PATLOTCH / CHANGER DE CIVILISATION / LUTTES, THÉORIE, SEXE et POÉTIQUE

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 FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?

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MessageSujet: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mer 8 Juil - 2:15

Galeries Lafayette : encore une femme nue placardée dans le métro. Votre pub m'agresse Catalina Raminez Palau, étudiante en master à Sciences Po, L'Obs Plus 7 juillet

Catalina Raminez Palau a écrit:
Chères Galeries Lafayette,

Cela fait bientôt un mois que je tombe tous les matins sur votre nouvelle affiche publicitaire, fièrement placardée aux quatre coins de Paris.

Une femme nue, engluée de liquide transparent, position lascive, seins écrasés, culotte ostensiblement pendue au bout du pied. Bon, a priori, rien de bien original. Vous n'êtes évidemment pas la seule marque à "objectifier" les femmes, ni à surfer sur les clichés sexistes pour vendre.

Sans parler du lien logique entre une paire de seins et des promotions, évidemment inexistant. Et, bien sûr, sans mentionner la déformation flagrante de ce corps photoshopé, ni de l’énième injonction publique à l’ultra-minceur.

Réduire le corps de la femme à un cliché ambulant

C’est en voyant ce genre d'affiche que je me demande comment, en l'espace quelques décennies, la révolution sexuelle féministe des années 1970 a pu finir si violemment vidée de sons sens par des compagnies comme la vôtre.

Comment le droit de chaque femme à disposer de son corps, toujours aussi légitime, s’est finalement retourné de manière aussi brutale contre chacune d’entre elles. Comment notre droit de montrer notre corps (ou non) est finalement devenu votre droit de le déformer, le stéréotyper, le discriminer, l’objectifier. Et le réduire, toujours plus, à un cliché ambulant.

Ce n’est pas le recours à la nudité que je fustige, ni même son utilisation à des fins commerciales. Tant qu’il y’a consentement, il me semble que personne n’a le droit de dicter aux femmes quoi faire de leur corps.

La nudité n’est pas un tabou à mes yeux. Au contraire, elle représente un support artistique atemporel richissime, ayant inspiré les plus grandes œuvres (comme le fameux "David" de Michel Ange, ou "la Venus de Milo" de Botticelli, pour n’en citer que quelques exemples).

Non, ce qui me dérange ici, c’est plutôt l’utilisation stéréotypée du corps et le message que cela véhicule.

Une femme frivole et vulnérable

Ce qui m’irrite, ce sont ces poncifs misogynes que vous distillez à travers ce genre d’affiches. Ce qui m’exaspère, c’est la production intempestive de clichés sexistes, sous prétexte de “production artistique”.

Pour rappel, le sexisme consiste à appliquer un traitement différent à un individu en fonction de son sexe, souvent en le cantonnant à des stéréotypes justement liés à son sexe. Et c’est exactement ce que vous faites.

La nudité féminine, telle que vous la représentez, affiche systématiquement la femme sous le prisme de la frivolité, la vulnérabilité, la disponibilité, la sexualité.

Sourires béats, jambes ouvertes, positions lascives… Tandis que les (quelques) hommes nus présents dans la publicité sont en revanche représentés sous le prisme du prédateur : regard droit, attitude ferme, musculature mise en avant, force latente, air de domination.

Bref, la représentation paroxystique des deux clichés de la "féminité" et de la "virilité", placardés aux yeux de tous, dans l’espace public.

Cette affiche pose deux problèmes

Encore une fois, vous n’êtes pas la première marque à adopter ce genre de pratiques.

Mais dans le cas de votre affiche, le petit problème c'est que :

1. La mise en scène stéréotypée est plus que flagrante, impossible d’y échapper.

2. Elle est placardée sur tous les métros de Paris. C’est à dire que vous en imposez la vue à tous les passants : femmes, enfants, adolescents, tous âges confondus. Vous nous imposez à tous, sans exception, votre vision de la femme.

Femme ouverte, femme nue, femme frivole, objet sexuel.

Je ne prends pas la parole au nom d'une prétendue vérité absolue, ni d'une éventuelle morale puritaine, dont je me fous royalement.

Je vous parle en tant que femme lambda. Une femme qui en a marre de se voir représentée par des stéréotypes réducteurs. Une femme qui en a ras-le-bol de vivre dans une société assise sur son sexisme. Une femme qui n'en peut plus d'être assaillie par des clichés misogynes au quotidien : dans le métro, au cinéma, à la radio, à la télé.

Je me sens rabaissée

En tant que femme, cette affiche m'agresse.

Je me sens réduite à une paire de jambes ouvertes, à un corps, prêt à la consommation. Je me sens, une fois de plus, offerte en pâture à l'imaginaire collectif de la femme-objet, que vous reproduisez et entretenez.

Je me sens rabaissée, personnellement et collectivement, aux yeux de tous.

Et par dessus tout, je désespère en pensant à toutes ces personnes que cela ne choque même plus. Une femme nue, souriante et jambes ouvertes, quoi de plus banal ?

Bref, vous n'avez pas besoin de sexisme pour écouler vos stocks. Enlevez cette affiche :


Jacques Dumon a écrit:
Jacques dumon a posté le 7 juillet 2015 à 19h53

"Je ne prends pas la parole au nom d'une prétendue vérité absolue, ni d'une éventuelle morale puritaine, dont je me fous royalement. "
En somme c'est une réaction de "mère la pudeur" version bobo de gauche.

mamiza 1 a écrit:
mamiza 1 a posté le 7 juillet 2015 à 18h52

Oui, sauf que là, ce n'est pas une femme, c'est une "alien" !
A partir de là aucune raison de se sentir agressée à moins que vous ne lui ressembliez !


Dernière édition par Admin le Mer 8 Juil - 2:36, édité 1 fois
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MessageSujet: femmes corps et âmes à musique   Mer 8 Juil - 2:22

femmes corps et âmes à musique

Images de musiciennes de l'antiquité à nos jours Patlotch 2013

rubriques :

All-Women Music dans l'histoire du monde
Afrique Noire
Afrique du Nord Arabie...
Egypte ancienne
Perse et Iran
Rome
Grèce ancienne
Europe Moyen-Âge
Europe Renaissance
Europe Classique
Europe 19ème
Europe 20ème
Europe centrale orientale Balkans
Europe du Nord
Russie
Chine, Corée
Asie centrale
Japon
Japon Geishas
Îles Pacifique, Australie...
Asie Sud Est
Inde, Pakistan...
Amérique du Nord
Amérique centrale et du Sud
Antilles et Caraïbes

Patlotch a écrit:
Cette iconographie a commencé à se constituer, sur le forum Jazzitude, en réponse à l'idée que les femmes seraient davantage portées sur le chant, que sur la musique instrumentale.

Je la poursuis et l'élargis ici. Précision : je ne suis historien ni des femmes ni de la musique. Je me suis borné à recueillir des images, dont je pense qu'elles parlent d'elles-mêmes. Elles traversent le temps et l'espace, comme les situations sociales dans lesquelles les femmes jouent d'un instrument de musique, ensemble ou avec des hommes. Quelques constats majeurs :

1) Les femmes ont toujours et partout joué des instruments de musique, sauf naturellement dans certaines conditions d'interdiction ou de spécialisation (le chant interdit aux femmes dans les églises en Europe durant plusieurs siècles, mais ni l'orgue, ni le clavecin...).

2) Elles y jouent de toutes les sortes d'instruments, à percussion, à cordes ou à vent.

3) L'iconographie montre plus d'hommes que de femmes dans la musique instrumentale, plus de femmes dans la danse et le chant.

4) Les groupes exclusivement féminins ont existé en tous temps et tous lieux, et cela ne caractérise pas une quelconque libération du patriarcat, pas davantage qu'une lutte féministe avant la lettre. Ça dépend... Un peu partout, la religion et l'armée produisent aussi des groupes de musiciennes... Les périodes 'révolutionnaires' sont toutefois propices au regroupement des femmes dans diverses activités sociales, dont la musique (exemples des années 60 pour les Africaines-Américaines, de l'Egypte de la 'Révolution'...).
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MessageSujet: femmes de jazz   Mer 8 Juil - 2:34


la femme est l'avenir du jazz (Female Jazz Instrumentalists) Patlotch 2013

textes, documents, photographies, disques, vidéos...


rubriques

International Sweethearts of Rhythm
All Girl Band of the 40'
musiciennes de blues
batteuses et battantes
trompette au féminin
des livres des femmes du jazz
femmes 'au net' du jazz
le cinéma des filles de jazz
les voir en peintures
Free Jazz Women
Jazz et féminisme
Jazz et Gender Studies
et la critique ?

Patlotch a écrit:
29 décembre 2013

Il n'aura pas échappé à la sagacité de mes lectrices, et autres pro-féministes en tous genres, que le titre de ce sujet porte l'infâme signe de mon essentialisme primaire, puisque j'écris "la femme...", et non "les femmes...". J'ai beau en faire un détournement d'Aragon, et lui conférer au fil des pages un sens différent que l"écrivain-poète ne pouvait en son temps lui donner, pas plus que Marx voir dans la reproduction du capital d'abord celle des prolétaires sortis du ventre des femmes, il n'empêche ça la fout mal. Cela dit, citer Aragon est toujours un plaisir, celui d'emmerder les "gauchistes" qui ne l'ont pas lu, mais pour qui il ne fut jamais qu'un stalinien.

Comme excuse, je ne peux qu'attirer l'attention sur le fait que toute la documentation apportée ici s'inscrit contre l'essentialisme, puisqu'elle porte sur des femmes singulières, des individualités qui ont joué du jazz instrumental, au même titre que les hommes, avec ou sans eux, et malgré toutes les contraintes à surmonter en tant que femmes de leur temps, ceci dans les milieux du jazz qui furent longtemps des plus sexistes, que l'on soit une "Noire" dans la communauté africaine-américaine, "Blanche" dans l'Amérique alors ethniquement dominante, ou l'une ou l'autre dans les mélanges qui ont suivi.

Poursuivre la question supposerait de se pencher sur la place des femmes dans le rap et le hip-hop, puisque c'est la musique qui a remplacé le jazz dans les classes populaires. Je ne suis pas compétent pour le faire, et cela semblerait sortir des frontières musicales de ce forum.

Pourtant, je lisais à cet égard un article intéressant dans un recueil intitulé Black Feminism, anthologie du féminisme africain-américain 1975-2000 (L'Harmattan 2008). Il s'agit du plus récent, signé Kimberly Springer en 2002 : "Third Wawe Black Feminism ?" où la question est discutée :

« Pourrait-on envisager que les éducateurs et ceux qui travaillent auprès des jeunes utilisent un CD diffusant du hip-hop, du Rythm and Blues et des chansons de rap ? Une méthode d'accompagnement à la lecture et à la discussion pourrait les aider à aborder la thématique du genre dans la communauté africaine-américaine. »


Patlotch a écrit:
le Mar 13 Aoû 2013

la femme est l'avenir du jazz
, ce titre est naturellement un détournement du vers d'Aragon, La femme est l'avenir de l'homme

C'est en 1963 dans Le Fou d'Elsa qu'on trouve ce vers : « L'avenir de l'homme, c'est la femme, elle a la couleur de son âme ». Aragon commente : « Je suis l'ennemi de ce règne de l'homme qui n'est pas encore terminé. Pour moi la femme est l'avenir de l'homme au sens où Marx disait que l'homme est l'avenir de l'homme.»

Avant-propos (ajout 21 août 2013)

Ce topic se construit dans l'improvisation, c'est bien le moindre. Son objet s'est précisé en chemin : soulever le voile, plus machiste que pudique, sur la place des femmes dans le jazz, particulièrement quand elles jouent d'un instrument, composent, arrangent ou dirigent un orchestre. Ceci depuis le début (du jazz). Dire "place des femmes" suppose d'une part dans la musique même, d'autre part les obstacles qu'elles ont dû surmonter, dans le jazz en ce qu'il est "patriarcal", n'échappant pas à la société capitaliste telle qu'elle fut et demeure.

Pour autant, rien d'une prise de thèse pour intello-e-s. Beaucoup de musique d'abord. De la documentation et des liens. Des figures marquantes ou enfouies. Des témoignages, réflexions... Il y en a pour tous les goûts et tous les niveaux d'intérêt, qu'il serait bête d'opposer.

