PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

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 ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions

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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mar 24 Nov - 21:00


L’islamophobie, le nouvel antisémitisme ?

Déferlante islamophobe. Comme un avant-goût d’étoile jaune 23 novembre 2015


Sarah Macna a écrit:
« Il y a travail de noyaux salafistes dans un certain nombre de mosquées »

« Pas seulement dans les mosquées, je peux te dire, dans les rues, dans les immeubles... »


« Je vais y venir. Il faut être très vigilant sur les prêches des imams, je dis bien les prêches, c’est ça qui est important, que les prières soient en arabes, ça peut se comprendre, mais les prêches, qu’ils soient faits en français je pense que c’est important (…) parce que c’est là qu’il y a le message. »

Cet échange entre Julien Dray et le journaliste de RTL, lundi 23 novembre, apparaît désormais comme purement banal. Pour le secrétaire national du PS et membre fondateur de SOS Racisme, rien de choquant à laisser entendre publiquement que la pratique de l’islam et les imams seraient suspects et qu’il faudrait les contrôler, les surveiller. Car ils pourraient au moins faire l’effort de parler la langue « bien de chez nous », n’est-ce pas ? Derrière cette banalité islamophobe devenue quotidienne dans les médias, on retrouve avec effroi les mêmes ressorts qui, dans les années 1930, structuraient l’antisémitisme.

Depuis les attentats, la déferlante raciste bat son plein. Elle vient de l’extrême-droite la plus décomplexée mais également du sommet de l’État. Dès le 15 novembre, profitant de l’émotion, Bernard Cazeneuve, ministre de l’Intérieur, annonce qu’il souhaite « dissoudre les mosquées radicales ». Depuis, des dizaines de mosquées ont été perquisitionnées, sur la base de leur supposée appartenance à la mouvance salafiste.

A Aubervilliers, la salle de prière de la Fraternité a été retournée sens dessus dessous : meubles renversés, porte cassée malgré le fait que les responsables de la mosquée ont proposé aux policiers de leur donner les clés, étagères renversés, livres de prières retrouvés par terre. L’imam qui y officie, Hassan Bounamcha, est accusé d’avoir tenu des propos homophobes en 2013, et les médias relaient cette information comme l’une des raisons de suspecter cette mosquée. Si telle est la raison, on s’étonne alors que les églises et prêtres soutenant la « Manif pour tous » n’aient pas subi le même sort... On s’étonnera aussi que le prêtre Hervé Benoît de la Basilique de Fourvière à Lyon n’ait pas eu à subir de telles représailles suite à la publication de son article comparant les victimes du 13 novembre aux terroristes, affirmant « regardez les photos des spectateurs [du Bataclan] quelques instants avant le drame. Ces pauvres enfants de la génération bobo, en transe extatique (…) Leurs assassins, ces zombis-haschishin, sont leurs frères siamois. »

Derrière les mesures du gouvernement et le discours de Julien Dray, une même logique : instaurer l’idée que les musulmans sont suspects. Seulement du fait de leur religion, ils seraient complices des attentats meurtriers du 13 novembre. Complices de la barbarie, complices des courants les plus réactionnaires, complices de l’étranger. Mosquées, voiles, pratiques musulmanes ou même la langue arabe sont alors montrés du doigt, comme s’il fallait surveiller, contrôler que derrière chacun d’eux ne se cache pas un djihadiste en puissance.

Dans les années 1930, c’est ce même caractère « suspect » qui était dévolu aux personnes de confession juive. Dans les deux cas, il s’agit alors de démontrer que, juifs ou musulmans, ils ne prient pas « comme nous », prêchent « dans une autre langue », ont des interdits alimentaires qui les empêchent de « s’intégrer à la société française ». Les mosquées ont remplacé les synagogues, les produits hallal les produits kascher. Et les ghettos à contrôler sont toujours là : « la Seine-Saint-Denis pourrait dégager comme des ondes positives pour ces fous de dieu (…) on sait combien ce département concentre une population issue de l’immigration où le culte musulman est particulièrement présent (…) Du MacDo 100% halal au coiffeur strictement réservé aux femmes (…) le décor est posé » affirme tranquillement dans Le Figaro Guylain Chevrier, membre de la mission laïcité du Haut Conseil à l’Intégration de 2010 à 2013 pour expliquer la présence de l’auteur des attentats à Saint-Denis.

Autre élément similaire : la caractérisation des musulmans comme « venant d’ailleurs », mais aussi comme étant liés, de fait, à une grande puissance extérieure et prête à nous attaquer. Le fantasme du complot juif n’est plus si loin que ça, orchestrant de l’intérieur ou de l’extérieur la « judéisation » de la France, cette fois déclinée sus la forme de « l’islamisation » comme le répète à l’envi les tracts du Front National. Grand complot judéo-maçonnique autrefois, alliance souterraine « dans les rues et dans les immeubles » des musulmans aujourd’hui. Nez crochus et ongles pointus ne sont d’ailleurs pas bien éloignés des illustrations des tracts du Front National.

Cette politique de stigmatisation reprise aujourd’hui, de près ou de loin, par l’ensemble de la classe politique – du PS au FN – et retransmise en boucle sur nos écrans télé, trouve d’ores-et-déjà ses conséquences dans l’augmentation des attaques islamophobes et racistes par les groupuscules d’extrême droite. Comment ne pas les voir encouragées par les perquisitions musclées à tout va des forces de polices ? Comment ne pas les voir justifiées par les sorties xénophobes des membres de la classe politique ?

On remarquera néanmoins que la palme de la réaction Outre-Atlantique revient au favori des primaires républicaines. Donald Trump n’a pas hésité à affirmer qu’il fallait « ficher tous les musulmans résidant aux États-Unis ». Une idée qui ne serait pas sans déplaire à certains de nos politiciens de droite et d’extrême droite, voire même du gouvernement ? A cette déferlante fait porter la responsabilité des attentats à l’ensemble des personnes de confession musulmane ou d’origine immigrée, il va nous falloir répondre par une lutte décidée contre le racisme, contre tous les racismes, sans concession. Contre les discriminations à l’école, au travail ou dans la rue, il ne faut pas laisser la nouvelle étoile jaune s’installer.




Dernière édition par Admin le Jeu 4 Fév - 18:56, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mer 25 Nov - 5:09



Islam et acculturation : évitons les amalgames Novembre 24 2015

Dans une tribune publiée par Zaman France, l'enseignant et conférencier Djilali Elabed répond aux critiques du chroniqueur Mouhib Jaroui sur la notion d'acculturation reprise par certains intellectuels musulmans en France. Il appelle à éviter l'amalgame entre acculturation et assimilation.


Citation :
Pour dénoncer sociologiquement l’appel à l’acculturation de certains imams français, le chroniqueur et enseignant Mouhib Jaroui développe une longue litanie que l’on pourrait qualifier « d’orienté » pour tenter de démontrer à coup de références, certes sociologiques mais qui passent à côté de l’essentiel, que ce concept est incertain, qu’il est aléatoire dans ses modalités et qu’il est donc vain d’appeler à une quelconque acculturation. L'auteur confond d'après nous deux registres : celui de la relative neutralité axiologique en sciences humaines et le registre de la théologie et du droit musulman. Le théologien ne se plie pas aux conclusions du sociologue, de même qu’il ne les ignore pas. En clair, le théologien utilise les outils sociologiques pour effectivement produire un discours et des avis juridiques en fonction de ses propres objectifs.

La critique de l’auteur s’entête à donner le sens d’assimilation au processus d’acculturation alors que les acteurs musulmans qui l’emploient ne l’assimilent nullement à ce processus s’accompagnant de déculturation.

L’auteur du texte dit :

«Remarquons bien, d’une part, que le phénomène d’acculturation survient lors d’une situation d’arrivée d’une nouvelle culture dans un environnement qui lui est étranger, celui de la culture d’accueil, et d’autre part, remarquons ensuite que le phénomène d'acculturation traduit une pluralité de modalités de changements culturels qui surviennent suite à des interactions entre groupes ethniques ou de cultures différentes, et peut, le cas échéant, déboucher sur une assimilation, mais pas nécessairement, car d’autres configurations relationnelles sont possibles, comme le stipule cette définition.»

Ne pas mélanger les postures

Du point de vue des sciences sociales l’acculturation est certes indéterminée puisque les agents sont définitivement libres et insaisissables vu la complexité tant des individus, que de l’environnement dans lequel ils évoluent. Doit-on en conclure qu’il faille laisser les choses se faire puisque l’observateur extérieur (le sociologue) stipule la dimension aléatoire du résultat de la rencontre de différentes cultures ? Dit autrement, sommes nous tenus par les conclusions du sociologue et de manière générale des experts en sciences sociales ?

La posture du sociologue n’est ni celle du théologien, ni celle plus globalement de l’intellectuel engagé. Pour ces derniers, les travaux sociologiques sont des outils, une matière première utile dans la confection du discours, de la planification et une aide à la prise de décisions mais il serait erroné de penser que nous sommes tenus par ce que dit le sociologue.

Plus encore à l’image de ce que nous dit Emile Durkheim, la sociologie peut être au service de la bonne marche de la société et de la cohésion sociale : «Nous estimerions que nos recherches ne méritent pas une heure de peine si elles ne devaient avoir qu’un intérêt spéculatif».

Or, la critique de M. Jaroui ressemble bien à une spéculation sans intérêt ou à un sophisme dans le seul objectif d’aller à contre courant de cette volonté affichée de faire de l’islam une composante de l’identité de ce pays.


A titre d’exemple, si nous sommes tenus par l’indétermination de l’acculturation alors serions nous aussi tenus par le concept de l’homo oeconomicus en économie ? Les incitations égoïstes, dans la théorie orthodoxe, concourent à l’intérêt général, donc selon la même logique devrions nous rester observateur et regarder les choses se faire ? Il paraît évident qu’il n’existe ni main invisible «économique» ni main invisible «sociologique» et que tant au niveau économique que sociétal rien n’interdit, bien au contraire, d’intervenir pour orienter les comportements.

«En effet, qu’ils soient imâm ou responsable d’une association relative à la question islamique, certains musulmans emploient ce concept en lui donnant le sens d’assimilation, en appelant sur un ton assez normatif, et donc contraire à l’esprit de la sociologie et à l’anthropologie, à une acculturation.» et plus loin : «Alors pourquoi ce sens tronqué attribué à l’acculturation ? Pourquoi assimiler l’acculturation à l’assimilation ?»

L'acculturation n'est pas l'assimilation

Il n’y a, bien évidemment, aucune cohérence dans l’argumentation puisque l’imam ou le responsable d’association ne jugent pas en conformité avec l’esprit de la sociologie et de l’anthropologie. Si tel était le cas, faut-il en conclure qu’il ne faut porter aucun jugement de valeurs ? Dois-je rappeler les travaux des premières anthropologues sur les sociétés «primitives» et leurs conclusions qui servent d’arguments en faveur du mariage homosexuel ou plus généralement sur la question du genre ? Faut-il là aussi se conformer à l’esprit de la sociologie ?

S’agissant de l’aspect normatif, qu’y a t-il de surprenant lorsque cela provient d’un imam ou d’un théologien qui émet une fatwa. Un avis juridique a nécessairement une dimension normative sans que cela n’oblige l’individu, notamment si le contexte dans lequel il évolue est marqué par l’absence de droit musulman dans sa dimension formelle et contraignante.

Il ne s’agit aucunement d’appeler à l’assimilation, mais bien à une acculturation «orientée».

S’agissant du contexte d’apparition de la notion d’acculturation l’auteur du texte dit: « Il est de surcroît important de souligner les divergences de compréhension de ce concept dont la généalogie est fort douteuse : «Acculturation : modification d’une culture au contact d’une autre (…) A une époque marquée par le colonialisme et les transformations opérées au sein des sociétés traditionnelles par la modernité, on a surtout employé le terme d’acculturation dans le cas d’une culture dominée qui se trouve mise au contact d’une culture dominante, subit très fortement son influence et perd de sa propre substance originelle». (Le dictionnaire des sciences humaines, sous la direction de Jean-François Dortier, éditions sciences humaines, p.3). »

On peut certes conjecturer sur l’emploi idéologisé de la notion mais il faut aussi tout simplement rappeler que la sociologie et les nombreuses notions qui l’y accompagnent sont nées au XIXème siècle et donc de fait, durant la période coloniale.


Philistin, bohémien et créatif

Contrairement à ce qui est dit, les sociologues se sont penchés non seulement sur les modalités de l’acculturation, mais aussi sur les stratégies des acteurs qui reconfigurent leur identité dans l’objectif de mieux s’intégrer dans un groupement et une culture nouvelle. Comme nous allons le voir, ces travaux peuvent servir aux différents décideurs et leaders d’opinion dans l’objectif de favoriser l’intégration et la cohésion sociale en évitant ainsi la désorganisation et la démoralisation sociale pour reprendre les termes des sociologues américains du début du XXème siècle.

En effet, la première étude sociologique d’ampleur a été menée par William Isaac Thomas et Florian Znaniecki, sous le titre de «le paysan polonais», mettant en scène les déboires et les succès de migrants polonais aux Etats-Unis. Ils font apparaître trois types d’attitudes face à leur nouvel environnement ; celle conformiste du «philistin» qui est incapable de s’adapter aux changements, celle du «bohémien» qui se perd entre les normes héritées et les nouvelles qu’il ne peut correctement intériorisées et enfin l’attitude du «créatif» qui conserve des éléments importants de son identité sans se fermer sur les valeurs de la société américaine.

«L’ensemble des attitudes qui constituent le caractère peut être tel qu’il empêche quasiment la formation d’une nouvelle attitude dans des conditions de vie donnée, parce que les attitudes réfléchies de l’individu ont atteint une telle fixité qu’il n’est plus sensible qu’à une seule catégorie d’influence, celle qui forme la partie la plus permanente de son milieu social. Les seules possibilités d’évolution qui restent à l’individu sont soit les lents changements qu’il subira avec l’âge et que le temps apportera à son milieu social, soit un bouleversement des conditions tellement radical qu’il détruira à la fois les valeurs auxquelles il s’était adapté et, très probablement, sa propre personnalité. Le «philistin» est l’incarnation littéraire de ce type de personnalité. On l’oppose au type «bohémien» dont les possibilités d’évolution ne sont pas fermées par la simple raison que son caractère en est resté à un stade de la formation inachevée. Certains aspects de son caractère en sont encore au stade primaire, et, si d’autres se sont peut être intellectualisés, ils restent sans aucune relation entre eux et ne forment pas un ensemble stable et systématisé ; ceci n’exclut cependant pas la formation de nouvelles attitudes, ce qui laisse l’individu ouvert à toutes les influences. A l’opposé de ces deux types, l’on trouvera une troisième catégorie d’individus dont le caractère s’est stabilisé et structuré mais qui présente la possibilité et même la nécessité d’une évolution, parce que les attitudes réfléchies qui le composent présentent elles-mêmes une tendance au changement réglée par des projets d’activités productives ; l’individu restera ouvert à toutes les influences qui seront conformes à son évolution préconçue. Ce type représente l’individu créatif.» Le paysan polonais, Thomas et Znaniecki.

La responsabilité des imams et des théologiens

Des études plus récentes sur le phénomène d’acculturation vont s’intéresser aux choix de comportements individuels comme collectifs en lien avec les finalités ou objectifs des groupes étudiés. Deux paramètres sont à la base des stratégies d’acculturation ; préservation de la culture d’origine et établissement de relations avec le groupe de culture majoritaire. C’est ainsi que John William Berry utilise l’expression de «stratégie» d’acculturation. Nous voyons bien qu’à l’échelle individuelle comme à l’échelle collective, l’acculturation peut obéir à une planification en fonction des objectifs fixés.



Etudiants du cursus "multiculturalisme, laïcité et religion"
dispensé à l'université catholique de Paris

«Le concept de stratégies d’acculturation a vu le jour durant mon travail sur les Aborigènes d’Australie dans les années 60 (je les appelais à l’époque ‘’attitudes relationnelles’’ (Berry,1970). En gros, le concept a trait aux préférences de la part des individus de groupes culturels non dominants dans leurs façons de s’identifier à leurs propres cultures à celle des autres dans la vie quotidienne… Peu après, j’ai élargi le concept aux groupes dominants en incluant à la fois les politiques nationales et les préférences des membres de groupes dominants ».

On se demande pour quelles raisons les imams et responsables musulmans seraient tenus de suivre un certain «esprit de la sociologie» et devraient laisser la planification de la construction identitaire à d’autres. Bien au contraire, ils sont les mieux placés, notamment les imams et théologiens, pour orienter les attitudes à condition de saisir tous les enjeux d’ordres confessionnels et identitaires.

Cependant, il faut reconnaître un manque de clarté dans cet appel à l’acculturation puisque de fait il y a acculturation.

L’auteur dit : «En effet, qu’a-t-elle d’extraordinaire l’acculturation si l’on ne problématise pas les issues potentielles, à moins que l’on suppose que certains musulmans n’entretiendraient aucune relation avec les éléments de leur environnement français ?»

Les enjeux de cet acculturation n’ont peut être pas été suffisamment explicités. Profitons donc de l’occasion pour les mettre en évidence. Il s’agit d’une acculturation clairement orientée, visant à ce que les musulmans opèrent des choix de pratiques culturelles et cultuelles leur permettant de s’insérer paisiblement dans un environnement culturel, qui même s’il n’ignore pas l’islam demeure méfiant vis à vis de lui.

Une image de l'islam dégradée en France

Sans tomber dans un certain essentialisme, on ne peut nier l’existence de particularités musulmanes comme on ne peut faire comme si la France était une terre vierge à l’arrivée de vagues migratoire à partir des années 60. Il suffit de comparer à titre d’exemple les prénoms, les rues, les fêtes et les jours fériés, le nombre d’églises et de mosquées…La République laïque est une chose, le peuple français et son histoire en sont une autre.



Pour le chroniqueur Djilali Elabed, la problématique de la crispation identitaire
ne concerne pas seulement le "petit blanc"
Cette crainte de perte d’identité (qu’il ne faut certes ni essentialiser, ni figer), pour une masse de plus en plus importante de Français, est un fait qu’il ne faut pas négliger. Cette «insécurité culturelle» s’explique par des raisons économiques et sociales, par la mondialisation mais aussi par la crainte d’un islam apparaissant comme conquérant. Ce sentiment d’insécurité réel est bien étayé par le politologue Bouvet dans son petit ouvrage «l’insécurité culturelle».

«Le rejet de la pratique religieuse ainsi exprimé se double d’un doute sur la compatibilité de l’islam avec les « valeurs de la République » et notamment avec la laïcité. Dans l’enquête Ipsos-Cevipof « Les nouvelles fractures », de janvier 2013, 74 % des personnes interrogées estiment que l’islam est une religion intolérante, incompatible avec le principe de laïcité notamment, et 80 % pensent que l’islam cherche au contraire à imposer son mode de fonctionnement aux autres. »

Plus loin il écrit encore :

«Et toutes les enquêtes sur l’islam en France indiquent la même dégradation de l’image de cette religion. Sont mises en cause à la fois les croyances et les pratiques culturelles. Les vêtements, entre voiles et djellabas , sont décriés, autant que les usages alimentaires, au centre desquels se trouve le hallal.»

Puis en s’appuyant sur Cuche, Bouvet pose la question sensible de l’identité en lien avec la culture : «On suivra d’ailleurs, de ce point de vue, Denys Cuche : «La mode identitaire récente est le prolongement du phénomène d’exaltation de la différence qui a surgi dans les années soixante-dix et qui a été le fait de mouvances idéologiques très diverses, voire opposées, qu’elles aient fait l’apologie de la société multiculturelle, d’un côté, ou, au contraire, du «chacun chez soi pour rester soi-même», de l’autre côté».

Il est donc inexact de croire que ce sentiment d’insécurité soit le fait de racistes et d’islamophobes primaires et qu’il ne touche qu’une partie marginale de la population française. De même qu’il est erroné de penser que ce sentiment d’insécurité soit seulement une fabrication des médias et d’hommes politiques peu soucieux de déontologie.

Cette crispation identitaire n’est pas l’apanage du «petit blanc» et on perçoit de plus en plus un repli identitaire chez certains musulmans (affectés par une islamophobie montante) laissant apparaître des signes distinctifs. Le danger de voir se développer des «mondes» coexistants et hermétiques est bien réel.

Ibn Hanbal et Ibn Taymiyya à la rescousse

Face à cette situation préoccupante, le théologien, l’imam ou le cadre associatif doivent tenir un discours de responsabilité et d’apaisement consistant à dépoussiérer les pratiques musulmanes de ce qu’elles ont de plus superflu et leur donner une enveloppe correspondant aux us et coutumes locales.

En réalité cette démarche n’est en rien porteuse de trahison ou de soumission mais correspond en réalité à une juste compréhension à la fois de l’universalité de l’islam mais aussi des priorités du droit musulman. La preuve en est cet avis juridique du théologien de la période classique Ibn Taymiyya que l’on ne peut soupçonner de laxisme.


Citation :
«Si un musulman se trouve dans un pays en guerre contre les musulmans -dâr harb- ou dans un pays non musulman qui n’est pas en guerre contre les musulmans, il n’est pas tenu de se distinguer d’eux dans l’aspect extérieur en raison du mal qui peut l’atteindre. Bien au contraire, il est préférable au musulman, voire obligatoire, de s’associer, parfois, à eux dans certaines pratiques extérieures quand c’est pour un intérêt religieux comme le fait de les appeler à l’islam et d’autres objectifs louables.»


