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 ENFANTS au TRAVAIL dans le monde

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MessageSujet: Re: ENFANTS au TRAVAIL dans le monde   Lun 1 Fév - 13:27


Alerte ! Plus de 10 000 enfants réfugiés ont probablement disparu depuis leur arrivée en Europe. Un chiffre effrayant fourni par Europol qui pointe du doigt le fait qu'une partie d'entre eux seraient très vraisemblablement entre les mains des trafiquants et criminels d'enfants…


Désirée de Lamarzelle a écrit:
« Il n'est pas déraisonnable d'affirmer que nous recherchons plus de 10 000 enfants réfugiés. Même s'ils ne sont pas tous exploités à des fins criminelles, car certains peuvent être chez d'autres membres de leur famille, ils n'ont pas été encore retrouvés. » a déclaré Brian Donald le responsable d’Europol à l'hebdomadaire britannique The Observer.  

Un constat très alarmant de la part de la police criminelle intergouvernementale chargée de faciliter l'échange de renseignements entre polices nationales.

"Nous ne savons pas où ils sont, ce qu'ils font et avec qui ils sont" a ajouté Brian Donald.

Des disparitions comptabilisées à partir du recensement effectué par les pays européens sur les 18 à 24 derniers mois et disponibles publiquement sur le site Internet d'Europol. Avec une première répartition géographique des "volatilisations" de ces enfants puisque la moitié -soit 5000 enfants- auraient disparu en Italie et 1000 autres d’entre eux en Suède.

Exploités à des fins criminelles

Rappelons que sur le million de migrants arrivés en Europe en 2015, 27 % sont des enfants. La situation extrêmement précaire de ces migrants illégaux va de pair avec une recrudescence de l'exploitation par le travail mais aussi d'activités liées au commerce du sexe. Un montée de la criminalité pour exploitation des migrants a été en effet grandement observée ces 18 derniers mois en Europe.

Très récemment des organisations travaillant sur la "Route des Balkans" auraient indiqué à Europol une forte exploitation d'enfants migrants par des groupes criminels connus pour leurs activités de traite d’êtres humains…


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MessageSujet: Re: ENFANTS au TRAVAIL dans le monde   Jeu 10 Mar - 8:38



Pour la CNCDH, la France ne s'est pas dotée
d'une véritable politique de lutte contre la traite des êtres humains.

afp.com/Remy Gabalda

Citation :
Selon un rapport de la Commission nationale consultative des droits de l'Homme, la France ne lutte pas suffisamment contre la traite des êtres humains. L'institution rappelle que le fléau ne se limite pas à la prostitution mais à toute forme d'exploitation.

Adultes ou enfants contraints de se prostituer, esclaves domestiques, migrants exploités dans des ateliers clandestins, mineurs contraints à la mendicité ou à la délinquance pour le compte d'autrui... La traite des êtres humains recouvre des réalités très diverses et la France ne lutte pas suffisamment contre ce fléau, alerte la Commission nationale consultative des droits de l'Homme (CNCDH) dans un rapport publié ce jeudi.

Selon l'institution, le sujet est encore mal connu parmi les Français, qui ont tendance à croire qu'il se limite à la prostitution. "Si l'exploitation sexuelle est une forme importante d'exploitation, elle ne recouvre pas l'ensemble des phénomènes", insiste la CNCDH, composée de 64 représentants syndicaux, associatifs ou personnalités qualifiées.

"Loin des idées reçues, l'esclavage moderne existe dans notre pays, de même que le travail forcé de personnes vulnérables, et que nombre d'enfants et d'adolescents sont contraints à mendier ou à voler". Or, "la France n'est toujours pas dotée d'une politique publique à part entière de lutte contre la traite et l'exploitation des êtres humains", dénonce l'institution.

Les mineurs sont toujours des "victimes"

Un plan d'action national a certes été lancé en 2014, qui a confié à la CNCDH le mandat de rapporteur national indépendant. Mais "bon nombre de mesures n'ont à ce jour pas été mises en place", estime cette dernière.

