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 ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions

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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Lun 18 Avr - 20:29

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l'anti-islamophobie est à l'islamophobie ce qu'était la défense de l'URSS contre les USA, dans la guerre froide, un voile sur leur nature commune : ici essentialisant l'autre comme musulman, en pour vs contre), autrefois le socialisme comme non capitalisme (d'Etat)

c'est pourquoi l'on y trouve tant d'ex ou post-trotskystes, et autres gauchistes : leur fond de commerce, c'est tout sauf une critique radicale du capitalisme (en parler, c'est être "stalinien"...)

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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mar 19 Avr - 12:17

Shlomo Sand: « L’islamophobie a remplacé la judéophobie » 19 avr. 2016 HASSINA MECHAÏ

C’est un livre stimulant, mêlant érudition et mise en perspective historique, qu’a sorti Shlomo Sand. Sous le titre "La Fin de l'intellectuel français ? De Zola à Houellebecq", l’historien israélien y interroge la figure de l’intellectuel en France.


(Propos recueillis par Hassina Mechaï)

Citation :
Plus précisément, tout au long du livre, court un double questionnement : celle de la spécificité de la France et de Paris particulièrement dans la production intellectuelle et la disparition (ou non) des « grands intellectuels ». Une des thèses développées dans le livre pose qu’ « alors que l'intellectuel parisien moderne est né dans le combat contre la judéophobie, le crépuscule de l'intellectuel du début du XXIe siècle s'inscrit sous le signe d'une montée de l'islamophobie ». Shlomo Sand, habitué à s’attaquer de front à toutes sortes d'orthodoxies, dynamite au passage, en mots et épigrammes bien sentis, certains des intellectuels médiatiques les plus en vue : Bernard Henri Levy ? « Un Malraux universaliste en France mais un Barrès très nationaliste en Israël ». Michel Houellebecq et son livre Soumission ?  « Si l‘on [y] remplaçait les musulmans par les juifs, l’on pourrait qualifier le message du livre de belle haine, selon le qualificatif appliqué à la judéophobie, il y a près de 120 ans ».

Et puis il y pointe ces intellectuels, passés du maoïsme au (néo) conservatisme et qui ont mythifié un « passé stable et homogène qui, en fait, n'a jamais existé » (beaucoup se reconnaîtront). Shlomo Sand écrit aussi, au détour d’une phrase : « Durant toute ma vie j’ai aspiré à devenir un intellectuel critique ». C’est là peut-être la clé de son livre : celle d’une désillusion, d’une « désabusion » devant les lâchetés, atermoiements, abandons des luttes progressistes de certains intellectuels : de Sartre ou Beauvoir dont le comportement sous l’occupation demeure pour le moins problématique à ces penseurs actuels qui selon le beau mot de Paul Claudel, ont été, sont et seront « pour tous les Jupiter, contre tous les Prométhée ».

Votre ouvrage indique en sous-titre : De Zola à Houellebecq. Est-ce une façon de pointer une forme de déliquescence de la figure de l’intellectuel français, qui commencerait par l’auteur de J’accuse! et finirait par l’auteur de Soumission ?

Shlomo Sand : Ce titre comporte une critique double. J’indique ainsi un certain déclin du statut de l’Intellectuel français mais également une certaine dégénérescence de sa position morale. C’est une double chute, du point de vue de la qualité professionnelle mais également du point de vue éthique face aux évènements et face à l’Histoire.

De même pourquoi ce point d’interrogation : « Vers la fin de l’intellectuel français ? » ?

Shlomo Sand : Je suis historien, j’ignore donc ce qu’il peut advenir dans le futur. Si je constate aujourd’hui le déclin du statut de l’intellectuel français et de la pensée critique en France, je ne suis pas certain en revanche que cela ne changera pas. Y-a-t-il un avenir pour l’intellectuel français ? C’est une chose que j’ignore, d’où cette interrogation.

Ce double déclin dont vous parlez, tant dans le statut que dans la position morale, quelles en sont les raisons ?

Shlomo Sand : D’abord mon propos est moins l’intellectuel que l’intellectuel critique en France. Ces intellectuels critiques sont apparus avec l’affaire Dreyfus et leur figure s’étend jusqu’à Foucault ou encore Bourdieu. Leur déclin trouve une de ses raisons dans la disparition de certaines conflictualités sociales. En effet, la naissance de l’intellectuel collectif à la fin du 19ème siècle est liée à la montée de larges mouvements de masse ouvriers. Il me semble que le fait que nous assistons aujourd’hui à un certain recul des forces autonomes des classes ouvrières ou des classes salariées face au Capital et au Pouvoir se traduit également sur le plan de la capacité de critique de ces mêmes pouvoirs.

Une autre raison se trouve aussi dans l’échec terrible de tous les mouvements libérateurs au XXème, comme le socialisme, le communisme ou le tiers-mondisme. Ces échecs incitent à la prudence désormais. Or être intellectuel suppose une vision du futur. Désormais à défaut d’élan vers le futur, certains regardent non vers le passé, mais vers une mémoire perverse du passé.

L’intellectuel critique plonge aussi ses racines dans les Lumières avec les figures de Voltaire, Diderot et Rousseau par exemple. L’éclat de ces figures qui a brûlé pendant plus de 200 ans, est également en train de disparaître du fait des changements des nouveaux moyens de communication. L’hégémonie totale de l’Image face au Verbe, de la télévision face au livre, a eu pour conséquences que ce sont les décideurs médiatiques qui peuvent décider de qui est intellectuel et de qui ne l’est pas. Ainsi, dans les années 70 et 80, l’émission Apostrophes pouvait lancer ou pas une carrière d’intellectuel. Evidemment, ce phénomène ne s’est pas observé qu’en France. Mais ici, tout est plus accentué, plus théâtral.

Parallèlement, dans les Universités, lieu de la pensée critique, on assiste à un processus poussé de spécialisation chez les universitaires. Cela les empêche de pouvoir offrir des analyses globales, de la synthèse. D’autant qu’à la télévision, les analyses nuancées ne peuvent prendre place. Tous ces phénomènes conjugués font qu’on peut aujourd’hui voir BHL écrire L’Esprit du Judaïsme sans qu’il ne maîtrise ni l’hébreu ni l’araméen et que Michel Onfray peut aussi écrire Penser l’Islam sans qu’il ne parle un traitre mot d’arabe classique. C’est d’un point de vue universitaire plus que ridicule alors que les Universités françaises regorgent de spécialistes qui n’ont pas accès aux médias.

Vous parliez du champ médiatique qui façonne la vie des idées en France. Mais Internet, pas son horizontalité, son immédiateté n’est-il pas en train de concurrencer voire de délégitimer le magistère des intellectuels médiatiques ?

Shlomo Sand : Comme le pensait Marx, si les moyens de production changent, les rapports de production changent aussi. On peut appliquer ce principe aux moyens de communication. Le glissement accéléré vers d’autres moyens de communication que la télévision hégémonique peut modifier les rapports entre les intellectuels et leur public. Il est clair par exemple qu’Obama a été élu grâce à une certaine jeunesse plus férue d’Internet que de télévision. Aujourd’hui Bernie Sanders a aussi le soutien d’une jeunesse née avec l’Internet alors que Donald Trump est le candidat typique de téléspectateurs, de gens habitués aux codes de la télévision. Dans le champ intellectuel, Alain Finkielkraut est également un pur produit des médias audiovisuels.

Internet casse aussi l’hégémonie des grands décideurs médiatiques qui font les intellectuels. Il casse les rapports de force symbolique et permet une certaine pluralité d’opinions qui n’existe pas dans le champ médiatique qui a dominé notre vie culturel jusqu’à maintenant. Avec Internet, il est possible qu’apparaisse une autre catégorie d’intellectuels, une autre façon de l’être également, un nouveau pluralisme et une nouvelle pensée critique. Il y a une promesse en germe. Mais toute la question et de savoir si les révoltes sociales qui ont fleuri dernièrement et qui se sont appuyées sur Internet vont se pérenniser et se structurer. Les dernières révoltes, celles par exemple dans le monde arabe ou encore la révolte des tentes en Israël, ont disparu ou ne se sont pas traduit par des nouveaux partis, de nouveaux syndicats. Mais il me semble qu’avec Internet, nous sommes face à quelque chose d’encore inconnu. Le pire comme le meilleur peuvent advenir d’Internet. Le site d’Alain Soral, par exemple, dont le contenu m’horrifie, est un pur produit d’internet.

Vous montrez également que certains intellectuels ont eu un trajet les menant du maoïsme au néo-conservatisme. Mais qu’ont-ils gardé du maoïsme, peut-être dans la méthode ou la vision du monde, même s’ils en ont rejeté l’idéologie ?

Shlomo Sand : Prenez l’Islamophobie, qui s’inscrit dans cette époque d’incertitude culturelle, économique et qui s’exprime partout. Ce phénomène se retrouve aussi en Grande-Bretagne ou en Allemagne. Mais en France, l’Islam est devenu l’obsession de nombreux intellectuels. Et c’est en France qu’a été publié Soumission de Houellebecq, devenu un best-seller. L’islamophobie s’y exprime plus fortement qu’ailleurs. Je fais le lien avec un certain concept de la Nation qui est très spécifique en France. A partir de la Révolution française, cette idée de la Nation est assez uniforme alors qu’ailleurs en Europe, la vision en est beaucoup plus pluraliste du point de vue culturel. Je note dans mon livre que s’il n’y a pas eu beaucoup d’intellectuels fascistes en France, en revanche nombreux étaient judéophobes (je préfère ce terme à celui d’antisémite). Et ensuite beaucoup d’intellectuels ont été maoïstes. Dans les deux cas, on note une forme d’impatience, d’intolérance envers celui qui est différent. Dans l’idée même de judéophobie, il y a une vision de soi-même très totalitaire. Le maoïsme était aussi le courant le plus totalitaire, le plus intolérant parmi les mouvements de contestation des années 60. Je crois qu’il y a un lien entre cela et le fait que beaucoup d’anciens maoïstes sont restés intolérants sur le plan culturel. Cela s’exprime notamment par cette obsession de la laïcité et le refus de la diversité culturelle dans la France actuelle, sous couvert de défense des valeurs de la République.

« Mon grand-père et ma grand-mère, gazés en Pologne, ignoraient qu’ils vivaient dans une civilisation judéo-chrétienne »

Pensez-vous comme Emmanuel Todd que « toute croissance de l’islamophobie va mener à plus d’antisémitisme » ?

Shlomo Sand : Je ne partage pas cette analyse. En France a eu une longue tradition judéophobe. Cette judéophobie a été un code de communication acceptable, pas seulement dans les milieux catholiques mais également chez beaucoup de laïcs républicains, de Barrès à Céline. L’intolérance envers la figure du Juif à travers le XIXème siècle la première moitié du XXème vient aussi d’une certaine culture nationale. Je pense que cette judéophobie, très profonde en France, a disparu non pas après la seconde guerre mondiale mais à la fin des années cinquante. Cette judéophobie n’existe plus dans la culture de masse ou dans les élites. Même dans l’extrême-droite française, avec le passage de Jean-Marie Le Pen à sa fille, l’antisémitisme a cessé d’être légitime. Cependant, il me semble qu’en marge dans les ghettos-cités, il y a la naissance d’une nouvelle judéophobie qui est liée au conflit israélo-palestinien.

Je pense surtout que l’islamophobie a remplacé la judéophobie. Je montre, par exemple, que si on remplace dans le livre de Houellebecq, toutes les descriptions concernant les musulmans par des descriptions des juifs, on obtiendrait un pamphlet judéophobe. Ce mouvement s’est accompagné d’une nouvelle référence à une prétendue « civilisation judéo-chrétienne ». Or du point de vue purement théologique, ce concept est une blague, tout simplement. Le Judaïsme est plus proche de l’Islam que du Christianisme. Les conflits entre juifs et chrétiens ont été plus importants qu’entre juifs et musulmans. Le juif, comme minorité religieuse, a souffert beaucoup plus sous le christianisme que dans le monde musulman. Même s’il y avait le statut de dhimmi cela n’a rien à voir avec les souffrances dans le monde chrétien qui se sont terminées à Auschwitz. Mon grand-père et ma grand-mère, gazés en Pologne, ignoraient qu’ils vivaient dans une civilisation judéo-chrétienne. Quand j’entends ce concept, je suis effrayé et en colère car c’est une négation totale de l’Histoire.

Que pensez-vous du concept d’ « islamo-gauchisme » ?

Shlomo Sand: On a accusé Emile Zola d’être philosémite quand il défendait Dreyfus. C’est le même raisonnement qui sous-tend le concept d’ « islamo-gauchisme ». Cela sert à discréditer toute défense des musulmans, qui sont pour moi les nouveaux juifs du début du XXIème siècle. Ce concept permet aussi de rejeter toute accusation d’islamophobie. On a accusé Zola de traitrise, alors moi-aussi je suis également un traître car je m’oppose à la haine des musulmans. Et c’est parce que je suis israélien que je me permets de dénoncer cela car j’ai vu la montée du racisme dans mon pays et l’ai dénoncée comme je le fais en France.

La Fin de l'intellectuel français ? De Zola à Houellebecq, éditions La Découverte, 2016

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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Sam 30 Avr - 16:26

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Sondage polémique du Figaro : Où se trouve la "musulmanie" ? 29 Avril 2016


Vendredi 29 avril, Le Figaro publie un sondage Ifop sur l'image de l'islam en France et en Allemagne. Il fait état de la défiance des Français vis-à-vis de la communauté musulmane. Les questions posées, parfois tendancieuses, peuvent être plus édifiantes que les résultats.


Citation :
Selon un sondage Ifop pour Le Figaro intitulé «Regards croisés sur l'Islam en France et en Allemagne», rebaptisé «Les Français et les Allemands jugent l'islam», revèle une défiance des Français vis-à-vis des musulmans. Des chiffres moins étonnants que la formulation des questions.

Des questions qui font débat

Ces questions posées à un panel de 1 008 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, sont sujettes à débat, notamment sur les réseaux sociaux.

Par exemple, «Etes-vous favorable à l'édification de mosquées dans votre pays lorsque les croyants le demandent ?». Le terme «votre pays» impliquerait que les musulmans ne fassent pas partie intégrante de la population française.




Une énonciation que l'on retrouve également dans la question portant sur l'importance de la visibilité :«Diriez-vous que l'influence et la visibilité de l'islam dans votre pays sont aujourd'hui trop importantes ?».

«Les personnes d'origine musulmane»

Des questions qui excluent un peu plus les musulmans et feraient augmenter le sentiment de communauté à part et non partie intégrante de la population française.

La question la plus étonnante reste la dernière, à savoir «Diriez-vous qu'aujourd'hui les musulmans et le personnes d'origines musulmanes sont bien intégrés dans la société?».

Une formulation qui évoque «l'origine» musulmane, une expression que l'on emploie généralement pour parler de classe sociale ou pays dont un individu est issu. Certains internautes ont donc ironiquement demandé où se trouvait la "musulmanie".

Une formulation qui ancre dans l'inconscient collectif que les musulmans sont des immigrés non français. Une idée renforcée par le terme «intégration».

Les résultats du sondage

Selon le sondage Ifop pour Le Figaro, réalisé du 14 au 18 avril 2016, on peut voir un rejet grandissant de l'islam.

En effet, 47% des Français pensent que la «présence d’une communauté musulmane est plutôt une menace», soit 5% de plus par rapport à 2010.

Seulement 19% estiment que cette présence est «plutôt un facteur d’enrichissement culturel».



A la question «Etes-vous favorable au port du voile ou du foulard dans la rue pour les musulmanes qui le souhaitent ?», 63% des Français se disent opposés.

Il n'est pas question du voile «forcé», mais du choix de certaines femmes de le porter et seulement 9% y sont favorables.


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Dim 22 Mai - 12:25


les embrouilles dionysiennes
entre pro- et anti-islamos


l'expert en "rouges-bruns" s'affiche tricolore



L'écrivain proche de l'extrême gauche, qui est né et habite en Seine-Saint-Denis, s'inquiète de la progression de l'influence salafiste dans le département face à des élus "démunis". Et dénonce l'influence néfaste du Parti des Indigènes de la République (PIR)



Didier Daeninckx s'inquiète de voir
"les corps s’éloigner, les embrassades se raréfier, les barbes et les voiles pousser"

Capture France Inter

Citation :
La Seine-Saint-Denis, Didier Daeninckx connaît très bien. Né à Saint-Denis, habitant d'Aubervilliers, l'écrivain s'inquiète de la progression de l'islamisme dans son département. Invité ce vendredi de France Inter à l'occasion de la publication d'un livre retraçant l'histoire du Front populaire*, l'ancien communiste a réagi à la couverture du Figaro Magazine consacrée à Saint-Denis, rebaptisé pour l'occasion "Molenbeek-sur-Seine" par l'hebdomadaire.

Un reportage édifiant - et bien moins caricatural que son titre - décrit la façon dont les intégristes gagnent du terrain, aussi bien au sein des mosquées que dans l'espace public. Un constat confirmé par Didier Daeninckx. "Il y a cette réalité qui a été énormément niée et évitée du regard", explique celui qui s'inquiétait déjà, dans une tribune publié dans Le Monde en mars dernier, de l'évolution de son quartier :

"En ce qui me concerne, depuis trois ans, ici, j’ai vu les corps s’éloigner, les embrassades se raréfier, les barbes et les voiles pousser, les regards s’aiguiser, les murs s’élever. Il a fallu s’habituer à croiser des imams rétrogrades installés dès le petit matin dans les commerces, pour y faire pression sur les fidèles."


"Il y a des associations de femmes qui se battent pour venir occuper des places en terrasses", raconte Didier Daeninckx au micro de France Inter. Il poursuit : "A Saint-Denis, il y a l'université, et il y a une influence assez importante d'un parti que je considère comme un parti raciste, le Parti des Indigènes de la République (PIR), qui a une très forte influence même sur les élus dans les banlieues." Créé en 2005, le PIR est adepte d'une vision raciale de la société et du philosémitisme d'Etat, et sa porte-parole Houria Bouteldja cache à peine son racisme, sa misogynie et son homophobie…

"Des alliances clientélistes"

"Une partie des élus ont complètement cédé, ont baissé les bras et ont passé des alliances clientélistes", poursuit Didier Daeninckx. L'écrivain pointe notamment une tribune publiée début avril dans Le Monde par le maire PCF de Saint-Denis, Didier Paillard. L'édile y saluait le "courage" des habitants du centre-ville qui "n'ont pas cédé à la panique, malgré un déploiement colossal des forces de l’ordre un matin de novembre", lorsque l'assaut a été donné contre le repaire des terroristes. "D'un seul coup, il remercie les habitants de ne pas avoir cédé à la panique à la vue des forces de l'ordre", s'indigne Didier Daeninckx. "Il y a des discours qui s'entremêlent comme ça, qui donnent des gages à nos pires ennemis, quand on prononce ce genre de parole."

Conclusion inquiétante de l'écrivain : "On est avec des gens qui sont démunis, qui sont devant un problème, qui n'ont pas l'analyse ni les débuts de solution, et personne ne leur apporte. Donc les gens godillent, ils font un peu ce qu'ils peuvent au jour le jour, et la situation s'aggrave de semaine en semaine."

>> Indigènes de la République : Thomas Guénolé démontre le racisme, la misogynie et l'homophobie de Houria Bouteldja21 mars 2016


Thomas Guénolé ou le racisme de l’honnête homme Christophe Montaucieux 8 avril 2016




FIGAROVOX/ENTRETIEN – Le ministre de la Ville, Patrick Kanner, a estimé qu’une «centaine de quartiers en France» présentent des «similitudes potentielles avec Molenbeek». Guylain Chevrier décrit la vie de tous les jours dans ces territoires perdus de la République.

Guylain Chevrier est membre de la mission laïcité du Haut Conseil à l’Intégration (2010-2013), formateur en travail social et chargé d’enseignement à l’université, docteur en histoire.

Citation :
Molenbeek est devenu un symbole: celui d’une enclave communautaire où se mêle banditisme, fondamentalisme religieux et terrorisme. Pour beaucoup d’observateurs, il existe des Molenbeek français. Où se trouvent-ils ?

Guylain CHEVRIER. – De plus en plus de quartiers, en France, prennent cette direction. Le ministre de la ville, Patrick Kanner, au lendemain des attentats de Bruxelles, a estimé qu’une «centaine de quartiers en France» présentent des «similitudes potentielles avec Molenbeek». La Seine-Saint-Denis est évidemment un département en première ligne, mais de Sevran (93) à Trappes (78), de Roubaix (59) au Mirail à Toulouse (31) en passant par Lunel (34), il y a tout un panel de quartiers qui, à différents degrés, sont en risque de glisser vers le pire […]

Une des caractéristique de ces dérives, c’est bien l’utilisation des religieux comme moyen pour les élus d’acheter la paix sociale, en les laissant ré-encadrer les populations immigrées en échange de voix, comme le dénonce la porte-parole de l’association «Brigades des mères» de Sevran, Nadia Remadna.

Ce qu’a dit François Pupponi, député-maire PS de Sarcelles (95), répondant à cette dernière lors de l’émission Des Paroles et des actes consacrée au thème «L’Europe face au terrorisme» sur France 2, le 24 mars dernier, au lendemain des attentats de Bruxelles, est significatif de ce climat, lorsqu’il explique être pour le halal ou le cacher à l’école publique, si cela permet d’y garder les enfants musulmans ou juifs pour qu’ils n’aillent pas dans les écoles religieuses. Un argument de plus à la confusion ambiante, qui tire un trait sur la laïcité à l’école lorsqu’il serait si important de ne pas lâcher sur les valeurs de la République, qui seules peuvent permettre de rassembler l’ensemble de nos concitoyens autour de ce qui fait le «bien commun», l’intérêt général.

Cet argument n’est-il pas un bon exemple de ce qui peut servir à justifier le clientélisme politico-religieux en toute bonne conscience ?

On se souvient qu’après les attentats de Paris, des terroristes s’étaient cachés à Saint-Denis et avaient sans doute bénéficié de solidarités locales. Saint-Denis est-il le Molenbeek français ? Il est toujours risqué d’assimiler des réalités différentes, bien que l’on puisse ici dégager certains traits communs. Il y a effectivement eu des soutiens locaux, qui ont été révélés dans l’enquête autour de la planque de Saint-Denis des terroristes des attentats de Paris de novembre dernier. Mais de façon plus insidieuse, il y a tout un contexte à haut risque qui entoure la vie quotidienne à Saint-Denis et dans d’autres banlieues, qui crée un cadre favorable à ce que des terroristes potentiels se fondent dans la masse en étant protégés par un environnement très communautarisé où règnent le silence, l’omerta, où les religieux sont tout-puissants.

Il y a des forces obscurantistes à Saint-Denis qui ont depuis longtemps pignon sur rue. Dans le conseil municipal, certains flirtent avec l’islam politique. On observe des attitudes qui sont le reflet d’un jeu dangereux mené depuis de nombreuses années sous le signe du clientélisme politico-religieux. Il y a une communautarisation qui va avec ce fait qui est significative d’une évolution de certaines de nos banlieues qui déjà sont en perdition, et où la radicalisation gagne chaque jour du terrain.

Peu après l’assaut du Raid pour interpeller les auteurs des attentats du 13 novembre, l’universitaire Fewzi Benhabib, menacé de mort par les islamistes du FIS dans son Algérie natale, décrivait Saint-Denis «à l’heure de l’islamisme». Certaines villes sont-elles entièrement sous la coupe des religieux ?

Un noyau communautariste n’a cessé de se développer pour dominer aujourd’hui la situation dans certains quartiers qui, à tout le moins, sont sous la coupe des religieux. Lorsque l’on entend les habitants de la Seine-Saint-Denis s’exprimer sur le sujet, c’est éloquent. Le 3 décembre dernier, je suis intervenu à Saint-Denis sur le thème «Pas de progrès social sans laïcité», non sans avoir dû d’ailleurs m’affranchir de menaces venus de soutiens des Indigènes de la République. On a entendu à cette occasion de la part de nombreux habitants du département présents, un vrai cri de détresse au regard de la place que prennent aujourd’hui les salafistes dans certains quartiers populaires où ils font la loi. Ce qui est nié par bien des élus locaux.

Existe-il un lien entre communautarisme, radicalisation et djihadisme ?

La journaliste Hind Fraihi parle à propos du communautarisme à Molenbeek, d'un «totalitarisme très visible dans la vie publique (…) Il existe chez les familles prise dans cette influence une grande fixation sur le Proche-Orient, à travers les chaines de télévision satellitaires, au détriment de l'Europe, ce qui les éloigne des sociétés occidentales où elles se sont établies. Autrement dit, physiquement, ces familles se trouvent en Belgique, mais, mentalement, leurs esprits sont au Proche-Orient ou au Maroc.» On voit comment le fossé s'est creusé à l'abri des regards dans les esprits.

Il y a une forme de religieux contraire à la liberté de l’individu parce qu’elle le dépossède de son libre choix, s’attaque à la citoyenneté, et donc à la démocratie, le communautarisme. L’enfermement communautaire, relatif au refus du mélange au-delà de la communauté de croyance, est la première étape d’un processus de mise à part, d’auto-exclusion, qui va rompre le lien avec la société, dans l’ombre des murs duquel l’endoctrinement peut faire tranquillement son œuvre.

Le salafisme, qui sévit de plus en plus en banlieue, en est la dérive la plus visible, mais elle commence bien avant, avec la soumission à un ordre patriarcal sacré contraire à l’égalité entre les sexes, et, sur fond de conflit israélo-palestinien instrumentalisé en le plaquant sur la France, un antisémitisme viscéral qui s’est répandu massivement dans les quartiers chez les jeunes et même les très jeunes d’origine extra-européenne, comme un symptôme.

C’est sous ce signe que l’on va jouer de tous les ressentiments en les exaspérant par un affrontement organisé avec la République, à travers des revendications communautaires à caractère religieux qui entendent bien marquer l’antagonisme entre un individu libre de ses choix rejeté, et la surdétermination du groupe religieux de référence. L’effacement de l’individu favorise la dévalorisation de l’existence pour soi, qui mène à la banalisation du sacrifice au nom de la grande cause du groupe, d’autant qu’on promet au martyr la première place dans l’ordre d’un paradis, désigné comme le seul vrai but promis après la mort, qui en rajoute une couche à cette dévalorisation de la vie terrestre.

Quelle est la responsabilité des élus locaux dans cette dérive ?

La journaliste Hind Fraihi explique aussi très bien comment on a empêché de voir les choses arriver: «Je me suis heurtée au mur du politiquement correct. En France, vous connaissez le même phénomène. On ne peut pas nommer les choses négatives quand cela concerne l'islam, l'intégration, les musulmans et l'émigration, sans être traité d'islamophobe et de raciste.» C'est d'abord ce climat entretenu par toute une sphère médiatique et politique qui a interdit de prendre la mesure des choses, entre une sous-estimation incroyable et une tolérance aveugle.

Peu ou prou, les élus ont cru que le retour du religieux par l'islam des quartiers était un mauvais moment à passer, qu'il fallait faire le dos rond, aménager, et qu'à la fin, tout ça rentrerait dans l'ordre presque tout seul. Ils se sont lourdement trompés. Ils ont à la fois sous-estimé les risques d'assignation, par pression communautaire, de nos concitoyens venus de pays maghrébins ou africains uniquement à l'islam, reflets pourtant d'une diversité culturelle bien plus riche, confisquant leur liberté, mais aussi et de façon concomitante par cette confiscation, affaiblissant la République. Le Printemps arabe avait pourtant donné des signes, mais comme pour l'Algérie au pire moment de la guerre civile, on a renvoyé dos à dos démocrates et islamistes, sous prétexte de respect des cultures, du religieux, en niant le caractère universel des Droits de l'homme, de l'égalité hommes-femmes.

