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 CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 13 Fév - 12:43



aciérie : assez ri



La Chine dissout l’acier européen Lise Jolly 13 février 2016


Usine fabriquant des roues en acier, située à Maanshan en Chine
© Maxppp

Lundi aura lieu à Bruxelles une grande marche à l’instigation de l’association AEGIS Europe, un groupement d’une quarantaine d’industries européennes. L’objectif de cette marche, c’est de s’opposer à l’obtention par la Chine du statut d’économie de marché avec en toile de fond la survie de l’acier européen…


Citation :
Et le temps presse car la question doit être réglée d’ici à la fin de l’année. Souvenez-vous, la Chine est entrée dans l’organisation mondiale du commerce en 2001, mais n’a pas obtenu ce statut d’économie de marché. Elle avait 15 ans pour se mettre en conformité avec les règles de l’OMC pour ne plus être une économie en transition comme le sont une dizaine d’autres pays tels que l’Ukraine ou le Kirghizstan.

Aujourd’hui il s’agit donc de savoir où en est la Chine ? Certains experts considèrent qu’elle est loin de remplir tous les critères. L’État est toujours omniprésent dans l’économie chinoise, le droit comptable n’est pas encore conforme, en matière de propriété, de faillite et dans le secteur financier, ça n’est pas ça non plus. Sans parler du dumping, qui existe encore, même s’il a diminué par rapport au début des années 2 000. Ce dumping représente le principal risque pour l’économie européenne dans certains secteurs.

L’acier au cœur des inquiétudes

L’acier chinois inonde nos marchés et tue nos entreprises européennes, deuxièmes productrices d’acier au Monde avec 177 millions de tonnes par an. Mais aujourd’hui en Europe, il y a d’autres Florange, par exemple en Angleterre, avec SSI, 1.700 postes supprimés dans le nord du pays, ou Caparo Industries, en redressement judiciaire. Arcelor Mittal, qui a déjà perdu plus d’un milliard et 22 % de son chiffre d’affaire, tire la sonnette d’alarme.

La Chine produit aujourd’hui la moitié de l’acier mondial contre 10% dans les années 2 000

Un acier dont elle ne sait que faire aujourd’hui en raison de son ralentissement économique et qu’elle déverse sur la planète et notamment sur l’Europe, à prix cassés.

Les importations d’acier chinois ont grimpé de 40 % à l’automne dernier dans l’Union. Mittal dénonce ce dumping chinois qui asphyxie les industries européennes. Macron l’avait fait aussi en fin d’année chez nous. Une commission compétitivité s’est réunie à Bruxelles en début de semaine au chevet de l’acier européen moribond et sept ministres de l’économie ont adressé une mise en garde à l’union et au conseil.


Un statut risqué pour l’Europe

Pour Aegis, le mouvement à l’origine de la marche qui aura lieu lundi, à Bruxelles, ce statut d’économie de marché ferait sauter toutes les mesures anti-dumping appliquées à la Chine aujourd’hui, c’est-à-dire des droits de douanes plus élevés pour pratique déloyale.
La Chine fait l’objet de 32 mesures de ce type et de 22 enquêtes. Si elle obtenait ce statut comme le lui ont déjà accordé la Malaisie, Singapour et la Nouvelle Zélande, il faudrait compter, toujours selon Aegis, avec un manque à gagner de 228 milliards d’euros de PIB et 3 millions et demi d’emplois supprimés dans l’Union. Cela toucherait aussi le secteur de la céramique, du verre, et de l’aluminium.


Le Brésil, le Canada et surtout les États-Unis ont dit non à la Chine

Pas question de lui octroyer automatiquement ce statut qu’elle convoite pour redorer son blason dans le monde. L’Europe, elle, s’interroge encore car si la Chine n’a pas ce qu’elle veut, acceptera- t-elle encore de financer le fameux plan de relance de Jean-Claude Juncker qui devait booster la reprise européenne et qui est toujours au point mort ou presque. Réponse en décembre prochain.

écouter l’émission disponible jusqu'au 08/11/2018


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mar 1 Mar - 12:36


Le krach chinois : les balbutiements de l’économie de transition

Échanges n°153
R. R. (gongchao.org ) septembre 2015
(traduit de l’anglais par A. G.)

NOTES

(1) Cet article a commencé, au début septembre 2015, comme un entetien avec le site italien www.infoaut.org [www.infoaut.org/index.php/blog/approfondimenti/item/15426-crashing-stocks-la-trasformazione-cinese-arriva-ad-un-punto-di-svolta]. Les versions anglaise et italienne peuvent se trouver sur : (gongchao.org

.
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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Jeu 3 Mar - 14:46





en Chine, je me garderais de tout pronostic hâtif, pour deux raisons au moins :

- en terme de démographie, il faut diviser par 20 les chiffres pour avoir une idée comparable à la France, ou alors comparer à l'Europe, la moitié de la population chinoise. 6 millions de licenciements en Chine, est-ce plus qu'en Europe ? Le taux de chômage officiel est de 4% en Chine, de en Europe de 10%, sans qu'on sache quels sont les chiffres les plus faux

- la pollution industrielle est à un niveau alarmant pour des centaines de millions de Chinois

en termes de luttes, dans quel sens cela ira-t-il ? Certes elles augmentent, et se heurtent à la répression, mais restent massivement revendicatives : allant vers la constitution de syndicats "indépendants ?" De qui ?






Charbon, construction navale, cimenterie...
Au total, sept secteurs industriels seront touchés par ce plan de licenciements massif

Crédits Photo: © Kim Kyung Hoon / Reuters

Confronté à un ralentissement de sa croissance économique, l'Empire du Milieu désire licencier plusieurs millions de personnes, selon l'agence de presse Reuters. Un plan majeur qui devrait s'étaler sur les trois prochaines années.


Citation :
Le taux de chômage en Chine va-t-il grimper de façon significative? Le gouvernement chinois prévoit en effet de licencier 5 à 6 millions de personnes, sur les trois prochaines années, selon l'agence de presse Reuters, qui cite deux sources proches de l'exécutif. Un programme qui s'inscrirait dans le cadre du treizième plan quinquennal, destiné à tracer les grandes lignes des politiques et priorités de l'économie chinoise de 2016 à 2020. Pour Agatha Kratz, chercheuse à l'ECFR (Conseil européen des relations internationales), « ce plan constitue une aubaine pour relancer l'économie chinoise ».

De fait, la Chine a enregistré en 2015 sa croissance la plus faible depuis un quart de siècle. La seconde économie mondiale a vu son PIB croître de 6,9%, contre 7,3% l'année précédente. Certains économistes estiment même que ces chiffres sont largement surévalués.

Industrie navale, BTP, charbon... Sept secteurs industriels dans le viseur

Pour redynamiser l'Empire du Milieu, le plan massif de licenciements vise les entreprises dites “zombies”, c'est-à-dire les entreprises publiques déficitaires maintenues artificiellement par l'Etat et les banques publiques chinoises. « L'émergence de ces entreprises “zombies” résulte avant tout d'un ralentissement du marché immobilier: il n'y a plus besoin de construire autant de logements qu'auparavant », explique l'économiste au Figaro. « En l'absence de débouchés pour leur production, maintenir ces entreprises à flot contribue surtout à augmenter l'endettement chinois, et à capter des ressources importantes, lesquelles pourraient être mieux utilisées dans d'autres secteurs ». Résultat, cinq secteurs industriels affiliés au BTP sont aujourd'hui menacés.



1,8 million d'emplois dans les industries houillères et sidérurgiques
devraient disparaître, selon le gouvernement chinois. Crédits

Photo: © Reuters Photographer


Mais les objectifs du gouvernement sont beaucoup plus larges et devraient affecter sept industries au total, dont la construction navale et le charbon. « L'industrie navale est directement touchée par la baisse de la demande mondiale », soutient Agatha Kratz. « Le secteur du charbon se trouve aussi en situation de surcapacité, non seulement en raison du ralentissement soudain de la demande d'électricité dans le pays, mais également pour des raisons politiques, puisque le gouvernement chinois s'est engagé à baisser ses émissions de gaz à effet de serre ». Pour limiter sa production, le gouvernement a déjà échafaudé un plan: diminuer la production de charbon de 500 millions de tonnes, sur trois à cinq ans.

Une hausse de la contestation sociale?

Il pourrait bien s'agir du plan de suppressions de postes le plus ambitieux, depuis la fin des années 1990. La restructuration des entreprises d'Etat entre 1998 et 2003 avait entraîné le licenciement de 28 millions de salariés. Les autorités avaient alors mobilisé plus de 73,1 milliards de yuans pour assurer leur réinsertion, soit 11,2 milliards de dollars.

Dans un premier temps, Pékin a indiqué qu'il s'attendait ainsi à la disparition de 1,8 million d'emplois dans les industries houillères et sidérurgiques, sans pour autant en préciser le calendrier. Mais avec cinq à six millions de chômeurs, la Chine doit-elle s'attendre à une montée de la contestation sociale ? « Le mécontentement risque d'être plus fort que lors des réformes de 1997-2003, car les opportunités de reclassement sont moins nombreuses qu'auparavant. Pour autant, la Chine est un Etat qui maintient un contrôle fort sur sa population, et sur les mouvements sociaux », nuance la chercheuse spécialisée en économie chinoise.

Poursuivre la libéralisation de l'économie

Pour Agatha Kratz, toute la problématique réside dans la capacité de la Chine à reclasser les futurs chômeurs. « Le gouvernement a indiqué qu'il débloquerait 14 milliards d'euros sur les deux prochaines années pour la réinsertion des employés licenciés dans des secteurs comme la sidérurgie », indique l'économiste. « Mais aucun détail n'a encore été communiqué concernant l'allocation de ces fonds ».



En 2014, 82 millions de Chinois vivaient sous le seuil de pauvreté, selon Pékin
Crédits Photo: STR / AFP


Si ce plan massif de licenciements risque de fragiliser la société chinoise, il pourrait, à terme, constituer «une véritable aubaine» pour l'Empire du milieu. «On peut espérer que ce plan de réduction de la surcapacité, et de restructuration des entreprises d'Etat, va inciter les Banques publiques chinoises à investir dans des secteurs plus risqués et plus prometteurs pour l'économie chinoise», espère Agatha Kratz. Est-ce pour autant le seul levier pour redynamiser la croissance économique chinoise? Aux yeux de la chercheuse, Pékin doit surtout poursuivre ses efforts pour libéraliser l'économie. Reste à savoir si, dans le cadre du treizième plan quinquennal qui sera entériné ce samedi, l'exécutif fera des efforts dans ce sens.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 5 Mar - 17:10


une analyse programmatiste typique de l'universalisme prolétarien

en elle-même, analyse non dénuée d'intérêt, mais dont on appréciera la chute, pur plusieurs raisons : la survivance du dogme du programme ouvrier "internationaliste", la nécessité d'u grand parti d'avant-garde (chacun le sien), mais aussi le non surprenant accord sur l'attente de la crise démiurge pour déclencher la révolution, avec les thèses sur la communisation...

pour les aspects plus théoriques de cet accord général de la théorie de la communisation avec ce qu'ils considèrent à juste titre comme les fossiles, ou dinosaures du programmatisme ouvrier, autour de l'universalisme prolétarien, voir le communisme n'est pas l'universalisme prolétarien, à partir du 21 février dans CRITIQUE DÉCOLONIALE et THÉORISATIONS COMMUNISTES : remises en perspectives révolutionnaires


C’est là la signification de la croissance massive de la classe ouvrière internationale au cours des dernières trois décennies, le résultat de la mondialisation de la production capitaliste. Cela comprend une augmentation entre 2000 et 2010 de 265 millions de nouveaux travailleurs rien qu’en Chine, au Brésil et en Inde.
L'énorme force objective de la classe ouvrière, cependant, ne peut se réaliser qu’à travers une lutte politique pour son unification sur un programme socialiste international, supportée par la construction du Comité international de la Quatrième Internationale, le parti mondial de la révolution socialiste



World Socialist Web Site
Publié par le Comité international de la Quatrième Internationale (CIQI)


Chine et Brésil: deux manifestations d’un effondrement du capitalisme qui s’aggrave Nick Beams 5 mars 2016

Suite à la crise financière mondiale de 2008 et au ralentissement rapide de l'économie mondiale en 2009, divers économistes et experts bourgeois ont avancé l'idée que les économies dites BRICS – Brésil, Russie, Chine, Inde et Afrique du Sud – pouvaient constituer une nouvelle base pour l'expansion du capitalisme mondial.

Citation :
Les derniers vestiges de ce mythe se sont effondrés cette semaine avec l’information que le gouvernement chinois envisageait de supprimer des millions d'emplois dans les industries de base qui souffrent de vastes surcapacités, et que le Brésil était entré dans une récession, la plus profonde contraction peut-être de son histoire.

L'affirmation que le groupe BRICS, des pays à revenu faible et moyen en proie à des problèmes de retard économique et dominés par les centres du capital financier impérialiste, pourrait en quelque sorte permettre une nouvelle avancée au capitalisme mondial n'a jamais été que de l’économie-fiction.

Cette fiction a pu être maintenue pour une courte période par le plan de relance initié par le gouvernement chinois, comprenant des dépenses publiques de 500 milliards de dollars, et l’expansion du crédit la plus rapide de l'histoire économique.

Le boom chinois de la construction et l'expansion de la capacité industrielle ont fait monter le prix des matières premières et fourni un coup de pouce aux pays exportateurs de matières premières. Mais l'effondrement des produits dits du « supercycle », reflété le plus immédiatement dans la chute du prix du pétrole depuis 2014 et concernant toute la gamme des matières premières industrielles, combiné aux sorties de capitaux des « marchés émergents », a déclenché une vague de destruction économique.

En plus de la situation économique qui se détériore en Chine et au Brésil, la Russie est en récession suite à la chute des prix du pétrole. L’Afrique du Sud, frappée par la chute des prix des métaux et les réductions de milliers d'emplois dans l'industrie minière, devrait bientôt entrer en récession. L'Inde est toujours présentée comme un «point lumineux», avec des taux de croissance de plus de 7 pour cent, mais son économie est minée par des créances douteuses, la baisse des marchés d'exportation et la stagnation des salaires et des investissements privés.

La contraction du Brésil (3,8 pour cent pour 2015) s'accélère; les données publiées hier montrent que l'économie a baissé de 5,9 pour cent au quatrième trimestre de l'année par rapport à l’année précédente, alors que « l'ensemble des composantes de la demande interne a connu des baisses », selon l'agence de statistiques du pays. Le Brésil est en voie de subir la pire récession depuis le début des statistiques officielles, une autre contraction d'au moins 3 pour cent étant prévue pour cette année.

On ne peut saisir la pleine signification des annonces de la Chine et du Brésil si on les examine de façon isolée. Elles sont la manifestation de l'aggravation de la crise de l'économie capitaliste mondiale dans son ensemble et soulignent que l’effondrement commencé avec le krach de 2008 est entré dans une nouvelle étape.

L'effondrement total de l'économie mondiale dans le sillage de la pire crise financière depuis les années 1930 n'a été empêché que par l'injection par les banques centrales de milliers de milliards de dollars de liquidités dans le système financier, afin de soutenir les banques et les sociétés de crédit, ainsi que l'expansion économique de la Chine.

Ce processus s'est arrêté brusquement. A mesure que le « modèle de croissance » des BRICS se désintègre, les conditions apparaissent pour un autre désastre financier. L'ancien gouverneur de la Banque d'Angleterre Mervyn King a récemment averti que l'effondrement de 2008 avait été la « défaillance d'un système », et que sans une solution au « déséquilibre » dans l'économie mondiale, une nouvelle catastrophe était probable « plus tôt que tard ».

Au lieu d'un retour à des conditions dites « normales », le système financier est de plus en plus dysfonctionnel, le programme d’« assouplissement quantitatif » (c’est-à-dire l'inondation des marchés avec de l'argent) allant maintenant jusqu’à l'introduction de taux d'intérêt négatifs et de rendements négatifs sur les obligations.

Environ un quart du produit intérieur brut mondial est produit dans les pays qui connaissent des taux d'intérêt négatifs, suite à la décision de la Banque du Japon fin janvier de commencer à faire payer l'argent déposé auprès d'elle.

