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dans la DOUBLE CRISE du CAPITAL et de l'OCCIDENT, LUTTES COMMUNISTES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGIQUES
 
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 LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL

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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Lun 19 Déc - 12:36


VERS LA COMMUNAUTE HUMAINE

Jacques Camatte, Invariance, avril 1976

En ce qui me concerne, le mouvement de libération des peuples coloniaux
faisait apparaître une donnée essentielle - étudiée déjà dans l'aire occidentale -
celle de la communauté
.


"L'être humain est la véritable  Gemeinwesen (communauté) de l'homme." Karl Marx

extrait
Jacques Camatte a écrit:
S'il n'y avait pas de révolution prolétarienne la société ne restait tout de même pas immobile, d'où la nécessité de préciser en quoi le fascisme avait gagné la guerre, pourquoi la détente succédait à la guerre froide. Les réponses à ces questions ne pouvaient venir que d'une étude approfondie du devenir du MPC en ne se limitant pas au schéma léniniste exposé dans L'impérialisme stade suprême du capitalisme. En même temps s'imposait l'investigation des phénomènes qui pouvaient accélérer la venue de la crise capitaliste seule apte à déterminer une repolarisation des forces révolutionnaires œuvrant à la reformation du parti. C'est là qu'on rencontrait la question des révolutions anticoloniales qui fut de 1950 à 1962 le phénomène immédiat le plus important.


L'étude de la question nationale-coloniale s'est faite en deux périodes séparées par la prise de connaissance du texte fondamental de K.Marx Formes qui précèdent la forme de production capitaliste (chapitre des Grundrisse) en 1958. Avant cette date on essaya de délimiter des aires géo-sociales, comme A. Bordiga l'avait fait lors de son étude de la révolution Russe. On chercha à déterminer à quel niveau de développement des forces productives elles se trouvaient et à individualiser le mode ou les modes de production y opérant. La destruction des antiques rapports sociaux était considérée comme progressive parce que permettant un développement du capital et donc la formation du prolétariat. Après la lecture du texte de K.Marx, on n'a pas abandonné réellement cette vision qui cadre avec la théorie du prolétariat mais on insista plus sur une critique du progrès, sur la glorification des antiques rapports sociaux qui étaient plus humains; d'où une exaltation de l'histoire des différents peuples se soulevant contre les métropoles capitalistes, sans sombrer dans un populisme. En outre, pointa l'idée que certaines régions de la terre pouvaient ne pas être favorables à un développement du MPC, mais on n'en tira aucune conséquence importante. Enfin, ce qui me passionna le plus dans le texte de K.Marx c'était d'y trouver une périodisation de l'histoire humaine en fonction des divers types de communauté; malheureusement l'étude immense que cela réclamait ne permit pas d'aller très loin dans l'investigation. Je me contentais de signaler, de façon schématique, ce mode d'appréhender l'histoire dans Le VI° Chapitre inédit du Capital et l'oeuvre économique de Marx.


Fondamentalement, au départ, il était évident que ces révolutions anticoloniales ne pourraient pas engendrer le socialisme; toute perspective de double révolution était également à exclure; restait à déterminer s'il ne pourrait pas y avoir une certaine transcroissance qui passait inévitablement par une radicalisation au sein des métropoles provoquant un affaiblissement de celles-ci permettant au mouvement anticolonial d'atteindre plus de profondeur et d'amplitude.


Cette perspective n'était pas fausse puisqu'elle se réalisa mais en un laps de temps plus long que prévu et sous une forme bien moins révolutionnaire. Il faut attendre 1975 pour qu'on ait réalisation du phénomène escompté en 1960: la fin de la colonisation de l'Afrique.

Dans une dernière période l'étude des pays ayant accédé à l'indépendance fut analysée en tenant compte d'un phénomène inverse : dans quelle mesure ils renforçaient le système capitaliste mondial ? Il ne s'agissait pas d'en venir à un européocentrisme mais de constater qu'une possibilité d'accélération d'un procès révolutionnaire avait été perdue.


La question des révolutions anticoloniales donna lieu au sein de l'organisation à des oppositions découlant de deux positions : une qui fut nommée, ultérieurement, en d'autres lieux, tiers-mondiste, l'autre qu'on peut caractériser comme européocentrique, ayant pour arrière fond la théorie de la décadence du MPC et l'impossibilité pour celui-ci d'accroître encore les forces productives. Cette dernière ne manquait pas d'une certaine générosité: par son action le prolétariat a au fond apporté la solution pour l'ensemble des hommes de la planète; il a permis un essor des forces productives jusqu'au capital pleinement réalisé qui est la base pour accéder au communisme; non seulement il n'y a plus rien à développer mais on ne le peut pas; la seule action progressive est la destruction du MPC. D'où, pour les partisans actuels de cette théorisation, nous vivons une espèce de Moyen-Âge, une nouvelle barbarie, etc . . . où le développement technique n'est qu'une apparence de progrès. En affirmant cela, ils manifestent de l'incohérence puisqu'ils ne mettent pas réellement les hommes et les femmes au premier plan de la transformation qui doit se produire et éviter à divers peuples les phases pénibles de la capitalisation.


