PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION

LA CONSTITUTION EN CLASSE CONTRE LE CAPITAL DES LUTTES PROLÉTARIENNES, FÉMINISTES, DÉCOLONIALES et ÉCOLOGISTES
 
AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  
Rechercher
 
 

Résultats par :
 
Rechercher Recherche avancée
Derniers sujets
» DE LA MUSIQUE AVANT TOUTE CHOSE
Hier à 21:07 par Admin

» JOHNNY HALLYDAY, ROCK FRANÇAIS et IDÉOLOGIE POLITIQUE du MACRO N' POPULISME
Hier à 7:05 par Patlotch

» MACRONISME, ÉTAT français et RESTRUCTURATION de la géoéconomie du CAPITAL
Lun 11 Déc - 21:52 par Patlotch

» la VIOLENCE venue dans la "CONTRE-RÉVOLUTION" CAPITALISTE...
Lun 11 Déc - 18:07 par Patlotch

» EXTIMITÉ, les confessions de Patlotch : un rapport aux autres et au monde
Lun 11 Déc - 17:38 par Patlotch

» PALESTINE et ISRAËL
Dim 10 Déc - 17:18 par Patlotch

» 9 - QUE SE PASSE-T-IL ? hypothèses et validations empiriques... Quelles contradictions, quelle dynamique historique ?
Sam 9 Déc - 17:00 par Patlotch

»  "GREAT BLACK MUSIC"... pour "double paire d'oreilles"
Sam 9 Déc - 9:47 par Patlotch

» ANTISÉMITISME, SIONISME, antisionisme... Identité juive... UJFP, JJR...
Jeu 7 Déc - 21:13 par Patlotch

» au-delà du vrai et du faux, tragique comédie
Jeu 7 Déc - 16:44 par Tristan Vacances

» LA NOUVELLE GAZETTE DES VANNES (Franzoseur Zeitung)
Jeu 7 Déc - 15:55 par Patlotch

» LA RÉVOLUTION COMMUNISTE SERA FÉMINISTE OU NE SERA PAS (féminisme et marxisme)
Jeu 7 Déc - 15:43 par Patlotch

» la classe écologiste du capital
Jeu 7 Déc - 12:54 par Patlotch

» LA FRANCE AIME LES "ARABES", d'ailleurs, et riches : l'émir lave plus blanc
Jeu 7 Déc - 12:04 par Patlotch

» 8. poèmes, fables et contes pour en causer
Mer 6 Déc - 15:02 par Patlotch

» ENFANTS au TRAVAIL dans le monde
Mar 5 Déc - 22:33 par Patlotch

» NOTES de STYLISTIQUE et POÉTIQUE
Mar 5 Déc - 19:04 par Patlotch

» VA-SAVOIR : chronique à la com, la dialectique du quotidien en propotion magique
Mar 5 Déc - 18:17 par Admin

» les "BLANCS" forment-il une 'race' à part ? Whiteness, BLANCHITÉ ?... le COLORISME... le 'RACISME ANTI-BLANCS'... NON-MIXITÉ
Mar 5 Déc - 17:48 par Patlotch

» la DOMINATION MASCULINE en FRANCE : machisme, travail, domesticité, violences...
Mar 5 Déc - 17:20 par Patlotch


Partagez | 
 

 ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6
AuteurMessage
Admin
Admin


Messages : 6263
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Lun 18 Juil - 12:29


extrait d'un texte de 2015 concernant la Turquie, intéressant...


sur le rapport actuel entre Islam "modéré", capitalisme et politique

"L’islam : un choix positif : un système de reproduction sociale (valeur de la force de travail)"

extrait de

« Turquie : Erdogan, Gülen et la bourgeoisie pieuse et …l’armée »

RS 2015

RS a écrit:
L’islam n’était pas seulement une idéologie construite et adoptée en réaction, face à un adversaire laïque et « occidentalisé ». Si l’islam a été la sanction morale de ce compromis c’est qu’il était avant tout le couronnement idéologique, le point d’honneur spiritualiste, des modalités d’intégration et de reproduction de la force de travail correspondant au procès de valorisation du capital de cette nouvelle bourgeoisie.

Marx a écrit:
« Les besoins naturels, tels que nourriture, vêtements, chauffage, habitation, etc., différent suivant le climat et les autres particularités physiques d’un pays. D’un autre côté, le nombre même de prétendus besoins naturels, aussi bien que le mode de les satisfaire, est un produit historique, et dépend ainsi, en grande partie du degré de civilisation atteint. Les origines de la classe salariée dans chaque pays, le milieu historique où elle s’est formée, continuent longtemps à exercer la plus grande influence sur les habitudes, les exigences et, par contre-coup, les besoins qu’elle apporte dans la vie. La force de travail renferme donc, au point de vue de la valeur, un élément moral et historique ; ce qui la distingue des autres marchandises. »

(Marx, Le Capital, Ed. Sociales, t.1, p. 174).


Cet « élément moral et historique » se combine parfaitement avec le libéralisme des « tigres anatoliens ». Les valeurs islamiques produisent une étroite symbiose entre d’un côté un certain mode de mobilisation et de reproduction de la force de travail et, de l’autre, la transformation des nécessités de l’accumulation du capital en valeurs éthiques. Pour Dilek Yankaya : « Les militants travaillent pour transformer l’opinion et produire des solutions individuelles aux problèmes de chacun (souligné par nous). Si vous avez besoin de vous marier avec une bonne musulmane, ils vous la présentent. Si vous aves besoin de charbon, ou si vous devez être hospitalisé, vous êtes pris en charge. On donne en fonction des besoins de chacun, et on obtient les votes en retour. » ; André Bank et Roy Karadag (The political economy of regional power : Turkey under the AKP) ajoutent : « L’AKP agit à la fois comme une force motrice pour soustraire le marché à l’intervention de l’Etat et comme un vecteur de réintégration des exclus. Il propage ainsi des valeurs procapitalistes et sociales en même temps. »[8]

« Solutions individuelles » ne signifient pas promotion de l’individualisme, bien au contraire. Contre « l’individualisme occidental », la « solution individuelle » s’adresse à un individu particulier et concret, ancré dans des structures familials et communautaires, dans une petite ville ou dans un quartier d’une mégalopole. Cette politique qui individualise la redistribution ou en fait une affaire familiale est conforme en ce qui concerne la force de travail au libéralisme grâce auquel les entrepreneurs de la Müsiad ont prospéré et, en outre, elle mine les quelques institutions keynésiennes de l’Etat mises en place dans le cadre des très grands groupes privés et des entreprises publiques au profit de la « solidarité musulmane » et des « valeurs familiales ». Sur les 41,98 milliards de dollars rapportés par les privatisations depuis les années 1980 (réformes libérales de la période Ozal), 34 milliards ont été « gagnés » entre 2002 et 2010 (AKP au pouvoir).

Dans son article du Monde diplomatique, Tristan Coloma (op. cit.) commente les citations précédentes : « L’Etat se défait de ses obligations sociales en faveur d’acteurs privés proche du parti, principalement les « tigres anatoliens ». (…) La Müsiad symbolise la revanche de la « Turquie d’en bas » sur l’élite laïque. « Les politiques qu’Erdogan applique – analyse Yankaya – sont la forme idéologisée du système de valeurs de la bourgeoisie anatolienne : travail, famille, religion ; une idéologie bourgeoise conventionnelle » ». La jonction de la mosquée et de l’entreprise n’est pas une idéologie bourgeoise si « conventionnelle », contre les structures keynésiennes elle modifie les conditions de reproduction de la force de travail dans son « élément moral et historique », si bien que le pouvoir d’achat des salaires dans l’industrie a baissé de 15,9 % entre 2002 et 2011. Cette jonction s’est révélée être le vecteur de la flexibilité et de la baisse de la valeur de la force de travail nécessaire à l’insertion du capitalisme turc dans la mondialisation, tout en conférant à la bourgeoisie anatolienne la capacité, au travers de l’AKP, de se présenter comme le « parti du peuple ». Pour cette bourgeoisie, dans les villes anatoliennes, l’entreprise avec les services qui lui sont directement liés est construite comme un facteur de « cohésion sociale », l’islam n’est pas « la solution » (pour reprendre la formule fétiche de l’islam politique), mais une ressource culturelle au service de l’activité économique. Bas salaires et absence de droits sociaux : parodiant Marx, nous pourrions écrire : ces rêveries islamiques ne sont que l’expression imaginaire du monde actuel et, par conséquent, leur « réalité » existe déjà dans les mauvaises conditions du monde tel qu’il est [9].

Entre l’attachement à l’islam et le libéralisme de cette nouvelle bourgeoisie, il n’existe pas une relation instrumentale et, inversement, nous ne sommes plus à l’époque de l’éthique protestante et de la naissance du capitalisme. Les réformes libérales initiées au début des années 1980 sous Turgut Ozal ont absorbé les valeurs islamiques dans une interpénétration par laquelle les petits et moyens entrepreneurs jusque là exclus des principales ressources d’accumulation du capital sont parvenus à s’imposer dans une lutte économique qui devait être idéologique et politique
. La nouvelle bourgeoisie n’est pas par essence pieuse parce que petite ou moyenne, l’islam était son auto-reconnaissance, la prise de conscience d’elle-même dans son combat et l’idéologie sous laquelle opéraient les modalités d’exploitation de la force de travail et les conditions sociales et politiques de son expansion qu’elle amenait avec elle. Dans sa réussite, elle tempère son islamisme et fait de plus en plus alliance avec la grande bourgeoisie traditionnelle, marginalisant les organisations les plus « radicales » et s’éloignant même de toutes références politiques explicites à l’islam.

Même si la période entre 1997 (élimination du Refah et de son chef Erbakan) et 2002 s’est finalement soldée par une victoire durable de l’AKP, les entrepreneurs du Müsiad ont tiré les leçons de l’épisode qui faillit entrainer la disparition de leur organisation et de leurs espoirs d’hégémonie économique et politique. Ils se sont d’abord désolidarisé du Refah et ont lâché Erbakan qui, en représailles, fonde une nouvelle association d’hommes d’affaires, l’Askon, plus conservatrice que le Müsiad, mais qui ne prendra jamais une grande importance. De son côté, le 6 mars 2000, le nouveau président du Müsiad demande aux membres de l’association de ne « plus faire référence à l’islam dans leur business ». Ceux qui violent cette règle reçoivent un avertissement, puis, en cas de récidive, leur appartenance à l’association est officiellement annulée. Le soutien à l’AKP d’Erdogan à partir de 2002 est efficace mais discret et ce dernier e garde bien de reprendre le discours anti-occidental agressif d’Erbakan. D’autant plus que « le commerce avec les pays européens représente 60 % des échanges commerciaux des entreprises du Müsiad, soit 8 % de plus que la moyenne turque (souligné par nous) ». (Marie-Elisabeth Maigre, op. cit. [4]).

Le discours islamiste se dissout dans une simple promotion de valeurs éthiques suffisante pour correspondre à la manière dont ces entrepreneurs gèrent leurs affaires et contrôlent la main-d’œuvre : rigueur morale, modernité, innovation technologique, attitude amicale vis-à-vis des pays occidentaux. L’afflux de nouveaux adhérents sur la base de raisons seulement relatives aux affaires dans une association dont les membres font désormais partie de la classe dirigeante a entrainé, dans une organisation de plus en plus élitiste, le remaniement des valeurs traditionnelles. De plus en plus, des missions communes sont menées avec la Tusiad, les deux organisations partagent les mêmes valeurs économiques et veulent un gouvernement stable, l’entrée dans l’Union européenne  et une Turquie occidentalisée. La même convergence se produit avec les organisations économiques dans l’orbite du mouvement Gulen. C’est l’ordre capitaliste qui s’impose comme une éthique.

« Le mouvement de protestation du parc Taksim Gezi au printemps de 2013 a vu s’affronter les deux principales organisations patronales de Turquie : le Tüsiad et le Müsiad. A la différence du Tüsiad, club de grands patrons stambouliotes et pro-occidentalistes ayant offert son soutien, souvent implicitement mais parfois explicitement, aux activistes contestataires, la Müsiad, qui représente majoritairement les chefs d’entreprise des PME, n’a jamais cessé de supporter – ou au moins de ne pas critiquer – l’attitude austère et intolérante du gouvernement de PJD (Parti de la justice et du développement, AKP) contre les manifestants » (Cem Ozatalay)[10].

Les deux organisations ne se sont pas positionnées de façon identique mais la distinction tranchée que fait l’auteur n’est plus de mise. Même si les leaders du Müsiad persistent dans un certain discours politique et religieux, la base s’en désintéresse, de même qu’elle s’éloigne d’Erdogan. Le radicalisme sociétal de plus en plus agressif d’Erdogan pourrait n’être qu’un appel à la base du parti et de ses sympathisants et un chantage à la moralité islamique contre ce qui est devenu « les élites anatoliennes ». La fin de l’alliance entre Erdogan et Gülen marque un tournant : « Les classes moyennes sont devenues majoritaires (bien que l’on ne sache jamais exactement qui sont ces « classes moyennes », acceptons cette affirmation comme l’expression d’une impression dominante et d’une tendance, nda) et, surtout, l’Anatolie, tout en restant conservatrice, a entamé sa mutation. La société devient plus individualiste – y compris dans le rapport à l’islam – et se sécularise, comme l’a montré le « Mai 68 turc », ainsi qu’on a appelé les manifestations de mai-juin 2013 à Istanbul et dans d’autres grandes villes. (…) le conservatisme et le rapport à l’islam des classes moyennes et des entrepreneurs anatoliens se modifient sous l’effet de la rationalité instrumentale du capitalisme. On peut penser que l’impact de cette rationalité économique et sociale fera progressivement reculer le conservatisme individuel et collectif. Et le mouvement Gülen est partie prenante de ces transformations. » (Ali Kazancigil, « Le mouvement Gülen, une énigme turque », Le Monde diplomatique, mars 2014).

