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 LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL

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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Mar 18 Aoû - 10:05

Le rail africain, l’autre bataille de Vincent Bolloré Serge Michel et Alexandre Piquard Le Monde 11.08.2015


Cet été, c’est la 9e fortune française qui fait la « une ». Vincent Bolloré, 63 ans n’est pourtant pas un nouveau venu dans le capitalisme français. Son groupe familial est actif depuis des générations dans l’industrie et le transport, plus récemment dans la publicité et les médias. On croise désormais ses Bluecars souvent siglées Autolib’ dans les métropoles françaises et bientôt, espère-t-il, ses trams électriques ou son nouveau cabriolet.

Citation :
Mais c’est sa prise de contrôle de Vivendi, puis la reprise en main de Canal+, qui ont remis le « raider » au premier plan. On le découvre là fidèle à sa réputation : très impliqué, volontiers expéditif. Il a congédié le numéro 2 de la chaîne, mis au pas « Les Guignols » et « Le Grand Journal » et le voilà accusé d’avoir censuré un documentaire gênant pour le Crédit mutuel.

« Nous sommes cotés en Bourse, mais la famille contrôle le capital depuis 185 ans, je n’ai donc pas besoin de plaire. Je me fiche de mon image », jurait-il à Télérama en 2007, après ses premiers investissements dans les médias. « Les coupures de presse sont celles qui cicatrisent le plus vite », aime-t-il à répéter.

Fascination et spéculations

Le personnage fascine. Le milieu voit en lui un mélange rare de financier et d’industriel, capable de coups en Bourse tout comme d’investissements à long terme, dans une logique de conglomérat. Il dispose, à Vivendi, d’un trésor de guerre de plusieurs milliards d’euros, avec lequel il n’a fait pour l’instant qu’une « petite » acquisition, la plate-forme vidéo Dailymotion.

Ses mouvements alimentent les spéculations. Vivendi monte au capital de Telecom Italia ? On se demande si M. Bolloré renie la stratégie du groupe qui s’est désengagé des télécoms ou s’il cherche à réaliser un coup financier. Ou encore à renforcer son ancrage en Italie, où des rumeurs lui prêtent des vues sur le groupe de télévision Mediaset de Silvio Berlusconi.


hors article

Cet été, Le Monde a choisi de raconter l’un des projets les moins connus de l’industriel : la boucle ferroviaire qu’il a commencée de construire pour relier cinq pays d’Afrique de l’Ouest. Alors qu’il règne déjà sur les ports de la région, M. Bolloré se lance à la conquête des terres. Trois reporters ont parcouru les 3 000 km de cette ligne ponctuée de « bluezones », où le groupe fait la démonstration de ses batteries LMP, une technologie dans laquelle il a déjà investi plus de 2 milliards d’euros. « Le chemin de fer va prendre le relais des batteries », affirme M. Bolloré qui espère le voir rouler avant le 17 février 2022, jour du bicentenaire de l’entreprise… et du passage de flambeau à ses enfants.






Citation :
(Agence Ecofin) - Le directeur général du chemin de fer du groupe Bolloré, Thiery Ballard, et les Premiers ministres nigérien et béninois respectifs, Brigi Rafini et Lionel Zinsou, ont signé le 13 août les conventions de concession d’exploitation et de construction des infrastructures du chemin de fer  Niamey-Cotonou.

«La signature de ces conventions de concession vise à régler définitivement les accords qui permettent de compléter totalement la construction du chemin de fer et les conditions négociées, ainsi que les avantages consentis au groupe Bolloré», a déclaré le ministre d'Etat nigérien en charge du Plan, Amadou Boubacar Cissé, lors de la cérémonie de signature des conventions tenue à Niamey.

Les travaux de construction de ce chemin de fer qui reliera Cotonou à Niamey en passant par les villes nigériennes de Dosso et Gaya ainsi que Parakou (Bénin), sur une distance de 1050 km, ont réellement démarré depuis avril 2014 dans la capitale nigérienne, et réalisés à plus de 60% sur l'axe Niamey-Dosso.

Le tronçon sera réhabilité dans sa partie allant de Cotonou à Parakou et construit entre Parakou et Niamey avec un coût initial estimé à environ un milliard d'euros.  


La construction de cette ligne ferroviaire revêt une importance particulière pour les deux pays. La majeure partie de l'uranium produit au Niger est en effet exportée via le port de Cotonou. Le transport du minerai, assuré actuellement par convois de camions, pose de nombreux défis sécuritaires et environnementaux auxquels la ligne ferroviaire pourrait apporter des réponses.

Le chemin de fer Cotonou-Niamey constitue par ailleurs un important tronçon de la boucle ferroviaire ouest-africaine qui, à terme, devrait relier Abidjan, Ouagadougou, Niamey, Cotonou et Lomé




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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Mar 18 Aoû - 10:06

Admin a écrit:
Robert Hue nommé représentant spécial de la France pour l'Afrique du sud Le Parisien 25 Févr. 2015

Citation :
Il aura, précise le communiqué du ministère des Affaires étrangères, «pour mission de renforcer notre partenariat bilatéral stratégique en favorisant notamment les échanges entre nos deux pays dans les secteurs de l'énergie, des transports et de l'agro-alimentaire». Le Quai d'Orsay fait par ailleurs valoir que l'ex-patron du Parti communiste «connaît bien» le pays. Vice-président de la Commission des affaires étrangères du Sénat, Robert Hue est effectivement l'ancien président du groupe d'amitié France–Afrique du sud.


1996

Les ex de la gauche plurielle missionnés

Soutien de François Hollande dès la primaire socialiste de 2011, il n'a fait partie d'aucun gouvernement de l'actuelle majorité. Alors que son nom avait circulé lors du remaniement d'août dernier, il avait fait savoir que «ni la ligne politique proposée au nouveau gouvernement ni sa composition n'étaient de nature à permettre, en tout état de cause, notre participation pour agir dans le sens d'une inflexion sociale nécessaire».

Robert Hue rejoint aujourd'hui le club des ex de la gauche plurielle missionnés à l'étranger. Il le rappelle lui-même sur son site internet : la maire PS de Lille, Martine Aubry, travaille aux relations avec la Chine, l'ex-ministre de l'Intérieur, Jean-Pierre Chevènement, avec la Russie et l'ancien secrétaire général de l'Elysée, Jean-Louis Bianco, avec l'Algérie.

Au total, 15 envoyés spéciaux ont été nommés, a fait savoir le ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, sur France Info ce mercredi. Parmi eux, Jean-Paul Herteman, PDG du groupe Safran, et Ross McInnes, futur PDG de Safran, respectivement nommés représentants spéciaux pour le Canada et l'Australie. Autant de fonctions bénévoles, précise le Quai d'Orsay.





sur mon blog, faut rigoler... 4 mars 2015


BHL : Borloo, Hue et Levy et leurs plans Marshall

Hue : un plan Marshall pour le Sud L'Humanité 12 février 2012, extrait :

Laurent Fabius recase l'ancien patron du PCF Robert Hue pour une mission sur l'Afrique du Sud Europe1 26 février 2015

« M. Robert Hue, qui connaît bien l’Afrique du Sud, aura pour mission de renforcer notre partenariat bilatéral stratégique, en favorisant notamment les échanges entre nos deux pays dans les secteurs de l’énergie, des transports et de l’agro-alimentaire. »

.
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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Mer 19 Aoû - 23:12

importé

L'uranium des bombes atomiques venait du Congo belge CamerounVoice 10 août

Soixante pour cent de l'uranium utilisé pour la fabrication des trois premières bombes nucléaires américaines - celle testée le 16 juillet 1945 dans le désert d'Alamogordo (Nouveau-Mexique) puis celles larguées sur Hiroshima et Nagasaki début août 1945 - provenaient du Congo belge, rappellent les spécialistes, dont le professeur Rik Coolsaet.


Cet uranium avait été extrait de la mine de Shinkolobwe (Katanga) et fourni aux États-Unis à partir de septembre 1942 par l'Union minière du Haut Katanga (UMHK), selon le professeur Coolsaet, qui en fait mention dans un livre. Tout comme l'écrivain Luc Barbé dans son ouvrage "België en de bom".

Citation :

Le reste de l'uranium utilisé par les États-Unis pour leur projet Manhattan provenait du Canada, avait précisé le professeur Coolsaet en 2005 à l'agence Belga lors du 60ème anniversaire de l'explosion de la première bombe A de l'histoire, lors d'un essai baptisé "Trinity", en plein désert du Nouveau-Mexique (sud-ouest des Etats-Unis).

Rik Coolsaet, ancien chef de cabinet adjoint au ministère de la Défense et aux Affaires étrangères, est l'auteur d'un ouvrage intitulé "België en zijn buitenlandse politiek, 1830-2000" ("La Belgique et sa politique étrangère") paru en octobre 2001 aux éditions Van Halewyck, dans lequel il explique que la fabrication de ces bombes n'a été possible qu'avec la fourniture d'uranium provenant de Shinkolobwe, près de Likasi (Jadotville du temps de la colonisation belge).

Selon lui, les livraisons ont débuté en septembre 1942, quelques mois seulement après que les États-Unis eurent décidé de développer des armes nucléaires par crainte d'un programme similaire en Allemagne. Les mines d'uranium du Katanga (sud-est du Congo) étaient à l'époque les plus importantes et les plus riches au monde.


En 1939, un ingénieur belge, Edgar Sengier, alors directeur de la Société Générale et directeur général de l'UMHK, qui avait compris les possibilités futures de l'uranium, avait ordonné en 1939 que la moitié du stock disponible en Afrique, soit un millier de tonnes, soit envoyée en secret à New York, de peur qu'il ne tombe entre des mains ennemies. Sengier lui-même partit pour New York lors du déclenchement de la guerre afin de conduire les opérations mondiales de l'Union Minière pendant l'occupation.

Pourtant, l'uranium resta oublié dans un entrepôt de Staten Island. En septembre 1942, le colonel (devenu ensuite général) Kenneth Nichols, qui avait été chargé par le patron du projet Manhattan, le général Leslie Groves, de trouver de l'uranium, rendit visite à M. Sengier à son bureau de New York. L'officier demanda à M. Sengier si l'Union minière pouvait fournir de l'uranium, précisant qu'il comprenait que cette demande serait peut-être difficile à satisfaire rapidement.

La réponse de M. Sengier est entrée dans l'histoire: "vous pouvez avoir le minerai maintenant. Il est à New York, 1.000 tonnes. J'attendais votre visite". M. Sengier établit immédiatement un contrat de vente et le minerai de Staten Island, sur la rivière Hudson, fut transféré à l'armée américaine qui obtenait en même temps une option sur les 1.000 tonnes encore stockées à Shinkolobwe.

Selon le professeur Coolsaet, ce n'est qu'en mars 1944 que le gouvernement belge, alors en exil à Londres, a été - partiellement - informé des contrats passés entre l'Union minière et les Etats-Unis. Ils ne les auraient approuvés qu'en septembre 1944, alors que le projet Manhattan - le développement, dans le plus grand secret de la bombe atomique - était déjà bien lancé, puis qu'il avait débuté en 1943.

D'autres sources affirment que les livraisons d'uranium du Congo belge ont représenté 70 à 75% des quantités nécessaires pour la recherche et le développement des premières bombes atomiques et font état de la livraison d'environ 30.000 tonnes de minerai d'uranium et de thorium. A la fin du mois de juin, trois bombes étaient prêtes.

Deux d'entre elles, "Little Boy" (à l'uranium) et "Fat Man" (au plutonium), s'apprêtaient à embarquer pour le Pacifique, mais il fallait encore vérifier le bon fonctionnement de l'arme la plus puissante jamais produite. Ce qui s'est produit le 16 juillet à 05h29 et 45 secondes locales à Alamogordo, un lieu-dit au nom prédestiné de "voyage de la mort" et qui fait actuellement partie du White Sands Missile Range, un centre d'essais de l'armée américaine.

Le Vif





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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Dim 23 Aoû - 17:21

Agro-colonialisme au Congo : la finance de développement européenne et américaine alimente une nouvelle phase de colonialisme en RDC GRAIN 02 juin 2015


Les villageois rappellent qu'Unilever et Feronia avait promis que les plantations amélioreraient leur vie,
mais après un siècle d'occupation, ils n'ont toujours pas vu les bénéfices


Citation :
Le jeune pasteur Robert Bolenge* n’aurait jamais pu imaginer la pauvreté qu’il allait trouver en arrivant en 2001 à Yaligimba où il devait prendre son nouveau poste. Le district se trouve au nord-ouest de la République démocratique du Congo, au beau milieu d’une vaste plantation de palmiers à huile appartenant à Feronia Inc.

« C’était la première fois dans ma vie que je voyais des gens travailler avec une telle souffrance, » se souvient Bolenge. « Je ne pouvais pas me représenter comment quelqu’un pouvait travailler tout un mois en plantation, avec un panier sur le dos, coupant des centaines de régimes de noix de palme, et pour un petit salaire à l’époque d’ailleurs qui n’atteignait même pas 20 dollars le mois. »


Citation :
« Nous décidons que la société [Feronia], s’ils ne trouvent pas de compromis, qu’ils libèrent notre portion des terres, pour que notre société puisse aussi reprendre ici. Parce qu’on ne peut pas vivre dans de telles conditions. Alors aujourd’hui vous voyez notre population quand vous voyez à l’entourage vous ne voyez que des petites bicoques. Vous ne verrez pas une maison en ne fussent que 5 tôles pour construire une maison ; on a construit la maison aux ressortissants de la, de ce milieu, il n’y a rien

Plan de l'article

- Au nom du “développement”
- Des racines coloniales
- Le rôle d’Unilever
- Une occupation illégale
- Un système d’esclavage
- Des activités louches
- Investissement responsable sur le papier, accaparement des terres en pratique
- Récupérer leur bien



Enfants sur le quai de Lokutu sur le fleuve Congo

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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Mar 25 Aoû - 5:54





Nous relayons une interview tirée du site internet de la revue du mouvement le NID qui aborde les dominations sexuelles et raciales dans le contexte colonial.

Historienne, Christelle Taraud a choisi de s’atteler aux zones d’ombre qui entourent encore l’histoire des femmes et celle de la sexualité. Avec La prostitution coloniale (Algérie, Tunisie, Maroc, 1830/1962), elle montre comment la politique française réglementariste fut le symbole de la colonisation.

Claudine Legardinier a écrit:
La prostitution, symbole de la domination coloniale…

Retour sur des violences sexuelles longtemps occultées.

Pourquoi le choix d’un tel sujet, la prostitution dans les colonies d’Afrique du nord ?

Je suis militante féministe et j’ai choisi de faire ma thèse en croisant deux thèmes qui me tiennent à cœur : l’histoire des femmes et la Méditerranée, puisqu’une partie de ma famille a vécu au Maroc. Une façon d’allier la conviction et la passion pendant les six années qu’allait me demander ce travail.

