.

Les deux hommes ont été interpellés à Port-au-Prince et devaient être présentés jeudi à un juge fédéral à New York, toujours selon le site du quotidien.

En octobre, ils avaient contacté un intermédiaire au Honduras car ils souhaitaient acheminer 800 kilos de cocaïne aux États-Unis depuis l'aéroport d'une petite île de ce pays, Roatan.

Cet intermédiaire se trouvait être un informateur de l'agence américaine de lutte contre le trafic de drogue (DEA), qui a pu filmer et enregistrer leur entrevue.

Lors d'un rendez-vous au Venezuela, les deux hommes avaient apporté un kilo de cocaïne pour témoigner de la qualité de leur marchandise.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Sam 5 Déc - 13:36

de la fat boule...

En Amérique du Sud, une corruption généralisée

Seize dirigeants latino-américains sont visés par la justice américaine. La procureure générale Loretta Lynch a dénoncé une corruption «à un degré inadmissible»




Citation :
Loretta Lynch avait débuté sa journée en envoyant quelques médias américains à 5h du matin devant l'hôtel Baur au lac. La procureure générale l'a terminée en convoquant toute la presse mondiale à Washington pour donner quelques détails sur ce second coup de filet à la FIFA. Au total, 16 dirigeants latino-américains sont accusés de corruption «à un degré inadmissible». «Chacun de ces 16 nouveaux suspects est inculpé de racket organisé et d'autres infractions liées aux abus commis dans l'exercice de ses fonctions, sur une longue période», a précisé Loretta Lynch, qui indique que «huit ont déjà décidé de plaider coupable» et de coopérer avec la justice américaine. La ministre américaine de la justice a souligné au passage «l'excellente collaboration des autorités suisses».

Les noms les plus connus sont ceux des deux principaux dirigeants du football brésiliens: Marco Polo del Nero, président de la confédération brésilienne (CBF) et membre du comité exécutif de la FIFA, et son prédécesseur Ricardo Texeira, gendre de Joao Havelange (ancien président de la FIFA de 1974 à 1998). On retrouve également un énième membre du comité exécutif de la FIFA, le Guatémaltèque Rafael Salguero.

Au total, les pots de vin, détournements de fond et rétro-commissions représenteraient une somme dépassant les 200 millions de dollars. Marco Polo del Nero est visé par 92 chefs accusation qui vont du racket à la fraude électronique en passant par le blanchiment d'argent, la conspiration et l'abus de position dominante à des fins financières.

Les autres inculpés sont: Rafael Callejas, ancien président de la fédération hondurienne, Brayan Jimenez, président de la fédération guatémaltèque, Hector Trujillo, secrétaire général de la fédération guatémaltèque, Reynaldo Vasquez, ancien president de la fédération salvadorienne, Manuel Burga, ancien président de la fédération péruvienne, Carlos Chavez, président de la fédération bolivienne, Luis Chiriboga, président de la fédération équatorienne, Eduardo Deluca, secrétaire général de la Conmebol, Jose Luis Meiszner, ancien secrétaire général de la Conmebol, Romer Osuna, chef du comité d'audit et de conformité de la fédération bolivienne.

«La trahison de la confiance atteint ici des proportions scandaleuses et l'ampleur de la corruption alléguée est inadmissible», a dénoncé la procureure. Loin d'être démotivée, Loretta Lynch s'est montrée déterminée, et même menaçante: «Le message de cette annonce devrait être clair pour tout individu coupable qui reste dans l'ombre, dans l'espoir d'échapper à notre enquête: vous ne vous en sortirez pas. Vous ne nous échapperez pas.»


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Dim 6 Déc - 0:19



Porto Rico, la "Grèce des Caraïbes", évite de justesse un défaut de paiement latribune.fr 02/12/2015


Rico, qui compte 3,5 millions d'habitants, a cumulé une dette
de quelque 72 milliards de dollars après plusieurs années de récession.
Sur la photo, une manifestation à Porto Rico le 5 novembre pour améliorer la protection sociale
Crédits : Reuters Alvin Baez


L'île des Caraïbes a honoré, d'extrême justesse, une dette de 354 millions de dollars mardi 1er décembre. Mais le pire est peut-être à venir : le 1er janvier, une nouvelle échéance de 357 millions de dollars arrive à son terme. Proche de l'asphyxie, Porto Rico demande au Congrès américain la possibilité de faire faillite, et de restructurer sa dette pour éviter une situation "catastrophique"


Citation :
Porto Rico a évité à la dernière minute un défaut de paiement en remboursant mardi 1er décembre une échéance de 354 millions de dollars sur les 72 milliards que représente sa dette au total.

La Banque Gouvernementale de Développement (GDB), qui fait office pour l'île de banque centrale, a confirmé mardi dans un communiqué qu'elle avait "payé tout le principal et les intérêts sur certaines obligations émises par la GDB".

"Les remboursements effectués aujourd'hui (mardi) reflètent notre engagement à honorer nos obligations, en dépit des défis budgétaires auxquels nous faisons face, et montrent notre volonté d'aboutir à un processus de restructuration volontaire avec nos créanciers", a ajouté le président de la GDB, Melba Acosta Febo, cité dans le communiqué.

"Mais, ne vous y trompez pas, la situation de Porto Rico en terme de liquidités est très difficile en dépit des mesures extraordinaires prises par le gouvernement pour y faire face", a-t-il averti.

M. Febo a ainsi prévenu que certains des moyens financiers qui étaient initialement destinés à rembourser la dette d'entreprises publiques pourraient désormais être utilisés pour rembourser plutôt la dette publique.

Le défaut pour éviter une situation "catastrophique"

Territoire rattaché aux Etats-Unis depuis la fin du XIXe siècle, Porto Rico, qui compte 3,5 millions d'habitants, a cumulé une dette de quelque 72 milliards de dollars après plusieurs années de récession.

L'île ne dispose toutefois pas de la possibilité de restructurer sa dette en se plaçant sous un régime de faillite, à l'inverse des municipalités américaines. La crise économique a provoqué un véritable exil des entreprises installées sur l'île ainsi que de ses habitants dont 300.000 ont émigré sur la dernière décennie.

Le Gouverneur de l'île a demandé mardi lors d'une audition devant le Congrès américain que Porto Rico dispose de la possibilité de faire faillite et restructurer sa dette pour éviter une situation "catastrophique".

L'île a jusqu'à maintenant évité de se retrouver en défaut mais "il n'y a plus d'argent", a affirmé le gouverneur, Alejandro García Padilla mardi.

"La possibilité d'un défaut est très forte, si l'alternative est de ne plus pouvoir assurer les services essentiels afin de  payer nos créanciers", a-t-il averti.

L'ONG "Jubilee 2000" qui s'occupe des questions d'endettement pour les pays pauvres, a indiqué mardi qu'elle était "surprise" que Porto Rico soit parvenue à honorer ses paiements mardi. "Mais le prochain chapitre va vite s'ouvrir", a souligné son directeur Eric LeCompte en rappelant que l'île doit effectuer le 1er janvier un paiement de 357 millions de dollars.

Un Porto-Ricain sur deux vit sous le seuil de pauvreté

L'ONG rapporte que plus de la moitié de la population vit désormais sous le seuil de pauvreté et que 80% des enfants vivent dans des zones de forte paupérisation.

"Cette crise affecte des citoyens américains et nous avons absolument besoin d'une solution qui rende cette dette soutenable et évite l'austérité", a ajouté M. LeCompte.

Si les citoyens porto-ricains sont des ressortissants américains, l'archipel n'est pourtant pas considéré comme un des 50 Etats du pays.

L'agence de notation Standard and Poor's a de son côté laissé mardi inchangée la note CC avec perspective négative de la GDB,  en indiquant qu'elle estimait que "les chances qu'elle puisse satisfaire aux paiements à l'avenir ne sont pas bonnes".

Elle souligne que, au 30 juin 2015, la banque avait 4,1 milliards de dollars de dette en circulation dont elle doit rembourser 400 millions en principal et intérêts d'ici à juin 2016 alors que ses liquidités, après les paiements effectués mardi, sont de l'ordre de 500 millions de dollars. En conséquence, un défaut de l'institution portoricaine est "virtuellement certain", estime S&P.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Lun 7 Déc - 6:10


Sao Paulo Officials Declare ‘War’ on Students’ Occupy Movement 3 December 2015


Brazilian teenagers have been protesting for almost two months
government's plan to shut down schools. Photo: O Mal Educado/Facebook

Three weeks ago, Brazilian teens from Sao Paulo started seizing public schools due to be shut down by a new state program dubbed “reorganization.” When talks with the government stalled, youths occupied 193 institutions. On Sunday, November 29, an audio recording leaked onto the Internet revealing that a senior official in Brazil's Education Department says the government is “at war” with Sao Paulo's students, and has instructed school principals to demobilize the occupation movement


Taisa Sganzerla a écrit:
Despite this controversy and student movement, Sao Paulo's Governor officially launched the “reorganization” program on December 1, authorizing transferring the faculty from schools slated for closure.

Under the state's “reorganization plan,” 43 percent of the schools in Sao Paulo will offer only one of the three levels of education in the Brazilian system, instead of offering primary through secondary education all under the same roof. In Brazil, basic education is divided into three levels: two kinds of “elementary school” (first to fifth grade and then sixth to ninth grade) followed by a final three years of “high school.”

Currently, most public schools in São Paulo offer more than one level, but that changes under the new plan. Most importantly, the new policy results in the closure of 93 different schools across the state, and another thousand affected in less drastic ways. More than 300,000 students are expected to need to transfer to new schools.

The governor of Sao Paulo, Geraldo Alckimin, promises that at least 66 of the vacant buildings will give way to public nurseries and technical colleges, while the others still have no definite fate. Students and activists who oppose “reorganization” claim the changes are simply budget cuts in disguise.

The Leaked Audio


Leaked by independent media collective Jornalistas Livres (Free Journalists), an audio file now circulating online was recorded at a secret meeting that took place on Sunday, November 29, between Fernando Padula, the chief of staff of the state Secretariat of Education, and school directors. In the tape, Padula says, “We will fight until the end and we will win. We will demoralize and disqualify the movement.” He accuses the occupation movement of being “political and partisan,” and “deviating the focus from Brasilia.”

Sao Paulo is governed by the center-right Brazilian Social Democracy Party (PSDB). Nationally, the PSDB is out of power currently.

Padula also says that the Governor asked the staff to visit the schools and try to “restart the classes,” instructing officials to “give preference to the schools that are not too radicalized yet.” Schools where the movement has taken a stronger hold, he says, should be merely isolated and dealt with gradually. “My opinion is to just leave them there. What's gonna happen? Next year, that school will be ‘reorganized’, only it won't start the school year.”

Padula also revealed that government agents were sent to photograph cars parked in front of the occupied schools, in order to identify if the vehicles’ owners are connected to any political party or the Apeoesp (Sao Paulo state teacher's union).

Finally, Padula calls on officials to wage an “information war” against the students. “When it comes to manipulation, it is studied, [and] it has method. What you need to do is to inform, inform, inform in an information war. Because that's how you will demobilize them.”

“This week is crucial”


After the audio leaked, protests were organized inside and outside the schools on December 1 and 2, and demonstrated faced violent crackdowns by the police, with some students detained.


A few parents and police invaded the school Maria José in São Paulo
in an attempt to break the occupation. Photo: O Mal Educado / Facebook

In the school Maria José, a few parents of students against the movement entered the campus in an attempt to end the occupation. On Facebook, students reported that the police backed the parents, and used pepper spray against occupiers, despite the absence of a judicial order to enter the school. One female student says she was assaulted by the school's own principal.

“This week is crucial. It is time to show them that we will resist,”
a student told the website Nexo.

The occupation movement

Protests against the reorganization started as soon as the plan was announced, in the beginning of October. As the protests against the reorganization have gained momentum, students started to occupy their own schools, taking shifts with cleaning and cooking and the general maintenance of the schools, sometimes with the help from parents, teachers, and some social movements.


Students painting walls and ceilings in a occupied school. Photo: O Mal Educado/Facebook

They soon created the Facebook page “Don't Shut Down My School,” which students are using to communicate with the rest of the country, and stories from the occupation started to spread. In one school, a whole room full of brand new school material was found, for the absolute surprise of the students, who claim the school's management was always complaining of lack of resources.

In another school, students even installed new showers in a bathroom, bought with their own pocket money.


Citation :
“The occupying schools have a better curriculum than a lot of universities… #OcupaEscola” [Class schedule: Photojournalism; Media and activism; Right to occupation; Refugees; Palestinian territory; Resistance slam; Resistance theater]

During the past month, in Whatsapp groups used by the students to communicate across different schools, students have shared a manual drafted in 2011 by secondary students in Chile, who that year occupied 700 schools in demonstrations for better public education.


Information War and the “counter-movement”

Present at the meeting, and introduced to the group by Padula, was a man named Leandro—a member of the Movimento Ação Popular (Popular Action Movement), connected with the Sao Paulo-ruling Brazilian Social Democracy Party. While being recorded, Padula explained how Leandro would help coordinate the so-called information war.

Ação Popular was created in the beginning of this year and has participated heavily in anti-government protests. Presenting itself as a “student movement,” it says one of its objectives is “fighting for quality public education.” It publicly declares its support for the Sao Paulo government's reorganization of education.

Roney Glauber, the coordinator, told the newspaper O Estado de S. Paulo that his organization has been visiting occupied schools and holding assemblies to “explain the reorganization” to demonstrators. On November 21, they created a counter-Facebook page named “Give me back my school.” So far, most of the group's posts claim the occupations are being orchestrated by a collaboration between the Worker's Party, the Federal Government, and leftist social movements.


Roney Glauber, from Ação Popular (Popular Action),
with São Paulo state governor Geraldo Alckimin in June 2015.
Photo: Roney Glauber/Facebook

Despite its official connection with PSDB, Acao Popular says that only “some members are affiliated to the party,” though its central committee is reportedly “indifferent to the position to the PSDB.” Roney Glauber himself, however, works at the party's directory in the city of Guarulhos and was elected president of the PSDB youth wing in 2013.

Students have reported how the government's tactics have been playing out on the ground. On the page “Don't Close My School,” activists are denouncing how some strangers entered the campus at E.E. Coronel Sampaio School, in the city of Osasco, and started setting fire to books and stealing computers:

Citation :
The police arrived moments later, but didn't stop them from plundering the school. Students felt threated and had no alternative other than leave the place. Not long afterwards, the school's principal and the Secretariat of Education's chief of staff Fernando Padula Novaes arrived.