L’émergence et la réussite de la bourgeoisie pieuse, à la suite d’une politique de libéralisation économique tournée vers l’exportation initiée dans les années 1980, a été le facteur déterminant de la modération de l’islam politique en Turquie. Contre le programme jugé trop « socialiste » du Refah, cette bourgeoisie au début des années 2000, préfère la libéralisation des marchés, une intervention réduite de l’Etat, une attitude pro-occidentale, et des relations pacifiées avec l’establishment laïque (bureaucratie civile et grande bourgeoisie) installé dans l’Etat. De même, quand au printemps 2013, les manifestations et occupations se sont étendues aux villes d’Anatolie, la bourgeoisie pieuse s’est peut-être dit qu’il était temps de prendre ses distances avec Erdogan.

[4] Marie-Elisabeth Maigre : L’émergence d’une éthique musulmane dans le monde des affaires turc : réflexions autour du Müsiad et des communautés religieuses, Etudes et Analyses n° 7, mai 2005.

[8] Les deux citations précédentes sont reprises de Tristan Coloma, Pourquoi M. Erdogan espère rebondir, « Le Monde diplomatique », juillet 2013.

[9] « Ces rêveries chrétiennes ne sont que l’expression imaginaire du monde actuel et que, par conséquent, leur « réalité » existe déjà dans les mauvaises conditions du monde tel qu’il est. » (Marx, Circulaire contre Hermann Kriege – 1846 – Ed. Pléiade, œuvres philosophiques, p. 1473).

[10] Cem Ozatalay, « Yankaya Dilek, La nouvelle bourgeoisie islamique. Le modèle turc, PUF, coll. Proche Orient, 2013 » Revue des mondes musulmans et de la Méditerranée.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6263
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mar 19 Juil - 19:25


Pegida veut se lancer en politique

Le Courrier (Suisse) 19 juillet 2016

Pegida : «Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident»


Citation :
Le mouvement islamophobe  va créer un parti politique.

Le mouvement islamophobe et anti-immigrés allemand Pegida, fer de lance de la protestation contre les réfugiés depuis un an, a annoncé lundi vouloir créer un parti politique. Le groupe ne fera pas concurrence à la droite populiste de l’AfD.

Le futur parti doit s’appeler «Parti populaire pour la liberté et la démocratie directe» (FDDV), a annoncé le chef du mouvement, Lutz Bachmann. Il s’exprimait lors du traditionnel rassemblement organisé par son mouvement dans le centre de Dresde (est) et a indiqué qu’il n’en briguait pas la direction.

Il a justifié la démarche en affirmant que l’association à l’origine de Pegida était menacée d’interdiction par les pouvoirs publics, de plus inquiets de ses dérives extrémistes. M. Bachmann a toutefois assuré que le nouveau parti ne ferait pas d’ombre à l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), parti de droite populiste, flirtant avec l’extrême droite, qui a connu un essor spectaculaire depuis plusieurs mois.

«Nous soutiendrons l’AfD lors des prochaines élections législatives (prévues à l’automne 2017, ndlr) et ne présenterons de candidats que dans un nombre limité de circonscriptions», a-t-il assuré.

Il a affirmé que les relations avec l’AfD étaient bonnes dans la plupart des régions du pays, où le parti de droite populiste a compris que «c’est seulement ensemble» avec Pegida que le succès est garanti. M. Bachmann entend, quant à lui, continuer à s’occuper de Pegida.

Incitation à la haine

Les «Patriotes européens contre l’islamisation de l’Occident» (Pegida) ont lancé leur mouvement à l’automne 2014, par des manifestations anti-immigrés hebdomadaires dans leur fief de Dresde. Mouvement clairement ancré à l’extrême droite, il fait l’objet de plusieurs enquêtes judiciaires pour incitation à la haine.

Il n’a toutefois jamais vraiment réussi à remplir son objectif d’essaimer dans toute l’Allemagne, restant populaire seulement dans l’est du pays. Les responsables de l’AfD sont divisés entre ceux qui assument la proximité avec Pegida et ceux qui veulent s’en dissocier.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6263
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Jeu 21 Juil - 11:48


quel problème avec l'anti-"anti-islamophobie" ?

à la lumière des critiques que m'a adressées Ross Wolfe, je dois revenir sur quelques points qui ont été mal compris. Parmi ceux-ci, la raison pour laquelle je fustige le discours contre l'anti-islamophobie, d'une façon générale parce qu'il est un discours d'État (Manuel Valls, Gilles Clavreul, sionistes et néo-cons'), en particulièrer quand il provient d'anarchistes et de marxistes censés mettre en cause l'État et qui dans ce cas ne le font pas

le premier point est que pour débattre de ces questions, il faut partir des réalités, des faits, non la dénier en la voyant à travers des lunettes dogmatiques, ou des justifications conceptuelles abstraites concernant l'identité, l'essentialisation, etc.

l'idéologie comme religion avec ou sans dieu

le second est que si "islamophobie" n'est pas un concept à retenir pour une approche communiste du problème, et de celui même de religion, il recouvre pour tout un chacun ces faits et acquiert donc une validité pratique, pragmatique, politique. Rappelons que pour Marx, la critique de la religion ("la religion est l'opium du peuple") n'est pas un but en soi ou une condition première chronologique d'une critique de classe, mais la matrice" de toute critique des idéologies, celle qu'il a faite à son époque de l'idéologie de l'État politique, autrement dit contre la religion de l'État (Pierre Legendre)

ce point est important particulièrement en France où l'idéologie de la laïcité est tant revendiquée, sous diverses variantes jusqu'à l'anti-religieux laïcard (et anarchiste) qui devient sa propre religion athée, se suffisant parfois à elle-même ou en tout cas venant devant toute autre considération dans le contexte actuel : c'est une dimension de ce que j'appelle l'idéologie française

un déni de réalités

pour discerner la valeur d'un discours sur cette question, il convient donc de vérifier comment les personnes portant ce discours partent ou non des faits, en l'occurrence le caractère massif du racisme anti-arabo-musulman, à l'encontre de personnes qui sont ou non musulmanes, croyantes ou d'autres religions. Si elles ne le font pas, c'est un déni de cette réalité qui les dérange, soit eux à titre personnel pour diverses raisons, soit leurs idées, leurs dogmes

un anarchisme à géométrie variable contre l'État

cette vérification n'est pas difficile quand il s'agit de groupes ou d'individus s'exprimant par des textes ou sur des blogs, notamment sur la question raciale en général et sur leur conception de la lutte de classe. C'est un travail que j'ai fait, et je ne reviens pas sur la liste de ceux qui portent ce discours dans les mouvances anarchistes et/ou marxistes, étant vérifiable aussi que leurs conceptions de la lutte des classes, hors quelques clauses de style, ne s'embarrasse pas chez les anarchistes anti-marxistes en particulier de critiques concrètes de l'exploitation du prolétariat et de l'économie politique

ils ne s'embarrassent pas non plus, pour de supposés anarchistes, d'une critique du discours d'État en la matière (Gilles Clavreul, Manuel Valls, sionistes et néo-cons), étant entendu que devient de rigueur l'équation anti-islamophobie = antisémitisme = antisionisme

quelle place aux questions raciales en général et en relation avec les luttes de classes en particulier ?

un critère d'appréciation est de voir quelle considération ils portent à la question raciale en relation avec l'exploitation et les dominations capitalistes et étatiques. Dans la plupart des cas, on constate un grand intérêt pour l'antisémitisme et une place très limitée à la critique des autres racismes (Temps Critiques, Critique de la valeur, Mondialisme.org, non-fides, etc.). La disproportion est inversement proportionnelle aux réalités quantitatives du racisme dans le monde, et à partir de là, on flaire une attention à sa propre communauté surprenante chez de tels universalistes "colorblind"

le lien s'établit alors entre vision théorique de la question et "pratique théorique". Pour certains, "théorie" est un bien grand mot, puisque là non plus, ils ne s'embarrassent pas de discussions rigoureuses avec ceux qu'ils mettent en cause ou leurs idées, la règle étant de fuir les confrontations directes et de parler seul ou entre-soi, plus sûrs ainsi d'avoir raison en pratiquant l'amalgame et le campisme (Yves Coleman est un spécialiste de ce procédé très répandu dans la post-ultragauche française)

essentialisation/racialisation : une erreur de cible

on se retrouve par conséquent face à un retournement des causes et conséquences, puisque la critique de la racialisation et de l'assignation à une race ou religion est adressée non plus à son principal pourvoyeur, l'État dans la logique de segmentation du prolétariat, mais à ses "victimes" (le mot devient d'emploi difficile, puisqu'on vous renvoie alors à une "victimisation"...). On reproche aux "racisés" de s'organiser de façon autonome sur la base de cette domination concrète et quotidienne, jusqu'à considérer toute organisation décoloniale comme identitaire et communautarisme, c'est le discours "marxiste" sur les "entrepreneurs en racisation", de Jean-Loup Amselle ("les nouveaux rouges-bruns") à Roland Simon de Théorie Communiste, en passant par Yves Coleman ("Les Indigènes de la République réussissent leur examen d’entrée dans l’extrême droite gauloise")

c'est un aboutisssement logique, puisque cette dimension racialisatrice de l'idéologie dominante n'est pas critiquée, et ne peut l'être sur une base de classe puisque la "race" est considérée comme un épiphénomène "qui se rajoute" sur la structure du capital, et n'en est pas un opérateur historique tout au long de sa genèse et de son évolution

autrement dit la boucle se boucle d'une erreur d'analyse historique et théorique et d'un déni des réalités pour lui conserver quelque improbable efficience contre les faits, qui sont têtus, dit-on

quid du 'décolonial' dans tout ça ?

le pas est franchi par certains quand ils ne se font plus que les relais, naturellement en termes ultragauchistes radicaux, de l'idéologie dominante, ai-je écrit, "comme cinquième colonne "anarchiste" de 'idéologie française", termes dont Ross Wolfe s'est offusqué mais dont j'assume la violence, dans son texte où il commence par écrire :

Ross Wolfe a écrit:
Decolonial criticism is, by contrast, in my opinion a complete waste of time. Reading Ramón Grosfoguel has actually made me dumber. (I know that’s hard to believe). Walter Mignolo, Enrique Dussel, etc. don’t say anything all that earth-shattering or insightful. Achille Mbembe is occasionally great, but I do not think he is even remotely similar to the other figures just named.

La critique décoloniale critique es à mon avis une complète perte de temps. La lecture de Ramón Grosfoguel m’a rendu de fait plus bête. (Je sais c’est difficile à croire). Walter Mignolo, Enrique Dussel, etc. rien de tout ça n'est fracassant ou perspicace. Achille Mbembe est parfois génial, mais je ne pense pas qu’il soit même à la même distance que ceux-là.

source : (Patlotch) Decolonial communization? Deuxième paragraphe


d'emblée la messe est dites, 'circulez ya rien à voir dans le décolonial', c'est pourquoi tous ceux dont j'ai parlé s'attachent tant à taire ou dénigrer toute sa critique concrète du racisme dans le capitalisme contemporain, et l'occidental en particulier. Je redonne ici la conclusion d'un précédent commentaire :

à ce moment là, on saisit que le combat décolonial, pour faire court, est l'issue par le haut proposée à ceux qui ne sont pas victimes du racisme (blanc entre autres), et que du point de vue de classe, la balle, si j'ose dire, est au prolétariat blanc, que la lutte décoloniale le concerne autant que les "racisé.e.s", parce que le racisme est l'instrument du capital pour diviser le prolétariat tout entier, la racisation est de son fait et son dépassement l'affaire de tous des deux côtés de la "ligne de couleur"

s'opère là une renversement de perspective qui se pose au présent, non à l'horizon d'une révolution abolissant "race", c'est-à-dire le racisme

autrement dit, la lutte décoloniale est l'antiracisme anti-capitaliste concret de notre temps, le reste est universalisme abstrait de pacotille

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6263
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mar 16 Aoû - 10:08



Étude : de l'économie à la finance islamique
itinéraire de l'ajustement d'un produit identitaire à la globalisation libérale


Khaled Sor 2012-04-19

«L'économie islamique», notion profondément moderne née dans les années 1940, s'est, au cours des ans, profondément modifiée. Dès les années 1970, elle a cédé la place à la «finance islamique». Celle-ci intègre non seulement les institutions du marché, mais se laisse également infuser par sa «culture», devenant ainsi acceptable également pour des non musulmans. Avec la crise financière de 2008, l'acceptabilité tourne à l'engouement, explique Khaled Sor dans cette étude.