J’ai commencé par fouiller dans les archives et j’ai eu la chance de tomber sur les écrits de médecins coloniaux des années 30, consacrés aux questions sanitaires et aux prostituées. En écumant les archives coloniales, j’ai été fascinée par la quantité de sources disponibles. J’ai compris aussi qu’il ne s’agissait pas d’un sujet périphérique mais au contraire d’une question qui était au cœur de la société et touchait tous les domaines : politique sociale, administrative, urbanisme, art, police, justice.

C’est un travail qui m’a fait grandir. On ne sort pas indemne d’un sujet aussi douloureux. Il m’a aussi appris la tolérance. Il est temps de faire une histoire de la rencontre entre la France et ces territoires, l’histoire de ce qui nous lie, sans occulter la domination coloniale et la violence sexuelle masculine.

En quoi le réglementarisme des Français est-il le symbole de l’entreprise coloniale ?

Un mois après la conquête d’Alger, l’une des premières mesures que prend l’armée coloniale est de réglementer la prostitution. Elle craint bien sûr la contagion sanitaire et les ravages de la syphilis, mais aussi la contagion sociale et raciale. Les colons font tout pour que les femmes blanches ne soient pas accessibles aux indigènes. Mais ils jugent normal d’utiliser les femmes des colonisés.

La conquête réduit la complexité sociale de la prostitution d’avant la colonisation à la notion unique de “fille soumise” : un terme réglementariste qui symboliquement établit un lien avec le droit du conquérant, lequel invoque le droit au coït.

Dès le début, l’armée amène avec elle des BMC, bordels militaires de campagne, et des femmes européennes. Mais il n’y a pas assez de femmes pour le nombre d’hommes. Les colons ouvrent donc des maisons de tolérance. À Alger, en 1859, il y a 14 maisons de tolérancel, toutes européennes [1]

Qu’en est-il alors des indigènes ?

Pour elles, les colons organisent les quartiers réservés, qui marginalisent les femmes ; un véritable racisme d’État. À côté des rues réservées, existent parfois des quartiers entiers, véritables villes dans la ville, comme le quartier de Bousbir à Casablanca, présenté à l’époque comme un modèle. Bousbir, c’est 24 000 m2, 600 à 900 prostituées, 42 commerces, 1500 visiteurs par jour, et une ligne de bus pour relier le quartier au centre de la ville européenne.

Le système rend la prostitution visible dans la ville. Pour les Maghrébins, cette visibilité est choquante. De même que le contrôle des organes sexuels des femmes par des médecins blancs. Tout cela est très mal vécu. D’ailleurs, l’une des premières mesures prises par le pouvoir indépendant sera de fermer ces quartiers.

Vous montrez comment le réglementarisme est aussi le lieu du profit et de la spéculation…

La construction de ces quartiers devient une véritable industrie, une affaire juteuse qui engage les acteurs de la ville et ceux de l’État. Pouvoir politique et économique ont des intérêts dans ces affaires. L’énorme scandale financier du quartier réservé de Marrakech dans les années 1930 en est l’illustration. L’entrepreneur privé est protégé au plus haut niveau jusqu’en Métropole et tout le monde touche.

On voit les dérives du système puisqu’on va jusqu’à s’adresser au Glaoui [2] pour qu’il réquisitionne des femmes indigènes, faisant de lui un super proxénète pour le futur quartier réservé.

En quoi cette politique réglementariste a-t-elle été un échec ?

Maisons de tolérance et quartiers réservés se carcéralisent de plus en plus. La réglementation répressive ne sert qu’à une chose : l’exploitation économique forcenée des femmes. Jamais ce système n’a permis de les réinsérer ni de les soigner.
Le scandale absolu, c’est la taxe sanitaire : on fait payer aux femmes cette visite dégradante, pratiquée à la chaîne.

C’est l’ère du taylorisme, la sexualité entre dans le cadre du capitalisme sexuel.

Le système est donc un échec total en matière sanitaire et il entraîne une augmentation galopante de la prostitution clandestine. Dans les années 1950, 600 à 700 femmes occupent le quartier réservé alors que la prostitution est estimée dans la ville à 30 000 femmes ; 600 femmes que le réglementarisme n’est même pas capable de soigner.

Qu’avez-vous découvert sur le fonctionnement des BMC ?

On trouve peu d’archives sur les BMC. Mais l’armée m’a accordé le droit de consulter les documents sous dérogation. J’ai également eu des entretiens avec d’anciens militaires. Quelles que soient les régions, les périodes, tous disent qu’il y avait une grande violence dans ces BMC.

Il s’agissait d’un monde opaque, sous contrôle total de l’armée, éloigné de la centralité, des villes. L’abolitionniste Jean Scelles, président des Equipes d’action contre la traite des femmes et des enfants, a d’ailleurs mené un combat pour dénoncer la présence dans ces BMC de jeunes filles mineures, les collusions entre les tenancières et l’armée, les cadences infernales et les accidents très graves que subissent les femmes, comme des perforations de matrices.

Dans les BMC, le droit du conquérant s’exerce avec sa dimension raciale. Comment humilier davantage les hommes qu’en prenant leurs femmes ? Le même phénomène s’est produit en France quand les proxénètes maghrébins étaient fiers de faire travailler des Blanches et s’en vantaient au bled, inversant le rapport de domination. Les femmes ne servent que de médiation, elles ne sont que des sexes et des ventres. La femme est au cœur de la domination masculine.

Vous parlez, clairement, de violence sexuelle coloniale.

La violence sexuelle coloniale s’est exprimée par des viols, dès le début de la conquête en 1830. Quant au système réglementariste, il est violent parce qu’il est racial et capitaliste. Les Indigènes sont du bétail. Le médecin, le juge, le policier exercent une violence. Les femmes sont envoyées en prison, elles n’ont pas le droit de garder leur enfant. Sans compter les violences quotidiennes des tenancières, des proxénètes, mais aussi des clients. Violences de l’abattage, violences des femmes entre elles et des femmes contre elles-mêmes. L’automutilation est courante, comme le recours à l’alcool et au kif.

Tout est fait pour asseoir leur docilité. Notre génération peut commencer à dévoiler ces violences. C’est dur d’avouer qu’on a mis à la disposition des militaires des femmes indigènes.

En face, la honte empêche aussi la parole. Il s’agit de sociétés patriarcales et sexistes. L’organisation sociale jette des femmes sur le pavé et les considère comme des rebuts. Les jeunes filles, couramment frappées et victimes de violences sexuelles, à commencer par la défloration par des hommes beaucoup plus âgés, fuient la violence familiale et conjugale et deviennent des proies idéales pour le réglementarisme.

Que pensez-vous du débat actuel sur la prostitution ?

Il est mal engagé. D’abord, il est temps de reformuler le vocabulaire. Celui que nous utilisons correspond à un siècle qui n’existe plus. Il faudrait sortir de l’idéologie et protéger les personnes prostituées le plus possible.

Je suis également scandalisée par la façon dont les médias traitent du sujet et parlent notamment des prostituées étrangères, ce que j’appelle le syndrome Natacha. On les déshumanise, on les massifie, on nie leur identité, leur parcours.

L’autre chose qui me choque, c’est la permanence du discours réglementariste. Il imprègne totalement les mentalités, et donc celles des journalistes. Ils ne savent rien, n’ont aucune idée de ce qu’est la prostitution et continuent de modeler l’opinion à partir de leurs idées reçues. En plus, il se trouve encore des gens comme l’écrivain Philippe Sollers pour trouver le bordel esthétique.


Christelle Taraud, La prostitution coloniale (Algérie, Tunisie, Maroc, 1830/1962), Payot, 2003.

[1] Contrairement à la métropole, ces “maisons” ne seront pas fermées en Afrique du Nord en avril 1946, au motif que ces régions se trouvent dans un état de civilisation inférieur.

[2] Le gouverneur de la province.


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Jeu 3 Sep - 22:37





Citation :
Dans ce livre, Noam Chomsky s’entretient avec le réalisateur et journaliste d’enquête Andre Vltchek sur la puissance de l’Occident et son appareil de propagande. Le terrorisme occidental constitue une excellente introduction à la pensée politique de Chomsky et une lecture éclairante sur le véritable rôle de l’Occident dans le monde. S’ouvrant sur l’histoire du kiosque à journaux de New York où le jeune Chomsky a commencé à faire son éducation politique, leur discussion s’élargit progressivement sur des sujets tels que le colonialisme et le contrôle impérialiste, la propagande et les médias, la puissance et le déclin des États-Unis.

Les auteurs critiquent de façon magistrale l’héritage du colonialisme et l’exploitation des ressources naturelles par l’Occident en effectuant un retour sur les grands événements qui ont jalonné le XXe siècle. L’éventail des sujets abordés va des bombes nucléaires larguées sur Hiroshima et Nagasaki, la Guerre froide et l’équilibre par la terreur, les guerres en Indochine et en Corée, les aventures américaines en Amérique latine (Salvador, Nicaragua, Guatemala, Chili, Cuba) à la montée et chute du dictateur Marcos aux Philippines, le combat antisoviétique au Mozambique, la guerre Iran-Irak et l’invasion militaire de l’Irak, l’intervention aérienne en ex-Yougoslavie, en passant par les attentats du 11 septembre 2001 et la présumée menace terroriste d’Al-Qaïda, la prison de Guantanamo, le Printemps arabe, le fiasco de la Lybie et de la Syrie, ainsi que la guerre des drones.

Ce livre d’entretiens est une bouffée d’air frais pour tous ceux et celles qui refusent de se laisser gagner par le cynisme et la déception devant l’état du monde actuel.

Prenez l’invasion de l’Irak : il n’y a rien là qui puisse être considéré comme criminel. Oubliez Nuremberg et le reste du droit international contemporain. Il en est ainsi pour une raison d’ordre juridique peu connue : les États-Unis se sont immunisés contre toute poursuite. En 1946, ils ont adhéré à la Cour internationale de justice en imposant une condition : celle de ne jamais y être poursuivis en vertu d’un traité international, qu’il s’agisse de la Charte des Nations Unies, de la Charte de l’Organisation des États américains (OEA) ou des Conventions de Genève. Ils se sont donc mis à l’abri de tout procès relatif à ces questions, ce que la Cour a accepté.

Ainsi, lorsque le Nicaragua a intenté une poursuite contre les États-Unis devant la Cour internationale de justice en raison des attentats terroristes que ceux-ci lui avaient fait subir, sa requête a été rejetée pour l’essentiel, car elle invoquait la Charte de l’OEA, qui interdit formellement les interventions, mais à laquelle Washington n’était pas assujetti ― ce que la Cour a confirmé.


ne l'ayant pas lu, je n'ai rien à en dire plus que le titre, qui ne me dérange pas plus que ça... je n'aime pas trop Chomsky, ni comme linguiste, ni comme anar d'État aux sorties médiatico-faciles, mais bon, ni l'Occident, ni le Capital n'en sont pour autant innocents, et ce coup de gueule, qui sera peut-être plus entendu que le travail profond de Plumelle-Uribe il y a quinze ans, me paraît salutaire

Citation :
Qu’ont fait au monde le colonialisme et l’impérialisme ? Noam Chomsky dialogue avec le reporteur André Vltchek et démonte quelques idées reçues

«George Orwell disait des humains vivant hors d’Europe, de l’Amérique du Nord et de quelques pays privilégiés d’Asie qu’ils étaient des non-personnes », écrit André Vltchek dans l’avant-propos. Tel est le fil conducteur de ce livre, où l’on évoque des millions de morts par lesquels la conscience occidentale n’a pas été marquée: «non-personnes» des colonies, puis du tiers-monde, victimes de la poursuite occidentale du pouvoir, des ressources et du profit, tuées et rendues insignifiantes.

Après quinze ans d’échanges épistolaires sur ce sujet, deux hommes décident de se rencontrer pour dialoguer, pendant deux jours, en enregistrant leur conversation en vue d’un film (actuellement en production) et d’un livre, publié en anglais en 2013 et aujourd’hui en français. L’un des deux est Noam Chomsky, figure majeure de la linguistique et intellectuel militant, attelé au dévoilement du système de propagande qui forge l’opinion dans les pays démocratiques et à la déconstruction de l’impérialisme américain. Son interlocuteur, André Vltchek, est Soviétique de naissance, New-Yorkais d’adoption, philosophe, romancier, cinéaste, reporter, poète, dramaturge et photographe, selon l’ordre qu’il retient lui-même pour énumérer ses activités.

«Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, le colonialisme et le néocolonialisme occidentaux ont causé la mort de 50 à 55 millions de personnes», attaque Vltchek. A celles-ci, «mortes en conséquence directe de guerres déclenchées par l’Occident, de coups d’Etat militaires pro-occidentaux et d’autres conflits du même acabit», s’ajoutent «des centaines de millions de victimes indirectes qui ont péri de la misère, en silence».

Colonialisme, d’abord: histoires oubliées. «Les premiers camps de concentration n’ont pas été construits par l’Allemagne nazie, mais par l’Empire britannique, en Afrique du Sud» : c’était pendant la seconde guerre des Boers, à l’aube du XXe siècle. Quant à l’Allemagne, avant l’extermination des Juifs (et des Roms), elle avait été «impliquée dans de terribles massacres en Amérique du Sud et, en fait, un peu partout dans le monde» – mais qui connaît la décimation, par ses soins, des Héréros de Namibie, des Mapuches de Valdivia, d’Osorno et de Llanquihue (Chili), des natifs des Samoa allemandes? «A propos des connaissances des Européens sur le colonialisme, je répondrais qu’ils n’en savent presque rien.»

Néocolonialisme, ensuite. «Des atrocités parmi les plus abominables ont été commises ces dernières années dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC). De trois à cinq millions de personnes y auraient perdu la vie. Qui doit-on montrer du doigt? Les milices. Mais derrière les milices se trouvent les multinationales et les gouvernements», affirme Chomsky. L’enjeu? «Avoir accès au coltan (utilisé par les Occidentaux dans leurs téléphones portables) et à d’autres minéraux précieux.»

Impérialisme, enfin. De l’histoire du Cambodge, on connaît essentiellement les atrocités commises entre 1975 et 1979 par le régime communiste des Khmers rouges. «En ce qui concerne les quelques années qui l’ont précédé, on nage dans l’ignorance.» Mais au début des années 1970, avant le règne de Pol Pot, la terreur venait du bombardement des zones rurales ordonné par le secrétaire d’Etat américain Henry Kissinger: un «véritable appel au génocide». Comme au Laos, où «des millions de personnes ont ainsi été impitoyablement assassinées», l’objectif de l’opération était de «dissuader ces pays de se joindre au Vietnam dans sa lutte de libération». Massacre préventif, donc. Guerre secrète, en principe. «Eh bien, il a fallu une seule phrase du New York Times relatant la nouvelle pour que la campagne prenne fin.»

