PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

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 PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !

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MessageSujet: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Lun 27 Juil - 10:57

un sujet absent, comme si, sortis de la vie "normale", ces lieux d'expulsion étaient hors champ, et ceux qui y sont enfermés : déjà morts, voués à l'oubli, effacés par le système carcéral, système du capital, effacés de toute possibilité même d'être partie prenante pour en sortir

petit problème de structure à la création des sujets. On complètera par le sujet POLICE, MILITARISATION et INDUSTRIE des PRISONS


"La prison tue, laissez-les sortir... vivants !" Paris-Luttes.info 19 juillet 2015

Alors que les chaleurs estivales rendent les conditions de détention encore plus difficiles, compilation non-exhaustive de l’actualité carcérale des derniers jours...

Citation :
Pas une seule semaine où la presse ne relaie avec abondance les atermoiements de l’administration pénitentiaire. Les discours sécuritaires des syndicats continuent d’irriguer les médias avec une grande aisance. Au delà des questions pécuniaires, les demandes auprès de la Chancellerie sont claires : plus de flicage en taule. Lassitude...

Cependant, un autre son de cloche médiatique apparaît furtivement ces derniers jours. L’occasion de rappeler à la fois la difficile visibilité de la question du sort des détenu-e-s mais aussi plus globalement les conditions pourries d’enfermement et du système carcéral.

Citons pour commencer l’avis de la contrôleuse générale des prisons paru ce 16 juillet [1]. Dans son rapport, la socialiste Adeline Hazan s’émeut du sort réservé aux détenus hospitalisés.

Des semaines voire des mois d’attente pour un rendez-vous, un secret médical occulté, un manque alarmant de spécialistes dans les prisons... Pour résumer : une rage de dent en taule ? Tu patientes et tu morfles.

On apprend dans l’interview d’Hazan chez Libé que lors d’une opération chirurgicale, les détenus « sont très souvent menottés et entravés par des menottes en plastique aux pieds, même lorsqu’ils subissent une anesthésie générale ! ».

L’intimité n’existe pas et l’hospitalisation est une « forme d’humiliation ». A la question, « les détenus sont-ils bien soignés en prison ? », Adeline Hazan reconnaît que « malheureusement non ». Pour combler ce mal, elle propose par exemple la « télémédecine » [2]. Ne riez pas...

Autre facette de la vie en détention : le travail. Cette fois-ci, c’est l’OIP qui se charge de rappeler le non-respect généralisé des principes et droits constitutionnels. Un croquis établi par leurs soins résume parfaitement la situation du travailleur détenu.


En plus des conditions de survie désastreuses, les détenu-e-s doivent parfois lutter directement contre les surveillants pénitenciers.

C’est le cas par exemple de Younnesse actuellement incarcéré à Fleury-Mérogis et qui a témoigné cette semaine sur RMC-BFM TV des sévices qu’il subit en prison. Déshabillé, trainé au sol et tabassé par des matons en mars dernier, il a depuis porté plainte comme deux autres détenus tout récemment.

Extrait de son témoignage. « Malheureusement, il y a des équipes de bourreaux, unies comme les doigts de la main. Ils sont sans pitié. La dernière fois, je les entendais imiter les cris et les pleurs de la personne qu’ils étaient en train de frapper. Ils en riaient ». No comment.

Enfin, dans cette même prison on apprend ce 16 juillet qu’un détenu de 23 ans a été retrouvé pendu. Un autre s’est également suicidé le soir du 14 juillet à la prison de Nevers.

Près de 100 détenu-e-s sont mort-e-s en taule l’année dernière.

A n’importe quel degré, la prison tue.


notes

[1] Publié au Journal Officiel http://www.cglpl.fr/wp-content/uploads/2015/07/joe_20150716_0162_0148.pdf

[2] On vous laisse juger cette avancée humaine https://fr.wikipedia.org/wiki/T%C3%A9l%C3%A9m%C3%A9decine


Quelques liens utiles pour les intéressé-e-s.

http://lenvolee.net/
http://contrelenfermement.noblogs.org/




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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Lun 27 Juil - 11:01

Citation :
Le dernier numéro du journal. Que du Hafed Benotman, co-fondateur du journal qui a distillé dans nos tronches beaucoup de ce qu’on peut penser de la prison, de la justice et du monde qui va avec. C’est drôle et c’est tranchant à la fois. C’est à mettre entre toutes les pattes. Ca se lit aussi et surtout sur papelard. Si vous ne trouvez pas de librairie qui le vend près de chez vous, abonnez-vous.

Pour ça écrivez à contact@lenvolee.net et envoyez un chèque de 15 Euros à l’ordre de l’Envolée, 43 rue de Stalingrad, 93100 Montreuil-sous-Bois. C’est toujours gratuit pour les prisonniers et leurs proches sans le sous.


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MessageSujet: Transférés dans les prisons de l’Hexagone, comment vivent les détenus d’Outre-mer   Lun 27 Juil - 11:27



Relais d'informations sur les lieux d'enfermement et sur les actions menées pour briser l'isolement des personnes incarcérées et de leurs proches
contrelenfermement@riseup.net

Transférés dans les prisons de l’Hexagone, comment vivent les détenus d’Outre-mer ?

Posted on 4 juillet 2015 by contre l'enfermement

A des milliers de kilomètres de chez eux, plusieurs centaines de détenus ultramarins purgent leur peine dans l’Hexagone. “Déportation” pour certains, transfert choisi pour d’autres, leur incarcération en métropole pose le problème du maintien des liens familiaux. Premier volet de notre enquête.


Citation :

Plusieurs centaines de détenus d’Outre-mer purgent leur peine dans l’Hexagone.

Citation :
“Moi personnellement, ce que je veux, c’est rentrer dans ma prison en Guadeloupe pour avoir le parloir avec ma famille, voilà quoi.” Le message a le mérite d’être clair. Il émane d’un détenu antillais incarcéré dans l’Hexagone depuis 2011. Comme lui, quelques centaines – impossible de connaître leur nombre exact – de Martiniquais, Réunionnais, Calédoniens, etc., purgent leur (longue) peine en métropole, à des milliers de kilomètres de chez eux. Certains par choix, d’autres par “mesures d’ordre et de sécurité”.

Une fois écroués sur le sol métropolitain, difficile d’envisager un retour en Outre-mer, tant la surpopulation carcérale est forte dans ces territoires.

“C’est un véritable déracinement“, analyse François Bès, en charge de l’Outre-mer au sein de l’Observatoire international des prisons (OIP). Eloignement familial, différence de température, problèmes occasionnels de langue, cherté des communications téléphoniques et décalage horaire… “Chaque fois que j’appelle, il fait déjà nuit là-bas”, témoigne un détenu calédonien auprès de l’OIP. Ce dernier ne voit jamais sa famille au parloir, et pour cause : “Elle habite à 22.000 kilomètres et n’a pas les moyens.“

A découvrir ci-dessous, des témoignages de détenus ultramarins incarcérés dans l’Hexagone. Leurs réponses proviennent de questionnaires établis et recueillis par l’Observatoire international des prisons entre mars et août 2014 :

Inscrit au barreau de Paris, Benoît David s’est toujours intéressé au sort des prisonniers. S’agissant de ces Ultramarins désireux de rentrer chez eux, l’avocat n’hésite pas à parler de “déportation”. “Je trouve que le terme n’est pas disproportionné, certifie-t-il à La 1ère  Même si, juridiquement, la déportation n’existe plus, elle existe matériellement pour ces hommes et ces femmes, dès lors qu’ils subissent une incarcération à des milliers de kilomètres, tout ça parce que la France est défaillante au niveau de ses prisons en Outre-mer.”

Citation :
“L’administration pénitentiaire a l’obligation de favoriser le maintien des liens familiaux, renchérit François Bès, de l’Observatoire international des prisons. Mais en réalité, elle est confrontée à un dilemme : ne pas respecter la dignité des détenus en les laissant dans certains établissements en Outre-mer, ou bien ne pas respecter ce devoir de maintien des liens familiaux.”

Détenus ultramarins dans l’Hexagone | Create infographics

Le cas emblématique du Réunionnais Casanova Agamemnon

Pour les détenus, l’éloignement familial amoindrit parfois les perspectives de réinsertion. En témoigne le cas du Réunionnais Casanova Agamemnon, l’un des plus anciens prisonniers de France. Incarcéré dans l’Hexagone pendant plus de 40 ans, il lui aura fallu 10 ans de demandes répétées pour être transféré sur son île. “Risque de troubles à l’ordre public“, “absence d’établissement adapté à son profil“, autant d’arguments qui ont longtemps été avancés pour bloquer son retour au péi.


Le Réunionnais Casanova Agamemnon a purgé l'essentiel de sa peine dans l'Hexagone. © DR

© DR Le Réunionnais Casanova Agamemnon a purgé l’essentiel de sa peine dans l’Hexagone.

En parallèle, toutes ses demandes de libération conditionnelle (à laquelle il peut légalement prétendre depuis plus de 20 ans) ont été rejetées, “au motif qu’il fallait d’abordun transfert vers La Réunion pour qu’il puisse construire son projet de sortie là-bas…”, déplore son avocat, Me Benoît David, atterré par cette “situation absurde“. Casanova Agamemnon a fini par rejoindre la prison réunionnaise du Port en mars 2014. Il a adressé il y a quelques mois une demande de grâce présidentielle à François Hollande. Il a également introduit une requête contre la France devant la Cour européenne des droits de l’homme pour atteinte au maintien effectif des liens familiaux, au droit à la réinsertion et au respect de la dignité humaine.

A voir ci-dessous, un extrait des observations du gouvernement devant la Cour européenne des droits de l’homme dans l’affaire “Agamemnon c. France”


De meilleures conditions de détention dans l’Hexagone

Surpopulation, vétusté, absence de formations… Malgré l’engagement du ministère de la Justice dans une “politique d’investissements significatifs visant à l’amélioration et à la modernisation du parc immobilier pénitentiaire en Outre-mer”, les prisons ultramarines demeurent pour nombre d’entre elles dans un état calamiteux (c’est le cas dans le Pacifique ou aux Antilles).

S’il existe aujourd’hui en Outre-mer des établissements pour peine, adaptés aux longues condamnations (ce qui, pendant très longtemps, n’a pas été le cas), certains Ultramarins préfèrent encore être emprisonnés en métropole. A la question “pourquoi avoir choisi d’être transféré dans l’Hexagone”, ce Kanak répond, lapidaire : “Plus propre. Plus tranquille. Des facilités de formation et de travail”.

“Que les détenus ultramarins demandent eux-mêmes à purger leur peine dans l’Hexagone ? Ça arrive parfois”, constate Loetitia Lebrun, directrice du Centre national d’évaluation de Réau (Seine-et-Marne). Sa mission consiste (entre autres) à émettre un avis sur l’affectation des détenus dans tel ou tel établissement (une sorte de “conseillère pénitentiaire d’orientation”, en somme). Elle soutient que les Ultramarins sont loin de vouloir rester systématiquement en Outre-mer : “Surtout les plus jeunes. Soit pour couper avec les mauvaises fréquentations, soit pour suivre une formation.”

A lire ci-dessous, des paroles de détenus. Ils répondent aux questions de l’Observatoire international des prisons :

Une liberté de choix “apparente”


L’Observatoire international des prisons, lui, fustige ce discours et maintient que cette“liberté de choix n’est en fait qu’apparente”. “Ce changement d’affectation est généralement accepté, voire demandé par le détenu lui-même, dans l’espoir de voir ses conditions de détention s’améliorer notablement”, fait remarquer l’organisme.

Un constat qui rejoint celui de Me Dominique Monget-Sarrail. L’avocate exerce aujourd’hui en région parisienne, mais a longtemps travaillé à Cayenne. “Mes clients de Rémire-Montjoly (l’unique centre pénitentiaire de Guyane, ndlr) étaient très nombreux à réclamer leur transfert. Pas pour le climat ou l’ambiance des prisons de métropole…”, précise-t-elle, un brin ironique. “Mais ils ne supportaient plus la promiscuité, l’absence d’activité et le manque de travail”, ajoute celle qui a fait condamner l’Etat à plusieurs reprises pour “dysfonctionnement du service public du fait des conditions de détention désastreuses à Rémire-Montjoly“.

Citation :
“Vous savez, poursuit une autre avocate, l’univers carcéral est à l’image de la société. Si le taux de chômage est très élevé dans les départements et les collectivités d’Outre-mer, il l’est encore plus dans les prisons ultramarines. Certains détenus se retrouvent contraints de demander leur transfert en métropole pour pouvoir travailler et commencer à indemniser les parties civiles.”


Juin 2015 : la prison guyanaise de Rémire-Montjoly, photographiée de l'intérieur par des prisonniers révoltés par leurs conditions de détention. © DR

Des difficultés de transfert dans les deux sens

Et pour ajouter une touche de complexité au tableau, certains détenus en Outre-mer ont bien du mal à obtenir leur transfert en métropole, malgré leurs demandes insistantes. “Au centre pénitentiaire de Baie-Mahault, il n’y a pas d’activité ni travail. Je suis menacé tous les jours par les autres détenus. Je vous prie de bien vouloir faire le nécessaire pour accélérer mon départ”, réclame ainsi ce détenu guadeloupéen condamné à plus de 20 ans de prison, dans un courrier adressé à l’OIP. A la mi-juin, un prisonnier martiniquais s’est également illustré en manifestant sur le toit de l’établissement de Ducos pour réclamer son transfèrement en métropole. A noter que ces dernières années, les mouvements de prisonniers sont plus importants dans le sens “Outre-mer – métropole” que l’inverse (voir le schéma ci-dessous).

Les détenus ultramarins qui veulent rentrer ont du mal à rentrer. Et ceux qui souhaitent partir ont du mal à partir…

Citation :
“Depuis quelques mois, je suis sollicité par plusieurs prisonniers aux Antilles et en Guyane, confirme François Bès, en charge de l’Outre-mer à l’OIP. Ils nous demandent de l’aide pour être déplacés dans l’Hexagone. Ils se disent victimes de menaces, de brimades et de violences auxquels ils ne peuvent échapper en raison de la promiscuité et de la surpopulation. Bref, les détenus ultramarins qui veulent rentrer ont du mal à rentrer. Et ceux qui souhaitent partir ont du mal à partir…”


Source : http://www.la1ere.fr/2015/06/17/transferes-dans-les-prisons-de-l-hexagone-comment-vivent-les-detenus-d-outre-mer-enquete-13-264913.html

Quatre braquages pour payer ses dettes 4 juillet 2015 by contre l'enfermement

Janvier 2012. Des policiers arrêtent Patrice : il a perdu tous ses points de permis. Affaire banale, individu inconnu des fichiers, mais ils prennent quand même ses empreintes digitales. Et surprise ! elles correspondent à celles laissées lors du braquage d’un magasin Naf Naf à Paris début 2008. Branle-bas de combat, Patrice est placé en garde à vue. « Et là, vous avouez spontanément trois autres vols à main armée », raconte l’assesseure ce 4 mai 2015, sept ans après les faits.

Une seule partie civile : sa dernière victime. Marie-Laure, une petite blonde d’une cinquantaine d’années, s’avance vers la barre en béquille. A l’époque, elle était vendeuse chez Etam. Lorsque Patrice la braque, elle simule un malaise. « Il a demandé s’il fallait appeler les pompiers », continue l’assesseure.« Je suis juste venue pour vous, explique Marie-Laure au tribunal. Et pour monsieur (le prévenu, ndlr), pour l’aider à tourner une page… »

Patrice ? Rien à voir avec les braqueurs de séries policières. Pas bien grand, un peu costaud, mais plus des hanches que des épaules, il ne fait peur à personne. À la barre, sa voix tremblotte. Le stress sûrement. Il avait arrêté les braquages « à cause de la peur ».

Le problème de Patrice : les dettes, beaucoup de dettes. « J’ai tout essayé, j’étais désespéré, j’étais allé à la banque, j’avais demandé à mes parents… » L’assesseure s’énerve : « Vous pensez que tous les gens qui ont des difficultés financières décident de commettre des vols à main armée ? – En plus ça n’a rien arrangé du tout », répond Patrice les yeux baissés.

25 000 euros de crédits à la consommation

Patrice avait contracté pour 25 000 euros de crédits à la consommation, pour acheter deux voitures, pour lui et sa femme. Silencieuse jusque là, la présidente Isabelle Pulver prend la parole : « Quand on n’arrive pas à gérer son budget, on n’achète pas de voitures ! Parce que là on nous raconte du Zola. » Sauf que Patrice travaillait de nuit : il devait rentrer à temps pour amener ses trois enfants à l’école. Mais la présidente ne l’entend pas de cette oreille. Le couple gagnait 2 900 euros. « Plus toutes les aides ! s’exclame-t-elle. Tous ceux qui ont une bonne gestion arrivent à s’en sortir avec vos revenus. Je ne dis pas que c’est pas difficile. Il n’y aurait pas aussi un écran plasma ? Non ? »
Après les faits, Patrice a essayé de s’en sortir. En plus de son boulot de nuit à la RATP, il a fait des extras comme cuisinier. « Vous ne pouvez pas vivre aux crochets de tout le monde tout le temps », réplique la présidente. Mais ses problèmes financiers ont eu raison de son mariage. Après une tentative de suicide, il tombe en dépression. Aujourd’hui, entre 400 et 600 euros sont saisis chaque mois sur son salaire (il est devenu contrôleur RATP).

« Vous jugerez peut-être ces réquisitions trop indulgentes… »

Dès le début de son réquisitoire, le procureur rappelle la chance de Patrice : les faits ont été requalifiés en vols avec violence, lui évitant les assises pour vols avec arme – l’un des braquages est ainsi prescrit. Il pointe certains angles morts du dossier : l’arme n’a jamais été retrouvée. Patrice jure qu’il s’agissait d’un « pistolet à bille en plastique ».

Le procureur le reconnaît, le prévenu est « parfaitement inséré, pourtant, il faut envisager la sanction. » Il hésite : « Est-ce qu’il doit dormir ce soir à Fleury-Mérogis ? Si aujourd’hui on l’envoyait derrière les barreaux, on aurait trois enfants qui perdraient leurs ressources. » Il demande quatre ans, dont deux de sursis simple. Sans mandat de dépôt. « Vous jugerez peut-être ces réquisitions trop indulgentes… »

« Un personnage d’une gentillesse extrême »


Que pourrait rajouter la défense ? L’avocate de Patrice remercie le procureur et se concentre sur la personnalité de son client : « Un personnage d’une gentillesse extrême, un bon père de famille devenu lâche face à ses difficultés financières. » Puisque « préserver l’emploi et la famille, c’est la principale garantie contre la récidive », elle demande du sursis et la non-inscription sur le casier judiciaire.