De même que nous tenons des propos de L’imâm Ahmad qui ayant vu un homme portant un vêtement en étoffe rayée blanc et noir lui dit : «Enlève cet habit et porte les vêtements habituels de ton pays.»

Des avis juridiques récents, appartenant notamment à l’école malikite, déconseillent par exemple le port du voile intégral en Europe et invitent à porter un voile en harmonie avec les us et coutumes du pays.

Tout cela participe à l’intégration de l’islam dans un paysage qui lui était plus ou moins étranger durant les époques récentes. Il s’agit dans ce contexte d’opérer une intégration sans heurts de l’islam et des pratiques musulmanes qui se distingue de l’intégration du citoyen qui doit être l’œuvre non pas des théologiens mais des institutions de la République ainsi que de l’ensemble des instances de socialisation qu’il s’agisse de la famille ou des groupements appartenant à la société civile.

L’actualité ne devrait qu’accélérer ce processus inévitable…


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Jeu 26 Nov - 4:01



Etats-Unis: de nombreux incidents anti-musulmans depuis les attentats de Paris AFP, RTL Info 25 novembre 2015


Donald Trump, le 3 novembre 2015, à New YorkKENA BETANCUR

Les incidents contre les musulmans ont, depuis les attentats de Paris, atteint "un niveau sans précédent" aux Etats-Unis, nourris par les virulents discours de certains républicains comme Donald Trump en pleine campagne présidentielle, selon la principale association américaine de défense des droits civiques des musulmans


Citation :
"C'est du jamais vu sur une période aussi courte", explique à l'AFP Ibrahim Hooper, porte-parole du Council on American-Islamic Relations (CAIR). Y compris, selon lui, après le 11-Septembre.

Depuis le 13 novembre, des dizaines d'incidents anti-musulmans ont été signalés dans tout le pays: coups de feu contre une mosquée de Meriden dans le Connecticut (nord-est), où le FBI participe à l'enquête; vandalisme contre un centre islamique de Pflugerville au Texas dont la porte a été couverte d'excréments, un acte que la police a qualifié de "crime de haine"; un graffiti d'une tour Eiffel en signe de la paix - symbole des attentats de Paris - a également été peint sur un centre islamique d'Omaha dans le Nebraska (centre).

Au Texas, où une demi-douzaine d'incidents ont été signalés, les lumières extérieures et la porte de verre d'une mosquée à Lubbock ont été brisées. A Corpus Christi, le centre islamique a reçu des menaces demandant à ses fidèles "de se convertir au christianisme avant qu'il ne soit trop tard", selon CAIR. A Irving, une manifestation devant un centre islamique a dénoncé "l'islamisation de l'Amérique". Et un homme en treillis a également été arrêté à San Antonio, selon la police, après être rentré dans une mosquée, insultant les fidèles qui priaient.

CAIR évoque aussi des coups de feu contre la maison d'un couple musulman à Orlando (Floride), une femme voilée traitée de "terroriste", et un chauffeur de taxi éthiopien chrétien, pris pour un musulman, apparemment frappé et menacé par un passager se disant armé à Charlotte (Caroline du Nord).

"Nous avons déjà eu des poussées de crimes haineux contre les musulmans, mais sur des périodes plus longues", explique M. Hooper.

"Il y en a eu beaucoup après le 11-Septembre, mais à l'époque, il y avait aussi beaucoup de soutien pour la communauté musulmane. On ne voit plus ça", ajoute-t-il.

- Banalisation -

Selon lui, la rhétorique anti-musulmans déjà constatée après l'attentat contre Charlie Hebdo s'est aggravée, nourrie par le discours politique extrême de certains candidats républicains à la Maison Blanche.

"Nous voyons la banalisation de la haine anti-musulmans par des gens comme Donald Trump ou Ben Carson. Cela donne un faux sens de légitimité à ceux qui voudraient perpétrer des crimes de haine", explique M. Hooper.

Et les dirigeants politiques "ne répondent pas, ne réagissent pas à cette poussée de haine anti-musulmans".

Le milliardaire Donald Trump, en tête des sondages dans le camp républicain, a récemment affirmé avoir vu les images de "milliers" de musulmans applaudissant l'effondrement des tours du World Trade Center le 11-Septembre, depuis l'Etat voisin du New Jersey. Il a ajouté qu'il envisagerait le fichage des musulmans, voire l'imposition d'une carte d'identité spéciale. Il s'est aussi dit hostile à l'accueil de réfugiés syriens, tout comme 30 gouverneurs des 50 Etats américains.

Le républicain Ben Carson a lui comparé les réfugiés syriens à des "chiens enragés".

Dans le contexte de la campagne présidentielle, "les attentats à Paris ont eu un impact très négatif sur la communauté musulmane", estime aussi l'imam du centre islamique de Jamaica dans le Queens à New York, Shamsi Ali.

"Les musulmans sont inquiets", dit-il à l'AFP. Il ne déplore pas d'incident, mais la mosquée a néanmoins demandé à la police de participer à la sécurité. L'imam se dit "très content" de la réponse.

"Cette rhétorique n'est pas américaine",
dit-il. "Ce pays respecte les droits de chacun de vivre et pratiquer sa religion. Ce pays accueille les immigrants. Et les quelque 7 à 10 millions de musulmans font partie intégrante des Etats-Unis. Notre loyauté à ce pays, insiste-t-il, n'est pas inférieure à celle des autres".


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Ven 27 Nov - 5:57






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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Ven 27 Nov - 14:36



Les politiciens américains profitent des attentats à Paris pour attiser la xénophobie

Par Andre Damon
20 novembre 2015

Citation :


Aux États-Unis, le pays qui porte la plus grande responsabilité de l’actuelle crise des réfugiés pour avoir attisé la guerre civile en Syrie, les politiciens se sont bousculés ces derniers jours pour réclamer davantage de restrictions concernant l’admission de personnes fuyant la catastrophe qui affecte le Moyen-Orient.

Le but de cette intense campagne médiatique orchestrée par un groupe de candidats présidentiels républicains semi-fascistes, comme Donald Trump ou Ted Cruz, est de pervertir l’opinion publique et d’attiser un climat de peur et de xénophobie dans le but de faciliter un plus grand virage vers la droite de la politique gouvernementale.

Les gouverneurs de 26 États américains ont déclaré cette semaine ne pas vouloir laisser entrer dans leurs États les réfugiés venant de Syrie. En attendant, les républicains de la Chambre des représentants projettent de présenter aujourd’hui un projet de loi qui interdirait effectivement au gouvernement d’accepter des réfugiés syriens.

Dans le même temps, les politiciens américains ont fait des déclarations fascisantes dans les médias nationaux en réclamant la fermeture des mosquées, l’exclusion des réfugiés sur la base de la religion et même le recours à des camps de concentration pour garder les migrants.

Donald Trump, le magnat milliardaire de l’immobilier et candidat républicain à la présidence a déclaré lundi dans un entretien, « Je n’aimerais pas le faire [fermer les mosquées], mais c’est quelque chose qu’il faudra sérieusement envisager parce ce que certaines de ces idées et une partie de la haine – la haine absolue – viennent de ce voisinage. »

Ce même jour, le gouverneur de New Jersey et lui aussi candidat républicain à la présidentielle, avec de bonnes chances d’être désigné, Chris Christie, avait dit lors d’un entretien radiophonique vouloir interdire à n’importe quel réfugié d’entrer dans le pays, y compris « les orphelins de moins de 5 ans ».

Le sénateur texan Ted Cruz, un autre aspirant à la désignation comme candidat républicain à la présidentielle, a dit lundi vouloir chercher à interdire l’entrée des États-Unis aux musulmans syriens tout en acceptant les chrétiens. « Il n’y a pas de gros risque que des chrétiens commettent des actes de terrorisme », a dit Cruz lors d’une conférence de presse au lycée de Myrtle Beach en Caroline du sud.

Mardi, le gouverneur de la Louisiane, Bobby Jindal a dit avoir promulgué un décret recommandant à la police de dépister les réfugiés syriens. « J’ai publié un décret disant aux agences de tout mettre en œuvre… J’ai ordonné à la police de détecter ceux qui se trouvent déjà en Louisiane », a-t-il déclaré.

David A. Bowers, le maire de Roanoke en Virginie, fut peut-être le plus provocateur en invoquant d’un air approbateur l’histoire honteuse de l’Amérique relative à l’internement des Japonais américains dans des camps de concentration durant la Seconde Guerre mondiale. « On se rappellera que le président Franklin D. Roosevelt fut contraint d’emprisonner des ressortissants étrangers japonais après le bombardement de Pearl Harbor et il semblerait que la menace émanant de l’EI de nuire à l’Amérique est actuellement tout aussi réelle et sérieuse que l’était celle de nos ennemis d’antan », a écrit Bowers dans une lettre citée par le Roanoke Times.

Tout indique que ces déclarations ont déjà incité à la violence et à des menaces à l’encontre des communautés musulmanes. Le Conseil des relations américano-islamiques (Council on American Islamic Relations, CAIR) a dit lundi avoir reçu ces derniers jours une documentation relative au « vandalisme et à des menaces ciblant des mosquées au Texas, au Kentucky, en Virginie, au Nebraska, en Tennessee, en Ohio, à New York et dans d’autre États. » Il a ajouté, « Ces incidents répondent à un type de crimes haineux et à des incidents motivés par des préjugés dans tout le pays et qui ciblent des personnes et des propriétés associées ou considérées comme associées à l’islam et à la communauté musulmane américaine. »

En réaction aux déclarations faites par les républicains, le gouvernement Obama qui a déporté plus d’immigrants que n’importe quelle autre présidence de l’histoire américaine, et qui a claqué la porte à la grande majorité des personnes qui ont fui la Syrie, adopte une posture de bienveillance envers les réfugiés.

S’exprimant mardi depuis la Turquie, Obama a fait référence à certaines des propositions faites par les candidats républicains en déclarant, « Ce n’est pas américain, ce n’est pas qui nous sommes. Nous n’avons pas d’examens religieux pour notre compassion. » Les responsables de la Maison blanche ont dit par la suite que les gouverneurs n’avaient pas le pouvoir d’influencer la politique fédérale de l’immigration en ajoutant qu’Obama opposerait son veto à la loi des républicains restreignant l’admission des réfugiés.

En réalité, le gouvernement Obama a fait l’objet de critiques soutenues sur le plan international pour sa politique très restrictive à l’égard des réfugiés syriens. 200.000 personnes au moins ont été tuées des suites de la guerre civile en Syrie, tandis que 4,2 millions de personnes sont devenues des réfugiés et 7,8 millions d’autres ont été déplacées à l’intérieur de la Syrie. Les États-Unis cependant n’ont accepté que 1500 réfugiés syriens par an en projetant de relever ce chiffre à un niveau dérisoire de 10 000.

Parallèlement, le gouvernement Obama, de concert avec le gouvernement Hollande en France, se sert des attentats à Paris comme d’une occasion d’intensifier sa campagne de bombardement en Syrie et d’accroître ses efforts de contrôler par la force militaire la région toute entière.

(Article original paru le 19 novembre 2015)

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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mar 1 Déc - 12:33



« Grand meeting pour une politique de paix, de justice et de dignité »[/i] 30 Novembre 2015, Rédigé par [i]Repères anti-racistes




Dans une tribune unitaire, un collectif d’associations et de personnalités lancent un appel. Contre les dérives racistes et islamophobes de l’état d’urgence, la politique guerrière de la France, le tout sécuritaire et l’état d’exception liberticide, ils en appellent à la paix, la justice et la dignité lors d’un Grand meeting le vendredi 11 décembre 2015 à 18h30 à la Bourse du Travail de Saint-Denis

Citation :
Moins d’un an après les massacres de janvier, les attentats sanglants qui viennent de frapper l’Île-de-France nous ont laissés dans l’horreur.

Elle est d’une ampleur et d’une intensité inédite : l’organisation État islamique a perpétré des attentats à l’aveugle. La terreur a cédé le pas à la tristesse, l’angoisse, la sidération. Il nous faut dépasser l’hébétude pour saisir les causes profondes qui ont mené à inscrire de tels crimes dans notre quotidien, et pour construire un avenir qui ne cède rien au pire.

Au sommet de l’État, en lieu et place de ce nécessaire travail, les partis de gouvernement ont préféré la fuite en avant, entraînant avec eux nos vies, nos destins, nos libertés et ceux de peuples qui auront à souffrir la vengeance d’un crime dont ils ne sont pas les auteurs. Ils disposent pour cela du soutien du Front National.

L’état d’urgence a été décrété et prolongé pour trois mois. Nos dirigeants frappent par ailleurs la Syrie de plus belle, dans un esprit de revanche. Ils bombardent une cible opaque, en grande partie insaisissable, et frappent, encore et encore, des civils.

L’exception devient la règle, et la figure guerrière s’impose comme ligne de conduite pour l’État. Cette montée en puissance n’est pas fortuite : le militarisme est central dans la stratégie du gouvernement français. Depuis la crise de 2008, pour compenser ses faiblesses industrielles et commerciales, la France joue la carte du militarisme auprès de ses « partenaires » européens. Sous Hollande, cette dynamique s’est emballée. Les interventions militaires se sont multipliées (Mali, Centrafrique, Irak, Syrie, etc.) Les ventes d’armes françaises n’ont jamais été aussi florissantes – faisant grossir les colonnes de réfugiés.

Ce militarisme n’est pas sans lien avec la progression du « djihadisme » : les frappes françaises sont autant d’arguments pour recruter de nouveaux combattants, certains pays du Golfe alimentent les organisations djihadistes et sont la source de leur idéologie.

On nous propose d’accepter cette logique mortifère, d’en faire un étendard. On nous somme de consentir à l’esprit de revanche. On nous demande d’accepter que l’état de guerre devienne un principe de gouvernement.

Les conséquences de cette incorporation collective dans la guerre sont déjà là. Grèves, rassemblements et manifestations sont suspendus. L’état d’urgence banalise la fermeture des frontières, les contrôles au faciès, les assignations à résidence, le fichage généralisé, les perquisitions musclées dans les lieux de vie ou de culte, la déchéance de nationalité (en y soumettant des binationaux nés en France).

Nos dirigeants vont jusqu’à envisager de modifier la Constitution, d’élaborer de nouvelles prérogatives de l’état d’exception, dont les dispositions sont encore floues mais inquiétantes.

Le racisme et l’islamophobie, prenant le prétexte des attentats, redoublent de virulence, et s’exercent en toute impunité. Des mosquées vandalisées aux lynchages de personnes désignées comme musulmanes, ces violences s’exercent sans susciter l’indignation unanime de ces mêmes dirigeants qui prétendent pourtant assurer la sécurité de tous.

Dans cette situation, seule une politique de paix est en mesure d’apporter une réponse à la hauteur des événements. Nous avons besoin d’une idée neuve de la paix, pas seulement d’un retour au statu quo. Cette idée de paix, elle doit être active dans notre opposition aux guerres menées par nos gouvernements. Cette politique de paix doit s’inventer au cœur de nos solidarités avec le peuple syrien, qui subit la concurrence mortifère de deux contre-révolutions, celle de Bachar al-Assad et celle des groupes « djihadistes », ainsi que les bombardements de la coalition occidentale.

Cette paix, elle doit se faire également au sein même du territoire français, mais à la seule condition de lutter contre le racisme, l’islamophobie, les discriminations – qui peuvent aussi faire naître le désespoir et conduire à la fascination pour des idéologies mortifères et la folie meurtrière. Cette idée de la paix doit donc s’incarner dans une lutte pour plus d’égalité sociale, s’incarner en un mouvement à même de réunir tous ceux et toutes celles pour qui l’union n’est pas une doctrine militaire.

Ici comme ailleurs, la paix est sous condition de justice et de dignité. C’est par cette politique que nous pourrons infléchir la folle fuite en avant de nos dirigeants, pour contrer ce climat de guerre, cette spirale meurtrière et liberticide.

Premiers signataires :

Bruxelles Panthères, Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), Émergence, association citoyenne de Carrières-sous-Poissy, Femmes plurielles, Front Uni des Immigrations et des Quartiers Populaires (FUIQP), La Voix des Rroms, Liste des Sans-voix, Mwasi-Collectif Afroféministe , Parti des Indigènes de la République, Respaix Conscience Musulmane, Union Juive Française pour la Paix (UJFP).

Noel Mamère (Député, maire de Bègles), Sergio Coronado (Député), Bernard Friot (Économiste et sociologue), Alain Gresh (journaliste), Sihame Assbague (activiste), Imhotep (au nom du groupe IAM), Tariq Ramadan (universitaire), Kristin Ross (Professeure, New York University), Raphael Liogier (Sociologue, philosophe), Said Bouamama (Sociologue), Françoise Vergès (Politologue), Gilles Manceron (Historien), Christine Delphy (Féministe), Madjid Messaoudene (Élu à Saint-Denis), Olivier Lecour-Grandmaison (Historien), François Burgat (Politologue, directeur de recherces à l’IREMAM), Jacques Bidet (Philosophe), Cédric Durand (Économiste), Océanerosemarie (Auteure et comédienne), Grégoire Chamayou (Chercheur en philosophie au CNRS / ENS LSH), Razmig Keucheyan (Enseignant-chercheur en sociologie), Gilles Manceron (Historien), François Gèze (Éditeur), Farid Bennai (Militant associatif), Ugo Palheta (Sociologue), Laurent Cauwet (Éditeur), Jim Cohen (Revue Mouvements), Saimire Mile (Président de La voix des Rroms), Mohammed Ben Yakhlef (Élu à Villeneuve Saint Georges), Dominique Vidal (Journaliste, essayiste), Jules Falquet (Sociologue), Maxime Cervulle (Maître de conférences, Paris Cool, Emmanuel Riondé (Journaliste), Laurent Lévy (Essayiste, militant d’Ensemble !-Front de Gauche), Stella Magliani-Belkacem (Éditrice-La fabrique éditions), Zakia Meziani (Association pour la reconnaissance des droits et libertés aux femmes musulmanes), Maximilien Sanchez (Conseiller municipal de Gentilly), Emir Cherdouh (Journaliste), René Monzat (Congrès Marx), Félix Boggio Éwanjé-Épée (revue Période), Sébastien Fontenelle (Journaliste), Elisabeth Longuenesse (Sociologue), Omar Benderra (Écrivain, militant droits humains), Fania Noel (Activiste), Catherine Samary (Altermondialiste).


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mer 2 Déc - 8:28

OPA sur l'islam de France. Les ambitions secrètes de l'UOIF - Fiammetta Venner



Citation :
Depuis qu'elle a rejoint le Conseil français du culte musulman, l'UOIF (Union des organisations islamiques de France) représente un tiers de l'islam de France aux yeux des médias et des Français. Pourtant, il ne s'agit pas de n'importe quelle organisation musulmane, mais de la vitrine française de l'islam des Frères musulmans, la plus politique et la plus redoutable des confréries islamistes. Ses cadres sont régulièrement accusés de tenir un double langage. Respectueux de la laïcité et des valeurs républicaines côté face. Mais intégristes, antilaïcité et anti-intégration côté pile.





Double discours ? Ou cela veut-il dire que Nicolas Sarkozy a eu raison de parier sur les vertus modératrices de leur intégration au sein du Conseil français du culte musulman ? Qui de la République ou des islamistes a eu raison de parier sur leur institutionnalisation ? La réponse à cette question est cruciale à l'heure où le débat s'engage pour savoir si la République doit maintenant aller plus loin en finançant des lieux de culte musulmans et en formant des imams en collaboration avec tous les acteurs du Conseil français du culte musulman. Y compris l'UOIF Quitte à lui offrir l'incontestable pouvoir de contribuer à modeler le visage de l'islam français de demain. A quoi ressemblera-t-il ? Et que se passera-t-il le jour où la mosquée de Paris perdra la présidence du Conseil au risque de lui laisser la place ? N'a-t-on pas pris le risque de vendre l'islam de France aux plus radicaux en conviant une association aussi stratège et aussi déterminée à la table de la République ?

Ce livre enquête est le premier consacré exclusivement à l'UOIF, le premier à dévoiler sa stratégie, ses réseaux, ses ambitions nationales et internationales, le seul à anticiper ce que réserve sa montée en puissance dans un pays comme la France. Mis en perspective, ce portrait ciselé de l'organisation islamiste et de son rapport de force avec la République prend la forme d'un désaveu cinglant pour Nicolas Sarkozy et les partisans d'une laïcité à l'anglo-saxonne.