Une précaution
néanmoins. Il ne s'agit pas de créer un ghetto de plus, et d'y enfermer les femmes qui ont enjoué le jazz. La dame est à double tranchant...

Par conséquent, que les ami-e-s de ce forum apportent ici leur grain de sel, leurs connaissances, leurs infos... cela ne saurait qu'enrichir tous ceux qui participent ou se contentent de lire. De plus, je m'en verrais soulagé de recherches, avec le sentiment atténué d'un monologue déplacé dans l'esprit d'un forum. Mais de grâce, qu'on ne case pas ici toute musicienne de jazz, au prétexte qu'elle est "femme". La plus belle réussite de ce topic serait à lire dans les autres rubriques. Au demeurant, on ne m'a pas attendu...

(ajout 30 août 2013, extrait de "un chauvinisme rampant", qui réoriente ce qui précède): Ce qui se met à jour dans ce topic et qui devient enjeu, ce n'est pas tant "la place des femmes dans l'histoire du jazz", que la vérité d'une histoire du jazz qui s'est entièrement jouée au féminin, dans un rapport entre hommes et femmes. Les musiques du jazz le portent comme le nez au milieu de la figure, tout simplement parce que, disait Luther King : « Le jazz parle de la vie »

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MessageSujet: Harcèlement sexuel : la grande traque   Ven 10 Juil - 12:03

Harcèlement : la grande traque M-C S. La Dépêche 10 juillet


Propos déplacés, mains baladeuses, 100 % des femmes ont été victimes de harcèlement sexiste ou d'agression sexuelle dans les transports en commun. Le gouvernement a lancé hier un plan national de lutte contre ce fléau. Pour traquer des agissements trop longtemps «ignorés».

M-C S a écrit:
Une invite salace dans un couloir désert, une main qui s'attarde sur vos fesses ou un frottement plus appuyé dans la cohue du métro… 100 % des utilisatrices des transports en commun ont déjà été victimes de harcèlement sexiste voire d'agressions sexuelles lors de leurs déplacements. Un fléau tellement usuel qu'il en a été banalisé. Mais il n'y a pas là de «fatalité», ainsi que l'a dit hier avec force le gouvernement qui entend remédier au phénomène en lançant un plan national de lutte contre le harcèlement dans les transports. Enfin ! serait-on tenté d'écrire… C'est le rapport de Haut conseil à l'égalité entre les hommes et les femmes (HCEfh) qui en avril dernier, avait tiré la sonnette d'alarme sur ces comportements déplacés mais hélas habituels, subis quotidiennement par des milliers de femmes, depuis… des lustres.


Et le plan annoncé hier par les secrétaires d'État aux Droits des femmes et aux Transports, Pascale Boistard et Alain Vidalies, reprend pour l'essentiel ses préconisations. Douze mesures très concrètes pour apporter plus de sécurité aux femmes dans la ville (voir ci-dessous).

Premier engagement : identifier les sites qui génèrent de l'insécurité ; la SNCF a d'ailleurs pris les devants en organisant des marches avec des groupes de femmes, destinées à repérer les stations et les lignes où les usagères ne se sentent pas en sécurité (quais mal éclairés, couloirs déserts, espaces trop cloisonnés)...

Les services de l'État sont mobilisés sur tout le territoire, afin d'activer le dispositif de prévention, mais aussi mettre en place des outils pour réagir vite en cas d'agression : des numéros d'alerte directs seront largement diffusés, et les témoins de comportements choquants pourront eux, envoyer discrètement un SMS avec une application permettant de géolocaliser l'incident. Des bus de nuit à la carte qui s'arrêteront à la demande, devant votre porte, seront également expérimentés à Nantes, dans un premier temps. Autant de mesures de prévention et d'accompagnement des victimes… Une campagne nationale d'affichage relayée par les réseaux sociaux sera en outre lancée à l'automne pour rappeler la loi aux usagers et tenter de modifier les comportements.


Et de rappeler in fine que la loi condamne le harcèlement ; une main aux fesses est ainsi passible de cinq ans de prison et 75 000€ d'amende. Au-delà de la menace répressive, il appartient à chaque citoyen de repérer les limites entre jeu de séduction plaisant et comportements de prédateur relevant de l'agression… Sans indulgence complice pour cette pseudo culture gauloise ou latine. Il s'agit de retrouver le respect de l'autre tout simplement. Une réflexion citoyenne pour tous. On se souvient avec honte de l'outrage fait à la députée Cécile Duflot accueillie par des huées parce qu'elle avait osé (!) porter une robe à fleurs à l'Assemblée nationale. Une transgression du dress code intolérable pour certains députés affichant sans vergogne un machisme décomplexé… Preuve que chacun ici est tenu de balayer devant sa porte.


M.-C. S.
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MessageSujet: ces fesses noires que je ne saurais voir : j’écoute Beyoncé et je lis Frantz Fanon   Dim 26 Juil - 14:31


féminisme People et nudité : Lou Doillon vs Beyoncé

et la musique, dans tout ça ?

Tina Turner for love !


actualités



Cachez ces fesses noires que je ne saurais voir : j’écoute Beyoncé et je lis Frantz Fanon

le féminisme blanc, c'est forcément plus propre et plus intelligent...


Nadège Abomangoli a écrit:
En pleine campagne de promotion de son futur album, la chanteuse-actrice Lou Doillon s’est exprimée sur le féminisme, passé et présent, à travers les exemples de sa mère ou de Françoise Hardy, et des superstars d’aujourd’hui comme Nicki Minaj, Kim Kardashian et Beyonce. En gros, ces dernières feraient honte au féminisme (à lire ici : Lou Doillon “scandalisée” par le féminisme de Beyoncé ou Nicki Minaj). Des propos anodins et binaires, oui, mais pas seulement. En tout et pour tout, le double standard qui existe entre les Blancs et les autres autour de sujets aussi sérieux que le féminisme ou la politique n’est plus supportable. Le mépris de classe et le mépris de « race ».

D’abord, il n’y a pas LE féminisme, mais DES féministes

Il est toujours compliqué d’exiger d’autres femmes des brevets en féminisme dès lors que celles-ci clament leur appartenance à ce mouvement. D’où parles-tu camarade? Comme tout mouvement politique,  social et culturel, le féminisme est protéiforme : des Femen aux seins nus aux féministes portant le voile (pardonnez-moi d’avance pour le raccourci), toutes peuvent se revendiquer féministes, et nous avons la latitude de nous positionner « pour ou contre », « en partie favorables, en partie en opposition », à ces sous sensibilités. Bref, ce n’est pas si simple. Le féminisme n’est pas un bloc, c’est une évidence qu’il faut manifestement sans cesse rappeler.  Et ce n’est pas une militante socialiste qui osera pointer du doigt l’existence de « courants » et de « chapelles ».

Tout cela pour dire qu’il n’y a pas LE féminisme et le reste. Dans le milieu féministo-activisto-twitto, les propos tenus par l’actrice-chanteuse Lou Doillon font parler, et cette controverse estivale occupe l’espace qu’elle n’aurait sans doute pas occupé à un autre moment de l’année, c’est vrai. Un certain nombre d’articles en ligne tombent à bras raccourci sur cette artiste que je découvre engagée, et qui nous explique que Kim Kardashian, Nicki Minaj ou Beyoncé, ces femme « racisées » en string, c’est mal : Lettre ouverte à Lou Doillon et à son féminisme périmé, Lou Doillon se lâche sur sa famille, Beyoncé et les féministes : le web s’enflamme, page pute de Brain magazine.
Comme d’autres, je m’interroge, amusée, sur l’aplomb de Lou Doillon qui ne s’est jamais encombrée de la pudeur qu’elle exige d’autres. Cependant, ce n’est pas l’angle de la donneuse de leçons prise la main dans le sac qui m’intéresse. Ce qui m’intéresse, c’est l’inconscient raciste que cela révèle. Les Noirs en prennent toujours pour leur grade.

Quid des fesses blanches ? Le slut-shaming raciste

Le slut-shaming (« intimidation ou humiliation des salopes »), c’est  le résultat des pressions exercées par la société patriarcale sur les femmes, afin que celles-ci ne transgressent pas ses normes sexuées. Par exemple, chanter en string dans un clip, ça ne se fait pas.  D’une certaine manière, Lou Doillon s’est prêtée à une forme de slut-shaming raciste sous couvert de féminisme.

En effet, que ne s’intéresse-t-elle pas aux fesses blanches de Madonna, de Christina Aguilera, ou encore de Britney Spears et Miley Cirus? Qu’est-ce qui gratte plus spécialement avec les fesses noires et fières du showbiz américain ? Je ne connais pas bien Kim Kardashian. En revanche j’écoute et je regarde  Beyoncé et Nicki Minaj, reines incontestées de l’entertainment mondial. Elles possèdent des identités artistiques assumées, pensées, et plébiscitées. Elles portent par ailleurs des revendications de liberté sexuelle et de liberté tout court dans une Amérique où le dénigrement sexiste subi par les femmes noires est une réalité douloureuse. Le poids de l’histoire est lourd , car si les Noirs Américains sont des descendants d’esclaves en général, les Noires Américaines sont des descendantes d’esclaves sexuelles en particulier dans l’imaginaire collectif blanc.


Notre prétentieuse « fille de » nationale, issue de la bonne bourgeoisie-bohême-blanche-européenne se permet de piétiner tout ce qui sort de son cadre de réflexion, de son imaginaire colonial, pour s’attaquer qui plus est à des figures de  la culture populaire. Le snobisme germanopratin et le racisme iraient-ils bien ensemble? Pour revenir à des références nationales, elle nous a fait une Zemmour : elle nous a sorti le fantasme de la femme noire un peu pute. Pas d’expression de la liberté de disposer de son corps pour nos « biatch » à gros cul: de la vulgarité, forcément.

Je ne veux pas m’acharner sur elle, je veux juste souligner en quoi c’est symptomatique d’un racisme inconscient. En quoi ça sent le moisi.

J’écoute Beyoncé et je lis Frantz Fanon

Je ne peux m’empêcher de faire ici une transposition vers le milieu politique au sein duquel j’évolue. De la même façon qu’il existe le féminisme sérieux pour les Blancs et pratiqué par les Blancs, il existe la politique légère pour les Noirs (et les autres) et pratiquée par les Noirs (et les autres).

A travers la manière dont certains s’adressent à certaines communautés à base d’« Aid Mabrouk à mes amis musulmans », que l’on peut souvent traduire par : « avant de faire partie de la communauté des citoyens, vous faites partie d’une communauté, ne cherchez pas à vous occuper des affaires de la Cité, ça ira bien ».

A travers l’idée que de nombreux dirigeants de partis se font des militants et élus « issus de la diversité ». Globalement, l’image des femmes et des hommes « pas white, pas blancos » est dévaluée (et souvent par d’autres « non white, non blancos »: cela s’appelle l’aliénation). Très souvent, les compétences sont remises en cause, les capacités de réflexion sont ignorées, les capacités à assumer un leadership ne sont même pas envisagées, et la préférence pour les profils béniouiouistes, pas formés politiquement est flagrante (ceci dit c’est une tendance constatable au-delà de la question raciale) … Bien évidemment, toute faute sera d’autant plus lourde qu’elle sera commise par un basané. Et puis pas de droit à une seconde chance. Pour ce qui concerne les femmes noires, dans un milieu déjà bien sexiste, je vous laisse imaginer. Le réflexe colonial.

Cela finira bien par disparaître. D’abord quand les élites actuelles de ce pays seront remplacées par notre génération et les suivantes, celles du mélange, totalement inscrites dans la modernité d’un monde ouvert, offrant des perspectives de développement personnel au-delà de l’hexagone et de certaines de ses références qui sentent le pâté. Ensuite quand la domination du vieux mâle blanc (oui, je résume très vite) sera battue en brèche. C’est le sens de l’histoire. D’ici là, il ne faut plus rien laisser passer.

Au final je ne m’interroge plus. De guerre lasse,  j’arrête de mettre des gants et je pose les mots sur les choses : féminisme ou politique, quand c’est white, c’est forcément plus propre et plus intelligent. Face à ces caricatures ethnocentrées (aux relents racistes, il faut le marteler), l’afro-féminisme a donc un bel avenir devant lui. J’en suis.

comme chanteuse, Lou Doillon a le droit d'être jalouse...