On a aussi, et il faut le rappeler, laisser la République dans la confusion totale entre l‘apparition en juin 1989 des premiers voiles dans un collège de Creil, et la loi d'interdiction des signes religieux ostensibles dans l'école publique du 15 mars 2004. Pendant quinze ans on a ainsi facilité, sous les auspices de cette République au message brouillée, la montée de l'islamisme dans les quartiers. Les élus ont été dans l'aveuglement, mais aujourd'hui ils sont prévenus, ils n'ont plus le droit à l'erreur!

André Gerin, maire honoraire de Vénissieux, ancien député à l'origine de la loi d'interdiction de la dissimulation du visage dans l‘espace public, mettait une fois de plus en garde vis-à-vis de cette situation en France lors d'un colloque à Lyon en octobre 2014, avant les attentats de Charlie Hebdo: «La violence se développe particulièrement dans les banlieues, et à travers une radicalisation politico-religieuse, des germes de guerre civile sont sous-jacents. Dans certains territoires, on observe un enfermement mental dans des schémas rigides, un endoctrinement tangible, un communautarisme certain et parfois même une application de la loi de la charia». Voilà qui est assez explicite!

On souligne que l'Europe n'a plus d'idéologie capable d'enthousiasmer, que l'on n'y croit plus à rien, en dehors de l'individualisme et du libéralisme et que, de cette perte du collectif, Daech en tire profit pour proposer à des individus en perte de repères un idéal, fut-il mortifère. Nous avons, si je puis dire, la chance par rapport à la Belgique d'avoir la laïcité, une République qui contient un beau projet commun pour peu qu'on le défende en levant les confusions, qui pourrait même servir de modèle de référence dans la lutte contre ce phénomène qui contamine les consciences, si on le voulait vraiment. Faut-il encore une volonté politique! Les élus ont besoin eux-aussi d'un projet de société cohérent qui indique une perspective générale, qui donne un sens nouveau à la démocratie locale et revalorise leur rôle, en termes de système de valeurs, de droits et de devoirs, de citoyenneté et d'actions. On entend aujourd'hui mettre en place une campagne de promotion des valeurs de la République qui participe de la prévention de la radicalisation, mais attention à ne pas laisser encore une fois un discours laxiste prendre le pas sur le niveau des exigences imposé par les circonstances, tout compromis se retournant nécessairement contre la République et donc, contre tous. C'est sans doute tout l'enjeu de la période qui s'ouvre.

* une réponse-pétition... Notre fierté de vivre à Saint-Denis 20 mai 2016
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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Dim 22 Mai - 13:24


ramdamadan et islamalgame
deux mamelles de Valls sans hésitation


Valls ne voit "aucune raison" d'accorder la nationalité française à Tariq Ramadan


Le Point.fr AFP 22/05/2016

Le Premier ministre juge que le discours de l'islamologue, de nationalité suisse, est "contradictoire" avec les valeurs de la France
(déclaration à Radio J, radio juive de Paris, enregistrée samedi avant son départ pour Israël et diffusée cet après-midi))


Tariq Ramadan souhaitait par sa demande montrer que l'islam "n'est pas étranger à la France"
© AFP/ MEHDI FEDOUACH

Citation :
Selon le Premier ministre Manuel Valls, il n'y a « aucune raison » pour que Tariq Ramadan obtienne la nationalité française. Au début de l'année, l'islamologue controversé qui est de nationalité suisse, avait fait une demande de nationalité française pour, disait-il dans Libération  «,[répondre] à toute la classe politique qui est sourde à des propos qui sont tenus depuis vingt-cinq ans sur le terrain ». Les propos en question, ce sont en premier lieu les siens, qui souligne-t-il, sont parfaitement républicains. « En demandant la nationalité française, je veux envoyer un message, qu'il ne faut plus traiter l'islam comme quelque chose d'étranger, car l'islam fait partie de la France », explique Tariq Ramadan à Libération. Et d'insister aussi sur la légitimité de sa demande : « Toutes mes activités européennes se font à partir de Paris. Toute ma culture est francophone et je suis français de cœur. Ma femme est française et mes quatre enfants sont tous français. En Grande-Bretagne, j'ai voulu que ma fille étudie dans une école française. »

« Ambiguïtés »

Ces arguments n'ont pas convaincu Manuel Valls : « Il n'y a aucune raison pour que M. Tariq Ramadan obtienne la nationalité française, a-t-il affirmé sur Radio J. Quand on aspire à être Français, c'est qu'on aspire à partager des valeurs. » Or, le message de M. Ramadan est « contradictoire » avec les valeurs de la France, insiste M. Valls dans cet entretien enregistré samedi à Matignon avant son départ pour un déplacement en Israël et dans les Territoires palestiniens, et qui sera diffusé dimanche après-midi.

Le Premier ministre dénonce également ce qu'il a appelé « l'islamo-gauchisme », précisant qu'il reprenait une expression « de Jean-Marie Le Guen », secrétaire d'État aux Relations avec le Parlement. Le problème avec « l'islamo-gauchisme selon le Premier ministre ? Il y a toujours ces capitulations, ces ambiguïtés, avec Les Indigènes de la République, les discussions avec Mme Clémentine Autain (porte-parole d'Ensemble, NDLR) et Tariq Ramadan, ambiguïtés entretenues qui forment le terreau de la violence et de la radicalisation. »


Propos sur Tariq Ramadan : Autain exige des excuses de Valls

Le Parisien 22 Mai 2016

« Je n'ai jamais rencontré personnellement Tariq Ramadan, ni partagé de tribune avec lui... »


La porte-parole d'Ensemble Clémentine Autain le 15 février 2015 à Paris
AFP/LOIC VENANCE

Clémentine Autain, porte-parole d'Ensemble, a réagi très vivement ce dimanche aux propos tenus plus tôt par Manuel Valls à son encontre sur Radio J. Elle menace de «porter plainte contre (lui) s'il ne présente pas ses excuses», ajoutant : «Il faut que cela cesse».

Citation :
En cause, l'entretien lors duquel le Premier ministre, actuellement en  visite en Israël et dans les Territoires palestiniens jusqu'à mardi, a dénoncé «l'islamo-gauchisme, «ces capitulations, ces ambiguïtés avec Les Indigènes de la République, les discussions avec Mme Clémentine Autain et Tariq Ramadan, ambiguïtés entretenues qui forment le terreau de la violence et de la radicalisation».

«Ces propos sont mensongers. Je n'ai jamais rencontré personnellement Tariq Ramadan, ni partagé de tribune avec lui. Ces accusations ineptes visent à dire que moi-même, et à travers moi ma famille politique, seraient le terreau du terrorisme»,
a répondu Clémentine Autain à l'AFP. «Il est le Premier ministre et doit donc garantir le débat démocratique», a-t-elle ajouté, au lieu de l'«évacuer, par les mensonges et les insultes. Nous posons la question sur ce qui est efficace pour combattre le jihadisme».


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Dim 22 Mai - 14:06


"le flic Daeninckx" a changé son fusil d'épaule
suite...

Didier Daeninckx a écrit:
A Saint-Denis, il y a l'université, et il y a une influence assez importante d'un parti que je considère comme un parti raciste, le Parti des Indigènes de la République (PIR), qui a une très forte influence même sur les élus dans les banlieues.

Marianne / France Inter 20 mai


Houria Bouteldja a écrit:
20 mai, 08:10 ·

Didier Daenincks s'ajoute ainsi à la liste lugubre des "anarchistes" islamophobes...

Se proclamant "communiste libertaire" et, en tant que tel, supposé armé d'une solide analyse de l'Etat, Didier Daenincks vient prêter son appui à l'offensive menée de l'extrême-droite au PS contre les personnes musulmanes ou supposées l'être. Décoloniser la gauche radicale et l'anarchisme, tout reste à faire...

C'était sur France Inter ce matin où il est allé dans le sens du Figaro magazine sur Saint-Denis, un nouveau Moelinbeck et il a qualifié le PIR de parti raciste. Y'a pas que Finkie et BHL qui sont passés du col Mao au Rotary...


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Jeu 26 Mai - 12:42

CCIF

Celine Pina compare le voile au brassard Nazi

CCIF, 25 mai



(joli petit tailleur bcbg de catho tradi, manque plus que la chaîne avec la croix autour du cou)

Citation :
Le CCIF a pris connaissance des propos nauséabonds tenus par Céline Pina, suppléante du député Dominique Lefebvre (PS), lors de l’émission “public sénat”, tenue le 20 mai dernier sur l’Etat Islamique.

Après les propos d’une ministre du gouvernement comparant les femmes voilées aux “nègres afric...américains qui étaient pour l’esclavage”, voilà qu’une membre du parti socialiste compare le voile au “brassard nazi”. Aucune contradiction n’a été apportée par Jean-Pierre Elkabache qui animait l’émission.

La ligne rouge a été, encore une fois, largement franchie. Nous ne pouvons plus tolérer la moindre complaisance à l’égard de ces discours politiques, ouvertement racistes et islamophobes, qui jettent en pâture des femmes en raison de leur confession religieuse.

Le CCIF refuse d’attendre la prochaine agression d’une femme portant le foulard pour constater l’effet de ces discours. Pour la première fois en 2015, le nombre d’agressions physiques avaient dépassé le nombre d’agressions verbales. En 2015, c’est un peu plus de trois agressions de femmes portant le foulard par mois que nous enregistrions.

Le CCIF attend la plus grande fermeté de la part d’un parti qui veut rassembler sans se faire le porte-parole des idées d’extrême-droite. L'heure n'est plus au constat de la banalisation du racisme mais à tirer la sonnette d'alarme sur sa promotion des élites politiques et médiatiques.

Il est temps que le PS prenne ses responsabilités, sauf à croire qu’il cautionne ce type de discours.

Si le Parti Socialiste s'est tu face à l'obsession islamophobe du Premier Ministre Valls, va t-il encore se taire face à cette énième déclaration de cette suppléante d'un député PS?



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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Ven 27 Mai - 23:22


en pleine lutte de classe contre la loi anti-travail, ci-dessous ce qui travaille le post-ultragauchiste humaniste Jacques Wajnsztejn, jeune ultragauchiste 68tard devenu vieux con, si peu préoccupé de la question raciale qu'il vit dans le 11 janvier une potentialité d'expression de la " tension à la communauté humaine", renouvelant l'esprit de la Révolution française bourgeoise en son essence, traitant Marx en chien crevé bien que n'"ayant rien capté à sa dialectique confondue avec celle de Hegel, et que surtout sa communauté à lui, Jacques Wajnsztejn, les Juifs parlant du monde en juif sans se dire juif ni sioniste, importe depuis près de 40 ans de que Temps critiques en proportion des autres racisés mille fois plus que les "Nègres"

beau couple de Jacques, avec le rejeton de famille bourgeoise républicaine de 5 à 6 générations Jacques Guigou, poète de merde et théoricien anti-dialectique primaire de merde mais carriériste universitaire s'il en est, aussi malhonnêtes intellectuels l'un que l'autre

Au fil de quelques lectures : islamisme, fascisme, choc des civilisations, religions…

27 mai 2016,  Jacques Wajnsztejn, Mondialisme.org (Yves Coleman)

Jacques Wajnsztejn a écrit:
Depuis qu’ils pensent trouver dans l’islamisme militant un produit de remplacement à leur ancienne eschatologie marxiste, des individus se réclamant de la Gauche ou de l’extrême gauche rejettent toute analyse qui mette en rapport djihadisme offensif et a fortiori terroriste et religion musulmane. Pour eux toutes les causes du phénomène sont extérieures à l’Islam, à ses traditions, à son histoire et à son actualité. Les médias ne sont d’ailleurs pas en reste qui évitent la critique des religions en général, défendent une laïcité ouverte à tous les vents et, pour faire bonne mesure, n’osent même pas, dans leurs articles, écrire le terme « d’État islamique », se contentant de citer l’acronyme arabe Daech suivi des initiales (EI)1. Voyons cela plus en détail.

L’islamisme radical n’est pas un nouveau fascisme [ouf, une bonne nouvelle !]

Alain Badiou est interviewé dans le journal Libération daté du 9-10 janvier 2016 sous le titre : « La frustration d’un désir d’Occident ouvre un espace à l’instinct de mort », à propos d’un petit livre sur le 13 novembre 2015 publié chez Fayard sous le titre, Notre mal vient de plus loin. Il y développe l’idée que pour comprendre l’événement et plus généralement le terrorisme djihadiste, il ne faut pas partir de la critique de la religion car dans ce cas on tomberait obligatoirement sur l’hypothèse de Huntington2 du choc des civilisations ; hypothèse que Badiou juge réactionnaire.

Pour lui, il n’y a pas une islamisation qui entraîne fascisation, mais une fascisation qui entraîne islamisation.

C’est une autre version de la formule d’Olivier Roy sur l’extrémisation politico-sociale qui, aujourd’hui, ne trouverait son débouché que dans l’Islam3. On aurait affaire non pas à un Islam radical, mais à une islamisation de la radicalité.

C’est que, pour Badiou et Roy, il ne peut y avoir de radicalisation interne à l’Islam comme si la religion en général et l’Islam en particulier aujourd’hui ne pouvaient jamais poser problème en tant que puissance idéologique ou force politique. Pour eux, de façon évidente, la critique ou l’interprétation des événements ne doit pas se faire à partir de la critique de la religion. En fait, ils ne comprennent pas que dans la figure de Daech coexistent trois éléments : un Islam de la conversion, peu conventionnel4, une allégeance politique à une figure autocratique et une dimension militaire qui authentifie, et consacre, le nouvel adepte.

Faute de reconnaître cela, ils rabattent donc le religieux sur le social pour Badiou, sur le culturel pour Roy. En cela, ils ne font pas preuve d’originalité puisqu’ils opèrent comme la plupart des sociologues et autres spécialistes des sciences humaines5. Ce faisant, ils négligent la force et l’influence wahhabite, la critique de la séparation entre grand djihad quiétiste et petit djihad guerrier faite par Hassan El Banna et les Frères musulmans, l’existence avérée d’une tendance djihadiste au sein du courant salafiste. Tous ces oublis ou occultations entraînent une difficulté à appréhender un phénomène doublé d’une organisation telle Daech. Objectivement, ils ne peuvent le classer dans les États terroristes puisqu’il n’est pas un État et vue leur position, ils sont obligés de lui dénier le qualificatif d’organisation islamiste.

L’EI ne serait qu’un groupe mafieux (Badiou) un peu particulier et ses membres des « pieds nickelés » (Roy). La radicalisation, si radicalisation il y a, proviendrait, dès lors forcément, d’un événement extérieur (l’occupation de la Palestine, la guerre en Syrie6, l’intervention occidentale au Moyen-Orient) et d’un contexte particulier (le chômage des jeunes d’origine immigrée, les discriminations…) qui serait à l’origine de ce qui va être qualifié de dérive ou de folie meurtrière. En tout cas, tout cela doit être ramené à une cause historique dans l’histoire occidentale. La colonisation en toile de fond permet de développer un discours anti-impérialiste qui sied aussi bien à ceux qui ne voient là que de nouveaux « gauchistes » du djihad (pour Roy ils ne seraient que des nouveaux « brigadistes7 », seule la couleur du drapeau changerait passant du rouge au vert), qu’à ceux qui n’y voient que de nouveaux fascistes (pour Badiou, ils réactivent l’image du lumpenprolétariat dont parlait Marx).

Badiou confond ici des actes qui peuvent s’apparenter au squadrisme fasciste avec un fascisme politique qui implique un mouvement de masse… qu’on ne retrouve justement pas aujourd’hui sous les formes de l’islamisme radical. Le courant salafiste offensif et djihadiste reste très minoritaire et procède tout autrement. Il ne cherche pas à se gagner les masses, mais à les effrayer.

Cette mise à toutes les sauces du fascisme est critiquée par Robert Paxton8, l’historien de la Seconde Guerre mondiale à propos de l’amalgame fait entre des phénomènes comme la campagne présidentielle de Donald Trump aux États-Unis, les Tea party, le FN, l’islamisme radical. Paxton y montre de façon convaincante que Trump défend clairement les millionnaires et que son populisme n’a rien d’anti-capitaliste ; que les Tea party sont pour l’État minimal et relèvent plutôt d’une idéologie libérale/libertaire ; que le FN de Marine Le Pen n’est qu’un mouvement de la Droite européenne et n’est pas assimilable à Aube dorée. À l’inverse, la position de Badiou revient à simplifier des situations afin de tracer des signes équivalents pour donner l’impression d’y voir plus clair. Le nouveau ne serait donc jamais que de l’ancien sous un nouveau jour. Cette position aboutit à essentialiser le fascisme comme une forme non historique dont l’invariance, au moins à l’époque contemporaine, lui permettrait de se glisser dans tous les oripeaux, y compris donc dans celui de l’Islam. Cette supposée invariance du fascisme autorise par là même tous les énoncés anti-fascistes mis en avant par divers groupes d’extrême gauche ou libertaires pour ne pas avoir à prendre position sur la question de l’islamisme radical ou sur la radicalisation de certaines de ses fractions. Mais ces énoncés ne sont que des postures et ils ne débouchent sur aucune action pratique anti-fasciste visant les djihadistes. Et pour cause, car alors ces groupes se retrouveraient dans la même situation que la police. Il leur faudrait mener l’enquête dans des quartiers qu’ils ne connaissent pas, faire le tri entre « bons » et « méchants » et, comme dans la guerre des polices, ils ne seraient jamais d’accord entre eux.

Mais Badiou9 est moins gauchiste et plus communiste que le tout-venant. Il sait que la sortie, si sortie il y a, ne peut provenir que du dégagement d’une autre perspective. C’est là qu’intervient sa croyance en l’idée communiste ou plutôt en le communisme comme idée, manifestant en cela, une fois encore, son indéfectible attachement à la philosophie de Platon.

Pour Badiou, le communisme est semblable à une théorie scientifique qui, elle aussi, doit être expérimentée non pas en laboratoire, mais dans les mouvements de l’histoire. Ce n’est donc qu’une « hypothèse10 » qui demande à être validée ou invalidée par l’expérimentation. En conséquence, les échecs manifestes des révolutions qui au XXe siècle se référaient à cette idée n’impliquent pas pour autant que « l’on jette le bébé avec l’eau du bain ». Il n’y a pas de leçons à tirer des dévastations et des catastrophes engendrées par « l’idée communiste » mais seulement à persévérer dans l’affirma­tion métaphysique de cette idée en cherchant à l’incarner autrement. Qu’est-ce qui fonde « l’idée communiste » ? C’est le contenu de vérité de son énoncé ; vérité qui trouve sa puissance dans… « les idéalités mathématiques » (cf. Jean-Toussaint Desanti). Nous sommes donc loin de l’affirmation de Marx : « le communisme n’est pas un état de choses qu’il convient d’établir, un idéal auquel la réalité devra se conformer […] le communisme est le mouvement réel qui abolit l’état actuel des choses ».

Ce qui est surprenant aussi, c’est que Badiou, qui est un théoricien de l’événement auquel il attache une grande importance, en vient ici à nier la spécificité du phénomène djihadiste. En effet, le capitalisme et l’impérialisme existent depuis des centaines d’années, l’absence de perspectives pour les jeunes remonte déjà à une bonne trentaine d’années. Mais cela n’explique pas pourquoi, maintenant, disons depuis une quinzaine d’années, des milliers de jeunes Occidentaux (musulmans ou convertis) se tournent justement vers l’islam et pas vers le bouddhisme, l’altermondialisme, le gauchisme ou tout autre débouché politique, idéologique ou religieux, pour tenter de trouver des réponses à leur insatisfaction, mal être ou révolte ?

La comparaison avec le fascisme n’a de sens que si l’on pense que le capitalisme mondial se trouve dans une crise comparable à celle des années 1930, produisant les mêmes effets dévastateurs sur le niveau et les conditions de vie des Occidentaux. Des effets qui ont entraîné à l’époque, une contestation massive des formes parlementaires et démocratiques, au sein de mouvements de masse capables d’infléchir la politique de gouvernements ou même de prendre le pouvoir et de développer des logiques à la fois souverainistes, populistes et nationalistes guerrières. Or, ce que l’on appelle aujourd’hui « la crise » ne présente pas les mêmes caractères. Il s’agit, pour le court terme du moins, d’une crise de basse intensité aussi bien au niveau économique que politique, dont les effets, dans les pays les plus riches, sont limités par des amortisseurs sociaux au sein d’ensembles nationaux interconnectés mondialement (globalisation), au niveau politique comme au niveau économique. Le repli protectionniste et a fortiori guerrier n’est donc pas encore de mise, même si des soubresauts souverainistes se font jour çà et là. Par ailleurs, la contestation massive des formes démocratiques, de la part de l’extrême droite comme de la part de l’extrême gauche, laisse place à une simple désaffection11 (montée de l’absentéisme électoral malgré le ralliement des gauchistes au processus électoral) vis-à-vis de la vie politique et de l’action militante. Contrairement aux années 1930, c’est toute la société qui se « droitise » sans éclosion de mouvements d’extrême droite significatifs qui se manifesteraient sur le terrain autre qu’électoral. Seuls certains pays comme l’Allemagne12, dans son ancienne partie de l’Est surtout, l’Autriche, la Hongrie et les Pays-Bas13 semblent connaître un mouvement de telle nature axé sur la lutte contre les immigrés et les réfugiés.

Quant aux pays dits musulmans, ils sont aussi en « crise » et parfois des crises sociales bien plus graves qu’en Europe, mais cela ne déclenche pas forcément partout un essor de l’Islam politique ou a fortiori du djihadisme. Les « printemps arabes » nous ont plutôt montré le contraire et leur issue décevante n’a pas entraîné une quelconque fascisation mais le retour de formes plus traditionnelles, telles la démocratie confisquée (Tunisie), le putsch militaire (Égypte), le démantèlement de l’État (Libye).

Toutefois, il est bien évident que les organisations djihadistes chercheront à profiter de la nouvelle situation, soit en se présentant comme le seul projet alternatif au retour à l’ordre autocratique ou militaire si celui-ci n’arrive pas à remplir sa fonction politique d’unité (entre chiites et sunnites en Irak et Syrie ; entre groupes tribaux en Libye, etc.) ; soit en cherchant à affirmer leur propre puissance concurrente comme Daech l’a déjà entrepris.

Le retour de la religion et sa critique

Dans son tout récent livre (op. cit.), Raphaël Liogier s’oppose d’emblée à la thèse de Huntington. Il ne s’embarrasse pas de questions philosophiques ou anthropologiques autour de la définition de la notion de civilisation14. En effet, il énonce directement qu’il ne peut y avoir de choc entre civilisations à notre époque puisqu’il n’en existerait qu’une ou plus exactement plus qu’une, la civilisation globale et technologique. C’est une sorte d’ajout technologique et connexionniste à la vision politico-militaire et culturelle de Bush-Blair (cf. supra, note 2). Face à un advenu parachevé (déterritorialisation, mise en réseau), deux néo-fondamentalismes se feraient face, celui des Européens nostalgiques15 de leur ancienne domination et celui des néo-fondamentalistes musulmans exprimant leur frustration vis-à-vis de l’Occident. Ces deux néo-fondamentalismes alimenteraient en fait la thèse du choc des civilisations. Cette argumentation paraît peu convaincante. Les néo-fondamentalistes de Liogier sont en fait des conservateurs, pas des « barbares ». Or, ceux qui ont détruit Palmyre ne proposent pas une autre civilisation ! Les djihadistes ne sont pas des « conservateurs » sans pour cela être des révolutionnaires et c’est bien ce qui pose problème si on veut quand même les qualifier en termes politiques.

Roy, Badiou et Liogier ne veulent pas partir de la religion. D’abord parce qu’ils n’en font pas un sujet de critique essentielle en soi ; ensuite parce que celle-ci serait « de moins en moins facteur d’opposition de valeurs » (op. cit., p. 13). Pour Liogier, elle ne serait qu’un produit comme un autre sur un marché spécial qui est celui de la terreur. La différence entre Al-Qaida et Daech tiendrait dans une stratégie marketing différente, indifférenciée pour Al-Qaida qui s’adresse à tous les musulmans ; ciblée pour Daech qui s’adresse aux sunnites, mais en sachant pertinemment qu’ils représentent la plus grande part de marché16. Les sociologues bourdieusiens sont certes tancés par Valls mais les post-modernes relativistes semblent chercher le fer pour se faire battre quand, comme ici, Liogier réduit la concurrence entre groupes djihadistes à une concurrence entre marques.

Dans la sorte de polémique qui se fait jour concernant les termes de « retour » ou de « recours » à la religion, ces trois-là penchent plutôt pour l’idée d’un recours à la religion d’où leur refus, plus ou moins explicite de partir de la religion pour comprendre le terrorisme islamiste. En élèves bornés de Durkheim, ils veulent attribuer à un phénomène qu’ils jugent absolument social, des causes sociales.

C’est méconnaître la religion comme puissance de représentations17 et comme force politique et surtout qu’elle puisse garder cette force encore aujourd’hui dans des sociétés qui sont officiellement, au moins dans une partie de l’Europe, sorties de la religion. Ce qui était auparavant courant, comme pendant les guerres de religion du XVIe siècle, à savoir qu’il n’y avait pas de séparation entre religion et politique, entre public et privé et que finalement, tout était rapporté à Dieu aurait dû être effacé des mémoires et des structures sociales par des siècles de sécularisation. Si le sentiment religieux n’a pas disparu pour autant, c’est premièrement parce que ces institutions ont été intégrées aux formes modernes de l’État à partir du moment où elles devenaient « raisonnables » et froides, et deuxièmement que les croyances des individus ont résisté à cette sécularisation de façon tout à fait irrationnelle et chaude. Elles peuvent donc déboucher, si le contexte s’y prête, sur des pratiques tout aussi irrationnelles puisque la croyance religieuse n’est pas de l’ordre de la raison. D’ailleurs de nombreux salafistes ont des formations scientifiques ce qui les empêchent nullement de « croire ». Il en va de même pour de grands scientifiques, par ailleurs chrétiens, en Europe ou aux États-Unis.

Cette constatation sur une persistance de l’irrationnel à travers les croyances et particulièrement les croyances religieuses ne concernent d’ailleurs pas que l’Islam, mais l’ensemble des religions dans lesquelles s’expriment ces formes chaudes qui mêlent archaïsme et modernité.

Le capitalisme n’a rien « dépassé » [faudrait savoir : ce ne sont pas les "communisateurs" mais Temps critiques qui a théorisé "la révolution du capital"...]

Il est difficile d’admettre aujourd’hui que le capitalisme n’a rien « dépassé » et qu’il est à nouveau de plus en plus difficile de distinguer conflit politique et conflit religieux, d’autant que ceux-ci prospèrent sur des terres qui connaissent certes le capital et la valeur, mais encore mal le capitalisme et surtout « l’esprit du capitalisme »18. C’est particulièrement net dans le conflit israélo-arabe dont l’origine politique s’est de plus en plus imprégnée d’une coloration religieuse de la part des deux protagonistes ; tonalité qui a rejailli sur de nombreux autres conflits, leur faisant prendre progressivement la même voie théocratique.

Ainsi, on est passé du Fatah nationaliste, socialisant et laïc au Hamas, produit d’une scission au sein des Frères musulmans et qui s’est d’abord livré à une action sociale envers les pauvres, puis a développé une stratégie plus politique au cours de la première « guerre des pierres » contre l’occupation israélienne ; guerre qui s’accompagne d’un volet religieux avec campagne pour le hijab obligatoire sur le territoire contrôlé par le Hamas. Pour cette organisation islamiste, les juifs empiètent sur une terre qui n’est ni palestinienne, ni même arabe, mais musulmane. Une donnée ignorée par la majorité des individus occidentaux qui soutiennent la lutte des Palestiniens pour leur indépendance.