La première position s'abandonnait à l'immédiat, l'autre se figeait dans un acquis historique. On a trouvé la solution; il suffit que sa connaissance soit divulguée ou que d'autres en fassent par eux-mêmes la découverte. Sous-jacente se cache l'idée de la nécessité d'une dictature du centre sur toute la périphérie.


Pour ceux qui nient totalement la caractère révolutionnaire des mouvements anticoloniaux comment pouvait-on concevoir un aller au communisme au début du siècle (moment où selon eux le MPC entre en décadence) puisque le prolétariat était absolument minoritaire à l’échelle mondiale ?
Que serait-il advenu à l'Afrique par exemple ? La logique voudrait que dans ce cas ils accordassent une importance aux autochtones, mais ce serait sombrer dans le populisme qu'ils honnissent. Le prolétariat d'Occident est alors l'avant-garde qui doit exporter la conscience dans les autres pays. Mais comment peut-elle se greffer là-bas si l'être de ces pays est différent ?


Ce qu'à la suite de A.Bordiga on craignit le plus c'était, bien qu'on la connut fort mal, le fleurissement d'une théorie populiste au sein des peuples insurgés qui aurait pu affirmer qu'une couche sociale autochtone — ou même l'ensemble de la population — assurerait l'indépendance; non pas parce qu'on était contre celle-ci mais parce qu'on y voyait alors une phase purement bourgeoise démocratique qui fixerait le processus à un stade intermédiaire de développement. Il fallait, même si le prolétariat indigène était faible, mettre en avant la dimension internationale; toute théorisation de vertus particulières à un peuple donné apparaissait en contradiction avec l'internationalisme. On ne pouvait pas ne pas miser sur une transcroissance possible, telle que l'avait montrée la révolution russe. Cependant, vue la carence du mouvement prolétarien dans ces pays, on fut bien amené à reconnaître que la lutte des races se révélait parfois beaucoup plus révolutionnaire que la lutte des classes.


C'est donc en fonction de tout cela qu'on pouvait être pour l'indépendance des pays coloniaux. En outre, on ne pouvait pas être insensible à l'aspect purement humain : la fin d'un assujettissement; le fait de l'affirmation d'une dignité humaine acquise grâce à l'indépendance et le dévoilement d'une humanité qui avait été bafouée, niée durant des siècles. Ceux qui dénigrent systématiquement ces mouvements révolutionnaires devraient méditer sur le fait que rapporte F. Fanon : des savants français faisaient des thèses pour démontrer que le cerveau des Algériens était structuré différemment de celui des Européens ce qui expliquait leur prétendue infériorité, ainsi que sur la phrase lourde de sens historique d'Aimé Césaire: "Ce qu'il (le bourgeois humaniste du XX° siècle) ne pardonne pas à Hitler, ce n'est pas le crime en soi, le crime contre l'homme blanc, c'est d'avoir appliqué à l'Europe des procédés colonialistes dont ne relevaient jusqu'ici que les Arabes d'Algérie, les Coolies de l'Inde et les Nègres d'Afrique".


Le mouvement de libération fut très important pour les noirs qui en 1960 acquirent l'indépendance; certes ce fut l'émancipation du noir et non de l'homme, mais cela eut une conséquence considérable par exemple sur le mouvement révolutionnaire noir étasunien (confirmant la perspective). Pour ces hommes luttant contre un racisme puissant il y avait là des preuves tangibles de leur humanité. Avec juste raison ils purent enfin dire: "Black is beautiful". Ce qui s'est produit c'est une émancipation progressive dans le cadre du MPC, résultat identique à celui obtenu par les prolétaires en 1848 et en 1871. Ces mouvements représentent en fait une extension de la domination du capital à des zones plus vastes même si cette domination n'est pas réelle. L'essentiel c'est l'élimination de la réduction des algériens, des noir, etc. . . à un stade infrabestial. A partir de 1960 on est obligé de reconnaître que l'humanité blanche n'est pas la seule humanité. Si des conflits éclatent dans ces pays devenus indépendants cela pose la mise en cause d'un système mondial non humain et, aussi, vue l' impasse en Occident, celle de poser leur propre devenir en rapport avec leur passé qu'ils redécouvrirent et non de singer l'Occident.