On s’étonnera peut-être, plus loin, dans le chapitre consacré au «bloc soviétique», de l’indulgence relative avec laquelle Vltchek considère les anciens pays de l’Est de l’après-Staline. L’existence d’un double standard de jugement en la matière semble pourtant peu contestable. La répression du Printemps de Prague par Moscou, en 1968, a marqué durablement les esprits de l’Occident comme une tragédie terrible : elle a fait 70 à 90 morts. Trois ans plus tôt, le «coup d’Etat commandé par Washington» contre l’Indonésie de Soekarno, pays coupable d’avoir attrapé «le virus du développement autonome», a été suivi de massacres faisant, selon les estimations, entre un demi-million et trois millions de victimes. On s’en souvient moins.

Et ce n’est pas tout. «L’URSS subventionnait ses satellites européens à un point tel que ceux-ci ont fini par devenir plus riches que leur puissance tutélaire. Dans l’histoire, le bloc soviétique représente le seul cas d’un empire dont la métropole était plus pauvre que ses colonies», ajoute Chomsky. Les Soviétiques «n’ont pas siphonné toutes les ressources du pays comme le font les Etats-Unis ailleurs».

L’étonnement continue lorsque les deux hommes parlent de la Chine: «La télévision et les journaux chinois sont beaucoup plus critiques du système économique et politique de leur pays que nos chaînes le sont du nôtre», relève Vltchek. «Pour avoir vécu sur tous les continents, je peux affirmer que les «Occidentaux» forment le groupe le plus endoctriné, le moins bien informé et le moins critique de la Terre, à quelques exceptions près, bien sûr, comme l’Arabie saoudite» – financière de l’islamisme radical et alliée de l’Occident.

Chomsky et Vltchek s’accordent sur le principal pôle d’espoir: «Presque toute l’Amérique est désormais libre. Même certains pays d’Amérique centrale sont enfin en train de conquérir leur indépendance», par rapport à la domination états-unienne. Les deux hommes divergent çà et là (c’est d’une conversation qu’il s’agit, avec ses flottements et ses quelques approximations), notamment sur l’avenir: le premier est plus optimiste que le second quant à la possibilité de «mettre fin au règne de la terreur» instauré par l’Occident pour faire régner, au mépris des vies humaines, le «fondamentalisme du marché».

Source : Nic Ulmi, pour Le Temps.ch, le 13 juin 2015.


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Mar 8 Sep - 14:11




Citation :
Depuis des décennies, l’actualité offre l’image d’un monde arabe sombrant dans la violence et le fanatisme. Comme si une malédiction frappait ces peuples, de l’interminable conflit israélo-palestinien aux guerres d’Irak et de Syrie, en passant par l’essor du jihadisme international.

Jean-Pierre Filiu remonte à l’expédition de Bonaparte en Égypte, en 1798, pour nous offrir une autre histoire des Arabes. Une histoire intimement liée à la nôtre, celle de l’Occident, de l’Europe, de la France. Une histoire faite d’expéditions militaires et de colonisations brutales, de promesses trahies et de manœuvres diplomatiques, une histoire de soutien à des dictatures féroces ou à des régimes obscurantistes, mais tous riches en pétrole.

Cette « histoire commune » qui a fait le malheur des Arabes ne doit pas faire oublier une autre histoire, largement méconnue : une histoire d’émancipation intellectuelle, celle des « Lumières arabes » du XIXe siècle, mais aussi une histoire d’ébullition démocratique et de révoltes sociales, souvent écrasées dans le sang. Autant de tentatives pour se libérer du joug occidental et de l’oppression des despotes, afin de pouvoir, enfin, écrire sa propre histoire.

Sous la plume de Jean-Pierre Filiu, les convulsions du présent se prêtent alors à une autre lecture, remplie d’espoir : dans la tragédie, un nouveau monde arabe est en train de naître sous nos yeux.


Jean-Pierre Filiu : "Ce sont les peuples arabes qui pourront défaire Daesh"

Selon l'historien, le totalitarisme de Daesh finira par céder, car son modèle est intenable et conduit à une impasse sociale et économique. Explications Olivia Recasens Le Point.fr  27/08/2015


Jean-Pierre Filiu, professeur en histoire du Moyen-Orient à Sciences Po Paris, publie Les Arabes, leur destin et le nôtre (La Découverte, 250P., 14 euros). Ce fin connaisseur de l'islam contemporain y lève le voile sur une histoire du monde arabe largement méconnue, celle des contestations démocratiques et des révoltes sociales écrasées dans le sang, bien avant « les Printemps arabes ». Entretien.


Citation :
Le Point : Les sociétés arabes ont fait en quarante ans leur transition démographique, là où l'Europe occidentale avait mis deux siècles. Une mutation accélérée qui, selon vous, a des conséquences explosives ?  

Jean-Pierre Filiu : En effet, durant les deux générations qui couvrent la période 1970-2010, le monde arabe a accompli en silence une transition démographique que l'Europe a mis deux longs siècles à réaliser. Cette émergence d'une jeunesse éduquée et critique, parlant la même langue arabe depuis le Maroc jusqu'au Golfe, a permis l'extraordinaire diffusion de la mobilisation démocratique au cours de l'hiver 2010-2011, avec une contagion militante d'un pays à l'autre. J'ai cependant souligné d'emblée qu'il n'y avait aucun « effet domino », mais une dynamique régionale de contestation où les jeunes adultes, de 20 à 35 ans, souvent mères ou pères de famille, tenaient la ligne de front face à une classe politico-militaire discréditée.

Comment expliquez-vous l'exception tunisienne qui résiste, malgré le travail de sape du terrorisme islamiste ?

Là aussi, je reviens au temps long de l'histoire. Le maître mot de l'évolution tunisienne depuis un siècle et demi est « Constitution », en arabe « Destour », le nom même du parti nationaliste mené par Habib Bourguiba. Durant les trois premières années de leur transition démocratique, les Tunisiens n'ont voté qu'une fois, pour élire une Constituante, en octobre 2011. Cette assemblée fondatrice de la Deuxième République tunisienne a adopté en janvier 2014 une nouvelle Constitution qui n'a, fort heureusement, jamais été soumise au référendum. En Égypte, au contraire, trois Constitutions ont été soumises par référendum entre 2011 et 2014, et chaque fois adoptées malgré leurs dispositions contradictoires. La Tunisie a refondé son pacte social, ce qui lui permet d'enraciner dans une légitimité populaire sa résistance à l'horreur djihadiste. L'Égypte, en revanche, est revenue à des niveaux de violence inconnus… depuis l'expédition de Bonaparte en 1798, tandis qu'un demi-million de militaires égyptiens se révèlent incapables de réduire un millier d'insurgés djihadistes.

Au XIXe siècle, la Tunisie et l'Égypte ont été le foyer d'une Renaissance, baptisée « les Lumières arabes ». Pourquoi cette flamme s'est-elle si vite éteinte ?  

En Tunisie comme en Égypte, le XIXe siècle voit des dynasties modernisatrices, autonomes de fait envers l'Empire ottoman, mettre en œuvre un ambitieux programme de réformes administratives, éducatives, foncières ou industrielles. La Tunisie abolit l'esclavage deux ans avant la France (en 1846) et elle adopte la première Constitution du monde arabe en 1861. Mais le protectorat imposé par la France en 1881 puis l'occupation britannique de l'Égypte en 1882 brisent ces deux expériences de « modernisation par le haut ». Les « Lumières » poursuivent cependant dans une effervescence intellectuelle et politique qui conduira à la « Révolte arabe » de 1916. Les Arabes entrent alors en guerre contre les Turcs, aux côtés des Français et des Britanniques qui trahiront leurs promesses de « Royaume arabe » indépendant, une fois la défaite de l'Empire ottoman consommée.

Quant à la Syrie, la grande erreur de la France selon vous est d'avoir refusé de reconnaître le CNS, le Conseil national syrien, alors qu'il est « infiniment plus transparent et représentatif que le CNT Libyen » ?  

Nicolas Sarkozy n'a effectivement rien compris à la lame de fond qui traverse le monde arabe au début de 2011. Il soutient le dictateur Ben Ali au-delà de la décence, puis, pour se « racheter » de ces errements, s'engage sans réserve aux côtés du Conseil national de transition (CNT) libyen. Mais il s'agit d'un calcul de politique intérieure, afin d'endosser les habits d'un chef de guerre victorieux. L'enlisement de la guerre en Libye et les violences qui accompagnent la chute de Kadhafi d'août à octobre 2011 amènent ce président trop pressé à se détourner des révolutions arabes. C'est d'autant plus regrettable qu'une reconnaissance accordée par la France au Conseil national syrien (CNS), sur le modèle de celle conférée au CNT, aurait assuré à l'opposition syrienne une représentativité alternative et lui aurait permis d'agréger les dissidents et de brider les militaires. Au lieu de cela, Sarkozy a maintenu formellement les relations diplomatiques avec le régime Assad et il a fallu l'élection de François Hollande, en mai 2012, plus d'un an après le début de la révolution syrienne, pour que les ambassades soient fermées entre les deux pays.

Fin juillet, vous étiez au camp de Zaatari en Jordanie, où vous avez enseigné l'histoire arabe à des réfugiés syriens. Que vous a appris cette expérience ?  


J'étais très impressionné par la maturité de cette centaine de jeunes adultes, hommes et femmes, qui ont tout perdu dans leur Syrie d'origine et qui, malgré tout, privilégient le débat respectueux sur la polémique accusatrice. Ils participent de cette nouvelle génération qui ne cédera pas avant d'accéder à une émancipation authentique, trop longtemps déniée. Les terribles épreuves auxquels ces étudiants d'un été ont été soumis leur ont aussi ouvert les yeux sur les mythes d'un certain « nationalisme arabe », en fait oppresseur et rapace, qui trouve pourtant encore de nombreux défenseurs en Europe au nom d'un supposé « anti-impérialisme » ou d'une « laïcité » tout aussi factice.

Du conflit israélo-palestinien aux guerres d'Irak et de Syrie, en passant par la gangrène djihadiste, on a parfois le sentiment qu'une malédiction frappe les peuples arabes ?  

Mon livre s'efforce justement de démontrer, en retrouvant le temps long de l'histoire, qu'il n'y a aucune « malédiction » dans cette trop longue souffrance des peuples arabes. C'est au contraire la persistance de la volonté de libération, la poursuite envers et contre tout des combats pour l'autodétermination qui est fascinante dans le monde arabe. Ce sont les despotes comme les djihadistes qui veulent rejeter définitivement les populations arabes dans les oubliettes de l'histoire, afin que nous nous détournions d'elles et de leurs luttes, en France et ailleurs.

Malgré tout, vous annoncez que « le totalitarisme de Daesh finira par céder ». D'où vient cet incroyable optimisme ?  

Je suis historien, je n'ai donc à être ni optimiste ni pessimiste, mais je replace les évolutions en cours dans les tendances de longue durée. L'émergence de Daesh est directement liée à la dynamique contre-révolutionnaire de régimes prêts à tout, en Syrie, au Yémen ou en Égypte, pour refuser la moindre concession. Or ce processus contre-révolutionnaire aboutit partout à une effroyable impasse en termes humains et financiers, aggravée par la chute spectaculaire des cours du pétrole. Le modèle contre-révolutionnaire n'est pas tenable et Daesh entrera en crise avec lui. Comme tous les groupes totalitaires avant lui, Daesh aura en outre à gérer le choc de la réalité, que lui épargne pour l'heure l'invraisemblable aveuglement des États-Unis. Ce sont les peuples arabes, et eux seuls, qui pourront défaire Daesh. Il est grand temps de le comprendre dans les capitales occidentales et d'apporter le soutien indispensable à ces forces populaires, plutôt qu'à des dictatures condamnées à court ou moyen terme.


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Jeu 10 Sep - 14:59

Vigipirate et le fantôme de la guerre d’Algérie Franck Johannès Blog Le Monde 07 septembre 2015


Franck Johannès a écrit:
Mission-Vigipirate-SIRPA-Terre-CCH-J-BLe plan Vigipirate reste mystérieux - et pas seulement parce qu’on se demande ce qui a bien pu passer dans la tête du gouvernement pour choisir un nom aussi ridicule et le conserver, depuis près de vingt ans d’application ininterrompue. Le dispositif Vigipirate, d’exceptionnel est devenu permanent bien que tous les professionnels de la sécurité en soient d’accord : il n’est d’aucune efficacité contre le terrorisme. Il n’a permis aucune arrestation, n’a aucun effet dissuasif - tous les auteurs d’attentats sont nés alors qu’il s’appliquait déjà - et il coûte un million d’euros par jour, selon la propre estimation du ministre de la défense Jean-Yves Le Drian.

Si le plan Vigipirate n’a pas de fonction opérationnelle, il en a nécessairement d’autres : une fonction politique assurément, mais qui s’émousse au bout de vingt ans, et une fonction sociale, plus subtile, mais plus dangereuse : entretenir, par le quadrillage militaire, une confusion entre la guerre et la paix. Et ancrer en passant ce non-sens aujourd’hui largement partagé qui veut que « la sécurité soit la première des libertés ».


Classé secret-défense

La naissance même du plan reste mystérieuse. Il a été créé en 1978 d’une instruction non publiée du secrétariat général de la défense nationale (SGDN) et son statut juridique reste obscur. Il n’est régi que depuis sa publication, en 2007, par le code de la défense, et reste classé secret défense, comme l’a rappelé la CADA, la commission d’accès aux documents administratifs, le 23 mai 1991. Lancé discrètement après la vague d’attentats de 1985-1986, il est réactivé avec la guerre du Golfe de 1991 et installé de manière permanente au lendemain de l’attentat contre une école juive de Villeurbanne, le 7 septembre 1995.

Sa fonction politique consiste évidemment à rassurer les populations : le mot Vigipirate, a calculé Julien Fragnon, auteur d’une thèse en 2009 à Lyon-II sur « le discours antiterroriste », intervient dans 27 % des discours politiques dans la première semaine qui suit un attentat, souvent suivi d’une longue énumération des forces de police. « L’emploi des chiffres renforce la précision du message en tentant de se conformer à la loi d’exhaustivité du discours par l’accumulation d’informations, note le doctorant. Elle correspond à une stratégie argumentative fondée sur l’objectivité et l’administration de la preuve. » Le message passe : le mot Vigipirate apparaît en moyenne sept fois par jour et par journal dans les trois jours qui suivent un attentat, et à 82 % dans les titres ou le premier paragraphe des articles.