Deux conséquences découlent de cette confusion idéologique

Tout d’abord un glissement de l’antisionisme à l’antisémitisme 19 [la vulgate de Valls...], donc de l’analyse en termes politiques à l’analyse en termes religieux. Ce glissement concerne des musulmans, mais aussi une grande partie de l’extrême gauche pourtant athée et jadis critique par rapport à toute religion qui, pourtant, se rallie aujourd’hui à la « religion des pauvres » par absence de principes ou même par opportunisme et flirte parfois avec l’antisémitisme20. Les Israéliens et plus généralement les juifs cèdent aussi à ce glissement, non pas vers l’antisémitisme bien sûr, mais vers l’analyse en termes religieux, les juifs orthodoxes et les nouveaux colons ayant porté le débat en ces termes, pendant que la droite israélienne soutenait en coulisse le Hamas sunnite afin d’affaiblir les laïcs nationalistes du Fatah.

Un nouvel internationalisme ?

Comme le dit Gilbert Achcar dans Marxisme, orientalisme, cosmopolitisme (Actes-Sud, 2015), l’islamisme, c’est-à-dire l’Islam politique, se présente aujourd’hui comme un nouvel internationalisme21 et surtout comme le dernier et le seul en exercice, ce qui n’est pas rien dans des pays à dominante musulmane dont l’État est en voie de dissolution ou se retrouve très affaibli suite à l’éviction de dictatures sanglantes par les puissances occidentales (Irak, Libye) ou par les luttes de forces d’opposition (Libye, Syrie, Égypte).

Ce n’est pas rien non plus pour des individus bi-nationaux, ou récemment ou peu intégrés à la société occidentale dans laquelle ils vivent, et pour qui ce qui se passe en Syrie avive la tendance à se projeter sur une forme concrète de participation à l’Oumma à travers le « djihad offensif ». Mais contrairement à l’internationalisme socialiste universaliste, l’internationalisme ou l’a-nationalisme islamique n’est pas universaliste mais bien particulariste22. Si on veut trouver un point commun avec un autre internationalisme, c’est plutôt du côté de l’internationalisme fasciste qu’il faut tourner son regard. Celui qui donna lieu à des participations de divisions étrangères à la guerre d’Espagne (la légion allemande Condor et le Corpo Truppe volontarie italien par exemple) ; et à la deuxième guerre mondiale aux côtés des nazis (la division espagnole Azul à partir de 1941 et la légion des volontaires français contre le bolchévisme (LVF) créée en 1941 et qui intégrera la division Charlemagne (créée en 1943) en 1944. Mais il faut relativiser cela. Tout d’abord il serait plus juste de parler d’une internationale fasciste que d’un réel internationalisme ; ensuite, ces troupes de choc s’appuyaient quand même directement sur la puissance d’États fascistes et secondairement sur une idéologie politique mise en pratique par ces mêmes États qui servait de référence. Et de toute façon, si l’on veut parler de la tension entre internationalisme, ethnies, religions c’est plutôt sur le congrès de Bakou de 1920 qu’il faudrait se pencher, mais ça dépasserait l’ambition limitée de ce texte23.

Aujourd’hui, si les groupes djihadistes bénéficient du financement de certains États ou s’ils passent des alliances de circonstance (avec ou contre Bachar, par exemple) et si leurs membres s’apparentent plutôt à des mercenaires à qui l’organisation fournit entraînements militaires poussés, armes, soldes et femmes, ils n’en demeurent pas moins indépendants et fonctionnent en réseaux déterritorialisés même si le mini-califat de l’EI constitue un début de territorialisation dont on ne sait s’il est amené à se « nationaliser » ou bien s’il ne constitue qu’une base provisoire pour une extension future « internationaliste ». Ce qui est sûr, c’est que l’EI et d’autres groupes islamo-militaires profitent à plein d’une situation géopolitique particulière caractérisée par la présence d’États sans nation et de nations sans État avec le cas emblématique des Kurdes.

Crise de l’État-nation et résorption des institutions


Les institutions religieuses subissent, au moins en Europe, car il en va différemment aux États-Unis et en Amérique latine, une perte de crédibilité générale. Tout d’abord parce que la crise de toutes les institutions liées à l’État y est générale et les institutions religieuses n’y échappent pas. Ensuite parce que ces institutions religieuses sont remises en cause de tous les côtés : du côté du réveil spiritualiste de tendance quiétiste parmi les classes moyennes, du côté de la recherche charismatique parmi les pauvres ou les « désaffiliés » en mal de communauté et de convivialité, enfin du côté fondamentaliste réactionnel et frustré chez les personnes marginalisées ou en voie d’exclusion.

Face à cet état de fait, la perspective de l’État français de (re)construire un Islam national s’avère non seulement inadéquate avec la tendance générale à la désinstitutionnalisation dans la société capitalisée, mais entre aussi en contradiction avec le fait que le lien traditionnel Église-État est aujourd’hui supplanté par les relations directes que l’islamisme entretient avec le capitalisme mondial (réseaux/internet). En cela, il est résolument néo-moderne dans certaines de ses pratiques même s’il reste conservateur au niveau idéologique.

Pourtant, Olivier Roy reconnaissait cette dimension en 2004 quand il répondait dans la revue Vacarmes, à Foucault et son apologie de la révolution islamique iranienne : « C’est l’insurrection d’hommes aux mains nues qui veulent soulever le poids formidable qui pèse sur chacun de nous, mais, plus particulièrement sur eux, ces laboureurs du pétrole, ces paysans aux frontières des empires : le poids de l’ordre du monde entier. C’est peut-être la première grande insurrection contre les systèmes planétaires, la forme la plus moderne de la révolte et la plus folle [nous n’inventons rien !, Ndlr]) » (Corriere della Sera, 26/11/1978). Et de rajouter, pour faire bonne mesure dans la fausse prédiction : « Il n’y aura pas de parti de Khomeyni, il n’y aura pas de gouvernement Khomeyni ». On comprend qu’il ait pu ensuite faire la critique de l’intellectuel général et se contenter modestement de la parole des « experts ». Olivier Roy lui répond : « Ce que Foucault ne voit pas, c’est l’islamisme, c’est-à-dire la relecture du religieux en termes d’idéologie politique, laquelle réinsère la révolution iranienne dans une tradition révolutionnaire plus large et cette fois bien millénariste24 ». Cette option d’origine a fait long feu. L’Iran ne cherche plus à mettre le monde à feu et à sang et se conduit comme une puissance régionale comme une autre qui défend son pré carré comme actuellement en Syrie.

Cette tendance au déni de la puissance politique et sociale des religions revient, chez Liogier comme bien d’autres, volontairement ou non, à noyer la montée de l’islamisme radical au milieu des autres montées confessionnelles (new age, next age, néo-pentecôtiste, judaïsme ultra-orthodoxe) alors que ces dernières sont, selon les classifications de Liogier lui-même, à dominante spiritualiste pendant que la première est militante mêlant néo-fondamentalisme et radicalisme anti-système.

Pour Liogier il y a trois formes de « retour » à la religion dans les pays occidentaux :

– la forme spiritualiste qui part des textes et correspond aux couches aisées. Elle déborde parfois sur de nouvelles spiritualités mixant diverses religions comme dans le next age ;

– la forme charismatique qui mêle retour aux textes et dimension émotionnelle et conviviale dont les néo-évangélistes fournissent le modèle, en Amérique du Sud surtout, et qui viserait les classes moyennes ;

– la forme fondamentaliste réactionnelle répondant aux frustrations des plus pauvres et dont le djihadisme de l’EI et autres serait un rejeton. Elle ne se réfère qu’abstraitement aux textes (le Coran comme slogan) parce que c’est le combat seul qui permet l’attribution du qualificatif de musulman.

Cela inclut le processus du terrorisme dans ses formes contemporaines spécifiques qui mêlent étroitement individualisme et communautarisme25. Selon les propres critères de Liogier, c’est donc la notion de fondamentalisme qui semble impropre puisque pour ces groupes islamistes, le djihad n’a aucune signification spirituelle. Il ne s’agit que de guerre sainte et de lutte contre les « croisés » occidentaux et leurs soutiens musulmans (cf. les actions de Merah), c’est-à-dire contre l’ensemble des infidèles26.

Même tendance à noyer le poisson quand Liogier compare la montée de l’influence évangéliste dans le « 93 » et les quartiers nord de Marseille au haut niveau de présence musulmane27. Sa vision de l’hypermodernité religieuse s’apparente à celle de Gilles Lipovetsky sur l’hypermodernité en général. Son appréhension du recours au religieux répond à l’approche de l’individualisme méthodologique qui lui permet de développer l’idée du libre « choix » parmi les « branchées » de la capitale qui portent fièrement le voile28 comme un signe de distinction alors qu’il suffit de prendre les transports en commun en banlieue pour voir des têtes baissées, des airs soumis et qu’il suffit de regarder des images d’Irak, d’Iran ou de Syrie et d’Afghanistan pour voir que là-bas, la « distinction » n’est pas à l’ordre du jour, mais bien plutôt l’uniformité et la soumission imposée par la violence. Une uniformité que G. Kepel relève dans son dernier livre (op. cit)29.

Quand on ne cible pas, comme Liogier, l’esthétique islamiste où l’engagement personnel de certaines, qui existe bel et bien, on a plutôt le développement progressif, mais aujourd’hui massif de ce que décrit Gilles Kepel : « Dans les quartiers populaires, où les marqueurs de l’islamisation sont ostensibles, il est devenu socialement difficile, voire impossible, de rompre le jeûne diurne en public durant le ramadan quand on est musulman de faciès ».

S’abandonner à cette vision d’un islamisme individualisé et qui serait noyé dans les nouvelles formes du new age, c’est aussi tenir pour négligeable celles et ceux qui sont victimes quotidiennement de l’ordre islamique ou qui luttent quotidiennement contre cet ordre, sa police et sa justice, dans les pays de confession dominante musulmane et a fortiori dans ceux où la religion musulmane est religion d’État.

Pour Liogier, le retour du religieux n’est pas vraiment un retour car il se fait sur le mode du revival. Il est donc hypermoderne et toutes les religions seraient concernées. Toutes les religions seraient concernées par ce recadrage individualiste des croyances. Tout étant analysé en terme de postures, toutes ont leur place dans le capitalisme globalisé. Al-Qaida est un franchisé du terrorisme et comme Leclerc il a fait figure de pionnier ; alors que Daech c’est Carrefour (p. 150) au concept plus radical, plus ambitieux, plus mondial !

Tout ce qui se met en réseaux serait donc équivalent. Pas de différence de fond entre maillage commercial et diffusion de la terreur. La critique, si critique il y a, s’en trouve comme aplatie même si elle réapparaît au détour du chemin quand Liogier nous dit que toutes les civilisations ont reposé sur l’idée de limite sauf justement la « civilisation globale ». On assisterait donc, d’après lui, à une sorte de réenchantement du monde à l’opposé de la thèse bien connue de Max Weber. Une hypothèse qui ne tient que si on ne s’occupe que de la dimension individualiste/hédoniste du retour de la religion, mais qui ne tient plus du tout si on accorde toute l’attention aux formes radicalisées de ce retour qui nous apparaissent bien plutôt comme en continuité avec le « désenchantement du monde » wébérien, lequel atteint un niveau bien supérieur à ce qu’imaginait son concepteur.

Une manifestation de la tension individu/communauté

Malgré sa connaissance du terrain et sa description des « nouveaux territoires de la République », Gilles Kepel reprend à son compte cette hypothèse d’un « réenchantement » dans son dernier livre Terreur dans l’hexagone (Gallimard, 2015). Il porte d’abord des assertions vides de contenus, mais à portée fortement médiatiques, sur l’effet terrorisant produit par des individus dont la critique du « système » s’effectuerait sur le modèle du délire. Pas un mot donc sur le fait que ce délire n’est pas abstrait mais qu’il repose sur une croyance et en l’occurrence une croyance religieuse, même si on estime qu’elle est ici travestie ou défigurée. Il réunit ensuite deux phénomènes opposés en apparence, salafisme radical d’un côté et tendances islamophobes de l’autre, mais qui auraient en réalité la même cause. Ils seraient produits par la crise sociale qui aurait vu disparaître la classe ouvrière et son tissu social encadré par le « parti des travailleurs ».

Radicalisation salafiste et islamophobie via le FN constitueraient ainsi des formes de réenchantement du monde parce qu’elles viendraient remplir un vide. Comme nous l’avons dit dans notre critique de Liogier, on ne voit pas en quoi des situations de désespérance sociale participeraient d’un quelconque réenchantement du monde, pas plus d’ailleurs qu’à l’inverse elles seraient portées principalement par un instinct de mort comme le pense Badiou30.

À la limite, il est plus juste de dire comme P. Hassner qu’on assiste à un retour des passions31 si ce n’est de l’Histoire. Une situation dans laquelle la tension individu/communauté s’intensifie. Mais ici elle ne s’intensifie pas dans la perspective de la communauté humaine (même incarnée par une classe) comme dans les processus révolutionnaires du passé (Révolution française et Révolution russe) mais au sein d’identités fermées (les « Nous » contre « Eux » ou contre l’Autre). Kepel et d’autres voient cela comme un repli identitaire, mais on peut tout aussi bien y voir un redéploiement. En tout cas il apparaît très difficile de maintenir son hypothèse d’une explication unique des deux phénomènes qu’il assemble : montée du salafisme radical d’un côté et montée de l’islamophobie de l’autre. Il y aurait repli dans les deux cas que si nous nous trouvions dans une situation de guerre froide entre civilisations entraînant, dans un premier temps, une situation de coexistence séparée de deux ensembles homogènes et fermés hermétiquement. Ce n’est le cas nulle part en Europe.

On ne peut donc tout traiter en terme de repli. C’est particulièrement net en ce qui concerne la question du « retour » de la religion.

Même ceux qui prennent au sérieux la religion comme Yvon Quiniou32 n’en prenne pas toute la mesure ou plutôt sous-estiment son retour. Pour lui, en bon disciple du marxisme, la religion ne peut être qu’une « imposture intellectuelle » ou une « illusion idéologique », mais il n’explique pas pourquoi il y a « retour33 ». Il n’explique rien de ces conceptions du monde, de leur sens, de leur pérennité, alors que la critique doit en tenir compte pour s’introduire dans un « monde » qui lui est immédiatement étranger et dont spontanément elle se met à l’écart au mieux, à l’extérieur au pire34. La critique de Quiniou ne permet pas le « dépassement » de l’opposition entre religion et critique de la religion. Or, tenir compte de l’évolution historique de cette opposition pourrait permettre de déboucher sur une perspective de communauté humaine ouverte et loin de toute idée de « communion35 » dans laquelle il ne pourrait s’y exprimer aucune individualité singulière.▪

Jacques Wajnsztejn, janvier 2016.

Notes

1 – Bien sûr, que pour l’instant, l’EI n’existe qu’en tant qu’organisation (et encore, certains comme Olivier Roy n’y voient que le produit d’un grand fantasme de l’organisation islamiste elle-même au prétexte que la vision du futur de Daech serait hautement improbable et comme si ça rendait virtuelles ses actions actuelles) et pas en tant qu’État, mais il n’empêche qu’il y a bien là un usage langagier d’euphémisation typique du discours politiquement correct.

2 – Dans un article de 1993 dans la revue Foregn Affairs, intitulé The clash of the civilisazions, Huntington déclare « L’axe central de la politique mondiale à l’avenir risque d’être […] le conflit entre “l’Occident et le reste du monde” et les réponses des civilisations non occidentales aux valeurs et aux pouvoirs occidentaux » (1993). Cette thèse sera reprise dans son livre Le choc des civilisations, traduction française en 2000 aux éditions Odile Jacob. Une thèse qui a fait beaucoup de bruit médiatique et idéologique mais n’a pas eu trop d’effets pratiques dans la mesure où les États dominants l’ont rejetée du fait de leurs alliances avec les dictatures saoudiennes et pakistanaises. Bush et Blair ont en effet inclus ces gendarmes locaux dans le camp de « leur civilisation » qui n’est donc plus définie seulement comme occidentale, mais aussi comme celle qui régit « le capitalisme du sommet » (ce que nous appelons le niveau 1 de la domination au niveau mondial, cf. n° 15 de Temps critiques).

3 – Cf. les interviews d’Olivier Roy : « Le djihadisme est une révolte générationnelle et nihiliste » (Le Monde daté du 24/11/2015) et « Le djihad est aujourd’hui la seule cause sur le marché » (Libération du 3/10/2014)

4 – Il diffère de la conversion traditionnelle qui impliquait l’intermédiaire de l’institution religieuse ou de son représentant, d’être publique et inscrite dans la loi républicaine ou démocratique du pays d’accueil.

5 – Le politicien Valls a alors beau jeu de leur reprocher une « sociologie de l’excuse » qui tendrait à sous-estimer la réalité et l’importance des faits en les subordonnant à la recherche des causes.

6 – La mauvaise foi ou encore les œillères idéologiques anti-impérialistes vont jusqu’à faire des néo-conservateurs américains et de l’intervention occidentale en Irak et en Syrie — intervention que nous ne défendons pas — la cause des massacres actuels entre sunnites et chiites ! Ainsi s’est bâtie une légende islamophile et anti-impérialiste selon laquelle ces deux branches de l’Islam auraient auparavant vécu en parfaite harmonie au Moyen-Orient. Or, si nous avons participé au mouvement anti-guerre de 1991 (cf. Temps critiques, n° 3) ce n’est pas pour oublier maintenant que Saddam tenait le même discours à l’époque, massacrant et gazant tranquillement les chiites d’Irak. C’est d’ailleurs pour inverser cette tendance que les Américains ont appuyé un gouvernement chiite dans l’Irak de l’après Saddam avec les résultats que l’on sait : développement immédiat d’une résistance sunnite terroriste d’un côté, vengeance politique chiite de l’autre. Oubliée aussi la guerre Iran-Irak et le rôle qu’y ont joué les ayatollahs chiites d’un côté, les wahhabites sunnites de l’autre !

7 – Même chose pour Raphaël Liogier dans La guerre des civilisations n’aura pas lieu, CNRS, 2016, pour qui les terroristes islamistes reprennent les méthodes de la Fraction armée rouge (RAF) et des Brigades rouges (BR)… sans donner un seul exemple de ces prétendues méthodes communes. Son ignorance lui fait confondre les méthodes de la « Bande à Baader » avec celles des Cellules révolutionnaires (RZ) dont, il est vrai, la fixation sur le conflit israélo-palestinien allait entraîner une dérive antisémite ; les méthodes des fascistes italiens des attentats à la bombe de Milan et de Bologne avec les jambisations des BR ou l’assassinat ciblé de Moro. Il serait, si ce n’est plus juste, en tout cas moins faux, d’établir une comparaison avec les méthodes de l’ETA basque ou de l’IRA irlandaise, mais sans rapport de contenu ni dimension messianique ou eschatologique chez ces deux derniers.

8 – Cf. le site du journal Project syndicate, 07/01/2016.

9 – Ce passage sur Badiou a été écrit en collaboration avec J. Guigou.

10 – Alain Badiou, L’hypothèse communiste, Lignes, 2009.

11 – Si on excepte, et dans une certaine mesure seulement, l’Espagne et la Grèce.

12 – Là encore si on excepte la Grèce. Quant au FN, il est incapable de faire descendre les gens dans la rue et quand par hasard ils y descendent, c’est sans lui, au moins officiellement, comme dans « la Manif pour tous ».

13 – il y a déjà eu quatre manifestations de « citoyens concernés » aux Pays-Bas depuis novembre, manifestations violentes un peu noyautées par l’extrême droite mais à Geldermalsen il y avait 50 fascistes pour 2000 « citoyens concernés ». Les flics néerlandais ont dû tirer en l’air et il y a deux semaines les « citoyens concernés » se sont mis à lancer des cocktails Molotov non plus sur les foyers de réfugiés mais sur la mairie qui devait discuter de l’accueil éventuel des réfugiés. Wilders veut que tous les réfugiés masculins soient interdits de sortie de leurs foyers et il fait distribuer gratuitement dans toute la Hollande des bombes lacrymogènes au poivre pour que les Néerlandaises puissent se défendre contre les réfugiés…

14 – Bégayant plus que paraphrasant la phrase devenue culte de Badiou à propos de Sarkozy, Liogier ne se pose qu’une question en titre de sa première partie : « De quoi les “civilisations” sont-elles le nom ? ».

15 – Dès l’introduction du livre on peut remarquer certaines incohérences. Toute la première partie du raisonnement repose sur l’hypothèse du déclin de l’Europe et donc de son repli, or dans la seconde partie l’auteur nous dit que l’autre base du néo-fondamentalisme occidental ce sont les sectes protestantes d’origine américaine dont l’influence ne cesse de s’étendre en Amérique du Sud et en Asie ! Y aurait-il aussi déclin de « l’empire américain » alors que « sa » religion s’exporte encore mieux que ses marchandises ?

16 – Où on peut voir que la micro-sociologie américaine a enfin pénétré dans l’université française !

17 – Pour Durkheim, le « religieux » ne relève pas du fait social, mais il a un rôle social dans la mesure où il permet de canaliser et organiser les faits sociaux.

18 – On n’a pas l’impression d’avoir affaire à un débat théologique de haut vol. D’un côté, il y a des utilisations du Coran et des hadiths par des gens très militants mais qui ne sont pas des théologiens et de l’autre côté, des États musulmans qui ne sont pas vraiment en train de mener une guerre pour un objectif théologique, même si bien sûr ils utilisent des arguments religieux dans la lutte entre puissances régionales (Iran et Arabie saoudite). Sur ce point, cf. notre brochure Soubresauts disponible sur le site.

19 – Reconnu et dénoncé par Tarek Oubrou, recteur de la mosquée de Bordeaux dans Le Monde daté du 15/01/2016.

20 – Cf. les compilations de la revue NPNF sur ce sujet.

21 – C’est en 2005 qu’Abou Musab al-Suri lance son « Appel à la résistance islamique mondiale ». Le point le plus discutable du livre d’Achcar (p. 219-220) est qu’il explique ce nouvel internationalisme par ses origines petites bourgeoises, ce qui n’apporte pas grand-chose de nouveau puisque les marxistes interprétaient généralement le nationalisme arabe dans les mêmes termes. Cela n’explique ni le passage du nationalisme à l’islamisme, ni plus globalement l’échec du socialisme.

22 – N’en déplaise à Jean Birnbaum qui dans le Monde daté du 24-25 janvier, à propos de son dernier livre Un silence religieux, la gauche face au djihadisme (Seuil, 2016), parle du face à face entre deux universalismes ! Toutefois, sa conclusion reste juste « Partout où il y a de la religion, la gauche ne voit pas trace de politique. Dès que la politique surgit, elle affirme que cela n’a “rien à voir” avec la religion ».

23 – Un résumé critique du congrès et de ces tensions peut être consulté sur : http://www.solidariteirak.org/spip.php?article146 (« Les miasmes de Bakou »).

24 – Negri, qui a pourtant un bagage politique et militant plus important, en rajoute en déclarant : « Dans la mesure où la révolution iranienne a exprimé un profond rejet du marché mondial, elle pourrait être considérée comme la première révolution post-moderne » (cf. :

25 – Comme le dit Samir Amgar dans M le magazine du  Monde du 23 janvier 2016, les djihadistes européens ne sont pas des « fous de Dieu » : « Ils ont le sentiment d’appartenir à une avant-garde éclairée, d’être les acteurs de leur propre histoire, de la grande histoire du réveil islamique ». Il s’agit de changer le monde non pas en partant de sa condition comme dans la vision prolétarienne classiste, mais en changeant de condition comme le montre le cas extrême des convertis et aussi celui des petits délinquants « qui ne fréquentaient pas la mosquée, fumaient et buvaient de l’alcool » comme le racontent souvent leurs voisins ou parents.

26 – Considérant que la situation actuelle n’est pas différente de celle de l’époque des anciens Califats, l’EI et les différentes branches d’Al-Qaida ne distinguent pas grand djihad spirituel, petit djihad sur terres musulmanes et djihad offensif/djihad terres non musulmanes. Cette position met dans l’embarras ceux qui maintiennent ces distinctions, à savoir, d’un côté les tenants de l’Islam politique (Hezbollah, Hamas) et de l’autre les réformateurs de l’Islam qui ont peur d’être accusés d’apostasie.

27 – Sans doute pense-t-il que c’est à cause de cette présence évangéliste que le directeur du consistoire juif de Marseille a demandé aux juifs marseillais de ne plus porter de signes visibles de judaïté devant la forte croissance des actes antisémites dans cette ville ; sans doute pense-t-il encore que c’est à cause des évangélistes que la cafétéria de l’université Paris VIII de Saint-Denis est maintenant « hallal »… On pourrait égrainer les exemples.

28 – De semblables pratiques se retrouvent chez des groupes de féministes allemandes qui non seulement portent régulièrement le voile islamique, puisqu’il est pour elles « un signe d’émancipation » mais pour nombre d’entre elles, la burqua. Cf. « Les événements de Cologne divisent les féministes allemandes », Le Monde, 21/01/2016.

29 – Une violence qui gagne les pays occidentaux quand elle s’exerce contre d’autres « choix », d’autres comportements, modes de vie et symboles comme au cours des dernières violences à caractère machiste et sexuel exercées par des migrants à Cologne, Stockholm, Vienne et Helsinki, la nuit de la Saint Sylvestre.

30 – Le fait que M. Merah ait proféré un tel discours dans son dernier « échange » avec la police ne nous paraît pas un élément suffisant en ce sens. Se sacrifier pour une cause, aussi bonne ou indigne soit-elle n’a pas grand-chose à voir avec « l’instinct de mort », concept déjà fort discutable en soi.

31 – Dans son dernier livre : La revanche des passions (Fayard, 2015), il cite R. Aron : « Ceux qui croient que les peuples suivront leurs intérêts plutôt que leurs passions n’ont rien compris au XXe siècle » et Hassner de rajouter : « Ni au XXIe ».

32 – Y. Quiniou, Critique de la religion, La ville brûle, 2014.

33 – Cf. la critique qu’en fait André Tosel in contretempslarevuepapier.blogspot.fr/2015/01/compte-rendu.html. Pour lui, il n’y a pas retour de la religion mais recours à… Nous avons déjà abordé cette question dans notre précédente brochure L’angle mort du 13 novembre http://tempscritiques.free.fr/spip.php?article336. Finalement, aucune des deux notions ne s’avère suffisante. Le recours est trop unilatéral et de nature fonctionnaliste ; le retour n’est lui pas un véritable retour à ce qui serait une origine ou un ordre immuable encore en place, et auquel des individus ou groupes adhéreraient. Le « retour » est aussi le signe d’une crise du religieux traditionnel tel qu’il apparaît dans la baisse de fréquentation des lieux du culte et tel qu’il est encore porté et légitimé par les Églises sécularisées. Ces dernières qui sont à la fois le fruit d’une évolution au sein des États modernes et des différentes formes de laïcisation de la vie publique d’une part, de la tendance à la résorption générale des institutions dans la société capitalisée d’autre part, se conduisent maintenant comme des associations habilitées à donner leur opinion sur les grands problèmes de société (avortement, manipulation génétique, euthanasie, mariage homosexuel, etc.).

34 – « Il est en effet plus facile de trouver par l’analyse le contenu, le noyau terrestre des conceptions nuageuses des religions que de faire voir par voie inverse comment les conditions réelles de la vie revêtent peu à peu une forme éthérée ». Marx : note dans Le Capital, Livre I, chapitre XV.