La face cachée de l'UOIF Jacqueline Remy et Boris Thiolay, 02/05/2005  

Démocratie, modernité, laïcité: l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) est-elle aussi respectueuse qu'elle le prétend" La politologue Fiammetta Venner, qui publie un livre percutant sur ce dossier, affirme le contraire. L'Express l'a rencontrée


Citation :
Au début des années 1980, l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) était un petit cercle d'étudiants et d'activistes islamistes en exil. Depuis 2003, cette fédération d'associations est devenue un interlocuteur privilégié de l'Etat français pour la gestion de l'islam en France. L'UOIF occupe actuellement un tiers des sièges au Conseil français du culte musulman (CFCM), l'instance officielle mise en place en 2003 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur. Comment expliquer une telle ascension en deux décennies? Quelles sont les véritables intentions de l'UOIF et de sa «maison mère», l'Union des organisations islamiques en Europe, basée à Londres? Quel est le poids réel de cette mouvance qui puise ses références dans la doctrine des Frères musulmans? Dans une enquête très fouillée, publiée chez Calmann-Lévy - OPA sur l'islam de France. Les ambitions secrètes de l'UOIF - Fiammetta Venner, politologue et cofondatrice de la revue ProChoix, met en lumière la face cachée de cette organisation et ses liaisons dangereuses. En exhumant l'ensemble des documents publics émanant de l'UOIF, en décortiquant les déclarations officielles et les prises de position plus discrètes de ses principaux dirigeants, en confrontant leur discours de façade aux archives et aux racines historico-politiques de la frange djihadiste de l'islam, elle dénonce la tentation hégémonique d'un mouvement qui, en réalité, ne représente qu'une infime partie des musulmans de France. Instrumentalisation de la religion à des fins politiques, hostilité à la laïcité et à l'intégration, relents d'antisémitisme, fatwas belliqueuses, financements douteux: la matrice idéologique de l'UOIF est inquiétante. Alors que l'élection pour le renouvellement du Conseil français du culte musulman est prévue au mois de juin prochain, Fiammetta Venner livre en exclusivité pour L'Express les points forts de son enquête. Contactés à plusieurs reprises pour donner leur point de vue, les dirigeants de l'UOIF n'ont pas souhaité s'exprimer.



Pourquoi accorder une telle importance à une organisation comme l'UOIF ? Pèse- t-elle si dangereusement sur la société française ?

Depuis qu'en 2003 il a fait de l'UOIF un interlocuteur de l'Etat au sein du Conseil français du culte musulman (CFCM), Nicolas Sarkozy prétend qu'il vaut mieux intégrer cette mouvance plutôt que la rejeter. Ma question de départ est la suivante: qui sort gagnant du processus, la République ou l'UOIF? Quand Sarkozy appelle les cadres de l'UOIF des musulmans «orthodoxes», il nous fait un peu le même cadeau empoisonné que celui de Mitterrand avec le Front national. Il ouvre les micros et confie à la société civile le soin de créer des contre-pouvoirs. L'UOIF représente non pas la mouvance «orthodoxe», mais la mouvance intégriste de l'islam. Il y a une différence entre la radicalité cultuelle - les traditionalistes chez les catholiques, les fondamentalistes chez les protestants, les orthodoxes pour les juifs - et la radicalité politique: l'intégrisme. La radicalité cultuelle est une option personnelle, une pratique privée sur laquelle personne n'a à se prononcer. La radicalité politique, en revanche, doit être source de débat. Nous avons tendance à confondre les deux, surtout quand il s'agit de l'islam. L'UOIF est porteuse d'une radicalité politique, l'intégrisme, et elle est en cela une organisation dangereuse, d'autant plus dangereuse qu'elle prétend incarner un islam majoritaire en France et en Europe. Si elle représentait vraiment un tiers des musulmans de France, comme son poids au CFCM le laisse croire, cela signifierait que, sur 3,5 millions de personnes potentiellement musulmanes en France, au moins 1 million seraient intégristes: c'est absurde! Il n'y a pas 1 million de sympathisants de l'UOIF en France.


Si l'UOIF pèse moins qu'on ne le croit au sein des musulmans de France, en quoi est-elle dangereuse ?  

D'abord parce qu'on lui confère artificiellement le pouvoir de représenter un tiers de la population musulmane en France, alors qu'elle regroupe 150 000 personnes au maximum. Ensuite, parce que les médias la surestiment: pour ses meetings annuels au Bourget, ils ont tendance à reprendre sans discuter les chiffres annoncés par l'UOIF: 3 000 participants en 1993, 30 000 en 1994, 75 000 en 2001, 130 000 en 2004. Lors du sacre de Nicolas Sarkozy au congrès de l'UMP, au Bourget, il y avait 40 000 personnes. Lorsque l'on compare les images du congrès de l'UMP et celles du congrès de l'UOIF, on ne peut que constater qu'il n'y a jamais eu 40 000 participants à ce dernier. D'ailleurs, le journal distribué gratuitement pendant les trois jours qu'a duré le rassemblement de 2005 n'a été tiré qu'à 15 000 exemplaires. Tout cela a des conséquences: quand Dominique de Villepin annonce sa volonté d'instaurer une formation complémentaire pour les 1 500 imams de France, il entend confier la moitié de cet enseignement à la Mosquée de Paris - en fait peu active - et l'autre moitié à l'UOIF, le troisième partenaire majeur du CFCM, la Fédération nationale des musulmans de France, n'ayant pas d'école. Cela implique qu'au moins 750 imams français vont passer entre les mains de l'UOIF, qui, jusqu'ici, n'en a jamais formé plus de 15 par an! On frise l'absurdité. Je préfère mille fois un imam arabophone qui s'est battu contre les islamistes algériens à un imam francophone formé par l'UOIF. D'abord, l'UOIF bloque toute discussion théologique en se référant uniquement à la doctrine des Frères musulmans. Elle a également une mainmise totale sur le Conseil européen de la fatwa - l'exécutif religieux de l'Union des organisations islamiques en Europe (UOIE), sorte de maison mère basée à Londres - qui émet des avis sur la manière dont les musulmans d'Europe doivent se comporter, des fatwas niant le droit des femmes, rejetant l'avortement, justifiant les attentats kamikazes.


Pourtant, l'UOIF se proclame moderniste. S'agit-il, comme vous le dénoncez, d'un double discours, lénifiant quand il s'adresse aux autorités et à l'opinion publique, radical quand il apostrophe ses militants ?  

Pour s'en convaincre, il suffit de se reporter à une déclaration d'Ahmed Jaballah, cofondateur de l'UOIF, qui siège toujours dans l'appareil directeur: «L'UOIF est une fusée à deux étages. Le premier étage est démocratique, le second mettra en orbite une société islamique.» Les dirigeants de l'UOIF ont des objectifs clairs et une stratégie de conquête. Cette organisation a des visées politiques en direction des pays arabo-musulmans. Dès sa création, l'UOIF a voulu faire de la France une base arrière: un lieu où des militants islamistes pouvaient trouver refuge et où l'on essaie de modifier le regard que porte l'opinion publique sur leurs pays d'origine. Mais l'UOIF prétend surtout mettre au pas les musulmans de France. Certaines associations affiliées au mouvement se donnent le droit de dire qui est un bon musulman et, donc, qui est apostat. Ce qui revient à jeter l'opprobre sur un individu ou une famille au regard d'une communauté. C'est d'autant plus effarant que ces gens-là ne sont pas théologiens - presque aucun des dirigeants de l'UOIF n'a fait d'études poussées en la matière - et ont une vision très étriquée de l'islam. Ils se contentent d'instrumentaliser la religion au profit d'un projet politique à visée réactionnaire: c'est ça, l'intégrisme. Par exemple, à Bordeaux, Tareq Oubrou, chef des imams de l'UOIF, a été évincé lors du débat sur le voile. Pourquoi? Parce qu'il reconnaît que le voile est une prescription, et non un commandement divin. Le seul hadith (d'Asma) faisant référence à l'obligation du voile pour les femmes n'est pas, selon Oubrou, «authentique». On peut faire de l'islam, comme de toutes les religions, le pire ou le meilleur. L'UOIF n'a pas choisi d'en faire le meilleur, loin de là.


Quelles sont ses références spirituelles et doctrinales ?

Ce mouvement est généalogiquement problématique. L'UOIF a été créée en 1983 par des émules de deux formations islamistes. D'un côté, des fans de Rachid Ghannouchi, créateur du groupe islamiste tunisien Ennadha et disciple des Frères musulmans qui, expulsé de son pays et interdit de séjour en France, s'est réfugié en Angleterre en 1991. De l'autre, des admirateurs de Fayçal Mawlawi, un Frère musulman libanais qui a vécu en France, a participé à la fondation de l'Association des étudiants islamiques de France (AEIF) et est aujourd'hui responsable de Jamaat Islamiyya, une organisation terroriste au Liban.


Quels sont les personnages qui attestent d'un lien direct entre l'UOIF et les Frères musulmans ?

Les premières brochures de l'UOIF traduites en français provenaient de la Leicester Foundation, qui diffuse essentiellement trois penseurs: Hassan al-Banna [fondateur des Frères musulmans, dans les années 1920, en Egypte], Sayyid Qotb [théoricien du djihad pour les Frères musulmans, pendu en 1966] et Mawdoudi [penseur pakistanais qui prônait l'instauration d'un Etat islamique dans le sous-continent indien]. Un autre personnage clef met en évidence le lien entre l'UOIF et les Frères musulmans: Youssef al-Qaradhawi, mentor des Frères musulmans et chef du Conseil européen de la fatwa et de l'institut de formation des imams de l'UOIF. De plus, le représentant de l'Union des organisations islamiques en Europe (UOIE), Ahmed al-Rawi, est l'ambassadeur officiel des Frères musulmans en Europe. D'ailleurs, quand on détaille l'organigramme de l'UOIE, on s'aperçoit que presque tous les cadres sont français, et membres de l'UOIF. Au moment de la crise des otages détenus en Irak, on a vu un reportage de TF 1 sur la mission de bons offices effectuée par une délégation du CFCM à Bagdad. Ce reportage comprenait une séquence éclairante: dans une mosquée, un responsable salafiste refusait de rencontrer la délégation et demandait pourquoi la France envoyait en émissaires des Frères musulmans !

Pourtant, l'UOIF se défend d'entretenir des liens directs avec les Frères musulmans...

Ça dépend où. Ses brochures rappellent ses connexions avec eux. Ainsi, dans un document intitulé «Critique pour une organisation musulmane», l'UOIF dénonce les «hérétiques» qui rejettent Ibn Taymiyya, Mohamed ibn Abdelwahab, Sayyid Qotb et Youssef al-Qaradhawi. Ces quatre théoriciens, qui constituent leurs seules références théologiques, comptent parmi les plus radicaux de l'islam fondamentaliste. Les deux derniers sont des Frères musulmans. Mais la preuve ultime vient des Frères musulmans eux-mêmes. Lorsqu'on demande aux Frères égyptiens: «Qui sont vos représentants en Europe?», ils répondent: «Le Conseil européen de la fatwa.» Plus édifiant encore, dans un accès de naïveté ou de franchise, Farid Abdelkrim, ancien président des Jeunes Musulmans de France, une association proche de l'UOIF, raconte que la première chose qu'on lui a enseignée quand il est entré à l'UOIF, c'est la pensée de Hassan al-Banna... A plusieurs reprises, des dirigeants de l'UOIF ont déclaré publiquement: «Le Coran est notre Constitution.» C'est textuellement la devise des Frères musulmans!


Cette proximité se traduit-elle par une entraide financière ?

L'UOIF finance et soutient le Comité de bienfaisance et de secours aux Palestiniens (CBSP), qui récolte des fonds pour le Hamas, organisation armée palestinienne inspirée par la doctrine des Frères musulmans. Sur une photographie, on peut voir les chefs de l'UOIF montrer comment on peut donner de l'argent pour le CBSP, dont les stands sont bien placés à chaque congrès du Bourget et les tracts, distribués. L'argent est, disent-ils, destiné aux familles des orphelins de Palestine. Mais comment sont morts les parents de ces orphelins? Le CBSP aide aussi financièrement des enfants de «martyrs» morts dans des attentats kamikazes du Hamas.


Mais le CBSP est une association légale qui finance aussi des hôpitaux, des écoles et des projets humanitaires.

Bien entendu, mais ce n'est pas parce qu'une association est légale qu'elle n'est pas critiquable. De nombreuses associations soutiennent les Palestiniens sans pour autant être liées au Hamas. On pense par exemple au travail de Handicap international, du Croissant rouge, de Médecins sans frontières. Mais ce ne sont pas celles qui sont soutenues et recommandées par l'UOIF.


Qui est Youssef al-Qaradhawi, que vous décrivez comme le mentor de l'UOIF ?

Il est l'un des rares Frères musulmans d'aujourd'hui à être théologien. Il a consacré sa thèse à la zakat, l'aumône légale en islam, et a trouvé le moyen de rendre islamiquement correct le prêt, ce qui permet aux gens du Golfe de faire des affaires alors que l'islam - comme le christianisme des premiers temps - interdit l'usure. Au lieu d'emprunter de l'argent pour un produit, un musulman demande à la banque d'acheter le produit et de le lui revendre plus cher en mensualités. Le différentiel équivalant à peu près aux intérêts qu'aurait payés un client dans une banque non musulmane. A la tête d'une fortune colossale, Al-Qaradhawi est le conseiller religieux de la plupart des grandes banques islamiques dans le monde. Prédicateur télé sur la chaîne Al-Jazira, il prêche un islam très rigoureux et radical politiquement. Aujourd'hui, Al-Qaradhawi est président du Conseil européen de la fatwa et guide spirituel tout à la fois de l'UOIF et de Tariq Ramadan. Il se considère en Europe comme en terre de mission.


Quels sont les liens de l'UOIF avec l'Union des organisations islamiques en Europe (UOIE) ?

C'est la maison mère, dont l'UOIF a besoin pour émettre des fatwas concernant les musulmans européens qui, en France, tomberaient sous le coup de la loi. Les fatwas édictées par l'UOIE ne concernent d'ailleurs que les musulmans d'Europe et ne peuvent pas être prises en compte dans les pays islamiques. Autrement dit, penser que le conseil européen de la fatwa (son instance religieuse) pourrait offrir un modèle modernisé pour les musulmans du monde est un contresens. Au sein de ce conseil, les théologiens se permettent même de tenir des propos qu'ils n'oseraient jamais prononcer dans leurs pays d'origine. Aucune instance islamique dans le monde - ni Al-Azhar (Egypte), ni Fès (Maroc), ni Qom (Iran) - n'a émis une fatwa pour soutenir les attentats kamikazes. Le Conseil européen de la fatwa, lui, l'a fait (le 28 juillet 2003, à Stockholm), en disant qu'il ne fallait plus appeler ces actions des «attentats suicides» mais des «gestes de martyrs», parce que les «fils de Sion» - s'agit-il des Israéliens ou de tous les juifs? - sont «des soldats». Pour le Conseil européen de la fatwa, aucun fils de Sion ne peut être considéré comme un civil! Là, nous ne sommes plus dans le soutien, mais dans l'incitation au terrorisme!


Quelle est la teneur des discours de l'UOIF concernant la vie sociale en Europe ?

Il y a un double discours. Sur la laïcité, l'UOIF se déclare «100% d'accord avec la loi», mais des membres ont assuré le service d'ordre des manifestations contre l'interdiction du voile à l'école et dénoncé la loi sur le plateau d'Al-Jazira, allant même jusqu'à affirmer que les femmes musulmanes n'avaient pas le droit de porter le voile dans les rues de Paris... Bref, ils sont d'accord avec la loi sur la laïcité, à condition qu'elle autorise le port du voile à l'école! Double discours aussi sur l'antisémitisme: l'UOIF avait par exemple promis au Crif de retirer de la vente une cassette où l'un de ses prédicateurs, Hassan Iquioussen, tenait des propos antisémites. Huit mois plus tard, cette cassette était toujours diffusée par les librairies de l'UOIF. En revanche, sur la mixité, le statut des femmes, les relations avec les non-musulmans, leur discours est clair. Des prédicateurs de l'UOIF comme Iquioussen proscrivent la mixité, y compris sur le Web: il est interdit à un garçon de communiquer avec une femme par Internet. A ce sujet, Iquioussen dit: «Tu crois que tu es seul avec elle, parce que c'est un dialogue à 500 kilomètres de distance, mais en réalité vous êtes trois: vous deux et le diable.» D'autres prêches recommandent aux musulmans de ne pas se mêler aux non-musulmans, de se méfier de «l'intégration par le jambon», un péché. Un certain nombre de cassettes émanant de l'UOIF interdisent aussi l'avortement, alors que l'islam l'autorise dans certains cas. Là encore, ils jouent les théologiens, alors qu'ils ne sont que des politiques voulant mettre la femme sous tutelle.


L'UOIF, qui fédère des associations de jeunes, d'étudiants, de femmes, n'a-t-elle pas un vrai poids social ?

Ses dirigeants cherchent avant tout à apparaître auprès des pouvoirs publics comme ceux qui quadrillent le terrain. C'était particulièrement flagrant en 2003, juste avant les élections du CFCM. Les Etudiants musulmans de France (EMF) étaient très actifs, notamment en distribuant des repas aux étudiants des cités U. Une fois les élections passées, ils ont disparu de nombreux campus. De son côté, la Ligue française de la femme musulmane édite un journal, Le Petit Musulman, distribué aux enfants dans les cours d'enseignement religieux, qui ne présente que la pensée des Frères musulmans. La plupart des associations n'ont pas de véritable existence et, quand elles en ont, elles diffusent des valeurs peu compatibles avec une société laïque et démocratique.

Pourtant, l'UOIF essaie de débarrasser l'islam de ses traditions locales...

Non. Elle veut revenir aux origines du message. La pratique traditionnelle de l'islam - notamment au Maghreb - est souvent moins radicale que celle réclamée par l'UOIF. Elle rêve de «bédouiniser» l'islam, selon l'expression de Soheib Bencheikh.


Comment est financée l'UOIF ?

Au départ, l'UOIF a été subventionnée par le cheikh Zayyed [ex-président du Conseil suprême des Emirats arabes unis]. Aujourd'hui, elle est essentiellement financée par la Fondation Al-Maktoum, du nom de la famille de l'émir de Dubaï, et ses mosquées sont également construites grâce aux dons des grands mécènes du Golfe. Les dirigeants de l'UOIF affirment que ses fonds ne proviennent qu'à 30% de l'étranger. Mais il faut savoir que, lorsqu'un émir remet 10 000 dollars à Paris, l'UOIF considère cela comme du financement français. Si Al-Qaradhawi demande de l'argent à l'un de ses anciens élèves, il l'obtiendra, et nul n'osera jamais lui demander la destination de ces fonds. Les grands mécènes du Golfe se moquent éperdument de savoir à quoi servent leurs dons. Ce qui leur importe, c'est de verser 10% de leurs revenus, pour être en conformité avec le principe de l'aumône légale.


A qui, à quoi sont destinés ces fonds ?

L'UOIF soutient financièrement les avocats des filles voilées qui attaquent en justice l'Etat pour pouvoir porter le voile à l'école. Mais la principale dépense consiste à acheter et à construire des locaux, pour gagner de l'importance: les élections au CFCM sont fondées sur la superficie des mosquées de chaque organisation ou fédération musulmane de France. Plus on possède de mètres carrés, plus on dispose d'électeurs, et plus on compte politiquement.


Donc, le CFCM s'appuierait sur une organisation radicale et très minoritaire au sein des musulmans, au risque de lui donner un prestige démesuré ?

La République a exigé, par le biais du CFCM, que des musulmans libéraux aillent boire le thé une fois par semaine avec des musulmans radicaux. Dans cette structure, l'UOIF n'a jamais reculé sur aucun de ses principes. En revanche, on a régulièrement demandé à Dalil Boubakeur, recteur de la Mosquée de Paris et président du CFCM, de lire les communiqués corédigés avec l'UOIF. En fait, cette organisation a déjà pris le pouvoir au sein du CFCM: dès le départ, il était convenu que Fouad Alaoui, secrétaire général de l'UOIF, en aurait la vice-présidence. Enfin, on a sacrifié 3,5 millions de musulmans aux ambitions de la frange la plus politiquement radicale. Comme le mode de scrutin de renouvellement pour le CFCM n'a pas changé, l'UOIF devrait encore tirer son épingle du jeu lors des prochaines élections, compte tenu du fait qu'elle a continué à acquérir des mètres carrés. Alors qui, de la République ou de l'UOIF, a gagné ?


Post-scriptum

Sur les 41 membres élus du Conseil français du culte musulman (désignés en avril 2003 par 4 042 grands électeurs seulement), l'UOIF a obtenu 13 sièges. Ce qui la place en deuxième position, derrière la Fédération nationale des musulmans de France (pro-marocaine, 16 élus), mais devant la Mosquée de Paris (sous influence algérienne, 6 sièges). Les Turcs, les indépendants et les Réunionnais se partagent les 6 derniers postes.




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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mer 2 Déc - 16:26



L’Etat islamique sort Dar al-islam en français : le 13 novembre n’est qu’un début 2 décembre 2015 |  

L’Etat islamique sort Dar al-islam en français : le 13 novembre n’est qu’un début et un avertissement ; les enseignants et l’école laïque pris pour cibles (1ère partie)

Le nouveau numéro de Dar Al-Islam, la revue en français de l’Etat islamique, a été mis en ligne le 30 novembre 2015 et diffusé par Twitter

La couverture montre la photo d’un policier effondré les bras d’un autre policier sous le titre : « La France à genoux ». Ce numéro de 58 pages comporte huit chapitres, intitulés : LA MÉTHODOLOGIE PROPHÉTIQUE DANS L’ÉTABLISSEMENT DE LA RELIGION, qui recommande d’établir la religion pour unir et non pour diviser ; Ô VOUS QUI AVEZ CRU ! PRÉSERVEZ VOS PERSONNES ET VOS FAMILLES D’UN FEU, sur la nécessité d’extraire les enfants musulmans des institutions laïques ; DEUX, TROIS OU QUATRE, en référence au nombre d’épouses qu’il est permis d’avoir ; TU LES CROIRAIS UNIS, ALORS QUE LEURS COEURS SONT DIVISÉS ; une interview d’Abu Samir Al-Urdini, ex-membre du conseil consultatif de Jabhat al-Julani, ayant rejoint l’Etat islamique ; LES MOTS DE L’ENNEMI qui rapporte ce qui a été dit de l’Etat islamique par « l’ennemi » ; un reportage photos ; des nouvelles de l’Etat islamique.