L’effet rhétorique ne pèse plus guère

Le plan Vigipirate renvoie ainsi « à un ordonnancement structuré d’actions publiques et suggère une maîtrise de la protection du territoire et de la population », résume Julien Fragon. L’effet rhétorique, vingt ans et des dizaines d’attentats plus tard, ne pèse plus guère. « Ce n’est qu’une grotesque opération de communication qui n’a pas l’ombre d’une efficacité, indique Jean-Pierre Dubois, professeur de droit et président d’honneur de la Ligue des droits de l’homme. Il est frappant de se rendre dans d’autres capitales européennes, autrement plus touchées que Paris, où il n’y a pas un militaire dans les rues. Vigipirate, c’est une méthode de communication propre au champ politique français, dominé par la pensée sécuritaire ».

La présence de patrouille de militaires a, plus discrètement, un autre effet : celui de brouiller la distinction entre la guerre et la paix. « Si la lutte contre le terrorisme c’est la guerre, c’est une guerre sans fin, observe le professeur Dubois, et une guerre sans fin n’est pas une guerre ». Faire « la guerre au terrorisme », c’est aussi donner un statut politique aux terroristes, qui ne seraient plus des criminels de droit commun souvent antisémites, mais des « ennemis combattants ». « L’état de guerre, ça sert surtout à mettre le droit entre parenthèses, George Bush avait bien compris cela », conclut Jean-Pierre Dubois.

Culture du maintien de l’ordre colonial

C’est tout l’intérêt de Vigipirate : le plan trouve sa source dans l’ordonnance du 7 janvier 1959 qui organise la défense nationale, en pleine guerre d’Algérie, et ses présupposés restent imprégnés de culture du maintien de l’ordre colonial. La pensée militaire, après le déclin de la menace soviétique, se construit sur l’idée que la population est à la fois le corps à protéger et « le milieu de prolifération de la subversion » : il n’est plus possible de distinguer l’ennemi extérieur de l’ennemi intérieur, qui se cache à l’intérieur même du corps social, comme le fellagha de la guerre d’Algérie.

« La logique de cette pensée institue une forme de mise en état de guerre permanent, autorisant l’intervention du militaire dans la société, une fusion du contrôle policier de la population et des techniques militaires de l’encadrement et du commandement en territoire et en période d’exception », écrit le sociologue Mathieu Rigouste, dans la revue Cultures & Conflits (automne 2007). Cette doctrine militaire se diffuse au début des années 80 dans la pensée gouvernementale, et va insensiblement piocher dans le répertoire colonial pour faire face à une menace intérieure, incarnée par une « cinquième colonne » - les Français de la seconde génération, les musulmans et convertis.

La doctrine militaire est toujours sur cette ligne. La formation des patrouilles Vigipirate, indique le général Bruno Dary en 2007, consiste à apprendre aux soldats « à réagir, parfois en situation de stress, souvent vite et loin leurs chefs, toujours isolés dans un environnement hostile » : le milieu civil, la rue, la gare, est pour l’armée un espace hostile. La comparaison avec la guerre d’Algérie a évidemment ses limites ; l’armée mime à Paris le maintien de l’ordre d’Alger, sans terreur ni torture, mais rappelle à l’ordre ce qu’elle perçoit de la menace et sa légitimité pour le combattre. Le fantôme de la guerre d’Algérie reste d’ailleurs assez présent pour que Dominique de Villepin, alors premier ministre, décrète en 2005 l’état d’urgence lors de la flambée de violence en banlieue - comme en 1961 après le putsch des généraux.


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Jeu 10 Sep - 15:38







c'est a priori une interdiction de sortir de Gaza, par Israël, mais il ne semble pas que la France ait protesté
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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Dim 13 Sep - 16:22

Du temps où la croisade musulmane était dirigée par l’Etat Français 05 juillet 2015 |  Par fadela hebbadj


fadela hebbadj a écrit:
Le monde musulman tout entier se trouve aujourd’hui aux mains des  sectes religieuses organisées sous la forme de sociétés secrètes. Ce sont elles qui préparent un mouvement panislamique avec lequel l’Europe sera quelques jours aux prises. (1889)

Huit jours en Kabylie : à travers la Kabylie et les questions Kabyles, par François Charvériat, E. Plon, Nourrit et Cie, Paris, 1889.


Professeur à l’Ecole de Droit d’Alger, auteur d’un discours sur l’assimilation des indigènes dans l’Afrique romaine, François Charvériat, entreprit son onzième et dernier voyage en Kabylie en 1887. Huit jours en Kabylie recueillent des informations précieuses pour examiner certains problèmes liés au contexte politique de l’époque. Il meurt à 34 à Alger, emporté par la fièvre que ses travaux avaient peut-être déterminée.  

Il précise que : « Pour achever de réchauffer le zèle musulman, des pèlerinages à la Mecque furent organisés aux frais de l’Etat ». (p.223)

C’est le maréchal Bugeaud qui a bâti la mosquée actuelle de Dellys. (Beauvois, op. cit., p.104)

« Comme ils (les kabyles) ne possédaient pas partout des mosquées, ils furent engagés à en bâtir dans les villages qui en manquaient et le gouvernement français en fit même construire quelques-unes à son compte, et notamment à Tizi-Ouzou, où il n’en existait pas. … (…) L’administration fut même invitée par le pouvoir central à rehausser par un éclat officiel les solennités de l’Islam.

(…), les bureaux arabes, par une singulière aberration, travaillèrent avec ardeur contre les intérêts les plus clairs de la France. Par leur ordre, la Kabylie demeura rigoureusement fermée à toute influence non musulmane. Les écoles françaises furent sévèrement proscrites. Les Zaouias ; c’est-à-dire les écoles musulmanes furent, au contraire, favorisées, et l’enseignement du Coran reçut une nouvelle impulsion. Les Kabyles ne se conformaient pas à toutes les prescriptions de l’orthodoxie islamique, tout au moins s’octroyaient certaines tolérances.  
(p. 222)

Plus loin, François Charvériat insiste sur la volonté de l’administration française d’islamiser et d’arabiser la population qualifiée d’indigène. Il reprend les propos de Emile Masqueray,  professeur d’histoire au lycée d’Alger, tirés d’une note sur les Aoulâd-Daoud du Mont Aurès écrite en 1879 :

 La conquête française modifia l’organisation berbère de l’Aurès tout entier par secousses et sans règles fixes… On désira donner une loi aux Aurasiens et la loi qu’on choisit fut précisément la loi musulmane dont ils s’étaient défaits ; c’est bien nous, en effet, qui leur avons imposé des gâdis en 1866. Quand on voulut se mettre en relations suivies avec eux, on ne leur parla que la langue religieuse du Qor’an, au lieu de leur parler leur langue indigène (…) il ne serait pas excessif de dire que nous avons islamisé l’Aurès. (…) Passionnés d’autonomie, ils n’avaient jusqu’ici reconnu aucun chef : ils se trouvent maintenant groupés autour de chefs religieux.

Les habitants de l’Aurès dans la province de Constantine, berbères comme les Kabyles, ont également été arabisés par l’administration française précise François Charvériat.

Dans cette absence de cohérence et pour faciliter le ressentiment, la justice criminelle, quant à elle, était rendue aux algériens par des français comme elle l’était aux vilains par des seigneurs, et les impôts sur les terres algériennes nobles et roturières, prélevés que sur les musulmans.

La terminologie arabe, l'achour et la diffa, semblait arranger les affaires financières de l'Etat.L'achour étant la dime et la diffa, l'obligation de nourrir et de loger les agents  en tournée.


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Lun 14 Sep - 21:40





source, sommaire, et textes :
à boire et à manger, lire avec des lunettes

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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Ven 25 Sep - 1:29

Colloque international : Peut-on encore analyser les relations franco-africaines sous l'angle de la « Françafrique » ? 24 septembre 2015 | Par WataYaga


Citation :
A l’occasion du 30ème anniversaire de la fondation de l’association Survie et du 10ème anniversaire de la mort de François-Xavier Verschave, Survie et le fonds de dotation « Les amis de François-Xavier Verschave » organisent un colloque international « Peut-on encore analyser les relations franco-africaines sous l’angle de la Françafrique ? » qui se tiendra le samedi 14 novembre 2015 à l’Université Paris 7 – Denis Diderot.


PDF

Programme (sous réserve de modifications)8 h 30 : accueil

9 h 00 – 9 h 30 : ouverture du colloque

Philippe Marchesin (université Paris 1, sous réserve), Odile Biyidi (membre d’honneur de Survie), et Marie-Thérèse Verschave.

9 h 30 – 10 h 45 : « Les recompositions politiques et institutionnelles de la Françafrique »

•Brice Mackosso (Coalition « Publiez ce que vous payez ») : « Le Congo-Brazzaville dans le système françafricain »
•Marielle Debos (université Paris 10) : « Le Tchad joue-t-il un rôle clé dans les relations franco-africaines aujourd’hui ? »
•Boubacar Boris Diop (écrivain, journaliste) : « Comment est perçue en Afrique la politique diplomatique actuelle de la France ? »

10 h 45 – 11 h 00 : pause

11 h 00 – 12 h 15 : « La Françafrique dans la mondialisation économique »

•« Faut-il un avenir au franc CFA ? »
•Jean Merckaert (rédacteur en chef de la revue Projet, membre du bureau de l’association Sherpa) : « Paradis fiscaux : la Françafrique connectée à la mondialisation »
•« L’Afrique francophone est-elle sortie du piège de la dette ? » OU « Quel bilan faire de l’aide publique au développement ? »

12 h 15 – 14 h 00 déjeuner

14 h 00 – 14 h 30 : Jacques Morel (auteur de La France au cœur du génocide des Tutsi) : « François-Xavier Verschave et le génocide des Tutsi au Rwanda »

14 h 30 – 15 h 00 : Géraud de la Pradelle (Juriste, professeur émérite de droit à Paris X) : « Le combat judiciaire de Survie fait-il bouger les lignes ? »

15 h 00 – 15 h 15 : pause

15 h 15 – 16 h 30 : « Que cache la guerre contre le terrorisme ? »

•Raphaël Granvaud (Survie, auteur de Que fait l’armée française en Afrique ?) : « Barkhane : une opération extérieure aux multiples facettes »
•Aminata Traoré (ancienne ministre de la Culture du Mali, essayiste) : « La lutte contre le terrorisme vu d’Afrique »
•Mathieu Rigouste (docteur en sciences sociales) : « Racines coloniales de l’ordre sécuritaire »

16 h 30 – 16 h 45 : pause

16 h 45 – 17 h 15 : Saïd Bouamama (docteur en socio-économie) : « La Françafrique existerait-elle sans le racisme ? »

17 h 15 – 17 h 45 : clôture du colloque

Fabrice Tarrit (président de Survie) et Alain Deneault (université du Québec)


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Ven 25 Sep - 3:18

Sur Wikipedia, 5 pays façonnent la vision du monde entier Elisa Braun  18/09/2015

la majorité de leurs auteurs proviennent de seulement cinq pays : la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis

La vision du monde propagée sur Wikipedia est presque totalement façonnée par des utilisateurs aisés, en majorité issus de cinq pays. C’est l’un des nouveaux apports des recherches du géographe Mark Graham, relayé par Wired UK.



Elisa Braun a écrit:
Wikipedia a beau être l’une des plateformes les plus ouvertes du web, elle n’en reste pas moins représentative des plus flagrantes inégalités mondiales en terme de domination culturelle et d’accès à l’information, à en croire les nombreuses recherches big data du géographe Mark Graham, dont nous nous sommes souvent fait l’écho.

Après avoir analysé plus de 708 000 articles de l’encyclopédie en ligne, le chercheur pointe ainsi que les articles qui portent sur des espaces géographiques ne sont pas du tout écrits par ceux qui en sont pourtant originaires. Au contraire, la majorité de leurs auteurs proviennent de seulement cinq pays : la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume-Uni et les Etats-Unis.





Représentation de l'édition d'articles géographiques sur Wikipedia entre les différentes régions du monde. Les branches entre chaque points sont colorées en fonction de la zone de provenance des éditeurs.

Il y a même plus d’éditeurs aux Pays-Bas (qui ne fait pourtant pas partie des pays du top 10 des contributeurs de Wikipedia) que sur l’ensemble du continent africain.

Une disparité qui s’explique bien sûr par l’inégalité d’accès à Internet, ainsi que par un effet plus surprenant de concentration de la connaissance autour de la richesse : les contributeurs à l’encyclopédie issus de pays pauvres préfèrent ainsi l’écriture d’articles à propos de zones géographiques riches particulièrement documentées sur la plateforme (comme Paris ou New York) plutôt que sur les localités moins aisées et peu renseignées, même si beaucoup plus proches d'eux géographiquement parlant.

Plus d’informations avec l’article de Wired.


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Ven 25 Sep - 16:46


Histoire Islamique et générale

[b]Le 1er génocide en Europe : Les Morisques (arabo-musulmans) 1609[/b],  Rodrigo de Zayas, mars 1997 Mis à jour le 9 février 2015


Arrivée des Morisques Oran Série: L'expulsion des Maures [1613]
huile sur toile 111 x 174 cm Mestre Vicent colonel Bancaja Photographe: Juan García Rosell
Arrivée des Morisques arabo-musulmans à Oran

Rodrigo de Zayas a écrit:
SIR Richard Fox Vassal, deuxième lord Holland (1773-1840), était anglais, riche et célèbre, ce qui ne lempêchait pas davoir quelques ennuis de santé. En 1802, son médecin lui conseilla un séjour de repos dans un climat sec et salubre. Sir Richard jeta son dévolu sur Madrid et sy installa avec armes et bagages. Au bout de deux ans, le jeune lord avait appris lespagnol et se préoccupait de trouver des manuscrits pour la bibliothèque de Holland House, limposante mansion familiale, que lon peut encore admirer à Londres. En 1804, il acheta une liasse de documents manuscrits à un certain don Isidoro de Olmo. Sir Richard venait dacquérir lacte de naissance du premier Etat raciste de lhistoire.

Homme intelligent et cultivé, lord Holland ne comprit cependant pas toute la portée des documents quil emporta à Londres, se contentant dinscrire, en tête de la liasse, quil sagissait de  » papiers, Mémoires, descriptions et correspondances datés de 1542 à 1610 au sujet des morisques dEspagne « .  » Certains, note-t-il, sont des copies, dautres des originaux ; parmi ces derniers, il y a quelques lettres de Gonzalo Pérez (père du célèbre Antonio) (1) adressées à Philippe II, avec des notes marginales autographes qui constituent les réponses de ce monarque.  »

Le 21 novembre 1989, lensemble de ces documents fut mis aux enchères à Londres : il se trouve à présent dans mes archives à Séville, sous le titre générique de  » collection Holland « . Létude approfondie de cette collection révèle la teneur dun débat au sein des plus hautes instances de lEtat espagnol concernant limportante minorité hispano-musulmane, convertie de force au catholicisme. Morisque signifiait exactement :  » musulman espagnol converti au catholicisme « . Le problème social et politique posé par cette minorité était celui de la plupart des minorités : une altérité mal tolérée par la majorité.