35 – Que développe Régis Debray dans Les communions humaines. Pour en finir avec les religions (Fayard, 2005). Il a bien conscience de la dimension communautaire de la religion mais au lieu de tenter de comprendre la tension individu/communauté quand elle s’exprime pas ce biais, il la réduit à l’affect de la « communion » au sein d’une sorte de groupe fusionnel autour d’une expérience commune intensément ressentie. Il semble confondre communion et émotion et son argumentation ne permet pas de comprendre la pérennité millénaire des religions. Cela ne vaut, à la limite, que pour la fraction du salafisme qui prône le petit djihad, dans la mesure où il offre une expérience religieuse complète.



plus communautariste juif que Jacques Wajnsztejn, tu meurs théoriquement : franchement qu'est-ce qu'on en a à foutre de ses états d'âmes de petit bourge qui donne des leçons de révolution à titre humain au monde entier sans en rien connaître, regardant son nombril juif universel ultragauche plus incolore on ne peut pas, depuis quatre décennies et plus qu'il milite en médiocre professeur des écoles contre la lutte de classe, auto-publié par l'Harmattan, qui édite tout et n'importe quoi ? [j'en ai bien connu le fondateur, un curé défroqué... dont le successeur sur-exploite ses salarié.e.s précaires on ne peut plus...]

tout ça pour donner la version post-ultragauche de l'idéologie sioniste portée par Valls, Finkielkraut et Clément Homs de la Wertkritik...


Jacques Wajnsztejn : crève, salope !

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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Sam 28 Mai - 16:57


les tours de passe-passe "anarchistes et communistes libertaires" sur l'islamophobie et l'anti-islamophobie

ou la rhétorique universaliste eurocentrée de l'anti-anti-islamophobie

dans la mesure où nous ne reconnaissons pas ici une valeur théorique au concept politique d'islamophobie, nous ne sommes pas concernés par ce texte. C'est d'une façon générale la méconnaissance, l'incompréhension ou la déformation de la pensée décoloniale qui fait procéder par approximations critiques déformant les thèses, du moins les plus sérieuses de ce courant, qui n'est pas le « tiers-mondisme » opposant « opprimés et oppresseurs », ni la critique post-coloniale. L'incapacité à penser l'histoire du passage du colonialisme au néo-colonialisme et à la période actuelle, qui est reprochée à leurs adversaires, se retourne contre ces apprentis-sorciers incapables d'analyser ni les continuités ni les discontinuités historiques dans les relations entre classes, "races", et genre (sexe social)

les lieux communs sur la critique de la religion s'accumulent sans la moindre compréhension des textes de Marx sur l'Opium du peuple, et rejoignent ainsi aisément le discours laïcard bouffe-curés, en version voile-imam-musulmans : "identitarisme", "communautarisme", "culturalisme", vision "racialiste", etc. les mêmes arguments que chez Marianne et Cie, un vernis de lutte de classe universelle en plus, car, nous répète-t-on à l'envie,« il n’existe que deux classes, celle du capital et celle du travail » [au passage il existe aussi des classes moyennes, dont sont issus la plupart de ces théoriqueurs au petit pied...], et pas de contradictions en mouvement dans la segmentation pour laquelle le racisme est un outil du capital; et par suite ce serait plié, il n'y aurait pas de dépassement possible de ce qui s'avère des identités de lutte, ni plus ni moins que l'identité de classe dans le programmatisme dont c'est encore un avatar : « prolétaires de toutes les pays [civilisés], unissez-vous », comme le signifiaient explicitement des textes de Marx et de la Première internationale]


Sur l’idéologie anti-islamophobe Vosstanie 25 mai 2016

Ce texte entend répondre à ceux qui, parmi les communistes libertaires, sont engagés dans un combat contre « l’islamophobie » et, à ce titre, prétendent interdire toute critique de l’islam et promouvoir une théorie de la « race sociale », dans un climat pour le moins générateur de tensions, d’accusations de racisme, et même d’attaques caractérisées.


Citation :
S’il date vraisemblablement du début du siècle dernier, c’est depuis peu que le terme « islamophobie » a fait une percée fulgurante comme appellation du racisme contre « les Arabes ». On passe ainsi du racisme anti-maghrébin à l’effroi ou l’horreur suscités par la religion des musulmans. Les immigrés et leurs descendants ne seraient plus rejetés pour des raisons « ethniques » mais pour leur appartenance supposée à une culture originelle identifiée à l’une de ses dimensions : la religion musulmane – qu’ils sont pourtant nombreux à ne pas pratiquer, et ceci même lorsqu’il leur arrive d’en conserver quelques traditions devenues coutumières.

Se joue là un tour de passe-passe qui assimile la « race » à la religion en tant que matrice culturelle [cette prétendue "assimilation" devrait se prouver, où ? chez qui ? dans quels textes ? car si elle existe, elle est très marginale]. On est face à une « mystification conceptuelle (…), l’assignation de tout un pan d’individus, en fonction de leur origine ou de leur apparence physique, à la catégorie de « musulmans », permettant de faire taire toute critique de l’islam, parce que celle-ci ne rentrerait plus dans la critique des religions, mais directement dans le domaine du racisme »(1). Si Claude Guillon voit du « mépris » dans cet « antiracisme des imbéciles » (2), nous y décelons surtout ce spectre qui hante la gauche : le tiers-mondisme, idéologie qui conduit à adopter de façon acritique le parti de « l’opprimé » contre celui de « l’oppresseur ». C’est ainsi que, pendant la guerre du Vietnam, dénoncer les Américains entraînait le soutien au Viet Minh et à la politique d’Ho Chi Minh, dont les comités Vietnam scandaient le nom et brandissaient le portrait à longueur de manif ; comme aujourd’hui, défendre les Kurdes peut impliquer de soutenir le PKK et de brandir le portrait d’Oçalan. Ce qu'il s’est passé pendant la guerre d’Algérie où ceux qui, voyant dans le « colonisé » l’exploité par excellence, ont soutenu inconditionnellement le FLN, s’est reproduit face à la révolution iranienne de 79 et chez les pro-Palestiniens. Le tiers-mondisme a ainsi abandonné petit à petit le prolétariat comme sujet révolutionnaire pour lui substituer le colonisé, puis l’immigré, puis les descendants d’immigrés... et enfin les croyants. [chez qui trouve-t-on une pareille caricature ? Il est aisé, effectivement, de s'en prendre aux islamogauchistes de pacotille, dont la plupart sont au demeurant des militants blancs, dans la mouvance NPA, Ensemble... et pas les organisation décoloniales dont les bases théoriques ne cessent de s'approfondir et supposent une rigueur dont Vosstany et tant d'autres sont totalement dépourvus] Le tiers-mondisme originel avait promu le relativisme culturel, ses successeurs ont adopté le culturalisme, qui prétend expliquer les rapports sociaux par les différences culturelles. C’est dans les années 80, avec la grande manipulation de SOS Racisme, que ce glissement est devenu une doctrine qui donnera naissance à toutes les dérives actuelles, jusqu’à assigner une identité musulmane à tous les immigrés « arabes » et leurs descendants.

Devant le constat du glissement opéré au sein de toute une partie de la gauche vers l’idéologie culturaliste, il est intéressant de pointer que celle-ci est devenue, après 1968, l’angle d’attaque d’un courant d’extrême-droite : la Nouvelle droite. Son rejet de l’immigration ne repose plus sur un racisme biologique mais sur l’idée d’assignation identitaire, basée sur une vision figée des sociétés dans des traditions anciennes, et sur la nécessité, comme garantie de paix sociale, de conserver des cultures homogènes. Selon les élucubrations des néo-droitiers, pour qui les conflits sont ethno-culturels et pas de classes, les Maghrébins, par exemple, assignés à la culture musulmane, doivent en conséquence rester dans leur pays d’origine pour vivre leurs traditions entre eux ! Au passage, Alain de Benoist, chef de file de la Nouvelle droite, défend des luttes tiers-mondistes et anti-impérialistes, et nie le caractère raciste de sa « défense de l’identité européenne ». Cette évolution du discours raciste est à l’œuvre depuis quelques années au sein d’une autre formation d’extrême-droite, en quête de respectabilité, le Front national, qui reprend en partie la rhétorique de la Nouvelle droite : le problème ce n’est plus les « immigrés » mais les « musulmans ».

C’est ainsi que l’on en vient, de bords a priori radicalement opposés, à adopter un discours identitaire qui considère que tous ceux qui ont un lien d’origine ou familial avec l’un ou l’autre pays du Maghreb (ou d’autres pays « arabes ») doivent se considérer comme musulmans, sous l’appellation aberrante de « Français d’origine musulmane ». Alors que ce n’est pas en raison de la religion qu’ils pratiquent ou qu’on leur prête qu’ils sont discriminés mais parce que ce sont des travailleurs immigrés ou issus de familles ayant immigré. Ce n’est pas l’identité qui est en jeu mais l’appartenance de classe. [sauf que l'identité ouvrière, l'identité de classe a disparu dans la décomposition du programmatisme ouvrier et qu'elle ne reviendra pas, ce qui limite la rhétorique de ces groupes et de certains partisans de la communisation à un discours complètement abstrait, au demeurant fréquent chez les anarchistes, dès lors qu'ils n'ont pas de critique du capitalisme comme économie politique] . Cette « origine musulmane », qui fait bondir les athées d’origine maghrébine, travestit un stigmate social en stigmate culturel. L’Etat et les media ne s’y trompent pas quand ils font du « musulman », forcément islamiste (et plus ou moins modéré ou radicalisé), la nouvelle caractérisation du membre de la classe dangereuse (3).

C’est sur ces bases que l’idéologie identitaire anti-islamophobe vient s’associer, notamment chez certains marxistes, à celle de la « race sociale », chimère universitaire d’importation récente, qui tente de plaquer ici le schéma racial et communautaire de la société américaine. Cette vision « racialiste » (4) qui prétend créer une nouvelle classe de « race » ne sert en réalité qu’à masquer, voire à nier, la réalité du rapport social capitaliste : l’exploitation des prolétaires, de tous les prolétaires, quels que soient leur origine, leur couleur de peau, leur religion et leurs us et coutumes personnels. La justification en serait que le racisme aurait été indispensable au développement capitaliste parce qu’il justifierait le colonialisme. En réalité, inférioriser l’opprimé a toujours été une stratégie de pouvoir qui s’applique à tous les opprimés quelle que soit leur supposée « race ». Maintenir dans leur condition les serfs, les paysans pauvres, les esclaves puis les ouvriers, passe notamment par les empêcher de s’exprimer et d’avoir accès à l’éducation, au prétexte qu’ils seraient trop bêtes et ignares pour cela, qu’ils appartiendraient à une catégorie inférieure. Rappelons que les Anglais ont durement colonisé et pillé les Irlandais et les Russes les Ukrainiens sans avoir besoin d’une telle justification. Et, dans leur ensemble, pillage et colonisation, tout comme l’exploitation proprement dite, n'ont pas besoin de quelconque excuse. [on appréciera le surf rapide sur toutes ces questions d'articulation entre colonialisme et capitalisme via le racisme et son évolution historique, faisant ailleurs l'objet d'études et démonstrations autrement convainquantes]

Et pourtant, le racisme existe bel et bien et le rejet du « musulman » pauvre et immigré est l’une de ses manifestations. Le discours du FN, du Bloc identitaire et de Pegida contre l’islam n’est que l’arbre qui cache la forêt : ce sont simplement des racistes qui veulent que les immigrés dégagent. L’argument culturel est sans doute plus respectable à leurs yeux que les vieilles lunes racistes basées sur des caractéristiques qui seraient innées (les Noirs sont comme ci, les Arabes comme ça…). Cette stratégie leur permet aussi de ratisser plus large, d’autant que ces mouvements exploitent à leurs fins racistes la montée réelle de l’islam radical. Si l’immigration est pour eux le fond du problème, ils se raccrochent à des arguments plus honorables tels que la défense de la laïcité ou le combat contre le sexisme. Mais, en réalité, que les immigrés (pauvres, bien sûr) soient ou non musulmans, ils sont toujours pour eux des indésirables.

Le racisme, comme la xénophobie, est un outil qu’utilisent les dominants contre les dominés. Ainsi, Fredy Perlman écrit : « les colons-envahisseurs d’Amérique du Nord avaient recours à un outil qui n’était pas, tel la guillotine, une nouvelle invention, mais qui était tout aussi mortel. Cet instrument sera plus tard nommé racisme et s’intègrera dans la pratique nationaliste (…). Les gens qui avaient abandonné leurs villages et leurs familles, qui étaient en train d’oublier leur langue et qui perdaient leur culture, qui étaient dépouillés de tout sauf de leur sociabilité, étaient manipulés afin de considérer la couleur de leur peau comme substitut à ce qu’ils avaient perdu » ; « le racisme avait été une arme parmi d’autres pour mobiliser les armées coloniales (….) et elle n’a pas supplanté les autres méthodes, elles les a plutôt complémentées » (5). Il s’agit de créer des catégories permettant de diviser pour prévenir ou écraser les rébellions et les luttes sociales. C’est ce qu’a fait, en Algérie, le gouvernement français en 1870, en octroyant par décret (la « loi Crémieux ») la nationalité française aux « indigènes israélites », les séparant arbitrairement des « indigènes musulmans ». L’appartenance « religieuse » a également été utilisée pour écraser les luttes sociales en ex-Yougoslavie avec la fabrication d’une « nationalité musulmane » inconnue, dressant les uns contre les autres des gens qui vivaient jusque-là tous ensemble.

Les divisions raciales deviennent, logiquement, particulièrement opérantes dans les périodes de crise où le revenu s’effondre et où l’emploi vient à manquer. C’est sur ce terrain que le FN parvient à conquérir les anciens bastions ouvriers de la gauche. Et, même à l’époque du plein-emploi, le pouvoir et ses media ont toujours plus ou moins entretenu la xénophobie, encourageant la stigmatisation successive de chacune des différentes vagues de travailleurs immigrés (les « Polaks », les « Macaronis », « les Portos », etc.). La grande différence était que, dans les unités de travail, la solidarité ouvrière prévalait sur les préjugés et que tout le monde travaillait et combattait au coude à coude. Mais c’était avant….

Quant au terme « islamophobie », le problème ne réside en réalité pas dans la notion elle-même mais dans l’usage qu’en font ceux qui la manipulent. On retrouve d’ailleurs les mêmes usages manipulatoires de la notion d’antisémitisme lorsque ce terme est donné pour un équivalent de l’antisionisme et achève sa course en « judéophobie », avec l’affirmation que la critique du sionisme ne peut qu’être une attitude raciste vis-à-vis des « juifs » et non une critique du caractère colonisateur de l’Etat confessionnel qu’est Israël.

L’islam politique vise, comme le dit Claude Guillon, à faire de « l’islamophobie une arme de guerre idéologique contre l’athéisme »(6) et, plus largement, un vecteur de propagande pour la religion musulmane. Les anti-islamophobes d’extrême gauche ont des positions pour le moins ambivalentes par rapport cet islam politique. Ils prétendent ainsi interdire toute critique de la religion musulmane donnée pour une pratique raciste, dans une posture moralisatrice révélatrice d’un manque d’analyse de l’évolution de l’islam politique dans le monde depuis la révolution iranienne de 1979. Quand ils n’en viennent pas à en nier l’existence même. Face au djihadisme, nos anti-islamophobes ne se laissent pas pour autant désarçonner. Après chaque attentat commis par les djihadistes en Europe (qui s’ajoute à la longue liste de leurs forfaits, notamment sur le continent africain et au Moyen-Orient), ils s’inquiètent surtout de la recrudescence d’« islamophobie » (et aussi, à juste titre, des politiques répressives) que cela risque d’entraîner et pointent comme seul responsable l’impérialisme occidental. Ainsi, selon eux, les attentats de Paris du 13 novembre 2015 ne seraient qu’une répercussion des guerres menées par l’Etat français en Irak, en Libye, au Mali… Les intérêts de ce dernier dans les enjeux géopolitiques au Moyen-Orient et en Afrique sont évidents, mais insuffisants pour expliquer l’émergence et la persistance de l’Etat islamique (7) ou de Boko Haram. Ces discours permettent tant bien que mal aux anti-islamophobes de passer sous silence les implications réelles de l’islam radical dans les attentats, ici et ailleurs dans le monde, et de nier la capacité d’initiative de leurs auteurs, jusqu’à dédouaner les frères Kouachi ou Coulibaly parce qu’ils sont prolétaires et « issus de l’immigration ». On retrouve ici l’idéologie victimaire qui assigne non seulement des individus et des groupes à des identités (les femmes, les « racisés », etc.), mais aussi à des statuts figés de victimes et d’opprimés dont il ne faudrait pas critiquer les choix et les pratiques, même les plus réactionnaires. De telles postures idéologiques amènent à occulter le caractère contre-révolutionnaire de l’islam radical qui, depuis plusieurs années, connaît en Europe occidentale (sans oublier bien sûr le Maghreb et le Moyen-Orient) une progression, même s’il reste minoritaire par rapport à l’ensemble de la population qui se dit musulmane. Alors qu’il était marginal, voire quasi inexistant, l’islam radical, dont la forme la plus courante aujourd’hui est le salafisme, s’est largement répandu.

Pour ces gentils anti-islamophobes, il s’agirait tout bonnement de considérer la religion musulmane avec la plus grande bienveillance parce que ce serait la « religion des opprimés ». Ils semblent oublier que la fonction même de toute religion est le contrôle social et, en l’occurrence, l’islam politique ne cesse d’affirmer partout sa vocation à contrôler au plus près la société qu’il entend régir. Ainsi, le salafisme occupe suffisamment le terrain dans certains quartiers urbains pauvres pour pouvoir exercer un contrôle social : pendant les émeutes de 2005, les salafistes ont d’ailleurs tenté de ramener l’ordre dans certaines banlieues. L’évolution de cette tendance s’inscrit dans un contexte de crise économique, marquée par le développement du chômage de masse, d’attaques sur les salaires mais aussi de recul des politiques sociales de l’Etat. Pour les pallier, les salafistes ont su mettre en place des réseaux d'entraide économique, ce qui leur permet d’avoir une emprise sur les populations.

Ne pas perdre de vue ce rôle des religions nous semble indispensable. « Une religion est en effet un ensemble de croyances métaphysiques qui portent en elles des règles de vie bien précises, basées sur la tradition et la morale, auxquelles l’individu doit se soumettre. Il s’agit d’un rapport social, une forme de mise au pas de chaque individu et des masses dans leur ensemble. Elle recouvre en outre un rôle de justification du pouvoir, de garant de la tradition et de l’ordre établi, plus généralement d’une certaine « pacification » sociale. Cela à travers une interprétation organiciste de la société, une exaltation des hiérarchies, le refus de l’autonomie individuelle. Souvent la religion est aussi un moyen de diriger la conflictualité sociale vers des cibles fictives, ou de la brider en faisant miroiter un paradis futur. Le paradis, ce triste mensonge qui garantit la paix pour les puissants, ici et maintenant. En donnant un espoir dans la transcendance, la religion étouffe la plupart des poussées révolutionnaires des exploités ici-bas et maintenant. Le beau passage de Bakounine, “Si Dieu existait réellement, il faudrait le faire disparaître” pointe précisément le fond du problème de la religion : l’idée de divinité est la base conceptuelle de l’autorité et sa contrepartie, la foi, celle de l’acceptation de la servitude » (Cool.

Si la foi et les interrogations métaphysiques sont affaires personnelles et si l’on peut se trouver au coude à coude dans une lutte avec quelqu’un qui se dit croyant sans que cela pose problème, nous voulons pouvoir affirmer haut et fort que nous sommes athées. Affirmer notre athéisme et critiquer toutes les religions est indissociable de nos positions politiques et nous entendons librement pratiquer tant le blasphème que la dénonciation, au minimum, des pratiques religieuses et/ou coutumières coercitives, mutilantes ou humiliantes, ainsi que du statut inférieur assigné aux femmes par toutes les religions monothéistes (pour les autres, on verra une autre fois).

Enfin, précisons que, pour nous, il n’existe que deux classes, celle du capital et celle du travail. Même si, au sein de la classe exploitée, certains sont plus exploités que d'autres en raison de leur sexe et de leur origine, ils ne constituent pas une classe, ils en sont des segments créés par le pouvoir et les exploiteurs. La pensée bourgeoise, quel que soit son supposé bord politique, trouve là un moyen de diviser le prolétariat, de stimuler la concurrence entre les travailleurs et d’endiguer ainsi les luttes sociales. Parce que toute division de la classe du travail ne fait qu’affaiblir sa capacité de lutte et que la segmenter pour mieux la diviser permet à la classe du capital, particulièrement en période de crise, de jouer sur la concurrence de tous contre tous. Ce n’est pas par l’anti-racisme qu’on combat le racisme mais par la lutte des classes. Si l’on en est au point où « Penser avec la race devient un impératif incontournable » et que « tout refus de ce vocabulaire et de ce qu’il charrie sera systématiquement considéré comme de la dénégation, voire du déni, et tombera sous le coup du dispositif accusatoire » (9), cela ferait des racistes de ceux qui, comme nous, n’adhèrent pas à cette vision. Et ça nous semble un peu fort de café ! [ajoutez-y une goutte de lait, dont vous êtes biberonnés jusqu'à la moelle subtantifique de votre eurocentrisme universaliste aveugle]

Mai 2016


Flora Grim et Alexandra Pinot-Noir

(1) Cassandre, Nos « révolutionnaires » sont des gens pieux, sur le blog de Ravage Editons, https://ravageeditions.noblogs.org/

(2) Claude Guillon, Et Dieu créa l’islamophobie, sur son « blogue généraliste » Lignes de Force : https://lignesdeforce.wordpress.com/

(3) Louis Chevallier, grand historien bourgeois néanmoins passionnant, « Classes laborieuses, classes dangereuses », Perrin

(4) Terme emprunté aux auteurs de « Tiens ça glisse », sur le blog http://racialisateursgohome.noblogs.org, qui nomment « racialisation toute analyse contribuant à développer ou à diffuser une théorie de la race »

(5) Fredy Perlman , L’Appel Constant du nationalisme in Anthologie de textes courts, Ravage Editions

(6) Claude Guillon, op. cit.

(7) Pour une analyse approfondie, voir P.J. Luizard, Le Piège Daech, La Découverte

(Cool Cassandre, op. cit.

(9) « Tiens ça glisse », cf note 4


ce discours dogmatique et normatif, n'appuyant rien sur l'observation des luttes, ni en France ni dans le monde, mais ressassant ses vérités définitives, n'ira pas très loin face aux réalités sociales, raciales, et genrées. Au demeurant, cela n'existe plus que sur Internet et ne produit aucune espèce de luttes que dans leurs cervelles : voilà les "mais" des Gilles Dauvé qui n'a pas plus à dire sur les mouvements de luttes contemporains : parlons des Kurdes...

bande de guignols virtuels !

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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mar 31 Mai - 9:13


Christian Delarue (MRAP, ATTAC, "Peuple-classe"...), que j'ai épinglé dans un chef-d'œuvre du transclassisme populiste "de gauche" (Dim 29 Mai 2016 - 18:58) a d'autres charmes...


Voile et brassard nazi - Céline Pina n'a pas tort ici !

Christian Delarue Blog Médiapart 30 mai 2016


Céline Pina n'a pas tort ici - sur ce point précis - quand elle compare le foulard des femmes musulmanes au "brassard nazi"

Citation :
Celine PINA peut subir la critique ailleurs - cf "Printemps Républicain" : Quand le communautarisme est dénoncé par ceux qui le pratiquent

Mais pas sur le voile - cf article Céline Pina compare le foulard des femmes musulmanes au "brassard Nazi" (video) - CAPJPO-EuroPalestine - BELLACIAO




Quand il y a des intégristes religieux - musulman ou juif haredim mais plus les premiers - qui imposent le voile plus la jupe ultra-longue (hypertextile) aux musulmanes dans de très nombreux pays et même partout et que par ailleurs on trouve des femmes dirent qu’elles le portent librement alors il ne faut absolument pas s’étonner d’un tel rapprochement critique de "port libre avec un autre sens du brassard nazi" ! On pourrait même voir çà comme de la pédagogie !

En fait pour refuser un tel rapprochement et invoquer l’islamophobie il faut ignorer l’existence partout de par le monde d’un contre-mouvement réactionnaire religieux imposant une sous-culture sexoséparatiste aussi inadmissible qu’une sous-culture du viol !

Un antiracisme de longue date se mobilise contre la stigmatisation islamophobique des musulmanes qui ont droit au respect humain - tout comme d'ailleurs une femme en mini-jupe et talons hauts (contre la sexyphobie droit à l'hypotextile) - mais aussi contre la peste intégriste sexoséparatiste qui se déploie de part le monde ! Il faut faire l'un et l'autre !

Là il y a combat ferme ! Nous ne cèderons pas !



voir plus haut le commentaire de Corinne Cerise Jeu 26 Mai 2016 - 12:42

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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Ven 3 Juin - 19:24


l'Europe épinglée pour sexisme et racisme anti-musulman

Entre racisme et sexisme, les femmes musulmanes paient le prix fort de l'islamophobie en Europe

Samba Doucouré SaphirNews 26 Mai 2016

Le Réseau européen contre le racisme (ENAR) a présenté, jeudi 26 mai, un rapport sur la condition des femmes de confession musulmane en Europe. Les questions de discriminations à l'embauche et de violences physiques et verbales sont les principales problématiques abordées dans l'étude, qui fait valoir l'importance d'une approche intersectionnelle de la discrimination dont font face les musulmanes.


Entre racisme et sexisme, les femmes musulmanes paient le prix fort de l'islamophobie en Europe Entre racisme et sexisme, les femmes musulmanes paient le prix fort de l'islamophobie en Europe

Citation :
Sur la base de l'origine, du genre et de la religion, c'est « une triple peine » à laquelle peuvent faire facilement face les femmes musulmanes. L'ENAR, réseau européen liant divers mouvements antiracistes, a travaillé pendant un an, entre décembre 2014 à décembre 2015, autour de l'impact de l'islamophobie en Europe sur les femmes de confession musulmane.

Intitulé « Forgotten Women : the impact of Islamophobia on Muslim Women », le rapport, présenté jeudi 26 mai lors d'un symposium à Bruxelles, comporte 50 pages proposant une lecture à l'intersection du racisme et du sexisme. L'enquête, basée sur des recherches documentaires, des table-rondes et des entretiens, porte sur huit pays européens : l'Allemagne, la Belgique, le Danemark, la France, l'Italie, les Pays-Bas, le Royaume Uni et la Suède.

Les femmes musulmanes face aux stéréotypes

La représentation médiatique des femmes musulmanes est le premier des points abordés par l'ENAR, qui rappelle leur sous-représentation dans les médias. « Leurs voix sont réduites au silence. On ne leur accorde aucun crédit et elles sont rarement invitées à parler pour elles-mêmes », souligne l'organisation, ajoutant qu'en France ou en Italie, « elles apparaissent dans les médias principalement comme des victimes, impliquées dans des incidents ou des procédures judiciaires ». Les histoires positives sont souvent ignorées. Selon le rapport suédois Equality Ombudsman's, ne faire apparaître à l'écran que les femmes musulmanes ayant un talent exceptionnel ne fait que renforcer l'idée qu'il s'agit d'exceptions qui confirment la règle.

L'ENAR pointe du doigt la tendance qu'ont les médias mainstream d'imposer le stéréotype de « la femme musulmane voilée » à travers des couvertures et éditoriaux des hebdomadaires tels que Le Point, L'Express ou Valeurs Actuelles en France. Les sondages d’opinion reflètent l’existence de ces stéréotypes sur les femmes musulmanes, perçues comme « un groupe homogène qui soutient la violence domestique, le terrorisme, l'homophobie et le sexisme ». « Alors qu'aucune communauté ou société n'est immunisée contre le racisme, le sexisme et la violence, pointer du doigt un groupe entier contribue à nourrir les préjugés », explique le rapport.

