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 CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 5 Déc - 14:03



Afrique-Chine - Adama Gaye : "Un moment de vérité !"

DÉCRYPTAGE. Spécialiste des relations sino-africaines, Adama Gaye montre combien la donne est aussi compliquée pour l'empire du Milieu, obligé d'adapter ses initiatives à un contexte africain mouvant


Adama Gaye est un essayiste, spécialiste des questions sino-africaines


Propos recueillis par Viviane Forson


Citation :
La Chine demeure le premier pays partenaire économique de l'Afrique, depuis 2009. Un tiers des projets chinois de construction à l'étranger sont réalisés en Afrique. Et ce malgré, le récent repli de l'économie chinoise. Qu'à cela ne tienne, dès l'ouverture du sixième sommet Afrique-Chine qui se tient à Johannesburg, l'empire du Milieu a annoncé 60 milliards de dollars d'aide financière pour l'Afrique. C'est le numéro un chinois, Xin Jinping, qui l'a dit en personne dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) créé en 2000 pour accroître les échanges commerciaux entre les deux continents. À l'époque, le FOCAC a été perçu comme une démonstration de force de la Chine qui s'est mise à acheter le pétrole, le fer, le cuivre de nombreux pays africains aidant ainsi à la flambée des prix des matières premières. Très attendu, ce sixième forum a donné lieu à de nombreuses questions autour de la capacité de la Chine à rester la locomotive de la croissance africaine. Spécialiste de la Chine, Adama Gaye pense que c'est une occasion pour la Chine de réagir sur un terrain qu'elle a laissé libre à ses concurrents, notamment l'Inde. Côté africain où la sinodépendance est désormais une réalité, les États exigent un nouveau partenariat gagnant-gagnant avec une plus grande diversification dans les échanges.

Le Point Afrique : Dans quel contexte se tient ce sixième forum Afrique-Chine ?

Adama Gaye : C'est un moment de vérité. Il prouve que malgré le ralentissement de sa croissance économique passée d'un taux à deux chiffres à un peu plus de 6% seulement, la Chine ne renonce pas a son engagement africain. Que cela se passe dans un contexte où elle est en train de réviser son propre business en dit long. Ne voulant plus trop dépendre des exportations et des investissements qui ont longtemps été les deux principales mamelles de sa forte croissance, Pékin veut maintenant bâtir une économie tirée par les services et corriger les déséquilibres économiques ayant défavorisé certaines de ses régions, notamment l'Ouest et le Centre, au point d'y provoquer des remous sociaux sur fond d'irrédentisme religieux ou ethnique, comme au Tibet ou dans le Xingxiang.


Il y a quand même un sentiment d'urgence de la part de la Chine, pourquoi ?

Ce qui donne à ce Sommet sino-africain un degré d'urgence, c'est qu'il intervient à un moment où la Chine sait qu'il lui faut reprendre l'initiative diplomatique pour ne pas perdre du terrain sur le continent.

Qui menace la Chine en Afrique ?

Son grand rival asiatique, l'Inde, vient de montrer son appétit africain en organisant fin octobre un très spectaculaire Sommet Inde-Afrique à Delhi. En plus de cet adversaire de taille, il lui faut aussi contenir les percées des anciennes puissances coloniales européennes, France, Grande-Bretagne et Portugal, dont l'activisme s'est accentué du fait de leurs besoins de trouver en Afrique les poches de croissance économique qu'elles n'ont plus sur le vieux continent.

Les enjeux sécuritaires, notamment les menaces terroristes, leur ont facilité la tâche. Sous le parapluie de l'ONU, et même de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan), elles ont profité des crises africaines récurrentes pour se repositionner et, ce faisant, elles essaient bon an mal an de freiner les avancées de la Chine qui leur y avaient damé le pion grâce à ses réserves financières massives. Même les États-Unis cherchent à rattraper leur retard dû à un désintérêt vis-à-vis de l'Afrique depuis la fin de la Guerre froide.

Le changement d'état d'esprit de Washington, pour contrer Pékin, est illustré par le Sommet États-Unis-Afrique d'il y a un an à Washington où le Président américain, Barack Obama, a rencontré les dirigeants du continent, même ceux parmi les moins fréquentables. Il devenait donc clair que la Chine se devait de frapper les imaginations. Ce Sommet de Johannesburg tenu dix ans après celui de Pékin ayant réuni les chefs d'État d'Afrique et de Chine en novembre 2006 est la réponse du berger à la bergère.


Quelle est la réponse de la Chine ?

C'est enfin l'occasion pour la Chine de corriger les critiques dont elle fait l'objet sur le continent où l'on dit, à voix à peine basse, que sa politique dite du gagnant-gagnant ne profite qu'à elle avec un accès en roue libre aux ressources énergétiques et naturelles africaines essentielles à la lubrification de son économie, ou à ses entreprises qui raflent les marchés et contrats à des prix défiant toute concurrence, sans pour autant ajouter de la valeur dans l'exploitation des matières premières africaines, ni créer des emplois locaux.

Elle prend tout ce qu'elle parvient à capter sans donner grand-chose, en retour. Ce qui a fait dire à certains que la Chine est une nouvelle puissance coloniale en Afrique. Or, parce qu'il lui faut réorienter son économie qui fait face à une baisse de compétitivité face à celles de ses rivales du Sud-Est asiatique, comme le Vietnam ou l'Indonésie, Pékin n'a d'autre choix que d'offrir une carotte à l'Afrique. Elle est désormais disposée à y transférer ses usines les moins compétitives pour profiter de l'abondance et de la faiblesse du coût de la main-d'œuvre locale. Cela va créer des millions d'emplois manufacturiers sur le continent, disent les plus enthousiastes. Attendons pour voir !


Le ralentissement de la croissance chinoise affecte l'Afrique, les deux partenaires mesurent-ils l'impact de cette nouvelle donne ?

Bien sûr que nous sommes à un moment décisif dans la relation sino-africaine. Confrontée en interne à des défis nombreux, la Chine voit ses réserves financières fondre et, donc, ses capacités, déjà sous contrôle étatique, d'intervenir pour soutenir les économies africaines se réduire. Il ne faut pas se faire d'illusions. La Chine est un pays capitaliste. Ses investissements ont de tout temps privilégié les pays où ils  pouvaient trouver ce qui lui importait le plus : les matières premières énergétiques et minières. Son partenariat avec l'Afrique se concentre ainsi à 80% sur quatre pays parmi les plus riches en ressources naturelles, notamment l'Afrique du Sud, l'Angola, le Nigéria et le Soudan. Si la Chine se montre plus chiche en termes d'investissements étatiques, elle ne va toutefois pas reculer face à son impératif de sécuriser l'accès aux ressources naturelles qui lui sont vitales. Justement, la baisse des prix de ces ressources lui offre la possibilité d'en acquérir pour en bénéficier plus tard, avec l'embellie qui suit toujours les moments de déprime dans ces secteurs. N'oublions jamais que la Chine est un investisseur au long cours capable de prendre des risques commerciaux pour des bénéfices parfois politiques et parfois purement commerciaux, là où le marché dicte la conduite de ses adversaires étatiques ou non étatiques du monde occidental...


Quelles sont les conséquences sur la demande de matières premières ?

N'exagérons rien. À plus de 6% de taux de croissance, la Chine reste toujours l'économie d'un pays de 1 milliard 300 millions d'habitants. Ses besoins restent d'autant plus importants qu'elle est dépourvue de ces matières premières. Même si elle continue sa politique de réajustement vers la promotion des services, la Chine, ayant une ambition impériale, soucieuse de devenir la première puissance économique mondiale, n'a d'autre choix que de forger une relation stratégique avec le continent africain.

La grande question est celle de savoir si elle saura se montrer plus agile qu'elle ne l'a été à ce jour, surtout que les pays africains deviennent de plus en plus exigeants pour voir l'arrêt d'une relation reproduisant à l'identique les pratiques coloniales européennes, où l'on prenait les ressources naturelles du continent sans les transformer sur place afin d'en faire des produits manufacturés revendus à des prix exorbitants en Afrique.


La Chine peut-elle demeurer le premier partenaire commercial du continent africain ?

La rhétorique chinoise toujours prompte à célébrer la coopération sino-africaine comme la plus forte donne à penser que la Chine est le premier partenaire commercial de l'Afrique. En l'an 2000, les échanges commerciaux entre les deux partenaires étaient d'environ 10 milliards de dollars. Estimés l'an dernier à plus de 200 milliards de dollars - certains avancent 300 milliards de dollars -, ces échanges placent la Chine au premier rang des partenaires étatiques de l'Afrique. Seule l'Union européenne, avec ses 27 États agrégés, fait mieux...

On peut parier que pour longtemps encore, la Chine occupera cette place, car elle continuera d'avoir besoin du continent pour faire fonctionner son économie. Attention cependant à l'Inde qui montre un appétit aussi grand, sinon plus encore, vis-à-vis de l'Afrique. C'est autour de ces deux pays asiatiques, Chine-Inde, mais aussi Corée du Sud, Japon, Vietnam, Thaïlande, Singapour, Malaisie, que la ruée vers l'Afrique se fera donc. Contrairement à celle déclenchée à la Conférence de Berlin de 1884-1885 où l'Afrique a été partagée par les puissances européennes, cette nouvelle ruée s'élargira aux autres pays émergents, Turquie, Brésil, avec, en toile de fond, les États-Unis désireux d'être présents au banquet.


Les intérêts chinois sont-ils menacés sur le continent ?

Les Chinois eux-mêmes savent qu'ils ont fini de manger leur pain blanc en Afrique. Les acteurs classiques européens et également l'Amérique ne se privent plus de tenter de profiter des critiques que la présence chinoise en Afrique et son peu d'impact pour les populations africaines suscitent du fait d'une stratégie principalement stato-centriste. On peut également mesurer les violences envers les intérêts chinois à travers les attaques contre des entreprises et citoyens de Chine.

On a ainsi vu plus de 30 000 Chinois être évacués de la Libye au moment de la chute de Kadaffi, et ces temps-ci, il est fréquent, parmi les victimes du terrorisme, d'entendre des noms à  consonance chinoise. Ce n'est pas sans raison donc que le président chinois Xi Jinping a annoncé lors de la dernière Assemblée générale de l'ONU, en septembre, que son pays allait mettre en place une force de maintien de la paix de 8 000 hommes pour aider l'Afrique.

À la clé, une dotation de 100 millions de dollars pour la mise en place d'une force de réaction rapide au sein de l'Union africaine. En plus de permettre aux soldats chinois de se faire la main sur le continent, cela peut-être utile au cas où des intérêts chinois y sont menacés. Trop peu, trop tard, l'expression de ce 'soft-power' chinois qui s'inscrit dans ce que le président chinois appelle l'émergence pacifique de son pays ne suffira pas à faire taire les critiques montant des rangs des sociétés civiles africaines. La magie verbale n'opère plus : le temps où le discours mielleux chinois faisait dormir est révolu.

Désormais, mieux informés, les Africains exigent un dialogue franc, cartes sur table, qui soit un authentique gagnant-gagnant. La Chine doit faire encore plus pour convaincre les Africains qu'elle est l'alliée capable de les aider dans leur lutte pour réussir le développement et faire face aux nouvelles menaces. Rien ne la distingue au fond des anciennes puissances occidentales qu'elle combat ici de manière subliminale.


Adama Gaye est l'auteur de "Chine-Afrique : le dragon et l'autruche", paru aux éditions "Études africaines" en 2013




Citation :
DÉVELOPPEMENT ECONOMIE GÉOPOLITIQUE, RELATIONS INTERNATIONALES, DIPLOMATIE AFRIQUE NOIRE ASIE  
 
L'une étonne le monde; l'autre le désole. La Chine, le dragon rugissant du 21ème siècle, et l'Afrique, l'autruche impuissante à affronter ses défis. Qu'est-ce qui a bien pu se passer pour que leurs sorts respectifs soient si différents ?

Cet ouvrage, l'un des premiers sur le sujet, établit les causes de cette dissymétrie des destins sino-africains, en passant en revue leurs expériences au cours des 60 dernières années, mais aussi en analysant leurs ressorts politiques, économique et sociaux actuels.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 5 Déc - 14:22



La Chine injecte 60 milliards de dollars d'aide en Afrique, un engagement "historique" 04/12/2015


Johannesburg (AFP)© 2015 AFP

La Chine a lancé vendredi une nouvelle offensive majeure sur le continent africain en promettant 60 milliards de dollars d'aide lors d'un sommet sino-africain à Johannesburg, un engagement accueilli avec "gratitude" au moment où l'Afrique souffre du ralentissement de la croissance chinoise

Citation :
e]i]"La Chine a décidé d'octroyer un total de 60 milliards de dollars d'aide financière, incluant 5 milliards de prêts à taux zéro et 35 milliards de prêts à taux préférentiels", [/i]a annoncé le président Xi Jinping dans un discours très attendu à l'occasion du premier sommet Chine-Afrique organisé sur le continent noir.

Cette enveloppe conséquente a été accueillie par des applaudissements nourris de la part de la vingtaine de dirigeants africains réunis dans le quartier des affaires de Sandton à Johannesburg.

Cette annonce intervient alors que l'Afrique subit l'effondrement récent des cours des matières premières, en partie lié au ralentissement de la croissance chinoise.

Les 60 milliards de dollars annoncés par M. Xi sont destinés à financer dix programmes de coopération sur trois ans dans les domaines notamment de l'agriculture, de l'industrialisation, de la réduction de la pauvreté, de la santé, de la culture, de la sécurité, de la protection de la nature ou encore du développement vert.

"C'est évidemment un gros montant, mais ce sont principalement des prêts. Tant qu'on ne connaît pas le délai de remboursement de ces prêts, c'est difficile de dire s'il s'agit du plus gros investissement jamais fait", estime Deborah Brautigan, de l'Institut Chine-Afrique, aux Etats-Unis.

Pékin a notamment promis un milliard de yuans (143 millions d'euros) sous forme d'aide alimentaire d'urgence aux pays touchés par les mauvaises récoltes liées à El Niño.

M. Xi s'est également engagé à effacer les "dettes gouvernementales sans intérêt déchues fin 2015" des pays africains les moins avancés.

Il a aussi promis "une aide sans contrepartie à l'Union africaine (UA) de 60 millions de dollars" pour financer notamment ses opérations de maintien de la paix.

Cette série d'annonces a été qualifiée d'"historique" par le chef de l'Etat zimbabwéen Robert Mugabe, actuel président de l'UA.

"Je suis sûr que vous serez d'accord avec moi pour réserver" à M. Xi "un tonnerre d'applaudissements", a-t-il lancé en prenant la parole dans la foulée de son homologue chinois.

"Je saisis cette opportunité pour exprimer ma sincère et profonde gratitude" envers le président chinois, a déclaré M. Mugabe.


- Les colonisateurs pointés du doigt -


Et le président zimbabwéen, paria de l'Occident, de profiter de cette tribune pour s'en prendre aux colonisateurs, un de ses sujets de prédilection: "Voici un homme qui représente un pays décrit un temps comme pauvre, un pays qui n'a jamais été notre colonisateur. Il fait ce que nous attendions de la part de ceux qui nous ont colonisés".

L'hôte du sommet, le président sud-africain Jacob Zuma, a insisté pour sa part sur le potentiel économique du partenariat sino-africain.

"La Chine est le principal partenaire commercial de l'Afrique et l'Afrique représente l'une des principaux marchés pour les importations chinoises et le quatrième pour les investissements de la Chine. Ce partenariat peut seulement produire des résultats positifs pour l'Afrique", a-t-il estimé.

"Ensemble, nous représentons près d'un tiers de la population mondiale. (...) Cela représente un potentiel immense", a-t-il ajouté.

En une décennie, les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont été "multipliés par dix environ" pour atteindre 300 milliards de dollars cette année, selon les estimations du Forum sino-africain industriel.

La Chine compte plus d'un million de travailleurs et plus de 2.000 entreprises présentes en Afrique. Mais les investissements chinois y ont chuté de plus de 40% au cours des six premiers mois de 2015 par rapport à la même période l'an dernier. Une chute attribuée au ralentissement de la croissance chinoise.

"Je ne pense qu'il faille paniquer au sujet de la fluctuation des volumes d'échanges. Je suis pleinement confiant pour l'avenir de la coopération" entre la Chine et et l'Afrique, a rassuré Zhong Jinahua, envoyé spécial du ministère des Affaires Etrangères chinois, dans une conférence de presse, vendredi.

Une vingtaine de chefs d'Etats africains, dont les présidents nigérian Muhammadu Buhari, kényan Uhuru Kenyatta, sénégalais Macky Sall, tchadien Idriss Déby et de la République démocratique du Congo Joseph Kabila, avaient aussi fait le déplacement pour ce deuxième sommet sino-africain.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Dim 6 Déc - 17:54



La Chine promet d'aider l'Afrique à s'industrialiser Les Echos 06/12

A l'issue d'un sommet-événement à Johannesburg, la Chine a annoncé une aide de 60 milliards de dollars sur trois ans



« Nous nous rencontrons dans un contexte de crise économique mondiale difficile
qui affecte nos perspectives commerciales et les flux d'investissements dans nos pays »,

a souligné le président sud-africain Jacob Zuma - AP/SIPA


En pleine décélération économique, la Chine a décidé de passer à la vitesse supérieure en Afrique, promettant son aide au développement et à l'industrialisation du continent. Le président Xi Jinping a annoncé 60 milliards de dollars sur trois ans, lors d'un sommet-événement à Johannesburg vendredi et samedi

Claudine Renaud a écrit:
Si l'aide chinoise se concrétise –il s'agit surtout de prêts préférentiels mais aussi d'un effort massif de formation de techniciens--, ce 2e sommet Chine-Afrique (FCSA), le premier sur le sol africain, fera date. L'enveloppe financière annoncée est le double de celle promise par le président Barack Obama lors d'un somme USA-Afrique à Washington l'an dernier.

Toutes les craintes étaient permises pourtant, côté africain. La Chine représente environ un quart des échanges commerciaux de l'Afrique mais n'importe plus de matières premières comme avant (-40% au premier semestre), mettant en péril les finances et la monnaie de certains pays, comme la Zambie ou la République démocratique du Congo, grands producteurs de cuivre.

« Nous nous rencontrons dans un contexte de crise économique mondiale difficile qui affecte nos perspectives commerciales et les flux d'investissements dans nos pays »,
a souligné le président sud-africain Jacob Zuma, à la diplomatie activement pro-chinoise depuis 2009 et bénéficiaire de 26 accords bilatéraux signés par la Chine pour un montant de 6,5 milliards de dollars.

« La Chine et l'Afrique partagent un avenir commun », est venu rassurer le président chinois Xi Jinping, dont c'était la deuxième tournée africaine depuis 2013 et auquel la quarantaine de dirigeants africains présents au sommet ont fait une véritable fête. Santé, agriculture, industrie, le plan triennal chinois a remporté tous les suffrages.

Le président zimbabwéen Robert Mugabe, toujours persona non grata en Europe à cause des violations des droits de l'homme dans son pays et qui assure la présidence tournante de l'Union africaine, s'en est donné à cœur joie. « Voici un homme qui représente un pays qu'on disait pauvre. Un pays qui n'a jamais été notre colonisateur (…) Il réalise pour nous ce que nous attendions de ceux qui nous ont colonisés hier» a lancé le vieil autocrate de 91 ans, faisant applaudir à tout rompre M. Xi. « Nos relations sont bien plus profondes que l'extraction des ressources ».

Pour l'heure c'est surtout l'Ethiopie qui bénéficie de l'aide chinoise à l'industrialisation. Mais de manière générale, l'économie africaine ressemble à celle de la Chine dans les années 1980, avec beaucoup de main-d'oeuvre à la campagne, de jeunes au chômage, des salaires faibles et d'ici quinze ans, il y aura 1,5 milliard d'habitants en Afrique, plus qu'en Chine.