6e World Islamic Economic Forum, Kuala Lumpur, Malaisie, 18 mai 2010
© 2010 Dinictis | Dreamstime.com

Citation :
«L'économie islamique» a d'abord fonctionné dans une perspective identitaire : adossée à une vision de l'islam comme système globalisant, elle se voulait troisième voie, alternative aux autres paradigmes économiques dominants, le capitalisme libéral et le communisme. Pourtant, la réflexion sur l'économie islamique traça moins une troisième voie qu'elle n'oscilla entre les deux paradigmes qu'elle entendait au départ dépasser avant de rallier progressivement les réseaux et les credos de la globalisation libérale.

En effet, si elle se caractérise par son indétermination politique (elle peut s'ancrer à gauche comme à droite), le premier moment « socialisant » de l'économie islamique (dans les années 1950 et 1960), plutôt narratif et théologico-philosophique, va céder la place, dès les années 1970, à la finance islamique, savoir technique et modélisable plus à même de se fondre dans la mondialisation financière. Il est aussi beaucoup plus en phase avec ses nouveaux promoteurs : les institutions de finance sharia compliant qui se développent à cette époque dans les pays du Golfe.

Ces institutions vont arracher l'économie islamique à sa matrice militante initiale et imposer son virage à droite. Ce ne sont plus des idéologues, mais un corps de spécialistes, techniciens et «oulémas de la finance», qui vont contribuer à la diffusion des pratiques bancaires légitimées par la référence à l'islam et assurer leur intégration dans les circuits de la finance internationale.

Pour lire l'intégralité de cette étude de Khaled Sor (17 pages), veuillez télécharger le fichier PDF (270 Ko) en cliquant sur ce lien:
http://religion.info/pdf/2012_04_Sor

 

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Lun 22 Aoû - 23:11


le livre de Sherene Razack est de 2011, sa lecture par Rachid Id Yassine de décembre 2013, mais que ce soit avant la période "attentats en France" peut permettre des rapprochements et de mesurer les évolutions





En l’espace de cinq chapitres organisés en deux parties, Sherene Razack « entend décrire les différentes mesures juridiques et sociales prises en Occident à l’encontre des Musulmans, en suivant le déroulement d’une histoire, celle de la confrontation entre les Occidentaux et les Étrangers, de l’intérieur comme de l’extérieur, qui sont d’une autre race ».

Cette recension est publiée avec l'aimable autorisation de l'auteur.


Citation :
Dès les premières pages du livre, le lecteur est quelques peu surpris par le langage et l’emploi de certaines notions omniprésentes : race et camps. Ce sont les deux principaux concepts sur lesquels cet essai repose entièrement. En l’espace de cinq chapitres organisés en deux parties, Sherene Razack « entend décrire les différentes mesures juridiques et sociales prises en Occident à l’encontre des Musulmans, en suivant le déroulement d’une histoire, celle de la confrontation entre les Occidentaux et les Étrangers, de l’intérieur comme de l’extérieur, qui sont d’une autre race ». Ces mesures souscrivent à l’idéologie du choc des civilisations qui sous-tend l’actuelle « guerre contre le terrorisme » avec des logiques d’exception, d’expulsion et d’extermination. Celles-ci se matérialisent toutes dans l’idée de camps. Et si le camp peut être un espace physique comme avec Guantanamo par exemple, les corps eux-mêmes deviennent des camps dans la mesure où ils ne bénéficient plus d’aucune protection juridique. Les lois peuvent effectivement aller jusqu’à les priver de leurs droits fondamentaux. Ce serait là l’œuvre d’« une nouvelle pensée raciale [selon laquelle] nous sommes menacés de tous côtés par les Musulmans et nos dirigeants doivent nous protéger contre cette menace ». Et si l’on doit donc protéger les uns des autres, ceux-là ne doivent plus permettre à ceux-ci de pouvoir être protégés. La pensée raciale justifie la mise en suspend des droits dès lors qu’elle dit chercher à assurer la sécurité nationale. Or on ne peut agir ainsi qu’en reconnaissant aux uns une supériorité sur les autres, mais cette hiérarchie pour être légitime ne doit pas apparaître sous la forme d’un racisme notoire.

Parmi les astuces de la pensée raciale selon S. Razack, il y a le déplacement de frontières. Ainsi la frontière séparant « des peuples et des cultures "sans traits distinctifs" [qui] sont déjà dans la modernité [c’est-à-dire] les peuples d’ascendance européenne » et tous les autres dont en particulier les Musulmans comme groupe racialisé [1], se voit substituée par une autre frontière qui cette fois-ci, sépare les hommes des femmes de ladite race. Ainsi ce serait parce que l’on veut aussi protéger les Musulmanes des Musulmans, que l’on se permet de légiférer et d’appliquer des lois d’exception qui ne disent pas leur nom. La pensée raciale peut alors être efficace à l’aide d’un certain droit d’ingérence dans les affaires des Musulmans. Chacun peut se croire permis d’expliquer comment être un « bon » Musulman et ce que l’Islam doit faire pour se réformer.

Á suivre le raisonnement de S. Razack, en gardant cependant bien à l’esprit que le concept moderne de race renvoie strictement aux caractéristiques sociales et ethnicisées d’un groupe donné, on comprend mieux les motivations implicites d’un traitement politique et judiciaire inégalitaire entre les citoyens des pays européens. Et si l’auteure mentionne la situation qui prévaut en France, en évoquant un usage raciste et patriarcal de la laïcité avec l’exclusion de jeunes filles de l’école publique, on peut aussi lui rétorquer que le principe de laïcité peut être bafoué pour répondre différemment aux mêmes aspirations de la pensée raciale qu’elle dénonce. La récente proposition de la Mairie de Paris (XVIIIe) et de la préfecture de Police de mettre à disposition des fidèles musulmans une caserne de pompier désaffectée, propriété du Ministère de la Défense, pour pallier au manque de mosquées qui les contraint à prier dans la rue, en est une patente illustration. Selon le propos de la professeure canadienne, la révision ou la promulgation de lois, leur application ou leur entorse par l’État souverain, ont pour effet de « chasser les Musulmans » [2] de l’espace public commun. Lorsque l’État et les autorités locales envisage de changer la loi ou de l’enfreindre, c’est en affirmant que les Musulmans ne la respectent pas ; ce qui revient à dire selon S. Razack, qu’en définitive ils ne sont pas capables de la respecter et ne méritent donc pas qu’on la « leur » applique égalitairement à « nous ». Cette distinction entre citoyens à part entière et citoyens entièrement à part, est une prérogative exclusive de l’État qui entend ainsi réaffirmer sa souveraineté. La congruence de cette interprétation sociologique peut par exemple s’illustrer avec l’ancien projet d’extension de la déchéance de la nationalité [3].

S. Razack s’appuie sur l’idée que l’actuelle montée du racisme antimusulman [4] a été provoquée par les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Depuis lors, trois figures allégoriques sont omniprésentes : le « dangereux » Musulman, la Musulmane « en péril » et l’Européen « civilisé ». Celui-ci est rarement désigné comme tel, mais il sert à la définition des deux autres. C’est probablement une des raisons qui a conduit la sociologue à ne réserver aucun chapitre à ce troisième protagoniste, laissant planer son ombre tout au long du texte. Elle précise par ailleurs – et on le devine à la lecture – que tous les chapitres de ce livre furent rédigés séparément. C’est après s’être rendu compte qu’ils souscrivaient à une même problématique qu’elle décida de les rassembler dans ce livre.

La première partie est composée de deux chapitres où S. Razack décrit le déploiement de la pensée raciale dans le traitement sécuritaire et militaire à l’encontre de « dangereux Musulmans ». La sociologue s’arrête sur les audiences entourant les certificats de sécurité au Canada où les principes de précaution et de prévention servent à justifier l’atteinte à certains droits fondamentaux dont celui de connaître les charges retenues contre soi. Or selon l’auteure qui s’intéresse dans le détail à plusieurs cas de personnes détenues pour être suspectées d’activités terroristes, il s’avère que les mesures et les peines préventives s’appuient sur des arguments d’ordre racial. Elle montre à partir de données factuelles qu’il suffit aux autorités pour détenir une personne que celle-ci ait « un teint basané, une barbe, l’allure […] ou encore des noms arabes ou musulmans ». Dans un second chapitre, elle poursuit son décryptage en s’intéressant aux tortures des prisonniers d’Abou Ghraïb en Irak, présentées comme la mise en œuvre de « la terreur raciale » qu’employaient les régimes coloniaux.

La seconde partie de l’ouvrage poursuit l’analyse en s’intéressant au second personnage emblématique de la femme musulmane en danger. S. Razack entend décoder le discours féministe qui abonde dans le sens « des intérêts de l’impérialisme ». Elle déconstruit l’argumentaire de « certaines féministes en Occident [qui] font le miel de l’empire en prônant cette politique de délivrance des Musulmanes [et] défendent sans hésiter l’idée selon laquelle on peut savoir qui est entré dans la modernité, et qui n’y est pas encore, en évaluant le sort réservé aux femmes ». Á partir de trois ouvrages (Fallaci, Chesler et Manji), elle fait état d’un « choc des cultures » où la haine prétexte des différences culturelles pour promouvoir un racisme virulent ; elle dépeint l’usage impérialiste de la dénonciation de l’antisémitisme ; et elle analyse les appels à l’aide de certaines Musulmanes « depuis l’intérieur du harem ». Dans les deux derniers chapitres, elle expose les effets de cet « impérialisme des femmes modernes ». Á partir de l’analyse de deux ouvrages (Storhaug et Wikan), elle s’intéresse d’abord à l’adoption par la Norvège de lois et règlements racistes destinés officiellement à lutter contre les mariages forcés. Elle décortique ensuite le débat sur la Sharî‘a au terme duquel le Canada a décidé d’interdire les tribunaux d’arbitrage religieux en matière d’affaires familiales.

Le propos de ce livre est bienvenu à maints égards, notamment parce qu’il soulève de nombreuses interrogations sur la place et l’exercice de la sociologie à l’échelle du monde. C’est toute la question de l’engagement citoyen – pour ne pas dire politique – du sociologue qui trouve ici des éléments de réponse. Ils sont notamment discutables dans la mesure où ils se situent à la lisière séparant une œuvre scientifique d’une œuvre militante : encore faut-il refuser que celles-ci puissent se confondre, du fait de la nature différenciée de leurs objectifs respectifs. La remarque s’avère d’autant plus nécessaire que l’islam est depuis plusieurs décennies déjà, au cœur de l’actualité internationale, et qu’il est érigé en un véritable enjeu national dans la vie politique de plusieurs pays occidentaux, notamment au moment d’échéances électorales. Les mécanismes que S. Razack dévoilent en parlant d’« hystérie galopante au cours de ces années », sont excellemment illustrés dans « les mesures prises par un petit village du Québec qui promulgua solennellement que la municipalité […] peuplée de 300 Blancs, où ne vivait aucun Musulman […] interdisait la lapidation des femmes, de même qu’on leur lance de l’acide au visage ». L’anecdote témoigne de la force de persuasion desdits mécanismes qu’expose la sociologue dans ce livre engagé.

S. Razack ne prétend pas avoir « des solutions à fournir pour freiner la marche de l’empire, ni celle du néolibéralisme contemporain », mais elle nous propose de rompre avec une modernité conçue comme une idée. Elle suggère avec force que la modernité est un programme qui se traduit en un « processus identitaire [fondé] sur une structure de sentiments et […] un fantasme collectif, celui d’appartenir à une civilisation supérieure ». Ce projet de la modernité emploie divers concepts dont celui de l’égalité des sexes, et tente de dissimuler les manœuvres économiques, sociales et politiques des gouvernants. Il s’évertue à ce qu’on ne puisse voir que cette égalité des sexes ne dépend pas de la culture mais de facteurs eux-mêmes économiques, sociaux et politiques.

L’auteure précise qu’elle mena cette étude critique sur le rôle du féminisme occidental contemporain, en tant que « féministe laïque, portant un nom musulman ». Elle prend sa propre situation en exemple et explique que selon la pensée raciale, elle est perçue comme Musulmane, ce qui rend aussitôt suspects son militantisme dans le mouvement féministe ainsi que sa condition d’universitaire. Pourtant loin de prendre le parti d’une communauté et de soutenir une logique de victimisation, S. Razack nous renseigne davantage sur les dangers que fait encourir la pensée raciale aux sociétés occidentales elles-mêmes, et à l’humanité toutes races confondues. Les mises en garde sont récurrentes et vont jusqu’à renverser la perspective dominante, estimant par exemple que pour les Musulmanes les subissant, « l’intransigeance d’une surveillance policière serrée » est plus dommageable que « les rigueurs de l’intégrisme ». Et le danger de cette pensée raciale n’atteint pas uniquement les Musulmans, mais la société toute entière comme peut dramatiquement l’illustrer l’attentat à la bombe dans le centre d’Oslo et la fusillade sur l’île d’Utoya du 22 juillet dernier. La pensée raciale va jusqu’à faire en sorte que la communauté musulmane de Norvège se retrouve être à la fois soulagée que ce ne fut pas l’œuvre d’un Musulman, et irritée qu’on y ait pu penser aussi facilement [5]. D’aucuns considèrent que l’auteur présumé est animé de « convictions qui en feraient plutôt le premier "terroriste identitaire européen" » [6]. Stéphane François va même jusqu’à parler « des prémices d’une nouvelle campagne d’attentats identitaires en Europe » [7].