La théorie de l'importance, de la nécessité de l'indépendance de ces pays est liée à la théorie du prolétariat; sur sa base on ne peut affirmer que cela (au moment historique auquel on se réfère ici); l'alternative serait une théorie populiste. Malheureu­ement (comme je le pense maintenant) il n'y en eut pas; il y eut seulement une théorie substitutionniste: on remplaça le prolétariat par le paysan comme le firent Mao Zédong ou Aimé Césaire. Ils ne cherchèrent pas, à la différence des populistes russes, le possible d'un autre devenir; ils ne posèrent pas le problème de greffer les acquis techniques occidentaux sur les vieilles formes sociales communautaires. Au contraire —on peut anticiper jusqu'à nos jours — ils veulent détruire leur vieux milieu social; tous proclament la guerre au tribalisme.

Affirmer que du moment qu'en Occident le prolétariat ne fait rien, tout mouvement social révolutionnaire ne peut que nourrir la contre-révolution, c'est vouloir faire tout tourner autour de l'Occident, c'est l'européocentrisme et une justification du colonialisme, etc. . . c'est surtout faire peu de cas de l'impasse tragique où se trouvèrent et se trouvent une multitude d'hommes et de femmes dans les diverses aires dits arriérées. Enfin cela exprime de la façon la plus aiguë le renversement de la proposition: "le prolétariat ne doit pas attendre de messie" en "le prolétariat est le nouveau messie qu'il faut attendre". En même temps, au sein de ce renversement, le prolétariat prend, aux yeux des divers "attentistes", des figures variées; chacun mettant dans cette classe ce qu'il a besoin pour résoudre sa perspective historique. [on l'a vu concernant les "communisateurs", qui redéfinissent le prolétariat sujet de la révolution sur mesure tautologique]


C'est pourquoi ce fut une grande joie quand, en 1960, une grande partie de l'Afrique accéda à l'indépendance due en grande partie à l'opiniâtreté de la lutte des Algériens, d'autant qu'on pouvait prévoir, qu'à bref délai, tout le reste suivrait et que les nouveaux pays indépendants pourraient entreprendre une croisade pour libérer leurs frères d'Afrique du Sud.


Il est un autre élément sur lequel on a insisté qui montre que nous avions bien raison de pas avoir d'illusions sur ce que pourrait donner ces mouvements: les diverses directions ne purent négocier l'indépendance qu'après avoir éliminé les groupements les plus extrémistes (révolution algérienne) ou les éliminèrent après son obtention au prix d'une période de chaos (cas du Congo-Zaïre) de telle sorte que ce tut toujours, le potentiel révolutionnaire le plus bas qui put s'affirmer.


L'analyse de ces révolutions n'apparaissait pas suffisante, encore moins exhaustive, aussi fallut-il faire une nouvelle étude plus fouillée des différents modes de production et rejeter l'unilinéarisme. En effet en glorifiant les antiques civilisations de ces pays il y avait en germe l'idée qu'il n'était pas nécessaire que ces pays passent par les mêmes étapes qu'en Occident pour produire une civilisation importante que, donc, il pouvait y avoir une autre voie de développement. Mais ceci ne pouvait pas suffire, il aurait fallu montrer qu'il n'y avait pas inéluctabilité d'un développement donné, celui de l'Occident.


Dans cette étude des révolution anticoloniales surgit une difficulté toute spéciale: la Chine. A.Bordiga apporta peu de choses; les autres membres du PCI ne firent que broder des erreurs sur le canevas classique. Ce qui me semblait important c'était le type même de la communauté chinoise (ce qui je devais analyser par la suite en. tant que communauté despotique), mais je n'avais pas le temps ni les moyens d'aborder cette investigation.


En ce qui me concerne, au-delà des questions que je viens de signaler rappeler, le mouvement de libération des peuples coloniaux faisait apparaître une donnée essentielle — étudiée déjà dans l'aire occidentale — celle de la communauté.


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Tristan Vacances



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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Ven 20 Jan - 12:10


repentance danoise

Denmark struggles to come to grips with its slave past

Justin Cremer The Local dk 5 January 2017

This year marks the centennial of Denmark's sale of the Danish West Indies and the milestone has some asking if the nation should issue a formal apology for its role in the slave trade.