S’il n’a rien à ajouter sur l’affaire, Patrice veut profiter des derniers instants de l’audience pour s’excuser, encore une fois, auprès de Marie-Laure.

Après 45 minutes de délibération, le tribunal condamne Patrice à quatre ans de prison, dont 30 mois avec sursis simple, sans mandat de dépôt, ni inscription au casier judiciaire, et 1 140 euros à payer à Marie-Laure. À la sortie de la salle, l’ancien braqueur et sa victime se saluent. « C’est bien que vous soyez venue », la remercie l’avocate.

Ecrit par un : “Journaliste de chambres". Comme dit un adage tourangeau : « La justice, c’est comme la cuisine, il ne faut pas la voir de trop près. »

A propos de l’auteur : Source : Cosme Buxin http://epris-de-justice.info/quatre-braquages-pour-payer-ses-dettes/


Le Guadeloupéen Fabrice Boromée, incarcéré dans l’Hexagone : "J’en ai marre de souffrir ici, mon pays me manque" [enquête 2/3]  

Vétusté, surpopulation : le tableau des prisons ultramarines en 2014


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MessageSujet: les prisons sont-elles obsolètes ? Angela Davis   Lun 27 Juil - 11:34



Interroger les logiques d’enfermement, du carcéral
Publié le 12 mars 2014 | Poster un commentaire

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« aujourd’hui, plus de 2 millions d’Américains (sur une population carcérale mondiale estimée à 9 millions d’individus) vivent en prison, en maison d’arrêt, en centre de détention pour mineurs ou en centre de rétention pour migrants ».

Citation :
Il semble aller de soi que des individu-e-s reconnu-es coupables de crime par les procédures judiciaires soit enfermé-e-s. Mais qui décide socialement de la définition d’un crime, de la réduction d’une personne à son « crime », de l’enfermement comme organisation sociale ?

Hier la peine de mort, aujourd’hui la prison, « comme élément constitutif et immuable de nos sociétés ». Angela Davis ajoute : « On ignore trop souvent que le mouvement pour l’abolition carcérale est lui aussi riche d’une longue histoire qui remonte à l’époque où la prison est apparue en tant que principale forme de châtiment ».

L’auteure reprend les propos d’Elliot Currie : « la prison jette désormais une ombre menaçante sur notre société, à un degré inédit dans notre histoire ou celle de n’importe quelle démocratie industrielle. En l’absence de grands conflits armés, l’incarcération de masse constitue le programme social le plus assidûment appliqué par les gouvernements de notre époque ». Car c’est bien de cela qu’il s’agit un enfermement de masse, ayant peu ou pas d’effet sur les chiffres officiels de la criminalité. Cela devrait interroger sur la fonction sociale réelle de la prison. Sans oublier les questionnements sur qui sont majoritairement les prisonnier-e-s, sur l’articulation entre rapports sociaux inégalitaires, justice et ordre carcéral.

Prisonnier-e-s et main d’œuvre carcérale, travailleurs et travailleuses ne bénéficiant pas des droits des salarié-e-s, main d’œuvre sous-payée…

Sans oublier qu’avec le développement des idéologies néolibérales, du moins d’État « Cette vaste mobilisation de capitaux privés (des secteurs du bâtiment à ceux de la restauration ou des services de santé) autour de la gestion des établissements pénitentiaires rappelait si étrangement l’émergence du complexe militaro-industriel, que nous avons commencé à employer le terme de « complexe carcéro-industriel1 » ».

La prison est à la fois absente et présente de nos vies. « La prison fonctionne donc sur le plan idéologique comme un lieu abstrait où sont déposés les êtres indésirables afin de nous soulager de la responsabilité de penser aux vrais problèmes qui affectent les communautés dont sont largement issus les détenus ». Industrie du châtiment et trou noir « dans lequel sont déposés les détritus du capitalisme contemporain ».

En retour nécessaire sur l’histoire, Angela Davis analyse les liens entre esclavage, droits civiques et perspectives abolitionnistes. Hier l’esclavage, les lynchages, la ségrégation apparaissaient comme « naturels » aux yeux des dominants blancs. Quels liens y-a-t-il aujourd’hui entre le racisme et l’institution carcérale ? Elle rappelle au passage, que « le vagabondage était inscrit dans la loi en tant que crime noir ». De l’esclavage au système de servitude pénale pour les Noirs, avec louage des condamnés et chaînes pour les forçats…

« La prépondérance de la prison en tant que principale forme de châtiment, avec ses dimensions racistes et sexistes, pose cette continuité historique entre l’ancien système de louage et l’économie carcérale privatisée d’aujourd’hui ».

L’auteure traite, entre autres, de l’histoire des dimensions sexuées des châtiments, de la violence, du châtiment des femmes, dans la « sphère domestique », des fouilles au corps comme agression sexuelle, de l’internement en hôpital psychiatrique, des départages entre criminalité, pauvreté et maladie mentale, des liens entre couleur et sexualité, « Les idéologies liées à la sexualité – et notamment celles qui mêlent question raciale et sexualité – ont eu un impact profond sur les représentations des femmes de couleur et sur les traitements qui leur étaient réservés à l’intérieur comme à l’extérieur de la prison ».

Angela Davis souligne aussi la nécessité de « défaire le lien conceptuel soi-disant indestructible entre sanction et délit ». Elle insiste sur la racialisation de la population carcérale, sur le complexe carcéro-industriel, « La notion de complexe carcéro-industriel privilégie une analyse du processus de châtiment tenant compte des structures économiques et politiques et des idéologies qui l’entourent, par rapport à une focalisation myope sur les comportements criminels individuels et sur les démarches visant seulement à « inverser la courbe de la criminalité » », sur les bénéfices tirés par les complexes militaro-industriel et carcéro-industriel « des processus de destruction sociale », sur les privatisations « le modèle de privatisation est en passe de devenir le premier mode de gestion du châtiment dans de nombreux pays ».

Si l’horizon reste bien « l’abolition de la prison en tant que mode de châtiment dominant », il faut immédiatement améliorer le cadre de vie des personnes en détention, « L’un des défis majeurs qui se présentent à lui est d’appeler à la création d’un cadre de vie plus humain pour les personnes en détention, sans pour autant encourager la pérennité de la prison ».

Les alternatives abolitionnistes passent, même si elles se s’y réduisent pas, par la revitalisation des systèmes scolaires, des systèmes de soins, par « l’éradication » des disparités de classe, de genre et de race, par la dépénalisation des drogues, la suppression de la notion administrative de sans-papier-e-s (ou migrant-e-s clandestin-e-s, par la « transformation radicale de nombreux aspects de notre société »…

« Si nous démontrons que les alternatives abolitionnistes perturbent ces interrelations et qu’elles s’efforcent de désarticuler les liens crime/châtiment, race/châtiment, classe sociale/châtiment et genre/châtiment, alors nous cesserons de voir la prison comme une institution isolée pour prendre en compte toutes les connexions sociétales qui favorisent son maintien ».

Plan :

1. Introduction : réformer ou abolir la prison ?

2. Esclavage, droits civiques et perspectives abolitionnistes

3. Emprisonnement et réforme

4. Comment le genre structure le système carcéral

5. Le complexe carcéro-industriel

6. Alternatives abolitionnistes

« J’espère que cet ouvrage incitera les lecteurs à remettre en question leurs propres présomptions sur la prison. Beaucoup d’entre nous sont d’ores et déjà convaincus que la peine capitale est une forme de châtiment rétrograde et qu’elle viole les principes élémentaires des droits de l’homme. Le temps est venu, me semble-t-il, d’encourager une prise de conscience similaire autour de la question carcérale ». En effet, comment encore accepter les enfermements de certain-ne-s. L’argument du juste châtiment relève de la pensée religieuse, il est par ailleurs, à géométrie variable (non-culpabilité socialement construite pour les patrons responsables d’accidents mortels du travail ou du non respect des législations, des pollueurs et des empoisonneurs agro-alimentaires, des fraudeurs du fisc, sans oublier les responsables d’actes et de violences racistes, de violences envers les femmes, ou l’impunité policière…).

Certes le système carcéral en France est différent de celui des États-Unis, ce qui ne dispense pas d’interroger les logiques d’enfermement, les attributions sociales de la prison…



Citation :
With her characteristic brilliance, grace and radical audacity, Angela Y. Davis has put the case for the latest abolition movement in American life: the abolition of the prison. As she quite correctly notes, American life is replete with abolition movements, and when they were engaged in these struggles, their chances of success seemed almost unthinkable. For generations of Americans, the abolition of slavery was sheerest illusion. Similarly, the entrenched system of racial segregation seemed to last forever, and generations lived in the midst of the practice, with few predicting its passage from custom. The brutal, exploitative (dare one say lucrative?) convict-lease system that succeeded formal slavery reaped millions to southern jurisdictions (and untold miseries for tens of thousands of men, and women). Few predicted its passing from the American penal landscape. Davis expertly argues how social movements transformed these social, political and cultural institutions, and made such practices untenable.

In Are Prisons Obsolete?, Professor Davis seeks to illustrate that the time for the prison is approaching an end. She argues forthrightly for "decarceration," and argues for the transformation of the society as a whole.

REVIEWS

"In this extraordinary book, Angela Davis challenges us to confront the human rights catastrophe in our jails and prisons. As she so convincingly argues, the contemporary U.S. practice of super-incarceration is closer to new age slavery than to any recognizable system of 'criminal justice." —Mike Davis, author of Dead Cities and City of Quartz

"In this brilliant, thoroughly researched book, Angela Davis swings a wrecking ball into the racist and sexist underpinnings of the American prison system. Her arguments are well rought and restrained, leveling an unflinching critique of how and why more than 2 million Americans are presently behind bars, and the corporations who profit from their suffering" —Cynthia McKinney, former Congresswoman from Georgia

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MessageSujet: Freedom From Education : Decolonial Study for Abolishing the Prison-University Complex   Ven 31 Juil - 16:53



Freedom From Education : Decolonial Study for Abolishing the Prison-University Complex Abraham Bolish Libcom 6 mai 2014

Against the romanticizing of education, Leftists should recognize alternative regimes of study, as practiced in prison organizing and indigenous peoples’ movements, and participate with them toward dismantling the intertwined regimes of education and carcerality.



freedom_from_education_metropolis

Abraham Bolish a écrit:
Left movements in North America romanticize education in many ways. Calls to “defend public education” emanate from the most radical movements of students, like the ‘Maple Spring’ in Quebec, and teachers, like the social justice-oriented Chicago Teachers Union. In struggles against prisons, with images of the ‘school-to-prison pipeline’ and calls for ‘education not incarceration,’ we on the Left often criticize contemporary education as corrupted for disproportionately funneling poor youth of color into the penal regime. Conversely, in organizing around universities, the university has been framed as losing its educational mission and becoming like a prison, an “ivory cage,” which “incarcerates” potentially resistant young people behind walls of debt.

This fetishizing of education is a key obstacle to Left movements’ revolutionary goals. Seeing ‘revolution’ as an overturning of a dominant order, a revolutionary movement would need to radically transform all of the regimes composing that order—from the family and work to transportation and prisons. Such a movement is hindered if any one of these regimes is immunized from critique. That is precisely what has happened with the regime of education.

We have a strong desire to assume that a non-racist, liberating education is possible. But who is this ‘we’? People talking about “saving public education” tend to be associated with Higher Ed institutions in some way, whether from working in or graduating from one. This desire seems to be far less evident in people who haven’t invested their identity in such an institution. People who are engaged in struggles that strike directly at the heart of the dominant order—like prison labor strikes and hunger strikes—tend not to ask for anything about this order to be saved. In their struggles, they are practicing an alternative to education—mapping and building social relations across prison cells, analyzing the terrain of surveillance for blindspots, experimenting with covert communication techniques, formulating effective demands, etc.—practices of collective studying that makes their organizing a kind in which “every crook can govern.” To reduce prisoners’ autonomous study to education would not only disrespect their ingenuity but also foreclose the possibility of studying with them across the prison walls.

A revolutionary alternative to education can also be seen in indigenous people’s struggles to undo the ongoing history of dispossession from their lands, for instance, with the Indigenous Nationhood Movement. With direct actions, such as blockades against fracking, they practice an insurgent politics toward abolishing the flows of commodified resources that churn the gears of capitalism. Indigenous peoples simultaneously enact a resurgent politics through reclaiming their land, revitalizing their cultural traditions, and reconnecting their lives in relations of reciprocity with the non-human world. In insurgence and resurgence, indigenous peoples study with each other in ways that are radically alternative to those of education.

Reflecting on these contrasts can draw out what is at stake in my call to de-romanticize education. Prisoners’ study and indigenous study are practices for composing alternative worlds—not alternative forms of modernity, but alternatives to modernity and its underside of colonial-racial-hetero-patriarchal-capitalism. Naïve faith in education gives a shortcut around the challenges of integrating study with revolutionary organizing. Instead, we should drop the abstract concept of ‘education’ in favor of the differentiating concept of ‘regimes of study’—that is, sets of practices, institutions, and processes that enroll people in particular ways of knowing, teaching, and learning. The major regime of study today is the education-based regime. Its key features are credentialed experts who teach and give exams, which prepare students for participation in governance.


Carlisle_pupils Pupils at Carlisle Indian Industrial School, Pennsylvania (c. 1900). Image via Wikicommons

There are many alternative regimes of study associated with ways of composing the world alternative to modern/colonialist capitalism. To promote a regime of study based on continual circulation of study-knowledge-and-teaching, we can take the relay from indigenous communities, DIY study groups embedded in organizing, as well as movements that have sought to contest the education regime’s control of the resources for study. The Black Campus Movement sought to abolish the White University and expropriate its resources for Black study. American Indian and First Nations movements sought to replace the Colonial University with the Indigenous University. Feminist and Queer movements sought to abolish the Hetero-Patriarchal University. Communist movements sought to abolish the Capitalist University.

In these movements—and often in radical struggles—what participants called ‘education’ would have been better described as an alternative regime of study. Calling for their own kind of ‘education’ can have politically useful, tactical purposes (e.g., making a claim on the resources assigned for ‘education’). But, it also has many pitfalls from confusing their own resistant practices with those of what they are struggling against. Thus, I argue for using the language of ‘regimes of study’ for analytical purposes—i.e., in developing critical analyses of strategy, visions, etc., which can include discussion of uses of 'education.’ In a particular struggle, for instance, to take over a campus and foster an alternative regime of study in that place, the movement could tactically use slogans like 'defend public education' but, simultaneously, have some critical analysis amongst their group about how they are seeking to avoid reproducing the education-based regime of study and to enact and foster alternatives to it.

The revolutionary campus movements fell far short of their goals, as evidenced by the marginalization of their projects within small ‘Studies’ departments and by the predominance throughout the wider academy of the projects they sought to destroy. Resistant study projects still emerge from these departments and they occasionally connect with wider movements. Yet, the game is rigged against them, as the wider institutions of universities are fully enmeshed in the education-based regime of study—on the top of the pyramid of education.


education_pyramid

Despite education administrators’ tight rule over the pyramid, alternative practices of study happen in its cracks. Students create a group against sexual violence. Custodians coordinate a work slowdown. Contingent faculty organize a union. In their organizing, they integrate practices of study—such as mapping the campus and their social relations—that have nothing to do with the education regime’s exams and expertise. They contest the use of the university as a place for study.

The education regime’s way of seeing the world relies on a view of time as separate from space and as linear and developmental, on a two-dimensional scale. Students who subscribe to this view see themselves as individuals hurtling into a future with possible trajectories of either going ‘up’ as a valued graduate toward economic productivity or ‘down’ as a ‘dropout’ toward criminality. This discourse of ‘dropout’/’graduate’ was developed in the 1960s to stigmatize potentially resistant youth through individualizing of responsibility for social crises onto future-oriented students. As an antidote, we can draw from indigenous conceptions of the world that refuse such individualizing imaginaries through their rejection of dichotomized ‘space’ and ‘time.’ Grounding our bodies in particular places, we can make meaning for our lives through telling stories about our relations with these places and the people and things in them.

A first step for such a re-grounding has to be to acknowledge that universities and prisons are built on indigenous land, and that the dispossession of indigenous peoples from that land was the key precondition for building the regimes of racial capitalism on it. We can unsettle our ‘selves’ and our relations with these places through reconnecting with the land in ways that take responsibility for undoing the mess of settler colonialism. Indigenous movements have often reoccupied land for purposes of decolonizing and resurgence, such as the Alcatraz occupation of 1969-1971. Likewise, the Black Campus Movement occupied buildings, such as the Allen Building at Duke University in 1969, creating the Malcolm X Liberation University.


Allen_building_Duke_Capture-d’écran-2014-02-02-à-20.35.31 Allen Building takeover at Duke University
protesters attacked with tear gas (image via).

The state reacted with infiltration of the movements and repression of their most militant leaders, often imprisoning them. This was the beginning of the era of mass incarceration. The movement kept their relationships alive across the prison walls through prisoner support groups and occasional jailbreaks.

In some contemporary struggles at universities, the places have becomes sites for re-articulating new relationships in and through regimes of study alternative to that of education. In the occupation of Wheeler Hall at Berkeley in 2009, students and workers broke “the glass floor” through creating affective relationships, or “lines of care,” between their bodies across police barricades. Some participants have highlighted the difficulties of bridging these campus struggles with movements against policing and incarceration of working class people of color in nearby neighborhoods, such as East Oakland.

The Left creates its own imaginal obstacles to seeing how prisons and universities are co-constitutive through subscribing to liberal narratives, like ‘dropout’/’graduate’ and ‘school to prison pipeline,’ that romanticize education and see incarceration as its despised Other. Some projects are taking on these obstacles, such as Damien Sojoyner’s de-mystifying of the ‘school to prison pipeline’ by showing how schools have long been places of policing young people, with a case study of Los Angeles’s programs of police in schools in the 1960s as means of suppressing Black Radicalism and normalizing racial oppression. Through such critical historicizing of the ‘school to prison pipeline’ metaphor, it can become a useful tool for drawing attention to the long-standing co-implication of schools and prisons as disciplinary institutions of racial capitalism.

By contrast, the ‘education not incarceration’ framing—with its naïve treatment of education as a social good—might be impossible to recuperate for radical purposes. Conversely, comparisons of universities with prisons, such as implying deviation from their educational mission into becoming “ivory cages,” also pose such an extreme challenge, though perhaps not insurmountable. Such comparisons can foreclose thinking about the ways that the institutions are co-constituted with each other within racial capitalism. Yet, if framed carefully, they can also be used to show how the institutions share common logics—they both perpetuate logics of the regimes of carcerality and education, which are instantiated in crucially different but inter-related ways. The problem of romanticizing education (and conversely, demonizing incarceration) often arises from a failure to make these distinctions between 'institutions' and 'regimes,' their different types, and how they are related. Comparisons tend to imply assuming the possibility of creating institutions of schools and universities that are ideally free of carcerality and full of education. Such an ideal is romanticizing because the regimes of carcerality and education have always co-constituted each other and infused all institutions of racial capitalism.