Altérité religieuse dabord, car les morisques restaient, en fait, des crypto-musulmans. Altérité linguistique et sociale aussi, parce quils entendaient conserver leur langue (larabe), leurs modes vestimentaires, leurs habitudes culinaires et hygiéniques (ils ne mangeaient pas de porc et se lavaient souvent, choses mal tolérées par les chrétiens de lépoque), et leurs jours de fête. Perçue, de surcroît, comme celle d » agents de lennemi étranger « , cest-à-dire comme des alliés actifs de lEmpire ottoman, laltérité des morisques les désignait dune manière tangible comme  » une menace pour la République chrétienne « .

Vers l'Etat raciste

LESPAGNE, depuis linstauration de lInquisition comme partie intégrante de lEtat (1481- 1483) par les Rois Catholiques, avait une vocation religieuse nettement unitaire et normalisée. Cest dire quil y eut, en Espagne, une  » question morisque  » qui, par maints aspects de ses causes et de ses conséquences, rappelle la  » question juive  » des années 30 et 40, et même lactuelle situation de certaines minorités ethniques en Europe ou ailleurs.

Lintérêt fondamental de la collection Holland, cest quelle révèle le passage dun Etat sectaire où un membre dune crypto-minorité religieuse avait la possibilité de se convertir pour sintégrer à la société majoritaire, à un Etat raciste où cette même minorité devenait lobjet dune persécution institutionnelle, au- delà de toute considération religieuse.


La grande Migration des Andalous ver l'Afrique du Nord, vers le Maroc, l'Algérie et la Tunisie

Le premier pas vers lEtat raciste fut bien modeste et, en tout cas, antérieur au document le plus ancien de la collection Holland : en 1535, le chapitre de la cathédrale de Cordoue demanda au pape Paul III de sanctionner linstauration dune condition de  » propreté de sang  » (limpieza de sangre) pour pouvoir accéder à un poste rémunéré au sein du chapitre. Le pape refusa, mais le chapitre de Cordoue eut recours au roi-empereur Charles Quint. Celui-ci trouva lidée bonne et fit pression sur le pape pour quune telle contrainte fût appliquée sur lensemble du royaume. Paul III fut obligé de sincliner : toute personne désirant obtenir un poste rémunéré en Espagne devait désormais démontrer quelle navait aucun membre juif ou musulman dans sa famille depuis au moins quatre générations. Devenue loi, cette obligation ne fut pleinement abrogée que le 13 mai 1865, avec une brève interruption pendant le règne de Joseph Bonaparte (1808-1812).

Concernant, par exemple, les juifs ou marranes, lEtat espagnol en venait à considérer en quelque sorte quil y avait  » conflit entre la tradition nationale (…) et une tradition juive inassimilable »,  « et lon sera conduit, poursuit-il, à partir de cette idée quest juive toute personne qui manifeste soit par des signes décisifs, soit en raison de présomptions suffisamment graves la présence ou la persistance de la tradition juive ».

Tradition juive ou musulmane peu importe : le problème était exactement le même. Les propos cités ci-dessus sont du pétainiste français Xavier Vallat, publiés dans ses Mémoires après 1945 (2). Mais Vallat était moins exigeant que ses prédécesseurs espagnols, car il se contentait de deux grands-parents non juifs ou moins pour qualifier un citoyen de  » bon Français « .

On a vu que la « propreté du sang » en Espagne, avant 1865, ne sobtenait que sur quatre générations  » non contaminées  » ; il est, malgré tout, frappant de constater une telle continuité de concepts, au point quils en deviennent interchangeables. Xavier Vallat était un bon catholique, qui ne pouvait en aucun cas être soupçonné de connivence avec les occupants nazis ; ce qui fut dailleurs démontré durant son procès devant la Haute Cour de justice en 1947, où il bénéficia du témoignage dun médecin juif, Gaston Nora.

Peut-on parler de  » racisme dEtat  » au temps de Charles Quint ? Non, parce que lobligation de démontrer la  » propreté de sang  » ne constituait pas encore une définition autre que religieuse du problème. Etait juif ou musulman celui qui pratiquait ces religions : on pourrait tout au plus argumenter que les religions ne se transmettent pas par le sang, cest-à-dire génétiquement, mais nous ne sommes encore en présence que dune confusion ou dune erreur de jugement, une sorte de dérive du sectarisme dEtat institué par les Rois Catholiques.

Dérive néanmoins significative : les documents de la collection Holland, qui correspondent au règne de Philippe II, apportent une nouvelle définition de la minorité morisque. Il sagit désormais dune  » nation « . Quest-ce quune  » nation  » dans lEspagne du XVIe siècle ? Grosso modo, toute collectivité clairement différenciée peut être définie comme une nation. Ainsi, il existe de nombreux cas de bons catholiques espagnols définis comme appartenant à la  » nation morisque « .

La  » propreté du sang  » aboutit à un nouveau critère collectif qui nest ni plus ni moins absurde que la définition du juif comme appartenant à une  » race « . Dès lors, les plus hautes instances du pays – le Conseil suprême de lInquisition, le Conseil dEtat, le Conseil du Trésor, les Etats généraux de Castille et dAragon, sans compter les ecclésiastiques les plus influents, sont de lavis quil faut en finir avec la  » nation morisque « .


Embarquement des Morisques dans Valencia Graó Série: L'expulsion des Maures [1616]
huile sur toile 110 x 174 cm Pere Oromig colonel Bancaja Photographe: Juan García Rosell


Les avis sont partagés entre les trois principaux degrés de cette élimination étatique : le génocide pur et simple, la déportation en masse et lassimilation forcée et sous haute surveillance. Il est malgré tout prématuré de parler de  » racisme dEtat  » : il ny a pas encore de loi espagnole interdisant lexistence ou la présence dune minorité – même définie comme une  » nation  » – sur son territoire.

Cinq documents de la collection Holland proposent explicitement le génocide, soit par la pendaison, soit par les travaux forcés dans les mines dAmérique et aux galères, où les morisques nont aucune chance de se reproduire. Peu ou pas pratiquable à cette époque, cette solution est systématiquement rejetée par les rois dEspagne. Les deux autres suggestions seront appliquées : Philippe II se montrera toujours partisan de lassimilation, tandis que Philippe III (1598-1621), tout comme Philippe Pétain et Xavier Vallat, appuiera les partisans de la déportation.

Les considérations économiques ne sont pas absentes des choix qui furent effectivement adoptés : pour Philippe II, les revenus des dîmes imposées aux morisques sont un argument majeur en faveur de leur présence. Tout le monde en profite : lEtat, lEglise et les grands seigneurs censiers qui composent lessentiel des conseils (ministères) laïques de lEtat.


Révolte de Gallinera ou Laguardia Série: L'expulsion des Maures [1613]
huile sur toile 109 x 173 cm Jérôme Espinosa colonel Bancaja

Philippe II est un roi prudent et réaliste ; il nest pas insensible aux pressions des grands seigneurs, dont les intérêts sont diamétralement opposés à ceux de lInquisition. Il temporise, sen remet à des commisssions ; bref, il gagne du temps. Les morisques payent. Lorsquils se rebellent dans lancien royaume de Grenade (de 1568 à 1571), ils sont vaincus et déportés vers dautres régions de lEspagne. Ils sont toujours là et payent encore, un peu moins, il est vrai, parce que la culture de la soie disparaît à Grenade. Cétait de loin lactivité morisque la plus lucrative, mais les morisques restent les meilleurs cultivateurs de primeurs dans les zones quils ont mises en valeur et irriguées eux-mêmes depuis des générations.

En revanche, pour Philippe III, la situation se présente sous un autre jour. Ce roi na ni lintelligence ni la volonté de son père. Il remet les rênes du gouvernement entre les mains dun favori, le marquis de Denia, un Valencien, quil fait duc de Lerma puis cardinal. A partir de 1608, loncle paternel du duc de Lerma devient Grand Inquisiteur. La thèse de la déportation, fortement appuyée par les partisans du duc de Lerma qui contrôlent lappareil dEtat, a aussi son argument économique : les pertes de revenus seront amplement compensées par les gains produits par la confiscation des biens morisques (à Berlin comme à Vichy, on parlera d » aryanisation  » des biens juifs).


Révolte des Morisques dans la Muela de Cortes de la série: L'expulsion des Maures [1613]
huile sur toile 110 x 174 cm Mestre Vicent Col Bancaja

La déportation

LE 22 septembre 1609, le roi Philippe III signe un décret qui consacre la naissance du premier Etat raciste de lhistoire. Désormais, aucun membre de la  » nation morisque  » ne pourra résider sur les territoires soumis à lautorité espagnole, sous peine de mort. Le principal responsable de ce décret nest évidemment pas le roi, mais le duc de Lerma.

Le grand théoricien de lEtat raciste est un dominicain valencien, membre du tribunal de lInquisition de Valence. Il sappelle Fray Jaime Bleda : il est lauteur dun livre où il expose ses théories et où il démontre que lélimination des morisques est une  » nécessité urgente « . Le livre est un peu touffu pour le roi, et un résumé simplifié est préparé par un dominicain proche de Bleda, Fray Luis Beltran.

Ce document, qui porte le numéro 40 dans la collection Holland, emporte la décision royale. Le duc de Lerma a gagné : 500 000 personnes – hommes, femmes et enfants, seront déportées avec, au moins, 75 % de  » pertes « . Tous les biens de ces malheureux iront enrichir le duc de Lerma et ses partisans. A lui seul, le duc possède désormais une fortune très supérieure aux réserves du Conseil du Trésor, qui de toute façon lui appartient aussi.


Embarquement des Morisques dans le Grau de Denia Série: L'expulsion des Maures [1613]
huile sur toile 110 x 173 cm Mestre Vicent Col Bancaja Photographe: Juan García Rosell
Embarquement des Morisques arabo-musulmans dans le Grau de Denia

A cette époque, lEspagne, qui détient lhégémonie militaire et politique en Europe, compte huit millions dhabitants, ce qui permet de mesurer lune des principales raisons de sa décadence postérieure et de sa ruine : dans des régions entières les cultures sont abandonnées et tombent en friche. Les corps de métier les plus prospères disparaissent : les transporteurs, les corporations de maçons, les grands éleveurs de chevaux et de mulets, les constructeurs de réseaux hydrauliques pour lirrigation, les maraîchers étaient morisques… Ajoutée à linflation galopante du XVIe siècle, aux épidémies, à la corruption de ladministration, à lincurie et à la rapacité du duc de Lerma, et aux guerres incessantes, cette situation plonge lEspagne dans la période la plus sombre de son histoire.

Depuis quelle a signé les accords de Schengen, lEspagne contemporaine est devenue la gardienne du Sud-Ouest européen. Sa garde civile surveille les côtes de lAndalousie pour empêcher limmigration économique des Maghrébins. A linstar des odieux capitaines qui transportaient les morisques vers Oran, mais les  » débarquaient  » en pleine mer pour gagner du temps et de largent, les capitaines actuels transportent régulièrement des immigrés entre le Rif et lAndalousie, et les débarquent parfois en pleine nuit assez loin des côtes andalouses où ils se noient. Ceux qui ont, malgré tout, la chance datteindre la côte sont arrêtés et refoulés menottes aux poings par la garde civile (3).


Embarquement des Morisques dans la Rive-Vinaroz Série: L'expulsion des Maures [1613]
huile sur toile 110 x 173 cm Pere Oromig et Francisco Peralta Col Bancaja


Le racisme contre les gitans, dernière minorité clairement constituée et différenciée, devient sporadiquement violent. Mais lEspagne nest pas seule en cause, et les mesures de  » nettoyage ethnique  » entreprises, de 1992 à 1995, par les nationalistes serbes et croates contre les Musulmans en Bosnie nous ont rappelé tragiquement que lEtat raciste nappartient pas à un passé révolu.

(1) Antonio Pérez, ministre de Philippe II.

(2) Xavier Vallat dirigea le Commissariat général aux questions juives (CGQJ) entre le 29 mars 1941 et le 19 mars 1942. Cf. Michael R. Marrus et Robert 0. Paxton : Vichy et les juifs, Calmann-Lévy, Paris, 1981.

(3) Lire Maurice Lemoine,  » Les naufragés de la migration vers le Nord « , Le Monde diplomatique, décembre 1992.


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Mer 7 Oct - 13:53

Décolonisation de la Polynésie française : les Îles Salomon font la leçon à la France depuis l'ONU. (Tahiti Infos).
07 octobre 2015 |  Par Pierre Carpentier


Citation :
NEW YORK, 5 octobre 2015 - Manasseh Sogavare demande à Paris de mettre en marche le processus de décolonisation de la Polynésie française, indique ce lundi Radio Australie.

"Le Premier ministre salomonais a fait un discours à la tribune des Nations-Unies ce week-end", rapporte radio Australie dans une brève publiée ce lundi sur son site. "Manasseh Sogavare a appelé la France à enfin accepter la résolution votée en 2013 par l'assemblée générale, qui a réinscrit la Polynésie française sur la liste des territoires à décoloniser. Depuis, Paris fait la sourde oreille et dénonce "une ingérence flagrante" de l'ONU. "Les 30 années d'essais nucléaires en Polynésie ont eu pour conséquences des problèmes de santé et d'environnement considérables", a signalé le Premier ministre salomonais".

Cette déclaration intervient alors que vendredi prochain, une délégation composée notamment d'Oscar Temaru, Richard Tuheiava et Moetai Brotherson sera à New York pour prendre la parole devant la 4e commission chargée de la décolonisation à l'ONU, dans le cadre de la procédure initiée le 17 mai 2013 avec la réinscription de la Polynésie française sur la liste des territoires non autonomes à décoloniser.


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Sam 10 Oct - 16:28

lu chez Bellacio (je n'importe pas le texte)

Christophe Colomb, les Indiens et le progrès de l’humanité (Howard Zinn)  vendredi 9 octobre 2015

Au commencement étaient la conquête, l’esclavage et la mort

Les premiers contacts entre européens et indigènes




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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Dim 11 Oct - 9:29

.

En Israël/Palestine nous assistons à la fin d’un régime colonial Ilene Cohen 7 octobre 2015, Repères anti-racistes Publié dans #Palestine Colonisation occupation

Ilene Cohen a écrit:
Avec ce qui arrive aujourd’hui en Israël et ce qui est arrivé la semaine dernière, le mois dernier, l’année dernière, et depuis presque cinquante ans, il est question de la consolidation de la souveraineté sur une terre dont la communauté internationale convient qu’elle n’appartient pas à Israël et d’un peuple assujetti, les Palestiniens –en contravention avec le droit international.