Au lieu d’être un stimulus pour le système financier, la décision prise par le Japon a jeté les marchés dans la tourmente. Il y a des préoccupations croissantes sur combien de temps les modèles d'affaires des grandes banques, fonds de pension et compagnies d'assurance, qui investissent dans des titres gouvernementaux, peuvent rester viables dans ce que le Financial Times a caractérisée comme « Le pays du rêve » des taux négatifs. « Les investisseurs sont censés acheter des obligations super-sûres pour éviter le risque de faire des pertes sur des paris plus risqués. Maintenant, ils font la queue pour faire une perte garantie sur ce papier super-sûr, » a noté ce journal.

L’aggravation de la crise économique et financière engendre des bouleversements politiques violents. Cette semaine, suite à de nouvelle preuves de déflation et de stagnation continue et à une sortie possible de la Grande-Bretagne de l'UE, les économistes du Crédit Suisse ont averti dans une note de recherche intitulée « Close to the Edge » (Au bord du précipice) que la récession en Europe pourrait engendrer l'effondrement de la zone euro. « Si la zone euro devait retomber de nouveau dans la récession, il n’est pas sûr qu'elle durerait, » ont-ils dit.

En Amérique latine, la spirale descendante de l'économie brésilienne fait partie du naufrage du « virage à gauche» de la politique bourgeoise, qui dépendait des exportations vers la Chine. Aux Etats - Unis, l'aggravation de la crise du système économique et politique a conduit à l'émergence d'un politicien fascisant, Donald Trump, comme principal candidat à la présidentielle du Parti républicain.

La faillite totale de l'ordre capitaliste n’est nulle part exprimée de façon plus marquante qu'en Chine. Le régime stalinien chinois avait promis que la restauration du capitalisme ouvrirait la voie à « la montée pacifique » du pays et surmonterait les séquelles de décennies de retard économique. Son programme a tourné à la catastrophe.

D'une part, la croissance économique de la Chine l’a placée directement dans le collimateur du mastodonte militaire américain, qui considère son ascension comme une menace à la domination politique et militaire américaine. D'autre part, le capitalisme chinois n'a pas de « caractéristiques particulières » mais s’avère être affligé des mêmes contradictions que le système dans son ensemble; à présent celles-ci menacent directement les emplois et les moyens de subsistance de centaines de millions de gens.

Comme l’a démontré la réunion du G-20 le week-end dernier, la bourgeoisie et toutes ses agences n’ont pas de solution économique à la crise grandissante. Au lieu d’une collaboration face à l’accumulation des problèmes, le système capitaliste mondial dans son ensemble se caractérise par des conflits de plus en plus acharnés. Mais il y a une chose sur laquelle ils sont d' accord: que la classe ouvrière doive payer pour le chaos du système auquel ils président.

Il n'y a pas de solution à l'effondrement économique dans le cadre de l'ordre politique actuel. Le capitalisme mondial se dirige vers une catastrophe, un fait de plus en plus reconnu même dans les milieux économiques et politiques dirigeants. Mais comme l'expliquait Marx, jamais un problème ne se produit dans le cours du développement humain, sans qu’il y ait en même temps émergence des conditions matérielles pour sa résolution.

C’est là la signification de la croissance massive de la classe ouvrière internationale au cours des dernières trois décennies, le résultat de la mondialisation de la production capitaliste. Cela comprend une augmentation entre 2000 et 2010 de 265 millions de nouveaux travailleurs rien qu’en Chine, au Brésil et en Inde. L'énorme force objective de la classe ouvrière, cependant, ne peut se réaliser qu’à travers une lutte politique pour son unification sur un programme socialiste international, supportée par la construction du Comité international de la Quatrième Internationale, le parti mondial de la révolution socialiste

(Article paru en anglais le 4 mars 2016)


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Dim 1 Mai - 8:43



des millions de travailleurs chinois impayés

Millions of Chinese workers go unpaid amid economic slowdown James Griffiths, CNN May 1, 2016

Citation :
Hong Kong (CNN) — China's millions of migrant workers are bearing the brunt of the country's ongoing economic slowdown as strikes and worker protests reach record levels, new statistics reveal.

According to the most recent annual report from China's National Bureau of Statistics, more than 2.7 million migrant workers — around 1% of the total — weren't paid on time last year, the highest number in five years.

In the same period, China saw more than 2,700 strikes and protests, more than double the number the year before, according to China Labor Bulletin (CLB), a Hong Kong-based rights monitor.

As the country marks International Workers' Day on May 1, the number of strikes and protests this year has already passed a thousand, and looks set to climb much higher. The government has announced plans to cut more than 1.8 million jobs in state-run coal and steel industries.

Private employers have also been laying off workers as the country's economic growth slows to its lowest rate in years.


"The basic trends have been clear for months now," says Eli Friedman, editor of the English-language edition of "China on Strike: Narratives of Worker Resistance."

"No question that as this restructuring takes place that there's going to be more of this kind of protest."

Despite there being 277 million migrant workers across the country, their stories are often ignored, says Friedman. "Many well-educated urban people in China know very little about migrant workers."

Originally published by an underground press in Chinese in 2012, the book is a compilation of dozens of interviews with migrant factory workers in the manufacturing heartland of the Pearl River Delta, north of Hong Kong.

"One of the great things about these narratives is that it humanizes (migrant workers), "Friedman says, showing them not as a faceless mass producing iPhones or taking American jobs, but as "just normal people."


Labor protests and strikes are on the rise in China

Stories in the book include that of A'ju, a migrant worker in Guangdong province who took part in her first strike when she was just 17-years-old and went on to lead protests and walkouts over unfair dismissals.

"The most important thing was solidarity," she told the interviewer, adding that a significant factor in the protests was the young age of the workers, most of whom had no pressure from their families and were far more willing to stand up for their rights than older generations.

Another migrant worker, Xiaobei, led a successful mass strike at a factory in Shenzhen, after management cut overtime and slashed benefits in the run up to the Lunar New Year.

The impact of the strike was such that it even inspired neighboring factories to take their own action.

Reflecting on the strike, Xiaobei told the interviewer that "if we had gone on strike earlier, the boss would have raised our wages ages ago."

According to Friedman, understanding why Chinese workers, especially migrant workers, strike and protest is "something really important for understanding not just labor relations but political stability more broadly."






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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Dim 1 Mai - 11:27


Chine : 6 millions d’emplois menacés dans les mines et la sidérurgie

29 avril 2016  Stéphane Pambrun Jeune Afrique

Dans le cadre d'un vaste projet de restructuration économique, entre 5 et 6 millions d'emplois vont être supprimés dans les mines de charbon, la sidérurgie et l'industrie lourde
 

Transport de cendres de charbon près de Fuxin, important centre minier sur les hauts plateaux du Liaoning (Nord-Est).
© ZHANG PENG/LIGHTROCKET VIA GETTY IMAGES

Stéphane Pambrun a écrit:
À en croire un récent rapport gouvernemental, un millier de mines vont être fermées, et plus de 90 % des projets de construction de nouveaux sites d’extraction de charbon sont à l’arrêt. Officiellement, il s’agit de lutter contre la pollution en misant sur une énergie plus verte. Mais le véritable objectif est de soumettre à un régime drastique une industrie chinoise frappée d’obésité, de réduire la colossale surcapacité de la production industrielle.

Dans un premier temps, près de 1,5 million d’emplois devrait disparaître dans le secteur du charbon. Et 500 000 dans la sidérurgie. Au total, entre 5 et 6 millions de personnes sont concernées. Du jamais-vu depuis la grande vague de privatisations des années 1980.

Une catastrophe pour Shuangyashan, ville grise, pauvre, poussiéreuse et polluée de la province septentrionale du Heilongjiang. L’économie locale repose largement sur le charbon, comme en témoignent les innombrables terrils et mines hors d’âge qui parsèment le paysage. Un décor à la Germinal qui, ces dernières années, a inspiré plusieurs films (très) noirs.

Les villes minières affaiblies

Dans Blind Shaft (2003), des criminels assassinaient des mineurs de fond pour toucher l’argent des assurances. L’an dernier, Le Dragon noir, long-métrage documentaire de Zhao Liang évoquant la vie quotidienne des mineurs de fond, a contribué à sensibiliser l’opinion.

Depuis des décennies, le petit peuple silencieux des « gueules noires » est le moteur de la folle croissance chinoise. Et il en paie le prix. Chaque année, des milliers de mineurs perdent la vie, écrasés par l’effondrement d’une galerie ou soufflés par un coup de grisou. Manifestement, ils sont las de souffrir sans se plaindre.

Dans le Heilongjiang, une grève dure a été déclenchée pour réclamer le paiement d’arriérés de salaires. Les gueules noires, qui craignent que les restructurations en cours ne soient le prélude à leur licenciement, veulent solder les comptes avant la tempête.

Une vidéo obtenue par les agences de presse étrangères (et que nous avons pu visionner) montre des milliers de manifestants dans les rues de Shanghai, criant leur frustration devant le siège du Longmay Mining Holding Group, le géant local du charbon.

On y voit une femme âgée lancer à l’adresse d’un responsable : « Je suis à genoux, ma famille n’a pas de quoi manger ! » Et une autre hurler : « Comment pouvons-nous vivre ? » avant de s’effondrer et d’être évacuée par d’autres manifestants.

Les autorités sont placées devant un dilemme : comment réformer en profondeur la deuxième économie mondiale sans provoquer de troubles sociaux ? La chose étant à l’évidence impossible, elles ont recours, comme souvent, à la manière forte. Des dizaines de manifestants ont été arrêtés, d’autres battus en pleine rue par des policiers ou des gros bras au service des patrons.

L’objectif, c’est de faire peur

« L’objectif, c’est de faire peur, d’empêcher qu’une épidémie de contestation ne se propage à travers le pays. Compte tenu de la contraction de l’industrie et de la chute des prix du charbon, il est probable que les grèves se multiplient », commente Geoff Crothall, porte-parole de China Labour Bulletin, une ONG de Hongkong qui recense scrupuleusement les mouvements sociaux sur le continent – plus de deux cents par mois.

Minées par leur surcapacité de production, nombre de sociétés d’État ne sont plus rentables et ne survivent que grâce à l’endettement. Or la croissance chinoise est au plus bas depuis un quart de siècle. Passer d’un système fondé sur une production intensive à bas coût, énergivore et destinée prioritairement à l’exportation à un autre système jouant la carte de la consommation intérieure et générateur de valeur ajoutée est une opération à haut risque.

Les autorités comparent volontiers ces grands groupes archaïques où les mots de « rentabilité » et de « productivité » n’ont aucun sens à des « zombies ». Pour ne rien arranger, les exportations à bas prix ne permettent plus d’absorber les surplus de production de la sidérurgie.




Tangshan (7,1 millions d’habitants), dans le Hebei (Nord-Est), est la capitale chinoise de l’acier. Des centaines d’ouvriers licenciés y ont récemment manifesté devant des usines contraintes d’arrêter leur production. L’euphorie qui avait marqué les années 2000 n’est plus qu’un souvenir. Lentement mais sûrement, la région s’enfonce dans la crise.

Le groupe d’État Guofeng a fermé cette année l’un de ses sites de production en invoquant des « facteurs incontrôlables ». Quelque 4 000 salariés sont concernés. « J’ai une fille, je fais vivre ma famille, qu’est-ce que je vais devenir ? » se lamentait l’un d’eux sous l’œil d’une poignée de journalistes occidentaux.

Plusieurs manifestants, brandissant des exemplaires du code du travail, réclamaient le versement d’indemnités. L’accès au complexe industriel leur était fermement interdit par des policiers. Depuis, la zone est bouclée pour éviter toute mauvaise publicité…

D’importantes pertes dans le secteur de l’acier

Plombés par le recul de la demande intérieure et par la dégringolade des prix, beaucoup d’aciéristes doivent mettre la clef sous la porte. Selon la Fédération nationale du fer et de l’acier, les pertes cumulées des plus importants d’entre eux ont été l’an dernier multipliées par vingt-quatre par rapport à 2014. Plus de 13 milliards d’euros, le montant en est évidemment considérable.

Entre 2000 et 2014, la production d’acier, dopée par des investissements massifs, un gigantesque plan de relance, le boom du marché immobilier et l’urbanisation à tous crins, a été multipliée par sept pour atteindre 820 millions de tonnes par an. Soit la moitié de l’offre mondiale. Or c’est précisément en 2014 que la demande chinoise a brusquement fléchi.

Aujourd’hui, le décalage donne le vertige : la Chine pourrait sortir de ses usines jusqu’à 1,2 milliard de tonnes d’acier par an, alors que la demande nationale atteint laborieusement 700 millions de tonnes.

Pour écouler leurs surplus, les aciéristes tentent donc de multiplier leurs ventes à l’étranger. Non sans succès. En 2015, celles-ci ont atteint 100 millions de tonnes. Une bouffée d’oxygène pour eux, mais un choc pour le marché international.

Pour les ouvriers de Tangshan, l’avenir s’assombrit.

Le déferlement de cet acier à des prix défiant toute concurrence compromet en effet la fragile reprise européenne et américaine dans le secteur. Du coup, plusieurs pays de l’UE demandent l’instauration de taxes antidumping calquées sur celles déjà imposées par Washington.

Pour relancer la croissance, les Chinois misent aussi sur la « nouvelle route de la soie », autrement dit, la construction de routes, ponts, tunnels et autres infrastructures en Asie centrale, en Europe et au Moyen-Orient. Coût total de l’opération : 100 milliards de dollars. Un pari risqué, de l’avis de plusieurs experts.

Conscient du problème, Pékin a promis de réduire sensiblement (entre 100 et 150 millions de tonnes) ses capacités de production d’acier d’ici à 2020. Ce qui se traduira par la suppression de 500 000 emplois, chiffre considérable. À titre de comparaison, l’ensemble des pays de l’UE n’emploient dans la sidérurgie que 328 000 salariés.

En outre, cette nouvelle politique ne sera pas sans conséquences sur le secteur minier, le charbon étant depuis toujours utilisé pour faire tourner les aciéries géantes.

Pour les ouvriers de Tangshan, l’avenir s’assombrit. Eux, dont le salaire mensuel s’est envolé depuis les années 1990, passant de moins de 130 euros à un millier d’euros aujourd’hui, vont devoir réapprendre à se serrer la ceinture. « À l’usine, on nous disait : « aimez votre pays », explique Shao, un ouvrier. Mais mon enfant ne prendra bientôt plus qu’un seul repas par jour en raison de la hausse des prix alimentaires. Comment accepter ça ? »

Pour tous eux qui ont passé leur vie dans les hauts fourneaux du nord du pays ou les mines du Heilongjiang, la relance fondée sur les énergies propres, les hautes technologies et le secteur tertiaire offre décidément bien peu de perspectives.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Ven 13 Mai - 21:09



maquette Tanger Med II
© Copyright : DR

Citation :
Un mémorandum d'entente pour la création d’un parc industriel et résidentiel au Maroc a été signé avec le groupe Haite lors de la visite royale en Chine. Ce projet constitue une étape importante dans la concrétisation de la vision royale pour la région nord et qui se met en place depuis 2003.

C’est l’un des accords les plus stratégiques signés lors de la visite royale en Chine. Un mémorandum d’entente maroco-chinois a en effet été signé jeudi à Pékin, sous la présidence effective du souverain, pour le développement d’un parc industriel et résidentiel dans la région de Tanger.

Il a été signé par le ministre de l’Industrie, du commerce, de l’investissement et de l’économie numérique,Moulay Hafid Alamy, le Président de la région Tanger-Tétouan-Al Houceïma, Ilyas El Omari, et le Président d’un grand groupe chinois.

Au-delà d’un simple investissement, ce projet constitue surtout une composante essentielle de la vision royale pour le développement de la région du nord et une continuité pour le complexe portuaire constitué autour de Tanger Med, comme en témoigne cet extrait de son discours de février 2003: «Nous procédons aujourd’hui au lancement d’un des plus grands projets économiques de l’histoire de notre pays. Il s’agit du nouveau port Tanger-Méditerranée que Nous considérons comme le noyau d’un grand complexe portuaire, logistique, industriel, commercial et touristique».

C’est d’ailleurs sur la base de cette même vision que le projet s’est développé depuis cette date là, avec notamment l’extension du complexe portuaire à travers Tanger-Med II, le lancement de la «Grande plateforme industrielle» de Tanger-Med ou encore le développement rapide de ses zones franches, industrielles et logistiques.