Against this historical neglect, movements should articulate our ideals in ways that call for schools and universities free not only of carcerality but of education as well. Inspired by the revolutionary campus movements who fought for a ‘Black University’ and an ‘Indigenous University,’ we should demand, not ‘free education,’ but ‘freedom from education.’ Through reoccupying the places that have been used for both education and carcerality, we can turn them toward other purposes: to enact alternative regimes of study in and for our revolutionary movements.


One of the American Indian Movement’s “first actions was to support the nineteen-month occupation of Alcatraz, the abandoned island prison off the coast of San Francisco, that an ad hoc group of Indigenous activists had seized. The proclamation announcing the occupation declared that reservations already resembled abandoned prisons.” – Dan Berger, The Struggle Within - (image via)

In addition to such de-romanticizing, the best paths toward breaking down these obstacles are through study embedded in organizing with the people who are most affected by the brutal, exploitative functions of both prisons and universities. The beginning of an abolitionist regime of study can be created through connecting with campus workers and students who are more likely to have friends and loved ones in the penal system. Collaborating together, they can build relationships and communicative, co-research projects with the inmates of jails and prisons so as to amplify the voices of those inside.

At the same time, refusing to fall back on a view of education as redemption, those working and studying on Higher Ed campuses can take the relay from the revolutionary energies of their inmate collaborators. Seeing the regimes governing the spaces inside the campus and the prison as serving inversely related functions in the same racial capitalist, settler colonial world, they can devote their energies to expropriating the resources of their campuses and organizing and studying for a decolonial, abolitionist world in which there would be no prisons—and maybe no universities either.

……..

Abraham Bolish [pseudonym] is an independent researcher who lives and organizes in the Southeastern United States.

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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Lun 3 Aoû - 9:38


Abolition. Nous avons la prison dans la tête, sortons-là et nous trouverons des solutions et... nos combats... linter 29 juillet 2015


A la Belle Rouge, festival organisé par Jolie Môme, comme il y a deux ans, il y a eu un débat sur la prison. Animé par Jean-Marc Rouillan. Gabi Mouesca était excusé. Jean-Marc Rouillan a de nouveau posé la question de l’abolition. Dans ce débat plus de 200 personnes. Peut-être trois cents. Beaucoup, beaucoup de monde.

Et l’horrible impression que pratiquement tous avaient la prison dans la tête.

Citation :
Il y avait, c’est sûr des personnes avec de vraies questions, des femmes surtout, le viol, la violence conjugale, mais aussi ceux qui parlaient de la folie, de la prostitution. Tous estimables.

Et ceux moins estimables, qui n’ont jamais connu ni la prison, ni n’ont été victimes des violences, ni n’ont réfléchi longuement. Ceux qui savent tout déjà de l’extérieur, et qui raisonnent avec les mots qui résonnent comme ceux des pouvoirs, insertion, punition. Et ceux qui ne mettent en avant que les faits les plus horribles, derrière lesquels, ils se cachent pour ne pas réfléchir sur l’enfermement..

A tous, nous voulons dire que tous, nous avons la prison dans la tête. Que le pouvoir nous persuade que c’est la solution, leur dire que nous sommes victimes d’une prise de tête systématique et permanente qui nous empêche de réfléchir

Le système pénitentiaire est un système. C’est un système fondé sur l’idée de faute et sur celle d’enfermement.

C’est un système avec isolement, mitard, solitude, promiscuité, violence, pouvoir sur les corps et sur les esprits, un système de droit sur tout ce que vous êtes, ce que vous faites. Dans lequel vous entrez, qui que vous soyez, quelle que soit la raison pour laquelle vous êtes là.

Un système pour punir. Mais pour punir qui ?

Personne ne naît avec le gène de la violence illégitime, de la cruauté, nous n’avons pas plus à nous réjouir de ce que nous sommes si nous estimons que nous sommes des gens "bien" que nous n’avons à juger ceux qui tournent "mal" et là nous ne parlons pas bien sûr selon les normes de la société mais des violences illégitimes faites sur des personnes.

On ne naît pas "bons" ou "méchants".

Alors ne reste que le problème de la protection à plusieurs reprises évoqué et celui de la conscience.

Mais la prison, ce n’est pas cela, il ne s’agit pas de protéger. La prison, c’est un gigantesque mécanisme avec comme moteurs la punition et la séquestration. Dans des conditions aujourd’hui encore inimaginables.

Ceux qui ont été en prison le savent et l’ont vu. Un simple exemple : cette jeune femme qui arrive pleine de vie, elle tombe pour trafic, elle est pleine de force et d’énergie, rebelle. Même pas deux années plus tard, méconnaissable, bouffie, toujours rebelle, elle va d’isolement en isolement.

Une question : à l’isolement, des femmes. Deux femmes infanticides si différentes : l’une déjà plus âgée, complètement shootée par la prison, complètement à l’ouest à quelques jours de son procès, l’autre une presque enfant qui ne comprend pas et qui est abandonnée quelques jours avant son procès par son avocat qui a mieux à faire. D’autres femmes, isolées pour l’atrocité des faits commis, qui s’en prenaient à des personnes âgées, et d’autres femmes encore qui avaient dressé des guet-apens à des hommes pour les dévaliser. Comment chacune en était arrivée à ces actes ? Qu’apportait la prison ? Et nous posons la question du parcours de chacune de ces prisonnières.

La prison est dans nos têtes, nous estimons qu’elle va nous protéger et punir. Dans ce débat, plus que dans le précédent il y a deux ans, l’impression triste était celle d’une adhésion au système carcéral que ce soit pour surveiller ou punir.

Dans le débat, des femmes parlaient de la violence conjugale, du viol. Et demandaient, y a -t-il une autre solution que la prison ?

Nous leur répondons, il y a toujours une autre solution que la prison et à partir du moment où nous la supprimerons de nos têtes, que nous ne l’envisagerons plus comme solution, nous saurons ... quoi faire.

Aménager ou abolir, vaste question qui s’étend ... à tout le système capitaliste.

Merci vraiment à Jean-Marc pour avoir permis, et pour permettre une telle réflexion.

linter.

Jean-Marc a conclu ce débat par un appel à participer aux combats contre l’enfermement carcéral, au combat pour la libération de Georges Ibrahim Abdallah, partout où ils ont lieu. Nous nous joignons à cet appel.

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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Dim 9 Aoû - 3:30

Admin a écrit:

ennemi intérieur, quand on te détient...




Les camps de concentration pour Japonais, chapitre sombre de l'histoire américaine


Un monument aux morts est érigé dans l'ancien camp de concentration de Manzanar,
dans les montagnes de la Sierra Nevada, le 2 août 2015 en Californie

Des baraquements alignés dans un désert de Californie battu par les vents: le camp de Manzanar fut l'un des dix ouverts par les Etats-Unis pour y parquer ses citoyens d'origine japonaise après l'attaque de Pearl Harbor, un chapitre sombre de leur histoire encore souvent méconnu.

Citation :
"On nous a traités comme des ennemis", confie Rosie Kakuuchi, une survivante âgée de 88 ans aujourd'hui installée à Las Vegas.

"Nous avons perdu notre liberté, nous avons été forcés de nous habituer à des conditions horribles", se souvient-elle, au moment où sont commémorés les 70 ans du premier bombardement nucléaire de l'histoire à Hiroshima, au Japon.

Craignant l'"ennemi intérieur" après avoir déclaré la guerre au Japon un jour après l'attaque de Pearl Harbor, le 7 décembre 1941, Washington mit rapidement en place des mesures de protection de son territoire.


rafles

Racisme, méfiance, injures et parfois menaces violentes: les Américains d'origine japonaise devinrent tout à coup suspects dans la rue et aux yeux du gouvernement.

Le 19 février 1942, le président Franklin D. Roosevelt signa un décret établissant des zones militaires d'exclusion où les Américano-Japonais pourraient être contrôlés.

Le gouvernement américain y installa dix camps de concentration, en Californie, Arizona et dans l'Utah, l'Idaho, le Wyoming, le Colorado et l'Arkansas. Plus de 112.500 Américano-Japonais y furent installés de force, où "délocalisés" ("relocated") selon l'expression officielle, jusqu'en 1945.


- Promiscuité -

Comme tant d'autres, la famille de Rosie Kakuuchi dut abandonner précipitamment une vie passée à tenter de s'intégrer dans la société américaine. La décision de Washington tomba comme un couperet.

"C'est mon pays, alors j'ai cru qu'ils faisaient ce qui était le mieux pour nous. Mais j'ai été vraiment déçue par nos dirigeants", se souvient-elle.

Rosie Kakuuchi et les siens ont passé trois ans à Manzanar, un camp situé dans les montagnes californiennes de la Sierra Nevada où l'été est étouffant et la rigueur de l'hiver éprouvante.


Elle avait 15 ans. Les journées semblaient éternelles au rythme des horaires stricts du camp sous le contrôle de gardes.

Les quelque 10.000 habitants qui ont peuplé Manzanar finirent par organiser une véritable petite ville pour survivre à l'isolement, avec une école, une garderie, un hôpital, des commerces et même un cimetière.

La plupart des adultes travaillaient et touchaient un petit salaire. Des bals, des projections de films étaient organisés et un journal fut même lancé.

Mais la vie était dure. Les internés vivaient dans des baraquements battus par les vents, qui s'emplissaient de sable et de poussière. De nombreuses familles étaient forcées de partager leur logement, faute d'espace, ainsi que des toilettes et douches communes.

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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Dim 9 Aoû - 15:31



UnOccupy the Prisons: Challenging Wells Fargo's Investment in Private Prisons [VIDEO]

Video from a 2011 joint action between Occupy Wallstreet and Take Back the Land to target Wells Fargo's investment in the private prison system.


Citation :
With the private prison-industrial complex in discussion right now, especially in light of the sweeping Marijuana legalizations that still leave drug prisoners locked away, we are looking back at an action that was organized by organizers from Occupy Wallstreet, Take Back the Land, Rochester Red and Black and Occupy Rochester in 2011. Attempting to target the investment that Wells Fargo bank has in the private prison system as a source of financial investment, they tried to link up that system with the current for-profit system of precarious housing that Wells Fargo is a key player in. The video outlines the action as it happens, and reminds us that these issues and movement do not happen in a vacuum and can come together to share goals.
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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Mar 11 Aoû - 11:09



Interview de Nikos Romanos

« Syriza était un ennemi bien avant d’être au gouvernement » 10 août 2015

non fides a écrit:
Nikos Romanos était un jeune adolescent modèle, bon élève issu de la bourgeoisie et fils de romancière à succès, jusqu’à ce qu’il assiste le 6 décembre 2008 à un événement traumatique. Son meilleur ami, le jeune anarchiste Alexandros Grigoropoulos (15 ans) tombe sous les balles de la police dans les rues d’Athènes et meurt dans ses bras, une balle dans le cœur. Un événement qui provoquera certaines des plus intenses émeutes urbaines dans l’occident du jeune 21e siècle, et Nikos est déjà en première ligne, le soir même, enragé, digne face au traitement médiatique (refus total), et respecté des compagnons malgré son jeune âge. Au rythme du ressac du mouvement anarchiste grec, Nikos sera changé à jamais par cette expérience et se jettera aussitôt à corps perdu dans le combat anarchiste, jusqu’à son arrestation cinq années plus tard suite à un double braquage armé dans la région de Kozani. Torturé, accusé (et condamné) d’appartenance à la Conspiration des Cellules de Feu (organisation armée anarchiste-nihiliste), il nie tout en assumant la responsabilité des braquages (et leur nécessité pour la diffusion de l’anarchie) dans une attitude conflictuelle face à la justice, comme ses cinq co-accusés : Giannis Michailidis, Dimitris Politis, Andreas-Dimitris Bourzoukos, Argyris Dalios et Fivos Charisis. Ils seront tous condamnés respectivement, le 1er octobre 2014, à une quinzaine d’années de prison ferme [1].

Aussitôt incarcéré, Nikos reprend ses études, il passe des examens scolaires et valide son entrée à l’université. Le ministre de la Justice décide de lui rendre visite en prison pour le féliciter et pour lui remettre un prix de 500 euros, mais Romanos refuse d’assister à la cérémonie, de rencontrer le ministre et il crache sur le prix. Ce pourquoi se vengera l’Etat plus tard : fin 2014, un large mouvement de solidarité émeutière et incendiaire s’agite lorsque Nikos entre en grève de la faim pour protester contre la suppression de ses permissions éducatives. Après 31 jours, Nikos y met fin le 10 décembre 2014 après l’obtention du bracelet électronique pour les permissions éducatives [2]. Elles lui seront à nouveau refusées en juin 2015, lorsque le conseil d’administration de la prison de Korydallos rejette à l’unanimité la nouvelle demande d’un congé d’études, et propose à la place de « faciliter » ses études à distance, c’est-à-dire à l’intérieur de la prison.

Cette interview date de fin juin 2015. À la mi-juillet, les ministres de la justice et de l’éducation ont signé le décret d’application qui fait entrer en vigueur la réglementation votée en décembre 2014. La réglementation reste la même, à savoir que les détenus pourront suivre leurs cours avec le port du bracelet électronique s’ils ont effectué un tiers des cours. Des salles d’étude dans les prisons sont aussi prévues, où les prisonniers auront accès à internet (sous étroite surveillance, bien sûr). De plus, les demandes de permissions seront examinées par le ministère de la justice (aidé en cela par le ministère de l’éducation) dans le cas où elles seraient rejetées par le conseil de la prison (ce dernier étant composé du directeur de la taule, d’un procureur pénitentiaire et d’assistants sociaux).

Il faut préciser que lors de la grève de la faim de Nikos en novembre-décembre 2014 et celles des prisonniers révolutionnaires qui ont massivement suivi, Syriza a joué un rôle prépondérant dans le vote de cette nouvelle loi et a alors fait la promesse d’abolir les prisons de type C. Ces prisons ont été officiellement abolies après la lutte des prisonniers [3] qui y voyaient un enjeu majeur, mais dans les faits, elles sont toujours en place.

Tandis que Syriza continue d’exercer le pouvoir dans une coalition avec un parti de la droite dure (ANEL) malgré des attaques anarchistes répétées [4], comme à l’occasion du mouvement massif des prisonniers révolutionnaires contre les prisons de Type C, les prisonniers anarchistes continuent de foutre le bordel et de se révolter, avec un appui massif dans les rues de toute la Grèce. Nikos est aujourd’hui l’un des emblèmes de cette période complexe et agitée, et d’une partie du mouvement anarchiste qui se refuse à reculer face au bulldozer Syriza ou à céder aux sirènes du populisme.

Voici donc, traduite du grec du journal Hit & Run (mais ce sont les réponses qui nous intéressent), une interview de l’anarchiste Nikos Romanos dans le contexte de l’installation au pouvoir de la gauche dite « radicale » en Grèce.

Liberté pour tous et toutes.

Août 2015, Ravage Editions.


Citation :
Dis-nous quelques mots sur ce qu’il advient de tes permissions éducatives, auxquelles tu as désormais droit selon la réglementation mise en place suite à ta grève de la faim en novembre-décembre 2014.

J’ai accompli le tiers des cours que prévoit la réglementation en question et j’ai fait la demande pour les permissions. À partir de là, commence un théâtre de l’absurde. Le conseil de la prison a jugé qu’il ne pouvait pas appliquer la réglementation puisque la décision ministérielle n’avait pas été rendue et a donc envoyé la demande au juge d’instruction spécial E. Nikopoulos sur la base de l’ancienne loi. Nikopoulos a donné une réponse négative car la décision ministérielle n’a pas été rendue, et qu’il ne peut juger du bien-fondé de la demande alors que dès l’instant où la réglementation entrera en vigueur elle sera annulée. Sur la base de l’avis négatif de Nikopoulos, le conseil de la prison a aussi rejeté à son tour la demande puisque la décision du juge est obligatoire.

Face à ce putsch, Syriza, qui pendant la grève de la faim a fait de la prospection électorale et une exploitation politique brutale sur le dos des gens qui ont formé le mouvement de solidarité polymorphe, jouent le rôle de Ponce Pilate, comme leurs prédécesseurs. Sans que cela ne provoque bien entendu un quelconque étonnement, sachant que l’on parle de politiciens, c’est-à-dire d’ordures égoïstes, de politicards, d’opportunistes, d’hypocrites et de caméléons professionnels qui ont simplement porté le costume de l’humaniste pour servir des visées politiques précises. Il y a bien sûr des choses plus sérieuses à dire sur ce sujet, mais je l’expliquerai dans la question suivante. En ce qui concerne l’évolution de mon affaire, théoriquement, la décision ministérielle devrait permettre de mettre en vigueur la réglementation, mais je ne pense pas qu’il y ait beaucoup de chances que cela arrive.

Penses-tu que derrière ces « retards » sur le bracelet électronique il existe des considérations politiques ou un esprit de vengeance contre toi ?


Je pense que dans le cas présent il n’existe même pas de bracelet électronique, sachant que malgré tout ce que peut affirmer le ministère de la justice, nous qui sommes en prison savons qu’il n’y a pas un seul détenu dans aucune prison de Grèce qui n’ait été libéré de cette manière. De nombreux prisonniers viennent quotidiennement me parler de ce sujet, et ils se demandent tous pour quelle raison aucun d’entre eux n’a jamais eu de réponse de la part des instances judiciaires. Parce que les détenus communiquent entre eux dans les prisons et se tiennent informés sur les sujets qui les concernent, je peux dire avec certitude qu’il n’y a pas un seul prisonnier qui ait mis un pied dehors de cette manière. Puisque évidemment, une telle nouvelle ferait scandale dans une affaire si médiatisée, le monstre en apparence sans visage de la bureaucratie donne une solution à ce problème.

