PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
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 AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?

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MessageSujet: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 16 Aoû - 11:34

nouveau sujet focalisé sur les évolutions en Afrique. J'importe ici des messages postés ailleurs, dans RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE, (ANTI-)IMPÉRIALISMES en AFRIQUE... et l'AMÉRIQUE LATINE ?, LA LOGIQUE COLONIALE FRANÇAISE d'hier à aujourd'hui  

voir en relation LA LOGIQUE COLONIALE d'hier à aujourd'hui

INTRODUCTION

dans la crise du capitalisme occidental dominant jusqu'ici la globalisation, l'Afrique vit l'un des plus grands bouleversements de son histoire continentale, pour autant qu'on puisse lui trouver une unité...

(suite à venir)


Dernière édition par Admin le Sam 5 Déc - 13:08, édité 7 fois
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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 16 Aoû - 11:35

A Cotonou, Hollande vante l’exemple démocratique béninois, Le Monde 2 juillet 2005


une photo qui n'appelle de ma part aucune retouche

[quote="David Revault d'Allonnes"]En déplacement au Bénin, François Hollande a rendu, jeudi 2 juillet en fin de matinée, un hommage appuyé au régime du président Thomas Boni Yayi, son hôte du jour.

François Hollande a écrit:
« J’ai voulu venir ici car vous êtes une référence sur le plan démocratique », a salué le chef de l’Etat français dans la salle du Peuple du palais présidentiel de Cotonou, dans un discours prononcé devant le gouvernement, les parlementaires et les corps constitués. « Vous savez combien je suis attaché, ici comme ailleurs, à ce que soient respectés les textes constitutionnels, les échéances électorales, les rythmes de la démocratie. Si je suis ici, c’est pour montrer qu’il y a des exemples à donner », a ajouté M. Hollande.

Un bon point politique, donc, décerné par le chef de l’Etat au Bénin et à Thomas Boni Yayi, le premier président africain qu’il avait reçu à Paris après son élection en 2012. En pleine crise sécuritaire au Mali, le dirigeant béninois présidait alors l’Union africaine. La gouvernance béninoise n’est pas pour autant sans tache. Récemment, le gouvernement a été éclaboussé par un scandale de détournement de fonds de l’aide néerlandaise.

M. Boni Yayi (au pouvoir depuis 2006) a également caressé l’espoir de modifier la Constitution afin de pouvoir briguer un troisième mandat, comme d’autres chefs d’Etat tentent de le faire ou l’ont déjà fait (Burundi, Congo-Brazzaville, République démocratique du Congo…).

« Le Bénin choisit lui-même son gouvernement »

Il a finalement renoncé, et perdu les élections législatives, en avril. M. Hollande s’est ainsi félicité des « trois alternances démocratiques en vingt-cinq ans, des échéances toujours respectées, des élections régulières : autant de preuves que le Bénin a réussi à donner à ses institutions une pleine traduction démocratique ».

« La stabilité des institutions, c’est la stabilité du pays », a posé François Hollande lors du seul discours politique prononcé au cours de cette mini-tournée africaine de quarante-huit heures. Evoquant le contre-exemple du Burundi, le président a ainsi souligné que « l’acceptation du verdict des urnes [était] la preuve de la maturité de la part de ceux qui gouvernent ».

Il y a deux semaines, à huit mois de la prochaine élection présidentielle, Thomas Boni Yayi avait surpris en nommant au poste de premier ministre le banquier franco-béninois Lionel Zinsou, 60 ans, ancien conseiller de Laurent Fabius et dirigeant du fonds d’investissement PAI Partners, au poste de premier ministre. « Le Bénin choisit évidemment lui-même son gouvernement, et cela n’a rien à voir avec les positions du président français », affirme un conseiller de M. Hollande, repoussant l’idée d’une nomination inspirée par Paris.

L’Angola, puis le Cameroun

« Au Bénin, la transition, ça marche ! », vante un parlementaire béninois du parti présidentiel, Jean-Marie Alagbe, qui ajoute : « Si François Hollande vient au Bénin, c’est que la démocratie fonctionne. » Une réalité locale qui ne concerne que de loin les deux prochains pays-étapes du voyage présidentiel.

Jeudi après-midi, François Hollande devait, en effet, se rendre en Angola puis, vendredi, au Cameroun. Deux Etats dirigés par deux présidents, champions au titre de l’ancienneté au pouvoir : José Eduardo Dos Santos (72 ans) dont le règne dure depuis trente-cinq ans et Paul Biya (82 ans), à la tête du Cameroun depuis trente-deux ans.

Avant qu’il ne décolle pour Luanda, l’ACAT (Action des chrétiens pour l’abolition de la torture) a d’ailleurs demandé à François Hollande « d’appeler à la libération de 15 jeunes Angolais détenus pour leurs opinions politiques », en référence à « quinze jeunes hommes ayant participé à un atelier de réflexion sur les stratégies non violentes de protestation contre le pouvoir (…) arrêtés les 20 et 21 juin 2015 ». Ils sont « poursuivis pour “rébellion” et “attentat” contre le président de la République ».

L’ACAT appelle également « à la révision de la loi antiterroriste au Cameroun », selon les termes de laquelle : « Toute grève, manifestation ou appel à la désobéissance civile peuvent être assimilés à un acte de terrorisme. »

Lutte antiterroriste

La visite du chef de l’Etat au Cameroun est d’ailleurs placée, en partie, sous le signe de la lutte antiterroriste, notamment contre la secte islamiste nigériane Boko Haram. Mais François Hollande a aussi prévu de rencontrer à Yaoundé des représentants d’organisations non gouvernementales et d’associations de défense des droits de l’homme.

Il compte ainsi évoquer avec son homologue camerounais les questions judiciaires et notamment le cas de l’avocate franco-camerounaise Lydienne Yen Eyoum, condamnée à vingt-cinq ans de prison pour détournement de fonds. Une peine jugée, à Paris, « choquante par sa disproportion ».

François Hollande a écrit:
« Je ne change pas de discours selon les lieux où je me déplace », a précisé M. Hollande lors d’une conférence de presse à Cotonou. « Je vais aller en Angola et au Cameroun, je ne vais pas changer de propos pour autant. Les Constitutions sont faites pour être respectées. Quand ce sont les mêmes qui ont voulu des changements et qui font encore des changements aux changements dans le but de se perpétuer, il y a là un risque, pour la démocratie mais aussi pour la stabilité et la sécurité. »



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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 16 Aoû - 11:35

pourquoi les informations en provenance de l'étranger ont-elles un parfum de complotisme, alors qu'on ne se pose pas la question à propos des infos de « chez nous » ?

Exclusif : l’armée camerounaise a empêché un coup d’Etat envisagé par la France pour renverser Biya

Waineng Ntufasibo a écrit:
Selon un journal camerounais, la visite d’Hollande au Cameroun consisterait à se rapprocher du dictateur Biya après la découverte par les autorités camerounaises des liens entre la France et Boko Haram et d’une tentative française de coup d’Etat contre Biya.

Une source militaire au service du régiment camerounais luttant contre Boko Haram dans le Grand Nord a confié au Journal du Cameroun (Cameroon Journal) comment le 15 janvier de cette année, l’armée camerounaise a interrompu ce qui devait dégénérer en un renversement violent du président Biya dans un coup d’Etat.

La source qui a opté pour l’anonymat pour des raisons évidentes a déclaré que le coup d’Etat était un projet conjoint du gouvernement français et d’un ancien ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation, Marafa Hamidou Yaya qui devait être une figure de proue de celui-ci. Marafa purge actuellement une peine de prison pour corruption présumée et détournement de fonds. Notre source a déclaré que les Français avaient gagné sa confiance pour l’aider à devenir président après le départ de Biya.

Les Français, dit-il, avaient saisi avantage de la présence déstabilisatrice de Boko Haram au nord du pays et étaient entrés en collusion avec les insurgés, avec des soldats français infiltrés au sein des rangs des terroristes.

La stratégie consistait à faire tomber complètement les régions du nord aux mains des insurgés et de déclarer leur sécession de Yaoundé et ensuite utiliser leur avantage en vue d’exiger la libération de tous les Nordistes actuellement en prison, parmi eux, Marafa et Iya Mohammed qui purgent des peines de prison à Kondengue. Mais ce n’était que la première phase.

La deuxième phase devait consister en une attaque frontale menée sur Yaoundé avec la collaboration d’un groupe rebelle de l’est du Cameroun proche des rebelles de la Séléka de la République centrafricaine. Un schéma calqué sur la rébellion en Centrafrique. L’intrigue devait aboutir soit à l’arrestation, soit à l’assassinat ou à la fuite du président Biya.

Il a déclaré que les Français voyaient en Marafa un confident digne de confiance qu’ils pensaient installer après le renversement de Biya (lui-même mis en place par l’armée française il y a plus de 30 ans, NdT).

Le 12 janvier de cette année, Boko Haram a lancé une attaque féroce contre une base militaire du Cameroun dans la ville de Kolofata, région de l’Extrême Nord. L’armée du Cameroun a riposté et a porté un coup sévère aux insurgés – le plus lourd que le groupe ait connu dans son histoire.

Les victimes au sein du groupe terroriste de Boko Haram ont été estimées, selon le gouvernement du Cameroun, entre 200 à 400 morts. Cependant, il semble qu’il y ait eu des victimes issues des forces françaises au sein des terroristes. Trois des soldats français ont été tués dans l’attaque menée par les forces camerounaises dans la confrontation.

Les trois soldats, selon le Journal du Cameroun, ont été tués dans un combat au couteau. « La majorité des insurgés de Boko Haram ne sont pas formés. Quand vous voyez un soldat formé parmi eux, il est facile de le repérer en fonction de ses mouvements et de ses tactiques, voilà comment nous avons ciblé certains d’entre eux », a déclaré notre informateur.

La source a déclaré que les ressortissants français blancs s’étaient eux-mêmes déguisés en peignant leur corps en noir. Il a ajouté que ce n’est que quand ils ont examiné les cadavres qu’ils ont réalisé à leur grande surprise, que certains des cadavres étaient ceux de blancs.

Plus tard, ils ont examiné plus en détail les autres assaillants capturés, ils ont également découvert que neuf d’entre eux étaient également blancs et leurs corps étaient peint en noir pour ne pas être identifiés. Ils ont été interrogés et ils ont révélé leurs nationalités françaises avec des liens vers des Camerounais haut placés travaillant actuellement pour le gouvernement.

Le gouvernement français, selon le Journal, a été très embarrassé et très mal à l’aise et a alors immédiatement pris ses distances avec les neuf Français, mais n’est pas allé jusqu’à demander au gouvernement du Cameroun de les libérer pour qu’ils soient traînés devant les tribunaux en France.

Beaucoup de journaux nigérians ont rapporté effectivement l’incident. Le journal This Day, citant des sources au Cameroun qui ont critiqué le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, pour avoir demandé au Cameroun de libérer immédiatement les neuf terroristes aux autorités françaises. Le fonctionnaire camerounais dont le nom n’a pas été mentionné, a alors déclaré aux Français que le Cameroun est un pays souverain et non un vassal de la France. Et, le Cameroun a depuis gardé les neuf en prison à Yaoundé jusqu’à ce jour.

Chris Olukolade, major-général nigérian et directeur de l’information de la Défense s’est adressé aux médias à ce sujet, et a en fait confirmé que les Français ont été capturés au Cameroun en combattant aux côtés de Boko Haram, mais a déclaré que les modalités de gestion devaient être délibérées entre les gouvernements français et camerounais.

Notre informateur militaire a confié que plus que la question des soldats français détenus; il y avait aussi une querelle diplomatique secrète impliquant l’ambassade française à Yaoundé lorsque les forces de sécurité au Cameroun ont appris l’existence d’un mouvement logistique militaire secret comprenant des armes dans deux containers. Il a déclaré que l’envoi d’armes au nord était probablement destiné à Boko Haram et aux combattants étrangers afin d’attaquer les régions du Nord et les faire basculer complètement dans les mains des insurgés.

Notre source a indiqué que l’un des containers s’est retrouvé dans l’ambassade française à Yaoundé qui est contigu avec le quartier général militaire, et à environ 500 mètres de l’Assemblée nationale. Difficile de savoir pourquoi la camionnette s’est arrêtée à l’ambassade française, il a déclaré qu’il est possible que le plan était de l’utiliser en renforcement du plan de coup d’Etat prévu à Yaoundé.

Nous notons que ministre de la Communication Issa Tchiroma a été pris sous le feu des question des médias lors d’une conférence de presse au sujet de la présence illégale de ces containers chargés d’armes et il a déclaré qu’il ne savait pas que le camion avec le numéro de plaque d’immatriculation, LT TR724, avait quitté le port de Douala le 23 décembre, 2014, avec des bombes, des grenades, des missiles, des mines et d’autres armes de guerre supposés en provenance du Sri Lanka et qui a disparu quelque part au Cameroun. Le camion était prétendument destiné à la République centrafricaine. « Si j’avais une telle information, je ne la donnerais pas à la presse ; je pense que cela relève du secret militaire » a alors déclaré Tchiroma.

En dépit des dénégations de Tchiroma, Joseph Otto Wilson, gouverneur de la région du Centre, a dans un communiqué, le 6 février de cette année, fait appel à tous les dix officiers divisionnaires sous sa juridiction pour traiter de la question avec la plus grande urgence, les exhortant à collaborer avec les forces de la loi et ordonner la recherche des camions. Les gouverneurs de l’Est et des régions du Littoral ont plus tard fait un appel similaire qui a été également relayé par les gouverneurs des autres régions.

À ce jour, aucune déclaration officielle n’a été faite en ce qui concerne le sort des deux containers. Mais notre source a révélé que le camion avec une partie de la cargaison est parti de l’intérieur de l’ambassade française à Yaoundé. Sans surprise, c’est également en février, précisément le 28, que, dans le sillage des allégations de trafic d’armes, Christine Robichon, ambassadrice française au Cameroun, a été huée et chahutée quand elle a montré sa sympathie envers les Camerounais s dans leur guerre contre Boko Haram, lors d’une réunion.

De la frontière orientale du Cameroun reliant la République centrafricaine, notre source a également révélé que les responsables du gouvernement camerounais croient que le gouvernement français est derrière un groupe armé camerounais se faisant passer pour des rebelles de la Séléka dans la République centrafricaine, alors qu’ils sont en fait des Camerounais dont l’objectif est de renverser le régime de Biya.

Le groupe qui a enlevé un major camerounais, Mama Bakai, et quelques 15 citoyens alors qu’ils revenaient d’un enterrement le 19 mars de cette année a exigé une rançon pour leur libération.

Cependant, ce mois-ci, les négociations avec les rebelles ont révélé leurs connexions camerounaises quand, au lieu de demander la rançon pour voir les captifs libérés, ils ont changé leurs revendications et à la place ont demandé qu’un homme célèbre de la région du nord, Abdoulaye Harrissou soit libéré. Harrissou, il convient de le noter, était conseiller juridique de Marafa Hamidou Yaya. Il a été arrêté et placé en détention début septembre 2014, suite à des allégations de complot concernant sa volonté présumée de lancer une guerre civile au Cameroun à partir de la République centrafricaine à travers la région de l’Est.

Marafa est considéré par la France et d’autres pays occidentaux comme un prisonnier politique. Avant d’être arrêté et jeté en prison sur des accusations de détournement de fonds, Marafa a appelé à lancer la rebellion contre le gouvernement…

Son arrestation est intervenue au moment où des sources ont déclaré que les Français préparaient le terrain pour prendre le pouvoir au président Biya. Les rapports indiquent qu’il était devenu très populaire parmi les politiciens français et la classe affaires française. Capitalisant sur le chômage massif des jeunes dans le nord, considérant qu’il s’agit d’une marginalisation du nord, les Français le soutiennent pour motiver la région à démettre le régime de Biya sachant qu’un fils de la région nord pourrait prendre le relais en cas de coup d’État .


Christine Robichon, l'amdabrassœur de France à Yaoundé, avec Paul Biya

À cette fin, des dépliants ont été imprimés et distribués dans les régions septentrionales détaillant l’arrestation de leurs parents – Marafas, Iya Mohammed, etc. Il y est écrit que cela équivaut à une déclaration de guerre contre leur région. Selon notre source, les Français ont tenté de fomenter une insurrection au nord afin de saisir l’occasion pour renverser Biya.

Vendredi dernier, l’ambassadeur français au Cameroun, Christine Robichon, a déclaré aux médias après une audience avec le président Biya, que le président Hollande vient au Cameroun pour discuter des questions de sécurité actuellement rencontrés par les pays de la sous-région d’Afrique centrale. Cependant, différentes sources ont déclaré au Journal du Cameroun que la visite est destinée à améliorer les relations entre les deux dirigeants et à négocier la libération et le rapatriement des neuf ressortissants français qui sont toujours en détention dans les prisons camerounaises.

La France serait-elle obligée d’améliorer l’image de Biya avec la visite présidentielle de Hollande ?

La dernière visite d’un chef d’Etat français au Cameroun remonte à 15 ans. Le dernier président français à s’être rendu au Cameroun était Jacques Chirac, en 1999. L’ancien président Nicolas Sarkozy a visité les pays voisins du Cameroun tels que le Gabon et le Tchad sans mettre le pied sur le territoire du Cameroun. Hollande a aussi visité plusieurs pays de la sous-région d’Afrique centrale depuis qu’il a pris le pouvoir en 2012 sans mettre le pied au Cameroun.

Un média français a indiqué que les relations de Biya avec la France ont commencé à se dégrader après que Biya ait réalisé que la France avait l’intention de le pousser hors du pouvoir. Une publication en ligne a déclaré qu’en 2011 de nombreux officiels français ont renoncé à soutenir Biya aux élections présidentielles. Un porte-parole de ministre des Affaires étrangères français est cité comme déclarant que de nombreuses défaillances et irrégularités ont été enregistrées au cours de cette élection et a averti que la France ne voudrait pas voir une répétition de ce genre.

Le divorce de Paul Biya avec Paris

Les observateurs ont déclaré que la France voulait que Biya parte en raison de son alliance économique et militaire croissante avec la Chine et la Russie.

Certains articles de presse ont déclaré que la visite de quatre heures (de 18 heures à 22 heures le 3 Juillet) du président Hollande au Cameroun a été négocié par les hommes d’affaires français qui pensent que Biya ne protège plus leur intérêt, peut-être en représailles pour sa prise de distance envers la France qui aurait critiqué son mandat pendant les 15 dernières années.

Une source a déclaré au Journal que le gouvernement français a été pris de court lorsque Biya a résilié un contrat important entre le Cameroun et Thales Security Systems, une société française qui était responsable de l’impression des cartes nationales d’identité au Cameroun.

Bien que le gouvernement du Cameroun ait déclaré que la rupture de contrat fut liée aux activités non compatibles et sans scrupules menées par Thales Security Systems, la société française a protesté et a réclamé 3,5 milliards de FCFA du gouvernement du Cameroun en dédommagement ; une dette qui selon une source au siège de la police a déclaré qu’elle était une pure fabrication de la firme.

L’entreprise aurait déposé une plainte auprès des autorités camerounaises et françaises pour demander réparation.

Notre source a également indiqué que le Cameroun a porté un coup dur à la France lorsque le consortium français dirigé par Bolloré n’a pas réussi à être sur la liste finale des entreprises en lice pour gérer le nouveau terminal de conteneurs dans le port de Kribi nouvellement construit.

La commission chargée de la sélection d’une entreprise de terminal à conteneurs avait choisi l’entreprise ICTSI basée aux Philippines et les exploitants portuaires APM Terminals, ainsi que le conglomérat AP Moller-Maersk, en déclarant que leur offre était meilleure pour le Cameroun et la sous-région d’Afrique centrale que celle proposée par le consortium Bolloré.

Le consortium rejeté comprend CMA CGM de France, le troisième plus grand transporteur de conteneurs du monde, et le groupe CHEC de Chine, qui a construit le port en eau profonde de Kribi. Le groupe Bolloré gère le principal terminal à conteneurs de Douala et avait été pressenti comme favori parmi les entreprises en lice pour la gestion du port de Kribi. Cependant, le gouvernement du Cameroun a peut-être refusé le contrat à la firme française en raison du conteneur de munitions qui est entré dans le port de Douala et a ensuite disparu.



Contrairement à ce qui se passait par le passé, le Cameroun se tourne davantage vers la Chine par rapport à la France pour le financement de grands projets d’infrastructure. La Chine est impliquée dans la majorité des projets d’infrastructure, de financement.

La Russie a été parmi les premiers pays à promettre de livrer de l’aide humanitaire et militaire au Cameroun dans le traitement des réfugiés de la République centrafricaine et suite à la guerre contre Boko Haram.

Source : http://www.cameroonjournal.com/breaking-news-cameroon-army-aborted-french-hatched-coup-to-overthrow-biya-last-january/

Cameroon Daily Journal

Par Waineng Ntufasibo

Traduction Sam La Touch


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 16 Aoû - 11:37

création du banque des BRICS... basée à Shangaï

Une banque mondiale nouvelle génération, basée à Shangai, permettra dès la fin de l'année aux pays membres des BRICS de financer des infrastructures et d'éviter les chocs financiers entraînés par le FMI et la Banque mondiale...

«Nous ne voulons pas que les occidentaux nous dictent quoi faire» affirme le président sud-africain


Russia Today a écrit:
Alors que la banque des BRICS devrait voir le jour à la fin de l'année, et que la Grèce envisage de rejoindre l'institution, pour le président sud-africain Jacob Zuma, cette nouvelle banque devrait rebattre les cartes du jeu international.

Le président Zuma prédit un grand avenir à la banque des BRICS. Alors que la banque des BRICS devrait voir le jour à la fin de l'année, et que la Grèce envisage de rejoindre l'institution, pour le président sud-africain Jacob Zuma, cette nouvelle banque devrait rebattre les cartes du jeu international.

Le temps est venu pour de nouvelles institutions financières d'être traitées sur un pied d'égalité avec le FMI et la Banque mondiale. En pleine crise en Grèce, voilà ce qu'a estimé le président sud-africain Jacob Zuma au micro de RT. La Nouvelle Banque de développement, banque internationale, créée à la demande des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud), constitue en effet, selon le président sud-africain, une "alternative très sérieuse" à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international. Celle-ci devrait être active à la fin de l'année. Et la Grèce pourrait la rejoindre.


Zuma: BRICS is block of doers, we always accomplish agreed things

L'objectif avoué de cette NDB (New Development Bank), inaugurée en juillet 2014 (et ratifiée par la Chine il y a quelques jours) est d'ailleurs de stopper l'hégémonie de ces deux institutions. « Nous avons ces vieilles banques qui sont établies depuis des années... Le monde a changé, s'est développé », a estimé le président Zuma au micro de RT. « Pendant des années, nous avons demandé une transformation des institutions financières. Nous aurons désormais une banque qui est une alternative. »

Une banque mondiale nouvelle génération, basée à Shangai, permettra dès la fin de l'année aux pays membres des BRICS de financer des infrastructures et d'éviter les chocs financiers entraînés par le FMI et la Banque mondiale. En effet, la NDB, contrairement au FMI, n'assortira pas ses prêts de conditions très contraignantes. Enfin cette banque permettra aux BRICS d'éviter une nouvelle tempête sur leur monnaie comme cela avait été le cas en 2014 suite au changement de politique monétaire américaine et en raison de la toute puissance du dollar. « Ce fonds est un outil très puissant pour prévenir de nouvelles difficultés économiques », avait d'ailleurs salué le président russe, Vladimir Poutine lors de l'inauguration.

Pour le président Zuma, cette banque voulue de très longue date par les BRICS, souvent mal représentés au sein des organisation de Bretton Woods, offrira une vraie alternative pour les pays en développement. Et devra être traitée d'égale à égale par les occidentaux. « Un des BRICS est la deuxième puissance mondiale. Comment ils pourraient nous dire « on ne traite pas » avec un tel pays ? Je ne pense pas que ce soit possible. »

La banque des BRICS pourrait d'ailleurs attirer de nouveaux pays a affirmé le président Zuma selon qui « de nombreux pays croient en un futur avec notre bloc. » Des pays lassés des exigences du FMI et de la Banque mondiale. « Les institutions monétaires internationales doivent aussi se réformer pour représenter les intérêts des pays en développement. » Car pour le président Zuma, « l'aide occidentale à l'Afrique vient avec des restrictions, des conditions pour nous maintenir dépendants. » Pour se sortir de cette emprise des institutions occidentales, de nombreux pays africains « qui veulent se développer au sein de partenariats équitables » devraient prochainement rejoindre la NDB, selon Jacob Zuma. « On offre une alternative. »

Et cette nouveauté ne se fait pas sans heurt. Selon le président Sud-Africain, la création de cette banque alternative pourrait créer quelques tensions avec les institutions financières traditionnelles. « Nous ne voulons pas que les institutions occidentales nous dictent quoi faire », a ainsi précisé Jacop Zuma au micro de Sophie Shevarnadze. « Les partenaires occidentaux ont leur point de vue sur les BRICS, mais ils nous prennent au sérieux. Bien sûr il peut y avoir aussi de la jalousie. »


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 16 Aoû - 11:39

La Chine fait trois fois plus de commerce avec l'Afrique que les Etat-Unis.
Barack Obama est au Kenya et en Ethiopie pour tenter de combler l'écart.
Lucie Robequain Les Échos 24 juillet


Lucie Robequain a écrit:
Barack Obama s'est envolé pour le Kenya jeudi soir, une première depuis son accession à la Maison-Blanche. La visite est lourde de symbole, dans ce pays qui a vu naître son père et qui abrite encore une partie de sa famille. La rencontre avec sa vieille tante Sarah a beau passionner la presse, elle ne constitue pourtant pas l'essentiel de sa visite. Le déplacement de Barack Obama, qui débutera par le Sommet mondial de l'entrepreneuriat à Nairobi, vise surtout à contrer l'influence de la Chine, qui entretient avec l'Afrique des relations commerciales bien plus poussées que les Etats-Unis. « L'Afrique est un lieu de dynamisme incroyable, où se trouvent certains des marchés les plus en croissance au monde », a fait valoir le président en amont de son déplacement. L'Ethiopie, où se rendra le président lundi, est le pays qui devrait connaître la plus forte croissance mondiale d'ici à 2017 (9,5 % par an en moyenne), indiquait la Banque mondiale récemment. Le Congo, la Côte d'Ivoire et le Mozambique figurent, eux aussi, parmi les dix premiers.

« Le président Obama n'a pas accordé beaucoup d'attention à l'Afrique jusqu'alors », juge Witney Schneidman, expert du sujet à la Brookings Institution - un centre de réflexion basé à Washington. « Certains lui reprochent même d'en avoir moins fait que ses prédécesseurs, George Bush et Bill Clinton. » Son vice-président, Joe Biden, a beau sillonner le monde entier, il ne s'y est jamais rendu. Après plusieurs succès diplomatiques - le rapprochement avec Cuba et l'accord nucléaire avec l'Iran -, le président n'a plus que dix-huit mois pour améliorer son bilan sur le continent. Quitte à fermer les yeux sur le respect des droits de l'homme : Barack Obama va rencontrer le président kényan Uhuru Kenyatta, qui a été récemment accusé de crime contre l'humanité pour des violences ethniques. Quant au Premier ministre éthiopien, qu'il retrouvera lundi, il a raflé 100 % des sièges au Parlement.

Déclin des échanges

Les Etats-Unis ne sont pas absents d'Afrique, loin de là. General Electric y investit plus de 1 milliard de dollars pour construire des centrales électriques. General Motors y vend des camions et Walmart y possède des dizaines de magasins. Mais le pays a cédé beaucoup de terrain récemment, notamment à la Chine. Le commerce entre les Etats-Unis et l'Afrique a représenté à peine plus de 70 milliards de dollars l'an dernier, avec des exportations équivalentes des deux côtés. Le chiffre a beaucoup décliné depuis 2011 où il avait atteint 125 milliards. Les Etats-Unis importent, il est vrai, de moins en moins de produits pétroliers, étant devenus eux-mêmes de gros producteurs. Ils pèsent ainsi deux fois moins que l'Union européenne aujourd'hui (140 milliards de dollars d'échange), et surtout trois fois moins que la Chine (200 milliards). Le déséquilibre impressionne d'autant plus qu'il est relativement nouveau : il y a encore cinq ans, les Etats-Unis pesaient plus que la Chine en Afrique.

L'Amérique se montre aussi peu généreuse en capital. Elle consacre moins de 1 % de ses investissements à l'Afrique, alors que la Chine lui accorde 3,4 % des siens. Barack Obama a promis 7 milliards pour améliorer les réseaux électriques de six pays africains. Mais le projet, lancé il y a deux ans, n'a pratiquement pas avancé depuis.

Barack Obama au Kenya : derrière le symbole, l’économie et la lutte contre le terrorisme Le Monde 23 juillet
Citation :
Barack Obama en mission économique

Ce sera sa quatrième visite au Kenya, le pays de son père, mais la première en tant que président des Etats-Unis. Pour marquer le symbole, la municipalité de Nairobi a fait repeindre les façades des bâtiments le long des axes qu’empruntera le cortège officiel et dégagé des trottoirs les vendeurs ambulants et les mendiants, au point de donner des allures d’un village Potemkine, la misère et certaines laideurs ayant été repoussées au loin. Depuis quelques jours, effectuer le moindre déplacement dans la ville relève – encore plus que d’habitude – du parcours du combattant : l’accès vers les principales artères est restreint voire fermé.

Pendant son séjour, Barack Obama va s’adresser aux 3 000 participants à la sixième édition du sommet mondial des entrepreneurs (GES). Ce forum économique organisé à l’initiative de la Maison Blanche depuis 2010, se tient pour la toute première fois en Afrique subsaharienne. Une occasion, peut-être, pour le président américain d’esquisser un bilan de la politique économique et commerciale de son administration vers l’Afrique.

Les échanges commerciaux entre les Etats-Unis et le continent s’élevaient, en 2014, à 73 milliards de dollars, loin derrière les 200 milliards de dollars qu’ont atteints les échanges entre la Chine et l’Afrique. Les Etats-Unis veulent rattraper ce retard, avec le renouvellement pour 10 ans encore de l’AGOA, un outil mis en place en 2000 pour faciliter le commerce avec le continent.

Devant les entrepreneurs, Barack Obama va rappeler l’engagement des Etats-Unis à accompagner les possibilités d’investissements sur le continent. La signature de quelques accords commerciaux avec le Kenya dans le domaine des nouvelles technologies et du tourisme est également prévue. Le volume des échanges entre les deux pays s’élève à 2,2 milliards de dollars.


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 16 Aoû - 11:39



L’Angola fait du yuan chinois sa deuxième monnaie légale 7 août


Agence Ecofin a écrit:
- L’Angola a noué un accord monétaire avec la Chine qui fait du yuan la deuxième monnaie ayant cours légal dans le deuxième pays producteur de brut en Afrique, a annoncé la ministre angolaise du Commerce, Rosa Paca, le 3 août.

Le kwanza sera aussi accepté en Chine, selon cet accord qui va permettre à l’Angola d’importer davantage de biens chinois et d’être moins dépendant du dollar.

Le nouvel accord témoigne par ailleurs des efforts déployés par Pékin pour accélérer l’internationalisation de sa monnaie. Le billet rouge est déjà utilisé comme monnaie de règlement et de réserve dans plusieurs pays africains: Ghana, Nigeria, Maurice, Zimbabwe, et Afrique du Sud. La Chine a aussi noué des accords d’échange de devises (swaps) avec d’autres banques centrales (Afrique du Sud, Russie, Qatar, Hong Kong, Canada…) en vue de tisser un réseau monétaire international dans la perspective de la libre convertibilité et circulation du yuan hors de ses frontières.

Mais le Fonds monétaire international vient d’émettre des réserves sur la possibilité pour le yuan d’être intégré d’ici cinq ans dans le panier de monnaies qui constitue les droits de tirages spéciaux. Selon l’institution, la devise chinoise « doit effectuer encore des progrès » pour prétendre intégrer le saint des saints des actifs de réserves mondiaux, composé du dollar, euro, livre sterling et yen.


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 16 Aoû - 11:40

en Afrique, c'est de bonne guerre... pour le taux de profit, l'alternative au capitalisme occidental et chinois, indien ou japonais, c'est le capitalisme africain... décolonial ?



Repenser le capitalisme Tony Elumelu 13 août 2015

Dans cette tribune, le financier nigérian Tony Elumelu, président de Heirs Holdings, plaide pour "l'injection dans les veines du capitalisme de valeurs allant au-delà de la maximisation du profit".


Tony Elumelu a écrit:
Dans notre monde superconnecté, nous avons – peut-être involontairement, mais de manière -irréversible – créé un système d’interdépendance sans précédent. Les chaînes d’approvisionnement globales sont devenues totalement mondiales, portées par l’irrépressible désir d’augmenter la compétitivité.

Nous devons par conséquent recalibrer la notion du winner-take-all [« le gagnant prend tout »] et injecter dans les veines du capitalisme des valeurs allant au-delà de l’aveugle et unique but actuel de maximisation du profit.

« Africapitalisme »

Sur le continent, cette approche est appelée « africapitalisme ». Elle se fonde sur la thèse selon laquelle un système dirigé par le secteur privé et gouverné par une politique publique favorable aux affaires peut conduire à une croissance économique plus forte et inclusive ainsi qu’au développement social.

À lire aussi : Au-delà de l'africapitalisme

Michael Porter, professeur à la Harvard Business School, a défini le concept d’affaires générant de la valeur partagée : selon lui, les activités du secteur privé peuvent et devraient apporter une rémunération substantielle aux entreprises et à leurs actionnaires, mais aussi à un groupe d’acteurs plus large.

Le président de la Banque mondiale, Jim Kim, a quant à lui réorienté la stratégie de l’institution vers la promotion d’une « prospérité partagée ». Pour la première fois de son histoire, la Banque va lutter non seulement contre la pauvreté, mais aussi contre « l’inégalité globale ».

Le système approche, au mieux, de sa fin, au pire du chaos.

Une transformation du système s’impose

Je crois en ces deux concepts, d’une part parce qu’ils reflètent mes propres valeurs et ma philosophie dans les affaires, d’autre part pour leur aspect pratique. Avec l’augmentation des inégalités dans les économies développées ou en voie de développement, le capitalisme approche, au mieux, de sa fin, au pire de grands bouleversements sociaux et du chaos. Sa transformation est impérative.

L’un des principaux défis vient du fait qu’aucune entreprise, aucun État, ne peut espérer changer notre système capitaliste seul. De même, le faire évoluer vers un socle plus large de valeurs telles que le « capitalisme inclusif » et l’« africapitalisme » est impossible sans l’adhésion de tous les secteurs. Provoquer ce type de changement demande un objectif commun préalable. Cela implique non seulement d’accepter la logique du capitalisme inclusif et de l’africapitalisme, mais aussi de partager un profond désir d’agir.

J’ai été impressionné par le savoir-faire, l’influence et le succès de mes pairs présents à la Conférence sur le capitalisme inclusif à Londres dernièrement. Nous sommes tous bénis. Mais cette couronne est lourde à porter. Notre réussite s’accompagne de responsabilités s’étendant bien au-delà de notre famille, de notre pays ou de nos actionnaires.

Nous nous sommes réunis pour explorer les limites d’un système dont nous avons bénéficié, car d’autres, beaucoup trop nombreux, n’ont pas eu cette chance. La question brûlante à nous poser est donc : que sommes-nous prêts à faire ?

L’ingrédient essentiel : le leadership

Qu’importe la motivation profonde. Nous pouvons avancer en nous appuyant sur notre désir bien trop humain d’autopréservation, notre mécontentement ou même notre rapport à Dieu. Mais nous ne devons pas subir cette responsabilité comme une conséquence inévitable du succès. Nous devons la voir comme une opportunité de créer de la richesse pour nous-mêmes comme pour les autres.

L’ingrédient essentiel pour que les valeurs véhiculées par le capitalisme inclusif et l’africapitalisme participent à la transformation du système capitaliste, c’est le leadership. Nous n’avons pas besoin d’une autre étude pour savoir quoi faire. Ce qu’il faut à ce stade, c’est le courage d’agir. De diriger.

Nous ne savons pas ce que le futur nous réserve ni quel rôle nous y jouerons. Mais, par la grâce de Dieu, je donnerai l’exemple chaque jour, et je me battrai pour que d’autres s’engagent dans la construction d’une société plus juste et égalitaire qui profite à tous et non à quelques-uns. Je vous demande juste de me rejoindre pour faire de même. Les véritables récompenses sont devant nous.


À lire aussi (liens dans l'article)


Nigeria : Tony Elumelu accueilli en star devant 1000 entrepreneurs africains


Obama et Tony Elumelu
rencontre avec l'homme qui mise 100 millions dans les startups africaines



Tony Elumelu : "Le secteur privé a besoin de leaders africains"

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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 16 Aoû - 11:42



Achille Mbembe : 5O ans de décolonisation africaine 15 mars 2010, Ayoko Mensah

Professeur d’histoire et de science politique à l’université du Witwatersrand à Johannesbourg, Achille Mbembe compte parmi les plus éminents intellectuels au rayonnement international. Son essai paru en 2000, De la postcolonie, est devenue une référence [1]. Il s’apprête à publier son prochain livre, Critique de la raison nègre.


Citation :
Vous avez publié il y a quelques semaines un article intitulé « Cinquante ans de décolonisation africaine » [2]. Vous y dressez un bilan très sombre de la situation de l’Afrique. Cinq tendances lourdes vous semblent caractériser la situation des pays et des peuples africains aujourd’hui. Quelles sont-elles ?

La première est l’absence d’une pensée de la démocratie qui servirait de base à une véritable alternative au modèle prédateur en vigueur à peu près partout.

La deuxième est le recul de toute perspective de révolution sociale radicale sur le continent.

La troisième est la sénilité croissante des pouvoirs nègres – une situation qui, toutes proportions gardées, rappelle des développements similaires au XIXe siècle lorsque, faute de pouvoir s’adapter à la pression externe, les communautés politiques existantes s’autodétruisirent dans d’interminables guerres de succession.

La quatrième est l’enkystement de pans entiers de la société et l’irrépressible désir, chez des centaines de millions, de vivre partout ailleurs dans le monde sauf chez eux – la volonté générale de défection et de désertion.

La cinquième est l’émergence d’une sorte de « lumpen-radicalisme » – en vérité une culture du racket, de la prédation, de l’émeute sanglante et du coup d’État sans lendemain et qui, à l’occasion, tourne facilement à la guerre de pillage. Cette sorte de lumpen-radicalisme participe de la violence sans projet politique alternatif.

Ces brusques observations ne signifient toutefois pas qu’il n’existe aucune saine aspiration à la liberté et au bien-être en Afrique. Ce désir peine cependant à trouver un langage, des pratiques effectives, et surtout une traduction dans des institutions nouvelles, une pensée et une culture politique neuve où la lutte pour le pouvoir n’est plus un jeu à somme nulle.

Peut-on considérer les pays africains comme indépendants ? Les accords inégaux « de coopération et de défense » signés dans les années 1960 entre la France et ses anciennes colonies ne servent qu’à contractualiser le rapport colonial, écrivez-vous…

Ils sont formellement indépendants et ils n’échapperont pas à leurs responsabilités propres. Ceci dit, la donne internationale est faite de rapports de force et d’échanges inégaux. Le dire ne signifie pas que l’on adhère au « tout impérialiste ». Cette réserve faite, l’impérialisme existe, et les rapports officiels franco-africains sont des rapports serviles – exception faite de l’Afrique du Sud.

Vous appelez de vos vœux une « nouvelle pensée de la démocratie » sur le continent. En quoi consisterait-elle ?

Pour que la démocratie puisse s’enraciner en Afrique, il faudrait qu’elle soit portée par des forces sociales et culturelles organisées ; des institutions et des réseaux sortis tout droit du génie, de la créativité et surtout des luttes des gens eux-mêmes et de leurs traditions propres de solidarité. Mais cela ne suffit pas. Il faut aussi une idée dont elle serait la métaphore vivante. Ainsi, en réarticulant par exemple le politique et le pouvoir autour de la critique des formes de mort, ou plus précisément de l’impératif de nourrir les « réserves de vie », on pourrait ouvrir la voie à une nouvelle pensée de la démocratie dans un continent où le pouvoir de tuer reste plus ou moins illimité, et où la pauvreté, la maladie et les aléas de tous genres rendent l’existence si incertaine et si précaire.

Au fond, une telle pensée devrait être un mélange d’utopie et de pragmatisme. Elle devrait être, de nécessité, une pensée de ce qui vient, de l’émergence et du soulèvement. Mais ce soulèvement devrait aller bien au-delà de l’héritage des combats anticolonialistes et anti-impérialistes dont les limites, dans le contexte de la mondialisation et au regard de ce qui s’est passé depuis les indépendances, sont désormais flagrantes.

Ce cinquantenaire de la décolonisation n’est pas seulement une affaire africaine, dites-vous. En effet, la France, en faisant de 2010 l’Année de l’Afrique entend également célébrer cet anniversaire. Comment jugez-vous cette initiative ? L’annonce du défilé militaire du 14 juillet 2010 auquel seront invitées des troupes des anciennes colonies africaines n’est-elle pas une éclatante provocation ?

Une certaine France milite pour une provincialisation mentale, intellectuelle et politique de ce vieux pays. Une France recroquevillée sur elle-même ne peut que desservir les intérêts objectifs des Africains
. Il nous faut donc militer pour une déclosion de ce pays. Ceci dit, les Africains doivent ouvrir les yeux et regarder le monde de demain - d’ores et déjà en train de naître. Par rapport à la dynamique de ce monde qui vient, la France et l’Europe sont, à plusieurs égards, de jolis musées. On peut visiter les musées mais on ne peut pas les habiter ou se laisser entièrement habiter par eux. Il faut les laisser aux touristes.

Pour clore enfin le chapitre de la décolonisation qui est toujours en cours, vous plaidez pour la mise en place d’un « New Deal » continental en faveur de la démocratie et du progrès économique en Afrique. Comment ce New Deal pourrait-il se distinguer des programmes d’aide au développement qui ont majoritairement échoué en Afrique ?

Il n’y a jamais eu d’« aide au développement ». C’est par abus de langage que l’on parle d’aide au développement. Ce à quoi il faudrait arriver, c’est à une sorte de mutualisation des intérêts. Ceux-ci touchent toutes sortes de questions – économiques, militaires, sécuritaires, écologiques et environnementales. Cette mutualisation des intérêts doit d’abord se faire sur le plan continental. Elle doit être ensuite collectivement négociée par les États africains et par les puissances internationales — un New Deal en faveur de la démocratie et du progrès économique qui viendrait compléter et clore une fois pour toutes le chapitre de la décolonisation. La démocratisation de l’Afrique est d’abord une question africaine. Elle passe, certes, par la constitution par le bas de forces sociales capables de la faire naître, de la porter et de la défendre. Mais la démocratisation de l’Afrique est également une affaire de sécurité internationale.

Vous dites qu’il faudrait parvenir, dans les cinquante prochaines années, à « internationaliser » la question de la démocratisation de l’Afrique. Les artistes ont-ils un rôle à jouer à cet égard ?

Pour le demi-siècle qui vient, une partie du rôle des intellectuels, des gens de culture et de la société civile africaine sera justement d’aider à rouvrir le futur et à réinventer une nouvelle société civile. Il nous faut en effet aller au-delà de la conception traditionnelle de la société civile, celle qui est étroitement dérivée de l’histoire des démocraties capitalistes.

D’une part, il faut tenir compte du facteur objectif qu’est la multiplicité sociale – multiplicité des identités, des allégeances, des autorités et des normes – et, à partir d’elle, imaginer de nouvelles formes de la lutte sociale.

D’autre part, la nécessité de création d’une plus-value intellectuelle n’a jamais été aussi pressante. Cette plus-value doit être réinvestie dans un projet de transformation radicale du continent. La création de cette plus-value ne sera pas uniquement l’uvre de l’État. Elle est, à mes yeux, la nouvelle tâche des sociétés civiles africaines, des artistes, des philosophes et écrivains.


Notes

[1] Achille Mbembe, De la postcolonie – Essai sur l’imagination dans l’Afrique contemporaine, Karthala, Paris, 2000.

[2] Article consultable sur le site d’Africultures : www.africultures.com.


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 16 Aoû - 12:09

.
n'en déplaise à tous les radicaux ultragauchistes et aux communisateurs qui « ne sont pas anti-impérialistes, anti-sionistes, anti-racistes... » (de Bernard Lyon -juif - pour Théorie Communiste à Jacques Wajnsztejn - juif - pour Temps Critiques en passant par Yves Coleman - obsédé sélectif par l'antisémitisme à l'extrême-gauche - et nombre d'anarchistes blancs) et se retrouvent ainsi porter leurs critiques, dans le même sens que les identitaires de souche et autres fascistes, contre tous ceux qui se revendiquent tels, non seulement les démocrates radicaux mais aussi les porteurs de paroles indigènes en France, la question d'un nouvel impérialisme et des résistances qu'il suscite est posée. Voir ÉTAT TRANSNATIONAL, GÉOSTRATÉGIE et capitalisme global : "néo-impérialismes" ?

un de ceux qui la posent en France est Saïd Bouamama, sociologue et activiste dans les quartiers prolétaires racialisés, qu'un correspondant (juif) amateur de "communisation" et de "Critique radicale de la valeur" a qualifié d »islamo-gauchiste gratiné », double ânerie s'il en est, puisque Bouamama a refusé d'entrer au PIR, Parti des Indigènes de la République, précisément parce qu'il se réclame encore de Marx, des combats anti-colonialistes et anti-impérialistes, naturellement pas à la manière de l'époque des "indépendances"...

Les nouvelles générations africaines. Espoirs et vigilances Saïd Bouamama 27 juin 2015


Saïd Bouamama a écrit:
La jeunesse africaine est de nouveau confrontée à la découverte de sa « mission », pour reprendre l’expression de Frantz Fanon. De manière significative en Egypte, en Tunisie ou au Burkina Faso, les vastes mobilisations de la jeunesse ont été accompagnées d’une redécouverte des grandes figures des indépendances (Nasser, Sankara, N’Krumah, etc.).

génération africaine

« Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, l’accomplir ou la trahir » Frantz Fanon

Des manifestations contre l’exploitation du gaz de schiste en Algérie aux grandes grèves des mineurs en Afrique du Sud, en passant par le formidable mouvement de révolte qui mit fin au règne de l’assassin de Sankara au Burkina et par les révolutions égyptienne et tunisienne, etc., il existe un point commun que les médias dominants se gardent bien de souligner : la présence massive de jeunes. De nouvelles générations militantes émergent, réagissant, d’une part, aux conditions d’existence scandaleuses imposées par la mondialisation capitaliste et, d’autre part, à l’action des gérants locaux de cette mondialisation que sont la plupart des gouvernements en place. Cette nouvelle attitude militante de la jeunesse a une base concrète : les mutations sociologique et démographique du continent et la paupérisation massive des jeunes. C’est pourquoi les puissances impérialistes, par le biais des ONG, sont particulièrement actives pour détourner cette jeunesse de la mission qu’elle s’est donnée : la lutte pour la seconde indépendance.

Une Afrique jeune

L’Afrique a la population la plus jeune du monde. Le continent compte 200 millions de jeunes de 15 à 24 ans et ce chiffre devrait doubler à l’horizon 2045. Les moins de 15 ans forment 40 % de la population alors que les plus de soixante ans ne comptent que pour 5,5 %. Les deux tiers de la population ont moins de 30 ans et plus de 50 % ont une moyenne d’âge de 21 ans (1). De cette structure démographique découle une conséquence sur le marché du travail : « Si cette tendance se poursuit, la main-d’œuvre du continent sera d’un milliard de personnes en 2040. Ce sera la plus nombreuse au monde, dépassant celle de la Chine et de l’Inde (2). »

Cette jeunesse est également caractérisée par un chômage massif. Ainsi près de 60 % des chômeurs africains sont des jeunes et, dans la plupart des pays du continent, le taux de chômage des moins de 25 ans est deux fois plus important que celui des adultes (3). Il est par exemple de 23, 4 % en Afrique du Nord en 2009 soit 3, 8 fois plus important que celui des adultes. En Afrique du Sud, il est de 48 % soit 2,5 fois plus élevé que celui des adultes. Pour la grande majorité de ces jeunes, il ne reste que le secteur informel pour tenter de survivre. La pauvreté massive est en conséquence une autre caractéristique de la jeunesse africaine. En moyenne, 72 % des jeunes Africains vivent avec moins de deux dollars par jour et ce taux dépasse les 80 % dans des pays comme le Nigéria, l’Ouganda ou la Zambie (4).

Soulignons enfin que la jeunesse africaine est également de plus en plus instruite. N’en déplaise aux nostalgiques de la colonisation, l’accès à la scolarité est un des résultats des indépendances. Malgré la dégradation des conditions et de la qualité de l’enseignement, les gouvernements, mêmes les plus réactionnaires, hésitent, par peur des révoltes sociales, à remettre en cause l’accès à l’enseignement. Ils sont ainsi aujourd’hui 42 % des 20-24 ans à avoir reçu un enseignement secondaire. Une jeunesse de plus en plus importante mais également fortement touchée par le chômage, l’emploi informel et la pauvreté. Une jeunesse également plus instruite. C’est cette base matérielle qui explique le renouveau militant dans la jeunesse africaine.

Un nouvel âge politique

Le changement dans la place de la jeunesse n’est pas que quantitatif. Un processus qualitatif porteur de conscientisation est également à l’œuvre. On peut ainsi, selon nous, évoquer l’existence de « trois âges » de la jeunesse africaine. Chacun de ces âges a forgé son rapport au monde et son expérience politique dans un contexte particulier. Le premier âge est celui de la jeunesse des décennies 60 et 70 que nous pouvons qualifier de « jeunesse des indépendances ». Cette génération émerge dans un contexte de lutte des peuples africains pour l’émancipation nationale et sociale. Sur le plan de l’expérience, elle a connu la colonisation ou l’héritage immédiat de celle-ci. Sur le plan matériel, du fait des indépendances, elle connaît globalement (bien sûr de manière hétérogène d’un pays à l’autre) une amélioration de ses conditions d’existence (accès à la scolarité, à la santé, etc.). Sur le plan idéologique, elle se caractérise par l’anti-impérialisme et la volonté de « servir le peuple ». Un tel contexte est producteur d’un rapport au monde optimiste, d’engagements progressistes et d’une conscience anti-impérialiste et panafricaine.

Le second âge est celui des décennies 80 et 90 que nous pouvons qualifier de « jeunesse de la mondialisation et des plans d’ajustement structurel ». Cette génération émerge dans un contexte mondial marqué par la fin de l’URSS et par la victoire de la mondialisation capitaliste. Sur le plan de l’expérience, elle a connu la disparition successive des expériences progressistes africaines du fait des « coups d’Etat », des assassinats de leaders révolutionnaires, des contraintes du nouveau rapport de forces mondial. Sur le plan matériel, elle connaît les plans d’ajustements structurels et la paupérisation massive qu’ils produisent. Sur le plan idéologique, elle se caractérise par la croyance en l’économie de marché et à l’idéologie des « droits de l’homme ». Un tel contexte est producteur d’un rapport au monde fait de mimétisme de l’Occident, de débrouille individuelle, d’individualisme et d’une tendance au renoncement à la lutte politique collective.

Le troisième âge est l’âge actuel que nous pouvons qualifier de « jeunesse de la seconde indépendance ». Cette génération émerge dans un contexte mondial marqué par la multiplication des agressions impérialistes pour le pillage des richesses naturelles et par la faillite des choix libéraux mais aussi par le développement des puissances émergentes. Sur le plan matériel, elle connaît une « descente aux enfers » les cantonnant dans une « logique de survie ». Sur le plan idéologique, cette jeunesse renoue avec la mobilisation politique tout en n’ayant pas encore trouvé de canal d’expression de sa révolte. Elle expérimente en conséquence de nouvelles formes d’organisation et de contestation. Un tel contexte est producteur d’un rapport au monde fait de mobilisations collectives mais sporadiques, de radicalisations anti-impérialistes mais encore peu formalisées, de révoltes sociales ne parvenant pas encore à se transformer en révolution.

La jeunesse africaine est de nouveau confrontée à la découverte de sa « mission » pour reprendre l’expression de Frantz Fanon. De manière significative en Egypte, en Tunisie ou au Burkina Faso, les vastes mobilisations de la jeunesse ont été accompagnées d’une redécouverte des grandes figures des indépendances (Nasser, Sankara, N’Krumah, etc.). Même dans les pays qui n’ont pas connu ce type de mouvement, on assiste à une redécouverte de ces figures dans les chansons de Raps, sur les maillots, etc. Cette recherche d’un ancrage dans les luttes passées souligne la sortie d’une période de « haine de soi » et de fascination de l’Occident. Elle reflète également le développement d’une conscience, certes encore embryonnaire, de la nécessité de reprendre le combat des anciens. C’est pourquoi, il nous semble que l’expression la plus pertinente est celle de « seconde indépendance ». Cette expression est en effet apparue et a été théorisée dans la décennie 60 pour souligner la nécessité de parachever l’indépendance politique par une réelle indépendance économique.

Une jeunesse reprenant le chemin des luttes collectives, tendant à rompre avec la fascination de l’Occident et essayant de renouer avec les périodes antérieures du combat émancipateur, telles sont les deux caractéristiques dominantes de la jeunesse africaine.

Le rôle de détournement des consciences des ONG

Les grandes puissances sont lucides sur ces mutations de la jeunesse africaine. Elles sont conscientes des dangers que font peser ces changements pour leurs intérêts. Elles développent une politique ambitieuse de détournement des consciences par le biais d’ONG multiples et touchant tous les champs de la vie sociale. Le phénomène n’est pas nouveau mais connaît aujourd’hui une nouvelle impulsion en lien avec les nouvelles luttes de la jeunesse.

Dans la décennie 60 les USA et les puissances européennes ont déjà initié de vastes programmes « d’aide » portés par des ONG. Le panafricain Kwame N’Krumah a dès 1965 alerté sur le rôle néocolonial des ONG du Nord (5). Echanges universitaires, formations de syndicalistes, formation des leaders, etc., c’est tous azimuts que se sont développées des ONG visant à détourner la jeunesse de la conscience anti-impérialiste. Il en est de même aujourd’hui. Donnons quelques informations sur les caractéristiques de ces ONG :

D’une manière générale, les associations du tiers-monde ont peu voix au chapitre quand il s’agit de décider de l’orientation des programmes d’aide financés par le Nord. « Seules 251 des 1 550 ONG associées au département d’information des Nations unies sont basées dans des pays en développement. Des études montrent également que, sur cinquante associations occidentales spécialisées dans le plaidoyer, seulement deux avaient effectivement consulté leurs partenaires du Sud avant d’engager une action en leurs noms. Les ONG du Nord affirment que les associations du tiers-monde ne sont pas assez solides pour se passer de leur encadrement (6). »

S’appuyant sur la précarité économique de la jeunesse, ces ONG offrent des places de survie aux leaders potentiels des luttes et les mettent ainsi sous leur dépendance. Les programmes d’échanges et de formations sont de plus de véritables mécanismes de formatage idéologique. A l’analyse politique et économique, ces formations substituent l’approche méthodologique et technicienne, la revendication politique est remplacée par la compassion humanitaire, l’organisation des premiers concernés est abandonnée au profit d’une dépendance vis-à-vis de l’aide. Il s’agit ni plus ni moins que de dépolitiser une jeunesse qui a d’abord besoin d’un outil politique pour organiser sa « mission générationnelle » comme le dit Fanon.

Mais les ONG ont également une fonction plus immédiate : celle de justifier les interventions militaires occidentales. C’est en s’appuyant sur des rapports « objectifs » d’ONG que se déploient des opérations de déstabilisation de gouvernements ayant commis le crime de s’éloigner de la ligne dictée par Washington ou par l’Europe comme, par exemple, de passer un contrat commercial avec une puissance émergente. Les mêmes rapports préparent également les opinions publiques à accepter l’arrivée de troupes étrangères comme solution aux crises. Le nouveau développement de l’action des ONG en Afrique n’est pas le fait d’une poussée de conscience humanitaire en Occident. Il reflète les nouvelles potentialités révolutionnaires de la jeunesse du continent et vise à les neutraliser et à les instrumentaliser. Comme dans la décennie 60, la jeunesse africaine est de nouveau confrontée aux tâches de formations politiques des militants et d’organisations des damnés de la terre.

Notes :
(1) http://www.africaneconomicoutlook.o… consulté le 27 avril à 10.40h

(2) Banque Africaine de Développement, OCDE, PNUD, Perspectives économiques en Afrique, 2012, p.108.

(3) http://www.africaneconomicoutlook.o…

(4) Ibid.

(5) Kwane Nkrumah, Le néocolonialisme, dernier stade de l’impérialisme, Présence Africaine, Paris, 1973, chapitre « Les mécanismes du colonialisme », p.245.

(6) Marc-Antoine Perouse de Montclos, La face cachée des ONG, Politique international la revue, no.116, http://www.politiqueinternationale…..




in 1948–2008 COMMEMORATION DE LA NAKBA
RENCONTRE DE JEUNES PALESTINIENS ET FRANCAIS


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 16 Aoû - 12:12

Futurs champs de bataille des États-Unis d’Amérique en Afrique Nick Turse

Nick Turse a écrit:
Vêtus par un kaléidoscope de modèles de camouflage, ils ont passé trois jours entassés dans une base militaire de Floride. Ils appartenaient au Commandement d'Opérations Spéciales des États-Unis (SOCOM) et au Commandement d'Opérations Spéciales de l'Armée des États-Unis. Il y avait aussi des forces de la France, de la Norvège, du Danemark, de l'Allemagne et du Canada : 13 pays au total. Ils sont venus projeter une campagne militaire « centrée sur des opérations spéciales » avec l'appui de forces conventionnelles, une opération multilatérale qui – en cas de réalisation – pourrait coûter des centaines, peut-être des milliers de millions de dollars et, qui sait, combien de vies.



2044 ou le revers

Demandez aux participants et ils parleront de prendre en compte les « sensibilités » et les « différences culturelles », l’importance de la « collaboration » et de la « coordination », la valeur de la diversité d’opinions, les « perspectives » et les « associations ». Cependant, à huis clos et sans que le sache la majorité de la population de leurs propres pays, nous ne dirions pas celle des pays qui sont désignés comme objectifs, un petit groupe de stratèges d’opérations spéciales occidentales ont ébauché un « futur militaire multilatéral » pour une région d’Afrique pleine de problèmes.

Entre le 13 et le 15 janvier (2015), des représentants des États-Unis d’Amérique et de 12 pays alliés se sont réunis sur la base aérienne MacDill à Tampa, Floride, pour réaliser un exercice nommé « Silent Quest 15-1 ». Le scénario fictif dans lequel ils ont présenté leur jeu de guerre a fait les titres des journaux. C’était un amalgame de deux catastrophes, réelles et en cours, de politique extérieure et de contre-terrorisme de l’époque post 11-S : le développement de Boko Haram au Nigeria et l’apparition de l’État Islamique, aussi connu comme l’État Islamique d’Irak et du Levant ou d’EIIL [Daech]. Le jeu de guerre fut axé sur l’apogée imaginaire d’un groupe nommé « État Islamique d’Afrique » et l’étendue de son proto-califat à des parties du Nigeria, du Níger, et du Cameroun, pays victimes de la terreur de Boko Haram, qui vient de jurer sa loyauté à l’État Islamique. « Silent Quest 15-1 » a été le dernier d’une série d’exercices – le premier a eu lieu en mars 2013 – élaborés pour tracer les plans d’intervention des forces d’opérations spéciales pour la décennie suivante. Ce jeu de guerre n’a pas été un jeu du style paintball. Il n’y a pas eu de fusillades simulées, ni de répétition générale. Cela ne fut pas l’équivalent belliqueux de cette version du football-américain qui se joue sans placages. C’était un exercice théorique de simulation à partir de quelque chose de trop réel : la panoplie croissante d’activités militaires des États-Unis et de leurs alliés dans des zones de plus en plus étendues de l’Afrique. En parlant de ce continent, Matt Pascual, l’un des participants de l’opération et le responsable pour l’Afrique du Groupe d’Appui Euro-Afrique du SOCOM, a remarqué que les États-Unis et leurs alliés traitaient déjà « une myriade de sujets » régionaux et, peut-être le plus important, que beaucoup de pays participants « sont déjà là ». Le pays qui « est déjà là » avec une plus grande présence que le reste est, bien sûr, celui de Pascal : Les États-Unis d’Amérique.

Durant les dernières années, les États-Unis ont été impliqués dans diverses interventions multilatérales en Afrique, y compris une en Libye. Ce qui suppose une guerre secrète et une campagne conventionnelle de missiles et de raids aériens, l’assistance aux forces françaises en République Centrafricaine et au Mali et l’entraînement et le financement de partenaires africains pour s’attaquer à des groupes combattants comme Boko Haram, al-Shabab en Somalie et Ansar al-Dine au Mali. En 2014, les États-Unis ont mené 674 actions militaires en Afrique, presque deux missions par jour, et un bond de presque 300 % dans le nombre d’opérations, d’exercices et d’activités annuelles de formation dans le domaine militaire et non militaire depuis la création du Commandement pour l’Afrique des États-Unis (AFRICOM) en 2008.

Malgré l’avalanche de missions et une augmentation similaire des bases, du personnel et du financement, le panorama dépeint le mois dernier devant le Comité des Services Armés du Sénat par le général David Rodriguez, commandant de l’AFRICOM, fut étonnamment affligeante. La vision proposée par Rodriguez était celle d’un continent en crise, menacé de l’est à l’ouest par les groupes combattants qui s’étaient développés et renforcés, ou bien qui avaient étendu leur portée mortelle malgré les efforts antiterroristes des États-Unis.

Rodriguez a dit aux membres du comité que « des terroristes et des réseaux criminels transrégionaux s’adaptaient et s’étendaient d’une manière agressive ». « Al-Shabab a élargi ses opérations pour diriger, ou pour essayer de diriger, des attaques asymétriques contre l’Ouganda, l’Éthiopie, Djibouti et surtout le Kenya. La menace libyenne augmente rapidement, incluant la présence de plus en plus étendue de l’EIIL… Boko Haram menace la capacité du Gouvernement du Nigeria à garantir la sécurité et les services de base dans de vastes zones du nord-est ». Cependant, malgré leurs mauvais résultats depuis que l’Armée US a commencé à « pivoter » vers l’Afrique après le 11-S, les États-Unis d’Amérique viennent de signer un accord pour maintenir leurs troupes sur le continent pratiquement jusqu’au milieu du siècle actuel.

Elargissement de la mission

Pendant des années, l’Armée des USA a publiquement insisté sur le fait que ses efforts en Afrique étaient insignifiants, maintenant intentionnellement les Etats-uniens, pour ne pas parler de la majorité des Africains, dans l’ignorance quant à la véritable ampleur, la dimension et la portée de ses opérations sur le continent. Tant le personnel que ceux qui dirigent les questions publiques d’AFRICOM, tous ont insisté sur le fait qu’il ne s’agissait que d’une « intervention modérée ». Ils évitent de parler des campements militaires et des postes avancés, affirmant qu’ils ont seulement une base dans un endroit en Afrique : le Camp Lemonnier, dans le petit Djibouti. Cela ne leur plaît pas de parler des opérations militaires : ils offrent seulement une information détaillée sur une fraction minuscule de leurs exercices d’entraînement. Et voilà qu’ils se refusent à révéler les endroits où se trouve le personnel, ou même le nombre de pays impliqués.

Lors d’un entretien, un porte-parole d’AFRICOM m’a parlé à un moment donné de sa préoccupation : si le nombre de déploiements effectués en Afrique était encore dévoilé, cela donnerait une « image biaisée » de l’intervention US. À huis clos cependant, les dirigeants d’AFRICOM utilisent un langage assez différent. À plusieurs reprises, ils ont déclaré que le continent est un « champ de bataille » US et que – nous ne nous trompons pas – ils sont déjà embourbés dans une « guerre ».

Selon des chiffres récents du Commandement pour l’Afrique des États-Unis, la portée de cette « guerre » a spectaculairement progressé en 2014. Dans sa « déclaration de posture », AFRICOM déclare qu’il a mené 68 opérations au cours de l’ année dernière, dépassant les 55 opérations de l’année précédente. Parmi elles, les opérations « Juniper Micron » et « Echo Casemate », destinées à appuyer les missions françaises et africaines au Mali et en République Centrafricaine, « Observant Compass », la tentative de dégrader ou de détruire ce qui restait de la sanguinaire Armée de la Résistance du Seigneur de Joseph Kony en Afrique Centrale et « United Assistance » , le déploiement d’effectifs militaires pour faire face à la crise de l’Ébola en Afrique de l’Ouest.

Le nombre d’exercices conjoints sur le terrain auxquels ont participé les forces US et leurs associés militaires africains sont passés de 10 en 2013 à 11 l’année dernière, y compris « African Lion » au Maroc, « Western Accord » au Sénégal, « Centrale Accord » au Cameroun et le « Southern Accord » au Malawi. Toutes les unités ont eu une formation sur le terrain et ont servi d’appui à des opérations d’instruction militaire entre armées de l’année précédente.

AFRICOM a aussi dirigé des exercices de sécurité maritime, comme l’« Obangame Express » dans le Golfe de Guinée,« Saharan Express » en face des côtes du Sénégal et a assuré trois semaines de formation en matière de sécurité maritime faisant partie de l’exercice multilatéral « Phoenix Express 2014 », avec des marins de nombreux pays dont l’Algérie, l’Italie, la Libye, Malte, le Maroc, la Tunisie et la Turquie.

Le nombre d’activités de coopération en matière de sécurité s’est envolé de 481 en 2013 à 595 l’année dernière. Ces initiatives ont inclus l’instruction militaire dans un « programme de collaboration étatique » qui a regroupé des forces militaires africaines avec des unités de la Garde Nationale états-unienne et du personnel du programme Africa Contingency Operations Training & Assistance (ACOTA) financé par le Département d’État, un programme à travers lequel les conseillers et les instructeurs militaires US offrent matériel et formation militaire aux troupes africaines.

En 2013, le nombre total des activités états-uniennes sur le continent a été de 546, soit en moyenne plus d’une mission quotidienne. L’année dernière, le chiffre s’est élevé à 674. En d’autres mots, les troupes US ont réalisé presque deux opérations, exercices ou activités diverses tous les jours – depuis des attaques avec des drones jusqu’à de la formation en contre-insurrection, des opérations d’information et des pratiques de tir – quelque part en Afrique. Cela représente une augmentation conséquente si nous comparons les chiffres avec les 172 « missions, activités, programmes et des exercices » dont l’AFRICOM a hérité d’autres commandements géographiques quand il a commencé ses opérations en 2008.

Des groupes terroristes transnationaux : sortis de nulle part

En 2000, un rapport réalisé sous la supervision de l’Institut des Études Stratégiques de l’École de Guerre de l’Armée des États-Unis examinait « l’environnement de sécurité en Afrique ». Bien qu’il y fut fait référence aux « mouvements rebelles ou aux séparatistes internes » dans les « états faibles » et aux acteurs non étatiques, comme les milices et les « armées des seigneurs de la guerre », il semble étonnant qu’il n’y soit pas mentionné l’extrémisme islamiste ni les menaces terroristes transnationales les plus importantes. Avant 2001 en fait, les États-Unis ne reconnaissaient aucune organisation terroriste subsaharienne en Afrique et un haut fonctionnaire du Pentagone a signalé que les combattants islamiques les plus à craindre du continent « n’avaient pas été engagés dans des actes de terrorisme en dehors de la Somalie ».

À la suite de 11-S, même avant que l’AFRICOM ne fût créé, les États-Unis ont commencé à augmenter le nombre des opérations sur le continent, tentant de renforcer les capacités contre-terroristes de leurs alliés et d’isoler l’Afrique des groupes de terroristes transnationaux c’est-à-dire extrémistes islamiques globe-trotters. En d’autres mots, le continent était vu comme quelque chose de semblable à une page blanche pour tester des mesures de prévention du terrorisme.

Depuis ce temps-là, on a injecté des milliers de millions de dollars en Afrique pour construire des bases, pour armer des alliés, pour obtenir de l’information, pour mener des guerres pour le pouvoir, pour assassiner des combattants et pour diriger peut-être des milliers de missions militaires, sans que rien de tout cela n’ait eu l’effet désiré. L’année dernière par exemple, selon l’AFRICOM, les combattants somalis « ont projeté ou ont commis des attentats mortels de plus en plus complexes en Somalie, au Kenya, en Ouganda, à Djibouti et en Éthiopie ». Au début du mois, les mêmes combattants de al-Shabab ont franchi un pas en massacrant 147 étudiants dans une université du Kenya.

L’augmentation meurtrière et l’étendue de al-Shabab peut difficilement se considérer comme une exception en Afrique. Dans une récente intervention devant le Comité des Services Armés du Sénat, le commandant de l’AFRICOM, David Rodriguez, a rapidement prononcé les noms de nombreux groupes terroristes islamiques qui sont apparus toutes ces années, déstabilisant précisément les pays que les États-Unis avaient essayés de renforcer. Dans cette déclaration, il fit le maximum pour présenter sous leur meilleur jour les efforts militaires de Washington en Afrique, y compris en donnant une lecture rapide du – et cela vaut la peine de la citer in extenso – panorama désolant de ce que le « pivot » vers l’Afrique a signifié jusqu’à présent sur le terrain. Quelques paragraphes extraits du document précisent cependant :
AFRICOM a écrit:

« Le réseau de Al-Qaida et ses affiliés et adeptes continuent d’exploiter les régions d’Afrique qui se trouvent pratiquement sans gouvernement et de profiter de leurs frontières poreuses pour préparer et mener des attentats. L’État Islamique d’Irak et du Levant étend sa présence au nord de l’Afrique. Des terroristes aux filiations multiples élargissent leur collaboration dans les captation, financement, entraînement et opérations, tant au sein de l’Afrique que trans-régionalement. Des organisations extrémistes violentes utilisent des appareils explosifs improvisés de plus en plus sophistiqués, et le nombre de victimes à cause de ces armes en Afrique a augmenté à peu près de 40 % en 2014… Au nord et à l’ouest de l’Afrique, l’insécurité en Libye et au Nigeria menace de plus en plus les intérêts des États-Unis. Malgré les efforts multilatéraux en matière de sécurité, les réseaux terroristes et criminels accumulent des forces et ont obtenu une plus grande interopérabilité. Al-Qaida au Maghreb Islamique, Ansar al-Sharia, al-Murabitun, Boko Haram, l’État Islamique d’ Irak et du Levant, et d’autres organisations extrémistes violentes profitent des gouvernements faibles, des dirigeants corrompus et des frontières poreuses du Sahel et du Maghreb pour s’entraîner et pour mobiliser des combattants et distribuer des ressources… La menace libyenne sur les intérêts états-uniens augmente… L’année dernière, le gouvernement, la sécurité et la stabilité économique se sont détériorés de manière significative dans ce pays. Actuellement, des groupes armés contrôlent de grandes zones du territoire libyen et agissent impunément. La Libye semble devenir un paradis sûr où les terroristes, y compris Al-Qaida et les groupes adhérents à l’État Islamique d’Irak et du Levant, peuvent s’entraîner et se refaire impunément. L’État Islamique d’Irak et du Levant est de plus en plus actif en Libye, y compris à Derna, Bengasi, Tripoli et Sebha… Les effets secondaires de l’instabilité en Libye et au nord du Mali font peser un risque sur les intérêts des Etats-Unis d’Amérique en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique, y compris sur la réussite de la transition démocratique en Tunisie… La sécurité au Nigeria a aussi empiré l’année dernière. Boko Haram menace le fonctionnement du gouvernement, qui est confronté au défi de garder la confiance de son peuple et de garantir la sécurité et d’autres services basiques… Boko Haram a lancé des attaques à travers la frontière du Nigeria contre le Cameroun, le Tchad et le Níger… … la République Centrafricaine et la République Démocratique du Congo courent le risque que des groupes d’insurgés génèrent une plus grande déstabilisation. Il est possible que des tensions ethniques latentes dans la région des Grands Lacs éclatent violemment dans la République Démocratique du Congo ».

Tout cela, selon l’évaluation de la situation du continent faite par l’AFRICOM, qui a mené son un travail pendant presque une décennie, au fur et à mesure qu’augmentaient les missions états-uniennes. Dans ce contexte, il vaut la peine de rappeler qu’avant que les États-Unis ne redoublent d’efforts, l’Afrique était – selon la propre évaluation de Washington – relativement exempte de groupes terroristes islamiques transnationaux.

Faire pencher la balance en Afrique

Bien que Boko Haram jure loyauté à l’État Islamique et malgré les titres alarmistes des quotidiens regrettant leur fusion ou les mélangeant avec d’autres groupes terroristes qui agissent sous des noms semblables , actuellement il n’existe aucun État Islamique de l’Afrique. Mais le jeu de guerre qui a été mis en scène sur la base aérienne MacDill en janvier contre ce groupe imaginaire n’est pas de l’imagination, il représente une étape logique dans une série d’opérations qui se sont fortement accrues depuis la création de l’AFRICOM. Et, dissimulée dans sa Déclaration de Posture 2015, une information peut quand même être décelée, à savoir que les manœuvres vont continuer jusqu’en 2040.

En mai 2014, les États-Unis ont signé un accord – nommé « accord d’application » – avec le Gouvernement de Djibouti « qui assure [sa] présence » dans ce pays « jusqu’en 2044 ». De plus, les dirigeants de l’AFRICOM parlent maintenant de la possibilité de construire une chaîne de postes de surveillance le long de la frange nord du continent. N’oublions pas que, durant ces dernières années, les zones d’action, mini bases et aérodromes US ont proliféré dans des pays limitrophes comme le Sénégal, le Mali, le Burkina, le Niger, et – en sautant le Tchad (où récemment l’AFRICOM a construit des installations temporaires pour des exercices de forces d’opérations spéciales) – la République Centrafricaine, le Soudan du Sud, l’Ouganda, le Kenya et l’Éthiopie. Tout ce qui suggère que l’Armée des Etats-Unis se cramponne pour rester en Afrique longtemps.

« Silent Quest 15-1 » a été dessiné comme un modèle pour démontrer comment Washington mènera la guerre de coalition « centrée sur des opérations spéciales » en Afrique. En fait, comme le sergent d’Artillerie Reina Barnett l’a écrit dans la publication spécialisée du SOCOM « Tip of the Spear », elle a été programmée conformément « au Guide de Planification 2015 du général de division James Linder, le commandant des Opérations Spéciales des États-Unis en Afrique ». Et l’accord avec Djibouti démontre que l’Armée des États-Unis fait des plans pour presque un quart de siècle. Mais si les six dernières années – marquées par une augmentation de 300 % du nombre de missions US, et par l’étendue du terrorisme et des groupes terroristes en Afrique – indiquent quelque chose, il est probable que les résultats ne soient pas du goût de Washington.

Le commandant de l’AFRICOM, David Rodriguez, continue de présenter de la meilleure manière possible les efforts US en Afrique, citant « une avancée dans plusieurs domaines, grâce à la collaboration étroite avec nos alliés et associés ». Cependant, l’évaluation de la situation de la part de l’AFRICOM semble très peu encourageante. « Là où nos intérêts nationaux nous obligent à faire pencher la balance et à améliorer les réussites collectives en matière de sécurité, peut-être devons-nous travailler plus, en préparant bien nos alliés et associés, ou bien en agissant unilatéralement », peut-on lire dans la déclaration de posture que Rodriguez a présentée au comité du Sénat.

Cependant, après plus d’une décennie d’augmentation des efforts, peu de preuves existent de ce que l’AFRICOM ait la moindre idée de comment faire pencher la balance en sa faveur en Afrique.

Source originale en anglais : « The U.S. Military’s Battlefield of Tomorrow », TomDispatch.

Traduit de l’anglais pour El Correo par : Estelle et Carlos Debiasi


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 16 Aoû - 15:57

Idriss Déby appelle l'Afrique à « frapper sa propre monnaie » et à se débarrasser du Franc CFA 14 aout 2015 Alwihda Info


L’Afrique ne peut pas évoluer avec la monnaie Franc CFA.

Idriss Déby a écrit:
Le Président tchadien Idriss Déby est formel et l’a clairement fait savoir ce mardi, lors d’une conférence de presse à Abéché, deuxième plus grande ville duTchad où était célébré le 55ème anniversaire de l’Indépendance.« Les relations entre le Tchad et la France sont des relations historiques et anciennes. Le premier Président François Tombalbaye, le 11 août à 00h, a déclaré haut et fort : Le Tchad est indépendant et souverain. Cela a été applaudit. On ne peut pas négativer totalement les relations que nous avons avec la France, mais nous ne pourrons pas continuer le système France-Afrique ou le système paternaliste qui est dépassé, que les français eux-mêmes n’aiment pas. Les africains, c’est nous qui courrons derrière, à qui vous voulez donner la faute ? », a souligné le dirigeant tchadien.

« C’est une décision courageuse que nos amis français doivent prendre »

Le Franc CFA est une monnaie garantie par le trésor français qui n’est pas convertible avec les autres devises internationales.
Pour Idriss Déby, « il y a aujourd’hui le FCFA qui est garantit par le trésor français. Mais cette monnaie là, elle est africaine. C’est notre monnaie à nous. Il faut maintenant que réellement dans les faits, que cette monnaie soit la nôtre pour que nous puissions, le moment venu, faire de cette monnaie une monnaie convertible et une monnaie qui permet à tous ces pays qui utilisent encore le FCFA de se développer. Je crois que c’est une décision courageuse que nos amis français doivent prendre ».

Déby appelle à revoir avec la France « les clauses » qui tirent l’économie de l’Afrique

« L’Afrique, la sous-région, les pays africains francophones aussi, ce que j’appelle aujourd’hui la coopération monétaire avec la France, il y des clauses qui sont dépassés, ces clauses là, il faudra revoir, dans l’intérêt de l’Afrique, et dans l’intérêt aussi de la France. Ces clauses tirent l’économie de l’Afrique, ces clauses ne permettront pas à l’Afrique avec cette monnaie là de se développer. On a pas besoin de chercher de midi à 14 heures. Nous allons continuer à coeur l’amitié sincère avec la France. Mais il faudra avoir le courage de dire que le moment est venu de couper un cordon qui empêche à l’Afrique de décoller », a expliqué Déby. Et d’ajouter que « ce n’est pas une question cadeau. Aucun chef d’Etat, aucun ministre, aucun africain ne doit faire de cette question là une question cadeau. On se pose la question, si c’est notre monnaie. Pourquoi cette monnaie n’est pas convertible. Pourquoi tous les échanges passent par la Banque centrale de la France. Qu’est ce que nous gagnons en mettant nos ressources dans des comptes d’opérations ? Quel est le taux d’intérêt que nous gagnons ? »

L’Afrique doit « frapper sa propre monnaie »

« Nous avons la possibilité de frapper notre monnaie comme nous voulons. Le Franc CFA aujourd’hui c’est du papier. En deux ans, sa devient du chiffon, on peut même pas l’utiliser. Sa coûte cher pour frapper une monnaie, l’Afrique, les pays qui sont concernés doivent avoir la possibilité de faire un appel d’offre au meilleur offrant à qui l’on doit s’adresser pour frapper notre monnaie et cette monnaie doit être large sur toutes ses formes. Cette question n’est pas un tabou. Celui qui veut faire de cette question un tabou va tuer l’Afrique et demain on va être condamné par les générations futures », a conclut à ce sujet le Président de la République.



Le président français Jacques Chirac et son homologue tchadien Idriss Déby Itno,
lors d'une précédente rencontre à Paris, en novembre 2005


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 16 Aoû - 16:32


Décrypter l’aide de la Chine à l’Afrique oct 8, 2013

Cette année [2013], les deux hommes les plus puissants de la planète, les présidents Barack Obama et Xi Jinping, ont effectué une tournée en Afrique, où ils se sont engagés à augmenter l’aide et les investissements, et à collaborer avec le continent en faveur du développement.

Citation :
S’il s’agissait de la première vraie visite de Barack Obama en Afrique depuis son investiture (il s’était arrêté une journée au Ghana en 2009), les dirigeants chinois s’y rendent régulièrement depuis plusieurs décennies, et travaillent progressivement avec le continent à l’instauration de projets conjoints de développement, de coopération commerciale, d’investissement direct à l’étranger et d’aide.

« La Chine est le plus grand pays en voie de développement du monde, et l’Afrique est le continent avec le plus grand nombre de pays en voie de développement »

a dit Jiang Zemin – le président chinois d’alors – lors de son discours d’ouverture du premier Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) en 2000. Depuis 2000, la Chine a intensifié son aide à l’Afrique, ce qui n’a pas manqué de susciter l’intérêt et d’alimenter la spéculation quant à ses motifs. À chaque réunion du FOCAC, elle a doublé ses promesses de dons envers le continent, passant de 5 milliards de dollars US en 2006 et 10 milliards en 2009 à 20 milliards au sommet de 2012.


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Mar 18 Aoû - 10:44



TOGO : Une société australienne va exploiter le manganèse au Togo 12 août 2015  
 
Ferrex plc, une société australienne des mines, s’apprête à exploiter la mine de manganèse du Nayega, située dans la Région de la Savane. Ferrex plc va exploiter la mine togolaise à travers la Société Générale de Mines, une filiale qu’elle détient à 85%.


Citation :
Selon ses dirigeants, la production est estimée à 250.000 tonnes de manganèse par an. Le minerais a une teneur de 38 % de manganèse et son coût d’exploitation est bas.

Dans un rapport intérimaire dévoilé en juin dernier la compagnie minière cotée à Londres, l’objectif de la Société des mines est de générer le plus rapidement possible des bénéfices.


Le projet Nayega couvre 92 390 ha et porte sur un gisement principal long de 2,2 km et large de 500 m avec une épaisseur moyenne de 3,3m.

Avec l’extraction du manganèse, le Togo constitue en soi un mini-scandale géologique. Le pays exploite déjà du clincker, les phosphates, du fer. Il existerait aussi des gisements d’autres minerais à l’étude. Selon des rumeurs, il y aurait un trafic d’or qui se fait au Togo.

Le Togo est considéré comme la tête de pont du capitalisme sauvage en Afrique, le pays où il y a le plus de fuite de capitaux sur le continent.




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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Mer 19 Aoû - 1:00

L'Afrique australe en proie à une grave crise alimentaire RFI   18 août


Une fermière dans un champ de maïs au Zimbabwe où la production connaît une baisse de 50%

Citation :
Les chefs d'Etat des 15 pays membres de la Communauté de développement d'Afrique australe (SADC) sont réunis depuis ce lundi au Botswana. Au menu de ce sommet, entre autres, la grave crise alimentaire qui menace la région. En plein hiver austral, les faibles pluies, la sécheresse et les températures anormalement hautes ont largement affecté les récoltes de l'année.

Sur une population de 292 millions d'habitants, près de 10% sont frappées par des pénuries alimentaires dues aux mauvaises récoltes de l'année. Le nombre de personnes en insécurité alimentaire est passé de 24 millions l'année dernière à 27,4 millions cette année. La Namibie, le Botswana, le Malawi et le Zimbabwe sont les pays les plus touchés par cette crise.


Au Malawi, la pénurie est liée aux inondations qui ont frappé le pays en début d'année. Ces intempéries ont fait 176 morts et détruit les cultures. Près de trois millions de Malawites ont besoin d'aide alimentaire d'ici la fin de l'année.

Le Zimbabwe aussi traverse sa pire crise alimentaire depuis dix ans. Le pays doit importer 700 000 tonnes de maïs pour faire face à une baisse de 50% de la production locale et nourrir un million et demi de personne.

Au Botswana, la sécheresse fait aussi des ravages : jusqu'à 90% des récoltes ont été touchées par le manque d'eau et les fortes températures. Egalement affectée, l'Afrique du Sud enregistre la plus faible récolte de maïs depuis 2007, ce qui risque d'inquiéter ses voisins, où elle exporte habituellement.

Peu de chance pourtant que les chefs d'Etat de la SADC lancent un appel conjoint pour demander de l'aide aux organismes de développement et au secteur privé. Ils le feront probablement individuellement, en fonction de leur situation.



Les prix des denrées alimentaires risquent de poursuivre leur vertigineuse ascension
20 millions de personnes ont besoin d'aide humanitaire pour compenser la chute de la production agricole



Insécurité alimentaire en Afrique de l’Est et Centrale


En l’absence d’intervention rapide, l’insécurité alimentaire pourrait encore s’aggraver

Citation :
NAIROBI, 18 août 2014 (IRIN) - Quelque 20 millions de personnes sont en situation d’insécurité alimentaire aiguë en Afrique de l’Est et Centrale. Selon les organisations d’aide humanitaire, la plupart se trouvent à un niveau « de crise » ou « d’urgence ». Ce chiffre est bien plus élevé qu’en juillet 2013, quand l’insécurité alimentaire touchait 15,8 millions de personnes.

Les pays concernés sont la Somalie, l’Ouganda, le Soudan du Sud, l’Éthiopie, la République centrafricaine (RCA), le Soudan, le Kenya, la République démocratique du Congo (RDC) et la Tanzanie.

« La situation générale dans la région s’est détériorée très rapidement et selon les résultats de l’enquête, le taux de malnutrition aiguë globale (GAM) dépasse les 20 pour cent, notamment dans certaines zones du Soudan du Sud, de la RCA, de la Somalie et du nord du Kenya, alors que le seuil d’urgence établi par l’Organisation mondiale de la santé est de 15 pour cent », a dit le Groupe de travail régional sur la sécurité alimentaire et la nutrition (FSNWG), une instance multipartite dirigée par l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).

Le FSNWG a averti que la situation pourrait encore s’aggraver si aucune intervention rapide n’est mise en place.


« Le FSNWG est persuadé qu’en l’absence d’intervention multisectorielle accrue et immédiate, la situation des populations touchées en matière d’alimentation et de nutrition risque de s’aggraver encore davantage. »

Le groupe a ajouté que « les pays où l’insécurité alimentaire et nutritionnelle est la plus préoccupante sont le Soudan du Sud, la RCA, la RDC et la Somalie, tous touchés par des conflits. »

Quatre pays – le Soudan du Sud, la RDC, la RCA et la Somalie comptent à eux seuls plus de 10 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire.

Selon le cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire (IPC), au moins 20 pour cent de la population doit faire face à des déficits alimentaires considérables et le taux de malnutrition aiguë doit être supérieur à la normale pour qu’une situation soit qualifiée de « crise aiguë ». Le niveau « d’urgence » implique quant à lui un taux de malnutrition très élevé et qu’au moins 20 pour cent de la population soit confrontée à des déficits alimentaires extrêmes.

Soudan du Sud

Au Soudan du Sud, où environ un million de personnes ont été déplacées par les violences, le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA) a averti dans son dernier rapport de situation que bien que la famine n’ait pas été déclarée, « les humanitaires s’inquiètent de l’insécurité alimentaire sévère et de la mauvaise situation nutritionnelle ».

L’accès aux populations qui ont besoin d’une aide alimentaire est entravé par l’insécurité. Selon un rapport d’OCHA du mois d’août, les organisations humanitaires ont interrompu leurs activités de distribution, notamment alimentaire, après que six travailleurs humanitaires locaux ont été tués dans le comté de Maban, dans l’État du Nil supérieur.

Somalie


En Somalie, où une famine a fait environ 250 000 morts il y a trois ans, majoritairement des femmes et des enfants de moins de cinq ans, l’Unité d’analyse de la sécurité alimentaire et de la nutrition (FSNAU, un organe de la FAO) a tiré la sonnette d’alarme début juillet. « La sécurité alimentaire devrait se détériorer dans les mois à venir en raison de la baisse de production agricole due à l’insuffisance des pluies “gu” (d’avril à juin), de la hausse des prix des biens de première nécessité et de la baisse de la production de bétail. »

Chez les communautés déplacées à Mogadiscio, un taux de GAM de 18,9 pour cent a été enregistré, ce qui dépasse le seuil d’urgence de 15 pour cent.

La situation est aggravée par l’insécurité, qui entrave l’accès aux populations dans le besoin, et par le manque de fonds.

Le gouvernement a déjà déclaré la sécheresse dans sept de ses 18 régions et a averti que si des mesures urgentes n’étaient pas prises, la famine de 2011 se répèterait. Les Nations Unies ont prévenu au mois de juillet que la Somalie risquait de sombrer à nouveau dans la famine.

« Malheureusement, malgré les indicateurs d’alerte précoce, la réponse semble inadéquate face à cette catastrophe potentielle qui pourrait saper les progrès du gouvernement fédéral de Somalie pour défendre et garantir le droit à la vie et le droit à l’alimentation pour [un] nombre considérable de citoyens somaliens »,
a dit Bahame Tom Nyanduga, expert en droits de l’homme pour les Nations Unies, le 8 juillet.

RCA


En RCA, où l’on estime à 512 000 le nombre de personnes déplacées à l’intérieur de leur propre pays (PDIP), dont 87 000 se trouvent dans la capitale, 1,7 million de personnes (sur 4,6 millions d’habitants) seraient en situation d’insécurité alimentaire d’après la FAO.

La FAO a appelé à une intervention d’urgence pour répondre aux besoins des agriculteurs locaux. « Ils sont de plus en plus vulnérables et leurs moyens de subsistance sont de plus en plus menacés ».

La reprise des combats les 30 et 31 juillet à Batangafo a entraîné le déplacement d’environ 20 000 personnes dans la ville et des milliers d’autres ont fui par les principales routes de la région.

RDC


En RDC, où les violences politiques et les conflits interethniques durent depuis plusieurs dizaines d’années, au moins 4,1 millions de personnes se trouvent en situation d’insécurité alimentaire à un niveau dit « de crise » ou « d’urgence », situation qui risque de ne pas s’améliorer avant décembre 2014.

Selon une récente synthèse des urgences dans le monde réalisée par le Conseil norvégien pour les réfugiés, Save the Children et Action contre la faim, « Les zones les plus fortement touchées sont le territoire de Punia (secteurs de Maniema, Babira et Bakwame), dans la province du Maniema, et les territoires de Manono, Mitwaba, et Pweto dans le Katanga. D’autres secteurs en situation de “crise” se trouvent dans le Sud-Kivu, dans les zones frontalières du territoire de Punia dans la province du Maniema et dans le Katanga. »

« Les régions en conflits du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, du Katanga et de la Province orientale enregistrent les besoins les plus élevés et des déplacements répétés de grande ampleur. Les PDIP, les populations d’accueil et les personnes qui ne peuvent pas fuir sont toutes vulnérables, car l’insécurité pose de multiples problèmes de protection et entrave l’accès aux services essentiels. Les besoins varient cependant d’une zone géographique à l’autre et en fonction des dynamiques de conflit. »

« Les conflits et les déplacements le long de la frontière avec la RCA, ainsi que les groupes armés dans la région du Kivu demeurent une source de préoccupations et [une] cause de l’insécurité alimentaire », a dit le FSNWG.

Kenya

Au Kenya, selon les estimations du Comité directeur kenyan sur la sécurité alimentaire, environ 1,3 million de personnes – dont 300 000 sont en situation de crise ou d’urgence – ont besoin d’aide pour atténuer l’insécurité alimentaire dans laquelle ils se trouvent.

« Avec un revenu par foyer inférieur à la moyenne, la hausse du prix du maïs va réduire le pouvoir d’achat des consommateurs urbains pauvres et des foyers défavorisés des régions pastorales et d’agriculture marginale. Dans les régions pastorales, le mauvais état corporel du bétail le rend plus vulnérable aux maladies. La concurrence pour les pâturages limités d’ici le mois de septembre augmente le risque de conflit », a dit FEWS NET au mois de juillet.

Éthiopie


En Éthiopie, d’après FEWS NET, la plupart des zones pastorales resteront vulnérables même si une aide humanitaire est apportée.

« Les foyers pauvres des hautes terres d’Arsi, dans le centre de la région Oromia, sont entrés en phase de crise (phase 3 de l’IPC), car ils ont perdu les cultures “belg”, habituellement récoltées en juin et juillet, ainsi qu’un grand nombre de têtes de bétail. Leur situation alimentaire a peu de chances de s’améliorer avant la récolte “meher” d’octobre »,
a expliqué FEWS NET.

Selon le FSNWG, au moins 2,2 millions de personnes ont besoin d’une aide alimentaire dans le pays.

Burundi


D’après le Programme alimentaire mondial (PAM), au moins 682 000 personnes sont en situation d’insécurité alimentaire « de crise » ou « d’urgence » dans le pays. Dans le nord-est, le niveau de production alimentaire est de 40 à 60 pour cent inférieur à la moyenne en raison des précipitations insuffisantes lors de la « saison B » (de février à mai).

La sécurité alimentaire devrait cependant s’améliorer avec les récoltes en vert de la saison A, en décembre.

Ouganda


Quelque 252 810 personnes se trouvent en situation « d’urgence » ou « de crise », principalement dans le Karamoja.

FEWS NET a remarqué en juillet que « dans le Karamoja, la récolte de septembre/octobre ne devrait s’élever qu’à 20 à 30 pour cent de la récolte moyenne à cette période de l’année. La consommation de légumes verts sera minime cette année et les foyers n’observeront pas comme à leur habitude une amélioration de leur accès aux denrées alimentaires après la récolte. Malgré la quantité suffisante d’aliments de base à des prix stables sur le marché, les ménages n’ont pas beaucoup de moyens pour acheter de la nourriture en raison de leurs revenus limités. L’est de la région risque de demeurer en situation de crise (phase 3 de l’IPC) jusqu’à fin décembre. »

Soudan


Une amélioration saisonnière de la sécurité alimentaire est attendue avec le début des récoltes en octobre. Pourtant, on estime à 5,3 millions le nombre de personnes en situation d’insécurité alimentaire aiguë aux niveaux de stress (phase 2 de l’IPC), de crise (phase 3 de l’IPC) ou d’urgence (phase 4 de l’IPC).

Les conflits au Darfour, dans le Kordofan méridional, dans le Nil bleu et dans le Kordofan occidental ont perturbé les moyens de subsistance et réduit l’accès des ménages à la nourriture, notamment pour les PDIP. Parallèlement, la hausse persistante des prix des denrées de base a restreint la capacité des foyers à répondre à leurs besoins alimentaires minimums au plus haut de la période de soudure, lorsque les ménages dépendent le plus du marché.[/b]


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Mer 19 Aoû - 23:00

importé

Le Sénégal dans la guerre des autres Amidou Anne L'Afrique des idées 12 mai 2015

Amidou Anne a écrit:
La décision d'envoyer 2 100 hommes pour participer à l'opération Tempête décisive est dangereuse, irresponsable, inopportune et condamnable. Ce n'est pas la guerre du Sénégal. Nos troupes n'ont rien à faire au Yémen. Malgré toutes les palinodies du gouvernement, aucun enjeu ne saurait justifier l'envoi de fils de ce pays dans le bourbier yéménite.

Dans la lecture du message du président de la République devant l'assemblée nationale, le Ministre Mankeur Ndiaye donne deux arguments pour justifier l'envoi de Jambaars au Yémen : la défense des lieux saints de l'islam et la lutte contre le terrorisme.

Le premier argument n'est pas convaincant Les lieux saints de l'islam, la Mecque et Médine, ne sont nullement menacés par le conflit au Yémen. Aucune menace de qui que ce soit ne pèse sur ces deux villes que du reste l'armée saoudienne peut défendre avec son armée et ses immenses moyens logistiques. D'ailleurs, le Sénégal est un pays laïc. L'article premier de notre Constitution consacre le principe de la laïcité de l’État. Dès lors, en quoi serions-nous mobilisable à tout moment pour défendre des lieux saints de l'islam et non de la chrétienté ou du judaïsme ?

Le gouvernement a aussi brandi l'argument de la lutte contre le terrorisme. Ce niveau d'incompétence et de faiblesse dans l'analyse de la géopolitique de l'Orient est dangereux à ce niveau de responsabilité. Ce n'est pas une guerre entre les bons et les méchants qui est en train de se dérouler au Yémen. Il s'agit d'une guerre civile sur fond de divergences entre deux puissances régionales. Le terrorisme est au Nigéria et dans toute la bande du Sahel, sans que notre pays ne fasse preuve d'une si grande excitation à y envoyer des soldats. Pour rappel, lors de la constitution de la Minusma, le Sénégal avait envoyé 500 soldats, quatre fois moins que le contingent qu'on est en train de louer à Sa Majesté le roi Salman.

Or, des symboles très forts, historiques et géographiques, nous lient au Mali. Les deux pays sont partis à l'indépendance ensemble dans le cadre de la Fédération du Mali. Le Sénégal et le Mali sont les deux seuls pays au monde à partager la même devise : « Un peuple – Un But – Une Foi ». Dakar devait prendre le leadership du contingent qui devait rétablir la souveraineté malienne, au lieu de sa maigre contribution consentie.

Enfin, selon l'analyse d'un spécialiste au Washington Post, partagé par de nombreux observateurs dans le pays et au-delà, l'argument économique motive aussi cette décision de Dakar. Le financement du Plan Sénégal Émergent (PSE) par l'Arabie Saoudite serait une contrepartie à la participation sénégalaise à la guerre. Cet argument (justifié?) est pernicieux, voire honteux pour un pays souverain. Décider d'envoyer 2 100 soldats dans une guerre qui n'est pas la nôtre pour en retour recevoir des pétrodollars saoudiens constitue une honte nationale. Le gouvernement est en train d'expliquer aux citoyens sénégalais qu'au lieu d'une armée nationale, l'on dispose d'un groupe de mercenaires à la solde du plus offrant. L'armée sénégalaise serait donc un bataillon de supplétifs mobilisable et corvéable, payé pour des missions ponctuelles. Si la logique du gouvernement est suivie, après l'Arabie Saoudite, la Russie peut s'arroger les services des Jambaars dans sa guerre en Ukraine ? La Colombie aussi pourrait-elle louer un bataillon de Sénégalais dans son combat contre les FARC ?

Au Yémen, on est en face d'une guerre civile, entre deux conceptions de l'islam, sunnite et chiite. L'on est aussi en face de convulsions d'un État qui n’a pas encore su trouver un modèle de construction nationale après sa réunification en 1990. L'Arabie Saoudite a pris la décision d'aller au Yémen pour freiner la marche des rebelles Houthis vers Sanaa et pour rétablir le président déchu Mansour Hadi. La diplomatie saoudienne veut à tout prix éviter qu'un régime de chiites inféodé à l'Iran ne prenne le pouvoir à sa frontière. Avec ses partenaires du Conseil de Coopération du Golfe (CCG), ils ont commencé une guerre ; qu'ils la finissent.

Que feront les Sénégalais au Yémen ? La vocation d'une armée est d'abord la protection des populations et la garantie de l'intégrité territoriale d'un pays. Ensuite la défense de ses intérêts vitaux. Or vu la place de notre pays dans la géopolitique mondiale, notre priorité est la Casamance, où sévissent des individus qui menacent l'intégrité territoriale du Sénégal. Nous n'avons pas la capacité de projection nécessaire pour nous impliquer dans une guerre en Orient en dehors de notre champ de compétence et de déclinaison de notre outil diplomatique.

La vocation du Sénégal est d'être d'abord un géant sous-régional. Les constantes provocations de Yahya Jammeh, l'envoi de seulement 500 soldats au Mali et l'importance prise ces dernières années par Ouagadougou dans la CEDEAO montrent à suffisance que nous avons perdu notre leadership régional. En outre, la Côte d'Ivoire revient en force au plan économique et recouvrera son poids diplomatique, le Nigéria après la brillante élection de Buhari assumera bientôt le rôle qui est le sien dans l'espace ouest-africain. Face à toutes ces réalités géopolitiques, où se trouve la place du Sénégal ? Sûrement pas au Yémen pour soutenir une monarchie réactionnaire, rétrograde, misogyne où se met en œuvre la version la plus fondamentaliste de l'islam.

Les retombées de cette guerre pour notre pays peuvent être dangereuses. Si des Jambaars meurent au combat, la responsabilité morale et personnelle du Chef suprême des armées est directement engagée. En outre, il est déjà illusoire pour le Sénégal de penser que notre pays peut échapper à des attaques terroristes sur notre sol quand on est entouré du Mali et de la Mauritanie et qu'on n’est pas loin du Nigéria, dans un espace de libre circulation des personnes avec ses frontières plus que poreuses. Mais avec cet envoi de soldats au Yémen, le risque s'élève d'avoir des représailles sur notre sol. Il convient de rappeler au gouvernement qu'une guerre contre le terrorisme est longue, surtout dans des États structurellement faibles comme les nôtres.

Les conseillers diplomatiques du palais de l'avenue Senghor semblent ignorer que les attentats à Charlie Hebdo de janvier ont été revendiqués par al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA) dont le siège est justement au Yémen. AQPA peut être considéré comme la résultante de la fusion d'al-Qaïda « canal historique » et de sa succursale yéménite d'alors. Circonstance aggravante : le groupe voue aux gémonies l'Arabie Saoudite dont nous venons de soutenir l'entreprise au Yémen. La cartographie des dangers se précise pour notre pays surtout que les attentats de paris montrent la capacité fulgurante de projection d'AQPA dans des zones très éloignées de son foyer yéménite.

Il faut que le Sénégal renonce à l'envoi de troupes au Yémen. Même si les déclarations à la télévision de Mankeur Ndiaye semblent indiquer que le sinistre mouvement est irréversible.

D'ailleurs, en plus d'être l'auteur de faux arguments devant les médias, l'irresponsabilité du chef de la diplomatie sénégalaise n'a d'égal qu'à son incompétence. Le ministre a annoncé qu'aucun président sénégalais « ne peut dire non à une demande du souverain d'Arabie Saoudite ». Le Sénégal serait-il une province saoudienne ?

Pis, le ministre, répondant à une question sur la base légale de l'opération « Tempête décisive », affirme : « quand deux chefs d’États échangent dans un bureau sur une opération de cette nature, c'est de fait une base légale ». Au-delà du caractère faux de l'argument, qu'un ministre des Affaires étrangères, diplomate de carrière de surcroît, puisse ignorer à ce point le droit international renseigne très justement sur l'état de notre pays et surtout du niveau de certains hommes qui le dirigent.

Citation :
Auteur: Hamidou ANNE

D'origine sénégalaise, Hamidou s'intéresse aux questions politiques internationales et à la culture. Il a été successivement membre du Cabinet du Ministre des Affaires étrangères et de celui de la Culture. Il est diplômé de l'Ecole Nationale d'Administration de Paris et titulaire d'un Master en communication politique de La Sorbonne. En rejoignant l'Afrique des Idées, il souhaite participer à la construction et la déclinaison d'une pensée nouvelle et la mise en œuvre d'une véritable alternance générationnelle sur le Continent.



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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 23 Aoû - 17:21

Agro-colonialisme au Congo : la finance de développement européenne et américaine alimente une nouvelle phase de colonialisme en RDC GRAIN 02 juin 2015


Les villageois rappellent qu'Unilever et Feronia avait promis que les plantations amélioreraient leur vie,
mais après un siècle d'occupation, ils n'ont toujours pas vu les bénéfices


Citation :
Le jeune pasteur Robert Bolenge* n’aurait jamais pu imaginer la pauvreté qu’il allait trouver en arrivant en 2001 à Yaligimba où il devait prendre son nouveau poste. Le district se trouve au nord-ouest de la République démocratique du Congo, au beau milieu d’une vaste plantation de palmiers à huile appartenant à Feronia Inc.

« C’était la première fois dans ma vie que je voyais des gens travailler avec une telle souffrance, » se souvient Bolenge. « Je ne pouvais pas me représenter comment quelqu’un pouvait travailler tout un mois en plantation, avec un panier sur le dos, coupant des centaines de régimes de noix de palme, et pour un petit salaire à l’époque d’ailleurs qui n’atteignait même pas 20 dollars le mois. »


Citation :
« Nous décidons que la société [Feronia], s’ils ne trouvent pas de compromis, qu’ils libèrent notre portion des terres, pour que notre société puisse aussi reprendre ici. Parce qu’on ne peut pas vivre dans de telles conditions. Alors aujourd’hui vous voyez notre population quand vous voyez à l’entourage vous ne voyez que des petites bicoques. Vous ne verrez pas une maison en ne fussent que 5 tôles pour construire une maison ; on a construit la maison aux ressortissants de la, de ce milieu, il n’y a rien

Plan de l'article

- Au nom du “développement”
- Des racines coloniales
- Le rôle d’Unilever
- Une occupation illégale
- Un système d’esclavage
- Des activités louches
- Investissement responsable sur le papier, accaparement des terres en pratique
- Récupérer leur bien



Enfants sur le quai de Lokutu sur le fleuve Congo

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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Lun 24 Aoû - 8:06

En Afrique du Sud, l’émergence d’une « Silicon Cape » Le Monde.fr|  21.08.2015


Citation :
La ville du Cap en Afrique du sud a fait forte impression auprès du jury du concours de start-up.  i
Les jeunes entrepreneurs africains seront-ils les champions du monde de l’innovation ? Après six étapes de présélection pour le concours international de start-up Seedstars, 19 projets ont déjà été retenus pour participer à la phase finale de cette compétition qui se tiendra en mars 2016 et qui récompensera la start-up la plus innovante avec une enveloppe de 500 000 dollars.

Pendant cette première phase de présélection en Afrique, les membres du jury, composés d’acteurs économiques de renom, se sont dits impressionnés par la qualité et la diversité des start-up africaines, notamment dans la ville sud-africaine du Cap, qu’ils considèrent comme une Silicon Valley en puissance. « Il y a beaucoup d’éléments qui en font une ville favorable pour les entrepreneurs. Il y a de bonnes universités, beaucoup de talents et un soutien des pouvoirs publics », explique Marcelo Schermer, directeur régional Afrique du Seedstars World.

La révélation « Le Cap »

Ce climat propice à la créativité serait également dû, en partie, à deux hommes très en pointe dans le secteur du numérique : Justin Standford et Vinny Lingham. À la suite d’un séjour dans la Silicon Valley californienne, ils ont lancé, en 2009, « Silicon Cape Initiative », un réseau d’entrepreneurs sud-africains.

Lire aussi : Et si les meilleures start-up du monde étaient… africaines ?

Mais les autres start-up du continent ont aussi toutes leurs chances, estime Marcelo Schermer : « Les entrepreneurs en Afrique allient une motivation sans faille et une volonté d’aider les gens, d’apporter quelque chose à leur communauté. Je pense que ce sont les deux principales cartes des candidats du continent. »

Il reste une dizaine d’escales en Afrique, à commencer par Kigali (Rwanda), le 26 août. Autant d’occasions qui pourraient permettre aux start-up africaines de rafler, comme en 2014, deux des trois prix décernés dans le cadre de cette compétition.

Dorian Cabrol

En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/afrique/article/2015/08/21/en-afrique-du-sud-l-emergence-d-une-silicon-cape_4732354_3212.html#l3BAJ7rDTl8Suo6Y.99


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Lun 24 Aoû - 15:50



Agro-industrie : l'Afrique vers l'autosuffisance ? Marion Douet 30 juillet 2015

extrait du dossier
Autosuffisance : l’Afrique cherche sa voie lactée

Sur un continent pourtant riche en bétail, la filière laitière peine à se développer face aux produits importés. Mais peu à peu, acteurs locaux et leaders mondiaux font bouger les choses.


dans ce dossier
Citation :
L'agrobusiness africain en chiffres
Le Maroc dope sa filière laitière
Karim Ammar : "Au sud du Sahara, Poulina cherche des partenaires solides et transparents"
Embouteillage : en Afrique, HTG boit la croissance au goulot
En Tunisie, le marketing bien huilé de CHO
Voir le sommaire complet  



Eleveur de bétail sur les bords du lac Muhazi, au Rwanda

Marion Douet a écrit:
Bagoré Bathily le répète depuis dix ans : « 90 % du lait consommé au Sénégal est importé sous forme de poudre, alors que 30 % de la population vit traditionnellement de l’élevage et peut produire du lait. » C’est en partant de ce constat qu’il a ouvert, en 2007, la Laiterie du berger. À son lancement, l’entreprise n’utilise que du lait produit localement. Récolté auprès des éleveurs peuls de la région de Richard-Toll, une zone aride à la frontière mauritanienne, il est acheminé dans l’usine située non loin de là.

Sa marque de yaourts, Dolima, est très vite plébiscitée par les consommateurs et devient numéro deux dans les rayons dakarois. Résultat : huit ans après, la Laiterie du berger est victime de son succès et ne parvient plus à s’approvisionner localement pour assurer la totalité de la production. L’entreprise est désormais contrainte d’incorporer à ses préparations 30 % de lait en poudre importé. En 2014, cette proportion a même atteint un pic exceptionnel de 50 %, la hausse de la demande se cumulant avec une très faible pluviométrie qui a affecté la productivité des cheptels.

En dehors du Kenya et de quelques pays du nord et du sud du continent,
aucun pays ne produit suffisamment de lait
pour répondre à la hausse de la consommation


Les importations de lait en hausse


Cet exemple illustre la situation de la filière laitière africaine. En dehors du Kenya et de quelques pays du nord et du sud du continent (l’Afrique du Sud, et bientôt le Maroc et la Tunisie), aucun pays ne produit suffisamment de lait pour répondre à la hausse de la consommation, estimée à 4 % par an par le Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad, à Paris). Certains pays comme le Nigeria et le Ghana n’en produisent pas du tout.

Résultat : les importations sont en hausse, comme l’affirme un rapport publié en janvier par le Cirad concernant les pays de l’UEMOA, qui achètent chaque année pour 300 millions d’euros de lait en poudre. La dépendance varie d’un pays à l’autre. « Avec 3,7 millions d’habitants, la Mauritanie importe autant que l’Angola, qui en compte 25 millions », souligne Éric Fargeton, directeur des ventes du français Lactalis pour l’Afrique subsaharienne.

Si le lait en poudre est en général 10 % à 15 % moins cher que le lait frais, ces dernières années ont montré que cette tendance pouvait s’inverser. En 2008, 2013 et 2014, son cours a atteint des sommets, porté par la demande de la Chine et de l’Inde. En face, le prix du lait local est non seulement moins volatile, mais il s’inscrit dans une tradition d’élevage, particulièrement dans la bande sahélienne. Sans compter qu’il requiert beaucoup de main-d’œuvre et participe à l’approvisionnement local, auquel sont attachés beaucoup de pays qui voudraient équilibrer leur balance commerciale.


Des embûches à la production

Mais répondre aux besoins n’est pas simple. Les vaches africaines, dont les élevages sont d’abord destinés à la production de viande, ne délivrent pas assez de lait. « Une vache africaine produit entre deux et quatre litres par jour, contre 40 à 50 litres pour une vache française », compare Éric Fargeton, pour qui l’autosuffisance est un vœu pieux, « d’autant plus que les vaches françaises ne supportent pas la chaleur et qu’il faut les nourrir avec les bons produits ». Les fourrages de qualité manquent en effet, notamment en saison sèche.

La collecte représente une autre embûche. Matière fragile, le lait cru ne se conserve que deux heures avant de se dégrader. Or, en zone rurale, les routes manquent pour transporter rapidement les précieux litres, de même que l’électricité pour les conserver au frigo. Si bien que presque toutes les laiteries industrielles d’Afrique de l’Ouest, comme Satrec au Sénégal ou Eurolait en Côte d’Ivoire, utilisent du lait en poudre importé, note le Cirad, précisant que seules les 250 « minilaiteries » se contentent de lait frais. Mais ces petites structures produisent des volumes limités. Enfin, certains industriels se bornent au reconditionnement de poudre de lait importée, revendue en petits sachets. C’est le cas de Lactalis, actif dans ce domaine au Sénégal avec Meroueh et au Mali avec Mali-Lait.

L’autosuffisance de l’Afrique n’est pas inaccessible,
mais elle passera par un soutien des pouvoirs publics,
notamment via des incitations fiscales.


Les multinationales s’implantent progressivement

Mais les choses semblent évoluer. Plusieurs opérations récentes illustrent la volonté des multinationales de se renforcer sur le continent. En 2014, le néerlandais FrieslandCampina (déjà bien implanté avec des marques phares comme Friso et Three Crowns au Nigeria) a racheté la laiterie du singapourien Olam en Côte d’Ivoire ainsi que sa marque Peak, qui produit notamment du lait en poudre et du lait concentré. La même année, le français Danone, numéro un mondial des produits laitiers frais, a réalisé l’une de ses plus grosses opérations africaines en acquérant 40 % de Brookside Dairy, leader en Afrique de l’Est. Néanmoins, « il n’y a pas de ruée des grands groupes laitiers en Afrique, ils restent prudents », assure Julien Lefilleur, responsable de la division industrie et services de Proparco. Cette filiale de l’Agence française de développement (AFD) dévolue au secteur privé voit passer peu de dossiers. « Il est donc difficile de savoir quel type de modèle de production va émerger en Afrique », ajoute Julien Lefilleur.

Quelques initiatives donnent cependant un début de réponse. En Égypte, Danone a construit une grande ferme laitière de 2 500 vaches afin de sécuriser son approvisionnement. « Elle apporte 40 % de nos besoins dans ce pays où la filière est très déstructurée : il y a à la fois des problèmes de quantité et de qualité, surtout pendant la période du ramadan », commente Yasser Balawi, responsable chez Danone de l’approvisionnement en Afrique du Nord. Le groupe s’est parallèlement associé à l’ONG Care pour structurer la collecte auprès des éleveurs, qui assurent 15 % de ses besoins. Il existe peu de sites de ce type en Afrique en dehors du sud et de l’est du continent (les grandes structures impliquent une grande maîtrise des risques sanitaires), mais, selon nos informations, des projets sont en cours.


Trois patrons qui comptent

Des initiatives à développer

Des fermes laitières de taille plus modeste se sont en revanche développées ces dernières années. Parmi ces initiatives figure la ferme-laiterie Nouvelle Normandia (groupe Exat), installée dans la périphérie d’Abidjan. De son côté, la Laiterie du berger projette d’ouvrir d’ici à trois ans un site réunissant une trentaine de bêtes près de son usine. « Cette structure permettra également de former de futures générations d’éleveurs », note Bagoré Bathily, lui-même vétérinaire de formation. Selon lui, l’autosuffisance de l’Afrique n’est pas inaccessible, mais elle passera par un soutien des pouvoirs publics, notamment via des incitations fiscales. « Sur ce point-là, nous avons trente ans de retard sur le Kenya », déplore-t-il, soulignant que ce pays est parvenu à croiser des races et à augmenter les rendements.

Pour Julien Lefilleur, la prudence des grands leaders mondiaux vient aussi des difficultés de l’aval du secteur. Habitués à travailler dans un climat tempéré, les groupes européens sont rebutés par deux défis majeurs : la conservation (chaleur) et la distribution (logistique et place du secteur informel). Certaines entreprises démontrent néanmoins qu’il existe des parades. Le français Bel rencontre ainsi un certain succès avec sa Vache qui rit, un fromage qui se conserve sans réfrigération. De son côté, la société ouest-africaine Fan Milk s’appuie sur un réseau de 30 000 revendeurs à vélo pour distribuer ses yaourts glacés et ses jus (un modèle qui n’a pas échappé à Danone, qui en a acquis 49 % en 2013).

Un marché des produits lactés en évolution

« Ce sont des modèles réplicables et qui participeront à la démocratisation des produits laitiers en Afrique », prédit le responsable de Proparco. Si les yaourts et le lait frais restent moins consommés que le lait concentré ou le lait caillé, la grande distribution voit les lignes bouger. Ces trois dernières années, les ventes de lait liquide ont augmenté de 14 % à 21 % selon les pays, en partie parce que les ménages l’ont substitué au lait en poudre », explique Gilles Blin, directeur alimentaire de Mercure International of Monaco, qui détient la franchise des supermarchés Casino au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Gabon et au Congo.

Pour développer le marché des produits lactés, certains misent aussi sur des savoir-faire plus traditionnels, à l’image de Tiviski, en Mauritanie, qui utilise du lait de chamelle. « Les industriels gagneraient à transformer cette consommation traditionnelle en consommation normée, conditionnée, vendue dans les boutiques, défend Bagoré Bathily. Le temps presse, il faut faire attention à ne pas reproduire ce qui s’est passé avec les céréales traditionnelles, qui ont perdu la bataille face au riz dans de nombreuses zones. » Les bergers ne diront pas autre chose.


En 2014, la Laiterie du berger, au Sénégal, a dû incorporer
à ses préparations 50 % de lait en poudre importé

La menace du lait végétal

Pour le secteur laitier africain, il y a pire ennemi que le lait en poudre importé. Ce concurrent s’appelle fat filled milk powder : littéralement, lait en poudre réengraissé. Dans ce produit, les matières grasses animales sont remplacées par des équivalents végétaux, principalement issus de l’huile de palme. L’avantage ? Il coûte au moins 30 % moins cher que son équivalent animal. De plus, son prix ne fluctue pas. Une aubaine pour certaines marques comme Vitalait en Tunisie ou Satrec au Sénégal.

Selon les sources interrogées par Jeune Afrique, le lait végétal représenterait aujourd’hui un tiers du marché de l’importation de lait en poudre. « La couleur est là, mais ce n’est plus vraiment du lait et le goût est différent, explique un expert basé à Paris. Ce n’est pas terrible car les gens ne savent pas trop ce qu’ils achètent. » Un autre souligne que l’absence de réglementation autour de ce produit ne permet pas d’informer correctement les consommateurs.

Marion Douet


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Lun 31 Aoû - 22:19



Ciment : Aliko Dangote va investir au Zimbabwe 31 août 2015  Jeune Afrique avec AFP

Le Nigérian Aliko Dangote, considéré comme l'homme le plus riche d'Afrique, a affirmé lundi qu'il prévoyait d'investir dans des projets miniers et énergétiques et de construire une grande fabrique de ciment au Zimbabwe. Un pays plus attractif qu'il n'en a l'air...



Citation :
Qui redoute encore l'arrivée de Dangote ?
 
« Nous avons eu une très bonne réunion avec le président et je lui ai dit que nous avions déjà décidé d’investir dans trois domaines : l’énergie, le ciment et le charbon », a affirmé Aliko Dangote aux journalistes en évoquant son entretien avec Robert Mugabe. « Nous avons déjà décidé d’investir, donc nous voilà. Et nous allons investir », a-t-il ajouté.

Cette rencontre organisée lundi entre l’homme d’affaires et le président Robert Mugabe est l’un des rares signes encourageants d’investissement étranger dans le pays qui affronte une grave crise économique depuis plus de dix ans.

Relancer un pays en difficultés

Le milliardaire nigérian a annoncé qu’il souhaitait dépenser près de 400 millions de dollars pour construire la plus grosse usine de ciment du pays, qui pourrait produire jusqu’à 1,5 tonnes par an. Un ensemble d’investissements qui devrait permettre de créer des emplois selon lui et d’aider le Zimbabwe à développer son économie.


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Mer 2 Sep - 14:08


vérité en-deça des Pyrénées...


Crise en Chine : et si l’Afrique en profitait ? Michael Pauron 02 septembre 2015

Alors que le monde s'affole du ralentissement de l'économie chinoise, le continent doit-il se faire du souci ? Selon les spécialistes, il y a au contraire une belle opportunité à saisir. Explications.


Inauguration d'une route à péage construite par la China Communications Construction Company en Éthiopie
en mai 2014, en présence du Premier ministre chinois, Li Keqiang

Michael Pauron a écrit:
Panique à bord ! La Chine tousse et le monde tremble : croissance en berne, dévaluation du yuan, dégringolade boursière… En capilotade, la deuxième économie de la planète plonge les places financières mondiales dans un bouillon d’incertitudes. La fin d’une époque ? Certainement. De nombreux économistes s’accordent sur un point : la croissance à deux chiffres, c’est du passé.

Les prévisions les plus optimistes tablent sur 7 % en 2015 – tout de même -, d’autres entrevoient le spectre d’un 3,5 %… Et si Pékin savait qu’un changement de paradigme était nécessaire voire inévitable, le hard landing (atterrissage forcé) n’en est pas moins brutal. Bref. Depuis deux semaines, les scénarios catastrophes se multiplient. Rien d’étonnant puisque, depuis dix ans, l’économie chinoise a représenté un tiers de la croissance mondiale.

Quid de l’Afrique ?


Quid de l’Afrique dans ce marasme ? Le client chinois représentait 5 % des exportations africaines il y a dix ans ; près d’un quart de ces dernières prennent désormais la route de Pékin. La moitié du total des investissements directs étrangers en Afrique proviennent de l’empire du Milieu. Et 40 % des grands contrats d’infrastructures sont remportés par les entreprises chinoises… Des chiffres vertigineux, qui ont de quoi rendre nerveux de nombreux pays du continent.

Cela dit, l’affaissement du colosse « n’est pas forcément une mauvaise nouvelle, estime Jean-Joseph Boillot, conseiller auprès du Centre d’études prospectives et d’informations internationales (Cepii), à Paris. Les accros aux exportations de matières premières, soit une dizaine de pays africains, seront certes affectés. Mais pour les autres, cela peut être une belle opportunité, qu’il faut saisir ».

L’une des meilleures cartes à jouer ? L’industrie. Dans l’Est, l’Éthiopie et le Kenya l’ont bien compris : textile, chaussures, plastique, automobile… Autant de secteurs et de marchés à conquérir alors que « l’atelier du monde » a sérieusement perdu en compétitivité. Une seule condition, clament les afroptimistes : l’Afrique doit se prémunir d’un éventuel retour des produits occidentaux, qui avaient décimé nombre de filières africaines dans les années 1990 – on se souvient du poulet surgelé néerlandais au Cameroun -, et mettre en place des politiques protectionnistes. Alors, vive la crise ?

La Chine a encore besoin de ses alliés sur le continent, et l’impact sur ses investissements en Afrique ne devrait pas être trop fort

Chouette, le pétrole est moins cher !

Le ralentissement de l’activité de la Chine fait craindre une diminution de ses importations de pétrole – dont l’Afrique est l’un de ses premiers fournisseurs -, ce qui ne contribuera pas à relever les cours des hydrocarbures, déjà au plus bas. Pour la grande majorité des pays du continent, dépendants des importations de pétrole et de gaz, un baril en dessous de 50 dollars depuis janvier, voire sous les 40 dollars (le 26 août, la cotation du brut à New York clôturait à 38,60 dollars, avant de remonter le lendemain à 42,56 dollars), est certes une très bonne nouvelle : la baisse de leurs dépenses énergétiques devrait améliorer sensiblement leur balance commerciale et doper leurs économies.

Mais pour le club très restreint des pays exportateurs de pétrole, l’inquiétude est de mise, bien que la situation ne soit pas nouvelle et que ce soit « une crise généralisée, pas uniquement chinoise », comme le rappelle Thierry Pairault, directeur de recherche au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), à Paris.

« Attention à la chute ! » écrivait d’ailleurs Jeune Afrique en janvier. Angola, Nigeria, Gabon, Congo, Algérie, Guinée équatoriale, Cameroun, Tchad… Pour ces pays peu diversifiés, 2015 sera bel et bien une année de disette fiscale. Les projets pétroliers, dont les coûts d’extraction sont très élevés (en eau profonde ou dans des sites enclavés, comme sur le lac Albert, en Ouganda), pourraient être ralentis, mais pas remis en question.

À ces pays s’ajoutent d’autres fournisseurs de la Chine : le Mozambique pour son charbon, la Zambie pour son cuivre ou encore l’Afrique du Sud pour son or et son platine. La RD Congo, dont les exportations de minerais seront aussi affectées, sera peut-être sauvée par les nombreux programmes agricoles qu’elle a lancés et dans lesquels « Sud-Africains et Israéliens continueront d’investir », souligne Jean-Joseph Boillot. Et de conclure : « C’est le moment de mettre fin au Dutch disease [la malédiction des matières premières]. »


Le yuan n’est pas le dollar

Deux pays, principalement, subiront le contrecoup d’une dévaluation du yuan, effective depuis le 10 août : l’Afrique du Sud et l’Angola. Pretoria et Luanda ont en effet signé avec Pékin des accords monétaires leur permettant d’augmenter leurs échanges et d’être moins dépendants du dollar. C’est donc un retour de manivelle : le rand a déjà perdu de sa valeur, et « si j’étais un dirigeant angolais, je serais très inquiet », juge Elsje Fourie, professeure à l’université de Maastricht (Pays-Bas).

Pourtant, la place du yuan dans l’économie mondiale reste marginale et ne saurait affecter davantage les économies du continent. Jean-Joseph Boillot prévient néanmoins : « Une dévaluation du yuan pourrait conduire à une amélioration de la compétitivité des entreprises chinoises, et les produits made in China à bas prix contrarieraient l’industrialisation de l’Afrique. »

Pékin a besoin du continent

« Si la baisse des réserves propres de la Chine entraînera probablement une réduction des prêts à taux préférentiels, l’impact sur ses investissements en Afrique ne devrait pas être trop fort, estime Elsje Fourie. La Chine a encore besoin de ses alliés sur le continent et serait très sensible aux allégations selon lesquelles elle l’abandonne à la moindre difficulté. Je pense que le montant des investissements de la Chine vers l’Afrique continuera d’avoir valeur de symbole. » Thierry Pairault confirme : « Il n’y a aucune raison d’imaginer que les contrats en cours seront remis en question. »

Elsje Fourie souligne par ailleurs que les investissements chinois de ces dernières années ont « stimulé la croissance du secteur privé dans un grand nombre de pays africains » et que « les entreprises chinoises vont continuer à profiter du commerce avec l’Afrique ». Une analyse que partage Jean-Joseph Boillot. Pour lui, « la Chine est désespérément à la recherche de nouveaux marchés, notamment pour ses investissements industriels ». Et le continent, où les Chinois sont désormais bien intégrés, reste attractif.

« La Chine demeurera l’une des plus grandes économies du monde et son rôle sera permanent », conclut Elsje Fourie. Les dernières annonces chinoises semblent lui donner raison. Le 26 août, l’ambassadeur de Chine au Niger signait encore deux accords avec Niamey : une aide non remboursable de 150 millions de yuans (plus de 20 millions d’euros) et un prêt sans intérêt de 100 millions de yuans, tout en rappelant que le commerce bilatéral entre les deux pays avait augmenté de 59 % en 2014.

Il est enfin fort probable que la Chine s’appuie davantage sur le secteur privé pour financer son expansion. C’est en ce sens, en tout cas, qu’a été comprise l’intervention du vice-président Li Yuanchao, le 26 août à Yiwu, lors du quatrième Forum du peuple Chine-Afrique : « Les ressources principales de ces industries transférables [fabrication, agriculture, énergie] résident dans le secteur privé. » Des propos qui devraient rassurer les entrepreneurs africains.


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Sam 5 Sep - 18:43




Ces entreprises africaines qui veulent conquérir l’Amérique Stéphane Ballong 04 septembre 2015  


Alors que l'African Growth Opportunity Act, qui ouvre le marché américain aux pays subsahariens, est prorogé jusqu'en 2025, "Jeune Afrique" dresse le portrait de sept PME qui tentent leur chance outre-Atlantique.


Un atelier de confection du groupe malgache Cottonline à Antananarivo

Stéphane Ballong a écrit:
En mai 2000, lorsque le président Bill Clinton a promulgué l’African Growth Opportunity Act, cette loi dénommée « Agoa » qui donne à des pays subsahariens un accès préférentiel (exemption de droits de douane) au marché américain, son administration avait un objectif : permettre aux pays subsahariens de doper leurs exportations vers les États-Unis et les encourager à développer leurs petites industries.

Un bilan mitigé

Le bilan, quinze ans plus tard ? « Il est très positif, de notre point de vue », répond d’emblée Peter Henry Barlerin, le directeur des affaires économiques et régionales au sein du bureau Afrique du Département d’État. « L’Agoa, soutient-il, a permis aux pays éligibles d’améliorer leur croissance économique, de diversifier leurs exportations et de créer environ 300 000 emplois directs depuis son lancement. Ce dispositif est désormais la pierre angulaire du commerce entre les États-Unis et l’Afrique. »

Les chefs d’entreprise et les analystes interrogés par Jeune Afrique sont moins enthousiastes. Un certain nombre d’entre eux dressent un tableau bien plus contrasté. Et un récent rapport du service de recherche du Congrès américain semble leur donner raison. Seule « une poignée de pays éligibles ont su faire une grande utilisation de ce système préférentiel pour des emplois dans des secteurs économiques qui ont bénéficié d’exemptions fiscales », pointe ce document publié en avril.

Certes, les échanges commerciaux entre les États-Unis et les pays bénéficiaires (ils sont 39 actuellement) ont significativement augmenté au cours des quinze dernières années, mais ils demeurent bien maigres. De près de 30 milliards de dollars (27 milliards d’euros) en 2000, ils ont dépassé les 50 milliards de dollars l’année dernière après avoir atteint un sommet en 2008, avec environ 104 milliards de dollars.

En tout, l’Afrique subsaharienne ne compte que pour 1,1 % des importations américaines en 2014. Et celles-ci concernent d’abord les hydrocarbures (69 % du total). Si plus de 1 800 produits bénéficient du régime préférentiel de l’Agoa, ce sont les pays exportateurs de pétrole (Nigeria ou Angola) qui en tirent le mieux parti. Plusieurs autres secteurs, notamment l’agro-industrie, en profitent très peu, voire pas du tout.

« Il est vrai qu’à ses débuts l’Agoa a surtout concerné le pétrole, de très bonne qualité, provenant d’Afrique de l’Ouest (Nigeria, Angola, Tchad, etc.), parce que nous voulions diversifier nos sources d’approvisionnement en énergie et réduire notre dépendance par rapport au Moyen-Orient »,
concède Peter Henry Barlerin, qui, dans le passé, a travaillé sur le processus de Kimberley (certification des diamants pour éviter les trafics).

Mais d’après lui, depuis la chute du cours du brut et le développement de nouvelles techniques permettant aux États-Unis d’augmenter leur production de pétrole de schiste, cette tendance s’inverse. Les importations américaines de produits non pétroliers provenant de l’Afrique ont ainsi triplé depuis 2001 pour atteindre 4,4 milliards de dollars en 2014. Les pays producteurs de voitures et de pièces automobiles (Afrique du Sud notamment) ou de prêt-à-porter (Maurice, Kenya ou encore Éthiopie) commencent à monter en puissance.

Quelle place pour les PME ?

Sur le terrain, ce sont d’abord les filiales des grands groupes internationaux qui parviennent à tirer le plus grand profit de cette loi. C’est le cas par exemple de BMW et de Mercedes. « Ces deux constructeurs ont implanté des usines en Afrique du Sud, et ils exportent aux États-Unis des véhicules légers », explique Nico Vermeulen, directeur de l’Association sud-africaine des constructeurs automobiles (Naamsa).

Alors que cette loi, qui devait arriver à échéance fin septembre, a été prorogée jusqu’en 2025, Jeune Afrique dresse le portrait de quelques PME africaines qui essaient de conquérir les États-Unis dans le cadre de l’Agoa

voir les autres articles du dossier :


Arkebe Oqubay : « Pour l'Éthiopie, l'Agoa n'est qu'un atout parmi d'autres »
Agoa : un atout marginal pour le sud-africain SP Metal Forgings
Éthiopie : en Amérique, les chaussures de Tikur Abay gagnent du terrain
Burkina Faso : pas de rêve américain pour le karité de Velegda…
Cameroun : l'Uccao place son café en petites quantités



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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Jeu 10 Sep - 15:08



Gabon : le poison xénophobe Georges Dougueli 10 septembre 2015 à 14h06    



À Libreville, il ne fait pas bon être identifié comme « étranger », et avoir un certificat de nationalité ou être né dans le pays ne protège pas toujours de la vindicte populaire. Enquête sur un malaise.

 
Georges Dougueli a écrit:
Interpellé le 3 août en France et brièvement placé en garde à vue, Maixent Accrombessi attend les éventuelles suites judiciaires. Si les magistrats français le soupçonnent de corruption, le directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba est toujours protégé par la présomption d’innocence.

Accrombessi, « néo-Gabonais » détesté

Il en va tout autrement à Libreville, où un tribunal du peuple, siégeant aussi bien dans le bidonville de Kinguélé que dans les villas huppées de la Sablière, l’a depuis longtemps condamné. Ici, des hommes politiques déguisés en procureurs et des journalistes revendiquant une xénophobie de bon aloi ont juré d’avoir la peau de ce « néo-Gabonais » que l’on exècre parce qu’il occupe un poste que l’on estime réservé aux « Gabonais de souche » (né au Bénin, Accrombessi s’est installé au Gabon dans les années 1990).

« Quand vous avez été nommé à ce poste, j’étais de ceux qui avaient conclu à une grave erreur de casting, égratigne dans une lettre ouverte Jonas Moulenda, un ancien journaliste. Il s’agit d’un poste éminemment politique, réservé aux seuls nationaux. Dans les pays sérieux, on ne nomme pas des expatriés dans les instances décisionnelles de l’État. »

Même le mouvement de la société civile Ça suffit comme ça ! y est allé de sa lettre ouverte. La sienne est adressée au président béninois : « Le sentiment antibéninois a commencé à se développer dans nos villes et villages. Ce sentiment est perceptible à tous les niveaux : monsieur le Président, vos compatriotes sont désormais en danger au Gabon […]. M. Accrombessi n’a plus sa place ici. Pour les Gabonais, son départ est devenu une question de fierté nationale. »

Campagne xénophobe

Si elle a tout d’une chasse à l’homme, cette campagne ne vise pas que le seul Accrombessi. Ali Bongo en est lui-même devenu la cible depuis que le journaliste français Pierre Péan a exprimé ses doutes sur sa filiation. Dans le collimateur aussi, ces collaborateurs « néo-Gabonais » du chef de l’État accusés d’avoir mis le Palais du bord de mer en coupe réglée (ils forment ce que l’opposition appelle la « légion étrangère »).

Le rejet vise en priorité les patronymes à consonance non bantoue, à l’instar de celui de Liban Soleman, chef de cabinet né au Gabon mais dont le père a émigré de Somalie… « Nous ne les aimons pas pour ce qu’ils font. Pas pour ce qu’ils sont, explique une femme, haut placée dans la hiérarchie du Parti démocratique gabonais (PDG, au pouvoir). Ils ne nous épousent pas. Ils n’investissent pas chez nous. Ils n’y ont pas leur compte en banque, ils transfèrent leur argent chez eux. Pourquoi voulez-vous que nous les aimions ? »


Quid des autres « étrangers » proches du pouvoir ? Ils vivent cachés, de préférence loin de la politique, et là réside le secret de leur longévité

Verrou de l’antichambre du bureau présidentiel, Accrombessi savait depuis le départ qu’aucune avanie ne lui serait épargnée. Mais quid des autres « étrangers » proches du pouvoir ? Ils vivent cachés, de préférence loin de la politique, et là réside le secret de leur longévité.

Samuel Dossou, magnat du pétrole d’origine béninoise sous Bongo père, l’a bien compris. Il a été un homme clé du Palais pendant quatre décennies, mais demeure un quasi-inconnu pour l’opinion publique. Invisible à Libreville, l’astrophysicien malien Cheick Modibo Diarra, nommé conseiller spécial en 2009, s’est depuis longtemps fait oublier. Influent visiteur du soir, le journaliste sénégalais Mactar Sylla a un temps eu la main sur la communication présidentielle, mais met un soin particulier à fuir les projecteurs, tout comme Jean-Denis Amoussou, conseiller du président. Leur discrétion leur a épargné la vindicte populaire.

Même chose pour le général Alioune Ibaba, le directeur général du protocole d’État et conseiller du président en matière de défense et de sécurité, dont l’ascendance sénégalaise ne semble pas troubler l’opinion. Épargnés aussi, le Britannique Lee White (directeur des parcs nationaux), son compatriote Jim Dutton (à la tête de l’Agence nationale des grands travaux) et l’ange gardien sud-coréen du « patron », Park Sang-chul.

Quant au contingent des Français, il tire bénéfice de la francophilie de la population. Citons Vincent Garrigues, consultant en communication, Guillaume Adam, le directeur de cabinet de la première dame, sans oublier les « historiques », tels Éric Chesnel, aujourd’hui conseiller…

Les attitudes discriminantes se multiplient

« Il n’y a pas plus d’étrangers à la présidence aujourd’hui qu’hier », tempère Patrick Mouguiama-Daouda, enseignant à l’université Omar-Bongo et conseiller d’Ali Bongo Ondimba. Dans son livre Un silure dans la nasse, publié en juin, il se montre inquiet de cette « rhétorique xénophobe et des attitudes discriminantes qui se développent ».

Ce n’est pas un hasard si la question de la libre circulation au sein de l’espace Cemac, à laquelle le chef de l’État est favorable, a tant fait débat à Libreville. Des vidéos postées sur internet incitent à la xénophobie, des journaux publient les actes de naissance d’hommes politiques « étrangers » pourtant dotés de passeports gabonais…

Le 27 août, dans son édition spéciale, l’hebdomadaire La Loupe, proche de l’opposition, vitupère contre « le pillage » du Gabon par des étrangers, proteste contre « l’occupation » et le fait que la « race gabonaise [ne soit] trouvable nulle part ». Le même journal parle même d’un « génocide des autochtones », dont il rend responsable les enseignants étrangers. « Il ne faut pas attendre un drame pour réagir », prévient Mouguiama-Daouda. Le drame est presque arrivé en avril dernier lorsque des émeutiers ont mis le feu à l’ambassade du Bénin à Libreville.

Lougué


Une histoire pourtant nourrie de l’immigration

En 1978, 12 000 Béninois avaient été expulsés du Gabon à la suite d’un violent échange verbal ayant opposé Mathieu Kérékou à Omar Bongo Ondimba. Le premier avait accusé le second d’avoir participé au raid sur Cotonou orchestré par Bob Denard, en 1977. Le marché de Mont-Bouët, à Libreville, fut incendié, et les commerces, majoritairement tenus par des immigrés, furent pillés.

Le Gabon, petit pays de moins de 1,8 million d’habitants au sang mêlé, a pourtant intégré des vagues successives d’immigration. Il comptait 23 000 étrangers en 1970 : des Africains (majoritairement employés dans l’exploitation de l’okoumé), des Européens et des Libanais. Quelques années plus tard, le mouvement s’accélère. Les grands travaux d’aménagement attirent une main-d’œuvre toujours plus nombreuse.

En 1976, le Gabon recense déjà plus de 80 000 étrangers, dont 61 000 Africains (des Équato-Guinéens, des Camerounais et des Béninois pour la plupart). La crise économique freine un temps la tendance l’année suivante, mais, dès 1979, l’immigration reprend de plus belle. En 1985, le pays compte 139 000 étrangers, dont 85 000 Africains.

Les étrangers sont les boucs émissaires du ressentiment d’une population qui ne bénéficie pas de la richesse nationale, très inégalement répartie

« Gabon d’abord »

Ses lois ne sont ni xénophobes ni tribalistes. Sa Constitution ne fait aucune distinction entre autochtones et allogènes et le code de nationalité garantit la naturalisation à « tout étranger résidant depuis cinq ans et ayant investi dans le pays » (art. 31). Mais l’application des textes est à géométrie variable.

« Certains fonctionnaires gabonais dits autochtones se sont arrogé le droit de juger qui mérite la nationalité et qui en est exclu, estime Mouguiama-Daouda. Résultat, ces personnes n’investissent pas parce qu’elles se sentent en insécurité. »

Pendant quarante-deux ans, Omar Bongo Ondimba a pratiqué la répartition « géopolitique » de la richesse nationale. Ce modèle a exacerbé les particularismes ethniques et fait du slogan patriotique « Gabon d’abord » l’expression d’une préférence nationale. La montée de l’intolérance envers les étrangers est devenue proportionnelle à l’aggravation des difficultés économiques.

Les étrangers ont raison de trembler lorsque la baisse du prix du baril fait convulser l’État providence. Ils sont les boucs émissaires du ressentiment d’une population qui ne bénéficie pas de la richesse nationale, encore très inégalement répartie. Des universitaires prêchent en faveur d’un dispositif pénal plus répressif pour stopper la xénophobie. Pas sûr que cela arrête ceux qui ont fait du départ de certains collaborateurs du président une affaire personnelle.

CE N’EST PAS FORCÉMENT MIEUX AILLEURS…

Le Gabon n’a évidemment pas le monopole de la violence xénophobe. Depuis des années, la Guinée équatoriale expulse à tour de bras des Africains attirés par sa prospérité pétrolière. Pourtant, selon des estimations, plus de 300 000 personnes sont originaires de l’étranger. Des rafles de la police visent périodiquement les marchands camerounais, des bijoutiers sénégalais, des vendeurs ambulants maliens, les ouvriers nigérians.

En 2007, le gouvernement a interdit aux Ouest-Africains de devenir propriétaires d’épicerie. Les magasins des contrevenants ont été fermés ou repris par l’État. En 2004, alors que le pays manquait de travailleurs qualifiés, une loi a été votée limitant à 30 % la proportion de travailleurs étrangers au sein des entreprises…

Un peu plus loin, au Congo-Brazzaville, les autorités ont lancé en avril une opération de vérification des titres de séjour visant les Congolais de Kinshasa. En trois semaines, 140 000 « Zaïrois » ont regagné leur pays d’origine. L’Angola, dont les relations ont longtemps été tendues avec Kinshasa, a expulsé lui aussi nombre de ressortissants de RD Congo. Quant à l’Afrique du Sud postapartheid, elle est le théâtre d’émeutes xénophobes récurrentes sur fond de chômage endémique. Les dernières en date, en avril, ont fait une dizaine de victimes (en 2008, près de 70 personnes avaient perdu la vie).


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Ven 11 Sep - 16:56


Côte d’Ivoire : Bouygues se retire complètement des secteurs de l’eau et de l’électricité
11 septembre 2015 Frédéric Maury et Marion Douet Jeune Afrique



Exclusif. Le groupe français Bouygues a cédé à plusieurs filiales d'AXA les parts qu'il détenait encore dans la Compagnie ivoirienne d'électricité et dans la Société de distribution d’eau de la Côte d’Ivoire.


Citation :
Selon les informations de Jeune Afrique, le groupe français Bouygues est totalement sorti de l’eau et de l’électricité ivoirienne, en cédant les parts qu’il détenait indirectement dans la Compagnie ivoirienne d’électricité (CIE), opérateur privé qui a en charge la fourniture de l’électricité en Côte d’Ivoire, ainsi que dans le producteur indépendant Compagnie ivoirienne de production d’électricité (Ciprel) et dans la Société de distribution d’eau de la Côte d’Ivoire (Sodeci). Via la SAUR, Bouygues était un actionnaire historique de ces entreprises qui gèrent des services publics fondamentaux.

Au moment où nous publions ces lignes l’opération n’a pas été rendue publique mais la cession est intervenue le 31 juillet. Elle s’est déroulée via la cession des 18,63% que Bouygues détenait encore dans le holding Eranove (ex Finagestion), basé à Paris et détenteur de plusieurs actifs énergétiques en Afrique subsaharienne francophone, principalement en Côte d’Ivoire et au Sénégal.

Les parts de Bouygues, qui cherchait à vendre depuis plusieurs années, ont été acquises par trois entités du groupe AXA : Axa France, Axa Suisse et Axa Italie.

Les administrateurs représentant Bouygues (dont Olivier Bouygues) au capital d’Eranove ont aussitôt démissionné de leurs fonctions, remplacés par AXA et par Philippe de Martel, l’un des dirigeant d’AXA Reim, la filiale du groupe d’assurance dédiée à l’investissement immobilier.

ECP vers la sortie ?

Eranove, qui opère également depuis peu au Mali, où il a remporté la construction d’un barrage hydraulique, reste majoritairement détenu par le capital-investisseur Emerging Capital Partners, qui avait racheté en 2008 et 2009 la majorité du capital du holding à Bouygues. Mais, toujours selon nos informations, ce dernier (qui a investi via un fonds dont la fin de vie est proche) prépare lui aussi activement la cession de ses parts.

ECP n’a pas souhaité répondre aux questions de Jeune Afrique.


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Dim 13 Sep - 12:38




Adesina Akinwumi : « Ma priorité, c’est d’allumer l’Afrique » Stéphane Ballong 13 septembre 2015

Quelques jours après sa prise de fonction, le Nigérian Adesina Akinwumi, le nouveau président de la Banque africaine de développement a expliqué ses priorités à Jeune Afrique.


Akinwumi Adesina à Paris, le 25 mars 2015


Stéphane Ballong a écrit:
Pas le temps de prendre ses marques. À peine a-t-il pris ses fonctions que le tout nouveau président de la Banque africaine de développement (BAD), élu au mois de mai, est déjà à pied d’oeuvre.

« Tout va très vite », concède volontiers Adesina Akinwumi, dans un français parfait, lors d’une interview accordée à Jeune Afrique, dont vous pouvez lire l’intégralité dans l’édition en kiosques du 13 au 19 septembre.

En ce début septembre, le Nigérian est à Paris pour préparer la Conférence des nations unies sur le changement climatique (COP 21), l’événement international le plus important de cette année selon lui. « Je suis venu discuter avec les autorités françaises de l’énergie », explique-t-il.

Visiblement confiant et déterminé, ce très proche de Ngozi Okonjo-Iweala, l’ancienne directrice générale de la Banque mondiale et ministre des Finances sortante du Nigeria, affirme que le continent doit développer son « exceptionnel » potentiel dans ce domaine. » Sans énergies – conventionnelles ou renouvelables –, pas de santé, pas d’éducation, pas de croissance économique à deux chiffres », avance-t-il. Avant de promettre: « Dans dix ans, la question énergétique sera réglée et l’Afrique aura les moyens de se nourrir elle-même. »

Tout sourire, l’homme au noeud pap’ est encore euphorique. C’est la première fois que son pays, principal actionnaire de la BAD, accède à la présidence de l’institution. Mais l’agroéconomiste formé à l’Université d’Ife et à celle de Purdue dans l’Indiana, aux États-Unis, assure : « J’ai pris mes fonctions avec des idées très précises », glisse-t-il.



À lire aussi : Comment Akinwumi Adesina a conquis la BAD (Banque africaine de développement)


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MessageSujet: Re: AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?   Mer 16 Sep - 13:40


Afrique : la saison des millionnaires a commencé Afrique Asie 26/06/15


Citation :
Selon le rapport 2015 sur la richesse africaine présenté par le New World Wealth Africa, le nombre d’Africains millionnaires aurait progressé de 145 % ces quatorze dernières années, contre 73 % au niveau mondial. C’est en Afrique du Sud que se concentre le plus grand nombre de riches du continent, et où 160 000 personnes possédaient, 660 millions de dollars en 2014.

La progression du nombre des riches en Afrique du Sud (+7 % par an depuis 2007) est le « résultat des politiques économiques qui, au cours des derniers vingt années, ont donné une forte impulsion à l’augmentation du nombre des riches, a déclaré la Sud-Africaine Lesego Monareng, du Old Mutual Private Wealth Management. Dans ce pays, la volonté de faciliter l empowerment économique de personnes auparavant fragiles a été une énorme contribution à la création des richesses. Faire naître un marché intermédiaire qui alimente l’économie a permis à beaucoup de monde de tirer profit des nouvelles opportunités. » Les fortes inégalités ne se sont pas pour autant réduites.


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AFRIQUE en mutations : du néo-colonialisme au capitalisme "africain" ?
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