C’est, auréolée de son dévouement reconnu à la cause féministe que l’auteure de ce livre mène à bien une analyse objective, étayée par de nombreuses données factuelles, de « ce qu’elle voyait parfois, et ressentait dans sa chair ». L’exercice, délicat, est remarquablement exécuté, encore faut-il pour s’en rendre compte, avoir la patience de suspendre le sentiment d’un propos réducteur que l’on peut éprouver quand on lit que « cet ouvrage montre que personne n’échappe à l’hégémonie de l’empire ». En allant au bout de la lecture du livre, on remarquera combien les propositions de la sociologue font œuvre de pédagogie afin d’expliquer la complexité de nos sociétés et les maintes contradictions de notre époque.

Retrouver cette recension sur : lectures.revues      

_________________________________
[1] Et non plus seulement comme une communauté dont l’attribut de reconnaissance exclusif est la fidélité à une tradition religieuse. On distingue ainsi le Musulman comme membre d’un groupe racialisé, du musulman comme membre d’une communauté religieuse, à l’aide de la majuscule.  

[2] La même analyse pourrait se voir faite dans le cas des Roms, autre groupe racialisé et minorisé.  

[3] Ce fut l’une des mesures-phare du projet de loi sur l’immigration qui prévoyait de déchoir de la nationalité française les personnes devenues françaises depuis moins de dix ans qui se seraient rendues coupables de crime contre des personnes dépositaires de l’autorité de l’État. Elle fut abandonnée, continuant de réserver ce traitement aux traitres et aux terroristes.  

[4] Elle ne parle pas d’« islamophobie ».  

[5] François Clauss, « Norvège : la communauté musulmane soulagée », Europe1.fr, le 26 juillet 2011.  

[6] Fabrice Pozzoli-Montenay, « Anders Breivik, premier terroriste ultra-européen ou loup solitaire ? », Slate.fr, le 25 juillet 2011.

[7] Stéphane François, « Norvège : "Anders Breivik peut faire des émules" », Libération.fr, entretien le 25 juillet 2011.




Sherene Razack parle de "racisme antimusulman", pas d'"islamophobie"
(au demeurant comme Yves Coleman)

Revenir en haut Aller en bas
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mar 23 Aoû - 19:20


Valls veut une «assimilation» de l'islam

extrait de 2017 : Valls craint une défaite de la gauche «dès le premier tour»
Arthur Berdah Le Figaro 23/08/2016

« Nous devons bâtir un islam français, européen, occidentalisé, avec nos traditions et nos valeurs»

la réforme de l'Islam en France ou la Hic' Cité

montage photo Patlotch 2015

Citation :
«L'élection présidentielle va se jouer sur (...) la place de l'islam». Tandis que l'exécutif s'apprête à relancer l'encadrement du culte musulman en confiant les clés de la Fondation pour l'islam de France à Jean-Pierre Chevènement, Manuel Valls - déjà à la pointe sur les questions identitaires - semble avoir décidé de s'emparer du sujet.

Soucieux d'infliger une «défaite retentissante à l'État islamique (et) au fondamentalisme musulman», en démontrant que «l'islam est compatible avec la démocratie (et) avec nos valeurs», le chef du gouvernement plaide pour «l'assimilation et l'intégration de l'islam». «Oui, j'assume ces mots. Il faut une assimilation», martèle-t-il, brisant ainsi un tabou à gauche, où l'on prône un modèle intégrationniste. Pour justifier ce choix lexical, le chef du gouvernement cite «les autres cultes (qui) se sont sécularisés». «Nous devons bâtir un islam français, européen, occidentalisé, avec nos traditions et nos valeurs», conclut-il.



je ne voulais pas importer ce texte, mais en contrepoint au désir de Valls d'« assimiler l'Islam»...


Il faut en finir avec l’Islam de France

Atman Zerkaoui, membre du PIR, 20 août 2016

Le gouvernement l’a de nouveaux dit, il faut un Islam de France. Bigre ! Encore un énième machin construit par l’état et complètement déconnecté des musulmans vivant en France ? Sans doute. Mais cela apparaît dans un contexte de répression accentuée. Les récentes déclarations de Manuel Valls concernant la fondation de l’Islam de France augurent une accentuation de la répression généralisée à l’ensemble des musulmans et des mouvements indigènes autonomes qui s’opposent au pouvoir.


Citation :
Avant d’aller plus loin, posons le contexte. Qu’est-ce que l’islam de France ?

Si je vous dis « c’est la voiture de Julie » vous comprenez que la voiture appartient à Julie et que cette dernière peut en faire ce que bon lui semble. Ben Islam de France, c’est presque pareil. L’Islam est un objet qui appartient à la France, en l’occurrence l’État français. Parler d’Islam de France, c’est dire que l’Islam n’appartient pas aux musulmans (mais peut-il « appartenir » à quelqu’un ?) mais à l’État et que ce dernier est légitime à en faire ce qu’il veut des musulmans et de l’organisation censée les représenter (nous reviendrons là-dessus plus tard).

Cet Islam de France est donc bâti en l’absence de la quasi-totalité des musulmans et contre eux. Le fait que le chef de l’état et des ministres proposent qui doit en être à la tête en est un signe. François Hollande propose Chevènement (quoi de mieux d’un ancien préfet en Algérie française pour reprendre les recettes de la gestion coloniale de l’Islam et des musulmans ? C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures confitures n’est-ce pas ?) Quand à Rossignol (vous savez la ministre qui dit que les femmes voilées sont comme des esclaves « nègres » avides de leur soumission) elle a fait sa liste de Noël : il faut une femme, d’origine musulmane et laïque puis propose Rachida Dati comme poulaine. Ne vous plaignez pas on a échappé à Chalghoumi. Notons au passage que les afficionados de la laïcité (vous savez ceux qui piquent des crises d’angoisse dès qu’un musulman demande à bénéficier de ses droits) n’ont rien dit sur le fait que l’état choisisse qui doit représenter les musulmans, comme à leur habitude dès qu’il s’agit de mettre au pas de l’état français les musulmans.

Cette fondation de l’Islam de France serait donc bien partie pour être un nouvel échec du gouvernement français et ce pour plusieurs raisons.

D’abord le fait que l’État choisisse avec qui il veut discuter, ce qui est problématique mais le devient encore plus quand il impose des critères qui font que le représentant des musulmans, choisi par la république mais pas les musulmans, dira plus ou moins ce que veut entendre le gouvernement et sera une fois encore totalement déconnecté du peuple musulman de ce pays. En même temps, je crois que les musulmans ont quelques doléances à faire au gouvernement concernant son action à son endroit et que ce dernier ne veut pas les entendre puisqu’il sait que ça ne sera pas forcément gentil-gentil pour lui. Pour le pouvoir, ce représentant des musulmans n’est pas là pour faire valoir ce que veulent les musulmans mais au contraire sera un caïd de la république qui demandera aux musulmans de bien se tenir et de chanter la Marseillaise entre une perquisition et un bombardement français dans un pays musulman.

Ensuite, l’idée même qu’il puisse y avoir un représentant des musulmans vivant en France n’est pas matériellement possible. Le principal problème vient du fait que les dirigeants français s’imaginent que toute religion est comme la religion catholique, avec un clergé, une hiérarchie, une sociologie identique. Or cela n’est pas le cas. Pris dans une vision monolithique et européocentrée du religieux, les dirigeants français proposent de créer une structure pour tenter de faire entrer les structures sociales musulmanes dans un moule qui convient à leur vision. En un mot, les gouvernements français se comportent comme un enfant voulant faire entrer la pièce carrée dans le trou rond d’un jeu pour bébé avec les mêmes résultats : même en tapant fort ça ne rentre pas.

On pourrait se demander si les dirigeants français sont idiots au point de créer un nouveau bidule inutile ? Ne voient-ils pas qu’en se fabriquant une représentation des musulmans à leur convenance, cette dernière n’aura pas la moindre légitimité aux yeux des musulmans et ne sera jamais prise au sérieux par eux ? Mais ce sont à mon avis de mauvaises questions : D’une, car ils ne sont pas idiots, de deux car l’état français se moque de ce que pensent les musulmans (s’en est-il déjà soucié ?). Il est intéressé par ce que pense l’opinion publique blanche rien de plus. Au mieux, avec la fondation de l’Islam de France, il lui donnera l’impression de faire quelque chose, au pire, l’état intégrera cette fondation à son appareil répressif en décrétant des « bulles papales laïques » et justifiant la répression d’état et les violences subies aux musulmans ne les respectant pas. Le « grand pape des musulmans de la république » Chevènement ne vient-il pas de demander aux musulmans de se faire discrets ? Que dira-t-il à une femme voilée venant de subir une agression ? Qu’elle aurait dû se faire plus discrète ?

À dire vrai, les musulmans s’organisent d’eux même à leur manière. Certains organisent la lutte contre l’islamophobie et l’action du CCIF a fait que la ministre Rossignol a dû rendre des comptes sur les politiques islamophobes français à l’ONU. Les médias communautaires musulmans existent aussi et c’est, par exemple, grâce à eux, en 2014 lors des manifestations contre les bombardements de Gaza, que le mensonge d’état concernant l’attaque de la synagogue rue de la roquette a pu être mis à mal. Le rassemblement annuel des musulmans de France est organisé par de nombreuses d’associations formant l’UOIF. Des associations humanitaires musulmanes, telles que BarakaCity, agissent tant au niveau national qu’international. Bon an, mal an, certains s’organisent en tant que citoyens avec l’espoir de pouvoir vivre paisiblement en facilitant leur intégration, d’autres en tant que musulmans afin de pouvoir vivre pleinement leur religion. Alors pas organisés les musulmans ? Si nous le sommes, certes avec des lacunes, mais il y a des organisations musulmanes qui agissent avec plus ou moins d’autonomie vis-à-vis de l’État et ce qu’entend ce dernier quand il parle d’organiser les musulmans, c’est la mise au pas, l’asservissement, la chalghoumisation de tout le florilège d’organisations musulmanes : l’Islam sera perçu comme organisé que lorsqu’il sera un moyen efficace de contrôle de la population musulmane en France par la puissance publique, comme au temps de l’Algérie coloniale.

Je ne sais pas s’il faut une organisation de l’Islam en France – est-ce opportun ? – Mais je sais que sans une autonomie de son agenda politique cette organisation sera une coquille vide. Que si elle cherche à plaire au prince, elle ne pourra le faire que genoux à terre car c’est ce que souhaitent le prince. Que si elle ne représente pas toutes les formes d’islam pratiquées en France elle sera un instrument de division. Que si elle n’a pas le cran et l’audace de froisser l’État français, d’exiger ce qu’exigent les musulmans à savoir la lutte contre l’islamophobie et pour notre dignité, pour la liberté d’organisation et de définition religieuse sans interférence étatique, sans cette base minimale cette organisation, si elle voit le jour, sera un échec. Cette organisation des musulmans en France, si elle voit le jour, pourrait être une réussite si elle offre aux musulmans la possibilité de participer pleinement à la transformation de la société et de proposer des alternatives politiques, pour eux-mêmes et pour les autres. C’est-à-dire qu’elle ne doit pas se contenter de la revendication minimaliste consistant à dire que les musulmans ont le droit de vivre comme ils le souhaitent dans une société dont les règles sont définies sans eux (et souvent contre eux), mais qu’elle doit nous permettre de participer à la définition de ces règles à partir de nos références. Le monde blanc demande souvent aux musulmans s’ils reconnaissent une part de francité en eux, il serait bon de lui demander si lui reconnaît sa part d’islamité que nous avons apporté.


je n'entrerai pas dans la discussion de savoir ce qui est laïque, laïc, ou pas, et respecte ou non l'esprit de la loi de 1905, qui, si on ne la critique pas, demeure un butoir à la compréhension de ce qu'est, ici dans l'idéologie française comme particulière, la généralité de l'idéologie dominante de l'Etat et de la société civile citoyenne

ce qui me semble manquer est l'explication des raisons de faire ainsi de la part de l'État français, qu'elles échappent ou non à certains de ses porte-paroles, qui sont il est vrai loin d'être des lumières

l'explication, on la trouve dans cette citation en exergue de dndf :

TC a écrit:
L’Etat est cet universel abstrait qui se sépare illusoirement de la société civile en idéalisant et séparant l’intérêt général des conflits qui la traversent, par là il n’est en fait que le comité de gestion des affaires bourgeoises.

Extrait de « Soulèvement arabe: classe/genre ». Théorie Communiste


parmi les conflits dont il est question, la religion, et aujourd'hui particulièrement l'Islam. On a vu comment, saisissant le meurtre du prêtre de Saint-Étinne du Rouvray, Hollande et Cazeneuve se sont attaché, à la limite de la laïcité, à retisser les liens entre l'État français et l'Eglise catholique, jusqu'à cette visite "privée" du Président au Pape

Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6263
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Ven 26 Aoû - 15:48


pour mémoire


sans oublier que ce que l'État fait, Conseil d'État* ou pas, il peut le refaire, le défaire, et ainsi de suite...

cf Conseil d'État et burkini

c'est, disons, affaire de conjoncture...

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6263
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Sam 3 Sep - 16:59


de l'inestimable Muslim Show



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6263
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mer 7 Sep - 12:18




Aude Lorriaux a écrit:
@audelorriaux 7 septembre  

Patrick Simon de l'@InedFr  tort le coup à l'idée d'une "réislamisation" de la France (dans @Le1hebdo)

si ces chiffres sont exacts, et même si tous ensembles, "engagés dans la religion" ou "sécularisés", sont considérés comme "Musulmans", c'est un mauvais point pour l'anti-islamophobie à la Plenel & Cie, "Pour les Musulmans" : rien de tel pour renvoyer cette assignation en miroir...