Soulignant que les mouvements féministes mainstream se déchirent sur la question de l'islam, le rapport indique que ce sont souvent les vieilles générations de féministes qui voient dans les vêtements dits islamiques un instrument d'oppression incompatible avec le principe d'égalité des sexes. Même constat du côté des partis politiques, notamment ceux de gauche. En France, « certains politiciens de gauche, se présentant comme humanistes, laïques et féministes se révèlent belliqueux envers la liberté des femmes à se vêtir selon leur choix », affirme l'ENAR, citant l'actuel Premier ministre Manuel Valls qui faisait valoir en 2013 que le voile est « un combat essentiel » pour la République.

De gros obstacles dans le marché de l'emploi

Côté emploi, la discrimination est un phénomène répandu pour les femmes musulmanes et « est souvent liée à la perception d’"islamité" (...). Cela est confirmé par les testings sur base de CV et les enquêtes de victimisation ». Au Royaume-Uni, 50 % des femmes interrogées portant un foulard ressentent qu’elles ont « manqué des opportunités de progression à cause de la discrimination religieuse, et que le port du voile a été un des facteurs ».

« Le cadre législatif lié à la discrimination sur le marché de l’emploi est théoriquement assez solide. Le cadre n’est cependant pas appliqué de manière cohérente, en particulier à cause de régulations régionales et nationales dans certains pays de l’Union Européenne (UE) qui ont tendance à exclure les femmes musulmanes de l’emploi à cause de leur interprétation exclusive des concepts de "laïcité" ou "neutralité". Ce type de discrimination dans les régulations juridiques est qualifié de "discrimination légale" par l’Agence des Droits fondamentaux de l’UE », fait savoir l'ENAR, qui appelle les entreprises à adopter, d'une part, des chartes de la diversité qui reconnaissent toutes les formes de discrimination et leurs conséquences et à cesser, d'autre part, l'adoption de règlements intérieurs interdisant totalement le port de signes religieux.

Mieux penser l'approche intersectionnelle de l'islamophobie

Une autre constante en Europe : les femmes musulmanes sont les principales victimes des attaques physiques et verbales (81,5 % en France selon le CCIF. Dans la plupart des cas, la victime ne connaît pas son agresseur, le plus souvent un homme, générant un « sentiment de vulnérabilité » qui « se traduit par la normalisation de la violence et le sentiment d'insécurité, ce qui conduit des femmes à faire constamment des évaluations de risques afin d'éviter toute agression dans les lieux publics ».

Si la législation des huit pays étudiés, offrent en théorie une protection solide mais « le genre n’est pas toujours inclus comme un motif possible de discrimination dans les incidents de crimes de haine ». L'ENAR préconise la mise en place par la Commission européenne des procédures d'infraction contre les Etats membres qui ne combattent pas suffisamment certaines formes de discriminations et qui n'enquêtent pas sur les motivations islamophobes des crimes visant les musulmans.

L'organisation encourage également l'instauration de plans nationaux de lutte contre l'islamophobie et des mesures incluant une approche intersectionnelle de la discrimination afin de mieux prendre en compte divers motifs de rejet dont peuvent être victimes les femmes musulmanes (religion, ethnie, genre).



cette étude ne fait que confirmer ce que j'avance depuis trois ans : il est impossible, qualitativement et quantitavement, de considérer le rapport classe-genre sans la médiation de la "race", de l'origine ethnique ou de la religion réelle ou supposée : la seule question, en terme d'analyse et de théorisation communistes, est de pouvoir construire cette articulation dans une structure à dominante du capital en sortant de la conception intersectionnelle mettant toutes les "dominations" sexiste, racistes et "classiste" (sic) sur le même plan

c'est la question sur laquelle j'ai avancé la notion de dépassements à produire des identités de luttes sur la base de l'exploitation et des dominations réellement vécues par les groupes humains considérés


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Dim 5 Juin - 17:17


le retour des bobos blancs faux-frères ennemis de l'anarchisme merdiatique

Mattis et Guillon mènent l'enquête




Claude Guillon, sur son blogue généraliste (et qu'on se le dise dans la catégorie dans la catégorie "Considérations stratégiques", « reprends intégralement un texte publié sur son blogue par Léon de Mattis », et dans la foulée sans se fouler, les anti-Marx primaires de non-Fides

étrange connivence entre l'écrivain anarchiste auteur en 2013 de « Communisation » : l’impensable projet (2013) contre l'auteur de "A mort la démocratie", "Qu'est-ce que la communisation" et "Des mesures communistes" présentées en plein mouvement... à Radio Libertaire

c'est tout simplement que nous sommes là au cœur de l'idéologie française en version anarchiste, pour ne pas dire l'aile anarchiste blanche universelle du capitalisme occidental. C'est uen confirmatiuon d'un constat jamais remis en cause parce que cruel : Francis Cousin le facho européiste de Radio Courtoisie/Egalité et Réconciliation est somme toute plus proche de Léon de Mattis et d'Yves Coleman ou Claude Guillon que de moi, quoi d'étonnant et quoi de détonnant ?



chez Mattis schéma triste

Discordia

Léon de Mattis, 1 juin 2016
Le blog de Léon de Mattis, l'auteur de "Mort à la démocratie"


Dans la nuit du 21 avril, les vitrines de la bibliothèque anarchiste la Discordia ont été brisées à coups de marteau. Les discordistes expliquent dans un communiqué que les positions qu’ils ont adoptées à l’égard de « l’islamophobie » sont la cause de cette attaque anonyme.




Citation :
La question de l’islamophobie ne devrait pourtant pas diviser les tenants d’une critique radicale du monde du capital. Ceux qui sont visés par la politique répressive de l’État et des flics dans un pays comme la France ne le sont pas parce qu’ils sont musulmans, mais parce qu’ils sont prolétaires. Qu’une partie des prolétaires se reconnaissent eux-mêmes comme musulmans ou non ne change rien à l’affaire. Le capital ne donne jamais comme telles, benoitement, les raisons de ses nécessités politiques : celles-ci apparaissent avec les idéologies qui sont la forme même de ces nécessités.

Ce devrait donc être le propre de la pensée radicale de ne pas se laisser abuser par les faux débats qui séparent droite et gauche du capital. Ce qui est en jeu, et qui explique les choix politiques de l’État français, n’est pas l’opposition entre des musulmans et des chrétiens ou entre des religieux et des laïcs, mais le rapport entre les prolétaires et la classe dominante. Perdre ce point de vue, c’est se situer ailleurs que dans la perspective de la critique radicale. C’est participer au débat qui oppose Manuel Vals à Emmanuel Todt ou Edwy Plenel.

Et dans ce débat, tout est biaisé. Ceux qui critiquent l’islam ne critiquent pas toutes les religions, mais seulement celle-ci. Ceux qui défendent l’islam dénoncent le racisme de ce qu’ils appellent l’islamophobie mais refusent de tirer les conséquences de l’inscription de ce racisme dans les rapports de classe. Ils ne relèvent jamais que l’islam n’est plus tellement une difficulté quand c’est l’islam des riches. Quant aux prolétaires des cités, ce n’est pas seulement leur religion, réelle ou supposée, qui pose problème à l’État, mais bien, à en croire le discours dominant, tout ce qu’ils font : bizness, délinquance, « incivilités »…

Il y a aussi la force de l’islam politique, dont il ne faudrait pas sous-estimer l’appétit de pouvoir. Dire que l’islam est la religion des dominés est un pur mensonge. Il y a des classes dominantes dont la religion officielle est l’islam. Il y a des dominés qui se reconnaissent comme musulmans ou chrétiens et d'autres pour qui la religion n’est en pas un élément d’identification. L’islam politique, dans ses composantes conservatrices et réactionnaires comme dans ses formes extrémistes, voudrait faire croire que les bourgeoisies des pays musulmans et les prolétaires immigrés en occident ont des intérêts communs. C’est la reprise du crédo anti-impérialiste dont on connaît le triste résultat. L’islam politique joue à l’heure actuelle le rôle que jouait les idéologies nationalistes de la période de la décolonisation : enrôler des prolétaires au service de capitalistes dans leur guerre contre d’autres capitalistes.

La religion n’est pas un phénomène divin, mais un phénomène social et politique et c’est en tant que telle qu’elle doit être analysée. La religion apporte aux appétits terrestres la justification des nécessités célestes. Comme politique, elle ne peut être autre chose que le discours auto-justificateur du pouvoir. La critique de la religion est la condition de toute critique.

Toutes ces considérations sont donc loin d’être partagées puisque la Discordia a été attaquée en pleine nuit. Quelles que soient nos divergences, tant sur le plan des idées que des méthodes, je suis dans cette affaire du même côté que les discordistes, tandis que ceux qui, voulant dénoncer les discriminations, défendent les religions se rangent à coup sûr dans le camp des dieux et des maitres.



Mattis choisit de répondre à l'écume de l'islamo-gauchisme le plus caricatural, ce qui ne casse pas trois pattes à un canard théorique. Il ne suffit pas de dire que « dans ce débat tout est biaisé » si c'est pour aboutir à une prise de position entre ruisseaux anarchistes, comme si c'était là le cœur du sujet dans la dynamique des mouvements décoloniaux et la crise de l'Occident capitaliste, eux non focalisés sur l'Islam et la religion, cette obsession idéologique française qui s'est emparée de tous les courants politiques de l'extrême-droite à l'ultragauche

Mattis ressort tous les lieux communs de cette pseudo-critique et de ce supposé "débat", à commencer par l'amalgame entre "islam politique" et le "credo anti-impérialiste", jusqu'à ce sommet d'interprétation tordue de Marx : "La critique de la religion est la condition de toute critique"... Il est symptomattis que ce soit en milieu anarchiste que l'on donne des leçons de « rapport entre les prolétaires et la classe dominante », comme si les courants anarchistes en guerre contre "l'anti-islamophobie" se distinguaient par une critique sérieuse de l'économie politique du Capital (Guillon nul en la matière, non-Fides anti-marxiste primaire, etc...) : m'est avis que la puce est dans l'oreille, qui a des murs

que l'on use abusivement du sous-concept d'islamophobie en un sens ou dans l'autre, ou qu'on le critique sur le terrain de la religion, cela ressort, du point de vue communiste, de la même erreur théorique, et conduit invariablement à la surestimation ou au déni du racisme anti-"musulman"

avec ça, pour sûr, on a franchi un grand pas dans la compréhension des articulations entre classes, "races" et religions...

mais décidément, de bon ou mal gré, Léon de Mattis n'en rate pas une, car comme le savent les avertis du personnage, il étale sa phraséologie mais demeure un bourrin au niveau intellectuel (à part des notions bidons, il n'a rien inventé, mais picoré les autres pour se faire une réputation de leader anarcho-maximots) : un bricolo de la "communisation" au nom de la lutte de classe mais sans frontières de classes, ce petit bourge passé de candidat PS à faux-cul durable de l'ultragauche activiste n'a foncièrement pas changé de "camp", il boucle ici la boucle de son "marasme" en effaçant d'un même geste la ligne de classes et la ligne de couleurs



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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mar 7 Juin - 0:08


laïc' cité française, quand tu  nous tiens

À Lorette, "le ramadan doit se vivre sans bruit" : les musulmans sous le choc

Louise Auvitu L'Obs 06 juin 2016  

Dans cette ville de Loire au maire apparenté Debout la France, des panneaux municipaux suggèrent de faire un ramadan "sans bruit" et "à visage découvert"


Un des messages défilant sur les panneaux d'information de Lorette. Capture Twitter

Citation :
"A Lorette, comme dans toutes les villes de France, les musulmans ont le droit de vivre normalement".

Contacté par "l’Obs", Omar Belbouab, imam de la mosquée de Saint-Chamond et président du Conseil théologique musulman de Loire, se dit choqué par les messages affichés sur les panneaux municipaux de la ville de Lorette.

Depuis ce week-end, les habitants de cette petite commune de 4.500 habitants de la vallée du Gier, dans la Loire, y ont découvert deux messages étonnants : "Avis : le ramadan doit se vivre sans bruit" et "Avis : la république se vit à visage découvert."

A quelques heures du début du jeûne chez les musulmans, ces avertissements ont créé un tollé sur les réseaux sociaux.




La communauté musulmane est "choquée"

"Je ne comprends absolument pas les propos tenus par la municipalité. Il n’y a jamais eu le moindre débordement à Lorette.  Cette manœuvre n’est ni plus ni moins qu’une provocation de la part du maire Debout la France, Gérard Tardy", déplore Omar Belbouab.

Selon l’imam, la communauté musulmane de Lorette est "choquée" et profondément "déçue". "De tels propos vont à l’encontre des valeurs du 'vivre ensemble'", déplore-t-il.

"C’est un mauvais geste de la part du maire de Lorette. Au lieu d’engager le dialogue avec les associations, il préfère stigmatiser les musulmans, les pointer du doigt, diviser le reste de la population et faire régner une situation de mal-être", analyse-t-il avec regret.

"Musulman, je me sens rejeté"


Kamel, 53 ans, musulman, s’est installé avec sa famille à Lorette il y a neuf ans, à quelques mètres seulement de l’Hôtel de Ville. Dimanche, il a été prévenu par une représentante des parents d’élèves des messages affichés par la municipalité. Il ne cache pas son indignation :

"Je suis musulman et je fais le ramadan, mais jamais je n’avais ressenti un tel rejet. Je ne sais pas comment les choses vont évoluer, mais j’estime que le maire devrait immédiatement retirer ces messages discriminatoires. Des excuses, nous n’en aurons jamais."

Selon lui, les accusations proférées par la municipalité sont injustifiées.

"Quand on fait le ramadan, qu’on travaille et qu’on est à jeun jusqu’à 21h30, on mange et on se repose le soir venu. On ne fait pas la 'fête' comme le sous-entend monsieur le maire",
déclare-t-il.

Carré musulman et voiles à l’école

Il y a encore un an, Kamel soutenait son maire. Aujourd’hui, il s’interroge sur ses méthodes et s’inquiète.

"C’est la première fois que le maire lance un avertissement aux personnes de confession musulmane, mais nous avons déjà eu quelques précédents concernant le port du voile."

En début d’année, Kamel se souvient que, lors d’un spectacle scolaire qui se déroulait dans une salle municipale, le maire avait réclamé aux forces de l’ordre de refouler toutes les mères portant le voile.

L’imam Omar Belbouab a, quant à lui, soumis de nombreuses demandes pour réclamer l’installation d’un carré musulman au sein du cimetière de Lorette. En vain.

Des précédents qui remontent à 2003

Gérard Tardy, élu depuis 1989 à la tête de la mairie, n’en est pas à son coup d’essai. En 2003, il estimait que "les enfants de souche musulmane" étaient trop nombreux à profiter du centre social de Lorette. Un épisode dont se souvient Brigitte Stouvenel-Vacher, ancienne conseillère municipale de l’opposition (DVG) :

"Alors que c’est interdit par la loi, Monsieur le maire réclamait la liste complète des adhérents du centre social. J’avais saisi le tribunal administratif et il avait écopé d’un simple rappel à la loi."

Muselée, elle a préféré se retirer de la vie politique :

"Attribution des logements HLM, repas à la cantine, Gérard Tardy avait une mainmise sur tout. On ne me laissait jamais prendre la parole en conseil municipal. Aujourd’hui, les gens ont peur des représailles. J’espère qu’une association nationale portera plainte. Il n’y a que comme ça que les choses peuvent changer."

Contactée par "l’Obs", la mairie est restée injoignable ce lundi.


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Jeu 9 Juin - 14:26


"L'islamo-gauchisme", voilà l'ennemi. C'est le message envoyé régulièrement Manuel Valls dans ses différentes prises de parole publiques. Un concept assez flou dans lequel le Premier ministre englobe à la fois Clémentine Autain et Tariq Ramadan. Professeur d’histoire contemporaine à l’université de Tel-Aviv, Shlomo Sand s'interroge sur l'utilisation de cette rhétorique.


Le Premier ministre Manuel Valls, le 6 février 2016 (N. MESSYASZ/SIPA)

Citation :
Dans les années 1930, en France comme dans d’autres pays d’Europe, les communistes et diverses personnalités de la gauche radicale étaient fréquemment qualifiés de "judéo-bolcheviks". Ainsi, par exemple, mon père qui, avant la Seconde Guerre mondiale, était un communiste polonais, était considéré par les autorités et la presse du pays comme faisant partie de la "Zydokomuna".

Étant donné que plusieurs dirigeants de la Révolution d’Octobre, tout comme nombre de communistes et de défenseurs de l’URSS, dans toute l’Europe, étaient d’origine juive, l’association langagière entre judaïsme et menées subversives était très populaire parmi les judéophobes.

Une symbiose propagandiste très efficace

D'Adolf Hitler à Carl Schmitt et Martin Heidegger, de Charles Maurras à Louis-Ferdinand Céline et Pierre Drieu-La Rochelle, l’identification rhétorique entre juifs et bolcheviks a toujours été empreinte de tonalités effrayantes puisées dans une vieille tradition religieuse, mêlée à des menaces pleinement modernes et laïques.

Cette symbiose propagandiste s’avéra très efficace, et elle conduisit, entre autres, à ce que plus de 5 millions de Juifs croyants, et leurs descendants, ainsi que 2 millions de soldats soviétiques furent exterminés, en même temps, dans les camps de la mort nazis. Hitler avait ainsi espéré enrayer le "danger" d’une conquête judéo-bolchévique de l’Europe.

Si, à la fin du XXe siècle, la judéophobie n’a pas totalement disparu, elle a, cependant, très notablement régressé dans les centres de communication des capitales européennes. Les élites intellectuelles et politiques ont voulu oublier et ont aspiré à se fondre dans leur civilisation blanche, à l’aide d’une nouvelle politique des identités. À toutes fins morales utiles, cette civilisation a même troqué son appellation de "chrétienne" en "judéo-chrétienne".

Les juifs survivants et les bolchéviks, quasiment disparus, ont cessé de constituer une menace pour la position et l’identité des élites dominantes, mais l’état de crise permanent du capitalisme, et l’ébranlement de la culture nationale, consécutif à la mondialisation, ont incité à la quête fébrile de nouveaux coupables.

Une appellation qui émerge dès 2002

La menace se situe désormais du côté des immigrés musulmans et de leurs descendants, qui submergent la civilisation "judéo-chrétienne". Et voyez comme cela est étonnant : de nouveaux incitateurs propagandistes les ont rejoints ! Tous ces gens de gauche qui ont exprimé une solidarité avec les nouveaux "misérables" ont fini par s’éprendre ouvertement des invités indésirables venus du sud.

Ces antipatriotes extrémistes trahissent une nouvelle fois la glorieuse tradition de la France dont ils préparent l’humiliante soumission "houellebecquienne". L’appellation "islamo-gauchiste" a émergé parmi les intellectuels, avant de passer dans l’univers de la communication, pour, finalement, être récupérée par des politiciens empressés.

Pierre-André Taguieff, futur conseiller du CRIF, fut, semble-t-il, le premier à recourir à la formule "islamo-gauchisme" (dans le sens actuel de terme), déjà en 2002. Caroline Fourest, Elisabeth Badinter, Alain Finkielkraut et Bernard-Henry Lévy s’emparèrent du terme et veillèrent à lui assurer une diffusion à longueur d’interviews et d’articles. Des figures comme Alain Gresh, Edwy Plenel, Michel Tubiana et Raphael Liogier devinrent des "islamo-gauchistes" archétypiques.

Une marche supplémentaire vient cependant d’être franchie. Cela a commencé avec Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’État chargé des relations avec le Parlement, qui, au nom du républicanisme universel, dans un article intitulé : "La gauche qui vient", s’en est pris à la gauche de la gauche, accusée de soumission au pluralisme culturel. Il a particulièrement ciblé Clémentine Autain, la porte-parole d’Ensemble, l’une des composantes du Front de gauche.

La lourde charge de Manuel Valls

Mais c’est de Manuel Valls qu’est venue la charge la plus lourde, dans la vague de stigmatisation de "l’islamo-gauchisme". À l’occasion d’une interview accordée, le 21 mai, à Radio J, une radio communautaire juive, n’a-t-il pas déclaré :

"Il y a ces capitulations intellectuelles… Les discussions entre Madame Clémentine Autain et Tariq Ramadan, les ambiguïtés entretenues qui forment le terreau de cette violence et de cette radicalisation."

Et Manuel Valls de ne pas hésiter à ajouter : "Il n’y a aucune raison pour que M. Tariq Ramadan obtienne la nationalité française".

Il convient tout d’abord de préciser que Clémentine Autain n’a jamais rencontré Tariq Ramadan, dont, évidemment, elle n’approuve pas le discours idéologique. Il faut ensuite se féliciter qu’en France, le droit d’obtenir la citoyenneté relève de la loi, et non pas d’une décision d’un chef du gouvernement. Tariq Ramadan réside en France où il est actif ; il est marié, depuis plusieurs années, avec une citoyenne française, ses enfants sont français, et, à ma connaissance, il n’a pas enfreint la loi ni prêché la violence.

Enfin, les auditeurs de Radio J, à Paris et à Jérusalem, ont certainement apprécié cette flatteuse interview, et si d’aventure, elle a été diffusée en Arabie saoudite, il est probable qu’elle y aura également été reçue avec sympathie, puisque Tariq Ramadan y est interdit de séjour. Après cette interview passionnée de Manuel Valls, je suis persuadé que Tariq Ramadan n’a aucune chance de se voir décerner la Légion d’Honneur, contrairement au prince héritier du roi d'Arabie saoudite.

Une formule qui permet de faire diversion

Lorsque j’ai entendu ces propos de Manuel Valls, je n’ai pas pu m’empêcher de m’interroger sur ce qui se serait passé si Tariq Ramadan avait été un fidèle juif et non pas musulman.

Si, par exemple, comme l’ensemble des fidèles juifs (mais non pas juives), il avait dû dire, dans sa prière du matin : "Sois béni de ne pas m’avoir fait femme, et sois béni de ne pas m’avoir fait goy (non-juif)". Autrement dit : un authentique fidèle juif, dont les valeurs fondamentales diffèrent totalement de ma conception du monde républicaine et laïque.

Malgré tout, même s’il s’agissait d’un juif conservateur, porteur d’un système de valeurs réactionnaire, je me serais, sans aucun doute, employé de toutes mes forces pour que lui soit attribués des droits d’égalité citoyenne. Je l’aurais combattu au plan de la réflexion théorique, mais j’aurais vu en lui un compagnon politique légitime, dans la lutte contre toute forme de judéophobie et de discrimination raciale, sous le masque d’une laïcité culturelle.



Tariq Ramadan lors d'une conférence à Bordeaux, le 26 mars 2016 (M. FEDOUACH/AFP)


J’ai, envers la philosophie de Tariq Ramadan, une vision fortement critique, tout comme, pour d’autres raisons, envers celle d’Alain Finkielkraut. Mais exploiter des positions conservatrices de l’intellectuel musulman afin de salir ceux qui luttent contre la propagation du racisme, en faire un dangereux épouvantail pour utiliser le terme stigmatisant d’islamo-gauchiste, n’est pas à l’honneur d’un chef de gouvernement socialiste, qui, par ailleurs, commet une erreur en assimilant antisionisme et antisémitisme (je suis quasiment sûr que le républicain Manuel Valls ne soutient pas la politique communautaire d’un État qui, par principe, appartient, non pas à tous ses citoyens mais aux juifs du monde entier, qui n’y résident pas).

Certes, le terme d’"islamo-gauchisme" n’est pas encore identique ni proche de la vieille appellation du "judéo-bolchévisme". Il est destiné, pour le moment, à clouer le bec, et à faire diversion dans le débat public, par rapport à d’autres problèmes sociaux et politiques un peu plus sérieux. Toutefois, qui peut affirmer que le recours à la formule "islamo-gauchisme" n’est pas promis à un sombre futur imprévu ? Il se pourrait qu’elle constitue une contribution rhétorique, non marginale, vers l’approche d’un trou noir supplémentaire dans l’histoire moderne de l’Europe.



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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Lun 13 Juin - 23:40


Collector Alain Juppé


sous les jupes des filles, on l'appelle Ali Juppé




source @s_assbague
Souvent occupée à faire le lit des extrêmes (plutôt le matin) et le jeu du FN (après le goûter) | Experte en grand remplacement | Journaliste par obligation

rappel

Sihame Assbague perturbe le débat feutré avec Alain Juppé


octobre 2014 (avant les attentats...)

Quand Sihame Assbague, porte parole du "Collectif Stop le Contrôle au Faciès" prend le micro pour dénoncer ce qu'elle considère être un " racisme structurel " en France ...ça plait pas à tout le monde

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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mar 14 Juin - 21:59




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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Sam 25 Juin - 17:44


Thomas Ciret est étudiant en Master 2 à l’Institut Français de Géopolitique (IFG, Université Paris VIII). Ses recherches de Master 1 ont porté sur l’analyse géopolitique du projet d’aménagement de la Grande Mosquée de Marseille. Il est également titulaire d’un Bachelor en journalisme et a travaillé dans diverses rédactions, notamment : 01 net, L’Express et Ouest-France.

De par la diversité des acteurs et des enjeux qui lui sont liés, le culte musulman en France s’inscrit dans une dynamique complexe qui semble être un frein à sa gestion et à sa représentativité cultuelle.

Citation :
La surreprésentation de la dimension sécuritaire, d’autant plus forte depuis les attentats de janvier et de novembre 2015, pourrait amener à penser que le djihadisme résume les enjeux géopolitiques liés à l’islam en France. Si le djihadisme – mouvance et idéologie politique radicale et fondamentaliste qui diffère de l’islam [1] et légitime la violence armée « par un vocabulaire religieux islamique » [2] – représente bien un enjeu en soi, la géopolitique de l’islam en France est avant tout liée à la question de la représentation du culte musulman. Environ 4 millions de personnes [3] vivant en France sont musulmanes, soit 6 % de la population. Diverse, discriminée [4] et disposant de lieux de culte manquant de ressources, la « communauté musulmane » [5] représente des enjeux multiples pour des acteurs aux intérêts géopolitiques propres. Ces intérêts sont disputés dans un mélange subtil d’influences, de rivalités, de contrôle, d’alliances et d’intérêts communs. En détaillant les contextes géopolitiques locaux (I) puis internationaux (II), nous essaierons d’analyser en quoi ils peuvent être générateurs de blocages concernant la structuration et la représentativité du culte musulman en France (III).

I. L’échelle locale, un déterminant majeur

En France, le rapport à la religion est largement façonné par la laïcité et la loi de 1905. Localement comme nationalement, cette conception ne se traduit évidemment pas par une ignorance du religieux par l’État [6] mais façonne les représentations concernant la visibilité du culte dans l’espace public. Cela peut se traduire par des tensions entre partisans d’une laïcité rigoureuse et défenseurs d’une approche plus ouverte ainsi que par des recours en justice – de l’extrême-droite notamment – à l’encontre de projets de construction de mosquées, comme cela a été le cas pour le projet de la Grande Mosquée de Marseille. Dans ce contexte complexe, l’État français a pour principal intérêt le bon déroulement de l’exercice du culte et son « intégration » [7] à la vie de la cité (protection de mosquées, campagne contre les actes anti-musulmans) bien que ces actions soient parfois contestées. Il existe aussi un intérêt sécuritaire fort (lutte contre le djihadisme et l’intégrisme) et les mosquées et les imams peuvent être surveillés de près [8] (fermeture de mosquées pour insalubrité, non renouvellement de cartes de séjour [9]). En fonction des situations et des stratégies, l’État est à même de favoriser certains notables (voir définition plus bas) comme des représentants légitimes de la « communauté musulmane », quitte à utiliser les rivalités dans un souci d’influence. Parfois, parce qu’ils encadrent et limitent la radicalisation, des imams se revendiquant du salafisme ont pu émerger « en tant qu’interlocuteurs privilégiés des maires, des préfets et des Renseignements généraux » [10].