Beyoncé - Work it Out (Live)


mais bon, 1990... Tina Turner - Simply The Best [Live in Barcelona]



1971 Ike & Tina Turner - Proud Mary live on Italian TV 1971



1965 Ike & Tina Turner "Fool In Love" & "Work Out Fine" medley




les dessous d'Ike Turner, pionnier du R'n'B, guitariste et leader de génie... et tortionnaire de Tina Turner


Citation :
En guise d'introduction, cette petite phrase du critique Lester Bangs : "Je pense que si la plupart des mecs en Amérique pouvaient mettre dans leur lit leur sex symbol favori et avoir la liberté totale de faire ce qu'ils veulent avec ce corps légendaire pour un après-midi, au moins 76% des hommes de ce pays choisiraient de la battre".

4 Juillet 1976. Dans une chambre de l'hôtel Hilton de Dallas, Tina Turner est battue par son mari Ike. Il la roue de coups jusqu'au sang et la jeune femme de 37 ans a bien du mal à se protéger. Alors elle attend que la tempête cocaïnée de son "compagnon" daigne bien se calmer. Elle attend. Quand le silence refait surface, des ecchymoses et des bleus sur ses bras et ses jambes témoignent de la violence. Elle n'a que 36 cents en poche et une carte de fidélité valable dans les stations service. Elle prend quelques affaires et s'enfuit. Elle dormira chez les uns et les autres histoire d'échapper à la folie et à la jalousie du mâle dominant. Elle divorcera en 1978 après 18 ans de "bons et loyaux service", 18 ans de concerts époustouflants, 18 ans de succès et de gloire, de provocation

Oprah Talks to Tina Turner
Tina Turner a écrit:
Oprah: It's so interesting what maturity does. What did the Ike years teach you about yourself?

Tina: That's when I learned that I was truly talented. Before I met Ike, I was singing at church and at picnics—but lots of people sing at church and picnics. After I moved with my mother to St. Louis, my older sister and I went to see Ike Turner, who was the hottest then. His music charged me. I was never attracted to him, but I wanted to sing with his band. Ike thought I couldn't sing because I was a skinny-looking girl. Oprah, you were Ike's type. He liked the ladies with the hips.
[...]
During the time when I didn't have a boyfriend and Ike had broken up with his woman, he started touching me. I didn't like it, but I didn't know what to do or say. We were sitting in the backseat of a car. In those days, everybody did what Ike said. He had the power. He had never been mean to me, so I felt loyal to him. But I didn't want a relationship with him.

Then came the recording. I went to a studio, recorded "A Fool in Love," and Ike sent it to New York. Soon after, Ike and I had a little run-in and I said to myself, I think I'd better get out of this. So I told the girl who was managing everything that I didn't want to be involved with the recording. That was the first time I really got a beating from Ike.
[...]
At his house in East St. Louis. I was afraid of Ike—I'd talked to the manager because I felt the vibration of what was about to happen. I wanted out
[...]
He told me to get in the bed, and he had sex with me. When I met Ike, I couldn't have orgasms. He used to get angry with me. He'd say, "You're not trying." Later it became, "You're not trying to get a hit record." All the blame was on me. When I look back on that time now, it was just hell. So why didn't I walk out? I had nowhere to go. I didn't have money—and neither did my mother. I found out later that my mom had this worship thing for Ike. When Ike and I eventually separated, she tried to find me for him.
[...]
Oprah: What was the greatest humiliation for you?

Tina: There were so many. He liked to show the public that he was in control and that he was a woman hater. He also liked for his women to get up and walk across the floor for display so that other men could see what he had. I didn't know how to get out of the whole situation. There were many times when I picked up the gun when he was sleeping. I once moved all his clothes from the house down to the studio. He had a fit.

Another night we had a fight in the dressing room, and when I went onstage, my face was swollen. I think my nose was broken because blood was gushing into my mouth when I sang. Before, I'd been able to hide under makeup. But you can't hide swelling.
[...]
Oprah: Weren't you afraid?

Tina: I wasn't afraid of death. And I knew there was nothing he could say or do that would make me go back to him. In court, during the divorce, he tried to give me a mean look. I wanted to say, "You're such an idiot. Do you think your vibes can even reach me now?" He had no power over me. For anyone who's in an abusive relationship, I say this: Go. Nothing can be worse than where you are now. You have to take care of yourself first—and then you take care of your children. They will understand later.
[...]
Oprah: I know I get annoyed by the marriage question. Do you?

Tina: Yes. People often ask me why I don't marry. I have love. I have a good life. I don't need to interfere with that. For some people, marriage means "You're mine now." That can be the beginning of the failure of a relationship. Psychologically, something happens when someone says, "You're my husband or wife. You can't do this or that." It's about ownership. That freedom of two people loving each other and wanting to be together—and being able to leave if anything is wrong—is gone. Neither Erwin nor I feel that we need to get married. We've been together for 18 years. What would marriage give me that I don't already have? Marriage would be about pleasing the public. Why do I need to please the public if I'm already pleased?


TINA TURNER - PROUD MARY(LIVE 1982)


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MessageSujet: épilogue côté mâle... noir   Dim 26 Juil - 15:01


épilogue côté mâle ... noir

Ike Turner : le rideau est tombé... Pure People 13 Décembre 2007

Pure People a écrit:
L'ex de Tina Turner, à la voix basse reconnaissable entre toutes, s'est éteint hier. Retour sur l'itinéraire d'un pionnier du Rock'n'roll qui a vécu plus d'une saison en enfer...

Ike Turner s'en est allé aussi paisiblement qu'il a vécu tumultueusement. A 76 ans, celui qui a été l'un des pères fondateurs du Rock'n'roll a glissé du sommeil au trépas, tranquillement, à son domicile californien de San Marcos. Un départ en douceur, qui contraste avec l'éclat et les éclats qui ont émaillé son parcours.

Ike Turner est à ce jour tenu par de nombreux puristes* pour l'inventeur du Rock'n'roll : le morceau Rocket 88, qu'il enregistre en 1951 avec son groupe fraîchement fondé, les Kings of Rythm, est le précurseur du plus grand courant musical du XXe siècle. Un morceau historique à plus d'un titre, puisqu'on y entend le premier effet de distorsion de guitare, obtenu... par accident, suite à la défaillance d'un ampli !
[* pas si puristes que ça, il y a des précédents dès la fin des années 1940... et l'expression Rocking and Rolling est attestée depuis 1821 ! Origins of rock and roll Youtube Roy Brown - Good Rockin' Tonight 1947 Elvis Presley, lui le savait, biberonné à cette musique !


Quelques années plus tard, en 1956, une jeune chanteuse du Tennessee, à la voix rocailleuse, sexy comme une chatte égarée sur un toit brûlant, le subjugue avec une interprétation de I know you love me Baby, un standard de BB King. Ike est à cet époque dénicheur de talents pour le label Sun Records : il vient de découvrir Anna Mae Bullock, et il va la faire découvrir au monde entier. Cette rencontre scelle le début de deux destinées hors normes.

La jeune chanteuse rejoint son groupe en qualité de choriste. Ike la surnomme Tina, en référence à une héroïne de bande dessinée qu'il affectionne. Après une liaison avec un des musiciens, qui lui laissera un enfant, elle se rapproche de Ike Turner, avec qui elle en aura un second. Fin 1959, le titre A Fool in love les propulse au deuxième rang des charts R&B. Tina prend le nom de Turner, avant même de se marier en 1962 : ensemble, ils fondent le groupe mythique The Ike & Tina Turner Revue, qui enchaînera les tubes et les tournées dès les années suivantes. Mais c'est en 1966, grâce à l'enthousiasme du producteur Phil Spector, qu'ils vont réellement connaître la consécration avec River deep, Mountain high. Pour la petite histoire, Phil a grassement payé Ike pour enregistrer Tina seule. Le succès qui s'en est suivi lui a donné raison. La revue fait les premières parties des Stones et parachève son succès mondial avec le fameux Proud Mary en 1971. Mais leurs relations se dégradent inexorablement : après un dernier hit en commun en 1973 (Nutbush City Limits), Tina se décide à quitter Ike, qui sombre dans la drogue et se rend coupable de violences conjuguales, en 1976. Chacun va poursuivre en solo : Tina va continuer à gravir les sommets, mais Ike, lui, va dégringoler vers les abysses.

Cette descente aux enfers, tout d'abord musicale, avec l'échec de ses deux premiers albums, va le conduire jusqu'en prison : incarcéré pour des affaires de drogue, Ike Turner touche le fond pendant que Tina, qu'il a révélée, explose sur la scène internationale. Lorsqu'elle l'avait quitté, elle lui avait pourtant tout abandonné, n'emportant avec elle que 36 cents et une carte de crédit pour station-essence...

Ike Turner, héros déchu, apprend depuis sa cellule l'intronisation de leur duo au Rock and Roll of Fame en 1991. Libéré en 1993, il décide de reprendre en main son destin : devenu sobre, il enchaîne tournées et albums. Niant encore pendant des années les accusations de violences envers Tina et récusant le portrait que dresse de lui le film du même nom, Ike reprend la voie de la redemption en 2001 : dans son autobiographie, Takin' Back My Name, il reconnaît une partie de ses torts. Ike connaît à son tour la consécration en solo, tandis que Tina affronte un cancer.

Il obtient en 2007 un Grammy Award pour son album Risin' with the blues (un titre lourd de sens ?), après avoir été déjà nominé en 2001. Un retour en grâce qui arrive à point nommé : il aurait été injuste qu'une des voix les plus étonnantes de notre époque s'en fut allée sans bruit...

Ike Turner n'avait rien à envier à B.B. King...


... mais la jeunesse blanche européenne ne jurait que par les Stones ou Eric Clapton, qui ont gagné mille fois plus, et leurs maisons de disques aussi. Dans les années 70, les gauchistes de ma génération auront cotisé plus que pour la musique noire, et je les hais autant pour ça que pour leur surdité politique !

décolonial ? je suis tombé dedans en 1967, avec John Coltrane / Alabama*(vidéo) et Leroi Jones / Amiri Baraka

* "Alabama" est un thème écrit par John Coltrane à entendre sur l'album 'Live at Birdland'. Il fut écrit en réaction à l'attentat à la bombe de la 16th Street Baptist Church, par le Ku Klux Klan in Birmingham, le 15 september 1963, causant la mort de quatre fillettes noires.


mais allez donc savoir à quel point on peut être sourd, et lourd, en Europe

Twisted Evil

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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Jeu 13 Aoû - 0:05

Amnesty International propose de décriminaliser la prostitution, y compris les proxénètes Francetv info avec AFP 12/08/2015

L'ONG a souligné que cette résolution ne remet pas en cause son engagement contre le travail forcé et le trafic d'êtres humains.


Des prostituées manifestent à Paris contre une loi visant à pénaliser les clients, le 28 mars 2015

Citation :
Amnesty International prend position sur l'épineuse question du statut des travailleurs et travailleuses du sexe. L'ONG a voté mardi 12 août en faveur de la défense de la dépénalisation de la prostitution, clients et proxénètes compris, suscitant la controverse. Admettant que le sujet est "extrêmement complexe", l'ONG a souligné que cette résolution ne remet pas en cause son engagement contre le travail forcé et le trafic d'êtres humains.

Pour un cadre légal pour les travailleurs du sexe

Le projet de résolution, qui appelle à la mise en place d'"un cadre légal dans lequel tous les éléments du travail du sexe seraient dépénalisés", a été adopté lors du conseil international de l'ONG, qui a réuni à Dublin quelque 400 délégués, a annoncé Amnesty International en fin d'après-midi.

Estimant que "la criminalisation du travail du sexe entre adultes consentants peut entraîner une augmentation des violations des droits des travailleurs du sexe", l'ONG va désormais faire campagne pour la suppression de la répression contre les prostitué(e)s mais aussi contre les clients et les proxénètes.

Clients et proxénètes au cœur de la polémique

C'est sur ce dernier point que porte la controverse. Ainsi, si l'ONG Equality Now, qui défend les droits des femmes, est d'accord pour que cesse la répression contre les travailleurs du sexe, elle est fermement opposée à ce que ce soit le cas pour les clients, les proxénètes et les gérants de maisons closes.