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6263
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Dim 18 Sep - 7:48


là encore, c'est l'économie politique, pas la religion, qui mène la danse



Le pèlerinage à La Mecque se tiendra cette année du 10 au 14 septembre. Le 24 septembre 2015, une bousculade durant le pèlerinage avait causé la mort de plusieurs milliers de personnes. Dix jours auparavant, une grue s’était effondrée dans l’enceinte de la Grande Mosquée. En plus de remettre en question la gestion par l’Arabie saoudite de l’organisation du pèlerinage, ces deux événements ont pointé du doigt les excès urbains dans un site pourtant sacré, mais obéissant aux lois du marché de l’immobilier et aux intérêts politiques du régime.



Au fond, la Grande Mosquée de La Mecque.
Citizen59, 12 septembre 2015

Citation :
La guerre du Golfe de 1990-1991 a marqué un tournant dans l’histoire contemporaine du Proche-Orient, modifiant les économies politiques de la région ainsi que les relations entre l’État et la société. En Arabie saoudite, les mobilisations contre le régime qui ont émergé au cours de ce conflit, conjuguées à la récession mondiale de l’époque, ont façonné les moyens par lesquels la monarchie des Al-Saoud a géré son monopole sur le pouvoir et les ressources économiques. D’une part, les dirigeants ont adopté des stratégies à plusieurs volets de coercition et de cooptation afin de pacifier les mouvements d’opposition  ; d’autre part, ils comptaient sur la spéculation foncière, sur le développement de programmes immobiliers en particulier, comme nouveau mode de légitimation politique, avec pour objectif de générer des revenus locaux dans le cadre d’une récession mondiale. Ce «  régime de la propriété  » a ciblé plus particulièrement La Mecque et Riyad, vus comme des objets de réaménagement urbain à travers lesquels de nouvelles visions de l’Arabie saoudite moderne se manifestaient et se faisaient diffuser, assumant par conséquent un rôle central dans la vie tant économique que politique.

Une ville musulmane globalisée du XXIe siècle

La planification urbaine centralisée de la fin du XXe siècle a pris, cependant, différentes formes dans les capitales religieuses et politiques du pays. À La Mecque, les plans de réaménagement se sont centrés sur la refonte complète du paysage physique, culturel, social et économique de la ville. Des projets géants, de plusieurs milliards d’euros, ainsi que des propriétés privées ont remplacé des sites historiques et culturels(1), encerclant peu à peu la Grande Mosquée. Les revenus issus du pétrole ont transformé le centre de La Mecque en une constellation de bâtiments à usage mixte comprenant des hôtels internationaux haut de gamme, des logements pour séjours de courte durée et des résidences permanentes, des centres commerciaux. L’avenir de cette zone sera complètement séparé de son riche passé intellectuel, social et économique.

Le régime saoudien a présenté la refonte de La Mecque comme une nécessité pour améliorer l’infrastructure du pèlerinage et accueillir une très importante population musulmane(2) dans une ville désormais facilement accessible et qui aurait plus à offrir que son patrimoine historique et religieux. En conséquence, le but de la construction (et des destructions) est d’insérer la capitale religieuse de l’islam dans le XXIe siècle et de la transformer en une ville mondiale modèle de développement. Ces projets ont en réalité changé l’expérience religieuse du pèlerinage. Ils ont favorisé une augmentation des inégalités de classe et créé de véritables gated communities(3) où les fidèles fortunés peuvent se séparer de la foule. En effet, les gens capables de s’offrir un appartement à plusieurs millions d’euros ou se payer une chambre d’hôtel à plus de 3 000 euros la nuit n’ont plus besoin de voir, d’entendre, de sentir, de toucher ou d’être près des autres pèlerins(4). Ils prient dans le luxe de leurs maisons ou chambres d’hôtel, une pratique sanctionnée par l’ancien grand mufti d’Arabie saoudite, Abdulaziz Ibn Baz (1910-1999), en 1998. Cette séparation est contraire au but du pèlerinage, au principe de communion spirituelle qui doit générer une érosion des frontières (nationales et de classe). C’est cela que symbolise l’habit blanc que portent les pèlerins.

En plus de créer des inégalités de classe et des distinctions entre fidèles, ces projets urbanistiques ont expulsé des centaines de milliers d’habitants du centre de La Mecque de différentes catégories sociales de leurs maisons et de leurs quartiers. En échange, ils ont reçu de maigres compensations financières et n’ont aucun recours juridique. Certains ont fini dans des bidonvilles situés à moins d’un kilomètre de la Grande Mosquée, cachés des yeux des visiteurs par le complexe de l’Abraj Al-Bait Towers.

Le wahhabisme, responsable  ?

Alors que la première vague de destructions massives dans le centre de La Mecque a commencé à la fin des années 1990, les médias ne s’y sont intéressés que récemment, notamment à partir de 2011. Face à une quasi-absence de travail scientifique sur les transformations urbaines de la ville, la presse a estimé que l’iconoclasme(5) wahhabite, enraciné dans des interprétations littérales du Coran et des traditions prophétiques, était derrière tout cela. Bien que les pratiques de commémoration soient dénoncées par les croyances officielles wahhabites, les considérant comme des formes atténuées d’adoration, une effronterie dans l’association avec Dieu, et assimilent ces actions avec le polythéisme, le régime saoudien a toujours su gérer les désirs des religieux zélés et des plus radicaux, les utilisant à des fins politiques si nécessaire. Ainsi, les sanctuaires chiites de Nadjaf et de Kerbala, en Irak et des lieux de culte soufis dans le Hedjaz saoudien (dans l’ouest du pays), par exemple, constituent des cibles pour les wahhabites depuis le XVIIIe siècle. Historiquement, toutefois, de tels actes de destruction ont été tout aussi motivés par la conquête économique et territoriale.

Blâmer le zèle religieux pour ces phénomènes urbains mondiaux, qui font partie intégrante du développement capitaliste et de la réorganisation du pouvoir moderne, ne permet pas de voir les vraies causes du problème. Ces explications faciles, qui ne voient le Proche-Orient qu’à travers le prisme de la religion, reproduisent les images d’une Arabie saoudite rétrograde et figée dans un temps révolu, au lieu de révéler le raisonnement politique et économique derrière les projets de réaménagement de La Mecque. En effet, pour créer de nouvelles opportunités, le régime a transformé le paysage du pays en un actif générant des rentes, en développant les secteurs de l’immobilier et le tourisme religieux. La spéculation immobilière locale, isolée d’un marché mondial en déclin, est par conséquent devenue partie intégrante du «  pétrocapitalisme  » saoudien, une «  solution spatiale  »(6) pour le régime face à sa crise de légitimité. Alors que les projets de développement à La Mecque transforment les énormes excédents de «  pétrocapital  » en une source de rentes régulières et renforcent l’importance de l’immobilier dans la vie économique nationale, ils ont aussi resserré les liens entre les dirigeants économiques et politiques, et la longévité du régime face à une possible dissidence.

La destruction d’une forme de mémoire historique à La Mecque, que le wahhabisme soutient, a été essentielle pour la consolidation de l’autorité politique du régime. Cette dernière a également été soutenue par la création et la commémoration d’une histoire officielle et laïque à Riyad, basée sur le passé de la famille Al-Saoud, un effort qui demeure largement à l’écart des médias et de la recherche. Le régime, attribuant la dissidence populaire à une perte de sa conception de l’identité et de la culture traditionnelles saoudiennes, estime que cette perte est le résultat des transformations sociales venues avec l’urbanisation effrénée de la capitale. Il a par conséquent dépensé des milliards d’euros dans des plans urbains et culturels pour la restauration du Riyad historique et la création d’une industrie du patrimoine. On peut citer plusieurs initiatives, comme le programme de réaménagement de Diriya(7) ou le Centre historique du roi Abdulaziz à Riyad. Toutes visent à consolider un sentiment d’identité enraciné dans l’allégeance à la monarchie Al-Saoud.

Ironiquement, l’establishment wahhabite a joué un rôle central dans cette matérialisation et cette territorialisation de l’histoire officielle du royaume. Dans la multiplicité de projets contemporains, La Mecque et Riyad sont à l’intersection d’une multitude de forces économiques, politiques, culturelles et idéologiques. Ainsi, dans le cadre d’un même espace social, chacune de ces deux villes est la scène d’un ordre social, d’une échelle de temporalité et d’une densité différentes ayant un objectif idéologique autre. Le réaménagement urbain des deux villes, et les contradictions qu’il comporte, est au cœur de l’habileté politique et des pratiques de gouvernance. L’effacement de tout autre récit de la formation de l’État à travers la restauration de Riyad et de destruction à La Mecque est, au fond, une continuité du projet impérial de la famille Al-Saoud, et le reflet d’une profonde violence spirituelle et temporelle, une violence de tous les jours.

Rosie Bsheer


(1)Les travaux autour de la Grande Mosquée de La Mecque ont conduit à la destruction de nombreux sites historiques et archéologiques, dont la maison natale du prophète Mohammed.

(2)Chaque année, quelque 2,5 millions de personnes se rendent à La Mecque pour le pèlerinage hadj, tandis que le nombre de pèlerins total par an s’élève à environ 20 millions.

(3)NDLR. Zones résidentielles fermées et sécurisées, isolées du tissu urbain environnant.

(4)Le prix au mètre carré à La Mecque est le plus élevé de la planète, pouvant atteindre 100 000 euros.

(5)NDLR. Destruction délibérée de représentations religieuses de type figuratif pour des motifs religieux ou politiques.

(6)David Harvey, Spaces of capital : Towards a Critical Geography, Routledge, 2001.

(7)Située au nord-ouest de Riyad, fondée au XVe siècle, Diriya est le berceau de la dynastie Al-Saoud et fut la capitale de ce que le régime nomme «  premier État  » (1744-1818). Abandonnée puis restaurée, la ville est la capitale du gouvernorat éponyme. L’un de ses districts, Al-Turaïf, fut inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’humanité de l’Unesco en 2010.


Article initialement publié dans le numéro 29 du magazine Moyen-Orient, janvier-mars 2016. Reproduit avec l’aimable autorisation du magazine et de l’auteure.

Rosie Bsheer
Professeur d’histoire à l’université Yale (États-Unis), spécialiste de la péninsule Arabique et d’études urbaines.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Invité
Invité



MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Lun 19 Sep - 8:58


L'hegemonie du capital US en Moyen Orient en question


déplacé dans "GUERRE AU TERRORISME" : la grande imposture

.
Revenir en haut Aller en bas
Admin
Admin


Messages : 6263
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Sam 24 Sep - 8:37


Musulmans en France : combien, de quelle origine, quelle pratique...
10 statistiques de l'institut Montaigne


Axelle Choffat lintern@aute 23/09/16

Laïcité, voile, halal... Une enquête sur le nombre de musulmans en France, leur démographie et leurs pratiques, publiée dans le JDD, a beaucoup fait parler. Mais que disent les statistiques sur le fond ? [un fond pas très profond, mais passons...]

Citation :
Le grand sondage de l' Ifop pour l'Institut Montaigne sur les musulmans de France, publié en Une du JDD dimanche 18 septembre 2016, a beaucoup fait parler cette semaine. Il faut dire qu'en livrant des statistiques très précises sur les musulmans, leur nombre, leurs origines, leur niveau de pratique, leur perception de la religion, de la laïcité, des valeurs de la République, du halal ou encore du voile, il s'engageait sur un terrain très polémique. Inédite, l'étude fournit pourtant des renseignements instructifs sur les musulmans du pays, alors que les statistiques ethniques et religieuses sont strictement encadrées par la loi en France et que les chercheurs ont tendance à s'auto-censurer sur le sujet. Pour consulter les 10 points essentiels du sondage et voir ce qu'ils recouvrent vraiment :


5,6 % de musulmans dans la population

50 % des musulmans nés en France, 14% en Algérie

10 % de musulmans chez les 15-25 ans

38 % de musulmans "inactifs"

71 % des musulmans acceptent la laïcité

31 % des musulmans vont à la mosquée chaque semaine

70 % des musulmans achètent halal

65 % des musulmans favorables au voile

30,6 % à gauche, 30,5 % au centre, 17,5 % à droite

28 % de musulmans "autoritaires"


plus de détails dans l'enquête

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6263
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Dim 23 Oct - 13:22




Citation :
Il faut avoir la même organisation que les musulmans : ces derniers ont trois groupes pour schématiser [sic] :

- Ceux qui font les gentils pour arriver au pouvoir par voie démocratique, atteindre les postes important, ceux qui font la taqiya quoi.

- Ceux qui tiennent la rue, participent à la création de zones de non droit, une force brute, racailles de cité, migrants…

- Ceux qui forment la force armée, guerrière, têtes-brûlées, catégorie alimentée par la précédente : les types qui passent à l’acte, qui ne se contentent pas de s’opposer à l’Etat et à la police, mais dont le but est d’éliminer les rivaux, tous les critiques, les blasphémateurs ; pas la peine pour eux d’être actifs tout le temps, la seule nécessité est de sortir de leur état de « dormition » en cas de besoin.