Le résumé suivant s’intéresse à l’Introduction et au chapitre consacré à l’Education

Citation :
I – Introduction : les attentats de novembre encensés et la France menacée de nouveaux attentats plus terribles ; chaque musulman appelé à prendre « un Français, un Américain ou un allié » pour cible

Après le sommaire, le magazine présente pour illustrer l’introduction la photo d’un cadavre recouvert d’un drap blanc dans la rue, devant l’un des cafés ayant été pris pour cibles le 13 novembre à Paris. Les attentats sont qualifiés d’ « attaques bénies » dans le premier paragraphe qui commence en ces termes : « Pauvre France. Elle finit l’année comme elle l’a commencée : dans les larmes et le sang. La minable petite France a été frappée de plein fouet par les lions du Califat lors des attaques bénies du 13 Novembre 2015, à Paris et Saint-Denis. » Un verset du Coran est cité à l’appui de ces propos.

Paris est présenté comme le summum aussi bien de la perversion que de la chrétienté : Paris est appelé « capitale des abominations  et « porte la bannière de la croix » : « Dans une attaque bénie dont Allah a facilité les causes, un groupe de croyants des soldats du Califat – qu’Allah lui donne puissance et victoire – a pris pour cible la capitale des abominations et de la perversion, celle qui porte la bannière de la croix en Europe : Paris. »

L’introduction présente les auteurs des attentats comme des personnes ayant « divorcé de la vie d’ici-bas » pour « secourir la religion d’Allah » et « humilier Ses ennemis », les « croisés » : « Allah a conquis par leurs mains et a jeté l’effroi dans le cœur des croisés sur leur propre terre ».

L’introduction retrace ensuite les attentats du 13 novembre : les lieux ciblés ont été choisis « minutieusement », « au cœur de la capitale », incluant le lieu ou se jouait un match entre « deux pays croisés », l’Allemagne et la France, et auquel assistait « l’idiot de la France, François Hollande », et incluant aussi le Bataclan, qui abritait des « idolâtres » dans une « fête de la perversité ». Le texte insiste sur la terreur qui a saisi la ville : « Huit jeunes frères munis de ceintures explosives et de fusils d’assaut ont pris pour cibles des endroits choisis minutieusement à l’avance au cœur de la capitale française : le stade de France lors du match des deux pays croisés que sont la France et l’Allemagne et auquel assistait l’idiot de la France, François Hollande, le Bataclan ou étaient rassemblés des centaines d’idolâtres dans une fête de perversité, ainsi que d’autres cibles dans divers arrondissements de Paris et ce simultanément. Paris a tremblé sous leurs pieds et ses rues leur sont devenues bien étroites. Le bilan de ses attaques est d’au moins 200 croisés tués et encore plus de blessés. La louange et le mérite appartiennent à Allah.»

S’agissant des auteurs des attentats qui se sont fait exploser, il convient pour les musulmans de les « rejoindre » en suivant leur exemple : « Puisse Allah les accepter parmi les martyrs et nous permettre de les rejoindre. »

L’introduction prévient qu’il y aura de nouveaux attentats et que la France est la cible privilégiée : « La France et ceux qui suivent sa voie doivent savoir qu’ils restent les principales cibles de l’Etat Islamique et qu’ils continueront à sentir l’odeur de la mort pour avoir pris la tête de la croisade, avoir osé insulter notre prophète, s’être vantés de combattre l’Islam en France et avoir frappé les musulmans en terre du Califat avec leurs avions qui ne leur ont profité en rien dans les rues malodorantes de Paris. Cette attaque n’est que le début de la tempête et un avertissement pour ceux qui veulent méditer et tirer des leçons. Allah est le plus Grand. »

Abû Muhammad al-‘Adnânî, porte-parole de l’Etat islamique en charge des opérations extérieures de l’Etat islamique, est cité, menaçant notamment les enfants et la population civile dans son ensemble : « Vous en paierez le prix [des attaques contre l’Etat islamique] très cher. Vous en paierez le prix lorsque votre économie s’effondrera, vous en paierez le prix lorsqu’ils enverront vos enfants nous faire la guerre et qu’ils vous reviendront infirmes, dans des cercueils ou malades mentaux. Vous en paierez le prix lorsque l’un d’entre vous aura peur de voyager dans n’importe quel pays. Plutôt, vous en paierez le prix lorsque vous marcherez dans vos rues en vous retournant de peur des musulmans et vous ne serez plus en sécurité même dans vos chambres. Vous en paierez le prix lorsque votre présente campagne de croisade se brisera et que nous attaquerons au cœur de votre terre. Après cela, vous n’agresserez plus jamais personne. Vous en paierez le prix et nous vous avons préparé, par la permission d’Allah, ce qui vous causera un grand tort ! » [Extrait du discours Ton Seigneur Demeure aux Aguets d’Abû Muhammad al-‘Adnânî]

L’introduction poursuit avec des menaces sous forme de questions rhétoriques et une injonction finale, celle de s’ « efforcer à tuer un mécréant français ou américain, ou n’importe lequel de leurs alliés » : « « Ô toi le muwahhid (…) vas-tu laisser l’Américain, le Français ou n’importe lequel de leurs alliés, marcher sur la Terre en toute sécurité tandis que les armées de la croix frappent de leurs avions les pays des musulmans sans faire de distinction entre civils et militaires ? (…) Vas-tu laisser le mécréant dormir sereinement dans sa maison tandis que les avions des croisés terrorisent, nuit et jour, les enfants et femmes des musulmans par leur vrombissement au-dessus de leur tête ? (…) Ainsi, ô toi le muwahhid où que tu sois, aide tes frères et ton Etat autant que tu le peux, et le mieux que tu puisses faire c’est de t’efforcer comme tu le pourras à tuer un mécréant français ou américain, ou n’importe lequel de leurs alliés. »

II – « l’Islam en tant que seule religion de vérité ne peut cohabiter avec cette laïcité fanatique [française] » ; les valeurs républicaines doivent être combattues ; l’Islam n’accepte pas la liberté de conscience ; frapper les enfants qui ne font pas la prière

Dans le chapitre intitulé Ô VOUS QUI AVEZ CRU ! PRÉSERVEZ VOS PERSONNES ET VOS FAMILLES D’UN FEU, les auteurs enjoignent les musulmans à délaisser « l’éducation des mécréants ». L’éducation laïque publique française est qualifiée de « judéo-maçonnique » et aurait pour objectif de « cultiver chez les masses l’ignorance de la vraie religion ». Il est précisé : « Le but de l’éducation dans le système de la jâhiliyah contemporaine est de cultiver chez l’enfant et l’adolescent les plus abjects comportements et de l’affaiblir jusqu’à ce que, enchaîné à ses plus vils instincts, il soit esclave des vrais maîtres de l’Occident : les juifs corrupteurs. » Des versets du Coran sont cités pour appuyer ces propos. Il est dit plus loin : « Le musulman doit savoir que le système éducatif français s’est construit contre la religion en général et que l’Islam en tant que seule religion de vérité ne peut cohabiter avec cette laïcité fanatique. »

Les valeurs de la République sont qualifiées de « tissu de mensonges » qu’il convient de « combattre » : « De nos jours, la charte de la laïcité est enseignée à l’école. Elle stipule que : « la Nation confie à l’Ecole la mission de faire partager aux élèves les valeurs de la République. » Ces [« valeurs » ne sont pour le musulman qu’un tissu de mensonges et de mécréance qu’Allah lui a ordonné de combattre et de rejeter tout en déclarant la mécréance de ses adeptes ». En particulier, la valeur d’égalité est critiquée : « L’Islam est une religion de justice et ne croit pas à l’égalité telle qu’elle est enseignée dans les écoles de la république (…) En outre, les hommes et les femmes ne sont pas égaux puisqu’Allah nous dit : {Les hommes ont autorité sur les femmes, en raison des faveurs qu’Allah accorde à ceux-là sur celles-ci, et aussi à cause des dépenses qu’ils font de leurs biens. Les femmes vertueuses sont obéissantes (à leurs maris) (…) ».

Aux valeurs républicaines est opposée Allah comme seul et unique législateur : « La laïcité est la séparation de la religion et des affaires de l’Etat. Le musulman, lui, sait qu’Allah est Le seul législateur et que quiconque fait des lois, en dehors du cadre du Coran et de la sunnah, est un mécréant… ». Il est précisé que « l’Islam n’accepte pas la liberté de conscience » et que « quiconque renonce à l’Islam ou apostasie doit être tué ».

Le chapitre conclut avec l’affirmation que placer son enfant dans une école de la République, c’est le condamner à la voie de l’Enfer : « Lorsque tu mets ton enfant à l’école de la république, tu acceptes qu’il ingurgite cette bouillie de mécréance, corrompant ainsi sa prime nature et lui faisant emprunter les voies des gens de l’Enfer ».

Les « mécréances et péchés enseignés dans les écoles » sont ensuite énumérés ; y figurent la « laïcité et la démocratie », qualifiées de « fausse religion ». [sic Patlotch : la laïcité est l'opium du peuple]

Les valeurs d’ « humanisme » et de « tolérance » sont aussi rejetées, en ce qu’il ne devrait par y en avoir pour les « mécréants » : « Dans les écoles de la jâhiliyah, sont enseignés la tolérance, le respect des valeurs républicaines et le pluralisme des convictions. Or, le musulman déteste la mécréance et les mécréants, il les prend comme ennemis comme l’ont fait avant lui les prophètes. »

Les enfants doivent apprendre la prière et être « frappés » s’ils ne l’effectuent pas à l’âge de dix ans : « Le messager d’Allah a rendu obligatoire aux parents musulmans d’enseigner et d’ordonner la prière à leurs enfants dès l’âge de sept ans. Il a dit  : Enseignez à vos enfants la prière alors qu’ils ont sept ans, et frappez-les s’ils ne la font pas à dix ans (…) Malheureusement, si un musulman applique ce commandement prophétique en France, il finira en prison et son enfant placé dans une institution. »

La « fornication », l’homosexualité et l’avortement sont condamnés et imputés aux juifs et aux francs-maçons : « Les mêmes mains judéo-maçonniques qui avaient chassé la religion de l’école y firent entrer la fornication, l’homosexualité, le meurtre d’enfants poliment nommé avortement » Et de préciser : « L’homosexualité est donc pour le musulman un vice maléfique et une perversion. A l’école républicaine, ce n’est qu’une ‘orientation sexuelle’ comme une autre »

Dans ce chapitre consacré à l’éducation, l’obligation de porter le hijab est rappelée pour « les mères, épouses, filles des croyants ». La mixité des écoles est condamnée, car propice à la « fornication ».

Finalement, l’enseignement de la musique est honni : « Un autre péché imposé est la musique présente à tous les niveaux de l’enseignement des écoles de la mécréance. »

Les enseignants de l’école républicaine pris pour cibles : des « ennemis d’Allah » qu’il convient de « combattre et tuer »

Le chapitre propose des « solutions » aux problèmes d’éducation rencontrés en France : l’immigration pour le califat islamique, ou hijrah ; l’autre solution est de « combattre et tuer tous ces corrupteurs » : « Il devient clair que les fonctionnaires de l’éducation nationale qui enseignent la laïcité tout comme ceux des services sociaux qui retirent les enfants musulmans à leurs parents sont en guerre ouverte contre la famille musulmane. Ainsi, la dernière trouvaille de l’Etat français est de retirer les enfants des musulmans qui ont simplement l’intention de rejoindre l’Etat du Califat. Il est donc une obligation de combattre et de tuer, de toutes les manières légiférées, ces ennemis d’Allah ». « Cela vaut pour les professeurs qui enseignent la laïcité aux enfants. Quant aux services sociaux qui arrachent les enfants musulmans à leur famille pour les confier à des mécréants et détruire ce que le musulman a de plus cher après sa religion, ceux-là combattent par la main et nous incitons nos frères en terre de guerre à les frapper le plus durement possible. »

Une comparaison est faite entre les « juifs qui tuent des enfants palestiniens » est les « institutions de la République qui assassinent les enfants musulmans », ce deuxième crime étant considéré comme plus grave : « Quant à toi qui es bouleversé par les enfants palestiniens que tuent les juifs, sache que tous les jours des enfants musulmans sont assassinés dans les institutions de la république judéo-maçonnique. »

D’autres rapports sur le 7e numéro de Dar al-Islam seront mis en ligne dans les jours qui viennent.

Source Memri


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Ven 4 Déc - 22:46



El islam contra el Daesh Helios F. Garcés 19/11/15 · 8:26

El laicismo eurocéntrico tiñe de racionalidad políticamente correcta el sesgo racista de carácter diferencialista del que nunca ha osado librarse: el problema esencial reside en la identidad del otro


Multitud frente a uno de los restaurantes atacados. / Jean-François Gornet

Citation :
Tras los terribles atentados perpetrados en París, determinados sectores pertenecientes a la denominada consciencia europea, en su clara voluntad de reactivar la cohesión occidental, vuelven a sacudir el viejo y persistente fantasma de la hostilidad patológica hacia el islam. A nivel político, la estrategia –puramente emotivista– pasa por hacernos olvidar qué función cumple la reactivación de ese “nosotros” en un momento de crisis civilizatoria como la que atraviesa el Occidente capitalista.

Paralelamente, el chantaje moral que legitima el fortalecimiento en bloque de nuestra supuesta identidad cultural/política es posible gracias a la utilización mediática de la tristeza y de la barbarie. No se trata de cualquier barbarie, hablamos de la producida en aquello que Frantz Fanon llamó “la zona del ser”. Se trata entonces del valor de los muertos que nos duelen, del valor de la vida que merece ser vivida.

Por otra parte, la reactivación del “nosotros” implica la esencialización del “ellos”. De esta manera el laicismo eurocéntrico tiñe de racionalidad políticamente correcta el sesgo racista de carácter diferencialista del que nunca ha osado librarse: el problema esencial reside en la identidad del otro. Es así como se monitoriza el debate internacional a través de la desconfianza occidental ante el islam. Dejarse llevar por los automatismos derivados de tal estrategia no sólo significa obviar la dimensión fundamental del trasfondo político que explica el auténtico conflicto, sino que contribuye a ningunear la acumulación de muerte en la “zona del no ser”. Nos referimos a los muertos que no nos duelen, a la vida que no merece ser vivida.

La discusión inicial entre la derecha xenófoba y la izquierda antimilitarista desemboca frecuentemente en un envolvente recelo popular ante el moro –signo cultural que abarca todo el espectro político– y la contrarréplica de algunas voces críticas. Pero ¿dónde están las voces islámicas de Occidente? ¿Existen? Parece que los propios musulmanes occidentales no son interlocutores válidos para los medios. Emerge en este contexto la célebre pregunta de Spivak “¿puede hablar el sujeto subalterno?”. No se trata de una pregunta retórica. La respuesta, en este caso, es evidente: claro que puede, pero la cuestión primordial es ¿acaso se le escucha?

Deconstruyendo el alarmismo y las viles justificaciones del rechazo a los refugiados incrementado a partir de la interpretación islamofóbica de los atentados, Santiago Alba Rico, en su artículo “París, más allá del dolor”, afirma lo siguiente: “Ramzy Baroud, el académico inglés de origen palestino, insiste siempre en que el EI [Estado Islámico] es un fenómeno de la periferia del islam, concretamente occidental, un fenómeno que se nutre, además, de conversos atraídos menos por la religión que por la radicalidad”. Admitiendo el valor de dicha afirmación, por su carácter desmitificador, será, no obstante, necesario y urgente atender a la riqueza y diversidad del islam occidental.


Pasado, presente y futuro de Occidente

Por mucho que le pese aceptarlo a gran parte de la sociedad mayoritaria, el islam forma parte del pasado, presente y futuro de Occidente. En nuestra mano está no permitir a nuestros sucesivos gobiernos seguir cometiendo los enormes errores que el Estado francés ha cometido con su ciudadanía musulmana. Ésta es una de las labores por la que hace más de una década luchan desde el Partido de los Indígenas de la República. Bien es cierto que no es en absoluto justo privar de responsabilidad propia a los asesinos, ya sea en París como en los sospechosamente olvidados Beirut, Nigeria o Kenia, allí donde se amontonan los muertos de “la zona del no ser”. Hacerlo no es sino privar de agencia humana a aquellos que cometen los atentados y es olvidar que la gran mayoría de los musulmanes y musulmanas, encontrándose igualmente en una situación de asedio colonial constante, deciden pelear de manera justa.

Por otra parte, es irresponsable y simplista asegurar que el yihadismo es “una ideología que deforma el islam pero que también sale netamente de él”. Resulta contradictorio afirmar que algo que deforma el islam proviene completamente de él. Obviar la influencia ampliamente demostrada de los gobiernos más poderosos del mundo en el fortalecimiento progresivo de numerosos grupos fundamentalistas que hoy se han transformado en el Enemigo Público nº 1 a través de la venta de armas, del silencio interesado y de la guerra sistemática no sólo es políticamente ingenuo, sino que es moralmente reprobable.

Recordar las responsabilidades de la violencia y visibilizar sus efectos sociales, económicos y psicológicos en las sociedades colonizadas no es, como intentan demostrar determinadas voces, síntoma de buenismo cultural, es pura pedagogía decolonial. Con cierta prudencia y saludables reservas, hay que reconocer la inteligencia de los análisis pacifistas que sobre la violencia llevaron a cabo Thoreau, Martin Luther King Jr. o Mahatma Gandhi. La violencia colonial a menudo termina por destruir a oprimidos y opresores. Es recomendable recordar esto antes de caer en la trampa de justificar las ansias de venganza. Lamentablemente, la palabra “guerra” ocupaba los titulares de los principales periódicos del Estado este pasado domingo, aunque sabemos que Francia lleva bombardeando Siria desde septiembre.

En suma, ni se puede subestimar la capacidad de maldad del otro subalternizado ni se debe atribuir dicha maldad a la supuesta naturaleza de su identidad cultural, étnica o religiosa. Tanto una tendencia como otra revelan una latente caricatura colonial de la humanidad otra que no favorece una mirada limpia y horizontal, tal y como advirtiera el inmenso poeta José Heredia Maya. Recordemos, en sus sucesivos comunicados durante estos últimos días, la Junta Islámica Española, la Yama'a Islámica de Al Ándalus, la Federación Española de Entidades Religiosas Islámicas, la Plataforma contra la Islamofobia o la plataforma virtual Todos Contra la Islamofobia han condenado abiertamente y de forma reiterada los atentados de París.

De la misma manera, numerosas personas musulmanas han manifestado su temor ante las posibles represalias. Días después de lo sucedido en la capital gala, un campo de refugiados sirios ardía de repente. Los medios locales insinuaron que el incendio podía haber sido perpetrado por grupos xenófobos. En San Benito, Badajoz, unos desconocidos intentaron quemar una mezquita durante la madrugada del 14 de noviembre. A la mañana siguiente aparecieron numerosos carteles racistas contra los refugiados por diferentes lugares de la ciudad.

Mientras, la guerra sigue cobrándose las vidas de inocentes aquí y allí. ¿Nosotros? ¿Ellos? Contra el terrorismo. Contra la islamofobia.


Todo el islam es cortesía

Quien de vosotros vea un hecho repudiable, que lo cambie (intente) con su mano, si no pudiera entonces (que lo intente aconsejando) con palabras, y si no pudiera, entonces (lo repruebe) en su corazón, y esto es lo mas débil de la fe.

¡Oh ‘Alî! Hay tres cosas que se cuentan entre las más elevadas virtudes: dar a quien te ha privado, relacionarte con quien ha cortado los vínculos contigo y perdonar a quien ha sido injusto contigo

Un árabe no es mejor que un no árabe, y un no árabe no es mejor que un árabe, y una persona roja no es mejor que una persona negra y una persona negra no es mejor que una roja
Muhammad, profeta del islam

Quien matara a una persona que no hubiera matado a nadie ni corrompido en la tierra, sería como si hubiera matado a toda la Humanidad. Y quien salvara una vida, sería como si hubiera salvado las vidas de toda la Humanidad.
Corán, sura "La mesa servida", verso 32


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Lun 7 Déc - 3:29



Les musulmanes du Canada lancent une campagne nationale d’information


MAPLE, Ontario – Les membres de l’Association des femmes musulmanes d’Ahmadiyya au Canada lancent la campagne nationale #JeSuisHijabi, afin d’éliminer les préjugés et fausses conceptions, ainsi que d’expliquer la signification du hija
Citation :
Dans la foulée des attentats terroristes de Paris, ces membres du regroupement Ahmadiyya veulent aider les Canadiens à mieux comprendre l’identité de la femme musulmane.

«Cette campagne veut favoriser le dialogue lors de forums publics à travers le Canada», peut-on lire dans le communiqué du regroupement.

Cette campagne #JeSuisHijabi donnera l’occasion aux citoyens canadiens d’entendre directement des musulmanes s’exprimer, afin de mieux comprendre ce que signifie l’islam pour ces femmes.