Je suis en Israël actuellement, pour faire un break par rapport aux horreurs et à l’inanité de la politique américaine et j’observe la situation s’échauffer en Israël/Palestine. Un sujet fréquent dans la presse israélienne : ceci est-il ou non le début de la troisième Intifada ? Et si oui, on discute de savoir comment Israël peut adapter l’occupation pour pacifier les Palestiniens. Quant à se demander comment Israël peut se confronter à la cause première – le fait lui-même de l’occupation – en décolonisant, eh bien cela ne fait pas partie de la discussion.


Un manifestant palestinien lance des pierres à des soldats israéliens
lors des affrontements de Bethlehem en Cisjordanie, le 6 octobre 2015
(Photo : Xinhua/Luay Sababa)


Ma réaction est toujours la même lorsque de jeunes Palestiniens, notamment, atteignent un point de rupture. En 1987, lorsqu’a éclaté la première Intifada, à Gaza, ma première pensée était que ça avait été bien long à venir – c’est à dire qu’il a fallu vingt ans depuis le début de l’occupation des territoires palestiniens de 1967 et le début de la colonisation illégale de la Palestine pour que la colère déborde.

En 1967, dans le sillage de la guerre, Théodore Merom, conseiller juridique du ministère israélien des affaires étrangères, exprima un point de vue clair à l’intention du gouvernement Levi Eshkol, disant qu’installer des civils israéliens dans des colonies dans les territoires récemment occupés serait une violation du droit international, notamment de la quatrième convention de Genève. De plus, cette convention est aussi explicite sur le fait que l’occupation militaire résultant d’une guerre ne confère pas à l’occupant la souveraineté sur ce territoire et que l’occupation est, par définition, temporaire. Tout cela était connu des Israéliens en 1967. Avec tous ceux qui ont prétendu le contraire, avançant notamment l’idée (vraiment absurde) que le « titre de propriété » de la Palestine avait été donné par dieu aux Juifs trois mille ans plus tôt (ce qui saperait donc la 4ème convention de Genève ?), les Israéliens ne peuvent s’appuyer sur rien. Le projet du Grand Israël est illégal, point final – comme le reconnaît la communauté internationale. Aucune des annexions israéliennes existantes (le Golan, Jérusalem Est) et futures ne peut rien y changer.

Voilà où on en est, trente ans après l’éclatement de la première intifada, on regarde tandis que ne fait que se développer le régime d’apartheid, de vol de terres qui colonise et exerce la répression sur les occupés qui sont sans droits, sans État, subissant le projet des colonies avec ses 550 000 colons. Je considère chacun de ces colons, à la fois à Jérusalem Est et en Cisjordanie occupée, comme la pierre d’achoppement de toute possibilité de paix.

La « gestion » quotidienne du conflit par Israël (c’est le concept israélien), plutôt que de trouver une solution juste, c’est plus de meurtres de Palestiniens par l’armée, la police israélienne et les colons (sans que ceux qui les perpétuent n’aient à rendre de comptes) ; ce sont des démolitions de maisons, des lois draconiennes surajoutées, plus de routes réservées aux Juifs, pus de fermetures, plus d’arrestations d’enfants, plus de gens en détention administrative (absence totale de droits juridiques, pas d’habeas corpus), et plus de restrictions sur les déplacements aussi bien dans les territoires occupés qu’à l’étranger. Cette liste n’est que partielle, bien sûr.

Amira Hass, enfonce le clou dans son nouvel article, les Palestiniens se battent pour leur vie, Israël se bat pour l’occupation. Elle décrit la situation avec éloquence et précision et l’interprète ainsi :

« La guerre n’a pas commencé jeudi dernier, elle ne commence pas avec les victimes juives, et elle ne prend pas fin quand plus aucun juif n’est assassiné. Les Palestiniens se battent pour leur vie, dans le plein sens du terme. Nous, juifs israéliens, nous battons pour notre privilège en tant que nation de maîtres, dans la pleine laideur du terme.

Que nous remarquions qu’il y a une guerre que lorsque des juifs sont assassinés n’enlève rien au fait que des Palestiniens se font tuer tout le temps, et que tout le temps, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir pour leur rendre la vie insupportable. La plupart du temps, il s’agit d’une guerre unilatérale, conduite par nous, pour les amener à dire « oui » au maître, merci beaucoup de nous laisser en vie dans nos réserves. Quand quelque chose dans l’unilatéralité de la guerre est perturbé, et que des juifs sont assassinés, alors nous accordons notre attention. Les jeunes Palestiniens ne vont pas se mettre à assassiner des juifs parce qu’ils sont juifs, mais parce que nous sommes leurs occupants, leurs tortionnaires, leurs geôliers, les voleurs de leur terre et de leur eau, les démolisseurs de leurs maisons, ceux qui les ont exilés, qui leur bloquent l’horizon… L’ennemi auquel ils font face leur prouve chaque jour que sa méchanceté n’a pas de limites.

Même le langage est malveillant. Les juifs sont assassinés, mais les Palestiniens sont tués et meurent. C’est bien ça ? »

C’est cela, la résistance aux régimes coloniaux. Israël n’est qu’un cas de plus. Les occupants gouvernent par l’épée et attendent des dominés qu’ils acceptent tranquillement. La situation a elle-même joué historiquement dans le monde entier. La colonisation israélienne – à la fois dans la fondation de l’État lui-même et dans le projet post 1967 du Grand Israël – ce dernier étant le point important dans presque tout ce qui se discute au niveau international – a démarré juste au moment où le reste des empires occidentaux s’engageaient à contre cœur dans l’affaire de la décolonisation. Pour sa part, l’Afrique du Sud a renoncé (techniquement) à son régime d’apartheid en 1991, par les lois d’abolition de l’apartheid, puis avec les élections multiraciales de 1994. S’il est vrai, ainsi que les Israéliens ne manquent jamais de le rappeler, que les Palestiniens n’ont pas un leader de la stature de Nelson Mandela – qui, il faut le rappeler, a été emprisonné vingt sept ans en tant que terroriste – le peuple israélien n’a pas et n’a jamais eu un leader de la stature de F.W. de Klerk (tout en admettant qu’on ne peut savoir jusqu’où Rabin aurait mené Oslo s’il avait survécu).

Netanyahou, une personne sans stature (et certes le dernier d’une longue lignée de leaders israéliens ultra nationalistes se faisant des illusions sur eux-mêmes, y compris ceux du parti travailliste) est en train d’entraîner son pays à sa perte, hélas, avec l’approbation de la majorité des Israéliens, avec son parti et d’autres partis nationalistes, quelle que soit la façon dont ils se nomment eux-mêmes (j’inclus l’Union sioniste d’Herzog dans cette description). Je concède tout de même que Netanyahou a eu des succès : il a atteint son but : la réélection.

Revenons à Hass qui décrit le grotesque des reportages dans les media israéliens :

« Notre vision du monde est façonnée par la trahison constante par les médias israéliens de leur devoir de rapporter les évènements, ou leur manque de capacité technique et émotionnelle à contenir tous les détails de la guerre mondiale que nous sommes en train de conduire afin de préserver notre supériorité sur le territoire entre le fleuve et la mer.

Ce journal lui-même n’a pas les ressources économiques pour employer 10 journalistes et remplir 20 pages d’articles sur toutes les attaques en période d’escalade et toutes les attaques de l’occupation en période de calme, depuis les fusillades lors de la construction d’une route qui détruit un village jusqu’à la légalisation d’un avant-poste colonial et à un million d’autres agressions. Chaque jour. Les exemples pris au hasard que nous arrivons à rapporter ne représentent qu’une goutte dans l’océan, et ils n’ont aucun impact sur la compréhension de la situation par la grande majorité des Israéliens. »


Et j’ajouterai que ce problème de la presse dans laquelle les agresseurs sont trop souvent présentés comme victimes est une mascarade reproduite dans beaucoup de media occidentaux. Le New York Times, le journal de référence, est tragiquement un bon exemple, certainement dans son expression quotidienne. Quand le Times considèrera-t-il que le sang palestinien est aussi rouge que le sang juif, dans sa couverture des événements ? Quand cessera-t-il de se référer à Jérusalem Est occupée comme à quelque chose que les Palestiniens « veulent » comme future capitale, alors qu’il est clair, au niveau international que c’est une solution juste et que l’occupation de Jérusalem Est par Israël ne mène nulle part ? (la souveraineté israélienne sur Jérusalem Ouest n’est certes pas en question au niveau international). Et combien de boniments Judi Rudoren fait-elle avaler aux lecteurs du Times ? En lisant son article sur Ayelet Shaked, la dernière ministre de la justice de Netanyahou, je me suis prise à penser que jamais un reporter du Times parlant d’un ministre néo fasciste, disons en Hongrie, n’aurait commis un tel article. Mais Israël est différent, et c’est là le hic. La presse majoritaire évolue, pour sûr, mais bien trop lentement pour être en phase avec la réalité.

Quelqu’un peut-il dire quand le projet colonial, dépendant comme il est de la suppression d’un peuple soumis au nom du vol de sa terre, arrivera à terme ? Mais on peut dire que la prise de conscience qu’Israël entretient un régime d’apartheid s’étend à l’étranger, la preuve en étant dans la panique des officiels israéliens sur le sujet. Finalement, c’est la poussée de l’extérieur qui permettra de replacer le système existant d’apartheid (empêtré comme il est dans un énorme réseau de colonies) par 1E/1P/1V – un Etat, une personne, un vote – dans l’ensemble Israël/Palestine. Lorsque cela arrivera, l’État juif, même sous une forme culturelle douce vers laquelle il aurait pu éventuellement évoluer, sera de l’histoire ancienne.

Il peut être dur pour les Israéliens (et pour leurs meilleurs amis à l’étranger) d’intégrer la réalité de la situation, mais s’ils ne le font pas, c’est à leurs risques. La chute de régimes tel le régime colonial d’Israël se produit sans prévision ni avertissement. Des exemples des récentes décennies devraient venir à l’esprit de ceux qui veulent bien y réfléchir.

L’ironie de la chose est qu’ils sont eux-mêmes en train de faire advenir cette chute.

Ilene Cohen

Traduction SF pour l’Agence Media Palestine de son article "In Israel/Palestine, we are witnessing the end of a colonial regime".


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Dim 11 Oct - 11:33

un article trop long pour être importé en totalité, je me contente dessous-titres et de la conclusion...

Démolition et contre-révolution : la rénovation urbaine dans la région parisienne Stefan Kipfer



La question urbaine souffre aujourd’hui de deux écueils à gauche : ou bien elle est exclusivement envisagée sous l’angle des dynamiques structurelles du capitalisme financiarisé, ou bien elle est référée à des initiatives de « gentrification ». Pour Stefan Kipfer, il est indispensable de penser la rénovation urbaine comme une stratégie d’État, en grande partie conditionnée par la race.

Kipfer rassemble ici des hypothèses issues d’un terrain mené dans les banlieues de région parisienne, et conclut que les agences de rénovation mènent une « [i]contre-révolution coloniale
».

Combinant les intuitions d’Henri Lefebvre et de Frantz Fanon, Kipfer dresse un tableau détaillé de la guerre préventive de l’État contre les mouvements de l’immigration et des quartiers. Les luttes raciales sont une composante irréductible du combat pour le « droit à la ville ».[/i]

Citation :
L’État, le capital et le néocolonialisme dans la production de l’espace

La rénovation urbaine en pratique : gentrification, rééchelonnage de l’État et gestion néocoloniale

C’est la même logique que Haussmann…. On crée des espaces pour que la police puisse charger plus rapidement (Animateur, Haut-Montreuil, Entretien 14)

« Valorisation » = Gentrification ?

Recentraliser l’intervention de l’État? Rééchelonnage et rapports de force locaux

La recomposition sociale et la rénovation en tant que conquête : classe, race et dynamiques néocoloniales

Les critères ethniques, c’est interdit […] mais ils sont utilisés, on le sait […] dans un quartier où il y beaucoup de maliens, on va mettre moins de maliens […] on sait parce qu’il y a des gens là-dedans et qui nous le racontent. C’est pas écrit

La démolition et la recomposition sociale visent parfois affaiblir ou prévenir la résistance politique collective.

La mixité sociale comme projet néocolonial

Méfiez-vous des apparences! Les contradictions des stratégies étatiques

Avec la rénovation urbaine, on refait du ghetto, mais en plus propre.


La démolition comme projet hégémonique? Violence structurelle, résistance et intégration


Conclusion :

Dans toutes les régions du monde, les luttes pour le contrôle et l’emploi des villes sont actuellement intenses. L’idée que l’urbanisation conduit à l’intégration sociale n’est plus très prometteuse, même pas en tant que mythe populaire. Les espaces et les objets de l’espace urbain sont manipulés de plus en plus souvent pour des revendications particularistes et pour consolider les zones de désengagement. Les idéaux de l’échange social apparaissent forcément lointains et abstraits […] Les proximités territoriales et culturelles ne facilitent donc ni collaboration ni négociation. (Simone 2010 314-5)

Dans cet article, j’ai mis au premier plan les aspects spécifiquement politiques de la rénovation urbaine dans la région parisienne. À partir d’une perspective inspirée d’Henri Lefebvre, de Frantz Fanon et de recherches françaises sur les interventions étatiques néocoloniales, j’ai suggéré que ces projets ne peuvent être compris adéquatement comme exemples de néolibéralisme urbain (voir aussi Morel, Journel et Sala Pala 2011). Ils ne sauraient être seulement compris comme des tentatives visant à rééchelonner le développement économique étatique pour faciliter l’accumulation à travers la valorisation foncière et le développement économique. Ils redéploient territorialement les rapports d’oppression.

S’inscrivant partiellement en réponse à – ou en anticipation de – trajectoires de lutte locales et nationales, les projets de rénovation urbaine tentent de réorganiser les rapports sociaux de classe et de race à travers des rapports spatiaux de proximité physique et d’intégration fonctionnelle.

Dans la mesure où la mixité sociale et la planification post-fonctionnaliste redéploient des répertoires étatiques développés au début et au cours des luttes anticoloniales, de Mai 1968 et de l’antiracisme issu des années 1980, ils représentent des stratégies contre-révolutionnaires de « recolonisation » non seulement au sens métaphorique du terme, mais aussi en son sens racialisé et spécifiquement néocolonial. Bien entendu, les effets politiques des projets de rénovation urbaine sont contradictoires : ils entraînent souvent la microségrégation et non l’intégration sociale (sans parler de paix sociale).