"Légaliser ceux qui exploitent les personnes prostituées n'est pas la bonne façon de procéder", estime Esohe Aghatise, d'Equality Now. L'ONG met notamment en avant des études qui soulignent que dans les pays où la prostitution est légale, on observe une hausse du trafic d'êtres humains qui dépasse les effets sur l'amélioration des conditions de travail des prostitué(e)s.

Mardi matin, un collectif d'associations avait publié une lettre pour appeler les délégués d'Amnesty à se prononcer contre cette motion. "Il n'y a aucune logique dans l'idée que pour protéger ceux qui sont exploités, il faut protéger les exploiteurs. Cela n'a aucun sens", a pour sa part asséné la directrice de la Coalition contre le trafic des femmes (CATW), Taina Bien-Aimé.


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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 18 Aoû - 10:24



Au cœur d'une caste d'intouchables, épisode 1

Pendant des siècles, les femmes badis du Népal ont dansé pour les rois, avant de basculer dans le commerce du sexe. Notre reporter les a rencontrées.
Nathalie Lamoureux 17/08/2015 à 12:19 | Le Point.fr


Communauté badie de Tulsipur, dans le district de Dang  

Citation :
Nuit sans charme, froide et humide, au pied du Toit du monde. Des chiens qui traînent leur misère, des bus qui fument. Le pschitt des cocottes à dal bhat (plat local).

Mina attend dans l'arrière-salle d'un hôtel blafard, où tous les sentiments sont gris, les mots d'amours, rares. Elle resserre doucement un châle autour de ses épaules. Ses yeux sourient. Puis, sans fioriture, elle raconte : « J'ai commencé avant les règles, à dix ans peut-être. Personne ne m'a forcée. Pour manger », mime-t-elle avec sa main. Puis elle reprend sèchement en levant les yeux vers l'ancienne trappe qui desservait les étages. «Les filles se plaçaient contre un mur de la pièce. Les hommes, de l'autre côté. La musique aidant, ils n'avaient plus qu'à choisir. » Comme dans les années 1960, dans les dancings au Groenland.


« Il y avait des beaux, des gentils, des moches, des vulgaires, surtout de hautes castes, des Brahmanes, des Chetris, mais aussi des Magars… Certains venaient à cheval, d'autres, en grosse voiture. » À 17 ans, Mina succombe au charme d'un de ses clients, et tombe enceinte. « Je l'aimais, il me donnait un peu d'argent. Je savais que je ne trouverais pas d'autres hommes et je me suis accrochée à lui. Mais sa femme l'a su et ne l'a plus lâché. J'ai recommencé avec le sexe pour nourrir mon enfant », poursuit-elle. Quelques années plus tard, Mina revoit son client et donne naissance à un second garçon. Elle rêve secrètement d'un mariage et d'une maison. Ses désirs se réalisent, mais sans cohabitation véritable.

L'arbre qui cache la forêt

L'histoire de Mina n'est pas un cas isolé, c'est l'arbre qui cache la forêt. La jeune femme appartient à la communauté badie et, pendant des décennies, les femmes de cette caste d'intouchables ont vendu leurs charmes pour survivre. La communauté badie, estimée à 38 603 habitants, forme l'une des vingt-cinq sous-castes du Népal, la plus basse sur l'échelle de l'intouchabilité, dont on n'accepte ni l'eau, ni la nourriture, ni le contact, ni la proximité. Difficile de saisir, du point de vue de la dualité pur-impur, qui structure la hiérarchie des castes, théorisée par Louis Dumont, comment un Brahmane, qui vit dans l'angoisse de la souillure, puisse copuler avec une intouchable. Sauf à penser que la purification par aspersion d'eau suffit à laver ses écarts et que sa moralité s'arrête au pied du lit. "Les Kamis sont là pour travailler le métal, les Damais pour coudre des habits, les Sarkis pour fabriquer des chaussures, les Badis pour fournir des plaisirs sexuels", explique le sociologue Thomas Cox.


"Traiter ces femmes comme autre chose que des objets sexuels est, pour les Brahmanes, les Chetris et les Thakuris (1), une violation des règles de la caste qui porte atteinte au statut social de l'individu supérieur", analyse encore le sociologue.

La réalité est plus complexe. Si les Badis sont intouchables, c'est parce qu'ils fabriquent des tambours, conçus à partir d'éléments organiques. Leur fonction dans l'ordre socio-brahmanique est de divertir, lors des festivals et des mariages, pas de fournir des services sexuels. Par ailleurs, des enfants illégitimes sont nés de ces relations et des mariages intercastes, encouragés notamment par les maoïstes, ont favorisé ce que l'hindouisme rejette par-dessus tout : le mélange des individus. Mais, encore une fois, valeurs, croyances et moralité s'arrêtent au pied du lit...

1) Thakuri, caste royale, descendant des Rajput, rois du Rajasthan, juste en dessous des Chetris (guerriers) dans l'ordre socio-brahmanique.



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MessageSujet: Au rythme de la Cumbia, La Banda en Flor s’attaque aux inégalités sexuelles au Chili   Mar 18 Aoû - 11:38

Au rythme de la Cumbia, La Banda en Flor s’attaque aux inégalités sexuelles au Chili

Intelligentes, musiciennes, danseuses, brillantes, et engagées les sept filles de La Banda en Flor (La bande de fleurs), groupe féminin, féministe, chilien, de Cumbia, lors de leur passage en France, juillet 2015  


wiki a écrit:
La cumbia est un genre musical et une danse né au XVIIe siècle en Colombie. Une variante migra vers le Panama, l'autre vers Cuba, d'abord sous le nom de cumba, puis de cumbia. La cumbia s'est néanmoins répandue en Amérique du Sud, particulièrement en Bolivie, au Pérou et récemment en Argentine où elle s'est mélangée aux musiques existant déjà sur place.

Au commencement, il y avait les tambours des esclaves accompagnant les veillées funèbres. Plus tard, les Indiens des Antilles ont ajouté ocarinas, flûtes de roseau et gaïtas (sorte de longues flûtes indiennes). Les Espagnols apportent par la suite la mélodie, les paroles et la danse. Des maracas et des bongos sont parfois utilisés.



Depuis sept ans, La Banda en Flor, 100% féminine, s’emploie à démolir  les clichés machistes au Chili, mais aussi à défendre les minorités et l'environnement. Avec un son explosif et des paroles aussi directes qu'un uppercut, elles ont réussi à se faire une place sur la scène musicale. Rencontre.

Citation :
Il fait chaud à Paris, très chaud. Dans les coulisses d’une salle de concert de la capitale française, sept filles se préparent à monter sur scène. C’est la deuxième fois qu’elles sont en France. Mais l’émotion de la première venue reste intacte. Le sourire aux lèvres et leurs instruments en main, les musiciennes joyeuses et colorées envahissent la petite scène. Le saxo, le trombone, les congas, le clavier, la batterie… Les jeunes femmes débordantes d’énergie s’installent. Les applaudissements fusent. C’est parti pour une heure et demi de danse et de musique endiablées.

Avec des titres comme « No le pegue a esa mujer » (Ne battez pas cette femme) ou « Ríos de Chile» (Les rivières du Chili), elles appuient là où ça fait mal.  Tout en dansant, elles dénoncent les maux de leur pays : les discriminations, la violence faite aux femmes, la destruction de l’environnement, la corruption de la classe politique. Tout y passe. Même quand l’ambassadeur chilien à Paris est dans la salle. « Nous ne faisons aucune concession », diront-elles plus tard.  

« Les mains en l’air. Les mains en l’air. », s’époumone en français Macarena Arias, la chanteuse principale du groupe. Le public s’exécute et se déhanche au rythme des congas de Kimberly Richards. Transportée par les notes effrénées de la cumbia, la salle est en nage. La cumbia, musique et danse métis, est née au XVIIe siècle en Colombie, sous l'impulsion des esclaves africains de cette région, avec d'abord il y des tambours auxquels les Indiens des Antilles ont ajouté ocarinas, flûtes de roseau et gaïtas (sorte de longues flûtes indiennes), avant de se mélanger aux mélodies "indigènes". Les sonorités teintées de cuivres se répandent, depuis, dans toute l’Amérique du sud, sous des formes différentes. Voilà quelques années, elle a gagné les couches populaires chiliennes pour devenir ensuite une sorte d’hymne national.

C’est d’ailleurs pour ces raisons que La Banda en Flor a choisi ces rythmes, il y a sept ans. « C’est une musique très accessible, de masse. Il est donc plus simple de faire passer un message politique ou social. Nous faisons de la cumbia ‘consciente’ », affirme Carola Zúniga, l’une des fondatrices de la bande.

Nous ne sommes pas sur scène pour montrer nos fesses

Au départ, faire de la cumbia «  politique » n’était qu’une lubie. Mais peu à peu elles ont réussi à s’imposer dans un monde qui reste très masculin. Pour évoquer leurs débuts, leurs luttes et la condition des femmes chiliennes, nous les retrouvons quelques jours après le concert dans une maison à Montreuil, dans la banlieue parisienne. Une bâtisse à leur image, colorée et éclectique, que les musiciennes occupent par intermittence le temps de leur tournée française estivale.

Tee-shirt échancré et eye-liner prononcé, Carola Zúniga sourit quand elle raconte la genèse du projet : « Nous avions envie de monter un groupe original pour dire tout ce que nous avions dans le cœur. Ce n’est pas facile car nous sommes la première bande 100% féminine de cumbia du pays. Même si nous sommes toujours plutôt bien reçues, certains pensent que nous montons sur scène pour danser ou montrer nos fesses. Il est difficile d’asseoir sa légitimité car les groupes comme les nôtres sont toujours masculins. Mais c’est difficile pour toutes les femmes de s’imposer dans n’importe quel métier ».

Si les sept musiciennes sont extrêmement attachées à ce genre tropical, elles n’hésitent pas à en faire une parodie en transformant les mélodies sirupeuses de leurs collègues en pamphlets.  « Notre engagement  est quelque chose qui nous relie et que nous portons en nous, ajoute Carola, la musique est notre passion. Pour nous c’est évident de mélanger les deux. »

Coupe iroquoise et rouge-à-lèvre foncé, Macarena Arias, la chanteuse principale, raconte qu’en tant que femmes, elles ont décidé de ne plus se laisser faire et de devenir les porte-parole d’une société en crise : « Après la dictature militaire (1973-1990 NDLR), les Chiliens ont gardé l’habitude de se taire. Mais aujourd’hui tout ça est en train de changer. Des scandales de corruption visant la droite comme la gauche, au pouvoir, viennent d’éclater. Les étudiants manifestent sans relâche pour une éducation plus accessible et moins élitiste... Nous voulons être comme un haut parleur pour que toutes les revendications sociales résonnent plus fort. D’autant plus que nous commençons à avoir la chance de partir à l’étranger et de porter ces messages au-delà de nos frontières ».

Défense de l’environnement et cosmogonie aimara

Les musiciennes signalent qu’elles sont engagées par des élus de tous bords politiques pour jouer dans leurs communes « en toute connaissance de cause ». Certains les félicitent même de dénoncer sans ménagement le système corrompu des élites dont fait partie Michelle Bachelet. Le retour de la socialiste au pouvoir en 2014 devait marquer un changement radical : une société plus égalitaire et une gestion plus transparente. Des promesses que la première femme présidente du pays n’a pas encore tenues. La déception est grande « chez ceux qui croient aux valeurs de la gauche ». Et cela se ressent dans des chansons comme Aguanta Maipo ou Tiens bon Maipo.


Avec ce morceau, les artistes fustigent un projet hydroélectrique dans le parc naturel du Cajón del Maipo - poumon de la capitale Santiago -, soutenu par le gouvernement chilien. Même si ce dernier le nie, la mise en route de ce barrage aura des impacts dévastateurs sur l’environnement et remettra en question l’approvisionnement en eau de la capitale chilienne. Les opposants à ce projet dénoncent avant tout la proximité entre la présidente Bachelet et les promoteurs du barrage.

Nous faisons partie de la nature, celle-ci ne nous appartient pas

Indignée, Priscila Rubio (claviers) agite ses bras tatoués : « Comment peut-on penser que les choses peuvent changer alors que la Constitution dont on a hérité de la dictature est encore en vigueur et n’est pas prête d’être modifiée ! ».

