PATLOTCH / COMMUNISME / un ART de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES, ÉCOLOGISTES... et POÉTIQUES !
 
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 les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ

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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Lun 16 Mai - 7:51


Et si 2016 était l’année de la revanche des hommes blancs ? Et des femmes aussi ! Ce bloc électoral détient les clés de la Maison Blanche par sa capacité à faire la différence dans les fameux "Etats décisifs" (swing states). Et c’est justement ce bloc électoral qui est à la source de la popularité de Trump à droite, comme de Sanders à gauche.

Citation :
Le succès de Donald Trump a été largement imputé aux "hommes blancs en colère" ("angry white males" selon la terminologie américaine). Une explication un peu sexiste car elle semble exclure les femmes, alors qu’il suffit d’observer les meetings de Trump pour s’apercevoir qu’elles y sont aussi nombreuses que les hommes, sinon plus…

De son côté, Bernie Sanders continue de remporter des victoires surprenantes face à Hillary Clinton. Mardi 8 mars dans l’Etat du Michigan, il l’a devancée de deux points et dix-huit mille voix, 50% contre 48%.

Depuis le début des primaires, Bernie Sanders a également gagné dans le Colorado, le Minnesota, l’Oklahoma, le Vermont, le Nebraska, le Kansas, et le Maine. Tous ces Etats ont en commun d’avoir une population blanche beaucoup plus importante que la moyenne nationale : 82% ou plus contre 63%.

Par contre, Hillary Clinton a remporté tous les Etats du Sud, là où la proportion d’Afro-américains est largement supérieure à la moyenne nationale, tout particulièrement au sein de l’électorat démocrate. Dès que l’électorat blanc domine, elle se retrouve en difficulté. Dans le Michigan, 60% des électeurs démocrates blancs ont voté Sanders quand Hillary bénéficiait de près de 90% du vote noir. Elle a pour elle les minorités. Sanders a les blancs, surtout les jeunes. Il a aussi une majorité des hommes, 54% contre 44%.

Il ne s’agit pas de parler d’un vote "ethnique" ou racial. Ce n’est pas le cas. Mais le parti démocrate est devenu le parti des minorités, ethniques et sexuelles, et la petite classe moyenne blanche aux idées traditionnelles ne s’y reconnait plus. Sauf quand arrive un Bernie Sanders, qui d’ailleurs jusqu’à peu n’était pas un Démocrate, et qui tient un discours beaucoup moins convenu, et à l’écoute des attentes de cette population désormais délaissée par le parti de l’âne.

La petite classe moyenne blanche est le segment de la société américaine qui a le plus souffert au cours des trente dernières années : une souffrance économique d’abord, face aux avancées de la mondialisation ; et une souffrance sociale et culturelle ensuite, face aux avancées des minorités, du multiculturalisme et à l’émiettement des valeurs dites "traditionnelles". En 2016, ce bloc électoral a décidé de laisser éclater sa colère. Elle se retrouve, chez les Démocrates dans le vote Sanders. Et chez les Républicains dans le vote Trump. Le rejet des élites, qui est au cœur du message de chacun de ces candidats, colle parfaitement à l’état d’esprit quasi-insurrectionnel de ces électeurs.

Reste à savoir si cette frustration et ce bloc électoral sont assez forts pour porter l’un de ces deux candidats à la Maison Blanche en novembre.

La frustration de cet électorat est d’abord économique. Cela a été particulièrement perceptible dans le Michigan. Cet Etat est le berceau de l’industrie automobile américaine. Dans les années 1960, Detroit, sa capitale économique, était le fleuron du "rêve américian". Le paradis de la classe ouvrière, c’était là. Des enfants d’immigrés emménageaient dans des maisons avec trois chambres et deux garages. Ils envoyaient leurs enfants à l’université et passaient leurs week-end dans des petits chalets au bord du lac… A l’époque, un certain George Romney, père de Mitt, était gouverneur. Depuis les années 1970 et le premier choc pétrolier, l’industrie automobile américaine n’a cessé de décliner. Jusqu’à manquer disparaitre lors de la crise de 2008. Des millions d’emplois ont été supprimés ou délocalisés. La crise des " subprimes " fut dévastatrice pour certaines banlieues devenues des villes fantômes.

Une évolution malheureusement à l’image d’un recul économique national. Selon les statistiques fédérales, le nombre d’emplois dans le secteur manufacturier a reculé de sept millions en trente ans, soit une baisse de 36%, alors même que la population augmentait de 90 millions, soit 40%. En termes de capacité de pouvoir d’achat, le revenu de la classe moyenne stagne depuis 1980. Alors que les revenus des plus pauvres ont progressé et ceux des plus riches explosé…

En l’an 2000, un autre changement capital s’est produit : la classe moyenne américaine s’est mise à diminuer en nombre
. Cela était déjà arrivé. Mais jusqu’alors, les ménages quittaient la classe moyenne par le haut. Ils accédaient (en termes de revenus) à la classe supérieure (foyer avec plus de cent mille dollars de revenus par an). Depuis l’an 2000, les foyers quittent la classe moyenne par le bas! Ils se retrouvent avec moins de 35 000 dollars par an.

La raison de ce recul pour les électeurs américains tient à deux choses : l’émergence de la Chine, via son entrée dans l’Organisation mondiale du commerce, et le passage du NAFTA, l’accord de libre-échange avec le Mexique.

Ces deux changement ont bouleversé le paysage industriel américain, avec à la clé des dizaines de milliers d’emplois parti "au Sud de la frontière".

Dans le Michigan, 60% des électeurs ont indiqué que l’économie était leur premier souci et qu’ils étaient, dans la même proportion, opposés au libre-échange. Or, Sanders comme Trump sont de virulents critiques des accords de libre-échange. Le premier, par principe idéologique; le second, parce qu’il estime que la mondialisation et les manipulations monétaires faussent le jeu.

La frustration de cette petite classe moyenne blanche est aussi culturelle. En 1980, un certain nombre de démocrates s’étaient détournés de Jimmy Carter pour voter Reagan. Ils avaient rallié le conservateur qui prônait une croissance économique forte aux dépens du démocrate épris d’égalitarisme et de justice. Ils l’avaient fait d’autant plus facilement que sur les questions de société et de religion, ils n’étaient pas très loin de Reagan – c’était des religieux pratiquants qui croyaient à la famille traditionnelle et aux valeurs américaines.

Mais les choses n’ont pas évolué dans leur sens. La " famille " d’aujourd’hui n’a plus rien à voir avec celle de leur enfance. Elle s’est décomposée et recomposée, elle est devenue monoparentale, homo-parentale, ou simplement éclatée. Les valeurs de travail, d’économie, d’effort, d’abnégation, et de mérite qui ont fait les Etats-Unis, semblent dérisoires face à l’argent trop vite gagné dans la musique, le spectacle, la télévision, ou les start-ups d’Internet. Le droit ancestral de posséder une arme, symbole d’individualisme et de liberté, est sans cesse battu en brèche. Le pays qui avait guidé le monde libre vers une victoire dans la Guerre froide semble n’être plus respecté à l’étranger. Il a perdu plusieurs milliers de ses enfants dans des combats qui n’ont débouché sur rien, sinon l’horreur de voir des islamistes mettre en ligne des vidéos de décapitations d’Occidentaux …

Leur ressentiment est profond, et Bernie Sanders autant que Donald Trump ont parfaitement su l’exploiter. Face à cette perte de repères, la petite classe moyenne blanche avait besoin d’un ou plusieurs boucs émissaires. C’est humain. On le sait depuis René Girard. Nos deux candidats en avaient justement plusieurs à leur jeter en pâture. Pour Sanders, le bouc émissaire c’est Wall Street, et par extension tous les politiciens qui s’acoquinent avec Wall Street. Dont bien sûr, Hillary Clinton. D’ailleurs, lorsqu’il débat avec elle, il ne dit pas "Wall Street" mais "vos amis"… Pour Trump, le bouc émissaire, ce sont les immigrants clandestins, les Chinois, et les dirigeants américains actuels "qui sont stupides". Il suffirait donc de mettre les clandestins dehors et de changer les dirigeants pour que tout aille mieux…

Il n’est pas dit que les électeurs de Bernie Sanders et de Donald Trump soient naïfs au point de croire béatement à ces différents discours. Contrairement à ce que pensent certains cadres du parti républicain, dont Mitt Romney, ils ne sont pas en train de se laisser bernés. Les électeurs de Donald Trump sont capables de discerner les failles dans la personnalité de leur nouveau champion. Ils passent outre parce qu’ils ont trouvé en lui quelqu’un qui comprend leur désarroi et ose enfin y répondre après des décennies pendant lesquels ils ont été ignorés.

Dans la perspective de l’élection de novembre, cet électorat possède un poids réel et ce poids est nettement à l’avantage des Républicains. Même s’il recule depuis 40 ans, l’électorat "non-hispanique blanc" reste le premier bloc électoral, à 69%. Contre 89% en 1976. Il représente 156 millions d’électeurs, contre 27 millions d'Afro-américains, autant d’Hispaniques, et 9 millions d’Asiatiques.

Au sein de ce groupe, les ménages avec un revenu inférieur à 50 000 dollars par an vote majoritairement républicain. En 2012, 54% d’entre eux avaient voté Romney et seulement 37% Obama. De fait, les dix Etats les plus pauvres de l’Union votent régulièrement républicain aux élections présidentielles. Compte tenu de l’appauvrissement continu d’autres Etats, notamment dans la ceinture de rouille du Nord et Nord-Est, il n’est pas exclu de voir certains Etats "bleus", c’est-à-dire démocrates, devenir "rouges", c’est-à-dire républicains. Une plus forte participation de ces électeurs au scrutin de novembre pourrait faire ainsi basculer l’Ohio, le Wisconsin, l’Illinois ou la Pennsylvanie. Or, le fait le plus marquant des primaires républicaines, en dehors de la popularité de Donald Trump, est justement la très forte hausse de la participation. Et l’on parlera peut-être bientôt des "Trump democrats", comme on a parlé en 1980 des "Reagan democrats"…

En attendant, la Caroline du Nord, la Floride, l’Illinois, l’Ohio et le Missouri tiennent leur primaire ce mardi 15. Donald Trump vise un grand chelem, de quoi être quasi assuré de la nomination, bien qu'il pourrait finir un peu court. Bernie pourrait créer à nouveau la surprise, cette fois dans l’Ohio.

Citation :
Gérald Olivier est journaliste et partage sa vie entre la France et les États-Unis. Titulaire d’un Master of Arts en Histoire américaine de l’Université de Californie, il a été le correspondant du groupe Valmonde sur la côte ouest dans les années 1990, avant de rentrer en France pour occuper le poste de rédacteur en chef au mensuel Le Spectacle du Monde. Aujourd’hui il est consultant en communications et médias et se consacre à son blog « France-Amérique ».

Il est l'auteur de Mitt Romney ou le renouveau du mythe américain, paru chez Picollec on Octobre 2012.

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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Jeu 19 Mai - 21:44


exposé d'une grande qualité, vidéo conseillée


L'invention de la « race blanche »


Citation :
« Blancs », « non-Blancs ». S'il est désormais évident de considérer les fractures raciales comme des produits de l'histoire, on sait moins quand et comment elles sont nées et se sont reproduites dans les lois, les pratiques d'État et les rapports sociaux. Pour aborder cette question complexe, cette séance de formation sera consacrée à la naissance de la distinction de race entre Blancs et Noirs aux Amériques et plus spécifiquement aux États-Unis. Comment les Européens-Américains sont-ils devenus blancs ? C'est en répondant à cette interrogation que l'on saisira mieux les origines du racisme contemporain.

Felix Boggio Ewanjé-Epée, doctorant en économie. A coordonné Race et capitalisme et co-écrit Les féministes blanches et l'empire.

- La « race blanche » ou la catégorie raciale oubliée : émergence des Whiteness studies comme limite des racial/ethnic studies

Maboula Soumahoro, spécialiste en civilisation US, Etudes afro-américaines et de la diaspora noire-africaine. Elle enseigne au sein du département d'anglais de la fac de Tours
.

Félix Boggio Éwanjé-Épée est par ailleurs membre du Comité éditorial de la revue Période
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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Sam 28 Mai - 13:30


les "jaunes" forment-ils une race à part

Pepe@dndf écrivait qu'un hasard avait fait que les Blancs ont pris le dessus dans la production historique du capitalisme, ce qui n'est pas si éloigné d'une remarque de Frantz Fanon (à retrouver). À quoi Adé rétorquait à juste titre qu'avec des si... Il n'est pourtant pas exclu qu'avec la restructuration du capitalisme mondial pouvant aboutir à une suprématie asiatique dans la domination capitaliste globale, le suprématisme raciste change de couleur

cette publicité chinoise vient à point nommer nous rappeler que le fantasme d'éclaircir les "noirs" n'est pas l'apanage de l'Occident blanc, et que cela fait d'abord des dégâts chez les Africain.e.s ou leurs descendants



Le blanchiment de la peau, un vestige du colonialisme

Collector noir et jaune

Raciste, une pub chinoise montrant un comédien noir poussé dans une machine à laver avant d'en ressortir en jeune Asiatique ? Les médias étrangers sont "trop susceptibles", réagit la marque


Citation :
Après la controverse suscitée par une vidéo publicitaire chinoise raciste montrant un comédien noir poussé dans une machine à laver avant d'en ressortir en jeune Asiatique, l'entreprise à l'origine de la pub se défendait samedi, jugeant les "médias étrangers" "trop susceptibles".

« Nous ne voulions rien faire d'autre que promouvoir notre produit. Les médias étrangers sont peut-être trop susceptibles", a déclaré M. Wang, un porte-parole du groupe de cosmétique Shanghai Leishang, cité par le quotidien officiel "Global Times". »

Cette publicité pour la marque de lessive Qiaobi, largement diffusée sur internet ces derniers jours, mettait en scène un musculeux homme noir au tee-shirt souillé de peinture, à qui une jeune Chinoise faisait ingurgiter du détergent avant de le glisser tête la première dans une machine à laver.

Quelques instants plus tard, un Asiatique au teint pâle sort alors de la machine vêtu d'un tee-shirt blanc immaculé, devant la femme émerveillée.


l'occasion de lire cet excellente "enquête historique", déjà signalée


2013

Citation :
« Les Chinois n'ont pas inventé les échecs. Mais depuis quatre mille ans, ils disposent, avec leur jeu de go, d'un redoutable exercice de stratégie aux règles très subtiles. Les joueurs placent leurs pions noirs et blancs sur un damier de 361 intersections. Le principe consiste à conquérir ou à contrôler le maximum de territoires. C'est à cela que jouent les Chinois en Afrique contre les anciennes tutelles coloniales. Autrement dit, l'empire du Milieu y applique une stratégie précise et calculée au détail près, pour bouter l'adversaire occidental hors de l'espace africain. C'est presque réussi, l'épopée africaine de Pékin ressemble à une conquête triomphale. »

La stratégie millénaire et récente de la Chinafrique, sa traite intercontinentale et son racisme olympique, cette Chinafrique à qui le passif colonial occidental sert de cheval de Troie, avec ses gigantesques dévastations aux pillages subtilement organisés : voici l'enquête historique de l'anthropologue franco-sénégalais Tidiane N'Diaye qui fait éclater, preuves en main, un nouveau scandale planétaire, comme à la lecture de ses trois livres précédents publiés dans Continents Noirs.





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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Mar 7 Juin - 11:13


« le système des réserves indiennes tel qu’il fonctionnait au Canada
a été étudié par les Sud-Africains pour créer l’apartheid. »


Joseph Boyden : “Quiconque affirme que la question de la race ne se pose plus ne peut être qu’un Blanc”

Télérama 03/06/2014

Il est l’un des plus talentueux écrivains canadiens. Issu d’une double culture, indienne et anglo-saxonne, le formidable conteur a entrepris de rendre justice aux nations premières de son pays. Joseph Boyden est l'invité de “Télérama” cette semaine.


Citation :
Joseph Boyden s'est imposé comme l’une des voix majeures de la littérature canadienne anglophone. Ecrire l’histoire des communautés indiennes du continent nord-américain, rendre ainsi justice à ces « nations premières » persécutées et niées durant des siècles, c’est ce à quoi s’emploie ce formidable conteur – doublé d’un grand styliste.