Later, on the 12 o'clock news, a broadcast at TV Globo presented a drastically different version of the break-in, theft, and arson, accusing students of abandoning the campus “voluntarily,” after which school officials entered the facility and supposedly discovered everything trashed.

On Facebook, activists insist that they can prove the students’ innocence:
Citation :

We are convinced that the students at E.E. Coronel Sampaio will be able to prove, with photos and videos of their activities, that their occupation only improved the conditions of the school, as with all other occupations. Also, we won't rest until the true perpretators of the destruction are unmasked.



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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Lun 7 Déc - 9:17




d'une élection à l'autre...

de l'Atlantique à l'Oural la Bérézina



Venezuela : l'opposition gagne au Parlement, une première depuis 1999 latribune.fr 07/12/2015

La Table de l'unité démocratique a remporté les trois cinquièmes des sièges du Parlement. Cette coalition d'opposition était depuis plusieurs mois largement favorite pour ces élections, notamment à cause mécontentement populaire dans un climat de crise économique


La Table de l'unité démocratique (MUD a décroché 99 sièges contre 46
pour le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) du président Nicolas Maduro

Citation :
Pas de surprise. L'opposition vénézuélienne a remporté dimanche 6 décembre la majorité parlementaire pour la première fois en 16 ans, ont annoncé les autorités électorales, au terme d'un scrutin marqué par l'exaspération populaire face à la crise économique ayant vidé les supermarchés.

La Table de l'unité démocratique (MUD), vaste coalition d'opposition, a décroché 99 sièges, soit une majorité des trois cinquièmes, contre 46 pour le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) du président Nicolas Maduro, a annoncé la présidente du Conseil national électoral, Tibisay Lucena, précisant que certains sièges restaient encore incertains, en attendant que s'achève le décompte des voix.

Nicolas Maduro reconnait sa défaite

L'annonce des résultats officiels, après plusieurs heures de retard, a été accueillie dans certains quartiers de Caracas par des cris de joie et des pétards.

Immédiatement après, Nicolas Maduro est apparu, le visage grave, lors d'une allocution télévisée.

"Nous sommes venus avec notre morale, avec notre éthique, pour reconnaître ces résultats adverses, pour les accepter et pour dire à notre Venezuela que la Constitution et la démocratie ont triomphé", a-t-il déclaré.

L'opposition était depuis plusieurs mois largement favorite pour ces élections, profitant du mécontentement populaire dans un climat de crise économique provoquée par la chute des cours du brut, dans ce pays aux plus importantes réserves pétrolières au monde.

Sa victoire marque un tournant historique depuis l'arrivée au pouvoir du chavisme en 1999, même si plusieurs analystes préviennent que Nicolas Maduro pourrait tenter de limiter les pouvoirs du Parlement pour contrecarrer cette victoire, au risque de susciter des protestations.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Lun 7 Déc - 11:16



Un documentaire sur la communauté musulmane de Buenaventura en Colombie Traduction publiée le 9 Novembre 2015


Buenaventura, le plus grand port colombien de l'Océan Pacifique, accueille une communauté musulmane chiite
Image issue de Wikipédia publiée sous licence Creative Commons

Cette communauté musulmane est unique en son genre. Elle est constituée et renforcée par des descendants d'Africains convertis à l'islam, tous natifs de Colombie. Bienvenue à Buenaventura, où vivent près de 300 familles colombiennes d'ascendance africaine qui se sont converties à l'islam il y a 40 ans dans une démarche d'émancipation face à la marginalisation.


Citation :
A Buenaventura vit la troisième plus grande communauté musulmane du pays, après celles de Maicao et Bogota, et son existence « de près de quatre décennies en fait un point de référence obligatoire dans l'étude de la présence de l'islam en Colombie » écrit Diego Giovanni Castellanos sur son site web.

Citation :
La communauté musulmane de Buenaventura] est entièrement composée de natifs [de la Colombie]. Même au sein de l'Islam colombien, ils forment l'unique communauté de prédominance chiite du pays, la tendance dominante dans les autres lieux étant par ailleurs le sunnisme.


Environ 400 000 personnes résident à Buenaventura, dont 90% sont Afro-Colombiens. Bien qu'ils vivent et travaillent dans le port colombien le plus important sur le Pacifique, qui génère environ 1 million de dollars annuellement en revenus fiscaux, la plus grande partie de sa population vit dans la pauvreté selon le think tank latino-américain NACLA: “Soixante-cinq pour cent des ménages de Buenaventura n'ont pas accès au tout-à-l'égout, et 45% n'ont pas d'eau potable. L'espérance de vie à Buenaventura est de 51 ans, alors que la moyenne nationale est de 62.”

L'Islam est arrivé dans ce port à la fin des années 1960 avec Esteban Mustafá Meléndez, un Afro-Americain d'origine panaméenne. Dès son arrivée à Buenaventura, il a prêché la nécessité de défendre les droits des Afro-Colombiens, selon Castellanos.

Un documentaire, L'islam à Buenaventura, décrit la vie de ce groupe d'Afro-Colombiens qui prient à la mosquée de la cité du Prophète. Les aspects ethniques et religieux se mélangent et s'influencent mutuellement, et en font un cas unique en son genre, d'après le Centre d'études théologique et des religions.

[vidéo VIMEO dans l'original]

Comment l'islam s'est il développé en Amérique Latine ? Existe-il une approche différente dans la pratique de l'islam entre les convertis latino-américains et les musulmans immigrés du Moyen-Orient ? Peut-on parler d'un islam « créole » unique et différent d'autres pratiques européennes ou nord-américaines ? Quelle est la réalité sociale des musulmans en Amérique Latine depuis le 11 septembre 2001 ? Comment les médias ont-il influencé la perception des musulmans en Amérique Latine ? Ce sont là quelques unes des questions auxquelles le documentaire L'islam à Buenaventura cherche à répondre.

Global Voices a échangé avec la réalisatrice, Mercedes Vigón, dont le travail est le résultat d'un projet intitulé L'islam en Amérique Latine, une collaboration entre l'université internationale de Floride, où elle enseigne, et la fondation Carnegie pour la recherche en sciences sociales.

Citation :
Global Voices (GV) : Quel est l'aspect de cette communauté qui a le plus attiré votre attention ?

Mercedes Vigón (MV) : Les membres ont été très honorés lorsque les premiers journalistes ont montré un intérêt pour eux. Malgré cela, quelques jours avant que nous n'arrivions, ils ont vu les conséquence de la candeur dont ils avaient fait preuve avec les premiers journalistes : un reportage prévenant l'auditoire national qu'il y avait un groupe chiite à Buenaventura qui suivait les enseignements d'un ayatollah, avec une école et tout.

Ils avaient monté l'interview du cheikh [Munir Vanlencia] de façon à ce qu'il apparaisse comme un fondamentaliste, prêt à tout. Sortir de la norme était aussi présenté comme extrêmement dangereux à Buenaventura, qui de fait était dirigé par des paramilitaires avec un sens de la justice très particulier et parfois brutal.

Cela m'a surprise qu'ils aient bien voulu nous faire confiance et croire notre promesse que nous voulions simplement raconter leur histoire et laisser la vérité vaincre le sensationnalisme. Après cette première rencontre et l'échange d'idées à la mosquée au sujet de comment nous allions être différents et pourquoi ils devraient nous faire confiance, ils nous ont donné un accès complet… par dessus tout aux femmes (étant donné que notre équipe était principalement composée de femmes : deux productrices, une photographe et moi-même) et à un anthropologue musulman — notre porte d'entrée — qui avait travaillé avec eux auparavant.

GV : Comment les femmes se sont-elles adapté à la religion ?

MV : Les femmes afro-colombiennes sont celles qui héritent de la terre, et ont une fonction très importante, au-delà de la procréation et des soins traditionnels de la famille. Elles sont chargées de l'éducation et de la création de communautés économiques indépendantes. Avec le passage au chiisme, elles ont perdu la participation directe, chose que certaines des fondatrices ont regretté, mais en échange elles ont une bonne éducation et la capacité d'être indépendantes.

GV : L'islam a été perçu comme motif de discrimination par nombre de personnes dans d'autres parties du monde. Cet à priori existe-t-il aussi en Colombie ?

MV: Pour la communauté afro-colombienne il y avait trois facteurs de discrimination : le fait d'être noirs, musulmans et chiites. La communauté a débuté en tant que Nation de l'Islam pendant l'époque de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Par la suite, après avoir obtenu l'acceptation des valeurs de la culture afro-colombienne et avoir reçu l'influence d'autres musulmans, ils ont voulu apprendre plus et sont devenus sunnites, mais c'est à travers des organisations éducatives sans but lucratif irakiennes qu'ils ont reçu le plus de soutien, sous forme de bourses d'étude, et ils ont fini par être chiites.


D'après une étude de l'université de Rosario à Bogota, on estime qu'il y a autour de 10 000 musulmans dans le pays, et que cette pratique est relativement récente dans le pays.

Citation :
Bien que la Colombie ait accueilli une immigration arabe à la fin du XIXe siècle, le faible nombre de musulmans n'a pas permis d'établir des communautés dans lesquelles les valeurs religieuses de l'Islam se seraient transmises. Cela n'a été possible qu'à partir du milieu du XXe siècle, quand la migration continue a permis à quelques-uns de penser à fonder des lieux de culte.


Le blog Islam en Colombie relate que depuis que le cheikh Munir Uddin Valencia a pris la tête de la communauté chiite de Buenaventura, les progrès se sont fait sentir. Pour preuve de ces progrès, il prend la construction en 2000 d'une mosquée appelée Centre culturel islamique de la ville du Prophète ; la réouverture de l'institut éducatif Silvia Zaynab ; et la création d'une station de radio musulmane qui diffuse depuis la mosquée.


Ecrit par Mary Aviles / Traduit (en) par Eleanor Weekes / Traduit par Mark Collins


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Lun 7 Déc - 11:32



Au Brésil, les nouveaux esclavagistes ne veulent pas voir leur nom sur le web  Traduction publiée le 7 Novembre 2015  


La tristement célèbre «sale liste du travail d”esclaves» du Brésil identifie des entreprises dont on a découvert qu'elles exploitaient leurs employés en ayant recours à des pratiques semblables à de l'esclavage. Sur cette liste mise en place en 2003 par le ministère brésilien du Travail et de l'Emploi ont figuré à maintes reprises des sociétés appartenant à des hommes d'affaires et responsables politiques brésiliens connus.

Citation :
Outre la liste officielle publiée par le ministère, Repórter Brasil, la principale ONG du pays de défense et d'informations sur les droits des travailleurs, fait régulièrement des comptes-rendus et met en lumière des entreprises figurant sur ladite sale liste. Mais de récentes décisions de justice pourraient mettre un frein à ces initiatives vers la transparence.

En décembre 2014, la Cour suprême brésilienne a rendu un arrêt qui interdit au ministère du Travail et de l'Emploi de publier la liste sur son site web ou de le partager avec les médias locaux. Cette décision fait suite à une plainte déposée par l'Association brésilienne des sociétés de promotion immobilière (ABRAINC), qui soutenait que le Brésil ne dispose d'aucune loi permettant de réguler la tenue d'une telle liste, et que des employeurs y étaient inscrits en dehors de toute réelle procédure légale, ce qui portait atteinte à leur présomption d'innocence et à leur droit de se défendre contre de telles allégations devant les tribunaux. La Cour suprême a décidé de suspendre la publication de la liste jusqu'au verdict du procès ABRAINC.

L'association comprend les principaux fournisseurs et sociétés faîtières du Brésil, et l'on a découvert que son propre président Rubens Menin avait eu recours au travail forcé à cinq reprises dans des entreprises appartenant à son groupe MRV Engenharia, dont le nom est apparu sur la ‘liste noire’.

Des mois après le verdict de la Cour suprême, le ministère du Travail et de l'Emploi a créé une nouvelle liste, soutenue par la loi brésilienne sur l'accès à l'information, avec le même contenu. Le 19 octobre, le procureur général du Brésil Rodrigo Janot a publié un rapport officiel en faveur de sa diffusion par les médias. Reste à voir si cette liste s'inscrira dans la durée, alors que ses opposants n'ont eu de cesse de s'efforcer de la garder hors de la vue de la population.

En octobre 2015, une nouvelle décision judiciaire obligeait Repórter Brasil à effacer toute information de son site web concernant Morro Verde Participações, l'une des entreprises figurant sur la version la plus récente de la sale liste.

Avant la suppression forcée des informations sur l'entreprise, Repórter Brasil avait signalé que Morro Verde Participações SA exploitait une ferme d'élevage à Xinguara, situé au nord du pays dans l'Etat du Pará. En janvier 2014, les autorités ont découvert et secouru 23 personnes qui travaillaient dans des conditions proches de l'esclavage dans la ferme.

Les membres de Repórter Brasil craignent que les deux événements ne soient liés. «[Cela] a eu lieu car le gouvernement brésilien s'est montré incapable de rétablir le registre des chefs d'entreprise épinglés pour avoir eu recours à une main-d’œuvre esclave», affirment-ils dans une note expliquant la récente censure. L'organisation est fermement convaincue que la transparence sur ces pratiques est une étape cruciale vers une plus grande responsabilité des entreprises.

Argemiro de Azevedo Dutra, le juge qui a présidé l'affaire, vient du tribunal de district de Salvador, la capitale de l'Etat de Bahia. Morro Verde SA est également enregistrée dans l'Etat de Bahia. Azevedo Dutra apparaît aussi sur le site du Conseil législatif de l'Etat en tant qu'éleveur, entre autres activités. Environ 40% des entreprises figurant dans la dernière version de la liste étaient dans la filière bétail, suivie par l'industrie du bois (25%), l'agriculture (16%) et la construction (7%).

Depuis plus de 15 ans, Repórter Brasil milite pour l'approbation du projet de loi sur le travail d'esclave, aux termes de laquelle toute propriété dont le fonctionnement repose sur le travail forcé serait expropriée par l'Etat. Le projet de loi est dans sa dernière phase avant approbation finale.

Jusqu'à ces récents changements, la liste noire était un mécanisme fiable pour que la société fasse pression sur ceux qui violent les droits des travailleurs. La bataille entre le gouvernement, la société civile, les entreprises et les tribunaux pour son rétablissement est loin d'être finie.