Outre sa volonté de conforter son influence diplomatique, Pékin estime que la relance mondiale passe par des investissements dans les infrastructures des pays en développement, le long de nouvelles routes commerciales. La Chine peut pour cela puiser dans ses extraordinaires réserves de changes (4.000 milliards de dollars). La voie maritime de ces « nouvelles routes de la soie » passe au port kenyan de Mombasa en Afrique de l'Est.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Dim 6 Déc - 18:00



Forum Chine-Afrique : Pékin va chercher un supplément de croissance en Afrique Michel Lachkar @GeopolisFTV  06/12/2015


Forum de coopération Chine-Afrique les 4 et 5 décembre 2015 à Johannesburg
© Ihsaan Haffejee/Anadolu Agency

Aux nombreux chefs d'Etat africains venus assister au Forum Chine-Afrique à Johannesburg, Pékin a annoncé un beau cadeau de Noël: une aide de 60 milliards de dollars. Mais le ralentissement de l'économie chinoise pèse sur la croissance africaine. De plus en plus dépendants économiquement, la Chine et l’Afrique veulent relancer leur grand deal : infrastructures contre matières premières

Citation :
Co-présidé par Xi Jinping et Jacob Zuma, ce premier sommet Chine-Afrique sur le sol africain revêt une importance cruciale pour la presse sud-africaine. La baisse des cours des matières premières, due au ralentissement de l’économie chinoise, a fait fondre les revenus des pays africains. La chute des cours du pétrole pèse sur le Nigéria, l'Angola, et le Gabon. La Zambie à perdu 50% de ses recettes d’exportation après la baisse des cours du cuivre. «Nous devons trouver d'autres produits à exporter vers la Chine», a affirmé la ministre zambienne du Commerce Margaret Mwanakatwe. Même l’Afrique du Sud, à l’économie plus diversifiée, reste très dépendante des cours de l’or, du platine et du titane, qui représente l’essentiel de ses exportations. Conséquence de cette mauvaise conjoncture, la dette des pays africains explose, elle vient de retrouver ses plus hauts niveaux d'avant 2006 (année des annulations de dettes).

La technologie chinoise s'expose à Johannesburg

Résultat, les pays africains sont encore plus dépendants aujourd'hui de la Chine pour financer leurs routes ou leurs centrales thermiques. Des infrastructures que les entreprises chinoises se proposent justement de construire. A Johannesburg, Pékin a promis 60 milliards de dollars sur trois ans aux pays africains.

La Chine, forte de ses réserves en devises, propose des prêts avantageux aux pays qui achètent le savoir-faire chinois. Et cela tombe bien, la technologie chinoise s'expose depuis jeudi à Johannesburg. Trains à grande vitesse, aviation civile, centrale nucléaire et matériel militaire sont présentés aux visiteurs d'un salon qui accompagne ce sommet Chine-Afrique.


Maquette du train à grande vitesse chinois présenté au Forum Chine-Afrique de Johannesburg
© photo Michel Lachkar

«Le message de la Chine est clair» explique le responsable du salon. «Elle a rattrapé son retard technologique sur l’Occident, et elle propose des crédits bon marché». Autrement dit: «Pékin cherche en Afrique un relais de croissance pour ses grands groupes de travaux publics».

 
"L'Afrique attend la Chine comme le messie"

Selon un journaliste sud-africain qui couvre l'événement: «L’Afrique attend la Chine comme le messie. Elle est prise dans les mailles du filet: elle achète à crédit, des technologies chinoises avec de l’argent chinois». Trois mille entreprises chinoises sont présentes sur le marché africain. Elles ont construit 5.600 km de voie ferrée et 4.500 km de routes, des ports, des barrages, des ponts et des centrales thermiques. Et tout reste à faire. L'Afrique s'en remet à la Chine pour se moderniser.

Le 2 décembre 2015, le président sud-africain Jacob Zuma a signé plusieurs contrats avec son homologue chinois pour un montant de 7 milliards de dollars. La veille, les banques chinoises s'étaient montrées généreuses avec un autre pays d'Afrique, le Zimbabwe, et lui avaient accordé un prêt de 1,5 milliard de dollars. «Robert Mugabe, très isolé sur la scène internationale, a trouvé un Père Noël en la personne de Xi Jinping» a écrit le journal sud-africain Business Report.

De son côté, Pékin s'est dit intéressé par le diamant et le nickel zimbabwéens. Ce prêt de 1,5 milliard de dollars servira notamment à financer une nouvelle centrale à charbon de 600 MW. Ce gros contrat, signé en pleine COP 21, intervient deux jours après le discours volontaire du président Xi Jinping à Paris, décidé à ne pas contrarier outre mesure les besoins de croissance de la Chine.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Dim 6 Déc - 19:08



En Chine, vaste offensive contre les militants défendant les droits des travailleurs AFP 06/12/2015


Des policiers chinois patrouillant à Shanghai (Chine), le 14 mai 2014
hors article. WENG LEI / IMAGINECHINA / AFP

Citation :
Pékin - La police chinoise a arrêté au moins trois éminents militants des droits des travailleurs, dans le cadre d'une campagne répressive menée dans le sud du pays, où l'interdiction de toute activité syndicale indépendante et le ralentissement économique exacerbent les tensions sociales.

Zeng Feiyang, directeur d'un centre d'aide aux travailleurs migrants, et Zhu Xiaomei, une activiste de longue date, ont été déclarés vendredi en état d'arrestation par la police de Canton, a indiqué China Labour Bulletin, une ONG basée à Hong Kong.


manifestation à Hong Kong. Hors article. AFP/aaron tam. 2014

Ces deux figures reconnues se battent activement pour aider des ouvriers --notamment des migrants venus des zones rurales-- à obtenir de leurs employeurs le versement de salaires impayés, de primes ou cotisations sociales garanties par le droit chinois.

Par peur de voir émerger un mouvement ouvrier indépendant, le Parti communiste chinois n'autorise qu'un syndicat unique officiel et ses émanations, que les autorités contrôlent très étroitement et qui se range quasi-exclusivement du côté des dirigeants d'entreprise.

M. Zeng et Mme Zhu sont accusés d'avoir "rassemblé des foules" illégalement et d'avoir "perturbé l'ordre social", précisait l'ONG chinoise Weiquanwang ("Rights Defense Network"), un chef d'accusation passible de trois à sept ans de prison et souvent invoqué contre des manifestants critiques du régime.

Weiquanwang confirmait également l'arrestation de He Xiaobo, responsable d'une association (Nanfeiyan) aidant les victimes de blessures professionnelles à Foshan (sud), non loin de Canton.

Il a été accusé de "détournement (de fonds) dans le cadre de ses fonctions", rapportait le magazine chinois Caijing, dans un article posté dimanche en ligne mais rapidement censuré.

En fait, la province méridionale du Guangdong, dont Canton est la capitale, est le cadre ces derniers jours d'une vaste offensive contre les activistes défendant les droits des travailleurs.

Une quinzaine d'entre eux ont été interpellés jeudi par la police, selon Caijing et une ONG. Si certains ont été libérés après quelques heures d'interrogatoire, le sort de plusieurs autres restait incertain.

Contacté dimanche par l'AFP sur son téléphone portable, Chen Huihai, avocat animant un réseau de soutien juridique aux travailleurs, a confirmé avoir été emmené par les forces de l'ordre mais s'est refusé à tout autre commentaire, expliquant qu'"il restait sous contrôle judiciaire".

Avec des objectifs affichés d'intimidation, "cette campagne d'arrestations dans le Guangdong est d'une ampleur sans précédent, c'est un signal extrêmement inquiétant", a indiqué à l'AFP Geoffrey Crothall, porte-parole de China Labour Bulletin.

C'est un net durcissement des autorités, même si les pressions s'accroissaient déjà depuis un an. En décembre 2014, M. Zeng avait été passé à tabac par quatre hommes dont l'identité n'avait pu être établie, rappelait Weiquanwang.

- Montée des conflits sociaux -

Le Guangdong, province surnommée "l'atelier du monde", est le principal foyer de la production manufacturière chinoise --du textile aux smartphones, des pièces mécaniques à l'électroménager.

Or, confrontées au vif ralentissement de l'économie chinoise, "les usines ferment ou sont relocalisées ailleurs", comme en Asie du sud-est où les coûts du travail sont moins élevés, "et les ouvriers sont laissés sur la touche, avec des mois de salaires impayés, sans aucune indemnité", explique China Labour Bulletin.

Les débrayages ont plus que triplé en trois ans en Chine pour atteindre 1.379 grèves l'an dernier. Dans le Guangdong, la tendance s'accélère encore: l'ONG y a recensé en novembre 56 épisodes de grèves et de manifestations, contre 23 en juillet.

Zhu Xiaomei s'était notamment distinguée au printemps en aidant les milliers de salariés de l'usine de chaussures Lide, dans la ville de Panyu, à organiser une grève géante pour réclamer leurs rémunérations.

Si, la plupart du temps, le syndicat officiel n'intervient pas, les milieux associatifs au contraire jouent un rôle décisif pour aider les employés à négocier collectivement avec leurs patrons et trouver une solution.

"Du coup, les autorités ne vont résoudre aucun problème en mettant les militants en prison. Cela ne servira qu'à aggraver la détresse et le mécontentement des travailleurs et à intensifier les tensions sociales", a insisté M. Crothall.

Depuis l'arrivée à la tête de l'Etat-Parti chinois du président Xi Jinping, Pékin durcit sa répression des voix critiques émanant de la société civile --juristes, militants et universitaires--. Plusieurs dizaines d'avocats défenseurs des droits de l'Homme avaient été arrêtés en juillet dernier à travers tout le pays.





Jeux olympiques : La police des villes où les épreuves se déroulaient avait été équipée d’une centaine de « Segway »
pour lutter contre les possibles attaques terroristes



Ces engins peuvent aller jusqu’à près de 20 Km/h, et permettent également aux forces spéciales
ci-dessus d’avoir les mains libres, de quoi neutraliser rapidement toute menace



source : La police chinoise et les nouvelles technologies Olivier 27 octobre 2014









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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 7 Déc - 5:32



Avec Pékin-Canton, la Chine inaugure la ligne TGV la plus longue au monde Gabriel Grésillon - Les Echos 26/12/2012

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/26/12/2012/LesEchos/21341-063-ECH_avec-pekin-canton--la-chine-inaugure-la-ligne-tgv-la-plus-longue-au-monde.htm#1yVkXPdZybEuQhrP.99


Ce train reliera les deux métropoles éloignées de plus de 2.000 kilomètres en huit heures, pour 30 milliards d'euros

Le pays vise 18.000 kilomètres de lignes à grande vitesse d'ici à 2015


Gabriel Grésillon a écrit:
Pékin-Canton en TGV. C'est ce mercredi que ce projet pharaonique sera officiellement concrétisé. Le premier train à grande vitesse va parcourir aujourd'hui les 2.298 kilomètres qui séparent les deux villes chinoises, ce qui constitue le plus long trajet à grande vitesse au monde. Huit heures sur rail, en traversant une vingtaine de grandes cités du pays. L'investissement global est estimé autour de 250 milliards de yuans (30 milliards d'euros). Et il n'est pas terminé, puisque les autorités chinoises ont promis de prolonger la ligne jusqu'à à Hong Kong d'ici à 2015.

Cette mise en service d'une ligne à grande vitesse traduit le redémarrage des ambitions de Pékin en la matière. En effet, après la dramatique collision entre deux TGV survenue en juillet 2011, qui avait coûté la vie à une quarantaine de personnes, l'ensemble des chantiers ferroviaires du pays avaient subi un violent coup de frein. En quelques années seulement, plus de 7.000 kilomètres de voies ferrées à grande vitesse avaient été construits, ce qui a suscité, après la catastrophe, des doutes en termes de sécurité et a poussé Pékin à mener un audit de ses infrastructures.

Par ailleurs, le degré d'endettement du ministère des Chemins de fer apparaissait préoccupant. D'après une étude menée en octobre dernier, cette dette s'élevait, fin septembre, à 2.120 milliards de yuans, soit 257 milliards d'euros. Un chiffre si élevé que tous les économistes tentant d'appréhender le degré d'endettement de l'Etat chinois incluent désormais, dans leurs estimations, la dette du ministère des Chemins de fer, qui pèse environ 5 % du PIB.

Mais les choses ont changé. Confrontées à un ralentissement économique plus prononcé qu'elles ne l'avaient anticipé, les autorités chinoises ont actionné, à partir de la mi-2012, le levier de l'investissement et des grands travaux, afin de soutenir l'activité. Les projets ferroviaires ont été les grands bénéficiaires de ce plan de relance qui ne dit pas son nom. Le gouvernement central prévoirait d'investir entre 64 à 73 milliards d'euros, l'année prochaine, dans la construction de voies ferrées, dont 60 % seraient dévolus au programme à grande vitesse.

Il envisagerait même d'acheter, selon le « 21st Century Business Herald », 350 à 400 TGV en 2013, contre 50 en 2010 et 40 en 2011. Un coup d'accélérateur qui confirme que l'objectif d'atteindre 18.000 kilomètres de voies ferrées à grande vitesse d'ici à 2015 reste plus que jamais d'actualité. Dans ce contexte, les inquiétudes sur la dette du ministère ont reflué, car Pékin en apparaît comme le garant en dernier recours. En témoigne le net rebond à la Bourse, depuis septembre, des cours des deux principaux groupes ferroviaires chinois, CNR et CSR.







VIDEO. La plus longue ligne TGV du monde est désormais chinoise

Anne-Charlotte Hinet - France 2 Francetv info 26/12/2012

Citation :
Le premier train rapide reliant Pékin à Canton a "dévoré" à 300 km/h et sans incident la plus longue ligne à grande vitesse du monde, mercredi 26 décembre. Ce succès marque une nouvelle étape dans le spectaculaire développement du réseau ferroviaire chinois, malgré scandales et accident. Parti de Pékin à 2 heures du matin (heure française), le train a couvert en huit heures les 2 300 kms séparant la capitale de Canton, le grand pôle économique du sud

Son arrivée à 10 heures, tout comme le départ, a été couverte en direct par une télévision d'Etat aux accents empreints de fierté nationale et d'enthousiasme, suivie de reportages filmés à l'intérieur des wagons, montrant les passagers se prenant en photo pour cette "première". La Chine avait choisi le jour-anniversaire de la naissance de Mao Zedong, le fondateur du régime communiste, né le 26 décembre 1893, pour cette mise en service.

Le temps du trajet Pékin-Canton a été réduit par trois avec ce train rapide qui a roulé en moyenne à 300 km/h et effectué cinq arrêts dans les villes les plus importantes, dont Wuhan et Changsha. Des tronçons à grande vitesse étaient déjà en service sur cette ligne, mais il manquait la portion Pékin-Zhengzhou.


faut-il être macho pour se dire que c'est toujours mieux que les flics ?



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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 7 Déc - 7:14



Une route, une région: la réponse de la Chine au «pivot» d’Obama « vers l’Asie » Peter Symonds 7 décembre 2015

Lors de deux réunions au sommet en Asie le mois dernier – la Coopération économique Asie-Pacifique (APEC) et le Sommet de l’Asie de l’Est – le Président américain Barack Obama a de nouveau exploité les différends maritimes en mer de Chine méridionale pour faire avancer son « pivot vers l’Asie » c’est-à-dire la consolidation d’un bloc économique à travers l’Accord de partenariat transpacifique (APT) et celle de liens militaires et d’alliances régionales; tout cela contre la Chine

Citation :
Même avant l’annonce officielle du « pivot » en 2011, l’Administration Obama avait commencé, en réponse à l’effondrement croissant de l’économie mondiale, à concentrer son action sur la région Indo-Pacifique dans le but de contrer ce qu’elle percevait comme une menace posée par le développement de la Chine à l’hégémonie américaine. La seule taille économique de la Chine bousculait des relations économiques et stratégiques établies depuis la fin de la Deuxième Guerre mondiale et basées sur une prépondérance des États-Unis.

Face à l’ATP, qui exclut la Chine, au vaste renforcement et à l’expansion de l’armée américaine dans toute la région, le régime chinois a été contraint de réagir. Sa réponse est conditionnée par les intérêts de classe représentés par le petit oligopole des super-riches qui ont fait fortune grâce à la restauration capitaliste des trente dernières années. Globalement, Beijing a cherché à apaiser Washington et s’est en même temps livré à une course aux armements qui ne peut avoir qu’une seule issue.

En 2013, les nouveaux dirigeants du régime, le président Xi Jinjing et le Premier ministre Li Keqiang, ont élaboré une vaste stratégie géopolitique unifiant et étendant des volets déjà existants de la politique étrangère chinoise. Son objectif est de sortir la Chine de son encerclement stratégique par les États-Unis et leurs alliés, tout en ouvrant de nouvelles possibilités de commerce et d’investissement au capitalisme chinois. Connu comme la Région économique de la Route de la soie et la Route de la soie du 21e siècle, ou OBOR (Une route, une région), ce plan prévoit un effort massif d’infrastructure pour lier le continent eurasien, et l’Afrique, par terre et par mer.


Une route, une région

Beijing espère, par la perspective d’investissements importants dans les infrastructures et d’avantages commerciaux et économiques nombreux, intéresser à ses plans les pays de toute l’Eurasie, du Moyen-Orient et de l’Afrique et enlever ainsi son tranchant au « pivot » américain.

Au Sommet de l’Asie à Kuala Lumpur, le premier ministre chinois Li a adressé un appel clair aux dirigeants de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) et souligné l’engagement de la Chine à établir des liens de transport terrestre entre sa région méridionale et toute l’Asie du Sud-Est ainsi qu’à aménager les installations portuaires de la région. Il a promis $10 milliards pour la prochaine phase de l’emprunt d’infrastructure spéciale Chine-ASEAN.

Outre un renforcement des relations économiques entre la Chine et l’ASEAN (le commerce bilatéral devant atteindre $1 billion en 2020), les liaisons terrestres ont aussi un but stratégique – celui de réduire la dépendance de la Chine des voies de navigation de l’Asie du Sud-est pour ses importations d’énergie et de matières premières en provenance du Moyen-Orient et d’Afrique. Beijing sait bien que pour les stratèges militaires américains le blocus naval, entre autre le contrôle du détroit de Malacca, est un aspect crucial des plans de guerre contre la Chine.

La semaine dernière, la Chine a accueilli le quatrième sommet Chine-Europe centrale et orientale (CCE). Li y a souligné le rôle de l’Europe de l’Est, des Balkans et les États baltes, « portail oriental vers l’Europe en bordure du trajet de l’initiative ‘Une route, une région’ ». Il a dit qu’il voulait collaborer avec tous les 16 pays représentés « afin de construire la ligne express par terre et par mer entre la Chine et l’Europe et promouvoir la connectivité en Europe. » La Chine a signé un accord avec la Hongrie et la Serbie pour la construction d’une ligne ferroviaire à grande vitesse entre leurs capitales, dans le cadre d’un plan de liaison ferroviaire avec le port grec du Pirée. Li a aussi annoncé des investissements dans les installations portuaires de la Baltique, de l’Adriatique et de la mer Noire, sans donner de détails.

Beijing s’adresse surtout aux principaux pouvoirs européens – qui font tous partie de l’alliance militaire de l’OTAN avec les États-Unis. Tandis que la diplomatie européenne de la Chine évolue depuis des années, trois visites clés fin octobre, début novembre – celle du président Xi en Grande-Bretagne, et celles en Chine du président français François Hollande et de la chancelière allemande Angela Merkel – soulignent les enjeux économiques et stratégiques, tant du côté européen que chinois.

La Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne ont toutes leurs propres ambitions impérialistes en Eurasie, attisées encore par l’effondrement de l’économie mondiale et en particulier l’aggravation du marasme en Europe. Avec l’émergence de la Chine comme plus grande plateforme de travail à bon marché et deuxième plus grande économie du monde, toutes les grandes puissances – États-Unis, Japon et Europe – sont poussées à maximiser leur engagement et leurs investissements économique, donc leur influence auprès de Beijing.

Dans un article publié sur le site Europesworld.org en mai, Wang Yiwei, le directeur du Réseau universitaire Chine-Europe a énoncé ouvertement les objectifs stratégiques de la Chine, déclarant:

Wang Yiwei, a écrit:
« Avec la montée des États-Unis, l’Europe est entrée dans un déclin que des tentatives récentes d’intégration ont été incapables d’inverser. L’Europe a maintenant devant elle une occasion historique de revenir au centre du monde à travers la relance de l’Eurasie. »

À ce stade, le projet « Une route, une région » n’est encore qu’en grande partie une idée grandiose et générale. Le gouvernement chinois a publié en mars un document intitulé : « Des visions et des actions sur la construction conjointe de la Région économique de la Route de la Soie et de la voie maritime de la Soie au 21e siècle. » Il ne contenait que peu de choses spécifiques et beaucoup de rhétorique sur la « coexistence pacifique », la « coopération gagnant-gagnant » et les avantages d’une intégration économique plus étroite.

Dans la mesure où les grandes lignes de l’intiative sont connues, il est question pour le projet terrestre de la construction de 80 000 kilomètres de lignes ferroviaires à grande vitesse, dont une voie principale entre la ville chinoise de Xian, point de départ historique de la route de la soie, et l’Europe. Elle passerait par Urumqi, dans la province du Xinjiang en Chine occidentale, l’Asie centrale, Moscou pour rejoindre Europe. Il y aurait d’autres lignes ferroviaires par le sud de la Chine et l’Asie du Sud-Est jusqu’à Singapour, et une autre menant du Xinjiang au port construit par les Chinois à Gwadar, sur la mer d’Arabie et passant par le Pakistan.

Ces projets incluent une extension majeure des routes, des pipelines, des gazoducs et des câbles numériques, comme de la production et des réseaux d’énergie. Outre une impulsion à la croissance économique des régions intérieures sous-développées de la Chine, les projets d’infrastructure sont conçus pour fournir des débouchés aux surcapacités de production en Chine et des opportunités rentables aux sociétés chinoises.

La route maritime est axée sur l’extension des installations portuaires, en particulier en Asie du Sud-est, pour développer le transport maritime de la Chine vers l’Europe, et au Kenya pour intégrer l’Afrique.

Beijing a proposé d’allouer $1,4 billion à cette vaste gamme de projets d’infrastructure et met en place des institutions financières parallèles au Fonds monétaire international, à la Banque mondiale et à la Banque asiatique de développement. Tout en mettant de l’argent à disposition, la Chine appelle à des mesures et des accords en vue de réduire ou d’éliminer les barrières commerciales, les formalités administratives et économiques et d’autres obstacles à l’intégration économique.

Une première tranche de $50 milliards a été fournie à la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures (AIIB), qui doit tenir au moins $100 milliards en fonds. $40 milliards ont été consacrés au « Fonds de la Route de la Soie » pour les projets en Asie centrale. La Chine a annoncé $46 milliards pour financer le couloir économique Chine-Pakistan. Elle a également apporté une contribution initiale de $10 milliards à la « Banque de développement nouveau » (NDB) dirigée par les pays BRICS et mise en place en août. La « Banque de développement de la Chine » (CDB) a déclaré qu’elle financerait des projets « Une route, une région » à hauteur d’un billion de dollars.

Le gouvernement chinois propose d’entamer l’an prochain une période de planification de projets de cinq ans avec ses partenaires OBOR pour une pleine mise en œuvre des projets en 2021 et leur achèvement en 2049.

Les perspectives économiques du projet « Une route, une région » ont déjà eu un impact en Europe. En mars, la Grande-Bretagne a rompu les rangs avec les États-Unis et a rejoint l’AIIB soutenue par les Chinois pour profiter d’opportunités financières potentielles. D’autres pouvoirs européens ont rapidement suivi. Wang Yiwei, un universitaire chinois...

Wang Yiwei a écrit:
« L’Initiative de la Route de la soie pourrait aider à réorienter le centre de gravité géopolitique loin des États-Unis et le faire revenir en Eurasie... La décision récente de la France, de l’Allemagne, de l’Italie et du Royaume-Uni de se joindre à la Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures va dans ce sens et représente un changement majeur de l’attitude des Européens envers l’Asie et la Chine en particulier, qui s’écarte nettement de la position américaine. »


L’impérialisme américain, cependant, ne restera pas sans réagir et ne permettra pas que la Chine et les pouvoirs européens entreprennent une intégration de l’Eurasie qui le marginaliserait ou l’exclurait. Les stratèges américains considèrent depuis longtemps l’Eurasie – une région où vit 70 pour cent de la population mondiale et qui fournit plus de la moitié de la production mondiale – comme centrale à son hégémonie mondiale.

Dans son livre de 1997, « Le Grand Échiquier », l’ancien conseiller américain à la Sécurité nationale...
Zbigniew Brzezinski a écrit:
« Pour l’Amérique, le prix géopolitique principal est l’Eurasie... l’Eurasie est le plus grand continent du monde et il est géopolitiquement axial. Une puissance qui domine l’Eurasie contrôlerait deux des trois régions les plus avancées et les plus productives du monde sur le plan économique... l’Eurasie est donc l’échiquier sur lequel la lutte pour la suprématie mondiale continue de se jouer. »



Depuis l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, les États-Unis ont cherché à soumettre le vaste continent eurasiatique à leur domination. C’est leur propre Stratégie de la route de la soie, d’abord énoncée en 1999, qui a guidé leurs interventions et intrigues dans les anciennes républiques soviétiques d’Asie centrale et du Caucase. La « guerre contre le terrorisme » a fourni le prétexte à l’invasion américaine de l’Afghanistan et à l’installation d’un régime fantoche ; ce qui donne à Washington une base d’opérations dans la région voisine d’Asie centrale.

Sans être une stratégie élaborée ou forcément cohérente, « le pivot » du gouvernement Obama « vers l’Asie », et ses provocations et interventions en Ukraine et en Syrie, vise implicitement à la fragmentation et à l’assujettissement de la Chine et de la Russie, et à la soumission du continent eurasiatique à l’hégémonie américaine.

Parlant de l’APT en octobre, Obama a déclaré: « Lorsque plus de 95 pour cent de nos clients potentiels vivent à l’extérieur de nos frontières, nous ne pouvons pas laisser un pays comme la Chine dicter les règles de l’économie mondiale. C’est nous qui devrions dicter ces règles ». Mais si les États-Unis sont incapables de dicter leurs termes au monde par l’APT et son homologue pour l’Europe, le PTCI (Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement), alors, comme durant les trois dernières décennies, ils auront recours aux provocations militaires, aux interventions et à la guerre.

La vision d’un projet « Une route, une région » intégrant pacifiquement l’Eurasie n’est pas plus viable que celui d’une Europe capitaliste unie. Alimentées par une crise économique mondiale de plus en plus profonde, les divisions et les rivalités entre grandes puissances impérialistes tant à l’intérieur de Europe qu’avec les États-Unis et le Japon, ne feront que s’intensifier dans la mesure où chacun se précipite pour garantir ses propres intérêts. Le principal facteur de déstabilisation reste l’impérialisme américain, qui a démontré à plusieurs reprises sa détermination à compenser son déclin historique par l’usage de la force militaire, même au risque de plonger le monde dans une guerre catastrophique.

(Article paru d’abord en anglais le 4 décembre 2015)


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 7 Déc - 11:03



Un deuxième enfant ? La plupart des Chinois n'en ont pas les moyens  Traduction publiée le 11 Novembre 2015 20:39 GMT    
       

Affiche des années 80 pour la politique de l'enfant unique

Les Chinois sont moins enthousiastes que prévu après l'annonce du Parti Communiste le 29 octobre, que la politique de l'enfant unique va être abolie et que les couples seront autorisés à avoir un deuxième enfant s'ils le souhaitent. Au contraire, un grand nombre de citoyens ont réagi à cette “bonne nouvelle” en exprimant leur frustration sur les réseaux sociaux, et en se plaignant du lourd fardeau que représente cette nouvelle “politique des deux enfants” comme on l'appelle à présent.


Citation :
Le salaire d'une personne diplômée dans une grande ville comme Pékin est de seulement 3 000 yuan par mois (un peu moins de 450 euros), alors que le prix du mètre carré avoisine les 30 000 yuan (4 500 euros). De plus, élever un enfant implique entre autres d'acheter du lait maternisé importé très coûteux et de payer des frais scolaires souvent élevés, et les jeunes mères courent de plus en plus le risque de perdre leur emploi. Autant de problèmes bien réels qui se posent à la naissance d'un enfant.

Les nouvelles règles assouplissent encore le contrôle des naissances en Chine, qui est actuellement le pays le plus peuplé au monde. La politique de l'enfant unique avait été introduite à la fin des années 70 pour endiguer une natalité trop élevée. Cette politique contraignait la plupart des couples urbains à n'avoir qu'un seul enfant, tandis que les familles rurales avaient droit à un deuxième enfant si le premier était un fille.

Selon un communiqué rendu public lors d'une importante session du Parti la semaine dernière, la nouvelle politique vise à réduire l'écart des sexes qui se creuse, et à répondre au défi d'une population vieillissante.

Moins d'enfants mais au prix fort

Selon le Bureau National des Statistiques, la Chine comptait 1,368 milliard d'habitants fin 2014, tandis que la population indienne s'élevait à 1,25 milliard, en faisant le deuxième pays le plus peuplé au monde.

Le gouvernement chinois estime que depuis sa mise en place, la politique de l'enfant unique a endigué une augmentation de la population d'environ 400 millions de personnes. Cependant, on l'accuse d'être la cause de plusieurs problèmes de société, notamment un déséquilibre des sexes, un vieillissement de la population et de nombreuses familles en deuil d'enfant.

Selon des données officielles datant de 2014, la proportion des sexes pour la génération née dans les années 80 est de 136 hommes pour 100 femmes. Il s'agit du plus grand déséquilibre au monde.

En 2014, la Chine comptait également 212 millions de personnes de plus de 60 ans, soit 15,5 % de la population

Enfin, depuis 1990 on compte plus d'un million de familles chinoises ayant perdu leur enfant à cause de catastrophes naturelles, d'un accident, d'une maladie, etc., selon l'Académie chinoise des sciences sociales.

Même si elle est en diminution, la population active chinoise s'élevait à 916 millions de personnes en 2014, plus que l'intégralité de la population européenne (730 millions). Cela prouve bien que la main-d'oeuvre est suffisante et que le dividende démographique n'est pas près de disparaître.

Début 2014, la Chine avait assoupli sa politique de contrôle des naissances en permettant aux couples d'avoir un second enfant si l'un des parents était lui-même un enfant unique. Selon la Commission nationale pour la santé et le planning familial, à la fin du mois de mai seulement 1,45 million de personnes sur les 11 millions de couples concernés avaient fait une demande de deuxième enfant.

‘Donner naissance à un autre esclave des prêts immobiliers’

Un sondage en ligne publié par le site d'informations Sina.com révèle que 60 % des participants ne souhaitaient pas avoir un deuxième enfant, et ce malgré l'annonce de la nouvelle politique. Plus de 72 % d'entre eux citaient la pression économique comme obstacle principal à la naissance d'un second enfant.

Certains Chinois s'inquiètent aussi qu'en ayant un deuxième enfant, les femmes soient incitées à passer plus de temps à la maison et moins de temps au travail, ce qui pourrait amener les employeurs à hésiter au moment d'engager une femme.

Wang Pei'an, directeur adjoint de la Commission nationale pour la santé et le planning familial, estime qu'avec la fin de la politique de l'enfant unique, la population chinoise devrait atteindre 1,45 million d'habitants d'ici 2030. M. Wang a déclaré qu'environ 90 millions de couples auraient droit à un deuxième enfant une fois la loi promulguée, et a ajouté qu'à peu près 60 % des femmes qualifiées étaient âgées de 35 ans ou plus.

À la une du site de microblogging Weibo, voici les commentaires sur la “politique des deux enfants” ayant reçu le plus de mentions “J'aime” :

Citation :
La politique de l'enfant unique n'est pas ce qui empêche les gens de procréer. Les riches vont à Hong Kong et ont tous des enfants là-bas. Les autres sont réticents car ils n'ont pas les moyens d'élever un enfant.


Citation :
Après la naissance de mon enfant, qui va m'aider à l'élever ? Le gouvernement ? Au final, je devrai élever cet enfant par moi-même. Mais désolée, je n'en ferai pas un deuxième car je ne peux pas me le permettre. C'est déjà assez difficile avec un seul enfant, si j'en ai un autre, comment pourrai-je survivre ? Pour être honnête, le gouvernement veut seulement que nous donnions naissance à un autre esclave des prêts immobiliers.


Citation :
Il vaut mieux émigrer, la vie est trop chère et on ne peut même pas se permettre de mourir. On vit comme du bétail.


Citation :
Les résidents urbains n'ont pas les moyens d'avoir un deuxième enfant car la pression financière est trop grande. À la campagne, les gens ont plus d'enfants car ils ont besoin de main d'oeuvre. Mais ensuite, ils émigrent en ville, et les prix de l'immobilier grimpent encore.


Citation :
La plupart des gens ne peuvent même pas élever un seul enfant, et il faudrait qu'ils en fassent un autre ? Les esclaves ne sont-ils donc plus assez nombreux pour vous satisfaire ?



Photo de Jack Hu

Ecrit par ack Hu Traduit par Chloé Millet


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mer 9 Déc - 14:58

note du 9 décembre 2015 : j'avais posé dans ce sujet sur la Chine la question d'une possible restructuration du capitalisme mondial

c'est en effet ainsi qu'on se posait la question il y a quelques années, en y ajoutant les « émergents » (Brésil, Inde, Asie du Sud-Est...). Or l'examen de ce qui se passe sur tous les continents non occidentaux (Japon compris), à différentes échelles et différents rythmes, nous amène à poser la question plus largement, de façon transnationale par les échanges accrus entre économies continentalement géo-centrées mais shuntant désormais les échanges avec l'Occident capitaliste

on a cessé depuis deux ans d'annoncer un "tsunami sur les marchés financiers", un nouveau soubresaut de la crise économique dans la crise permanente, et force est de constater que ce moment ne vient pas, ou pas aussi vite qu'attendu, voire espéré par les "camarades" voyant là l'occasion d'une fenêtre révolutionnaire

pour l'heure, la guerre est là, qui ne prend pas (encore ?) l'aspect d'un conflit classique généralisé, et nous savons qu'elle vient comme nécessité pour le capital de faire le manage dans la concurrence pour le maintien du taux de profits de groupes transnationaux plus ou moins liés à des États-nations. Le transnationalisme est désormais la règle pour tous : prolétariat et capital, capitalistes apatrides et précariat globalisé, esclavagistes sans visages et 'Nègres du monde'

par conséquent, je traiterai désormais de cette question dans le sujet ÉCONOMIE POLITIQUE, quand tu nous tiens : et la CRISE ? NOUVELLE RESTRUCTURATION du CAPITALISME ?

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 12 Déc - 10:23


revendiquer sans incendier





Le nombre de mouvements de grève en Chine a explosé en 2015 Damien Durand 09/12/2015


Les mouvements de grève, avec opposition face à la police
(ici à Kunshan, dans l'est du pays), ne cessent de se multiplier depuis 2010

Citation :
La colère ne cesse de grimper chez les travailleurs chinois, malgré les hausses de salaires. Un problème de plus à gérer pour les autorités, dans un contexte économique inquiétant.

La fièvre sociale monte dans le monde du travail en Chine. C'est en tout cas les conclusions des données fournies par le China Labour Bulletin, une ONG en faveur de la défense des travailleurs chinois et basée à Hong Kong, Selon cet organisme, de janvier à novembre 2015, 2354 grèves et mouvements sociaux ont été recensés en Chine. C'est pratiquement 1000 de plus qu'en 2014 (1379), signe d'une flambée contestataire dans le pays au cours d'une année particulièrement difficile sur le plan économique.

Grève en hausse, économie en berne

Les entreprises chinoises avaient connu une première vague de mouvements sociaux dans les années 2010 et 2011. Minés par des conditions de travail particulièrement rudes, et face à une vague de suicides d'employés, les salariés de Foxconn Technology, société taïwanaise parmi les principaux sous-traitants d'Apple pour la fabrication de l'iPhone, s'étaient notamment soulevés. Ils étaient parvenus à obtenir de substantielles augmentations, qui ont fait école en Chine. Le nombre de mouvements de grèves recensé à l'époque n'avait alors été que de… 185.

S'il est en pleine explosion, le mouvement social chinois est également très divers selon les régions et les secteurs d'activité. Ainsi, toujours selon les données de l'ONG, la région du Guangdong (sud-est du pays), l'un des cœurs industriels du pays, cumule deux fois plus de grèves et de vagues de contestations sociales que les autres provinces. De fait, c'est le secteur secondaire qui continue d'alimenter très largement la contestation, et plus particulièrement les secteurs du bâtiment, des produits manufacturés et des mines. Soit, logiquement, trois des secteurs qui souffrent du brutal ralentissement de l'activité chinoise, de la baisse des exportations (-3,7% sur le seul mois de novembre), et de la chute de la demande en matières premières, les autorités ayant officiellement annoncé la fermeture en 2015 de 1254 mines de charbon.

Principale revendication: les arriérés de salaires

Pour les observateurs des mouvements sociaux, la hausse du nombre de grèves est principalement motivée par un même facteur: le non paiement de salaires. «Les grandes banques chinoises prêtent surtout aux grandes entreprises. Les petites entreprises, elles, doivent recourir au «shadow banking», c'est à dire emprunter auprès d'acteurs non bancaires. Or, cette source de crédit étant évidemment instable, elle peut disparaître et l'entreprise se retrouve incapable de payer les salaires», explique au Figaro Jean-François Di Meglio, président de l'institut de recherche Asia Centre. Il rappelle aussi que le contexte chinois n'aide pas à apurer de la situation:

Citation :
«En Chine, à la fois pour des raisons culturelles et juridiques, il est rare qu'une entreprise puisse légalement faire faillite. Les entreprises qui ne paient pas continuent donc à exister. Nous regardons avec attention si le pouvoir chinois va se lancer dans un processus de normalisation de cette situation, qui entraînerait pourtant à court terme la fermeture de nombreuses entreprises».


«Pas de nature à remettre en cause le régime de Pékin» Jean-François Di Meglio, président de l'Asia Centre

D'autant que les autorités chinoises, malgré la croissance exponentielle du chiffre des grèves, parviennent à s'accommoder - pour l'instant - de la situation.

Citation :
«Malgré certaines mises en garde, je ne pense pas que la croissance du nombre de mouvements sociaux soit de nature à remettre en cause le régime de Pékin. Car finalement, les actions sont très diluées, il n'y a pas de grandes manifestations de masse. C'est d'ailleurs une des clés de la stabilité chinoise: même avec l'extension d'internet et le développement des prises de conscience, les différents mouvements ne parviennent pas à se mettre en réseau».





un exemple


Chine: grève massive d'ouvriers qui travaillent pour Nike et Timberland 12/03/2015 à 16:37

Ils travaillent pour Nike, Timberland, Clarks ou Reebok. 5000 ouvriers de l'usine Stella Shoe, dans le sud de la Chine, sont en grève pour réclamer le paiement d'une allocation logement promise par le gouvernement.

Citation :
En Chine, la lutte des classes est bien vivante. Les ouvriers de l'usine Stella Shoe Co, située à Dongguan dans le sud du pays, sont en grève depuis dimanche pour exiger le paiement d'une allocation logement que leur employeur leur doit, mais qu'il rechigne à verser. La grève, massive, rassemble 5000 ouvriers de deux sites différents, et elle retient l'attention des médias anglo-saxons, puisque Stella fabrique des chaussures pour des marques occidentales bien connues comme Nike, Timberland, Clarks, Reebok ou Rockport.

Dongguan Stella Footwear factory strike 10 Mar 2015
via @YouTube — Snufkin (@Anon_Snufkin)



La situation sur place, face aux forces de l'ordre, est tendue, selon l'International Business Times, le gouvernement local voulant mettre fin au mouvement social. C'est pourtant en vertu d'une loi locale que ces travailleurs migrants ont droit, de la part de leur employeur, à une allocation logement. Celle-ci ne leur serait plus payée depuis plusieurs mois, explique à l'IBT un membre de China Labor Watch, une ONG qui mène des enquêtes sur les conditions de travail en Chine. L'allocation représente tout de même de 5% à 20% du salaire, rappelle China Labor Watch.

L'année dernière, une grève géante dans l'usine de chaussures Yue Yuen de Dongguan avait permis aux salariés de recevoir plusieurs millions de dollars en allocation logement et versements sociaux. Chez Stella Shoe, c'est un nouvel épisode de l'irréversible remontée des salaires chinois qui commence.



certes, rien que de revendicatif, mais quant à s'interroger, comme Endnotes traduit pas dndf, sur « une « pétrification partielle de la lutte des classes », cela doit être le privilège d'une avant-garde théorique de voyants extralucides



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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 12 Déc - 10:30



En Chine, les laissés-pour-compte de l’acier réclament justice Alain Ruello Correspondant à Pékin 08/12


Production d'acier usine sidérurgique Chine
Zack Jin/Featurechina/Ropi-REA

La réduction des surcapacités industrielles crée des drames sociaux en Chine. A Qian’an, le groupe Songting a fermé son usine et licencié brutalement des milliers d’ouvriers. Une poignée d’irréductibles demande justice.


Du jour lendemain, 14 novembre dernier, l’aciérie Songting a fermé portes,
laissant milliers salariés emploi.

Citation :
« Discuter ? Ça ne sert à rien. A moins qu’ils apportent une caisse de billets. » Comme Wang Bin (1), ils étaient une trentaine ce lundi matin – gueules abîmées, vêtements de pauvres, et mains noircies par des années de fourneaux – à faire le pied de grue devant l’entrée de leur usine de Qian’an, une ville moyenne à trois heures de route à l’est de Pékin. Une trentaine au plus, mais une trentaine quand même, d’ex-ouvriers de cette aciérie privée du groupe Songting, assez courageux pour braver l’interdiction de se rassembler en Chine tandis qu’à l’intérieur, quelques-uns de leurs camarades discutaient avec le représentant de la direction.

Leurs revendications ? Un minimum de justice depuis la fermeture brutale du site, le 14 novembre. Du jour au lendemain, plusieurs milliers de salariés se sont retrouvés sur le carreau dans ce district du Hebei, jadis province florissante aujourd’hui plombée par les surcapacités industrielles. « On nous a dit de rentrer chez nous, comme cela », témoignent-ils, jurant n’avoir rien vu venir.

Il est venu, mais il a un « peu peur »

Les mains dans les poches de son blouson, Zhang Letian, quinze ans d’ancienneté, le reconnaît : il est venu, mais il a un « peu peur ». « S’ils veulent nous arrêter, ils peuvent », lâche-t-il devant le siège du gouvernement local, où le rassemblement devait avoir lieu initialement. Quatre de ses camarades l’ont d’ailleurs vécu à leur dépens lors du premier rassemblement, il y a deux semaines… Mais comment faire autrement quand on n’a plus rien ? « La direction nous a promis 70.000 yuans d’indemnités de licenciements [environ 10.000 euros, NDLR], mais ne nous les a pas versés », explique-t-il. Les petits chefs, eux, auraient touché 200.000 yuans. Et puis, il y a les arriérés de salaire. Sept mois en tout. A 4.300 yuans par mois, la somme suffit tout juste car il doit, à lui seul, nourrir sa femme et ses deux enfants, ainsi que les quatre grands-parents, dont trois sont malades.

La difficulté d’avoir une vie décente

A des années lumières de la ville nouvelle de Qian’an, qui affiche fièrement son hôtel high-tech relié à un théâtre grandiose, son stade foot digne de l’Euro 2016 et un mall de luxe, où les étrangers sont rares, le district de l’aciérie de SongTing respire la misère prolétarienne. Bâtiments abandonnés ou à moitié délabrés, routes défoncées, mini-décharges, magasins pouilleux… sans compter la pollution. Ce matin-là d’ailleurs, le soleil n’a pas tenu longtemps face aux particules fines qui enveloppent tout dans une brume de désespoir. Quelques voitures passent, une maman et sa jeune fille se promènent, une micheline s’annonce sirène hurlante et traîne derrière elle une dizaine de wagons vides. On entend même un coq chanter et des chiens aboyer. Tout cela laisse l’impression d’une friche industrielle en passe de rendre son dernier souffle. Comment peut-on décemment vivre ici ?


Les ex-aciéristes de Songting, eux, sont à cran, d’autant que le responsable de l’usine n’a rien lâché. La rumeur a couru que le maire s’était déplacé. Ils n’ont eu droit finalement qu’à un représentant du très officiel, mais parfaitement inutile – « bureau des doléances » du gouvernement local. La police, elle, s’est contentée d’un bref aller-retour. D’abord réservés, cette poignée d’irréductibles, laissés pour compte d’une croissance qui se retourne, a du mal à contenir sa colère au fur et à mesure que la parole se lâche, d’autant qu’ici l’usine faisait souvent vivre trois voire quatre personnes d’une même famille.

« On n’a plus de terrain, plus de champs, et maintenant plus de travail »

« On n’a plus de terrain, plus de champs, et maintenant plus de travail », se lamente l’un d’entre eux, chapka noire sur la tête. « La pollution de l’air est très forte, celle de l’eau encore pire, et maintenant comment va-t-on survivre ? », lâche un autre, tandis que son voisin affirme qu’il ne peut plus payer le chauffage. Quant à trouver un autre travail, certains y parviennent, quitte à immigrer sur les chantiers de Pékin. La plupart se donnent jusqu’au nouvel An chinois, en février, comme Shang Xuebin, 46 ans, à qui l’on propose d’aller pêcher à Shanghai. Mais pour d’autres, à leur âge, c’est quasi foutu. Avec trente ans d’ancienneté, Liu Jun se sait condamné, mais il a un souci plus pressant : les loyers avoisinants ne sont pas chers, mais il n’a aucune certitude de pouvoir conserver son toit…

Au-delà des cas particuliers, le verdict est unanime : les pouvoirs publics les ont abandonnés, et ils sont bien décidés à monter plus haut encore, jusqu’à la métropole de Tangshan, pour faire valoir leurs droits. Leur détermination est d’autant plus forte que, pour beaucoup, l’aciérie représentait tout. Certains continuent d’ailleurs de venir acheter leurs petits pains à la cantine de l’usine. La direction, qui n’a pu être contactée, l’a laissée fonctionner. Il faut bien nourrir les quelques gardiens en faction…

(1) tous les noms ont été modifiés.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Dim 13 Déc - 11:19

Chine : Yuanisation mondiale grâce à la City de Londres 13 décembre 2015 par actualites des 7 (R.Bibeau)



Source : Ariel Noyola Rodríguez. 4.1.2015. http://www.mondialisation.ca/chine-yuanisation-mondiale-grace-a-la-city-de-londres/5486622


(La guerre des monnaies fait rage. Derrière chaque grande monnaie du commerce international s’agite une puissance impérialiste avide de monopoliser les échanges – le commerce mondiale – afin de rafler la plus-value commerciale et industrielle et ainsi accumuler du capital. L’article ci-dessous vous présente les tractations entre deux puissances impérialistes concurrentes – Le Royaume-Uni et la Chine. Pour ceux qui croyaient que le Royaume-Uni ne pouvait avoir pour allié que les Etats-Unis et que la bourgeoisie britannique ne pouvait tromper son allié états-unien avec un autre soupirant… veuillez vous détromper. L’odeur de l’argent fait flancher les plus grandes intimités et s’évaporer les plus fortes inimitiés. Robert Bibeau. Directeur. Les7duQuébec.com)

Citation :
Le gouvernement chinois favorise l’internationalisation de la «monnaie du peuple» (Renminbi, RMB) à travers une politique d’alliances qui ignore les barrières idéologiques. Initialement les efforts de la diplomatie du yuan seront axés sur l’Asie-Pacifique, cependant, dans un deuxième temps, ces efforts devront nécessairement se tourner vers l’Occident pour gagner son soutien. La visite que le président Xi Jinping a effectuée à Londres, entre le 19 et le 23 octobre, a posé les bases de la fondation d’une «époque dorée» entre la Chine et le Royaume-Uni, bases sur lesquels les deux pays s’appuieront pour donner une impulsion à la yuanisation de l’économie mondiale.

Pékin désire que le yuan devienne une monnaie de réserve mondiale. Bien que le chemin pour parvenir à la pleine convertibilité soit encore très long, la Chine a vu augmenter la présence de sa monnaie plus que tout autre pays au cours des dernières années. Le yuan est aujourd’hui la deuxième monnaie la plus utilisée pour le financement du commerce, et la quatrième la plus sollicitée pour effectuer des paiements transfrontaliers, selon les données de la Society for Worldwide Interbank Financial Telecommunication (SWIFT, pour son sigle en anglais).

La stratégie du géant asiatique pour augmenter le poids du yuan dans l’économie mondiale est sous-tendue par le «gradualisme». Pas de précipitation chez les dirigeants chinois. Le Parti communiste [de la Chine] est conscient que tout faux mouvement pourrait provoquer une «guerre financière» contre lui. En effet, aussi bien la Réserve fédérale que le Département du Trésor des États-Unis résistent fortement à une diminution de l’influence du dollar et de Wall Street dans la finance mondiale.

Le gouvernement chinois prend des précautions, car pour atteindre les objectifs à long terme, il est préférable de procéder étape par étape et furtivement plutôt que de prendre des risques élevés. Pour cette raison, dans un premier temps, la Chine s’est assuré le soutien du continent asiatique, soit par la signature d’accords sur les ‘swaps’ (échanges) de devises, soit par la mise en place d’accords de compensation directs entre banques, soit en accordant des quotas d’investissement aux investisseurs institutionnels pour leur participation au programme en yuan (‘Renminbi Qualified Foreign Institutional Investor Program’).

Dans un deuxième temps, le gouvernement chinois tourne son regard vers l’Europe du Nord. Pour positionner sa monnaie dans le groupe des opérateurs majeurs, la clé est l’assistance technique des pays occidentaux. La Chine a commencé à relever le niveau de son partenariat stratégique avec le Royaume-Uni, qui malgré le déclin de son économie, est toujours chef de file dans la gestion de la finance internationale. Ce n’est pas rien que la City de Londres ait le plus grand marché des changes dans le monde, et réunisse le plus grand nombre d’opérations de gré à gré.

Mi-2013, le Royaume-Uni est devenu le premier pays à promouvoir l’utilisation du yuan en Europe. L’Allemagne, la France, la Suisse et le Luxembourg sont entrés en compétition par l’installation de banques de règlements directs (‘RMB offshore clearing banks’) afin de faciliter l’utilisation de la monnaie du peuple. Cependant, aucun d’eux ne constituait une menace grave pour le Royaume-Uni. La ville de Londres a enregistré plus de la moitié des transactions libellées en yuans dans l’ensemble du continent européen.

Comme l’économie britannique est embourbée dans la stagnation, et menacée de près par la déflation (baisse des prix), le gouvernement de David Cameron insiste désespérément pour renforcer ses liens avec les pays d’Asie-Pacifique, et surtout avec la Chine qui, malgré son ralentissement au cours des dernières années, continue à contribuer pour 25% à la croissance du produit intérieur brut mondial (PIB).

Pour le chancelier de l’échiquier du Royaume-Uni – et favori du Parti conservateur pour le poste de Premier ministre en 2020 – George Osborne, le monde d’aujourd’hui est confronté à une nouvelle configuration géopolitique et économique, dans laquelle la Chine joue un rôle de premier plan. Le commerce ne se concentre plus seulement entre les États-Unis et l’Union européenne. Voilà pourquoi, pour la City de Londres, le commerce et les opportunités d’investissement avec Pékin passent avant le mandat d’alignement sur l’agenda de Washington.

Une preuve en est que, en mars dernier, le Royaume-Uni a rejoint les fondateurs de la Banque asiatique d’investissements pour les infrastructures, menée par la Chine. Cette institution a mis fin à la domination de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement en Asie [qui sont sous influence américaine]. Jim O’Neill, un ancien employé de Goldman Sachs qui a inventé le terme acronyme BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud) en 2001, est maintenant conseiller au Trésor britannique ; car assurément il est clair que la prospérité économique doit être cherchée dans la région asiatique.

Alors que les États-Unis ont déployé une flottille de guerre dans l’archipel des Spratleys, accusant la Chine d’«espionnage cybernétique» et de «manipulation du taux de change», le Royaume-Uni a émergé comme le principal partenaire de la Chine à l’Ouest. L’«âge d’or» entre les deux pays n’est pas nouveau, il s’est consolidé rapidement au cours de la dernière décennie. Entre 2004 et 2014, le commerce entre la Chine et le Royaume-Uni est passé de 20 à 80 milliards de dollars, tandis que les investissements chinois sur le territoire britannique ont augmenté à un taux annuel de 85% depuis 2010.

Lors de la visite du président Xi Jinping à Londres, entre le 19 et le 23 octobre, le gouvernement de David Cameron a gagné beaucoup d’oxygène pour son économie. La Chine a promis des centaines de millions de dollars d’investissement, depuis la construction de la centrale nucléaire de Hinkley Point jusqu’à la mise en service d’un train à grande vitesse qui reliera les villes de Londres et de Manchester. La possibilité de connecter les opérations des marchés boursiers de Shanghai et de Londres donnera aussi à un plus grand nombre d’investisseurs l’accès aux titres financiers libellés en yuans.

Le soutien du gouvernement de David Cameron sera décisif dans les prochaines semaines. Le Royaume-Uni a déjà annoncé qu’il votera en faveur de l’inclusion du yuan dans les droits de tirage spéciaux (DTS), le panier de devises crée par le Fonds monétaire international (FMI) en 1969, qui comprend actuellement le dollar américain, l’euro, le yen japonais et la livre britannique.

Selon les estimations de divers analystes cités par Reuters, si le FMI approuve l’entrée du yuan dans le panier de devises internationales, la demande mondiale en renminbi atteindra l’équivalent de 500 milliards de dollars et, par conséquent, la monnaie chinoise sera stockée dans les réserves des banques centrales à hauteur d’environ 5%, bien au-dessus des dollars australien et canadien (chacun avec environ 2%), mais toujours bien en dessous de l’euro (20,5%) et le dollar américain ( 60%).

En bref, les États-Unis ne réussiront pas à empêcher l’essor du yuan. Les turbulences sur le marché boursier de Shanghai ces derniers mois n’ont pas eu d’impact sur la confiance du Royaume-Uni dans le développement de l’économie chinoise, bien au contraire, le pari est maintenant plus ambitieux : grâce à la City de Londres, Pékin est sur le point de réaliser la mondialisation du yuan sur une échelle sans précédent …

Ariel Noyola Rodríguez

Source : Russia Today.

Ariel Noyola Rodríguez : Économiste diplômé de l’Université Nationale Autonome du Mexique.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 14 Déc - 8:02



Les touristes chinois en Australie dépensent plus que Britanniques, Américains et Canadiens réunis le Quotidien du Peuple en ligne 08.12.2015



Lors de l'année qui vient de s'écouler, les touristes chinois en voyage en Australie y auraient dépensé 7,7 milliards de Dollars australiens (5,6 milliards de Dollars US), en forte augmentation et représentant plus de trois fois le taux de dépenses global des autres visiteurs.

Citation :
Selon un article publié dans The Australian, les dépenses des visiteurs en provenance de Chine a en effet augmenté de 43% dans les 12 mois allant jusqu'à septembre, tandis que le nombre de touristes en provenance de Chine n'a augmenté que de 25%.

La dépréciation du Dollar australien, qui a rendu le pays plus abordable qu'auparavant, a été citée comme la principale force motrice de cette forte hausse des dépenses des touristes Chinois. Qui plus est, le chiffre est si énorme qu'il dépasse même les dépenses combinées des Britanniques, des Américains et des Canadiens.

L'émergence et l'expansion de la classe moyenne chinoise font que les voyages à l'étranger sont devenus une tendance chez de nombreuses familles chinoises, qui préfèrent souvent les destinations à l'étranger à celles de leur pays quand ils choisissent leurs vacances. L'Australie, avec ses paysages naturels et sa culture, a émergé comme l'un des lieux de villégiature les plus populaires chez les touristes chinois.

« Les problèmes de temps, de distance et de coût signifient que l'Australie ne sera jamais une destination à forte fréquentation», a déclaré John O'Sullivan, directeur général Tourism Research Australia. « Notre stratégie Tourisme 2020 s'est sans ambages focalisée sur le rendement : encourager les visiteurs étrangers à rester plus longtemps, à se disperser davantage et finalement à faire plus de choses et dépenser plus quand ils viennent dans notre pays ».

(Rédacteurs :Yin GAO, Guangqi CUI)



Chinese tourists visiting a National Park in East Africa. africa.chinadaily.com.cn

Les touristes chinois attirés par l'Afrique le Quotidien du Peuple en ligne | 03.12.2015

Récemment, le nombre de touristes chinois en Afrique a connu un essor rapide. Du 1er au 5 décembre 2015, le président chinois Xi Jinping effectue une visite d'Etat au Zimbabwe et en Afrique du Sud. Selon les spécialistes du secteur touristique, la visite de Xi Jinping va certainement encourager plus de Chinois à voyager sur le continent africain.


Citation :
Tourisme : une région qui connaît la croissance la plus rapide

Selon le «rapport 2015 sur le développement du tourisme des Chinois à l'étranger», en 2014, l'Afrique a seulement représenté un taux de 9,4% du marché chinois. Malgré ce petit nombre, la croissance des voyageurs chinois en Afrique a augmenté de 80,9% par rapport à l'année précédente, soit la plus importante de ce secteur sur le plan mondial.

Un tourisme en profondeur et haut de gamme

Contrairement aux touristes qui visitent l'Asie du sud-est, la Corée du Sud ou le Japon, ceux qui choisissent l'Afrique préfèrent un voyage en profondeur, selon un responsable du site web Ctrip. Les Chinois choisissent en général l'Egypte pour découvrir la culture et les monuments historiques égyptiens, l'Afrique du Sud pour admirer les paysages sauvages, le Kenya pour la beauté des animaux. La pleine saison touristique au Kenya a lieu entre juin et septembre ; l'Egypte et l'Afrique du Sud, d'octobre à mars. Le tourisme haut de gamme de L'île Maurice et des Seychelles ajoute un charme pour les voyages en Afrique.

Les îles africaines de plus en plus plébiscitées

Les îles restent une destination touristique de choix pour les Chinois. Après avoir visité les îles asiatiques de Phukets, de Jeju et de Bali, les îles lointaines africaines attirent. Avec la politique de l'entrée sans visa, l'île Maurice et les Seychelles sont de plus en plus appréciées par les Chinois.

Par rapport à d'autres lieux, les Seychelles sont plus naturelles et ont peu de traces d'exploitation. Et pouvant se vanter le lieu des vacances le plus luxueux du monde. Chaque îlot a ses propres caractéristiques, par exemple l'île Fregate avec sa végétation luxuriante et ses milliers d'oiseaux, et l'île Aldabra compte d'innombrables tortues.

Située au sud-est de l'Afrique, l'île Maurice mélange atmosphère romantique et aspect sauvage du continent africain, pour la plus grande curiosité des visiteurs chinois.

(Rédacteurs :Wei SHAN, Guangqi CUI)




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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 21 Déc - 19:27


rien de petit n'arrive en Chine

En Chine, une catastrophe pas très naturelle Laurence Defranoux 21 décembre 2015


Opérations de secours, le 21 décembre, à Shenzhen, après le glissement de terrain
ayant englouti environ 85 personnes dimanche midi. Photo Reuters

«Le problème, ce ne sont pas les normes, c’est leur non-respect», estime le géographe Thierry Sanjuan, après la coulée de boue qui a ravagé dimanche un quartier en périphérie de Shenzhen, faisant environ 85 disparus


Citation :
Des dizaines d’immeubles emportés par une mer de boue rouge : les images en provenance de Shenzhen (dans le sud est de la Chine), dimanche, étaient impressionnantes. Le bilan humain, lui, revu légèrement à la baisse lundi après-midi, serait de 85 disparus. Ce glissement de terrain n’a rien d’une catastrophe naturelle : la colline qui s’est écroulée était constituée de l’amas de terres excavées pour les immenses besoins immobiliers de la ville, construite sur ce qui fut longtemps un paysage de collines.


carte ajoutée

Située au bord du delta de la Rivière des Perles et à la frontière avec la péninsule de Hongkong, la municipalité rurale de Shenzhen, devenue «zone économique spéciale» en 1980, compte aujourd’hui 10 millions d’habitants. «Depuis vingt ans, Shenzhen est devenu une vraie ville, qui fonctionne comme une banlieue de Hongkong. En montant en gamme, elle a repoussé vers ses périphéries tout ce qui la gêne et prend de la place, comme les usines, les stades, les aéroports ou les décharges», analyse le géographe Thierry Sanjuan (1).

C’est dans une de ces zones périurbaines, à une trentaine de kilomètres du centre, que s’est produit le glissement de terrain dimanche. Selon l’agence de presse officielle Chine nouvelle, 33 bâtiments ont été touchés sur une surface de 380 000 m2, dont 14 usines, 2 immeubles de bureaux et 3 dortoirs d’ouvriers, l’explosion d’un pipeline de gaz naturel aggravant l’accident. Lundi, près de 3 000 secouristes, des dizaines de pelleteuses et de camions de pompiers continuaient à sonder sur une profondeur d'une dizaine de mètres de boue, à la recherche de rescapés. Neuf cents personnes ont pu être évacuées à temps, l'éboulement s'étant produit un peu avant midi. La plupart des victimes sont des ouvriers isolés venus de la campagne vivre et travailler dans la mégalopole.


«Les leçons tirées ne doivent pas être oubliées»

Thierry Sanjuan a écrit:
«Même si peu de résidents permanents ont été touchés, puisque ce sont surtout des migrants qui vivent là, une catastrophe de ce genre ne passe plus inaperçue aujourd’hui en Chine. La population urbaine est devenue très sensible aux questions environnementales, notamment la pollution de l’air et la destruction des espaces périurbains, gagnés au détriment des communautés rurales. Il semble dans ce cas que les autorités locales ont signé l’autorisation de décharge à un promoteur immobilier, ce qui, dans la tête des Chinois, veut dire qu’il y a eu du bakchich.»



Dans son éditorial de lundi, le Global Times, site d’information progouvernemental en anglais, établit un parallèle avec la catastrophe de Tianjin, en août dernier, qui a fait 173 morts et 800 blessés, après l’explosion d’un entrepôt de produits chimiques situé à 500 mètres de zones résidentielles : «Les dégâts causés par ces accidents sont extrêmement regrettables et les leçons tirées ne doivent pas être oubliées», écrit le journal, pour qui les entreprises chinoises «doivent considérer la sécurité comme une priorité». Certes, cela «va bien sûr augmenter les coûts pour le secteur manufacturier», mais ce «serait en accord avec la stratégie qui veut faire passer la Chine du statut d"usine mondiale" à celui d’une nation industrialisée avancée d’ici 2025».

Comme le rappelle , l’Etat central a créé en 2008 un ministère de l’Environnement et édicté des règles de sécurité :
Thierry Sanjuan a écrit:

«Le problème, ce ne sont pas les normes, c’est leur non-respect, dû souvent à une collusion entre les gouvernements locaux et des entreprises qui leur sont plus ou moins liées. Dans le cas de Tianjin, un des actionnaires de la société qui stockait des produits explosifs près du port était le fils d’un des directeurs du port. Et comme nous sommes dans un Etat autoritaire et opaque, il n’y a pas de logique systématique et efficace de vérification des normes.

L’Etat central va désigner des officiels locaux comme irresponsables, l’échelon local sera le fusible, et ça n’ira pas plus loin. La conscience politique du risque se heurte encore à la volonté de faire du développement et de l’argent à tout prix.»


(1) Auteur de l’Atlas de la Chine, une puissance sous tension (éd. Autrement, 2015) et Territoires de l’urbain en Asie, une nouvelle modernité ? (CNRS, 2015)


Des images de l’avalanche de boue, diffusées par une chaîne officielle chinoise sur YouTube :



images ajoutées
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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Jeu 7 Jan - 9:04



Nouvelle journée noire en Chine: les Bourses ferment prématurément après une chute de 7% Challenges.fr avec AFP 07-01-2016

Les Bourses chinoises ont fermé prématurément jeudi juste après leur ouverture, après un nouvel effondrement de plus de 7% qui a déclenché un mécanisme "disjoncteur" automatique, et après l'annonce officielle d'une baisse du yuan, la plus forte depuis août



Les Bourses chinoises ont fermé ce jeudi après un nouvel effondrement de 7%. (c) AFP

Citation :
Les Bourses chinoises ont fermé prématurément jeudi juste après leur ouverture, après un nouvel effondrement de plus de 7% qui a déclenché un mécanisme "disjoncteur" automatique, et après l'annonce officielle d'une baisse du yuan, la plus forte depuis août. C'est la deuxième fois cette semaine que s'active ce mécanisme: les Bourses de Shanghai et Shenzen avaient déjà dû fermer lundi après avoir plongé.

Au moment de la fermeture anticipée de jeudi, moins d'une demi-heure après le début des échanges, l'indice composite de la Bourse de Shanghai s'était effondré de 7,32%, ou 245,95 points, à 3.115,89 points. La Bourse de Shenzhen avait pour sa part plongé de 8,35%, ou 178,08 points, à 1.955,88 points.

Cette dégringolade intervient sur fond d'inquiétudes sur le ralentissement de la croissance dans la deuxième économie mondiale et de chute prolongée du yuan - également appelé renminbi. Les autorités ont en effet abaissé jeudi le cours de référence du yuan face au billet vert de 0,51%, à 6,5646 yuans pour un dollar, soit le taux le plus bas depuis mars 2011.

C'est aussi sa plus forte baisse depuis août, selon Bloomberg News, quand Pékin avait décidé d'une dévaluation-surprise du renminbi de quasiment 5% en une semaine. Le yuan est autorisé à fluctuer face au dollar dans une marge de plus ou moins 2% de part et d'autre d'un taux de référence défini par la banque centrale chinoise (PBOC).

Il s'agit du huitième mouvement de baisse consécutif décidé par l'autorité monétaire chinoise, relançant les inquiétudes sur la devise. Un yuan plus faible rend les exportateurs chinois plus compétitifs à l'international, mais renchérit les importations du pays.

"Le marché s'attend désormais à ce que le yuan se déprécie en raison du ralentissement économique" chinois, a déclaré à l'AFP Claire Huang, économiste Chine pour la Société Générale. Le chiffre attendu de la croissance chinoise pour 2015 devrait être de 6,9%, son niveau le plus bas depuis un quart de siècle, selon la PBOC.

Un effondrement en 1 minute

Dans une tentative pour rassurer les investisseurs, la Commission de régulation des marchés financiers (CSRC) a annoncé jeudi la prolongation de restrictions de ventes par les actionnaires possédant plus de 5% dans une entreprise cotée.

Ces actionnaires, qui depuis la spectaculaire débâcle de l'été 2015 avaient interdiction de vendre, seront cependant autorisés désormais à vendre 1% de l'entreprise tous les trois mois. Le mécanisme "disjoncteur", entré en vigueur lundi, a lui pour objectif d'enrayer la volatilité des cours et d'éviter que ne se répète l'effondrement estival.

Les Bourses de Shanghai et Shenzhen avaient déjà dû fermer prématurément lundi après l'activation de ce système, basé sur l'indice CSI300, incluant les poids lourds du marché, dont les géants pétroliers et bancaires du secteur étatique cotés sur les deux places boursières.

Si l'indice perd 5%, les marchés sont suspendus durant 15 minutes. Mais lorsque les échanges ont repris jeudi après leur interruption d'un quart d'heure, il n'a fallu qu'une minute pour atteindre la barre des -7%, qui déclenche un arrêt des cotations pour la journée. Au total, les marchés sont restés ouverts durant moins de 15 minutes jeudi.

"Les investisseurs ont paniqué"


"L'utilisation du mécanisme disjoncteur est la raison principale de ces chutes car les investisseurs ont paniqué après avoir vu son déclenchement lundi", a déclaré jeudi à l'AFP Chen Xingyu, analyste chez Phillip Securities.

"Le mécanisme disjoncteur a coupé l'accès au marché des liquidités et les investisseurs ont peur de ne pas pouvoir vendre",
a-t-il ajouté. La Bourse de Shanghai avait plongé lundi de 6,86% avant sa fermeture, après la publication d'indicateurs montrant une nouvelle contraction de l'activité manufacturière en décembre en Chine. L'indice composite shanghaïen avait perdu 0,26% mardi, puis repris plus de 2% mercredi.

"Le rebond enregistré hier (mercredi) semble être un travail d'équipe nationale", a souligné M. Chen, faisant allusion au fait que des organismes publics auraient acheté des titres pour le compte du gouvernement, dépensant des centaines de milliards de dollars en actions durant les derniers mois. "Mais c'était seulement une rustine pour le court terme, le gouvernement ne peut acheter des actions à chaque baisse similaire et cela n'est pas bon pour la santé du marché lui-même".


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Jeu 7 Jan - 9:14


Airbus, Boeing, Comac match à l'assaut du ciel chinois



Airbus : BOC Aviation commande trente A320 pour 3 milliards de dollars Le Parisien 07 Janv. 2016



Toulouse (Haute-Garonne), le 22 février 1987.
L'A320 a réalisé son premier vol d'essais il y a près de 30 ans.

AFP/Jean-Pierre Muller

Citation :
Trente avions pour un montant de 3 milliards de dollars (environ 2,8 milliards d'euros). Le loueur d'avion BOC Aviation, filiale de de la banque chinoise Bank of China, annonce ce jeudi avoir commandé 30 appareils A320, répartis entre 18 équipés d'un nouveau moteur et 12 utilisant les moteurs actuels.


«Cette commande souligne la confiance que nous gardons dans la fiabilité et l'efficacité opérationnelle de la famille des avions A320 et reflète la popularité de ces appareils parmi nos clients pour les vols moyens et longs courriers»,
a déclaré le directeur général de BOC Aviation, Robert Martin. «Avec cette commande, BOC Aviation devient l'un des 10 principaux clients d'Airbus», a indiqué pour sa part John Leahy, directeur commercial d'Airbus.

Au prix catalogue de 2015, chaque A320 remotorisé coûte 106,2 millions de dollars (environ 99 millions d'euros), tandis qu'un A320 standard coûte 97 millions de dollars (environ 90 millions d'euros), selon le site d'Airbus. Au total, la commande de BOC Aviation atteindrait ainsi 3,07 milliards de dollars.

Bientôt la concurrence du chinois Comac

En novembre dernier, BOC Aviation avait déjà annoncé une commande de 22 Boeing 737 pour un montant de 2,27 milliards de dollars (2,10 milliards d'euros) au prix catalogue. BOC Aviation se présente comme la première société asiatique de leasing (crédit-bail) d'avions commerciaux avec 59 compagnies clientes dans 30 pays.


Les Airbus de la famille A320 de l'avionneur européen sont populaires parmi les compagnies aériennes à bas coûts de même que les 737 du grand rival américain Boeing. Mais les deux constructeurs vont devoir progressivement faire face à la montée en puissance du chinois Comac. 400 appareils ont déjà été commandés par des compagnies chinoises.



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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Jeu 7 Jan - 16:38

Alors que l’indice Baltic Dry (circulation maritime mondiale des marchandises) a atteint son plus bas historique (flottes de cargos vides tournant en rond ) et que toutes les acquisitions de nouveaux appareils volants, bientôt ? vides, se font à crédit :

La banque de Chine repousse le krach de jour en jour
monde-antigone 07/01/2016

Citation :
Ce matin à Shanghaï, 637 milliards de dollars sont partis en fûmée, détruits en 857 secondes (soit 750 millions de dollars à la seconde !), au cours de la séance boursière la plus brève jamais vue (14 minutes). Les (dés)investisseurs et les gérants se sont précipités pour vendre ce qu'ils pouvaient dès l'ouverture.

Depuis 6 mois, les bourses chinoises sont maintenues à flot par la Banque centrale de Chine (la PBoC). A quelques jours de la fin de la levée des règles de soutien, les marchés financiers se sont mis à tanguer. Une inquiétude d'autant plus justifiée que les mauvais chiffres en provenance de Chine se succèdent et confirment que l'économie chinoise est à l'arrêt.
A cette situation s'ajoutent des facteurs aggravants:

- la persistance d'un pétrole à des plus bas de 11 ans dont les cours sont pressurisés par la guerre sans merci que se livrent l'Arabie saoudite, les USA, la Russie. Les tensions sur les monnaies des économies émergentes renforcent le dollar en tant que valeur refuge.

- Les taux bas et l'absence de rendements poussent à la prise de risque, incitent notamment les fonds spéculatifs à vendre leurs titres pétroliers qui sont en train de se déprécier et à déplacer leurs capitaux vers le seul pays au monde qui a relevé ses taux: les USA.

Il en ressort un profond désordre et une déstabilisation des marchés. La fuite des capitaux affectent les bourses des pays émergents, les bourses asiatiques, et en premier lieu les bourses de Shanghai et Shenzhen. La PBoC intervient presque tous les jours pour injecter les liquidités, faire en sorte que le yuan se dévalue un peu mais sans s'effondrer. Enfin, quand cela ne suffit pas et dès que les cours se mettent à chuter de 7 %, elle ferme les salles de marchés, interdit toute opération de vente afin d'éviter le krach. C'est ce qui s'est passé lundi, ce qui aurait pu se passer mardi, mercredi... et ce qui est encore arrivé ce matin, avec, chaque fois, de nouvelles interventions massives. Au vu des difficultés qu'elle rencontre, on est en droit de se demander si la PBoC n'est pas en train de chercher à contenir l'éclatement de la bulle immobilière et un séisme majeur sur son système bancaire...


Chine: Les Bourses ferment prématurément après une chute de 7 % AFP, Romandie news - 07 jan 2016

Citation :
SHANGHAI - Les Bourses de Shanghai et Shenzhen ont dû fermer prématurément jeudi peu après leur ouverture, suite à un effondrement de plus de 7 % déclenchant un mécanisme disjoncteur automatique. Les deux places boursières chinoises avaient déjà dû stopper leurs échanges pour la journée lundi après une chute similaire. Au moment de la fermeture anticipée jeudi matin, à 9h58 (01H58 GMT), l'indice composite shanghaïen s'était effondré de 7,32 %, ou 245,95 pts, à 3.115,89 pts. La Bourse de Shenzhen, 2ème place boursière du pays, avait pour sa part plongé de 8,35 %, ou 178,08 pts, à 1.955,88 pts. Le mécanisme de suspension des échanges, entré en vigueur lundi, a pour objectif d'enrayer la volatilité des cours et d'éviter que ne se répète la spectaculaire débâcle de l'été 2015.

Si l'indice CSI300, dont les poids lourds incluent les géants pétroliers et bancaires du secteur étatique cotés sur les deux places boursières chinoises, perd ou gagne 7 %, les échanges sont suspendus pour le reste de la séance. Ils sont simplement stoppés durant 15 minutes si l'indice fluctue de 5 %. "L'utilisation du mécanisme disjoncteur est la raison principale de ces chutes car les investisseurs ont paniqué après avoir vu son déclenchement lundi", a déclaré jeudi à l'AFP Chen Xingyu, analyste chez Phillip Securities. "Le mécanisme disjoncteur a coupé l'accès au marché des liquidités et les investisseurs ont peur de ne pas pouvoir vendre", a-t-il ajouté.

La Bourse de Shanghai avait plongé lundi de 6,86 % avant l'arrêt des cotations, après la publication d'indicateurs montrant une nouvelle contraction de l'activité manufacturière en décembre dans la 2ème économie mondiale. L'indice composite shanghaïen avait ensuite perdu 0,26 % mardi, puis repris plus de 2 % mercredi. La banque centrale chinoise (PBOC) a abaissé jeudi le cours de référence du yuan face au billet vert de 0,51 % - à 6,5646 yuans pour un dollar - soit sa plus forte baisse depuis la dévaluation-surprise au mois d'août de la monnaie chinoise de quasiment 5 % en une semaine.

Les inquiétudes sur l'économie chinoise sont également alimentées par la levée possible vendredi de l'interdiction faite aux actionnaires possédant plus de 5 % dans une entreprise cotée de vendre des actions - une mesure prise en juillet pour tenter d'enrayer la débâcle des marchés. Cependant, l'agence Bloomberg News a assuré que le régulateur maintiendrait l'interdiction au-delà de vendredi. L'autorité boursière n'a pas confirmé.


Le plongeon des actions en bourse de cette nouvelle année Barry Grey WSWS - 06 jan 2016

Citation :
Le premier jour de cotation de 2016 s’est transformé rapidement en débâcle financière mondiale, avec des marchés boursiers partout dans le monde en chute libre après que le gouvernement chinois a fermé ses bourses principales pour éviter un krach à grande échelle. Le plongeon a confirmé les expressions d’appréhension à la fin d’année dernière par les commentateurs bourgeois au sujet des perspectives du capitalisme mondial dans la nouvelle année. Que la déroute du marché de lundi soit le début d’une implosion de bulles financières insoutenables ou une attaque cardiaque financière par anticipation reste à voir. Une chose est certaine, cependant. C’est un symptôme de contradictions profondes et insolubles qui ne cessent de s’intensifier depuis le krach de Wall Street il y a plus de 7 ans.

L’effondrement des marchés chinois, avec l’indice composite de Shanghai en clôture avec une perte de 6,9 %, a été déclenché par de nouvelles données montrant que l’activité manufacturière chinoise est tombée en décembre à partir du niveau du mois précédent déjà déprimé. La baisse de décembre a marqué la 10e contraction mensuelle consécutive. Le rapport a confirmé que le ralentissement en Chine, enregistrant son taux de croissance le plus bas en un quart de siècle, était susceptible d’empirer en 2016. Compte tenu de la part importante de la 2e plus grande économie et principal centre de production du monde dans de nombreuses importations, dont le pétrole et d’autres produits industriels ainsi que des produits manufacturés, l’indication de stagnation propage des craintes d’une nouvelle baisse des cours des matières primaires et d’une aggravation de la crise des pays exportateurs de matières premières depuis le Brésil et la Russie jusqu’à l’Australie et au Canada. L’indice Nikkei 225 du Japon a baissé de plus de 3 %. L’Allemagne, un important exportateur vers la Chine, a subi une baisse de 4,3 % sur son indice boursier DAX. Les autres grands indices européens ont chuté de plus de 2 %, et l’indice EURO STOXX 50 a baissé de 3,14 %.

La chute du marché mondial a été aggravée par des données économiques négatives de la part des États-Unis. L’Institute for Supply Management américaine a indiqué que son indice de l’activité de l’usine est tombé à 48,2 en décembre depuis 48,6 en novembre. Toute lecture inférieure à 50 indique une contraction. Le chiffre pour décembre a été le plus faible depuis juin 2009 et a marqué la première fois depuis le krach de 2008 que le secteur manufacturier américain avait subi deux contractions mensuelles consécutives. En même temps, le département du Commerce américain a indiqué que les dépenses de construction aux États-Unis ont diminué de 0,4 % en novembre. Ces données lamentables ont incité les économistes à abaisser leurs projections de croissance économique américaine pour le 4ème trimestre 2015 jusqu’à un taux annuel de 1,1 %. Les chiffres confirment que les États-Unis, précédemment cités en tant que « point lumineux » dans une économie mondiale dominée par la stagnation et de récession, sont eux-mêmes dans une récession industrielle. Les indices américains ont fortement chuté (...).

Les indicateurs d’une aggravation de la crise dans la production ont envoyé des ondes de choc à travers les marchés financiers parce qu’ils annoncent l’effondrement imminent d’un vaste édifice spéculatif bâti depuis le krach de 2008 à Wall Street, qui se trouve au sommet d’une économie réelle qui n’a jamais récupéré de la Grande Récession. Le secret « sale » de la prétendue « reprise » est qu’il a été dominé par un élargissement des types d’activités parasitaires et quasi criminelles qui ont déclenché la crise financière et le krach en premier lieu. Les États-Unis et les banques centrales du monde et de tous les grands gouvernements ont réagi à l’effondrement du capitalisme en 2008 par le transfert de milliers de milliards de dollars d’actifs publics vers les banquiers et les milliardaires des fonds de couverture, sans y mettre aucune condition. Ils étaient libres de faire ce qu’ils voulaient avec cet argent. Même les propositions faibles et symboliques pour freiner la rémunération des PDG des sociétés à renflouer ont été bloquées par les magnats financiers et leurs politiciens corrompus.

Des milliers de milliards inavoués ont été injectés dans les marchés financiers pour produire une hausse record des prix des actions au profit des riches et les super-riches, dont la fortune a doublé à la suite du krach de 2008. Dans le même temps, les gouvernements ont lancé des attaques brutales contre la classe ouvrière pour lui faire payer la mise en faillite de l’État. Ces attaques – l’austérité, les coupes de salaire, les licenciements – ont renforcé les marges des sociétés et ont enrichi le top 10 %, et en particulier le top 1 % et le top 0,1 %. Les entreprises ont utilisé leurs énormes trésoreries non pour accroître la production ou créer des emplois raisonnablement rémunérés, mais de trouver de nouvelles voies pour la spéculation, investissant dans les économies dites émergentes, le secteur de l’énergie en plein essor, et dans les obligations de pacotille à haut rendement et à haut risque. Alors que 2015 a été une année de la montée de la pauvreté et du désespoir pour les masses, ce fut une année record pour les activités réduisant l’emploi et socialement destructrices telles que les fusions et acquisitions, les rachats d’actions et les augmentations de dividendes.

Le McKinsey Global Institute a publié l’an dernier un rapport qui donne une idée de la croissance colossale de la dette dans l’économie mondiale, une mesure de l’augmentation de la spéculation financière et l’escroquerie. Il a noté que la dette globale a augmenté de 57.000 milliards de dollars depuis 2007, augmentant le ratio de la dette au PIB du monde de 17 %. La dette totale de la Chine a quadruplé, en passant de 7.000 milliards de dollars à 28.000 milliards de dollars à la mi-2014. Dans un article publié le 1er janvier, le Wall Street Journal a noté qu’en 2015, « le paysage des entreprises américaines a été dominé par les investisseurs activistes, des rachats d’actions, des devises étrangères et des offres », autrement dit, par la spéculation. Pendant ce temps, l’économie réelle est affamée, privée d’investissements productifs. Les dépenses en capital par des sociétés de l’indice S&P500 ont chuté dans les 2e et 3e trimestres de l’année dernière par rapport à 2014, la première fois qu’il y a eu deux baisses trimestrielles consécutives depuis 2010.

Les dernières semaines de 2015 ont vu des signes croissants que la stagnation sous-jacente et l’effondrement de l’économie réelle – marqués par la chute des prix du pétrole et des matières premières, la baisse du commerce mondial et des taux croissance lamentable, voire négative – commencent à miner la montagne de la dette spéculative. Les prix des obligations de pacotille liées à l’énergie ont commencé à chuter, et les fonds communs de placement qui spéculent en eux subi un afflux de demandes de rachat, ce qui incite deux de ces fonds de refuser d’honorer les demandes de rachat des investisseurs.

La signification sociale et de classe de la poursuite de l’explosion de parasitisme financier est indiquée dans les statistiques qui documentent la redistribution massive de la richesse de la classe ouvrière vers la bourgeoisie qui a eu lieu. L’économiste en chef de la Banque mondiale a publié un article le 1er janvier indiquant une « tendance statistique remarquable » dans les pays à revenus élevés et intermédiaires. L’article a noté: « Le revenu total du travail en pourcentage du PIB est en baisse systématique à des taux rarement atteints. De 1995 à 2015, le revenu du travail a chuté de 61 % à 57 % du PIB aux États-Unis; de 66 % à 54 % en Australie; de 61 % à 55 % en Canada; de 77 % à 60 % au Japon; et de 43 % à 34 % en Turquie ».

Dans le contexte des guerres croissantes au Moyen-Orient, des accumulations des ressources militaires en Europe et en Asie, accompagnées de mesures d’État policier imposées en interne de pays en pays sous prétexte de la lutte contre le terrorisme, de l’incertitude économique sous-jacente au moment où la nouvelle année commence intensifie les tensions entre grandes puissances et poussent les élites dirigeantes plus loin sur la route à la guerre et de la dictature. (...)


Chine: La déprime s'accentue, les marchés émergents à un plus bas de 7 ans Reuters, Capital - 06 jan 2015

Citation :
La croissance du secteur des services en Chine est tombée à un creux de 17 mois en décembre, montre une enquête publiée mercredi qui vient confirmer à son tour la déprime de la conjoncture au sein de la 2e puissance économique mondiale. Les mauvais indicateurs s’accumulent pour l’Empire du milieu. Après une statistique décevante pour l’activité manufacturière du pays, c’est au secteur des services de s’essouffler. L'indice Caixin-Markit des directeurs d'achat est ainsi revenu à 50,2 le mois dernier, contre 51,2 en novembre (le seuil de 50 séparant croissance et contraction d'une activité). Au plus bas depuis juillet 2014, l’indice est au 2ème niveau le plus faible depuis le début de cette série statistique en 2005.

La composante mesurant les nouvelles affaires s'est établie à 50,6 en décembre, contre 51,1 en novembre, les entreprises faisant état d'une demande atone. Alors que leurs coûts ont continué d'augmenter, en raison surtout de salaires plus élevés, l'intensification de la concurrence a entraîné une 4ème baisse mensuelle de suite de leurs prix de vente, comprimant ainsi leurs marges. En réaction, les marchés asiatiques ont chuté, ce mercredi. La Bourse de Tokyo a fini en repli de 1 %, à son plus bas niveau depuis le 19 octobre, et l'indice MSCI des pays émergents a reculé de 0,7 %, à un plus bas de 6 ans et demi. (...)


La Chine abaisse le cours pivot du yuan à son plus bas en près de 5 ans AWP/AFP, Romandie news - 06 jan 2015

Citation :
SHANGHAI - La banque centrale chinoise (PBOC) a abaissé mercredi le cours de référence du yuan face au dollar, au plus bas depuis avril 2011, ravivant les inquiétudes sur la croissance dans la deuxième économie mondiale. La PBOC a fixé à 6,5314 yuans pour un dollar (- 0,22 % par rapport à la veille) le cours pivot autour duquel le renminbi est autorisé à fluctuer face au billet vert dans une marge de plus ou moins 2%.  Il s'agit du 7ème mouvement de baisse consécutif décidé par la banque centrale. "Les marchés exercent une forte pression à la baisse sur le yuan face au dollar", a estimé Bill Adams, économiste pour le groupe PNC Financial Services, dans une note de recherche. "La croissance chinoise est faible, le commerce extérieur chinois se contracte, la PBOC a baissé à 6 reprises les taux d'intérêt depuis novembre 2014, les taux d'intérêt américains montent, et les capitaux quittent la Chine", a-t-il expliqué.

Confrontée aux pressions à la baisse sur le yuan, sur fond de conjoncture économique morose, la Chine était fortement intervenue ces derniers mois pour soutenir sa monnaie à coups d'achats massifs de dollars, de sorte que ses colossales réserves de changes ont fondu à leur plus bas niveau en 3 ans, tombant à 3.438 milliards de dollars fin novembre. La PBOC était encore intervenue mardi pour soutenir le yuan en rachetant la devise et en vendant du dollar via les banques publiques du pays, selon le Wall Street Journal.


Chine: Les Bourses fermées en catastrophe par les autorités pour éviter le pire La Tribune - 04 jan 2015

Citation :
La Bourse de Shanghai perdait près de 7 % au moment de sa fermeture, lundi. Les investisseurs s'inquiètent des mauvais chiffres de la production manufacturière, mais aussi de l'expiration prochaine de mesures prises par les autorités pour enrayer la chute des marchés. Les Bourses chinoises de Shanghai et Shenzhen sont-elles en train de renouer avec leurs vieux démons de l'été 2015 ? Elles ont arrêté lundi 4 janvier leurs échanges pour la journée, à 1h34, heure locale, et ce afin d'enrayer la volatilité des cours et d'éviter ainsi que ne se répète le krach de l'été 2015. Les Bourses devraient néanmoins rouvrir demain.

Les échanges avaient déjà été interrompus une première fois pendant 15 minutes, mais sans succès. L'indice composite shanghaïen cédait 6,86 %, soit 242,52 pts, au moment de la suspension des échanges, à 3.296,66 pts. Du côté de la Bourse de Shenzhen, l'indice s'effondrait de 8,22 %, à 2.119,90 points. Les investisseurs ont mal réagi aux derniers chiffres de la production manufacturière chinoise, publiés lundi. Pour la 7ème fois sur les 8 derniers mois, celle-ci a décliné, selon les données fournies par Markit. L'indice Caixin-Markit des directeurs d'achat (PMI) du secteur est tombé à 48,2 en décembre, contre 48,6 en novembre, alors que le marché anticipait un léger rebond à 49. Pour rappel, la barre de 50 sépare contraction et expansion de l'activité.

Par ailleurs, l''expiration prochaine de mesures prises par les autorités pour enrayer la chute des marchés en 2015 rend aussi les investisseurs nerveux. "Le marché est inquiet de la levée prochaine d'une règle qui empêche les actionnaires de vendre. [...] La pression va continuer à peser sur le marché dans les jours qui viennent", a indiqué à l'AFP Zhang Gang, analyste de Central China Securities. "Les investisseurs utilisent la Bourse de Hong Kong pour couvrir leur position", explique à Bloobmerg Castor Pang, chercheur au Core-Pacific Yamaichi Hong Kong. L'indice composite Hang Seng reculait dans les premiers échanges de 268,39 pts, soit 1,22 % à 21.646,01 points. (...)


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Jeu 14 Jan - 9:10




incontournable sur les luttes en Chine, un nouveau blog et journal :

chuangcn@riseup.net


About
Citation :
闯 Chuǎng: The image of a horse breaking through a gate. Meaning: To break free; To attack, charge; To break through, force one’s way in or out; To act impetuously. 闯关 (chuǎngguān): to run a blockade. 闯座 (chuǎngzuò): to attend a feast without being invited.

Over the past three decades, China has transformed from an isolated state-planned economy into an integrated hub of capitalist production. Waves of new investment are reshaping and deepening China’s contradictions, creating billionaires like Ma Yun while the millions below — those who farm, cook, clean, and assemble his electronic infrastructure — struggle to escape fates of endless grueling work. But as China’s wealthy feast ever more lavishly, the poor have begun to batter down the gates to the banquet hall. 闯 is the sudden movement when the gate is broken and the possibilities for a new world emerge beyond it.

闯  Chuǎng will publish a journal analyzing the ongoing development of capitalism in China, its historical roots, and the revolts of those crushed beneath it.  Chuǎng is also a blog chronicling these developments in shorter and more immediate form, and will publish translations, reports, and comments on Chinese news of interest to those who want to break beyond the bounds of the slaughterhouse called capitalism.





particulièrement recommandé : les ressources
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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 16 Jan - 11:00

65 millions de logement vides en Chine :

Ultimes yo-yo avant le krach mondial officiel ?

Citation :

Finance, 15 janvier 2016 : le krach des places boursières mondiales est heureusement confirmé
par Pierrick Tillet - Le monde d'après

Vendez tout, ça va péter ! clamait récemment The Guardian, en prédisant une chute des places boursières mondiales d’environ -20% en 2016. Eh bien, il aura seulement suffi de deux petites semaines à celles-ci pour parcourir la moitié de la pente fatale.
En dix jours d’ouverture post-réveillon, très rares ont été les sursauts du “marché”, aussitôt balayés par une reprise de la dégringolade meurtrière. Jugez du peu :

http://yetiblog.org/index.php?post/1579
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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 16 Jan - 11:28

Combien de logements vides en Europe ?

En complément , graphiques du vendredi noir , les - 20 % sont atteints aussi en Europe :

Black Friday

Submitted by Tyler Durden on 01/15/2016 16:04 -0500

http://www.zerohedge.com/news/2016-01-15/black-friday
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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Jeu 21 Jan - 2:50

"L'atterrissage brutal de la Chine est inéluctable" (Mylène Gaulard) Jean-Yves Paillé 14/01/2016


Les cours des Bourses de Shanghai et de Shenzhen sont surévalués de 50% aujourd'hui
avance Mylène Gaulard. (Crédits : DR)

Les différentes chutes des indices des Bourses de Shanghai et de Shenzhen font craindre une nouvelle crise mondiale. A tort, estime Mylène Gaulard, maître de conférences à la Faculté d'économie de Grenoble, et auteure de "Karl Marx à Pékin" (éd. Demopolis), qui y voit d'abord l'impuissance du gouvernement chinois à éviter l'éclatement d'une bulle spéculative et à résoudre les difficultés structurelles de l'économie chinoise

Citation :
La Tribune - Maintenez-vous que le gouvernement chinois est incapable d'enrayer la chute des cours des Bourses de Shanghai et Shenzhen comme vous l'aviez assuré en juin dernier ?

Mylène Gaulard - Après avoir chuté de près de 40% depuis juin 2015 malgré l'intervention des autorités chinoises, les cours observés sur les Bourses de Shanghai et Shenzhen ont à nouveau baissé de 10% la semaine dernière à l'annonce de mauvais résultats sur la production industrielle nationale. Depuis lundi dernier, la baisse se poursuit, et on estime que les cours sont toujours surévalués de 50%. Entre mai 2014 et juin 2015, ils ont effectivement été multipliés par 2,5 à la Bourse de Shanghai et par 2,7 à Shenzhen, sans que cette évolution ne s'appuie sur de meilleurs résultats des entreprises cotées.

Le gonflement d'une bulle spéculative sur les marchés financiers chinois est indéniable depuis l'été 2014, ce secteur ayant servi de refuge face à la baisse des prix de l'immobilier observée depuis un an et demi dans la majorité des grandes villes chinoises. Des dizaines de millions de petits spéculateurs ont ainsi profité de la possibilité d'emprunter auprès du secteur bancaire traditionnel et surtout de l'informel pour investir sur ces marchés et bénéficier d'un effet de levier.

Malgré les mesures prises par le gouvernement, qu'il s'agisse de l'obligation faite aux grandes banques publiques d'acheter des titres afin de limiter la baisse des cours, de l'interdiction de vendre des titres pour les plus gros investisseurs durant l'été dernier, ou bien du coupe-circuit, utilisé la semaine dernière, consistant à interrompre pour quinze minutes les transactions lorsque la chute des cours atteint 5% et pour la journée lorsqu'elle est supérieure à 7%, l'éclatement de cette bulle spéculative est impossible à éviter.

Concernant le "coupe-circuit", on peut même craindre que cette mesure n'ait eu un effet contraire à ce qui était recherché la semaine dernière, les investisseurs se hâtant de vendre leurs titres dès que la baisse des cours avoisinait les 5%. Si les efforts du gouvernement permettent de retarder un éclatement brutal de la bulle révélant des difficultés plus structurelles de l'appareil productif, directement liées à une industrie de moins en moins rentable, on peut donc aussi craindre qu'ils ne renforcent la méfiance des investisseurs.

Le dégonflement brutal de la bulle financière serait d'autant plus dangereux pour l'économie chinoise qu'il révèlerait au grand jour l'ampleur des difficultés observées dans l'ensemble cette dernière.

Le gouvernement chinois semblait pourtant montrer un visage serein, notamment en ce qui concerne la croissance du pays en 2015 qui est attendue au ralenti...

Le président Xi Jinping tente de relativiser le ralentissement de la croissance du PIB, qui devrait être estimée à moins de 7% pour l'année 2015, son plus bas niveau depuis vingt-cinq ans, en évoquant une "nouvelle normalité".

Malheureusement, tous les indicateurs dont nous disposons révèlent un sérieux ralentissement qui va au-delà d'un simple retour de la croissance à un niveau "raisonnable".

Observons notamment que les exportations ont chuté de 1,4% en 2015 relativement à leur niveau de l'année précédente, et que les importations ont de leur côté baissé de 7,6%. De même, nous en sommes aujourd'hui au sixième mois de contraction de la production industrielle, et les politiques de baisse des taux d'intérêt, de relance par la construction d'infrastructures semblent insuffisantes pour enrayer le processus.

La réorientation de l'économie chinoise vers son marché intérieur, souhaitée par le gouvernement depuis la décennie 2000 afin de remédier à une moindre compétitivité internationale du pays, ne semble pas fonctionner. Les réformes du système de sécurité sociale (dont la majorité des dépenses reposent d'ailleurs sur des collectivités locales déjà surendettées), la hausse des salaires, les politiques budgétaires et monétaires expansives, n'ont pas permis de relancer suffisamment la consommation des ménages qui reste toujours inférieure à 40% du PIB. La déconnexion entre cette faible consommation et un taux d'investissement avoisinant les 50% du PIB, est en grande partie responsable d'un sérieux risque déflationniste, avec des prix à la production (prix à la sortie des usines) n'ayant cessé de baisser depuis 46 mois, et une hausse des prix à la consommation inférieure à l'objectif d'inflation de 3% fixé par le gouvernement.

Les dépréciations du yuan peuvent-elles représenter une solution viable ?

Face à l'échec de cette politique de relance par la demande intérieure, l'alternative qui se présente au gouvernement serait en effet d'accepter une forte dépréciation du yuan afin de bénéficier d'une inflation importée et surtout de relancer les exportations. C'est la raison pour laquelle le cours pivot du yuan, fixé chaque matin par la banque centrale chinoise, n'a cessé de baisser depuis 2015, pour atteindre en janvier 2016 son niveau le plus bas depuis 2011. Une plus forte dépréciation répondrait à la fuite des capitaux observée depuis 2011, accélérée depuis 2013, et permettrait de limiter la vente de devises par la banque centrale réalisée dans l'objectif de respecter le cours pivot (les réserves de change ont pour cette raison baissé de 500 milliards de dollars en 2015).

Considérées comme des gages de bonne volonté des autorités chinoises et de leur désir de s'orienter vers un taux de change flexible, les mini-dépréciations effectuées depuis l'année dernière furent même félicitées par le Fonds monétaire international (FMI), et récompensées en novembre dernier par l'introduction du yuan dans le panier de devises constituant les droits de tirage spéciaux, l'instrument monétaire du Fonds.

Cependant, une dépréciation du yuan n'est pas non plus une solution adaptée aux difficultés de l'économie chinoise, car non seulement la hausse des prix des produits importés pénaliserait encore davantage la consommation intérieure ainsi que les profits des entreprises déjà sérieusement fragilisés, mais elle ébranlerait aussi la confiance des investisseurs vis-à-vis de l'économie chinoise, déjà concernée par des sorties massives de capitaux. Ni la reprise par une relance de la demande intérieure, ni celle par une hausse des exportations ne semblent donc des solutions envisageables pour empêcher un hard-landing de l'économie chinoise. Ce n'est donc pas tant que les autorités chinoises agissent de manière confuse pour tenter de faire repartir la croissance que l'absence d'une réelle solution qui explique les dernières politiques dont la logique et la cohérence échappent à de nombreux observateurs.

Plus largement, les économies de la plupart des pays émergents sont au ralenti ou en crise. Comment l'analysez-vous ?

On assiste aujourd'hui à une crise de l'"émergence", terme que les journalistes ont beaucoup apprécié ces dernières années sans qu'il ne s'appuie sur aucune réalité tangible. La Chine est ainsi au bord de l'atterrissage brutal : retardé depuis la décennie 2000 par le gonflement de bulles spéculatives dans l'immobilier puis la finance, il est actuellement inéluctable du fait de toutes les difficultés structurelles que je présentais déjà il y a presque dix ans dans ma thèse de doctorat.

Finalement, la Chine ne fait que suivre le même cheminement que la poignée de pays en développement sur lesquels les économistes misent tous leurs espoirs depuis la décennie 1970. Aujourd'hui, toutes les études révèlent qu'il est quasiment impossible pour ces pays d'échapper à un "piège des revenus intermédiaires", c'est-à-dire à une forte stagnation de leur croissance les empêchant d'atteindre un revenu par tête considéré comme élevé par la Banque mondiale (environ 12.000 dollars).

Au sein du groupe des BRIC, seule l'Inde, pourtant atteinte par une "désindustrialisation précoce" en raison d'un taux d'investissement insuffisant pour un pays présentant un tel retard économique, soulève encore un optimisme peu raisonnable parmi les économistes. Atteint par la chute des cours des matières premières, causée aussi bien par des opérations spéculatives moins massives sur ce marché qu'à la moindre demande chinoise, le Brésil n'a pas cesser de voir sa croissance diminuer depuis 2010, passant de 7,5% cette même année à près de - 4% pour 2015.

De même pour la Russie, dont la baisse du PIB devrait aussi atteindre 4% pour 2015 en raison des répercussions des sanctions de la communauté internationale et de la forte chute des cours du pétrole. Pour tous ces pays, le piège des revenus intermédiaires semble inéluctable. Que ce soit par le biais d'une spécialisation industrielle comme en Chine, qui finit toujours par être remise en question par la perte du principal avantage comparatif de ces pays, le coût de leur main-d'œuvre, ou par celui d'une spécialisation sur les matières premières, bénéfique uniquement durant des périodes de spéculation sur ce marché, l'émergence apparaît donc n'avoir été qu'un mythe.

La crise de ces pays "émergents" risque-t-elle de provoquer une crise économique mondiale ?

Rappelons que le groupe des BRIC représentait moins de 10% du PIB mondial en 1990, contre près de 25% en 2015. On pourrait donc redouter l'impact d'une récession économique parmi ces pays, et la poursuite de la baisse du prix du pétrole fut parfois présentée la semaine dernière comme la conséquence des difficultés économiques chinoises, risquant aussi de se répercuter sur nos marchés.

Cette petite crise de confiance sera sans doute transitoire, car il est important de rappeler que la récente reprise de la croissance américaine repose en partie sur la formation d'une nouvelle bulle spéculative permise par l'afflux de capitaux en provenance des "émergents". Depuis 2012, alors que les capitaux fuient l'ensemble des pays émergents, on peut notamment observer que les marchés financiers occidentaux connaissent un essor exceptionnel, avec par exemple l'indice du Dow Jones ou celui du CAC 40 qui ont quasiment été multipliés par deux en trois ans. Depuis la décennie 1980, ce scénario ne cesse de se répéter, avec des difficultés économiques structurelles rencontrées parmi l'ensemble des pays développés, mais s'accompagnant de bulles spéculatives se formant d'un bout à l'autre de la planète qui permettent de soutenir temporairement et artificiellement la croissance de manière chaque fois renouvelée.

Il est donc fort à parier que la crise de l'émergence marque le début d'un nouveau cycle révélant encore une fois à terme l'instabilité profonde du système capitaliste, mais qui soulèvera malgré tout d'ici peu une nouvelle vague naïve d'optimisme parmi les économistes.


Mylène Gaillard est l'auteure de Karl Marx à Pékin : Les racines de la crise en Chine capitaliste(Editions Demopolis, 2014) [on l'aime bien dans la gauche ultra radicale, moi, bof... je n'apprécie qu'à moitié cette analyse par pays qui ne parle pas des multinationales quel que soit leur pays d'ancrage, or le capital mondialisé, c'est ça autant et plus que des économies nationales

@JeanYvesPaille


Will China pull down the world? January 14, 2016
Michael Roberts a écrit:



These figures show the tremendous expansion of the Chinese economy. But they also show that the US remains the pivotal economy for a global capitalist crisis, particularly as it dominates in financial and technology sectors. In 1998, the emerging economies had a major economic and financial crisis but it did not lead to a global slump. In 2008, the US had a biggest slump in its economic post-war history and it led to a global recession, the Great Recession. In my view, this weighting still applies.

I have discussed the prospects of a new US economic recession in several previous posts. What matters is not the level of interest rates, whether they are too high or too low relative to some ‘equilbrium natural rate of interest’ that US mainstream economists are now arguing about (more on that in a future post), but what is happening to corporate profits and investment. Investment drives employment and incomes and thus economic growth.

I have presented evidence from my research and from others that the profitability of capital and corporate profits generally lead business investment with a lag of 12-18 months, up and down. Currently global corporate profits (a weighted average of US, UK, Germany, Japan and China) have turned negative and US corporate profits are now also falling (on a year on year basis). That suggests that business investment, which has been expanding at about a 5% rate in the US, will start to drop too within a year or so. If that happens, then the US will likely head into recession. But it won’t be China or emerging economies that will be decisive.




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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Jeu 21 Jan - 3:42



sur le passionnant site 闯 Chuǎng, une critique de l'activisme en Chine que je tâcherai de traduire prochainement...

"la diffamation des mouvements de travailleurs n'est pas autorisée". Un texte d'une tonalité qui rompt avec ce qu'on lit habituellement en Europe concernant le rapport entre activistes et luttes de classe, et qui pose la question de l'action en termes de masses


Slandering of the Workers’ Movement Will Not Be Permitted by chuang | Jan 15, 2016


Translated by Solidarity with Chinese Workers from 不许抹黑工人运动!理直气壮捍卫尊严! by 工弩 on ilabour.net. For more on the December 3 crackdown and solidarity efforts, see “Solidarity with Chinese Workers”, and the Facebook page “Free Chinese labour activists now 馬上釋放中國勞權人士”.

On December 3, 2015, over 20 labor activists in Guangzhou and Foshan were taken into police custody, launching a crackdown that has put four activists under arrest for criminal charges and closed several prominent labor organizations in the Pearl River Delta. This piece is one of the first Chinese critiques the limits of activists’ response to the crackdown on workers’ organizations since December 3, demanding a more thoughtful, organized response by workers and their supporters, beginning with the voicing of a clear class position in the current fight.


—–

Citation :
I don’t know how many of us still remember, exactly one year ago, when ten or more Henan construction workers were fighting for wage arrears and against the police’s random arrests. A worker mother defending herself was brutally killed by the police, who stamped on her hair and broke her neck by twisting her head. It wasn’t until half a month later that this event was exposed to the public, which shocked the entire nation. An appeal letter from labor activists collected 2000 signatures in one month, and rights-defense lawyers also stepped in. What’s worth noticing is these efforts neither won any justice in the courtroom nor won the support of mainstream public opinion. Instead, what ensued was the darkest “court hearing”,  the increasingly large scale public smearing in public discourse from the 50 Cent Party1 lapdogs between February and May this year, and a group of people turning the truth upside down (they even pulled out the “rights-defense” card to mobilize police nationwide to sign a petition demanding the release of the murdering cops). The female worker Zhou Xiuyun beaten to death by the police was slandered as a “shrew” who “assaulted the officers”! The violence of public opinion is even more brutal than the act of killing.


Yet only a year after the brutal killing of woman worker Zhou, another unprecedented repression and slandering of worker protest is gaining momentum in public opinion nationwide. On December 3, over 20 staff members and workers from labor NGOs in Guangdong province were secretly taken away by the police. According to the latest news, five labor NGO staff (He Xiaobo, Zhu Xiaomei, Zeng Feiyang, Deng Xiaoming, Peng Jiayong) are now under criminal detention, and two others have lost all contact (Meng Han and Tang Jian, former labor NGO staff).2 Under the “national condition” of constant tyrannical rule maintaining the capitalist sweatshop, in the last five or six years a labor movement has hatched among the millions of migrant workers clustered in Guangdong. Although the Guangdong workers’ movement is the only relatively organized workers’ movement in the country, it is still in its initial phases. The labor NGO’s that have been around for 10 plus years and were actually all along very cautious in playing the role of frontline force for Guangdong’s newborn labor movement, are now unexpectedly suffering the most severe repression ever, repression that is for the first time threatening their basic right to exist.


But what is deeply worrying is that three out of four activists (Zhu, Zeng and Deng) are being charged on the suspicion of “inciting crowds to disrupt social order”, when all they have done in the last few years is to provide guidance to numerous collective actions by workers—from jewelry factory workers to hospital nurses and security guards, from university campus cleaners to shoe factory workers. They helped innumerable workers obtain collective bargaining and their rightful dues. Regardless of whether it was a strike, workers’ assembly, collective petition or any other kind of collective workers’ action, or whether they put in efforts to allow these actions to become organized, this clearly does not amount to “inciting crowds to disrupt social order”. The only purpose of this kind of criminal charge is to scare people by exaggerating, the most base and shameful form of smearing and slander! It is like the workers who showed their support have said, if the government has the guts, then let them try and arrest all the workers who go on strike in this country, and we’ll see if they can succeed! No worker who has any fighting consciousness will stand for this kind of repression. No slandering of the workers’ movement will be permitted.


If the sinister tendency in the Shanxi February-May case of the cops’ murder of Zhou Xiuyun, the woman worker demanding her wage arrears, indicated the trampling upon of the legitimacy of individual labor rights-defense, and the noxious attack on the Shenzhen Artigas [a Uniqlo supplier] factory strike in July suggested the vilification of the legitimacy of collective rights-defense, then the December 3 suppression and smearing of organizations with a long history of supporting workers indicates the authorities’ fundamental rejection and slandering of the workers movement, the beginning of a major political offensive. In other words, the real heavy defamation and repression are yet to come.


When dark clouds press down and a storm is imminent, what are we as a part of a nascent workers’ movement to do? What are the future prospects? Frankly speaking, we have no way of preventing painstaking conflict, even if we stay silent and never mention those comrades who have on so many occasions helped workers in struggle, we will still hardly avoid liquidations, arrests or imprisonment. We are in no way unfamiliar with the violence and repression against striking workers, the smearing and slandering. In other words, we cannot avoid some people running into greater trouble, and suffering sacrifices like being incarcerated. In order to resist repression, to resist the mean and shameless accusations thrown at workers collection actions, and to defend the most basic decencies of workers’ rights to collective action and organization, we (including the author of this text) must stay calm and mentally prepared.


But recognizing that sacrifices are unavoidable is different from saying we have to actively seek the risk of becoming martyrs. We mustn’t doggedly rush, be reckless and act blindly. What is urgently needed at the moment is to begin clearly thinking things over, to use a workers’ movement discourse to motivate solidarity among the working masses, to boldly use the Communist Party’s own tradition of class struggle to fight back against smearing and slander, and above all to let workers’ communities all over the country know that we all belong to the same class, that our struggle to protect our rights must be united, and that we must all in one voice demand the release of the arrested worker activists and protect the survival of labor organizations.


What we have seen emerge the last two days is a new kind of labor activism: going to construction sites and industrial areas to encourage workers to write a sentence or two demanding the release of arrested NGO workers, having them sign it, take a photo and mail it. This kind of petitioning inspires the fighting spirit. This form of struggling via petition attempts to surpass the feeble logic of “labor circle opinion statements”—the latter is still full of fears about the “development in a fierce and disorderly direction” that the labor movement is taking, while all these numerous workers did was to write on a piece of paper a simple and direct demand: “Release the detained labor activists”.


But we still have to shout out, and remind and warn active workers to take note: the nationwide petition by labor circles early this year was signed by nearly 2,000 people but changed nothing! Yesterday we saw active workers make a call to collect 10,000 worker signatures nationwide, to let the government hear popular will. But considering the intensity of the life and death class struggle, we highly doubt that simple petitioning will be of much use!


So let’s consider what the working class’ resistance should look like? Is writing a few sentences and signing your name the thing to do? If workers have the determination and courage to collect 10,000 signatures across the country, why not demonstrate these voices of the thousands of workers in a more confident and direct manner, encouraging workers to act collectively, letting those in power know that workers’ power isn’t limited to letting them hear public opinion.


But making a step like that will take more than a few days. Workers will have to be cool-headed and realistic: many years of experience in the workers’ movement (including the experience of Zeng Feiyang and Zhu Xiaomei, the worker activists currently under detention, and the experience of other worker activists who are currently waiting before taking action) have shown that every serious practical struggle starts with a small number of activists who must spend at least some time educating, uniting and organizing workers before they can mobilize and resist repression. When dealing with severe repression that includes secret arrests and labor activists being thrown into detention, we are in a completely defensive position, resisting repression and arbitrary arrests, resisting criminal charges and slander. What we need to do is to strive for collective answers. We need to practically (not merely in rhetoric) work together to push away this extremely unreasonable repression in order to defend the honor of every collective action by workers.


We must be extremely careful: compared to smearing the murdered Zhou Xiuyun, or even compared to throwing a few labor NGO staff into jail, smearing the workers’ movement is even more insidious. Because even though Xiuyun died, there will still be workers who demand their wages; even though labor activists were locked up, there will still be strikes and other forms of collective rights defense; but smearing the workers’ movement and charging those directing and helping the movement with “inciting crowds to disrupt social order” implies that from now on whenever the workers movement in this country shows even the slightest hint of organization, people may be thrown into jail. On the other hand, the workers movement becoming organized is inevitable, there are many self-initiated workers’ organizations that are not the product of a small number of agitators and cannot be easily suppressed.


What is crucial is that we active workers raise the bright flag of a strong working-class position in public discourse, firmly curbing repression and slandering, defending the right of labor organizations to exist and defending the dignity of the workers’ movement. We need first of all to stick closely to these topics, confidently voicing the collective aspirations of workers all over the country, in particular launching a series of a few hundred pieces of multi-level, multifaceted articles refuting repression and slandering, developing the workers’ movement discourse in order to supply educational resources and theoretical weapons to rapidly win over the masses’ support for this self-defensive struggle. The workers who are currently petitioning must decide: will they continue to one-by-one request every worker they meet write a few sentences demanding the activists’ release, or will they proceed by gathering the public opinion under a rational, powerful and orderly declaration, and with the support for this discourse win over the masses to reveal their collective opinion at the right time?


Our greatest fear is this: that in light of the unprecedented activity of the government’s 50 Cent lapdogs online and offline as the party’s SS shock-troops, the inevitable advent of pervasive carpet-bomb style slander is likely to far surpass the slander campaign during Zhou Xiuyun’s homicide case, considering that even CCTV’s Focus Report and Xinhua news are now participating in the misrepresentation and slandering of workers. We must resolutely mobilize the public opinion of the masses and energetically prepare to mobilize a self-defense counterattack, only then can we prevail in the face of this completely absurd and lunatic ultra-rightist public discourse shit-storm attempting to slander, defeat and subvert the workers’ movement.


This is an unprecedentedly vicious class struggle. We simply cannot sit and wait, leaving things to luck. Let’s stop fantasizing and get ready to fight. Worker friends who have the determination and courage to organize a nationwide petition for 10,000 workers’ signatures, change direction and try to get these workers to come together! If in the future workers’ actions and workers’ right to organize will be repressed, slandered, insulted and forced in to an intolerable condition, we workers will have no choice but to take action to protect our right to action.


We are now only at the beginning. Fellow workers and comrades, we must be more clearheaded, steadfast and calm to be ready for the real fight. To prepare for the real fight, we must first send out a call of resistance, arousing greater numbers of worker brothers and sisters: Slandering of the Labor Movement Will Not Be Permitted! We Defend Our Dignity with Righteous Confidence!


1. Internet commentators who are supposedly paid 5o cents per (malicious or otherwise) comment that follows the party line.

2. Update: As of January 9, 4 of these activists – Zeng Feiyang, Zhu Xiaomei, He Xiaobo and Meng Han – have been officially given criminal charges. Peng Jiayong and Deng Xiaoming have been released and escorted back to their homes, while Tang Jian remains out of contact.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 23 Jan - 22:15



L'Iran et la Chine en faveur d'un "partenariat stratégique" AFP 23/01/2016


Le président chinois Xi Jinping et son homologue Hassan Rohani
le 23 janvier 2016 à Téhéran afp.com

Téhéran - L'Iran et la Chine ont décidé de renforcer leurs relations économiques avec l'ambition de les porter à un niveau de 600 milliards de dollars, a déclaré samedi le président iranien Hassan Rohani à Téhéran où son homologue chinois était en visite officielle.

Citation :
La visite de Xi Jinping, la première d'un président chinois en Iran depuis 14 ans, intervient une semaine après le début de la mise en œuvre de l'accord nucléaire conclu entre l'Iran et les grandes puissances, dont la Chine, qui prévoit la levée d'une partie des sanctions internationales contre Téhéran.

Ces dernières années, la Chine, important partenaire de l'Iran, a maintenu des liens économiques étroits avec Téhéran mais la fin des sanctions va permettre de donner un coup de fouet à ces relations.

Les deux pays "se sont engagés à mener des négociations pour la signature d'un accord de coopération élargie sur 25 ans" et "de coopérer et avoir des investissements réciproques dans les différents domaines, notamment les transports, les ports, l'énergie, l'industrie et les services", selon un communiqué commun.

Selon le texte, la Chine envisage aussi des "investissements et des financements dans les industries de l'énergie en Iran".
Lors d'une conférence de presse avec M. Xi, le président iranien a indiqué que les deux responsables avaient évoqué le projet de "porter le niveau des relations (économiques, ndlr) à un niveau de 600 milliards de dollars dans dix ans".

Les échanges économiques entre les deux pays s'élevaient en 2014 à 52 milliards de dollars.

Selon les médias iraniens, 36% du commerce extérieur de l'Iran s'effectue avec la Chine, premier client du pétrole iranien.

Au total, dix-sept documents, notamment pour la coopération dans le domaine nucléaire, ont été signés lors de cette visite.

"La visite du président chinois est historique et aujourd'hui une nouvelle page s'ouvre dans les relations entre les deux pays", a déclaré M. Rohani.

"Nous avons une large entente dans tous les domaines, les relations bilatérales, les questions régionales et internationales, et nous avons décidé de construire des relations sur la base d'une partenariat (...) stratégique", a déclaré de son côté le président chinois.

Sur le plan diplomatique, "la Chine a salué le rôle constructif de l'Iran dans la lutte contre le terrorisme et en faveur du maintien de la paix et de la stabilité dans la région
", selon le communiqué commun.

L'Iran chiite est le principal soutien du régime du président syrien Bachar al-Assad et s'oppose sur toutes les crises régionales, notamment la Syrie, l'Irak, le Yémen ou encore Bahreïn, à l'Arabie saoudite sunnite.

Accompagné par trois vice-Premier ministres et six ministres, le président chinois a également emmené avec lui une importante délégation économique.

Il a rencontré samedi soir le guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, qui a rappelé que Téhéran "n'oubliera jamais" le soutien de la Chine à l'Iran alors isolé par les sanctions internationales.

"La République islamique d'Iran a toujours cherché à avoir des relations avec des pays fiables et indépendants comme la Chine", a indiqué le guide suprême, selon son site internet.

"Les Occidentaux n'ont jamais été capables de gagner la confiance de la nation iranienne", a-t-il poursuivi.

Jeudi en Egypte, dans le cadre d'une tournée régionale, Xi Jinping avait promis une enveloppe de 55 milliards de dollars en prêts et investissements pour le Moyen-Orient, où la Chine veut également renforcer sa présence économique.

En Arabie saoudite, où le président chinois a entamé sa tournée régionale, M. Xi a inauguré mercredi avec le roi Salmane une raffinerie construite en partenariat entre les deux pays.

Le royaume saoudien est le plus gros fournisseur de pétrole de la Chine.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 6 Fév - 22:28


et l'acier fut trempé... en Chine

Acier chinois: il y un besoin urgent d'agir, selon ArcelorMittal  afp/al AWP  05.02.2016

Paris (awp/afp) - Le groupe sidérurgique ArcelorMittal estime qu'il y a "un besoin urgent d'agir" face aux exportations d'acier chinoises qui pèsent sur les prix sur ses principaux marchés, a déclaré vendredi son directeur financier, Aditya Mittal

Citation :
"Si vous regardez les résultats opérationnels des compagnies sidérurgiques, le niveau des exportations chinoises et l'impact sur les prix de nos principaux marchés, il est clair qu'il y a un besoin urgent d'agir", a dit le directeur financier, lors d'une conférence téléphonique à l'occasion des résultats annuels du groupe.

Aditya Mittal, qui est également directeur général d'ArcelorMittal Europe, a rappelé que le groupe était "en discussion avec la Commission européenne et les autres producteurs européens d'acier pour voir comment améliorer et augmenter les instruments de défense adéquats".

Le directeur financier a indiqué qu'il ne prévoyait "pas de changement dans le niveau des exportations chinoises en 2016 par rapport à 2015, surtout si l'on considère que l'économie chinoise continue à ralentir".

Pour sa part, le PDG d'ArcelorMittal, Lakhsmi Mittal, a souligné la "surcapacité au niveau mondial dans le secteur de l'acier, spécialement en Chine".

La décision de la Chine de réduire sa capacité de production de 150 millions de tonnes est "une bonne annonce", a-t-il dit lors d'une autre conférence téléphonique. "Mais cela prendra du temps", a-t-il ajouté.

Le patron du groupe n'a pas voulu commenter "les études et discussions en cours avec la Commission européenne, Eurofer et les différentes associations" qui ont présenté des plaintes. Mais "nous avons besoin d'une protection tarifaire contre un prix déloyal", a-t-il ajouté.

La commissaire européenne au Commerce, Cecilia Malmström a demandé dans un courrier à son homologue chinois Gao Hucheng de prendre des mesures pour réduire les capacités de production du secteur.

En février, la Commission va ouvrir trois nouvelles procédures pour infraction aux règles de la concurrence concernant des aciers fabriqués en Chine, et il pourrait y en avoir d'autres ensuite, a-t-elle fait valoir.

ArcelorMittal a publié vendredi une perte nette de 7,9 milliards de dollars en 2015, fortement pénalisé par des dépréciations d'actifs liées à la baisse des prix de l'acier et du minerai de fer.



Citation :
Cinquième enfant d’une famille ouvrière pauvre, Nikolaï Ostrovski voit le jour dans un village ukrainien alors situé dans l’Empire russe. Scolarisé très tôt grâce à ses capacités jugées exceptionnelles, il suit un parcours d’excellence jusqu’à 12 ans. Son parcours s’arrête brutalement quand il est exclu de l’école élémentaire sous prétexte de mauvais comportement. Il est alors contraint de travailler. Conscient des injustices dont sont victime les classes laborieuses dont il est issu, il choisit à l’âge de 15 ans de rejoindre l’Armée rouge et la cavalerie Boudienny. Gravement blessé au combat, il poursuit son engagement révolutionnaire par l’écriture. Il est l’auteur d’ouvrages et pièces de théâtre comme Et l’acier fut trempé. Nikolaï Ostrovski a profondément marqué son époque et est considéré comme un auteur majeur de la révolution. Il meurt en 1936 sans pouvoir achever son dernier roman Enfantés par la tempête.

Écrit dans les années 1930, Et l’acier fut trempé est le plus célèbre de ses romans. Avec le processus révolutionnaire en toile de fond, Nikolaï Ostrovski nous raconte la vie aventureuse du jeune Pavel Kortchaguine. Pavel suit le même parcours qu’Ostrovski, subissant les mêmes injustices et choisissant les mêmes engagements. Mais Et l’acier fut trempé insiste aussi sur l’importance de la culture, de l’éducation, des idées nouvelles. Pour Ostrovski, la lecture et l’accès aux livres en particulier est un élément décisif dans la formation du personnage principal. La révolution n’est pas le produit de l’ignorance : l’accès à la connaissance précède et conditionne l’émancipation.

Aujourd’hui encore, par son œuvre et son parcours, ce qu’Ostrovski exalte c’est « une sorte de mythe : celui de l’homme qui sacrifie son présent pour l’avenir de tous parce qu’il ne veut pas endurer davantage la bassesse ni la voir abîmer la vie des autres », selon François Eychart qui avait trouvé pour le décrire la formule la plus nette : un « romantique révolutionnaire ».

Le Temps des Cerises, 2001

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mar 9 Fév - 11:00


La Chine, l'enjeu mondial de la nourriture OGM et la lutte des classes

Ce que nous cache Daesh, les origines de l'insurrection paysanne sunnite et chiite en Irak et sa cause, le démantèlement de l'agriculture par l'armée d'occupation us, Monsanto et autres multinationales :

L’agriculture irakienne livrée aux multinationales RÉSEAU VOLTAIRE | 17 NOVEMBRE 2004

Citation :
Au moment de la journée mondiale de l’alimentation, le 16 octobre dernier, un centre de recherches politiques basé à Bangkok, Focus on the Global South, publiait en collaboration avec une ONG anti-OGM, GRAIN, un rapport examinant l’ordre n° 81 (sur un total de 100) promulgué par le patron de l’Autorité provisoire de la Coalition en Irak, L. Paul Bremer III, avant de quitter le pays. Cet décret impose aux agriculteurs irakiens l’utilisation de semences correspondant aux normes sévères de la convention UPOV afin de moderniser l’agriculture par l’utilisation de semences « de qualité ». Ceci revient en réalité à leur interdire d’utiliser leurs propres semences et garantit de fait un monopole aux multinationales comme Monsanto, Syngenta, Bayer et Dow Chemical. Car avant de s’implanter en Irak, ces multinationales devaient s’assurer que les semences locales ne leur feraient pas concurrence. Désormais, elle vont pouvoir s’emparer du premier maillon de la chaîne alimentaire du pays. 

Traditionnellement, l’agriculture irakienne s’appuyait sur un système informel domestique pour s’approvisionner en semences, en y consacrant une partie de la récolte et souvent par échange entre zones agricoles. De plus, la constitution irakienne interdisait la propriété privée des ressources biologiques.

Le pillage «libéral» de l’Irak Geostrategie.com 8 novembre 2005

Les géants américains des semences transgéniques ruinent l'agriculture et rançonnent les paysans F. William Engdahl Mondialisation.ca, 03 février 2016 article publié initialement en août 2005

Invasion des OGM: après l'Inde, l'Irak ? emcee 30 septembre 2007

Monsanto à Babylone : L’agriculture millénaire irakienne détruite par les multinationales agro-alimentaires américaines

Joëlle Pénochet a écrit:
"Contrôlez le pétrole, et vous contrôler des nations entières ; contrôlez le système alimentaire, et vous contrôlez les populations."
Henry Kissinger

L’ordonnance 81 du 26 avril 2004 a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto (le fabriquant de l’agent Orange), Syngenta et Dow Chemicals. Elle conduit à la destruction irréversible de l’agriculture Iraqienne. L’Afghanistan avait subi le même sort en 2002.

Biopiratage dans le jardin d’Eden

Cette ordonnance, rédigée de façon très perverse, a institué de fait une obligation pour les fermiers irakiens d’acheter chaque année une licence et des semences transgéniques aux multinationales américaines - alors que la juridiction irakienne interdisait toute privatisation des ressources biologiques.

La règle de« Protection des variétés des plantes » (PVP), au centre de cette loi, ne traite pas de conservation de la biodiversité, mais de la protection des intérêts des transnationales semencières américaines (qui, en vertu des ordonnances Bremer, sont exonérées d’impôts, ne sont pas obligées de réinvestir dans le pays et possèdent le droit de rapatrier tous leurs profits). Pour être qualifiées, les plantes doivent être « nouvelles, distinctes, uniformes et stables », des critères que les plantes traditionnelles ne peuvent pas remplir.

Ces sociétés étrangères détiennent un droit de propriété intellectuelle (semblable à ceux que Washington a introduit dans les règles de l’OMC- dont l’Iraq ne fait pas partie) qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l’exportation, l’importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes « similaires ».

Monsanto a fait un hold-up sur les semences millénaires de l’Iraq pour les modifier génétiquement et les breveter. Et les agriculteurs sont maintenant contraints de payer pour pouvoir les cultiver (1).

Dans un premier temps, pour faciliter l’introduction de l’agriculture transgénique, le « ministère » irakien de l’Agriculture, à la façon d’un dealer de drogue dure, a distribuées quasi gratuitement les « nouvelles semences » aux fermiers irakiens. Sans leur dire qu’ils entraient ainsi dans un système infernal dont ils ne pourraient plus sortir.

Les fermiers iraqiens rançonnés par les géants semenciers

L’ordonnance 81 a rendu illégales les traditions antiques de sélection des meilleures semences par les agriculteurs pour les réutiliser d’une année sur l’autre, et les échanges entre voisins. (Selon la FAO, 97% des fermiers irakiens réutilisaient encore leurs graines, ou les achetaient sur le marché local en 2002). Par croisements, au fil des générations, ils avaient créé des variétés hybrides adaptées au dur climat de la région.

Les agriculteurs « coupables » d’avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé accidentellement, encourent de fortes amendes, voire des peines d’emprisonnement, la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installations !

Le terrorisme alimentaire pratiqué par les multinationales comme Monsanto dans les pays qu’elles colonisent a conduit au suicide de dizaines de milliers paysans du Tiers Monde - ruinés par l’achat annuel de semences transgéniques et des pesticides, herbicides et fongicides très toxiques qui leur sont nécessairement associés. Ainsi, pour la seule année 2003, 17 000 agriculteurs indiens auxquels les banques ne voulaient plus prêter d’argent pour acheter les semences de Monsanto se sont suicidés.

Vers le contrôle total de la chaîne alimentaire par les transnationales américaines


Les bombardements incessants depuis 1991 avec des armes à l’uranium appauvri - qui ont transformé le pays en une vaste déchetterie radioactive - et l’embargo de treize ans, avaient déjà commencé de détruire l’agriculture irakienne - anéantissement du système d’irrigation, du matériel agricole et des palmiers dattiers (2). De 1990 (date de l’instauration des sanctions) à 2003, le volume de la production de céréales avait diminué de moitié. Les troupeaux d’animaux d’élevage ont été décimés.

En plus de subir les exactions quotidiennes des occupants, les fermiers iraqiens, devenus des serfs, sont désormais condamnés à produire des plantes artificielles, destinées pour moitié à l’exportation mondiale (ou aux troupes d’occupation, comme les variétés de blé réservées à la fabrication de pâtes, étrangères au régime alimentaire irakien), au seul bénéfice de Monsanto et consorts. Ceci alors même que la population irakienne meurt de faim (3). C’est pourquoi, à l’instar de leurs homologues afghans, de plus en plus de fermiers désespérés abandonnent la culture des céréales pour celle de l’opium.

Les chimères issues des nécro-technologies représentent un très grave danger sur les plans environnemental, sanitaire, économique et éthique. Elles entraînent une pollution environnementale aussi irréversible que celle qui est provoquée par l’uranium appauvri. Par ailleurs, elles peuvent être utilisées dans le cadre de guerres biologiques ou bactériologiques silencieuses (3).

Les OGM constituent l’une des principales armes des instigateurs du Nouvel Ordre Mondial pour asservir l’une après l’autre les populations du monde entier. L’Iraq est devenue le nouveau laboratoire en grandeur réelle de cet instrument de domination diabolique, et les Irakiens les cobayes.

une initiative qui prépare ?

Forum tunisien pour la souveraineté alimentaire : un modèle agricole alternatif 05 Feb 2016

Citation :
« Sans la fidélité au concept basé sur le droit, on ne peut rien réussir. Je ne peux pas organiser un Forum sur la souveraineté alimentaire et demander un soutien financier à Monsanto alors que l’une des cibles du Forum c’est Monsanto— il faut casser Monsanto. Egalement je ne peux pas travailler avec l’USAID, ni l’AFD, ni la GIZ : ce sont des organisations gouvernementales qui essaient d’imposer leurs modèles dans les pays du sud et ils sont aussi les cibles de ce Forum », précise le géographe Habib Ayeb, initiateur du Forum pour la souveraineté alimentaire, prévu pour 2017.

l'histoire longue d'une domination qui s'étend jusqu'en Chine :

« Les graines de la destruction » : enquête sur le monde diabolique des manipulations génétiques

Seeds of Destruction : The Hidden Agenda of Genetic Manipulation, le livre de F. William Engdahl, est remarquablement documenté et se concentre sur la façon dont une petite élite socio-politique américaine cherche à établir son contrôle sur le fondement de toute survie humaine : les ingrédients de notre pain quotidien.

Citation :
Ce n’est pas un livre ordinaire sur les dangers des OGM. Engdahl emmène le lecteur dans les coulisses du pouvoir, dans les arrière-salles des laboratoires de recherche, derrière les portes closes des salles de conférences des multinationales. L’auteur nous révèle pertinemment un monde diabolique d’intrigues politiques menées pour l’argent, de coercition et de corruption gouvernementale, où la manipulation génétique et le dépôt de brevets sur le vivant sont utilisés pour augmenter le contrôle mondial sur la production de nourriture. Si ce livre se lit souvent comme un polar, ce ne sera pas une surprise. Car c’est vraiment cela……

L'émergence mondiale d'un géant chinois des OGM :

ChemChina prêt à s’offrir le géant suisse des pesticides Syngenta  Laurence Girard LE MONDE ECONOMIE 03.02.2016

Citation :
Les groupes chinois continuent leur chasse aux pépites européennes. Et ils visent de plus en plus haut. Ainsi, l’entreprise publique ChemChina se dit prête à débourser 43 milliards de dollars (près de 40 milliards d’euros) pour s’offrir Syngenta, le géant suisse des pesticides et des semences. L’offre, qui a été approuvée à l’unanimité par le conseil d’administration du groupe helvétique, a été officialisée mercredi 3 février. Si elle se concrétise, ce serait la plus grosse acquisition jamais réalisée par une société de l’empire du Milieu à l’étranger.

Qui est ChemChina ?

Citation :
Née en 2004, ChemChina est une société d’Etat basée à Pékin de 140 000 employés. C’est la plus grosse entreprise chimique de Chine et le premier producteur de pesticides du pays, avec un chiffre d’affaires total de 45 milliards de dollars en 2015. Non cotée en Bourse, elle appartient de facto au gouvernement chinois et est dirigée par Ren Jianxin, un ingénieur de 58 ans, également membre du Parti communiste chinois (PCC). ChemChina est présente dans six gros domaines d’activité, allant des produits chimiques à la fabrication de pneus automobiles, du raffinage du pétrole aux fertilisants pour l’agriculture. Depuis 2006, ce mastodonte a multiplié les acquisitions à l’international. L’une des plus emblématiques a été le rachat, l’année dernière, des mythiques pneus italiens Pirelli, 5e fabricant mondial, pour 7,7 milliards de dollars. Le groupe n’est pas complètement inconnu en France : en 2006, Ren Jianxin signait sa première acquisition dans l’Hexagone, en reprenant Adisseo, numéro 1 mondial des additifs pour la nutrition animale. L’année suivante, ChemChina avait également pris sous sa coupe la branche silicone de Rhodia.

Pourquoi la Chine rachète-t-elle des fleurons de l’agroalimentaire ?

Des vignobles du Bordelais aux laiteries de Nouvelle-Zélande, les sociétés chinoises ont procédé ces dernières années à de multiples rachats dans l’agroalimentaire et l’agrochimie, domaines jugés stratégiques par Pékin. La Chine doit en effet nourrir la première population mondiale avec seulement 9% des terres arables de la planète. Or 20% des sols agricoles chinois sont pollués, selon une étude publiée en 2014 par le ministère chinois de l’Environnement. Le pays a enclenché une difficile modernisation de son agriculture et de ses élevages, tout en achetant des marques agroalimentaires permettant non seulement de gagner rapidement en savoir-faire, mais aussi de mieux coller aux habitudes alimentaires des Chinois, en plein changement. «C’est de la politique de haut vol. La Chine est en train d’élaborer son 13e plan quinquennal pour la période 2016-2020. Le rachat de Syngenta s’inscrit dans cette volonté de moderniser et d’intensifier la production agricole», analyse de son côté Conrad Graf von Hoyos, du Centre sino-allemand pour l’Agriculture, basé à Pékin.

En Chine, 20 % des terres arables sont polluées Philippe Grangereau Libération 17 avril 2014

Citation :
Riz au cadmium

Ce rapport plus qu’alarmant confirme les pires craintes des experts, qui s’inquiètent en particulier de la contamination des cultures de riz par les métaux lourds comme le cadmium. Une autre étude réalisée par des chercheurs de l’Université d’agriculture de Nankin, et publiée en 2011 par le magazine chinois Nouveau siècle, affirmait qu’au moins 10% du riz produit en Chine contient du cadmium à des concentrations supérieures aux normes en vigueur (0,2mg/kg). Dans trois provinces − Guangdong, Jiangxi et Hunan −, 60% du riz serait contaminé, selon ces scientifiques. La contamination est vraisemblablement issue de rejets industriels déversés dans les fleuves et rivières. Cette eau, ensuite utilisée pour l’irrigation, se concentre dans les grains. Ingéré, le cadmium entraîne dans beaucoup de cas une mort lente et douloureuse. Au Japon, des centaines de cultivateurs ont été atteints dans les années 60 d’une maladie baptisée «Itai-Itai» (mal-mal) précisément provoquée par le riz au cadmium. Les os des victimes deviennent de plus en plus fragiles et cassent, tandis que les reins lâchent.

En Chine, l’industrialisation à outrance a transformé une bonne partie des campagnes en zones de désastre environnemental. Des millions de paysans cultivent leurs terres en aval de centres industriels, d’usines, de mines et de complexes sidérurgiques. Avec guère d’autres moyens de subsistance, beaucoup persistent le plus souvent à consommer leurs cultures même lorsqu’elles sont polluées et continuent d’en faire le commerce. Légumes et riz contaminés se retrouvent ainsi dans les assiettes des citadins.

Pékin semble encore loin d’avoir pris la mesure du problème, qui affecte la sécurité alimentaire de tout le pays. Les autorités ont annoncé la semaine dernière le lancement d’un «projet pilote» visant à réhabiliter les surfaces polluées aux métaux lourds de trois municipalités de la province du Hunan. Mais bien que ce projet soit peu ambitieux, les sommes affectées sont ridiculement insuffisantes, disent des spécialistes des questions d’environnement.

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CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?
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