La conscience écologique de la bande va de paire avec l’attention qu’elles portent aux problématiques des peuples indigènes Mapuches et Aimaras discriminés et constamment pillés. « Nous aimerions que leur philosophie soit entendue. Pour eux, nous faisons partie de la nature, celle-ci ne nous appartient pas. Dans l’affaire du Cajón del Maipo c’est plus vrai que jamais »,  assure Fernanda Arias, saxophoniste de la bande depuis cinq ans.  

Donner du courage aux femmes

Les sept filles aussi pétillantes que réfléchies sont de tous les combats. Mais celui qui leur tient le plus à coeur est celui de la conquête de l’égalité entre femmes et hommes.

«Quand je regarde les féminicides perpétrés et le nombre de violences faites aux femmes, je me dis qu’on est encore à l’âge de pierre au Chili, s’emporte Kimberly Richards. La dépénalisation de l’avortement (le Chili est l'un des pays les plus sévères au monde sur cette question, ndlr) est au point mort et de nombreuses femmes continuent à penser que leur seul rôle dans la société est celui de rester à la maison pour prendre soin des enfants. Nous-mêmes avons été souvent victimes de sexisme, ici en France aussi. Ce qui prouve qu’il y a encore du boulot. »

« Et pourtant, nuance Priscila, une loi sur l’union civile vient d’être approuvée au Chili, le mariage religieux est de moins en moins sacralisé, les femmes osent de plus en plus dénoncer les viols et les jeunes filles ne se marient plus juste parce qu’elles sont tombées enceintes. »


Un pas en avant et deux pas en arrière, résument les musiciennes pour qui la lutte contre le sexisme est indissociable de la lutte contre l’homophobie. Avec la chanson Abre tu corazón (Ouvre ton cœur), elles critiquent l’hypocrisie de la société chilienne qui se dit tolérante alors qu’elle ne supporte pas de voir deux hommes ou deux femmes s’embrasser.


Les musiciennes racontent que cette chanson est celle qui choque le plus dans leur répertoire. Mais elles s’en félicitent, puisqu’elles cherchent à éveiller les consciences « même si c’est dérangeant ».  Si elles font un portrait sombre de "leur" Chili, leur optimisme est à toute épreuve et elles sont convaincues que millimètre par millimètre les choses vont bouger.

« Nous sommes la preuve vivante qu’en tant que femmes nous pouvons atteindre nos objectifs si nous surmontons nos peurs. Avec beaucoup de débrouille nous avons réussi à percer dans un milieu masculin,  nous nous autogérons, nous avons remporté un concours pour pouvoir faire une tournée en France et en Europe. Bref, La Banda en flor souhaite être un soutien joyeux pour toutes les femmes. Nous sommes là pour proclamer ce que certaines n’osent pas dire, et pour exiger avant tout le respect vis-à-vis de nous toutes », s’enthousiasme Macarena avec cette voix suave qui la caractérise. Nombreuses sont les femmes qui ont déjà entendu le message et qui viennent les voir après un spectacle pour leur dire tout simplement « merci ».

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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 18 Aoû - 11:46

Aux Etats-Unis, deux femmes intègrent le corps militaire d’élite des rangers Le Monde.fr avec AFP et AP | 18.08.2015  


AFP 12 mai 2015 : Les huit militaires américaines pour être les premières femmes à réussir la formation d’élite des Rangers
n’ont pas réussi à se qualifier du premier coup
 
Pour la première fois, deux Américaines ont réussi la très prestigieuse formation militaire pour accéder au corps d’élite des rangers, à l’issue d’un des entraînements les plus difficiles et éprouvants de l’armée américaine.

Citation :
Dix-neuf femmes avaient commencé cette formation en avril. Trois mois plus tard, seules deux d’entre elles ont réussi à décrocher la fameuse étoile métallique. Elles recevront officiellement leur diplôme le 22 août. Ravi de la réussite, très médiatisée, de ces deux recrues, le secrétaire à l’armée de terre américaine, John McHug, a salué ce résultat qui prouve que « chaque soldat, quel que soit son genre, peut développer tout son potentiel ».

L’entraînement pour devenir ranger dure en théorie soixante et un jours, mais beaucoup, comme ces deux jeunes femmes, sont contraints de redoubler les différentes phases. En moyenne, environ 40 % des élèves réussissent à aller jusqu’au bout.

Constamment mis à l’épreuve, les élèves font environ « vingt heures d’entraînement par jour, avec deux repas par jour ou moins (…) et une moyenne de trois heures et demie de sommeil », selon l’association des rangers de l’US Army. « Ils portent en général 29 à 41 kilos d’équipement », et font « environ 320 kilomètres de patrouille » avec des paquetages lourds, soit la distance qui sépare Boston de New York. Les deux femmes ont réussi le même entraînement que leurs camarades masculins.

« Un rôle de plus en plus important dans les combats »

L’intégration de femmes au corps d’élite des rangers va dans le sens d’une ouverture de l’armée américain, concrétisée en 2013 avec l’accessibilité de tous les postes militaires à des femmes à partir du 1er janvier 2016. Les différentes armes (terre, air, mer) ont jusqu’à cet automne pour demander des exemptions, qui devront être dûment justifiées.

Les 15 % de femmes qui composent l’armée américaine peuvent désormais conduire des chars lourds Abrams, opérer des batteries lance-roquettes, ou encore être maître-chien pour le déminage. Toutefois, l’autorisation reste encore à donner pour les postes de combat de l’infanterie et pour la plus grande partie des forces spéciales.

Or, comme le note le New York Times, le changement instauré par l’administration Obama reflète une nouvelle réalité sur le terrain :

« Depuis plusieurs années, les femmes jouent un rôle de plus en plus important dans le combat. Elles ont combattu les insurgés talibans dans des zones dangereuses en tant qu’artilleuses. »

Si une partie des diplômés de la Ranger School servent dans le 75e régiment des rangers, une unité de l’armée de terre utilisée pour des opérations spéciales, les autres reviennent dans leur unité d’origine pour lui faire bénéficier de leur expérience. Ces deux nouvelles diplômées n’auront pas le choix, car le 75e régiment n’est pas, encore, ouvert aux femmes.

 


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MessageSujet: Birmanie : les femmes montent à leur tour sur le ring grâce au lethwei   Mar 18 Aoû - 11:58

Birmanie : les femmes montent à leur tour sur le ring grâce au lethwei 17 Août 2015


Une jeune femme pratique le Lethwei, l'art martial traditionnel birman.  Ye Aung Thu / AFP

Moe Pwint Oo jette un rapide coup d'oeil au punching ball avant d'ajuster son coup. L'étudiante est adepte du lethwei, art martial birman particulièrement violent, pratiqué par de plus en plus de femmes qui osent défier le conservatisme ambiant.


Citation :
Dans ce vieux club de Rangoun, la capitale économique, où le sol est en gravier, les accessoires poussiéreux, les meilleurs boxeurs du pays côtoient des amateurs motivés, des expatriés et une actrice.


Et à transpirer pendant les entraînements, il y a autant d'hommes que de femmes attirés par l'intensité et l'authenticité de ce sport.

«Le lethwei est de plus en plus populaire. Je vois beaucoup de mes amis ici. Mais je suis ici pour boxer pas pour voir des gens», explique Moe, jeune étudiante en sciences. Derrière elle, sur un ring improvisé, une Japonaise s'entraîne à donner des coups de pied en rotation. Chaque pays d'Asie du sud-est possède son art martial national; le plus connu reste la boxe thaïlandaise (muay thaï). Mais les Birmans sont fiers d'affirmer que leur pratique est plus violente encore: les coups sont portés à mains nus et les coups de tête autorisés.

Le tout étant de mettre son adversaire KO, seul moyen de gagner avec l'abandon. Après cinq rounds de trois minutes si aucun combattant n'a flanché, le match est déclaré nul. «Toutes les parties du corps peuvent être utilisées comme des armes», explique Win Zin Oo, fondateur du club et ancien vice président de la Fédération nationale. Tous les coups sont permis: «coups de poing, de genou, d'épaule, de tête, on peut se lancer...».

Une violence qui collait mal à l'idée conservatrice de la femme qui avait cours jusqu'ici en Birmanie. Mais avec l'ouverture du pays, après des décennies de dictature et d'isolement, l'ancienne image de la femme semble progressivement évoluer. La vue d'un genou féminin ne scandalise plus autant qu'avant. Et même si les femmes continuent majoritairement à se couvrir jusqu'aux chevilles, les mini jupes ont fait leur apparition dans les rues. Et la Birmanie connaît de plus en plus de femmes influentes, dans les milieux d'affaires mais aussi en politique. La leader de l'opposition, Aung San Suu Kyi, en étant l'exemple le plus flagrant.

«Certaines sont vraiment très, très douées, même en terme de prises de décisions. C'est un peu injuste de dire «Oh les femmes sont faibles, les hommes sont forts»,
affirme le vieil entraineur.


Un «sport stimulant pour les femmes»

L'histoire de la Birmanie et du lethwei serait liées depuis des centaines d'années. Sur le temple de Bagan, dans la plaine centrale du pays, les sculptures montrent des hommes en plein combat, suggérant que ce sport est millénaire, affirme Win Zin Oo, qui a été vice-président de la fédération nationale.   Une discipline traditionnellement pratiqué dans les régions de l'est où des combats sont organisés lors des funérailles de moines ou pour célébrer la nouvelle année.

Les tournois sont de véritables affaires de la famille et souvent les parents font combattre également les jeunes garçons. Lors des combats, les spectateurs sont assis tout près des boxeurs: les sons des os qui se brisent leur parviennent et ils sont sporadiquement douchés par le sang, la sueur et la salive.

Originaire de l'Etat Karen, Tha Pyay Nyo a abandonné sa ferme pour devenir boxeur professionnel et espère devenir «célèbre un jour». A 25 ans, il a déjà un palmarès exceptionnel, n'ayant perdu qu'une fois en 150 matchs.

Récemment, il s'est essayé au combat en cage, mélangeant les arts martiaux. Diffusé à la télévision, ce combat avait pour but mettre en valeur le lethwei, encore peu connu à l'international. «Je veux que le monde connaisse notre courage à travers la boxe traditionnelle birmane», confie le boxeur.

A son retour en Ecosse, où elle étudie, Moe Pwint Oo devra se contenter de muay thaï, beaucoup plus présent à l'étranger, pour poursuivre son entraînement. Même si elle préfère la version birmane: «Cela vous permet d'être en forme, c'est un sport traditionnel et puis il est très stimulant pour les femmes».


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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Dim 23 Aoû - 21:15



Aux États-Unis, une vague de meurtres touche les femmes transgenres Claire Levenson 23.08.2015 Jose Cabezas

Dix-sept femmes, la plupart noires et hispaniques, ont été assassinées depuis janvier

Citation :
Depuis janvier 2015, dix-sept femmes transgenres, la plupart noires et hispaniques, ont été assassinées aux États-Unis, souvent dans des circonstances particulièrement violentes. Dans le New York Times, l'écrivain transgenre Jennifer Finney Boylan tire la sonnette d'alarme dans un texte personnel où elle se remémore ce qu'elle faisait le jour de chacun de ces meurtres, afin de souligner le fossé entre sa vie de femme transgenre privilégiée et la violence que subit une autre partie de la communauté.

Rien qu'au mois de janvier 2015, quatre femmes transgenres noires ont été assassinées: Papi Edwards, 20 ans, a été tuée par balle devant un hôtel dans le Kentucky, Lamia Beard, 30 ans, a été tuée par balle en Virgnie, Ty Underwood, 24 ans, a été retrouvée morte dans sa voiture au Texas, et Yazmin Vash Payne, 33 ans, a été poignardée à Los Angeles. Dans ces deux derniers cas, les suspects sont des ex-compagnons de ces femmes.

«La mort qui triomphe»

La liste continue pour atteindre 17 personnes assassinées, dont trois cet été. Alors que Jennifer Finney Boylan est régulièrement invitée pour parler des progrès de la représentation des femmes transgenres, notamment à la télévision, la violence continue de sévir.

«Ma mère m'avait dit que l'amour triomphe toujours, et pour moi, ça a été le cas, comme souvent pour les gens privilégiés dans ce pays, ceux qui sont protégés des injustices grâce à la couleur de leur peau, leur classe sociale, leur éducation et le milieu dans lequel ils sont nés. Pour d'autres femmes transgenres, particulièrement noires et latinos, ce n'est pas l'amour qui triomphe: c'est la mort. Est-ce que leurs vies étaient moins importantes que la mienne?»