Né en 1966 à Toronto, dans le sud de l’Ontario, au sein d’une famille aux racines complexes et savamment enchevêtrées, tant indiennes qu’européennes, Joseph Boyden vit depuis quelques années à La Nouvelle-Orléans.

C’est en France que nous l’avons rencontré, quelques semaines avant l’ouverture du festival Etonnants Voyageurs de Saint-Malo, dont il est l’un des écrivains invités.

De quelle façon la dimension autobiographique est-elle présente, ou non, dans votre œuvre romanesque ?

Pendant longtemps, j’ai revendiqué le fait que personne ne pourrait jamais m’accuser d’écrire des fictions qui soient, en réalité, de l’autobiographie plus ou moins déguisée. Il y a quelque chose, dans la démarche autobiographique, que je ressens presque comme de la tricherie. Où est l’imagination ? Où est la vraie création ? Comment se croire passionnant au point d’écrire sur soi ?

J’appartiens à une famille nombreuse – j’ai dix frères et sœurs –, et c’est une situation qui laisse peu de place à la tentation de l’autoglorification. Elle a enraciné en moi, dès mon plus jeune âge, le sentiment que je ne suis qu’un parmi les autres. De même, il m’est rarement arrivé de créer un personnage basé sur quelqu’un que je connais. Un personnage peut, bien sûr, présenter des traits de caractère empruntés à des personnes que j’ai rencontrées, mais certainement pas à une seule.

Christophe, le jésuite de Dans le grand cercle du monde, est inspiré par la vie réelle du ­jésuite français Jean de Brébeuf, mais seu­lement inspiré – si j’avais décidé de faire de Brébeuf le ­modèle de mon personnage, je me serais senti ligoté par le devoir de respecter la vérité historique, les détails biographiques, tout ce qui fait obstacle à l’écrivain de fiction.




Historiques ou contemporains, vos romans offrent une vision du colonialisme et de l’impérialisme, de leurs ravages qui perdurent jusqu’à nos jours…

Oui, mais toute fiction qui s’empare d’un sujet sérieux et ambitieux peut ­appeler une lecture politique de la part de certains lecteurs. J’ai aggravé mon cas, depuis deux ans, en m’opposant ouvertement et à plusieurs reprises à l’actuel gouvernement canadien et à certains de ses objectifs économiques à courte vue qui me semblaient mettre en péril l’environnement…

La défense de l’environnement est un de vos combats. Vous avez aussi pris la parole pour dénoncer le racisme de la société canadienne d’aujourd’hui.

N’importe où dans le monde, quiconque affirme que nous vivons enfin dans des sociétés où la question de la race ne se pose plus ne peut être qu’un Blanc… Le racisme demeure florissant partout où j’ai eu l’occasion de me rendre, et cela inclut certainement le Canada.

Vu de l’extérieur, notre pays est longtemps apparu, me semble-t-il, comme un endroit aussi idyllique qu’ennuyeux, où les gens se comportaient correctement les uns envers les autres. En réalité, il s’agit d’un pays qui a mené l’une des expériences sociales les plus grotesques jamais vues sur toute une population – au point que le système des réserves indiennes tel qu’il fonctionnait ici a été étudié par les Sud-Africains pour créer l’apartheid.

Aujourd’hui encore, les Indiens qui vivent dans les réserves ne sont pas propriétaires de la terre sur laquelle ils habitent, et leur statut n’est pas si éloigné de celui des pupilles de l’Etat…

Retrouvez l'entretien intégral dans Télérama, en kiosques mercredi 4 juin 2014
.


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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Lun 4 Juil - 13:39


dans la peau métissée

Être ou ne pas être soi-même dans une société blanche

Amélie Koulanda État d'exception 23 février 2016

Il y a quelques années j’assistais à une représentation d’une poétesse afro-américaine à Paris. Partageant son expérience de vie en France, elle fit cette déclaration qui résonna en moi comme une évidence : « La France n’aime pas vraiment les noir-e-s, elle aime certaines « cultures noires » mais elle n’aime pas vraiment les noir-e-s ».

Ces mots faisaient référence à un adage tristement populaire aux Etats-Unis, mais en France, je n’avais jamais entendu une femme noire s’exprimer publiquement avec autant de justesse et de franchise.


Citation :
Née au début des années 8o, issue de ce que l’on appelle un couple « mixte », père noir, mère blanche, la conscience raciale est une réalité avec laquelle j’ai grandi, mais que j’ai appris à taire et à enfouir, pour m’ « assimiler », pour plaire, ne pas contrarier, et être aimée. Car dès le plus jeune âge, le monde autour de vous vous apprend que parce que vous n’êtes pas blanche vous n’êtes pas la bienvenue, vous n’êtes pas belle, vous n’êtes pas respectable. Ainsi, en grandissant, la tentation est grande de se nier soi-même pour ce que l’on prend pour du respect, de l’amitié ou de l’amour.


Quand Fanon parle dans Peau noire, masques blancs de la « mentalité du colonisé », j’ai le sentiment de reconnaître parfaitement l’histoire de mon père, et celle de nombreuses personnes issues des anciennes colonies de sa génération, des précédentes, et aussi souvent hélas des suivantes.

Mon père est né au Congo Brazzaville au début des années 50, il a donc grandit sous la colonisation française, une partie de ma famille a travaillé sous l’ordre des colons, à la construction du chemin de fer.

La République du Congo a connu officiellement son indépendance le 15 août 1960. Je naquis jour pour jour, vingt-deux ans plus tard.

De l’enfance sous l’emprise coloniale de mon père, et de sa vie au Congo je ne sais presque rien. Comme beaucoup d’ex-colonisés, son rapport au pays était conflictuel, et la transmission, meurtrie par le souvenir de possibles violences et l’injonction de s’ « intégrer » fut quasiment nulle.

J’ai grandi dans la promesse jamais réalisée, le projet inachevé d’un voyage au Congo, pays que je ne connaissais qu’à travers quelques anecdotes enfantines contées avec parcimonie par mon père, à travers sa langue qui imprégna la première partie de ma vie comme un mystère, un autre monde qui lui appartenait, et quelques chansons en lingala blotties quelque part dans un recoin de ma mémoire.

Lorsque mon père rencontra la famille blanche de ma mère à la fin des années 70, il lui fallut « montrer patte blanche », gagner leur confiance, du moins en surface, démontrer qu’il était un être digne de respect, bref jouer au « bon nègre ». Ce « bon nègre » qui rit aux blagues racistes pour ne pas contrarier, montre son bon français, sa culture française, fait des courbettes pour rassurer que les colons ont bien fait leur travail. Mes parents ont été mariés pendant 13 ans, et ensemble pendant plus de quinze ans, et à chacune des visites à ma grand-mère maternelle, mon père avait droit à son régiment de bananes. « Roger je vous ai acheté vos bananes », car oui le saviez-vous les noirs sont des singes, bons à manger des bananes.

A mon tour j’appris à vivre dans le racisme de ma famille, et bien sûr il ne fallait rien dire, car avec des enfants métis et un homme noir dans leur famille, ils ne « pouvaient pas être racistes ». C’est moi qui n’avais pas d’humour parce que je ne riais pas à cette fameuse blague du noir qui sourit, à leurs « taquineries » saupoudrées de Banania. C’est moi qui n’avais rien compris, bien sûr mes tantes n’étaient pas racistes même si elles ne voulaient surtout pas que leurs filles sortent avec un noir ou un arabe (bien qu’il y ait les deux dans la famille), etc. etc.

Enfant je croyais que la famille pouvait être un refuge face aux agressions extérieures, mais très vite je compris que c’était un leurre. Comment recevoir de la compassion de la part de personnes qui considéraient par exemple qu’un jeune d’origine maghrébine, tué par la police pour un maigre larcin, avait mérité de mourir, mais que des jeunes blancs qui avaient saccagé un cimetière juif n’avaient commis là qu’une « erreur de jeunesse » ? Je compris peu à peu que l’amour et le respect familial, et plus largement celui de la société, étaient des choses auxquelles je n’aurais pas droit si je ne jouais pas à mon tour le rôle de la « bonne négresse ».

Enfant quand on est né-e métis-se, dans un environnement majoritairement blanc, on prend très vite conscience de soi, conscience d’être « autre » à un âge où on a envie et on croit être comme tout le monde. Je fus souvent la seule métisse ou noire de ma classe, ou de mon école. J’ai connu quelques camarades noirs ou métis dans mon enfance avec lesquels je me liais souvent d’amitié, mais il y en eu si peu que je pourrais les compter de la maternelle jusqu’au lycée.

Les premières années d’école demeurent un très mauvais souvenir. Je me souviens, j’avais trois ans lorsque pour la première fois des enfants refusèrent de jouer avec moi ou de me tenir la main pour ne pas se « salir ». J’en ai développé un sentiment à la fois d’attrait et de crainte envers le groupe, et la peur parfois phobique du rejet. Certains enfants allaient plus loin : des insultes, des coups, des intimidations ou des humiliations physiques et intimes. Dès le plus jeune âge j’ai été exposée à cette violence qu’est le racisme et à cette autre violence qu’est l’indifférence d’autrui. Indifférence des adultes, des enseignants qui faisaient semblant de ne pas voir, ou lorsque j’avais le courage de leur rapporter ce qui m’arrivait, me disaient que ce n’était « pas grave ».

Je me souviens enfant la peur que j’avais d’aller à l’école, d’être toute seule, et d’être frappée. J’avais trois ou quatre ans et je me souviens encore comme je courais après mon père le matin, m’échappant de la classe, pour le supplier de ne pas me laisser à l’école. Je changeai trois fois d’école, et je finis par être davantage respectée lorsque j’intégrai une école ou ma mère enseignait. Avoir une mère blanche permet en certaines circonstances de gagner en respectabilité quand on ne l’est pas soi-même.

Plus que tout lorsque j’étais enfant, je voulais être blanche, je pensais que c’était ce qui me permettrait d’être belle et d’être aimée. Je n’avais pas trois ans lorsque je fus admise aux urgences après avoir avalé un produit toxique, un « effaceur », qu’on appelle d’ailleurs « un blanco », en espérant que cela me permettrait de devenir blanche. Plus tard, je m’accrochais à quelques modèles de femmes noires, des athlètes ou des chanteuses américaines, souvent des modèles inaccessibles, rompues autant que possible aux standards de beauté blancs.

Ces premières expériences du racisme furent nombreuses et sonnèrent le « la » de la suite de ma vie. Au collège il y eut le harcèlement, les crachats, les insultes (« Bamboula » etc.), et les intimidations ou agressions physiques. Plus tard en recherchant du travail ou un logement, je fus rappelée à la division et discrimination raciale qui quadrille souvent dans l’indifférence consentie notre société.

Quand je cherchais un logement à Paris, mon interlocuteur/interlocutrice au téléphone me demandait mon nom de famille, dans 95% des cas j’avais droit à : un silence, un refus poli « je pense que finalement ce logement ne vous correspond pas » ou bien des questions pour le moins douteuses : « C’est pour vous ou votre famille ? », « Vous allez faire venir votre famille ?» « Vous êtes de quelle origine ? »… tout ça pour un studio de 25m2 ou moins.

Parfois, il y eut des périodes d’accalmie, je n’ai pas vécu chaque jour de ma vie dans ces violences fort heureusement. J’ai toujours eu conscience, avant même d’entendre parler de colorisme, que les choses auraient été bien pires pour moi si j’avais été noire, de deux parents noirs, et avec une carnation plus foncée.

Le métissage que la société nous vend comme un idéal, fruit du multiculturalisme, comble de l’ironie dans la société française qui refuse d’adopter un modèle multiculturel, n’échappe ni au racisme ni à la racialisation. Le métissage noir/blanc est souvent présenté comme une valeur « esthétique », positive, comme s’il était préférable d’être métis-se plutôt que noir-e. Il suffit de regarder par exemple les publicités où des noir-e-s sont représenté-e-s, ce sont généralement des personnes métisses et/ou à la peau claire. Le métissage est perçu comme un « exotisme » qui attire ou fascine parfois, mais qui n’en est pas moins chosifiant et raciste. Nos corps sont hyper-sexualisés, et ne nous appartiennent pas vraiment.

Combien de fois des personnes que je connaissais à peine se sont permises des commentaires sur des parties de mon corps, sur mes fesses cambrées, alors qu’elles ne se l’autorisaient pas de manière frontale avec des femmes blanches. On entend souvent les gens dire « un-e beau/belle métis-se » (idem avec noir-e-s, arabes, asiatiques etc.) alors qu’on ne dit pas un-e beau/belle blanc/blanche). Il n’y a rien de flatteur à être « complimenté » à travers le prisme racial. Dans le regard des autres, lorsque je croyais être comme tout le monde, j’ai souvent été renvoyée au fait d’être « autre. Même si la mentalité « colorblind » (« aveugle/insensible à la ‘couleur de peau’/ au faciès’») dans laquelle se complaît la société française selon sa convenance est à proscrire, force est de constater que l’identité raciale est stigmatisée, essentialisée selon le bon vouloir d’autrui.

Il a été longtemps difficile pour moi d’apprécier, de célébrer mes origines car toujours associées à des perceptions ou clichés fétichisants et exotisants, et autres idées racialistes et racistes. Je ne dis pas merci à Julien Clerc et sa « Mélissa, métisse d’Ibiza » ! On me demande souvent d’ « où je viens » ou bien « ce que je suis » ; de parfaits inconnus qui parfois ne prennent même pas la peine de faire une phrase : « Antillaise ? Guadeloupe ? Martinique ? …Brésilienne ? ». Mais ce n’est que de la curiosité n’est-ce pas ? Il faut donc accepter d’être un objet de curiosité, de satisfaire la curiosité et le besoin d’ « exotisme » des autres, de justifier son faciès.

Aujourd’hui, je n’ai plus envie d’accepter. Accepter les « blagues » racistes, les moqueries soi-disant pas méchantes, cet « accent africain » que beaucoup adorent imiter au nez et à la barbe des noir-e-s eux-mêmes. Ah oui, parfois on rit de guerre lasse, mais imiter les accents d’un autre groupe racial que le sien c’est tout bonnement raciste. Je n’ai plus envie d’accepter d’entendre « black » au lieu de noir, dans ce pays malade, qui ignore l’approche sociale et sociologique de la race, et a même honte de nous nommer, veut décider pour nous de la façon de nous nommer, et arrive parfois à le faire accepter par nos esprits asservis et meurtris.

Je n’ai plus envie d’accepter d’être acceptée tant que je renie une partie de moi-même, que je ne contredis pas les blanc-he-s dans leur vision des questions raciales, que je n’assieds pas ma légitimité en tant que personne concernée et conscientisée. J’en ai assez de tolérer que mes expériences, que mon vécu du racisme, soit ignoré, diminué, comparé à ce qui n’est pas comparable, silencié. Car oui, même les plus progressistes veulent avoir le dernier mot, et apprendre aux personnes concernées ce qui relève ou non du racisme, utilisant parfois un-e ami-e, un-e compagnon/compagne (etc.) racisée comme caution. Et très souvent, cela fonctionne car nous, les non-blancs, les personnes racisées, avons grandi dans cette injonction de ne pas se plaindre, d’accepter, de ne pas « faire de scandale », de ne pas « voir le racisme partout », de ne pas être « trop sensible », d’accepter que les blancs sachent mieux que nous, qu’ils soient plus « objectifs », comme si les blancs étaient extérieurs à la race et au racisme.



La route vers la conscientisation, et l’affirmation de soi, est longue et parsemée d’embûches, et aussi de nombreuses éclaircies. Je me souviens du jour où adolescente je découvris Angela Davis, quelle révélation alors ! Pourtant les sirènes de l’assimilationnisme et de la politique de respectabilité eurent souvent raison de moi, me conduisant à un déni de mes idées et de mes souffrances, et parfois à un quasi racisme-intériorisé, phénomène très répandu chez les personnes racisées. Mais aujourd’hui cette période de ma vie est terminée.