Photo de Taisa Sganzerla

Ecrit par Taisa Sganzerla Traduit par Maéva Rose


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Mar 8 Déc - 1:31



Les protestations contre le projet minier de Las Bambas au Pérou font quatre morts et plusieurs blessés Traduction publiée le 6 Octobre 2015
     

Las Bambas - Perú. Manifestation contre le projet cuprifère de Las Bambas.
Image de l'Observatoire des Conflits Miniers au Pérou (OCM)

[Tous les liens de l'article mènent vers des pages en Espagnol ES]

Article publié sur le blog Globalizado de Juan Arellano

Les habitants des provinces de Cotabambas et Grau dans la région d'Apurímac ont entamé le 25 septembre dernier une grève de protestation contre le projet de mine de cuivre de Las Bambas. Ces protestations ont tourné à l'affrontement avec la police et, le 29 septembre, ont causé quatre morts et plusieurs blessés chez les manifestants. En conséquences, le même jour, l'état d'urgence fut déclaré dans les provinces de Cotabambas, Grau, Andahuaylas et Chincheros.

Citation :
Le projet minier a été cédé en avril dernier par l'entreprise Glencore Xstrata à un consortium contrôlé par MMG Ltd, filiale Dexter de China Minmetals Corporation pour un montant approximatif de 5850 millions de dollars américains. Si le projet a une grande importance économique pour Apurímac, il fut calculé que la région recevrait quelques 300 millions de soles par an (93 millions de dollars approximativement) de la redevance minière une fois entré en opération, il a néanmoins généré de sérieuses inquiétudes dans la population locale au sujet de la pollution environnementale qu'il produira.


Les principales oppositions au projets sont liée à l'Étude d'Impact Environnemental (EIE) qui, argumentent-ils, a été inconsidérément modifiée, et la méconnaissance de la part des nouveaux administrateurs des engagements pris par Glencore Xstrata. Pour cela et pour d'autres raison, les manifestants exigent la démolition du niveau de Molybdène, du niveau des Filtres et de l'entrepôt des Concentrés, car ils sont contaminants et parce que la proposition initiale prévoyait leur construction dans une autre zone. Ils demandent également la démission et le renvoi des agents du projet MMG Las Bambas pour avoir corrompu les dirigeant communaux au profit de l'entreprise, et la présence de hauts responsables de la société minière et des représentants du gouvernement pour la négociation de leurs revendications.

Apurímac : on signale deux morts et 15 blessés par le projet minier de Las Bambas

L'affrontement entre les manifestants et la police le mardi 29 septembre a début à 15h00 quand un groupe important d'habitants a réalisé une marche aux abords du champ minier. Une partie d'entre eux a tenté de pénétrer de force dans le champ principal de l'entreprise MMG. La police a répondu par des bombes lacrymogènes. Cela a suscité des scènes de violence entre les dix mille militants et trois mille militaires et policiers (estimation) présents. Plus tard, on apprendrait que le nombre de morts serait porté à quatre que huit policiers furent blessés.

La réponse du gouvernement à cette violence fut de décréter l'état d'urgence, tandis que le ministère de l'Énergie et des Mines annonçait que les changements dans l'EIE n'étaient pas substantiels et qu'ils avaient été négociés à la connaissance des autorités locales, en conformité avec les règles. Le premier Ministre Pedro Cateriano, de son côté, a déclaré que le projet minier de Las Bambas ne serait pas stoppé.

Las Bambas : l'état d'urgence est déclaré dans les provinces d'Apurímac et Cuzco

Le lendemain, 30 septembre, le mouvement fut suspendu pour 48 heures en attente du début du dialogue avec le gouvernement. Suite à cela, le 1er octobre à Lima, des représentants du gouvernement et des élus locaux de la province de Cotabambas, s'accordèrent sur l'ouverture du dialogue. Ainsi, le lundi 5 une équipe technique voyagea à Cotabambas, suivie le 6 octobre par la Commission de Haut Niveau des Ministres.

Malgré ce dénouement plus ou moins rapide, l'impression persiste que le gouvernement n'agisse qu'à la suite de débordements de violence.Sur le blog Emancipación, d'Escuela Permanente, on considère que :

Citation :
Le gouvernement considère les revendications de la population et la demande de dialogue exprimée depuis maintenant six mois ? Non. Face à ce scénario, et regroupée au sein du Front de Défense de Cotabambas, la population a opté pour la manifestation et la réaction fut une répression particulièrement violente […] Récemment, il devient évident que les gouvernements nationaux successifs ne cherchent pas à écouter la population. Au contraire, ils la nie. Le tout puissant investissement privé s'impose toujours à ceux qui ont l'audace de le remettre en question. Pour les entrepreneurs : protection policière inconditionnelle. Pour ceux qui protestent suite à ces exactions : les balles de cette même police.


Le journaliste Carlos Noriega retranscrit sur son blog une partie de la conversation téléphonique qu'il eu avec Rodolfo Abarca, dirigeant du Front de Défense de Cotabambas :

Citation :
« Nous ne sommes pas anti mines, nous sommes en faveur de la poursuite du projet minier de Las Bambas, mais nous exigeons que le projet initial soit maintenu. Nous refusons les changements pour lesquels nous n'avons pas été consultés et qui nous porteront préjudice […] (Le niveau du molybdène) affectera notre accès à l'eau et dé plus, il contaminera l'air. Nous refusons ces modifications et c'est pour cela que nous protestons. »

Autre point de vue : Juan Mendoza, invité sur le blog « Économie appliquée » du quotidien Gestión, considère que tout le problème est dû aux anti mines qui enflamment la population désinformée et que les protestations visent à faire pression sur les entreprises pour en tirer des bénéfices économiques. Il considère également que la réponse du gouvernement actuel est bien faible et lui propose pour l'année prochaine de :

Citation :
revoir le processus de décentralisation avec l'objectif d'éviter que la redevance minière continue à être un butin à s'accaparer. En particulier, nous devons envisager de redessiner les institutions et mécanismes pour qu'un plus grand nombre de personnes bénéficient plus rapidement de l'exploitation minière. Ce nouveau schéma doit chercher à ce que les personnes comprennent de façon claire quel est l'apport de l'activité minière dans l'accroissement de leur bien-être. Je suggère également, que ce schéma considère et renforce les expériences positives, bien que limitées, des contributions volontaires et du programme de travaux par les impôts.


Finalement sur le blog de NoticiasSer, l'anthropologue Fabiola Yeckting fait un récit complet de l'histoire du projet minier, concluant que tout au long de ce dernier « les demandes sociales sont constantes : on demande de prendre des ressources naturelles, l'accès aux sources d'eau et d'éviter la contamination ». Elle ajoute :

Citation :
cette histoire apporte quelques leçons qui peuvent être comparées avec celles d'autres conflits dans le pays : le manque d'institutionnalisation de la gestion des ressources, la flexibilité dans la réalisation des démarches, les différents moments au cours desquels la prise de décision est faite sans les populations affectées par les projets, qui s'organisent pour protester. […] La promesse de ce gouvernement, largement tardive pour Cotabambas, de retrouver son autorité, oubliée depuis des années sur ses territoires, doit être accomplie.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Mar 8 Déc - 9:34



Au Venezuela, la déroute du pouvoir Marie Delcas Le Monde 07.12.2015


Les partisans de l'opposition célèbrent la victoire du parti la Table de l’unité démocratique (MUD)
aux élections législatives du 6 décembre, à Caracas


La défaite du pouvoir vénézuélien aux élections législatives a pris des allures de déroute. Dimanche 6 décembre, au terme d’une journée électorale marquée par une très forte participation (74,25 %), l’opposition a emporté 99 des 167 sièges de l’Assemblée nationale monocamérale. Le Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV), la formation de l’ancien président Hugo Chavez (1999-2013) et de son successeur Nicolas Maduro, n’en conserve que 46. Vingt‐deux sièges sont encore en dispute, alors que 96 % des voix ont été comptabilisées. Selon la présidente du Conseil national électoral (CNE), Tibisay Lucena, les résultats définitifs devraient être annoncés dans les prochaines heures ou les prochains jours.

Marie Delcas a écrit:
Toutefois, les résultats d’ores et déjà confirmés par le CNE ont dépassé les calculs et les espoirs des opposants les plus optimistes. « Nous avons fait l’histoire », a proclamé Freddy Guevara, porte-parole de la coalition d’opposition, la Table de l’unité démocratique (MUD).

Immédiatement après la proclamation officielle du score, tard dans la nuit, le président Maduro est apparu à la télévision pour reconnaître la victoire de ses adversaires et appeler ses compatriotes à accepter « les règles du jeu et de la démocratie en paix et dans le calme ». Il a réitéré ses accusations contre une opposition jugée coupable de la catastrophe économique du moment. « Administrez bien votre victoire », a‐t‐il lancé à ses adversaires d’un ton posé et triste. Et d’ajouter : « La contre-révolution a triomphé. » Il a appelé les électeurs chavistes à ne pas baisser les bras : « Nous avons perdu une bataille, mais la lutte et la révolution continuent. »

« Clique chaviste »

Pour sa part, le secrétaire général de la MUD, Jesus « Chuo » Torrealba, a assuré que l’opposition assumerait sa victoire avec « humilité, fermeté et tranquillité ». « La nouvelle majorité ne va pas écraser l’ancienne », a‐t‐il affirmé, en appelant de ses vœux l’union de tous les Vénézuéliens. Il a évoqué les acquis sociaux pour signaler qu’ils ne seraient pas remis en cause. « Vous aussi vous avez gagné », a‐t‐ il lancé aux électeurs chavistes, en promettant que la MUD travaillerait à la reconstruction économique du pays pour le bien‐être de tous. « Ceux qui ont voté pour nous et ceux qui ne l’ont pas fait souffrent de la même manière », a‐t‐il conclu. Dans les discours, l’heure est à la réconciliation nationale. Sur les réseaux sociaux, le désir de revanche est vif contre « la clique chaviste ».

Le vote d’une loi d’amnistie en vue d’obtenir la libération des prisonniers politiques arrive en tête des initiatives promises par la MUD. Incarcéré en février 2014, à la suite d’une manifestation qui s’était soldée par la mort de trois personnes, Leopoldo Lopez, un des principaux opposants, a été condamné à quatorze ans de prison le 16 novembre. Sa femme, Lilian Tintori, est devenue, elle aussi, une des figures de l’opposition vénézuélienne.

La soirée électorale a été longue. Pour contrer l’encerclement médiatique, la MUD avait activé une présentation en streaming de son siège de campagne. Dès 18 heures, les visages y étaient rayonnants. A 21 heures, l’opposition proclamait sa victoire avant même que ne soient annoncés les résultats officiels. « Les résultats sont ce que nous espérions. Le Venezuela a gagné. C’est irréversible », tweetait l’ancien candidat présidentiel Henrique Capriles Radonski.


L’opposante Maria Corina Machado (en bleu), Lilian Tintori (tee-shirt blanc),
épouse du prisonnier politique Leopoldo Lopez, et Jesus Torrealba (chemise blanche),
secrétaire de la Table de l’unité démocratique (MUD), le 6 décembre

Hauts fonctionnaires et ministres avaient, eux, disparu des plateaux de la télévision publique et du CNE. A 21h25, le général Vladimir Padrino Lopez, ministre de la défense, donnait un bilan de la journée, remarquablement tranquille partout dans le pays, et saluait le civisme des 19 millions d’électeurs appelés aux urnes. Un électeur s’inquiète sur Twitter : « Le seul qui parle est un général, faut­-il y voir un signe ? ». Le retard dans l’annonce des résultats a alimenté la spirale de la crainte, nombre d’opposants criant déjà à la fraude sur les réseaux sociaux.

Fin d’un cycle

A Caracas, personne ne doute que la profonde crise que traverse le Venezuela est à l’origine du vote sanction contre le PSUV. Dans un pays plus dépendant que jamais du pétrole, les pénuries récurrentes de produits de base, les interminables queues devant les magasins, une inflation débridée et une insécurité croissante, ont eu raison de la « révolution bolivarienne ». « Sans Hugo Chavez [mort en 2013], et avec un pétrole à 32 dollars [29 euros], nous étions probablement condamnés, soupire Francisco Rodriguez, militant du PSUV en écoutant les résultats. Mais jamais je n’aurais cru que nous allions nous prendre une telle claque. »

Il est trop tôt pour mesurer l’impact de la défaite dans les rangs du PSUV. Les économistes attribuent la responsabilité de la crise au modèle mis en place par Hugo Chavez lui-même. Mais le charismatique leader, déifié par ses partisans, fait aujourd’hui figure d’intouchable. C’est à Nicolas Maduro que les électeurs chavistes ont passé la facture.

La victoire de l’opposition vénézuélienne fait suite à l’élection à la présidence de l’Argentine de Mauricio Macri (centre droit), le 22 novembre. Et au rapprochement entre Cuba et les Etats-Unis. C’est dire si elle semble marquer la fin d’un cycle, inauguré par l’arrivée au pouvoir de Hugo Chavez en 1999 et le virage à gauche de l’Amérique latine.

Le résultat définitif est important. La Constitution vénézuélienne distingue en effet trois majorités : la simple (84 députés) acquise à l’opposition, celle des trois cinquièmes (101 députés) et celle des deux tiers (112 députés), qui permettrait aux députés de l’opposition d’engager un référendum révocatoire contre Nicolas Maduro, à partir du mois d’avril 2016, ou une réforme constitutionnelle. La nouvelle Assemblée nationale prendra ses fonctions le 5 janvier.

Dans un pays profondément divisé depuis seize ans entre chavistes et anti‐chavistes, d’aucuns craignaient des débordements de violences. « Le Venezuela va donner au monde une leçon de civisme », avait prédit dimanche matin Tibisay Lucena. Et les Vénézuéliens l’ont sans doute donné, mais dans un sens qui a pris de court le pouvoir. L’absence de contestation des résultats, du moins jusqu’à présent, est un fait positif. Reste à voir si l’exécutif et le nouveau pouvoir législatif entament une cohabitation négociée ou musclée.


Marie Delcas (Caracas, envoyée spéciale)




etc. etc.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Mar 8 Déc - 10:39



Porto Rico et ses îles : 135 ans de luttes Traduction publiée le 21 Juillet 2015 8:37 GMT


Les États-Unis utilisent depuis de nombreuses années l'île de Culebra, une commune de Porto Rico, comme camp d'entraînement militaire, ils ont pollué et dégradé leur terre et leur eau jusqu'à maintenant. Sur cette photo : Des habitants de Culebra en confrontation avec la Navy. Capture d'écran de “Culebra 135-40.”