La « communauté musulmane » en France est principalement représentée par des notables [11] (imams, dirigeants d’associations séculières ou religieuses, élus, chargés de mission, bouchers, commerçants, voyagistes spécialisés dans les pèlerinages [12]). Les notables sont des personnes auxquelles la situation sociale confère une certaine autorité dans les affaires publiques [13]. Dans le cadre du culte musulman en France, la société civile locale est souvent définie par des critères confessionnels ou communautaires [14]. Cet environnement pousse sciemment ou inconsciemment des notables à utiliser une « symbolique communautaire » [15] qui utilise la représentation de la « communauté musulmane », notamment lors de prises de positions ou de « discours sur la légitimation et la reconnaissance de la population musulmane » [16]. Par ces prises de position, les notables ont « l’espoir de négocier des avantages matériels, financiers ou symboliques » [17] pour leur situation personnelle/mosquée/fédération/réseau. Ils peuvent ainsi se positionner comme des représentants légitimes auprès de la « communauté musulmane », des pouvoirs publics, de grandes fédérations nationales, de réseaux transnationaux ou bien des États étrangers. Pour ces notables, il est difficile de séparer la pratique religieuse des intérêts propres [18] et le culte peut ainsi être porteur d’enjeux interliés : économiques (halal, pèlerinage, dons), politiques (clientèle, influence médiatique et communautaire) ou cultuels (élections du Conseil Régional du Culte Musulman, CRCM). À la croisée de ces enjeux, les mosquées importantes peuvent être des lieux stratégiques, d’autant plus qu’elles confèrent un rayonnement, une représentation de licéité [19] et de confiance, ou encore des délégués aux élections du CRCM. D’où l’existence de rivalités fortes concernant le contrôle des associations cultuelles ou culturelles qui en ont la gestion. Ces rivalités peuvent notamment résulter en des poursuites judiciaires contestant les assemblées générales associatives, comme cela a pu être le cas au sein de l’Association des musulmans de Gironde à Bordeaux [20], de l’Association cultuelle islamique de Marseille de la mosquée de la Porte d’Aix [21], ou bien au sein de la mosquée Adda’wa à Paris [22].

De par son pouvoir administratif et politique, la municipalité, et principalement le maire, est un acteur déterminant [23] de la question cultuelle car il définit le cadre de la pratique locale du culte musulman [24]]. Il choisit la personne (élu ou membre de cabinet) qui s’occupera de cette mission, il peut mettre en place des subventions pour des associations, financer la partie culturelle d’un projet, faciliter l’obtention d’un permis de construire ou encore mettre à disposition un terrain via un bail emphytéotique [25]. En fonction du contexte local (extrême droite puissante), de leurs intérêts (besoin de voix lors d’élections municipales [26], contrôle des réseaux, collecte d’information, paix sociale) et représentations (de la laïcité [27], de l’islam, du fondamentalisme), les maires sont en mesure de légitimer un acteur ou de faire avancer ou reculer un projet [28] de construction de mosquée. Ainsi, ils s’insèrent dans le « processus d’organisation de la minorité musulmane » [29], comme cela a pu être le cas à Montreuil [30] ou Montpellier [31], au risque parfois d’être source d’une forme de clientélisme électoral [32].

Certains États étrangers, principalement l’Algérie, le Maroc et la Turquie, exercent une influence [33] sur les expatriés et binationaux qui résident en France. Localement, leurs enjeux en France peuvent être la collecte de renseignements, un certain contrôle sur les mosquées, ou la victoire de notables proches de leurs intérêts lors d’élections du Conseil Français du Culte Musulman (CFCM). Parmi les grandes fédérations qui structurent la représentation de l’islam en France, certaines sont liées à des États étrangers, comme l’Union des mosquées de France (UMF), proche du Maroc, la Fédération Nationale de la Grande mosquée de Paris (FNGMP ou GMP), proche de l’Algérie, le Comité de coordination des musulmans turcs de France (CCMTF), proche de la Turquie. Néanmoins, il ne s’agit pas de surévaluer le rôle des États qui sont en fait pris dans des relations complexes : ils peuvent être sollicités par des notables locaux ou par des fédérations dans le cadre d’intérêts communs ou afin de tirer parti de leurs ressources [34] (influence auprès des pouvoirs publics locaux, place sur des listes électorales du CFCM, financements) et ne contrôlent pas forcément les dons privés de mécènes de leurs nationalités qui peuvent financer des projets [35]. Il existe également d’autres fédérations, comme l’Union des Organisations Islamiques de France (UOIF), proche de l’idéologie islamiste des Frères musulmans [36], qui dispose d’un réseau important [37] dont des associations (les Jeunes Musulmans de France, la Ligue Française de la Femme Musulmane, etc.), des écoles privées [38], une soixantaine de mosquées [39], et un rassemblement annuel au Bourget, la Rencontre annuelle des musulmans de France (RAMF). Enfin, il existe aussi des réseaux transnationaux islamistes comme le mouvement Tabligh (notamment l’association Foi et Pratique), le Millî Görüş (principalement la Tendance nationale union islamique en France dans l’est de la France) [40] ou encore les salafistes, avant tout quiétistes (une centaine de mosquées) [41].

II. L’échelle internationale, une géopolitique indépassable ?

Pour des raisons historiques, l’échelle internationale tient un rôle important dans la question du culte musulman en France. La mise en place de l’Empire colonial français a créé un véritable lien entre la France, l’islam et les musulmans. L’édification en 1926 de la Grande Mosquée de Paris en est le symbole. Si la construction rend hommage aux morts de confession musulmane qui ont combattu pour la France, elle est aussi un outil d’affirmation de l’Empire comme « puissance musulmane » [42] dans la rivalité avec le Royaume-Uni sur le Levant et illustre une logique de contrôle de l’islam par l’État [43]. Cette logique continue en partie à façonner la représentation qu’a l’État français de l’islam en France, « au risque même de privilégier une option diplomatique ou sécuritaire au détriment de l’existence d’un islam « réel » au sein des territoires » [44]. Au vu des deux attentats djihadistes de 2015 et des 1 090 ressortissants français ou résidents en France qui se trouvent, sont en transit ou sont revenus de la zone irako-syrienne [45], cette perception sécuritaire de l’État français reste majeure et s’est traduite, à la suite de la mise en place de l’état d’urgence, par la prononciation de 49 expulsions d’imams et la fermeture de 12 mosquées [46]. Bien que le djihadisme soit avant tout une mouvance politique fondamentaliste et radicale qui n’est pas proprement liée au culte, il crée un besoin spécifique aux services de renseignement qui peut amener à une surveillance de lieux et de personnes liés au champ cultuel (imams, mosquées).

En France, ce sont principalement les États d’origine des musulmans installés dans le pays qui sont impliqués dans la question cultuelle, particulièrement l’Algérie et le Maroc, rivaux historiques. Leur intérêt, au-delà de la dimension sécuritaire qu’ils partagent avec l’État français, est, on l’a vu, de conserver une influence locale et un certain contrôle auprès de ressortissants et binationaux et « de jouer un rôle dans le processus d’organisation de la minorité musulmane en vue d’acquérir des ressources supplémentaires dans les négociations avec l’État français » [47]. L’enjeu tient autant de la diplomatie que d’un soft power symbolique et religieux lié à une question de prestige au sein de la « communauté des croyants » française ou mondiale [48] sans forcément être porteur de contraintes doctrinales [49]. États et réseaux transnationaux, qui ne sont pas uniformes et dans lesquels il existe des rivalités internes, ont ainsi développé une politique d’influence via de grandes fédérations, l’envoi d’imams salariés ou encore les financements de mosquées, bien qu’ils soient rares et proviennent essentiellement de musulmans vivants en France [50]. À titre d’exemple, les frais de fonctionnement de la Grande mosquée de Paris étaient financés à hauteur de 1,8 million d’euros par an [51] par l’Algérie, la Grande mosquée de Strasbourg a été financée à hauteur de 53 % de 10,6 millions d’euros par le Maroc, l’Arabie Saoudite et le Koweït [52] et la Grande mosquée de Saint-Étienne à hauteur de 6 millions d’euros par le roi du Maroc, Mohammed VI [53].



Géopolitique du culte musulman en France : des rivalités locales aux enjeux internationaux
T. Ciret pour Diploweb.com


III. Un culte musulman français structuré par les contextes géopolitiques locaux et internationaux

Ces contextes géopolitiques ont – et ont eu – une influence sur la structuration du culte en France. Les gouvernements français ont eu tendance à prendre comme interlocuteurs les principaux États d’origine jusqu’au début des années 1980 [54]. Ces États ont ainsi longtemps joué un rôle important dans la représentation du culte, d’autant plus qu’ils ont été sollicités par des notables locaux (associations cultuelles et fédérations) [55], que ce soit par nationalisme, par intérêt personnel ou par manque de ressources. À partir des années 1980, les changements sociologiques propres aux musulmans en France [56] « ont érigé l’organisation de l’islam en enjeu politique national » [57] et l’État français a organisé par le haut plusieurs instances de réflexion et de construction de l’islam qui ont débouché sur la création du CFCM en 2003. L’instance a rapidement été sujette aux rivalités entre l’État, des notables, les États étrangers et les grandes fédérations représentant le culte. Bien que le bilan du CFCM ne soit pas nul (structuration d’aumôneries musulmanes, création d’un Observatoire national de l’islamophobie), cette situation a entraîné une certaine paralysie (boycott des élections par la GMP en 2008, 2011 et l’UOIF en 2011 et en 2013). Jugé comme étant trop proche des États étrangers, le CFCM souffre d’un manque de crédibilité, d’autant plus que l’institution est peu représentative : la participation aux élections, non obligatoire, est en baisse [58] et le nombre de délégués votant pour des listes se mesure principalement en fonction du nombre de m² de la salle de prière [59]. À cause des contextes géopolitiques locaux et internationaux qui donnent un pouvoir important aux notables et aux États étrangers, le CFCM a permis un certain « renforcement, voire la constitution d’une emprise nouvelle des États d’origine sur les lieux de culte » [60], bien que la situation semble plus complexe (affirmation de grandes mosquées régionales, notables plus autonomes, modification des statuts du CFCM en 2013).

Si l’État français était sans doute conscient de cette situation de blocage, il semble que les attentats djihadistes de 2015 l’aient poussé à faire évoluer la question du culte. Sans remettre en cause le CFCM, qui y est bien représenté [61], le gouvernement a mis en place une « instance de dialogue avec l’islam » censée « mieux refléter la diversité des musulmans, à travers notamment ses intellectuels et ses leaders associatifs » [62]]. Si cette instance peut être une mesure d’affichage, elle semble manifester la volonté de dépasser les rivalités pour faire avancer les problématiques cultuelles. Elle pourrait aussi être un signal envoyé au CFCM afin qu’il essaie de gagner en indépendance et devienne force de proposition, ce qui, selon les déclarations de son président Anouar Kbibech [63], semble plutôt fonctionner. Néanmoins, Bernard Godard, ancien fonctionnaire du Bureau central des cultes, décrit l’instance de dialogue comme « une première étape positive mais non suffisante » [64]. Les problématiques restent en effet nombreuses – formation des imams, financement du culte, transparence et bonne gestion des fonds [65], statut pour les aumôniers musulmans, meilleure représentativité du culte, etc. – et on peut craindre que les rivalités au sein du CFCM [66], entre États et entre grandes fédérations ne bloquent la situation. Focalisé sur les aspects sécuritaires, l’État français pourrait également être tenté de renforcer sa collaboration avec les États étrangers plutôt que de réformer profondément la représentation du culte (quitte à faire perdre un certain pouvoir à ces États) [67].

De par la diversité des acteurs et des enjeux qui lui sont liés, le culte musulman en France s’inscrit dans une dynamique complexe qui semble être un frein à sa gestion et à sa représentativité cultuelle. Néanmoins, à en croire les annonces récentes du CFCM et du gouvernement (mise en place d’un Conseil théologique et de l’instance de dialogue), les attentats de 2015 ont aussi créé une fenêtre politique. Une place plus grande à un « islam réel » [68], français, local, plus représentatif des 4 millions de musulmans et éloigné des consulats, serait-elle en train de se faire ? Si le pari est stratégique et de longue haleine, les enjeux le sont tout autant (renforcement du soft power français, accès à un culte digne qui a toute sa place dans la cité et qui définit sa propre théologie, loin de notabilités parfois léthargiques). Cela permettrait peut-être d’enrayer le risque de dissociation entre l’opinion publique et l’islam [69] – qui pourrait être utilisée par « l’ultra-droite » [70] comme par les djihadistes – ainsi que le repli identitaire [71] qui peut parfois caractériser la société française.


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[1] Larroque Anne-Clémentine, (2014), Géopolitique des islamismes, Paris, Presse Universitaire de France, p. 3 et 99.

[2] Bonnefoy Laurent, Lacroix Stéphane, « Le problème saoudien », La Revue du Crieur, n° 3, mars 2016, p. 37.

[3] Selon une étude de l’Institut national d’études démographiques qui utilise la méthodologie suivante : « La définition retenue pour qualifier les « Musulmans » est l’affiliation religieuse auto-déclarée. [...] L’information est disponible dans l’enquête pour les personnes âgées de 18 à 60 ans, ce qui représente 2,4 millions de Musulmans. Comme l’information n’est pas disponible dans les mêmes termes pour les groupes d’âges inférieurs et supérieurs, nous avons construit des estimations à partir des effectifs des pays d’origine des personnes ou de leur(s) parent(s), […] ». Cf. Simon Patrick et Tiberj Vincent, (2013), Document de travail n° 196 : « Sécularisation ou regain religieux : la religiosité des immigrés et de leurs descendants », Institut national d’études démographiques, p. 6.

[4] Observatoire national contre l’islamophobie, Communiqué de presse : Bilan des actes antimusulmans 2015, [en ligne], 20 janvier 2016.Disponible sur : http://www.lecfcm.fr/wp-content/upl... [consulté le 31 mai 2016] ; Collectif contre l’islamophobie, (2015), Rapport annuel 2016 sur l’année 2015, [en ligne], p. 15. Disponible sur http://www.islamophobie.net/sites/d... [consulté le 31 mai 2016].

[5] La « communauté musulmane » est avant tout une représentation géopolitique. Cette représentation préfigure l’existence d’une communauté des musulmans existant localement ou à l’échelle de la planète, l’Oumma islamiyya. Pourtant, quel est le lien entre une jeune française urbaine de confession musulmane et un vieux bédouin qui vit en Arabie Saoudite, en dehors de leur appartenance à la même religion ? S’il existe un « référent communautaire islamique », le rapport à la société et les pratiques religieuses divergent selon les courants, langues, ethnies et nations, la connaissance de la religion, les idéologies et les rites. Ces champs influent les manières de vivre l’islam et d’être musulman. C’est pourquoi nous choisissons de parler de communauté musulmane entre guillemets. Néanmoins, la représentation de la « communauté musulmane » produit des effets politiques. Certaines municipalités peuvent ainsi aimer croire en l’existence d’un « vote musulman ». « La variable religieuse n’est, très généralement, qu’un paramètre parmi d’autres dans la détermination du choix ultime » rappelle pourtant Haoues Seniguer, maître de conférences en science politique à l’Institut d’Études Politiques de Lyon. Cf. Telhine Mohammed, (2010), L’islam et les musulmans en France : une histoire de Mosquées, Paris, L’Harmattan, p. 31. ; Larroque Anne-Clémentine, (2014), Géopolitique des islamismes, Paris, Presse Universitaire de France, p. 121 ; Auteur inconnu, « Le vote musulman n’existe pas », Atlantico, 7 janvier 2015. Disponible sur : http://www.atlantico.fr/rdv/politic... [consulté le 18 juin 2016].

[6] Duvoux Nicolas, « L’islam et les pouvoirs publics en France…, Op. Cit.

[7] Ibid.

[8] Bariki Salah-Eddine, Bruschi François, Lorcerie Françoise (dir.), (1999), Rapport pour la mission de recherche Justice et droit : « “Les étrangers face au droit” : Les populations d’origine maghrébine et comorienne de Marseille », Ministère de la Justice ; CNRS-IREMAM ; La Documentation française, p. 89. ; Duvoux Nicolas, « L’islam et les pouvoirs publics en France…, Op. Cit.

[9] Jouanneau Solenne, « Imams en France, loin des clichés », Le Monde Diplomatique, n° 745, avril 2016, p. 22.

[10] Bonnefoy Laurent, Lacroix Stéphane, « Le problème saoudien », Op. Cit., p. 40.

[11] Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (Fasild), Frégosi Franck (dir.), (2006), L’exercice du culte…, Op. Cit., p. 165.

[12] Temime Émile (dir.), Jordi Jean-Jacques, Sayad Abdelmalek, (1991), Histoire des migrations à Marseille : Tome 4 : Le choc de la décolonisation : 1945-1990, Aix-en-Provence, Edisud, p. 181.

[13] Rey A., Rey-Debove J. (dirs.), « Notable », Le Petit Robert : Dictionnaire de la langue française, (1989), Paris, Dictionnaires Le Robert, p. 1281.

[14] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France…, Chapitre VII. La reconnaissance politique de la minorité musulmane, pp. 123-136.

[15] Geisser Vincent, Kelfaoui Schérazade, (2001), « Marseille 2001 : la communauté réinventée par les politiques. Enjeux municipaux autour de la communauté musulmane ? », Migrations Société, vol. 77, n° 3, p. 55-77.

[16] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France aujourd’hui : associations, militants et mosquées, [en ligne], Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM), Aix-en-Provence, Karthala, Chapitre VI. Une mosquée « cathédrale », pp. 111-121. Disponible sur : http://books.openedition.org/iremam... [consulté le 31 mai 2016].

[17] Lorcerie Françoise, Geisser Vincent, (2011), « Les Marseillais musulmans », Op. Cit., p. 233.

[18] Ibid.

[19] Bergeaud-Blackler Florence, (2004), « Le chevillard et le sacrificateur : la viande halal entre logiques économiques, légales et religieuses » in Zarka Yves Charles, Fleury Cynthia, Taussig Sylvie (dir.), L’islam en France, Paris, Presses Universitaires de France (PUF), p. 537-545. ; Vermeren Pierre, « L’Islam, l’imam et la grande mosquée de Bordeaux », Rue89Bordeaux, [en ligne], 25 février 2015. Disponible sur : http://rue89bordeaux.com/2015/02/is... [consulté le 31 mai 2016].

[20] Vermeren Pierre, « L’Islam, l’imam et la grande mosquée de Bordeaux », Op. Cit.

[21] Penverne Mickael, « Marseille : La plus vieille mosquée au centre d’un très long conflit », 20minutes, [en ligne], 19 mars 2015. Disponible sur : http://www.20minutes.fr/marseille/1... [consulté le 31 mai 2016].

[22] Sweeny Nadia, « Larbi Kechat, évincé de la mosquée Adda’wa », ZamanFrance, [en ligne], 24 février 2016. Disponible sur : https://www.zamanfrance.fr/article/... [consulté le 31 mai 2016].

[23] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France aujourd’hui : associations, militants et mosquées, [en ligne], Institut de recherches et d’études sur le monde arabe et musulman (IREMAM), Aix-en-Provence, Karthala, Chapitre VI. Une mosquée « cathédrale », pp. 111-121. Disponible sur : http://books.openedition.org/iremam... [consulté le 31 mai 2016].

[24] Duthu Françoise, (2009), « Le maire et la mosquée. Islam et laïcité en Île-de-France », L’Année du Maghreb, [en ligne], publié le 01 novembre 2012. Disponible sur : https://anneemaghreb.revues.org/634 [consulté le 31 mai 2016

[25] Ibid.

[26] Duvoux Nicolas, « L’islam et les pouvoirs publics en France…, Op. Cit.

[27] Duthu Françoise, (2009), « Le maire et la mosquée…, Op. Cit.

[28] Ibid.

[29] Ibid.

[30] Duthu Françoise, (2009), « Le maire et la mosquée…, Op. Cit.

[31] Fournier Lydie, (2009), « Une gestion publique de l’islam entre rupture et rhétorique », Op. Cit., p. 43.

[32] Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (Fasild), Frégosi Franck (dir.), (2006), L’exercice du culte musulman en France : lieux de prière et d’inhumation, Paris, La documentation Française, p. 165.

[33] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France…, Op. Cit., Chapitre V. Les enjeux de la stabilité, pp. 95-110.

[34] Godard Bernard, Taussig Sylvie, (2008), Les musulmans en France : courants, institutions, communautés : un état des lieux, Paris, Hachette Pluriel Reference, pp. 39-40.

[35] Audition de Khalid bin Mohammed Al Ankary, Ambassadeur du Royaume d’Arabie saoudite en France, Compte-rendu de la Mission d’information Organisation, place et financement de l’islam en France du Sénat, [en ligne], 17 mai 2016. Disponible sur : http://www.senat.fr/compte-rendu-co... [consulté le 31 mai 2016].

[36] Larroque Anne-Clémentine, (2014), Géopolitique des islamismes, Paris, Presse Universitaire de France, p. 57.

[37] Vermeren Pierre, « L’Islam, l’imam et la grande mosquée de Bordeaux », Op. Cit. ; Godard Bernard, Taussig Sylvie, (2008), Les musulmans en France…, Op. Cit., p. 48.

[38] Cousteau Libie, « Éducation : le long chemin de l’école musulmane », L’Express, [en ligne], 25 mai 2015. Disponible sur : http://www.lexpress.fr/education/ed... [consulté le 31 mai 2016].

[39] Godard Bernard, Taussig Sylvie, (2008), Les musulmans en France…, Op. Cit., p. 48.

[40] Larroque Anne-Clémentine, (2014), Géopolitique des islamismes, Paris, Presse Universitaire de France, p. 61 et 73.

[41] Audition de Thomas Andrieu, directeur des libertés publiques et des affaires juridiques, Compte-rendu de la Mission d’information Organisation, place et financement de l’islam en France du Sénat, [en ligne], 27 janvier 2016. Disponible sur : http://www.senat.fr/compte-rendu-co... [consulté le 31 mai 2016].

[42] Arkoun Mohamed, Stora Benjamin, Veinstein Gilles, Laurentin Emmanuel, Conférence : Quelle place pour l’islam et les musulmans dans l’histoire de France ?, [en ligne]. Paris, Éditions de la Bibliothèque publique d’information, 2007. Disponible sur : http://books.openedition.org/bibpom... [consulté le 31 mai 2016].

[43] Telhine Mohammed, (2010), L’islam et les musulmans…, Op. Cit., p .73. ; Renard Michel, (2006), « Séjours musulmans et rencontres avec l’islam », in Arkoun Mohammed (dir.), Histoire de l’islam et des musulmans en France : du Moyen Âge à nos jours, Paris, Albin Michel, p. 573 ; Godard Bernard, (2015/4), « L’islam et l’État français : histoire d’une relation particulière », Confluences Méditerranée, n° 95, p. 29-41.

[44] Godard Bernard, (2015/4), « L’islam et l’État français…, Op. Cit., p. 29.

[45] Audition de Patrick Calvar, directeur général de la sécurité intérieure, Compte rendu n° 47 de la Commission de la défense nationale et des forces armées, [en ligne], Assemblée nationale, 10 mai 2016. Disponible sur : http://www.assemblee-nationale.fr/1... [consulté le 31 mai 2016].

[46] Audition de Thomas Andrieu, directeur des libertés publiques et des affaires juridiques, Compte-rendu de la Mission d’information Organisation, place et financement de l’islam en France du Sénat, [en ligne], 27 janvier 2016. Disponible sur : http://www.senat.fr/compte-rendu-co... [consulté le 31 mai 2016].

[47] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France…, Op. Cit., Chapitre V. Les enjeux de la stabilité, pp. 95-110.

[48] Le Devin Willy, « L’émirat aimerait exercer une espèce de magistère moral », Libération, [en ligne], 26 avril 2013. Disponible sur : http://www.liberation.fr/societe/20... [consulté le 31 mai 2016].

[49] Pétrault Clément, « Contre les idées reçues sur le financement des mosquées en France », Le Point, [en ligne], 21 janvier 2016. Disponible sur : http://www.lepoint.fr/societe/contr... [consulté le 31 mai 2016].

[50] Godard Bernard, Taussig Sylvie, (2008), Les musulmans en France…, Op. Cit., p. 115.

[51] Hoffner Anne-Bénédicte, « L’Algérie souhaiterait « s’approprier » la Grande mosquée de Paris », La Croix, [en ligne], 4 décembre 2015. Disponible sur : http://www.la-croix.com/Urbi-et-Orb... [consulté le 31 mai 2016].

[52] Ben Rhouma Hanan, « Financée par l’État, la Grande Mosquée de Strasbourg fait la fierté de la ville », Saphirnews, [en ligne], 27 septembre 2012. Disponible sur : http://www.saphirnews.com/Financee-... [consulté le 31 mai 2016].

[53] Magassa-Konaté, « Grande Mosquée de Saint-Étienne : une ambassade du Maroc au service des musulmans », Saphirnews, [en ligne], 22 juin2012. Disponible sur : http://www.saphirnews.com/Grande-Mo... [consulté le 31 mai 2016].

[54] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France …, Op. Cit., Chapitre VIII. L’islam et l’État français, pp. 137-158.

[55] Godard Bernard, Taussig Sylvie, (2008), Les musulmans en France…, Op. Cit., pp. 39-40.

[56] Fonds d’action et de soutien pour l’intégration et la lutte contre les discriminations (Fasild), Frégosi Franck (dir.), (2006), L’exercice du culte …, Op. Cit., p. 39.

[57] Cesari Jocelyne, (1994, publié en ligne en 2013), Être musulman en France …, Op. Cit., Chapitre VIII. L’islam et l’État français, pp. 137-158.

[58] Sauvaget Bernadette, « Les quatre plaies du Conseil du culte musulman », Libération, publié le 9 février 2015, p. 12 et 13.

[59] L’assiette électorale du scrutin (le nombre de délégués) est basée sur les surfaces des lieux de culte. En 2013, une réforme des statuts a régulé cette codification en y ajoutant des conditions (présence d’un imam ayant un lien avec le lieu de culte, présence d’un centre d’enseignement, lieu situé dans une ville de plus de 50 000 habitants, etc.). Cf. Règlement électoral du Conseil Français du Culte Musulman, 17 mars 2013.

[60] Godard Bernard, Taussig Sylvie, (2008), Les musulmans en France…, Op. Cit., p. 175.

[61] Chambraud Cécile, « L’État pose les bases du dialogue avec l’islam », Le Monde, [en ligne], 10 janvier 2015. Disponible sur : http://www.lemonde.fr/religions/art... [consulté le 31 mai 2016].

[62] Cossardeaux Joël, « Le gouvernement engage la réforme de l’islam de France », Les Échos, [en ligne], 25 février 2015. Disponible sur : http://www.lesechos.fr/25/02/2015/l... [consulté le 31 mai 2016

[63] Guénois Jean-Marie, « L’islam de France veut une certification pour les imams », Le Figaro, 24 novembre 2015, p. 2. ; Audition d’Anouar Kbibech, président du Conseil français du culte musulman, Compte-rendu de la Mission d’information Organisation, place et financement de l’islam en France du Sénat, [en ligne], 10 février 2016. Disponible sur : http://www.senat.fr/compte-rendu-co... [consulté le 31 mai 2016].