«L’accueil, la tolérance et la diversité sont des valeurs fondamentales du Canada que nous devons aspirer à intégrer dans notre quotidien», a souligné Amtul Noor Daud, présidente de l’Association des femmes musulmanes d’Ahmadiyya.



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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Lun 7 Déc - 11:15



Un documentaire sur la communauté musulmane de Buenaventura en Colombie Traduction publiée le 9 Novembre 2015


Buenaventura, le plus grand port colombien de l'Océan Pacifique, accueille une communauté musulmane chiite
Image issue de Wikipédia publiée sous licence Creative Commons

Cette communauté musulmane est unique en son genre. Elle est constituée et renforcée par des descendants d'Africains convertis à l'islam, tous natifs de Colombie. Bienvenue à Buenaventura, où vivent près de 300 familles colombiennes d'ascendance africaine qui se sont converties à l'islam il y a 40 ans dans une démarche d'émancipation face à la marginalisation.


Citation :
A  Buenaventura vit la troisième plus grande communauté musulmane du pays, après celles de Maicao et Bogota, et son existence « de près de quatre décennies en fait un point de référence obligatoire dans l'étude de la présence de l'islam en Colombie » écrit Diego Giovanni Castellanos sur son site web.

Citation :
La communauté musulmane de Buenaventura] est entièrement composée de natifs [de la Colombie]. Même au sein de l'Islam colombien, ils forment l'unique communauté de prédominance chiite du pays, la tendance dominante dans les autres lieux étant par ailleurs le sunnisme.


Environ 400 000 personnes résident à Buenaventura, dont 90% sont Afro-Colombiens. Bien qu'ils vivent et travaillent dans le port colombien le plus important sur le Pacifique, qui génère environ 1 million de dollars annuellement en revenus fiscaux, la plus grande partie de sa population vit dans la pauvreté selon le think tank latino-américain NACLA: “Soixante-cinq pour cent des ménages de Buenaventura n'ont pas accès au tout-à-l'égout, et 45% n'ont pas d'eau potable. L'espérance de vie à Buenaventura est de 51 ans, alors que la moyenne nationale est de 62.”

L'Islam est arrivé dans ce port à la fin des années 1960 avec Esteban Mustafá Meléndez, un Afro-Americain d'origine panaméenne. Dès son arrivée à Buenaventura, il a prêché la nécessité de défendre les droits des Afro-Colombiens, selon Castellanos.

Un documentaire, L'islam à Buenaventura, décrit la vie de ce groupe d'Afro-Colombiens qui prient à la mosquée de la cité du Prophète. Les aspects ethniques et religieux se mélangent et s'influencent mutuellement, et en font un cas unique en son genre, d'après le Centre d'études théologique et des religions.

[vidéo VIMEO dans l'original]

Comment l'islam s'est il développé en Amérique Latine ? Existe-il une approche différente dans la pratique de l'islam entre les convertis latino-américains et les musulmans immigrés du Moyen-Orient ? Peut-on parler d'un islam « créole » unique et différent d'autres pratiques européennes ou nord-américaines ? Quelle est la réalité sociale des musulmans en Amérique Latine depuis le 11 septembre 2001 ? Comment les médias ont-il influencé la perception des musulmans en Amérique Latine ? Ce sont là quelques unes des questions auxquelles le documentaire L'islam à Buenaventura cherche à répondre.

Global Voices a échangé avec la réalisatrice, Mercedes Vigón, dont le travail est le résultat d'un projet intitulé L'islam en Amérique Latine, une collaboration entre l'université internationale de Floride, où elle enseigne, et la fondation Carnegie pour la recherche en sciences sociales.

Citation :
Global Voices (GV) : Quel est l'aspect de cette communauté qui a le plus attiré votre attention ?

Mercedes Vigón (MV) : Les membres ont été très honorés lorsque les premiers journalistes ont montré un intérêt pour eux. Malgré cela, quelques jours avant que nous n'arrivions, ils ont vu les conséquence de la candeur dont ils avaient fait preuve avec les premiers journalistes : un reportage prévenant l'auditoire national qu'il y avait un groupe chiite à Buenaventura qui suivait les enseignements d'un ayatollah, avec une école et tout.

Ils avaient monté l'interview du cheikh [Munir Vanlencia] de façon à ce qu'il apparaisse comme un fondamentaliste, prêt à tout. Sortir de la norme était aussi présenté comme extrêmement dangereux à Buenaventura, qui de fait était dirigé par des paramilitaires avec un sens de la justice très particulier et parfois brutal.

Cela m'a surprise qu'ils aient bien voulu nous faire confiance et croire notre promesse que nous voulions simplement raconter leur histoire et laisser la vérité vaincre le sensationnalisme. Après cette première rencontre et l'échange d'idées à la mosquée au sujet de comment nous allions être différents et pourquoi ils devraient nous faire confiance, ils nous ont donné un accès complet… par dessus tout aux femmes (étant donné que notre équipe était principalement composée de femmes : deux productrices, une photographe et moi-même) et à un anthropologue musulman — notre porte d'entrée — qui avait travaillé avec eux auparavant.

GV : Comment les femmes se sont-elles adapté à la religion ?

MV : Les femmes afro-colombiennes sont celles qui héritent de la terre, et ont une fonction très importante, au-delà de la procréation et des soins traditionnels de la famille. Elles sont chargées de l'éducation et de la création de communautés économiques indépendantes. Avec le passage au chiisme, elles ont perdu la participation directe, chose que certaines des fondatrices ont regretté, mais en échange elles ont une bonne éducation et la capacité d'être indépendantes.

GV : L'islam a été perçu comme motif de discrimination par nombre de personnes dans d'autres parties du monde. Cet à priori existe-t-il aussi en Colombie ?

MV: Pour la communauté afro-colombienne il y avait trois facteurs de discrimination : le fait d'être noirs, musulmans et chiites. La communauté a débuté en tant que Nation de l'Islam pendant l'époque de la lutte pour les droits civiques aux États-Unis. Par la suite, après avoir obtenu l'acceptation des valeurs de la culture afro-colombienne et avoir reçu l'influence d'autres musulmans, ils ont voulu apprendre plus et sont devenus sunnites, mais c'est à travers des organisations éducatives sans but lucratif irakiennes qu'ils ont reçu le plus de soutien, sous forme de bourses d'étude, et ils ont fini par être chiites.


D'après une étude de l'université de Rosario à Bogota, on estime qu'il y a autour de 10 000 musulmans dans le pays, et que cette pratique est relativement récente dans le pays.

Citation :
Bien que la Colombie ait accueilli une immigration arabe à la fin du XIXe siècle, le faible nombre de musulmans n'a pas permis d'établir des communautés dans lesquelles les valeurs religieuses de l'Islam se seraient transmises. Cela n'a été possible qu'à partir du milieu du XXe siècle, quand la migration continue a permis à quelques-uns de penser à fonder des lieux de culte.


Le blog Islam en Colombie relate que depuis que le cheikh Munir Uddin Valencia a pris la tête de la communauté chiite de Buenaventura, les progrès se sont fait sentir. Pour preuve de ces progrès, il prend la construction en 2000 d'une mosquée appelée Centre culturel islamique de la ville du Prophète ; la réouverture de l'institut éducatif Silvia Zaynab ; et la création d'une station de radio musulmane qui diffuse depuis la mosquée.


Ecrit par Mary Aviles / Traduit (en) par Eleanor Weekes / Traduit par Mark Collins


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mar 8 Déc - 0:18



L'Etat islamique Asie du Sud-Est


pour l'accès aux articles, voir l'original

L'État islamique menace la sécurité des pays d'Asie du Sud-Est. D'où vient cette menace? Quelles sont les solutions mises en place? Un dossier qui fait le tour de la région, surtout en Indonésie et en Malaisie.

Les articles du dossier

Citation :
La menace de l’État islamique sur l’Indonésie est-elle crédible?
Bien qu’une centaine de combattants islamistes soit rentrée en Indonésie en provenance du Moyen-Orient, la menace reste considérée.. 4 décembre 2015

Indonésie: les jihadistes désabusés peuvent-ils servir de repoussoir ?
Ahmad Junaedi, un Indonésien de 32 ans qui gagne sa vie en vendant des boulettes de viande, est parti en Syrie rejoindre les rangs de.. 26 octobre 2015

Les Fondamentalistes brisent le pacte de l’opposition en Malaisie
En voulant faire appliquer la Sharia, le PAS détruit la coalition. 22 juin 2015

La Malaisie durcit sa législation antiterroriste
La Malaisie adopte une sévère législation antiterroriste pour lutter contre l’influence de l’organisation Etat Islamique. 67.. 6 avril 2015

Indonésie : les autorités s’inquiètent de la présence sur leur sol de groupuscules revendiquant une affiliation avec l’Etat islamique
Le 23 mars, au petit matin, des unités de lutte anti-terroriste de la police nationale ont mené des raids dans trois localités de la..29 mars 2015

Malaisie : hausse alarmante de l’extrémisme religieux
On évalue entre 400 et 1000 le nombre de jeunes musulmans malaisiens qui ont rejoint l’Etat Islamique en Syrie et en Irak. Cependant,.. 28 mars 2015

La Malaisie ne serait plus un « hub » pour l’Etat islamique
La Malaisie semble avoir remporté une petite victoire contre les militants de l’État Islamique d’Irak et de Syrie (ISIS) cette.. 26 janvier 2015

Malaisie : l’ONG « Sisters in Islam » conteste une fatwa des autorités religieuses
Les Sisters in Islam (SIS) s’investissent pour aider les femmes musulmanes à connaître et à faire respecter leurs droits depuis.. 26 janvier 2015

L’Indonésie pourrait durcir le ton face à l’État islamique
Selon le quotidien singapourien The Straits Times, le président indonésien Joko Widodo a rencontré ses ministres chargés de la.. 26 janvier 2015

L’attentat contre Charlie Hebdo met en lumière l’hypocrisie en Asie du Sud-Est
Les attaques devraient pousser les Etats à majorité musulmane à se pencher sur ce qui se passe chez eux. Les deux plus grands pays.. 25 janvier 2015


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mar 8 Déc - 12:26

je ne suis pas un thuriféraire du "concept" d'islamophobie... mais le plus significatif idéologiquement est son usage, compte tenu de son intérêt concrètement politique, au sens large, et aussi de considérer ce que les « camarades » qui le considèrent de tout leur dédain "marxiste" ou "communisateur" ont à dire taire, depuis janvier 2015

jusqu'au théoricien de la communisation que le "racisme" et l'homophobie" du PIR obsèdent : misère de la théorie communiste !




Islamophobie post-attentats : « C’est le musulman lambda qui est visé » Warda Mohamed, journaliste 07/12/2015

Cinq leaders de la communauté musulmane française s’associent pour lancer une campagne contre l’islamophobie. Après les attentats du 13 Novembre, plus encore que pendant l’après-Charlie, ils craignent l’institutionnalisation du soupçon porté sur les musulmans

Citation :
« Après les attentats, on s’est demandé comment agir. »

Nabil Ennasri préside le Collectif des musulmans de France (CMF). Le 28 novembre, il signe avec Samy Debah du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), Idriss Sihamedi de BarakaCity (une « ONG islamique »), Fateh Kimouche d’Al-Kanz.org et Marwan Muhammad, ex-porte parole du CCIF et conseiller auprès de l’OSCE qui s’exprime «  en tant que citoyen  », un communiqué : « Après les attentats et les perquisitions, ensemble avec vous ».

Au-delà des dissensions

Ces cinq leaders d’opinion français, «  musulmans assumés  » pour citer Ennasri, peuvent toucher à travers leurs comptes sur les réseaux sociaux des centaines de milliers de personnes. Ils mutualisent donc leurs forces, au-delà de leurs désaccords (plusieurs « tweetclashs » ayant, par exemple, opposé Al Kanz et Nabil Ennasri, autour de la détermination de la date du début du mois de ramadan).


Un homme tient une pancarte disant « Terroriste n’est pas musulman »
lors d’une marche silencieuse à Toulouse, le 21 novembre 2015 - REMY GABALDA/AFP

« J’ai reçu des milliers de messages de gens en détresse qui se demandent si on va les perquisitionner  », indique Marwan Muhammad. Idem du côté d’Ennasri.

Les deux invitent alors les abonnés de leur page Facebook à créer des comptes sur Twitter et tweeter en utilisant les hashtags #nerienlâcher et #opétwitter (à noter que la page Facebook de Nabil Ennasri a été fermée le 1er décembre, l’entreprise l’accusant «  de ne pas avoir respecté les conditions d’utilisation à propos d’un commentaire qui n’aurait pas été modéré  » ; elle comptait alors «  plus de 40 000 “likes” », indique-t-il).

L’effet est immédiat. Des dizaines voire centaines de comptes sont créés, des centaines de tweets utilisent les hashtags et s’abonnent aux comptes recommandés. « Cette solidarité ne s’adresse pas qu’aux musulmans  » insistent-ils  : « Les perquisitionnés et assignés à résidence sont très majoritairement musulmans, mais il y a également les écologistes et des associations de gauche. »

Et Fateh Kimouche ajoute : « Même si un facho est touché par les abus, on relaiera, c’est notre idée de la justice. »

#PerquisitionnezMoi

«  Notre expérience montre que nos lecteurs n’agissent pas. Nous voulons les amener à créer un contre-pouvoir médiatique  », explique Kimouche, très actif sur Twitter et également initiateur du hashtag #perquisitionnezmoi, qui a été dans les tendances Twitter : « Trop peu de personnes réalisent que l’addition de l’action de chacun devient puissance médiatique. Or je le répète inlassablement, ensemble nous sommes les médias. »

Il illustre son propos avec l’exemple du restaurant halal Pepper Grill  : «  Face à l’armada de policiers, la réaction du patron a été : ’’Il doit y avoir un kamikaze dans mon resto’’. Il a hésité à médiatiser la perquisition puis m’a autorisé à tweeter des photos. Le Monde, M6 et TF1 ont relayé et je suis convaincu que la mobilisation a joué un rôle dans la promulgation de la circulaire Cazeneuve pour recadrer les perquisitions. »

Les personnes perquisitionnées ont «  peur de témoigner  », la campagne sur les réseaux vise à les soutenir. Muhammad commente : «  Il est difficile de convaincre de déposer plainte auprès de policiers puisque ce sont des policiers qui leur ont fait ça : comment déclarer ces abus auprès d’un Etat qui est l’initiateur de ces pratiques ?  »

Pour lui : « L’état d’urgence est soutenu par une opinion maintenue dans la peur qui dit : “Ils ont forcément quelque chose à se reprocher.” Pourtant, dans les faits, c’est le musulman lambda qui est visé. Si on veut que les gens comprennent, il faut le leur montrer. »

Viralité des abus

Alors BarakaCity publie le 2 décembre une vidéo de seize minutes, « Etat d’alerte : au cœur des abus », avec des témoignages, dont celui de David (il désire rester anonyme), aveugle converti à l’islam assigné à résidence après une perquisition. Il est devenu pour les militants un «  symbole  » des abus. L’autre cas emblématique  : une femme accusant un policier «  d’attouchements » lors d’une perquisition (Rue89 a eu accès au rapport établi par l’ONG, qui annonce être en contact avec Amnesty international).


La vidéo a été vue plus d’1 million de fois en 48 heures. «  La vidéo permet de les voir, de rétablir leur humanité et de rendre le message viral  », détaille Sihamedi, qui précise : « Habituellement, il faut au moins un mois et demi à nos campagnes pour atteindre ce nombre de vues. »

Selon lui :

« C’est l’élément déclencheur qui va permettre d’ouvrir le débat. Que les personnes soient coupables ou non, le droit doit être respecté  ! »

Islamophobie sans précédent

Tous les citoyens musulmans ou perçus comme tels seraient-ils exposés  ? «  La situation est sans précédent en matière d’islamophobie  », explique Marwan Muhammad.

« Au lendemain de Charlie Hebdo, la réponse était émotive et venait d’islamophobes. La vraie différence aujourd’hui, c’est que les moyens de l’Etat sont le vecteur opérationnel de ce “travail” d’intimidation des musulmans.  »

Une réponse à la hauteur des enjeux est donc attendue  : «  Il faut des médias indépendants qui parlent au plus grand nombre et entretiennent des relations avec d’autres médias. »

A l’heure actuelle, aucun média se présentant comme «  musulman  » ne peut remplir cette fonction.

« Ça me fait penser à l’affaire Outreau »

Autre mission que BarakaCity mène notamment via les réseaux sociaux  : «  prouver que les arrêtés préfectoraux ne tiennent sur rien  ». L’ONG est concernée. Idriss Sihamedi dit :

« L’arrêté nous accuse d’être ’’fondamentalistes’’ et d’avoir effectué ’’régulièrement’’ des voyages en Syrie. Je suis musulman, c’est tout, et on a fait un seul voyage en Syrie conformément à la demande de l’ONU aux ONG d’aider le peuple syrien. »

Il s’interroge : « Deux ans après, on nous accuse de soutenir le djihad  ? Il fallait nous arrêter avant  ! »

Les cinq hommes s’inquiètent que cette situation permette à l’Etat islamique autoproclamé de recruter.

« Ceci me fait penser à l’affaire Outreau. On a condamné puis on s’est excusé », s’inquiète le président de BarakaCity. Mais Fateh Kimouche assure : « On assiste à un premier soubresaut d’une conscience collective médiatique. »


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mer 9 Déc - 14:34

(du Mexique)

¿El Islam es terrorista y está en guerra con Occidente? Pablo Gómez Análisis 23 de noviembre de 2015


El cardenal Norberto Rivera Carrera. Foto: Octavio Gómez

MÉXICO, DF (apro).- Carta abierta e impersonal a Norberto Rivera Carrera

Citation :
El semanario Desde la fe, órgano de la Arquidiócesis Primada de México, publicó un editorial (23/11/2015) titulado “la violencia terrorista del Islam”, en el que afirma: “… Nuestro país pertenece cultural e históricamente a ese Occidente al que el Islam ha declarado la guerra”.

Bajo la conducción de Norberto Rivera Carrera, el arzobispado metropolitano se ha distinguido por brindar opiniones polémicas y generar enfrentamientos de contenido político, pero no había hecho hasta hoy proclama belicista, cuestión por lo demás cuestionable también a la luz de postulados contemporáneos de la Iglesia romana. Lo más duro del editorial no consiste en la confrontación de Rivera con el clero al que pertenece sino con el país del que es ciudadano y con el mundo occidental, cualquiera sea la acepción de Occidente a la que él mismo se adhiera.

El Islam no ha declarado ni ha realizado actos de guerra contra Europa Occidental, Estados Unidos y demás países de la misma “pertenencia cultural”. Ni siquiera ha sucedido esto con la otra gran zona cristiana compuesta por los países eslavos, entre otros. Pero, para mayor concreción, ¿hay un “verdadero choque de culturas más que de religiones” como suscribe Rivera?

Dentro de la tesis de la “guerra cultural” entre el Islam y Occidente, expuesta atropelladamente por Rivera en su editorial, no existe el menor análisis de la guerra de Siria, de los 200 mil muertos, musulmanes en su inmensa mayoría, de las intervenciones de las potencias occidentales y de Rusia, así como de otros países de mayoría islámica. Para abordar la “guerra del Islam y Occidente”, Rivera ignora la guerra de verdad, la que ha desangrado a un país entero. También ignora a todo efecto práctico la acción terrorista y más aún los efectos de ésta, las reacciones de varios gobiernos, la suspensión de derechos y libertades, el fomento del racismo y la discriminación, la desconfianza étnica contra los árabes, la intensificación de los bombardeos en Siria, el atentado en la capital de Malí.

Rivera expone entre sus pruebas algo atroz: “¿Cómo podemos explicar –escribe– que el Islam no hunde sus raíces en la violencia cuando vemos que sus líderes y jefes se deslindan, a regañadientes, de esos actos de barbarie diabólica, y no se atreven a hacer una condena contundente?”. Tenemos un arzobispo que podría estar peor que los cruzados de la Edad Media, los cuales al menos reconocían la pretensión de enriquecerse como parte de las guerras contra el Islam.

Y llega al extremo de echar en cara a los “cinco millones de musulmanes” que viven en Francia el no haber realizado “una marcha multitudinaria condenando sin regateos el atentado”. Al margen del hecho de que las manifestaciones en Francia están prohibidas, al menos por el momento, habría que preguntarle a Rivera parafraseando al Papa Francisco: ¿Quién eres tú para juzgar así a esos millones de franceses sólo porque su religión no es la tuya?

Norberto Rivera quiere llevar a México al odio contra el Islam tomando como un simple pretexto el terrorismo yihadista procedente de Medio Oriente y de Europa misma. Vivimos un mundo ya enloquecido de por sí como para tener que inventarnos otro peor por consejo de un arzobispo.