L'ile portoricaine de Culebra est célèbre pour ses plages parmi les plus belles du monde. Néanmoins il y a autre chose à Culebra que le soleil la mer et le sable. La population de Culebra a été témoin et protagoniste d'une histoire pleine de luttes et de résistances pour la terre et l'eau. Une large partie de cette île a été occupée par la marine nord-américaine pour y établir ses bases d'entraînement


La plage Flamenco est un un bon exemple de plage paradisiaque à Culebra
Photo de Christopher Zapf sous licence CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

Citation :
Pendant de nombreuses années, les habitants de Culebra ont du vivre au milieu des explosions, des bombes, des balles et de la pollution causée par la Navy qui de son côté avait secrètement suggéré au gouvernement portoricain de se débarrasser des municipalités de Vieques and Culebra et d'envoyer leurs habitants sur la grande ile de Porto Rico ; ils étaient même prêts à transférer les morts depuis leurs tombes.

L'intention de la Navy était d'obtenir l'usage exclusif de ces deux îles et d'empêcher les habitants d'y remettre les pieds même si c'était pour aller déposer des fleurs sur les tombes de leurs proches. En raison de la nature macabre de cette proposition, elle fut nommée le “plan Dracula”.

Finalement, les habitants de Culebra réussirent à expulser la Navy de leur île en 1975, et ceux de Vieques en 2003, après des années de désobéissance civile, les efforts des mouvements sociaux et des prises de position individuelles au sein de l'échiquier politique.


Des débris de l'US Navy comme ce tank se trouvent encore sur les plages de Culebra
Photo prise par Christopher Zapf sous licence CC BY-SA 4.0 via Wikimedia Commons

La mémoire de ces affrontements a été conservée dans un documentaire intitulé “Culebra 135-40“, produit par le périodique mensuel Diálogo UPR de l'Université de Porto Rico. Ce film fait partie d'une série de publications spéciales à l'occasion des 150 ans de la création de la municipalité de Culebra et des 40 ans du départ de la Navy.

Vous pouvez regarder, ci-dessous, le documentaire (en espagnol).


Creative Commons License

Photo de Ángel Carrión
Ecrit par Ángel Carrión
Photo de Rhea Page
Traduit (en) par Rhea Page
Traduit par Henri Dumoulin


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Ven 11 Déc - 6:21



Le Brésil et le Monde

Hervé Thery, 26 septembre 2015

CNRS-Creda. Professor visitante na Universidade de Sao Paulo (USP.) Co-directeur de la revue Confins (http://confins.revues.org/). Auteur de nombreux ouvrages de référence dont "Le Brésil, pays émergé", Paris, éd. A. Colin.

H. Théry détaille ici avec subtilité la position ambiguë du Brésil, pays émergent, situé à la fois dans le peloton de tête des grandes économies mondiales mais encore pays sous-développé par bien des aspects. Cet article de référence est illustré de 4 cartes.


Citation :
ALORS qu’il a longtemps été largement autocentré le Brésil s’ouvre plus en plus à un monde dans lequel il a acquis une tout autre dimension. Mais il n’a pas encore pris conscience de son nouveau rôle dans le monde et des responsabilités que celui-ci lui crée. Il donne l’impression de devenir une grande puissance à reculons, comme malgré lui. Même l’opinion la plus informée n’a pas conscience de l’importance que le pays prend de plus en plus dans le panorama mondial.

Loin de considérer leur pays comme une puissance mondiale – ce qu’il est en voie de devenir – ou au moins comme une puissance émergente – ce qu’il est déjà largement –, la majeure partie des Brésiliens ont encore souvent le « complexo do vira-lata » [1]. Cette expression a été inventée par l’écrivain et dramaturge brésilien Nelson Rodrigues, qui se référait initialement au traumatisme subi par les Brésilien, lorsque l’équipe du Brésil a été battue par l’équipe uruguayenne lors de la finale de la Coupe du monde de football de 1950, au Maracanã, alors le plus grand stade mondial, construit spécialement pour l’occasion [2]. Pour lui, le phénomène n’est pas limité au seul domaine du football, « par complexe du corniaud, je désigne la position d’infériorité par rapport au reste du monde dans laquelle les Brésiliens se mettent volontairement [...] Le Brésil est un Narcisse à rebours, qui crache sur sa propre image ».

Un autre indice de cette soumission psychologique plus ou moins consciente est l’usage fréquent, pour témoigner de son admiration, de l’expression «  é coisa de Primeiro Mundo  » (« c’est digne du Premier Monde »). Quand je l’entends utiliser je fais remarquer à mes interlocuteurs brésiliens qu’en l’employant ils se situent eux-mêmes dans le Tiers Monde, alors que les habitants des pays plus développés ne l’utilisent jamais pour parler d’eux-mêmes.

On ne peut donc pas mesurer la place du pays dans le monde en demandant aux Brésiliens – ou du moins à la plupart d’entre eux – ce qu’ils en pensent. Car le Brésil est un pays très autocentré, l’immense majorité des Brésiliens s’intéresse peu au reste du monde, à ce qui se passe là fora (au dehors). On peut le comprendre si l’on pense que – sauf rares exceptions – ils n’ont jamais voyagé à l´étranger, et rarement rencontré des étrangers : les habitants des deux principaux foyers de peuplement du pays vivent soit à près de 2 000 km de la frontière la plus proche (pour les grandes villes du Sudeste comme São Paulo et Rio de Janeiro), soit à plus de 4 000 km (pour celles du Nordeste, comme Recife ou Fortaleza).

La presse ne les aide guère : elle parle peu du reste du monde et ne compare que très rarement le Brésil à d’autres pays, sauf pour dire qu’il est le plus grand ou le meilleur, ou parfois le plus mauvais au monde. On peut croire à une plus grande ouverture quand on constate que les mêmes médias donnent régulièrement les résultats des championnats de football des principaux pays européens, mais on se rend vite compte que sont seulement citées les équipes comportant des joueurs ou des entraîneurs brésiliens...

Cela ne signifie pas que le Brésil ne soit pas concerné par la mondialisation, il l’est au contraire profondément, à vrai dire il l’est depuis l’arrivée des caravelles portugaises, en 1500. Aujourd’hui il l’est par son commerce extérieur, ses flux aériens [3]. Sa diplomatie est active, quelques-unes de ses entreprises ont acquis une stature mondiale et il a su jouer du soft power que lui donnent sa place de premier pays lusophone au monde, la réussite de ses universités et bien sûr ses « exportations » de joueurs de football. C’est grâce à tout cela qu’il prend aujourd’hui un poids croissant dans ses relations avec ses voisins sud-américains, notamment en Amazonie, mais il a un peu de mal à trouver sa place entre Occident, Brics et Afrique [4].


1. Les voix du Brésil

Les médias emploient des formules du type « le Japon pense que », « Washington proteste », « Le Quai d’Orsay s’étonne », la métonymie du nom d’un pays, de sa capitale ou de son ministère des Affaires étrangères étant fréquemment utilisée pour les habitants du pays tout entier. Mais de qui parle-t-on lorsqu’on évoque, en matière de géopolitique externe, l’opinion de Brésiliens ? Qui parle pour « le Brésil », « Brasília » (la capitale) ou « l’Itamaraty » (le ministère des Relations extérieures) ? Avant tout et malgré tout l’État, qui reste au Brésil une réalité indiscutable, et notamment ses diplomates, ses militaires. Ils sont toutefois de plus en plus relayés – et parfois contredits – par de nouveaux acteurs récemment apparus, au Brésil comme ailleurs, sur la scène internationale, notamment ses entrepreneurs mais aussi d’autres porte-paroles plus inattendus.

Dans la machine de l’État, certains secteurs parlent plus et se font davantage entendre, par fonction mais aussi par conviction, lorsqu’il est question de géopolitique, alors que d’autres s’en désintéressent ou n’ont d’action géopolitique qu’implicite ou inconsciente. Diplomates et militaires sont évidemment les gardiens du temple, chargés de veiller sur la souveraineté nationale et l’intégrité du territoire. Ils le font avec une attention sourcilleuse, frôlant parfois l’obsession, comme dans le cas de l’Amazonie, où les deux corporations sont toujours prêtes à monter au créneau quand est évoquée la menace d’une internationalisation de l’Amazonie. Il suffit qu’un étranger mal avisé, comme Pascal Lamy, alors candidat à la présidence de l’OMC, qui déclara en février 2005 que la forêt amazonienne devrait être considérée comme un bien commun de l’humanité, pour qu’aussitôt quelques généraux (appuyés en sous-main par des diplomates bien placés) y voient la preuve d’un complot pour l’internationalisation de la région, laissant présager l’envoi imminent des marines. Les démentis répétés des auteurs de ce genre de déclaration n’y font rien, cette fièvre obsidionale est la marque d’un manque de confiance en soi, alimentée par l’impression diffuse que le Brésil ne traite pas cette région comme elle le mérite, que défricher et brûler une forêt riche en biodiversité pour planter du soja ou élever des bovins pour le marché international n’est sans doute pas la meilleure façon de défendre la souveraineté nationale.


Diplomaties

Le corps diplomatique brésilien est d’une compétence reconnue de tous, au Brésil – où les diplomates sont parfois appelés en renfort dans des ministères moins bien gérés – et dans les cercles diplomatiques internationaux. Les diplomates sont formés par l’Institut Rio Branco, dont l’accès se fait par un concours très sélectif ; c’est la seule institution brésilienne qui ressemble à une « grande école » française. Le nom de l’Institut rend hommage à José Maria da Silva Paranhos Júnior, baron de Rio Branco, qui mena le Brésil au succès dans tous ses arbitrages frontaliers à la fin du XIXe et au début du XXe siècle, notamment celui qui fut rendu au détriment de la France en 1900, et qui fit gagner 260 000 km2 au Brésil. Le nom du ministère des Affaires Étrangères, Itamaraty, est celui du palais où il siégeait à Rio de Janeiro, du temps ou c’était la capitale du pays, il en occupe aujourd’hui un autre, l’un des plus beaux de Brasília, et dispose de tout un réseau d’ambassades et consulats dans le monde, dont beaucoup ont été créés sous les deux mandats de Lula, notamment en Afrique (carte 1).


Le Brésil et le Monde. Carte des diplomaties brésiliennes

Tous ces postes n’ont pas la même importance diplomatique, ni le même prestige, si bien que pour gérer les carrières de ses diplomates, le ministère les a classés en quatre catégories, auxquelles les diplomates peuvent postuler selon des règles précises. Les postes « A » sont les plus prestigieux : situés soit aux États-Unis, soit en Europe, c’est ce que les intéressés appellent entre eux le « circuit Elizabeth Arden », du nom d’une très chic marque de cosmétiques. Les postes « B » sont le deuxième choix : Canada, Europe périphérique, Australie, grands pays asiatiques et latino-américains, Afrique du Sud. Les postes « C » et « D », enfin, sont situés dans des pays qui intéressent peu de candidats : Afrique, Moyen-Orient, reste de l’Asie et de l’Amérique latine.

Entreprises

De nouveaux acteurs brésiliens sont de plus en plus actifs et influents sur la scène internationale, ils sont sortis de leur passivité et semblent avoir jeté aux orties les complexes d’infériorité de pays sous-développé. Bon nombre d’entrepreneurs, issus de l’agrobusiness, des mines ou du secteur manufacturier, se sont en effet lancés à l’assaut des marchés étrangers. L’influence brésilienne à l’extérieur est donc aussi portée par de véritables multinationales brésiliennes, comme l’Embraer, la Vale ou la Petrobras, mais aussi par de grosses PME qui ont su valoriser les atouts du pays et conquérir des positions dominantes dans des « niches » de marchés spécifiques.

L’Embraer (Empresa Brasileira de Aeronáutica) dispute avec son rival canadien Bombardier la position de troisième producteur d’avions civils au monde, derrière Airbus et Boeing, elle est leader mondial sur le marché des jets régionaux de passagers, entre 70 à 122 sièges. Créée le 19 août 1969 comme société de capital mixte sous contrôle de l’État, elle est née d’une initiative stratégique de l’État brésilien pour doter le pays d’une industrie aéronautique, dans le contexte des politiques de substitution aux importations.

Au départ, l’Embraer produisait principalement le Bandeirante, un robuste avion à hélices capable de se poser sur les pistes de terre de l’intérieur du pays, mais elle commença rapidement à acquérir des technologies plus sophistiquées par la fabrication de l’avion d’entraînement avancé et d’attaque au sol Xavante EMB 326, sous licence de la firme italienne Aermacchi. Le lancement de la nouvelle famille d’avions commerciaux d’Embraer 170/190, en 2004, a été la confirmation définitive de se présence sur le marché des avions d’affaires et de transport régional.

Basée à São José dos Campos, dans l’État de São Paulo, elle dispose de plusieurs unités au Brésil et à l’étranger, y compris deux joint-ventures, l’une en Chine, à Harbin, et au Portugal où elle a pris le contrôle de l’OGMA. L’Embraer est également présente en France : son siège européen est situé à Villepinte et ses installations techniques au Bourget. Celles-ci sont notamment responsables de l’entretien de la flotte de plus de 50 avions à turbopropulseurs bimoteurs EMB 121 Xingu achetés par la Marine nationale et l’Armée de l’Air française. Avec la croissance de la flotte d’avions d’affaires d’Embraer dans la région, l’unité du Bourget a commencé en 2008 l’exploitation d’un nouveau centre de service consacré exclusivement aux jets d’affaires, et a étendu ses activités à la Russie, au Royaume-Uni et à l’Europe orientale.

La Vale (anciennement connue comme CVRD, Companhia do Vale do rio Doce) est l’une des plus grandes sociétés minières du monde. D’après son site Internet, en 70 ans, elle a produit 5 milliards de tonnes de fer, soit une quantité suffisante pour construire 3 700 tours Eiffel ! Créée en 1942 par le gouvernement de Getúlio Vargas pour exploiter les mines de fer de la région d’Itabira, dans le Minas Gerais, elle est aujourd’hui une entreprise privée, cotée en bourse à Rio de Janeiro, avec des actions négociées sur les places de São Paulo, Paris, Madrid, Hong Kong et New York. C’est le plus grand producteur de minerai de fer au monde, le deuxième de nickel et elle produit également du manganèse, du cuivre, du charbon, du cobalt, des ferro-alliages et des engrais azotés et phosphatés. Présente dans treize États du Brésil et sur les cinq continents, elle possède plus de 10 000 kilomètres de voies ferrées et 9 terminaux portuaires. Au Brésil, les minerais sont exploités par des systèmes entièrement intégrés, qui associent mine, chemin de fer, usine de bouletage et terminaux maritimes. Le 24 octobre 2006, la Vale a annoncé sa fusion avec Inco, le plus grand producteur de nickel au monde. À la suite à cette fusion, le nouveau conglomérat CVRD-Inco est devenu la 31e plus grande société dans le monde, atteignant une valeur de marché de 298 milliards de Reais, devant IBM.