Confusion d'identités

Dans une émission de télé le 20 août, l'actrice transgenre de la série Orange is the new black, Laverne Cox, a déclaré un «état d'urgence» pour la communauté trans. «Votre vie ne devrait pas être en danger parce que vous décidez d'être vous-même. Il faut dire le nom de ces personnes.»

Le site Think Progress rappelle qu'il y a parfois confusion quant au genre des victimes, notamment lorsque la police parle de femmes transgenres au masculin et en utilisant leur prénom de naissance. «Des témoins peuvent être désorientés si la personne qu'ils ont vu tuée ne correspond pas au genre et au pronom utilisé par la police pendant les recherches.»

En écho à la campagne Black Lives Matter, des activistes sur Twitter commémorent les victimes avec le hashtag #TransLivesMatter.


remarque : Angela Davis avait insisté sur ces violences lors de son passage en France...
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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 25 Aoû - 5:05



Etat islamique: le viol au cœur de l'organisation LEXPRESS.fr 17/08/2015


Une femme yazidie pose pour un photographe, dans la ville de Dohuk au nord de l'Irak, le 20 mai 2015

Dans une longue enquête, le New York Times explique l'usage codifié que Daech fait du viol. Pour l'organisation terroriste, les violences sexuelles ne sont pas qu'une arme de guerre, c'est également un moyen de séduire de nouvelles recrues.


Citation :
"Je n'arrêtais pas de lui dire que ça faisait mal, je le suppliais d'arrêter. Il m'a dit que l'Islam l'autorisait à violer une non-croyante. Il a dit qu'en me violant, il se rapprochait de Dieu." Ce témoignage glaçant est celui d'une jeune yézidie, âgée de 12 ans au moment des faits. Après 11 mois de captivité, la fillette a réussi à fuir les djihadistes de Daech qui la retenaient en otage et à gagner un camp de réfugiés en Irak. Son histoire est racontée par le New York Times, dans le cadre d'une longue enquête consacrée au viol au sein de l'organisation Etat islamique, mise en ligne jeudi.

Cette "pratique" était déjà connue des médias mais jamais les paroles de celles qui sont en première ligne n'avaient été ainsi rapportées. La journaliste Rukmini Callimachi a interviewé 21 femmes et jeunes filles yézidies qui ont échappé à l'EI. Les membres de cette minorité non-musulmane sont considérés par Daech comme des "adorateurs du Diable", ce qui fait d'eux une cible prioritaire des djihadistes.

Le viol comme outil de recrutement

Le reportage du quotidien américain, traduit en français par le site de la RTBF, explique que "le viol systématique des femmes et des jeunes filles de la minorité religieuse des Yézidis est dorénavant inscrit dans les principes fondamentaux de l'organisation". Plus de 5000 femmes ont été enlevées depuis que Daech a fait de l'esclavage sexuel une pratique systématique en août 2014.  

Une véritable "théologie du viol" a été développée par l'EI. Les djihadistes assurent que l'abus sexuel des Yézidies n'est pas un péché, et qu'il est même encouragé car elles ne sont pas musulmanes. Ainsi libéré de tout interdit religieux, le viol est mis en avant comme "un outil de recrutement bien établi pour attirer les hommes de sociétés musulmanes très conservatrices, dans lesquelles le sexe sans attache est un tabou".

Une "bureaucratie" s'est même mise en place autour de cette terrible activité. Les Yézidies sont examinées et transportées sur des marchés aux esclaves, avant d'être mises en vente. Dans de rares cas, ces femmes peuvent être libérées par leurs ravisseurs.  


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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 25 Aoû - 5:16



Théologie du viol : quand Daech rétablit l'esclavage des femmes  Eléonore de Vulpillières 17/08/2015


Femmes yézidies protestant contre l'Etat islamique - Sinjar

Un reportage du New York Times révèle que les combattants de l'Etat islamique violent des femmes, parfois pré-pubères, dont la religion n'est pas l'islam. Pour Mathieu Guidère, il s'agit d'un retour à une théologie médiévale de l'islam.

Mathieu Guidère est islamologue. Agrégé d'arabe, il enseigne à l'université de Toulouse 2 où il est titulaire de la chaire d'islamologie et pensée arabe depuis 2011. Il a écrit de nombreux ouvrages sur le monde arabe et l'islam dont L'État du monde arabe (Éditions De Boeck, 2013). Son dernier ouvrage,Terreur, la nouvelle ère, Des Twin towers à Charlie Hebdo est paru en 2015 aux éditions Autrement.

Citation :
LE FIGARO.- D'après le New York Times, les combattants de l'Etat islamique violent des femmes de confession autre que l'islam. Selon eux, ces pratiques ne sont pas des péchés: elles seraient même encouragées par le Coran. Que cela vous inspire-t-il? Cette «théologie du viol» a-t-elle connu un précédent?

Mathieu GUIDÈRE. - Il existe énormément de documents internes à l'organisation, diffusés notamment par son «Centre de recherches et de fatwas» qui montrent que Daech a effectivement remis au goût du jour les pratiques médiévales des hordes de combattants fraîchement convertis à l'islam. Plus qu'une «théologie du viol», il s'agit en réalité de l'actualisation du commerce florissant de l'esclavage des femmes qui avait cours au Moyen-Age et jusqu'à l'époque moderne, à la fois en Orient comme en Occident, de façon institutionnalisée. Le précédent est donc clairement médiéval mais il n'avait plus cours depuis l'abolition de l'esclavage au début du XIXe siècle.

Le précédent est donc clairement médiéval mais il n'avait plus cours depuis l'abolition de l'esclavage au début du XIXe siècle.

Des objectifs politiques se cachent-ils derrière cette théologie ou est-elle le résultat de l'anarchie barbare de l'EI?

L'organisation de l'Etat islamique est à la fois le fruit de l'anarchie politique et de l'ignorance religieuse que connaît le monde arabe en général. Mais la remise au goût du jour de cette théologie tout droit sortie du Moyen-Age a des objectifs pratiques et politiques: pratiques en termes de recrutement et de fixation des jeunes combattants de l'organisation ; politiques en termes de diffusion d'une idéologie esclavagiste, anti-humaniste et anti-moderniste.

Comment ces pratiques sont-elles perçues par les candidats et les candidates occidentaux au djihad? Est-ce un moyen d'attirer les jeunes hommes?

Les témoignages dont nous disposons de l'intérieur de l'organisation semblent indiquer que ces pratiques ont tendance à séduire une certaine frange de la jeunesse masculine acculturée et frustrée sexuellement, en particulier dans certains pays musulmans où les relations entre les hommes et les femmes sont strictement codifiées. De plus, le fait que ces pratiques s'exercent contre une communauté isolée et archi-minoritaire (les Yézidis) rend le phénomène peu mobilisateur au sein même de l'organisation et contribue à son maintien dans l'indifférence générale.

Pourquoi la minorité yézidie est-elle spécialement visée?

Dans la théologie interne à l'organisation (EI), il existe plusieurs catégories de personnes: les «musulmans» bien sûr (mais il existe surtout de «mauvais musulmans» pour Daech), ensuite les «gens du livre» (les chrétiens et les juifs, «protégés» par un statut particulier, la dhimma) et, enfin, les «polythéistes» c'est-à-dire ceux qui adorent d'autres divinités que les monothéismes. Les Yézidis sont classés par Daech dans cette dernière catégorie et c'est pourquoi ils sont spécifiquement visés par ces pratiques d'un autre temps.


Le marché aux esclaves sexuelles de l'Etat islamique est-il répandu? Est-il lucratif?

Le marché aux esclaves de Daech existe depuis un an environ dans certaines zones contrôlées par l'organisation. Il prospère en même temps et via les mêmes réseaux de trafics déjà existants (pétrole, gaz, voitures, cigarettes, etc.). Il s'agit d'un trafic d'êtres humains qui est moins lucratif pour l'instant que celui de l'immigration illégale vers l'Europe parce qu'il est limité aux femmes yézidies mais qui prend de l'ampleur en raison de la connexion en cours avec les réseaux de prostitution internationaux qui opèrent déjà sur le continent africain à partir de la plateforme nigériane à destination des marchés européen et nord-américain.

Ces individus prétendent agir au nom de l'islam, en appliquant les règles du Coran. Certains passages prêtent-ils le flanc aux interprétations qu'ils en font ou sont-ils dans une imposture complète?


Les pratiques de Daech sont unanimement condamnées par toutes les autorités religieuses musulmanes, toutes tendances confondues. C'est même la seule chose sur laquelle il existe un consensus par ces autorités et c'est assez rare pour être signalé, en particulier entre sunnites et chiites!

Il n'y a rien de nouveau dans ce que prétendent les propagandistes de Daech. Il y a toujours eu dans le passé des croyants se réclamant de l'islam ou du christianisme pour citer des passages du Coran ou de la Bible qui justifient, à leur yeux, l'inégalité des races et l'esclavage des uns par les autres. Le problème n'est pas tant théologique que pathologique car on peut faire dire aux textes sacrés ce que l'on veut, et il s'est toujours trouvé des gens pour prendre leurs fantasmes inavouables pour des vérités de la foi.

Aujourd'hui, les pratiques de Daech sont unanimement condamnées par toutes les autorités religieuses musulmanes, toutes tendances confondues. C'est même la seule chose sur laquelle il existe un consensus par ces autorités et c'est assez rare pour être signalé, en particulier entre sunnites et chiites!



Mohamed autorisait à ses compagnons, en guise de butin de guerre, de réduire en esclavage les femmes des tribus sur lesquelles ils remportaient la victoire, mais aussi d'avoir des rapports sexuels avec elles sans consentement

Citation :
Source I : Le Coran

Coran 70:22-30 "... et sur les biens desquels il y a un droit bien déterminé [la Zakat] pour le mendiant et le déshérité; et qui déclarent véridique le Jour de la Rétribution, et ceux qui craignent le châtiment de leur Seigneur car vraiment, il n'y a nulle assurance contre le châtiment de leur Seigneur; et qui se maintiennent dans la chasteté et n'ont pas de rapports qu'avec leurs épouses ou les esclaves qu'ils possèdent car dans ce cas, ils ne sont pas blâmables."

Coran 23:5-6 5 "et qui préservent leurs sexes [de tout rapport], si ce n'est qu'avec leurs épouses ou les esclaves qu'ils possèdent, car là vraiment, on ne peut les blâmer."

Coran 33:50 50 "Ô Prophète! Nous t'avons rendue licites tes épouses à qui tu as donné leur mahr (dot), ce que tu as possédé légalement parmi les captives [ou esclaves] qu'Allah t'a destinées [...] Nous savons certes, ce que nous leur avons imposé au sujet de leurs épouses et des esclaves qu'ils possèdent, afin qu'il n'eût donc point de blâme contre toi. Allah est Pardonneur et Miséricordieux.

Source II - Les hadiths

• Sahih Muslim, Livre 8, 3371. Abu Sirma dit à Abu Sa'id al Khadri :
« Ô Abu Sa'id, as-tu entendu le messager d'Allah mentionné al-'azl ? Il dit : Oui, et il ajouta : Nous sommes partis avec le Messager d’Allah en expédition contre les Bi’l- Mustaliq et nous avons pris comme captives d’excellentes femmes arabes et nous les désirions, car nous souffrions de l’absence de nos femmes mais en même temps nous en désirions une rançon. Nous avons alors décidé d’avoir des rapports sexuels avec elles mais en observant le ‘azl (coïtus interruptus). Nous avons demandé au Messager d’Allah si cela était permi et il dit : Cela importe peu si vous le faites ou non :  chaque âme qui est destinée à naître jusqu'au Jour de la Résurrection, naîtra. »




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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 25 Aoû - 5:26


Une autre histoire a écrit:
Le viol des Africaines et des Afro-descendantes par des Européens était un phénomène si répandu depuis la « découverte de l’Afrique » qu’un peintre flamand, Christiaen van Couwenbergh (1604-1667), en fit un tableau qui se trouve conservé en France au musée de Strasbourg.