Dans ce cadre, il y a lieu de rappeler que la zone logistique «Med Hub» est déjà opérationnelle depuis 2010, la première zone franche industrielle est complètement saturée, tandis que la «Zone industrielle automotive» adjacente lancée en 2012 a connu l’installation de grands projets industriels comme celui de Renault Tanger Méditerranée.

Un nouveau cap franchi

Aujourd’hui, c’est une nouvelle étape qui sera donc franchie avec la signature de ce mémorandum d’entente confirmant ainsi la vocation première de Tanger-Med. Elle consiste en le développement de l’industrie, la création de la richesse et le développement de l’arrière-pays du port. Ce projet participera dans ce cadre, comme l’a été la construction du projet royal de Tanger-Med, à faire de la région du Nord une région compétitive au service de la compétitivité globale du Maroc.

Il est également en phase avec l’esprit du processus de la régionalisation qui a doté la présidence des régions de moyens et dispositifs adéquats pour servir l’intérêt de la population, faire preuve de dynamisme, de capacité d’action autonome et d’un esprit d’ouverture sur l’extérieur. Il devrait, en outre, permettre au Maroc de consolider son ancrage dans son espace régional et de valoriser sa vocation de pôle d’échanges dans un monde globalisé.

C’est là une concrétisation du souhait exprimé par le souverain dans le même discours de février 2003: «Nous voulons aussi, à travers cette réalisation, donner à la région Nord une ossature économique solide, de niveau international, et des zones franches, lui permettant ainsi de valoriser ses riches potentialités et d’en faire un modèle de développement régional intégré, dont les bienfaits et les retombées bénéficieront à l’ensemble du pays».

Younès Tantaoui

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 16 Mai - 8:21


En grimpant l'échelle sociale, la classe moyenne affiche un mode de vie à l'empreinte carbone en forte croissance.



Shanghai, novembre 2015. Chen Jian, 33 ans, fait partie de la classe moyenne chinoise.
AFP/OHANNES EISELE

Citation :
Fils d'arboriculteurs, Chen Jian savoure les fruits de son accession à la classe moyenne, prenant sa voiture pour se rendre au travail ou l'avion pour partir en vacances --illustration d'une empreinte carbone en forte croissance à mesure que les 1,4 milliard de Chinois gagnent en prospérité.

Socialisme de marché

Chen, 33 ans, a grandi sans la télévision dans un village des abords de Shanghai. Il conduit tous les jours sa Chevrolet Lova --une moyenne cylindrée -- pour rejoindre l'entreprise étrangère où il est cadre, en attendant de monter dans l'avion qui l'emmène en vacances dans le sud-est asiatique. «Ma famille vient d'un milieu économique pauvre», dit-il en sirotant une eau gazeuse dans un luxueux hôtel du centre de la capitale économique chinoise.

«Je suis un enfant de la campagne», dit-il. Aujourd'hui encore, il sait tout faire dans le verger familial où s'alignent les pêchers plantés par ses parents. Chen Jian est à lui seul une illustration de la mutation de la Chine, de plus en plus citadine. Le Parti communiste chinois (PCC), parti unique, fonde sa légitimité sur la hausse du niveau de vie de la population la plus nombreuse de monde.

Depuis qu'il a opté pour un «socialisme de marché», le PCC a présidé à un développement économique sans précédent, donnant naissance à une classe moyenne de quelque 300 millions de Chinois, urbains pour la plupart. Premier marché mondial pour les automobiles et les smartphones, la Chine est aussi le premier pollueur de la planète, pour avoir émis entre neuf et 10 milliards de tonnes de dioxyde de carbone dans l'atmosphère en 2013.

La liberté au volant

Le «miracle économique» de la deuxième économie mondiale s'est traduit par une prolifération d'usines fumantes qui en ont fait «l'atelier du monde», créatrices d'emplois mais aussi sources d'inquiétudes qui seront au cœur, le mois prochain, de la conférence de Paris, sur la capacité du pays à réduire ses émissions.

Seuls 18% des Chinois pensent qu'un changement climatique leur poserait «un grave problème», et ils ne sont que 15% à penser que le phénomène les touchera durant leur vie, selon une récente enquête réalisée par le Pew Research Center. Quand Chen Jian prenait le bus pour rendre visite à sa famille depuis chez lui dans le centre de Shanghai, cela lui prenait deux heures et demi. En voiture, c'est maintenant 45 minutes: les transports en commun ne soutiennent pas la comparaison.

Et il compte s'acheter une deuxième voiture. Ses collègues lui suggèrent une Mercedes, «parce que c'est mon style», dit-il. «Si j'allais au travail en vélo, cela me ferait trop loin», et puis, dit-il, «conduire une voiture, c'est une forme de liberté». Cela n'a pas échappé à ses concitoyens : plus de 260 millions de véhicules circulaient l'an dernier sur les routes chinoises, dont 23 millions achetés en 2014.

La voiture électrique demain

Mais la prochaine voiture de M. Chen sera électrique. Car, polluées et saturées, au moins huit grandes villes chinoises, dont Shanghai, ont instauré des restrictions quant au nombre de véhicules. A Shanghai, l'obtention d'une nouvelle plaque d'immatriculation se fait par voie d'enchères, et aux prix fort, tandis que la procédure est désormais gratuite pour les véhicules électriques. Soit une forte incitation à se mettre au «vert».

Car Chen en convient, «si l'air à Shanghai est si mauvais, c'est surtout à cause des usines, mais les voitures sont aussi un gros problème». L'électricité des usines leur est fournie par des centrales, le plus souvent à charbon - un combustible polluant dont le pays est le premier producteur et consommateur.

L'entreprise de fabrication de matelas où Chen travaille, qui dispose de trois sites en Chine, affiche un taux d'émissions polluantes proche de zéro, assure-t-il: «Nos usines sont totalement différentes des usines locales». En attendant, il rêve avec son épouse de reprendre un jour les vergers de ses parents, où les pêchers croulent sous leurs fruits juteux. Quant à la montée du niveau des mers qui menacerait Shanghai comme d'autres métropoles dans le monde, «ça ne sert à rien de s'en inquiéter maintenant, le risque est universel», dit Chen.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mar 14 Juin - 18:56




Le marché automobile chinois (tous véhicules) a augmenté de 9,8 % en mai, à 2,09 millions d’unités, dont 1,79 million de voitures particulières (+ 11,3 %). Les ventes de véhicules de loisir ont notamment enregistré une progression de 36 % le mois dernier (à 627 200 unités).

Citation :
General Motors a notamment écoulé près de 300 000 véhicules en Chine le mois dernier (+ 16,9 %), tandis que Toyota a dépassé les 100 000 ventes en mai (+ 12 %).

En outre, 2,07 millions de véhicules ont été produits en Chine le mois dernier (+ 5 %).

Sur 5 mois, 10,76 millions de véhicules ont été écoulés sur le marché chinois (+ 7 %) et 10,84 millions de véhicules ont été assemblés dans le pays (+ 5,8 %).

Les exportations de véhicules depuis la Chine se sont établies à 246 000 unités sur 5 mois, soit une baisse de 22,2 %.

Enfin, sur 5 mois, les ventes et la production de véhicules à énergies alternatives ont toutes deux bondi de plus de 130 %, à 126 000 et 132 000 unités, respectivement. (AFP, JOURNALAUTO.COM, XINHUA NEWS 13/6/16, AUTOMOTIVE NEWS CHINA 14/6/16)

Par ailleurs, la CAAM (association des constructeurs d’automobiles en Chine) a appelé le gouvernement à rendre permanente la baisse de la taxe à l’achat pour les voitures d’une cylindrée inférieure ou égale à 1,6 litre.

La taxe à l’achat sur les voitures particulières en Chine s’élève habituellement à 10 % et a été réduite à 5 % pour les petites voitures depuis le 1er octobre afin de relancer les ventes. Cet avantage fiscal doit arriver à expiration à la fin de cette année. (AUTOMOTIVE NEWS CHINA 14/6/16)
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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Ven 17 Juin - 6:59


ce sujet ne posait la restructuration du capitalisme mondial qu'en relation à la Chine... J'aurais dû scinder ces deux dimensions... Je le ferai, promis, dans une autre vie


et l'Indafrique ?

Le président indien en Afrique pour resserrer les liens économiques

RFI 14-06-2016


Le président ghanéen John Mahama au côté de son homologue Pranab Mukherjee
à Accra le 13 juin 2016 © AFP

Citation :
Le président indien arrive ce mardi 14 juin à Abidjan, en Côte d'Ivoire. Pranab Mukherjee poursuit sa tournée africaine débutée dimanche pour six jours après s'être rendu d'abord au Ghana et avant d’aller en Namibie. Un voyage éminemment économique, alors que l'Inde poursuit son développement économique et entend profiter du ralentissement chinois pour gagner quelques points en Afrique.

Avec une croissance à 7,6%, l'Inde est l'économie la plus dynamique du monde. Puissance industrielle, elle a un besoin vorace de matières premières et notamment de pétrole.

Pour s'approvisionner en or noir, l'Inde compte sur le Soudan, l'Angola ou encore le Nigeria, dont elle est devenue en 2014 le premier importateur de brut. Mais le géant asiatique a toujours besoin de sécuriser ses approvisionnements et donc de diversifier ses fournisseurs. Une visite au Ghana et en Côte d'Ivoire, jeunes producteurs de pétrole prend ainsi tout son sens.

Rattraper son retard sur la Chine

En mettant le cap sur l'Afrique de l'Ouest, le président essaie de resserrer les liens avec l'ensemble du continent et de talonner son principal concurrent, la Chine.

Pour cela, New Delhi peut s'appuyer sur un solide réseau d'investisseurs privés qui ont déjà des intérêts en Afrique. Le constructeur automobile Tata dispose d'une usine en Afrique du Sud et aujourd'hui ses bus défilent dans les rues d'Abidjan. Mais l'Inde a un sérieux train de retard sur son concurrent. En 2008, les investissements chinois sur le continent atteignaient 60 milliards de dollars, le double de l'Inde la même année.





Alors que les relations tissées entre la Chine et l’Afrique suscitent un intérêt important (et au passage certaines inquiétudes), l’émergence de l’Inde sur le continent est pratiquement passée inaperçue.


Citation :
Si le volume des échanges commerciaux entre l’Inde et l’Afrique reste trois fois moins élevé que celui avec la Chine, le poids de l’Indafrique est réel et en plein boom. Ces échanges aujourd’hui estimés entre 40 et 60 milliards de dollars par an, pourraient atteindre 90 milliards d’ici 2015.

Une présence ancienne

Les relations commerciales entre les rives de l’Océan Indien sont séculaires, grâce à la mousson qui permettait de conduire les épices indiennes jusque dans les ports d’Afrique de l’Est.

L’immigration indienne en Afrique, qui date de la période coloniale anglaise, a joué un rôle majeur dans le développement de ces relations et permis d’établir des communautés importantes en Ouganda, Tanzanie, Kenya et Afrique du Sud.

Ainsi, Gandhi a vécu en Afrique du Sud et y a exercé en tant qu’avocat durant de nombreuses années. Jeune avocat arrivé en 1893, c’est en Afrique qu’il mettra pour la première fois en pratique sa vision d’une désobéissance civile non-violente, et son combat politique commencera donc par la lutte pour les droits civiques de la communauté indienne en Afrique du Sud.

Ces liens économiques et humains ont été renforcé par la solidarité politique née de la décolonisation et du mouvement des non-alignés. L’Inde et l’Afrique entretiennent des relations politiques depuis les années 1950, même si les relations économiques en sont restées à un niveau limité.

Les groupes indiens en force dans les télécoms

Dans un premier temps, l’initiative du développement des échanges en est surtout revenue à aux groupes privés indiens. Le groupe Tata a été le fer de lance de la stratégie africaine de l’Inde depuis les années 1960, principalement dans les secteurs des télécommunications et de l’automobile.

Activant également dans le secteur des télécoms, Bharti-Airtlel est même devenu le troisième plus grand opérateur mobile sur l’ensemble du continent africain, et déploie son réseau dans plus de dix-sept pays.

Dans les transports, Kalinda Rail, le constructeur du métro de New Delhi, a été chargé de rénover les chemins de fer du Ghana. Le laboratoire pharmaceutique Cipla et ses médicaments génériques contribuent à améliorer la situation sanitaire dans de nombreux pays comme l’Ouganda, le Togo, le Cameroun, le Nigeria.

Enfin, Karuturi Global, l’un des leaders mondiaux de la production de roses, investit prés de 100 millions de dollars pour produire des denrées alimentaires en Ethiopie.

Les groupes indiens cherchent souvent à se différencier des entreprises chinoises, et à avoir un plus grand impact social. Elles s’attachent ainsi à employer davantage une main-d’œuvre locale, et à établir des partenariats avec des entreprises africaines.

Ces dernières années, le secteur privé indien a ainsi acquis des dizaines de sociétés dans différents secteurs et vise des investissements à long terme. Il mise surtout sur les besoins d’un continent de plus d'un milliard d'habitants, au profil de consommation très similaire à celui de l'Inde.

« L’institutionnalisation » de l’Indafrique depuis 2007

Une nouvelle étape de la coopération entre l’Inde et l’Afrique a été franchie en octobre 2007, avec la visite du Premier ministre indien, Manmohan Singh au Nigeria. Ce fut en fait la première visite d’un chef du gouvernement indien en Afrique de l’ouest depuis celle de Nehru, en 1962!

Cette visite a été suivie par le premier sommet Inde-Afrique à Delhi en avril 2008 auquel ont participé quatorze chefs d’État africains. Les liens économiques entre les deux continents ont encore été renforcés lors du second sommet Inde-Afrique qui s’est tenu en mai 2011 à Addis-Abeba. Ces deux rencontres au sommet ont permis de lancer un véritable partenariat stratégique entre l’Inde et les États africains.

En termes de commerce, cinq pays Africains absorbent près des deux tiers des échanges avec l’Inde. Sans surprise, l’Afrique du Sud est son premier partenaire commercial, devançant le Nigéria, le Kenya ou l’Egypte.

A l’instar de la Chine, la machine économique indienne fait face à des besoins économiques colossaux. Avec une croissance supérieure à 8 %, 1,2 milliard d’habitants, et plus de 70 % de la consommation pétrolière du pays achetée à l’étranger, l’Inde cherche à se placer sur les marchés africains et à sécuriser ses approvisionnements.

Le pays manifeste en échange sa confiance dans l’avenir de l’Afrique en y consacrant des investissements importants dans la construction d’infrastructures, les nouvelles technologies et la santé (par exemple avec le développement de la télémédecine depuis 2009). L’Inde a également dépensé plus de 200 millions de dollars dans le Nouveau partenariat pour le développement africain (NEPAD).

Les défis d’un partenariat durable

S’il est sans doute encore trop tôt pour mesurer l’impact de l’Indafrique sur le développement du continent, il convient de noter que la balance des échanges commerciaux entre l'Afrique et l'Inde reste clairement déséquilibrée.

L'Inde exporte en Afrique des produits manufacturés comme des voitures, des produits cosmétiques (en Egypte, un produit sur six serait indien), ou d'autres produits de consommation. Les exportations africaines relèvent quant à elles toujours du secteur primaire, à savoir essentiellement les hydrocarbures, l’agriculture et les produits miniers.
La place de l’Afrique dans les échanges commerciaux de l’Inde est encore marginale comparée aux autres parties du monde (moins de 5% du commerce du total des échanges commerciaux).

Aujourd’hui, l’Inde s’impose en tant que puissance émergente avec des ambitions mondiales. Elle voit dans le continent africain (et les 54 pays qui le composent) à la fois un allié politique de taille, un fournisseur de matières premières, et un marché de plus d’un milliard de consommateurs.

Du coté Africain (et tout comme la Chine), l’Inde ouvre la voie à de nouvelles opportunités à saisir, puisqu’elle permet une diversification des partenaires du continent et permet de réduire le poids économique (donc politique) des anciennes puissances coloniales.
L’Afrique a certainement beaucoup à gagner de sa coopération avec l’Inde. Elle pourrait en particulier s’appuyer sur l’Inde pour assurer des transferts de technologies à moindre cout, notamment dans le domaine informatique. Elle pourra également bénéficier du savoir-faire agricole de l’Inde, dont la « révolution verte » est toujours considérée comme une référence.