La Petróleo Brasileiro SA, généralement appelée Petrobras, est une société anonyme dont l’actionnaire majoritaire est l’État brésilien. Basée à Rio de Janeiro, elle opère actuellement dans 28 pays dans le secteur de l’énergie, principalement dans les domaines de l’exploration, production, raffinage, marketing et transport de pétrole et de ses dérivés. Elle a été créée le 3 octobre 1953 et ses opérations d’exploration et de production du pétrole ont été menées par la Petrobras en situation de monopole de 1954 à 1997. Elle a alors commencé à rivaliser avec d’autres entreprises nationales et étrangères lorsque le président Fernando Henrique Cardoso a permis à l’Union de passer contrat avec des sociétés privées pour les exercer. Le 21 avril 2006, le président Lula a lancé la production de la plateforme pétrolière P-50, dans le bassin de Campos qui a permis au Brésil de parvenir à l’autosuffisance en pétrole et la découverte d’énormes gisements profonds [5]. Ce qui donne au Brésil la perspective de devenir le 6e producteur mondial. L’image de la société a malheureusement ensuite été ternie par une série de scandales liés aux détournements de fonds menés (semble-t-il, les enquêtes sont en cours) par quelques-uns de ses directeurs nommés par le Parti des Travailleurs et ses alliés, qui ont bien compris que c’était là une des plus belles proies du pays : le montant total de ces « prélèvements » est estimé à 21 milliards de Reais (7 milliards d’euros).

D’autres secteurs ont rejoint ces très grosses firmes. Les exportateurs de café et de sucre sont eux aussi depuis longtemps des leaders mondiaux, c’est devenu aussi plus récemment le cas de ceux de graines, huile et tourteaux de soja et des producteurs de jus d’orange concentré (qui contrôlent 85 % du marché mondial). D’autres entrepreneurs les rejoignent, comme la JBS, la plus grande compagnie de traitement de protéines animales au monde, qui opère dans les secteurs de la viande, du cuir, du biodiesel, du collagène et des emballages. Elle est présente sur tous les continents, au total, elle compte 140 unités de production dans le monde entier et plus de 120 000 employés. La compagnie a été créée en 1953, quand José Batista Sobrinho (dont la société porte les initiales) a ouvert un abattoir à Anápolis (Goiás). En 2007 elle s’est imposée comme la première société au monde dans le secteur du bœuf avec l’acquisition de Swift & Company aux États-Unis et en Australie. Avec cette nouvelle acquisition, elle est entrée sur le marché du porc, devenant à la fin de l’année le troisième producteur et transformateur de ce type de viande aux États-Unis.


2.  Soft Power

Le Brésil est un bon exemple de ce qu’on appelle le soft power, l’influence exercée par des moyens autres que le hard power économique et militaire. Il s’affirme par sa culture, qui va de la musique (notamment la bossa nova), au sport (futebol en tête) en passant par le succès mondial de ses telenovelas (quoiqu’on pense de la qualité intrinsèque de ces interminables mélodrames télévisés). Ces produits et images culturelles sont véhiculés par les services officiels de promotion de l’image du Brésil, mais aussi et même plus par des entreprises comme la Globo, le principal groupe médiatique du pays, ainsi que par les Brésiliens eux-mêmes (voyageurs, expatriés, boursiers, touristes, etc.), qui voyagent plus que naguère.

Une autre manifestation de ce soft power – où l’action de l’État a été déterminante, en l’espèce les ministères des Affaires étrangères, de l’Éducation et de la Culture – a été la place prise par le Brésil dans la lusophonie, l’ensemble des pays de langue portugaise, qui a plus de locuteurs dans le monde que le français, même si c’est dans un nombre moindre de pays. Le cadre dans lequel s’est inscrit l’action du Brésil est la CPLP (Comunidade dos Países de Língua Portuguesa), qui comprend l’Angola, le Brésil, le Cap-Vert, la Guinée-Bissau, le Mozambique, le Portugal et São Tomé-et-Príncipe. Elle a été créée en juillet 1996, lors de la 1re Conférence des chefs d’État et de gouvernement des pays de langue portugaise, à Lisbonne, et rejointe ultérieurement par le Timor oriental après son indépendance, en 2002.

Un autre aspects de ce soft power brésilien est le rayonnement de ses universités, pour lequel on dispose d’un instrument de mesure, car malgré les polémiques qui ont entouré l’utilisation du classement dit « de Shanghai » [6], celui-ci a fini par s’imposer, au moins pour la recherche. Après avoir examiné les résultats des classifications qui se veulent ses concurrentes [7], on ne peut qu’être frappé par leur convergence, par le fait que les images que l’on peut construire en reportant – sans a priori – leurs résultats sur des cartes sont relativement semblables, à quelques détails près, à celle de ce classement souvent contesté. L’analyse montre qu’une nouvelle génération de régions et de pays « émergents » – dont le Brésil – se fraie un chemin jusqu’au groupe de tête, ce qui annonce peut-être de futurs rééquilibrages. On ne peut que le souhaiter car, dans ce domaine comme dans bien d’autres, les efforts tendant vers la variété, le pluralisme et le polycentrisme sont bienvenus.

Enfin, et malgré la déception de la Coupe du Monde 2014 (beaucoup de Brésiliens imaginaient pouvoir gagner facilement, à domicile, un 6e titre mondial), dans un domaine au moins la supériorité du Brésil n’est pas contestée, le  futebol , comme en témoignent ses exportations de joueurs dans le monde entier. Près d’un millier d’entre eux ont rejoint des clubs de 80 pays du monde entier. Celui qui en a accueilli le plus est le Portugal, pour des raisons linguistiques évidentes, mais on en a vu aussi partir au Japon, en Corée ou vers des pays plus exotiques pour des Brésiliens (d’autant que la plupart des joueurs sont d’origine populaire et bien peu préparés à la vie à l’étranger) : en Indonésie, au Vietnam, en Chine, en Azerbaïdjan, en Finlande, etc. On notera que leur nombre a diminué dans les pays voisins, en Corée du Sud et au Japon, mais qu’il a au contraire augmenté particulièrement vite en Afrique du Sud, dans les pays du Golfe et surtout en Europe orientale, pays dont le rôle international s’est affirmé dans ces années : même dans ce domaine ludique (mais qui est aussi et de plus en plus un business) il est clair que la position du Brésil dans la mondialisation se renforce.


Carte des exportations de joueurs de futebol brésiliens


3. Le Brésil et ses voisins

Dans les conversations courantes, les Brésiliens ont tendance à parler des autres pays du continent latino-américain de la même manière que les Britanniques parlent de l’Europe : avec pour le moins une certaine distance. Et ils semblent surpris – un instant – quand on leur rappelle qu’ils sont censés faire partie de l’Amérique latine... Les journaux et bon nombre de discours officiels font de même, et les efforts récents d’intégration n’en sont que plus remarquables, on constate par exemple une floraison de cours d’espagnol dans les écoles (privées) de langue, qui ont relégué le français au rang de troisième langue étrangère.

Du côté des relations avec le grand frère du nord, le projet de l’ALCA (un vaste espace de libre-échange de l’Alaska à la Terre de Feu) a été enterré. Les États-Unis n’ont guère insisté, ils ont d’autres soucis et jouent plutôt les politiques bilatérales avec chacun des pays, les négociations portant principalement sur le commerce et la levée des protections douanières, dans les deux sens. Une nouveauté des dix premières années de ce siècle était que le Brésil, terre traditionnelle d’immigration, commençait à connaître une émigration vers les États-Unis, d’où les immigrants – souvent clandestins – envoyaient de l’argent à la famille restée au pays, tout comme leurs voisins hispanophones. Plus de 3 millions de Brésiliens vivaient en 2012 hors du pays, dont 1 million aux États-Unis, quatre à cinq fois plus que les chiffres du recensement officiel. Néanmoins, au cours des dernières années, le flux semble s’être inversé, beaucoup de migrants ont été effrayés par les mesures prises contre les clandestins et la crise des subprimes de 2008 a fait perdre à bon nombre d’entre eux logement, économies, et confiance dans l’avenir d’un pays que ne fait plus autant rêver depuis que le Brésil a lui-même grandement amélioré sa situation.

Avec les voisins immédiats la méfiance existe aussi, en sens inverse. Un ministre péruvien en visite confiait à un journaliste qu’il admirait le Brésil mais se sentait avec lui comme une souris qui dort dans le même lit qu’un éléphant : même si les relations sont bonnes si la grosse bête bouge un tant soit peu les conséquences peuvent être fatales... De fait, depuis que le Brésil existe, ses pionniers ont porté leur volonté de conquête au-delà de ses frontières reconnues, et jusqu’au début du XXe siècle, ses diplomates ont toujours fait reconnaître juridiquement le fait acquis. Le mouvement se poursuit aujourd’hui, sans volonté d’expansion territoriale toutefois, mais avec d’autres moyens et sur une autre échelle, le poids économique que le pays a atteint depuis trente ans offrant de nouveaux moyens de pression. Désormais le Brésil vise plus haut, et tend à se positionner en chef de file du continent.


Hermanos ou satellites ?

L’influence brésilienne sur ses voisins et hermanos [8] s’accentue constamment. En Bolivie, le point d’appui brésilien est la riche région de Santa Cruz, dont le développement récent a été rapide, avec la découverte du pétrole, du gaz, l’essor de la production de sucre, de soja, de riz et de coton. Sans appuyer ouvertement les aspirations séparatistes de la province, les Brésiliens lui ont offert des débouchés et des moyens de transport qui évitent le franchissement des Andes (route, chemin de fer, zone franche à Santos), détachant de plus en plus cette zone stratégique de son cadre national. L’accession au pouvoir d’Evo Morales (en 2005), dont les appuis politiques sont essentiellement situés dans la partie andine du pays, a exacerbé les oppositions régionales et lié encore davantage les basses plaines du Brésil. Au Paraguay, la construction du « pont de l’Amitié », de la route Asunción-Paranaguá et l’offre de facilités fiscales et douanières ont le même sens, et tendent à reporter l’ensemble du commerce paraguayen du fleuve – et donc de l’Argentine – vers la route et le Brésil.

L’influence brésilienne s’accroît donc nettement, tant sur le plan diplomatique que sur celui des relations économiques. Il y a à cela plusieurs raisons. D’une part, le Brésil a besoin de matières premières et de marchés : intéressé par le pétrole vénézuélien, équatorien et péruvien, le charbon colombien, le cuivre chilien, il les paie avec ses ventes de véhicules, d’électroménager, de produits agro-industriels que l’on trouve désormais sur tout le continent. D’autre part, cette expansion, dont l’économie donne les moyens, correspond aux doctrines géopolitiques professées par les militaires brésiliens, notamment le général Golbery do Couto et Silva, longtemps l’éminence grise du régime militaire. Ses écrits des années 1950 soulignaient déjà l’importance stratégique de la région de Santa Cruz et du bassin de la Plata, et dans sa pensée le « destin manifeste » du Brésil était de contrôler tout le continent en échange d’un appui inconditionnel à la politique extérieure des États-Unis et de l’ouverture de l’économie à leurs capitaux. De ce point de vue, le programme tracé se réalise, mais pour le compte du Brésil, dont la dépendance géopolitique vis-à-vis des États-Unis a beaucoup décliné avec la fin de la Guerre froide.

L’intégration du continent a par ailleurs progressé. L’Argentine, le Brésil, le Paraguay et l’Uruguay ont signé le 26 mars 1991, le Traité d’Asunción, afin de créer le Marché commun du Sud (Mercosur en espagnol, Mercosul en portugais). Celui-ci a permis un net accroissement des flux commerciaux entre ses partenaires, leurs échanges sont passés de 4,1 milliards de dollars en 1990 à 105 en 2011. Il avait suscité de grands espoirs : on avait pensé que la conjoncture politique qui a mis aux commandes, dans trois des quatre pays, des présidents aux orientations politiques proches, faciliterait de nouvelles avancées, mais il n’en a rien été. Avec l’Argentine, le partenaire principal, les fluctuations de change ont pénalisé tour à tour les agricultures et les industries des deux pays et créé des tensions fortes entre eux. Leurs relations politiques ressemblent à celle qui les unit – ou les oppose – dans un domaine sensible pour tous deux, le football : amitié et rivalité à la fois, compétition loyale mais où le nationalisme affleure vite.

Quelques progrès ont été faits dans le sens d’un élargissement du Mercosul. La Bolivie (en 1996), le Chili (en 1996), le Pérou (en 2003), la Colombie et l’Équateur (en 2004) sont ainsi devenus États associés. Sans avoir ce statut le Guyana et le Suriname sont commencé, en 2012, à participer aux réunions du Mercosul. En 2012, également, le Mercosul a connu sa première expansion depuis sa création, avec l’entrée du Venezuela, lors du Sommet extraordinaire des chefs d’État de Brasília. Avec l’adhésion, selon le ministère brésilien des Affaires étrangères, le bloc a pris une nouvelle position stratégique, car il s’étend maintenant des Caraïbes à l’extrême sud du continent, ce qui lui donne une nouvelle centralité économique, territoriale et politique. Il a maintenant une population de 270 millions d’habitants (70 % de la population de l’Amérique du Sud), un PIB de 3 300 milliards de dollars (83,2 % du PIB sud-américain) et un territoire de 12 700 000 km² (72 % de la superficie de l’Amérique du Sud).


L’Amazonie, au cœur de l’Amérique du Sud

Calmer les inquiétudes des voisins étaient parmi les principales raisons de l’offensive diplomatique brésilienne en Amazonie, qui a abouti à la signature du « Pacte amazonien ». Assistant à la poussée brésilienne (ouverture de routes, colonisation agricole, mise en valeur minière), les pays hispanophones voisins avaient donné des signes de préoccupation, dont le plus net avait été le refus de prolonger au-delà de leur frontière les nouvelles routes brésiliennes. À partir de 1973, l’Itamaraty entreprit de les rassurer en les associant au projet d’une action commune. Il présenta au Pérou, au Venezuela, à la Bolivie, à l’Équateur et à la Colombie le projet d’un organisme multinational commun chargé d’une intégration frontalière fondée sur le développement économique et social des régions frontalières, jusque-là pratiquement désertes. Le changement de régime au Pérou, conduisant au pouvoir des militaires idéologiquement proches de leurs homologues brésiliens, facilita le rapprochement, et après diverses réticences, la première réunion du Pacte eut lieu en décembre 1977. On n’est pas allé beaucoup plus loin, notamment parce que le Pérou et la Bolivie ont longtemps rejeté l’idée d’« intégration physique » des régions frontalières contenue dans le texte, mais le but visé était atteint : bien que rien n’ait été réalisé pendant des décennies, l’initiative du Brésil avait été acceptée et un texte liait, autour de lui, pratiquement tous les pays du continent, isolant ainsi l’Argentine, le rival traditionnel. En 2003, comme le prévoyaient les textes fondateurs, le secrétariat du traité, jusque-là périodiquement transféré d’une capitale à l’autre, a été fixé définitivement fixé au Brésil, à Brasília (avec la condition expresse que son secrétaire exécutif ne soit pas un Brésilien), et une nouvelle structure a été créée, l’Organisation du traité de coopération amazonienne (OTCA).