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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Jeu 10 Déc - 3:26

conseillé par Incendo Genre sans classe



Des niqabs dans le djihad  Le Vif/l'express 30/11/15

Daech n'est pas seulement une affaire d'hommes. Enseignantes, soignantes ou policières parfois, recruteuses zélées souvent, les épouses et les mères y jouent un rôle clé. Certaines se voient déjà en combattantes ou en martyres



Kalachnikov en bandoulière, les femmes de la brigade Al-Khansa,
chargée de la police des mœurs, veillent à l'application de la charia.
© Capture d'écran Youtube


Citation :
L'une est britannique ; l'autre, française. Ces deux femmes partagent un sinistre privilège : celui de figurer sur la liste noire des terroristes dressée par les Etats-Unis. La première s'appelle Sally Jones, alias "Oum Hussain al-Britani". Cette jeune grand-mère de 46 ans originaire du Kent, ancienne guitariste dans un groupe de rock, a rejoint l'Etat islamique (EI) en 2013. L'été dernier, elle s'illustre en expliquant, sur Internet, comment fabriquer des bombes dans sa cuisine. La seconde, Emilie König, 31 ans, fille de gendarme et benjamine d'une fratrie de quatre enfants, a grandi en Bretagne avant de se radicaliser au contact du groupuscule français Forsane Alizza. Après l'interdiction de ce dernier au printemps 2012, Emilie, devenue Samra, quitte la France et ses deux fils pour rallier la Syrie. Cette pasionaria du djihad, stakhanoviste du recrutement via Internet, alarme les services de renseignement en incitant ses contacts à fomenter des attaques contre des institutions françaises ou des femmes de soldats français déployés au Sahel. Elle aurait également exprimé sa volonté de commettre un attentat-suicide.

Hasna Ait Boulahcen, 26 ans, voulait, elle aussi, se mettre au service de Daech. "Jver biento aller en syrie inchallah biento depart pour la turkie (sic)", écrivait cette native de Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine, à l'ouest de Paris) sur les réseaux sociaux, en juin 2015. Elle n'en a pas eu le temps : le 18 novembre, elle est morte lors de l'assaut donné par le Raid contre l'appartement de Saint-Denis où elle était retranchée avec son cousin Abdelhamid Abaaoud, le cerveau présumé des attentats qui ont ensanglanté Paris cinq jours plus tôt. Celle qui avait récemment troqué son tee-shirt moulant contre un sombre niqab est la première Française tuée dans une opération policière contre le terrorisme islamiste. Quel rôle a-t-elle joué ? Etait-elle armée ? L'enquête précisera son degré d'implication dans la préparation des attaques.

Le "califat" n'interdit pas le combat aux épouses et aux mères. Le manifeste intitulé "Les femmes au sein de l'Etat islamique", diffusé au début de l'année par la brigade 100 % féminine Al-Khansa, chargée depuis 2014 de la police des moeurs, indique qu'"elles peuvent sortir (de leur maison) pour servir la communauté dans un certain nombre de situations", dont le djihad, "si l'ennemi attaque le pays, si les hommes ne sont pas assez nombreux pour le défendre et si les imams émettent une directive dans ce sens".

"Mettre au monde la prochaine génération de djihadistes"

Selon l'islamologue Mathieu Guidère, professeur à l'université de Toulouse II, la récente irruption des Russes sur le champ de bataille syrien aurait justement suscité l'édiction d'une fatwa autorisant Daech à se doter d'une brigade de guerrières et d'une autre, réservée aux futures kamikazes. "En intégrant des "soeurs" dans des opérations martyres, l'EI franchit une nouvelle étape stratégique, comme l'ont fait auparavant le Hamas palestinien ou les islamistes tchétchènes", analyse la sociologue Carole André-Dessornes, auteur du livre Les Femmes martyres dans le monde arabe. Liban, Palestine et Irak (L'Harmattan).

Pour autant, la guerre sainte n'est pas la première tâche assignée aux filles. Ainsi que le souligne le document cité plus haut, "le but de leur existence est le devoir divin de la maternité". "Une mission essentielle leur incombe : mettre au monde et élever la prochaine génération de djihadistes, appelée à être encore plus radicale que la précédente", explique Géraldine Casutt, doctorante en science des religions à l'université de Fribourg (Suisse), qui consacre sa thèse au rôle des femmes dans le djihad. Celles qui souhaitent exercer une activité peuvent être médecins, infirmières ou enseignantes. Pas plus de trois jours par semaine et à la condition d'être en mesure de se libérer "en cas de maladie d'un enfant ou de voyage du mari (sic)". Le congé maternité doit être de deux ans "au moins". Les plus fanatiques ont la possibilité de s'enrôler dans la fameuse milice Al-Khansa, créée après que des soldats des Forces syriennes libres déguisés en femmes se sont introduits à Raqqa. "La mise sur pied d'une brigade entièrement féminine a permis la fouille des femmes aux checkpoints ou dans la rue - impossible avant, les hommes n'étant pas autorisés à y procéder, raconte la journaliste Coralie Muller, auteur de l'essai Enquête sur l'Etat islamique (éd. du Moment), à paraître le 10 décembre. La deuxième fonction de la brigade, de loin celle que ses membres prennent le plus à cœur, est de veiller à l'application de la charia. Recouvertes de leur niqab et armes à la main, elles patrouillent pour vérifier la tenue vestimentaire des habitantes, notamment s'assurer que leur niqab est parfaitement ajusté." Depuis peu, elles contrôlent également la couleur des chaussures que portent les "sœurs" : elles doivent être noires, car "la couleur excite le désir".


image ajoutée. En savoir plus

Les rigueurs du quotidien sous la férule du "califat" ne découragent pas les volontaires. Près de 50 Belges et de 200 Françaises y sont aujourd'hui installées. Parmi elles, beaucoup de converties issues des classes moyennes et au moins une cinquantaine de mineures. Léa avait 16 ans quand elle est partie avec son mari, un musulman radical dont elle a fait la connaissance sur un site de rencontres. C'était en novembre 2013. "L'inconcevable est arrivé", soupire sa mère, Valérie de Boisrolin, qui livre un récit poignant de la métamorphose de Léa dans Embrigadée (Presses de la Cité). "Trois profils de jeunes femmes coexistent, observe la sociologue Carole André-Dessornes. Les romantiques, attirées par l'idéal du combattant viril ; les idéalistes, en quête d'action humanitaire ; les radicalisées, souvent un peu plus âgées." Telle Hayat Boumeddiene, 27 ans, la veuve du tueur de l'Hyper Cacher, Amedy Coulibaly, réfugiée en Syrie depuis janvier 2015.

Côté fanatisme, les "soeurs" n'ont rien à envier à leurs compagnons, comme le montre une enquête sur les recrues occidentales de l'EI (1) publiée en janvier 2015 par le laboratoire d'idées britannique Institute for Strategic Dialogue. D'après les auteurs, qui ont passé au crible les échanges sur les réseaux sociaux, ces volontaires risquent fort d'"inciter d'autres personnes, hommes ou femmes, à aller en Syrie ou en Irak ou à commettre des attentats en Occident". "Non seulement, elles célèbrent les actes de violence, mais elles expriment le désir de les infliger elles-mêmes", pointent-ils. Ainsi, une certaine Oum Oubayda, interrogée sur l'exécution du journaliste américano-israélien Steven Sotloff à l'automne 2014 : "J'aurais aimé le faire moi-même", répond-elle. Et de s'interroger : "Peut-être le temps viendra-t-il bientôt pour les femmes de participer (à la guerre)."

(1) "Becoming Mulan ? Female western migrants to Isis".

Par Anne Vidalie, avec Vincent Hugeux




« Malheureusement, dans la vie des pantins, il y a toujours un mais qui gâche tout. »
Les aventures de Pinocchio, Carlo Collodi



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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Jeu 10 Déc - 20:22



Paroles de femmes musulmanes Chris den Hond 10 décembre 2015


Si l’islamophobie est en extension en France, ses premières victimes sont des femmes. Ce qui est paradoxal quand on songe à la dénonciation permanente du traitement de celles-ci en islam et à la volonté permanente de les « libérer ». Que l’on porte le foulard ou non, que l’on soit pratiquante ou non, que l’on soit lycéenne ou ménagère personne n’est épargné, comme le montre ce reportage réalisé par Chris Den Hond, Nadia Rabhi et Alain Gresh, avec le soutien d’Amnesty International France. Au lieu de parler à leur place, nous sommes allés les écouter, les faire parler de leurs peurs comme de leurs espoirs.



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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Ven 11 Déc - 10:20



Les États-Unis face à la fièvre islamophobe 10/12/15

Après le massacre commis par deux musulmans radicalisés à San Bernardino, le candidat à la primaire républicaine Donald Trump a réclamé l’arrêt total de l’entrée des musulmans aux États-Unis.


Manifestation de solidarité aux musulmans suite aux propos islamophobes
du républicain Donald Trump, mercredi à New York. CEM OZDEL / ANADOLU AGENCY

Ses propos révèlent une méfiance à l’égard de l’islam dans la société américaine, qui ne cesse d’augmenter.

Citation :
« L’arrêt total et complet de l’entrée des musulmans aux États-Unis. » Il aura fallu ces quelques mots de Donald Trump pour que le sang de James Yee ne fasse qu’un tour. Cet Américain musulman du New Jersey connaît l’impact de la stigmatisation, car il l’a vécue dans sa chair.

Ex-capitaine dans l’armée américaine, imam à Guantanamo, il a été accusé d’espionnage en 2003 et de plusieurs autres crimes car l’armée soutenait qu’une liste de détenus et d’interrogateurs de la prison avait été retrouvée dans ses affaires. Les charges contre lui ont toutes été abandonnées un an plus tard.

Aujourd’hui, James Yee a repris les études dans une université à Montclair (New Jersey), et participe à un programme qui aide les vétérans à s’exprimer à travers l’art.

Les propos de Donald Trump l’ont remué. « Je n’en étais pas vraiment surpris venant de lui, confie-t-il. Mais je suis alarmé. Il est leader dans les sondages. Il pourrait être le candidat du parti républicain à la présidence, et, qui sait, il pourrait bien être élu président. Quand je l’ai entendu, je me suis immédiatement demandé comment cela allait affecter les musulmans américains comme moi. »

Depuis la tuerie de San Bernardino, perpétrée par un couple de musulmans radicalisés qui a tué 14 personnes le 2 décembre, et la sortie de Donald Trump, nombreux sont les musulmans américains qui partagent la même inquiétude.

« L’islamophobie s’est répandue dans toute la société, légitimée par l’élite »

Plusieurs d’entre eux disent avoir été victimes d’agressions physiques et verbales. Des actes de vandalisme contre des mosquées ont été rapportés. Sur les réseaux sociaux, on conseille de faire preuve de vigilance.

Pour Nihad Awad, directeur de l’association de musulmans américains CAIR (Council on American-Islamic Relations), qui dispose de sections locales partout aux États-Unis, « le climat d’islamophobie est encore pire aujourd’hui qu’après le 11-Septembre. Je n’ai jamais vu une telle hostilité. L’islamophobie s’est répandue dans toute la société, légitimée par l’élite ».

Il souligne qu’« après le 11-Septembre, le leadership politique avait bien distingué les musulmans ordinaires des terroristes, en disant que ceux-ci avaient une lecture tordue de l’Islam. Aujourd’hui, on voit peu d’hommes politiques tenir ce discours. »

L’islamophobie trouve ses racines dans l’Amérique pré-guerre de Sécession, selon Khaled Beydoun, un chercheur de l’Islamophobia Research & Documentation Project de l’Université de Berkeley (Californie). Il souligne que les relations entre maîtres et esclaves étaient, déjà, teintées d’islamophobie.

« Une large part des esclaves étaient musulmans, rappelle-t-il. Ils étaient les premiers musulmans à venir aux États-Unis. »
Puis l’islamophobie se serait institutionnalisée pendant le XXe siècle.


Un « réseau de l’islamophobie »

Nihal Awad dénonce l’existence d’un « réseau de l’islamophobie » aux États-Unis. L’un des membres de cette nébuleuse est le Center for Security Policy. C’est sur l’un des sondages de cet organisme, affirmant que 25 % des Américains musulmans justifiaient la violence contre des Américains, que Donald Trump s’est appuyé.

Ce groupe, présidé par un ancien cadre du Pentagone durant la présidence de Ronald Reagan, Frank Gaffney, a reçu entre 2001 et 2009 quelque 40 millions euros de la part de divers organismes et groupes conservateurs alors que ses rapports sur l’islam et « la progression de la charia » aux États-Unis sont pour le moins douteux, pour ne pas dire mensongers.

L’un de ses rapports, par exemple, assurait, en 2011, que « presque tous les groupes musulmans d’importance aux États-Unis sont liés aux Frères musulmans. Par conséquent, hostiles aux États-Unis et à la constitution américaine ».

« Des groupes comme celui de Frank Gaffney sont très bons pour exploiter la peur autour de l’islam et des musulmans », souligne Matt Duss, président de la Foundation for Middle East Peace, qui a cosigné un rapport dénonçant le Center for Security Policy.

Un groupe religieux ultraminoritaire mais le plus ciblé par les discriminations

Citation :
« Ils entretiennent des relations avec les journalistes, notamment la chaîne de télévision Fox News. Ils peuvent raconter toutes sortes de choses insensées sur la charia et dérouler d’autres arguments qui seront constamment réfutés, et pourtant ils seront réinvités en permanence. »


Pour les près de trois millions de musulmans aux États-Unis (chiffre de 2011), cette réalité est difficile à vivre. L’islam est la religion qui progresse le plus rapidement aux États-Unis, en raison de la conversion importante des afro-américains, mais elle reste ultraminoritaire – environ 1 % de la population, selon une étude de 2014 du Pew Research Center.

Or, les musulmans sont plus nombreux que n’importe quel autre groupe religieux dans le pays à se dire victimes de discrimination (48 % en 2010), selon un sondage Gallup. Selon cette étude, la méfiance envers l’islam touche toute la société américaine.

Mais elle est davantage prononcée chez les hommes, votant pour le parti républicain et ayant quitté le système scolaire avant la fin du lycée. Au total, selon un sondage Gallup réalisé en juin, 38 % des Américains ne voteraient pas pour un candidat musulman à l’élection présidentielle.

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Les réactions

La Maison-Blanche a estimé que Donald Trump s’était « disqualifié » pour la présidence en proposant de barrer l’entrée des musulmans aux États-Unis.

Une pétition sur le site du Parlement britannique appelant à empêcher l’entrée de Donald Trump au Royaume-Uni a recueilli plus de 260 000 signatures.

En Écosse, le gouvernement d’Édimbourg lui a retiré son titre « d’ambassadeur d’affaires ». Et l’université Robert Gordon d’Aberdeen lui a retiré un doctorat honorifique.

Donald Trump a reporté jeudi 10 décembre un voyage en Israël, où il devait rencontrer le premier ministre Netanyahou.

« En tant que juif, mes parents m’ont appris que nous devons nous élever contre les attaques visant n’importe quelle communauté »,
a protesté Mark Zuckerberg, le patron de Facebook.

ALEXIS BUISSON, à New York


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Sam 12 Déc - 11:26



The Sangh Doesn’t Work Like ISIL Or Taliban, But Here’s What It Has In Common With Both Kshitij Dhyani Dec 11, 2015

Sixth of December was observed as a day in remembrance of the demolition of a 16th-century structure, namely Babri Masjid, in 1992 by radical Hindu Kar-Sevaks allegedly led by L.K. Advani. While the political reactions ranged from mourning by certain Muslim groups to concern over the destruction of national heritage by historians, and cognizance of the event as a national tragedy by certain liberal think tanks on one hand, members, and affiliates of the Sangh Parivar are said to have celebrated it as annual “Shaurya Divas”. There is no denying the fact that the event and resulting riots set in motion a chain of communal hatred based acts, the effects of which can still be felt in contemporary Indian politics. This extremely polarised public opinion can’t simply be understood in black and white terms as a Hindu-Muslim conflict, but a manifestation of the Sangh’s strategy of identity politics in its full glory. This complex politically motivated communal/cultural supremacist attitude quite alarmingly resonates with what certain Raj-era Muslim leaders like Jinnah expected from the Hindus of an independent India towards Muslims while propagating the two-nation theory. Hence, it is safe to say that quite ironically, despite whatever may be said in an explicit manner through the mouthpieces of the Sangh, they have done the most to prove such leaders right.


Citation :
Need For Embracing Complex Thought System

To understand the need for an attitude of nuanced thinking towards political issues, let’s take the example of the ISIL or Daesh. Currently, over 60 countries are at war in various capacities with it, and still it continues to survive, planning to expand its mission in other Asian countries as far as India and Myanmar. Every few days since its first attack, we hear of a new country joining in the war against Daesh, and we sit back hoping it to be the end of this monstrosity. But then we hear of events such as Paris attacks and are forced to question whether it is ever possible to kill this savage machine. This perhaps is the time when we should ask ourselves if there is something wrong with our approach towards fighting a war which is essentially ideological.

In my opinion, if the phenomenon of birth, spread, and functioning of Daesh is not recognized as the final failure of a simplistic and reductionist modernist thought, where machines and technology can triumph and lead human nature, then we will never be able to establish peace in the perennially war-struck Middle East. Daesh is not just a geographical-political boundary, but an ideological (with physical implications) response to ages of discourse on various issues (mostly catastrophic human rights blunders). We need to deconstruct the birth and rise of Daesh and arrive at a dense but nuanced, workable grey area, as against black and white, us vs them rhetoric of the western world towards the Middle East. Failing this, even if we eradicate its top leaders, we can expect the rise of another extremist group from, just as ISIL rose after Al Qaeda was considered to have been dealt a blow following the death of Osama Bin Laden.

To understand the need for the rejection of simplistic modernist approach for a nuanced and complex thinking, there can perhaps be no other testing ground, more complicated than the socio-political environment of India. Numerous cultural, regional, linguistic, communal, and gender-related identities crushed into the geopolitical notion of a nation and forced to share space with varying degrees of conflicts and resolutions. Where issues can never be solved but only bargained for more manageable ones, the trade off being negotiated through multiple layers of socio-economic power-relationships between various demographic groups. Thus, India’s politics is a nightmare for a unilaterally thinking modernist.


The Sangh Strategy And Absence Of Hindu Rashtra

Let’s talk about the politics around the identities of things that do not exist in their physical form anymore, or are identified by their absence. Though Sangh has been repeatedly compared to the likes of ISIL and Taliban, I think these comparisons are gross exaggerations due to the incomparability of influence they command and put into operation. However, a comparison can be drawn in the cognizance taken by both groups of the contemporary world as incomplete due to the lack of dominance of their favourite ideology over its workings. Another is active participation in the construction of respective identities of a true religious warrior by both, an exploited underdog on a mission to restore the ‘lost’ glory of the historical rule they preach to be ideal.

An activist from the hardline Hindu group Bajrang Dal, attends a protest rally in the northern Indian city of Lucknow September 12, 2007. Thousands of activists gathered on Wednesday to take part in a nation wide protest rally against the controversial project to carve a shipping channel in seas off the Indian south coast despite protests by religious groups who say it will destroy a mythical bridge of sand made by a Hindu god.

For example, the construction of identity for a Hindu Nationalist as curated by Sangh for over a century has not only the presence of current geopolitical boundary of India at its core but also the absence of what they project as not only the ‘lost’ but also ‘snatched’. The lost civilization (Sanatan Dharma), the lost land (Akhand Bharat), the lost glory (a la- Sone ki Chidia), the lost dominance (Hindu Rashtra), the lost knowledge (Vedanta) etc. which are not lost forever, but temporarily dislocated from the accessibility zone in the mind-space of a ‘victim Hindu’, into the possession of an ‘invader Muslim’ (or often even a westerner), waiting to be restored to their original ‘rightful’ position by the dishonored Hindu underdog through reestablishment of cultural supremacy.

This sense of loss or absence and an urgent need for their revivalist restoration lies in the foundation of this identity. It is preached that there was something that we owned and that which belonged to us, in the form of heritage and property fundamental to our identity as Indians, which has been unjustly taken away from us. Thus arises, the need to enforce a blanket Hindu narrative on our history, starting from the Indus Valley Civilization, even though most of it doesn’t even lie within the current political boundary of India. For the lack of an actual Hindu dominant history, rulers like Shivaji and Ashoka from past are revised-revamped and re-appropriated through manufactured history to be presented as “Hindu Hridaya Samrats“, a title they then proceed to embellish their contemporary leaders with, evoking the promise of reestablishment of “Ram Rajya” (or a Hindu dominant society). The purpose is to manufacture the identity of a victimized Hindu, through the Indigenous Hindu vs Muslim Mughal Invader narrative, a systematic us vs them approach to “other” non-aligned.

So strong is the need to feel the aggression for re-establishment, that in the absence of pre-independence RSS leaders who dared or cared to fight against the British Raj, Sangh has now started reclaiming the freedom fighters and other leaders who were ideologically their polar opposites. The nuances of actual historical events and phenomenon are thus suppressed, lied about, or ignored, through an army of Hindutva-wadi right-wing ideologues, the likes of Dinanath Batra and P.N. Oak. Even though their research and academic accomplishments are questionable, anyone disagreeing with them is branded and subsequently rejected as a seditionist and threatened to be silenced through violence or exile to Pakistan, a lost land of the treacherous.


Of Development And Destruction

It is from observation in recent political events that we can say with reasonable certainty, that the feeling of loss is not easily curable, even if it is borne out of merely renaming exercises, e.g. conflict over renaming of a road in Delhi and nostalgia driven feeling of disassociation of some Mumbaikars from the current name of their beloved city of ‘Bombay‘. Sangh Parivar has quite opportunistically used this feeling of collateral loss to fuel hatred towards Islam, since during British Raj certain leaders of the community spoke for the partition while comfortably ignoring the ones who spoke against it.