Mais la bureaucratie n’est pas une chose sans visage, elle est au contraire l’alibi des personnes qui occupent des postes de pouvoir pour projeter leurs responsabilités sur quelque chose qui prétendument les dépasse. Un allié invisible qui se cache derrière des comités législatifs, des conseillers techniques, des amas de papiers, des interprétations complexes et des espoirs mensongers. Ce que je dis, c’est qu’il n’existe pas de bracelets électroniques, et que le ministère de la justice manipule simplement et consciemment des détenus afin qu’il n’y ait pas de scandale, c’est un fait qui ne laisse aucune place au doute et ne peut être démenti par quiconque muni de preuves, puisqu’il n’existe pas un seul prisonnier à avoir été libéré ou à avoir pris une permission éducative de cette manière. Bien qu’anecdotique, je vais donner un exemple avec la prison de Korydallos sur des événements pour lesquels j’ai une vision personnelle. Il y a quelques détenus qui étudient dans différentes universités techniques et qui, sur la base de la nouvelle réglementation, voulaient demander des permissions éducatives pour passer les examens. Tous ceux qui sont passés par le conseil [de la prison] et puisque aucun d’entre eux n’était inculpé et qu’ils ne pouvaient donc se cacher derrière un quelconque juge d’instruction, se sont vu dire des mensonges vraiment ridicules, comme quoi ils n’avaient pas réussi à communiquer avec le secrétariat de leurs écoles et leur ont demandé de revenir en septembre. Cela montre que le conseil de la prison a reçu des ordres précis du ministère de la justice pour enterrer le sujet, pour que les causes véritables de toutes ces manœuvres ne remontent pas à la surface.

Comment considères-tu l’attitude du nouveau gouvernement Syriza ?

Prenons les choses depuis le début. Syriza était un ennemi bien avant d’être au gouvernement. Son rôle était d’assimiler les tensions sociales, de créer un capital politique à partir de sa participation à des luttes sociales intermédiaires en se présentant comme son bras institutionnel, de fonctionner de manière contre-insurrectionnelle en dévalorisant le terrain de la confrontation de rue au profit de la politique bourgeoise. En peu de mots, il a incarné de la meilleure des façons possibles, le rôle politique du réformisme à un niveau central. En outre, Tsipras lui-même, avant de devenir premier ministre, avait déclaré que si Syriza n’avait pas existé il y aurait eu beaucoup plus de troubles et de révoltes en Grèce durant les années de manifestations anti-gouvernementales. Fait qui signifie que la mise en œuvre d’un agenda politique de gauche en tant qu’opposition était entre autres un choix politique stratégique pour assurer la paix sociale et reconstituer sur de nouvelles bases les contrats sociaux endommagés.

La démocratie cache beaucoup de jokers dans sa manche pour maintenir sa cohésion, une des flèches de son carquois est l’alternance rapide des rôles dans la scène politique, sa capacité à battre les cartes et absorber les perspectives radicales qui peuvent se retourner contre elle. Pour en venir à aujourd’hui et après l’accession au pouvoir de Syriza, il y a des changements structurels dans sa rhétorique et des contradictions énormes en son sein. Naturellement, malgré toutes ces contradictions, la réalité qu’ils imposent est celle qui maintient en fonction les prisons de type C, lesquelles existent toujours, dans la mesure où à l’extérieur de la prison de Domokos, se trouvent encore des véhicules spéciaux de la police, et que les ailes d’isolement accueillent toujours des compagnons. Cette même réalité qui inscrit des chiffres sur la peau des immigrés avant de les empiler dans les centres de rétention, qui entre dans des lieux occupés, qui torture des compagnons grévistes de la faim, qui est responsable du maintien en captivité de proches des compagnons de la CCF [5], qui inaugure Salaminas comme premier endroit d’exil dans l’ère de la démocratie, qui signe des partenariats commerciaux avec les assassins des palestiniens, qui va mettre en place toutes les politiques néo-libérales auxquelles elle s’opposait tant qu’elle était dans l’opposition.

En résumé, Syriza maintient dans leur intégralité tous les engagement géopolitiques, économiques et militaires d’un Etat appartenant à la périphérie capitaliste, tandis que, pour jeter de la poudre aux yeux de ses électeurs de gauche, il garde un ensemble disparate de cadres ayant conservé une rhétorique de gauche et qu’il mettra hors jeu lorsque viendra l’heure de la transformation de Syriza.

En regardant les choses de notre point de vue, le fait que nous soyons anarchistes signifie que même si Syriza était un réel gouvernement de gauche aux politiques radicales, il nous trouverait à nouveau face à lui, sans aucune envie de signer une trêve avec les apprentis-sorciers de l’illusion et de la répression organisée. En outre, au contraire de la gangrène néo-communiste qui infecte les cercles anarchistes, nous, nous avons coupé depuis longtemps le cordon ombilical reliant l’anarchie à la gauche. Il est néanmoins important que nous soyons précis dans ce qui nous définit pour que nous puissions analyser la réalité qui se tient devant nous.

Syriza est donc un gouvernement social-démocrate à la rhétorique faussement radicale qui exploite son profil politique de gauche pour acquérir un contrôle social et de l’influence dans les mouvements et les projets subversifs, lesquels pourraient potentiellement se retourner contre eux. Et n’oublions pas qu’historiquement, c’est l’administration politique du capitalisme sous une forme socialiste qui a mis en place les politiques économiques et répressives les plus dures, exploitant le sommeil éternel et continu de la majorité sociale. Dans nos cercles, le plus enrageant est qu’il existe différents clowns qui se la jouent anarchiste, qui ont le culot d’inviter des cadres de Syriza dans « leurs centres sociaux » et de discuter avec eux de sujets de fond, diffusant ainsi une vision qui blanchit Syriza, lequel au moment où nous parlons est le gestionnaire de l’Etat. Idées affligeantes et identiques à celles de tous ceux qui veulent éduquer les fascistes d’Aube Dorée, comme si le problème avec les fascistes ou les gestionnaires de la machine étatique était de discuter de nos désaccords plutot que de les écraser quel que soit l’endroit où nous leur tombons dessus. Ce serait une belle discussion philologique pour ceux qui croient en la démocratie et ses idéaux, qui dorment sur un petit nuage rose et rêvent de sociétés post-capitalistes. Seulement, les anarchistes sont en guerre avec la démocratie et ses représentants. En conséquence, au point où nous en sommes, tous ceux qui agissent en blanchisseurs de Syriza n’ont aucune excuse.

De plus, il n’y a pas si longtemps, Stavros Theodorakis [6] a rendu hommage à quelques unes de ces personnes dans des références « aux protagonistes » de l’acquisition de certificats de légalité, qu’ils ont donnés depuis longtemps à l’Etat. Pour tout ce patchwork d’opposants au gouvernement, de pro-Syriza cachés à l’idéologie pseudo-anarchiste et autres profiteurs, la solution est simple : un arbre robuste et une bonne corde.

Nous, nous sommes aux côtés de ceux qui restent amis de la révolte anarchiste et s’obstinent à jeter des molotovs sur les flics à Exarcheia, à aller dans les manifestations pour vandaliser les représentations de la domination, à armer leurs esprits avec des plans subversifs et leurs bras armés de feu, à brûler les acteurs du nouvel ordre. Tous ceux qui organisent leur action dans des réseaux anarchistes informels d’action directe. Là où les intentions destructrices s’unissent horizontalement et de façon informelle dans un front chaotique, qui passe d’abord à l’attaque, avec en ligne de mire les individus et les infrastructures qui administrent et défendent le monde malade qui nous entoure.

Quelle est selon toi la place de la violence dans le mouvement anarchiste ?

Le capitalisme hellénique en faillite continue d’entretenir l’instabilité dans les territoires de l’Union Européenne et dans l’économie internationale. Nous nous trouvons une fois de plus à un tournant décisif du processus historique de modernisation de ces dernières années. Et la réalité c’est que ça va continuer, quels que soient les gestionnaires politiques. Les frontières de la Grèce et de l’Italie, en tant que premiers pays d’accueil des flux migratoires en provenance des zones de guerre, baignent dans le sang des corps d’immigrés. Les rivalités entre pays puissants s’intensifient et les conflits géopolitiques sont les déclencheurs de foyers d’agitation dans de nombreux endroits de la planète. Pour les anarchistes, l’instabilité et l’intensification de la violence systémique dans tout le spectre des rapports sociaux et des rapports d’exploitation diffus sont un défi pour s’organiser efficacement afin de constituer un facteur fort de déstabilisation de la normalité. Une contre-attaque anarchiste contre le monde de l’autorité et des économistes, politiciens, flics, fascistes, journalistes, scientifiques, responsables étatiques, directeurs de bordels pénitentiaires, banquiers et leurs collaborateurs, balances et serviteurs zélés du pouvoir. Face à toutes ces ordures qui sont le cœur de la machine capitaliste, battant au rythme de la majorité sociale qui contribue, par indifférence, par peur ou par connivence, à protéger le cœur du monstre, l’anarchie répond avec la langue de la violence absolue, du feu, de l’explosion, de la rébellion armée. Avec cette hypothèse de base, nous commençons à définir nos stratégies, décidant de nous rebeller et de nous jeter dans la bataille de la libération totale. Une révolte qui dans les temps présents jouera le tout pour le tout, libérera les relations humaines dans les communautés insurgées, organisera ses attaques. Elle deviendra le véhicule pour voyager sur les chemins inexplorés de la liberté, donnant la possibilité à nos existences de vivre sans recevoir ni donner d’ordres, sans se soumettre, sans ramper. Elle créera de manière authentique une réalité nouvelle dans les métropoles capitalistes, le temps de la peur pour ceux qui sont au pouvoir et leurs laquais, l’aube de notre ère, aujourd’hui et à jamais, jusqu’à la fin. Par conséquent, la place de la violence révolutionnaire organisée dans le mouvement anarchiste est l’alpha et l’oméga, c’est une force motrice et son évolution qualitative en un ennemi intérieur qui fera faire des cauchemars au pouvoir et aux patrons.

Penses-tu que la prison constitue un terrain de lutte pour un prisonnier « politique » [sic] ?

Nous devons tout d’abord abattre les mythes qui planent sur de tels endroits. L’imaginaire collectif qui voudrait que l’identité sociale du détenu soit implicitement celle du sujet révolutionnaire. Les identités sociales, les immigrés, les prisonniers, les travailleurs, les étudiants, les écoliers, sont des sous-ensembles sociaux qui dépendent et nourrissent à leur tour le fonctionnement du monde capitaliste. Pour moi, l’individu libre apparaît là où les identités sociales sont détruites et toutes leurs propriétés abolies, l’endroit où la décision individuelle de libération crée une nouvelle identité unique et distincte. Le révolté et l’iconoclaste qui s’attaque par tous les moyens aux ennemis de la liberté. Pour un anarchiste qui a décidé de participer activement à l’aventure de la révolte anarchiste, la prison ou encore la mort sont des conséquences possibles de ses choix, qui sont pris dans le monde réel et pas dans la réalité numérique où le verbalisme et les fanfaronnades sont courants. La prison est un arrêt provisoire pour tous ceux frappés par la répression. C’est un lieu où le métal interne de chacun est testé dans la pratique, le point final des grandes décisions et des grandes transformations intérieures. C’est un organisme social pourri où règne la balance et la soumission, le royaume obscur du pouvoir, le lieu de la honte, l’endroit où la liberté n’est pas seulement retenue captive, mais humiliée, traînée dans le sang entre la came, le mitard et les couloirs crasseux, là où les hommes apprennent à se détester. Des milliers d’analyses existent sur la prison et ses habitants, je dirais pareil que le guérillero urbain Jean-Marc Rouillan, que les personnes les plus à même de parler de la prison sont ceux qui y ont passé même un court instant de leur vie.

Pourtant la réalité c’est que plus tu passes de temps ici, plus il devient complexe pour toi de décrire les fonctionnements et la structure de cette société vraiment misérable. En bref donc, la prison signifie une mort lente, le cannibalisme social, la soumission du plus faible, la résignation, la catastrophe psychosomatique, la came, les psychotropes, les individus-déchets entassés dans les décharges de l’Etat, le mitard, la hiérarchie, le fanatisme religieux, le communautarisme racial et le racisme diffus, les conceptions nationalistes de toutes nuances, l’enfermement, l’attente, l’autodestruction, les blocages, l’assassinat des sentiments, les contraintes secrètes, l’inertie générale, l’immobilisme. Il n’est pas exagéré de dire que la société des prisonniers est l’enfant bâtard de la société capitaliste, une machine de mort bien huilée faite de glace et dans laquelle se cache tout l’excédent de laideur du monde moderne. Ce qui ne signifie pas qu’au sein de la prison il n’y ait pas des minorités de personnes qui ont pour boussole dans leurs vies la dignité, et avec lesquels on peut développer des relations amicales, voir des relations de compagnons.

Pour revenir à la question de départ, je pense qu’il ne faut pas oublier sa voie lors de cette épreuve, vers un but et un dévouement à une cause commune. Jamais repentis, jamais la tête baissée, toujours dangereux pour la civilisation de la servitude volontaire et de la soumission. C’est aussi pour cela que la lutte anarchiste dans la prison peut de toute évidence trouver des prises et ouvrir des voies pour devenir un danger pour l’ennemi. Avec des textes et des analyses, des refus quotidiens petits et grands, des grèves de la faim, avec la lime entre les mains, le fil de la révolte anarchiste continuera à être tissé tant que brûlera en nos cœurs le feu de la destruction. En ce sens, la prison est un terrain pour la promotion de la lutte subversive et de l’anarchisme [en Grèce].


l'intérêt de ce témoignage est tel, et la situation de cette personne si exemplaire d'un combat malgré les contraintes de l'enfermement, que je me contenterai de quatre "reproches" :

- le passage « le communautarisme racial et le racisme diffus », tout à fait dans l'ordre des considérations anarchistes sur le racisme, la mise sur le même plan des "communautarismes", cad le déni de la solidarité de lutte chez ceux qui sont les premières victimes du racisme

- l'absence de toute considération sur la situation des femmes, mais peut-être est-ce dû au fait qu'étant séparées des hommes, il ne la connaît pas

- une promotion-vente de l'identité "anarchiste" comme s'ils étaient les seuls à mener ces combats, comme si l'appartenance à cette mouvance idéologique était indispensable pour le faire, etc.

- la chute « la prison est un terrain pour la promotion de la lutte subversive et de l’anarchisme [en Grèce] », qui sonne un peu comme « l'anarchisme dans un seul pays », et ne met pas cette situation en Grèce en relation avec les luttes américaines contre le système carcéral industriel. Comme il est fait allusion à Rouillan, je suppose que ces mouvements ne lui sont pas inconnus. Cela rejoint, même sans préméditation, les propos abjects tenus sur non-fides à l'encontre d'Angela Davis par 'un contributeur du négatif'



Déclaration de Nikos Romanos à la première audience du procès antiterroriste à la prison pour femmes de Korydallos, le 3 février 2014

Citation :
Le but de cette déclaration est de clarifier mes intentions auprès de vous et de votre cour. Les actions qui ne sont pas unies aux paroles afin que leur contenu conceptuel soit clair portent à confusion, tandis que les paroles non suivies d’action sont vides de sens et reflètent une neutralité verbale.

Je suis ici votre ennemi déclaré et irréductible, je n’implore pas votre clémence, je ne cherche pas le dialogue avec vous et vos semblables. Mes valeurs sont en guerre avec les vôtres, chaque phrase que je dis contre vous est donc une lame qui frappe votre masque d’hypocrisie et clarifie la position et le rôle de chacun de nous.

Vous écrivez des centaines de pages et créez continuellement de nouvelles affaires pour nous enterrer dans les prisons de votre démocratie pour des décennies.

Vous vous préparez à nous imposer des « conditions de détention spéciales » [prisons de Type C, Nde], c’est-à-dire l’unique coup manquant au panthéon du « traitement spécial » (transferts, procès, lois) que vous créez pour nous combattre.

Les simples lois de la physique disent que la conséquence d’une action est la réaction.

En dehors de vos tribunaux, dans les endroits libres, il y a des personnes rebelles, compagnons pour moi, terroristes pour vous, qui n’entendent pas tolérer notre extermination sans d’abord vous faire saigner, vous et vos superviseurs politiques.

Vous pouvez prendre cela comme une menace si vous voulez.

Je crois que c’est une réalité cynique. Chaque choix a son coût. Je suppose qu’en tant que juges et serviteurs de la loi vous serez d’accord avec moi sur ce point.

Mais jetons un bref coup d’œil sur votre merveilleux monde. Nous sommes dans l’ère de la vitesse. Tout change vite, créant sans cesse des états d’urgence. La vitesse du temps historique a désormais déraillé, les informations et les nouvelles voyagent en quelques millisecondes, la technologie et la science avancent à pas de géant.

À côté de cela, les contradictions de la civilisation moderne explosent toujours plus souvent. Des dizaines de feux sont allumés dans les villes où tout semblait calme, et menacent de répandre le chaos dans l’ordre organisé du système.

De tels événements créent des conditions qui nous servent. Nous créons des ponts de communication avec les gens derrière les barricades si bien que les actes de violence font partie d’un contexte politique plus spécifique, ouvrant ainsi la perspective de leur dépassement dans la lutte pour la révolution anarchiste.

Là où la rage se combine avec la conscience.
Là où se rencontrent les gens dont les boyaux sont brûlés par le feu de la liberté.
Quelque part par là se trouvent aussi les empreintes de mon insurrection.

Anarchiste, parce qu’elle est hostile à toutes les autorités reproduites par l’homme, continuelle parce qu’elle ne cherche pas à réformer mais à détruire, existentielle parce qu’à travers l’insurrection elle exprime toutes ces belles émotions que nous voulons répandre dans les cœurs insurgés.

En outre, la qualité de la vie se mesure en moments et en émotions.

Sur la base de cette description schématique, vous comprenez que vous n’avez aucune marge pour arrêter l’inévitable. L’affrontement de nos mondes.

C’est pourquoi des déclarations comme celle-ci ont exactement ce but, envoyer un message clair.
Vous ne pouvez pas nous plier, vous ne pouvez pas arrêter la tempête qui approche.
Ces temps réclament de la réflexion, de la prudence et une lutte continue par tous les moyens.

Pas un pas en arrière !
Plus de violence contre l’Etat et le capital.
Force aux guérilleros urbains anarchistes Nikos Maziotis et Pola Roupa qui ont une récompense sur leur tête [7].
Force à tous les compagnons en clandestinité.
Foutez-vous l’argent de vos récompenses au cul !
Longue vie à l’anarchie !

Nikos Romanos,
3 février 2014.


Citation :

[1] Pour plus d’informations sur cette affaire, voir le mot-clé « Solidarité avec les compagnons arrêtés suite aux braquages de Velvento/Kozani » sur non-fides.fr

[2] Pour plus d’informations sur cette grève de la faim et ce mouvement de solidarité, voir le mot-clé « Solidarité avec Nikos Romanos » sur non-fides.fr

[3] Voir « Toutes les valeurs de cette société sont des prisons de haute sécurité », Recueil de textes et communiqués à propos de la lutte contre les prisons de type C en Grèce, 68p, février-avril 2015, Ravage Editions.

[4] Voir une chronologie dans Contre Syriza et son monde - Contre toute autorité, Quatre-page de la bibliothèque anarchiste La Discordia à l’occasion d’une discussion publique à Paris, juillet 2015.