Dans cette peinture intitulée « Le rapt de la négresse » ou « le viol de la négresse », qui constitue un document exceptionnel, deux jeunes Européens, nus, s’apprêtent à violer une Africaine. L’un deux la montre du doigt en se moquant de ses lamentations, tandis qu’un troisième homme qui, lui, est resté habillé, semble exprimer la réprobation que partage manifestement le peintre qui a voulu dénoncer crûment ce qui devait se pratiquer couramment en Afrique, dans les colonies et en Europe.

Le viol – comme c’est le cas ici – était généralement collectif, ce qui permettait d’éviter de se poser les questions de paternité qui pouvaient s’ensuivre.

C’était aussi une manière d’accroître le « cheptel » humain d’une plantation.

Le tableau a été peint en 1632, au moment où la traite était en expansion.

Au viol des femmes, s’ajoutait le viol des jeunes hommes et des enfants.

L’actualité récente a montré que l’habitude coloniale de violer des Africaines, de « trousser les domestiques », comme l’a dit le journaliste Jean-François Kahn, est encore largement admise dans les mentalités françaises du XXIe siècle.


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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 25 Aoû - 5:26




Le viol des Sabines. Pietro da Cortona, 1627-29.

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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 25 Aoû - 5:29




Le viol de Lucrèce
Georg Pencz, gravé par Heinrich Aldegrever 1539

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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 25 Aoû - 5:31




Le viol des Sabines
Pablo Picasso, 1962

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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 25 Aoû - 5:32




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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 25 Aoû - 5:35




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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 25 Aoû - 5:47



Marche des femmes à Lubumbashi contre les violences sexuelles, le 20 mai 2014

Mobilisation contre le viol, arme de guerre Sophie Malibeaux RFI et Paulin Munanga Kisimba, Radio Okapi/Lubumbashi 13-06-2014


rfi a écrit:
Une centaine de délégations sont à Londres pour réfléchir à la lutte contre les violences sexuelles dans les zones de conflit, et notamment au viol, utilisé comme arme de guerre. Quarante-huit ministres des Affaires étrangères sont présents sous la houlette d’Angelina Jolie, ambassadrice de bonne volonté du Haut-commissariat de l'ONU pour les réfugiés et du chef de la diplomatie britannique, William Hague.

Sont également conviés ONG, religieux, experts militaires et juridiques, associations humanitaires et membres de la société civile, et surtout, des victimes et des témoins.

Des chiffres circulent afin d’alerter l’opinion mondiale sur cette pratique extrêmement répandue en zone de conflit : selon les Nations unies, 200 000 femmes auraient subi des violences sexuelles en République démocratique du Congo depuis 1998. Elles seraient entre 250 000 et 500 000 victimes de viol au Rwanda en 1994 lors du génocide, elles auraient été près de 60 000 lors du conflit en Sierra Leone, et au moins 20 000 en Bosnie au début des années 90.

Mais ces chiffres ne disent pas grand-chose de la réalité car les estimations sont très approximatives, du fait du silence entourant le plus souvent ce type de violence. Il reste impossible d’évaluer la proportion de personnes ayant subi des agressions sexuelles dans les zones de conflits. Les témoignages sont difficiles à recueillir, notamment en Syrie, et jusque dans les camps de réfugiés, où les victimes restent extrêmement vulnérables.

Le viol, crime contre l’humanité

Pourtant, les violences sexuelles dans les zones de conflits ne sont pas à considérer comme une conséquence inévitable, un dommage collatéral de la guerre, c’est le premier message que souhaitent faire passer les initiateurs de la conférence de Londres. Le viol comme arme de guerre est un crime contre l'humanité, qualifié comme tel depuis 2008 par l'ONU. Et la première façon de lutter, c’est d’écouter les victimes.

Témoignage d'une jeune fille victime de viol en RDC 11/06/2014 - par Léa-Lisa Westerhoff écouter
Citation :
« Ça me ronge trop. Je voudrais tout simplement que la justice condamne ces hommes-là, ces militaires. Si on ne le fait pas, ils continueront de faire les mêmes erreurs. »


La jeune fille qui a accepté de témoigner au micro de la correspondante de RFI en RDC, a 16 ans. Elle a été agressée une première fois à l’âge de14 ans puis violée à 15 ans par des soldats de l’armée congolaise, à Minova dans le nord Kivu à l’est du Congo. Elle parle de « l’erreur des militaires », un langage pudique pour dire l’horreur vécue par des centaines de milliers de personnes dans la région. Quand ce ne sont pas les militaires, ce sont leurs adversaires qui se livrent à ces violences. Comme on le comprend dans ce témoignage, le viol est souvent tabou et la parole se fait rare.

Rares sont aussi les victimes qui ont accès à une structure médicale sur place où ailleurs. Or, avant de pouvoir témoigner, il faut être soigné. C’est ce que nous explique le docteur Agnès Afnaim, au centre Primo Levi de soin pour les victimes de tortures et crimes politiques :

« Il arrive qu'on découvre l'existence de violences sexuelles dans le passé de ces personnes bien des mois après le début de la prise en charge de ces personnes, parce que c'est quelque chose qui suscite, bien plus encore que tout autre type de violences, un très très fort sentiment de honte de la part des victimes. C'est quelque chose de presque indéracinable ce sentiment de honte qui perdure indéfiniment, alors même qu'il n'y a plus de séquelles physiques observables de ces violences passées ».

Le docteur Afnaïm suit une centaine de patients. Elle estime que soixante d’entre eux ont subi des violences sexuelles. Elle soigne des Kosovars, des Tchéchènes, des Turcs et des Africains, de Somalie et de la région des grands lacs en Afrique.

Quand la parole se libère


Impossible cependant d’avoir une estimation globale du nombre de victime. Seul fait positif, relate le médecin, c’est que la parole commence à se libérer, y compris chez les victimes masculines, les plus réticentes jusque-là à dévoiler ce qui est vécu comme l’humiliation suprême.

« Ce qui a évolué, explique le docteur Afnaïm, c'est la possibilité d'évoquer, de nommer le viol, notamment pour les hommes. Parce que c'est encore plus caché, et peut-être aussi honteux, voire plus encore chez les hommes. Et cela se dit moins chez eux, quelque soit le médecin en face, femme ou homme. »

La parole des victimes est essentielle pour que la justice progresse, mais c’est aussi aux Etats de prendre leurs responsabilités en refusant d’abriter les auteurs et les commanditaires de ces violences et en protégeant les victimes.


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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 25 Aoû - 5:49




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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 25 Aoû - 5:54





Nous relayons une interview tirée du site internet de la revue du mouvement le NID qui aborde les dominations sexuelles et raciales dans le contexte colonial.

Historienne, Christelle Taraud a choisi de s’atteler aux zones d’ombre qui entourent encore l’histoire des femmes et celle de la sexualité. Avec La prostitution coloniale (Algérie, Tunisie, Maroc, 1830/1962), elle montre comment la politique française réglementariste fut le symbole de la colonisation.

Claudine Legardinier a écrit:
La prostitution, symbole de la domination coloniale…

Retour sur des violences sexuelles longtemps occultées.

Pourquoi le choix d’un tel sujet, la prostitution dans les colonies d’Afrique du nord ?

Je suis militante féministe et j’ai choisi de faire ma thèse en croisant deux thèmes qui me tiennent à cœur : l’histoire des femmes et la Méditerranée, puisqu’une partie de ma famille a vécu au Maroc. Une façon d’allier la conviction et la passion pendant les six années qu’allait me demander ce travail.

J’ai commencé par fouiller dans les archives et j’ai eu la chance de tomber sur les écrits de médecins coloniaux des années 30, consacrés aux questions sanitaires et aux prostituées. En écumant les archives coloniales, j’ai été fascinée par la quantité de sources disponibles. J’ai compris aussi qu’il ne s’agissait pas d’un sujet périphérique mais au contraire d’une question qui était au cœur de la société et touchait tous les domaines : politique sociale, administrative, urbanisme, art, police, justice.

C’est un travail qui m’a fait grandir. On ne sort pas indemne d’un sujet aussi douloureux. Il m’a aussi appris la tolérance. Il est temps de faire une histoire de la rencontre entre la France et ces territoires, l’histoire de ce qui nous lie, sans occulter la domination coloniale et la violence sexuelle masculine.

En quoi le réglementarisme des Français est-il le symbole de l’entreprise coloniale ?

Un mois après la conquête d’Alger, l’une des premières mesures que prend l’armée coloniale est de réglementer la prostitution. Elle craint bien sûr la contagion sanitaire et les ravages de la syphilis, mais aussi la contagion sociale et raciale. Les colons font tout pour que les femmes blanches ne soient pas accessibles aux indigènes. Mais ils jugent normal d’utiliser les femmes des colonisés.

La conquête réduit la complexité sociale de la prostitution d’avant la colonisation à la notion unique de “fille soumise” : un terme réglementariste qui symboliquement établit un lien avec le droit du conquérant, lequel invoque le droit au coït.

Dès le début, l’armée amène avec elle des BMC, bordels militaires de campagne, et des femmes européennes. Mais il n’y a pas assez de femmes pour le nombre d’hommes. Les colons ouvrent donc des maisons de tolérance. À Alger, en 1859, il y a 14 maisons de tolérancel, toutes européennes [1]

Qu’en est-il alors des indigènes ?

Pour elles, les colons organisent les quartiers réservés, qui marginalisent les femmes ; un véritable racisme d’État. À côté des rues réservées, existent parfois des quartiers entiers, véritables villes dans la ville, comme le quartier de Bousbir à Casablanca, présenté à l’époque comme un modèle. Bousbir, c’est 24 000 m2, 600 à 900 prostituées, 42 commerces, 1500 visiteurs par jour, et une ligne de bus pour relier le quartier au centre de la ville européenne.

Le système rend la prostitution visible dans la ville. Pour les Maghrébins, cette visibilité est choquante. De même que le contrôle des organes sexuels des femmes par des médecins blancs. Tout cela est très mal vécu. D’ailleurs, l’une des premières mesures prises par le pouvoir indépendant sera de fermer ces quartiers.

Vous montrez comment le réglementarisme est aussi le lieu du profit et de la spéculation…

La construction de ces quartiers devient une véritable industrie, une affaire juteuse qui engage les acteurs de la ville et ceux de l’État. Pouvoir politique et économique ont des intérêts dans ces affaires. L’énorme scandale financier du quartier réservé de Marrakech dans les années 1930 en est l’illustration. L’entrepreneur privé est protégé au plus haut niveau jusqu’en Métropole et tout le monde touche.

On voit les dérives du système puisqu’on va jusqu’à s’adresser au Glaoui [2] pour qu’il réquisitionne des femmes indigènes, faisant de lui un super proxénète pour le futur quartier réservé.

En quoi cette politique réglementariste a-t-elle été un échec ?

Maisons de tolérance et quartiers réservés se carcéralisent de plus en plus. La réglementation répressive ne sert qu’à une chose : l’exploitation économique forcenée des femmes. Jamais ce système n’a permis de les réinsérer ni de les soigner.
Le scandale absolu, c’est la taxe sanitaire : on fait payer aux femmes cette visite dégradante, pratiquée à la chaîne.

C’est l’ère du taylorisme, la sexualité entre dans le cadre du capitalisme sexuel.

Le système est donc un échec total en matière sanitaire et il entraîne une augmentation galopante de la prostitution clandestine. Dans les années 1950, 600 à 700 femmes occupent le quartier réservé alors que la prostitution est estimée dans la ville à 30 000 femmes ; 600 femmes que le réglementarisme n’est même pas capable de soigner.

Qu’avez-vous découvert sur le fonctionnement des BMC ?

On trouve peu d’archives sur les BMC. Mais l’armée m’a accordé le droit de consulter les documents sous dérogation. J’ai également eu des entretiens avec d’anciens militaires. Quelles que soient les régions, les périodes, tous disent qu’il y avait une grande violence dans ces BMC.

Il s’agissait d’un monde opaque, sous contrôle total de l’armée, éloigné de la centralité, des villes. L’abolitionniste Jean Scelles, président des Equipes d’action contre la traite des femmes et des enfants, a d’ailleurs mené un combat pour dénoncer la présence dans ces BMC de jeunes filles mineures, les collusions entre les tenancières et l’armée, les cadences infernales et les accidents très graves que subissent les femmes, comme des perforations de matrices.