Toutefois, en déstructurant la composition sociale et physique des grands ensembles, ces projets accentuent une décomposition et une recomposition sociospatiale plus vaste de groupes subalternes, en particulier les résidents non blancs (Lambert 2015 28-32). Ils soulèvent ainsi des questions plus larges sur l’avenir des revendications au droit à la ville. Est-ce que les « banlieues » peuvent continuer à être des bastions de mobilisation populaire menant à des formes de convergence politique plus vastes comme le présument à la fois Lefebvre et les militants antiracistes actuels ? Et, étant donné l’engagement de l’État dans la mixité sociale par le haut, comment la déségration peut-elle demeurer un médium de transformation émancipatrice, tel que Lefebvre et Fanon l’ont tous deux conçu, selon leurs approches humanistes radicales ?

Comme l’indique la citation d’AbdouMaliq Simone, le réaménagement des cités à Paris n’est pas une affaire isolée. Spatialement nuancés, les projets de réhabilitation ou d’éradication de taudis, de réaménagement de parcs de logements sociaux, de gentrification ou d’opérations militaires urbicidaires dans d’autres parties du monde, malgré leurs différences, démontrent également que les stratégies d’État de déségrégation imposée par la force et le dispersement d’espaces subalternes n’apportent pas l’émancipation, mais de nouvelles formes de domination politique à une époque de violence socioéconomique et de polarisation intensifiée (Kipfer et Goonewardena, 2007, 2014).

L’accent que j’ai mis sur le poids politique du réaménagement urbain à Paris reflète en partie le rôle de l’histoire révolutionnaire en France et dans les colonies relativement à la politisation des stratégies spatiales étatiques, un rôle qui nous rappelle la signification spécifiquement contre-révolutionnaire de la pacification dans ce contexte impérial.

Il serait cependant trompeur de voir les stratégies spatiales étatiques comme dérivant seulement d’un « modèle » français. Ceci ne découle pas uniquement du fait que le républicanisme français est contradictoire et traversé par des trajectoires subnationales et inégales de luttes et d’intervention étatique (Amiraux 2010). Il faut également voir que la politique urbaine française se situe en relation symbolique et institutionnelle avec d’autres contextes impériaux actuels
. Elle s’est développée en partie en réponse à la menace perçue du « ghetto » américain (et ses équivalents britanniques supposés, Brixton et Toxeth). Par ailleurs, elle continue d’être exportée comme modèle, servant à la fois d’anti-modèle (« le danger de la banlieue ») et de référence positive pour les projets de pacification dans des contextes historiquement moins portés à l’insubordination en Europe et en Amérique du Nord (Saberi à paraître; Ronneberger et Tsianos 2009). Loin d’être un cas unique, Paris est un point de départ crucial pour la recherche comparée.

Appuyée sur Lefebvre et Fanon, mon analyse des stratégies étatiques néocoloniale atteste du rôle de la politique urbaine dans l’organisation du pouvoir en tant que consentement et coercition. Ceci a des implications variées pour la recherche. Laissez-moi en souligner une : le besoin de développer la recherche sur les aspects postcoloniaux du capitalisme contemporain, particulièrement l’État. Il est bien connu que le terme postcolonial était utilisé en référence aux réalités concrètes de la formation des États postindépendance (Alavi 1971) plusieurs années avant qu’il le nom d’une approche déconstructionniste (ou post-structuraliste) spécifique du (néo)colonialisme.

Cet article relève le besoin de revigorer la recherche, non seulement sur les États (post)coloniaux du Sud (Elsenhans 1984; Goswami 2004; Amin-Khan 2012;), mais aussi sur les dimensions néocoloniales de la forme de l’État et de l’espace étatique dans le Nord impérial, un aspect inexploré de la théorie de l’État euro-américaine. De telles recherches peuvent contribuer à un tournant matérialiste de la recherche postcoloniale, ce qui inclut les recherches françaises sur l’État impérial sur lesquelles je me suis appuyé, et qui aident à informer les positions marxistes et dialectiques au sein de récents débats postcoloniaux français11.

Pour éviter le « tout colonial », porter l’attention sur le rôle de l’État dans l’organisation territoriale hiérarchique permet de montrer que les réalités postcoloniales sont des recompositions – des modifications et des réinventions – d’un passé colonial qui interagit avec divers autres aspects de la totalité, spécifiques à la classe et au genre (Khiari 2008). À son tour, une telle perspective peut aider à illuminer dans quelle mesure l’analyse de Nicos Poulantzas – selon laquelle les groupes subalternes peuvent être présents dans l’Etat à travers « des effets à distance », en tant que menaces réelles ou potentielles (2013, 208) – doit être empreinte de la théorie décoloniale.

Traduit de l’anglais par Joëlle Rondeau. Une version raccourcie et adaptée de ce texte a paru dans la revue Antipode.


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Dim 11 Oct - 15:19

La justice Antillaise aux ordres 05 octobre 2015 |  Par gumpdotfr


Citation :
La justice Antillaise aux ordres, qu'on est sensé croire dépassée en 2015, qui ne faisait que profil bas et qui reviens aider les riches contre les pauvres est une justice de classe. Ce vocable "Justice Coloniale" évoque une lutte dépassée pour certains, contre un "racisme" qui n'existerait plus que dans le coeur revanchard de nègres attardés, ainsi que de "connes" jurisprudentielles comme Madame Moran. Celle qui considère que la France comme un pays de "race blanche"...

Mardi 6 octobre aura lieu une manifestation contre une décision de justice qui a frappé un parti politique parce qu'il a osé écrire sur ses tracts une vérité publique. Je copie l'article relevé sur le Facebook de Koening Céline, PG971 :
"En avril, la Cour d’Appel a confirmé et aggravé la condamnation de la CGTG face aux Békés Despointes, les patrons de Milénis, pour avoir écrit dans un tract que « les Despointes ont bâti leur fortune sur la traite négrière, l’économie de plantation et l’esclavage salarié ». Les juges coloniaux veulent nous empêcher de dire cette vérité historique.
La CGTG doit payer 55 000 euros aux Despointes. L’État et les Békés espèrent ruiner la CGTG et ainsi éliminer ce syndicat. Pa lésé-sa fèt !
Le 6 octobre, tous devant le tribunal de Pointe-à-Pitre à 8h pour protester contre cette injustice !"

La France, à cause de sa tradition de passe-droits et de privilèges, s'intoxique avec de sottes notions comme celle de "racisme" ou "antisémitisme" qui sont créés par des suprémacistes. Tout ceux qui considèrent par exemple que toutes "les sociétés ne se valent pas"... Et ceux qui veulent la ségrégation des "gens de couleurs", pour les séparer des "blancs" ou d'origine occidentale récente, sont des gens qui vleuent affirmer un système facile de suprématie, impliquant des privilèges sur ceux qui seront considérés comme "esclave" du fait de leur couleur ou leur provenance décelable, du continent Africain.
Pour ces gens, la tentation est grande de cautionner un tel système qui les place (par chance ?) en haut de la pyramide de domination.

Pourquoi en effet, se battraient ils pour protéger les Droits d'ex-esclaves, réputés fainéants et qui vivraient d'aides sociales aux crochet de la République, dans une île paradisiaque à des milliers de Kilomètres de l'Hexagone ?

Ce que ces Français ne voient pas, c'est que la situation de l'île est due à ces mêmes colons qui se sont enrichis d'aides publiques... Et qui ne veulent pas que ça change... Ces colons sont trop heureux que l'Hexagone paye 40% plus cher ses fonctionnaires... L'hexagone reconnait bien qu'il y a un problème si 20% de fonctionnaire ont le douteux privilège de se nourrir de produits contaminés, dans des magasins spéciaux, hérité des magasins de maîtres. Quand la population, non fonctionnaire, ne peut pas s'acheter les mêmes denrées et doit se contenter de racines contaminées sur place.
Mais ces ex-esclaves qui ont peut être refusés de s'adapter, éventuellement revanchards, ces chicaneurs qui ne reconnaissent pas les cotés "positifs de la colonisation" ne méritent sans doute pas qu'on s'y intéresse ? Nous allons montrer que si, et expliquer pourquoi.

Cet argent, pris aux fonctionnaires, retourne en Hexagone en partie. Mais ces riches Fortunes à qui tout appartient, y compris les carrières de fonctionnaires, ce qui leur donne le bras long, réinvestissent ailleurs. Aux USA, en Afrique... Le modèle économique Antillais ne les encourage à réinvestir que si ça renforce leur contrôle de cette situation multi-centenaire. Ils ne créent pas d'hôpitaux, ils ne construisent pas d'Ecole... Pas de centre de recherche... On a beaucoup de Mac Do en revanche...

Non seulement les fortunes créées par les héritier du colonialisme, se sont encore enrichies sur la Dette Française en obligeant l'Etat à emprunter un argent dont il a la seule autorité (en principe) de créer.
Les Antilles, sont les seuls départements Français qui payent un taxe supplémentaire sur l'eau: l'Octroy de mer. Qui paient 20% de TVA sur chaque de ses envois par la poste. Cette TVA décourage les postage et profite aux SUPERMARCHES qui importent en situation monopolistique... Une situation qui a failli tourner au drame en 2009 lors de la révolte LKP.
En 2009, un tueur à abattu un fonctionnaire des Impôts, à quelques centaines de mètres de fonctionnaires de police et en public... Sans qu'il n'ai jamais été retrouvé, ni ses commanditaires...
Les Antilles, c'est le seul département Français où 10 à 20 millions d'Euros peuvent disparaître de son Université, sans que les responsables de cet argent public ne soient punis, ni l'argent retrouvé... Dont le Président du Conseil Régional essaie de faire taire la Présidente d'Université alors qu'elle dénonce l'inaction de cet ex-Ministre, pendant les dix dernières années sur la gabegie de l'UAG et la disparition de la comptabilité publique...
C'est le seul Département Français dans lequel l'inaction de la Police et de la Justice sur ce dossier ne déclenche rien dans l'Hexagone.
C'est le seul Département Français dans lequel la concentration de Chlordécone, une arme de destruction massive, utilisée au Vietnam par les Américainsc cause des retards de développement chez les enfants dès 3 ou 4 ans, sans que la Justice veuille se saisir au motif que le lien formel entre ce retard et le Chlordécone n'est pas établis... Alors précisément que c'est l'objet de cette étude qui dit le contraire !!!
C'est le seul Département Français dans lequel cette arme chimique Américaine à été rachetée par les descendant de colons esclavagistes dont ils ont acheté le Brevet avec l'argent de l'esclavage. Depuis quand, l'Etat Français, permet-il à des particuliers de détenir un brevet sur une Arme Chimique ? Et d'abord, pourquoi en faire ?
C'est le seul Département Français dans lequel le taux de cancers est multiplié par QUATRE comparé à celui du reste du monde, sans qu'on donne a son Hopital les moyens de soigner la population. Au contraire, l'Etat Français, s'évadant de sa propres responsabilité, se serait "trompé" dans l'évaluation du coût réel de l'éloignement géographique à l'Hexagone. Il lui convient d'avantage à l'Etat de tenter de convaincre que les insuffisances de l'Hopital sont dus à une mauvaise gestion. Pourtant, c'est à l'Etat de traduire en justice ceux qui en serait la cause si c'était vrai. Non seulement l'Etat refuse de poursuivre ceux qui s'évadent avec l'argent de l'Université, mais encore ils vont accuser les gestionnaire de l'Hopital de leur propre choix... Ce qui révèle une stratégie d'irresponsabilisation.

Toutes ces spécificités du Département de la Guadeloupe trouvent un lien direct avec la fortune formée sur l'exploitation des esclaves Africains.
L'omerta, voir le négationnisme d'Etat, sur l'origine scandaleuse de la fortune de certains colons est encouragée par la maîtrise de l'Histoire avec l'aide des Historiens Universitaires d'Etat qui considèrent que "Trop de mémoire tue l'Histoire". Un Historien en particulier dont on vient de voir la performance sur l'étude du Code Noir, lors de l'avènement du MACTe, qui considère les cotés "positif du Code Noir" et qui évite soigneusement de parler de son article premier qui met en cause des Juifs. Le mot est lâché alors attention ! Il s'agit bien de juifs et non de tous les juifs du monde.
En France, on ne peut pas parler des colons Juifs Antillais qui sont impliqués dans le trafic d'esclaves.
Pourtant l'article 1 du Code Noir leur est consacré exclusivement ! Le code de l'esclavage, commence par un article sur des juifs. Maintenant que c'est dit, on comprend mieux pourquoi la Justice Française interdit à des syndicalistes d'écrire que la fortune des riches colons est basée sur l'esclavage. Même si c'est vrai...
"Article 1er
Voulons que l'édit du feu Roi de Glorieuse Mémoire, notre très honoré seigneur et père, du 23 avril 1615, soit exécuté dans nos îles; ce faisant, enjoignons à tous nos officiers de chasser de nosdites îles tous les juifs qui y ont établi leur résidence, auxquels, comme aux ennemis déclarés du nom chrétien, nous commandons d'en sortir dans trois mois à compter du jour de la publication des présentes, à peine de confiscation de corps et de bien"
Or, le Roi de France, Louis XIV ignorait ce qu'est l'antisémitisme.

En France, pour la Justice Française de ce Département si particulier, on ne peut pas reconnaître que les Grosses fortunes des descendants des colons qui y font la pluie et le beau temps proviennent de l'Esclavage, sans admettre que l'Article 1 du Code Noir faisait interdiction aux Juifs d'y faire du commerce.


Du fait qu'on ne puisse pas admettre que le trafic par des juifs, des esclaves Africains était pré-existant au trafic par l'Etat Français du bois d'ébène, la Justice interdit également de faire mention de l'origine de ces fortunes.

Si la justice admettait ces faits Historiques, ça pourrait provoquer un changement majeur dans l'histoire de France et peut être même jusqu'aux Etats Unis où la finance Sioniste traite si mal les nègres dans ses prisons commerciales.
Car en matière historique tout comme en matière économique, ce qui compte c'est avant tout la conscience de la véritable réalité des choses.

Si on a conscience de ces faits majeurs, on ne peux plus même nommer terme juif sans atteindre tout son culte, dont les sionistes tentent d'accaparer le monopole politique. Le simple fait d'en parler fait planer un doute, aussi infâme que celui du "racisme" dont l'Etat Français à fait un tabou appelé Antisémitisme. Or pour admettre l'existence d'un sémitisme, il faut admettre l'existence d'une race sémite. Et dès qu'on accepte le concept d'une "race", séparée de l'espèce humaine, on souscrit à la politique ségrégationniste qui fonctionne si bien avec tous les suprémacistes. D'autant mieux, que ces spécialistes du camouflage, n'hésitent pas à en appeler à leur statut de victime de "haine" de leur conviction religieuse.

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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Dim 11 Oct - 16:17

La longue histoire du racisme : l'utile panorama de Catherine Coquery-Vidrovitch 11 octobre 2015 |  Par Loïc Céry

Module inaugural de l'Espace CIRESC du MOOC "Connaître l'esclavage" : "Le racisme anti-noir et son histoire"

Loïc Céry a écrit:
Il est de ces moments où les initiatives de diffusion du savoir rejoignent une attente générale, elle-même générée par un contexte assez inouï. Ce contexte, c'est bien le nôtre aujourd'hui en France, où les discours obscurantistes se succèdent à un rythme effréné. Face à ce déferlement, la diffusion de la connaissance, seule à même de déjouer l'ignorance, s'avère urgente.