On peut rajouter une quatrième catégorie, ceux qui instruisent, forment les générations,…

L’avantage est que la 1ere catégorie se désolidarise en public des autres catégories., ce qui lui évite de se faire cramer, mais en même temps, il devient presque impossible de critiquer l’islam si on ne veut pas se faire buter. La 2ème catégorie permet d’assurer un maillage territorial et une sorte de milice, protégeant des zones échappant au contrôle de l’Etat.

Quand les patriotes auront une organisation similaire (des élites capables de gouverner, des instructeurs et réinformateurs, une milice capable de protéger les patriotes attaqués (comme à Trégastel) et capable de reprendre la rue aux collabos, quand les collabo chieront dans leur froc à la seule idée de sortir avec une pancarte « peace and love, bienvenue aux migrants » ou « pas d’amalgames »et que les musulmans fermeront leur gueule, alors là, on aura toutes nos chances.

Rien ne s’est fait que par des beaux discours : il faut soit du fric, soit de la force qui les accompagnent. Comme on n’a pas de fric …


en gras, une certaine idée de la république...

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Admin
Admin


Messages : 6263
Date d'inscription : 29/04/2015
Localisation : trop loin

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Dim 30 Oct - 11:14


dans la bataille sur l'interprétation de faits incontestables, une analyse qui n'explique pas grand-chose : montrer que l'islamophobie est un racisme la laisse sur le terrain de l'antiracisme sans en situer les causes dans le capital/Occident en crises



Islamophobie : vous avez dit contre-enquête ?

Alain Gresh Le Monde diplomatique 6 janvier 2015

Citation :
Il devient de plus en plus difficile de nier que l’islamophobie se développe en Europe. De l’attaque contre des mosquées en Suède aux manifestations de « bons allemands » tous les lundis contre une prétendue invasion musulmane, chaque jour les preuves s’accumulent. La Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) a consacré l’introduction de son rapport sur l’année 2013 à expliquer pourquoi elle acceptait finalement le terme d’islamophobie, ce que la plupart des grands médias se sont gardés de reprendre. Même l’inénarrable Caroline Fourest a dû finalement concéder, contrairement à ce qu’elle n’a cessé de répéter pendant une décennie, que le terme n’était pas une « invention des mollahs iraniens » pour freiner toute critique de l’islam.

→ Lire « Le mythe de l’invasion arabo-musulmane », par Raphaël Liogier, Le Monde diplomatique, mai 2014. Pourtant, il serait faux de penser que les tenants de ce rejet de l’islam aient renoncé. Ils se battent autrement. Certains, de manière radicale, comme Riposte laïque (les anciens comparses de Caroline Fourest, qui appellent à une manifestation en janvier contre les musulmans et pour la Reconquista). D’autres se veulent plus subtils, mais véhiculent le même message. Ainsi, dans l’introduction à leur livre Islamophobie, la contre-enquête (Plein jour, Paris, 2014), Isabelle Kersimon et Jean-Christophe Moreau écrivent : « Ce livre n’a pas pour objet de nier cette réalité ou de relativiser la gravité de ces actes (diverses attaques contre des musulmans). Tous sont à proprement parler islamophobes au sens où ils visent des personnes en raison de leur appartenance réelle ou supposée, à la religion musulmane... » Mais — car il y a un « mais » qui constitue le cœur de l’ouvrage : tout cela n’est pas vraiment grave, est largement exagéré, manipulé. Manipulé, au point pour un des auteurs de déclarer, dans une interview au site anticomplotiste, que la lutte contre l’islamophobie est un complot visant à « nous convertir aux vertus politiques du multiculturalisme ».


Un des livres précédents d’Isabelle Kersimon

Isabelle Kersimon s’est surtout fait connaître par des livres sur la lutte contre la cellulite ou le tabac, ou encore sur les meilleures recettes pour rester en forme. Elle collabore au journal Causeur, dirigé par Elisabeth Lévy, dans lequel elle a publié deux articles sur l’islam, ce qui en fait incontestablement une spécialiste de premier plan. Quant à Jean-Christophe Moreau, titulaire d’un Master 2 et préparant actuellement une thèse de droit, il n’a, à notre connaissance, rien produit d’autre. Mais son site Etudes franco-musulmanes, donne un aperçu de son combat idéologique : nul doute qu’il sera fréquemment invité désormais dans les médias, peut-être même pour remplacer Caroline Fourest qui commence à fatiguer son monde.

Mais ces auteurs n’ont pas besoin de lettres de créance pour bénéficier du soutien inconditionnel de Caroline Fourest, laquelle dispose d’une tribune régulière dans « Les Matins de France Culture » — il n’est pas inutile de rappeler que cette émission, comme la « matinale » de France Inter, sont des hauts lieux de l’islamophobie, où circulent des « listes noires » de personnes que l’on ne peut pas inviter. Le 15 décembre, l’éditorialiste encense cet ouvrage, qui est, selon elle, « une réponse implacable, argumentée et chiffrée, à la flopée de livres, bien moins rigoureux, qui sont parus ces derniers mois pour nous annoncer une vague islamophobe en France ». Et il faut dire qu’en matière de rigueur, Caroline Fourest s’y connaît, elle qui a été récemment condamnée pour avoir mis en doute l’agression contre une fille voilée à Argenteuil (Robin Andraca, « Agression Femme voilée : Fourest condamnée », Arrêt sur images, 23 octobre 2014). Et mise en cause par le Conseil supérieur de l’audiovisuel pour son traitement de l’Ukraine.

Lire cette contre-enquête est fastidieux et demande de comparer les attaques dirigées contre de nombreux chercheurs et leurs travaux pour voir si elles correspondent vraiment à la réalité. Les auteurs, à l’instar de Caroline Fourest, s’attaquent en priorité à l’ouvrage de deux sociologues, Abdellali Hajjat et Marwan Mohammed, Islamophobie. Comment les élites françaises fabriquent le « problème musulman » (La Découverte, Paris, 2013).

Principal reproche : le livre se baserait « presque exclusivement », selon Fourest, sur les éléments fournis par le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), présenté comme une « source statistique de référence », alors qu’il s’agit, selon elle, d’une association « extrêmement douteuse ».

Or, que disent Hajjat et Mohammed dans leur ouvrage ? Ils expliquent que « les données du CCIF reposent essentiellement sur les déclarations des victimes (par téléphone, Internet ou courrier) et plus marginalement sur la recension d’affaires rendues publiques par la presse. Elles constituent aujourd’hui une source statistique de référence pour une partie des médias français, mais surtout pour les organisations internationales en charge des droits humains, qui ne manifestent, contrairement à l’Etat français, aucune réticence à reconnaître un mouvement indépendant issu de la communauté musulmane.

Qu’il s’agisse du ministère de l’Intérieur ou du CCIF, l’enregistrement est soumis à de nombreux aléas qui participent à la construction des données finales. L’interprétation du motif de rejet se joue au moment de l’incident, tout de suite après et au moment de l’enregistrement d’un acte islamophobe. À chaque étape, l’incident fait l’objet d’interprétations ou de délibérations. En effet, toutes les interactions marquées par le rejet ou la défiance ne sont pas nécessairement explicites et les motivations des acteurs ne sont pas toujours discernables. L’enregistrement policier ou associatif dépendra ainsi du comportement de la victime et de l’auteur lorsqu’il est connu, des éléments matériels et des témoignages mobilisables, mais également de la sensibilité de l’agent ou du militant à l’égard de la forme de rejet en question. »

La complexité liée au fait de comptabiliser ce type d’actes — qu’ils soient d’ailleurs islamophobes, antisémites ou simplement délictuels — n’est pas une découverte pour un sociologue. Mais Kersimon et Moreau ne sont pas sociologues…

Les deux auteurs n’abordent pas, dans leur « contre-enquête », nombre d’études d’opinion réalisées en France, se bornant à dire que « les sondages réalisés à grande échelle après les attentats du 11-Septembre n’ont montré aucune progression du rejet des musulmans dans les opinions occidentales ». Pourtant, un simple survol rapide de la presse aurait révélé le contraire à nos zélés « contre-enquêteurs ». Ainsi peut-on lire dans le journal Le Monde du 24 janvier 2013 que « La religion musulmane fait l’objet d’un profond rejet de la part des Français » (par Stéphanie Le Bars) :


Citation :
Rarement la défiance envers l’islam aura été aussi clairement exprimée par la population française. 74 % des personnes interrogées par Ipsos estiment que l’islam est une religion “intolérante”, incompatible avec les valeurs de la société française. Chiffre plus radical encore, 8 Français sur 10 jugent que la religion musulmane cherche “à imposer son mode de fonctionnement aux autres”. Enfin, plus de la moitié pensent que les musulmans sont “en majorité” (10 %) ou “en partie” (44 %) “intégristes”, sans que l’on sache ce que recouvre ce qualificatif.


Un autre angle d’attaque de nos « contre-enquêteurs » concerne la notion d’islamophobie en France. « La thèse commune consiste à entériner l’idée d’une islamophobie constitutive de l’ADN français depuis les Lumières », écrivent-ils. Pourtant, là aussi, les propos de Hajjat et Muhammad sont bien différents : « Il est impératif d’éviter les écueils de l’anachronisme et d’une vision anhistorique de l’islamophobie discursive. Il n’existe pas d’islamophobie globale, multiséculaire et intrinsèque à l’identité européenne, une hostilité viscérale et endémique dont la “nature” serait identique du Moyen Age jusqu’au XXIe siècle et qui ne ferait que varier d’intensité d’une période historique à l’autre. Il s’agit au contraire de discours contingents, produits par des acteurs très divers (théologiens, philosophes, érudits, diplomates, gouvernements, scientifiques, journalistes, etc.) et des contextes sociaux et historiques particuliers (réaction aux conquêtes musulmanes, Croisades, déclin de l’Empire ottoman, impérialisme européen et états-unien, immigration provenant de pays musulmans vers l’Europe, etc.). »

Enfin, il faut admirer la manière dont ils analysent le discours médiatique, évoquant quelques émissions audiovisuelles pour « prouver » que les médias ne sont pas islamophobes (alors même que cette liste est tirée du livre de Thomas Deltombe, L’islam imaginaire, La Découverte, qu’ils critiquent vertement). Un peu comme si on se servait de l’émission « Là-bas si j’y suis » de Daniel Mermet (aujourd’hui supprimée) pour prétendre que France Inter combat la mondialisation et s’aligne sur la gauche radicale…

Tout cela pour arriver à cette magnifique conclusion : notre société « tente indéniablement, parfois avec des maladresses (sic), parfois avec des arrière-pensées, d’offrir aux musulmans une place digne de l’idée que nous nous faisons de nous-mêmes : la place de citoyens libres et égaux en devoirs et en droits ». Il n’existe pas, ajoutent-ils, de « France viscéralement islamophobe ».


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur http://patlotch.com/text/index.html
Patlotch



Messages : 1108
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Dim 10 Sep - 14:21


comme document


L’islamisme : produit du capitalisme décadent

Mesloub Khider Algérie Patriotique 7 septembre 2017


Le MSP, «antenne» algérienne de la secte des Frères musulmans égyptiens. New Press

Citation :
«Le sommeil de la raison engendre des monstres» (Francisco de Goya). L’émergence des Frères musulmans est très récente. Paradoxalement, mais sans nous étonner, les phénomènes politiques islamistes sont apparus dans les années 1920-30 : dans la période même de l’émergence en Europe des mouvements fascistes et nazis (Italie, Allemagne, Espagne, etc.). Les Frères musulmans étaient principalement actifs en Egypte et en Syrie et, dans une moindre mesure, dans la zone d’influence de ces pays. Les convergences politiques et idéologiques réactionnaires se manifestent ainsi dès cette période.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets. Notre époque, frappée par une crise économique systémique du capitalisme, voit apparaître les mêmes mouvements réactionnaires à l’œuvre. Dans les années 1950-60, les mouvements islamistes connaîtront une grande prospérité financière grâce aux agences pétro-islamistes et aux organismes obscurantistes «d’éducation». Ils étaient portés par un contexte international dominé par la doctrine Truman dont le cheval de bataille était l’endiguement du communisme (stalinisme). Dans le monde arabe, la doctrine Truman se traduisit par un choc frontal contre les nationalismes arabes socialisants ou prosoviétiques. Aussi l’islam est-il devenu pendant la guerre froide l’axe à la fois culturel et idéologique de la défense du «monde libre» contre le communisme dans le monde «arabe». Tout le monde connaît maintenant les effets catastrophiques et sanglants de cette ligne politique du bloc occidental.

Cependant, avec des succès inégaux, les mouvements islamistes ont mis du temps à occuper le devant de la scène. Il leur a fallu attendre le milieu des années 1970 pour pleinement s’épanouir. Dans le nouveau contexte de crise économique inaugurée au début des années 1970, les islamistes, favorisés par le désengagement de l’Etat-providence, garant jusque-là du développement social et culturel, commencent à s’incruster dans le tissu social à travers notamment des services caritatifs. S’appuyant tour à tour sur le nationalisme et sur la religion, les mouvements islamistes ont pu se développer, puis donner libre cours à leurs délires fanatiques et sanguinaires.

Ainsi, apparus à la même époque que le fascisme en Europe, en parfaite résonance avec l’idéologie postmoderne marquée par la pensée irrationnelle, les mouvements islamistes constituent donc une réelle tendance réactionnaire, un véritable courant contre-révolutionnaire, structuré et subventionné par les puissances impérialistes protéiformes, depuis Washington jusqu’à Riyad, en passant par Tel-Aviv et Paris.