[center
An image from the book 'The history of slavery and the slave trade,
ancient and modern' shows a slave being branded in the West Indies

Photo: Public Domain/WikiCommons
[/center]

Citation :
One hundred years ago today, Danish and US officials were finalising the details of the Treaty of the Danish West Indies, a $25 million sale of what are now known as the US Virgin Islands of Saint Croix, Saint John, and Saint Thomas.

While there will be various events throughout the year to mark the occasion, there are voices within Denmark calling on the nation to use the centennial to address its role in the slave trade, something that critics say has been conveniently swept under the rug in favour of focusing on the more flattering story of how Denmark became the very first nation to outlaw transatlantic slavery.

“The blood of slaves colours a dark chapter in Denmark’s history,” the newspaper Politiken wrote in an editorial on Thursday.

“We know the truth even if we would rather not know it. Very few schoolchildren hear about Danish ships that sailed 120,000 slaves from Danish forts in Africa. How 50,000 of them ended in the Danish West Indies. How one in ten slaves died on the journey and were thrown overboard. Or how the rest of the slaves toiled on plantations or were sold off,” the editorial continued.

PM: 'Shameful'

Prime Minister Lars Løkke Rasmussen used the looming centennial to acknowledge what he called “a gruesome chapter” in Denmark’s history during his annual New Year’s Day address.

“Many of Copenhagen’s beautiful houses and palaces were built with money earned off the toil of slaves and exploitation on the other side of the world,” the PM said.

“It is not a proud part of Denmark’s history. It is shameful,” Rasmussen added.

The prime minister did not formally apologize for Denmark’s participation in the slave trade, following a position the Danish government has held for years.


Prime Minister Lars Løkke Rasmussen addressed Denmark's past participation in the slave trade
during his New Year's address. Photo: Ólafur Steinar Gestsson/Scanpix

Historian Anders Bjørn, who co-counded the Centre for Colonial History, is one of a number of Danes who have called on the country to give an official apology.

“It’s important that we don’t forget that Danes have been behind the gross explotation of people in the old Danish colonies. And it is important that Denmark’s officials don’t forget it,” he told Politiken back in August.

“All other slave-owning nations have either a museum or a statue that bares witness to the slave era. We don’t have that sort of memorial in a public space in Denmark. It’s missing,” he added.

No apology

Denmark’s minister of culture, Mette Bock, said a formal apology "just doesn't make sense" and what's more important is to enter into a dialogue with the descendants of slaves.

“I think what the prime minister did is even stronger [than an apology]: to say precisely that it was shameful. And that’s because an apology, if it is to have meaning, should be given by the one who carried out the offence,” she told broadcaster DR. “One cannot apologize on behalf of others.”


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Jeu 16 Fév - 22:04


la diagonale du flou

ce que ne dit pas Macron, ni les pour ou contre sa sortie, "colonisation a été un crime contre l’humanité", c'est d'abord qu'elle fut le premier pas de la mondialisation capitaliste, occidentale de fait

à partir de là, toutes les polémiques sont possibles sur le terrain politique, 'spectaculaire' pour le coup

ce que ne dit pas Macron, ensuite, c'est que son vrai programme, qu'il non-présente avec un talent indéniable, poursuivra la nouvelle "colonisation", qui n'est plus (seulement) géographique et pas seulement à base raciale. Il est donc vrai qu'il sent le vent du monde tourner, mieux qu'un Fillon, mieux qu'un Hamon, et mieux qu'un Mélenchon

cet article est aussi une prouesse idéologique : vive le capitalisme décolonial !


L’impeccable leçon de Macron sur la colonisation

François Reynaert l'Obs 16 février 2017

"La colonisation a été un crime contre l'humanité", déclare le candidat d'En Marche !, suscitant un tollé. Quelques éléments de rappel pour les oublieux.


Macron à la basilique Notre-Dame d'Afrique.
Anis Belghoul/AP/SIPA

Citation :
On les comprend. M. Macron va en Algérie et y déclare - incroyable scandale ! - que la "colonisation a été un crime contre l’humanité". Pour eux, c’est trop beau. Mme Le Pen, fille de l’OAS par son père, se retrouve sur un terrain qui plaira à sa base historique qui n’a toujours pas digéré les accords d’Evian. Elle peut lâcher ses aboyeurs : scandale ! Traître qui "tire dans le dos de la France", etc. Et M. Fillon, l’homme qui, en septembre dernier, affirmait sans rire que la France n’avait pas à rougir d'"avoir partagé sa culture aux peuples l’Afrique", trop content de trouver n’importe quoi qui lui permette d’échapper dix minutes aux questions sur sa femme, juge les déclarations de son rival "indignes d’un candidat à la présidence de la République".

