PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

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 RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC

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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Lun 30 Mai - 9:58


Rocé : « Noyer le poisson dans l’identité »

Entretien inédit pour le site de Ballast 26 mai 2016

« Je m’enfonce sous votre système en apnée / Dans la crasse, les cris et les crises quotidiennes »,[/i] lance le rappeur Rocé, qui naquit à Bab El Oued l'année de la mort d'Andreas Baader, meneur de la bande éponyme, et de l'indépendance de Djibouti. Le verbe coupe et trace, depuis quinze ans, son chemin dans les marges de la scène hip-hop hexagonale. « C'est de ses ecchymoses que peut se construire la France », poursuit le fils du résistant Adolfo Kaminsky, qui quitta l'Algérie à l'âge de quatre ans pour le Val-de-Marne. L'artiste tient au doute autant qu'au pluriel : la course à l'ego occulte ces anonymes et ces militants sans lumière — le rap, comme art du grand nombre, tente réparation. Du moins le sien.



Citation :
Dès votre premier album, vous avez posé un « style » Rocé : des textes fouillés et le dépassement de certains codes. On songe, par exemple, au morceau « Plus d’feeling », sans beat…


Oui, j’ai toujours été attiré par les expériences décalées : il n'y a que du beat sur le début de « On s’habitue » et l’instru' de « Changer le monde » est particulière, aussi — la rythmique n’est pas renforcée. L’album Identité en Crescendo est presque entièrement du hors-piste. Parfois, j’ai besoin d’être là où on ne m’attend pas et, d'autres fois, j’ai juste envie de rapper de manière plus classique.


Votre angle de création, bien souvent politique, repousse-t-il d’autres territoires, d'autres envies ?

Non. Je n’ai pas ce problème. J’ai un côté rigoureux dans les textes, autant qu'un côté « rien à faire » dans la musique et sur scène : je peux me mettre à danser ou sortir une guitare. En quatre albums,  j’ai abordé des thèmes assez variés, comme l’amertume dans une relation d’amitié, la folie, la haine de la foule, l’aliénation des petits chefs dans le monde du travail. En revanche, si ce que vous voulez dire, c'est que le ton que j’adopte est toujours piquant ou critique, c’est ma cohérence, pas ma limite.


« Cela montre un mépris de classe dans ce pays,
très flagrant dans le monde de la culture. »

Le regard que vous portez sur le rap, en tant qu'art, a-t-il évolué depuis les années 1980 ?

C’est un vaste sujet. Notre société n’évolue pas, en terme de mentalités. En ce qui concerne la perception du rap, pratiqué en grande majorité par les gens issus des quartiers populaires, il y a énormément de mépris et de rejet. Okay, tout le monde a compris, maintenant, que le rap n’est pas un phénomène de mode et, surtout, que cette musique constitue un immense marché. Ainsi, les gens les plus mercantiles, comme les maisons de disque, s’y intéressent. Mais la musique la plus « consommée » en France — et la plus pratiquée — est aussi la plus méconnue, la plus méprisée par les élites et les gros médias généralistes. Il y a deux poids deux mesures dans le traitement médiatique du rap par rapport aux autres genres musicaux. Je ne désire pas que le rap rentre au musée ou au conservatoire, je ne lutte pas pour que les élites le respectent ou le médaillent — ce genre de combats ne me passionne pas. Mais je constate que la musique du plus grand nombre est aussi la plus mal traitée — ce qui en dit long sur l’état de notre société. Cela montre un mépris de classe dans ce pays, très flagrant dans le monde de la culture. Ça traduit aussi la rupture générationnelle, le mur invisible qui sépare « culture de jeunes » et « culture de vieux ». Dans d’autres pays, le rap est intergénérationnel : c’est une musique du peuple, pas seulement des jeunes.



Adolfo Kaminsky par Rafael Zubler


Parlant de votre père, Adolfo Kaminsky, vous avez ajouté : « Les Mesrine ou les Che, les révolutionnaires de la cause du bout de leur nez, pleins de testostérone et de belles phrases hystériques, ne me touchent pas. Je ne suis sensible qu’aux combats discrets construits sur le long terme, et où la lumière est posée sur une idée plutôt que sur la personne qui en parle. » Que vous a-t-il transmis ?

Mon père a été interné à Drancy en 1943. Vu qu’il avait la nationalité argentine, le consulat argentin est intervenu et il est sorti du camp de justesse. À 17 ans, ayant travaillé chez un teinturier, et passionné de chimie, il est le seul à savoir effacer certaines encres sur les cartes d’identité. Il intègre alors un réseau de résistance et devient rapidement spécialiste en faux papiers. Il en fabriquera jusqu’à la Libération. Ensuite, il rejoint le FLN algérien, fabriquant toujours des faux papiers et même de la fausse monnaie pour faire pression sur l'inflation. Il forme des faussaires aux quatre coins du monde dès qu’il s’agit de lutte décoloniale, de mouvements de libération de pays d’Amérique du Sud (comme l’Uruguay, le Pérou, la Colombie, le Chili) et d’Afrique (comme en Angola, en Guinée-Bissau et en Afrique du Sud pendant l’apartheid). Il a toujours refusé d’être payé pour ça, considérant qu’il n’avait pas de patron. C'est pourquoi il a passé la majeure partie de sa vie dans la clandestinité. Ce n'est que très tardivement qu’il a fait son dernier faux papier pour enfin commencer une vie normale.