Les Etats Africains pourront en outre s’inspirer des réformes indiennes en vigueur depuis 1990 pour permettre le développement d’un secteur privé performant capable non seulement de tirer la croissance intérieure, mais aussi d’être compétitif au niveau international.

Nacim KAID SLIMANE


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mer 22 Juin - 14:36


Comment Pékin est devenu le banquier de l'Afrique

Jacques Hubert-Rodier Les Échos 21/06

Depuis plus de quinze ans, la Chine s'est imposée comme le partenaire économique incontournable de l'Afrique, devenant l'une des principales sources de financement de projets. Une dépendance qui commence à inquiéter.


Françoise Ménager pour « Les Echos »

Jacques Hubert-Rodier a écrit:
« Les Chinois disent toujours : si vous voulez devenir riche, il faut construire des routes. »

La formule du ministre sud-soudanais des Affaires étrangères, Barnaba Marial Benjamin, à l'issue du sommet Chine-Afrique de l'année dernière, résume l'un des maux de l'Afrique, « le continent de l'avenir » : l'inadaptation de ses infrastructures. Un retard qui est « l'un des principaux obstacles à la croissance économique » du continent, notait récemment, dans une revue du FMI, Amadou Sy, responsable du programme Afrique à la Brookings Institution. Le besoin de financement non couvert de l'Afrique subsaharienne dépasse les 41 milliards de dollars par an, selon des estimations du Fonds monétaire international. Une partie des financements est toujours assurée par les institutions financières multilatérales et la Banque mondiale, ainsi que des sources privées.

Mais, depuis plus de quinze ans, la Chine s'est imposée comme le partenaire économique incontournable de l'Afrique, devenant l'une des principales sources de financement de projets. La médaille a son revers : une nouvelle dépendance, souvent mal perçue, plus d'un demi-siècle après les indépendances africaines. « Aujourd'hui le Congo [Brazzaville, NDLR] est quasiment aux mains de la Chine », affirme par exemple Benoît Koukébéné, ancien ministre des Hydrocarbures dans le gouvernement de Pascal Lissouba, qui vit en exil depuis le retour au pouvoir de Sassou-Nguesso. A ses yeux, la progression de l'endettement de son pays est due « à une gestion chaotique » du gouvernement, qui « a recommencé à gager le pétrole » avec comme principal créancier la Chine.

En vertu d'un système « dangereux », selon l'ancien ministre, qui a renégocié en son temps les contrats pétroliers de son pays, une partie de la production pétrolière est ainsi destinée à rembourser la dette à l'égard de la Chine. Mais le Congo est loin d'être le seul pays dans ce cas en Afrique. D'après une professeure d'économie à l'université Badji Mokhtar, Nadia Chettab, citée récemment par « El Watan », la logique est toujours la même : la Chine prête de l'argent pour financer des infrastructures, fait réaliser les travaux par ses propres entreprises, et se rembourse en prélevant des ressources naturelles du pays concerné. Certes, Pékin s'est rapproché des agences internationales depuis le début des années 2010, mais une partie de l'endettement reste opaque. Rémy Rioux, le nouveau directeur de l'AFD (Agence française de développement), affirme ainsi que ces prêts ne sont pas forcément cachés, mais ils sont parfois accordés « à des conditions plus coûteuses que la dette apportée par les institutions multilatérales ou l'AFD ». « Ils peuvent également être attachés à des contrats à long terme sur les matières premières, dont les clauses ne sont pas complètement connues », ajoute-t-il.

La Chine n'est pas l'unique pays à se lancer en Afrique. D'autres émergents y sont présents, notamment en République du Congo, comme l'Inde, la Turquie ou encore le Brésil. « Sassou-Nguesso empile les dettes », résume Benoît Koukébéné. Les pays du Golfe, Arabie saoudite et Qatar en tête, sont également devenus des prêteurs.

Le risque d'un réendettement est d'autant plus fort que les pays africains, et particulièrement ceux qui exportent du pétrole, sont confrontés au ralentissement économique de la Chine, à la faiblesse de la croissance européenne et à la baisse des prix des matières premières. Ce qui risque d'affecter encore plus leur capacité de remboursement. Certes, on est loin encore de connaître une nouvelle crise de la dette africaine. Mais certains signaux sont inquiétants. Pendant quinze ans, l'Afrique a dégagé un excédent commercial avec la Chine. Or la balance commerciale, selon le FMI, est récemment devenue déficitaire.

Pour Philippe Hugon, directeur de recherche à l'Iris (Institut de relations internationales et stratégiques), le réendettement est un sujet d'inquiétude. Car, rappelle-t-il, l'Afrique est repartie grâce aux allégements de dette décidés dans les années 2000 pour soulager le fardeau des pays pauvres les plus fragiles. Son réendettement est d'autant plus rapide qu'il est lié à des achats d'armes et à la volonté de dirigeants de s'assurer la paix sociale par des dépenses budgétaires, ajoute le chercheur. Dans ses perspectives économiques d'avril dernier sur l'Afrique subsaharienne, le FMI estime que, de 2014 à 2015, le ratio médian dette publique-PIB a augmenté de 5,25 points pour s'établir à environ 43 % du PIB, avec des hausses particulièrement marquées pour des pays comme la République du Congo, le Cameroun et le Gabon. Un autre phénomène a également contribué à l'augmentation de la dette comme en Angola et en Tanzanie : la dépréciation de la monnaie. Paradoxalement les pays importateurs de pétrole comme la Côte d'Ivoire, le Kenya et le Sénégal ont nettement mieux résisté, grâce à la vigueur de la consommation privée. Selon les dernières prévisions du FMI, la croissance en Afrique devrait chuter à 3 % cette année, soit le niveau le plus faible depuis plus de quinze ans, après 3,4 % en 2015 et loin des 6,8 % par an observés entre 2004 et 2008. Des perspectives en tout cas trop faibles face à la croissance démographique de l'Afrique, dont la population devrait dépasser les 2 milliards en 2020, contre 1,2 milliard actuellement. La Chine, dans ce contexte, a incontestablement un rôle à jouer. A condition de déterminer les bons projets, de les financer de façon transparente et de contribuer à l'emploi.



Les points à retenir
Citation :

Le besoin de financement non couvert de l'Afrique subsaharienne dépasse les 41 milliards de dollars par an, selon le FMI.

Omniprésente, la Chine prête de l'argent pour financer des infrastructures, et se rembourse en prélevant des ressources naturelles des pays concernés.

A la clef, un risque de réendettement, et une nouvelle dépendance, souvent mal perçue, plus d'un demi-siècle après les indépendances africaines.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Ven 24 Juin - 8:52


La Chine banquier à crédit comme les autres ?

Vendredi noir mondial, post Brexit ?


La Bourse de Tokyo s'effondre, victime du Brexit

L'indice Nikkei de la Bourse de Tokyo a plongé de 7,92% vendredi à la clôture. Les investisseurs ont cédé à la panique, après la décision des Britanniques de quitter l'Union européenne (UE).

Il s'agit d'un choc comparable à la faillite de la banque Lehman Brothers en 2008. L'indice des 225 valeurs vedettes a lâché 1286,33 points à 14'952,02 points. Et le Topix de tous les titres du premier tableau a dévissé de 7,26% (-94,23 points) à 1204,48 points.


Bourse Zurich: mouvement de panique en perspective dans la foulée du Brexit

Citation :
Zurich (awp) - L'issue du référendum au Royaume-Uni sur un maintien, ou non, au sein de l'Union européenne risque de ne pas épargner la Bourse suisse vendredi. Le Brexit a pris les marchés à contre-pied et donnait lieu à des mouvements de panique sur les marchés asiatiques. Confiante pour le camp des pro-européens, Wall Street a terminé en nette hausse avant les premiers dépouillements. La place zurichoise en revanche risque de subir de plein fouet le camouflet infligé par les votants britanniques à leur gouvernement.

Les valeurs bancaires, en particulier, s'acheminaient vers un vendredi noir tandis que les défensives limitaient les dégâts.

A 08h15, le préSMI compilé par Julius Bär indiquait une dégringolade de 8,1% à 7380,41 points. Si aucun titre ne parvenait à accrocher l'équilibre ni même à s'en approcher, la fourchette des pertes s'étendait entre 5 et 15%.

UBS dévissait de 15,0% et Credit Suisse de 14,7%. Julius Bär (-10,3%) faisait comparativement presque bonne figure. ABB et Adecco lâchaient également plus de 10%. LafargeHolcim concédait 9,4%.

Les assurances cédaient entre 9,5% pour Zurich Insurance et 6,1% pour Swiss Life. Swiss Re lâchait 7,8%.

Nestlé et Roche (-6,4% chacun) freinaient la chute, tandis que Novartis (-8,1%) reculait en cadence avec son indice de référence.

SGS et Actelion (-5,1% chacun) demeuraient relativement épargnés et s'inscrivaient en tête de classement.

http://www.romandie.com/news/Bourse-Zurich-mouvement-de-panique-en-perspective-dans-la-foulee-du-Brexit/714648.rom


La dette de 17.000 milliards d’euros des entreprises chinoises
va-t-elle provoquer le prochain krach mondial ?


Propos recueillis par Nicolas Gallant Capital - 16 jun 2016

http://www.capital.fr/entreprise-et-marches/interviews/la-dette-de-17.000-milliards-d-euros-des-entreprises-chinoises-va-t-elle-provoquer-le-prochain-krach-mondial-1138667
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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Ven 24 Juin - 23:11

les camarades chinois l'ont compris, traduction bienvenue


Chuang a écrit:
Scenario Five: collapse and depression

Only under the first two scenarios would China be able to keep playing an important role in maintaining global capital accumulation. But these scenarios are only visible to those wearing rose-tinted glasses. In reality, the countervailing factors make these potentials extremely unlikely. Looking at the present situation, the third and fourth scenarios are most likely, meaning that China will become a greater drag on global capital accumulation, on the one hand, and that social unrest in China will likely increase, on the other. The fifth scenario would entail a massive mismanagement of these problems on the part of the Chinese elite. Though less likely than the third and fourth scenarios, it remains more probable than the first and second. The result of such a collapse, however, would be far too chaotic to allow for any speculation here.

effondrement et la dépression Traduction Patlotch

Seuls les deux premiers scénarios permettraient à la Chine de continuer à jouer un rôle important dans le maintien de l’accumulation globale de capital. Mais ces scénarios ne sont visibles qu’à ceux portant des lunettes teintées de rose. En réalité, les facteurs compensatoires rendent ces potentialités extrêmement peu probables.

En regardant la situation actuelle, les scénarios 3 et 4 sont plus probables, ce qui signifie d'une part que la Chine deviendra un grand frein pour l’accumulation du capital global, et d’autre part que des troubles sociaux en Chine vont probablement augmenter.

Le cinquième scénario entraînerait massivement un mauvais management de ces problèmes de la part de l’élite chinoise. Bien que moins probable que les scénarios 3 et 4, il reste plus probable que le premier et le deuxième. Le résultat d’un tel effondrement, cependant, serait beaucoup trop chaotique pour permettre toute spéculation ici.


Patlotch : il faudrait en fait traduire ce qui précède, notamment la définition des cinq scénarios envisagés par Chuang...

Chuang a écrit:
On the whole, we are far more pessimistic than Aufheben concerning China’s ability to maintain economic growth rates and fuel global capital accumulation. There are five possible scenarios:

Scenario One: successful transition with rapid increase in consumption. While the Chinese state has been talking about this for over a decade, there is little indication that this has been happening. And the most opportune time for such a transition (when growth rates were high and the working age population growing) is long past.

Scenario Two: successful transition with a period of recession, which wipes out overcapacity, and a slower increase in consumption. While slightly more possible than the most optimistic scenario, this is still unlikely to succeed. This would take a simultaneous cutting of overcapacity while increasing labor’s share of GDP, and these shifts move in contradictory directions. China’s very high and growing inequality makes this almost impossible.

Scenario Three: long-term stagnation (amounting to failed transition and the middle-income trap); growth rates drop but not below 2%, leading to rising unemployment and continued inequality; consumption as percent of GDP slowly increases but is unable to lead to an economy that grows fast enough to move China into the status of a high income country. This scenario is quite possible, and it would drag heavily on global capital accumulation.

Scenario Four: economic crisis and recession, running into stagnation. There are many indicators that the economic crisis in China has not reached bottom: debt is still rising and overcapacity has not been cut. The yuan is still under a lot of pressure, and that will only increase once the US Federal Reserve begins to increase interest rates again. So this scenario is also quite possible. Such an economic crisis would lead to rising unemployment and social unrest.

Scenario Five: collapse and depression.


ce texte est une réponse à The crisis: An afterword (2016) Aufheben via Libcom

Citation :
In 2010 and 2011 Aufheben published two articles analysing and explaining the economic crisis that began in 2008. You can read these articles here and here. We were recently approached by comrades at Klinamen Editorial (Spain) as they were putting together a translation of these two ‘crisis’ articles plus our 2012 article on the Euro crisis. The short article below is the Afterword they asked us to write for their book, an to bring the analysis up to date.

« trop chaotique pour permettre toute spéculation ici » : pour ma part et ce que j'en comprends, ces scénarios sont déjà bien assez (=trop) spéculatifs

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mer 13 Juil - 13:19


de vlad2, déplacé car hors sujet (dans décoloniser le marxisme, l'anarchisme...). Par ailleurs, je ne vois pas de rapport direct avec l'idée de 'poser le communisme sur la table du décolonial'


poser le communisme sur la table du décolonial ?

Les nouvelles infrastructures internationales de l'Eurasie, routes maritimes (ports) et terrestres (chemins de fer), y compris pipe line, construites par les prolétaires surexploités de multiples nationalités, pour le Capital, ou la restructuration mondiale réelle en cours Chine - monde , lignes de force d'un futur conflit dont les prolos seront les premières victimes ? :

Citation :
La Chine dresse la table de l’ordre financier mondial…
… au sommet de la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (BAII)

Préambule de l'auteur

Au cours du premier sommet annuel de la BAII, la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures, qui a eu lieu à Pékin, les Chinois ont montré leur intention d'assumer la direction mondiale dans le domaine du financement des infrastructures. À la fin de cette année, il est probable que la BAII aura plus de 100 pays membres, ce qui lui permettrait de devenir la première institution de prêts multilatéraux dans l'histoire, sous le contrôle des plus importants pays émergents. Cependant, on attend toujours qu'elle se décide à abandonner le dollar, parce que c'est la seule façon de briser enfin l'hégémonie des États-Unis dans la finance internationale.

Ariel Noyola Rodríguez est économiste, il a fait ses études supérieures à l’Université nationale autonome du Mexique. Contact: noyolara@gmail.com. Twitter:@noyola_ariel.

http://lesakerfrancophone.fr/la-chine-dresse-la-table-de-lordre-financier-mondial


Citation :
Guerres hybrides : 6. Comment contenir la Chine (III)

Par Andrew Korybko (USA) – Le 1er juillet 2016 – Source Oriental Review

La recherche a jusqu’ici extrapolé l’influence sur l’économie mondiale de l’Asie du Sud-Est et les aspects les plus pertinents de son histoire récente, qui fixent la toile de fond de la situation actuelle pour saisir l’importance géostratégique de l’ASEAN.

La région joue un rôle essentiel dans la facilitation du réseau du commerce international de la Chine, et c’est pour cette raison que les États-Unis ont cherché à la déstabiliser et passer les flux sous leur contrôle. En réponse, la Chine a tenté de briser le bloc de confinement construit contre elle et de rationaliser les deux corridors du continent à titre de compensation géopolitique partielle.

cartes

http://lesakerfrancophone.fr/guerres-hybrides-6-comment-contenir-la-chine-iii


La nouvelle route maritime par l'Arctique objet de toutes les convoitises, l'ambition du capital japonais d'en prendre le contrôle (y compris militaire) grace à la renaissance de son militarisme signalée par les dernières élections et sa restructuration financière relancée par "l'hypothèse de  l'helicopter money " en gestation, et l'opposition du capital russe dont c'est le corridor naturel enfin libre de glaces :

Russia Boosts Arctic Military Presence, Builds Ten Airfields
© Sputnik/ Mark Agnor
RUSSIA
11:55 11.07.2016(updated 12:04 11.07.2016) Get short URL
22915240

Russia is building and reconstructing 10 military airfields in the Arctic, according to the country's Ministry of Defense.

http://sputniknews.com/russia/20160711/1042756381/arctic-military-presence-.html

Révolution prolétarienne mondiale introuvable ?, faute d'internationalisme réel, ou barbarie :

Citation :
Aujourd’hui, les conditions objectives de la révolution sociale prolétarienne sont enfin réunies. La première de ces conditions étant l’existence d’une immense classe prolétarienne mondiale, éduquée, formée, expérimentée, paupérisée et menacée, mais consciente de ses intérêts de classe et obligée de renverser ses conditions d’aliénation ou de périr. Voilà l’alternative qui se présente au prolétariat mondial auquel se sont joints 350 millions de prolétaires chinois et presque autant de prolétaires indiens dans la grande marche des forçats de la faim sans la gouverne d’un César, d’un Lénine, ou d’un tribun, car l’émancipation de la classe prolétarienne sera l’œuvre de la classe elle-même.

http://www.les7duquebec.com/7-au-front/question-nationale-et-revolution-proletarienne/

avec commentaire (3) de Roland Diagne.