Pour la CNCDH, pour faire évoluer la situation, les pouvoirs publics doivent mener et financer des actions coordonnées, en poursuivant les auteurs de la traite et démantelant les réseaux, et en protégeant et prenant en charge les victimes, en particulier les mineurs qui "doivent toujours être considérés comme victimes, et non comme 'délinquants' ou 'migrants irréguliers'".

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MessageSujet: Re: ENFANTS au TRAVAIL dans le monde   Lun 13 Juin - 17:18


Le nombre de Palestiniens travaillant alors qu’ils n’ont qu’entre 10 à 17 ans a doublé en cinq ans dans la bande de Gaza.


Karam et son frère Moustapha ramassent des objets en plastique dans la bande de Gaza
AFP/Mahmoud Hams

Citation :
Avant, Walid était un bon élève. Aujourd’hui, ce garçonnet palestinien de la bande de Gaza passe ses journées à récolter des débris dans les maisons détruites par les guerres avec Israël et les revend contre une poignée de shekels. Avec un père au chômage depuis des années et trois frères et sœurs, Walid fait ce qu’il peut pour nourrir chichement sa famille, alors même qu’il n’a que 11 ans. Toute la journée, bravant un soleil de plomb ou un vent violent, il parcourt les décombres des maisons détruites. Walid collecte « des pierres, des morceaux de métal, de béton et de plastique », revendus à des entreprises qui les recycleront en matériaux de construction.

Le monde observe dimanche la Journée contre le travail des enfants. Les chiffres restent beaucoup trop élevés, mais le nombre global d’enfants contraints de travailler a diminué de 246 millions en 2000 à 168 millions aujourd’hui, selon l’Organisation internationale du travail. Dans la bande de Gaza, c’est le contraire : le nombre de Palestiniens âgés de 10 à 17 ans travaillant a doublé en cinq ans pour atteindre 9 700, selon les chiffres officiels palestiniens.

Près de la moitié du 1,9 million d’habitants de ce territoire palestinien vit sous le seuil de pauvreté. Trois guerres en six ans ont ravagé l’étroite enclave coincée entre Israël, l’Égypte et la Méditerranée. Les blocus imposés par Israël depuis 10 ans et l’Égypte depuis trois ans étouffent le territoire. 80 % de la population est tributaire de l’aide humanitaire et le taux de chômage, proche de 45 %, est l’un des plus élevés au monde.

Âgés d’à peine 5 ans

À 12 ans, Ibrahim Ghaben a lui aussi arrêté l’école. Cela fait deux ans que ce frêle garçon aux yeux et cheveux bruns va régulièrement ramasser des débris pour faire vivre les neuf membres de sa famille. Le plomb des balles tirées par l’armée israélienne est une matière première appréciée. Avec d’autres enfants, Walid et Ibrahim hantent les quartiers détruits de leur localité de Beit Lahya, et sont les premiers à investir les lieux après chacune des offensives israéliennes, pour grappiller une vingtaine de shekels (cinq euros environ).

« La majorité des enfants qui travaillent le font dans les quartiers le long de la frontière, qui sont les zones les plus pauvres » de la bande de Gaza, dit Aïda Kassab, psychologue au Programme de Gaza pour la santé mentale. Parmi les risques de cette économie de survie, Ibrahim, qui a l’air plus jeune que les garçons de 12 ans, raconte avoir essuyé des tirs un jour qu’il fourrageait trop près des tours de béton surmontant la barrière de sécurité israélienne qui enferme hermétiquement la bande de Gaza.

Mis à part les projectiles israéliens, Ibrahim, Walid et les autres enfants font face à un danger plus sournois mais permanent. « Ces enfants, parfois âgés d’à peine cinq ans, sont obligés d’effectuer des travaux difficiles qui ne conviennent ni à leur capacité physique ni à leur situation psychologique », s’émeut Mme Kassab.