« Cette époque qui consomme et consume les révoltes
a besoin de mettre en avant des révoltés au bord de l'hystérie,
plutôt que des militants de l’ombre. »

Ce que je retiens, c’est d'abord qu’il ne s’est jamais fait repérer — sa prudence et sa discrétion étant aussi remarquable que son travail de faussaire. C’est aussi cette discrétion qu’il transmettait aux autres. Ma sœur a écrit un livre qui retrace son parcours : c’est précis et passionnant. Ce qu’il m'a transmis, c’est peut-être cette retenue — même si, dans mon domaine, celui de l’événementiel, je gagnerais à ne pas l’être. Ce qui me désole, c’est que cette époque qui consomme et consume les révoltes a besoin de mettre en avant des révoltés au bord de l'hystérie plutôt que des militants de l’ombre. On mettra en avant un Mesrine au même niveau que des personnages qui ont placé l’humanisme, ou une préoccupation politique, avant leurs intérêts personnels. Ces personnages ont pourtant souvent des parcours encore plus trépidants et courageux. Je parle de mon père, mais je découvre tous les jours des personnages qui mériteraient qu’on fasse des blockbusters hollywoodiens sur eux ; je pense notamment à George Mattei, à Ahmad Rahmad et Olympe de Gouges. Mais on nous propose sans cesse des films de coléreux apolitiques. Le monde de la culture rate quelque chose et c’est dommage. On est en train de construire l’Histoire sur des personnalités individualistes alors qu’elle est faite d’un tas de personnages passionnants par leur générosité, leur humanisme, leur conscience politique.


Vous moquez les révolutionnaires de façade dans « Le savoir en Kimono ». Un produit de notre époque, cette consommation de folklore ?

C’est toute la force du capitalisme que d’accepter les énergies dissidentes pour les vendre avec l’emballage du divertissement. Le capitalisme n’a pas d’ego : tu peux lui cracher dessus, l’insulter ; il validera l’insulte et en fera même un film, sachant que c’est ça qui le nourrit. Il transforme de l’événement militant en événementiel. Quand tu regardes le point commun de tous ces films, c’est qu’ils ne parlent que d’un homme providentiel qui vient sauver le monde. On préfère nous vendre le « superhéros militant », personnage individualiste, au-dessus de la masse, l’image d’un Rocky Balboa qui se dépasse lui-même sans l’aide de personne, qu'un militantisme rigoureux et solide, porté par la solidarité d’un réseau, d'une dynamique de groupe — qui n’a rien d’individuelle.


« Le capitalisme n’a pas d’ego : tu peux lui cracher dessus, l’insulter ;
il validera l’insulte et en fera même un film, sachant que c’est ça qui le nourrit. »

Aujourd’hui, le militantisme est complètement contaminé par cet individualisme à l’américaine, avec une sorte de starification des porte-parole, des gens qui finissent par lutter de plus en plus en leur nom personnel, qui offrent un rêve, plutôt que de s’effacer au nom d’une cause. Dans une époque où on met notre militantisme en scène à coup de selfies et de poses héroïques le poing levé, j’aime regarder de l’autre côté, à la manière d’un blogueur, vers des gens de l’ombre. Ce sont eux qui ont changé le monde sans que personne n’en sache rien — traçant leur route loin des ragots et des chamailleries qui les entouraient.


Rocé (DR)

Après, il ne faut pas voir une critique trop sévère dans mon morceau : je questionne. Dans le rap, on fait plein de namedropping, on parle de nos héros et, la rime d’après, on contredit leur conception. Mais il y a aussi du positif : parler de nos héros, c’est les garder dans la culture populaire — et c’est clair qu’on en a bien besoin. Je pense qu’il y a surtout une confusion entre militant et artiste engagé. L’un crée du rapport de force politique, l’autre de l’événementiel culturel. Un artiste, à son niveau, peut faire prendre conscience de causes justes, peut accompagner des luttes, peut redonner force et dignité à celles et ceux qui en ont besoin, mais l’artiste n’est pas à l’initiative des rapports de force. Bref, nous, les artistes, rendons hommage. Nous prenons position. Les plus populaires d’entre nous peuvent même éclairer un sujet précis et raviver le débat. Mais ce sont des combats qui ont déjà été engagés par les militants.


Sur le morceau « Identité en Crescendo », vous avez côtoyé Archie Shepp, une légende du jazz. Pourquoi lui ?

Archie Shepp a accompagné les luttes des Black Panthers en musique. Il a une conscience politique qui m’intéresse beaucoup et qui est ultra actuelle, plus actuelle que celle de beaucoup de jeunes militants. Sa vision des identités, de la musique, est très intéressante. Je l’ai sollicité pour participer à mon album parce que sa musique me plaît et que c’était l’ambiance dans laquelle je baignais à cette époque.

La question identitaire semble vous travailler, en effet. Vous la traitez de long en large sur votre deuxième album. Dix ans et des débats sur « l’identité nationale » et la « déchéance de nationalité » plus tard, la crispation est à son comble…
J'ai résumé ce que je pensais de tout ça à l’époque. Je n'aime pas trop revenir là-dessus. La France est un pays figé dans le temps : je pourrais refaire le même album tous les ans et j’aurais l’impression de me figer avec le pays. Maintenant, je veux parler d’autres choses. Pour voir à quel point les problèmes d’aujourd’hui sont ceux d’hier, il suffit de lire les écrits de Frantz Fanon, d'Edward Saïd — on constate à quel point les livres d’hier parlent mieux d’aujourd’hui que ceux d’aujourd’hui.

Valls vient de dire que « la question des valeurs et de l’identité sera au cœur de la campagne » : c’est dire à quel point ça arrange les politiques de relancer la même carotte, de noyer le poisson dans l’identité — un sujet qu’ils ne maîtrisent pas mais avec lequel il est facile d’endormir tout le monde et de créer la confusion à gauche. Sur la notion des identités, j’aime beaucoup Édouard Glissant. Et sur un terrain plus concret d’autodéfense, parce qu’on en est là, malheureusement, il y a des gens qui réagissent, qui s’organisent ; je pense au travail fait par le CCIF, entre autres. Les débats sur l’identité en France sont voués à être réac'. Les universitaires sont en avance sur ces sujets, mais ce ne sont pas eux qu’on convient, ce ne sont pas eux qui donnent le ton politique. C’est un débat purement artificiel, politique et médiatique. Les conséquences sont bien réelles, par contre... Merci aux associations qui luttent jusqu’en justice pour défendre un peu d’humanité.