L'internationalisme réel d'une lutte des classes internationale et sa théorie, se forge potentiellement sur ces aires géographiques internationales bouleversées (Eurasie), à nous de le comprendre…


Un premier maillon de compréhension ?

Citation :
Birmanie: Le nouveau gouvernement d’Aung San Suu Kyi pressé d’agir

par Rémy Favre RFI - 09 jul 2016

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20160707-birmanie-nouveau-gouvernement-aung-san-suu-kyi-agir

BAEGONE et NAYPYITAW (Birmanie) - A travers tout le pays, des milliers de paysans réclament les terres que l’armée leur a volées sous le régime militaire (1962-2011). À Baegone, à quelques kilomètres de la capitale, les agriculteurs ont tout essayé pour obtenir des titres de propriété. Ils se sentent déjà très éloignés du nouveau gouvernement d’Aung San Suu Kyi, aux affaires depuis cent jours. Il sait que la parcelle lui appartient. Mais il n’en a pas la preuve écrite. Et cela le rend vulnérable. Pieds nus dans la terre grasse, Tha Aye Hlaing parcourt son lopin de terre, délimité par des bornes de ciment. « Nous sommes 42 agriculteurs et nous réclamons des titres de propriété pour une centaine d’acres [environ 40 hectares] que l’armée avait accaparés », explique ce paysan de Baegone, un village situé à une quinzaine de kilomètres de la capitale birmane, Naypyidaw.

Aujourd’hui, Tha Aye Hlaing peut cultiver sa terre. Après l’avoir confisquée il y a 22 ans, l’armée l’a autorisé à l’exploiter à nouveau en 2013. Cet homme de 43 ans plantera bientôt du riz sur son carré situé en contrebas d’une avenue large de deux fois huit voies, rarement empruntée, comme il y en a tant aux abords de la capitale, une ville nouvelle et froide. Mais sans titres de propriété, lui et ses voisins ne peuvent ni vendre leurs terres, ni les louer. Et ils auront sans doute des difficultés à les transmettre à leurs enfants. Sans document officiel, ils ne peuvent pas non plus prétendre à des prêts agricoles. « Pour acheter du matériel, nous devons emprunter à des individuels, relate Tha Aye Hlaing. Le taux d’intérêt est élevé, 10 % à 15 % par mois ».

« Le palais présidentiel est tout proche, nous pouvons y aller à moto. Si tous ceux qui ont perdu leurs terres étaient autorisés à rencontrer le président, il y aurait tellement de gens dans son bureau en train de se plaindre qu’il en mourrait, ironise-t-il. J’aimerais savoir comment le nouveau gouvernement va s’occuper de notre problème ». Les agriculteurs de Baegone ont entrepris de nombreuses démarches pour réclamer des titres de propriété. Ils ont écrit à l’armée ainsi qu’au bureau du président. Ils ont contacté leur député, un membre de la Ligue nationale pour la démocratie (LND), le parti d’Aung San Suu Kyi au pouvoir depuis le 1er avril dernier. Ils affirment que les militaires doivent maintenant leur délivrer un document indiquant que l’armée renonce officiellement aux parcelles qu’elle a volées. Munis de cette lettre, les villageois pourront alors demander des titres de propriété en bonne et due forme.

Mais l’armée ne semble pas pressée de leur remettre ce précieux document. Et la nouvelle administration, pas plus désireuse de pousser les militaires à la tâche. « Je transmettrai le dossier au niveau du township mais ce n’est pas mon travail de demander cette lettre à l’armée », prévient U Hla Kyaing, président du comité de gestion des terres du village de Baegone. L’administration du township promet de transférer le dossier à l’échelon supérieur, celui du district, et ainsi de suite. En réalité, personne ne souhaite prendre la responsabilité de demander aux militaires de rédiger la lettre tant espérée.

En Birmanie, l’armée est une institution très puissante, qui a gouverné pendant près de 50 ans, et qui occupe toujours un rôle de premier plan sur la scène politique. Les ministres de la Défense, de l’Intérieur et des Affaires frontalières sont des officiers nommés par le chef de l’armée. « La branche civile de notre nouveau gouvernement semble très faible pour résoudre notre problème, regrette Kyaw Kyaw Oo, un habitant de Baegone, lui aussi en quête d’un titre de propriété. C’est pour cela que je me sens loin du gouvernement ». Le président birman, un proche de la conseillère d’Etat Aung San Suu Kyi, a mis sur pied une nouvelle institution chargée de résoudre les conflits fonciers. Ce nouveau bureau n’a pas expliqué comment il s’y prendrait pour gérer cet épineux dossier. Contacté, le ministère de l’Agriculture n’a pas été en mesure d’indiquer combien de plaintes cette nouvelle institution avait reçues, ni quelles superficies elle avait éventuellement déjà restituées à des fermiers dans le pays.

Les rares informations dont disposent les ONG spécialisées dans les questions foncières inquiètent. « Le nouveau gouvernement a dit qu’il règlerait les conflits en accord avec les lois existantes, ce qui est potentiellement problématique. Ces textes ont privilégié les grands investisseurs au détriment des petits paysans », analyse Ali Hines, responsable des questions foncières en Birmanie pour l’association Global Witness. Désorientés, les paysans de Baegone attendent. Ils ne savent plus quoi faire. Ils sont persuadés que la LND au pouvoir est animée de bonnes intentions. Mais ils se demandent si cela suffira. « Nous sommes déjà allés deux fois à la caserne pour négocier, explique Kyaw Kyaw Oo. Les militaires n’ont jamais promis qu’ils renonceraient officiellement aux parcelles que nous revendiquons ».

Rien n'a changé depuis cet article daté de l'année dernière... Non seulement les terres ne sont pas restituées, mais les confiscations et les expulsions continuent.


Birmanie: Nouvel eldorado économique des multinationales
Entretien avec Cécile Harl, coordinatrice de l'Association Info Birmanie Golias news - 09 mar 2015
http://golias-news.fr/article6212.html

Citation :
Vous revenez d’un séjour en Birmanie où voux avez pu vous rendre compte de la situation. Où en sont les confiscations de terres ?

Elles se poursuivent et sont mêmes de plus en plus importantes. Le gouvernement birman s’attend à une arrivée massive d’investisseurs étrangers. Considérée comme un eldorado économique, la Birmanie est très riche en ressources naturelles, avec un marché de consommateurs de 60 millions d’habitants. Le pays est très peu équipé, avec des infrastructures très basiques où tout est à construire. Le gouvernement birman fait tout pour attirer les sociétés étrangères, mais concrètement elles n’investissent pas de facon massive. En particulier les sociétés de taille intermédiaire. Pour les multinationales c’est plus simple. Pour investir, il faut s’associer avec un partenaire local, en trouver un de confiance, mais ils sont souvent proches des militaires. La Birmanie n’est pas encore un Etat de droit, il y a un risque d’image et de mener à bien les projets en raison des conflits et des tensions dans le pays. Par ailleurs, la corruption est très importante, et les institutions financières ne sont pas suffisamment développées pour garantir des flux financiers légaux et sécurisés. Dans une optique où on sait que beaucoup d’investisseurs vont arriver, les milieux d’affaires proches des militaires se partagent les terres pour en avoir les licences et les revendre aux entreprises avec un fort bénéfice

Les terres sont donc de plus en plus convoitées ?

Les confiscations de terres sont en progression, d’autant que la constitution dit que les terres appartiennent à l’Etat. Le gouvernement travaille actuellement à un nouveau projet de loi sur les terres, la Land Use Policy, qui sera présenté au Parlement en avril prochain après avoir consulté sommairement les organisations civiles. Le projet de loi affirme toujours l’appartenance des terres et du sous-sol à l’Etat. Tous les personnes possédant moins de 10 acres ne peuvent être considérées comme propriétaires. Or 26 % des paysans ont moins de 10 acres et 33 % moins de 5 acres. Dans la région sud de l’Irrawaddy, où il y a beaucoup de terres agricoles et des rizières, 59 % des paysans ont moins de 10 acres.

Des compensations sont-elles prévues ?

Cette loi se met en place sans consultation des paysans qui n’ont aucune garantie. On lui reproche d’être au profit des businessmen et pas aux locaux. Il est question de compensations, mais ceux qui refusent seront expulsés par les forces armées. Pour les autres, les compensations sont versées aux autorités locales qui ne transmettent pas les sommes prévues, profitent du manque de transparence et de la complexité des compensations. Par exemple, même en cas d’accord, le gouvernement peut déclarer que des terres ne sont pas cultivables et donc sans valeur.

Un projet a-t-il plus particulièrement retenu votre attention ?

Je suis allée dans l’état Mon au sud du pays, non loin de l’état Karen. A Daweï, un projet énorme se prépare sous le nom de « zone économique spéciale », avec un port en eaux profondes relié par autoroute à Bangkok, la capitale thaïlandaise. Selon les autorités, plusieurs implantations sont prévues: des usines de confection, de transformation alimentaire, de cosmétiques, de médicaments ou d’assemblage automobile. Egalement des industries lourdes, une aciérie, une usine d’engrais construite le long du littoral de la mer d’Andaman, des plantations intensives pour produire du papier, des industries pétrolières et gazières, ainsi qu’une centrale électrique à charbon, non pas destinée aux habitants de la région, mais à la Thaïlande... Alors qu’en Birmanie, 70 % de la population n’a pas ou peu accès à l’électricité. Les entreprises françaises les plus importantes impliquées dans le pays sont le pétrolier Total, le cimentier Lafarge, l’opérateur hôtelier Accor, Suez Environnement, Bouygues Construction, l’Oréal, Yves Rocher, les meubles Célio.

Là encore, les expulsions de terres vont se poursuivre...

Depuis 2011, des centaines de milliers d’hectares ont été confisquées, après un chiffre qui se compte par millions sous la dictature. Dans ce projet de zone économique spéciale, les expulsions vont continuer avec notamment le risque de disparition de la culture Tavoyan, un groupe ethnique qui vit de la pêche, de la forêt et de l’élevage. Six villages doivent disparaître, et pour alimenter les entreprises, un barrage construit sur la rivière de Daweï supprimerait un village de 1.000 habitants. Je me suis rendue dans ce village où les gens sont très actifs, protestent et sont organisés. Ils ont à leur tête un moine leader qui contacte les médias en Birmanie et à l’étranger. Ce projet de barrage est en suspens, mais un autre moins important doit être construit. L’entreprise Italian Thaï Development fait des relevés de données et travaille sur la construction de routes menant à ce barrage. Dans un village du littoral, j’ai rencontré un autre moine leader qui a réussi à ce que son village ne soit pas intégré dans la zone industrielle. Ils sont tirés d‘affaire pour l’instant... Les moines sont bien intégrés dans les communautés, se nourrissent de dons et éduquent les enfants. Ils règlent les conflits, ont un rôle de médiateur qui n’est pas rempli par l’administration birmane. Ils représentent un symbole fort, et il est mal vu de les molester. J’ai également eu des contacts avec Daweï Development Association qui fait du plaidoyer auprès du gouvernement, sensibilise les paysans sur leurs droits et les accompagne.

Et la répression ?
Il n’y a pas encore de répression à proprement parler. Le gouvernement essaie de monter les villageois les uns contre les autres. Les habitants de Daweï sont en faveur d’une zone créatrice d’emplois, mais il est faux de dire que les autres sont opposés au projet dans sa totalité. Ils sont contre la mauvaise gestion qui en est faite: confiscation des terres, pressions, manque de consultation et de transparence, pollutions dues essentiellement aux industries lourdes et en particulier à la centrale de charbon. Le chantier de la zone de Daweï prévoyait une dépense de 50 milliards de dollars dans un partenariat Birmanie-Thaïlande, mais devant le manque de financement, le Japon devrait prochainement apporter une contribution très importante. La surface prévue a été réduite et les villages les mieux organisés ont réussi à être exclus de la zone économique spéciale, tandis que ceux de la zone impactée subiront des confiscation de terres. Les paysans spoliés iront ailleurs, en Birmanie ou en Thaïlande... Ils ne pourront acheter des terres dans la région, où le prix a été multiplié par 5 voire par 100 dans certains endroits. Les hommes d’affaires proches du pouvoir vont donc s’enrichir considérablement. Tous les moyens de pression sont utilisés, y compris les polluants et les acides versés sur les récoltes durant la nuit. Tout pourrait s’accélérer après l’engagement du Japon... Ce sera un moment crucial qui annoncera une répression comparable à celle de Letpadaung, la mine de cuivre exploitée par la société chinoise Wanbao dans la région de Sagaing

à l'autre bout de la ligne de chemin de fer :

Guiyang’s Casualized Conductors Fight Back by chuang | Jun 15, 2016 | Blog | 1 comment

http://chuangcn.org/2016/06/guiyangs-casualized-conductors-fight-back/
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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Ven 15 Juil - 12:07

commentaire déplacé, hors-sujet (dans Europe)

vlad2 a écrit:
L'été de la grande restructuration, avant la réunion du G20, de Shangai en septembre 2016 ou le futur président(e) des USA mis devant le fait accompli, comme nous ?

Alors que la City de Londres a dépassé en volume financier Wall Street de New York depuis 2015, les projets de restructurations politico / financières menacent les mega banques y compris US, en sursis ?

L'ultime ? recours du capital, avant la généralisation de l'insurrection ou en préparation de la guerre, en lancement expérimentation officielle au Japon (sur les dépouilles de la classe moyenne plumée) à destination de l'Occident , l'helicopter money (ou revenu universel) expliqué aux nuls…


Citation :
Vous comprenez pourquoi il faut préparer un relais à l »épuisement des effets des politiques monétaires et entrer dans la magie des « helicopter money », celle de Disneyland, de Peter Pan et des contes de fées: « il faut injecter des revenus qui ne coûtent rien,et à personne ».

15 juillet 2016
BIENTÔT LE MONDE DE PETER PAN ET DE LA FÉE CLOCHETTE

https://brunobertez.com/2016/07/15/bientot-le-monde-de-peter-pan-et-de-la-fee-clochette/

Chocs impérialistes ?

Gesticulations guerrières en mer de Chine pleine de ressources naturelles (pétrole, gaz, minerais etc), et projets de centrales nucléaires chinoises off shore :

La Chine affirme ses prétentions territoriales dans l’archipel des Spratleys

Posté dans Asie-Pacifique par Laurent Lagneau Le 24-11-2014

En savoir plus sur

http://www.opex360.com/2014/11/24/l
a-chine-affirme-ses-pretentions-territoriales-dans-larchipel-des-spratleys/#XihDbHtckDOZOslA.99

La Chine pourrait construire des centrales nucléaires en mer de Chine méridionale

Pékin - La Chine pourrait construire des centrales nucléaires mobiles en mer de Chine méridionale, a rapporté vendredi la presse officielle, quelques jours après avoir été désavouée par une cour internationale sur ses prétentions à la souveraineté sur ces eaux stratégiques.

La construction de plateformes maritimes pour des centrales nucléaires sera utilisée en soutien à un contrôle effectif de la Chine sur la mer de Chine méridionale, a rapporté sur son site internet le quotidien officiel Global Times, citant la Compagnie nucléaire nationale chinoise (CNNC).

Selon le journal, la CNNC aurait précisé sur son compte officiel des réseaux sociaux que ces plateformes seront utilisées dans l'archipel des Spratleys, pour fournir de l'eau fraîche.

Aucun détail technique n'était disponible sur ce projet apparemment inédit.