Dans les BMC, le droit du conquérant s’exerce avec sa dimension raciale. Comment humilier davantage les hommes qu’en prenant leurs femmes ? Le même phénomène s’est produit en France quand les proxénètes maghrébins étaient fiers de faire travailler des Blanches et s’en vantaient au bled, inversant le rapport de domination. Les femmes ne servent que de médiation, elles ne sont que des sexes et des ventres. La femme est au cœur de la domination masculine.

Vous parlez, clairement, de violence sexuelle coloniale.

La violence sexuelle coloniale s’est exprimée par des viols, dès le début de la conquête en 1830. Quant au système réglementariste, il est violent parce qu’il est racial et capitaliste. Les Indigènes sont du bétail. Le médecin, le juge, le policier exercent une violence. Les femmes sont envoyées en prison, elles n’ont pas le droit de garder leur enfant. Sans compter les violences quotidiennes des tenancières, des proxénètes, mais aussi des clients. Violences de l’abattage, violences des femmes entre elles et des femmes contre elles-mêmes. L’automutilation est courante, comme le recours à l’alcool et au kif.

Tout est fait pour asseoir leur docilité. Notre génération peut commencer à dévoiler ces violences. C’est dur d’avouer qu’on a mis à la disposition des militaires des femmes indigènes.

En face, la honte empêche aussi la parole. Il s’agit de sociétés patriarcales et sexistes. L’organisation sociale jette des femmes sur le pavé et les considère comme des rebuts. Les jeunes filles, couramment frappées et victimes de violences sexuelles, à commencer par la défloration par des hommes beaucoup plus âgés, fuient la violence familiale et conjugale et deviennent des proies idéales pour le réglementarisme.

Que pensez-vous du débat actuel sur la prostitution ?

Il est mal engagé. D’abord, il est temps de reformuler le vocabulaire. Celui que nous utilisons correspond à un siècle qui n’existe plus. Il faudrait sortir de l’idéologie et protéger les personnes prostituées le plus possible.

Je suis également scandalisée par la façon dont les médias traitent du sujet et parlent notamment des prostituées étrangères, ce que j’appelle le syndrome Natacha. On les déshumanise, on les massifie, on nie leur identité, leur parcours.

L’autre chose qui me choque, c’est la permanence du discours réglementariste. Il imprègne totalement les mentalités, et donc celles des journalistes. Ils ne savent rien, n’ont aucune idée de ce qu’est la prostitution et continuent de modeler l’opinion à partir de leurs idées reçues. En plus, il se trouve encore des gens comme l’écrivain Philippe Sollers pour trouver le bordel esthétique.


Christelle Taraud, La prostitution coloniale (Algérie, Tunisie, Maroc, 1830/1962), Payot, 2003.

[1] Contrairement à la métropole, ces “maisons” ne seront pas fermées en Afrique du Nord en avril 1946, au motif que ces régions se trouvent dans un état de civilisation inférieur.

[2] Le gouverneur de la province.


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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Mar 25 Aoû - 6:16

Dans les bordels de l'armée française François Reynaert 03-05-2014

Pour le 60e anniversaire de la fin de la guerre d'Indochine, un livre étudie un de ses aspects méconnus: le recours aux filles à soldats, encouragé par l’état-major français.


Citation :
A l’heure où la loi Marthe Richard faisait fermer les maisons closes de métropole, l’état-major de l’armée française en Indochine autorisait et même encourageait la création de bordels militaires de campagne à travers tout le territoire dont il avait la charge. Principal motif invoqué ? La lutte, à l’aide d’un encadrement sanitaire adéquat, contre les maladies vénériennes.

Souvent évoqué de façon plutôt allusive, ce phénomène n’avait jamais fait l’objet d’une étude approfondie. Documents officiels (à l’époque classés « confidentiel »), correspondances de soldats et témoignages de vétérans ont permis à Jean-Marc Binot d’en révéler l’ampleur et d’en examiner le fonctionnement. Des méthodes de recrutement à l’établissement des horaires d’ouverture, l’armée n’y perd rien de sa proverbiale rigueur…

Mais encore fallait-il s’intéresser aux prostituées elles-mêmes, à leurs origines et à la détresse matérielle et morale qui leur a fait prendre le chemin de ces établissements pas comme les autres. S’il est vrai, comme le prétendent certains, que ces Marie-Madeleine se sont improvisées infirmières au plus fort des combats et y ont gagné le surnom d’« anges de Diên Biên Phu », sans doute méritaient- elles que l’histoire leur fasse une place.

images ajoutées
Citation :
Les anciens combattants sourcilleux n'apprécieront sans doute pas le cadeau; les amateurs d'histoire, si. Jean-Marc Binot, spécialiste des confits du XXe siècle, célèbre d'une façon particulière le 60e anniversaire de la fin de la guerre d'Indochine. Dans un livre dense et passionnant, il lève le voile sur un aspect peu connu, jamais étudié et peu glorieux de ce confit, celui de la prostitution organisée par l'armée française.

Le bordel à soldats, explique-t-il, n'a rien de nouveau. La tradition le fait remonter à la croisade de Philippe Auguste qui, choqué de l'étendue des pratiques sodomites parmi les Francs et des viols qu'ils commettaient, les remit dans le chemin de Dieu en faisant venir de France un plein bateau de filles de joie. L'armée n'a jamais abandonné le principe mais, au XXe siècle, elle en use pour des motifs plus terrestres. L'état-major en Indochine s'y résout parce qu'il y voit la seule arme à sa disposition pour lutter contre les maladies vénériennes, presque aussi efficaces que le Viet-minh pour décimer la troupe.

"Délégation de service public"

La métropole, mais aussi le Sénégal ou le Maroc, d'où viennent les nombreux tirailleurs, sont à trois semaines de bateau. Les soldats ne revoient leur foyer qu'une fois tous les deux ans, au mieux. La guerre de tous les instants menée par un ennemi caché dans la population crée un stress terrible. Le «mal jaune», ce cafard propre à l'Extrême-Orient, mine le moral. Pour le vaincre, il n'y a que «l'alcool et les filles». Le premier se trouve en abondance. Mais les secondes ? Certains optent pour la tradition coloniale des congaïs, ces concubines choisies parmi les filles du pays.


Groupe de prostituées dans les années 1950

Les autres ont recours aux prostituées locales, qui se vendent dans des conditions de misère et d'insalubrité terribles, d'où les maladies. Avec gêne d'abord, puis insistance, les instances supérieures réclament donc des BMC (bordels militaires de campagne), perçus comme un mal nécessaire. Les premiers ouvrent au milieu des années 1940, au moment même où la loi ferme définitivement les maisons closes en France métropolitaine.

Concrètement, l'armée offre des sortes de «délégation de service public», comme écrit l'auteur, à des mères maquerelles, qui peuvent ouvrir leurs bordels sous protection militaire, en échange d'une soumission totale de leur personnel à la surveillance médicale. Les filles sont visitées par les spéculums des médecins militaires plusieurs fois par semaine.

"Défilé des bites" et "parc à buffles"

Les hommes ne peuvent acheter leur droit au plaisir qu'après la petite cérémonie que les légionnaires allemands, nombreux dans le corps expéditionnaire, nomment la «Schwanzparade», le «défilé des bites», consistant à faire examiner son outil par un infirmier chargé de l'enduire de permanganate.


Le "parc à buffles", bordel de Cholon, faubourg chinois de Saigon

Malgré cet environnement glamour comme un traitement antisyphilitique, la formule fonctionne, les établissements pullulent. Certains sont gigantesques, comme le «parc à buffles», devenu une institution de Cholon, le faubourg chinois de Saigon. Des centaines de filles s'y vendent sur des bat-flancs, dans l'intimité en lambeaux de petites cabines de toile, meublées du seul baquet qui sert à la toilette. Ailleurs, les «maisons» se transforment en maisons volantes, et les putains, en escouade, suivent les bataillons en opération.


Portant sur un sujet aussi intime et tabou, l'enquête n'était pas simple. Binot la conduit avec méthode, épluchant tous les documents exploitables, les notes administratives, les rapports de médecins, les carnets de soldats ou d'officiers qui, selon les cas, témoignent de leur dégoût d'une chair si sinistre qu'elle leur coupe l'appétit, ou l'enrobent d'un folklore égrillard.

Le destin mystérieux des filles de joie

Les filles elles-mêmes restent à jamais dans l'ombre. C'est le point aveugle du travail de l'historien, dont il s'explique avec intelligence. Comment aurait-il pu l'éclairer ? Sinon une certaine Fadma, incroyable et crâne Marocaine qui a raconté son histoire, face caméra, dans les années 1980, nulle autre n'a dit ses peines ni ses joies, si tant est qu'il y en eût.

On ignore aussi comment elles ont fini. Une solide tradition, alimentée par les cercles d'anciens combattants d'extrême droite, voudrait qu'un BMC ait été présent à Diên Biên Phu, et que, authentiques Marie-Madeleine de la coloniale, ses employées se soient métamorphosées en aides-soignantes héroïques auprès des blessés, avant d'être abattues froidement par les communistes. Nul témoignage crédible, selon l'auteur, n'étaie cette pieuse légende.

François Reynaert

Le repos des guerriers, Jean-Marc Binot, Fayard, 310 p., 22 euros.


Jean-Marc Binot, journaliste et historien, est notamment l'auteur de «Nom de code: Brutus. Histoire d'un réseau de la France libre», «Héroïnes de la Grande Guerre» et «l'Argent de la Résistance»


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MessageSujet: Re: FEMMES : CORPS à prendre ? CORPS à vendre ? CORPS à ventres ? CORPS à aimer ? CORPS à danser ? CORPS à jouer... de quoi de quoi ?    Dim 20 Déc - 4:45


la France a mal dedans ?

pas de problème !





prise d'une rage de dents à l'instant de la victoire...
Miss France auto-soignée : elle étudie la chirurgie dentaire


Miss Nord-Pas-de-Calais, élue Miss France 2016 !


but Black is Beautiful !


La jeune Morgane Edvige qui représentait la Martinique à l'élection Miss France 2016 est devenue la première dauphine de Miss Nord-Pas-de-Calais. Elle a su séduire les Français par son naturel et son sourire


en attendant la fin...

éloge d'un scandale :

le rouge et le noir !





L’être, comme la race, monte et s’épanouit en feuilles et en fleurs.


Est-ce qu’aujourd’hui les multitudes ne s’effondrent pas dans des hécatombes et des misères sans nombre pour le bon plaisir de quelques-uns,
avec cette seule différence du temps de nos aïeux que c’est plus en grand.

Est-ce que les peuples ne sont pas taillés comme des moissons ?
En taillant les chaumes, on secoue le grain sur la terre pour le printemps séculaire ;
chaque goutte de sang des croisements humains bout dans nos veines ;
c’est dans cette tourmente que viendra le renouveau.

Si la Révolution qui gronde sous la terre laissait quelque chose du vieux monde,
ce serait toujours à recommencer !
Elle s’en ira donc pour toujours la vieille peau de la chrysalide humaine.
Il faut que le papillon déploie ses ailes, qu’il sorte saignant de sa prison ou qu’il crève.


Salut à la race au sang chaud et vermeil en qui tout sera justice, harmonie, force et lumière !



Partout, l’homme souffre dans la société maudite ;
mais nulle douleur n’est comparable à celle de la femme.
Dans la rue, elle est une marchandise.

Dans les couvents où elle se cache comme dans une tombe, l’ignorance l’étreint,
les règlements la prennent dans leur engrenage,
broyant son cœur et son cerveau.

Dans le monde, elle ploie sous le dégoût ;
dans son ménage le fardeau l’écrase ; l’homme tient à ce qu’elle reste ainsi,
pour être sûr qu’elle n’empiétera ni sur ses fonctions, ni sur ses titres.

Rassurez-vous encore, messieurs ;
nous n’avons pas besoin du titre pour prendre vos fonctions quand il nous plaît !

Vos titres ? Ah bah ! Nous n’aimons pas les guenilles ;
faites-en ce que vous voudrez ; c’est trop rapiécé, trop étriqué pour nous.

Ce que nous voulons, c’est la science et la liberté.


Ce chapitre n’est point une digression.

Femme, j’ai le droit de parler des femmes.



Mémoires de Louise Michel, écrits par elle-même


F. Roy, libraire-éditeur, 1886, chapitre IX pp. 100-112


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