On les comprend et on les remercie, car sans leurs ululements, on n’aurait sans doute prêté qu’une attention distraite aux propos effectivement prononcés par l’ancien ministre de l’Economie à Alger, et on aurait raté quelque chose. Face aux caméras de la télé privée "Echourouk news", M. Macron a-t-il bien déclaré que la colonisation était un "crime contre l’humanité" ? Oui, mais contrairement à ce que l’on voudrait faire croire, cette phrase s’inscrit dans un raisonnement dont on avoue bien volontiers qu’on le trouve d’une grande finesse et d’une grande exactitude.

Cela fait des décennies que la classe politique cherche à se dépatouiller du souvenir complexe de l’histoire coloniale. En moins de deux minutes, le jeune candidat nous indique avec brio la voie à suivre pour le faire. Oui, dit-il en substance, la colonisation a été une horreur, une "barbarie", un "crime contre l’humanité", mais il ne faut pas enlever à cet épisode sa complexité en refusant de voir qu’il a été fondé sur un projet qui a pris le masque de l’émancipation (c’est ce qu’il résume par l’élégante formule : "La France a apporté les droits de l’homme mais elle n’a pas su les lire") et enfin, il faut réussir à dépasser enfin cette histoire pour sortir de la "culture de la culpabilisation sur laquelle on ne construit rien". Reprenons l’un après l’autre chacun de ces trois points.

Oui, la colonisation a représenté une forme de "barbarie"

La colonisation, c’est-à-dire ce long phénomène historique qui voit l’Europe réussir progressivement, à partir du XVIe siècle (conquête de l’Amérique), à dominer, en trois siècles, la quasi totalité de la planète peut-elle être considérée, dans son ensemble comme un "crime contre l’humanité" ?

Sur un strict plan juridique, c’est difficile à affirmer de façon globale : le "crime contre l’humanité", tel qu’il est défini après la Seconde guerre mondiale au procès de Nuremberg, implique une volonté d’exterminer une population ou de l’asservir. Le projet général des puissances coloniales était de dominer et d’exploiter à leur profit, les pays colonisés, non pas d’éliminer leurs populations de la surface de la Terre, d’autant qu’elles pouvaient leur servir.

Il est clair néanmoins que l’histoire coloniale dans son ensemble est jalonnée d’épisodes qui méritent largement le qualificatif de barbares. Rappelons le bilan du moment inaugural de la colonisation européenne, la conquête des Amériques par les Espagnols : en un siècle, la population indienne chute d’environ 90% ! Cet effondrement est dû au "choc microbien", bien sûr, aux maladies importées à leur corps défendant par les conquistadors, mais aussi à leurs pratiques : les Espagnols n’avaient d’autres projets pour les populations soumises que de les soumettre à l’esclavage. Nombre d’Indiens, ne pouvant y résister, en sont morts.

Citons encore deux pages atroces de la colonisation de l’Afrique, au XIXe siècle. Dans les années 1880, le roi des Belges Léopold II acquiert le Congo, un domaine d’une surface 80 fois supérieure à la Belgique, et il en laisse l’exploitation économique à des sociétés privées – dites "concessionnaires" – qui ont tout pouvoir pour contraindre les populations à procéder aux récoltes de l’ivoire, d’abord, puis du latex, pour faire le caoutchouc. Leur brutalité dépasse l’entendement. La méthode la plus classique utilisée par les agents de Léopold pour soumettre les villages consiste à couper les mains des récalcitrants.



Les mains coupées du Congo. (Domaine public)


Quelques photos montrent les membres coupés, dressés en pyramides. Au total, les massacres du Congo font des millions de victimes. Citons aussi la façon dont les Allemands, à partir de 1904, ont écrasé, dans leur colonie de Namibie, la révolte des Hereros : leur population passe, en quelques années de 80.000 à 15.000 individus.

Le sinistre exemple de l'Algérie


On dira que ces exemples ne concernent pas la colonisation française. C’est vrai. Faut-il pour autant en faire un modèle de vertu ? Ce serait oublier une réalité constante. La colonisation procède de la conquête et impose une domination. L’une et l’autre ne sont jamais allées sans la plus grande brutalité.

On pourrait prendre des exemples dans l’ensemble des colonies. De l’Indochine à l’Afrique Noire, de la Nouvelle Calédonie à Madagascar, aucune n’a échappé à ce sinistre lot. Restons en au seul exemple de l’Algérie. Toute l’histoire coloniale y est scandée, du début à la fin, par la violence.

Une décennie après la conquête, dans les années 1840, quand il faut "pacifier", le territoire, les généraux français mettent au point une technique particulière, utilisée au moins à trois reprises : alors que des villages entiers se sont réfugiés dans des grottes, on allume le feu devant. Ce sont les "enfumades". En 1871, a lieu la "grande révolte kabyle", dernier sursaut pour chasser les occupants.



Massacre de Sétif et Guelma (Domaine public)


Les Français n’hésitent pas, pour repousser les populations, à brûler massivement leurs terres, qui seront par la suite données aux colons. Le 8 mai 1945, le jour même de la défaite du nazisme, à la suite du coup de feu tiré par un gendarme sur un enfant portant un drapeau algérien lors d’un défilé, des émeutes ont lieu à Sétif et Guelma, faisant une centaine de victimes européennes. La répression se déchaîne. L’armée s’en mêle. Les historiens les plus prudents parlent de milliers de morts parmi les musulmans. Moins de dix ans plus tard, commençait la guerre d’Algérie, avec son nouveau cortège d’horreur. Les épouvantables exactions commises par le FLN – qu’il ne faut évidemment pas oublier – et, du côté français, la généralisation de la torture et les bombardements de populations civiles.

Oui, la colonisation s’est parée du masque de la "civilisation"

La droite, il y a dix ans, voulait imposer aux manuels scolaires de rappeler les "effets positifs de la colonisation". Elle montrait en cela qu’elle était restée très années 30. Elle vivait encore au temps des belles brochures  de l’Exposition coloniale qui vantait "l’œuvre accomplie par la France" en montrant des photos de magnifiques chemins de fer construits à travers la jungle africaine, et de généreux médecins vaccinant des petits Noirs dans les villages de brousse.

Il ne faut pas l’oublier en effet, le projet colonial s’est toujours pensé comme un projet bienfaisant. Au XVIe siècle, derrière la croix des évangélisateurs, on faisait le bien en apportant à des païens les lumières de la Vraie Foi. Au XIXe, au temps où l’Occident invente le "progrès", on faisait la même chose dans une version laïcisée : on apportait la civilisation à des peuples "en retard", on allait les aider à sortir de leur horrible sauvagerie.

C’est la philosophie résumée par Jules Ferry dans sa célèbre formule (1885) sur "les races supérieures" qui ont "le devoir de civiliser les races inférieures". Il ne s’agit pas de déconsidérer ce propos avec nos yeux d’aujourd’hui. Bien des individus ont cru sincèrement à ce projet qu’ils considéraient comme humanitaire. D’innombrables instituteurs, fonctionnaires, médecins ont pris le chemin de l’école coloniale car ils croyaient sincèrement à cette mission civilisatrice. Les plus intelligents d’entre eux ont compris assez vite ce qu’elle recouvrait en réalité. Tout ce discours humanitaire n’était qu’une fausse barbe masquant la réalité d’une entreprise de soumission et d’exploitation qui, sur place, se cachait fort peu.

Ainsi par exemple, toute la colonisation de l’Afrique noire, entreprise à partir des années 1880, s’est faite, du côté de tous les Européens, Français, Belges, Anglais, etc. sur un prétexte répété sans cesse, dans toutes les conférences internationales, dans toute la littérature coloniale : lutter contre l’horrible esclavage toujours pratiqué là-bas. Sitôt la conquête faite, toutes les puissances coloniales mettent en place le système du travail forcé : pour "aider" à doter ces pays d’infrastructures qu’ils n’avaient jamais demandées et qui servirent essentiellement à piller plus facilement les ressources locales, les nouveaux maîtres imposent aux populations de donner des jours ou des semaines de corvées.

Nombreux sont ceux qui tentent d’y échapper et s’enfuient. Partout les autorités recourent à des techniques pour les faire revenir, comme de prendre en otage les familles. Nombreux sont ceux qui se soumettent, et ne reviennent jamais. Les travaux exigés sont harassants. La construction du chemin de fer "Congo océan", qui a lieu dans les années 1920, a coûté, dit on, "un homme par traverse".

Bien sûr, on construit des hôpitaux, des ponts, des écoles, mais combien, et pour qui ? En 1914, en Algérie, plus de 80 ans après la conquête, le taux de scolarisation des "indigènes", est de 2% …

"La France, dit M. Macron, a apporté les droits de l’homme mais elle a oublié de les lire". C’est juste. Partout, la conquête se prévaut des principes de 89, du drapeau émancipateur, de la promesse de la liberté, de l’égalité, de la fraternité. Elles n’arrivèrent jamais. A la place de la fraternité, une domination raciste constante, reposant sur la supériorité innée du "blanc".