Abus

Akram Saïd, 14 ans, a passé des années à travailler dans ces collectes ingrates. Lui non plus ne va pas à l’école mais veut désormais « apprendre un métier utile » pour aider ses quatre frères et sœurs et ses parents chômeurs. Il s’est tourné vers Terre des hommes, une ONG qui aide des familles à rescolariser leurs enfants ou les mineurs à se lancer dans une formation professionnelle.

« Le phénomène du travail des enfants reflète la situation économique et sociale de la bande de Gaza »,
dit Khitam Abou Hamad qui dirige ce projet. Bien des abus sont permis : certains enfants sont parfois « payés 20 shekels pour 12 heures de travail par jour », explique Iyad Abou Houjayr, du Centre palestinien pour la démocratie et la résolution des conflits, une ONG qui apporte un soutien psychosocial aux familles les plus démunies.

« La loi palestinienne interdit le travail des enfants de moins de 15 ans », poursuit M. Abou Houjayr. Mais « elle est très peu appliquée » dans un tel marasme. Les divisions entre le Hamas qui dirige Gaza et l’Autorité palestinienne qui siège en Cisjordanie compliquent encore la tâche de la justice. La situation ne fait qu’empirer à chaque nouveau conflit, déplore Hyam al-Jarjaoui, en charge de la question des enfants au ministère des Affaires sociales. « Plus la pauvreté augmente, plus les enfants travaillent. »



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MessageSujet: Re: ENFANTS au TRAVAIL dans le monde   Jeu 16 Juin - 19:03


Viols, prostitution, exploitation... L'enfer des enfants migrants en France

Jean-Frédéric Tronche L'OBS 16 juin 2016


Viols, prostitution, exploitation... L'enfer des enfants migrants en France. ©Laurence Geai/UNICEF France

Migrants : le sort des mineurs non accompagnés est alarmant. Les mineurs non accompagnés sont confrontés à de multiples risques. L'Unicef a enquêté.

Jean-Frédéric Tronche a écrit:
Les lois de la jungle ne sont pas faites pour les enfants. C’est le constat d’une étude publiée par l’Unicef France, menée sur les mineurs non accompagnés dans sept bidonvilles répartis dans trois départements du littoral de la Manche, à Calais, Grande-Synthe, Angres, Norrent Fontes, Steenvoorde, Tatinghem, et Cherbourg.

Au gré de 61 entretiens menés par des sociologues avec des enfants et des adolescents âgés de 11 à 17 ans, originaires d’Afghanistan, de Syrie, d’Egypte et d’une dizaine d’autres pays, le document intitulé "Ni sains ni saufs" dresse un terrible tableau de ces enfants-fantômes, livrés à tous les trafics, violences, travail forcé, viol et prostitution. Le tout, après s’être acquittés de sommes faramineuses (de 2.700 à 10.000 euros), avoir affronté les dangers de cette migration vers un illusoire Eldorado qui s’avère être des gourbis aux "conditions de vie dégradantes", nous rappelle ce rapport.

L'Unicef constate que "ce sont les violences auxquelles (les mineurs, dits MNE) sont exposés qui sont les plus préoccupantes : souvent contraints d’effectuer des tâches pour les passeurs, les enfants et les jeunes non accompagnés, de par leur fragilité, sont parmi les plus exposés aux violences", explique l’Unicef, qui ajoute : "Plusieurs éléments recueillis au cours de l’enquête mettent en évidence des situations qui relèvent de la traite des êtres humains."

Lorsque l’on sait que 61,6% des migrants rencontrés dans le cadre du Refugee Rights Project Data déclarent ne jamais se sentir en sécurité, on imagine aisément la situation des enfants et des ados.