This irrepressible pain of the lost land from our emotional-physical mind space is used as a perennial source of emotional political agendas. This pain is however not completely incurable, and thus, the muscle flexing Sangh oriented Indian harbors wet-dreams of a strong leader who takes an aggressively defensive and combative attitude towards border policies, perhaps often even expansive ones, especially towards Pakistan. It is thus that the position of this ‘Lauh Purush‘ or ‘Iron-Man’ is unquestionable, display of any dissent towards whom is equated with sedition.

Anger of such a historically ignorant and emotionally vulnerable average Indian Hindu is directed towards a generation of an otherness towards our own Muslim population, continuously demanding the proof of their patriotism, from standing up for National Anthem to showing support for the national cricket team.

Post 9/11, the world’s political climate started gaining an anti-Islamic orientation, and internet was saturated with this sentiment, and the youth discovering this new exciting tool for communication was suddenly exposed to it. The Sangh quite opportunistically used the phenomenon to draw its parallel with numerous external and internal conflicts, attacks, wars, and communal riots we faced in India, invoking the need in Indian Hindus to teach Muslims a lesson by copying what the USA did in Afghanistan and other Middle-Eastern Muslim majority countries. This tide of hateful attitude, otherness, and us vs them narrative towards our Muslim population, resting on a feeling of self-victimization borne out of an urgency towards the restoration of the ‘lost’, was rebranded as the ‘Modi-wave‘, mixed with a rehashed version of ‘India Shining’ as ‘Vikas-model’, and was quite predictably ridden to a landslide victory for BJP in 2014 elections.



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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Sam 12 Déc - 15:54



En Occident, un discours antimusulman décomplexé et d'une violence inédite


Les attentats de Paris et de San Bernardino ont libéré en Occident un discours antimusulman
d'une violence inédite et largement décomplexé. AFP PHOTO/JEWEL SAMAD

Après Donald Trump qui veut interdire l'entrée des musulmans aux Etats-Unis, l'Australien Tony Abott qui parle de "supériorité" de la culture occidentale.

Les attentats de Paris et de San Bernardino ont libéré en Occident un discours antimusulman d'une violence inédite, de l'Américain Donald Trump qui veut interdire l'entrée des musulmans aux Etats-Unis à l'Australien Tony Abott qui parle de "supériorité" de la culture occidentale. Et le Front national d'extrême droite qui vient de réaliser un score historique aux élections régionales en France, trois semaines après le carnage qui a fait 130 morts à Paris, n'est pas en reste.

Citation :
Insensible aux condamnations internationales, le favori pour l'investiture du parti républicain à la Maison Blanche Donald Trump était mardi sur toutes les télévisions américaines pour défendre son idée de barrer l'entrée des musulmans aux Etats-Unis, estimant que Paris "devrait peut-être" adopter la même stratégie, au vu des "immenses" problèmes que connaît la ville avec sa communauté musulmane.

Il affirme que de nombreux musulmans sont favorables au jihad contre les Américains, et en veut pour preuve que les auteurs des carnages de Paris et de San Bernardino (sud-ouest des Etats-Unis, 14 morts) étaient musulmans.

Les propos incendiaires de M. Trump ont déchaîné un torrent de protestations et la Maison Blanche est sortie de sa réserve habituelle pour enjoindre le parti républicain à couper ses liens avec "un aboyeur de foire" afin de ne pas se laisser entraîner "dans les poubelles de l'Histoire".

Le président américain Barack Obama avait appelé dimanche ses compatriotes à ne pas céder à la tentation de stigmatiser les musulmans, assurant que le groupe Etat islamique "ne parle pas au nom de l'islam".

En Grande-Bretagne, une pétition sur le site du Parlement britannique appelant à empêcher l'entrée de Donald Trump au Royaume-Uni avait recueilli plus de 70.000 signatures mercredi matin.

Les remous provoqués par les propos polémiques de Donald Trump se sont fait sentir jusqu'en Iran, où le président Rohani a jugé ces déclarations "des plus bizarres", accusant les Etats-Unis d'avoir "eux-mêmes créé le terrorisme". "L'islam est la religion de la bonté et de la paix", a déclaré M. Rohani.

"Pas une terre d'islam"

Mais en Australie, l'ancien Premier ministre conservateur australien Tony Abbott a déclenché une autre tempête en faisant écho aux propos du milliardaire américain.

L'Occident doit "être prêt à proclamer la supériorité évidente de notre culture sur une culture qui justifie le fait de tuer des gens au nom de Dieu"
, a déclaré M. Abbott dans une tribune publiée mercredi par le Daily Telegraph. "L'islam n'a jamais connu sa propre version de la Réforme et des Lumières, et l'acceptation consécutive du pluralisme et de la séparation de l'Eglise et de l'Etat", ajoute l'ancien séminariste catholique.

Les propos de Tony Abbott ont suscité de vives réactions, le chef de l'opposition travailliste Bill Shorten l'accusant de vouloir diviser le pays.

En France, l'étoile montante du Front National, Marion Maréchal-Le Pen, a affirmé la semaine dernière que les musulmans ne pouvaient être Français "qu'à la condition seulement de se plier aux mœurs et au mode de vie" hérités de l'histoire notamment chrétienne du pays. "Nous ne sommes pas une terre d'islam, et si des Français peuvent être de confession musulmane, c'est à la condition seulement de se plier aux mœurs et au mode de vie que l'influence grecque, romaine, et seize siècles de chrétienté ont façonné", a-t-elle ajouté.

Elle s'inscrit dans le sillage de déclarations d'autres populistes européens: le Premier ministre hongrois Viktor Orban, tenant d'une ligne dure dans le dossier des migrants, estimait en octobre que l'islam "n'appartient spirituellement pas à l'Europe" et établit des règles "d'un autre monde".

Autre habitué de ce type de déclarations, le député anti-islam néerlandais Geert Wilders a salué cette semaine sur Twitter les propos de Donald Trump, disant son espoir de le voir accèder à la présidence des Etats-Unis: "Ce sera bon pour l'Amérique, ce sera bon pour l'Europe. Nous avons besoin de leaders courageux", a-t-il déclaré.

Le Premier ministre israélien conservateur Benjamin Netanyahu recevra le milliardaire américain le 28 décembre, a-t-on appris mercredi, et ce malgré l'indignation soulevée par ses propos en Israël. Plus de 30 députés israéliens, sur 120, ont adressé une lettre à M. Netanyahu pour lui demander d'annuler cette rencontre et de condamner les paroles de M. Trump.


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Dim 13 Déc - 14:03

L’étrange lettre de garantie au bédouin Surâqa ibn Mâlik Un œil sur le monde musulman les7duQuébec 10 décembre 2015  
 

Cavalier bédouin de Tunisie

Les récits hagiographiques pourtant sur Mahomet, Saint Prophète de l’Islam, sont des révélateurs intellectuels étonnants. Outre qu’ils sont des peintures incroyablement vivantes et passionnées du personnage (dans une culture sensée interdire de le représenter — la représentation par le texte narratif semble se faufiler entre les mailles autoritaires), ces portions biographiques laudatives mettent en contraste un archaïsme mythifiant «classique», gorgé d’irrationalité, de visions et de miracles, avec des traits de modernité dignes d’un baratin de secte contemporaine. Je vais vous citer ici un exemple de cela, pour sa haute représentativité critique.


Citation :
C’est l’Hégire et les musulmans fuient La Mecque, comptoir polythéiste, autoritaire et doctrinaire, pour la palmeraie de Médine. Les chefs musulmans ont laissé fuir tous leurs sectateurs en premier et, imprégnés de l’héroïsme tranquille et abnégatoire des grands de jadis, ils ferment la marche. Mahomet et son beau–père, le futur premier calife de l’Islam Abû Bakr, sont donc les derniers à se replier. Les Mecquois, inquiets de l’Hégire qu’ils perçoivent comme un défi à l’autorité municipale autant que comme un symptôme contrariant de rayonnement des idées nouvelles, poursuivent les deux chefs musulmans. Ils passent à deux doigts de les pincer dans une caverne mais virent de bord dans les montagnes, un peu inexplicablement. Mahomet et Abû Bakr s’organisent alors dare-dare avec quelques serviteurs et des chameaux et se tirent en douce, sans trompettes, mais sans précipitation non plus. C’est au moment de cette traversée calme du désert en direction de Médine que survient l’étrange épisode du bédouin Surâqa ibn Mâlik. On lit:

.
Surâqa poursuit le Saint Prophète

Citation :
Avant de se mettre en route, le Saint Prophète se retourna pour regarder la Mecque, le cœur gonflé d’émotion. C’était sa ville natale, celle où il avait vécu enfant puis homme, et où il avait reçu l’Appel divin. C’était la ville où ses ancêtres avaient vécu et prospéré depuis l’époque d’Ismaël. Rempli de ces pensées, il jeta un dernier long regard sur la ville et dit: «La Mecque, tu m’es plus chère que toute autre ville au monde, mais ton peuple ne veut pas me laisser vivre en ton enceinte.» Après quoi Abû Bakr dit: « Cette ville a rejeté son Prophète. Elle a mérité sa destruction.»

Les Mecquois, après l’échec de leur poursuite, mirent à prix la tête des deux fugitifs. Quiconque capturerait et leur rendrait le Saint Prophète ou Abû Bakr, morts ou vifs, recevrait une récompense de cent chameaux. L’annonce de ceci fut faite parmi les tribus des environs de La Mecque. Tenté par la récompense, Surâqa ibn Mâlik, un chef bédouin, se lança à la poursuite des fuyards et les aperçut finalement sur la route de Médine. Il vit deux chameaux montés et, certain qu’ils portaient le Saint Prophète et Abû Bakr, il éperonna son cheval… Le cheval se cabra et tomba peu de temps après, entraînant Surâqa dans sa chute. Laissons la parole à Surâqa lui-même:

Après être tombé de cheval, j’ai consulté ma fortune à la manière superstitieuse commune chez les Arabes, en tirant des flèches. Les flèches prédirent la malchance. Mais la tentation de la récompense était grande. Je me remis en selle et repris ma poursuite, atteignant presque les fugitifs. Le Saint Prophète allait dignement, sans regarder en arrière. Abû Bakr, quant à lui, regardait sans cesse en arrière (craignant évidemment pour la sécurité du Saint Prophète). Comme j’approchais d’eux, mon cheval se cabra à nouveau et me désarçonna. Je consultai encore les flèches, et elles prédirent encore la malchance. Les sabots de mon cheval s’enfoncèrent profondément dans le sable. Remonter et reprendre la poursuite paraissaient difficile. Je compris alors que ces hommes étaient sous la protection divine. Je les interpellai et les priai de s’arrêter. Il me fut alors possible de les rejoindre. Quand je fus assez près d’eux, je leur communiquai mon intention première et mon changement de sentiment. Je leur dis que j’abandonnais la poursuite et que je tournais bride. Le Saint Prophète me laissa aller, non sans me faire promettre de ne révéler leur route à personne. Je fus convaincu du fait qu’il était un prophète véritable et qu’il était destiné à réussir. Je lui demandai de me donner par écrit une garantie de paix qui me servirait quand il deviendrait suprême. Le Prophète demanda à ’Àmir ibn Fuhair de m’écrire cette lettre de garantie, ce qu’il fit. Comme je m’apprêtais à rentrer avec celle-ci, le Prophète reçut une révélation concernant l’avenir et dit: «Surâqa, comment te sentiras-tu quand tu aura les bracelets de Chosroès à tes poignets?» Étonné de cette prophétie, je demandai: «Quel Chosroès? Chosroès bin Hormizd, l’Empereur de Perse?» Le Prophète dit: «Oui.»

Seize ou dix-sept ans plus tard, la prophétie fut accomplie à la lettre. Surâqa embrassa l’Islam et se rendit à Médine. Le Prophète mourut. Et après lui Abû Bakr, d’abord, puis ‘Umar, devinrent les califes de l’Islam. L’influence grandissante de l’Islam excita la jalousie des Perses au point qu’ils attaquèrent les musulmans mais au lieu de les battre, ils furent eux-mêmes vaincus. La capitale des Perses tomba aux mains des musulmans qui prirent possession de ses trésors, y compris des bracelets d’or que Chosroès portait aux cérémonies officielles. Après sa conversion, Surâqa avait coutume de raconter comment il avait poursuivi le Saint Prophète et sa petite suite et ce qui s’était passé entre le Saint Prophète et lui. Quand le butin de la guerre avec la Perse fut placé devant ‘Umar, il vit les bracelets d’or et se souvint de ce que le Saint Prophète avait dit à Surâqa. C’était une grande prophétie qui avait été faite en un temps de dénuement complet. ‘Umar décida de montrer de façon spectaculaire l’accomplissement de cette prophétie. Il fit donc appeler Surâqa et lui donna l’ordre d’enfiler les bracelets d’or. Surâqa objecta que l’Islam interdisait aux hommes de porter de l’or. ‘Umar dit que c’était vrai, mais que l’occasion était exceptionnelle. Le Saint Prophète avait prédit que les bracelets d’or de Chosroès seraient un jour à ses poignets. Il devait donc les porter maintenant, même s’il se rendait passible de punition. Surâqa avait fait son objection par déférence pour l’enseignement du Saint Prophète. Autrement il était aussi désireux que tout autre de donner la preuve de l’accomplissement de la grande prophétie. Il enfila les bracelets et, ainsi, les musulmans virent de leurs yeux la prophétie accomplie.

Tiré de «La vie de Mohammad, le Saint prophète de l’Islam» dans Le Saint Coran avec texte arabe, une traduction et une introduction à l’étude du Saint Coran, sous la direction de Hadrat Mirza Tàhir, 1995, Islam international Publication, pp 263-265.



Ce texte traduisant des segments tirés de l’Usud al-Ghâba, une des biographies traditionnelles autorisée du Saint Prophète, parle au premier degré d’une «lettre de garantie» rédigée par un des serviteurs du Prophète dans l’objectif limpide et explicite d’ultérieurement protéger la tribu bédouine de Surâqa ibn Mâlik au moment de sa conquête future par les musulmans. On retrouve les poncifs narratifs habituels: l’adieu ostensible à la ville aimée mais honnie, le peuple voisin qui attaque les croyants victorieux par jalousie. On retrouve aussi la formule usuelle de la vision prophétique réalisée et, de surcroît, on observe l’intégration des fléchettes divinatoires, coutume pourtant pré-islamique, dans la compréhension prospective (ici: pessimiste mais aussi, fatalement, erronée) du monde. Mais tous ces procédés reconnus se combinent à l’acte singulièrement moderne et décalé de la méfiance contractuelle par excellence qui est celui de se faire parapher une belle et bonne lettre de garantie par le futur «chef suprême» pour considération par ses subalternes anonymes de l’avenir. On observera aussi combien, pour le cavalier bédouin, la pulsion irrationaliste ou surnaturelle prend corps dans le cadre ordinaire de sa vie de cavalier du désert. Quand il se fait désarçonner deux fois par son pur-sang qui se cabre et quand, par-dessus le marché, les pieds de ce dernier s’enfoncent dans le sable —une suite de faits incongrus virtuellement impossibles à concaténer si subitement dans le tout de la journée, ou de la vie, d’un cavalier bédouin— Surâqa ibn Mâlik embrasse très prosaïquement l’hypothèse d’une intervention divine. Remarquables aussi sont le statu de l’or et de la transgression dans ce récit. Pour minimiser l’ostentation et la rapine, l’Islam restreint, depuis ses tous débuts, le port de bijoux d’or aux seules femmes. Pourtant le calife ‘Umar, vainqueur des Perses, n’hésite pas à placer Surâqa ibn Mâlik en position ouverte de transgression des enseignements éthiques du Prophète pour arranger «avec le gars des vue» une spectaculaire confirmation de la validité prophétique des visions du même Prophète. La prise de parti irrationaliste est patente et on assume sereinement qu’il urge de confirmer le Saint Prophète de l’Islam comme visionnaire magique où, dira-t-on plus pudiquement, comme être humain divinement inspiré. Rien, dans ce choix politico-religieux du calife ‘Umar, pour vraiment étonner.

On reste cependant avec un bizarre questionnement praxéo-philosophique accroché à l’esprit, suite à ce récit. De fait, qu’en est il tant de l’infaillibilité communicative et inspiratrice du Saint Prophète de l’Islam s’il doit signer des lettres de garantie, rédigées dans les formes par un serviteur-secrétaire, comme je ne sais quel grand commis commercial, pour indubitablement confirmer que telle obscure tribu bédouine est bien celle du chasseur de prime repenti qui les épargna lui, ses serviteurs et son futur premier calife, aux jours si bénis, si sensibles, si obscurs, et si risqués de l’Hégire?

Tiré de l’ouvrage de Paul Laurendeau (2015), L’islam, et nous les athées, ÉLP Éditeur, Montréal, format ePub ou PDF




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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Jeu 17 Déc - 13:15


« Coquine », « bien gaulée », « soumise »




les flics se lâchent pendant la perquis' d’un foyer pour femmes
Heïdi Truong  11 Décembre 2015

Mardi soir, les policiers débarquent dans un foyer pour femmes d’Argenteuil. Pendant la perquisition, la police se serait lâchée : « C'est du gâchis [de porter le voile]. Vous êtes jeune, belle et bien gaulée ». A StreetPress, Célia raconte sa soirée.

Citation :
Argenteuil, mardi 8 décembre, 20 heures. – « Police ! Police ! » Célia, 20 piges est tranquillement posée dans sa chambre, en train d’envoyer des SMS quand elle entend des cris et des coups portés dans la porte du foyer. Les forces de l’ordre déboulent en trombe dans ce foyer pour femmes en grande précarité, géré par l’asso muslim Baytouna(link is external).

Quelques secondes plus tard, une quinzaine de policiers cagoulés, casqués pour certains, grimpent 4 à 4 les marches qui mènent à la chambre de Célia, seule ce soir-là dans le foyer. Arrivé à l’étage, un homme en bleu braque son arme dans sa direction. Les agents lui auraient intimé l’ordre de se mettre face au mur et lui arrachent son téléphone. Célia s’exécute :

« Je n’ai pas eu le temps d’enfiler mon Jilbab [un grand-voile islamique qui couvre la tête et le corps, ndlr], heureusement que j’étais habillée d’une robe dotée d’un voile intégré. J’ai pu me couvrir rapidement. »

Pendant près de 2h30, les forces de l’ordre retournent la maison. Célia nous raconte sa sale soirée et, elle l’assure, émaillée de commentaires sexistes et islamophobes. Car comme l’explique lui-même un agent, ils disent « ce qui leur passe par la tête ». Et c’est gratiné : « coquine », « bien gaulée », « tu as l’air con »…


Perquisition et fouille au corps

Dans sa chambre, Célia est fouillée minutieusement par une policière. « Ils m’ont palpée à plusieurs reprises et m’ont arraché mon voile. » La situation est tendue :

« Ils se demandaient entre eux en criant “ y’a d’autres personnes? “ Je me suis retournée pour leur répondre que non, mais un policier m’a crié : “ face au mur “, en me poussant afin que je plaque bien ma tête contre la paroi. Sa collègue appuyait fortement sur mon dos afin que je reste immobile. »

Dans le pavillon, c’est le grand ménage de printemps : les affaires des 7 occupantes sont jetées au sol et 4 portes, fermées à clef, enfoncées à coup de bélier. Le contenu des ordinateurs et des téléphones portables est copié.



Ambiance café du commerce

Pendant que les policiers jouent les fées du logis, Célia est conduite au rez-de-chaussée. 3e fouille au corps. D’un ton plus léger, la policière tient à préciser : « Je fais ça car c’est mon métier, je préfère vous le dire pour qu’il n’y ait pas d’ambiguïté. » Célia esquisse un sourire. Quelques flics entament la conversation. Sur un ton badin, ils auraient enchainé les punchlines :

« C’est du gâchis. Vous êtes jeune, belle et bien gaulée, vous pouvez vous en sortir ! »

Une autre policière, plus virulente, se serait lancée dans des commentaires sur la femme musulmane, forcément « soumise » : « Combien de femmes se sont battues pour leurs droits ! Pourquoi vous portez le voile ? » Célia commence à perdre patience et lance « qu’est-ce que ça peut vous faire ? » en guise de réponse :

« Non, je demande juste comme ça et soyez moins arrogante. »

Un autre agent lui demande si elle porte le niquab dans la rue : « Oui mais avec un masque médical. » Et une policière aux cheveux très courts de lâcher selon Célia :

« Vous devez avoir l’air con comme ça. Vous devez ressembler à une handicapée! »

Dans la pièce, c’est ambiance café du commerce. Le commissaire fait son entrée et aurait lancé en guise de vanne, à sa collègue : « Tu n’es pas encore convertie? » Et d’enchaîner : « Le commissaire m’a dit de toute façon, tu ne peux pas être à la fois policier et musulman, ce n’est pas possible. » Puis une autre :


« - Je suis sûr que t’es une petite coquine. – Pourquoi vous dites ça ? - Je dis ce qui me passe par la tête… »


« Menace pour l’ordre et la sécurité publique »

22h30, la police plie bagage. « Au revoir, bonne soirée ! », lance sans rire un agent. Pour Virginie, co-fondatrice de l’asso, cette perquis’ va laisser des traces :

« C’est vraiment dur pour les filles, ce sont des femmes qui n’ont presque rien et le peu qu’elles ont, elles l’ont chez Baytouna. Et là ils ont tout saccagé ! Mais on reste combatifs, d’autant qu’on a reçu de nombreux soutiens de gens de toutes les confessions. Nous, on ne veut pas opposer les religions. »

Difficile de connaître la motivation de cette perquisition. Seul indice, un récépissé fournit par les policiers. Sur le bout de papier, il est simplement indiqué que « l’association Baytouna (…) est fréquentée par des personnes dont le comportement constitue une menace pour l’ordre et la sécurité publique ».