Le Brésil et ses voisins

4. Le Brésil entre Occident, Brics et Afrique

Au-delà de ces voisinages commence la politique vraiment étrangère du Brésil, vis-à-vis des pays anciennement industrialisés, notamment de l’Europe, des autres pays émergents et du reste du monde, notamment l’Afrique, un continent avec lequel il des liens anciens et où il affiche de nouvelles ambitions. Dans quel groupe de pays se situe-t-il ? Il fait sûrement partie des pays occidentaux, du monde culturel issu de l’Europe. Mais c’est aussi « le B de BRIC » et a de nouvelles ambitions en Afrique. Au fond, qui sont les vrais partenaires et les vrais alliés du Brésil ?


Un « Extrême-Occident »


Le Brésil fait partie du monde occidental, à tout point de vue, par ses héritages culturels, sa langue, sa ou ses religions dominantes (catholique et protestantes), par le Droit qu’il applique, issu de l’héritage romain et du code Napoléon. Bien des entrepreneurs qui ont choisi de travailler avec la Chine, l’Inde et le Brésil confient que c’est avec ce dernier que l’on peut réellement travailler, malgré les difficultés de toute sorte qu’on peut y rencontrer (dont la bureaucratie tatillonne héritée des Portugais), parce que l’on se comprend entre gens issus du même monde culturel, et ne serait-ce que parce que la parole donnée, le contrat signé, y ont une valeur qu’ils n’ont pas dans les deux autres pays.

Après trois siècles (1500-1822) de colonisation portugaise, plusieurs vagues successives d’immigration européenne ont contribué, au XIXe siècle, à peupler le pays, encore en provenance du Portugal, mais aussi d’Allemagne, d’Italie, de Pologne et d’Ukraine. L’influence idéologique du libéralisme britannique et du positivisme français ont largement contribué à former les élites brésiliennes, et l’héritage de la Révolution française a eu un rôle déterminant dans la chute de l’Empire et la proclamation de la République, en 1889.

Au-delà des relations bilatérales avec ses États-membres, celles que le Brésil a nouées avec l’Union européenne sont plus ambigües. Le Brésil a été le premier pays latino-américain à établir des relations diplomatiques mais il laisse – très diplomatiquement – filtrer des critiques feutrées envers l’Union, en raison des divergences de vues entre les deux parties. Les préoccupations brésiliennes concernent les politiques vis-à-vis des immigrés mises en œuvre par les gouvernements européens, soulignant que « racisme et démocratie sont incompatibles ». Les diplomates brésiliens ont en outre mentionné à plusieurs reprises le protectionnisme et les subventions agricoles des pays du Nord, en montrant l’effet dévastateur de ces attitudes conservatrices sur l’économie des pays en développement. Par ailleurs, les négociations entre l’Union européenne et le Mercosul concernant un accord d’association et la libéralisation des échanges sont toujours en suspens.


Le « B » de BRICS et l’Afrique

Le terme « BRICS » a été inventé par l’économiste en chef de Goldman Sachs, Jim O’Neill, dans une étude de 2001 intitulée – sous forme de jeu de mots – « Building Better Global Economic BRICS ». En 2006, le concept a donné naissance à un groupe politique et été incorporé à la politique étrangère intégrée du Brésil, de la Russie, de l’Inde et de la Chine [9]. En 2011, à l’occasion de son troisième Sommet, l’Afrique du Sud est entrée dans le groupe, qui a adopté alors l’acronyme BRICS.

Le poids économique des BRICS est considérable : entre 2003 et 2007, la croissance des quatre pays a représenté 65 % de la croissance du PIB mondial. En parité de pouvoir d’achat, le PIB des BRICS dépasse aujourd’hui celui des États-Unis ou de l’Union européenne. Pour donner une idée du rythme de la croissance dans ces pays, en 2003, les BRIC représentaient 9% du PIB mondial, et en 2011 ce chiffre est passé à 19 %. En 2010, le PIB combiné des cinq pays (y compris l’Afrique du Sud) s’élevait à 11 000 milliards de dollars, ou 18 % de l’économie mondiale. Les partenaires du groupe sont aujourd’hui le point de mire du Brésil. Le souci principal est la Chine, car l’économie brésilienne souffre de la concurrence chinoise dans de nombreux secteurs, comme le textile, qui a déjà perdu plus de 250 000 emplois dans les dernières années. Les espoirs des premières années du gouvernement Lula, qui était revenu de son premier voyage en Chine ravi des perspectives de collaboration, ont été déçus, comme l’ont été avant lui ceux de tant de chefs d´État en visite dans l’Empire du Milieu. Les matières premières représentent plus des trois quarts des exportations brésiliennes vers la Chine, alors que du côté chinois plus de 95 % sont des produits manufacturés. C’est donc un bras de fer qui est engagé entre les deux pays, la Chine ne voulant par exemple acheter que du soja en grain, et pas de la viande, ni même des tourteaux de soja.

D’autres déceptions sont venues de la politique africaine, à laquelle Lula tenait tout particulièrement, au point d’avoir fait dix voyages en Afrique, dans 25 des pays du continent, durant ces huit ans. C’était cohérent avec sa politique d’ouverture au Sud, et avec la volonté de reprendre l’héritage du Portugal en Angola, au Mozambique et en Guinée-Bissau. Les résultats de tous ces voyages ont pourtant été décevants et des voix discordantes ont fait remarquer qu’à trop vouloir se placer en Afrique – dont le PIB ne représente que 1 % de celui de la planète – le Brésil perdait des parts de marchés dans des pays qui comptent davantage pour lui, en Amérique du Nord, en Europe et en Asie.

Il est vrai que son but n’était pas uniquement économique, le Brésil venant aussi chercher en Afrique une partie de lui-même, de son passé, de sa mémoire. Un véritable plan de rapprochement et de développement de la coopération avec des pays africains a été mis en œuvre sous les deux mandats présidentiels de Lula, avec la construction de 19 ambassades, ce qui fait que la moitié des ambassades brésiliennes sont aujourd’hui situées en Afrique. La politique étrangère a servi de point d’appui à une politique d’intégration des « afro-brésiliens » » dans la société et dans les représentations collectives nationales, l’enseignement de l’histoire et de la culture afro-brésilienne a été rendu obligatoire dans les écoles fédérales.

Dilma Rousseff n’a pas manifesté le même enthousiasme pour l’Afrique, même si elle s’est rendu en Guinée équatoriale à l’occasion du 3e Sommet de l’ASA, tenu a Malabo en février 2013, où étaient présents les représentants de 54 États africains. Les liens commerciaux et les fonds de coopération demeurent mais Brasilia souhaite concentrer les fonds pour plus d’efficacité. Dans le même temps le Brésil perd en prestige sur le continent. La stratégie de Lula était d’implanter des entreprises phares du Brésil en Afrique dans le cadre d’une coopération économique aux bénéfices mutuels, mais malheureusement quelques entreprises brésiliennes ont eu des déboires suite à une mauvaise gestion de l’implantation de certaines d’entre elles. C’est le cas de la Vale, fleuron de l’économie brésilienne, qui a eu de sérieux problèmes au Mozambique : délogés pour l’installation d’une mine de charbon, des habitants se sont plaint la basse fertilité des sols sur lesquels ils ont été relogés. En Guinée, la Vale est accusée d’avoir participé à la répression d’une manifestation faisant six morts.


Conclusion

« Le Brésil n’est pas un pays pour débutants [10]. » : cette phrase souvent citée du musicien et « père » de la bossa-nova, Tom Jobim, affirme de façon ironique que le Brésil est plein de complexités, pas toujours apparentes à première vue, qui peuvent révéler des pièges pour les néophytes (ou des étrangers sans méfiance) et ne tolère pas les analyses simplistes. C’est notamment vrai pour les observateurs brésiliens, qui doivent prendre conscience que leur pays va devoir se donner les moyens d’assumer sa nouvelle place géopolitique dans le monde, mais cela l’est aussi pour le reste du monde, qui doit apprendre à mieux l’y situer, au-delà des clichés anciens et nouveaux.

Le Brésil dans le monde

Le Brésil peut en effet jouer sur deux tableaux, voire trois, en mettant l’accent tantôt sur l’un, tantôt sur l’autre. D’un côté, il tente de maximiser ses avantages, notamment de grand producteur de produits agricoles et de biocarburants, de minimiser ses fragilités, principalement sa dépendance technologique et financière. De l’autre, certains secteurs de l’État et plus encore des ONG sollicitent l’aide – voire la charité – internationale pour des populations pauvres, Indiens ou habitants des favelas. Enfin, d’autres secteurs du même État, notamment ses diplomates, tentent d’animer des dynamiques de recomposition des équilibres mondiaux et d’améliorer la positions du Brésil par rapport aux autres pays, en tenant des discours différents aux pays plus développés d’un côté, aux pays pauvres de l’autre, en jouant de sa situation intermédiaire.

Cette ambivalence est bien apparue dans les grandes réunions internationales où le Brésil se voit et agit comme un des chefs de file des revendications des pays du sud. Ce fut notamment le cas à la réunion de l’OMC à Cancún, en 2003, où il a largement contribué à bloquer la réunion en organisant la résistance des pays du Sud et à empêcher un accord qui semblait acquis. Il n’y a malheureusement guère eu de suites, ni lors du naufrage de la négociation de Doha, ni dans les autres forums internationaux, ni dans des initiatives sur la lutte contre la faim, un temps appuyée par Lula et Jacques Chirac. Les pays partenaires ont fait remarquer – avec l’exquise politesse des diplomates – que le Brésil devrait peut-être méditer sur l’échec de son programme Fome Zero (« Zéro faim », inclus sans gloire et sans bruit dans les programmes d’assistance existants) avant de donner des leçons au reste du monde...

Dans le même temps, le Brésil revendique, comme puissance émergente, un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU. Il n’a pas obtenu grands succès de ce côté, ses démarches sont contrariées par les ambitions et les contre-manœuvres de son voisin argentin, ou encore du Mexique. Il est peu probable qu’elles aboutissent, le Brésil ne peut guère prétendre réussir là où l’Allemagne ou le Japon ont échoué. Les efforts faits pour placer des Brésiliens à la tête de grands organismes internationaux ont également fait long feu, en partie faute de recueillir l’accord de ses voisins, qui sont aussi ses concurrents. Les deux exceptions notables ont été l’élection de l’initiateur du programme Fome Zero déjà cité, José Graziano, à la tête de la FAO en juin 2011 et de Roberto Azevedo à l’OMC en mai 2013 (où il représentait le Brésil depuis 2008).

Ces revers dans la diplomatie multilatérale, malgré l’effort consenti en envoyant des troupes pour maintenir l’ordre en Haïti (et ainsi payer son ticket d’accès au rang des pays qui comptent dans les relations internationales), illustrent bien la position ambiguë du Brésil, pays émergent, situé à la fois dans le peloton de tête des grandes économies mondiales et encore pays sous-développé par bien des aspects. Le Brésil a acquis un poids spécifique considérable, par sa population (202,8 millions d’habitants), par la puissance de son agro-industrie et de son appareil industriel sans équivalent dans l’hémisphère sud, par son rayonnement culturel et sportif. Mais il n’a pas encore trouvé sa place : ni dans la cour des grands, où il pèse peu, ni comme leader des petits, ou les plus pauvres le trouvent trop gros, et où les autres pays émergents jouent leur propre jeu, chacun pour soi.

Copyright Septembre 2015-Théry/Diploweb.com


[1] Le « complexe du corniaud », le vira-lata est un chien de race indéfinie qui se nourrit souvent en renversant les poubelles, virando latas.

[2] Cette humiliation est rappelée par une salle du Musée du football de São Paulo, voir "Un musée du futebol et de son contexte", http://braises.hypotheses.org/701

[3] Hervé Théry, « Le Brésil dans la mondialisation : commerce extérieur, flux aériens et exportation de joueurs de football », Diploweb.com, 2011, http://www.diploweb.com/Bresil-dans...

[4] Les analyses qui suivent sont tirées de divers passage de mon ouvrage Le Brésil, pays émergé, collection Perspectives géopolitiques, Armand Colin, 2014, 304 p.

[5] À plus de 200 kilomètres des côtes, sous 2 000 mètres et 5 000 mètres de sédiments et une épaisse couche de sel, d’où son nom de pre-sal.

[6] Dont le nom officiel est ARWU (Academic Ranking of World Universities) Depuis 2003, l’Institute of Higher Education de la Shanghai Jiao Tong University classe annuellement les principales universités mondiales en fonction de leurs résultats de recherche, avec pour seule ambition de produire un classement « fondé sur des données internationalement comparables et que chacun pourrait vérifier ».

[7] Hervé Théry, « Palmarès des Universités mondiales, “Shanghai” et les autres », M@ppemonde N° 96 (4-2009),

[8] "Frères" en espagnols, c’est le mot que les Brésiliens utilisent pour désigner leurs voisins hispanophones, parfois non sans une certaine ironie.

[9] . www.itamaraty.gov.br/temas/m...

[10] . « O Brasil não é para principiantes. »


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Dim 13 Déc - 11:44



Haïti : Plus de 200.000 enfants exploités comme domestiques 13/12/2015

Plus de 200.000 enfants haïtiens de moins de 15 ans, séparés de leurs parents biologiques, travaillent dans des conditions inacceptables révèle une étude menée par une vingtaine d'organisations nationales et internationales sous la direction du ministère des Affaires sociales.

>>Les Haïtiens élisent leurs représentants, un défi logistique et sécuritaire
>>Haiti : démission du Premier ministre Laurent Lamothe


"Ce chiffre de 207.000 enfants est insupportable", affirme Ariel Henry. "C'est une problématique complexe qui fait appel à des habitudes culturelles et changer les mentalités ne se fait pas à coup de décret", a reconnu le 11 décembre le ministre haïtien des Affaires sociales et du Travail.