[64] Godard Bernard, (2015/4), « L’islam et l’État français …, Op. Cit., p. 40.

[65] Le Devin Willy, Sauvaget Bernadette, « Mosquées : le bail des hypocrites », Libération, [en ligne], 17 mars 2015. Disponible sur : http://www.liberation.fr/societe/20... [consulté le 31 mai 2016].

[66] Sauvaget Bernadette, « Islam de France : Anouar Kbibech dans la tempête », Libération, [en ligne], 14 mai 2016. Disponible sur : http://www.liberation.fr/france/201... [consulté le 31 mai 2016].

[67] Ibid.

[68] Godard Bernard, (2015/4), « L’islam et l’État français…, Op. Cit., p. 34.

[69] Audition de Thomas Andrieu, directeur des libertés publiques et des affaires juridiques, Compte-rendu de la Mission d’information Organisation, place et financement de l’islam en France du Sénat, [en ligne], 27 janvier 2016. Disponible sur : http://www.senat.fr/compte-rendu-co... [consulté le 31 mai 2016].

[70] Audition de Patrick Calvar, directeur général de la sécurité intérieure, Compte rendu n° 47 de la Commission de la défense nationale et des forces armées, [en ligne], Assemblée nationale, 10 mai 2016. Disponible sur : http://www.assemblee-nationale.fr/1... [consulté le 31 mai 2016].

[71] Baubérot Jean, (2006), « Laïcité française et islam », in Arkoun Mohammed (dir), Histoire de l’islam et des musulmans en France : du Moyen Âge à nos jours, Paris, Albin Michel, p. 988-993.



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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Ven 1 Juil - 14:59


La cour suprême japonaise a reconnu légitime la surveillance ciblée des représentants de la communauté musulmane dans le pays.


à chacune son uniforme...

Citation :
The Independent rappelle qu'en 2010 s'est produite une fuite de plus d'une centaine de dossiers policiers contenant les données collectées dans les chambres de prière, les magasins halal et les bureaux d'organisations musulmanes de Tokyo.


Par la suite, un groupe 17 musulmans a porté plainte contre le gouvernement nippon pour violation de leurs droits constitutionnels. Bien que la justice ait ordonné de verser une compensation de 880.000 dollars américains aux plaignants pour irruption dans leur vie personnelle, la Cour suprême a reconnu les actions de la police comme "nécessaires et inévitables" pour protéger le pays face au terrorisme international.

Selon les statistiques datant de 2010, le Japon, dont la population s'élève à près de 127 millions d'habitants, compte environ 185.000 musulmans. Près de 40 mosquées et environ 100 chambres de prière musulmanes sont présentes dans diverses régions du pays.




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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mar 5 Juil - 20:00


Canada : six villes signent une charte contre l’islamophobie

Hanan Ben Rhouma Saphir News 5 Juillet 2016

Une charte appelant à lutter contre « l’islamophobie sous toutes ses formes » a été signée dans six villes du Canada dont Toronto et Vancouver. Une initiative historique qui appelle la société à agir contre la haine. Saphirnews vous dévoile le contenu de la charte.

Calgary, London, Montréal, Toronto, Vancouver, Windsor : voici les six villes canadiennes – et non des moindres - qui ont signé, lundi 4 juillet, une charte dans laquelle l'islamophobie est fermement condamnée.


Citation :
La charte dite « pour communautés accueillantes » a été initiée par le Conseil national des Canadiens musulmans (NCCM), une organisation musulmane de défense des droits civiques. La convention, signée par des responsables politiques - parmi lesquels des maires, adjoints au maire et députés - , ainsi que des chefs de police et des cadres associatifs et religieux locaux de toutes confessions et sensibilités politiques, appelle la société canadienne à lutter contre « les crimes haineux contre les musulmans (qui) ont augmenté de manière alarmante, au Canada et dans le monde entier ».

Des conférences de presse simultanées ont été organisées à travers le pays pour marquer le coup. Le NCCM espère par la suite convaincre d'autres villes de suivre le mouvement.

Avec l'islamophobie, « l’ensemble de la société canadienne est affaibli »

« La hausse récente du nombre d’incidents antimusulmans au Canada est très préoccupante et c’est un phénomène qui risque de nuire à la vigueur que donne à ce pays la richesse de son tissu social », lit-on dans la charte adressée à Saphirnews lundi 4 juillet. « Lorsque des femmes musulmanes sont attaquées dans la rue, lorsque des mosquées sont vandalisées ou lorsque des gens sont victimes des préjugés au travail ou à l’école, ce ne sont pas seulement les musulmans canadiens qui souffrent ; c’est l’ensemble de la société canadienne qui est affaibli parce que nos valeurs d’égalité, de respect, de justice et de dignité pour tous sont menacées. (…) L’islamophobie est bel et bien une réalité et elle est inadmissible, quoi que certains puissent en dire pour minimiser le phénomène ou le nier. »

Outre la reconnaissance de l’islamophobie, les signataires de la charte s’engagent « à défendre les droits et la dignité de chacun, de façon à promouvoir des collectivités inclusives, justes et respectueuses au Canada » et ainsi, de travailler « à l’élaboration de politiques, de programmes et d’initiatives destinés à réduire et à éliminer l’islamophobie sous toutes ses formes ».

La signature de cette charte, qui intervient quelques mois après l’adoption d’une motion contre l’islamophobie dans le Parlement québécois, constitue une belle victoire pour les militants antiracistes canadiens.

Extrait de la Charte pour des communautés inclusives

Citation :
Nous affirmons avec force que :

> L’islamophobie, comme n’importe quelle autre forme de racisme, de haine, de xénophobie et de sectarisme, n’a pas sa place dans la société canadienne ;
> La discrimination et les actes haineux, peu importe la cible, marginalisent les personnes et les communautés visées, et les empêchent de participer pleinement à la société et de réaliser leur potentiel ;
> Il est essentiel de protéger la dignité de tous au Canada pour vivre dans une société saine et dynamique;
> Chacun a un rôle à jouer au Canada dans la création de milieux sûrs pour nous tous ;
> Il incombe aux divers ordres de gouvernement, à la société civile, aux collectivités et aux agents publics de collaborer à l’élaboration de politiques, de programmes et d’initiatives destinés à réduire et à éliminer l’islamophobie sous toutes ses formes ;
> En agissant ensemble, nous pouvons promouvoir des collectivités inclusives et renforcer notre engagement à l’égard de nos valeurs que sont l’égalité, le respect, la justice et la dignité pour tous.



dans un pays comme la France, où "l'islamophobie n'existe pas", une telle mesure serait tout à fait saugrenue...


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Mer 13 Juil - 21:45


dédié à tous les ultra-gauchistes condescendants qui considèrent l'anti-islamophobie comme une ruse de la raison capitaliste d'État, et à la cinquième colonne "anarchiste" de l'idéologie française : d'État

dédicace spéciale au crétin d'«écrivain anarchiste» Guillon pour « Et dieu créa l'islamophobie »



Une guerre culturelle a lieu en France. Déclarée par Manuel Valls et orchestrée par des think tanks, bien avant la mise en place de l’état d’urgence, elle est menée contre les musulmans résidant en France. On aurait pu s’attendre de la part d’un Premier ministre socialiste que la bataille idéologique prioritaire soit menée contre la droite ou l’extrême droite. Force est de constater que ce n’est pas le cas.

Citation :
Manuel Valls : « C’est quoi aujourd’hui les priorités dans cette société ? Bien sûr l’économie, le chômage, mais qu’est-ce qui est aujourd’hui essentiel ? C’est la bataille culturelle ! C’est la bataille identitaire. Parce que si nous ne gagnons pas cette bataille, le reste ne comptera pas. Le reste sera balayé. »

C’est ainsi que, le 4 avril dernier, au colloque Le Sursaut, initié par la Fondation Jean-Jaurès, la Fondation pour l’innovation politique et l’American Jewish Committee Europe, Manuel Valls a déterminé ses priorités politiques : « C’est la bataille culturelle ! C’est la bataille identitaire ». Et non la politique économique et sociale de son gouvernement, symbolisée par une loi Travail, dont les sondages n’ont cessé de mesurer un rejet majoritaire massif depuis le mois de février.

Moins de dix jours plus tard, le locataire de Matignon précise son offensive à destination de la gauche. Le 13 avril, Libération publie une interview du Premier ministre. Depuis qu’il a été nommé chef du gouvernement, deux ans plus tôt, c’est la première fois que Manuel Valls accorde un entretien au quotidien emblématique de la gauche culturelle. À la question : « Vous dites désormais que la question “identitaire” est première ? » , le Premier ministre enfonce le clou : « Les questions économiques et sociales, la question du chômage, sont cruciales. Mais effectivement, la question culturelle est fondamentale. Il y a une interrogation plus profonde dans notre pays sur l’ouverture au monde ou sur la place de l’islam… »

Le signal premier que Manuel Valls entend ainsi adresser à son électorat de gauche est sans ambage : la question culturelle est fondamentale. Dans ses discours politiques, les ennemis qu’il désigne sont « les salafistes », mais dans la pratique politique ce sont les musulmans, dans leur ensemble, qui sont pris pour cible. Si cette obsession n’est pas nouvelle, elle se précise en stratégie de communication délibérée à l’approche de l’échéance présidentielle. Il y a un an, le 22 juin 2015, le Premier ministre avait clairement indiqué sa ligne, son choix, sa cible privilégiée : « L’islam sera un enjeu électoral », lors d’un forum sur la République et l’islam.

Depuis l’application de l’état d’urgence qui ont suivi les attentats du 13 novembre 2015, la mobilisation d’une partie de la gauche contre les nouvelles mesures autoritaires se fait essentiellement sur des questions de principe : libertés publiques, militarisation de l’espace, société de surveillance, neutralisation de la contestation sociale… Qu’il s’agisse des « frondeurs » du PS, ou des militants EELV, PG, PC, des syndicalistes et des associatifs de la gauche radicale, la gauche contestant l’état d’urgence ne le condamne que dans des termes où elle se sent directement impliquée, où elle se pense comme l’unique cible, comme on a pu le voir durant la COP 21 avec l’interdiction de manifestations et les assignations à résidence, alors dénoncées par cette même gauche.

Or cette analyse ignore délibérément les premières cibles de l’état d’urgence : les musulmans en tant que tels, indépendamment de leurs actes individuels. La gauche militante « traditionnelle » n’étant, dans un premier temps, qu’une cible collatérale. En effet il faudra attendre la mobilisation des migrants le 22 novembre et contre la COP 21 et sa violente répression le 29 novembre sur la place de la République, à Paris, pour assister au déploiement en force des mesures de l’état d’urgence contre des militants écologistes et de la gauche radicale.

Pourtant, pour l’essentiel, les perquisitions administratives ont concerné dans leurs quasi-totalités des lieux de culte, des sièges d’associations, des restaurants musulmans ou les domiciles de musulmans ou présumés comme tels. Or. Dans son ensemble, le bilan opérationnel antiterroriste est ridicule : 3 579 perquisitions administratives ont été effectuées, aboutissant à seulement six procédures judiciaires pour infractions terroristes, entrainant une seule mise en examen, en date de mars 2016. Soit un taux d’erreur dans les cibles désignées de 99,97 %. Bon nombre d’observateurs, de chercheurs et de magistrats ont souligné la disproportion entre les interventions policières ordonnées et leurs résultats. En somme, ces opérations obéissent avant tout à des impératifs politicien et médiatique, et non aux objectifs de la lutte antiterroriste.








Mais alors que les autorités ont abondement médiatisé la mise en cause généralisée des musulmans en tant que tels, ainsi que l’extrême fermeté des mesures policières et judiciaires à leur encontre : partis, syndicats et associations de gauche n’en parlent pas, ou peu. La question se pose : ces organisations ne savent-elles pas comment en parler ou ne le veulent pas ? Est-on face à une gêne ou un déni, un refus d’accepter cette réalité ? Pourquoi une large partie des forces progressistes (de l’aile gauche du PS à l’extrême gauche), dans ses discours et ses pratiques, ignore-t-elle délibérément ce constat ? Paradoxalement, ces organisations rejoignent la position officielle des autorités. Elles excluent tout comportement discriminant justifiant ces opérations, alors même que leurs résultats traduisent l’arbitraire manifeste qui a prévalu dans le choix de ces cibles par l’appareil d’État.

Entretien du chef de la lutte antiterroriste de la police nationale. Extrait du Rapport parlementaire sur le contrôle de l’état d’urgence


Le traitement médiatique des faits n’est pas en reste, essentiellement et violemment hostile aux musulman-e-s, qu’il ne cesse de désigner à la vindicte populaire. Face à cela, le silence de la gauche extraparlementaire est d’autant plus assourdissant et incompréhensible.

Le silence de la gauche

Des collectifs se sont constitués contre l’état d’urgence. Stop Etat d’Urgence à l’initiative de Droit au logement (DAL), et Nous ne cèderons pas sous l’égide de la Ligue des Droits de l’Homme (LDH), regroupant, pour le premier, associations, syndicats et partis politiques de gauche et pour le second uniquement des associations et des syndicats. Force est de constater que Stop État d’Urgence, malgré ses discours d’ouverture, a eu du mal à prendre en compte la victime musulmane des nouvelles mesures policières et judiciaires. Pour preuve, lors du premier meeting unitaire organisé par ce collectif le 17 décembre 2015 à Paris, ce sont des personnes extérieures à l’organisation qui ont dû pointer l’absence d’une parole musulmane et de l’importance de la prise en compte des musulmans sous le régime de l’état d’urgence. C’est seulement au dernier moment que les organisateurs ont fait appel au Collectif Contre l’Islamophobie en France (CCIF) .

Trois mois plus tard, le 10 mars 2016, un autre meeting organisé par des étudiants de l’université Paris 8, à Saint-Denis, illustre cette invisibilisation des musulmans. Une première affiche décline les différentes cibles de ces mesures d’exception mais ignore la caractéristique musulmane.



Il faudra attendre une intervention insistante de nouveaux membres de ce collectif, pointant cette absence, pour enfin voir apparaitre le terme de « musulman » sur l’affiche. Pourtant, ce terme ajouté à la va-vite apparaît fusionné avec « migrant-e et racisé-e », qui étaient dissociés sur la première version, comme si la catégorie « musulman-e » était non seulement insuffisante en elle-même mais formait un tout avec « migrant-e » et « racisé-e », contrairement à celle de « manifestant-e », de « syndicaliste », d’« écologiste », de « victime des violences policères » et de « chômeur-se ».


Comment mieux révéler cet impensé au sein même de la gauche radicale, voire révolutionnaire, selon lequel le musulman demeure avant tout exogène (migrant-e et racisé-e) au regard de catégories plus légitimes que sont l’écologiste, le syndicaliste ou la victime de violences policières ?… alors que les quinze premiers jours de l’application de l’état d’urgence ont été marqués par des opérations tout autant extrêmement brutales dans le mode d’application qu’arbitraires dans le ciblage des seuls musulmans.

Comment comprendre une telle difficulté à prendre en compte la réalité de la répression et de la stigmatisation des musulmans en France ? Ces questionnements ne sont pas nouveaux au sein de la gauche. Ainsi, la journaliste Mona Chollet, dans le billet Oui mais quand même, la religion c’est mal, pointait déjà celles et ceux qui, à gauche, hurlent avec les loups islamophobes, sous prétexte de critique de la religion.




On pourrait multiplier les exemples d’un mépris de gauche à l’encontre des musulmans dans leur ensemble en France ou ailleurs. Début avril 2016, l’édito de Charlie Hebdo signé par Riss, directeur de la publication, synthétisait en quelques lignes la suspicion généralisée à l’encontre des musulman-e-s en France. Du boulanger musulman à la femme voilée, ils seraient selon lui la première étape avant la terreur et les premiers responsables. « Pourtant, tout ce qui va arriver ensuite à l’aéroport et dans le métro de Bruxelles ne pourra avoir lieu sans le concours de tous [la femme voilée, le boulanger qui fait des sandwichs sans porc et Tariq Ramadan]. Car tous inspirent la crainte et la peur. La peur de contredire, la peur de polémiquer, la peur de se faire traiter d’islamophobe et même de raciste. La peur, tout simplement. Ce qui va se passer dans quelques minutes est l’étape ultime de la peur : la terreur. Le terrorisme. Il n’y a pas de terrorisme possible sans l’établissement préalable d’une peur silencieuse généralisée. »




Quelques semaines plus tard, Cocoboer, dessinatrice de l’hebdomadaire dit satirique, prenait, elle, prétexte du Hijab Day organisé par des étudiantes de Sciences Po Paris, pour s’approprier les pires clichés racistes à l’égard des musulmans.




Plusieurs mois avant déjà, lors du débat sur le travail du dimanche, Plantu, caricaturiste du Monde, compare l’opposition de la CGT au travail du dimanche à un musulman interdisant à sa fille voilée d’aller à l’école. La réaction outrée de la CGT ne s’est pas faite attendre : « Le parallèle que fait le dessin de Plantu entre la CGT et la face la plus violente d’un extrémisme politique liberticide ne relève pas de ce registre-là […]. Il est non seulement indécent mais également antirépublicain. Il nous déshonore tous. » Il est toutefois notable que le courrier de la CGT ne critique que l’attaque à son encontre, et ne commente pas l’idée véhiculée derrière l’« Islamorama » du dessinateur de presse,. Alors que c’est la loi républicaine qui, en France, exclut les filles voilées des établissement, le dessinateur sous-entend que si elles n’ont pas accès à l’éducation c’est à cause de leur père. .

L’abandon des classes populaires

Une des clés d’explication à l’absence de la prise en compte des attaques à l’encontre des musulmans ou présumés tels par l’état d’urgence, au sein d’une partie de la gauche, peut se comprendre à l’aune du fossé politique et spatial entre cette même gauche et les classes populaires surreprésentés au sein des musulmans. Cet abandon des musulmans, et plus largement des classes populaires, s’incarne dans la disparition des forces politiques de gauche au sein des quartiers populaires, illustré par exemple par la disparition progressive du parti communiste au sein des municipalités populaires (la « banlieue rouge »).

Le passif politique jamais réglé entre organisations issues de l’immigration (FTCR, ATMF, Mouvement des Travailleurs Arabes, Mouvement de l’Immigration et des Banlieues…) et certaines structures de gauche explique, en partie, le fossé politique qui s’est creusé ces trente dernières années. Les tentatives de récupération ou de neutralisation des dynamiques issues des quartiers comme pour la Marche pour l’Égalité et contre le Racisme de 1983, par la création de SOS Racisme puis, plus tard, de Ni Putes Ni Soumises, et l’utilisation de l’Amicale des Algériens par les autorités, n’en sont que quelques exemples. Ces multiples tensions politiques nationales et locales, le déni de l’islamophobie en France, la non prise en compte de problématiques propres aux quartiers (violences policières, apartheid social et urbain...) justifient pour certains, au sein des quartiers et chez une partie des musulmans, à désigner la gauche dans son ensemble comme un ennemi politique. Ainsi, une partie non négligeable des associations musulmanes ou de quartier a une suspicion historique et justifiée en partie envers la gauche.

Cette situation aboutit à une méconnaissance par de larges factions de la gauche, associative et politique, de la diversité du champ politique et associatif islamique en France. Ceci peut expliquer en partie l’incapacité à trouver des interlocuteurs et partenaires musulmans pour un travail en commun face à l’état d’urgence. L’appréhension face à l’islam, alimentée par les discours médiatiques et celui des élites islamophobes provoque suspicions et jette l’opprobre sur les militants musulman-e-s, considérés d’abord comme des islamistes cachés « au double discours », rendent quasi impossible une lutte commune entre les premiers concernés et les différentes structures dites « de gauche ». On ne peut que constater que très peu de structures et de militants [1] prennent en compte la question de l’islamophobie et travaillent sur un pied d’égalité avec des structures musulmanes ou de quartiers populaires.

La persistance sans fin des débats sur l’utilisation du terme « islamophobie » et de l’existence ou pas d’un racisme antimusulman en France, sont révélateurs d’une fracture au sein de la gauche sur l’islam. La perpétuelle remise en cause de la présence musulmane en France répond à une stratégie de diversion politique. Elle est révélatrice de l’incapacité de la gauche à traiter des questions sociales, là où on l’attend, préférant s’enfermer dans des questions identitaires et culturelles, participant à faire du musulman le bouc émissaire numéro un. Et Yasser Louati, alors porte-parole du CCIF, interpelle publiquement le chef du gouvernement : « Le Premier ministre de la République ignore le peuple qui manifeste et, au lieu de l’écouter, lui rétorque que le véritable souci ne doit pas être son avenir mais… la femme voilée. Qu’elle soit bannie de l’école et du travail ne vous suffit pas, vous voulez en plus la bannir de l’université. J’avoue être habitué à vos excès de langage, mais, là, vous avez fait bien fort. Vous étiez attendu pour combattre le chômage, or il a explosé, nous voilà revenus au niveau de 1997. Vous vous deviez de nous protéger, or nous avons subi deux vagues d’attentats et perdu 149 des nôtres. Vous aviez le devoir moral de nous rassembler, or vous nous avez divisés avec votre débat sur la déchéance de nationalité. Vous auriez pu faire la une de Libération avec des propositions concrètes pour le pays, or vous l’avez faite pour commenter l’actualité sans rien proposer. À l’instar de Gaston Defferre, qui déclarait que les grèves des ouvriers musulmans étaient “des grèves saintes” commandées par “les mollahs iraniens”, vous déclarez que la femme qui décide de ne pas se dénuder est une militante politique commandée par les salafistes. » (Tribune de Yasser Louati, dans Libération le 14 avril 2016).

Depuis une dizaine d’année, essentiellement après le 11 septembre 2001, on a vu une reformulation de l’islamophobie à gauche, porté par de nouvelles structures politiques ou institutionnelles : la Dilcra (Délégation interministérielle de lutte contre le racisme et l’antisémitisme) en est l‘exemple le plus récent mais on pourrait citer le Printemps Républicain (collectif animé par l’universitaire Laurent Bouvet, défendant une laïcité excluante au nom « de la gauche ») . On pourrait ainsi esquisser les contours d’une gauche islamophobe et autoritaire qui s’évertue à désigner la présence de l’islam en France et plus largement en Europe comme le problème politique numéro un.

On peut aussi y déceler un certain cynisme politique, qui voit dans les populations musulmanes des personnes qui ne se mobilisent pas et qui voteraient peu : il n’y aurait donc aucun intérêt politique à les prendre en compte. Cette attitude est renforcée par un regard méprisant, qui verrait dans « le musulman » le misogyne, l’antisémite, l’homophobe, le délinquant et le terroriste.

Cette invisibilisation des musulmans à gauche ne date pas de la déclaration de l’état d’urgence. Les débats qui font polémique depuis vingt ans en son sein l’illustrent : les différentes affaires sur le voile à l’école, la loi de 2005 sur les signes ostentatoires, l’affaire Baby-Loup, la volonté d’exclure les mères voilées lors de sorties scolaires, le cliché « banlieues islamisées », le soutien à la Palestine considéré comme du communautarisme, les débats permanents sur l’incompatibilité présumée de l’islam et de la République, etc.

Bref, une interprétation et une application de plus en plus excluante de la laïcité en France, depuis 2003.

La solitude politique des musulmans

Cette impossibilité pour certains de s’identifier ou de manifester de l’empathie et d’avoir une proximité politique avec ces personnes, révèle une grille d’analyse où le dominé peut être « le migrant », le « mal-logé », le « précaire », « l’ouvrier », « le jeune de banlieue »… mais le /la musulmanE est absent-e. Comme si être musulman ne pouvait être sujet à attaque ou stigmatisation en France quand la solidarité avec les juifs ou chrétiens d’Orient, confrontés à l’hostilité et à la violence, pose peu de questions.

Une majeure partie de cette gauche, radicale en particulier, considère également que la religion et la croyance sont une forme d’aliénation et d’oppression. De fait, comment se sentir solidaire et/ou proche de personnes perçues comme aliénées ou défendant un système oppressif ? « Quand il défend les Femen ou les dessinateurs de Charlie Hebdo, le religiophobe fait valoir qu’ils ne peuvent pas être racistes, puisqu’ils s’en prennent autant aux cathos ou aux orthodoxes qu’aux musulmans : CQFD. Inutile d’aller lui expliquer que les religions ne sont pas de simples systèmes métaphysiques flottant dans la stratosphère, et qu’elles sont indissociables des populations qui s’en réclament ou qu’on y associe, de la culture, de la politique, de l’histoire, des rapports de domination entre groupes sociaux », analyse Mona Chollet. Les récentes déclarations de Céline Pina, ex-élue PS, comparant le voile islamique au « brassard nazi », et les déclarations de Laurence Rossignol, ministre des familles, de l’enfance et du droit des femmes, comparant les femmes qui choisissent de porter le voile aux « nègres qui étaient pour l’esclavage » sont des exemples parmi tant d’autres.

Ainsi, la prise en compte de la dimension religieuse de fractions des classes populaires est soit niée, soit méprisée, soit attaquée. Ce dilemme confine à l’absurde : le pire est-il dans le fait que la gauche refuse consciemment de parler de la situation des musulmans face à l’état d’urgence en France, ou que les musulmans soient dans l’angle mort de leur analyse ? Le climat politique de défiance collective à l’encontre des musulmans est tel que toute personne qui oserait émettre l’idée que les musulmans sont la cible principale de l’état d’urgence serait immédiatement qualifiée d’« islamogauchiste » ou d’« angéliste ».

Malgré cette réalité, l’urgence de la situation a permis la rencontre et le travail en commun d’acteurs qui s’ignoraient mutuellement. Cette phase de recomposition/décomposition politique, en particulier à gauche, facilite l’émergence de nouveaux acteurs politiques et associatifs, laissant penser que d’autres dynamiques peuvent voir le jour… In sha Allah.


Notes

[1] https://www.facebook.com/generationpalestinepaname/videos/vb.1474970172723870/1752276468326571/?type=2&theater


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Jeu 14 Juil - 14:11


Le patron du renseignement français craint une confrontation entre "l'ultra droite et le monde musulman"


Selon le patron de la DGSI, l'ultra droite "n'attend que la confrontation" avec le "monde musulman"
© Patrick Kovarik, AFP

FRANCE 24  12/07/2016

Patrick Calvar, le patron de la DGSI, a déclaré craindre "une confrontation inéluctable" entre "l'ultra droite et le monde musulman", lors d'une audition devant une commission d'enquête parlementaire.

Citation :
Le directeur général du renseignement intérieur français (DGSI) Patrick Calvar affirme craindre "une confrontation entre l'ultra droite et le monde musulman", selon la retranscription de son audition à huis clos devant la commission d'enquête parlementaire sur les attentats de 2015, rendue publique ce mardi.

"Je pense que nous gagnerons contre le terrorisme. Je suis en revanche beaucoup plus inquiet de la radicalisation de la société et du mouvement de fond qui l'entraîne", avait-il déclaré le 24 mai.

"C'est ce qui m'inquiète quand je discute avec tous les confrères européens : nous devrons, à un moment ou un autre, dégager des ressources pour nous occuper d'autres groupes extrémistes parce que la confrontation est inéluctable", a-t-il estimé. Et de préciser : "Vous aurez une confrontation entre l'ultra droite et le monde musulman – pas les islamistes mais bien le monde musulman".

Le patron de la DGSI avait tenu des propos similaires le 10 mai devant la commission de la Défense nationale de l'Assemblée nationale.

"L'Europe est en grand danger : les extrémismes montent partout et nous sommes, nous, services intérieurs, en train de déplacer des ressources pour nous intéresser à l'ultra droite qui n'attend que la confrontation", avait-il alors affirmé.