Toutefois, si toutes les variantes de fascisme ont été anéanties (ou provisoirement neutralisées) en Europe et dans le reste des autres continents, le monde «musulman», lui, englué dans une pensée archaïque moyenâgeuse, s’arc-boute encore à un modèle de vie réactionnaire en total décalage avec notre modernité. Prisonnier d’une doctrine religieuse rétrograde, il ne consentira jamais à accepter les principes du monde moderne. Contribuant par-là même au développement de mouvements islamistes prêts à résister à l’envahissement du mode de vie occidental même au moyen des armes, du sacrifice de leur vie. Et même s’il faut anéantir tous les «mécréants» de la Terre et les «mauvais musulmans» du cru jugés comme étant trop modérés ou modernisés.

L’islamisme répandra longtemps encore sa barbarie. Produit d’un système capitaliste décadent qui a généré deux boucheries mondiales au XXe siècle, sans oublier les fascismes et le totalitarisme stalinien, l’islamisme, dernier vestige réactionnaire de notre époque, doit être combattu et abattu. Sans oublier son géniteur, le capitalisme mondialisé, devenu au même titre que l’islamisme nocif pour l’humanité.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patlotch



Messages : 1108
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Lun 11 Sep - 4:50


race et classe

dans les notes de lectures de la soute de Théorie Communiste, en préparation de TC26, une critique de La Fabrique du Musulman de Sidi Moussa 2016, page 2

très intéressant, ça bouge chez TC, en attendant l'Amérique noire, ils ont même découvert C.L.R. James...



extraits
Citation :
Plu­sieurs fois dans ces notes de lec­ture, nous avons exposé les rai­sons qui à un cer­tain moment, dans cer­taines condi­tions font que l’islam devient le mar­queur de la seg­men­ta­tion et de l’assignation raciale ; mais cela n’explique pas pour­quoi le groupe ainsi dési­gné et consti­tué reprend à son compte l’appellation pour se dési­gner lui-même. Pas tous bien sûr, mais c’est mas­sif et la ques­tion est incontournable. [...]

Le pro­cès de consti­tu­tion des assi­gna­tions raciales est un pro­ces­sus objec­tif dans lequel le racia­lisé n’a pas le choix de son appel­la­tion et même de sa lutte contre elle. [...]

[de la race, comme outil théorique] En par­ler, l’analyser, lui faire toute sa place, ce n’est ni l’exalter, ni en faire l’alpha et l’oméga de tous les faits sociaux. Crier « La classe ! La classe ! » en sau­tant sur sa chaise comme un cabri n’est pas plus effi­cace dans une « pers­pec­tive révo­lu­tion­naire » que de crier « La race ! La race ! ». Il ne s’agit pas de com­bi­ner les deux, comme dans une mau­vaise com­pré­hen­sion de « l’intersectionnalité », les choses sont en fait assez simples : le pro­lé­ta­riat n’existe pas préa­la­ble­ment dans une sorte de pureté théo­rique avant de comp­ter en son sein des Arabes, des Noirs, etc. Tout est donné simul­ta­né­ment mais concep­tuel­le­ment tout n’est pas au même niveau. C’est à par­tir du mode de pro­duc­tion capi­ta­liste, de l’exploitation, des classes que nous dédui­sons les construc­tions raciales comme néces­saires et le cours des luttes de classe comme inté­grant cette néces­sité.[...]

A force de se foca­li­ser sur les « for­ce­nés de l’identité » ℠ et de réduire la seg­men­ta­tion raciale à leurs acti­vi­tés, SM en arrive à dire n’importe quoi au nom de la pré­ser­va­tion de la pureté pro­lé­ta­rienne s’exprimant dans le mou­ve­ment ouvrier « allié à la petite bour­geoi­sie intel­lec­tuelle » qui, au prix d’une petite entorse intel­lec­tuelle à la « non mixité de classe », trouve tout de même sa place. [...]

On ne peut sor­tir de ces dif­fi­cul­tés que par une com­pré­hen­sion de l’« isla­mo­pho­bie » qui para­doxa­le­ment ne fait pas de l’islam le début et la fin de l’affaire (voir notes sur Haj­jat). Les mesures « isla­mo­phobes » sont des mesures racistes dont l’islam est la forme conjonc­tu­relle. Il importe alors de mon­trer et de mettre l’accent sur les rai­sons de cette conjonc­ture qui implique l’ensemble des rap­ports de classes (voir divers pas­sages dans les notes sur Guillau­min et sur Haj­jat).

En sor­tant l’islamophobie de sa vision comme rele­vant d’un « choc cultu­rel » on l’historicise comme une construc­tion raciale par­ti­cu­lière mais rele­vant des méca­nismes géné­raux des construc­tions raciales dans le MPC, on demeure de plain pied dans les méca­nismes de repro­duc­tion du capi­tal. On montre qu’être musul­man n’est pas une qua­lité inhé­rente à une somme d’individus mais une assi­gna­tion construi­sant le groupe comme tel, tra­versé lui-même de conflits entre hommes et femmes et selon les classes sociales, conflits par­fois propres mais le plus sou­vent iden­tiques au reste de la popu­la­tion dans la même situa­tion sociale. On défait l’homogénéisation induite par « l’islamophobie ».

On s’opposera aux défen­seurs de l’islam qui ont besoin d’en faire le début et la fin de « l’islamophobie » non pas au nom de la cri­tique anti­clé­ri­cale mais parce qu’on aura démonté la construc­tion de l’islamophobie, ce n’est que ce fai­sant que l’on peut alors poser, en situa­tion, si néces­saire, la cri­tique de la reli­gion parce que les adver­saires auront été autre­ment défi­nis.

On cri­tique des mesures racistes en expli­quant pour­quoi elles ont acquis cette « forme », et si on ne défend pas l’islam, on ne défend pas non plus la laï­cité. La laï­cité parle de Liberté, mais der­rière la Liberté, c’est l’Etat qui se pro­file, et avec l’Etat, le pou­voir et l’Ordre qui assigne à cha­cun, au nom de la laï­cité, sa place dans la hié­rar­chie de la civi­li­sa­tion jus­ti­fiant sa pro­mo­tion ou sa relé­ga­tion, le trai­te­ment qui lui est réservé, sa place dans la société.

le livre ayant fait un tabac chez les antiracialisateurs*, du haut d'un point de vue prolétarien singulièrement absent chez eux, ça ne va pas arranger les relations entre TC et certains de ses anciens adeptes, mais néo-trotskistes et libertaires y trouveront de quoi méditer leurs dogmes pieux

* cf les débats organisés par Mille Babords à Marseille, Publico à Paris, Le Rémouleur à Bagnolet, le SCUM de Montpellier; , la présentation sans critique du NPA, du blog Zones subversives, les compliments de Ross Wolf de The Charnel House...

DDT 21 (Gilles Dauvé) a parlé « du très bon ouvrage de Nedjib Sidi Moussa, La Fabrique du Musulman », dans « Par un tour de passe-passe ». Entretien sur l’islamophobie février 2017

avec la palme à l'ineffable Glaude Guillon dès le 17 janvier :

Citation :
Des livres qui tombent à point, comme le mot qu’on avait sur le bout de la langue, comme l’idée qu’on voulait mettre en phrases, comme l’arme que la main tâtonnante trouve au bon moment dans la bagarre.

Il y a des livres salubres, rafraîchissants, comme un courant d’air frais ou un verre d’eau dans la touffeur de l’été. Ils offrent la satisfaction de se sentir reprendre possession de son corps et de son esprit dans un temps d’orages oppressants.

Il y a des livres nécessaires, qui pour cette raison même seront combattus, souvent sans avoir été lus.

Il faut pour les écrire et les publier des auteurs et des éditeurs courageux, qui ne cèdent ni aux modes intellectuelles — niaises et abêtissantes — ni aux facilités militantes — honteuses et contreproductives —.

À l’heure où l’on trouve des «anarchistes» pour affirmer que le slogan «Ni dieu ni maître» peut être considéré comme «raciste», c’est un livre utile, salubre, et nécessaire.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patlotch



Messages : 1108
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Sam 7 Oct - 22:43


islamo-gauchisme en miroir d'islamophobie

Du "judéo-bolchévisme" à "l'islamo-gauchisme" : une même tentative de faire diversion

Shlomo Sand L'Obs 08-06-2016

"L'islamo-gauchisme", voilà l'ennemi. C'est le message envoyé régulièrement Manuel Valls dans ses différentes prises de parole publiques. Un concept assez flou dans lequel le Premier ministre englobe à la fois Clémentine Autain et Tariq Ramadan. Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv, Shlomo Sand s'interroge sur l'utilisation de cette rhétorique.

Citation :
Dans les années 1930, en France comme dans d’autres pays d’Europe, les communistes et diverses personnalités de la gauche radicale étaient fréquemment qualifiés de "judéo-bolcheviks". Ainsi, par exemple, mon père qui, avant la Seconde Guerre mondiale, était un communiste polonais, était considéré par les autorités et la presse du pays comme faisant partie de la "Zydokomuna".

Étant donné que plusieurs dirigeants de la Révolution d’Octobre, tout comme nombre de communistes et de défenseurs de l’URSS, dans toute l’Europe, étaient d’origine juive, l’association langagière entre judaïsme et menées subversives était très populaire parmi les judéophobes.

Une symbiose propagandiste très efficace

D'Adolf Hitler à Carl Schmitt et Martin Heidegger, de Charles Maurras à Louis-Ferdinand Céline et Pierre Drieu-La Rochelle, l’identification rhétorique entre juifs et bolcheviks a toujours été empreinte de tonalités effrayantes puisées dans une vieille tradition religieuse, mêlée à des menaces pleinement modernes et laïques.

Cette symbiose propagandiste s’avéra très efficace, et elle conduisit, entre autres, à ce que plus de 5 millions de Juifs croyants, et leurs descendants, ainsi que 2 millions de soldats soviétiques furent exterminés, en même temps, dans les camps de la mort nazis. Hitler avait ainsi espéré enrayer le "danger" d’une conquête judéo-bolchévique de l’Europe.

Si, à la fin du XXe siècle, la judéophobie n’a pas totalement disparu, elle a, cependant, très notablement régressé dans les centres de communication des capitales européennes. Les élites intellectuelles et politiques ont voulu oublier et ont aspiré à se fondre dans leur civilisation blanche, à l’aide d’une nouvelle politique des identités. À toutes fins morales utiles, cette civilisation a même troqué son appellation de "chrétienne" en "judéo-chrétienne".

Les juifs survivants et les bolchéviks, quasiment disparus, ont cessé de constituer une menace pour la position et l’identité des élites dominantes, mais l’état de crise permanent du capitalisme, et l’ébranlement de la culture nationale, consécutif à la mondialisation, ont incité à la quête fébrile de nouveaux coupables.

Une appellation qui émerge dès 2002

La menace se situe désormais du côté des immigrés musulmans et de leurs descendants, qui submergent la civilisation "judéo-chrétienne". Et voyez comme cela est étonnant : de nouveaux incitateurs propagandistes les ont rejoints ! Tous ces gens de gauche qui ont exprimé une solidarité avec les nouveaux "misérables" ont fini par s’éprendre ouvertement des invités indésirables venus du sud.

Ces antipatriotes extrémistes trahissent une nouvelle fois la glorieuse tradition de la France dont ils préparent l’humiliante soumission "houellebecquienne". L’appellation "islamo-gauchiste" a émergé parmi les intellectuels, avant de passer dans l’univers de la communication, pour, finalement, être récupérée par des politiciens empressés.

Pierre-André Taguieff, futur conseiller du CRIF, fut, semble-t-il, le premier à recourir à la formule "islamo-gauchisme" (dans le sens actuel de terme), déjà en 2002. Caroline Fourest, Elisabeth Badinter, Alain Finkielkraut et Bernard-Henry Lévy s’emparèrent du terme et veillèrent à lui assurer une diffusion à longueur d’interviews et d’articles. Des figures comme Alain Gresh, Edwy Plenel, Michel Tubiana et Raphael Liogier devinrent des "islamo-gauchistes" archétypiques.

Une marche supplémentaire vient cependant d’être franchie. Cela a commencé avec Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, qui, au nom du républicanisme universel, dans un article intitulé : "La gauche qui vient", s’en est pris à la gauche de la gauche, accusée de soumission au pluralisme culturel. Il a particulièrement ciblé Clémentine Autain, la porte-parole d’Ensemble, l’une des composantes du Front de gauche.

La lourde charge de Manuel Valls

Mais c’est de Manuel Valls qu’est venue la charge la plus lourde, dans la vague de stigmatisation de "l’islamo-gauchisme". À l’occasion d’une interview accordée, le 21 mai, à Radio J, une radio communautaire juive, n’a-t-il pas déclaré :

"Il y a ces capitulations intellectuelles… Les discussions entre Madame Clémentine Autain et Tariq Ramadan, les ambiguïtés entretenues qui forment le terreau de cette violence et de cette radicalisation."

Et Manuel Valls de ne pas hésiter à ajouter : "Il n’y a aucune raison pour que M. Tariq Ramadan obtienne la nationalité française".