Des enfants jouent le 28 mai à Port-au-Prince (Haïti). Photo : AFP/VNA/CVN

Citation :
Le phénomène des enfants en domesticité, les "restaveks" (mot créole qualifiant ces jeunes "qui restent avec" une famille autre que la leur), est une solidarité traditionnelle en Haïti où les parents les plus pauvres, majoritairement vivant en zone rurale, placent leurs enfants chez un proche ou un tiers dans l'espoir qu'ils aient de meilleures conditions de vie et notamment accès à l'éducation.

Ainsi, un enfant haïtien sur quatre ne vit pas avec ses parents biologiques. Si beaucoup de jeunes bénéficient réellement d'un meilleur environnement de vie, trop se retrouvent abusés, devenus domestiques du foyer d'accueil dans des conditions analogues à l'esclavage.

Les conventions internationales et le droit haïtien fixent à 15 ans l'âge minimum d'accès à l'emploi et à 14 heures hebdomadaires la limite acceptable qu'un enfant passe à effectuer des tâches ménagères dans son foyer.

Mais l'étude publiée le 11 décembre montre que parmi les 207.000 mineurs exploités (âgés de moins de 15 ans et travaillant plus de 14 heures par semaine), 24% travaillent même parfois la nuit.

Au-delà des peines physiques et de la charge de travail empêchant l'enfant de suivre sa scolarité, les autorités et partenaires internationaux s'inquiètent des souffrances psychologiques vécues par ces enfants.

"Les violations des droits de l'enfant arrivent avant même que l'enfant ne commence à travailler", explique Inah Kaloga, responsable de la protection de l'enfance à l'UNICEF. "La séparation est un premier choc qui est suivi d'un deuxième qui est la différence de traitement avec les enfants de la famille d'accueil. Et la situation peut se détériorer avec des brimades et des châtiments corporels", s'alarme-t-elle.

Faire condamner ces abus est le crédo de la directrice de l'Institut du bien-être social et de recherches (IBESR), l'administration nationale en charge de la protection de l'enfance.

"Ces enfants sont exploités par des citoyens haïtiens qui ont l'impression d'aider", s'insurge Arielle Jeanty Villedrouin. "Nous devons tous nous révolter car c'est une perte non seulement pour l'enfant mais pour la société toute entière", affirme la directrice de l'IBESR.

L'éradication du travail des enfants est un défi de taille pour Haïti car près de 60% des habitants vivent sous le seuil de pauvreté, avec moins de 2.44 dollars par jour.


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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Jeu 17 Déc - 5:58

Quatre ans après sa mise en place, l’Argentine lève le contrôle des changes
Le Monde.fr avec AFP | 17.12.2015

Le nouveau gouvernement argentin a annoncé mercredi 16 décembre la levée du contrôle des changes, mesure introduite en 2011. Cette décision met fin à un casse-tête pour les entreprises désirant importer et les particuliers souhaitant épargner. Le nouveau président de centre-droit, Mauricio Macri, qui a succédé le 10 décembre à Cristina Kirchner au pouvoir depuis 2007, en avait fait une promesse de campagne. « Nous allons faire ce que nous avons dit que nous allions faire : normaliser l’économie », a déclaré le ministre argentin du budget et des finances, Alfonso Prat-Gay.


Devant un bureau de change, dans le centre de Buenos Aires, le 16 décembre
EITAN ABRAMOVICH / AFP

Citation :
La mesure permet le rétablissement d’un taux de change libre entre le dollar et le peso. Elle devrait entraîner une dévaluation de la devise argentine, a reconnu le ministre. Le gouvernement précédent soutenait sa monnaie. L’ancienne cheffe de l’Etat avait imposé ce dispositif il y a quatre ans, afin de freiner une fuite des devises affaiblissant les réserves de la Banque centrale de la république argentine (BCRA).

Economie en panne

Ayant perdu confiance dans le système bancaire en raison de l’inflation récurrente et du gel de leurs comptes en dollars pendant la crise économique de 2001, les Argentins cherchaient à épargner en dollars à l’étranger ou à se procurer des billets verts pour les échanger au marché noir. Depuis 2011, le contrôle des changes a provoqué l’émergence d’un taux de change parallèle : le dollar vaut près de 10 pesos au taux officiel, mais près de 15 pesos, soit 50 % de plus, sur le marché souterrain.

Le contrôle des changes obligeait les particuliers voyageant à l’étranger à acheter des devises au marché noir. Les entreprises étaient limitées dans leurs importations, par exemple pour des pièces détachées dans le secteur automobile, la machinerie industrielle, le matériel médical ou électronique. Jusqu’ici, les biens importés étaient ensuite lourdement taxés par le pays sud-américain. L’objectif pour le nouveau gouvernement est de relancer les exportations et d’afficher des mesures rassurantes pour attirer des investissements étrangers, afin de renflouer les réserves monétaires de devises, passées de 30 à 25 milliards de dollars en quelques mois.

La mesure a été décidée alors que l’économie du pays est en panne, avec une inflation supérieure à 25 % cette année. Pour 2016, une inflation supérieure à 35 % est attendue en cas de dévaluation du peso argentin, ce qui semble inéluctable, la correction du taux de change faisant généralement bondir les prix.

Plus d’orthodoxie économique

Durant sa campagne, le président Macri a également promis plus d’orthodoxie économique, après la gestion de Nestor et Cristina Kirchner, qui se sont éloignés des institutions financières internationales. Parmi les décisions symboliques prises depuis le 10 décembre, l’Argentine s’est engagée à communiquer ses statistiques de manière transparente et fiable, après des années de manipulations de ses indicateurs économiques, qui minimisaient notamment l’inflation.

Le ministre du Budget et des Finances, Alfonso Prat-Gay, a par ailleurs assuré que des émissaires argentins se rendraient à New York pour reprendre le dialogue et trouver une issue négociée au conflit opposant depuis 10 ans Buenos Aires et des fonds « vautours », ayant systématiquement refusé toute restructuration de dette, acceptée par 93 % des créanciers.




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MessageSujet: Re: AMÉRIQUES latine, centrale et caraïbe : histoire et présent paradigmatiques ?   Jeu 17 Déc - 9:42


il peut sembler surprenant que j'importe ici nombre de textes de WSWS, 4ème Internationale ("trotskiste"), puisque je ne m'inscris en rien dans sa vision programmatiste. Je reconnais à certains des auteurs qui s'expriment sur ce site (à vrai dire plutôt des anglo-saxons ou des allemands) d'avoir indiscutablement un point ce vue de classe, même si leurs analyses me semblent pécher par politicisme, focalisées souvent sur des critiques de parti à parti ou de tendance à tendance, et si la chute normative de rigueur dans la construction du grand parti internationale qui garantira « l'indépendance politique de la classe ouvrière » me laisse plus que dubitatif...

je leur reconnais d'avoir bien mieux tenu la route dans tout ce qui concerne la « guerre au terrorisme », en comparaison de l'effondrement transclassiste du NPA en France dans l'idéologie française , « guerre au terrorisme » critiquée du bout de leurs lèvres gauchistes,

et que dire du silence assourdissant de tout le milieu post-ultragauche et de la théorie de la communisation, pris dans les contradictions d'un théoricisme regardant passer les trains de la lutte de classe, depuis une composition sociale de couches moyennes intellectuelles manifestement peu concernées par la situation du prolétariat mondial réel, et encore moins celle du prolétariat "racisé" particulièrement arabo-musulman en France, sans parler de l'incapacité chez un bon nombre à auto-analyser et déconstruire leurs errements sionistes, identitaires et commautaristes militants, "sioniste" dans tous les sens historiques du terme, mais fort éloignés de ses branches les mieux inspirées par le combat communiste et anti-nazi, comme je l'ai rencontré toute ma vie chez mes amis et camarades juifs issus de ces milieux-là

il n'est donc pas étonnant que le premier texte ait fait, comme l'explique le second dessous, l'objet de critiques




Les élections vénézuéliennes et l'impasse du «virage à gauche» latino-américain Bill Van Auken 17 décembre 2015

La défaite cuisante encaissée par le Parti socialiste uni du Venezuela (PSUV), le parti au pouvoir du président Nicolas Maduro, lors des élections législatives de dimanche dernier s'inscrit dans la crise des gouvernements bourgeois «de gauche» qui se développe partout en Amérique latine.

Bill Van Auken a écrit:
Les résultats électoraux ont donné à la coalition d'opposition de droite connue sous le nom de Table ronde de l'unité démocratique (MUD) les deux tiers des sièges dans un parlement qui était auparavant aisément contrôlé par le parti au pouvoir de Maduro et de feu Hugo Chavez depuis les 16 dernières années.

Cette majorité écrasante habilite l'appareil législatif à abroger les lois et même à lancer une élection de destitution ou encore de voter un amendement constitutionnel pour couper court au mandat de Maduro. Le législatif a la possibilité de remplir par des moyens apparemment constitutionnels l'objectif de changement de régime visé par Washington et ses alliés vénézuéliens qu'il finance avec des méthodes allant de la tentative de coup d'État soutenu par la CIA en 2002 à la vague de violence dans les rues déclenchée dans le sillage de la victoire à l'arraché de Maduro aux élections de 2013.

La défaite des Chavistas au Venezuela survient immédiatement après l'éviction des péronistes du pouvoir en Argentine où le candidat de droite Mauricio Macri a prêté serment en tant que président mercredi dernier. Cette victoire de Macri vient mettre un terme à la douzaine d'années du régime de la présidente Cristina Fernandez Kirchner et de son défunt mari, Nestor Kirchner, qui se présentait comme une variante «de gauche» du péronisme.

Pendant ce temps, au Brésil, le Parti des travailleurs (PT) de la présidente Dilma Rousseff a vu sa cote de popularité chuter sous les 10 pour cent, alors que celle-ci fait face à une procédure de destitution du Congrès et que son gouvernement demeure empêtré dans un scandale de corruption de plusieurs milliards de dollars entourant le géant pétrolier Petrobras, la plus grande société d'Amérique latine.

Bien qu'il existe indéniablement des différences importantes dans les origines historiques et les trajectoires politiques de ces trois gouvernements, ils partagent néanmoins certaines caractéristiques essentielles. Tous en effet font partie du phénomène que l'on a appelé le «virage à gauche» latino-américain qui a eu lieu au tournant du millénaire.

Derrière ce tournant, il y a un certain nombre de développements. Les politiques de libre marché des années 1990 appelées «consensus de Washington» qui comprenaient une vague déferlante de privatisations et la destruction de tout obstacle à la pénétration du capitalisme étranger ont créé des conditions de polarisation sociale intense et un appauvrissement massif qui menaçaient l'ordre social.

Parallèlement, la montée de l'économie chinoise et l'augmentation constante des prix des matières premières et autres produits qui sont le fondement de l'économie de ces trois pays ont créé des conditions économiques permettant qu'une partie des recettes provenant de l'exportation accrue puissent être utilisées pour financer des programmes sociaux. Cela a également permis aux gouvernements d'Amérique latine d'affirmer un plus grand degré d'indépendance face à l'impérialisme américain et à son hégémonie continentale en déclin, tout en adoptant une posture nationaliste de gauche.

Derrière la crise actuelle des gouvernements qui sont apparus lors du «virage à gauche», il y a un changement radical des conditions économiques produit par l'aggravation de la crise du capitalisme mondial, la décélération de la croissance en Chine et une baisse rapide des prix des produits de base.

Le Venezuela a vu le prix du pétrole chuter, passant de plus de 100 $ le baril au prix le plus bas en sept ans de 30 $. Or, le pétrole représente 90 pour cent des recettes d'exportation du pays. Par ailleurs, l'inflation dépasse les 100 pour cent – le taux le plus élevé dans le monde – et la population est confrontée à des pénuries généralisées des produits alimentaires et autres nécessités.

Le Brésil fait face à sa pire crise économique depuis la Grande Dépression des années 1930, enregistrant une contraction économique de 4,5 pour cent au cours de la dernière année, une inflation dépassant les 10 pour cent et environ 1,5 million de mises à pied. Il en va de même pour l'Argentine qui est confrontée à une contraction économique et 30 pour cent d'inflation.

Cette crise a déjà produit des résultats ahurissants dans tout l'hémisphère. Selon l'Organisation de coopération et de développement économiques, les inégalités dans la région ont commencé à augmenter fortement à nouveau, les 10 pour cent les plus riches de la population recevant neuf fois le revenu des 10 pour cent les plus pauvres. Le 1 pour cent de la population le plus riche en Amérique latine détient désormais 41 pour cent des richesses de la région et devrait en 2022 avoir plus de richesses que les 99 pour cent restants de la population. Le Venezuela et le Brésil ont connu des augmentations des inégalités parmi les plus fortes.

Les élections au Venezuela, comme celles en Argentine, en plus des indices qu'il y a un vaste soutien pour la destitution de Rousseff au Brésil, ne représentent pas un tournant vers la droite de la population, mais plutôt une protestation populaire contre ces attaques sociales et les gouvernements actuels dans des conditions où il n'y a pas de partis de masse de la classe ouvrière dans aucun de ces pays.

En dépit de toute leur rhétorique sur la «révolution bolivarienne» et le «socialisme au XXIe siècle», les gouvernements de Chavez et de Maduro ont défendu le capitalisme vénézuélien et maintenu intactes les institutions essentielles de l'État capitaliste, et avant tout des forces armées qui constituent un pilier essentiel de leur domination.

L'oligarchie dirigeante du pays est restée fermement en contrôle des hauteurs dominantes de l'économie: 71 pour cent de celles-ci sont restés entre les mains du privé – une plus grande part qu'avant que Chavez ne devienne président.

Ceux qui sont au sommet de la société accumulent des profits sans précédent – les richesses bancaires ont bondi de 72 pour cent au premier trimestre de cette année – alors que la classe ouvrière est confrontée à la paupérisation. Parmi ceux qui s'enrichissent, il y a un grand nombre de politiciens du parti au pouvoir, ainsi que d'entrepreneurs privés et de spéculateurs financiers liés au gouvernement, une couche sociale surnommée la boliburguesia.

Le gouvernement Maduro a défendu les profits de cette couche, tout en garantissant à Wall Street le paiement rapide de 11 milliards $ sur la dette extérieure du pays cette année. Il a imposé des politiques qui ont attaqué les salaires réels et coupé dans les programmes sociaux. Les travailleurs qui ont résisté à ces attaques par des grèves et des manifestations ont été dénoncés par Maduro comme des «criminels du travail» et traités en conséquence.