Être soi-même, en toute circonstance, quand on n’est pas blanche dans une société blanche, dominée par l’hégémonie blanche, est un luxe quasi impossible à atteindre. Donc je sais que j’aurais peut-être encore à courber l’échine, mais autant que faire se peut, autant que doit se faire, je veux être moi-même, entièrement, sans nier cette identité raciale qui ne définit pas toute ma personne mais qui définit mon rapport à la société et au monde. Je sais que parfois je serai acceptée selon ses limites invisibles, tues, tant que mon silence laissera croire que qui ne dit mot consent. Parfois je ne serai pas aimée, mais je n’aime pas tout le monde non plus. Advienne que pourra et que voudra.


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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Lun 4 Juil - 13:49


Je suis blanche. J’écris et enseigne sur ce que signifie être blanc dans une société qui proclame que la race n’a pas de sens, mais qui reste profondément divisée par la race. Une partie fondamentale mais très difficile de mon travail consiste à amener les Blancs d’une compréhension individuelle du racisme – à savoir que seules certaines personnes sont racistes et que ces personnes sont mauvaises – vers une compréhension structurelle.


Citation :
Une compréhension structurelle reconnaît le racisme comme un système défaillant qui institutionnalise une répartition inégale des ressources et du pouvoir entre les Blancs et les racisé-e-s [people of color]. Ce système historique est pris pour acquis, profondément ancré, et travaille à l’avantage des Blancs.

Les deux croyances les plus efficaces qui nous (les Blancs) empêchent de voir le racisme comme un système sont :

1. Les racistes sont de mauvaises personnes ; et

2. Le racisme est une aversion consciente.

Si nous sommes bien intentionné-e-s et ne détestons pas consciemment les racisé-e-s, nous ne pouvons être racistes. Voilà pourquoi il est si commun pour les Blancs de citer leurs amis et membres de leur famille comme preuve de leur absence de racisme. Cependant, quand vous comprenez le racisme comme un système de relations structurées dans lequel nous sommes tou-te-s socialisé-e-s, vous comprenez que les intentions sont hors de propos. Et quand vous comprenez comment fonctionne la socialisation, vous comprenez que la plupart des préjugés raciaux est inconsciente.

Les messages négatifs sur les racisé-e-s circulent tout autour de nous. Bien qu’avoir des ami-e-s racisé-e-s soit mieux que de ne pas en avoir, cela ne change pas le système dans son ensemble et n’empêche pas le racisme de faire surface dans nos relations. La valeur par défaut de la société, c’est la supériorité blanche, et nous en sommes abreuvés 24h/24, 7 jours/7. Ne pas chercher activement à mettre fin au racisme revient à l’intérioriser et à l’accepter.

Dans le cadre de mon travail, j’enseigne, dirige et participe à des groupes affinitaires, anime des ateliers, et encadrer d’autres Blancs sur la manière de reconnaitre et interrompre le racisme dans nos vies. En tant que facilitatrice, je suis en mesure de donner aux Blancs des retours sur la manière dont leur racisme involontaire se manifeste. Cela m’a permis d’observer de façon répétée plusieurs modèles communs de réponse. Le plus commun est de loin l’indignation : « Comment osez-vous suggérer que je pourrais avoir dit ou fait quelque chose de raciste ! »

Compte tenu de la compréhension dominante du racisme comme étant des actes individuels de cruauté, il en résulte que seules des personnes terribles qui n’aiment pas les racisé-e-s peuvent les commettre. Bien que cette compréhension soit mal informée, elle fonctionne magnifiquement pour protéger le racisme en le rendant impossible à intégrer dans un dialogue et une autoréflexion nécessaires, qui peuvent mener au changement.

L’outrage est souvent suivi d’une juste indignation sur la manière dont les évaluations ont été données. J’ai découvert (comme d’innombrables personnes racisées) qu’il y a apparemment un ensemble tacite de règles sur la façon de faire aux Blancs des commentaires sur le racisme.

Les règles d’engagement

Après des années de travail avec mes collègues blancs, j’ai trouvé que la seule façon de faire correctement un retour sur expérience est de ne pas en faire du tout. Ainsi, la première règle est cardinale :

1. En toutes circonstances, ne pas me faire de retours sur mon racisme. Si vous le faites, vous enfreignez une règle cardinale.

2. Une tonalité appropriée est cruciale : le retour d’expérience doit être fait calmement. S’il y a une émotion quelconque dans les commentaires, ils seront considérés comme invalides et n’auront pas à être pris en considération.

3. Il doit y avoir confiance entre nous. Vous devez avoir confiance dans le fait que je ne suis nullement raciste avant de pouvoir me faire des commentaires sur mon racisme.

4. Notre relation doit être sans problèmes. S’il y en a entre nous, vous ne pouvez pas me faire de commentaires sur le racisme.

5. Le commentaire doit être fait immédiatement, sinon il sera disqualifié pour ne pas avoir été donné plus tôt.

6. Vous devez faire votre commentaire en privé, indépendamment du fait que l’incident ait eu lieu devant d’autres personnes. Faire votre commentaire en face de quelqu’un d’autre, même en face de celles et ceux qui sont impliqué-e-s dans la situation, c’est commettre une transgression sociale grave. Le commentaire est donc invalide.

7. Vous devez être aussi indirect-e que possible. Être direct-e équivaut à se montrer insensible, ce qui annulera le commentaire et nécessitera réparation.

8. En tant que personne blanche, je dois me sentir complètement en sécurité lors de toute discussion sur la race. Me faire des commentaires sur mon racisme me fera me sentir en danger. Vous aurez donc besoin de reconstruire ma confiance en ne me refaisant plus de commentaires sur mon racisme. Un point de clarification : quand je dis « en sécurité », ce que je veux dire vraiment c’est « à l’aise ».

9. Me faire des commentaires sur mon privilège racial invalide la forme d’oppression dont je fais l’expérience (à savoir le classisme, le sexisme, l’hétérosexisme). Nous allons ensuite avoir besoin de nous concentrer sur la façon dont vous m’opprimez.

10. Vous devez vous concentrer sur mes intentions, qui annulent l’impact de mon comportement.

11. Suggérer que mon comportement a eu un impact raciste c’est m’avoir mal compris-e. Vous devez me permettre de m’expliquer jusqu’à ce que vous puissiez reconnaitre que le malentendu venait de vous.

Ces règles sont enracinées dans la fragilité blanche.

Leurs contradictions ne sont pas pertinentes ; leur fonction est de masquer le racisme et de protéger la domination blanche, ce qu’ils font très efficacement. Pourtant, à partir d’une compréhension du racisme comme un système de pouvoir institutionnel inégal, nous devons nous demander d’où ces règles proviennent et qui elles servent.

Beaucoup d’entre nous qui travaillons activement à mettre fin au racisme, entendons sans cesse les plaintes au sujet de la culture « inquisitrice » de l’antiracisme blanc. Selon un certain stéréotype, nous serions à la recherche du moindre incident pour pouvoir jaillir, pointer du doigt, et crier : « Vous êtes un-e raciste ! » Il y a bien sur des Blancs qui se démarquent avec arrogance des autres Blancs en agissant de cette façon. Mais mon expérience de plus de 20 ans me montre qu’il ne s’agit pas de la norme. C’est beaucoup plus fréquent pour des Blancs sincères d’agoniser sur quand et comment faire des commentaires à une personne blanche, compte tenu de l’omniprésence de la fragilité blanche.

La fragilité blanche fonctionne pour punir la personne qui fait les commentaires, et essentiellement l’intimider pour la ramener au silence. Cela maintient également la solidarité blanche : l’accord tacite selon lequel nous allons protéger le privilège blanc et ne pas nous tenir mutuellement responsables de notre racisme. Lorsque la personne qui fait le commentaire est une personne racisée, l’accusation portée contre elle est celle de « jouer la carte raciale », et les conséquences de la fragilité blanche sont beaucoup plus pénalisantes.

Le racisme est la norme plutôt qu’une aberration. Le retour d’expérience est la clé de notre capacité à reconnaître et réparer notre collusion inévitable et souvent inconsciente.

En reconnaissance de cela, je suis les directives suivantes :

1. La manière, le lieu, et le moment où vous me faites des commentaires est sans importance – c’est le commentaire que je veux et dont j’ai besoin. Comprenant qu’il est difficile à donner, je vais le prendre de n’importe quelle manière. De ma position de privilège et de pouvoir social, culturel, et institutionnel blanc, je suis parfaitement « à l’aise » et peux gérer la situation. Si je ne peux pas la gérer, c’est à moi de construire mon endurance raciale.

2. Je vous remercie.

Les directives ci-dessus reposent sur la compréhension qu’il n’y a pas de face à sauver et que d’une certaine manière, c’est cuit ; je sais que j’ai des angles morts et des investissements inconscients dans la supériorité blanche. Mes investissements sont renforcés chaque jour par la société. Je n’ai pas mis ce système en place, mais il me profite injustement et je suis responsable de l’interrompre. Je dois travailler dur pour le reconnaître moi-même, mais je ne peux pas le faire seule. Cette compréhension me conduit à la gratitude quand les autres m’aident.

Dans mes ateliers, je demande souvent aux personnes racisées : « Combien de fois avez-vous fait à des Blancs des commentaires sur notre racisme inconscient mais inévitable, et est-ce que cela s’est bien passé pour vous ? »

Ils tournent des yeux, hochent la tête, et s’ensuit un rire pur et simple, accompagné d’un consensus général selon lequel cela ne se produit jamais. Je demande alors : « Que se passerait-il si vous pouviez simplement nous donner votre avis, que nous le recevions gracieusement, y réfléchissions, et travaillions à changer de comportement ? »

Récemment, un homme racisé soupira et dit : « Ce serait révolutionnaire »

Je demande à mes collègues blancs de considérer la profondeur de cette réponse. Ce serait révolutionnaire que nous recevions, réfléchissions et travaillions à changer de comportement. D’une part, cela souligne combien nous sommes compliqué-e-s et fragiles. Mais d’autre part, à quel point le fait de prendre nos responsabilités pour notre racisme peut être facile.



bémol : voir Ce que le mot « racisé-e » exprime et ce qu’il masque

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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Mar 5 Juil - 14:19

L'ONU dit :

Plus d'un milliard d'êtres humains vivent avec moins d'un dollar par jour.

• 2,8 milliards de personnes, soit près de la moitié de la population mondiale, vivent avec moins de 2 dollars par jour.

• 448 millions d'enfants souffrent d'insuffisance pondérale.

• 876 millions d'adultes sont analphabètes, dont deux-tiers sont des femmes.

• Chaque jour, 30 000 enfants de moins de cinq ans meurent de maladies qui auraient pu être évitées

• Plus d'un milliard de personnes n'ont pas accès à de l'eau salubre.

• 20% de la population mondiale détient 90% des richesses

http://www.atd-quartmonde.org/qui-sommes-nous/faq/combien-y-a-t-il-de-pauvres/

Tant que ces données ne seront pas enseignées dans les écoles occidentales ,ni affichées dans les mairies et lieux publics,rien ne changera...
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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Mar 5 Juil - 14:33

vlad2 a écrit:
L'ONU dit etc.

sans nier des différences raciales de poids, ça n'est pas vraiment un sujet "de couleur". Au sein de la population "blanche" il y a aussi des pauvres, des analphabètes, des sans eau potable, etc.

ou alors il faut croiser ces données avec celles de "races"

déplacé dans PAUVRETÉS et RICHESSES : produit de l'exploitation et des dominations capitalistes

.
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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Sam 9 Juil - 10:34


Marxism and White Skin Privilege

Le marxisme et le privilège de la peau blanche

Chris Wright cominsitu 8 juillet 2016


Citation :
Marxism, in both the authoritarian (“Orthodox”) tradition and in the libertarian tradition, has had a few noticeable Achilles’ Heels, which have had drastic consequences. Gender and race top the list. Here, I mostly intend to focus on race, although at least passing comments on gender will be unavoidable.

[...]

I structured the piece as follows:

I. Introduction;
II. Is Race Central?;
III. America Contra Whiteness?;
IV. The Cult(ure) of America;
V. Race, Other Races and Ethnicity: Codas of Race;
VI. The Idea of Ends or The End of Ideas.


Each section begins with (and usually contains a series of) quotes from various RT articles and editorials. I do this in order to ground the critique in a thorough reading of the ideas RT presents, and to pose each question as sharply as possible.



dans ce long texte, Chris Wright, qui écrit aussi pour la revue Endnotes liée à la théorie de la communisation, discute le rapport entre "marxisme" (classes) et "races", à partir des points de vues de la revue Race Trailor (Noel Ignatiev, David Roediger...), focalisés sur la critique de la Whiteness (blanchité)

ce débat est intéressant, et je n'ai pas suivi tous les méandres des arguments de l'auteur, mais à mon sens il ne permet pas, et de moins en moins, de poser l'articulation races-classes dans les termes où elle devient seulement un aspect de contradictions plus larges et ouvertes par la double crise de l'Occident et du Capital. Comme dit Achille Mbembe, la race n'est plus (seulement) une affaire de couleurs de peaux

il n'est donc pas difficile de trouver des faiblesses aux auteurs que Chris Wright critique dans ce texte, mais cela est loin d'épuiser le sujet, et surtout de construire une approche théorique satisfaisante de cette articulation, de la question identitaire et de son possible dépassement

en revanche, cela risque même de réduire l'intérêt, pour les "Blancs", de saisir ce qu'entendent les autres par « le privilège de la blanchité » et ce n'est pas une chose que l'on apprend par les livres. Le texte de Chris Wright manque cruellement de chair, pour ne pas dire de sensibilité par une écoute des autres à partir de leur confrontation directe au racisme, dont aucun "marxisme" ni aucune théorie du rapport classes-races ne rendront jamais compte

à trop vouloir prouver, on prend le risque de passer à côté du sujet...

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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Jeu 21 Juil - 10:20


la lutte décoloniale est l'antiracisme anti-capitaliste concret de notre temps

Êtes-vous prêt à admettre que vous aussi, vous êtes raciste ?

Gretchen Palmer Cofondatrice de l’agence [made to order] et de Power to THRIVE
publié à l'origine sur le Huffington Post américain, traduit par Valeriya Macogon pour Fast for Word
13 juillet 2016

Citation :
Suis-je trop faible pour supporter le malaise inspiré par le vécu des autres ?

Si vous m'aviez accusée d'être raciste il y a trois ans, avant la mort de Michael Brown et d'Eric Garner, avant le mouvement Black Lives Matter, j'aurais été scandalisée. Moi, raciste? Jamais de la vie! Comment osez-vous?

Je suis de gauche. J'ai vécu à Los Angeles, exemple parfait de mixité, pendant près de dix ans. Je crois pouvoir dire que j'ai des amis noirs. Mes meilleurs amis, même! J'ai grandi dans une famille sans préjugés raciaux, éduquée avec l'idée que nous sommes tous égaux, quelle que soit notre couleur de peau, nos préférences sexuelles, etc.

Je mentais.


Plus précisément, je me mentais à moi-même.

Je pensais sincèrement que je n'étais pas raciste. A vrai dire, je ne m'étais jamais véritablement penchée sur la question, et j'avais encore moins eu à m'en défendre.

Tout a changé il y a deux ans.

Le déferlement des réactions sur les réseaux sociaux suite à la mort de Michael Brown et les émeutes de Ferguson ont attiré mon attention. J'ai vu mes amis noirs exprimer par écrit une souffrance profonde et des émotions vives. J'ai cliqué sur tous les liens et les articles qu'ils publiaient. Et je me suis retrouvée dans un monde dont j'ignorais tout.

En discutant avec une de mes meilleures amies, j'ai réalisé qu'elle portait en elle une douleur profonde qu'elle m'avait cachée pendant toutes ces années, et ça m'a bouleversée. C'était stupéfiant de l'entendre me parler, pour la première fois, avec une franchise habituellement réservée à sa famille et les amis qui partageaient sa couleur de peau.

J'ai contacté un autre ami proche que je connais depuis près de 20 ans. Il m'a parlé pendant quatre heures, m'exposant une réalité que je n'avais jamais vue ni comprise. Comment avais-je pu ignorer tant de choses?

Une chose en entraînant une autre, j'ai fini par rejoindre un groupe Facebook destiné à mieux faire connaître aux Blancs les Noirs américains et leur vécu.