[5] Evi Statiri est détenue depuis le 2 mars 2015, elle a été arrêtée car elle est la compagne de Gerasimos Tsakalos, membre emprisonné de la Conspiration des Cellules de Feu. Le 14 juillet, elle se voit à nouveau refuser sa libération et reste donc en détention préventive. La libération de Evi Statiri était l’une des promesses du gouvernement de Syriza. Entre autres promesses non-tenues, Savvas Xiros n’est lui non plus toujours pas libre. Ndt.

[6] Journaliste, présentateur télé et politicien, il a fondé en mars 2014, le parti centriste To Potami (« La Rivière ») avec pour ambition de se présenter aux élections européennes de 2014 et d’y incarner le centre pro-européen de l’échiquier politique. Ndt.

[7] L’État avait, quelques semaines auparavant, mis une récompense de 4 millions d’euros sur les têtes de plusieurs révolutionnaires en cavale : Nikos Maziotis et Pola Roupa, membres de Lutte Révolutionnaire, Christodoulos Xiros, balance du 17N, qui ont tous été rattrapés depuis hormis Pola Roupa, et les deux membres non-identifiés des Forces Révolutionnaires Populaires Combatives qui ont mené l’exécution par balles de deux membres d’Aube Dorée le 1er novembre 2013. Nde.

[Traduit du grec par Non Fides d’Inter Arma]



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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Dim 23 Aoû - 18:37

Au Salvador, 14 hommes tués... en prison S.L avec Reuters 23 août 2015


Les forces de police du Salvador devant la prison dans laquelle 14 détenus ont été tués
dans un règlement de compte entre les membres d'un gang

Quatorze membres de l'un des gangs salvadoriens les plus actifs ont été tués en prison samedi. Il s'agirait d'une "purge" interne au gang.

Citation :
Les violences se multiplient au Salvador depuis la fin, il y a un an, d'une trêve conclue par les gangs de rue Barrio 18 et Mara Salatrucha. Samedi, quatorze membres de l'un des gangs salvadoriens les plus actifs ont été tués en prison.

Les meurtres ont été commis dans une prison de Quetzaltepeque, 25 km au nord-ouest de San Salvador. Cette prison compte un millier de détenus, tous membres du Barrio 18, selon les autorités pénitentiaires, qui parle d'une "purge" au sein du gang. La disparition de certains détenus a été remarquée au moment où les prisonniers devaient rentrer dans leur cellule. Les agents de sécurité de la prison et l'unité anti-mutinerie de la police ont trouvé les corps dans les poubelles. Les victimes appartenaient semble-t-il à une aile du gang nommée "faccion revoluciobarios", qui aurait contraint des chauffeurs de bus à cesser le travail fin juillet dans le cadre d'une grève émaillée de violences.

Faire pression sur le gouvernement

Le Salvador, pays pauvre d'Amérique centrale, connaît une flambée de violence depuis la semaine dernière. Au moins 220 meurtres ont été commis en quelques jours, surtout dans l'est du pays. De nombreuses victimes appartiennent aux bandes criminelles, dont les deux plus puissantes sont Barrio 18 et Mara Salvatrucha. Les policiers payent aussi un lourd tribut à cette violence.

Il s'agit d'"une réaction des bandes criminelles au travail opérationnel" des autorités, a estimé le ministre de la Justice et de la Sécurité Benito Lara, la semaine dernière. Selon lui, ce regain de violence est une stratégie des gangs pour contraindre les autorités à dialoguer avec eux et à accéder à certaines de leurs demandes. Fin juillet, les bandes criminelles avaient imposé une grève des transports en commun pour exiger de participer aux discussions menées entre le gouvernement et la société civile afin de trouver des solutions à la violence qui ravage le Salvador, sous l'égide du Programme des Nations unies pour le développement (Pnud). La grève forcée avait paralysé le pays pendant plusieurs jours et sept chauffeurs de bus, surpris en train de travailler, avaient été abattus.


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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Dim 23 Aoû - 20:28



Prison : violence-s carcérale-s Djamila, 18 Août 2015 Repères anti-racistes

Militante de la CRI 42 (Coordination contre le Racisme et l’Islamophobie), avec d’autres militants, nous avons décidé de créer une antenne de cette organisation après les événements de Charlie et la confusion, le rejet, l’exclusion qu’ils ont provoqués à l’encontre des immigrés, des enfants d’immigrés, des Français également, des Français ou des Françaises comme moi qui suis française née en France.

Djamila a écrit:
A l’occasion de ces événements, une nouvelle vague de racisme se développe qu’il faut combattre, et plus particulièrement l’islamophobie qui est aujourd’hui galopante.

Des versions à sens unique, la justice complice

Personnellement, j’ai perdu mon frère à la maison d’arrêt de la Talaudière, tout près d’ici, de Saint-Etienne. Cela fait maintenant un peu plus de dix ans, c’était le 3 juin 2003. Rahimaho Allah !

Mon frère était âgé de 28 ans et il est décédé de mort violente dont la cause est le sectionnement de la veine jugulaire et de la veine fémorale.

Comme vous pouvez l’imaginer, la version qui nous a été donnée par la police, c’est qu’il s’agissait d’un suicide … Mais comment alors expliquer les mutilations, les hématomes qu’il portait sur le corps sachant qu’il n’avait aucun antécédent d’autodestruction. Et la thèse du suicide est une explication à laquelle nous ne croyons toujours pas, d’autant plus que mon frère nous avait prévenus qu’il se sentait en danger. A cet effet, nous avions par trois fois d’ailleurs pris soin d’alerter le directeur de la prison comme nous avions alerté le procureur.

Mon frère se sentait menacé et alors qu’il devait, sur sa demande, être muté le lendemain, on le retrouve mort, de mort violente, le matin dans sa cellule…. Il est clair qu’en France, en prison, on tue.

Si je me permets de vous dire cela aujourd’hui, c’est que pendant dix ans on a fait confiance, en vain, à la justice.


Vous êtes les premières personnes à qui j’en parle comme cela. Ce n’est pas évident pour moi, et je ne pensais pas d’ailleurs en parler, cela demande un effort, parce que c’est encore frais pour nous.

Dès le départ, on a pensé, on fait confiance à la justice, on va faire les choses comme il faut, on va comprendre ce qui s’est passé. Malheureusement le résultat est là, et au final ce sont dix ans de procédures bafouées, de reconstitutions falsifiées, de questionnements sans réponses des autorités concernées. Les différents juges qui ont approché le dossier ne prenaient même pas la peine de répondre aux questions légitimes et de droit que notre avocat leur soumettait.

On a essayé de faire les choses proprement, comme il faut, en toute honnêteté et le résultat, c’est une désillusion amère et cruelle.

Aujourd’hui pour moi, pour nous, il est clair et c’est évident : le racisme existe dans les hautes sphères, et les juges, les avocats, les policiers sont tous la main dans la main.

On a fait appel à un avocat de Lyon, qui nous a assistés pendant dix ans. Heureusement, dans notre cas, il ne nous a pas pris une grosse somme mais il faut tout de même avoir conscience et savoir qu’il faut de l’argent pour que les familles puissent aller jusqu’au bout et toutes n’en ont pas les moyens. Et c’est pour cette raison, aussi, que certaines familles abandonnent et que toutes les procédures ne vont pas jusqu’au bout.

Nous, en un certain sens, on a eu la chance d’avoir agi tout de suite, ce qui nous a permis d’avoir connaissance des autopsies, de recueillir les premiers témoignages des gardiens, et de pouvoir par la suite les confronter à leurs contradictions car comme on dit à juste titre : La vérité, on s’en rappelle, le mensonge, on l’oublie ! Une façon de dire que lorsqu’on questionne un menteur, il vous donnera une autre version parce qu’il aura oublié ce qu’il a dit précédemment. La vérité, on s’en rappelle toujours.

Nous sommes allés jusqu’à la Cour européenne des Droits de l’Homme qui, pour se prononcer, n’a eu en sa possession qu’un dossier à moitié falsifié, étant donné que la reconstitution est fausse et plus que contestable.

Alors que mon frère est mort égorgé dans une prison française, qu’on nous dit qu’il s’est suicidé, que la longueur de son bras lui permettait de commettre son geste, en 2011, la Cour européenne a rendu son verdict dans lequel elle se contente de relever qu’il n’y pas assez d’éléments pour affirmer que c’est un suicide. …

Nous sommes choqués par une telle explication.

Le non lieu pour solde de tout meurtre

C’est grave de mourir comme cela ou de quelque façon que ce soit. Aujourd’hui, des suites de violences policières, on dénombre plus de 120 victimes que ce soit en prison ou en dehors de la prison et invariablement, à part de très rares exceptions, pour la police, cela se solde toujours par un non lieu.

Dans le cas de mon frère, j’estime que la justice française se doit de reconnaître ses failles, ses travers, ses lacunes. Il en est de même pour les services pénitentiaires qui accordent plus d’importance et de soins à leur image et à leur réputation qu’à la vie des hommes qui sont sous leur responsabilité.

Après tout ce temps, attendre quelque chose de la justice, aujourd’hui j’ai un peu de mal à y croire. J’ai fait confiance pendant dix ans., selon la justice, la preuve du suicide de mon frère, c’est que la porte était fermée et pour expliquer pourquoi il avait barricadé toute l’entrée de la cellule, on nous explique que c’était pour retarder l’arrivée des secours.

Dès le départ, alors que le corps de mon frère était couvert d’hématomes, on a tout filmé, pris en photo et au fil des ans et des procédures, j’ai constitué sur la mort de mon frère tout un dossier que je garde car je n’ai pas trouvé de personnes de confiance à qui remettre ce dossier pour qu’il puisse servir.

A l’issue de toutes ces années, où la justice n’a pas été rendue, il ne reste plus qu’à militer, s’unir et ne pas lâcher l’affaire parce que demain il y aura d’autres morts.

On est responsables par notre silence et aujourd’hui, je n’ai qu’un souhait : que toutes les familles de victimes s’unissent, et à ce moment-là, on aura un poids certain avec lequel ils devront compter.

Que vous soyez là, cela signifie que des gens peuvent encore donner de leur temps et cela me donne de l’espoir. □




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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Mer 2 Sep - 7:33



La moitié des prisonniers de Guantanamo resteront enfermés « indéfiniment » Le Monde.fr avec AFP | 01.09.2015

Le camp de Guantanamo, créé il y a treize ans, compte encore cent seize détenus



Citation :
Il y a « environ une moitié des détenus qui ne peuvent être libérés, point final. » L’administration américaine a beau chercher à fermer la prison de Guantanamo, créée il y a treize ans sur l’île de Cuba, dans la foulée des attentats du 11 septembre 2001, une partie des cent seize détenus doivent rester enfermés « indéfiniment », a rappelé mardi 1er septembre Ashton Carter, le secrétaire à la défense des Etats-Unis.

« La raison pour laquelle il est compliqué de fermer Guantanamo est la suivante : certains des prisonniers qui sont là doivent être détenus indéfiniment, ils doivent simplement être enfermés »,
a déclaré M. Carter, qui répondait, au Pentagone, à des questions posées par des militaires américains dans le monde entier. « Mon point de vue est qu’il serait bon, si c’est possible, de fermer Guantanamo, si cela peut être fait en toute sécurité », a-t-il ajouté.


L’administration américaine est en train de chercher un lieu sur le territoire des Etats-Unis pour transférer les détenus de Guantanamo et fermer le camp, une promesse de Barack Obama. Ashton Carter et Lisa Monaco, la conseillère du président pour l’antiterrorisme, doivent présenter prochainement au Congrès un nouveau plan pour fermer cette prison hautement controversée.

Certaines voix s’élèvent déjà pour mettre en garde contre la tentation de pérenniser sur le sol américain un système de détention illimitée sans procès, objet de toutes les critiques. Une telle solution, affirment-ils, reviendrait à déplacer, plutôt qu’à fermer, la célèbre prison.


Une plongée dans l’enfer de Guantanamo Charlotte Bozonnet  Le Monde | 21.01.2015


Un détenu de Guantanamo mené à un interrogatoire, en 2002

Charlotte Bozonnet a écrit:
« L’extraordinaire force des pages qui suivent provient de l’inestimable témoignage qu’elles livrent. Si Guantanamo n’a jamais été caché, jamais il ne nous a été permis d’entrer ainsi au plus près et au plus effrayant de cette prison. » C’est par ces lignes de l’ONG Amnesty International que s’ouvrent Les Carnets de Guantanamo (Michel Lafon, 448 p., 18 €).


Ecrit en 2005 par un prisonnier de la base américaine, ce journal retrace la vie d’un détenu de Guantanamo. Un document exceptionnel qui est aussi une plongée dans l’absurde et terrifiante machine antiterroriste mise en place par les Etats-Unis après le 11-Septembre.


Citoyen mauritanien, Mohamedou Ould Slahi a été arrêté au lendemain des attaques terroristes contre le World Trade Center. Il a 30 ans, et est rentré chez lui en février 2000 après douze ans passés en Allemagne puis au Canada. Son parcours fait de lui un suspect idéal : il a déjà plusieurs fois été interrogé. En 1991, à 20 ans, il est parti s’entraîner en Afghanistan avec Al-Qaida. A l’époque, l’organisation ne menait pas de djihad contre les Etats-Unis : il s’agissait de chasser les communistes de Kaboul.

Le 20 novembre 2001, il se rend à la convocation de la police de Nouakchott pour prouver sa bonne foi : il pense l’affaire réglée. C’est alors que son cauchemar commence. Huit jours plus tard, il est transféré à Amman (Jordanie) par la CIA. Détenu à l’isolement, il y sera interrogé par les services de renseignement jordaniens pendant près de huit mois. Sans résultat.

Pendaison par les mains


En juillet 2002, il est à nouveau mis dans un avion, cagoulé, et se retrouve sur la base américaine de Bagram, en Afghanistan, où il découvre d’autres détenus – un adolescent afghan enlevé alors qu’il se rendait aux Emirats pour travailler ; un jeune Mauritanien installé en Arabie saoudite ; un Palestinien de Jordanie –, fauchés aux quatre coins du monde. Les détenus ont interdiction de se parler. « La punition, en cas de non-respect de cette règle, était la pendaison par les mains, les pieds touchant à peine le sol. Je vis un Afghan perdre connaissance à deux reprises dans cette position. Les “médecins” le “soignèrent” avant de le rependre », écrit-il. Le 4 août, nouveau transfert. Mohamedou et trente-quatre autres prisonniers sont envoyés à Guantanamo.

« Je n’avais en fait pas compris que coopérer signifiait dire aux interrogateurs ce qu’ils voulaient entendre »


Sur la base américaine de Cuba, le FBI mène les interrogatoires pendant plusieurs mois. « Estimant à tort que le pire était passé, je me souciais moins du temps qui serait nécessaire aux Américains pour se rendre compte que je n’étais pas le gars qu’ils recherchaient. J’avais trop confiance en la justice américaine », écrit-il. Physiquement mal en point, il coopère. « Je n’avais commis aucun crime contre qui que ce soit. Je tenais même à parler, afin de prouver mon innocence. » Les interrogatoires sont sans fin. Toujours les mêmes questions, les mêmes photos, les mêmes dialogues surréalistes.

Citation :
« Tu fais partie du gigantesque complot qui vise les Etats-Unis !, s’écria XXXX [le nom de l’interrogateur est censuré].

– Vous pouvez lancer cette accusation sur n’importe qui ! Qu’ai-je fait exactement ?
– Je n’en sais rien, à toi de me le dire ! »

« Je répondais quand on me questionnait et je coopérais, raconte Mohamedou Ould Slahi. Je n’avais en fait pas compris que coopérer signifiait dire aux interrogateurs ce qu’ils voulaient entendre. »

« Mille pages de fausses informations »

En mai 2003, les agents du FBI sont remplacés par des militaires. Commence alors un autre calvaire. Coups, humiliations sexuelles, privation de sommeil, station debout et musique assourdissante… le jeune Mauritanien raconte des mois de torture. Quatre équipes se relaient nuit et jour pour le maltraiter. Mohamedou est soumis à un « plan d’interrogatoire spécial », validé par les plus hautes autorités américaines.

« Pour résumer, écrira-t-il à ses avocats, vous pouvez diviser mon histoire en deux étapes :
1. Avant la torture (celle à laquelle je n’ai pas pu résister, j’entends) : je leur disais la vérité, à savoir que je n’avais rien fait contre votre pays. Cette situation s’est prolongée jusqu’au 22 mai 2003.
2. Période de torture : après que j’eus cédé. Je répondais par l’affirmative à toutes les accusations. Au cours de cette période, je noircis plus de mille pages de fausses informations sur mes amis. »



La publication du livre est une histoire en soi. Mohamedou Ould Slahi l’a écrit au cours de l’été et de l’automne 2005 : 466 pages manuscrites immédiatement classées secret-défense par le gouvernement américain. Il fallut ensuite six années à ses avocats pour obtenir sa déclassification. Sa publication est toutefois restée soumise à la censure. 2 600 blocs noircis cachent ainsi, tout au long de la lecture, des mots, des phrases, des pages entières.

Depuis 2002, 779 détenus sont passés sur la base de Guantanamo, 136 y étaient toujours en décembre 2014. L’auteur des Carnets de Guantanamo a, lui, présenté une demande d’habeas corpus, acceptée en 2010 par un juge américain qui ordonna sa libération, avant que l’administration américaine ne fasse appel ; l’affaire est en cours. Treize ans après, Mohamedou Ould Slahi est toujours détenu et n’a jamais été jugé.



cause toujours...



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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Ven 6 Nov - 17:11


Poitiers : le travail en prison dans l'objectif d'un photographe poitevin EG 06/11/2015

Manuel Vimenet expose pour la première fois les photos réalisées dans les années 80. Ses photographies sur le travail en milieu carcéral sont à voir à la faculté des sciences humaines de Poitiers jusqu'au 29 janvier.

Jamais ces photos n'avaient encore été montrées au public


Manuel Vimenet L'une des photographies de Manuel Vimenet prise à la prison de Lorient en 1984

Citation :
Manuel Vimenet, photographe de presse poitevin, expose jusqu'au 29 janvier à la faculté des sciences humaines de Poitiers une série en noir et blanc réalisé dans les prisons françaises dans les années 1980. Pour achever ce travail, il a passé six mois en immersion derrière les barreaux.


© Manuel Vimenet À la maison d'arrêt de Rouen en 1984

Le sujet - le travail en milieu carcéral - est un sujet rare car à l'abri des regards. La particularité de cette exposition c'est qu'elle est enrichie par le travail de recherche des étudiants en sociologie qui décrit les conditions de travail des prisonniers.