Il convient tout d’abord de préciser que Clémentine Autain n’a jamais rencontré Tariq Ramadan, dont, évidemment, elle n’approuve pas le discours idéologique. Il faut ensuite se féliciter qu’en France, le droit d’obtenir la citoyenneté relève de la loi, et non pas d’une décision d’un chef du gouvernement. Tariq Ramadan réside en France où il est actif ; il est marié, depuis plusieurs années, avec une citoyenne française, ses enfants sont français, et, à ma connaissance, il n’a pas enfreint la loi ni prêché la violence.

Enfin, les auditeurs de Radio J, à Paris et à Jérusalem, ont certainement apprécié cette flatteuse interview, et si d’aventure, elle a été diffusée en Arabie saoudite, il est probable qu’elle y aura également été reçue avec sympathie, puisque Tariq Ramadan y est interdit de séjour. Après cette interview passionnée de Manuel Valls, je suis persuadé que Tariq Ramadan n’a aucune chance de se voir décerner la Légion d’Honneur, contrairement au prince héritier du roi d'Arabie saoudite.

Une formule qui permet de faire diversion

Lorsque j’ai entendu ces propos de Manuel Valls, je n’ai pas pu m’empêcher de m’interroger sur ce qui se serait passé si Tariq Ramadan avait été un fidèle juif et non pas musulman.

Si, par exemple, comme l’ensemble des fidèles juifs (mais non pas juives), il avait dû dire, dans sa prière du matin : "Sois béni de ne pas m’avoir fait femme, et sois béni de ne pas m’avoir fait goy (non-juif)". Autrement dit : un authentique fidèle juif, dont les valeurs fondamentales diffèrent totalement de ma conception du monde républicaine et laïque.

Malgré tout, même s’il s’agissait d’un juif conservateur, porteur d’un système de valeurs réactionnaire, je me serais, sans aucun doute, employé de toutes mes forces pour que lui soit attribués des droits d’égalité citoyenne. Je l’aurais combattu au plan de la réflexion théorique, mais j’aurais vu en lui un compagnon politique légitime, dans la lutte contre toute forme de judéophobie et de discrimination raciale, sous le masque d’une laïcité culturelle.

J’ai, envers la philosophie de Tariq Ramadan, une vision fortement critique, tout comme, pour d’autres raisons, envers celle d’Alain Finkielkraut. Mais exploiter des positions conservatrices de l’intellectuel musulman afin de salir ceux qui luttent contre la propagation du racisme, en faire un dangereux épouvantail pour utiliser le terme stigmatisant d’islamo-gauchiste, n’est pas à l’honneur d’un chef de gouvernement socialiste, qui, par ailleurs, commet une erreur en assimilant antisionisme et antisémitisme (je suis quasiment sûr que le républicain Manuel Valls ne soutient pas la politique communautaire d’un État qui, par principe, appartient, non pas à tous ses citoyens mais aux juifs du monde entier, qui n’y résident pas).

Certes, le terme d’"islamo-gauchisme" n’est pas encore identique ni proche de la vieille appellation du "judéo-bolchévisme". Il est destiné, pour le moment, à clouer le bec, et à faire diversion dans le débat public, par rapport à d’autres problèmes sociaux et politiques un peu plus sérieux. Toutefois, qui peut affirmer que le recours à la formule "islamo-gauchisme" n’est pas promis à un sombre futur imprévu ? Il se pourrait qu’elle constitue une contribution rhétorique, non marginale, vers l’approche d’un trou noir supplémentaire dans l’histoire moderne de l’Europe.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patlotch



Messages : 1108
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Lun 9 Oct - 0:46

Citation :
@ellensalvi Tweeter 5 oct.

Finalement, c'était pas si mal les "spécial immobilier"



finalement, l'idéologie française fonctionne bien, et le concept d'islamophobie pas si mal, valeur d'usage non usée

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Patlotch



Messages : 1108
Date d'inscription : 22/04/2017

MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Ven 24 Nov - 16:13


la parole à la défonce

en somme, il suffisait d'y penser, transformer la France métropolitaine en colonie, et réveiller le Code de l'Indigénat. On n'a plus le pétrole, mais encore des idées



Prière de rue à Clichy, novembre 2017. Sipa

Nous ne pourrons jamais convertir les 30% de musulmans qui exigent l’instauration de la charia aux mérites de notre démocratie et de notre laïcité. Nous laissons actuellement se mettre en place une ségrégation qui ne dit pas son nom. Plutôt que de nous voiler la face ou d’adopter des mesures inenvisageables en démocratie (remigration, expulsions forcées des plus radicaux), pourquoi ne pas instaurer un double système de droit dans l’Hexagone ?

Citation :
De Gaulle et le scénario algérien

En 1961, alors qu’il apparaissait que la France n’avait aucune chance de gagner la guerre qu’elle menait alors en Afrique du Nord, des projets de partitions de l’Algérie ont fleuri. On a sérieusement envisagé de créer une réserve pour pieds-noirs et harkis centrée autour d’Oran et Alger la blanche aurait été, comme Berlin, divisée en deux. Le général de Gaulle a fini par refuser ce plan établi par Alain Peyrefitte, car selon lui, les Européens d’Afrique étaient incapables de vivre sans esclaves musulmanes. Finalement, les rapatriés ont été chassés de leurs foyers et ont dû rentrer en métropole où ils n’avaient aucun serviteur pour les assister.

La guerre de France ne fait que commencer

De tout temps, séparer territorialement deux ethnies ou deux groupes qui ne se supportent plus a permis la résolution des conflits. Ainsi, la Grèce et la Turquie en échangeant leur population en 1922, ont mis fin à une guerre qui a duré 100 ans. Chypre a retrouvé la paix (même si le partage n’est pas égal !). Le Soudan a liquidé une grande part de ses guerres civiles en accordant l’indépendance au Sud du pays. L’autre méthode pour ramener le calme consiste à former des gouvernements proportionnels, comme au Liban, en Irlande du Nord ou en Nouvelle-Calédonie. Mais il faut pour cela un minimum de valeurs communes, la nation pour le pays du cèdre, les lois ordinaires pour l’Ulster et la Kanaky.

La « guerre de France » est à peine à ses prémisses. Nombre d’attentats islamistes meurtriers viennent d’avoir lieu et quelques répliques venant de l’autre camp font leur apparition (par exemple, un groupe nationaliste revendique à Dijon de mystérieuses agressions au marteau). En outre, des territoires sont hors du contrôle de la République. La police ne peut y venir qu’en force et pour des durées limitées. Nous sommes à tout moment la merci d’un dérapage et d’une explosion qui dépasserait en violence celle des émeutes de 2005. Verra-t-on alors l’Armée occuper militairement les banlieues pour rétablir l’ordre ? À son apogée, « la guerre de France » sera marquée par une succession d’attentats auxquels plus personne ne fera attention, par un harcèlement sans fin des forces de l’ordre, par des zones « libérées » aux mains des islamistes.

30% de musulmans français pro-charia

Même si le conflit n’est encore qu’à ses balbutiements, la notion de partition progresse dans l’opinion. M. Hollande l’a évoquée en 2016. Tout le monde se rend compte qu’un deuxième peuple s’est formé dans l’Hexagone, un rameau qui veut régler sa vie sur des valeurs religieuses et qui est fondamentalement opposé au consensus libéral sur lequel était fondé jusqu’alors notre pays. Or une nation repose toujours sur un pacte fondamental, un minimum de lois que tous approuvent. Ce n’est plus du tout le cas aujourd’hui. Nous ne pourrons jamais faire rentrer le dentifrice dans le tube et convertir les 30% de musulmans qui exigent l’instauration de la charia aux mérites de notre démocratie et de notre laïcité. Nous laissons actuellement se mettre en place une ségrégation qui ne dit pas son nom. Alors que nous ne sommes pas encore en guerre ouverte, les fidèles du Prophète se regroupent déjà dans des zones parfois régies par des règles particulières ( voile obligatoire, rejet des Juifs en certains ghettos, mariage et vie conjugale réglée suivant les principes coraniques).

Les carillons s’arrêteront


Continuer à ne pas voir la réalité en face, tourner la tête, espérer que par miracle le conflit n’éclatera pas, sera toujours tentant pour le pouvoirs . Par peur de paraître islamophobes, pour contenter cette frange remuante des musulmans, ces gouvernements sont prêts à accepter la généralisation à l’ensemble du pays des pratiques radicales : le voile à l’école et au travail, l’obligation de la viande halal dans toutes les cantines. Si on les suit, empêcher de manger quelqu’un pendant le ramadan ne sera plus une infraction et le blasphème sera puni en tant qu’incitation à la haine raciale, peine qui s’appliquera à tous ceux qui s’opposeront d’une manière ou une autre à l’Islam. Les chrétiens conserveront leurs droits, mais ils devront se montrer discrets. Peu à peu? les carillons des églises s’arrêteront. Il n’y aura pas comme dans le roman Soumission de vague d’adhésion à l’Islam, simplement une minorité religieuse imposera ses règles. Néanmoins, cette politique d’apaisement actuellement pratiquée sera balayée tôt ou tard par une virulente réaction nationaliste. J’ai été étonné de la libération de la parole à l’occasion des attentats. Des opinions « rudes » et quelque peu extrémistes ont été émises sans aucune gêne alors qu’elles étaient inimaginables il y a cinq ans. Si Marine le Pen n’avait été aussi nulle, peut-être aurait-elle été élue en 2017 tant sa politique identitaire parlait à une fraction importante des Français.

La remigration impossible en démocratie

La victoire d’Emmanuel Macron n’a pas fait disparaître les problèmes. Ils ont juste été mis de côté. Si un leader sait incarner le contingentement de l’Islam tout en restant présentable, il deviendra pour longtemps le Président des Français.
Mais ce nouveau pouvoir qui refusera la soumission déclenchera par réaction « la guerre de France » et très vite, il cherchera à en sortir, car de même que les Anglais n’ont jamais réussi à dompter les catholiques Irlandais, jamais nous ne pourrons éradiquer l’islamisme radical.

L’expulsion des plus extrémistes, appelée élégamment remigration, est impossible si nous gardons un cadre démocratique. (Mais rien ne dit que « la guerre de France » ne sera pas un marchepied pour des gouvernements autoritaires). De toute façon, faire partir les descendants d’immigrés serait brutal et intolérable et il suffit pour s’en convaincre de regarder le sort dramatique des Rohingyas. Une séparation totale, territoriale et politique, est impossible. Aucune nation viable ne pourra être constituée à partir de multiples ghettos musulmans qui n’ont aucune unité géographique. D’autre part, l’économie de cette entité serait proche du néant : aucune usine, aucune ressource minière ou agricole. Elle ne serait qu’un parasite qui vivrait au détriment du reste de la France.

Retour à l’Algérie coloniale

La seule solution qui me semble convenir aux diverses tendances de la société actuelle, serait un état qui s’inspirerait de l’Algérie coloniale et à la Mayotte du XX ième siècle : un seul territoire, un seul gouvernement, mais deux peuples : les Français avec les lois habituelles et les musulmans avec un statut coranique (mais uniquement pour ceux qui le choisiront). Ces derniers auront le droit de vote contrairement aux indigènes de l’Algérie coloniale, mais ils appliqueront la Charia dans la vie courante, pour régler les lois matrimoniales (ce qui légalisera la polygamie) et pour l’héritage. Ils ne s’adresseront plus à des juges français pour des litiges entre musulmans, mais à des cadis. Par contre, les conflits entre Chrétiens et croyants resteront du ressort des tribunaux ordinaires. Néanmoins, pour que ces concessions aux islamistes soient acceptables aux yeux du reste de la population, les droits des fidèles du Prophète qui choisiront le statut personnel seront plus restreints que ceux des autres habitants de l’Hexagone, ne serait-ce que pour les allocations familiales et aucun empiétement de l’islam dans la législation ordinaire ne sera toléré.

… et à l’édit de Nantes

Ce système impliquerait des établissements scolaires ou hospitaliers réservés aux croyants et donc la création de comités locaux qui les géreront en toute indépendance. Un conseil d’oulémas fixera la loi religieuse, mais l’autonomie s’arrêtera là. Il est évidemment hors de question qu’un embryon de gouvernement musulman ne s’installe en France. Ce système a fonctionné sans trop de problèmes de 1890 à 1940 en Algérie. En outre, il est proche du système instauré par l’édit de Nantes et qui a été une réussite, sauf que les musulmans n’auront pas de place de sûreté et qu’il n’y aura pas de tribunal mixte pour les litiges mixtes Il ramènerait la paix en France, briserait net les débordements de l’Islam et préserverait pour 95% de la population un cadre démocratique.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   

Revenir en haut Aller en bas
 
ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 6 sur 6Aller à la page : Précédent  1, 2, 3, 4, 5, 6
 Sujets similaires
-
» oune video eud tcheu nous
» nos enfants nous épatent
» Islam et Coran
» Ne nous fais pas entrer en tentation, mais délivre-nous du méchant. — Mat. 6:13.
» qu'est-ce qui nous conviendrait ?

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
PATLOTCH / NOUVELLE THÉORIE du COMMUNISME et de la RÉVOLUTION :: MONDE ACTUEL, LUTTES, ANALYSES et THÉORISATIONS :: PENSER le MONDE et les LUTTES : refondation d'ensemble :: OPIUMS DU PROLÉTARIAT : RELIGIONS vs ATHÉISME, LAÏCITÉ... IDÉOLOGIES-
Sauter vers: