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 CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 31 Aoû - 8:35

essai de synthèse du champ de bataille

Les trops faibles taux d’interet,quasi negatifs,fragilisants les fonds de pension, font exploser la speculation financiere planetaire, alimentée de maniere quasi illimitée par les allocations en liquidité des banques centrales(QE).

Il n’y a pas de complot,juste le fonctionnement normal du capitalisme mondial en crise :

Déstabilisation économique, effondrement financier et manipulation de la Bourse de Shanghai?

Par Prof Michel Chossudovsky Mondialisation.ca, 28 août 2015

http://www.mondialisation.ca/destabilisation-economique-effondrement-financier-et-manipulation-de-la-bourse-de-shanghai/5472586

La BRI BIS avait prevenue dès mars 2015

Ping Szu Chan a écrit:
18 mars 2015

Faibles taux vont déclencher des troubles comme les banques centrales de perdre le contrôle - BIS

Banque des règlements internationaux met en garde contre cette réaction de risque faible taux comme effets débordent dans l'économie réelle

http://www.telegraph.co.uk/finance/economics/11479425/Low-rates-will-trigger-civil-unrest-as-central-banks-lose-control-BIS.html


La Chine par sa devaluation, prepare la hausse des taux occidentaux et aussi le retour des capitaux qui se sont “refugiés” aux USA,lors de la chute des Bourses chinoises,mais en empochant les benefices,puisque ils ont parié à la baisse grace aux financiers chinois qui ont joué les prete-noms. Retour ? doublement gagnant ,sur le change et sur le taux,mais dans un contexte general de vente et de defiance.

La devaluation en cours est aussi un moyen de renforcer sa position financiére dans une lutte à mort avec d’autres centres financiers ( USA, Europe,Londres ?)

karcz Jean Paul a écrit:
29 août 2015
Pour dévaluer sa propre monnaie on doit en acheter sur le marché des changes parce qu’il y en a. Et pour l’acheter il faut une autre devise, ici le dollar. Pour avoir des dollars, on vend des bons du trésor en dollars (UST) et on obtient des dollars en cash. On peut donc maintenant les utiliser pour acheter du yuan. Le fait d’avoir maintenant plus de yuans fait dévaluer cette monnaie.

Caro a écrit:
29 août 2015
Pour compenser cette baisse , ils vont relever les taux . C’est ce qui est très bien expliqué par Jean Paul

http://reseauinternational.net/destabilisation-economique-effondrement-financier-et-manipulation-de-la-bourse-de-shanghai/#comment-269811


C’est officiel, la chine commence à liquider ses bons du trésor américain…

Citation :
Le 29 août 2015

Mardi soir, nous nous demandions ce qui se passerait si les marchés émergents rejoignaient la Chine dans le fait de se débarrasser de leurs obligations américaines. Depuis des mois, nous expliquons comment la banque centrale chinoise (BPOC) se débarrasse de l’énorme pile de papiers américain( bons du trésor).
Retour en Juillet dernier par exemple où nous avions constaté que la Chine s’était débarrassée de 143 milliards de dollars en bons du trésor américains à trois mois ( Actifs soit disant sans risque), via la Belgique, laissant la Goldman Sachs sans voix pour une fois......

http://www.businessbourse.com/2015/08/29/cest-officiel-la-chine-commence-a-liquider-ses-obligations-americaines/


La FED cherche desesperemment à relever les taux d’interet US alors que le capital national US drogué au taux 0, ne peut le supporter en recession ?, elle attend que la Chine le fasse,en faisant pression sur les marchés, et qu ‘en réponse, elle soit “obligée “ à en faire de meme......

La gigantesque corruption par les mega banques est facilitée par ce flot d’argent ne coutant rien,mais aussi ne valant rien,exemple

la Malaisie en plein “mouvement des indignés” en jaune:
Citation :

Mass Protests Sweep Malaysian Capital As Anger At Goldman-Backed Slush Fund Boils Over

Submitted by Tyler Durden on 08/29/2015 10:06 -0400

http://www.zerohedge.com/news/2015-08-29/mass-protests-sweep-malaysian-capital-anger-goldman-backed-slush-fund-boils-over

Les reformateurs cherchent des solutions,alors qu’aucune n’a marché depuis 2008

Pourquoi les États sont les otages de 28 banques qui gouvernent le monde François Morin Vidéo  27/08/2015

Les États sont devenus des otages du système financier.

Citation :
François Morin dresse le constat lucide et alarmant sur les dettes publiques des états partout en forte hausse accompagné d’un risque déflationniste et d’une instabilité des prix des matières premières, sans oublier la question posée par la trentaine d’institutions bancaires systémiques.

Il suffit qu’une seule de ces banques connaisse un problème de liquidité pour que l’effet domino jette toute l’économie mondiale par terre du jour au lendemain. Contrairement à 2008 les finances publiques sont dans l'incapacité totale de les renflouer.

François Morin ne se contente de dresser un sombre diagnostic, il propose également des mesures à appliquer d’urgence pour éviter le prochain krach, mesures qui passent par un retour en force de la puissance publique, accompagné d’une ferme reprise en main de la création monétaire et d’une nationalisation partielle du secteur bancaire.

Quand les populations proletarisés decouvriront elles que la seule solution est de mettre fin partout au capitalisme ?

les 275 000 ? travailleurs anglais qui n’ont pas été credité de leur paye d’aout , sur leur compte bancaire HSBC sont en train de le decouvrir, comme les 8000 employés d’HSBC Londres, licenciés, pour cause de restructuration vers l’Asie (Singapour,HK,Shangai).


Citation :
Up to 275,000 workers go into Bank Holiday without salaries as HSBC payments system collapses

• HSBC system failure meant businesses unable to pay staff and bills
• Hundreds of millions have not been paid to up to 275,000 people today
• Victims take to social media to complain as their salaries are not paid in 
• Bank first denied fault but three hours later admitted Bacs was down 
By MARTIN ROBINSON and ADRIAN LOWERY FOR THISISMONEY.CO.UK
PUBLISHED: 10:17 GMT, 28 August 2015 | UPDATED: 13:55 GMT, 28 August 2015

Read more: http://www.thisismoney.co.uk/money/news/article-3214035/HSBC-customers-Bank-Holiday-without-salaries-payments-collapses.html#ixzz3k7aicLpn


HSBC system failure leaves thousands facing bank holiday without pay

Citation :
Problem with BACS payment system means salaries have not arrived for many customers as bank faces barrage of complaints

http://www.theguardian.com/money/2015/aug/28/many-hsbc-customers-facing-payday-without-pay

HSBC UK IT braced for cuts as bank weighs up opportunities in Asia

Karl Flinders
Services Editor
09 Jun 2015 13:04

HSBC's UK IT team is likely to be reduced in size as focus moves to Asia

HSBC is expected to cut as many as 8,000 jobs in the UK as it reshapes products, redeploys resources and cuts costs by $5bn in the next 18 months.

http://www.computerweekly.com/news/4500247787/HSBC-UK-IT-braced-for-cuts-as-bank-weighs-up-opportunities-in-Asia


Pour l’instant les seuls qui ont compris,c’est le FMI qui prepare ? la restructuration mondiale des monnaies et la fin de l’hegemonie du dollar,en jouant les pompiers partout.

Avec comme corollaire la “liberalisation” du secteur financier chinois pour en faire un Wall - Street bis,projet auquel evidamment Wall - Street s’oppose ,en “sabotant” avec profit, les bourses chinoises verolées par les Mega banques occidentales :

Lundi 31 aout

La Chine abandonne la limite de prêts bancaires qu'elle s'était imposée

AFP a écrit:
Pékin (awp/afp) - La Chine a abandonné samedi l'obligation qu'elle avait imposé aux banques depuis deux décennies de limiter leurs prêts par rapport aux dépôts, a annoncé l'agence Chine nouvelle.

La loi votée en 1975 qui limitait les prêts à 75 % des dépôts a été amendée par le comité permanent du Congrès national du peuple chinois et cette modification rentrera en vigueur le 1er octobre prochain, a annoncé l'agence officielle.

Le Congrès national du peuple chinois assure le pouvoir législatif.

Cet amendement intervient après que la Banque populaire de Chine, banque centrale, ait annoncé mardi dernier qu'elle réduisait ses taux d'intérêt de référence afin de réduire les fonds que les banques doivent conserver. Cette décision a été vue comme une tentative de stimuler les prêts et de soutenir l'économie chinoise en difficulté.

La PBC a également annoncé l'élimination d'un plafond sur les taux d'intérêt pour les dépôts à terme d'une durée de plus d'un an.

Les mesures prises par la Chine pour libéraliser les contrôles de taux d'intérêts sont interprétées comme destinées à ouvrir le pays au système financier.

Seconde économie mondiale, la Chine affronte un fort ralentissement de sa consommation intérieure et les autorités sont sous pression afin de prendre des mesures pour la soutenir.

La bourse de Shanghai a récemment connu des vicissitudes et lourdement chuté entrainant les autres bourses mondiales derrière elle.

http://www.romandie.com/news/La-Chine-abandonne-la-limite-de-prets-bancaires-quelle-setait-imposee/625504.rom


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 31 Aoû - 12:44






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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 31 Aoû - 13:38



Prédation économique ? 12 Décembre 2014

Y-a-t-il péril (jaune) en la demeure ? Radiographie de l’influence que la Chine se construit en France à grands coups de rachats

Citation :
Atlantico : Toulouse Blagnac, Campanile : quelles évolutions peut-on constater en termes d'investissements chinois en France depuis plusieurs années ?

Christian Harbulot : Ces investissements soulèvent plusieurs questions : Les retombées de la main tendue aux Chinois. C’est le cas par exemple dans les télécoms avec la pénétration sur le marché français de l’opérateur Huawei. Son implantation a été très rapide et facilitée par des solutions aussi efficaces voire plus efficaces que ses concurrents et surtout moins chères ! Il est le principal fournisseur de SFR et Bouygues Telecom dans le cœur de leurs réseaux mobiles. Huawei représente 650 emplois et génère 306 millions d’euros de chiffre d’affaires en France. L’opération séduction se poursuit encore de nos jours avec entre autres un investissement de 1,5 milliards d’euros d’ici 2018 dans son centre de R&D à Sophia-Antipolis.

Cet opérateur est directement sous le contrôle de l’Etat chinois, ce qui veut dire qu’il ne peut pas être considéré comme une entreprise classique. Sur ce dossier nos décideurs n’ont pas la même grille de lecture que des pays comme les Etats-Unis, le Canada et l’Australie. Sont-ils plus lucides et compétents pour se permettre de prendre une telle décision ? Rien n’est moins sûr. Que ce soit du côté politique ou du côté entrepreneurial, la recherche de rentrée d’argent à court terme semble l’emporter sut toute autre considération. C’est la même impression qui ressort dans l’éventualité d’une acquisition d’une partie des actions de l’aéroport de Toulouse Blagnac.

Le risque de prédation économique. Laisser s’installer des forces économiques au cœur de notre système aéronautique (un des derniers points d’appui de notre infrastructure industrielle compétitive) relève de la pratique de la roulette russe quand on sait que la Chine est condamnée à utiliser tous les moyens opérationnels, donc tous les raccourcis, pour se hisser au niveau des compétiteurs occidentaux. Sans sombrer dans la paranoïa, il semble que l’empressement de remplir les caisses de l’Etat l’emporte sur une approche de bon sens qui mériterait un autre regard sur les avantages et les inconvénients d’une telle politique d’ouverture aux capitaux chinois.

Eric Delbecque : Le stock d’IDE en provenance de la Chine et de Hong-Kong représente, selon la Banque de France, 1 % des stocks d’IDE en France… Il faut relativiser nos peurs… Cependant, il est exact que ces investissements ont vocation à augmenter. Au-delà, la dépendance financière de l’Europe vis-à-vis de la Chine permet à cette dernière de bénéficier, de la part du vieux continent, d’un soutien politique sur la scène internationale. A terme, elle pourrait bien se traduire par une véritable dépendance de l’Europe vis-à-vis de l’Empire du Milieu. C’est notamment la raison pour laquelle il est impératif que les pays de l’Union réduisent leur déficit public. Que conclure de cette masse complexe de données ? Simplement que les investissements directs chinois en Europe et en France s’inscrivent dans le jeu logique de la mondialisation et ne doivent pas être traités différemment de ceux, par exemple, des Etats-Unis ou du Qatar. Ils doivent faire l’objet d’une appréciation empirique, dépassionnée mais toujours vigilante.

Les acteurs chinois sont multiples : grands groupes, banques nationales ou fonds souverains (telle la China Investment Corporation). Le gouvernement chinois détient de nombreuses participations dans des sociétés étrangères par l’intermédiaire de fonds souverains, de sociétés de capital-investissement ou d’entreprises privées. Vouloir définir précisément l’origine de chaque investissement relève de l’utopie et dénote un déficit de compréhension du monde contemporain. La France est confrontée à des nations dont les stratégies de puissance mêlent intimement acteurs publics et privés, œuvrant réciproquement à leurs intérêts respectifs. C’est un enjeu global d’internationalisation financière et de mutation du capitalisme auquel la France doit faire face, que les flux proviennent de Chine, des Etats-Unis ou d’ailleurs…

Sommes-nous dans une logique similaire à celle des investissements massifs de nations étrangères en vers le Japon dans les années 90, ou encore de la série d'investissements en Grèce (stratégie de position d'appui), ou en Afrique ?


Christian Harbulot
: Je crois que nous sommes surtout dans la situation des années 80, lorsque le monde occidental s’interrogeait sur la capacité de pénétration de la seconde économie mondiale du moment, en l’occurrence le Japon dont l’agressivité commerciale posait beaucoup de problèmes aux Etats-Unis et à l’Europe. Derrière la crise financière qui a affecté l’Asie et l’explosion de la bulle immobilière japonaise, on peut discerner une volonté partagée entre Washington et ses alliés de stopper cette dynamique de conquête économique à partir du moment où le Japon ne pouvait plus exercer de pression en jouant sur la rivalité entre les deux Blocs à la suite de l’effondrement de l’URSS. Reste à savoir si le monde occidental est capable de se réunifier pour faire face à la menace globale que fait peser la Chine sur nos systèmes industriels respectifs. La Chine cherche, comme le Japon il y a vingt ans, à exploiter les contradictions du monde occidental pour en tirer un profit commercial maximal et grignoter les positions dominantes des entreprises occidentales dans les secteurs qui sont à la portée des entreprises chinoises.

Eric Delbecque : Les investisseurs chinois fonctionnent par opportunité. Ils se sont montrés très actifs lorsque la crise de la dette souveraine a fait vaciller les pays européens les plus fragiles. Du port du Pirée aux accords de coopération avec le Portugal dans les secteurs du tourisme, des télécommunications, de l’enseignement, des finances et des énergies renouvelables, la chine s’est montrée très entreprenante.

Dans quelle vision du monde ces investissements s'inscrivent-ils alors ?

Eric Delbecque : Conformément aux nouveaux objectifs définis par leur dernier Plan quinquennal, les Chinois cherchent à investir dans les sept secteurs "stratégiques" des énergies nouvelles, des biotechnologies, des voitures à propulsion alternative, des technologies de l’information de nouvelle génération, des produits manufacturés haut de gamme, des matériaux de pointe et des technologies vertes. Par le biais des IDE, les Chinois acquièrent des acteurs stratégiques ou des technologies de pointe nécessaires au développement industriel et commercial de leur pays…

Les investisseurs chinois s’engagent dans des opérations de capital variées qui dépendent de leur secteur d’activité d’appartenance et de leurs objectifs... Ce qui doit être l’objet d’une attention précautionneuse ce n’est pas tant le montant des IDE en provenance de Chine, que sa répartition. Dans le cas de la Chine, les sommes engagées mais surtout les parts de capital acquises ne ressemblent pas à de simples investissements de portefeuille offrant à l’investisseur la possibilité de se rétracter à tout moment.

Les acteurs chinois cherchent, en France et en plus largement en Europe, des compétences et un savoir-faire : une maîtrise technologique et un outil de production qui leur permettra de se développer de façon compétitive sur le marché régional, notamment en s’appropriant l’image de marque associée aux industries européennes. Ils ciblent également les infrastructures majeures qui leur permettront de favoriser l’expansion des acteurs chinois et facilitera leur accès au marché européen.

Quel a été le résultat de ces stratégies en Grèce et en Afrique ? Que peut-on dire de l'influence que ces investissements ont eu sur ces pays ?

Christian Harbulot : Les stratégies sur la Grèce sont la recherche de positions d’appui (cf. le port du Pirée près d’Athènes) et de voies d’accès sur la Mer Noire, le Moyen-Orient, les Balkans. L’approche chinoise de l’Afrique porte prioritairement sur la recherche de matières premières, d’énergie et de la location de terres agricoles. Mais il existe aussi une volonté chinoise de prendre une position dans les systèmes informatiques et les télécommunications ainsi que dans les infrastructures (ports, transports, aéroports) d’un certain nombre de pays africains.

Il ne s’agit pas seulement d’une politique d’aide au développement mais aussi d’une sorte de jeu de go géostratégique pour implanter des relais de la puissance chinoise sur un continent où tout reste à faire.

Que recherchent-ils en France comparativement aux autres pays européens ?

Christian Harbulot : Ils ont compris que la France manque pour l’instant de courage pour affirmer des choix stratégiques en termes de géoéconomie. En clair, les gouvernements qui se sont succédé depuis le milieu des années 70 n’ont pas cherché à défendre des enjeux industriels vitaux pour le développement de la France. Les marges de manœuvre chinoises étaient et restent donc très importantes à cause de cette déficience chronique.

Eric Delbecque : C’est le pari de l’Europe que la Chine a fait, et non spécifiquement de la France... La crise qui a frappé durement les États-Unis a conduit l’Empire du milieu à diversifier ses réserves de change et acheter des euros... "À l’avenir, l’Europe, sera un de nos principaux marchés pour investir nos réserves de change", avait ainsi déclaré ou "prévenu" le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, Jiang Yu. Convaincus que l’Europe surmontera à terme la crise, les Chinois ont pris conscience que la situation présentait pour eux de nombreux avantages...

La Chine ne résonne pas en termes de secteur ou de pays européen mais ambitionne de se développer sur l’ensemble de la région et d’acquérir des marques, des entreprises dynamiques, des technologies, bref, des gages de qualité et de performance…

Aéronautique, télécommunications, industrie de l'armement… Quels sont les secteurs vitaux de notre industrie et de notre économie que nous nous devons de sanctuariser, et donc de protéger d'éventuelles participations chinoises, mais aussi venant d'autres pays ?

Christian Harbulot : Il est urgent de faire l’audit de notre situation géoéconomique afin de cerner les points forts de notre infrastructure industrielle, non pas sous l’angle du seul critère de la rentabilité mais aussi sous l’angle de la survie et de la limitation de dépendances insupportables. Force est de constater que cette question est encore très peu abordée dans les allées du pouvoir. Espérons que le débat politique évolue dans ce sens sous la pression des Français et de leurs attentes sur ce qui devient vital dans leur quotidien. Ce jour-là, les forces chargées de la protection de notre patrimoine n’auront plus à s’interroger sur les décisions ubuesques qui sont prises par des politiques sans vision et malheureusement acceptées par une partie non négligeable de dirigeants d’entreprise qui ont perdu de vue l’équilibre qu’il faut maintenir entre la recherche immédiate du profit à tirer d’un soi-disant eldorado symbolisé par le marché chinois ou l’apport de ses capitaux et le devenir fragile de la France dans les décennies à venir.

Eric Delbecque : Il n’existe pas de définition précise de ce que peut être un secteur "vital" ou "stratégique". Le décret de 2005 (1) relatif au contrôle des investissements étrangers, élargi par le décret dit "Alstom" du 14 mai 2014 (2), ainsi que les textes relatifs à la sécurité des activités d’importance vitale en donnent toutefois un aperçu. Dans l’hypothèse où, une analyse approfondie et comparée des différents secteurs, activités ou intérêts identifiés comme stratégiques dans les textes et du traitement des cas d’espèce pour lesquels les textes ont trouvé ou non à s’appliquer, permettrait de mettre en exergue des points communs, une telle définition serait-elle, toutefois, en définitive opportune ? Cette définition ne risquerait-elle pas d’être rapidement obsolète compte tenu de la rapidité des évolutions économique et politique ? Ce qui est stratégique aujourd’hui ne le sera peut-être pas demain et inversement ce qui ne l’était pas hier peut le devenir aujourd’hui. En ce sens, il faudrait privilégier les définitions extensives, leur abstraction permettant en effet une plus grande efficacité.

Mais, s’il apparait évident que les secteurs comme celui de la défense nationale, de la sécurité publique, de l’énergie, de la santé publique, des transports, ou encore des télécommunications nécessitent une vigilance particulière des pouvoirs publics, il ne s’agit en aucune manière de les "sanctuariser". Le contrôle des investissements étrangers dans ces secteurs doit se faire au cas par cas.

Dans le cas de Toulouse-Blagnac, c’est le pouvoir public lui-même qui cède sa participation dans une infrastructure. Cet aéroport est déterminant pour le transport aérien de passagers commerciaux (6e en termes de Trafic annuel passager) et surtout de fret (3e en termes de tonnes par an) en France. Il convient de reposer les termes du débat traditionnel sur l’Etat-producteur et l’Etat-actionnaire.

Un effort de coordination et d’orientation supplémentaires mérite cependant d’être déployé afin de garantir une meilleure efficacité de la puissance publique en matière de sécurité économique... Les finances publiques sont contraintes par un objectif d’équilibre, l’Etat poursuivant des finalités différentes de celles d’une entreprise (définie comme une mission de services publiques). Lorsqu’il cède une part de capital, le risque potentiel de restructuration des priorités au détriment des territoires et des acteurs français ne peut être négligé. En ce sens, il doit se montrer vigilant lors des opérations de capital.

Les risques relatifs à la cession de capital doivent impérativement être traités de façon spécifiques. Il ne s’agit pas de s’opposer de façon mécanique à l’entrée d’un actionnaire mais d’analyser rigoureusement chaque situation et de déterminer les conditions d’entrée ainsi que les dispositifs de sécurisation financière et d’établir un mode de gouvernance adéquat : droit de veto, maintien d’un seuil minimal de participation, droit d’agrément sur les décisions stratégiques…

L’articulation de l’attractivité du territoire national et de la croissance nécessite expertise et justesse et doit être examinée aux prismes de ses conséquences en matière d’intérêt stratégique et d’emplois. Cette problématique doit s’insérer dans une réflexion plus globale sur la réciprocité entre les puissances.

En tout état de cause, il faut se garder de toute idéologie, de tout a priori, d’où qu’il vienne, et examiner au cas par cas les situations en fonction des intérêts stratégiques de notre pays et de l’emploi.

Il ne s’agit pas de faire le procès de l’Etat mais de parvenir à poser ce débat dans le cadre de réflexion qui sera vraiment pertinent.

(1) Décret n° 2005-1739 du 30 décembre 2005 réglementant les relations financières avec l’étranger.

(2) Décret n° 2014-479 du 14 mai 2014 relatif aux investissements étrangers soumis à autorisation préalable.




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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mer 2 Sep - 11:46

Analyse proche ? :

Une Saint-Barthélemy boursière !
Publié le 24/08/2015 à 18:43 par monde-antigone

http://monde-antigone.centerblog.net/4130-une-saint-barthelemy-boursiere

monde-antigone : site d’actualité qui suit le yo-yo

citations :
Le monde d'Antigone
Ni rouge, ni noir, ni vert. L'autonomie rejette partis, syndicats et toute forme de gestion et de pouvoir.
Rassembler des foules sous un même drapeau trouve toujours son origine dans une imposture.
Seule une révolution mettra fin à un système dont l'obsession de l'argent entraine l'humanité vers la catastrophe.
Ce blog autonome publie chaque jour une édition sur les faits les plus marquants de l'actualité internationale (économique, sociale et environnementale) à partir des articles des agences de presse et des sites francophones d'information mis en ligne sur internet.

30 août 2015 - Encore une semaine très agitée qui peut se décomposer en 2 temps. Une grosse tourmente en début de semaine sur les marchés chinois et asiatiques, puis un retournement venu des Etats-Unis qui a permis de regagner tout ou une grande partie des pertes. Certains marchés ont même fini la semaine à un niveau supérieur à la semaine dernière ! Le dollar est remonté faisant prendre 5 $ au pétrole. La banque centrale de Chine a racheté des masses considérables d'actions, vendu des titres obligataires américains, peut-être européens pour arrêter l'hémorragie. La situation est loin d'être stabilisée mais les autorités chinoises font l'impossible pour que tout tienne jusqu'au 3 septembre, date de la célébration à Pékin du 70e anniversaire de la capitulation japonaise sur le front oriental.
J'ai déjà abondamment parlé de la Chine, je m'attarderai cette fois sur les interventions de certains membres éminents de la Fed à la veille du traditionnel rendez-vous des banquiers centraux à Jackson Hole ce week-end. Dans un entretien à la chaine CNBC mercredi, le vice-président de la Fed, Stanley Fischer, a reconnu que la volatilité des marchés, le ralentissement de l'économie chinoise et son impact sur le commerce de nombreux pays, en particulier en Extrême-Orient, "affecteraient le calendrier de la décision" concernant un relèvement des taux d'intérêt... mais il a minimisé les problèmes et indiqué qu'il s'attendait à ce que tout ceci "se calme assez rapidement". Il a estimé que la dévaluation du yuan avait provoqué une "petite appréciation" du dollar mais que son impact serait "faible". Il restait cependant prudent, sûr de "ne pas tout comprendre" (Hahahaha !), et attendant de voir ce qui allait se passer. Un de ses colègues, James Bullard, président de l'antenne de Saint Louis, lui a emboîté le pas, estimant que les secousses boursières n'allaient pas "changer la donne". Ces propos rassurants précisaient quelque peu ceux de William Dudley, président de la Fed de New York et considéré comme un proche de Yellen, qui avait affirmé la semaine dernière que la perspective d'une hausse de taux en septembre lui semblait "moins impérieuse qu'il y a quelques semaines". Les marchés avaient alors traduit qu'il n'y aurait pas de relèvement en septembre et que celui-ci n'interviendrait qu'en décembre.
Pour finir, le n°2 de la Fed s'est félicité du chiffre (bidon parce que l'inflation reste basse) de 3,7 % de la croissance américaine pour le 2e trimestre. Selon lui, l'économie américaine "marche vraiment bien". Tout indiquerait qu'elle serait "en train de revenir à la normale", mais, en bon banquier central qui doit satisfaire autant les optimistes que les pessimistes, il a tempéré son propos en ajoutant qu'il y avait encore du chemin à faire et qu'on n'était pas encore "au bout du compte". Dois-je rappeler qu'un relèvement des taux dans le contexte actuel reviendrait à dynamiter un barrage.
Toute la planète finance sera à l'écoute les 16 et 17 septembre pour la grande rentrée de Janet Yellen. Pour l'instant, elle enchaine les séances de fitness...

http://monde-antigone.centerblog.net/

vlad2 dit :

Sur le graphique des investissements chinois de 2012, seule l’Europe beneficie d’investissements
industriels, mais quid de 2015 ?

Au dire de connaissances ayant parcouru la Chine recemment, augmentation de la visibilité de populations noires et musulmanes dans les grandes metropoles et signes de racisme à cette perception de visibilité, un constat general en réponse

Ismaël Malamati dit :

La charia n’existe pas !

Des articles annoncent régulièrement que telle ou telle entité a mis en place LA CHARIA. L’usage du déterminant « la » démontre l’ignorance des journalistes quant à la signification véritable de ce « mot magique », car cet emploi donne de la légitimité à ces groupes et États....

http://www.dedefensa.org/article-la_charia_n_existe_pas__02_09_2015.html





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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mer 2 Sep - 15:29

La Deutsche Bank avoue, il n’y a plus de pilote dans l’avion, vu qu'il n'y a pas de modèle historique pour les conditions actuelles du marché mondial

citation :

"Les plus grands problèmes nous sommes confrontés est que nous sommes tous Flying Blind dans une large mesure», prévient Deutsche Bank

Soumis par Tyler Durden sur 02/09/2015 08:06 -0400

Pour tout le monde confus au sujet de l'état actuel de la situation financière mondiale, vous n'êtes pas seul. Pour vous aider, voici Jim Reid de DB avec un assez bon résumé de la situation nous sommes tous pour le moment.

De Jim Reid de DB

Un des plus grands problèmes auxquels nous sommes confrontés est qu'il n'y a pas de modèle historique pour les conditions actuelles du marché mondial alors nous sommes tous Flying Blind dans une large mesure. Jamais auparavant autant de pays les plus importants dans le monde imprimé autant d'argent et à gauche taux de base à près de zéro pendant si longtemps. a également jamais la plus grande économie dans le monde a essayé de démarrer un processus lent d'inverser cette politique extraordinaire. Donc, il n'y a aucune feuille de route pour ce voyage, seul (heureusement) les prévisions instruite.
Nous continuons à être Euro haussier et GBP crédit principalement due au fait que le système financier mondial est si fragile et l'économie mondiale de façon léthargique et les prix des actifs généralement si élevé (avec des exceptions) qu'elle près forces des banques centrales dans la poursuite de exceptionnellement facile les conditions monétaires. Donc, nous ne pensons pas que cette ère de haute liquidité est encore terminée. Compte tenu de l'élargissement récent, dans les trois principaux blocs de devises, seulement EUR BEC ont été plus serré (seulement) que les niveaux actuels pour plus de la moitié du temps à travers l'histoire.
Donc, nous pensons encore de l'argent très facile est toujours va être le thème dominant sur les marchés financiers. Cependant, nos collègues de FX a écrit un rapport intéressant hier explorer leur récente thème QT (resserrement quantitatif). Ils pensent que 2015 marquera le pic de l'accumulation de réserve mondiale de FX après deux décennies de «croissance constante". Cela est dû à trois facteurs cycliques: ralentissement économique de la Chine, des États-Unis imminente resserrement monétaire, et l'effondrement du prix du pétrole.
Ils font valoir que les implications de leurs conclusions sont profondes. Les banques centrales ont accumulé 10 000 milliards de dollars d'actifs depuis le début du siècle, fortement concentrée dans revenu fixe mondiaux. Moins accumulation de réserves devrait exercer des pressions à la hausse séculaire des deux rendements à revenu fixe mondiaux et l'USD. Il ya des forces contre dans le sens opposé (par exemple compte des excédents et QE actuelles européennes) mais ils dirais qu'il ya un changement dans la tendance séculaire.
Nos pensées sont que cela exigera la nécessité d'une politique plus souple jamais des nations occidentales pour compenser cet impact. Nous sommes également toujours pas sûr de l'États-Unis seront en mesure de resserrer beaucoup dans ce cycle donné tout ce qui se passe à l'échelle mondiale.

http://www.zerohedge.com/news/2015-09-02/biggest-problems-we-face-we’re-all-flying-blind-large-degree-warns-deutsche-bank

Le constat de l’abscence /obsolècence de modèle vaut pour tous

Yanis Varoufakis dit :

Si vous vous rendez à Bombay, Calcutta, Accra, ou dans une ville pauvre de Chine, et si vous parlez avec des jeunes de dix-huit ou dix-neuf ans qui ne sont pas des enfants de riches mais des jeunes qui luttent pour survivre, ils n’en ont rien à faire du 18 Brumaire de Louis Bonaparte [de Marx], ils se fichent même de vous et moi ! Ce qu’ils veulent, c’est créer une application pour smartphone qui leur permettra d’aller vivre dans la Silicon Valley et de se faire de l’argent, et cela sera tant que la gauche ne saura pas leur parler de leurs préoccupations. Tant que nous ne saurons pas formuler les problématiques des nouvelles formes d’exploitation capitaliste créées dans la Silicon Valley où les gens travaillent vingt-quatre heures par jour, pendant que des grandes entreprises ou des start-ups à succès exploitent leur travail, leurs idées, leurs contributions, pour que certains d’entre eux deviennent millionnaires et puissent exploiter les autres. Tant que nous ne saurons pas parler de cela, ou des retraités qui se retrouvent avec leurs revenus suspendus, ou du déficit démocratique ou encore de la futilité post-moderne, nous serons vaincus. Il ne s’agit pas de poursuivre les débats théoriques sur la Seconde Internationale !

http://www.revue-ballast.fr/yanis-varoufakis/



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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Jeu 3 Sep - 15:49

Précisions sur le yo-yo :

De la structuration « maoïste » de la bulle chinoise… par tribunemlreypa

Krach boursier, dévaluation du Yuan,deux conséquences inéluctables De la structuration« maoïste » de la bulle chinoise

Citation :
La structuration actuelle du capitalisme chinois a des racines beaucoup plus anciennes que celles qu’on lui attribue généralement. Elles ont commencé d’être irriguées par les flux financiers internationaux dès la période de la « diplomatie du ping-pong » maoïste et du rapprochement Chine-USA, en 1972.

Deng Xiaoping n’a fait que formaliser officiellement et généraliser ces tendances structurelles qui restent des facteurs déterminants de la crise.
C’est parce qu’ils ont appris au cœur même du système que les dirigeants actuels en conservent la maitrise, tout en réagissant d’une manière qui prend au dépourvu la plupart des « économistes »...

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

Liliane Held-Khawam AOÛT 29, 2015 PAR LHK

Citation :
C’est officiel, la Chine confirme qu’elle a commencé à liquider ses obligations américaines, Zero Hedge du 27 août 2015 :

Même si les lecteurs de Zero Hedge étaient au courant et, pour ajouter une métaphore colorée, que le génie était sorti de la lampe depuis la mi-août en raison de la volonté de la Chine de ne pas laisser fluctuer librement le yuan ce qui oblige le pays à vendre des obligations américaines par centaines de milliards, le reste de la communauté financière a mis du temps à réaliser les conséquences des interventions de la Chine sur les marchés des changes. Cela a changé mercredi, lorsque 2 événements se sont produits ...:

https://lilianeheldkhawam.wordpress.com/2015/08/29/cest-officiel-la-chine-confirme-quelle-a-commence-a-liquider-ses-obligations-americaines-zero-hedge-du-27-aout-2015/


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Jeu 3 Sep - 17:20

merci vlad2 pour ces deux articles

concernant le premier, je l'avais repéré hier importé chez Bellaciao. Je l'ai trouvé sérieux mais un peu compliqué, voire alambiqueux, et suis resté dubitatif, à ne pas trop savoir qu'en penser. Il est argumenté mais long, graphiques à l'appui, à lire en tentant d'y comprendre quelque chose. A comparer peut-être, dans le genre marxiste critique de l'économie politique, aux thèses de Mylène Gaulard sur la Chine... quelque part leur travail m'a paru plus sérieux, du moins avec une focale d'analyse moins concentrée sur la seule Chine, que l'on trouve dans Marx à Pékin, et qui ressemble furieusement aux approches des experts de l'économie bourgeoise

j'avais repéré le blog de Liliane Held-Khawam, et j'en avais importé L’Etat Transnational et sa bourgeoisie

elle me semble bien scotchée à la critique de la financiarisation et de la mondialisation sous cet angle, critique de l'ultra-libéralisme, à la manière d'attac, du Monde Diplo ou de Suzan Georges. Mais les réflexions sur la transnationalité et les frontières (de classe) sont intéressantes tant concernant la structuration capitaux, les multinationales rattachées à tels Etat-Nations ou alliances continentales assurant par zone le maintien du taux de profit, que pour la transnationalité de populations contraintes à migrer, et qui de ce fait, portent avec eux leurs frontières, face à la police des "sans"

voir en relation ÉTAT TRANSNATIONAL, GÉOSTRATÉGIE et capitalisme global : "néo-impérialismes" ?

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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 5 Sep - 12:44

elle fait Lagarde, elle est experte en nage synchronisée dans les eaux glacées du calcul égoïste, alors, si elle le dit...

Crise chinoise: l'Asie réussit "bien" (Lagarde) Lefigaro.fr avec AFP 02/09/2015 à 13:11

La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), Christine Lagarde, a estimé mercredi que les économies asiatiques réussissaient "plutôt bien" dans un contexte de volatilité créée sur les marchés par le ralentissement de la Chine, deuxième économie mondiale.


Citation :
En dépit de pressions extérieures et d'un ralentissement de l'activité en Asie, "cette région du monde réussit plutôt bien" et va rester une source-clé de la croissance mondiale, a déclaré la directrice du FMI au cours d'une visite à Jakarta.

Les marchés ont continué de plonger cette semaine en raison du ralentissement de ce moteur de la croissance mondiale, entraînant des ventes massives sur les places boursières allant de Tokyo à New York en passant par Paris.

Mme Lagarde, qui s'exprimait lors d'une conférence co-organisée par le FMI dans la capitale indonésienne, a déclaré que les récentes turbulences avaient mis en exergue les "gains extraordinaires" réalisés par les économies asiatiques, tout en mettant en garde contre davantage de volatilité à l'horizon.

"Maintenant, la situation est encore en train de changer, et nous ressentons tous l'impact du rééquilibrage et de la transition de la Chine vers un modèle économique révisé",
a observé la directrice du FMI. "Mais c'est une transition très importante et qui, on l'espère, pourra être gérée de manière ordonnée, a ajouté Mme Lagarde lors d'une conférence de presse dans la soirée. "Ce qui s'est passé ces dernières semaines a démontré combien l'Asie était au centre de l'économie mondiale, et combien des perturbations se produisant sur un marché en Asie pouvaient en fait se répercuter sur le reste du monde", a-t-elle souligné dans son discours à la conférence.

Un ralentissement de la croissance dans des économies de premier plan comme la Chine et le Japon, des cours de matières premières en baisse et la perspective d'une hausse des taux d'intérêt aux Etats-Unis vont continuer de peser sur les marchés asiatiques, a estimé Mme Lagarde.

Mme Lagarde avait déclaré la veille à Jakarta que la croissance mondiale cette année serait "probablement plus faible" que prévu précédemment, moins de deux mois après que le FMI a revu à la baisse sa prévision pour 2015 à 3,3%.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 14 Sep - 0:59



Pékin promet un grand ménage dans ses milliers d’entreprises d’Etat Yann Rousseau / Correspondant à Tokyo et Alain Ruello / Correspondant à Pékin | Le 08/09 à 07:17, mis à jour à 09:29

   

La dernière fois que l’Etat Chinois a réformé en profondeur ses industries,
cela s’est traduit par 60.000 fermetures et 30 millions de licenciements

Le gouvernement chinois va mettre en place une vaste réforme des entreprises publiques.

Citation :
Profit or not profit ? Après de longs débats internes, le pouvoir chinois vient de valider une vaste réforme de sa gestion des entreprises publiques avec pour but de les séparer en deux groupes : celles qui, par leur activité commerciale et donc concurrentielle, doivent dégager des bénéfices, et les autres, qui relèvent du domaine de la sécurité, en seront exemptées. Les premières sont promises à un vaste mouvement de consolidation avant une éventuelle introduction en Bourse, tandis que les secondes resteront sous le contrôle plus étroit de l’Etat. La réforme sera détaillée prochainement, a confirmé la Sasac, la Commission en charge de gérer les sociétés publiques.

Etant donné leur nombre – plus de 150.000, qui représentent 17% de l’emploi urbain, selon JP Morgan –, les orientations qui suivront ne vont pas manquer de déchaîner les commentaires sur l’avenir de telle ou telle entreprise. La dernière fois que l’Etat chinois a réformé en profondeur ses industries, à la fin des années 1990 sous l’égide de Zhu Rongji, alors Premier ministre, cela s’était traduit par 60.000 fermetures et 30 millions de licenciements, toujours selon la banque d’affaires.


A lire aussi > Les entreprises chinoises bien installées dans le top 500 des entreprises les plus riches du monde

Shinzo Abe sans opposant

Profitant déjà depuis des années d’une opposition inaudible et désorganisée, le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, a vu, ce mardi matin, ses rares critiques au sein de sa propre formation renoncer à contester son leadership. Seiko Noda, la seule parlementaire qui avait évoqué, ces derniers jours, son désir de se présenter contre le chef du gouvernement dans la course à la direction du puissant Liberal Democratic Party (LDP) a indiqué qu’elle n’avait pas réussi à réunir suffisamment de soutiens d’élus pour participer au scrutin. Shinzo Abe, dont l’actuel mandat au sein du LDP, devait s’achever le 30 septembre, a dès lors automatiquement emporté un nouveau mandat de trois à la tête de la formation de droite qui contrôle les deux chambres du pays. Soutenu par tous les courants de sa formation, il devrait organiser en octobre un remaniement gouvernemental et une réorganisation de la direction du LDP pour finaliser la consolidation de son pouvoir.

Avant même l’annonce de sa «victoire», Shinzo Abe a promis de consacrer ce nouveau mandat au redressement du pays. «En créant un cycle économique vertueux, je veux que tous les coins et recoins du pays ressentent la reprise et la fin de la déflation», a martelé le leader avant de promettre de s’atteler au grave problème de l’effondrement démographique de l’Archipel.

Il a également précisé qu’il poursuivrait sa réorganisation de la stratégie de défense du pays, qui ne fait pourtant pas l’unanimité dans une opinion publique très attachée au pacifisme inscrit dans l’article 9 de la Constitution. Tout au long de l’été, des dizaines de milliers de manifestants se sont retrouvés régulièrement à Tokyo pour dénoncer l’étude de lois visant à élargir les prérogatives de l’armée nippone.

Shinzo Abe, qui explique que le Japon a besoin de prendre en compte la poussée des tensions géopolitiques dans la région, et notamment la nouvelle agressivité de la Chine, espère que ces textes seront adoptées au cours de la session parlementaire actuelle qui se termine fin septembre.

La croissance japonaise va un peu moins mal que prévu

La contraction du PIB nippon, mesurée au deuxième trimestre, a été moins brutale que les économistes du gouvernement ne l’avaient initialement estimé. En août, l’exécutif pensait que le PIB avait enregistré un recul, en rythme annualisé, de 1,6%. Finalement cette baisse n’aura été que de 1,2%, a indiqué Tokyo, qui a notamment intégré à ses calculs une consommation des ménages légèrement plus dynamique. Les volumes des inventaires ont aussi été supérieurs aux premières estimations.

Tous les analystes ne sont toutefois pas rassurés par cette révision des statistiques économiques du pays. Ils notent que les investissements des entreprises ont été, au deuxième trimestre, beaucoup plus faibles que le gouvernement ne l’avait pensé et ils estiment que les groupes ne semblent toujours pas croire à une reprise saine de l’activité dans l’Archipel. Le rebond du PIB au troisième trimestre pourrait ainsi être particulièrement timide si les ménages, déprimés par les hésitations des entreprises à investir et à puiser dans leurs larges profits pour augmenter les salaires, rechignent encore à consommer.

Quel avenir pour la maison de Bruce Lee ?

C’est une maison à deux étages, située 41 Cumberland Road à Hong Kong, et la question de savoir à qui elle a appartenu pose moins de problème que de savoir à qui elle appartient désormais. Cette résidence, c’est celle de Bruce Lee, l’acteur passé à la postérité pour ses films de karaté. Mais voilà, explique le «South China Morning Post» (SCMP) de ce mardi, depuis le décès en mai de son propriétaire en titre, le magnat Yu Panglin, rien n’est clair. Dans un grand élan de philanthropie, Yu Panglin avait légué toute sa fortune il y a cinq ans à des œuvres de charité (plus de 9 milliards de dollars de Hong Kong, quand même). Dans la foulée, le milliardaire avait offert la maison à l’Etat pour qu’elle soit transformée en musée, mais les discussions n’ont pas abouti et le plan a été annulé peu après. De musée, le projet s’est transformé en exposition permanente au musée de l’Héritage, laquelle rencontre visiblement beaucoup de succès auprès des touristes, selon le SCMP.

Aujourd’hui, les fans de l’acteur appellent les autorités à tout faire pour préserver leur lieu de culte, craignant qu’il ne soit démoli, avec le soutien de Shanon, la fille de Bruce Lee. «J’espère trouver la solution pour préserver la maison, a-t-elle déclaré au quotidien de Hong Kong. Peut-être qu’avec le succès de l’exposition, le gouvernement où une personnalité à l’esprit civique rouvrira les discussions avec la famille.» De son côté, Peng Zhibin, un petit-fils de Yu Panglin, entretient le doute. «Nous finissons les procédures légales. Cela peut prendre de six mois à un an. Nous n’avons pas de décision à ce stade», a-t-il convenu, ajoutant n’avoir eu, à ce stade, aucun contact avec un descendant ou un fan de Bruce Lee, décédé en 1973.

En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/monde/asie-pacifique/021311228889-cette-nuit-en-asie-pekin-promet-un-grand-menage-dans-ses-milliers-dentreprises-detat-1153387.php?6QebhRAvkv95DXCA.99


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Dim 18 Oct - 12:24

La Chine est le nouvel empire des milliardaires Christian Menanteau, Loïc Farge RTL 16/10/2015

Citation :
Chine communiste : 596. États-Unis capitaliste : 537. Voilà, en deux chiffres, le nouveau rapport de force en nombre de milliardaires entre les deux superpuissances de la planète. Cela peut paraître anecdotique. En réalité c’est un indicateur très éloquent. D'abord pour le rythme d’éclosion de ces super-riches. Il est la démonstration de l’ampleur des mouvements économiques en Chine. L'usine du monde, qui était pauvre et graisseuse, a changé de dimension. Ensuite parce que ces milliardaires ne pèsent en réalité que le poids des entreprises qu’ils ont créées, des inventions qu’ils ont suscitées, des marchés qu’ils ont conquis et du management qu’ils pratiquent. Sous cet angle, on mesure mieux la fantastique percée des entreprises chinoises en quart de siècle.

Nous sommes en présence, pour 95% d’entre eux, de milliardaires de sexe masculin, "self made men" et qui se sont très majoritairement lancés dans les nouvelles technologies. Même si le plus dodu de ce palmarès reste un magnat des jeux, des loisirs et de l’immobilier, Wang Jianli. Il pèse 30 milliards d'euros avec ses activités chinoises, mais aussi avec ses ramifications internationales.

Son groupe est propriétaire d’une chaîne de cinéma aux États-Unis, de 20% de l'Atlético Madrid (l’autre grand club de la capitale espagnole). Il a aussi un poids important dans le marketing sportif via une grande société suisse. Il chapeaute les Ironman, ces courses extrêmes sur les cinq continents.

Son dauphin, le fondateur d'Alibaba, le premier site mondial d’e-commerce, désormais coté à Wall Street, a lui aussi des tentacules sur l’ensemble de la planète. Et il y en a 594 qui piaffent de les supplanter.

Pékin s’accommode du mieux du monde de cette flambée d’hyper-riches. Tous ces entrepreneurs - ils sont au total 715 au-dessus du milliard, si on inclut ceux de Hong-Kong et de Macao - sont rock&roll en termes de business, mais parfaitement en ligne avec le parti pour le reste. Plus de la moitié d’entre eux sont des membres éminents du Parti communiste chinois. Pas suffisant peut-être pour rassurer Mao, mais largement de quoi contenter Deng Xiaoping pour qui peu importait que le chat soit noir ou gris, pour autant qu’il attrape des souris.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mer 4 Nov - 1:38


L'étrange fonds chinois qui investit dans le Grand Paris Delphine Dechaux 03-11-2015

China Investment Corporation, le bras financier de la Chine à l'étranger, va investir un milliard dans le territoire du Grand Paris. La manne bienvenue d'un investisseur encore novice




Quartier de la Défense (c) AFP

Delphine Dechaux a écrit:
De l’argent chinois pour le Grand Paris. Le fonds souverain chinois China Investment Corporation (CIC) s’est engagé à apporter un milliard d’euros au territoire du Grand Paris "en coopération avec la Caisse des dépôts et consignations", a annoncé lundi l’Elysée, à l’occasion de la visite de François Hollande en Chine.

Cet engagement marque une étape importante dans la coopération franco-chinoise, appelée à se renforcer à travers un partenariat avec CDC Capital Investissement, filiale de la Caisse dédiée aux partenariats avec les fonds souverains du monde entier. "Malgré sa taille, le fonds souverain est encore assez novice en matière d’investissement dans les infrastructures et il n’avait pas encore investi en France. Le projet Grand Paris permettra d’acclimater cet investisseur", explique son directeur général, l’ex-conseiller de Jacques Chirac Laurent Vigier.

Un fonds jeune, doté de 575 milliards d'euros

Doté d’une force de frappe de 575 milliards d’euros, le fonds souverain chinois n’affiche que quelques années d’existence – contrairement à son homologue singapourien, le fonds Temasek, qui opère depuis un demi-siècle et sert de référence à la plupart des fonds souverains. L’inexpérience du fonds chinois lui a d’ailleurs valu des débuts calamiteux : à sa création en 2007, il avait massivement investi dans des institutions financières américaines et pris de plein fouet la crise des « subprimes ». Echaudé, il s’est ensuite tourné vers les infrastructures, des placements plus pérennes et moins spéculatifs.

Pour une Chine déterminée à s’intégrer davantage dans l’économie mondiale, le partenariat avec CDC Capital International est aussi un moyen de renforcer ses liens économiques avec l’Europe, en misant pour la première fois sur la France. "Les Chinois ont une vision de la France beaucoup plus optimiste que beaucoup de Français eux-mêmes", souligne Laurent Vigier. Et ils ont été rassurés par le bon accueil qui leur a été fait depuis un an: l’entrée au capital de l’aéroport de Toulouse-Blagnac d’un jeune milliardaire chinois – mystérieusement porté disparu depuis - et surtout celle du constructeur chinois Dongfeng dans le constructeur automobile en détresse PSA.

Paris, sino rien, dit la Chine

Pourquoi le territoire du Grand Paris? D’abord parce que c’est l’un des projets français à la mesure des moyens financiers colossaux du fonds chinois. Ensuite, le label de la ville Lumière a joué. "Paris est un enjeu d’attractivité du territoire. C’est la porte d’entrée de la France", explique Laurent Vigier. Les raisons économiques plaident aussi en faveur de cet engagement financier: dégageant une richesse de quelque 730 milliards d'euros par an, la région Ile de France affiche le troisième PNB urbain au monde, derrière Tokyo et New York.

Il est encore trop tôt pour dire précisément vers quels projets ira cet argent frais. Mais le fonds souverain pourra piocher dans une liste restreinte: extensions de lignes, aménagement des gares, construction du métro de rocade Paris Grand Express, programmes immobiliers à la Défense… Dans tous les cas, l’argent de CIC est là et il sera "mobilisable rapidement", assure Laurent Vigier.

L’engagement du fonds souverain chinois conforte aussi la stratégie engagée depuis sa création par CDC Capital International: tisser des liens étroits avec les fonds souverains du monde entier. Entre les partenariats signés avec le Qatar, Abu Dhabi, et l’Arabie Saoudite, sa force de frappe atteint dorénavant près de 3 milliards d’euros.

La décision chinoise lui permet en même temps de rééquilibrer vers l’Asie ses actifs, concentrés au Moyen-Orient. Enfin, la signature de Pékin pourrait créer une juteuse émulation. Kingdom holding company, la holding du prince Al Waleed, avait manifesté son intention d’investir dans le projet du Grand Paris. Le prince saoudien signera-t-il bientôt lui aussi un gros chèque pour la construction des futurs gares et métros parisiens ?


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Ven 6 Nov - 15:28

Hollande en Asie : les divergences euro-américaines s’accentuent à propos de la Chine Par Alex Lantier et Kumaran Ira 5 novembre 2015

Alex Lantier et Kumaran Ira a écrit:
Le président François Hollande a terminé mardi une visite de deux jours en Chine dont le but était de resserrer les liens financiers et stratégiques avec ce pays et de préparer la conférence sur le climat Cop21 qui se tiendra ce mois-ci à Paris.

C'était la dernière d’une série de visites d’Etat qui soulignent le rapprochement entre l’Europe et la Chine. Le président chinois Xi Jinping s’était rendu en Grande Bretagne afin de faire de Londres l’un des principaux centres d’affaires pour le renminbi (RMB), la monnaie chinoise. Il y a quelques jours à peine, la chancelière allemande Angela Merkel dévoilait une liste d'accords commerciaux conclus lors de son huitième voyage à Beijing.

Outre les négociations sur la conférence écologique Cop21, Hollande et les hommes d’affaires qui l’ont accompagné ont aussi signé des accords à hauteur de plusieurs milliards d’euros. Ils ont signé un accord d’un montant de 20 milliards d’euros sur les déchets nucléaires et exhorté la Chine à investir dans Areva après qu'elle a acquis d’importantes part de la société Engie (anciennement Gaz de France-Suez) et du constructeur automobile PSA.

Ils ont aussi négocié des accords sur la vente du RMB à Paris. Les investissements directs étrangers (FDI) de la France en Chine ont atteint 17,9 milliards d’euros par an, les FDI chinois en France 4,3 milliards d’euros. La disponibilité de dizaines de milliards de RMB dans les banques françaises permettra aux investisseurs de contourner le dollar américain en faisant ces transactions.

Par rapport aux négociations précédentes entre responsables français et chinois, l’aggravation des divergences entre la stratégie européenne et américaine à l’égard de la Chine fut bien plus difficile à masquer.

En mars, les puissances européennes, dont la France avaient ignoré l’appel de Washington de ne pas rejoindre la Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures (AIIB). L’AIIB faisait partie d’un projet chinois annoncé fin 2013, l'initiave « Silk Road Economic Belt » ou « One Belt, One Road » (OBOR). C'est un énorme projet, à la hauteur de 1.400 milliards de dollars pour financer l’infrastructure routière et ferroviaire permettant un transport terrestre rapide entre de la Chine et les marchés européens en passant par la Russie et l’Asie centrale, le Moyen-Orient et l’Europe de l’est.

En Chine, Hollande était resté muet sur le « pivot vers l’Asie » américain qui vise à encercler la Chine. Il n’a accordé aucun soutien aux Etats-Unis, pourtant membre de l’OTAN, dans la confrontation en Mer de Chine du sud entre la marine américaine et les forces chinoises.

Par contre, le journal chinois Global Times a salué le soutien de la France pour OBOR : « Les deux pays ont fait un effort pour se donner la main pour étudier de nouveaux marchés dans le cadre de l’initiative ‘One Belt, One Road’ et mettre à profit leurs ressources technologiques et financières dans l’économie mondialisée ».

Actuellement, les critiques fusent en Europe de la politique américaine en Ukraine. Hollande a averti que l’OTAN risquait de provoquer « une guerre totale » avec la Russie ; l’ancien président Nicolas Sarkozy s’est rendu en Russie pour critiquer publiquement les sanctions financières que l’Europe impose à la Russie sous la pression des Etats-Unis. Ces sanctions vont à l’encontre des intérêts français, tels que les investissements russes de la société pétrolière française Total.

Ces critiques françaises alignent Paris sur la Chine qui l’année dernière a offert une planche de salut à la Russie en lui accordant un crédit l’aidant à échapper aux sanctions financières.

Les divergences euro-américaines sur AIIB/OBOR reflètent non seulement une politique financière divergente mais aussi une aggravation des conflits stratégiques entre l’impérialisme américain et ses rivaux européens. Le « pivot vers l’Asie » de Washington amène des sections de la classe dirigeante européenne à envisager le développement de liens stratégiques plus étroits avec la Chine aux dépens de leurs relations avec les Etats-Unis.

L’initiative chinoise OBOR fut initialement une réaction au « pivot vers l’Asie » annoncé par le gouvernement Obama en 2011. Quand la Chine regardait vers l’Océan pacifique et les voies maritimes qui la relient à ses sources d’énergie au Moyen-Orient, elle faisait face à une coalition hostile rassemblée par Washington : le Japon, l’Australie, les Philippines, le Vietnam et l’Inde. Largement devancé en termes de force navale, Beijing décida de développer des itinéraires commerciaux terrestres en Eurasie.

En lançant OBOR en 2013, Beijing revenait à une stratégie qu’il avait envisagée aux années 1990, après la dissolution de l’URSS. A l'époque, Beijing avait projeté des voies terrestres reliant la Chine au Moyen-Orient, un « Pont énergétique pan-asiatique mondial » (Pan-Asian Global Energy Bridge). Ces projets furent subitement interrompus par l’invasion américaine en Afghanistan en 2001 et l’influence exercée par la suite par Washington en Asie centrale.

Quatorze ans plus tard, sur fond d’aggravation de la crise du capitalisme mondial et après le retrait américain de l'Afghanistan, le projet OBOR revêt une importance bien plus grande. La position économique relative de l’impérialisme américain s'est affaiblie depuis le krach de 2008; le capitalisme chinois est lui aussi confronté à une économie en baisse et recherche à tout prix des débouchés commerciaux. Quant à l’Europe, qui fait face à sa propre crise économique insoluble, l’impérialisme européen est de plus en plus tributaire de ses liens lucratifs avec la Chine, comme le montre la visite de Hollande.

Les tensions géostratégiques explosent. Suite aux désaccords américains avec la Russie au sujet de la Syrie en 2013 et de l’Ukraine en 2014, ainsi qu'avec la Chine en Corée en 2013, les gouvernements contemplent tous le danger d’une guerre entre des puissances nucléaires.

A présent, des sections de l’élite dirigeante chinoise commencent à considérer le développement d'une alliance avec l’Union européenne (UE) contre les Etats-Unis.

Dans l'article « Les liens avec l’UE peuvent contrebalancer l’alliance Etats-Unis/Japon », le Global Times écrit : « La Chine prend l’initiative dans les relations sino-européennes. C’est plus qu’une simple coïncidence que les trois principaux chefs d’Etat européens ont rencontré en un mois le dirigeant chinois. Les médias américains se plaignent ou blâment l’Europe d’avoir abandonné ses 'principes'. Le courroux des Américains provient de leur jalousie envers la plus grande détermination de l’Europe d'avoir une relation amicale avec la Chine. »

De telles remarques sont un avertissement à la classe ouvrière internationale de la faillite de l’ordre social. Les contradictions d’une ampleur catastrophique enracinées dans les contradictions entre le développement des forces productives et le caractère irrationnel du système d’Etat-nation, se développent dans la structure du capitalisme mondial.

Des obstacles énormes existent à la formation d’une alliance sino-européenne : l’alliance de l’OTAN entre les Etats-Unis et l’Europe, l’instabilité des régions que la Chine tente d’unir à l’OBOR et les divisions en Europe même. Selon le Global Times, « La Chine doit savoir que les relations euro-américaines sont loin d’être aussi mauvaises que nous le pensons, et la soi-disant rivalité entre le Royaume-Uni, l’Allemagne et la France pour obtenir les faveurs de la Chine n'est pas aussi fiable que nous le prévoyons. »

Il n’en reste pas moins cependant que la Chine et les puissances européennes collaborent pour le moment contre la volonté de Washington pour planifier l’embryon des infrastructures de transport et financières qui fédéreraient le continent eurasien en une unité économique. Une telle unité, si elle se développait, serait non seulement le grand rival géostratégique des Etats-Unis, mais les surpasserait en termes de population et de force industrielle.

L’un des principaux dangers issus des actuelles divisions euro-américaines est le risque que ces contradictions n’explosent en une guerre, par laquelle l’impérialisme américain chercherait à éviter d’être relégué à un statut de second rang. En effet, un objectif central de la politique étrangère américaine a longtemps été d'empêcher à tout prix l'unification du continent eurasien.

La nécessité d’agir agressivement pour empêcher un tel résultat est l’un des principaux thèmes du livre de l’ancien conseiller à la sécurité nationale Zbigniew Brzezinski, Le grand échiquier, publié en 1997.

Observant la montée du pouvoir économique des deux côtés de l'Eurasie, il écrivait : « la question de quelle attitude une Amérique engagée mondialement devrait adopter vis-à-vis des affaires complexes de l’Eurasie – surtout, si elle peut prévenir l’émergence d’une puissance eurasienne dominante et antagoniste – demeure le problème essentiel posé aux Etats-Unis s’ils veulent conserver leur primauté sur le monde… L’Eurasie est donc l’échiquier où se déroule le combat pour la primauté mondiale. »

En 2005, la société d’analyse stratégique Stratfor a écrit que la crainte d'une Eurasie dominée par la Russie était une raison suffisante pour démembrer la Russie : « L’URSS a été plus loin que toute autre pays dans la direction de l'unification de l'Eurasie en une puissance unique, intégrée et continentale – le seul événement externe susceptible de mettre fin au primat mondial des Etats-Unis. Ces petits faits sont des éléments que les décideurs n’oublient pas et ne prennent pas à la légère… La politique américaine à l’égard de la Russie est simple et définitive : la dissolution, » avait-il écrit.

A présent, face à l’escalade d’une crise pour laquelle elles n’ont pas de solution, le danger est grand que les principales puissances appliquent une politique encore plus agressive.

(Article original paru le 4 novembre 2015)


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 9 Nov - 1:16

La modernisation orientale et l’expérience chinoise

Oriental modernization and Chinese experience

Li Peilin Traduction de Stéphane Dufoix p. 25-44

Résumé
Citation :
Dans l’ancienne logique de la théorie de la modernisation, la modernisation s’est toujours vue associée à la société occidentale. En se fondant sur l’« expérience chinoise », c’est-à-dire sur la transformation et les changements profonds qui ont affecté la Chine contemporaine, cet article introduit la notion de « modernisation orientale » en vue d’établir une sociologie postoccidentale. La discussion de cette modernisation orientale veut contribuer au développement de la théorie de la modernisation dans le contexte de la mondialisation.


Plan
Citation :
La possibilité d’une modernisation orientale

De la modernisation orientale à l’expérience chinoise

Les caractéristiques de l’expérience chinoise


Texte intégral
Citation :
1
Le thème de la modernisation orientale est fondamental pour la sociologie postoccidentale. Pourquoi parler de « modernisation orientale » ? Parce qu’au cours des derniers siècles, la « société orientale » et la modernisation n’ont presque jamais été pensées ensemble. Pendant longtemps, on a considéré que la possibilité même d’une modernisation orientale ne pouvait être qu’une « suspension ». Cette question de la modernisation demeure capitale pour les sociétés orientales ou non européennes telles que l’Inde ou la Chine. Modernisation et occidentalisation ne sont pas synonymes l’une de l’autre, et il existe de nombreuses voies et une grande variété d’expériences possibles de la modernisation. Il s’ensuit qu’évoquer la notion de modernisation orientale constitue un moyen d’enrichir le débat sur la sociologie postoccidentale. Nous le ferons à partir de l’expérience chinoise de la modernisation.

2
Il y a deux raisons pour lesquelles l’Orient et la modernisation sont liés. Tout d’abord, par son statut de contre-modèle de la société occidentale, la société orientale a offert aux Occidentaux, au cours de l’histoire, un important stock de représentations leur permettant de s’imaginer en tant qu’Occident. L’Orient, lui, était vu comme une terre exotique et immobile, dépourvue d’institutions modernes et ne disposant même pas de la capacité à développer les siennes propres (ou ses propres institutions modernes). Cette conception est typique de l’orientalisme de la culture occidentale. Cependant, l’essor de la société moderne en Asie orientale ainsi que le miracle économique en Chine depuis le début du siècle ont eu pour effet de remettre en cause l’orientalisme. Il s’agit donc dans cet article de dissiper toute idée de « suspension » afin de pouvoir associer Orient et modernisation.

3
Ensuite, la formation et la construction de l’orientalisme ont connu une histoire complexe avant de devenir une cristallisation historique de la civilisation occidentale. Selon les périodes, l’orientalisme a recouvert des choses différentes. Son histoire prouve que le terme « oriental », qui possède des significations culturelles et politiques très riches, ne devrait pas être tenu pour fossilisé et fermé. Ainsi, plutôt que de rejeter en bloc, politiquement et culturellement, ce mot d’« oriental » en raison de la critique de l’orientalisme, nous avons préféré le transcender en donnant à l’expérience chinoise la possibilité de se faire entendre dans la perspective de la modernisation orientale. De la sorte, « oriental » se voit renouvelé et doté d’un sens positif, son association avec l’orientalisme étant alors tout à la fois remise en cause et transcendée.

La possibilité d’une modernisation orientale

4
À l’origine, l’« Orient » n’est rien d’autre qu’une notion géographique et culturelle : la société « occidentale » trouve ses racines dans les civilisations de l’Antiquité grecque et romaine. Au Moyen Âge, le monde méditerranéen était considéré comme l’« Occident ». Par la suite, en Occident, le centre du monde devint l’Europe du Nord-Ouest et l’échelle du monde s’étendit aux deux Amériques, du Nord et du Sud. L’expansion géographique de cette civilisation entraîna la transformation de la notion d’« Orient ». Du xvie au xviie siècle, l’Occident s’étendit en direction de l’Est et le monde oriental se retrouva divisé entre le Proche-Orient (de la Méditerranée au golfe Persique), le Moyen-Orient (du golfe Persique jusqu’à l’Asie du Sud-Est) et l’Extrême-Orient (comprenant l’Asie orientale et les pays d’Asie du Sud-Est possédant une façade pacifique) selon la distance qui les séparait du centre du monde de l’époque, l’Europe occidentale. Dans l’histoire de la philosophie, d’Hegel à Toynbee, la culture « orientale » était un au-delà de la culture « occidentale ». Pour Marx aussi, il était évident que la société orientale différait de la société occidentale. En se fondant sur un petit nombre de textes relatifs à la société orientale (en particulier celle de l’Inde), il estimait que la clé permettant de comprendre la grande stabilité de la structure sociale asiatique se trouvait dans le caractère autarcique de son économie agraire. Selon lui, ce régime de production permet de saisir quel est leur secret : les pays asiatiques ne cessent de s’écrouler et de se reconstruire en changeant fréquemment de gouvernement, tandis que, à l’opposé de cela, la communauté asiatique, elle, ne change pas ; sa structure et ses facteurs économiques de base ne sont pas touchés par la tempête qui fait rage dans le champ politique (Marx et Engels, 1972 : 3671).

5
Dans la logique de la théorie classique, et dépassée, de la modernisation, cette dernière est toujours associée à la société occidentale qui, à partir des civilisations grecque et romaine, a évolué en passant par les étapes de la Renaissance, des Lumières, de la Révolution industrielle puis de la démocratie moderne. Pour reprendre les termes politiques et économiques occidentaux, l’Occident va de pair avec une économie développée, la démocratie politique et la liberté sociale, tandis que l’Orient, à l’inverse, se caractérise par le sous-développement économique, le despotisme politique et une société organisée autour de la famille.

6
Cette idéologie va jusqu’à pousser les Japonais à estimer que leur pays n’est pas « oriental » alors même que, tout en faisant géographiquement partie de l’Asie, il a aussi été le premier pays asiatique à accomplir sa modernisation. Yukichi Fukuzawa, un penseur japonais appartenant au courant des Lumières japonaises à l’époque de la Restauration de Meiji, publia le 16 mars 1885 dans le journal de Shanghai Current News un article intitulé « Quitter l’Asie », dans lequel il estimait que « l’essence de l’idéologie japonaise peut être résumée par ces deux mots “Datsu-A”. Mon pays, le Japon, est situé à l’extrémité orientale de l’Asie, mais l’esprit national des Japonais a déjà pris ses distances avec les mauvaises habitudes de la tradition asiatique pour se tourner vers la civilisation occidentale. » Il ajoutait : « Nous n’avons pas le temps d’attendre que nos voisins2 s’ouvrent aux Lumières pour ensuite travailler ensemble au développement de l’Asie. Il nous faut quitter les rangs des nations asiatiques et aligner notre destin sur celui des nations civilisées occidentales3. » Dans l’ouvrage qu’il publie en 1875, Ébauche d’une théorie de la civilisation, Fukuzawa écrit que le progrès de la civilisation au Japon passe par l’adoption du modèle de la civilisation occidentale à l’aune de laquelle tout doit être évalué (Fukuzawa, 1982).

7
Après la Seconde Guerre mondiale, le mouvement de modernisation des pays socialistes et le processus de décolonisation font de l’Orient et de l’Occident des concepts politiques. La théorie de la guerre froide associa Orient et autoritarisme non démocratique. Selon Karl Wittfogel, les sociétés orientales, contrairement aux sociétés occidentales, sont « hydrauliques » : en raison de la sécheresse, leur agriculture doit s’appuyer sur l’irrigation, ce qui nécessite de la discipline et un pouvoir fort, ouvrant la voie à une organisation sociale de grande ampleur contrôlée par un pouvoir politique en réseau constituant la racine historique du « despotisme oriental » (Wittfogel, 1964).

8
Dans le discours déconstructionniste sur le postcolonialisme, l’Orient devient une arme servant à déconstruire le discours hégémonique occidental. Reprenant la méthode de Foucault pour révéler les relations de pouvoir en étudiant les relations de savoir, Edward Said analyse dans L’Orientalisme (1980) la façon dont les auteurs occidentaux ont connu, imaginé et construit l’Orient pendant des siècles. Il propose une théorie mettant en cause le discours hégémonique des auteurs occidentaux sur l’Orient, envisageant l’existence d’une « science occidentale » fonctionnant comme l’inverse de l’orientalisme, teintée de « racisme et d’idéologie ». Ce travail a donné naissance à la vague mondiale des études culturelles postcoloniales.

9
Le concept d’Orient connaît un regain d’idéologisation après l’effondrement de l’Union soviétique et les gigantesques changements survenus en Europe orientale. Francis Fukuyama emprunte à Hegel l’idée selon laquelle l’histoire prend fin avec le triomphe du principe de liberté et lit cette « fin de l’histoire » dans la chute de l’URSS et la « victoire du capitalisme » (Fukuyama, 1992). En revanche, dans son ouvrage Le choc des civilisations, Samuel Huntington considère que le monde de l’après-1989 est multipolaire, divisé en sept ou huit grandes civilisations. Le conflit entre elles se manifeste avant tout entre la civilisation occidentale, celle de l’Europe et des États-Unis, et trois autres : les civilisations musulmane, chinoise et russe orthodoxe (Huntington, 1996). Il est intéressant de noter qu’après la seconde guerre du Golfe, on a commencé à évoquer l’existence de divisions à l’intérieur de l’Occident, entre l’« Occident véritable », américain, et l’« Europe dans un monde postoccidental », entre la vieille Europe et les jeunes États-Unis (Todd, 2002 ; Kagan, 2003).

10
La réussite économique de certains pays ou de certaines régions d’Asie orientale a rendu possible la réflexion autour d’une modernisation orientale. En à peine une génération, Singapour, la Corée du Sud, Taïwan, Hong Kong et d’autres sont devenus les « nouveaux pays industrialisés », parvenant à un niveau de croissance économique que l’Europe et l’Amérique avaient mis presque un siècle à atteindre, arrivant à passer de la périphérie à la semi-périphérie dans le système de l’économie-monde. On voit alors apparaître une nouvelle théorie sur les « valeurs asiatiques » tandis que certains chercheurs « néoconfucéens », s’appuyant sur l’expérience de la modernisation en Asie orientale, mettent en cause l’hypothèse de Max Weber relative à l’influence culturelle de l’éthique protestante sur le développement du capitalisme, et la remplacent par une nouvelle théorie sur le caractère endogène des liens entre la culture confucéenne et le développement économique en Asie orientale. Sur la base d’une étude historique de longue durée, le chercheur sino-américain Ying-shih Yu estime que la rationalité instrumentale et ascétique fait partie des valeurs traditionnelles de la culture confucéenne chinoise, ce qui permet d’expliquer la prospérité économique de la Chine à partir du milieu de la dynastie Ming (Yu, 1987). Le sociologue Ambrose Y. C. King, ancien vice-chancelier de l’université chinoise de Hong Kong, note sans détours que le mystère du développement socio-économique en Asie orientale constitue un « défi empirique » à la proposition webérienne selon laquelle l’éthique politique du confucianisme constituerait un frein au développement du capitalisme. Il est temps, explique-t-il, de renverser ce verdict « gravé dans le marbre du champ académique depuis fort longtemps4 » (King, 1993). De leur côté, les experts de la Banque mondiale voient dans le développement économique en Asie orientale la possibilité de nouvelles perspectives. Ils en font un éloge émouvant dans l’ouvrage The East Asian Miracle: Economic Growth and Public Policy (World Bank, 1993).

11
Dans le même temps, d’autres chercheurs remettent en cause l’existence du supposé « miracle de l’Asie orientale ». À partir du cas thaïlandais, le sociologue américain F. C. Deyo signale ainsi que les économies d’Asie orientale peuvent se trouver « prises en sandwich » entre le marché des produits à haute valeur ajoutée, monopolisé par les pays développés qui tentent par tous les moyens de le conserver, et la pression concurrentielle de plus en plus forte exercée par les pays dans lesquels le coût du travail est plus bas, ce qui rend la croissance plus difficile à maintenir durablement (Deyo, 1995, 2000). À en croire l’économiste américain Paul Krugman, comme il le montre dans son article sur le « mythe du miracle asiatique », la croissance des économies d’Asie orientale n’a pas donné naissance à un modèle de développement plus avancé que celui de l’économie de marché occidentale traditionnelle. Les quatre soi-disant « tigres asiatiques » ne sont en fait que des « tigres de papier » (Krugman, 1994). En 1997, la crise financière touche l’Asie orientale : les taux de change et le marché boursier plongent tandis que les prix augmentent, occasionnant des troubles politiques et sociaux. Le discours sur le « miracle de l’Asie orientale » entre alors dans un état d’aphasie, les chercheurs émettant à nouveau des doutes sur la possibilité même d’une modernisation asiatique.

12
Les pays d’Asie orientale ont rapidement renoué avec la croissance après la crise financière, ce qui a eu pour effet de renouveler l’intérêt pour le modèle asiatique mais aussi de promouvoir des lectures plus variées. Il existe désormais plusieurs explications relatives au succès de ce modèle. La première repose sur la définition de l’économie libre de marché : par l’imitation du système occidental, par l’adoption totale de politiques économiques libérales, il est possible de mobiliser efficacement l’ensemble des ressources mondiales (World Bank, 1993). La seconde, celle de l’« intervention gouvernementale », explique ce succès par l’intervention délibérée sur le marché des gouvernements d’Asie orientale, se servant des politiques industrielles pour soutenir des industries stratégiques essentielles (Amsden, 1989 ; Wade, 1990) ; la troisième fait de l’« économie orientée vers l’exportation » la clÉ du succès : le commerce international étant un élément fondamental du développement économique de l’Asie orientale, la mise en place de politiques de développement orientées vers l’exportation constitue un moyen efficace d’améliorer la compétitivité internationale (Krueger, 1992). Les critiques en revanche se concentrent sur la trop grande intervention gouvernementale, sur l’absence de démocratie, sur le capitalisme de copinage, le népotisme, etc.

13
En raison de ses limites géographiques, de la taille de la population concernée, mais aussi du contexte général de guerre froide qui a vu son émergence, l’expérience de développement des pays et des régions nouvellement industrialisés d’Asie orientale est encore souvent considérée comme faisant partie, à titre expérimental, de l’expérience occidentale de la modernisation, quand elle n’est pas simplement comprise comme une extension ou une expansion de cette dernière.

De la modernisation orientale à l’expérience chinoise

14
Après ce rapide résumé de l’histoire de la notion d’Orient et cette discussion de la possibilité de l’existence d’une modernisation orientale, il s’agit maintenant d’examiner les réponses de la sociologie, occidentale comme non occidentale, à l’émergence économique et politique des sociétés non occidentales.

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En ce qui concerne la sociologie occidentale, il est essentiel de « corriger les erreurs » de la sociologie classique qui prédisait de manière erronée la possibilité d’un futur moderne pour les sociétés non occidentales. Eisenstadt (2000) a avancé le concept de modernités multiples afin de contester le monisme qui considère la société occidentale comme le seul modèle de modernité. On peut aussi citer l’approche civilisationnelle d’Arnason (2003) qui s’intéresse prioritairement aux effets structurels des héritages civilisationnels sur le développement historique. Ces deux perspectives reconnaissent la capacité des sociétés non européennes à produire ou à développer leurs propres institutions modernes. Comme je l’ai mentionné plus haut, dans le domaine de la sociologie classique, l’émergence de l’Asie orientale a eu pour conséquence de remettre en question la position de Weber dont l’héritage théorique a été réexaminé et réévalué (Xia, 2005). Par conséquent, le confucianisme est désormais à nouveau reconnu comme une force de transformation susceptible d’entraîner la modernisation de certains pays asiatiques traditionnels (Tu, 2000).

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Si l’on s’intéresse à la sociologie pratiquée dans les sociétés non européennes, on y trouve un nombre croissant de discours relatifs à la nécessité de résister à la sociologie et aux sciences sociales eurocentriques. Au sein de cette tendance ont été soumis et discutés des débouchés alternatifs pour une sociologie non occidentale. Parmi ceux-ci, deux prises de position sont assez représentatives. La première est celle de Raewyn Connell pour laquelle la « théorie du Sud » (Southern theory) est une remise en cause de la production hégémonique de savoir sociologique par le Nord global5 à partir de ses expériences métropolitaines. Le Sud était quant à lui demeuré une région relativement absente des travaux sociologiques. Dans le projet intellectuel de Connell, les majorités subalternes pourraient tout à fait former un groupe intégré en raison des multiples chevauchements des intérêts intellectuels et des réseaux de coopération au sein de la périphérie (Connell, 2007). De son côté, Syed Farid Alatas (2006) examine diverses alternatives grâce auxquelles les sciences sociales asiatiques pourraient sortir de la sociologie eurocentrique. Sa critique de la domination de la sociologie occidentale en Asie repose sur l’idée selon laquelle cette forme de science sociale est déconnectée de la réalité locale. Son projet, articulé à la recherche d’une plus grande pertinence des concepts pour l’analyse de la réalité locale, relève d’un mouvement visant à corriger le discours eurocentrique et à le transposer de manière qu’il puisse se plier au contexte indigène. Il est important de souligner que ces deux propositions, qui sont tout à la fois ambitieuses et d’une grande importance, présentent un point commun : le Sud global de Connell et l’Asie d’Alatas ont tous deux fait l’expérience d’une longue histoire de colonialisme ou d’impérialisme (l’Espagne et le Portugal en Amérique latine, la Grande-Bretagne en Inde et en Malaisie pour ne citer que ces exemples). Le fait que ces terres aient été conquises par les Européens invite à reconsidérer le rôle joué par la sociologie dans l’histoire coloniale.

17
Dans le contexte chinois, la pertinence historique de l’approche webérienne pour l’étude du processus social en Chine est relativement faible. Sa théorie n’a pas été introduite avant les années 1980. Les éléments empiriques permettant de contester l’argument webérien ne devraient pas uniquement concerner l’émergence du capitalisme en Asie orientale. Comme cela a été mentionné plus haut, le modèle est-asiatique a, lui aussi, été remis en cause sur les plans empirique et théorique. Ajoutons que l’expérience de modernisation chinoise met en jeu des situations plus complexes que celles que l’on peut observer dans d’autres pays d’Asie orientale comme Singapour, la Malaisie ou la Corée du Sud. La trajectoire modernisatrice de la Chine a été inégale, ce qui pourrait offrir à la sociologie postoccidentale un cas particulièrement intéressant. Aussi, plutôt que de s’empresser de critiquer Weber pour lui opposer une interprétation peu rigoureuse de la modernisation chinoise en termes d’héritage civilisationnel, il serait préférable de faire la lumière sur les origines et les caractéristiques de l’expérience chinoise de modernisation orientale. On pourrait alors reconsidérer Weber et ajouter une contribution savante au débat sur la sociologie classique.

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Par ailleurs, l’émergence de la sociologie postcoloniale a fortement, et politiquement, contribué à la remise en cause de la sociologie eurocentrique au sein des sciences sociales occidentales. La décolonisation de la sociologie européenne tout comme la contestation de la modernité européenne font partie des évolutions les plus notables en sociologie (Ridrugyezm, Boatcam et Costa, 2010). L’indépendance politique des colonies a rendu nécessaire l’indépendance intellectuelle de ces sociétés postcoloniales. De nouveaux projets ont été mis en chantier afin de remplacer l’ordre intellectuel ancien qui se fondait sur les sciences sociales occidentales. Bien entendu, le passé colonial, l’expérience du colonialisme ont joué un rôle dans la mise en place de ces projets. Connell a critiqué la théorie sociale produite presque exclusivement dans le Nord global, lui reprochant de n’avoir accordé aucune attention aux expériences coloniales des sociétés non occidentales coloniales ni aux processus sociaux qui s’y déroulaient (Connell, 2006). Syed Hussein Alatas a forgé l’expression « impérialisme intellectuel » pour rendre compte de la relation inégale entre les sciences sociales dominantes et les sciences sociales dominées. Pour lui, le politique et l’économique sont deux domaines majeurs de l’impérialisme ; ils sont susceptibles de générer une structure parallèle pour penser les peuples assujettis. C’est le pouvoir colonial qui a autrefois maintenu l’impérialisme intellectuel (Alatas, 2000). Les travaux de Connell et d’Alatas représentent un geste politique fort pour questionner la domination occidentale sur les sciences sociales et fonder une discipline autonome. Pourtant, il nous faut reconnaître l’existence de plusieurs histoires coloniales, ce qui pourrait donner naissance à plusieurs types de projets intellectuels capables de répondre à la sociologie eurocentrique.

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La sociologie postcoloniale ne fait guère l’objet de débats dans la sociologie chinoise. Ce n’est guère étonnant si l’on considère la particularité de l’histoire de la Chine : après la guerre de l’Opium de 1840, ce pays a connu de profonds changements, passant progressivement d’une société semi-coloniale à une société semi-féodale, cette dernière devenant en quelque sorte le symbole même de l’identité de la société chinoise. Le cas chinois ne peut que différer des sociétés postcoloniales mentionnées plus haut, ce qui amène à s’interroger sur la singularité de la modernisation chinoise. Comme je l’ai rappelé en introduction, la prémisse théorique selon laquelle la société occidentale est universelle et constitue le seul exemple de société moderne à suivre et à imiter est désormais totalement obsolète. La question qui se pose alors est la suivante : comment la sociologie chinoise elle-même étudie-t-elle l’histoire sociale de la Chine, étant entendu que la problématique de la transformation et du développement social est fondamentale pour les sociétés orientales ou non européennes ?

Les caractéristiques de l’expérience chinoise


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Depuis plus de trente-cinq ans, depuis la Réforme et la politique d’ouverture, la Chine continentale connaît une croissance économique continue, ce qui a eu pour conséquence de poser une nouvelle fois au monde la question de l’Orient. Le développement rapide de la Chine, de la Russie, de l’Inde ainsi que d’autres pays importants a fait naître l’éventualité d’une « modernisation orientale ». La situation de la Chine est un peu particulière car sa population actuelle correspond à plus de la moitié de celle de l’ensemble des pays occidentaux. Non seulement l’émergence de la Chine et d’autres pays aura de profondes conséquences sur les transformations du système économique et politique mondial mais elle signifie également une voie nouvelle, celle de la modernisation orientale, qui diffère de la modernisation occidentale. Ainsi la modernisation orientale n’est pas exactement un concept relatif aux évolutions régionales : elle doit également inclure toutes les nouvelles formes de modernisation qui, dans le monde entier, se démarquent de celle de l’Occident.

21
L’« expérience chinoise » peut représenter une grande partie de cette nouvelle expérience. Son concept scientifique possède plusieurs caractéristiques. En premier lieu, il ne faut pas la confondre avec le « modèle chinois » (Tian, 2005) ou le « miracle chinois » (Lin, Cai et Li, 2003), etc. : elle suppose une « réussite » mais inclut également des « enseignements », en particulier tous ceux tirés des voies de développement précédentes. En deuxième lieu, l’expression fait référence à de nouvelles modalités de développement afférentes aux caractéristiques spécifiques de la Chine – la taille de sa population, sa structure sociale, son accumulation culturelle, les caractéristiques de sa démographie… et nombre d’autres choses importantes à prendre en compte pour approfondir notre compréhension des voies de modernisation. Enfin, il s’agit d’une expérience ouverte, inclusive, pragmatique, nullement gravée dans le marbre ; elle est changeante et évolutive, elle respecte les autres expériences et les autres choix ; cependant, n’étant pas construite comme l’antithèse de l’« expérience occidentale », elle ne met pas l’accent sur les valeurs universelles ; elle n’existe qu’à seule fin d’illustrer la possibilité d’une parfaite harmonie entre l’unification et la diversité.

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Il a fallu trente ans à la Chine pour forger l’expérience chinoise après la Réforme et la politique d’ouverture. On peut distinguer trois propositions théoriques principales dans son processus de formation : celle de la théorie du stade premier du socialisme6, celle de la théorie de l’économie de marché socialiste7 et enfin celle de la théorie de la société socialiste harmonieuse (Hu, 2005). Chacune de ces théories possède ses propres particularités mais c’est celle de la société harmonieuse qui incarne le mieux l’essence de la culture et de la sagesse traditionnelles des pays orientaux. L’expérience chinoise comporte tout à la fois une exploration pragmatique et une profonde réflexion à partir des trois piliers que sont l’économie de marché, la démocratie et la justice sociale. L’exploration pragmatique de ces trois valeurs fondamentales par l’expérience chinoise constitue par ailleurs un processus de restructuration.

23
Un grand nombre de débats idéologiques, parfois très intenses, a entouré ces trois valeurs modernes (Kang, 1999). Par exemple, l’économie de marché est-elle oui ou non la loi de la jungle ? Quelle influence les lois du marché exercent-elles sur la vie politique, économique et culturelle ? Quel impact peut bien avoir le processus de « démocratisation » engagé dans certains pays ou dans certaines régions sur la vie de ceux qui y habitent ? Quelles seront pour la Chine les conséquences sociales de l’inégalité croissante en termes de revenus ? Aux stades initiaux de la Réforme et de la politique d’ouverture, les différences d’intérêts et de conceptions idéologiques ont produit des courants différents organisés en vue de la défense de certains enjeux ou de certaines valeurs. Aujourd’hui, la situation est beaucoup plus diversifiée, au point qu’il est possible de parler de « fragmentation » (Li, 2004).

24
Celle-ci présente les caractéristiques suivantes. Tout d’abord, la mobilité sociale est rapide ; la structure sociale n’est pas consolidée au point que, dans la plupart des cas, les différences au sein d’une même classe sont plus grandes que les différences entre les classes. Par ailleurs, les classes sociales définies selon des critères objectifs ne présentent guère d’homogénéité en termes de pratiques sociales et de comportements. La diversification des systèmes de valeurs et d’intérêts au sein des différentes classes sociales peut engendrer des conflits sociaux et s’est produite en même temps que quatre changements majeurs en Chine.

25
Le premier de ces changements concerne le système économique. Après trente ans de réforme et d’ouverture, la Chine a désormais accompli sa transition d’une économie planifiée à une économie de marché socialiste. La mise en place de l’économie de marché a insufflé une grande vitalité à l’économie, mais la question des innovations institutionnelles et la transition vers un nouveau modèle de croissance ont été plus compliquées. D’importants goulots d’étranglement se sont formés dans le domaine de l’énergie, des ressources, de l’environnement et de la technologie tandis que les pressions en faveur de l’adoption d’une politique de développement durable vont croissant.

26
Le deuxième point concerne la structure sociale. Le développement rapide de l’industrialisation et de l’urbanisation pousse la Chine à passer d’une structure traditionnelle duale opposant l’urbain et le rural à une structure sociale moderne. Si l’on prend en compte la taille de la population, la vitesse du processus et son ampleur, il s’agit d’un changement sans précédent dans l’histoire mondiale de la modernisation. Sur une période courte, l’exode rural de centaines de millions de paysans rejoignant l’industrie non agricole a produit une gigantesque concentration de ruraux dans les villes. Ce processus a servi de locomotive à la restructuration de la société chinoise, transformant profondément les styles de vie, la structure de l’emploi ainsi que le visage général de l’ensemble de la communauté.

27
Le troisième changement a trait aux relations d’intérêt. La réforme constitue en elle-même un processus d’ajustement des relations d’intérêt car elle creuse l’écart de revenu entre les zones rurales et les zones urbaines ainsi qu’entre les membres de la société (Cai, 2003). Dans un contexte de concurrence mondiale, l’écart de revenu comparé ne fait que croître entre les différents domaines industriels chinois ; le développement rapide de l’économie non réelle a accéléré l’accumulation de richesses ; le phénomène des regroupements industriels tend à concentrer l’investissement dans un domaine spécifique ; l’offre de main-d’œuvre étant importante, la concurrence pour l’obtention d’un travail manuel est excessive, ce qui fait stagner les bas salaires ; si on ajoute la corruption et les gains illégaux, tous ces facteurs ont contribué à creuser le fossé entre les revenus. Il reste encore à comprendre s’il s’agit d’un problème lié à la transition ou d’une tendance plus lourde.

28
Le dernier changement concerne les valeurs. Avec le développement de l’économie de marché, de la démocratie et de la vie civique, les styles de vie, les opportunités d’emploi, les revendications, les orientations par rapport aux valeurs, ainsi que l’idéologie et bien d’autres aspects se sont diversifiés. Les différences entre les régions, les classes et les générations n’ont fait que croître de manière significative, ce qui a rendu de plus en plus difficile l’identification sociale et la formation du consensus social. Tant les conséquences de la crise économique que l’agitation sociale et les désagréments causés par les troubles civils et politiques dans certaines régions incitent les gens à repenser la « modernité » (Tao et Sun, 2011).

29
À ces changements s’ajoute, depuis le milieu des années 1990, l’émergence de caractéristiques du développement économique et social chinois qui tranchent par rapport aux premiers temps de la réforme et de l’ouverture. La diversification, la fragmentation des intérêts et des orientations liées aux valeurs, tout comme la réflexion moderniste sur l’économie de marché, la démocratie et la justice sociale sont étroitement associées avec ces nouvelles particularités.

30
La première d’entre elles a trait à la synchronisation des processus de la transformation des structures sociales et de la transition économique. Le développement de la Chine est particulier, si on le compare à celui d’autres pays, en ce qu’il a vu ces deux changements se produire simultanément : le système économique est passé d’une économie planifiée à une économie de marché socialiste tandis que, dans le même temps, la structure sociale est passée d’une société rurale fermée et fondée sur l’agriculture à une société urbaine ouverte fondée sur l’industrie. Au début de la politique de réforme et d’ouverture, cette synchronisation reposait essentiellement sur l’effet d’entraînement de la réforme économique sur la transformation de la structure sociale, les revenus liés à la restructuration sociale compensant les coûts de la transition économique. De nos jours, la progressive réforme des institutions est entrée dans une phase plus compliquée. La transformation des structures sociales a contraint la réforme économique à reculer afin de prendre en compte non seulement l’harmonisation des intérêts et la justice sociale, mais aussi une complète réorientation des réformes en faveur du social. Il ne s’agit nullement de mettre un terme à la réforme et de revenir en arrière mais de faire de la réforme elle-même un objet de réflexion.

31
La deuxième caractéristique concerne la coexistence de trois phases différentes en raison de la compression de l’espace-temps engendrée par les problèmes de développement (Jing, 1999). Dans le contexte de la globalisation, le système mondial centre/semi-périphérie/périphérie exerce également son influence sur la structure interne de la Chine continentale. Aujourd’hui en Chine coexistent trois différentes phases de développement : la phase d’accumulation du capital, typique des débuts de l’industrialisation ; la phase intermédiaire de renforcement industriel et la phase de transformation structurelle correspondant à l’industrialisation tardive. La coexistence de ces trois phases correspond à la compression de la dimension spatiale. Dans le même temps, il existe une compression temporelle puisqu’il n’a fallu à la Chine que trente ans pour parcourir ce chemin, là où les pays développés ont mis environ un siècle. Cette compression temporelle entraîne l’apparition de problèmes nouveaux et l’émergence de nombreux dilemmes. Ainsi, non seulement la Chine doit-elle développer des industries de main-d’œuvre afin d’assimiler la gigantesque population disponible, notamment en provenance des régions rurales, mais elle doit aussi developper son potentiel d’innovation technologique et l’amélioration de ses produits afin de pouvoir digérer le coût croissant du travail et de réduire les frictions commerciales. Elle doit aussi continuer à élever son degré de protection de l’environnement et poursuivre ses efforts dans le domaine des économies d’énergie pour défendre un développement durable. Cette compression temporelle est valable dans tous les domaines comme le montre la coexistence actuelle en Chine d’un réalisme littéraire, d’un réalisme critique et d’un surréalisme.

32
La troisième nouveauté concerne les changements de priorité. Après la politique visant à briser l’égalitarisme et le « bol de riz en fer » au début des réformes et de l’ouverture, les grandes disparités dans la distribution du revenu sont désormais prioritaires. L’écart qui se creuse est difficile à contrôler, ce qui conduit à des interrogations sur le lien entre efficacité et égalité (Chen, 1999). S’il est impossible de revenir en arrière – ce serait une impasse –, il s’agit de trouver un nouveau consensus et de faire de nouveaux choix. Deuxième changement de priorité : l’accent mis, au début de la politique de réforme et d’ouverture, sur la pénurie de marchandises se trouve désormais déplacé sur celle de biens publics. Avec le passage d’un marché d’acheteurs à un marché de vendeurs, les pénuries ne sont plus d’actualité dans le domaine des marchandises, mais elles le deviennent dans le domaine des biens et des services publics comme l’éducation, la santé, la sécurité sociale, la protection de l’environnement, les transports publics, etc. Cette nouveauté suscite un intérêt accru pour la transformation des fonctions gouvernementales, pour l’esprit communautaire et pour la mise en place d’organisations sociales.

33
Quatrièmement, la coordination des trois mécanismes nouvellement apparus devient une priorité de la gouvernance sociale. Aux débuts de la réforme et de l’ouverture, le gouvernement ignorait tout de l’économie de marché et de la façon dont il doit agir. C’est au cours du processus d’apprentissage et d’adaptation que la main visible du gouvernement apprivoise petit à petit la main invisible du marché. Toutefois, l’approfondissement de l’économie de marché entraîne de profondes transformations de la société, qui se subdivise en différents groupes d’intérêt, en différentes classes sociales et groupes d’individus dont les revendications ne sont pas les mêmes. La coordination de ces revendications devient en soi un nouveau mécanisme, distinct du mécanisme gouvernemental et de ceux du marché. Cela impose un nouveau processus d’apprentissage et d’adaptation afin de pouvoir gérer les relations entre le gouvernement, le marché et la société.

34
En tant que « science bourgeoise », la sociologie chinoise a cessé d’exister pendant presque trente ans, entre le milieu du xxe siècle et la fin des années 1970, juste avant la Réforme chinoise. Depuis la Réforme et l’ouverture, elle a connu un développement rapide, de même que l’économie et le droit. La sociologie chinoise se définit précisément par cette « conscience des problèmes », qui prend forme grâce à l’enquête sur les grands problèmes pratiques et la recherche de solutions. En un sens, une école sociologique chinoise contemporaine est en train de voir le jour, assez proche de ce que fut l’école de Chicago en son temps. Cette dernière avait montré beaucoup d’intérêt pour la question des migrants et des marginaux en lien avec l’urbanisation et le changement social aux États-Unis. Les études de cas réalisées dans le cadre de cette école évitaient la grande théorie ainsi que les catégories conceptuelles, pour se concentrer sur l’empirique. Était privilégiée l’étude détaillée de lieux particuliers afin de ne pas succomber à la tentation positiviste de la recherche de lois du social (Steinmetz, 2007). L’expression « école chinoise » remonte aux années 1930, lorsque Malinowski vantait les mérites de l’étude anthropologique d’un village chinois réalisée par Fei Hsiao-Tung, étude qui posait les bases méthodologiques de la sociologie chinoise moderne (Fei, 1939). À l’époque, la sociologie chinoise se caractérisait par une forte « conscience des problèmes ». Elle était étroitement associée au processus par lequel la Chine cherchait à se moderniser. Depuis son retour en grâce, on pourrait considérer que la sociologie manque d’assise théorique, qu’elle n’est pas normalisée, qu’elle n’est pas une discipline aboutie. Pourtant, elle se fonde sur un grand nombre d’études et de recherches empiriques qui jouent un rôle primordial dans la résolution des problèmes pratiques. Son impact social est important. Il ne s’agit pas d’une science pure dont l’existence se limiterait à de petits cercles académiques. Les changements sociaux rapides et de grande ampleur auxquels elle doit faire face contribuent à promouvoir sa montée en puissance.

35
Bettina Gransow (1993) se demandait il y a vingt ans ce que la Chine pouvait faire pour la sociologie. Dans l’histoire des sciences sociales, il existe une longue et riche tradition d’étude de la Chine. On ne peut pas se contenter de voir la société chinoise comme un objet d’étude pour des chercheurs occidentaux qui viendraient y puiser des donnés pour tester leurs nouvelles théories. Il est de la responsabilité de la Chine de fournir une réponse à la question de Gransow. Plutôt que de proposer un nouveau projet intellectuel pour la sociologie chinoise, à la manière de ce qu’a fait la sociologie postcoloniale en se fondant sur sa propre historicité, je considère que l’avenir et les voies de la modernisation restent ouverts pour les sociétés orientales et non occidentales. Leurs trajectoires, ainsi que leurs expériences dans ce domaine, constituent une forme inclusive de discours sur la modernisation orientale qui pourrait s’avérer d’une grande richesse pour la sociologie postoccidentale. Il est impératif de remettre en cause et de transcender l’orientalisme du mot Orient en lui adjoignant de nouvelles significations positives : j’aimerais que cet article, en posant la question de l’expérience chinoise de la modernisation orientale, puisse constituer une forme de réponse à la question posée par Gransow.

36
Traduit de l’anglais par Stéphane Dufoix.

Notes
Citation :
1 L’auteur renvoie ici aux œuvres complètes en chinois de Marx et Engels, mais sans préciser le texte exact correspondant à la description du mode de production asiatique. La référence à l’Inde peut laisser penser qu’il s’agit d’un texte de Karl Marx intitulé « The British Rule in India », publié dans le New York Daily Tribune du 25 juin 1853 et disponible en français dans le recueil de Marx et Engels (2002) intitulé Du Colonialisme en Asie : Inde, Perse, Afghanistan. (Note du traducteur.)

2 Il s’agit de la Chine et de la Corée. (N.D.T.)

3 Nous traduisons d’après la traduction anglaise de « Datsu-a Ron » telle qu’elle apparaît dans Lu (1997 : 352 et 353). (N.D.T.)

4 La citation originale est : « iron case complied in academic field for a long time ». Il s’agit d’un jeu de mots difficilement traduisible. L’expression iron case renvoie à celle d’iron cage, traduction anglaise (dans l’édition américaine de 1930 traduite par Talcott Parsons) de l’expression stahlhartes Gehäuse utilisée par Max Weber dans L’Éthique protestante et l’esprit du capitalisme pour exprimer le poids que fait peser la rationalisation croissante sur les activités des individus. (N.D.T.)

5 L’expression « Global North » ne désigne nullement le nord géographique mais le Nord considéré comme hégémonique par opposition à un Sud dominé. Ainsi, l’Australie ne fait pas partie du Sud global alors que la Chine en fait partie. (N.D.T.)

6 « Everything must be complied with the primary stage of socialism » (Deng, 1993).

7 « Socialism could have market economy » (Deng, 1993).



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Auteur

Citation :
LI Peilin est professeur de sociologie, académicien et vice-président de l’Académie chinoise des sciences sociales. Il a publié et dirigé de nombreux articles, ouvrages ou recueils – en chinois, en anglais et en français – sur les thèmes de la stratification sociale et de la mobilité (notamment à propos des travailleurs migrants à l’intérieur de la Chine) et sur la sociologie économique (en particulier sur les entreprises d’État chinoises). Parmi ses livres les plus récents, on peut citer Social Reform and Social Governance (China Social Sciences Press, 2014) ou encore, sous sa direction, Chinese Society: Change and Transformation (Routledge, 2012). Il est également impliqué dans un certain nombre de grands projets, dont la « Chinese general social survey », l’une des plus grandes enquêtes sociales nationales depuis 2006. Il codirige le Laboratoire international associé CNRS-ENS Lyon/CASS « Sociologies postoccidentales en France et en Chine ».


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 9 Nov - 13:43




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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 16 Nov - 7:52



Le FMI propose d'inclure le yuan dans son panier, Lagarde pour 14/11/15 Reuters


Citation :
WASHINGTON, 13 novembre (Reuters) - Christine Lagarde a déclaré vendredi que les équipes du Fonds monétaire international (FMI) proposaient d'inclure le yuan, la monnaie chinoise, dans son panier de devises et qu'elle appuierait cette proposition.

"Je soutiens les conclusions" des équipes du FMI, dit la directrice générale du Fonds dans un communiqué.

Elle souligne néanmoins que la décision appartient au conseil d'administration du FMI et que ce dernier se réunira le 30 novembre pour examiner cette proposition.

Des analystes estiment que le FMI devrait dans un premier temps fixer à 14% environ la part du yuan dans la composition de ses "droits de tirage spéciaux" (DTS). (Timothy Ahmann; Bertrand Boucey pour le service français)


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Sam 21 Nov - 9:12



Selon JP Morgan Asie-Pacifique, les perspectives de l'économie chinoise restent solides le Quotidien du Peuple en ligne | 20.11.2015

Nicolás Aguzin, président et PDG de JP Morgan Asie-Pacifique a, en marge de la réunion de l'APEC à Manille, récemment accepté d'accorder un entretien au Quotidien du Peuple, donnant ses commentaires sur le rôle moteur de la Chine dans l'économie de la région Asie-Pacifique et les perspectives de développement économique de la Chine

Citation :
M. Aguzin pense que, en tant que deuxième plus grande économie du monde, la Chine joue un rôle important dans la promotion de la coopération économique en Asie-Pacifique et dans le monde. « D'une manière ou d'une autre, presque tous les pays et régions du monde ont des contacts étroits avec la Chine, et aujourd'hui la Chine est devenue le plus grand partenaire commercial de nombreux pays à travers le monde ». Selon M. Aguzin, dans ce contexte, la Chine va continuer, par le biais d'accords commerciaux bilatéraux ou multilatéraux similaires à la zone de libre-échange en Asie-Pacifique, et autres initiatives favorables à l'économie mondiale, comme l'initiative « Une ceinture et une route », d'élargir davantage la coopération internationale et de promouvoir l'ouverture, stimulant le développement durable et à long terme de l'économie mondiale.

Selon M. Aguzin, JP Morgan Chase prévoit que, avec la poursuite de la promotion de la stratégie de « sortie » et de l'initiative « Une ceinture et une route », le rôle des entreprises chinoises dans la stimulation de la croissance économique régionale va devenir plus important. « Nous avons vu des entreprises chinoises procéder à des transferts de fabrication vers des marchés à coûts de production plus faibles, élargir leur empreinte mondiale, et essayer d'introduire de nouvelles technologies. Par conséquent, la Chine va maintenir une dynamique de croissance d'investissement et du commerce extérieur ».

Evoquant la situation actuelle de ralentissement économique que connait la Chine, M. Aguzin estime que cette situation est principalement due au rééquilibrage en cours de l'économie chinoise, dont l'objectif est de parvenir à une croissance économique plus durable. La Chine est en phase de transition vers une économie axée sur les services, l'innovation et la consommation, et cette transition apportera toute une variété d'opportunités aux entreprises chinoises et étrangères. Par le biais de ce rééquilibrage, l'économie de la Chine accordera plus d'attention aux économies d'énergie et à l'amélioration de l'environnement, aux soins de santé, à l'énergie, aux nouveaux matériaux, à l'éducation, au tourisme, à la gestion d'actifs et autres secteurs, allant progressivement au-delà de certaines industries traditionnelles.

« Sur le moyen-long terme, l'amélioration du niveau de diversification économique permettra de promouvoir davantage le développement économique de la Chine. Je suis convaincu que la croissance économique de la Chine sera durable, et qu'elle continuera à jouer un rôle important dans l'économie mondiale », a finalement déclaré Nicolás Aguzin.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Dim 22 Nov - 11:46



Les relations économiques Vietnam - Chine en forte croissance 21/11/2015

En un quart de siècle, les échanges commerciaux entre le Vietnam et la Chine ont été multipliés par 1.930, passant de 30 millions de dollars en 1991 à 58,6 milliards en 2014

Le Vietnam et la Chine ont régularisé leurs relations en novembre 1991, et depuis, leurs relations économiques et de commerce connaissent un fort développement. Les deux pays ont signé un accord de commerce et font tous deux parties de l’Accord de libre-échange ASEAN - Chine. Actuellement, ils négocient l’Accord de partenariat économique régional (RCEP).


Ces neuf derniers mois, le commerce bilatéral Vietnam - Chine
s’est élevé à plus de 49 milliards de dollars. Photo : Thai Thuân/VNA/CVN

Thê Linh/CVN a écrit:
Le Vietnam exporte en Chine, pour l’essentiel, des produits agricoles, et importe des fruits et légumes, des engrais, des téléphones mobiles et leurs accessoires, ainsi que des matières premières pour la confection, du textile et de l’habillement... La Chine reste le plus grand importateur de produits agricoles, sylvicoles et aquicoles vietnamiens, mais aussi de caoutchouc, de noix de cajou.

Par ailleurs, la Chine est le premier marché du riz vietnamien avec 36% des exportations nationales en volume. Toutefois, le commerce bilatéral a toujours été déficitaire pour le Vietnam, et de manière croissante, passant ces dernières années de 190 millions de dollars en 2011 à 28,8 milliards en 2014. Ces neuf derniers mois, le commerce bilatéral s’est élevé à plus de 49 milliards de dollars pour une croissance de 16% sur un an, mais s’avère encore plus déficitaire pour le Vietnam avec 24,3 milliards de dollars.

La Chine, le plus grand partenaire commercial

La Chine demeure le plus grand partenaire en commerce du Vietnam. La poursuite de la coordination des politiques socio-économiques entre les deux pays promouvra leurs échanges en vue de les porter à 60 milliards de dollars cette année. Les deux pays sont parvenus à des conceptions communes afin de les porter à 100 milliards de dollars d’ici à 2017, de réduire progressivement le déficit commercial du Vietnam, notamment en continuant d’appliquer au mieux le protocole d’accord sur le commerce de produits agricoles afin d’augmenter les exportations de produits agricoles et aquatiques vietnamiens en Chine.

Elles ont également convenu de faciliter la coopération entre leurs commerçants de riz, ainsi que d’accélérer le rythme et d’assurer la qualité des projets réalisés par des entreprises chinoises. Elles ont par ailleurs discuté des crédits à taux préférentiels accordés par la Chine au Vietnam pour la construction d’infrastructures.


La Chine est le premier marché du riz vietnamien.  
Photo : Dinh Huê/VNA/CVN

En 2015, les deux parties ont organisé plusieurs activités pour célébrer le 65e anniversaire de l’établissement des relations diplomatiques entre le Vietnam et la Chine. Les activités d’échange et de coopération entre ministères, services et localités se sont renforcées. Les échanges populaires sont davantage animés, contribuant à approfondir la compréhension mutuelle entre les deux peuples. Les sept provinces frontalières vietnamiennes de Quang Ninh, Lang Son, Cao Bang, Hà Giang, Lào Cai, Lai Châu et Diên Biên, ont activement coopéré économiquement avec le Guangxi et le Yunnan. Plusieurs centres commerciaux, marchés, zones économiques, ainsi que des routes et réseaux électriques ont été construits pour favoriser la coopération économique transfrontalière.

Selon le Département de l’investissement étranger (ministère du Plan et de l’Investissement), la Chine compte actuellement près de 1.180 projets au Vietnam cumulant plus de 8,4 milliards de dollars de capitaux enregistrés, faisant de celle-ci le 9e des 105 pays et territoires investissant au Vietnam. De même, les deux pays définiront bientôt un plan global pour la construction du complexe de coopération économique transfrontalière. L’autoroute reliant Hanoi et la province frontalière de Lào Cai a été mise en service en septembre 2014 et, en novembre 2015, celle reliant Bac Giang à Lang Son, limitrophe de la province chinoise du Guangxi, sera mise en chantier.

Sur le plan de l’aide publique pour le développement (APD), la Chine est le 5e bailleur du Vietnam sur le plan bilatéral. Le montant de ses APD et crédits à taux préférentiel est estimé à 395 millions de dollars à la fin juin 2015.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Dim 22 Nov - 11:50



La Chine et l'Inde ont plus d'intérêts communs que de divergences, selon Li Keqiang French.xinhuanet.com | Publié le 2015-11-21 à 18:47  


Citation :
KUALA LUMPUR, 21 novembre (Xinhua) -- Le Premier ministre chinois Li Keqiang a estimé samedi que la Chine et l'Inde -les deux plus grands pays en développement du monde- avaient beaucoup plus d'intérêts en commun que de divergences.

Lors d'une rencontre avec son homologue indien Narendra Modi en marge de sommets de l'ASEAN et de l'Asie de l'Est à Kuala Lumpur, M. Li a estimé que l'accroissement de la coopération et de la confiance mutuelle produira non seulement des résultats mutuellement bénéfiques, mais contribuera également à la paix, au développement et à la prospérité de l'Asie et du monde entier.

Citant les initiatives chinoises "Made in China 2025" et "Internet Plus", ainsi que les programmes indiens "Make in India" et "Digital India", M. Li a relevé que les deux pays partageaient des stratégies de développement compatibles et que la coopération bilatérale était promise à un bel avenir.

La Chine se tient prête à collaborer avec l'Inde pour renforcer la coopération dans les domaines du commerce et des investissements, de construction d'infrastructures, de services financiers, mais aussi d'échanges entre peuples. Elle souhaite aussi consolider l'appui des populations à ces relations.

Beijing est par ailleurs désireux de travailler avec New Delhi pour recueillir "les premiers fruits" de la construction du Couloir économique Bangladesh-Chine-Inde-Myanmar, a ajouté le Premier ministre chinois.

La Chine a également hâte de renforcer sa coordination avec l'Inde sur des questions multilatérales et de gérer ensemble le terrorisme et d'autres défis mondiaux.

Saluant les liens sino-indiens, M. Modi a déclaré que son pays était prêt à travailler avec la Chine pour approfondir la coopération dans des domaines tels que le commerce et l'économie, la science et les technologies, ainsi que les échanges entre peuples. Il entend aussi faire de nouveaux progrès dans la coopération bilatérale et promouvoir la croissance, tant en Asie que dans le monde.

M. Li est arrivé vendredi à Kuala Lumpur pour participer à la 18e réunion des dirigeants de l'Association des nations d'Asie du Sud-Est (ASEAN) avec la Chine (10+1), à la 18e réunion des dirigeants de l'ASEAN avec la Chine, le Japon et la Corée du Sud (10+3), ainsi qu'au 10e Sommet de l'Asie de l'Est.

Sa visite de quatre jours en Malaisie est sa première à caractère officiel depuis qu'il est devenu Premier ministre en mars 2013.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Lun 23 Nov - 10:54



La Chine prend des mesures pour stimuler la consommation 22 novembre 2015

Citation :
PEKIN (Reuters) - Le gouvernement chinois a dévoilé dimanche une série de mesures visant à stimuler la consommation intérieure.

Sur son site internet, le Conseil d'Etat annonce son intention de développer les réseaux de distribution, le sport et les secteurs de la santé et du voyage. Il mentionne également les services aux familles et aux personnes âgées, la culture, le logement et la restauration, l'éducation et la formation.

Le gouvernement promet aussi d'encourager les banques et institutions de crédit à accepter une large palette de garanties pour élargir les prêts destinés à financer des "activités liées au style de vie".

Il dit vouloir étendre le crédit à la consommation, améliorer les systèmes de paiement par internet et examiner la gestion des commissions sur les paiements par carte bancaire "afin de réduire davantage les dépenses globales" liées à leur usage.

Le Conseil d'Etat s'engage parallèlement à lutter contre les prix excessifs, la vente de produits contrefaits et la concurrence déloyale.

La croissance économique de la Chine est tombée au troisième trimestre sous 7% en rythme annuel pour la première fois depuis la crise financière mondiale, un ralentissement qui, bien qu'un peu moins marqué qu'escompté, plaide pour de nouvelles mesures de soutien et une poursuite de la baisse des taux.

Le gouvernement reconnaît lui-même que la deuxième économie mondiale entre dans une phase de croissance plus lente après un quart de siècle d'expansion galopante.

Pékin a déjà annoncé ce mois-ci des mesures financières, budgétaires et fiscales de soutien à la consommation.


(Sui-Lee Wee; Jean-Stéphane Brosse pour le service français)


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mar 1 Déc - 11:05



Le yuan entre dans la cour des grands De notre correspondant en Asie, Sébastien Falletti Le Point.fr  01/12/2015

La devise chinoise vient de rejoindre le club très fermé des monnaies de réserve du fonds, aux côtés du dollars, de l'euro, du yen et de la livre sterling


Un employé [sic] chinois et des billets de banque à Huaibei, à l'est de la Chine, en 2015
© Imaginechina/ Xie Zhengyi / Imaginechina

Citation :
Un parfum de fierté patriotique embaume la presse officielle chinoise, ce mardi 1er décembre. « Le yuan pèse plus lourd que le yen japonais et la livre sterling », titre triomphalement guancha.net, l'un des principaux portails d'information. L'ennemi héréditaire nippon et l'ancien colonisateur britannique n'ont qu'à bien se tenir ! La devise chinoise vient d'offrir à l'empire du Milieu une revanche éclatante, effaçant presque deux siècles d'humiliation. Rarement, une réunion de technocrates à Washington n'a suscité autant d'enthousiasme à Pékin. Aux côtés de Christine Lagarde, le président de la Banque centrale de Chine Zhou Xiaochuan affiche un large sourire aussi rare qu'éclatant pour un Mandarin rouge. « C'est une reconnaissance pour tous les efforts accomplis par les autorités chinoises pour réformer leur système monétaire et financier », affirme la directrice générale du FMI.

Le yuan vient de rejoindre le club très fermé des monnaies de réserve du fonds, aux côtés du dollar, de l'euro, du yen et de la livre sterling. Après des années de négociations en coulisse, le conseil d'administration du FMI a décidé lundi d'intégrer la « monnaie du peuple » (renminbi) dans son panier de devises de référence, les fameux « droits de tirage spéciaux » (DTS). À partir d'octobre prochain, elle pèsera 10,92 % de ce panier, loin derrière le dollar (41,9 %) et l'euro (37,4 %), mais déjà devant la livre et le yen. Une décision technique à la puissante résonnance symbolique et politique pour la Chine.

Dragon asiatique

Il s'agit de la modification la plus importante des DTS depuis 35 ans. Elle prend acte de la phénoménale montée en puissance économique du dragon asiatique, passé de la misère au premier rôle en moins de trois décennies. Un succès patriotique pour le régime, trompeté par les médias officiels. « Aller n'importe où dans le monde avec des renminbis en poche n'est plus un rêve », s'enthousiasme le Quotidien du Peuple, à l'adresse des touristes chinois toujours plus nombreux à parcourir la planète. Cette reconnaissance internationale s'inscrit dans le « rêve chinois », le slogan du président Xi Jinping, qui a promis de replacer son pays parmi les grandes puissances, fermant la parenthèse de plus d'un siècle d'affaiblissement face à l'Occident.

Elle symbolise également un tournant dans l'équilibre des forces économiques mondiales. « C'est une étape majeure pour la finance chinoise. Cela reflète le respect de la planète pour notre économie », analyse pour Le Point.fr Yang Chang Jiang, professeur à l'université Fudan, à Shanghai. Ces derniers mois, Pékin a mis les bouchées doubles pour répondre aux critères posés par le FMI, notamment en lâchant la bride à sa monnaie. En août, la banque centrale chinoise (PBOC) sème la panique sur les places mondiales en déclenchant une dévaluation « déguisée » de plus de 5 % du yuan. Il s'agit en réalité d'un nouveau mécanisme d'évaluation du taux de change visant à donner au marché une plus grande influence, afin de satisfaire aux exigences de Christine Lagarde. Malgré le ralentissement inquiétant de sa croissance, les timoniers chinois gardent le cap sur leur objectif stratégique : l'internationalisation du yuan, outil et symbole de la Chine renaissante.

Rivaliser avec le dollar

Pas question donc de s'arrêter là. L'entrée dans les DTS n'est qu'un jalon avec pour ambition à long terme de rivaliser avec le dollar, pour affirmer le retour historique au premier plan du pays le plus peuplé de la planète. « La prochaine étape et de faire du yuan une monnaie attractive. Mais pour cela, il va falloir faire des réformes sur le marché financier intérieur pour les rendre plus stables », estime Yang. Un sacré défi, alors que la tempête boursière estivale a révélé la fragilité de la finance chinoise ainsi que l'inexpérience des régulateurs. En quelques semaines, la Bourse de Shanghai avait perdu 40 % de sa valeur déclenchant des mesures radicales du pouvoir central, dont l'effet a été jugé souvent contre-productif par les experts.

L'intégration au sein des DTS réduit les marges de manœuvre des autorités chinoises et semble confirmer le chemin de l'ouverture financière tracée par le Premier ministre Li Keqiang. Mais c'est aussi un outil pour permettre aux capitaux chinois de partir à la conquête du monde, en quête de technologie et de savoir-faire. « C'est aussi important que lorsque la Chine a rejoint l'OMC [en 2001]. À l'époque, cela a permis aux produits made in China d'envahir le monde. Cette fois, c'est le signal que les capitaux chinois peuvent aller à l'assaut de l'international », juge Hong Rong, le PDG de la société d'investissement Shanghai DZH Limited. Les places financières sont prévenues.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mar 1 Déc - 13:14




Le président chinois Xi Jinping entame une visite de cinq jours en Afrique
01 décembre 2015 Jeune Afrique avec AFP


Robert Mugabe et le président chinois Xi Jinping
en janvier 2014 à Beijing, en Chine. © AP

Le président chinois Xi Jinping démarre mardi au Zimbabwe une visite de cinq jours en Afrique. Il participera notamment au sixième forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) organisé vendredi et samedi à Johannesburg

Citation :
Le président chinois Xi Jinping commencera sa visite à Harare, la capitale zimbabwéenne, où il doit participer à un banquet officiel organisé par son homologue Robert Mugabe et visiter le mémorial des Héros à Harare qui rend hommage aux morts de la guerre d’indépendance du Zimbabwe qui s’est achevée en 1980.

Une visite principalement économique. « Des accords vont être signés, particulièrement dans les secteurs agricoles, du transport et des infrastructures », a affirmé Joey Bimha, secrétaire d’État auprès du ministère zimbabwéen des Affaires étrangères, dans une interview au Herald, le quotidien pro-gouvernemental. « De nombreux chefs d’entreprise chinois vont rencontrer des hommes d’affaires locaux et cela va conduire à davantage d’investissements chinois, à plus de coentreprises et plus de bénéfices économiques pour le Zimbabwe » a-t-il ajouté.

Entre la Chine et le Zimbabwe, « une amitié profonde et solide »

La Chine demeure le principal importateur de tabac zimbabwéen et comme dans de nombreux pays africains elle a investi dans les secteurs miniers, manufacturiers et dans des projets d’infrastructures. C’est elle qui a construit le Stade national d’Harare dans les années 1980 mais aussi le plus grand centre commercial du pays et des hôpitaux.

La Chine a également prêté de l’argent au Zimbabwe pour la construction de centrales électriques et de réseaux de distribution d’eau. « La Chine et le Zimbabwe, malgré la grande distance qui les sépare ont maintenu une amitié profonde et solide », a indiqué le président chinois cité par le Herald.

Après le Zimbabwe, Xi Jinping se rendra mercredi à Johannesburg où il rencontrera le président Jacob Zuma puis participera vendredi et samedi aux côtés des chefs d’État de tout le continent africain au sixième forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC).

Ce sommet se tient alors que les investissements chinois en Afrique ont chuté de 40% au premier semestre 2015, après une forte baisse de la demande en matières premières chez le géant asiatique.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Mar 1 Déc - 13:32


je ne suis pas en mesure de saisir le mouvement en termes qualitatifs et quantitatifs dans l'équilibre mondial de la concurrence inter-capitalistes, mais ce que je crois voir, c'est une sorte de re-mondialisation "colonialiste", comparable concernant la Chine, tout à la fois à l'expansion anglaise puis au colonialisme français au 19ème siècle, et à la restructuration du capitalisme mondial à partir des années 1970




Ces usines chinoises qui se déplacent vers l'Afrique Julie Chaudier

Selon la Banque mondiale, 43 % des investissements chinois en Afrique, entre 2003 et 2014, se sont faits dans l'industrie manufacturière. Une tendance qui se renforce


Usine d'assemblage dans la zone de développement industriel COEGA à Port Elizabeth,
dans la province du Cap oriental. Elle est financée par First Automotive Works (FAW)
et le Fonds de développement sino- africain. © Xinhua  


Citation :
« La Chine compte actuellement 85 millions de travailleurs dans des emplois peu qualifiés dans la fabrication qui devront être délocalisés ailleurs en raison de la hausse des salaires et des niveaux de productivité contre 9,7 millions d'emplois japonais dans les années 60 et 2,3 millions d'emplois coréens dans les années 80 », analysait dès mai 2011 le vice-président de la Banque mondiale et économiste en chef Justin Yifu Lin.

En 2011, les salaires dans l'industrie légère se montaient déjà de 237 à 296 dollars par mois en Chine, contre 78 à 130 dollars au Vietnam – les premières délocalisations des emplois chinois ont eu lieu en Asie – et de 26 à 48 dollars en Éthiopie, vérifie le cabinet de conseil en développement Global Developpment Solution. Quatre ans plus tard, la Banque mondiale en atteste : « Sur le plan des investissements dans des projets entièrement nouveaux, on remarque que les industries manufacturières sont les principales bénéficiaires des Investissements directs étrangers [IDE], sachant que les IDE en provenance de Chine et d'Inde sont associés aux plus fortes créations d'emplois », écrit-elle dans sa note « IDE et industrie manufacturière en Afrique ». Entre 2003 et 2014, 77 des 157 nouveaux projets d'investissement chinois en Afrique relèvent du secteur de l'industrie manufacturière.

Une présence chinoise bien plus ancienne qu'imaginée

Les projets d'investissements chinois dans ce secteur existent depuis bien plus longtemps, mais ont jusqu'ici été occultés par le montant des méga-deals liés à l'exploitation des matières premières et la construction, démontrent By Wenjie Chen, David Dollar et Heiwai Tang dans leur article « Why is China investing in Africa ? Evidence from the firm level », publié en août 2015. Selon la base de données du ministère du Commerce de la République populaire de Chine sur les désinvestissements d'entreprises chinoises en Afrique entre 1998 et 2012, « relativement peu d'investissements [par le nombre, mais pas par le montant des contrats, NDLR] sont faits dans le secteur des ressources naturelles. Les investissements dans le secteur des services dominent et un nombre important d'investissements est réalisé dans le secteur manufacturier », révèlent les trois chercheurs.

Des investissements importants

Fait nouveau, ces contrats, en plus d'être plus nombreux, se rapportent de plus en plus à des montants d'investissement importants. Les 77 investissements chinois dans le secteur entre 2003 et 2014 se montent au total à 13,2 milliards de dollars, soit 43 % du montant total des IDE chinois sur le continent. L'exemple éthiopien est particulièrement édifiant. Huajian, l'un des plus grands sous-traitants de chaussures du monde, y emploie près de 8 000 personnes aujourd'hui pour produire plusieurs millions de paires de chaussures chaque année depuis 2011. Les très bas coûts de main-d'œuvre attirent en Éthiopie l'activité des secteurs à haute intensité de main-d'œuvre du monde. Les Chinois ne sont donc pas les seuls à délocaliser en Afrique. La société turque My Shoes Shoe & Leather Manufacturing Plc a notamment annoncé en avril dernier un investissement de 35 millions de dollars pour installer une usine de production de chaussures sur un terrain de 70 000 m². Un mois plus tard, l'usine de Kanoria Africa Textile Plc, détenue par des investisseurs indiens, commençait à fonctionner avec 600 employés.

L'attrait des coûts réduits de main-d'oeuvre


Comme l'Éthiopie, le Rwanda et le Kenya, d'autres pays africains accueillent depuis quelques années des investissements chinois dans l'industrie grâce au coût réduit de leur main-d'œuvre, mais aussi grâce à la taille de leur marché national et régional et à leurs liens anciens avec les investisseurs chinois. L'Égypte s'est ainsi portée candidate en 2006 pour accueillir l'une des zones économiques spéciales (ZES) que le gouvernement chinois se proposait de développer dans le monde dans l'espoir d'y voir s'internationaliser ses propres entreprises.

« Au moment de son lancement officiel en 2009, […] la ZES avait attiré 18 nouvelles entreprises chinoises opérant dans les domaines des services au secteur pétrolier, des textiles et de l'habillement, des produits en acier et des meubles, avec un apport total en capital de 180 millions de dollars EU », rappelle la BAD dans sa note économique « Investissements chinois et création d'emplois en Algérie et en Égypte » publiée en 2012. En juin 2015, le ministre du Commerce extérieur et de l'Industrie, Mounir Fakhri Abdel Nour, a annoncé le lancement de 15 nouveaux projets d'une valeur de 10 millions de dollars en coopération avec la Chine. Certains d'entre eux comprennent l'expansion de la zone chinoise dans le nord-ouest du golfe de Suez, ainsi que d'un projet de fabrication de cuir et un autre pour la fabrication de pneus.

Certains pays, comme le Maroc, qui n'avaient encore jamais recherché l'attention des investisseurs chinois veulent aujourd'hui se faire une place en Chinafrique. « Ici, au Maroc, j'ai vu partir des activités vers la Chine. On a vécu cela avec difficulté, mais avec le sourire, parce que ce sont les règles du jeu : le plus compétitif récupère les emplois du moins compétitif. Les opérateurs chinois sont aujourd'hui à la recherche de source de compétitivité et certains viennent au Maroc », a assuré le ministre de l'Industrie et du Commerce, Moulay Hafid El Alamy, devant une délégation d'une petite centaine d'entreprises chinoises, à l'occasion du premier « Sino-African Entrepreneurs Summit » qui s'est tenu à Marrakech, du 25 au 27 novembre 2015.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Jeu 3 Déc - 12:02


L’avenir incertain de la présence chinoise en Afrique au menu du 6e sommet sino-africain
Le Monde.fr avec AFP 03.12.2015


Le président chinois Xi Jinping à Prétoria le 2 décembre 2015

Les investissements du géant asiatique en Afrique ont chuté de 40 % au premier semestre et l’inquiétude grandit au sein d’un continent dépendant de ses exportations de matières premières

Citation :
C’est dans ce contexte inédit que le président chinois Xi Jinping, arrivé mercredi à Johannesburg, rencontrera vendredi ses homologues africains à Johannesburg, pour le sixième sommet sur la coopération sino-africaine (Focac).

Au programme des discussions : l’avenir des investissements chinois sur le continent après des années de relations économiques au beau fixe. Depuis le début du siècle, la Chine a acheté le pétrole, le fer, le cuivre de nombreux pays africains, participant à la flambée des prix des matières premières.

Mais aujourd’hui, le ralentissement de son économie produit l’effet inverse en contribuant à la chute des cours et menace ainsi des Etats devenus hyperdépendants de leur partenaire chinois.

En Zambie par exemple, 60 % des revenus des exportations proviennent du cuivre, dont la Chine est un acheteur majeur. Avec le ralentissement de la demande et la chute des cours, la Zambie se retrouve dans une situation précaire : le géant du cuivre Glencore compte supprimer 3 800 emplois et la devise zambienne, le kwacha, a perdu 45 % de sa valeur face au dollar.

« Les prix du cuivre ont chuté donc nous devons trouver d’autres produits à exporter vers la Chine. Je suis sûre que la Chine a besoin d’autre chose que de cuivre », espère Margaret Mwanakatwe, ministre zambienne du commerce, qui attend que le Focac « renforce les liens » entre son pays et la Chine.

Mercredi, le président Xi Jinping a rencontré l’hôte du sommet, le président sud-africain Jacob Zuma. Les deux délégations ont signé 26 accords bilatéraux pour un montant de 94 milliards de rands (6,2 milliards d’euros), dans les domaines industriels, agricoles, des infrastructures ou de la coopération économique.

« Dans le domaine de l’énergie, a précisé Jacob Zuma devant la presse, j’ai informé le président Xi qu’il existe une niche pour la coopération avec la Chine dans l’éolien, le solaire et l’hydraulique ». Une main tendue intéressée, puisque l’Afrique du Sud ne parvient pas à produire suffisamment d’électricité pour couvrir ses besoins, et que les coupures de courant à répétition sont l’une des causes de la panne de croissance que connaît le pays.

Car malgré le récent repli, la Chine demeure le premier pays partenaire économique de l’Afrique, depuis 2009. Un tiers des projets chinois de construction à l’étranger sont réalisés en Afrique.

« Mines contre infrastructures »

Les volumes commerciaux entre la Chine et l’Afrique sont passés de 10 milliards de dollars en 2000 à 300 milliards en 2015 et on compte plus de 2 500 entreprises chinoises installées sur le continent.

En RDC, par exemple, les deux pays sont liés depuis 2008 par un accord « mines contre infrastructures ».

Malgré les critiques du FMI et de la Banque mondiale sur l’opacité de cet accord, la RDC a alloué d’énormes droits miniers à un consortium d’entreprises chinoises contre des prêts bonifiés et des promesses de réalisations d’infrastructures.

En Algérie, la Chine a détrôné la France depuis 2012 comme premier partenaire du pays en remportant quasiment tous les grands appels d’offres dans le BTP, comme la construction de la grande mosquée d’Alger, la troisième plus grande au monde, ou encore l’agrandissement de l’aéroport de la capitale.

D’importants accords et de nouveaux prêts devraient ainsi être signés à l’occasion du Focac.

« La coopération sino-africaine est à un stade où elle a besoin d’être améliorée et transformée », a indiqué le vice-ministre des affaires étrangères chinois Zhang Ming.

La Chine a par exemple récemment annoncé avoir débloqué un total de 117 millions de dollars d’aide pour les pays d’Afrique de l’Ouest touchés par Ebola et avoir envoyé du personnel médical par centaines pour lutter contre le virus.

« La Chine a toujours indiqué que son engagement économique en Afrique n’était pas désintéressé »,
souligne Yun Sun, chercheur chez Brookings, un think tank américain.

« Je pense que Xi va être très prudent car ses réserves de change ne sont pas illimitées », ajoute t-il, prédisant que les investissements de la Chine vers l’Afrique vont être « plus diversifiés ».

En dépit du ralentissement de son économie, la Chine affiche toujours une croissance robuste autour de 7 % et pourrait profiter de nouvelles opportunités à l’heure où les géants miniers occidentaux comme Lonmin ou Glencore ferment certains sites sur le continent africain.




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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Ven 4 Déc - 8:39


Chine-Afrique, le désenchantement

je reprends ici le titre de Claire Guéraud, dans le Monde-économie, article payant


Xi Jinping et Jacob Zuma à Pretoria en Afrique du Sud
le 2 décembre 2015. KAREL PRINSLOO / AFP

Citation :
La « Chine-Afrique » a connu des périodes plus flamboyantes. Au premier semestre, les investissements chinois sur le continent africain ont plongé de plus de 40 % à 1,2 milliard de dollars (1,1 milliard d’euros). Les importations chinoises ont suivi le même mouvement (- 43 %) et, pour la première fois, la Chine affiche avec l’Afrique un excédent commercial important qui reflète, a contrario, les difficultés africaines. Le 6e Forum sur la coopération sino-africaine, qui s’est ouvert, vendredi 4 décembre, à Johannesburg (Afrique du Sud), porte la marque de cet environnement moins porteur.

Les représentants de la quasi-totalité des 54 pays africains et des principales organisations panafricaines ont fait le déplacement pour rencontrer Xi Jinping et sa délégation fournie de ministres, de banquiers et de chefs d’entreprise. A l’heure où le ralentissement de l’économie mondiale (et chinoise) et la fin du boom des matières premières accroissent la vulnérabilité et l’endettement de nombreux pays africains, pas question pour leurs dirigeants de rater une occasion de rencontrer le numéro un de l’empire du Milieu. A charge pour celui-ci de combattre la morosité ambiante en annonçant, comme ce fut le cas lors des trois précédents forums, une forte augmentation des financements chinois et quelques annulations de dettes.

Partie d’une présence assez modeste en 2000, la Chine s’est imposée, dès 2009, comme le premier partenaire commercial de l’Afrique. En mai 2014, le premier ministre chinois, Li Keqiang, s’est fixé pour objectif un doublement des échanges commerciaux...




Premier sommet sino-africain sur le continent noir avec AFP 04/12/2015


Le président chinois Xi Jinping (à droite) et le président sud-africain Jacob Zuma
arrivent pour une rencontre à Pretoria le 2 décembre 2015 © AFP - KAREL PRINSLOO

Dirigeants africains et chinois ont rendez-vous pour la première fois, vendredi et samedi, sur le continent noir pour un sommet où le président Xi Jinping doit annoncer une myriade de contrats malgré le ralentissement récent des investissements chinois en Afrique, devenue très dépendante de Pékin

Citation :
Illustration de l'importance de ce sommet: le président chinois et une quarantaine de dirigeants africains, dont les présidents nigérian Muhammadu Buhari et zimbabwéen Robert Mugabe, sont attendus à Johannesburg, dans le district financier de Sandton.

Avec plus d'un million de travailleurs et plus de 2.000 entreprises présentes sur le continent, la Chine est le premier partenaire commercial de l'Afrique, où elle a détrôné les Etats-Unis en 2009.

"En une décennie, les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont été multipliés par dix environ" pour atteindre 300 milliards de dollars cette année, selon les estimations du Forum sino-africain industriel.


Le président chinois Xi Jinping (à droite) présente des membres de sa délégation
au président sud-africain Jacob Zuma à Pretoria le 2 décembre 2015 © KAREL PRINSLOO AFP

Mais l'avenir s'est récemment assombri. Les investissements chinois sur le continent noir ont chuté de plus de 40% au cours des six premiers mois de 2015, par rapport à la même période l'an dernier. Une chute attribuée au ralentissement de la croissance chinoise.

C'est dans ce contexte que le président chinois doit ouvrir le 2e sommet de coopération Chine-Afrique (Focac) placé sous le signe d'une "coopération gagnant-gagnant" et présenté comme "une nouvelle étape importante dans l'histoire des relations sino-africaines".

Xi Jinping "doit annoncer une série de nouvelles mesures pour les trois années à venir pour maintenir la coopération sino-africaine et soutenir le développement de l'Afrique", selon le chef de la diplomatie chinoise, Wang Yi.

"Il insistera sur la forte détermination de la Chine et ses sincères intentions à rester engagée dans une coopération croissante et amicale entre la Chine et l'Afrique", a-t-il ajouté.

- Chemins de fer au Nigeria -

Depuis une décennie, la Chine achète en grandes quantités pétrole, fer, cuivre et autres matières premières aux pays africains, contribuant à la flambée des prix. Mais le ralentissement de sa croissance produit désormais l'effet inverse, plongeant plusieurs pays africains dépendants en pleine crise, comme la Zambie, producteur de cuivre.

La devise zambienne, le kwacha, a perdu 45% de sa valeur face au dollar depuis le début de l'année en raison d'une baisse vertigineuse des prix du cuivre, qui représente 60% des exportations de ce petit pays d'Afrique australe. "Nous devons trouver d'autres produits à exporter vers la Chine", a reconnu la ministre zambienne du Commerce, Margaret Mwanakatwe, qui compte sur le Focac pour renforcer ses liens avec l'Afrique.

Le président du Nigeria, première puissance pétrolière du continent, table lui sur le financement de Pékin pour une usine électrique considérée clé par Abuja et pour des projets pharaonesques de chemins de fer.

En route pour le sommet, le président chinois a fait escale mardi au Zimbabwe, paria de l'Occident, où il a signé plusieurs accords économiques.

Mercredi, à Johannesburg, il a conclu avec son homologue sud-africain 26 accords bilatéraux pour un montant de 6,2 milliards d'euros dans les domaines industriel, agricole, des infrastructures et de la coopération économique.

Mais l'Afrique du Sud, première puissance industrielle du continent, insiste sur la relation gagnant-gagnant de l'Afrique avec la Chine.

Le Focac "n'est pas une conférence humanitaire, mais une conférence entre partenaires", a déclaré Ghulam Hoosein Asmal du ministère sud-africain des Affaires étrangères. "L'Afrique n'attend pas d'aides financières."

"L'Afrique doit travailler à saisir des opportunités", a insisté le ministre des Finances sud-africain, Nhlanhla Nene, ajoutant que la Chine offrait des occasions pour "faire fructifier notre commerce".

"Les dirigeants africains recherchent une émancipation économique, pas seulement de dépendance vis-à-vis de la Chine", estime Lyle Morris, analyste à la Rand Corporation aux Etats-Unis. "Les dirigeants africains ont besoin d'exploiter leurs relations (avec la Chine) dans un sens qui participe directement à l'industrialisation de l'Afrique."

Il s'agit du deuxième sommet Chine-Afrique et du premier à se tenir sur le continent noir. Pékin avait accueilli le premier Focac en 2006.

Seuls trois pays africains (Burkina Faso, Sao Tomé et Swaziland) n'ont pas été conviés à Johannesburg, en raison de leurs relations diplomatiques avec Taïwan, île séparée de la Chine continentale depuis 1949.

04/12/2015 07:12:14 - Johannesburg (AFP) - © 2015 AFP




A Johannesburg, le sommet Chine-Afrique s'ouvre dans l'inquiétude RFI 04-12-2015


Mercredi 2 décembre, la Chine et l'Afrique du Sud ont signé des accords
d'une valeur de 6 milliards d'euros dans les domaines de l'agriculture,
de l'industrie et des infrastructures. © KAREL PRINSLOO / AFP

Le Sommet sur la coopération entre la Chine et l’Afrique s’ouvre ce vendredi 4 décembre à Johannesburg. Ce sommet de deux jours est organisé par Pékin mais se tient sur le continent africain. Certains y voient un message sur l’engagement de la Chine sur le continent


Citation :
C’est un sommet qui s’ouvre sur fond d’inquiétude. La Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique, avec plus de 200 milliards d’euros d’échanges commerciaux par an. Mais ces échanges sont fragilisés par le ralentissement de la croissance chinoise. Les investissements du géant asiatique en Afrique ont chuté de 40 % au premier semestre.

L’inquiétude grandit au sein de certains pays dépendants de leurs exportations de matières premières. L’économie sud-africaine s’est ainsi contractée de 1,7 % au deuxième trimestre 2015, en raison d’une baisse des exportations de platine et charbon vers la Chine. La Zambie a également perdu une grosse partie de ses revenus en raison d’une baisse d’exportation de cuivre. Certains pays attendent donc des paroles rassurantes de la part de Pékin.

D’autres, à l’instar du Nigeria, comptent demander une aide pour financer d’importants projets afin de diversifier une économie là aussi dépendante de ces exportations de pétrole.

A Johannesburg, le président Xi Jinping doit donc rassurer ses amis africains et faire passer ce message : la lune de miel entre l’Afrique et la Chine est loin d’être terminée. Son vice-ministre des Affaires étrangères a déjà préparé le terrain. « La Chine a non seulement la capacité, mais aussi et surtout la volonté politique de soutenir l’Afrique pour lui permettre un développement indépendant et durable », a-t-il déclaré. Pour certains analystes, ce n’est pas un hasard si ce sommet se tient pour la première fois sur le continent. Il s’agit d’une façon de réaffirmer l’engagement de Pékin envers l’Afrique.


La nécessité pour l'Afrique de diversifier ses économies

D'un côté, une Chine avec une croissance de 10 % pendant près de 30 ans. De l’autre, des pays africains qui veulent devenir émergents. Pour alimenter sa croissance, la Chine a besoin de matières premières : pétrole, fer, zinc... Et l'Afrique en a revendre. La Chine produit des biens manufacturés à bas coûts et l'Afrique a besoin de produits transformés à petits prix. Bref pendant 10 ans, c'est le parfait amour.

Mais quand la croissance chinoise passe sous la barre des 7 %, l'équilibre sino-africain vacille. Certains pays sont frappés de plein fouet, comme la RDC ou encore la Zambie dont 60 % des revenus proviennent du cuivre acheté en grande partie par la Chine.

Cette situation montre que les pays africains doivent diversifier leurs économies. Ils ne peuvent plus s'appuyer sur leurs ressources minières. Il faut notamment prendre le virage de la transformation industrielle et développer d'autres secteurs. La Chine est d'ailleurs intéressée par cette diversification. Mercredi 2 décembre, elle a signé plusieurs accords avec l'Afrique du Sud, d'une valeur de 6 milliards d'euros, dans les domaines de l'agriculture, de l'industrie et des infrastructures.


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MessageSujet: Re: CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?   Ven 4 Déc - 9:07



Confirmation qu'un groupe chinois va ouvrir une usine en France

Incroyable mais vrai

Citation :
Une entreprise chinoise, Inesa, va ouvrir une usine en France, à Trois-Domaines, dans la Meuse. La maquette du futur site, dont l'aménagement débutera l'an prochain, a été présentée mercredi au ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius lors de sa visite inaugurale à la «galerie des solutions», l'espace de la COP 21 consacré aux entreprises.

Spécialisée dans les diodes électroluminescentes (LED), Inesa prévoit de créer 200 emplois. «C'est la première usine que nous ouvrons en Europe», précise un employé du groupe au Bourget. La société entend, selon un communiqué, «réaliser un programme d'acquisitions ambitieux pour lui conférer une force de frappe de 12 000 à 15 000 salariés en Europe».


PS : j'ignorais qu'aucun groupe chinois n'avait encore d'usine en France...
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CHINE : RESTRUCTURATION du CAPITAL mondial et perte de SUPRÉMATIE OCCIDENTALE : une "RE-MONDIALISATION NÉO-COLONIALISTE" ?
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