Voyez le reportage de Marine Rondonnier, Laurent Gautier et Josiane Étienne (intervenants : Manuel Vimenet, photographe; Mathilde Soubry, titulaire d'un master de sociologie)

Poitiers : des photos sur le travail en prison Reportage de M. Rondonnier, L. Gautier et J. Étienne


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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Sam 21 Nov - 9:54


Prison et religion Raymond Viger les7duQuébec 21 novembre 2015

En prison, Seigneur, où es-Tu ?

On nous a demandé, l’an dernier, d’enlever tous les symboles religieux de la chapelle au pénitencier de Cowansville, une prison fédérale comptant près de 700 détenus


Le révérend Tim Smart est aumônier à la prison de Cowansville et pasteur à l’église anglicane Grace de Sutton

Citation :
Une chapelle jusqu’alors ornée de symboles chrétiens devenait maintenant un espace neutre en un lieu entouré de barbelés. La théorie étant qu’une chapelle subventionnée par les fonds publics se doit d’être accessible à tous, sans offenser ceux qui proviennent d’une autre religion.

Nous avons donc fait le ménage et enlevé les croix, les icônes et les affiches religieuses, que nous avons rangées dans les anciens confessionnaux, transformés en remises. L’autel et une grande croix (peinte par un détenu) sont demeurés sur la scène, mais de manière à ce qu’on puisse les cacher par des rideaux, afin de ne blesser aucune sensibilité.

Nous avons aussi rebaptisé cette salle (quoique le terme ne soit sûrement pas approprié, étant donné les changements actuels) en Centre multiconfessionnel.

C’est ainsi que cela doit être dans notre monde multiconfessionnel, dans une institution subventionnée par les fonds publics. Toutes les croyances doivent être accueillies et respectées.

S’adapter

Quoi qu’il en soit, cela nous a pris quelque temps, nous les quatre aumôniers permanents, pour nous adapter mentalement et émotionnellement aux nouvelles conditions. Pour passer d’un lieu où, croyait-on, presque tout le monde était catholique romain et parlait français, à un Centre multiconfessionnel.

Même si deux des aumôniers sont catholiques romains, un troisième moine bouddhiste et moi-même anglican, tous les détenus peuvent nous consulter sans égard à leur profil religieux, pour obtenir des conseils ou seulement converser. Nous avons aussi un plus grand nombre d’aumôniers visiteurs qui viennent répondre aux besoins d’hommes de traditions diverses.

Un imam agréé vient rencontrer les détenus musulmans. Un rabbin vient à l’occasion. Et les témoins de Jéhovah ont maintenant des réunions régulières le lundi matin, après qu’une plainte déposée par un détenu ait forcé le service correctionnel canadien à leur accorder l’accès au lieu de recueillement.

Malgré notre approche multiconfessionnelle, nous savons que les détenus de cette prison sont nominalement catholiques romains à environ 73 %. Les autres 27 % regroupent des protestants, des musulmans, des adeptes de spiritualité autochtone, etc.

La spiritualité autochtone et les programmes pour les Autochtones sont gérés à partir d’un autre édifice par d’autres personnes et avec un financement différent.

Cette séparation n’est pas surprenante, si l’on considère le passé trouble qu’ont connu les Autochtones avec les négociants, les missionnaires et le personnel des pensionnats indiens.

Cependant, certains Autochtones participent tout de même à diverses activités religieuses ou éducationnelles au Centre.

Première fois

Ça ne vous surprendra probablement pas d’apprendre que la plupart des détenus n’étaient pas de grands pratiquants avant leur incarcération. Comme beaucoup de personnes dans notre société actuelle, ils ignorent presque tout des traditions religieuses.

La prison offre à certains d’entre eux l’occasion de retrouver leur foi natale, et aussi d’explorer les traditions d’autres croyances.

Certains vont régulièrement à la messe pour la première fois. Ou participent pour la première fois à une étude de la Bible avec des prières et des chants. Ou prient pour la première fois avec des confrères musulmans et tentent de respecter le jeûne du ramadan.

Et comme la prison est un lieu passablement ennuyant, certains goûtent à tout ce qui est offert. Ils peuvent rencontrer le moine bouddhiste, participer aux réunions des témoins de Jéhovah et à l’étude de la Bible au cours d’une même semaine.

Il est fascinant de voir des personnes explorer la religion pour la première fois dans des conditions où la foi, l’espoir et l’amour sont si rares; sans parler du pardon.

En tant qu’aumônier institutionnel œuvrant dans un environnement multiconfessionnel, mon travail ne consiste pas à recruter des fidèles pour l’Église anglicane ou pour la religion chrétienne. Mon travail consiste à écouter les gens et à cheminer avec eux dans l’exploration de la foi, puis de les aider à retrouver les traditions de leur croyance.

La religion, à l’intérieur et à l’extérieur de la prison, peut être une aide ou un obstacle à notre réhabilitation et à notre libération. Les aumôniers se méfient de ceux chez qui l’expression religieuse peut cacher des anxiétés et des besoins profondément ancrés. Ou ceux qui utilisent la religion pour améliorer leur pitance à la cafétéria ou pour avoir congé de travail. Nos raisons d’être religieux sont souvent confuses et parfois purement égoïstes.

Bien que je ne sois pas là pour juger des motivations de chacun, je pense que le rôle des aumôniers est d’encourager les gens à chercher la foi de manière authentique et à exprimer un désir sincère d’approfondir leur spiritualité et leur pratique.

Combattre le crime

Avant de devenir un aumônier de prison, comme beaucoup de personnes, je lisais les reportages sur les crimes et les peines imposées à ceux qui avaient commis des actes plutôt horribles. J’étais heureux qu’ils se retrouvent en prison et je ne pensais pas beaucoup à eux. J’ai peut-être même déjà dit : «Enfermez-les et jetez la clé!»

Quand vous vous rendez en prison en tant que bénévole et ensuite comme aumônier, vous commencez à voir les visages et les personnes derrière les titres des journaux et il devient plus difficile de les condamner pour toujours. Vous écoutez l’histoire de leurs vies et de ce qui a mené à leurs crimes, et vous commencez à comprendre. Vous commencez à comprendre à quel point l’on peut devenir confus intérieurement, et aussi corrompu par des influences extérieures.

Historiquement, les aumôniers font partie depuis longtemps du système pénitencier. Les aumôniers et les directions des prisons croyaient que l’isolation, le temps de réflexion et l’enseignement chrétien avaient plus de chance de réformer les détenus que les coups, le fouet et les exécutions. On espérait que cette période d’isolation de la société permettrait aux détenus de devenir pénitents et de regretter leurs péchés, d’où le terme «pénitencier».

À l’époque actuelle, le service correctionnel canadien espère toujours que les détenus vont regretter ce qu’ils ont fait, et qu’ils vont profiter des programmes et des cours offerts pour leur réadaptation. Néanmoins, l’aspect religieux est devenu purement optionnel.

Pour une minorité de détenus, les aumôniers et les activités de la chapelle représentent un ajout intéressant. Alors que la Charte des droits et libertés accorde à tous les prisonniers le droit de pratiquer leur croyance, comme c’est le cas dans la société en général, peu de personnes choisissent de le faire.

Nous vivons dans un pays où le gouvernement actuel a choisi de combattre durement le crime, en nous disant que ce que les Canadiens veulent avant tout, c’est de vivre en sécurité. Cependant, la plupart des aumôniers croient que cette rhétorique n’est qu’une manœuvre électorale, dont le but est d’aller chercher des votes sur un thème où il semble facile de faire l’unanimité.

Temps difficiles

Longtemps avant que le gouvernement conservateur décide de combattre plus durement le crime, les taux de criminalité étaient à la baisse depuis des années.

Et pourtant, dès qu’il fut au pouvoir, ce gouvernement s’est empressé de passer des lois et d’instaurer des règles afin que les personnes condamnées subissent de plus longues sentences, qu’il leur soit plus difficile d’accéder à une prison à sécurité minimale et plus difficile aussi de bénéficier d’une libération conditionnelle.

En même temps, beaucoup de petits privilèges qui aidaient à rendre la vie en prison plus supportable furent coupés – tels que l’accès aux livres, à l’éducation, aux psychologues, aux événements communautaires et aux activités bénévoles.

Le but de toutes ces lois et de toutes ces coupes effectuées par le gouvernement est d’être dur avec les détenus et de montrer à la population qu’on ne les dorlote pas. Les aumôniers ne comprennent pas pourquoi le gouvernement coupe ainsi dans les programmes destinés à la réhabilitation et la réinsertion sociale des détenus.

C’est comme si le système souhaitait que ces hommes faillissent en leur offrant le moins de formation, le moins d’espoir possible, tout en augmentant leur niveau de frustration et de désespoir.

En tant qu’aumôniers œcuméniques représentant toutes les croyances à l’intérieur des enceintes barbelées des prisons canadiennes, beaucoup d’entre nous se trouvent en désaccord avec un gouvernement plus intéressé par le châtiment que par le renouveau de la vie.

Comment les aumôniers pourront-ils offrir de l’espoir à des hommes vivant dans des prisons de plus en plus surpeuplées, où de moins en moins de ressources sont offertes, dans un système qui semble décider arbitrairement de leur sort, au jour le jour?

Nous travaillons chaque jour dans des prisons canadiennes en tant que personnes croyantes, sans pouvoir réel de changer le système. Nous accueillons les hommes dans nos bureaux pour écouter leurs confidences, nous leur rendons visite au «trou» (lieu de détention solitaire) et dans leurs blocs cellulaires, puis nous organisons des services religieux pour eux avec l’aide de bénévoles venus de l’extérieur.

Par notre présence, nous souhaitons leur montrer qu’ils comptent encore et qu’ils n’ont pas été rejetés par nous et par leurs communautés.

Bien que nous ne puissions pas facilement changer le système, nous souhaitons témoigner du fait qu’ils demeurent des enfants de Dieu dont la libération peut commencer même au cours des années qu’ils doivent vivre derrière les barreaux.


- Dis Papa, c'est loin le Québec libre ?

- Tais-toi ! Et nage...


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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Mar 1 Déc - 15:39


Une bagarre fait 17 morts dans une prison du Guatemala
LaPresse CA 30 novembre 2015


Une vingtaine de policiers ont pénétré dans la prison
afin d'en reprendre le contrôle et de recueillir des preuves
PHOTO REUTERS

Dix-sept détenus ont perdu la vie durant un affrontement entre deux gangs rivaux dans une prison surpeuplée du Guatemala, dont sept par décapitation, ont annoncé les autorités guatémaltèques, lundi


Associated Press Ciudad de Guatemala a écrit:
Victor Mijangos, le procureur adjoint du district d'Escuintla, a affirmé que la bagarre avait éclaté dimanche après-midi dans un pénitencier baptisé «Ferme de réhabilitation Canada» à environ 70 kilomètres au sud de la capitale du pays d'Amérique centrale.


Selon lui, toutes les victimes ont été tuées à la machette ou au couteau. Les autorités ont découvert 16 corps dans la prison et un autre détenu a succombé à ses blessures à l'hôpital.

M. Mijangos a précisé que les têtes de trois hommes, apparemment les leaders de l'un des deux gangs, avaient été retrouvées sur une table.


Le porte-parole du système carcéral guatémaltèque, Rudy Esquivel, a indiqué que le pénitencier avait été conçu pour accueillir 600 prisonniers, mais en abritait plus de 3000.

M. Esquivel a expliqué que l'affrontement semblait avoir opposé les gangs Mara 18 et Mara Salvatrucha de même que d'autre détenus n'appartenant pas aux deux groupes.

Une vingtaine de policiers ont pénétré dans la prison afin d'en reprendre le contrôle et de recueillir des preuves.




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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Sam 5 Déc - 10:51


un travail très intéressant de SamFanto, à suivre sur son blog




La lutte contre les prisons – une chronologie

Cette page est ma contribution à la semaine contre l’enfermement (principalement à Montpellier, ou je vis, mais aussi à Beziers), qui va au-delà de cette semaine, puisqu’elle sera régulièrement mise à jour.  Il s’agit d’une chronologie des émeutes, manifs, sabotages, grèves de la faim etc., liées au mouvement contre l’enfermement, et notamment dans les prisons. La chronologie va d’aujourd’hui (plus ou moins) à décembre 2013. Elle permet de se faire une idée de ce qui se passe à l’échelle du monde, et pas seulement en France.



24/8/14 : Brésil, Paraná : émeutiers de prison prennent 2 gardiens en otage, apparemment tuant 4 prisonniers,
décapitant 2 d’entre eux “la nourriture est mauvaise, il n’y a pas d’avocats pour travailler leurs essais,
pas de produits d’hygiène de base”


Citation :
Ceci est dédié à Keith Lamar, condamné à mort après avoir pris part en 1993 à un soulèvement dans la prison américaine de Lucasville, qui a uni les noirs et des blanc “nazis” contre le système carcéral, soulèvement dans lequel sont morts 9 prisonniers et un maton.

Dans les prisons américaines, les individus enfermés sont souvent contraints d’adhérer à un camp en fonction de leur appartenance “raciale”. Les blancs qui ne se joignent pas aux nazis doivent aller voir les gangs noirs ou latinos pour demander protection, mais c’est risqué. Si la bande noire ou latino la refuse, les prisonniers blancs s’exposent à la brutalité des nazis sous motif de “trahison raciale”.

Le dernier recours de Keith LaMar contre son exécution a été rejeté, et il est possible qu’après plus de 22 ans en prison, il soit assassiné par l’État.


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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Mar 8 Déc - 0:50



En Bolivie, les enfants suivent leur mère en prison Traduction publiée le 2 Décembre 2015 GMT


Les prisonniers peuvent faire venir leur famille pour qu'elle vive avec eux au sein de la prison. Leur épouse et leurs enfants peuvent partager leur vie entre la prison et le monde extérieur. Callampaya, La Paz. Photo de Danielle Pereira, janvier 2009. CC 2.0. Edité par Kevin Rothrock.

La Bolivie est sans doute le seul pays au monde qui autorise l'incarcération d'enfants et adolescents avec leurs parents le temps que ces derniers purgent leur peine de prison dans l'un des établissements pénitentiaires de la nation sud-américaine, selon des données du Bureau du Haut Commissariat des Nations unies aux droits de l'Homme (OHCHR pour son acronyme en anglais).

Citation :
Le représentant du Haut Commissariat de cet organe, Dennis Racicot, s'est prononcé contre la présence d'enfants et d'adolescents dans les prisons, en particulier dans celles destinées aux hommes:

Citation :
Je signale que, si la pratique de quelque Etat autorise la présence d'enfants dans les prisons car leur deux géniteurs sont détenus, il faudrait s'assurer au «minimum» que l'enfant reste auprès de sa mère jusqu'au terme de la période d'allaitement, mais pas avec le père, car en étant dans une prison occupée [uniquement] par des hommes, il est exposé à des risques d'abus et de violence.


Le site Prensa Bolivia cite des données officielles pour affirmer que 2100 enfants environ vivent dans les prisions boliviennes.

D'après un rapport du Bureau du défenseur du peuple de Bolivie, la situation se détériore dans certains établissements où hommes et femmes détenus se partagent l'espace:

Citation :
Bien qu'en Bolivie, la plupart des prisons possèdent des espaces séparés pour les femmes, il en subsiste encore quelques-unes dans lesquelles il n'existe pas ces séparations comme celles de Montero, Riberalta et Oruro, où les conditions de vie des prisonnières sont comparables à celles des hommes.


Au milieu de ce sombre tableau apparaissent néanmoins des nouvelles encourageantes. On a appris mi-novembre l'inauguration d'un centre pour les enfants qui vivent en prison avec leur mère:

Citation :
Le Centre d'orientation féminine d'Obrajes (COF) a inauguré hier le premier Centre d'attention intégrale pédagogique (CAIP) du pays, un espace de soutien éducatif pour les enfants […]qui vivent avec leur mère dans l'enceinte du pénitencier. Le CAIP d'Obrajes comprend une bibliothèque, une salle informatique et une aire de jeux.


Citation :
#Bolivia Educación abre centros para niños en cárceles https://t.co/h4UuqmOSBp pic.twitter.com/fe0YmJlzVR

— Periódico Cambio (@CambioBo) noviembre 19, 2015

#Bolivia Le ministère de l'Education ouvre des centres pour les enfants en prison. https://t.co/h4UuqmOSBp pic.twitter.com/fe0YmJlzVR

#Bolivia Apoyo pedagógico en las cárceles https://t.co/yRJB5Y6EKC pic.twitter.com/M87Nh8JJY6

— Periódico Opinion (@OpinionBo) noviembre 19, 2015

#Bolivia Soutien pédagogique dans les prisons https://t.co/yRJB5Y6EKC pic.twitter.com/M87Nh8JJY6

Los niños que viven en las cárceles tendrán educación en centros pedagógicos #ANF #Bolivia https://t.co/YBBdWw532Z — Agencia Fides (ANF) (@noticiasfides) noviembre 18, 2015

Les enfants qui vivent en prison recevront une éducation dans des centres pédagogiques. #ANF #Bolivia https://t.co/YBBdWw532Z

En Bolivia cerca de 342 adolescentes no deberían estar en las cárceles, según un estudio https://t.co/7cSWzzEpwG

— Políticas Infancia (@polinfancia) noviembre 6, 2015

En Bolivie, d'après une étude, près de 342 adolescents ne devraient pas être en prison https://t.co/7cSWzzEpwG


Creative Commons License

Photo de Gabriela Garcia Calderon Orbe
Ecrit par Gabriela Garcia Calderon Orbe
Traduit par Maéva


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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Mar 8 Déc - 10:47



Chassé croisé dans les prisons de Bahreïn Traduction publiée le 30 Juin 2015


Des manifestants sous des gaz lacrymogènes lancés par la police anti-émeutes
en janvier durant les heurts suite aux manifestations demandant la libération
du leader d'opposition Cheikh Ali Salman. Photographie par Majeed Tareef. Copyright: Demotix

[sauf indication contraire, tous les liens de cet article mènent vers des pages en anglais]

Le leader politique et Secrétaire général du parti National Action Democratic Society (WAAD), Ibrahim Sharif, a été libéré le 19 juin, après avoir purgé quatre ans et trois mois de sa peine de cinq ans de prison. Trois jours auparavant, le Cheikh Ali Salman, secrétaire général du bloc d'opposition majoritaire Alwefaq National Islamic Society, avait été condamné à quatre ans de prison, ce qui pousse à s'interroger pour savoir si la libération inattendue d'Ibrahim Sharif et la condamnation de Ali Salman étaient des coïncidences ou bien deux facette de la stratégie du gouvernement de Bahreïn, dans un contexte de malaise politique prolongé

Citation :
La libération d'Ibrahim Sharif a été accueillie à grand bruit dans le pays, ce qui a un peu étouffé la colère liée à la condamnation d'Ali Salman. Des foules de sympathisants se sont réunies devant la maison d'Ibrahim Sharif pour attendre son retour. Enas Oun, membre du Bahrain Center for Human Rights (BCHR) a tweeté une photographie de l'activiste sur la route le ramenant chez lui :


L'activiste Ibrahim Sharif après sa libération

Trois jours seulement s'étant écoulés entre les deux événements, on peut se demander si la décision de libérer Ibrahim Sharif après la condamnation d'Ali Salman était un geste calculé ou une conséquence spontanée.