Mardi, la Cour permanente d'arbitrage (CPA) de La Haye a donné raison aux Philippines en statuant que les revendications chinoises en mer de Chine méridionale n'avaient aucun fondement juridique.

Pékin, qui ne reconnait pas la compétence de la CPA, a jugé nul et non avenu sa décision et prévenu qu'il n'en tiendrait aucun compte.

L'information originale de la CNNC a été supprimée vendredi du compte Wechat de l'entreprise et un employé de la CNNC a indiqué au téléphone à l'AFP qu'elle avait besoin d'être confirmée.

Auparavant, l'approvisionnement en eau fraîche des troupes stationnées en mer de Chine méridionale ne pouvait être garanti et ne pouvait être assuré que par bateau, selon le journal citant la CNNC, pour qui à l'avenir, avec l'amélioration du réseau électrique et énergétique en mer de Chine méridionale, la Chine va accélérer le développement commercial de la région.

La Chine a construit à un rythme accéléré ces dernières années des installations portuaires, des pistes d'atterrissage et des systèmes radar sur plusieurs de ces îlots après les avoir considérablement agrandis, au prix de graves dommages à leur environnement corallien.

De son côté, le site internet du média d'État en anglais The Paper citait vendredi un ingénieur, Zhu Hanchao, de la China Shipbuilding Industry Corporation (CSIC), selon qui 20 de ces plateformes maritimes étaient en cours de construction….

http://www.romandie.com/news/La-Chine-pourrait-construire-des-centrales-nucleaires-en-mer-de-Chine-meridionale/720689.rom

Un nouveau principe d'aménagement du Capital (public / privé), la Connectographie, pour freiner la chute du taux de profit ?

Parag Khanna est senior fellow à l’école Kuan Yew Lee de politique publique à Singapour. Cet essai et la carte sont adaptés de son prochain livre

Connectographie : Planifier l’avenir de la civilisation mondiale.

Parag Khanna dit :

Une nouvelle carte pour l’Amérique

Par Parag Khanna – Le 15 avril 2016 – Source nytimes.com

http://lesakerfrancophone.fr/une-nouvelle-carte-pour-lamerique


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Dim 11 Sep - 11:43

Pourquoi les USA ne sont plus en capacité d'engager une guerre mondiale victorieuse, même si désespérés, ils peuvent encore la déclencher, l'Empire n'est pas encore mort :

Manuel de Diéguez a écrit:
Le G20 de Hangzhou et L'effondrement de l'empire américain
 
Les grands évènements ne sont compris qu'avec lenteur et pas à pas, parce que l'esprit humain répugne à enregistrer des bouleversements de l'échiquier de la connaissance. Il en sera ainsi de la réunion du G20 des 4 et 5 sept. 2016 en Chine qui aura scellé l'éjection de l'Europe de l'arène internationale. Alors seulement, on comprendra en profondeur les causes de la chute lente et inexorable de l'empire américain à son effondrement subit entrecoupe seulement de quelques soubresauts. On aura vu deux maîtres nouveaux du monde, la Russie et la Chine, enterrer sans fleurs ni couronnes un G8 dont les Etats-Unis avaient pris le contrôle dès sa création par M. Giscard d'Estaing et dont ils s'étaient fait un nouvel instrument de leur omnipotence. On aura vu les nouveaux dirigeants de la planète asseoir leur hégémonie bien méritée sur un empressement universel des nations à conquérir les atouts d'un jeu nouveau.

On assistait à une passation spectaculaire du pouvoir et, en quelque sorte, à une intronisation en douceur du nouvel équilibre des forces à l'échelle planétaire.

Aucun Etat européen n'a participé d'une manière vivante et à l'échelle des évènements, à la promulgation tacite des nouvelles règles de l'alliance entre la puissance des vrais Etats avec la vision du monde nouvelle qui s'imposait à tous. Mme Teresa May, nouveau Premier Ministre britannique, avait demandé, avec une avance de plusieurs semaines, un rendez-vous avec M. Vladimir Poutine qu'elle avait aussitôt obtenu. Puis elle avait également demandé un rendez-vous au premier dirigeant de la Chine et elle a doublé sa mise. M. Poutine avait eu des entretiens séparés avec dix dirigeants de poids de notre astéroïde. On aura vu un Président des Etats-Unis quasiment hors jeu et auprès duquel tout le monde avait cessé de s'empresser, car la vassalité à son égard n'était plus payante. En revanche, il était devenu décisif de rencontrer M. Poutine ou M. Linping sur un mode de relations qui n'était plus celui de l'allégeance de type américain.

Ne sachant comment trouver une place nouvelle à la cour, M. Hollande avait tenté de sauver la face en arrivant sur les lieux après tout le monde; mais cet ultime subterfuge n'avait trompé personne. Il était fatal que des dirigeants européens dépourvus de toute connaissance du destin des nations et du sort réservé aux ignorants et aux incompétents paieraient le prix de leur méconnaissance des lois élémentaires de la géopolitique. On ne se met pas à l'échelle du destin à ignorer dans quel sens court l'histoire et sur quel axe la planète tourne sur elle-même. Tout l'établissement ancien combattait M. Trump, mais aucun ne réfutait ses déclarations, ni ne se risquait à les citer. Or, il avait formulé deux évidences criantes; la première, que l'Europe ne se constituerait jamais en une nation unie et la seconde que ce fantôme s'était doté d'une capitale imaginaire et strictement administrative.

Qu'y avait-il de plus intéressant à observer, l'effondrement de l'empire américain ou celle de l'Europe des utopies. Si un Nicolas Sarkozy qui avait réintroduit la France dans l'OTAN en 2008 en était venu en 2016 à dénoncer l'impérialisme américain et son dictat sur les banques du monde entier, son gaullisme tardif n'avait pas été relevé par une presse et des médias français verrouillés, de sorte que toute l'attention des anthropologues nouveaux se portait sur l'agonie politique de l'Europe, tellement la puissance ébranlée des Etats-Unis ne savait comment faire face aux contempteurs subits des serviteurs de son hégémonie d'hier.

L'asservissement du Vieux Continent aux lois américaines du commerce avait échoué. Partout le patriotisme retrouvait sa voix. On découvrait que Washington obéissait à une politique étrangère de type romain et que le traité de Westphalie de 1648 que nous devons au génie politique de Mazarin avait explosé. Jules César ne se demandait pas comment le droit des Gaulois devait demeurer protégé sous le glaive des légions. Washington non plus. Et maintenant M. Vladimir Poutine demandait rien moins au Pentagone que de conserver le droit de défendre les intérêts de son pays!

L'empire américain mourait de l'anachronisme de la puissance de type romain à laquelle les Etats-Unis avaient cru pouvoir demeurer fidèles. Un Etat prétendument démocratique et qui avait fait de la sesterce le symbole du dollar ne pouvait changer de culture politique dans l'adversité: il lui fallait agoniser dans l'alliance de l'éthique calviniste du commerce avec le glaive fatigué des Romains d'aujourd'hui.

Le ton nouveau de la puissance a été fort bien illustré par un dialogue de Vladimir Poutine avec François Hollande. Après avoir feint de croire que le destin de la planète dépendait encore du dialogue de la France avec tout l'univers, M. Poutine a gentiment ajouté: "Et maintenant que nous avons fait le tour du monde, venons-en à l'examen plus modeste des relations de la Russie avec la France."
Car M. Hollande avait eu la naïveté de convier M. Poutine à "regarder les problèmes en face". Mais cette fois-ci, regarder le monde en face, c'était poser la question des relations concrètes de la Russie avec la France. Sans doute M. Hollande a-t-il été surpris de trouver en M. Poutine un interlocuteur respectueux des intérêts propres à la France. Mais quelle conquête d'une dignité nouvelle et d'abord d'une souveraineté nouvelle de la France que de s'adresser à elle comme à une nation en droit de défendre ses intérêts propres et son indépendance.

En vérité, dès le 4 septembre 2016, le G20 a clairement montré à tout le monde comment la Russie substituerait aux relations de vassalité de l'Amérique avec ses prétendus "alliés", des négociations à nouveau fondées sur le traité de Westphalie de 1648 et combien cette conquête nouvelle d'une diplomatie civilisée entre des Etats souverains n'était autre qu'une conquête majeure de la civilisation mondiale.

La Russie pouvait bien se révéler plus puissante que l'empire américain ne l'avait jamais été, mais du seul fait que le style nouveau du pouvoir issu de ce G20 détruisait la politique de subordination que l'empire américain avait entretenue avec ses alliés vassalisés, le monde avait changé de face, de sorte que dès le 4 septembre, donc avant même l'achèvement de ce G20, le style nouveau du pouvoir sur la scène internationale avait métamorphosé la diplomatie mondiale.

Mais le grand vainqueur de ce G20 aura été une Russie conviée à figurer au rang d'invitée d'honneur à Hangzhou . On ne défendait plus un prétenu "ordre mondial" qui n'avait jamais existé et qui n'exisera jamais, parce que ce concept béatifiant n'était jamais que le masque de la puissance hégémonique du moment. Le réalisme politique se révélait, en réalité, la véritable source d'une politique humaniste et respectueuse des Etats. La civilisation mondiale avait changé de guide.


Le 9 septembre 2016

http://aline.dedieguez.pagesperso-orange.fr/tstmagic/1024/tstmagic/defis_europe/G20.htm

dedefensa.org dit :

L’anniversaire 9/11 du JSF : NEVER...
http://www.dedefensa.org/article/lanniversaire-911-du-jsfnever

Nouvelles suées pour le Pentagone : la Chine affirme avoir un radar quantique contre la furtivité
http://www.wikistrike.com/2016/09/nouvelles-suees-pour-le-pentagone-la-chine-affirme-avoir-un-radar-quantique-contre-la-furtivite.html
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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Dim 18 Sep - 4:35


Aéronautique


La Chine rattrape son retard à tire-d’aile

Raphaël Balenieri Libération 11 septembre 2016

Encore dépendant des moteurs étrangers, Pékin a lancé une société censée combler un écart de moins en moins important et renverser le duo Boeing-Airbus. Les premiers vols commerciaux 100% chinois sont prévus avant 2020.


Le moyen-courrier chinois C919, à sa sortie d’usine à Shanghai,
le 2 novembre dernier
Photo Imagechina. AP

Citation :
C’était le 2 novembre 2015. En dévoilant le C919, le premier avion assemblé par la Chine depuis l’échec du Y-10 dans les années 70, Pékin avait envoyé un avertissement au duopole Airbus-Boeing, que la deuxième économie mondiale espère, à terme, casser comme un morceau de sucre. Mais à ce moyen-courrier de 158 places, fruit d’au moins dix ans de travail et présenté ce jour-là au public lors d’une grande cérémonie à Shanghai, il manquait l’essentiel : le moteur. «Le C919, c’était plutôt du soft power. La Chine avait montré son cerveau, pas ses muscles», résume une source occidentale proche du dossier.

Mais fin août, c’est bien l’inverse qui s’est produit, lorsque le géant communiste a mis en marche l’Aero Engine Corporation of China (AECC). Les grands motoristes étrangers comme Safran n’ont pas été surpris. Ils constataient depuis des années la montée des Chinois dans le domaine «le plus savant» de l’aéronautique : la propulsion. L’annonce de ce saut a quand même fait des vagues au-delà du petit monde de l’industrie, à commencer par l’Elysée et jusque dans les ambassades à travers l’Asie.

Le Boeing 707 de Nixon

En inaugurant le 28 août l’AECC, spin-off d’une société publique préexistante qui n’avait pas fait ses preuves, la Chine a confirmé pour de bon son intention de rejoindre le club très sélect des géants technologiques capables de produire un moteur d’avion. C’est la pièce la plus onéreuse d’un appareil (les moteurs peuvent atteindre jusqu’à 30 % du prix total), la plus compliquée aussi. Celle dans laquelle les matériaux doivent supporter des températures supérieures à 1 500 degrés et résister à des pressions colossales. C’est l’invention qui a permis à l’homme de défier la loi de la gravité… Mais aussi aux Etats d’être indépendants dans leur diplomatie. «Les Chinois l’ont d’ailleurs présenté comme ça, en disant qu’ils étaient les seuls, au Conseil de sécurité de l’ONU, à ne pas avoir leur propre industrie de propulsion, décrypte un autre fin connaisseur du programme aéronautique chinois. Le moteur, c’est un maillon très important pour la souveraineté d’un pays. C’est le dernier tronçon, le dernier bout.»

L’AECC est en réalité le parachèvement d’une stratégie d’Etat bien plus large, qui vise à faire de la Chine une grande puissance aéronautique, la troisième derrière l’Europe et les Etats-Unis. Le but ultime de Pékin ? Placer la Comac, l’avionneur civil chinois, sur le podium mondial, aux côtés des deux géants du secteur, Airbus et Boeing. Cette feuille de route n’est pas nouvelle. Elle remonte aux années 70, lorsque, dans la foulée de la visite historique de Richard Nixon en 1972, la Chine achète cinq Boeing 707, le modèle emprunté cette année-là par le président américain pour se rendre à Pékin, en pleine guerre froide, afin de rétablir les relations diplomatiques avec l’Etat communiste. Une fois ces 707 acquis, les Chinois les démontent et les copient pour qu’ils servent de base au Y-10, premier avion développé par le pays, à Shanghai. Las, l’appareil, trop lourd, ne volera que pendant quatre ans. En 1984, l’échec est consommé.

Mais depuis, Pékin a appris et fait des pas de géant. Son nouvel espoir, à présent, est donc le C919, un moyen-courrier en développement depuis au moins 2005. Quelques années plus tôt, le pays avait déjà lancé le chantier de l’ARJ21, un jet régional conçu, lui aussi, par la Comac. Après quatorze ans de gestation, ce bimoteur a fait son premier vol commercial en juin 2016, entre Chengdu et Shanghai. «Il n’est pas extraordinaire mais il a le mérite d’être là. De toute façon, c’était plus une machine pour apprendre à voler», résume le spécialiste.

Plus de 6 000 avions d’ici 2034

Le C919, lui, devrait faire ses premiers vols commerciaux «d’ici la fin de la décennie». Il pourrait alors concurrencer l’A320neo et le 737MAX, les derniers-nés d’Airbus et de Boeing dans la catégorie des moyens-courriers. Mais pour cela, il faudra d’abord que ce monocouloir made in China décroche la certification européenne et américaine, faute de quoi il ne pourra déployer ses ailes que dans l’espace aérien chinois… «La Chine n’est plus très loin de savoir comment assembler un avion fiable, comme Airbus ou Boeing, reconnaît notre interlocuteur. Elle va changer la donne dans l’aviation civile, c’est certain. Dans un premier temps, Pékin exportera des appareils assemblés dans le pays mais intégrant des équipements occidentaux. Et puis, un jour, ça sera du 100 % chinois. Mais ça, c’est seulement si Airbus et Boeing ne font pas leur travail !»

Avec le C919, la Chine n’a pas seulement déclaré la guerre aux deux géants mondiaux. Elle veut surtout accélérer la montée en gamme de son économie et s’émanciper d’une dépendance technologique. Il y a urgence, car le pays est en passe de devenir le premier marché mondial pour l’aviation civile : selon un rapport récent de Boeing, Pékin aura besoin de 6 100 avions supplémentaires d’ici à 2034, soit le double de sa flotte actuelle. Or ce dynamisme, jusqu’à présent, a toujours favorisé les sociétés étrangères. Notamment dans les moteurs, là où le retard des Chinois est le plus évident : vingt à trente ans selon les points de vue. L’ARJ21 et le C919 sont pour l’instant tous les deux équipés d’engins étrangers : le CF34-10A de General Electric pour le premier, le LEAP-1C, coproduit par Safran et General Electric via la coentreprise CFM, pour le second.

Avec 96 000 employés et l’équivalent de 6,7 milliards d’euros au capital, l’AECC va donc devoir changer ce rapport de force en mettant sur le marché le premier moteur de conception et de fabrication chinoise. L’ordre est venu des plus hautes autorités du pays. Le président Xi Jinping, bizarrement absent l’an dernier lors de la présentation du C919, a cette fois béni le bébé : «L’établissement de la société est une démarche stratégique qui favorisera le renforcement de la puissance nationale et de la capacité des forces armées», aurait-il écrit dans une note, selon l’agence de presse officielle Chine nouvelle. Le pouvoir demanderait ainsi à l’AECC de faire passer «la capacité des forces armées» avant l’équipement des lignes commerciales. Car en matière militaire, l’objectif est surtout de s’affranchir des Russes, qui fournissent leurs moteurs aux meilleurs avions de l’armée chinoise.