Les organisations de la pseudo-gauche, tant en Amérique latine qu'à l'étranger, ont fait la promotion de la «révolution bolivarienne» de Chavez comme une nouvelle voie vers le socialisme. Ces éléments politiques – dont la politique reflète les intérêts de couches privilégiées de la classe moyenne – ont été attirés par le Chavismo précisément parce qu'il représentait non pas un mouvement indépendant de la classe ouvrière venant de la base, mais plutôt un mouvement bourgeois subordonnant les travailleurs à un «comandante» charismatique dont les politiques étaient orientées vers la médiation de la lutte de classe explosive au Venezuela.

Ces tendances politiques, qui favorisaient auparavant des illusions semblables envers le Parti des travailleurs – le représentant politique du capitalisme brésilien depuis les douze dernières années – portent la responsabilité du désarmement politique de la classe ouvrière latino-américaine face aux attaques menées contre elle par les soi-disant «gouvernements de gauche», ainsi que des nouvelles menaces graves posées par les victoires politiques de la droite.

Les leçons amères de toute cette expérience politique peuvent se résumer à la nécessité brûlante de forger l'indépendance politique de la classe ouvrière en opposition à ces partis et aux gouvernements bourgeois et leurs partisans de la pseudo-gauche. C'est pourquoi des partis révolutionnaires doivent être construits dans toute l'Amérique latine en tant que sections du Comité international de la Quatrième Internationale pour unir la classe ouvrière dans la lutte pour la prise du pouvoir par les travailleurs et le socialisme.

(Article paru d'abord en anglais le 11 décembre 2015)


Une réponse à la discussion sur les élections vénézuéliennes Bill Van Auken 17 décembre 2015

Le World Socialist Web Site a reçu un grand nombre de commentaires en réponse à sa perspective du 11 décembre, « Les élections vénézuéliennes et l'impasse du ‘tournant à gauche’ en Amérique latine. » Inévitablement, plusieurs de ces commentaires se sont indignés du fait que le WSWS soumette à une analyse marxiste les gouvernements de «gauche» ayant accédé au pouvoir dans un certain nombre de pays ces quinze dernières années. La perspective insistait pour les définir en termes de classe comme des gouvernements bourgeois, nonobstant leur discours de gauche, pseudo-socialiste.

Citation :
La perspective soulignait encore que les crises qui frappent l'un après l'autre ces gouvernements sont le produit inévitable de la crise grandissante du capitalisme tant au plan international que dans chacun de ces pays; cette crise a détruit les conditions ayant rendu ces gouvernements utiles et possibles aux classes dirigeantes capitalistes du Venezuela, de l’Argentine, du Brésil et d’autres pays du continent.

Le WSWS a traité la débâcle du parti au pouvoir du président Nicolas Maduro, le PSUV (Parti socialiste uni du Venezuela), la semaine dernière, comme symptomatique de cette crise objective qui s'approfondit et de l'hostilité croissante des masses ouvrières envers ces gouvernements.

Au Venezuela, un grand nombre de travailleurs et de pauvres ont voté pour l'opposition de droite de la MUD (Table ronde de l'unité démocratique), non par conviction que cet assemblage de politiciens réactionnaires et semi-fascistes allait permettre d'améliorer les conditions de plus en plus intolérables existant au Venezuela, mais comme un «vote-sanction» (voto de castigo) contre le gouvernement, qu'ils rendent responsable de ces conditions.

Nous avions souligné que la défaite du PSUV, le parti de Maduro et de feu Hugo Chavez, eut lieu dans la foulée de la victoire du candidat de droite Mauricio Macri en Argentine. Celle-ci mettait fin à une douzaine d'années de domination des kirchneristas, une faction du mouvement péroniste se présentant comme « de gauche». Elle arrivait alors que le gouvernement du Parti des travailleurs (PT) était dans une crise profonde au Brésil et que les sondages montraient qu'une majorité de la population soutenait l'effort de la droite brésilienne pour destituer la présidente Dilma Rousseff.

Notre point de vue est que ce nouveau soi-disant virage à droite en Amérique latine représente un virage à droite de la classe dirigeante capitaliste et de tous ses représentants, de la MUD au PSUV au Venezuela et du PSBD au PT au Brésil, alors que des masses de travailleurs et d’opprimés sont poussés vers la gauche et dans la lutte par l'aggravation de la crise capitaliste.

La question brûlante est celle de la direction révolutionnaire, à savoir la nécessité de construire de nouveaux partis basés sur la lutte pour l'indépendance politique de la classe ouvrière vis-à-vis de tous ces mouvements bourgeois et armés d'un programme socialiste et internationaliste pour mettre fin au capitalisme.

Ceux qui nous ont écrit pour exprimer leurs divergences avec ce point de vue ont contesté l'évaluation du gouvernement vénézuélien et des racines de sa crise actuelle. Certains l’ont présenté comme une question de porter le blâme pour cette crise. La crise au Venezuela, affirment-ils, n’est pas due au gouvernement vénézuélien ou à son parti chaviste au pouvoir, mais à l'impérialisme américain et à l'oligarchie vénézuélienne.

Certains des commentaires suggèrent que nous sommes insuffisamment sensibles aux pressions exercées sur le Venezuela par l'impérialisme américain et ses alliés dans la classe dirigeante du pays.

C’est loin d'être le cas. Le WSWS a continuellement mis en garde contre les graves dangers pour la classe ouvrière vénézuélienne posés par les complots et l'agression impérialistes, mais nous avons insisté en même temps pour dire que les éléments de la pseudo-gauche qui qualifient le «chavisme» et le «socialisme bolivarien» de nouvelle voie vers le socialisme ont œuvré pour désarmer politiquement les travailleurs face à ces menaces.

En peignant de couleurs roses une situation où la mainmise du capital privé sur l'économie du pays est plus importante qu'avant que Chavez ne prenne le pouvoir il y a près de 17 ans, où le capital financier engrange des super profits tandis que le niveau de vie des travailleurs est décimé, nos critiques donnent une couverture à certains des plus dangereux ennemis de la classe ouvrière vénézuélienne. Parmi ceux-ci il y a deux piliers du gouvernement chaviste : la soi-disant Boliburguesía, qui s'est elle-même enrichie grâce aux connexions gouvernementales et une corruption à tout va, et les militaires qui exercent un pouvoir immense au sein du gouvernement et pourraient bien sortir des coulisses pour imposer un règlement politique à la Pinochet.

Un lecteur écrit:
Citation :
« Les plus à blâmer sont le gouvernement américain, le Parti républicain et la classe oligarchique du Venezuela, et la classe moyenne vénézuélienne. Nous devons nous rappeler que les classes moyennes sont très loin à l'aile droite dans tous les pays du monde ».


Une telle évaluation ne sert qu'à masquer l'échec du gouvernement Maduro à monter une lutte efficace contre l'impérialisme américain ou l'oligarchie vénézuélienne. En outre, il masque le fait que ce gouvernement qui a laissé intactes tant l'oligarchie financière que les institutions clés de l'Etat capitaliste, dont l'armée, est organiquement incapable de le faire.

Quant à la classe moyenne vénézuélienne, une telle évaluation n'a rien à voir avec le marxisme et ne ferait essentiellement qu'exclure une victoire de la révolution socialiste dans tout pays. Si la classe moyenne vénézuélienne s’est tournée vers la droite, c’est parce qu'elle ne voyait pas de solution venant de la «gauche».

Comme Léon Trotsky l’a écrit dans « Où va la France ? » (1934)

Trotsky a écrit:
La petite bourgeoisie est caractérisée par sa dépendance économique et son hétérogénéité sociale. Sa couche supérieure touche directement la grande bourgeoisie. Sa couche inférieure se fond avec le prolétariat et tombe même dans le lumpen prolétariat. Conformément à sa situation économique, la petite bourgeoisie ne peut avoir de politique indépendante. Elle oscille constamment entre les capitalistes et les ouvriers. Sa propre couche supérieure la pousse à droite; ses couches inférieures, opprimées et exploitées sont capables, dans certaines conditions, de tourner brusquement à gauche.

Dans des conditions de crise extrême, comme il en existe au Venezuela, et en l'absence d'une véritable direction révolutionnaire, « la petite bourgeoisie», écrit Trotsky,

Trotsky a écrit:
commence à perdre patience. Elle prend une attitude de plus en plus hostile à sa propre couche supérieure: elle se convainc en fait de l'inconsistance et de la perfidie de sa direction politique. ... C'est précisément cette désillusion de la petite bourgeoisie, son impatience et son désespoir que le fascisme exploite.. ... Les fascistes montrent de l'audace, descendent dans la rue, s'attaquent à la police, tentent de chasser le Parlement par la force. Cela en impose au petit bourgeois qui sombrait dans le désespoir.

Au Venezuela, la classe moyenne, comme les travailleurs, a subi une forte baisse de son revenu réel et des pénuries continues, avec une forte détérioration des services publics, alors que le gouvernement Maduro n’a pris aucune mesure contre les capitalistes qu’il accuse sans cesse de mener une «guerre économique» contre lui.

Au contraire, il continue de payer des dizaines de milliards à Wall Street pour le service de la dette étrangère du Venezuela, tout en ouvrant le pétrole vénézuélien à l'exploitation par Chevron et d'autres conglomérats pétroliers capitalistes. Il donne des dollars (soi-disant pour les importations) aux capitalistes, aux oligarques et à ses propres partisans dans la boliburguesia, à des taux de change favorables, avec pour seul résultat de les voir détournés vers une spéculation monétaire obscène et des combines de contrebande qui alimentent l'inflation et aggravent les pénuries.

Pendant ce temps, le gouvernement a pris part à la guerre économique contre la classe ouvrière, licenciant les travailleurs du secteur public et traitant les travailleurs qui résistent aux attaques comme des « criminels du travail ». Le fait qu’il défende ces politiques réactionnaires avec un discours faussement de gauche ne les rend que plus odieuses.

Certains des commentaires critiquant la perspective du WSWS semblent exprimer d’authentiques questions sur la situation politique complexe du Venezuela et la nature de la relation entre l'impérialisme américain, la bourgeoisie nationale et le gouvernement Maduro. D'autres expriment un point de vue élaboré, commun à certains groupes de la pseudo-gauche ayant depuis longtemps adapté leur politique à la subordination de la classe ouvrière aux bureaucraties contre-révolutionnaires, syndicales et staliniennes, et aux divers mouvements nationalistes bourgeois.

Fait partie de cette dernière catégorie «WVN» qui dénonce la perspective comme du « sophisme » et un « coup de gueule » qui ne parvient pas à apprécier « le fait que l'impérialisme américain imprègne ... qu’il ne peut pas être escamoté avec une tournure de rhétorique par des révolutionnaires en chambre qui n'ont jamais connu la faim ».

Il poursuit:
WVN a écrit:
Les Latino-Américains montrent au monde ce à quoi la révolution ressemble .... sanglante, avec des revers, longue, critiquée par de nombreux esprits hautains loin du front qui appellent ‘morte’ la révolte pour laquelle ils ne versent pas de sang », Il résume son deuxième commentaire avec un « Viva Fidel! Viva Che, Viva Hugo, Viva les combattants latino-américains !

Ces positions politiques n'ont rien de révolutionnaire ou même de radical. L'invocation du tout puissant impérialisme américain comme alibi pour les politiques réactionnaires du gouvernement Maduro peut être employée, et l’est, par les mêmes gens pour justifier un soutien à Barack Obama.

Au moment de la mort d’Hugo Chavez en mars 2013 nous avions décrit ainsi les éléments de la pseudo-gauche qui louaient le chavisme comme une sorte de nouvelle voie vers le socialisme:

WSWS a écrit:
Ils sont attirés par le ‘socialisme du 21e siècle’ de Chavez précisément en raison de leur hostilité envers la conception marxiste qu'une transformation socialiste ne peut être menée que par la lutte consciente et indépendante de la classe ouvrière pour mettre fin au capitalisme et prendre le pouvoir entre ses propres mains. Ces éléments politiques petits bourgeois sont plutôt attirés par une politique conçue pour sauver le capitalisme de la révolution, imposée d’en haut par un comandante charismatique.

Les invocations rhétoriques abstraites de la « révolution latino-américaine » ne servent qu'à obscurcir les leçons sanglantes des luttes passées et le prix amer qu’ont payé les travailleurs d'Amérique latine pour les politiques menées par des petits bourgeois de gauche qui se sont acharnés à subordonner la classe ouvrière à une forme ou une autre de nationalisme bourgeois.

Ils ont promu des illusions dans des officiers militaires nationalistes bourgeois de Juan Peron en Argentine au général J.J. Torres en Bolivie et au général Juan Velasco Alvarado Francisco au Pérou, qui, comme Chavez, avaient réalisé des nationalisations partielles, employé une rhétorique anti-impérialiste et promu des programmes d’aide sociale minimale pour les pauvres. Dans chaque cas, ces régimes ont servi d’antichambres pour des coups d'Etat militaires et des dictatures de droite qui ont assassiné des dizaines de milliers de gens.

Ces mêmes éléments louèrent la « voie chilienne vers le socialisme», par laquelle le gouvernement du président Salvador Allende, soutenu par le Parti communiste chilien stalinien, subordonna l'élan révolutionnaire des travailleurs chiliens au capitalisme. Dès 1973, il récupérait par la force les usines tombées sous le contrôle des travailleurs en invitant les généraux, dont Pinochet lui-même, dans son cabinet ministériel afin de mieux coordonner la répression. Le résultat furent 17 ans de dictature militaire fasciste.

Le chemin menant aux défaites sanglantes des années 1970 en Amérique latine fut aussi pavé par ceux qui débitaient des « Viva Fidel ! » et des « Viva Che ! » et dépeignaient la guérilla petite-bourgeoise comme une nouvelle voie vers le socialisme. Cette perspective rétrograde n’a servi qu'à isoler des travailleurs les éléments révolutionnaires, de les mener dans des affrontements armés inégaux avec l'Etat et de faire obstacle à la construction de partis révolutionnaires de la classe ouvrière.

Nous n’avons pas l’illusion que cette histoire ait un intérêt quelconque pour ceux dont la politique se résume à essayer de se donner bonne conscience en acclamant les nationalistes bourgeois qui apportent prétendument le «socialisme» aux masses.

Ce que cette perspective contient c’est la conviction profonde qu’une lutte révolutionnaire réussie des travailleurs est impossible, surtout aux Etats-Unis, et une hostilité implacable envers ceux qui se battent pour préparer une telle lutte par le développement du marxisme et la construction de partis révolutionnaires indépendants de la classe ouvrière.

(Article paru en anglais le 14 décembre 2015)


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