J'ai appris énormément de choses ces deux dernières années. C'est comme si j'avais découvert un autre monde. Un monde qui ressemble beaucoup au mien, mais situé dans un univers parallèle, sur une orbite qui ne fait que croiser la mienne.

Ce monde m'était inconnu. J'y étais une parfaite étrangère. J'ai vu et entendu des choses choquantes, jusque là insoupçonnées. Je me suis très vite rendu compte que, contrairement à ce que je pensais, je ne connaissais presque rien à la culture afro-américaine. C'est très troublant et vraiment gênant de découvrir qu'on ne sait quasiment rien d'un sujet qui nous semblait pourtant si familier. Pour la première fois peut-être, j'ai vu voler en éclats l'image que j'avais de moi-même.

Mes contradictions intérieures me sont devenues presque insupportables. Je voulais tout laisser tomber, je n'avais plus envie de continuer. Je voulais mettre fin aux sentiments désagréables qui m'assaillaient.

Et puis il y a eu ce cri du cœur d'une femme du groupe: "Si vous êtes incapable d'encaisser la réalité exprimée par des Noirs avec force et honnêteté, c'est que vous n'êtes pas assez fort pour nous aider, et que vous n'avez donc rien à faire ici."

Merde.

Étais-je trop faible pour partager sa réalité ? Trop faible pour gérer le malaise inspiré par le vécu de quelqu'un d'autre ? Je m'étais toujours vue comme une femme forte. L'idée de ne pas être suffisamment solide était insupportable pour mon ego.

Alors je me suis engagée. J'ai commencé à agir, à poser des questions, à écouter. J'ai commencé à accepter mon sentiment d'inconfort. J'ai pris position, et cet "autre" monde s'est ouvert à moi. Cela n'a pas été facile, mais j'ai fait des progrès. Pas à pas, j'ai appris à évoluer en terrain inconnu. Cette expérience ne m'a pas seulement ouvert les yeux; elle m'a réconciliée avec moi-même et m'a permis de m'intégrer.

J'ai pris conscience qu'un bon nombre des choses que je disais et auxquelles je croyais, persuadée qu'elles prouvaient que je n'étais pas raciste, n'étaient que la preuve du contraire.

J'ai appris qu'en affirmant ne faire aucune distinction entre les races, je faisais plus de mal que de bien. J'ai compris qu'en disant cela, je niais l'identité, la vision et le vécu uniques des Noirs.

J'ai appris que je m'attendais à ce qu'on me traite toujours avec respect et sollicitude dans mon travail, mais que toutes les personnes de couleur ne pouvaient pas prétendre à ce privilège de Blancs.

J'ai appris que j'étais susceptible face aux personnes qui m'exprimaient franchement et sans détour l'exaspération que leur inspiraient mes remarques pleines d'ignorance et, sans le savoir, racistes. J'ai appris que c'était ma "fragilité de Blanche" qui s'exprimait. Or, je n'avais aucune envie d'être fragile. Découvrir cette facette de ma personnalité moi a été sans doute l'une des choses les plus désagréables.

J'ai appris que le racisme est différent de l'intolérance ou du préjugé. Ce sont trois mots et trois choses différentes.

J'ai appris que les Américains blancs sont forcément racistes. C'est inévitable. Relisez cette phrase.

I-né-vi-table.


Tout ce qu'on nous a appris -tous nos livres d'Histoire, les publicités, les films, les contes de fées-, tout ce qui nous entoure ne cesse de souligner la supériorité fondamentale des Blancs sur les Noirs.

Et le seul moyen de ne pas être raciste est de choisir, dans chaque circonstance du quotidien, d'essayer d'aller au-delà des apparences et de considérer les choses du point de vue plus large de l'expérience des Afro-Américains, des Amérindiens, des Latinos... et de tous les autres. Quand on est Blanc, il faut se poser des questions, réfléchir, puis faire le choix d'être antiraciste, et pas seulement de ne pas être raciste.

Bien sûr, cela demande des efforts. Et je ne suis pas sûre que l'on puisse éliminer complètement toutes nos influences racistes. Je crois que cela fait partie des réalités désagréables que nous devons apprendre à accepter.

J'ai appris qu'en reconnaissant simplement le racisme latent dans presque tous les aspects de la vie et en choisissant de démanteler activement mon propre système de croyances, inconsciemment ancré en moi, j'intégrais enfin la réalité afro-américaine.

Je peux apporter ma contribution, m'engager et participer pleinement. Je me sens même accueillie avec bienveillance, chose qui me semblait inimaginable au départ, et que trop de Blancs estiment certainement impossible.

Autre constat : les gens de couleur n'attendent pas des excuses. Ils veulent que l'on reconnaisse ce qu'ils vivent. Ils veulent que les Blancs ouvrent les yeux, qu'ils sortent de leur léthargie et fassent le travail d'éducation nécessaire dans la communauté blanche pour abolir le système raciste responsable de leur oppression. Est-ce vraiment trop demander ?

Maintenant que j'ai pris conscience de la situation, je travaille et vis en essayant d'être une alliée. Pas par sentiment de culpabilité, mais parce que c'est juste. Je ne peux pas regarder tranquillement mes frères et sœurs noirs souffrir pendant que je profite de mes privilèges de Blanche. Comme l'a dit Martin Luther King, personne ne sera libre tant que tous ne le seront pas. Il est temps de finir le travail initié par le mouvement des droits civiques.

Si vous n'êtes pas trop faible pour supporter le sentiment d'inconfort, pour vous examiner et mettre à jour vos mensonges inconscients, je vous encourage à vous lancer dans cette aventure. Passées les premières difficultés, c'est une expérience intensément profonde, instructive et enrichissante.

Êtes-vous prêt à admettre que vous aussi, vous êtes raciste ? C'est la première étape incontournable. Pour avancer, il faut commencer par reconnaître le racisme systémique dans lequel nous avons grandi.

Après cette prise de conscience, vous pourrez rejoindre le mouvement pour combler le fossé entre nos deux mondes. Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais l'Amérique dans laquelle je veux vivre est une Amérique juste et unie. Certains me taxeront d'optimiste, mais je crois que l'on peut y arriver. Êtes-vous prêt-e à me rejoindre dans ce combat?

témoignage très moraliste certes, peut-être typiquement américain, mais intéressant pour le mouvement, le parcours d'introspection et de remise en cause de cette personne, avec le résultat. Dans cette démarche, il y a un moment où saute un verrou sur l'insconscient pavé de bonnes intentions

à ce moment là, on saisit que le combat décolonial, pour faire court, est l'issue par le haut proposée à ceux qui ne sont pas victimes du racisme (blanc entre autres), et que du point de vue de classe, la balle, si j'ose dire, est au prolétariat blanc, que la lutte décoloniale le concerne autant que les "racisé.e.s", parce que le racisme est l'instrument du capital pour diviser le prolétariat tout entier, la racisation est de son fait et son dépassement l'affaire de tous des deux côtés de la "ligne de couleur"

s'opère là une renversement de perspective qui se pose au présent, non à l'horizon d'une révolution abolissant "race", c'est-à-dire le racisme

autrement dit, la lutte décoloniale est l'antiracisme anti-capitaliste concret de notre temps, le reste est universalisme abstrait de pacotille

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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Sam 17 Sep - 17:18


reçu de Unity & Struggle-NYC ‏@UandSNYC


Report on the white nationalist rally in Houston outside the NAACP

White Lives Matter’ Building Armed Force in Texas

September 16, 2016



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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Lun 26 Sep - 0:32


d'un texte critiquable par ailleurs, un extrait que je fais mien


« on peut être eurocentrique sans être blanc,
de même qu’on peut être critique de l’eurocentrisme et décolonial tout en étant blanc.
Je précise ceci pour éviter tout malentendu ou simplification essentialiste et réductionniste de ma terminologie. »


Le virage décolonial dans le monde et les impasses de la gauche blanche
Franz Quintín Shariati Giap, 16 novembre 2009


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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Dim 8 Jan - 13:30


White Purity

Asad Haider Viewpoint, January 6, 2017


No Title Required 3 (Robert Ryman, 2013)

« nice to see others also thinking about the symptomatic forgetting/erasure of Noel Ignatiev in liberal race-discourse /
agréable de voir d’autres penser comme Noel Ignatiev au symptomatique oublie/effacement de la race dans le discours libéral »
‏@rogerbellin tweeter

avec des références à W.E.B. Du Bois, Theodore Allen, Noel Ignatiev...

Citation :
Capitalism cannot reform itself,” Du Bois wrote. “It is doomed to self-destruction. No universal selfishness can bring social good to all.” Unlike today’s multiculturalist liberals, DuBois did not merely seek a more diverse ruling class. He recognized that inequality would persist as long as capitalism persevered. There has only ever been one alternative to whiteness and its barbed offerings: the multiracial alliance of the working class against white supremacy and private property.

« Le capitalisme ne peut pas se réformer », a écrit Du Bois. « il est voué à l’autodestruction. Aucun égoïsme universel ne peut apporter bien social à toutes .» Contrairement aux libéraux du multiculturalisme d’aujourd'hui, DuBois ne cherche pas simplement une classe dirigeante plus diversifiée. Il a reconnu que l’inégalité durerait aussi longtemps que le capitalisme. Il y a eu jamais qu'une alternative à la blanchité et ses offres de barbelés : l’alliance multiraciale de la classe ouvrière contre la suprématie blanche et la propriété privée.


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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Lun 21 Aoû - 11:22


Les choix faits par les hommes blancs, prêts à abandonner leur humanité par peur des hommes et des femmes noirs, suggèrent l’horreur réelle du statut perdu.

Cet article apparaît dans le cadre d’une caractéristique plus grande,  » Aftermath: Sixteen Writers on Trump’s America « , dans le numéro du 21 novembre 2016. Il apparaît dans d’autres versions du numéro du 21 novembre 2016, avec le titre «Mourning for Whiteness».
Toni Morrison a écrit douze romans. Elle a reçu le Prix Nobel de littérature de 1993.


http://www.newyorker.com/magazine/2016/11/21/making-america-white-again?mbid=social_facebook


Photo de Stan Grossfeld / The Boston Globe via Getty

Citation :
C’est un projet sérieux. Tous les immigrants aux États-Unis savent (et savaient) que s’ils veulent devenir des Amérindiens bien réels et authentiques, ils doivent réduire leur fidélité à leur pays natal et la considérer comme secondaire, subordonnée, pour mieux souligner leur blancheur. Contrairement à toute nation en Europe, les États-Unis font de la blancheur LA force fédératrice. Ici, pour beaucoup de gens, la définition de «l’américanité» est la couleur.

En vertu de l’esclavage, la nécessité de classer à partir des couleurs était évidente, mais dans l’ Amérique d’aujourd’hui, avec la législation post-droits civils, la conviction des Blancs concernant  leur supériorité naturelle est en train d’être perdue. Rapidement,  en train de se perdre. Il y a des «personnes de couleur» partout, ce qui menace d’effacer cette définition basique de l’Amérique. Et alors? Un autre président noir? Un Sénat à prédominance noire? Trois juges noirs de la Cour suprême? La menace est effrayante.

Afin d’arrêter la possibilité de ce changement intenable et de restaurer la blancheur dans son statut antérieur comme marqueur de l’identité nationale, un certain nombre d’Américains blancs sont en train de s’immoler eux-mêmes . Ils ont commencé à faire des choses qu’ils ne souhaitent pas vraiment faire, Et, à cause de cela, ils sont en train d’ abandonner leur sens de la dignité humaine et ils sont prêts à endosser un rôle de lâche. Alors qu’ ils ne peuvent que haïr leurs comportements, et  qu’ils savent très bien ce qu’ils valent, ils sont prêts à tuer les petits enfants qui fréquentent l’église du dimanche et les groupes  joyeux qui invitent un garçon blanc à prier. Embarrassés eux mêmes devant le caractère évident  de leur lâcheté , ils sont disposés à mettre le feu aux églises, et à commencer à tirer dans le tas  de leurs paroissiens  en prière. Et, malgré leur honte face à de telles démonstrations de faiblesse, ils sont prêts à tirer sur des enfants noirs dans la rue.

Pour maintenir la conviction de la supériorité blanche, ces Américains blancs se déguisent sous des chapeaux en forme de cône et derrière des drapeaux américains et ils refusent une confrontation face à face, exerçant leurs armes sur les non armés, les innocents, les terrorisés, sur des individus  qui fuient, exposant leur dos  aux balles. Sûrement, le fait de tirer  dans le dos sur un homme en fuite  a du mal à  étayer la présomption de la supériorité  blanche? La triste situation des hommes blancs croisés, étouffant le meilleur d’eux-mêmes, en train d’abattre l’innocent à un arrêt de la circulation,écrasant les visages des femmes noires dans la boue, menottant les enfants noirs. Seuls des gens apeurés pourraient agir ainsi. Est-ce juste?

Ces sacrifices, exigés des hommes blancs supposés en train de résister, prêts à abandonner leur humanité par peur des hommes et des femmes noirs, dit la véritable horreur du statut perdu.

Il se peut que nous ayons quelques difficultés à éprouver de la pitié par rapport à ceux qui sont prêts à de tels sacrifices bizarres pour affirmer le pouvoir blanc et la suprématie de la race blanche.. L’autocritique  de sa personne n’est pas facile pour les Blancs (en particulier pour les hommes blancs), mais pour conserver la conviction de leur supériorité envers les autres, en particulier par rapport aux Noirs, ils sont disposés à risquer le mépris et à être vilipendés par les personnes mature, sophistiquées et fortes. Si cela ne témoignait pas  d’un caractère ignorant et pitoyable, on pouvait pleurer sur cet effondrement de la dignité au service d’une cause maléfique.

Le confort d’être «naturellement meilleur que», de ne pas avoir à lutter ou à exiger un traitement citoyen, est difficile à abandonner. La confiance que vous ne serez pas surveillé dans un grand magasin, que vous êtes le client privilégié dans les restaurants haut de gamme – ces inflexions sociales, appartenant à la blancheur, sont avidement appréciées.

Les atteintes aux privilèges blancs sont tellement effrayantes que beaucoup d’Américains ont afflué vers une plate-forme politique qui soutient et traduit la violence comme recours. Ces gens ne sont pas tellement en colère que terrifiés, avec le genre de terreur qui fait trembler les genoux.

Le jour du scrutin, combien d’électeurs blancs, à la fois pauvres et conscients, ont choisi la honte et la peur semé par Donald Trump. Le candidat dont la société a été poursuivie par le ministère de la Justice pour ne pas louer des appartements aux Noirs. Le candidat qui a demandé si Barack Obama était né aux États-Unis et qui semblait tolérer les violences contre un manifestant de la Vie noire dans un rassemblement de campagne. Le candidat qui a gardé les travailleurs noirs au plus bas dans  ses casinos. Le candidat qui est aimé par David Duke et approuvé par Ku Klux Klan.

William Faulkner l’a compris mieux que presque tout autre écrivain américain. Dans «Absalom, Absalom», l’inceste est moins tabou pour une famille méridionale de classe supérieure que de reconnaître la seule goutte de sang noir qui salirait la lignée familiale. Plutôt que de perdre sa « blancheur » (encore une fois), la famille choisit le meurtre.

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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Mer 6 Sep - 14:24

d'hier, complété


couverture provisoire

ce livre de David R. Roediger est la traduction française, annoncée pour février 2018 de The Wage of Whiteness Race and the Making of the American Working Class (PDF) 1991, révisé 2011, dont j'ai parlé plus haut. 25 ans pour qu'il arrive en France en français, c'est dire quelque chose de L'idéologie française...


Présentation de l'éditeur :


Citation :
Après les événements révélateurs de Charlottesville, un livre lumineux pour éclairer la capacité du racisme à façonner la vie politique des États-Unis. Si, comme le soutient l’auteur, la jeune classe ouvrière américaine du 19e siècle a revendiqué une identité blanche, la blanchité, en réponse aux peurs générées par la discipline capitaliste, la résurgence du suprématisme blanc qui saisit les États-Unis d’aujourd’hui n’est-il pas le produit des peurs nées de la spirale infernale de la mondialisation, du déclassement et de l’immigration économique ?