Dans un second temps, le scénario idéal serait que la nouvelle entité puisse équiper le C919, ainsi que ses successeurs, avec une propulsion chinoise et non plus étrangère comme aujourd’hui. «On ne peut pas être souverain quand on vole avec les moteurs d’une autre puissance, rappelle notre expert. Par ailleurs, il est plus facile de commencer par un moteur militaire. Dans le militaire, on vise la performance. Dans le civil, la durée de vie. Mais les briques technologiques sont les mêmes. Investir l’un puis l’autre est loin d’être idiot. Tous les Occidentaux ont fait pareil.»

«C’est presque de la cuisine»

De plus, l’AECC est loin de partir d’une feuille blanche. Cette société d’Etat est née de l’absorption de son prédécesseur, l’ACAE, filiale du mastodonte chinois de l’aéronautique Avic, filiale qui avait été créée en 2009 pour développer un moteur destiné au C919. Mauvais montage. Très vite, ses différentes entités étaient entrées en concurrence les unes avec les autres et la société était devenue ingérable. «Ce fut un échec. […] Le modèle s’est effondré», se souvient notre expert.

Avec l’AECC, Pékin veut à présent mettre fin à ces querelles, jouer la synergie des compétences, recentrer le management. «Le motoriste a été "sorti" de l’avionneur, résume l’autre spécialiste. Mais industriellement, ça ne va rien changer. Ce que je comprends, c’est que Xi Jinping et le Premier ministre, Li Keqiang, ont donné l’orientation politique.»

Techniquement, cependant, la Chine a encore du chemin à faire avant de pouvoir mettre en difficulté les quatre leaders du moteur : Safran et GE, mais aussi le britannique Rolls-Royce et l’autre américain Pratt & Whitney. «On peut développer un moteur en quatre ans, mais ça, c’est quand on a trente ans d’expérience ! La propulsion, ce n’est plus de la science exacte, c’est presque de la cuisine. Ça va être difficile pour les Chinois car ils ne sont pas dans une culture de l’échec.»

A Pékin, les professionnels de l’aéronautique estiment que la Chine ne posera pas de concurrence sérieuse en la matière avant 2030 voire 2050. «Et encore, tout ça, c’est sous réserve qu’il n’y ait pas une rupture technologique majeure d’ici là. Si c’est le cas, il y a le risque que les moteurs chinois soient alors aussi dépassés que le téléphone fixe», persifle notre source. Par comparaison, le LEAP de Safran-GE, qui représente un saut technologique «de 50 % par rapport au CFM56», son prédécesseur, devrait être vendu jusqu’en 2040-2045. «Il ne suffit pas de mettre de l’argent. Il faut voler, faire des essais. Et la Chine doit d’abord organiser ses troupes : 96 000 personnes, ce n’est pas rien. Ils ont plus de financements que nous, c’est certain. Mais nous, dans vingt ans, on aura aussi vingt ans de R&D [recherche et développement, ndlr] en plus.» Rendez-vous donc en 2036, soit après-demain pour les Chinois…


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 26 Nov - 17:26


La Chine prête à redessiner la carte du commerce mondial

L’abandon du PTP par les Américains ouvre toute grande la porte au géant asiatique


26 novembre 2016 |Benjamin Carlson - Le Devoir - Agence France-Presse


Photo: Brendan Smialowski Agence France-Presse

À Lima, devant ses homologues des pays de l’APEC, Xi Jinping s’est engouffré dans la brèche ouverte par la victoire de Trump pour faire la promotion d’un libre-échange décomplexé.

Citation :
Pékin — En abandonnant l’accord de libre-échange transpacifique (PTP), l’Amérique de Donald Trump pourrait laisser le champ libre à la Chine pour redessiner le paysage du commerce mondial, à l’heure où elle ambitionne de mettre sur pied des pactes économiques alternatifs en Asie.
 
L’objectif du PTP n’était autre que « d’institutionnaliser la domination économique des États-Unis en excluant et effaçant la Chine », en « endiguant » le géant asiatique, a affirmé jeudi dans un commentaire le Quotidien du Peuple, porte-voix du Parti communiste chinois. Autrement dit, Pékin ne regrettera pas le naufrage annoncé de cet ambitieux accord commercial qui réunit douze pays bordant l’océan Pacifique, mais pas la Chine.
 
Ce texte, promu par Washington et censé façonner les règles du commerce du XXIe siècle, a été signé en 2015 mais n’est pas encore entré en vigueur. Il paraît désormais largement compromis après la promesse de Donald Trump d’en retirer les États-Unis. L’exubérant milliardaire s’est également engagé à établir des droits de douane prohibitifs pénalisant les importations venant de Chine et du Mexique.
 
Alliés déconcertés
 
« C’est la Chine qui bénéficiera le plus d’un protectionnisme américain accru », renchérissait le Global Times, quotidien officiel chinois au ton nationaliste, pour qui la deuxième économie mondiale pourrait reprendre le flambeau et devenir un chef de file du libre-échange.
 
Les alliés des États-Unis apparaissent eux déconcertés : « Le PTP sans les États-Unis n’aurait pas de sens », a lâché le premier ministre nippon Shinzo Abe, assurant toutefois qu’il ne désespérait pas de convaincre M. Trump de renoncer à son projet. « Si les États-Unis s’éloignent du PTP, cela pourrait ouvrir la porte au développement par la Chine de ses propres initiatives en Asie », ont observé les analystes du cabinet IHS Global.
 
Plusieurs pays semblent déjà prêts à tourner la page et à accélérer les négociations sur d’autres projets de libre-échange en discussion, dans lesquels Pékin joue un rôle clef. L’Australie avait ainsi averti, dès l’élection de Donald Trump, que le vide provoqué par un échec du PTP pourrait être comblé par le RCEP. Ce projet d’accord de libre-échange réunit l’ASEAN (Association des nations du sud-est asiatique), l’Australie, l’Inde, le Japon, la Corée du sud, la Nouvelle-Zélande et la Chine, qui soutient ardemment l’initiative. Mais pas les États-Unis. Contrairement au PTP, il n’imposerait pas à ses membres des normes environnementales et en termes de droit du travail.
 
Influence géopolitique
 
Surtout, la Chine entend désormais accélérer son propre projet de Zone de libre-échange Asie-Pacifique (FTAAP) visant à rassembler les 21 membres de l’APEC (Forum Asie-Pacifique, 60 % du commerce planétaire), comme l’a récemment martelé le président chinois Xi Jinping lors d’un sommet de l’Apec au Pérou. « La construction de la FTAAP est une initiative stratégique vitale pour la prospérité à long terme de la région », a-t-il insisté.
 
Pour Pékin, l’enjeu est majeur : décriant l’influence diplomatique et économique très forte des États-Unis en Asie, le régime communiste s’efforce de muscler sa stature sur la scène régionale et mondiale et évoque sa relation à Washington comme un dialogue d’égal à égal entre grandes puissances.
 
À Lima, devant ses homologues des pays de l’Apec, Xi Jinping a enfoncé le clou, s’engouffrant dans la brèche ouverte par la victoire de Trump, pour faire la promotion d’un libre-échange décomplexé. « Nous n’allons pas fermer la porte, mais l’ouvrir encore plus largement », a-t-il souligné. « Nous allons pleinement nous investir dans la mondialisation en soutenant le commerce multilatéral. »
 
Étonnant
 
Cette autoproclamation de la Chine comme championne du libre-échange a de quoi étonner, tant cela contraste avec les innombrables restrictions que le pays impose en son sein aux entreprises étrangères, bannies de certains secteurs ou contraintes de s’associer à des firmes locales. Pékin, par ailleurs, adapte volontiers sa politique commerciale et ses taxes douanières en fonction de ses relations diplomatiques avec les autres pays.
 
En reprenant la main sur les négociations d’accords de libre-échange régionaux, la Chine pourrait engranger des gains en influence géopolitique : en cas de désengagement progressif des États-Unis, le géant asiatique pourrait notamment imposer plus aisément ses vues dans les différends territoriaux en mer de Chine méridionale. Le ministère chinois des Affaires étrangères s’en défend pourtant farouchement : « On devrait éviter de politiser des accords de libre-échange, et tous les pays devraient cesser de les surinterpréter via des lunettes géopolitiques », s’est énervé mercredi son porte-parole Geng Shuang.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 19 Déc - 4:18


Comment la Chine lance une "nouvelle route de la soie"

François Reynaert 17 décembre 2016


1271 : Marco Polo, son père et son oncle sur la route de la soie entre Venise et l'Empire mongol, qui deviendra plus tard la Chine impériale.
(The Art Archive/Bibliothèque Nationale Paris/The Picture Desk/AFP)


PASSE-PRESENT. La Chine, usine du monde, investit des milliards dans le renforcement de ses routes commerciales. Une histoire qui a commencé il y a vingt et un siècles…


François Reynaert a écrit:
C'est le grand projet économico-politique de Xi Jinping. Il consiste à tracer d'immenses routes commerciales, les unes traversant l'Asie par voie terrestre, les autres contournant le continent par voie maritime, d'où son nom officiel anglais d'Obor - pour : One Belt (la ceinture océanique), One Road (les infrastructures terrestres).

Dans les journaux chinois ou occidentaux, on préfère lui donner l'intitulé plus poétique de "nouvelle route de la soie". Cela fait maintenant un moment qu'on voit passer dans les journaux ces mots magiques - le programme a été lancé en 2013 -, mais le contexte international accélère les choses.

La Chine tisse sa route de la soie

Pékin compte bien profiter des turbulences que l'élection de Trump fait peser sur la diplomatie américaine pour avancer ses pions tous azimuts. Il est donc grand temps de mettre nos connaissances à jour et de comprendre ce que ce nom qui nous semble si évocateur signifie vraiment pour les Chinois.

Les itinéraires du précieux fil


Le terme "route de la soie" n'est pas très vieux. Il a été fixé par un géographe allemand à la fin du XIXe. La réalité a plus de deux mille ans. Vers le IIe siècle avant notre ère, les empereurs Han règnent sur une Chine unifiée et, thème constant de l'histoire chinoise, craignent les incursions des barbares nomades qui, depuis le Nord-Ouest, les menacent. Ils cherchent donc à nouer des alliances de revers avec les petits seigneurs qui vivent plus au sud, dans cette Asie centrale dont ils ne savent rien.

Vers l'an 100 av. J.-C., après avoir bravé montagnes et déserts et vécu les aventures les plus rocambolesques, un des envoyés de l'empereur revient à la cour avec des descriptifs émerveillés de contrées qu'il a visitées. Elles sont situées dans ce qui serait aujourd'hui l'Ouzbékistan ou l'Afghanistan. On y trouve en particulier des chameaux et des chevaux d'une race puissante qui ont fait son admiration. Pour acquérir ces biens, la Chine possède une monnaie d'échange fort commode, le précieux fil dont elle garde jalousement le secret de fabrication.

Chargés de la luxueuse étoffe, les premiers marchands ouvrent des itinéraires. La route de la soie est née. Elle part de Chang'an (actuelle Xi'an), la capitale impériale, puis, au long du chemin, offre des embranchements vers l'Inde, vers diverses provinces du puissant Empire perse ou s'allonge vers l'Occident jusqu'à atteindre l'actuelle côte syrienne, c'est-à-dire l'Empire romain. Cela tombe bien, les riches Romains et surtout les Romaines raffolent de cette étoffe transparente et légère venue d'un pays lointain qu'ils baptisent la Sérique, le pays de la soie.

Des Sogdiens à Marco Polo

Les idées circulent avec les marchandises. Le bouddhisme, né en Inde, arrive en Chine durant les premiers siècles de l'ère commune par ces routes de la soie, comme le christianisme de la branche dite "nestorienne", l'une des hérésies implantées en Perse. Bien évidemment, à l'époque des lentes caravanes chamelières, personne ne fait le chemin de bout en bout. Tout ce commerce est une affaire d'intermédiaire. Pendant des siècles, les plus forts à cet exercice sont les Sogdiens, un peuple originaire des grandes oasis de Boukhara ou de Samarcande, dont ils font la richesse. Au VIe siècle, les Byzantins volent le secret de la soie, et la fabriquent à leur tour.

2016 : un train de marchandises chinois reliant la ville de Wuhan à Lyon. Avec le projet économique de Xi Jinping, baptisé "nouvelle route de la soie", la Chine rêve de renouer avec un passé riche et glorieux. (Stringer-Imaginechina/AFP)

Aux VIIe et VIIIe, les conquêtes arabes bouleversent les parcours commerciaux asiatiques. Il faut attendre les conquêtes mongoles, au XIIIe siècle, pour les voir renaître. Gengis Khan et ses descendants, qui ont d'abord beaucoup pillé et détruit, reforment un vaste ensemble pacifié qui permet à nouveau de circuler d'un bout à l'autre du continent euroasiatique. Le plus célèbre bénéficiaire de cette Pax Mongolica est un petit Vénitien nommé Marco Polo. Dans les années 1270, accompagnant son père et son oncle, des marchands, il fait de bout en bout, à pied, la route jusqu'à la Chine et donne au retour une description si fabuleuse de ce riche empire que toute l'Europe en rêve bientôt.

Renaissance chinoise

C'est en pensant à la Chine de Marco Polo qu'à la fin du XVe siècle, du Portugal ou d'Espagne, les Vasco de Gama, les Christophe Colomb, les Magellan s'élancent sur les mers et changent le cours de l'Histoire. Les expéditions maritimes du XVIe siècle, la colonisation du Nouveau Monde font grimper en flèche la puissance de l'Europe et modifient les flux commerciaux mondiaux : les principales routes deviennent maritimes et sont contrôlées par les Occidentaux.

La Chine a toujours son immense marché intérieur, et aussi des biens de prix - la soie bien sûr, mais aussi le thé ou la porcelaine - qu'elle continue à exporter un peu partout. Grâce à ces deux atouts, elle reste, jusqu'au XVIIIe siècle, une puissance économique et commerciale de premier ordre mais son temps est compté.

La révolution industrielle donne à l'Europe, au XIXe siècle, une supériorité technologique, financière et manufacturière qui lui permet d'écraser le reste du monde. La route de la soie n'évoque plus, pour les Chinois, que le souvenir d'un temps riche et glorieux. En la faisant renaître aujourd'hui, Xi Jinping cherche à dire au monde que ce temps est revenu.


Citation :
Chacun son chemin

♦ La route de l'ambre
Les peuples de l'Antiquité étaient déjà fous de cette résine fossilisée. Ainsi, dès l'âge du bronze existe une route commerciale, qui descend de la Baltique à la Méditerranée.

♦ La route des épices
Essentielles à la cuisine et à la pharmacopée, elles sont produites en Indonésie ou en Inde. Jusqu'au Moyen Age, leur commerce est tenu par les Malais, puis par les Indiens qui les vendent aux Arabes, lesquels les vendent aux Vénitiens, qui en ont le monopole. C'est pour le contourner que les Portugais, au XVe siècle, trace une nouvelle "route des épices", qui va jusqu'aux Indes en contournant l'Afrique.



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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 1 Avr - 4:34


Des petits commerces familiaux aux investissements de grands groupes dans le tourisme, les vignobles, le foot, ou l'automobile, la Chine et sa diaspora exercent une influence grandissante sur le plan économique en France.


Citation :
- Des investissements en hausse

Club Med, Olympique Lyonnais, viticoles du Bordelais, poudre de lait infantile, aéroport de Toulouse: de par leurs cibles emblématiques qui suscitent l'émotion, les participations d'investisseurs chinois au capital des entreprises tricolores sont très médiatisées. Pourtant, "jusqu'à ces trois ou quatre dernières années, les opérations restaient très anecdotiques. Il n'y avait pas de tendance nette de croissance", explique à l'AFP Françoise Nicolas, directrice Centre Asie à l'institut français des relations internationales. "Depuis 2013, on observe une tendance à la hausse en termes de valeur", observe la chercheuse, soulignant que ce phénomène "normal" accompagne l'internationalisation ainsi que la "maturation de l'économie chinoise". "Ca commence à être un peu plus sérieux mais ça reste microscopique, rapporté à l'ensemble des investissements chinois en Europe, ou même aux investissements étrangers en France", souligne-telle.