Prostitution

C’est au sein même des bidonvilles que leur intégrité physique et psychologique est exposée. L’enquête fait état de violences sexuelles, "une menace continue pour les jeunes femmes et les jeunes garçons. Si toutes les jeunes mineures interviewées disent craindre de sortir le soir, lorsqu’il fait nuit, de peur de se faire violer, la prostitution concernerait directement environ une vingtaine de femmes sur Calais et quelques Vietnamiennes et Kurdes irakiennes à Grande-Synthe".

Ainsi, une femme témoigne :

"Toutes les filles reçoivent des propositions pour se prostituer, les plus faibles acceptent mais si tu refuses on ne t’oblige pas. Sauf si tu dois de l’argent."

D’autres éléments recueillis font état de prostitution dans les bars de la "jungle", avec des tarifs à 5 euros la passe. Le rapport de l’Unicef précisant encore que c’est avec le maigre pécule que leur rapporte ce trafic d’êtres humains qu’elles règlent leurs entrées sur les sites de Steenvoorde et Norrent Fontes.

Les jeunes femmes racontent que "celles qui se prostituent passent plus rapidement". L’ONG analyse :


Citation :
Il pourrait exister deux formes de prostitution des femmes migrantes : une forme 'résignée', exercée par quelques femmes afin d'accélérer leur passage lorsqu’elles se retrouvent bloquées, et une autre forme qui concerne des femmes exploitées et maltraitées par un réseau de traite. Concernant les garçons, (…) les mineurs afghans sont particulièrement exposés aux violences sexuelles.

Economie grise

C’est une "véritable économie grise" des jungles que décrit encore ce document. En vitrine, si l’on ose dire, des restaurants, hammams, boulangeries, salons de coiffure et supérettes, notamment à Calais. Or, concluent les auteurs de l’enquête - Olivier Peyroux, Alexandre Le Clève et Evangéline Masson Diez - "tous les sites fonctionnent avec un système parallèle propice à l’exploitation des plus faibles et des enfants non accompagnés en particulier. Tout se paie et rien n’est gratuit".

Tel un système carcéral où des enfants cohabiteraient avec des majeurs, "pour obtenir une protection ou gagner quelques euros, un mineur va faire la corvée d’eau, revendre au noir au marché de nuit ce qu’il a récupéré en distribution, faire la queue à la douche pour un majeur, faire le ménage du container où il est hébergé". Mais ils sont bien cachés, loin de nos yeux, derrière le voile impudique des baraques bringuebalantes.



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MessageSujet: Re: ENFANTS au TRAVAIL dans le monde   Sam 9 Juil - 8:22



Deux jeunes filles posant avec du granit sur leur tête dans la carrière de Pissy,
à l’ouest de Ouagadougou, le 10 juin 2016

Citation :
Deux garçons de 7 ans, la peau et les vêtements blanchis par la poussière, remplissent des gobelets de petits cailloux. L’un d’entre eux se lève, marteau à la main, et s’attaque à un tas de pierres aussi grand que lui. L’air est irrespirable, des pneus brûlent pour aider à briser le granit récalcitrant. Son enfance, il la passe à casser la roche dans une carrière à ciel ouvert non loin de Ouagadougou, la capitale.

Le cas de ces mineurs est loin d’être une exception au Burkina Faso. Orpailleurs, vendeurs ambulants, travailleurs dans les champs de coton… Selon l’Enquête nationale sur le travail des enfants (ENTE, 2006), environ 60 % des jeunes de 5 à 17 ans exercent une activité économique dans ce pays sahélien de 16,9 millions d’habitants, où près de la moitié de la population vit avec moins d’un euro par jour.


Une jeune femme travaillant au fond dans la carrière de Pissy, à l’ouest de Ouagadougou, le 4 juin 2016  i
Comme Amy et sa sœur, 15 et 14 ans, ils sont des dizaines d’enfants à trimer dans la carrière de Pissy, un quartier populaire à l’ouest de la capitale. « On vient à deux sur le vélo. Le trajet dure plus d’une heure », explique Amy. Au bout du parcours, huit heures de travail par jour les attendent, six jours sur sept.