Pour l’auteur, la force de cette idéologie raciale est d’attacher les Blancs pauvres au chariot du système d’exploitation. Quoi qu’il puisse leur arriver – déclassement social, chômage… –, ils ne perdront jamais un avantage : la blanchité.

Mais que signifie « être blanc », « quels avantages les Blancs tirent-ils de la blanchité » ? Sur les pas de Jean Genet, de Frantz Fanon ou d’Aimé Césaire, David Roediger mêle culture de masse, langage et politique, pour éclairer les voies spécifiques par lesquelles ce marqueur racial s’est socialement et historiquement construit. Le constat est cruel. Les travailleurs blancs ont cherché dans leur supériorité raciale une voie d’émancipation et ce sont ces tendances qui travaillent toujours la société américaine.
Le « salaire du Blanc », à la fois système de privilèges réels et illusion dont s’approprient les Blancs pauvres, entretenu par les classes dominantes, continue de structurer la domination raciale et économique aux États-Unis.

L’auteur propose de reconceptualiser la notion de classe afin de prendre en compte la part de la race dans la conscience de classe.

Pour ce faire, l’étude de la construction de la blanchité [Whiteness] démystifie la fiction de la race qui perdure jusqu’à aujourd’hui et éclaire les modes de domination qu’entretient le capitalisme.

je ne reviens pas sur Roediger dont j'ai signalé les livres et importé des textes dans ce sujet. Il creuse cette question en marxiste depuis des décennies, mais est tout sauf un théoricien de la révolution communiste

cette question de la blanchité fait en France des émules dans les milieux décoloniaux, sans toujours faire le lien avec une situation de classe des 'Noirs', ou autres 'Colored People'. Opposer un avatar de la Négritude de Césaire ou du Black is Beautiful des sixties américaines à la marchandise particularisée et individualisée pour s'adapter aux "besoins" d'un marché spécifique noir ou beur qu'il a lui- même créé ne fait pas peur au capitalisme. Il peut à bon compte se restructurer décolonial, et la question du dépassement des identités noires ou de toutes autres couleurs, y compris blanche, ne serait pas poser

pour autant la nécessité de produire des dépassements d'identités ne se pose pas que pour les prolétaires de couleur, ni pour les seuls "petits blancs" racistes. Les pas de Césaire n'ont pas été seulement suivis par Fanon, il en a franchi d'autres, et la question n'est pas ici de peaufiner l'antiracisme politique en « éclairant les modes de domination qu'entretient le capitalisme », c'est-à-dire un combat d'idée, une « lutte idéologique », mais de lui donner un contenu communiste révolutionnaire dans les luttes, y compris contre les capitalistes noirs, jaunes, beurs ou rouges à pois bleus

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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Mer 6 Sep - 22:11


Tristan Vacances : - Vos tirs contre Roediger, que vous sembliez aduler, sont durs, quelle mouche vous a piqué, cher Patlotch ?

Patlotch : - il est un temps pour tout comme dit par L'Écclésiaste dans la Bible. Il fut un temps où il s'agissait de faire connaître, avec pénétration, en France ces travaux, et, dès lors qu'ils y sont introduits, de les situer de façon critique, sans compromis théorique ou idéologique

AliBlabla : - Opportunisme !

Patlotch : - théorie adéquate à l'époque, en situation

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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Mar 12 Sep - 4:25


un texte de Asad Haider pour Viewpoint, que j'aurais aussi bien pu placer dans 'RACES' et rapports de CLASSES



dans la mesure où il parle de la situation politique actuelle aux États-Unis, cet article prolonge l'intérête de la prochaine traduction du livre de David R. Roediger, The Wage of Whiteness Race and the Making of the American Working Class (PDF) 1991, révisé 2011

nous manquons cruellement, moi du moins, de traductions rapides, auto-organisées voire spontanées d'où qu'elles viennent, pour tirer la substantifique moelle de tels papiers, surtout quand ils proviennent de groupes théoriques marxistes en prise sur l'actualité



Citation :
Whiteness is not magic. It is also not a psychological disposition or a particular type of body. It is a material social relation, as material as that of class. It is absurd to try to determine in the abstract which of these relations is primary. It is instead necessary to study a very specific concrete history—the history of plantation slavery and the development of capitalism in the United States—to explain both kinds of social relation. Capitalism is a fundamental target of any emancipatory struggle not because of some kind of priority of the “economic” over the “cultural” (whatever these would mean as essential categories), but rather because in actual history, racism has been an integral component of capitalism.

This is why, even when opposing the most reactionary expressions of identity politics, socialists should never make the mistake of thinking Mark Lilla is on their side. If socialists fail to actively oppose white supremacy, they allow capital to wield one of its deadliest weapons. In order to build a mass anti-capitalist movement—in order to foster the kind of solidarity, commitment, and collective action that is required for social transformation—it is necessary to oppose every expression of racial hierarchies and divisions which are visible in our society and reassert themselves in our movements. This is not to make movements “safe spaces,” but to make them expansive and powerful; it is not for white people to act as “allies,” but for them to reject the privileges conferred by whiteness in order to be able to act as comrades. Wherever racial oppression threatens the safety of a portion of the multiracial working class—whether it is an ICE raid, a police killing, or a fascist rally—socialists must be at the front lines in our collective defense.

La blanchitude* n'est pas magique. Elle n'est pas non plus une disposition psychologique ou un type particulier de corps. C'est une relation sociale matérielle, aussi matérielle que celle de la classe. Il est absurde d'essayer de déterminer dans l'abstrait laquelle de ces relations est primordiale. Il est au contraire nécessaire d'étudier une histoire concrète très spécifique - l'histoire de l'esclavage des plantations et le développement du capitalisme aux États-Unis-pour expliquer ces deux types de relations sociales. Le capitalisme fait une cible fondamentale de toute lutte émancipation, non pas en raison d'une sorte de priorité de l'«économie» sur la «culture» (quoi que cela puisse signifier comme catégories essentielles), mais plutôt parce que dans l'histoire réelle, le racisme a été une partie intégrante du capitalisme.

* pour des raisons évidentes dans ce passage, je préfère cette traduction à blanchité ou blancheur

C'est pourquoi, même en s'opposant aux expressions les plus réactionnaires de la politique identitaire, les socialistes ne devraient jamais faire l'erreur de penser que Mark Lilla est de leur côté. Si les socialistes ne s'opposent pas activement à la suprématie blanche, ils permettent au capital de manier l'une de ses armes les plus meurtrières. Afin de construire un mouvement anticapitaliste de masse, afin de favoriser le type de solidarité, d'engagement et d'action collective nécessaire à la transformation sociale, il est nécessaire de s'opposer à toute expression de hiérarchies et de divisions raciales qui sont visibles dans notre société et se réaffirment dans nos mouvements. Il ne s'agit pas de faire des mouvements "espaces protégés", mais de les rendre expansifs et puissants; il ne s'agit pas pour les blancs d'agir comme des «alliés», mais de rejeter les privilèges conférés par la blanchité afin de pouvoir agir en tant que camarades. Partout où l'oppression raciale menace la sécurité d'une partie de la classe ouvrière multiraciale, qu'il s'agisse d'un E RAID, d'un massacre de la police ou d'un rassemblement fasciste, les socialistes doivent être aux premières lignes de notre défense collective.

cet article comporte une critique de l'interclassisme citoyenniste, mais c'est surtout l'occasion de s'interroger sur la spécificité du racisme américain et de se poser une question : cette critique de la blanchitude est-elle transposable en France et à quelles conditions. Il est clair que le PIR, avec son « champ politique blanc » et son « nous et eux » inversé, ne les satisfait pas et pas davantage qu'une critique des Identity Politics comme "politiques identitaires" adressées uniquement, comme par Yves Coleman, aux minorités qui se battent sur la base de leurs propres dominations, et aux catégories racialisées en particulier

la première des "politiques identitaire", en France, est celle de nos suprémacistes blancs, comme le premier communautarisme, qui est celui de l'identité nationale avec sa définition de pays blanc et de religion chrétienne



Citation :
Les Identitaires (anciennement Bloc identitaire – Mouvement social européen) est un mouvement politique, français créé le 6 avril 2003. Il s'agit d'une composante d'un courant dit « identitaire », apparu au cours des années 2000 à la suite de la dissolution par le ministère de l'intérieur français d'Unité radicale.

Les Identitaires se donnent pour objectif de « fédérer les jeunes Français et Européens fiers de leurs racines et de leur héritage ». Il se présente comme étant « né de la rencontre de militants issus de parcours politiques divers mais partageant tous le même rejet du système dominant* »

* on y trouve effectivement des transfuges d'extrême-gauche et de post-ultragauche

- dégoût du matérialisme, du consumérisme et de l'« exploitation des travailleurs par le grand actionnariat international » ;
- dénonciation de la non-représentativité du système électoral français et de la confiscation de la démocratie par les oligarchies (technocratique, syndicale, médiatique et financière) ;
- hostilité à l'hégémonie américaine et à l'impérialisme islamique28 ;
- opposition au métissage ethnique de masse et à la « culpabilisation permanente » des peuples européens ;
- rejet du jacobinisme centralisateur parisien ;
- refus du prêt-à-penser et du « terrorisme intellectuel ».

Le mouvement se positionne de diverses manières dans le corpus idéologique d'extrême droite. Il prend une posture ruraliste en « défendant la ruralité comme alternative à la schizophrénie urbaine » et en s'opposant à l'« horreur mondialiste ». Même s'il défend les « racines et l'héritage » européen, dont fait partie la religion chrétienne, le BI utilise peu les thèmes du traditionalisme catholique. Il introduit aussi le thème de « la conjugaison de la résistance identitaire au féminin ».

Le mouvement qui entend renvoyer les immigrés dans leur pays, fustige de manière radicale les conséquences et le phénomène avec des slogans comme « racaille immigrée » et demande « pas de kärchers, mais des charters ! ». Ses membres affirment défendre les personnes de « souche européenne » et les « petits blancs de banlieue ». De plus, le Bloc entend donner à ses actions une dimension européenne puisque, par exemple, il soutient « nos frères serbes du Kosovo » contre les Albanais musulmans au Kosovo.

Le mouvement ne considère ni l'islam ni les États-Unis comme des « dangers » mais c'est « l'islamisation de l'Europe et l'américanisation de notre culture qui en sont. »

même question quant à l'utilisation importée du terme de "privilèges", qui concerne des différences très relatives face au capital et à l'État. Je serais bien le dernier à les nier dans le rapport à l'emploi, au logement, à la police... mais son emploi n'est pas anodin quand il alimente un discours dans lequel l'antagonisme de classe n'existe plus

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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Dim 24 Sep - 12:20


« si les indigènes sont racisés, les blancs le sont également. »

Qu’est-ce que la lutte des races sociales ?

Selim Nadi, membre du PIR, 22 septembre 2017

Citation :
Le fait que l’on utilise le terme de « racisés » pour désigner uniquement les indigènes prouve d’ailleurs que la race est souvent pensée en dehors de tout rapport social. Or, si les indigènes sont racisés, les blancs le sont également. Ils représentent une race sociale, dotée de privilèges sociaux. Il n’y a donc pas de « racisés », mais plutôt des processus de racialisation qui constituent les indigènes et les blancs.
[...]
Dans The Invention of the White Race, Theodore W. Allen écrit que lorsque le premier Africain posa le pied en Virginie, vers 1619, il n’y avait pas de « blancs » [pour d'autres auteurs, c'est dans les ports antillais...]. La catégorie raciale de « blancs » a été inventée en tant qu’instrument de contrôle de la classe dominante en réponse à la solidarité entre les « esclaves-contractuels » blancs et les esclaves noirs (le débat entre certains historiens – notamment entre Theodor Allen et Noel Ignatiev par exemple – a surtout porté sur le degré de conscience d’instauration de tels privilèges). La mise en place de cette stratification raciale permit donc de couper court à toute volonté d’union entre les esclaves noirs et blancs, afin de conserver le système esclavagiste. Mais cela a également permis aux travailleurs blancs de ne plus défendre leurs intérêts de classes. [...]

il est rare d'avoir, d'un membre du PIR, un texte de cette qualité théorique, et avec celui-ci, on peut commencer à vraiment discuter

en sus de mes nombreuses interventions sur la question depuis 2014, sur mon blog ou ici : 'RACES' et rapports de CLASSES, racisme structurel ou systémique, racisme d'État..., on peut aussi considérer d'autres éléments de ce débat dans Travaux en cours du groupe TC Théorie Communiste, la soute

j'y reviendrai donc, quitte à en causer avec Selim Nadi, puisque nous nous "suivons" réciproquement sur tweeter. Il a travaillé sur la réception française de Rosa Luxemburg (Master 1), ainsi que sur le mouvement Antideutsch (Master 2). Sa thèse porte sur les échanges politiques et théories entre les gauches radicales françaises et allemandes pendant la période de la décolonisation. Il est l'auteur de deux textes publiés par Période

- Nation, race et impérialisme dans la gauche allemande depuis la réunification
- Antideutsch : sionisme, (anti)fascisme et (anti)nationalisme dans la gauche radicale allemande


autres textes en ligne chez Contretemps

comme on le sent à partir ce texte, certains désaccords pourraient apparaître non proprement sur l'articulation classe-race conduisant à la nécessité de cette « luttes des races sociales », ou alors il faudrait les expliciter, mais sur le plan politico-strétégique, en terme de théorie communiste, et compte tenu de la stratégie du PIR en la matière

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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Mar 21 Nov - 19:29


la parole à la défonce

BLANQUEZ-VOUS !


Communiqué de Jean-Michel Blanquer

Laisserez-vous 70 profs participer au stage interdit aux Blancs organisé par Sud Education ?

Christine Tasin Résistance Républicaine 19 Nov 2017
Citoyens et défenseurs de la patrie, Ecole et laïcité, Racisme, République et laïcité

Jean-Michel Blanquer a écrit:
@jmblanquer

Inconstitutionnel & inacceptable
Je condamne avec fermeté le projet d’une réunion syndicale triant les membres sur la base de leur origine.

LICRA a écrit:
@_LICRA_
Ligue contre le racisme et l’antisémitisme

Il n’existe pas d’“élèves racisés” en France qu’il faudrait apprendre à définir et à reconnaître ! Encore moins d’“enseignants racisés” qui constitueraient un sous-groupe au sein de l’éducation nationale. Nous refusons d’étiqueter les enfants des écoles de la République et leurs enseignants en fonction de critères dignes d’une exposition coloniale.


Alors là, amis résistants, vous ne pouvez pas laisser passer, laisser faire.

Citation :
Le stage en question est complet. 70 professeurs inscrits…
Après les camps décoloniaux interdits aux Blancs…
Après la formation des futurs profs par Marwan Muhammad et les Indigènes de la République dans l’Académie de Créteil…

Ce sont carrément 70 enseignants qui se sont inscrits au stage proposé par le syndicat d’extrême-gauche Sud Education 93. Stage au cours duquel 2 ateliers seront interdits aux Blancs. Et peut-être même aux hommes puisque il y est question de « race, de genre et de classe » ? On croyait qu’il n’y avait plus de race, que c’était raciste même d’utiliser ce mot, mais il semble que l’interdiction ne touche que les Blancs.


Citation :
Programmes d’Histoire servant le roman national, sur-orientation dans les filières professionnelles des élèves desdendant-e-s des immigrations en particulier postcoloniales, islamophobie et instrumentalisation de la laïcité, politiques migratoires durcies qui concernent de nombreux élèves et leurs familles, violences policières qui touchent les élèves à l’extérieur et dans l’école…

L’analyse du racisme d’État dans la société et en particulier dans l’Éducation nationale s’impose.

Comment déconstruire chez et avec les enseignant-e-s les discriminations raciales ?

Comment travailler avec les élèves pour leur donner des outils de lutte en vue d’une transformation sociale ?

Programme

Lundi 18 décembre

9h : Accueil des stagiaires
9h30 : Plénière – Qu’est-ce qu’un-e élève racisé-e ? Où en est-on de l’antiracisme à l’école ?
Ancrage sociologique et contextualisation
Avec Nacira Guenif et Marwan Mohammed,sociologues
11h : Pause
11h15 : Ateliers – Première session
12h45 : Déjeuner partagé
14h : Plénière – La question de l’islamophobie dans l’Éducation nationale, enjeux et débats
Avec Marwan Muhammad, ancien porte-parole du CCIF et un-e membre du cercle des
enseignant-e-s laïques
15h30 : Pause
15h45 : Ateliers – Deuxième session

Mardi 19 décembre

9h : Accueil des stagiaires
9h15 : Plénière – Les inégalités ethno-raciales à l’école Avec Lila Belkacem, sociologue et  formatrice à l’ESPE de Bonneuil  
11h : Pause
11h15 : Ateliers – Troisième session
12h45 : Déjeuner partagé
14h : Ateliers – Quatrième session
15h30 : Pause
15h45 : Table ronde – Récits de lutte Avec Malika Chemmah de RESF  (Réseau Éducation Sans Frontières) et  Fatima Ouassak du Front des Mères  (NDLR de RR : voir http://resistancerepublicaine.eu/2017/04/13/dissolution-de-luoif-qui-invite-fatima-ouassak-celle-qui-denonce-le-role-des-blancs-a-lecole/

Les ateliers du lundi

Matin
- Pratiques de classes : outils pour  déconstruire les préjugés de race, de genre et de classe  Atelier en non-mixité
- Le racisme et les privilèges dans la  société et dans l’Éducation nationale

Après-midi
- S’interroger sur le croisement des  oppressions avec le théâtre-forum
- « Désorientation » des élèves racisé-e-s
- Comment enseigner une histoire décoloniale ?

Les ateliers du Mardi

Matin
- Pédagogies critiques anti-racistes et décoloniales
- Atelier pratique de conscientisation – bell hooks

Après-midi

- Atelier récit d’expérience : quelle vie professionnelle pour les enseignant-e-s racisé-e-s ?
Atelier en non-mixité
- Enseignant-e-s blanc-he-s : interroger nos représentations et nos postures dominantes

http://www.sudeducation93.org/Stage-syndical-Au-croisement-des.html

Il s’agit d’un stage syndical soumis à autorisation d’absence du chef d’établissement puisqu’il se déroulera les 18 et 19 décembre, les stagiaires inscrits ont donc rédigé leur demande et doivent l’avoir transmise à leurs chefs d’établissement :

Comment s’inscrire ?

En adressant une demande écrite à votre hiérarchie avant le 18 novembre 2017.
Cette demande est à adresser au DASEN dans le primaire, à la rectrice dans le secondaire , au-à la président.e d’université dans le supérieur, au-à la président.e de la collectivité pour les agent.e.s territoriaux.

Modèle de demande

A………, le……..
M./Mme. le /la DASEN
s/c de l’IEN
Mme. la Rectrice ou M. le Président du Conseil Général Régional
s/c du chef d’établissement

Mme/M…………………. (Prénom, NOM, fonction, affectation) demande à bénéficier d’un congé pour formation syndicale de deux jours, en application de la loi n° 82-997 du 23 novembre 1982 et du décret n°84-474 du 15 juin 1984,, en vue de participer à la session de formation qui se déroulera les 18 et 19 décembre 2017 à Saint-Denis, sous l’égide du CEFI Solidaires, 144, bd de la Villette, 75019 Paris.

ATTENTION : la salle ne pouvant accueillir plus de 70 personnes, il est impératif de prévenir le syndicat de votre participation en vous inscrivant sur ce lien : http://www.sudeducation93.org/Stages-formulaire-d-inscription.html

Se former, un droit !

- Chaque fonctionnaire ou agent-e
non-titulaire syndiqué-e ou non peut bénéficier de 12 jours de formation par an sans aucun retrait de salaire.
- La demande écrite doit être envoyée au moins un mois avant le stage.
- L’administration peut demander une attestation à l’issue du stage, mais elle ne peut exiger ni convocation, ni information sur l’objet du stage.
En cas de refus, contactez le syndicat !

On appréciera entre autres la manière cavalière de traiter les programmes d’histoire : refus du roman national, avec intervention de militants politiques du CCIF, du PIR et de RSF…

On appréciera que soit affirmé d’emblée un « racisme d’Etat » au sein de l’Education nationale notamment. Il est évident que la propagande vise à convaincre les professeurs qui seront présents que la France hait les Racisés et que ces derniers, professeurs ou élèves, doivent contre-attaquer. C’est ainsi sans doute que les agressions des enseignants blancs, la bordélisation des enseignants, le refus du programme en cours dans les Territoires perdus de la République vont s’améliorer.

Mais passons… à la contre-attaque :


Il nous appartient de mener une campagne active contre ce stage, sur les réseaux sociaux bien sûr, mais à destination de tous les medias, officiels et ceux de la patriosphère. Il nous appartient de harceler le standard du Ministère de l’Education nationale et celui des établissements scolaires ( collèges et lycées ) du 93.

Ecrire au Ministre http://www.education.gouv.fr/pid33441/nous-contacter.html#ministre
Adresse postale : 110 rue de Grenelle, 75007 Paris Tél : 01 55 55 10 10

Ecrire au Rectorat de la région IDF :
Rectorat Paris 75000 12 boulevard d’indochine
75020 Paris 01 44 62 40 40 Email ce.contact@ac-paris.fr

Ecrire et/ou téléphoner à tous les chefs d’établissements de Seine Saint-Denis
Voici la liste des ville des Seine-Saint-Denis
https://demarchesadministratives.fr/rectorat/seine-saint-denis-93

Il faut chercher pages jaunes, Internet ) tous les établissements, leur téléphone, leur courriel…


Merci  tous ceux de nos lecteurs qui ont un peu de temps de nous envoyer (contact@resistancerépublicaine.eu ) toutes les références d’établissements qu’ils auront pu trouver ; nous complèterons  ici la liste au fur et à mesure que nous la recevrons.

Il faut également alerter tous les politiques susceptibles de réagir et de porter le débat sur la place publique (utilisez leurs comptes twitter, leurs courriels, ceux des fédérations…). C’est le travail prioritaire de chaque Résistant pour les prochains jours. N’oubliez pas Marine Le Pen, Florian Philippot, Nicolas Dupont-Aignan, Nadine Morano… et nos députés, afin qu’ils posent une question écrite au Ministre :

Marine Le Pen, Nicolas Dupont-Aignan, Louis Aliot, Bruno Bilde, Gilbert Collard, Sébastien Chenu, Ludovic Pajot, Emmanuelle Ménard, José Evrard, Marie-France Lorho ( la remplaçante de Jacques Bompard)... et même, pourquoi pas, Jean Lassalle !
http://www2.assemblee-nationale.fr/deputes/liste/alphabetique

Surtout ne négligez pas les comptes twitters !

Je publierai dans les heures à venir ma lettre au Ministre de l’Education nationale, lettre dont pourront s’inspirer ceux qui le souhaitent.

même son de cloches à Valeurs Actuelles, Comité Laïcité République, Causeur (Jean-Paul Brighelli Les hussards noirs de la République)

je me demande si je ne devrais pas écrire aux anti-racialisateurs anarcho-marxistes-ultragauches universels et autres schizosophistes, pour qu'ils tiennent leur créneau credo sur le 'ridicule concept décolonial de Whiteness' ? Qu'en pensez-vous, chère lectorale ?

ajout : alors que le 'communisateur' AC/Carbure relaie sur facebook l'article du Monde avec le communiqué de la LICRA, Les ateliers « en non-mixité raciale » du syndicat SUD-éducation 93 créent la polémique, en citant Mauroy dans les années 1980, "Il n'y a pas de racisme en France", et ajoute « Circulez, y a rien à voir, et d'abord vous n'existez pas », il obtient ce commentaire anarchiste :

Guy Makhno a écrit:
Ccif et pir infiltrés à sud.... Chaud.........

attention, ça glisse...

intéressant car sauf erreur il s'agit d'une première de non-mixité au sein d'un syndicat fondé lui-même sur la non-discrimination raciale. Si la plainte du ministre contre Sud aboutit à une condamnation, cela fera jurisprudence - du moins là où ils ont la main juridique -, et donc un pas vers l'interdiction des réunions publiques non-mixtes (tel que Camp décolonial etc.), et des procès contre les organisations ou individus utilisant publiquement l'expression "racisme d'État"

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Patlotch



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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Ven 24 Nov - 12:01


colorblind ou aveugle tout court ?

difficile de trouver un sujet unique dans lequel le discours antiracialisateur ci-dessous serait à sa place. Il vient après l'attaque du Ministre de l'Éducation nationale contre les réunions en non-mixité organisées par Sud-Éducation93. Voir hier QUE SE PASSE-T-IL ?...



De l’efficacité des réunions identitaires ???? Réponse à Nad
Yves Coleman NPNF/Mondialisme.org 24 novembre 2017

je souligne quelques passages. On peine à voir le rapport avec les enseignants de SudÉducation93, d'autant que dans ce syndicat mixte, si j'ose dire, on n'a pas eu vent de protestation internes des non-racisés. Remarquable première et qui explique sans doute l'attaque du ministre pour condamner l'expression "racisme d'État", qui, si elle aboutit, pourrait faire jurisprudence
Citation :
A mon boulot, la majorité des chauffeurs de car sont xénophobes ou racistes. Et quand ils sont d’origine maghrébine, ils sont antisémites et complotistes. J’ai du mal à imaginer ce que donnerait de positif une réunion des seuls collègues maghrébins, ou d’origine africaine, qui certes pourraient expliquer plus en détail en quoi leurs collègues franco-portugais, portugais, ou franco-français sont racistes ou « islamophobes » mais continueraient à cracher sur les Juifs.
Quant aux chauffeurs franco-français qu’ils soient sympathisants de gauche, de droite ou d’extrême droite, ils sont presque tous xénophobes et plus ou moins doucement ou violemment racistes.
Une réunion des seuls collègues franco-français serait donc un festival de clichés racistes ou xénophobes.

Pour ma part les deux fois où j’ai affronté des collègues racistes et les ai fait taire définitivement, je l’ai fait en les affrontant devant tout le monde, toutes origines confondues que ce soit à l’armée ou pendant les 4 années où j’ai travaillé aux aéroports d’Orly et de Roissy.
Donc, si je devais affronter le racisme sur mon lieu de travail, ce serait en posant les problèmes devant tout le monde... comme je le fais encore aujourd’hui et sans concessions, pas en faisant des réunions identitaires séparées du reste du personnel de ma boîte.

Nad, tu parles dans ton message de « non-dits ». Ces non-dits je les connais bien puisque j’y ai été confronté de nombreuses fois dans ma vie. Mais là aussi les non-dits tu t’y confrontes en demandant par exemple pourquoi quand tu vas dans un restau, toutes les tables sont servies pendant tes 30 minutes d’attente, y compris les gens arrivés bien après toi, et cela tu le fais publiquement, généralement en haussant la voix et en étant agressif, pas en protestant seulement avec les autres « postcoloniaux » présents dans la salle. Ou tu casses l’ambiance d’une réunion sympa de potes, parce que toutes les femmes sont à la cuisine en train de préparer à bouffer pour les mecs.
Pour moi les réunions de « racisés » (terme inventé par des gens de gauche qui aboutit à légitimer l’existence de races et qui renforce les séparations culturelles, religieuses, ou ethniques entre les individus) n’ont d’intérêt que dans des situations où ils ou elles seraient légalement discriminés (cas des Etats-Unis ou de l’Afrique du Sud) ou mis dans l’impossibilité totale de s’organiser, de s’exprimer au sein des syndicats, des associations ou des partis politiques existants. Ou alors quand et si, même en bénéficiant de ces droits, ils sont systématiquement victimes de discriminations équivalentes à une marginalisation totale, sans bénéficier de la moindre solidarité de leurs collègues.
Donc, je n’ai rien contre le principe dans l’abstrait mais je demande à voir les conditions concrètes dans lesquelles cela se fait et surtout dans quel but et au nom de quelle idéologie.

Il existe une organisation de Bac+5 d’origine africaine qui veut aider les cadres à trouver du boulot dans les entreprises pour mieux exploiter les travailleurs. Je n’ai rien contre le fait que les futurs exploiteurs s’organisent (tant qu’ils accordent aux exploités les mêmes droits) mais je ne vois pas pourquoi je devrais les soutenir. Sauf si évidemment ils sont victimes de discriminations massives, institutionnelles et/ou légales, et s’ils acceptent de combattre contre les discriminations qui visent toutes les personnes d’origine africaine pas simplement eux-mêmes, petits bourgeois mais aussi les prolétaires africains ici et là-bas.

Mon expérience (et ce que je connais des Etats-Unis) est que lorsque les individus s’organisent sur une base identitaire c’est très rarement au bénéfice de la majorité des exploités, mais toujours au service des petits bourgeois ou des bourgeois de leur communauté.
Je crois que lorsque l’on parle de la lutte contre le racisme, il faut en parler concrètement :

- le premier niveau élémentaire c’est d’expliquer pourquoi les races n’existent pas (et cela la gauche et l’extrême gauche et une partie des libertaires en sont devenus incapables puisque leurs militants se sont mis à utiliser tout le temps le terme de race ; de même qu’ils sont incapables de critiquer les religions puisque chaque fois qu’on tue des Juifs en France, ils crient « Halte à l’islamophobie ! », défendent en fait l’islam parce que ce serait la religion des exploités et nous expliquent que les religions seraient des façons pour les exploités de protester contre la domination capitaliste !!!). Tant qu’on ne s’appuie pas sur les avancées des sciences pour critiquer la notion même de race, tant que l’on ne fait pas ce travail d’éducation minimum on ne peut pas avancer. Je rappelle quand même qu’aux Etats-Unis 8 races figurent sur les passeports et les documents administratifs….

- le deuxième niveau c’est de trouver les points communs entre les discriminations racistes et les discriminations sociales, c’est-à-dire les revendications communes qui pourraient être définies entre les exploités, quelles que soient leurs origines ; or ce travail la gauche et l’extrême gauche se refusent à le faire ; si l’on se refuse à formuler des revendications communes et que l’on n’avance que des revendications identitaires, on renforce le racisme des dominés.

- le troisième niveau, et là c’est beaucoup plus compliqué, c’est de travailler sur les causes de toutes les frustrations sociales, et les raisons pour lesquelles les exploités se trouvent des boucs émissaires (encore hier une étudiante en BTS d’origine mongole pestait auprès de moi contre « les Juifs », parce que son salopard de patron serait juif). Et là je crois qu’il s’agit d’un travail de longue haleine et qui ne sera pas résolu par des lois interdisant l’expression publique du racisme et de l’antisémitisme, lois nécessaires certes mais très loin d’être suffisantes. Et cela suppose là aussi de rompre avec la mythologie dominante selon laquelle, le racisme serait un phénomène spécifiquement européen (tout comme l’esclavage serait paraît-il une spécialité occidentale)

Donc, pour ma part, je crois qu’il faut tout déballer, devant tout le monde, toutes origines confondues, mais sans illusions sur les effets magiques de ces déballages et de ces protestations publiques. Se faire respecter en tant qu’individu (femme ou d’origine extra-européenne) est plus facile si on a quelques soutiens parmi ses collègues mais cela suppose d’imposer surtout le silence aux racistes. Pas de travailler sur leur culpabilité mais leur imposer physiquement (donc quelque part violemment) de se taire. Et il faut se méfier des petits chefs identitaires qui ont des intérêts de classe opposés aux nôtres. Qui veulent principalement avoir recours aux moyens juridiques. Qui se construisent des carrières dans les médias, dans l’université, voire dans l’Etat en se présentant comme des représentants des « racisés » ou des spécialistes du racisme.
Aux Etats-Unis il existe des ONG comme Catalyst par exemple qui font des formations à la demande pour « déconstruire" les préjugés. Il existe même des inspecteurs qui surveillent les discriminations dans les entreprises. Cela ne change pas grand-chose tant que les exploités ne luttent pas ENSEMBLE pour des objectifs communs, tant qu’il n’existe pas une conscience commune d’appartenir à la même classe, et que cette appartenance commune suppose de réfléchir à tout ce qui nous paralyse dans l’action.

Des réunions non mixtes ou de personnes victimes du racisme n’ont d’intérêt que si elles se font sur des bases de classe, dans un but politique clair. Si elles visent seulement à permettre l’ascension sociale de quelques individus carriéristes, voire même la création d’une petite bourgeoisie recrutée chez les minoritaires qui va collaborer avec les dominants pour mieux exploiter les membres de sa propre communauté (ce qui s’est passé aux Etats-Unis) elles doivent être démasquées.

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Patlotch



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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Mar 5 Déc - 17:48


témoignage

Pourquoi je suis allée dans un atelier non-mixte
Oumles4 Blog Médiapart 5 décembre 2017

Citation :
Pourquoi ? Parce que c’est apaisant de pouvoir partager son vécu avec des gens qui vivent la même chose. Que l'on peut aller plus loin dans la discussion, car on n'est pas obligé de faire de la pédagogie, et pas obligé non plus de gérer et rassurer les « mais moi je suis pas raciste » et autres « je ne vois pas les couleurs, il n’y a qu’une race, la race humaine ».

La première fois que j’ai entendu parler de non-mixité, c’était à l'occasion du premier camp d’été décolonial l'été 2016. La polémique était très importante sur les réseaux sociaux, on y parlait de camp interdit aux blancs, et c’est ce propos qui m’a interpellé principalement. Car moi, femme maghrébine voilée, entourée de femmes de ménages noires et maghrébines, avec des cheffes de chantiers blanches et des hommes blancs comme supérieurs, je voyais bien que j'évoluais en non-mixité de genre et/ou de couleurs dans mon milieu professionnel.

Je voyais bien aussi qu'en politique, il y avait majoritairement des hommes blancs. Que les grands patrons étaient des hommes blancs. Dans mes loisirs, mes séries TV, en majorité des perso blancs, dans mes romans « feel good » idem. Bref qu'il n'y avait quasi aucune visibilité pour les autres.

Et malgré ça, des personnes blanches venaient se plaindre de ne pas avoir accès à un des très rares évènement en non-mixité, alors qu’ils sont visibles dans tous les cercles de mon quotidien.

Cette réflexion m’a amené à m’inscrire à ce camps, alors que je ne fais partie d'aucun groupe politique ou militant.

Alors qu'est-ce que j'en ai tiré ? Déjà ça m’a permis de comprendre que je n’étais pas parano sur ce qu’était mon quotidien. J'ai entendu parler d’oppression systémique, du lien entre race/classe/genre. J'ai compris qu’on était pas des "blacks" ou des "beurettes", et de la portée raciste et misogyne de ce mot et de tellement d’autres choses …

Et que lorsque dans l’école de ma fille, on lui a demandé de ne pas parler arabe à la cantine (elle avait juste compté jusqu’à 10) parce que cela allait à l’encontre du vivre ensemble, et qu’elle devait cacher son médaillon où était inscrit son prénom en arabe car elle était dans une école laïque (parce qu’il est bien connu que la langue arabe est anti-laïque), j'ai compris que c’était du racisme institutionnel. Le bilinguisme lorsqu’il s’agit de l’anglais, de l’italien, ou de l’allemand c’est so chic! mais dés lors qu’il s’agit de l’arabe, du peul, du turc c’est du méchant communautarisme.

L'intérêt d'être en atelier non-mixte, c'est que c’est apaisant de pouvoir partager son vécu avec des gens qui vivent la même chose. Et que l'on peut aller plus en profondeur, car on n'est pas obligé de faire de la pédagogie, et pas obligé non plus de gérer et rassurer les « mais moi je suis pas raciste » et autres « je ne vois pas les couleurs, il n’y a qu’une race, la race humaine ». Un travail qui est chronophage et épuisant.

Et surtout à travers ces partages, on comprend vite qu'il existe bien des couleurs pour l’accès à l’emploi, au logement, aux soins, aux loisirs, aux études, et qu’on a le droit de le penser, de l’exprimer à haute voix sans être interrompu par des « au mon dieu c’est trop triste mais on est pas tous raciste » et le pire « olala tu es toujours en train de te victimiser, faut toujours que tu exagères, moi aussi je suis une immigrée italienne et je n’ai jamais subie de racisme »...

Fraternitain a écrit:
"moi femme maghrébine voilée" "camp d'été décolonial" "participation à des ateliers non mixtes"

je vais être direct : ces trois vocables assez clivants me font me demander si vous partagez vraiment les valeurs universalistes de la république française ?

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Patlotch



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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Sam 17 Fév - 13:10


DÉCOUVERTE - Une équipe de chercheurs vient de dévoiler des résultats de recherche sur le plus vieil ancêtre connu des Britanniques.


Citation :
Connu sous le nom de "Cheddar Man", du nom des gorges dans lesquelles son squelette a été retrouvé dans le sud-ouest de l'Angleterre, cet homme avait toutes ces caractéristiques. "Une reconstitution du visage de Cheddar Man, réalisée il y a seulement quelques années, le montrait avec les cheveux noirs, mais avec la peau plus claire et les yeux marrons", reconnaît Chris Stringer, directeur des recherches au musée d'histoire naturelle de Londres. "Il est très surprenant de voir qu'un Britannique, il y a 10.000 ans, pouvait avoir la peau très sombre et des yeux très bleus", explique-t-il à l'AFP.

Un ADN bien conservé

Ces découvertes ont été réalisées grâce à la combinaison de deux facteurs : la qualité de l'ADN prélevé, particulièrement bien conservé pour un squelette aussi ancien, et les nouvelles techniques de séquençage du génome, mises au point ces dernières années. "Le squelette a été découvert dans une grotte. Les conditions y sont constantes, l'air est frais et sec, ce qui a permis d'éviter que l'ADN se dégrade", s'est réjoui la chercheuse Selina Brace.

Portrait 3D

Grâce aux informations obtenues, et à partir d'un scanner complet du crâne du squelette, deux modélistes néerlandais ont réalisé un portrait en trois dimensions, pour tenter de savoir à quoi ressemblait l'ancêtre des Britanniques. On apprend ainsi que Cheddar Man faisait partie d'une population de chasseurs-cueilleurs qui a migré depuis le Moyen-Orient vers le nord de l'Europe après la fin de la dernière ère glaciaire. Aujourd'hui, environ 10% de la population britannique blanche présente une ascendance liée à ces chasseurs-cueilleurs. Son squelette est exposé au musée d'histoire naturelle de Londres.

Pour expliquer l'évolution de la couleur de peau de la population vers des teintes plus claires, Chris Stringer associe deux éléments. "Nous savons que la couleur de peau plus claire est apparue au cours de ces 10.000 dernières années, avec l'invention de l'agriculture" et la modification des régimes alimentaires, plus pauvres en vitamine D, explique-t-il. "Nous ne suggérons pas que Cheddar Man a évolué pour développer une peau plus claire, mais il y a eu des vagues de peuplement de personnes maîtrisant l'agriculture, et elles ont apporté avec elles le gène d'une couleur de peau plus claire".

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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Lun 26 Mar - 4:52


rappel


Avant-propos de Kathleen Cleaver au livre de David Roediger :
Le salaire du Blanc. La formation de la classe ouvrière américaine et la question raciale


Avec l’aimable autorisation des Editions Syllepse. 20 février 2018

Aux États-Unis, où le concept formellement neutre de « droits civils » et le mot « race » sont généralement associés au problème noir, il est rare d’établir un lien entre la construction sociale de la blanchité et la race. Par définition, les Américains blancs ne peuvent pas concevoir qu’ils sont eux-mêmes partie prenante de la question raciale et sont ainsi convaincus que la question du racisme ne se pose que pour les « autres ».


Citation :
Prix Nobel de littérature, Toni Morrison remarque combien il est pathétique de voir le monceau d’études universitaires consacrées au racisme éviter soigneusement toute étude de l’impact du racisme sur ses auteurs1. Les campus ne sont évidemment pas les seuls à être frappés par cette cécité passée longtemps inaperçue. C’est toute la société qui peine à reconnaître combien la blanchité ne se définit pas qu’en négatif mais remplit également des objectifs anti-noirs. Cet aveuglement a contribué à brider les programmes sociaux mis en place pour atténuer l’héritage pernicieux du racisme. Avec son analyse précise de la signification du racisme dans la formation de la classe laborieuse blanche au 19e siècle, David R. Roediger propose une interprétation qui est la bienvenue parmi les travaux récents sur la blanchité.

En mêlant culture de masse, langage et politique dans une analyse néomarxiste, l’historien du mouvement ouvrier utilise les travaux contemporains en histoire sociale, comme l’étude du genre, de la discipline industrielle et du républicanisme populaire, pour éclairer les voies spécifiques par lesquelles les travailleurs [working men] ont cru en leur supériorité raciale. Roediger ne s’arrête pas ici sur les avantages matériels liés à la « blancheur de la peau ». Il examine plutôt la façon dont ils ont construit eux-mêmes le sens de la blanchité. Cette distinction est cruciale car Roediger partage les conclusions de W.E.B. Du Bois sur les dégâts causés par la suprématie blanche :

Les conséquences de la pensée [raciste] sont déjà terribles pour les personnes de couleur du monde entier [mais] elles sont encore pires quand on considère ce que cet état d’esprit engendre chez le travailleur blanc. […] Il commence à vouloir, non pas l’aisance pour tous les hommes, mais le pouvoir sur d’autres hommes. […] Il n’aime pas l’humanité mais déteste les Nègres 2.

La plus épouvantable des guerres et ses conséquences latentes à long terme, qui forment la trame narrative de l’histoire raciale américaine, ont aussi marqué nos textes de lois et notre culture juridique. Pour une part, le succès franc et massif de la suprématie blanche au milieu du 19e siècle explique l’échec de la Reconstruction3 après la Guerre civile et la faillite des acquis juridiques mis en place pour garantir la liberté aux anciens esclaves. Cette dialectique est si intimement partagée dans l’opinion publique qu’elle a façonné la perception américaine du monde sans examen critique.

Héritier de Black Reconstruction, l’œuvre pionnière de W.E.B. Du Bois sur les rapports de race et de classe après la guerre de Sécession, Roediger s’appuie sur la formule de Du Bois qui veut que la blanchité compense l’exploitation et l’aliénation des relations de classe. Expliquant pourquoi des travailleurs blancs du Sud acceptent de faibles salaires, Du Bois souligne :

Le succès politique de la doctrine de séparation raciale, qui détruit la Reconstruction en unissant le planteur et le Blanc pauvre, a de loin dépassé ses […] résultats économiques […]. Il faut se souvenir que si les travailleurs blancs en tant que groupe perçoivent un faible salaire, ils obtiennent en partie compensation par une sorte de salaire public et psychologique. On leur octroie des égards publics et des titres de politesse en raison de leur couleur. […] La police est issue de leurs rangs et les tribunaux, qui dépendent de leurs votes, les traitent avec une telle clémence qu’ils encouragent l’illégalisme. [Ils] préfèrent recevoir un faible salaire leur permettant tout juste de subsister plutôt que de voir des gens de couleurs obtenir un salaire décent. Les travailleurs blancs voient dans chaque progrès des Nègres une menace à leurs prérogatives raciales4…

Du Bois conclut que les travailleurs du 19e siècle chérissent tellement leur blanchité qu’au lieu de s’allier aux Noirs avec lesquels ils partagent pourtant des intérêts communs, ils perpétuent une vision suprématiste qui soutient le capitalisme et « anéantit la démocratie5 ».

Comme le remarque Oliver Wendell Holmes, le travail d’un homme de loi n’est pas complet s’il n’a pas compris « au plus profond de sa raison […] la philosophie de la société telle qu’elle est depuis sa naissance à sa croissance6 ». La longue lutte pour la destruction de l’institution de l’esclavage et les fortes réactions de ségrégation raciale qui ont suivi s’étirent sur des siècles. Mais si la société n’interroge pas cet héritage, les problèmes contemporains qui agitent nos institutions culturelles et judiciaires seront difficiles à résoudre, parce que les leçons de la genèse de la blanchité n’auront pas été tirées. La croyance en une infériorité et une supériorité raciales est tellement consubstantielle à nos institutions qu’il me faut saluer l’exercice provocateur auquel Le Salaire du Blanc contribue.

Jusqu’aux années 1860, les États-Unis ne sont pas seulement un pays en expansion rapide mais également une république esclavagiste. Dans la conception républicaine, la nation étant composée de petits producteurs indépendants, la suspicion est profonde aussi bien à l’encontre de ceux qui ont le pouvoir que de ceux qui n’en ont pas. Au 19e siècle, la conception radicale du gouvernement républicain célèbre l’autonomie et conspue la dépendance. Ainsi, comme le rappelle Roediger, Francis Scott Key – qui tire les leçons de la guerre de 1812 où mercenaires britanniques et esclaves affranchis ont incendié la Maison Blanche – signe un couplet rarement chanté de « The star-spangled banner7 » : « Aucun refuge n’a pu sauver / Leurs mercenaires [hirelings8] ni leurs esclaves / De la terrible déroute / et de la misère et de la tombe. » Au moment où ce couplet est écrit, le terme hireling est dégradant. Pour Roediger, de nombreux degrés de dépendance touchent les Blancs au 18e siècle : l’apprentissage, le statut d’indentured servant9, le recrutement forcé et le travail contraint. Dans ce contexte, toute tentative de tracer une démarcation claire entre un « travailleur blanc idéalisé et un travailleur noir pitoyable ou méprisable » est vaine. Selon Roediger, au 18e siècle, la race est une réalité bien plus floue et ambiguë qu’elle ne deviendra par la suite en raison de la grande diversité des situations de « non-liberté » parmi les Blancs et du succès populaire des dénonciations de l’esclavage pendant la période de la guerre révolutionnaire pour l’indépendance. Cependant, l’augmentation du nombre de hirelings entre 1800 et 1860 et la transformation progressive de l’économie avec la généralisation du salariat posent problème à l’idéologie républicaine.

Selon Roediger, le contexte social particulier qui mène à l’identification du « Blanc » au « travailleur » ne se cristallise pas avant le 19e siècle. Ce n’est que dans les années 1860, quand la moitié de la main-d’œuvre non servile est alors salariée et soumise à une nouvelle discipline capitaliste de travail que ce processus arrive à son terme alors même que s’estompe l’idéal d’indépendance économique, qui avait enflammé l’imaginaire national pendant la guerre révolutionnaire. L’historien Gordon Wood décrit le sentiment largement partagé de changement global du début du 19e siècle :

Meurtres, suicides, vols et vandalisme se généralisent en réponse au fardeau de la liberté et de l’appât du gain qui pèsent sur chacun. […] Les émeutes urbaines sont plus nombreuses et plus destructrices. Les bagarres de rue, dans les tavernes et les théâtres, les grèves, les conflits raciaux et sociaux… tout s’aggrave sensiblement à partir de 1800. […] Si l’Amérique reste encore un pays largement rural et agricole, c’est néanmoins désormais le pays du commerce généralisé le plus important du monde10.

La formation de l’empire commercial américain est un phénomène inédit.

Les nouvelles relations sociales et les nouvelles productions qui se développent pendant cette rude transition vers le capitalisme donnent naissance à une nouvelle rhétorique politique qui tente tant bien que mal de redéfinir les relations de travail dégradées diversement désignées comme « esclavage salarié », « esclavage blanc » ou « travail blanc libre ».

Pour Roediger, l’attachement des travailleurs à la blanchité durant le 19e siècle s’explique largement par la revendication de pleine citoyenneté républicaine et par l’affirmation de la masculinité. Avant la Guerre civile, la couleur noire « manifeste presque toujours l’absence des qualités propres à l’homme libre ». Rien de nouveau dans cette assertion, mais Roediger ajoute que les Noirs sont alors perçus comme des « anti-citoyens », des ennemis du contrat social. En effet, l’agitation politique visant à garantir le droit de vote pour tous les hommes11 libres [freemen] se double d’efforts considérables pour empêcher les Noirs d’exercer ce droit. Afin de creuser l’écart entre le travailleur noir et le nouveau salarié blanc, de nouveaux mots désignant les serviteurs blancs apparaissent et se généralisent : aide [help] ou ouvrier à gages [hired hand]. Roediger montre que ces innovations sont le fait des travailleurs blancs et non, comme certains historiens le soutiennent, des employeurs. De la même manière, ils rejettent le nom de maître [master], qui rappelle trop l’esclavage, et le remplacent par le mot néerlandais boss – encore absent du dictionnaire Webster en 1829 –, qui a exactement le même sens mais qui sonne différemment.

L’étonnante évolution du terme argotique coon12 – qui désigne d’abord un « péquenaud » ou un « petit gars de la ville » –, illustre parfaitement la thèse de Roediger. Pendant la campagne présidentielle de 1840, la coiffe en peau de raton-laveur de Davy Crockett devient le symbole du Parti whig. Les démocrates les appellent ainsi ironiquement « ratons » [coons] et ceux de New York désignent les whigs comme le « Federal Whig Coon Party ». Mais quelques décennies plus tard, le personnage de spectacle grimé en noir [blackface13] Zipcoon incarne le stéréotype du Noir libre du Nord, dandy et irresponsable. À la fin du siècle, le genre musical des « coon songs » [« chansons de raton »]est si populaire que des millions de partitions sont imprimées et vendues. Pour Roediger, le succès phénoménal après la Guerre civile de ce genre musical vient de sa propension à permettre aux travailleurs blancs de projeter sur les Noirs libérés des valeurs et comportements qui les fascinent autant qu’ils les angoissent. Afin de salir leurs adversaires politiques favorables à l’abolition de l’esclavage, les démocrates forgent le mot de miscegenation à partir de deux racines latines : miscere, qui signifie mélanger et genus qui désigne la race. Le mot est introduit en 1863 dans un pamphlet démocrate qui insinue que soutenir les républicains mènerait au spectre du mélange racial appelé brassage. Le terme a porté et devient le leitmotiv de la rhétorique politique de cette époque qui redoute l’abâtardissement des États-Unis.

Dans son livre, Roediger utilise la notion de démocratie herrenvolk14. Il construit ce terme à partir du concept de républicanisme herrenvolk forgé par le sociologue Pierre L. van den Berghe et appliqué aux gouvernements d’Afrique du Sud et des États-Unis. Il désigne ainsi des gouvernements démocratiques pour la race des maîtres mais tyranniques pour les groupes raciaux subordonnés. Ce cadre idéologique exclut les Noirs des rangs des producteurs et encourage l’attaque de ceux qui sont en dessous (les Noirs dépendants) plutôt que ceux qui sont au-dessus (les Blancs les plus puissants). La force de cette idéologie, d’après Roediger, est de rassurer les Blancs qui craignent sans cesse le déclassement social : quoi qu’il puisse leur arriver, ils ne perdront jamais leur blanchité. Le livre n’accorde que peu d’attention à la seconde moitié du 19e siècle, quand les Noirs sont privés des droits politiques reconnus dans les amendements à la Constitution et dans les Civil Rights Acts15 issus de la Guerre civile. C’est pourtant lors de cette période que se consolide la république herrenvolk. En 1877, la levée par le Congrès de l’occupation militaire des États confédérés signe la fin de la période de réformes initiées pendant la Reconstruction et le retour des démocrates blancs sudistes. Les lois, les tribunaux et les milices du Sud imposent des régimes paternalistes qui réduisent les Noirs au rang de paysans privés de droits et ségrégués, aux chances de progrès économique ou politique très minces. L’analyse de Roediger sur l’adhésion de masse au suprématisme blanc montre que l’émancipation de quatre millions de Noirs n’a nullement amoindri le préjugé tenace quant à leur infériorité. Mais, écrit-il, « l’émancipation a eu des effets bien plus profonds et dramatiques sur la manière dont […] les travailleurs se voient eux-mêmes ».

Le paradigme du livre est illustré par les Irlandais qui embrassent à corps perdu la blanchité. Pour les protestants blancs du 19e siècle, l’appartenance des immigrants celtes à la race blanche reste hypothétique. Ils sont diabolisés, ségrégués et fustigés comme sauvages, simiesques et inhumains. Ce besoin impérieux qu’ont les immigrants irlandais fuyant la Grande Famine de se définir comme blancs, malgré leur aversion pour les Britanniques et leurs descendants nord-américains, s’explique par le salaire « public et psychologique » qu’offre la blanchité à ces travailleurs qui luttent pour leur survie dans une société industrielle qui les méprise.

Le Salaire du Blanc part du même constat que celui de nombreux universitaires noirs : la question raciale est un problème de Blancs16. Selon Roediger, l’approche traditionnelle de l’histoire sociale continue à simplifier à l’excès la question de la race : la blanchité étant considérée comme neutre tant qu’on ne prend pas en compte le rôle joué par les travailleurs eux-mêmes dans la création de leur identité raciale. C’est aujourd’hui un acquis grâce à l’approche néomarxiste qui reconnaît dans les travailleurs des acteurs historiques libres de leurs choix et créateurs de leur propre culture. Cependant, la nouvelle histoire sociale rechigne toujours à reconnaître la part des travailleurs dans la création de la « suprématie blanche » et de la « blanchité ». Elle s’accroche à l’idée que ce sont les rapports économiques qui créent le racisme. Roediger se détache du primat accordé par les historiens marxistes à la classe sur la race au nom d’une prétendue plus grande objectivité ou d’une plus grande importance politique17.

En tant qu’historien, Roediger soutient que « la tâche la plus urgente n’est pas de séparer la classe et la race mais bien plutôt de les rapprocher ». Il propose de reconceptualiser la notion de classe afin de prendre en compte la part de la race dans la conscience de classe.

La notion de race est clivante. Le professeur Lani Guinier a noté que les Américains ont « appris à percevoir la race comme un sujet de culpabilité et de condamnation ». Elle remarque que dans le contexte polarisé de notre débat politique, on ne fait guère plus qu’invoquer la race pour expliquer nos problèmes. Pour certains, l’étendue de la question est telle que les solutions sont prises pour des problèmes. Je pense que l’analyse de Roediger est particulièrement lumineuse pour éclairer la capacité du racisme à perdurer. Si, comme il le soutient, la toute jeune classe ouvrière du 19e siècle se saisit de la blanchité comme un moyen de calmer sa peur de la dépendance et son angoisse face à la discipline capitaliste, peut-on prévoir une résurgence du suprématisme blanc destiné à contrer les peurs nées de la spirale infernale de la mondialisation, du déclassement et de l’immigration économique ? Comment les pauvres, la classe ouvrière blanche, les Noirs, les Latinos et les autres peuvent-ils trouver un terrain d’entente s’ils ne se reconnaissent pas d’intérêts communs, se demande Guinier. Il est clair que cet illusoire salaire si longtemps offert par le racisme blanc continue d’inquiéter notre démocratie et de mutiler notre humanité.

Kathleen Cleaver18

New Haven, février 2007

Notes

1. Toni Morrison, Playing in the Dark : Whiteness and the Literary Imagination, Cambridge, Vintage, 1992, p. 11.

2. W.E.B. Du Bois, The World and Africa : An Inquiry into the Part Which Africa has Played in World History, New York, International Publishers, 1965, p. 18-21.

3. NdT : L’après-guerre de Sécession, 1865-1877, période d’occupation militaire des États du Sud qui met fin au régime esclavagiste.

4. W.E.B. Du Bois, Black Reconstruction in America, 1860-1880, New York, Simon et Schuster [1935], 1971, p. 700-701.

5. Ibid.

6. Mark D. Howe (éd.), The Occasional Speeches of Oliver Wendell Holmes, Cambridge, Harvard University Press, 1962, p. 22.

7. NdT : « La bannière étoilée ». Poème composé en 1814 et devenu en 1931 l’hymne national des États-Unis d’Amérique.

8. NdT : Hireling désigne un mercenaire, un larbin, une personne qui travaille pour percevoir un salaire en contrepartie d’un travail, d’un service. Voir le chapitre 3.

9. NdT : Voir le chapitre 2 et particulièrement la note 22.

10. Gordon S. Wood, The Radicalism of the American Revolution, New York, Vintage, 1992, p. 306-313.

11. NdT : Par hommes (male suffrage, freemen), il faut entendre ici les individus de sexe masculin.

12. NdT : Coon est l’équivalent de raton en français, y compris dans son acception raciste. Terme injurieux, il est synonyme de « Négro » ; il désigne également le raton-laveur (racoon) aux États-Unis dans le langage familier.

13. NdT : Voir le chapitre 5.

14. NdT : Pour la notion de démocratie herrenvolk, voir p. 89. Pierre L. van den Berghe, Race and Racism : A Comparative Perspective, New York, John Wiley & Sons, 1978, p. 126.

15. Le 13e amendement à la Constitution, ratifié en 1865, abolit l’esclavage sur tout le territoire des États-Unis et autorise le Congrès à prendre les mesures législatives nécessaires à son application. Le Civil Rights Act, adopté en 1866 malgré le veto du Président Johnson, garantit la citoyenneté à tous les individus nés aux États-Unis [à l’exception des Indiens], l’égalité devant la loi et la protection des libertés et de la propriété. Il autorise également les poursuites judiciaires contre ceux qui contreviendraient à ces dispositions. En 1868, le 14e amendement écarte toutes les questions sur la constitutionnalité de la loi de 1866. La loi de 1870 (Enforcement Act) et la loi sur le Ku Klux Klan (1871) confèrent aux tribunaux fédéraux le droit d’intervenir contre les milices du Sud qui terrorisent les Noirs libérés pour les soumettre au contrôle des Blancs. Le 15e amendement (1870) interdit aux États de refuser l’exercice du droit de vote aux hommes noirs. En 1875, le Congrès adopte un nouveau Civil Rights Act qui interdit toute discrimination raciale dans les lieux publics. Cette nouvelle loi sera déclarée non constitutionnelle par la Cour suprême en 1883, ouvrant ainsi la voie à la décision Plessy vs Ferguson (1896) qui déclare non constitutionnelle l’interdiction de la ségrégation raciale en se basant sur le principe « égaux mais séparés ».

16. Voir Ralph Ellison, « Beating that boy », dans Shadow and Act, New York, Signet, 1964, p. 99-100 ; Du Bois, The World and Africa…, op. cit., chap. 2 ; James Baldwin, The Price of the Ticket, New York, St. Martin’s Press, 1985, p. 66, 87-89, 241.

17. Voir Barbara J. Fields, « Ideology and race in American History », dans J. Morgan Kouser et James M. McPherson (éd.), Region, Race and Reconstruction, New York, Oxford University Press, 1982, p. 150-151, 168-169. Fields conclut que contrairement à la classe qui peut asseoir sa réalité économique indépendamment de la conscience sociale, la race n’a qu’une objectivité trompeuse. Les deux concepts n’ont donc pas la même valeur. Elle écrit que la race est « le vecteur idéologique par lequel les Américains abordent les questions de souveraineté et de pouvoir […]. Malgré les changements intervenus, [la race] reste un vecteur idéologique prédominant parce que la défaite de l’esclavage a eu des conséquences durables sur les relations entre les Blancs, conséquences qui ne sont pas moins importantes que celles entre les Blancs et les Noirs. »

18. NdT : Membre du Student Nonviolent Coordinating Committee (SNCC) puis porte-parole du Black Panther Party. Réfugiée en Algérie et en France où elle obtient le droit d’asile, elle rentre aux États-Unis en 1974.


la lecture de ce livre montre une chose assez peu développée ailleurs : la construction de la race blanche et de la classe ouvrière américaine est un phénomène relativement tardif qui n'intervient qu'au 19è siècle. On dira normal, pas avant le capitalisme d'industrie... Mais ce qui est intéressant c'est l'ensemble des processus extrêmement complexes à travers lesquels cela se produit

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MessageSujet: Re: les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ   Dim 1 Avr - 6:03


Dauvé négationniste franchouillard

fidèle à sa nouvelle orientation théorique profil bas depuis l'arrêt de troploin et la disparition de Karl Nesic, DDT 21 (Gilles Dauvé et Tristan Leoni) nous gratifie de textes "discursifs" pour reprendre un terme de dndf (ici). Incidemment il se trouve que la question raciale y prend de plus en plus de place, comme par ailleurs, mais fort différemment, chez Théorie Communiste. Gilles Dauvé, avec sa délicatesse littéraire habituelle, distille le credo de son universalisme prolétarien, sans trop regarder à la rigueur. En chute d'un texte très intéressant, White Riot. Classe et race dans le Rand en 1922, comme un cheveu sur la soupe à la grimace :

Gilles Dauvé a écrit:
Au fond, ce que nous dit ce concept de « blanchité » ou « blanchitude », c’est que le prolétaire blanc serait moins prolétaire que blanc (et, quant à lui, le prolétaire noir plus noir que prolétaire). Le prolétaire ne se définirait plus à partir de sa place dans les rapports de production, mais dans les relations de race. Il ne serait plus déterminé par son exploitation par le bourgeois (et son opposition à lui), mais au moins autant sinon davantage par la position (dominante ou dominée) que lui donnerait sa couleur de peau. En conséquence, le dépassement du racisme ne serait plus le résultat d’une lutte commune des prolétaires blancs et noirs, mais d’une lutte du prolétaire blanc (s’il en est capable) contre sa propre blanchité, et du prolétaire noir pour affirmer une identité de couleur – pourtant imposée par le capitalisme. Au bout du compte, que l’on continue ou non à parler de classes, la classe est considérée comme secondaire (provisoirement peut-être) par rapport à la race, laquelle se trouve promue thème de lutte prioritaire7.

La couleur de peau n’est d’ailleurs qu’un des facteurs possibles de fractionnement, il en est d’autres, la discrimination homme/femme, la nationalité, la religion… Historiquement, les prolétaires ont été plus désunis que solidaires, et la vraie question, c’est comment dépasser ces divisions. Tant qu’on lutte pour l’emploi, on lutte pour une place dans le capitalisme, contre le patron, mais ce peut être aussi contre des prolétaires concurrents. Même si abondent les exemples de luttes unissant tous les ouvriers d’une entreprise (le Maghrébin comme le « Français » qui quelque temps avant pouvait tenir des propos racistes), les prolétaires s’exposent toujours au risque d’être divisés tant qu’ils luttent en tant que travail.

Nous vivons un « entre-deux ». Quand décline le vieux mouvement ouvrier sans qu’émerge un dépassement positif8, il est tentant de remplacer (pour les post-marxistes) ou compléter (pour ceux qui tiennent à Marx) « la classe » par une addition de minorités, chacune pouvant être le prétexte d’un nouveau « front de lutte » basé sur un type spécifique de domination.

L’émeute « blanche » du Rand, c’était en 1922. Mais on n’en n’a pas fini avec les classes… et « la race ».

7 Sur l’évolution du concept de « race » et son usage récent, voir Tristan Leoni, « Race et Nouvelle droite », mars 2018

ces affirmations sur l'usage du concept de blanchité (whiteness) sont une caricature du moins de ce qu'en font les marxistes conséquents (inutile de les qualifier de "post-marxistes" pour les invalider au nom d'un vari Marx qui n'en peut mais...), comme le montre la traduction française du livre de David R. Roediger le salaire du blanc. (The Wages of Whiteness. Race and the Making of the American Working Class 1991), sans parler d'un incapacité dialectique à penser toute articulation de la classe et de la race, comme par ailleurs du genre, et nous ne faisons pas ici allusion aux platitudes universitaires sur l'intersectionnalité. Sans parler non plus des débats sur le "marxisme décolonial", savamment évités (quand on n'a rien à dire, on s'attaque aux maillons faibles, procédé assez typique d'une arrogance marxiste française ignorant son ignorance)

cette rhétorique à deux balles est tout simplement petite et intellectuellement malhonnête, signe qui ne trompe pas sur la difficulté de ces théoriciens à soutenir des généralités inchangées depuis 40 ans. Non contents d'avoir sur ces questions trente ans de retard si ce n'est un siècle (WEB Dubois) qu'ils ne rattraperont pas en bâclant le travail théorique, il leur faut encore distribuer leur leçon française à tous les marxistes non-blancs de la planète, superbement ignorés : L'EUROCENTRISME actuel EST UN NÉGATIONNISME RACISTE réel

dans son agitation pathétique promise à la stérilité, Dauvé me fait penser au Capitaine Haddock... le sparadrap de sa "race" lui colle à l'esprit




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