La chambre de Célia après le passage de la police :





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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Jeu 17 Déc - 13:25


vu aux États-Unis, impossible en France


pourquoi ? : pourquoi pourquoi ?



Des Américaines non musulmanes portent le voile pour dénoncer l’islamophobie Par Keltoum EL HASSIA 15/12/15


Les propos islamophobes de Donald Trump ont suscité un tollé aux États-Unis./DR

Citation :
Sous leur voile porté en signe de protestation contre l’islamophobie, de nombreuses écolières américaines non musulmanes de Chicago School ont exprimé leur solidarité envers les musulmans aux États-Unis et en Occident.

À travers cette initiative, «les écolières souhaitent mieux comprendre l’islam», apprend-on du site américain Siast.com.

Il est à noter que cette initiative intervient une semaine après la déclaration du candidat républicain à la Maison-Blanche, Donald Trump, appelant à la fermeture totale et complète des États-Unis aux musulmans, qui a suscité un énorme tollé.


Une universitaire chrétienne de Chicago revêt le hijab pour lutter contre l’islamophobie en recrudescence 14 décembre 2015


Citation :
L’islamophobie ne passera pas par Larycia Alaine Hawkins, une enseignante américaine d’obédience chrétienne, et sous son hijab arboré courageusement pour la faire battre en retraite, cette agrégée de sciences politiques veut témoigner son soutien à l’ensemble de ses concitoyens musulmans, qu’ils soient de Chicago ou d’ailleurs, qu’ils fassent partie de ses élèves au sein du Wheaton College ou évoluent dans d’autres enceintes.

Après mûre réflexion, l’universitaire de renom, habituée à décrypter les rapports de pouvoir en dénonçant toutes les tyrannies, intellectuelles et étatiques, a décidé d’agir concrètement pour tenter, à sa manière, de juguler l’hémorragie d’actes islamophobes qui redoublent de violence depuis la tuerie de San Bernardino.

Elle a franchi le pas la semaine dernière, confortée dans le bien-fondé de sa démarche par l’assentiment des responsables de l’influent Conseil des relations américano-islamiques (CAIR), et c’est le visage délicatement entouré d’un voile qu’elle a fait sensation sur le campus universitaire, dans les amphithéâtres, mais aussi sur sa page Facebook. « J’ai préalablement consulté les dirigeants du CAIR de Chicago, dont l’un d’entre eux est un ami proche, sur la licéité de mon initiative. Je ne voulais en effet choquer personne et m’assurer que cela n’était ni haram, ni ne serait perçu comme condescendant », a-t-elle expliqué (traduction Oumma) dans un entretien accordé à la presse locale.

« J’aime mon prochain musulman, non pas parce que il ou elle est américain(e), mais parce que il ou elle mérite d’être aimé(e) en raison de sa dignité humaine », a déclaré Larycia Alaine Hawkins pour justifier une métamorphose dictée par sa conscience afin d’éveiller les consciences, au moment même où les musulmanes voilées craignent pour leur sécurité, ressentant douloureusement le poids des regards de plus en plus réprobateurs et encore plus cruellement les accents haineux des discours politiciens.

« Les femmes voilées sont les premières ciblées et les plus vulnérables, car elles sont facilement identifiables en tant que musulmanes »,
a commenté pour sa part, Sahar Aziz, un professeur émérite de la Texas School of Law.

C’est dans ce climat délétère, où gronde l’orage du populisme, que Larycia Alaine Hawkins est entrée en résistance, sous son voile solidaire qu’elle ne quitte plus, revêtu quotidiennement à l’université, en ville, dans les transports en commun, à l’aéroport et jusque dans son…église.

A l’approche des fêtes de fin d’année, elle ne forme qu’un seul vœu pour Noël qui devrait prochainement prendre la forme d’un hashtag : que ses congénères non musulmanes la rejoignent dans son noble combat contre l’hiver du cœur et revêtent, à leur tour, le hijab en signe de leur solidarité combative avec leurs compatriotes musulmanes et sœurs en humanité.


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Jeu 17 Déc - 15:07



Grandeurs et limites du principe syncrétique en Indonésie Publié le 17 décembre 2015 par [color=#0000ff]Un œil sur le monde musulman, les7duQuébec, blog de Ysengrimus, alias Paul Laurendeau, auteur de l'ouvrage en cause ici


Jakarta (capitale de l’Indonésie)

UN ŒIL SUR LE MONDE MUSULMAN

Paul Laurendeau a écrit:
Le plus grand pays musulman au monde c’est l’Indonésie, 240 millions d’habitants répartis dans un immense archipel de 13,000 îles au gouvernement cependant très unifié et centralisé (capitale: Jakarta).

Les grandeurs et les limites du syncrétisme religieux indonésien se formulent comme suit, si on les résume. T’as pas le droit d’être officiellement athée là-bas. Tu dois avoir une religion d’affiliation (que tu choisis par contre librement. Il n’y a pas de religion d’état). Et pas seulement ça, tu dois explicitement déclarer une religion sur ta fiche d’identité obligatoire. Et, aux vues de la loi indonésienne, il y a que six religions reconnues. Tu dois donc choisir une de celles-ci aux fins de ton identification à l’état civil. Les choix sont les suivants (les pourcentages ont été arrondis) :

Islam (87% de la population)
Protestantisme (7% de la population)
Catholicisme (3% de la population)
Hindouisme (2% de la population)
Bouddhisme (0.75% de la population)
Confucianisme (0.05% de la population)
Résidu non déclaré (0.2% de la population)


Carrefour de commerce maritime fort ancien, le très vaste territoire qui constitue aujourd’hui l’Indonésie a d’abord produit son lot de religions contemplatives vernaculaires locales dont la prégnance se perpétue en partie jusqu’à nos jours, dans certaines îles, notamment à Java. Ces cultes n’ont aucun statut officiel ou légal mais ils forment le fond éclectique ondoyant et mouvant sur lequel se configurera graduellement la culture de tolérance confessionnelle de l’archipel. Pour tout envahisseur ou «découvreur», c’était une nouvelle île, un nouveau culte, un nouveau lot de fétiches, une nouvelle aventure interactionnelle.

Indonesie

La première grande religion historique à pénétrer en Indonésie fut l’Hindouisme (aujourd’hui 2% de la population). Les premières traces de cette religion datent des années 400 à 500 de notre ère. Corps de croyances polythéistes élitaires, circonscrit, peu implanté, elle articula le système de représentations des dirigeants de certains royaumes insulaires. On la retrouve aujourd’hui surtout à Bali et un petit peu à Java. Vers 600, le Bouddhisme (aujourd’hui (0.75% de la population) fait son apparition, relayé par des moines indiens ou chinois. Il ne s’implantera pas en profondeur, lui non plus.

Pour l’Islam on peut citer trois dates jalons. La plus vieille stèle musulmane connue date de 1082 (à Lehran, à l’est de Java). Le navigateur Marco Polo fait escale dans le nord de Sumatra en 1292 et constate que le roitelet local est musulman. En 1770, le dernier prince Hindou de Blambangan (sur la pointe orientale de l’île de Java) se convertit à l’Islam. Ces trois dates indicatives s’associent au fait que toutes les traces archéologiques et ethnologiques connues attestent une pénétration lente, feutrée et graduelle de l’Islam dans l’immense archipel et ce, sur 700 ans environ. Rien de fulgurant, d’abrupt ou de spectaculaire mais plus d’un demi-millénaire pour s’installer et s’imprégner en profondeur. Et surtout, capital, c’est le premier des trois monothéismes classiques à se positionner dans L’Asie du Sud-Est insulaire. Pour cet immense groupe humain diversifié, le passage au monothéisme, toujours hautement sensible intellectuellement, fut islamique, point barre. Le très ancien port malais de Malacca, situé dans un détroit géographiquement crucial, au nord de l’île de Sumatra et au sud de la Malaisie, est un passage obligé du commerce venu d’Arabie, de Perse, d’Inde (notamment vers la Chine). Les activités de commerce portuaires sont choses subtiles et spécifiques et les musulmans sont des signeux de contrats patentés et méthodiques. Toute une culture commerciale accompagne leur vision du monde et l’Indonésie s’en imprégnera tout doucement, sans assimilation linguistique cependant, les initiateurs musulmans parlant déjà, de fait, des langues diverses. Il est net que l’essor indonésien de l’Islam s’associe intimement au commerce maritime, à l’import-export et à l’organisation marchande des villes portuaires. Les musulmans qui implantent leur doctrine en Indonésie sont principalement des sunnites soufistes (arabes ou, surtout, indiens) dont la vision sapientale, contemplative et imbue de moralité pratique est fort compatible avec les cultes locaux. Une deuxième étape du fameux syncrétisme indonésien se met donc alors subtilement en marche. Après l’éclectisme tranquille, c’est la lente unification sans heurts.

Les premières poussées colonialistes occidentales sur l’Indonésie viendront des Portugais catholiques qui prennent Malacca en 1511 (3% de la population de l’Indonésie est encore catholique). Sans surprise, de par une culture de résistance vernaculaire assez courante face à ce nouveau type d’invasion, c’est l’Islam comme facteur identitaire beaucoup plus anciennement implanté qui va se trouver avantagé par les premières offensive occidentales. Les Portugais ne l’auront pas facile avec les chefs locaux indonésiens. Un autre moment syncrétique crucial va se disposer avec les occupants coloniaux hollandais. De 1602 à 1945, les Pays-Bas vont mettre en place les Indes Orientales Néerlandaises ou Insulinde. En 1641, ils prennent Malacca aux Portugais et stabilisent, pour près de 340 ans, leur puissant dispositif colonial, configurant de fait solidement la future identité nationale de cet immense espace maritime pas tout de suite évident. Les Hollandais sont protestants (aujourd’hui 7% de la population de l’Indonésie l’est encore) mais ce ne sont pas des sectateurs. Au contraire, leur capitale, Amsterdam, patrie de Spinoza, est une des places religieuses les plus tolérantes d’Europe. Les Hollandais sont des gars de comptoirs commerciaux. Ce sont des extorqueurs fermes et méthodiques mais ethno-culturellement translucides. Ce qui compte pour eux, c’est de tenir les cruciales îles aux épices et les routes commerciales maritimes sensibles vers l’Asie profonde et notamment vers le Japon (qu’ils contrôleront commercialement pendant 120 ans, sans s’y implanter culturellement, encore une fois). Les Hollandais, l’impact démographique de leur nation ou de leur langue, le préchi-précha, le sectarisme, c’est pas leur truc. Ils sont les champions des échanges commerciaux avec les peuples plus articulés d’Asie, qui résistent sourdement à l’assimilation coloniale classique (comme en Indonésie), ou la rejettent sèchement (comme au Japon). Ce sont les premiers grands affairistes occidentaux quasi-invisibles de l’histoire moderne. La culture de tolérance religieuse des néerlandais va insidieusement compléter le tableau syncrétique indonésien et durablement influencer, sans tambour ni trompette, l’intendance de l’Islam local pour en faire un des plus spécifiquement tolérants et «multiculturels» du monde.

Après 1945 (défaite de l’envahisseur japonais en Indonésie), la dictature de Suharto va graduellement se déployer, décoloniser l’île, sortir les Hollandais, et s’installer comme premier grand nationalisme indonésien. Dictateur adulé mais brutal, Suharto, en place officiellement de 1967 à 1998, est musulman certes (de la même façon que Pinochet est catholique, si vous voyez ce que je veux dire) mais là s’arrête son ardeur doctrinale. Ce n’est ni un intégriste, ni un islamiste, ni un théocrate. Il est bien trop occupé à militariser la société civile, servir les grands conglomérats compradore américains et casser du communiste menu pour s’occuper de religion. En ce temps là, en Indonésie, la mairie est un lieu de rigidité doctrinaire et constabulaire, la mosquée est un lieu de souplesse intellectuelle et de combines feutrées. La riche tradition syncrétique et tolérante des multi-insulaires indonésiens s’accommode mal de militarisme et d’autoritarisme. Ces gens sont pauvres, exploités. Ils travaillent dur, gagnent leur vie modestement et ne se comportent pas comme des sectateurs. C’est Suharto, sourcilleux face aux éventualités de mise en place de diasporas commerçantes non-nationales (notamment de souche chinoise) dans ses villes portuaires, qui va instaurer la fiche d’identité obligatoire incorporant les religions à cocher. Son administration autoritaire le fera tout prosaïquement, y voyant un indicateur démographique stable, parlant, et commode à gérer, sans plus. Peu ouverte aux variations et fluctuations historiques, cette fiche n’inclura notamment pas le confucianisme, ce qui fait que maints chinois desdites villes portuaires vont devoir, un temps, se déclarer «bouddhistes» pour ne pas faire de vagues involontaires face au court corpus des choix religieux obligatoires d’état. Cette habitude de recensement un peu boiteuse finira par s’installer et survivra au régime Suharto.

Dans l’Indonésie hautement urbanisée d’aujourd’hui, tout comme dans ses nombreuses régions et sous-régions restées sauvages et naturelles, l’Islam se modernise et mobilise toute cette tradition de représentations syncrétiques implicites typiquement indonésienne qui fait, entre autres, que la charia, malgré quelques tentatives après la décolonisation, ne fut jamais retenue comme formule juridique ou gouvernementale. La déréliction chemine aussi, compagne sereine de toutes modernités, sans faire de bruit, comme à son habitude. Il faut faire observer que les «attentats islamistes» contre des intérêts touristiques compradore à Bali en 2002 (ayant tué 202 personnes, principalement des touristes australiens – L’ambassade d’Australie fit aussi l’objet d’un attentat — ceci NB) font un peu tache ici. D’aucun ont voulu y voir le pétard mouillé d’une internationale islamiste mal implantée localement et peu enracinée dans l’hinterland des musulmans indonésiens. On verra ce que l’avenir de la ci-devant Jemaah Islamiyah indonésienne (fondée en 1993 par un marchand de batik javanais de souche yéménite) nous dira mais, personnellement, j’ai tendance à fortement seconder cette hypothèse d’un terrorisme islamiste mais non musulman et pas vraiment trop indonésien non plus… sauf, quand même, dans sa touche assez nettement anti-australienne (plus nationaliste qu’islamiste, donc), bien plus indicatrice, elle, d’enjeux géopolitiques locaux que nos médias d’intox veulent bien nous le laisser croire. C’est à suivre.

L’intégrisme, comme la tolérance religieuse, sont affaires historiques, économiques et socio-politiques bien longtemps avant d’être des affaires religieuses (ou «théologiques», ayoye). Encore grippé par le souvenir d’un dispositif politique autoritaire un peu toc, chamarrant ses législations civiles, le syncrétisme religieux indonésien, de fait dense, ancien, original, historiquement configuré, n’en reste pas moins souple et sans acuité conflictuelle effective. Non, l’Islamie ne porte pas ici la burqa odieuse que l’intoxidentale propagandiste lui colle malhonnêtement à la peau partout ailleurs. Méditons et observons ce qui se joue et s’annonce, là-bas, dans les îles du plus grand pays musulman au monde
.


Tiré de l’ouvrage de Paul Laurendeau (2015), L’islam, et nous les athées, ÉLP Éditeur, Montréal, format ePub ou PDF.




image extraite de l'entretien avec l'auteur déjà importé ici des 7duQuébec

Citation :
Un essai de Paul Laurendeau

Cet ouvrage n’est pas une introduction exhaustive à l’islam, du type de celles que pourrait fournir, par exemple, une bonne encyclopédie. Il s’adresse pourtant à ceux qui ne connaissent pas l’islam : nous. Le nous dans le titre L’islam, et nous les athées, c’est nous, athées occidentaux… On nous parle ici de l’islam autrement, sans concession mais respectueusement. On nous présente ce qu’un occidental éclairé devrait minimalement savoir de l’islam. L’exposé n’est aucunement un exercice d’iconoclastie (il n’y a pas de caricatures de Mahomet ici). Et pourtant, cet ouvrage s’adresse à des athées (nous…) et n’entend pas entamer les postulats athées. Mahomet, ses épouses, ses filles et les premiers califes sont des figures historico-légendaires absolument remarquables, tragiques, puissantes, shakespeariennes. À travers eux et elles, il devient possible de mieux comprendre nos compatriotes musulmans, de la même façon que l’on comprends mieux nos compatriotes anglo-saxons à travers notre découverte de leur compréhension d’un rois écossais (Macbeth), d’un prince danois (Hamlet), d’un général romain (Jules César) et de deux jeunes amoureux de Vérone (Roméo et Juliette).

Aux occidentaux qui liront ce livre
:

Nos réflexes culturels au sujet de l’islam sont soit inexistants, soit totalement conditionnés par l’intox, les préjugés et la propagande. C’est un peu inévitable mais c’est réparable. On découvrira ici que les émotions et les réflexions que l’islam peut encore apporter, aux gens exempts de religion, sont formidables et très intéressantes, si on a la présence d’esprit de les capter dans l’angle philosophique approprié. Et ça, nous devons en parler, plus que jamais aujourd’hui, avec un esprit libre et sans condescendance civilisatrice aucune.

Aux musulmans qui liront ce livre :

On peut respecter des croyances et s’y intéresser profondément, sans les partager. Mahomet et Khadîdja appartiennent au monde entier. Quand une culture influence aussi profondément la pensée universelle que le fit l’islam, eh bien, elle attire éventuellement l’attention de ceux qui ne s’y soumettrons jamais mais s’inspireront quand même de son rayonnement, de sa portée intellectuelle et pratique, de sa sagesse, et voudront mieux la connaître et la faire connaître pour mieux vous comprendre vous, compatriotes musulmans, dont nous sommes pleinement solidaires.

Découvrons-nous les uns les autres.


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Ven 18 Déc - 11:41



Meyer Habib évoque une « gangrène islamique »… à l’Assemblée nationale Al-Kanz

Mercredi 16 décembre, un député controversé a évoqué à l’Assemblée nationale une « gangrène islamique » sans susciter la moindre réaction. Manuel Valls approuva son propos



La « gangrène islamique » devient « islamiste » sur le site de l’Assemblée nationale

Citation :
Islamophobie. Intervenant à l’Assemblée nationale contre la campagne BDS (Boycott Désinvestissement Sanction), le député controversé Meyer Habib, porte-parole officieux en France du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et de l’extrême droite israélienne, s’en est pris au boycott légitime de l’Etat voyou d’Israël.

Aucun député n’a réagi


Egal à lui-même, jamais décevant, Meyer Habib a multiplié les amalgames aussi fallacieux qu’outranciers. Souillant la mémoire des victimes de Merah (Montauban et Toulouse) ou de Nemouche (musée juif de Bruxelles), le député qui s’exprimait pour le groupe de l’Union des démocrates et indépendants (UDI) a osé l’infâme.

« L’Europe n’a-t-elle rien de mieux à faire quand la gangrène islamique se propage, qu’on a massacré à Toulouse, à Bruxelles et en plein Paris ? »
, a-t-il demandé à Manuel Valls à qui il s’adressait.

« La gangrène islamique »
, non pas la gangrène de l’Etat islamique, non pas la gangrène Daesh, la gangrène islamique. Le propos, qui ne souffre aucune ambiguïté, n’a suscité aucun réprobation. Pire, plusieurs députés de l’UDI et des Républicains ont applaudi à la fin de l’intervention de l’obligé de Netanyahu.

« Gangrène juive », « gangrène catholique » ?

Prenant à son tour la parole, le Premier ministre Manuel Valls n’a rien trouvé à redire. Il a plutôt renchéri, n’hésitant pas à criminaliser celles et ceux qui s’opposent au sionisme, doctrine politique.

Imaginerait-on un député français fustigeant la politique criminelle d’Israël évoquer en plein débat parlementaire la « gangrène juive » ? un autre scandalisé par les choix sociétaux du pape évoquer la « gangrène catholique » ? cela sans provoquer un tollé dans les rangs de l’Assemblée nationale ? Assurément non.

En revanche, évoquer la « gangrène islamique » est bien naturel. Les mots sont importants. Meyer Habib a osé l’infamie. Manuel Valls l’a validée.


« je suis un ami proche de Benjamin Netanyahu »



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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Dim 20 Déc - 12:33


L'islamophobie comme forme actuelle du racisme





Citation :
Que l’on regarde ce qui se dit sur la Syrie, l’Irak, l’Afghanistan, dans toutes ces situations, on assiste à la construction d’un nouvel ennemi, d’une nouvelle frontière, une frontière religieuse. A cet effet, on va interpréter de manière religieuse des conflits qui sont avant tout économiques, politiques, sociaux, territoriaux (...) cette nouvelle frontière religieuse a une double fonction : celle d’homogénéiser et celle de distinguer à l’intérieur de chacun des peuples ici et là-bas. Ici, homogénéiser l’essentiel de la population française face à un danger supposé et ce danger, c’est le musulman qui remplace la figure du dangereux communiste.

Said Bouamama, "L'islam comme nouvel ennemi". Débat Je suis ou je ne suis pas Charlie, Roubaix, 27 mai 2015. (Première partie)


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   

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ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions
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