Ibrahim Sharif a été arrêté le 17 mars 2011 et condamné à cinq ans de prison le 22 juin de la même année. Cependant, d'après la loi, les prisonniers peuvent être libérés après avoir accompli les trois quarts de leur peine, ce qui pour Ibrahim Sharif devait être fait le 3 décembre 2014. Depuis, il n'a cessé de demander aux autorités sa libération anticipée, sans succès, jusqu'à trois jours après la condamnation de Salman. S'agirait-il d'une tactique destinée à détourner l'attention de la presse étrangère en substituant un emprisonnement par la libération d'un autre éminent activiste ? L'indignation autour de la condamnation de Salman a fait place à la quasi-célébration de la libération de Sharif.

Mohammed Ashoor tweete une photographie de la foule qui s'est réunie devant le domicile de Sharif dès que la rumeur sur sa libération imminente s'est répandue :


Fête de bienvenue pour Ibrahim Sharif

La condamnation de Salman est survenue un jour après que le Royaume-Uni ait ouvert une base de la Royal Navy dans le pays, ouverture largement critiquée par l'opposition.

Salman a été arrêté le 28 décembre 2014 et accusé « d'incitation à la promotion d'un changement du système politique par la force, les menaces et d'autres moyens illégaux », « incitation publique au mépris du peuple, menant au désordre public », « incitation publique à désobéir à la loi » et « insultes publiques à l'encontre du ministre de l'Intérieur », d'après Amnesty International.

Salman a été acquitté de beaucoup des accusations sérieuses liées à un supposé complot pour renverser le régime, et condamné à quatre ans pour les autres. Les organisations de défense des Droits de l'Homme, dont Amnesty International, ont dénoncé l'arrestation et la condamnation de Salman, déclarant qu'il avait été poursuivi pour avoir usé de son droit à la liberté d'expression. La communauté internationale a fait de même, y compris les États-Unis, le Royaume-Uni ainsi que les Nations Unies.

Le diplomate américain Tom Malinowski condamne les poursuites envers un individu s'exprimant de façon pacifique :

Citation :
Ali Salman condamné à 4 ans de prison pour un discours. Personne ne devrait être poursuivi pour s'être exprimé pacifiquement.


Une manifestation a eu lieu pour protester contre le jugement et demander sa libération. Un autre membre du BCHR, Hussain Radhi, partage ses photos des manifestations :


Manifestations pacifiques dans différents villages de Bahreïn en solidarité
avec les prisonniers politiques et le Cheikh Ali Salman

Parmi les réactions, le ministre des Affaires Étrangères irakien a appelé le gouvernement du Bahreïn à «reconsidérer le jugement » contre Salman. Les ambassadeurs du Bahreïn, des Emirats Arabes Unis (EAU) et du Koweït en Irak ont protesté contre cette déclaration et adressé un message au ministre irakien des Affaires Étrangères, le mettant en garde contre l'ingérence dans les affaires intérieures de Bahreïn, et l'invitant à montrer plus de respect pour la souveraineté du pays.

Mohamad Bazzi, professeur de journalisme à l'Université de New York, a tweeté :

Citation :
Le Bahreïn est contrarié par la déclaration du ministre des Affaires Etrangères irakien condamnant la condamnation à 4 ans de prison contre le leader d'opposition Cheik Ali Salman


Emile Nakhleh, un expert des société du Moyen-Orient et membre du Council on Foreign Relations, conclut que le boycott des élections de 2014 par Alwefaq était utilisé pour piéger Salman, dans un contexte de divisions au sein de la famille au pouvoir. La position du Prince héritier est rendue difficile par les rumeurs selon lesquelles la couronne pourrait aller à son jeune frère, Nasser. Il semble qu'il n'ait eu d'autre choix que d'accepter la répression contre l'opposition.

Emile Nakhleh expique:

Citation :
La position du Prince héritier au sein de la hiérarchie familiale s'est progressivement précarisée, spécialement à la lumière des récentes rumeurs que la succession du trône pourrait être modifiée en faveur de son frère Nasser. Une telle éventualité, en conformité avec le changement dans la succession des Saoud en Arabie Saoudite, force le prince héritier Salman à être plus prudent dans ses négociations avec l'opposition et à utiliser le refus d'al-Wefaq de participer aux récentes élections comme justification pour réprimer ses chefs.


Autre détail intéressant, le ministre de l'Intérieur a annoncé le mois dernier qu'il inaugurerait six nouveaux bâtiments de détention, deux centre de détention, et quatre centres de rééducation à travers le pays, mesures qui auraient été prises pour répondre à la surpopulation dans les prisons existantes.

Marc Owen Jones, qui tweete activement sur Bahreïn, est l'un d'eux. Il explique :

Citation :
Ali Salman emprisonné, Ibrahim Sharif relâché. Les prisons bahreïniennes sont si pleines qu'ils mettent en place une politique du ‘un qui entre, un qui sort’.


Un compte Twitter anonyme, Free Shawqi Radhi, partage le même point de vue :

Citation :
Comme un coach qui intervertit ses joueurs. Le Bahreïn attrape Cheikh Ali Salman et l'expédie en prison pendant qu'il libère Ibrahim Sharif


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Photo de Faten Bushehri
Ecrit par Faten Bushehri
Traduit par Nils Loret


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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Mar 8 Déc - 10:56



En Uruguay, une prison à ‘visage humain’ Traduction publiée le 10 Juin 2015


Portique d'entrée de la prison de Punta de Rieles, à Montevideo, Uruguay
Les détenus y vivent comme dans un village
Capture d'écran d'une vidéo publiée sur YouTube


En Uruguay se trouve une prison du nom de Punta de Rieles (“La fin des rails”) dans un quartier du même nom, qui était le terminus des premiers tramways de Montevideo, la capitale du pays. C'est aussi un endroit où la vie des détenus diffère peu de celle de l'extérieur, car Punta de Rieles relève d'une “approche humaine” spéciale de l'incarcération

Citation :
Vu du dehors, l'établissement ressemble aux autres installations pénitentiaires avec ses barbelés et ses gardes armés. Mais c'est à l'intérieur que le contraste est total : y travaillent quelque 200 agents pénitentiaires, en majorité des femmes non armées, dans les métiers du travail social, de la psychologie et des droits humains.

Les détenus de Punta de Rieles ont été condamnés pour toutes sortes de délits et crimes, à l'exception des agressions sexuelles et du trafic de drogue.

Rolando Arbesún, le directeur de l'établissement, dit que l'idée est de gérer la prison à la manière d'un village :

Citation :
Il nous plaît de la penser plus comme un village qui aurait une dynamique de vie aussi proche que possible de celle de l'extérieur. Cela implique un assez important volume de travail, des activités très importantes, mais aussi beaucoup de présence du dehors, du monde extérieur à la prison à l'intérieur de Punta de Rieles. Parce que si on prépare ces hommes à la vie en liberté, il faut les préparer dans un contexte qui paraisse bien plus proche [de la liberté] que ce qui peut se faire dans une prison.


Ouverte en 2010 sur le site d'une prison traditionnelle préexistante, Punta de Rieles est le premier établissement pénitentiaire d'Uruguay jamais géré par un personnel non militaire. A l'intérieur de la prison, des travailleuses sociales côtoient les détenus, qu'elles aident à résoudre leurs difficultés. Le but n'est pas seulement de préparer les détenus à la vie hors de la prison, mais aussi d'humaniser le temps qu'ils passent derrière les barreaux.

Le site web Cosecha Roja l'appelle une anti-prison, et décrit les particularités de l'établissement :

Citation :
Puntas de Rieles abrite environ 600 hommes : ils n'ont ni commissions internes ni délégués, ce qui établirait une distance, un “ils” et un “nous”. La relation est directe et horizontale. Ici il n'y a pas de tentatives d'évasion, pas d'isolement pour punir ceux qui transgressent les règles de convivialité et pas de confiscations d'objets personnels sans leur autorisation expresse, en cas d'informations ponctuelles et concrètes sur une irrégularité, et c'est interdit d'y procéder de nuit. [Certains détenus] approchent le directeur, le saluent avec une bise (cette coutume moderne qui interpelle une certaine virilité) et des tapes dans le dos, ils s'appellent par leur prénom.


L'établissement dispose d'une bibliothèque, d'une salle informatique, d'une boulangerie, et d'une confiserie. Les détenus font du pain et le vendent au public, et il y a aussi une briquetterie où les détenus apprennent ce métier utile. Il y a même un atelier de yoga. La vidéo ci-dessous présente quelques-unes de ces activités, ainsi qu'une compétiton sportive.

A Punta de Rieles, 85 % des détenus travaillent dans une ou plus des 22 entreprises existantes à l'intérieur de l'établissement pénitentiaire. Le taux de récidive est très faible, avec seulement 2 % de prisonniers commettant de nouveaux crimes ou délits après leur libération. (Le chiffre est de 50 % dans le reste du système pénitentiaire du pays.) L'année dernière, 201 hommes ont recouvré la liberté et seulement quatre d'entre eux ont rechuté.

Sur Twitter, des avis sur les réussites de ce système innovant :

Citation :
Prison de Punta de Rieles, entreprises de détenus, poterie, fabrication de panneaux, cafétéria jardin



Citation :
L'étudiant (mon ancien étudiant d'algèbre linéaire I), incarcéré à la prison de Punta de Rieles. Une grande histoire.



Citation :
Une année de beau travail avec les détenus de Punta de Rieles ! Yoga et valeurs !


Pendant la dictature militaire de 1973 à 1985 en Uruguay, la vieille infrastructure de Punta de Rieles était un centre de détention pour hommes. A l'ouverture d'une autre prison, les détenus y ont été transférés, et le site est devenu une prison de femmes où ont été enfermées plus de 700 prisonnières politiques.

Damián Barbosa rappelle ce passé dans le tweet suivant :

Citation :
La prison Punta de Rieles actuelle a sa propre MÉMOIRE…


Le cas de Roy Vitalis, un détenu de Punta de Rieles, démontre les résultats de l'approche “alternative” de l'établissement :

Citation :
Roy Vitalis, 36 ans, est détenu à la prison de Punta de Rieles. Chaque jour, juste après 9 heures du matin, il se met en route à bicyclette pour l'Ecole d'Ingénieurs, où il poursuit ses études.

Au début, on lui avait dit qu'il devait y aller avec menottes et gardiens armés, mais il a réussi à s ces entraves. […] A présent il n'a plus besoin d'autorisation spéciale. Il va et vient en bicyclette et parcourt une trentaine de kilomètres par jour, du lundi au vendredi.



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Ecrit par Gabriela Garcia Calderon Orbe
Photo de Gabriela García Calderón
Traduit (en) par Gabriela García Calderón
Traduit par Suzanne Lehn


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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Jeu 10 Déc - 20:28



La prison d'Angoulême épinglée par l'Inspection du travail 10/12/2015 à 16h09  


Prison - Image d'illustration - Michael Coghlan - FLICKR

L'Inspection du travail a relevé au cours d'une visite inopinée plusieurs dysfonctionnements dans divers locaux et ateliers où travaillent des prisonniers de la maison d'arrêt d'Angoulême, a-t-on appris jeudi auprès de l'Observatoire international des prisons (OIP)

Citation :
Insalubrité en prison

La liste des observations effectuées lors de cette visite de contrôle, le 3 novembre, est longue: fils électriques qui pendent au plafond de la lingerie, vétusté des murs et sols d'un atelier où l'ensemble des rampes néons est en non-conformité, absence de ventilateurs dans un atelier où la température peut être particulièrement élevée, chariots chauffants défaillants en cuisine où les parties sous tension de l'armoire électrique ne sont pas protégées, armoire de stockage de produits dangereux située dans le même local que des denrées alimentaires sèches...

Des travailleurs employés sans contrat de travail

L'Inspection du travail, dont la dernière visite à la maison d'arrêt d'Angoulême datait de septembre 2012, a demandé au directeur de la maison d'arrêt de lui "communiquer dans un délai de deux mois" les dispositions qu'il compte prendre à la suite des observations formulées. L'OIP souligne dans un communiqué que, parmi les manquements constatés, "certains avaient déjà fait l'objet d'un signalement à l'issue de la visite de 2012". Travailleur sans contrat, un détenu ne bénéficie pas de la protection du droit du travail, mais l'Inspection du travail peut intervenir en prison pour contrôler l'application des règles d'hygiène et de sécurité, rappelle l'OIP.


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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Sam 12 Déc - 12:00


Inde : mortelles gardes à vue



In The Last 8 Months, 111 Indians Have Died In Custody, And The Numbers Keep Rising @YouthKiAwaaz Dec 09, 2015

The last eight months saw the death of 111 people in police custody, the Parliament was informed on 8th December 2015 by the Minister of State for Home Affairs, Kiren Rijiju. Apart from the deaths, 330 cases of torture were also reported in the country, PTI reported.

Citation :
Overall, almost 25, 000 instances of police brutality were reported in the period from April 1 to November 30 this year. The minister told the Lok Sabha that the data, collected by the National Human Rights Commission, showed a “mixed trend.”

The issue continues to go unresolved. The Times of India reported two years ago, in November 2013, that almost 12,000 people had died while in police custody.


Image source: Blogspot

Human rights activists had said in the past that there should be an FIR registered in all such cases and the burden of proof should be shifted on the accused.

Activists have also pointed out that usually in such cases while compensation might be awarded, little or no action is taken against the culprits. Worried by the recurring phenomenon of custodial deaths, usually of those who are poor and defenceless, the Supreme Court said in August this year that cops responsible in such deaths should be tried for murder.

Observers have noted that although India is a signatory to the international covenant which prevents the use of torture that causes deaths in police custody, such instances keep going unchecked.






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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Ven 18 Déc - 9:04


La population des prisons américaines a quadruplé en 45 ans
Jake Pearson Associated Press 15 décembre 2015

La population carcérale continue de grimper même si le taux de criminalité est en déclin depuis le sommet de 1991, selon l'analyse de l'Institut de justice Vera


PHOTO ROBERT GALBRAITH, ARCHIVES REUTERS

Les prisons américaines abritent maintenant près de 700 000 détenus en moyenne chaque jour, alors qu'ils étaient 157 000 en 1970

Citation :
Bien que les prisons des grandes villes américaines attirent davantage l'attention, ce sont les établissements dans les petits et moyens comtés qui expliquent l'explosion de la population carcérale aux États-Unis, selon une analyse répartie sur les 45 dernières années.

Selon le rapport de l'Institut de justice Vera, les détenus des plus petits comtés représentent maintenant 44 % de la population carcérale totale, tandis que ce chiffre s'établissait à 28 % en 1978.

Dans les régions moyennes, avec des populations de 250 000 personnes à un million, le nombre de détenus a été multiplié par quatre. Dans les comtés de 250 000 personnes et moins, la population carcérale est sept fois plus élevée maintenant. Au même moment, les régions plus populeuses ont vu leur nombre de détenus se multiplier seulement par trois.

On ne sait pas tout à fait ce qui pourrait expliquer ces statistiques, mais les experts estiment que plusieurs facteurs pourraient y contribuer, dont l'utilisation plus fréquente des assignations à comparaître et des contraventions routières par les policiers, ainsi que la fermeture d'hôpitaux psychiatriques pendant cette période.

Chaque région a ses problèmes particuliers, a fait remarquer Christian Henrichson, de l'Institut Vera.

Contrairement aux prisons d'État abritant des détenus qui purgent de longues peines, les établissements locaux et régionaux servent généralement à emprisonner des individus qui attendent leur procès ou qui ont été condamnés à des peines de prison d'un an ou moins relativement à des crimes mineurs.

D'ailleurs, la population carcérale continue de grimper même si le taux de criminalité est en déclin depuis le sommet de 1991, selon l'analyse.

Le rapport note également que les Afro-Américains étaient quatre fois plus nombreux que les Blancs en prison. De plus, le nombre de femmes a augmenté considérablement depuis 1970


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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Sam 19 Déc - 11:31


je ré-intègre ici quelques messages d'un autre sujet...


Angela Davis était à Nantes le 10 mai, pour la journée commémorative de l’abolition de l’esclavage, et l'on peut retenir une autre phrase

« L’industrie carcérale aux États-Unis n’est que le prolongement de l’esclavage »

Angela Davis a écrit:
« Je vous rends visite alors que de grands événements ont lieu aux Etats-Unis. C’est un moment de renouvellement de la conscience antiraciste. Il y’a aussi une prise de conscience du rôle que joue le racisme anti-musulman pour façonner la violence raciste.
Et je dois dire que c’est également un moment où même les forces politiques conservatrices veulent reconnaître à quel point le Patriot Act a été dommageable. Au moment, où nous sommes en train d’essayer, désespérément, de défaire les dégâts qui ont été causés par le Patriot Act, il est très triste de voir la France adopter la loi sur le renseignement. (…)

Ceux qui ont combattu la violence raciste et l’antisémitisme, et n’ont pas compris à quel point le racisme anti-arabe et l’islamophobie ont transformé le terrain même de notre combat contre le racisme, n’ont rien compris.

Et si nous ne comprenons pas cela, alors nous ne pourrons pas comprendre l’intersectionnalité du combat pour la justice.

Vous ne pouvez pas appeler à la fin du racisme et de l’antisémitisme, sans appeler à la fin de l’occupation de la Palestine et à la liberté pour les prisonniers politiques y compris Georges Ibrahim Abdallah.

J’aimerais parler, un moment, des connections matérielles qui se sont développées entre les différentes luttes contre le racisme, dans le contexte de la soi-disant guerre contre le terrorisme (…)
Aux Etats-Unis, les services de police locaux ont été militarisés même ceux des universités. Ils portent des tenues militaires, ont des véhicules blindés, un armement militaire, des stratégies militaires, un langage militaire… D’ailleurs, les services de polices locaux ont même été entraînés par l’armée israélienne.

Avant, nous pensions qu’il y avait une différence entre la police et l’armée. Les services de police à travers les Etats-Unis ont toujours le fameux slogan « protéger et servir ». Et quand bien même ils ne protégeaient ni ne servaient, au moins ils prétendaient le faire… L’Armée est entraînée à tirer pour tuer…

Alors qu’est-ce que cela signifie quand les services de police se transforment ouvertement en militaires ?