A la place de la liberté et de l’égalité, le "code de l’indigénat", inventé à la fin du XIXe, qui régit tous les "sujets d’empire" et leur montre à tous les instants de leur vie qu’ils n’ont pas les mêmes droits que les "vrais" Français : interdiction de se syndiquer, de se réunir sans autorisation, mesures vexatoires de soumission aux plus petits fonctionnaires coloniaux.

Que dire du droit de vote ? Il n’apparaît qu’après la Seconde Guerre, mais de façon  bien prudente. Dans les départements d’Algérie, est mis en place le système du "double collège", c’est-à-dire une technique qui permet aux Français d’Algérie de voter séparément des "musulmans" et de garder sur eux toute leur prééminence : selon ce principe, une voix "française", compte autant que sept voix musulmanes.

Oui, il faudra un jour dépasser cette histoire


Et le plus étonnant, dans toute cette affaire, est de penser que nous en sommes encore là, en 2017, à répéter inlassablement cette vieille histoire, ce passé qui, selon l’expression convenue, ne passe pas. Il faut dire que la droite et l’extrême droite, tout à leurs délires nationalistes, glissent à ce propos sur une pente dont on se demande où elle va les mener. Ecoutez les criaillements de la camarilla lepeniste. M. Macron a commis un crime inexpiable, il a attaqué "l’histoire de France". Donc maintenant l’histoire de France est un bloc devant lequel on doit se prosterner sous peine de blasphème : même la révocation de l’édit de Nantes par Louis XIV ? Même la traite négrière ? Même Pétain ?

Que dire de la droite classique ? Mesure-t-on l’énormité de la phrase de M. Fillon, déjà citée : la colonisation a donc été un "partage [de notre] culture aux peuples l’Afrique" C’est fascinant. Et l’invasion de la Russie par la Grande Armée, c’était quoi ? Un programme Erasmus ?

Faut-il pour autant tirer le char dans l’autre sens et céder au penchant pour l’auto-flagellation qui a été de mise, à gauche, il y a 20 ou 30 ans ? Ce serait une erreur. La dénonciation de la colonisation est une nécessité. Il ne faut pas oublier pour autant à quel point elle a pu être instrumentalisée à des fins politiques. Cela a été le cas dans de nombreux pays, et plus particulièrement en Algérie.

Depuis plus d’un demi-siècle, la classe dirigeante qui tient le pays en coupe réglée et accapare ses richesses se sert de cette arme imparable dès que le besoin s’en fait sentir. Lui réclame-t-on des comptes sur la façon déplorable dont le pays est géré : c’est la faute de la colonisation ! Allons. 58 ans après l’indépendance, et c’est toujours cette même chanson ? La faute au passé, la faute au passé ! Le peuple algérien en a assez de ce refrain. Il a raison. A sa manière, Macron en parlant comme il l’a fait à la télé algérienne, a répondu avec clarté. Contrairement à ce que prétend faussement Mme Le Pen nièce, il n’a nullement versé dans la repentance. Au contraire. Contrairement à tous les hommes politiques qui se sont succédés en Algérie, il a rappelé qu’il était bon, enfin, de sortir de cette "culture de la culpabilité",  de cette obsession du passé qu’il faut enseigner, comprendre, et aussi désormais, savoir dépasser.  


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Ven 17 Mar - 19:13


d'une continuité coloniale et post-coloniale
dans les discours et les actes de François Fillon

je ne rappelle pas les sorties de l'ex-Premier ministre et du candidat à la présidentiel en matière de néo-néo-colonialisme...



L'avocat Robert Bourgi dans son cabinet a Paris, le 9 septembre 2011.
BERNARD BISSON/JDD/SIPA

L'avocat de 71 ans, figure discrète des réseaux politiques sur le contient africain, conseille et habille François Fillon...

Citation :
Il avait l’habitude de donner du « papa » à Omar Bongo, l’ancien président gabonais. L’avocat Robert Bourgi, figure discrète de la « Françafrique », est l’homme qui a offert deux costumes à François Fillon, pour 13.000 euros, indique Le Monde ce vendredi, après la révélation du JDDsur les habitudes vestimentaires du candidat LR à l’élection présidentielle. « Je ne ferai aucun commentaire. Je donne la priorité aux juges s’ils venaient à m’interroger », a soufflé à l’AFP le généreux donateur.

L’histoire d’amour, ou d’intérêts, entre Robert Bourgi, 71 ans, et la droite française, remonte à loin. Né au Sénégal en 1945, dans une famille libanaise dont il a hérité sa foi de musulman chiite, Bourgi est considéré comme le successeur du « Monsieur Afrique » de Charles de Gaulle, Jacques Foccart.