- Difficiles à mesurer


Selon le cabinet américain Rhodium, les entreprises chinoises ont investi directement en France 11,5 milliards d'euros depuis 2000 et 2,16 milliards pour la seule année 2016. "Il est très compliqué d'avoir des chiffres fiables" étant donné qu'il est difficile de faire la distinction entre les investissements directs et financiers tout comme de tracer l'origine des fonds qui passent par des "circuits compliqués", nuance Mme Nicolas.

- Commerces de proximité


Que ce soit à travers les grands groupes tels que le fonds CIC ou le conglomérat Fosun, les investisseurs individuels en quête de rentabilité à plus court terme ou encore les commerces de proximité, la présence économique chinoise est "clairement à la hausse", constate aussi le président du Chinese Business Club, Harold Parisot, auprès de l'AFP. A Paris, "la plupart des bars-tabacs ont été repris par des personnes d'origine asiatique", une communauté qui "travaille beaucoup" et pratique des horaires d'ouvertures très larges, souligne le responsable de cette plateforme de lobbying franco-chinoise. Autre affaire familiale, le marché du textile: Aubervilliers, dans la banlieue nord de Paris, est devenue en quelques années une plaque tournante du commerce vestimentaire de gros. "De 500 boutiques il y a huit ans, on en dénombre désormais 1.500", a indiqué à l'AFP le patron d'Eurasia, Hsueh Sheng Wang, qui loue 25% du parc de locaux commerciaux dans ce centre d'affaires où travaillent "plus de 5.000 personnes".

- Les prochaines cibles potentielles

Après le Club Med, Pierre et Vacances, Louvre Hotel Group et AccorHotels, la liste des acteurs touristiques français comptant un actionnariat chinois pourrait encore s'allonger. Et pour cause, l'entrée de Chinois au capital "ouvre pas mal de portes en Chine" pour y faire des affaires, note Mme Nicolas. Détenue à 40% par l'Etat, via la Caisse des dépôts et consignations (CDC), la Compagnie des Alpes - à la tête de 11 domaines skiables (Tignes, Val d'Isère ou les Deux Alpes) et 13 destinations de loisirs (Parc Astérix, Futuroscope...) - poursuit des discussions pour ouvrir son capital à de nouveaux actionnaires, dont le fonds chinois Fosun, propriétaire du Club Med. Quant au projet du Grand Paris, le PDG de CDC International Capital, filiale de la Caisse des dépôts et consignations Laurent Vigier, a confirmé à l'AFP le "vrai intérêt" du fonds souverain chinois China Investment Corporation (CIC). "Nous devrions dans les prochains mois, peut-être les prochaines semaines, être en mesure d'annoncer le premier investissement de ce fonds", a-t-il dit. "Les Chinois s'intéressent à tous les domaines d'activités, l'objectif étant de maîtriser toute la chaîne de déplacement des touristes chinois à l'international", qui atteindront la barre des 100 millions dès 2020, a résumé M. Parisot du Chinese Business Club.

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mer 12 Avr - 20:49


Dejian Zeng a profité de ses vacances d’été pour se faire engager sur une chaîne d’assemblage en Chine, afin d’enquêter sur les conditions de travail des ouvriers chinois. Il a raconté son quotidien à Business Insider.


Citation :
La curiosité mène à tout. Quand certains profitent de leurs vacances d’été pour migrer vers le soleil, d’autres se font embaucher dans une usine de fabrication en Chine. Plus précisément sur une chaîne d’assemblage d’iPhone, celle de Petagron près de Shanghai.

Pendant six semaines l’an dernier, 12 heures par jour, Dejian Zeng, étudiant new-yorkais, s’est mêlé aux ouvriers chinois de l’usine, comme il le raconte à Business Insider.

Des journées longues et monotones

Son travail commençait à 7h30 et se poursuivait pendant 12h, repas et pauses compris. Un travail routinier et monotone, puisque chaque travailleur effectue le(s) même(s) geste(s) chaque jour sur la chaîne de montage. Dans le travail à la chaine, la productivité est la clé. Bref, ce qu’Henri Ford a appliqué dans ses usines en 1908 pour la production de ses Ford T et qui fut théorisé en amont par Gramsci et Taylor. « Pour Zeng, cela pourrait se traduire par insérer une vis dans le dos d’un iPhone pendant 12 heures », indique The Next Web. Zeng a ainsi travaillé sur une chaîne d’assemblage d’iPhone 6S puis est passé sur une chaîne d’assemblage d’iPhone 7.



Une usine Apple en Chine – BBC

Ce n’est déjà pas très enviable, mais ce n’est pas le pire. Les conditions de travail sur les tests de production s’apparentent à de la « torture » selon Zeng. Lors de la production expérimentale, seuls 5 téléphones sont généralement produits. Il peut se passer des heures avant de se voir confier un autre téléphone. Durant ce laps de temps, il n’est pas souvent permis de parler ou de bouger de son poste, même pour aller aux toilettes. Un téléphone est assemblé et les ouvriers doivent attendre deux heures, en silence, qu’un autre téléphone leur soit confié. Un véritable supplice pour Zeng, d’autant qu’il est difficile de ne pas s’endormir. Si un ouvrier cède à la tentation, il est réprimandé et sa chaise lui est ôtée, le forçant à rester debout en attendant l’arrivée du prochain téléphone.

Des conditions qui flirtent parfois avec « la torture »

Zeng explique également que les mesures de sécurité ont été renforcées sur ces chaines de tests : la sensibilité des détecteurs de métaux a été augmentée, ce qui a conduit certaines femmes à devoir se changer lorsque l’armature de leur soutien-gorge déclenchait les dispositifs. Les objets contenant du métal, tel que les briquets ou les téléphones, sont confisqués à l’entrée



Un dortoir à Petagron – Dejian Zeng

Une fois la journée de travail terminé, les ouvriers retournent à leur dortoir pour dormir. Zeng partageait le sien avec 7 autres travailleurs. Les bons jours, ils avaient de l’eau chaude pour pouvoir se doucher. Certains jours, ils n’avaient pas d’eau chaude, d’autres jours pas d’eau du tout.

Pas de quoi s’offrir un iPhone

Et comme le précise The Next Web, si les repas sont corrects ils coûtent tout de même entre 5 et 8 yuans, soit entre 0,76 et 1,16 dollar (entre 0,71 et 1,1 euro), et jusqu’à 2,90 dollars (2,7 euros) si les ouvriers prennent leurs repas à l’extérieur de l’usine. Si ces coûts peuvent nous paraître dérisoires, ils sont significatifs sur le salaire mensuel de ses ouvriers. Sans compter les coûts supplémentaires, comme l’internet au sein du dortoir ou l’examen médical à passer avant de commencer à travailler.

Interrogé par Business Insider, Apple assure que dans 99 % des cas les ouvriers ne travaillent pas plus de 60 heures par semaine et ceux fabriquant les produits Apple, pas plus de 43 heures en moyenne.



Les douches collectives – Dejian Zeng

Comme Zeng l’explique à Business Insider, une grève imminente couvait à Petagron, mais rien ne s’est produit pendant son séjour dans l’usine. Les salaires à Pegatron ont augmenté de plus de 50 % au cours des cinq dernières années, et ils sont plus élevés que le salaire minimum à Shanghai, indique un représentant d’Apple à BI.

Le rêve irréaliste de Trump

Quoi qu’il en soit, avec de tels couts du travail, on imagine mal Apple rapatrier ses usines aux États-Unis comme le requiert Donald Trump (déduction d’impôts à la clé). Pour Zeng, ce souhait est complètement irréaliste, les États-Unis ne pourront jamais s’aligner sur de tel prix et rapatrier quelques usines sur le territoire US ne créera pas nécessairement plus d’emplois : la plupart des tâches effectuées en usine d’assemblage peuvent l’être par des machines.

Pour ce travail, Dejian Zeng a été rémunéré 3100 yuan mensuels, soit 450 dollars (environ 424 euros), ce qui représente plus que le salaire de base en Chine qui s’élève à 2320 yuans (336 dollars). Pas de quoi s’offrir un iPhone en somme.

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Jeu 11 Mai - 19:52


Chine : les enjeux d'influence des nouvelles routes de la soie

Frédéric Schaeffer Les Échos Correspondant à Pékin 11/05

Pékin organise ce week-end un forum international s[/center]ur son vaste projet commercial et d'infrastructures reliant l'Asie à l'Europe. L'occasion d'asseoir son influence en dehors de ses frontières, au détriment des Occidentaux.

Citation :
C'est le grand rendez-vous diplomatique de l'année en Chine. Le président Xi Jinping l'avait annoncé en janvier à Davos, lorsqu'il s'était mué en inattendu défenseur du libre-échange. Et il ne se passe pas une journée sans que la presse officielle s'en fasse le relais. L'événement n'est pourtant ni une réunion du G20, ni un sommet de coopération économique d'Asie-Pacifique (Apec) : il s'agit d'un forum sur les nouvelles routes de la soie, qui se tiendra dimanche et lundi à Pékin.

Ce vaste projet commercial et d'infrastructures reliant l'Asie, l'Europe et l'Afrique n'est pas nouveau. Xi Jinping l'a évoqué une première fois à l'automne 2013, au Kazakhstan. Et on ne compte plus les conférences et réunions qui y sont consacrées depuis, en Chine comme à l'étranger. Mais Pékin a nourri la volonté de faire du prochain forum un véritable sommet international de haut niveau.

Représentants de gouvernement, du monde des affaires, d'institutions internationales, de la société civile... plus de 1.200 personnes seront présentes, se félicitent déjà les médias chinois. Sur les 28 chefs d'Etat et de gouvernement ayant répondu à l'appel, les grands leaders de la planète seront toutefois plutôt rares. Aux côtés du président russe, Vladimir Poutine, ou des Premiers ministres espagnol, grec ou hongrois, l'Italien Paolo Gentiloni sera le seul chef d'Etat d'un pays du G7. Quant aux voisins asiatiques, ils arrivent en ordre dispersé.

C'est que le lancement du programme, également appelé Obor (acronyme de « One belt, one road », « Une ceinture, une route ») n'a pas manqué de susciter des réticences. Certains voisins (Thaïlande, Philippines) y ont vu le signe d'une politique d'expansion régionale toujours plus offensive de la part de Pékin. Moscou et l'Inde n'ont pas accueilli, non plus, à bras ouverts l'idée de voir croître l'influence chinoise en Asie centrale.

Le gouvernement chinois entend mettre à profit le forum pour tenter de dissiper certaines résistances. Ce n'est pas un hasard si la communication qui l'entoure est placée sous le signe de la « coopération » pour un développement « gagnant-gagnant ». Pékin a bien compris que ses nouvelles routes de la soie ne devaient pas apparaître comme un projet imposé par la Chine, mais comme une « initiative » complémentaire des projets locaux.

Si le pouvoir chinois prend toutes ces précautions, c'est qu'il a érigé Obor au rang de priorité nationale, mobilisant le ban et l'arrière-ban de l'Etat. Chaque annonce d'investissement le long de ces nouvelles routes est désormais estampillée « Obor ». Qu'importe si le projet n'est pas véritablement nouveau : c'est l'occasion pour les autorités locales de légitimer certaines actions auprès de Pékin, tout en témoignant d'une bonne volonté à mettre en musique les décisions du pouvoir central. « Les routes de la soie forment un grand concept attrape-tout, volontairement flou car évolutif, mélangeant à la fois de grands effets d'annonces, des projets qui commencent à se concrétiser et de la planification à long terme », explique Jean-François Di Meglio, président du centre d'études d'Asia Centre et participant au forum.

Exporter ses surcapacités

Les objectifs économiques sont connus : confrontée à un modèle intérieur en perte de vitesse, la Chine cherche à exporter ses surcapacités (charbon, acier, aluminium...) en créant de nouveaux débouchés dans les pays émergents. Son but est aussi de développer ses provinces pauvres situées à l'ouest du pays tout en continuant à promouvoir l'internationalisation de ses grandes entreprises et de sa monnaie. Un autre objectif est d'améliorer l'accès de la Chine aux ressources énergétiques dont elle a besoin. « Cela marque un changement radical de la politique étrangère de la Chine, expliquait Francis Fukuyama, professeur à Stanford, dans un point de vue publié par « Les Echos » en début d'année. Pour la première fois, elle cherche à exporter son modèle de développement. »

Pour cela, elle s'est dotée de puissants instruments financiers avec la création de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB), dotée d'un capital initial de 100 milliards de dollars, mais aussi avec un fonds pour Obor de 40 milliards de dollars. Les banques publiques chinoises sont aussi appelées à soutenir des centaines de projets.

Pékin veut croire que son poids économique se transformera un jour en poids géopolitique, permettant de retrouver son rang dans le concert des Nations. « Axe majeur de la politique étrangère chinoise, Obor est lui-même, en tant que sujet (voire prétexte) de nouvelles rencontres internationales, un outil au service d'une volonté de restructurer la gouvernance mondiale », constate Alice Ekman, chercheuse en charge de la Chine à l'Ifri. Les nouvelles routes de la soie sont aussi nées d'un rejet du système hérité de Bretton Woods et des difficultés à le changer de l'intérieur. C'est pour cela que la Chine crée de nouvelles institutions, comme l'AIIB, multiplie les forums thématiques (Bao pour l'économie, Xiangshan pour la sécurité) ou les forums régionaux (forum Chine-Afrique, forum Celac avec les pays d'Amérique latine ou encore forum dit « 16+1 » avec les pays d'Europe centrale et orientale). « En accélérant le rythme de ses initiatives institutionnelles et de coopérations, la Chine espère supplanter l'influence des démocraties occidentales dans la gouvernance mondiale », poursuit Alice Ekman. Le forum organisé à partir de ce week-end participe de cette volonté de Pékin d'établir de grandes rencontres internationales dont elle dicte l'agenda, tout en poussant ses propres priorités.

LES POINTS À RETENIR
Citation :
Dimanche et lundi, Pékin accueille de nombreux chefs d'Etat et de gouvernement pour une conférence sur les nouvelles routes de la soie.

Ce programme, également appelé « One Belt, One Road » (Obor), vise à créer de nouveaux débouchés dans les pays émergents et à développer les provinces pauvres de l'ouest chinois.

Obor participe aussi d'une volonté de contrebalancer la puissance des démocraties occidentales dans la gouvernance mondiale.

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 20 Mai - 9:13


Citation :
« Brûler de la glace » ne serait plus un oxymore. D’après un article du Shanghai Daily paru le 18 mai dernier, le ministre du Territoire et des Ressources chinois, Jiang Daming, a annoncé que le pays avait réussi à collecter un échantillon de glace combustible située au sud de la mer de Chine. Il s’agit en fait d’hydrate de méthane, un composant présent dans les fonds océaniques fréquent aux abords des régions polaires. C’est néanmoins une première et cette extraction pourrait mener à une révolution énergétique du pays.

Après deux décennies de recherche et d’exploration, la Chine a donc réussi à extraire cette « glace inflammable » dans la zone de Shenhu, en mer de Chine. Un mètre cube d’hydrate de méthane équivaut à 164 mètres cube de gaz naturel « classique ». Repéré au sud de la mer de Chine en 2007, ce « gaz naturel hydraté » est, d’après la communauté scientifique internationale, le meilleur substitut au pétrole, au charbon et aux gaz naturels. Selon Zhong Ziran, le directeur du China Geological Survey (un organisme gouvernemental), la glace combustible serait « très écologique » et présente d’immenses réserves. Si la deuxième assertion est avérée, la première est probablement fausse étant donné que les hydrates de méthane sont une source directe de méthane et indirecte de CO2, deux puissants gaz à effet de serre.

La zone d’exploitation en mer de Shenhu a commencé le 28 mars dernier et les experts ont pour la première fois identifié l’hydrate de méthane à une profondeur de 1 266 mètres sous les eaux, le 17 mai dernier. Une moyenne de 16 000 mètres cube de gaz d’une grande pureté a été extraite chaque jour. « Grâce à cette avancée technologique, il sera désormais possible de résoudre les problèmes liés aux ressources énergétiques et encourager le développement économique et les échanges entre les pays », affirme Qiu Haijun, le directeur du projet de la zone d’extraction. La Chine vient sans nul doute d’ajouter un as à sa main commerciale
.

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