L'Institut du Tout-Monde vous annonce l'ouverture du deuxième "espace" dédié à ses partenaires pour le MOOC "Connaître l'esclavage" : l'Espace CIRESC, qui est donc inauguré aujourd'hui par le module tiré de l'édition 2015 des "Conférences de prestige du CIRESC", en l'occurrence celle qui a été prononcée à l'EHESS le vendredi 25 septembre dernier par l'historienne Catherine Coquery-Vidrovitch, prrofesseur émérite de l'Université Paris Diderot : "Le racisme anti-noir et son histoire".

L'approche historique du racisme anti-noir proposée par Catherine Coquery-Vidrovitch est celle du temps long, et rappelle la démarche qui fut celle de Léon Poliakov à propos de l'histoire de l'antisémitisme. Le panorama que dresse la spécialiste de l'histoire de l'Afrique pourra être apprécié au gré de la vidéo et du texte de sa conférence, mais aussi des compléments didactiques et des ressources externes que propose ce module du MOOC, assorti bien sûr du volet d'évaluation accessible sur inscription. On réécoutera à cette occasion et à la faveur des documents diposés au sein du module, les analyses de Nelly Schmidt sur l'utilisation de la race dans l'histoire des Antilles, de Maurice Olender à propos de l'élaboration et des usages des catégories raciales, d'Éric Mesnard sur l'histoire de la traite transatlantique, de Jean-Christophe Victor proposant une approche historique et géopolitique du racisme, de Claude Bankaert, autour de l'anthropologie de Buffon, de Michel Girod quant au racisme dit "scientifique". On réécoutera aussi avec une certaine émotion le document rare entre tous que constitue l'enregistrement de la conférence prononcée par Frantz Fanon lors du premier Congrès des écrivains et artistes noirs en 1956, "Racisme et culture".

Accéder au module : http://www.lesmemoiresdesesclavages.com/moocciresc3.1.html


Vous pourrez consulter sur le MOOC la programmation à venir de cet Espace CIRESC, qui se poursuivra à partir du 29 octobre par le début de la première session proprement dite de cet espace faisant partie des Cycles d'approfondissement, proposant jusqu'au mois de janvier les modules tirés des vidéos inédites du colloque fondateur de 2006, "La traite négrière, l'esclavage et leurs abolitions : mémoire et histoire" et à partir du 7 décembre, ceux qui seront tirés du Séminaire 2015-2016 du CIRESC.

Nous remercions chaleureusement Myriam Cottias, directrice du CIRESC, et Nathalie Collain, membre du bureau exécutif du CIRESC, pour leur confiance et l'efficacité de leur collaboration.

Loïc Céry, Institut du Tout-Monde


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Ven 16 Oct - 23:31



L’homme français a-t-il un problème avec l’histoire africaine ? KAM 16 octobre 2015


Citation :
Dans une tribune publiée le 9 octobre dans Libération, les intellectuels Jean-Pierre Chrétien et Pierre Boilley dénoncent le retrait discret des programmes scolaires français de tous les cours portant sur les civilisations de l'Afrique.

Lire aussi : France : des historiens dénoncent le retrait de l'enseignement des civilisations d'Afrique au collège

Les grands civilisations d’Afrique, telles que l’empire du Ghana ou l’empire Songhaï, étaient enseignées en classe de 5e, et ne le seront plus désormais, du moins pas pendant cette année scolaire. L’enseignement de l’esclavage demeure, lui, dans le programme du cycle 3 (CM1-CM2-6e). Se dirige-t-on aujourd’hui vers un nouveau déni de l’apport du continent africain à l’histoire de France, et plus généralement à l’histoire universelle ?

France – Sénégal : extraits du discours de Dakar prononcé par Nicolas Sarkozy en 2007


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Ven 16 Oct - 23:35






Citation :
Qui aurait songé, avant mai 2012, à accoler l’adjectif « africain » au nom de François Hollande ? Personne, sans doute. Car, avant son élection, l’actuel président de la République était l’un des hommes politiques français les plus étrangers à l’Afrique. Depuis son arrivée à l’Élysée, il s’est pourtant inventé un destin africain. D’abord pour prendre ses distances avec la Françafrique version Sarkozy. Puis en inventant sa propre politique africaine, mélange singulier de déclarations humanistes et d’interventions armées.

« Je viens sans doute de vivre la journée la plus importante de ma vie politique », s’écrie-t-il en février 2013, le jour où il défi le en « libérateur » dans les rues de Tombouctou, trois semaines après avoir lancé les troupes françaises à l’assaut des djihadistes du Sahel. Et voilà que le président socialiste semble prendre goût à son nouveau statut de chef de guerre ! Un an après l’opération Serval au Mali, il lance l’opération Sangaris en Centrafrique et redéploie les moyens militaires français en Afrique dans un vaste dispositif, l’opération Barkhane, censé aider nos « amis africains » à mener à bien la « guerre contre le terrorisme ».

À l’aide de témoignages inédits, Christophe Boisbouvier décortique la métamorphose de François Hollande. Analysant les rouages de la politique africaine de l’Élysée et identifiant les réseaux qui cherchent à l’influencer, l’auteur explique comment l’actuel président s’est subitement entiché d’un continent qui est aujourd’hui au cœur des préoccupations politiques, économiques et sécuritaires internationales.


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Mar 20 Oct - 16:04

importé de

Réflexion sur la « fin de l’Occident » 18 octobre 2015 | Par Vincent Fleury blog Médiapart


Patlotch a écrit:
il est difficile de proposer une analyse des temps présents par la seule entrée de l'Occident et de son déclin, qu'annonçait déjà Spengler en... 1918


personnellement, j'analyse la période actuelle comme double crise de la modernité occidentale (5 siècles) et du capitalisme comme mode de production (2 siècles)

au croisement de ces deux crises, la suprématie du capitalisme occidental est remise en cause, et toute l'histoire remonte à la surface, qu'on prenne celle du colonialisme, celle de la domination bourgeoise et la figure des Etats-nations depuis la Révolution française, qui font la particularité de cette crise en France, et de l'idéologie actuelle



les outils de la tradition critique héritée de Marx (non le "marxisme" sclérosé dans la plupart de ses variantes) et la nouvelle épistémologie critique décoloniale permettent d'y voir plus clair, et d'assurer une veille en ayant en tête que les questions ne peuvent plus être posées qu'à l'échelle mondiale, dans les articulations de la crise économique et écologique, des luttes diverses qui portent encore, dans leurs spécificités, les antagonismes de classes et contradictions qui structurent le moment et le mouvement de l'histoire actuelle

à cette intersection entre luttes et pensée des luttes, sont bienvenues tous les travaux de recherche que vous évoquez :

Vincent Fleury a écrit:
« tous les doctorants, postdoctorants ou jeunes chercheurs occupés à leur paillasse, produisent des choses tellement intéressantes, que les éructations d’une poignée d’intellectuels stériles n’ont vraiment aucun intérêt.. Quand les Emirs du Pétrole investissent, c'est pour bâtir des universités en tout point analogues aux universités occidentales. Le problème, si c’en est un, est que les gens occupés à des tâches passionnantes et constructives, ont mieux à faire que d’aller contredire ceux qui ne font rien, ou pas grand-chose »


mais la difficulté est effectivement de les mettre à disposition pour qu'ils soient utilisés de façon collective, au-delà de la sphère universitaire où ils sont produits


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Dim 25 Oct - 22:49



Congo : le double jeu de François Hollande 23 octobre 2015 | Par Lénaïg Bredoux Médiapart

Alors que les États-Unis ont appelé au report du référendum prévu dimanche au Congo pour modifier la Constitution, François Hollande a apporté mercredi un soutien appuyé à Denis Sassou Nguesso, au pouvoir depuis 30 ans. Avant de rétropédaler. La France n'est pas encore prête à lâcher son vieil allié

point de presse vidéo

Citation :
C’était un test très attendu. Qu’allait donc faire François Hollande de Denis Sassou Nguesso ? Au pouvoir depuis 30 ans au Congo et visé en France dans l’affaire des biens mal acquis, ce dernier a appelé à un référendum constitutionnel dimanche pour pouvoir briguer un nouveau mandat. En début de semaine, des manifestations ont été réprimées dans le sang. Mais le président français a d’abord apporté un soutien très appuyé au vieil allié de la France, de la Chiraquie aux pétroliers, en passant par Nicolas Sarkozy. Avant de rétropédaler.

« Sur le Congo, le président Sassou peut consulter son peuple ; cela fait partie de son droit, et le peuple doit répondre. Une fois que le peuple aura été consulté, et cela vaut pour tous les chefs d’État de la planète, il faut veiller à rassembler, à respecter et à apaiser », a indiqué mercredi François Hollande, à l’occasion de la visite du président malien Ibrahim Boubacar Keïta à Paris.

Les États-Unis ont défendu une position opposée. Le 20 octobre, le porte-parole du département d’État américain a déclaré 3 : « Nous appelons le président Sassou à reporter le référendum, (…) et permettre le dialogue et la discussion. » L'Union européenne et l'Union africaine 3 ont elles aussi appelé au calme.

Dimanche, les Congolais sont appelés aux urnes pour valider la modification de la Constitution taillée sur mesure pour Denis Sassou Nguesso. Elle prévoit notamment un relèvement de l'âge maximum des candidats à la présidentielle et la suppression de la limitation à deux mandats. Sans cette réforme, le président congolais, âgé de 71 ans, et au pouvoir de façon quasi continue depuis 1979, ne pourrait se représenter.

Ce projet a suscité une vive opposition, malgré la violente répression orchestrée par le régime. En septembre, l'opposition a rassemblé des milliers de manifestants pour protester. Mercredi, les forces de sécurité congolaises ont eu recours à des tirs de sommation et à des gaz lacrymogènes à Brazzaville pour disperser les centaines de manifestants qui défilaient. Mardi, quatre personnes ont été tuées lors d'affrontements dans la capitale congolaise et à Pointe-Noire entre policiers et manifestants qui réclamaient le départ de Denis Sassou Nguesso. Selon les ONG, le bilan pourrait être beaucoup plus lourd. Une coalition de l’opposition évoque une vingtaine de morts.

C’est dire si les propos de François Hollande ont provoqué la consternation des ONG et des militants des droits de l’homme. « En quelques secondes, François Hollande a anéanti tout espoir de voir la France aux côtés des démocrates congolais, s’indignait Clément Boursin, à l’Acat 3. Il y a une vraie dérive de la politique africaine de la France, sans vision, et dont les propos changent en fonction de ses intérêts. »

Un proche du président français, cité par RFI 3, s'en expliquait jeudi : « Nous avons envoyé plusieurs messages à Sassou, mais il ne veut rien entendre. Il est décidé à aller au troisième mandat. Donc, nous observons ce qui va se passer. »

Jeudi soir, dans un communiqué très tardif (à 22h15), l’Élysée a finalement tenté de rectifier le tir : « Le président de la République suit avec grande attention les événements actuels en République du Congo. Il condamne toute violence et soutient la liberté d’expression. Il rappelle qu’il avait souhaité, lors de son discours prononcé à Dakar, le 29 novembre 2014, que les Constitutions soient respectées et que les consultations électorales se tiennent dans des conditions de transparence incontestables. » Et comme par miracle, le PS a fini par s’exprimer, vendredi matin. « Le Parti socialiste estime que l'organisation d'un tel référendum est légale, mais son objet comme son opportunité sont discutables et doivent pouvoir être librement discutées », écrit le PS, après avoir condamné les violences de ces derniers jours. Le ton est cependant plus mesuré 3 qu'il y a quelques mois où le parti majoritaire appelait à annuler le référendum.

Pour Thomas Noirot, de l'association Survie, « l'Elysée tourne autour du pot en rappelant une prétendue position de principe, au moment même où des forces de sécurité bénéficiant d'une coopération avec la France répriment les manifestations. Comme il l'avait fait à la fin du putsch au Burkina Faso, François Hollande devrait au minimum suspendre la coopération militaire française avec le Congo. » Une requête également formulée par Europe Ecologie-Les Verts qui, dans un communiqué, « demande au gouvernement français de suspendre immédiatement sa coopération militaire et policière avec le régime de M. Sassou Nguesso ».


François Hollande accueille Denis Sassou Nguesso en juillet à l'Elysée © Reuters
.
Sur le papier, François Hollande est donc revenu à la position qu’il défend publiquement depuis plus d’un an. En octobre 2014, l’Élysée faisait fuiter la lettre envoyée par le président français 3 au Burkinabè Blaise Compaoré, qui voulait (lui aussi) se maintenir au pouvoir. « À cet égard, le Burkina Faso pourrait être un exemple pour la région si, dans les mois qui viennent, il avançait lui aussi dans cette direction en évitant les risques d’un changement non consensuel de Constitution », écrivait alors François Hollande. Compaoré, lâché par la France quand plus personne ou presque ne soutenait le vieux dictateur, a fini par démissionner.

Quelques semaines plus tard, le chef de l’État français avait repris le même credo : c’était en novembre 2014, lors du Sommet de la francophonie, à Dakar. « Là où les règles constitutionnelles sont malmenées, là où la liberté est bafouée, là où l’alternance est empêchée, j’affirme ici que les citoyens de ces pays sauront toujours trouver dans l’espace francophone le soutien nécessaire pour faire prévaloir la justice, le droit et la démocratie », avait-il déclaré, après un hommage à la Tunisie et au « printemps arabe ».

Hollande a encore rappelé cette déclaration en mai dernier, dans un communiqué consacré au Burundi. Fin septembre et début octobre, le quai d’Orsay l’a de nouveau répété à propos du Congo. Cette position faisait même la fierté du quai d’Orsay et de l’Élysée. Ces dernières semaines, quand on les interrogeait sur le soutien de la France à certains despotes africains (au Tchad ou au Cameroun), les conseillers du pouvoir répondaient invariablement que François Hollande incarnait une rupture, et continuait à défendre les droits de l’homme. Leur argument : ses déclarations du Sommet de Dakar. Mais si la France continue de soutenir à bout de bras Sassou Nguesso, elles ne seront que des mots creux.


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Dim 1 Nov - 22:17

L'incroyable bras de fer d'un jeune prof de français contre les conséquences de l'incurie et de la corruption au sein d'une institution éducative ancrée dans la mentalité coloniale de ses fondations :



Colonialisme, clientélisme et censure : l'autre visage de la Mission laïque française



29 OCTOBRE 2015 |  PAR SALAH LAMRANI



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LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL
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