Cela veut dire que nous avons beaucoup à apprendre des populations qui résistent à l’occupation en Palestine, en Cisjordanie et à Gaza. »


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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Sam 19 Déc - 11:33


du 10 juillet...


dans le droit fil des analyses Réflexions sur le système industriel des prisons (les prisons américaines), un texte relevé par dndf :

Brésil. Abaissement de la majorité pénale : «La logique de l’Etat pénal est d’emprisonner et d’exploiter la main-d’œuvre»

Publié par Alencontre le 10 - juillet - 2015 maioridade-penal Gabriel Brito s’entretient avec Givanildo Manoel


A l’Encontre) a écrit:
Le projet d’abaissement de l’âge pénal de 18 à 16 ans – ce qui implique une incarcération dans les prisons d’adultes, avec les suites multiples imaginables – est une autre facette de la politique du Parti des travailleurs (PT) et de ses alliés. Givanildo Manoel, un des animateurs du Tribunal Populaire «O Estado no Banco dos Réus» (pour indiquer que l’Etat est accusé d’un acte illicite) – qui organise des jugements symboliques contre les crimes des forces policières brésiliennes – caractérise cet abaissement comme relevant de ce qui pourrait être caractérisé comme un Etat pénal. Soit un Etat dans lequel on emprisonne avec détermination une couche sociale de jeunes. Ainsi, 70% du système carcéral brésilien est composé de jeunes entre 18 et 29 ans.

Cet Etat pénal doit être restitué dans le contexte d’une généralisation des politiques néolibérales qui implique la tendance à une privatisation du système carcéral. Une politique qui existe dans divers pays et qui commença avec sous le logo de «la tolérance zéro». Elle a débouché dans les années 1980 à une prétendue théorie qui introduit une césure dans le droit pénal. Il existerait – selon Günther Jakobs, son inventeur modernisé (en fait un retour à des sources des années trente) – une césure dans le droit pénal. D’un côté, il y a le «droit pénal du citoyen» (Bürgerstrafrecht) et, de l’autre, «le droit pénal de l’ennemi». Dans le premier le «sujet» est traité comme un membre d’une communauté politique au nom de laquelle il est jugé. Dès lors, il bénéficie de cette «citoyenneté» dans les procédures et autres garanties sanctionnées juridiquement. Dans le second, le «sujet» est considéré, par ses «comportements», comme s’étant lui-même mis au ban de la communauté politique. Il peut donc être traité par les institutions comme un «ennemi». Ce «droit pénal de l’ennemi» est devenu conquérant dans la foulée de la guerre contre le terrorisme, suite au 11 septembre 2001. Une «guerre» conduite contre des «unlawful combatants» qui, dès lors, peuvent être détenus dans des «black sites» ou Guantanamo. Les programmes d’exécutions, dites ciblées, par drones, prolongent cette pratique. Les guerres menées en Colombie contre le narcotrafic (en incluant, dès le début, des forces insurrectionnelles) sont une autre version de ce «droit pénal ennemi» appliqué, de fait, sans voir recours à la couverture juridique qui a servi au «Patriot Act» ou au «Homeland Security Act».

Les formes de guerre à l’œuvre au Brésil – et dans divers pays d’Amérique centrale – contre les «bandes de jeunes» ne sont pas étrangères à cette élucubration juridique. Ce que souligne, à la fin de son entretien, Givanildo Manoel.

Citation :
Correio da Cidadania : Comment voyez-vous la Proposition d’amendement à la Constitution (PEC) 171/1993 qui vise à faire passer la majorité pénale de 18 à 17 ans ? Quelles seraient les conséquences de l’approbation et de l’application de cette proposition ?

Givanildo Manoel: Il convient de répondre à cette question de l’abaissement de la majorité pénale et de ses conséquences en trois étapes différentes, correspondant chacune à un contexte d’époque différent. La PEC 171 constitue l’une des plus fortes attaques de ces dernières années contre des droits. Je pense donc qu’il est important de comprendre le contexte dans lequel cette PEC a été présentée pour pouvoir ensuite réfléchir à ses conséquences.

En 1992, un grand incendie s’était produit au sein de la FEBEM – Fondation brésilienne pour la protection des mineurs, l’antique Fondation Casa – dans le Tatuapé [l’un des districts du Grand São Paulo]. A l’époque, les médias avaient utilisé cet événement dans le même but qu’ils le font aujourd’hui, à savoir monter la population contre les adolescents et exiger l’abaissement de l’âge de la majorité pénale en rendant le Statut de l’Enfant et de l’Adolescent (ECA) responsable de ce qui s’était passé.

Le bruit qu’avait provoqué cet incendie avait été accentué par le Massacre de Carandiru qui s’était produit peu auparavant [le 2 octobre 1992, au pénitencier de Carandiru à São Paulo, 111 prisonniers avaient été tués à la suite d’une rébellion]. Mais malgré l’horreur de l’événement, la presse avait trouvé moyen de traiter les faits de manière sensationnaliste, comme d’habitude, en criminalisant encore plus ceux qui se trouvaient sous la responsabilité de l’Etat, un Etat qui non seulement leur avait pris la vie, mais avait tenté de cacher leurs morts puis de justifier celles-ci par des histoires fausses.

Il est toujours bon de se rappeler certaines particularités de cet incendie. Dans le bâtiment de l’administration de la FEBEM, à Tatuapé, il y avait une partie des papiers du scandale Baneser/Dersa/Metrô des gouvernements Quércia/Fleury, un scandale autour du détournement de milliards de dollars, et ces documents ont bien évidemment été brûlés.

Cette année-là, dans une direction tout à fait opposée à ce que prêchaient les médias corporatistes qui exigeaient le retrait de droits aux jeunes gens et aux jeunes filles, la CPI (Commission de protection des enfants] prouvait exactement le contraire de ce que défendaient les médias, à savoir que c’étaient justement les enfants et les adolescents qui étaient les principales victimes de la violence.

Tout le bruit fait autour de cette affaire a conduit l’un de ces députés populistes de droite, un faux moraliste, Benedito Rodrigues, à présenter la PEC 171. Il y a un fait assez curieux: ce député a été arrêté dans le cadre de l’opération «Boîte de Pandore», en même temps qu’a été arrêté l’ex-gouverneur du DF [District fédéral], José Roberto Arruda, en 2009. Et à l’heure qu’il est, ce député est encore libre.

Mais revenons à la question centrale: derrière tout cela, il y avait la résistance de la bourgeoisie contre une mise en place effective des droits des enfants et des adolescents, des fils des travailleurs. Les droits fondamentaux des fils de la bourgeoisie sont, eux, garantis depuis que celle-ci est arrivée au pouvoir au XVIIIe siècle.

En ce moment, l’abaissement de l’âge de la majorité l’âge prend un sens très pervers. Cela participe de la mise en place d’une politique de contrôle permanent des enfants des travailleurs qui, de plus, vise à emprisonner la jeunesse pour exploiter la main-d’œuvre qu’elle constitue. C’est une manière de fonctionner de l’Etat, que l’on pourrait appeler l’Etat pénal: emprisonner pour mieux exploiter la main-d’œuvre.

Nous ne savons pas encore quelles seront les conséquences immédiates de l’abaissement de l’âge de la majorité, puisque des accords sont en cours au sujet de la manière de faire. Il existe au Congrès plus de trente propositions d’abaissement, la PEC 171 est seulement le «parapluie», les autres propositions vont lui être annexées et le Congrès va mener les négociations afin de parvenir à la forme finale. Ce que nous pouvons déjà dire est que n’importe quel résultat sera tragique pour l’adolescence brésilienne.

Correio da Cidadania : Que pensez-vous du projet alternatif présenté par le sénateur José Serra (PSDB-SP) et déjà défendu par le ministre de la Justice, José Eduardo Cardozo, qui prévoit d’allonger le temps d’internement dans des unités de réhabilitation de mineurs tout en maintenant la majorité pénale à 18 ans? Que résulterait-il de cette alternative ?

Givanildo Manoel: Le PSDB (Parti de la social-démocratie brésilienne) a toujours été l’ennemi des droits des enfants et des adolescents, ses politiques ont été une tragédie et le meilleur exemple en est la FEBEM/Fondation Casa qui jusqu’à aujourd’hui est une des principales organisations à violer leurs droits. Et même après de multiples dénonciations, ils continuent de manière réitérée à violer les droits des enfants. La responsabilité du PSDB ne réside pas seulement dans la question de la Fondation Casa, mais dans la criminalisation elle-même, puisque nous ne pouvons oublier que c’est Geraldo Alckmin [actuel gouverneur de l’Etat de São Paulo] qui a mis en place la politique de la tolérance zéro, provoquant ainsi le triplement du nombre d’emprisonnements depuis le début de son mandat, sans compter les morts causées par sa police qui a pour principale cible la jeunesse. On le voit donc bien, le PSDB n’a aucun engagement sur le fait de garantir la vie des adolescents.

Malheureusement, le PT a mené une politique «douloureuse» pour la classe ouvrière. Au moment où la politique qu’il a appliquée s’est révélée être un grand désastre, le PT s’est mis à développer une politique lâche afin de se maintenir au pouvoir, en faisant à la droite des concessions non seulement économiques mais aussi des concessions sur ce que la pensée conservatrice a de pire, et cela en retirant des droits.

Le PT se justifie toujours auprès de ses militants en disant que ses décisions sont basées sur le « moindre mal », ce qui dans la pratique s’est toujours révélé être le plus grand des maux. Et maintenant le PT essaie de gaspiller la vie de plus de 21 millions d’adolescents, au nom de ce populisme réactionnaire qui exige du sang en n’apportant aucune rationalité ni projet tendant à humaniser la société.

Cela fait qu’une fois de plus le PT entre dans la «foire du compte des voix » du Congrès National, sacrifiant les droits des enfants pour ne pas faire tache sur la photo finale de tous les droits qui ont été retirés à la classe ouvrière par le Congrès.

Correio da Cidadania : Comment analysez-vous ce thème dans une année marquée par l’avancée de divers dossiers conservateurs allant du champ économique et politique jusqu’au champs moral, religieux et social? Quelles intentions les groupes politiques qui se battent pour l’abaissement de l’âge de la majorité ont-ils?

Givanildo Manoel : Comme je l’ai déjà dit sur la question précédente, ce qui se cache derrière le retrait de droits, c’est l’intention claire d’enfermer plus de jeunes afin d’exploiter une main-d’œuvre qui se trouve à une période constituant l’une des phases les plus productives et créatives de la vie. C’est aussi une manière de rendre effectif ce qui est prévu dans le Consensus de Washington [ensemble des contre-réformes appliquées au pays d’Amérique du Sud face à la «crise de la dette» selon les dix principes de John Willamson de l’école de Chicago], que nous gens de gauche avons déjà beaucoup débattu dans le passé: il s’agit de privatiser les politiques sociales, en les «marchandisant», c’est-à-dire en se mettant à les traiter comme un service ou une marchandise.

Du point de vue religieux, les néo-pentecôtistes, qui sont principalement à l’origine de cette bizarrerie sociale, n’ont absolument rien de chrétiens. Ils contredisent absolument tout ce que le Christ prêchait, ils agissent comme une secte pour s’affirmer, ils exploitent la désinformation, le sentiment immédiat et irrationnel.

En imaginant que le Christ vive aujourd’hui, je ne sais s’il atteindrait les 33 ans, mais je n’ai aucun doute sur qui seraient les Hérode. Et s’il parvenait à survivre et qu’il entre dans leurs riches temples en leur reprochant de blasphémer contre son père, il est également certain qu’ils le feraient arrêter. Ou encore, si le Christ se mettait devant les adolescents qui auraient leurs droits retirés et disait : «Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre», alors il serait lapidé jusqu’à la mort par les Feliciano, Cunha, Malafaia et autres [évangéliques].

Je pense que ce secteur évangélique est le pire déformateur des enseignements du Christ, et c’est pourquoi il ne mérite aucun respect de la part de quiconque défend un projet de société solidaire, fraternel et juste.

Correio da Cidadania : Dans votre vision, quelles autres politiques pourraient-elles être débattues dans notre société sur le thème de la sécurité publique ? Qu’est-ce qui serait selon vous efficace pour diminuer la criminalité au Brésil, indépendamment de la tranche d’âge ?

Givanildo Manoel: Ce que nous devons faire d’abord, c’est élargir la compréhension de ce qu’est la sécurité publique. Il est évident que ce n’est pas la police, et cela quelle qu’elle soit. Ce qui apporte de la sécurité aux gens, de manière générale, cela va des choses les plus simples, comme par exemple avoir de l’illumination publique, aux politiques d’éducation, de santé, de logement, culture, loisir, etc.

En second lieu, la Constitution et l’ECA [Statut de l’Enfant et de l’Adolescent] ont établi que les enfants et les adolescents n’étaient pas des priorités absolues pour le pays. Nous devrions donc être en train de réfléchir à la manière de changer cela, mais cette réflexion n’a jamais eu lieu. Même sans provoquer aucune révolution ou grands changements, rien n’a été mis en place.

Du point de vue structurel, nous avons été trompés il y a longtemps déjà. Toute la facture économique est payée par le peuple, par la classe ouvrière : les politiques des taux d’intérêt, de coupe dans les droits sociaux, de précarisation du travail, de privatisation des politiques sociales, toutes ces politiques ont augmenté fortement le niveau de la violence, principalement celle commise par l’Etat.

Si nous ne donnons pas un sacré coup de bâton et que nous ne faisons pas exactement le contraire de ce qui a été fait, cette réalité sera difficilement modifiable et les «anthropophages» modernes seront aux aguets, prêts à défendre les intérêts de leurs maîtres. Et nous (la classe ouvrière), la jeunesse et l’adolescence, nous payerons le prix le plus fort pour cette irresponsabilité des gouvernants qui gèrent le capital.

Correio da Cidadania: Que pensez-vous des positions prises par les médias, eux qui n’hésitent jamais à s’étaler longuement sur les crimes commis par des mineurs?

Givanildo Manoel: Les positions des médias sont celles de ceux qui détiennent le pouvoir et cela a toujours été ainsi. Il existe depuis longtemps une volonté délibérée de la part des grandes rédactions d’augmenter les tirages lorsqu’il y a un adolescent impliqué dans un crime, provoquant ainsi la sensation que la violence des adolescents a augmenté.

Nous ne pouvons absolument rien attendre des médias de marché, parce qu’ils défendent leurs intérêts, les intérêts de leur classe. Comme ils détiennent des instruments puissants (TV, radio, journaux, revues, sites), ils défendront toujours leurs intérêts, qui ne sont pas ceux du peuple, et ils tenteront de nous faire croire qu’ils disent la vérité. Souvenons-nous de Joseph Goebbels, idéologue de la propagande nazi, qui disait : « Un mensonge répété mille fois devient une vérité. »

Correio da Cidadania : Selon vous, comment la politique actuelle autour de la majorité pénale va-t-elle évoluer en cette période de forts reculs sociaux et annonciatrice de sévère récession économique ? Comment voyez-vous le futur, à court et à moyen terme, sur la thématique de la sécurité publique au Brésil?

Givanildo Manoel : Dans la pratique, la réduction de l’âge se produit déjà: le 70% de notre système carcéral est composé de jeunes entre 18 et 29 ans. En réalité, la lutte qui est menée se fait autour du déplacement ou non d’une limite symbolique, parce que la criminalisation, l’enfermement et les violations existent déjà, plus fortement que jamais.

Ce qui va se produire est la légitimation de cette barbarie, à partir de théories que nous avons déjà vérifiées, comme le «droit pénal de l’ennemi» dont l’origine est l’Allemagne nazie, et qui est largement mis en pratique au Brésil. Il suffit de voir qui sont ceux que l’on criminalise. Se sont des personnes choisies de manière sélective, à savoir les indigènes et les Noirs.

La période qui s’ouvre sera certainement celle de l’élargissement de cette logique de criminalisation, de contrôle, d’enfermement, d’exploitation et d’extermination, qui a comme principale victimes la jeunesse indigène et noire. (Traduction A l’Encontre ; entretien publié dans Correio da Cidadania le 26 juin 2015)


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MessageSujet: Re: PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !   Sam 19 Déc - 11:34


du 15 juillet...



ANTI-DÉVELOPPEMENT
LA FIN EST PROCHE… ELLE EST DANS VOTRE VOISINAGE

un lien que je place ici bien que le champ couvert par ce blogue dépasse l'écologie radicale. Celle-ci a le mérite d'être radicalement radicale Twisted Evil C'est un site québecquois, avec de nombreux textes sur le système carcéral...

Anti-développement a écrit:
Pourquoi « antidéveloppement »?

Car la lutte de résistance au développement est un front incontournable dans une guerre sociale pour la libération totale. Les auteur(e)s de ce blogue sont loin d’être les premiers-ères à en avoir pris conscience.

Comme le front du développement (sous toutes ses formes) est devenu un cheval de bataille crucial à la restitution et la réification du même vieux système d’exploitation, qui détruit et abuse de vies sous toutes leurs formes, anéantissant biodiversité et diversité humaine sur son passage, toute praxis révolutionnaire ou libertaire ne peut se permettre d’ignorer, ou même de sous-estimer l’importance de se battre sur ce même front, là où se déroulent les plus grands jeux de pouvoir des parasites mondiaux qui font dans l’or, le pétrole, les drogues dures et la traite d’humains.


Il ne s’agit pas d’une lutte à cause unique ou d’un crédo militant. De plus en plus de gens réalisent que si on veut renverser ce monde d’oppression il est nécessaire de le force à l’arrêt, de saboter ses efforts d’expansion et de progrès spectaculaire. On ne s’aligne pas avec aucun groupe, organisation, tactique particulière, mais supporte tous les efforts d’arrêt du développement de ce monde ou de la rupture avec lui.

La grande majorité des textes publiés ici sont traduits à la main, et on s’efforce toujours d’être le plus conforme possible aux textes originaux. Nous invitons aussi les personnes intéressées à traduire dans d’autres langues de nous envoyer leurs contributions.

Nucleo Olga a écrit:
"Le capitalisme tend à annuler les conflits avec l'aide de la science, aujourd'hui les individus sont libres de réaliser leur véritable subjectivité seulement à travers la consommation et la production de marchandises. La machine ordonne, l'homme exécute. Le capital ordonne, le consommateur consomme. La science ordonne, la technologie tue. État et science, capitalisme et technologie sont une seule chose, un seul et unique Moloch. Accords toujours plus étroits entre états, capitalisme diffus, science sans scrupules, technologie criminelle sont en train de tuer inexorablement la planète." - "La marque de la vie", FAI/FRI - Nucleo Olga

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PRISONS, SYSTÈME CARCÉRAL INDUSTRIEL... ABOLIR L'ENFERMEMENT !
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