Empêcher des "affrontements intercommunautaires"

Et d’ajouter : "Encore un ou deux attentats et elle adviendra. Il nous appartient donc d'anticiper et de bloquer tous ces groupes qui voudraient, à un moment ou à un autre, déclencher des affrontements intercommunautaires".

Début mai, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve avait annoncé que les actes antimusulmans avaient baissé de 80 % au premier trimestre 2016, par rapport à la même période l’année précédente.

En 2015 justement, le nombre des insultes, d'agressions visant des fidèles musulmans ou d'attaques de mosquées avait bondi de 281 % au cours des six premiers mois de l'année 2015, comparé à la même période en 2014, selon le rapport annuel sur les droits de l'Homme publié par le secrétariat d'État américain, qui s’appuyait sur les chiffres de l'Observatoire contre l'islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM).


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Jeu 14 Juil - 19:37


Une des bases de la rhétorique islamophobe est de refuser que l’islamophobie soit qualifiée de racisme, parce que « les musulmans ne sont pas une race ». L’argument, porté aussi bien par individus allant de l’extrême droite à l’extrême gauche, en passant bien sûr par Gilles Clavreul le nouveau grand patron du DILCRA, nouvelle arnaque de l’antiracisme d’Etat, se veut d’une logique implacable. Du moins, pour ceux qui le diffusent.


Citation :
Parce qu’il y a pourtant une faiblesse conséquente à cet argument comme nous le verrons, particulièrement lorsqu’on se prétend « universaliste », et  en mission contre les « racialistes » supposés. Entendez par là, tout le spectre de mouvements antiracistes autonomes vis à vis du pouvoir, dont la première des particularités est d’être menés par les victimes du racisme elles-mêmes en tant que corps politique constitué – et non pas individus isolés dans une groupe soupe « universaliste », c’est à dire blanche. Son autre particularité est de cibler un racisme dit systémique, mettant en cause l’Etat entre autres, et non pas uniquement des individus qui seraient méchants et dont les idées seraient simplement à corriger par des campagnes appelant à l’amour de son prochain. Cet antiracisme autonome, c’est l’ensemble de mouvements qui ont été obligés de requalifier leur lutte en accolant le terme de « politique » après antiracisme, donnant ainsi l’antiracisme politique, afin de se réapproprier un combat dont la captation par des officines d’Etat n’a fait que dépolitiser et vider de tout sens les mots « racisme » et « antiracisme ». Et c’est bien cette dépolitisation qui explique que tout et n’importe quoi puisse être dit au sujet de l’islamophobie, notamment des remarques indignées que l’on « confonde racisme et islamophobie ».

En effet, lorsqu’on refuse que l’islamophobie est un racisme, parce que, je cite, « les musulmans ne sont pas une race », c’est a priori admettre qu’on pense tout au fond, même inconsciemment, malgré l’universalisme proclamé, que d’autres groupes sont des races pour de vrai.

Plus précisément, considérons l’alternative suivante :

• soit ceux qui utilisent cet argument considèrent que les termes « noir », « arabe », contrairement à « musulman », renvoient à des groupes qui seraient des races pour de vrai et là ils sont indubitablement racialistes.

• soit ils pensent que « noir » « arabe » sont bien des catégories construites et non pas des races, mais que le mot « musulman » tout en renvoyant lui aussi à une construction historique relèverait d’une réalité trop différente pour que le traitement discriminant des populations auquel il renvoie puisse être qualifié de « racisme ».

Dans le premier cas, les choses sont plutôt claires, même si bon nombre de ceux qui braillent à longueur de temps que « les musulmans ne sont pas des races » (avec l’idée implicite que d’autres types de catégorisation en sont) ne se rendent pas compte du fait qu’ils se révèlent tels qu’ils sont : des racialistes. Les vrais racialistes. Ils croient au fond qu’il existe des catégories qui sont réellement des races, et que le racisme est le fait d’avoir des préjugés les unes envers les autres. Cette idée a des implications graves, notamment le fait de tenir le racisme, non pas pour une construction historique produite par un système d’exploitation et d’oppression,  mais pour une réaction négative aux « différences entre les humains »; ce qui revient à valider encore une fois l’existence des races, ontologiquement parlant, et à simplement regretter qu’elles ne soient pas traitées toutes pareilles. Or en réalité, s’il y a bien des différences réelles entre les peuples, le racisme produit des formes de différenciation qui reposent sur de l’idéologie, du fantasme qui ensuite marquent les corps et les esprits et se font passer pour des « vérités », éternelles, mais qui ne renvoyaient à rien de réellement « déjà là ». Ce ne sont pas les différences qui produisent le racisme, mais ce dernier qui re-signifient les différences existantes et en créent d’autres à partir de théories fumeuses. A l’heure actuelle il est presqu’impossible de se départir des visions que le racisme a construites pour appréhender aussi bien les peuples qu’il a consacré supérieurs que ceux qu’il a déclaré inférieurs. Ici bien sûr, il s’agit de considérer essentiellement les aspects idéologiques du racisme. La base matérielle du racisme renvoie quant à elle aux besoins de justifier l’exploitation des peuples et le pillage de leurs ressources. Ainsi, si on s’autorise à planter son drapeau chez Autrui, et à administrer ses richesses, c’est parce que cet Autre  n’est pas civilisé disait-on avant, et pas assez démocratique ou progressiste dit-on aujourd’hui. Avec toutes ces implications contenues dans le fait de dire que « contrairement à d’autres catégories, les musulmans ne sont pas races » n’est-ce pas savoureux de voir de supposés « anti racialistes » réaffirmer implicitement qu’au fond ils croient en la race ? C’est à la fois savoureux et édifiant car ça dit long sur leur prétendu anti racisme et leur « universalisme »…

Le second cas de figure de l’alternative présentée plus haut amène deux réflexions. Premièrement, cela voudrait dire que les gens qui déclarent que « les musulmans ne sont pas une race »  reconnaissent cette fois que les catégories raciales n’existent pas en soi et sont produites par le racisme. Que les races n’ont pas besoin d’exister pour que le racisme existe, car il faut bien insister, c’est lui qui produit les races et non l’inverse. Jusque-là tout va bien. Mais pour ceux qui adhèrent à cette lecture, tout en invectivant constamment les militants de l’antiracisme politique, cela montre qu’ils sont particulièrement hypocrites lorsqu’ils font semblant de ne pas comprendre quand les gens parlent de « races sociales », ou de « race comme une construction sociale ». Cela veut dire qu’ils sont aptes à comprendre que la mobilisation politique de catégories produites par l’histoire ne signifie pas nécessairement qu’on les légitime, mais peut aussi servir à contester l’ordre social qu’elles ont produit. Savoir si oui ou non cette stratégie est efficace, dans quelle mesure, et en s’y prenant de quelle façon est une autre discussion. Toujours est-il, en acceptant de mobiliser l’idée de racisme contre les « noirs » ou contre les « arabes » – même si c’est de la façon la plus pathétique qui soit – les antiracistes universalistes auto proclamés  reconnaissent eux-mêmes que nommer les catégories visées le racisme, n’est pas ce qui constitue le racisme, et peut être aussi une manière d’y répondre.

En second lieu, si justement ils croient à des catégories raciales produites par le racisme, s’ils admettent qu’il n’existe pas de « vraies races » et que ce sont les contextes qui produisent les catégories raciales, pourquoi rejettent-ils d’emblée l’idée que la catégorie « musulman » peut être elle aussi recodée par l’idéologie raciste ? Bien sûr, « musulman » désigne une catégorie religieuse choisie par ceux qu’elles désignent, et n’est pas à son origine, une terme d’assignation « raciale » dirons-nous, au risque d’être anachronique, comme ceux choisis par les peuples eux-mêmes (comme « arabe ») ou assignés dans l’expérience moderne du racisme (comme « noir »). Donc oui, à l’origine « musulman », cela désigne le fidèle d’une religion. Mais entre le début de cette religion et aujourd’hui, il s’est passé beaucoup de choses, comme notamment l’apparition de la suprématie blanche comme produit historique que nous n’allons pas détailler ici. La colonisation européenne est à ce propos un moment de racialisation de l’islam et des musulmans, construit comme l’envers obscur de la modernité occidentale. Seuls des hypocrites peuvent prétendre que lorsqu’on dit « musulman », on pense à une catégorie purement religieuse, absolument neutre et aucunement liée à une quelconque « origine ».

Arrêtons de nous mentir :  quand on dit musulman, on pense à arabes, voire parfois à ouest africains, à comoriens dans certaines villes comme Marseille, à turcs, en tout cas on pense aux Autres, au Sud, à « l’orient », à « là-bas ». Pas à « chez nous », et encore moins à « nous » quand ce nous signifie « l’europe », « l’occident ».. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la grande majorité des actes islamophobes sont accompagnées d’insultes de type « sale arabe », « rentre chez toi! », « casse-toi dans ton pays avec ton voile »! …bref, le vocabulaire raciste habituel qui invite ceux qu’on dit étrangers à « rentrer chez eux ». Donc oui, entre le temps de son apparition en tant que religion et aujourd’hui, l’islam a été racialisé et ses fidèles aussi. Et c’est bien en cela que le contexte produit le « musulman » comme une « race » c’est à dire une catégorie qui d’un point de vue raciale n’existe pas en dehors du contexte de stigmatisation qui la produit, comme pour « noir », pour « arabe », même si les modalités de construction de ces deux dernières catégories sont différentes. Mais c’est justement parce que les catégories raciales sont construites par des contextes – tous différents – qu’elles ne sont pas forcément identiques et ne sont pas régies par les mêmes mécanismes.

Frantz Fanon, grand théoricien du colonialisme qu’on ne présente plus, nous a livré dans son immense production théorique, quelques éléments qui peuvent éclairer la compréhension de ces différentes modalités par lesquelles adviennent les catégories raciales. Cela s’explique par des évolutions du contexte et des rapports de force :


Frantz Fanon a écrit:
Le racisme vulgaire, primitif, simpliste prétendait trouver dans le biologique, les Ecritures s’étant révélées insuffisantes, la base matérielle de la doctrine. […] De telles affirmations, brutales et massives, cèdent la place à une argumentation plus fine. Çà et là toutefois se font jour quelques résurgences. C’est ainsi que la « labilité émotionnelle du Noir »,  « l’intégration sous-corticale de l’Arabe » la « culpabilité quasi générique du Juif » sont des données que l’on retrouve chez quelques écrivains contemporains. […]

Ces positions séquellaires tendent en tout cas à disparaître. Ce racisme qui se veut rationnel, individuel, déterminé génotypique et phénotypique se transforme en racisme culturel. L’objet du racisme n’est plus l’homme en particulier mais une certaine forme d’exister. A l’extrême on parle de message, de style culturel. Les « valeurs occidentales » rejoignent singulièrement le déjà célèbre appel à la lutte de la « croix contre le croissant ». (Frantz Fanon, Pour la révolution africaine, p.40)



C’est ainsi que « musulman » devient une catégorie raciale, et que par exemple, le hijab communément appelé voile fonctionne comme une métaphore de la question raciale. Ce n’est évidemment pas le tissu qui dérange, mais ce qu’il dit de la présence – et pire, de la résistance à l’assimilation, même non pensée comme telle(1) – de l’Autre « chez nous ».

Quant aux personnes qui concèdent que l’islamophobie peut être un racisme, mais qui pensent qu’il ne s’explique qu’en réaction à ce qu’on appelle « terrorisme » uniquement quand ce sont des musulmans qui commettent des crimes contre l’occident (pas quand c’est Bush qui lance à la face du monde une guerre mensongère en Irak tuant des millions de personnes et ouvrant un terreau fertile à ceux qui finiront par former Daesh), ils n’ont qu’à se plonger dans l’histoire coloniale, puis dans celles des luttes de l’immigration, bien avant le 11 septembre 2001 pour voir s’il leur est réellement possible de soutenir que « l’islamophobie est une réaction au terrorisme », et pas un produit de la modernité occidentale en générale, et du colonialisme français en particulier.

…..

(1) ici il n’est pas question de dire que le port du hijab (ou de tout autre marqueur extérieur d’appartenance à l’islam) est le fruit d’une volonté de résistance à l’assimilation du point de vue des concernées, mais plutôt que c’est ainsi que cela est construit médiatiquement et politiquement, ce qui révèle qu’il y a bien un projet d’assimilation français que certains comportements mettent à mal. Pas besoin d’expliquer en quoi l’assimilation est un des avatars du racisme, de la croyance en la supériorité de certains sur d’autres, car en effet, parle-t-on de la nécessité de s’assimiler pour ceux des européens qu’on dit expatriés (et non immigrés) vivant en Afrique ? Non, l’assimilation, c’est bien dans un seul sens, précisément parce qu’il s’agit d’un rapport de domination.


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Jeu 14 Juil - 21:22


en illustration des propos du patron de la DGSI...


Le patron du renseignement français craint une confrontation entre "l'ultra droite et le monde musulman"


Une quinzaine de militants du groupe d'extême-droite Génération identitaire a perturbé lundi soir la séance du Conseil métropolitain, au cri de «Non à l’islamisation». Les élus s'apprêtaient à voter une subvention de 1 M€ pour le projet d'Institut Français de Civilisation Musulmane.

Citation :
L'intrusion a duré quelques minutes avant l'expulsion des fauteurs de troubles. Ceux-ci se sont massés sur la mezzanine réservée au public et ont déroulé une banderolle ; ils ont lancé des tracts en direction de l'hémicycle et interpelé les conseillers métropolitains, les menaçant de les dénoncer à leurs électeurs.

Lors du Conseil municipal de la ville de Lyon, au début du mois, des militants d'extrême-droite avait déjà tenté d'intimider les élus lors d'un vote similaire. Un nouvel épisode houleux dans un dossier qui fait polémique : le président de la région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauquiez, a retiré une subvention de 1 M€ au motif que l'IFCM bénéficie de financements de la part de l'Algérie et de l'Arabie Saoudite.

L'établissement, dont les travaux de fondation ont démarré à l'initiative (et à proximité) de la Grande Mosquée de Lyon, se veut dans la lignée de l'Institut du Monde Arabe à Paris. Ses promotteurs insistent sur sa vocation strictement culturelle.

Les militants identitaires ont fait une vidéo de leur opération qui a aussitôt été postée sur les réseaux sociaux :



La subvention a finalement été votée : aucun votre contre, uniquement des abstentions de la part de l'opposition.

Ross Wolfe, du blog Charnel House, porteur outre-Altlantique (et outre-Manche) de l'idéologie de Non Fides, Yves Coleman, La Discordia , Léon de Mattis & Cie, Ross Wolfe, qui s'intéresse au communisme décolonial au point d'en travestir radicalement (c'est un radical) le sens ( ICI ), définit ainsi l'identitarisme :

Ross Wolfe in On the term “identitarian”:

Citation :
Now we come to the critique of “identitarian” ideology specifically under neoliberal capitalism, picking up on Reed and Michaels’ intuition. “Identitarian” ideology here occurs wherever apparent heterogeneity masks underlying homogeneity. When individuals assert the uniqueness of their various identities, and recite all the various experiences and factors that make them different from the dominant narrative or “hegemonic order” of society, they neglect to consider the way that capital operates by making that which is seemingly incommensurable commensurable. Far from being inherently radical or occupying a marginalized vantage within society not fully captured by the logic of capital, these various identities are regarded by capital as so many niche markets through which groups or individuals can semi-consciously cultivate the illusion of being different than everybody else. This is not to say that racism, sexism, homophobia, and so on are not problems; they are. But they are bound together by a social dynamic that runs deeper than the facile notion of “intersectionality”: namely, the totality of capitalist social relations, in which these phenomena coexist and interrelate. These different “identities” do not provide a true basis for transcending capitalism, nor are they properly outside of capitalism; they are generated, layered, and recombined within the neoliberal configuration of capital.

ETA: "wherever apparent heterogeneity masks underlying homogeneity" ought to go into an essay I would like to write but probably never will, "The ideology of the black bourgeoisie".


les identitaires français de souche, autrement dit l'extrême-droite raciste et nationaliste, Ross Wolfe connaît pas, il ne les a pas vus à l'ordre nouveau. Normal, de l'autre côté de l'Océan et de la Manche, mais Guillon aurait pu lui expliquer, en anar identitaire communautariste franchouille d'Etat. Voir ICI

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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Sam 16 Juil - 22:05


Le CFCM et le récteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur ont rapidement condamné l'attaque de Nice dont le bilan était vendredi 15 juillet de 84 morts


Mosquée de Paris

Citation :
Un communiqué du CFCM (Conseil français du culte musulman) a condamné l’attaque "odieuse et abjecte qui vise notre pays le jour même de la Fête nationale qui célèbre les valeurs de liberté, d'égalité et de fraternité". Il appelle également les musulmans de France à prier "à la mémoire des victimes de cette attaque barbare". Le recteur de la Grande mosquée de Paris, Dalil Boubakeur, à lui fait part de "son immense émotion et sa consternation" et "condamne fermement cet odieux et horrible attentat criminel de masse"

Comme tous les vendredis les fidèles musulmans se réunissent en masse pour la prière du Dohr. Ce matin le prêche de l’imam de la Mosquée de Paris condamne « la monstruosité de l’attaque de Nice » et « partage la douleur des familles ». Le prêche s’attelle à rappeller les écrits coraniques et les messages prophétiques, contraire aux actes commis la veille. L’ambiance est lourde à la sortie de la Mosquée de Paris, l’attaque de Nice est le principal sujet de discussion des fidèles « Tout le monde parlaient de ça ce matin à la Mosquée, les visages étaient fermés » affirme Mohamed, 33 ans.

Certains sont profondément choqués et attristés comme Naas, 39 ans, père de famille « Je suis très touché. J’ai tout de suite appelé ma famille et mes amis à Nice ». Certains rappellent que la précaution est de mise concernant les motivations de l’attaque « Il faut rester prudent, il s’agit peut être d’un acte indépendant commit par un déséquilibré » rappelle Djamel, 38 ans. D’autres s’insurgent des rapprochements qui pourraient être fait, à l’instar d’ Abdelaziz, 59 ans « Il faut garder de la distance et ne pas se laisser prendre par l’émotion, surtout dans cette civilisation de l’immédiateté, on a vite fait de faire des amalgames ».

Après les attentats de janvier une série d’actes islamophobes ont été recensés. Lina, 20 ans s’inquiète des répercutions dont la communauté musulmane pourrait pâtir « Je suis choquée que ça se reproduise, on arrive à un stade de saturation. D’autant plus que j’ai reçu des remarques islamophobes sur mon voile après les attentats de Charlie Hebdo ».

Rachid, 52 ans quant à lui refuse de se positionner « Je ne me désolidariserai pas en tant que musulman parce qu’ils n’ont aucune légitimité religieuse mais cela ne m’empêche pas de condamner le crime ».

L’auteur du crime de Nice n’était pas connu des services de renseignements selon les sources policières, l’agence de propagande de l’État Islamique Amaq l’a cependant revendiqué.


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MessageSujet: Re: ISLAM, un ennemi idéal : « EUX » et « NOUS »... l'«ISLAMOPHOBIE» en questions   Dim 17 Juil - 14:09


pourquoi "la France" est-elle plus visée que d'autres pays européens ?

parmi les causes du fait que "la France" est la plus ciblée en Europe par les attentats, beaucoup font ressortir son implication dans les guerres en Orient et en Afrique, sa présence "impérialiste" et "néo-coloniale" (guillemets non sur le fond mais en raison du flou autour de ces notions), mais tous les attentats depuis janvier 2015 ont été perpétrés par des Français. S'ils étaient liés aux réseaux islamistes en Orient, leur "radicalisation" a des causes multiples mais sur la base de ce qu'ils vivent en France. Il faut d'abord considérer que le psychologique s'enchâsse dans le social, et bien sûr que la religion est un vecteur de ce lien sans en être la cause (Marx...)

Citation :
Extraits de l'interview donnée à la veille du 13 Novembre au journal Le Monde par Fethi Benslama, psychanalyste, professeur à l'Université Paris 7- Denis Diderot dont il dirige l'UFR renommée des "Études psychanalytiques", sous le titre : « Pour les désespérés, l'islamisme radical est un produit excitant »» (paru le 12 Novembre dans l'après-midi à Paris quelques heures avant les massacres du 13)

(...) "L'offre djihadiste capte des jeunes qui sont en détresse du fait de failles identitaires importantes. Elle leur propose un idéal total qui comble ces failles, permet une réparation de soi, voire la création d'un nouveau soi, autrement dit une prothèse de croyance(...). Ces jeunes étaient donc en attente, sans nécessairement montrer des troubles évidents(...). Lorsque la conjonction de l'offre et de la demande se réalise, les failles sont comblées, une chape est posée. il en résulte pour le sujet une sédation de l'angoisse, un sentiment de libération, des élans de toute-puissance. (...) Ces sujets cherchent la radicalisation avant même de rencontrer le produit. Peu importe qu'ils ignorent de quoi est fait ce produit, pourvu qu'il apporte la "solution". (...) "

"Aujourd'hui, l'islamisme radical est le produit le plus répandu sur le marché par Internet. Le plus excitant, le plus intégral. C'est le couteau suisse de l'idéalisation, à l'usage des désespérés d'eux-mêmes et de leur monde."


le problème est donc plus large que la politique extérieure de la France, naturellement instrumentalisée par Daesh. Il doit être considéré comme un tout, ce qui caractérise spécifiquement l'idéologie française dans l'idéologie occidentale et capitaliste. Un facteur est le racisme français, particulièrement anti-arabes et musulmans

il faut prendre avec des pincettes certaines études classant les pays selon le racisme, mais celle qui suit me semble ne pas faire l'objet de discussions, elle correspond à ce qu'on peut observer, une quasi-évidence


La France classée en tête des pays les plus islamophobes d’Europe !

Samir Salhoume HBK, le réseau social des Musulmans, Insidermonkey (USA), 27 août 2015

Après les attentats du 11 septembre 2001 (tour Nord du World Trade Center à New York), l’image de l’Islam et des musulmans a pris un autre visage partout dans le monde.

Citation :
Une grande partie des populations occidentales a collé une étiquette de terrorisme a la religion. Non seulement «  terroristes  », mais il y a également une remise en cause d’autres aspects de notre religion. Par exemple, que les femmes musulmanes couvrent leurs corps. Pour ces “porteurs de flambeau de la liberté pour les femmes”, cela implique une restriction sévère envers la gente féminine.

Le mode de vie musulman est soumis à plusieurs “stéréotypes haineux” dans pas mal de pays. Certains groupes religieux prônent une « haine extrême » envers notre communauté sous la forme de génocides et de non-droits à nos libertés civiques.

Plusieurs pays européens considèrent les musulmans comme « une communauté intolérable et non-intégrables ». Une des principales raisons de cette haine envers les musulmans est la crainte que soyons tous reliés directement ou indirectement au “terrorisme”.

Le site Insidermonkey a ainsi établi un classement des pays les plus islamophobes d’Europe.

1. La France

Au sommet de liste la liste des 10 pays européens les plus racistes envers les musulmans vient la France. Le pays est un membre permanent du Conseil de sécurité de l’ONU et, par conséquent , joue un rôle essentiel dans la politique européenne. Sa politique anti-Islam est plus qu’évidente au vue des lois et recommandations constitutionnelles.

Les femmes musulmanes ne sont pas autorisés à couvrir leurs visages. Selon un sondage, plus de 70 pour cent de la population française considère que l’Islam est incompatible avec la société et la culture française.

2. Le Danemark

La haine du pays pour l’Islam est évidente près la publication des images blasphématoires du Prophète Muhammad (sallAllahu ’alayhi wa salam). Un autre acte anti-Islam du pays a été signalé au mois de mars quand un parti politique danois a offert aide et soutien aux musulmans qui abandonnent l’Islam. Cela n’a pas été bien reçu par les musulmans danois et des manifestations et des mouvements contre ce programme ont été observés depuis lors.

3. Pays-Bas

Le pays présente une haine extrême pour les musulmans. D’ailleurs, Geert Wilders, le fameux député d’extrême-droite néerlandais, a diffusé des caricatures blasphématoires du Prophète Muhammad (sallAllahu ’alayhi wa salam) dans un clip télévisuel.

Partout dans le monde ont eu lieu des manifestations devant leurs ambassades. Depuis lors, règne un sentiment de haine chez les musulmans envers les Hollandais, surtout que le gouvernement n’a montré aucun signes de regret.

4. Italie

Environ 1,5 millions de musulmans résident en Italie. La haine du gouvernement italien pour l’Islam était plus qu’évidente après l’adoption de la «  loi anti-mosquée  » plus tôt cette année. Il n’y a que 8 mosquées officielles en Italie. Ce chiffre est très faible par rapport à la communauté musulmane italienne .

5. Russie

Les sentiments anti-Islam du pays est assez évident, une mosquée a été la ciblé d’actes islamophobes. La littérature et les graffitis anti-Islam pullulent partout. Les commentaires haineux des internautes russes prouvent un niveau élevé de haine contre les musulmans.

6. Grande Bretagne

L’extrémisme anti-Islam est extrêmement élevé en Grande-Bretagne, il faut se rappeler les attentats de Londres du 7 juillet 2005. Plus de trois - quarts de la population anglaise pense que l’Islam est incompatible avec la société britannique.

Malgré cela, une enquête relève que 85 % des musulmans anglais sont fiers de leur nationalité britannique par rapport au 78 % de citoyens non-musulmans.

7. Allemagne

Plus de 70% de la population allemande dis avoir des sentiments et des attitudes négatifs envers la communauté musulmane dans le pays. Les politiques et les lois gouvernementales allemandes sont un peu anti-Islam. D’ailleurs, une approbation quasi-unanime a été donné au président allemand qui niait que l’Islam fasse partie intégrante de l’Allemagne.

8. Espagne

L’histoire de l’Espagne est remplie de haine pour l’Islam. Le pays a connu une grande immigration musulmane au fil des ans. Cependant , depuis les années 1970, le pays a imposé une politique d’immigration stricte limitant aux musulmans l’entrée dans le pays. La population musulmane en Espagne comprend maintenant principalement des ressortissants espagnols. Étonnamment , on a observé la croissance de la population musulmane par le biais des conversions à l’Islam.

Pendant ce temps, les politiques gouvernementales et les attitudes locales envers les musulmans indiquent toujours que l’islamophobie règne dans le pays .

9. Belgique

Le pays ne consiste pas en une vaste population de musulmans. Ceux-ci ne constituent qu’environ 5% de la population totale de la Belgique. Cependant, les sentiments anti - musulmans ne cessent de se développer dans la région. Des manifestations anti-Islam ont été observées dans le pays, en dépit de l’interdiction du gouvernement.

La clémence envers les manifestants est une preuve claire du racisme envers les musulmans. On rapporte que des femmes musulmanes portant le foulard ou le voile ont été insulté en public.

10. Ukraine

Le pays a traversé une crise politique et, par conséquent , limité ses politiques d’immigration. Les musulmans font face aux conséquences de ces limitations. La présence et la réussite de « pegida » (un groupe anti-Islam), suggère que les ukrainiens n’ont pas les musulmans dans leur cœur..

sources : Insidermonkey


bien sûr, pour certains "camarades marxistes" et "compagnons anarchistes" (français), ça ne vaut rien, puisque "l'islamophobie" n'est qu'une ruse de la raison de capital : mettant en cause, parfois à juste titre quand le débat est théorique, la pertinence du concept d'islamophobie, ils en viennent à nier le fait, quel que soit le nom qu'on lui donne. Alors ils s'en prennent à tout discours "anti-islamophobie", et se retrouvent sur le terrain de l'État, avec les mêmes adversaires privilégiés : encore un exploit ultra-gauchiste anarcho-marxiste !

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