Edward Saïd by Antoun Albert

Dans votre dernier album, vous exprimez le manque de temps pour se construire et réfléchir : tout doit aller vite. La faute aux médias et à la vitesse de communication croissante ?

Non, la faute à un système qui subit de manière globale un capitalisme de plus en plus violent et direct. L’« uberisation » de la société, comme on dit aujourd’hui... Dans ce morceau, « La vitesse m'empêche d'avancer », j’ai voulu prendre deux angles inédits, celui de l’artiste et celui de l’école. Deux domaines dont on pourrait penser qu’ils sont hors de portée de tout ça, qu’ils sont protégés, encore purs. Mais pas du tout, malheureusement : ils ne sont pas hermétiques à la capitalisation du temps.



Avec « Habitus », vous développez un concept de Bourdieu. Serions-nous dans un temps de régression intellectuelle ?

Les gens sentent que la télé fait du forcing avec des têtes pensantes qu’ils ne veulent plus voir. À la télé, les invités et les présentateurs se ressemblent, ont les mêmes lunettes, les mêmes cheveux poivre et sel, les sourcils qui réfléchissent et même l’air très intelligent. Ils ont tous écrit un livre. Pourtant, ils disent tous n’importe quoi. Les débats suivent la volonté de Valls et se placent sur des thèmes que le peuple n’a pas vraiment choisis, imposés par quelques faits divers ou par une actualité subjective. Pourtant, non, je ne pense pas que nous sommes à une époque de régression : bien au contraire. Il y a plein de chercheurs, de penseurs, de gens très intéressants, aujourd’hui. Il y a un décalage entre les débats des gros médias officiels qui invitent toujours les mêmes personnes et, par exemple, le monde universitaire, les Cultural Studies, qui invitent à des réflexions beaucoup plus ancrées dans l’époque, en avance sur ce que les médias nous bégaient dans un souci d’audimat. Les choses se passent ailleurs. Avec « Habitus », je suis content d’avoir réussi à être à ce point explicite sur un morceau de trois minutes. C’est jubilatoire, lorsque je le fais sur scène devant un public qui le découvre et acquiesce aux paroles — des paroles qui constituent du vécu pour l’auditeur, également. Merci Bourdieu, pour le coup ! C’est là que j’ai l’impression, à mon humble niveau, de faire du bien, de faire avancer les choses.





« Il faut lire cet entretien avec le rappeur Rocé. Des choses très très intéressantes. »

Sihame Assbague ‏@s_assbague



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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Lun 30 Mai - 10:08


Rocé live 2010


Citation :
"Les rappeurs veulent trouver la rime, moi j'ai trouvé le stock". Rocé n'y va pas par quatre chemins, il est même connu pour ça. Depuis 1996, date de son tout premier maxi, cet amoureux des musiques au pluriel trace un chemin résolument en dehors des sentiers rebattus du rap français. Car s'il est passionné de style old school, ce rebelle philosophe à l'insatiable curiosité préfère l'école buissonnière, celle qui symbolise l'évasion et la nouveauté.

Ainsi, après "Top Départ" son premier opus en 2001, son avant-dernier album, "Identité en crescendo", salué il y a trois ans par une presse unanime, rassemblait des musiciens de free jazz, du légendaire saxophoniste Archie Shepp au trompettiste et linguiste Jacques Coursil, en passant par Gonzales le pianiste fou, Antoine Paganotti, chanteur et batteur de Magma, ou samplait Tony Hymas, le claviériste de jazz rock qui adore Erik Satie.

Enregistré le 30/07/2010 au festival Fnac Indétendances, sur le parvis de l'Hôtel de ville de Paris



avec Jacques Coursil, trompettiste et linguiste

l'un et le multiple



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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Mer 1 Juin - 13:17


rap epistemofilosofico
desde el norte, inspirados en el sur




Tycos de Reserva
(INTRO)
Desde el Sur como la Epistemología
De la comarca generando teoría
Tycos de Reserva
Es hora de cuestionar
El poder Colonial
Haber, Saber, Poder
Construido por un Ser

(Sur Oprimido) x2

Blanco, Heterosexual
De la Modernidad
Lo Decolonial Contra el Poder Capital x2
(Sur contra Occidente, se hace presente) x2

Es la quinta esencia de la Resistencia
De la Teología, la Filosofía
Una propuesta, por la Independencia
De la Dependencia, la Liberación

(coro)
Una sola Visión, una sola Tradición, una sola Experiencia x2
Una sola experiencia
Desde la Conquista, hay una injusticia
Y que contamina, todas las demás
Lo hemos conocido en la Modernidad
(Capitalismo Inmoral, Capitalismo Voráz) x2

Socioeconómica y Sexual
Histórica o Racial
Injusticia Generacional
(Negros, Chinos y Latinos, todos Unidos)
Todos unidos!!!
Cada Autonomía
Liberal y Corrompida
Trampa Construida
Forjada y definida
Para liberarte, debes alejarte de lo Colonial
(Arte y Resistencia, Esta es la Propuesta)
Esta es la Propuesta
Lo Decolonial , Posmoderno, TransModerno
Sigue siendo Macho Alpha, Dominantes lo racial
Lo de Clase
Lo de Norte a Sur o de sur a Norte
Dominios de Poder
(Poder que corrompe, Masculino, Femenino)x2

Divisiones de Lenguaje, Pensamiento arraigado
Algo radical,No se cambia, ni Reforma
No se cambia, se destruye
(Se destruye la A, se destruye la E) x2

De lo vertical, a lo horizontal
Pensamiento Rizomático
No hay Centro, ni Periferia
Ya nos vamos retirando
Y representando
Con cariño para chava
Desde la Comarca, desde la Comarca

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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Dim 26 Juin - 18:24


« on m'appelle le dernier Solar »



dernier tôlard ?


via FUIQP 59/62
Ce soir le FUIQP vous souhait une bonne nuit avec le nouveau clip de Tiers Monde : "MC Solaar"

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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Lun 11 Juil - 8:54


Lors du Festival d'été de Québec, le rappeur a repris la chanson de protestation contre les brutalités policières après la mort de plusieurs Noirs aux États-Unis.


9 juillet 2016 à Québec

Citation :
Alors qu'une grande tension règne aux États-Unis entre la police et la communauté noire, le rappeur Ice Cube s'est emparé du sujet en reprenant une des plus célèbres chansons de protestation contre les brutalités policières, lors du festival d'été de Québec. Sous une pluie battante, samedi soir, Ice Cube, s'est lancé dans une interprétation énervée de « Fuck tha Police ». Et, au grand plaisir du public majoritairement blanc, la légende du rap a demandé à la foule de faire des doigts d'honneur alors que des images de policiers en armes défilaient sur un écran.

La chanson de son ancien groupe N.W.A, pionnier du gangsta rap, date de 1988. Elle avait surpris par sa condamnation implacable des violences policières contre les Noirs, avant de devenir un classique du hip-hop. Mais la décision d'Ice Cube de l'interpréter à Québec était une sorte de défi, après la mort à Dallas, jeudi, de cinq policiers tués par un tireur embusqué qui voulait venger les abus policiers à l'encontre des Noirs.

Sur les réseaux sociaux, Ice Cube met l'accent sur les brutalités policières, donnant des exemples de violences contre des Noirs et appelant le président Barack Obama à mieux contrôler la police. Après « Fuck tha Police » interprétée au début de son concert, le rappeur n'a pas ménagé ses efforts pour divertir son public malgré la pluie. « Je me fiche de la pluie : je peux faire ça toute la nuit », a-t-il lancé en invitant les « ladies » de Québec à danser sur un extrait de « Jungle Boogie » de Kool and The Gang.

Mobilisation de Beyoncé et Snoop Dogg

Les meurtres de Dallas ont été condamnés par le mouvement Black Lives Matter (la vie des Noirs compte) et par plusieurs artistes qui le soutiennent. La superstar de la pop Beyoncé - qui avait appelé ses fans à écrire à leurs représentants pour « mettre fin à la guerre contre les gens de couleur et toutes les minorités » - a déploré la mort des policiers de Dallas, soulignant que « la paix ne peut venir de la violence ». « Pour pouvoir changer les choses, il faut faire preuve d'amour face à la haine et promouvoir la paix face à la violence », a-t-elle écrit à ses 77 millions d'abonnés sur Instagram.

Snoop Dogg, qui vient de la scène gangsta rap de Californie du Sud comme N.W.A., a conduit une marche pacifique devant le quartier général de la police de Los Angeles et a appelé au dialogue. Professor Griff de Public Enemy, lui aussi un grand du hip-hop, a déclaré avec force qu'il était opposé à l'assassinat de policiers, après l'apparition d'une photo, un selfie apparemment, le montrant en compagnie du tireur de Dallas, Micah Johnson.

Le Festival d'été de Québec se déroule sur 11 jours dans la capitale de la province canadienne francophone. La semaine prochaine doit être marquée par des prestations de la pop star Selena Gomez, des Red Hot Chili Peppers ou du groupe pop-rock britannique Duran Duran. La soirée de samedi avait commencé avec le rappeur canadien d'origine palestinienne Belly, qui avait renoncé en mai à une apparition dans l'émission télévisée Jimmy Kimmel Live, car le candidat républicain à la Maison-Blanche Donald Trump devait y participer.

Belly - qui pourrait avoir à souffrir personnellement de l'élection de Trump si celui-ci mettait à exécution sa menace de fermer les frontières du pays aux musulmans - a invité les spectateurs à montrer leur majeur au milliardaire et à lui crier des insultes. Parmi les artistes moins connus, le groupe punk de Toronto The OBGMs a aussi dénoncé Donald Trump en chanson.


Fuck the police comin straight from the underground
Nique la police J'sors tous droit du côté sombre
A young nigga got it bad cause I'm brown
J'suis un négro qui l'a mauvaise d'être marron
And not the other color so police think
Et pas de l'autre couleur, les policiers Croient
They have the authority to kill a minority
Qu'ils ont l'autorisation de tuer une minorité
Fuck that shit, cause I ain't the one
Nique cette merde, parce que je suis pas le genre qui se laisse
For a punk motherfucker with a badge and a gun
Par un enfoiré de merde avec un badge et un flingue
To be beatin on, and thrown in jail
Taper dessus et balancer en prison
We can go toe to toe in the middle of a cell
Pour se retrouver entassés au milieu d'une cellule
Fuckin with me cause I'm a teenager
Ils me cassent les couilles parce que je suis un adolescent
With a little bit of gold and a pager
Avec un peu de d'herbe et un beeper
Searchin my car, lookin for the product
Ils fouillent ma caisse, cherchant des produits
Thinkin every nigga is sellin narcotics
Pensant que tous les négros vendent de la came
You'd rather see, me in the pen
Vous préféreriez Me voir derrière les verrous
Than me and Lorenzo rollin in a Benz-o
Quand moi et Lorenzo on flambe dans la Benzo
Beat a police out of shape
Je pète la tête de cette police
And when I'm finished, bring the yellow tape to tape off
Et quand j'en ai fini, apporte la bande jaune pour boucler
The scene of the slaughter
La scène du massacre
I don't know if they fags or what
Je sais pas si c'est des Pédales ou quoi
Search a nigga down, and grabbin his nuts
Fouillant un négro et lui touchant les couilles
And on the other hand, without a gun they can't get none
Mais sans leur flingue, ils ne sont rien
But don't let it be a black and a white one
Ne tombe jamais sur un noir et un blanc
Cause they'll slam ya down to the street top
Parce qu'ils te casseront le cul en pleine rue
Black police showin out for the white cop
La police noire suce le flic blanc
Ice Cube will swarm on any motherfucker in a blue uniform
Ice Cube déboule sur tous les enfoirés en uniforme bleuté
Just cause I'm from, the CPT
Et parce que je viens de Compton, Los Angeles
Ounk police are afraid of me !
Ces pourris de policiers sont tous effrayés
A young nigga on the warpath
Un jeune négro sur le sentier de la guerre
And when I'm finished, it's gonna be a bloodbath
Et quand j'aurais fini ce sera un cimetière
Of cops, dyin in L. A.
De flics morts à Los Angeles
Yo Dre, I got somethin to say
Alors laisse-moi raconter mon business
[Fuck the police 4X]
[Nique la police 4*]

suite
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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Lun 11 Juil - 15:39


[Interview]

Keny Arkana, « Etat d’Urgence » : Le rap comme un état de conscience

Hassina Mechaï Toute le Culture 10 juillet 2016


La rappeuse marseillaise vient de sortir un nouvel EP, Etat d’urgence. Six titres qui portent évidemment la marque de cette « rabia del pueblo » (la rage du peuple) qui a toujours innervé les textes de Keny Arkana. Mais réduire cette artiste talentueuse à un rap rageur serait une erreur, car ses textes lucides ont toujours appelé à cet « effort de paix » qu’elle chante clairement dans le premier titre. Car le rap sans conscience n’est que ruine, de l’âme ou du moins de la conscience politique. Cela, Keny Arkana l’a très bien compris, dès ses débuts. Pour Toute la Culture, Keny Arkana parle de musique évidemment, de politique aussi et surtout de spiritualité. Rencontre.

 
Citation :
Ce nouvel EP est à prix libre, pourquoi ce choix ?

Keny Arkana: Cela faisait longtemps que j’avais envie d’essayer le prix libre sur un de mes projets ; j’ai pensé que cet EP était idéal pour le faire, en raison de la thématique abordée. Je ne me voyais pas le vendre de façon classique, dans les circuits de production habituels. Je voulais presque le donner aux gens et en échange, ils pouvaient verser la somme qu’ils voulaient, sans contrainte ni condition. C’était aussi une façon pour moi de mesurer le soutien et la conscience des gens. Je ne m’attendais à rien et j’ai été agréablement surprise, même touchée par le soutien des gens.

Est-ce aussi une démarche qui, par contrechamp, permet également de parler de l’industrie du disque ?

Keny Arkana: Je voulais vraiment mettre en avant le prix libre : c’est une pratique qui existe dans d’autres milieux artistiques. Si demain tous les artistes faisaient cela, il n’y aurait plus de maisons de disques car c’est sortir du circuit. Cet EP est téléchargeable sur mon site, mais j’ai dû laisser ma maison de disque le mettre sur des plateformes d’écoute, puisque je suis encore sous contrat. Mais je l’ai entièrement produit.




Vous parlez d’Etat d’urgence dans cet EP. De quelle urgence parlez-vous ? Politique, sociale, sociétale, environnementale…?

Keny Arkana: L’urgence de conscience, l’urgence d’humanité, celle de se poser les bonnes questions car nous sommes vraiment à une époque charnière. Les politiques se font toujours plus obscurantistes, liberticides, ultra-sécuritaires. Ces politiques ont besoin de prétextes pour imposer leurs lois. J’observe la montée des replis, la haine le racisme. On dit que les textes des rappeurs sont violents, mais il faut voir aussi la violence des propos des hommes politiques : impitoyables, racistes, haineux, ils ne sont pas mal non plus. Je voulais, humblement, proposer une autre vision que cette pensée dominante. Je voulais aussi rappeler que cela fait dix ans que la France est en guerre, qu’elle bombarde des populations. Il faut aussi se poser les bonnes questions.

Vous semblez penser qu’il y aurait presque une stratégie volontaire de guerre civile qui se mettrait en place en France…

Keny Arkana: Il me semble que ce pays est un terrain favorable pour une guerre civile. Voilà pourquoi aussi je voulais être dans un discours de paix et d’humanité : rappeler que nous sommes une seule humanité. Chacun dans sa singularité et sa ressemblance. Quand je parle de paix, je parle surtout de la paix intérieure. Et c’est simple, la paix, cela demande juste un effort de bienveillance. Mais notre civilisation pousse à l’égoïsme, au rapport de forces, à la course. Je voulais parler d’unité.

C’est une paix qui tient à la volonté de chacun, mais pas à de grands mouvements politiques ? Vous croyez encore en la force des utopies et des idées collectives ?

Keny Arkana: J’ai toujours pensé que pour changer le monde, on se change d’abord soi-même. Dès mes premiers disques, je parle de cet effort de bienveillance sans lequel rien n’est possible. Cette bienveillance doit se faire même envers nos ennemis, car pour moi l’ennemi n’est pas l’autre mais les idéologies. Après oui, des gens les incarnent, s’y accrochent, mais rien n’est figé, tout est mouvement et tout peut changer.

Dans le titre « Ne t’inquiète pas » vous évoquez ce consumérisme qui pousse au saccage de la planète, votre vision politique tient-elle aussi à l’écologie ?

Keny Arkana: Je ne suis pas dans une vision occidentale de la terre mais plutôt dans une approche amérindienne : il me semble que la terre ne nous appartient pas, mais nous lui appartenons. Nous sommes dans l’autodestruction et tout est révélateur de cela. Ma responsabilité est de faire du bien aux gens, de souffler sur leur cœur et de le dire. Là encore, je suis dans la guérison et dans l’apaisement. Ce que ne font plus les politiques actuellement, qui sont le contraire de la noblesse : mesquinerie, méchanceté, guerre…C’est grave de donner le pouvoir à ces gens-là. Et ces politiques n’y arriveraient pas sans les médias dominants. Ce sont eux qui ont raconté cette histoire des armes de destruction massive en Irak. Après la destruction de tout un pays, personne ne fait son mea culpa. Les médias sont aux marchands d’armes, ils ne sont pas là pour propager la paix.




Depuis les derniers attentats, qu’est-ce qui vous choque, interpelle ?

Keny Arkana: J’ai été choquée par a sauvagerie de ces attentats ; j’ai chanté au Bataclan, je bois des verres en terrasse. Je suis bouleversée par le fait que des gens aient pu faire cela. On en est donc arrivé là dans la frustration, la colère ? Evidemment les terroristes sont responsables de leurs actes. Mais des questions sont à se poser, socialement, politiquement, sur notre modèle de société. On n’arrivera à rien par la haine, le communautarisme. Notre politique internationale doit être aussi interrogée, car forcément, ce sont toujours des innocents qui vont payer.

Des mouvements citoyens ont-ils retenu votre intérêt, comme Occupy Wall street ou Nuit debout par exemple ?

Keny Arkana: J’ai toujours défendu un changement au niveau de l’individu. A partir du moment où un groupe se structure, se hiérarchise et devient pyramidal, je n’y crois plus. Il n’y a plus de pouvoir national, tout s’est internationalisé, le pouvoir réel est transnational, FMI ou autre. Des gens à travers la planète font leur effort à leur niveau. Et tout est lié, c’est un mouvement politique, social, spirituel, seul notre mental fragmente le tout. Il faut réaliser notre intérieur vers l’extérieur, et non l’inverse comme on nous le dit. Je crois que plus des poches d’autonomie et de résistance existeront et se mettront en réseau, plus la société verra qu’un autre modèle est possible.




Prenez les plantes médicinales par exemple, qui sont souvent interdites en France en raison de la mafia pharmaceutique : des gens les redécouvrent pourtant. Voyez aussi ce retour à la terre de beaucoup de gens qui prônent aussi un mouvement de consommation autonome. Ils sont pacifiques mais font peur car s’ils réussissent, tout le système s’effondrera. L’autonomie signifie déséquilibrer le système. C’est en cela que je crois. La prise de pouvoir par la révolte, la révolution n’aboutira, il me semble, qu’à reproduire les mêmes erreurs. Je crois que le rapport de force est de toute façon tellement inégal que la lutte de cette façon n’est pas productive. Le rapport de force caractérise justement ce système. Mais bien sûr, cela ne signifie pas ne pas résister : il faut résister. Mais on n’a pas besoin de renverser les choses pour commencer à créer. Créer un autre modèle est ce qui est nécessaire. Voilà pourquoi la spiritualité est importante ; et ce n’est pas un dogme, juste une attitude d’esprit. Pour moi la révolution est un mouvement constant. J’aime la définition zapatiste de la révolution qui doit être totale : elle n’est pas que sociale ou politique. C’est une révolution de soi, humaine, spirituelle.




A Nuit debout, il y avait peu de jonction entre les quartiers populaires et ce mouvement, pourquoi selon vous ?

Keny Arkana: C’est compliqué quand on a été exclu, qu’on est insulté à longueur de journée, que les parents et grands-parents le sont aussi, alors que pour certains, ils se sont battus pour la France. Grandir en se sentant illégitime rend difficile de se joindre à ce mouvement qui a semblé pour beaucoup dans les quartiers populaires comme surtout petit-bourgeois. Toutes ces humiliations quotidiennes, être orienté en BEP mécanique alors qu’on a 18 de moyenne générale, ne pas trouver de travail parce qu’on a le mauvais patronyme, se faire contrôler 3 fois par jour, tout cela les quartiers le vivent seuls. Alors pourquoi aller lutter aux côtés de ceux qui étaient indifférents à l’injustice qui est pourtant encore quotidienne? Le syndrome de l’exclu fait aussi que, même devant une lutte, tu te sens encore exclu. J’aurais souhaité qu’il y ait une convergence mais personne n’a jamais lutté pour les quartiers populaires à part leurs habitants. Et puis dans un parcours d’immigration, quand tu vois le sacrifice de tes parents, tu as plus envie de t’en sortir pour les remercier que de faire la révolution. Ce n’est pas un manque de conscience politique, c’est un héritage. C’est humain.

Vous parlez souvent de Babylone. Qu’est-ce que Babylone pour vous ?

Keny Arkana: C’est le symbole de l’oppression, de domination. C’est une métaphore qui englobe la non-fraternité. Dans le hip-hop ou le reggae, c’était le symbole de la police aussi, le pouvoir. En opposition avec la vie, la création, le lien. Babylone nous voile le regard, nous colle au visage un quadrillage invisible qui fragmente notre réalité. Voilà ce qu’est Babylone.

visuel : couverture de l’album Etat D’urgence.



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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Dim 21 Aoû - 12:04


c'est les vacances, pas trop prêté attention aux paroles... C'est bien foutu musicalement, ce qui nous change de supports de boîtes à rythme. La rythmique, le guitariste et les images évoquent Jimi Hendrix, ce qui n'est pas pour me déplaire. Bref ça "swingue"



2011

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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Mar 23 Aoû - 9:39


à ne pas manquer


rapaces.garap.org
RAP
COMMUNIQUES
DISCUSSIONS



et ses liens : Hip Hop Information Analyse Autres, parmi lesquels figure Communisation et poétique (Patlotch) http://patlotch.free.fr/text/index.html

malheureusement il s'agit de mon ancien site, fermé accidentellement en 2012, et qui ne comporte pas grand chose sur le rap

en exergue de la rubrique "discussions" de Rapaces, une bien belle citation


Citation :
La théorie de la révolution ne relève certainement pas du seul domaine des connaissances proprement scientifiques, et moins encore de la construction d’une oeuvre spéculative, ou de l’esthétique du discours incendiaire qui se contemple lui-même à ses propres lueurs lyriques, et trouve qu’il fait déjà plus chaud. Cette théorie n’a d’existence effective que par sa victoire pratique (...) La théorie révolutionnaire est le domaine du danger, le domaine de l’incertitude ; elle est interdite à des gens qui veulent les certitudes somnifères de l’idéologie, y compris même la certitude officielle d’être les fermes ennemis de toute idéologie.

Guy Debord, La véritable scission dans l'Internationale Situationniste, p70-71




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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Ven 26 Aoû - 17:43




Racailles

Kery James (2016)

Vous en avez assez, hein?
Vous avez assez d’cette bande de racaille.
On va vous en débarrasser

Racailles!
On devrait vous nettoyer au Kärcher
Le jour où le peuple se réveille, vous allez prendre cher
Racailles!
On a le sentiment qu’aller voter
C’est choisir par lequel d’entre vous on veut se faire entuber
Racailles!
Républicains ou PS
Rangez vos promesses dans vos sacs Hermès
Racailles!
Vous n’avez jamais connu la précarité
Vous vivez à l’écart de nos réalités
Racailles!
La rue le pense, j’le mets en musique
Et pour ceux qui l’ignorent encore, j’le rends public
Je n’soutiens aucun parti, j’marche plus dans vos combines
Vos programmes électoraux ne sont que des comptines
Racailles!
On prend les mêmes et on recommence
Les mêmes promesses, les mêmes mensonges
Les mêmes tapent dans la caisse, les mêmes plongent
Les mêmes sont dans la hess, les mêmes mangent
Racailles!
Les mêmes menteurs trafiquent les mêmes comptes
Les mêmes commis au service des mêmes pontes
Les mêmes fils de pauvres sont incarcérés
Les mêmes fils de riches sont formés pour régner
En attendant qu’un homme du peuple émerge
C’est rare de trouver un élu avec un casier vierge
Ma haine du système est toujours intacte
Lequel d’entre vous peut jeter la pierre à Cahuzac ?
Racailles!
Claude Guéant, Racailles! Balkany, Racailles! Jean-François Copé, Racailles!
Philippe Herman, Racailles! Harlem Désir, Racailles! Alain Juppé, Racailles!
Tous ceux que j’ai cités ont été condamnés
Ce sont les mecs de cités qu’ils traitent comme des damnés
Racailles!
Vous étiez choqués par le groupe Tandem
Vous faites la même à la France, mais jusqu’à ce qu’elle saigne
Jusqu’à ce qu’elle coule comme la Grèce ou l’Italie
Vous avez meurtri le pays jusqu’à l’agonie
Racailles!
Cumul des mandats jusqu’où vous irez?
Est-ce le cumul des salaires que vous désirez ?
Racailles!
Comme toute la France d’en bas, j’crois plus aux politiciens
J’continue le combat, j’crois au réveil citoyen
Racailles!
Pour changer les choses, il faut le vouloir
Vous n’avez pas de cause profonde si ce n’est le pouvoir
Racailles!
Vous faites de la politique sans conviction
Parfois, vous en faites même pour éviter la prison
Racailles!
En costume-cravate sont les vrais voyous
Vous ne croyez plus en rien, plus personne croit en vous
Racailles!
Y a qu’à observer les taux d’abstention
Faut pas trop prendre les gens pour des cons, attention
Racailles!
Sentez-vous le vent tourner comme vos vestes?
Entre vous et la rue, y a plus que les CRS
Racailles!
À bout de souffle, votre système est dans un cul de sac
À essayer de se débattre, comme un cul d’jatte
Racailles!
Vous êtes élus pour un truc
Vous ne le faites pas plus
Vous faites l’inverse,
En plus, ça ne vous gêne pas
Racailles!
Et si le peuple a l’idée de se rebeller
Vous disposez d’une armée de flics bien dressés et zélés
Racailles!
Le dialogue social gît dans un cercueil
Les keufs tirent aux flashballs, tu peux y perdre un œil
Racailles!
Vous faites monter le sentiment anti-policier
Usez de la police comme d’une armée privatisée

Le politique, qu’il soit femme ou homme, pour moi en tous les cas et pour l’instant,
Peut-être que demain j’aurai changé d’avis, il n’sert plus à rien.
C’est un prestataire de service.
Ces putains de dettes, là, qui emmerdent tout le monde,
Qui mettent les peuples à plat, qui les mettent à genoux et ainsi de suite,
On n’arrive pas à les éliminer,
Comme vous les politiques: vous arrivez pas à les faire éliminer, ces putains de dettes…
Parce que la banque; elle est plus forte que vous!

Racailles!
Tout le monde le sait, c’est une évidence
Vous êtes complètement soumis à la finance
Racailles!
Vous votez les lois que les riches ordonnent
Après le 49.3, plus rien ne m’étonne
Racailles!
On travaille plus, mais on gagne moins
On attend juste le printemps européen
On cotise pour des retraites qu’on ne verra peut-être jamais
Tout l’argent qu’on fait rentrer vous nous le reprenez
Racailles!
Chaque fin de mois à découvert
On a l’impression d’être esclaves du système bancaire
Racailles!
Même les riches connaissent le jeu, jouissent des niches fiscales
Les petites PME croulent sous les chargent sociales
Racailles!
Radar, on paye!
Péage, on paye!
Pollution, on paye!
Racailles!
Oh! Qu’est-ce que vous faites avec tout ce fric?
Que foutait Eric Zemmour sur une chaîne publique?
Racailles!
Payer pour propager sa haine
Semer des graines récoltées par le FN
Pour vous, même Marine Le Pen est devenue fréquentable
Quiconque combat l’islam peut s’asseoir à votre table
Racailles!
Incapables de gouverner, vous divisez
Racailles!
Incapables de rassembler, vous stigmatisez
Racailles!
Aveuglés par le pouvoir vos cœurs sont voilés
Beaucoup plus que le visage de cette femme voilée
Racailles!
Tous vos prétendus principes de laïcité
Ne concernent pas cette saoudienne sur les Champs-Élysées
Pour vous, tout se négocie, tout est question de choix
Vous êtes même prêts à livrer les banlieues au Qatar
Racailles!
Votre jeu est trouble
Racailles!
Votre discours est double
Racailles!
Au pays dit des « Droits de l’Homme »
Racailles!
L’État d’urgence est devenu la norme
Et vous prétendez faire la leçon au monde entier
Imposer la démocratie à coups de mortier
Sans pitié, vous avez buté Kadhafi
Aujourd’hui, dans quel état se retrouve la Libye?
La rue le sait, j’le mets en musique
Vos médias le taisent, j’le rends public
J’vous tiens tête comme un mec des Minguettes
Est-ce le genre de texte qui peut me valoir une fiche S?

Droit dans mes bottes
Je n’baisse jamais mon froc
La tête haute, j’suis intègre
J’fais du Hip-Hop
Vous appelez ça de la musique de nègre
J’sors en indé
Tu m’verras plus jamais
Mettre les pieds à Skyrock
(Jamais, jamais)
Ils n’aiment pas c’que je suis, c’que je défends, c’que je porte
C’est réciproque
Ils ont travesti le R-A-P
Je fais partie des rescapés
Ils ont encensé la médiocrité
Ils ont fait du Hip-Hop de la variété
Ils ont joué les clashs pour nous diviser
Tant que ça fait de l’audience, on peut s’allumer
Quand un rappeur se fera buter
Ils organiseront un concert au nom de la paix
Yeah!
J’fais d’la musique contestataire
Vous vendez des espaces publicitaires
Racailles!
J’me suis sacrifié pour mes p’tits frères
Vous, vous jouez des trucs qui les envoient au cimetière
Racailles!
Fric et violence dans vos playlists
Vous abrutissez les miens, ça plaît aux élites
Racailles!
Vous vous êtes servi de moi, j’me suis servi de vous
Pour que mon message passe au plus grand nombre,
Maintenant, j’peux le faire sans vous
J’ai un public qui me soutient
J’ai fait des choses, le peuple s’en souvient
La rue vous fourmille, j’le rends public
Rien n’a changé depuis Lettre à la République


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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Lun 29 Aoû - 15:20


Videoclip del grupo cubano Krudas Cubensi realizado en la Ciudad de México en el 2011. Aiwey Films.



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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Mar 30 Aoû - 18:17




via Jeune Mwaka Sauvage Twitter : merci !

Jeune Mwaka Sauvage a écrit:
@Selraak  
Le retour du vrai rap anti-flic ça manquait depuis Sniper !


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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Sam 10 Sep - 16:16


Freeze Corleone 667 - Madara



repéré via Jeune Mwaka Sauvage ‏@Selraak Ce flow !

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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Sam 24 Sep - 10:55


The hip hop artists fighting oppression around the world

Huck 23rd September, 2016
Text by Cian Traynor
Photography © Sascha Kraus


Sister Fa, Senegal: “It is really hard to change mentalities and that is why we have to focus on the younger generation
– because they can make the difference.”



autres photos et vidéos dans le texte original

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MessageSujet: Re: RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC   Mar 27 Sep - 5:14



Su’ad Abdul Khabeer is Assistant Professor of Anthropology and African American Studies at Purdue University (IN).

Citation :
This groundbreaking study of race, religion and popular culture in the 21st century United States focuses on a new concept, “Muslim Cool.” Muslim Cool is a way of being an American Muslim—displayed in ideas, dress, social activism in the ’hood, and in complex relationships to state power. Constructed through hip hop and the performance of Blackness, Muslim Cool is a way of engaging with the Black American experience by both Black and non-Black young Muslims that challenges racist norms in the U.S. as well as dominant ethnic and religious structures within American Muslim communities.  

Drawing on over two years of ethnographic research, Su'ad Abdul Khabeer illuminates the ways in which young and multiethnic U.S. Muslims draw on Blackness to construct their identities as Muslims. This is a form of critical Muslim self-making that builds on interconnections and intersections, rather than divisions between “Black” and “Muslim.” Thus, by countering the notion that Blackness and the Muslim experience are fundamentally different, Muslim Cool poses a critical challenge to dominant ideas that Muslims are “foreign” to the United States and puts Blackness at the center of the study of American Islam. Yet Muslim Cool also demonstrates that connections to Blackness made through hip hop are critical and contested—critical because they push back against the pervasive phenomenon of anti-Blackness and contested because questions of race, class, gender, and nationality continue to complicate self-making in the United States.


Reviews

"An intense and novel anthropological approach to the development of the relationship between African American Muslims--the original American face of Islam--and immigrant Muslims and their children. An absolute must-read."
—Aminah Beverly McCloud, DePaul University

"Offers an account of how Muslims in Chicago feel, think, and act. Fashionistas, hip-hop heads, and activists will recognize this scholarly work as chronicling the edginess of a possible future. Imagine Black Power meets twenty-first century faith-based social justice and cultural organizing. A must read for all those who didn’t know, and even those who do!"
—Junaid Rana, author of Terrifying Muslims: Race and Class in the South Asian Diaspora

Muslim Cool brilliantly spotlights how Black Muslim youth construct and perform identities that embody indigenous forms of Black cultural production. Equally important, the text shows how these constructions are used to reimagine, reshape, and resist hegemonic and often anti-Black conceptions of Muslim identity. With masterful ethnographic detail, Abdul Khabeer offers a subtle and rich analysis of the complex relationships between race, religion, and state power. This book is a desperately needed intervention within Anthropology, Africana Studies, and Islamic Studies.
—Marc Lamont Hill, Beats, Rhymes, and Classroom Life: Hip-Hop Pedagogy and the Politics of Identity

In times when both Islam and Hip Hop have been constructed as “threats to American civilization” by some, Muslim Cool presents a much-needed, rigorous analysis backed by rich, ethnographic detail to present a far more nuanced and intriguing story—a story that is central to understanding current U.S. racial, religious, and political landscapes. Through Khabeer’s groundbreaking research and carefully crafted narrative and argumentation, we discover the journeys of young Muslims who find, through Hip Hop, a way of being Muslim that helps them challenge anti-Black racism in their everyday lives and interactions with systemic inequalities. Muslim Cool is, as dead prez once rapped, bigger than Hip Hop—it is a must-read for anyone interested in race, religion and culture in contemporary America.
—H. Samy Alim, author of Roc the Mic Right: The Language of Hip Hop Culture

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RADICAL & DECOLONIAL RAP, HIP HOP & MUSIC
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