Dès l’aube, un millier de personnes, chaussées pour la plupart de tongs ou de sandales, s’enfoncent dans le cratère dont les bas-fonds sinueux et glissants prennent des allures de fourmilière. Une fois chargés, ils remontent un chemin ardu, avec sur la tête un plateau lourd de dizaines de kilos de granit, qu’ils revendent 300 francs CFA (45 centimes d’euro) l’unité. Des femmes courbées en deux, enfant sur le dos, brisent le granit dont certains éclats perdus atterrissent dans leurs yeux abîmés.

Tous travaillent à leur compte et gagnent en moyenne un à deux euros par jour. Sorti de la carrière, ce granit sert à construire des bâtiments, des maisons, des routes.

Poussière et gaz toxiques

« Vous avez des médicaments ? », demande la jeune Némata. L’ongle de son index est violet, le doigt enflé. « C’est le marteau… », explique la fillette de 12 ans, qui se met à tousser. L’air est saturé de poussière et de gaz toxiques s’échappant de pneus brûlés, utilisés pour fragiliser la pierre. Autour d’elle, aucun des jeunes travailleurs ne porte de gants ou de masque de protection.


Un jeune garçon brisant la pierre dans la carrière de Passy, près de Ouagadougou, le 21 décembre 2015  i
Les travailleurs de la carrière risquent des maladies pulmonaires comme l’asthme ou la tuberculose dans les cas extrêmes, explique Dr Boureima Koumbem, du service de pneumologie du CHU Yalgado à Ouagadougou. « Ils sont exposés à une pneumoconiose, leurs poumons sont envahis par des poussières minérales. Ce sont des maladies silencieuses. Ces personnes sont sous-oxygénées toute leur vie, parfois sans le savoir… » Un enfant sur quatre exerçant une activité économique dans le pays est assigné à des tâches dangereuses, selon l’ENTE.

Amy déverse son plateau de granit sur « sa » pyramide de pierres. Ici, chaque famille dispose d’une parcelle depuis des années, quand les Français ont quitté ce qui était à l’époque la Haute-Volta.

« Payer les cahiers »

Les enfants viennent prêter main-forte à leur mère, leur père ou leur tutrice pour augmenter les revenus ou subvenir à leurs besoins. C’est le cas de Némata, orpheline de père, et d’Amy, toutes deux scolarisées au collège. Elles aident leurs familles pendant les vacances scolaires « pour payer les cahiers », dit Némata. Pour « aider à payer l’école », renchérit Amy.

Seuls deux enfants sur cinq sont scolarisés au Burkina, selon le BIT (Bureau international du travail). Et quand ils le sont, la qualité de l’enseignement laisse souvent à désirer. Classes surchargées, conditions d’études difficiles… Les enfants qui quittent le système pour gagner un peu d’argent sont légion.

Avec son programme national de lutte contre le travail des enfants dans les sites d’orpaillage et les carrières artisanales, le ministère de l’action sociale ambitionne de réinsérer 80 % des enfants travailleurs via des formations dans des ateliers, en les scolarisant ou en ouvrant des écoles proches des sites miniers. Mais faute de financement, ce projet sur cinq ans, évalué à environ 26 milliards de francs CFA (40 millions d’euros) et adopté en Conseil des ministres en septembre, est toujours au point mort.

Pour Alizetta Korgo, les raisons économiques n’expliquent toutefois pas à elles seules le travail des enfants. La pression sociale joue aussi, souligne cette membre de la Fondation pour l’étude et la promotion des droits humains en Afrique (Fepdha) : « Si tu es un enfant, que tu vas à l’école et que tu n’aides pas ta famille, tu es mal vu par la société, on te traite de paresseux », soupire-t-elle.

Le lieu de travail devient alors le substitut de l’école et cette carrière du « pays des hommes intègres » se transforme en terrain d’apprentissage autonome pour des enfants dont les mains meurtries se confondent bientôt avec celles des adultes.


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