Son père, Mahmoud, l’un des premiers adhérents du Rassemblement du peuple français fondé par le général après-guerre, faisait fructifier ses affaires de grand commerçant du textile à travers les réseaux gaullistes de Foccart. Lui-même proche du RPR, Robert Bourgi avait fréquenté le « club 89 », groupe créé par Alain Juppé après la victoire de Mitterrand afin de « reconstruire le projet de la droite ». Il a par la suite conseillé Jacques Chirac, Dominique de Villepin, Nicolas Sarkozy et aujourd’hui François Fillon.

« Bourgi rendait compte de toutes les humeurs d’Omar Bongo »

De tous les dirigeants africains à qui il a servi de relais, Robert Bourgi a surtout cultivé un lien particulier avec « papa » Bongo. Le journaliste Antoine Glaser, spécialiste de la « Françafrique » et fondateur de La Lettre du continent, rappelle à 20 Minutes le rôle de l’avocat : « "Le vieux" était très généreux avec un certain nombre de dirigeants politiques français pour obtenir ce dont il avait besoin. Bourgi était une sorte de porte-parole, il rendait compte de toutes les humeurs d’Omar Bongo. Par exemple, quand un ministre de la Coopération déplaisait au dirigeant gabonais, on en changeait. »

Robert Bourgi lui-même avait confirmé auprès de RTL qu’en mars 2008, sous Nicolas Sarkozy, Jean-Marie Bockel avait été « remplacé » en tant que secrétaire d’État chargé de la Coopération et de la Francophonie, après un coup de fil d’Omar Bongo à l’avocat : « Je suis allé voir le Président de la République à l’Elysée en présence de M. Guéant [alors secrétaire général de l’Elysée], et je lui ai passé le message ferme et voilé de menaces du président Bongo. Et il m’a dit : écoute, dis à Omar, comme il l’appelle, et aux autres chefs d’Etat que M. Bockel partira bientôt et sera remplacé par un de mes amis, un ami de M. Guéant ». « Il a eu leur tête à chaque fois, et Bourgi intervenait à chaque fois », résume le spécialiste de l’Afrique.

Conseiller Afrique de François Fillon depuis 2012


Récemment, il a usé de ses entrées auprès de Nicolas Sarkozy, pour tenter de réconcilier l’ancien président avec l’actuel candidat LR à la présidentielle François Fillon. « En vain », selon Le Monde. Bourgi tient depuis 2012 un rôle de conseiller officieux du député de Paris sur les questions africaines : « En novembre 2013, il avait notamment contribué à l’organisation de son voyage au Sénégal, puis en Côte d’Ivoire, où il entretient les meilleures relations », écrit le quotidien du soir.

Antoine Glaser précise néanmoins que son influence n’est plus la même que dans les années 80 : « Depuis la fin de la Guerre froide, l’Afrique s’est mondialisée et Bourgi a eu moins de poids. Mais à partir du moment où, à Paris, peu de gens suivent les affaires africaines, il a continué à avoir des relations dans plusieurs pays africains. » Depuis son bureau avenue Pierre-1er-de-Serbie, dans les beaux quartiers de Paris, l’avocat qui roule en Maserati joue toujours de ses réseaux. Et de son chéquier, qu’il a usé pour régler dess vêtements sur mesure pour l’ex-Premier ministre pour un montant de 13.000 euros.


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MessageSujet: Re: LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL   Mer 3 Mai - 11:32


je conseille une émission d'hier à France-Culture, à écouter en podcast


Money, money, money (2/4)

Du Franc CFA à l’euro : la monnaie fait-elle l’union ?

comme souvent, le côté politique des considérations n'est pas le plus intéressant, mais ici les mécanismes politico-monétaires qui enferment l'Afrique dans l'impossibilité même d'un développement capitaliste. C'est d'ailleurs face à cette réalité que des voix s'élèvent jusque dans les instances des pouvoirs de la toujours-Françafrique, relayée par l'Europe des banquiers

les explications de Martial Ze Belinga, économiste camerounais, sont limpides, et je dois avouer que je ne pensais pas que le carcan du CFA était encore aussi puissant, ne déterminant pas même une, ou des zones (selon l'Afrique de l'Ouest ou du Centre) dans lesquelles il y aurait possibilité de collaboration, l'immense majorité étant dans le commerce extérieur, et la France pas prête de lâcher son vieux pré carré

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LA LOGIQUE COLONIALE, histoire et actualité, du COLONIALISME aux COLONIALITÉS sans oublier le CAPITAL
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